<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.ababord.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
	<link>https://www.ababord.org/</link>
	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.ababord.org/spip.php?id_rubrique=61&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
		<url>https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L144xH53/siteon0-9c6c5.png?1729015892</url>
		<link>https://www.ababord.org/</link>
		<height>53</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Repaire de la droite</title>
		<link>https://www.ababord.org/Repaire-de-la-droite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Repaire-de-la-droite</guid>
		<dc:date>2008-08-21T04:24:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Normand Baillargeon</dc:creator>


		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>Baillargeon, Normand </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le cerveau des domin&#233;s est une composante majeure de l'arsenal des dominants. Ils l'ont d'ailleurs depuis longtemps compris et d&#233;ploient &#233;norm&#233;ment d'argent, d'&#233;nergie et de ressources &#224; le fa&#231;onner. Il s'agit de faire en sorte que les domin&#233;s soient persuad&#233;s de vivre dans une soci&#233;t&#233; juste et de n'avoir qu'&#224; s'en prendre &#224; eux-m&#234;mes pour leur situation, de faire en sorte que les pauvres votent pour les riches, les exclus pour ceux qui les excluent, les malades contre des soins de sant&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-L-institut-economique-de-" rel="directory"&gt;Dossier : L'institut &#233;conomique de Montr&#233;al, repaire de la droite&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Patrons-et-think-tanks-+" rel="tag"&gt;Patrons et think tanks&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Baillargeon-Normand-+" rel="tag"&gt;Baillargeon, Normand &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton211.jpg?1642092172' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;340&#034; height=&#034;328&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le cerveau des domin&#233;s est une composante majeure de l'arsenal des dominants. Ils l'ont d'ailleurs depuis longtemps compris et d&#233;ploient &#233;norm&#233;ment d'argent, d'&#233;nergie et de ressources &#224; le fa&#231;onner. Il s'agit de faire en sorte que les domin&#233;s soient persuad&#233;s de vivre dans une soci&#233;t&#233; juste et de n'avoir qu'&#224; s'en prendre &#224; eux-m&#234;mes pour leur situation, de faire en sorte que les pauvres votent pour les riches, les exclus pour ceux qui les excluent, les malades contre des soins de sant&#233; universels, les &#233;tudiants contre le droit &#224; l'&#233;ducation, et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises ont tr&#232;s vite compris l'importance, pour ce faire, le fait de poss&#233;der les m&#233;dias &#8212; et elles les poss&#232;dent effectivement. Dans le m&#234;me esprit ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es, il y a pr&#232;s d'un si&#232;cle, des organisations sp&#233;cialis&#233;es appel&#233;es firmes de relations publiques qui s'efforcent de &#171; cristalliser l'opinion publique &#187;, selon l'expression de leur principal cr&#233;ateur, qui ajoutait avec candeur : &#171; &lt;i&gt;La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des comportements des masses joue un r&#244;le important dans une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique. Ceux qui manipulent ce m&#233;canisme secret de la soci&#233;t&#233; forment un gouvernement invisible qui exerce v&#233;ritablement le pouvoir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les composantes de ce pouvoir, on retrouve encore ces fameux think tanks ou bo&#238;tes &#224; id&#233;es, qui cherchent &#224; influencer l'opinion, les partis politiques et les d&#233;cideurs. Le dossier que vous propose ce num&#233;ro d'&lt;i&gt;&#192; B&#226;bord !&lt;/i&gt; est justement consacr&#233; &#224; l'un de ces &lt;i&gt;think tanks&lt;/i&gt;, le r&#233;cemment cr&#233;&#233; mais d&#233;j&#224; tr&#232;s influent Institut &#201;conomique de Montr&#233;al (IEDM).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fortement m&#233;diatis&#233;, ce laboratoire de la pens&#233;e n&#233;olib&#233;rale et libertarienne r&#233;p&#232;te inlassablement le mantra de la privatisation et du suppos&#233; libre march&#233; auquel il pr&#233;tend donner un vernis scientifique. Ce vernis est bien mince, comme le montrent plusieurs des textes que nous avons r&#233;unis et, pour l'essentiel, les th&#233;ories &#233;conomiques ne servent &#224; l'IEDM qu'&#224; occulter les dimensions sociales, politiques et &#233;thiques des sujets trait&#233;s. L'&#233;conomie devient alors une matraque ass&#233;nant les m&#234;mes sempiternels messages dans des notes de recherche, des rapports, des m&#233;mos, des chroniques, des communiqu&#233;s, des conf&#233;rences, et j'en passe : privatisons Hydro Qu&#233;bec ; privatisons l'&#233;ducation ; vive l'&lt;i&gt;agrobusiness&lt;/i&gt; ; abolissons le salaire minimum ; et ainsi de suite. Cela devient vite lassant et nous nous trouvons peut-&#234;tre ici devant le premier exemple de toute l'histoire d'une science dont les conclusions et les r&#233;sultats de chacune des recherches sont connus avant m&#234;me que la recherche ne soit entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Notre dossier comprend trois parties&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La &lt;strong&gt;premi&#232;re partie&lt;/strong&gt; pr&#233;cise le contexte historique, politique et institutionnel dans le cadre duquel il convient de replacer un institut comme l'IEDM pour bien saisir sa nature et sa fonction. Cette partie s'ouvre sur un rappel historique, par Beno&#238;t Perron, de ce que sont ces &lt;i&gt;thinks tanks&lt;/i&gt; et autres groupes d'influence plus ou moins occultes ; Perron retrace ensuite les liens qu'entretient l'IEDM avec certains d'entre eux. Christian Brouillard rappelle pour sa part les liens que l'IEDM entretient avec des partis politiques du Qu&#233;bec. Suit un texte de Marie Pelchat qui nous donne le rare privil&#232;ge de contempler le roi dans sa plus enti&#232;re nudit&#233; : et ce n'est pas tr&#232;s beau &#224; voir. Car le fait est que le donneur de le&#231;ons &#233;conomiques et politiques poss&#232;de&#8230; un num&#233;ro d'organisme de charit&#233;. Je vous laisse le bonheur de d&#233;couvrir tout ce que cela signifie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;strong&gt;deuxi&#232;me partie&lt;/strong&gt; du dossier propose trois &#233;tudes de cas, consacr&#233;es aux positions d&#233;fendues par l'IEDM dans diff&#233;rents dossiers. Rachel Sarrasin expose et critique ses analyses en mati&#232;re de sant&#233;. Sylvain Sauv&#233; se penche sur ses positions relatives au salaire minimum. Raymond Favreau, enfin, rappelle ce que les chantres du march&#233; pr&#233;conisent en agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce qui pr&#233;c&#232;de le montre : sous couvert de science &#233;conomique, l'IEDM propage en fait une id&#233;ologie. Or une id&#233;ologie est un masque, et un masque, &#231;a s'arrache. C'est &#224; cette t&#226;che qu'est d&#233;volue &lt;strong&gt;la derni&#232;re partie du dossier&lt;/strong&gt;. Ga&#233;tan Breton propose d'abord un lexique du jargon de l'IEDM, puis une analyse de sa rh&#233;torique. Claude Vaillancourt se penche lui aussi sur le langage et le style argumentatif de l'IEDM. Claude Rioux nous raconte quant &#224; lui son exp&#233;rience d'envoy&#233; sp&#233;cial d'&lt;i&gt;&#192; B&#226;bord !&lt;/i&gt; &#224; un d&#238;ner-causerie de l'Institut. Martin Petit ferme le dossier en nous rappelant la forte pr&#233;sence m&#233;diatique de l'IEDM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons pas et n'aurons jamais les moyens, les contacts et les r&#233;seaux qu'ont des groupes comme l'IEDM. Leur travail doit &#234;tre combattu avec des faits et avec des arguments, qui sont les seules armes dont nous disposons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous esp&#233;rons que ce dossier contribue &#224; cette importante t&#226;che.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Normand Baillargeon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;seaux d'affaires et think tanks arch&#233;olib&#233;raux</title>
		<link>https://www.ababord.org/Reseaux-d-affaires-et-think-tanks</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Reseaux-d-affaires-et-think-tanks</guid>
		<dc:date>2008-08-20T04:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Beno&#238;t Perron</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>Perron, Beno&#238;t</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lors de son allocution au Congr&#232;s am&#233;ricain &#224; la suite de son retour de la conf&#233;rence de Yalta pour le partage du vieux continent en f&#233;vrier 1945, le pr&#233;sident Frank Delano Roosevelt d&#233;clare que &#171; Le monde est d&#233;sormais domin&#233; par des sph&#232;res d'influence &#187;. Deux id&#233;ologies &#233;conomiques opposent l'Est et l'Ouest : le communisme et l'&#233;conomie planifi&#233;e versus le capitalisme et l'&#233;conomie de march&#233;. C'est le d&#233;but de la Guerre froide. Une guerre psychologique sur fond d'id&#233;ologies. Roosevelt, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-L-institut-economique-de-" rel="directory"&gt;Dossier : L'institut &#233;conomique de Montr&#233;al, repaire de la droite&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Patrons-et-think-tanks-+" rel="tag"&gt;Patrons et think tanks&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Perron-Benoit-+" rel="tag"&gt;Perron, Beno&#238;t&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lors de son allocution au Congr&#232;s am&#233;ricain &#224; la suite de son retour de la conf&#233;rence de Yalta pour le partage du vieux continent en f&#233;vrier 1945, le pr&#233;sident Frank Delano Roosevelt d&#233;clare que &#171; &lt;i&gt;Le monde est d&#233;sormais domin&#233; par des sph&#232;res d'influence&lt;/i&gt; &#187;. Deux id&#233;ologies &#233;conomiques opposent l'Est et l'Ouest : le communisme et l'&#233;conomie planifi&#233;e versus le capitalisme et l'&#233;conomie de march&#233;. C'est le d&#233;but de la Guerre froide. Une guerre psychologique sur fond d'id&#233;ologies. Roosevelt, p&#232;re du New Deal et ardent d&#233;fenseur de l'&#201;tat-providence, est min&#233; par la maladie (il meurt deux mois plus tard). Lucide, il per&#231;oit le mal qui ronge l'&#233;conomie mixte (public/priv&#233;) et affaiblit la d&#233;mocratie. Ce mal, il &#233;mane de puissants r&#233;seaux d'affaires financ&#233;s par les fondations charitables de riches familles industrielles d'Am&#233;rique du Nord et d'Europe de l'Ouest. Ainsi, lors des n&#233;gociations de paix tenues &#224; Paris en 1919 et qui aboutiront au Trait&#233; de Versailles, les financiers de Londres (La City) et de Paris d&#233;cident de mettre en place la Chatham House, un puissant et influent r&#233;seau d'affaires regroupant l'&#233;lite des affaires, de la finance et de la politique. Fonctionnant sur le principe de la cooptation, la Chatham House est financ&#233;e &#224; l'origine par le magnat Cecil Rhodes, baron du diamant et fondateur de l'empire De Beers. La Chatham House est renomm&#233;e Royal Institute for International Affairs (RIIA) et en 1921, &#224; New York, est fond&#233;e une branche am&#233;ricaine : le Council on Foreign Relations (CFR), financ&#233;e par la Rockefeller Foundation (le paravent des cinq s&#339;urs du p&#233;trole am&#233;ricain). Deux autres puissants r&#233;seaux d'affaires verront le jour : d'abord le Groupe Bilderberg fond&#233; en 1954 par le Prince Bernhard des Pays-Bas (ex-nazi admirateur du fasciste Mussolini) et David Rockefeller (PDG de la Chase Manhattan Bank), puis la Commission Trilat&#233;rale cr&#233;&#233;e en 1973 par David Rockefeller pour l'int&#233;gration &#233;conomique de l'Am&#233;rique du Nord, de l'Europe de l'Ouest et du Japon. Convaincus que leurs id&#233;es ont un impact et peuvent influer sur l'opinion publique et sur les &#233;lus (malgr&#233; le fait que la valeur de leurs id&#233;es est inversement proportionnelle &#224; la valeur de l'argent qui les soutient), ces coteries &#233;litistes vont financer l'implantation d'une myriade d'incubateurs d'id&#233;es servant d'antennes pour la diffusion de leur id&#233;ologie dominante en phase avec leur int&#233;r&#234;t mercantile : les think tanks ou r&#233;servoirs d'id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De l'obscurantisme religieux &#224; l'obscurantisme &#233;conomique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1928, Sir Alfred Milner (RIIA) et Sir Robert Borden (premier ministre canadien de 1911 &#224; 1920) fondent &#224; Vancouver le Canadian Institute for International Affairs (CIIA), v&#233;ritable &lt;i&gt;who's who&lt;/i&gt; de l'&#233;lite canadienne des affaires et de la politique, financ&#233; en partie par les Barons de la contrebande d'alcool, dont Samuel Bronfman de l'empire Seagram. Le CIIA se d&#233;crit comme un institut de recherches ind&#233;pendant et neutre, non partisan et &#224; but non lucratif, vou&#233; &#224; la vulgarisation des grands enjeux socio&#233;conomiques dans l'int&#233;r&#234;t des Canadiens. Les &#233;tudes du CIIA inondent les m&#233;dias traditionnels qui deviennent des courroies de transmission des id&#233;ologies dominantes. Il est imp&#233;ratif de se questionner sur la pseudo l&#233;gitimit&#233; scientifique de ces intellectuels conservateurs de droite au sein de ces &lt;i&gt;think tanks&lt;/i&gt;, pr&#233;tendument neutres et ind&#233;pendants d'esprit, mais dont les &#233;tudes et les salaires sont financ&#233;s par les puissances d'argent. En 1951, le comptable Walter L. Gordon (Clarkson, Gordon &amp; Co.) est nomm&#233; directeur du CIIA. En 1963, le premier ministre f&#233;d&#233;ral Lester B. Pearson en fait son ministre des Finances. Gordon quitte la politique en 1966 pour fonder, avec son fr&#232;re Duncan, la Walter &amp; Duncan Gordon Foundation (elle est pr&#233;sid&#233;e par le s&#233;nateur Hugh Segal, homme lige de Brian Mulroney et pr&#233;sident de l'Institut de recherches en politiques publiques (IRPP) avec Bob Rae) qui finance notamment le CIIA et la Nature Conservancy of Canada (paravent &#233;cologique de Paul Desmarais de Power Corporation).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les int&#233;gristes du march&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, constatant la place occup&#233;e par les th&#232;ses de l'&#233;conomiste anglais John M. Keynes au sein des gouvernements occidentaux de m&#234;me que la mont&#233;e du socialisme en Europe de l'Ouest, l'&#233;conomiste autrichien Von Hayek fonde en 1947, en Suisse, la Soci&#233;t&#233; du Mont-P&#232;lerin (SMP), v&#233;ritable &#233;picentre des th&#232;ses arch&#233;olib&#233;rales qui d&#233;ferleront sur le globe. Second&#233; par les &#233;conomistes Milton Friedman et Ludwig Von Mises (mentor de Hayek), Hayek et ses affid&#233;s vont s'attaquer au New Deal de Roosevelt et saccager l'h&#233;ritage social de Keynes. Les membres coopt&#233;s de la SMP deviendront des missionnaires charg&#233;s de r&#233;pandre les enseignements de leur gourou au sein de leurs r&#233;seaux de think tanks, notamment :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Friedman &#224; la Hoover Institution (Universit&#233; Stanford, base id&#233;ologique du pr&#233;sident Reagan avec l'&#233;conomiste Gary Becker et Newt Gingrich du Parti R&#233;publicain) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Antony Fisher et Ralph Harris du Institute of Economic Affairs (IEA). Le IEA fonde CIVITAS (Institute for the Study of Civil Society) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Edwin J. Feulner avec la Heritage Foundation (premi&#232;re base id&#233;ologique de Reagan avec le projet Mandate for Leadership, financ&#233;e par le Baron de la bi&#232;re Joseph Coors et Richard M. Scaife de l'empire Mellon) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; et enfin, James Buchanan avec le James Buchanan Center for Political Economy (Universit&#233; George Mason, dont la filiale est l'Institute for Humane Studies).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Expansion id&#233;ologique par implantation de think tanks&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La SMP pr&#233;conise l'implantation graduelle d'un capitalisme de relations, d'un capitalisme de connivences dans un univers discret de liaisons organiques, avec des passerelles id&#233;ologiques entre la noblesse d'&#201;tat et l'establishment oligarchique. Bienvenue dans le capitalisme parasitaire. D&#233;sormais, la d&#233;rive des id&#233;es a remplac&#233; la d&#233;rive des continents, o&#249; les failles sismiques sont devenues des creusets id&#233;ologiques provoqu&#233;s par le poids d&#233;mesur&#233; des think tanks, accroissant de facto l'&#233;cart entre les tr&#232;s riches et, les autres, laiss&#233;s pour compte.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Figure de proue au Canada&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; En 1958 est fond&#233; le CD Howe Institute &#224; Toronto, un think tank ultraconservateur. Dirig&#233; par William Robson, ses directeurs sont :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; H&#233;l&#232;ne Desmarais : &#233;pouse de Paul Desmarais Jr et directrice de l'Institut de recherches cliniques de Montr&#233;al avec l'ex-ambassadeur Raymond Chr&#233;tien de la Trilat&#233;rale) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Sylvia Ostry : Power Corp, Group of 30 de David Rockefeller, CFR, Pacific Council on International Policy avec Joe Clark et Thomas D'Aquino	du CCCE, CIIA, BMO) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Daniel Labrecque : NM Rothschild &amp; Sons Ltd et important bailleur de fonds du CD Howe) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; John Crow : ex-gouverneur de la BDC ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Gordon Thiessen : ex-gouverneur de la BDC ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Yvan Allaire, Marcel Boyer, Pierre Fortin (&#233;conomistes) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Allan Gotlieb : avocat et ex-ambassadeur canadien aux &#201;tats-Unis, (membres de CIIA, Trilat&#233;rale, Alcan, Suncor, AXA, BMO, Burson-Marsteller et gouverneur de la Peter Munk Charitable Foundation), est un associ&#233; du CD Howe et un important d&#233;fenseur du Partenariat Nord-Am&#233;ricain pour la S&#233;curit&#233; et la Prosp&#233;rit&#233; (PSP), un accord commercial visant une int&#233;gration &#233;conomique profonde des Am&#233;riques, concoct&#233; au sein des univers opaques et feutr&#233;s des r&#233;seaux d'affaires et relay&#233; dans les m&#233;dias par leurs antennes id&#233;ologiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; tribord toute&#8230; le vent leur est favorable !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; Vancouver, l'influent Fraser Institute voit le jour en 1974 gr&#226;ce &#224; l'&#233;conomiste Michael Walker, partenaire de tennis de Milton Friedman. Le Fraser est le relais canadien de la SMP. Plusieurs directeurs et membres du Fraser proviennent de think tanks internationaux dont :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Michael Walker : SMP, Milton et Rose Friedman Foundation, Max Bell Foundation et un ex-employ&#233; de la Banque du Canada ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Jason Clemens : Democracy Institute, une branche du National Endowment for Democracy (NED) fond&#233; en 1983 par Reagan pour lutter contre le communisme et financ&#233; par la CIA) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Andrea Mrozek : Institut du Mariage et de la Famille, branche canadienne de la droite religieuse am&#233;ricaine Fellowship House).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Fraser Institute est en &#233;troite relation id&#233;ologique avec le Preston Manning Centre for Building Democracy, le c&#233;nacle canadien des ap&#244;tres du Nation Building (ses directeurs sont Michael Harris du Fraser, Lorne Gunter du Civitas, Michel Kelly-Gagnon du Fraser et du Conseil du Patronat du Qu&#233;bec, Ralph Klein, Tom Long du cabinet Harper, Michael Walker du Fraser et Bernard Lord, l'homme lige de Mulroney). En Europe, le Fraser est reli&#233; au RIIA et &#224; l'Institut Euro 92.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le financement du Fraser Institute provient en partie de la William H. Donner Foundation de Washington et dont le directeur est Allan Gotlieb (cette fondation canadienne finance une flopp&#233;e de think tanks canadiens).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;cumeurs de fonds publics et fossoyeurs de l'&#201;tat-providence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Qu&#233;bec n'&#233;chappe pas &#224; ce raz-de-mar&#233;e arch&#233;olib&#233;ral et la social-d&#233;mocratie qu&#233;b&#233;coise est abord&#233;e par les corsaires de l'Institut &#201;conomique de Montr&#233;al (IEDM) et les pirates lucides de l'Illusion Tranquille. Fond&#233; &#224; Montr&#233;al en mars 1999, les flibustiers de l'IEDM sont :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; H&#233;l&#232;ne Desmarais,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; St&#233;phan Cr&#233;tier (Garda, Kroll),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Donald Johnston (Trilat&#233;rale),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Bernard Lord (Ex-PM Nouveau-Brunswick),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Marcel Boyer (Fraser),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Jasmin Gu&#233;nette (Civitas),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; James Buchanan (SMP et Davos),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Peter Cowley (Fraser),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Wendell Cox * (Heartland Institute),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Jean-Luc Migu&#233; (Fraser et ENAP-Qu&#233;.),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Robert Gagn&#233; (Cirano),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Yanick Labrie (Cirano),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Valentin Petkantchin (Inst. for Human Studies James Buchanan).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Wendell Cox si&#232;ge &#233;galement au conseil du &lt;i&gt;think tank&lt;/i&gt; ultrar&#233;actionnaire de Winnipeg : le Frontier Centre for Public Policy avec Ruth Richardson (SMP), Peter Holle (SMP), David Henderson (Hoover Institution) et Brian Lee Crowley (pr&#233;sident du Atlantic Institute for Market Studies). Crowley est un disciple &#233;m&#233;rite de la Heritage Foundation et l'actuel pr&#233;sident de Civitas-Canada, le puissant &lt;i&gt;think tank&lt;/i&gt; de droite fond&#233; en 1997 par William Gairdner et Tom Flanagan (prof. &#224; l'Universit&#233; de Calgary et premier conseiller id&#233;ologique de Stephen Harper). Civitas chapeaute quelque 300 &lt;i&gt;think tanks&lt;/i&gt; canadiens obs&#233;d&#233;s par la loi et l'ordre, le laissez-faire, le moins d'&#201;tat, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et le march&#233; libre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Kabbale arch&#233;olib&#233;rale et monoculture des esprits&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La $ainte Trinit&#233; louang&#233;e par ces ap&#244;tres de la cr&#233;ation de richesse repose sur trois axiomes devenus leur mantra : Libert&#233; des march&#233;s, Libert&#233; &#233;conomique et Libert&#233; politique. Ces nouveaux crois&#233;s de la pens&#233;e unique sont en mission divine pour faire le forcing dans les soci&#233;t&#233;s civiles des lois naturelles du march&#233; de droit divin. Le salut des d&#233;mocraties passe in&#233;luctablement par notre conversion totale, aveugle et par le sacrifice de l'&#201;tat-providence sur l'autel du march&#233;. Quand toutes leurs proph&#233;ties se seront r&#233;alis&#233;es, il ne restera plus que l'enfer social pour les damn&#233;s de la social-d&#233;mocratie et le paradis fiscal pour l'&#233;lite affairiste qui tire toutes les ficelles du pouvoir. Nous aurons alors atteint la Terre promise par le prix Nobel d'&#233;conomie James Buchanan en 1986 : &#171; &lt;i&gt;La situation id&#233;ale, pour une personne, est celle qui lui permet la pleine libert&#233; d'action et qui inhibe les comportements d'autrui en les contraignant &#224; adh&#233;rer &#224; ses d&#233;sirs. En d'autres termes, toute personne cherche &#224; &#234;tre en pleine ma&#238;trise d'un monde compos&#233; d'esclaves&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amen... nous la lumi&#232;re !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Benoit Perron&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charg&#233; de cours-UQAM&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sources :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tout pouvoir confondu&lt;/i&gt;, Geoffrey Geuens, &#201;d. EPO, 2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;seaux d'influence&lt;/i&gt;, Alain Marty, &#201;d. Ramsay, 2001&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Think Tanks&lt;/i&gt;, Paul Dickson, &#201;d. Atheneum, 1971&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Atlas Economic Research Foundation, &lt;a href=&#034;http://www.atlasusa.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.atlasusa.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Canadian Conservative Forum, &lt;a href=&#034;http://www.conservativeforum.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.conservativeforum.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rencontre du troisi&#232;me type</title>
		<link>https://www.ababord.org/Rencontre-du-troisieme-type</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Rencontre-du-troisieme-type</guid>
		<dc:date>2008-08-19T04:43:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Brouillard</dc:creator>


		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Brouillard, Christian</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al (IEDM) se pr&#233;sente explicitement comme une organisation ind&#233;pendante, vou&#233;e &#224; la recherche et &#224; l'&#233;ducation &#233;conomique, non partisane et sans but lucratif. Elle est d'ailleurs enregistr&#233;e comme &#171; organisme charitable &#187; par Revenu Canada. Charit&#233; bien ordonn&#233;e commen&#231;ant par soi-m&#234;me, on ne sait pas avec exactitude qui finance cet Institut et dans quelle proportion. Dans un document fort &#233;clairant publi&#233; en octobre 2003, la Coalition Solidarit&#233; Sant&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-L-institut-economique-de-" rel="directory"&gt;Dossier : L'institut &#233;conomique de Montr&#233;al, repaire de la droite&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Patrons-et-think-tanks-+" rel="tag"&gt;Patrons et think tanks&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Brouillard-Christian-+" rel="tag"&gt;Brouillard, Christian&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton215.jpg?1642092175' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;369&#034; height=&#034;366&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al (IEDM) se pr&#233;sente explicitement comme une organisation ind&#233;pendante, vou&#233;e &#224; la recherche et &#224; l'&#233;ducation &#233;conomique, non partisane et sans but lucratif. Elle est d'ailleurs enregistr&#233;e comme &#171; organisme charitable &#187; par Revenu Canada. Charit&#233; bien ordonn&#233;e commen&#231;ant par soi-m&#234;me, on ne sait pas avec exactitude qui finance cet Institut et dans quelle proportion. Dans un document fort &#233;clairant publi&#233; en octobre 2003&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Coalition Solidarit&#233; Sant&#233;, L'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al, un lobby de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la Coalition Solidarit&#233; Sant&#233; soulignait que comme l'Institut Fraser, son fr&#232;re jumeau bas&#233; en Colombie-Britannique, &#171; &lt;i&gt;il est l&#233;gitime de pr&#233;sumer que (...), l'IEDM est financ&#233; par de grandes compagnies qui ont tout &#224; gagner de la privatisation et de la d&#233;r&#233;glementation&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qu'une organisation d&#233;di&#233;e &#224; &#171; l'&#233;ducation &#233;conomique &#187; ait des liens &#171; intimes &#187; avec les entreprises, rien que de bien normal, dirions-nous. Encore que&#8230; Mais que cette organisation, s'autoproclamant comme non partisane, ait des rencontres du troisi&#232;me type avec des formations politiques, il y a de quoi rester songeur&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce titre, il est int&#233;ressant de voir les liens entre le Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec (PLQ) et l'IEDM. Avant et apr&#232;s les &#233;lections de 2003, plusieurs rencontres se seraient tenues entre Jean Charest, des dirigeants du Parti lib&#233;ral et des membres de la direction de l'IEDM. La tenue de ces rencontres a &#233;t&#233; confirm&#233;e par le directeur ex&#233;cutif de l'IEDM de l'&#233;poque, Michel Kelly-Gagnon, dans un article du journal &lt;i&gt;The Gazette&lt;/i&gt; (28 septembre 2002). Il soulignait aussi la pr&#233;sence de membres de l'Action d&#233;mocratique du Qu&#233;bec (ADQ). De quoi a-t-il &#233;t&#233; question durant ces rencontres ? On ne le sait pas avec certitude mais il est clair, en examinant les grandes lignes des restructurations mises de l'avant dans le domaine de la sant&#233; et des affaires sociales par les lib&#233;raux (la &#171; r&#233;ing&#233;nierie &#187; de l'&#201;tat) et la teneur des analyses faites par l'IEDM, qu'il y a eu une belle convergence id&#233;ologique. Rien d'&#233;tonnant alors que l'IEDM se soit retrouv&#233; sur la liste des experts &#171; ind&#233;pendants &#187; ayant valid&#233; le cadre financier pr&#233;sent&#233; par le PLQ durant la campagne &#233;lectorale. Rien d'&#233;tonnant aussi dans le fait que le ministre des Finances lib&#233;ral de 2003 &#224; 2005, Yves S&#233;guin, ait &#233;t&#233;, en 2000, membre du comit&#233; de direction de l'Institut. Une activit&#233; qu'on ne retrouve pas dans sa biographie mise en ligne sur le site de l'Assembl&#233;e nationale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'enthousiasme de l'Institut envers le gouvernement du PLQ a &#233;t&#233; quelque peu douch&#233; par la lenteur &#224; &#171; r&#233;inventer &#187; le Qu&#233;bec (entre autres sur la question de la r&#233;duction des imp&#244;ts), les &#233;loges des lib&#233;raux pour le travail de l'IEDM ne semblent pas avoir cess&#233;. Dans le cadre d'un d&#233;jeuner-causerie en mars 2007, Jean Charest ne tarissait pas de compliments envers l'&#339;uvre de l'IEDM, soulignant son importance dans l'enrichissement des d&#233;bats id&#233;ologiques au Qu&#233;bec o&#249;, selon lui, &#171; &lt;i&gt;il n'y avait pas suffisamment de contributions venant de diff&#233;rentes &#233;coles de pens&#233;e&lt;/i&gt; &#187;. Traduit en clair, dans un paysage domin&#233; par la gauche, l'IEDM apporterait un vent de fra&#238;cheur avec de &#171; nouvelles &#187; id&#233;es, des id&#233;es de droite. On conna&#238;t la chanson. Elle n'est pas neuve tout comme ces id&#233;es que l'on brandit comme moyens de &#171; moderniser &#187; la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans l'art de faire du neuf avec du vieux, l'ADQ a mis au point, de son c&#244;t&#233;, pas mal de bonnes recettes. On sait que les principes de base de ce parti sont largement inspir&#233;es par ce qui a &#233;t&#233; concoct&#233; dans la droite n&#233;olib&#233;rale am&#233;ricaine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Claude Saint-Onge et Pierre Mouterde, ADQ : voie sans issue, Montr&#233;al, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Avec tant de points communs, on ne sera pas &#233;tonn&#233; alors de voir se d&#233;velopper des liens serr&#233;s entre l'ADQ et l'IEDM. Entre autres exemples, &#224; l'automne 2006, Paul Daniel Muller acc&#233;dait au poste de pr&#233;sident de l'IEDM, succ&#233;dant &#224; Michel-Kelly Gagnon (dont nous avons d&#233;j&#224; parl&#233;), qui lui, passait &#224; la t&#234;te&#8230; du Conseil du patronat du Qu&#233;bec. M. Muller avait d&#233;j&#224; occup&#233; des fonctions dans le gouvernement Bourassa et, plus r&#233;cemment, &#233;tait li&#233; &#224; l'ADQ. Il a depuis lors officiellement rompu les liens avec cette formation politique. Il n'en reste pas moins que Mario Dumont est souvent pr&#233;sent &#224; des &#233;v&#233;nements organis&#233;s par l'IEDM et que l'ADQ utilise abondamment les &#233;tudes de l'Institut pour justifier ses prises de position politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que le PLQ ou l'ADQ soient au diapason avec l'IEDM, il n'y a sans doute l&#224; rien de bien &#233;tonnant, la droite frayant avec la droite. Dans le cas du Parti qu&#233;b&#233;cois, les choses se corsent un peu, ce dernier s'affichant encore comme une formation &#171; sociale-d&#233;mocrate &#187;. Un peu surprenant alors de lire dans le &lt;i&gt;Globe and Mail&lt;/i&gt; du 16 novembre 2005 qu'un des conseiller d'Andr&#233; Boisclair, alors chef du PQ, ait &#233;t&#233; Daniel Audet, ancien membre de la direction de l'IEDM. M. Boisclair n'est plus l&#224;, mais d'autres politiques proches du PQ ont exprim&#233; des positions tr&#232;s pr&#232;s de celles de l'IEDM, dont Joseph Facal dans ses chroniques du journal &lt;i&gt;Les Affaires&lt;/i&gt; (o&#249;, d'ailleurs, &#233;crit Paul Daniel Muller).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, l'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al, une organisation non partisane ? Dans un certain sens, oui, puisque loin d'&#234;tre manipul&#233;e par les partis politiques, c'est plut&#244;t elle qui les influence en leur fournissant une &#171; bo&#238;te &#224; outils &#187; id&#233;ologique. Dans cette convergence entre personnalit&#233;s politiques et chefs d'entreprise, l'Institut joue le r&#244;le, pour reprendre l'expression du th&#233;oricien marxiste Gramsci, d'un intellectuel collectif du capital et de l'&#201;tat en vue de l&#233;gitimer les contre-r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Coalition Solidarit&#233; Sant&#233;, &lt;i&gt;L'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al, un lobby de droite pseudo-charitable qui a infiltr&#233; le Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, octobre 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Claude Saint-Onge et Pierre Mouterde, &lt;i&gt;ADQ : voie sans issue&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2002, 147 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Brouillard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un organisme charitable ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Un-organisme-charitable</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Un-organisme-charitable</guid>
		<dc:date>2008-08-18T04:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Pelchat</dc:creator>


		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>Pelchat, Marie </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis sa cr&#233;ation en 1999, l'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al (IEDM) b&#233;n&#233;ficie d'un num&#233;ro d'organisme de charit&#233; &#233;mis par Revenu Canada (876185877RR0001). Cet enregistrement lui permet de recevoir des dons qui permettront par la suite aux donateurs d'obtenir d'importants d&#233;gr&#232;vements d'imp&#244;ts. &lt;br class='autobr' /&gt; Au cours de l'ann&#233;e 2006, ce num&#233;ro a permis &#224; l'IEDM d'aller chercher 1 271 979 $ en dons d'individus, d'entreprises et de fondations &#8212; soit six fois plus qu'en 1999. M&#234;me si la liste compl&#232;te des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-L-institut-economique-de-" rel="directory"&gt;Dossier : L'institut &#233;conomique de Montr&#233;al, repaire de la droite&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Patrons-et-think-tanks-+" rel="tag"&gt;Patrons et think tanks&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Pelchat-Marie-+" rel="tag"&gt;Pelchat, Marie &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis sa cr&#233;ation en 1999, l'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al (IEDM) b&#233;n&#233;ficie d'un num&#233;ro d'organisme de charit&#233; &#233;mis par Revenu Canada (876185877RR0001). Cet enregistrement lui permet de recevoir des dons qui permettront par la suite aux donateurs d'obtenir d'importants d&#233;gr&#232;vements d'imp&#244;ts.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au cours de l'ann&#233;e 2006, ce num&#233;ro a permis &#224; l'IEDM d'aller chercher 1 271 979 $ en dons d'individus, d'entreprises et de fondations &#8212; soit six fois plus qu'en 1999. M&#234;me si la liste compl&#232;te des donateurs est impossible &#224; consulter tant sur le site de l'IEDM que sur celui de Revenu Canada, nous pouvons tout de m&#234;me savoir qui sont les principaux donateurs puisque ceux-ci occupent les postes d'administrateurs de l'Institut. Parmi les plus connus, signalons la pr&#233;sence de Mme H&#233;l&#232;ne Desmarais (de la famille de Power Corporation), L&#233;on Courville, de la Banque Nationale du Canada, Marcel Dutil, de Canam, Donald D. Johnston, ancien pr&#233;sident du Conseil du Tr&#233;sor, Bernard Lord, ex-premier ministre du Nouveau-Brunswick, ainsi que Jeremy Reitman de Reitmans Canada.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'obligation de ne pas tenter d'influencer l'opinion publique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les organismes qui d&#233;tiennent de tels num&#233;ros s'engagent &#224; ne pas &#171; &lt;i&gt;tenter d'influencer l'opinion publique ou d'obtenir la modification d'une loi ou d'une politique en recourant &#224; l'un des moyens suivants : annonces dans les m&#233;dias, congr&#232;s, allocutions, conf&#233;rences, publications ou d&#233;clarations dans la presse, rencontres avec des repr&#233;sentants &#233;lus ou expos&#233;s et m&#233;moires &#224; des repr&#233;sentants &#233;lus ou nomm&#233;s&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une fausse d&#233;claration&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Paradoxalement, dans son dernier rapport annuel (2006), l'IEDM d&#233;clare avoir publi&#233; plus de 130 textes d'opinion. &#171; Notre &#233;conomiste, Nathalie Elgrably, continue de tenir sa chronique dans le &lt;i&gt;Journal de Montr&#233;al&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clare sans g&#234;ne l'Institut. L'IEDM, explique-t-on, &#171; a aussi une pr&#233;sence r&#233;guli&#232;re dans des quotidiens tels le &lt;i&gt;National Post&lt;/i&gt; &#187;. Le &lt;i&gt;think tank&lt;/i&gt; de droite admet de m&#234;me, tr&#232;s ouvertement, avoir pr&#233;sent&#233; des m&#233;moires aux &#233;lus. Le 17 mai 2006, &#224; la Commission des affaires sociales, l'Institut d&#233;posait un m&#233;moire intitul&#233; : &#171; &lt;i&gt;Pour une r&#233;elle ouverture de l'assurance-maladie priv&#233;e au Qu&#233;bec&lt;/i&gt; &#187; et le 15 juin, devant le Comit&#233; s&#233;natorial permanent des banques et du commerce &#224; Ottawa, un m&#233;moire portant sur &#171; Les obstacles au commerce interprovincial &#187;. De son c&#244;t&#233;, l'ancien directeur de l'Institut a d&#233;j&#224; affirm&#233; au journal &lt;i&gt;The Gazette&lt;/i&gt; que des rencontres entre l'IEDM, l'ADQ ou le PLQ avaient lieu sur une base r&#233;guli&#232;re. D'ailleurs, le programme de l'ADQ est presque en tous points conforme aux propositions mises de l'avant par l'IEDM depuis sa fondation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les th&#232;mes de pr&#233;dilection de l'IEDM&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les th&#232;mes ayant retenu l'attention de l'IEDM en 2006 sont tr&#232;s vari&#233;s : les &#171; &lt;i&gt;monopoles d'&#201;tat et syndicaux&lt;/i&gt; &#187;, le syst&#232;me de sant&#233; et celui de l'&#233;ducation, la flexibilit&#233; du march&#233; du travail, la dette, la gestion de l'assurance automobile, la fiscalit&#233;, le &#171; &lt;i&gt;fardeau fiscal&lt;/i&gt; &#187;, les effets pervers du contr&#244;le des prix, le r&#233;seau des garderies, la d&#233;r&#233;glementation de l'industrie a&#233;rienne, la gestion de l'offre laiti&#232;re, les accords interprovinciaux, etc. Comme on peut le constater, toutes ces th&#233;matiques concernent directement les grandes politiques publiques du Qu&#233;bec et du Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, malgr&#233; ce qu'a dit l'IEDM &#224; l'Agence des douanes et du Revenu, ces interventions publiques et ces dossiers avaient tous comme objectif de tenter d'influencer l'opinion publique ou d'obtenir des modifications &#224; des lois ou &#224; des politiques. L'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al pr&#233;sente pourtant son travail comme &#171; &lt;i&gt;une contribution &#224; l'&#233;ducation &#233;conomique des Qu&#233;b&#233;cois&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La complaisance de Revenu Canada&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Deux questions se posent immanquablement. La premi&#232;re : comment se fait-il que Revenu Canada n'ait jamais pris la peine de consulter le site Internet de l'Institut ou plus simplement encore de lire les journaux afin de contre-v&#233;rifier les affirmations contenues dans sa &#171; D&#233;claration de renseignements annuelle &#187;. La deuxi&#232;me : si des actions politiques sont permises pour les organismes dits charitables, comment se fait-il que &lt;i&gt;Greenpeace&lt;/i&gt;, par exemple, se soit vu retirer son num&#233;ro &#224; cause de ses actions, que le gouvernement f&#233;d&#233;ral jugeait trop politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, faut-il le rappeler, bon nombre de groupes communautaires du Qu&#233;bec n'ont jamais eu acc&#232;s &#224; un tel num&#233;ro ou l'ont perdu pour les m&#234;mes raisons que &lt;i&gt;Greenpeace&lt;/i&gt; a perdu le sien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela peut nous laisser d'autant plus perplexes qu'en octobre 2003, la Coalition Solidarit&#233; Sant&#233; publiait un dossier complet sur cette question&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce dossier avait &#233;t&#233; post&#233; &#224; Ottawa, mais il est demeur&#233; lettre morte et aucun parti politique f&#233;d&#233;ral n'a jug&#233; bon de le porter.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les seuls gagnants&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une chose est en tout cas certaine : ceux qui financent les caisses de l'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al ne sont pas d&#233;sint&#233;ress&#233;s. Ils seront les v&#233;ritables gagnants de la d&#233;construction de nos outils collectifs. Il n'y a donc aucun d&#233;sint&#233;r&#234;t &#8211; de ce d&#233;sint&#233;r&#234;t qui est &#224; la base m&#234;me de la notion de charit&#233; &#8211; dans leurs actions. Pire encore : ce suppos&#233; paradis &#233;conomique qu'ils nous proposent de construire sera &#233;rig&#233; sur un cimeti&#232;re social. Est-ce l&#224; la nouvelle d&#233;finition de la charit&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.solidaritesante.qc.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.solidaritesante.qc.ca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marie Pelchat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'avenir du syst&#232;me de sant&#233; qu&#233;b&#233;cois</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-avenir-du-systeme-de-sante</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-avenir-du-systeme-de-sante</guid>
		<dc:date>2008-08-17T04:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rachel Sarrasin</dc:creator>


		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Sarrasin, Rachel </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Selon Antonio Gramsci, il faut comprendre le r&#244;le des intellectuels dans l'organisation de la vie collective non pas &#224; partir de la d&#233;finition du type de travail que ces acteurs effectuent, mais plut&#244;t selon la fonction qu'ils occupent au sein de la soci&#233;t&#233;. Ainsi, en tant que composante de la soci&#233;t&#233; civile, ces intellectuels contribuent par la production des id&#233;es &#224; la cr&#233;ation d'un bloc culturel h&#233;g&#233;monique qui alimente la pens&#233;e dominante et assure la l&#233;gitimit&#233; du discours des autorit&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-L-institut-economique-de-" rel="directory"&gt;Dossier : L'institut &#233;conomique de Montr&#233;al, repaire de la droite&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Patrons-et-think-tanks-+" rel="tag"&gt;Patrons et think tanks&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sarrasin-Rachel-+" rel="tag"&gt;Sarrasin, Rachel &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Selon Antonio Gramsci, il faut comprendre le r&#244;le des intellectuels dans l'organisation de la vie collective non pas &#224; partir de la d&#233;finition du type de travail que ces acteurs effectuent, mais plut&#244;t selon la fonction qu'ils occupent au sein de la soci&#233;t&#233;. Ainsi, en tant que composante de la soci&#233;t&#233; civile, ces intellectuels contribuent par la production des id&#233;es &#224; la cr&#233;ation d'un bloc culturel h&#233;g&#233;monique qui alimente la pens&#233;e dominante et assure la l&#233;gitimit&#233; du discours des autorit&#233;s politiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans sa conception de la soci&#233;t&#233; civile, Gramsci pr&#233;voit &#233;galement que les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans cette perspective, malgr&#233; l'absence dans ses travaux d'une rigueur analytique et m&#233;thodologique propre aux recherches &#224; pr&#233;tention scientifique, il faut consid&#233;rer l'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al (IEDM) comme l'un de ces acteurs participant &#224; la formation du consensus n&#233;olib&#233;ral qui motive aujourd'hui l'orientation des politiques gouvernementales. La mission de l'Institut consiste en effet &#224; prendre part aux d&#233;bats sur la question des politiques publiques au Qu&#233;bec et au Canada et &#224; proposer des &#171; solutions cr&#233;atrices &#187;, notamment en ce qui concerne la question des r&#233;formes des syst&#232;mes d'&#233;ducation et de sant&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;.Tir&#233;e de la page d'accueil du site internet de l'IEDM,&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'IEDM est particuli&#232;rement actif sur la question de la transformation du syst&#232;me de sant&#233; qu&#233;b&#233;cois. Dans ce domaine, l'Institut contribue &#224; la consolidation d'une h&#233;g&#233;monie n&#233;olib&#233;rale pr&#244;nant la privatisation des services de sant&#233; et la pr&#233;dominance de la logique du capital dans la fourniture des soins. Son intervention se fait principalement par le biais de la production d'une s&#233;rie de notes de recherches qui, s'adressant au grand public, d&#233;taillent la perspective de l'Institut en la mati&#232;re et ont pour objectif de vulgariser les enjeux relatifs au d&#233;bat sur la sant&#233;. De m&#234;me, l'entreprise de d&#233;construction des services publics par l'IEDM est exprim&#233;e par des interventions m&#233;diatiques ponctuelles (voir encadr&#233;) ou encore lors de d'&#233;v&#233;nements publics au cours desquels des acteurs sociaux et politiques assumant des responsabilit&#233;s dans l'&#233;laboration des politiques sont invit&#233;s &#224; partager leur sympathie &#224; l'&#233;gard des id&#233;es formul&#233;es par l'Institut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, l'IEDM d&#233;fend en mati&#232;re de sant&#233; une perspective s'inspirant &#224; la fois des principes de l'&#233;conomie n&#233;oclassique et de la rh&#233;torique libertarienne. Son approche est centr&#233;e sur la promotion de mesures visant &#224; &#233;largir l'emprise du priv&#233; sur le domaine de la sant&#233;, fid&#232;le &#224; une repr&#233;sentation du march&#233; per&#231;u comme une entit&#233; autor&#233;gul&#233;e par le jeu de l'offre et de la demande et dont les processus naturels sont perturb&#233;s par toute forme d'intervention gouvernementale. Sur la base du lieu commun consistant &#224; prendre acte des difficult&#233;s actuelles du syst&#232;me de sant&#233; au Qu&#233;bec, l'IEDM propose des r&#233;formes allant dans le sens d'une d&#233;centralisation de la gestion des services afin de mettre un terme au monopole &#233;tatique, par l'introduction de la pratique de la concurrence entre les fournisseurs de soins. Ainsi, priorisant le choix des b&#233;n&#233;ficiaires et la perspective individuelle, l'IEDM nous invite &#224; rompre avec la vision du patient comme source de d&#233;penses, qui serait celle promue par l'intervention publique, pour passer &#224; une logique o&#249; le patient est plut&#244;t envisag&#233; comme source de revenus, tel que le con&#231;oit l'entreprise priv&#233;e. En d'autres mots, l'Institut nous propose de voir le patient comme une source de profits potentiels et &#224; tirer avantage de cette possibilit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus concr&#232;tement, l'IEDM s'inspire des r&#233;formes entreprises dans certains pays europ&#233;ens comme la Suisse et la Su&#232;de, pour promouvoir la mise en place d'un syst&#232;me de sant&#233; &#224; deux vitesses reposant sur le maintien de l'acc&#232;s obligatoire au r&#233;gime public, mais avec la mise en place d'un syst&#232;me parall&#232;le priv&#233; permettant &#224; ceux qui en ont les moyens d'outrepasser les contraintes du syst&#232;me public (listes d'attente, qualit&#233; des soins, etc.). Il s'agit donc d'accro&#238;tre l'offre des services de sant&#233; en laissant la place au secteur priv&#233; afin que des personnes, tout en restant assur&#233;es aupr&#232;s de la RAMQ, puissent faire le choix de payer plus cher pour avoir l'option de se faire traiter dans des cliniques priv&#233;es parall&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette proposition est fond&#233;e sur une interpr&#233;tation large de l'Arr&#234;t Chaoulli rendu en 2006 par la Cour supr&#234;me du Canada. Rappelons que ce jugement donnait suite &#224; la requ&#234;te entam&#233;e par Jacques Chaoulli, m&#233;decin qu&#233;b&#233;cois et chercheur associ&#233; &#224; l'IEDM, afin que soit permis le recours &#224; des assurances priv&#233;es en mati&#232;re de sant&#233; pour la couverture des frais de certains services. Dans une note de recherche publi&#233;e en ao&#251;t 2007&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marcel Boyer et Mathieu Laberge, &#171; La place du secteur priv&#233; dans le syst&#232;me (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , l'IEDM se r&#233;jouit du projet de loi 33 qui, &#224; la suite de cette affaire, permettra bient&#244;t l'assurance priv&#233;e pour les chirurgies de la hanche, du genou et des cataractes effectu&#233;es par un m&#233;decin non participant au r&#233;gime public. L'Institut s'inqui&#232;te toutefois de l'interpr&#233;tation restrictive qui en est propos&#233;e et d&#233;fend plut&#244;t l'id&#233;e de la mise sur pied d'un syst&#232;me d'assurances duplicatives priv&#233;es qui couvrirait tous les soins possibles. Ironiquement, cette solution est, selon l'IEDM, celle qui s'av&#232;re la plus &#233;quitable en ce qui concerne l'acc&#232;s de tous aux soins de sant&#233; : &#171; &lt;i&gt;Il est possible depuis toujours de se faire soigner dans le secteur priv&#233; par un m&#233;decin non participant au r&#233;gime public. L'interdiction des assurances priv&#233;es n'a pour effet que d'emp&#234;cher les gens aux revenus plus modestes de pouvoir faire de m&#234;me.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibidem, p. 3.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment s'&#233;tonner alors des affinit&#233;s entre l'IEDM et certains fournisseurs d'assurances priv&#233;es ? La d&#233;claration en novembre 2006 de Joseph Iannicelli, pr&#233;sident et chef de la direction de la Standard Life du Canada, t&#233;moigne de cette parent&#233; d'int&#233;r&#234;ts : &#171; &lt;i&gt;J'ai eu le plaisir d'&#234;tre convi&#233; &#224; un d&#238;ner organis&#233; par l'Institut (...) un centre d'&#233;tudes et de recherches non partisan. J'appuie le travail de l'Institut, surtout en ce qui a trait au secteur des soins de sant&#233;. (Le conf&#233;rencier) a abord&#233; une vari&#233;t&#233; de sujets dont l'&#233;conomie de la Chine, les th&#233;ories de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan en mati&#232;re de d&#233;veloppement &#233;conomique ainsi que l'influence que Milton Friedman a eue sur sa fa&#231;on de penser.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Section &#171; R&#233;action aux travaux de l'IEDM &#187;, site internet de l'IEDM,&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Dans le m&#234;me esprit, d'autres acteurs influents au Qu&#233;bec ne cachent pas leur sensibilit&#233; &#224; l'&#233;gard des id&#233;es promues par l'Institut. Mis &#224; part l'enthousiasme exprim&#233; &#224; plusieurs reprises par le premier ministre qu&#233;b&#233;cois actuel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce sujet les d&#233;clarations de Jean Charest,&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, peut-&#234;tre faut-il s'inqui&#233;ter de la proximit&#233; qui lie Claude Castonguay &#224; l'IEDM, &#171; p&#232;re de l'assurance-maladie &#187;, ancien membre de la Commission Trilat&#233;rale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Commission Trilat&#233;rale est une organisation priv&#233;e transnationale cr&#233;&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et aujourd'hui pr&#233;sident de la commission &#233;tudiant les modalit&#233;s de r&#233;forme du syst&#232;me de sant&#233; au Qu&#233;bec. R&#233;guli&#232;rement invit&#233; &#224; des d&#233;jeuners-causeries pr&#233;sent&#233;s par l'IEDM et dont la plus r&#233;cente allocution en mai 2007 &#233;tait intitul&#233;e &#171; Sant&#233; : pour une r&#233;forme en profondeur &#187;, M. Castonguay exprimait en 2004 sa reconnaissance &#224; l'endroit de l'Institut. En ce sens, l'IEDM ferait &#171; &lt;i&gt;(&#8230;) un travail extr&#234;mement utile pour faire comprendre davantage aux gens comment notre &#233;conomie fonctionne (&#8230;). Il est important de ne pas voir les probl&#232;mes uniquement en termes d'intervention gouvernementale ou de r&#233;glementation contraignante, mais de mettre en &#233;vidence les options que la concurrence, le libre march&#233; et l'entreprenariat peuvent pr&#233;senter.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapport annuel 2004, Institut &#233;conomique de Montr&#233;al, p. 8,&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#192; la lumi&#232;re de la perspective n&#233;olib&#233;rale &#233;labor&#233;e par l'IEDM et des moyens mis en &#339;uvre pour en assurer la promotion, faut-il percevoir dans cette d&#233;claration un avant-go&#251;t des recommandations que contiendra le rapport Castonguay attendu pour l'automne prochain ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans sa conception de la soci&#233;t&#233; civile, Gramsci pr&#233;voit &#233;galement que les intellectuels puissent s'opposer au pouvoir en place et favoriser la constitution d'un pouvoir contre-h&#233;g&#233;monique, bien qu'il ne soit pas question de cette option dans ce texte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;.Tir&#233;e de la page d'accueil du site internet de l'IEDM, &lt;a href=&#034;http://www.iedm.org/main/main.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.iedm.org/main/main.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marcel Boyer et Mathieu Laberge, &#171; La place du secteur priv&#233; dans le syst&#232;me de sant&#233; qu&#233;b&#233;cois : un aper&#231;u des frais existants &#187;, Institut &#233;conomique de Montr&#233;al, ao&#251;t 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibidem, p. 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Section &#171; R&#233;action aux travaux de l'IEDM &#187;, site internet de l'IEDM, &lt;a href=&#034;http://www.iedm.org/main/commentaries_fr.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.iedm.org/main/commentaries_fr.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; ce sujet les d&#233;clarations de Jean Charest, &lt;a href=&#034;http://www.iedm.org/main/commentaries_fr.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.iedm.org/main/commentaries_fr.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La Commission Trilat&#233;rale est une organisation priv&#233;e transnationale cr&#233;&#233;e en 1973 et regroupant des politiciens, gens d'affaires et intellectuels autour de la promotion de la lib&#233;ralisation &#233;conomique entre les pays d'Am&#233;rique du Nord, d'Europe occidentale et d'Asie Pacifique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Rapport annuel 2004&lt;/i&gt;, Institut &#233;conomique de Montr&#233;al, p. 8, &lt;a href=&#034;http://www.iedm.org/uploaded/pdf/rapport04_fr.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.iedm.org/uploaded/pdf/rapport04_fr.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rachel Sarrasin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'art des superstitions &#233;conomiques</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-art-des-superstitions</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-art-des-superstitions</guid>
		<dc:date>2008-08-16T04:51:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ga&#233;tan Breton</dc:creator>


		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>Breton, Ga&#233;tan </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le principe de base du discours &#233;conomique actuel est de d&#233;former syst&#233;matiquement le sens des mots et des concepts. Quand un terme est employ&#233;, il veut dire autre chose que ce qu'il signifiait dans la th&#233;orie classique. L'IEDM &#233;tant sp&#233;cialis&#233; dans la r&#233;citation des mantras &#233;conomiques de la classe dominante, son discours est toujours en porte-&#224;-faux par rapport &#224; la th&#233;orie &#224; laquelle il pr&#233;tend pourtant continuer de se r&#233;f&#233;rer. Nous avons donc voulu donner ici quelques clefs pour la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-L-institut-economique-de-" rel="directory"&gt;Dossier : L'institut &#233;conomique de Montr&#233;al, repaire de la droite&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Patrons-et-think-tanks-+" rel="tag"&gt;Patrons et think tanks&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Breton-Gaetan-+" rel="tag"&gt;Breton, Ga&#233;tan &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton240.jpg?1642092194' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;369&#034; height=&#034;314&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le principe de base du discours &#233;conomique actuel est de d&#233;former syst&#233;matiquement le sens des mots et des concepts. Quand un terme est employ&#233;, il veut dire autre chose que ce qu'il signifiait dans la th&#233;orie classique. L'IEDM &#233;tant sp&#233;cialis&#233; dans la r&#233;citation des mantras &#233;conomiques de la classe dominante, son discours est toujours en porte-&#224;-faux par rapport &#224; la th&#233;orie &#224; laquelle il pr&#233;tend pourtant continuer de se r&#233;f&#233;rer. Nous avons donc voulu donner ici quelques clefs pour la compr&#233;hension du nouveau sens qui se cache derri&#232;re les vieux concepts.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1- La comp&#233;titivit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cela, il faut lire qu'on n'est jamais plus comp&#233;titif que lorsqu'il n'y a pas de comp&#233;tition. Par exemple, l'IEDM n'a pas de v&#233;ritable comp&#233;tition en tant que transformateur des int&#233;r&#234;ts de la droite en galimatias pr&#233;tendument scientifique au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2- Le march&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut lire : l'absence de march&#233;. Pour qu'il y ait march&#233;, il faudrait que le nombre d'offreurs soit tr&#232;s grand. Or, dans tous les domaines, derri&#232;re un grand nombre de marques se cachent tr&#232;s peu d'entreprises. Prenons l'eau embouteill&#233;e. Au Qu&#233;bec, il reste Nestl&#233; et Danone dans l'eau de source et Coke et Pepsi dans l'eau du robinet, plus un ou deux joueurs minuscules. Ce n'est pas assez pour faire un march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons l'exemple des banques. S'il y avait un march&#233;, elles baisseraient leurs frais pour voler les clients des autres jusqu'&#224; ce que le profit soit minimum. Or, les banques pr&#233;sentent des profits records ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e et haussent leurs frais toutes ensemble. Il y a donc collusion pour tondre le client. Voici un autre secteur o&#249; il n'y a pas de march&#233; : les profits des compagnies de p&#233;trole impliquent clairement l'absence de march&#233; dans ce domaine selon la th&#233;orie &#233;conomique que pr&#233;tend d&#233;fendre l'IEDM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3- La science &#233;conomique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, on veut vous faire entendre la &#171; th&#233;orie lib&#233;rale &#187;. Mais on devrait pr&#233;ciser qu'il ne s'agit que de la moiti&#233; de la th&#233;orie lib&#233;rale, car si d'un c&#244;t&#233; on y fustige les interventions de l'&#201;tat, on n'y d&#233;nonce jamais les collusions et les concentrations qui sont contraires au fonctionnement de l'&#233;conomie telle qu'ils pr&#233;tendent la d&#233;fendre. Bref, comme pour le reste, ils ont une science &#233;conomique &#224; deux vitesses : une pour l'&#201;tat, qui consiste &#224; respecter les &#171; lois &#187; &#233;conomiques et &#224; prendre le moins de place possible, et une pour les entrepreneurs, qui consiste &#224; briser toutes les &#171; lois &#187; &#233;conomiques pour faire le plus d'argent possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4- Le contr&#244;le des prix&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle horreur ! Le contr&#244;le des prix, pour l'IEDM, fausse le libre jeu du march&#233;. Oui, peut-&#234;tre, mais comme il n'y a pas de march&#233; dans la plupart des secteurs, de quel libre jeu parle-t-on ? Le contr&#244;le des prix emp&#234;che toutefois les entreprises d'augmenter leurs profits &#224; l'infini en profitant de l'absence de march&#233; qui devrait r&#233;gulariser les prix. Si de plus, on peut faire croire aux gens que nous sommes dans une &#233;conomie de march&#233; et que les prix sont de bons indicateurs, il n'y a plus de limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5- Le contr&#244;le des salaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une mesure absolument n&#233;cessaire pour contr&#244;ler l'inflation. On est surpris de constater que, dans le monde, ce sont les pays o&#249; les salaires sont les plus bas qui ont les plus hauts taux d'inflation. Mais n'allez surtout pas en tirer des conclusions. Tout le monde sait que les prix ne font pas augmenter l'inflation, sauf celui du travail, et que lorsque les prix ont un effet n&#233;gatif, c'est seulement parce qu'il a fallu augmenter les salaires que les prix ont d&#251;, bien qu'&#224; contrecoeur, &#234;tre augment&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6- La libert&#233; &#233;conomique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de laisser les consommateurs &#224; la merci des grandes entreprises. Ces grandes entreprises sont souvent les interm&#233;diaires, qui d&#233;tournent toutes les suppos&#233;es r&#232;gles &#233;conomiques pour faire plus de profits mais se r&#233;f&#232;rent &#224; ces r&#232;gles comme des lois naturelles. Le probl&#232;me est que le consommateur n'a pas la libert&#233; &#233;conomique de ne pas manger. Comme ces grands interm&#233;diaires sont en nombre limit&#233; et contr&#244;lent la mise en march&#233;, le consommateur n'a pas non plus d'autres &#171; offreurs &#187; vers qui se tourner. En cons&#233;quence, ces grands interm&#233;diaires contr&#244;lent le march&#233;, ce qui revient &#224; dire qu'il n'y a pas de march&#233;, puisqu'un march&#233; se d&#233;finit d'abord par le fait que personne n'en a le contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7- Les incitations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe en physique est simple : tout corps au repos ou en mouvement demeure au repos ou en mouvement tant qu'une force contraire ne lui est pas appliqu&#233;e. On l'applique en &#233;conomie et on pr&#233;tend que l'&#233;tat naturel de l'homme (incluant la femme) est la paresse et qu'il faut l'espoir d'une unit&#233; suppl&#233;mentaire de consommation pour le faire bouger. Pour le petit employ&#233;, la reproduction de sa force de travail semble une motivation suffisante. Pour les gestionnaires de haut vol, on a invent&#233; toute une s&#233;rie de motivations, allant des bonis aux options d'achat d'actions &#224; prix r&#233;duits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En poursuivant le raisonnement, on comprendra que dans leur logique, les prestataires de l'aide sociale n'ont aucun int&#233;r&#234;t &#224; aller travailler au salaire minimum. En cons&#233;quence, pour les pousser &#224; &#171; r&#233;int&#233;grer &#187; le march&#233; du &#171; &lt;i&gt;cheap labour&lt;/i&gt; &#187; il ne faut pas cr&#233;er des emplois satisfaisants, car en ce cas qui occuperait alors les autres emplois ? On va donc couper l'aide sociale et forcer les b&#233;n&#233;ficiaires, pour survivre, &#224; devenir des &#171; &lt;i&gt;working poors&lt;/i&gt; &#187; au service des riches, souvent en dessous de la table o&#249; ils pourront aussi, en passant, esp&#233;rer glaner quelques miettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;8- Le ch&#244;mage de plein emploi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre postulat de base de la th&#233;orie &#233;conomique est que la raret&#233; fait augmenter le prix. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; du concept de ch&#244;mage de plein emploi qui ne cesse d'augmenter. Si la r&#233;serve de ch&#244;meurs s'&#233;puise, le prix de la main-d'&#339;uvre va monter &#224; l'infini. La s&#233;curit&#233; du capitaliste demande le maintien d'un minimum de ch&#244;mage pour r&#233;guler le prix de la main-d'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9- Les pauvres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entit&#233;s abstraites d&#233;finies selon le seuil de faible revenu de Statistique Canada (qui refuse de l'appeler seuil de pauvret&#233;) et dont on trouve quelques exemples si l'on s'aventure vers l'est de la ville, surtout au sud de l'&#238;le. Pour la plupart, ils vivent heureux avec l'aide sociale dans des logements insalubres aux co&#251;ts de chauffage prohibitifs. Mais ils n'ont jamais connu rien d'autre, bien que la mobilit&#233; entre les classes sociales, si l'on en croit les notes &#233;conomiques de l'IEDM, soit tr&#232;s grande. Bref, il n'y a pas de pr&#233;disposition sociale &#224; la pauvret&#233; selon l'IEDM, mais ils se retrouvent de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration dans les m&#234;mes taudis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;10- Une r&#233;glementation plus l&#233;g&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce moment, la loi laisse des entreprises faire faillite et l'entrepreneur peut recommencer le m&#234;me commerce 10 jours plus tard, dans le m&#234;me local, sans avoir pay&#233; ses employ&#233;s. Une entreprise peut tricher l'imp&#244;t sans que ses administrateurs ne soient d&#233;clar&#233;s responsables. Une entreprise peut construire des d&#233;veloppements immobiliers, verser des sommes faramineuses en frais de gestion puis faire faillite et les &#171; promoteurs &#187;, cach&#233;s dans la compagnie m&#232;re, ne sont absolument pas oblig&#233;s de respecter les garantis. Mais la r&#233;glementation reste trop lourde. All&#233;ger la r&#233;glementation doit signifier donner le droit de vie et de mort sur les employ&#233;s et les clients : il est difficile de voir comment on peut aller plus loin sans aller jusque l&#224;. &#192; moins que la d&#233;r&#233;glementation ne consiste &#224; abolir ce syst&#232;me des personnes morales, lequel ne vit que par des lois et des r&#232;glements. Si c'est cela, nous sommes pour !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit, ce discours &#233;conomiste est rempli de contradictions et le syst&#232;me actuel, dont les mercenaires de l'IEDM font une constante promotion, ne vit qu'en appliquant dans les faits le contraire des principes qui sont d&#233;fendus sur le devant de la sc&#232;ne. La p&#233;rennit&#233; de ce syst&#232;me repose uniquement sur la r&#233;p&#233;tition dans les m&#233;dias et dans le syst&#232;me d'enseignement d'une s&#233;rie de mantras &#8211; mantra du march&#233;, mantra de la concurrence, mantra des incitatifs, mantra des lois in&#233;luctables de l'&#233;conomie, etc. &#8211; qui doit beaucoup au fait que ces m&#233;dias font maintenant partie de grands groupes multinationaux qui vivent eux-m&#234;mes en entretenant ces superstitions dans la population.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ga&#233;tan Breton&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La rh&#233;torique comme m&#233;thodologie</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-rhetorique-comme-methodologie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/La-rhetorique-comme-methodologie</guid>
		<dc:date>2008-08-15T04:54:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ga&#233;tan Breton</dc:creator>


		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>Breton, Ga&#233;tan </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al propose r&#233;guli&#232;rement des opinions et des &#171; notes &#233;conomiques &#187; destin&#233;es au commun des lecteurs. On cherche en vain une m&#233;thodologie dans ces documents qui affirment leur scientificit&#233; sans jamais en faire la d&#233;monstration. On peut alors dire que la rh&#233;torique remplace la rigueur et que les r&#233;sultats sont des pamphlets politiques destin&#233;s &#224; promouvoir une certaine vision de la soci&#233;t&#233;. L'analyse de la m&#233;thodologie que je me proposais de faire doit donc se (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-L-institut-economique-de-" rel="directory"&gt;Dossier : L'institut &#233;conomique de Montr&#233;al, repaire de la droite&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Patrons-et-think-tanks-+" rel="tag"&gt;Patrons et think tanks&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Breton-Gaetan-+" rel="tag"&gt;Breton, Ga&#233;tan &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton241.jpg?1642092195' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;369&#034; height=&#034;379&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al propose r&#233;guli&#232;rement des opinions et des &#171; notes &#233;conomiques &#187; destin&#233;es au commun des lecteurs. On cherche en vain une m&#233;thodologie dans ces documents qui affirment leur scientificit&#233; sans jamais en faire la d&#233;monstration. On peut alors dire que la rh&#233;torique remplace la rigueur et que les r&#233;sultats sont des pamphlets politiques destin&#233;s &#224; promouvoir une certaine vision de la soci&#233;t&#233;. L'analyse de la m&#233;thodologie que je me proposais de faire doit donc se transformer en analyse du discours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les notes &#233;conomiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans les &#171; notes &#233;conomiques &#187;, on prend des situations de la vie r&#233;elle et on s'en sert pour r&#233;citer le credo &#233;conomique, sans &#233;gard &#224; la r&#233;alit&#233;. On y perp&#233;tue la fiction que nous sommes dans une &#233;conomie de march&#233; et que ses m&#233;canismes fonctionnent. &lt;i&gt;Les prix qui s'&#233;tablissent librement sur le march&#233; jouent en effet un r&#244;le crucial pour la coordination des agents &#233;conomiques&lt;/i&gt; (Les effets pervers des contr&#244;les de prix) ou encore : &lt;i&gt;Si d'autres mesures ne sont pas impos&#233;es &#8211; par exemple subventionner les producteurs ou les investisseurs affect&#233;s &#8211;, la cons&#233;quence directe de l'imposition d'un prix plafond est une p&#233;nurie du bien ou du service r&#233;glement&#233;&lt;/i&gt;. &#201;videmment, on conclura que le contr&#244;le des prix est une h&#233;r&#233;sie. Mais, toute l'analyse n'en est pas une, elle n'est que la simple reproduction des chapitres de base d'un manuel d'&#233;conomie tout aussi fondamental et aveugle aux r&#233;alit&#233;s qui nous entourent. On pr&#233;tend parler du secteur agricole, mais il n'y a aucune analyse de la fixation de prix dans ce secteur, de la place que jouent les interm&#233;diaires, des prix pay&#233;s aux producteurs et des co&#251;ts de production. On utilise l'expression &lt;i&gt;prix de certains produits agricoles&lt;/i&gt; pour produire un effet de r&#233;el, mais on pourrait tenir exactement le m&#234;me discours pour le reste sans se r&#233;f&#233;rer &#224; un secteur pr&#233;cis. Bref, il n'y a pas de m&#233;thodologie parce qu'il n'y a pas d'&#233;tude, seulement l'inlassable r&#233;p&#233;tition des m&#234;mes mantras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre exemple de cette tendance se trouve dans la note sur l'industrie laiti&#232;re. On y lit : &lt;i&gt;En premier lieu, la science &#233;conomique enseigne que ce ne sont pas les co&#251;ts de production qui d&#233;terminent les prix, mais bien l'offre et la demande sur le march&#233;&lt;/i&gt;. D'abord, on vient d'assujettir le lecteur aux &#171; lois &#187; de la suppos&#233;e science &#233;conomique. Deuxi&#232;mement, il faudrait pour ce faire que la production ne soit aucunement r&#233;glement&#233;e et que les interm&#233;diaires n'aient pas le contr&#244;le sur les prix aux deux bouts de la cha&#238;ne. Mais pourquoi s'embarrasser de d&#233;tails inutiles comme la r&#233;alit&#233;, la science &#233;conomique a parl&#233; et a couvert la rumeur du r&#233;el. Quelle est donc la solution ? La d&#233;r&#233;glementation, &#233;videmment et toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#171; notes &#233;conomiques &#187; tiennent d'ailleurs, par hasard sans doute, le m&#234;me discours que le programme de l'ADQ. On y pr&#233;conise les bons d'&#233;tude, l'abolition des commissions scolaires et le libre choix de l'&#233;cole par les parents. On propose un syst&#232;me d'&#233;coles &#224; charte qui r&#233;pondraient directement au gouvernement. Ce syst&#232;me est d&#233;crit comme celui de l'avenir. Pourquoi donc ? C'est que : &lt;i&gt;La croissance plut&#244;t rapide des &#233;coles &#224; charte aux &#201;tats-Unis est un indice &#233;vident du fait que les personnes concern&#233;es sont satisfaites de leur performance.&lt;/i&gt; Voil&#224; un jugement p&#233;remptoire bien hasardeux. Mais c'est le genre d'arguments sur lesquels se basent les prescriptions de d&#233;centralisation et de d&#233;r&#233;glementation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La note sur l'aide sociale en donne un nouvel et excellent exemple. On nous dit que depuis le sommet des ann&#233;es 90, le taux de personnes sur l'aide sociale aux &#201;tats-Unis a beaucoup plus baiss&#233; qu'au Canada et, particuli&#232;rement, qu'au Qu&#233;bec. L'auteure se demande : &lt;i&gt;Pourquoi le Qu&#233;bec reste-t-il &#224; la tra&#238;ne ? (&#8230;) Comment ramener sur le march&#233; de l'emploi les prestataires adultes d'aide sociale aptes au travail &#8211; c'est-&#224;-dire les deux tiers d'entre eux &#8211; afin de leur permettre d'am&#233;liorer leur sort ?&lt;/i&gt; D'abord, remarquons que tout cela part de bonnes intentions, am&#233;liorer le sort des gens sur l'aide sociale. Deuxi&#232;mement, on part aussi de la pr&#233;misse non &#233;nonc&#233;e qu'il y a des emplois en quantit&#233; et que les gens manquent seulement de motivation pour aller les occuper et pr&#233;f&#232;rent se faire vivre par l'&#201;tat. Et, enfin, on nous dit que si les &#201;tats-Unis ont atteint ce degr&#233; de r&#233;ussite, c'est parce que les conditions de l'aide sociale ont &#233;t&#233; rendues plus s&#233;v&#232;res. Autrement dit, on a moins de gens sur l'aide sociale parce qu'on a arr&#234;t&#233; de leur en donner et non pas parce qu'ils ont trouv&#233; des emplois, surtout des emplois dans lesquels ils ne seraient pas honteusement exploit&#233;s. Aux &#201;tats-Unis, on parle de plus de 50 millions de personnes n'ayant aucune protection en cas de maladie puisqu'elles ne sont pas sur l'aide sociale et qu'elles n'ont pas les moyens de se payer une assurance. Est-ce le genre de succ&#232;s que l'on vise en rattrapant &#171; notre retard &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas innocent que les m&#234;mes expressions &#233;maillent le &lt;i&gt;Manifeste des Lucides&lt;/i&gt;, les rapports de Cirano ou les divagations d'Alain Dubuc. Toute cette &#171; science &#187; converge dans une grande vis&#233;e id&#233;ologique : r&#233;duire le r&#244;le de l'&#201;tat sauf quand il s'agit de prot&#233;ger l'entreprise et ses biens.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les &#171; &#233;tudes &#187; plus consistantes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'IEDM a publi&#233; sur son site, en collaboration avec l'Institut Fraser, un texte de Mike Harris et Preston Manning, deux grands chercheurs scientifiques, dont le titre est : &lt;i&gt;Une &#233;conomie plus dynamique dans un Canada fort et prosp&#232;re&lt;/i&gt;. Leur objectif est de s'assurer que les Canadiens poss&#232;dent le plus haut niveau de libert&#233; &#233;conomique et de prosp&#233;rit&#233; du monde, ce qui doit se lire comme un plaidoyer pour la d&#233;r&#233;glementation et la libert&#233; totale accord&#233;e aux gens d'affaires. Il faut aussi y voir une r&#233;duction de la place de l'&#201;tat dans l'&#233;conomie et une diminution des services publics. Ce sont l&#224; des opinions politiques qui sont charri&#233;es par les Lucides et que nous connaissons bien. Le discours tente ici de les transformer en &#171; v&#233;rit&#233;s &#187; scientifiques. &lt;i&gt;Toutefois, des recherches tr&#232;s &#233;labor&#233;es approuv&#233;es par des pairs sur la taille optimale de l'&#201;tat (&#8230;)&lt;/i&gt;. Disons simplement, que nous pourrions trouver des milliers de recherches approuv&#233;es aussi par des pairs (ce qui veut dire : publi&#233;es dans une revue avec comit&#233; de lecture) qui disent tout &#224; fait le contraire selon les auteurs : &lt;i&gt;Aucun pays o&#249; la libert&#233; &#233;conomique est insuffisante n'a &#233;t&#233; en mesure d'am&#233;liorer la vie mat&#233;rielle de ses citoyens de mani&#232;re constante&lt;/i&gt;. Si la libert&#233; &#233;conomique se d&#233;finit par de faibles niveaux d'imposition, ce qu'ils recommandent et une faible part des d&#233;penses de l'&#201;tat dans le PIB, ils viennent de pr&#233;tendre que la Su&#232;de ou la Norv&#232;ge n'ont pas cr&#233;&#233; de milieux de vie int&#233;ressants pour leurs citoyens. &#201;videmment, ils pensaient Chine et URSS, mais il y a beaucoup d'autres facteurs &#224; consid&#233;rer. L'une des astuces de l'IEDM dans ses publications est de ne jamais tenir compte de la situation compl&#232;te et de vaguement comparer des ensembles flous de pays sur une seule variable judicieusement pr&#233;sent&#233;e de mani&#232;re tout aussi vague. L'ordre des classements est une autre astuce rh&#233;torique pour passer des jugements en douce. &lt;i&gt;Le Canada, sur 32 &#233;conomies &#233;tudi&#233;es, se classe au 10e rang en ce qui a trait &#224; la taille de l'&#201;tat. Le Canada poss&#232;de le 11e taux marginal d'imp&#244;t sur le revenu le plus &#233;lev&#233; et la proportion de notre &#233;conomie consomm&#233;e par le secteur public place le Canada plus pr&#232;s du bas de l'&#233;chelle que du haut, soit 22e sur 32. En d'autres mots, le Canada est loin d'&#234;tre premier de classe&lt;/i&gt;. Mais si nous d&#233;cidions qu'ils ont mis l'&#233;chelle &#224; l'envers, les r&#233;sultats deviendraient compl&#232;tement diff&#233;rents. Bref, selon l'opinion que l'on a de ce qui est souhaitable ou pas, la performance est transform&#233;e. Mais, il est difficile d'&#233;chapper &#224; l'h&#233;g&#233;monie de tels commentaires et de remettre en question les fondements m&#234;mes des textes. C'est l&#224;-dessus qu'ils comptent pour vendre leur soi-disant &#171; science &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous regardons le classement g&#233;n&#233;ral de l'&#233;tude de l'Institut Fraser qui leur sert de r&#233;f&#233;rence : au 1er rang on trouve Hong Kong, puis Singapour, puis ce paradis du lib&#233;ralisme qui s'av&#232;re de plus en plus un fiasco : la Nouvelle-Z&#233;lande, puis les bandits internationaux : la Suisse, puis le pays de l'exclusion : les &#201;tats-Unis, etc. Les pays scandinaves arrivent en fin de liste. Donc, pour un citoyen moyen, il vaut mieux vivre &#224; Hong Kong qu'&#224; Oslo. &#201;videmment, des &#233;tudes corr&#233;lationnelles ont trouv&#233; une relation n&#233;gative entre la croissance du PIB et le niveau des d&#233;penses de l'&#201;tat. Cela n'est que conforme &#224; la vision keyn&#233;sienne qui veut que l'&#201;tat intervienne fortement en p&#233;riode de r&#233;cession par de grands travaux pour soutenir l'&#233;conomie. Comme ces politiques sont appliqu&#233;es depuis une bonne soixantaine d'ann&#233;es, il est certain qu'une &#233;tude qui s'arr&#234;te aux chiffres va trouver ce r&#233;sultat. De l&#224; &#224; laisser entendre que ce sont les d&#233;penses de l'&#201;tat qui ont cr&#233;&#233; le ralentissement &#233;conomique, nous tombons alors dans la malhonn&#234;tet&#233; intellectuelle. Mais, tout n'est-il pas dans l'art de laisser entendre sans avoir dit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans la derni&#232;re partie de cette &#233;tude, nous citons des &#233;tudes et des comparaisons internationales qui d&#233;montrent de fa&#231;on convaincante qu'augmenter la libert&#233; &#233;conomique diminue le ch&#244;mage, la pauvret&#233; et les in&#233;galit&#233;s et favorise la croissance &#233;conomique, le d&#233;veloppement humain et les autres libert&#233;s partout dans le monde.&lt;/i&gt; Notons que bien qu'il y ait 13 pages de bibliographie, on r&#233;f&#232;re tr&#232;s rarement directement &#224; ces &#339;uvres dans le texte m&#234;me. On pr&#233;tend ainsi s'appuyer sur ces &#233;tudes, mais tr&#232;s peu se retrouvent dans le texte et, surtout, on ne sait jamais laquelle est cens&#233;e venir appuyer l'argument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, nous avons &lt;i&gt;Les cahiers de l'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al&lt;/i&gt;. L'un d'eux s'intitule &lt;i&gt;Transport et logement &#224; Montr&#233;al&lt;/i&gt;. Il s'agit d'un plaidoyer pour l'&#233;talement urbain et l'utilisation de l'automobile qui m&#233;rite qu'on en cite une partie : &lt;i&gt;Malgr&#233; cela, de puissants groupes de pression ont vu le jour afin de contester autant le d&#233;veloppement de la banlieue que l'automobile. La plus grande partie de leur critique est tout simplement erron&#233;e. Le d&#233;veloppement de la banlieue ne pose aucune menace &#224; l'agriculture ; en r&#233;alit&#233;, l'&#233;tendue g&#233;ographique des r&#233;gions urbaines ne constitue qu'une fraction des terres qui ont &#233;t&#233; abandonn&#233;es suite aux am&#233;liorations de la productivit&#233; agricole. La faible densit&#233; des banlieues n'augmente pas l'encombrement de la circulation ou la pollution de l'air, mais les diluent&lt;/i&gt;. Les autos des banlieusards ne polluent pas, elles diluent la pollution et aussi la circulation. On croit r&#234;ver. Le transport en commun pour remplacer ces autos co&#251;terait trop cher ajoute-t-on. Que dire de ce que co&#251;te l'automobile ? Selon Richard Bergeron, 60 % de l'espace au centre-ville de Montr&#233;al est d&#233;volu &#224; l'automobile qui co&#251;te une fortune &#224; la soci&#233;t&#233;. Imaginez quelle ville on pourrait faire sans automobile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La figure 5 de ce document est symptomatique de l'honn&#234;tet&#233; intellectuelle qui anime ces chercheurs. Une ligne croissante montre l'&#233;volution du revenu moyen des canadiens de 1900 &#224; 2000. &#201;videmment, m&#234;me en dollars constants, la mont&#233;e est impressionnante. On a mis en noir, sur toute la largeur du graphique (couvrant toutes les ann&#233;es) le seuil de faible revenu de l'an 2000. En cons&#233;quence, nous avons l'air d'&#234;tre sorti de la pauvret&#233; pour nous envoler vers la richesse. Si on avait trac&#233; une autre ligne avec les seuils de faible revenu suivant les ann&#233;es, la vision aurait &#233;t&#233; toute autre. De plus, on a choisi une vision du seuil de faible revenu prise chez Statistique Canada, mais si on l'avait prise chez Ressources humaines Canada, le r&#233;sultat e&#251;t &#233;t&#233; compl&#232;tement diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Deux visions du monde&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La droite s'est appropri&#233; le droit de d&#233;clarer &#171; scientifique &#187; les textes qui soutiennent son id&#233;ologie. De ce fait, elle efface les traces de l'id&#233;ologie et peut pr&#233;tendre les enseigner dans les &#233;coles comme &#233;tant des connaissances neutres, alors que le discours de ses adversaires est d&#233;clar&#233; d'office comme &#233;tant l'id&#233;ologie. Dans la r&#233;alit&#233; (si une telle chose existe en dehors de l'id&#233;e qu'on s'en fait), les textes de la gauche sont souvent beaucoup plus incarn&#233;s dans la vie quotidienne et donnent beaucoup plus d'exemples de cette vie quotidienne et de chiffres tir&#233;s d'exp&#233;riences sur le terrain que les textes de la droite, qui pr&#233;tend pourtant avoir le monopole de la rationalit&#233; chiffr&#233;e (comparez le &lt;i&gt;Manifeste des Lucides&lt;/i&gt; &#224; celui des Solidaires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'&#233;tant octroy&#233; d'office la l&#233;gitimit&#233; scientifique, le discours de droite peut se permettre tous les raccourcis rh&#233;toriques et tous les abus de langages. C'est ce qui ressort clairement de la lecture des textes de l'IEDM. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ga&#233;tan Breton&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le chant de sir&#232;nes de l'IEDM</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-chant-de-sirenes-de-l-IEDM</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-chant-de-sirenes-de-l-IEDM</guid>
		<dc:date>2008-08-14T04:57:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al a une mission ingrate : convaincre les &#233;luEs et la population d'adopter des mesures n&#233;fastes pour la majorit&#233;, notamment en privatisant les services publics. Pour ex&#233;cuter ce travail d&#233;licat, l'Institut b&#233;n&#233;ficie de beaucoup d'argent, de puissants alli&#233;s et de contacts privil&#233;gi&#233;s avec plusieurs &#233;lus. Ce qui ne lui garantit pas d'arriver &#224; ses fins. Afin de d&#233;tourner l'opinion publique en sa faveur, il lui faut jouer le jeu, d&#233;battre, argumenter. L'IEDM doit (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-L-institut-economique-de-" rel="directory"&gt;Dossier : L'institut &#233;conomique de Montr&#233;al, repaire de la droite&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Patrons-et-think-tanks-+" rel="tag"&gt;Patrons et think tanks&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al a une mission ingrate : convaincre les &#233;luEs et la population d'adopter des mesures n&#233;fastes pour la majorit&#233;, notamment en privatisant les services publics. Pour ex&#233;cuter ce travail d&#233;licat, l'Institut b&#233;n&#233;ficie de beaucoup d'argent, de puissants alli&#233;s et de contacts privil&#233;gi&#233;s avec plusieurs &#233;lus. Ce qui ne lui garantit pas d'arriver &#224; ses fins. Afin de d&#233;tourner l'opinion publique en sa faveur, il lui faut jouer le jeu, d&#233;battre, argumenter. L'IEDM doit donc prendre le contr&#244;le du langage, user avec habilit&#233; de la rh&#233;torique, organiser soigneusement les discours, comme on met au pas une assembl&#233;e d'actionnaires. Peu importe si l'on doit faire, &#224; quelques moments, de l&#233;g&#232;res entorses &#224; la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La notice d'introduction du site Internet de l'IEDM est en soi tout un programme. L'organisation se pr&#233;sente comme un institut de recherche, tenez-vous bien, &#171; &lt;i&gt; ind&#233;pendant, non partisan et sans but lucratif&lt;/i&gt; &#187;. Que ces propos soient imm&#233;diatement contredits par les titres de quelques-unes des publications et conf&#233;rences de l'IEDM (&#171; Les mondialophobes &#187;, &#171; Privatiser Hydro-Qu&#233;bec : pourquoi et comment ? &#187;, &#171; Plaidoyer pour la libert&#233; &#233;conomique &#187;, etc.) semble importer peu. L'essentiel est que m&#234;me si le mensonge est &#233;tal&#233; fi&#232;rement et que le visiteur du site doit s'attendre &#224; prendre des vessies pour des lanternes, la puret&#233; originelle des intentions de l'IEDM reste malgr&#233; tout grav&#233;e par les mots comme dans du marbre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire conna&#238;tre ses id&#233;es &#171; non partisanes &#187;, l'IEDM b&#233;n&#233;ficie de deux tribunes principales, celle de Nathalie Elgrably, dans le &lt;i&gt;Journal de Montr&#233;al&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, et celle de Paul Daniel Muller, pr&#233;sident de l'IEDM, dans la revue les &lt;i&gt;Affaires&lt;/i&gt;. Ces auteurs, et d'autres encore, s&#233;vissent dans les grands journaux du Qu&#233;bec, la Presse, le Devoir, le Soleil, la Tribune, la Voix de l'Est, le National Post, &#224; une fr&#233;quence qui ferait r&#234;ver n'importe quelle association partisane&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans son rapport annuel de 2006, l'IEDM pr&#233;tend avoir envoy&#233; 131 lettres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nathalie Elgrably, vulgarisatrice et franc-tireuse du groupe, est celle qui manipule avec le plus de mauvaise foi le sophisme et la d&#233;magogie. Parmi ses plus beaux fleurons : pr&#233;tendre qu'il ne faut pas s'occuper du r&#233;chauffement de la plan&#232;te parce qu'il est plus important d'aider les pauvres (qui apparaissent ainsi subitement dans un texte de l'IEDM) ; affirmer que les Concerts du Live Earth organis&#233;s par Al Gore n'auraient pas d&#251; avoir lieu parce qu'on y a consomm&#233; trop d'&#233;lectricit&#233; ; qualifier de &#171; surr&#233;aliste &#187; la volont&#233; chez les Qu&#233;b&#233;coises de pr&#233;server des services publics de qualit&#233; en payant une juste part d'imp&#244;ts.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tous en ch&#339;ur : &#171; cr&#233;ons de la richesse &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les interventions de l'IEDM visent des cibles on ne peut plus larges. L'Institut &#233;claire les lanternes des Qu&#233;b&#233;coises sur les sujets les plus divers, semant &#224; tout vent son point de vue &#171; ind&#233;pendant &#187;. Parmi les sujets r&#233;cents : les algues bleues, la sant&#233;, le mod&#232;le su&#233;dois, le r&#233;chauffement de la plan&#232;te, la privatisation de la sant&#233;, la margarine color&#233;e, les droits de scolarit&#233;, la sant&#233;, les heures d'ouverture des commerces, etc. Et ce, toujours avec la m&#234;me &#171; &lt;i&gt;propension &#224; contester les id&#233;es re&#231;ues&lt;/i&gt; &#187;, nous dit le pr&#233;sident Muller, et avec en sourdine, le m&#234;me refrain, chant&#233; sur tous les tons : il faut cr&#233;er de la richesse, rechercher des &#171; &lt;i&gt;politiques publiques cr&#233;atrices de richesse&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;proposer des solutions cr&#233;atrices de richesses&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;velopper l'&#233;nergie au Qu&#233;bec pour &#171; &lt;i&gt;servir &#224; une v&#233;ritable cr&#233;ation de la richesse&lt;/i&gt; &#187;, chercher &#171; &lt;i&gt;l'accroissement du niveau de vie&lt;/i&gt; &#187; par la &#171; &lt;i&gt;cr&#233;ation de la richesse&lt;/i&gt; &#187;, et j'en oublie. Des propos que nous avons d&#233;j&#224; lus dans le best-seller &lt;i&gt;&#201;loge de la richesse&lt;/i&gt; d'Alain Dubuc, et entendus dans la bouche des Lucides, de Joseph Facal, de Pauline Marois et combien d'autres. Faut-il donc croire que le Qu&#233;bec croupit dans la mis&#232;re et que ce matraquage vise &#224; contraindre une volont&#233; ferme et articul&#233;e de rester pauvre chez nos compatriotes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les emp&#234;cheurs de cr&#233;er de la richesse en rond sont principalement au nombre de trois : l'&#201;tat, les syndicats et les monopoles &#8212; qui ont tendance &#224; s'allier et former deux couples d'h&#233;r&#233;tiques, les monopoles d'&#201;tat et les monopoles syndicaux. Cette richesse, qui manque si cruellement &#224; nos &#233;lites et &#224; l'ensemble des Qu&#233;b&#233;coises (il faut croire que les gens de l'IEDM n'ont pas visit&#233; l'immense majorit&#233; des pays de la plan&#232;te, sinon en r&#233;sidant dans des h&#244;tels cinq &#233;toiles), cette richesse, donc, nous tomberait comme une manne avec la libre concurrence. Et cette libre concurrence est entrav&#233;e par des lois n&#233;cessairement inutiles et bureaucratiques, adopt&#233;es par un &#201;tat bureaucratique qui emp&#234;che la libre concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;testation des lois de la part de l'IEDM est particuli&#232;rement vive. Elle m&#232;ne &#224; de curieux raisonnements. Par exemple, dans un texte intitul&#233; &#171; Vers une escouade de cyano-macoutes (sic) ? &#187;, Paul Daniel Muller soutient qu'il ne sert &#224; rien de l&#233;gif&#233;rer pour limiter le phosphate dans nos lacs et rivi&#232;res parce que les lois (par d&#233;finition ?) ne sont pas respect&#233;es. Les r&#233;glementations qui persistent malgr&#233; tout en prennent pour leur rhume : Robert Knox souhaite l'&#233;limination de la &#171; r&lt;i&gt;&#233;glementation archa&#239;que&lt;/i&gt; &#187; emp&#234;chant de confondre beurre et margarine ; selon Norma Kozhaya, les probl&#232;mes du syst&#232;me de sant&#233; &#233;tats-unien viendraient non pas des compagnies d'assurances priv&#233;es en qu&#234;te de profits faramineux, mais &#171; &lt;i&gt;de la lourde r&#233;glementation&lt;/i&gt; &#187; &#224; laquelle elles sont soumises ; Adrien Pouliot, pr&#233;sident du conseil, boucle le tout en pr&#233;tendant se concentrer sur &#171; &lt;i&gt;la r&#233;glementation qui freine la cr&#233;ation de la richesse&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'altruisme de l'IEDM&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#234;me Adrien Pouliot d&#233;nonce avec vigueur &#171; &lt;i&gt;les discours id&#233;ologiques qui masquent des int&#233;r&#234;ts corporatistes&lt;/i&gt; &#187;. C'est le moins qu'on puisse attendre d'un institut &#171; sans but lucratif &#187; qui se targue de sa &#171; &lt;i&gt;rigueur intellectuelle et de son professionnalisme&lt;/i&gt; &#187;. Ainsi, la principale campagne de l'IEDM, visant la privatisation du secteur de la sant&#233;, est bien s&#251;r purement altruiste et ne sert en rien les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques colossaux des compagnies d'assurances et de soins priv&#233;s, qui souhaitent de tout c&#339;ur ces privatisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne en faveur de la privatisation de la sant&#233; s'appuie sur un nombre impressionnant d'&#233;tudes et de documents faisant par exemple l'&#233;loge des PPP, pr&#244;nant surtout l'acc&#232;s &#224; des services plus rapides pour ceux qui acceptent de payer. Afin de nous convaincre, l'argumentation s'appuie sur des sondages d&#233;montrant que telle est la volont&#233; de la majorit&#233; des Qu&#233;b&#233;coises. &#192; la question pos&#233;e en septembre 2006 par L&#233;ger Marketing : &#171; &lt;i&gt;Accepteriez-vous ou non que l'&#201;tat permette &#224; ceux qui souhaitent payer pour des soins de sant&#233; dans le secteur priv&#233; d'avoir un acc&#232;s plus rapide &#224; ces soins, tout en maintenant l'actuel syst&#232;me de sant&#233; gratuit et universel ?&lt;/i&gt; &#187;, 48 % des Qu&#233;b&#233;coises r&#233;pondent oui. On omet la suite logique de la question, qui importerait pourtant : &#171; &lt;i&gt;et que la qualit&#233; du syst&#232;me gratuit et universel soit diminu&#233;e &#224; cause de la p&#233;nurie de m&#233;decins et d'infirmi&#232;res, caus&#233;e par les d&#233;parts dans le priv&#233; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ses chants de sir&#232;nes, l'IEDM a su emprunter aux discours de la gauche son ton pol&#233;mique et parfois provocateur, son d&#233;sir d'&#233;duquer les masses, sa d&#233;nonciation des &#171; mythes &#187;, voire m&#234;me son humanisme. Pourtant, certains mots cl&#233;s restent d&#233;sesp&#233;r&#233;ment absents de ses &#233;tudes et textes d'opinion. Par exemple &#171; justice sociale &#187;, &#171; imp&#244;t progressif sur le revenu &#187;, &#171; paradis fiscaux &#187;, &#171; in&#233;galit&#233;s &#187;, &#171; &#233;vasion fiscale &#187;, &#171; &#233;quit&#233; &#187;. Et surtout &#171; partage de la richesse &#187;, comme si ce partage ne pouvait se faire qu'&#224; partir du moment de gr&#226;ce o&#249; l'on aura enfin cr&#233;&#233; assez de richesse. Mais &#224; quel moment cela arrivera-t-il ? Quelle somme magique et miraculeuse d'argent faudra-t-il donc avoir accumul&#233;e &#8212; et aux d&#233;pens de qui ? &#8212; avant qu'on daigne la partager ? On ne peut pas compter sur l'IEDM pour y r&#233;pondre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans son rapport annuel de 2006, l'IEDM pr&#233;tend avoir envoy&#233; 131 lettres d'opinion dans les journaux et magazines du Qu&#233;bec. Soit plus d'une &#224; tous les trois jours.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Vaillancourt&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des hot dogs intellectuels</title>
		<link>https://www.ababord.org/Des-hot-dogs-intellectuels</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Des-hot-dogs-intellectuels</guid>
		<dc:date>2008-08-13T05:04:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Rioux, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mercredi 16 mai 2007. Nous sommes &#224; quelques jours du d&#233;p&#244;t du budget provincial, en plein psychodrame parlementaire et m&#233;diatique. Ici, &#224; l'h&#244;tel Delta, point de nervosit&#233;, comme si l'issue de la crise, de toutes fa&#231;ons, &#233;tait d&#233;j&#224; connue. Lors du d&#233;p&#244;t du budget, le 24 mai, la ministre des Finances du Qu&#233;bec annoncera la nomination de M. Castonguay &#224; la t&#234;te d'un comit&#233; qui doit produire, cet automne, un &#171; rapport &#187; sur la r&#233;forme du financement du syst&#232;me de sant&#233;. Or, Claude Castonguay (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-L-institut-economique-de-" rel="directory"&gt;Dossier : L'institut &#233;conomique de Montr&#233;al, repaire de la droite&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Rioux-Claude-+" rel="tag"&gt;Rioux, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Patrons-et-think-tanks-+" rel="tag"&gt;Patrons et think tanks&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton244.jpg?1642092198' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;454&#034; height=&#034;337&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mercredi 16 mai 2007. Nous sommes &#224; quelques jours du d&#233;p&#244;t du budget provincial, en plein psychodrame parlementaire et m&#233;diatique. Ici, &#224; l'h&#244;tel Delta, point de nervosit&#233;, comme si l'issue de la crise, de toutes fa&#231;ons, &#233;tait d&#233;j&#224; connue. Lors du d&#233;p&#244;t du budget, le 24 mai, la ministre des Finances du Qu&#233;bec annoncera la nomination de M. Castonguay &#224; la t&#234;te d'un comit&#233; qui doit produire, cet automne, un &#171; rapport &#187; sur la r&#233;forme du financement du syst&#232;me de sant&#233;. Or, Claude Castonguay est justement l'attraction principale du d&#238;ner-causerie organis&#233; aujourd'hui par l'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al. Le sujet de la conf&#233;rence du m&#244;ssieur ? En plein dans le mille : &#171; Sant&#233; : pour des changements en profondeur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la table d'honneur, complet veston et cul raide, l'incarnation m&#234;me du consensus (&#171; &lt;i&gt;Il est temps de mettre fin &#224; la gratuit&#233; syst&#233;matique des soins de sant&#233; au Qu&#233;bec&lt;/i&gt; &#187;) : Michel Clair, ex-ministre p&#233;quiste et pr&#233;sident de la Commission d'&#233;tude sur les services de sant&#233; et les services sociaux et, &#224; ce titre, auteur du Rapport Clair&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Rapport Clair, d&#233;pos&#233; le 17 janvier 2001, faisait siennes les volont&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; Jean Coutu, le magnat de la pharmacie qui, avec son sarreau, a l'air d'h&#233;siter entre son r&#244;le de moraliste &#224; deux sous et celui de Dr Mengele ; Bernard Lord, ancien premier ministre conservateur du Nouveau-Brunswick, aujourd'hui avocat patronal chez McCarthy T&#233;trault &#224; Montr&#233;al ; Marcel Dutil, pr&#233;sident du conseil et chef de la direction du Groupe Canam, un fabricant de produits de construction ayant annonc&#233; un b&#233;n&#233;fice net de 13,3 millions de dollars pour le trimestre termin&#233; le 30 juin 2007 et ancien responsable de la campagne de financement de l'ADQ ; d'autres encore du m&#234;me acabit dont le nom m'&#233;chappe, confortables, fortun&#233;s, suffisants. Parmi eux, Joseph Facal, ancien ministre p&#233;quiste et principal conseiller &#233;conomique de Pauline Marois, laquelle venait, deux jours plus t&#244;t, de coiffer au poteau Gilles Duceppe dans la non-course &#224; la chefferie du Parti qu&#233;b&#233;cois. Les femmes assises l&#224; sont toutes les &#233;pouses de quelque homme important. Ils pr&#233;sident un banquet o&#249; l'on se promet de manger le peuple. Ils se l&#232;vent : on les applaudit (v&#233;ridique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis assis entre une dame qui travaille pour un assureur (priv&#233; !) de soins de sant&#233; &#8211; &#171; &lt;i&gt;Oh, vous savez, ces d&#238;ners, c'est toujours un peu la m&#234;me chose&lt;/i&gt; &#187;, me dit-elle sans aucune fac&#233;tie (elle est n&#233;anmoins enchant&#233;e d'&#234;tre l&#224;) &#8211; et une autre qui &#171; &#339;uvre &#187; pour une association d'&#233;tablissements (priv&#233;s !) de soins de longue dur&#233;e. Je me fais passer pour un &#233;diteur : des petits guides pour sauver de l'imp&#244;t en investissant aux bons endroits. &#171; &lt;i&gt;Formidable&lt;/i&gt; &#187; dit l'une ; &#171; &lt;i&gt;Vous me donnerez votre carte&lt;/i&gt; &#187;, encha&#238;ne l'autre. J'en ai pas, faudra que j'y vois la prochaine fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sert la soupe. Le clown Paul Daniel Muller, pr&#233;sident de l'IEDM, cherche ses mots. Les superlatifs lui manquent pour pr&#233;senter Claude Castonguay. &#201;trangement, le mot &#171; bandit &#187; n'est pas prononc&#233;. Ancien ministre lib&#233;ral (p&#232;re de la &#171; castonguette &#187;, on l'a-tu entendu, celle-l&#224; !), membre de la Commission Trilat&#233;rale de 1978 &#224; 1984, il est un vieux routier de la finance : l'Imp&#233;riale, le Cr&#233;dit Foncier et la Banque Laurentienne du Canada. Le nombre de banquets-b&#233;n&#233;fices pour les p'tits malades qu'il a b&#233;nis de sa pr&#233;sence n'est pas sp&#233;cifi&#233;. On lui a demand&#233; son avis trois cent cinquante-cinq fois sur l'&#233;tat du syst&#232;me de sant&#233;, il r&#233;pond toujours la m&#234;me chose : place au priv&#233; ! On va &#234;tre servi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coulis de truc-miche sur gras (avec un zeste d'orange). Claude Castonguay part la cassette. Lucide : &#171; &lt;i&gt;Il faut accepter l'&#233;vidence, dans son &#233;tat actuel, notre syst&#232;me de sant&#233; ne parvient pas &#224; r&#233;pondre &#224; la demande.&lt;/i&gt; &#187; Farceur : &#171; &lt;i&gt;Le changement en mati&#232;re de sant&#233; est in&#233;vitable et ne d&#233;coule d'aucune fa&#231;on de consid&#233;rations id&#233;ologiques de droite ou de gauche.&lt;/i&gt; &#187; R&#233;volutionnaire : &#171; &lt;i&gt;[&#8230;] il ne faut pas simplement r&#233;duire les co&#251;ts mais bien changer la mani&#232;re de d&#233;penser&lt;/i&gt; &#187;. Pas tout &#224; fait n&#233;olib&#233;ral : &#171; &lt;i&gt;[&#8230;] des incitatifs financiers devraient &#234;tre offerts pour favoriser l'achat d'&#233;quipements [&#8230;] n&#233;cessaires au bon fonctionnement des cliniques. De tels incitatifs me paraissent aussi justifi&#233;s [&#8230;] que ceux offerts [aux] entreprises qui produisent des services et des biens non essentiels.&lt;/i&gt; &#187; Manipulateur : &#171; &lt;i&gt;Au cours des quatre derni&#232;res ann&#233;es, les d&#233;penses annuelles de sant&#233; [ont augment&#233;] de 24 %&lt;/i&gt; &#187;. &#201;videmment, il oublie de mentionner la part de cette augmentation li&#233;e &#224; l'explosion des co&#251;ts des m&#233;dicaments&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Qu&#233;bec est la province canadienne dont les d&#233;penses en m&#233;dicaments (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est sans doute pour ne pas froisser son ami Jean Coutu, tr&#232;s occup&#233; pour le moment &#224; engloutir une belle grosse bouch&#233;e de patates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je parviens &#224; garder ma concentration pour le plat de r&#233;sistance du conf&#233;rencier, ses &#171; propositions concr&#232;tes &#187;. D'abord, faire payer les pauvres par l'imposition d'une contribution des usagers (l'expression &#171; ticket mod&#233;rateur &#187; ne sera pas prononc&#233;e). Candide, Claude Castonguay avoue qu'&#171; &lt;i&gt;on a constat&#233; que la demande de services de sant&#233; diminue avec l'imposition d'une contribution des usagers&lt;/i&gt; &#187;. Ensuite, il r&#233;clame (annonce ?) la fin de la &#171; &lt;i&gt;prohibition&lt;/i&gt; &#187; (bravo pour la neutralit&#233; du terme) des assurances priv&#233;es en mati&#232;re de sant&#233;, car celles-ci &#171; &lt;i&gt;donneraient aux citoyens une libert&#233; de choix, ce qui est fondamental&lt;/i&gt; &#187;. Comme dit l'adage, vaut mieux &#234;tre riche et en sant&#233; que pauvre et malade&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'heure du dessert, typiquement prol&#233;tarien : du &lt;i&gt;jell-o&lt;/i&gt; (couleur ind&#233;finissable). Je saute sur l'occasion, c'est pas souvent que j'en mange en si bonne compagnie. La p&#233;riode de questions est ouverte. Le Dr Gilles C&#244;t&#233;, cardiologue, se plaint qu'il n'y ait &#171; &lt;i&gt;pas d'am&#233;lioration depuis 10 ans&lt;/i&gt; &#187;. Castonguay, confiant, lui r&#233;pond : &#171; &lt;i&gt;Le contexte est tr&#232;s encourageant en ce moment, avec Mme Marois qui vient de d&#233;clarer qu'il faut cr&#233;er la richesse avant de la distribuer. Elle est m&#234;me en faveur de la hausse des frais de scolarit&#233;&lt;/i&gt; &#187; (du c&#244;t&#233; de la table d'honneur, on fait des clins d'&#339;il &#224; Facal). Le Dr Luc Bessette, propri&#233;taire d'une clinique priv&#233;e, a le mot de la fin : &#171; &lt;i&gt;si les gens &#233;taient en meilleure sant&#233;, ils seraient plus productifs&lt;/i&gt; &#187; ! Et puis, c'est bien connu : &lt;i&gt;Arbeit macht frei&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arbeit macht frei : &#171; Le travail rend libre &#187;, formule cynique inscrite par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Fallait y penser&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Rapport Clair, d&#233;pos&#233; le 17 janvier 2001, faisait siennes les volont&#233;s patronales ou gouvernementales bien connues : plafonner les d&#233;penses publiques, r&#233;viser le panier de services assur&#233;s, faire une place accrue au secteur priv&#233;, d&#233;centraliser les n&#233;gociations, d&#233;cloisonner et d&#233;r&#233;glementer les professions soumises &#224; des ordres professionnels, etc. (&#171; Le rapport de la Commission Clair &#187;, CSQ, 18 janvier 2001)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Qu&#233;bec est la province canadienne dont les d&#233;penses en m&#233;dicaments d'ordonnance par habitant sont les plus &#233;lev&#233;es au Canada : 625 $ par ann&#233;e/hab. contre 598 $ en Ontario et 562 $ pour l'ensemble du Canada. Ces donn&#233;es, tir&#233;es du &#192; b&#226;bord ! !# 12 (p. 9), ne tiennent pas compte du d&#233;gel du prix des m&#233;dicaments d&#233;cr&#233;t&#233; en 2007 par le gouvernement Charest. Les hausses annonc&#233;es en juin dernier concernent plus de 1 000 m&#233;dicaments et &#171; auront pour effet d'enrichir davantage les compagnies pharmaceutiques, aux frais des contribuables &#187;. [Communiqu&#233; de la FIQ, 19/06/ 07].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arbeit macht frei : &#171; Le travail rend libre &#187;, formule cynique inscrite par les Nazis &#224; la porte d'entr&#233;e du camp d'Auschwitz-Birkenau.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Rioux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envoy&#233; sp&#233;cial &#224; l'IEDM&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
