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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Logement social avec soutien communautaire</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Mouterde</dc:creator>


		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Mouterde, Pierre </dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Roy, avocat dans l'Outaouais, est connu pour son incessant travail de militant, notamment comme responsable d'un organisme tr&#232;s actif de d&#233;fense des droits du logement dans la r&#233;gion : Logemen'occupe. Un organisme dont il a cherch&#233; &#224; bonifier le mode d'intervention traditionnel en le dotant, depuis 1995, d'un nouveau volet : la promotion de logements sociaux avec soutien communautaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour original qu'il soit, son projet n'en a pas moins soulev&#233; critiques et d&#233;bats. Obligeant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-associatif-et-+" rel="tag"&gt;Mouvement associatif et communautaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fran&#231;ois Roy, avocat dans l'Outaouais, est connu pour son incessant travail de militant, notamment comme responsable d'un organisme tr&#232;s actif de d&#233;fense des droits du logement dans la r&#233;gion : Logemen'occupe. Un organisme dont il a cherch&#233; &#224; bonifier le mode d'intervention traditionnel en le dotant, depuis 1995, d'un nouveau volet : la promotion de logements sociaux avec soutien communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour original qu'il soit, son projet n'en a pas moins soulev&#233; critiques et d&#233;bats. Obligeant beaucoup, &#224; gauche, &#224; s'interroger sur la port&#233;e r&#233;elle de ces nouvelles orientations. Ne s'y dessine-t-il pas pourtant des pistes d'intervention prometteuses ? Pour ouvrir le d&#233;bat, nous l'avons rencontr&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/strong&gt; : Comment expliquer qu'un groupe de d&#233;fense des droits du logement comme Logemen'occupe se soit lanc&#233; dans le d&#233;veloppement du logement social avec soutien communautaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fran&#231;ois Roy&lt;/strong&gt; : Quand on a pris cette orientation, c'&#233;tait pour travailler au d&#233;veloppement de diff&#233;rents types de logement social. Parce que dans la mouvance du n&#233;olib&#233;ralisme et avec le d&#233;sengagement de l'&#201;tat auquel on assistait, ce dernier n'&#233;tait plus un v&#233;ritable acteur dans le d&#233;veloppement du logement social. Si les organismes communautaires d'habitation et de d&#233;fense de droits du logement (OSBL et coop&#233;ratives) n'avaient pas &#233;t&#233; sur le terrain, il n'y aurait tout simplement pas eu de d&#233;veloppement. Il y avait pourtant d'&#233;normes besoins. On parle au Qu&#233;bec de 250 000 m&#233;nages qui ont des besoins imp&#233;rieux, qui consacrent plus de 30 % de leur revenu &#224; se loger. Suite aux pressions d'organismes comme les n&#244;tres, l'&#201;tat a bien mis en place des programmes, mais sans s'y impliquer directement. Dans l'Outaouais, n'eut &#233;t&#233; de l'intervention de &#171; Logemen'occupe &#187;, il n'y aurait pratiquement pas eu de d&#233;veloppement de logement social, et ce, particuli&#232;rement aupr&#232;s des personnes fragilis&#233;es et victimes de la grande pauvret&#233; qui ne b&#233;n&#233;ficiaient d'aucun projet de logement social avec support communautaire. C'est &#224; partir de ce constat, en 1995, que &#171; Logemen'occupe &#187; a lanc&#233; un cri d'alarme et a d&#233;cid&#233; de former l'OSBL d'habitation &#171; Mon Chez-Nous &#187;, un organisme qui s'appr&#234;te aujourd'hui &#224; d&#233;velopper son troisi&#232;me projet immobilier, pour un total de 63 logements avec support communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; : Faire du logement social avec support communautaire, en quoi cela repr&#233;sente-t-il une alternative ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F.R.&lt;/strong&gt; : L'approche novatrice dans ces projets, c'est l'implication des mal-log&#233;s dans l'&#233;laboration et la conception de chacun de ceux-ci. Il s'agit d'une approche citoyenne, contrairement &#224; ce qui se faisait dans le pass&#233;. Autrefois, ce qu'on voyait, c'&#233;tait surtout des &#233;lites r&#233;gionales qui, dans une approche charitable, d&#233;veloppaient des projets de logements ou d'aide &#224; l'itin&#233;rance, mais en &#233;vacuant compl&#232;tement l'aspect de la prise en charge, de la reprise de pouvoir et d'autonomie. Si on veut avoir une soci&#233;t&#233; ax&#233;e sur les droits et la justice, sur une plus grande &#233;galit&#233; sociale, il faut pouvoir &#224; la base soutenir des projets qui encouragent &#171; l'empowerment &#187;, la prise en charge et la citoyennet&#233;. Il faut que les d&#233;munis ne soient plus vus uniquement comme des client&#232;les et qu'ils ne soient plus exclus des processus de d&#233;cision les concernant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; : Qu'entends-tu exactement par &#171; empowerment &#187; et prise en charge ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F.R.&lt;/strong&gt; : Il n'y a rien de parfait encore, mais ce que nous cherchons &#224; faire, c'est de faire en sorte que les personnes fragilis&#233;es par la grande pauvret&#233; puissent peu &#224; peu reprendre du pouvoir sur leur propre vie, et qu'elles soient donc consid&#233;r&#233;es comme des personnes &#224; part enti&#232;re, ayant des droits au m&#234;me titre que n'importe quel autre citoyen. &#192; &#171; Mon Chez-Nous &#187; et au &#171; ROHSCO &#187;, nous consid&#233;rons important que les usagers soient impliqu&#233;s dans les processus d&#233;cisionnels, qu'ils puissent si&#233;ger au conseil d'administration. On cherche aussi &#224; ce que les d&#233;cisions ne soient pas prises d'en haut, mais que tout le monde soit inclus dans la d&#233;marche. On n'applique pas des programmes &#224; partir d'une lointaine direction g&#233;n&#233;rale, sans tenir compte des besoins de la base, des usagers (associations de locataires) et des travailleurs et travailleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; : On a critiqu&#233; votre approche en disant qu'elle tombait dans le pi&#232;ge de la sous-traitance n&#233;olib&#233;rale, que penses-tu de ce genre de critiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F.R.&lt;/strong&gt; : On ne partage pas ce point de vue, parce qu'on reste dans un mode de revendication. On ne consid&#232;re pas qu'on est &#224; la remorque des agendas d'un &#201;tat s'alignant vers la sous-traitance. On a notre propre agenda. On consid&#232;re que c'est important de pouvoir offrir des services de qualit&#233;, tout en sachant que les travailleurs et travailleuses qui sont impliqu&#233;es dans ces exp&#233;riences doivent avoir &#233;galement de bonnes conditions de travail. Et puis nous gardons la pr&#233;occupation de la d&#233;fense des droits sociaux. C'est-&#224;-dire que si nous offrons des services, nous restons sur le mode revendicateur. Toute notre intervention a pour objectif que soient reconnus les droits fondamentaux, notamment ceux qui se retrouvent dans les diff&#233;rentes chartes universelles. Nous nous sommes &#233;galement aper&#231;us, en discutant &#224; &#171; Mon Chez-Nous &#187; et en r&#233;fl&#233;chissant sur le cas du &#171; G&#238;te Ami &#187; (un refuge pour itin&#233;rants de la r&#233;gion de l'Outaouais), que toute cette bataille par rapport &#224; l'exclusion sociale et la grande pauvret&#233; ne pourra pas se gagner par des actions &#233;parpill&#233;es. Ce qui est important, et c'est l&#224; le but du ROHSCO, notre nouveau regroupement, c'est de travailler davantage en concertation, en lien et en solidarit&#233; avec les autres organisations qui luttent contre l'itin&#233;rance. Pour avoir aussi un rapport de forces plus important et d&#233;velopper la lutte au niveau politique. Et m&#234;me si le d&#233;veloppement de notre coop&#233;rative n'avance pas aussi vite que nous le voudrions, elle nous permet d&#233;j&#224; de faire na&#238;tre beaucoup plus de concertation sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; : En quoi une telle exp&#233;rience pourrait-elle &#234;tre une alternative pour la gauche ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F.R.&lt;/strong&gt; : C'est un mod&#232;le &#224; d&#233;velopper et &#224; &#233;tendre. Parce que la r&#233;ponse &#224; l'exploitation de l'homme par l'homme qu'on subit, la r&#233;ponse au d&#233;sengagement actuel de l'&#201;tat, cette r&#233;ponse-l&#224; ne viendra pas d'en haut, mais d'en bas. Et elle viendra de tous ceux et celles qui luttent pour avoir une meilleure justice sociale et un meilleur respect des droits. Si on attend que l'&#201;tat mette de lui-m&#234;me en place des services, on risque d'attendre longtemps. Nous consid&#233;rons que des petits projets, aussi minimes soient-ils, sont d&#233;j&#224; une r&#233;ponse, qu'ils repr&#233;sentent une sorte de &#171; contre-pouvoir &#187; face au processus de d&#233;sengagement de l'&#201;tat. Il s'agit bien s&#251;r de poursuivre un travail de sensibilisation et d'&#233;ducation. Mais il ne s'agit pas uniquement de critiquer. Il faut &#234;tre capable aussi de proposer des alternatives pour r&#233;pondre aux besoins concrets des citoyens. C'est dans ce sens-l&#224; qu'on pense &#224; cette id&#233;e de &#171; contre-pouvoir &#187; et surtout &#224; la possibilit&#233; de faire ainsi des gains encourageants. Car si on se confine &#173; comme certains groupes &#173; &#224; revendiquer sans proposer d'alternatives, non seulement les choses n'&#233;voluent pas rapidement, mais encore on assiste souvent &#224; d'importants ph&#233;nom&#232;nes de d&#233;mobilisation. Ce n'est pas &#233;vident d'obtenir des gains au niveau &#171; macro &#187;, alors que des gains au niveau &#171; micro &#187; encouragent et reconstituent la mobilisation. Sans doute faut-il poursuivre la lutte au niveau &#171; macro &#187;, mais pour les exclus, ces objectifs sont souvent inatteignables. Alors si on peut les mobiliser &#224; partir d'objectifs moindres, il y a plus de possibilit&#233; de faire des gains et donc de commencer d&#233;j&#224; &#224; construire ce si n&#233;cessaire &#171; contre-pouvoir &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par &lt;strong&gt;Pierre Mouterde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Un souffle progressiste sur la sant&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Un-souffle-progressiste-sur-la</link>
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		<dc:date>2008-08-12T06:07:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Amir Khadir</dc:creator>


		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Khadir, Amir</dc:subject>

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&lt;p&gt;En proposant une vision du syst&#232;me de sant&#233; &#224; contre-courant des dogmes n&#233;olib&#233;raux, le Rapport Romanow se veut un rempart contre la privatisation &#224; outrance du secteur de la sant&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; L'ancien premier ministre n&#233;o-d&#233;mocrate de la Saskatchewan, Roy Romanow, a d&#233;pos&#233; le 28 novembre 2002 un important rapport qui &#233;mane de la Commission sur l'avenir des soins de sant&#233; au Canada mise sur pied en avril 2001 par le gouvernement f&#233;d&#233;ral. &#192; la surprise de plusieurs, le rapport Romanow &#233;branle les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Khadir-Adir-+" rel="tag"&gt;Khadir, Amir&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton19.gif?1642092161' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;224&#034; height=&#034;286&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En proposant une vision du syst&#232;me de sant&#233; &#224; contre-courant des dogmes n&#233;olib&#233;raux, le Rapport Romanow se veut un rempart contre la privatisation &#224; outrance du secteur de la sant&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ancien premier ministre n&#233;o-d&#233;mocrate de la Saskatchewan, Roy Romanow, a d&#233;pos&#233; le 28 novembre 2002 un important rapport qui &#233;mane de la Commission sur l'avenir des soins de sant&#233; au Canada mise sur pied en avril 2001 par le gouvernement f&#233;d&#233;ral. &#192; la surprise de plusieurs, le rapport Romanow &#233;branle les principaux mythes faisant la promotion du priv&#233; dans le secteur de la sant&#233; et d&#233;montre que plus le priv&#233; joue un r&#244;le important, moins le syst&#232;me est &#233;quitable et plus il est co&#251;teux. Ce rapport va &#224; contre-courant de presque tous les rapports provinciaux publi&#233;s ces derni&#232;res ann&#233;es, dont le rapport de la Commission Clair au Qu&#233;bec, qui ont tous fait &#224; des degr&#233;s divers la promotion de la privatisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport Romanow reconna&#238;t d'abord le droit de tous les citoyens et citoyennes &#224; la sant&#233; et &#233;nonce des valeurs d'&#233;galit&#233;, de justice sociale et de solidarit&#233;. Conform&#233;ment aux aspirations des milieux progressistes, il propose d'&#233;tendre les cinq principes de la loi canadienne d'int&#233;gralit&#233;, d'accessibilit&#233;, d'universalit&#233;, de transf&#233;rabilit&#233; et de gestion publique des services en englobant dor&#233;navant les m&#233;dicaments et les soins &#224; domiciles. Cela renforcerait consid&#233;rablement le caract&#232;re d'int&#233;gralit&#233; et de gratuit&#233; du syst&#232;me de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Romanow consid&#232;re que les probl&#232;mes d'accessibilit&#233; sont avant tout reli&#233;s &#224; des politiques de sous-financement, notamment du gouvernement f&#233;d&#233;ral dont &#171; &lt;i&gt;la part ... a diminu&#233; de fa&#231;on marqu&#233;e&lt;/i&gt; &#187;. Il fait la d&#233;monstration que les d&#233;penses en sant&#233;, loin d'&#234;tre un gouffre comme le pr&#233;tendent les chantres de la privatisation, occupent une part du PIB qui a diminu&#233; sans cesse depuis dix ans. &#192; ce chapitre, Romanow va au-del&#224; des revendications des provinces (qui r&#233;clament 18% du PIB) et il demande de hausser la part du financement du f&#233;d&#233;ral de 14 % &#224; 25 %. Cela &#233;quivaut &#224; un investissement de 8,5 milliards $ d'ici 2005. De l'avis de David Levine, ex-ministre de la Sant&#233;, ces sommes satisferaient les attentes du Qu&#233;bec puisque le ministre Legault estimait lui-m&#234;me que les besoins r&#233;currents &#233;taient de 1,6 milliard $.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus Romanow propose de prendre des dispositions l&#233;gislatives claires afin de soustraire le syst&#232;me de sant&#233; canadien aux &#233;ventuels assauts de l'entreprise priv&#233;e, permis par les trait&#233;s commerciaux comme l'AL&#201;NA et la ZL&#201;A.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas surprenant qu'aussit&#244;t d&#233;pos&#233;, le rapport fut la cible d'un toll&#233; de critiques de la part des acteurs du priv&#233; mais aussi de plusieurs gouvernements provinciaux qui se sont fait cham-pions de la privatisation en Sant&#233;. Au Qu&#233;bec, Castonguay et Clair (le premier longtemps associ&#233; &#224; la Banque Laurentienne qui vend des assurances-sant&#233; compl&#233;mentaires, le second administre des centres priv&#233;s de soin de longue-dur&#233;e) n'ont pas tard&#233; &#224; d&#233;noncer que Romanow favorise l'ing&#233;rence f&#233;d&#233;rale dans les comp&#233;tences des provinces et que son rapport a une trop forte saveur id&#233;ologique, car il laisse trop peu de place au priv&#233; ! Les trois partis pr&#233;sents &#224; l'Assembl&#233;e nationale du Qu&#233;bec ont d&#233;pos&#233; une motion pour d&#233;plorer le caract&#232;re centralisateur des propositions Romanow, mais on peut se douter que le rapport heurte surtout les ambitions de privatisation de la sant&#233; qui tenaillent plusieurs politiciens qu&#233;b&#233;cois, &#224; commencer par Mario Dumont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux acteurs de la soci&#233;t&#233; civile se sont montr&#233;s tr&#232;s favorables &#224; l'essentiel du rapport Romanow, dont la Coalition solidarit&#233; Sant&#233;, qui n'endosse pas enti&#232;rement les 47 recommandations de la proposition Romanow mais consid&#232;re que celle-ci &#171; &lt;i&gt;est de nature &#224; faire avancer sainement le d&#233;bat sur l'avenir du syst&#232;me de sant&#233; au Qu&#233;bec. Plusieurs des recommandations et observations de la Commission sont conformes aux &#233;l&#233;ments du Manifeste pour un syst&#232;me de sant&#233; public, universel, accessible et gratuit adopt&#233; par la Coalition en janvier 2001.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;flexions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La sant&#233; d'une population est l'un des d&#233;terminants majeurs de son d&#233;veloppement. La recherche en sant&#233; &#233;tablit que dans les pays d&#233;velopp&#233;s, il existe un lien constant entre les disparit&#233;s de revenu et les taux de morbidit&#233; et de mortalit&#233;. Ce lien refl&#232;te le fait que l&#224; ou les r&#233;gimes politiques et sociaux ont instaur&#233; des &#233;carts de revenu plus grands, l'acc&#232;s aux soins de sant&#233; primaires est plus restreint. L'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois pourrait renouveler son engagement envers un syst&#232;me de sant&#233; fond&#233; sur les principes d'universalit&#233;, d'accessibilit&#233; et d'int&#233;gralit&#233; et dont le financement et la gestion sont publiques. Ces principes pourraient &#234;tre ench&#226;ss&#233;s dans la l&#233;gislation qu&#233;b&#233;coise, initiative d'autant plus n&#233;cessaire qu'un Qu&#233;bec souverain sera par le fait m&#234;me soustrait du pacte f&#233;d&#233;ral sur la sant&#233;. Cet engagement servirait de base &#224; la participation du Qu&#233;bec &#224; un pacte social continental bas&#233; sur la solidarit&#233; et l'&#233;quit&#233; plut&#244;t que sur la concurrence et le profit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Que faire pour contrer la mont&#233;e de la droite ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Que-faire-pour-contrer-la-montee</link>
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		<dc:creator>Pierre Mouterde</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Mouterde, Pierre </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fran&#231;oise David est connue de nous tous. Depuis la marche des femmes de 1995 jusqu'&#224; celle du 12 octobre de l'an 2000, en passant par son r&#244;le &#224; la t&#234;te de la FFQ ou au sein de l'organisme Au bas de l'&#201;chelle, elle n'a cess&#233; d'appara&#238;tre comme l'une des figures de proue de la gauche f&#233;ministe et sociale du Qu&#233;bec. Sa d&#233;cision de fonder D'abord Solidaires et de ne pas opter de participer &#224; la construction de l'UFP en a &#233;tonn&#233; et fait r&#233;fl&#233;chir plus d'un-e. Nous l'avons rencontr&#233;e. Voici (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fran&#231;oise David est connue de nous tous. Depuis la marche des femmes de 1995 jusqu'&#224; celle du 12 octobre de l'an 2000, en passant par son r&#244;le &#224; la t&#234;te de la FFQ ou au sein de l'organisme Au bas de l'&#201;chelle, elle n'a cess&#233; d'appara&#238;tre comme l'une des figures de proue de la gauche f&#233;ministe et sociale du Qu&#233;bec. Sa d&#233;cision de fonder D'abord Solidaires et de ne pas opter de participer &#224; la construction de l'UFP en a &#233;tonn&#233; et fait r&#233;fl&#233;chir plus d'un-e. Nous l'avons rencontr&#233;e. Voici quelques-uns des moments les plus forts de cet &#233;change mutuellement fructueux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est le cheminement qui t'a amen&#233;e au lancement de D'abord Solidaires, alors que beaucoup ont pens&#233; un moment que tu t'impliquerais dans la cr&#233;ation d'un parti politique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est pas trop compliqu&#233; : le 12 octobre 2000, le gouvernement du Qu&#233;bec a donn&#233; des r&#233;ponses la-mentables aux demandes de la Marche des femmes, particuli&#232;rement en ce qui avait trait &#224; la pauvret&#233;. &#199;a m'a profond&#233;ment indign&#233;e ! On vient de faire la plus grande mobilisation f&#233;ministe de l'histoire du Qu&#233;bec et, au plan tr&#232;s concret, pour demain, il n'y a pas grand chose de chang&#233;. Et l&#224; m'ont &#233;t&#233; sugg&#233;r&#233;es un certain nombre d'hypoth&#232;ses : une gr&#232;ve des femmes lors d'un 8 mars, aller plus loin dans la d&#233;sob&#233;issance civile pacifique ou encore cr&#233;er une alternative politique f&#233;ministe et de gauche. Et la seule hypoth&#232;se que tout le monde retient, c'est celle du parti. S'ensuivent des tonnes de t&#233;l&#233;phones, de courriels, de fax, de lettres au bureau nous disant : &#171; On veut un parti ! &#187; &#192; ce moment, j'ai d&#251; r&#233;fl&#233;chir car mon mandat &#224; la FFQ se terminait 6 mois plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mon d&#233;part de la FFQ, je me rends compte alors que physiquement et mentalement je suis incapable de lancer quoi que ce soit. &#199;a faisait 15 ans que j'&#233;tais dans le mouvement des femmes &#224; travailler d'une ann&#233;e &#224; l'autre toujours plus fort, culminant avec une marche mondiale des femmes. On nous voit comme des super humains, mais il faut savoir &#233;couter certains indices. Donc j'ai commenc&#233; par me reposer, puis je suis all&#233;e travailler &#224; Au bas de l'&#201;chelle. Ce qui m'a fait &#233;norm&#233;ment de bien, parce que plut&#244;t que d'&#234;tre dans 25 dossiers &#224; la fois, je me retrouvais dans un groupe avec un dossier qui avait un d&#233;but et une fin. Et dont je verrais peut-&#234;tre les r&#233;sultats concrets. Je savais qu'on avait des chances de r&#233;ussite. Et effectivement, on a maintenant une loi des normes du travail am&#233;lior&#233;e. C'est le choix que j'ai fait. Je l'ai annonc&#233;. Entre temps et ailleurs, il y a d'autres gens qui se sont r&#233;unis. Heureusement, ils n'ont pas attendu apr&#232;s moi et c'est tr&#232;s bien. Ils ont form&#233; l'UFP, parfait, bravo ! J'ai dit aussi que tant qu'il n'y aurait pas la proportionnelle, &#231;a m'apparaissait difficile de penser mettre sur pied un nouveau parti qui puisse se traduire par un succ&#232;s &#233;lectoral. Si on veut &#234;tre logique et si on veut que la gauche politique puisse grandir dans l'espace politique parlementaire partisan, il faut travailler pour la proportionnelle et donc j'annon&#231;ais que j'allais me joindre aux efforts du Mouvement pour la D&#233;mocratie Nouvelle (MDN). C'est ce que j'ai fait jusqu'en d&#233;cembre 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que s'est-il pass&#233; pour qu'&#224; la fin de 2002 D'abord Solidaires existe&lt;/strong&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas beaucoup de m&#233;rite. Il fallait juste regarder le r&#233;sultat des &#233;lections partielles en juin dernier : une mont&#233;e assez spectaculaire de l'ADQ, et apr&#232;s &#231;a les r&#233;actions du PLQ qui dit avec son plan d'action, nous on g&#232;le tout sauf la sant&#233; et l'&#233;ducation, et on pr&#244;ne une baisse massive des iimp&#244;ts (5 milliards $, de la folie !). Et puis du c&#244;t&#233; du PQ, Facal qui se manifeste et qui dit : &#171; tout &#231;a, c'est parce qu'on a trop &#233;cout&#233; le lobby mis&#233;rabiliste de la pauvret&#233; &#187;. L&#224;, je ne l'ai pas pris. J'avais le sentiment que ce n'&#233;tait pas passager, que ce n'&#233;tait pas juste une flamb&#233;e. Je trouvais qu'il se d&#233;veloppait une culture de la mauvaise humeur, surtout dans la classe moyenne. Une culture du ressentiment : on en a marre, on ne veut plus rien savoir, on trouve qu' il y a trop d'&#201;tat. Est-ce qu'on pourrait nous foutre la paix, etc. Et l&#224; tu jettes le b&#233;b&#233; avec l'eau du bain. Je sentais monter la confusion. Tous ces messieurs et mesdames qui s'interrogent, qui ne sont s&#251;rs de rien, qui sont tent&#233;s parce qu'apr&#232;s tout, Mario, il est jeune et diff&#233;rent, je ne peux pas laisser passer &#231;a. C'&#233;tait plut&#244;t intuitif au d&#233;part. Et puis j'ai &#233;t&#233; invit&#233;e &#224; ce fameux Colloque sur la gauche politique et les mouvements sociaux &#224; l'UQ&#192;M, le 22 septembre 2002. Il a fallu que je me pr&#233;pare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On a dit que tu y es all&#233;e &#224; reculons, est-ce vrai ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai h&#233;sit&#233; pour une seule raison. Je me doutais qu'en y allant je faisais comme une sorte de rentr&#233;e en ville. Je me repla&#231;ais dans l'espace public, il fallait que je replonge dans l'eau froide ! Mais j'ai dit oui assez vite. L'&#233;nergie &#233;tait revenue. Il faut y aller et il faut avoir le courage de dire : &#171; Je salue les efforts que l'UFP fait mais moi je pense qu'il faut faire aussi autre chose. &#187; Oui &#231;a m'a demand&#233; un peu de courage. &#199;a faisait 20 ans que je n'avais pas mis les pieds dans un forum de gauche, parce que j'&#233;tais ailleurs. Et puis, je m'en &#233;tais fait peut-&#234;tre une id&#233;e, une id&#233;e que je n'&#233;tais pas la seule &#224; partager, &#224; savoir que dans ce genre de forum, les gens s'arrachent les cheveux, les gens s'engueulent. Je n'ai pas envie de &#231;a. Ce n'est pas dans mon caract&#232;re. Je n'&#233;tais pas rassur&#233;e. D'ailleurs j'ai trouv&#233; que &#231;a s'&#233;tait super bien pass&#233;. Je pense que j'avais des pr&#233;jug&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; ce moment, tu n'avais pas encore l'id&#233;e de D'abord Solidaires ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le collectif n'&#233;tait absolument pas form&#233;. Il l'a &#233;t&#233; un mois plus tard. &#199;a faisait trois semaines que j'&#233;tais re-venue de la campagne. Je n'avais pas commenc&#233; &#224; approcher des gens, mais j'avais mijot&#233;. Ce que j'ai apport&#233; &#224; ce forum le 22 septembre, apr&#232;s y avoir m&#251;rement r&#233;fl&#233;chi, c'est l'id&#233;e de mettre sur pied un mouvement d'&#233;ducation populaire pour combattre et aider &#224; dissiper la confusion. &#199;a n'&#233;tait pas beaucoup plus articul&#233; &#224; ce moment-l&#224;. &#199;a l'est devenu par apr&#232;s ! Jusque l&#224;, c'&#233;tait vraiment : mouvement d'&#233;ducation populaire ; on se clarifie les id&#233;es ; on va expliquer ce que sont les id&#233;es de l'ADQ, mais pas uniquement cela, car la droite n'est pas seulement &#224; l'ADQ, m&#234;me si ce parti concentre au m&#232;tre carr&#233; le plus grand nombre d'id&#233;es de droite. Je ne pense pas que le PQ soit &#224; gauche, en tout cas certainement pas de 1996 &#224; 2001. Mais l'ADQ a &#233;t&#233; vraiment le d&#233;clencheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui caract&#233;rise D'abord Solidaires ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre action, il faut commencer par &#233;couter les gens. Il faut d'abord comprendre pourquoi on en est l&#224;. Comprendre pourquoi les gens de la classe moyenne sont-ils si attir&#233;s par toutes ces chim&#232;res qu'on leur fait miroiter : des libert&#233;s individuelles accrues et de meilleurs services, tout en d&#233;graissant l'&#201;tat et en r&#233;duisant les imp&#244;ts de fa&#231;on substantielle. Il y a tellement de contradictions l&#224;-dedans ! Deuxi&#232;mement, il faut fournir des outils d'information pour d&#233;mystifier tout &#231;a. C'est l'option que j'ai prise. J'ai rassembl&#233;, au d&#233;part, une dizaine de personnes sur une base totalement subjective. La plupart sont des femmes avec lesquelles j'ai beaucoup travaill&#233;. Pas n&#233;cessairement des personnes avec lesquelles je suis toujours d'accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a beaucoup de d&#233;bats &#224; D'abord Solidaires. C'est du monde qui ne vote pas de la m&#234;me fa&#231;on, il y a des francophones et des anglophones, des jeunes et des moins jeunes, mais ce qui nous unit c'est une base de confiance mutuelle extr&#234;mement grande. On peut d&#233;battre deux heures sur le r&#244;le de l'&#201;tat, ne pas &#234;tre d'accord, mais fondamentalement on est de gauche, contre la mondialisation n&#233;olib&#233;rale. On est pour la recherche du bien commun. Et comme individus, on a une confiance totale les uns dans les autres. C'est tellement important cela. Je ne me vois plus travailler autrement maintenant. On a commenc&#233; &#224; se r&#233;unir tranquillement, une fois par mois, &#233;crire un texte, &#231;'a &#233;t&#233; long. On a aussi d&#233;cid&#233; que plut&#244;t que de cr&#233;er un mouvement de toutes pi&#232;ces avec assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales et machins super hi&#233;rarchiques, on allait sugg&#233;rer aux gens de mettre sur pied des collectifs l&#224; o&#249; ils veulent, de la fa&#231;on dont ils veulent, dans leur milieu de travail, etc. pour faire ce qu'on fait, c'est-&#224;-dire &#233;couter, r&#233;fl&#233;chir, informer, convaincre, d&#233;battre. En fait, c'&#233;tait ma principale pr&#233;occupation. Je voulais que les gens d&#233;battent. Maintenant, je pense que &#231;a va, on n'a jamais tant d&#233;battu au Qu&#233;bec depuis tr&#232;s longtemps. On le voit dans les intentions de vote. C'est plus &#233;gal que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais, peu avant que D'abord Solidaires ne soit form&#233;, s'&#233;tait constitu&#233;e l'UFP, une organisation politique f&#233;d&#233;r&#233;e, progressiste, ouverte qui porte de l'avant un nouveau discours rassembleur. Pourquoi n'avez-vous pas int&#233;gr&#233; ce mouvement, ou du moins pris votre place dans ce regroupement qui, en unifiant ainsi les forces, aurait beaucoup plus de poids politique pour intervenir dans la soci&#233;t&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la question, je le sais. Pourquoi ? (un long silence). Lorsque j'ai demand&#233; aux gens du collectif de partager cette id&#233;e de mouvement d'&#233;ducation populaire, je savais bien qu'il y avait l'UFP. &#201;coute, moi j'ai eu l'impression que l'action de l'UFP et celle d'un mouvement comme D'abord Solidaires non seulement n'allaient pas se nuire, mais seraient m&#234;me compl&#233;mentaires. Je savais qu'un certain nombre de gens n'entreraient pas &#224; l'UFP et ont encore aujourd'hui une certaine allergie &#224; la politique partisane, &#224; la gauche. Je pouvais donc mieux les rejoindre &#224; partir d'un mouvement non partisan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais toi, que penses-tu de la politique partisane ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi je n'ai aucun probl&#232;me avec la politique partisane. Il y a des politiciens et politiciennes pour lesquels j'ai beaucoup de respect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais qu'est-ce qui te d&#233;rangeait alors ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, il y a deux niveaux dans cette question. Il y a moi personnellement et pourquoi D'abord Solidaires plut&#244;t que l'UFP ? Et la vraie question que les gens veulent savoir, c'est : &#171; Fran&#231;oise, pourquoi tu n'es pas all&#233;e &#224; l'UFP ? &#187;. Je le sais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu dois bien avoir pour l'instant une r&#233;ponse, m&#234;me si elle peut encore &#233;voluer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; j'ai pris cette d&#233;cision, au d&#233;but de l'automne &#173; je suppose que &#231;a va avoir l'air niaiseux comme r&#233;ponse &#173; je ne le sentais pas. Et de la mani&#232;re dont je fonctionne, avant de poser un geste, il faut que je le sente, que &#231;a m'anime ; et ce n'&#233;tait pas le cas. Ce qui m'animait c'&#233;tait de ne pas &#234;tre dans un mouvement partisan, mais dans un mouvement le plus large possible d'&#233;ducation populaire. C'est l'histoire de ma vie, et ce n'est pas si surprenant que &#231;a. Et encore une fois j'ai eu le sentiment, en ce qui me concerne, que je rejoindrais plus de monde avec le collectif. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne crois-tu pas que ce qui manque &#224; la gauche actuellement c'est de r&#233;unir autour d'un projet commun des gens qui repr&#233;sentent quelque chose au Qu&#233;bec et de constituer, par del&#224; toute la pluralit&#233;, un front uni ? Pourquoi ne pas vous joindre tous et toutes &#224; l'UFP ? L&#224; aussi, on veut faire de l'&#233;ducation au cours de la prochaine campagne &#233;lectorale.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut distinguer dans ta question : comment recons- truire une gauche et comment se situer face aux &#233;lections. Je dois le reconna&#238;tre, je n'ai pas fait ma r&#233;flexion en r&#233;fl&#233;chissant &#224; une organisation de la gauche &#224; long terme. Mettons &#231;a donc de c&#244;t&#233;. Je l'ai fait vraiment en pensant qu'on allait avoir des &#233;lections au printemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais justement cela n'aiderait-il pas, comme l'a dit Amir Khadir, &#224; faire &#233;voluer le vote ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'essaye de me reporter au moment o&#249; j'ai pris la d&#233;cision. &#192; l'automne pour la majorit&#233; des militants que je connais, l'UFP ne voulait pas dire grand chose. C'est en train de changer dans un certain nombre de milieux. L'id&#233;e que j'ai eue &#224; l'&#233;poque, c'&#233;tait : je veux parler &#224; la citoyenne et au citoyen ordinaire. Je veux lui dire que je ne suis pas au-dessus de la m&#234;l&#233;e, m&#234;me si je ne suis pas neutre. J'&#233;coutais beaucoup. Je trouvais tr&#232;s difficile ce que j'entendais, ces gens qui ne sont pas n&#233;cessairement &#224; droite, qui ont envie de quelque chose de diff&#233;rent mais qui vont contre mes valeurs. J'avais envie de leur dire : regardez, on est avec vous, on va se donner des moyens d'information. Puis, invitez-moi partout et on va essayer de se clarifier les id&#233;es sur les enjeux &#233;lectoraux. Et toi tu me r&#233;ponds, tu aurais pu le faire en entrant &#224; l'UFP. Si j'&#233;tais entr&#233;e &#224; l'UFP, j'aurais pu devenir une de ses porte-parole, j'aurais pu drainer du monde avec moi, c'&#233;tait &#231;a le r&#234;ve et puis je me serais pr&#233;sent&#233;e comme candidate. Mais je ne le sentais pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque, je ne connaissais pas beaucoup les gens de l'UFP, et je refl&#233;tais l'opinion d'un bon nombre de mes amis. Parmi les gens r&#233;unis autour de moi, il y en avait deux qui avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; au RAP et qui en &#233;taient partis, &#233;coeur&#233;s des magouilles, des chicanes et des guerres de clocher. Ce monde-l&#224; ne voulait absolument pas aller &#224; l'UFP, parce qu'on voyait &#231;a comme un nid &#224; chicanes o&#249; tout le monde s'engueule sur les virgules. Et &#231;a, chez la majorit&#233; des femmes, &#231;a ne nous int&#233;resse pas. Maintenant que je connais mieux l'UFP, je pense qu'il y a eu beaucoup d'apport de sang neuf. &#199;a m'appara&#238;t assez &#233;vident, il y a des assouplissements, il y a des ouvertures. Aujourd'hui, la question se poserait diff&#233;remment. Je n'ai plus le m&#234;me regard sur l'UFP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais le collectif va &#234;tre oblig&#233; de se positionner aux &#233;lections. Les gens vont vous dire : &#171; Mais avec tout ce que vous faites comme critique au n&#233;olib&#233;ralisme, vous devez vous sentir plus proches de l'UFP ? Pourquoi n'appelez-vous pas &#224; voter UFP ? &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'on n'a pas tous et toutes la m&#234;me opinion l&#224;-dessus au collectif. Tu vas le voir dans les prochaines semaines. Il y en a une qui va publier un article dans Relations sur le vote utile, c'est-&#224;-dire, p&#233;quiste, selon elle. C'est une femme de gauche, mais elle refl&#232;te ce que beaucoup de gens pensent. D'autres membres du collectif vont voter pour l'UFP. Au moins un va voter pour les Verts, et puis il y en a dont je ne sais m&#234;me pas pour qui ils voteront. Le collectif refl&#232;te en ce moment la grande question existentielle. Si tu te dis que les trois partis se ressemblent pas mal, alors c'est pas grave, tu votes UFP ou &#171; Vert &#187; dans n'importe quel comt&#233;. Mais si tu penses que l'ADQ c'est un cran de plus &#224; droite et avec une vision qui pourrait nous amener tr&#232;s loin dans les reculs, eh bien l&#224; tu t'interroges sur ta fa&#231;on de voter ! Car avec notre syst&#232;me politique, il n'y aura qu'un-e seul-e candidat-e &#233;lu par comt&#233;. Comment bloquer l'ADQ ? Bref, c'est tout sauf simple et nous ne donnerons pas de consigne de vote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais est-ce que le PQ peut &#234;tre un rempart &#224; &#231;a, alors qu'il int&#233;riorise de plus en plus des logiques n&#233;olib&#233;rales, et s'en remettre &#224; lui comme moyen de contrer l'ADQ, ce n'est pas vraiment ce qu'il y a de mieux, non ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PQ n'est pas un parti de gauche, on s'entend l&#224;-dessus. Tout ce que je suis capable de dire, c'est surtout pas l'ADQ ! &#199;a ne veut pas dire qu'il ne faut pas voter UFP. &#199;a veut peut-&#234;tre dire que le minimum qu'on devrait faire, c'est de s'organiser pour que &#231;a ne soit pas le parti le plus &#224; droite qui rentre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis d'accord pour dire que le PQ nous a entra&#238;n&#233;-es dans la logique n&#233;olib&#233;rale, en particulier dans la p&#233;riode de la lutte au d&#233;ficit et m&#234;me apr&#232;s. Je me rappelle encore les r&#233;ponses dramatiques &#224; la Marche mondiale des femmes. Par contre, dans la derni&#232;re ann&#233;e, il a plut&#244;t bien perform&#233;, de fa&#231;on m&#234;me assez &#233;tonnante. Mais on sait que c'est l'ann&#233;e pr&#233;-&#233;lectorale. N&#233;anmoins, qu'il y ait une meilleure loi sur les normes du travail, c'est tr&#232;s bon pour les gens qui travaillent. Je ne veux pas bouder mon bonheur. Le PQ porteur d'une vision r&#233;ellement social-d&#233;mocrate ? Probablement pas ou en partie seulement, mais la seule chose dont je suis s&#251;re, c'est que l'ADQ nous ram&#232;ne 40 ans en arri&#232;re. Et je ne veux pas &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En refusant de t'impliquer dans l'ar&#232;ne politique, n'est-ce pas donner raison au mot un peu m&#233;chant de Fran&#231;ois Rebello qui a d&#233;clar&#233; derni&#232;rement que l'intervention de D'abord Solidaires, c'est &#171; inoffensif &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non. Car pour le moment on est tr&#232;s actif. Notre site internet est tr&#232;s visit&#233; : 1000 visites par semaine. On donne beaucoup d'entrevues. L&#224;, je pars en tourn&#233;e des r&#233;gions du Qu&#233;bec. Je trouve &#231;a utile. Si on peut arriver &#224; convaincre de ne pas voter pour s'enfoncer dans le virage &#224; droite, on aura contribu&#233; &#224; ce que le r&#233;sultat des &#233;lections soit le moins pire. Et le moins pire, ce sont les gens qui d&#233;cideront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais justement &#231;a aiderait si des personnes comme toi disaient que cette fois &#231;a y est on fait le saut !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a aiderait quoi, au juste ? On est &#224; quelques semaines des &#233;lections. Je souhaite que l'UFP et les Verts obtiennent un bon nombre de votes mais quoi que je dise et fasse, ils ne gouverneront pas le Qu&#233;bec durant les quatre prochaines ann&#233;es. &#199;a n'emp&#234;che pas que je suis la premi&#232;re &#224; reconna&#238;tre qu'il faut au Qu&#233;bec une alternative de gauche et f&#233;ministe. Sauf que, pour le moment, le plus important, &#224; mon avis, c'est qu'un d&#233;bat se fasse sur le Qu&#233;bec dans lequel nous voulons vivre. Ce d&#233;bat est fait par les partis, bien s&#251;r, mais aussi par les mouvements sociaux, y compris D'abord Solidaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais apr&#232;s les &#233;lections, est-ce envisageable de penser &#234;tre ensemble dans la pluralit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;coute, la seule chose certaine qu'on va faire apr&#232;s, c'est un bilan. Ce qui m'importe c'est que le d&#233;bat se fasse au Qu&#233;bec. Et il y a bien des fa&#231;ons de le faire. On verra jusqu'o&#249; on a &#233;t&#233; capable d'aller et le r&#233;sultat des &#233;lections sera un indicateur. Est-ce qu'on a &#233;t&#233; capables de toucher les gens comme on voulait le faire ? Est-ce que les r&#233;sultats nous indiquent que la solidarit&#233; sociale est importante pour les gens ? Comment a r&#233;ussi l'UFP, etc. ? Et l&#224; il va falloir se demander ce qu'on fait. Il n'y a pas 36 000 choix. Soit se dissoudre car il ne s'agit pas de cr&#233;er un mouvement pour en cr&#233;er un. On pourrait aussi d&#233;cider de continuer comme mouvement. Mais pour faire quoi, avec quels objectifs, qu'est-ce qu'on ferait de diff&#233;rent des autres ? Je suis du genre plut&#244;t pratico-pratique. Quand tu ne sais pas exactement pourquoi tu existes, habituellement tu meurs. Alors si on d&#233;cidait de poursuivre notre action, il faudrait un objectif bien pr&#233;cis &#224; atteindre. Et je sais aussi que la troisi&#232;me hypoth&#232;se va se poser, c'est comme &#233;crit dans le ciel : est-ce qu'on se transforme &#223;en parti ou est-ce qu'on rejoint l'UFP ? Eh bien, on verra !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et toi tu n'as pas de sc&#233;nario privil&#233;gi&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce moment, vraiment pas ! L&#224;, on est submerg&#233;-es. Il y a trop de demandes. C'est incroyable le nombre de gens qui veulent qu'on aille parler dans leur groupe. En m&#234;me temps, il y a plein de choses &#224; &#233;crire, les fiches &#233;ducatives qu'il faut sortir. Donc, on n'a pas le temps de discuter de &#231;a. On n'est pas rendu l&#224;. Apr&#232;s on aura le temps de souffler ... et de r&#233;fl&#233;chir &#224; tout &#231;a !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par &lt;strong&gt;Pierre Mouterde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le PQ et le reniement social-d&#233;mocrate</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-PQ-et-le-reniement-social</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-PQ-et-le-reniement-social</guid>
		<dc:date>2008-07-15T14:07:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques B. G&#233;linas, Pierre Mouterde</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Mouterde, Pierre </dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;linas, Jacques B. </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jacques B. G&#233;linas est un sociologue qu&#233;b&#233;cois bien connu des militants tiers-mondistes et de ceux et celles qui s'opposent &#224; la mondialisation n&#233;olib&#233;rale. Il travaille actuellement sur un nouvel ouvrage traitant du virage &#224; droite de la classe politique qu&#233;b&#233;coise dans lequel il observe notamment l'&#233;volution du Parti qu&#233;b&#233;cois vers le n&#233;olib&#233;ralisme. Nous l'avons rencontr&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Que penses-tu de cette affirmation reprise par beaucoup que le Parti qu&#233;b&#233;cois est un parti social-d&#233;mocrate ? (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-0-avril-2003-" rel="directory"&gt;No 0 - avril 2003&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jacques B. G&#233;linas est un sociologue qu&#233;b&#233;cois bien connu des militants tiers-mondistes et de ceux et celles qui s'opposent &#224; la mondialisation n&#233;olib&#233;rale. Il travaille actuellement sur un nouvel ouvrage traitant du virage &#224; droite de la classe politique qu&#233;b&#233;coise dans lequel il observe notamment l'&#233;volution du Parti qu&#233;b&#233;cois vers le n&#233;olib&#233;ralisme. Nous l'avons rencontr&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que penses-tu de cette affirmation reprise par beaucoup que le Parti qu&#233;b&#233;cois est un parti social-d&#233;mocrate ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la plupart des m&#233;dias affirment qu'au Qu&#233;bec nous avons une sc&#232;ne politique bien &#171; ventil&#233;e &#187; et qu'on y trouve un parti de centre droit (le Parti lib&#233;ral), un parti de droite ou d'extr&#234;me droite (l'ADQ) et qu'&#224; gauche il y a le PQ.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si on entend par social-d&#233;mocratie, une option qui se propose de civiliser le capitalisme et qui tient compte jusqu'&#224; un certain point des revendications ouvri&#232;res, on pourrait dire que le PQ a &#233;t&#233; social-d&#233;mocrate. Dans le sens du mod&#232;le institu&#233; par Roosevelt dans les ann&#233;es 1930 : le &#171; New Deal &#187;. C'est l'av&#232;nement de l'&#201;tat social qui tient compte des revendications sociales des classes moyennes et des classes populaires. Ren&#233; L&#233;vesque ne voulait pas se dire social-d&#233;mocrate. Il n'aimait pas ce mot l&#224;, m&#234;me si le parti, c'est s&#251;r, s'est b&#226;ti au d&#233;part sur un &#171; pr&#233;jug&#233; favorable aux travailleurs &#187;. Mais le Parti qu&#233;b&#233;cois a par la suite chang&#233; de cap. Cela s'est produit dans les ann&#233;e 1980, quand il se trouvait dans l'opposition. C'est alors qu'il s'est fait champion du libre-&#233;change avec les &#201;tats-Unis. Ce qui l'a conduit &#224; endosser et &#224; pratiquer des politiques proprement n&#233;olib&#233;rales quand il s'est trouv&#233; au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment s'est impos&#233;e cette option &#171; libre-&#233;changiste &#187;, et quels sont les individus qui l'ont port&#233;e au sein du PQ ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut revenir &#224; la p&#233;riode des n&#233;gociations de l'Accord de libre-&#233;change (AL&#201;) entre le Canada et les USA. En 1985, le couple Mulroney-Reagan annonce de fa&#231;on impromptue le lancement des n&#233;gociations pour la signature d'un accord de libre-&#233;change entre les deux pays. Tous les partis &#233;taient contre, tant au Canada qu'au Qu&#233;bec. Une vive opposition s'organise contre un tel trait&#233; avec le puissant voisin que l'on sait h&#233;g&#233;monique. On connaissait les politiques n&#233;olib&#233;rales de Reagan qui deviendraient contagieuses advenant un accord. &#192; la surprise de tous, l'&#233;lite intellectuelle du Parti qu&#233;b&#233;cois prend fait et cause pour le libre-&#233;change.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bernard Landry, qui avait perdu son comt&#233; en 1985 et &#233;tait devenu professeur d'&#233;conomie internationale, commet un livre en 1987, intitul&#233; : Le commerce sans fronti&#232;res, le sens du libre-&#233;change, dans lequel il se propose d'expliquer au peuple pourquoi le Qu&#233;bec doit appuyer ce projet. Il &#233;voque deux raisons, l'une &#233;conomique, l'autre politique. L'argument &#233;conomique : un petit pays comme le Qu&#233;bec a besoin d'un grand march&#233; garanti. L'argument politique : un trait&#233; de libre-&#233;change avec les &#201;tats-Unis mettra le Qu&#233;bec &#224; l'abri de repr&#233;sailles commerciales ou &#233;conomiques du Canada anglais &#224; la suite d'une d&#233;claration de souverainet&#233;. Pendant tout le temps qu'a dur&#233; le d&#233;bat, de 1985 &#224; 1988, Bernard Landry est devenu le conf&#233;rencier vedette du Conseil du patronat qui adh&#232;re corps et &#226;me au projet de Mulroney.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jacques Parizeau est aussi entr&#233; en campagne pour le libre-&#233;change. Revenu aux affaires en mars 1988 en tant que pr&#233;sident du Parti, il a r&#233;ussi &#224; convertir les instances du PQ &#224; cette cause. Dans son livre Pour un Qu&#233;bec souverain, il &#233;crit : &#171; Avec l'aide hautement efficace de Bernard Landry, je r&#233;ussis &#224; faire effectuer un virage &#224; 180 degr&#233;s au Parti qu&#233;b&#233;cois en faveur du libre &#233;change &#187;. &#192; l'&#233;poque, il y a eu beaucoup de r&#233;ticences dans le parti, car son programme allait directement &#224; l'encontre de cette id&#233;e. N'oublions pas que le &#171; libre-&#233;change &#187; version n&#233;olib&#233;rale des &#201;tats-Unis, de Reagan &#224; Bush, comprend trois &#233;l&#233;ments essentiels : d&#233;r&#233;glementation, privatisation et lib&#233;ralisation. Pourquoi les Am&#233;ricains tenaient-ils tant &#224; cet accord ainsi qu'&#224; l'AL&#201;NA ? Ce n'&#233;tait pas tant pour la libre circulation des biens et des marchandises que pour le libre investissement, la libre circulation des capitaux, et la commercialisation des services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment ce virage libre-&#233;changiste a-t-il conduit le PQ au n&#233;olib&#233;ralisme ? Quand et comment le PQ a-t-il pris ce second virage ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le PQ revient au pouvoir en 1994. Il y a d'abord, en 1995, le r&#233;f&#233;rendum et la d&#233;mission de Parizeau ! En janvier 1996, Lucien Bouchard est couronn&#233; chef du parti et premier ministre. Il ne faut pas oublier que cet homme, parvenu en politique, est un conservateur, perm&#233;able aux id&#233;es de droite, et particuli&#232;rement sensible aux pressions des march&#233;s financiers. Il a tout de suite lanc&#233; que le probl&#232;me central, l'urgence des urgences, c'&#233;tait la crise des finances publiques. Il impose sa politique du d&#233;ficit z&#233;ro !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais en quoi le d&#233;ficit z&#233;ro peut-il &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une pratique n&#233;olib&#233;rale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant au f&#233;d&#233;ral qu'au provincial, l'id&#233;ologie du d&#233;ficit z&#233;ro a &#233;t&#233; le levier qui a permis de couper dans tous les programmes sociaux, dans l'environnement, etc. C'est l'institutionnalisation de coupures qui, une fois l'&#233;quilibre budg&#233;taire atteint, ont pris une tournure d&#233;finitive. Par ailleurs, le lobby du grand Patronat a convaincu le gouvernement que pour assurer la cr&#233;ation d'emplois et la croissance &#233;conomique, il fallait d&#233;r&#233;glementer, c'est-&#224;-dire l&#233;gif&#233;rer et r&#233;glementer le moins possible en mati&#232;re sociale et environnementale. Cela nous renvoie &#224; l'article 11 de l'AL&#201;NA : une loi ou une r&#233;glementation qui occasionne des pertes de profits pour une compagnie &#233;trang&#232;re est consid&#233;r&#233;e dans cet accord comme &#233;quivalent d'une expropriation. &#199;a les Am&#233;ricains y tenaient. La mise en place par Lucien Bouchard en 1996 du &#171; Secr&#233;tariat &#224; l'all&#233;gement r&#233;glementaire &#187;, qui est en fait un secr&#233;tariat &#224; la d&#233;r&#233;glementation, est pratiquement pass&#233; inaper&#231;u. En vertu de la loi instituant cet orga-nisme, tous les projets de loi et de r&#232;glement doivent passer au crible du Secr&#233;tariat avant d'atteindre le Conseil des ministres. Si le Secr&#233;tariat estime q'une loi ou un r&#232;glement, en mati&#232;re de foresterie par exemple, nuira &#224; la &#171; profitabilit&#233; &#187; d'une entreprise, le projet est retourn&#233; au ministre pour qu'il refasse ses devoirs. D'o&#249; l'apparition dans les &#233;cosyst&#232;mes et dans le tissu social du Qu&#233;bec de v&#233;ritables plaies infect&#233;es par ces politiques n&#233;olib&#233;rales (voir encadr&#233;). Et c'est ce qui a mis beaucoup de Qu&#233;b&#233;cois en col&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu verrais donc un rapport entre ces politiques n&#233;olib&#233;rales et l'actuel d&#233;clin du PQ ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, partout une col&#232;re sourde couve dans la population. Dans de nombreux domaines. Dans la sant&#233; par exemple et chez les infirmi&#232;res qu'on a sanctionn&#233;es durement, alors qu'on laisse les sp&#233;cialistes et les m&#233;decins se servir sans vergogne aussit&#244;t qu'ils devinent les cr&#233;dits disponibles. Dans le domaine de la for&#234;t, de l'agriculture, de l'&#233;nergie, de l'eau. Le d&#233;-peuplement des r&#233;gions, le d&#233;p&#233;rissement des campagnes. En mati&#232;re de d&#233;chets toxiques, le Qu&#233;bec est en voie de devenir la poubelle de l'Am&#233;rique du Nord. Le PQ a syst&#233;matiquement ignor&#233; les demandes et les protestations des citoyennes et des citoyens. En l'an 2000, les jeunes du parti ont voulu faire passer une motion qui d&#233;clarerait le PQ social-d&#233;mocrate et par deux fois l'assembl&#233;e &#224; rejeter la motion, pour ne pas d&#233;plaire au chef, &#224; l'&#233;poque Lucien Bouchard. C'est comme si cette journ&#233;e-l&#224;, le PQ avait perdu son &#226;me, qu'un ressort s'&#233;tait cass&#233;. Mais voil&#224; que sonn&#233; par l'ADQ, semble-t-il, Bernard Landry recouvre ses sens : il a avou&#233; r&#233;cemment que cela avait &#233;t&#233; une erreur que de rabrouer ainsi les jeunes qui essayaient de faire entendre raison aux bonzes du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers temps, on a l'impression que le PQ retrouve des accents sociaux-d&#233;mocrates, et que de toute fa&#231;on il appara&#238;t moins n&#233;olib&#233;ral que l'ADQ.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis la mont&#233;e fulgurante de l'ADQ, le Parti qu&#233;b&#233;cois a eu un sursaut social-d&#233;mo-crate. Depuis l'&#233;t&#233; dernier, le gouvernement s'est mis tout d'un coup &#224; r&#233;pondre &#224; certaines revendications citoyennes par des annonces progressistes : contr&#244;le des pesticides en zones urbaines, politique nationale de l'eau, moratoire sur les m&#233;gaporcheries, &#201;tats g&#233;n&#233;raux sur la r&#233;forme des institutions d&#233;mocratiques, etc. Mais toutes ces annonces ressemblent dr&#244;lement &#224; des promesses de type &#233;lectoraliste. Les &#233;lections sont imminentes. Qu'est-ce qu'ils feront apr&#232;s ? Je ne pense pas qu'ils changeront fondamentalement de cap. Parce que une fois engag&#233; dans l'engrenage du libre-&#233;change et du n&#233;olib&#233;ralisme, c'est difficile d'en sortir. Notons en passant que beaucoup de d&#233;put&#233;s et ministres font du n&#233;olib&#233;ralisme sans le savoir, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir ! Nos ministres des Ressources naturelles, qui ont laiss&#233; les multinationales saccager nos for&#234;ts, se disent peut-&#234;tre sociaux-d&#233;mocrates, mais en fait ils font du n&#233;olib&#233;ralisme en refusant de mettre en place des r&#233;glementations n&#233;cessaires &#224; la protection des &#233;cosyst&#232;mes, des droits sociaux, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans ce contexte-l&#224;, que feras-tu aux prochaines &#233;lections ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis toujours autonomiste, souverainiste et ind&#233;pendantiste. Mais je n'ai pas renouvel&#233; mon adh&#233;sion au PQ depuis deux ans. Et je ne voterai pas non plus pour le PQ. &#199;a me fait de la peine, mais le PQ qui &#233;tait porteur du projet souverainiste s'est laiss&#233; entra&#238;ner dans des strat&#233;gies qui lui ont fait renoncer au projet de soci&#233;t&#233; qui allait de pair avec le projet de souverainet&#233;. Il a ainsi, peut-on dire, trahi la cause. Voil&#224; pourquoi il a perdu l'appui d'une grande partie de ses bases sociales naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Comme les dix plaies de l'&#201;gypte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dix plaies du n&#233;olib&#233;ralisme qu&#233;b&#233;cois vues par Jacques B. G&#233;linas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) L'environnement livr&#233; aux pollueurs et aux pr&#233;dateurs des biens communaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) L'agriculture envahie par un productivisme industriel enrag&#233; qui d&#233;vaste les campagnes et remplit nos assiettes de pesticides, hormones et OGM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) L'eau douce contamin&#233;e, d&#233;tourn&#233;e et subrepticement donn&#233;e aux&lt;br class='autobr' /&gt;
multinationales comme Danone et Nestl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) Nos for&#234;ts saccag&#233;es par les barons du papier et du deux-par-quatre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) L'&#233;nergie mercantilis&#233;e pour satisfaire la boulimie gouvernementale et les ambitions exportatrices des supermanagers d'Hydro-Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) Les r&#233;gions p&#233;riph&#233;riques en voie de d&#233;peuplement et de d&#233;p&#233;rissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7) Les fusions municipales forc&#233;es au d&#233;triment de la d&#233;mocratie, rendant plus facile la privatisation des services d&#233;j&#224; dans le collimateur des multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8) Un syst&#232;me de sant&#233; malade sur la voie insidieuse de la privatisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9) Le creusement des in&#233;galit&#233;s qui cr&#233;e de nouvelles cat&#233;gories de pauvres comme les pr&#233;caires, les marginaux, les sans-abri et autres d&#233;saffili&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10) L'&#233;conomie casino-loto-vid&#233;o poker organis&#233;e et aid&#233;e par le gouvernement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par &lt;strong&gt;Pierre Mouterde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Du cin&#233;ma engag&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Du-cinema-engage</link>
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		<dc:date>2008-07-15T14:05:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luciano Benvenuto</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Benvenuto, Luciano </dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Collectif des Lucioles est un groupe de jeunes vid&#233;astes qui ont d&#233;cid&#233;, face &#224; la concentration- censure des m&#233;dias de masse, de prendre cam&#233;ra et micro comme moyen de prise en compte du r&#233;el social. Pour que leur cin&#233;ma engag&#233; soit aussi un cin&#233;ma d'intervention, les Lucioles organisent chaque mois la diffusion de leurs derniers films. Du cin&#233;ma pour r&#233;fl&#233;chir et pour d&#233;battre. &lt;br class='autobr' /&gt; Au cours de la nuit suivant le filmage de la manif anti-G20 &#224; Ottawa, un groupe de jeunes d&#233;cid&#232;rent de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-associatif-et-+" rel="tag"&gt;Mouvement associatif et communautaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton21.gif?1642092172' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;100&#034; height=&#034;67&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Collectif des Lucioles est un groupe de jeunes vid&#233;astes qui ont d&#233;cid&#233;, face &#224; la concentration- censure des m&#233;dias de masse, de prendre cam&#233;ra et micro comme moyen de prise en compte du r&#233;el social. Pour que leur cin&#233;ma engag&#233; soit aussi un cin&#233;ma d'intervention, les Lucioles organisent chaque mois la diffusion de leurs derniers films. Du cin&#233;ma pour r&#233;fl&#233;chir et pour d&#233;battre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au cours de la nuit suivant le filmage de la manif anti-G20 &#224; Ottawa, un groupe de jeunes d&#233;cid&#232;rent de former un collectif de vid&#233;astes engag&#233;s. Ainsi des t&#233;n&#232;bres de la nuit jaillirent Les Lucioles pour indiquer des voies alternatives &#224; suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compos&#233; actuellement de 13 personnes, combinant des formations universitaires en sciences sociales, en communication et en cin&#233;ma, ma&#238;trisant les nouvelles technologies audiovisuelles (infographie, vid&#233;o num&#233;rique, Web), les membres de ce collectif ont pris conscience de la responsabilit&#233; de leur pratique cr&#233;atrice &#224; l'&#233;gard de la r&#233;alit&#233; sociale. Faisant fi du glamour accol&#233; aux fabricants d'images, d&#233;cid&#233;s et assur&#233;s de leur capacit&#233; &#224; pouvoir interf&#233;rer sur les mentalit&#233;s, Les Lucioles mettent en images leur vision critique de la soci&#233;t&#233; n&#233;olib&#233;rale et en m&#234;me temps proposent des alternatives sociales et populaires pour la transformer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cin&#233;ma des Lucioles est engag&#233; &#224; plus d'un titre. Primo, les sujets de leurs films sont toujours de l'ordre du r&#233;el, du social, b&#226;tis sur un contenu d'id&#233;es articul&#233;es v&#233;hiculant un message critique et limpide contre l'ordre ambiant du n&#233;olib&#233;ralisme. Anti-mondialiation, mouvement pacifiste, libert&#233;s d&#233;mocratiques, f&#233;minisme, &#233;cologie, pauvret&#233; et exclusion, surconsommation productiviste, autant de th&#232;mes f&#233;conds qui jalonnent leurs exp&#233;riences filmiques. Le style d'&#233;cri-ture est aussi en soi contestataire. Tous les genres s'entrecroisent : cin&#233;ma direct, reportage, animation, docu-fiction o&#249; souvent le spectateur est interpell&#233;. Ici point d'esth&#233;tique l&#233;ch&#233;e, mais des esth&#233;tiques d'&#233;criture au service du contenu. A contrario du cin&#233;ma dominant, c'est aussi une remise en question des codes classiques dans la fa&#231;on de faire et de monter des images-sons, amenant ainsi une autre fa&#231;on de transposer &#224; l'&#233;cran leur prise en direct de la v&#233;rit&#233; de notre temps. Finalement, le cin&#233;ma des Lucioles en est un d'intervention sociale par les projections publiques qu'ils organisent chaque mois, cr&#233;ant ainsi des lieux de d&#233;bats et de r&#233;flexion politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le catalogue de films des Lucioles comprend plus de 40 courts et moyens m&#233;trages sur support vid&#233;o. Plusieurs associations &#233;tudiantes et associations locales de l'UFP y puisent all&#232;grement pour animer leurs activit&#233;s, car les Lucioles, loin d'&#234;tre chiches, encouragent la diffusion de leurs vid&#233;os. Bient&#244;t, le CMAQ (Centre des m&#233;dias alternatifs du Qu&#233;bec) aura sur son site l'int&#233;gralit&#233; de leurs productions dont il sera loisible &#224; tout militantE de t&#233;l&#233;charger gratuitement les oeuvres d&#233;sir&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concevoir, produire, r&#233;aliser, diffuser leurs propres vid&#233;os engag&#233;s, telle est la mission des Lucioles. Le tout g&#233;r&#233; sur un mode anarchique fonctionnel, selon leurs dires, favorisant la cr&#233;ativit&#233;, l'initiative collective et la mise en commun des expertises et des ressources de tout un chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avantage des faibles co&#251;ts de production en vid&#233;o num&#233;rique permet au cin&#233;ma militant de rena&#238;tre. Maintenant lib&#233;r&#233; de l'h&#233;g&#233;monie de l'industrie qui le maintenait dans une marginalisation, le cin&#233;ma engag&#233; s'affiche d&#233;sormais et devient pour certains militantEs un outil d'information pr&#233;cieux en cette p&#233;riode de concentration m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le cin&#233;ma militant de Dziga-Vertov, de Jean-Luc Godard ou de Chris Marker &#233;tait vu comme &#171; une &#233;tincelle de conscience politique &#187;, aujourd'hui &#224; l'&#232;re du num&#233;rique et de la mondialisation, le cin&#233;ma engag&#233; d'ici s'est transform&#233; en &#171; une Luciole de conscience alternative &#187;. Long feu et grandes nuits aux Lucioles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Maintenant tu es mort. Le si&#232;cle des bombes</title>
		<link>https://www.ababord.org/Maintenant-tu-es-mort-Le-siecle</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Maintenant-tu-es-mort-Le-siecle</guid>
		<dc:date>2008-07-15T14:02:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Rioux, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Militarisme et antimilitarisme</dc:subject>
		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sven Lindqvist, Maintenant tu es mort. Le si&#232;cle des bombes, Le Serpent &#224; plumes, Coll. &#171; Essais/documents &#187;, Paris, 2002 &lt;br class='autobr' /&gt; T'es mort sinon je joue plus &lt;br class='autobr' /&gt;
Survolant les environs de Tripoli, le lieutenant italien Guilio Cavotti se penche hors de l'habitacle du monoplan qu'il pilote pour l&#226;cher une grenade &#224; main sur des rebelles libyens. C'est le 26 octobre 1910, jour de la premi&#232;re attaque a&#233;rienne de l'histoire. &#199;a ne sera pas la derni&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un essai &#224; la forme surprenante, le Su&#233;dois (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;

		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sven Lindqvist, &lt;i&gt;Maintenant tu es mort. Le si&#232;cle des bombes&lt;/i&gt;, Le Serpent &#224; plumes, Coll. &#171; Essais/documents &#187;, Paris, 2002&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T'es mort sinon je joue plus&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Survolant les environs de Tripoli, le lieutenant italien Guilio Cavotti se penche hors de l'habitacle du monoplan qu'il pilote pour l&#226;cher une grenade &#224; main sur des rebelles libyens. C'est le 26 octobre 1910, jour de la premi&#232;re attaque a&#233;rienne de l'histoire. &#199;a ne sera pas la derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un essai &#224; la forme surprenante, le Su&#233;dois Sven Lindqvist analyse la bombe sous toutes ses coutures. Parcourant le livre en tous sens au gr&#233; des multiples renvois, le lecteur d&#233;couvre les &#171; avanc&#233;es &#187; scientifiques qui ont donn&#233; naissance &#224; ces armes de l'enfer, de la fus&#233;e issue du Moyen &#194;ge chinois &#224; la bombe thermonucl&#233;aire moderne. Pas n&#233;cessairement toujours plus grosses et plus puissantes, les bombes ont de multiples &#171; qualit&#233;s &#187; : &#224; fragmentation, incendiaires, chimiques, biologiques, etc. Elles ne sont jamais, cependant, aussi &#171; chirurgicales &#187; qu'on le pr&#233;tend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la bombe est aussi celle de son utilisation par les hommes contre d'autres hommes (et, surtout, contre des femmes, des enfants et des vieillards). Indistinctement ? Nenni ! Ce sont d'abord et avant tout les empires coloniaux qui l'ont utilis&#233;e contre les &#171; sauvages &#187; r&#233;fractaires aux bienfaits de la civilisation occidentale : Libye (1911), &#201;gypte (1916), Afghanistan (1917), Inde (1919), Iran, Irak puis Transjordanie (1920), Maroc (1925), Syrie (1925). Les Europ&#233;ens, confiants que tout cela ne les concernait pas, se sentaient &#224; l'abri. Ils avaient tort, bien entendu, et l'histoire se chargera de les ramener &#224; de plus justes consid&#233;rations. C'est cette histoire des conflits que nous raconte &#233;galement Lindqvist dans son livre, des deux guerres mondiales &#224; la guerre du Golfe, en passant par la Cor&#233;e, l'Alg&#233;rie et le Vi&#234;t-nam, d&#233;cryptant les fausses v&#233;rit&#233;s et les vrais mensonges qui ont entra&#238;n&#233; l'humanit&#233; dans la barbarie et tu&#233; des dizaines de millions de victimes innocentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage s'attache &#233;galement &#224; sonder les tr&#233;fonds de l'imaginaire occidental, o&#249; logent les d&#233;mons du r&#234;ve g&#233;nocidaire. &#171; &lt;i&gt;L'extermination progressive des races inf&#233;rieures n'est pas seulement une loi naturelle, mais une b&#233;n&#233;diction pour l'humanit&#233;&lt;/i&gt; &#187; disait le Britannique Charles Dilke en 1869. D&#232;s la fin du XIXe si&#232;cle, la croissance d&#233;mographique de l'Orient et le racisme &#224; l'&#233;gard des &#171; Jaunes &#187; fournissent le plus formidable sujet aux d&#233;lires apocalyptiques des auteurs de romans d'anticipation. Ils imaginent et pr&#233;figurent l'utilisation d'armes infernales pour assurer la survie de l'Occident. Des auteurs britanniques, fran&#231;ais et &#233;tasuniens &#173; dont les livres circulent par dizaines de milliers &#173; mettent en sc&#232;ne d'immenses guerres de civilisation, &#224; la fin desquelles la bombe salvatrice ram&#232;ne ordre et prosp&#233;rit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Les fantasmes de g&#233;nocide existent d&#233;j&#224;&lt;/i&gt; [...]&lt;i&gt;, attendant l'apparition du premier avion. Le r&#234;ve consistant &#224; r&#233;soudre tous les probl&#232;mes par une extermination venue des airs existe avant m&#234;me que la premi&#232;re bombe soit largu&#233;e d'un avion&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lindqvist a aussi le m&#233;rite de montrer l'inconsistance du double langage des puissants, toujours prompts &#224; &#171; &lt;i&gt;faire la guerre pour obtenir la paix&lt;/i&gt; &#187;, m&#234;lant all&#232;grement consid&#233;rations morales et n&#233;cessit&#233;s strat&#233;giques. La confusion entre objectifs militaires et populations civiles a toujours &#233;t&#233; pr&#233;sente, malgr&#233; les tentatives r&#233;p&#233;t&#233;es, au cours du XXe si&#232;cle, pour faire &#233;voluer un &#171; droit &#187; de la guerre mis &#224; mal par l'extraordinaire d&#233;veloppement de l'aviation militaire. &#171; &lt;i&gt;Il me semble&lt;/i&gt; [qu'on] &lt;i&gt;ait invers&#233; l'ancienne tradition qui voulait que le soldat se sacrifie pour d&#233;fendre sa m&#232;re et sa sur. Dans la guerre a&#233;rienne, au contraire, il sacrifie sa m&#232;re et sa sur pour pouvoir survivre, investi de sa valeur militaire sup&#233;rieure, afin d'infliger aux m&#232;res et aux surs de l'ennemi le plus de dommages possibles&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1926, les grandes puissances s'entendent sur un principe : &#171; &lt;i&gt;Quand un objectif militaire est situ&#233; de telle mani&#232;re qu'il ne puisse &#234;tre bombard&#233; sans que la population civile soit &#233;galement bombard&#233;e, il ne doit pas &#234;tre bombard&#233; du tout&lt;/i&gt; &#187;. La r&#233;solution (faut-il le dire ?) est rest&#233;e lettre morte. Cependant, juristes, diplomates et strat&#232;ges n'ont pas cess&#233; pour autant leurs arguties : &#171; &lt;i&gt;attaques sans discrimination&lt;/i&gt; &#187;, repr&#233;sailles &#171; &lt;i&gt;flexibles&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;massives&lt;/i&gt; &#187;, bombardements &#171; &lt;i&gt;tactiques&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;strat&#233;giques&lt;/i&gt; &#187;, l&#233;gitime d&#233;fense, agression sans provocation, repr&#233;sailles La finesse de leurs raisonnements n'arrive pourtant pas &#224; consoler les victimes des bombardements, pas plus, d'ailleurs, que la quantit&#233; de d&#233;clarations, conventions et protocoles de tout acabit n'ont emp&#234;ch&#233; les arm&#233;es de larguer leurs bombes l&#224; o&#249; elles le veulent, quand elles le veulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arme atomique, &#233;videmment, occupe une place &#224; part dans Maintenant tu es mort. Arme supr&#234;me s'il en est, la bombe nucl&#233;aire met l'humain devant le miroir de sa propre destruction en tant qu'esp&#232;ce. Lindqvist souligne le paradoxe inh&#233;rent de l'arme nucl&#233;aire : son d&#233;tenteur est &#224; la fois redoutable et impuissant, fort d'une arme inutilisable. En effet, la bombe atomique ne peut &#234;tre employ&#233;e sans risquer d'&#234;tre imm&#233;diatement an&#233;anti soi-m&#234;me par son adversaire. L'&#233;volution de la technique n'y changera rien : plus la bombe atomique est pr&#233;cise, plus elle peut pr&#233;tendument &#233;pargner les vies civiles, plus elle devient &#171; moralement &#187; utilisable et plus elle a de chances d'&#234;tre effectivement utilis&#233;e, entra&#238;nant un conflit nucl&#233;aire g&#233;n&#233;ralis&#233; et tuant encore plus de civils ! Autrement dit : &#171; &lt;i&gt;Une plus grande justesse de tir rend la r&#233;ussite d'une premi&#232;re attaque de plus en plus envisageable, et de plus en plus s&#233;duisante. Une pr&#233;cision accrue mine ainsi l'&#233;quilibre de la terreur et rend la dissuasion moins fiable&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249;, en Irak et ailleurs, on fait appel &#224; la bombe pour apporter la paix, l'essai de Lindqvist arrive &#224; point. Rappelant les injustices sur notre Terre, il note : &#171; &lt;i&gt;Pour un nombre croissant d'&#234;tre humains qui naissent chaque jour, la violence est la seule issue&lt;/i&gt; &#187;. Les puissants et les ma&#238;tres, eux, veulent &#171; sauvegarder leurs privil&#232;ges, par la violence si n&#233;cessaire &#187;. Et il termine : &#171; &lt;i&gt; Au c&#339;ur de cette violence germent les fantasmes du g&#233;nocide du si&#232;cle. Les injustices que nous d&#233;fendons nous obligent &#224; conserver les armes de g&#233;nocide qui permettent de r&#233;aliser ces fantasmes &#224; tout moment. La situation de violence g&#233;n&#233;rale est le noyau dur de notre existence.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Lu par Claude Rioux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un programme n&#233;olib&#233;ral pur et dur</title>
		<link>https://www.ababord.org/Un-programme-neoliberal-pur-et-dur</link>
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		<dc:date>2003-08-12T05:55:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude St-Onge</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>St-Onge, Jean-Claude </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est sans doute l'une des grandes ironies de la petite histoire politique du Qu&#233;bec que l'ADQ se pr&#233;sente sous la banni&#232;re du changement quand on sait qu'elle veut remplacer ce qu'elle appelle de &#171; vieilles &#187; id&#233;es par des id&#233;es encore plus d&#233;su&#232;tes. &lt;br class='autobr' /&gt; Le R&#233;sum&#233; de son Programme annonce que la priorit&#233; de l'ADQ est de &#171; remettre l'&#201;tat &#224; sa place &#187;, c'est-&#224;-dire sabrer 25 % des effectifs de la fonction publique, mousser la part du priv&#233; en sant&#233; et en &#233;ducation, privatiser l'assurance (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est sans doute l'une des grandes ironies de la petite histoire politique du Qu&#233;bec que l'ADQ se pr&#233;sente sous la banni&#232;re du changement quand on sait qu'elle veut remplacer ce qu'elle appelle de &#171; vieilles &#187; id&#233;es par des id&#233;es encore plus d&#233;su&#232;tes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le R&#233;sum&#233; de son Programme annonce que la priorit&#233; de l'ADQ est de &#171; &lt;i&gt;remettre l'&#201;tat &#224; sa place&lt;/i&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire sabrer 25 % des effectifs de la fonction publique, mousser la part du priv&#233; en sant&#233; et en &#233;ducation, privatiser l'assurance juridique et impliquer &#171; &lt;i&gt;le secteur priv&#233; dans la gestion&lt;/i&gt; &#187; des prisons. En 2001, Mario Dumont d&#233;clarait qu'on pourrait envisager de privatiser les monopoles d'&#201;tat et il a d&#233;j&#224; parl&#233; de privatiser l'assurance-emploi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En sant&#233; : l'addition sal&#233;e du priv&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour l'ADQ, notre syst&#232;me de sant&#233; co&#251;te toujours plus cher. Or, le rapport Romanow constate que l'assurance-maladie absorbe 34 % des recettes fiscales des provinces en 2000-2001, contre 39 % il y a 20 ans. Il vaut la peine de souligner que le Qu&#233;bec est la province qui consacre le moins d'argent aux soins de sant&#233;, soit 2899 $ par habitant contre 3435 $ en Ontario et 3660 $ au Manitoba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les probl&#232;mes de notre syst&#232;me de sant&#233; sont palpables. Le cardiologue Hugh Scott, directeur du projet de nouvel h&#244;pital universitaire anglophone de Montr&#233;al, les r&#233;sumait ainsi : &#171; &lt;i&gt;Imaginez le d&#233;sastre si l'on supprimait 20 % des revenus d'Hydro Qu&#233;bec en exigeant qu'elle fournisse les m&#234;mes services. C'est exactement ce qu'a fait le gouvernement f&#233;d&#233;ral, avec les coupes brutales qu'il a effectu&#233;es dans ses subsides aux provinces en 1994&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des &#233;lections partielles au printemps 2002, une candidate ad&#233;quiste pr&#233;sentait le secteur priv&#233;, notamment les soins des yeux et des dents, comme mod&#232;le d'un syst&#232;me qui fonctionne bien. Or, depuis 1975, c'est l&#224; que les co&#251;ts ont augment&#233; le plus, soit pr&#232;s de deux fois plus que dans le secteur public. Selon Lee Soderstrom, de l'Universit&#233; McGill, le secteur priv&#233; demande 22 $ comparativement &#224; 18 $ dans le secteur public pour les m&#234;mes services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'addition du priv&#233;, comme le d&#233;montre le co&#251;t des analyses de laboratoire (HIV, formule sanguine, etc.), ne fera pas diminuer la facture. Cinq provinces, dont l'Ontario, ont confi&#233; ces analyses au secteur priv&#233;. Or, les Ontariens d&#233;boursent 100 $ par personne contre 70 $ au Qu&#233;bec o&#249; les analyses sont faites par le secteur public. Pourtant, un sondage r&#233;alis&#233; en 1998 r&#233;v&#233;lait que 78 % des Qu&#233;b&#233;cois sont d'accord pour payer leurs analyses. Les campagnes qui d&#233;nigrent le secteur public ont port&#233; leurs fruits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, o&#249; le secteur priv&#233; domine, il en co&#251;te 38,7 % de plus par personne pour se faire soigner. Nos voisins du Sud sont-ils pour autant mieux servis ? La mortalit&#233; infantile y est plus &#233;lev&#233;e de 30 % qu'au Canada et l'esp&#233;rance de vie y est plus courte. Par ailleurs, la mortalit&#233; dans les h&#244;pitaux priv&#233;s est, d'apr&#232;s l'&#233;valuation la plus conservatrice, de 2 % plus &#233;lev&#233;e que dans les h&#244;pitaux publics. Selon l'Organisation mondiale de la sant&#233;, les &#201;tats-Unis se classent au 37e rang pour ce qui est de la qualit&#233; des soins de sant&#233;, entre le Costa-Rica et la Slov&#233;nie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on peut le voir, l'addition du priv&#233; en sant&#233; sera sal&#233;e et ne fera rien pour am&#233;liorer le syst&#232;me. Non seulement les services co&#251;teront plus cher aux contribuables, mais le secteur priv&#233; pompera dans sa direction les ressources qui &#339;uvrent pr&#233;sentement dans le secteur public et les listes d'attente s'allongeront.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La redistribution des richesses et l'imp&#244;t unique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s le programme de l'ADQ, la redistribution des richesses est un enjeu majeur. Mais le parti de Mario Dumont veut redistribuer la richesse du bas vers le haut, notamment avec sa proposition d'imp&#244;t unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, il existe trois taux d'imposition au Qu&#233;bec : 16 %, 20 % et finalement 24 % pour ceux et celles dont le revenu imposable exc&#232;de les 52 000 $. Bien que la proposition de l'&#233;quipe Dumont reste floue, une chose est claire, les gens fortun&#233;s verraient leur taux d'imposition passer de 24 % &#224; 20 %. Supposons que John Roth, ex-pr&#233;sident de Nortel dont le revenu totalisait 70,8 millions $ en 2000, paie des imp&#244;ts au Qu&#233;bec. Dans l'hypoth&#232;se la plus optimiste pour M. Roth, la proposition de l'ADQ lui ferait &#233;pargner 2,83 millions $. De plus selon son programme, la formation de M. Dumont entend diminuer la taxe sur l'essence, hausser les seuils d'imposition et maintenir la TVA au niveau actuel. Dans cette hypoth&#232;se, cela cr&#233;erait un trou immense dans les finances publiques et se traduirait &#224; coup s&#251;r par une diminution des services &#224; la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'ADQ d&#233;nonce la lourdeur de la fiscalit&#233; qu&#233;b&#233;coise qui exercerait des effets d&#233;pressifs sur la croissance. &#192; ce sujet trois remarques. Premi&#232;rement, la part des imp&#244;ts au Japon atteint 27,8 % du PIB, contre 43,7 % en France. Or, ces deux pays affichent les m&#234;mes taux de croissance au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie. Et c'est loin d'&#234;tre l'exception : les Australiens paient presque deux fois moins d'imp&#244;ts que les Hollandais et les Danois, mais tous ces pays affichent des taux de croissance identiques. Deuxi&#232;mement, le Qu&#233;bec est un v&#233;ritable paradis fiscal pour les entreprises avec un taux r&#233;el d'imposition de 5 %, soit le taux le plus bas en Am&#233;rique. C'est depuis 1972 que tous les gouvernements diminuent les imp&#244;ts des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es (au f&#233;d&#233;ral le taux &#233;tait de 50 % en 1972 et il atteindra 21 % en 2004). Il ne faut pas chercher loin pour savoir pourquoi les particuliers sont surtax&#233;s. Finalement, trois soci&#233;t&#233;s d'&#201;tat qu&#233;b&#233;coises versent au gouvernement presque autant en dividendes que ce que toutes les compagnies paient en imp&#244;ts. Ces fonds servent &#224; financer les services &#224; la population.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les bons d'&#233;tude&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;coles publiques re&#231;oivent une subvention de pr&#232;s de 5000 $ par &#233;l&#232;ve alors que le secteur priv&#233; est subventionn&#233; jusqu'&#224; hauteur des deux-tiers de ce montant. Avec les bons d'&#233;tude, un gouvernement ad&#233;quiste verserait la subvention directement aux parents pour qu'ils envoient leurs enfants &#224; l'&#233;cole de leur choix. Au d&#233;part, cela repr&#233;senterait une subvention suppl&#233;mentaire de 170 millions $ en faveur du secteur priv&#233;, qui profitera d'abord aux familles ais&#233;es et qui enl&#232;vera des fonds au secteur public, d&#233;j&#224; sous-financ&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les promoteurs des bons d'&#233;tude pr&#233;tendent que ceux-ci am&#233;liorent la qualit&#233; de l'&#233;ducation et la r&#233;ussite, et qu'ils sauvent de l'argent au public. L'exp&#233;rience am&#233;ricaine contredit ces &#233;nonc&#233;s. &#192; Milwaukee, Wisconsin, 10 800 &#233;l&#232;ves profitent des bons d'&#233;tude. Un rapport du Wisconsin Legislative Audit Bureau souligne que les espoirs d'am&#233;lioration de la r&#233;ussite suscit&#233;s par les bons d'&#233;tude &#171; &lt;i&gt;ne peuvent &#234;tre v&#233;rifi&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. &#192; Cleveland, Ohio, on compte 4300 b&#233;n&#233;ficiaires des bons d'&#233;tude. Selon le d&#233;partement de l'&#201;ducation, les &#233;l&#232;ves du secteur public ont des &#171; r&#233;sultats comparables &#187; aux b&#233;n&#233;ficiaires des bons d'&#233;tude qui fr&#233;quentent les &#233;coles priv&#233;es. Ces r&#233;sultats ont &#233;t&#233; v&#233;rifi&#233;s par une &#233;tude ind&#233;pendante d'un professeur de l'Universit&#233; de l'Indiana qui r&#233;v&#233;lait que les enfants des familles ayant fait une demande de bons d'&#233;tude sans les avoir obtenus et qui envoyaient leurs enfants au secteur public &#171; r&#233;ussissaient mieux que les enfants ayant b&#233;n&#233;fici&#233; des bons d'&#233;tude &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs la firme comptable KPMG a d&#233;montr&#233; que les &#233;coles publiques de Cleveland perdent l'aide de l'&#201;tat &#171; &lt;i&gt;sans que leurs co&#251;ts ne changent&lt;/i&gt; &#187;. De plus, les frais de transport des b&#233;n&#233;ficiaires des bons d'&#233;tude sont trois fois plus &#233;lev&#233;s que ceux du r&#233;seau public. Plusieurs d'entre eux habitent loin de leur &#233;cole et doivent &#234;tre transport&#233;s en taxi. Ces compagnies ont surfactur&#233; l'&#201;tat pour un montant de 419 000 $ am&#233;ricains pour transporter des &#233;l&#232;ves qui manquaient leurs cours.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
D&#233;r&#233;glementation et remise en question des acquis des travailleurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le programme de l'ADQ parle abondamment d'all&#233;ger la r&#233;glementation. Nous convenons qu'il y a des lois et des r&#232;glements inutiles et absurdes. On n'a qu'&#224; penser &#224; la loi am&#233;ricaine qui prescrit la grosseur des trous dans le gruy&#232;re. Voil&#224; pour le folklore ! Mais de quoi s'agit-il quand on parle de d&#233;r&#233;glementation ? Il s'agit de revoir, d'all&#233;ger, ou d'abolir certaines des lois qui prot&#232;gent la sant&#233; et la s&#233;curit&#233; du public afin d'accro&#238;tre la comp&#233;titivit&#233; des entreprises. Un des exemples les plus insens&#233;s d'all&#233;gement de la r&#233;glementation au Qu&#233;bec concerne la Commission de la sant&#233; et de la s&#233;curit&#233; au travail (CSST). Entre 1995 et 1998, le gouvernement a fait passer le nombre de visites des inspecteurs de la CSST de 48 424 &#224; 12 783. Au cours de la m&#234;me p&#233;riode, le nombre de d&#233;c&#232;s attribuables aux accidents de travail et aux maladies industrielles passait de 147 &#224; 208. En Grande-Bretagne, la d&#233;r&#233;glementation et la privatisation de l'eau ont produit des augmentations catastrophiques des prix. La d&#233;r&#233;glementation de l'&#233;lectricit&#233; en Ontario, en Nouvelle-Z&#233;lande et aux &#201;tats-Unis s'est traduite par l'augmentation des prix et par de nombreuses interruptions de services dans ces deux derniers pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un autre plan, le programme de l'ADQ remet en question les acquis des travailleuses et travailleurs syndiqu&#233;s en proposant l'abolition de la formule Rand et de la s&#233;curit&#233; d'emploi dans la fonction publique. Il parle &#233;galement &#171; &lt;i&gt;d'assouplir&lt;/i&gt; &#187; les conventions collectives, de &#171; &lt;i&gt;dynamiser les pratiques syndicales&lt;/i&gt; &#187;, d'accro&#238;tre la &#171; &lt;i&gt;flexibilit&#233;&lt;/i&gt; &#187; du travail, de &#171; &lt;i&gt;responsabiliser les travailleurs&lt;/i&gt; &#187;. Mis &#224; part le vocabulaire technocratique, ce discours ressemble &#233;trangement &#224; celui que Duplessis tenait il y a plus de 40 ans. En prime, l'ADQ propose de sabrer 25 % des effectifs de la fonction publique, ce qui aurait des effets d&#233;sastreux. Il y a d&#233;j&#224; un manque de personnel &#224; la CSST et dans des secteurs aussi n&#233;vralgiques que l'environnement, l'inspection des b&#226;timents et des aliments.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Un politicien tout ce qu'il y a de plus traditionnel : l'art de parler des deux c&#244;t&#233;s de la bouche&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le programme de l'ADQ propose l'abolition de la s&#233;curit&#233; d'emploi dans la fonction publique. Pourtant durant les &#233;lections partielles de 2002, M. Dumont d&#233;clarait sur les ondes de CKAC : &#171; &lt;i&gt;On n'est pas contre la s&#233;curit&#233; d'emploi, on est contre l'emploi &#224; vie&lt;/i&gt; &#187; ! Plus t&#244;t, il d&#233;clarait au journal &lt;i&gt;Le Soleil&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;On dit pas que &#231;a n'existera plus l'emploi &#224; vie dans le secteur public. On dit plut&#244;t, que ce ne sera plus la norme&lt;/i&gt; &#187;. Remarquons que si le programme propose l'abolition de la s&#233;curit&#233; d'emploi dans la fonction publique, dans cette d&#233;claration M. Dumont vise l'ensemble du &#171; secteur public &#187;. Toujours au micro de CKAC, le chef de l'ADQ d&#233;clarait : &#171; &lt;i&gt;On n'est pas contre les garderies &#224; 5 $&lt;/i&gt; &#187;. Pourtant dans un communiqu&#233; du 7 novembre 2001, son parti proclamait qu'il &#233;tait incompr&#233;hensible qu'on &#171; choisisse de poursuivre dans cette voie &#187; ! Le programme affirme noir sur blanc qu'il n'est pas question d'ajouter &#171; de nouvelles sommes d'argent dans le fonctionnement du syst&#232;me &#187;. &#192; la page suivante on lit que &#171; l'&#201;tat ne doit pas se d&#233;responsabiliser en mati&#232;re de sant&#233; &#187;. L'ADQ pr&#233;tend qu'elle n'est pas contre le gel des droits de scolarit&#233; &#224; l'universit&#233; : elle veut simplement les indexer au co&#251;t de la vie ! L'&#233;quipe Dumont s'est prononc&#233;e en faveur des fusions &#224; Montr&#233;al mais contre au Saguenay. Je suppose que c'est ce qu'on appelle &#171; faire de la politique autrement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ADQ qui se pr&#233;sente comme le parti de l'int&#233;grit&#233; absolue &#173; ce qui serait en effet nouveau &#173; a fait l'objet d'enqu&#234;tes pour de nombreux manquements &#224; la loi &#233;lectorale qu'il serait trop long d'&#233;num&#233;rer. Il y a quelques ann&#233;es, deux de ses militants ont plaid&#233; coupable &#224; un certain nombre d'infractions. R&#233;cemment, l'ancien vice-pr&#233;sident de l'ADQ a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; rembourser les 22 800 $ qu'il avait vers&#233; ill&#233;galement &#224; la caisse du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ADQ, comme les vieux partis, excelle dans l'art de brouiller les pistes. &#192; tel point que, d'apr&#232;s un sondage SOM r&#233;alis&#233; en 2002, 40 % des &#233;lecteurs pensent que le parti de M. Dumont est souverainiste. Or, M. Dumont a d&#233;j&#224; d&#233;clar&#233; : &#171; &lt;i&gt;Je ne l'ai jamais &#233;t&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Andr&#233; N&#233;ron, son ancien chef de cabinet, l'a surpris &#224; f&#234;ter la d&#233;faite du OUI au r&#233;f&#233;rendum de 1995. Il avait pourtant milit&#233; dans le camp du OUI. M. Dumont dit qu'il n'est ni nationaliste ni f&#233;d&#233;raliste. &#171; &lt;i&gt;C'est d&#233;pass&#233;&lt;/i&gt;, dit-il. &lt;i&gt;Je suis nationaliste&lt;/i&gt; &#187;. On appr&#233;ciera toute la nouveaut&#233;. H&#233;las !&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Dumont est un politicien tout ce qu'il y a de plus traditionnel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un programme inspir&#233; de la droite am&#233;ricaine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le programme de l'ADQ reprend, par pans entiers, les id&#233;es de l'&#233;conomiste Milton Friedman, chef de file du n&#233;olib&#233;ralisme et ancien conseiller du pr&#233;sident Ronald Reagan. C'est Friedman qui est &#224; l'origine des bons d'&#233;tudes et qui a popularis&#233; l'id&#233;e d'un taux d'imp&#244;t unique (mis sur la glace par George W. Bush et toujours d&#233;fendu par la fraction la plus &#224; droite du Parti r&#233;publicain). C'est lui qui milite en faveur de la r&#233;duction de l'&#201;tat en pr&#244;nant la d&#233;r&#233;glementation et l'accroissement du r&#244;le du secteur priv&#233;, notamment dans le domaine de la sant&#233;. Contrairement &#224; d'autres, M. Friedman n'a jamais cach&#233; ses couleurs. En 1970, il &#233;crivait dans le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;La seule responsabilit&#233; sociale de l'entreprise est d'accro&#238;tre ses profits&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, M. Dumont est conseill&#233; par l'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al (IEDM), un &lt;i&gt;think tank&lt;/i&gt; &#187; (laboratoire d'id&#233;es) n&#233;olib&#233;ral qui d&#233;fend les m&#234;mes id&#233;es, mais sur un mode plus radical. L'IEDM publiait sur son site internet la conf&#233;rence d'un professeur d'&#233;conomie am&#233;ricain qui sugg&#233;rait de r&#233;duire les d&#233;penses de l'&#201;tat &#224; 15 % du PIB. Selon ce texte, les gouvernements devraient s'en tenir &#224; leurs activit&#233;s de base (d&#233;fense, ordre public, routes, un minimum d'&#233;ducation), ni plus ni moins le programme propos&#233; par Adam Smith en 1776. Par ailleurs, M. Dumont est entour&#233; d'une brochette d'hommes d'affaires tels que M. L&#233;on Courville, ex-num&#233;ro deux de la Banque Nationale, dont l'hostilit&#233; envers l'&#201;tat-providence est bien connue.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quel changement ? Acc&#233;l&#233;rer et durcir les vieilles politiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les politiques propos&#233;es par l'ADQ ont &#233;t&#233; mises en &#339;uvre &#173; &#224; des degr&#233;s divers &#173; depuis plus de 20 ans par la plupart des gouvernements. C'&#233;tait la r&#233;ponse muscl&#233;e &#224; la crise de croissance du capitalisme dont les taux de croissance ont &#233;t&#233; coup&#233;s de plus de moiti&#233; &#224; partir de 1975. Ce sont ces politiques que M. Dumont veut acc&#233;l&#233;rer et durcir. Depuis 1980, elles ont caus&#233; des torts immenses : diminution du salaire r&#233;el, pr&#233;carisation du travail, coupes massives dans les programmes sociaux, augmentation de la pauvret&#233; infantile. C'est pr&#233;cis&#233;ment l'adoption de ces politiques qui ont fait passer la &#171; classe moyenne &#187; &#173; que M. Dumont pr&#233;tend d&#233;fendre &#173; de 60 % de la population canadienne en 1973 &#224; 44 % en 1996.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est 40 ans en arri&#232;re que M. Dumont veut nous ramener en proposant l'abolition de la formule Rand et de la s&#233;curit&#233; d'emploi dans la fonction publique. En outre, en sugg&#233;rant qu'un patient utilise son REER pour se faire soigner, M. Dumont exprime sa nostalgie pour la belle &#233;poque o&#249; l'on devait se ruiner pour recevoir des soins. En privil&#233;giant l'implication du secteur priv&#233; en &#233;ducation, ce sont les gains obtenus par la d&#233;mocratisation de l'&#233;ducation qui sont remis en question. Sous couvert de renouveau, la formation politique de M. Dumont veut remplacer les id&#233;es d'hier par celles d'avant-hier en les pr&#233;sentant comme celles de demain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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