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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Intens&#233;ment la vie</title>
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		<dc:date>2008-08-09T23:33:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Brouillard</dc:creator>


		<dc:subject>Brouillard, Christian</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mouloud Belabdi, Intens&#233;ment la vie, Qu&#233;bec, Fondation litt&#233;raire Fleur de lys, 2005 &lt;br class='autobr' /&gt; Le Po&#232;me se fait et refait continuellement la vie Mouloud Belabdi &lt;br class='autobr' /&gt;
Que peut le po&#232;me ? La question est lancinante pour ceux et celles qui ne se satisfont nullement de ce Monde qui est et de cette survie impos&#233;e. &#171; Au-del&#224; de ce manque toujours ressenti, au-del&#224; de l'in&#233;vitable et inexcusable d&#233;perdition de tout ce que nous avons aim&#233;, le jeu se joue encore, nous sommes &#187; (Guy Debord). Avec ses po&#232;mes, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-14-avril-mai-2006-" rel="directory"&gt;No 014 - avril / mai 2006&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Brouillard-Christian-+" rel="tag"&gt;Brouillard, Christian&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton672.jpg?1642092272' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;256&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mouloud Belabdi, &lt;i&gt;Intens&#233;ment la vie&lt;/i&gt;, Qu&#233;bec, Fondation litt&#233;raire Fleur de lys, 2005&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Po&#232;me se fait et refait continuellement la vie
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mouloud Belabdi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peut le po&#232;me ? La question est lancinante pour ceux et celles qui ne se satisfont nullement de ce Monde qui est et de cette survie impos&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Au-del&#224; de ce manque toujours ressenti, au-del&#224; de l'in&#233;vitable et inexcusable d&#233;perdition de tout ce que nous avons aim&#233;, le jeu se joue encore, nous sommes&lt;/i&gt; &#187; (Guy Debord). Avec ses po&#232;mes, Mouloud Belabdi r&#233;affirme la force t&#234;tue de la po&#233;sie, ce fragile pouvoir des mots &#224; pointer &lt;i&gt;au-del&#224; des traverses, / la perfection future / de l'Humanit&#233;&lt;/i&gt;. Oh certes, dire et d&#233;clamer semble bien d&#233;risoire dans une &#233;poque o&#249; le fracas des armes et le froid calcul marchand recouvrent de leurs eaux glac&#233;es le simple spasme de vivre. C'est pourtant avec passion que l'auteur d'Intens&#233;ment la vie &#8211; Cycles met au jour ces moments, faits de paroles et de silences, qui donnent sens au vivre. Baignant dans l'exaltation du pr&#233;sent, le po&#232;me n'en oublie pas pour autant le pass&#233;, les m&#233;moires blessantes et les plaies ouvertes dans la chronique du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le po&#232;me ne d&#233;tourne donc pas du r&#233;el m&#234;me dans l'&#233;vocation la plus intime : &lt;i&gt;Comprendre cela / dans l'obsolescence des chim&#232;res / sans se soustraire au r&#233;el / voil&#224; qui est parfait&lt;/i&gt;. Ce r&#233;el, quoi qu'on puisse en dire, bouge et change. Oh, certes, le Monde s'acharne &#224; ne pas aller o&#249; nous voudrions qu'il aille. Cependant, quelque trop rares fois, &lt;i&gt;Deux corps &#233;trangers bifurquent / dans la nuit qui tressaille&lt;/i&gt;. La po&#233;sie de Mouloud Belabdi scrute ces bifurcations, ces passages, ces cycles o&#249; nous glissons au long des jours. Que ce soit sur l'asphalte des rues de Montr&#233;al ou dans l'&#233;vocation de l'&#238;le mythique de son enfance, le po&#232;te, par del&#224; sa condition d'exil&#233; (mais ne le sommes-nous pas tous ?), t&#233;moigne du caract&#232;re unitaire de la condition humaine :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Ailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Est aussi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; UNE PATRIE&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le po&#232;me recueille alors l'exigence de l'ouverture &#224; l'AUTRE, r&#233;clamant L'AMOUR SANS CONDITION. C'est impr&#233;gn&#233; de cette r&#233;clamation, intense et vibrante, que nous fermons ce recueil, retournant &#224; la vie avec au c&#339;ur cet appel, fragile et indestructible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.manuscritdepot.com" class="spip_out"&gt;Disponible en version num&#233;rique sur le site de la Fondation litt&#233;raire Fleur de lys&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Brouillard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>On se calme !</title>
		<link>https://www.ababord.org/On-se-calme</link>
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		<dc:date>2008-08-09T22:54:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martin Poirier</dc:creator>


		<dc:subject>Privatisation et partenariats publics-priv&#233;s (PPP) </dc:subject>
		<dc:subject>Poirier, Martin </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; la suite des agissements questionnables des dirigeants de la SAQ, notamment en mati&#232;re de fixation des prix, il ne se passe pas une journ&#233;e sans que l'on propose, &#224; cor et &#224; cris, la privatisation de cette soci&#233;t&#233; d'&#201;tat. Or, les partisans du priv&#233; omettent de pr&#233;ciser une chose fort importante : en quoi, exactement, le secteur priv&#233; ferait-il mieux en termes d'&#233;thique et de pratiques commerciales ? &lt;br class='autobr' /&gt; On se rappellera &#233;videmment des scandales financiers ayant peupl&#233; les manchettes ces (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Poirier-Martin-+" rel="tag"&gt;Poirier, Martin &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; la suite des agissements questionnables des dirigeants de la SAQ, notamment en mati&#232;re de fixation des prix, il ne se passe pas une journ&#233;e sans que l'on propose, &#224; cor et &#224; cris, la privatisation de cette soci&#233;t&#233; d'&#201;tat. Or, les partisans du priv&#233; omettent de pr&#233;ciser une chose fort importante : en quoi, exactement, le secteur priv&#233; ferait-il mieux en termes d'&#233;thique et de pratiques commerciales ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On se rappellera &#233;videmment des scandales financiers ayant peupl&#233; les manchettes ces derni&#232;res ann&#233;es. L'espace nous manque pour en faire une recension exhaustive, mais citons tout de m&#234;me quelques noms de scandales c&#233;l&#232;bres : Parmalat (Italie), Enron (&#201;.U.), Livedoor 1 (Japon), Worldcom (&#201;.U.)... Nous ne sommes pas en reste au Canada et au Qu&#233;bec avec Nortel, Norbourg, Norshield, Conrad Black (Hollinger) et les nombreuses firmes de communication ayant gravit&#233; autour du programme des commandites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le scandale d'Enron est particuli&#232;rement &#233;clairant. En 1996, la Californie d&#233;r&#233;glemente le march&#233; de l'&#233;lectricit&#233; &#224; la suite du lobby d'Enron et des autres compagnies d'&#233;nergie. Du jour au lendemain, un vaste casino de l'&#233;nergie est cr&#233;&#233; et les entreprises priv&#233;es (pas seulement Enron) en profitent pour, entre autres choses, vendre des m&#233;gawatts inexistants, former des cartels afin de fixer les prix, vendre de l'&#233;lectricit&#233; &#224; la Californie plus cher en pr&#233;tendant qu'elle provient de l'ext&#233;rieur de l'&#201;tat, etc. R&#233;sultat : en moins de cinq ans, la Californie se retrouve emp&#234;tr&#233;e dans une crise &#233;nerg&#233;tique sans pr&#233;c&#233;dent, Enron est mise en faillite et son v&#233;rificateur, la firme Arthur Andersen, est trouv&#233; coupable d'obstruction &#224; la justice apr&#232;s avoir fait dispara&#238;tre des preuves compromettantes. &#192; c&#244;t&#233; de cela, le mini-scandale de la SAQ appara&#238;t des plus insignifiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question plus sp&#233;cifique de la fixation des prix, les d&#233;fenseurs du march&#233; font valoir qu'une &#171; saine concurrence &#187; permettrait d'obtenir les prix les plus bas, chaque entreprise &#233;tant oblig&#233;e d'offrir des prix &#233;gaux ou inf&#233;rieurs au prix du march&#233; sous peine de ne plus &#234;tre concurrentielle et de se voir condamn&#233;e &#224; dispara&#238;tre. Cette vision idyllique du libre-march&#233; se heurte cependant &#224; deux r&#233;alit&#233;s incontournables. En premier lieu, l'ouverture &#224; la concurrence sur un march&#233; donn&#233; am&#232;ne une multiplication du nombre d'entreprises d&#233;sireuses d'en profiter, ce qui cr&#233;e une inefficience. En Alberta, &#224; la suite de la privatisation de l'Alberta Liquor Control Board (l'&#233;quivalent de la SAQ), les prix des produits alcoolis&#233;s ont bondi de 10 % et cette augmentation s'est maintenue &#224; long terme, malgr&#233; la baisse des salaires des employ&#233;es et les baisses de taxes successives accord&#233;es par le gouvernement albertain aux nouveaux entrepreneurs. Cette inefficience du nouveau syst&#232;me privatis&#233; est due &#224; la multiplication du nombre de magasins ; l'augmentation des co&#251;ts d'op&#233;ration des magasins a largement compens&#233; les baisses de salaires et de taxes, d'o&#249; la hausse des prix observ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, un &#171; march&#233; libre &#187; ne garantit pas les meilleurs prix parce que les entreprises n'ont pas avantage &#224; se faire concurrence. Elles ont plut&#244;t int&#233;r&#234;t &#224; se concerter pour fixer des prix et des quotas afin de r&#233;aliser des profits plus &#233;lev&#233;s. Voil&#224; pourquoi il existe une Loi sur la concurrence au Canada, laquelle vise &#224; pr&#233;venir les pratiques anticoncurrentielles. On peut consulter sur le site du Bureau de la concurrence (organisme charg&#233; d'appliquer cette loi) la longue liste des entreprises internationales condamn&#233;es au fil des ans. On y retrouve quelques noms connus comme Mitsubishi, Rh&#244;ne-Poulenc, Pfizer ou BASF. Notons qu'il ne s'agit que de la pointe de l'iceberg, les complots anticoncurrentiels &#233;tant en pratique tr&#232;s difficiles &#224; prouver et &#224; faire condamner par les tribunaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve aussi, &#224; travers les communiqu&#233;s de presse du Bureau de la concurrence, de l'information sur les complots nationaux, comme par exemple celui impliquant Cascades, Domtar et Unisources. Leurs agissements visant &#224; fixer les prix de certains produits du papier en Ontario et au Qu&#233;bec leur ont valu des amendes records de 37,5 millions de dollars en janvier 2006. Pourtant, les m&#233;dias en ont fait peu de cas, pr&#233;f&#233;rant se rabattre sur la SAQ. Le statut de soci&#233;t&#233; d'&#201;tat, s'il ne garantit pas l'absence de faux pas de ses dirigeants, oblige au moins &#224; une plus grande transparence et &#224; une imputabilit&#233; qu'on ne retrouve pas dans le priv&#233;. Il aura fallu quelques articles de presse pour jeter la SAQ sous les feux de la rampe, faire rouler les t&#234;tes de deux vice-pr&#233;sidents et du pr&#233;sident du conseil d'administration, int&#233;resser le V&#233;rificateur g&#233;n&#233;ral, etc. En comparaison, le jugement contre Cascades, Domtar et Unisources exigeait que les vice-pr&#233;sidents responsables de la fixation des prix soient d&#233;mis de leurs fonctions &#8211; plus de cinq ans apr&#232;s les faits reproch&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple int&#233;ressant de fixation des prix : en novembre 2005, La Brasserie Labatt plaidait coupable, devant la Cour du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al, de maintien des prix relativement &#224; la vente de bi&#232;re. Selon le Bureau de la concurrence, &#171; &lt;i&gt;Labatt, par l'entremise de certains de ses repr&#233;sentants des ventes, a soit par entente, menace, promesse ou quelque autre moyen semblable, tent&#233; de faire monter ou d'emp&#234;cher qu'on ne r&#233;duise le prix auquel neuf d&#233;panneurs/&#233;piciers ind&#233;pendants fournissaient ou offraient de fournir leurs bi&#232;res &#233;conomiques provenant autant des autres brasseries que de Labatt.&lt;/i&gt; &#187; Encore une fois, ces faits ont &#233;t&#233; pass&#233;s largement sous silence par les m&#233;dias. Il faudrait qu'on nous explique en quoi le fait de fixer les prix pour la bi&#232;re est moins scandaleux que de le faire pour les vins. &#192; moins que tout le vacarme m&#233;diatique entourant la SAQ ne soit qu'une vaste op&#233;ration de relations publiques ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.iris-recherche.qc.ca" class="spip_out"&gt;Pour de plus amples informations sur la privatisation de l'ALCB en Alberta&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Martin Poirier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rwanda, l'histoire secr&#232;te</title>
		<link>https://www.ababord.org/Rwanda-l-histoire-secrete</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Rwanda-l-histoire-secrete</guid>
		<dc:date>2008-08-02T17:14:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Elie</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique sub-saharienne</dc:subject>
		<dc:subject>Elie, Julien</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Conflits, droits humains et impunit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Abdul Joshua Ruzibiza, Rwanda, l'histoire secr&#232;te, Paris, Panama, 2005 &lt;br class='autobr' /&gt; C'est pour quand, le proc&#232;s ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le g&#233;nocide rwandais nous renvoie sans contredit l'image la plus laide de l'esp&#232;ce humaine. Si certains ont essay&#233;, plus souvent qu'autrement sans r&#233;elle r&#233;percussion, d'&#233;clairer avec justesse le drame et d&#233;montrer que plusieurs des responsables des massacres sont non seulement en libert&#233;, mais aussi &#233;lus d&#233;mocratiquement et membres d'un gouvernement avec si&#232;ge &#224; l'ONU, le livre du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-14-avril-mai-2006-" rel="directory"&gt;No 014 - avril / mai 2006&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Afrique-sub-saharienne-+" rel="tag"&gt;Afrique sub-saharienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Elie-Julien-+" rel="tag"&gt;Elie, Julien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Conflits-droits-humains-et-+" rel="tag"&gt;Conflits, droits humains et impunit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton635.jpg?1642092271' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;257&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Abdul Joshua Ruzibiza, &lt;i&gt;Rwanda, l'histoire secr&#232;te&lt;/i&gt;, Paris, Panama, 2005&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est pour quand, le proc&#232;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;nocide rwandais nous renvoie sans contredit l'image la plus laide de l'esp&#232;ce humaine. Si certains ont essay&#233;, plus souvent qu'autrement sans r&#233;elle r&#233;percussion, d'&#233;clairer avec justesse le drame et d&#233;montrer que plusieurs des responsables des massacres sont non seulement en libert&#233;, mais aussi &#233;lus d&#233;mocratiquement et membres d'un gouvernement avec si&#232;ge &#224; l'ONU, le livre du lieutenant Abdul Joshua Ruzibiza &#233;tait presque inesp&#233;r&#233;. Tr&#232;s vite on condamna, et avec raison, les membres du &lt;i&gt;Hutu Power&lt;/i&gt; pour le g&#233;nocide des centaines de milliers de Tutsis. On pr&#233;f&#233;ra aussi oublier que pendant et m&#234;me avant le d&#233;but des massacres, le Rwanda &#233;tait plong&#233; dans une guerre civile. Des exil&#233;s tutsis, sous la banni&#232;re du Front patriotique rwandais (FPR) dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral Paul Kagam&#233;, voulant mettre fin au r&#233;gime du pr&#233;sident Juv&#233;nal Habyarimana et &#224; la r&#233;pression que subissait la minorit&#233; tutsie, attaquaient, depuis le maquis longeant la fronti&#232;re ougandaise, les troupes de l'arm&#233;e nationale du Rwanda. Depuis la fin du g&#233;nocide et la prise du pouvoir par le FPR, des opposant politiques ont sans cesse rappel&#233; les horreurs commises par les troupes de Kagam&#233;. Or, le g&#233;n&#233;ral avait jusqu'&#224; maintenant joui d'un appui inconditionnel de la communaut&#233; internationale. Quiconque osait d&#233;noncer l'implication du FPR dans des massacres &#233;tait trait&#233; de n&#233;gationniste (du g&#233;nocide des Tutsis). La logique est implacable. Il ne pouvait y avoir qu'un groupe de salauds et donc qu'un groupe de victimes. Malheureusement pour les Gil Courtemanche, Dominique Payette et autres amoureux de belles histoires, la v&#233;rit&#233; est tout autre. Encore plus dur pour les amis du FPR, cette fois la critique sans faille, minutieuse et courageuse vient de l'int&#233;rieur du FPR. Pire encore, le cri est celui d'un homme fort du r&#233;gime, d'un officier, fid&#232;le alli&#233; de Kagam&#233; &#224; l'&#233;poque. Et cette fois, on ne pourra s&#251;rement pas accuser le messager de connivence avec les g&#233;nocidaires hutus. Le lieutenant Abdul Ruzibiza est non seulement Tutsi, mais sa famille au grand complet a p&#233;ri sous le coup des machettes des ignobles &lt;i&gt;interhamwe&lt;/i&gt;, ces bandes meurtri&#232;res entra&#238;n&#233;es pour d&#233;cimer la population tutsie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ruzibiza va surtout beaucoup plus loin que la plupart des opposants de Kagam&#233;. G&#233;n&#233;ralement, on s'entendait pour dire que les atrocit&#233;s commises par les forces du FPR ne pouvaient, sur l'&#233;chelle de la barbarie, &#234;tre compar&#233;es &#224; celles commises par le &lt;i&gt;Hutu Power&lt;/i&gt;. Bien qu'il ne s'agissait pas de simples vengeances, on ne pouvait parler de double g&#233;nocide (celui des Tutsis versus celui des Hutus). Seuls des gens favorables aux g&#233;nocidaires hutus osaient mettre sur un pied d'&#233;galit&#233; ces crimes honteux. Mais comme un coup de massue dans le camp Kagam&#233;, Ruzibiza annonce en d&#233;but de livre : &#171; &lt;i&gt;J'affirme sans r&#233;serve que les exactions inflig&#233;es aux Hutus par les militaires de l'Arm&#233;e patriotique rwandaise&lt;/i&gt; [branche arm&#233;e du FPR] &lt;i&gt;constituent un g&#233;nocide. Mes coll&#232;gues et moi, nous le confirmons parce que nous l'avons vu de nos propres yeux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait la force du bouquin du lieutenant Ruzibiza, ce sont justement les faits rapport&#233;s avec exactitude par l'auteur. Il d&#233;crit avec moult d&#233;tails les d&#233;buts dans le maquis, depuis la formation du FPR jusqu'&#224; la prise du pouvoir de Kigali en juillet 1994. Quand Kagam&#233; r&#233;clamait la t&#234;te d'un tel ou le massacre d'un village, Ruzibiza &#233;coutait les ordres, et surtout prenait des notes. Chaque &#233;tape est relat&#233;e avec citations &#224; l'appui, chaque mouvement de troupes est expliqu&#233; avec le nom du commandant en charge et le nombre de victimes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre mythe, pris&#233; par les d&#233;fenseurs du FPR, vole en &#233;clat avec les r&#233;v&#233;lations de l'auteur : celui selon lequel les troupes du FPR avaient pour objectif non pas seulement le renversement du r&#233;gime Habyarimana mais en premier lieu la protection des civils, les populations tutsies victime du g&#233;nocide. Non seulement cela est faux, comme plusieurs s'en doutaient, mais plus effrayant encore &#171; &lt;i&gt;les Tutsis jouaient le r&#244;le d'otages pour les agressions du FPR&lt;/i&gt; [&#8230;], l&lt;i&gt;es repr&#233;sailles contre eux servaient bien la cause.&lt;/i&gt; &#187; Avec preuves et t&#233;moignages &#224; l'appui, l'auteur nous explique comment le chaos cr&#233;&#233; par le g&#233;nocide servaient les dessins de Kagam&#233; : &#171; &lt;i&gt;Plusieurs exemples sont l&#224; pour prouver comment le FPR multipliait les attaques afin d'inciter les populations &#224; s'en prendre aux Tutsis.&lt;/i&gt; &#187; Les calculs de Kagam&#233;, selon les conclusions de l'auteur, sont d'une simplicit&#233; &#224; glacer le sang : plus les Tutsis p&#233;riront dans les massacres, plus la venue du FPR sera souhaitable pour la communaut&#233; internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce sujet, le passage sur l'attentant contre l'avion du pr&#233;sident Habyarimana est probablement le plus attendu et le plus convaincant. Contrairement &#224; la croyance populaire qui voulait que l'attentat ait &#233;t&#233; commis par des membres du &lt;i&gt;Hutu Power&lt;/i&gt; (cette hypoth&#232;se voulait que des extr&#233;mistes hutus aient abattu l'avion pour faire croire &#224; une attaque du FPR et d&#233;clencher les foudres des populations), plusieurs clamaient haut et fort que les assassins du pr&#233;sident ne pouvaient &#234;tre que les hommes de Kagam&#233;. Gr&#226;ce au livre de Ruzibiza, qui &#233;tait aux premi&#232;res loges, on a droit &#224; une description m&#233;thodique et haletante de l'attentat qui mena &#224; la mort du pr&#233;sident Habyarimana. C'est d'autant plus effrayant de confirmer la culpabilit&#233; de Kagam&#233; dans ce crime que, comme l'auteur du livre le souligne, toutes les personnes bien inform&#233;es savaient depuis des mois que des miliciens hutus s'entra&#238;naient dans le but d'ex&#233;cuter la minorit&#233; tutsie, avec listes de noms par rue et maisons &#224; l'appui. Kagam&#233; avait-il conscience qu'en abattant l'avion, un g&#233;nocide se d&#233;clencherait dans les heures suivantes ? Bien s&#251;r. Car comme ce livre nous le d&#233;montre de la premi&#232;re &#224; la derni&#232;re page, le g&#233;n&#233;ral Kagam&#233; est un homme politique cruel qui n'avait qu'un objectif en t&#234;te, quitte &#224; ce que ses fr&#232;res et s&#339;urs tutsis en paient le prix : celui de prendre le pouvoir &#224; Kigali. On sait depuis que l'objectif &#233;tait encore plus grand et plus sinistre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;crit parfois sch&#233;matiquement (l'auteur est un militaire, rappelons-le), avec un canevas qui peut devenir lassant par moment, &lt;i&gt;Rwanda, l'histoire secr&#232;te&lt;/i&gt; n'en reste pas moins un document de premier plan, essentiel et surtout courageux, peut-&#234;tre le plus important sur l'histoire r&#233;cente du Rwanda, attendu par certains et craint par d'autres. Ceux-l&#224; m&#234;me qu'on entendra &#233;tonnamment un peu moins souvent &#224; l'avenir. Et &#231;a, c'est d&#233;j&#224; une petite victoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Julien &#201;lie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Pourquoi &#231;a ne va pas plus mal ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Pourquoi-ca-ne-va-pas-plus-mal</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ga&#233;tan Breton</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Breton, Ga&#233;tan </dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Patrick Viveret, Pourquoi &#231;a ne va pas plus mal ?, Fayard &#8211; transversales, 2005. &lt;br class='autobr' /&gt; ... on se le demande &lt;br class='autobr' /&gt;
Malheureusement, voici encore un livre qui risque de pr&#234;cher &#224; des convertis. Ce n'est &#233;videmment pas la faute du livre ou de son auteur, mais bien celle du syst&#232;me de manipulation organis&#233;e de l'information dans lequel nous vivons. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Viveret, la primaut&#233; absolue de l'&#233;conomie dans laquelle nous vivons actuellement est le r&#233;sultat d'une triple r&#233;volution. Une premi&#232;re r&#233;volution a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Breton-Gaetan-+" rel="tag"&gt;Breton, Ga&#233;tan &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton352.jpg?1642092268' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;276&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Patrick Viveret, &lt;i&gt;Pourquoi &#231;a ne va pas plus mal ?&lt;/i&gt;, Fayard &#8211; transversales, 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;... on se le demande&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, voici encore un livre qui risque de pr&#234;cher &#224; des convertis. Ce n'est &#233;videmment pas la faute du livre ou de son auteur, mais bien celle du syst&#232;me de manipulation organis&#233;e de l'information dans lequel nous vivons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Viveret, la primaut&#233; absolue de l'&#233;conomie dans laquelle nous vivons actuellement est le r&#233;sultat d'une triple r&#233;volution. Une premi&#232;re r&#233;volution a amen&#233; la raison au premier rang des valeurs, rel&#233;guant au second ou au troisi&#232;me plan les anciennes valeurs religieuses. Le monde devient ainsi intelligible, d&#233;pourvu de forces inexplicables et pr&#234;t &#224; servir &#224; l'homme, puisqu'il est maintenant son &#171; environnement &#187;. La deuxi&#232;me r&#233;volution a remplac&#233; le droit divin par le droit citoyen, ce qui permet de rendre les gens responsables de ce qui leur arrive, au lieu d'un quelconque destin ou d'une quelconque fatalit&#233;. Enfin, la r&#233;volution technologique apporte les moyens de s'abstraire des anciennes contraintes physiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cons&#233;quence logique d'un tel mouvement devrait &#234;tre une augmentation notable non seulement du niveau de vie, mais aussi du plaisir. Or, le constat actuel est tout &#224; l'oppos&#233; : notre environnement se d&#233;grade de plus en plus, on nous menace de p&#233;nuries de tous c&#244;t&#233;s, le tiers monde est en train d'en devenir la demie et le travail est plus contraignant que jamais. Nous allons vers une &#171; d&#233;pression nerveuse universelle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Viveret, la financiarisation de l'&#233;conomie se pr&#233;sente comme une &#171; pathologie mentale collective &#187;. Nous fon&#231;ons &#224; toute vapeur vers la folie collective qui pourrait se d&#233;crire par un d&#233;placement de nos imaginaires vers l'hyperr&#233;alit&#233; dont parlait Baudrillard. Le signifiant est parti avec le sens et a d&#233;cr&#233;t&#233; un nouveau contenu qui, bien que n'ayant plus de lien avec son r&#233;f&#233;rent, est devenu plus r&#233;el que la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Viveret y va alors d'une s&#233;rie de propositions pour remettre le monde sur ses pieds et ainsi cesser de heurter nos esprits. Je les r&#233;sumerais par une expression : redevenir humains. Car il semble que le leitmotiv de cette transformation ait &#233;t&#233; la perte de cette humanit&#233; (au sens humaniste du terme) qui seule peut nous sauver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons donc ici une vision connue de notre monde &#233;conomique auquel nous devons ajouter un aspect psychologique assez inusit&#233; et rempli d'id&#233;es int&#233;ressantes. Pour commencer, ou continuer, votre &#171; d&#233;sintoxication &#187; du discours &#233;conomico-politique dominant, un livre &#224; lire, qui dit simplement des choses qui, au fond, sont assez simples puisqu'il s'agit de la vie m&#234;me. Apr&#232;s l'avoir lu, peut-&#234;tre pourrez-vous contribuer un peu &#224; ce que &#231;a n'aille pas plus mal.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ga&#233;tan Breton&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'institution scolaire et ses miracles</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-institution-scolaire-et-ses</link>
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		<dc:date>2008-07-26T15:28:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mouloud Idir, Sma&#239;n Laacher</dc:creator>


		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Idir, Mouloud </dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Laacher, Sma&#239;n </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sma&#239;n Laacher, L'institution scolaire et ses miracles, La Dispute, Paris, 2005. &lt;br class='autobr' /&gt; L'&#233;cole ancr&#233;e dans son milieu social &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;crits du sociologue Sma&#239;n Laacher, chercheur au Centre d'&#233;tudes des mouvements sociaux de l'&#201;cole des hautes &#233;tudes en sciences sociales (EHESS), gagneraient certainement &#224; &#234;tre davantage connus en Am&#233;rique du Nord. Ce livre permet largement de prendre la mesure de la profondeur analytique et de l'originalit&#233; th&#233;orique de l'auteur s'agissant de la question de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Idir-Mouloud-+" rel="tag"&gt;Idir, Mouloud &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Laacher-Smain-+" rel="tag"&gt;Laacher, Sma&#239;n &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton351.jpg?1642092268' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;281&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sma&#239;n Laacher, &lt;i&gt;L'institution scolaire et ses miracles&lt;/i&gt;, La Dispute, Paris, 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;cole ancr&#233;e dans son milieu social&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;crits du sociologue Sma&#239;n Laacher, chercheur au Centre d'&#233;tudes des mouvements sociaux de l'&#201;cole des hautes &#233;tudes en sciences sociales (EHESS), gagneraient certainement &#224; &#234;tre davantage connus en Am&#233;rique du Nord. Ce livre permet largement de prendre la mesure de la profondeur analytique et de l'originalit&#233; th&#233;orique de l'auteur s'agissant de la question de l'&#233;cole et du r&#244;le qu'elle joue dans &#171; &lt;i&gt; les trajectoires scolaires d'enfants immigr&#233;s qui ont acc&#233;d&#233; &#224; l'universit&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup a &#233;t&#233; dit sur les raisons de l'&#233;chec scolaire des &#171; enfants de l'immigration &#187;. Le pr&#233;sent ouvrage rompt pr&#233;cis&#233;ment avec les d&#233;marches analysant &#171; &lt;i&gt; l'&#233;cole ind&#233;pendamment des conditions dans lesquelles elle accomplit sa t&#226;che, des populations qui la composent et des r&#233;sultats effectifs de son action&lt;/i&gt; &#187;. Il en r&#233;sulte une attention particuli&#232;re pr&#234;t&#233;e &#224; des dimensions que le regard traditionnel ne prend que rarement pour objets : d&#233;conditionnement &#224; l'&#233;gard du milieu familial et priv&#233;, capacit&#233; de r&#233;flexion critique permettant de lier sa condition &#224; celle des autres, pr&#233;disposition aux questions d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral (souci du monde au sens d'Arendt), sensibilit&#233; et capacit&#233; de comprendre des choses vues d'une position que nous n'occupons pas (facult&#233; de juger au sens de Kant et Arendt), enfin, foi en la force du politique et de la lutte collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En gros, un livre qui permet aussi (mais pas seulement) de repenser le r&#244;le de l'&#233;cole en milieu populaire, de r&#233;interroger la croyance en une conception restreinte de l'int&#233;gration et de comprendre la nette distinction entre l'immigration comme syst&#232;me de relation sociale de domination entre nations et la figure de l'immigr&#233; comme condition ontologique ext&#233;rieure &#224; un ordre du monde symbolique naturalis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le reste, rien de mieux que de donner la parole &#224; l'auteur lui-m&#234;me. Cela est motiv&#233;, pour reprendre les paroles du sociologue alg&#233;rien Abdelmalek Sayad, par le souci de prendre toute la mesure de la dignit&#233; sociale des objets intellectuels et par la dignit&#233; intellectuelle de ces objets sociaux que sont l'immigration et le sort de l'immigr&#233;. &#192; cet &#233;gard, Sma&#239;n Laacher nous semble lui-m&#234;me le parfait exemple d'un des miracles de l'institution scolaire. Voyons l'engagement normatif du livre au-del&#224; de la d&#233;marche analytique : &#171; &lt;i&gt; ce livre est pour moi un livre particulier. Il est une partie de moi-m&#234;me. Ou pour le dire autrement, une partie de moi-m&#234;me est d&#233;pos&#233;e dans cet ouvrage. Quand on se demande si l'&#233;cole nous a r&#233;ussi on pense rarement &#224; soi seulement ; car on sait en r&#233;alit&#233; que c'est la conjugaison heureuse d'une famille de qualit&#233; et d'un environnement de qualit&#233; qui nous a rendu remarquable (dans tous les sens du terme) aux yeux de l'institution scolaire. Seule, celle-ci est capable de condenser avec autant de force et d'&#233;vidence, en un seul mouvement, le pass&#233;, le pr&#233;sent et l'avenir. En &#233;crivant ce livre je n'ai cess&#233; de me retourner sur mon pass&#233; et celui de ma famille. Mes parents, d'origine alg&#233;rienne, savaient lire et &#233;crire en arabe. Mais en terre d'immigration leur comp&#233;tence culturelle avait peu d'effets scolaires. Je ne sais pas ce que penserait mon p&#232;re, d&#233;c&#233;d&#233; en 1967, s'il avait ce livre entre les mains. Il serait incapable de le lire mais il serait probablement fier de son fils. Peut-&#234;tre. C'est ce qu'&#233;prouve ma m&#232;re et c'est ce qui lui rend sans aucun doute son immigration plus sens&#233;e ou moins insens&#233;e que beaucoup d'autres. En v&#233;rit&#233; je n'ai jamais eu d'amour pour l'&#233;cole ni pour les professeurs. Peut-&#234;tre un peu d'amiti&#233;. Et celle-ci ne fut pas constante je l'avoue. Je trouve l'univers scolaire tr&#232;s violent symboliquement. Pourtant je ne peux pas me passer de ce que l'&#233;cole m'a appris. Et ce livre, une fois de plus, est un hommage &#224; sa grandeur et ma reconnaissance &#224; son imp&#233;rieuse n&#233;cessit&#233;. En particulier pour les plus d&#233;munis.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mouloud Idir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>George Orwell : de la guerre civile espagnole &#224; 1984</title>
		<link>https://www.ababord.org/George-Orwell-de-la-guerre-civile</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/George-Orwell-de-la-guerre-civile</guid>
		<dc:date>2008-07-26T15:24:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Brouillard, Louis Gill</dc:creator>


		<dc:subject>Brouillard, Christian</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Gill, Louis </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Louis Gill, George Orwell : de la guerre civile espagnole &#224; 1984, Lux &#201;diteur, Montr&#233;al, 2005. &lt;br class='autobr' /&gt; Cauchemar totalitaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y aura cet &#233;t&#233; une date qui, sans nul doute, sera comm&#233;mor&#233;e &#171; officiellement &#187;, du moins en Espagne. En effet, le 18 juillet 1936, il y aura de cela soixante-dix ans cette ann&#233;e, les militaires espagnols se soulevaient contre le gouvernement l&#233;gitimement &#233;lu. C'&#233;tait le d&#233;but d'une atroce guerre civile qui allait durer trois ans et qui, avec l'implication d'&#201;tats (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton350.jpg?1642092267' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;268&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Louis Gill, &lt;i&gt;George Orwell : de la guerre civile espagnole &#224; 1984&lt;/i&gt;, Lux &#201;diteur, Montr&#233;al, 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cauchemar totalitaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aura cet &#233;t&#233; une date qui, sans nul doute, sera comm&#233;mor&#233;e &#171; officiellement &#187;, du moins en Espagne. En effet, le 18 juillet 1936, il y aura de cela soixante-dix ans cette ann&#233;e, les militaires espagnols se soulevaient contre le gouvernement l&#233;gitimement &#233;lu. C'&#233;tait le d&#233;but d'une atroce guerre civile qui allait durer trois ans et qui, avec l'implication d'&#201;tats comme l'Allemagne nazie, l'Italie fasciste ou l'URSS, devait constituer le prologue de la Seconde guerre mondiale. Cependant, derri&#232;re cette vision toute officielle des faits, tout un pan de l'Histoire est trop souvent occult&#233;. Comme le montre Louis Gill (&#224; la suite de bien d'autres) dans son ouvrage &lt;i&gt;George Orwell : de la guerre civile espagnole &#224; 1984&lt;/i&gt;, il y eut plus qu'une &#171; simple &#187; guerre en Espagne, car dans les zones dites r&#233;publicaines, on assista &#224; un formidable mouvement de changements sociaux o&#249; la classe ouvri&#232;re (mot qui n'est plus &#224; la mode, n'est-ce pas ?) tenta de reprendre en main l'appareil &#233;conomique en vue de le socialiser. Cet &#233;lan, dont l'&#233;crivain britannique George Orwell rend compte dans les premi&#232;res pages de son livre &lt;i&gt;Hommage &#224; la Catalogne&lt;/i&gt;, va rapidement &#234;tre bris&#233; non seulement par les militaires fascistes mais aussi par l'action d'un des seuls alli&#233;s de la R&#233;publique, l'URSS stalinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gill montre bien comment la direction stalinienne, avec l'aide du Parti communiste espagnol, importa en Espagne les m&#233;thodes totalitaires dont elle usait contre les dissidents sovi&#233;tiques. En pr&#233;textant qu'il fallait d'abord lutter contre le fascisme puis, apr&#232;s, faire la r&#233;volution, on &#233;crasa m&#233;thodiquement les conqu&#234;tes r&#233;volutionnaires (entreprises et terres collectivis&#233;es, milices populaires, etc.) ainsi que les organisations qui tentaient de poursuivre le processus dont la Conf&#233;d&#233;ration nationale du travail (CNT anarcho-syndicaliste) et le Parti ouvrier d'unification marxiste (POUM). C'est dans les milices de cette derni&#232;re organisation qu'Orwell combattit durant son s&#233;jour en Espagne. Il fut le t&#233;moin de cette lente &#233;rosion de la r&#233;volution jusqu'&#224; l'insurrection de mai 1937 &#224; Barcelone o&#249;, &#224; la suite d'une provocation stalinienne, les ouvriers et ouvri&#232;res prirent la rue. Abandonn&#233;s par les directions de la CNT et du POUM, ils ne purent que d&#233;poser les armes, d&#233;faite qui ouvrit d&#233;finitivement les portes &#224; la contre-r&#233;volution stalinienne, pr&#233;lude &#224; la victoire du fascisme en 1939.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Orwell put assister, en premi&#232;re ligne, au d&#233;ploiement de l'arsenal r&#233;pressif des staliniens : prisons clandestines, disparitions de militants, usage de la torture &#224; large &#233;chelle, arrestations des proches de militants recherch&#233;s, calomnies et propagande d&#233;mentielle. Dans ce dernier cas, l'id&#233;e de la Novlangue qu'on retrouve dans son roman &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt; provient en droite ligne de la propagande stalinienne utilis&#233;e en Espagne o&#249; une d&#233;faite devenait une victoire et o&#249; des militants, ayant combattu bravement le fascisme, se retrouvaient &#233;tiquet&#233;s d'espions &#224; la solde des militaires ou de l'Allemagne nazie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Louis Gill, il est clair que c'est de son exp&#233;rience espagnole et du stalinisme qu'Orwell s'est inspir&#233; pour &#233;crire ses deux romans les plus c&#233;l&#232;bres : &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt; et&lt;i&gt; La ferme des animaux&lt;/i&gt;. Cette d&#233;nonciation du stalinisme a &#233;t&#233;, par ailleurs, toujours en lien avec la d&#233;fense du socialisme d&#233;mocratique dont Orwell avait eu un avant-go&#251;t dans les rues de Barcelone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous, vivants du XXIe si&#232;cle, en quoi l'&#339;uvre d'Orwell peut-elle nous interpeller ? D'abord, comme conclut Louis Gill, en constatant que la Novlangue n'est pas morte, elle s'est modernis&#233;e en prenant les oripeaux du n&#233;olib&#233;ralisme, r&#233;duisant l'humain aux seules logiques de la marchandise. Il nous reste donc, &#224; la suite d'Orwell, &#224; promouvoir toutes les formes de dissidence aptes &#224; briser le consensus dominant. &#192; ce titre, l'ouvrage de Louis Gill, en extrayant de la m&#233;moire historique le souvenir de la r&#233;volution espagnole et de sa d&#233;faite, constitue un outil dans ce combat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Brouillard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fonds de solidarit&#233; des groupes populaires de Qu&#233;bec</title>
		<link>https://www.ababord.org/Fonds-de-solidarite-des-groupes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Fonds-de-solidarite-des-groupes</guid>
		<dc:date>2008-07-26T14:43:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Lefebvre-Legault</dc:creator>


		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>
		<dc:subject>Lefebvre-Legault, Nicolas </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Outre son dr&#244;le de comportement &#233;lectoral, la r&#233;gion de Qu&#233;bec est &#233;galement le th&#233;&#226;tre de pratiques sociales originales. L'une d'elles, qui vise une plus grande autonomie financi&#232;re du mouvement populaire, dure depuis plus de 30 ans. &lt;br class='autobr' /&gt; La peur d'une coupure brutale de subvention ou d'un retard de versement hante depuis toujours les groupes populaires. Quand le cauchemar devient r&#233;alit&#233;, la question de l'autonomie financi&#232;re du mouvement populaire se pose cr&#251;ment. &#192; Qu&#233;bec, les groupes de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Outre son dr&#244;le de comportement &#233;lectoral, la r&#233;gion de Qu&#233;bec est &#233;galement le th&#233;&#226;tre de pratiques sociales originales. L'une d'elles, qui vise une plus grande autonomie financi&#232;re du mouvement populaire, dure depuis plus de 30 ans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La peur d'une coupure brutale de subvention ou d'un retard de versement hante depuis toujours les groupes populaires. Quand le cauchemar devient r&#233;alit&#233;, la question de l'autonomie financi&#232;re du mouvement populaire se pose cr&#251;ment. &#192; Qu&#233;bec, les groupes de d&#233;fense collective des droits ont tent&#233; de conjurer le sort. Il faut dire qu'ils ont vu la grande faucheuse de pr&#232;s...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;i&gt;Flashback&lt;/i&gt; : 1974
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par un beau matin du printemps 1974, une tr&#232;s mauvaise nouvelle arrive avec le courrier pour quatre groupes populaires de la Basse-Ville. &lt;i&gt;La Plume Rouge&lt;/i&gt; (l'anc&#234;tre de &lt;i&gt;Centraide&lt;/i&gt;) leur annonce que leur subvention est &#171; &lt;i&gt;revue &#224; la baisse&lt;/i&gt; &#187;. Globalement, le financement de ces groupes est r&#233;duit de 55 %. Dans certains cas, c'est la survie m&#234;me de l'organisation qui est mise en jeu : par exemple, la subvention annuelle du &lt;i&gt;Groupement des locataires du Qu&#233;bec M&#233;tro&lt;/i&gt;, aujourd'hui le &lt;i&gt;BAIL&lt;/i&gt;, passait de 5 000 $ &#224; 800 $ &#8211; une coupure de 86 % !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que na&#238;t le &lt;i&gt;Fonds de solidarit&#233; des groupes populaires de Qu&#233;bec&lt;/i&gt; (le &lt;i&gt;Fonds&lt;/i&gt;, pour les intimes). L'objectif est ambitieux : cr&#233;er une fondation populaire capable de concurrencer &lt;i&gt;La Plume Rouge&lt;/i&gt; sur son propre terrain afin d'asseoir l'autonomie financi&#232;re du mouvement populaire. Certains esp&#233;raient m&#234;me que le Fonds puisse, &#224; terme, devenir la principale source de financement des groupes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Fonds&lt;/i&gt;, qui m&#232;ne au d&#233;part une existence clandestine par crainte d'&#233;ventuelles repr&#233;sailles de &lt;i&gt;La Plume Rouge&lt;/i&gt;, s'organise autour de la sollicitation dans les milieux de travail. La fondation vise les syndiqu&#233;es ayant obtenu gr&#226;ce &#224; leurs luttes un salaire au-dessus de la moyenne. Les militantes du &lt;i&gt;Fonds&lt;/i&gt; m&#232;nent, par exemple, une campagne aupr&#232;s des professeurs des c&#233;geps en leur sugg&#233;rant de donner 1 % de leur salaire afin de &#171; &lt;i&gt; soutenir la lutte&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;redistribuer la richesse&lt;/i&gt; &#187;. La r&#233;cession du d&#233;but des ann&#233;es 1980 et, surtout, la r&#233;pression qui s'abat sur les syndiqu&#233;es du secteur public en 1982 changent la donne. Sans d&#233;laisser compl&#232;tement les individus, le &lt;i&gt;Fonds&lt;/i&gt; comprend qu'il doit maintenant s'adresser d'abord aux syndicats et, fait nouveau, aux communaut&#233;s religieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la volont&#233; affich&#233;e d'assurer l'autonomie financi&#232;re compl&#232;te du mouvement populaire, le &lt;i&gt;Fonds&lt;/i&gt; n'a jamais supplant&#233; &lt;i&gt;Centraide&lt;/i&gt;. La lutte s'est faite, mais &#224; armes in&#233;gales. Dans le coin droit, &lt;i&gt;Centraide&lt;/i&gt; disposait d'atouts majeurs : un soutien des Lib&#233;raux (et plus tard de certains P&#233;quistes), un monopole de la sollicitation dans la fonction publique, des entr&#233;es dans les milieux d'affaires capables d'accoter les sommes recueillies aupr&#232;s des employ&#233;es, etc. Dans le coin gauche, le &lt;i&gt;Fonds&lt;/i&gt; disposait certes du soutien de certains sociaux-d&#233;mocrates de la sc&#232;ne municipale et d'entr&#233;es dans les milieux syndicaux mais, par d&#233;finition, les groupes populaires rejoignent surtout des pauvres et ils n'ont pas vraiment acc&#232;s aux milieux pouvant soutenir et organiser une campagne de lev&#233;e de fonds &#171; efficace &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vous avez dit autonomie ?
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Fonds&lt;/i&gt; n'a peut-&#234;tre pas supplant&#233; &lt;i&gt;Centraide&lt;/i&gt;, mais il est n&#233;anmoins devenu un outil int&#233;ressant entre les mains des groupes populaires pour conserver une parcelle d'autonomie et lever des fonds libres de toute attache. La contribution de la fondation est loin d'&#234;tre insignifiante : en 30 ans, c'est plus de 1 100 000 $ qui ont &#233;t&#233; distribu&#233;s aux groupes de d&#233;fense collective des droits, sans parler de 2 000 000 $ en pr&#234;ts sans int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a 10 ans, le &lt;i&gt;Fonds&lt;/i&gt; menait encore campagne sous le th&#232;me &lt;i&gt;Vers notre autonomie financi&#232;re&lt;/i&gt;. Qu'en est-il aujourd'hui de l'autonomie des groupes populaires ? On peut aborder le probl&#232;me selon deux angles : l'autonomie dans son sens politique ou l'autonomie par rapport aux sources de financement. Sur papier, le mouvement communautaire est tr&#232;s autonome au Qu&#233;bec. Seuls les membres peuvent d&#233;cider de la mission et des grandes orientations de l'organisme. Une politique gouvernementale garantit m&#234;me l'autonomie des organismes communautaires. Le principe est en quelque sorte &#171; sacr&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien beau tout &#231;a mais, pour &#234;tre autonome, encore faut-il &#234;tre financ&#233; ad&#233;quatement ! Or, tout le monde s'accorde &#224; dire que le financement de base des organismes &#8211; financement r&#233;current et plus ou moins &lt;i&gt;inconditionnel&lt;/i&gt;, car vers&#233; en tant que &#171; soutien &#224; leur mission &#187; &#8211; est nettement insuffisant. Pour compenser, de plus en plus de groupes doivent avoir recours au financement &#171; par projet &#187;, selon des priorit&#233;s et des modalit&#233;s d&#233;cid&#233;es par les bailleurs de fonds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Techniquement, ni le gouvernement, ni les bailleurs de fonds priv&#233;s comme &lt;i&gt;Centraide&lt;/i&gt; ne s'arrogent le droit de jouer avec la mission ou avec les priorit&#233;s des groupes. Dans les faits, il en va tout autrement. La simple exigence de poss&#233;der un num&#233;ro d'&#339;uvre de charit&#233; pour recevoir de l'argent d'une fondation a forc&#233; nombre d'organismes &#224; revoir en profondeur leur charte, voire carr&#233;ment changer de nom (c'est comme &#231;a que plusieurs &#171; associations de locataires &#187; sont devenues des &#171; comit&#233;s logement &#187;). L'&lt;i&gt; &lt;i&gt;Agence des douanes et des revenus du Canada&lt;/i&gt; &lt;/i&gt;, qui octroie le num&#233;ro en question, interdit formellement aux &#171; organismes de charit&#233; &#187; de faire de l'action politique au sens large. Alors qu'il &#233;tait encore possible dans les ann&#233;es 1980 d'obtenir le num&#233;ro de charit&#233; en montrant patte blanche (et en jouant un peu avec les mots), c'est aujourd'hui quasi impossible pour un groupe de d&#233;fense collective des droits. Quant au gouvernement du Qu&#233;bec, il s'obstinait jusqu'&#224; tout r&#233;cemment &#224; faire signer un protocole dans lequel les groupes s'engageaient &#224; ne pas faire de d&#233;sob&#233;issance civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autonomie des groupes de d&#233;fense collective des droits, l'aile &#171; marchante et combattante &#187; du mouvement communautaire, ne tient qu'&#224; un fil quand on sait que leur financement provient essentiellement de &#171; l'ennemi &#187; (patronnes et gouvernantes). Selon une &#233;tude r&#233;cente&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PROFIL R&#201;GIONAL, Soutien financier du gouvernement du Qu&#233;bec en mati&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; publi&#233;e par le &lt;i&gt;Secr&#233;tariat &#224; l'action communautaire autonome&lt;/i&gt; (SACA), le mouvement communautaire dans son ensemble tire en moyenne 56 % de ses &#171; revenus &#187; de subventions du gouvernement du Qu&#233;bec. Depuis l'adoption de la &lt;i&gt;Politique de reconnaissance de l'action communautaire&lt;/i&gt; en 2001, la majeure partie de ces sommes est maintenant centralis&#233;e dans un guichet unique (variant selon les secteurs d'activit&#233;). Dommage collat&#233;ral de cette centralisation : les espaces d'autonomie que les groupes populaires les plus combatifs s'&#233;taient n&#233;goci&#233;s face &#224; l'&#201;tat se sont r&#233;duits comme une peau de chagrin. Le FRAPRU et le R&#201;PAC&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Front d'action populaire en r&#233;am&#233;nagement urbain, le FRAPRU, contr&#244;lait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, par exemple, ont perdu le contr&#244;le d'une subvention globale qu'ils recevaient du gouvernement et que leurs assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales respectives redistribuaient d&#233;mocratiquement entre les groupes de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;pendance envers l'&#201;tat n'emp&#234;che pas les groupes populaires de mener des luttes contre les politiques gouvernementales et, pour l'instant, les politiciennes tol&#232;rent assez bien la critique. Mais de plus en plus de voix, Jean-Jacques Samson dans le &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec&lt;/i&gt; par exemple, s'&#233;l&#232;vent contre le fait que le gouvernement finance des groupes dont la mission fondamentale est de le critiquer. Le jour o&#249; l'&#201;tat en aura assez, il n'aura qu'un robinet &#224; fermer pour &#233;touffer bien des critiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Financer l'action collective
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude du SACA nous r&#233;v&#232;le aussi que les groupes de d&#233;fense collective des droits re&#231;oivent de l'&#201;tat en moyenne 20 % de moins que les autres groupes communautaires. En plus d'&#234;tre d&#233;pendants du gouvernement, les groupes de d&#233;fense des droits sont donc sous-financ&#233;s ! Dans la r&#233;gion de Qu&#233;bec, &lt;i&gt;Centraide&lt;/i&gt;, qui est revenu &#224; de meilleurs sentiments depuis les tumultueuses ann&#233;es 1970, compense en partie pour certains groupes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour certains groupes seulement parce que Centraide ne finance que la lutte (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en finan&#231;ant mieux la d&#233;fense des droits que les autres secteurs de l'action communautaire. Reste tout de m&#234;me un manque &#224; gagner&#8230; C'est ici qu'entre en sc&#232;ne le &lt;i&gt;Fonds de solidarit&#233; des groupes populaires de Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, qui finance exclusivement la d&#233;fense collective des droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huit groupes populaires sont actuellement coalis&#233;s au sein du Fonds. L'an dernier, chacun a re&#231;u 4 000 $. Ce n'est pas la fin du monde, mais &#231;a peut faire la diff&#233;rence entre participer &#224; une manif, organiser une action, imprimer un tract... ou pas. L'argent redistribu&#233; a servi dans des luttes sur les fronts du logement, de la lutte &#224; la pauvret&#233;, de l'am&#233;nagement urbain, de l'information alternative, de la culture populaire, de l'environnement et des droits des d&#233;tenues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fonctionnement du &lt;i&gt;Fonds&lt;/i&gt; est assez simple : une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale annuelle, un conseil d'administration et une permanence &#224; temps tr&#232;s partiel. Le &lt;i&gt;membership&lt;/i&gt; est r&#233;serv&#233; aux groupes qui re&#231;oivent des fonds sur une base r&#233;guli&#232;re et chaque groupe a un d&#233;l&#233;gu&#233; au c.a. Bref, c'est l'autogestion !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e, les groupes lancent une campagne publique de lev&#233;e de fonds. Les cibles principales de cette campagne annuelle sont les communaut&#233;s religieuses, les militantes et les syndicats. Des activit&#233;s, dont un populaire &#171; souper spaghetti &#187; qui permet aux militantes de base des groupes de se rencontrer ailleurs que dans une manif, viennent ponctuer la campagne. Depuis dix ans, malgr&#233; une tendance &#224; la baisse, les montants r&#233;colt&#233;s sont sensiblement les m&#234;mes. Le probl&#232;me, c'est que les principaux donateurs du &lt;i&gt;Fonds&lt;/i&gt;, les communaut&#233;s religieuses, ont annonc&#233; un retrait progressif. En effet, la &lt;i&gt;Conf&#233;rence religieuse canadienne &#8211; section Qu&#233;bec&lt;/i&gt; (CRC, une coalition de communaut&#233;s) a d&#233;cid&#233; de cesser de recommander de financer le &lt;i&gt;Fonds&lt;/i&gt;. Concr&#232;tement, les communaut&#233;s religieuses, comme le gouvernement, veulent contr&#244;ler pr&#233;cis&#233;ment &#224; qui et pour quoi elles donnent de l'argent. Dor&#233;navant, chaque groupe devra d&#233;poser une demande individuelle &#224; la CRC. Il est d&#233;j&#224; clair que deux des membres du &lt;i&gt;Fonds&lt;/i&gt; ne se qualifient pas, tandis que deux autres ont peu de chances de recevoir un montant significatif. Heureusement, le financement des quatre groupes restant risque d'&#234;tre plus important que ce qu'ils recevaient via le &lt;i&gt;Fonds&lt;/i&gt;, mais c'est quand m&#234;me un autre espace d'autonomie qui dispara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Retour vers le futur : 2006
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;fi pour les prochaines ann&#233;es sera de renouveler la base militante contribuant au &lt;i&gt;Fonds&lt;/i&gt; et de traduire en esp&#232;ces sonnantes et tr&#233;buchantes la solidarit&#233; affich&#233;e des syndicats envers les groupes populaires. Actuellement, en excluant les gens participant aux activit&#233;s comme le souper spaghetti, une centaine de &#171; vieux de la vieille &#187; font un don au &lt;i&gt;Fonds&lt;/i&gt;. Le renouvellement dans la gauche sociale et politique s'est visiblement peu fait ces derni&#232;res ann&#233;es et il y a l&#224; un enjeu. Du c&#244;t&#233; des syndicats, il y a une douzaine de sections locales qui contribuent r&#233;guli&#232;rement. Encore l&#224;, sauf exception, il s'agit d'alli&#233;s acquis de longue date. Pourtant, depuis l'&#233;lection des Lib&#233;raux, les syndicats ne finissent plus d'en appeler &#224; la solidarit&#233; entre les mouvements populaire et ouvrier...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte de consolidation de la droite dans la r&#233;gion de Qu&#233;bec, le moins que l'on puisse dire, c'est que le mouvement populaire a du pain sur la planche. Vous vous demandiez ce que vous pourriez faire pour aider ceux et celles qui luttent en plein c&#339;ur du &#171; myst&#232;re de Qu&#233;bec &#187; ? Ne cherchez plus !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;PROFIL R&#201;GIONAL, &lt;i&gt;Soutien financier du gouvernement du Qu&#233;bec en mati&#232;re d'action communautaire&lt;/i&gt; (2006). Ce rapport peut &#234;tre consult&#233; sur : &lt;a href=&#034;http://www.mess.gouv.qc.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.mess.gouv.qc.ca&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Front d'action populaire en r&#233;am&#233;nagement urbain&lt;/i&gt;, le FRAPRU, contr&#244;lait la distribution de la subvention de la SHQ tandis que le &lt;i&gt;Regroupement d'&#233;ducation populaire en action communautaire&lt;/i&gt;, le R&#201;PAC, contr&#244;lait celle du minist&#232;re de l'&#201;ducation via une &#171; demande unique &#187;. Dans les deux cas, les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales se r&#233;servaient le droit de majorer la subvention des groupes les plus mal financ&#233;s. Le pouvoir des fonctionnaires se limitait &#224; d&#233;terminer le montant global de la subvention &#224; redistribuer.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour certains groupes seulement parce que &lt;i&gt;Centraide&lt;/i&gt; ne finance que la lutte &#224; la pauvret&#233;, ce qui exclut, par exemple, un groupe comme les &lt;i&gt;Amies de la Terre&lt;/i&gt; qui d&#233;fend le droit &#224; un environnement social et humain sain.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un regard sociologique sur la r&#233;volte des banlieues fran&#231;aises</title>
		<link>https://www.ababord.org/Un-regard-sociologique-sur-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Un-regard-sociologique-sur-la</guid>
		<dc:date>2008-07-26T14:22:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mouloud Idir, Sma&#239;n Laacher</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Idir, Mouloud </dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>Laacher, Sma&#239;n </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sma&#239;n Laacher est chercheur au Centre d'&#233;tudes des mouvements sociaux de l'&#201;cole des Hautes &#201;tudes en Sciences sociales, Paris. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; b&#226;bord ! - Les derni&#232;res r&#233;voltes urbaines ont radicalement d&#233;voil&#233; la &#171; ghetto&#239;sation sociale &#187; et l'accentuation des in&#233;galit&#233;s en France. Comment ce processus de s&#233;paration radicale a-t-il pu se mettre en place ? Et surtout comment le facteur ethnique intervient-il dans la diff&#233;renciation sociale ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Sma&#239;n Laacher - L'un des probl&#232;mes majeurs de la soci&#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-14-avril-mai-2006-" rel="directory"&gt;No 014 - avril / mai 2006&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Immigration-refuge-et-racisme-+" rel="tag"&gt;Immigration, refuge et racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Idir-Mouloud-+" rel="tag"&gt;Idir, Mouloud &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Laacher-Smain-+" rel="tag"&gt;Laacher, Sma&#239;n &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sma&#239;n Laacher est chercheur au Centre d'&#233;tudes des mouvements sociaux de l'&#201;cole des Hautes &#201;tudes en Sciences sociales, Paris.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/strong&gt; - Les derni&#232;res r&#233;voltes urbaines ont radicalement d&#233;voil&#233; la &#171; ghetto&#239;sation sociale &#187; et l'accentuation des in&#233;galit&#233;s en France. Comment ce processus de s&#233;paration radicale a-t-il pu se mettre en place ? Et surtout comment le facteur ethnique intervient-il dans la diff&#233;renciation sociale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sma&#239;n Laacher&lt;/strong&gt; - L'un des probl&#232;mes majeurs de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, ce n'est pas tant qu'il y ait beaucoup plus de pauvres, mais que les in&#233;galit&#233;s sociales se traduisent par la concentration de pauvres dans un m&#234;me espace. Les pauvres vivent entre eux. C'est un ph&#233;nom&#232;ne relativement nouveau. Ces espaces sont produits &#224; partir d'un double m&#233;canisme : l'existence de populations au ch&#244;mage ou poss&#233;dant de faibles revenus et l'existence de populations dont la pr&#233;sence se caract&#233;rise par une sorte d'ext&#233;riorit&#233; &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise et &#224; l'ordre national fran&#231;ais. Les populations qui cumulent ces deux traits sont en gros les m&#234;mes : ce sont celles que l'on qualifie &#171; d'immigr&#233;es &#187; ou &#171; issues de l'immigration &#187;. Ce processus de rel&#233;gation n'est pas n&#233; comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Il trouve son origine dans l'histoire des modes de pr&#233;sence de l'immigration en France et dans la mani&#232;re dont cette pr&#233;sence a &#233;t&#233; trait&#233;e par les pouvoirs publics pendant plus de trente ans. Si l'on devait r&#233;sumer en une formule cette histoire, je dirais que l'&#201;tat a pens&#233; que la meilleure politique migratoire c'&#233;tait de ne pas avoir de politique. &#192; cela s'ajoute une conviction sociale largement partag&#233;e (aujourd'hui encore) : la France n'est pas un pays d'immigration m&#234;me si les trois derniers si&#232;cles de son histoire d&#233;montrent le contraire. La repr&#233;sentation de l'immigr&#233; (ou de celui qui veut &#171; entrer &#187;) et, plus largement et plus politiquement, la gestion des entrants, des sortants et des &#171; install&#233;s dedans &#187; peut pertinemment s'appr&#233;cier au travers de la m&#233;taphore du &#171; club &#187; ou du &#171; club-nation &#187;, selon la formule de Abdelmalek Sayad. Les lois et tous les r&#232;glements sur l'immigration sont &#224; leur mani&#232;re une s&#233;rie de fronti&#232;res visibles et invisibles qui d&#233;limitent l'espace du &#171; club &#187; et les conditions pour y entrer, et en d&#233;finitive pour y demander son adh&#233;sion. Pour un &#171; club &#187; relativement nouveau comme les &#201;tats-Unis qui s'est constitu&#233; et a fond&#233; sa &#171; force &#187; sur l'immigration, la r&#233;alit&#233; migratoire n'a jamais fait l'objet de d&#233;n&#233;gation et de dissimulation. Tel n'est pas le cas pour un pays comme la France. Pour cette &#171; vieille &#187; nation, la d&#233;n&#233;gation et la dissimulation, voire l'omission de la r&#233;alit&#233; migratoire, furent au contraire constitu&#233;es en une v&#233;ritable posture nationale et &#233;tatique. C'est cette illusion ou cette c&#233;cit&#233; qui explique que pendant tr&#232;s longtemps l'immigration en France ne fut pens&#233;e que comme une affaire de &lt;i&gt;pr&#233;sence&lt;/i&gt; &lt;i&gt;provisoire&lt;/i&gt;, r&#233;ductible &#224; l'ordre de l'&#233;conomique et du travail&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Sma&#239;n Laacher, L'immigration. De quelques id&#233;es re&#231;ues, &#201;ditions Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; - L'une des observations revenant sans cesse dans le traitement de ce qui s'est pass&#233; en France d&#233;coule du fait qu'on explique souvent les in&#233;galit&#233;s en les rapportant aux notions de &lt;i&gt;territorialit&#233;&lt;/i&gt; et d'espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. L.&lt;/strong&gt; - Oui c'est vrai. Mais dire cela n'est pas faire montre d'une grande nouveaut&#233; ni d'une g&#233;niale trouvaille th&#233;orique. Car non seulement on peut le dire de toutes les cat&#233;gories cr&#233;&#233;es par les institutions, mais aussi de celles des sociologues qui reprennent &#224; leur compte sans le savoir les cat&#233;gories bureaucratiques ou, ce qui est de plus en plus fr&#233;quent, qui contribuent par les commandes auxquelles ils r&#233;pondent (appel d'offre, mission, &#233;tude ou enqu&#234;tes) &#224; l&#233;gitimer et durcir des cat&#233;gories d&#233;j&#224; pr&#233;existantes. Ce que je dis l&#224; vaut pour tous les lieux de production de la soci&#233;t&#233; ou tous les dispositifs dont la vocation est la production de l'ordre social et de l'ordre national. C'est presque caricatural &#224; propos de l'immigration. Ce qui caract&#233;rise ce champ, tant du point de vue pratique, politique que th&#233;orique, c'est pr&#233;cis&#233;ment une lutte perp&#233;tuelle, sans fin, entre une multitude d'acteurs pour le monopole non pas tant de la d&#233;finition l&#233;gitime mais de la formule la plus percutante, si possible &#224; l'allure savante. Dans ce domaine, les luttes id&#233;ologiques sont quotidiennes et sans fin. Mais probablement que la structure de ces luttes tient beaucoup &#224; la &#171; nature &#187; des populations qu'elles ont pour enjeu. Nous sommes devant des populations embarrassantes qui mettent dans l'embarras ceux dont la profession est de les nommer. Que l'on pense &#224; toutes ces notions qui ne cessent de se &#171; balader &#187; d'un champ conceptuel &#224; un autre et qui bien souvent sont reprises sans aucune inqui&#233;tude critique : immigr&#233;, migrant, clandestin, r&#233;fugi&#233;, Fran&#231;ais d'origine alg&#233;rienne, sans-papier, issu de l'immigration, etc. Et il ne suffit pas de mettre des guillemets aux mots embarrassants pour s'en tirer &#224; bon compte ou pour montrer que l'on poss&#232;de une ma&#238;trise des mots du sens commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AB !&lt;/strong&gt; - Revenons &#224; Sayad. Tout comme vous, ses travaux semblent tenir compte du poids consid&#233;rable d'une &#171; pens&#233;e d'&#201;tat &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Abdelmalek Sayad, &#171; Immigration et pens&#233;e d'&#201;tat &#187;, dans La double absence : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui nous emp&#234;che de penser simultan&#233;ment le sort de l'immigr&#233; et ce que G&#233;rard Noiriel appelle la &lt;i&gt;tyrannie du national&lt;/i&gt;. N'est-ce pas un peu la question classique de la souverainet&#233; qui doit &#234;tre interrog&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. L.&lt;/strong&gt; - Oui sans aucun doute. La souverainet&#233; devrait toujours &#234;tre au centre de l'interrogation de toute r&#233;flexion sur l'immigr&#233; et l'immigration. La vertu politique et la force &#233;pist&#233;mologique de l'immigr&#233; et de l'immigration r&#233;sident en ceci qu'ils d&#233;naturalisent le rapport au monde ; ou, pour le dire autrement, l'&#233;tranger oblige &#224; r&#233;historiciser les rapports sociaux et &#171; les donn&#233;es naturelles &#187; comme l'&#201;tat, le territoire ou la nation. Au fond, l'&#233;tranger n'est qu'un pr&#233;texte scientifique. Pour dire les choses rapidement et brutalement : on part de la soci&#233;t&#233; et on retourne &#224; la soci&#233;t&#233; ; c'est la soci&#233;t&#233; qui int&#233;resse les sciences sociales, pas l'&#233;tranger en tant que tel. Car le risque est grand d'essentialiser sa pr&#233;sence et dans le m&#234;me mouvement les institutions qui participent &#224; sa production et &#224; sa perp&#233;tuation. Prenons l'exemple de la naturalisation (&#224; entendre dans tous les sens du terme). Rarement les deux p&#244;les, l'ordre ancien que l'on a quitt&#233; mais qui restera &#224; tout jamais incorpor&#233; et fera de vous ce que vous &#234;tes, &#224; vos yeux et aux yeux des autres : un &lt;i&gt;non naturel&lt;/i&gt; ; et l'ordre nouveau, qui vous accueille en pensant que la seule mani&#232;re de r&#233;gler cette anomalie historique, aller vivre ailleurs que chez soi, devra se conclure par une &lt;i&gt;naturalisation&lt;/i&gt; (symbole de la fin d'une certaine histoire) ; ces deux p&#244;les, sont rarement tenus et pens&#233;s ensembles. Derri&#232;re cette id&#233;e fondamentale que toute pr&#233;sence &#233;trang&#232;re (ou originellement &#233;trang&#232;re) &#224; la nation qui dure ou est appel&#233;e &#224; durer doit n&#233;cessairement se clore par une naturalisation, il y a la croyance que le principe de nativit&#233; et le principe de souverainet&#233; sont li&#233;s pour l'&#233;ternit&#233; dans le &#171; corps du sujet souverain &#187;, pour parler comme Giorgio Agamben&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Giorgio Agamben, Moyens sans fins : notes sur la politique, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est bien cela d'ailleurs qui est au fondement de l'&#201;tat-nation. L'&#233;tymologie du mot nation (&lt;i&gt;natio&lt;/i&gt;) signifie bien la naissance. Ainsi na&#238;tre dans une nation, c'est &#234;tre comme naturellement le national de celle-ci. Non seulement, au moins depuis la fin de l'Ancien r&#233;gime et la D&#233;claration de l'homme et du citoyen, il n'y a pas d'&#233;cart ou d'opposition entre &lt;i&gt;natio&lt;/i&gt; (la naissance) et nation (l'espace plein de la souverainet&#233;) parce qu'ils se confondent, mais en naissant au &lt;i&gt;bon endroit&lt;/i&gt; (dans sa nation), la reconnaissance et l'attribution des droits et les protections qui leur sont attach&#233;s ne sont possibles que si &lt;i&gt;l'homme&lt;/i&gt; (un homme parmi les hommes, le pur homme en soi comme dirait Agamben) pr&#233;suppose le &lt;i&gt;citoyen&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AB !&lt;/strong&gt; - Que faire pour que cette violence tragique et quelque peu d&#233;sesp&#233;r&#233;e trouve une traduction politique &#233;mancipatrice ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. L.&lt;/strong&gt; - Il y a deux choses dans votre question. Que cette violence urbaine (dont nous n'avons pas encore mesur&#233; tous les aspects positifs mais aussi contradictoires, ambigus et parfois inadmissibles) d&#233;bouche sur les conditions d'un examen public fond&#233; sur un d&#233;bat contradictoire et pacifique ne serait d&#233;j&#224; pas si mal. C'est le premier aspect. Nous n'en sommes pas encore l&#224; m&#234;me si des efforts sont faits en ce sens. Le deuxi&#232;me aspect, c'est que je ne crois pas que traduire du &lt;i&gt;non politique&lt;/i&gt; en politique se transforme in&#233;luctablement en politique &#233;mancipatrice, ou en projet d'&#233;mancipation politique. Bien &#233;videmment la question qui reste enti&#232;re est celle de savoir, pour ces populations en majorit&#233; enfants d'immigr&#233;s, ce que signifie une &#171; politique &#233;mancipatrice &#187;. Je crois que personne ne le sait. Sauf &#224; croire que &#171; prendre la parole &#187; et la porter violemment sur l'espace public est en soi &lt;i&gt;et d&#233;j&#224;&lt;/i&gt; un acte d'&#233;mancipation. Tous les dispositifs de prise en charge collective de souffrance priv&#233;e (syndicats, associations, partis, comit&#233;s, etc.) ont toujours eu de grandes r&#233;ticences (pour ne pas dire plus) &#224; l'&#233;gard de ces populations que l'on per&#231;oit toujours, qu'on le veuille ou non, comme doublement ext&#233;rieures : ext&#233;rieures aux &#171; moeurs &#187; nationales et ext&#233;rieures &#224; l'ordre national. Le probl&#232;me avec ces populations &lt;i&gt;embarrassantes&lt;/i&gt; c'est que ce n'est pas faux mais il faut ajouter aussit&#244;t que ce n'est m&#234;me pas vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; - Pour conclure sur la vuln&#233;rabilit&#233; au racisme de certaines classes sociales, sommes-nous, dans le cas fran&#231;ais, dans un racisme institutionnel ou sociologique, pour reprendre la r&#233;flexion de Balibar&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tienne Balibar, &#171; Racisme et nationalisme &#187;, dans &#201;tienne Balibar et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. L.&lt;/strong&gt; - Sur ces questions de racisme, je pense qu'il faut &#234;tre &#224; la fois prudent et surtout nuanc&#233;. La nuance, on ne le dira jamais assez, n'est pas une qualit&#233; dominante quand il s'agit d'&#233;tudier l'immigration et les immigr&#233;s. Ce qui trop souvent l'emporte, pardonnez-moi d'insister, c'est en la mati&#232;re une esp&#232;ce de g&#233;n&#233;rosit&#233; na&#239;ve et au bout du compte perverse, comme toutes les g&#233;n&#233;rosit&#233;s qui produisent des gens si g&#233;n&#233;reux mais qui finissent par structurer le monde en deux : les &#171; bons &#187;, ceux qui pensent que les immigr&#233;s leur ressemblent ; et les &#171; salauds &#187; (les tra&#238;tres, les &#171; suceurs de blancs &#187;, les &#171; ceux qui se prennent pour ce qu'ils ne sont pas &#187;, les &#171; ceux qui ont oubli&#233; d'o&#249; ils venaient &#187;, les intellectuels, etc.) ; ceux qui pensent que les domin&#233;s peuvent &#234;tre domin&#233;s &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; exploiteurs, &#171; racistes &#187;, misogynes et homophobes. Cette derni&#232;re figure n'est pas, m&#234;me dans l'univers immigr&#233;, accidentel ou &#233;piph&#233;nom&#233;nale. Et le sur-investissement militant aux allures scientifiques ne change rien &#224; l'affaire. Quant au fait de savoir si nous sommes en pr&#233;sence d'un &#171; racisme institutionnel ou sociologique &#187;, je pense que c'est dialectiquement li&#233; ; l'institution &#224; sa mani&#232;re et avec sa force propre traduit, durcit et l&#233;gitime les rapports de classes. Je ne suis pas s&#251;r que &#171; les &#187; immigr&#233;s (est-ce qu'on peut mettre sur le m&#234;me plan les Tamouls, les Alg&#233;riens et les P&#233;ruviens ?) soient victimes du &#171; racisme de la France &#187; comme un certain nombre d'apprentis intellectuels militants ne cessent de le proclamer. La soci&#233;t&#233; est devenue plus in&#233;galitaire qu'il y a une trentaine d'ann&#233;es ; donc plus violente. Ceux qui en font les frais, sous diverses formes (humiliation, m&#233;pris, etc.), ce sont les plus pauvres des plus pauvres. Aujourd'hui &#234;tre pauvre et donc socialement encombrant, ce n'est pas tant &#234;tre sans travail ; c'est avant tout &#234;tre &lt;i&gt;hors jeu dans tous les espaces de jeux&lt;/i&gt;. Le proc&#232;s d'Outreau, je devrais dire la trag&#233;die d'Outreau&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; Outreau, &#224; partir d'un huis clos familial impliquant les &#233;poux Delay et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , v&#233;ritable catastrophe judiciaire, a permis de r&#233;v&#233;ler les effets terrifiants d'une justice aveugle. Les victimes &#233;taient fran&#231;aises sans ambiguit&#233;s et, je serai tent&#233; de dire, bien &#233;videmment issues des&#8230; classes populaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Sma&#239;n Laacher, &lt;i&gt;L'immigration&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;De quelques id&#233;es re&#231;ues&lt;/i&gt;, &#201;ditions Le Cavalier Bleu. &#192; para&#238;tre en septembre 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Abdelmalek Sayad, &#171; Immigration et pens&#233;e d'&#201;tat &#187;, dans &lt;i&gt;La double absence : des illusions de l'&#233;migr&#233; aux souffrances de l'immigr&#233;&lt;/i&gt;, Paris, Seuil/Liber, 1999, p. 395-413.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Giorgio Agamben, &lt;i&gt;Moyens sans fins : notes sur la politique&lt;/i&gt;, Paris, Rivages/Poche, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;tienne Balibar, &#171; Racisme et nationalisme &#187;, dans &#201;tienne Balibar et Immanuel Wallerstein, &lt;i&gt;Race, nation, classe : les identit&#233;s ambigu&#235;s&lt;/i&gt;, Paris, La D&#233;couverte/ Poche, 1997, p. 57.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; Outreau, &#224; partir d'un huis clos familial impliquant les &#233;poux Delay et leurs quatre fils, plus un couple de voisins, les services sociaux, mais d'abord et avant tout la justice, avaient invent&#233; un &#171; r&#233;seau p&#233;dophile international &#187;. En l'absence de la plus petite preuve mat&#233;rielle, sur la base de d&#233;clarations invraisemblables d'enfants perturb&#233;s, le juge d'instruction d'Outreau, petite ville du nord de la France, avait fait jeter au trou des voisins d'immeuble ou de quartier, mais aussi de parfaits &#233;trangers rafl&#233;s par hasard ou pour cause d'homonymie. Le calvaire a dur&#233; entre quatre ans et quatre ans et demi, parfois jusqu'&#224; 40 mois de d&#233;tention. Il y a eu des tentatives de suicide, des enfants soign&#233;s pour troubles psychiatriques, des parents s&#233;par&#233;s de leurs enfants depuis le d&#233;but de l'affaire, des divorces, des familles ruin&#233;es financi&#232;rement. Les faux accus&#233;s seront d&#233;sormais indemnis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Entretien r&#233;alis&#233; par &lt;strong&gt;Mouloud Idir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Victoire de Michelle Bachelet</title>
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		<dc:date>2008-07-26T14:04:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Christine Doran</dc:creator>


		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Conflits, droits humains et impunit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Doran, Marie-Christine </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'&#233;lection pr&#233;sidentielle ayant port&#233; au pouvoir Michelle Bachelet le 15 janvier 2006 a suscit&#233; un enthousiasme populaire &#224; la mesure des enjeux cruciaux soulev&#233;s par le choix historique des Chiliens de porter une femme &#224; la pr&#233;sidence de leur pays. Premi&#232;re femme &#233;lue pr&#233;sidente dans l'histoire du Chili, la figure de Bachelet suscite bien des commentaires. Tandis que les grands quotidiens &#233;tats-uniens la placent aux c&#244;t&#233;s de Lula dans le camp gauche &#171; inoffensive &#187; et &#171; civilis&#233;e &#187; par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-14-avril-mai-2006-" rel="directory"&gt;No 014 - avril / mai 2006&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Conflits-droits-humains-et-+" rel="tag"&gt;Conflits, droits humains et impunit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Doran-Marie-Christine-+" rel="tag"&gt;Doran, Marie-Christine &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;lection pr&#233;sidentielle ayant port&#233; au pouvoir Michelle Bachelet le 15 janvier 2006 a suscit&#233; un enthousiasme populaire &#224; la mesure des enjeux cruciaux soulev&#233;s par le choix historique des Chiliens de porter une femme &#224; la pr&#233;sidence de leur pays. Premi&#232;re femme &#233;lue pr&#233;sidente dans l'histoire du Chili, la figure de Bachelet suscite bien des commentaires. Tandis que les grands quotidiens &#233;tats-uniens la placent aux c&#244;t&#233;s de Lula dans le camp gauche &#171; inoffensive &#187; et &#171; civilis&#233;e &#187; par opposition aux &#171; radicaux &#187; Hugo Ch&#225;vez ou Evo Morales, la presse espagnole s'&#233;tonne de voir un pays jug&#233; tr&#232;s machiste &#233;lire une femme &#224; la pr&#233;sidence avant les grandes d&#233;mocraties lib&#233;rales europ&#233;ennes ou nord-am&#233;ricaines.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au Chili, malgr&#233; la continuit&#233; que repr&#233;sente Bachelet en tant que candidate de la coalition de la &lt;i&gt;Concertation de partis pour la d&#233;mocratie&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Concertation est compos&#233;e du Parti socialiste (PS), de la D&#233;mocratie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, toujours victorieuse contre la coalition d'opposition &lt;i&gt;Alliance pour le Chili&lt;/i&gt; compos&#233;e des partis de la droite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Alliance regroupe R&#233;novation nationale (RN) et l'Union d&#233;mocratique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, depuis les d&#233;buts du retour &#224; la d&#233;mocratie il y a 16 ans, son &#233;lection est per&#231;ue comme porteuse d'un v&#233;ritable changement. Dans la population, ce changement suscite l'attente du nouveau style de politique citoyen propre &#224; Bachelet, s'&#233;loignant de la &#171; d&#233;mocratie des accords et du consensus &#187; ayant fait la marque du mod&#232;le chilien, reconnu pour sa stabilit&#233; politique. Les partis de droite promettent de faire obstruction &#224; ce qu'ils consid&#232;rent comme le premier gouvernement dangereux &#8211; parce que de gauche &#8211; &#233;lu au Chili depuis le retour de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;mocratie et autoritarisme : un clivage r&#233;actualis&#233;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La signification de ce changement joue profond&#233;ment sur des repr&#233;sentations de la d&#233;mocratie qui sont particuli&#232;res au Chili. En effet, tant ses partisans que Bachelet elle-m&#234;me interpr&#232;tent cette victoire comme une avanc&#233;e de la d&#233;mocratie chilienne. C'est en effet aux cris de &#171; &lt;i&gt;gan&#243; la democracia&lt;/i&gt; &#187; qu'a &#233;t&#233; c&#233;l&#233;br&#233;e la victoire, un rappel de l'entr&#233;e en d&#233;mocratie en d&#233;cembre 1989. Cette perception populaire joue sur plusieurs niveaux qui s'interp&#233;n&#232;trent autour de la signification particuli&#232;re de l'&#233;lection de Michelle Bachelet en tant que femme de gauche pour le renouvellement de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; un premier niveau, elle permet la r&#233;actualisation d'un clivage qui divise la sc&#232;ne politique entre forces d&#233;mocratiques et forces antid&#233;mocratiques li&#233;es &#224; l'autoritarisme depuis la fin de la dictature et le pl&#233;biscite de 1988. En d&#233;pit des efforts m&#233;diatiques d&#233;ploy&#233;s durant la campagne pr&#233;sidentielle par Sebasti&#225;n Pi&#241;era, candidat d&#233;fait de l'&lt;i&gt;Alliance&lt;/i&gt;, pour tenter de faire passer une image de d&#233;mocrate fond&#233;e sur son suppos&#233; rejet du r&#233;gime militaire, la grande peur exprim&#233;e spontan&#233;ment par les votants &#224; l'&#233;gard des partis de droite a &#233;t&#233; r&#233;activ&#233;e et canalis&#233;e par la figure de Bachelet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que la nouvelle pr&#233;sidente du Chili soit fille d'un g&#233;n&#233;ral loyal &#224; Salvador Allende mort sous la torture en 1974 et femme militante engag&#233;e dans la cause des droits humains depuis la dictature &#8211; elle s'est oppos&#233;e &#224; un projet de loi de &#171; point final &#187; pr&#233;sent&#233; durant le mandat de Ricardo Lagos et s'est engag&#233;e d&#233;but janvier &#224; s'opposer &#224; toute initiative politique entravant le cours de la justice &#8211; a permis de toucher des matrices de cette conception chilienne de la d&#233;mocratie surd&#233;termin&#233;e par son opposition &#224; la dictature, dont la persistance apr&#232;s 16 ans de retour &#224; la d&#233;mocratie est un signe &#233;loquent de la sensibilit&#233; de la m&#233;moire collective autour de la souffrance li&#233;e &#224; la dictature. Depuis la campagne de Bachelet, certains analystes chiliens voient ressurgir la mystique de la r&#233;sistance &#224; la dictature dans une partie de la population que l'on croyait apolitique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce clivage entre &#171; partis de la d&#233;mocratie &#187; et &#171; partis de la dictature &#187; d&#233;termine &#233;galement un certain &#171; vote captif &#187; de la &lt;i&gt;Concertaci&#243;n&lt;/i&gt;, que l'on a vu &#233;branl&#233; par la mont&#233;e du vote communiste au premier tour (5,4 %), l'ouverture in&#233;dite de Bachelet &#224; l'&#233;gard des demandes de la gauche unie sous la banni&#232;re de la coalition &lt;i&gt;Juntos Podemos M&#225;s&lt;/i&gt; (Parti communiste, Parti humaniste, gauche chr&#233;tienne et autres forces plus minoritaires) a permis de rallier au deuxi&#232;me tour ce nouvel acteur de la sc&#232;ne politique, canalisant le vote de secteurs important de la jeunesse de classe populaire et moyenne. Il est en effet remarquable que le segment des 16-24 ans soit le plus sensible &#224; l'&#233;gard de la m&#233;moire de la dictature, d&#233;sapprouvant &#224; 71 % (contre 63 % pour l'ensemble de la population) l'annulation de la peine octroy&#233;e en ao&#251;t dernier par le pr&#233;sident Lagos &#224; Manuel Contreras Donaire, responsable d'assassinats et de violations des droits humains durant la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Signe de l'approfondissement de la d&#233;mocratie ?
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Se superpose &#224; ce clivage d&#233;mocratie &lt;i&gt;versus&lt;/i&gt; autoritarisme un deuxi&#232;me axe de repr&#233;sentation de la d&#233;mocratie touchant &#224; la sp&#233;cificit&#233; de la signification de l'&#233;lection d'une femme pour la population. Le choix d'une pr&#233;sidente femme constitue un changement important pour les partisans de Bachelet, dans la mesure o&#249; il marque le signe de l'accomplissement r&#233;el d'une d&#233;mocratie jusque-l&#224; per&#231;ue par une large part de la population comme limit&#233;e par le mot d'ordre du consensus. Hommes et femmes interrog&#233;s ayant vot&#233; pour Bachelet se rejoignent en ce sens : l'av&#232;nement d'une femme &#224; la pr&#233;sidence est un signe de sant&#233; d&#233;mocratique du Chili et ouvre &#224; l'av&#232;nement d'une d&#233;mocratie plus inclusive et plus participative. Cette opinion g&#233;n&#233;rale s'est consolid&#233;e au deuxi&#232;me tour avec la r&#233;duction de l'&#233;cart, d&#233;j&#224; peu significatif, entre le vote f&#233;minin et le vote masculin en faveur de Bachelet : l'&#233;cart de deux points enregistr&#233; au premier tour est en effet tomb&#233; &#224; moins d'un demi-point au deuxi&#232;me tour (53,7 % de votes f&#233;minins contre 53,33 % de votes masculins en faveur de Bachelet), montrant que les r&#233;ticences de l'&#233;lectorat masculin n'&#233;taient pas assez significatives pour engendrer une opposition &#224; Bachelet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je vais travailler pour que toutes nos m&#232;res aient droit &#224; une vieillesse digne&lt;/i&gt; &#187;, dit Bachelet pour annoncer la tr&#232;s attendue r&#233;forme du syst&#232;me de pensions de vieillesse qu'elle a annonc&#233;e avec l'appui de plusieurs d&#233;put&#233;s. Bachelet symbolise les multiples fractures sociales qui traversent la soci&#233;t&#233; chilienne, cinqui&#232;me pays du monde en termes d'in&#233;galit&#233;s sociales. Cette cristallisation des attentes sociales derri&#232;re le symbole de la femme comme embl&#232;me des injustices suscite une grande identification de ses &#233;lecteurs &#224; la pr&#233;sidente et permet de donner &#224; ses projets, notamment &#224; ceux de r&#233;forme du syst&#232;me de pension et de r&#233;forme du syst&#232;me &#233;lectoral (de binominal &#224; un syst&#232;me plus repr&#233;sentatif), une valeur de lutte contre les injustices. Il est &#224; cet &#233;gard r&#233;v&#233;lateur que malgr&#233; les promesses &#233;lectorales de l'&lt;i&gt;Alliance&lt;/i&gt; quant &#224; l'octroi d'un salaire pour les femmes au foyer et l'absence d'&#233;quivalent du c&#244;t&#233; de la &lt;i&gt;Concertation&lt;/i&gt;, la figure de Bachelet comme pr&#233;sidente ait permis de l'emporter dans ce pays o&#249; les femmes sont plus nombreuses &#224; &#234;tre inscrites sur les listes &#233;lectorales que les hommes. Son discours r&#233;solument moderne concernant la n&#233;cessit&#233; de la mise en place d'un syst&#232;me de garderie adapt&#233; et sa condition de m&#232;re monoparentale &#8211; que la droite a essay&#233; de discr&#233;diter &#8211; ont orient&#233; l'identification f&#233;minine jusque dans les classes populaires autant que plus &#233;lev&#233;es. T&#233;moigne aussi de cette identification le fait que durant le deuxi&#232;me tour de l'&#233;lection, Bachelet a r&#233;ussi &#224; capter 2 % de l'&#233;lectorat populaire f&#233;minin ayant vot&#233; pour Lav&#237;n (UDI) au premier tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la mont&#233;e de la popularit&#233; de Bachelet t&#233;moigne de cet appui populaire ayant permis de pousser sa candidature en tant que femme. Pr&#233;sence discr&#232;te dans le monde politique jusqu'&#224; sa nomination comme ministre de la Sant&#233; par le pr&#233;sident Lagos en 2000, elle comptait d&#233;j&#224; sur une certaine renomm&#233;e de p&#233;diatre et militante d&#233;vou&#233;e de la cause des femmes et des enfants dans les secteurs populaires de la population o&#249; le fait qu'elle soit m&#233;decin (comme le pr&#233;sident Allende) lui a aussi valu des sympathies.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;chiquier politique chilien
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La capacit&#233; de Bachelet &#224; susciter l'adh&#233;sion &#224; partir de sa position de femme est &#233;galement indissociable de sa position sans &#233;quivoque en faveur d'une option de gauche rendant n&#233;cessaire un changement dans la mani&#232;re de faire la politique au Chili. Issue de la &lt;i&gt;Nueva Izquierda&lt;/i&gt;, un courant du Parti socialiste r&#233;coltant l'adh&#233;sion de la plus grande partie des jeunes militants du parti, sa m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard des grands dirigeants de la &lt;i&gt;Concertation&lt;/i&gt; est connue et r&#233;ciproque. Il est &#224; cet &#233;gard important de consid&#233;rer que sa victoire est aussi symptomatique d'un ph&#233;nom&#232;ne r&#233;cent reconnu par l'ensemble des analystes politiques chiliens : une nouvelle orientation de l'&#233;lectorat vers la gauche. Cette inclinaison s'affirme actuellement avec plus de vigueur que la mont&#233;e du populisme de droite &#8211; dont le candidat Joaqu&#237;n Lav&#237;n, d&#233;fait lors du premier tour en d&#233;cembre, &#233;tait l'incarnation la plus &#233;loquente. En ce sens, la pr&#233;f&#233;rence des votants populaires pour la militante de gauche classique chilienne qu'est Michelle Bachelet contre la droite populiste est embl&#233;matique. Le constant dialogue durant la campagne de Bachelet avec les secteurs sociaux organis&#233;s autour de la plateforme d&#233;mocratisante &#171; Pour un Chili Juste &#187;, agglutinant depuis la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale politique d'ao&#251;t 2003 les plus importants acteurs syndicaux r&#233;unis autour de la Centrale unique des travailleurs (CUT) et du syndicalisme autonome, a permis &#224; Bachelet de capter la plus grande partie du vote ayant appuy&#233; le pacte &lt;i&gt;Juntos podemos&lt;/i&gt; au premier tour, et ce, malgr&#233; l'appel r&#233;it&#233;r&#233; &#224; l'annulation du vote par le candidat pr&#233;sidentiel d&#233;fait au premier tour, Tomas Hirsch (PH). La mont&#233;e d'aspirations d&#233;mocratiques populaires autour de l'id&#233;e de justice a &#233;t&#233; reconnue par Bachelet durant la campagne et lors de son discours inaugural o&#249; elle a d&#233;clar&#233; : &#171; &lt;i&gt;au Chili, on peut aimer la justice&lt;/i&gt; &#187;, une phrase charg&#233;e de sens dans le contexte actuel ou des s&#233;nateurs de droite, appuy&#233;s par la hi&#233;rarchie de l'&#201;glise catholique, tentent de faire passer un projet de loi annulant les peines des quelques militaires condamn&#233;s pour violations des droits humains, au nom de la r&#233;conciliation. La perception dans la population de l'engagement de la nouvelle pr&#233;sidente envers les secteurs populaires s'est vue confirm&#233;e d&#232;s sa premi&#232;re visite sur le terrain, que Bachelet a choisi spontan&#233;ment de faire loin du regard des m&#233;dias, &#224; La &lt;i&gt;Pintana&lt;/i&gt;, une des communes les plus pauvres de Santiago, o&#249; la pr&#233;sidente a obtenu son appui le plus &#233;lev&#233; dans la r&#233;gion m&#233;tropolitaine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Perspectives de changement &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Largement m&#233;diatis&#233;, l'&#233;cart important de sept points ayant donn&#233; la victoire &#224; Bachelet donne &#224; la nouvelle pr&#233;sidente une grande l&#233;gitimit&#233; &#224; gouverner, tant dans la population l'ayant appuy&#233;e qu'au sein m&#234;me de la &lt;i&gt;Concertation&lt;/i&gt; ainsi que du Parti socialiste. Bachelet a en effet r&#233;ussi &#224; obtenir deux points de plus d'&#233;cart sur son opposant de droite que lors de la victoire de Ricardo Lagos contre Joaqu&#237;n Lav&#237;n en 2000. Son gouvernement sera aussi celui de grands enjeux puisque, ayant fait &#233;lire 20 s&#233;nateurs contre 17 pour la droite, et 65 d&#233;put&#233;s contre 54, la &lt;i&gt;Concertation&lt;/i&gt; obtient pour la premi&#232;re fois la majorit&#233; aux deux chambres du parlement. De plus, la nouvelle pr&#233;sidente n'aura plus &#224; faire face &#224; l'opposition des s&#233;nateurs d&#233;sign&#233;s, cette institution autoritaire h&#233;rit&#233;e de la constitution l&#233;gu&#233;e par Pinochet &#8211; abolie en juillet 2005. Dans ce contexte o&#249; l'obstruction de la droite aux r&#233;formes ne pourra plus &#234;tre invoqu&#233;e avec autant de facilit&#233; que durant les gouvernements ant&#233;rieurs, le test d&#233;cisif du quatri&#232;me gouvernement cons&#233;cutif de la &lt;i&gt;Concertation&lt;/i&gt; sera celui de la volont&#233; r&#233;elle d'acc&#233;der aux demandes de d&#233;mocratisation port&#233;es par des segments croissants de la population. Tandis que se succ&#232;dent les d&#233;clarations incendiaires de la droite, telles celle du s&#233;nateur de RN, Carlos Cantero, qui d&#233;cr&#233;tait le 20 janvier que &#171; &lt;i&gt;la d&#233;mocratie des accords entre en phase terminale&lt;/i&gt; &#187;, le mod&#232;le chilien de d&#233;mocratie jusqu'&#224; pr&#233;sent fond&#233; sur la stabilit&#233; comme valeur centrale fait face &#224; sa premi&#232;re possibilit&#233; r&#233;elle de renouveau.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La &lt;i&gt;Concertation&lt;/i&gt; est compos&#233;e du Parti socialiste (PS), de la D&#233;mocratie chr&#233;tienne (DC), du Parti pour la d&#233;mocratie (PPD) et Parti radical social-d&#233;mocrate (PRSD).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'&lt;i&gt;Alliance&lt;/i&gt; regroupe R&#233;novation nationale (RN) et l'Union d&#233;mocratique ind&#233;pendante (UDI).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marie-Christine Doran&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chercheure post-doctorale, &#201;cole des hautes &#233;tudes en sciences sociales, EHESS, Paris&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>La grande Guerre pour la civilisation. L'Occident &#224; la conqu&#234;te du Moyen-Orient</title>
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		<dc:date>2008-07-26T13:34:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rachad Antonius, Robert Fisk</dc:creator>


		<dc:subject>Moyen-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Antonius, Rachad </dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Fisk, Robert </dc:subject>

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&lt;p&gt;Robert Fisk, La grande Guerre pour la civilisation. L'Occident &#224; la conqu&#234;te du Moyen-Orient (1979-2005), La D&#233;couverte, 2005, 956 pages. &lt;br class='autobr' /&gt; Ce livre dense est une mine d'informations et de cl&#233;s pour comprendre ce qui se passe au Moyen-Orient. Couvrant une p&#233;riode d'une trentaine d'ann&#233;es, les reportages repris ici et regroup&#233;s en vingt chapitres donnent une vision riche de la r&#233;alit&#233; sociale et politique de la r&#233;gion. &#192; travers un luxe de d&#233;tails, ils permettent de comprendre ce que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-14-avril-mai-2006-" rel="directory"&gt;No 014 - avril / mai 2006&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Moyen-Orient-+" rel="tag"&gt;Moyen-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Antonius-Rachad-+" rel="tag"&gt;Antonius, Rachad &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton346.jpg?1642092268' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;266&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Robert Fisk, &lt;i&gt;La grande Guerre pour la civilisation. L'Occident &#224; la conqu&#234;te du Moyen-Orient&lt;/i&gt; (1979-2005), La D&#233;couverte, 2005, 956 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce livre dense est une mine d'informations et de cl&#233;s pour comprendre ce qui se passe au Moyen-Orient. Couvrant une p&#233;riode d'une trentaine d'ann&#233;es, les reportages repris ici et regroup&#233;s en vingt chapitres donnent une vision riche de la r&#233;alit&#233; sociale et politique de la r&#233;gion. &#192; travers un luxe de d&#233;tails, ils permettent de comprendre ce que signifient les strat&#233;gies de guerre occidentales et comment elles sont v&#233;cues et interpr&#233;t&#233;es tant par les gens ordinaires que par les &#233;lites politiques dans la r&#233;gion et les chefs de guerre des diverses milices officielles et des groupes clandestins. Un travail minutieux de contextualisation historique a &#233;t&#233; effectu&#233;, gr&#226;ce au concours d'historiennes et d'historiens chevronn&#233;s. Avec l'aide de ces derniers, Robert Fisk a d&#233;nich&#233; des citations fort &#233;clairantes de strat&#232;ges, de militaires et de politiciens du XIXe si&#232;cle et du d&#233;but du XXe, qui illustrent combien les efforts actuels de &#171; civilisation &#187; de la r&#233;gion par les grandes puissances &#233;voquent l'entreprise coloniale des deux derniers si&#232;cles et s'inscrivent dans son prolongement. Le titre du livre est tir&#233; d'ailleurs d'une m&#233;daille de guerre m&#233;rit&#233;e par le p&#232;re de Fisk, qui &#233;tait soldat dans l'arm&#233;e de Sa Majest&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains ont reproch&#233; au livre de ne pas offrir de solutions ou de pistes pour le futur. Mais ce n'&#233;tait pas l&#224; son propos ! Le livre d&#233;monte avec adresse et comp&#233;tence les contradictions et les hypocrisies des puissants de ce monde en ce qui concerne le Moyen-Orient, et il n'est pas plus complaisant envers les forces politiques locales qu'envers les puissances occidentales. Il est sensible, cependant, au v&#233;cu des gens ordinaires qu'il observe avec empathie. Il essaie d'identifier les grands enjeux politiques structurant l'action des forces politiques sur le terrain, et de comprendre la vision de ces forces politiques et la lecture qu'elles font de leurs options. Il identifie et pointe du doigt toutes les actions des puissances occidentales qui contredisent leurs politiques affich&#233;es, tel l'appui du gouvernement am&#233;ricain &#224; Saddam Hussein dans les ann&#233;es 80. En cela, il se situe &#224; contre-courant de la pratique journalistique en Am&#233;rique du Nord en ce qui concerne le Moyen-Orient. On lit chez lui ce qu'on ne trouve pas dans la grande presse nord-am&#233;ricaine. Les vingt chapitres du livre, dont chacun constitue un mini-livre qui aurait pu se lire s&#233;par&#233;ment, deviennent ainsi une lecture obligatoire pour comprendre pourquoi le Moyen-Orient est encore dans la tourmente, dix-sept ans apr&#232;s la fin officielle de la guerre froide.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rachad Antonius&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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