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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>R&#233;silience &#233;cologique : r&#233;sistance ou r&#233;signation ?</title>
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		<dc:date>2022-03-14T20:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Avignon, Xavier P.-Laberge, Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Recherche scientifique</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Avignon, Pierre</dc:subject>
		<dc:subject>P.-Laberge, Xavier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;silience, concept polys&#233;mique et multidisciplinaire, est au c&#339;ur du discours d'une tr&#232;s grande vari&#233;t&#233; d'acteur&#183;trice&#183;s r&#233;agissant aux changements climatiques et &#224; l'effondrement de la biodiversit&#233;. Du Forum &#233;conomique de Davos au Forum social mondial, en passant par la nomination du mot de l'ann&#233;e par le magazine Time en 2013, il semble falloir parler de r&#233;silience. Or, avec un tel concept utilis&#233; tant par les environnementalistes que par les milieux d'affaires, que reste-t-il de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Resilience-ecologique-Resistance-ou-resignation-" rel="directory"&gt;Dossier : R&#233;silience &#233;cologique. R&#233;sistance ou r&#233;signation ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Recherche-scientifique-+" rel="tag"&gt;Recherche scientifique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Avignon-Pierre-+" rel="tag"&gt;Avignon, Pierre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Laberge-Xavier-P-+" rel="tag"&gt;P.-Laberge, Xavier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3015.jpg?1642092252' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1210&#034; height=&#034;730&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; La r&#233;silience, concept polys&#233;mique et multidisciplinaire, est au c&#339;ur du discours d'une tr&#232;s grande vari&#233;t&#233; d'acteur&#183;trice&#183;s r&#233;agissant aux changements climatiques et &#224; l'effondrement de la biodiversit&#233;. Du Forum &#233;conomique de Davos au Forum social mondial, en passant par la nomination du mot de l'ann&#233;e par le magazine &lt;em&gt;Time&lt;/em&gt; en 2013, il semble falloir parler de r&#233;silience. Or, avec un tel concept utilis&#233; tant par les environnementalistes que par les milieux d'affaires, que reste-t-il de la force &#233;vocatrice du mot ? Dans la litt&#233;rature, il ressort deux grandes strat&#233;gies de r&#233;silience, qu'on nomme &#171; r&#233;silience r&#233;active &#187;, en lien avec une capacit&#233; d'absorption face &#224; une perturbation et &#171; r&#233;silience proactive &#187;, qui r&#233;f&#232;re &#224; une adaptation planifi&#233;e. Cette planification, cette pr&#233;paration soul&#232;ve un potentiel de transformation, de r&#233;organisation et de renouvellement des structures comme des &#233;cosyst&#232;mes. C'est &#224; partir d'une telle potentialit&#233; &#233;mancipatrice que la gauche doit se r&#233;approprier les concepts de r&#233;silience et d'adaptation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Face &#224; un effondrement de notre syst&#232;me rendu quasiment in&#233;vitable, plusieurs scientifiques d&#233;veloppent de nouveaux concepts exprimant le niveau d'urgence et l'ampleur de la situation. Ainsi, l'&#232;re actuelle est pr&#233;sent&#233;e comme celle de l'Anthropoc&#232;ne, en r&#233;f&#233;rence &#224; l'incroyable impact de l'humain sur l'&#233;cosyst&#232;me terrestre. En regard de l'&#233;tude des civilisations &#233;teintes et des difficult&#233;s &#224; venir pour la soci&#233;t&#233; actuelle, certains ont initi&#233; un champ de recherche nomm&#233; collapsologie. Tous ces concepts cr&#233;ent in&#233;vitablement de l'angoisse. L'&#233;coanxi&#233;t&#233; se r&#233;pand &#224; grande vitesse, notamment parmi la jeunesse. Si ne rien faire n'est pas une option, apr&#232;s avoir cern&#233; le probl&#232;me et nomm&#233; tous ces aspects, il est n&#233;cessaire de passer au stade de l'acceptation tout en maintenant la r&#233;sistance active.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans ce dossier, nous tentons, bien humblement, une reconceptualisation critique de la r&#233;silience et de l'adaptation aux crises environnementales. Ces termes ne doivent pas signifier une acceptation &#171; aquoiboniste &#187; et d&#233;faitiste d'une catastrophe dont les plus vuln&#233;rables subissent d&#233;j&#224; les contrecoups. Cette posture nous m&#232;nerait alors aux pires des sc&#233;narios pr&#233;sent&#233;s par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'&#233;volution du climat (GIEC) et par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversit&#233; et les services &#233;cosyst&#233;miques (IPBES). Il n'est pas non plus possible d'&#234;tre dans l'aveuglement volontaire ; nous devons continuer la lutte sans ignorer qu'il faudra aussi amortir et vivre avec les changements &#224; venir. Comment naviguer entre le pessimisme et l'espoir, la r&#233;signation et la combattivit&#233;, un savoir qui nous annonce le pire et la possibilit&#233; d'en sortir ? Nous guider le mieux possible dans ces m&#233;andres, voici le complexe d&#233;fi que nous avons tent&#233; de relever dans ce dossier. Bonne lecture !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Dossier coordonn&#233; par Pierre Avignon, Xavier P.-Laberge et Claude Vaillancourt&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Illustr&#233; par Fr&#233;d&#233;ric Sasseville-Painchaud&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Avec des contributions de Dominique Bernier, J&#233;r&#233;mie Bouchez, M&#233;lanie Busby, Vanessa Cournoyer-Cyr, Julien Desch&#234;nes, &#201;ric Desjardins, Carole Dupuis, Catherine P. Perras, Jos&#233;e Proven&#231;al et Pier-Olivier St-Arnaud, Claude Vaillancourt et Christian Vanasse.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Effondrement. Un peu, beaucoup, passionn&#233;ment, pas du tout</title>
		<link>https://www.ababord.org/Effondrement-Un-peu-beaucoup-passionnement-pas-du-tout</link>
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		<dc:date>2022-03-14T20:21:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Psychologie et psychiatrie</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les personnes pr&#233;occup&#233;es par l'environnement ne peuvent pas s'emp&#234;cher de faire une &#233;quation tr&#232;s simple. Le GIEC nous avertit des catastrophes &#224; venir si les gouvernements ne luttent pas efficacement contre le r&#233;chauffement climatique. Ceux-ci, justement, n'en font pas assez pour s'attaquer &#224; ce probl&#232;me. Notre avenir sera donc tr&#232;s orageux, si on se fie aux pr&#233;dictions des scientifiques. &lt;br class='autobr' /&gt; Peut-on parler d'un effondrement &#224; venir de notre civilisation, c'est-&#224;-dire d'un processus selon (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Resilience-ecologique-Resistance-ou-resignation-" rel="directory"&gt;Dossier : R&#233;silience &#233;cologique. R&#233;sistance ou r&#233;signation ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Psychologie-et-psychiatrie-+" rel="tag"&gt;Psychologie et psychiatrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3245.png?1663621307' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;455&#034; height=&#034;574&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les personnes pr&#233;occup&#233;es par l'environnement ne peuvent pas s'emp&#234;cher de faire une &#233;quation tr&#232;s simple. Le GIEC nous avertit des catastrophes &#224; venir si les gouvernements ne luttent pas efficacement contre le r&#233;chauffement climatique. Ceux-ci, justement, n'en font pas assez pour s'attaquer &#224; ce probl&#232;me. Notre avenir sera donc tr&#232;s orageux, si on se fie aux pr&#233;dictions des scientifiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Peut-on parler d'un effondrement &#224; venir de notre civilisation, c'est-&#224;-dire d'un processus selon lequel &#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;les besoins de base (eau, alimentation, logement, habillement, &#233;nergie, etc.) ne sont plus fournis [ &#224; un co&#251;t raisonnable] &#224; une majorit&#233; de la population par des services encadr&#233;s par la loi&lt;/i&gt; &#187; ? Cette d&#233;finition du politicien fran&#231;ais Yves Cochet, reprise dans le best-seller &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;Comment tout peut s'effondrer &lt;/i&gt; ? des ing&#233;nieurs Pablo Servigne et Rapha&#235;l Stevens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paris, Seuil, 2015, 296 p.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , refl&#232;te une crainte partag&#233;e aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les menaces provoqu&#233;es par les changements climatiques sont bien connues : inondations sur de vastes territoires, &#233;rosion, s&#233;cheresses, d&#233;sertification, acidification des oc&#233;ans, vagues de chaleur insupportable, hausse des cataclysmes naturels. Les d&#233;r&#232;glements majeurs de nombreux &#233;cosyst&#232;mes les rendront invivables, ce qui cr&#233;era un nombre toujours plus &#233;lev&#233; de r&#233;fugi&#233;s climatiques. Comment arriverons-nous, en tant qu'humanit&#233;, &#224; nous sortir de tels cataclysmes ? Ces catastrophes auront-elles bel et biens lieu ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; La collapsologie, une science ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Plusieurs croient que l'effondrement est in&#233;vitable. C'est le cas de Pablo Servigne et Rapha&#235;l Stevens, qui ont fait un grand bruit, en France surtout, en proposant une nouvelle science, la &#171; collapsologie &#187; (du latin collapsus ), c'est-&#224;-dire, selon les auteurs, &#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;l'exercice transdisciplinaire d'&#233;tude de l'effondrement de notre civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succ&#233;der, en s'appuyant sur les deux modes cognitifs que sont la raison et l'intuition et sur des travaux scientifiques reconnus &lt;/i&gt; &#187; . Le fait de pr&#233;senter la collapsologie comme une science implique de consid&#233;rer l'effondrement comme un fait accompli et objectif. Pourtant, il n'est encore qu'une projection conditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Au Qu&#233;bec, sans s'inscrire directement dans ce courant, l'environnementaliste Harvey Mead pr&#233;tend, quant &#224; lui, que l'inertie des gouvernements en ce qui concerne les changements climatiques s'est prolong&#233;e au-del&#224; de ce que nous pouvions nous permettre et qu'il est maintenant trop tard pour &#233;viter l'effondrement : &#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt; nous sommes &#224; la veille de bouleversements majeurs dans la vie telle que nous la connaissons dans les soci&#233;t&#233;s riches. Il faut en prendre acte et agir en cons&#233;quence &lt;/i&gt; &#187; . Dans Trop tard : la fin d'un monde et le d&#233;but d'un nouveau&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2017, 279 p.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , le terme &#171; effondrement &#187; (souvent utilis&#233; au pluriel) est particuli&#232;rement r&#233;current.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cet effondrement, il vaut mieux l'anticiper et s'y pr&#233;parer que de le subir, nous disent les collapsologues Servigne et Stev ens. Dans &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;Comment tout peut s'effondrer&lt;/i&gt; , ils &#233;num&#232;rent avec pr&#233;cision toutes les menaces qui plombent sur nous, ce que plusieurs autres chercheur &#183;euse&#183; s ont entrepris de faire depuis longtemps. L'originalit&#233; de leur d&#233;marche consiste surtout &#224; appeler &#224; une pr&#233;paration sociale et individuelle devant la catastrophe imminente, dont ils admettent cependant &#234;tre incapables de pr&#233;voir ni l'ampleur ni le moment o&#249; elle se produira.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans un deuxi&#232;me essai, &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;Une autre fin du monde est possible : vivre l'effondrement (et pas seulement y survivre)&lt;/i&gt;, auquel s'est ajout&#233; Gauthier Chapelle, ing&#233;nieur lui aussi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paris, Seuil, 2018, 323 p.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'aspect scientifique de la question, assez pr&#233;sent dans le premier livre, est rel&#233;gu&#233; derri&#232;re une question incontournable aux yeux des auteurs : comment vivre sereinement, retrouver la paix, alors qu'on sait que tout s'effondrera un jour ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La collapsologie a le m&#233;rite de nous alarmer devant un probl&#232;me majeur, peut-&#234;tre le plus grand de tous ceux qui existent, selon les auteurs. Elle concerne une r&#233;alit&#233; qui nous est sans cesse confirm&#233;e par les rapports du GIEC. Toute hausse de la temp&#233;rature de plus de 1,5 o C aura des cons&#233;quences dramatiques. Or avec les mesures propos&#233;es par les gouvernements, en d&#233;pit de belles promesses pendant la COP21, nous nous dirigeons vers des difficult&#233;s majeures, le GIEC pr&#233;voyant plut&#244;t un r&#233;chauffement de 1 degr&#233; Celsis &#224; 6,4 degr&#233;s Celsius suppl&#233;mentaires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Comment esp&#233;rer un coup de barre significatif et rapide, permettant d'&#233;viter tous les &#233;cueils, alors que des climatosceptiques dirigent des pays aussi puissants que les &#201;tats-Unis et le Br&#233;sil &#8211; sans oublier tous les autres pays dirig&#233;s par des autocrates ? Comment croire en de s&#233;rieuses avanc&#233;es alors que tant de pays qui se disent &#171; progressistes &#187;, dont le n&#244;tre, s'accrochent encore vivement &#224; une &#233;conomie bas&#233;e sur une forte consommation d'hydrocarbures ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Un d&#233;bat soutenu&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; La collapsologie a provoqu&#233; de fortes r&#233;actions. Dans les grands m&#233;dias d'abord, sensibles &#224; ce discours de fin du monde, excellent pour attirer l'attention du grand public. Mais cette visibilit&#233; a aussi d&#233;clench&#233; une importante r&#233;plique, entre autres du c&#244;t&#233; des intellectuel&#183;le&#183;s progressistes qui, bien qu'en accord avec certaines intentions des auteurs, d&#233;sapprouvent leur approche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'aspect &#171; scientifique &#187; de la collapsologie est d'abord remis en cause. L'id&#233;e d'un effondrement &#224; venir, bien qu'elle soit fond&#233;e, permet difficilement de mettre en place une discipline scientifique, bas&#233;e sur les faits et l'exp&#233;rimentation, alors qu'elle rel&#232;ve en grande partie d'incertitudes et de sp&#233;culations. M&#234;me si on admet qu'il est possible d'avoir une certaine rigueur dans ce domaine, les auteurs ne font rien pour nous en convaincre. Plut&#244;t que de suivre une m&#233;thode s&#251;re et exigeante, ils pr&#233;f&#232;rent composer des &#233;crits bien tourn&#233;s, avec de nombreuses histoires &#233;difiantes et des analogies, ainsi qu'un sens bien appuy&#233; de la formule. Ils s'appuient sur des sources peu coh&#233;rentes, donnant une part importante de leurs r&#233;f&#233;rences &#224; des auteur&#183;trice&#183;s contestables, pas tr&#232;s bien vus des milieux scientifiques, comme Jared Diamond, Carl Gustav Jung ou Carolyn Baker.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La collapsologie peut ais&#233;ment &#234;tre vue par plusieurs comme &#233;tant d&#233;mobilisante. Devant une catastrophe imminente, on pourrait croire que les luttes sont perdues d'avance, qu'il ne reste plus que la r&#233;signation. La place accord&#233;e par les collapsologues &#224; la psychologie laisse entendre qu'il faut surtout d&#233;velopper un &#233;tat mental nous permettant d'accepter le malheur tout en conservant une tranquillit&#233; int&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les auteurs renvoient constamment leurs lecteur&#183;trice&#183;s &#224; des comportements nobles et vertueux, entre autres la solidarit&#233; et la r&#233;silience, essentielles &#224; leurs yeux, ce qu'on ne peut certes pas leur reprocher. Mais les luttes, la n&#233;cessit&#233; de s'organiser, de combattre activement le r&#233;chauffement climatique ne se trouvent pas au c&#339;ur de leur argumentation. Les adeptes de la d&#233;croissance et les &#171; transitionneur&#183;euse&#183;s &#187; sont par ailleurs abord&#233;&#183;e&#183;s un peu de haut, et la place qu'on leur donne n'est pas tr&#232;s grande, m&#234;me si Servigne et Stevens finissent tout de m&#234;me par se rallier &#224; l'id&#233;e de se lancer dans d'importants projets de transition &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Adaptation, quelle adaptation ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Le d&#233;bat suscit&#233; par la collapsologie est cependant incontournable. Si toutes les &#233;poques ont v&#233;cu leur part de catastrophes &#8211; &#233;pid&#233;mies bien pires que celle que nous connaissons pr&#233;sentement, famines &#224; r&#233;p&#233;tition, guerres sanglantes, etc. &#8211;, celles qui nous attendent ont de quoi nous effrayer par leurs cons&#233;quences durables, par un d&#233;r&#232;glement &#224; long terme aux effets en cascade.&lt;br /&gt; Reconna&#238;tre l'imminence de catastrophes climatiques n'est plus tellement difficile : celles auxquelles nous sommes confront&#233;&#183;e&#183;s nous forcent &#224; agir imm&#233;diatement, sur les probl&#232;mes ponctuels qu'elles soul&#232;vent. L'id&#233;e de s'adapter &#224; ces changements ne se situe plus seulement dans le camp des &#171; croissantistes &#187;, qui misent sur un &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;deus ex machina &lt;/i&gt;comme au th&#233;&#226;tre, une solution technologique in&#233;vitable, se fiant &#224; l'in&#233;puisable inventivit&#233; des humains qui trouveront toujours des solutions aux probl&#232;mes qu'ils causent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En fait, sans avoir recours au terme alarmant d'effondrement, le milieu scientifique s'affaire &#224; formuler mille solutions contre les diff&#233;rents probl&#232;mes reli&#233;s au r&#233;chauffement climatique. La documentation &#224; ce sujet est plus qu'abondante. Elle nous permet, entre autres, de constater que la distinction entre les mesures d'adaptation et celles qui visent &#224; combattre les changements climatiques n'est pas toujours claire, un projet pour r&#233;duire la consommation d'hydrocarbures pouvant aussi &#234;tre vu, par exemple, comme une forme d'adaptation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La meilleure strat&#233;gie consiste, bien s&#251;r, &#224; jouer sur tous les fronts. Dans sa vaste documentation sur les changements climatiques, l'Union europ&#233;enne propose une strat&#233;gie &#224; trois niveaux : l'&lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;att&#233;nuation&lt;/i&gt; , qui consiste &#224; ralentir le r&#233;chauffement climatique ; l'&lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;adaptation&lt;/i&gt; , qui cible les r&#233;gions vuln&#233;rables et permet de trouver des solutions &#224; des probl&#232;mes particuliers ; et la &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;transition&lt;/i&gt; , qui vise &#224; transformer l'urbanisation, l'agriculture et l'am&#233;nagement du territoire, en s'attaquant ainsi aux sources du r&#233;chauffement climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le langage prudent et bureaucratique de l'UE n'est certes pas celui qu'il faut pour entra&#238;ner les changements qui s'imposent. Pas plus que l'ensemble de ses r&#233;alisations ne nous permet d'&#234;tre optimistes sur les chances de voir se mettre en place ces changements. La strat&#233;gie de l'att&#233;nuation semble particuli&#232;rement douteuse et manque carr&#233;ment d'ambition. Le terme &#171; d&#233;veloppement durable &#187;, utilis&#233; &#224; toutes les sauces, est id&#233;al pour justifier le capitalisme vert, quand il n'encourage pas tout simplement l'inertie. Toutefois, la volont&#233; de lier adaptation et transition, et d'agir &#224; la fois sur le mal et sur le sympt&#244;me semble une voie incontournable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Que l'on parle d'effondrement, d'adaptation ou de transition &#233;cologique, il est clair que les solutions &#224; adopter concernent d&#233;sormais moins la science, qui depuis des ann&#233;es voit venir le danger, que la politique et l'&#233;conomie &#8211; l'enjeu se situant plus sp&#233;cifiquement du c&#244;t&#233; de la lenteur des politiciens &#224; r&#233;agir et du refus de nombreux individus d'envisager nettement les changements &#224; accomplir. Le leitmotiv de Greta Thunberg qui nous exhorte &#224; enfin &#233;couter les scientifiques est on ne peut plus pertinent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour arriver &#224; transformer les mentalit&#233;s, avouons qu'aucune strat&#233;gie n'a bien fonctionn&#233;. Plusieurs ont &#233;t&#233; examin&#233;es dans diff&#233;rents ouvrages, dont &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;Le syndrome de l'autruche&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arles/Paris, Actes Sud/Colibris, 2017, 405 p.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de George Marshall, qui se creuse la t&#234;te pour comprendre l'indiff&#233;rence et le d&#233;ni de r&#233;alit&#233; qui nous ont emp&#234;ch&#233;&#183;e&#183;s d'entreprendre depuis trop longtemps les transformations n&#233;cessaires (ce livre reste d'actualit&#233;, m&#234;me s'il a &#233;t&#233; &#233;crit il y a quelques ann&#233;es, pendant une p&#233;riode creuse dans la lutte contre le r&#233;chauffement climatique). La strat&#233;gie consistant &#224; susciter une peur raisonnable, mais ma&#238;trisable, qui transpara&#238;t derri&#232;re l'id&#233;e de se pr&#233;parer &#224; un effondrement, ne semble s&#251;rement pas meilleure que les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La collapsologie cherche &#224; r&#233;pondre &#224; un malaise bien r&#233;el &#233;prouv&#233; par de nombreuses personnes, et pour lequel on propose une forme de th&#233;rapie. Sans renier les effets positifs de ces bonnes intentions, il faut aussi penser &#224; Henri Laborit qui nous dit que deux rats qui se battent restent en meilleure sant&#233;. Peut-&#234;tre que face &#224; un &#233;ventuel effondrement, la mobilisation active reste encore la meilleure solution : elle nous rend plus fort&#183;e&#183;s, plus aptes &#224; adopter des comportements positifs devant ce qui nous attend, tout en nous permettant d'agir concr&#232;tement contre le danger.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paris, Seuil, 2015, 296 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2017, 279 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paris, Seuil, 2018, 323 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arles/Paris, Actes Sud/Colibris, 2017, 405 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : Fr&#233;d&#233;ric Sasseville-Painchaud&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Petit lexique de la r&#233;silience</title>
		<link>https://www.ababord.org/Petit-lexique-de-la-resilience</link>
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		<dc:date>2022-03-14T20:16:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Ce que ce syst&#232;me industriel mondialis&#233; a gagn&#233; en efficacit&#233;, il l'a perdu en r&#233;silience. Puisque nous sommes entr&#233;s dans le temps des catastrophes, notre posture pourrait &#234;tre celle qui est propos&#233;e par le philosophe Jean-Pierre Dupuy sous le nom de catastrophisme &#233;clair&#233;, et qui consiste &#224; regarder les catastrophes en face, &#224; les consid&#233;rer comme certaines, pour justement avoir une chance de les &#233;viter. C'est cette posture que nous adoptons : un m&#233;lange paradoxal de lucidit&#233; et d'espoir (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Resilience-ecologique-Resistance-ou-resignation-" rel="directory"&gt;Dossier : R&#233;silience &#233;cologique. R&#233;sistance ou r&#233;signation ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3244.png?1663621307' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;710&#034; height=&#034;895&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Ce que ce syst&#232;me industriel mondialis&#233; a gagn&#233; en efficacit&#233;, il l'a perdu en r&#233;silience. Puisque nous sommes entr&#233;s dans le temps des catastrophes, notre posture pourrait &#234;tre celle qui est propos&#233;e par le philosophe Jean-Pierre Dupuy sous le nom de catastrophisme &#233;clair&#233;, et qui consiste &#224; regarder les catastrophes en face, &#224; les consid&#233;rer comme certaines, pour justement avoir une chance de les &#233;viter. C'est cette posture que nous adoptons : un m&#233;lange paradoxal de lucidit&#233; et d'espoir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hugo Carton, Pablo Servigne, Agn&#232;s Sinai, Raphael Stevens, Petit trait&#233; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Anthropoc&#232;ne&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &#201;poque g&#233;ologique actuelle, caract&#233;ris&#233;e par la forte incidence de l'activit&#233; humaine sur l'&#233;volution du syst&#232;me terrestre. Le d&#233;but de l'Anthropoc&#232;ne se situerait aux alentours de l'an 1800, au moment de la r&#233;volution industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Autosuffisance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Type d'&#233;conomie dans laquelle la production d'un pays (ou d'une r&#233;gion) suffit &#224; la consommation de ses habitant&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Collapsologie/effondrement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &#201;tude m&#233;thodique de l'effondrement des civilisations afin d'en tirer des conclusions prospectives. L'effondrologie consiste essentiellement en l'analyse de donn&#233;es historiques et contemporaines relatives &#224; la d&#233;mographie, &#224; la politique, aux ressources naturelles, au r&#233;chauffement plan&#233;taire ainsi qu'&#224; toute autre th&#233;matique li&#233;e &#224; l'activit&#233; humaine.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; D&#233;croissance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Id&#233;ologie pr&#244;nant la diminution de la croissance &#233;conomique comme solution aux divers probl&#232;mes sociaux et environnementaux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Dystopie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Fiction se d&#233;roulant dans un univers d&#233;shumanis&#233; et totalitaire, organis&#233; de telle fa&#231;on qu'il emp&#234;che ses habitant&#183;e&#183;s d'acc&#233;der au bonheur ou &#224; la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; &#201;cologie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Ensemble des relations et des interactions que les organismes entretiennent avec leur milieu de vie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; R&#233;silience&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; La r&#233;silience est cette capacit&#233; qu'a un syst&#232;me de maintenir ses principales fonctions malgr&#233; les chocs, y compris au prix d'une r&#233;organisation interne. Que le syst&#232;me soit la soci&#233;t&#233;, la ville, la maison ou nous-m&#234;mes, les principes sont sensiblement les m&#234;mes. La r&#233;silience peut &#234;tre collective (territoriale) ou individuelle (psychologique).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Permaculture&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Ensemble des pratiques et des modes de pens&#233;e visant &#224; am&#233;nager un territoire qui soit en synergie avec la nature, afin que le d&#233;veloppement soit durable et que les &#233;cosyst&#232;mes soient respect&#233;s, voire renforc&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Transition &#233;nerg&#233;tique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; L'ensemble des transformations n&#233;cessaires pour constituer une soci&#233;t&#233; dans laquelle la consommation d'&#233;nergie et les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre seront radicalement r&#233;duites.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hugo Carton, Pablo Servigne, Agn&#232;s Sinai, Raphael Stevens, &lt;i&gt;Petit trait&#233; de r&#233;silience locale&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2017, 104 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : Fr&#233;d&#233;ric Sasseville-Painchaud&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;silience. Un mot, plusieurs significations</title>
		<link>https://www.ababord.org/Resilience-Un-mot-plusieurs-significations</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Resilience-Un-mot-plusieurs-significations</guid>
		<dc:date>2022-03-14T20:12:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric Desjardins</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Desjardins, Eric</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qu'il faille promouvoir la r&#233;silience des &#233;cosyst&#232;mes terrestres et aquatiques rel&#232;verait d&#233;sormais de l'&#233;vidence. Le stress des changements climatiques et de l'accroissement de l'activit&#233; humaine a fragilis&#233; les habitats naturels, les rendant plus pollu&#233;s, moins divers. C'est du moins le message que d&#233;ploient plusieurs chercheur&#183;se&#183;s et organisations visant &#224; prot&#233;ger ces lieux et leurs habitant&#183;e&#183;s. &lt;br class='autobr' /&gt; Cet objectif, certes fort louable, voire m&#234;me n&#233;cessaire, masque toutefois une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Resilience-ecologique-Resistance-ou-resignation-" rel="directory"&gt;Dossier : R&#233;silience &#233;cologique. R&#233;sistance ou r&#233;signation ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Desjardins-Eric-+" rel="tag"&gt;Desjardins, Eric&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3243.png?1663621307' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;716&#034; height=&#034;719&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Qu'il faille promouvoir la r&#233;silience des &#233;cosyst&#232;mes terrestres et aquatiques rel&#232;verait d&#233;sormais de l'&#233;vidence. Le stress des changements climatiques et de l'accroissement de l'activit&#233; humaine a fragilis&#233; les habitats naturels, les rendant plus pollu&#233;s, moins divers. C'est du moins le message que d&#233;ploient plusieurs chercheur&#183;se&#183;s et organisations visant &#224; prot&#233;ger ces lieux et leurs habitant&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Cet objectif, certes fort louable, voire m&#234;me n&#233;cessaire, masque toutefois une ambigu&#239;t&#233; qui peut, sous certaines conjonctures, engendrer confusion et division parmi nos plus fervents amant &#183;e&#183; s de la nature. Derri&#232;re la banni&#232;re de la r&#233;silience s' &#233;rige une v&#233;ritable tour de Babel. Le vocable &#171; r&#233;silience &#187; est en fait un des termes les plus vagues en &#233;cologie. G &#233;n&#233;ralement synonyme de stabilit&#233;, il renvoie tant&#244;t &#224; la capacit&#233; de r&#233;sister, de tol&#233;rer, d'absorber, ou m&#234;me de rebondir par suite d'une perturbation ponctuelle ou d'un stress plus permanent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette pluralit&#233; conceptuelle d&#233;coule en partie d'un engouement accru de la part des chercheur &#183;se&#183; s qui tentent de comprendre les conditions n&#233;cessaires &#224; la r&#233;alisation de cet &#233;tat complexe, mais tant d&#233;sir&#233;. C'est d'ailleurs un ph&#233;nom&#232;ne souvent observ&#233; dans le d&#233;veloppement des sciences : une bonne id&#233;e fait surface et il s'en suit une expansion des champs pratiques et s&#233;mantiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il reste que le cas de la r&#233;silience pr&#233;sente une variation plut&#244;t extr&#234;me du ph&#233;nom&#232;ne. En effet, on peut r&#233;pertorier plus d'une dizaine de d&#233;finitions dans la litt&#233;rature scientifique. H&#233;las, l'ambigu&#239;t&#233; n'est probablement pas sur le point de s'estomper. Quoique la r&#233;silience puisse &#234;tre con&#231;ue de fa&#231;on pr&#233;cise, plusieurs d&#233;finitions font appel &#224; des m&#233;taphores qui ne font qu e s'ajouter au myst&#232;re. Que signifient le rebondissement ou le maintien d'un bon fonctionnement et de l'int&#233;grit&#233; &#233;cologique ? Et depuis que l'expression a fait son entr&#233;e dans les sph&#232;res publiques et politiques, le probl&#232;me ne fait que s'exacerber. Plus on l'utilise, plus les significations se multiplient, moins on la comprend.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Un probl&#232;me philosophique ou &#171; de philosophe &#187; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; S'agit-il l&#224; que d'un &#171; probl&#232;me de philosophe &#187; , une constatation sans cons&#233;quence pour la plupart des gens ? En fait, un bon nombre des cons&#233;quences pr&#233;visibles ne sont pas qu'abstraites. Comme le d&#233;montre la connotation positive dont elle est porteuse, la r&#233;silience n'est pas qu'une simple propri&#233;t&#233; syst&#233;mique d&#233;crite objectivement dans des publications scientifiques. Elle est devenue un id&#233;al quasi irr&#233;prochable, une solution universelle &#224; un vaste ensemble de probl&#232;mes environnementaux et sociaux contemporains. Cette dimension normative met en exergue l'importance d'un pluralisme s&#233;mantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Consid&#233;rons une situation analogue. La &#171; sant&#233; &#187; constitue elle aussi une autre de ces expressions vagues &#224; connotation positive. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, on ne remet pas en question le bien fond&#233; d'inclure la sant&#233; parmi nos priorit&#233;s individuelles et sociales. Dire d'une personne qui ne souffre d'aucune maladie qu'elle respire la sant&#233; ou mettre en place des politiques afin d'am&#233;liorer la sant&#233; publique ne soul&#232;ve aucune controverse. Toutefois, les opinions peuvent diverger sur ce que signifie &#171; &#234;tre en sant&#233; &#187; et les meilleurs moyens de la promouvoir. Selon l'Organisation mondiale de la Sant&#233; (OMS), la sant&#233; est un &#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt; &#233;tat de complet bien-&#234;tre physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmit&#233;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;OMS, &#171; Constitution &#187;. Disponible en ligne.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; . On devrait donc en conclure que la personne n&#233;e malvoyante, m&#234;me si elle est capable de s' &#233;panouir, n 'est pas en sant&#233;. La norme qui s'en suivrait, soit de tenter de pr&#233;venir cette condition par quelques moyens m&#233;dicaux, tels le d&#233;pistage et les modifications g&#233;n&#233;tiques, serait-elle donc justifi&#233;e ? De telles propositions seraient absurdes !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Retour &#224; l'&#233;quilibre ou capacit&#233; d'absorption&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; La situation est similaire lorsqu'on discute de r&#233;silience &#233;cologique. Diff&#233;rentes &#233;coles de pens&#233;e impliquent diff&#233;rentes strat&#233;gies de gestion et des id&#233;aux parfois difficilement r&#233;conciliables. Selon certains, la r&#233;silience renvoie &#224; un ph&#233;nom&#232;ne de rebondissement ; un retour &#224; un &#233;tat d ' &#233;quilibre suivant une perturbation (coupe foresti&#232;re, exploitation mini&#232;re, feu, inondation, d&#233;versement, etc.). Cette r&#233;silience se mesure normalement en temps ; un retour &#224; l ' &#233;quilibre rapide signifie une meilleure r&#233;silience. Ainsi con&#231;ue, la r&#233;silience est au c&#339;ur des efforts de plusieurs projets qui poursuivent des objectifs de conservation et de restauration dont l'une des vis&#233;es est qu'un endroit affect&#233; soit &#224; m&#234;me de recouvrir les m&#234;mes esp&#232;ces, si possible, sans intervention humaine suppl&#233;mentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Selon une autre &#233;cole de pens&#233;e, la r&#233;silience renvoie non pas &#224; une capacit&#233; de retour &#224; un &#233;quilibre pr&#233;alable, mais plut&#244;t &#224; une capacit&#233; d'absorption et de persistance. Lorsqu'on regarde l' &#233;cosyst&#232;me &#224; des &#233;chelles r&#233;gionale et temporelle plus larges, il devient &#233;vident que l ' &#233;quilibre &#233;cologique n 'est pas stable, mais dynamique. La composition en esp&#232;ces, leur abondance relative, et l'intensit&#233; des interactions intersp&#233;cifiques se modifient avec le temps et selon les lieux. Or, dans l'ensemble, il peut y avoir un certain type de dynamique des populations et de fonctionnement qui caract&#233;risent l' &#233;cosyst&#232;me. L ' &#233;cosyst&#232;me sera r&#233;silient s 'il poss&#232;de la capacit&#233; d'absorber les perturbations tout en demeurant dans un m&#234;me r&#233;gime (parfois nomm&#233; bassin d'attraction). Si toutefois les perturbations engendrent une transformation plus profonde au point o&#249; d'autres esp&#232;ces et interactions se mettent en place, alors le syst&#232;me n'est pas r&#233;silient. Pensons &#224; une for&#234;t qui deviendrait une prairie par suite d'incendies de plus en plus fr&#233;quents. Ou encore &#224; un lac qui recevrait un apport trop important en phosphate sur une longue dur&#233;e et qui deviendrait turbide en raison de la prolif&#233;ration d'algues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Promouvoir ce second type de r&#233;silience reste compatible avec les objectifs de conservation ou de restauration &#233;voqu&#233;s plus haut, c'est-&#224;-dire ceux qui visent &#224; prot&#233;ger l'historicit&#233; des habitats naturels. Mais il ouvre aussi la porte &#224; une forme de gestion qui rend certain&#183;e&#183;s &#233;cologistes pour ainsi dire &#171; inconfortables &#187; , tout comme l' &#233;radication de la malvoyance par d&#233;pistage et manipulation g&#233;n&#233;tique nous fait sourciller. Par exemple, &#233;tant donn&#233; les changements climatiques globaux qui vont continuer &#224; transformer la plan&#232;te, devrions-nous permettre, voire m&#234;me encourager, l ' &#233;tablissement d 'esp&#232;ces plus &#224; m&#234;me de r&#233;sister &#224; des perturbations plus intenses, des chaleurs extr&#234;mes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Silvano Fares et al. , &#171; Sustainability : Five Steps for Managing Europe's (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Pourquoi ne pas ensemencer les habitats naturels ayant &#233;t&#233; exploit&#233;s avec des plantes et des concoctions de microorganismes qui seraient en mesure de capter plus de carbone et de le garder enfoui dans le sol plus longtemps&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;John J. Berger, &#171; Can Soil Microbes Slow Climate Change ? &#187;. Disponible en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Et si la meilleure fa&#231;on de permettre aux &#233;cosyst&#232;mes de persister dans des conditions de changements climatiques n'est pas de conserver les populations plus anciennes ou celles qui sont &#224; risque, alors pourquoi ne pas encourager la cr&#233;ativit&#233; de l'ing&#233;nieur g&#233;n&#233;tique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P.K. Jaiwal et al. (dir.), Genetic Manipulation in Plants for Mitigation of (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'ai emprunt&#233; le chemin de la pente glissante, non pas pour alarmer, mais pour d&#233;montrer que toutes les r&#233;siliences ne sont pas &#233;quivalentes. La r&#233;silience en termes de persistance ne m&#232;ne pas n&#233;cessairement &#224; l 'an&#233;antissement des valeurs &#233;cologiques plus traditionnelles ou &#224; la poursuite d'objectifs anthropocentriques superficiels et myopes. Bien dos&#233;e, cette r&#233;silience est dans bien des cas ce que le docteur recommande. L'id&#233;e que les populations rebondissent naturellement peut en fait &#234;tre &#224; la source de probl&#232;mes de mal-gestion, comme semblent l'indiquer certaines analyses&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dean Bavington, Managed Annihilation : An Unnatural History of the (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de l'effondrement des p&#234;ches &#224; la morue. Bref, la r&#233;silience est certes importante, mais si nous ne sommes pas sur nos gardes et laissons l'ambigu&#239;t&#233; s'insinuer dans nos politiques environnementales, nous risquons de nous r&#233;veiller un bon matin et de r&#233;aliser qu'il manquait un &#171; s &#187; dans la soupe au poison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;OMS, &#171; Constitution &#187;. &lt;a href=&#034;http://www.who.int/fr/about/who-we-are/constitution&#034;&gt;Disponible en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Silvano Fares et al. , &#171; Sustainability : Five Steps for Managing Europe's Forests &#187;. &lt;a href=&#034;http://www.nature.com/news/sustainability-five-steps-for-managing-europe-s-forests-1.17159&#034;&gt;Disponible en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;John J. Berger, &#171; Can Soil Microbes Slow Climate Change ? &#187;. &lt;a href=&#034;http://www.scientificamerican.com/article/can-soil-microbes-slow-climate-change&#034;&gt;Disponible en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;P.K. Jaiwal et al. (dir.), &lt;em&gt;Genetic Manipulation in Plants for Mitigation of Climate Change&lt;/em&gt;, New Delhi, Springer, 2015, p. 1-14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dean Bavington, &lt;em&gt;Managed Annihilation : An Unnatural History of the Newfoundland Cod Collapse&lt;/em&gt;, Vancouver, UBC Press, 2010, 224 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Eric Desjardins est professeur associ&#233; au d&#233;partement de philosophie de la Western University et directeur associ&#233; au Rotman Institute of Philosophy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Fr&#233;d&#233;ric Sasseville-Painchaud&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'urbanisme au service de la r&#233;silience climatique</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-urbanisme-au-service-de-la-resilience-climatique</link>
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		<dc:date>2022-02-25T16:34:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Desch&#234;nes, Catherine P. Perras</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Desch&#234;nes, Julien</dc:subject>
		<dc:subject>P. Perras, Catherine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le concept de &#171; r&#233;silience urbaine &#187; g&#233;n&#232;re un int&#233;r&#234;t croissant (ainsi que de nombreuses critiques), ne serait-ce que parce que les catastrophes naturelles entra&#238;nent des cons&#233;quences majeures sur les villes en raison de la forte concentration de personnes, de services et d'infrastructures qui s'y trouvent. De plus, la majorit&#233; de la population mondiale vit d&#233;j&#224; en milieu urbain et cette proportion continue d'augmenter. &lt;br class='autobr' /&gt;
Paradoxalement, la vie urbaine est aussi propice &#224; la mise en &#339;uvre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Resilience-ecologique-Resistance-ou-resignation-" rel="directory"&gt;Dossier : R&#233;silience &#233;cologique. R&#233;sistance ou r&#233;signation ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Deschenes-Julien-+" rel="tag"&gt;Desch&#234;nes, Julien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-P-Perras-Catherine-+" rel="tag"&gt;P. Perras, Catherine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3241.jpg?1663621307' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;782&#034; height=&#034;659&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le concept de &#171; r&#233;silience urbaine &#187; g&#233;n&#232;re un int&#233;r&#234;t croissant (ainsi que de nombreuses critiques), ne serait-ce que parce que les catastrophes naturelles entra&#238;nent des cons&#233;quences majeures sur les villes en raison de la forte concentration de personnes, de services et d'infrastructures qui s'y trouvent. De plus, la majorit&#233; de la population mondiale vit d&#233;j&#224; en milieu urbain et cette proportion continue d'augmenter&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Organisation des Nations Unies, &#171; 2018 Revision of World Urbanization (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Paradoxalement, la vie urbaine est aussi propice &#224; la mise en &#339;uvre de solutions contribuant &#224; la lutte contre les changements climatiques. Une collectivit&#233; r&#233;siliente non seulement maintient son fonctionnement ou le retrouve rapidement advenant un choc (ex. une temp&#234;te de verglas, un &#233;pisode de chaleur extr&#234;me), mais est &#233;galement en mesure de s'adapter pour r&#233;duire sa vuln&#233;rabilit&#233; et transformer ses fa&#231;ons de faire pour s'attaquer &#224; la source du probl&#232;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sara Meerow, Joshua P. Newell et Melissa Stults, &#171; Defining Urban Resilience (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, face &#224; la crise climatique, une municipalit&#233; r&#233;siliente agit sur les deux grands volets de la lutte : l'att&#233;nuation des changements climatiques et l'adaptation &#224; leurs impacts. Chaque d&#233;cision prise en mati&#232;re d'urbanisme, par son impact direct et durable sur l'occupation du territoire, a le potentiel de contribuer &#224; l'atteinte de ces objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Att&#233;nuation et adaptation&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;duire les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre sur un territoire, les d&#233;cisions les plus structurantes concernant l'urbanisme sont probablement celles qui d&#233;terminent la localisation des b&#226;timents et des activit&#233;s. Une forme urbaine compacte permet de pr&#233;server les milieux naturels et agricoles, en plus de r&#233;duire les distances parcourues par les personnes et les marchandises, ainsi que la quantit&#233; de ressources requises pour la construction et l'entretien d'infrastructures (ex. routes, aqueducs et &#233;gouts, &#233;coles, h&#244;pitaux, etc.). Au Qu&#233;bec, plusieurs outils d'urbanisme (planification, r&#233;glementation, ma&#238;trise fonci&#232;re), dont certains sont obligatoires, sont &#224; la disposition des collectivit&#233;s pour lutter contre l'&#233;talement urbain : d&#233;finir un p&#233;rim&#232;tre d'urbanisation, orienter la construction de nouveaux logements dans des milieux d&#233;j&#224; b&#226;tis en priorit&#233;, ou encore imposer des seuils minimaux de densit&#233; (nombre de logements/hectares) dans les quartiers bien desservis en transports collectifs et en commerces de proximit&#233;, pour ne nommer que ceux-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'adapter aux impacts des changements climatiques, les outils d'urbanisme pr&#233;sentent un potentiel tout aussi consid&#233;rable, mais souvent sous-exploit&#233;. Une municipalit&#233; faisant face &#224; des vagues de chaleur ou &#224; des inondations peut en r&#233;duire les impacts en verdissant les espaces publics, mais &#233;galement en encadrant les constructions et l'am&#233;nagement des espaces priv&#233;s. Par une bonne r&#233;glementation, il est possible, par exemple, de restreindre l'espace d&#233;di&#233; aux stationnements, de favoriser la pr&#233;servation des arbres matures, ou encore d'imposer des toitures blanches ou vertes sur toutes les nouvelles constructions et les r&#233;novations majeures. Enfin, des &#233;tudes ont d&#233;montr&#233; que des liens sociaux forts facilitent le r&#233;tablissement des communaut&#233;s &#224; la suite de catastrophes naturelles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel P. Aldrich, Building Resilience : Social Capital in Post-Disaster (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le design des espaces publics et priv&#233;s, par exemple par la r&#233;appropriation citoyenne des friches urbaines, a le potentiel d'encourager les interactions de voisinage et ainsi de renforcer ces liens.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Responsabilit&#233; politique&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bien que l'urbanisme puisse jouer un r&#244;le majeur dans notre r&#233;silience collective face aux changements climatiques, l'utiliser &#224; son plein potentiel exige qu'on prenne conscience des quatre principes sur lesquels repose la &lt;em&gt;Loi sur l'am&#233;nagement et l'urbanisme &lt;/em&gt;(LAU).&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le premier de ces principes, l'urbanisme est d'abord une responsabilit&#233; politique. Contrairement &#224; ce qui touche l'architecture ou le g&#233;nie, alors que les professionnels demeurent ma&#238;tres de leurs projets, la responsabilit&#233; des d&#233;cisions &#224; prendre dans ce secteur ne repose pas sur les urbanistes, qui jouent plut&#244;t un r&#244;le de conseiller&#183;&#232;re&#183;s aupr&#232;s des &#233;lu&#183;e&#183;s municipaux&#183;les. L'urbanisme est une vaste pratique, intimement li&#233;e aux valeurs port&#233;es par la soci&#233;t&#233; &#224; un moment donn&#233; ; les professionnel&#183;le&#183;s ne sont donc pas imputables. Pour respecter la neutralit&#233; qu'exige leur fonction de conseil et de recommandation, les urbanistes s'engagent peu en politique. Bien que beaucoup s'y int&#233;ressent, la suivent de pr&#232;s ou y sont impliqu&#233;&#183;e&#183;s en coulisse, peu font le saut en politique active. Bien qu'on entende les expert&#183;e&#183;s en urbanisme et en am&#233;nagement s'opposer en bloc au troisi&#232;me lien de Qu&#233;bec et au m&#233;gacentre commercial Royalmount &#224; Montr&#233;al, des &#233;lu&#183;e&#183;s continuent de soutenir ces projets au service d'un d&#233;veloppement peu r&#233;silient. Pour que l'urbanisme soit au service de la r&#233;silience climatique, il faudra davantage d'&#233;lu&#183;e&#183;s urbanistes ou d'urbanistes plus engag&#233;&#183;e&#183;s politiquement.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Responsabilit&#233; partag&#233;e et vision commune&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'urbanisme est aussi une responsabilit&#233; partag&#233;e, selon le deuxi&#232;me principe de la &lt;em&gt;Loi sur l'am&#233;nagement et l'urbanisme&lt;/em&gt;. &#192; quoi s'ajoute le troisi&#232;me principe dictant que les instances municipales et provinciales doivent se concerter. Trop souvent, ces deux principes sont &#233;touff&#233;s par la d&#233;mocratie repr&#233;sentative. Quand vient le temps de prioriser les int&#233;r&#234;ts, le r&#233;flexe naturel est de plaire &#224; ceux et celles qui ont permis aux &#233;lu&#183;e&#183;s de remporter les &#233;lections, aux d&#233;pens parfois d'une vision plus large du d&#233;veloppement. Ce manque de repr&#233;sentation et d'imputabilit&#233; &#224; l'&#233;chelle r&#233;gionale et m&#233;tropolitaine explique que des projets comme le Royalmount vont de l'avant, en promettant dans ce cas des retomb&#233;es &#233;conomiques pour la seule ville de Mont-Royal, malgr&#233; l'incoh&#233;rence d'une telle infrastructure &#224; l'&#233;chelle m&#233;tropolitaine.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ajoute &#224; cela la complexit&#233; d'&#233;tablir des politiques coh&#233;rentes, avec 43 arrondissements et 1131 municipalit&#233;s au Qu&#233;bec adoptant diff&#233;rents plans d'urbanisme ; avec les 101 municipalit&#233;s r&#233;gionales de comt&#233; (MRC) (dont 5 agglom&#233;rations) et leurs sch&#233;mas d'am&#233;nagement ; avec les deux communaut&#233;s m&#233;tropolitaines et leurs plans m&#233;tropolitains ; avec les minist&#232;res et leurs orientations gouvernementales. Ces diff&#233;rentes planifications ne convergent pas toujours vers une vision commune de l'am&#233;nagement du territoire qu&#233;b&#233;cois. Pour y rem&#233;dier, plusieurs organisations et urbanistes se sont regroup&#233;&#183;e&#183;s autour de l'Alliance Ariane pour revendiquer une politique nationale d'am&#233;nagement du territoire qui agirait comme un fil conducteur pour toutes ces instances afin que l'am&#233;nagement du territoire (re)devienne un projet de soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Participation citoyenne&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le dernier principe d&#233;coulant de la &lt;em&gt;Loi sur l'am&#233;nagement et l'urbanisme &lt;/em&gt;concerne la participation citoyenne. La LAU pr&#233;voit, entre autres, la cr&#233;ation de comit&#233;s consultatifs d'urbanisme (CCU), ayant pour r&#244;le d'analyser certains projets faisant l'objet d'une demande de permis et de formuler des recommandations aupr&#232;s du conseil municipal. Cette instance citoyenne n'est pas d&#233;cisionnelle. Elle est souvent compos&#233;e de sp&#233;cialistes (architectes, ing&#233;nieur&#183;e&#183;s ou urbanistes) et n'a pas de processus de nomination clairement d&#233;fini par la LAU.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait int&#233;ressant d'imaginer un processus de nomination prenant la forme d'une loterie qui permettrait &#224; tous et toutes d'y si&#233;ger et d'y introduire un savoir plus diversifi&#233;. Consid&#233;rant qu'au moins un&#183;e &#233;lu&#183;e fait partie du CCU, il pourrait &#234;tre envisageable, en y mettant les ressources suffisantes, de lui donner un pouvoir d&#233;cisionnel. En lui accordant un tel pouvoir, on renforcerait la participation citoyenne &#224; la prise de d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, afin d'affronter la crise climatique, nous devons imp&#233;rativement d&#233;cloisonner l'urbanisme pour que les citoyen&#183;ne&#183;s s'investissent et se rassemblent autour d'un projet de soci&#233;t&#233; qui remet &#224; l'avant-plan notre mani&#232;re d'occuper le territoire.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Organisation des Nations Unies, &#171; 2018 Revision of World Urbanization Prospects &#187;. En ligne : &lt;a href=&#034;http://www.un.org/development/desa/publications/2018-revision-of-world-urbanization-prospects.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.un.org/development/desa/publications/2018-revision-of-world-urbanization-prospects.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sara Meerow, Joshua P. Newell et Melissa Stults, &#171; Defining Urban Resilience : A Review &#187;, &lt;em&gt;Landscape and Urban Planning&lt;/em&gt;, vol. 147, 2016, p. 38-49.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Daniel P. Aldrich, &lt;em&gt;Building Resilience : Social Capital in Post-Disaster Recovery&lt;/em&gt;, U. Chicago Press, 2012, 248 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Julien Desch&#234;nes est dipl&#244;m&#233; &#224; la ma&#238;trise en urbanisme &#224; l'Universit&#233; de Montr&#233;al. Catherine P. Perras est conseill&#232;re en am&#233;nagement et urbanisme &#224; Vivre en Ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Fr&#233;d&#233;ric Sasseville-Painchaud.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Migrations climatiques. Faire face &#224; l'in&#233;vitable</title>
		<link>https://www.ababord.org/Migrations-climatiques-Faire-face-a-l-inevitable</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Migrations-climatiques-Faire-face-a-l-inevitable</guid>
		<dc:date>2022-02-25T16:26:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Vanessa Cournoyer-Cyr</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Cournoyer-Cyr, Vanessa</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors que nous assistons &#224; une augmentation fulgurante des catastrophes climatiques, mena&#231;ant le mode de vie et l'habitat de milliers de personnes, les &#201;tats enregistrent un nombre grandissant de mouvements de population. Il suffit de regarder les vagues de personnes migrantes ayant d&#233;ferl&#233; sur l'Europe en 2015 ou l'afflux de migrant&#183;e&#183;s venu&#183;e&#183;s d'Am&#233;rique latine &#224; la fronti&#232;re canado-am&#233;ricaine en 2018 pour en mesurer l'ampleur. &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;gradation de l'environnement ainsi que les ph&#233;nom&#232;nes (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Resilience-ecologique-Resistance-ou-resignation-" rel="directory"&gt;Dossier : R&#233;silience &#233;cologique. R&#233;sistance ou r&#233;signation ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Immigration-refuge-et-racisme-+" rel="tag"&gt;Immigration, refuge et racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cournoyer-Cyr-Vanessa-+" rel="tag"&gt;Cournoyer-Cyr, Vanessa&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3240.jpg?1663621307' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;698&#034; height=&#034;933&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que nous assistons &#224; une augmentation fulgurante des catastrophes climatiques, mena&#231;ant le mode de vie et l'habitat de milliers de personnes, les &#201;tats enregistrent un nombre grandissant de mouvements de population. Il suffit de regarder les vagues de personnes migrantes ayant d&#233;ferl&#233; sur l'Europe en 2015 ou l'afflux de migrant&#183;e&#183;s venu&#183;e&#183;s d'Am&#233;rique latine &#224; la fronti&#232;re canado-am&#233;ricaine en 2018 pour en mesurer l'ampleur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;gradation de l'environnement ainsi que les ph&#233;nom&#232;nes climatiques extr&#234;mes ne sont pas &#233;trangers &#224; ces mouvements de population. En effet, alors que de nombreux pays d'Asie et &#201;tats insulaires voient le niveau de la mer monter de fa&#231;on inqui&#233;tante, plusieurs pays d'Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient font quant &#224; eux face &#224; une d&#233;sertification grandissante, rendant impraticable l'agriculture comme mode de subsistance. Les pays d'Am&#233;rique latine affichent eux aussi une grande vuln&#233;rabilit&#233; aux ph&#233;nom&#232;nes climatiques extr&#234;mes, affectant grandement les conditions de vie des habitant&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'intensification &#224; venir des changements climatiques, les flux migratoires subiront la m&#234;me tendance, for&#231;ant de nombreux &#201;tats &#224; g&#233;rer l'afflux de migrant&#183;e&#183;s sur leur territoire. Jusqu'&#224; pr&#233;sent relativement &#233;pargn&#233;s, le Canada et le Qu&#233;bec ne feront pas exception &#224; cette r&#233;alit&#233;. D&#233;j&#224;, on assiste aux d&#233;placements de plus en plus nombreux de personnes issues des Premi&#232;res Nations vers des villes du sud du pays en raison des changements climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, comment s'adapter en tant que pays appel&#233; &#224; accueillir ces personnes migrantes ? Faisons d'abord un survol de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une hausse marqu&#233;e d'ici 2050&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les expert&#183;e&#183;s estiment qu'entre 25 millions et un milliard d'&#234;tres humains pourraient migrer en raison des changements climatiques d'ici 2050&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;International Organization for Migration (IOM), IOM Outlook on Migration, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si l'&#233;cart entre ces projections peut sembler important, c'est que la d&#233;finition m&#234;me des migrations climatiques ne rallie pas l'ensemble des expert&#183;e&#183;s, et ce, pour deux grandes raisons. D'abord, le caract&#232;re soudain et impr&#233;visible des changements climatiques rend complexe toute estimation. Ensuite, il est difficile d'isoler le facteur climatique ou environnemental en tant que cause unique de la migration. Souvent, les &#233;v&#233;nements climatiques comme les catastrophes naturelles ou les d&#233;gradations de l'environnement viennent exacerber des dynamiques migratoires d&#233;j&#224; existantes.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, les chiffres actuellement disponibles sont inqui&#233;tants. En 2018, selon le Internal Displacement Monitoring Center (IDMC), 17,2 millions de nouvelles migrations internes ont &#233;t&#233; d&#233;nombr&#233;es &#224; la suite de catastrophes naturelles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Internal Displacement Monitoring Center (IDMC), Global Report on Internal (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cela repr&#233;sente environ deux migrations internes sur trois. Au Canada, les personnes issues des Premi&#232;res Nations &#233;taient affect&#233;es de fa&#231;on disproportionn&#233;e, repr&#233;sentant 78% des personnes migrantes canadiennes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Biblioth&#232;que du Parlement, Les changements climatiques : leurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e, ces chiffres sont en augmentation et laissent pr&#233;sager un avenir sombre &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une terminologie qui ne fait pas consensus&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;R&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s. Exil&#233;&#183;e&#183;s. Migrant&#183;e&#183;s. Voil&#224; des termes souvent utilis&#233;s comme des synonymes pour d&#233;finir les personnes qui quittent leur milieu de vie. Pourtant, ces termes renvoient &#224; des r&#233;alit&#233;s bien diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme &lt;em&gt;r&#233;fugi&#233;&lt;/em&gt; est tir&#233; de la Convention relative au statut des r&#233;fugi&#233;s, dite Convention de Gen&#232;ve, adopt&#233;e en 1951. Il d&#233;signe toute personne &#171; &lt;em&gt;craignant avec raison d'&#234;tre pers&#233;cut&#233;e du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalit&#233;, de son appartenance a&#768; un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalit&#233;&#769; et qui ne peut, ou du fait de cette crainte, ne veut se re&#769;clamer de la protection de ce pays&lt;/em&gt; &#187;. Plus g&#233;n&#233;ral, le terme migrant d&#233;signe quant &#224; lui &#171; &lt;em&gt;toute personne qui quitte son lieu de r&#233;sidence habituelle pour s'&#233;tablir &#224; titre temporaire ou permanent et pour diverses raisons, soit dans une autre r&#233;gion &#224; l'int&#233;rieur d'un m&#234;me pays, soit dans un autre pays, franchissant ainsi une fronti&#232;re internationale&lt;/em&gt; &#187;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si plusieurs sont tent&#233;s d'utiliser le terme &lt;em&gt;r&#233;fugi&#233;&lt;/em&gt; pour d&#233;finir les personnes qui quittent leur milieu de vie en raison des changements climatiques, cette utilisation est erron&#233;e. En effet, les changements climatiques n'apparaissent pas comme un motif de pers&#233;cution comme l'entendait le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. De plus, la notion de r&#233;fugi&#233; renvoie aux d&#233;placements interfrontaliers de population, alors que les migrations climatiques ont actuellement tendance &#224; &#234;tre des d&#233;placements d'abord &#224; l'int&#233;rieur des fronti&#232;res de pays, comme c'est le cas dans des pays durement touch&#233;s par les changements climatiques comme le Bangladesh.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du d&#233;fi terminologique, cette in&#233;quation entre la Convention de Gen&#232;ve et la situation des migrant&#183;e&#183;s climatiques soul&#232;ve un enjeu de taille, soit l'absence de protection qui leur est offerte. En effet, aucun outil juridique ne prot&#232;ge actuellement les droits de ces individus, alors en proie &#224; des situations d'injustice et de non-respect de leurs droits fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#244;les et responsabilit&#233;s des &#201;tats&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un grand paradoxe entoure les changements climatiques : les &#201;tats ayant g&#233;n&#233;r&#233; le plus d'&#233;missions de gaz &#224; effet de serre (GES) pour assurer leur d&#233;veloppement ne sont g&#233;n&#233;ralement pas ceux qui seront les plus directement touch&#233;s par les effets des changements climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres parlent d'eux-m&#234;mes. En 2018, les trois pays ayant produit le plus d'&#233;missions de GES par habitant &#233;taient l'Australie (16,88 tonnes/habitant), les &#201;tats-Unis (16,56 tonnes/habitant) et le Canada (15,33 tonnes/habitant). Inversement, selon le Climate Change Vulnerability Index, un indice qui &#233;value le niveau de vuln&#233;rabilit&#233; des populations humaines aux &#233;v&#233;nements climatiques extr&#234;mes et aux changements climatiques, les trois pays les plus vuln&#233;rables aux changements climatiques &#233;taient en 2017 la R&#233;publique centrafricaine, la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo et Ha&#239;ti, des pays produisant moins de 0,30 tonne de GES par habitant.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation fait ressortir une profonde iniquit&#233; qui am&#232;ne des sp&#233;cialistes comme Stephen Kaaduli &#224; r&#233;clamer justice et r&#233;paration de la part des gouvernements envers les populations qui subissent les effets des changements climatiques et sont forc&#233;es de migrer.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Entre devoir &#233;thique et vision d'avenir&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans le contexte o&#249; les flux migratoires li&#233;s aux changements climatiques s'accentueront ici comme ailleurs, il est du devoir des gouvernements de mettre en place les mesures pour assurer une migration s&#251;re et s&#233;curitaire, plut&#244;t que de tenter de r&#233;duire les flux de migration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'absence d'une r&#233;ponse coordonn&#233;e et adapt&#233;e facilitant les migrations volontaires, les cons&#233;quences peuvent &#234;tre importantes sur les pays d'accueil. Urbanisation croissante, pression sur les infrastructures, conflits, d&#233;gradation de l'environnement sont quelques risques que courent les pays appel&#233;s &#224; recevoir les personnes migrantes dans le contexte de d&#233;placements forc&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Canada, la pression est de plus en plus forte de la part des expert&#183;e&#183;s et de la soci&#233;t&#233; civile pour inciter les diff&#233;rents paliers de gouvernement &#224; faire face &#224; leur devoir &#224; l'&#233;gard des migrant&#183;e&#183;s climatiques en assouplissant leurs politiques d'immigration et en assurant leurs besoins de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'avenir ne laisse pr&#233;sager aucun r&#233;pit quant &#224; l'intensification des changements climatiques et ainsi, &#224; l'afflux de migrant&#183;e&#183;s climatiques, il est imp&#233;ratif que les gouvernements soient saisis de la question &#224; travers une analyse crois&#233;e des deux ph&#233;nom&#232;nes. Il est urgent que ceux-ci agissent de fa&#231;on responsable et solidaire pour faciliter les migrations volontaires et r&#233;duire les migrations forc&#233;es li&#233;es aux changements climatiques.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;International Organization for Migration (IOM), IOM Outlook on Migration, Environment and Climate Change, Gen&#232;ve, 2014, 144 p. &lt;a data-cke-saved- href='http://publications.iom.int/books/iom-outlook-migration-environment-and-climate-change' href=&#034;http://publications.iom.int/books/iom-outlook-migration-environment-and-climate-change&#034;&gt;Disponible en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Internal Displacement Monitoring Center (IDMC), &lt;em&gt;Global Report on Internal Displacement 2019&lt;/em&gt;, Gen&#232;ve, 159 p. &lt;a data-cke-saved- href='https://www.internal-displacement.org/global-report/grid2019/' href=&#034;https://www.internal-displacement.org/global-report/grid2019/&#034;&gt;Disponible en ligne&lt;/a&gt;. Ces estimations portent seulement sur les nouvelles migrations internes caus&#233;es par les catastrophes naturelles et excluent donc les migrations internationales ainsi que celles caus&#233;es par des d&#233;gradations de l'environnement, comme la s&#233;cheresse et la mont&#233;e du niveau de la mer.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Biblioth&#232;que du Parlement, &lt;em&gt;Les changements climatiques : leurs r&#233;percussions et leur incidence sur les politiques&lt;/em&gt;, Ottawa, 2020, 52 p. &lt;a data-cke-saved- href='https://lop.parl.ca/sites/PublicWebsite/default/fr_CA/ResearchPublications/201946E' href=&#034;https://lop.parl.ca/sites/PublicWebsite/default/fr_CA/ResearchPublications/201946E&#034;&gt;Disponible en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Vanessa Cournoyer-Cyr, M. Env., est consultante en d&#233;veloppement r&#233;gional et en communications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Fr&#233;d&#233;ric Sasseville-Painchaud.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Organiser la r&#233;sistance, pratiquer la r&#233;silience. Entrevue avec M&#233;lanie Busby du Front commun pour la transition &#233;nerg&#233;tique</title>
		<link>https://www.ababord.org/Organiser-la-resistance-pratiquer-la-resilience-Entrevue-avec-Melanie-Busby-du-Front-commun-pour-la-transition-energetique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Organiser-la-resistance-pratiquer-la-resilience-Entrevue-avec-Melanie-Busby-du-Front-commun-pour-la-transition-energetique</guid>
		<dc:date>2022-02-25T16:11:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Avignon</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Avignon, Pierre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le projet de cette vaste coalition qu'est le Front commun pour la transition &#233;nerg&#233;tique (FCT&#201;) est on ne peut plus ambitieux : viser un Qu&#233;bec Z&#233;N (pour z&#233;ro &#233;mission nette). &lt;br class='autobr' /&gt;
Propos recueillis par Pierre Avignon. &lt;br class='autobr' /&gt; Afin d'y arriver, le Front commun a &#233;labor&#233; une feuille de route proposant des strat&#233;gies pour renforcer la capacit&#233; de tou&#183;te&#183;s les acteur&#183;trice&#183;s de la soci&#233;t&#233; d'atteindre la carboneutralit&#233;. Ce regroupement se distingue &#224; la fois par sa volont&#233; de r&#233;sister au mod&#232;le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Resilience-ecologique-Resistance-ou-resignation-" rel="directory"&gt;Dossier : R&#233;silience &#233;cologique. R&#233;sistance ou r&#233;signation ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Avignon-Pierre-+" rel="tag"&gt;Avignon, Pierre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3239.jpg?1663621307' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;661&#034; height=&#034;777&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le projet de cette vaste coalition qu'est le Front commun pour la transition &#233;nerg&#233;tique (FCT&#201;) est on ne peut plus ambitieux : viser un Qu&#233;bec Z&#233;N (pour z&#233;ro &#233;mission nette).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Pierre Avignon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Afin d'y arriver, le Front commun a &#233;labor&#233; une feuille de route proposant des strat&#233;gies pour renforcer la capacit&#233; de tou&#183;te&#183;s les acteur&#183;trice&#183;s de la soci&#233;t&#233; d'atteindre la carboneutralit&#233;. Ce regroupement se distingue &#224; la fois par sa volont&#233; de r&#233;sister au mod&#232;le &#233;conomique actuel et par ses propositions pour le transformer.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Une coalition &#233;largie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;em&gt;Nous sommes tr&#232;s nombreux et nombreuses &#224; travailler aux changements en faveur d'un monde plus &#233;cologique. L'id&#233;e, c'est de mieux se coordonner pour les cristalliser, pour que &#231;a arrive vraiment. Il faut s'organiser pour favoriser une transition indispensable face &#224; la crise &#233;cologique&lt;/em&gt; &#187;, affirme M&#233;lanie Busby, qui multiplie les rencontres pour organiser cette r&#233;sistance. Issu d'une coalition d'organisations luttant contre le projet &#201;nergie Est, le FCT&#201; a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 2015 avec comme objectif de f&#233;d&#233;rer les groupes oppos&#233;s aux nouveaux projets d'exploration, d'exploitation et de transport d'hydrocarbures. Lorsque l'on demande &#224; M&#233;lanie si elle consid&#232;re que cette coalition est unique, elle ne r&#233;pond pas fermement par l'affirmative (sans doute par humilit&#233;), mais la composition est impressionnante !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mouvance vari&#233;e de pr&#232;s d'une centaine d'organisations, le regroupement rejoint bien s&#251;r de nombreux groupes environnementaux ou citoyens &#8211; comme Eau secours, Coule pas chez nous, le Pacte pour la transition &#233;nerg&#233;tique ou encore La Plan&#232;te s'invite au Parlement &#8211;, mais &#233;galement des regroupements d'organismes communautaires &#8211; dont le Mouvement d'&#233;ducation populaire et d'action communautaire du Qu&#233;bec (M&#201;PACQ) et le Regroupement qu&#233;b&#233;cois d'action communautaire autonome (RQ-ACA) &#8211; et d'organismes syndicaux &#8211; FTQ, CSN, CSQ, FIQ et FAE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;em&gt;Une des sp&#233;cificit&#233;s de notre coalition est sans doute la diversit&#233; de ses membres. Des groupes qui militent pour le logement social, comme le FRAPRU, ou pour les droits en mati&#232;re d'accessibilit&#233; publique aux soins de sant&#233;, comme la Coalition solidarit&#233; sant&#233;, par exemple, apportent une perspective sp&#233;cifique et enrichissent nos &#233;changes. D'autres, comme les &#233;tudiant&#183;e&#183;s de la Coalition &#233;tudiante pour un virage environnemental et social (CEVES) ou les agricultrices et agriculteurs de l'Union paysanne, nous ont rejoints r&#233;cemment. C'est tr&#232;s encourageant de voir de nouvelles organisations s'ajouter &#224; notre d&#233;marche&lt;/em&gt; &#187;, de pr&#233;ciser la responsable du projet Qu&#233;bec Z&#233;N.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cependant, la diversit&#233; des points de vue n'est pas sans poser un certain nombre de d&#233;fis pour s'entendre sur un plan de transition. &#171; &lt;em&gt;Alors que pour certains il faudrait augmenter le prix de l'&#233;nergie &#034;sale&#034; afin de r&#233;duire la consommation, pour d'autres cela soul&#232;ve le probl&#232;me du pouvoir d'achat des personnes &#224; faible revenu&lt;/em&gt; &#187; donne comme exemple M&#233;lanie Busby. Cette derni&#232;re, qui a organis&#233; une multitude de discussions au sein m&#234;me de l'organisme, pr&#233;cise qu'il y a &#233;norm&#233;ment de facteurs &#224; prendre en consid&#233;ration pour arriver &#224; une vision d'avenir conjointe. Comment se loger, se nourrir, se d&#233;placer et qui fait quoi pour arriver &#224; un Qu&#233;bec carboneutre ? &#171; &lt;em&gt;Les d&#233;bats ont notamment &#233;t&#233; passionn&#233;s sur la question du gaz naturel renouvelable et pour d&#233;terminer quel serait l'usage optimal de la biomasse. &lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est bien parce que les solutions ne sont pas toujours simples que le FCT&#201; a d&#233;cid&#233; de proc&#233;der en deux temps. &#171; &lt;em&gt;Nous sommes tout d'abord en train de finaliser une feuille de route commune, version 2.0, qui a &#233;t&#233; rendue publique &#224; l'automne 2020. Le contenu de cette derni&#232;re, qui aborde tous les aspects d'une transition juste vers la carboneutralit&#233;, devrait permettre ensuite de mettre les gouvernements, les municipalit&#233;s, les organisations et les personnes en mouvement &#224; partir d'une vision commune &lt;/em&gt; &#187; pr&#233;cise-t-elle. Le slogan &#171; small is beautiful &#187; pourrait en partie r&#233;sumer la ligne directrice du projet Qu&#233;bec Z&#233;N.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La d&#233;marche va toutefois plus loin, car dans son fonctionnement m&#234;me, le FCT&#201; met en pratique le mod&#232;le participatif qui est propos&#233; aux communaut&#233;s locales pour viser un plan de transition. Plus que de simples propositions &#224; mettre en &#339;uvre, c'est un v&#233;ritable &lt;em&gt;modus operandi&lt;/em&gt; pour une transformation sociale qui est mis de l'avant.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Un exemple de r&#233;silience organisationnelle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;em&gt;Les collectivit&#233;s du Qu&#233;bec ont mis la r&#233;silience au c&#339;ur de leurs pr&#233;occupations. Elles ont la capacit&#233; d'entretenir par elles-m&#234;mes la quasi-totalit&#233; des syst&#232;mes qui soutiennent leur mode de vie. Elles prennent et appliquent des d&#233;cisions &#224; leur &#233;chelle, dans la foul&#233;e d'un plan global visant la d&#233;carbonisation et l'autosuffisance. Loin de marquer un repliement, leur autosuffisance est ancr&#233;e dans l'inclusion, le partage, la coop&#233;ration et la cr&#233;ativit&#233; des acteurs locaux.&lt;/em&gt; &#187; Voil&#224; comment d&#233;bute la feuille de route pour d&#233;crire la vision id&#233;ale d'un Qu&#233;bec Z&#233;N de demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour pr&#233;senter ce qui anime cette vision, M&#233;lanie Busby fait r&#233;f&#233;rence au r&#233;cent ouvrage d'Yves-Marie Abraham, &lt;em&gt;Gu&#233;rir du mal de l'infini&lt;/em&gt;. &#171; &lt;em&gt;Le sous-titre de ce livre,&lt;/em&gt; Produire moins, partager plus, d&#233;cider ensemble, &lt;em&gt;r&#233;sume bien la vision que nous souhaitons mettre de l'avant. Toute la r&#233;flexion concernant la mani&#232;re d'atteindre la carboneutralit&#233; am&#232;ne in&#233;vitablement &#224; constater que c'est le syst&#232;me dans son ensemble qui est au c&#339;ur du probl&#232;me et que l'on ne peut pas dissocier les enjeux environnementaux, &#233;conomiques et politiques.&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Par exemple, si on consid&#232;re que la pauvret&#233; est un frein aux changements environnementaux, alors il faut s'interroger sur les causes des in&#233;galit&#233;s. Or, une des causes communes des in&#233;galit&#233;s ou des probl&#232;mes environnementaux, c'est la concentration du pouvoir aux mains de quelques d&#233;cideurs qui veulent pr&#233;server le syst&#232;me en place. &#171; &lt;em&gt;La perspective que nous mettons de l'avant, c'est qu'il faut impliquer le plus possible nos alli&#233;&#183;e&#183;s pour obtenir du succ&#232;s dans notre d&#233;marche, car il ne pourra pas y avoir de transition juste sans participation large&lt;/em&gt; &#187;, de pr&#233;ciser la militante multidisciplinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette approche &#171; &#233;cologique &#187; permet d'aborder la transition comme un processus de transformation sociale profonde qui favorise l'adoption de pratiques plus respectueuses de l'environnement, mais &#233;galement la justice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le projet Qu&#233;bec Z&#233;N en est donc un de r&#233;silience face aux chocs, tant sociaux qu'environnementaux, que le syst&#232;me actuel provoque. Toutefois, loin de s'exprimer comme une r&#233;signation face &#224; la d&#233;t&#233;rioration de notre environnement il s'agit bien de mettre de l'avant des propositions pour &#233;viter de foncer dans le mur. Le premier chapitre de la feuille de route est d'ailleurs consacr&#233; &#224; ce th&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Plus de justice environnementale et sociale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Alors que le parti &#233;cologiste fran&#231;ais (Europe &#201;cologie Les Verts) a connu un franc succ&#232;s lors des derni&#232;res &#233;lections municipales, le contexte semble m&#251;r pour des propositions menant vers la transition, malgr&#233; que, de ce c&#244;t&#233;-ci de l'Atlantique, les organisations politiques qu&#233;b&#233;coises et canadiennes soient sensiblement diff&#233;rentes (avec par exemple un Parti vert moins ancr&#233; &#224; gauche). Cela dit, la crise sanitaire et ses impacts &#233;conomiques et sociaux peuvent &#234;tre &#224; la fois une occasion et un obstacle au changement, comme l'explique M&#233;lanie Busby : &#171; &lt;em&gt;Si certains y voient une opportunit&#233; de changer les mani&#232;res de faire, d'autres risquent plut&#244;t de mettre de c&#244;t&#233; les projets plus &#233;cologiques au profit de la relance &#233;conomique traditionnelle.&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; ce titre, les intentions de la CAQ sont loin d'&#234;tre tr&#232;s claires, notamment avec son Plan d'&#233;lectrification et de changements climatiques, rebaptis&#233; Plan pour une &#233;conomie verte&#8230; dans lequel il manque certainement l'id&#233;e de contrer lesdits changements climatiques ! &#171; &lt;em&gt;Il faut absolument poursuivre les pressions aupr&#232;s du gouvernement Legault, mais il faut &#233;galement se r&#233;approprier les leviers de la prise de d&#233;cision &#224; l'&#233;chelle locale. Les membres du Front commun pour la transition &#233;nerg&#233;tique ont de tr&#232;s nombreuses id&#233;es &#224; mettre sur la table, comme le Pacte, avec ses 101 id&#233;es pour la relance. En favorisant une telle concertation &#224; l'&#233;chelle locale, notamment, cela permettrait d'identifier les probl&#232;mes et de proposer des solutions qui pourraient &#234;tre appuy&#233;es par un Fonds de la transition dot&#233; de moyens ! &lt;/em&gt; &#187;, conclut celle qui, tout comme les citoyen&#183;ne&#183;s engag&#233;&#183;e&#183;s dans cette n&#233;cessaire coalition, n'a pas fini d'&#233;branler les colonnes du temple (&#8230; de la surconsommation).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH431/4086018bcaf4288b3ace58c32fe50ecd-b2180.png?1729029071' width='500' height='431' /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : Fr&#233;d&#233;ric Sasseville-Painchaud.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Collectivit&#233;s territoriales. Champ de lutte pour un avenir viable</title>
		<link>https://www.ababord.org/Collectivites-territoriales-Champ-de-lutte-pour-un-avenir-viable</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Collectivites-territoriales-Champ-de-lutte-pour-un-avenir-viable</guid>
		<dc:date>2022-02-25T16:01:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Carole Dupuis</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Dupuis, Carole</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les gouvernements du monde &#233;chouent au test de la responsabilit&#233; climatique et &#233;cologique. Impuissants &#224; faire sauter les verrous d'un syst&#232;me qui menace la vie sur terre, ou peu enclins &#224; le faire, ils continuent contre tout bon sens &#224; professer l'id&#233;ologie de la croissance en pr&#234;chant un soi-disant &#233;quilibre entre des choix &#233;conomiques mortif&#232;res et des &#233;cosyst&#232;mes &#224; l'agonie. &lt;br class='autobr' /&gt; Devant ce constat terrifiant, de simples citoyen&#183;ne&#183;s d&#233;cident d'incarner le changement qui s'impose. Sachant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Resilience-ecologique-Resistance-ou-resignation-" rel="directory"&gt;Dossier : R&#233;silience &#233;cologique. R&#233;sistance ou r&#233;signation ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Dupuis-Carole-+" rel="tag"&gt;Dupuis, Carole&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3238.jpg?1663621307' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;661&#034; height=&#034;718&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les gouvernements du monde &#233;chouent au test de la responsabilit&#233; climatique et &#233;cologique. Impuissants &#224; faire sauter les verrous d'un syst&#232;me qui menace la vie sur terre, ou peu enclins &#224; le faire, ils continuent contre tout bon sens &#224; professer l'id&#233;ologie de la croissance en pr&#234;chant un soi-disant &#233;quilibre entre des choix &#233;conomiques mortif&#232;res et des &#233;cosyst&#232;mes &#224; l'agonie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Devant ce constat terrifiant, de simples citoyen&#183;ne&#183;s d&#233;cident d'incarner le changement qui s'impose. Sachant que la seule mani&#232;re de pr&#233;server l'avenir du vivant est d'&#233;liminer la surexploitation des ressources, ils et elles d&#233;crochent du syst&#232;me, &#224; des degr&#233;s divers, en choisissant des modes de vie qui ne d&#233;pendent plus de pratiques &#233;thiquement injustifiables. On les rencontre dans les cours de cuisine v&#233;g&#233;tarienne ou d'&#233;coconstruction, sur les trottoirs et les pistes cyclables, dans les bazars et les jardins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D'autres lancent des projets collectifs &#233;coresponsables. Multiformes et inspirantes, leurs initiatives incluent par exemple le partage d'outils ou de v&#233;hicules, les &#171; fermes de famille &#187;, les commerces z&#233;ro d&#233;chet, des projets de symbiose industrielle, etc. Elles ont en commun de vouloir remplacer une &#233;conomie mondialis&#233;e au service du capital par une &#233;conomie de proximit&#233; au service du vivant. Quand elles ne sont pas b&#233;n&#233;voles, elles rel&#232;vent fr&#233;quemment de l'&#233;conomie sociale. Leur foisonnement a sem&#233; un vent d'optimisme quand il a &#233;t&#233; mis en lumi&#232;re dans des ouvrages comme le film &lt;em&gt;Demain&lt;/em&gt; de Cyril Dion et M&#233;lanie Laurent, ou l'essai &lt;em&gt;Demain, le Qu&#233;bec&lt;/em&gt; de la Fondation David Suzuki.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Loin d'&#234;tre n&#233;gligeables, ces nouvelles approches ont une influence palpable. On pourrait m&#234;me parler d'&#233;bullition dans certains quartiers et villages. Longtemps marginalis&#233;es, elles ont maintenant la faveur d'un vaste public conscientis&#233; aux exc&#232;s flagrants comme le gaspillage alimentaire, l'obsolescence programm&#233;e ou l'usage abusif de pesticides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ces initiatives font briller une lueur d'espoir. Elles rendent visible l'existence de mani&#232;res diff&#233;rentes d'aborder la relation des humains avec les ressources et entre eux. Elles rendent imaginable un monde o&#249; ces mod&#232;les deviendraient la norme et non plus l'exception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; elle seule, cette vague est-elle assez puissante pour amener les transformations n&#233;cessaires en temps opportun ? Est-elle assez profonde pour assurer une prise en compte des enjeux de justice sociale et de d&#233;mocratie participative dont leur succ&#232;s d&#233;pend ? Probablement pas, si on en croit les statistiques dont nous sommes abreuv&#233;&#183;e&#183;s chaque jour. Un changement d'&#233;chelle s'impose.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; L'&#233;chelle territoriale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Plusieurs estiment qu'en se f&#233;d&#233;rant, en se donnant des vis&#233;es &#233;mancipatrices et en construisant les capacit&#233;s de leur propre transformation, les collectivit&#233;s territoriales sauront &#233;roder les blocages syst&#233;miques qui freinent pr&#233;sentement toute action climatique et &#233;cologique significative. C'est le pari que fait le Front commun pour la transition &#233;nerg&#233;tique (FCT&#201;) avec son projet &#171; Collectivit&#233;s Z&#233;N &#187; (z&#233;ro &#233;mission nette).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une collectivit&#233; correspond &#224; un territoire dont les contours sont d&#233;limit&#233;s par les gens qui la forment. Selon la d&#233;finition assembl&#233;e par l'environnementaliste Olivier Riffon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Repr&#233;sentations du d&#233;veloppement durable : analyse des dynamiques d'acteurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#171; &#8220;&lt;em&gt;Le territoire ne r&#233;f&#232;re &#224; aucun &#233;chelon particulier&#8221;, sinon qu'il s'agit d'un espace situ&#233; &#224; proximit&#233; du citoyen et mobilisable par les acteurs socio&#233;conomiques du milieu. C'est un espace ouvert et mouvant, &#8220;embo&#238;t&#233; dans un ensemble d'autres espaces qu'il influence et qui l'influencent r&#233;ciproquement&#8221;. Ses limites ne sont pas d&#233;finies en r&#233;f&#233;rence &#224; un p&#233;rim&#232;tre politique ou administratif ni comme un fragment d'un syst&#232;me productif ou &#233;conomique national, mais &#8220;elles d&#233;finissent le lieu d'intersection de r&#233;seaux (physiques ou humains, formels ou informels), de strat&#233;gies et d'interd&#233;pendances entre partenaires reli&#233;s entre eux, le lieu de production, de n&#233;gociation, de partage d'un devenir commun&lt;/em&gt;&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette d&#233;finition laisse entrevoir la richesse des possibilit&#233;s offertes &#224; une collectivit&#233; territoriale qui entreprend une d&#233;marche structur&#233;e de transition juste vers la carboneutralit&#233;. En effet, sans &#234;tre exempte d'&#233;normes d&#233;fis, une approche territoriale brise les silos sectoriels et permet d'adopter la perspective globale n&#233;cessaire aux changements structuraux qui sont requis. Elle se pr&#234;te &#224; un exercice approfondi de dialogue social autour de la transformation d'un espace dont les caract&#233;ristiques physiques, les normes sociales, les infrastructures, les relations de pouvoir, la structure &#233;conomique et le tissu social sont connus et compris par la population qui y vit.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Le projet Collectivit&#233;s Z&#233;N&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Le projet Collectivit&#233;s Z&#233;N du FCT&#201; mise sur le fait que l'&#233;chelle des collectivit&#233;s est un terreau propice &#224; l'exercice de la d&#233;mocratie participative et permet l'appropriation d'immenses champs d'action dans des domaines cl&#233;s tels que l'agriculture et l'alimentation, la pr&#233;servation des &#233;cosyst&#232;mes, la solidarit&#233; sociale, les pratiques d'am&#233;nagement et de mobilit&#233;, le b&#226;timent, l'&#233;conomie de la sobri&#233;t&#233; ou l'&#233;vitement des d&#233;chets. Il repose sur l'existence, dans toutes les collectivit&#233;s du Qu&#233;bec, d'une masse critique d'acteur&#183;trice&#183;s cl&#233;s aptes &#224; se coaliser pour piloter un chantier de transition, et sur leur volont&#233; de croiser leurs savoirs entre eux et avec les autres collectivit&#233;s pour avancer mieux et plus vite. Il table sur l'engagement des nombreux chercheur&#183;euse&#183;s et acteur.trice&#183;s nationaux&#183;ales de la transition et du d&#233;veloppement des communaut&#233;s qui souhaitent mutualiser leurs ressources pour &#233;pauler les chantiers territoriaux, selon un mod&#232;le d'engagement distribu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette vision a &#233;t&#233; mise &#224; l'&#233;preuve de la r&#233;alit&#233; l'&#233;t&#233; dernier, lorsque le FCT&#201; a sollicit&#233; des appuis pour son projet Collectivit&#233;s Z&#233;N. Les r&#233;ponses &#224; son appel ont d&#233;pass&#233; toutes les attentes, tant de la part d'acteur&#183;trice&#183;s locaux&#183;ales int&#233;ress&#233;&#183;e&#183;s &#224; porter un chantier de transition que de celle des organisations nationales et de la communaut&#233; scientifique. L'afflux d'engagements re&#231;us en quelques semaines laisse peu de doute quant &#224; la volont&#233; de nombreux acteur&#183;trice&#183;s, au sein et &#224; l'ext&#233;rieur du mouvement environnemental, de se rallier autour d'un projet ambitieux de transition vers la carboneutralit&#233;, ancr&#233; dans la transformation des collectivit&#233;s territoriales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'action territoriale pourra-t-elle d&#233;clencher une transformation syst&#233;mique qui sonnera le glas du syst&#232;me suicidaire dans lequel l'humanit&#233; semble enferm&#233;e ? Cela pourrait d&#233;pendre des moyens que les mouvements progressistes mettront &#224; la disposition de cette strat&#233;gie. Sachant que le salut ne viendra pas de gouvernements captifs de l'id&#233;ologie de la croissance et que la port&#233;e des actions isol&#233;es demeure insuffisante, le pari ne semble pas d&#233;raisonnable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Repr&#233;sentations du d&#233;veloppement durable : analyse des dynamiques d'acteurs et des processus pour la durabilit&#233; en milieu municipal au Qu&#233;bec, th&#232;se de doctorat en d&#233;veloppement r&#233;gional, UQAC et UQAR, 2016, 548 p. Les citations dans la citation sont s&#233;lectionn&#233;es par l'auteur dans diverses publications scientifiques pour composer sa d&#233;finition globale de la collectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Carole Dupuis est porte-parole du Mouvement &#233;cocitoyen UNEplan&#232;te et membre du Comit&#233; de coordination du Front commun pour la transition &#233;nerg&#233;tique (FCT&#201;). Cr&#233;&#233; en 2015, le FCT&#201; regroupe 86 organisations environnementales, citoyennes, syndicales, communautaires et &#233;tudiantes repr&#233;sentant collectivement 1,8 million de personnes au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Fr&#233;d&#233;ric Sasseville-Painchaud.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des services publics forts pour b&#226;tir la r&#233;silience</title>
		<link>https://www.ababord.org/Des-services-publics-forts-pour-batir-la-resilience</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Des-services-publics-forts-pour-batir-la-resilience</guid>
		<dc:date>2022-02-25T15:52:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Bernier</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Bernier, Dominique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La situation peu commune que nous vivons en contexte de pand&#233;mie nous permet de voir que lorsqu'il y a une r&#233;elle volont&#233; politique, des changements radicaux et rapides sont possibles. Il importe d'user de la m&#234;me diligence pour pr&#233;venir de nouvelles crises, dont celles qui d&#233;couleront, si rien n'est fait, des changements climatiques. En raison de leur statut unique, les services publics peuvent &#8211; et doivent &#8211; faire partie de la solution. &lt;br class='autobr' /&gt; Les services publics, comme l'&#233;cole et les soins (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Resilience-ecologique-Resistance-ou-resignation-" rel="directory"&gt;Dossier : R&#233;silience &#233;cologique. R&#233;sistance ou r&#233;signation ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bernier-Dominique-+" rel="tag"&gt;Bernier, Dominique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3237.jpg?1663621307' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;617&#034; height=&#034;749&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La situation peu commune que nous vivons en contexte de pand&#233;mie nous permet de voir que lorsqu'il y a une r&#233;elle volont&#233; politique, des changements radicaux et rapides sont possibles. Il importe d'user de la m&#234;me diligence pour pr&#233;venir de nouvelles crises, dont celles qui d&#233;couleront, si rien n'est fait, des changements climatiques. En raison de leur statut unique, les services publics peuvent &#8211; et doivent &#8211; faire partie de la solution.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Les services publics, comme l'&#233;cole et les soins de sant&#233; notamment, constituent sans doute le levier le plus efficace dont dispose le gouvernement pour faire face aux d&#233;fis engendr&#233;s par la crise &#233;cologique. En tant que ma&#238;tre d'&#339;uvre de ces institutions, le gouvernement peut agir directement et rapidement pour rendre son parc immobilier, sa flotte de v&#233;hicules et ses politiques d'approvisionnement conformes aux plus hauts standards &#233;cologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Par leur mission m&#234;me, des services de sant&#233; robustes, gratuits et accessibles contribuent directement &#224; am&#233;liorer la r&#233;silience des populations, comme l'a d&#233;montr&#233; de fa&#231;on &#233;loquente la pand&#233;mie de COVID-19. Si certains en doutaient encore, la crise sanitaire que nous traversons a sans aucun doute soulign&#233; &#224; grands traits l'importance capitale de ces services et la n&#233;cessit&#233; imp&#233;rieuse de les financer ad&#233;quatement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il en va de m&#234;me pour l'&#233;ducation, qui b&#226;tit la r&#233;silience en s'attaquant aux causes des crises plut&#244;t qu'&#224; leurs effets et en offrant l'un des meilleurs remparts qui soient contre les in&#233;galit&#233;s. Un consensus international existe autour du concept d'&#233;ducation comme &#233;l&#233;ment cl&#233; de la transition juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tout programme d'&#233;ducation &#224; l'environnement et &#224; l'&#233;cocitoyennet&#233; doit cependant &#234;tre d&#233;velopp&#233; en &#233;troite collaboration avec les personnes qui travaillent en &#233;ducation. Une telle strat&#233;gie se doit de respecter notamment l'expertise, l'autonomie professionnelle et la r&#233;alit&#233; du personnel de l'&#233;ducation. En effet, bon nombre de travailleuses et de travailleurs de ce secteur s'investissent d&#233;j&#224; activement en la mati&#232;re, notamment au sein du mouvement des &#201;tablissements verts Brundtland de la Centrale des syndicats du Qu&#233;bec (EVB-CSQ), actif depuis 1993.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Une r&#233;partition territoriale cruciale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Les institutions publiques que sont les services &#233;ducatifs et de sant&#233; ont aussi l'avantage d'&#234;tre relativement bien r&#233;parties sur le territoire, ce qui peut contribuer favorablement &#224; augmenter la r&#233;silience des collectivit&#233;s situ&#233;es hors des grands centres. Au-del&#224; de leur mission premi&#232;re, elles agissent souvent comme lieu de r&#233;union, de rassemblement ou d'activit&#233; communautaire. En cas de catastrophe naturelle, l'&#233;cole joue tr&#232;s souvent un r&#244;le pivot en transmettant des informations cruciales &#224; la population, voire en servant d'abri de fortune aux sinistr&#233;&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La pand&#233;mie nous donne &#233;galement un avant-go&#251;t de ce &#224; quoi pourraient ressembler nos &#233;conomies si on laissait s'emballer la crise climatique sans changer de paradigme. L'investissement dans les services publics peut cr&#233;er des emplois &#224; fort impact social, mais &#224; faible intensit&#233; carbone, qui permettent de construire la r&#233;silience des collectivit&#233;s un peu partout sur le territoire. Ce sont aussi des emplois &#224; pr&#233;dominance f&#233;minine, contrairement &#224; ce qu'on voit dans l'habituel recours au b&#233;ton pour stimuler l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En contexte de transition, il importe &#233;galement d'assurer une offre de formation publique gratuite et accessible partout, notamment dans les r&#233;gions ressources, pour aider les travailleuses et travailleurs des secteurs lourds &#224; se requalifier.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Des solutions collectives et d&#233;mocratiques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Bien que l'exp&#233;rience des derniers mois ait illustr&#233; de mani&#232;re dramatique les d&#233;rives possibles lorsqu'on choisit de confier un secteur n&#233;vralgique au priv&#233; &#8211; en l'occurrence les soins aux a&#238;n&#233;&#183;e&#183;s &#8211; et malgr&#233; la prise de conscience qui en a d&#233;coul&#233; au niveau gouvernemental, le risque de marchandisation des services publics est toujours bien pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les services publics constituent pourtant une voie beaucoup plus viable que la tendance actuelle des gouvernements de s'en remettre aux solutions de march&#233; aliment&#233;es par des fonds publics et priv&#233;s. Motiv&#233;es par le profit d'abord, ces derni&#232;res font trop souvent partie du probl&#232;me sans apporter de r&#233;ponse convaincante aux d&#233;fis contemporains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La crise climatique nous donne donc une raison suppl&#233;mentaire d'exiger de nouvelles r&#232;gles &#224; l'&#233;chelle internationale et de nouveaux outils de financement qui donnent le pouvoir aux gouvernements d&#233;mocratiquement &#233;lus, et non pas au secteur priv&#233;. Il est urgent d'effectuer des investissements qui ne soient pas contraints par la maximisation des profits et la rentabilit&#233; &#224; court terme, mais qui visent plut&#244;t &#224; lutter contre les changements climatiques, &#224; construire la r&#233;silience et &#224; r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La pand&#233;mie a fait ressortir les in&#233;galit&#233;s de mani&#232;re flagrante ainsi que l'importance marqu&#233;e de certains secteurs n&#233;vralgiques et des gens qui y travaillent. Cet enseignement doit &#234;tre utilis&#233; pour affronter cette autre crise qui nous menace et op&#233;rer sans tarder une transition &#233;cologique porteuse de justice sociale, faisant notamment une place de choix aux services publics. Seulement ainsi pourrons-nous construire cette soci&#233;t&#233; r&#233;siliente qui nous permettra de surmonter les d&#233;fis de ce si&#232;cle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Dominique Bernier est conseill&#232;re en &#233;ducation pour un avenir viable, CSQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Fr&#233;d&#233;ric Sasseville-Painchaud.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;croissance : adaptation ou mutation ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Decroissance-adaptation-ou-mutation</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Decroissance-adaptation-ou-mutation</guid>
		<dc:date>2022-01-09T17:52:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Bouchez, Jos&#233;e Proven&#231;al</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Consommation, marchandisation et pub</dc:subject>
		<dc:subject>Bouchez, J&#233;r&#233;mie</dc:subject>
		<dc:subject>Proven&#231;al, Jos&#233;e</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les changements climatiques, et m&#234;me l'actuelle pand&#233;mie, sont les cons&#233;quences de notre d&#233;pendance &#224; des ressources naturelles existant en quantit&#233; limit&#233;e. Ces perturbations nous obligent &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; de nouveaux mod&#232;les de soci&#233;t&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Il ne suffit pas de &#171; r&#233;former &#187; ou &#171; verdir &#187; le capitalisme, car le d&#233;couplage complet de la croissance &#233;conomique et de la destruction de notre o&#239;kos est impossible. Le d&#233;mant&#232;lement de la fable du d&#233;veloppement durable et de la croissance verte (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Resilience-ecologique-Resistance-ou-resignation-" rel="directory"&gt;Dossier : R&#233;silience &#233;cologique. R&#233;sistance ou r&#233;signation ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Consommation-marchandisation-et-+" rel="tag"&gt;Consommation, marchandisation et pub&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bouchez-Jeremie-+" rel="tag"&gt;Bouchez, J&#233;r&#233;mie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Provencal-Josee-+" rel="tag"&gt;Proven&#231;al, Jos&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3232.png?1642092267' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;577&#034; height=&#034;700&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les changements climatiques, et m&#234;me l'actuelle pand&#233;mie, sont les cons&#233;quences de notre d&#233;pendance &#224; des ressources naturelles existant en quantit&#233; limit&#233;e. Ces perturbations nous obligent &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; de nouveaux mod&#232;les de soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Il ne suffit pas de &#171; r&#233;former &#187; ou &#171; verdir &#187; le capitalisme, car le d&#233;couplage complet de la croissance &#233;conomique et de la destruction de notre o&#239;kos est impossible. Le d&#233;mant&#232;lement de la fable du d&#233;veloppement durable et de la croissance verte s'impose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Comment accompagner l'humanit&#233; dans cette d&#233;marche ? Selon nous, une soci&#233;t&#233; postcroissance est possible si l'on applique les id&#233;es de la d&#233;croissance, une voie f&#233;conde pour r&#233;soudre le probl&#232;me de la perte de contr&#244;le climatique et social caus&#233;e par notre syst&#232;me &#233;conomique. Pour arriver &#224; une soci&#233;t&#233; d&#233;croissante, nous proposons un parcours en quatre &#233;tapes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Reconna&#238;tre les constats de la science&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Il n'est plus question en 2020 de nier la r&#233;alit&#233; des bouleversements climatiques et de ce que nous faisons subir &#224; la plan&#232;te et aux autres esp&#232;ces. La destruction rapide du vivant, l'acc&#233;l&#233;ration des d&#233;r&#232;glements climatiques ou le creusement des in&#233;galit&#233;s sont des faits document&#233;s par la science et les donn&#233;es sont probantes. Cependant, il semble encore n&#233;cessaire de marteler la v&#233;racit&#233; des preuves scientifiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Remettre en question le capitalisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; La critique de l'industrialisation est loin d'&#234;tre nouvelle, nombreux sont les mouvements et les personnes qui ont d&#233;nonc&#233; ce ph&#233;nom&#232;ne au fil des derniers si&#232;cles. Il suffit de penser &#224; Karl Marx (1818&#8211;83) ou &#224; Mohandas Gandhi (1869&#8211;1948). Au XXe si&#232;cle, en 1972, le rapport &lt;em&gt;Les limites &#224; la croissance (dans un monde fini)&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dennis et Donella Meadows, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2013, 432 p.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; du Club de Rome a &#233;t&#233; un des premiers &#224; soulever d'importantes pr&#233;occupations relatives &#224; la production industrielle et &#224; la consommation de masse. En 1987, le rapport &lt;em&gt;Notre avenir &#224; tous &lt;/em&gt;r&#233;v&#232;le quant &#224; lui l'inad&#233;quation entre le d&#233;veloppement &#233;conomique appuy&#233; sur la croissance et l'environnement. Au fond, le probl&#232;me est que l'imp&#233;ratif capitaliste du profit exige une croissance &#233;conomique continue et ind&#233;finie, qui impose une pression extr&#234;me aux &#233;cosyst&#232;mes, dont les ressources sont finies. Pourtant, les &#201;tats n'ont jamais formellement remis en question les fondements du syst&#232;me capitaliste, qui a provoqu&#233; une importante d&#233;gradation de l'environnement et qui, en d&#233;pit de quelques avanc&#233;es, a entra&#238;n&#233; une r&#233;gression sur le plan social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En 2015, lors du Sommet de l'ONU sur les Objectifs du d&#233;veloppement durable (ODD) les &#201;tats ont adopt&#233; &#224; l'unanimit&#233; les 17 objectifs devant tracer la voie &#224; suivre afin de &#171; &lt;em&gt;parvenir &#224; un avenir meilleur et plus durable pour tous&lt;/em&gt; &#187;. Or, un constat s'impose : le consensus que les participants ont pr&#233;tendu avoir obtenu est en v&#233;rit&#233; chim&#233;rique, puisque l'id&#233;e m&#234;me d'un &#171; d&#233;veloppement &#187; (c'est-&#224;-dire d'une croissance &#233;conomique) durable entre en contradiction avec la vaste majorit&#233; des ODD. Le d&#233;veloppement durable est un &#171; signifiant vide&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le d&#233;veloppement durable est un signifiant vide, en ce sens qu'il assure une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; qui ne remet nullement en question les assises du capitalisme. Le d&#233;veloppement durable, ou pire encore sa r&#233;incarnation sous le vocable de &#171; croissance verte &#187;, permet la perp&#233;tuation d'un mod&#232;le &#233;conomique d&#233;l&#233;t&#232;re et mortif&#232;re. Ces oxymores font croire &#224; des solutions techniques et innovantes pour l'ensemble des probl&#232;mes environnementaux. Ils donnent l'illusion que chacun&#183;e pourra sortir gagnant&#183;e de cette &#171; transition &#187; et qu'il sera possible d'engendrer ind&#233;finiment une croissance &#233;conomique sans nuire &#224; l'environnement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Giorgios Kallis, &#171; The Degrowth Alternative &#187;, Great Transition (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il convient de pr&#233;ciser que de plus en plus d'articles scientifiques publi&#233;s dans des revues &#224; comit&#233; de lecture ou dans des rapports de la &#171; litt&#233;rature grise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La litt&#233;rature grise est d&#233;finie comme tout document produit par les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; insistent sur l'impossibilit&#233; de d&#233;coupler totalement la croissance &#233;conomique et la destruction de l'environnement. On peut citer le Bureau europ&#233;en de l'environnement (une f&#233;d&#233;ration de plus de 140 organisations environnementales) qui a publi&#233; en juillet 2019 un rapport au titre &#233;vocateur : &lt;em&gt;Le d&#233;couplage d&#233;mystifi&#233;. Preuve et arguments contre la croissance verte comme strat&#233;gie unique pour atteindre la durabilit&#233;&lt;/em&gt; (traduction libre)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; Decoupling debunked &#187;, 8 juillet 2019. Disponible en ligne.&#034; id=&#034;nh7-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En octobre 2020, plusieurs chercheur&#183;e&#183;s ont r&#233;alis&#233; une &#233;tude qui a analys&#233; 179 articles sur le d&#233;couplage publi&#233;s entre 1990 et 2019. Leur conclusion est qu'en l'absence de preuves empiriques solides ou de plans d&#233;taill&#233;s et concrets, la possibilit&#233; d'un d&#233;couplage total entre la croissance &#233;conomique et la destruction de l'environnement repose en partie sur la foi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir la pr&#233;sentation de l'&#233;tude dans Nafeez Ahmed, &#171; La &#8243;croissance verte&#8243; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Entreprendre une alphab&#233;tisation aux id&#233;es de la d&#233;croissance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Une nouvelle &#232;re postcroissance implique de d&#233;construire l'id&#233;e m&#234;me du d&#233;veloppement et de la croissance &#233;conomique qui l'accompagne, afin de d&#233;ployer un &#233;ventail des possibles, des propositions qui changeraient consid&#233;rablement la donne. Cesser de penser nos relations &#224; la soci&#233;t&#233; et &#224; la nature sous l'angle exclusif de l'&#233;conomie en est la premi&#232;re &#233;tape. La d&#233;croissance propose aussi de r&#233;fl&#233;chir sur notre rapport au temps et l'acc&#233;l&#233;ration de nos vies, de reconna&#238;tre le rapport ali&#233;nant toujours croissant que nous avons avec la technologie, en plus de prendre conscience que nous nous sommes dissoci&#233;&#183;e&#183;s de la nature &#8211; en imagination &#8211; alors que nous en faisons partie int&#233;grante.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Poser les bases des soci&#233;t&#233;s postcroissance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Il existe bien entendu plusieurs visions de la d&#233;croissance. Celles-ci ont n&#233;anmoins en commun d'envisager de nouvelles fa&#231;ons de vivre ensemble, de consommer mieux, de produire moins et de mettre en place de nouvelles institutions pouvant subsister sans la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il n'est donc pas question de changer un mod&#232;le unique, le capitalisme, pour un autre mod&#232;le unique qui serait la d&#233;croissance. Il faut envisager la d&#233;croissance comme un cadre au sein duquel s'inscrivent des imaginaires, des identit&#233;s et des pens&#233;es diff&#233;rentes. La d&#233;croissance, bien qu'ancr&#233;e dans une culture militante radicale et critique, se veut ouverte et multiple. C'est dans cette diversit&#233; qu'elle trouve sa force&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Giacomo D'Alisa, Federico Demaria et Giorgos Kallis, D&#233;croissance. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En effet, il serait saugrenu d'envisager un mod&#232;le unique de d&#233;croissance qui r&#233;pondrait &#224; la fois aux aspirations des gens de la ville et des r&#233;gions, ou encore &#224; celles des Occidentaux et des populations du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Assurer une transition du capitalisme vers la d&#233;croissance doit n&#233;cessairement s'effectuer du bas vers le haut. Des id&#233;es sont en &#233;mergence et des communaut&#233;s posent actuellement les jalons de l'adaptation aux crises &#233;cologiques. Des soci&#233;t&#233;s lib&#233;r&#233;es de l'imp&#233;ratif de la croissance seront ainsi beaucoup plus frugales. Elles produiront moins et se concentreront sur les besoins essentiels. Elles auront &#233;galement mis en place un revenu de base universel afin de lib&#233;rer du temps pour les activit&#233;s non r&#233;mun&#233;r&#233;es, diminuer les in&#233;galit&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Ambre Fourrier, Le revenu de base en question. De l'imp&#244;t n&#233;gatif au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et permettre aux communaut&#233;s les plus fragiles de mieux r&#233;sister aux d&#233;r&#232;glements climatiques. Une &#233;conomie postcroissance serait plus ancr&#233;e localement en r&#233;duisant les circuits de production/consommation tout en favorisant les communs. Elle permettrait une &#171; &lt;em&gt;coproduction de ce qu'il nous faut pour vivre, dans une perspective d'autosubsistance&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Yves-Marie Abraham, Gu&#233;rir du mal de l'infini. Produire moins, partager (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, et donc de renforcement des communaut&#233;s de fa&#231;on r&#233;ellement d&#233;mocratique, dans des lieux qui profiteront d'une excellente qualit&#233; de vie sur une plan&#232;te sur laquelle il sera plus difficile de vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;em&gt;In fine&lt;/em&gt;, des soci&#233;t&#233;s mieux adapt&#233;es &#224; la r&#233;alit&#233; climatique et aux crises &#233;cologiques du XXIe si&#232;cle produiront moins, partageront plus et d&#233;cideront collectivement de la voie &#224; suivre, tout en &#233;tant lib&#233;r&#233;es de l'emprise du capitalisme qui nous m&#232;ne vers une voie sans issue. Inventer des soci&#233;t&#233;s postcroissance, c'est reconna&#238;tre la n&#233;cessit&#233; de transformer notre mode de vie. Il en va de notre salut et de notre devoir de faire honneur &#224; l'existence de la vie sur cette plan&#232;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dennis et Donella Meadows, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2013, 432 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le d&#233;veloppement durable est un signifiant vide, en ce sens qu'il assure une fonction de repr&#233;sentation qui sera toujours instable et sujette &#224; des transformations dues aux luttes de d&#233;finition qui l'accompagnent.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Giorgios Kallis, &#171; The Degrowth Alternative &#187;, &lt;em&gt;Great Transition Initiative&lt;/em&gt;, f&#233;vrier 2015. &lt;a href=&#034;http://greattransition.org/publication/the-degrowth-alternative&#034;&gt;Disponible en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La litt&#233;rature grise est d&#233;finie comme tout document produit par les diff&#233;rents paliers gouvernementaux, les universit&#233;s, les entreprises et l'industrie, mais qui n'est pas contr&#244;l&#233; par l'&#233;dition commerciale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#171; Decoupling debunked &#187;, 8 juillet 2019. &lt;a href=&#034;http://eeb.org/decoupling-debunked1&#034;&gt;Disponible en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir la pr&#233;sentation de l'&#233;tude dans Nafeez Ahmed, &#171; La &#8243;croissance verte&#8243; est un mythe &#187;, &lt;em&gt;Vice&lt;/em&gt;, 27 juillet 2020. &lt;a href=&#034;http://www.vice.com/fr/article/qj4z9p/la-croissance-verte-est-un-mythe&#034;&gt;Disponible en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Giacomo D'Alisa, Federico Demaria et Giorgos Kallis, &lt;em&gt;D&#233;croissance. Vocabulaire pour une nouvelle &#232;re&lt;/em&gt;, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2015, 376 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Ambre Fourrier, &lt;em&gt;Le revenu de base en question. De l'imp&#244;t n&#233;gatif au revenu de transition&lt;/em&gt;, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2019, 152 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Yves-Marie Abraham, &lt;em&gt;Gu&#233;rir du mal de l'infini. Produire moins, partager plus, d&#233;cider ensemble&lt;/em&gt;, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2020, 280 p. Voir aussi la recension du livre dans &lt;em&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/em&gt;, no 85. &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Guerir-du-mal-de-l-infini-Produire-moins-partager-plus-decider-ensemble&#034;&gt;Disponible en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Jos&#233;e Proven&#231;al et J&#233;r&#233;my Bouchez font partie du groupe de recherche Pol&#233;mos sur la d&#233;croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Fr&#233;d&#233;ric Sasseville-Painchaud&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

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