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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Bas-Saint-Laurent. Repousser l'horizon</title>
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		<dc:date>2024-12-28T18:39:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Val&#233;rie Beauchamp, Miriam Hatabi</dc:creator>


		<dc:subject>Hatabi, Miriam</dc:subject>
		<dc:subject>Beauchamp, Val&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour vous procurer une copie papier de ce num&#233;ro, rendez-vous sur le site des Libraires ou consultez la liste de nos points de vente. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis plusieurs ann&#233;es d&#233;j&#224;, &#192; b&#226;bord ! consacre un dossier par ann&#233;e &#224; une r&#233;gion, &#224; ses acteurs et actrices des milieux communautaires et militants. Cette fois-ci, &#192; b&#226;bord ! s'est pench&#233;e sur le Bas-Saint-Laurent, en collaboration avec l'&#233;quipe du Mouton Noir &#8211; un journal citoyen bien connu dans la r&#233;gion et &#224; l'ext&#233;rieur, actif depuis pr&#232;s de 30 ans et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-associatif-et-+" rel="tag"&gt;Mouvement associatif et communautaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/04_ababord96-dossier_intro-illu.jpg?1686497784' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;2775&#034; height=&#034;1728&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour vous procurer une copie papier de ce num&#233;ro, rendez-vous sur le &lt;a href=&#034;https://www.leslibraires.ca/livres/a-babord-no-96-bas-saint-9782925225102.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site des Libraires&lt;/a&gt; ou consultez la liste de nos &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Points-de-vente&#034;&gt;points de vente&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis plusieurs ann&#233;es d&#233;j&#224;, &lt;em&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/em&gt; consacre un dossier par ann&#233;e &#224; une r&#233;gion, &#224; ses acteurs et actrices des milieux communautaires et militants. Cette fois-ci, &lt;em&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/em&gt; s'est pench&#233;e sur le Bas-Saint-Laurent, en collaboration avec l'&#233;quipe du &lt;em&gt;Mouton Noir&lt;/em&gt; &#8211; un journal citoyen bien connu dans la r&#233;gion et &#224; l'ext&#233;rieur, actif depuis pr&#232;s de 30 ans et dont la couverture est r&#233;solument ax&#233;e sur des enjeux de justice sociale et climatique &#8211; et la Table r&#233;gionale des organismes communautaires du Bas-Saint-Laurent. C'est avec des personnes impliqu&#233;es dans leur communaut&#233; que nous nous sommes interrog&#233;&#183;es sur les th&#233;matiques &#224; explorer pour rendre compte de la vitalit&#233; de l'organisation citoyenne locale. Ce sont donc des gens qui &#339;uvrent dans la r&#233;gion qui ont cern&#233; les luttes et les initiatives &#224; mettre &#224; l'avant-plan de ce dossier. C'est aussi avec l'aide de ces collaborateur&#183;rices que nous sommes entr&#233;es en contact avec des militant&#183;es, des habitant&#183;es et des organisations de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous est rapidement apparu que cette r&#233;gion se caract&#233;rise par une v&#233;ritable effervescence des initiatives citoyennes ! Comme en t&#233;moignent les prochaines pages, l'image d&#233;vitalis&#233;e qu'on a pu s'en faire &#224; une certaine &#233;poque ne tient plus. Au contraire, le Bas-Saint-Laurent bat au rythme d'une sc&#232;ne culturelle vibrante, &#224; laquelle contribue une communaut&#233; queer grandissante ; de mobilisations historiques pour prot&#233;ger les petites municipalit&#233;s, et de plus r&#233;centes pour la protection des berges et du b&#233;luga ; d'initiatives citoyennes et communautaires visant des modes de vie plus durables et adapt&#233;s au territoire bas-laurentien. Toutefois, de nombreuses luttes sont encore &#224; mener, comme celle contre l'accaparement des terres agricoles par des acteurs priv&#233;s, la crise du logement, ou encore celle pour la protection des milieux humides et des berges menac&#233;s par le prolongement de l'autoroute 20.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme pour chaque dossier r&#233;gional, on souhaite que les luttes men&#233;es &#224; divers endroits de la province rejoignent ceux et celles qui m&#232;nent des luttes analogues ailleurs. Nous prenons donc le pari que ce dossier r&#233;gional contribuera modestement &#224; fomenter des solidarit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dossier coordonn&#233; par Val&#233;rie Beauchamp et Miriam Hatabi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Illustr&#233; par Liane Rioux (couverture et double page) et Michel Dompierre (photos)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec des contributions de Jean-Michel Coderre-Proulx, Donald Dub&#233;, Abigaelle Dussol, &#201;variste Feurtey, Tina Laphengphratheng, Fran&#231;ois L'Italien, Yanick Perreault, Mikael Rioux, Bernard Vachon et Cassandre Vassart-Courteau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3752 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/png/8678.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH325/8678-e3ed4.png?1735411269' width='500' height='325' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Nous voulons remercier chaleureusement Marc Simard du Mouton Noir ainsi qu'&#201;milie Saint-Pierre et Maxime Tremblay de la TROC-BSL pour leur collaboration &#224; la mise au point de ce dossier r&#233;gional.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Liane Rioux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De l'exode &#224; la reconqu&#234;te</title>
		<link>https://www.ababord.org/De-l-exode-a-la-reconquete</link>
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		<dc:date>2024-12-28T18:37:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Vachon</dc:creator>


		<dc:subject>Vachon, Bernard</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'agriculture, la foresterie et la p&#234;che c&#244;ti&#232;re ont longtemps domin&#233; l'activit&#233; &#233;conomique de cette r&#233;gion. &#192; partir des ann&#233;es 1950, l'industrialisation et l'urbanisation acc&#233;l&#233;r&#233;e du Qu&#233;bec entra&#238;nent le territoire dans une profonde mutation marqu&#233;e par la chute des &#233;conomies traditionnelles et l'exode des populations &#233;loign&#233;es vers les grands centres. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#171; Op&#233;rations dignit&#233; &#187; qui se sont oppos&#233;es &#224; la fermeture de villages en Gasp&#233;sie et dans le Bas-Saint-Laurent constituent un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-associatif-et-+" rel="tag"&gt;Mouvement associatif et communautaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/868769.png?1735410913' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1340&#034; height=&#034;816&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'agriculture, la foresterie et la p&#234;che c&#244;ti&#232;re ont longtemps domin&#233; l'activit&#233; &#233;conomique de cette r&#233;gion. &#192; partir des ann&#233;es 1950, l'industrialisation et l'urbanisation acc&#233;l&#233;r&#233;e du Qu&#233;bec entra&#238;nent le territoire dans une profonde mutation marqu&#233;e par la chute des &#233;conomies traditionnelles et l'exode des populations &#233;loign&#233;es vers les grands centres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#171; Op&#233;rations dignit&#233; &#187; qui se sont oppos&#233;es &#224; la fermeture de villages en Gasp&#233;sie et dans le Bas-Saint-Laurent constituent un marqueur historique de cette p&#233;riode de grands bouleversements. Aujourd'hui, le Bas-Saint-Laurent se distingue par la diversit&#233; de ses activit&#233;s et son image de culture et de nature, &#224; la source d'un art de vivre qui contribue &#224; retenir la population et &#224; exercer une attraction sur de nombreux r&#233;sident&#183;es des agglom&#233;rations m&#233;tropolitaines en qu&#234;te d'une meilleure qualit&#233; de vie. Or, l'&#233;tendue du territoire et la diversit&#233; g&#233;ographique et socio&#233;conomique de cette r&#233;gion entra&#238;nent l'absence d'une identit&#233; bas-laurentienne forte. Ce sont plut&#244;t les sous-r&#233;gions (comme le Kamouraska, la Matap&#233;dia, la Matanie ou Rimouski-Neigette) qui sont les espaces d'appartenance. Regard sur ces identit&#233;s multiples.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Diversit&#233; territoriale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;thodes de travail, hautement m&#233;canis&#233;es, voire automatis&#233;es et robotis&#233;es, en agriculture comme en for&#234;t, participent &#224; accro&#238;tre la productivit&#233; et les rendements, mais diminuent d'autant les besoins en main-d'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaiblissement des secteurs agricole et forestier comme moteurs de d&#233;veloppement des communaut&#233;s rurales a &#233;t&#233; progressivement compens&#233; par l'essor d'autres fonctions. Activit&#233;s de transformation, &#233;conomie du savoir, d&#233;veloppement r&#233;sidentiel, loisirs, tourisme, vill&#233;giature, pr&#233;servation du milieu naturel, mise en valeur des potentiels &#233;nerg&#233;tiques et autres ressources naturelles sont autant de fonctions qui se partagent d&#233;sormais l'espace rural avec l'agriculture et la foresterie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie bioalimentaire occupe une place importante dans la structure &#233;conomique du Bas-Saint-Laurent. La valeur de sa production est estim&#233;e &#224; 780 M$, soit 11 % du PIB r&#233;gional et 3,2 % du PIB du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'urbanisation progressive des centres de peuplement, 15 municipalit&#233;s ont acquis un statut de ville, dont Rimouski, Rivi&#232;re-du-Loup et Matane sont de v&#233;ritables p&#244;les r&#233;gionaux. D'autres, de plus petites tailles, compl&#233;mentaires aux villages, desservent en biens et services les territoires ruraux qui les entourent. C'est Amqui, Trois-Pistoles, D&#233;gelis, La Pocati&#232;re, Poh&#233;n&#233;gamook, etc. Les anglophones ont une expression savoureuse pour d&#233;signer ces petites villes au c&#339;ur de la campagne : &#171; country towns &#187;. Ce r&#233;seau de petites et moyennes villes compte une diversit&#233; d'entreprises manufacturi&#232;res et de services, d'institutions d'enseignement et de recherche ainsi que des bureaux d&#233;centralis&#233;s de l'administration publique qui cr&#233;ent de l'emploi et de la richesse en r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occupation et la vitalit&#233; du Bas-Saint-Laurent reposent donc aujourd'hui sur la pr&#233;sence et le d&#233;veloppement de cette multifonctionnalit&#233; qui ne sont pas sans profiter de la r&#233;volution num&#233;rique dont un des effets est l'affranchissement de nombre d'entreprises et d'emplois de l'obligation de s'&#233;tablir dans un grand centre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;cart de richesse subsiste toutefois entre les r&#233;gions interm&#233;diaires et p&#233;riph&#233;riques, comme le Bas-Saint-Laurent, et les r&#233;gions centrales de la vall&#233;e du Saint-Laurent en amont de Montmagny. Cet &#233;cart est r&#233;v&#233;l&#233; par les revenus annuels moyens des m&#233;nages, les taux de ch&#244;mage et d'assistance sociale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Croissance de la population&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s plusieurs d&#233;cennies de d&#233;clin &#233;conomique et d&#233;mographique, la r&#233;gion donne des signes de reprise. En 2017, on recensait 199 534 habitant&#183;es dans le Bas-Saint-Laurent. Selon l'Institut de la statistique du Qu&#233;bec (ISQ), la population estim&#233;e de la r&#233;gion au 1er juillet 2022 &#233;tait d'environ 200 500 habitants. Le taux de croissance est en constante augmentation depuis 2017-2019. Cette croissance d&#233;mographique s'explique principalement par la migration entre les diff&#233;rentes r&#233;gions du Qu&#233;bec dont profite le Bas-Saint-Laurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'une tendance r&#233;cente fort encourageante pour la r&#233;gion. En 2017-2018, le solde migratoire interr&#233;gional enregistrait une perte de 132 habitant&#183;es suivant plusieurs ann&#233;es de r&#233;sultats n&#233;gatifs, ce qui, selon les projections de l'Institut de la statistique du Qu&#233;bec, devait se poursuivre. Or, en 2018-2019, on remarque un renversement de tendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, le Bas-Saint-Laurent compte toujours la population la plus &#226;g&#233;e du Qu&#233;bec : 28,4 % de la population a 65 ans et plus. Toutefois, l'afflux de jeunes (c&#233;libataires, en couple ou en famille) permet d'entrevoir une att&#233;nuation de cet effet de vieillissement dans les ann&#233;es &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;parts constat&#233;s depuis mars 2020 dans les r&#233;gions de Montr&#233;al et Laval ne s'expliquent pas seulement par le contexte pand&#233;mique. Ils sont l'expression d'un mouvement plus vaste, plus profond, qui am&#232;ne une partie des citadin&#183;es &#224; fuir les grandes villes, faute de pouvoir y trouver des conditions de vie en accord avec leurs attentes et leurs moyens. La pand&#233;mie et les mesures de confinement ont exacerb&#233; une tendance d&#233;j&#224; pr&#233;sente depuis pr&#232;s d'une vingtaine d'ann&#233;es et qui va en s'accroissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mouvements migratoires t&#233;moignent du regain d'int&#233;r&#234;t pour les r&#233;gions, leurs villes et leurs villages. Profitant de ce nouvel engouement pour les r&#233;gions, le Bas-Saint-Laurent a connu une croissance soutenue de son solde migratoire au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es, passant d'un d&#233;ficit de 1 095 en 2001-2002 &#224; un gain de 1 293 en 2021-2022. Ce dernier gain est inf&#233;rieur &#224; celui de 2020-2021, mais il demeure sup&#233;rieur &#224; ceux des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le rapport &lt;em&gt;Regard statistique sur la jeunesse&lt;/em&gt; de 2019, les jeunes seraient moins enclins &#224; quitter leur r&#233;gion d'origine qu'auparavant, et celles et ceux qui partent auraient plus tendance &#224; y revenir. Deux principaux constats se d&#233;gagent de ce rapport, soit que les jeunes de 15 &#224; 29 ans migrent de plus en plus vers les r&#233;gions &#233;loign&#233;es et que c'est dans la tranche d'&#226;ge des 25-29 ans que le flux migratoire est le plus important. Les raisons qui expliquent ces mouvements populationnels sont l'am&#233;lioration de la qualit&#233; de vie pour fonder une famille, obtenir un emploi ou d&#233;marrer une entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3751 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/png/capture_d_e_cran_le_2024-12-28_a_13.33_25.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH196/capture_d_e_cran_le_2024-12-28_a_13.33_25-90edc.png?1735411270' width='500' height='196' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le dynamisme nouveau qui traverse l'ensemble de la r&#233;gion du Bas-Saint-Laurent se manifeste non seulement sur les plans &#233;conomique et d&#233;mographique, mais aussi dans les sph&#232;res de la culture, du plein air, de la d&#233;mocratie municipale, de l'engagement social et de la sensibilit&#233; envers les questions environnementales. En t&#233;moigne la prolif&#233;ration des &#233;v&#233;nements artistiques et des mouvements citoyens et participatifs. On constate aussi une volont&#233; de prise en charge accrue du d&#233;veloppement r&#233;gional et local par les &#233;lu&#183;es et les acteurs socio&#233;conomiques. La cr&#233;ation de la FabR&#233;gion est une illustration d'une d&#233;marche de mobilisation territoriale pour une plus grande autonomie durable et viable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des d&#233;fis surgissent toutefois pour satisfaire les besoins en logement, places en garderie, soins de sant&#233;, transports collectifs intra et interr&#233;gionaux, fiscalit&#233; locale, am&#233;nagement et urbanisme, etc. Sur ce dernier point, les municipalit&#233;s locales et les MRC devront disposer des moyens et des ressources appropri&#233;es pour g&#233;rer ad&#233;quatement le d&#233;veloppement de leurs territoires sous la pression des nouvelles populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; coup s&#251;r, le Bas-Saint-Laurent est une r&#233;gion du Qu&#233;bec o&#249; il fait bon vivre ! La revitalisation se substitue &#224; la d&#233;vitalisation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Bernard Vachon est professeur retrait&#233; du d&#233;partement de g&#233;ographie de l'UQAM et sp&#233;cialiste en am&#233;nagement et d&#233;veloppement territorial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Une fillette et un adulte profitent de la vue sur un voilier sur un quai de Rimouski-Est (Michel Dompierre).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La le&#231;on de Sainte-Paule. Une histoire politique des Op&#233;rations Dignit&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-lecon-de-Sainte-Paule-Une-histoire-politique-des-Operations-Dignite</link>
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		<dc:date>2024-12-28T18:30:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois L'Italien</dc:creator>


		<dc:subject>L'Italien, Fran&#231;ois</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire des luttes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 70, le gouvernement du Qu&#233;bec prend la d&#233;cision de fermer plusieurs villages de l'Est-du-Qu&#233;bec, arguant que ceux-ci ne peuvent r&#233;pondre aux besoins de leur population. Plusieurs familles s'opposent &#224; la perte de leurs terres et se mobilisent dans ce qui portera le nom des Op&#233;rations Dignit&#233; pour lutter contre ce d&#233;racinement forc&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le Qu&#233;bec rural, il se trouve que des institutions ont &#233;t&#233; con&#231;ues et d&#233;velopp&#233;es au si&#232;cle dernier dans la foul&#233;e de combats (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/9879879.jpg?1735410514' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1134&#034; height=&#034;949&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 70, le gouvernement du Qu&#233;bec prend la d&#233;cision de fermer plusieurs villages de l'Est-du-Qu&#233;bec, arguant que ceux-ci ne peuvent r&#233;pondre aux besoins de leur population. Plusieurs familles s'opposent &#224; la perte de leurs terres et se mobilisent dans ce qui portera le nom des Op&#233;rations Dignit&#233; pour lutter contre ce d&#233;racinement forc&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le Qu&#233;bec rural, il se trouve que des institutions ont &#233;t&#233; con&#231;ues et d&#233;velopp&#233;es au si&#232;cle dernier dans la foul&#233;e de combats politiques men&#233;s par les mouvements sociaux ruraux afin justement d'accro&#238;tre la ma&#238;trise des communaut&#233;s sur leur propre destin. Le Bas-Saint-Laurent est probablement l'endroit au Qu&#233;bec o&#249; l'on a pouss&#233; le plus loin les initiatives de d&#233;veloppement local et r&#233;gional. Pour cela, la mise en place de ces institutions a constitu&#233; un moment lumineux d'exp&#233;rimentation sociale, dont l'histoire est susceptible d'alimenter les r&#233;flexions strat&#233;giques sur l'avenir des territoires ruraux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Chez nous, c'est chez nous &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons faire remonter cette histoire &#224; l'un de ses moments les plus significatifs. Un mois avant la crise d'Octobre, en 1970, des citoyen&#183;nes d'un peu partout dans la r&#233;gion ont converg&#233; vers l'&#233;glise du village de Sainte-Paule, dans le haut pays du Bas-Saint-Laurent. Cette mobilisation populaire, anim&#233;e par une &#233;lite locale ayant pris le parti de leur coin de pays, visait &#224; pr&#233;parer une riposte collective &#224; un processus de rationalisation du territoire de tout l'Est-du-Qu&#233;bec. Ce processus s'&#233;tait traduit par une premi&#232;re vague de fermetures de dix villages agroforestiers du Bas-Saint-Laurent et de la Gasp&#233;sie en 1969. Une autre allait suivre peu de temps apr&#232;s, de 1970 &#224; 1972. Un rouleau compresseur &#233;tait en marche et il fallait l'arr&#234;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi ces fermetures ? Alors appel&#233;s &#171; paroisses marginales &#187;, ces villages &#233;taient jug&#233;s inaptes &#224; r&#233;pondre aux besoins &#224; long terme de leurs habitant&#183;es par les &#233;quipes du Bureau d'am&#233;nagement de l'Est-du-Qu&#233;bec (BAEQ), un organisme du gouvernement du Qu&#233;bec. On proposait &#224; ces habitant&#183;es d'&#234;tre relocalis&#233;&#183;es dans des centres urbanis&#233;s de la r&#233;gion, dans des maisons construites sp&#233;cifiquement pour cela. Si des familles s'&#233;taient r&#233;sign&#233;es, d'autres se sont accroch&#233;es pendant un temps, avant d'&#234;tre contraintes d'accepter l'offre de relocalisation. Des milieux de vie ont ainsi &#233;t&#233; disloqu&#233;s et des villages ont &#233;t&#233; d&#233;molis par les mains de celles et ceux qui les avaient b&#226;tis trente ann&#233;es plus t&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;conomie de ces paroisses &#233;tait peu diversifi&#233;e et ces villages parvenaient encore difficilement &#224; offrir des perspectives int&#233;ressantes &#224; sa jeunesse, ce n'&#233;tait pas par manque de volont&#233; ou d'ing&#233;niosit&#233; de cette derni&#232;re. Ces &#233;tablissements situ&#233;s aux limites de l'&#233;coum&#232;ne habit&#233; avaient &#233;t&#233; ouverts &#224; la colonisation dans les ann&#233;es 1930 sans avoir les moyens n&#233;cessaires pour se d&#233;velopper. Des familles enti&#232;res avaient &#233;t&#233; invit&#233;es &#224; s'installer dans ces &#171; pays neufs &#187;, avec l'agriculture pionni&#232;re comme principale activit&#233; &#171; &#233;conomique &#187;. Un r&#226;teau, une hache, au revoir et bonne chance. En d&#233;pit de l'omnipr&#233;sence des massifs forestiers sur le territoire, leur acc&#232;s &#233;tait r&#233;serv&#233; &#224; quelques grandes compagnies de p&#226;te et &#224; des clubs de vill&#233;giature fr&#233;quent&#233;s par des Am&#233;ricain&#183;es, limitant substantiellement les possibilit&#233;s de d&#233;velopper une &#233;conomie foresti&#232;re diversifi&#233;e. Ainsi, loin d'&#234;tre une fatalit&#233;, la situation des &#171; paroisses marginales &#187; dans les ann&#233;es 1950 et 1960 &#233;tait le fruit d'une s&#233;rie de choix &#233;conomiques et politiques qui emp&#234;chaient d'avance leur essor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment pour d&#233;noncer ces choix qui culminaient maintenant dans la fermeture des villages qu'une premi&#232;re grande assembl&#233;e citoyenne eut lieu &#224; Sainte-Paule en 1970 afin de donner du mordant et de la structure &#224; ce mouvement de r&#233;sistance rurale. Non seulement s'agissait-il d'arr&#234;ter le rouleau compresseur des relocalisations, mais il &#233;tait surtout question d'avancer des propositions d'institutions destin&#233;es &#224; donner aux localit&#233;s une ma&#238;trise de leur d&#233;veloppement. Loin de se laisser abattre, les habitant&#183;es du haut pays ont mis&#233; sur l'action politique de long terme, qui allait osciller entre conflictualit&#233;, concertation et p&#233;dagogie sociale. C'est ainsi qu'a pris forme un mouvement social rural que l'on a surnomm&#233; les Op&#233;rations Dignit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un autre mod&#232;le de d&#233;veloppement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale rurale qui eut lieu &#224; Sainte-Paule entra&#238;na toute une s&#233;rie d'actions politiques allant des manifestations spontan&#233;es &#224; la cr&#233;ation de comit&#233;s locaux d'animation et de formation. Une autre grande assembl&#233;e populaire eut lieu &#224; Esprit-Saint en 1971, et une troisi&#232;me en 1972 &#224; Les M&#233;chins, lesquelles furent respectivement baptis&#233;es Op&#233;rations Dignit&#233; 2 et 3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Op&#233;rations Dignit&#233; avaient plusieurs forces. L'une d'entre elles &#233;tait de se concevoir comme un pilier de transformation de la soci&#233;t&#233; et de l'&#233;conomie. Les Op&#233;rations Dignit&#233; ont tr&#232;s t&#244;t propos&#233; la cr&#233;ation d'institutions susceptibles de donner &#224; la ruralit&#233; qu&#233;b&#233;coise en g&#233;n&#233;ral et bas-laurentienne en particulier des leviers de ma&#238;trise de son avenir. Ces institutions &#233;taient pens&#233;es comme l'amorce d'un autre mod&#232;le de d&#233;veloppement, qui romprait aussi bien avec le tout au march&#233; qu'avec le tout &#224; l'&#201;tat. On proposa notamment :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* l'&#233;laboration d'un cadre favorisant le d&#233;veloppement de fermes foresti&#232;res, en permettant l'acc&#232;s sp&#233;cifique aux for&#234;ts publiques de proximit&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* la mise sur pied d'organismes de gestion en commun des ressources naturelles des localit&#233;s pour un r&#233;investissement prioritaire dans la r&#233;gion ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* la mise &#224; la disposition des communaut&#233;s de capitaux patients destin&#233;s &#224; financer sur le long terme des projets structurants pour l'&#233;conomie et la vitalit&#233; des villages ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* des r&#232;gles pour faciliter le regroupement des propri&#233;taires de lots forestiers priv&#233;s afin qu'ils puissent mutualiser des moyens pour soutenir la viabilit&#233; de leurs exploitations et contribuer &#224; la vitalit&#233; de leurs villages ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* la d&#233;centralisation des lieux de d&#233;cisions politiques vers les paliers r&#233;gionaux du Qu&#233;bec, afin que les communaut&#233;s puissent davantage agir par elles-m&#234;mes et pour elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de ces propositions sont rest&#233;es lettre morte ; d'autres ont &#233;t&#233; mises en &#339;uvre. C'est le cas notamment des Groupements forestiers de l'Est, destin&#233;s &#224; r&#233;unir des propri&#233;taires de lots priv&#233;s, mais aussi des Soci&#233;t&#233;s d'exploitation des ressources (SER). Mentionnons aussi que des m&#233;canismes renfor&#231;ant la viabilit&#233; des fermes de petite taille et les capacit&#233;s de n&#233;gociation des agriculteurs vis-&#224;-vis l'industrie ont &#233;t&#233; adopt&#233;s dans la foul&#233;e des Op&#233;rations Dignit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que le mod&#232;le alternatif de d&#233;veloppement que visaient les forces vives du mouvement ne s'est pas concr&#233;tis&#233; : l'essoufflement des troupes, l'exode rural continu, la puissance des int&#233;r&#234;ts des compagnies priv&#233;es et la situation constitutionnelle du Qu&#233;bec ont min&#233; les assises de cette r&#233;volution tranquille esp&#233;r&#233;e de la ruralit&#233;. Cela dit, les Op&#233;rations Dignit&#233; ont laiss&#233; dans la r&#233;gion des traces profondes qui sont encore visibles aujourd'hui. L'une d'entre elles est une culture de la concertation et de la participation, qui se manifeste dans plusieurs domaines et secteurs de la vie du Bas-Saint-Laurent.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Que sont devenues les institutions de la ruralit&#233; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des bilans de cette p&#233;riode ont &#233;t&#233; faits par plusieurs personnes impliqu&#233;es de pr&#232;s ou de loin dans ce mouvement. Ces bilans sont importants : ils permettent de transmettre la m&#233;moire des combats qui ont fa&#231;onn&#233; la soci&#233;t&#233; &#224; laquelle nous appartenons. Comme le sugg&#232;re indirectement la devise du Qu&#233;bec que l'on retrouve sur les plaques automobiles, l'oubli accro&#238;t l'ali&#233;nation. Cela dit, il nous semble qu'un volet de ce bilan reste &#224; faire, soit celui de l'&#233;volution r&#233;cente des institutions &#233;conomiques issues de ce mouvement. Avec la transition &#233;cologique comme horizon, tout devra &#234;tre questionn&#233;. Il s'agit d'institutions qui ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es pour soutenir le d&#233;veloppement endog&#232;ne du milieu, combattre la d&#233;vitalisation et d&#233;fendre un autre mod&#232;le o&#249; prime l'habitation du territoire sur l'extraction des ressources naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce titre, le cas des Groupements forestiers vient spontan&#233;ment en t&#234;te. &#192; bien voir comment ont &#233;volu&#233; certains de ces groupements, il semble qu'ils se sont progressivement retourn&#233;s contre la raison fondamentale qui les a fait na&#238;tre. De moyens mis &#224; la disposition des propri&#233;taires de lots pour favoriser la p&#233;rennit&#233; de leurs entreprises ainsi que de leurs communaut&#233;s, des groupements sont devenus dans certains cas des agents de d&#233;structuration des milieux. Certains groupements sont ainsi tr&#232;s actifs sur le march&#233; des terres foresti&#232;res en achetant plusieurs lots, contribuant du m&#234;me coup &#224; la hausse moyenne du prix des terres et comp&#233;titionnant directement avec des candidates et candidats de la rel&#232;ve. Il s'agit l&#224; de vrais probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les institutions issues d'une revendication pour la justice et la poursuite du bien commun sont constamment menac&#233;es d'&#234;tre d&#233;tourn&#233;es des intentions initiales qui les ont fait na&#238;tre. La normalisation du n&#233;olib&#233;ralisme, la puissance de l'imaginaire anglo-am&#233;ricain valorisant la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et disqualifiant la poursuite de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral ont accru cette menace. Face &#224; cela aussi bien qu'&#224; la situation qui pr&#233;vaut dans les grandes organisations ou vis-&#224;-vis la crise &#233;cologique, il faut &#233;couter la le&#231;on de Sainte-Paule : la politique est la seule alchimie qui puisse m&#233;tamorphoser une situation mena&#231;ante en une occasion de changer le monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Fran&#231;ois L'Italien, Institut de recherche en &#233;conomie contemporaine&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Souverainet&#233; et autonomie alimentaires menac&#233;es</title>
		<link>https://www.ababord.org/Souverainete-et-autonomie-alimentaires-menacees</link>
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		<dc:date>2024-12-28T18:18:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Donald Dub&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Dub&#233;, Donald</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les ph&#233;nom&#232;nes d'accaparement, de sp&#233;culation et de surench&#232;re des terres et ils s'intensifient significativement depuis une quinzaine d'ann&#233;es. De grands investisseurs (parfois &#233;trangers) s'approprient nos terres. &lt;br class='autobr' /&gt;
La production agricole en r&#233;gion nordique repr&#233;sente tout un d&#233;fi, puisque les co&#251;ts de production y sont plus &#233;lev&#233;s et que le rendement des cultures ne peut rivaliser avec celui des r&#233;gions du sud. &#192; premi&#232;re vue, le terreau semble peu fertile pour la capitalisation fonci&#232;re (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Dube-Donald-+" rel="tag"&gt;Dub&#233;, Donald&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/123123-20.png?1735409799' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1369&#034; height=&#034;1031&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les ph&#233;nom&#232;nes d'accaparement, de sp&#233;culation et de surench&#232;re des terres et ils s'intensifient significativement depuis une quinzaine d'ann&#233;es. De grands investisseurs (parfois &#233;trangers) s'approprient nos terres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La production agricole en r&#233;gion nordique repr&#233;sente tout un d&#233;fi, puisque les co&#251;ts de production y sont plus &#233;lev&#233;s et que le rendement des cultures ne peut rivaliser avec celui des r&#233;gions du sud. &#192; premi&#232;re vue, le terreau semble peu fertile pour la capitalisation fonci&#232;re chez nous. Sachez qu'il n'en est rien. Le Qu&#233;bec n'y &#233;chappe pas et ces ph&#233;nom&#232;nes s'accentueront dans l'avenir, notamment au Bas-Saint-Laurent. L'achat de terres par de gros exploitants locaux, des non-r&#233;sident&#183;es ou des non-agriculteur&#183;trices peut-il fragiliser notre souverainet&#233; et notre capacit&#233; &#224; gagner en autonomie d'un point de vue alimentaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. D'apr&#232;s Fran&#231;ois L'Italien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois L'Italien, &#171; L'accaparement des terres et les dispositifs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, chercheur &#224; l'Institut de recherche en &#233;conomie contemporaine, les r&#233;gions vis&#233;es encourent une d&#233;structuration de leurs communaut&#233;s, une augmentation des pressions financi&#232;res et commerciales sur le foncier et une fragilisation g&#233;n&#233;rale du secteur agricole. Qu'en est-il r&#233;ellement ? Comme soci&#233;t&#233; (et r&#233;gion !) qui cherche &#224; gagner en autonomie, sommes-nous r&#233;ellement sensibles &#224; ce qui se joue devant nos yeux ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ph&#233;nom&#232;ne mondial&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t des investisseur&#183;es pour le secteur agricole s'accroit significativement &#224; partir de 2005, o&#249; le mouvement de fond s'acc&#233;l&#232;re dans le contexte de la crise financi&#232;re de 2008. Les crises socio&#233;conomiques qui s'entrechoquent alors restructurent l'&#233;conomie mondiale. Selon L'Italien, &#171; &lt;em&gt;la crise financi&#232;re de 2008 a g&#233;n&#233;r&#233; les conditions pour une v&#233;ritable &#8220;ru&#233;e&#8221; vers les terres consid&#233;r&#233;es avec raison comme une valeur refuge par les gestionnaires de fonds en temps de crise. &lt;/em&gt; &#187; L'Italien nous apprend qu'en seulement cinq ans, soit de 2005 &#224; 2010, le nombre d'hectares transig&#233;s annuellement passe de 2,8 millions &#224; 8,3 millions&#8230; une augmentation vertigineuse de 296 % ! M&#234;me si ces transactions touchaient principalement les pays du Sud global comme des pays d'Afrique, d'Asie ou d'Am&#233;rique du Sud, elles n'&#233;pargnent pas des territoires du Qu&#233;bec comme le Bas-Saint-Laurent, surtout en raison des changements climatiques. L'attrait des r&#233;gions temp&#233;r&#233;es riches en eau ne fera qu'augmenter.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des agriculteur&#183;rices actif&#183;ves sur les march&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans une &#233;tude r&#233;alis&#233;e en collaboration avec le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Philippe Meloche et Guy Debailleul, &#171; Acquisition des terres agricoles (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, on fait le constat que ce sont majoritairement les agriculteurs et agricultrices qui transigent sur les march&#233;s fonciers agricoles qu&#233;b&#233;cois. Plus r&#233;cemment, dans un ouvrage &#233;crit par Debailleul et Mundler (2018)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Guy Debailleul et Patrick Mundler, 2018. &#171; Terres agricoles : entre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le constat demeure le m&#234;me. Au Bas-Saint-Laurent, les fermes bien &#233;tablies (principalement laiti&#232;res) cherchent &#224; consolider leurs activit&#233;s en prenant de l'expansion. Cette demande soutenue des exploitations agricoles pousse in&#233;vitablement les prix &#224; la hausse, induisant une forte surench&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un article de La Presse paru en f&#233;vrier dernier, on fait mention des terres qui s'envolent &#224; prix d'or. Selon le plus r&#233;cent bilan de Financement agricole Canada, la hausse sur les 20 derni&#232;res ann&#233;es a atteint le taux stratosph&#233;rique de 474 % ! &#192; titre d'exemple, le prix des terres situ&#233;es en Mont&#233;r&#233;gie, terres parmi les plus fertiles du Qu&#233;bec, est pass&#233; de 11 431 $ &#224; plus de 44 460 $ l'hectare en 2023. &#192; ce prix, les revenus tir&#233;s de ces derni&#232;res ne peuvent plus couvrir la valeur marchande ou l'emprunt n&#233;cessaire pour en faire l'acquisition : le &#171; potentiel agronomique &#187; est d&#233;sormais d&#233;pass&#233; ! Peu importe, les actifs de grande valeur d&#233;j&#224; d&#233;tenus par les agriculteurs agissent comme garanties&#8230; au plus fort la poche ! La situation peut sembler moins criante au Bas-Saint-Laurent en raison du co&#251;t inf&#233;rieur des terres. N&#233;anmoins, alors que le prix moyen des terres du Qu&#233;bec en 2022 bondissait de 10 %, celui du Bas-Saint-Laurent augmentait de 9,3 %, pour une valeur moyenne de 9 250 $ l'hectare. &#192; ce rythme, la situation bas-laurentienne ne sera bient&#244;t plus &#233;trang&#232;re &#224; celle de la Mont&#233;r&#233;gie. N'oublions pas que le &#171; potentiel agronomique &#187; de notre r&#233;gion est bien inf&#233;rieur &#224; celui de plusieurs autres r&#233;gions du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;De nouveaux acteurs financiers non-agriculteurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les actifs agricoles font maintenant partie de la liste des march&#233;s &#224; fort potentiel de rendement. Les premi&#232;res transactions document&#233;es au Bas-Saint-Laurent datent de l'automne 2015. On y fait mention d'acquisitions dans la r&#233;gion du Kamouraska par le fonds d'investissement PANGEA et de possibles acquisitions dans le secteur de la Mitis. Ailleurs au Qu&#233;bec, en Abitibi-T&#233;miscamingue notamment, Radio-Canada rapportait en 2019 que le taux de propri&#233;t&#233; des non-agriculteurs repr&#233;sentait, seulement pour cette r&#233;gion, plus de 14 % des terres, soit une superficie de plus de 12 000 hectares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'ils s'agissent de fonds d'investissement ou de soci&#233;t&#233;s d'acquisition, c'est l'&#233;pargne capitalis&#233;e des m&#233;nages des pays industrialis&#233;s qui est mobilis&#233;e. Que le mod&#232;le retenu par ces investisseurs soit la location (ex. PANGEA, Gestion AgriTerra inc., le FIRA), l'exploitation directe (ex. Fonds de pension des employ&#233;s de la Banque Nationale) ou l'int&#233;gration (ex. Partenaires agricoles S.E.C.), l'&#233;pargne des travailleur&#183;euses est mobilis&#233;e pour une seule raison : faire des gains en capitaux sur le long terme. Et les investisseurs &#233;trangers dans tout &#231;a ? On semble n'avoir que les rumeurs d'acquisitions par des groupes d'int&#233;r&#234;ts chinois &#224; se mettre sous la dent. Croyez-le ou non, on ne collecte pas les donn&#233;es sur la nature des propri&#233;taires de terres agricoles. Le registre foncier du Qu&#233;bec les concernant ne le pr&#233;voit pas. On semble d'avis que l'accaparement des terres agricoles par des groupes d'int&#233;r&#234;ts, locaux ou &#233;trangers, demeure marginal pour le moment. Pour plusieurs sp&#233;cialistes, nous devons plancher sur la cr&#233;ation d'une base de donn&#233;es sur la propri&#233;t&#233; agricole et sur les transactions fonci&#232;res agricoles avant toute autre &#233;valuation. C'est d'ailleurs la principale recommandation issue des audiences publiques de la Commission de l'agriculture, des p&#234;cheries, de l'&#233;nergie et des ressources naturelles (CAPERN) tenue en 2015. Est-ce utile de rappeler que nous sommes en 2023 et que cette base de donn&#233;es n'existe toujours pas ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Rel&#232;ve menac&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Hors de contr&#244;le, la financiarisation des actifs agricoles pourrait s&#233;rieusement compromettre notre souverainet&#233; et notre autonomie alimentaire. On peut tr&#232;s bien imaginer le pire et particuli&#232;rement en l'absence de rel&#232;ve. Qu'elle soit apparent&#233;e (enfants ou membres plus &#233;loign&#233;&#183;es de la famille) ou non, l'int&#233;r&#234;t des plus jeunes &#224; reprendre la gestion des exploitations agricoles n'a jamais &#233;t&#233; si bas&#8230; Allons-y avec un exemple fictif simple. Supposons que Maurice et Gis&#232;le d&#233;sirent vendre leurs terres et que ces derni&#232;res constituent leur unique fonds de pension. En l'absence de rel&#232;ve, ils se tournent vers le march&#233; pour trouver un acqu&#233;reur. Parmi ces potentiels acqu&#233;reurs, il y a la ferme voisine, un fonds d'investissement priv&#233; et un couple qui d&#233;sire d&#233;marrer une ferme familiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous comprendrez que le contexte agricole et &#233;conomique actuel ne favorise en rien le d&#233;marrage d'une nouvelle ferme familiale de proximit&#233;. La partie se jouera entre la ferme voisine et l'investisseur priv&#233;. Cette situation entra&#238;nera s&#251;rement une surench&#232;re qui, au mieux, maintiendra les prix actuellement &#233;lev&#233;s ou, au pire, propulsera de nouveau les prix &#224; la hausse. Si la ferme remporte la bataille, elle verra sa taille augmenter, &#233;loignant toujours davantage les potentielles rel&#232;ves, puisque sa valeur croissante la rendra toujours plus difficilement transf&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, en revanche, les terres sont aval&#233;es par le fonds d'investissement, l'objectif premier sera de capitaliser. Dans cette optique, produire localement pour nourrir et dynamiser la communaut&#233; au risque de conc&#233;der du rendement n'est pas une option. Comme le d&#233;crit L'Italien, &#171; &lt;em&gt;la financiarisation de l'&#233;conomie a g&#233;n&#233;ralis&#233; le d&#233;veloppement des pratiques sp&#233;culatives portant sur les biens dits &#8220;de base&#8221; dont font partie les produits et actifs agricoles&lt;/em&gt; &#187;. Depuis 2005, les investisseurs sont &#224; la recherche de placements dans des cat&#233;gories d'actifs s&#251;rs leur permettant d'&#233;chapper &#224; la volatilit&#233; des march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mobilis&#233;&#183;es pour l'Avenir !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Notre nordicit&#233; et nos lois en mati&#232;re agricole ne constituent pas des remparts absolus contre la financiarisation. C'est &#224; ce moment, quand tout nous parait jou&#233;, que des solutions porteuses d'avenir doivent s'imposer. C'est notamment le cas de l'ambitieux projet bas-laurentien FabR&#233;gion. Men&#233; par le Living Lab en innovation ouverte (LLio) du C&#233;gep de Rivi&#232;re-du-Loup depuis 2020, il vise &#224; atteindre 50 % d'autonomie locale dans les secteurs de la consommation alimentaire, &#233;nerg&#233;tique et de biens manufactur&#233;s d'ici 2054. Parions que les regards seront tourn&#233;s vers notre r&#233;gion pour suivre de pr&#232;s cette initiative unique au Canada. Ce que nous pourrions esp&#233;rer, &#224; tout le moins, c'est le maintien d'un certain &#233;quilibre entre investisseurs priv&#233;s, fermes de grande taille et fermes familiales de proximit&#233;. Le pire des sc&#233;narios serait sans conteste des terres en friches se multipliant dans tout le Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Bas-Saint-Laurent, les terres en friche ne manquent pas. Conserver les terres en production demeure une priorit&#233;. En ce sens, une alternative prometteuse inspir&#233;e des Soci&#233;t&#233;s d'am&#233;nagement foncier et d'&#233;tablissement rural (SAFER), implant&#233;es en France dans les ann&#233;es 1960, m&#233;rite notre attention. Les SAFER ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es dans le but d'acqu&#233;rir des terres agricoles et de les subdiviser au b&#233;n&#233;fice de l'agriculture familiale et ainsi faciliter l'acc&#232;s &#224; la propri&#233;t&#233;. Notez que cette politique n'interdit pas explicitement l'achat de terres par des investisseurs, mais voit &#224; favoriser un groupe pr&#233;cis d'acheteur&#183;euses, soit la rel&#232;ve. L'Italien et Laplante&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois L'Italien, Robert Laplante, La Soci&#233;t&#233; d'am&#233;nagement et de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; proposaient en 2012 la mise en place d'une Soci&#233;t&#233; d'am&#233;nagement et de d&#233;veloppement agricole du Qu&#233;bec (SADAC). Selon eux, la cr&#233;ation d'une telle soci&#233;t&#233; constituerait une r&#233;ponse institutionnelle forte pour freiner les ph&#233;nom&#232;nes d'accaparement, de sp&#233;culation et de surench&#232;re des terres tout en favorisant l'installation d'une rel&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu importe le mod&#232;le, rentabiliser les activit&#233;s d'une ferme est un d&#233;fi de taille. La fragilit&#233; financi&#232;re constante et les heures de travail incalculables ont raison de plusieurs d'entre nous chaque ann&#233;e. Qu'il soit physique ou psychologique, l'&#233;puisement finit souvent par &#233;roder la passion. Le contexte socio&#233;conomique actuel exacerbe plus que jamais cet &#233;tat de fait. Alors que le rapport au travail est en pleine mutation et que l'endettement n'&#233;pargne aucun projet d'&#233;tablissement, comment transmettre notre savoir-faire sans sombrer dans le pessimisme ? Et d'ailleurs, &#224; qui le transmettre ? Le manque criant de rel&#232;ve n'est certainement pas &#233;tranger aux conditions du m&#233;tier. Et que dire du manque g&#233;n&#233;ralis&#233; de main-d'&#339;uvre ? Alors que les changements climatiques bouleversent d&#233;j&#224; notre capacit&#233; &#224; s'approvisionner en denr&#233;es, l'avenir m'apparait incertain. J'ose imaginer que la mobilisation des acteur&#183;rices du Bas-Saint-Laurent jouera un r&#244;le d&#233;terminant. J'ose imaginer qu'ils nous sensibiliseront &#224; l'importance de ces enjeux avant qu'il ne soit trop tard.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois L'Italien, &#171; L'accaparement des terres et les dispositifs d'intervention sur le foncier agricole. Les enjeux pour l'agriculture qu&#233;b&#233;coise &#187;, Institut de recherche en &#233;conomie contemporaine, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Philippe Meloche et Guy Debailleul, &#171; Acquisition des terres agricoles par des non-agriculteurs au Qu&#233;bec. Ampleur, causes et port&#233;e du ph&#233;nom&#232;ne. &#187; CIRANO, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Guy Debailleul et Patrick Mundler, 2018. &#171; Terres agricoles : entre propri&#233;t&#233;s priv&#233;es et enjeux communs. Une r&#233;flexion sur les logiques d'accaparement et de concentration des terres agricoles &#187;. Dans Lyne Letourneau et Louis-&#201;tienne Pigeon, &lt;em&gt;L'&#233;thique du Hamburger. Penser l'agriculture et l'alimentation au XXIe si&#232;cle&lt;/em&gt;. Qu&#233;bec, Presses de l'Universit&#233; Laval, pp. 235-272.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois L'Italien, Robert Laplante, &lt;em&gt;La Soci&#233;t&#233; d'am&#233;nagement et de d&#233;veloppement agricole du Qu&#233;bec : une mesure d'initiative pour renforcer la vocation et le contr&#244;le du domaine agricole&lt;/em&gt;, Rapport de recherche de L'IR&#201;C, Institut de recherche en &#233;conomie contemporaine, 2012, 59 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Donald Dub&#233; est producteur et copropri&#233;taire de la ferme mara&#238;ch&#232;re Le Vert Mouton de Saint-Val&#233;rien-de-Rimouski.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Au coin du chemin du Canada et de la route du Ch&#244;mage, &#224; Saint-Juste-du-Lac, dans le T&#233;miscouata (Michel Dompierre).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;conomie circulaire : une transition en cours vers un mod&#232;le plus soutenable ?</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Michel Coderre-Proulx, Abigaelle Dussol, &#201;variste Feurtey</dc:creator>


		<dc:subject>Coderre-Proulx, Jean-Michel</dc:subject>
		<dc:subject>Dussol, Abigaelle</dc:subject>
		<dc:subject>Feurtey, &#201;variste</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'&#233;conomie circulaire permet de red&#233;finir notre mode de production et de consommation pour limiter l'utilisation de ressource et prot&#233;ger les &#233;cosyst&#232;mes. Elle diff&#232;re de l'&#233;conomie lin&#233;aire qui se caract&#233;rise par la cha&#238;ne de valeur suivante : extraire, fabriquer et &#233;liminer. Pour une &#233;conomie alternative, il s'agit de r&#233;cup&#233;rer ce qui se perd comme &#233;nergie dans la production ou qui se retrouve &#224; la fin du cycle pour le r&#233;investir. Au Bas-Saint-Laurent, ce mod&#232;le &#233;conomique s'implante &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Bas-Saint-Laurent-Repousser-l-horizon-" rel="directory"&gt;Dossier : Bas-Saint-Laurent. Repousser l'horizon&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Coderre-Proulx-Jean-Michel-+" rel="tag"&gt;Coderre-Proulx, Jean-Michel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Dussol-Abigaelle-+" rel="tag"&gt;Dussol, Abigaelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feurtey-Evariste-+" rel="tag"&gt;Feurtey, &#201;variste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/8768.jpg?1735409055' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1427&#034; height=&#034;981&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;conomie circulaire permet de red&#233;finir notre mode de production et de consommation pour limiter l'utilisation de ressource et prot&#233;ger les &#233;cosyst&#232;mes. Elle diff&#232;re de l'&#233;conomie lin&#233;aire qui se caract&#233;rise par la cha&#238;ne de valeur suivante : extraire, fabriquer et &#233;liminer. Pour une &#233;conomie alternative, il s'agit de r&#233;cup&#233;rer ce qui se perd comme &#233;nergie dans la production ou qui se retrouve &#224; la fin du cycle pour le r&#233;investir. Au Bas-Saint-Laurent, ce mod&#232;le &#233;conomique s'implante &#224; travers de nombreuses initiatives citoyennes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e au Qu&#233;bec, pr&#232;s de 271 millions de tonnes de ressources entrent dans les syst&#232;mes de production et de consommation, soit un niveau sup&#233;rieur &#224; la moyenne canadienne. Or, seulement 3,5 % de ces ressources sont dites &#171; circularis&#233;es &#187; en 2022. Pour rem&#233;dier &#224; cette situation, nous devons r&#233;duire cette consommation insoutenable des ressources. C'est pourquoi il est pertinent de s'interroger sur le sujet suivant : peut-on miser sur l'&#233;conomie circulaire pour r&#233;duire notre consommation de mani&#232;re viable &#224; long terme ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;conomie circulaire et d&#233;croissance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; premi&#232;re vue, il serait erron&#233; de voir l'&#233;conomie circulaire comme une voie d'acc&#232;s vers la d&#233;croissance. L'&#233;conomie circulaire vise plut&#244;t un d&#233;couplage de la croissance &#233;conomique et de la consommation grandissante de ressources naturelles. Valoriser ses mati&#232;res r&#233;siduelles ou implanter des mesures d'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique n'emp&#234;che pas une entreprise de faire des profits ou d'&#234;tre en croissance, bien au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, l'&#233;conomie circulaire peut &#234;tre vue comme une solution transitoire de transformation &#233;conomique et sociale qui guide les acteurs &#233;conomiques vers l'atteinte d'objectifs de la d&#233;croissance. L'&#233;conomie circulaire introduit des concepts fondamentaux partag&#233;s par l'approche ax&#233;e sur la d&#233;croissance, comme la mutualisation ou la coop&#233;ration. En cela, l'&#233;conomie circulaire permet aux entreprises de d&#233;roger du cadre &#233;conomique dominant reposant sur l'extraction d'une ressource, la transformation et la vente de celle-ci, r&#233;sultant en bout de piste par la production d'un d&#233;chet et/ou de gaz &#224; effet de serre. Elle permet une sensibilisation des acteur&#183;rices, les invitant &#224; remettre en question les fa&#231;ons de faire dans l'ensemble du cycle &#233;conomique (extraction, production, transformation, consommation, fin de vie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#234;tre r&#233;ellement compatible avec la d&#233;croissance, il faut cependant que les gains d'efficacit&#233; engendr&#233;s par l'&#233;conomie circulaire soient r&#233;investis en actifs immat&#233;riels, par exemple en temps de repos, et non en production suppl&#233;mentaire. Plus concr&#232;te et socialement accept&#233;e que la d&#233;croissance, l'&#233;conomie circulaire peut donc &#234;tre comprise comme une &#233;tape essentielle qui peut conduire nos soci&#233;t&#233;s vers une transformation beaucoup plus large de nos fa&#231;ons de vivre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelques exemples au Bas-Saint-Laurent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il existe au Bas-Saint-Laurent une forte culture ax&#233;e sur la concertation, les circuits courts, la valorisation des mati&#232;res et le partage de ressources. Aujourd'hui, cette mentalit&#233; s'incarne de plusieurs fa&#231;ons &#224; travers des projets men&#233;s tant par la communaut&#233; bas-laurentienne que par des entreprises et OBNL de notre r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, le Bas-Saint-Laurent est le premier territoire canadien membre du regroupement mondial Fabcity, un large r&#233;seau de villes et de territoires autosuffisants. Nomm&#233; &lt;em&gt;FabR&#233;gion Bas-Saint-Laurent&lt;/em&gt;, cette d&#233;marche mobilise un grand nombre d'acteur&#183;rices, (&#233;lu&#183;es, citoyen&#183;nes, expert&#183;es et institutions de recherche) dans le but d'atteindre d'ici 2054 un seuil d'autosuffisance de 50 % de nos consommations. Apr&#232;s un diagnostic de la situation r&#233;alis&#233; en 2021-2023, la seconde phase 2023-2026 visera &#224; passer &#224; l'action en mettant en &#339;uvre des projets d'autosuffisance territoriale dans les diff&#233;rents axes de travail suivants : se v&#234;tir, se nourrir, se transporter et se loger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve aussi une grande concertation r&#233;gionale sur les plastiques agricoles (notamment les plastiques employ&#233;s pour l'ensilage), puisque le Bas-Saint-Laurent se classe au troisi&#232;me rang des r&#233;gions utilisatrices au Qu&#233;bec, avec pr&#232;s de 1000 tonnes de plastique agricole produit annuellement. Un projet d&#233;but&#233; en 2021, pilot&#233; par &#201;lyme Conseils, a permis de mettre en relation l'ensemble des acteur&#183;rices de la cha&#238;ne de valeur afin de d&#233;terminer comment r&#233;duire &#224; la source leur utilisation par de meilleures pratiques et comment am&#233;liorer le taux de recyclage de ces mati&#232;res. La situation est d'autant plus urgente &#224; traiter que ce taux de r&#233;cup&#233;ration est actuellement de seulement 10 % (le reste se retrouvant &#224; l'enfouissement ou &#224; la valorisation &#233;nerg&#233;tique) et qu'une r&#232;glementation provinciale va encadrer prochainement leur gestion et obliger l'atteinte de cibles plus ambitieuses d'ici juin 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; une &#233;chelle plus locale, un projet de Synergie Matanie est en cours d'implantation &#224; Matane pour r&#233;aliser un incubateur d'entreprises en &#233;conomie circulaire dans une usine laiss&#233;e &#224; l'abandon depuis 2012, l'usine RockTenn. Ce projet implique la r&#233;habilitation compl&#232;te du site (d&#233;contamination, r&#233;habilitation des installations et partage de l'espace) pour permettre de d&#233;marrer des entreprises et des projets innovateurs dans un environnement con&#231;u pour g&#233;n&#233;rer des symbioses industrielles. Ce projet est novateur dans son concept puisqu'il envisage d'autres perspectives que la construction de nouveaux b&#226;timents, celle de la valorisation des &#171; verrues urbaines &#187; comme solutions &#224; la crise du logement que la plupart des r&#233;gions du Qu&#233;bec connaissent actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, on retrouve aussi des entreprises qui innovent en &#233;conomie circulaire en trouvant des d&#233;bouch&#233;s pour des sous-produits. C'est le cas par exemple de l'entreprise Ellipse conservation, qui revalorise des r&#233;sidus d'&#233;picerie pour les transformer en collation &#224; partir d'un processus de lyophilisation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Freins et perspectives d'avenir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les initiatives foisonnent au Bas-Saint-Laurent pour mettre en place des produits et services faits par et pour la communaut&#233; dans le but de tendre vers une carboneutralit&#233; et une forte autonomie r&#233;gionale. De plus en plus d'entrepreneur&#183;euses, d'&#233;lu&#183;es municipaux et de citoyen&#183;nes sont conscient&#183;es des gains &#233;conomiques et sociaux que l'&#233;conomie circulaire peut apporter &#224; leur entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance &#233;conomique a apport&#233; au Qu&#233;bec une prosp&#233;rit&#233; qui profite beaucoup &#224; de nombreuses industries. Toutefois, pour faire face aux enjeux socio&#233;conomiques et environnementaux propres &#224; notre &#233;poque, un changement de paradigme doit s'op&#233;rer. Il nous faut, pour reprendre la d&#233;finition du d&#233;veloppement durable de Gro Harlem Brundtland, pr&#233;sidente de la commission mondiale sur l'environnement et le d&#233;veloppement, &#171; r&#233;pondre &#224; nos besoins actuels sans compromettre la capacit&#233; des g&#233;n&#233;rations futures &#224; r&#233;pondre aux leurs &#187;. Maximiser le potentiel de circularit&#233; de l'&#233;conomie qu&#233;b&#233;coise nous semble une avenue porteuse pour respecter un tel engagement au regard du d&#233;fi important qu'il reste encore &#224; surmonter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour y arriver, il importe de faire lever les nombreux freins qui emp&#234;chent de prendre le virage vers l'&#233;conomie circulaire. Ceux-ci sont souvent de nature financi&#232;re ou r&#232;glementaire. Par exemple, concernant les plastiques agricoles au Bas-Saint-Laurent, la plupart des municipalit&#233;s r&#233;gionales de comt&#233; (MRC) et producteur&#183;rices de la r&#233;gion souhaiteraient s'aligner vers des collectes porte &#224; porte par conteneur qui permettent d'atteindre les cibles gouvernementales de mani&#232;re p&#233;renne. Or, que faire lorsque la nouvelle r&#233;glementation implant&#233;e ne tient pas compte des meilleures pratiques du secteur, de la volont&#233; de plusieurs organisations du milieu, et rend le financement de telles initiatives plus difficiles qu'auparavant ? Il faut mobiliser les acteur&#183;rices apr&#232;s coup pour faire adopter des ajustements aux r&#232;glements. D'ailleurs, un tel front commun s'est mis en place au cours des derni&#232;res semaines et des discussions en ce sens sont en cours pour obtenir gain de cause au niveau provincial. Cette situation est contre-productive et constitue une d&#233;plorable perte de temps. Et elle n'est malheureusement pas isol&#233;e ! Pour la valorisation des r&#233;sidus de viande, par exemple, des initiatives technologiques existent et permettraient de r&#233;duire le volume de ces r&#233;sidus de 80 %, mais ce sont des normes sanitaires qui bloquent la r&#233;alisation de projets pilotes en ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu'organisme d'accompagnement, on se demande comment soutenir les entreprises de mani&#232;re p&#233;renne alors que le financement du gouvernement est allou&#233; au projet, et non &#224; la mission. La transition vers une &#233;conomie plus propre et durable exigera de nos gouvernements et des institutions publiques une grande proactivit&#233; et un soutien continu envers les acteurs locaux qui sont beaucoup plus dispos&#233;s qu'on le pense &#224; changer les fa&#231;ons de faire. Cela passera donc par une reconnaissance du travail des organismes d'accompagnement en d&#233;veloppement durable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Jean-Michel Coderre-Proulx, Abigaelle Dussol et &#201;variste Feurtey, &#201;lyme conseils, Organisme sp&#233;cialis&#233; en d&#233;veloppement durable bas&#233; &#224; Rimouski&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : La p&#234;cheuse de crabe Louise Lemay durant une sortie sur le crabier, un matin de printemps. Ann&#233;es 1990, au large de Rimouski. Au loin, on voit l'&#238;le Saint-Barnab&#233; (Michel Dompierre).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Saint-Val&#233;rien. De la saine r&#233;int&#233;gration du politique dans le social</title>
		<link>https://www.ababord.org/Saint-Valerien-De-la-saine-reintegration-du-politique-dans-le-social</link>
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		<dc:date>2024-12-28T17:58:07Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Une N&#233;o-Val&#233;rienoise en processus d'ancrage</dc:creator>


		<dc:subject>Une N&#233;o-Val&#233;rienoise en processus d'ancrage</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Contrairement &#224; plusieurs villages ruraux, la municipalit&#233; de Saint-Val&#233;rien r&#233;siste &#224; la d&#233;vitalisation. Chaque ann&#233;e, de nouveaux m&#233;nages s'y installent et les initiatives citoyennes foisonnent, appuy&#233;es par les &#233;lu&#183;es municipaux. Si bien que des gens d'un peu partout font la route pour venir comprendre le secret des irr&#233;ductibles Val&#233;rienois&#183;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mentionnons d'abord la culture d'entraide et le savoir-faire transmis de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration entre les familles y travaillant la terre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Bas-Saint-Laurent-Repousser-l-horizon-" rel="directory"&gt;Dossier : Bas-Saint-Laurent. Repousser l'horizon&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-associatif-et-+" rel="tag"&gt;Mouvement associatif et communautaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/24123.jpg?1735409976' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1369&#034; height=&#034;1013&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Contrairement &#224; plusieurs villages ruraux, la municipalit&#233; de Saint-Val&#233;rien r&#233;siste &#224; la d&#233;vitalisation. Chaque ann&#233;e, de nouveaux m&#233;nages s'y installent et les initiatives citoyennes foisonnent, appuy&#233;es par les &#233;lu&#183;es municipaux. Si bien que des gens d'un peu partout font la route pour venir comprendre le secret des irr&#233;ductibles Val&#233;rienois&#183;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mentionnons d'abord la culture d'entraide et le savoir-faire transmis de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration entre les familles y travaillant la terre depuis plus de 135 ans et les nouveaux m&#233;nages venus y &#233;lire domicile plus r&#233;cemment. Puis, les organismes locaux et les propri&#233;taires d'entreprises ont toujours pris part &#224; la vie communautaire, ce qui donne lieu &#224; des &#233;changes intra et interg&#233;n&#233;rationnels. Par exemple, le groupe de la &lt;em&gt;Tire de tracteurs antiques&lt;/em&gt; supporte financi&#232;rement les activit&#233;s parascolaires, parmi lesquelles des ateliers d'artisanat donn&#233;s par les dames du Cercle de Fermi&#232;res. Ces derni&#232;res se r&#233;jouissent de la compagnie des jeunes, parmi lesquel&#183;les certain&#183;es rendront &#233;ventuellement la pareille par de menus travaux ou lors de corv&#233;es dans les champs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, comme en t&#233;moignent plusieurs initiatives au fil des ans, un souci de prendre soin du territoire est pr&#233;sent depuis longtemps. Le Cercle des jeunes naturalistes dans les ann&#233;es 30, la F&#234;te des Arbres instigu&#233;e dans les ann&#233;es 40, l'&#233;cole Saint-Rosaire inscrite comme &#201;tablissement Vert Brundtland dans les ann&#233;es 2000, la F&#234;te des semences et le renouvellement de politiques de d&#233;veloppement durable sont quelques exemples parmi d'autres de ces initiatives citoyennes qui traversent les &#233;poques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pouvoir envisager une vie bonne&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La combinaison de la culture d'entraide &#224; &#233;chelle humaine, de l'acc&#232;s au patrimoine naturel et des engagements municipaux pour en prendre soin, ainsi que la proximit&#233; d'une ville de services comme Rimouski attirent les nouveaux m&#233;nages en qu&#234;te d'une vie bonne. Une fois install&#233;s, ils trouvent rapidement des groupes et activit&#233;s d'int&#233;r&#234;t par lesquels s'ancrer. Jadis, cet ancrage se faisait en grande partie par le biais de l'&#233;glise. Aujourd'hui, cela passe beaucoup par le Centre communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conversion de l'&#233;glise en centre communautaire a &#233;t&#233; un processus &#233;prouvant, parfois tendu, qui a permis de maintenir un lieu central essentiel &#224; la rencontre. Sa gestion &#233;tant assum&#233;e par les citoyen&#183;nes impliqu&#233;&#183;es dans les organismes communautaires locaux, ce lieu est devenu un &lt;em&gt;commun&lt;/em&gt; o&#249; convergent et &#233;mergent un &#233;ventail d'activit&#233;s culturelles, culinaires, nourrici&#232;res, sportives, festives, &#233;ducatives, int&#233;rieures, ext&#233;rieures, pour les enfants, les parents, les grands-parents et, parfois, tout cela en m&#234;me temps. La libert&#233; et la responsabilit&#233; de s'organiser permettent la cr&#233;ation de projets qui alimentent l'appareil municipal, lequel voit une motivation &#224; appuyer les initiatives citoyennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette dynamique entre le communautaire et le municipal, enrichie par la rencontre entre la tradition et le renouveau, permet au politique de regagner lentement mais sainement le social. &#201;videmment, nous ne sommes pas &#224; l'abri des flamm&#232;ches, mais le choc des id&#233;es garde la communaut&#233; bien vivante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Les cabanes de p&#234;che apparaissent en hiver sur la banquise du Saint-Laurent, &#224; l'embouchure de la rivi&#232;re Rimouski. Selon la temp&#233;rature, la p&#234;che &#224; l'&#233;perlan s'&#233;tend sur trois semaines ou un mois chaque ann&#233;e (Michel Dompierre).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De &#171; Coule pas chez nous &#187; &#224; &#171; Roule pas chez nous &#187;. Une histoire de r&#233;sistances</title>
		<link>https://www.ababord.org/De-Coule-pas-chez-nous-a-Roule-pas-chez-nous-Une-histoire-de-resistances</link>
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		<dc:date>2024-12-15T19:01:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mikael Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Rioux, Mikael</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les militant&#183;es bas-laurentien&#183;nes n'en sont pas &#224; leur premier rod&#233;o : l'industrie p&#233;troli&#232;re canadienne reluque depuis longtemps ses berges et ses vallons pour y faire couler ou &#233;taler du bitume. Comment une poign&#233;e de militant&#183;es &#233;cologistes a-t-elle mis &#224; genoux un g&#233;ant de l'industrie ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;but des ann&#233;es 2000, le Bas-Saint-Laurent est &#224; l'avant-plan de la lutte contre les m&#233;gaporcheries. Au Kamouraska, l'Union paysanne vient de voir le jour et m&#232;ne une guerre de tranch&#233;es contre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Bas-Saint-Laurent-Repousser-l-horizon-" rel="directory"&gt;Dossier : Bas-Saint-Laurent. Repousser l'horizon&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Rioux-Mikael-+" rel="tag"&gt;Rioux, Mikael&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cies-minieres-et-petrolieres-+" rel="tag"&gt;Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/47456.png?1734289188' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1369&#034; height=&#034;671&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les militant&#183;es bas-laurentien&#183;nes n'en sont pas &#224; leur premier rod&#233;o : l'industrie p&#233;troli&#232;re canadienne reluque depuis longtemps ses berges et ses vallons pour y faire couler ou &#233;taler du bitume. Comment une poign&#233;e de militant&#183;es &#233;cologistes a-t-elle mis &#224; genoux un g&#233;ant de l'industrie ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 2000, le Bas-Saint-Laurent est &#224; l'avant-plan de la lutte contre les m&#233;gaporcheries. Au Kamouraska, l'Union paysanne vient de voir le jour et m&#232;ne une guerre de tranch&#233;es contre l'industrie porcine ! Elle r&#233;ussira &#224; &#233;viter le pire en mobilisant toute une population effray&#233;e &#224; l'id&#233;e de voir cette industrie polluer l'air, le sol et l'eau si pr&#233;cieuse &#224; la qualit&#233; de vie de celles et ceux qui habitent ce territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'automne 2002, un peu plus &#224; l'est sur la Rivi&#232;re Trois-Pistoles, un groupe de personnes d&#233;termin&#233;es, dont je faisais partie, d&#233;cide de s'opposer &#224; la privatisation et au b&#233;tonnage de nos rivi&#232;res en occupant le chantier de construction du barrage nuit et jour. &#192; cette &#233;poque, pr&#232;s de 36 projets de petites centrales hydro&#233;lectriques priv&#233;es devaient voir le jour et venir enrichir plusieurs des firmes d'ing&#233;nieurs qu'on a vues d&#233;filer &#224; la Commission Charbonneau quelques ann&#233;es plus tard. Ce programme de petits barrages &#233;tait en fait un bon moyen de venir remercier ces firmes qui enrichissaient les partis politiques par la technique des pr&#234;te-noms. Ces derniers leur retournaient l'ascenseur en &#233;change de petits cadeaux sous forme de projets &#233;nerg&#233;tiques avec un prix d'achat garanti par Hydro-Qu&#233;bec Distribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une mobilisation citoyenne &#224; la grandeur du Qu&#233;bec et la mise en place de la campagne &#171; Adoptez une rivi&#232;re &#187;, le gouvernement Landry refusait toujours de reculer. Par l'action directe, soit le blocage du chantier et son occupation pendant 40 jours par les militant&#183;es &#233;cologistes, la m&#233;diatisation du dossier de la Rivi&#232;re Trois-Pistoles prit une ampleur nationale. La pression populaire se fit sentir jusqu'&#224; l'Assembl&#233;e nationale et le gouvernement n'eut d'autre choix que de mettre fin &#224; ce programme de copinage d&#233;guis&#233; en d&#233;veloppement &#233;conomique r&#233;gional. Encore une fois, le Bas-Saint-Laurent &#233;tait la figure de proue d'un mouvement national pour la protection du territoire. Des dizaines de rivi&#232;res furent sauv&#233;es du b&#233;tonnage !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cacouna et Trans-Canada : jamais deux sans trois&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 80, Trans-Canada a d&#233;j&#224; dans ses cartons l'id&#233;e d'utiliser le port de mer en eau profonde de Gros-Cacouna comme port m&#233;thanier. Ce projet, compl&#232;tement fou, avait m&#234;me r&#233;ussi &#224; obtenir l'approbation du BAPE de l'&#233;poque, mais &#233;tait finalement tomb&#233; &#224; l'eau. Le projet qui comprenait une exploitation gazi&#232;re dans le Grand Nord de l'Arctique &#233;tait jug&#233; trop risqu&#233; techniquement et financi&#232;rement pour aller de l'avant. En 2005, Trans-Canada est de retour &#224; Cacouna avec Petro-Canada comme partenaire, et propose cette fois-ci d'importer du gaz russe liqu&#233;fi&#233; et de le transporter aux &#201;tats-Unis par gazoduc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population locale est divis&#233;e : d'un c&#244;t&#233;, on s'inqui&#233;tait de la s&#233;curit&#233; et de la protection du territoire ; de l'autre, on &#233;tait attir&#233; par les promesses d'un eldorado &#233;conomique que faisait miroiter la compagnie. Le projet nomm&#233; &#224; l'&#233;poque &#201;nergie Cacouna recevra &#233;galement le OK du BAPE et laissera beaucoup d'amertume chez les citoyen&#183;nes de la municipalit&#233; qui, par un r&#233;f&#233;rendum serr&#233;, s'&#233;taient positionn&#233;&#183;es en faveur du projet. La pers&#233;v&#233;rance des habitant&#183;es de Cacouna qui s'opposaient &#224; Trans-Canada aura toutefois permis d'&#233;viter le pire en retardant le d&#233;but de la construction du terminal m&#233;thanier. Ce d&#233;lai fit en sorte qu'au d&#233;but 2008, Gazprom annonce qu'il retire ses billes des projets Rabaska &#224; Beaumont et d'&#201;nergie-Cacouna en tant que fournisseur de gaz naturel, an&#233;antissant les espoirs des promoteurs. La d&#233;couverte du gaz de schiste aux &#201;tats-Unis sera le pr&#233;lude d'un gigantesque boom gazier qui rendra obsol&#232;te l'importation du gaz naturel provenant de Russie, &#233;vitant du m&#234;me coup les deux &#233;l&#233;phants blancs que seraient devenus ces ports m&#233;thaniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2013, lorsque Trans-Canada annonce son retour &#224; Cacouna, cette fois pour construire un port p&#233;trolier vou&#233; &#224; l'exportation des sables bitumineux, la population locale est pour une troisi&#232;me fois prise en otage. Dans la communaut&#233;, tr&#232;s peu de gens osent lever la main pour reprendre une autre bataille, car les cicatrices des luttes pr&#233;c&#233;dentes ne sont pas encore gu&#233;ries. C'est alors que commence l'une des plus belles luttes environnementales de l'histoire du Qu&#233;bec, qui finira par faire plier bagage &#224; ces cowboys de l'Ouest venus cavali&#232;rement tenter de d&#233;rouler leur tuyau de bitume pour exporter leur p&#233;trole sale &#224; travers Cacouna.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une large mobilisation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques mois d&#233;j&#224; s'activait un groupe au Kamouraska qui militait contre le projet &#201;nergie Est et son projet d'ol&#233;oduc &#224; 14 milliards de dollars. Ce groupe deviendra l'initiateur du mouvement &#171; Coule pas chez nous &#187;, qui ne tardera pas &#224; faire des petits au T&#233;miscouata et tout le long du trac&#233; de l'ol&#233;oduc traversant le Qu&#233;bec. Le 10 mai 2014, lors du lancement de la campagne &#171; Coule pas chez nous &#187; &#224; Cacouna, se met en branle simultan&#233;ment la Marche des peuples pour la terre m&#232;re. Cette grande marche de sensibilisation r&#233;unit plus d'une centaine de marcheur&#183;euses, qui, parti&#183;es de Cacouna, termineront leur p&#233;riple de 700 km 34 jours plus tard &#224; Kanehsatake. Cette marche contribuera &#224; renforcer le mouvement anti-ol&#233;oduc et &#224; r&#233;seauter les activistes de partout au Qu&#233;bec qui sont affect&#233;&#183;es et qui luttent contre ce projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Rivi&#232;re-du-Loup, les P&#233;troliques Anonymes sont &#233;galement &#224; l'aff&#251;t, tout comme &#171; Prosp&#233;rit&#233; sans p&#233;trole &#187; et &#171; Non &#224; une mar&#233;e noire dans le Saint-Laurent &#187;, deux groupes tr&#232;s actifs &#224; Rimouski. Un groupe de Trois-Pistoles financ&#233; par Greenpeace organise une vigile citoyenne qui fera de la surveillance en kayak de mer et &#224; partir de la montagne de Gros-Cacouna pour observer les travaux de relev&#233;s sismiques dans la pouponni&#232;re des b&#233;lugas. Cette surveillance, avec l'aide juridique du Centre qu&#233;b&#233;cois du droit &#224; l'environnement, permettra de d&#233;tecter plusieurs infractions au certificat d'autorisation environnementale de Trans-Canada qui, par la voix de son porte-parole Philippe Canon, se targuait de respecter les plus grands standards de s&#233;curit&#233; environnementale. Ces groupes du Bas-Saint-Laurent iront chercher l'appui de nombreuses organisations environnementales nationales et seront &#224; la t&#234;te des deux manifestations d'avril et octobre 2014, cette derni&#232;re venant mettre un clou dans le cercueil du projet de port p&#233;trolier de Cacouna. Quelques mois plus tard, c'est tout le projet &#201;nergie-Est qui tombera, mettant fin une fois pour toutes &#224; cette saga.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Toujours plus de bitume&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme on peut le constater, la r&#233;gion du Bas-Saint-Laurent est foisonnante de groupes citoyens mobilis&#233;s pour la protection du territoire. On l'a vu plus haut, cette lutte n'est jamais r&#233;ellement termin&#233;e, car le syst&#232;me capitaliste se nourrit de la destruction de l'environnement. La principale menace en 2023 pour le Bas-Saint-Laurent provient non pas de l'Alberta, mais plut&#244;t de la Chambre de commerce de Rimouski, appuy&#233;e par une partie de sa population souhaitant d&#233;rouler une autoroute de bitume sur un peu plus de 50 km entre Notre-Dame-des-Neiges et le village du Bic. Cette semi-autoroute 20 &#224; deux voies contigu&#235;s viendrait d&#233;figurer et saccager la majestueuse vall&#233;e de la Rivi&#232;re Trois-Pistoles avec la construction d'un pont gigantesque &#233;valu&#233; &#224; pr&#232;s de 300 millions de dollars. En plus du magnifique paysage bas-laurentien, le projet d&#233;truirait des terres agricoles, de nombreuses &#233;rabli&#232;res, des milieux humides et des kilom&#232;tres de for&#234;t, tout &#231;a pour un co&#251;t total de pr&#232;s de 1,7 milliard de dollars. Alors que la Ville de Rimouski a sign&#233; la d&#233;claration d'urgence climatique, que la perte de biodiversit&#233; est devenue un enjeu critique sur la plan&#232;te et que le GIEC soutient qu'il faut un moratoire sur la construction d'autoroutes, comment se fait-il que l'on puisse toujours r&#234;ver &#224; plus de bitume pour les g&#233;n&#233;rations futures ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population active, celle qui se d&#233;place le plus en voiture, sera en fort d&#233;clin au Bas-Saint-Laurent dans les ann&#233;es &#224; venir. L'&#233;rosion c&#244;ti&#232;re avec laquelle nous devrons composer par la protection des infrastructures routi&#232;res et le d&#233;placement du parc immobilier dans l'Est-du-Qu&#233;bec, co&#251;tera plusieurs milliards de dollars aux contribuables qu&#233;b&#233;cois&#183;es. Pourquoi ne pas utiliser les centaines de millions de dollars qu'on veut d&#233;penser pour ce bout d'autoroute et plut&#244;t en investir une petite partie pour s&#233;curiser la route 132 existante ? On pourrait prendre le reste de l'argent pour prot&#233;ger le mieux possible les nombreuses petites municipalit&#233;s de l'Est-du-Qu&#233;bec. Ces municipalit&#233;s doivent qu&#233;mander au gouvernement des sommes d'argent astronomiques qu'elles re&#231;oivent pr&#233;sentement au compte-gouttes alors que la situation est urgente. Quoi qu'il en soit, la mobilisation contre ce projet d'une autre &#233;poque s'organise et comme par le pass&#233;, les promoteurs de bitume croiseront sur leur route une r&#233;sistance f&#233;roce, forte d'une exp&#233;rience militante qui devrait leur faire r&#233;fl&#233;chir &#224; deux fois avant de se lancer dans cette folie bitumineuse ! &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Mikael Rioux est activiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Des adolescent&#183;es sur la passerelle des portes de l'enfer, au-dessus de la rivi&#232;re Rimouski dans la r&#233;serve Duch&#233;nier, &#224; Saint-Narcisse-de-Rimouski, dans Rimouski-Neigette. Ann&#233;es 2000 (Michel Dompierre).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Crise du logement. La mobilisation face &#224; l'inaction</title>
		<link>https://www.ababord.org/Crise-du-logement-La-mobilisation-face-a-l-inaction</link>
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		<dc:date>2024-12-15T18:55:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Cassandre Vassart-Courteau</dc:creator>


		<dc:subject>Vassart-Courteau, Cassandre</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le Bas-Saint-Laurent n'a pas &#233;t&#233; &#233;pargn&#233; par l'intensification de la crise du logement qui s&#233;vit partout au Qu&#233;bec. Voici un tour d'horizon de la situation du logement depuis le d&#233;but de la pand&#233;mie et de la vague de mobilisation qui en d&#233;coule. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis longtemps, les r&#233;gions &#171; ressources &#187; souffrent des kilom&#232;tres qui les s&#233;parent des lieux de pouvoir. On peine &#224; faire entendre nos besoins qui varient d'un coin &#224; l'autre de ce vaste territoire. De plus, la r&#233;gion est organis&#233;e autour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/452345-2.png?1734288916' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1341&#034; height=&#034;732&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Bas-Saint-Laurent n'a pas &#233;t&#233; &#233;pargn&#233; par l'intensification de la crise du logement qui s&#233;vit partout au Qu&#233;bec. Voici un tour d'horizon de la situation du logement depuis le d&#233;but de la pand&#233;mie et de la vague de mobilisation qui en d&#233;coule.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis longtemps, les r&#233;gions &#171; ressources &#187; souffrent des kilom&#232;tres qui les s&#233;parent des lieux de pouvoir. On peine &#224; faire entendre nos besoins qui varient d'un coin &#224; l'autre de ce vaste territoire. De plus, la r&#233;gion est organis&#233;e autour d'imp&#233;ratifs &#233;conomiques plut&#244;t qu'autour des besoins des personnes qui l'habitent. Le logement ne fait pas exception. Alors que plusieurs circonscriptions ont r&#233;cemment &#233;lu des d&#233;put&#233;s caquistes, il est difficile de croire que les choses changeront de sit&#244;t. Rappelons que le gouvernement a ni&#233; la crise du logement jusqu'en avril 2022 et que ses actions se r&#233;sument &#224; mettre fin au programme Acc&#232;sLogis, redirigeant les fonds publics vers un nouveau programme en habitation &#171; abordable &#187; accessible au priv&#233;. Avant d'aborder la situation actuelle du logement locatif et de la mobilisation de la communaut&#233;, mettons les derni&#232;res ann&#233;es en contexte.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des structures disparates face &#224; la crise&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le portrait d'aujourd'hui n'est pas bien diff&#233;rent de celui de 2020. Au niveau de la r&#233;partition de la population et des services, on doit conjuguer avec quelques grandes villes et &#233;norm&#233;ment de villages. Peu de municipalit&#233;s encadrent formellement le logement locatif. M&#234;me lorsqu'un r&#232;glement en salubrit&#233; existe, il est m&#233;connu et les employ&#233;&#183;es de la municipalit&#233; peinent &#224; faire les suivis n&#233;cessaires. Au niveau de l'organisation communautaire, les ressources d'aide sont &#233;parses et limit&#233;es devant autant de r&#233;alit&#233;s diversifi&#233;es. Elles sont surtout concentr&#233;es dans les villes comme Rimouski et Rivi&#232;re-du-Loup et arrivent difficilement &#224; desservir les municipalit&#233;s en p&#233;riph&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre &#233;l&#233;ment incontournable est la pr&#233;sence de grandes familles de propri&#233;taires qui poss&#232;dent une grande proportion des logements et qui jouissent d'impunit&#233; lorsqu'elles brisent les lois. Chapeau aux locataires qui font valoir leurs droits, parce qu'&#234;tre en mauvais termes avec ces entreprises, c'est courir le risque d'&#234;tre barr&#233;&#183;e de centaines de logements. Bref, le manque de ressources communautaires, de cadre municipal et de cons&#233;quences pour les propri&#233;taires mettent d&#233;j&#224; la table pour des pratiques abusives et nuisent &#224; la d&#233;fense des droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 2020 arrive la pand&#233;mie : les in&#233;galit&#233;s sont exacerb&#233;es et les probl&#232;mes s'intensifient. Les conditions de vie se d&#233;gradent, surtout pour les locataires d&#233;j&#224; pr&#233;caris&#233;s par l'absence de contr&#244;le sur leur milieu de vie. Alors qu'on observe des hausses des demandes d'aide alimentaire des m&#233;nages, on voit appara&#238;tre une rel&#232;ve immobili&#232;re avec des pratiques plus agressives et d&#233;complex&#233;es : coupures d'eau, r&#233;novations surprises, intimidation&#8230; On veut &#233;vincer pour monter les prix, et &#231;a presse ! Ces aspirations financi&#232;res concordent avec l'arriv&#233;e d'une vague de gens de la ville habitu&#233;&#183;es &#224; payer plus cher. Les logements d&#233;j&#224; insuffisants se font plus rares, acc&#233;l&#233;rant la hausse des loyers. La comp&#233;tition est tellement forte que les propri&#233;taires ne se cachent m&#234;me plus pour discriminer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons qu'en crise du logement, on manque surtout de logements salubres, r&#233;ellement abordables, pr&#232;s des services essentiels, o&#249; l'on n'est pas menac&#233;&#183;e au quotidien de se faire &#233;vincer par une r&#233;noviction ou parce qu'on refuse une hausse abusive de loyer. Les efforts pour rem&#233;dier &#224; l'exode des jeunes et la p&#233;nurie de travailleur&#183;euses persistent malgr&#233; les listes d'attente qui s'allongent pour les logements, les soins et les services de garde. Incapables de se loger pr&#232;s des services, les gens s'&#233;loignent des centres. Alors que se d&#233;placer sans voiture est complexe, vivre en p&#233;riph&#233;rie signifie d&#233;bourser pour aller &#224; l'&#233;picerie, au bureau de poste, &#224; l'h&#244;pital&#8230; sans compter l'isolement v&#233;cu par les gens qui quittent leur quartier. Entre les d&#233;marches d'attractivit&#233; et les appels &#224; l'aide de la population et des organismes locaux, on peine &#224; voir le bout du tunnel.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Comit&#233; logement Bas-Saint-Laurent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le logement ne fait pas exception en mati&#232;re de sous-financement et d'essoufflement du communautaire. Jusqu'&#224; l'an dernier, nous &#233;tions la seule association de locataires &#224; l'est de Qu&#233;bec avec un seul employ&#233; permanent &#224; Rimouski depuis notre fondation en 1999. Depuis, nous avons pris le nom de Comit&#233; logement BSL pour mieux repr&#233;senter la taille du territoire desservi. Maintenant, nous sommes deux employ&#233;&#183;es pour couvrir tout le BSL, mais en v&#233;rit&#233;, on re&#231;oit des appels de la C&#244;te-Nord, de la Gasp&#233;sie, des &#206;les-de-la-Madeleine. Il existe maintenant Solidarit&#233; logement Rivi&#232;re-du-Loup et Action-Logement de l'Est &#224; Matane, mais le financement reste incertain &#224; court et long terme pour ces organismes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, ce n'est pas parce qu'il n'y a pas d'organismes officiels qu'il n'y a pas de solidarit&#233; et de mobilisation. &#192; Gasp&#233; et &#224; Sept-&#206;les, des groupes citoyens s'organisent pour informer les locataires. La population est plus inform&#233;e sur ses droits et l'aide aux locataires prend plus de place au sein de notre organisme. Or, victimes de notre popularit&#233;, le t&#233;l&#233;phone ne d&#233;rougit pas, alors que l'acc&#232;s au Tribunal administratif du logement (TAL) est difficile : il faut y trouver la bonne personne pour avoir droit &#224; des informations sans se faire r&#233;f&#233;rer vers son comit&#233; logement. D'autant plus que les prises de rendez-vous sont laborieuses au TAL ; il n'y a que quelques disponibilit&#233;s par mois. Lorsqu'on a de la difficult&#233; &#224; lire, qu'on n'a pas Internet ou de voiture, la situation s'empire ! La mobilisation collective est essentielle, alors que l'aide individuelle comporte ses limites pour d&#233;fendre l'acc&#232;s &#224; du logement abordable de qualit&#233;. Toutefois, il est difficile de se mobiliser pour les locataires &#224; l'ext&#233;rieur de Rimouski puisque l'&#233;parpillement de la population sur un vaste territoire limite les occasions de rencontres et de concertation des luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu la difficult&#233; &#224; se faire entendre par le provincial et les tentatives r&#233;p&#233;t&#233;es par les gouvernements de &#171; fermer les r&#233;gions &#187;, nous nous sommes tourn&#233;&#183;es vers un palier plus accessible : le municipal. Ainsi, on met la pression sur la ville de Rimouski pour agir face &#224; l'impossibilit&#233; de se loger et aux pratiques ill&#233;gales des propri&#233;taires. Le comit&#233; logement BSL demande &#224; cette instance de construire des logements hors march&#233;, de clarifier les r&#232;gles et m&#233;canismes en mati&#232;re de salubrit&#233; et de lutter activement contre la discrimination.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;ponses citoyennes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ceux et celles qui ont v&#233;cu hors des centres urbains le savent : en &#233;tant &#171; loin de tout &#187; et moins nombreux&#183;ses, si on veut que quelque chose se passe, il y a de bonnes chances qu'il faille le faire soi-m&#234;me ! C'est un fardeau, mais aussi une carte blanche pour d&#233;velopper les espaces dont on a besoin. Malgr&#233; les emb&#251;ches et le manque de lieux de rassemblement, les projets qui tiennent le coup sont fantastiques, &#224; l'image des gens qui les portent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens ont soif de rencontres et d'entraide et &#231;a para&#238;t. On a envie de se donner les outils pour se rencontrer, r&#233;fl&#233;chir, faire avancer les choses. Dans les derniers mois, on remarque une mobilisation citoyenne dynamique &#224; Rimouski : la sauvegarde des Ateliers Saint-Louis, de la Maison Brune ou du bois&#233; &#224; Pointe-au-P&#232;re. En plus des organismes communautaires qui effectuent un travail plus qu'essentiel avec de moins en moins de ressources, on voit beaucoup de projets collectifs grandir : les Bains Publics, la Couverte, la Frip Mob'ile, l'Aran&#233;ide, l'Outillerie, Lutte &#224; l'Est, le FestiQueer et bien d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Comit&#233; logement BSL aussi, on d&#233;sire se mobiliser et s'organiser concr&#232;tement. Nous avons la chance d'avoir une vingtaine de b&#233;n&#233;voles qui s'impliquent activement &#224; Rimouski. Depuis 2020, le groupe se rencontre pour jaser d'actualit&#233;, organiser des actions, se former sur des enjeux li&#233;s au logement. Ensemble, on cherche &#224; comprendre ce qui se passe, &#224; trouver les leviers de pouvoir citoyen et &#224; mobiliser notre voisinage. Nous militons pour le d&#233;veloppement de projets de logement communautaire o&#249; les locataires auront une emprise sur leur qualit&#233; de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il est difficile d'&#234;tre optimiste face &#224; la situation actuelle, la population reste impliqu&#233;e et cr&#233;ative. Elle a de l'audace dans ses projets, et on aimerait voir la m&#234;me chose du c&#244;t&#233; des administrations municipales. Mais pendant que le municipal et le provincial se passent le bl&#226;me, prenons plut&#244;t les devants !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Cassandre Vassart-Courteau, organisatrice communautaire au Comit&#233; Logement BSL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Des p&#234;cheurs au saumon s'activent sur la rivi&#232;re Matap&#233;dia, dans les environs de Causapscal, dans la Matap&#233;dia. Ann&#233;es 2000 (Michel Dompierre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Communaut&#233;s LGBTQIA2S+. La similitude de nos singularit&#233;s</title>
		<link>https://www.ababord.org/Communautes-LGBTQIA2S-La-similitude-de-nos-singularites</link>
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		<dc:date>2024-12-15T18:50:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tina Laphengphratheng</dc:creator>


		<dc:subject>Laphengphratheng, Tina</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Diversit&#233; sexuelle et de genre</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;dias et journalisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ielles sont de plus en plus nombreux&#183;euses &#224; choisir le Bas-Saint-Laurent pour s'&#233;tablir : la communaut&#233; queer dans la r&#233;gion est en pleine croissance, tout particuli&#232;rement dans le Kamouraska, &#224; Trois-Pistoles et &#224; Rimouski. Sa pr&#233;sence est un moteur important de dynamisme culturel et &#233;v&#233;nementiel dans notre coin, et elle m&#232;ne plusieurs organismes et institutions &#224; revoir leurs pratiques et leur offre de services afin de les rendre mieux adapt&#233;es aux besoins des membres de la communaut&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Bas-Saint-Laurent-Repousser-l-horizon-" rel="directory"&gt;Dossier : Bas-Saint-Laurent. Repousser l'horizon&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Diversite-sexuelle-+" rel="tag"&gt;Diversit&#233; sexuelle et de genre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Medias-et-journalisme-+" rel="tag"&gt;M&#233;dias et journalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/1231-2.png?1734288554' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;969&#034; height=&#034;673&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ielles sont de plus en plus nombreux&#183;euses &#224; choisir le Bas-Saint-Laurent pour s'&#233;tablir : la communaut&#233; queer dans la r&#233;gion est en pleine croissance, tout particuli&#232;rement dans le Kamouraska, &#224; Trois-Pistoles et &#224; Rimouski. Sa pr&#233;sence est un moteur important de dynamisme culturel et &#233;v&#233;nementiel dans notre coin, et elle m&#232;ne plusieurs organismes et institutions &#224; revoir leurs pratiques et leur offre de services afin de les rendre mieux adapt&#233;es aux besoins des membres de la communaut&#233; LGBTQIA2S+ install&#233;&#183;es dans notre r&#233;gion loin des grands centres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;M&#234;me si de nombreuses luttes demeurent, des actions concr&#232;tes sont pos&#233;es afin de mieux r&#233;pondre aux besoins de l'ensemble de la population bas-laurentienne, que ce soit par des initiatives citoyennes ou institutionnelles. Bien que ces actions soient souvent men&#233;es par et pour des personnes issues des communaut&#233;s LGBTQIA2S+, cela se fait de mani&#232;re non exclusive, c'est-&#224;-dire qu'une ouverture est conserv&#233;e pour l'inclusion d'individus d'autres communaut&#233;s, quel que soit leur genre, leur origine ou leur orientation sexuelle.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une langue qui parle &#224; tous&#183;tes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'un des lieux o&#249; tout le monde devrait &#234;tre en mesure de se reconna&#238;tre constitue la langue. Et c'est pourquoi avec l'essor de l'&#233;criture inclusive, qui selon moi aurait d&#251; s'affirmer et s'implanter bien avant, de nombreux &#233;tablissements r&#233;visent leur protocole de r&#233;daction. Le journal &lt;em&gt;Le Mouton Noir&lt;/em&gt;, originaire de Rimouski, qui &#339;uvre pour la parole citoyenne du Bas-Saint-Laurent, de la Gasp&#233;sie et des &#206;les-de-la-Madeleine, est en train de r&#233;viser ses politiques linguistiques. En tant que r&#233;dactrice adjointe, je trouve qu'il est primordial pour un journal comme &lt;em&gt;Le Mouton Noir&lt;/em&gt;, qui devrait se d&#233;marquer de la masse, d'accorder une place pour l'expression des communaut&#233;s LGBTQIA2S+. D'autant plus qu'une foule de projets initi&#233;s par et pour ces communaut&#233;s dans la r&#233;gion m&#233;ritent d'avoir une tribune et que l'ensemble du lectorat, qui comprend de nombreuses personnes qui s'identifient aux communaut&#233;s de la diversit&#233; sexuelle et de la pluralit&#233; de genres, puisse s'y reconna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'universit&#233;, plus qu'un lieu d'apprentissage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'un des piliers d'une ville r&#233;side souvent dans ses &#233;tablissements d'enseignement et c'est encore plus vrai lorsqu'il s'agit de la r&#233;gion. Ici, l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Rimouski (UQAR) constitue un maillon primordial non seulement pour Rimouski, mais &#233;galement pour l'ensemble du Bas-Saint-Laurent et de la Gasp&#233;sie. Le regroupement ID-est, install&#233; &#224; l'universit&#233; et se portant &#224; la d&#233;fense de la diversit&#233; des identit&#233;s de genre et de la diversit&#233; sexuelle, organise de nombreux &#233;v&#233;nements : karaoqueer, soir&#233;e de jeux de soci&#233;t&#233;, club de lecture queer, etc. L'un des enjeux auxquels souhaitent r&#233;pondre ces initiatives est la cr&#233;ation d'espaces s&#233;curitaires pour le rassemblement et l'expression des personnes des communaut&#233;s LGBTQIA2S+. En plus d'offrir ces activit&#233;s, ce m&#234;me organisme met &#233;galement sur pied le Festiqueer, un festival c&#233;l&#233;brant la diversit&#233; sexuelle et la pluralit&#233; des genres. Par ailleurs, l'organisation lutte activement au sein de l'UQAR pour la reconnaissance du choix du nom, du pr&#233;nom et du genre sans &#233;gard &#224; ce qui figure sur les documents l&#233;gaux. Sans oublier la pr&#233;sence du Comit&#233; Institutionnel de l'UQAR pour l'&#201;quit&#233;, la Diversit&#233; et l'Inclusion (CI&#201;DI) qui appuie ces nombreux projets et en met d'autres sur pied.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Se rejoindre sur une m&#234;me page&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un autre vecteur primordial au sein d'une communaut&#233; est la possibilit&#233; d'avoir un lieu d'expression et de diffusion. R&#233;pondant &#224; ce besoin, le magazine queer &lt;em&gt;Aran&#233;ide&lt;/em&gt; se d&#233;marque par sa popularit&#233; autant dans le Bas-Saint-Laurent qu'en dehors de la r&#233;gion. Sa mission : offrir un espace de partage pour les artistes queers. Les appels d'&#339;uvres s'adressent aux artistes hors de Montr&#233;al et de Qu&#233;bec qui s'identifient queers, peu importe ce que cela signifie pour elleux. Maintenant que le magazine connait un franc succ&#232;s, il est autosuffisant et contribue m&#234;me &#224; encourager d'autres initiatives queers. De ce fait, sous les m&#234;mes pages se rassemblent les d&#233;sirs d'un lieu commun, s&#233;curitaire, ouvert et inclusif.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une culture diversifi&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce qui anime une r&#233;gion est &#233;galement la vie culturelle qu'on y retrouve. Le foisonnement des diverses offres de contenus, qu'il s'agisse de spectacles, d'expositions ou de pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre, permet &#224; l'artiste de la rel&#232;ve que je suis de moins en moins ressentir le besoin d'aller &#224; Qu&#233;bec ou &#224; Montr&#233;al. Parmi ces offres, j'y retrouve les incontournables spectacles de drag. Plus besoin de faire appel &#224; des troupes g&#233;ographiquement &#233;loign&#233;es, la Haus of Boudoir pr&#233;sente des spectacles mettant en vedette des artistes bas-laurentien&#183;nes dans de nombreux endroits culturels comme l'UQAR ou les Bains publics, un cabaret culturel situ&#233; en plein c&#339;ur du centre-ville de Rimouski. Dans ces soir&#233;es, les spectateur&#183;trices sont souvent encourag&#233;&#183;es &#224; d&#233;fier les codes du genre et ainsi &#224; c&#233;l&#233;brer la singularit&#233; des personnes au sein de la communaut&#233; LGBTQIA2S+.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers des services inclusifs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les services en r&#233;gion peuvent b&#233;n&#233;ficier de certains avantages et d&#233;savantages. Au Bas-Saint-Laurent, parmi les aspects b&#233;n&#233;fiques, on retrouve la mise &#224; jour du mandat de La D&#233;brouille. Ce centre d'aide aux femmes victimes de violence conjugale s'adresse maintenant &#224; la fois aux femmes cis et aux personnes trans. Le Centre d'aide et de lutte contre les agressions &#224; caract&#232;re sexuel et la violence faites aux femmes (CALACS) de l'est du Bas-Saint-Laurent a &#233;galement embo&#238;t&#233; le pas. L'organisme travaille en ce moment avec un comit&#233; consultatif de personnes non-binaires afin de r&#233;viser leur vision, leurs valeurs et leur mandat. Le fait de prendre en compte le point de vue de personnes de la communaut&#233; dans la mise &#224; jour manifeste un profond d&#233;sir de proposer des services coh&#233;rents qui correspondent r&#233;ellement aux besoins des personnes vis&#233;es par ces changements. Ces nouvelles inclusions t&#233;moignent d'une capacit&#233; majeure &#224; s'adapter aux r&#233;alit&#233;s de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec tous ces changements, il est facile d'affirmer que le Bas-Saint-Laurent, une r&#233;gion loin des grands centres, prolif&#232;re de projets et de lieux inclusifs pour les communaut&#233;s LGBTQIA2S+. Toutefois, il reste de nombreuses choses &#224; entreprendre. Les sp&#233;cialistes de soins du Bas-Saint-Laurent &#8211; qu'il s'agisse de travailleur&#183;euses social, d'infirmier&#183;&#232;res, de m&#233;decins, de psychologues, de psychiatres, etc. &#8211; ne b&#233;n&#233;ficient pas d'une formation permettant de r&#233;pondre et d'accompagner ad&#233;quatement les personnes trans et non-binaires. Les personnes de la communaut&#233; LGBTQIA2S+ doivent encore aujourd'hui se rendre &#224; Qu&#233;bec pour consulter des expert&#183;es ayant la formation &#171; Standards of care &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette formation offerte par The World Professional Association for (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, une formation pourtant accessible en ligne et qui devrait, selon moi, &#234;tre dor&#233;navant incluse dans toutes les formations de soins.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une double d&#233;centralisation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Rimouski, la plus grande ville &#224; l'est de Qu&#233;bec, reste un lieu de centralisation des mouvements dans le Bas-Saint-Laurent. Toutefois, la dynamique entre les diff&#233;rents acteur&#183;trices de la communaut&#233; LGBTQIA2S+ d&#233;borde des fronti&#232;res de Rimouski. Malgr&#233; la distance, un lien de solidarit&#233; et de partage subsiste, comme le confiait Boud lors d'une entrevue avec &lt;em&gt;Le Mouton Noir&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Belleau-Arsenault, Catherine. 2022, La communaut&#233; queer est effervescente (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et cette dynamique s'&#233;tend au-del&#224; des liens d'un individu &#224; un autre. Les organismes collaborent pour s'informer et informer la population, cr&#233;er des lieux de rassemblement, des &#233;v&#233;nements, etc., et cette collaboration d&#233;passe les fronti&#232;res du Bas-Saint-Laurent avec quelques autres organismes provinciaux dont Divergenres, bas&#233; &#224; Qu&#233;bec, qui a pour mandat de d&#233;cloisonner les r&#233;alit&#233;s des personnes de la diversit&#233; de genres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, certaines personnes de la communaut&#233; ont manifest&#233; le souhait d'avoir des bars gais en r&#233;gion. Ces exemples ne constituent qu'une fine part des am&#233;liorations qu'il serait possible d'apporter. Je croise les doigts pour que le Bas-Saint-Laurent et toutes les autres r&#233;gions du Qu&#233;bec (et du monde, mais ce n'est pas r&#233;aliste, du moins, pas pour le moment) commencent ou poursuivent le mouvement d'inclusion des communaut&#233;s LGBTQIA2S+ afin que les personnes qui en font partie puissent s'&#233;panouir, peu importe leur lieu de vie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette formation offerte par The World Professional Association for Transgender Health (WPATH) permet de s'ajuster aux besoins de sant&#233; des personnes transsexuelles, transgenres et au genre non conforme. The World Professional Association for Transgender Health, &lt;em&gt;Standards of care version 8&lt;/em&gt;. En ligne : &lt;a class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; href='http://www.wpath.org/publications' rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.wpath.org/publications&lt;/a&gt; (page consult&#233;e le 23 f&#233;vrier 2023)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Belleau-Arsenault, Catherine. 2022, La communaut&#233; queer est effervescente dans l'est du Qu&#233;bec (partie 1), &lt;a class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; href='http://www.moutonnoir.com/2022/10/la-communaute-queer-est-effervescente-dans-lest-du-quebec' rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.moutonnoir.com/2022/10/la-communaute-queer-est-effervescente-dans-lest-du-quebec&lt;/a&gt; (page consult&#233;e le 23 f&#233;vrier 2023)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Tina Laphengphratheng est citoyenne rimouskoise et r&#233;dactrice adjointe au journal Le Mouton Noir. Merci &#224; Maxence St-Onge, consultant en &#233;quit&#233;, diversit&#233; et inclusion, pour les nombreuses r&#233;f&#233;rences, les discussions et les r&#233;flexions engendr&#233;es lors de nos &#233;changes. Ce texte n'aurait pas pu &#234;tre aussi repr&#233;sentatif des initiatives LGBTQIA2S+ sans sa g&#233;n&#233;reuse collaboration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Ce c&#339;ur dans le ciel est dessin&#233; par les Snowbirds, ces avions militaires dans le cadre de l'un des rares spectacles a&#233;riens donn&#233;s dans le ciel de Rimouski. L'&#233;tonnant c&#339;ur dessin&#233; par ces avions militaires rassemble les spectateurs aux c&#244;t&#233;s d'un chevreuil mort (Michel Dompierre).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Arts oratoires : une sc&#232;ne effervescente</title>
		<link>https://www.ababord.org/Arts-oratoires-une-scene-effervescente</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Arts-oratoires-une-scene-effervescente</guid>
		<dc:date>2024-12-15T18:41:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yanick Perreault</dc:creator>


		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Perreault, Yanick</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quelle est la port&#233;e politique des arts de la parole ? Qu'est-ce que &#231;a signifie, avoir une telle pratique artistique au Bas-Saint-Laurent ? J'ai questionn&#233; des personnes qui animent ces sc&#232;nes et qui organisent ces &#233;v&#233;nements, ces joyeuses r&#233;volutions et protestations. &lt;br class='autobr' /&gt;
Propos d'acteur&#183;rices du milieu compil&#233;s par Yanick Perreault, slammeur bas&#233; &#224; Rimouski &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Bas-Saint-Laurent regorge d'artistes et de sc&#232;nes des arts de la parole. &#201;tant moi-m&#234;me slammeur depuis pr&#232;s de cinq ans, j'avais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Bas-Saint-Laurent-Repousser-l-horizon-" rel="directory"&gt;Dossier : Bas-Saint-Laurent. Repousser l'horizon&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Perreault-Yanick-+" rel="tag"&gt;Perreault, Yanick&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/3452435.png?1734287896' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1276&#034; height=&#034;780&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quelle est la port&#233;e politique des arts de la parole ? Qu'est-ce que &#231;a signifie, avoir une telle pratique artistique au Bas-Saint-Laurent ? J'ai questionn&#233; des personnes qui animent ces sc&#232;nes et qui organisent ces &#233;v&#233;nements, ces joyeuses r&#233;volutions et protestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos d'acteur&#183;rices du milieu compil&#233;s par Yanick Perreault, slammeur bas&#233; &#224; Rimouski&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Bas-Saint-Laurent regorge d'artistes et de sc&#232;nes des arts de la parole. &#201;tant moi-m&#234;me slammeur depuis pr&#232;s de cinq ans, j'avais envie d'en apprendre plus sur cette sc&#232;ne &#224; laquelle j'appartiens. J'ai demand&#233; &#224; quelques artistes de nous parler de la port&#233;e politique des arts oratoires, et des &#233;v&#233;nements qu'ielles souhaitent mettre en lumi&#232;re. &#192; mon avis, la solidarit&#233; qu'ielles cultivent, en plus de l'admiration et la reconnaissance qu'ielles t&#233;moignent les un&#183;es envers autres, fait de cette pratique artistique un espace propice aux rassemblements et &#224; la cr&#233;ation d'autres mondes. Place &#224; la parole !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Louis Melon, artiste de la parole bas-laurentien, habitant dans la r&#233;gion du Kamouraska :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le slam au Bas-Saint-Laurent, c'est des belles soir&#233;es sans pr&#233;tention, o&#249; l'amateurisme c&#244;toie l'extraordinaire. Donc, accessible par d&#233;finition, &#233;clectique et flexible. La port&#233;e politique du slam, pour moi, c'est sa propension &#224; d&#233;broussailler des tabous, &#224; engager des r&#233;flexions sur des sujets intimes et &#224; s'attaquer au pouvoir, &#224; l'ordre, &#224; la moutonnerie et l'immobilisme &#8211; un bon coup de gueule, &#231;a fait un peu partie de mon identit&#233; de slammeur. S'impliquer dans le milieu du slam, c'est amener sa pierre &#224; l'&#233;difice peu importe la mani&#232;re, que ce soit en animant, en organisant, en slammant, mais surtout en &#233;tant dans le public. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Camille Gosselin, artiste de la parole et organisatrice de soir&#233;es et &#233;v&#233;nements, r&#233;gion du Kamouraska :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'art oratoire est n&#233;cessaire dans la vie culturelle d'une r&#233;gion, autant pour rassembler les gens autour d'un point commun inspirant que pour permettre de d&#233;couvrir des gens avec des histoires pertinentes et myst&#233;rieuses. C'est un devoir de s'entraider &#224; nommer des maux dans une communaut&#233; et de cr&#233;er des espaces pour les partager et nourrir notre imagination cr&#233;atrice. C'est formidable que dans une si petite r&#233;gion, plusieurs types de soir&#233;es po&#233;tiques s'offrent et qu'elles soient toutes de grands succ&#232;s. J'aime particuli&#232;rement les Slam Po&#233;sie &#224; la Baleine Endiabl&#233;e de Rivi&#232;re-Ouelle, car c'est un lieu confortable et neutre qui va chercher un public tr&#232;s vari&#233;, passant de jeunes &#233;tudiant&#183;es &#224; personnes &#226;g&#233;es. C'est une petite r&#233;gion avec des grand&#183;es artistes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gabrielle Ayotte Garneau, directrice g&#233;n&#233;rale de l'organisme les Compagnons de la mise en valeur du patrimoine vivant de Trois-Pistoles, artiste de la parole, r&#233;gion Trois-Pistoles et les Basques :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Autant le slam que les arts de la parole en g&#233;n&#233;ral me semblent des formes d'art tr&#232;s fortes, dot&#233;es d'une longue tradition et ancr&#233;es dans la communaut&#233; du Bas-Saint-Laurent. D'abord, le slam : Slam-Est-du-Qu&#233;bec a fait un travail consid&#233;rable au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es pour qu'il soit bien en vie, dynamique et d'une grande qualit&#233;. Il n'y a aucune sc&#232;ne de slam o&#249; l'&#233;coute est aussi bonne, la salle aussi pleine (proportionnellement parlant) et le niveau aussi fort malgr&#233; l'accessibilit&#233; et la diversit&#233; des voix que celle de la brasserie le Bien le Malt &#224; Rimouski. Slam Rivi&#232;re-du-Loup accomplit aussi un immense travail de mobilisation avec le slam. Quand je me suis install&#233;e dans la r&#233;gion, je n'en revenais pas de voir le bar plein &#224; craquer un lundi soir pour &#233;couter de la po&#233;sie. Et de voir un public aussi vari&#233;, pas uniquement constitu&#233; de profs de litt&#233;rature, &#231;a m'a fortement impressionn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, le milieu du conte est fort dans la r&#233;gion des Basques depuis longtemps. Trois-Pistoles est l'h&#244;te de l'un des plus gros festivals de contes au Qu&#233;bec, le Rendez-vous des Grandes Gueules qui s'y tient depuis 26 ans. S'y passent du conte, du r&#233;cit de vie, de la po&#233;sie, des performances&#8230; et l'&#233;v&#233;nement est pr&#233;c&#233;d&#233; d'une r&#233;putation internationale pas piqu&#233;e des vers ! Le Carrefour de la litt&#233;rature, des arts et de la culture (CLAC) de la Mitis fait aussi un super travail pour faire vivre les arts litt&#233;raires au Bas-Saint-Laurent, autant avec ses r&#233;sidences qu'avec son festival et sa programmation r&#233;guli&#232;re. Bref, le slam et l'art oratoire dans la r&#233;gion c'est, selon moi, notre grosse force, notre sp&#233;cialit&#233;, c'est une source de fiert&#233; et c'est surtout tr&#232;s vivant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense que la culture est un vecteur politique consid&#233;rable et donc que ces sc&#232;nes ont un r&#244;le important &#224; jouer. Une bonne fa&#231;on d'amener le public et les artistes &#224; r&#233;fl&#233;chir sans le&#231;on moralisatrice, c'est de laisser les valeurs et les principes s'inviter dans les lieux culturels. Je ne parle pas n&#233;cessairement d'avoir des &#233;v&#233;nements politiques en soi, mais bien que la direction artistique des sc&#232;nes culturelles soit travers&#233;e d'enjeux actuels. Pour favoriser cela, il faut que les programmations paritaires mettent en valeur une diversit&#233; de voix : c'est non n&#233;gociable et &#231;a am&#232;ne le public &#224; nous suivre, &#224; d&#233;couvrir et &#224; s'ouvrir. La programmation culturelle, ce n'est pas de la politique frontale, mais c'est un outil politique fondamental. Nos choix de programmation ont des r&#233;percussions que je souhaite positives autant pour le milieu local (le public et les artistes) que pour le milieu du conte au Qu&#233;bec. C'est un sujet que nous ne prenons pas &#224; la l&#233;g&#232;re dans la direction artistique de nos &#233;v&#233;nements. D'ailleurs, &#224; l'inverse, je tombe des nues quand j'entends des programmateurs se d&#233;fendre de leur programmation exclusivement masculine en disant &#8220; je n'avais pas remarqu&#233; ! &#8221;. Programmer est un pouvoir politique important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; titre d'exemple, l'organisme les Compagnons, qui op&#232;re &#224; Trois-Pistoles et qui est consacr&#233; &#224; la mise en valeur du patrimoine vivant, est un gros joueur dans le d&#233;veloppement des arts de la parole. Sa responsabilit&#233;, lorsque vient le temps de faire des choix artistiques, est d'autant plus importante &#224; mon sens. Nous souhaitons offrir des cachets exemplaires, offrir des exp&#233;riences enrichissantes autant pour le public que pour les artistes. Nous devons rester accessibles, nous souhaitons que notre salle de spectacle le soit tout autant. Il est aussi essentiel de travailler en collaboration avec les autres organisations culturelles r&#233;gionales et les autres organismes diffuseurs de contes au Canada. Personnellement, je souhaite que les Compagnons soit un centre culturel dans les Basques, un organisme solide qui peut soutenir les projets culturels naissants, soutenir les artistes dans leur cr&#233;ation. Outre &#234;tre un diffuseur, je pense que nous pouvons &#234;tre un acteur du d&#233;veloppement culturel du Bas-Saint-Laurent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034; style=&#034;text-align: center;&#034;&gt;* * *&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Impossible de terminer ce tour d'horizon des arts de la parole au Bas-Saint-Laurent sans mentionner des personnes comme Caroline Jacques et Gervais Bergeron qui font un super travail pour organiser le festival Slam ton Festival &#224; Saint-Fabien. Iels organisent aussi occasionnellement les soir&#233;es Slam ton Pirate au Vieux Th&#233;&#226;tre de St-Fabien. Je peux affirmer que ce furent des soir&#233;es et un festival m&#233;morables. Iels ont pris une pause durant la derni&#232;re ann&#233;e, mais il y a une rumeur qui court que le festival Slam ton Festival pourrait &#234;tre de retour. Il y a aussi de belles soir&#233;es micro ouvert au BeauLieu Culturel du T&#233;miscouata &#224; T&#233;miscouata-sur-le-Lac qui voient le jour de plus en plus. Ce sont des soir&#233;es qui font rayonner des artistes du T&#233;miscouata et d'ailleurs. Il y a aussi des soir&#233;es micro ouvert qui &#233;mergent ici et l&#224;, notamment des soir&#233;es &#224; la Microbrasserie La Captive &#224; Amqui que j'organise o&#249; j'aimerais le plus possible faire rayonner des artistes du Bas-Saint-Laurent et de la Gasp&#233;sie. Les arts de la parole sont en &#233;bullition dans le Bas-Saint-Laurent, de plus en plus d'&#233;v&#233;nements et d'artistes &#233;mergent. Il reste encore beaucoup &#224; explorer. &#192; vous la parole, maintenant !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : Quelques &#233;v&#233;nements culturels consacr&#233;s &#224; l'art oratoire au Bas-Saint-Laurent&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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