<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.ababord.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
	<link>https://www.ababord.org/</link>
	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.ababord.org/spip.php?id_rubrique=55&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
		<url>https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L144xH53/siteon0-9c6c5.png?1729015892</url>
		<link>https://www.ababord.org/</link>
		<height>53</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Transports, &#233;cologie et changement social</title>
		<link>https://www.ababord.org/Transports-ecologie-et-changement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Transports-ecologie-et-changement</guid>
		<dc:date>2008-07-31T18:06:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Casgrain, Claude Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Rioux, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Casgrain, Antoine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On reste afflig&#233;, sans &#234;tre surpris, devant l'inconscience des gouvernements et des entreprises face &#224; la catastrophe permanente que constitue la d&#233;t&#233;rioration des &#233;cosyst&#232;mes. Les hausses r&#233;centes du prix du p&#233;trole et le r&#233;chauffement plan&#233;taire annoncent une crise &#233;nerg&#233;tique et &#233;cologique profonde que l'on ne fait que repousser &#224; plus tard. Cela ne semble pas perturber nos &#233;lites qui &#8211; &#224; la veille de la tenue &#224; Montr&#233;al de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Transports-ecologie-et-" rel="directory"&gt;Dossier : Transports, &#233;cologie et changement social&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Rioux-Claude-+" rel="tag"&gt;Rioux, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Casgrain-Antoine-+" rel="tag"&gt;Casgrain, Antoine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton424.jpg?1642092268' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;369&#034; height=&#034;166&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On reste afflig&#233;, sans &#234;tre surpris, devant l'inconscience des gouvernements et des entreprises face &#224; la catastrophe permanente que constitue la d&#233;t&#233;rioration des &#233;cosyst&#232;mes. Les hausses r&#233;centes du prix du p&#233;trole et le r&#233;chauffement plan&#233;taire annoncent une crise &#233;nerg&#233;tique et &#233;cologique profonde que l'on ne fait que repousser &#224; plus tard. Cela ne semble pas perturber nos &#233;lites qui &#8211; &#224; la veille de la tenue &#224; Montr&#233;al de la &lt;i&gt;Convention des Nations unies sur les changements climatiques&lt;/i&gt; (du 28 novembre au 9 d&#233;cembre 2005) &#8211; nous r&#233;p&#232;tent, sans rire, leur engagement en faveur du &#171; d&#233;veloppement durable &#187;. Ce concept fourre-tout perd cependant de son vernis &#224; la lumi&#232;re des absurdit&#233;s commises en son nom et se r&#233;v&#232;le de plus en plus pour ce qu'il est : une ineptie ou pire, une abomination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise &#233;cologique contemporaine est due en large partie &#224; l'inflation des transports des personnes et des marchandises, tant au niveau local que r&#233;gional ou international. Parmi les 10 mandats actuels du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), la moiti&#233; concerne la construction ou l'&#233;largissement de voies de transport automobile, alors que le p&#233;trole est unanimement (ou presque) reconnu comme un enjeu de conflits majeurs (Irak, Afghanistan) ou en voie de le devenir (Soudan, Tch&#233;tch&#233;nie et, bient&#244;t, le Venezuela ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce dossier, qui ne pr&#233;tend pas faire le tour du sujet, la question des transports, en plus d'&#234;tre analys&#233;e sous l'angle &#233;cologique, est int&#233;gr&#233;e &#224; une critique plus large du capitalisme (voir le texte de Christian Brouillard). En effet, les transports rec&#232;lent de nombreux enjeux culturels et sociaux : la question de la soumission de l'humain &#224; l'automobile et &#224; sa propagande (voir le texte de Debora Pinheiro) et les nombreuses luttes socio-&#233;conomiques men&#233;es autour de la question des transports (voir les textes d'Antoine Casgrain, de Fran&#231;ois l'&#201;cuyer et de Ricardo Pe&#241;afiel). Enfin, on conviendra avec Serge Latouche que toute r&#233;forme de nos modes de transport doit n&#233;cessairement s'appuyer sur une refondation de nos modes de vie, sur une restructuration de nos fa&#231;ons de produire et d'&#233;changer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Rioux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand le rouge s'allie au vert</title>
		<link>https://www.ababord.org/Quand-le-rouge-s-allie-au-vert</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Quand-le-rouge-s-allie-au-vert</guid>
		<dc:date>2008-07-30T18:16:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Brouillard</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Brouillard, Christian</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En jetant un regard sur l'&#233;tat de la plan&#232;te, nous ne pouvons que dresser un constat des plus accablants : d&#233;forestation acc&#233;l&#233;r&#233;e, &#233;puisement des sols, &#171; effet de serre &#187;, destruction de la couche d'ozone et changement climatique, multiplication des catastrophes &#171; naturelles &#187;, accumulation des d&#233;chets dont ceux d'origine nucl&#233;aire (avec une dur&#233;e de vie de quelques milliers d'ann&#233;es&#8230;), pollution g&#233;n&#233;tique et ogm. Ce constat sur l'&#233;tat alarmant des &#233;cosyst&#232;mes est largement partag&#233;, de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Transports-ecologie-et-" rel="directory"&gt;Dossier : Transports, &#233;cologie et changement social&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Brouillard-Christian-+" rel="tag"&gt;Brouillard, Christian&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En jetant un regard sur l'&#233;tat de la plan&#232;te, nous ne pouvons que dresser un constat des plus accablants : d&#233;forestation acc&#233;l&#233;r&#233;e, &#233;puisement des sols, &#171; effet de serre &#187;, destruction de la couche d'ozone et changement climatique, multiplication des catastrophes &#171; naturelles &#187;, accumulation des d&#233;chets dont ceux d'origine nucl&#233;aire (avec une dur&#233;e de vie de quelques milliers d'ann&#233;es&#8230;), pollution g&#233;n&#233;tique et ogm. Ce constat sur l'&#233;tat alarmant des &#233;cosyst&#232;mes est largement partag&#233;, de l'Organisation des Nations unies jusqu'aux simples citoyens et citoyennes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quant aux causes, peu de gens mettent maintenant en doute le r&#244;le jou&#233; par les activit&#233;s humaines dans cette destruction environnementale. Notable exception, l'administration Bush, aux &#201;tats-Unis, n'y voit que des incidences dont le mode de production &#233;conomique dominant n'est aucunement responsable. Cette myopie est partag&#233;e par les grandes entreprises, dont celles du secteur &#233;nerg&#233;tique, qui n'ont de cesse de contourner ou de saboter les quelques accords internationaux, entre autres celui de Kyoto, promulgu&#233;s en vue d'att&#233;nuer les d&#233;g&#226;ts. Comme le souligne Michael Lowy dans un ouvrage r&#233;cemment publi&#233; (&lt;i&gt;&#201;cologie et socialisme&lt;/i&gt;, Paris, Syllepse, 2005), ce n'est pas c&#233;der &#224; la panique que de souligner que le saccage de l'environnement terrestre ne peut que s'acc&#233;l&#233;rer avec la course folle aux profits des grandes entreprises, course largement facilit&#233;e par les politiques n&#233;olib&#233;rales adopt&#233;es par la grande majorit&#233; des &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas c&#233;der &#224; la panique mais tirer froidement une conclusion : le mode de production h&#233;g&#233;monique, le capitalisme, repr&#233;sente une formidable machine &#224; d&#233;truire l'environnement et les ressources naturelles, une machine qui, si elle n'est pas stopp&#233;e, risque d'entra&#238;ner l'humanit&#233; dans la destruction et la barbarie. Il est donc clair que rien ne changera si nous ne proc&#233;dons pas &#224; un s&#233;rieux virage, non seulement en termes de style de vie (consommation, etc.) mais aussi au niveau de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que se pose la question des alternatives &#224; proposer face &#224; la situation critique dans laquelle nous sommes engag&#233;s. La mont&#233;e du mouvement altermondialiste a certes permis l'&#233;mergence d'un acteur international qui, jusqu'&#224; un certain point, forme l'&#233;bauche d'un contre-pouvoir. Cependant, si nous savons ce &#224; quoi nous nous opposons, les propositions concr&#232;tes d'alternatives en sont encore &#224; leurs premiers balbutiements. Il est vrai qu'&#224; la suite de la chute du mur de Berlin en 1989, il fallait proc&#233;der &#224; un long bilan sans complaisance des tentatives de changement social qui ont eu lieu au cours du XXe si&#232;cle. La caricature de socialisme qui s'est d&#233;velopp&#233;e en URSS, pas plus que le capitalisme r&#233;ellement existant, n'ont su apporter une v&#233;ritable solution tant &#224; la question sociale qu'&#224; la question environnementale. Tchernobyl et la Mer d'Aral en constituent d'&#233;loquents t&#233;moignages&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire, entre autres choses, &#171; Du projet de dominer la nature &#187;, annexe D du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Critique de deux paradigmes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par-del&#224; cette &#233;valuation des exp&#233;riences pass&#233;es, il s'agit de revoir s&#233;rieusement les conceptions th&#233;oriques ayant nourri et l&#233;gitim&#233; les processus r&#233;volutionnaires tels que les r&#233;volutions russe, espagnole ou chinoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, le socialisme, dans toutes ses composantes mais surtout le marxisme, s'est construit autour de l'id&#233;e du progr&#232;s, celui-ci se basant &#224; son tour sur une croissance &#233;conomique sans fin. Le &#171; d&#233;veloppement des forces productives &#187;, lib&#233;r&#233; de l'entrave des rapports de production capitalistes, &#233;tait cens&#233;, en bout de course, lib&#233;rer l'humanit&#233; de la &#171; vieille merde &#187;, pour reprendre les termes de Marx. Encore faut-il noter, au sujet des &#233;crits de ce dernier, que tout n'&#233;tait pas aussi clair, car tout en louangeant le c&#244;t&#233; positif que le d&#233;veloppement du capitalisme pouvait avoir dans un premier temps, Marx relevait avec inqui&#233;tude les effets de la production manufacturi&#232;re sur la sant&#233; des travailleurs-travailleuses ainsi que l'impact de l'agriculture sur la qualit&#233; des sols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, la plupart des &#233;pigones de Marx vont r&#233;duire sa th&#233;orie &#224; l'&#233;tat de cat&#233;chisme baptis&#233; &#171; socialisme scientifique &#187;, o&#249; la domestication de la nature est un &#233;l&#233;ment essentiel dans la construction du socialisme. Cette construction relevait exclusivement de l'&#201;tat op&#233;rant au nom du prol&#233;tariat. Il apparut vite que les nouveaux &#201;tats socialistes op&#233;raient &lt;i&gt;sur&lt;/i&gt; le prol&#233;tariat, r&#233;alisant d'importantes avanc&#233;es industrielles, mais &#224; quel prix en termes humains et environnementaux ! Le courant anarchiste a depuis longtemps d&#233;nonc&#233; ces tendances autoritaires-centralisatrices du socialisme marxiste, basant plut&#244;t son action sur l'&#233;mergence de communes de base f&#233;d&#233;r&#233;es. Cela dit, l'id&#233;e de progr&#232;s reste encore pr&#233;gnante dans la mouvance anarchiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vers les ann&#233;es 60 et 70 qu'un nouveau paradigme surgit, dans la foul&#233;e des luttes sociales de cette &#233;poque et de la constatation des d&#233;g&#226;ts grandissants inflig&#233;s aux &#233;cosyst&#232;mes (&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Rapport du Club de Rome, appelant &#224; une croissance z&#233;ro, para&#238;t en 1972 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les diff&#233;rents courants d'&#233;cologie politique qui ont ainsi &#233;merg&#233; remettent en cause le productivisme qui est &#224; la base des syst&#232;mes capitaliste et &#171; socialiste &#187; (&lt;i&gt;sic&lt;/i&gt;). Ce trait commun &#233;tant pos&#233;, le courant &#233;cologiste pr&#233;sente lui aussi de nombreuses tendances. Pour les tenants de la &lt;i&gt;Deep ecology&lt;/i&gt;, le probl&#232;me, c'est l'humanit&#233; en tant que telle. Pour d'autres, dont Barry Commoner ou ceux et celles qui s'inscrivent dans les courants de l'&#233;cologie sociale (avec Murray Bookchin) ou de l'&#233;co-f&#233;minisme, c'est le type de soci&#233;t&#233; o&#249; nous vivons qui est &#224; d&#233;noncer, sans pour autant d&#233;velopper une vision socialiste. Enfin, pour beaucoup d'&#233;cologistes comme Alain Lipietz en France, la tentation est forte de faire de l'&#233;cologie &lt;i&gt;la&lt;/i&gt; science par excellence, celle qui r&#233;soudra tous les probl&#232;mes d'une mani&#232;re similaire au &#171; socialisme scientifique &#187; de nagu&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce tableau, forc&#233;ment sommaire, &#233;tant bross&#233;, peut-on esp&#233;rer voir s'esquisser, malgr&#233; leurs contradictions internes et leurs divergences th&#233;oriques, une convergence entre le rouge du socialisme et le vert de l'&#233;cologie ? Pour certains, comme Joel Kovel, Victor Wallis et James O'Connor aux &#201;tats-Unis, Michael Lowy, Philipe Corcuff et Pierre Rousset en France ainsi que beaucoup d'autres &#224; travers le monde, cette convergence est non seulement possible, elle est n&#233;cessaire si on veut changer durablement l'ordre social. Un manifeste &#233;cosocialiste, sign&#233; autant par des personnalit&#233;s du Nord que du Sud, a &#233;t&#233; lanc&#233; il y a deux ans. Signe que les choses commencent l&#233;g&#232;rement &#224; bouger.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sous le signe de l'arc-en-ciel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'arc-en-ciel de la lib&#233;ration est pourtant au creux de vos mains.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui se rappelle &lt;i&gt;la Rainbow coalition,&lt;/i&gt; initi&#233;e aux &#201;tats-Unis durant les ann&#233;es 80 en vue d'offrir une alternative aux vieux partis ? Peu de gens, et pourtant on trouvait l&#224; l'esquisse, malgr&#233; bien des contorsions &#233;lectoralistes et r&#233;formistes, de ce qu'avance l'&#233;cosocialisme. Le th&#233;oricien marxiste fran&#231;ais Henri Lefebvre a d&#233;velopp&#233; cette id&#233;e, appelant &#224; une vaste coalition regroupant le rouge du socialisme marxiste, le mauve du f&#233;minisme, le vert de l'&#233;cologie et le noir libertaire, alliance bas&#233;e non pas sur de simples &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales mais sur une compr&#233;hension claire de l'interd&#233;pendance des diverses probl&#233;matiques et de leurs solutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'&#233;cosocialisme, il est clair qu'il y a articulation entre la lutte contre le capitalisme et pour la protection de l'environnement, ne serait-ce que parce que la logique m&#234;me du capital, le profit maximum, ne peut se traduire que par un pillage sans fin de la nature. Cette articulation ne se fera cependant que par une remise en cause des notions de progr&#232;s et de croissance. Sans aller jusqu'&#224; l'asc&#233;tisme, des mesures concr&#232;tes peuvent d'ores et d&#233;j&#224; &#234;tre prises comme la valorisation des &#233;nergies douces et renouvelables, un accent plus fort sur le transport public, l'abolition de la dette du Tiers monde ou une l&#233;gislation plus s&#233;v&#232;re &#224; l'endroit des entreprises pollueuses. Ces mesures, en soi, ne sont pas &#171; r&#233;volutionnaires &#187; mais elles constituent autant de grains de sable dans la machine du capital et permettent, &#224; terme, la construction d'un rapport de force. Par ailleurs, l'&#233;cologie politique doit int&#233;grer plus fortement la dimension sociale dans sa vision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont pas l&#224; des prescriptions qui permettraient de tracer l'autoroute conduisant vers des lendemains radieux. Des autoroutes, il y en a trop et elles ne conduisent nulle part, comme on a pu le voir durant le si&#232;cle tragique que nous venons de quitter. Il s'agit d'ouvrir, humblement, un simple chemin, sans savoir d'avance les r&#233;sultats ultimes, tant il est vrai que &#171; &lt;i&gt; le chemin se construit en marchant&lt;/i&gt; &#187; (Antonio Machado).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire, entre autres choses, &#171; Du projet de dominer la nature &#187;, annexe D du livre de Michel Barillon, &lt;i&gt;D'un mensonge d&#233;concertant &#224; l'autre&lt;/i&gt;, Marseille, Agone, 1999, pp. 129-132.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le &lt;i&gt;Rapport du Club de Rome&lt;/i&gt;, appelant &#224; une croissance z&#233;ro, para&#238;t en 1972 alors que le livre pionnier de Barry Commoner, &lt;i&gt;L'encerclement&lt;/i&gt;, sort en 1971. Andr&#233; Gorz, pour sa part, publie, en 1975, &lt;i&gt;&#201;cologie et politique&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Brouillard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ivan Illich</title>
		<link>https://www.ababord.org/Ivan-Illich</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Ivan-Illich</guid>
		<dc:date>2008-07-29T18:21:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Normand Baillargeon</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Baillargeon, Normand </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En quelques ann&#233;es &#224; peine, au d&#233;but des ann&#233;es 70, Ivan Illich (1926-2002), pr&#234;tre catholique, a produit une s&#233;rie d'ouvrages qui ont connu un &#233;norme succ&#232;s et dans lesquels il d&#233;veloppait une forte et originale critique des soci&#233;t&#233;s industrielles avanc&#233;es. Illich s'y penche tour &#224; tour sur la m&#233;decine, sur le travail et le ch&#244;mage, sur l'&#233;ducation sans, bien entendu, oublier les transports et l'&#233;nergie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les analyses qu'il met de l'avant prennent pour cible les notions de progr&#232;s et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Transports-ecologie-et-" rel="directory"&gt;Dossier : Transports, &#233;cologie et changement social&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Baillargeon-Normand-+" rel="tag"&gt;Baillargeon, Normand &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton426.jpg?1642092268' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;283&#034; height=&#034;420&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En quelques ann&#233;es &#224; peine, au d&#233;but des ann&#233;es 70, Ivan Illich (1926-2002), pr&#234;tre catholique, a produit une s&#233;rie d'ouvrages qui ont connu un &#233;norme succ&#232;s et dans lesquels il d&#233;veloppait une forte et originale critique des soci&#233;t&#233;s industrielles avanc&#233;es. Illich s'y penche tour &#224; tour sur la m&#233;decine, sur le travail et le ch&#244;mage, sur l'&#233;ducation sans, bien entendu, oublier les transports et l'&#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les analyses qu'il met de l'avant prennent pour cible les notions de progr&#232;s et de croissance des soci&#233;t&#233;s industrielles avanc&#233;es. Illich montre que ce productivisme d&#233;bouche sur la mise en place de bureaucraties monopolistiques et sur la r&#233;duction du citoyen au statut de consommateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ses r&#233;flexions, Illich utilise trois cat&#233;gories originales qui n'ont rien perdu de leur int&#233;r&#234;t : ce sont celles d'&lt;i&gt;outil&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;contre-productivit&#233;&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;convivialit&#233;&lt;/i&gt;. Ce qu'elles invitent &#224; penser, paradoxe &#224; part, c'est que la voiture ralentit tandis que le travail appauvrit, que l'&#233;cole abrutit, que la m&#233;decine rend malade et que la soci&#233;t&#233; tout enti&#232;re ali&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre l'originalit&#233; de ce point de vue et de ces id&#233;es, le plus simple est justement de partir des r&#233;flexions d'Illich lors de la (premi&#232;re) crise de l'&#233;nergie au d&#233;but des ann&#233;es 70, laquelle lui a fourni une occasion privil&#233;gi&#233;e d'appliquer ses cat&#233;gories sur le sujet alors chaudement d&#233;battu du transport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'automobile individuelle, chacun en convient, est la solution par excellence, c'est-&#224;-dire l'outil que notre civilisation donne au probl&#232;me de se d&#233;placer de mani&#232;re efficace et efficiente d'un point &#224; un autre. Cette solution pr&#233;sente, &#224; c&#244;t&#233; de certains avantages imm&#233;diatement perceptibles (la vitesse, l'autonomie, par exemple) bien des d&#233;fauts, voire m&#234;me des dangers bien r&#233;els &#8211; pour l'environnement, pour la sant&#233; et ainsi de suite &#8211; qu'on ne voit d'abord pas ou qu'on pr&#233;f&#232;re ignorer dans l'enthousiasme de la vitesse et de l'autonomie gagn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, peu &#224; peu, l'outil devient contre-productif et accomplit de plus en plus mal ce pour quoi il a &#233;t&#233; pens&#233;. Quand surgissent les probl&#232;mes (embouteillages, accidents, ralentissements, pollution, ob&#233;sit&#233; et ainsi de suite), le syst&#232;me bureaucratique et id&#233;ologique qui s'est mis en place entre-temps et qui d&#233;tient un &#171; monopole radical &#187;, est incapable m&#234;me d'envisager de les r&#233;soudre autrement qu'en augmentant l'offre et, au fond, en accentuant donc encore les caract&#232;res probl&#233;matiques qu'on cherche &#224; &#233;liminer. Et voil&#224; l'engrenage productiviste qui appara&#238;t, avec la contre-productivit&#233; de l'outil devant laquelle on ne sait r&#233;agir qu'en construisant encore plus d'autoroutes, plus de ponts, plus de voitures et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illich demande que l'on s'efforce de penser autrement toute la question et il nous invite notamment &#224; consid&#233;rer le co&#251;t social de la voiture. Par exemple, combien d'heures d'immobilit&#233;, au travail, chacun de nous doit-il consentir pour payer la voiture, son essence, son entretien, ses assurances ? Combien d'heures pour payer le co&#251;t social de son usage &#8211; routes, autoroutes, h&#244;pitaux et tout le reste ? Illich fait ces calculs et trouve que la vitesse sociale r&#233;elle de la voiture en fait un moyen de transport tr&#232;s lent (6 Km/h, calculait-il il y a trente ans ; on peut penser que c'est pire aujourd'hui), qui ne se compare m&#234;me pas avantageusement &#224; la cal&#232;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solution &#8211; dans le cas des transports comme dans tous les autres nomm&#233;s plus haut : m&#233;decine, &#233;ducation, travail &#8211; passe selon Illich par une rupture radicale avec nos modes de penser et nos pratiques. Il nommera convivialit&#233; son id&#233;al d'un ordre social et politique qui &#171; &lt;i&gt;garantirait un environnement si simple et si transparent que tous les hommes pourraient la plupart du temps avoir acc&#232;s &#224; toutes les choses qui sont utiles pour s'occuper de soi-m&#234;me et des autres&lt;/i&gt; &#187;. Dans le cas des transports et pour la plupart des d&#233;placements, Illich &#233;tait un partisan du v&#233;lo.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Normand Baillargeon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>On s'assoit dans le si&#232;ge arri&#232;re et on mange un char...</title>
		<link>https://www.ababord.org/On-s-assoit-dans-le-siege-arriere</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/On-s-assoit-dans-le-siege-arriere</guid>
		<dc:date>2008-07-28T18:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Debora Pinheiro</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Pinheiro, Debora</dc:subject>
		<dc:subject>Consommation, marchandisation et pub</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comme le rappelle Quentin Wilson, le c&#233;l&#232;bre chroniqueur automobile britannique, parmi tous les symboles mat&#233;riels de la soci&#233;t&#233; industrielle fixant notre valeur et notre statut, l'automobile demeure le plus puissant. Ma&#238;tre de soi-m&#234;me, on peut apparemment aller l&#224; o&#249; on veut, quand on veut, avec qui on veut, en empruntant les sentiers battus que l'on veut. N&#233;e sous le signe de la libert&#233; et de l'autonomie, l'automobile s'est greff&#233;e, tel un p&#233;riph&#233;rique, &#224; un nouveau mod&#232;le d'homme (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Transports-ecologie-et-" rel="directory"&gt;Dossier : Transports, &#233;cologie et changement social&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Pinheiro-Debora-+" rel="tag"&gt;Pinheiro, Debora&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Consommation-marchandisation-et-+" rel="tag"&gt;Consommation, marchandisation et pub&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton427.jpg?1642092268' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;340&#034; height=&#034;171&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme le rappelle Quentin Wilson, le c&#233;l&#232;bre chroniqueur automobile britannique, parmi tous les symboles mat&#233;riels de la soci&#233;t&#233; industrielle fixant notre valeur et notre statut, l'automobile demeure le plus puissant. Ma&#238;tre de soi-m&#234;me, on peut apparemment aller l&#224; o&#249; on veut, quand on veut, avec qui on veut, en empruntant les sentiers battus que l'on veut. N&#233;e sous le signe de la libert&#233; et de l'autonomie, l'automobile s'est greff&#233;e, tel un p&#233;riph&#233;rique, &#224; un nouveau mod&#232;le d'homme (excusez, mesdames, mais le f&#233;minin n'est pas utilis&#233; ici expr&#232;s).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Si vous d&#233;sirez une image de l'avenir, imaginez une botte pi&#233;tinant un visage humain... &#233;ternellement&lt;/i&gt; &#187;. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; George Orwell&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la soci&#233;t&#233; capitaliste, la prouesse de conqu&#233;rir l'espace-temps a un prix : se faire engloutir par la technologie qui, &#224; son tour, est engloutie par l'id&#233;ologie du profit. &#192; ce point-ci de sa qu&#234;te de se transporter plus loin et plus vite, le primate qui a voulu marcher debout se place, pour le moment, dans une position &#233;crasante : celle de la libert&#233; conditionn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Op&#233;ration nettoyage : &#224; bas le transport collectif&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du XXe si&#232;cle, toutes les villes industrialis&#233;es d'importance &#233;taient dot&#233;es d'une technologie de transport urbain &#224; la fois moderne et adapt&#233;e &#224; la vie urbaine, le tramway en surface et, pour les tr&#232;s grandes villes, le m&#233;tro souterrain. Richard Bergeron, auteur du &lt;i&gt;Livre noir de l'automobile&lt;/i&gt;, raconte que, devant cet avenir bouch&#233; de l'automobile, Alfred P. Sloan, PDG de General Motors (GM) d&#233;cr&#233;ta : &#171; &lt;i&gt;Inventons la ville de l'auto !&lt;/i&gt; &#187;. Plus encore : &#171; &lt;i&gt;Faisons dispara&#238;tre le tramway !&lt;/i&gt; &#187; Pour ce faire, aux &#201;tats-Unis, o&#249; 1 200 soci&#233;t&#233;s de transport de tramway d&#233;tenaient 44 000 voies, employaient 300 000 personnes et transportaient annuellement 14 milliards de passagers, GM a trouv&#233; le talon d'Achille de ces soci&#233;t&#233;s de transport collectif, pour ensuite les d&#233;manteler facilement. &#171; &lt;i&gt;Les analystes &#224; la solde de GM d&#233;couvrirent que les propri&#233;taires de ces r&#233;seaux, les soci&#233;t&#233;s productrices d'&#233;nergie &#233;lectrique, se servaient de leurs soci&#233;t&#233;s de tramway, peu rentables, pour compenser les profits g&#233;n&#233;r&#233;s par la vente d'&#233;nergie et ainsi ne pas payer d'imp&#244;t&lt;/i&gt; &#187;, explique Richard Bergeron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 30, GM d&#233;non&#231;a la manoeuvre au Congr&#232;s, en chiffrant l'&#233;tendue des pertes fiscales par l'&#201;tat. Lorsque le gouvernement eut interdit aux compagnies productrices d'&#233;nergie d'&#234;tre propri&#233;taires de soci&#233;t&#233;s de tramway, GM a achet&#233; ces r&#233;seaux et, en peu de temps, plus de 100 r&#233;seaux de tramway furent d&#233;mantel&#233;s dans 45 villes &#233;tatsuniennes. Histoire de faire les choses correctement, &#171; &lt;i&gt;en avril 1949, un jury f&#233;d&#233;ral d&#233;clara GM coupable d'avoir complot&#233; avec Standard Oil et Firestone Tire, lui imposant une modeste amende de 5 000 $ US, et &#224; son tr&#233;sorier un dollar d'amende&lt;/i&gt; &#187;, ajoute Bergeron. Par le biais de tactiques similaires, GM et d'autres compagnies ont balay&#233; des r&#233;seaux de transport collectif dans d'autres pays. Aujourd'hui, note le math&#233;maticien et militant anti-apartheid Josea Jaffe, l'industrie des v&#233;hicules motoris&#233;s est la plus grande du mode de production capitaliste moderne et la valeur totale mondiale des automobiles &#233;quivaut &#224; environ 30 % du produit national net mondial.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui se meut par soi-m&#234;me ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la IIe Guerre mondiale, l'automobile s'int&#232;gre &#224; la consommation massive dans les pays industrialis&#233;s. &#192; cette &#233;poque, on assiste, sur le si&#232;ge du passager, au d&#233;clin du transport en commun et &#224; une popularisation de la voiture. Pour elle, les villes se transforment, les coutumes se r&#233;inventent, le corps se plie, l'&#233;conomie se restructure, les valeurs se troublent. Le Syndicat des travailleurs allemands sous le gouvernement de Hitler transforme des &lt;i&gt;Coccinelles&lt;/i&gt; en un instrument de &#171; lib&#233;ration &#187; (&lt;i&gt;sic&lt;/i&gt;) capable de rendre &#171; la force par la joie &#187; (&#034;&lt;i&gt;Kraft durch Freunde&lt;/i&gt;&#034;, le slogan de la voiture du peuple). Roland Barthes regarde une Citro&#235;n DS Cabriolet et y voit une cath&#233;drale gothique. Le char se d&#233;colle du cr&#233;ateur et se personnifie, devenant papamobile, batmobile, la coccinelle toute &#233;quip&#233;e de Disney.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenant toute la place qu'on lui accorde, autant sur la route que dans l'id&#233;ologie, elle a accept&#233; le mandat d'&#244;ter du chemin de l'homme tout projet collectif. L'automobile individuelle devient, enfin, le v&#233;hicule par excellence des valeurs les plus profondes du syst&#232;me capitaliste. Cette actualisation de la voiture dans l'espace-temps de l'&#233;conomie du gaspillage se fait progressivement, au fur et &#224; mesure que l'&#232;re industrielle pr&#233;pare le terrain pour l'&#232;re de la consommation massive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'elle soit vendue &#224; grande &#233;chelle &#8211; il y aurait, selon Josea Jaffre, environ 550 millions d'automobiles dans le monde &#8211;, la voiture demeure un symbole de r&#233;ussite et la diversit&#233; de mod&#232;les se charge de traduire avec minutie les clivages socio-&#233;conomiques. Chose certaine, ne pas avoir de voiture est un signe de marginalit&#233; &#8211; voulue ou impos&#233;e. Un travailleur de classe moyenne a au moins une voiture chez lui, si on s'attarde aux param&#232;tres des pays industrialis&#233;s. Comme l'a annonc&#233; Adam Smith, on s'est rendu &#224; l'opulence universelle, o&#249; la surconsommation peut s'&#233;tendre aux plus basses classes de la soci&#233;t&#233; &#8211; si on fait abstraction de la moiti&#233; de la plan&#232;te qui sombre dans la pauvret&#233; extr&#234;me et qui ne compte pas, au bout du compte, puisque ce ne sont pas des consommateurs. &#192; qui pourra s'y int&#233;resser, Hosea Jaffe d&#233;crit dans &lt;i&gt;Automobile, p&#233;trole, imp&#233;rialisme&lt;/i&gt; le sc&#233;nario qui convertit les travailleurs du Tiers monde et les ressources p&#233;troli&#232;res en socle de d'industrie automobile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la question qui a autrefois intrigu&#233; Adam Smith, incertain au sujet du caract&#232;re limit&#233; ou infini des besoins humains, on a trouv&#233; la r&#233;ponse d&#232;s qu'on a r&#233;ussi &#224; faire exploser la capacit&#233; de production tout en instaurant une consommation de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d&#233;marrer et acc&#233;l&#233;rer cette strat&#233;gie, mise en branle &#224; la suite de la guerre de 39-45, l'automobile a fonctionn&#233; &#224; la merveille. &#171; &lt;i&gt; C'est d'abord la diffusion plus large de la voiture qui permet au mod&#232;le r&#233;sidentiel de la banlieue pavillonnaire, si fortement consommateur de biens durables, autant que non durables (ce qui inclut les r&#233;seaux routiers et autoroutiers) de s'imposer&lt;/i&gt; &#187;, remarque Richard Bergeron. L'av&#232;nement de la voiture con&#231;ue pour &#234;tre obsol&#232;te prouve que la croissance infinie des besoins n'est pas que quantitative, mais aussi qualitative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bergeron rappelle que l'un des moyens les plus efficaces pour inciter &#224; la surconsommation qui s'est ancr&#233;e dans notre mode de fonctionnement actuel fut de sortir les femmes des usines o&#249;, durant la guerre, elles s'&#233;taient montr&#233;es aussi comp&#233;tentes que les hommes qu'elles rempla&#231;aient. C'est l&#224; le point de d&#233;part de la p&#233;riode du &lt;i&gt;baby boom&lt;/i&gt;. Quelques ann&#233;es plus tard, on roulerait dans le sens inverse, la strat&#233;gie &#233;tant plut&#244;t de capitaliser sur l'&#233;miettement du noyau familial et la dissolution de toute forme de collectivit&#233;. Aujourd'hui, les femmes du meilleur des mondes ne font gu&#232;re de b&#233;b&#233;s mais, tout comme les hommes, elles deviennent gaga devant une bagnole. C'est pourquoi au cours des premi&#232;res ann&#233;es du XXIe si&#232;cle, le nombre d'automobiles construites annuellement &#224; l'&#233;chelle mondiale d&#233;passe le nombre de nouveaux-n&#233;s... Revenues au march&#233; de travail, les femmes int&#233;gr&#233;es &#224; la globalisation s'assument reproductrices, porteuses et nourrices du syst&#232;me de consommation, ber&#231;ant, elles aussi, le r&#234;ve en acier, revu et actualis&#233;. Les publicit&#233;s de voitures capitalisent sur l'affirmation de la femme, misant sur l'id&#233;al de libert&#233;, d'ind&#233;pendance et de leadership sous une perspective sexiste du consommateur femelle. On s'habitue, qu'on soit homme, femme ou transsexuel, &#224; changer de voiture pour des raisons esth&#233;tiques, pour avoir plus d'accessoires, pour se payer des petits plaisirs optionnels &#8211; et, pour reprendre un c&#233;l&#232;bre clich&#233;, pour voir augmenter son phallus, au moins sur le plan symbolique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La motocyclette se place dans la m&#234;me logique, commercialisant l'image rebelle de Marlon Brando et de James Dean, ainsi que d'autres ic&#244;nes des mouvements de contestation chez les jeunes : &lt;i&gt;beatnicks, easyriders et hippies&lt;/i&gt;, entre autres. Tout rentre dans ce porte-bagages id&#233;ologique, y compris l'anti-conformisme, puisque la culture de consommation t&#226;che d'&#233;changer les pi&#232;ces, raccommoder les options et revendre le tout, quoi qu'en soit le contenu original, incluant les id&#233;aux qui s'opposent &#224; l'individualisme. Quant aux freins, &#171; &lt;i&gt;ils ne servent &#224; rien, sinon &#224; vous ralentir&lt;/i&gt; &#187;, disait l'automobiliste Tazio Nuvolari, celui que Ferdinand Porsche appelait &#171; &lt;i&gt; le plus grand coureur d'hier, d'aujourd'hui et de demain&lt;/i&gt; &#187;. Le concept de vitesse s'est aussi coll&#233; &#224; l'homme post-industriel, transformant la course automobile en sport, fusionnant le corps &#224; la machine et invitant l'humain &#224; s'ali&#233;ner du reste du monde dans son cockpit. Int&#233;gr&#233; &#224; la voiture comme une pi&#232;ce amovible, on apprend, &#224; l'instar de l'automobiliste qui s'appr&#234;te &#224; d&#233;passer les limites de la technologie et de soi-m&#234;me, &#224; transformer la carcasse m&#233;tallique en peau d'athl&#232;te&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;bora Pinheiro&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Marques de voitures, mod&#232;les de cha&#238;nes</title>
		<link>https://www.ababord.org/Marques-de-voitures-modeles-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Marques-de-voitures-modeles-de</guid>
		<dc:date>2008-07-28T03:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Rioux, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Consommation, marchandisation et pub</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Le communisme, c'est l'uniformisation de tout &#187;. Qui ne serait d&#233;courag&#233; devant ce triste constat ? Et pourtant. &#201;valuation non scientifique, quoique logique : admettons qu'il existe une vingtaine de grands constructeurs automobiles (Fiat, Peugeot, Renault, Volvo, Saab, Jaguar, les Allemands &#8211; Audi, BMW, Mercedes, Volkswagen &#8211;, les Cor&#233;ens, les g&#233;ants japonais, les majors &#233;tatsuniennes, etc.). Admettons ensuite que chacun de ces constructeurs offre au minimum une trentaine de mod&#232;les (et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Transports-ecologie-et-" rel="directory"&gt;Dossier : Transports, &#233;cologie et changement social&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Rioux-Claude-+" rel="tag"&gt;Rioux, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Consommation-marchandisation-et-+" rel="tag"&gt;Consommation, marchandisation et pub&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le communisme, c'est l'uniformisation de tout&lt;/i&gt; &#187;. Qui ne serait d&#233;courag&#233; devant ce triste constat ? Et pourtant. &#201;valuation non scientifique, quoique logique : admettons qu'il existe une vingtaine de grands constructeurs automobiles (Fiat, Peugeot, Renault, Volvo, Saab, Jaguar, les Allemands &#8211; Audi, BMW, Mercedes, Volkswagen &#8211;, les Cor&#233;ens, les g&#233;ants japonais, les majors &#233;tatsuniennes, etc.). Admettons ensuite que chacun de ces constructeurs offre au minimum une trentaine de mod&#232;les (et que des compagnies comme GM et Ford en offrent plus de 200 chacune), il doit exister &lt;i&gt;au moins un millier&lt;/i&gt; de mod&#232;les de voiture diff&#233;rents, chacun desquels est modifi&#233; (mod&#232;le de l'ann&#233;e oblige) &#224; tous les deux ou trois ans et est disponible en version deux portes ou quatre portes, &lt;i&gt;sedan&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;hatchback&lt;/i&gt;, etc. Quel gaspillage ! Des milliards de dollars de pub, uniquement pour se &lt;i&gt;diff&#233;rencier&lt;/i&gt; ; impossible de recycler ou de r&#233;cup&#233;rer quoi que ce soit, avec tous ces mod&#232;les diff&#233;rents ; pas moyen de produire des pi&#232;ces de rechange pouvant aller sur plus d'une dizaine de marques, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne serait-il pas plus logique, plus &#233;cologique d'admettre que, oui, pour &#234;tre &lt;i&gt;cool&lt;/i&gt;, on veut bien qu'il y ait diff&#233;rentes tailles (disons cinq ?), des mod&#232;les diff&#233;rents (une soixantaine ?). Oui, &#231;a on veut bien. Mais des milliers ? You-hou ! Il ne s'agit pas ici de v&#234;tements ou de chaussures, mais d'une bagnole, d'un moyen de transport. La b&#234;tise qui consiste &#224; croire qu'un mod&#232;le en particulier, offert par une multinationale qui n'existe que pour le fric, &#171; &lt;i&gt;me va parfaitement&lt;/i&gt; &#187;, qu'il &#171; &lt;i&gt;me repr&#233;sente bien&lt;/i&gt; &#187;, qu'il &#171; &lt;i&gt;sied &#224; ma personnalit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, est une n&#233;vrose collective, une pathologie qu'il faudra bien gu&#233;rir un jour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Rioux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les gr&#232;ves de la Fiat (Italie, 1969)</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-greves-de-la-Fiat-Italie-1969</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Les-greves-de-la-Fiat-Italie-1969</guid>
		<dc:date>2008-07-25T18:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ricardo Pe&#241;afiel</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire des luttes</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Pe&#241;afiel, Ricardo</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De mai &#224; d&#233;cembre 1969, en Italie, des gr&#232;ves partielles des employ&#233;s de la Fiat se sont transform&#233;es en un v&#233;ritable mouvement de communes qui s'est prolong&#233; dans des pratiques non seulement de gr&#232;ves &#171; sauvages &#187; ou autonomes de l'appareil syndical mais &#233;galement d'occupations d'universit&#233;s, d'auto-r&#233;ductions des loyers et d'appropriation directe de marchandises et de services, notamment des transports en commun. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans La classe ouvri&#232;re contre l'&#201;tat (1978), Antonio Negri analyse les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Transports-ecologie-et-" rel="directory"&gt;Dossier : Transports, &#233;cologie et changement social&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Memoire-des-luttes-+" rel="tag"&gt;M&#233;moire des luttes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Penafiel-Ricardo-+" rel="tag"&gt;Pe&#241;afiel, Ricardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De mai &#224; d&#233;cembre 1969, en Italie, des gr&#232;ves partielles des employ&#233;s de la Fiat se sont transform&#233;es en un v&#233;ritable mouvement de communes qui s'est prolong&#233; dans des pratiques non seulement de gr&#232;ves &#171; sauvages &#187; ou autonomes de l'appareil syndical mais &#233;galement d'occupations d'universit&#233;s, d'auto-r&#233;ductions des loyers et d'appropriation directe de marchandises et de services, notamment des transports en commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;La classe ouvri&#232;re contre l'&#201;tat&lt;/i&gt; (1978), Antonio Negri analyse les gr&#232;ves de la Fiat comme la culmination d'un long processus historique de la lutte des classes ayant conduit &#224; la socialisation extr&#234;me du travail. La puissance sociale accumul&#233;e dans la technologie fait en sorte que lorsqu'un ouvrier actionne le bouton d'une machine, il ne s'agit plus d'un travail individuel qu'il serait en train d'accomplir, mais de l'aboutissement d'une longue cha&#238;ne de travail social incorpor&#233; dans la machine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le travail est ainsi directement socialis&#233;, s'il n'a plus &#224; passer par le r&#233;f&#233;rent g&#233;n&#233;ral &#171; argent &#187; pour se connecter avec l'ensemble social, &#224; travers l'&#233;change, s'il est imm&#233;diatement du travail social, alors les luttes pour l'affranchissement du rapport salarial d'exploitation ne peuvent plus se situer dans le cadre &#233;troit de l'usine. Pour pouvoir concentrer la puissance sociale dans une technologie, il a fallu exclure du rapport salarial une masse d'ouvriers devenus superflus. Cette masse de ch&#244;meurs est donc une condition de n&#233;cessit&#233; pour la concentration de la puissance sociale dans une machine. La lutte doit donc se situer sur le plan de l'appropriation directe de la marchandise directement socialis&#233;e. Il ne s'agit plus d'une lutte pour n&#233;gocier un salaire en fonction de la plus-value g&#233;n&#233;r&#233;e par celui-ci et spoli&#233;e par le capital, mais d'une lutte pour la r&#233;-appropriation, par la soci&#233;t&#233; dans son ensemble, du travail qu'elle a rendu possible, tant par son activit&#233; cr&#233;atrice de connaissance, de travail et de technologie que par la marginalisation d'une part croissante de sa population hors du processus de production. &lt;br class='autobr' /&gt;
Negri nous permet ainsi d'interpr&#233;ter l'appropriation directe du travail social au-del&#224; du contexte insurrectionnel rendant possible cette pratique, permettant ainsi de r&#233;fl&#233;chir aux fondements abstraits de cette appropriation et de la situer dans d'autres contextes que celui de l'Italie de 1969.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour reprendre le cas de l'appropriation directe des transports en commun, nous pouvons d&#233;gager deux argumentaires justifiant cette pratique : d'un c&#244;t&#233; les travailleurs et les travailleuses devant se rendre au travail n'ont pas &#224; payer pour cette partie intrins&#232;que de leur exploitation et, d'un autre c&#244;t&#233;, les ch&#244;meurs et ch&#244;meuses, les retrait&#233;es, les universitaires, les enfants, et les reproducteurs et reproductrices du travail domestique n'ont pas &#224; payer pour cette richesse sociale qui n'aurait pas pu &#234;tre produite sans leur marginalisation ou leur travail accumul&#233; ou &#224; venir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ricardo Pe&#241;afiel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une voie navigable</title>
		<link>https://www.ababord.org/Une-voie-navigable</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Une-voie-navigable</guid>
		<dc:date>2008-07-24T19:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Casgrain</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Casgrain, Antoine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Malgr&#233; la hausse des &#233;changes commerciaux caus&#233;e par la mondialisation, la quantit&#233; de marchandises transbord&#233;es sur le Saint-Laurent est pass&#233;e de 130 millions de tonnes (Mt) en 1980 &#224; 100 Mt en 1990, puis s'est stabilis&#233;e autour de 105 Mt. L'Accord de libre-&#233;change nord-am&#233;ricain (AL&#201;NA) a fait augmenter les quantit&#233;s de marchandises &#233;chang&#233;es entre le Qu&#233;bec et ses voisins du sud. En contrepartie, l'AL&#201;NA et la d&#233;r&#232;glementation du secteur des transports ont donn&#233; au camionnage la priorit&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Transports-ecologie-et-" rel="directory"&gt;Dossier : Transports, &#233;cologie et changement social&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Casgrain-Antoine-+" rel="tag"&gt;Casgrain, Antoine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Malgr&#233; la hausse des &#233;changes commerciaux caus&#233;e par la mondialisation, la quantit&#233; de marchandises transbord&#233;es sur le Saint-Laurent est pass&#233;e de 130 millions de tonnes (Mt) en 1980 &#224; 100 Mt en 1990, puis s'est stabilis&#233;e autour de 105 Mt. L'Accord de libre-&#233;change nord-am&#233;ricain (AL&#201;NA) a fait augmenter les quantit&#233;s de marchandises &#233;chang&#233;es entre le Qu&#233;bec et ses voisins du sud. En contrepartie, l'AL&#201;NA et la d&#233;r&#232;glementation du secteur des transports ont donn&#233; au camionnage la priorit&#233; sur d'autres formes (ferroviaire, maritime).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 15 ans, la strat&#233;gie du &#171; juste-&#224;-temps &#187; (&lt;i&gt;just in time&lt;/i&gt;) a consid&#233;rablement fait augmenter la quantit&#233; de camions sur les routes nord-am&#233;ricaines, les transformant en v&#233;ritables entrep&#244;ts roulants (voir encadr&#233;, page 23). La comp&#233;tition est f&#233;roce dans le secteur du transport et, pour l'instant, le camionnage a un avantage de taille : les infrastructures routi&#232;res sont pratiquement gratuites. Alexandre Turgeon, du &lt;i&gt;Conseil r&#233;gional de l'environnement de la r&#233;gion de Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, affirme que &#171; &lt;i&gt; les camions ne payent pas la juste part des infrastructures routi&#232;res qu'ils utilisent&lt;/i&gt; &#187;. Au Qu&#233;bec, l'&#201;tat entretient et r&#233;pare les routes aux frais des contribuables, mais au b&#233;n&#233;fice des compagnies de camionnage. D'autres avenues sont &#224; explorer, le train et le bateau, pour r&#233;duire la consommation d'hydrocarbures.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le transport fluvial : une solution &#233;cologique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous aurions tout int&#233;r&#234;t &#224; regarder les avantages du transport maritime. En termes d'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique, le transport maritime supplante ses concurrents (voir graphique). Le transport maritime pourrait donc contribuer &#224; r&#233;duire les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre. Les AmiEs de la Vall&#233;e du Saint-Laurent, une organisation vou&#233;e &#224; la protection et la promotion des richesses du fleuve, favorisent le retour au cabotage (le transport &#224; l'int&#233;rieur du Saint-Laurent), puisqu'en plus d'&#234;tre davantage &#233;cologique, il favorise le d&#233;veloppement r&#233;gional par l'activit&#233; des ports secondaires (Sept-&#206;les, Gros Cacouna, La Baie). Le cabotage demeure le parent pauvre du syst&#232;me de transport qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; Stainier, porte-parole des &lt;i&gt;Amies de la vall&#233;e du St-Laurent&lt;/i&gt;, explique les difficult&#233;s de la navigation nationale par le fait que la priorit&#233; est mise sur la navigation internationale. S'il y a des politiques et des mesures fiscales qui aident la navigation internationale, rien de tel n'existe pour le transport local. Le d&#233;sengagement de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral n'a pas permis d'&#233;quiper les ports locaux et on ne construit plus de petites embarcations, au tirant d'eau limit&#233;, performantes pour le Saint-Laurent. Cela est d&#251; &#224; la fermeture des chantiers navals caus&#233;e par la mondialisation et la d&#233;r&#233;glementation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exemples de transport par cabotage naissent au compte-gouttes. Au mois de mai dernier, la compagnie foresti&#232;re Kruger d&#233;marrait un projet pilote visant &#224; transporter par barges des copeaux de bois de la C&#244;te-Nord vers Trois-Rivi&#232;res. Une seule barge contient l'&#233;quivalent du chargement de 250 camions. En une saison, c'est 9 000 allers-retours en camion qui devraient &#234;tre retir&#233;s de la route 138. Ce projet a vu le jour gr&#226;ce &#224; l'appui du Gouvernement du Qu&#233;bec et de sa r&#233;cente &lt;i&gt;Politique maritime et fluviale&lt;/i&gt;. Cette initiative demeure timide mais elle pourrait donner l'exemple &#224; plusieurs compagnies tout en aidant une ville r&#233;gionale &#224; se doter d'une infrastructure portuaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les impacts environnementaux
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Toutes les formes de transport comportent leur part de risques pour l'environnement. Le principal danger de la navigation fluviale r&#233;side dans les travaux de dragage. Pour permettre le passage des grands cargos commerciaux, les autorit&#233;s creusent le fond du fleuve &#224; certains endroits peu profonds. Le dragage, en plus de d&#233;truire les habitats naturels, fait remonter les contaminants d&#233;pos&#233;s dans les s&#233;diments, contribuant &#224; leur propagation dans les &#233;cosyst&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les environnementalistes s'entendent pour dire que le dragage d'entretien est acceptable s'il est bien fait. Par contre, l'ouverture de toute nouvelle voie et l'approfondissement des voies existantes sont absolument &#224; proscrire. Les bateaux doivent s'adapter au fleuve, et non l'inverse. Le transport par cabotage avec ses plus petites embarcations, n&#233;cessite peu de dragage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres dangers sont &#233;galement reli&#233;s &#224; la navigation, tel que l'&#233;rosion des berges. Ce ph&#233;nom&#232;ne a un impact particulier dans le secteur des &#238;les de Sorel. Les fr&#233;quents passages de bateaux cr&#233;ent une houle qui, &#224; la longue, d&#233;truit certaines zones sensibles sur les berges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; Stainier souligne toutefois que des m&#233;canismes de gestion du dragage et des mesures incitatives pour la r&#233;duction de la vitesse des bateaux ont &#233;t&#233; mis sur pied. Cela est une initiative du plan d'action&lt;i&gt; Saint-Laurent Vision 2000&lt;/i&gt;, qui engage depuis 1988 les gouvernements du Qu&#233;bec et du Canada &#224; restaurer et &#224; prot&#233;ger le fleuve.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers un retour des activit&#233;s de cabotage ?
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le fleuve Saint-Laurent serait pr&#234;t &#224; recevoir une bonne part du transport de marchandises qui s'effectue entre les r&#233;gions du Qu&#233;bec. Il est temps de remettre en question le tout-au-camion qui s'est impos&#233; depuis 20 ans en Am&#233;rique du Nord. La remise en &#233;tat des infrastructures ferroviaires et portuaires pourrait entra&#238;ner une gestion intermodale efficace des transports de marchandises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, le tournant vers le cabotage ne s'effectue que lorsque le gain financier est palpable. Kruger (pas n&#233;cessairement reconnue pour ses pr&#233;occupations &#233;cologistes) dit pouvoir &#233;conomiser 30 % gr&#226;ce &#224; son projet de liaison fluviale entre Forestville et Trois-Rivi&#232;res. Un changement de cap de l'ensemble des industries ne pourra cependant se faire que lorsqu'elles paieront le co&#251;t r&#233;el des dommages caus&#233;s aux routes et &#224; l'atmosph&#232;re par le passage de leur flotte de camions lourds.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Antoine Casgrain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La d&#233;raison de la croissance des transports</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-deraison-de-la-croissance-des</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/La-deraison-de-la-croissance-des</guid>
		<dc:date>2008-07-23T19:52:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge Latouche</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Latouche, Serge </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les usagers briseront les cha&#238;nes du transport surpuissant lorsqu'ils se remettront &#224; aimer comme un territoire leur &#238;lot de circulation, et &#224; redouter de s'en &#233;loigner trop souvent. &lt;br class='autobr' /&gt; Ivan Illich &lt;br class='autobr' /&gt; Les transports, tout particuli&#232;rement internationaux, sont une illustration de l'aberration de notre logique actuelle de fonctionnement. Il s'agit d'une des activit&#233;s les plus polluantes et les plus consommatrices d'&#233;nergie, et en particulier de cette &#233;nergie non renouvelable qu'est le p&#233;trole. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Transports-ecologie-et-" rel="directory"&gt;Dossier : Transports, &#233;cologie et changement social&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Latouche-Serge-+" rel="tag"&gt;Latouche, Serge &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton430.jpg?1642092268' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;340&#034; height=&#034;242&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les usagers briseront les cha&#238;nes du transport surpuissant lorsqu'ils se remettront &#224; aimer comme un territoire leur &#238;lot de circulation, et &#224; redouter de s'en &#233;loigner trop souvent&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ivan Illich&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;nergie et &#233;quit&#233;, Seuil, Paris, 1975.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les transports, tout particuli&#232;rement internationaux, sont une illustration de l'aberration de notre logique actuelle de fonctionnement. Il s'agit d'une des activit&#233;s les plus polluantes et les plus consommatrices d'&#233;nergie, et en particulier de cette &#233;nergie non renouvelable qu'est le p&#233;trole. Ce sont aussi un terrain exemplaire de ce que pourrait &#234;tre une autre politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une hausse du PNB par t&#234;te de 3,5 % par an (ce qui a &#233;t&#233; la progression moyenne pour la France entre 1949 et 1959), on aboutit &#224; une multiplication de 31 en un si&#232;cle et de 961 en deux si&#232;cles ! Avec un taux de croissance de 10 %, celui actuel de la Chine, on obtient une multiplication par 736 du PNB en un si&#232;cle ! Peut-on soutenir de tels rythmes de croissance sur une plan&#232;te finie ? Le probl&#232;me est particuli&#232;rement crucial pour l'&#233;nergie, base du transport bon march&#233;. D'ores et d&#233;j&#224;, un &#201;tatsunien moyen consomme chaque ann&#233;e 9 tonnes d'&#233;quivalent-p&#233;trole et un Fran&#231;ais, quant &#224; lui, en br&#251;le 4 tonnes, c'est-&#224;-dire respectivement 430 et 200 fois plus qu'un Malien qui n'en utilise que 21 kilos. &#171; &lt;i&gt;Si l'on estime que chaque habitant de la plan&#232;te a le m&#234;me &#034;droit au CO2&#034;,&lt;/i&gt; en d&#233;duit Jean Aubin,&lt;i&gt; il faut que nous, Fran&#231;ais, nous divisions nos &#233;missions par quatre ou cinq, et les Am&#233;ricains&lt;/i&gt; (sic) &lt;i&gt;par dix.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Aubin, &#171; Croissance : l'impossible n&#233;cessaire &#187;, Plan&#232;te bleue, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;duction est tout &#224; fait possible sans revenir n&#233;cessairement &#224; l'&#226;ge des cavernes ou &#224; la bougie (la lampe &#224; p&#233;trole risquant de s'&#233;teindre rapidement faute de carburant), comme le pr&#233;tendent nos adversaires. Notre capacit&#233; de diviser par quatre notre consommation d'&#233;nergie-mati&#232;re tout en pr&#233;servant notre qualit&#233; de vie a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;e dans le domaine des transports, en particulier par plusieurs &#233;tudes scientifiques. Cette diminution que les experts attendent avant tout d'un accroissement de l'&#233;coefficience, c'est-&#224;-dire d'une utilisation plus efficace du carburant, ne sera effective et durable que si elle s'accompagne d'une r&#233;duction des d&#233;placements. &#171; &lt;i&gt;L'alternative radicale aux transports actuels,&lt;/i&gt; note avec raison Jean-Pierre Dupuy, c&lt;i&gt;e ne sont pas des transports moins polluants, moins producteurs de gaz &#224; effet de serre, moins bruyants et plus rapides ; c'est une r&#233;duction drastique de leur emprise sur notre vie quotidienne.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Pierre Dupuy, Pour un catastrophisme &#233;clair&#233;. Quand l'impossible est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;pousant la raison g&#233;om&#233;trique, l'&#233;conomie illustre tragiquement l'absurdit&#233; de l'&#233;vangile du productivisme qui pourrait se r&#233;sumer &#224; &#171; Pourrissez-vous la vie les uns les autres le plus possible et le plus vite possible jusqu'&#224; extinction de l'esp&#232;ce &#187;. Le cas des vall&#233;es alpestres &#8211; dont les habitants subissent les flux de camions transportant, d'Italie en France, des bouteilles d'eau San Pellegrino tandis que des flux non moins importants transportent, de France en Italie, des bouteilles d'Evian &#8211; est caricatural. Faut-il rappeler que lors de l'accident du tunnel sous le mont Blanc, l'un des poids lourds en cause ramenait vers l'Europe du Nord des pommes de terre qui s'&#233;taient faites transformer en chips en Italie, tandis qu'on transportait du papier hygi&#233;nique dans les deux sens ! Les exemples cocasses de ces absurdit&#233;s sont l&#233;gion. Les &#201;tatsuniens, riches en bois, importent des allumettes du Japon qui doit se procurer du bois en pillant les for&#234;ts indon&#233;siennes, tandis que les Japonais importent leurs baguettes des &#201;tats-Unis. Cela pr&#234;terait &#224; sourire si ce n'&#233;tait nos poumons, notre sant&#233;, l'existence des g&#233;n&#233;rations futures et la survie de la plan&#232;te qui en payaient la facture. Non seulement ces transports &#233;puisent une pr&#233;cieuse ressource non renouvelable, mais ils &#233;mettent des gaz toxiques comme le monoxyde de carbone, des gaz &#224; effet de serre comme le CO2 et des m&#233;taux lourds canc&#233;rig&#232;nes comme le plomb et le cadmium.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une part importante, soit ces camions baladent la m&#234;me chose et c'est fondamentalement absurde, soit ils trimbalent des produits diff&#233;rents pouvant &#234;tre fabriqu&#233;s localement &#224; des co&#251;ts directs l&#233;g&#232;rement sup&#233;rieurs, et ils sont nuisibles pour les r&#233;gions d&#233;laiss&#233;es victimes de d&#233;localisations sauvages. Qu'importe de gagner quelques centimes sur un objet quand il faut contribuer de plusieurs milliers d'Euros, par des charges diverses, &#224; la survie d'une fraction de la population qui ne peut plus, justement, participer &#224; la production de l'objet ? La mondialisation a pouss&#233; au paroxysme cette logique du jeu de massacre. Il y a quelques ann&#233;es d&#233;j&#224;, nos biens de consommation incorporaient, en moyenne, pas moins de 5 000 Km de transport. Un pot de yogourt &#224; la fraise de 125 g vendu &#224; Stuttgart en 1992 a parcouru 9 115 Km, si on cumule le parcours du lait, celui des fraises cultiv&#233;es en Pologne, celui de l'aluminium pour l'&#233;tiquette, la distance &#224; la distribution, etc., etc.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon la th&#232;se de St&#233;phanie B&#246;ge publi&#233;e en 1993 par le Wuppertal Institut (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;duction des transports s'impose donc. Malheureusement, c'est exactement le contraire qui est programm&#233;. On pr&#233;voit un accroissement consid&#233;rable des trafics transfrontaliers dans les ann&#233;es qui viennent. Tous les plans de relance au niveau europ&#233;en tablent sur le d&#233;veloppement des infrastructures de transport. Les travaux de creusement de tunnels &#8211; L&#246;tschberg (horizon 2007), Gothard (horizon 2015), Brenner (horizon 2017), Lyon-Turin (horizon 2020) &#8211; sont parmi les chantiers europ&#233;ens les plus titanesques du XXIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un moyen assez simple, en th&#233;orie, d'inverser cette tendance d&#233;sastreuse serait de faire payer le transport &#224; son prix de revient &lt;i&gt;r&#233;el&lt;/i&gt; en internalisant ses co&#251;ts externes. Cela signifie appliquer le principe pollueur-payeur et r&#233;percuter sur les transporteurs l'addition des frais directs et indirects engendr&#233;s par leur activit&#233;, qu'ils font supporter aux contribuables et aux g&#233;n&#233;rations futures : infrastructures, pollution (dont effet de serre et d&#233;r&#232;glement climatique), etc. Cette internalisation des &lt;i&gt;d&#233;s&#233;conomies&lt;/i&gt; externes, en principe conforme &#224; la th&#233;orie &#233;conomique orthodoxe, permettrait, si elle &#233;tait pouss&#233;e dans ses ultimes cons&#233;quences, de r&#233;aliser &#224; peu pr&#232;s compl&#232;tement le programme d'une relocalisation des activit&#233;s en vue de la construction d'une soci&#233;t&#233; soutenable. &#171; &lt;i&gt;M&#234;me si les taxes actuelles sur le carburant multiplient par quatre ou cinq le prix d'extraction et de raffinage, m&#234;me si l'on ne se prive pas de grogner contre le prix de l'essence &#224; chaque hausse, on est encore tr&#232;s loin de payer le p&#233;trole au prix correspondant &#224; sa valeur irrempla&#231;able pour demain et aux co&#251;ts induits par le gaspillage, en termes de pollutions et de nuisances de toutes sortes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aubin , op. cit., p. 57.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#192; combien reviendrait le kilom&#232;tre de poids lourd en France, si on lui imputait le prix des victimes de la canicule 2003, par exemple au tarif des &#201;tatsuniens morts dans l'attentat de Lockerbie ? Avec un co&#251;t de transport multipli&#233; par dix, ce qui semble raisonnable, il y a fort &#224; parier que Danone et autres producteurs red&#233;couvriraient les vertus du lait, du carton et du parfum de proximit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La remise en question du volume consid&#233;rable des d&#233;placements d'hommes et de marchandises sur la plan&#232;te avec l'impact n&#233;gatif correspondant doit &#234;tre organis&#233;e. Cela signifie une relocalisation des activit&#233;s et de la vie, elle-m&#234;me &#233;videmment li&#233;e &#224; un changement progressif de culture. Relocaliser signifie bien s&#251;r produire localement, pour l'essentiel, les produits servant &#224; la satisfaction des besoins de la population &#224; partir d'entreprises locales financ&#233;es par l'&#233;pargne collect&#233;e localement. Face &#224; la &#171; topophagie &#187; de la &#171; cosmopole &#187;, c'est-&#224;-dire &#224; la boulimie d'un mod&#232;le urbain centralis&#233; d&#233;voreur d'espace, il importe de travailler &#224; une &#171; renaissance des lieux &#187; et &#224; une reterritorialisation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bien qu'il soit tomb&#233; dans le pi&#232;ge conceptuel du d&#233;veloppement local en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Toute production pouvant se faire &#224; l'&#233;chelle locale pour des besoins locaux devrait &#234;tre r&#233;alis&#233;e localement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Yvonne Mignot-Lefebvre et Michel Lefebvre, Les patrimoines du futur, Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un tel principe repose sur le bon sens et non sur la rationalit&#233; &#233;conomique. Si les id&#233;es doivent ignorer les fronti&#232;res, les mouvements de marchandises et de capitaux doivent &#234;tre r&#233;duits &#224; l'indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'optique d'une renaissance du local, la relocalisation comprend certainement &#171; r&#233;enclaver / recloisonner &#187;. Dans la mesure du possible, il serait m&#234;me souhaitable d'en revenir &#224; l'&lt;i&gt;autoproduction&lt;/i&gt;. En fabriquant son petit yogourt soi-m&#234;me, comme le pr&#233;conise Maurizio Pallante, on supprime les emballages plastiques et cartons, les agents conservateurs, le transport (donc &#233;conomie de p&#233;trole, de CO2 et de d&#233;chets) et on gagne des bact&#233;ries pr&#233;cieuses pour la sant&#233;. Et bien s&#251;r, on fait diminuer consid&#233;rablement le PIB, les imp&#244;ts indirects (taxes de vente, taxes sur les carburants), ce qui a toutes sortes d'effets r&#233;cessifs en cascades sur les institutions comme sur la demande (moins de plastique, donc moins de p&#233;trole, effets positifs sur la sant&#233;, donc moins de m&#233;dicaments, de m&#233;decins, moins de transports routiers, donc moins d'accidents, donc moins de m&#233;decine, etc.). La m&#234;me analyse peut &#234;tre faite avec l'abandon de l'eau en bouteilles plastiques venues d'ailleurs et au retour &#224; l'eau du robinet provenant d'une nappe phr&#233;atique de proximit&#233; assainie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a l&#224; une spirale vertueuse de d&#233;croissance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maurizio Pallante, Il manifesto per la decrescita felice, et Care, losche e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour &#233;viter la disparition des activit&#233;s de proximit&#233; et favoriser la renaissance des &#233;changes non mercantiles, c'est l'essentiel de la vie tout court qui doit &#234;tre reterritorialis&#233;. La croyance que mon lieu de r&#233;sidence est le centre du monde est essentielle pour donner du sens &#224; mon quotidien. Pour cela, il faut avant tout relocaliser le politique et, par exemple, inventer ou r&#233;inventer une d&#233;mocratie de proximit&#233;. Cette utopie d&#233;mocratique locale rejoint les id&#233;es de la plupart des penseurs d'une d&#233;mocratie &#233;cologique, comme Murray Bookchin : &#171; &lt;i&gt;Il n'est pas totalement absurde de penser qu'une soci&#233;t&#233; &#233;cologique puisse &#234;tre constitu&#233;e d'une municipalit&#233; de petites municipalit&#233;s, chacune desquelles serait form&#233;e par une &#034;commune de communes&#034; plus petites&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;en parfaite harmonie avec leur &#233;cosyst&#232;me.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Magnaghi, op. cit., p. 100.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, pour construire une soci&#233;t&#233; soutenable, il faut d&#233;courager les transports nocifs &#224; l'environnement (d&#233;r&#232;glement climatique), nuisibles au lien social (d&#233;localisation), destructeurs de la diversit&#233; culturelle (uniformisation plan&#233;taire) et contraires &#224; la dignit&#233; humaine (invasion touristique). Heureusement, la fin du p&#233;trole bon march&#233; peut nous y inciter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#201;nergie et &#233;quit&#233;&lt;/i&gt;, Seuil, Paris, 1975.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Aubin, &#171; Croissance : l'impossible n&#233;cessaire &#187;, &lt;i&gt;Plan&#232;te bleue&lt;/i&gt;, Le Theil (35310) 2003. p. 42. Il ajoute : &#171; &lt;i&gt;C'est dire si ce pauvre protocole de Kyoto est loin du compte.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Pierre Dupuy, &lt;i&gt;Pour un catastrophisme &#233;clair&#233;. Quand l'impossible est certain&lt;/i&gt;, Seuil, Paris, 2002. p. 59.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon la th&#232;se de St&#233;phanie B&#246;ge publi&#233;e en 1993 par le Wuppertal Institut (Voir &lt;i&gt;Silence&lt;/i&gt; n&#176; 167, juillet 1993).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Aubin ,&lt;i&gt; op. cit&lt;/i&gt;., p. 57.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bien qu'il soit tomb&#233; dans le pi&#232;ge conceptuel du d&#233;veloppement local en tentant de le d&#233;samorcer par une surcharge de qualification (auto-soutenable), Alberto Magnaghi dans son livre &lt;i&gt;Le projet local&lt;/i&gt; (Mardaga, 2003) aborde avec pertinence et comp&#233;tence de vraies questions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Yvonne Mignot-Lefebvre et Michel Lefebvre, &lt;i&gt;Les patrimoines du futur, Les soci&#233;t&#233;s aux prises avec la mondialisation&lt;/i&gt;, L'Harmattan, Paris, 1995. p. 235.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Maurizio Pallante, &lt;i&gt;Il manifesto per la decrescita felice, et Care, losche e triste acque in bottighie di plastica&lt;/i&gt; (&lt;a href=&#034;http://www.decrescita.it&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.decrescita.it&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par Magnaghi, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p. 100.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Serge Latouche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Objecteur de croissance et professeur &#233;m&#233;rite de l'Universit&#233; de Paris-Sud&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les veines ouvertes de l'Am&#233;rique latine</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-veines-ouvertes-de-l-Amerique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Les-veines-ouvertes-de-l-Amerique</guid>
		<dc:date>2008-07-22T20:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Rioux, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'observation des r&#233;seaux de transports peut servir de r&#233;v&#233;lateur pour une analyse historique ou g&#233;ostrat&#233;gique d'un pays ou d'un continent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si une photo satellite du continent sud-am&#233;ricain avait pu &#234;tre prise au XIXe si&#232;cle, on y aurait vu un r&#233;seau routier et ferroviaire &#233;voquant des nervures partant de l'int&#233;rieur du continent pour irradier vers les oc&#233;ans et les principales voies navigables. Eduardo Galeano parlait des &#171; veines ouvertes &#187; d'un continent dont la seule &#171; utilit&#233; &#187; &#233;tait (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Transports-ecologie-et-" rel="directory"&gt;Dossier : Transports, &#233;cologie et changement social&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Rioux-Claude-+" rel="tag"&gt;Rioux, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Imperialisme-+" rel="tag"&gt;Colonialisme et imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton431.jpg?1642092268' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;274&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'observation des r&#233;seaux de transports peut servir de r&#233;v&#233;lateur pour une analyse historique ou g&#233;ostrat&#233;gique d'un pays ou d'un continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si une photo satellite du continent sud-am&#233;ricain avait pu &#234;tre prise au XIXe si&#232;cle, on y aurait vu un r&#233;seau routier et ferroviaire &#233;voquant des nervures partant de l'int&#233;rieur du continent pour irradier vers les oc&#233;ans et les principales voies navigables. Eduardo Galeano parlait des &#171; &lt;i&gt;veines ouvertes&lt;/i&gt; &#187; d'un continent dont la seule &#171; utilit&#233; &#187; &#233;tait de fournir m&#233;taux pr&#233;cieux et ressources naturelles aux conqu&#233;rants. Les Espagnols durant la Colonie, et plus tard les Anglais et les &#201;tats-uniens, n'avaient aucun int&#233;r&#234;t &#224; construire ou &#224; financer la r&#233;alisation de voies pouvant faciliter les communications entre les r&#233;gions d'un m&#234;me pays et entre les pays eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait l'&#233;poque de l'or, de l'argent, du &#171; Rey az&#250;car &#187; et autres monarques agricoles. Simon Bolivar voyait dans ce manque d'int&#233;gration nationale un immense obstacle &#224; l'instauration de la &#171; Grande Patrie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; tout r&#233;cemment, il &#233;tait plus facile de se rendre de Jujuy &#224; Buenos-Aires que de Jujuy &#224; Salta (deux provinces voisines de l'Argentine). C'est-&#224;-dire que les r&#233;gions d'un m&#234;me pays n'existent qu'en tant que cha&#238;nons d'exportation (spoliation) et non en tant que r&#233;gion pouvant &#233;changer avec ses voisins imm&#233;diats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, &#224; l'&#232;re du &#171; flux tendu &#187;, la mondialisation a d'autres projets pour l'Am&#233;rique latine. Le &lt;i&gt;Plan Puebla-Panam&#225;&lt;/i&gt; (un autre PPP) pr&#233;voit en effet la construction d'autoroutes et de canaux transoc&#233;aniques pour faciliter le &#171; d&#233;veloppement &#187; et les exportations du Mexique et de l'Am&#233;rique centrale. Fait curieux, les principaux projets de communication du PPP se calquent sur les r&#233;gions o&#249; l'on trouve soit une immense biodiversit&#233; (Chimalapas, Pet&#233;n), soit des mouvements de r&#233;sistance autochtones ou paysans (Chiapas). Comme quoi le &#171; d&#233;veloppement des transports &#187; n'est jamais innocent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Rioux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rien ne sert de courir...</title>
		<link>https://www.ababord.org/Rien-ne-sert-de-courir</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Rien-ne-sert-de-courir</guid>
		<dc:date>2008-07-20T20:13:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Casgrain</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Casgrain, Antoine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Observer notre soci&#233;t&#233; &#224; travers le prisme des transports, comme nous l'avons fait dans ce dossier, nous fait prendre conscience (une fois de plus) des incons&#233;quences du d&#233;veloppement. Le gaspillage des ressources qui est reli&#233; au transport ne peut &#234;tre support&#233; par notre plan&#232;te. Mais plus encore, la mani&#232;re dont nous avons organis&#233; la vie sociale d&#233;pend beaucoup de nos r&#233;seaux de transports, les infrastructures de transport comptant pour pr&#232;s de 50 % de l'espace urbain. Questionner nos (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Transports-ecologie-et-" rel="directory"&gt;Dossier : Transports, &#233;cologie et changement social&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Casgrain-Antoine-+" rel="tag"&gt;Casgrain, Antoine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton433.jpg?1642092269' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;369&#034; height=&#034;198&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Observer notre soci&#233;t&#233; &#224; travers le prisme des transports, comme nous l'avons fait dans ce dossier, nous fait prendre conscience (une fois de plus) des incons&#233;quences du d&#233;veloppement. Le gaspillage des ressources qui est reli&#233; au transport ne peut &#234;tre support&#233; par notre plan&#232;te. Mais plus encore, la mani&#232;re dont nous avons organis&#233; la vie sociale d&#233;pend beaucoup de nos r&#233;seaux de transports, les infrastructures de transport comptant pour pr&#232;s de 50 % de l'espace urbain. Questionner nos modes de transport, c'est remettre en question notre soci&#233;t&#233; productiviste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi se d&#233;place-t-on ?&lt;/strong&gt; Paradoxalement, plus les transports sont efficaces, plus on consacre du temps dans les transports ! Jamais dans l'histoire l'humain n'a d&#233;pens&#233; autant de temps pour se d&#233;placer ou d&#233;placer sa production. D'un c&#244;t&#233;, les d&#233;placements rapides favorisent le d&#233;veloppement des relations entre des gens &#233;loign&#233;s et permettent &#224; une (petite) partie de la population de d&#233;couvrir le monde. De l'autre, le temps pass&#233; dans les bouchons de circulation, les ressources gaspill&#233;es, la construction de milliers de routes, les accidents, les probl&#232;mes de sant&#233;, le smog deviennent des &#233;l&#233;ments nuisibles. L'urbanit&#233; d&#233;velopp&#233;e autour de l'automobile a encha&#238;n&#233; des millions de travailleurs dans la logique &#171; Acheter un &lt;i&gt;char&lt;/i&gt;, pour travailler, pour faire de l'argent, pour acheter un &lt;i&gt;char&lt;/i&gt; &#187;. Comme l'illustre Ivan Illich, le syst&#232;me capitaliste et sa bureaucratie sont incapables de r&#233;soudre &#224; la racine le probl&#232;me du transport. Pour r&#233;gler la congestion, on construit de nouvelles routes, qui encouragent plus de voitures !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que transporte-t-on ?&lt;/strong&gt; La mondialisation nous offre le r&#234;ve d'un march&#233; global dans lequel les pantalons faits en Chine et le caf&#233; colombien abondent sur nos rayons. Quel est l'impact sur l'environnement de cette multiplication des &#233;changes mondiaux ? Est-ce qu'importer des l&#233;gumes, m&#234;me biologiques, de la Californie en vaut le co&#251;t ? &#201;changer des marchandises d'un continent &#224; l'autre appara&#238;t r&#233;soudre les besoins de croissance du capital pour les dictatures multinationales, mais cela ne remplit toujours pas les promesses d'une vie meilleure dans les pays du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment se transporte-t-on ?&lt;/strong&gt; Les modes de transport les plus &#233;conomiques et les plus rationnels ne sont pas n&#233;cessairement utilis&#233;s. Peut-on appeler &#171; d&#233;veloppement &#233;conomique &#187; un camionnage excessif qui cause r&#233;chauffement climatique, accidents et conditions de travail p&#233;nibles. Il faut repenser le d&#233;veloppement &#233;conomique pour limiter les d&#233;g&#226;ts &#233;cologiques li&#233;s au transport. Des solutions existent : le rail transporte d&#233;j&#224; 60 % des marchandises sur voie terrestre, mais n'&#233;met que 15 % des &#233;missions de GES, le reste &#233;tant produit par le transport routier. Des voies historiques de transport r&#233;gional, comme le cabotage sur le Saint-Laurent, efficaces au niveau &#233;nerg&#233;tique, sont n&#233;glig&#233;es par manque d'investissement et par l'esprit du &#171; business as usual &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui peut bouger ?&lt;/strong&gt; Les routes gratuites pour les uns, l'autobus payant pour les autres. Alors que les compagnies financent les d&#233;placements automobiles de leurs cadres, les pauvres sont oblig&#233;s de consacrer une part de plus en plus importante de leur revenu dans le transport en commun. Les r&#233;seaux de transport urbain servent la discrimination sociale. Ils isolent des parties marginalis&#233;es de la population dans des ghettos mal desservis par un transport en commun dispendieux. Une mobilit&#233; urbaine r&#233;duite favorise le maintien des classes populaires en ch&#244;mage ou dans de mauvais emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; va-t-on ?&lt;/strong&gt; Les autoroutes d&#233;versent des flots de marchandises humaines chaque jour pour faire rouler la machine &#233;conomique. Les r&#233;seaux de transports publics sont orient&#233;s afin de concentrer la population dans un va-et-vient entre r&#233;sidence et travail. Le syst&#232;me capitaliste a socialis&#233; &#224; l'extr&#234;me la production, mais maintient une domination priv&#233;e sur son appropriation. Le contr&#244;le des populations, dont le transport est un outil, emp&#234;che que des espaces d&#233;mocratiques se d&#233;veloppent. Dans ce syst&#232;me pourtant, m&#234;me les marginalis&#233;s cr&#233;ent un langage et un affect qui cr&#233;ent une valeur (ne serait-ce que pour &#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233;e par la mode). Les d&#233;placements font partie de la production et de l'appropriation de la richesse sociale. La r&#233;appropriation collective des transports est donc l&#233;gitime en termes de justice, mais &#233;galement inspirante en termes d'&#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous le voyons, &#233;cologie et social s'entrem&#234;lent, se f&#233;condent l'un l'autre. Une d&#233;mocratie participative, &#224; la proximit&#233; d'un v&#233;lo, articul&#233;e autour d'un transport public et contr&#244;l&#233; par le peuple, va de pair avec des nouvelles pratiques &#233;cologiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Antoine Casgrain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
