<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.ababord.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
	<link>https://www.ababord.org/</link>
	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.ababord.org/spip.php?id_rubrique=242&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
		<url>https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L144xH53/siteon0-9c6c5.png?1729015892</url>
		<link>https://www.ababord.org/</link>
		<height>53</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>C&#244;te-Nord - Nitassinan / Territoires enchev&#234;tr&#233;s</title>
		<link>https://www.ababord.org/Cote-Nord-Nitassinan-Territoires-enchevetres</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Cote-Nord-Nitassinan-Territoires-enchevetres</guid>
		<dc:date>2024-01-17T20:21:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Val&#233;rie Beauchamp, Ad&#232;le Clapperton-Richard</dc:creator>


		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Beauchamp, Val&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Clapperton-Richard, Ad&#232;le</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Longer le fleuve, suivre les &#233;pinettes, remonter les rivi&#232;res, marcher les tourbi&#232;res, respirer la nordicit&#233;. Les vastes &#233;tendues de la C&#244;te-Nord chamboulent, fascinent, apaisent. On les associe &#224; l'immensit&#233; d'une nature brute, mais elles symbolisent aussi, malheureusement, des espaces accapar&#233;s, transform&#233;s, pill&#233;s. Le territoire nord-c&#244;tier fait en effet partie de ce qu'on nomme les &#171; r&#233;gions ressources &#187;, o&#249; les arbres, les cours d'eau et les sols ont &#233;t&#233; per&#231;us comme des marchandises &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Cote-Nord-Nitassinan-Territoires-enchevetres-" rel="directory"&gt;Dossier : C&#244;te-Nord - Nitassinan / Territoires enchev&#234;tr&#233;s&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Beauchamp-Valerie-+" rel="tag"&gt;Beauchamp, Val&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Clapperton-Richard-Adele-+" rel="tag"&gt;Clapperton-Richard, Ad&#232;le&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3276.jpg?1663621309' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1500&#034; height=&#034;971&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Longer le fleuve, suivre les &#233;pinettes, remonter les rivi&#232;res, marcher les tourbi&#232;res, respirer la nordicit&#233;. Les vastes &#233;tendues de la C&#244;te-Nord chamboulent, fascinent, apaisent. On les associe &#224; l'immensit&#233; d'une nature brute, mais elles symbolisent aussi, malheureusement, des espaces accapar&#233;s, transform&#233;s, pill&#233;s. Le territoire nord-c&#244;tier fait en effet partie de ce qu'on nomme les &#171; r&#233;gions ressources &#187;, o&#249; les arbres, les cours d'eau et les sols ont &#233;t&#233; per&#231;us comme des marchandises &#224; exploiter, au d&#233;triment des &#233;cosyst&#232;mes et de la biodiversit&#233;, et, surtout, des gardien&#183;nes et responsables de ces lieux, les Innus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Car la C&#244;te-Nord, c'est d'abord le Nitassinan, le territoire ancestral innu &#8211; litt&#233;ralement &lt;em&gt;notre terre &lt;/em&gt;en innu-aimun. Ce sont des rivi&#232;res, des portages, des sentiers emprunt&#233;s depuis des mill&#233;naires ; des relations et des savoirs territoriaux qui se sont d&#233;velopp&#233;s en harmonie avec la faune et la flore bor&#233;ales, et qui continuent de se transmettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La C&#244;te-Nord est un territoire enchev&#234;tr&#233;. Un territoire fa&#231;onn&#233; par les interactions, autant les ententes que les rapports de pouvoir, entre les groupes allochtones et autochtones vis-&#224;-vis l'occupation, l'utilisation et la gestion territoriales. De ces enchev&#234;trements naissent des relations au territoire o&#249; se tissent un enracinement, un sentiment d'appartenance. L'espace nord-c&#244;tier n'est pas homog&#232;ne &#8211; on devrait m&#234;me dire &lt;em&gt;les&lt;/em&gt; espaces nord-c&#244;tiers &#8211; et pourtant il s'en d&#233;gage une certaine constance : celle d'un attachement profond, d'une fiert&#233; aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les textes qui composent ce dossier en rendent tout &#224; fait compte. Ce sont des fragments de r&#233;alit&#233;s nord-c&#244;ti&#232;res actuelles, de projets et de pr&#233;occupations, o&#249; s'expriment des histoires et des &#233;motions. Comment le territoire influence-t-il la cr&#233;ation et l'expression artistiques ? Quel h&#233;ritage laisse la colonisation, entre la d&#233;possession territoriale, la cohabitation et les possibles solidarit&#233;s ? Comment la nordicit&#233; fa&#231;onne-t-elle les habitant&#183;es et ce qu'on peut cueillir et cultiver ? Quelles difficult&#233;s entra&#238;nent la distance de cette r&#233;gion, par rapport aux grands centres urbains ? Quelle place occupent la culture et la langue innues ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions ont orient&#233; les principales th&#233;matiques abord&#233;es dans ce dossier : les relations coloniales, l'&#233;loignement, les liens communautaires, la sauvegarde et la protection &#8211; non seulement du territoire, mais aussi celles de la culture et de la langue innues. Culture et langage qui sont, comme le montrent plusieurs des textes ici r&#233;unis, indissociables de leur ancrage territorial ancestral. Tous ces textes d&#233;peignent les sp&#233;cificit&#233;s de la vie nordique. Ils montrent ce qui rend la C&#244;te-Nord unique, ce qui rend le Nitassinan magnifique. Ce n'est pas seulement un vaste espace ; c'est un territoire v&#233;cu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Tshima mi&#324;u-tshitapatameku - Bonne lecture.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dossier coordonn&#233; par Ad&#232;le Clapperton-Richard et Val&#233;rie Beauchamp &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Illustrations par Emilie Pedneault et photos par Rapha&#235;lle Ainsley-Vincent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec des contributions de Dolor&#232;s Andr&#233;, Rose-Aim&#233;e Auclair, Alex Beaudin, Charlotte Bellehumeur, Myriam Boivin-Comtois, Isabelle Bouchard, Ad&#232;le Clapperton-Richard, St&#233;phanie Fournier, Fr&#233;d&#233;rique L&#233;vesque, Mat Michaud, Yvette Mollen, Sylvie O'Connor, Camille Robidoux-Daigneault, Marie-H&#233;l&#232;ne Rousseau et Val&#233;rie Tremblay.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : Ad&#232;le Clapperton-Richard&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cohabitation interculturelle. Une recette imparfaite</title>
		<link>https://www.ababord.org/Cohabitation-interculturelle-Une-recette-imparfaite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Cohabitation-interculturelle-Une-recette-imparfaite</guid>
		<dc:date>2024-01-17T20:17:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charlotte Bellehumeur</dc:creator>


		<dc:subject>Bellehumeur, Charlotte</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le territoire nord-c&#244;tier se d&#233;finit non seulement par ses vastes paysages, mais aussi par les individus qui y vivent. Par des mobilit&#233;s croissantes, la C&#244;te-Nord se transforme en un espace pour les rencontres et la cohabitation avec l'Autre, notamment dans les milieux de travail. &lt;br class='autobr' /&gt;
La cohabitation sur la C&#244;te-Nord a d&#233;but&#233; bien avant la colonisation, malgr&#233; ce que les r&#233;cits historiques r&#233;dig&#233;s par les vainqueur&#183;euses racontent. En effet, les Premiers Peuples pr&#233;sents sur le grand (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Cote-Nord-Nitassinan-Territoires-enchevetres-" rel="directory"&gt;Dossier : C&#244;te-Nord - Nitassinan / Territoires enchev&#234;tr&#233;s&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bellehumeur-Charlotte-+" rel="tag"&gt;Bellehumeur, Charlotte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/08980.png?1705522489' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;434&#034; height=&#034;234&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le territoire nord-c&#244;tier se d&#233;finit non seulement par ses vastes paysages, mais aussi par les individus qui y vivent. Par des mobilit&#233;s croissantes, la C&#244;te-Nord se transforme en un espace pour les rencontres et la cohabitation avec l'Autre, notamment dans les milieux de travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La cohabitation sur la C&#244;te-Nord a d&#233;but&#233; bien avant la colonisation, malgr&#233; ce que les r&#233;cits historiques r&#233;dig&#233;s par les vainqueur&#183;euses racontent. En effet, les Premiers Peuples pr&#233;sents sur le grand territoire du Nitassinan (le territoire des Innu&#183;es, &#171; notre terre &#187; en innu-aimun) se fr&#233;quentent depuis plusieurs centaines d'ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'en sont suivis les contacts avec les premier&#183;&#232;res p&#234;cheur&#183;euses europ&#233;en&#183;nes, m&#234;me si la rencontre avec les Occidentaux&#183;ales s'est concr&#233;tis&#233;e dans nos livres d'histoire &#224; l'&#233;poque coloniale, entre les colon&#183;nes fran&#231;ais&#183;es, les colon&#183;nes anglais&#183;es et les Premi&#232;res Nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, ce sont des communaut&#233;s allochtones francophones et anglophones ainsi que des communaut&#233;s innues et naskapies qui se c&#244;toient sur un vaste territoire partag&#233;, dont les &#233;changes sont entre autres tiss&#233;s autour de la division de la gouvernance territoriale, de m&#234;me qu'autour du partage et de la cogestion des ressources de la r&#233;gion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Annie Bourgeois, Les relations interculturelles entre les Autochtones et les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces villes, ces communaut&#233;s et ces villages sont reli&#233;s et communiquent par la voie terrestre (comme la route 138), la voie maritime (le bateau Bella Desgagn&#233;) ou la voie a&#233;rienne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La cohabitation comme cl&#233; de lecture&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce long pass&#233; de mixit&#233; sur la C&#244;te-Nord peut &#234;tre d&#233;fini de diverses fa&#231;ons. La cohabitation est d'embl&#233;e la &#171; &lt;em&gt;dimension d&#233;terminante de l'habiter&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Laurie Guimond, Alexia Desmeules, Caroline Desbiens et Jean-Charles (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; et elle implique la coexistence entre les diff&#233;rentes nations et leurs cultures sur un m&#234;me territoire, qui peut &#234;tre harmonieuse ou conflictuelle. La cohabitation se caract&#233;rise en outre par la mise en commun et le partage qui doivent imp&#233;rativement se faire dans le plus grand des respects des autres communaut&#233;s afin de bien fonctionner&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Justine Gagnon, Mode d'habiter et territorialit&#233;s autochtones contemporaines (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : c'est un &#171; exercice de consensus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Caroline Desbiens et &#201;tienne Rivard, &#171; Relations durables : autochtones, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, un &#171; vivre-ensemble&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Laurie Guimond et Alexia Desmeules, &#171; &#171; Les oreilles se sont ouvertes des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; &#224; la fois volontaire et oblig&#233;. N&#233;anmoins, ces relations interculturelles ne peuvent &#234;tre compl&#232;tement d&#233;tach&#233;es de l'h&#233;ritage colonial et sont teint&#233;es des rapports de domination, qui se mat&#233;rialisent notamment par une distance culturelle. Il est donc primordial que des espaces de cr&#233;ation de relations soient mis en place dans l'objectif de construire un espace commun et d'inclusion, vital et durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les relations contemporaines prennent forme au sein de plusieurs sph&#232;res personnelles, culturelles, &#233;conomiques, politiques, artistiques et de loisirs. La premi&#232;re &#233;tape de l'&#233;tablissement d'un r&#233;seau social r&#233;side dans la rencontre banale et r&#233;guli&#232;re avec l'Autre. Les milieux de travail repr&#233;sentent le noyau embryonnaire o&#249; les relations interculturelles prennent souvent naissance, et seront notre lunette pour observer les relations entre les nations, qui peuvent par la suite persister &#224; de plus grandes &#233;chelles.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Lieu de travail : pierre angulaire des relations interculturelles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En plus d'&#234;tre caract&#233;ris&#233;e par la pr&#233;sence de plusieurs peuples, la cohabitation sur la C&#244;te-Nord est red&#233;finie par les mobilit&#233;s et l'arriv&#233;e de nouvelles personnes en provenance d'ailleurs ou de l'ext&#233;rieur du Qu&#233;bec. Cela transforme et bouleverse l'organisation sociospatiale de la cohabitation nord-c&#244;ti&#232;re. L'arriv&#233;e de ces individus, le plus souvent pour des raisons professionnelles, entra&#238;ne des mouvements de plus en plus marqu&#233;s au sein de la population nord-c&#244;ti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette mani&#232;re, le milieu de travail devient le point de rencontre initial, le premier contact, o&#249; toutes les nations doivent se c&#244;toyer, socialiser et se tol&#233;rer et ce, peu importe l'origine ethnoculturelle, le genre, la classe ou la personnalit&#233;. Toutefois, les milieux de travail reproduisent eux aussi certaines disparit&#233;s coloniales, comme les rapports raciaux qui se dessinent dans la pr&#233;dominance toujours actuelle des pratiques professionnelles allochtones n&#233;olib&#233;rales qui encouragent un certain racisme syst&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il que le fait de se fr&#233;quenter r&#233;guli&#232;rement am&#232;ne une promiscuit&#233; ordinaire qui permet de cr&#233;er, avec le temps, un espace de confiance qui outrepasse cette distance ainsi que ces in&#233;galit&#233;s. Cette cohabitation permet de travailler de pair et encourage le d&#233;veloppement de liens &#224; l'ext&#233;rieur du travail. Le milieu de travail offre de ce fait un contexte particulier o&#249; les rapports majorit&#233;/minorit&#233; sont revisit&#233;s, notamment par des pratiques professionnelles qui visent la mise en valeur des mani&#232;res d'&#234;tre et de faire nordiques et autochtones. Le lieu de travail est ainsi un espace indispensable aux rencontres diversifi&#233;es et &#224; la valorisation des diff&#233;rentes cultures.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;clatement des fronti&#232;res&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;duire les tensions et accro&#238;tre l'&#233;quilibre dans la rencontre avec l'Autre &#224; l'&#233;chelle r&#233;gionale, les relations doivent surpasser le milieu professionnel pour se traduire dans les pratiques quotidiennes, des communaut&#233;s, du nutshimit (l'int&#233;rieur des terres, en innu-aimun) et du territoire. Cela est grandement facilit&#233; lorsque les personnes habitent dans la m&#234;me communaut&#233; que celle o&#249; se situe leur lieu de travail, puisqu'elles pourront pleinement participer aux activit&#233;s et &#224; la vie communautaires. Cela contribue &#233;galement &#224; r&#233;duire le roulement et am&#233;liorer la r&#233;tention des nouveaux&#183;elles habitant&#183;es sur la C&#244;te-Nord, ce qui augmente le sentiment de familiarit&#233; qui se d&#233;veloppe &#224; long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sus, la cohabitation n'est compl&#232;te que lorsqu'elle se fait aussi avec le territoire et &#224; l'int&#233;rieur de celui-ci : la cohabitation est largement d&#233;finie, ficel&#233;e et encourag&#233;e par le rapport &#224; l'espace&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Naomi Fontaine, Shuni, Montr&#233;al, M&#233;moire d'encrier, 2019.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Bien s'int&#233;grer au territoire permet de mieux comprendre comment celui-ci s'articule, comment les Nord-C&#244;tier&#183;&#232;res, les Innu&#183;es et les Naskapi&#183;es y vivent, et encourage un meilleur respect envers les usager&#183;&#232;res ancestraux&#183;ales et de longue date de ces milieux des r&#233;gions dites &#233;loign&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la cohabitation d&#233;passe les lieux de rencontres pr&#233;&#233;tablis, c'est &#224; ce moment qu'elle contribue &#224; la d&#233;colonisation des relations, au mieux vivre des peuples voisins. En ce sens, la cohabitation nord-c&#244;ti&#232;re contemporaine ne se limite pas aux d&#233;limitations territoriales r&#233;gionales : elle se poursuit en dehors de la C&#244;te-Nord par les mobilit&#233;s croissantes. En effet, les parcours migratoires ne se font pas seulement de grands centres urbains vers la C&#244;te-Nord, mais tout autant en sens inverse. Par cet &#233;clatement des fronti&#232;res, les mouvements incessants, les technologies grandissantes et les infrastructures de d&#233;placement de plus en plus accessibles qui permettent une contraction de l'espace-temps et facilitent l'&#233;change culturel, la cohabitation nord-c&#244;ti&#232;re s'ancre dans un r&#233;seau d'ouverture &#224; autrui &#224; plusieurs &#233;chelles et devient un enjeu qui concerne non seulement les habitant&#183;es du Nitassinan et ses nouveaux&#183;elles arrivant&#183;es, mais &#233;galement les individus &#224; l'&#233;chelle qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Annie Bourgeois, &lt;em&gt;Les relations interculturelles entre les Autochtones et les allochtones du Qu&#233;bec : &#233;tude de cas des communaut&#233;s de Nutashkuan et Natashquan&lt;/em&gt; (m&#233;moire), Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Laurie Guimond, Alexia Desmeules, Caroline Desbiens et Jean-Charles Pi&#233;tacho, &lt;em&gt;Des ponts interculturels &#224; la rivi&#232;re Romaine ? : d&#233;veloppement nordique et territorialit&#233;s innues&lt;/em&gt;, Qu&#233;bec, Presses de l'Universit&#233; de Qu&#233;bec, 2019, p. 46.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Justine Gagnon, &lt;em&gt;Mode d'habiter et territorialit&#233;s autochtones contemporaines : le cas de la natinisga'a en Colombie-Britannique&lt;/em&gt; (m&#233;moire), Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Caroline Desbiens et &#201;tienne Rivard, &#171; Relations durables : autochtones, territoires et d&#233;veloppement &#187;, &lt;em&gt;Recherches am&#233;rindiennes au Qu&#233;bec&lt;/em&gt;, vol. 38, no 1, 2010, p. 302.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Laurie Guimond et Alexia Desmeules, &#171; &#171; Les oreilles se sont ouvertes des deux c&#244;t&#233;s &#187; : d&#233;veloppement territoiral et relations entre Innus et non-Innus au chantier Romaine &#187;, &lt;em&gt;Recherches sociographiques&lt;/em&gt;, vol. 58, no 2, 2017, p. 378.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Naomi Fontaine, &lt;em&gt;Shuni&lt;/em&gt;, Montr&#233;al, M&#233;moire d'encrier, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Charlotte Bellehumeur, d&#233;partement de g&#233;ographie, UQAM. Cet article a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; par une &#233;tudiante allochtone en terres autochtones ancestrales non c&#233;d&#233;es, notamment sur le territoire Tio'tia:ke de la nation Kanien:keha'ka o&#249; se retrouve l'UQAM, et sur le territoire des Innu&#183;es, le Nitassinan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Rapha&#235;lle Ainsley-Vincent&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'inuu-aitun en classe de fran&#231;ais</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-inuu-aitun-en-classe-de-francais</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-inuu-aitun-en-classe-de-francais</guid>
		<dc:date>2024-01-17T20:09:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Camille Robidoux-Daigneault</dc:creator>


		<dc:subject>Robidoux-Daigneault, Camille</dc:subject>
		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Litt&#233;rature</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La posture de l'enseignant&#183;e de fran&#231;ais langue seconde est susceptible de reconduire des rapports de domination charg&#233;s. Quelle place est-il possible d'octroyer &#224; la culture des apprenant&#183;es innu&#183;es dans ce contexte afin d'&#233;viter de reproduire des pratiques hi&#233;rarchiques entre la langue maternelle et la langue d'enseignement ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'hiver 2022, le C&#233;gep de Baie-Comeau a accueilli sa premi&#232;re cohorte d'apprenant&#183;es au cheminement Tremplin DEC &#8211; Premi&#232;res Nations. Celui-ci a &#233;merg&#233; au terme (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Cote-Nord-Nitassinan-Territoires-enchevetres-" rel="directory"&gt;Dossier : C&#244;te-Nord - Nitassinan / Territoires enchev&#234;tr&#233;s&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Robidoux-Daigneault-Camille-+" rel="tag"&gt;Robidoux-Daigneault, Camille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Education-et-enseignement-+" rel="tag"&gt;Education et enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Litterature-+" rel="tag"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/345245.png?1705522002' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;412&#034; height=&#034;274&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La posture de l'enseignant&#183;e de fran&#231;ais langue seconde est susceptible de reconduire des rapports de domination charg&#233;s. Quelle place est-il possible d'octroyer &#224; la culture des apprenant&#183;es innu&#183;es dans ce contexte afin d'&#233;viter de reproduire des pratiques hi&#233;rarchiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On appelle &#171; diglossie &#187; un bilinguisme o&#249; les langues parl&#233;es sont soumises (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; entre la langue maternelle et la langue d'enseignement ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'hiver 2022, le C&#233;gep de Baie-Comeau a accueilli sa premi&#232;re cohorte d'apprenant&#183;es au cheminement Tremplin DEC &#8211; Premi&#232;res Nations. Celui-ci a &#233;merg&#233; au terme d'une s&#233;rie de consultations avec le Centre r&#233;gional en &#233;ducation des adultes (CR&#201;A) de Pessamit et d'&#233;tudiant&#183;es innu&#183;es afin de cr&#233;er une grille adapt&#233;e aux besoins de la communaut&#233;. Parmi les &#233;l&#233;ments cibl&#233;s, notons l'am&#233;lioration des comp&#233;tences en lecture et en &#233;criture en fran&#231;ais, l'accompagnement dans la d&#233;couverte de l'univers num&#233;rique propre au coll&#233;gial, les comp&#233;tences organisationnelles et m&#234;me&#8230; la gestion des finances personnelles ! C'est donc avec ce mandat bien pr&#233;cis en t&#234;te que s'est d&#233;velopp&#233;e la grille du cheminement, un cursus qui permet aux &#233;tudiant&#183;es de terminer leurs &#233;tudes secondaires &#224; Pessamit tout en d&#233;couvrant les &#233;tudes coll&#233;giales &#224; Baie-Comeau.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des adaptations pour favoriser la r&#233;ussite&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il allait de soi pour moi qu'une mise en valeur soutenue de l'innu-aitun (la culture innue) serait au centre de mon cours de Strat&#233;gies de lecture et d'&#233;criture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le cours vise &#224; soutenir la transition entre les &#233;tudes secondaires et les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; afin de favoriser la s&#233;curisation culturelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le concept de s&#233;curisation culturelle, apparu dans le syst&#232;me de sant&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; des apprenant&#183;es. J'ai donc privil&#233;gi&#233; l'enseignement d'&#339;uvres &#233;crites par des Innuat, soit Michel Jean et Marie-Andr&#233;e Gill. Les &#233;tudiant&#183;es ont donc &#233;t&#233; &#224; m&#234;me de s'identifier &#224; la fois aux personnages et aux auteur&#183;trices, ce qui leur &#233;tait rarement arriv&#233;, selon leurs t&#233;moignages (une &#233;valuation qualitative du cours a &#233;t&#233; men&#233;e aupr&#232;s des &#233;tudiant&#183;es &#224; la fin de la session).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils et elles ont d'ailleurs non seulement eu l'opportunit&#233; de rencontrer ces deux mod&#232;les litt&#233;raires, mais &#233;galement de se familiariser avec les rouages de l'organisation et de l'animation de tables rondes litt&#233;raires. Ainsi, la classe s'est appropri&#233; les manifestations th&#233;matiques de &lt;em&gt;Tio'tia:ke&lt;/em&gt; (roman de Michel Jean, Libre Expression, 2021) et de &lt;em&gt;Frayer&lt;/em&gt; (recueil de po&#233;sie de Marie-Andr&#233;e Gill, La Peuplade, 2015) dans un format convivial, tout en consolidant ses comp&#233;tences num&#233;riques et communicationnelles. Les &#233;tudiant&#183;es ont particip&#233; &#224; tous les aspects de &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l'organisation des &#233;v&#233;nements culturels : infographie des affiches promotionnelles, r&#233;daction d'invitations officielles &#224; la communaut&#233; du c&#233;gep de Baie-Comeau, planification et animation des tables rondes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; titre d'enseignante, j'ai pu relayer la parole d'auteurs et d'autrices qui probl&#233;matisent un rapport parfois difficile &#224; l'identit&#233; culturelle et proposent des pistes de solution pour s'adapter aux r&#233;alit&#233;s contemporaines tout en pr&#233;servant un savoir traditionnel. Toujours selon les t&#233;moignages recueillis, la pr&#233;sence continuelle de leur culture dans les contenus et la p&#233;dagogie employ&#233;e favorisait la motivation et le sentiment de comp&#233;tence des &#233;tudiant&#183;es. Cette pr&#233;sence faisait contrepoids &#224; une absence syst&#233;mique au sein de leurs cours de fran&#231;ais ant&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'apprentissage au service de&#8230; l'apprentissage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je me suis sentie privil&#233;gi&#233;e de c&#244;toyer des &#233;tudiant&#183;es anim&#233;&#183;es par une vive curiosit&#233; &#224; l'&#233;gard des arts, de l'histoire et de la politique. En ce sens, la s&#233;curisation culturelle est rapidement devenue un tremplin vers d'autres horizons. La l&#233;gitimation de notre identit&#233; culturelle favoriserait-elle l'empathie et l'ouverture &#224; l'alt&#233;rit&#233; plut&#244;t qu'un repli sur soi ? C'est ce que mon exp&#233;rience m'invite &#224; penser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de sortir d'une approche centr&#233;e sur une interpr&#233;tation fig&#233;e des &#339;uvres, o&#249; l'enseignant&#183;e est l'expert&#183;e &#8211; ce que je ne saurais pr&#233;tendre &#234;tre dans un tel contexte culturel &#8211;, j'ai privil&#233;gi&#233; l'apprentissage coop&#233;ratif et exp&#233;rientiel. Je me suis &#233;galement montr&#233;e vuln&#233;rable en questionnant les &#233;tudiant&#183;es sur la prononciation de quelques mots d'innu-aimun, une langue dont j'amorce l'apprentissage gr&#226;ce &#224; Yvette Mollen (Universit&#233; de Montr&#233;al) et Monique Verreault (Pekuakamiulnuatsh Takuhikan)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Monique Verreault enseigne des ateliers de nehlueun ouverts &#224; tous et toutes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cela permettait aux &#233;tudiant&#183;es de percevoir leur identit&#233; culturelle comme un objet riche et r&#233;solument actuel. Christopher Moreau, un &#233;tudiant de mon cours, l'a d'ailleurs bien th&#233;matis&#233; dans un po&#232;me r&#233;dig&#233; &#224; la suite de la lecture du recueil de Marie-Andr&#233;e Gill :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;[&#8230;] pour sauver ce qu'il reste d'un pass&#233;, &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;il se tourne vers le futur &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;les braises d'un tipi dans sa poitrine, cendres chaudes &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;une vie vacillante, sa volont&#233; aussi, arbres sous le vent [&#8230;]&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Des rivi&#232;res d'eaux claires et des sentiers de terres &#187; (extrait)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un lien au-del&#224; des murs de la classe&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Outre les strat&#233;gies d&#233;ploy&#233;es dans les cours du cheminement, l'&#233;quipe du Tremplin DEC &#8211; Premi&#232;res Nations souhaite s'affranchir du cadre traditionnel de l'enseignement coll&#233;gial, notamment en prenant part &#224; des activit&#233;s pour soutenir la pers&#233;v&#233;rance et l'engagement des &#233;tudiant&#183;es. Nous irons d'ailleurs faire une initiation au kayak de mer avec les &#233;tudiant&#183;es pour bien clore cette premi&#232;re session et se rappeler que l'apprentissage hors texte est tout aussi riche que celui que l'on fait en classe.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;* * *&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DES PISTES DE S&#201;CURISATION CULTURELLE DANS LA CLASSE DE FRAN&#199;AIS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reconna&#238;tre les traumatismes v&#233;cus par les &#233;tudiant&#183;es, leur famille et leur communaut&#233; ;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#202;tre conscient&#183;es des obstacles &#224; la poursuite d'&#233;tudes sup&#233;rieures des apprenant&#183;es ;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tudier les particularit&#233;s linguistiques de la langue maternelle des apprenants afin de favoriser l'efficacit&#233; de l'enseignement de la grammaire et de la litt&#233;rature ;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reconna&#238;tre l'expertise culturelle des apprenant&#183;es ;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;gitimiser la langue maternelle des apprenant&#183;es, ici l'innu-aimun ;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'autoriser &#224; sortir du cadre rigide de l'enseignement sup&#233;rieur lorsque possible.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On appelle &#171; diglossie &#187; un bilinguisme o&#249; les langues parl&#233;es sont soumises &#224; une hi&#233;rarchie. Les langues autochtones du Qu&#233;bec, qui ont un statut minoritaire, n'ont que peu de place dans l'espace public, contrairement au fran&#231;ais ou &#224; l'anglais, qui elles ont droit de cit&#233; ; il s'agit d'une diglossie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le cours vise &#224; soutenir la transition entre les &#233;tudes secondaires et les premiers cours de formation g&#233;n&#233;rale (&#201;criture et litt&#233;rature et Philosophie et rationalit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le concept de s&#233;curisation culturelle, apparu dans le syst&#232;me de sant&#233; n&#233;o-z&#233;landais dans les ann&#233;es 1980, d&#233;signe avant tout une &#171; responsabilit&#233; &#187; institutionnelle et individuelle et non une &#171; adaptation &#187; de contenus ou de pratiques. Le concept s'impose depuis plusieurs ann&#233;es dans l'enseignement. Je le trouve particuli&#232;rement crucial dans un contexte de fran&#231;ais langue seconde pour &#233;viter de hi&#233;rarchiser des langues qui seront n&#233;cessairement amen&#233;es &#224; se c&#244;toyer au sein de la classe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Monique Verreault enseigne des ateliers de nehlueun ouverts &#224; tous et toutes sur Zoom de fa&#231;on hebdomadaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Camille Robidoux-Daigneault est enseignante de litt&#233;rature au C&#233;gep de Baie-Comeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Rapha&#235;lle Ainsley-Vincent&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Prot&#233;ger et transmettre l'innu-aimun</title>
		<link>https://www.ababord.org/Proteger-et-transmettre-l-innu-aimun</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Proteger-et-transmettre-l-innu-aimun</guid>
		<dc:date>2024-01-17T19:58:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Myriam Boivin-Comtois, Isabelle Bouchard, Ad&#232;le Clapperton-Richard, Yvette Mollen</dc:creator>


		<dc:subject>Bouchard, Isabelle</dc:subject>
		<dc:subject>Clapperton-Richard, Ad&#232;le</dc:subject>
		<dc:subject>Boivin-Comtois, Myriam</dc:subject>
		<dc:subject>Mollen, Yvette</dc:subject>
		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Yvette Mollen est n&#233;e dans la communaut&#233; innue d'Ekuanitshit. Elle consacre sa carri&#232;re &#224; la sauvegarde et la transmission de la langue innue, l'innu-aimun. &#192; b&#226;bord ! a &#233;chang&#233; avec elle &#224; propos des enjeux entourant la protection de cette langue et, par le fait m&#234;me, de la culture innue. Propos recueillis par Ad&#232;le Clapperton-Richard, Isabelle Bouchard et Myriam Boivin-Comtois. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; b&#226;bord ! : Quel portrait tracer de l'&#233;tat actuel de l'innu-aimun sur la C&#244;te-Nord ? &#202;tes-vous optimiste ? (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Cote-Nord-Nitassinan-Territoires-enchevetres-" rel="directory"&gt;Dossier : C&#244;te-Nord - Nitassinan / Territoires enchev&#234;tr&#233;s&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bouchard-Isabelle-+" rel="tag"&gt;Bouchard, Isabelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Clapperton-Richard-Adele-+" rel="tag"&gt;Clapperton-Richard, Ad&#232;le&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Boivin-Comtois-Myriam-+" rel="tag"&gt;Boivin-Comtois, Myriam&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mollen-Yvette-+" rel="tag"&gt;Mollen, Yvette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Education-et-enseignement-+" rel="tag"&gt;Education et enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/123123-13.png?1705521388' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;431&#034; height=&#034;286&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Yvette Mollen est n&#233;e dans la communaut&#233; innue d'Ekuanitshit. Elle consacre sa carri&#232;re &#224; la sauvegarde et la transmission de la langue innue, l'innu-aimun. &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; a &#233;chang&#233; avec elle &#224; propos des enjeux entourant la protection de cette langue et, par le fait m&#234;me, de la culture innue. Propos recueillis par Ad&#232;le Clapperton-Richard, Isabelle Bouchard et Myriam Boivin-Comtois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/em&gt; : Quel portrait tracer de l'&#233;tat actuel de l'innu-aimun sur la C&#244;te-Nord ? &#202;tes-vous optimiste ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Yvette Mollen : &lt;/strong&gt;Je n'ai pas de donn&#233;es v&#233;rifi&#233;es et r&#233;centes pour le nombre de locuteur&#183;trices de la langue innue sur la C&#244;te-Nord. Ce serait le r&#244;le de l'Institut Tshakapesh d'effectuer ce travail d'&#233;valuation de l'&#233;tat de la langue. Comme cet organisme a un acc&#232;s direct aux communaut&#233;s et aux &#233;coles innues, ce serait facile d'engager des personnes qui iraient sur le terrain et &#233;valueraient la situation de la langue : l'utilisation, la transmission, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je peux vous dire c'est que la situation a &#233;volu&#233; depuis la colonisation. Beaucoup d'Innu&#183;es d'une certaine g&#233;n&#233;ration et de certaines r&#233;gions, comme en Minganie ou en Basse-C&#244;te-Nord, n'utilisent que l'innu-aimun pour communiquer. Mais le commerce, les pensionnats et bien s&#251;r les &#233;coles telles qu'on les conna&#238;t maintenant ont contribu&#233; au bilinguisme des Innu&#183;es. Aujourd'hui, presque tous&#183;tes les Innu&#183;es de moins de 60 ans sont bilingues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, pour expliquer certaines choses, &#231;a me vient en innu d'abord&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Eshpish mishkutshipanit eshinniunanut anite innu-assit, mishta-mishkutshipanu ashit innu-aimun. Ne ua issishueian : ueshkat innu inniuipan anite nutshimit, kushpipan eshku eka shitshimakanit tshetshi apit anite innu-assit. Mishapani aimuna, &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;mitshenupani kie, tanite innu-aitun an takuanipan eshakumitshishikua, nataunanipan, kussenanipan kie takuanipani aimuna anite nutshimit iapashtakaniti. Anutshish eshpish apinanut anite innu-assit, mishkutshipanua aimuna, passe tutakanipani, passe auiashunanipani anite mishtikushiu-aimunit kie ma akaneshau-aimunit.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ekue takuak katshishkutamatsheutshuap, ekue takuak mishtikushiu-aimun. Passe innu-auassat ekue eka tshishkutamuakaniht aimuna : nutshimiu-aimuna ushkat kie nenua kutaka aimuna iapatanniti tshetshi nishtuapatahk : pishimuat, atushkan-tshishikua, atshitashuna, atishauiana, eshinikuashuniti aueshisha, namesha&#8230;. Anu uetshiuat tshetshi mishtikushiu-uitahk. Apishish anite katshishkutamatsheutshuapit uauitamuakanuat muku apu ishpannit nenu. Tshika ui itutakanuat anite nutshimit, tshika ui nishtutatishuat nenua nutshimiu-aimuna kie tshika ui eshku tapishimakanuat anite innu-aitunit.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Avec le changement de vie dans les communaut&#233;s, un changement s'est fait au niveau de la langue. Avant qu'on ne leur impose la s&#233;dentarisation, les Innu&#183;es vivaient &#224; l'int&#233;rieur des terres et fr&#233;quentaient le territoire. Plusieurs mots &#233;taient utilis&#233;s aussi parce que la culture &#233;tait plus vivante tous les jours : on chassait, on p&#234;chait et les mots de l'int&#233;rieur des terres &#233;taient utilis&#233;s. Depuis que les r&#233;serves existent, les mots changent, certains n&#233;ologismes ont &#233;t&#233; faits, certains mots sont emprunt&#233;s au fran&#231;ais ou encore &#224; l'anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a eu l'&#233;cole. Certains enfants n'ont pas appris les mots de l'int&#233;rieur des terres ainsi que ceux utiles dans la vie de tous les jours : les mois de l'ann&#233;e, les jours de la semaine, les chiffres, les couleurs, le nom des animaux, des poissons&#8230; Ils ont plus de facilit&#233; &#224; les prononcer en fran&#231;ais. On leur en parle &#224; l'&#233;cole, mais ce n'est pas suffisant. Il faudrait les amener &#224; l'int&#233;rieur des terres, il faudrait qu'ils et elles comprennent ces mots pour les connecter &#224; la culture innue.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, je reste optimiste, car de plus en plus de personnes sont conscientes du danger et tentent d'inverser la tendance &#224; la baisse. Un travail immense est &#224; faire, l&#224; devant nous, et si tous et toutes s'y mettent, ce sera plus facile de voir des r&#233;sultats encourageants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Dans quelles sph&#232;res d'activit&#233; les d&#233;fis de la conservation et du d&#233;veloppement de la langue sont-ils les plus grands &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y. M. :&lt;/strong&gt; &#192; Ekuanitshit, la majorit&#233; de la communaut&#233; parle innu. Mais dans toutes les communaut&#233;s, le d&#233;fi est &#224; la maison. &#192; l'&#233;cole, les enfants re&#231;oivent l'enseignement en fran&#231;ais et, avec les nouvelles technologies, ils et elles d&#233;couvrent aussi d'autres langues : les parents doivent donc prendre le relais et continuer en innu apr&#232;s la journ&#233;e de classe, pour pallier les manques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on entend les parents parler innu &#224; leurs enfants et qu'on entend les enfants qui se parlent innu entre eux et elles, c'est tr&#232;s positif, car on sait que la transmission est assur&#233;e. Aussi, la pratique de la culture facilite l'apprentissage de la langue. La g&#233;n&#233;ration des grands-parents et celle des parents parlent tr&#232;s bien l'innu. Les grands-parents ont connu ce qu'&#233;tait le nomadisme, car la communaut&#233; d'Ekuanitshit est devenue une &#171; terre r&#233;serv&#233;e &#187; en avril 1963.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Avec la migration de plusieurs Innu&#183;es vers les villes, quelles sont les strat&#233;gies gagnantes pour assurer la p&#233;rennit&#233; de l'innu-aimun sur le territoire ? Lesquelles sont les mieux adapt&#233;es pour les communaut&#233;s sur la C&#244;te-Nord ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y. M. :&lt;/strong&gt; La majorit&#233; des Innu&#183;es habitent encore les communaut&#233;s et beaucoup de ceux et celles qui s'exilent vont revenir un jour ou l'autre. Cependant, ceux et celles qui sont maintenant &#224; l'ext&#233;rieur n'ont parfois plus l'innu comme langue maternelle. Il sera difficile de reparler l'innu s'ils ou elles ne l'ont jamais parl&#233;, mais avec de la volont&#233;, on peut s'approprier notre langue sans probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re strat&#233;gie est donc la transmission directe des parents &#224; son enfant : parler innu tous les jours &#224; son enfant. Ensuite, s'assurer de pratiquer des activit&#233;s culturelles, car c'est l&#224; que les mots de l'int&#233;rieur des terres sont utilis&#233;s. Si l'activit&#233; est faite avec les enfants &#224; r&#233;p&#233;tition, ce sera facile de continuer &#224; communiquer, &#224; transmettre en innu. Sur la C&#244;te-Nord, il y a la nature, le plein air, les grands espaces. Toutes les activit&#233;s culturelles sont donc faisables comme nos arri&#232;re-grands-parents les faisaient. On peut chasser les gibiers d'eau, aller &#224; la p&#234;che, faire un s&#233;jour &#224; l'int&#233;rieur des terres, aller camper, manger les produits de la chasse et la p&#234;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Vous enseignez l'innu-aimun &#224; l'Universit&#233; de Montr&#233;al depuis 2017 et &#234;tes professeure invit&#233;e de la Facult&#233; des arts et des sciences depuis 2021. Quelles sont les difficult&#233;s d'enseigner l'innu-aimun &#224; des &#233;tudiant&#183;es non innu&#183;es, et la plupart du temps non autochtones ? Est-ce une langue difficile &#224; enseigner ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y. M. :&lt;/strong&gt; Le plus grand d&#233;fi a &#233;t&#233; d'adapter l'enseignement langue maternelle &#224; l'enseignement langue seconde. Les Innu&#183;es qui parlent la langue innue ont ce que les &#233;tudiant&#183;es non locuteur&#183;trices n'ont pas, soit &#171; l'instinct &#187;. Les locuteurs&#183;trices connaissent &#171; d'instinct &#187; des &#233;l&#233;ments puisque ceux et celles-ci ont &#233;t&#233; expos&#233;&#183;es d&#232;s la naissance &#224; la langue. Cependant, une difficult&#233; demeure la m&#234;me dans les deux cas, puisque les Innu&#183;es n'ont pas eu de cours sur la grammaire de la langue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est difficile pour les &#233;tudiant&#183;es qui apprennent. C'est difficile parfois de bien expliquer des choses abstraites qui n'existent pas dans la langue de l'apprenant&#183;e. Il faut leur dire alors qu'ils et elles doivent apprendre par c&#339;ur jusqu'&#224; ce que la notion soit int&#233;gr&#233;e compl&#232;tement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : &#192; quel autre endroit aimeriez-vous enseigner l'innu-aimun ? &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y. M. :&lt;/strong&gt; J'aimerais enseigner dans les communaut&#233;s innues, &#224; l'int&#233;rieur des terres, &#224; des enfants du pr&#233;scolaire et primaire en m&#234;me temps qu'&#224; leurs parents avec l'aide d'a&#238;n&#233;&#183;es. Ce serait la meilleure &#233;cole qui unirait la langue et la culture innues. Mais maintenant, j'enseigne l'innu &#224; l'Universit&#233; de Montr&#233;al en ligne. J'aime cet enseignement, cela me permet d'exp&#233;rimenter cette fa&#231;on de faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B ! &lt;/em&gt; : En innu-aimun, y a-t-il des mots ou des concepts qui ont malheureusement d&#251; &#234;tre invent&#233;s pour nommer des ph&#233;nom&#232;nes blancs ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y. M. :&lt;/strong&gt; Je ne dirais pas &#171; malheureusement &#187;. Toutes les langues inventent de nouveaux mots face aux nouvelles r&#233;alit&#233;s. Par exemple, depuis la pand&#233;mie et le confinement, les contacts par vid&#233;oconf&#233;rence ont augment&#233; : nous avons eu Zoom et des expressions sont apparues, &#171; zoomer &#187; par exemple. Dans notre monde actuel, il faut inventer les mots qui n'existent pas pour ne pas perdre la langue, c'est l'&#233;volution de la langue. Et tant que la langue &#233;volue, elle est en vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fa&#231;on dont les mots sont cr&#233;&#233;s en innu-aimun tient de l'observation, de la vision de l'objet ou du concept. Beaucoup de nouveaux mots sont cr&#233;&#233;s selon leur utilit&#233; chez les Innu&#183;es. Beaucoup d'autres ne sont pas cr&#233;&#233;s parce qu'ils ne sont pas utiles. Quand certains concepts en fran&#231;ais n'existent pas en innu, il faut expliquer le concept et traduire la d&#233;finition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : La langue innue est-elle genr&#233;e ? Quels sont les genres en innu-aimun ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y. M. :&lt;/strong&gt; Le genre, en innu, c'est l'anim&#233; et l'inanim&#233;. Cela n'a rien &#224; voir avec ce qui est vivant et non vivant, ce qui bouge ou ce qui ne bouge pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une fa&#231;on de classer les mots qui n'est pas non plus reli&#233;e au masculin ou au f&#233;minin. Mais nous pouvons diff&#233;rencier un homme d'une femme, d'un m&#226;le ou d'une femelle chez les animaux. Tous&#183;tes seront anim&#233;&#183;es : les hommes et les femmes, sans oublier toutes les cat&#233;gories d'&#234;tres humains. On dira pour l'orignal m&#226;le &#171; nape-mush &#187; (du morph&#232;me &lt;em&gt;nape&lt;/em&gt;, &#171; m&#226;le &#187;) et pour la femelle &#171; ishkue-mush &#187; (du morph&#232;me &lt;em&gt;ishkue&lt;/em&gt;, &#171; femelle &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#192;B ! : Pourriez-vous parler un peu du d&#233;bat entourant la n&#233;cessit&#233; ou non de transposer &#224; l'&#233;crit l'innu-aimun ? Et des enjeux de la standardisation de la langue ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y. M. :&lt;/strong&gt; Quand on pense au fran&#231;ais, dont l'&#233;criture est standardis&#233;e partout dans le monde o&#249; la langue est utilis&#233;e, la question ne se pose pas. Apprendre le fran&#231;ais pour le parler, on appelle &#231;a un moyen de communication. Quand quelqu'un l'&#233;crit ou le lit, l&#224;, on appelle &#231;a l'&#233;ducation. On prot&#232;ge la langue par des lois, on manifeste pour celle-ci, on brandit le poing quand un directeur d'une quelconque compagnie fait une entrevue dans une autre langue que la langue prescrite par le peuple qui la veut en vie encore longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, je ne parle pas de d&#233;bat pour l'innu. Il en faudrait un pourtant, un d&#233;bat v&#233;ritable pour la conservation de l'innu par l'&#233;criture standardis&#233;e. Les personnes qui ne sont pas en faveur de cette standardisation ne savent souvent pas la lire ni l'&#233;crire. Elles ne connaissent pas encore la richesse de leur langue maternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re chose que les Innu&#183;es doivent faire pour l'enjeu entourant la langue, c'est de la transmettre oralement &#224; la g&#233;n&#233;ration suivante. Il ne faut pas laisser gagner les langues dominantes dans la conversation. Je m'explique : quand mon enfant me r&#233;pond en fran&#231;ais ou en anglais, je continue &#224; parler innu, je r&#233;ponds en innu. L'important est d'abord de parler la langue. L'&#233;crire viendra ensuite, apr&#232;s avoir eu un bon apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Utiliser la bonne orthographe est bon pour les enfants qui apprennent la langue sur les bancs d'&#233;cole. Il faut qu'ils et elles voient une bonne orthographe exempte de fautes. Ce sera plus facile de lire, de comprendre pour la suite de l'apprentissage. Si nous lisions quelque chose &#233;crit ainsi : &#171; keskia, pourkoi ske t'me parl d'm&#234;me ? &#187; dans les livres qu'apportent nos enfants de l'&#233;cole, nous appellerions probablement la direction d'&#233;cole pour nous plaindre. Nous aurions une discussion quant au s&#233;rieux de l'enseignement. La confiance en l'&#233;cole serait &#233;branl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de l'innu, certains parents n'ont pas eu la chance de conna&#238;tre l'&#233;criture standardis&#233;e. Les enfants l'apprennent &#224; l'&#233;cole, mais pas encore suffisamment. Si le parent s'int&#233;resse &#224; cette &#233;criture, il ou elle pourra apprendre en m&#234;me temps que son enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Est-ce que la toponymie de la C&#244;te-Nord refl&#232;te bien la pr&#233;sence de l'innu-aimun ? &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y. M. : &lt;/strong&gt;Les Innu&#183;es ont toujours nomm&#233; les rivi&#232;res, les lacs, les portages qu'ils et elles fr&#233;quentaient depuis des mill&#233;naires. Les villages voisins des communaut&#233;s innues sont nomm&#233;s en innu, m&#234;me que les noms de certains d'entre eux sont francis&#233;s de l'innu. Par exemple &lt;em&gt;Tshekashkau&lt;/em&gt;, qui veut dire &#171; endroit rocheux, sans banc de sable &#187;, s'appelle en fran&#231;ais Kegaska. Avec la colonisation, certains lacs, rivi&#232;res ou montagnes ont &#233;t&#233; renomm&#233;s. Mais l'Innu&#183;e gardera le nom de l'endroit tel qu'il ou elle l'a appris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Quelles seraient les cons&#233;quences directes de la disparition de la langue ? Pourquoi son maintien et son d&#233;veloppement sont-ils cruciaux ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y. M. :&lt;/strong&gt; La culture est tr&#232;s li&#233;e &#224; la langue, les deux sont ins&#233;parables. La culture des gens nomades dispara&#238;t tranquillement et s'en va vers l'oubli dans certaines communaut&#233;s. Les jeunes et les enfants ne vivent plus comme leurs anc&#234;tres, n'ont pas la moiti&#233; du vocabulaire que ces dernier&#183;&#232;res connaissaient et utilisaient. C'est la s&#233;dentarisation et l'&#233;ducation obligatoire qui a fragilis&#233; la langue. Si la langue dispara&#238;t, la culture aussi dispara&#238;t, tout comme notre identit&#233;. Les Innu&#183;es auraient de la difficult&#233; &#224; s'identifier r&#233;ellement, &#224; vivre pleinement, &#224; pratiquer les activit&#233;s culturelles comme cela se faisait au temps de leurs grands-parents. Ils et elles pourraient pratiquer les activit&#233;s d'une autre fa&#231;on, peut-&#234;tre sans la moindre conviction. Si cela arrive un jour, les Innu&#183;es vont tenter de &#171; baragouiner &#187; une langue lointaine, sans trop savoir ce qu'ils et elles disent et sans comprendre toute l'immensit&#233; des subtilit&#233;s de la langue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, en allant dans une communaut&#233; innue, nous cherchions notre chemin. Nous nous sommes donc arr&#234;t&#233;&#183;es proche d'une maison. Un a&#238;n&#233; &#233;tait assis sur la galerie, sur sa chaise ber&#231;ante, il me faisait penser &#224; mon p&#232;re. Un homme basan&#233; qui a pris beaucoup de soleil, quelques rides sur le front, les cheveux noirs. Je me suis approch&#233;e de lui et lui ai demand&#233; le chemin en innu. Il m'a r&#233;pondu en fran&#231;ais en me disant qu'il ne me comprenait pas. J'ai donc redemand&#233; en fran&#231;ais et il m'a indiqu&#233; le chemin. J'ai &#233;t&#233; d&#233;boussol&#233;e de voir qu'il ne parlait pas innu et qu'il &#233;tait un Innu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense &#224; ces nations qui ont vu leur langue s'endormir. Elles tentent de la r&#233;veiller, mais ce n'est plus comme avant, elles ne peuvent plus d&#233;crire, plus dire. Tout ne r&#233;sonne plus comme avant. Elles empruntent &#224; d'autres langues, mais ce n'est plus pareil. Que dire des activit&#233;s traditionnelles ? Nous irions &#224; l'int&#233;rieur des terres en nommant tout en fran&#231;ais ou en anglais, en ne mangeant pas les produits de la chasse. C'est donc crucial de maintenir la langue, c'est notre identit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : &lt;em&gt;Tshimishta-nashkumitinan&lt;/em&gt; ! (Nous te remercions beaucoup !)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Yvette Mollen est professeure invit&#233;e &#224; la Facult&#233; des arts et des sciences, d&#233;partement de litt&#233;rature et langues du monde &#224; l'Universit&#233; de Montr&#233;al. Les r&#233;ponses &#224; l'entrevue ont &#233;t&#233; donn&#233;es &#224; l'&#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Rapha&#235;lle Ainsley-Vincent&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cr&#233;er le territoire</title>
		<link>https://www.ababord.org/Creer-le-territoire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Creer-le-territoire</guid>
		<dc:date>2023-12-28T19:49:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>St&#233;phanie Fournier, Fr&#233;d&#233;rique L&#233;vesque</dc:creator>


		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Litt&#233;rature</dc:subject>
		<dc:subject>Fournier, St&#233;phanie</dc:subject>
		<dc:subject>L&#233;vesque, Fr&#233;d&#233;rique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Situ&#233;e &#224; T&#234;te-&#224;-la-Baleine, la r&#233;sidence d'artistes Glaise Bleue est un organisme de m&#233;diation culturelle li&#233; au territoire et &#224; son infini potentiel de cr&#233;ation. Nous invitons les artistes et la population &#224; y puiser. La mati&#232;re premi&#232;re est l&#224;, tout est l&#224;, en fait, inscrit dans le territoire. Il faut simplement le faire ressortir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des ateliers de po&#233;sie, un projet rassembleur, quelques belles rencontres, de nouveaux liens tiss&#233;s avec des Bas-C&#244;tiers, Bas-C&#244;ti&#232;res et des gens (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Cote-Nord-Nitassinan-Territoires-enchevetres-" rel="directory"&gt;Dossier : C&#244;te-Nord - Nitassinan / Territoires enchev&#234;tr&#233;s&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Litterature-+" rel="tag"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fournier-Stephanie-+" rel="tag"&gt;Fournier, St&#233;phanie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Levesque-Frederique-+" rel="tag"&gt;L&#233;vesque, Fr&#233;d&#233;rique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/98798.png?1703792777' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;477&#034; height=&#034;277&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Situ&#233;e &#224; T&#234;te-&#224;-la-Baleine, la r&#233;sidence d'artistes Glaise Bleue est un organisme de m&#233;diation culturelle li&#233; au territoire et &#224; son infini potentiel de cr&#233;ation. Nous invitons les artistes et la population &#224; y puiser. La mati&#232;re premi&#232;re est l&#224;, tout est l&#224;, en fait, inscrit dans le territoire. Il faut simplement le faire ressortir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des ateliers de po&#233;sie, un projet rassembleur, quelques belles rencontres, de nouveaux liens tiss&#233;s avec des Bas-C&#244;tiers, Bas-C&#244;ti&#232;res et des gens d'Anticosti. Ancr&#233;e dans le territoire, inspir&#233;e de la beaut&#233; des lieux, ou dans les expressions locales. J'accepte cette invitation &#224; cr&#233;er de la po&#233;sie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;crire le paysage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re rencontre sous le th&#232;me des expressions et dictons locaux. Je me pr&#233;pare, &lt;em&gt;partir pour le large, revenir en d'dans, ma fille, my girl, touer, va ti vient&lt;/em&gt;. Tour &#224; tour, &#224; diff&#233;rents moments du processus de cr&#233;ation, j'ose prendre la parole pour partager mes &#233;crits. Je re&#231;ois des commentaires qui me motivent, me rendent fi&#232;re aussi. Je r&#233;vise, mais pas trop, l'objectif est d'avoir du plaisir, ici et maintenant et je d&#233;couvre que j'aime &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai le go&#251;t de recommencer, j'ai d&#233;j&#224; h&#226;te aux prochaines rencontres. J'inscris les dates &#224; mon calendrier : le 10 et 24 f&#233;vrier 2022, po&#233;sie sous le th&#232;me des paysages et du mode de vie locaux. Habiter notre territoire et s'en inspirer c'est notre fa&#231;on d'&#234;tre dans le monde. Sortir avec mon appareil photo, faire de la vid&#233;o, d&#233;crire ce que je vois, ce que je ressens au moment o&#249; je suis touch&#233;e par les paysages, les couleurs, les odeurs, les sons. Dire pour ensuite &#233;crire, laisser sa trace :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'o&#249; je viens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Je viens des souvenirs de mon enfance,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Je viens d'un matin d'&#233;t&#233;, d'un vent du Nord, d'une mer calme,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Je viens d'un espace libre et immense,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Je viens du chant des huards au lever du jour, de l'odeur du lichen, de la froideur du noro&#238;t,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Je viens du bleu et du orang&#233; du cr&#233;puscule,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Je viens de l'onde qui suit ton onde,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Je viens des d&#233;parts et des arriv&#233;es,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Je viens de ce territoire que j'ai reconnu comme le lieu &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;D'o&#249; je viens.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;St&#233;phanie Fournier, 24 f&#233;vrier 2022, projet Po&#233;sie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le velours des tourbi&#232;res&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ins&#233;rer dans la navette une petite bobine de fil de velours orange br&#251;l&#233;. Avec un &#233;lan initi&#233; par ma main, faire traverser la navette de bord en bord du m&#233;tier, puis rabattre le peigne du m&#233;tier &#224; tisser pour tasser le fil de trame qui s'entrelace sur les fils de cha&#238;ne. Changer mon pied de p&#233;dale. Recommencer, cette fois-ci je change la bobine de fil orange br&#251;l&#233; pour un fil de laine vert tendre, sauge. Puis ce sera le tour d'un rouge rouille. Parfois, j'ins&#232;re &#224; la main quelques rang&#233;es de fils bleu profond entre les fils de cha&#238;ne, pour imiter des flaques d'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assise sur le banc du m&#233;tier &#224; tisser, dans la biblioth&#232;que de l'&#233;cole du village, je tisse une tourbi&#232;re. C'est le territoire que j'ai choisi d'exprimer, apr&#232;s que d'autres femmes du village aient plut&#244;t choisi de repr&#233;senter leur chalet sur les &#238;les de l'archipel face &#224; T&#234;te-&#224;-la-Baleine, ou encore le ciel gris qui se confond &#224; l'eau brillante. Pour d'autres femmes encore, le territoire qui se tisse est celui de la famille. L'h&#233;ritage, les racines, l'attachement. Certaines int&#233;greront &#224; leur tissage des bouts de filets de p&#234;che, des coquillages, de la fourrure de li&#232;vre. Tous nos territoires tiss&#233;s sur les m&#234;mes fils de cha&#238;nes seront mis bout &#224; bout, suspendus sur un mur de l'&#233;glise du village, au c&#339;ur de la communaut&#233;. Nos territoires qui se suivent et se rassemblent. &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Se baser sur le &lt;em&gt;d&#233;j&#224;-l&#224;&lt;/em&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers la m&#233;diation culturelle, la cr&#233;ation devient un pr&#233;texte pour parler de soi. Se montrer cr&#233;atif et cr&#233;ative, c'est aussi se montrer vuln&#233;rable : il faut aller dans son intimit&#233;, sortir de sa zone de confort, cibler ce qui nous touche, nous inspire, et accepter de le partager aux autres. Il ne s'agit pas l&#224; d'un lieu commun dans la r&#233;gion, o&#249; les espaces de rassemblement sont majoritairement les maisons, o&#249; les relations sont principalement familiales et o&#249; les sujets de conversations pratiques dominent. Cependant, lorsqu'on ouvre la porte aux souvenirs, aux liens intimes avec la nature, au sentiment d'appartenance &#224; travers la cr&#233;ativit&#233;, on laisse place &#224; la sensibilit&#233; artistique des habitants et habitantes des communaut&#233;s bas-nord-c&#244;ti&#232;res, une sensibilit&#233; artistique qui est bien pr&#233;sente et souvent tr&#232;s ancr&#233;e au territoire et au patrimoine culturel et immat&#233;riel.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3528 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L340xH225/3453-997c7.png?1729021605' width='340' height='225' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Glaise Bleue n'invente rien : la valeur de l'art pour g&#233;n&#233;rer d'autres types de discussions et des liens sociaux est d&#233;j&#224; bien connue dans la r&#233;gion, notamment &#224; T&#234;te-&#224;-la-Baleine. En effet, dans les ann&#233;es 1990, le regroupement de femmes Les Cousines d'Ad&#233;line &#233;crit une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre qui souligne le cinquanti&#232;me de l'obtention du droit de vote des femmes apr&#232;s de nombreuses luttes. Instigatrice de plaisirs et de rires &#224; travers une &#233;criture &#233;mancipatrice et communautaire, la pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre a aussi &#233;t&#233; le v&#233;hicule de discussions politiques sur les droits des femmes et a pu servir d'outil &#233;ducatif pour certains et certaines. Utiliser le th&#233;&#226;tre aura aussi inclus dans la boucle les hommes du village, qui &#233;taient l&#224; lors de la pr&#233;sentation de la pi&#232;ce, mais qui autrement ne participaient pas aux activit&#233;s des regroupements de femmes puisqu'elles &#233;taient volontairement non mixtes. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre organisme se base donc sur le d&#233;j&#224;-l&#224;. Dans la douceur et de la mani&#232;re qui se veut la plus organique possible, en partant des besoins exprim&#233;s et ressentis, nous nous percevons comme un levier d'action, des facilitatrices (notre &#233;quipe est actuellement enti&#232;rement f&#233;minine) et cr&#233;atrices de moments et de lien social. &#192; travers l'art, nous souhaitons mettre en valeur la beaut&#233; unique de la Basse-C&#244;te-Nord, qui s'enracine &#224; T&#234;te-&#224;-la-Baleine, ce village qui nous a vues na&#238;tre. Le terme &#171; glaise bleue &#187; est d'ailleurs avant tout territorial. T&#234;te-&#224;-la-Baleine est ainsi b&#226;ti sur la glaise, qui se compose de diff&#233;rentes strates et couleurs, mais dont la bleue est la plus solide ; &#171; presque dure comme le roc &#187;, diront certaines personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'image de cette glaise bleue assez typique de T&#234;te-&#224;-la-Baleine, chacun des villages et chacune des communaut&#233;s poss&#232;de son unicit&#233; ; la Basse-C&#244;te-Nord n'est pas un tout homog&#232;ne. Chacun et chacune, &#224; sa mani&#232;re, fera ressortir le plus beau de &#171; son &#187; territoire. Le lien &#224; ce territoire, cet &#171; entre terre et mer &#187; et la d&#233;pendance avec lui qu'ont encore les Bas-Nord-C&#244;tiers et les Bas-Nord-C&#244;ti&#232;res est cependant un bon fil conducteur entre toutes les communaut&#233;s du littoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'o&#249; ce territoire et notre lien avec lui peuvent-ils nous mener ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; la prochaine &#238;le en vue. Dans cette r&#233;gion nomm&#233;e &#171; Toutes isles &#187; par le fameux documentariste Pierre Perreault, nous ne serons pas en peine. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;St&#233;phanie Fournier est co-fondatrice de la r&#233;sidence d'artiste Glaise bleue, conceptrice et r&#233;alisatrice de projets. Fr&#233;d&#233;rique L&#233;vesque est co-fondatrice et directrice &#224; la Glaise bleue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photos : St&#233;phanie Fournier ; Samuel Bellefleur&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nourritures nordiques</title>
		<link>https://www.ababord.org/Nourritures-nordiques</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Nourritures-nordiques</guid>
		<dc:date>2023-12-28T19:41:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ad&#232;le Clapperton-Richard</dc:creator>


		<dc:subject>Arctique et Grand nord</dc:subject>
		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Clapperton-Richard, Ad&#232;le</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Grenier bor&#233;al est une coop&#233;rative agricole et alimentaire situ&#233;e &#224; Longue-Pointe-de-Mingan, un peu au nord du 50e parall&#232;le. &#192; b&#226;bord ! est all&#233; sur place en avril dernier pour discuter du projet, voir les installations et constater que les d&#233;fis, tout comme la neige, abondent. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en 2013 que le Grenier bor&#233;al est mis sur pied par Claude Lussier et Jos&#233;e B&#233;langer. Le projet initial &#233;tait de fournir du travail aux membres travailleur&#183;euses des communaut&#233;s locales &#224; travers la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Cote-Nord-Nitassinan-Territoires-enchevetres-" rel="directory"&gt;Dossier : C&#244;te-Nord - Nitassinan / Territoires enchev&#234;tr&#233;s&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arctique-et-Grand-nord-+" rel="tag"&gt;Arctique et Grand nord&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Clapperton-Richard-Adele-+" rel="tag"&gt;Clapperton-Richard, Ad&#232;le&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/868765.png?1703792307' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;323&#034; height=&#034;193&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Grenier bor&#233;al est une coop&#233;rative agricole et alimentaire situ&#233;e &#224; Longue-Pointe-de-Mingan, un peu au nord du 50e parall&#232;le. &#192; b&#226;bord ! est all&#233; sur place en avril dernier pour discuter du projet, voir les installations et constater que les d&#233;fis, tout comme la neige, abondent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est en 2013 que le Grenier bor&#233;al est mis sur pied par Claude Lussier et Jos&#233;e B&#233;langer. Le projet initial &#233;tait de fournir du travail aux membres travailleur&#183;euses des communaut&#233;s locales &#224; travers la production mara&#238;ch&#232;re et l'&#233;ducation dans les &#233;coles, notamment sur les enjeux de l'alimentation locale. La mission avait aussi une part sociale et engag&#233;e, avec la volont&#233; d'offrir et de faire d&#233;couvrir une alimentation saine et locale aux habitant&#183;es de la Minganie, r&#233;gion &#233;loign&#233;e o&#249; les l&#233;gumes frais ne sont pas souvent disponibles et co&#251;tent beaucoup plus cher qu'au sud du Qu&#233;bec. Depuis, le projet a grandi et a d&#233;velopp&#233; de nouveaux volets, dont la cueillette et la transformation des produits forestiers non ligneux (PFNL), c'est-&#224;-dire les plantes sauvages, les petits fruits et les champignons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rose-Aim&#233;e Auclair, directrice g&#233;n&#233;rale depuis janvier 2022, souligne que dans une entreprise traditionnelle, les employ&#233;&#183;es ne d&#233;velopperont pas n&#233;cessairement de sentiment d'appartenance. Le mod&#232;le coop&#233;ratif permet aux travailleur&#183;euses qui ont une vue d'ensemble sur le terrain de participer plus activement au d&#233;veloppement du projet, d'avoir leur mot &#224; dire et d'ainsi se sentir plus impliqu&#233;&#183;es. Pour elle, ce travail collaboratif mettant &#224; profit &#171; l'intelligence collective &#187;, avec un fonctionnement horizontal, est beaucoup plus souhaitable que le mod&#232;le vertical conventionnel. Le Grenier bor&#233;al permet ainsi de &#171; pousser cette id&#233;ologie &#187; coop&#233;rative en Minganie, avec toutes les valeurs de gauche qui l'accompagnent &#8211; solidaires, environnementales, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Agriculture bor&#233;ale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cultiver des l&#233;gumes au nord du 50e parall&#232;le comporte son lot de d&#233;fis et d'enjeux. Par exemple, le type de sol pr&#233;sent &#224; cet endroit sur la C&#244;te-Nord, tr&#232;s sableux, retient moins l'eau et les engrais. Aussi, parce que la saison est tellement courte &#8211; la p&#233;riode sans gel ne s'&#233;tend que de la mi-juin au tout d&#233;but d'octobre ! &#8211;, la p&#233;riode d'activit&#233; biologique l'est &#233;galement, frein&#233;e quand le sol est trop froid. Rendre les sols propices &#224; la production mara&#238;ch&#232;re est donc un travail de longue haleine.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3523 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L349xH231/8768-8dc8d.png?1729018173' width='349' height='231' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La fertilisation est en fait un enjeu majeur sur la C&#244;te-Nord, et encore plus en Minganie, en raison du transport et des co&#251;ts. Tout sera plus cher et moins facilement accessible. Faire venir un &#171; douze roues &#187; de fumier, par exemple, co&#251;tera environ 800 $, comparativement &#224; moins de 200 $ dans les r&#233;gions plus au sud. Pour cette raison, plusieurs strat&#233;gies sont d&#233;ploy&#233;es pour amender les sols avec ce qui est disponible localement &#8211; et gratuit. Parmi ces alternatives, il y a l'usage des algues, qui sont ramen&#233;es sur la ferme, puis laiss&#233;es en d&#233;composition pendant l'&#233;t&#233; afin de pouvoir en faire un fertilisant &#224; &#233;pandre &#224; l'automne. De m&#234;me, le capelan, un petit poisson qui vient s'&#233;chouer sur les berges, est ramass&#233; au mois de juin et enfoui dans les sols. Ce genre de savoir provient souvent des a&#238;n&#233;&#183;es des communaut&#233;s locales, qui maintiennent que c'est &#171; le meilleur engrais &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des moyens plus techniques pour allonger la saison de mara&#238;chage dans le climat nordique deviennent aussi n&#233;cessaires, comme la culture en serre, les &#171; tunnels chenilles &#187; (qui ne sont pas chauff&#233;s, mais qui permettent de prot&#233;ger les l&#233;gumes) ainsi que l'usage de b&#226;ches thermiques. Tout cela am&#232;ne des co&#251;ts de production qui sont beaucoup plus grands qu'ailleurs. Malgr&#233; tout, sur ses 0,6 hectare, le Grenier bor&#233;al r&#233;ussit &#224; produire bien plus que les traditionnels &#171; choux, carottes, navets, patates &#187; auxquels les gens des villages nord-c&#244;tiers &#233;taient habitu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cueillir ce qui est &#224; port&#233;e de main&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce climat bor&#233;al de la Minganie repr&#233;sente toutefois un avantage pour d'autres types de cultures. Traditionnellement, c'est la cueillette foresti&#232;re qui est pratiqu&#233;e sur le territoire. L'exploitation des ressources non ligneuses permet alors de mettre en valeur ce qui pousse localement, soit les petits fruits nordiques (l'airelle vigne d'Ida &#8211; ce que les Innu&#183;es appellent les &#171; graines rouges &#187; &#8211;, la camarine, la ronce arctique et la chicoutai). C'est une &#171; escouade &#187; d'environ 80 cueilleur&#183;euses qui sont engag&#233;&#183;es chaque &#233;t&#233; sur 400 km de long, de Kegaska &#224; Sheldrake.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3524 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L317xH213/989-d2cf8.png?1729018173' width='317' height='213' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce volet est beaucoup d&#233;velopp&#233; en partenariat avec la communaut&#233; innue d'Ekuanitshit. Comme le souligne Alex Beaudin : &#171; &lt;em&gt;les a&#238;n&#233;&#183;es des communaut&#233;s allochtones cueillent depuis toujours et les a&#238;n&#233;&#183;e&#183;s des communaut&#233;s autochtones&#8230; c'est encore pire, y cueillent des affaires qu'on ne conna&#238;t m&#234;me pas !&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esprit collaboratif de la coop&#233;rative prend forme aussi &#224; travers diff&#233;rents projets de recherche men&#233;s avec le Centre d'exp&#233;rimentation et de d&#233;veloppement en for&#234;t bor&#233;ale (CEDFOB) situ&#233; &#224; Baie-Comeau, pour mettre en place des essais de culture des petits fruits nordiques et des proc&#233;dures de cueillettes responsables, avec des objectifs de protection des ressources.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3526 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L320xH212/123123-5-a9ade.png?1729018173' width='320' height='212' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Semer du changement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers ces partenariats, le Grenier bor&#233;al entend &#233;largir ses sph&#232;res d'activit&#233;s, en misant de plus en plus sur la formation et l'&#233;ducation, non seulement de ses membres, mais aussi des habitant&#183;es de la r&#233;gion. Le volet &#233;ducatif se lie &#224; l'agrotourisme, avec l'organisation de visites de la ferme ou encore l'accueil de b&#233;n&#233;voles pour travailler aux champs &#8211; pr&#232;s de 40 000 heures de b&#233;n&#233;volat ont d'ailleurs &#233;t&#233; offertes au Grenier bor&#233;al jusqu'&#224; maintenant, par une centaine de personnes !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3525 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L317xH210/345243-c5d6e.png?1729018173' width='317' height='210' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'aspect alimentaire est aussi en d&#233;veloppement, en vue d'initier des jeunes de la r&#233;gion &#224; manger des l&#233;gumes diff&#233;rents. Une collaboration avec l'&#233;cole primaire de la communaut&#233; innue de Nutashkuan, qui souhaite introduire des aliments locaux dans sa caf&#233;t&#233;ria, prendrait ainsi forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Grenier bor&#233;al appara&#238;t ainsi comme un terreau fertile en innovations, apprentissages et collaborations qui permettent de cultiver, au-del&#224; des l&#233;gumes et des petits fruits nordiques, des liens de solidarit&#233; dans les communaut&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Rose-Aim&#233;e Auclair est directrice g&#233;n&#233;rale du Grenier bor&#233;al ; Alex Beaudin est vice-pr&#233;sident et coordonnateur volet forestible du Grenier bor&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photos : Ad&#232;le Clapperton-Richard&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Acc&#232;s difficile &#224; l'avortement</title>
		<link>https://www.ababord.org/Acces-difficile-a-l-avortement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Acces-difficile-a-l-avortement</guid>
		<dc:date>2023-12-28T19:32:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mat Michaud, Sylvie O'Connor, Val&#233;rie Tremblay</dc:creator>


		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; des femmes et droits reproductifs</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>
		<dc:subject>Michaud, Mat</dc:subject>
		<dc:subject>Tremblay, Val&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>O'Connor, Sylvie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, l'accessibilit&#233; des services d'avortement semble acquise sur l'ensemble du territoire. Or, des disparit&#233;s r&#233;gionales briment le droit de plusieurs femmes &#224; mettre un terme &#224; une grossesse, ce qui porte atteinte &#224; leur droit de contr&#244;ler leur corps. Propos recueillis par Mat Michaud. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; b&#226;bord ! : Comment d&#233;cririez-vous l'accessibilit&#233; &#224; l'avortement, tout particuli&#232;rement dans une r&#233;gion &#233;loign&#233;e comme la C&#244;te-Nord ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Val&#233;rie Tremblay : Je dirais que l'avortement est en fait (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Cote-Nord-Nitassinan-Territoires-enchevetres-" rel="directory"&gt;Dossier : C&#244;te-Nord - Nitassinan / Territoires enchev&#234;tr&#233;s&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-des-femmes-et-droits-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; des femmes et droits reproductifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-associatif-et-+" rel="tag"&gt;Mouvement associatif et communautaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Michaud-Mat-+" rel="tag"&gt;Michaud, Mat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Tremblay-Valerie-+" rel="tag"&gt;Tremblay, Val&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-O-Connor-Sylvie-+" rel="tag"&gt;O'Connor, Sylvie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/234134-2.png?1703791786' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;348&#034; height=&#034;231&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, l'accessibilit&#233; des services d'avortement semble acquise sur l'ensemble du territoire. Or, des disparit&#233;s r&#233;gionales briment le droit de plusieurs femmes &#224; mettre un terme &#224; une grossesse, ce qui porte atteinte &#224; leur droit de contr&#244;ler leur corps. Propos recueillis par Mat Michaud.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/em&gt; : Comment d&#233;cririez-vous l'accessibilit&#233; &#224; l'avortement, tout particuli&#232;rement dans une r&#233;gion &#233;loign&#233;e comme la C&#244;te-Nord ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Val&#233;rie Tremblay :&lt;/strong&gt; Je dirais que l'avortement est en fait loin d'&#234;tre une chose acquise. On a d&#233;criminalis&#233; l'avortement au Canada, mais l'acc&#232;s &#224; ce droit est constamment remis en question et n'est pas prot&#233;g&#233; ad&#233;quatement par la loi. &#192; chaque &#233;lection f&#233;d&#233;rale, c'est un sujet qui revient sur la table. &#199;a nous fait sentir la pr&#233;carit&#233; de l'acc&#232;s &#224; l'avortement. Au Qu&#233;bec, dans plusieurs r&#233;gions, c'est un service tr&#232;s difficile d'acc&#232;s et on doit encore se battre pour faire pr&#233;valoir ce droit-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Quelles sont les principales emb&#251;ches auxquelles font face les personnes qui souhaitent avoir acc&#232;s &#224; l'avortement sur la C&#244;te-Nord ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V. T. : &lt;/strong&gt;Quand on parle d'avortement sur la C&#244;te-Nord, il est tr&#232;s important de prendre en consid&#233;ration les grandes variations dans l'acc&#232;s. La C&#244;te-Nord comprend six MRC (soit Caniapiscau, la Haute-C&#244;te-Nord, Manicouagan, la Minganie, Sept-Rivi&#232;res et Le Golfe-du-Saint-Laurent) et des services d'avortement sont seulement offerts dans deux d'entre elles. On peut aller &#224; l'H&#244;pital de Baie-Comeau et &#224; celui de Sept-&#206;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore l&#224;, les interruptions de grossesse se font jusqu'&#224; douze semaines &#224; Baie-Comeau et jusqu'&#224; quinze semaines &#224; Sept-&#206;les. Apr&#232;s, il faut sortir de la C&#244;te-Nord et se rendre &#224; Qu&#233;bec ou &#224; Montr&#233;al. Non seulement deux points de services, c'est loin d'&#234;tre suffisant pour r&#233;pondre &#224; la demande, mais aussi, pour nous qui op&#233;rons sur le territoire de la Haute-C&#244;te-Nord, on n'a acc&#232;s &#224; aucun service dans notre MRC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sylvie O'Connor : &lt;/strong&gt;Une des difficult&#233;s reli&#233;es &#224; l'accessibilit&#233; vient du d&#233;placement. Le CISSS rembourse les frais de d&#233;placement apr&#232;s 200 km, mais cette distance n'est pas atteinte pour les femmes de Forestville qui doivent se rendre &#224; Baie-Comeau ou encore celles des Escoumins qui se d&#233;placent vers Chicoutimi. Les frais de d&#233;placement ne sont donc pas couverts. Avec l'augmentation des co&#251;ts de l'essence, entre autres, les co&#251;ts montent tr&#232;s rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant un certain temps, le transport scolaire &#233;tait utilis&#233; pour avoir acc&#232;s aux services des CLSC en Haute-C&#244;te-Nord, mais le processus d'inscription &#224; ce service &#233;tait complexe, les horaires ne fonctionnaient pas toujours pour une population adulte, et le contact des adultes avec les enfants utilisant le transport scolaire donnait lieu &#224; des situations inconfortables. D'autres services existent, mais ils s'adressent souvent &#224; des populations tr&#232;s pr&#233;cises, comme les personnes &#226;g&#233;es ou les personnes avec une d&#233;ficience intellectuelle. &#199;a laisse un trou de service tr&#232;s important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cela, on doit ajouter que les transports en commun priv&#233;s (comme Intercar) ont diminu&#233; leur offre de services depuis le d&#233;but de la pand&#233;mie. On est rendu &#224; un trajet par jour, ce qui veut dire qu'une personne qui utilise Intercar pour se rendre &#224; Baie-Comeau devra probablement y passer la nuit. &#199;a implique des frais d'h&#233;bergement, de restaurant, etc. De plus, la personne sera probablement seule, surtout si elle n'a pas de r&#233;seau social &#224; Baie-Comeau ou Sept-&#206;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V. T. : &lt;/strong&gt;Aux frais de d&#233;placement, on peut aussi ajouter la perte de journ&#233;es de travail pay&#233;es, donc de revenus. M&#234;me si le rendez-vous peut durer seulement une vingtaine de minutes, c'est la journ&#233;e au complet qui passe dans le transport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut ajouter &#224; tout &#231;a le manque d'information sur des m&#233;thodes de contraception efficaces. La pauvret&#233; et les pr&#233;jug&#233;s, &#231;a veut non seulement dire un frein &#233;conomique et social &#224; l'acc&#232;s &#224; la contraception, mais aussi un frein &#224; l'acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation et l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. O. : &lt;/strong&gt;Qui plus est, sur la C&#244;te-Nord tout particuli&#232;rement, l'acc&#232;s &#224; un m&#233;decin de famille est particuli&#232;rement difficile. &#192; l'exception de Montr&#233;al, c'est ici qu'on a le plus bas taux d'inscription au programme, avec seulement 77 % de la population desservie. Si on compare &#224; d'autres r&#233;gions &#233;loign&#233;es comme le Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean (93 %) ou encore la Gasp&#233;sie (91 %), c'est beaucoup plus bas. Ce que &#231;a implique, c'est que si tu n'as pas acc&#232;s &#224; un m&#233;decin de famille, il faut que tu te pr&#233;sentes &#224; l'urgence pour avoir acc&#232;s &#224; un examen et &#224; une r&#233;f&#233;rence dans un des deux h&#244;pitaux, pour la pilule abortive ou pour l'avortement chirurgical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V. T. :&lt;/strong&gt; Finalement, je dirais que l'autre probl&#233;matique rencontr&#233;e sur la C&#244;te-Nord, c'est la confidentialit&#233;. C'est-&#224;-dire que les soins de sant&#233; sont souvent prodigu&#233;s par des personnes connues. Par exemple, la pharmacienne, c'est peut-&#234;tre ta tante, l'infirmi&#232;re de l'&#233;cole, ta cousine&#8230; &#199;a devient difficile de maintenir la confidentialit&#233; et certaines personnes pr&#233;f&#232;rent aller chercher de l'aide &#224; l'ext&#233;rieur de leur village ou de la r&#233;gion pour cette raison. C'est un facteur qui joue particuli&#232;rement sur l'acc&#232;s aux services pour les adolescentes, puisqu'elles sont beaucoup moins autonomes sur le plan financier et du transport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Est-ce qu'il y a des enjeux socioculturels qui freinent l'acc&#232;s &#224; l'interruption de grossesse ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V. T. :&lt;/strong&gt; &#192; ce niveau-l&#224;, il y a plusieurs barri&#232;res ! La plus importante, je dirais, c'est la pression familiale qui d&#233;coule, entre autres, de valeurs religieuses. La religion prend encore beaucoup de place sur la C&#244;te-Nord et &#231;a peut se faire sentir quand il est question d'avortement. En effet, l'avortement est encore tr&#232;s mal vu sur le territoire. Souvent, les familles vont pousser pour que la naissance ait lieu, quitte &#224; ce que la m&#232;re, la grand-m&#232;re ou toute autre personne prenne la charge de l'enfant. Trop souvent, les personnes qui vivent une grossesse non d&#233;sir&#233;e vont manquer d'information, s'isoler et ne seront pas conscientes du choix qui s'offre &#224; elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Quels sont les grands changements qui devraient &#234;tre mis en place afin de g&#233;n&#233;raliser l'acc&#232;s &#224; l'avortement et &#224; l'autonomie corporelle sur la C&#244;te-Nord ? Quelles sont les demandes du milieu communautaire et f&#233;ministe ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. O. :&lt;/strong&gt; &#192; court terme, on souhaiterait que le CISSS reconnaisse l'expertise des Centres de femmes comme ressource vers laquelle diriger les personnes venant pour un avortement. Autrement, bien &#233;videmment, on aimerait que les MRC et les centres de sant&#233; trouvent une solution au probl&#232;me de transport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; plus long terme, c'est bien beau d'avoir d&#233;criminalis&#233; l'avortement, mais on ne doit pas s'arr&#234;ter l&#224;. Il faut travailler pour p&#233;renniser ce droit qui n'est toujours pas encadr&#233; par une loi. Sans &#231;a, &#224; chaque &#233;lection, &#231;a reviendra sur la table. Il faut se battre pour que le terrain gagn&#233; par les f&#233;ministes dans la bataille pour l'acc&#232;s &#224; l'avortement ne soit pas perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Quelles sont les initiatives en place sur la C&#244;te-Nord afin de pallier ces probl&#232;mes ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V. T. :&lt;/strong&gt; Sur la C&#244;te-Nord, le programme des Passeuses (voir autre article du dossier) vise &#224; outiller les personnes qui font la demande de services en avortement. On fait autant de l'&#233;ducation que de l'accompagnement, avant, pendant et apr&#232;s l'avortement. On oublie souvent le &#171; apr&#232;s &#187;. Il n'existait pas de service pour supporter les personnes ayant re&#231;u un avortement. Dans le cas des adolescentes, c'est rare qu'elles se sentent &#224; l'aise d'en parler &#224; un parent, c'est donc important qu'elles aient quelqu'un &#224; qui parler. Cela dit, notre approche est pro-choix, ce qui veut dire que si la personne souhaite &#234;tre accompagn&#233;e, elle peut en faire la demande, mais si elle veut juste de l'information, on lui en donne sans pression. On va respecter son choix et ses besoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. O. : &lt;/strong&gt;Le programme des Passeuses, c'est une premi&#232;re en mati&#232;re d'&#233;ducation &#224; l'autonomie corporelle. Quatre centres de femmes de la r&#233;gion (ceux de Sacr&#233;-C&#339;ur, de Forestville, de Baie-Comeau et de Sept-&#206;les) ont &#233;t&#233; form&#233;s et &#231;a nous permet maintenant d'augmenter significativement l'offre de services.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Val&#233;rie Tremblay et Sylvie O'Connor sont intervenantes au Centre des Femmes de Forestville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Rapha&#235;lle Ainsley-Vincent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR AVOIR ACC&#200;S &#192; DES SERVICES EN AVORTEMENT SUR LA C&#212;TE&#8722;NORD :&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#244;pital Le Royer 635, boul. Joliet, Baie-Comeau&lt;br class='autobr' /&gt;
RDV : 418 589-3701 # 302546&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#244;pital de Sept-&#206;les 45, rue du P&#232;re-Divet, Sept-&#206;les&lt;br class='autobr' /&gt;
RDV : 418 962-9761 # 452752&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Aire prot&#233;g&#233;e d'initiative autochtone au Pipmuakan</title>
		<link>https://www.ababord.org/Aire-protegee-d-initiative-autochtone-au-Pipmuakan</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Aire-protegee-d-initiative-autochtone-au-Pipmuakan</guid>
		<dc:date>2023-12-28T19:24:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-H&#233;l&#232;ne Rousseau</dc:creator>


		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Droits des animaux</dc:subject>
		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Rousseau, Marie-H&#233;l&#232;ne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Atiku, le caribou forestier, est une esp&#232;ce sacr&#233;e pour les Innu&#183;es. Il connait un d&#233;clin tragique sur le territoire dit du Qu&#233;bec depuis plusieurs d&#233;cennies. La communaut&#233; de Pessamit propose un plan de protection de l'esp&#232;ce afin de sauver les populations menac&#233;es d'extinctions et pr&#233;server l'innu-aitun, leur culture. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 2020, le Conseil des Innus de Pessamit d&#233;pose le projet d'aire prot&#233;g&#233;e Pipmuakan aupr&#232;s du minist&#232;re de l'Environnement et de la Lutte contre les changements (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Cote-Nord-Nitassinan-Territoires-enchevetres-" rel="directory"&gt;Dossier : C&#244;te-Nord - Nitassinan / Territoires enchev&#234;tr&#233;s&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Droits-des-animaux-+" rel="tag"&gt;Droits des animaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Rousseau-Marie-Helene-+" rel="tag"&gt;Rousseau, Marie-H&#233;l&#232;ne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/123123-12.png?1703791372' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;237&#034; height=&#034;223&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Atiku, le caribou forestier, est une esp&#232;ce sacr&#233;e pour les Innu&#183;es. Il connait un d&#233;clin tragique sur le territoire dit du Qu&#233;bec depuis plusieurs d&#233;cennies. La communaut&#233; de Pessamit propose un plan de protection de l'esp&#232;ce afin de sauver les populations menac&#233;es d'extinctions et pr&#233;server l'innu-aitun, leur culture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2020, le Conseil des Innus de Pessamit d&#233;pose le projet d'aire prot&#233;g&#233;e Pipmuakan aupr&#232;s du minist&#232;re de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) pour contribuer &#224; l'atteinte de la cible de 17 % d'aires prot&#233;g&#233;es terrestres. Notre proposition de 2761 km2, soit 0,18 % de la superficie terrestre du Qu&#233;bec, est localis&#233;e pr&#232;s du r&#233;servoir du m&#234;me nom, &#224; environ 150 km au nord-est de la ville de Saguenay, sur notre terre ancestrale, le Nitassinan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce au statut de r&#233;serve de biodiversit&#233;, ou encore &#224; celui d'aire prot&#233;g&#233;e d'initiative autochtone (pour en savoir plus &#224; ce sujet, voir le texte suivant), le projet du Pipmuakan vise &#224; prot&#233;ger les derniers massifs de for&#234;ts intacts dans le secteur afin d'y pr&#233;server notre patrimoine culturel ainsi que l'habitat du caribou forestier, qui sont tous deux menac&#233;s. Le projet inclut aussi la rivi&#232;re Betsiamites (Pessamiu Shipu), une rivi&#232;re patrimoniale qui a jou&#233; un r&#244;le crucial dans l'histoire de notre communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'au m&#234;me moment, le Minist&#232;re des For&#234;ts, de la Faune et des Parcs (MFFP) d&#233;clare dans son rapport d'inventaire que le caribou du Pipmuakan &#171; &lt;em&gt;est dans un &#233;tat extr&#234;mement pr&#233;caire&lt;/em&gt; &#187;, notre projet d'aire prot&#233;g&#233;e n'est pas retenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 2021, le MELCC modifie sa Loi sur la conservation du patrimoine naturel pour y introduire le nouveau statut d'aire prot&#233;g&#233;e d'initiative autochtone. Dix-huit mois plus tard, aucune nouvelle du gouvernement, mis &#224; part un accus&#233; de r&#233;ception qui nous indique que l'analyse des projets d'aires prot&#233;g&#233;es se poursuivra dans le cadre des nouveaux objectifs &#224; atteindre d'ici 2030.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le Pipmuakan, c'est aujourd'hui qu'il faut agir. Les taux de perturbation dans l'habitat essentiel du caribou forestier ne cessent de s'accro&#238;tre, r&#233;duisant de jour en jour nos probabilit&#233;s de maintenir l'esp&#232;ce, ainsi que le lien fondamental qui nous unit &#224; Atik&lt;sup&gt;u&lt;/sup&gt; (caribou, en innu-aimun).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Culture en p&#233;ril&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Devant la d&#233;gradation de notre terre ancestrale, le d&#233;clin de sa biodiversit&#233; et de notre culture qui y est intimement associ&#233;e, puis devant le non-respect du gouvernement envers nos droits ancestraux et ses obligations constitutionnelles de consultation et d'accommodement, nous devons agir. Agir pour nous r&#233;approprier notre terre et notre culture afin d'&#233;viter notre propre disparition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet d'aire prot&#233;g&#233;e Pipmuakan a donc &#233;t&#233; cr&#233;&#233; par et pour les Pessamiulnuat (Innu&#183;es de Pessamit), pour assurer notre survie culturelle et la vitalit&#233; de notre communaut&#233;. Rappelons que nos membres ont &#233;t&#233; durement &#233;prouv&#233;&#183;es au cours du dernier si&#232;cle et qu'ils et elles le sont encore avec les impacts cumulatifs du d&#233;veloppement continu dans notre territoire, men&#233; sans &#233;gard &#224; nos pr&#233;occupations. Un d&#233;veloppement dont notre communaut&#233; ne tire aucun b&#233;n&#233;fice.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;tablissement et r&#233;conciliation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le Pipmuakan est un refuge pour Atik&lt;sup&gt;u&lt;/sup&gt;. Il est aussi un lieu n&#233;vralgique pour la transmission et le partage de notre culture, un lieu de ressourcement et de gu&#233;rison pour nos membres, un lieu de d&#233;veloppement de notre savoir et de notre expertise. Il permet aussi un lien d'&#233;ducation, de recherche et d'alliance entre les savoirs innus et scientifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plusieurs ann&#233;es, nous y d&#233;ployons des efforts consid&#233;rables pour y maintenir et y pr&#233;server notre culture. Nous y avons d&#233;velopp&#233; notre propre programme de suivi pour le caribou. Nous travaillons en collaboration avec les &#233;quipes de suivi du MFFP ainsi qu'avec de nombreux chercheur&#183;es afin d'accro&#238;tre nos connaissances sur l'esp&#232;ce, la biodiversit&#233; qui y est associ&#233;e et les mesures d'interventions optimales pour les prot&#233;ger. &#192; travers toutes ces d&#233;marches, nous d&#233;veloppons nos capacit&#233;s afin d'assurer la gestion et la gouvernance de cette future aire prot&#233;g&#233;e. De plus, nous travaillons &#224; mettre en valeur ce territoire afin d'assurer des retomb&#233;es pour notre communaut&#233;, des retomb&#233;es qui seront b&#233;n&#233;fiques pour l'ensemble de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet d'aire prot&#233;g&#233;e Pipmuakan constitue une solution cl&#233;s en main pour contribuer au r&#233;tablissement du caribou au Qu&#233;bec, ainsi qu'&#224; la r&#233;conciliation entre nos peuples. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Marie-H&#233;l&#232;ne Rousseau est ing&#233;nieure foresti&#232;re, M. Sc. et conseill&#232;re en gestion int&#233;gr&#233;e des ressources foresti&#232;res au Secteur Territoire et Ressources, Conseil des Innus de Pessamit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Emilie Pedneault&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Prot&#233;geons la terre et les sites naturels sacr&#233;s innus</title>
		<link>https://www.ababord.org/Protegeons-la-terre-et-les-sites-naturels-sacres-innus</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Protegeons-la-terre-et-les-sites-naturels-sacres-innus</guid>
		<dc:date>2023-12-28T19:18:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dolor&#232;s Andr&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Andr&#233;, Dolor&#232;s</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;UAPASHKUSS &#8211; qui signifie ourson blanc en innu-aimun &#8211; est un groupe autochtone bas&#233; &#224; Uashat mak Mani-Utenam. Compos&#233; de guides spirituel&#183;les et d'a&#238;n&#233;&#183;es, le collectif &#339;uvre avec des ressources et savoirs innus &#224; la protection de sites sacr&#233;s sur le territoire ancestral, mais aussi &#224; la transmission du patrimoine culturel. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les peuples et communaut&#233;s autochtones entretiennent depuis longtemps des relations avec la nature, fond&#233;es sur des syst&#232;mes de connaissances et des pratiques qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Cote-Nord-Nitassinan-Territoires-enchevetres-" rel="directory"&gt;Dossier : C&#244;te-Nord - Nitassinan / Territoires enchev&#234;tr&#233;s&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Andre-Dolores-+" rel="tag"&gt;Andr&#233;, Dolor&#232;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/245234-3.png?1703790992' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;375&#034; height=&#034;182&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;UAPASHKUSS &#8211; qui signifie ourson blanc en innu-aimun &#8211; est un groupe autochtone bas&#233; &#224; Uashat mak Mani-Utenam. Compos&#233; de guides spirituel&#183;les et d'a&#238;n&#233;&#183;es, le collectif &#339;uvre avec des ressources et savoirs innus &#224; la protection de sites sacr&#233;s sur le territoire ancestral, mais aussi &#224; la transmission du patrimoine culturel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce texte s'appuie sur une version ant&#233;rieure publi&#233;e en anglais dans la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les peuples et communaut&#233;s autochtones entretiennent depuis longtemps des relations avec la nature, fond&#233;es sur des syst&#232;mes de connaissances et des pratiques qui reconnaissent et respectent l'environnement spirituel dans lequel ils vivent. Ils ont attribu&#233; une signification particuli&#232;re &#224; des zones naturelles sp&#233;cifiques comme les montagnes, les rivi&#232;res, les lacs et les for&#234;ts, conform&#233;ment &#224; leurs croyances&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Liljeblad, J., &amp; Verschuuren, B. (2019). Indigenous Perspectives on (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les &#171; &lt;em&gt; zones de terre ou d'eau ayant une profonde importance spirituelle pour les peuples et les soci&#233;t&#233;s&lt;/em&gt; &#187; sont d&#233;finies comme des sites naturels sacr&#233;s par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Wild, R. and McLeod, C. (2008). Sacred Natural Sites : Guidelines for (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces sites naturels sacr&#233;s ainsi que les droits et les responsabilit&#233;s des peuples autochtones &#224; l'&#233;gard de ces lieux sont reconnus tant au Canada qu'&#224; l'international, avec la D&#233;claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA) et la Convention sur la diversit&#233; biologique (CDB).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Patrimoine naturel et culturel&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis neuf ans, les membres de UAPASHKUSS, tous&#183;tes gardien&#183;nes de sites naturels sacr&#233;s, ont travaill&#233; &#224; identifier, documenter et cartographier huit de ces sites. Cinq sont situ&#233;s sur la C&#244;te-Nord et trois au Labrador. Pour ce faire, UAPASHKUSS a consult&#233; des a&#238;n&#233;&#183;es, des membres des communaut&#233;s innues de Uashat mak Mani-utenam et de Matimekush-Lac John, des chefs et conseillers de la Nation innue, des acteur&#183;trices du milieu environnemental, des organisations autochtones et allochtones ainsi que des membres des gouvernements locaux et r&#233;gionaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette s&#233;rie de sites naturels sacr&#233;s fait partie du Chemin des Innus, qui a permis &#224; notre peuple d'aller vers ses territoires de chasse en passant par des rivi&#232;res, des portages, des montagnes et des lacs. Le but ultime de ce long voyage, qui suivait les saisons, &#233;tait de rencontrer le caribou afin d'assurer l'existence de notre peuple nomade. Pour se rendre de la c&#244;te vers le nord, jusqu'&#224; nos terres ancestrales, il fallait passer par de nombreux &lt;em&gt;pakatakan&lt;/em&gt; &#8211; le mot innu pour portages. Les portages sont des routes profondes trac&#233;es par nos anc&#234;tres innu&#183;es &#224; pied, en canot, en raquettes ou en toboggan. Nous consid&#233;rons les portages et les sites qu'ils relient comme sacr&#233;s. Ils refl&#232;tent notre identit&#233; et notre culture. Puisqu'ils ont &#233;t&#233; parcourus par nos anc&#234;tres, ils sont des t&#233;moignages de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de notre lien int&#233;gral &#224; la nature. Les l&#233;gendes, les r&#233;cits de vies, les souvenirs, les c&#233;r&#233;monies et les connaissances li&#233;s &#224; ces sites et aux portages qui les relient sont transmis &#224; nos jeunes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vollant, T. (2011). Ka Kushpian- Mon voyage. Short film, 3'40'', produced by (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et confirment que les modes de connaissance et de vie innus sont vivants aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les huit sites naturels sacr&#233;s identifi&#233;s par UAPASHKUSS sont situ&#233;s dans la for&#234;t bor&#233;ale et la toundra arctique, dans des habitats &#233;cologiquement intacts qui sont le r&#233;sultat des pratiques mill&#233;naires de gestion traditionnelle de ces terres par les Premi&#232;res Nations innues. Avec les bassins des rivi&#232;res Moisie et George &#8211; deux des plus grands milieux aquatiques prot&#233;g&#233;s du Qu&#233;bec &#8211;, ces sites sacr&#233;s font &#233;galement partie d'un corridor biologique ininterrompu. Ils m&#233;ritent d'&#234;tre reconnus et prot&#233;g&#233;s afin d'assurer la p&#233;rennit&#233; de notre patrimoine bioculturel et spirituel associ&#233; &#224; la Terre, au caribou et au mode de vie circulaire des Innus, afin d'ainsi renforcer notre identit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, UAPASHKUSS a entam&#233; une &#233;troite collaboration avec la Soci&#233;t&#233; pour la nature et les parcs (SNAP-Qu&#233;bec). Ensemble, ils ont cr&#233;&#233; le projet Pakatatan, visant la reconnaissance et la protection des huit sites naturels sacr&#233;s innus identifi&#233;s par UAPASHKUSS, y compris les sentiers de portage qui les relient.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Aires prot&#233;g&#233;es d'initiative autochtone&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2019, cette collaboration entre UAPASHKUSS et SNAP-Qu&#233;bec s'est poursuivie &#224; travers l'organisation d'une s&#233;rie de consultations et d'activit&#233;s pour d&#233;velopper des relations avec des repr&#233;sentant&#183;es d'organisations autochtones, d'organismes gouvernementaux et d'autres acteur&#183;trices aux niveaux local, r&#233;gional, national et international, afin de promouvoir l'importance de la protection des sites naturels sacr&#233;s innus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2020, un processus de consultations sp&#233;ciales a &#233;t&#233; organis&#233; au Qu&#233;bec dans le cadre de la r&#233;vision de la &lt;em&gt;Loi sur la conservation du patrimoine naturel&lt;/em&gt; par le gouvernement du Qu&#233;bec. Cette r&#233;vision repr&#233;sentait une occasion unique d'ajouter un statut d'aires prot&#233;g&#233;es qui reconna&#238;trait les particularit&#233;s de la conservation men&#233;e par les peuples autochtones. Nous consid&#233;rions qu'un tel statut permettrait de reconna&#238;tre les sites naturels sacr&#233;s innus comme des aires prot&#233;g&#233;es. La SNAP-Qu&#233;bec et UAPASHKUSS ont donc travaill&#233; ensemble pour soumettre un m&#233;moire et mobiliser d'autres organisations autour de la question d'une nouvelle cat&#233;gorie d'aire prot&#233;g&#233;e d'initiative autochtone, visant les sites naturels sacr&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soci&#233;t&#233; pour la nature et les parcs du Canada &#8211; Section Qu&#233;bec (SNAP Qu&#233;bec) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un statut d'aire prot&#233;g&#233;e d'initiative autochtone (APIA) a finalement &#233;t&#233; inclus dans la r&#233;vision de la loi. L'APIA permet donc la reconnaissance des savoirs autochtones dans la conservation et la protection des sites naturels sacr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;UAPASHKUSS et la SNAP-Qu&#233;bec ont par la suite fait un pas de plus dans leur collaboration en s'associant aussi avec l'Innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam (ITUM) afin de coordonner leurs efforts vers la mise en place d'une aire prot&#233;g&#233;e innue sur le territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement provincial annon&#231;ait aussi la d&#233;signation en 2020 d'un territoire de 30 000 km2 au Nunavik comme r&#233;serve de territoire aux fins d'aire prot&#233;g&#233;e, dans laquelle &#233;tait inclus un site sacr&#233; identifi&#233; par UAPASHKUSS. Depuis, trois des cinq sites sacr&#233;s situ&#233;s sur la C&#244;te-Nord sont l&#233;galement prot&#233;g&#233;s. Les futurs travaux de UAPASHKUSS consisteront maintenant &#224; demander la d&#233;signation d'aire prot&#233;g&#233;e d'initiative autochtone (APIA) pour les sites sacr&#233;s restants. Pour y parvenir, l'&#233;quipe de UAPASHKUSS et ses partenaires se concentreront sur la poursuite des concertations, le lancement de campagnes de sensibilisation, puis la mise en &#339;uvre des actions propos&#233;es suite aux consultations tenues avec les membres et leaders autochtones locaux ainsi que les autres gouvernements locaux et r&#233;gionaux. D'autres actions seront aussi men&#233;es : visites des sites, documentation et finalement r&#233;daction d'une proposition pour l'obtention du statut d'aire prot&#233;g&#233;e d'initiative autochtone (APIA) pour tous les sites naturels sacr&#233;s innus identifi&#233;s afin qu'ils puissent obtenir un statut l&#233;gal au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Collaborations internationales&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;UAPASHKUSS s'est impliqu&#233; d&#232;s 2013 dans des initiatives autochtones de conservation des sites sacr&#233;s. Avec des repr&#233;sentant&#183;es de douze pays diff&#233;rents, le groupe a particip&#233;, &#224; Rovaniemi et &#224; Pyh&#228;tunturi en Finlande, &#224; la r&#233;daction d'une d&#233;claration sur &lt;em&gt;La reconnaissance et la sauvegarde des sites sacr&#233;s des peuples autochtones dans les r&#233;gions septentrionales et arctiques&lt;/em&gt;. Cette d&#233;claration est une initiative importante qui d&#233;montre la n&#233;cessit&#233; d'une action commune centr&#233;e sur les savoirs autochtones pour identifier, prot&#233;ger, promouvoir, et reconna&#238;tre les sites sacr&#233;s, et assurer la transmission de la culture et de l'identit&#233; autochtones &#224; travers ces lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 2019, UAPASHKUSS a &#233;galement particip&#233; activement &#224; l'&#233;laboration de la D&#233;claration r&#233;gionale nord-am&#233;ricaine sur la diversit&#233; bioculturelle lors d'une conf&#233;rence tenue &#224; Montr&#233;al et r&#233;unissant plusieurs organisations d'Am&#233;rique du Nord. Cette d&#233;claration rassemble des recommandations adress&#233;es &#224; la Convention sur la diversit&#233; biologique (CDB) des Nations Unies.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Conservation de la biodiversit&#233; et transmission des savoirs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tous ces outils et actions mis en place par UAPASHKUSS contribueront &#224; pr&#233;server notre patrimoine culturel, spirituel et naturel, et &#224; le prot&#233;ger des multiples impacts qui affectent les sites sacr&#233;s et leur diversit&#233; bioculturelle. Selon la D&#233;claration r&#233;gionale nord-am&#233;ricaine sur la diversit&#233; bioculturelle, ces impacts incluent entre autres les changements environnementaux et climatiques, le tourisme, les industries extractivistes, ainsi que les politiques coloniales. La protection des sites sacr&#233;s innus n&#233;cessite de reconna&#238;tre la transmission de notre histoire et de notre savoir innu pour le maintien de notre identit&#233; culturelle et la conservation de la biodiversit&#233; de ces lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail d'UAPASHKUSS en collaboration avec ses partenaires souligne l'importance des syst&#232;mes de gouvernance et de conservation dirig&#233;s par les autochtones ainsi que de la reconnaissance de nos savoirs pour la pr&#233;servation des sites naturels sacr&#233;s. Il est essentiel d'avancer ensemble dans la conservation bioculturelle de notre environnement pour les g&#233;n&#233;rations actuelles et futures, et pour honorer nos anc&#234;tres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce texte s'appuie sur une version ant&#233;rieure publi&#233;e en anglais dans la revue &lt;i&gt;Nordicum-Mediterraneum&lt;/i&gt;, vol. 17, no 3, 2022. En ligne : &lt;a href=&#034;https://nome.unak.is&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://nome.unak.is&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Liljeblad, J., &amp; Verschuuren, B. (2019). &lt;em&gt;Indigenous Perspectives on Sacred Natural Sites. Culture, Governance and Conservation&lt;/em&gt;. Routledge.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Wild, R. and McLeod, C. (2008). &lt;em&gt;Sacred Natural Sites : Guidelines for Protected Area Managers, Best Practice Protected Area Guidelines Series&lt;/em&gt;, p. 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Vollant, T. (2011). &lt;em&gt;Ka Kushpian- Mon voyage&lt;/em&gt;. Short film, 3'40'', produced by Wapikoni Mobile. &lt;a href=&#034;https://vimeo.com/154909234&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://vimeo.com/154909234&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Soci&#233;t&#233; pour la nature et les parcs du Canada &#8211; Section Qu&#233;bec (SNAP Qu&#233;bec) (2020). M&#233;moire pr&#233;sent&#233; &#224; la Commission des Transports et environnement dans le cadre des consultations particuli&#232;res sur le projet de loi no 46 : Loi modifiant la Loi sur la conservation du patrimoine naturel. 70 p. et Innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam (ITUM) (2020). M&#233;moire quant au projet de loi 46. M&#233;moire d&#233;pos&#233; par Innu Takuaikan Uashat mak.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Dolor&#232;s Andr&#233; est membre du groupe UAPASHKUSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Dolor&#232;s Andr&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
