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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Le Qu&#233;bec que nous voulons</title>
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		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>

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&lt;p&gt;On s'est indign&#233; des propos du ministre sortant du D&#233;veloppement &#233;conomique, Raymond Bachand, lorsqu'il a d&#233;clar&#233; qu'une &#171; campagne &#233;lectorale n'est pas la bonne place pour r&#233;fl&#233;chir sagement sur les questions philosophiques ou sur des valeurs &#187;. Il a pourtant bien raison : ces campagnes consistent d'abord et avant tout &#224; faire de beaux sourires, serrer des mains, se montrer un peu partout, mentir, d&#233;tourner l'attention des sujets importants, lancer des promesses en l'air et entreprendre des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On s'est indign&#233; des propos du ministre sortant du D&#233;veloppement &#233;conomique, Raymond Bachand, lorsqu'il a d&#233;clar&#233; qu'une &lt;i&gt;&#171; campagne &#233;lectorale n'est pas la bonne place pour r&#233;fl&#233;chir sagement sur les questions philosophiques ou sur des valeurs &#187;&lt;/i&gt;. Il a pourtant bien raison : ces campagnes consistent d'abord et avant tout &#224; faire de beaux sourires, serrer des mains, se montrer un peu partout, mentir, d&#233;tourner l'attention des sujets importants, lancer des promesses en l'air et entreprendre des discours creux. La farce &#233;lectorale qui vient de prendre fin l'a bien confirm&#233;, en d&#233;pit des efforts louables mais vains de Qu&#233;bec solidaire pour &#171; &#233;lever le d&#233;bat &#187;. R&#233;fl&#233;chir sur des questions philosophiques ou sur des valeurs, c'est l&#224; justement la pr&#233;tention de ce petit dossier qui n'en a pas d'autre. Le Collectif de r&#233;daction a demand&#233; &#224; quatre de ses membres de soumettre &#224; nos lecteurs et lectrices une r&#233;flexion sur autant d'enjeux importants : la culture, la d&#233;mocratie, l'&#233;conomie et la sant&#233;. Des pistes de r&#233;flexion pour le Qu&#233;bec que nous voulons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lucie Mercier met en &#233;vidence le foss&#233; qui s&#233;pare l'atteinte du droit &#224; la sant&#233; pour toutes et les int&#233;r&#234;ts d'une &#171; industrie de la sant&#233; &#187; en pleine effervescence qui mise, pour sa croissance, autant sur les nouvelles technologies&#8230; que sur la p&#233;rennit&#233; des maladies. Elle propose un effort collectif sur les d&#233;terminants de la sant&#233; &#8211; les questions sociales, &#233;conomiques et politiques qui, avec le bagage g&#233;n&#233;tique propre &#224; chacune, d&#233;terminent la sant&#233; des individus. Abordant la question de la d&#233;mocratie, Normand Baillargeon, dans un registre &#224; la fois rationaliste et sp&#233;culatif, soumet &#224; notre analyse un mod&#232;le, celui des &#171; conseils &#187;. Ceux-ci, bien qu'ayant une assise locale, ne se limiteraient pas &#224; cette sph&#232;re et leur pouvoir pourrait &#234;tre projet&#233; au niveau national, voire mondial. En partant de la m&#234;me pr&#233;misse &#8211; c'est-&#224;-dire la n&#233;cessit&#233; de penser des alternatives &lt;i&gt;glocales&lt;/i&gt; (&#224; la fois globales et locales) &#8211;, Ga&#233;tan Breton pose quant &#224; lui quelques balises pour un d&#233;bat sur les fins et les moyens d'une &#233;conomie mise au service du politique et du social. En prenant l'exemple de l'agriculture (de sa production et de son commerce), il plaide pour une d&#233;croissance &#233;conomique et un arr&#234;t du productivisme, seules fa&#231;ons de contrecarrer l'essence destructrice du capitalisme. Enfin, Claude Vaillancourt, faisant appel &#224; son imagination autant qu'&#224; son sens critique, a pris au mot le titre de ce dossier pour nous entra&#238;ner dans une utopie o&#249; la culture, ni &lt;i&gt;trash&lt;/i&gt; ni &#233;litiste, serait non pas vue comme une pompe &#224; fric, mais comme la manifestation la plus f&#233;conde de notre lib&#233;ration collective.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Rioux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>La sant&#233; sera-t-elle un jour possible ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-sante-sera-t-elle-un-jour</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucie Mercier</dc:creator>


		<dc:subject>Pharmaceutiques</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Mercier, Lucie </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Alors que l'on exhorte les citoyens &#224; une saine alimentation, la majorit&#233; des travailleurs passe le tiers de leur vie adulte dans des lieux qui agressent leur sant&#233; physique et mentale. &#187; &#8211; Fernand S&#233;guin &lt;br class='autobr' /&gt; La sant&#233;, ph&#233;nom&#232;ne &#224; la fois individuel et collectif, fait appel tant au patrimoine g&#233;n&#233;tique qu'aux conditions &#233;conomiques, sociales et politiques dans lesquelles &#233;voluent les individus et les populations. Les conceptions et la r&#233;alit&#233; de la sant&#233; sont profond&#233;ment inscrites dans les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton106.jpg?1642092117' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;255&#034; height=&#034;207&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Alors que l'on exhorte les citoyens &#224; une saine alimentation, la majorit&#233; des travailleurs passe le tiers de leur vie adulte dans des lieux qui agressent leur sant&#233; physique et mentale. &#187;&lt;/i&gt; &#8211; Fernand S&#233;guin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La sant&#233;, ph&#233;nom&#232;ne &#224; la fois individuel et collectif, fait appel tant au patrimoine g&#233;n&#233;tique qu'aux conditions &#233;conomiques, sociales et politiques dans lesquelles &#233;voluent les individus et les populations. Les conceptions et la r&#233;alit&#233; de la sant&#233; sont profond&#233;ment inscrites dans les soci&#233;t&#233;s. Nous pouvons prendre &#224; t&#233;moin les grands fl&#233;aux qui ont domin&#233; les si&#232;cles pass&#233;s. Rappelons-nous les &#233;pid&#233;mies (peste et l&#232;pre) du XVIIIe si&#232;cle, les infections (tuberculose) du XIXe si&#232;cle ou encore les maladies chroniques (arthrite, stress, maux de dos, cancer, sida) qui ont domin&#233; le XXe si&#232;cle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claudine Herzlich et Janine Pierret, Malades d'hier, malades d'aujourd'hui, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le XXIe si&#232;cle dans lequel nous venons tout juste d'entrer sera-t-il diff&#233;rent ? Pourrait-il &#234;tre diff&#233;rent et &#224; quelles conditions ? Ou au contraire la sant&#233; sera-t-elle toujours pour demain ou pour un jour encore lointain comme l'&#233;voquent &#224; 25 ans d'intervalle deux livres du journaliste Yanick Villedieu : &lt;i&gt;Demain la sant&#233;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Un jour la sant&#233;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;2. Yanick Villedieu, Demain la sant&#233;, Qu&#233;bec, Le magazine Qu&#233;bec science, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du droit &#224; la sant&#233; &#8230;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le droit &#224; la sant&#233;, comme bien d'autres droits &#233;conomiques, sociaux et culturels, est inscrit dans la &lt;i&gt;D&#233;claration universelle des droits de l'Homme&lt;/i&gt; depuis 1950 et dans le &lt;i&gt;Pacte international relatif aux droits &#233;conomiques, sociaux et culturels&lt;/i&gt; (1976). En signant ces documents, le Canada et le Qu&#233;bec se sont engag&#233;s &#224; respecter, &#224; promouvoir ce droit et &#224; y consacrer les ressources financi&#232;res n&#233;cessaires. Pourtant ce droit, comme bien d'autres, appara&#238;t de plus en plus fragile et menac&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir constat&#233; des &#233;carts encore assez importants dans la sant&#233; des individus et des groupes sociaux selon l'occupation, le niveau de revenu, le lieu de r&#233;sidence ou encore le niveau de scolarit&#233;, force est de constater que &lt;i&gt;&#171; la sant&#233; pour tous en l'an 2000 &#187;&lt;/i&gt; que souhaitait l'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS) il y a maintenant quelques d&#233;cennies n'est toujours pas &#224; nos portes et, dans bien des cas, est encore loin de l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les conceptions de la sant&#233; et de la maladie ont &#233;volu&#233; consid&#233;rablement depuis la publication de cet appel. Nous sommes pass&#233;s d'une vision o&#249; la sant&#233; &#233;tait consid&#233;r&#233;e comme l'absence de maladie &#224; une autre qui prend davantage en compte la r&#233;alit&#233; sociale des individus &#224; travers les d&#233;terminants de la sant&#233;. Au nombre de six quand le concept a &#233;t&#233; imagin&#233; il y a maintenant une vingtaine d'ann&#233;es, leur nombre n'a cess&#233; d'augmenter. Ils forment maintenant une brochette de pr&#232;s d'une douzaine de variables, t&#233;moignant de la complexit&#233; du sujet et de la difficult&#233; de l'objectif &#224; atteindre. Qu'on pense au niveau de revenu et au statut social, aux r&#233;seaux de soutien social, &#224; l'&#233;ducation et &#224; l'alphab&#233;tisme, &#224; l'emploi et aux conditions de travail, aux environnements sociaux, aux environnements physiques, aux habitudes de sant&#233; et &#224; la capacit&#233; d'adaptation personnelle, au d&#233;veloppement de la petite enfance, au patrimoine biologique et g&#233;n&#233;tique, aux services de sant&#233;, au sexe et &#224; la culture, tous ces d&#233;terminants influencent le niveau de sant&#233; des individus et des populations. Aucune hi&#233;rarchie n'a jamais &#233;t&#233; &#233;tablie entre ces d&#233;terminants, mais il reste que certains sont modifiables alors que d'autres ne le sont pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les pouvoirs publics soient assez bien au fait de ce qui d&#233;termine la sant&#233; d'une population et bien qu'ils soient conscients qu'un syst&#232;me de sant&#233; ne repr&#233;sente qu'un &#233;l&#233;ment parmi d'autres dans l'am&#233;lioration de la sant&#233;, ils sont pourtant r&#233;ticents &#224; agir. Aux interventions sur les environnements de travail nocifs pour la sant&#233;, ils pr&#233;f&#232;rent opposer l'action individuelle de lutte au tabagisme. En pr&#233;sence de probl&#232;mes d'ob&#233;sit&#233; chronique, ils refusent de taxer l'industrie de la malbouffe, laissant entendre que les individus sont ma&#238;tres de leurs d&#233;cisions en mati&#232;re alimentaire, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;faillances dans la sant&#233; des individus et des populations contribuent pour une bonne part &#224; soutenir la croissance &#233;conomique. Aux &#201;tats-Unis, au-del&#224; de 15 % du produit int&#233;rieur brut (PIB) est maintenant consacr&#233; aux soins de sant&#233; directs &#224; la population. En d&#233;pit d'&#233;normes d&#233;penses, les in&#233;galit&#233;s devant la mort et la maladie demeurent tr&#232;s grandes. Les &#201;tats-Unis, premi&#232;re puissance mondiale, enregistrent d'ailleurs des taux de mortalit&#233; infantile de plus de 25 pour 1 000 chez certains groupes de la population. Ces taux inacceptables sont &#233;quivalents &#224; ceux des si&#232;cles derniers et des pays en d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#8230; aux industries de la sant&#233;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;tat de sant&#233; trop favorable de la population ne constituera-t-il pas, par ailleurs, une certaine menace pour l'&#233;conomie qu&#233;b&#233;coise et canadienne, voire pour l'&#233;conomie mondiale ? La sant&#233;, ou plut&#244;t la maladie, fait depuis longtemps et de plus en plus l'objet de commerce. En effet, le XXe si&#232;cle a vu na&#238;tre plusieurs industries qui vivent davantage de la maladie que de la sant&#233;. &#192; la fin des ann&#233;es 1990, le minist&#232;re de la Sant&#233; et des Services sociaux du Qu&#233;bec cr&#233;ait le Bureau du partenariat &#233;conomique et d&#233;coupait l'industrie de la sant&#233; en cinq secteurs, dont certains n'&#233;taient encore qu'&#224; l'&#233;tat embryonnaire, alors que d'autres avaient d&#233;j&#224; atteint leur pleine maturit&#233; &#233;conomique. Aujourd'hui, les pouvoirs publics parlent plus volontiers des &#171; sciences de la vie &#187; pour d&#233;signer les industries de la sant&#233;, terme aux allures nettement moins mercantiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'emp&#234;che que le gouvernement du Qu&#233;bec autant que le gouvernement du Canada ont fait de ce secteur &#233;conomique un des fers de lance de leur strat&#233;gie &#233;conomique. En ao&#251;t 2006, Investissement Qu&#233;bec d&#233;clarait d'ailleurs que &lt;i&gt;&#171; Les industries de la sant&#233; sont sans conteste une priorit&#233; pour l'avenir du Qu&#233;bec. Les divers paliers de gouvernement concertent leurs efforts pour cr&#233;er le plus grand chantier nord am&#233;ricain d'expansion d'installations hospitali&#232;res &#8211; un projet d&#233;passant les 3 milliards $ pour trois h&#244;pitaux de la r&#233;gion de Montr&#233;al&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Investissement Qu&#233;bec, Le secteur des sciences de la vie au Qu&#233;bec, [En (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En f&#233;vrier 2007, la Banque Laurentienne en rajoutait, affirmant que les &lt;i&gt;&#171; &#233;conomistes, gestionnaires de fonds, actuaires et strat&#232;ges financiers sont unanimes : la sant&#233; est en t&#234;te de liste des secteurs qui conna&#238;tront les meilleures performances boursi&#232;res au cours des 10 prochaines ann&#233;es &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Banque Laurentienne, Des pr&#233;visions de rendements &#233;lev&#233;es pour les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les biotechnologies &#233;tant en t&#234;te de liste. Pour y arriver, les gouvernements du Qu&#233;bec et du Canada ne m&#233;nagent d'ailleurs pas les efforts : capital de risque disponible et abondant, cr&#233;dits d'imp&#244;t remboursables, taux d'imposition faibles pour les soci&#233;t&#233;s, avantages fiscaux pour les individus, disponibilit&#233; de centres de recherche et d&#233;veloppement (R&amp;D) universitaires, d&#233;veloppement de centres d'excellence : tout est mis en &#339;uvre pour favoriser le maintien des co&#251;ts d'exploitation aussi bas que possible, et ce, afin d'attirer les investisseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq secteurs se partagent le champ de l'industrie de la sant&#233;, dont quatre sont enti&#232;rement priv&#233;s, bien que subventionn&#233;s &#224; m&#234;me les fonds publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;L'industrie pharmaceutique&lt;/i&gt;. Incidemment, l'industrie pharmaceutique d&#233;ploy&#233;e &#224; l'&#233;chelle internationale, prot&#233;g&#233;e par les brevets sur la propri&#233;t&#233; intellectuelle, largement financ&#233;e gr&#226;ce aux subventions gouvernementales et aux cr&#233;dits d'imp&#244;ts, d&#233;ploie des moyens financiers presque hors du commun pour maintenir sa supr&#233;matie. Toutefois, les pathologies qui l'int&#233;ressent d'abord et avant tout sont celles pour lesquelles il existe une demande solvable. Les maladies tropicales, par exemple, qui sont surtout le fait de populations pauvres, ne font l'objet d'&#224; peu pr&#232;s aucune recherche. Les taux de rentabilit&#233; de l'industrie pharmaceutique, &#233;valu&#233;s dans certains cas &#224; 40 %, demeurent in&#233;gal&#233;s, m&#234;me par la tr&#232;s lucrative industrie p&#233;troli&#232;re. Cette industrie, comme d'autres &#233;galement, profite largement de l'existence des r&#232;gles prot&#233;geant la propri&#233;t&#233; intellectuelle qu'elle a largement contribu&#233; &#224; fa&#231;onner &#224; l'&#233;chelle mondiale. Les produits pharmaceutiques constituent l'une des principales causes de l'augmentation des co&#251;ts des syst&#232;mes de sant&#233;. Les pouvoirs publics font d'ailleurs peu d'efforts pour contrer cette croissance d&#233;brid&#233;e. Cette frange de l'industrie est enti&#232;rement priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8211; L'industrie des biotechnologie&lt;/i&gt;s. L'industrie des biotechnologies est encore &#224; un stade assez embryonnaire. Il s'agit de proc&#233;d&#233;s scientifiques utilis&#233;s pour d&#233;velopper de nouveaux produits pharmaceutiques, des produits agroalimentaires et des pesticides. La majorit&#233; des activit&#233;s utilisant les biotechnologies visent le march&#233; de la sant&#233; (m&#233;dicaments, trousses diagnostiques, agents th&#233;rapeutiques, etc.). Cette industrie rendrait plusieurs progr&#232;s m&#233;dicaux possibles (fabrication d'organes artificiels, culture de peau en laboratoire, isolement et recombinaison de g&#232;nes, isolement et brevet d'un maximum de g&#232;nes). Cette industrie est priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211;&lt;i&gt; L'industrie du mat&#233;riel m&#233;dical&lt;/i&gt;. Mariage de la biologie et du g&#233;nie, l'industrie du mat&#233;riel m&#233;dical est domin&#233;e par les multinationales am&#233;ricaines qui offrent une tr&#232;s large gamme de produits (&#233;quipements sp&#233;cialis&#233;s, aides techniques, fournitures pour les blocs op&#233;ratoires). En raison de la demande li&#233;e au vieillissement de la population, cette industrie s'orienterait vers des produits mieux adapt&#233;s aux usagers, en favorisant leur autonomie. Les pharmacies, comme agent de distribution de ces produits, seraient susceptibles d'en profiter le plus avec des compagnies, telles Oxybec M&#233;dical, qui s'appr&#234;tent &#224; louer ou vendre des &#233;quipements et accessoires m&#233;dicaux pour les soins &#224; domicile. Cette industrie est &#233;galement enti&#232;rement priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211;&lt;i&gt; L'industrie des technologies de l'information et de la t&#233;l&#233;sant&#233;&lt;/i&gt;. La mission de la t&#233;l&#233;sant&#233; est de fournir des services et des soins de sant&#233; et de l'information en cette mati&#232;re sur de petites et grandes distances. Les entreprises en information et en t&#233;l&#233;communications sont donc au c&#339;ur de cette industrie en pleine expansion, largement soutenue elle aussi par les fonds publics, qu'il s'agisse d'Inforoute Sant&#233; Canada ou du gouvernement du Qu&#233;bec, via son programme de gouvernement en ligne. T&#233;l&#233;m&#233;decine, t&#233;l&#233;conf&#233;rence et consultations &#224; distance, enseignement m&#233;dical permanent &#224; distance, applications r&#233;seau, recherche en direct, gestion de bases de donn&#233;es, syst&#232;mes d'information et traitement de l'information sur les m&#233;dicaments constituent autant d'applications possibles. Cette nouvelle industrie se d&#233;veloppe dans le secteur priv&#233;, avec un puissant soutien des fonds publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;L'industrie des services de sant&#233;&lt;/i&gt;. De son c&#244;t&#233;, l'industrie des services de sant&#233; piaffe d'impatience pour se d&#233;velopper. C'est vraiment cette frange industrielle qui est vis&#233;e par la privatisation tant r&#233;clam&#233;e des milieux d'affaires : les assurances de personnes, les soins &#224; domicile priv&#233;s, l'h&#233;bergement priv&#233; des personnes &#226;g&#233;es figurent en t&#234;te de liste bien s&#251;r, mais &#233;galement les services hospitaliers, en particulier les services chirurgicaux et les services ambulatoires. Ce sont d'ailleurs ces derniers que le gouvernement du Qu&#233;bec est &#224; lib&#233;raliser avec sa r&#233;cente garantie d'acc&#232;s et la cr&#233;ation de cliniques m&#233;dicales sp&#233;cialis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces nouveaux secteurs industriels &#8211; auxquels il faudrait encore ajouter la g&#233;nomique et la prot&#233;omique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;5. Nouvelle discipline qui se consacre &#224; l'&#233;tude des prot&#233;ines du g&#233;nome.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, encore &#224; l'&#233;tat embryonnaire au Canada &#8211; ont pris leur essor il y a moins d'un si&#232;cle et n'existent que gr&#226;ce aux d&#233;faillances du corps humain. L'atteinte d'un meilleur &#233;tat de sant&#233; des populations ne menacerait-il pas un certain &#233;quilibre &#233;conomique, voire le d&#233;veloppement industriel lui-m&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une n&#233;cessaire am&#233;lioration du niveau de la sant&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour am&#233;liorer le niveau de sant&#233; des individus et des populations, les repr&#233;sentants de la sant&#233; publique proposaient au printemps 2006 de mieux r&#233;glementer l'industrie de la restauration rapide et d'introduire des taxes &#224; la consommation sur des produits dont la nocivit&#233; est connue et reconnue. Le ministre de la Sant&#233; et des Services sociaux s'&#233;tait alors dit impuissant &#224; agir &#224; l'encontre des puissantes multinationales de la restauration rapide. Quelques mois plus tard &#233;tait finalement annonc&#233; en grandes pompes un &lt;i&gt;&#171; plan d'action gouvernemental de promotion des saines habitudes de vie et de pr&#233;vention des probl&#232;mes reli&#233;s au poids &#187;&lt;/i&gt;, assorti d'un investissement de 20 millions de dollars par ann&#233;e pendant dix ans, en partenariat avec la Fondation Lucie et Vincent Chagnon qui allongera une somme &#233;quivalente. Les d&#233;penses en pr&#233;vention atteindraient ainsi pour la prochaine ann&#233;e financi&#232;re tout pr&#232;s de 0,5 % des d&#233;penses de sant&#233; du Qu&#233;bec. Une goutte d'eau pratiquement dans l'oc&#233;an des d&#233;penses de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;glementation de l'industrie agro-alimentaire, l'am&#233;lioration de l'hygi&#232;ne des milieux de travail, l'assainissement de l'environnement doivent &#233;galement figurer dans les plans g&#233;n&#233;raux. Encore au XXIe si&#232;cle, la sant&#233; et la s&#233;curit&#233; ne sont pas acquises en milieu de travail. Des d&#233;c&#232;s sont encore enregistr&#233;s au travail et les employeurs tentent de rogner aussi dans ce secteur, le plus r&#233;cent exemple &#233;tant celui d'Olymel qui, en plus d'exiger une coupure de 30 % de la masse salariale des employ&#233;s, demandait le retrait&lt;i&gt; &#171; d'un poste de sant&#233; et s&#233;curit&#233; au travail &#187;&lt;/i&gt; en f&#233;vrier 2007&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Turcotte, &#171; Les syndiqu&#233;s acceptent &#224; 62% la quatri&#232;me offre d'Olymel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les correctifs &#224; apporter pour atteindre un monde en sant&#233; sont aussi nombreux que vari&#233;s, les d&#233;terminants de la sant&#233; en faisant foi. Les pouvoirs publics auront-ils le courage de discipliner l'industrie autant que les milieux de travail ? Ou, au contraire, continueront-ils de remettre la responsabilit&#233; de la sant&#233; sur les &#233;paules des seuls individus comme si la sant&#233; n'&#233;tait qu'un ph&#233;nom&#232;ne individuel, sans la moindre racine soci&#233;tale, mettant ainsi l'accent sur les habitudes de vie de ces derniers plut&#244;t que sur leurs conditions sociales et &#233;conomiques, prises au sens large ? De ce point de vue, la r&#233;flexion sur la sant&#233; nous appara&#238;t plus politique que strictement sanitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les reculs sociaux enregistr&#233;s depuis quelques ann&#233;es (augmentation de la pauvret&#233;, diminution d'acc&#232;s aux services, diminution des revenus, fermetures d'entreprise, etc.) ne sont pas de nature &#224; faire esp&#233;rer un meilleurs acc&#232;s &#224; la sant&#233;. Nous pouvons davantage craindre des reculs qu'esp&#233;rer des avanc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La sant&#233; est une t&#226;che politique. Choisir la sant&#233; implique des choix politiques, des transformations politiques &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crivait Yanick Villedieu il y a 25 ans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Yanick Villedieu, Demain la sant&#233;, op. cit., p. 252.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les transformations sociales en cours qui accroissent la productivit&#233; du travail, qui attaquent la qualit&#233; de l'environnement (air, eau, etc.), qui produisent une quantit&#233; croissante d'aliments industriels, sont-elles de nature &#224; am&#233;liorer la sant&#233; ou, au contraire, ne contribuent-elles pas plut&#244;t &#224; sa d&#233;t&#233;rioration ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;&#171; mod&#232;le de l'atelier de r&#233;parations &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Yanick Villedieu, Un jour la sant&#233;, op. cit., p. 292.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#233;voqu&#233; par Villedieu encore r&#233;cemment ne semble pas de nature &#224; inverser les tendances. L'appel lanc&#233; au printemps 2006 par le directeur de la sant&#233; publique de l'Agence r&#233;gionale de la sant&#233; et des services sociaux de Montr&#233;al semble rester sans &#233;cho aupr&#232;s des dirigeants politiques. Ceux-ci investissent au contraire des millions, voire des milliards de dollars dans une m&#233;decine dont la finalit&#233; consiste &#224; soigner les personnes atteintes &lt;i&gt;&#171; des maladies les plus rares et les moins repr&#233;sentatives des probl&#232;mes de sant&#233; de la population &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crivait Fernand S&#233;guin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fernand S&#233;guin, Postface : La sant&#233; et le pouvoir, dans Yanick Villedieu, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous pourrions ajouter que sous la pression des riches et des poss&#233;dants, ils sont &#224; d&#233;velopper un syst&#232;me de sant&#233; parall&#232;le qui permettra un acc&#232;s plus rapide &#224; un syst&#232;me de sant&#233; qu'ils contribuent &#224; marchandiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce le meilleur choix &#224; faire quand on sait que plusieurs dizaines de milliers de personnes n'ont pas de m&#233;decin de famille et, de ce fait, ont un acc&#232;s plus que limit&#233; &#224; des soins de sant&#233; de base ? Et que dire de la marchandisation toujours croissante de la sant&#233; qui nous est impos&#233;e sous couvert de l'am&#233;lioration de l'accessibilit&#233; aux services ? Encore en ce d&#233;but de XXIe si&#232;cle, il nous faut bien constater que beaucoup de chemin reste &#224; parcourir pour atteindre cet id&#233;al de la &#171; sant&#233; pour tous &#187;. L'action &#224; partir des d&#233;terminants de la sant&#233; nous indique pourtant le chemin &#224; suivre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claudine Herzlich et Janine Pierret, Malades d'hier, malades d'aujourd'hui, Paris, Payot, 1984.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;2. Yanick Villedieu, Demain la sant&#233;, Qu&#233;bec, Le magazine Qu&#233;bec science, 1976 ; Yanick Villedieu, Un jour la sant&#233;, Montr&#233;al, Bor&#233;al, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Investissement Qu&#233;bec,&lt;i&gt; Le secteur des sciences de la vie au Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, [En ligne] : http://www.investquebec&lt;br class='autobr' /&gt;
.com/fr/index.aspx ?rubrique=25 (page consult&#233;e le 14 f&#233;vrier 2007). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Banque Laurentienne, &lt;i&gt;Des pr&#233;visions de rendements &#233;lev&#233;es pour les industries de la sant&#233;&lt;/i&gt;, [En ligne] : &lt;a href=&#034;http://www.orientationfinance.com/accueil/detail.asp?IdC=17&amp;IdD=88&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.orientationfinance.com/accueil/detail.asp?IdC=17&amp;IdD=88&lt;/a&gt; (page consult&#233;e le 14 f&#233;vrier 2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;5. Nouvelle discipline qui se consacre &#224; l'&#233;tude des prot&#233;ines du g&#233;nome.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude Turcotte, &lt;i&gt;&#171; Les syndiqu&#233;s acceptent &#224; 62% la quatri&#232;me offre d'Olymel &#187;&lt;/i&gt;, Le Devoir, 14 f&#233;vrier 2007, p. B-1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Yanick Villedieu, &lt;i&gt;Demain la sant&#233;&lt;/i&gt;, op. cit., p. 252.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Yanick Villedieu,&lt;i&gt; Un jour la sant&#233;&lt;/i&gt;, op. cit., p. 292.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fernand S&#233;guin, Postface : La sant&#233; et le pouvoir, dans Yanick Villedieu, &lt;i&gt;Demain la sant&#233;&lt;/i&gt;, op. cit., p. 266.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lucie Mercier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour une politique participaliste</title>
		<link>https://www.ababord.org/Pour-une-politique-participaliste</link>
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		<dc:date>2008-07-15T15:50:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je voudrais pr&#233;senter ici des id&#233;es ayant &#233;t&#233; avanc&#233;es par Stephen R. Shalom et qui me semblent ouvrir des avenues prometteuses sur la question du politique et la prise de d&#233;cision collective. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je pr&#233;cise d'embl&#233;e qu'&#224; un expos&#233; pr&#233;cis et exhaustif de mon sujet &#8211; au demeurant impossible &#224; r&#233;aliser en quelques pages &#8211; j'ai pr&#233;f&#233;r&#233; offrir un traitement quelque peu impressionniste, sans doute, mais qui donne au moins une id&#233;e relativement juste des probl&#232;mes, r&#233;els et importants, que Shalom (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Le-Quebec-que-nous-voulons-" rel="directory"&gt;Dossier : Le Qu&#233;bec que nous voulons&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton109.jpg?1642092119' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;283&#034; height=&#034;266&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je voudrais pr&#233;senter ici des id&#233;es ayant &#233;t&#233; avanc&#233;es par Stephen R. Shalom et qui me semblent ouvrir des avenues prometteuses sur la question du politique et la prise de d&#233;cision collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pr&#233;cise d'embl&#233;e qu'&#224; un expos&#233; pr&#233;cis et exhaustif de mon sujet &#8211; au demeurant impossible &#224; r&#233;aliser en quelques pages &#8211; j'ai pr&#233;f&#233;r&#233; offrir un traitement quelque peu impressionniste, sans doute, mais qui donne au moins une id&#233;e relativement juste des probl&#232;mes, r&#233;els et importants, que Shalom aborde et des r&#233;ponses, concr&#232;tes et praticables qu'il propose.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le probl&#232;me
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Posons un groupe de personnes vivant ensemble. Elles devront constamment prendre des d&#233;cisions qui les concerneront. Une des fonctions essentielles de la vie politique est de d&#233;cider des questions sur lesquelles on doit se pencher, de pr&#233;ciser les mani&#232;res qui permettent de parvenir &#224; des d&#233;cisions et de contribuer &#224; leur implantation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela peut s'accomplir de diff&#233;rentes mani&#232;res et dans le respect (ou le non-respect) de certaines valeurs. Le probl&#232;me de Shalom est justement d'imaginer des institutions politiques qui permettront la prise de d&#233;cision en conformit&#233; avec certaines valeurs. Avant de dire quelles valeurs il d&#233;fend pr&#233;cis&#233;ment et quelles institutions il pr&#233;conise, voyons un peu les mod&#232;les qu'il rejette et pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le l&#233;ninisme
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re fa&#231;on de faire pourrait &#234;tre de s'en remettre &#224; une &#233;lite (experts, r&#233;volutionnaires professionnels, etc.) qui sait ce qui est bon pour chacun &#8211; et qui peut fort bien ne pas correspondre &#224; ce que voudraient les int&#233;ress&#233;s. Cette &#233;lite d&#233;cidera donc, au nom de tous, et ses d&#233;cisions seront sans appel. Les philosophes-rois de Platon sont un exemple de cette mani&#232;re d'envisager le politique. Le Parti, dans une vision l&#233;niniste de la politique, en est un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, si tout le monde reconna&#238;t sans mal que le savoir, l'information et la compr&#233;hension sont souhaitables, voire essentiels &#224; la prise de saines d&#233;cisions, ce mod&#232;le nous h&#233;risse, notamment par son antid&#233;mocratisme et parce qu'il usurpe la conscience qu'ont les gens de ce qu'ils veulent et qui &#233;volue avec le temps. Essayons donc autre chose.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La d&#233;mocratie repr&#233;sentative
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une autre option serait que nos hypoth&#233;tiques personnes d&#233;signent (par vote ou autrement) des repr&#233;sentantes qui d&#233;cideront pour elles. Avec nos &#233;lections, nous avons un mod&#232;le semblable. Mais il a, lui aussi, d'immenses d&#233;fauts, bien connus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, ce mod&#232;le encourage la d&#233;l&#233;gation plut&#244;t que la participation : on tend alors &#224; n'envisager le politique que dans une perspective instrumentale, en oubliant que la participation au processus politique transforme les participantes. Dans une d&#233;mocratie repr&#233;sentative appliqu&#233;e &#224; une vaste population, de larges portions de celle-ci ne participent que peu ou pas du tout aux processus politiques, sinon p&#233;riodiquement pour aller voter ; quant &#224; ceux et celles qui y participent activement, ils et elles sont effectivement transform&#233;es par cette participation. Mais comment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le sait assez : les repr&#233;sentantes tendront &#224; mentir, &#224; flatter, &#224; occulter leurs v&#233;ritables intentions pour &#234;tre &#233;lues et tout le d&#233;bat et toutes les discussions politiques deviennent d&#232;s lors corrompus. Puis, une fois &#233;lues, les repr&#233;sentantes s'&#233;loignent, dans tous les sens du terme, de ceux et celles qui les ont &#233;lues &#8211; s'ils en ont jamais &#233;t&#233; proches. Au bout d'un certain nombre d'ann&#233;es, cet &#233;loignement se cristallise (en partis politiques, notamment) et les effets conjugu&#233;s de tous ces d&#233;fauts tendent &#224; produire quelque chose qui ressemble aux pires aspects de la vie politique que nous connaissons dans nos d&#233;mocraties lib&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De possibles correctifs
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour pallier &#224; ces graves d&#233;fauts, certains, consid&#233;rant que la d&#233;mocratie repr&#233;sentative reste le meilleur mod&#232;le possible, ont sugg&#233;r&#233; de lui apporter des correctifs. On pourrait par exemple, disent-ils, forcer (par quelque m&#233;canisme que je vous laisse imaginer) les repr&#233;sentantes &#224; &#234;tre li&#233;es &#224; leurs &#233;lecteurs par leurs promesses &#233;lectorales. S&#233;duisant ? Non. Et pour en convenir, consid&#233;rez ceci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon ce sc&#233;nario, si X a promis &lt;i&gt;n&lt;/i&gt; pour &#234;tre &#233;lu, alors il doit r&#233;aliser &lt;i&gt;n&lt;/i&gt; une fois &#233;lu. Appelons cela la version &#171; li&#233;e par vos promesses &#187; de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative. Le probl&#232;me en ce cas est double. D'abord, et c'est grave, la vie politique est par essence d&#233;lib&#233;rative et avec notre nouveau mod&#232;le, la d&#233;lib&#233;ration est devenue inutile. On &#233;lit des gens sur leurs promesses et ils appliquent leurs promesses, point final. Ensuite, et c'est peut-&#234;tre pire encore, la vie politique est et doit &#234;tre adaptative et donc nous permettre de faire face aux nombreux et constants changements qui caract&#233;risent la vie en commun : mais avec notre d&#233;mocratie repr&#233;sentative li&#233;e par des promesses, on ne peut plus le faire. Par exemple, si les conditions qui rendaient souhaitable &lt;i&gt;n&lt;/i&gt; n'existent plus et que &lt;i&gt;n&lt;/i&gt; est devenu ind&#233;sirable, X devrait n&#233;anmoins r&#233;aliser&lt;i&gt;n&lt;/i&gt;. C'est absurde et cela ne peut pas convenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une solution &#224; ce probl&#232;me serait d'&#233;lire nos repr&#233;sentants pour un mandat et de proc&#233;der ensuite par sondages. Mais, en ce cas, les discussions entre &#233;lus sont devenues inutiles et les &#233;lus eux-m&#234;mes sont superflus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Essayons autre chose ? Beaucoup pensent que la solution est &#224; chercher dans la d&#233;mocratie non pas repr&#233;sentative, mais directe. Voyons cela.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La d&#233;mocratie directe
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans une d&#233;mocratie directe, ce sont les gens eux-m&#234;mes qui d&#233;cident, pas leurs repr&#233;sentants. On pourrait, par exemple, imaginer qu'&#224; l'aide de nos ordinateurs personnels nous tenions des r&#233;f&#233;rendums sur toute question. Cela aurait le m&#233;rite de nous inciter &#224; nous informer et &#224; faire valoir notre voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que de temps faudrait-il y consacrer ! Et comment s'informer s&#233;rieusement sur toutes les questions qui vont se poser ? Pire : le proc&#233;d&#233; n'est pas d&#233;lib&#233;ratif. Avec ce syst&#232;me, on peut certes dire : &#171; Je vote oui (ou non) &#187;, mais pas : &#171; Je n'aime pas tel ou tel aspect de telle proposition &#187; ou : &#171; Je voudrais nuancer telle formulation &#187;. Ces d&#233;fauts seront d'autant aigus que cette mani&#232;re de faire tend justement &#224; polariser les positions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Convaincues que ces probl&#232;mes tiennent au fait qu'on veuille ici appliquer la d&#233;mocratie directe &#224; une vaste population alors qu'elle n'est possible qu'&#224; petite &#233;chelle, certaines proposent que le cadre souhaitable et oblig&#233; de la vie politique soit de petites communaut&#233;s autonomes (municipalit&#233;s, lieux de travail, etc). En elles, assure-t-on, et seulement en elles, la d&#233;mocratie directe, face-&#224;-face, est possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'irr&#233;m&#233;diable d&#233;faut de cette proposition est que les probl&#232;mes sont (et seront de plus en plus) r&#233;gionaux, nationaux et m&#234;me globaux, de sorte que leurs solutions ne peuvent &#234;tre d&#233;cid&#233;es au seul niveau local. De plus, ces petites communaut&#233;s se privent de pr&#233;cieuses et vitales &#233;conomies d'&#233;chelle : chacune devrait-elle avoir son h&#244;pital dernier cri, son universit&#233;, et ainsi de suite ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira alors qu'elles devront coop&#233;rer. Mais comment et par quels m&#233;canismes prendront-elles leurs d&#233;cisions ? Et comment seront-elles li&#233;es les unes aux autres tout en conservant une l&#233;gitime autonomie (et laquelle) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parvenu &#224; ce stade de sa r&#233;flexion, Shalom avance ce qu'il pense &#234;tre la solution la plus prometteuse en retenant l'id&#233;e &#8211; issue en particulier de la tradition anarchiste &#8211; de Conseils&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les conseils sont &#233;galement pr&#233;sents au sein de plusieurs tendances (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; g&#233;ographiquement d&#233;finis. Il d&#233;fend cette id&#233;e parce qu'elle lui semble incorporer les valeurs que des institutions politiques devraient &#224; ses yeux incorporer : la libert&#233;, la justice, la participation, la solidarit&#233;, la tol&#233;rance. Je passe le d&#233;tail de l'argumentaire le conduisant &#224; retenir ces valeurs et &#224; conclure que les Conseils permettront de les faire vivre, pour en arriver directement aux aspects plus concrets de leur fonctionnement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les Conseils
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un Conseil est un regroupement de personnes en nombre suffisant pour qu'on y retrouve une vari&#233;t&#233; de points de vue, mais en nombre assez petit pour que chacun puisse participer activement aux discussions, qui s'y tiennent face-&#224;-face. On peut imaginer qu'un Conseil est compos&#233; de, disons, 20 &#224; 50 personnes. Ce Conseil prend, seul, les d&#233;cisions qui &lt;br class='autobr' /&gt;
affectent les membres du Conseil et eux seuls.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les autres d&#233;cisions, chaque Conseil envoie un d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; un Conseil d'un niveau plus &#233;lev&#233;, et ce d&#233;l&#233;gu&#233; porte le fruit des d&#233;lib&#233;rations du niveau inf&#233;rieur &#224; ce niveau sup&#233;rieur, o&#249; la d&#233;cision est &#233;ventuellement prise &#8211; ce Conseil pouvant &#224; son tour envoyer un d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; un autre Conseil, selon le nombre de personnes qui seront affect&#233;es par la d&#233;cision &#224; prendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notez que si on fixe &#224; 40 le nombre moyen de membres des Conseils, il suffit de 7 niveaux pour impliquer quelque 40 millions de personnes dans une d&#233;cision qui les affecterait toutes. On peut imaginer un syst&#232;me de rotation pour d&#233;terminer qui sera le d&#233;l&#233;gu&#233; et poser qu'un syst&#232;me de rappel soit institu&#233; pour assurer que le d&#233;l&#233;gu&#233; fasse correctement son travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#224; ce propos, il faut insister sur le fait que le d&#233;l&#233;gu&#233; n'est pas une simple courroie de transmission de la volont&#233; du Conseil d'o&#249; il provient. Le Conseil o&#249; il va si&#233;ger est lui-m&#234;me une structure d&#233;lib&#233;rative et si on d&#233;couvre qu'une d&#233;cision sur un sujet reste controvers&#233;e, le sujet revient &#224; l'&#233;chelon inf&#233;rieur. Justement : comment seront prises les d&#233;cisions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Shalom pose que le consensus est un id&#233;al, un id&#233;al que peuvent justement viser et esp&#233;rer atteindre de petits groupes, comme le sont les Conseils. Cependant, dans les cas o&#249; le consensus n'est pas possible, la majorit&#233; des voix sera utilis&#233;e. Mais il rappelle aussi ce fait crucial qu'il existe entre les personnes des d&#233;saccords r&#233;els, profonds et parfois passionnels. En certains cas, c'est la majorit&#233; qui a de telles convictions ; en d'autres, la minorit&#233;. Cela pose des probl&#232;mes s&#233;rieux &#224; tout processus politique, et en particulier celui d'assurer que la majorit&#233; ne pourra pas tyranniser la minorit&#233; (un cas type serait celui o&#249; 55 % de la population d&#233;cide de r&#233;duire en esclavage le 45 % qui reste&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour assurer cette protection, il faut donc ajouter &#224; nos Conseils une constitution qui pr&#233;cise des interdits. Toutefois des cas difficiles, inattendus et complexes, vont in&#233;vitablement se pr&#233;senter. Pour ceux-l&#224;, il faudra une instance d&#233;cisionnelle. Actuellement, il s'agit de la Cour supr&#234;me. Shalom propose une institution semblable, mais dont les membres, pour les raisons &#233;voqu&#233;es plus haut contre les &#233;lections, ne seraient pas &#233;lus. Ils ne seraient pas non plus nomm&#233;s &#224; vie, puisque cela tendrait &#224; faire d'eux les membres d'une oligarchie corporatiste qui d&#233;fend typiquement les int&#233;r&#234;ts de la minorit&#233; favoris&#233;e &#224; laquelle ils appartiennent Alors ? Ils et elles seraient choisies au hasard, comme les jur&#233;s, et seraient en nombre suffisant pour constituer un bon &#233;chantillon de la population. Ils et elles seraient nomm&#233;es pour une p&#233;riode d&#233;termin&#233;e &#8211; disons deux ans &#8211; et constitueraient un corps d&#233;lib&#233;ratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons que Shalom pr&#233;suppose tout au long de son raisonnement que ce qu'il avance est optimal au sein d'une soci&#233;t&#233; qui, sur le plan &#233;conomique, fonctionne selon les institutions elles-m&#234;mes respectueuses des valeurs promues. S'il s'agit de l'&#233;conomie participaliste d&#233;velopp&#233;e par son ami Michael Albert, cela signifie, notamment, que tout le monde partage &#233;quitablement aussi bien les efforts et les sacrifices consacr&#233;s &#224; la production que les b&#233;n&#233;fices de la consommation. Personne, en particulier, n'occupe d'emploi plus valorisant qu'un autre et chacun accomplit un ensemble de t&#226;ches &#233;quilibr&#233; pour sa combinaison d'aspects d&#233;sirables et moins d&#233;sirables&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La politique participaliste de Shalom a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;e en parent&#233; &#233;troite (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fense de son mod&#232;le, Shalom fait enfin valoir des &#233;tudes de psychologie sociale qui montrent une chose int&#233;ressante et pertinente. La voici. Si on prend, disons, une cinquantaine de personnes qui ont avou&#233; lors d'un sondage avoir des vues conservatrices sur des sujets comme l'avortement ou la peine de mort, et qu'on leur permet de prendre le temps de s'informer et de discuter, face-&#224;-face, entre eux avec des gens qui ont des positions diff&#233;rentes, alors ils en viennent &#224; adopter des vues plus progressistes et rationnelles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De l'importance des mod&#232;les pour l'action militante&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il reste &#233;videmment perfectible et que ce qu'il propose devra subir l'&#233;preuve de la pratique, un travail comme celui-ci me semble non seulement int&#233;ressant du point de vue des id&#233;es, mais aussi important et m&#234;me indispensable du point de vue de l'action militante. &#192; cela, plusieurs raisons et en particulier les suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, ce travail nous &#233;vite de sombrer dans le d&#233;sesp&#233;rant fatalisme du &#171; il n'y a pas d'alternative &#187; et nous permet d'avoir quelque chose &#224; r&#233;pondre &#224; ceux et celles qui h&#233;sitent &#224; militer parce qu'ils en doutent. Ensuite, il contribue &#224; donner sens, espoir et orientation &#224; l'action militante. Enfin, il nous rappelle ce fait incontournable qu'une fois l'&#233;conomie capitaliste vaincue, il restera des tas de probl&#232;mes &#224; r&#233;soudre, dont celui de cr&#233;er des institutions politiques saines.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.zmag.org/znet/viewArticle/4957" class="spip_out"&gt;Sur Zmag : ParPolity : Political Vision for a Good Society&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les conseils sont &#233;galement pr&#233;sents au sein de plusieurs tendances communistes, en particulier dans le conseillisme ou le communisme de conseils. Conseil se dit soviet en russe. [ndlr]&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La politique participaliste de Shalom a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;e en parent&#233; &#233;troite avec l'&#233;conomie participaliste d'Albert. Sur cette derni&#232;re, on lira mon texte &#171; &#201;conomie participaliste, une proposition libertaire &#187;, dans le dossier &#171; Sortir du capitalisme &#187;, &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; # 6, octobre/novembre 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Normand Baillargeon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es pr&#233;sent&#233;es ici ont &#233;t&#233; expos&#233;es par Shalom lors d'un s&#233;minaire dans le cadre d'une rencontre tenue &#224; Woodshole &#224; l'&#233;t&#233; 2006 et &#224; laquelle l'auteur de ce texte a pris part. Elles ont depuis &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;es dans : Shalom, S. R. &#171; Parpolity : Political Vision for a Good Society &#187;. Ce texte est disponible sur Internet &#224; sur le site de &lt;i&gt;Zmag&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour une nouvelle &#233;conomie</title>
		<link>https://www.ababord.org/Pour-une-nouvelle-economie</link>
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		<dc:date>2008-07-14T16:03:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ga&#233;tan Breton</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Breton, Ga&#233;tan </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lib&#233;r&#233; de la contrainte r&#233;elle ou affirm&#233;e que constitue ce que l'on appelle en finance la &#171; rationalit&#233; limit&#233;e &#187; des individus, je peux oser l'utopie. Comme Petrella, je demande le droit de r&#234;ver, car si nos id&#233;es se laissent brider par les contingences, qu'en sera-t-il de nos actions ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le but ultime de l'activit&#233; &#233;conomique &lt;br class='autobr' /&gt;
L'activit&#233; &#233;conomique doit servir au d&#233;veloppement de l'humain, pas le diriger. Autrement dit, il faut comprendre le contraire de ce qu'on nous dit tous les jours, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Le-Quebec-que-nous-voulons-" rel="directory"&gt;Dossier : Le Qu&#233;bec que nous voulons&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Breton-Gaetan-+" rel="tag"&gt;Breton, Ga&#233;tan &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton110.jpg?1642092119' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;283&#034; height=&#034;412&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lib&#233;r&#233; de la contrainte r&#233;elle ou affirm&#233;e que constitue ce que l'on appelle en finance la &#171; rationalit&#233; limit&#233;e &#187; des individus, je peux oser l'utopie. Comme Petrella, je demande le droit de r&#234;ver, car si nos id&#233;es se laissent brider par les contingences, qu'en sera-t-il de nos actions ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le but ultime de l'activit&#233; &#233;conomique
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'activit&#233; &#233;conomique doit servir au d&#233;veloppement de l'humain, pas le diriger. Autrement dit, il faut comprendre le contraire de ce qu'on nous dit tous les jours, &#224; savoir qu'il faut que les humains souffrent pour que le d&#233;veloppement &#233;conomique leur permette de (sur)vivre. Le premier but de l'humanit&#233; n'est pas le d&#233;veloppement &#233;conomique, mais son mieux-&#234;tre. Le d&#233;veloppement &#233;conomique ne m&#232;ne pas n&#233;cessairement au mieux-&#234;tre et celui-ci ne se calcule pas uniquement en termes d'unit&#233;s de consommation suppl&#233;mentaires : il prend toutes les formes de l'activit&#233; humaine ; il est psychologique, citoyen, environnemental, social et physique. Une politique &#233;conomique doit donc tenir compte de tous ces facteurs et viser &#224; fournir les moyens d'un d&#233;veloppement humain int&#233;gr&#233; et harmonieux, en comprenant que souvent, la meilleure fa&#231;on d'arriver &#224; ce r&#233;sultat sera d'arr&#234;ter la machine &#224; d&#233;velopper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;l&#233;ments qui forment la richesse collective ne se mesurent pas tous imm&#233;diatement en dollars. Comme le faisait remarquer Amartya Sen dans son livre &lt;i&gt;Un nouveau mod&#232;le &#233;conomique : d&#233;veloppement, justice, libert&#233;,&lt;/i&gt; un des &#233;l&#233;ments essentiels de la qualit&#233; de vie est la libert&#233;. Pour que cette libert&#233; s'exerce pleinement dans le cadre de la citoyennet&#233; partag&#233;e, il faut aussi un niveau d'&#233;ducation suffisant, un niveau de sant&#233; suffisant et un niveau de d&#233;mocratie permettant l'exercice de cette libert&#233; dans le but d'am&#233;liorer la situation collective. La paix est aussi une condition importante, ce qui implique la r&#233;affectation des ressources d&#233;volues aux d&#233;penses militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait t&#233;m&#233;raire de vouloir tracer, avec une trop grande pr&#233;cision, ce que serait une &#233;conomie qui remplirait les conditions que je viens d'&#233;noncer. Il est toutefois possible d'&#233;tablir quelques lignes directrices qui semblent devoir &#234;tre suivies.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Arr&#234;ter la machine
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous devons cesser de penser que la pr&#233;sence des pauvres sur la plan&#232;te vient du fait que le d&#233;veloppement ne les a pas encore touch&#233;s et qu'en acc&#233;l&#233;rant celui-ci, ils finiront par &#234;tre atteints. Le &lt;i&gt;Rapport Bruntland&lt;/i&gt; commettait cette erreur en voulant amener le niveau de consommation des plus pauvres vers celui des plus riches, car contrairement &#224; ce que pr&#233;tendent les productivistes de tout acabit, plus la machine acc&#233;l&#232;re et plus il se cr&#233;e de richesses, mais plus les pauvres sont pauvres et les riches sont riches. La concentration de la richesse s'est accrue drastiquement au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies. Il faut donc remplacer l'augmentation de la vitesse du suppos&#233; d&#233;veloppement par la r&#233;partition de la richesse. Il y a de nombreuses bonnes raisons de pr&#244;ner la d&#233;croissance, plusieurs d'entre elles font partie des lignes directrices que nous voulons &#233;laborer ici. &lt;i&gt;&#171; Il n'est pas de croissance infinie possible sur une plan&#232;te finie.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bruno Cl&#233;mentin et Vincent Cheynet (dir.), Objectif d&#233;croissance. Vers une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un sens, ce serait tout b&#234;te. Si nous mettions en place un syst&#232;me valable de transport en commun, nous aurions besoin de bien moins d'autos, de rues, de stationnements. Ainsi, on en fabriquerait moins, ce qui diminuerait le niveau de pollution de l'eau, entre autres. Cette diminution du nombre d'autos rendrait la ville plus agr&#233;able. Nous pourrions limiter l'&#233;talement urbain et la pollution due aux transports et ainsi de suite. Sans auto, moins de visites au Club Price et plus d'achats dans des march&#233;s situ&#233;s &#224; proximit&#233;, des produits plus frais et surtout moins emball&#233;s, ce qui ferait encore diminuer la pollution. Il suffit de renverser le mouvement et tout repart dans une meilleure direction.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Partager de la richesse
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Partager la richesse implique aussi des changements drastiques dans la production. Ainsi ceux qui n'ont rien n'ont pas besoin des choses que l'on produit pour ceux qui ont d&#233;j&#224; tout. La production se verrait ainsi orient&#233;e vers les besoins essentiels, comme la nourriture, et cesserait de produire des biens pour les riches. Par exemple, dans plusieurs pays d'Afrique, on a transform&#233; la culture vivri&#232;re locale en culture du coton pour l'exportation, dans le but de faire rentrer des devises &#233;trang&#232;res afin de rembourser la dette. Comme le coton &#233;tats-unien est fortement subventionn&#233; (en d&#233;pit des ententes sign&#233;es par les &#201;tats-Unis), ces pays d'Afrique n'arrivent pas &#224; vendre leur coton &#224; un prix suffisant, entra&#238;nant ainsi des pertes. De plus, ils ne cultivent plus de quoi nourrir leur population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut abolir la dette du tiers-monde afin de lib&#233;rer ces pays du joug odieux du Fonds mon&#233;taire international et de la Banque mondiale et, ainsi, leur permettre de se tourner vers la satisfaction des besoins primaires de leurs citoyennes. Pour l'instant, l'action de ces institutions a servi &#224; cr&#233;er des famines chroniques qui forcent les pays &#224; emprunter, augmentant ainsi la dette et les paiements en d&#233;coulant, et acculant les citoyennes &#224; une mis&#232;re toujours plus grande. Les ajustements structurels d&#233;truisent non seulement les cultures essentielles, mais aussi les embryons de syst&#232;mes d'&#233;ducation et de sant&#233; que certains pays avaient mis en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour partager la richesse, il faut aussi que le commerce soit &#233;quitable. Or, il est de moins en moins &#233;quitable o&#249; que ce soit. Les &#171; march&#233;s &#187; n'existent pas et les prix sont artificiellement fix&#233;s par les multinationales qui contr&#244;lent les diff&#233;rents secteurs de l'&#233;conomie, au m&#233;pris des lois nationales et sous le regard bienveillant et complice de ceux charg&#233;s de les faire appliquer. Quand on nous dit que les travailleurs d'ici sont en concurrence avec ceux d'Asie, on ment pour une large part. Les produits co&#251;teraient bien moins cher si leur prix de vente, ici, refl&#233;tait le co&#251;t de la main-d'&#339;uvre n&#233;cessaire &#224; leur production en Asie. C'est avec les surprofits des entreprises, comme Nike ou Wal-Mart, que les travailleurs d'ici sont en concurrence. S'il y avait de v&#233;ritables march&#233;s et une v&#233;ritable concurrence, ces profits n'existeraient pas, soyons-en conscients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;partir la richesse nous obligera aussi &#224; repenser les crit&#232;res de participation &#224; ce partage qui sont, actuellement, largement bas&#233;s sur le travail. Si la proportion du &#171; facteur travail &#187; diminue dans la production de la richesse, rappelons-nous que les ressources naturelles et la technologie sont des biens communs. Les ressources de la plan&#232;te appartiennent &#224; tous et leur utilisation ne doit pas servir au profit de quelques-uns.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Prot&#233;ger l'environnement
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'environnement n'est pas seulement un puits duquel nous tirons ce dont nous avons besoin pour vivre. Nous faisons partie de l'environnement. L'environnement inclut tout, y compris les humains. Il faut cesser de se percevoir comme en dehors et comprendre que nos actions produisent des effets dont nous subissons &#224; notre tour les cons&#233;quences. Si nous consid&#233;rons cet environnement comme un &#171; bien commun &#187; dont la qualit&#233; a des effets importants sur notre vie, il devient ridicule de d&#233;truire l'environnement pour produire plus de richesses qui pourront servir &#224; s'acheter des coins d'environnement de meilleure qualit&#233;. &#201;videmment, en devenant un produit, l'environnement de qualit&#233; est r&#233;serv&#233; &#224; ceux qui peuvent se le payer, alors que les autres doivent endurer les effets de la destruction ayant servi &#224; g&#233;n&#233;rer les revenus de ces derniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois, la protection de l'environnement suppose une r&#233;organisation totale de la production qui ne peut se penser qu'int&#233;gr&#233;e &#224; l'environnement et en respectant ses conditions et ses contraintes. Les &lt;br class='autobr' /&gt;
m&#233;gacomplexes industriels qui fabriquent un produit pour le monde entier ont fait leur temps. Une telle fa&#231;on de concevoir l'&#233;conomie non seulement cr&#233;e un gaspillage &#233;hont&#233; des ressources, en usinant des biens inutiles dont il faut se d&#233;barrasser apr&#232;s coup, parfois par un &lt;i&gt;dumping&lt;/i&gt; dans les pays du tiers-monde transform&#233;s en poubelles de nos erreurs de production. De plus, sp&#233;cialiser la production de chaque pays et multiplier sans fin les choix des consommateurs imposent une utilisation massive des moyens de transport qui constituent une des principales sources de gaz &#224; effet de serre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; ce sujet, lire le texte de Serge Latouche &#171; La d&#233;raison de la croissance (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En finir avec le m&#233;ga-g&#233;ant-maxi-complexe int&#233;gr&#233;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La concentration de la production, par exemple agricole, en quelques endroits peut avoir un avantage pour le gestionnaire, mais constitue une catastrophe pour l'environnement. La mondialisation pose comme principe que chaque pays et chaque r&#233;gion doivent sp&#233;cialiser leur production (ce qui est tout &#224; fait contraire aux th&#233;ories des portefeuilles, soit dit en passant. Si un pays ne fait que du ma&#239;s et qu'une maladie du ma&#239;s se d&#233;clare, tout est perdu). La sp&#233;cialisation impose un usage intensif des moyens de transport pour r&#233;partir dans le monde ces objets fabriqu&#233;s. Or, les co&#251;ts de pollution engendr&#233;s par ce syst&#232;me ne sont pas pris en consid&#233;ration et ne permettent donc pas de comprendre que ce syst&#232;me est, en fin de compte, beaucoup plus on&#233;reux. Les critiques du productivisme agroalimentaire pr&#244;nent de plus en plus un retour &#224; une certaine autosuffisance alimentaire. Les monocultures et l'utilisation intensive des sols les usent et les appauvrissent, ce qui oblige un usage massif d'engrais qui endommage l'environnement. Par exemple, les engrais utilis&#233;s dans la culture du ma&#239;s, charri&#233;s jusqu'aux ruisseaux par un arrosage mal con&#231;u, cr&#233;ent une prolif&#233;ration d'algues qui est en train de tuer nos rivi&#232;res et nos lacs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut repenser les productions en fonction des besoins locaux, des ressources locales et de l'environnement local. Apr&#232;s, si c'est possible, on peut penser &#224; l'exportation. Produire d'abord pour l'exportation et importer une quantit&#233; &#233;gale ou sup&#233;rieure de produits, en plus d'&#234;tre absurde, est devenu trop dangereux pour notre environnement. &#192; quoi nous servira-t-il d'avoir une si grande diversit&#233; de mets sur notre table, quand les fruits et les l&#233;gumes sont pleins de pesticides et ne go&#251;tent plus rien, l'essentiel de leur croissance se faisant dans des entrep&#244;ts, quand les viandes sont pleines de m&#233;dicaments inject&#233;s aux animaux pour les faire cro&#238;tre plus vite et quand les poissons sont malades de toutes les cochonneries que nous jetons &#224; l'eau ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une rationalisation de l'utilisation des sols est essentielle. Dans plusieurs pays, la r&#233;forme agraire n'a jamais &#233;t&#233; faite et les sols sont encore la propri&#233;t&#233; de quelques grands propri&#233;taires terriens. M&#234;me dans les pays o&#249; la terre &#233;tait la propri&#233;t&#233; d'une foule de petits producteurs, la situation est lentement renvers&#233;e. Des &#171; int&#233;grateurs &#187; mettent la main sur des espaces de plus en plus grands, arrimant la production agricole avec la transformation et la distribution des produits et donnant &#224; cette activit&#233; les caract&#233;ristiques d'une industrie contr&#244;l&#233;e par des multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Refaire le monde
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quand on veut refaire une politique, on se rend compte que le monde n'en forme qu'un et que tout ce qu'on bouge modifie tout le reste. La constatation est triviale et fondait le structuralisme en son temps, mais on n'y &#233;chappe toujours pas. Il faut donc &#233;tablir des priorit&#233;s et changer les choses, en cascade, &#224; partir de ces priorit&#233;s. La grande priorit&#233; qui doit guider l'&#233;conomie est le d&#233;veloppement humain non pas compris comme une augmentation des unit&#233;s de consommation, comme le lib&#233;ralisme anglo-saxon le con&#231;oit, mais comme la capacit&#233; d'exprimer pleinement et sur tous les plans, en m&#234;me temps son autonomie et sa participation &#224; la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bruno Cl&#233;mentin et Vincent Cheynet (dir.), &lt;i&gt;Objectif d&#233;croissance&lt;/i&gt;.&lt;i&gt; Vers une soci&#233;t&#233; viable&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; ce sujet, lire le texte de Serge Latouche &#171; La d&#233;raison de la croissance des transports &#187; dans le dossier &#171; Transports, &#233;cologie et changement social &#187;, &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; # 11, octobre/novembre 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ga&#233;tan Breton&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La culture : pour le meilleur et sans le pire</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-culture-pour-le-meilleur-et</link>
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		<dc:date>2008-07-13T16:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans un monde id&#233;al, la culture cesserait d'&#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une forme de divertissement sophistiqu&#233; et pas vraiment n&#233;cessaire. Les gens s&#233;rieux ne l'aborderaient plus comme le sujet &#224; traiter en dernier lieu dans une liste de pr&#233;occupations forc&#233;ment plus importantes. On ne lui donnerait plus des budgets minuscules fr&#244;lant le 1 %, tout en laissant entendre que ce montant est d&#233;j&#224; trop &#233;lev&#233;. Elle cesserait d'appartenir au domaine du passe-temps ou du loisir, consid&#233;r&#233;e nettement en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Le-Quebec-que-nous-voulons-" rel="directory"&gt;Dossier : Le Qu&#233;bec que nous voulons&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton111.jpg?1642092120' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;227&#034; height=&#034;252&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans un monde id&#233;al, la culture cesserait d'&#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une forme de divertissement sophistiqu&#233; et pas vraiment n&#233;cessaire. Les gens s&#233;rieux ne l'aborderaient plus comme le sujet &#224; traiter en dernier lieu dans une liste de pr&#233;occupations forc&#233;ment plus importantes. On ne lui donnerait plus des budgets minuscules fr&#244;lant le 1 %, tout en laissant entendre que ce montant est d&#233;j&#224; trop &#233;lev&#233;. Elle cesserait d'appartenir au domaine du passe-temps ou du loisir, consid&#233;r&#233;e nettement en de&#231;&#224; du travail utile, respectable et bien r&#233;mun&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;tudes importantes auraient prouv&#233; les effets b&#233;n&#233;fiques de la culture sur la sant&#233; et l'&#233;conomie. Les experts auraient d&#233;montr&#233; qu'un contact constant avec des productions culturelles de haut niveau r&#233;duit le d&#233;veloppement des maladies psychosomatiques, comme les troubles de digestion, l'asthme, les allergies, la migraine, la fatigue chronique et, surtout, le cancer. Selon eux, le questionnement et l'&#233;merveillement provoqu&#233;s par les &#339;uvres d'art auraient un effet l&#233;nifiant tout en stimulant l'esprit et permettraient aux individus de relativiser l'ampleur de leurs probl&#232;mes personnels. Il s'ensuivrait une importante r&#233;duction du stress et une baisse marqu&#233;e des troubles cardiaques. Un dialogue soutenu avec des &#339;uvres abordant des sujets philosophiques ou donnant l'occasion aux individus de s'identifier &#224; des personnages fictifs permettrait de mieux r&#233;soudre leurs conflits int&#233;rieurs, de devenir ainsi plus productifs et de vivre des relations personnelles plus harmonieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette productivit&#233; se refl&#233;terait sur l'&#233;conomie. Il serait ainsi possible pour les travailleurs d'arriver &#224; une production &#233;quivalente en moins d'heures de travail. Des employ&#233;s &#233;panouis et fr&#233;quentant davantage la culture feraient r&#233;aliser d'importantes &#233;conomies dans la gestion du personnel. Ils d&#233;velopperaient leur esprit critique ; ils seraient davantage en mesure d'&#233;valuer ce qui ne fonctionne pas dans leur milieu de travail et de proposer des solutions cr&#233;atives, rendant l'entreprise plus efficace. Les connaissances g&#233;n&#233;rales, et souvent gratuites, donn&#233;es par un contact avec l'univers vari&#233; de la culture, permettraient aux travailleurs d'ouvrir leurs horizons, de sortir de leur formation hyper-sp&#233;cialis&#233;e, de mieux s'adapter &#224; des changements d'attribution et d'envisager de solutions impr&#233;vues &#224; des probl&#232;mes. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, une culture vivante et bien diffus&#233;e r&#233;duirait le taux de suicide ; elle ferait baisser la criminalit&#233;, diminuerait les co&#251;ts reli&#233;s au crime et rendrait les villes plus habitables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces constats bassement pratiques auraient entra&#238;n&#233; tant les grands de ce monde que l'ensemble de la soci&#233;t&#233; &#224; comprendre la culture autrement, &#224; la consid&#233;rer comme une priorit&#233;. Si bien qu'on aurait choisi de revoir enti&#232;rement la place qu'elle doit occuper, et la fa&#231;on dont on la g&#232;re et on la finance, afin de la rendre le plus largement accessible.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un financement rehauss&#233; et &#233;quitable&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;vision du r&#244;le de la culture commencerait par un financement nettement plus g&#233;n&#233;reux. On injecterait de nouveaux fonds, en importante quantit&#233;, dans ce qui ne serait plus un luxe, mais une n&#233;cessit&#233;. De l'argent nouveau et abondant, qui serait principalement accord&#233; aux artistes et &#224; ceux qui les soutiennent vraiment. Une meilleure r&#233;partition de la richesse, qui passerait par un retour &#224; une fiscalit&#233; plus juste, &#224; un imp&#244;t progressif sur le revenu et &#224; l'&#233;limination des mille et une possibilit&#233;s de pratiquer l'&#233;vitement fiscal, impliquerait tous les citoyens dans le financement de la culture. Chacun y contribuerait selon ses ressources financi&#232;res, de m&#234;me que les entreprises, qui paieraient enfin leur juste part d'imp&#244;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;&#233;valuation des revenus pour l'ensemble des m&#233;tiers permettrait aussi de mieux r&#233;&#233;quilibrer les salaires. Ainsi, par exemple, les gens exer&#231;ant des m&#233;tiers d&#233;clar&#233;s nuisibles &#8211; les sp&#233;culateurs, les fabricants de 4X4, les lobbyistes des compagnies pharmaceutiques et d'entreprises polluantes, les concepteurs de publicit&#233;s idiotes, les dirigeants d'organisations telles le FMI et la Banque mondiale, etc. &#8211; ne pourraient gagner plus que le salaire moyen d'un artiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;partir le financement de la culture, pas de v&#233;ritable r&#233;volution : le syst&#232;me d'&#233;valuation par les pairs au sein d'institutions comme le Conseil des arts de Canada et le Conseil des arts et des lettres du Qu&#233;bec, demeurerait toujours efficace. On reconna&#238;trait une fois de plus que les artistes doivent rester ind&#233;pendants, qu'il ne sert &#224; rien de les forcer &#224; jouer le r&#244;le de courtisans demandant des faveurs aux &#233;lus et que leur production ne doit en rien &#234;tre utile ou servir de propagande au pouvoir officiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les subventions aux artistes seraient donc comme maintenant attribu&#233;es par les pairs : comme la composition d'un jury n'est jamais la m&#234;me, et que des artistes de toutes les tendances sont un jour appel&#233;s &#224; si&#233;ger sur les jurys, il est assur&#233; que les choix ne rel&#232;veront pas d'une chapelle qui accapare ind&#251;ment les montants distribu&#233;s. Par contre, les formulaires de demande de subvention seraient simplifi&#233;s et centralis&#233;s, de fa&#231;on &#224; ce que les artistes ne perdent plus un temps fou &#224; remplir de petites cases et &#224; se confondre dans un langage de technocrates. Pour les m&#234;mes raisons, et pour permettre aux artistes de se consacrer d'abord et avant tout &#224; leur &#339;uvre, on &#233;viterait avec soin de multiplier les sources de financement et les programmes de subvention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises et les m&#233;c&#232;nes qui souhaiteraient donner de l'argent aux artistes seraient encourag&#233;s &#224; le faire &#8211; &#224; la condition qu'ils aient d'abord pay&#233; leurs imp&#244;ts. Mais on ne demandera plus aux artistes d'aller leur qu&#233;mander de l'argent pour combler les d&#233;faillances d'un financement qui serait alors beaucoup plus g&#233;n&#233;reux. Et surtout, la commandite serait interdite. On ne se servirait plus du travail des artistes pour rehausser l'image d'une compagnie ou pour placarder des logos et de la publicit&#233; plein la vue. Les dons resteraient d'une grande discr&#233;tion. Id&#233;alement, l'artiste ignorerait l'identit&#233; des donateurs, parce qu'on privil&#233;gierait plus que tout son ind&#233;pendance. On admettrait que la reconnaissance envers un m&#233;c&#232;ne devient souvent une forme d'autocensure et qu'un artiste largement financ&#233; par des gens aux int&#233;r&#234;ts pr&#233;cis, se voit limit&#233; dans sa libert&#233; de jeter un regard enti&#232;rement critique sur le monde dans lequel il vit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; des productions culturelles pourraient &#234;tre gratuites. Mais comme le simple fait de payer un billet pour une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre ou un concert rend souvent les spectateurs plus attentifs et respectueux de ce qu'ils voient, certains tarifs seraient maintenus. Dans le but d'&#233;viter l'apparition d'une culture ch&#232;re et &#233;litiste, le prix des billets s'apparenterait &#224; une forme d'imp&#244;t progressif sur le revenu : il s'ajusterait au salaire du spectateur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La disparition de l'art industriel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une soci&#233;t&#233; qui d&#233;veloppe un grand int&#233;r&#234;t envers l'art et la culture permet de former plus d'artistes qui profitent d'un public sensible et davantage en mesure d'appr&#233;cier ce qu'il d&#233;couvre. Cela aurait des effets d&#233;vastateurs sur l'art industriel qui dispara&#238;trait peu &#224; peu. En effet, les &#339;uvres &#171; grand public &#187; fabriqu&#233;es par des producteurs qui ne pensent qu'&#224; r&#233;aliser des profits, qui lancent leurs artistes &#224; coup de campagnes publicitaires et en occupant tout l'espace, ne trouveraient plus preneurs. Consid&#233;rant que les investissements pour les campagnes de promotions ne rapportent plus, les gros producteurs cesseraient d'imposer leurs fadaises, se recycleraient, deviendraient agents d'immeubles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La disparition de l'art industriel accentuerait encore plus la grande activit&#233; artistique d&#233;clench&#233;e par un meilleur financement. Stimul&#233; par une culture de qualit&#233; omnipr&#233;sente, l'art amateur se d&#233;velopperait tant dans les grandes villes que dans les villages. Il en d&#233;coulerait des productions d'une infinie vari&#233;t&#233;, d'une grande imagination, dont la diversit&#233; et la qualit&#233; des musiques traditionnelles nous donnent aujourd'hui un excellent aper&#231;u. Les peuples ont d&#233;montr&#233; &#224; plusieurs reprises qu'ils ont cr&#233;&#233; de la musique &#8211; et de l'art, d'un point de vue plus g&#233;n&#233;ral &#8211; de beaucoup sup&#233;rieure &#224; celle que leur a manufactur&#233; le productivisme moderne ; la cr&#233;ativit&#233; populaire serait donc enfin relanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle soci&#233;t&#233; ouverte &#224; la culture entra&#238;nerait une multiplication de l'offre : plus d'artistes, plus d'&#339;uvres, une production encore plus soutenue que maintenant, alors qu'il nous est d&#233;j&#224; si difficile de suivre tout ce qui se d&#233;roule dans chacun des domaines artistiques. Mais la disparition de l'art industriel permettrait aux artistes d'atteindre beaucoup plus d'amateurs, rendrait le public plus ouvert, beaucoup plus disponible &#224; l'exp&#233;rimentation et &#224; l'exploration d'&#339;uvres diverses et exigeantes. Les artistes de talent, en grand nombre, trouveraient ainsi un public &#233;clat&#233;, pas toujours &#233;tendu &#233;tant donn&#233; la tr&#232;s grande diversit&#233; de la production, mais attentif et stimulant. Ils devront sans doute abandonner leur r&#234;ve de s&#233;duire tout le monde, de vendre leurs cr&#233;ations en &#233;normes quantit&#233;s, et accepter de devoir partager avec leurs pairs une part de spectateurs ou de lecteurs forc&#233;ment limit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre que malgr&#233; tout certains artistes sortiront du lot. Il est normal apr&#232;s tout qu'une soci&#233;t&#233; se reconnaisse en des &#339;uvres connues de tous, qui servent ainsi &#224; rassembler les gens. Mais les &#339;uvres qui se d&#233;tacheront se signaleront par leurs grandes qualit&#233;s et par la richesse du message de l'artiste &#8211; et non pas par leur facilit&#233; et leur m&#233;diocrit&#233;, comme dans ces ann&#233;es d&#233;sormais honnies pendant lesquelles l'art suivait d'illusoires lois du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce monde nouveau dans lequel la culture serait trait&#233;e &#224; sa juste valeur ne ressemblerait cependant pas &#224; une pure utopie. La mort planerait toujours, &#233;videmment, de m&#234;me que les cataclysmes, la maladie, le malheur. Et m&#234;me si plusieurs aspects de la vie en soci&#233;t&#233; seraient grandement am&#233;lior&#233;s, les &#234;tres humains resteraient fid&#232;les &#224; eux-m&#234;mes, c'est-&#224;-dire, dans une certaine mesure, comme le disait Candide, &#171; &lt;i&gt;menteurs, fourbes, perfides, ingrats, brigands, faibles, volages, l&#226;ches, envieux, gourmands, ivrognes, avares, ambitieux, sanguinaires, calomniateurs, d&#233;bauch&#233;s, fanatiques, hypocrites et sots&lt;/i&gt; &#187;. Les artistes auraient donc encore une riche mati&#232;re pour leurs &#339;uvres pendant de longues ann&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Vaillancourt&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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