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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Financiarisation du logement : champ libre au priv&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Financiarisation-du-logement-champ-libre-au-prive</link>
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		<dc:date>2024-08-04T16:34:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis Dolan, Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Dolan, Francis</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour vous procurer une copie papier de ce num&#233;ro, rendez-vous sur le site des Libraires ou consultez la liste de nos points de vente. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous vivons depuis longtemps une importante crise du logement dont les cons&#233;quences ont &#233;t&#233; maintes fois d&#233;plor&#233;es. De la p&#233;nurie de logements en r&#233;gion &#224; la flamb&#233;e des prix dans les grandes villes, les possibilit&#233;s de se loger ad&#233;quatement se font de plus en plus minces. Pour les plus vuln&#233;rables d'entre nous, le risque de se retrouver &#224; la rue est r&#233;el. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Financiarisation-du-logement-Champ-libre-au-prive-" rel="directory"&gt;Dossier : Financiarisation du logement. Champ libre au priv&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/04_ababord94-dossier_img_2886.jpg?1669759818' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;2000&#034; height=&#034;1626&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour vous procurer une copie papier de ce num&#233;ro, rendez-vous sur le &lt;a href=&#034;https://www.leslibraires.ca/livres/a-babord-no-94-financiarisation-du-9782925225065.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site des Libraires&lt;/a&gt; ou consultez la liste de nos &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Points-de-vente&#034;&gt;points de vente&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous vivons depuis longtemps une importante crise du logement dont les cons&#233;quences ont &#233;t&#233; maintes fois d&#233;plor&#233;es. De la p&#233;nurie de logements en r&#233;gion &#224; la flamb&#233;e des prix dans les grandes villes, les possibilit&#233;s de se loger ad&#233;quatement se font de plus en plus minces. Pour les plus vuln&#233;rables d'entre nous, le risque de se retrouver &#224; la rue est r&#233;el. La crise que nous traversons est r&#233;guli&#232;rement minimis&#233;e lorsque compar&#233;e aux conditions de logement encore pires &#224; Toronto et Vancouver. Cette comparaison nous enseigne surtout que nous devons agir promptement pour &#233;viter un sort semblable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mailles du filet social s'&#233;largissent sous la pression du d&#233;sinvestissement du gouvernement dans le d&#233;veloppement de logements publics et du refus des autorit&#233;s publiques de r&#233;ellement contr&#244;ler les loyers. Profitant de ces deux formes de d&#233;sengagement de l'&#201;tat en mati&#232;re de logement, diff&#233;rents acteurs priv&#233;s et financiers investissent dans le d&#233;veloppement et la gestion immobili&#232;re. Ces soci&#233;t&#233;s s'approprient nos milieux de vie pour accro&#238;tre leur capital, transformant du m&#234;me coup notre droit au logement en opportunit&#233; d'investissement. Cette marchandisation de nos habitats s'op&#232;re &#224; travers un processus que nous nommons la financiarisation immobili&#232;re. Ajoutons &#224; ce laisser-aller une pression d&#233;mographique incitant &#224; la construction effr&#233;n&#233;e de nouvelles unit&#233;s d'habitation, et nous nous retrouvons face &#224; une grande flamb&#233;e sp&#233;culative. Ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e, l'investissement dans le d&#233;veloppement immobilier r&#233;sidentiel, qu'il soit locatif ou en condominium, affiche de meilleurs rendements, aux d&#233;pens de l'acc&#232;s au logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce dossier, nous cherchons &#224; mieux comprendre la situation actuelle du logement dans son ensemble au Qu&#233;bec. Le logement est un enjeu social transversal, un v&#233;ritable d&#233;terminant pour la sant&#233; des personnes et pour la qualit&#233; de vie. Alors que les co&#251;ts locatifs repr&#233;sentent plus de la moiti&#233; du budget mensuel d'une part grandissante de nos voisin&#183;es et de nos coll&#232;gues, la situation est particuli&#232;rement pr&#233;occupante pour les familles monoparentales dirig&#233;es par une femme. La p&#233;nurie de grands logements &#224; prix raisonnable et les diff&#233;rentes discriminations pressent ces familles &#224; s'&#233;loigner des zones desservies par les services publics et communautaires, &#224; habiter dans des logements insalubres et &#224; vivre dans un climat propice &#224; la violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous prenons clairement parti en faveur d'un grand chantier de logements sociaux et communautaires, en ville comme en r&#233;gion. En plus de permettre de loger convenablement et s&#233;curitairement des milliers de familles et de personnes seules, ce chantier permettrait de ralentir la financiarisation immobili&#232;re r&#233;sidentielle qui profite du laisser-aller de l'&#201;tat, tout en r&#233;pondant mieux aux pressions d&#233;mographiques exerc&#233;es dans la majorit&#233; des r&#233;gions du Qu&#233;bec. De plus, nous soutenons les revendications visant &#224; un meilleur contr&#244;le des loyers pour faire barrage aux hausses abusives de loyers et &#224; la sp&#233;culation immobili&#232;re. Nous esp&#233;rons, en sommes, que ce dossier contribuera &#224; faire mieux comprendre des transformations majeures qui affectent &#224; la fois nos demeures, nos quartiers, nos villes et nos r&#233;gions. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dossier coordonn&#233; par Francis Dolan et Claude Vaillancourt &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;Photos par R&#233;mi Leroux&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;Avec des contributions de Marcos Ancelovici, Martin Blanchard, Comit&#233; d'action de Parc-Extension, Marie-&#200;ve Desroches, Francis Dolan, C&#233;dric Dussault, Louis Gaudreau, Marc-Andr&#233; Houle, V&#233;ronique Laflamme, Margot Silvestro et Karine Triollet.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour vous procurer une copie papier de ce num&#233;ro, rendez-vous sur le &lt;a href=&#034;https://www.leslibraires.ca/livres/a-babord-no-94-financiarisation-du-9782925225065.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site des Libraires&lt;/a&gt; ou consultez la liste de nos &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Points-de-vente&#034;&gt;points de vente&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Immeubles de condos locatifs, en bordure du campus MIL de l'Universit&#233; de Montr&#233;al (R&#233;mi Leroux).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Que signifie la financiarisation du logement ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Que-signifie-la-financiarisation-du-logement</link>
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		<dc:date>2024-08-04T16:19:08Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Louis Gaudreau</dc:creator>


		<dc:subject>Gaudreau, Louis </dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les t&#233;nors de l'industrie immobili&#232;re nous disent que l'actuelle crise du logement r&#233;sulterait d'une r&#233;glementation trop restrictive qui aurait longtemps d&#233;courag&#233; l'investissement priv&#233; dans le march&#233; r&#233;sidentiel et cr&#233;&#233; un probl&#232;me &#171; d'offre &#187;. Pourtant, il n'y a jamais eu autant d'argent circulant dans ce secteur que depuis vingt ans. Pourquoi sommes-nous donc confront&#233;&#183;es &#224; une aussi importante crise du logement ? &lt;br class='autobr' /&gt;
L'afflux sans pr&#233;c&#233;dent de capitaux dans le secteur de l'immobilier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/234234-10.png?1722788220' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;833&#034; height=&#034;1105&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les t&#233;nors de l'industrie immobili&#232;re nous disent que l'actuelle crise du logement r&#233;sulterait d'une r&#233;glementation trop restrictive qui aurait longtemps d&#233;courag&#233; l'investissement priv&#233; dans le march&#233; r&#233;sidentiel et cr&#233;&#233; un probl&#232;me &#171; d'offre &#187;. Pourtant, il n'y a jamais eu autant d'argent circulant dans ce secteur que depuis vingt ans. Pourquoi sommes-nous donc confront&#233;&#183;es &#224; une aussi importante crise du logement ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'afflux sans pr&#233;c&#233;dent de capitaux dans le secteur de l'immobilier provient en grande partie d'acteurs financiers dont les investissements, par ailleurs activement soutenus par les pouvoirs publics, ont pouss&#233; les prix &#224; la hausse et ont contribu&#233; &#224; la quasi-disparition du logement financi&#232;rement accessible. La crise dans laquelle est plong&#233; le Qu&#233;bec depuis plusieurs ann&#233;es est donc &#233;troitement li&#233;e &#224; cette vague d'investissements qui a profond&#233;ment transform&#233; le fonctionnement du march&#233; r&#233;sidentiel. Ce ph&#233;nom&#232;ne, que l'on nomme financiarisation, n'est pas que local. Il se d&#233;ploie &#224; grande vitesse dans plusieurs r&#233;gions du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La financiarisation est au c&#339;ur de l'&#233;volution du capitalisme depuis les ann&#233;es 1990. Elle d&#233;signe le processus par lequel la finance (ses institutions, ses acteurs) parvient &#224; exercer une emprise grandissante sur l'activit&#233; &#233;conomique et sociale. La financiarisation se traduit par la mont&#233;e en puissance d'acteurs financiers (des fonds d'investissement et des banques en particulier) et, plus fondamentalement, par leur capacit&#233; &#224; soumettre des domaines essentiels de la vie sociale &#224; leur logique et &#224; leurs exigences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; du logement n'a pas &#233;chapp&#233; &#224; ce processus. Il a m&#234;me activement particip&#233; &#224; sa diffusion et sa normalisation. Aujourd'hui, les activit&#233;s qui sont au c&#339;ur de son fonctionnement, soit le financement hypoth&#233;caire, la production et la d&#233;tention-gestion d'immeubles r&#233;sidentiels, sont domin&#233;es par des pratiques et imp&#233;ratifs financiers ou en voie de l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Financement hypoth&#233;caire et titrisation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le financement hypoth&#233;caire est sans contredit l'activit&#233; dans laquelle la financiarisation du logement s'est le plus d&#233;velopp&#233;e et par laquelle ses effets se font sentir de fa&#231;on plus marqu&#233;e. Les pr&#234;ts hypoth&#233;caires jouent depuis longtemps un r&#244;le central dans le fonctionnement du march&#233; du logement, car ils rendent possible la tr&#232;s vaste majorit&#233; des transactions immobili&#232;res et des projets de construction r&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Canada, les banques (avec les Caisses Desjardins au Qu&#233;bec) r&#232;gnent presque sans partage sur ce secteur d'activit&#233;. Depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000, elles y ont consid&#233;rablement accru leur participation en ayant recours &#224; la technique de la titrisation, qui leur permet de transformer les pr&#234;ts qu'elles accordent en titres financiers. Elles peuvent par la suite vendre ces titres &#224; d'autres investisseurs qui re&#231;oivent en &#233;change les remboursements mensuels auxquels donnent droit les hypoth&#232;ques &#224; l'origine de l'op&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau march&#233; des titres hypoth&#233;caires, cr&#233;&#233; pour l'industrie financi&#232;re, a connu un essor consid&#233;rable au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies. Les banques y ont vendu pour plusieurs centaines de milliards de dollars de pr&#234;ts hypoth&#233;caires &#224; des fonds d'investissement ou &#224; d'autres banques et ont pu r&#233;investir ces sommes dans de nouveaux pr&#234;ts&#8230; &#233;galement &#171; titirisables &#187;. La forte demande des investisseurs pour les titres hypoth&#233;caires a par cons&#233;quent donn&#233; aux institutions financi&#232;res les moyens de financer dans des proportions enti&#232;rement nouvelles la construction, la r&#233;novation ou la vente de logements et de parier sur la hausse des prix qui allait en r&#233;sulter pour attirer de nouveaux investissements. En effet, la croissance importante du prix des propri&#233;t&#233;s enregistr&#233;e dans plusieurs villes, de m&#234;me que celle des loyers qui s'en est suivie, n'aurait tout simplement pas pu &#234;tre possible si elle n'avait pas d'abord &#233;t&#233; valid&#233;e par des institutions financi&#232;res dispos&#233;es &#224; pr&#234;ter et encourag&#233;es &#224; le faire par les march&#233;s financiers. En d'autres termes, c'est sur le march&#233; financiaris&#233; des pr&#234;ts hypoth&#233;caires qu'ont &#233;t&#233; puis&#233;es les sommes n&#233;cessaires &#224; la sp&#233;culation, les surench&#232;res et les conversions d'immeubles qui ont conduit aux importants probl&#232;mes d'acc&#232;s au logement que l'on conna&#238;t depuis plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les promoteurs et leurs nouveaux partenaires&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que ces pratiques ont fortement &#233;t&#233; encourag&#233;es par les pouvoirs publics et les autorit&#233;s mon&#233;taires du pays. La tr&#232;s grande majorit&#233; des op&#233;rations de titrisation sont assur&#233;es par la Soci&#233;t&#233; canadienne d'hypoth&#232;ques et de logement (donc de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral) qui se porte garante de toute perte que les d&#233;tenteurs de titres pourraient &#233;ventuellement subir. Les banques, les fonds et autres investisseurs ne courent donc aucun risque &#224; s'y engager. De plus, pendant la crise financi&#232;re mondiale de 2008, puis la pand&#233;mie de COVID-19 en 2020, le gouvernement f&#233;d&#233;ral n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; injecter plusieurs dizaines de milliards de dollars dans des acquisitions de titres afin de prot&#233;ger le march&#233; hypoth&#233;caire des cons&#233;quences d'un possible ralentissement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2008, le Gouvernement du Canada a cr&#233;&#233; le Programme d'achat de pr&#234;ts (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Chaque fois, ces interventions publiques ont eu pour effet de nourrir l'effervescence immobili&#232;re. Enfin, la politique d'assouplissement quantitatif men&#233;e par la Banque centrale du Canada jusqu'en 2021 a permis de maintenir les taux hypoth&#233;caires &#224; des niveaux tr&#232;s bas et de nourrir les march&#233;s financiers de liquidit&#233;s dont une partie a tr&#232;s certainement &#233;t&#233; r&#233;investie dans l'immobilier r&#233;sidentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus de financiarisation est aussi bien amorc&#233; dans le domaine du d&#233;veloppement r&#233;sidentiel, en particulier dans la grande r&#233;gion de Montr&#233;al et dans d'autres grandes villes comme Toronto et Vancouver. Au cours des 15 derni&#232;res ann&#233;es, l'industrie montr&#233;alaise de la promotion immobili&#232;re a elle aussi attir&#233; d'importants investissements en provenance de fonds priv&#233;s ou cot&#233;s en bourse, comme Fiera Capital, ou encore de fonds de travailleur&#183;euses tels que le Fonds immobilier de solidarit&#233; de la FTQ ou Fondaction-CSN. Malgr&#233; les origines syndicales de certaines d'entre elles, ces entreprises ont pour vocation premi&#232;re de g&#233;n&#233;rer des revenus pour leurs actionnaires ou leurs cotisants, ce qui les conduit &#224; privil&#233;gier des projets r&#233;sidentiels &#224; forts rendements. On leur doit notamment les grandes tours de condominiums haut de gamme qui ont &#233;t&#233; &#233;rig&#233;es en grand nombre dans plusieurs quartiers centraux de Montr&#233;al ou qui sont construites aux abords des futures stations du REM (voir l'article de Marc-Andr&#233; Houle dans ce dossier).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fonds ont pour habitude de s'adjoindre de grandes entreprises de promotion immobili&#232;re. Ceux-ci ne se limitent pas seulement &#224; financer les op&#233;rations, comme le faisaient les investisseurs priv&#233;s ou les particuliers auxquels les promoteurs s'associaient fr&#233;quemment pour compl&#233;ter leurs montages financiers. Ils prennent aussi une part active &#224; la r&#233;alisation des projets. Afin de s'assurer que les rendements &#233;lev&#233;s promis &#224; leurs actionnaires soient atteints, ils exercent un droit de regard sur les produits r&#233;sidentiels &#224; privil&#233;gier, sur le prix de vente ou de location des unit&#233;s r&#233;sidentielles ainsi que sur les strat&#233;gies de mise en march&#233;. Leur mod&#232;le d'affaires laisse assez peu de place &#224; des logements &#224; faible rendement, ce qui explique sans doute leur opposition &#224; la r&#233;cente &lt;em&gt;Politique pour une m&#233;tropole mixte&lt;/em&gt; (dite du 20-20-20) qui impose l'inclusion de logements abordables et sociaux &#224; tous les grands projets r&#233;sidentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, en raison des sommes importantes qu'ils ont &#224; investir, les fonds ne participent qu'&#224; des op&#233;rations d'envergure qui ont un impact sur l'ensemble du march&#233;, notamment sur le prix des terrains avoisinants, et donc sur le type de logements que d'autres d&#233;veloppeurs, qu'ils soient priv&#233;s ou &#224; but non lucratif, seront en mesure d'y construire. Ainsi, l&#224; o&#249; ils interviennent, les fonds d'investissement ne se contentent pas de mettre leur argent &#224; la disposition des promoteurs. Ils agissent sur leurs pratiques de m&#234;me que sur les conditions et tendances g&#233;n&#233;rales du d&#233;veloppement r&#233;sidentiel. C'est de cette mani&#232;re qu'ils contribuent &#224; sa financiarisation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le logement locatif dans le collimateur&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la finance a &#233;galement fait son nid dans le march&#233; du logement locatif. Au milieu des ann&#233;es 1990, le gouvernement f&#233;d&#233;ral s'est enti&#232;rement retir&#233; du financement du logement social en justifiant cette d&#233;cision par son d&#233;sir d'encourager l'investissement priv&#233; dans le march&#233; locatif et d'y attirer de nouveaux capitaux provenant des march&#233;s financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, il a mis en place diff&#233;rents incitatifs &#224; la cr&#233;ation d'entreprises financi&#232;res sp&#233;cialis&#233;es dans l'acquisition d'immeubles locatifs, dont les plus importantes sont les fiducies de placement immobilier (FPI), mieux connues sous leur appellation anglaise de &lt;em&gt;Real Estate Investment Trust&lt;/em&gt; (REIT). Les FPI sont des fonds d'investissement cot&#233;s en bourse qui se financent en vendant des actions et en promettant &#224; leurs actionnaires des dividendes stables et croissants. Selon la chercheure Martine August, ces fonds ont &#224; eux seuls achet&#233; plus de 200 000 unit&#233;s locatives depuis la fin des ann&#233;es 1990 au Canada et 17 entreprises financi&#232;res comptent d&#233;sormais parmi les 25 plus gros propri&#233;taires r&#233;sidentiels du pays&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;August, Martine (2022) La financiarisation du logement multifamilial au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces entreprises sont plus pr&#233;sentes &#224; l'ext&#233;rieur du Qu&#233;bec o&#249; les loyers sont encore moins bien r&#233;glement&#233;s. &#192; Toronto, elles ont achet&#233; la quasi-totalit&#233; des immeubles multifamiliaux mis en vente au cours de l'ann&#233;e 2020, tandis qu'&#224; Yellowknife, un seul fonds, Northview REIT, poss&#233;dait &#224; lui seul 74 % des logements locatifs priv&#233;s en 2017. Au Qu&#233;bec, leur pr&#233;sence est pour l'instant moins importante et se concentre dans les grands ensembles locatifs de plus de 100 logements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend ais&#233;ment que de tels fonds, dont les investissements se chiffrent en milliards de dollars, soient moins int&#233;ress&#233;s par les rendements n&#233;cessairement plus faibles d'un duplex ou d'un triplex, car ce sont bel et bien les rendements d'&#233;chelle que visent ces entreprises. Les travaux de Martine August montrent &#233;galement que, dans les immeubles dont ils sont propri&#233;taires, les fonds mettent en &#339;uvre des pratiques de gestion orient&#233;es vers la maximisation des b&#233;n&#233;fices pour leurs actionnaires, au d&#233;triment de l'abordabilit&#233; des logements, de la qualit&#233; de vie et m&#234;me de la s&#233;curit&#233; des locataires. Leur engagement &#224; maintenir des niveaux de rendements croissants les incite &#224; d&#233;ployer d'agressives strat&#233;gies visant &#224; extraire le maximum de valeur de leurs immeubles, par exemple en augmentant syst&#233;matiquement les loyers, en recourant aux expulsions ou &#224; diverses formes de pression afin de favoriser les changements rapides de locataires, ou encore en investissant minimalement dans l'entretien et la r&#233;novation. En raison de la structure de financement de ces entreprises et de leur raison d'&#234;tre, le logement y est d'abord con&#231;u comme un actif &#224; valoriser, comme le serait n'importe quel autre produit financier. Avec la mont&#233;e des fonds d'investissement dans le march&#233; locatif, qui est encore tr&#232;s in&#233;gale selon les r&#233;gions et les provinces, c'est la propri&#233;t&#233; du logement qui tend alors &#224; se financiariser.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les cons&#233;quences de la financiarisation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il n'est pas enti&#232;rement achev&#233;, le processus de financiarisation a jusqu'ici, sous ses diverses formes, contribu&#233; de mani&#232;re importante au d&#233;clenchement de l'actuelle crise du logement. Il a cr&#233;&#233; une pression &#224; la hausse sur les prix et surstimul&#233; la construction et les acquisitions d'immeubles destin&#233;s aux segments les plus rentables du march&#233;. La masse de capitaux qui a afflu&#233; vers ce secteur a cr&#233;&#233; un d&#233;s&#233;quilibre important entre, d'une part, les besoins sociaux grandissants pour du logement de qualit&#233; et accessible financi&#232;rement et, d'autre part, les exigences de rendement d'acteurs financiers qui sont devenus incontournables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la th&#232;se de la financiarisation, qui est de plus en plus souvent &#233;voqu&#233;e pour expliquer la crise du logement &#224; laquelle sont confront&#233;es de nombreuses villes du monde, ne se r&#233;sume pas au seul constat de l'arriv&#233;e de nouveaux acteurs dans le march&#233; r&#233;sidentiel. Elle renvoie d'abord et avant tout &#224; une transformation de son mode de r&#233;gulation, c'est-&#224;-dire de la logique et des rapports sociaux qui pr&#233;sident &#224; son fonctionnement. La financiarisation n'a &#233;videmment rien chang&#233; au fait que le logement est depuis longtemps une marchandise dont la production et le commerce sont motiv&#233;s par la recherche de profit. Cependant, elle a radicalis&#233; ce principe fondateur du march&#233; du logement en cr&#233;ant des conditions dans lesquelles le profit peut se r&#233;aliser beaucoup plus rapidement, dans des proportions consid&#233;rablement plus grandes et de fa&#231;on encore plus d&#233;connect&#233;e des besoins r&#233;sidentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La financiarisation fait aussi appara&#238;tre des acteurs jusqu'ici m&#233;connus, comme les banques, les fonds d'investissement et les fonds de pension g&#233;rant l'&#233;pargne-retraite des travailleur&#183;euses, devant lesquels les &#201;tats se sont pratiquement effac&#233;s et qui jouissent d'un pouvoir d'intervention de loin sup&#233;rieur &#224; celui des propri&#233;taires et des investisseurs-sp&#233;culateurs qui dominaient auparavant le march&#233; du logement. Pour les citoyen&#183;nes et les groupes engag&#233;s dans la lutte pour le droit au logement, la financiarisation red&#233;finit ainsi le cadre dans lequel ce combat doit &#234;tre pens&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En 2008, le Gouvernement du Canada a cr&#233;&#233; le Programme d'achat de pr&#234;ts hypoth&#233;caires assur&#233;s dans le cadre duquel il a achet&#233; aux institutions financi&#232;res pour 69 milliards de dollars de titres hypoth&#233;caires. Il a r&#233;p&#233;t&#233; l'exp&#233;rience en 2020 en dotant ce programme d'un nouveau budget de 150 milliards de dollars, dont il n'a cependant d&#233;pens&#233; qu'une petite partie (5,8 G$) en raison de la vigueur affich&#233;e par le march&#233; de l'immobilier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;August, Martine (2022) &lt;em&gt;La financiarisation du logement multifamilial au Canada. Un rapport pour le Bureau du d&#233;fenseur f&#233;d&#233;ral du logement&lt;/em&gt;, Commission canadienne des droits de la personne, 39 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Louis Gaudreau est membre du collectif de recherche et d'action sur l'habitat (CRACH).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : R&#233;mi Leroux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Prolif&#233;ration des condos, densification et exclusion</title>
		<link>https://www.ababord.org/Proliferation-des-condos-densification-et-exclusion</link>
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		<dc:date>2024-08-04T16:02:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc-Andr&#233; Houle</dc:creator>


		<dc:subject>Houle, Marc-Andr&#233; </dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le visage de Montr&#233;al se transforme peu &#224; peu avec la construction de hautes tours d'habitation qui s'imposent dans le paysage. Les logements y sont co&#251;teux et luxueux. M&#234;me pour celles et ceux qui n'y habitent pas, ces &#233;difices imposent un type d'urbanisme qui aura d'importantes cons&#233;quences. &lt;br class='autobr' /&gt;
Montr&#233;al a connu depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000 un fort d&#233;veloppement de constructions r&#233;sidentielles neuves avec une pr&#233;f&#233;rence tr&#232;s marqu&#233;e pour le condominium (ou propri&#233;t&#233; divise). Ces (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Financiarisation-du-logement-Champ-libre-au-prive-" rel="directory"&gt;Dossier : Financiarisation du logement. Champ libre au priv&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Houle-Marc-Andre-+" rel="tag"&gt;Houle, Marc-Andr&#233; &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/9879-3.png?1722787282' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1250&#034; height=&#034;938&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le visage de Montr&#233;al se transforme peu &#224; peu avec la construction de hautes tours d'habitation qui s'imposent dans le paysage. Les logements y sont co&#251;teux et luxueux. M&#234;me pour celles et ceux qui n'y habitent pas, ces &#233;difices imposent un type d'urbanisme qui aura d'importantes cons&#233;quences.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Montr&#233;al a connu depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000 un fort d&#233;veloppement de constructions r&#233;sidentielles neuves avec une pr&#233;f&#233;rence tr&#232;s marqu&#233;e pour le condominium (ou propri&#233;t&#233; divise). Ces condominiums s'assemblent dans des constructions &#224; forte densit&#233;, des tours qui changent le visage de la ville. Par exemple, dans l'arrondissement du Sud-Ouest, le d&#233;veloppement r&#233;sidentiel &#224; base de condominiums repr&#233;sente 88 % des mises en chantier entre 2000 et 2015. Le d&#233;veloppement de logements locatifs a repris depuis une certaine vigueur sur l'&#238;le de Montr&#233;al, sans jamais pour autant r&#233;duire l'attrait du condominium dans les nouveaux projets immobiliers. Dans l'arrondissement de Ville-Marie, couvrant le centre-ville g&#233;ographique de Montr&#233;al, la mise en chantier de copropri&#233;t&#233;s (condos ou propri&#233;t&#233;s indivises) a suivi, entre 2019 et 2021, une courbe progressive sup&#233;rieure &#224; celle des mises en chantier de logements locatifs, pourtant elles aussi en augmentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dimension de ces constructions peut varier selon les quartiers, mais il s'agit d'un d&#233;veloppement r&#233;sidentiel qui rompt avec le pr&#233;c&#233;dent mod&#232;le privil&#233;giant le b&#226;timent de deux ou trois &#233;tages, regroupant g&#233;n&#233;ralement trois &#224; six logements. Dans la plupart de ces nouveaux projets, on remarque une intensification de l'occupation de l'espace qui se traduit par un gros volume de production r&#233;sidentielle en hauteur. Les trois tours du Canadien (construites entre 2016 et 2021), situ&#233;es pr&#232;s du Centre Bell, toutes trois d'une cinquantaine d'&#233;tages et de plus de 500 unit&#233;s, sont repr&#233;sentatives de ce nouveau d&#233;veloppement r&#233;sidentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs au centre-ville, on suit la tendance, avec des projets de tours de 50 ou 60 &#233;tages : le projet Maestria dans le quartier des spectacles (1000 unit&#233;s), le 1111 Atwater, le 1 Square Philipps, sans oublier le projet Bridge-Bonaventure dans le quartier Pointe-Saint-Charles et dans Ville-Marie (voir &#224; ce sujet&lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Mainmise-sur-les-terrains-publics-Sevrer-la-bete&#034;&gt;le texte de Francis Dolan, Karine Triollet et Margot Silvestro&lt;/a&gt;) pr&#233;voyant 7500 logements tous les genres confondus. On retrouve plusieurs projets r&#233;sidentiels un peu diff&#233;rents, moins &#233;lev&#233;s, mais offrant eux aussi une forte densit&#233;, dans les quartiers situ&#233;s &#224; l'est du centre-ville : le site de l'ancienne usine Molson, le site de l'ancienne tour de la Soci&#233;t&#233; Radio-Canada, les abords du pont Jacques-Cartier. Dans plusieurs autres quartiers de la ville, les promoteurs immobiliers n'en ont que pour des projets ayant toujours une forte densit&#233; urbaine (de six &#224; dix &#233;tages) marquant une diff&#233;rence avec le reste de la trame urbaine.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Condo&#239;sation &#187; de l'habitat, densit&#233; urbaine augment&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le condo est donc le produit r&#233;sidentiel pr&#233;f&#233;r&#233; des promoteurs immobiliers. Il est extr&#234;mement rentable : l'investissement initial qu'il n&#233;cessite peut &#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233; dans un temps relativement court, avec un taux de rendement plus qu'appr&#233;ciable. Assez pour attirer des fonds d'investissement priv&#233;s et institutionnels dans le montage financier de projets immobiliers divers depuis une dizaine d'ann&#233;es. Pourtant, ce n'est pas par go&#251;t pour l'architecture futuriste que s'&#233;difient tant de tours d'habitation. La raret&#233; des terrains et leur valeur financi&#232;re &#233;lev&#233;e dans une ville comme Montr&#233;al forcent la conception de ce type projet pour obtenir une forte rentabilit&#233; recherch&#233;e par les promoteurs et par leurs partenaires, les fonds d'investissement. Le promoteur Vincent Chiara affirmait au journal &lt;em&gt;Le Devoir &lt;/em&gt;qu'il n'y a pas de condos &#224; vendre pour moins de 1000 $ par pieds carr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouveaux logements locatifs se comparent maintenant aux condos dans leur conception et leur promotion. On retrouve un bon nombre de projets d&#233;passant les normes habituelles de hauteur dans les quartiers de Montr&#233;al. L'emballage publicitaire de ces projets emprunte beaucoup &#224; l'exp&#233;rience du condo, par exemple en offrant la m&#234;me gamme de services (salle d'entra&#238;nement, piscine, salon, chalet urbain, etc.). On utilise m&#234;me l'expression de &#171; condo locatif &#187; pour attirer la client&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'augmentation de la valeur des terrains et &#224; leur raret&#233;, les promoteurs immobiliers ne font pas que revendiquer le changement de zonage pour &#233;lever la densit&#233; de leurs projets. Ils innovent &#233;galement en offrant diff&#233;rentes superficies, allant du microcondo (moins de 500 pieds carr&#233;s, certains allant jusqu'&#224; 385 pieds carr&#233;s) jusqu'au Penthouse (2000 pieds carr&#233;s). Cette strat&#233;gie de densification par fractionnement de l'espace habitable, produisant un grand nombre de ces microcondos, semble devenir une pratique courante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son co&#251;t moins prohibitif en apparence le rend plus accessible. Le logement prend place dans un ensemble r&#233;sidentiel multifonctionnel, avec des commerces de proximit&#233;, des bureaux, des espaces verts et offrant des aires communes. La publicit&#233; pour ces projets insiste sur le d&#233;ploiement d'un nouveau style de vie et d'un nouveau milieu de vie urbain (un lifestyle) : une part importante de la vie se situerait hors du logement au profit d'espaces partag&#233;s. Certains promoteurs parlent d'une &#171; communaut&#233; verticale &#187; o&#249; se c&#244;toient jeunes et moins jeunes, couples, personnes seules. Mais celle-ci ne peut inclure que des individus bien fortun&#233;s. La disponibilit&#233; de copropri&#233;t&#233;s de deux ou trois chambres &#224; coucher pour les familles reste limit&#233;e. Dans les quartiers comme l'arrondissement Sud-Ouest, on a pu observer entre 2000 et 2015 que la croissance massive de constructions r&#233;sidentielles neuves allait de pair avec la r&#233;duction de la taille des m&#233;nages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'un mod&#232;le r&#233;sidentiel multifonctionnel qui s'exporte en dehors Montr&#233;al. L'imposant ensemble immobilier Solar Uniquartier pr&#232;s de la station du REM Du Quartier et du DIX30 &#224; Brossard en est un bon exemple. La valeur ajout&#233;e recherch&#233;e de ce &#171; nouveau quartier &#187;, en &#233;tant li&#233;e au d&#233;veloppement du transport collectif, donne une indication des voies que prendront les futurs projets immobiliers.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cons&#233;quences observables&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement r&#233;sidentiel montr&#233;alais depuis vingt ans a remodel&#233; la trame urbaine, certes, mais surtout les rapports entre les classes sociales dans les quartiers. Dans l'arrondissement du Sud-Ouest, on a assist&#233; pendant ces ann&#233;es &#224; une intensification de la gentrification qui avait doucement commenc&#233; durant les d&#233;cennies ant&#233;rieures, mais qui s'est amplifi&#233;e avec le d&#233;veloppement de projets de grande ampleur. Le ph&#233;nom&#232;ne se poursuit jusque l'est du centre-ville. Dans les quartiers du Centre-Nord, que ce soit Petite-Patrie, Mile-Ex ou Villeray, on se lance dans des projets r&#233;sidentiels &#224; forte densit&#233;. Cette dynamique se d&#233;place aussi vers des zones plus excentr&#233;es comme l'est de l'arrondissement Hochelaga-Maisonneuve, Mercier, mais &#233;galement dans l'arrondissement Saint-Laurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces projets, m&#234;me avec des promesses de construction de logements sociaux et abordables, vont transformer consid&#233;rablement la composition sociale des r&#233;sident&#183;es de ces quartiers &#224; moyen et long terme. Cette gentrification par les constructions neuves (&lt;em&gt;new-build gentrification&lt;/em&gt;) favorise la pr&#233;sence de groupes sociaux plus scolaris&#233;s, fortun&#233;s et qui n'ont pas de famille. Elle provoque une forme de s&#233;gr&#233;gation de l'espace urbain, tant elle exclut les groupes sociaux qui ne peuvent pas se procurer ces r&#233;sidences dispendieuses que sont le condo ou le &#171; condo locatif &#187;. Ce nouveau ph&#233;nom&#232;ne, sans en &#234;tre la seule cause, vient clairement amplifier la pr&#233;sente crise du logement abordable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Marc-Andr&#233; Houle est membre du collectif de recherche et d'action sur l'habitat (CRACH).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Terrain du &#171; 495 &#187; de l'avenue Beaumont, devenu complexe de condos locatifs, les r&#233;sidents r&#233;clamaient la construction de logements sociaux (R&#233;mi Leroux).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les gouvernements ont affaibli le filet social</title>
		<link>https://www.ababord.org/Crise-du-logement-social-Les-gouvernements-ont-affaibli-le-filet-social</link>
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		<dc:date>2024-08-04T15:55:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>V&#233;ronique Laflamme</dc:creator>


		<dc:subject>Laflamme, V&#233;ronique</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La persistance de la crise du logement au Qu&#233;bec et les drames qui s'ensuivent montrent &#224; quel point il devient essentiel d'agrandir de fa&#231;on significative l'offre de logements sociaux. Mais la volont&#233; politique n'est pas au rendez-vous. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les listes d'attente pour un logement &#224; loyer modique (HLM) n'ont pratiquement pas boug&#233; depuis plusieurs ann&#233;es. Autour de 37 500 m&#233;nages &#8211; admissibles et r&#233;pondant aux crit&#232;res d'attribution &#8211; y sont inscrits. Alors que leurs besoins sont g&#233;n&#233;ralement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Financiarisation-du-logement-Champ-libre-au-prive-" rel="directory"&gt;Dossier : Financiarisation du logement. Champ libre au priv&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Laflamme-Veronique-+" rel="tag"&gt;Laflamme, V&#233;ronique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/3565345.png?1722786834' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;577&#034; height=&#034;765&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La persistance de la crise du logement au Qu&#233;bec et les drames qui s'ensuivent montrent &#224; quel point il devient essentiel d'agrandir de fa&#231;on significative l'offre de logements sociaux. Mais la volont&#233; politique n'est pas au rendez-vous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les listes d'attente pour un logement &#224; loyer modique (HLM) n'ont pratiquement pas boug&#233; depuis plusieurs ann&#233;es. Autour de 37 500 m&#233;nages &#8211; admissibles et r&#233;pondant aux crit&#232;res d'attribution &#8211; y sont inscrits. Alors que leurs besoins sont g&#233;n&#233;ralement urgents, l'attente pour leur obtention s'&#233;l&#232;ve &#224; plusieurs mois, voire plusieurs ann&#233;es. &#192; Montr&#233;al, par exemple, le d&#233;lai moyen d'attente pour un logement &#224; loyer modique est actuellement de plus de 5 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raret&#233; des logements sociaux aggrave le sort des m&#233;nages locataires &#224; faible revenu, qui sont souvent abandonn&#233;s sans alternative pour se reloger apr&#232;s une &#233;viction, et manquent de ressources pour se prot&#233;ger des hausses abusives de loyer. Ces personnes doivent aussi subir multiples discriminations qui leur rendent l'acc&#232;s au logement difficile. Il s'agit l&#224; de cons&#233;quences directes ou indirectes de la p&#233;nurie de logements locatifs et de la financiarisation du logement. Ainsi, les m&#233;nages &#233;ject&#233;s du march&#233; sont &#224; haut risque de se retrouver finalement &#224; la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de s'inscrire aupr&#232;s de leur office d'habitation pour obtenir un logement &#224; loyer modique, les locataires mal-log&#233;&#183;es peuvent aussi s'impliquer dans la mise sur pied d'une coop&#233;rative ou d'un organisme sans but lucratif (OSBL) d'habitation. Mais ces projets sont financ&#233;s au compte-goutte depuis plus de dix ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment en sommes-nous arriv&#233;&#183;es l&#224; ? En 1994, le f&#233;d&#233;ral a cess&#233; de prendre des engagements &#224; long terme pour soutenir le d&#233;veloppement de nouveaux logements sociaux et a alors frein&#233; un &#233;lan dans l'expansion de logements sociaux pourtant bien amorc&#233; dans les ann&#233;es 1980. Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, le logement social ne repr&#233;sentait que 0,5 % du parc de logements locatifs qu&#233;b&#233;cois. Gr&#226;ce aux investissements massifs du f&#233;d&#233;ral, cette proportion a bondi &#224; 10 % en 1990. Ottawa a &#233;t&#233; le principal bailleur de fonds de quelque 104 000 logements HLM, coop&#233;ratives et OSBL, qui demeurent un important patrimoine collectif du Qu&#233;bec&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; lire en compl&#233;ment, la brochure &#201;volution des interventions f&#233;d&#233;rales en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le gouvernement du Qu&#233;bec peu inspir&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; la mobilisation populaire et aux efforts de certaines mairies, le gouvernement du Qu&#233;bec a pris le relai et annonc&#233;, en 1997, la cr&#233;ation du programme Acc&#232;sLogis, permettant le d&#233;veloppement de coop&#233;ratives, d'OSBL d'habitation et d'offices d'habitation, pour des m&#233;nages &#224; faibles et &#224; modestes revenus. &#201;ventuellement, les offices d'habitation ont &#233;galement pu s'en pr&#233;valoir. Toutefois, le Qu&#233;bec n'a jamais remis en place un programme HLM comme celui du f&#233;d&#233;ral, d&#233;di&#233; enti&#232;rement aux m&#233;nages &#224; faible revenu. De plus, les investissements qu&#233;b&#233;cois n'ont jamais permis de financer autant de logements qu'il s'en r&#233;alisait avant le retrait du f&#233;d&#233;ral. Malgr&#233; tout, plus de 35 000 ont &#233;t&#233; construits depuis la cr&#233;ation d'Acc&#232;sLogis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, &#224; partir de 2009, la non-indexation automatique du programme a commenc&#233; &#224; ralentir, voire entraver la cr&#233;ation des logements. D'autres modifications qui auraient d&#251; &#234;tre apport&#233;es ont tra&#238;n&#233; en longueur. En 2015, une grande consultation a &#233;t&#233; lanc&#233;e par le gouvernement lib&#233;ral de Philippe Couillard. Un rapport a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; et ses conclusions &#233;taient claires : il fallait conserver le programme, mais aussi l'am&#233;liorer et le bonifier. La campagne &#233;lectorale approchant, des sommes ponctuelles ont &#233;t&#233; octroy&#233;es pour d&#233;bloquer des projets, mais les modifications les plus n&#233;cessaires se font encore attendre. Ainsi, la contribution du gouvernement du Qu&#233;bec, qui devait atteindre 50 % des co&#251;ts de r&#233;alisation des projets, a atteint un creux de 30 % en 2019.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Au royaume de la CAQ&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la CAQ a &#233;t&#233; &#233;lue en septembre 2018, 15 000 logements d&#233;j&#224; programm&#233;s dans Acc&#232;sLogis n'&#233;taient toujours pas r&#233;alis&#233;s. La CAQ avait promis de construire ces logements au cours de son premier mandat. Elle a attendu quatre ans pour ajouter des sommes substantielles dans son budget. Mais les co&#251;ts ayant augment&#233;, celles-ci n'&#233;taient plus suffisantes : 8000 de ces logements ne sont toujours pas construits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, seulement 500 nouveaux logements sociaux ont &#233;t&#233; pr&#233;vus. Pourtant, Qu&#233;bec avait sign&#233; une nouvelle entente sur le logement avec Ottawa, et allait disposer de nouveaux fonds f&#233;d&#233;raux qui auraient pu et d&#251; servir &#224; accroitre l'offre de logements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les campagnes &#233;lectorales municipales de l'automne 2021, plusieurs candidat&#183;es se sont fix&#233; des objectifs de d&#233;veloppement du logement social ; au lendemain des &#233;lections, les nouvelles mairies, elles aussi, ont demand&#233; aux gouvernements sup&#233;rieurs de nouveaux investissements en ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, en novembre 2021, au lieu d'investir dans la relance d'Acc&#232;sLogis, la CAQ a lanc&#233; un nouveau programme d'habitation dite abordable, le Programme d'habitation abordable &#8211; Qu&#233;bec (PHAQ) (voir encadr&#233; &#224; la page suivante). Celui-ci amor&#231;ait une dangereuse privatisation de l'aide au logement en proposant le financement public &#224; des promoteurs priv&#233;s. D'autant qu'encore une fois, il a accru l'offre des subventions de ce qu'on appelle les &#171; suppl&#233;ments au loyer priv&#233;s &#187; (PSL-priv&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, il est connu et v&#233;rifi&#233; qu'en p&#233;riode de p&#233;nurie de logements locatifs, les propri&#233;taires boudent syst&#233;matiquement les PSL-priv&#233;s destin&#233;s aux m&#233;nages &#224; faible revenu ; ils pr&#233;f&#232;rent trier leurs locataires. Rien ne va mieux pour le PHAQ. Ce programme, con&#231;u pour construire des logements destin&#233;s aux m&#233;nages &#224; modestes et &#224; faibles revenus, n'inclut pas syst&#233;matiquement de subventions pour aider &#224; garder les loyers &#224; bas co&#251;t. De plus, les promoteurs n'ont aucune obligation de r&#233;server des logements aux m&#233;nages qui sont le plus dans le besoin. Ainsi, les quelques logements pr&#233;tendument abordables qu'ils construisent ne le sont en fait que dans une p&#233;riode restreinte, quand ils ne sont pas tout simplement inaccessibles d&#232;s le d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte qu'a d&#233;but&#233; la derni&#232;re campagne &#233;lectorale, alors que 600 m&#233;nages locataires &#233;taient toujours accompagn&#233;s par un service d'aide d'urgence parce qu'ils n'avaient pas r&#233;ussi &#224; renouveler leur bail au 1er juillet et &#224; trouver un nouveau logement. De plus en plus de gens doivent dormir pendant des semaines dans des motels, voire dans leur voiture. Des familles sont prisonni&#232;res de leur logement insalubre. L'ins&#233;curit&#233; r&#233;sidentielle et le d&#233;sespoir des personnes qui en souffrent sont consid&#233;rables. On s'attendait &#224; ce que les partis politiques en lice aux &#233;lections soient talonn&#233;s sur les mesures &#224; mettre en place pour r&#233;pondre aux besoins de ces m&#233;nages. &#199;a n'a pas &#233;t&#233; le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul engagement pris par la CAQ a &#233;t&#233; de promettre 11 700 logements en 4 ans, dont seulement 7000 seront de nouveaux logements (les 4700 autres ayant d&#233;j&#224; &#233;t&#233; annonc&#233;s). La CAQ n'a pas non plus pr&#233;cis&#233; combien de ces logements seront effectivement hors march&#233;, construits par des coop&#233;ratives, des OSBL ou des offices d'habitation, ni combien seront r&#233;serv&#233;s aux m&#233;nages &#224; faible revenu. Pire, les 7000 nouveaux logements seront r&#233;alis&#233;s dans le cadre du PHAQ, avec tous les inconv&#233;nients que nous avons signal&#233;s, laissant croire que le programme Acc&#232;sLogis, plus adapt&#233; &#224; la diversit&#233; des besoins, sera abandonn&#233; d&#233;finitivement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les bonnes solutions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le FRAPRU demande la r&#233;alisation de 50 000 logements sociaux en 5 ans, sous diff&#233;rentes formes. Ceci inclut un programme d'acquisition de b&#226;timents r&#233;sidentiels locatifs et leur socialisation. Car s'il faut construire de nouveaux logements sociaux pour lutter contre une raret&#233; des logements qui s&#233;vit dans toutes les r&#233;gions, il faut &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;aussi donner les moyens aux villes et aux organismes sans but lucratif d'acqu&#233;rir des immeubles r&#233;sidentiels existants pour contrer efficacement l'effritement du parc de logements locatifs encore abordables et assurer le maintien dans leur milieu des m&#233;nages qui y habitent, ce qui est incontournable pour faire face &#224; la financiarisation du logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce chantier ne sera pas suffisant, mais c'est une premi&#232;re &#233;tape pour parvenir &#224; une plus grande socialisation du parc locatif. &#201;tant donn&#233; la vitesse avec laquelle le sort des locataires se d&#233;grade, il devient plus que n&#233;cessaire de doubler le pourcentage de logements sociaux dans un proche avenir. Pour que le droit au logement de tous et toutes soit respect&#233;, on ne peut pas compter sur le march&#233; priv&#233;. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; lire en compl&#233;ment, la brochure &#201;volution des interventions f&#233;d&#233;rales en logement, r&#233;dig&#233;e par Fran&#231;ois Saillant, disponible sur le site du FRAPRU : &lt;a class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; href='http://www.frapru.qc.ca/brochure-interventions-federales' rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.frapru.qc.ca/brochure-interventions-federales&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;V&#233;ronique Laflamme est organisatrice et porte-parole du FRAPRU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : R&#233;mi Leroux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Logement social et logement abordable : deux r&#233;alit&#233;s bien diff&#233;rentes</title>
		<link>https://www.ababord.org/Logement-social-et-logement-abordable-deux-realites-bien-differentes</link>
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		<dc:date>2024-08-04T15:54:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>V&#233;ronique Laflamme</dc:creator>


		<dc:subject>Laflamme, V&#233;ronique</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La principale caract&#233;ristique du logement social (HLM, coop&#233;ratives et OSBL d'habitation) est qu'il est sans but lucratif. L'objectif n'est pas de faire du profit, mais de r&#233;pondre aux besoins des m&#233;nages locataires &#224; faibles et modestes revenus. &lt;br class='autobr' /&gt;
G&#233;n&#233;ralement, il est subventionn&#233; par les gouvernements et les villes, ou l'a &#233;t&#233; &#224; l'origine. Ces subventions permettent d'offrir des logements &#224; un prix qui respecte la capacit&#233; de payer des locataires. De plus, en &#233;tant une propri&#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Financiarisation-du-logement-Champ-libre-au-prive-" rel="directory"&gt;Dossier : Financiarisation du logement. Champ libre au priv&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Laflamme-Veronique-+" rel="tag"&gt;Laflamme, V&#233;ronique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/12123.png?1722786477' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;690&#034; height=&#034;919&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La principale caract&#233;ristique du &lt;i&gt;logement social&lt;/i&gt; (HLM, coop&#233;ratives et OSBL d'habitation) est qu'il est sans but lucratif. L'objectif n'est pas de faire du profit, mais de r&#233;pondre aux besoins des m&#233;nages locataires &#224; faibles et modestes revenus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;G&#233;n&#233;ralement, il est subventionn&#233; par les gouvernements et les villes, ou l'a &#233;t&#233; &#224; l'origine. Ces subventions permettent d'offrir des logements &#224; un prix qui respecte la capacit&#233; de payer des locataires. De plus, en &#233;tant une propri&#233;t&#233; collective, le logement social garantit aux locataires un certain contr&#244;le sur leurs conditions de logement, m&#234;me dans le cas des HLM, puisque tous ces offices d'habitation ont l'obligation de cr&#233;er des comit&#233;s de r&#233;sident&#183;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression &#171; logement abordable &#187; est largement utilis&#233;e au Canada depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000 et l'est de plus en plus au Qu&#233;bec. Selon la Soci&#233;t&#233; canadienne d'hypoth&#232;ques et de logement (SCHL) et la Strat&#233;gie f&#233;d&#233;rale sur le logement, un logement est abordable si le m&#233;nage y consacre moins de 30 % de son revenu avant imp&#244;t. Mais cette d&#233;nomination fourre-tout est en v&#233;rit&#233; &#233;lastique, et ce que l'on entend par elle d&#233;pend des programmes gouvernementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, certaines initiatives issues de la strat&#233;gie f&#233;d&#233;rale prescrivent, par exemple, qu'un logement abordable co&#251;te 80 % ou moins du co&#251;t m&#233;dian du march&#233;. D'autres exigent que le loyer ne d&#233;passe pas ce chiffre cit&#233; plus haut de 30 % du revenu de l'ensemble des m&#233;nages, propri&#233;taires ou locataires, ce qui peut s'appliquer &#224; des loyers de plus de 2000 $ par mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'il en soit, les loyers calcul&#233;s &#224; partir de ces d&#233;finitions d&#233;passent la capacit&#233; de payer de nombreux m&#233;nages ayant des besoins imp&#233;rieux de logement. Pire, plus de la moiti&#233; des unit&#233;s construites dans chacun des ensembles subventionn&#233;s n'ont pas &#224; &#234;tre abordables, alors que 100 % le sont dans le cadre de programmes de logements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le logement dit abordable peut &#234;tre sans but lucratif, mais il peut aussi &#234;tre le fait de promoteurs priv&#233;s &#224; but lucratif. Dans ce dernier cas, il ne contribue pas, contrairement au logement social, &#224; l'accroissement du patrimoine collectif pour faire face aux besoins des prochaines g&#233;n&#233;rations et aux crises &#224; venir. Au contraire, les logements dits abordables construits par ces promoteurs contribuent &#224; la logique inflationniste et sp&#233;culative qui cause de plus en plus de mal-logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, le terme a &#233;t&#233; r&#233;cemment ajout&#233; dans la Loi de la Soci&#233;t&#233; d'habitation du Qu&#233;bec (SHQ). Le gouvernement caquiste a entretenu la confusion en nommant son nouveau programme &lt;em&gt;Programme d'habitation abordable Qu&#233;bec&lt;/em&gt;, lequel finance &#224; la fois du logement priv&#233; et du logement social. La Ville de Montr&#233;al entretient, elle aussi, le flou avec son &lt;em&gt;Chantier Montr&#233;al Abordable&lt;/em&gt; o&#249;, malgr&#233; les demandes r&#233;p&#233;t&#233;es, notamment du FRAPRU, il n'y a aucune offre de logements hors du march&#233; priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression &#171; logement abordable &#187; &#233;voque donc des logements aux co&#251;ts extr&#234;mement vari&#233;s, puisque ce qui est abordable pour un m&#233;nage de classe moyenne ne l'est pas pour un autre &#224; tr&#232;s faible revenu. Une bonne partie des logements subventionn&#233;s sont maintenant, en v&#233;rit&#233;, non abordables. De plus, il est pr&#233;vu que des logements &#171; abordables &#187;, construits &#224; l'aide de programmes f&#233;d&#233;raux et qu&#233;b&#233;cois, ne le resteront que pendant un temps limit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;V&#233;ronique Laflamme est organisatrice et porte-parole du FRAPRU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : R&#233;mi Leroux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Locataires, on se mobilise !</title>
		<link>https://www.ababord.org/Locataires-on-se-mobilise</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Locataires-on-se-mobilise</guid>
		<dc:date>2024-08-04T15:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martin Blanchard</dc:creator>


		<dc:subject>Blanchard, Martin</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comment se battre contre les monstres que sont les grands conglom&#233;rats financiers qui, en ce moment m&#234;me, font main basse sur une bonne partie des logements au Qu&#233;bec et affaiblissent dangereusement les droits des locataires ? Malgr&#233; la grande difficult&#233; de lutter contre un tel adversaire, il est possible de se mobiliser et de faire reculer cette menace. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les conglom&#233;rats financiers (fonds de pension, fonds n&#233;goci&#233;s en bourse, compagnies gestionnaires, etc.) sont en expansion rapide dans le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Financiarisation-du-logement-Champ-libre-au-prive-" rel="directory"&gt;Dossier : Financiarisation du logement. Champ libre au priv&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-associatif-et-+" rel="tag"&gt;Mouvement associatif et communautaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/1231231.png?1722529822' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;833&#034; height=&#034;1092&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment se battre contre les monstres que sont les grands conglom&#233;rats financiers qui, en ce moment m&#234;me, font main basse sur une bonne partie des logements au Qu&#233;bec et affaiblissent dangereusement les droits des locataires ? Malgr&#233; la grande difficult&#233; de lutter contre un tel adversaire, il est possible de se mobiliser et de faire reculer cette menace.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les conglom&#233;rats financiers (fonds de pension, fonds n&#233;goci&#233;s en bourse, compagnies gestionnaires, etc.) sont en expansion rapide dans le secteur locatif. Leur pr&#233;sence devient dominante aux &#201;tats-Unis et leur part de march&#233; au Canada est estim&#233;e &#224; environ 20 % du parc locatif priv&#233;. Le Qu&#233;bec tire un peu de l'arri&#232;re, mais il n'est pas en reste : la Caisse de d&#233;p&#244;t et de placement du Qu&#233;bec est un tr&#232;s gros propri&#233;taire locatif hors Qu&#233;bec (notamment aux &#201;tats-Unis) qui se vante d'avoir comme strat&#233;gie de &#171; hausser significativement les loyers &#187; des logements qu'elle acquiert&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Un des pires deals de l'histoire de la Caisse &#187;, Journal de Montr&#233;al, 19 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces conglom&#233;rats financiers ne visent pas tant &#224; loger les m&#233;nages qu'&#224; extraire le plus d'argent possible des locataires pour le redistribuer &#224; leurs actionnaires et dirigeants. La meilleure preuve de cette d&#233;mesure est dans leur pr&#233;sence nettement plus importante dans les provinces canadiennes o&#249; les protections des locataires sont les plus faibles. Si les conglom&#233;rats financiers s'&#233;tablissent davantage dans ces r&#233;gions, c'est que leur objectif de faire des profits exorbitants passe par des attaques directes aux locataires : compressions dans les services et entretien, remplacements des locataires en place par des m&#233;nages payant des loyers plus chers et hausses abusives &#224; r&#233;p&#233;tition. Les locataires font ainsi face &#224; un syst&#232;me pr&#233;dateur qui rappelle d'autres &#233;poques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des situations inacceptables&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les tentatives de d&#233;roger aux droits des locataires ne sont pas une nouveaut&#233;, mais ces attaques se g&#233;n&#233;ralisent aujourd'hui. Dans le but de faire des surprofits, les conglom&#233;rats financiers encaissent sans peine les pertes occasionn&#233;es par des logements vacants pour mieux faire grimper les loyers de leurs logements plut&#244;t que de les louer &#224; un prix raisonnable. Leur capacit&#233; financi&#232;re quasiment infinie leur permet aussi d'&#233;vincer tous les m&#233;nages locataires d'un m&#234;me immeuble sur une longue dur&#233;e. Les autres types de propri&#233;taires, qui veulent survivre dans ce monde sans piti&#233;, ont vite repris ces pratiques. C'est ainsi qu'on constate depuis plusieurs ann&#233;es une recrudescence des hausses faramineuses de loyer, des r&#233;novictions frauduleuses et des conversions de toutes sortes dans la vocation des logements (h&#233;bergement touristique, condos, r&#233;sidence pour a&#238;n&#233;&#183;es) qui &#233;vincent tous les m&#233;nages d'un immeuble d'un seul trait. R&#233;sultat : de plus en plus de m&#233;nages se retrouvent &#224; la rue et les loyers des logements disponibles d&#233;passent follement le co&#251;t de la vie, comme le montre notre enqu&#234;te sur le march&#233; incontr&#244;l&#233; des loyers, &lt;em&gt;Sans loi ni toit&lt;/em&gt;, qui analyse 50 000 annonces de logements &#224; louer sur Kijiji&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;RCLALQ, Sans toit ni loi. Enqu&#234;te sur le march&#233; incontr&#244;l&#233; des loyers, juin (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les impacts et les cons&#233;quences de ces pratiques, on le devine, sont tr&#232;s n&#233;fastes : perdre son chez-soi, s'appauvrir chaque mois, respirer l'air vici&#233; d'un appartement mal entretenu sont des &#233;preuves terriblement dures. Des personnes en meurent et de nombreuses vies sont bris&#233;es &#224; tout jamais. Ces trag&#233;dies se d&#233;roulent derri&#232;re des portes closes, mais les travailleurs et travailleuses en intervention d'aide assistent &#224; ces drames au quotidien. Ce ne sont pas seulement les m&#233;nages directement touch&#233;s par la financiarisation, ainsi que leurs familles et leurs proches, qui en subissent les effets n&#233;fastes, c'est tout le filet social qui &#233;cope. Tant du c&#244;t&#233; des groupes logement que des organismes qui travaillent sur des enjeux connexes, les difficult&#233;s et la surcharge de travail s'accumulent, le stress et l'impuissance gangr&#232;nent les vies et la rel&#232;ve n'a pas trop envie de s'engager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La machine de la financiarisation du logement fait aussi entrevoir l'inqui&#233;tant recul d'une qualit&#233; de vie de premi&#232;re importance. Toute personne devrait pouvoir profiter d'un toit permanent, d'un voisinage de confiance, d'un quartier agr&#233;able, d'une ville ador&#233;e, d'un territoire inspirant. Mais si on laisse les requins de l'immobilier prendre le dessus, il faudra payer le prix pour en profiter. Que faire pour &#233;viter ce d&#233;sastre ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Se battre malgr&#233; tout&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Revenons sur ce qui a &#233;t&#233; dit. Le Qu&#233;bec r&#233;siste un peu mieux &#224; la financiarisation que les autres provinces du Canada, en partie peut-&#234;tre pour des raisons de langue ou d'un parc immobilier majoritairement compos&#233; de constructions de petites dimensions, mais surtout en raison de l'interdiction de hausser les loyers entre les changements de locataires et, de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, &#224; cause d'une l&#233;gislation relativement robuste pour prot&#233;ger les locataires contre les pratiques abusives (notamment le droit au maintien des locataires dans les lieux m&#234;mes dans le cas de travaux majeurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements de droite qui se succ&#232;dent au Qu&#233;bec cherchent cependant &#224; affaiblir ces droits durement acquis. Non seulement faut-il combattre cette attaque, mais il est devenu urgent de faire pression pour renforcer ces droits et pour hausser le financement du logement social, puisque les droits des locataires sont mieux respect&#233;s lorsque l'offre de logements sociaux r&#233;pond &#224; la demande. &#192; terme, on peut aussi r&#233;fl&#233;chir &#224; des m&#233;canismes de protection plus large, telle une imposition fiscale plus agressive du profit immobilier, une limitation du nombre de logements locatifs poss&#233;d&#233;s par un seul propri&#233;taire, une socialisation des immeubles poss&#233;d&#233;s par des propri&#233;taires malveillants, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a tr&#232;s peu de chances pour que nos gouvernements actuels r&#233;pondent &#224; ces demandes de fa&#231;on spontan&#233;e. Par cons&#233;quent, la lutte a pour point de d&#233;part une opposition imm&#233;diate aux requins de l'immobilier, un cas &#224; la fois, avec constance et acharnement, afin de pr&#233;server chaque habitat et &#233;viter de tout perdre. Il n'y a pas de petits gains face &#224; la perte d'un logement. De plus, chacun de ces actes de r&#233;sistance est non seulement inspirant, il repr&#233;sente un maillon d'une longue cha&#238;ne menant &#224; la transformation du social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce genre de lutte que m&#232;nent les comit&#233;s logement et les associations de locataires, qui chaque ann&#233;e aident des milliers de m&#233;nages locataires du Qu&#233;bec &#224; am&#233;liorer leur sort, &#224; garder leur logement, &#224; tenir t&#234;te &#224; des demandes abusives, &#224; mettre en marche des projets de COOP et d'OSBL d'habitation et revendiquer plus de justice sociale. Nous savons aussi que des groupes locaux de voisins de paliers et de ruelles, des associations &#233;tudiantes et des groupes d'entraide, inspir&#233;s par le combat quotidien des groupes logement, travaillent &#233;nergiquement &#224; r&#233;aliser ces m&#234;mes objectifs. C'est sur cette base militante et engag&#233;e que la lutte se dessine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La financiarisation que nous observons maintenant annonce une n&#233;cessaire extension de la lutte pour le droit au logement. Pendant que la plan&#232;te se meurt et que la plupart des gens habitent des logements pr&#233;caires et souvent trop chers, les plus riches se pavanent dans des demeures absurdement immenses, bien trop grandes pour leurs besoins. Cette situation ne peut perdurer.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des organisations efficaces&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sister &#224; cette folie, c'est possible au Qu&#233;bec. Les groupes logement sont rassembl&#233;s sous deux grandes banni&#232;res : d'une part, le Regroupement des comit&#233;s logement et associations de locataire du Qu&#233;bec (RCLALQ) coordonne les luttes en mati&#232;re de logement priv&#233;, et d'autre part, le Front d'action populaire en r&#233;am&#233;nagement urbain (FRAPRU) coordonne les luttes pour le logement social. De plus, les groupes de d&#233;fense de droit en logement sont concert&#233;s dans les grandes luttes nationales pour l'avancement des droits sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des gains importants ont &#233;t&#233; faits dans le pass&#233; gr&#226;ce &#224; cette concertation de la soci&#233;t&#233; civile, plut&#244;t unique au monde. Il est plus que permis d'esp&#233;rer faire reculer les conglom&#233;rats financiers si la mobilisation prend son essor, en commen&#231;ant &#224; la base, par une mobilisation pour aider notre voisin&#183;e &#224; garder son logement et &#224; refuser sa hausse de loyer. &#199;a se poursuit avec des actions militantes pour un gel imm&#233;diat des loyers, un contr&#244;le obligatoire des loyers (comme le revendique la campagne du RCLALQ &#171; Les loyers explosent, un contr&#244;le s'impose &#187;) ainsi qu'un contr&#244;le s&#233;v&#232;re de toutes les pratiques qui peuvent mettre fin &#224; un bail (reprise, r&#233;noviction, etc.) Et encore par des actions et occupations exigeant un r&#233;investissement massif dans le logement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier pas consiste &#224; prendre conscience de notre force collective. Les groupes logement locaux sont des ressources formidables pour faire ce premier pas ; leurs coordonn&#233;es se retrouvent sur les sites Web du RCLALQ et du FRAPRU.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Un des pires deals de l'histoire de la Caisse &#187;, &lt;em&gt;Journal de Montr&#233;al&lt;/em&gt;, 19 juin 2021. En ligne : &lt;a class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; href='http://www.journaldemontreal.com/2021/06/19/un-des-pires-deals-de-lhistoire-de-la-caisse' rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.journaldemontreal.com/2021/06/19/un-des-pires-deals-de-lhistoire-de-la-caisse&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;RCLALQ, &lt;em&gt;Sans toit ni loi. Enqu&#234;te sur le march&#233; incontr&#244;l&#233; des loyers&lt;/em&gt;, juin 2022.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Martin Blanchard, Regroupement des comit&#233;s logement et associations de locataires du Qu&#233;bec (RCLALQ)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Depuis de nombreuses ann&#233;es, les locataires de Parc-Extension, un des quartiers les plus pauvres au Canada, font face &#224; la pression des propri&#233;taires, aux r&#233;novictions et aux hausses des loyers (R&#233;mi Leroux).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au coeur d'une crise excentr&#233;e</title>
		<link>https://www.ababord.org/Au-coeur-d-une-crise-excentree</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Au-coeur-d-une-crise-excentree</guid>
		<dc:date>2024-08-04T15:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;dric Dussault</dc:creator>


		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Dussault, C&#233;dric</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Actuellement, le Qu&#233;bec traverse une crise du logement tr&#232;s particuli&#232;re : alors qu'historiquement, ce probl&#232;me &#233;tait un ph&#233;nom&#232;ne urbain, ses effets semblent maintenant encore plus graves &#224; mesure que l'on s'&#233;loigne des grands centres. &lt;br class='autobr' /&gt;
La Soci&#233;t&#233; canadienne d'hypoth&#232;ques et de logement (SCHL) publie un rapport annuel dans lequel elle d&#233;voile les taux d'inoccupation mesur&#233;s pour toutes les agglom&#233;rations de 10 000 habitant&#183;es ou plus. Son dernier rapport indique que pour l'ensemble du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Financiarisation-du-logement-Champ-libre-au-prive-" rel="directory"&gt;Dossier : Financiarisation du logement. Champ libre au priv&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Dussault-Cedric-+" rel="tag"&gt;Dussault, C&#233;dric&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-associatif-et-+" rel="tag"&gt;Mouvement associatif et communautaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/234234-9.png?1722529402' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1250&#034; height=&#034;803&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Actuellement, le Qu&#233;bec traverse une crise du logement tr&#232;s particuli&#232;re : alors qu'historiquement, ce probl&#232;me &#233;tait un ph&#233;nom&#232;ne urbain, ses effets semblent maintenant encore plus graves &#224; mesure que l'on s'&#233;loigne des grands centres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Soci&#233;t&#233; canadienne d'hypoth&#232;ques et de logement (SCHL) publie un rapport annuel dans lequel elle d&#233;voile les taux d'inoccupation mesur&#233;s pour toutes les agglom&#233;rations de 10 000 habitant&#183;es ou plus. Son dernier rapport indique que pour l'ensemble du Qu&#233;bec, le taux d'inoccupation est rest&#233; stable entre 2020 et 2021, demeurant &#224; 2,5 % (rappelons que le seuil d'&#233;quilibre reconnu se situe &#224; 3 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sous cet &#233;quilibre apparent se cache une tendance &#224; la fois forte et sans pr&#233;c&#233;dent : ce sont maintenant les r&#233;gions qui tirent le taux d'inoccupation vers le bas, et la m&#233;tropole qui le tire vers le haut. Le taux d'inoccupation &#224; Montr&#233;al a continu&#233; &#224; remonter en 2021 pour atteindre 3 % (&#233;tant m&#234;me sup&#233;rieur sur l'&#238;le de Montr&#233;al, &#224; 3,7 %, par rapport aux banlieues), alors que toutes les autres r&#233;gions m&#233;tropolitaines de recensement (RMR) ont enregistr&#233; un recul important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les logements se rar&#233;fient encore plus rapidement dans des villes que l'on pourrait qualifier d'&#171; interm&#233;daires &#187; comme Granby, Mascouche, Terrebonne, Drummondville, Rouyn-Noranda, Joliette, Rimouski et Rivi&#232;re-du-Loup, o&#249; le taux d'inoccupation est de 0,5 % ou moins. La nature m&#234;me de la p&#233;nurie de logements actuelle, qui s&#233;vit plus fortement &#224; l'ext&#233;rieur des grands centres, pourrait m&#234;me &#234;tre sous-estim&#233;e, puisque la m&#233;thodologie utilis&#233;e par la SCHL ne tient pas compte des municipalit&#233;s de moins de 10 000 habitant&#183;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des loyers qui flambent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2019, le Regroupement des comit&#233;s logements et associations de locataires du Qu&#233;bec (RCLALQ) proc&#232;de &#224; une enqu&#234;te annuelle sur le prix des logements &#224; louer &#224; partir de la compilation de dizaines de milliers d'annonces r&#233;colt&#233;es sur le site Kijiji. La derni&#232;re enqu&#234;te, intitul&#233;e &lt;em&gt;Sans loi ni toit : enqu&#234;te sur le march&#233; incontr&#244;l&#233; des loyers&lt;/em&gt;, publi&#233;e en juin 2022, a r&#233;v&#233;l&#233; que la flamb&#233;e des loyers s'acc&#233;l&#232;re partout au Qu&#233;bec. Mais pour la premi&#232;re fois en trois ans d'enqu&#234;te, les hausses de loyers les plus significatives sont observ&#233;es &#224; l'ext&#233;rieur des grands centres urbains de la province.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 2021 et 2022, le prix des logements &#224; louer a bondi de 9 % pour l'ensemble de la province, toute typologie de logement confondue. Pour certaines r&#233;gions, le faible nombre d'annonces de logements &#224; louer ne nous permet pas d'obtenir un &#233;chantillon suffisant pour &#233;tablir une moyenne repr&#233;sentative. M&#234;me dans des villes avec une population appr&#233;ciable comme Rouyn-Noranda, Rivi&#232;re-du-Loup, Matane ou Gasp&#233;, la p&#233;nurie est telle que les rares logements disponibles se louent souvent sans m&#234;me avoir &#233;t&#233; affich&#233;s. Malgr&#233; cette absence de donn&#233;es, de nombreux t&#233;moignages r&#233;colt&#233;s par des comit&#233;s logement ou d'autres organismes nous portent &#224; croire que ces r&#233;gions observent &#233;galement des hausses de loyer tr&#232;s &#233;lev&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toutes les r&#233;gions, les propri&#233;taires de logements locatifs ont profit&#233; de la raret&#233; en augmentant rapidement les loyers, sachant qu'ils pourront facilement relouer leur logement &#224; fort prix. Des r&#233;gions o&#249; les loyers &#233;taient demeur&#233;s relativement accessibles pendant longtemps sont maintenant touch&#233;es par des hausses importantes. Pour les m&#233;nages locataires qu&#233;b&#233;cois &#224; revenus plus modestes, la crise du logement se perp&#233;tue, voire s'accentue de plus en plus depuis au moins vingt ans. Les donn&#233;es nous montrent maintenant que pour ces m&#233;nages, la migration vers une autre r&#233;gion pour trouver un logement plus abordable n'est d&#233;sormais plus possible : la propagation de la p&#233;nurie &#224; l'ensemble du territoire qu&#233;b&#233;cois ne leur offre plus aucune &#233;chappatoire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pand&#233;mie ? Pas tant&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il serait facile d'attribuer la &#171; r&#233;gionalisation &#187; de la p&#233;nurie de logements et l'explosion des loyers qui en d&#233;coule &#224; un exode urbain motiv&#233; par la pand&#233;mie de COVID-19. Les possibilit&#233;s accrues de t&#233;l&#233;travail et l'appel des grands espaces en p&#233;riode de confinement ont certainement pu inciter des citadin&#183;es &#224; d&#233;m&#233;nager &#224; l'ext&#233;rieur des grands centres. Toutefois, quand on y regarde d'un peu plus pr&#232;s, on voit bien que la pand&#233;mie n'a tout au plus qu'acc&#233;l&#233;r&#233; une tendance d&#233;j&#224; bien ancr&#233;e. Dans presque toutes les r&#233;gions, les reculs les plus marqu&#233;s des taux d'inoccupation ont &#233;t&#233; observ&#233;s entre 2017 et 2019, soit avant la pand&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des derni&#232;res ann&#233;es, il s'est construit &#233;norm&#233;ment de logements locatifs &#224; Montr&#233;al, les mises en chantier s'&#233;l&#232;vent en nombre record. Mais le capitalisme &#233;tant ce qu'il est, ce qui s'est construit ne l'a pas &#233;t&#233; pour combler un besoin, ni m&#234;me r&#233;pondre &#224; la demande, mais bien pour d&#233;gager la plus grande marge de profit possible. Et si, dans la derni&#232;re ann&#233;e, les hausses de loyer ont &#233;t&#233; plus spectaculaires en dehors des grands centres, c'est qu'en ville, elles avaient d&#233;j&#224; progress&#233; &#224; bon rythme au cours des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes. Elles demeurent largement au-dessus des indices d'augmentation recommand&#233;s par le Tribunal administratif du logement. &#192; Montr&#233;al comme ailleurs, les logements dont le loyer n'est pas prohibitif et les grands logements disponibles restent extr&#234;mement rares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien avant la pand&#233;mie de COVID-19, l'explosion des loyers et des prix de l'immobilier avait d&#233;j&#224; provoqu&#233; un certain exode hors des grandes villes et entra&#238;n&#233; la chute des taux d'inoccupation dans la plupart des r&#233;gions du Qu&#233;bec a &#233;t&#233; beaucoup plus brutale. Ce ph&#233;nom&#232;ne, s'il a pris de l'ampleur r&#233;cemment pour atteindre un sommet l'an dernier, s'est amorc&#233; il y a d&#233;j&#224; une vingtaine d'ann&#233;es. Entre 2001 et 2021, la r&#233;gion de Montr&#233;al a perdu 458 173 personnes au solde migratoire interr&#233;gional&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bernard Vachon, &#171; Ce que nous r&#233;v&#232;lent les migrations interr&#233;gionales &#187;, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces personnes ont quitt&#233; la ville pour la banlieue ou des r&#233;gions p&#233;riph&#233;riques (Mont&#233;r&#233;gie, Lanaudi&#232;re, Laurentides, Estrie), mais aussi pour des r&#233;gions interm&#233;diaires et &#233;loign&#233;es qui s'&#233;taient, au cours des d&#233;cennies pr&#233;c&#233;dentes, d&#233;peupl&#233;es au profit des grands centres : Gasp&#233;sie&#8211;&#206;les-de-la-Madeleine, Bas-Saint-Laurent, Mauricie, Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean. Bref, en une vingtaine d'ann&#233;es, le Qu&#233;bec est pass&#233; d'une situation d'exode rural massif &#224; une situation d'exode urbain mod&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;O&#249; s'en va-t-on ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On pourrait croire que cet exode urbain mod&#233;r&#233; est &#224; l'origine de la crise que l'on conna&#238;t aujourd'hui en r&#233;gion et penser, comme le font diff&#233;rents acteurs, que la solution &#224; la p&#233;nurie de logements serait de construire davantage. Or, on n'a jamais autant construit de logements locatifs au Qu&#233;bec qu'&#224; l'heure actuelle. En ville comme dans les autres r&#233;gions, le cadre b&#226;ti qu&#233;b&#233;cois n'a pas diminu&#233;, bien au contraire. De plus, la population n'a pas augment&#233; de fa&#231;on spectaculaire. &#192; cela s'ajoute le fait que les logements ne sont pas moins nombreux en r&#233;gion qu'&#224; une &#233;poque o&#249; la population y &#233;tait encore plus importante. Pourquoi donc alors les logements disponibles y sont-ils en nombre insuffisants aujourd'hui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs facteurs, qui convergent et s'alimentent entre eux, nous m&#232;nent &#224; une &#233;rosion du parc locatif : financiarisation de l'immobilier, d&#233;r&#233;glementation du march&#233;, d&#233;sinvestissement de l'&#201;tat dans la construction r&#233;sidentielle hors march&#233;, essor des plateformes d'h&#233;bergement touristique&#8230; Et en ville comme dans les autres r&#233;gions, ces facteurs restent essentiellement les m&#234;mes. Le probl&#232;me n'est donc pas tant qu'on ne construit pas assez, c'est qu'on ne construit pas ce qu'il faut. Et surtout, on perd beaucoup de ce qui manque d&#233;j&#224;. Bon an mal an, le Qu&#233;bec perd des logements, &#224; plus forte raison des logements moins chers, &#224; l'h&#233;bergement touristique, &#224; la concentration de la propri&#233;t&#233; immobili&#232;re, aux cons&#233;quences de la financiarisation de l'immobilier. Le parc immobilier et locatif qu&#233;b&#233;cois est particuli&#232;rement vuln&#233;rable &#224; ces ph&#233;nom&#232;nes qui, mondialisation oblige, ont cours dans le monde entier : le syst&#232;me encadrant les hausses de loyer est largement inefficace, les lois prot&#233;geant les locataires contre les &#233;victions frauduleuses sont ais&#233;ment contourn&#233;es et la r&#233;glementation cens&#233;e encadrer les plateformes d'h&#233;bergement touristique est pratiquement sans effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En refusant de prendre les mesures n&#233;cessaires pour prot&#233;ger le parc locatif et les locataires, en s'obstinant &#224; vouloir laisser le march&#233; trouver seul son &#233;quilibre, on a laiss&#233; la crise du logement prendre racine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bernard Vachon, &#171; Ce que nous r&#233;v&#232;lent les migrations interr&#233;gionales &#187;, &lt;em&gt;Le Soleil&lt;/em&gt;, 22 janvier 2022. En ligne : &lt;a class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; href='http://www.lesoleil.com/2022/01/22/ce-que-nous-revelent-les-migrations-interregionales-a034ef563ec0f97a58ab4374719e359f' rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lesoleil.com/2022/01/22/ce-que-nous-revelent-les-migrations-interregionales-a034ef563ec0f97a58ab4374719e359f&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;C&#233;dric Dussault, regroupement des comit&#233;s logement et associations de locataires du Qu&#233;bec (RCLALQ)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Sur les 15 000 pi2 du 700 Jarry Ouest, les r&#233;sidents de Parc-Extension souhaitent que la municipalit&#233; fasse valoir son droit de pr&#233;emption et construisent des logements sociaux (R&#233;mi Leroux).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Parc-Extension : Pas de Plan Marshall en vue, les locataires prennent la rue !</title>
		<link>https://www.ababord.org/Parc-Extension-Pas-de-Plan-Marshall-en-vue-les-locataires-prennent-la-rue</link>
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		<dc:date>2024-08-01T16:17:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Comit&#233; d'action de Parc-Extension (CAPE)</dc:creator>


		<dc:subject>Comit&#233; d'action de Parc-Extension (CAPE)</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Plusieurs actions et campagnes de mobilisation ont &#233;t&#233; organis&#233;es au cours des derni&#232;res ann&#233;es pour d&#233;noncer la gentrification de Parc-Extension et r&#233;clamer une meilleure protection des droits des locataires. La lutte du Comit&#233; d'action de Parc-Extension (CAPE), dans un quartier avec de fortes singularit&#233;s, m&#233;rite toute notre attention. &lt;br class='autobr' /&gt;
Parc-Extension est un lieu o&#249; habitent des personnes &#224; faibles revenus issues de l'immigration de premi&#232;re ou de deuxi&#232;me g&#233;n&#233;ration. Ce quartier fait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Financiarisation-du-logement-Champ-libre-au-prive-" rel="directory"&gt;Dossier : Financiarisation du logement. Champ libre au priv&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Comite-d-action-de-Parc-Extension-CAPE-+" rel="tag"&gt;Comit&#233; d'action de Parc-Extension (CAPE)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Immigration-refuge-et-racisme-+" rel="tag"&gt;Immigration, refuge et racisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/356345.png?1722529016' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1191&#034; height=&#034;771&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Plusieurs actions et campagnes de mobilisation ont &#233;t&#233; organis&#233;es au cours des derni&#232;res ann&#233;es pour d&#233;noncer la gentrification de Parc-Extension et r&#233;clamer une meilleure protection des droits des locataires. La lutte du Comit&#233; d'action de Parc-Extension (CAPE), dans un quartier avec de fortes singularit&#233;s, m&#233;rite toute notre attention.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parc-Extension est un lieu o&#249; habitent des personnes &#224; faibles revenus issues de l'immigration de premi&#232;re ou de deuxi&#232;me g&#233;n&#233;ration. Ce quartier fait face &#224; de nombreux changements pr&#233;occupants. Les loyers subissent une hausse dramatique, notamment depuis l'ouverture du Campus MIL de l'Universit&#233; de Montr&#233;al &#224; l'automne 2019, tandis qu'un nombre croissant de nouveaux propri&#233;taires tentent d'&#233;vincer leurs locataires afin de rendre les logements disponibles pour une &#171; client&#232;le &#187; plus rentable.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les diff&#233;rents visages de la gentrification&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La gentrification d'un quartier est un ph&#233;nom&#232;ne qui s'accompagne presque toujours d'une augmentation des expulsions de locataires &#224; faibles revenus, afin de c&#233;der la place &#224; de nouveaux r&#233;sidents et de nouvelles r&#233;sidentes plus fortun&#233;&#183;es, ou encore, particuli&#232;rement dans le cas de Parc-Extension, &#224; des personnes qui sont arriv&#233;es r&#233;cemment au pays et qui ne savent pas qu'elles se font avoir par leur propri&#233;taire en payant trop cher pour des logements mal r&#233;nov&#233;s. Un nombre croissant de propri&#233;taires harc&#232;lent leurs locataires ou rendent leurs conditions de logement insupportables (en se montrant insistants, en refusant des r&#233;parations n&#233;cessaires, en introduisant des recours frivoles ou en rendant l'immeuble dangereux) pour les forcer &#224; quitter. D'autres effectuent des reprises de mauvaise foi, en pr&#233;textant, par exemple, que leur m&#232;re va se loger dans l'appartement. Celui-ci demeure vacant pendant des mois et finit par &#234;tre mis en location avec un loyer deux &#224; trois fois plus &#233;lev&#233; qu'auparavant. Nous observons aussi une &#171; gentrification par abandon &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Louise Leduc, &#171; Des locataires dans le flou quant &#224; une &#233;vacuation &#187; La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, avec de nouveaux propri&#233;taires qui utilisent les probl&#232;mes de structure, de salubrit&#233; et d'entretien dans leur immeuble afin de forcer une &#233;vacuation des locataires, avec le soutien des services d'inspection de la Ville de Montr&#233;al. Cette strat&#233;gie leur permet d'expulser leurs locataires sans devoir passer par le Tribunal administratif du logement, tout en sauvant du temps et en &#233;conomisant sur les frais associ&#233;s au dossier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importe de souligner que plusieurs locataires de Parc-Extension font face &#224; des obstacles majeurs pour d&#233;fendre leurs droits. Leurs probl&#232;mes sont li&#233;s, entre autres, &#224; leur statut d'immigration pr&#233;caire, &#224; des barri&#232;res linguistiques et au racisme syst&#233;mique. Des propri&#233;taires font effectivement du chantage avec leurs locataires sans statut, en mena&#231;ant de les d&#233;noncer &#224; l'Agence des services frontaliers du Canada en cas de litige sur leurs conditions de logement. Les locataires racis&#233;&#183;es font face &#224; de la discrimination sur le march&#233; locatif, particuli&#232;rement apr&#232;s une expulsion. Les locataires allophones peinent souvent &#224; acc&#233;der aux services qui les aideraient &#224; mieux conna&#238;tre et d&#233;fendre leurs droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sident&#183;es de Parc-Extension avec un statut d'immigration pr&#233;caire tendent aussi &#224; occuper des emplois tr&#232;s exigeants physiquement et mentalement, qui &#233;reintent leur sant&#233; et qui n&#233;cessitent de longs d&#233;placements pour se rendre sur les lieux de travail, ce qui limite le temps et l'&#233;nergie dont ils et elles disposent pour entamer des recours ou participer &#224; des mobilisations. De plus, l'incertitude dans laquelle ils et elles peuvent demeurer pendant plusieurs ann&#233;es quant &#224; leur possibilit&#233; d'obtenir la r&#233;sidence permanente les accapare et les d&#233;courage d'entreprendre des d&#233;marches pour am&#233;liorer leurs conditions de logement, m&#234;me avec le soutien de notre &#233;quipe. Ces obstacles s'ajoutent aux difficult&#233;s li&#233;es &#224; la pauvret&#233;, notamment la vuln&#233;rabilit&#233; face aux impr&#233;vus et les probl&#232;mes d'acc&#232;s &#224; la justice.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Adapter les strat&#233;gies, multiplier les cibles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apprendre &#224; reconna&#238;tre les mani&#232;res dont la gentrification se manifeste nous permet non seulement de mieux la comprendre, mais aussi d'y r&#233;sister plus efficacement. Prendre en compte la diversit&#233; et la complexit&#233; des obstacles auxquels les locataires de Parc-Extension sont confront&#233;&#183;es nous permet notamment d'identifier des convergences et des projets &#224; d&#233;velopper avec d'autres organisations. En reconnaissant les croisements entre de mauvaises conditions de logement, le fait d'occuper des emplois mal r&#233;mun&#233;r&#233;s et un statut d'immigration pr&#233;caire, nous avons pu prioriser, au cours de la derni&#232;re ann&#233;e, l'&#233;tablissement d'une collaboration plus &#233;troite entre le CAPE et deux organisations pr&#233;occup&#233;es par les m&#234;mes probl&#232;mes, le Centre des travailleurs et travailleuses immigrant&#183;es (CTI) et Solidarit&#233; sans fronti&#232;res (SSF).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#234;tre efficaces, il nous faut multiplier les cibles afin de r&#233;pondre aux difficult&#233;s des locataires de Parc-Extension, par exemple la violence psychologique et parfois physique inflig&#233;e par les propri&#233;taires, le sous-entretien des immeubles et les obstacles pos&#233;s par le statut d'immigration pr&#233;caire. Nous devons &#233;galement envisager un &#233;largissement de nos revendications : la majorit&#233; des mobilisations contre la gentrification dans Parc-Extension ont port&#233;, au cours des derni&#232;res ann&#233;es, sur des immeubles et des projets sp&#233;cifiques, que ce soit l'acquisition d'un terrain par la Ville de Montr&#233;al, le blocage d'un projet d'appartements de luxe ou encore des actions de solidarit&#233; avec des locataires menac&#233;&#183;es d'&#233;viction. Des efforts suppl&#233;mentaires m&#233;ritent d'&#234;tre investis dans une campagne plus large pour la protection du parc locatif et le d&#233;veloppement de logements sociaux dans le quartier.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Continuer le combat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s des luttes contre la gentrification &#224; Parc-Extension d&#233;pend de la capacit&#233; des personnes et des organisations qui s'engagent &#224; prendre en compte les besoins et les aspirations des locataires, les contraintes auxquelles ils et elles font face, en profitant des ressources et des talents disponibles. Plusieurs locataires qui ont b&#233;n&#233;fici&#233; du soutien du CAPE pour r&#233;gler leurs probl&#232;mes de logement deviennent des leaders indispensables pour le mouvement. Leur leadership nous aide &#224; d&#233;fendre les droits des r&#233;sidents et r&#233;sidentes du quartier et &#224; am&#233;liorer leurs conditions de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Office de consultation publique de Montr&#233;al a d&#233;pos&#233; un rapport de plus de cent pages en mars dernier, apr&#232;s une troisi&#232;me consultation depuis 2007 &#224; propos du Campus MIL, qui appelait &#224; la cr&#233;ation d'un &#171; plan Marshall &#187; afin de limiter les effets de la gentrification &#224; Parc-Extension&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Zacharie Goudreault, &#171; L'OCPM r&#233;clame un &#171; plan Marshall &#187; contre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce plan est urgent, mais les villes de Montr&#233;al, Qu&#233;bec et Ottawa tardent &#224; le mettre en application. Pour notre &#233;quipe, le message est clair : l'&#233;tablissement d'un rapport de force, le travail d'&#233;ducation populaire et l'adaptation constante de nos strat&#233;gies aux nouveaux probl&#232;mes sont nos meilleurs outils pour soutenir les locataires &#224; faible revenu du quartier et d&#233;fendre leur droit au logement. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Louise Leduc, &#171; Des locataires dans le flou quant &#224; une &#233;vacuation &#187; &lt;em&gt;La Presse&lt;/em&gt;, 12 mars 2022. En ligne : &lt;a class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; href='http://www.lapresse.ca/actualites/2022-03-12/parc-extension/des-locataires-dans-le-flou-quant-a-une-evacuation.php' rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lapresse.ca/actualites/2022-03-12/parc-extension/des-locataires-dans-le-flou-quant-a-une-evacuation.php&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Zacharie Goudreault, &#171; L'OCPM r&#233;clame un &#171; plan Marshall &#187; contre l'embourgeoisement de Parc-Extension &#187;, &lt;em&gt;Le Devoir&lt;/em&gt;, 30 mars 2022. En ligne : &lt;a class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; href='http://www.ledevoir.com/societe/693483/l-ocpm-reclame-un-plan-marshall-pour-s-attaquer-a-l-embourgeoisement-dans-parc-extension' rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.ledevoir.com/societe/693483/l-ocpm-reclame-un-plan-marshall-pour-s-attaquer-a-l-embourgeoisement-dans-parc-extension&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Signataires (en ordre alphab&#233;tique) : Sohnia Karamat Ali, Amy Darwish, Emanuel Guay, Niel La Dode, Rizwan Khan, Mohammad-Afaaq Mansoor, Nuzhat Niaz Parama et Andr&#233; Tr&#233;panier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Participation du CAPE a&#768; l'action du FRAPRU et du RCLALQ &#171; Grande manifestation unitaire pour le droit au logement ! &#187;, 16 septembre 2022 (Cr&#233;dit : CAPE).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Logement social : un travail invisible et essentiel</title>
		<link>https://www.ababord.org/Logement-social-un-travail-invisible-et-essentiel</link>
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		<dc:date>2024-08-01T16:10:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-&#200;ve Desroches</dc:creator>


		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Desroches, Marie-&#200;ve</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La p&#233;nurie de logements est permanente pour les femmes en situation de handicap qui sont &#224; la recherche d'un appartement qui convient &#224; leurs besoins et capacit&#233;s. Elle l'est &#233;galement pour les a&#238;n&#233;es de la diversit&#233; sexuelle qui peinent &#224; trouver des milieux de vie respectueux o&#249; elles sont &#224; l'aise de d&#233;voiler leur orientation sexuelle et de recevoir leur famille choisie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quel que soit le taux d'inoccupation, les femmes monoparentales affrontent de nombreux pr&#233;jug&#233;s et n'ont qu'un revenu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Financiarisation-du-logement-Champ-libre-au-prive-" rel="directory"&gt;Dossier : Financiarisation du logement. Champ libre au priv&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-associatif-et-+" rel="tag"&gt;Mouvement associatif et communautaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Desroches-Marie-Eve-+" rel="tag"&gt;Desroches, Marie-&#200;ve&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La p&#233;nurie de logements est permanente pour les femmes en situation de handicap qui sont &#224; la recherche d'un appartement qui convient &#224; leurs besoins et capacit&#233;s. Elle l'est &#233;galement pour les a&#238;n&#233;es de la diversit&#233; sexuelle qui peinent &#224; trouver des milieux de vie respectueux o&#249; elles sont &#224; l'aise de d&#233;voiler leur orientation sexuelle et de recevoir leur famille choisie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quel que soit le taux d'inoccupation, les femmes monoparentales affrontent de nombreux pr&#233;jug&#233;s et n'ont qu'un revenu pour loger leurs enfants. Ces familles sont fr&#233;quemment &#224; risque d'itin&#233;rance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le logement social comme solution pour r&#233;pondre aux mal-log&#233;s est souvent abord&#233; de fa&#231;on quantitative. Le milieu politique promet, par exemple, d'investir 500 millions, d'inclure 20 % de logements sociaux dans les nouveaux ensembles r&#233;sidentiels ou de d&#233;velopper 6000 unit&#233;s au cours d'un mandat. Le milieu communautaire revendique 23 000 nouveaux logements sociaux pour r&#233;pondre aux m&#233;nages sur les listes d'attente ou r&#233;server 25 % des logements sociaux aux m&#233;nages men&#233;s par les femmes. Le milieu de la recherche analyse le rythme de d&#233;veloppement annuel qui est, par exemple, actuellement trois fois plus lent que dans les ann&#233;es 1970. Ces chiffres tendent &#224; invisibiliser de larges pans de cette politique sociale qui, depuis une trentaine d'ann&#233;es, repose essentiellement sur le travail du milieu communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3624 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/png/123123-6.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH212/123123-6-6efeb.png?1729016518' width='500' height='212' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des groupes f&#233;ministes ont investi le milieu de l'habitation pour r&#233;pondre de fa&#231;on globale aux besoins des femmes qui sont cheffes de familles monoparentales, en difficult&#233;, &#224; risque d'itin&#233;rance ou qui fuient une situation de violence. Leurs projets offrent plus qu'un simple logement subventionn&#233;. Elles int&#232;grent des consid&#233;rations li&#233;es &#224; la s&#233;curit&#233;, au soutien mutuel, aux espaces pour les enfants, au respect de la vie priv&#233;e et aux opportunit&#233;s pour la reprise de pouvoir et l'autonomisation. Elles pensent aux services sur place et &#224; ceux qui doivent &#234;tre disponibles &#224; proximit&#233;. Ces organisations d&#233;veloppent des projets immobiliers qui comprennent des espaces communautaires comme une cuisine collective, des salons partag&#233;s et des salles de rencontres. Ce sont g&#233;n&#233;ralement de petits d&#233;veloppements qui comprennent entre 10 et 30 unit&#233;s &#224; la fois pour cr&#233;er des milieux de vie conviviaux et s&#233;curitaires ce qui s'&#233;loigne de la perspective quantitativiste du logement social.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Revitaliser un secteur et cr&#233;er du logement pour les mal-log&#233;&#183;es&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2002, 32 organisations ont d&#233;velopp&#233; plus de 42 projets de logements communautaires d&#233;di&#233;s aux femmes &#224; Montr&#233;al. Ces projets, qui ont ajout&#233; pr&#232;s de 850 logements, ont &#233;t&#233; rendu possible gr&#226;ce des programmes et engagements municipaux, provinciaux et f&#233;d&#233;raux, comme l'organisation Mon Toit, mon Cartier (MTMC). Leur &#233;lan de mobilisation &#233;mane d'un effort de revitalisation dans le quartier Bordeaux-Cartierville. Les partenaires communautaires et institutionnels participaient &#224; un &#233;tat des lieux pour identifier les enjeux qui minent le bien-&#234;tre de la population et d&#233;gager un plan d'action sur dix ans pour lutter contre la pauvret&#233; et l'exclusion sociale. Ces d&#233;marches ont mis en lumi&#232;re notamment les probl&#232;mes de logement, les besoins des femmes monoparentales et le manque de ressources qui leur sont d&#233;di&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3625 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/png/47456.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH381/47456-26844.png?1729016518' width='500' height='381' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;MTMC r&#233;pond notamment &#224; un vide : puisque le logement social n'entrait dans le mandat d'aucune organisation du quartier, des intervenant&#183;es se sont mobilis&#233;&#183;es. Ce collectif a par la suite d&#233;velopp&#233; un premier projet de logement pour soutenir ces femmes dans un projet de vie pour plus d'autonomie nomm&#233; &#171; Grandir jusqu'au toit ! &#187;. Leur projet reposait sur l'achat et la r&#233;novation d'un immeuble r&#233;sidentiel dans le secteur prioritaire &#224; revitaliser. La r&#233;novation de l'immeuble a &#233;t&#233; ponctu&#233;e de nombreux obstacles qui ont allong&#233; le calendrier de r&#233;alisation, engendr&#233; des d&#233;passements de co&#251;ts et les ont forc&#233;s &#224; revoir certaines ambitions du projet. Bien que l'acc&#232;s &#224; des fonds publics ait permis ce projet, l'&#233;quipe de MTMC a d&#251; se tourner vers des dons priv&#233;s et y consacrer un nombre incalculable d'heures de b&#233;n&#233;volat. Malgr&#233; tout, cette initiative qui int&#233;grait toute une vision pour les femmes et le quartier a &#233;t&#233; compl&#233;t&#233;e et accueille maintenant plus d'une dizaine de familles.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le care : dimension cl&#233; du logement social&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le soin (ou le care) est au c&#339;ur de cette initiative. Le soin est l'ensemble des attitudes associ&#233;es &#224; la sollicitude et aux actions concr&#232;tes pour veiller au bien des personnes. Il repose sur une multitude de relations multidirectionnelles ayant des degr&#233;s vari&#233;s de formalit&#233;, de professionnalisme, de r&#233;mun&#233;ration, de reconnaissance et d'obligations sociales qui permettent de r&#233;pondre ad&#233;quatement aux besoins. En g&#233;n&#233;ral, le soin passe sous silence, il est banalis&#233;, invisible et pris pour acquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soin influence profond&#233;ment l'action des communaut&#233;s. Cette approche favorise des initiatives comme Mon Toit, mon Cartier qui &#233;mergent du constat que certaines familles monoparentales ont des loyers trop &#233;lev&#233;s, des logements trop petits ou vivent de la violence et de l'instabilit&#233;. Ce contexte emp&#234;che les m&#232;res de pouvoir prendre soin d'elles-m&#234;mes et de leurs enfants, ce qui contribue &#224; leur vuln&#233;rabilit&#233;. L'exemple de Mon Toit, mon Cartier montre aussi que la communaut&#233; n'a pas toujours des moyens suffisants pour r&#233;pondre aux besoins des familles qui frappent &#224; leur porte. L'organisation ne pouvait garder ces familles &#224; long terme dans leurs programmes r&#233;sidentiels alors qu'il n'y avait pas assez de logements pour elles.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les retomb&#233;es pour la sant&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quelques dizaines de logements ne sont pas suffisants pour r&#233;soudre la crise du logement qui creuse, entre autres, les in&#233;galit&#233;s de sant&#233;. N&#233;anmoins, les intervenant&#183;es du milieu voient ces initiatives comme des leviers pour la promotion de la sant&#233; des m&#233;nages qui y r&#233;sident. L'acc&#232;s permet d'abord de transformer les conditions d'habitation pour r&#233;duire leur exposition &#224; des risques (comme les moisissures, les violences et le stress). Ensuite, la stabilit&#233; que leur procurent ces logements leur donne la possibilit&#233; de prendre en main leur sant&#233; (comme acc&#233;der &#224; des professionnels, am&#233;liorer leurs habitudes et suivre les traitements). Cet acc&#232;s est parfois m&#234;me facilit&#233; par des services et activit&#233;s offertes sur place. Enfin, l'acc&#232;s aux programmes leur offre un r&#233;pit et des opportunit&#233;s pour d&#233;velopper leur autonomie et leur capacit&#233; &#224; acc&#233;der aux d&#233;terminants de la sant&#233; (comme le revenu, les services de garde et l'alimentation).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3626 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/png/68675.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH250/68675-ab220.png?1729016519' width='500' height='250' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme le souligne l'une des intervenantes &#224; Montr&#233;al, cet impact sur la sant&#233; et leur autonomisation n'est pas uniforme et imm&#233;diat : &#171; &lt;em&gt;Lorsqu'elles arrivent, elles ont un gros poids qui leur tombent des &#233;paules et &#231;a, &#231;a fait des choses compl&#232;tement diff&#233;rentes pour chacune. Pour certaines, &#231;a donne un boost pour partir puis elles ont un projet de vie &#224; r&#233;aliser, qu'elles enclenchent tout de suite. D'autres, qui avaient tellement de poids sur leurs &#233;paules, elles soufflent et &#231;a prend un temps. Il y a celles que les maladies se sont enfin d&#233;clar&#233;es parce qu'elles &#233;taient tellement tout le temps sur l'adr&#233;naline, sur la nervosit&#233; pour tenir pour les enfants qu'elles ignoraient les sympt&#244;mes&#8230;&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces logements sociaux, qui ont des impacts majeurs pour celles qui y r&#233;sident et pour l'action des groupes communautaires, sont marqu&#233;s par une importante invisibilit&#233;. Ces b&#226;timents, surtout ceux qui sont d&#233;di&#233;s aux femmes, cherchent &#224; passer inaper&#231;us dans nos villes, notamment pour &#233;viter la stigmatisation ou encore pour assurer la s&#233;curit&#233; de celles qui fuient des contextes de violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bilans quantitatifs des gouvernements des unit&#233;s d&#233;velopp&#233;s cachent que ce sont des communaut&#233;s qui portent &#224; bout de bras l'id&#233;ation, la construction et la gestion de ces merveilleux immeubles. Surtout, ces chiffres masquent les impacts li&#233;s, entre autres, au soin et &#224; la promotion de la sant&#233;. En esp&#233;rant que ces quelques pages auront permis de mettre en lumi&#232;re ce travail invisible et essentiel. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Marie-&#200;ve Desroches est une chercheuse, travailleuse communautaire et charg&#233;e de cours qui s'int&#233;resse aux enjeux urbains dans une perspective f&#233;ministe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Visuels : Marie-&#200;ve Desroches&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mainmise sur les terrains publics. Sevrer la b&#234;te</title>
		<link>https://www.ababord.org/Mainmise-sur-les-terrains-publics-Sevrer-la-bete</link>
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		<dc:date>2024-08-01T15:56:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis Dolan, Margot Silvestro, Karine Triollet</dc:creator>


		<dc:subject>Dolan, Francis</dc:subject>
		<dc:subject>Silvestro, Margot </dc:subject>
		<dc:subject>Triollet, Karine</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il existe &#224; Montr&#233;al de grandes friches urbaines qu'il faut red&#233;velopper et qui font l'objet d'une importante bataille. Elles attirent l'attention des promoteurs, des sp&#233;culateurs et m&#234;me des fonds de pension qui voient une opportunit&#233; pour y construire des logements tr&#232;s rentables. Mais il est essentiel qu'elles deviennent plut&#244;t un lieu privil&#233;gi&#233; pour r&#233;inventer la ville au b&#233;n&#233;fice des communaut&#233;s locales. &lt;br class='autobr' /&gt;
Entre la crise du logement de 2001 et celle que nous traversons aujourd'hui, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Financiarisation-du-logement-Champ-libre-au-prive-" rel="directory"&gt;Dossier : Financiarisation du logement. Champ libre au priv&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Silvestro-Marco-+" rel="tag"&gt;Silvestro, Margot &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Triollet-Karine-+" rel="tag"&gt;Triollet, Karine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/34533.png?1722528031' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;833&#034; height=&#034;1111&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il existe &#224; Montr&#233;al de grandes friches urbaines qu'il faut red&#233;velopper et qui font l'objet d'une importante bataille. Elles attirent l'attention des promoteurs, des sp&#233;culateurs et m&#234;me des fonds de pension qui voient une opportunit&#233; pour y construire des logements tr&#232;s rentables. Mais il est essentiel qu'elles deviennent plut&#244;t un lieu privil&#233;gi&#233; pour r&#233;inventer la ville au b&#233;n&#233;fice des communaut&#233;s locales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Entre la crise du logement de 2001 et celle que nous traversons aujourd'hui, nous avons pu observer les effets d&#233;vastateurs du red&#233;veloppement des grandes friches industrielles de l'arrondissement Le Sud-Ouest &#224; Montr&#233;al. S'&#233;tant appropri&#233; d'immenses terrains &#224; proximit&#233; du centre-ville, dont plusieurs &#233;taient de propri&#233;t&#233; publique, diff&#233;rents promoteurs ont profit&#233; d'importants capitaux financiers pour d&#233;velopper d'immenses projets de condominiums, notamment le long du Canal-de-Lachine. Les milliers de nouvelles unit&#233;s construites ont profond&#233;ment transform&#233; les vieux quartiers ouvriers environnants. Tant &#224; Saint-Henri, dans la Petite-Bourgogne, &#224; Griffintown qu'&#224; Pointe-Saint-Charles, la revitalisation et le red&#233;veloppement immobilier luxueux ont provoqu&#233; une vague de gentrification in&#233;dite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous retenons de cette p&#233;riode de d&#233;veloppement que la construction de petites unit&#233;s r&#233;sidentielles priv&#233;es n'a pas fait baisser les prix des logements d&#233;j&#224; existants ni combl&#233; les besoins des familles, de la classe moyenne inf&#233;rieure ou des m&#233;nages les plus &#224; risque. Et ce n'est pas l'inclusion d'un mince pourcentage de logements sociaux qui aura permis de r&#233;pondre &#224; la demande. Au contraire, le surd&#233;veloppement aura engendr&#233; de fortes hausses des valeurs fonci&#232;res environnantes qui se sont traduites par le d&#233;placement forc&#233; des r&#233;sident&#183;es historiquement rattach&#233;&#183;es &#224; ces quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, plusieurs des unit&#233;s construites &#8211; jusqu'au tiers dans Griffintown &#8211; servent de r&#233;sidences secondaires, sont lou&#233;es sur le march&#233; &#224; court terme ou restent de purs investissements. Pour freiner l'&#233;talement urbain, encore faut-il que les unit&#233;s construites soient r&#233;ellement habit&#233;es par les m&#233;nages montr&#233;alais, et que le mode de d&#233;veloppement ne chasse pas de plus en plus loin celles et ceux qui n'ont pas les moyens de rester dans leur quartier &#8211; contribuant malgr&#233; elleux &#224; l'&#233;talement urbain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est crucial de ne pas r&#233;p&#233;ter ce type de d&#233;veloppement pass&#233;iste qui laisse les promoteurs priv&#233;s dicter l'avenir de nos quartiers en fonction d'int&#233;r&#234;ts strictement sp&#233;culatifs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un nouveau front dans les derni&#232;res friches&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans le Sud-Ouest, nous faisons maintenant face &#224; une nouvelle offensive de ces m&#234;mes promoteurs. Ils cherchent &#224; reproduire leur mod&#232;le de d&#233;veloppement et &#224; s'approprier les derniers terrains industriels du secteur afin d'y implanter un &lt;em&gt;Griffintown 2.0&lt;/em&gt;. Situ&#233; entre le Vieux-Montr&#233;al et le quartier habit&#233; de Pointe-Saint-Charles, un vaste secteur industriel nomm&#233; Bridge-Bonaventure qui est actuellement soumis &#224; un exercice de requalification par la Ville de Montr&#233;al. Le site comprend plusieurs terrains publics appartenant &#224; la Soci&#233;t&#233; Immobili&#232;re du Canada, laquelle a annonc&#233; son intention de se lancer dans un d&#233;veloppement mixte r&#233;sidentiel, commercial et emploi, notamment au bassin Peel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un consortium de promoteurs, avec Devimco comme chef de file, a fait front commun. Travaillant dans l'ombre, ils ont acquis plusieurs lots priv&#233;s et multiplient les op&#233;rations de lobbying pour mettre la main sur les terrains publics. Ils ont ensuite lanc&#233; m&#233;diatiquement leur &#171; Vision Bridge-Bonaventure &#187; pour les terrains publics et priv&#233;s du secteur, et ce, avant les consultations publiques sur le plan directeur de la Ville de Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur strat&#233;gie, appuy&#233;e par un matraquage m&#233;diatique, consiste &#224; insister sur l'urgence de la crise afin d'acc&#233;l&#233;rer les processus pour que leur vision puisse se r&#233;aliser sans trop d'examens d&#233;mocratiques. Ils invoquent la crise climatique et l'&#233;talement urbain pour justifier une densit&#233; de construction b&#233;tonn&#233;e. Ils se plaignent de la lenteur des processus publics, voulant d&#233;velopper des raccourcis et affaiblir la r&#233;glementation &#8211; alors que l'am&#233;nagement urbain est une d&#233;marche qui remod&#232;le la ville et d&#233;termine grandement le vivre-ensemble pour les g&#233;n&#233;rations &#224; venir. Ils ont un pouvoir immense, celui que procure le capital, face &#224; une ville exsangue et &#224; des communaut&#233;s locales difficiles &#224; mobiliser.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La sp&#233;culation nourrie par des fonds syndicaux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La pratique sp&#233;culative des promoteurs consiste &#224; acqu&#233;rir des lots zon&#233;s industriels en vue d'en changer l'usage et le zonage pour permettre une r&#233;sidentialisation &#224; forte densit&#233;. Pour acqu&#233;rir puis d&#233;velopper ces terrains fortement convoit&#233;s et on&#233;reux, cette b&#234;te du d&#233;veloppement doit &#234;tre nourrie, et c'est l&#224; que de nouveaux acteurs entrent en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs fonds d'investissement, cherchant les meilleurs rendements pour les grands capitaux qu'ils g&#232;rent, s'associent &#224; ces promoteurs dans des soci&#233;t&#233;s en commandite afin de r&#233;unir les liquidit&#233;s suffisantes pour lancer ces grands projets. La recherche de cibles &#233;lev&#233;es de profit entra&#238;ne la prolif&#233;ration d'&#233;difices en hauteur et de microcondos luxueux. Dans le secteur Bridge-Bonaventure, les principaux fonds qui soutiennent ce mode de d&#233;veloppement sont les Fonds Immobiliers de Solidarit&#233; FTQ et le Fondaction CSN, en plus de Fiera Capital et du Fonds de retraite de la STM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'investissement immobilier est rentable, tr&#232;s rentable : il constitue depuis longtemps un placement s&#251;r. Mais devant un enjeu qui touche un droit fondamental, soit le logement, peut-on se restreindre &#224; la rentabilit&#233; comme valeur cardinale d'investissement et de d&#233;veloppement ? Plusieurs villes du monde &#8211; Vienne nous vient tout de suite en t&#234;te &#8211; ont choisi de promouvoir le logement public, social, subventionn&#233;, pour accommoder plusieurs couches de la soci&#233;t&#233;. Dans une ville comme New York, des milliers de logements sont la propri&#233;t&#233; de syndicats et visent &#224; loger dignement les travailleurs et travailleuses. Pourquoi la CSN, la STM, la FTQ choisissent-elles de mettre leurs &#339;ufs dans un panier de luxe, au d&#233;triment des travailleurs et travailleuses qu'ils repr&#233;sentent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des fonds syndicaux ont pourtant d&#233;j&#224; entam&#233; une r&#233;flexion sur l'investissement &#233;thique et les changements climatiques. Nous invitons les administrateur&#183;trices des fonds de placement &#224; suivre leurs pas et &#224; se questionner sur les param&#232;tres guidant leurs investissements r&#233;sidentiels. Nous appelons les membres des fonds de retraite &#224; exiger des strat&#233;gies d'investissement coh&#233;rentes avec leurs valeurs sociales, dans des projets qui r&#233;pondent v&#233;ritablement aux besoins des Montr&#233;alais&#183;es, et non dans des projets sans acceptabilit&#233; sociale dans nos communaut&#233;s. Impliquer nos fonds de retraite dans la construction de logements que nos familles ne pourront jamais se payer ne r&#233;soudra en rien la crise du logement abordable, bien au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les terrains publics pour des int&#233;r&#234;ts collectifs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est temps &#8211; plus que temps ! &#8211; de d&#233;construire le discours des promoteurs affirmant que leurs grands projets immobiliers sont LA r&#233;ponse &#224; la crise du logement, &#224; l'&#233;talement urbain et &#224; ses impacts sur la crise climatique. Leur discours d'&#233;coblanchiment ne favorise en rien la r&#233;silience face aux changements climatiques, pas plus qu'il ne permet d'esp&#233;rer l'accroissement du nombre de logements adapt&#233;s aux besoins r&#233;els.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est plut&#244;t le contraire : malgr&#233; 20 ans de construction effr&#233;n&#233;e dans la m&#233;tropole, la crise est plus aigu&#235; qu'en 2001. Il est temps de changer de mod&#232;le, de leur retirer leur pouvoir et de les soumettre &#224; des int&#233;r&#234;ts collectifs. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons maintenir les terrains publics du bassin Peel en dehors du march&#233; sp&#233;culatif pour y d&#233;velopper un milieu de vie &#224; &#233;chelle humaine, avec un grand chantier de logements sociaux et communautaires, des services de proximit&#233;, des &#233;quipements collectifs, des parcs et des espaces verts publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;seau communautaire de Pointe-Saint-Charles appelle donc les trois paliers de gouvernement &#224; exercer leurs pouvoirs respectifs. Qu'ils ne vendent pas &#224; des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s des terrains d&#233;j&#224; pay&#233;s par la collectivit&#233; ; qu'ils financent ad&#233;quatement un programme ambitieux de logements sociaux sans but lucratif ; qu'ils &#233;noncent un plan directeur novateur qui permette la r&#233;silience collective face &#224; la crise climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous appelons aussi les fonds syndicaux &#224; refuser de contribuer &#224; la privatisation de ces terrains publics et &#224; axer leur strat&#233;gie d'investissement sur le d&#233;veloppement social de notre richesse collective.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Francis Dolan est membre du collectif &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; et organisateur communautaire au Regroupement Information Logement. Karine Triollet est coordonnatrice &#224; Action-Gardien, Corporation de d&#233;veloppement communautaire de Pointe-Saint-Charles. Margot Silvestro est organisatrice communautaire &#224; la clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : R&#233;mi Leroux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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