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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>L'histoire d'un village guat&#233;malt&#232;que et d'une entreprise mini&#232;re canadienne</title>
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		<dc:date>2008-09-19T16:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Drouin</dc:creator>


		<dc:subject>Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Drouin, Marc </dc:subject>
		<dc:subject>Conflits, droits humains et impunit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En Am&#233;rique centrale, l'acronyme PPP d&#233;signe depuis quelques ann&#233;es le Plan Puebla Panama, un ambitieux projet d'int&#233;gration r&#233;gionale vou&#233; essentiellement au transport maritime et terrestre de marchandises provenant du c&#339;ur industriel nord-am&#233;ricain, situ&#233; autour des Grands Lacs, et dont la destination finale, via l'oc&#233;an Atlantique, est le march&#233; lucratif de l'Asie-Pacifique. L'Am&#233;rique centrale, &#233;ternel obstacle terrestre entre les deux oc&#233;ans, gisant toujours sous les effets de cinquante (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-09-avril-mai-2005-" rel="directory"&gt;No 009 - avril / mai 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cies-minieres-et-petrolieres-+" rel="tag"&gt;Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Drouin-Marc-+" rel="tag"&gt;Drouin, Marc &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Conflits-droits-humains-et-+" rel="tag"&gt;Conflits, droits humains et impunit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En Am&#233;rique centrale, l'acronyme PPP d&#233;signe depuis quelques ann&#233;es le &lt;i&gt;Plan Puebla Panama&lt;/i&gt;, un ambitieux projet d'int&#233;gration r&#233;gionale vou&#233; essentiellement au transport maritime et terrestre de marchandises provenant du c&#339;ur industriel nord-am&#233;ricain, situ&#233; autour des Grands Lacs, et dont la destination finale, via l'oc&#233;an Atlantique, est le march&#233; lucratif de l'Asie-Pacifique. L'Am&#233;rique centrale, &#233;ternel obstacle terrestre entre les deux oc&#233;ans, gisant toujours sous les effets de cinquante ans de conflits dits de faible intensit&#233;, est appel&#233;e aujourd'hui &#224; jouer le r&#244;le d'&#233;norme passoire interoc&#233;anique s'&#233;tendant du Mexique au Panama, o&#249; le c&#233;l&#232;bre canal se transforme en relique g&#233;ostrat&#233;gique digne d'une autre &#233;poque. Les partenariats public-priv&#233;, les PPP dont on entend vanter les bienfaits ici, ne sont pas une id&#233;e nouvelle et l'exp&#233;rience centram&#233;ricaine avec de tels partenariats, r&#233;alis&#233;s &#224; l'&#233;chelle internationale, est tr&#232;s r&#233;v&#233;latrice. Le cas des mines canadiennes au Guatemala en constitue un excellent exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie mini&#232;re canadienne est pr&#233;sente au Guatemala depuis 1960, lorsque la International Nickel Company (INCO) du Canada inscrit sa fili&#232;re guat&#233;malt&#232;que Exploraciones y Explotaciones Mineras de Izabal (EXMIBAL) aupr&#232;s du gouvernement militaire du g&#233;n&#233;ral Yd&#237;goras Fuentes. D'entr&#233;e de jeu, et voulant faire preuve de bonnes intentions &#224; l'&#233;gard du r&#233;gime, INCO fait parvenir ses suggestions &#233;crites quant &#224; l'&#233;laboration d'une nouvelle loi mini&#232;re et d&#233;p&#234;che un expert aupr&#232;s du gouvernement guat&#233;malt&#232;que en 1963 afin de s'assurer que ses propositions soient bien comprises. Changement de r&#233;gime, nouveaux d&#233;lais, mais en 1965, en plein &#233;tat de si&#232;ge, le pr&#233;sident et colonel Enrique Peralta d&#233;cr&#232;te un nouveau code minier et INCO re&#231;oit ses premiers titres de propri&#233;t&#233; sur un territoire de 400 km2. Le march&#233; mondial du nickel est alors &#224; la hausse, son utilisation, entre autres, dans la fabrication d'alliages utilis&#233;s par les industries de l'aviation et de la d&#233;fense &#233;tant en pleine croissance. La guerre du Vietnam oblige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Guatemala, INCO devient un des plus importants propri&#233;taires fonciers dans une r&#233;gion tropicale secou&#233;e par des conflits sociaux et agraires. Et, comme tout grand propri&#233;taire au Guatemala, l'entreprise peut compter sur les forces de l'ordre afin de faire respecter ses biens. En 1971, &#224; la suite de l'assassinat ou de l'exil forc&#233; de quatre des principaux intellectuels oppos&#233;s &#224; son projet de d&#233;veloppement minier, dont un d&#233;put&#233; et le doyen du d&#233;partement des sciences &#233;conomiques de l'universit&#233; nationale, INCO fait du gouvernement guat&#233;malt&#232;que, alors sous l'emprise du colonel Arana Osorio, un partenaire &#224; titre de 30 % dans ce qui &#233;tait alors le plus important investissement priv&#233; de toute l'Am&#233;rique centrale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les nouvelles installations de l'entreprise au Guatemala, sises sur les rives du lac Izabal, sont inaugur&#233;es en grande pompe en juillet 1977, en pr&#233;sence de repr&#233;sentants du gouvernement canadien et du pr&#233;sident et g&#233;n&#233;ral Laugerud Garcia qui, revolver &#224; la ceinture et sous un fanion unifoli&#233;, t&#233;moigne de son ind&#233;fectible soutien &#224; l'initiative priv&#233;e canadienne. En f&#233;vrier 1978, c'est le g&#233;n&#233;ral lui-m&#234;me qui annonce fi&#232;rement le premier chargement de concentr&#233; nick&#233;lif&#232;re guat&#233;malt&#232;que destin&#233; &#224; une raffinerie d'INCO au pays de Galles. Lorsque des paysans autochtones d&#233;plac&#233;s ou menac&#233;s d'expulsion par les concessions mini&#232;res canadiennes manifestent trois mois plus tard, ce sont les soldats du bon g&#233;n&#233;ral qui ouvriront le feu faisant une soixantaine de morts et autant de bless&#233;s. Le tristement c&#233;l&#232;bre massacre de Panz&#243;s, survenu le 29 mai 1978, fige ainsi l'amalgame entre une entreprise canadienne, experte en mati&#232;re de d&#233;veloppement minier, et l'&#201;tat guat&#233;malt&#232;que, sp&#233;cialiste en mati&#232;re de r&#233;pression : un partenariat public-priv&#233; d'envergure internationale reliant deux expertises mondialement reconnues. Bien que la nouvelle du massacre soit retransmise par le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;, la BBC et &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, aucun quotidien canadien n'en fera mention.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En toute l&#233;galit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui l'industrie mini&#232;re canadienne, qui d&#233;tient plus de 80 % des concessions mini&#232;res du Guatemala, peut toujours compter sur l'appui ind&#233;fectible des gouvernements canadien et guat&#233;malt&#232;que au moment de faire valoir ses int&#233;r&#234;ts. En novembre 2004, face &#224; une r&#233;cente reprise de l'opposition aux projets canadiens, l'actuel ambassadeur du Canada au Guatemala a voulu se faire rassurant par l'entremise d'un texte publi&#233; dans un quotidien guat&#233;malt&#232;que o&#249; il affirme que &#171; &lt;i&gt;1,200 communaut&#233;s autochtones&lt;/i&gt; &#187; au Canada avaient b&#233;n&#233;fici&#233; du d&#233;veloppement minier et qu'au &#171; &lt;i&gt;cours d'une histoire de production mini&#232;re longue de 150 ans&lt;/i&gt; [les Canadiens] &lt;i&gt;&#233;taient devenus les administrateurs, promoteurs, utilisateurs et exportateurs de mati&#232;res premi&#232;res parmi les plus &#8220;intelligents&#8221; au monde&lt;/i&gt; &#187;. Plus r&#233;cemment, le 11 janvier dernier, lorsque les autorit&#233;s guat&#233;malt&#232;ques ont d&#233;ploy&#233; des forces anti&#233;meutes contre des manifestants paysans qui bloquaient des &#233;quipements lourds destin&#233;s &#224; une mine d'or, propri&#233;t&#233; de l'entreprise Glamis Gold de Vancouver, faisant un mort et une vingtaine de bless&#233;s, l'ambassadeur justifia le projet en affirmant que &#171; &lt;i&gt;les concessions [de l'entreprise] respectaient les lois nationales et internationales en la mati&#232;re&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ceux et celles qui pourraient croire que le Canada veillait sur autre chose que ses propres int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques en Am&#233;rique latine, les propos de la responsable de la section politique et &#233;conomique de l'ambassade canadienne au Guatemala ne peuvent &#234;tre plus clairs. Lors d'une entrevue diffus&#233;e par Radio-Canada le 13 f&#233;vrier dernier au sujet des agissements de la Glamis Gold, du manque de consultation aupr&#232;s des communaut&#233;s autochtones affect&#233;es par sa mine d'or et du r&#244;le de l'ambassade dans une telle situation, la repr&#233;sentante du Canada aaffirm&#233; : &#171; [&#8230;] &lt;i&gt;Ce n'est pas seulement l'entreprise qu'on est en train de d&#233;fendre&lt;/i&gt;, [&#8230;] &lt;i&gt;on ne parle pas seulement d'une compagnie canadienne, on parle de milliers de Canadiens qui ont investi &#224; la bourse de Toronto&lt;/i&gt; [ce] &lt;i&gt;qui a donn&#233; finalement le financement, le capital, avec lequel peut op&#233;rer&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Glamis Gold ici au Guatemala.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;On a un devoir aussi de voir [&#224; ce] qu'ils ne perdent pas leurs investissements&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En terminant, il est pertinent de noter que tant les entreprises mini&#232;res canadiennes au Guatemala que l'ambassade du Canada, ainsi que le gouvernement guat&#233;malt&#232;que et ses forces d'intervention rapide, adh&#232;rent tous, sans exception, aux principes du d&#233;veloppement durable&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.paqg.org" class="spip_out"&gt;Projet accompagnement Qu&#233;bec-Guatemala&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marc Drouin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur est chercheur &#224; l'Institut montr&#233;alais d'&#233;tudes sur le g&#233;nocide et les droits de la personne (MIGS) de l'Universit&#233; Concordia et est membre du Projet accompagnement Qu&#233;bec-Guatemala&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La &#171; r&#233;forme &#187; en &#233;ducation entre le p&#233;dagogique et le politique</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-reforme-en-education-entre-le</link>
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		<dc:date>2008-07-20T14:49:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Normand Baillargeon</dc:creator>


		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Baillargeon, Normand </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les collaborateurs au pr&#233;sent dossier se sont donn&#233; pour t&#226;che de r&#233;fl&#233;chir sur les transformations r&#233;centes de l'&#233;ducation au Qu&#233;bec et sur les tenants et aboutissants de la r&#233;forme que nous sommes &#224; mener et dont les ma&#238;tres mots sont comp&#233;tences, constructivisme, projets. &lt;br class='autobr' /&gt;
On ne cherchera toutefois pas ici d'unicit&#233; de point de vue et le dossier aspire bien plus &#224; faire entendre des voix souvent moins audibles qu'&#224; atteindre un improbable consensus. Mais on trouvera bien ici un ensemble (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-La-reforme-en-education-" rel="directory"&gt;Dossier : La &#171; r&#233;forme &#187; en &#233;ducation entre le p&#233;dagogique et le politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Education-et-enseignement-+" rel="tag"&gt;Education et enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Baillargeon-Normand-+" rel="tag"&gt;Baillargeon, Normand &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les collaborateurs au pr&#233;sent dossier se sont donn&#233; pour t&#226;che de r&#233;fl&#233;chir sur les transformations r&#233;centes de l'&#233;ducation au Qu&#233;bec et sur les tenants et aboutissants de la r&#233;forme que nous sommes &#224; mener et dont les ma&#238;tres mots sont comp&#233;tences, constructivisme, projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne cherchera toutefois pas ici d'unicit&#233; de point de vue et le dossier aspire bien plus &#224; faire entendre des voix souvent moins audibles qu'&#224; atteindre un improbable consensus. Mais on trouvera bien ici un ensemble de pr&#233;occupations, communes &#224; tous les auteurs : celle, d'abord, de ne pas renoncer &#224; penser l'&#233;ducation &#224; la jonction du politique et du p&#233;dagogique ; une certaine m&#233;fiance, ensuite, &#224; l'endroit des sir&#232;nes r&#233;formistes et de leurs slogans ; une volont&#233; ferme, enfin, de ne pas oublier d'introduire la variable de l'&#233;galit&#233; dans chacune des nombreuses et complexes &#233;quations que nous am&#232;ne &#224; chercher &#224; r&#233;soudre toute r&#233;flexion sur l'&#233;ducation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Beno&#238;t Renaud trace d'abord un bilan des r&#233;formes, lanc&#233;es ou accomplies, depuis le Rapport Parent et la R&#233;volution Tranquille. S'il note des progr&#232;s importants, il rappelle en outre ce que ces r&#233;formes ont d'inachev&#233; et souligne, avec raison, les effets induits par la mise en place progressive de politiques n&#233;olib&#233;rales. Renaud en appelle au mouvement syndical, au mouvement &#233;tudiant et &#224; la gauche pour remettre &#224; l'ordre du jour les valeurs que nous privil&#233;gions avec eux. Ce que nous devrons confronter pour cela est &#233;norme, comme le montre l'article suivant, de Bernard Rioux, qui examine ce qu'il nomme la &#171; contre-r&#233;forme &#187; de l'&#233;ducation et son d&#233;ploiement depuis une d&#233;cennie. L'assaut contre l'&#233;cole publique est men&#233; sur plusieurs fronts et l'auteur les d&#233;crit tour &#224; tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article qui suit est de Jean-Pierre Terrail, auteur d'ouvrages de sociologie de l'&#233;ducation ayant r&#233;cemment beaucoup fait parler d'eux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De l'in&#233;galit&#233; scolaire (2002) et &#201;cole, l'enjeu d&#233;mocratique (2004), tous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Terrail reprend la probl&#233;matique de l'in&#233;galit&#233; et la renouvelle en soulevant une hypoth&#232;se originale, qui m&#233;rite un examen attentif. La voici : &#171; &lt;i&gt;On ne saurait donc faire l'&#233;conomie, pour peu que l'on ait le moindre souci de la d&#233;mocratie scolaire, d'un examen sans tabous des effets r&#233;els des p&#233;dagogies &#8220;actives&#8221;, &#8220;douces&#8221; et &#8220;concr&#232;tes&#8221; qui sont aujourd'hui incontest&#233;es dans notre &#233;cole &#233;l&#233;mentaire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je soutiens pour ma part que le constructivisme, surtout mais pas seulement dans la version radicale si couramment adopt&#233;e au Qu&#233;bec, est un exemple patent d'une p&#233;dagogie faussement progressiste et politiquement n&#233;faste, notamment pour les plus d&#233;munis. Les r&#233;sultats de recherche sur les m&#233;thodes p&#233;dagogiques abondent dans le m&#234;me sens, en particulier les enseignements qu'on peut tirer du projet Follow Through.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire cependant, ici et maintenant, devant l'&#233;cole de l'in&#233;galit&#233; ? Que faire si, qui plus est, les actuels mouvements de r&#233;formes, loin d'&#233;teindre nos inqui&#233;tudes, les attisent ? Ces questions sont pressantes et nous ne pouvions les ignorer. Et c'est pourquoi nous avons, pour clore ce dossier, donn&#233; la parole &#224; Robert Cadotte, directeur du Centre de formation sur l'enseignement en milieux d&#233;favoris&#233;s r&#233;cemment mis sur pied &#224; l'UQAM. Cadotte nous explique les objectifs de ce centre et les ambitions du travail qu'il y accomplit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;De l'in&#233;galit&#233; scolaire&lt;/i&gt; (2002) et &lt;i&gt;&#201;cole, l'enjeu d&#233;mocratique&lt;/i&gt; (2004), tous deux parus aux &#201;ditions La Dispute, Paris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Un dossier coordonn&#233; par &lt;strong&gt;Normand Baillargeon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La r&#233;forme permanente</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-reforme-permanente</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/La-reforme-permanente</guid>
		<dc:date>2008-07-19T14:54:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Benoit Renaud</dc:creator>


		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Renaud, Benoit</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le contraste entre le syst&#232;me d'&#233;ducation qu&#233;b&#233;cois d'avant la grande r&#233;forme des ann&#233;es 1960 et celui que nous avons depuis est assez frappant pour m&#233;riter toute l'attention qu'on donne au rapport Parent et &#224; la r&#233;volution tranquille dans nos manuels d'histoire. &lt;br class='autobr' /&gt; En effet, le syst&#232;me ant&#233;rieur &#224; la r&#233;forme &#233;tait terriblement &#233;litiste et sexiste, en plus de maintenir la population catholique et francophone dans une situation d'inf&#233;riorit&#233; flagrante par rapport &#224; la minorit&#233; anglophone et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-La-reforme-en-education-" rel="directory"&gt;Dossier : La &#171; r&#233;forme &#187; en &#233;ducation entre le p&#233;dagogique et le politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Education-et-enseignement-+" rel="tag"&gt;Education et enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Renaud-Benoit-+" rel="tag"&gt;Renaud, Benoit&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le contraste entre le syst&#232;me d'&#233;ducation qu&#233;b&#233;cois d'avant la grande r&#233;forme des ann&#233;es 1960 et celui que nous avons depuis est assez frappant pour m&#233;riter toute l'attention qu'on donne au rapport Parent et &#224; la r&#233;volution tranquille dans nos manuels d'histoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En effet, le syst&#232;me ant&#233;rieur &#224; la r&#233;forme &#233;tait terriblement &#233;litiste et sexiste, en plus de maintenir la population catholique et francophone dans une situation d'inf&#233;riorit&#233; flagrante par rapport &#224; la minorit&#233; anglophone et protestante. Les enseignantes, sans protection syndicale, &#233;taient g&#233;n&#233;ralement moins bien pay&#233;es et pas plus scolaris&#233;es que des commis de bureau. Le syst&#232;me d'&#233;ducation &#233;tait morcel&#233; entre des &#233;coles publiques primaires sous-financ&#233;es, des &#233;coles secondaires publiques sous-fr&#233;quent&#233;es et ne menant que tr&#232;s peu vers l'universit&#233;, des &#233;coles de m&#233;tier pr&#233;parant assez mal au march&#233; du travail, des coll&#232;ges classiques priv&#233;s r&#233;serv&#233;s &#224; une petite minorit&#233; et des universit&#233;s tr&#232;s peu accessibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation ph&#233;nom&#233;nale de la fr&#233;quentation scolaire &#224; partir de la Seconde guerre mondiale a forc&#233; le gouvernement &#224; augmenter sa part du financement. Elle a aussi provoqu&#233; un renversement du rapport entre la&#239;ques et religieux chez le personnel enseignant. &#171; &lt;i&gt;Les pr&#234;tres, les fr&#232;res et les s&#339;urs, majoritaires &#224; la fin de la guerre, ne constituent plus que 31 % des effectifs en 1960&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Linteau, Durocher, Robert, Ricard, Histoire du Qu&#233;bec contemporain : Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; La p&#233;riode du r&#233;gime Duplessis en est une de r&#233;sistance des structures archa&#239;ques face &#224; des changements objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es soixante sont l'occasion d'une convergence momentan&#233;e entre le besoin &#233;conomique de modernisation, la philosophie lib&#233;rale de l'&#233;galit&#233; des chances et de la mobilit&#233; sociale et la mobilisation du mouvement ouvrier pour une d&#233;mocratisation de l'&#233;ducation. La cr&#233;ation du minist&#232;re de l'&#201;ducation en 1964 permet une relative &#233;galisation du financement ainsi qu'une uniformisation des programmes. La r&#233;duction drastique du nombre de commissions scolaires et la cr&#233;ation des polyvalentes, puis des c&#233;geps et du r&#233;seau de l'Universit&#233; du Qu&#233;bec, cr&#233;ent des institutions r&#233;gionales similaires sur l'ensemble du territoire et facilitent une augmentation ph&#233;nom&#233;nale de la scolarisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, lorsqu'on examine les r&#233;sultats, on voit que cette r&#233;forme n'a &#233;t&#233; faite qu'&#224; moiti&#233;. Le syst&#232;me scolaire public demeure confessionnel, divis&#233; entre commissions scolaires catholiques et protestantes, jusqu'au milieu des ann&#233;es 1990. La promesse de gratuit&#233; scolaire jusqu'&#224; l'universit&#233;, faite par les Lib&#233;raux durant la campagne de 1960, puis par le PQ dans les ann&#233;es 1970, n'est toujours pas r&#233;alis&#233;e. &#201;galement, les r&#233;formes p&#233;dagogiques perp&#233;tuelles produites par le MEQ ne parviennent pas &#224; inclure pleinement les jeunes de milieux dits d&#233;favoris&#233;s et l'acc&#232;s &#224; l'universit&#233; demeure principalement le fait des couches sociales interm&#233;diaires et sup&#233;rieures. Aussi, la r&#233;duction significative des in&#233;galit&#233;s entre hommes et femmes ou entre anglophones et francophones est importante, quoique incompl&#232;te. Encore aujourd'hui, les femmes sont sous-repr&#233;sent&#233;es dans les programmes de 2e et 3e cycles universitaires et sur-repr&#233;sent&#233;es dans les professions traditionnellement f&#233;minines comme l'enseignement pr&#233;scolaire et primaire, les sciences infirmi&#232;res ou le travail social. En 1983, les universit&#233;s anglophones d&#233;cernaient toujours le tiers des dipl&#244;mes, alors que les anglophones ne composent qu'environ un sixi&#232;me de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre dimension inachev&#233;e de la r&#233;forme est le maintien d'un important secteur priv&#233;, subventionn&#233; par l'&#201;tat &#224; 60 %, le niveau le plus &#233;lev&#233; au Canada. La question de la d&#233;mocratie dans le fonctionnement des institutions et l'&#233;laboration des programmes demeure aussi en plan. Les structures d&#233;cisionnelles demeurent bureaucratiques et impliquent de plus en plus l'entreprise priv&#233;e, tandis que le personnel et les &#233;tudiantes sont trait&#233;s comme des groupes de pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quarante ans plus tard, nous sommes toujours loin d'un syst&#232;me d'&#233;ducation d&#233;mocratique, public, la&#239;c, gratuit et accessible &#224; tous et toutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1970, le succ&#232;s de la r&#233;forme entra&#238;ne une explosion des d&#233;penses publiques en &#233;ducation. En m&#234;me temps, la fin de la p&#233;riode de croissance &#233;conomique sans pr&#233;c&#233;dent de l'apr&#232;s-guerre exerce une pression en direction d'une compression des d&#233;penses sociales, dans un contexte de comp&#233;tition mondiale de plus en plus intense. Cette d&#233;cennie pourrait &#234;tre qualifi&#233;e de bras de fer &#224; somme &#224; peu pr&#232;s nulle entre la pression de la base (mouvement &#233;tudiant, syndicats) pour la poursuite des r&#233;formes et la pression du sommet (patronat et gouvernement) pour l'introduction de contre-r&#233;formes. Par exemple, en 1974, le gouvernement Bourassa tente d'introduire des tests d'aptitude aux &#233;tudes universitaires (TAEU) mais doit abandonner l'id&#233;e &#224; la suite d'une simple menace de gr&#232;ve &#233;tudiante&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre B&#233;langer, Le mouvement &#233;tudiant qu&#233;b&#233;cois : son pass&#233;, ses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les syndicats de l'enseignement continuent &#224; faire des progr&#232;s dans leurs conventions collectives durant cette d&#233;cennie de conflits politiques et sociaux intenses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; partir de la r&#233;cession de 1981-1982 que la contre-r&#233;forme n&#233;olib&#233;rale commence pour vrai avec le &#171; virage technologique &#187;. On insiste alors pour que les jeunes se pr&#233;parent aux besoins du march&#233; du travail et s'orientant vers les sciences de la nature, l'informatique et les m&#233;tiers plut&#244;t que les arts ou les sciences humaines. Le r&#233;gime p&#233;dagogique au secondaire est modifi&#233; en ce sens, puis on s'attaque au r&#233;gime p&#233;dagogique au coll&#233;gial, toujours dans un esprit d'efficacit&#233; &#233;troitement &#233;conomique. La campagne commence alors pour mettre fin au gel des frais de scolarit&#233; introduit &#224; la suite de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#233;tudiante de 1968. L'ann&#233;e 1982 est aussi celle de l'offensive du gouvernement L&#233;vesque contre les syndicats du secteur public et en particulier contre la CEQ (aujourd'hui CSQ), qui subira la loi matraque la plus dure depuis Duplessis (Loi 111). Une des cons&#233;quences de cette offensive n&#233;olib&#233;rale a &#233;t&#233; l'augmentation du d&#233;crochage au secondaire &#224; partir de 1987.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un point tournant a aussi marqu&#233; le milieu des ann&#233;es 1990 avec les &#201;tats g&#233;n&#233;raux sur l'&#233;ducation, la politique de d&#233;ficit z&#233;ro adopt&#233;e par les Sommets socio-&#233;conomiques, et la gr&#232;ve des c&#233;geps de l'automne1996. Il s'agit d'une p&#233;riode contradictoire incluant de belles ambitions, comme celle de hausser le taux de r&#233;ussite du secondaire &#224; 85 % des &#233;l&#232;ves de moins de 20 ans. Mais en m&#234;me temps, les compressions budg&#233;taires et la concurrence entre les &#233;tablissements ont contribu&#233; &#224; une tendance inverse. En effet, ce taux de r&#233;ussite est pass&#233; de 73,7 % en 1995-1996 &#224; 65,8 % en 2002-2003&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jocelyn Berthelot, &#171; Une mauvaise passe pour l'&#233;cole publique &#187;, revue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au post-secondaire, on demande aux c&#233;geps et aux universit&#233;s et &#224; leurs &#233;tudiantes et &#233;tudiants d'am&#233;liorer leur &#171; performance &#187; tout en r&#233;duisant leurs ressources, notamment avec la r&#233;cente coupure de 103 millions $ dans le r&#233;gime d'aide financi&#232;re et l'introduction du remboursement proportionnel au revenu (plus on est pauvre, plus on paie&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tendance actuelle est ax&#233;e sur la privatisation, l'&#233;ducation &#233;tant pr&#233;sent&#233;e comme un investissement &#233;conomique individuel. Les belles valeurs humanistes et d&#233;mocratiques du rapport Parent semblent bien loin des pr&#233;occupations des r&#233;cents gouvernements. Il appartient au mouvement syndical, au mouvement &#233;tudiant et &#224; la gauche de remettre ces id&#233;es sur le devant de la sc&#232;ne et de reprendre l'offensive.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Linteau, Durocher, Robert, Ricard, &lt;i&gt;Histoire du Qu&#233;bec contemporain : Le Qu&#233;bec depuis 1930&lt;/i&gt;, Bor&#233;al, 1986.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre B&#233;langer, &lt;i&gt;Le mouvement &#233;tudiant qu&#233;b&#233;cois : son pass&#233;, ses revendications et ses luttes&lt;/i&gt;, ANEEQ, 1983.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jocelyn Berthelot, &#171; Une mauvaise passe pour l'&#233;cole publique &#187;, revue &lt;i&gt;Options&lt;/i&gt;, no 23, CSQ, hiver 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Benoit Renaud&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La vraie contre-r&#233;forme de l'&#233;ducation</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-vraie-contre-reforme-de-l</link>
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		<dc:date>2008-07-18T15:02:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Rioux, Bernard</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Trente ans apr&#232;s la Commission Parent, le consensus qui s'&#233;tait cr&#233;&#233; autour de cette r&#233;forme s'est peu &#224; peu effondr&#233;, comme l'ont d&#233;montr&#233; les consultations autour des &#201;tats g&#233;n&#233;raux, men&#233;es en 1996. &lt;br class='autobr' /&gt; Un courant progressiste, dont le mouvement syndical de l'&#233;ducation &#233;tait la colonne vert&#233;brale, d&#233;sirait approfondir l'accessibilit&#233; par la consolidation de l'&#233;cole publique et faire un pas vers une soci&#233;t&#233; plus &#233;galitaire et plus ouverte &#224; la diversit&#233;. Plusieurs positions &#233;taient avanc&#233;es, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-La-reforme-en-education-" rel="directory"&gt;Dossier : La &#171; r&#233;forme &#187; en &#233;ducation entre le p&#233;dagogique et le politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Education-et-enseignement-+" rel="tag"&gt;Education et enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Rioux-Bernard-+" rel="tag"&gt;Rioux, Bernard&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trente ans apr&#232;s la Commission Parent, le consensus qui s'&#233;tait cr&#233;&#233; autour de cette r&#233;forme s'est peu &#224; peu effondr&#233;, comme l'ont d&#233;montr&#233; les consultations autour des &#201;tats g&#233;n&#233;raux, men&#233;es en 1996.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un courant progressiste, dont le mouvement syndical de l'&#233;ducation &#233;tait la colonne vert&#233;brale, d&#233;sirait approfondir l'accessibilit&#233; par la consolidation de l'&#233;cole publique et faire un pas vers une soci&#233;t&#233; plus &#233;galitaire et plus ouverte &#224; la diversit&#233;. Plusieurs positions &#233;taient avanc&#233;es, comme l'importance d'une gratuit&#233; r&#233;elle, de la lutte au d&#233;crochage et de l'attention envers les enfants des milieux d&#233;favoris&#233;s. De plus, on pr&#244;nait le maintien de la double mission des c&#233;geps et de la mission d'enseignement des universit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les secteurs li&#233;s au patronat exigeaient que l'&#233;cole (de la formation secondaire &#224; l'universit&#233;) soit plus d&#233;centralis&#233;e pour favoriser l'adaptation aux besoins des entreprises. De plus, le patronat demandait de pr&#233;server l'&#233;cole priv&#233;e au nom de l'excellence et la possibilit&#233; de former les &#233;lites de demain. Pour les universit&#233;s, le patronat mettait l'accent sur la recherche et son transfert vers les entreprises alors qu'on remettait en question les c&#233;geps.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des &#201;tats g&#233;n&#233;raux &#224; la contre-r&#233;forme du PQ&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans son rapport final, la Commission des &#201;tats g&#233;n&#233;raux sur l'&#233;ducation parlait, pour sa part, de &#171; &lt;i&gt;remettre l'&#233;cole sur ses rails en mati&#232;re d'&#233;galit&#233; des chances&lt;/i&gt; &#187;. On ajoutait qu'il fallait &#171; &lt;i&gt;accorder la priorit&#233; &#224; la relance de l'&#233;cole publique en d&#233;clarant un moratoire sur l'ouverture d'&#233;tablissements priv&#233;s et en diminuant progressivement les subventions accord&#233;es &#224; ce r&#233;seau&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une victoire des progressistes aux &#201;tats g&#233;n&#233;raux en 1996 s'est transform&#233;e en R&#233;forme n&#233;olib&#233;rale par d&#233;cision du gouvernement p&#233;quiste en 1997, sous la direction de Pauline Marois. Ainsi, contrairement &#224; ce qui est compris dans par une partie importante du personnel de l'&#233;ducation, des syndicalistes et des chercheurs, la &#171; r&#233;forme du curriculum &#187; et l'approche par comp&#233;tence, ne sont pas le c&#339;ur de ce qui est appel&#233; la &#171; R&#233;forme &#187;. Li&#233;e &#224; la politique de d&#233;ficit z&#233;ro, cette contre-r&#233;forme est la victoire des pressions patronales. Elle est bas&#233;e sur la croissance du secteur priv&#233; et la d&#233;gradation d'un secteur public segment&#233; par la mise en place de nombreuses fili&#232;res, la multiplication des projets s&#233;lectifs, le recul de l'accessibilit&#233; et de la diplomation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La croissance du priv&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Principal gagnant de la contre-r&#233;forme, le secteur priv&#233; s'est fortement consolid&#233; en augmentant de 10 % le nombre d'&#233;l&#232;ves (de familles plus ais&#233;es) depuis 1997-98 tandis que le secteur public diminuait de 6,4 %. Sur l'&#238;le de Montr&#233;al, c'est 30 % des &#233;l&#232;ves qui se retrouvent au priv&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;coles priv&#233;es qu&#233;b&#233;coises, les plus subventionn&#233;es en Am&#233;rique du Nord (50 % de financement contre 1 % en Ontario), ont profit&#233; d'une offensive id&#233;ologique men&#233;e par l'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al, avec l'aide du magazine &lt;i&gt;L'Actualit&#233;&lt;/i&gt;. En effet, la parution annuelle du palmar&#232;s ne faisait que confirmer ce que nous savions : les &#233;coles avec les enfants de familles plus riches et plus scolaris&#233;es ont des r&#233;sultats plus &#233;lev&#233;s. Le classement pr&#233;sent&#233; dans le palmar&#232;s est loin de mesurer la capacit&#233; d'une &#233;cole &#224; am&#233;liorer les r&#233;sultats des &#233;l&#232;ves au-dessus de leurs d&#233;terminants sociaux (au-dessus de la moyenne des &#233;l&#232;ves dans la m&#234;me situation socio-&#233;conomique). Il ne fait qu'envoyer le message que les &#233;coles publiques de pauvres sont mauvaises, que les &#233;coles priv&#233;es de riches sont meilleures et que nous devons y envoyer nos enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contre-r&#233;forme au grand profit des &#233;coles priv&#233;es s&#233;lectives et payantes a un grave impact sur la qualit&#233; de l'&#233;cole publique. Pourtant, la mollesse du MEQ dans la d&#233;nonciation des palmar&#232;s a une certaine port&#233;e sur les objectifs du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;gradation de l'&#233;cole publique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'application de la contre-r&#233;forme de l'&#233;ducation &#224; l'&#233;cole publique a &#233;t&#233; bas&#233;e sur une politique de coupures massives et de stratification par laquelle on a mis en place une &#233;cole &#224; deux vitesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;agir aux palmar&#232;s et aux pertes subies dans le domaine de l'&#233;cole priv&#233;e, les &#233;coles publiques ont fortement augment&#233; leur nombre de projets s&#233;lectifs. Bien que les programmes internationaux arts-&#233;tudes, sports-&#233;tudes et autres puissent &#234;tre stimulants sur le plan p&#233;dagogique, le probl&#232;me r&#233;side dans le fait qu'ils sont trop souvent s&#233;lectifs, donc discriminatoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, les &#233;l&#232;ves en difficult&#233; sont int&#233;gr&#233;s brutalement, sans soutien &#224; cause des coupures, dans les classes r&#233;guli&#232;res. Ainsi, de 1995 &#224; 1997, la d&#233;pense globale en &#233;ducation par rapport au PIB est pass&#233;e de 8,7 % &#224; 7,6 %, une baisse de 12,6 % en deux ans. Le taux d'obtention d'un premier dipl&#244;me au secondaire avant l'&#226;ge de 20 ans, qui &#233;tait en hausse spectaculaire depuis la R&#233;forme Parent, est pass&#233; de 72,3 % en 1998-99 &#224; 65,8 % en 2002-2003, alors que les &#201;tats g&#233;n&#233;raux visaient 85 % pour 2010 ! Cette baisse de la diplomation, et la hausse du d&#233;crochage qui lui est li&#233;e, est particuli&#232;rement le r&#233;sultat de coupures dans les services aux &#233;l&#232;ves en difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se retrouve maintenant avec une &#233;cole &#224; deux vitesses : les forts dans les programmes s&#233;lectifs et au priv&#233;, et les autres en classe r&#233;guli&#232;re. Cette stratification et l'homog&#233;n&#233;isation des classes qui s'ensuit ne sont pas plus favorables &#224; la r&#233;ussite des &#233;l&#232;ves les plus performants, tout en d&#233;savantageant grandement les &#233;l&#232;ves plus faibles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Former de la main-d'oeuvre sur mesure pour les entreprises&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui l'&#233;cole, sous les conseils de l'OCDE et des groupes de pression patronaux, vise avant tout &#224; d&#233;velopper les comp&#233;tences des jeunes et des adultes pour les rendre aptes &#224; s'adapter au changement (flexibilit&#233;), et &#224; recevoir une &#171; &lt;i&gt;formation continue tout au long de leur vie&lt;/i&gt; &#187;. L'objectif est de d&#233;velopper des &#171; ressources humaines &#187; comp&#233;tentes et mall&#233;ables, comme l'&#233;crit Petrella, qui &#171; &lt;i&gt;sont organis&#233;es, g&#233;r&#233;es, valoris&#233;es, d&#233;class&#233;es, recycl&#233;es, abandonn&#233;es en fonction de leur utilit&#233; pour l'entreprise&lt;/i&gt; &#187;. L'id&#233;e de compr&#233;hension et de critique de la soci&#233;t&#233; et du monde dans lequel les jeunes et les adultes vivent est exclue de cette vision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;aliser ces objectifs, on a d&#233;centralis&#233; les &#233;coles et on les a rapproch&#233;es des entreprises. On a aussi red&#233;fini le contenu m&#234;me de l'enseignement &#224; tous les niveaux pour les orienter vers les besoins en main-d'oeuvre. La multiplication des programmes courts aux secteurs professionnel et technique va dans ce sens. Ces formations courtes n'offrent plus l'apprentissage d'un m&#233;tier, mais des connaissances fragmentaires (telle machine, telle t&#226;che pr&#233;cise). Le MEQ pr&#233;voit mettre en place d&#232;s le secondaire III de nouveaux parcours de formation comme la &#171; formation g&#233;n&#233;rale appliqu&#233;e &#187; qui r&#233;duirait la formation commune d'une ann&#233;e, limitant ainsi les perspectives d'avenir des futurs travailleurs et travailleuses.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La logique des comp&#233;tences&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est souvent per&#231;u comme le c&#339;ur de la R&#233;forme, soit l'application de l'approche par comp&#233;tences et la r&#233;&#233;criture des programmes au primaire et au secondaire, doit &#234;tre analys&#233; de fa&#231;on nuanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approche par comp&#233;tences provient du secteur professionnel, de la formation de la main-d'&#339;uvre. Elle a ensuite &#233;t&#233; appliqu&#233;e dans le r&#233;seau coll&#233;gial puis, avec la contre-r&#233;forme, au primaire et elle est pr&#233;vue s'appliquer au secondaire &#224; partir de l'automne 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approche par comp&#233;tences, mise sur pied sous l'impulsion de l'OCDE, consistait &#224; promouvoir l'adaptabilit&#233;, la facult&#233; de communiquer, le travail en &#233;quipe et l'initiative, qualit&#233;s essentielles pour les entreprises. Or, cette tendance correspond &#224; l'&#233;volution que conna&#238;t la p&#233;dagogie, qui pr&#233;f&#232;re apprendre aux &#233;l&#232;ves &#224; r&#233;fl&#233;chir et &#224; apprendre par eux-m&#234;mes plut&#244;t qu'&#224; apprendre par c&#339;ur une s&#233;rie de connaissances. Ainsi, les savoirs transmis doivent maintenant &#234;tre contextualis&#233;s et d&#233;boucher sur des savoir-faire. Les comp&#233;tences polyvalentes et sociales doivent permettre l'adaptabilit&#233; &#224; des situations mouvantes et un apprentissage tout au long de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se retrouve donc dans une situation paradoxale o&#249; une conception utilitariste des comp&#233;tences est appliqu&#233;e dans les secteurs pr&#232;s des entreprises (le professionnel et le technique en t&#234;te). Par contre, au primaire, une d&#233;finition tr&#232;s large des comp&#233;tences ne permet pas d'assimiler m&#233;caniquement l'application de l'approche par comp&#233;tences &#224; une d&#233;rive utilitariste, mais plut&#244;t &#224; la lutte entre cette vision et celle issue de la tradition progressiste et exp&#233;riment&#233;e au Qu&#233;bec dans le cadre des &#233;coles alternatives.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelques perspectives&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plus que le n&#233;cessaire et urgent besoin de refinancement de l'&#233;cole publique, c'est l'&#233;cole en entier qu'il faut repenser. Sur le plan structurel, il faut &#233;liminer le financement public de l'&#233;cole priv&#233;e tout comme la comp&#233;tition entre les &#233;coles et entre les coll&#232;ges. Le r&#233;seau public doit garantir un curriculum national et la seule d&#233;centralisation doit aller dans le sens de donner plus de pouvoir aux acteurs de l'&#233;cole, c'est-&#224;-dire les travailleurs et travailleuses et les &#233;tudiantes. Le r&#233;seau doit aussi &#234;tre la&#239;c et former aux savoirs et d&#233;velopper les capacit&#233;s de libre jugement et d'argumentation collective au d&#233;triment de la parole d'autorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#233;largir le droit &#224; l'&#233;ducation en visant un taux de diplomation pour le secondaire de 90 % et en augmentant la diplomation au niveau coll&#233;gial et universitaire. Il faut non seulement d&#233;fendre le DES comme une norme sociale mais porter &#224; dix-huit ans le seuil au-del&#224; duquel vient le temps de la sp&#233;cialisation. Le principe de l'&#233;ducabilit&#233; cognitive des &#233;l&#232;ves doit &#234;tre l'axe organisateur de la culture professionnelle des enseignants. La r&#233;elle gratuit&#233; et la lutte &#224; l'endettement &#233;tudiant doivent aussi &#234;tre respect&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cole ne doit pas consid&#233;rer les &#233;l&#232;ves comme des ressources humaines &#224; d&#233;velopper pour l'entreprise, et s'enfermer dans la logique de l'employabilit&#233; imm&#233;diate qui emprisonne les jeunes dans des ghettos d'emplois. Dans ce sens, l'&#233;cole doit &#233;tablir des passerelles permettant le passage entre plusieurs orientations possibles. Une formation vraiment qualifiante fournira des moyens intellectuels g&#233;n&#233;raux de dominer son travail futur, quelles que soient les sp&#233;cialisations retenues. Nous devons aussi favoriser la reconnaissance nationale des dipl&#244;mes et non la reconnaissance par institution, et encore moins la soumission &#224; l'&#233;valuation individuelle des comp&#233;tences qui d&#233;termineraient les conditions de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi donner comme mission &#224; l'&#233;ducation de favoriser le passage de la r&#233;signation &#224; l'action collective. Il faut alors miser sur la transmission d'une culture qui d&#233;montre qu'il existe des probl&#232;mes qui sont d'ordre social et des outils pour les aborder (&#339;uvres litt&#233;raires, artistiques, math&#233;matiques, technologiques, sportives). Il faut aussi s'affranchir de la p&#233;dagogie et de l'enseignement ax&#233;s sur un individualisme forcen&#233; pour plut&#244;t favoriser les aspects collectifs des &#233;tudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, on ne peut imaginer aucun progr&#232;s &#233;ducatif si les travailleur-se-s de l'&#233;ducation n'ont pas les moyens mat&#233;riels, une charge de travail et une stabilit&#233; qui leur permettent d'offrir une &#233;ducation de qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les coupures massives dans l'&#233;ducation li&#233;es &#224; des baisses d'imp&#244;t des plus riches et des entreprises et doubl&#233;es d'une &#233;cole &#224; deux vitesses assujetties aux entreprises, voil&#224; la vraie contre-r&#233;forme mise en place par le PQ et poursuivie par le PLQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les questions de l'application du non-redoublement de classes par les &#233;l&#232;ves, de la coll&#233;gialit&#233; (entre le personnel), du socio-constructivisme (comme th&#233;orie p&#233;dagogique), de la la&#239;cit&#233; sont parmi les sujets sur lesquels la gauche politique et sociale doit d&#233;velopper un discours plus pouss&#233;. C'est ce que nous esp&#233;rons vous pr&#233;senter dans des textes &#224; venir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bernard Rioux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Doit-on s'y r&#233;signer ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Doit-on-s-y-resigner</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Doit-on-s-y-resigner</guid>
		<dc:date>2008-07-17T15:08:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Terrail</dc:creator>


		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Terrail, Jean-Pierre </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jean-Pierre Terrail est professeur &#224; l'Universit&#233; de Versailles-Saint-Quentin. L'Humanit&#233; a pr&#233;sent&#233; son dernier livre comme un ouvrage &#171; savant, foisonnant, bourr&#233; de r&#233;f&#233;rences insolites &#187; et son travail comme ouvrant &#171; des pistes neuves et d&#233;rangeantes &#187;. En fait, comme on va le constater, Terrail propose un substantiel et stimulant renouvellement de la question de l'in&#233;galit&#233; scolaire. &lt;br class='autobr' /&gt; Peut-on faire autrement que prendre acte du rejet du coll&#232;ge unique] par une majorit&#233; d'enseignants (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-La-reforme-en-education-" rel="directory"&gt;Dossier : La &#171; r&#233;forme &#187; en &#233;ducation entre le p&#233;dagogique et le politique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Education-et-enseignement-+" rel="tag"&gt;Education et enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Terrail-Jean-Pierre-+" rel="tag"&gt;Terrail, Jean-Pierre &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jean-Pierre Terrail est professeur &#224; l'Universit&#233; de Versailles-Saint-Quentin. &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt; a pr&#233;sent&#233; son dernier livre comme un ouvrage &#171; savant, foisonnant, bourr&#233; de r&#233;f&#233;rences insolites &#187; et son travail comme ouvrant &#171; des pistes neuves et d&#233;rangeantes &#187;. En fait, comme on va le constater, Terrail propose un substantiel et stimulant renouvellement de la question de l'in&#233;galit&#233; scolaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Peut-on faire autrement que prendre acte du rejet du coll&#232;ge unique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le coll&#232;ge unique a &#233;t&#233; mis en place en France en 1975. Il se propose (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;] par une majorit&#233; d'enseignants ? Qu'apr&#232;s quarante ans d'&#233;cole unique et de politiques de &#171; lutte contre l'&#233;chec scolaire &#187;, l'in&#233;galit&#233; des chances se maintienne &#224; un niveau inchang&#233; ne condamne-t-il pas tout espoir de d&#233;mocratisation scolaire ? C'est ce qu'admettent la plupart des solutions formul&#233;es par les politiques et les experts, que celles-ci penchent pour un retour &#224; une s&#233;lection pr&#233;coce des &#233;l&#232;ves ou plut&#244;t pour un &#233;largissement des missions du coll&#232;ge qui permettrait &#224; tous les &#233;l&#232;ves d'y trouver leur place, m&#234;me s'ils sont en grande difficult&#233; dans les mati&#232;res fondamentales de la culture &#233;crite. Et c'est au fond ce que pensent bien des professionnels du syst&#232;me &#233;ducatif qui, tout en ayant envie de bien faire leur m&#233;tier, ne croient gu&#232;re que la situation puisse &#234;tre am&#233;lior&#233;e autrement qu'&#224; la marge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pessimisme s'autorise de justifications d'ordre moins souvent biologique qu'autrefois et qui invoquent, plus volontiers que l'in&#233;galit&#233; des aptitudes inn&#233;es, l'existence d'un &#171; handicap socioculturel &#187; peu surmontable : comment une soci&#233;t&#233; aussi in&#233;galitaire que la n&#244;tre, affect&#233;e qui plus est par une v&#233;ritable d&#233;sagr&#233;gation du tissu social, pourrait-elle se doter d'une &#233;cole &#233;galitaire ? L'argument est de bon sens, et peut s'&#233;tayer d'une diversit&#233; de recherches sociologiques qui, depuis les ann&#233;es 1960, ont solidement &#233;tabli l'in&#233;galit&#233; des ressources culturelles et langagi&#232;res dont disposent les publics accueillis par l'&#233;cole. Mais dire que les jeunes issus des milieux populaires sont moins bien pr&#233;par&#233;s &#224; r&#233;pondre aux exigences scolaires ne d&#233;montre en rien leur incapacit&#233; &#224; accomplir n&#233;anmoins une scolarit&#233; convenable. Or, c'est tr&#232;s loin d'&#234;tre le cas aujourd'hui : rappelons qu'au-del&#224; des 10 &#224; 15 % d'illettr&#233;s, un jeune sur deux se voit orient&#233; vers les voies courtes de l'enseignement professionnel ou technologique pour ma&#238;trise insuffisante de la langue et de la culture &#233;crites. &#201;taient-ils incapables, du fait de leur appartenance sociale, d'acc&#233;der &#224; une telle ma&#238;trise ? L'hypoth&#232;se n'est pas cr&#233;dible. Leur naissance ne les a pas emp&#234;ch&#233;s d'entrer dans le langage et donc d'acc&#233;der comme tout &#234;tre dou&#233; de la parole, quel que soit l'usage qu'il en fait, &#224; la capacit&#233; d'abstraction et de raisonnement logique qui est tout ce dont l'&#233;cole a besoin pour exercer son action &#233;ducative. La duret&#233; des temps, la d&#233;gradation des conditions d'existence, la violence des relations quotidiennes ne feraient-elles pas cependant obstacle &#224; l'usage normal de ces ressources ? Pour certains d'entre eux sans doute, on pourra parler &#224; leur &#233;gard d'enfants en difficult&#233; : mais le nombre des &#233;l&#232;ves en difficult&#233; exc&#232;de aujourd'hui consid&#233;rablement le cercle de ces derniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La masse des &#233;l&#232;ves en difficult&#233; pourrait donc ne pas l'&#234;tre. Sont-ils en difficult&#233; parce qu'ils n'investissent pas suffisamment, par manque de motivation, l'activit&#233; intellectuelle ? Mais ils ne sont pas n&#233;s d&#233;motiv&#233;s, et ils ne l'&#233;taient toujours pas &#224; l'entr&#233;e de l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire dont ils attendaient avec confiance qu'elle leur enseigne ces savoirs du lire-&#233;crire-compter qui permettraient de devenir grands. C'est l'exp&#233;rience douloureusement v&#233;cue d'une appropriation impossible des bases de la culture &#233;crite qui, entre le CP&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CP : Cours pr&#233;paratoire (l'&#233;quivalent de notre maternelle). [NDLR&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;] et le coll&#232;ge, les a conduits au d&#233;couragement ou au rejet de l'&#233;cole. Et ce sont les conditions proprement scolaires de ce ratage qu'il faut comprendre. Deux registres s'offrent &#224; cet &#233;gard &#224; l'examen.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier est celui de l'affectation in&#233;gale des ressources mat&#233;rielles, humaines et p&#233;dagogiques de l'institution scolaire. Les conditions g&#233;n&#233;rales de l'offre de formation tendent en effet &#224; s'ajuster &#224; la qualit&#233; sociale du public. La diversit&#233; de l'offre, la pr&#233;sence des meilleures fili&#232;res sont l'apanage des centres villes des grandes agglom&#233;rations ; la qualit&#233; des b&#226;timents, les taux d'encadrement professoral, la disposition des enseignants les plus exp&#233;riment&#233;s, sont tout autant &#224; l'avantage des beaux quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re in&#233;galitaire de l'&#233;cole unique tient &#233;galement &#224; la discrimination implicite, pas n&#233;cessairement tr&#232;s consciente, dont les jeunes d'origine populaire sont tendanciellement l'objet de la part des enseignants. Pr&#234;tant aux &#233;l&#232;ves des ressources intellectuelles personnelles et familiales mesur&#233;es &#224; la position de leur groupe d'appartenance dans la hi&#233;rarchie des rapports de classes, les enseignants seront tendanciellement plus g&#233;n&#233;reux, en mati&#232;re d'&#233;valuation et d'orientation, et &#224; valeur scolaire comparable, &#224; l'&#233;gard des &#171; h&#233;ritiers &#187;. Et cet &#233;tiquetage des &#233;l&#232;ves a des cons&#233;quences symboliques elles aussi tr&#232;s sensibles. Les int&#233;ress&#233;s ne manquent pas de percevoir les attentes des ma&#238;tres &#224; leur &#233;gard, et finissent par les int&#233;rioriser : gratifi&#233;s et motiv&#233;s si elles sont positives, ils sont d&#233;courag&#233;s dans le cas contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une troisi&#232;me forme de discrimination des publics scolaires concerne l'impact des processus d'&#233;tiquetage sur les pratiques d'enseignement elles-m&#234;mes, et la propension des enseignants &#224; adapter leur d&#233;marche p&#233;dagogique aux ressources de leurs &#233;l&#232;ves telles qu'ils les anticipent : face &#224; un public populaire, ou d'&#233;l&#232;ves r&#233;put&#233;s faibles (ce qui revient tendanciellement au m&#234;me), une grande majorit&#233; d'enseignants renoncent aux ambitions qu'ils auraient avec d'autres classes, acceptant de ne traiter qu'une partie du programme, qu'ils all&#232;gent de ses dimensions les plus th&#233;oriques en privil&#233;giant ses c&#244;t&#233;s les plus &#171; concrets &#187;, choisissant les m&#233;thodes d'expos&#233; les plus descriptives et empiriques, substituant l'exemple au concept, l'illustration &#224; la d&#233;monstration. P&#233;trie le cas &#233;ch&#233;ant des intentions les plus d&#233;mocratiques, cette adaptation anticip&#233;e aux capacit&#233;s intellectuelles pr&#233;sum&#233;es des &#233;l&#232;ves contribue activement elle aussi &#224; creuser les &#233;carts : on ne saurait autrement expliquer les effets tr&#232;s n&#233;gatifs pour les int&#233;ress&#233;s du regroupement des &#233;l&#232;ves en difficult&#233; (ou simplement de valeur scolaire m&#233;diocre) dans des classes de &#171; niveau faible &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enseignants qui ne pratiquent pas cette adaptation par le bas obtiennent des r&#233;sultats sensiblement meilleurs avec les &#233;l&#232;ves d'origine populaire. Quoi qu'il en soit de tels &#171; effets-ma&#238;tres &#187;, et m&#234;me si la mesure statistique atteste leur caract&#232;re tr&#232;s significatif, il reste &#224; prendre en consid&#233;ration un second registre d'investigation. Qu'ils soient individuellement plus ou moins efficaces, les enseignants travaillent dans des conditions communes, qui ne d&#233;pendent pas d'eux mais qui sont d&#233;finies par l'institution scolaire. Leur activit&#233; dans la classe est pilot&#233;e &#224; distance par des dispositifs de scolarisation de masse (instructions officielles, programmes, contenus d'examen ou &#233;preuves d'&#233;valuation, manuels disponibles, consignes de l'inspection, formation assur&#233;e dans les IUFM&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;IUFM : Institut Universitaire de Formation de Ma&#238;tres. C'est essentiellement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;], etc.) qui ont une pertinence et une efficacit&#233; propres. Il importe donc d'interroger les principes qui inspirent ces dispositifs, dont l'impact est tr&#232;s certainement essentiel. Aucune r&#233;flexion sur la persistance de l'&#233;chec de masse au long des quatre d&#233;cennies d'&#233;cole unique ne peut en faire abstraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dispositifs de scolarisation &#233;labor&#233;s au fil des quatre d&#233;cennies d'&#233;cole unique ont largement puis&#233; dans l'arsenal du pu&#233;rocentrisme et des p&#233;dagogies non directives. C'est l'enseignement primaire qui s'en est trouv&#233; le plus fortement boulevers&#233;. Or, les premi&#232;res ann&#233;es jouent un r&#244;le d&#233;cisif dans le parcours des &#233;l&#232;ves : c'est l&#224; que se jouent, pour l'essentiel, l'&#233;chec ou la r&#233;ussite ult&#233;rieurs. On ne saurait donc faire l'&#233;conomie, pour peu que l'on ait le moindre souci de la d&#233;mocratie scolaire, d'un examen sans tabous des effets r&#233;els des p&#233;dagogies &#171; actives &#187;, &#171; douces &#187; et &#171; concr&#232;tes &#187; qui sont aujourd'hui incontest&#233;es dans notre &#233;cole &#233;l&#233;mentaire. Simplification, figuration, contextualisation des savoirs en constituent les ma&#238;tres mots, et justifient d'une mani&#232;re ou d'une autre les reculs consid&#233;rables dans l'enseignement de la grammaire, la valorisation des pr&#233;ceptes de la m&#233;thode globale d'apprentissage de la lecture, le choix de p&#233;dagogies concr&#232;tes et ludiques en math&#233;matiques. Ces dispositifs de la p&#233;dagogie de masse ne font-ils pas bon march&#233;, en r&#233;alit&#233;, des exigences d'une v&#233;ritable entr&#233;e dans les savoirs savants ? Sans grammaire, en effet, il n'y a pas de maniement quelque peu ma&#238;tris&#233; de la langue &#233;crite ; l'absence de rigueur dans l'apprentissage du d&#233;codage grapho-phonologique ouvre la porte &#224; toutes les dyslexies ; sans attention pr&#233;cise &#224; la mat&#233;rialit&#233; du texte &#233;crit, c'est l'acc&#232;s au sens qui se d&#233;robe ; sans introduction aux id&#233;alit&#233;s math&#233;matiques (introduction que les exercices de &#171; math&#233;matiques en situation &#187; s'av&#232;rent, &#224; l'analyse, incapables d'assurer), il n'y a gu&#232;re d'avenir pour les &#233;l&#232;ves dans cette discipline. Face &#224; ces formes de la scolarisation de masse, les &#233;l&#232;ves d'origine populaire sont doublement p&#233;nalis&#233;s : parce qu'ils ont particuli&#232;rement besoin d'une transmission explicite des codes de base et des rep&#232;res th&#233;oriques essentiels (par exemple en grammaire), que les autres ont davantage pr&#233;-int&#233;gr&#233; dans leurs habitudes mentales ; et parce qu'ils ne disposent pas chez eux de l'aide qui leur permettrait de surmonter les difficult&#233;s sp&#233;cifiquement suscit&#233;es par ces p&#233;dagogies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit, l'espace qui pourrait &#234;tre ouvert &#224; une relance de la d&#233;mocratisation scolaire par la transformation des dispositifs institutionnels et des pratiques enseignantes est tout sauf n&#233;gligeable. L'entreprise est ambitieuse par les bouleversements qu'elle suppose, et elle n'a pas que des partisans, les in&#233;galit&#233;s scolaires jouant aujourd'hui un r&#244;le de premier plan dans la l&#233;gitimation des in&#233;galit&#233;s sociales. Mais elle int&#233;resse la grande majorit&#233; de la population, qui attend toujours que le droit de chacun aux savoirs et &#224; la formation, dont l'&#233;cole unique pose le principe, prenne enfin corps. Et elle peut esp&#233;rer b&#233;n&#233;ficier de la collaboration active de nombreux enseignants, dont elle rendrait les conditions de travail beaucoup plus satisfaisantes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le coll&#232;ge unique a &#233;t&#233; mis en place en France en 1975. Il se propose d'accueillir, dans un m&#234;me type d'&#233;tablissement, tous les &#233;l&#232;ves de la 6e (qui &#233;quivaut &#224; notre secondaire I) &#224; la 3e (notre secondaire IV) et de leur offrir un enseignement identique. Sa cr&#233;ation participait d'une volont&#233; d'&#233;largir et de d&#233;mocratiser l'acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation. [NDLR&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;CP : Cours pr&#233;paratoire (l'&#233;quivalent de notre maternelle). [NDLR&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;IUFM : Institut Universitaire de Formation de Ma&#238;tres. C'est essentiellement l'&#233;quivalent en France de nos Facult&#233;s de sciences de l'&#233;ducation. [NDLR&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Pierre Terrail&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Universit&#233; de Versailles-Saint-Quentin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La plan&#232;te malade</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-planete-malade</link>
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		<dc:date>2008-07-16T17:27:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Brouillard</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Brouillard, Christian</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Guy Debord, La plan&#232;te malade, Paris, Gallimard, 2004. &lt;br class='autobr' /&gt; Subversive beaut&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Il ne s'agit pas de mettre la po&#233;sie au service de la r&#233;volution, mais bien de mettre la r&#233;volution au service de la po&#233;sie &#187; Internationale Situationniste, No.8, janvier 1963. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dabord, il y eut Dada, mouvement europ&#233;en qui s'insurgea contre la culture et le syst&#232;me qui avaient conduit au Premier grand massacre mondial de 1914-1918. En parall&#232;le, le surr&#233;alisme, prenant acte de la d&#233;ch&#233;ance du capitalisme et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-09-avril-mai-2005-" rel="directory"&gt;No 009 - avril / mai 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Brouillard-Christian-+" rel="tag"&gt;Brouillard, Christian&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton96.jpg?1642092280' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;270&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Guy Debord, &lt;i&gt;La plan&#232;te malade&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Subversive beaut&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il ne s'agit pas de mettre la po&#233;sie au service de la r&#233;volution, mais bien de mettre la r&#233;volution au service de la po&#233;sie&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Internationale Situationniste, No.8, janvier 1963.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dabord, il y eut Dada, mouvement europ&#233;en qui s'insurgea contre la culture et le syst&#232;me qui avaient conduit au Premier grand massacre mondial de 1914-1918. En parall&#232;le, le surr&#233;alisme, prenant acte de la d&#233;ch&#233;ance du capitalisme et d'un certain rationalisme, allait exalter la puissance de l'inconscient et de l'imaginaire cr&#233;atif. Ces deux critiques, malgr&#233; toute leur port&#233;e subversive qui rentrait d'ailleurs en diapason avec les &#233;chos de la R&#233;volution russe, ont &#233;t&#233; rapidement &#171; normalis&#233;es &#187;, prenant alors le chemin du mus&#233;e. C'est en tentant de r&#233;actualiser ces deux moments &#8211; le dada&#239;sme et le surr&#233;alisme &#8211; mais en les d&#233;gageant de leur seul caract&#232;re &#171; culturel &#187; que l'Internationale situationniste est n&#233;e &#224; la fin des ann&#233;es 50. Dans cette naissance, Guy Debord a &#233;t&#233; un protagoniste essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble des textes de la revue &lt;i&gt;Internationale situationniste&lt;/i&gt;, publi&#233;s de 1959 &#224; 1969, &#233;tant plus ou moins accessible, on ne peut que saluer la parution chez Gallimard, sous le titre &lt;i&gt;La plan&#232;te malade&lt;/i&gt;, de trois &#233;crits (dont un in&#233;dit) issus de la plume de Guy Debord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux premiers, &#171; Le d&#233;clin et la chute de l'&#233;conomie spectaculaire marchande &#187; et &#171; Le point d'explosion de l'id&#233;ologie en Chine &#187;, exposent assez bien les principaux points de la th&#233;orie situationniste. Le capitalisme, loin de se r&#233;duire &#224; un simple &#171; &lt;i&gt;syst&#232;me &#233;conomique&lt;/i&gt; &#187;, est un syst&#232;me d'expropriation de la vie m&#234;me de ses producteurs, r&#233;duisant ceux-ci &#224; de simples spectateurs. Le concept de spectacle est ici central, reprenant par ailleurs les analyses de Marx o&#249; celui-ci d&#233;montrait que dans le monde &#171; enchant&#233; &#187; du Capital, c'&#233;taient les marchandises qui semblaient vivantes et les humains morts. Avec la marchandisation acc&#233;l&#233;r&#233;e du monde, on ne peut que constater un &#233;largissement de l'expropriation du vivant au profit du capital. Ce processus va, par ailleurs, jusqu'&#224; mettre en sc&#232;ne sa propre parodie de subversion. En effet, pour Debord et les situationnistes, la division Est-Ouest ne constituait nullement une fronti&#232;re entre deux syst&#232;mes diff&#233;rents (socialiste et capitaliste) mais plut&#244;t deux modes de gestion, un priv&#233; et l'autre bureaucratique, du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce syst&#232;me unitaire (malgr&#233; son apparente division), des foyers de subversion ne cessent de surgir, mettant de l'avant non pas une quelconque &#171; &lt;i&gt;gestion&lt;/i&gt; &#187; alternative de l'&#233;conomique mais une r&#233;appropriation totale de tous les moments de la vie par le biais d'une autogestion g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Autant dire que pour Debord, la r&#233;volution n'est pas une simple affaire politique ou &#233;conomique, une sp&#233;cialit&#233; qui rel&#232;verait de techniciens (les militants) mais un processus global o&#249; le quotidien, le culturel et le po&#233;tique jouent un r&#244;le essentiel. En rapport &#224; la question de la pollution, abord&#233;e dans le dernier texte &#171; La plan&#232;te malade &#187;, Debord est encore plus clair : une gestion bureaucratique des effets n&#233;fastes du capital sur l'environnement ne peut mener qu'&#224; un approfondissement de ce qui mine la Terre. &#171; &lt;i&gt;Les choix terribles du futur proche laissent cette seule alternative : d&#233;mocratie totale ou bureaucratie totale&lt;/i&gt; &#187;. Malgr&#233; certains c&#244;t&#233;s qui peuvent appara&#238;tre comme manich&#233;ens, cette critique reste encore pleinement actuelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Brouillard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'arpenteur de la ville : l'utopie urbaine situationniste et Patrick Straram</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-arpenteur-de-la-ville-l-utopie</link>
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		<dc:date>2008-07-16T17:16:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Brouillard</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Brouillard, Christian</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Marc Vachon, L'arpenteur de la ville : l'utopie urbaine situationniste et Patrick Straram, Montr&#233;al, Triptyque, 2003. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Et &#224; l'aurore, arm&#233;s d'une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Arthur Rimbaud &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; peine sorti de chez moi, ce lieu que j'occupe depuis plus de 15 ans et qui repr&#233;sente moins un habitat qu'un habiter, espace o&#249; peut se d&#233;ployer activement le vivre, j'oblique vers le sud. Mes pas m'am&#232;nent tout doucement vers le Blues clair d'o&#249; j'&#233;cris ces lignes et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Brouillard-Christian-+" rel="tag"&gt;Brouillard, Christian&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton95.jpg?1642092279' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;255&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Marc Vachon, &lt;i&gt;L'arpenteur de la ville : l'utopie urbaine situationniste et Patrick Straram&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, Triptyque, 2003.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Et &#224; l'aurore, arm&#233;s d'une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Arthur Rimbaud&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; peine sorti de chez moi, ce lieu que j'occupe depuis plus de 15 ans et qui repr&#233;sente moins un habitat qu'un habiter, espace o&#249; peut se d&#233;ployer activement le vivre, j'oblique vers le sud. Mes pas m'am&#232;nent tout doucement vers le &lt;i&gt;Blues clair&lt;/i&gt; d'o&#249; j'&#233;cris ces lignes et qui a constitu&#233;, pour toute une g&#233;n&#233;ration militante, cet antre o&#249; le monde semblait, fugitivement, commencer &#224; prendre sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Blues clair&lt;/i&gt; : c'est le titre d'une pi&#232;ce du musicien de jazz Django Reihnard mais c'&#233;tait aussi un des surnoms de Patrick Straram, &#233;crivain, essayiste et, surtout, grand explorateur de ces espaces d'o&#249; peut surgir, aux aurores, une vie enfin meilleure. &#201;crit par Marc Vachon, &lt;i&gt;L'arpenteur de la ville&lt;/i&gt;, d&#233;crit cette exploration de Straram en lien avec sa filiation &#224; deux avant-gardes politico-culturelles fran&#231;aises : l'Internationale lettriste et l'Internationale situationniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au d&#233;but des ann&#233;es 50, &#224; Paris, que Straram se lie d'amiti&#233; avec les jeunes de l'Internationale lettriste. Reprenant l'h&#233;ritage des courants critiques comme Dada et le Surr&#233;alisme, ce groupe comptait parmi ses membres Guy Debord (voir notre recension), Michel Mourre, Ivan Chtcheglov, Jean-Louis Brau et Gilles Wolman. Apr&#232;s bien des actions spectaculaires, l'Internationale lettriste, dispara&#238;t. Plusieurs, dont Debord, se retrouvent alors au congr&#232;s de fondation de l'Internationale situationniste en 1958. Straram, pour sa part, quitte la France en 1954 pour s'&#233;tablir au Canada et, en 1958, au Qu&#233;bec. Malgr&#233; la distance, il continuera son travail d'&#233;criture et correspondra avec Debord pour &#233;changer sur les id&#233;es situationnistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ne dites plus urbanisme mais dites police pr&#233;ventive&lt;/i&gt; &#187; (tract anonyme publi&#233; &#224; Bordeaux, avril 1968)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles &#233;taient les th&#232;ses des Situationnistes ? Pour eux, la vie &#233;tait r&#233;duite, sous le capitalisme contemporain, &#224; la survie &#233;conomique. La r&#233;duction de la pratique sociale &#224; la dictature de la marchandise am&#232;ne le triomphe du quantitatif sur la qualit&#233; de la vie. L'espace et le temps, avec la domination de l'&#201;tat et du capital, ont &#233;t&#233; r&#233;duits sous forme de marchandises, conduisant &#224; une banalisation de tous les moments de l'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce processus, l'urbanisme ou autre ubuesque discipline, consacre le triomphe de cette unification marchande, r&#233;duisant l'espace et le temps des villes aux ordres du capital. La vie quotidienne est donc toujours plus impitoyablement remodel&#233;e &#224; partir de la rationalit&#233; de l'&#233;change marchand. Toutes et tous, nous sommes, dor&#233;navant, s&#233;par&#233;es de notre vie et des autres, de la m&#234;me mani&#232;re que la production capitaliste suppose la s&#233;paration du producteur et des moyens de production. &#192; partir du moment o&#249; la marchandise s'empare de la totalit&#233; de la vie sociale, s'instaure alors la soci&#233;t&#233; du spectacle : le v&#233;cu s'&#233;loigne dans une repr&#233;sentation g&#233;n&#233;ralis&#233;e. S&#233;par&#233; de ma vie, je ne suis plus qu'un spectateur, objet manipul&#233; par les gestionnaires du syst&#232;me, dont les urbanistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette ali&#233;nation g&#233;n&#233;ralis&#233;e, les situationnistes et Straram ont tent&#233;, au cours des ans, de d&#233;velopper diverses pratiques culturelles &#8211; d&#233;rive, d&#233;tournement, m&#233;tagraphie, relev&#233; psychog&#233;ographique &#8211; en vue de permettre une ressaisie individuelle et collective de l'espace urbain. Ces pratiques devaient aboutir, plus pr&#233;cis&#233;ment, &#224; la construction de situations o&#249;, entre autres, la s&#233;paration entre l'art et la vie quotidienne tendait &#224; &#234;tre abolie. Straram, Marc Gagnon le prouve, restera fid&#232;le jusqu'&#224; la fin de sa vie &#224; ces principes et pratiques. Les situationnistes, de leur c&#244;t&#233;, verront leurs orientations quelque peu changer en 1961, passant de pr&#233;occupations plus esth&#233;tiques et urbanistiques avant cette date &#224; une phase r&#233;solument politique jusqu'&#224; la dissolution de l'organisation en 1972.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage de Marc Gagnon est riche de d&#233;tails sur cette passionnante exp&#233;rience, d&#233;tails que ce trop bref compte rendu ne peut &#233;voquer. Il n'en reste pas moins, &#224; la fin, un certain constat d'&#233;chec : ni les situationnistes, ni Straram n'ont r&#233;ussi &#224; s&#233;rieusement transformer le social et l'urbain. La radicalit&#233; de ces exp&#233;riences les a rel&#233;gu&#233;s, sauf en mai 68 en France, &#224; la marginalit&#233; et &#224; l'isolement. Pour Straram, cela s'est traduit par une mis&#232;re &#233;conomique qui l'a poursuivi tout au long de sa vie. Pourtant, par-del&#224; ces constats, ces tentatives restent des points d'ancrage pour relancer &#224; nouveau la grande aventure de &#171; &lt;i&gt;transformer le monde, changer la vie&lt;/i&gt; &#187;, des points d'ancrage beaucoup plus stimulants que tous les manuels d'urbanisme ou de sociologie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Brouillard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Trames. Esth&#233;tiques/politique</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Normand Baillargeon, Margot Silvestro</dc:creator>


		<dc:subject>Litt&#233;rature</dc:subject>
		<dc:subject>Baillargeon, Normand </dc:subject>
		<dc:subject>Silvestro, Margot </dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Normand Baillargeon, Trames Esth&#233;tiques/politique, Qu&#233;bec, &#201;ditions Nota Bene, collection &#171; Interventions &#187;, 2004. &lt;br class='autobr' /&gt; Normand Baillargeon a l'habitude des voies encaiss&#233;es, peu fr&#233;quent&#233;es par les ex&#233;g&#232;tes de notre &#233;poque de rectitude, fig&#233;s qu'ils sont dans les gras trans s&#233;cr&#233;t&#233;s par la peur de l'audace. Dans Trames Esth&#233;tiques/politique, le penseur libertaire aborde la po&#233;sie par l'exp&#233;rience passionnelle &#8211; charnelle dirait-on sans exag&#233;rer &#8211; plut&#244;t que par la th&#233;orie th&#233;orisante, celle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton94.jpg?1642092279' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;254&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Normand Baillargeon, &lt;i&gt;Trames Esth&#233;tiques/politique&lt;/i&gt;, Qu&#233;bec, &#201;ditions Nota Bene, collection &#171; Interventions &#187;, 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Normand Baillargeon a l'habitude des voies encaiss&#233;es, peu fr&#233;quent&#233;es par les ex&#233;g&#232;tes de notre &#233;poque de rectitude, fig&#233;s qu'ils sont dans les gras trans s&#233;cr&#233;t&#233;s par la peur de l'audace. Dans &lt;i&gt;Trames Esth&#233;tiques/politique&lt;/i&gt;, le penseur libertaire aborde la po&#233;sie par l'exp&#233;rience passionnelle &#8211; charnelle dirait-on sans exag&#233;rer &#8211; plut&#244;t que par la th&#233;orie th&#233;orisante, celle qui cherche &#224; abstraire, g&#233;n&#233;raliser, universaliser &#8211; et qui ne r&#233;ussit qu'&#224; &#233;loigner. Dans cette galerie de portraits de grands po&#232;tes d'ici (Langevin, Gigu&#232;re, Vanier, Desbiens, Lapointe, H&#233;nault) et de trois g&#233;ants de la francophonie (Brassens, Pr&#233;vert, Breton), Baillargeon nous livre une conception de la po&#233;sie comme &#171; &lt;i&gt;manifestation sociale&lt;/i&gt; &#187; ancr&#233;e dans une histoire concr&#232;te impossible &#224; d&#233;tacher du politique et de l'utopie. Son ambition est d'explorer &#171; &lt;i&gt; les rapports, parfois ambigus, souvent complexes et toujours lourds de cons&#233;quences, qu'entretiennent l'art et le politique&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la po&#233;sie &#233;merge de la douleur comme chez Vanier ou d'une r&#233;flexion &#233;thique sur la vie comme chez Breton, qu'elle soit un travail de cr&#233;ation de langage comme chez Lapointe ou jeu truculent, subversif et explicitement politique comme chez Brassens, dans tous les cas elle contribue non seulement au renouvellement esth&#233;tique, mais aussi &#224; la compr&#233;hension de ce qui fait soci&#233;t&#233;. Ainsi, qu'ils lient, ou non, l'expression artistique &#224; une r&#233;volte sociopolitique &#8211; pensez au Refus global, pensez &#224; Desbiens qui exprime le d&#233;chirement identitaire du franco-ontarien &#8211; pour Baillargeon les po&#232;tes cr&#233;ent des &#171; m&#233;taphores fauves &#187; qui d&#233;notent un engagement total dans l'&#233;rection de &#171; maisons de papier &#187; vou&#233;es &#224; abriter et &#224; faire grandir l'effervescence humaine, ce puissant d&#233;bordement &#233;nerg&#233;tique capable du meilleur et du pire. Tout simplement un ouvrage qui nous prend aux tripes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marco Silvestro&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Grande noirceur et quelques lueurs</title>
		<link>https://www.ababord.org/Grande-noirceur-et-quelques-lueurs</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Skilling</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias et journalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Skilling, Pierre </dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec comme ailleurs dans le monde occidental, la crise qui suivit le krach boursier de 1929 donna lieu &#224; la formulation de solutions diversifi&#233;es au d&#233;sordre engendr&#233; par la d&#233;pression : de l'extr&#234;me-droite &#224; l'extr&#234;me-gauche, du corporatisme et du fascisme au socialisme et au communisme, on assista &#224; un foisonnement id&#233;ologique dont t&#233;moigne la presse qu&#233;b&#233;coise de l'&#233;poque. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans les ann&#233;es 1930, on a assist&#233; au Qu&#233;bec &#224; un retour de la presse partisane et d'opinion (tr&#232;s vigoureuse (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton93.jpg?1642092279' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;253&#034; height=&#034;490&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec comme ailleurs dans le monde occidental, la crise qui suivit le krach boursier de 1929 donna lieu &#224; la formulation de solutions diversifi&#233;es au d&#233;sordre engendr&#233; par la d&#233;pression : de l'extr&#234;me-droite &#224; l'extr&#234;me-gauche, du corporatisme et du fascisme au socialisme et au communisme, on assista &#224; un foisonnement id&#233;ologique dont t&#233;moigne la presse qu&#233;b&#233;coise de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1930, on a assist&#233; au Qu&#233;bec &#224; un retour de la presse partisane et d'opinion (tr&#232;s vigoureuse au XIXe si&#232;cle), &#224; c&#244;t&#233; de la presse commerciale repr&#233;sent&#233;e par de puissants quotidiens &#224; grand tirage. Ind&#233;pendamment du lectorat et de l'influence r&#233;elle qu'aient pu avoir ces feuilles politiques, pratiquement toutes les grandes id&#233;ologies du moment ont leur organe. Les pol&#233;miques s'y expriment par le texte et par l'image. Le dessin identifie clairement l'id&#233;ologie, il pr&#233;sente les protagonistes &#8211; r&#233;els ou imaginaires &#8211; du combat politique et la symbolique qui sous-tend la lutte. En quelque sorte, la caricature remplace l'agression physique contre l'adversaire politique. Je propose dans cet article un rapide panorama de la caricature dans la presse de l'&#233;poque, pour terminer avec la pr&#233;sentation d'un caricaturiste ayant collabor&#233; &#224; quelques-uns de ces journaux, Harry Mayerovitch.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La caricature et le dessin de presse au Qu&#233;bec dans les ann&#233;es 1930 : un tour d'horizon&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1930, les caricaturistes-vedettes sont Alb&#233;ric Bourgeois, dessinateur &#224; &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt; de 1905 &#224; 1954, et Arthur Racey, qui travailla pour le &lt;i&gt;Montreal Star&lt;/i&gt; de 1899 &#224; 1941, succ&#233;dant au grand Henri Julien. La Presse est alors le seul quotidien francophone &#224; avoir un &#171; caricaturiste en titre &#187;. Bourgeois, dans un style proche de Caran d'Ache (selon Robert LaPalme), y fait vivre notamment le personnage de Baptiste, qui symbolise le Canadien fran&#231;ais, dubitatif devant la marche du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En feuilletant les publications quotidiennes et hebdomadaires de l'&#233;poque, on d&#233;couvre la signature de nombreux autres caricaturistes, de talents divers. &#192; &lt;i&gt;La Patrie&lt;/i&gt;, on remarque les dessins d'Arthur LeMay et de Paul Leduc. &#192; Qu&#233;bec, &lt;i&gt;L'Action catholique&lt;/i&gt; publie &#224; la fin de la d&#233;cennie des caricatures sign&#233;es Ren&#233; Houde, A. Marcoux et Robert LaPalme. Du reste, certains journaux, comme &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Soleil&lt;/i&gt;, ne publient pas encore de dessins satiriques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de la presse d'opinion, on peut admirer dans le journal &#233;tudiant &lt;i&gt;Le Quartier latin&lt;/i&gt; les dessins de Jacques Gagnier, qui fournira plus tard quelques dessins &#224; &lt;i&gt;La Patrie&lt;/i&gt; et au &lt;i&gt;Devoir&lt;/i&gt;. Ses personnages rappellent un peu le style &#171; Disney &#187; par leur rondeur et leur mouvement. Parlons aussi de &lt;i&gt;L'Ordre&lt;/i&gt; (1934-1935), &#171; quotidien de culture fran&#231;aise et de renaissance nationale &#187; fond&#233; par Olivar Asselin. L'Ordre ouvre entre autres ses portes au jeune et ambitieux Robert LaPalme (1908-1997), qui y dessine fr&#233;quemment dans un style &#171; cubiste &#187; des portraits caricaturaux de personnalit&#233;s telles que le chanoine Lionel Groulx, le premier ministre Louis-Alexandre Taschereau, ainsi que Mussolini, Staline et un Hitler &#233;tonnant par son &#233;conomie de traits (1934). LaPalme laissera sa trace dans &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt; des ann&#233;es 1950, en pr&#234;tant son talent &#224; une croisade en images contre le r&#233;gime Duplessis. Il est consid&#233;r&#233; comme un des plus grands de l'histoire de la caricature au Canada&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur Robert LaPalme, voir notamment Pierre Skilling, &#171; Un parcours entre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si le lib&#233;ralisme est en crise, il existe une presse lib&#233;rale vigoureuse. Le journal &lt;i&gt;En avant !&lt;/i&gt; (1937-1939) attach&#233; au Parti lib&#233;ral, fait la lutte &#224; l'Union nationale et est la propri&#233;t&#233; de T&#233;l&#233;sphore-Damien Bouchard, d&#233;put&#233; lib&#233;ral &#224; Qu&#233;bec. Claude-Henri Grignon en est le directeur litt&#233;raire. Carr Hack, son caricaturiste, s'attaque f&#233;rocement &#224; Duplessis, &#224; son obsession des communistes et &#224; la Loi du Cadenas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rappelons que la &#171; Loi du Cadenas &#187;, adopt&#233;e en mai 1937, permet &#171; de forcer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et amalgame l'id&#233;ologie du premier ministre &#224; celle du &#171; Goglu &#187; Adrien Arcand. L'arriv&#233;e au pouvoir des lib&#233;raux d'Ad&#233;lard Godbout en 1939 met fin au combat d'&lt;i&gt;En avant !&lt;/i&gt; Mais une des plus c&#233;l&#232;bres feuilles de combat du temps demeure &lt;i&gt;Le Jour&lt;/i&gt; (1937-1946) de Jean-Charles Harvey, d'id&#233;ologie lib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois signatures reviennent souvent dans les dessins du &lt;i&gt;Jour&lt;/i&gt; : Henri (pseudonyme de Harry Mayerovitch), John Collins et Saul Field. Harry Mayerovitch est un artiste montr&#233;alais de gauche qui a fait sien le combat antifasciste. John Collins, am&#233;ricain d'origine, collabore r&#233;guli&#232;rement au &lt;i&gt;Jour&lt;/i&gt; entre 1937 et 1940 et devient le dessinateur attitr&#233; de &lt;i&gt;The Gazette&lt;/i&gt; en 1939. Saul Field, n&#233; &#224; Montr&#233;al, a &#233;tudi&#233; aux Beaux-Arts et fr&#233;quente les milieux de la gauche anglophone de Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce tableau, &lt;i&gt;Clart&#233;&lt;/i&gt; (1937-1939) est le seul journal r&#233;solument &#224; gauche. R&#233;dig&#233; principalement par des membres du Parti communiste canadien, tel que Jean P&#233;ron et Stanley Ryerson, &lt;i&gt;Clart&#233;&lt;/i&gt; appelle la venue d'un &#171; front populaire &#187; canadien et est victime de la Loi du Cadenas de Duplessis en novembre 1937&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 9 novembre 1937, Duplessis applique la Loi du Cadenas et la police ferme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le journal r&#233;ussira toutefois &#224; continuer sa parution. Harry Mayerovitch est un de ses caricaturistes et a parmi ses t&#234;tes de Turc Franco, Mussolini, Hitler, Adrien Arcand et surtout le premier ministre Duplessis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de l'extr&#234;me-droite, notons l'hebdomadaire de Paul Bouchard &lt;i&gt;La Nation&lt;/i&gt; (1935-1939)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Julien Fabre, &#171; La Nation : les groulxiens devant la tentation fasciste (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Fasciste, corporatiste, antis&#233;mite et inspir&#233; par le nationalisme du chanoine Groulx, ce journal, qui se proclame &#171; organe du mouvement s&#233;paratiste &#187;, fait para&#238;tre des dessins sign&#233;s &#171; Huron &#187;, repr&#233;sentant souvent les m&#234;mes visions de cauchemar que colporte l'imaginaire fasciste. On y voit par exemple le classique capitaliste adipeux fumant cigare, marqu&#233; de l'&#233;toile de David et de l'embl&#232;me des francs-ma&#231;ons, souvent accompagn&#233; d'un serpent communiste, spoliant les richesses des Canadiens fran&#231;ais et &#233;tranglant le peuple. Quant &#224; la presse du nazi Adrien Arcand, elle donne beaucoup d'espace &#224; la plume funeste d'Albert Labelle (ou Al Goglu), qui signe dans des journaux &#171; humoristiques &#187; comme &lt;i&gt;Le Goglu&lt;/i&gt; (1929-1947) des caricatures antis&#233;mites du m&#234;me ton que ce qui se publie sous les r&#233;gimes fascistes et nazi en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Harry Mayerovitch (1910-2004), un caricaturiste m&#233;connu de la presse &#171; rouge &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Harry Mayerovitch est n&#233; &#224; Montr&#233;al dans une famille juive d'origine roumaine. C'est lors d'un s&#233;jour &#224; Paris en 1934 qu'il rencontre Stanley Ryerson du Parti communiste du Canada et qu'il s'engage &#224; gauche. Il est caricaturiste au Jour d&#232;s 1937, signant &#171; Henri &#187;. Il travaille aussi pour &lt;i&gt;Clart&#233;&lt;/i&gt; et pour &lt;i&gt;L'Autorit&#233;&lt;/i&gt;, journal de tendance lib&#233;rale fond&#233; en 1913. En 1939, il effectue un s&#233;jour au Mexique o&#249; il fera la rencontre de peintres muralistes, dont Orozco et Siqueiros&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'art mexicain et le muralisme en particulier semblent avoir eu une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Apr&#232;s avoir travaill&#233; au &lt;i&gt;Montreal Herald&lt;/i&gt; et comme directeur graphique du &lt;i&gt;Wartime Information Board&lt;/i&gt; de l'ONF durant la guerre, il se consacrera surtout &#224; une carri&#232;re d'architecte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins connu et moins flamboyant que Robert LaPalme, Mayerovitch n'en a pas moins contribu&#233; &#224; la critique du conservatisme incarn&#233; par la premi&#232;re administration Duplessis. Selon l'historienne de l'art Esther Tr&#233;panier, dans le Qu&#233;bec des ann&#233;es 1930, les artistes de la communaut&#233; juive de Montr&#233;al sont parmi ceux dont l'art est le plus engag&#233;, pr&#233;sentant une grande sensibilit&#233; aux questions sociales, &#171; d'autant plus qu'ils &#233;taient &#233;galement issus de milieux ouvriers ou relativement d&#233;favoris&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Esther Tr&#233;panier, Peinture et modernit&#233; au Qu&#233;bec 1919-1939, Qu&#233;bec, Nota (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. &#192; titre de dessinateur de presse, il n'est pas surprenant que Mayerovitch ait produit des caricatures aussi bien pour Clart&#233; que pour des publications de tendance lib&#233;rale comme &lt;i&gt;Le Jour&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;L'Autorit&#233;&lt;/i&gt;. Dans le contexte, il n'y a pas l&#224; de contradiction : Duplessis &#233;tait l'ennemi &#224; la fois des communistes et des lib&#233;raux, se rejoignant aussi dans la crainte du fascisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est d'ailleurs l'alliance improbable des forces lib&#233;rales et communistes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ennemis de ces journaux n'h&#233;sitaient pas, d'ailleurs, &#224; les confondre. Ainsi, &lt;i&gt;La Nation&lt;/i&gt; d&#233;non&#231;a la feuille de Jean-Charles Harvey comme communiste, avec son caricaturiste comme supr&#234;me &#233;l&#233;ment de preuve ! Dans un dessin de Huron&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Huron, &#171; La presse de gauche &#187;, dessin dans La Nation, 18-11-1937, p. 1.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; illustrant un article de Marcel Hamel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marcel Hamel, &#171; Faudra-t-il cadenasser Le Jour ? &#187;, La Nation, 18-11-1937, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la &#171; presse de gauche &#187;, c'est &lt;i&gt;L'Autorit&#233;&lt;/i&gt; (un porc portant l'&#233;toile de David au cou), Le Jour (une brebis), et Clart&#233; (un chien ou un loup). Les trois b&#234;tes se trouvent dans un enclos o&#249; l'ours communiste salive d&#233;j&#224; d'un festin anticip&#233; : &#171; &lt;i&gt;En toute franchise, Jean-Charles n'est pas un socialo-communiste.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;il est &#224; gauche o&#249;, para&#238;t-il, sont tous les intellectuels.&lt;/i&gt; Le Jour&lt;i&gt;, non plus, n'est pas communiste ; il est &#224; gauche et il emploie le m&#234;me caricaturiste que&lt;/i&gt; Clart&#233; &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; New Frontier&lt;i&gt;, publications communistes bien connues&lt;/i&gt; &#187;, conclut Hamel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 2.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans &#234;tre nomm&#233;, Mayerovitch se voyait donc &#233;tiquet&#233; comme &#171; rouge &#187;. Comme l'exprimait la l&#233;gende sous un dessin de Huron dans &lt;i&gt;La Nation&lt;/i&gt; du 9 d&#233;cembre 1937 : &#171; &lt;i&gt;Rouge est le parti lib&#233;ral. Rouge est le parti communiste. Rouge est la Russie communiste. Rouge est l'Espagne communiste. Le rouge est la couleur du bolchevisme sous tous les cieux et tous les climats. En un mot le rouge est la couleur du danger. Ne votez donc pas rouge.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bien des artistes et des intellectuels, la &#171; grande noirceur &#187; r&#233;gna bel et bien pendant les ann&#233;es 1930. Il n'en reste pas moins qu'une diversit&#233; id&#233;ologique secouait cette soci&#233;t&#233; plut&#244;t conservatrice. Les caricaturistes du temps t&#233;moignent de ce climat intellectuel et politique explosif, et ceux qui dessinaient sous un pavillon rouge annon&#231;aient sans doute ce qu'on appellera la r&#233;volution tranquille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur Robert LaPalme, voir notamment Pierre Skilling, &#171; Un parcours entre caricature et peinture au Qu&#233;bec : Robert LaPalme &#224; la recherche de l'art figuratif sup&#233;rieur &#187;, dans &lt;i&gt;Ridiculosa&lt;/i&gt;, no 11, revue de l'&#201;IRIS, Brest, Universit&#233; de Bretagne occidentale, 2005. Voir aussi Jean-Fran&#231;ois Nadeau, &lt;i&gt;LaPalme : La caricature et autres sujets s&#233;rieux&lt;/i&gt; (entretiens), Montr&#233;al, L'Hexagone, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rappelons que la &#171; Loi du Cadenas &#187;, adopt&#233;e en mai 1937, permet &#171; de forcer la fermeture de tout lieu o&#249; des personnes sont soup&#231;onn&#233;es de propager les id&#233;es communistes &#187;, Paul-Andr&#233; Linteau et al., &lt;i&gt;Histoire du Qu&#233;bec contemporain 2 : Le Qu&#233;bec depuis 1930&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, Bor&#233;al, 1986, p. 105.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le 9 novembre 1937, Duplessis applique la Loi du Cadenas et la police ferme les bureaux de &lt;i&gt;Clart&#233;&lt;/i&gt; (Andr&#233; Beaulieu et Jean Hamelin, &lt;i&gt;La Presse qu&#233;b&#233;coise des origines &#224; nos jours&lt;/i&gt;, tome 7 (1935-1944), 1985, p. 7). Le journal continuera tout de m&#234;me &#224; para&#238;tre avec une double tomaison, exemple : &#171; no. 173 (no 33 sous la loi du &#8220;cadenas&#8221; Duplessis) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Julien Fabre, &#171; &lt;i&gt;La Nation&lt;/i&gt; : les groulxiens devant la tentation fasciste 1936-1939 &#187;, &lt;i&gt;Bulletin d'histoire politique&lt;/i&gt;, Lux &#201;diteur, vol. 9, n&#176; 2, printemps 2001, p. 40-51.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'art mexicain et le muralisme en particulier semblent avoir eu une influence sur plus d'un caricaturiste. Robert LaPalme produisit &#224; partir des ann&#233;es 1940 plusieurs murales sur des th&#232;mes divers : histoire de la guerre, histoire de la m&#233;decine, murales install&#233;es dans le m&#233;tro de Montr&#233;al, &#224; la Place des arts de Montr&#233;al, etc. C'est peut-&#234;tre lors d'un s&#233;jour aux &#201;tats-Unis (1935-1937) qu'il d&#233;couvrit cette approche picturale. Certaines peintures murales mexicaines ont m&#234;me &#233;t&#233; pastich&#233;es par des caricaturistes, tel que John Collins qui, en avril 1938, s'inspire d'une peinture d'Orozco dans un dessin paru &#224; la premi&#232;re page du &lt;i&gt;Jour&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Esther Tr&#233;panier, &lt;i&gt;Peinture et modernit&#233; au Qu&#233;bec 1919-1939&lt;/i&gt;, Qu&#233;bec, Nota Bene, 1998, p. 206.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est d'ailleurs l'alliance improbable des forces lib&#233;rales et communistes qui permit la d&#233;faite des r&#233;gimes fascistes en Europe lors de la Seconde Guerre mondiale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Huron, &#171; La presse de gauche &#187;, dessin dans &lt;i&gt;La Nation&lt;/i&gt;, 18-11-1937, p. 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marcel Hamel, &#171; Faudra-t-il cadenasser &lt;i&gt;Le Jour ?&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;La Nation&lt;/i&gt;, 18-11-1937, p. 1-2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., p. 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre Skilling&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sociologue et politologue&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Portrait de la presse au Qu&#233;bec</title>
		<link>https://www.ababord.org/Portrait-de-la-presse-au-Quebec</link>
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		<dc:date>2008-07-16T16:45:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Caroline D&#233;sy</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias et journalisme</dc:subject>
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		<dc:subject>D&#233;sy, Caroline</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les ann&#233;es 1930 sont remarquablement marqu&#233;es par les id&#233;ologies. La crise, qu'on a qualifi&#233;e d'&#233;conomique, est plus large que cela, elle est aussi une crise des valeurs qui suscite la recherche d'un ordre nouveau. Des points de vue politique et id&#233;ologique, la crise d&#233;stabilise les dirigeants et les intellectuels qui seront tent&#233;s de chercher &#224; gauche, mais surtout &#224; droite, des solutions extr&#233;mistes. &lt;br class='autobr' /&gt; Au Qu&#233;bec, les id&#233;es corporatistes s&#233;duisent et fascinent. Directement inspir&#233; de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-09-avril-mai-2005-" rel="directory"&gt;No 009 - avril / mai 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Medias-et-journalisme-+" rel="tag"&gt;M&#233;dias et journalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Desy-Caroline-+" rel="tag"&gt;D&#233;sy, Caroline&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les ann&#233;es 1930 sont remarquablement marqu&#233;es par les id&#233;ologies. La crise, qu'on a qualifi&#233;e d'&#233;conomique, est plus large que cela, elle est aussi une crise des valeurs qui suscite la recherche d'un ordre nouveau. Des points de vue politique et id&#233;ologique, la crise d&#233;stabilise les dirigeants et les intellectuels qui seront tent&#233;s de chercher &#224; gauche, mais surtout &#224; droite, des solutions extr&#233;mistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, les id&#233;es corporatistes s&#233;duisent et fascinent. Directement inspir&#233; de la doctrine sociale de l'&#201;glise, le corporatisme pr&#233;conise les regroupements par corps de m&#233;tier et de profession. D&#233;senchant&#233;s &#224; l'&#233;gard des institutions d&#233;mocratiques et inquiets de l'influence communiste, plusieurs intellectuels reconnaissent certains m&#233;rites aux r&#233;gimes italien et portugais, dans leur recherche du r&#233;gime politique id&#233;al. L'argumentation en faveur du corporatisme repose sur une pr&#233;sentation des m&#233;faits du lib&#233;ralisme &#233;conomique et sur un anti-&#233;tatisme primaire, auxquels s'oppose un corporatisme social o&#249; des organisations professionnelles chr&#233;tiennes doivent assurer l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise de l'&#233;poque, les grandes questions du temps, qu'elles soient li&#233;es &#224; des th&#232;mes &#233;conomiques, politiques, sociaux ou moraux, sont trait&#233;es un jour ou l'autre dans les journaux et dans les p&#233;riodiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; l'&#233;poque, six quotidiens sont publi&#233;s &#224; Montr&#233;al, quatre en fran&#231;ais et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : les politiques sociales de Roosevelt aux &#201;tats-Unis donnent-elles trop de pouvoirs &#224; l'&#201;tat ? Comment cr&#233;er la richesse collective qui nous sortirait de la Crise ? Le corporatisme serait-il la solution ? Comment concilier nos devoirs de citoyens et nos devoirs de chr&#233;tiens ? Voil&#224; le genre de questions auxquelles on tente de r&#233;pondre. Avec en arri&#232;re-plan historique la R&#233;volution russe et la Guerre civile espagnole, le communisme et m&#234;me le socialisme sont &#171; impensables &#187;, du moins dans le discours dominant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Guerre civile espagnole&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Guerre civile espagnole, surtout, questionne les milieux intellectuels, met en sc&#232;ne les peurs et les espoirs et devient en quelque sorte une incarnation des th&#232;mes qui divisent la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise des ann&#233;es trente : les diff&#233;rents principes de gouvernement, le politique et le religieux, la conscience et l'engagement. Cette guerre touche aussi l'imaginaire, encore plus lorsqu'on sait qu'environ 1 500 Canadiens iront y combattre comme volontaires. On a parl&#233; de la Guerre civile espagnole comme de la &#171; derni&#232;re grande cause &#187; ou de la derni&#232;re guerre id&#233;ologique. Les grandes id&#233;ologies du si&#232;cle s'y sont affront&#233;es : fascisme, monarchisme, totalitarisme, capitalisme, communisme, socialisme, anarchisme, auxquelles il faut ajouter le catholicisme et l'ath&#233;isme. Si les journaux catholiques du Qu&#233;bec, comme ceux de partout dans le monde, appuient sans r&#233;serve les troupes du g&#233;n&#233;ral Franco, d'autres publications sont moins cat&#233;goriques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Guerre civile espagnole se donne &#224; lire dans des articles, reportages, &#233;ditoriaux et d&#233;p&#234;ches d'agences des journaux. Un groupe d'articles, pour donner un exemple dramatique, gravite autour de l'id&#233;e que la guerre en Espagne met la civilisation chr&#233;tienne en p&#233;ril. Dans &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt; on peut lire un commentaire sur &#171; Les origines de la guerre civile en Espagne &#187; insistant sur une &#171; &lt;i&gt;lutte civile fratricide&lt;/i&gt; &#187;, une &#171; l&lt;i&gt;utte entre les tenants de la civilisation et ceux de la barbarie&lt;/i&gt; &#187;, une &#171; &lt;i&gt;lutte entre Moscou et notre civilisation&lt;/i&gt; &#187;. Du c&#244;t&#233; de la civilisation chr&#233;tienne, on retrouve les &#171; &lt;i&gt;vrais patriotes&lt;/i&gt; &#187; et les partisans de l'ordre et de la paix. Du c&#244;t&#233; de la barbarie, du &#171; &lt;i&gt;communisme ath&#233;e de Moscou&lt;/i&gt; &#187;, se retrouvent les f&#233;roces et sadiques partisans de l'anarchie et de la &#171; &lt;i&gt;terreur rouge&lt;/i&gt; &#187;. Jusqu'aux discours du Pape Pie XI qui inscrivent la guerre d'Espagne comme opposant les &#171; &lt;i&gt;fils des t&#233;n&#232;bres&lt;/i&gt; &#187; aux &#171; &lt;i&gt;fils de lumi&#232;re&lt;/i&gt; &#187;. Malgr&#233; cette intense dramatisation et le martelage constant de ces id&#233;es dans la grande presse, il n'y a pas unanimit&#233; ni uniformit&#233;. Il y aura des pol&#233;miques, surtout entre deux quotidiens au tirage plus limit&#233; : &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Canada&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans entrer dans tous les d&#233;tails, disons que le discours de ces journaux est redondant (dans le contenu) et satur&#233; (dans la forme). Redondant car ses grandes th&#233;matiques participent &#224; la construction d'un discours o&#249; le caract&#232;re sacr&#233; du conflit est d&#233;terminant. Satur&#233; parce que la &#171; mise en sc&#232;ne &#187; du discours, les figures de rh&#233;torique, sont surtout des comparaisons et des hyperboles. L'argumentation repose souvent sur des &#233;vidences, des lieux communs, des notions socialement admises. Du c&#244;t&#233; des journaux de langue anglaise, les sympathies du Star iraient aux r&#233;publicains espagnols s'ils &#233;taient plus mod&#233;r&#233;s&#8230; Mais en g&#233;n&#233;ral tous les quotidiens se r&#233;signent &#224; voir s'installer une autre dictature en Europe pour tenter de sauver la paix et leurs &#233;ditorialistes sont assez frileux lorsqu'il s'agit de d&#233;fendre des principes d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; l'&#233;poque, six quotidiens sont publi&#233;s &#224; Montr&#233;al, quatre en fran&#231;ais et deux en anglais. La presse quotidienne est domin&#233;e par &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt;, qui tire &#224; 150 000 exemplaires, ainsi que par &lt;i&gt;La Patrie&lt;/i&gt;, dont le tirage en semaine est inf&#233;rieur &#224; 30 000 mais qui se reprend avec son &#233;dition du dimanche (78 000 copies). Le quotidien &lt;i&gt;Le Canada&lt;/i&gt; a un tirage d'environ 15 000 exemplaires, soit un peu moins que &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, qui tire en moyenne &#224; 18 000 exemplaires. &lt;i&gt;The Gazette&lt;/i&gt; a un tirage d'environ 30 000 et le &lt;i&gt;Montreal Daily Star&lt;/i&gt; imprime plus de 118 000 copies &#224; tous les jours.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Caroline D&#233;sy&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auteure de &lt;i&gt;Si loin, si proche. La Guerre civile espagnole et le Qu&#233;bec des ann&#233;es trente. Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, Presses de l'Universit&#233; Laval, 2004. 177 p.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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