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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Syndicalisme : l'heure des choix</title>
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		<dc:date>2008-07-21T15:07:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Normand Baillargeon, Nicole de S&#232;ve, Jean-Marc Piotte</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Baillargeon, Normand </dc:subject>
		<dc:subject>Piotte, Jean-Marc </dc:subject>
		<dc:subject>de S&#232;ve, Nicole </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mondialisation des &#233;changes, concurrence internationale, d&#233;localisations, gestion par flux tendus, production &#171; juste &#224; temps &#187;, gestion participative, tertiarisation de l'&#233;conomie, privatisations des services : tous ces facteurs rappellent l'ampleur des changements intervenus dans les r&#233;alit&#233;s du monde du travail depuis deux d&#233;cennies. Ils rappellent aussi, par le fait m&#234;me, l'ampleur ainsi que la nouveaut&#233; des d&#233;fis auquel fait face aujourd'hui le mouvement syndical. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour les affronter, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Syndicalisme-l-heure-des-" rel="directory"&gt;Dossier : Syndicalisme, l'heure des choix&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Baillargeon-Normand-+" rel="tag"&gt;Baillargeon, Normand &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Piotte-Jean-Marc-+" rel="tag"&gt;Piotte, Jean-Marc &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-de-Seve-Nicole-+" rel="tag"&gt;de S&#232;ve, Nicole &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mondialisation des &#233;changes, concurrence internationale, d&#233;localisations, gestion par flux tendus, production &#171; juste &#224; temps &#187;, gestion participative, tertiarisation de l'&#233;conomie, privatisations des services : tous ces facteurs rappellent l'ampleur des changements intervenus dans les r&#233;alit&#233;s du monde du travail depuis deux d&#233;cennies. Ils rappellent aussi, par le fait m&#234;me, l'ampleur ainsi que la nouveaut&#233; des d&#233;fis auquel fait face aujourd'hui le mouvement syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les affronter, il est raisonnable de penser que celui-ci devra vraisemblablement de mani&#232;re substantielle, se red&#233;finir, repenser son action et revoir ses priorit&#233;s. Le pr&#233;sent dossier est une invitation &#224; explorer quelques-unes des grandes questions qui, dans ce nouveau contexte, se posent aujourd'hui au mouvement syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les textes qui le composent sont ventil&#233;s en deux sections : &lt;i&gt;Nouveaux combats&lt;/i&gt;, d'abord ; &lt;i&gt;Prospectives&lt;/i&gt;, ensuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re section s'ouvre sur un texte d'Isabelle Renaud qui se penche sur l'important dossier du travail atypique. Elle rappelle sa pr&#233;pond&#233;rance, souligne le retard accumul&#233; par les centrales dans la syndicalisation de ces travailleuses et travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roberto Nieto prolonge cette r&#233;flexion en analysant le cas des travailleurs agricoles migrants mexicains et leurs tentatives de syndicalisation. Il montre notamment comment ces tentatives se heurtent &#224; de pitoyables tactiques et manigances de toutes sortes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un troisi&#232;me texte, Normand P&#233;pin dresse un portrait de la pr&#233;sence syndicale au Qu&#233;bec. Il met notamment en &#233;vidence le d&#233;fi que repr&#233;sente la syndicalisation du secteur priv&#233;. Deux cas sont ensuite examin&#233;s : la r&#233;cente gr&#232;ve chez Renaud-Bray et l'antisyndicalisme &#233;hont&#233; de Wal-Mart, le &#171; plus grand employeur priv&#233; au monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, Jean-Marc Piotte analyse les difficult&#233;s des relations de travail dans le secteur public en dressant le bilan de la dure et longue gr&#232;ve men&#233;e &#224; la SAQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicole de S&#232;ve conclut cette partie en examinant justement les principaux aspects de l'assaut contre le syndicalisme lanc&#233; par l'actuel gouvernement lib&#233;ral. Comment faire face &#224; ces d&#233;fis, immenses, et dont les textes qui pr&#233;c&#232;dent ne donnent qu'un aper&#231;u ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me section du dossier propose trois pistes de r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un texte riche et inform&#233;, Raymond Favreau aborde les Fonds syndicaux et s'interroge sur leur pertinence aujourd'hui. En tant que soci&#233;t&#233;s &#224; capital de risque, quels sont les objectifs poursuivis par ces Fonds syndicaux ? Comment concilier le rendement et la valeur des actions avec la cr&#233;ation d'emplois et l'am&#233;lioration des conditions de travail ? Dans un contexte o&#249; l'imp&#233;ratif de la rentabilit&#233; pr&#233;domine sur la solidarit&#233; ouvri&#232;re, les actifs des Fonds syndicaux plac&#233;s &#224; la Bourse se retrouvent de plus en plus dans des fonds sp&#233;culatifs risqu&#233;s et pas toujours &#233;thiques. Une remise en question de ce partenariat entre les Fonds syndicaux et le monde des affaires s'impose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ga&#233;tan Breton poursuit la discussion en se pla&#231;ant dans une large perspective macrosociologique pour constater la tr&#232;s grande puissance &#8211; &#233;conomique, id&#233;ologique et propagandiste &#8211; de la machine patronale. Il d&#233;plore la tendance d'une d&#233;rive vers un syndicalisme consentant &#224; son propre recul avant d'en appeler &#224; un syndicalisme de combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment aller dans cette voie ? Il s'agit l&#224;, convenons-en, d'un tr&#232;s difficile probl&#232;me. En l'analysant, Normand Baillargeon et Chantal Santerre d&#233;c&#232;lent pour leur part une contradiction structurelle au c&#339;ur de l'action syndicale et proposent de chercher &#224; la r&#233;soudre par la cr&#233;ation d'institutions inspir&#233;es de ces Bourses du travail qu'avaient imagin&#233;es les anarcho-syndicalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur cette modeste proposition que se referme ce dossier. Son ambition aura &#233;t&#233; atteinte s'il a pu contribuer, un tant soit peu, &#224; la r&#233;flexion sur des questions graves et cruciales et que la gauche ne peut, en aucun cas, se permettre de n&#233;gliger.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Dossier coordonn&#233; par &lt;strong&gt;Normand Baillargeon&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Jean-Marc Piotte&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Nicole de S&#232;ve&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Organiser les atypiques</title>
		<link>https://www.ababord.org/Organiser-les-atypiques</link>
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		<dc:date>2008-07-19T15:17:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Isabelle Renaud</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>
		<dc:subject>Renaud, Isabelle </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Emploi &#224; temps partiel, travail &#224; dur&#233;e temporaire, travail occasionnel, contractuel, cumul d'emplois et emploi autonome sont tous des termes d&#233;signant ce qu'on entend g&#233;n&#233;ralement par &#171; travail atypique &#187;. M&#234;me si le salariat (travail temps plein &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e) demeure encore aujourd'hui la forme de travail la plus r&#233;pandue, les emplois atypiques, o&#249; les taux de syndicalisation sont bas, ne cessent de s'accro&#238;tre. Par ailleurs, la syndicalisation de ce type d'emploi est un enjeu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-associatif-et-+" rel="tag"&gt;Mouvement associatif et communautaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Renaud-Isabelle-+" rel="tag"&gt;Renaud, Isabelle &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Emploi &#224; temps partiel, travail &#224; dur&#233;e temporaire, travail occasionnel, contractuel, cumul d'emplois et emploi autonome&lt;/i&gt; sont tous des termes d&#233;signant ce qu'on entend g&#233;n&#233;ralement par &#171; travail atypique &#187;. M&#234;me si le salariat (travail temps plein &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e) demeure encore aujourd'hui la forme de travail la plus r&#233;pandue, les emplois atypiques, o&#249; les taux de syndicalisation sont bas, ne cessent de s'accro&#238;tre. Par ailleurs, la syndicalisation de ce type d'emploi est un enjeu majeur pour le mouvement syndical s'il veut maintenir et renforcer sa repr&#233;sentativit&#233;, l'un des &#233;l&#233;ments importants de sa force.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour amorcer une r&#233;flexion sur l'importance de la syndicalisation des emplois atypiques au Qu&#233;bec et au Canada, il faut voir comment le secteur tertiaire (services) s'est d&#233;velopp&#233; &#224; une vitesse fulgurante depuis les 25 derni&#232;res ann&#233;es. En effet, la tertiarisation des &#233;conomies qu&#233;b&#233;coise et canadienne est un ph&#233;nom&#232;ne marquant de nos soci&#233;t&#233;s, car en seulement quelques d&#233;cennies, ce secteur est devenu le plus important en mati&#232;re de cr&#233;ation d'emplois et en mati&#232;re de production (PIB). &#171; &lt;i&gt;Cette pr&#233;pond&#233;rance accrue du secteur des services refl&#232;te une transformation socio&#233;conomique tout aussi importante que l'a &#233;t&#233; le passage d'une &#233;conomie agraire &#224; une &#233;conomie industrielle.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Minist&#232;re de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; La tertiarisation de l'&#233;conomie a provoqu&#233; une transformation majeure dans nos structures soci&#233;tales et, par la m&#234;me occasion, dans l'organisation du travail. M&#234;me si le travail atypique ne se r&#233;duit pas au secteur des services, il est ind&#233;niable que c'est l&#224; qu'il s'est d&#233;velopp&#233; massivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette nouvelle r&#233;alit&#233;, les syndicats qu&#233;b&#233;cois et canadiens n'ont pas r&#233;ussi &#224; maintenir la cadence et &#224; syndiquer massivement les travailleurs et les travailleuses atypiques. Cela s'explique notamment par un taux de roulement du personnel &#233;lev&#233;, par l'augmentation du t&#233;l&#233;travail, par une dispersion d'entreprises avec peu d'employ&#233;s, par une main-d'&#339;uvre dont les salaires bas rendent la perception de cotisations peu attrayante, par les assauts des gouvernements n&#233;olib&#233;raux, etc. La liste des facteurs expliquant les retards en mati&#232;re d'organisation des atypiques est longue. N&#233;anmoins, la complexit&#233; de ce type d'organisation exige une remise en cause des strat&#233;gies utilis&#233;es en mati&#232;re de syndicalisation du salariat et stimule la cr&#233;ativit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cette optique que des initiatives d'organisation ont d&#233;but&#233; dans le secteur universitaire au Qu&#233;bec en 2003. Par la syndicalisation des auxiliaires d'enseignement et des assistantes de recherche, le Syndicat de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) a d&#233;cid&#233; de consacrer ses efforts dans un champ o&#249; l'atypisme et la pr&#233;carit&#233; marchent de pair. Ce choix conscient a non seulement boulevers&#233; positivement la culture syndicale &#224; l'interne, mais a aussi permis &#224; cette organisation de se pr&#233;parer une rel&#232;ve pour le futur. M&#234;me si les syndicats ont le r&#233;flexe naturel de se battre contre les formes de travail atypique, celui-ci est l&#224; pour rester. Par cons&#233;quent, il faut trouver des r&#233;ponses syndicales ad&#233;quates pour les travailleurs atypiques. Tout en continuant de d&#233;noncer la pr&#233;carit&#233; grandissante, les organisations syndicales doivent &#339;uvrer sur trois volets simultan&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Primo&lt;/i&gt;, le mouvement syndical devrait repenser ses strat&#233;gies &#224; l'interne, c'est-&#224;-dire &#224; l'int&#233;rieur des diff&#233;rents syndicats qui le composent. Entre autres, il faudrait rem&#233;dier &#224; un dysfonctionnement interne qui consiste &#224; calculer le recrutement de nouveaux membres en co&#251;ts/b&#233;n&#233;fices &#224; court terme. Certes, il est vrai que sur une courte p&#233;riode de temps, un nouveau syndicat local de travailleurs atypiques n'est souvent pas avantageux d'un point de vue mon&#233;taire. Cependant, il faut d&#232;s maintenant acqu&#233;rir de l'exp&#233;rience dans la syndicalisation du travail atypique puisque l'avenir du mouvement se joue litt&#233;ralement sur cet enjeu. &lt;i&gt;Deuxio&lt;/i&gt;, les syndicats devraient se rapprocher davantage du milieu communautaire pour rejoindre un plus large public. En travaillant de concert avec les groupes communautaires, le mouvement syndical doublerait ses forces et pourrait mettre sur pied des strat&#233;gies qui feraient en sorte que les nouvelles accr&#233;ditations seraient viables &#224; long terme. &lt;i&gt;Tertio&lt;/i&gt;, les organisations syndicales qu&#233;b&#233;coises et canadiennes devraient former des alliances sur le plan international avec d'autres syndicats pour faire face aux politiques d'emploi des grandes multinationales. La cr&#233;ation d'alliances sur le plan international peut sembler irr&#233;alisable puisque, d'un point de vue local, les diff&#233;rentes organisations syndicales n'arrivent m&#234;me pas &#224; s'entendre. Pourtant, il s'av&#232;re parfois moins difficile de coop&#233;rer avec des syndicats &#224; l'&#233;tranger qu'avec nos voisins imm&#233;diats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation des emplois atypiques n'est donc plus une option parmi les autres. La syndicalisation de cette main-d'&#339;uvre repr&#233;sente d'ores et d&#233;j&#224; l'une des conditions fondamentales de r&#233;g&#233;n&#233;rescence du mouvement syndical qu&#233;b&#233;cois et canadien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Minist&#232;re de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie du Qu&#233;bec, &lt;i&gt;La tertiarisation de l'&#233;conomie&lt;/i&gt;, p. 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Isabelle Renaud&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conseill&#232;re syndicale &#224; l'Alliance de la fonction publique du Canada&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une maudite job</title>
		<link>https://www.ababord.org/Une-maudite-job</link>
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		<dc:date>2008-07-18T17:54:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Normand P&#233;pin</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;pin, Normand </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec un taux de pr&#233;sence syndicale d&#233;passant les 40 % en 2005, le Qu&#233;bec fait certainement bande &#224; part en Am&#233;rique du Nord. Mais est-ce &#224; dire qu'il y est facile de se syndiquer pour autant ? Il faut d'abord pr&#233;ciser qu'il y a une grande diff&#233;rence entre le secteur public, o&#249; huit salari&#233;es sur dix sont syndiqu&#233;es, et le secteur priv&#233;, o&#249; moins de trois sur dix le sont. Et c'est dans ce secteur que se retrouvent 75 % des emplois au Qu&#233;bec. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un droit qui s'exerce dans la clandestinit&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Syndicalisme-l-heure-des-" rel="directory"&gt;Dossier : Syndicalisme, l'heure des choix&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Patrons-et-think-tanks-+" rel="tag"&gt;Patrons et think tanks&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Pepin-Normand-+" rel="tag"&gt;P&#233;pin, Normand &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec un taux de pr&#233;sence syndicale d&#233;passant les 40 % en 2005, le Qu&#233;bec fait certainement bande &#224; part en Am&#233;rique du Nord. Mais est-ce &#224; dire qu'il y est facile de se syndiquer pour autant ? Il faut d'abord pr&#233;ciser qu'il y a une grande diff&#233;rence entre le secteur public, o&#249; huit salari&#233;es sur dix sont syndiqu&#233;es, et le secteur priv&#233;, o&#249; moins de trois sur dix le sont&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Minist&#232;re du Travail, La pr&#233;sence syndicale au Qu&#233;bec en 2005, par Alexis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et c'est dans ce secteur que se retrouvent 75 % des emplois au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un droit qui s'exerce dans la clandestinit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; moins de se joindre &#224; une entreprise dont les salari&#233;es sont d&#233;j&#224; syndiqu&#233;es, il n'est jamais facile de se syndiquer parce que c'est, encore aujourd'hui, une d&#233;marche risqu&#233;e m&#234;me si le droit &#224; la syndicalisation est un droit reconnu. Les salari&#233;es doivent savoir que leur employeur tentera de leur mettre des b&#226;tons dans les roues de diverses mani&#232;res. Dans les cas extr&#234;mes, des salari&#233;es seront m&#234;me cong&#233;di&#233;es tout simplement pour avoir exerc&#233; leur droit &#224; la syndicalisation. Bien s&#251;r, le Code du travail &#233;tablit une pr&#233;somption en faveur du salari&#233; victime de pressions d'un employeur, mais la menace l'emporte parfois sur l'exercice libre du droit &#224; la syndicalisation. En raison des repr&#233;sailles possibles, le droit de se syndiquer demeure le seul droit, &#224; notre connaissance, qui s'exerce dans la clandestinit&#233; jusqu'&#224; ce que la majorit&#233; des salari&#233;es aient signifi&#233; leur appui &#224; la syndicalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, il importe de pr&#233;ciser que la cr&#233;ation de la Commission des relations du travail, en 2002, a permis d'acc&#233;l&#233;rer le processus d'accr&#233;ditation des nouveaux syndicats, ce qui fait que lorsque la majorit&#233; en faveur de la syndicalisation est &#233;tablie, les employeurs ne peuvent plus faire tra&#238;ner les choses comme auparavant. En fait, leurs strat&#233;gies se sont raffin&#233;es. Quand un employeur entend parler d'une tentative de syndicalisation, souvent il offre des &#171; bonbons &#187; &#224; ses salari&#233;es, comme les travailleurs les appellent : tant&#244;t il &#171; accorde &#187; de meilleures conditions de travail qui jusque l&#224; &#233;taient refus&#233;es parce que trop co&#251;teuses, tant&#244;t il offre des &#171; promotions &#187; ici et l&#224; en esp&#233;rant diviser le groupe, tant&#244;t encore il change d'attitude envers les salari&#233;es et leur montre tout le respect qui leur &#233;tait d&#251;, mais qu'il n'avait jamais affich&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La modification de l'article 45 du Code du travail par le gouvernement Charest, entr&#233;e en vigueur en janvier 2004, n'a pas encore produit d'effet sur la structure des entreprises au Qu&#233;bec, mais c'est le potentiel que le nouvel article 45 offre aux employeurs qui est inqui&#233;tant. D&#233;sormais, les employeurs ont tous les outils n&#233;cessaires pour r&#233;duire les conditions de travail des salari&#233;es en recourant &#224; la sous-traitance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'article 45 du Code du travail garantissait aux salari&#233;s le maintien de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;ou simplement en mena&#231;ant d'y recourir&#8230; &#224; moins que les salari&#233;es aient r&#233;ussi &#224; n&#233;gocier une clause dans leur convention collective qui remplisse les fonctions de l'article 45 d'antan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; toutes ces emb&#251;ches, le taux de pr&#233;sence syndicale a l&#233;g&#232;rement cr&#251; en 2005, passant de 40,1 % &#224; 40,5 %. Cela signifie que pour les travailleurs et travailleuses, les difficult&#233;s se dressant sur la voie de leur syndicalisation ne sont pas encore assez importantes pour qu'ils cessent de tenter de se regrouper afin de n&#233;gocier collectivement leurs conditions de travail, ne plus se retrouver seul face &#224; l'employeur, obtenir son respect, &#233;liminer le favoritisme en entreprise, participer aux d&#233;cisions dans le milieu de travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. Minist&#232;re du Travail, &lt;i&gt;La pr&#233;sence syndicale au Qu&#233;bec en 2005&lt;/i&gt;, par Alexis Labrosse, Direction des &#233;tudes et des politiques, juin 2006, p. 2-3. Les donn&#233;es pr&#233;cises sont les suivantes : 40,5 % pour le taux de pr&#233;sence syndicale global, 81,0 % dans le secteur public et 27,3 % dans le secteur priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'article 45 du Code du travail garantissait aux salari&#233;s le maintien de leurs conditions de travail et de l'accr&#233;ditation leur ayant permis d'obtenir ces conditions de travail en cas de sous-traitance. Contrairement &#224; ce que le patronat all&#233;guait, l'article 45 n'a jamais emp&#234;ch&#233; le recours &#224; la sous-traitance, il emp&#234;chait simplement que ce recours se fasse sur le dos des travailleurs et des travailleuse, en prot&#233;geant leur accr&#233;ditation syndicale et leur convention collective. L'adoption du projet de loi 31 a vid&#233; l'article 45 de sa substance. Aujourd'hui, presque n'importe quel emploi syndiqu&#233; peut dispara&#238;tre avec la sous-traitance. De deux choses l'une, ou bien les travailleurs syndiqu&#233;s perdront carr&#233;ment leur emploi, ou bien ils devront accepter un emploi non syndiqu&#233; chez le sous-traitant aux conditions que celui-ci &#233;tablira seul. Tout &#231;a parce que les conditions de travail ne seront pas transf&#233;r&#233;es chez le sous-traitant. Le sous-traitant aura donc toute libert&#233; d'engager qui il veut, aux conditions qu'il veut. Seuls les salari&#233;s qui accepteront une diminution de leurs conditions de travail pourront peut-&#234;tre garder un emploi. Dans quelques cas exceptionnels (article 45.2), les conditions de travail et le syndicat pourront survivre au recours &#224; la sous-traitance, mais la convention collective expirera le jour o&#249; le sous-traitant assurera la rel&#232;ve. Les salari&#233;s se verront donc oblig&#233;s, dans le meilleur des cas, de ren&#233;gocier leurs conditions de travail avec un rapport de force presque inexistant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Normand P&#233;pin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conseiller syndical &#224; la CSD&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Manigances et intrigues</title>
		<link>https://www.ababord.org/Manigances-et-intrigues</link>
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		<dc:date>2008-07-17T15:26:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roberto Nieto</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Nieto, Roberto </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En ao&#251;t dernier, quatre requ&#234;tes en accr&#233;ditation venaient ind&#233;niablement &#233;crire une page historique pour le mouvement syndical au Canada. Ces requ&#234;tes ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;es au Qu&#233;bec et au Manitoba par des travailleurs agricoles migrants mexicains ayant re&#231;u l'appui du syndicat des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC, affili&#233; FTQ au Qu&#233;bec). Selon le communiqu&#233; officiel des TUAC, ces travailleurs &#171; seront pour la premi&#232;re fois en mesure de n&#233;gocier leur salaire et conditions (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Syndicalisme-l-heure-des-" rel="directory"&gt;Dossier : Syndicalisme, l'heure des choix&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Immigration-refuge-et-racisme-+" rel="tag"&gt;Immigration, refuge et racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nieto-Roberto-+" rel="tag"&gt;Nieto, Roberto &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton232.jpg?1642092187' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;340&#034; height=&#034;255&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En ao&#251;t dernier, quatre requ&#234;tes en accr&#233;ditation venaient ind&#233;niablement &#233;crire une page historique pour le mouvement syndical au Canada. Ces requ&#234;tes ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;es au Qu&#233;bec et au Manitoba par des travailleurs agricoles migrants mexicains ayant re&#231;u l'appui du syndicat des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC, affili&#233; FTQ au Qu&#233;bec). Selon le communiqu&#233; officiel des TUAC, ces travailleurs &#171; &lt;i&gt;seront pour la premi&#232;re fois en mesure de n&#233;gocier leur salaire et conditions de travail qui, jusqu'&#224; pr&#233;sent, ont &#233;t&#233; &#233;tablies exclusivement par les gouvernements mexicain et canadien en vertu du Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) du gouvernement f&#233;d&#233;ral &lt;/i&gt; &#187;. Aussi, il est important d'ajouter que ces requ&#234;tes repr&#233;sentent de v&#233;ritables tests des lois canadiennes au regard du droit syndical.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, c'est le 21 ao&#251;t 2006 que trois requ&#234;tes en accr&#233;ditation ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;es &#224; la Commission des relations du travail (CRT) pour les entreprises agricoles Hydroserre Mirabel, Hotte et Van Winden inc. et La L&#233;gumi&#232;re Y.C., ces deux derni&#232;res &#233;tant situ&#233;es en Mont&#233;r&#233;gie. Depuis ce jour, le syndicat lutte contre les man&#339;uvres ill&#233;gales des patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vertu du code du travail, &#224; partir du d&#233;p&#244;t d'une requ&#234;te l'employeur doit, dans &#171; &lt;i&gt;les cinq jours de la r&#233;ception de la copie de la requ&#234;te, afficher, dans un endroit bien en vue, la liste compl&#232;te des salari&#233;s de l'entreprise vis&#233;s par la requ&#234;te avec la mention de la fonction de chacun d'eux&lt;/i&gt; &#187;. Mis &#224; part Hydroserre Mirabel, dont une partie des travailleurs, des Qu&#233;b&#233;cois, sont d&#233;j&#224; syndiqu&#233;s chez les TUAC, les entreprises n'ont pas respect&#233; les prescriptions du code du travail en refusant de divulguer les listes de salari&#233;s. En r&#233;action &#224; l'absence de r&#233;ponse, la CRT a d&#251; recourir &#224; une ordonnance de la cour pour forcer les employeurs &#224; fournir les listes. Aussi, c'est &#224; la derni&#232;re minute, lorsque les agents d'enqu&#234;te de la CRT se sont rendus aux fermes, qu'ils les ont finalement produites, refusant cela dit tout acc&#232;s &#224; ces derniers aux registres de paie des entreprises. En temps normal, l'agent doit faire des v&#233;rifications de terrain pour &#233;valuer si les listes de salari&#233;s concordent, mais les repr&#233;sentants syndicaux ont d&#251; recourir &#224; une nouvelle ordonnance de la cour pour que les employeurs donnent les livres de paie &#224; la CRT. Apr&#232;s presque 60 jours d'attente, il &#233;tait encore impossible d'avoir une confirmation, voire une entente, sur les noms et le nombre des salari&#233;s reconnus avoir &#233;t&#233; engag&#233;s par ces deux employeurs. Ce n'est que lorsque la Cour allait condamner les employeurs pour outrage que ces derniers ont finalement fourni les listes. De m&#233;moire syndicale, personne n'avait encore vu des irr&#233;gularit&#233;s du genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fermiers ont aussi voulu renvoyer pr&#233;matur&#233;ment des travailleurs dans leur pays pour emp&#234;cher le processus syndical. En effet, d&#232;s le 5 janvier, la ferme La L&#233;gumi&#232;re a inform&#233; &#224; trois travailleurs, avec seulement 15 heures de pr&#233;avis, qu'ils seraient renvoy&#233;s par le prochain vol au Mexique. Deux d'entre eux ont d&#233;cid&#233; d'accepter ce rapatriement forc&#233;, mais un autre, Bonifacio Santos Moreno, a d&#233;cid&#233; de rester pour mener la lutte &#224; terme. Apr&#232;s une br&#232;ve bataille l&#233;gale, le syndicat a obtenu une petite victoire lorsqu'un commissaire de la CRT a ordonn&#233; &#224; l'employeur de r&#233;int&#233;grer le travailleur jusqu'&#224; la fin normale du contrat de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le moment, l'argumentation des employeurs contre la syndicalisation des travailleurs &#233;trangers repose sur un alin&#233;a de l'article 21 du code du travail, sp&#233;cifique aux fermes, qui indique que &#171; &lt;i&gt;les personnes employ&#233;es &#224; l'exploitation d'une ferme ne sont pas r&#233;put&#233;es &#234;tre des salari&#233;s&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;&#224; moins qu'elle n'y soient ordinairement et continuellement employ&#233;es au nombre minimal de trois.&lt;/i&gt; &#187; Il est donc question pour les fermiers de nier, entre autres, que des membres de leurs familles se trouvent sur la liste de paie de fa&#231;on continuelle puisque les travailleurs migrants, de leur c&#244;t&#233;, oeuvrent dans les champs 4 &#224; 8 mois par ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, les d&#233;marches ont &#233;t&#233; extr&#234;mement lentes et la mauvaise volont&#233; des employeurs a &#233;t&#233; manifeste. Les listes de salari&#233;s re&#231;ues par la CRT et le syndicat sont inond&#233;es de noms, allant m&#234;me jusqu'&#224; identifier des travailleurs temporaires locaux sous l'identit&#233; incertaine de &#171; ch&#232;ques au porteur &#187;, ou avec seulement des pr&#233;noms. En d'autres termes, les employeurs pr&#233;sentent des listes d'individus &#171; non identifi&#233;s &#187; comme ayant travaill&#233; pour eux, ce qui est une admission d'avoir engag&#233; des travailleurs ill&#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'un d&#233;blocage sur ce point &#233;l&#233;mentaire soit &#233;ventuellement assur&#233;, il est probable que les tactiques patronales s'&#233;tendent sur plusieurs mois encore, cela alors que de leur c&#244;t&#233; les travailleurs &#233;trangers sont d&#233;j&#224; massivement retourn&#233;s chez eux. Ce sont les repr&#233;sentants syndicaux qui pousseront le dossier l&#233;gal, cherchant bien &#233;videmment &#224; assurer le retour des m&#234;mes travailleurs l'ann&#233;e prochaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d&#233;j&#224; certain que les d&#233;marches l&#233;gales ne porteront pas seulement sur des arguments &#171; &#233;l&#233;mentaires &#187; de droit reli&#233;s au code du travail, comme ceux pr&#233;sent&#233;s jusqu'&#224; pr&#233;sent, mais qu'il y aura aussi des consid&#233;rations de droit international qui seront amen&#233;es, suivies de requ&#234;tes de toutes sortes. Aussi, il est important de souligner que les deux fermes de la Mont&#233;r&#233;gie ne font pas &#171; cavalier seul &#187; (puisqu'elles partagent le m&#234;me avocat), car il y a aussi la Fondation des entreprises en recrutement de main-d'&#339;uvre &#233;trang&#232;re (FERME), une sorte d'agence patronale de placement des travailleurs, qui contribue &#224; alimenter l'opposition au processus syndical et qui lancera sans doute son avocat dans la m&#234;l&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici, peu d'attention a &#233;t&#233; port&#233;e sur la piste tr&#232;s complexe de ce d&#233;bat juridique sans pr&#233;c&#233;dent qui aura de nombreuses r&#233;percussions au niveau de la main-d'&#339;uvre locale et &#233;trang&#232;re, des l&#233;gislations nationales et internationales et de l'industrie agricole (car il est question d'industrie et pas de petites fermes familiales). Il sera int&#233;ressant de savoir si ces travailleurs ont &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt;, ou non, le droit de former un syndicat, ou si leur contrat de travail sera &#224; tout jamais impos&#233; par le gouvernement canadien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est s&#251;r, c'est que cette histoire sera &#224; suivre au cours des prochains mois&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roberto Nieto&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Partis sur une baloune</title>
		<link>https://www.ababord.org/Partis-sur-une-baloune</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Partis-sur-une-baloune</guid>
		<dc:date>2008-07-16T18:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marc Piotte</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Piotte, Jean-Marc </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 19 novembre 2004, le Syndicat des employ&#233;es de magasins et de bureaux de la Soci&#233;t&#233; des alcools du Qu&#233;bec (SEMB/SAQ) d&#233;clenche une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e qui durera beaucoup plus longtemps que ne l'avaient pr&#233;vu les dirigeantes du syndicat, ceux de la SAQ et les citoyennes du Qu&#233;bec. Comment en est-on arriv&#233; l&#224; ? &lt;br class='autobr' /&gt; Les nouveaux dirigeants de la SAQ (le gouvernement Charest remplace Pierre Parent par Raymond Boucher comme pr&#233;sident du conseil d'administration de la SAQ et Louis Roquet (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Syndicalisme-l-heure-des-" rel="directory"&gt;Dossier : Syndicalisme, l'heure des choix&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Piotte-Jean-Marc-+" rel="tag"&gt;Piotte, Jean-Marc &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 19 novembre 2004, le Syndicat des employ&#233;es de magasins et de bureaux de la Soci&#233;t&#233; des alcools du Qu&#233;bec (SEMB/SAQ) d&#233;clenche une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e qui durera beaucoup plus longtemps que ne l'avaient pr&#233;vu les dirigeantes du syndicat, ceux de la SAQ et les citoyennes du Qu&#233;bec. Comment en est-on arriv&#233; l&#224; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les nouveaux dirigeants de la SAQ (le gouvernement Charest remplace Pierre Parent par Raymond Boucher comme pr&#233;sident du conseil d'administration de la SAQ et Louis Roquet par Sylvain Toutant comme directeur g&#233;n&#233;ral) arrivent dans une entreprise o&#249; les relations de travail sont envenim&#233;es : plus de 3 000 griefs sont en attente d'un r&#232;glement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les technocrates, comme Sylvain Toutant, d&#233;m&#233;nagent facilement du secteur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Ils font face &#224; un tout nouveau pr&#233;sident du syndicat, Martin Charon, &#233;lu un an plus t&#244;t. Les nouveaux patrons exigent la suppression d'un article de la convention collective qui permettait aux travailleurs &#224; temps partiel, plus des deux tiers des employ&#233;es de la SAQ, de cumuler des heures de travail dans les succursales d'une m&#234;me division. Ils veulent que ces travailleurs soient rattach&#233;s &#224; une seule succursale, ce qui, in&#233;luctablement, r&#233;duirait les revenus de ces travailleurs pr&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicat en gr&#232;ve fut, r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, fortement critiqu&#233; par les &#233;ditorialistes et les chroniqueurs. Mais ce sont deux &#233;conomistes renomm&#233;s, Pierre Fortin de l'UQ&#192;M et Marc Van Aurendole de l'Universit&#233; Laval, qui partent le bal dans un article publi&#233; &#224; la mi-d&#233;cembre dans&lt;i&gt; La Presse&lt;/i&gt; et&lt;i&gt; Le Devoir.&lt;/i&gt; Ces deux hommes de &#171; science &#187;, pour qui le crit&#232;re de jugement est le march&#233;, affirment que les employ&#233;es de la SAQ sont des privil&#233;gi&#233;es, si l'on compare leur r&#233;mun&#233;ration &#224; celle pr&#233;valant dans le secteur priv&#233; du commerce de d&#233;tail. Ils d&#233;clarent aussi qu'un dollar de plus vers&#233; aux employ&#233;es entra&#238;ne un dollar de moins en dividende pour l'&#201;tat et un dollar de taxe en plus pour les Qu&#233;b&#233;coises ou, encore, un prix plus &#233;lev&#233; pour les produits mis en vente. Ces deux comp&#232;res ignorent ainsi sciemment que le conflit ne portait pas sur des questions de salaire, mais bel et bien sur les horaires de travail et que sa r&#233;solution n'avait pas de cons&#233;quences p&#233;cuniaires pour l'employeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour m&#234;me o&#249; cet article est publi&#233; dans&lt;i&gt; La Presse&lt;/i&gt;, Andr&#233; Pratte, qui ne se prononce et ne se prononcera jamais sur les enjeux du conflit, justifie moralement le franchissement des lignes de piquetage de la quarantaine de succursales maintenues ouvertes par les cadres : en tant que &#171; propri&#233;taire &#187; de la SAQ et en tant que consommateur, aucun Qu&#233;b&#233;cois ne doit se sentir coupable de franchir les portes des succursales au nez des gr&#233;vistes. Remarquons que la m&#234;me logique justifierait qu'un actionnaire et consommateur de Wal-Mart franchisse les lignes de piquetage d'un &#233;ventuel syndicat en gr&#232;ve. Pour Pratte, le citoyen ne doit pas se pr&#233;occuper des conditions de travail de ceux qui &#339;uvrent dans les secteurs public, parapublic et p&#233;ripublic. Pratte r&#233;duit ainsi le citoyen &#224; l'&#233;tat de contribuable et de consommateur. Alain Dubuc et Claude Pich&#233;, ces deux intellectuels organiques de la famille Desmarais, vont rench&#233;rir sur les propos de l'&#233;ditorialiste en chef.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la mi-janvier, le fonds de gr&#232;ve du syndicat &#233;tant compl&#232;tement &#233;puis&#233;, le SEMB se tourne vers la CSN qu'il avait quitt&#233;e, &#224; deux occasions, pour des questions de gros sous. Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP/FTQ), qui repr&#233;sente d&#233;j&#224; les employ&#233;es d'entrep&#244;t de la SAQ, voyant le SEMB lui filer entre les doigts, crie au scandale et accuse les dirigeants du syndicat et de la CSN d'&#234;tre antid&#233;mocrates, faisant ainsi fi du minimum de solidarit&#233; syndicale que requiert un syndicat en conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 f&#233;vrier, l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du syndicat ent&#233;rine les r&#233;sultats de la n&#233;gociation qui n'accordent pas aux employ&#233;s temporaires la protection de la derni&#232;re convention collective, sans autoriser les dirigeants de la SAQ &#224; attacher ces employ&#233;s &#224; une seule succursale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement Charest qui, comme tout gouvernement, a toujours le dernier mot dans ce type de conflit, n'est pas intervenu pour abr&#233;ger cette interminable gr&#232;ve. Il voulait ainsi montrer aux syndicats du secteur public, qui entraient dans une p&#233;riode de n&#233;gociation, de quel bois il se chauffait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.er.uqam.ca/nobel/r17774/" class="spip_out"&gt;Une analyse d&#233;taill&#233;e : &#171; La gr&#232;ve de la SAQ et son traitement m&#233;diatique &#187;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les technocrates, comme Sylvain Toutant, d&#233;m&#233;nagent facilement du secteur priv&#233; au secteur public et vice-versa. Mais ils doivent habituellement entretenir une all&#233;geance envers le parti au pouvoir, pour des raisons qui n'ont &#233;videmment rien &#224; voir avec l'efficacit&#233; &#233;conomique. Heureusement que depuis la R&#233;volution tranquille, les emplois des sous-ministres, des fonctionnaires et des employ&#233;es des soci&#233;t&#233;s d'&#201;tat, dont ceux de la SAQ, ne d&#233;pendent plus des victoires &#233;lectorales. Les dirigeantes des soci&#233;t&#233;s d'&#201;tat ne devraient-ils pas, eux aussi, &#234;tre lib&#233;r&#233;s du patronage ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Marc Piotte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un assaut gouvernemental contre le syndicalisme</title>
		<link>https://www.ababord.org/Un-assaut-gouvernemental-contre-le</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Un-assaut-gouvernemental-contre-le</guid>
		<dc:date>2008-07-15T18:21:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicole de S&#232;ve</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Privatisation et partenariats publics-priv&#233;s (PPP) </dc:subject>
		<dc:subject>de S&#232;ve, Nicole </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au cours de l'&#233;t&#233; 2006, le premier ministre Jean Charest accordait une entrevue au magazine fran&#231;ais L'Express international dans laquelle il affirmait : &#171; Nous avons livr&#233; une bataille tr&#232;s dure contre les int&#233;r&#234;ts syndicaux. Les agences de cotation ont reconnu cet effort en relevant la cote de cr&#233;dit du Qu&#233;bec. Nous sommes tr&#232;s fiers de ces r&#233;alisations &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que nous savions depuis son arriv&#233;e au pouvoir, &#224; savoir que les attaques au mouvement syndical avaient comme but principal de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Syndicalisme-l-heure-des-" rel="directory"&gt;Dossier : Syndicalisme, l'heure des choix&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Privatisation-et-partenariats-+" rel="tag"&gt;Privatisation et partenariats publics-priv&#233;s (PPP) &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-de-Seve-Nicole-+" rel="tag"&gt;de S&#232;ve, Nicole &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au cours de l'&#233;t&#233; 2006, le premier ministre Jean Charest accordait une entrevue au magazine fran&#231;ais &lt;i&gt;L'Express international&lt;/i&gt; dans laquelle il affirmait : &#171; &lt;i&gt;Nous avons livr&#233; une bataille tr&#232;s dure contre les int&#233;r&#234;ts syndicaux. Les agences de cotation ont reconnu cet effort en relevant la cote de cr&#233;dit du Qu&#233;bec. Nous sommes tr&#232;s fiers de ces r&#233;alisations&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Propos recueillis par Jean-Michel Demetz, &#171; Le Qu&#233;bec est une nation, Un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous savions depuis son arriv&#233;e au pouvoir, &#224; savoir que les attaques au mouvement syndical avaient comme but principal de rassurer l'&#233;lite &#233;conomique et financi&#232;re, se trouvait cr&#251;ment confirm&#233;. Ce premier ministre, qui nous avait auparavant demand&#233;, dans une lettre ouverte aux Qu&#233;b&#233;cois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Charest, &#171; Le Qu&#233;bec a fait un pas en avant depuis six mois &#187;, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, de &#171; &lt;i&gt;faire preuve d'ouverture et d'avoir la grandeur de ne pas faire passer des int&#233;r&#234;ts corporatistes au-dessus des int&#233;r&#234;ts historiques du Qu&#233;bec et de tous les Qu&#233;b&#233;cois&lt;/i&gt; &#187;, laissait tomber le masque et se gorgeait de satisfaction devant son interlocuteur fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Retour sur l'automne glacial de 2003
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'arriv&#233;e au pouvoir des lib&#233;raux, le mouvement syndical &#233;tait tr&#232;s conscient d'&#234;tre dans la ligne de mire du gouvernement. Depuis des ann&#233;es, plusieurs &#233;ditorialistes et analystes politiques appelaient de leurs v&#339;ux un resserrement des l&#233;gislations du travail et la mise au pas du mouvement syndical. En se comportant comme les relais d'une &#233;lite financi&#232;re et &#233;conomique et des &lt;i&gt;thinks thanks&lt;/i&gt; de la droite &#233;conomique, leurs articles avaient pour but de discr&#233;diter le syndicalisme, accus&#233; de mettre en danger la situation &#233;conomique du Qu&#233;bec. Aussi n'y avait-il pas de surprise &#224; retrouver dans le programme du PLQ l'intention de poursuivre l'all&#232;gement de la r&#233;glementation pour inscrire plus de souplesse dans le d&#233;veloppement &#233;conomique et, cons&#233;quemment, amoindrir l'article 45 pour favoriser le recours &#224; la sous-traitance. Sans le dire explicitement, le PLQ attribuait aux rigidit&#233;s des conventions collectives les difficult&#233;s de cr&#233;ation d'emplois et nous conviait au retour &#224; un march&#233; du travail moins r&#233;gul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, le choc fut brutal au cours de l'hiver 2003. Une succession de l&#233;gislations attaquant de plein fouet le mouvement syndical se retrouve au menu l&#233;gislatif, la tornade lib&#233;rale &#233;tait &#224; l'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re attaque vise les groupes de travailleuses les plus fragiles. Depuis des ann&#233;es, les responsables de service de garde en milieu familial et les ressources interm&#233;diaires en milieu familial du r&#233;seau de la sant&#233; et des services sociaux menaient des campagnes de syndicalisation. Ces femmes travaillent de mani&#232;re isol&#233;es (dans leur r&#233;sidence). Aussi, la campagne de syndicalisation de ces femmes ressemble parfois &#224; celle qui pr&#233;valait &#224; une certaine &#233;poque au Qu&#233;bec. Ce que r&#233;clamaient ces femmes, c'est qu'on leur reconnaisse le statut de travailleuse avec tous les droits que le Code du travail accorde &#224; ce statut. Le gouvernement voulait, quant &#224; lui, les consid&#233;rer comme des travailleuses autonomes. Pour ce faire, il d&#233;pose les projets de loi 7 et 8 visant &#224; leur interdire le droit &#224; la syndicalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;i&gt; Ces projets de loi constituent non seulement un pr&#233;c&#233;dent qui pourrait &#234;tre plus tard invoqu&#233; par le gouvernement lui-m&#234;me pour retirer le statut de salari&#233; &#224; d'autres groupes ou personnes, mais en m&#234;me temps et indirectement une sorte d'encouragement &#224; certains employeurs de recourir &#224; des statuts de travailleur atypique ou &#224; des statuts de faux ind&#233;pendant comme moyen d'&#233;vitement syndical.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tommy Chouinard, &#171; Le mauvais exemple, Les projets de loi nos 7 et 8 cr&#233;ent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; En plus, ils contreviennent de mani&#232;re flagrante au respect int&#233;gral des droits et libert&#233;s fondamentales pr&#233;vus dans les conventions internationales ratifi&#233;es par les gouvernements canadien et qu&#233;b&#233;cois et inscrits dans nos chartes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;seau de la sant&#233; et des services sociaux est aussi dans la ligne de mire du gouvernement Charest. Le projet de loi 30 red&#233;finit la configuration des unit&#233;s de n&#233;gociation dans le secteur de la sant&#233; et des services sociaux, oblige leur regroupement en vue d'en r&#233;duire le nombre et impose &#224; ces nouvelles accr&#233;ditations un r&#233;gime de n&#233;gociation locale. En fait, au nom de la rationalisation des relations de travail dans ce r&#233;seau, le gouvernement affaiblit les syndicats et force des cat&#233;gories de personnel n'ayant jamais &#171; &lt;i&gt;cohabit&#233;&lt;/i&gt; &#187; &#224; se fondre dans de nouvelles associations syndicales. Pendant des mois, les milieux de travail seront min&#233;s par des campagnes de changement d'all&#233;geance, dont les s&#233;quelles sont encore pr&#233;sentes dans plusieurs &#233;tablissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re pi&#232;ce ma&#238;tresse du jeu lib&#233;ral est l'adoption des modifications &#224; l'article 45 du Code du travail&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article de Normand P&#233;pin.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les heures qui ont entour&#233; l'adoption de ces projets de loi sont dramatiques. Des manifestations dans les rues des principales villes qu&#233;b&#233;coises en passant par la fermeture des principaux ports maritimes et l'occupation des terrains de l'Assembl&#233;e nationale, rien n'y fait. Le gouvernement garde le cap sur son intention de casser le mouvement syndical et, surtout, de contribuer &#224; limiter la progression du syndicalisme qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en d&#233;cembre 2005 que la charge suivante contre le mouvement syndical se produit visant, cette fois-ci, les travailleuses et les travailleurs des services publics qu&#233;b&#233;cois. Le gouvernement d&#233;pose le projet de loi 142 leur imposant par d&#233;cret, les conditions de travail et les conditions salariales. Les salaires sont gel&#233;s pour deux ans et sous-index&#233;s jusqu'en 2010. Contrairement &#224; ce qui s'&#233;tait d&#233;j&#224; produit lors de certaines n&#233;gociations, celles-ci se d&#233;roulent dans une relative paix sociale. Les conventions collectives sont &#233;chues depuis pr&#232;s de deux ans, et pourtant, les moyens de pression se limitent &#224; des actions cibl&#233;es comme des gr&#232;ves tournantes. Bref &#224; aucun moment, la sant&#233; et la s&#233;curit&#233; du public n'est en danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors o&#249; est l'urgence ? Celle-ci est d'ordres &#233;conomique et politique. Sous pr&#233;texte d'un cadre financier ne permettant pas de d&#233;gager des marges de man&#339;uvre suffisantes, le gouvernement campe sur ses positions de la premi&#232;re heure &#8211; une enveloppe budg&#233;taire d&#233;finie &#8211; et ne souhaite qu'une chose : clore ce chapitre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui force est de constater que la campagne m&#233;diatique visant &#224; discr&#233;diter le mouvement syndical et le mettre au pas des r&#232;gles du march&#233; se poursuit. Les propositions de l'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al, celles de la F&#233;d&#233;ration des chambres de commerce du Qu&#233;bec ou du Conseil du patronat sont de plus en plus relay&#233;es dans les m&#233;dias. Cette &#233;lite pr&#244;ne une politique qui &#171; &lt;i&gt;puise sans vergogne dans le lexique de la libert&#233;, lib&#233;ralisme, lib&#233;ralisation, d&#233;r&#233;gulation, vise &#224; conf&#233;rer une emprise fatale aux d&#233;terminismes &#233;conomiques en les lib&#233;rant de tout contr&#244;le et &#224; obtenir la soumission des gouvernements et des citoyens aux forces &#233;conomiques et sociales ainsi lib&#233;r&#233;es&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Bourdieu, Contre-feux 2, Raisons d'agir, janvier 2001, p. 57.&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la majorit&#233; des m&#233;dias s'efforcent de fabriquer une opinion publique favorable &#224; une ligne id&#233;ologique porteuse d'informations susceptibles de la faire pencher dans un sens particulier : d&#233;montrer l'&#233;chec de l'&#201;tat social et le n&#233;cessaire recours au march&#233; priv&#233; pour la production et la prestation des services publics ; d&#233;montrer que le recours aux moyens de pression reconnus par la loi, notamment la gr&#232;ve, est une incitation au d&#233;sordre et menace l'&#233;conomie ou encore la paix sociale ; convaincre la population &#171; &lt;i&gt;que la plupart des revendications de justice sociale dissimulent la d&#233;fense d'int&#233;r&#234;ts corporatistes d'autant plus nocifs que leur satisfaction se fera au d&#233;triment des v&#233;ritables h&#233;ros de la soci&#233;t&#233;, les entrepreneurs&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Serge Halimi, Le grand bond en arri&#232;re, Comment l'ordre lib&#233;ral s'est impos&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte, le mouvement syndical n'a d'autre alternative que celle de reprendre l'offensive, afin de d&#233;montrer clairement que sans le syndicalisme, la loi de la jungle risque de devenir &#171; &lt;i&gt;La Loi&lt;/i&gt; &#187; des relations de travail au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Propos recueillis par Jean-Michel Demetz, &#171; Le Qu&#233;bec est une nation, Un entretien avec Jean Charest, premier ministre qu&#233;b&#233;cois &#187;,&lt;i&gt; L'Express international&lt;/i&gt;, no 2873, 27 juillet 2006, p. 35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Charest, &#171; Le Qu&#233;bec a fait un pas en avant depuis six mois &#187;, &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, 14 octobre 2003, p. A-7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tommy Chouinard, &#171; Le mauvais exemple, Les projets de loi nos 7 et 8 cr&#233;ent un dangereux pr&#233;c&#233;dent &#187;, &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, 20 et 21 septembre 2003, p. B-2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'article de Normand P&#233;pin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Bourdieu, &lt;i&gt;Contre-feux 2&lt;/i&gt;, Raisons d'agir, janvier 2001, p. 57.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Serge Halimi, &lt;i&gt;Le grand bond en arri&#232;re,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Comment l'ordre lib&#233;ral s'est impos&#233; au monde&lt;/i&gt;, Fayard, 2004, p. 197.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nicole de S&#232;ve&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;thiques et cr&#233;ateurs d'emplois ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Ethiques-et-createurs-d-emplois</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Ethiques-et-createurs-d-emplois</guid>
		<dc:date>2008-07-12T18:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raymond Favreau</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Favreau, Raymond </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; gauche, on a tendance &#224; appuyer les initiatives des centrales syndicales. &#192; juste titre car elles sont des composantes essentielles des forces vives du Qu&#233;bec. Qu'on pense &#224; la cr&#233;ation du Mouvement socialiste en 1977 par Marcel P&#233;pin et autres syndicalistes, aux d&#233;marches de Michel Chartrand pour am&#233;liorer la s&#233;curit&#233; sur les chantiers et, plus r&#233;cemment, &#224; l'appui de la FTQ et de la CSN en faveur de la d&#233;fense de l'Association qu&#233;b&#233;coise de lutte &#224; la pollution atmosph&#233;rique, cible d'une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Syndicalisme-l-heure-des-" rel="directory"&gt;Dossier : Syndicalisme, l'heure des choix&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Favreau-Raymond-+" rel="tag"&gt;Favreau, Raymond &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; gauche, on a tendance &#224; appuyer les initiatives des centrales syndicales. &#192; juste titre car elles sont des composantes essentielles des forces vives du Qu&#233;bec. Qu'on pense &#224; la cr&#233;ation du Mouvement socialiste en 1977 par Marcel P&#233;pin et autres syndicalistes, aux d&#233;marches de Michel Chartrand pour am&#233;liorer la s&#233;curit&#233; sur les chantiers et, plus r&#233;cemment, &#224; l'appui de la FTQ et de la CSN en faveur de la d&#233;fense de l'Association qu&#233;b&#233;coise de lutte &#224; la pollution atmosph&#233;rique, cible d'une poursuite abusive (&lt;i&gt;SLAPP&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la mise sur pied par la FTQ en 1983 d'une soci&#233;t&#233; de capital &#224; risque, le Fonds de solidarit&#233;, suivie en 1996 de celle de la CSN, le Fondaction, n'avait pas fait unanimit&#233; dans les milieux progressistes. Jean-Marc Piotte et Louis Gill, entre autres, avaient d&#233;nonc&#233; ce projet. D'un syndicalisme de combat, on passait au partenariat avec le monde des affaires. Les spectaculaires scandales financiers et le krach boursier qui se produiraient au d&#233;but des ann&#233;es 2000 ne pouvaient pas encore servir d'avertissement. Mais au niveau des principes, on pouvait se demander pourquoi nos centrales syndicales voulaient diriger les modestes &#233;pargnes des travailleurs vers un mode d'accumulation du capital qui, dans les ann&#233;es 1920 et 1930, avait contribu&#233; &#224; la crise mondiale. &#192; l'&#233;poque de la cr&#233;ation du Fonds de solidarit&#233;, Louis Laberge invoque comme justificatif les mod&#232;le su&#233;dois de fonds syndicaux et la crise &#233;conomique qui s&#233;vissait, arguant que pour prot&#233;ger les emplois dans les PME, il fallait leur fournir du financement. L'autre motif avanc&#233; &#233;tait le besoin des travailleurs de se constituer des fonds de retraite (RE&#201;R), ce que le Fonds de solidarit&#233; faciliterait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mission d&#233;clar&#233;e du Fonds de solidarit&#233; est de contribuer &#224; cr&#233;er et &#224; pr&#233;server des emplois au Qu&#233;bec en investissant dans les PME. Un autre objectif est de fournir &#224; ses actionnaires un rendement &#233;quitable. Il en est de m&#234;me pour le Fondaction, mais ce dernier ajoute l'objectif de soutien au d&#233;veloppement durable.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un oxymoron d'apr&#232;s les tenants de la d&#233;croissance, car il s'agit toujours (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux fonds affirment faire un audit social des entreprises avant d'y effectuer un placement. &#192; noter qu'aucun n'exige que les employ&#233;es de l'entreprise &#171; partenaire &#187; ne soient syndiqu&#233;es. Une d&#233;viation importante de leur mission principale est qu'ils investissent entre 30 % et 40 % de leurs actifs &#224; l'ext&#233;rieur du Qu&#233;bec, ce qui n'a &#233;videmment pas pour effet de cr&#233;er des emplois ici, mais qu'ils disent n&#233;cessaire pour satisfaire l'imp&#233;ratif de rentabilit&#233;. Et, sauf pour le crit&#232;re de d&#233;veloppement durable de la CSN, ces deux fonds ne pr&#233;tendent pas &#234;tre des fonds &#233;thiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La plupart des fonds de placement se r&#233;clamant du statut de fonds &#233;thiques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, n'excluant pas les placements directs ou indirects dans les secteurs minier, bancaire ou des armements et du tabac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de la cr&#233;ation et du maintien des emplois au Qu&#233;bec, nous ne trouvons pas de chiffres avanc&#233;s par la CSN. Par contre en 2003, Louis Fournier &#233;crivait que le Fonds de solidarit&#233; avait contribu&#233; &#224; sauvegarder, maintenir et cr&#233;er pr&#232;s de 100 000 emplois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le Fonds de solidarit&#233; a 20 ans : Une r&#233;volution syndicale qui &#233;tait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Seule une &#233;tude pouss&#233;e pourrait valider cette estimation. Par exemple, est-ce que chacune des PME en laquelle le Fonds a investi existe encore ? Ont-elles toutes maintenu le nombre de leurs effectifs ou ont-elles fait les coupures exig&#233;es par le march&#233; boursier depuis la mont&#233;e de la pens&#233;e unique ? Quel a &#233;t&#233; le r&#233;sultat des fusions et acquisitions financ&#233;es par ce Fonds sur le nombre d'employ&#233;es ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le r&#233;sultat habituel est la compression des effectifs, tel que rapport&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Est-ce que ce chiffre de 100 000 est le total des employ&#233;es actuels des entreprises en lesquelles le Fonds a des int&#233;r&#234;ts ? Enfin, question d&#233;coulant du conflit d'int&#233;r&#234;t inh&#233;rent &#224; un fonds de placement syndical, est-ce que le Fonds de solidarit&#233; se comporte comme les autres fonds de placement (fonds mutuels) et fonds de pension, en faisant pression sur la direction des entreprises pour maximiser le rendement et la valeur des actions &#8211; m&#234;me au prix de r&#233;ductions d'emplois ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au sujet de ce comportement des gestionnaires des fonds de pension, voir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons sur l'autre motif &#233;voqu&#233; par les dirigeantes de ces centrales syndicales pour justifier leur fonds de capital &#224; risque, c'est-&#224;-dire le besoin des salari&#233;es de se constituer un RE&#201;R comportant les meilleurs avantages fiscaux possible afin de se pr&#233;parer une retraite confortable. Outre le fait qu'un RE&#201;R est un abri fiscal, qui en tant que tel contrevient au principe de justice fiscale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Raymond Favreau, &#171; Mais o&#249; donc est pass&#233; la recette fiscale ? &#187;, in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, notons que pour la majorit&#233; des salari&#233;es les RE&#201;R ne sont pas vraiment avantageux. La personne qui gagne 30 000$ par ann&#233;e n'a pas int&#233;r&#234;t &#224; souscrire &#224; un RE&#201;R, vu la perte du suppl&#233;ment de revenu garanti &#224; mesure qu'elle retire des fonds de son RE&#201;R (devenu un FERR, une fois &#224; la retraite)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;RE&#201;R = R&#233;gime enregistr&#233; d'&#233;pargne retraite ; FERR = Fonds enregistr&#233; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qu'en est-il du rendement &#233;quitable que le Fonds de solidarit&#233; veut fournir &#224; ses actionnaires ? Comme pour l'ensemble des fonds de placement, les deux fonds syndicaux ont &#233;t&#233; durement frapp&#233;s par le krach de l'&#233;t&#233; 2000, alors qu'environ 40 % de la valeur boursi&#232;re disparaissait. Petit &#224; petit, ces deux fonds s'en remettent : le rendement moyen du FDS est remont&#233; &#224; 5 % et celui du Fondaction &#224; 1,2 %. Mais comme pour la plupart des gens dont le revenu de retraite d&#233;pendait des al&#233;as de la Bourse, le mal &#233;tait fait. Plusieurs retrait&#233;es ont &#233;t&#233; oblig&#233;s de revenir sur le march&#233; du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'autres &#171; corrections &#187; du march&#233; boursier risquent d'autant plus de se reproduire qu'un facteur de grande instabilit&#233; r&#232;gne maintenant sur les places financi&#232;res. Les fonds institutionnels, de pension et les &lt;i&gt;mutual funds&lt;/i&gt; ont commenc&#233; &#224; placer de plus en plus de capital dans les fonds sp&#233;culatifs &#224; risque &#8211; &lt;i&gt;les hedge funds&lt;/i&gt;. En mai 2006, on estimait que plus de 1 000 milliards de dollars US sont g&#233;r&#233;s par ces fonds &#224; risque&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le New York Times, 4 juin 2006.&#034; id=&#034;nh5-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, peu ou pas r&#233;glement&#233;s, dont environ 10 % disparaissent chaque ann&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quelques exemples de fonds &#224; risque dont les actifs ont &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et dont les manipulations des march&#233;s ont contribu&#233; cette ann&#233;e &#224; la flamb&#233;e du prix du p&#233;trole. M&#234;me le pr&#233;sident du Fonds mon&#233;taire international se dit pr&#233;occup&#233; par l'absence de contr&#244;le &#233;tatique des &lt;i&gt;hedge funds&lt;/i&gt;. Il est fort probable qu'une partie des 30 % &#224; 40 % des actifs jou&#233;s &#224; la Bourse par nos fonds syndicaux se retrouvent dans des fonds sp&#233;culatifs, qui sont truff&#233;s de produits d&#233;riv&#233;s, autres machins financiers complexes et impr&#233;visibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Fondaction verse une contribution &#224; une entreprise du nom de Unisf&#233;ra pour l'achat de cr&#233;dits d'&#233;mission de gaz &#224; effet de serre dans des pays du tiers-monde. Or il est notoire que ces permis de polluer sont transig&#233;s via des produits financiers d&#233;riv&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De fa&#231;on tr&#232;s g&#233;n&#233;rale, Yves J&#233;gourel d&#233;finit le produit financier d&#233;riv&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Convenons que les gestionnaires des fonds syndicaux font un bilan social pr&#233;alable aux placements. Mais en l'absence de crit&#232;res pr&#233;cis et vraiment en rupture avec le n&#233;olib&#233;ralisme, celui du &#171; d&#233;veloppement durable &#187; n'a pas emp&#234;ch&#233; le Fondaction de faire un placement &#233;cologiquement douteux dans Unisf&#233;ra. Les relev&#233;s des entreprises financ&#233;es par les deux fonds indiquent un nombre important d'entreprises de la science de la vie, peu enclines &#224; respecter le principe de pr&#233;caution et trop press&#233;es de vouloir breveter des plantes ou des animaux g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;s. En 2003, le Fonds de la FTQ a particip&#233; avec la Banque royale et des entreprises am&#233;ricaine et britannique dans le fonds Milestone Medica, de ce secteur des sciences de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion de Corinne Gendron sur les fonds syndicaux en 2002&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les syndicats investisseurs &#187;, Le Monde diplomatique, avril 2002.&#034; id=&#034;nh5-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, selon laquelle les limitations et les conflits d'int&#233;r&#234;t que suscitent ces fonds devraient donner lieu &#224; r&#233;flexion, est toujours pertinente. Il est difficile de concilier l'imp&#233;ratif de rentabilit&#233; d'une part et la solidarit&#233; ouvri&#232;re d'autre part. J'estime qu'un &#233;ventuel retour du syndicalisme de combat, n&#233;cessaire pour contrer le capitalisme ultralib&#233;ral, impliquerait une remise en question du partenariat avec le monde des affaires et de la Bourse, en lequel la FTQ et la CSN se sont embourb&#233;es au fil de l'exploitation de leurs soci&#233;t&#233;s de capital &#224; risque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un oxymoron d'apr&#232;s les tenants de la d&#233;croissance, car il s'agit toujours de croissance que la plan&#232;te ne peut soutenir ind&#233;finiment.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La plupart des fonds de placement se r&#233;clamant du statut de fonds &#233;thiques ne le sont pas vraiment, investissant dans des actions des banques et dans d'autres fonds de placements qui n'appliquent aucun crit&#232;re social ou environnemental. Voir &#224; ce sujet Jim Stanford, &lt;i&gt;Paper Boom&lt;/i&gt;, CCPA et James Lorimer and Co. Ltd, Toronto, 1999, p. 340-353.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le Fonds de solidarit&#233; a 20 ans : Une r&#233;volution syndicale qui &#233;tait n&#233;cessaire &#187;, &lt;i&gt;Le Devoir,&lt;/i&gt; 23 juin 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le r&#233;sultat habituel est la compression des effectifs, tel que rapport&#233; r&#233;guli&#232;rement dans les pages des affaires des m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Au sujet de ce comportement des gestionnaires des fonds de pension, voir William D. Crist et Jean-Christophe Le Duigou, &lt;i&gt;Les fonds de pension&lt;/i&gt;, &#201;dition Grasset &amp; Fasquelle, Paris, 2002, p. 35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Raymond Favreau, &#171; Mais o&#249; donc est pass&#233; la recette fiscale ? &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Collectif d'auteurs d'ATTAC-QU&#201;BEC, &lt;i&gt;O&#249; va notre argent ? Une fiscalit&#233; pour les riches&lt;/i&gt;, &#201;cosoci&#233;t&#233;, Montr&#233;al, 2006, p. 69.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;RE&#201;R = R&#233;gime enregistr&#233; d'&#233;pargne retraite ; FERR = Fonds enregistr&#233; de revenu de retraite. Voir Richard Shillington, &lt;i&gt;Backgrounder&lt;/i&gt;, Institut C.D. Howe, avril 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;, 4 juin 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Quelques exemples de fonds &#224; risque dont les actifs ont &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233;s frauduleusement : Bayou Group (450 millions $US) ; Portus (800 millions $C) ; Zenith ; Norbourg (130 millions $C) ; Philadelphia Alternative Management Co. (175 millions $C) ; Refco Inc. (1,9 milliard $US).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De fa&#231;on tr&#232;s g&#233;n&#233;rale, Yves J&#233;gourel d&#233;finit le produit financier d&#233;riv&#233; comme suit : &#171; &lt;i&gt;un contrat financier n&#233;gociable portant droit sur un autre actif&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;Les produits financiers d&#233;riv&#233;s&lt;/i&gt;, Paris, La D&#233;couverte, 2005, p. 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Les syndicats investisseurs &#187;, &lt;i&gt; Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, avril 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Raymond Favreau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le r&#244;le social des syndicats</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-role-social-des-syndicats</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-role-social-des-syndicats</guid>
		<dc:date>2008-07-11T18:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ga&#233;tan Breton</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Breton, Ga&#233;tan </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le patronat dispose d'une machine de propagande &#233;norme, incluant l'appareil &#233;tatique, qui transforme les slogans de l'entreprise en connaissance dite objective puisque enseign&#233;e dans les &#233;coles et les universit&#233;s. Les concepts qui se situent &#224; la base m&#234;me du syst&#232;me lib&#233;ral sont vid&#233;s de leur sens pour remplir les besoins id&#233;ologiques du monde des affaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; ce pouvoir id&#233;ologique, le c&#244;t&#233; des travailleurs ne dispose que de peu de moyens pour se d&#233;fendre et se retrouve, par la magie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Syndicalisme-l-heure-des-" rel="directory"&gt;Dossier : Syndicalisme, l'heure des choix&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Breton-Gaetan-+" rel="tag"&gt;Breton, Ga&#233;tan &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le patronat dispose d'une machine de propagande &#233;norme, incluant l'appareil &#233;tatique, qui transforme les slogans de l'entreprise en connaissance dite objective puisque enseign&#233;e dans les &#233;coles et les universit&#233;s. Les concepts qui se situent &#224; la base m&#234;me du syst&#232;me lib&#233;ral sont vid&#233;s de leur sens pour remplir les besoins id&#233;ologiques du monde des affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce pouvoir id&#233;ologique, le c&#244;t&#233; des travailleurs ne dispose que de peu de moyens pour se d&#233;fendre et se retrouve, par la magie du processus scolaire &#224; adh&#233;rer aux connaissances qui le condamnent &#224; l'exploitation en lui faisant sentir que ce destin est la punition de son incapacit&#233; fondamentale &#224; entreprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des sans-pouvoir, on n'est pas tr&#232;s riches et on n'a que peu de contr&#244;le sur les contenus de l'&#233;cole ou des m&#233;dias. Essayez de trouver une seule mention m&#233;diatique de la fiscalit&#233; qui ne parle pas de &#171; fardeau &#187; fiscal. Si la r&#233;partition de la richesse est un fardeau, que dire de son absence ? Mais, presque jusqu'au dernier, tous, pauvres ou riches, sont convaincus que la fiscalit&#233; est un fardeau, un poids, et non pas une correction essentielle appliqu&#233;e &#224; un syst&#232;me &#233;conomique dont les r&#232;gles fondamentales sont l'injustice et l'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le contr&#244;le de la soci&#233;t&#233;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si nous regardons la strat&#233;gie du patronat en ce moment, nous constatons qu'elle ne se concentre pas sur des entreprises ou des secteurs particuliers. Nous affrontons une immense offensive destin&#233;e &#224; faire reculer les &#201;tats et &#224; revenir sur les acquis syndicaux des cent derni&#232;res ann&#233;es. Ce mouvement, men&#233; par les grandes organisations repr&#233;sentant le capital, comme l'OMC, l'OCDE ou, plus pr&#232;s de nous, l'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al ou Cyrano, ne s'encombre pas de divisions inutiles. Il remod&#232;le l'ensemble de la soci&#233;t&#233; en imposant son message &#224; la grandeur de ce qu'on appelait, il n'y a pas si longtemps, les appareils id&#233;ologiques d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que les lucides claironnent leur rengaine sur fond de peur et de soumission, les solidaires marmonnent et se condamnent au silence d'un discours &#233;lectoraliste qui refuse de s'affirmer dans l'espace laiss&#233; vide par ceux qui veulent le pouvoir &#224; tout prix, donc plaire aux riches et aux patrons. On laisse malheureusement le champ beaucoup trop libre &#224; la droite dans son entreprise de conditionnement global de la soci&#233;t&#233;. Il est temps de faire le maximum pour nous y opposer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le nerf de la guerre
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le peu de moyens financiers se retrouvant du c&#244;t&#233; des sans-pouvoir est concentr&#233;, en grande partie, entre les mains des organisations syndicales. Dans ce sens, les syndicats sont fiduciaires des moyens des travailleurs qui constituent la gauche objective (celle qui s'y trouve &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt;, qu'elle le sache ou qu'elle l'admette ou pas). Que ces sommes servent &#224; la d&#233;fense des membres, nous n'en discutons pas, mais elles servent aussi &#224; des entreprises douteuses qui tendent &#224; transformer le syndicalisme en patronat de bon ton. Tous ces fonds, de solidarit&#233; ou d'actions, destin&#233;s &#224; sauver une &#233;conomie poujadiste ou duplessiste (comme vous voudrez) et &#224; augmenter le taux de syndicalisation dans l'entreprise priv&#233;e, ne font qu'assister, impuissants, au recul du syndicalisme et &#224; la mort de Qu&#233;bec inc., dont ils constituaient une arri&#232;re garde d&#233;sesp&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps que le mouvement syndical s'associe, non pas pour sauver l'&#233;conomie, mais pour sauver les travailleurs. Pour ce faire, il faut s'opposer, avec les moyens disponibles, &#224; l'&#233;norme machine id&#233;ologique qui &#233;crase tout. Dans les ann&#233;es soixante-dix, la CEQ (l'ancienne CSQ) proposait&lt;i&gt; une journ&#233;e d'&#233;cole au service de la classe ouvri&#232;re&lt;/i&gt;. Aujourd'hui, une telle id&#233;e ferait s'esclaffer la droite et encore plus la gauche qui doit rire plus fort pour bien faire entendre sa b&#233;nignit&#233; et &#234;tre bien certaine de n'effrayer personne. Les syndicats doivent investir massivement dans la production et la diffusion de connaissances de gauche qui montreront le caract&#232;re de classe du savoir dit neutre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nous avons un pouvoir essentiel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un jour, dans les couloirs d'une conf&#233;rence, je me plaignais du poids id&#233;ologique des ordres professionnels sur le contenu de notre enseignement en comptabilit&#233;. Quelqu'un m'a alors r&#233;pondu que j'&#233;tais devant la classe, que je n'avais qu'&#224; arr&#234;ter de me plaindre et enseigner ce que je voulais. &#201;videmment, je n'ai pas arr&#234;t&#233; de me plaindre, il y a des limites &#224; ce qu'on peut faire, mais j'ai radicalement transform&#233; mes cours. Ce n'est pas simple ni n&#233;cessairement faisable par une seule personne. Cependant, en tant que professeurs, par exemple, nous pouvons faire un travail &#233;norme pour le changement des mentalit&#233;s, sans m&#234;me commencer &#224; contester les programmes. Le syndicalisme doit avoir un r&#244;le essentiel dans ce processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps que nous quittions l'immobilisme engendr&#233; par la peur et que nous nous remettions &#224; nous battre pour ce &#224; quoi nous croyons, car de l'autre c&#244;t&#233; la machine fonctionne &#224; plein r&#233;gime et elle est en train de tout &#233;craser sur son passage. Le syndicalisme doit investir massivement dans la production d'un contre-savoir et poursuivre le travail amorc&#233; mais qui a &#233;t&#233; largement laiss&#233; en plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous en appelons &#224; une red&#233;finition du concept de travailleur ou de prol&#233;taire, avec lequel il a &#233;t&#233; confondu. Il faudra m&#234;me changer le mot, car avec le ch&#244;mage chronique qui s&#233;vit, une grande partie des gens dont nous parlons n'est plus form&#233;e de travailleurs au sens ancien du terme. Nous pourrions utiliser le terme exploit&#233;, mais il sera difficile d'inclure des gens qui sont sur l'aide sociale et d'autres qui gagnent plus de 50 000 $ par ann&#233;e dans le m&#234;me groupe et, pourtant, ils sont du m&#234;me c&#244;t&#233; de la barri&#232;re du capital. Je proposerai, dans un changement de perspective dans lequel le travail n'est plus au centre du monde mais bien le pouvoir de reproduire la structure sociale &#224; son profit personnel, les SANS-POUVOIR. Ce concept de SANS-POUVOIR me semble d&#233;crire les gens qui, m&#234;me relativement bien pay&#233;s, subissent l'id&#233;ologie au pouvoir et n'ont pas les moyens de faire valoir un message contraire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ga&#233;tan Breton&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les bourses du travail</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-bourses-du-travail</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Les-bourses-du-travail</guid>
		<dc:date>2008-07-10T19:02:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Normand Baillargeon, Chantal Santerre</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Baillargeon, Normand </dc:subject>
		<dc:subject>Santerre, Chantal</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un r&#233;cent sondage (Journal de Montr&#233;al et L&#233;ger Marketing, 19 octobre 2006) le rappelle encore aux belles &#226;mes qui pr&#233;f&#233;reraient l'oublier : les syndicats sont loin d'avoir bonne presse au Qu&#233;bec. En fait, et tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment, ce sondage d&#233;voilait qu'&#171; une majorit&#233; de Qu&#233;b&#233;cois n'aime pas les chefs syndicaux et estime que les syndicats ont trop de pouvoir au Qu&#233;bec &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; Aux sources d'un malaise &lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on remet en perspective ces donn&#233;es ainsi que de nombreuses autres qui, depuis des ann&#233;es, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Baillargeon-Normand-+" rel="tag"&gt;Baillargeon, Normand &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Santerre-Chantal-+" rel="tag"&gt;Santerre, Chantal&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un r&#233;cent sondage (&lt;i&gt;Journal de Montr&#233;al&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;L&#233;ger Marketing&lt;/i&gt;, 19 octobre 2006) le rappelle encore aux belles &#226;mes qui pr&#233;f&#233;reraient l'oublier : les syndicats sont loin d'avoir bonne presse au Qu&#233;bec. En fait, et tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment, ce sondage d&#233;voilait qu'&#171; &lt;i&gt;une majorit&#233; de Qu&#233;b&#233;cois n'aime pas les chefs syndicaux et estime que les syndicats ont trop de pouvoir au Qu&#233;bec&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Aux sources d'un malaise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si l'on remet en perspective ces donn&#233;es ainsi que de nombreuses autres qui, depuis des ann&#233;es, vont dans le m&#234;me sens, on ne peut manquer de les recevoir comme un formidable paradoxe. C'est que dans nos soci&#233;t&#233;s, l'action et le militantisme des syndicats sont la principale cause de l'immense majorit&#233; des gains concrets dont b&#233;n&#233;ficient la plupart des gens. Faut-il alors conclure qu'ils le d&#233;plorent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour expliquer ce paradoxe, on invoque souvent les effets de l'intensive propagande m&#233;diatique lanc&#233;e contre les travailleurs et leurs organisations. Et nous convenons que c'est sans doute l&#224; qu'il faut chercher une part de l'explication de notre &#233;nigme. Mais nous voudrions sugg&#233;rer une autre explication, compl&#233;mentaire, laquelle invoque deux facteurs. Le premier est structurel et tient aux conditions m&#234;mes de l'exercice de l'action syndicale dans nos soci&#233;t&#233;s. Le deuxi&#232;me est conjoncturel et tient &#224; certaines caract&#233;ristiques historiquement h&#233;rit&#233;es de la conception des relations entre le syndicat et les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re partie de notre hypoth&#232;se est que le &#171; centrement &#187; de l'action des syndicats sur la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de leurs membres ne peut manquer d'aboutir &#224; ce qu'ils soient per&#231;us comme &#233;tant corporatistes &#8211; et cette perception est, bien entendu, instrumentalis&#233;e ensuite par la propagande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me partie de notre hypoth&#232;se est que les directions syndicales ont conserv&#233; de leurs r&#233;centes ann&#233;es plus militantes des relents de &#171; l&#233;ninisme &#187;, par lequels ils se per&#231;oivent comme les d&#233;positaires d'un savoir en vertu duquel il leur &#233;choit de diriger l'action de leurs membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux conditions contribuent d'une part &#224; la perception n&#233;gative des syndicats dans l'opinion et, d'autre part, &#224; une tr&#232;s grande difficult&#233; &#224; imaginer des moyens nouveaux de militer, lesquels pourraient &#224; la fois renouveler l'action du mouvement syndical, en le sortant de son corporatisme (per&#231;u, mais aussi r&#233;el), et transformer la perception du public &#224; son endroit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#224; cet &#233;gard une proposition &#224; faire, modeste mais s&#233;rieuse. Nous n'en dessinerons ici que les grandes lignes, persuad&#233;es que d'autres sauront mieux que nous en pr&#233;ciser les modalit&#233;s de r&#233;alisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre id&#233;e principale est tir&#233;e de l'histoire m&#234;me du syndicalisme, plus pr&#233;cis&#233;ment de cette phase durant laquelle, &#224; la fin du XIXe si&#232;cle et au d&#233;but du XXe, les syndicats furent r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s par la p&#233;n&#233;tration des anarchistes en leur sein &#8211; ce qui donnera naissance &#224; l'anarcho-syndicalisme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les Bourses du travail
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les anarchistes avaient d'abord h&#233;sit&#233; &#224; s'engager dans l'action syndicale, et cela en raison d'un dilemme qui rappelle fort notre paradoxe. En effet, lutter pour l'am&#233;lioration des conditions de travail semblait, aux yeux de certains anarchistes, conduire &#224; une dangereuse reconnaissance de la l&#233;gitimit&#233; de l'ordre social, politique et &#233;conomique au sein duquel on convenait de n&#233;gocier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lutter pour de meilleurs salaires, par exemple, n'est-ce pas implicitement admettre le salariat ? Et que fera-t-on une fois de &#171; bonnes &#187; conditions salariales obtenues ? Les anarchistes ont notamment r&#233;solu ce dilemme en imaginant une institution appel&#233;e Bourses du travail. La solution, on va le voir, est ing&#233;nieuse ; le principe sur lequel elle repose est sain ; ce sont donc les Bourses du travail, sous une forme ou sous une autre, que nous aimerions voir r&#233;appara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Bourses, qui sont en fait la r&#233;union de tous les syndicats d'une r&#233;gion donn&#233;e, constituent une organisation parall&#232;le et distincte des F&#233;d&#233;rations de m&#233;tiers et d'industries, et permettent le d&#233;ploiement d'une activit&#233; militante elle-m&#234;me distincte, poss&#233;dant sa dynamique et son orientation propres. Aux F&#233;d&#233;rations revient la d&#233;fense, de type corporatiste, des travailleurs ; aux Bourses, un autre type d'action, &#224; la fois de terrain et &#224; long terme, visant &#224; imaginer une autre soci&#233;t&#233; et &#224; en faire exister d&#232;s aujourd'hui des aspects. Par ces organismes horizontaux et territoriaux, le syndicalisme se dotait d'une indispensable double dimension permettant de r&#233;soudre sa contradiction propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a &#233;crit David Rappe, historien des Bourses : &#171; &lt;i&gt;Ces organismes sont alors porteurs d'un autre type de solidarit&#233;, d&#233;passant les diversit&#233;s de professions et de corporations, pour s'inscrire dans une solidarit&#233; de proximit&#233; g&#233;ographique, &#171; de classe &#187; ou m&#234;me d'aspiration &#224; la transformation sociale. C'est bien &#224; travers la solidarit&#233; interprofessionnelle que la conscience r&#233;volutionnaire est la plus apte &#224; s'affirmer. De plus, la finalit&#233; du projet des Bourses &#233;tait, en assurant la formation d'une classe ouvri&#232;re autonome&lt;/i&gt; [&#8230;], &lt;i&gt;d'&#234;tre &#224; la fois un outil d'&#233;mancipation int&#233;grale des travailleurs et un instrument d'organisation de la soci&#233;t&#233; future. &#192; travers les Bourses du travail et le mod&#232;le de syndicalisme qui y &#233;tait d&#233;velopp&#233;, on peut apercevoir un mod&#232;le r&#233;volutionnaire complet bas&#233; sur un fondement socioprofessionnel et non id&#233;ologique ; une tactique : l'action directe ; une strat&#233;gie : la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ; et des moyens d'action et d'organisation de la soci&#233;t&#233; &#224; venir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Au Qu&#233;bec
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement syndical qu&#233;b&#233;cois poss&#232;de justement, plus ou moins dormantes, des structures qui sont en germe de proches parentes des Bourses : ce sont les conseils r&#233;gionaux des grandes centrales ou leurs &#233;quivalents. Ce que nous proposons, c'est de les regrouper sous un seul et m&#234;me chapeau qui aurait pour objectif de r&#233;unir tous les travailleurs (et pas seulement les repr&#233;sentants syndicaux !) d'une m&#234;me r&#233;gion, peu importe leur affiliation syndicale, et m&#234;me ceux qui n'en ont aucune, mais qui partagent les m&#234;mes valeurs, par exemple les travailleurs des groupes communautaires autonomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces lieux de convergence &#8211; que l'on pourrait bien s&#251;r nommer autrement que &#171; Bourses du travail &#187; &#8211; s'attacheraient &#224; construire une solidarit&#233; de gauche ind&#233;pendante des int&#233;r&#234;ts partisans. En ces lieux, on pourrait retrouver :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; un vrai front commun qui ne serait pas &#224; reconstruire chaque fois que le besoin se ferait sentir, mais qui serait toujours pr&#233;sent et travaillerait sans cesse &#224; la d&#233;fense des causes communes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; une universit&#233; populaire o&#249; des gens pourraient suivre des formations selon leurs besoins ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; une convergence des actions communautaires et des solidarit&#233;s locales ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; un terreau fertile o&#249; des id&#233;es novatrices pourraient germer, tant au niveau de l'organisation du travail que dans la cr&#233;ation de nouvelles formes d'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en renfor&#231;ant la capacit&#233; des travailleurs &#224; se faire entendre au niveau du pouvoir politique, ces lieux donneraient encore aux salari&#233;s des moyens d'accro&#238;tre leur ind&#233;pendance face aux employeurs. Il pourrait, par exemple, s'y constituer une caisse de retraite o&#249; chaque employ&#233; aurait son propre fonds de retraite auquel lui et son employeur cotiseraient mais qui lui appartiendrait en propre. Ainsi, les employ&#233;s ne seraient plus d&#233;pendants d'un emploi qu'ils n'aiment pas mais ne peuvent quitter de peur de perdre leur fonds de retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous l'avons dit : nous ne voulons pas ici d&#233;tailler ce que pourraient faire ces Bourses, d'autant moins que nous pensons qu'il faut justement ne pas sombrer dans la d&#233;rive &#171; l&#233;niniste &#187; et donc laisser ceux et celles qui les feront vivre d&#233;cider de ce qui s'y r&#233;alisera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose nous semble claire cependant. De tels lieux sont de nature &#224; renouveler l'action syndicale et &#224; en faire de nouveau des moyens de transformation sociale radicale. Les syndicats ne seraient d&#232;s lors plus per&#231;us comme uniquement et tristement corporatistes et, donnant des exemples concrets et r&#233;els du type de soci&#233;t&#233; en faveur de laquelle ils se battent, en montrant qu'elle est possible, ils pourraient &#8211; qui sait ? &#8211; en donner le go&#251;t &#224; bien des gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; une des t&#226;ches essentielles des syndicats et ils sont mieux plac&#233;s que quiconque pour la r&#233;aliser. Mais, h&#233;las, ils ne le font gu&#232;re &#8211; ou ne le font plus. Ils doivent donc s'y mettre &#8211; ou s'y remettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre modeste proposition, croyons-nous, permet d'aller en ce sens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Normand Baillargeon&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Chantal Santerre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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