<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.ababord.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
	<link>https://www.ababord.org/</link>
	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.ababord.org/spip.php?id_rubrique=213&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
		<url>https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L144xH53/siteon0-9c6c5.png?1729015892</url>
		<link>https://www.ababord.org/</link>
		<height>53</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Une d&#233;cennie de col&#232;re</title>
		<link>https://www.ababord.org/Une-decennie-de-colere</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Une-decennie-de-colere</guid>
		<dc:date>2021-03-28T14:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Le Collectif de la revue &#192; b&#226;bord !</dc:creator>


		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Le Collectif de la revue &#192; b&#226;bord !</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>Editoriaux</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Manchette</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous avons commenc&#233; la d&#233;cennie 2010 par de grandes mobilisations donnant l'impression de mettre &#224; mal les pouvoirs en place. Sans &#234;tre tout &#224; fait remplis d'espoir, il nous semblait possible de voir l'avenir des luttes sociales avec une note d'optimisme. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; la suite de la crise de 2008, il s'est d&#233;velopp&#233; une prise de conscience populaire concernant l'aberration d'un syst&#232;me &#233;conomique et politique qui accentue les in&#233;galit&#233;s et m&#233;prise les processus d&#233;mocratiques. Cela s'est traduit par (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-82-janvier-2020-" rel="directory"&gt;No 082 - janvier 2020&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Le-Collectif-de-la-revue-A-babord-+" rel="tag"&gt;Le Collectif de la revue &#192; b&#226;bord !&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Editoriaux-+" rel="tag"&gt;Editoriaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Manchette-+" rel="tag"&gt;Manchette&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2792.png?1642092233' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;550&#034; height=&#034;691&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous avons commenc&#233; la d&#233;cennie 2010 par de grandes mobilisations donnant l'impression de mettre &#224; mal les pouvoirs en place. Sans &#234;tre tout &#224; fait remplis d'espoir, il nous semblait possible de voir l'avenir des luttes sociales avec une note d'optimisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; &#192; la suite de la crise de 2008, il s'est d&#233;velopp&#233; une prise de conscience populaire concernant l'aberration d'un syst&#232;me &#233;conomique et politique qui accentue les in&#233;galit&#233;s et m&#233;prise les processus d&#233;mocratiques. Cela s'est traduit par divers soul&#232;vements populaires qui tentaient de combattre la mainmise n&#233;olib&#233;rale sur nos soci&#233;t&#233;s, qui bien s&#251;r se met en forme de multiples mani&#232;res selon les r&#233;gions du monde. L'occupation de places publiques marqua le d&#233;but de la d&#233;cennie, comme mani&#232;re de donner un ancrage physique &#233;l&#233;mentaire &#224; une d&#233;mocratie r&#233;elle. On l'a vu lors des printemps arabes, chez les &lt;em&gt;indignados&lt;/em&gt; du 15-M en Espagne et au Portugal, au sein du mouvement Occupy, et plus tard &#224; Nuit Debout en France. Au Qu&#233;bec, c'est une certaine gr&#232;ve &#233;tudiante, avec son d&#233;luge de manifestations et son subversif vacarme casserolesque, qui a v&#233;ritablement marqu&#233; notre entr&#233;e dans cette d&#233;cennie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ces soul&#232;vements populaires ont souvent r&#233;clam&#233; une autonomie &#224; l'&#233;gard des partis politiques, mais aussi des syndicats et des mouvements institutionnalis&#233;s. Ce rejet radical du monde politique &#233;tabli (&#171; &lt;em&gt;Ils ne nous repr&#233;sentent pas&lt;/em&gt; &#187;, disaient les &lt;em&gt;indignados&lt;/em&gt;) leur a valu un lot de critiques, d'autant plus que les avanc&#233;es concr&#232;tes furent souvent difficiles &#224; percevoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De fait, l'optimisme ne dura pas longtemps&#8230; On a cru un temps d&#233;passer le n&#233;olib&#233;ralisme alors qu'on assistait plut&#244;t &#224; sa mutation autoritaire, &#224; laquelle s'est ajout&#233;e la mont&#233;e d'un nationalisme chauvin, du racisme, de la haine et de l'extr&#234;me droite. Des chefs d'&#201;tat autocrates se maintiennent en Russie, Turquie, Indon&#233;sie, Hongrie et ailleurs. L'extr&#234;me droite parvient &#224; se faire &#233;lire dans des pays aussi puissants que les &#201;tats-Unis, le Japon, le Br&#233;sil. Au Qu&#233;bec, nous nous souviendrons longtemps de tristes et longues ann&#233;es d'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire et on peut parier que la CAQ n'op&#233;rera pas par elle-m&#234;me de virage majeur sur ce plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Alors que la d&#233;cennie tire &#224; sa fin, deux ph&#233;nom&#232;nes importants nous inspirent pour la suite des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D'abord, les derni&#232;res ann&#233;es ont vu la mont&#233;e de voix peu audibles jusque-l&#224; &#224; gauche. Les mouvements autochtones, dans la foul&#233;e d'Idle No More, ont forc&#233; une r&#233;flexion sur l'h&#233;ritage du colonialisme dans nos institutions et dans notre culture. Le mouvement antiraciste persiste et signe malgr&#233; la haine montante et interpelle vivement une gauche qui a trop longtemps n&#233;glig&#233; cette bataille. Des personnes se r&#233;clamant de la diversit&#233; sexuelle et de genre s'affirment et demandent respect. L'intersectionnalit&#233; est sortie des milieux universitaires et renouvelle notre approche des luttes sociales. Et bien s&#251;r le f&#233;minisme, plut&#244;t discret il y a 10 ans, exerce actuellement un leadership remarquable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ensuite, au moment o&#249; le d&#233;couragement pourrait saper le moral des militantes et militants les plus aguerris, voil&#224; que dans de nombreux pays, sur tous les continents et sans concertation, les peuples se r&#233;voltent. Ils le font pour r&#233;clamer leur autonomie, pour que leurs gouvernements mettent en place des mesures r&#233;pondant &#224; l'urgence climatique, pour plus de justice sociale. &#192; Hong Kong, en Catalogne, en France, en Irak, en Alg&#233;rie, au Soudan, au Liban, au Chili, en &#201;quateur, les gens n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; prendre la rue malgr&#233; la dure r&#233;pression qui les attendait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dr&#244;le de d&#233;cennie que celle qui vient de s'&#233;couler, basculant de la r&#233;volte &#224; la r&#233;gression, &#224; la r&#233;volte encore. Apr&#232;s avoir connu d'importants reculs sur le plan social et politique, apr&#232;s avoir vu se r&#233;animer les vieilles flammes du ressentiment et de la haine, voil&#224; que s'annonce un grand r&#233;veil. L'&#233;lite &#233;conomique et le syst&#232;me qu'elle maintient, grands responsables des in&#233;galit&#233;s sociales et des d&#233;r&#232;glements climatiques, sont &#224; nouveau sur la sellette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Chez nous, l'arrogance des oligarques qui, au nom du d&#233;veloppement &#233;conomique, appuient les projets d'expansion p&#233;troli&#232;re et gazi&#232;re ne passera pas comme une lettre &#224; la poste. Nous avons vu le 27 septembre &#224; quel point la r&#233;sistance couvait. Qu'ils soient caquiste ou lib&#233;ral, nos gouvernements devront r&#233;pondre de leurs choix capitalistes destructeurs. La rue les attend au d&#233;tour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : S&#233;bastien Marchal&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sommaire du num&#233;ro 82</title>
		<link>https://www.ababord.org/Sommaire-du-numero-82</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Sommaire-du-numero-82</guid>
		<dc:date>2021-03-28T11:44:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Manchette</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Regards f&#233;ministes &lt;br class='autobr' /&gt; Les chiens / Martine Delvaux &lt;br class='autobr' /&gt; &#201;lections f&#233;d&#233;rales &lt;br class='autobr' /&gt; Une campagne postf&#233;ministe ? / Diane Lamoureux &lt;br class='autobr' /&gt; Syndicalisme &lt;br class='autobr' /&gt; Premi&#232;res n&#233;gociations sous un gouvernement caquiste / Philippe Boudreau &lt;br class='autobr' /&gt; Environnement &lt;br class='autobr' /&gt; Retomber en amour avec la gr&#232;ve / La Plan&#232;te s'invite au Parlement &lt;br class='autobr' /&gt; Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean. Les freins d'une r&#233;sistance / Isabel Brochu &lt;br class='autobr' /&gt; Chronique &#201;ducation &lt;br class='autobr' /&gt; Montrer l'exemple ou &#233;veiller les esprits ? / Entretien avec Chantal Poulin et Yann (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-82-janvier-2020-" rel="directory"&gt;No 082 - janvier 2020&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Manchette-+" rel="tag"&gt;Manchette&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2793.jpg?1642092234' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1350&#034; height=&#034;1688&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; &lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Regards f&#233;ministes&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les chiens / Martine Delvaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;lections f&#233;d&#233;rales&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une campagne postf&#233;ministe ? / Diane Lamoureux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Syndicalisme&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Premi&#232;res n&#233;gociations sous un gouvernement caquiste / Philippe Boudreau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;Environnement&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Retomber en amour avec la gr&#232;ve / La Plan&#232;te s'invite au Parlement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean. Les freins d'une r&#233;sistance / Isabel Brochu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Chronique &#201;ducation&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Montrer l'exemple ou &#233;veiller les esprits ? / Entretien avec Chantal Poulin et Yann Robitaille. Propos recueillis par Wilfried Cordeau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;&lt;strong&gt;M&#233;moire des luttes&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'aide sociale et la pauvret&#233; / Fran&#231;oise David et Fran&#231;ois Saillant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La voix d'un journal r&#233;gional / Mariane M&#233;nard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dossier : Le populisme de gauche, &#224; tort ou &#224; raison ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Dossier coordonn&#233; par Anne-Marie Le Saux, Ricardo Pe&#241;afiel&lt;br /&gt; et Claude Vaillancourt&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Illustrations par S&#233;bastien Marchal&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le cri du peuple / Benoit Coutu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Maladie ou salut de la d&#233;mocratie ? Fausse question, mauvaises r&#233;ponses / Federico Tarragoni&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le peuple de Chartrand / Marc-Andr&#233; Cyr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Entretien avec Catherine Dorion. Comment dire les choses autrement en politique ? / Propos recueillis par Claude Vaillancourt&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le pr&#234;t-&#224;-penser n'est pas de gauche / Dominique Payette&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Bernie Sanders, populiste de gauche ? / &#201;lisabeth Vallet et Fr&#233;d&#233;rique Verreault&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'&#232;re Morales et les d&#233;fis de la stabilit&#233; politique en Bolivie / Roxana Paniagua Humeres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Difficile populisme de gauche / Jean-Pierre Couture&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce que n'est pas le populisme de gauche / Ludvic Moquin-Beaudry&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;&lt;strong&gt;International&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Catalogne : La rue prend l'initiative / Alain Ambrosi et Nancy Thede&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Danemark : Vivre en commun / Philippe de Grosbois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Chili : R&#233;bellions populaires contre le n&#233;olib&#233;ralisme / Pierre Mouterde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Bangladesh : La mis&#232;re des travailleuses du textile / Am&#233;lie Nguyen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;Figures marquantes&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Toni Morrison, terrible vivante / Ariane Gibeau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Culture&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Haro sur les plagiaires / Claude Vaillancourt&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La disparition : deux variations sur un th&#232;me / Jacques Pelletier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Recensions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; tout prendre ! / Ramon Vitesse&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : S&#233;bastien Marchal&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;lections f&#233;d&#233;rales 2019 : une campagne postf&#233;ministe ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Elections-federales-2019-une-campagne-postfeministe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Elections-federales-2019-une-campagne-postfeministe</guid>
		<dc:date>2021-03-27T19:08:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Diane Lamoureux</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Lamoureux, Diane</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La derni&#232;re campagne &#233;lectorale f&#233;d&#233;rale a fait l'impasse sur les enjeux f&#233;ministes. Les principaux partis politiques ont multipli&#233; les micropolitiques ciblant des groupes pr&#233;cis dans des circonscriptions pr&#233;sum&#233;es gagnables plut&#244;t que de nous pr&#233;senter un projet de soci&#233;t&#233;. En ce qui concerne les femmes et le f&#233;minisme, le silence a &#233;t&#233; assourdissant et ces enjeux n'ont m&#234;me pas figur&#233; au menu des d&#233;bats des chefs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Fait nouveau, pour la premi&#232;re fois depuis que les femmes ont obtenu le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-82-janvier-2020-" rel="directory"&gt;No 082 - janvier 2020&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-canadienne-+" rel="tag"&gt;Politique canadienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Lamoureux-Diane-+" rel="tag"&gt;Lamoureux, Diane&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3108.png?1642092258' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;833&#034; height=&#034;1190&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La derni&#232;re campagne &#233;lectorale f&#233;d&#233;rale a fait l'impasse sur les enjeux f&#233;ministes. Les principaux partis politiques ont multipli&#233; les micropolitiques ciblant des groupes pr&#233;cis dans des circonscriptions pr&#233;sum&#233;es gagnables plut&#244;t que de nous pr&#233;senter un projet de soci&#233;t&#233;. En ce qui concerne les femmes et le f&#233;minisme, le silence a &#233;t&#233; assourdissant et ces enjeux n'ont m&#234;me pas figur&#233; au menu des d&#233;bats des chefs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fait nouveau, pour la premi&#232;re fois depuis que les femmes ont obtenu le droit de vote et d'&#233;ligibilit&#233;, la plupart des partis qui ont communiqu&#233; des statistiques de candidatures en fonction de leur sexe (le Parti populaire ne l'a pas fait) se situaient dans la zone de parit&#233; avec au moins 40 % de femmes candidates. La palme revient au Nouveau Parti d&#233;mocratique (NPD) qui a pr&#233;sent&#233; 49,1 % de femmes, suivis du Parti vert &#224; 46,2 % et du Bloc qu&#233;b&#233;cois &#224; 44,9 %. Le Parti lib&#233;ral du Canada (PLC) fr&#244;le la zone paritaire &#224; 39,4 % tandis que, malgr&#233; une forte progression depuis la derni&#232;re &#233;lection, le Parti conservateur du Canada (PCC) tire de l'arri&#232;re avec 31,1 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si un plus grand nombre de candidatures rend possible un plus grand nombre d'&#233;lues, la chose n'est cependant pas automatique, d'autant plus qu'un faible pourcentage de femmes sont candidates dans des circonscriptions consid&#233;r&#233;es comme s&#251;res par leur parti. Dans le Parlement sortant, les femmes repr&#233;sentaient 26 % des parlementaires, ce qui pla&#231;ait le Canada au 61e rang de la compilation de l'Union interparlementaire &#224; cet &#233;gard. Pas de quoi pavoiser ! &#192; titre de comparaison, mentionnons que les femmes repr&#233;sentent 43,2 % des membres de l'Assembl&#233;e nationale du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle l&#233;gislature ne comptera que 29 % de femmes. Une si faible progression s'explique par le fait que les conservateurs (doit-on s'en surprendre ?) n'ont que 20 &#233;lues alors que le PLC fait un peu mieux, tout en se situant hors de la zone paritaire, avec 51 d&#233;put&#233;es, ce qui ne devrait pas emp&#234;cher la formation d'un conseil des ministres paritaire. La palme en la mati&#232;re revient aux verts, mais il est vrai qu'avec une d&#233;putation constitu&#233;e de trois personnes, les pourcentages sont trompeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, m&#234;me si le premier ministre sortant se proclame f&#233;ministe, une plus grande pr&#233;sence des femmes chez les candidates n'implique pas n&#233;cessairement une plus grande importance accord&#233;e aux pr&#233;occupations f&#233;ministes dans la campagne &#233;lectorale. Une coalition de groupes de femmes demandait &#224; ce que la th&#233;matique soit abord&#233;e au d&#233;bat des chefs, en vain. Le World Young Women's Christian Association (YWCA) rappelait &#224; cet &#233;gard que la derni&#232;re fois o&#249; la question des femmes a figur&#233; &#224; l'ordre du jour du d&#233;bat des chefs, c'est en 1984. Bilan : il faut plut&#244;t parler de non-d&#233;bat. Pourtant, ce ne sont pas les enjeux qui manquent.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'avortement, une fois de plus&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Trente ans apr&#232;s la d&#233;cision de la Cour supr&#234;me dans l'affaire Daigle ent&#233;rinant le fait que c'est aux femmes et &#224; elles seules de d&#233;cider d'avoir recours ou non &#224; l'avortement, la question a refait surface un peu avant la campagne &#233;lectorale et durant celle-ci, mais plut&#244;t sur le mode d'un &#233;l&#233;ment non contr&#244;l&#233; perturbant les plans de match des partis. Ce qui a domin&#233; dans les m&#233;dias, ce sont les positions anti-choix de plusieurs candidates et candidats conservateurs, y compris le chef du parti qui a patin&#233; en affirmant qu'il ne pr&#233;senterait aucun projet de loi pour limiter la libert&#233; d'avortement, mais qu'il ne pouvait imposer cette discipline &#224; ses d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s. Ce qui laisse pr&#233;sager que, en cas de victoire conservatrice, nous aurions pu revenir aux ann&#233;es Harper pendant lesquelles le gouvernement n'a pr&#233;sent&#233; aucun projet de loi, mais plusieurs d&#233;put&#233;s l'ont fait, obligeant ainsi les f&#233;ministes &#224; se remobiliser p&#233;riodiquement pour maintenir cette avanc&#233;e majeure dans les droits des femmes. Et pendant que nous cherchons &#224; pr&#233;server les acquis, il est difficile de se mobiliser pour &#233;largir nos droits.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant la campagne &#233;lectorale, la fermeture de la seule clinique priv&#233;e offrant des services d'avortement au Nouveau-Brunswick a &#233;t&#233; annonc&#233;e. Silence radio des chefs et des partis politiques sur cet enjeu, sauf une br&#232;ve allusion de Trudeau, une semaine plus tard, o&#249; il affirmait que cela pourrait avoir des effets n&#233;gatifs sur les transferts f&#233;d&#233;raux en mati&#232;re de sant&#233; &#224; cette province. Seul le Parti vert propose d'&#233;largir l'acc&#232;s &#224; l'avortement. Pourtant, il ne s'agit pas l&#224; d'un simple enjeu d'organisation des services de sant&#233; dans cette province. Cela pose &#233;galement la question des droits des femmes et de la loi canadienne sur la sant&#233;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Silence sur les femmes autochtones&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En juin dernier, la Commission d'enqu&#234;te sur les femmes autochtones disparues ou assassin&#233;es d&#233;posait son rapport. Dans les jours qui ont suivi, l'essentiel du d&#233;bat a port&#233; sur l'utilisation du terme &#171; g&#233;nocide &#187;. Depuis, plus rien. Durant la campagne, le commissaire Viens d&#233;posait son rapport &#224; la suite de la d&#233;nonciation par des femmes autochtones de comportements sexistes et racistes d'agents de la S&#251;ret&#233; du Qu&#233;bec de Val-d'Or. Pourtant, la question des conditions de vie et des risques de mort des femmes autochtones n'a pas donn&#233; lieu &#224; des d&#233;bats au cours de la campagne &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce rapport va-t-il rejoindre d'autres rapports sur les Autochtones qui prennent la poussi&#232;re sur une tablette gouvernementale ? La nature coloniale du syst&#232;me politique canadien ne semble &#234;tre remise en cause par aucun des partis f&#233;d&#233;raux, et des programmes &#233;ducatifs et sociaux ad&#233;quats se font toujours attendre, de m&#234;me que des logements d&#233;cents dans les r&#233;serves et hors de celles-ci, ce qui rel&#232;ve pourtant des responsabilit&#233;s du gouvernement f&#233;d&#233;ral &#224; l'&#233;gard des Autochtones. Reste &#224; esp&#233;rer que la r&#233;&#233;lection de Jody Wilson-Raybould comme candidate ind&#233;pendante permettra de rappeler l'importance de cet enjeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette enqu&#234;te a &#233;galement soulev&#233; des probl&#232;mes importants concernant les dysfonctionnements du syst&#232;me de justice et de ses difficult&#233;s &#224; r&#233;pondre ad&#233;quatement aux besoins et aux attentes des femmes en mati&#232;re de violence conjugale et de harc&#232;lement ou autres agressions sexistes, en mettant en lumi&#232;re que pour les femmes autochtones, des enjeux racistes et colonialistes se greffent au sexisme. Deux ans apr&#232;s le d&#233;but du mouvement #MoiAussi, il semble que les politiciennes et politiciens f&#233;d&#233;raux font encore la sourde oreille.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Femmes et classe moyenne&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La classe moyenne a &#233;t&#233; le public cible de la plupart des annonces &#233;lectorales et de la cour men&#233; par les divers partis politiques. Si cette classe moyenne a &#233;t&#233; quelque peu &#171; color&#233;e &#187; dans les publicit&#233;s &#233;lectorales, par souci de diversit&#233;, que penser du caract&#232;re f&#233;ministe de l'insistance sur les familles dans cette campagne &#233;lectorale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on ne sait pas trop ce qu'est la classe moyenne et que celle-ci regroupe des personnes dont le niveau de vie n'est pas vraiment comparable (la fourchette se situe entre 29 000 $ et 79 000 $ pour une personne seule et entre 80 000 $ et 160 000 $ pour un couple avec deux enfants), on sait par contre qui ne se qualifie pas pour en faire partie, c'est-&#224;-dire les personnes qui disposent d'un revenu inf&#233;rieur au minimum de la fourchette : les femmes &#226;g&#233;es qui vivent seules, une grande partie des familles matriparentales, beaucoup de lesbiennes vivant seules ou en couple, les femmes qui occupent un emploi pr&#233;caire ou &#224; temps partiel ou encore celles qui sont pay&#233;es au salaire minimum, les &#233;tudiant&#183;e&#183;s qui s'endettent ou doivent composer avec de lourdes dettes d'&#233;tudes. Une coalition a &#233;galement mis en lumi&#232;re les discriminations sexistes quant &#224; l'acc&#232;s &#224; l'assurance-emploi au Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifestement la lutte &#224; la pauvret&#233; ne semble plus faire partie du programme des deux principaux partis politiques f&#233;d&#233;raux, sauf par le biais de l'allocation pour les enfants en ce qui concerne le PLC. Seuls le NPD et le Parti vert proposaient de revoir et d'&#233;largir notre filet de s&#233;curit&#233; sociale. Les autres partis pr&#233;f&#232;rent s'en remettre &#224; des cr&#233;dits d'imp&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, m&#234;me si les mod&#232;les familiaux se sont diversifi&#233;s au cours des ans, parler des familles au lieu de parler des femmes, c'est aussi faire l'impasse sur les rapports de pouvoir et sur les violences qui sont encore pr&#233;sentes dans trop de familles, de m&#234;me que sur les hi&#233;rarchies sexuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette campagne laisse donc une impression de &#171; postf&#233;minisme &#187;. Pas que nous vivions dans une situation de parfaite &#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes au Canada, ce qui rendrait le f&#233;minisme moins utile, mais parce que le sujet semble pass&#233; de mode et peu payant &#233;lectoralement. Progr&#232;s ou r&#233;gression ?&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Diane Lamoureux est professeure associ&#233;e au D&#233;partement de science politique de l'Universit&#233; Laval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Coastal Elite (CC BY-SA 2.0).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Secteur public : premi&#232;res n&#233;gociations sous un gouvernement caquiste</title>
		<link>https://www.ababord.org/Secteur-public-premieres-negociations-sous-un-gouvernement-caquiste</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Secteur-public-premieres-negociations-sous-un-gouvernement-caquiste</guid>
		<dc:date>2021-03-27T19:02:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Boudreau</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Boudreau, Philippe </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En publiant sa mise &#224; jour &#233;conomique en novembre dernier, le gouvernement de Fran&#231;ois Legault a d&#233;fini le terrain sur lequel il veut que se tiennent les n&#233;gociations du secteur public. Avec ce d&#233;cor qui se pr&#233;cise, comment analyser la posture dans laquelle se trouvent les organisations syndicales &#224; la ligne de d&#233;part ? Les sombres ann&#233;es d'aust&#233;rit&#233; lib&#233;rale sont-elles termin&#233;es ? Le camp syndical pourra-t-il enfin sortir vainqueur d'un bras de fer avec l'&#201;tat ? &lt;br class='autobr' /&gt; Pour saisir ce qui se (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-82-janvier-2020-" rel="directory"&gt;No 082 - janvier 2020&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Boudreau-Philippe-+" rel="tag"&gt;Boudreau, Philippe &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3107.png?1642092258' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;782&#034; height=&#034;652&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En publiant sa mise &#224; jour &#233;conomique en novembre dernier, le gouvernement de Fran&#231;ois Legault a d&#233;fini le terrain sur lequel il veut que se tiennent les n&#233;gociations du secteur public. Avec ce d&#233;cor qui se pr&#233;cise, comment analyser la posture dans laquelle se trouvent les organisations syndicales &#224; la ligne de d&#233;part ? Les sombres ann&#233;es d'aust&#233;rit&#233; lib&#233;rale sont-elles termin&#233;es ? Le camp syndical pourra-t-il enfin sortir vainqueur d'un bras de fer avec l'&#201;tat ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Pour saisir ce qui se dessine dans le secteur public, il faut avoir un portrait clair des orientations budg&#233;taires caquistes en vigueur depuis maintenant 14 mois. S'il y a une chose qu'on peut retenir de la Coalition avenir Qu&#233;bec (CAQ), c'est qu'elle inscrit son &#339;uvre dans le prolongement d'une gestion n&#233;olib&#233;rale de l'&#201;tat, moyennant quelques adaptations sp&#233;cifiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Le paradigme conservateur&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Le 7 novembre, le bouquet de mesures d&#233;voil&#233;es par le ministre des Finances &#201;ric Girard &#171; &lt;em&gt;pour remettre de l'argent dans les poches des contribuables&lt;/em&gt; &#187; agit comme un &#233;cran de fum&#233;e, en dissimulant la poursuite de la rigueur budg&#233;taire. Derri&#232;re le vocable de &#171; &lt;em&gt;gestion responsable&lt;/em&gt; &#187; des finances publiques, le gouvernement caquiste donne priorit&#233; au remboursement de la dette, puis relance quelques dogmes du credo n&#233;olib&#233;ral d&#233;sormais familier : contr&#244;le serr&#233; des d&#233;penses, &#233;quilibre budg&#233;taire, investissements significatifs dans le Fonds des g&#233;n&#233;rations et r&#233;duction de taxes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D'abord, notons cet empressement &#224; rembourser la dette. Le gouvernement d&#233;clare fi&#232;rement avoir atteint &#171; &lt;em&gt;six ans plus t&#244;t que pr&#233;vu&lt;/em&gt; &#187; sa cible consistant &#224; ramener sous la barre des 45 % le ratio dette/PIB. Non contente de cela, la CAQ annonce du m&#234;me souffle que la nouvelle cible &#224; atteindre d&#233;sormais consiste &#224; ramener ce ratio &#224; 41 % d'ici 2025. Une pareille urgence &#224; s'attaquer &#224; la dette est in&#233;dite et n'a jamais &#233;t&#233; soumise au d&#233;bat public durant la campagne &#233;lectorale de 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Des ressources colossales sont ainsi affect&#233;es en priorit&#233; &#224; rembourser les cr&#233;anciers de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois, et ce, de deux fa&#231;ons. D'abord par remboursement direct de la dette (10 milliards au cours de la derni&#232;re ann&#233;e), ensuite via le Fonds des g&#233;n&#233;rations. Il s'agit d'un fonds sp&#233;culatif et opaque cens&#233; g&#233;n&#233;rer des int&#233;r&#234;ts &#233;lev&#233;s. Ici, c'est la bagatelle de 21,3 milliards de dollars qui est canalis&#233;e vers ce Fonds durant les 7 ann&#233;es budg&#233;taires allant de 2017-2018 &#224; 2023-2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En affectant &#224; un rythme aussi soutenu des ressources &#224; la dette, les caquistes prolongent &#224; leur mani&#232;re le cycle aust&#233;ritaire. Ainsi, le s&#233;v&#232;re r&#233;gime minceur impos&#233; par le PLQ depuis 2014 est globalement maintenu ; la CAQ n'entend pas r&#233;parer le filet de s&#233;curit&#233; sociale lourdement amoch&#233; par les lib&#233;raux. Tout au plus, elle accepte de consacrer des centaines de millions de dollars &#224; des initiatives tr&#232;s cibl&#233;es, comme les maternelles 4 ans, les maisons des a&#238;n&#233;&#183;e&#183;s et le tarif per&#231;u pour les enfants en CPE. Les ravages de l'aust&#233;rit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'&#233;tude de l'IRIS, D&#233;tournement d'&#201;tat. Bilan de 15 ans de gouvernement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ne disparaissent pas pour autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pire, l'approche budg&#233;taire conservatrice est maintenue dans son ensemble, car le gouvernement fait tout en son pouvoir pour sugg&#233;rer qu'il n'a &#224; peu pr&#232;s pas de marge de man&#339;uvre. Il est hors de question de restaurer les missions de l'&#201;tat mises &#224; mal durant l'&#232;re Leit&#227;o-Coiteux-Couillard. La priorit&#233; absolue donn&#233;e au remboursement de la dette devient le moyen par excellence de juguler les d&#233;penses. De la sorte, la boucle aust&#233;ritaire conna&#238;t un nouveau souffle et qui sait si, juste avant les &#233;lections de 2022, la CAQ ne mettra pas en sourdine momentan&#233;ment son obsession pour la dette afin d'octroyer des baisses d'imp&#244;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Notons aussi cet ent&#234;tement &#224; ne pas partager les fruits de la croissance avec les salari&#233;&#183;e&#183;s. Les t&#233;nors de la CAQ le r&#233;p&#232;tent &#224; sati&#233;t&#233; : au Qu&#233;bec, la croissance &#233;conomique des derni&#232;res ann&#233;es est remarquable. Le PIB a beau avoir connu une croissance robuste en 2017, 2018 et 2019, il est hors de question pour le gouvernement de revoir la r&#233;mun&#233;ration ayant &#233;t&#233; accord&#233;e aux salari&#233;&#183;e&#183;s de l'&#201;tat durant cette p&#233;riode. On leur promet plut&#244;t le taux d'inflation pour les ann&#233;es &#224; venir, donc &#224; partir de 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans ses documents budg&#233;taires, le gouvernement caquiste adore comparer le Qu&#233;bec au Canada : croissance &#233;conomique, cr&#233;ation d'emplois, productivit&#233;, endettement de l'&#201;tat, etc. Or, il refuse obstin&#233;ment de se livrer &#224; une telle comparaison s'agissant d'&#233;valuer la r&#233;mun&#233;ration des salari&#233;&#183;e&#183;s du secteur public. Quand la comparaison avec le Canada sert une vision n&#233;olib&#233;rale de l'&#233;conomie et des finances publiques, la CAQ veut bien la faire. Si elle montre &#233;ventuellement l'appauvrissement de la fonction publique qu&#233;b&#233;coise, il vaut mieux ne pas la mettre en &#233;vidence.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; En face, la partie syndicale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Comment se pr&#233;sentent les troupes syndicales dans ce contexte bien particulier ? Constatons d'abord l'&#233;clatement du mouvement syndical du secteur public, qui s'exprime de deux fa&#231;ons : l'absence de front commun et le morcellement des forces en une kyrielle d'organisations. Celles-ci se d&#233;finissent de plus en plus en fonction de corps d'emplois pr&#233;cis, ayant chacun des int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques. Les nombreuses p&#233;riodes de maraudage ont contribu&#233; &#224; sculpter des organisations qui se m&#233;fient les unes des autres, qui sont tr&#232;s jalouses de leur autonomie et tr&#232;s &#233;prises de leur culture institutionnelle propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le repli sur les demandes sp&#233;cifiques de chaque groupe, demandes qui sont certes l&#233;gitimes, nuit &#224; une compr&#233;hension globale des int&#233;r&#234;ts des services publics, tant du point de vue de ses usagers et usag&#232;res que de celui de ses salari&#233;&#183;e&#183;s. Les syndicats pr&#233;f&#232;rent centrer leur message sur les conditions de travail bien pr&#233;cises de leurs membres, plut&#244;t que de mettre de l'avant une conception large de l'&#201;tat-Providence, ce qui impliquerait une r&#233;flexion &#8211; et un d&#233;bat de soci&#233;t&#233; &#8211; sur la dette, la fiscalit&#233;, le bien commun et le partage des richesses collectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En somme, la partie syndicale n'a pas &#233;labor&#233; un discours contre-offensif &#224; m&#234;me de saper les fondements de la rigueur budg&#233;taire caquiste, puis &#233;ventuellement de d&#233;foncer le cadre financier impos&#233; par le Conseil du Tr&#233;sor. En outre, il n'est surtout pas question de restaurer le niveau de services qui pr&#233;valait avant l'instauration des mesures draconiennes de l'aust&#233;rit&#233; lib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il est &#233;tonnant que la partie syndicale ne pr&#233;pare pas ce type de contre-offensive quand on conna&#238;t l'ampleur des augmentations salariales formul&#233;es (ex. : les enseignant&#183;e&#183;s de la CSQ r&#233;clament 8 % d&#232;s le 1er avril 2020, en sus des augmentations qui seront accord&#233;es &#224; l'ensemble du secteur public). Les moyens de pression d&#233;ploy&#233;s seront-ils proportionnels &#224; l'app&#233;tit affich&#233; par les organisations ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il y a un risque &#224; reprendre de z&#233;ro le dialogue avec l'&#201;tat-patron en tournant la page de la m&#233;decine de cheval lib&#233;rale, sans exiger que soient r&#233;par&#233;s les pots cass&#233;s. Dans les rangs syndicaux, nombreuses sont les personnes qui croient qu'avec la CAQ, la relation avec l'&#201;tat-patron sera fondamentalement diff&#233;rente, que les ann&#233;es difficiles sont maintenant derri&#232;re nous, voire que la CAQ entend corriger les injustices faites historiquement aux salari&#233;&#183;e&#183;s. La magie nationaliste op&#232;re toujours et l'aura dont est nimb&#233;e la CAQ dans l'opinion publique semble tenir lieu d'horizon ind&#233;fectible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On se retrouve devant cette situation paradoxale o&#249;, &#224; toutes fins utiles, les grands param&#232;tres budg&#233;taires d&#233;finis par la CAQ sont donn&#233;s pour de bon. Un peu comme si, du point de vue des syndicats, il &#233;tait futile de vouloir s'attaquer &#224; ces param&#232;tres en vue de les red&#233;finir. Encore une fois, la bataille du secteur public ne servira pas &#224; briser le cycle de l'aust&#233;rit&#233;. On visera plut&#244;t le renouvellement mutuellement agr&#233;&#233; des conventions collectives (incluant ajustement des salaires au taux d'inflation), avec &#224; la cl&#233; quelques avantages bien circonscrits pour des groupes pr&#233;cis, comme les pr&#233;pos&#233;&#183;e&#183;s aux b&#233;n&#233;ficiaires ou les profs en tout d&#233;but de carri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; l'image du Qu&#233;bec dans la f&#233;d&#233;ration canadienne, les syndicats semblent avoir opt&#233; pour la logique de la survivance du minoritaire. Les chancelleries syndicales s'appr&#234;tent &#224; reproduire le rituel de la n&#233;gociation, sans &#233;branler le gouvernement ou la paix sociale, ce qui leur permettra &#224; la fois de pr&#233;server les appareils syndicaux et de donner aux membres l'impression que le syndicalisme parvient &#224; remplir sa mission, ne serait-ce que marginalement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'&#233;tude de l'IRIS, &lt;em&gt;D&#233;tournement d'&#201;tat. Bilan de 15 ans de gouvernement lib&#233;ral&lt;/em&gt;, Montr&#233;al, Lux, 2018, p. 49-89.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : Modification de la vignette &#171; Le cycle de l'aust&#233;rit&#233; &#187; produit par l'Institut de recherche et d'informations socio&#233;conomiques (IRIS). Sch&#233;ma original : &lt;a href=&#034;https://cdn.iris-recherche.qc.ca/uploads/pop/image/69/VignetteCycle.png&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://cdn.iris-recherche.qc.ca/uploads/pop/image/69/VignetteCycle.png&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mobilisation climatique. Retomber en amour avec la gr&#232;ve</title>
		<link>https://www.ababord.org/Mobilisation-climatique-Retomber-en-amour-avec-la-greve</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Mobilisation-climatique-Retomber-en-amour-avec-la-greve</guid>
		<dc:date>2021-03-27T18:57:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif La Plan&#232;te s'invite au Parlement</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>Collectif La Plan&#232;te s'invite au Parlement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 27 septembre dernier, le Qu&#233;bec a &#233;t&#233; secou&#233; par sa premi&#232;re gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour d&#233;noncer l'inaction gouvernementale face aux changements climatiques. L'appel &#224; l'interruption des activit&#233;s quotidiennes a &#233;t&#233; entendu par des centaines de milliers de Qu&#233;b&#233;cois&#183;es. Pr&#232;s d'un demi-million de personnes ont d&#233;fil&#233; dans les rues de Montr&#233;al dans le cadre de la plus grande manifestation de cette journ&#233;e mondiale pour le climat. &lt;br class='autobr' /&gt; &#201;videmment, le contexte international, l'appui populaire &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-82-janvier-2020-" rel="directory"&gt;No 082 - janvier 2020&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Collectif-La-Planete-s-invite-au-Parlement-+" rel="tag"&gt;Collectif La Plan&#232;te s'invite au Parlement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3106.jpg?1642092258' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1342&#034; height=&#034;928&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 27 septembre dernier, le Qu&#233;bec a &#233;t&#233; secou&#233; par sa premi&#232;re gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour d&#233;noncer l'inaction gouvernementale face aux changements climatiques. L'appel &#224; l'interruption des activit&#233;s quotidiennes a &#233;t&#233; entendu par des centaines de milliers de Qu&#233;b&#233;cois&#183;es. Pr&#232;s d'un demi-million de personnes ont d&#233;fil&#233; dans les rues de Montr&#233;al dans le cadre de la plus grande manifestation de cette journ&#233;e mondiale pour le climat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; &#201;videmment, le contexte international, l'appui populaire &#224; la cause climatique et la pr&#233;sence de Greta Thunberg &#224; Montr&#233;al ont permis de donner une forte r&#233;sonance &#224; la mobilisation du 27 septembre. Mais tout cela ne suffit pas &#224; expliquer pourquoi cette manifestation a &#233;t&#233; la plus grande de l'histoire du Qu&#233;bec. Un important travail de coalition de la quasi-totalit&#233; des grandes institutions de gauche de la province ainsi qu'un appel &#224; une gr&#232;ve sociale pour le climat semblent avoir permis &#224; cette manifestation d'atteindre l'ampleur qu'elle a eue.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Un moyen qui n'a pas pris une ride&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Le 27 septembre dernier, c'est plus de 550 000 personnes qui ont &#233;t&#233; touch&#233;es par les gr&#232;ves climatiques au Qu&#233;bec. Cette gr&#232;ve sociale a pris la forme de gr&#232;ves syndicales, &#233;tudiantes et communautaires, ainsi que de nombreuses fermetures de commerces et annulations de cours &#224; tous les cycles d'&#233;tudes. En plus d'avoir directement lib&#233;r&#233; les &#233;tudiant&#183;e&#183;s et employ&#233;&#183;e&#183;s syndiqu&#233;&#183;e&#183;s qui ont vot&#233; pour la gr&#232;ve, le mouvement a exerc&#233; une pression plus large sur d'autres &#233;tablissements (&#233;coles, c&#233;geps, universit&#233;s, organismes communautaires et commerces). En effet, dans un geste sans pr&#233;c&#233;dent, la CSDM, plus des deux tiers des c&#233;geps et la majorit&#233; des universit&#233;s ont d&#233;cid&#233; de suspendre leurs cours en r&#233;ponse &#224; des pressions de leur communaut&#233; dans le but de faciliter la participation des membres de leur communaut&#233; aux manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Apr&#232;s l'adoption de mandats de gr&#232;ve par certains syndicats et la reprise de nos revendications par plusieurs autres, des directions de c&#233;gep ont par la suite d&#233;cid&#233; de lever les cours. S'il est possible que certaines directions aient r&#233;ellement jug&#233; important de participer &#224; cette journ&#233;e, quelques-unes d'entre elles pressentaient s&#251;rement l'&#233;largissement du mouvement de gr&#232;ve et ont cherch&#233; &#224; minimiser l'impact logistique de cette journ&#233;e en levant les cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Autrement dit, c'est en &lt;em&gt;r&#233;action&lt;/em&gt; &#224; la gr&#232;ve &#8211; et dans certains cas &#224; son &#233;ventualit&#233; &#8211; que le 27 septembre s'est impos&#233; comme une &#171; journ&#233;e pour l'environnement &#187; et que des employeurs et des directions d'&#233;cole ont suspendu leurs activit&#233;s quotidiennes, lib&#233;rant ainsi autant de personnes pour aller manifester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si ces r&#233;ponses institutionnelles ont contribu&#233; positivement &#224; la mobilisation massive, la cr&#233;ation d'un mouvement combatif et autonome ne peut pas d&#233;pendre de ces appuis. Devant l'ampleur des d&#233;fis sociaux et climatiques auxquels nous faisons face, nous ne pourrons pas toujours compter sur l'approbation de notre patron pour revendiquer des solutions &#224; la hauteur de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Gr&#232;ve climatique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; La r&#233;ussite du 27 septembre a rappel&#233; avec succ&#232;s le pouvoir de mobilisation d'une gr&#232;ve sociale. &#201;tant donn&#233; que l'adversaire politique dans le cadre d'une gr&#232;ve climatique n'est pas directement l'employeur, les relations avec celui-ci dans la lutte contre les changements climatiques ont &#233;t&#233; in&#233;dites et pour le moins ambigu&#235;s. Les directions de c&#233;gep, par exemple, peuvent-elles &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des alli&#233;es temporaires dans cette lutte ? Comment repenser la relation entre salari&#233;s et employeurs dans ce contexte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Consid&#233;rant le fort appui populaire que la cause re&#231;oit dans l'espace public, on peut s'attendre &#224; ce que l'employeur cherche &#224; s'arroger une forme de capital de sympathie environnemental et &#224; dissimuler l'opposition traditionnelle entre patrons et salari&#233;s. Il n'est pas &#233;tonnant d'ailleurs que les personnes en situation de pouvoir cherchent &#224; nier l'existence de ces m&#234;mes rapports de pouvoir qui les avantagent. Ce n'est pas tous les jours qu'un premier ministre participe &#224; une manifestation contre l'inaction de&#8230; son propre gouvernement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans la &#171; gestion &#187; du 27 septembre, les employeurs se sont cependant montr&#233;s relativement conciliants. Ils ont reconnu la gr&#232;ve de leur syndicat m&#234;me si celle-ci n'&#233;tait pas pr&#233;vue dans le Code du travail, ont collabor&#233; dans certains cas &#224; la planification d'activit&#233;s locales qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; la manifestation, et aucune sanction n'a encore &#233;t&#233; concr&#233;tis&#233;e &#224; l'&#233;gard des syndicats qui ont vot&#233; pour la gr&#232;ve. D'ailleurs, il importe de noter que m&#234;me si la gr&#232;ve du 27 septembre ne s'inscrivait pas dans le Code du travail, elle n'a donn&#233; lieu &#224; aucune poursuite juridique, et cons&#233;quemment, n'a pas &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e ill&#233;gale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; cet &#233;gard, il aurait &#233;t&#233; pour le moins contradictoire pour les employeurs de sanctionner leurs employ&#233;&#183;e&#183;s pour pr&#233;judice ou service non rendu, alors que ce qui &#233;tait attendu d'eux et elles dans le cadre d'une &#171; journ&#233;e institutionnelle &#187; pour le climat &#233;tait de participer aux m&#234;mes activit&#233;s pr&#233;vues dans le cadre de la&#8230; gr&#232;ve ! Cette position in&#233;dite dans laquelle se sont retrouv&#233;s plusieurs syndicats t&#233;moigne des d&#233;fis &#224; venir dans les relations entre employeurs et employ&#233;&#183;e&#183;s dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si les employeurs se sont montr&#233;s relativement accommodants dans la &#171; gestion &#187; du 27 septembre, rien ne nous indique cependant que ce sera toujours le cas. Par exemple, certaines directions de c&#233;gep se sont fait une joie d'accoler une jolie petite plan&#232;te Terre sur le calendrier scolaire en date du 27 septembre, mais les menaces de coupes dans les salaires en cas de gr&#232;ve ne pesaient pas moins lourdement sur les &#233;paules de leurs enseignant&#183;e&#183;s. Apr&#232;s tout, c'est ce m&#234;me patron qui a le pouvoir de sanctionner le syndicat en cas de gr&#232;ve sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ils ont bien voulu que nous soyons &#171; tous ensemble pour le climat &#187; pour reconna&#238;tre l'urgence climatique et organiser des activit&#233;s de sensibilisation sur nos lieux de travail, mais en sera-t-il de m&#234;me si nous osons revendiquer des choses aussi &#171; dangereuses &#187; qu'un revenu maximum ? Un revenu minimum garanti coupl&#233; &#224; des mesures agressives d'&#233;cofiscalit&#233; progressive ? Qu'en serait-il si nous options pour la d&#233;sob&#233;issance civile ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce sera bien l&#224; un des principaux d&#233;fis des prochaines mobilisations : rallier le plus grand nombre d'organisations et de personnes &#224; notre cause, tout en rappelant l'existence d'adversaires politiques qui ont des int&#233;r&#234;ts la plupart du temps oppos&#233;s aux n&#244;tres. Si nous devons chercher &#224; &#234;tre &#171; tous ensemble pour le climat &#187;, rappelons tout de m&#234;me que la lutte contre les changements climatiques est avant tout une lutte contre &lt;em&gt;l'inaction&lt;/em&gt; en la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Pour une contestation en bonne sant&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Pour que la lutte contre les changements climatiques soit victorieuse, nous aurons besoin d'infrastructures de contestation en bonne sant&#233;, notamment des organisations r&#233;ellement d&#233;mocratiques, le respect de l'exp&#233;rience et de la tradition militante, une coordination formelle entre les organisations afin de faire front commun, une reconnaissance des rapports de pouvoir en place et, in&#233;vitablement, un r&#233;el droit de gr&#232;ve syndical au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le 27 septembre n'&#233;tait pas une parade, un &lt;em&gt;show&lt;/em&gt;, et encore moins une fin en soi. C'&#233;tait le d&#233;but d'une nouvelle phase de la lutte contre l'inaction en mati&#232;re de changements climatiques au Qu&#233;bec et &#224; travers le monde, durant laquelle on constate l'in&#233;vitable n&#233;cessit&#233; de retomber en amour avec la gr&#232;ve pour rappeler une &#233;vidence &#224; nos pollueurs en chef : vous &#234;tes du mauvais c&#244;t&#233; de l'histoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Manifestation du 27 septembre 2019, Montr&#233;al (Dale Robertson).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Enseignement. Montrer l'exemple ou &#233;veiller les esprits ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Enseignement-Montrer-l-exemple-ou-eveiller-les-esprits</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Enseignement-Montrer-l-exemple-ou-eveiller-les-esprits</guid>
		<dc:date>2021-03-27T18:52:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Wilfried Cordeau, Chantal Poulin, Yann Robitaille</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>Cordeau, Wilfried</dc:subject>
		<dc:subject>Poulin, Chantal</dc:subject>
		<dc:subject>Robitaille, Yann</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'enseignante au primaire Chantal Poulin et l'enseignant d'arts plastiques Yann Robitaille &#233;taient du groupe de trois grimpeurs d'Extinction Rebellion qui se sont fait arr&#234;ter apr&#232;s avoir escalad&#233; le pont Jacques-Cartier &#224; Montr&#233;al, le 8 octobre dernier. Je les ai rencontr&#233;s pour discuter de la relation entre enseignement, urgence climatique et d&#233;sob&#233;issance civile. Propos recueillis par Wilfried Cordeau. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; b&#226;bord ! : Quel &#233;tait l'objectif de cette action ? &lt;br class='autobr' /&gt; Chantal Poulin : L'id&#233;e, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-82-janvier-2020-" rel="directory"&gt;No 082 - janvier 2020&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Education-et-enseignement-+" rel="tag"&gt;Education et enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cordeau-Wilfried-+" rel="tag"&gt;Cordeau, Wilfried&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Poulin-Chantal-+" rel="tag"&gt;Poulin, Chantal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Robitaille-Yann-+" rel="tag"&gt;Robitaille, Yann&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3105.png?1642092257' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;497&#034; height=&#034;713&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'enseignante au primaire Chantal Poulin et l'enseignant d'arts plastiques Yann Robitaille &#233;taient du groupe de trois grimpeurs d'Extinction Rebellion qui se sont fait arr&#234;ter apr&#232;s avoir escalad&#233; le pont Jacques-Cartier &#224; Montr&#233;al, le 8 octobre dernier. Je les ai rencontr&#233;s pour discuter de la relation entre enseignement, urgence climatique et d&#233;sob&#233;issance civile. Propos recueillis par Wilfried Cordeau.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; &lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/em&gt; : Quel &#233;tait l'objectif de cette action ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Chantal Poulin : &lt;/strong&gt;L'id&#233;e, au d&#233;part, c'&#233;tait d'essayer d'obtenir de la visibilit&#233; et d'acc&#233;der &#224; des tribunes pour parler de l'urgence climatique et mettre l'environnement au c&#339;ur de la campagne &#233;lectorale f&#233;d&#233;rale. On a propos&#233; &#224; Extinction Rebellion de grimper au sommet du pont et d'y &#233;tendre une grande banni&#232;re pour poser un geste de visibilit&#233;. L'objectif n'a jamais &#233;t&#233; de bloquer le pont ; pendant l'heure o&#249; on y &#233;tait, il n'&#233;tait pas bloqu&#233;. C'est la police qui a arr&#234;t&#233; la circulation pour venir nous chercher. On nous a mis chacun dans une voiture individuelle, puis on a pass&#233; huit heures dans des cellules s&#233;par&#233;es. On &#233;tait tous persuad&#233;&#183;e&#183;s d'avoir compl&#232;tement manqu&#233; notre coup : on n'avait pas atteint le sommet, on n'avait pas d&#233;ploy&#233; la banni&#232;re. Mais, finalement, l'objectif m&#233;diatique &#233;tait atteint. On ne se serait jamais attendus &#224; une telle visibilit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Quel cheminement vous a conduit &#224; choisir ce type d'action ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Yann Robitaille : &lt;/strong&gt;On s'implique depuis longtemps dans beaucoup de causes sociales, mais la lutte actuelle qui est rendue primordiale, qui est la lutte ma&#238;tresse, je dirais, pour moi, c'est l'environnement. Si on ne fait rien pour l'environnement, si la plan&#232;te br&#251;le, quelle justice sociale on va pouvoir gagner ? Pour nous, c'&#233;tait clair qu'on &#233;tait pr&#234;ts &#224; aller plus loin dans nos actions parce qu'on n'a plus le choix, comme soci&#233;t&#233;. On ne peut plus attendre que le gouvernement ou la soci&#233;t&#233; changent et agissent. On ne peut pas attendre que l'&#233;cole fasse en sorte que nos jeunes, dans 20 ans, quand ils formeront la g&#233;n&#233;ration au pouvoir, seront assez &#233;duqu&#233;s pour faire des changements : il va &#234;tre trop tard ! Il est l&#224;, le probl&#232;me : il y a vraiment une urgence. Donc, il faut des vecteurs, il faut des gens qui sont pr&#234;ts &#224; aller plus loin pour cr&#233;er le mouvement, pour faire bouger les choses. Qui vont &#171; taper la trail &#187;, en quelque sorte&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Si je comprends bien, la d&#233;sob&#233;issance civile s'inscrit dans une approche strat&#233;gique plus large ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Y.R. : &lt;/strong&gt;Si on veut provoquer des r&#233;flexions, si on veut faire bouger des choses ou provoquer un mouvement social, eh bien &#231;a passe par la d&#233;sob&#233;issance civile non violente. Historiquement, c'est un vecteur qui permet de grands changements sociaux. Et on pense qu'on est rendus l&#224;, face &#224; l'urgence climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;C.P. : &lt;/strong&gt;La d&#233;sob&#233;issance civile, c'est quelque chose qui n'est jamais agr&#233;able dans le pr&#233;sent. C'est toujours quelque chose qui est glorieux dans le pass&#233;. C'est s&#251;r que c'est d&#233;rangeant, par nature. Mais c'est le but. &#199;a se pratique quand l'espace du contrat social est rompu. Et, pour moi, le contrat social est bris&#233; parce que l'&#201;tat ne nous assure pas un environnement viable &#224; long terme. Dans ces moments-l&#224;, il faut &#233;valuer si c'est la loi qui doit primer ou si c'est la morale. Moralement, suivre la loi n'est plus acceptable, parce qu'il faut convaincre le gouvernement d'agir au plus vite, de toutes les fa&#231;ons possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Quand votre profession a &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e, cela a cr&#233;&#233; un malaise. Pourquoi ? Est-ce qu'on ne peut pas &#224; la fois enseigner et militer en 2019 ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;C.P. :&lt;/strong&gt; On s'est fait demander si on &#233;tait des bons mod&#232;les, quel message on envoyait aux jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Y.R. :&lt;/strong&gt; En fait, c'est vraiment la question du mod&#232;le, l&#224;-dedans, qui est soulev&#233;e. Ce qu'on s'attend d'un enseignant, dans le fond, c'est que de 8 h &#224; 17 h, il se donne 100 % aux &#233;l&#232;ves puis, en dehors de &#231;a, c'est un citoyen mod&#232;le. Et m&#234;me, &#224; partir du moment o&#249; tu deviens enseignant, t'es un enseignant 100 % du temps. Moi, de 17 h &#224; 8 h du matin, je suis un individu, je ne suis plus un enseignant, mais c'est comme si on me fait porter un poids social &#233;norme d'&#234;tre un enseignant en tout temps qui n'a pas le droit de transgresser la norme sociale, qui doit avoir une moralit&#233; irr&#233;prochable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;C.P. : &lt;/strong&gt;L'enjeu du mod&#232;le, c'est qu'on a fait quelque chose d'ill&#233;gal. Tu ne peux pas contester la loi. La loi, elle a raison. Le probl&#232;me, c'est vraiment que tu ne peux pas sortir du cadre. &#202;tre un bon mod&#232;le c'est rester dans la norme ! Un bon mod&#232;le, c'est quelqu'un qui g&#232;re les devoirs et qui passe sa mati&#232;re en faisant le moins de bruit possible, en ne d&#233;rangeant pas la conscience des parents. Tu fais ce que tu as &#224; faire, entre les murs de l'&#233;cole, et surtout tu ne d&#233;ranges personne ! &#192; la limite, on dirait que c'est encore l'image de l'ancienne ma&#238;tresse d'&#233;cole qui n'a pas de fr&#233;quentations, qui se d&#233;voue totalement et qui ne bouscule pas les m&#339;urs de la communaut&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Cette pression de l'enseignant mod&#232;le en tout temps, est-ce qu'elle vous force &#224; s&#233;parer votre conscience citoyenne et votre obligation professionnelle ? &#192; la limite, est-ce qu'enseigner peut &#234;tre un acte militant ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;C.P. :&lt;/strong&gt; Pour moi, ce n'est pas s&#233;par&#233; du tout. Pour moi, l'enseignant&#183;e est un &#233;veilleur d'esprits en tout temps. J'ai d&#233;cid&#233; de devenir enseignante, justement, pour essayer de faire en sorte de former des citoyen&#183;ne&#183;s. C'est tr&#232;s important dans mon enseignement de faire en sorte d'&#233;veiller les &#233;l&#232;ves, qu'ils comprennent, qu'ils d&#233;codent notre soci&#233;t&#233;. Mais pr&#233;sentement, les profs ont de la difficult&#233; &#224; juste avoir le temps d'enseigner. Souvent, il n'y a plus d'orthop&#233;dagogue, de psychologue, de travailleur social dans les &#233;coles et les &#233;l&#232;ves ont des d&#233;fis et des besoins vraiment tr&#232;s grands. Dans ce contexte, &#233;veiller et nourrir une citoyennet&#233;, ce n'est plus juste de l'enseignement, c'est de la militance au quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Y.R. : &lt;/strong&gt;Pour moi, la diff&#233;rence est dans les moyens utilis&#233;s. Quand j'enseigne, je ne suis pas qu'un transmetteur de mati&#232;re. Je veux former des citoyens critiques, des gens qui ont une vision diff&#233;rente &#233;galement, surtout en arts : je veux leur permettre de vivre des exp&#233;riences artistiques pour leur apprendre &#224; voir les choses de fa&#231;on diff&#233;rente, avec une certaine sensibilit&#233;, pour qu'ils aient un sens critique. &#192; l'&#233;cole, j'utilise la parole, les projets, je discute avec les &#233;l&#232;ves, je leur pr&#233;sente des artistes, des mouvements artistiques. C'est mon r&#244;le d'enseignant, puis, &#224; la limite, une forme de devoir citoyen, ou de devoir moral, aussi. Il y a un certain militantisme social l&#224;-dedans, parce que l'art est, par d&#233;finition, une forme de r&#233;volte ou de r&#233;bellion contre la soci&#233;t&#233; ou l'ordre &#233;tabli. Mais, en dehors de mon m&#233;tier, par contre, je peux d&#233;cider d'utiliser des moyens diff&#233;rents pour faire avancer la soci&#233;t&#233;. Pour moi, il y a l&#224; une distinction importante. Je ne suis pas juste un prof : je suis un citoyen, je suis un artiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Et &#224; l'inverse, est-ce que monter sur un pont, poser un acte de d&#233;sob&#233;issance civile, c'est une forme de p&#233;dagogie ou d'enseignement ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;C.P. : &lt;/strong&gt;Ce n'est pas un geste enseignant, mais c'est un geste p&#233;dagogique. On a voulu montrer quelque chose. Et puis, on n'a pas fait un geste d'&#233;clat anonyme o&#249; on s'est cach&#233;s. On l'a fait pour avoir une tribune. On avait un message &#224; passer, c'&#233;tait p&#233;dagogique. On ne s'est pas pr&#233;tendus scientifiques, on ne faisait pas la morale, mais on demandait d'&#233;couter la science. On n'aura pas fait changer d'id&#233;e tout le monde et on ne le fera jamais, c'est &#233;vident. Mais combien de familles, &#224; l'heure du souper, ont &#233;t&#233; oblig&#233;es de se poser ces questions-l&#224; ? Combien d'ados ont d&#251; d&#233;battre avec leurs parents ? C'est incalculable, mais c'est g&#233;ant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt; : Vous avez peut-&#234;tre r&#233;ussi &#224; provoquer une r&#233;flexion, &#224; obliger les gens &#224; prendre position.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;C.P. : &lt;/strong&gt;Et &#231;a, c'est de la p&#233;dagogie !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : Afin de recueillir des fonds pour soutenir la cause des grimpeurs devant les tribunaux, ainsi que le mouvement Extinction Rebellion, Yann Robitaille a peint une &#339;uvre originale, &lt;i&gt;Pigeon d'octobre&lt;/i&gt;, en clin d'&#339;il au coup d'&#233;clat du 8 octobre 2019.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'aide sociale et la pauvret&#233;. Une lutte inachev&#233;e</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-aide-sociale-et-la-pauvrete-Une-lutte-inachevee</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-aide-sociale-et-la-pauvrete-Une-lutte-inachevee</guid>
		<dc:date>2021-03-21T15:03:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;oise David, Fran&#231;ois Saillant</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;moire des luttes</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Saillant, Fran&#231;ois </dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>David, Fran&#231;oise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La marche &#171; Du pain et des roses &#187; s'&#233;branle le 26 mai 1995 en trois contingents. De Montr&#233;al, de Longueuil et de Rivi&#232;re-du-Loup, des centaines de femmes marcheront durant 10 jours pour se rendre devant l'Assembl&#233;e nationale. Le th&#232;me central de cette longue caravane est la lutte &#224; la pauvret&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; cette &#233;poque, pr&#232;s de 20 % de la population qu&#233;b&#233;coise vit sous le seuil de faible revenu : des b&#233;n&#233;ficiaires de l'aide sociale, des a&#238;n&#233;s&#183;e&#183;s, des jeunes sans emploi, et dans cette foule de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-82-janvier-2020-" rel="directory"&gt;No 082 - janvier 2020&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Memoire-des-luttes-+" rel="tag"&gt;M&#233;moire des luttes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Saillant-Francois-+" rel="tag"&gt;Saillant, Fran&#231;ois &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Inegalites-et-pauvrete-+" rel="tag"&gt;In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-David-Francoise-+" rel="tag"&gt;David, Fran&#231;oise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La marche &#171; Du pain et des roses &#187; s'&#233;branle le 26 mai 1995 en trois contingents. De Montr&#233;al, de Longueuil et de Rivi&#232;re-du-Loup, des centaines de femmes marcheront durant 10 jours pour se rendre devant l'Assembl&#233;e nationale. Le th&#232;me central de cette longue caravane est la lutte &#224; la pauvret&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; &#192; cette &#233;poque, pr&#232;s de 20 % de la population qu&#233;b&#233;coise vit sous le seuil de faible revenu : des b&#233;n&#233;ficiaires de l'aide sociale, des a&#238;n&#233;s&#183;e&#183;s, des jeunes sans emploi, et dans cette foule de gens pauvres, on compte beaucoup de femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La question du logement est au c&#339;ur des revendications de la marche. Le Front d'action population en r&#233;am&#233;nagement urbain (FRAPRU) devient donc un alli&#233; proche, un partenaire actif de la F&#233;d&#233;ration des femmes du Qu&#233;bec (FFQ). Fran&#231;oise et Fran&#231;ois font la paire ! Et cela nous am&#232;nera &#224; militer ensemble durant de nombreuses ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH316/b23133ec0310822ddc93e652a0470786-e1333.jpg?1729027777' width='500' height='316' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le 4 juin 1995, Jacques Parizeau vient lui-m&#234;me devant une foule estim&#233;e &#224; 18 000 personnes annoncer que, oui, il construira des logements sociaux avec soutien communautaire. Oui, il augmentera le salaire minimum de 45 &#162; de l'heure. Oui, nous aurons une loi sur l'&#233;quit&#233; salariale. Nous sommes alors &#224; quelques mois d'un r&#233;f&#233;rendum crucial. Cela a-t-il contribu&#233; &#224; ses r&#233;ponses satisfaisantes aux revendications des femmes ? Bien s&#251;r que oui. Sans oublier que le gouvernement p&#233;quiste de l'&#233;poque comprenait des f&#233;ministes convaincues. La suite accord&#233;e &#224; ces engagements du premier ministre sera cependant moins rose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le r&#233;f&#233;rendum a lieu le 30 octobre suivant. C'est non au pays. Et nous assistons en direct &#224; un discours qui cible injustement les minorit&#233;s ethniques du Qu&#233;bec. Jacques Parizeau d&#233;missionne et Lucien Bouchard lui succ&#232;de comme premier ministre. Cela change tout. La lutte &#224; la pauvret&#233; ne sera plus une priorit&#233; pour un gouvernement qui met l'atteinte de l'&#233;quilibre budg&#233;taire en t&#234;te de ses pr&#233;occupations et de ses politiques publiques et fiscales.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; La pauvret&#233; sacrifi&#233;e au d&#233;ficit z&#233;ro&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Nous avons un avant-go&#251;t des batailles qui nous attendent d&#232;s le 24 novembre 1995 : Jeanne Blackburn, ministre de la Solidarit&#233; sociale, annonce des coupes de 186 millions &#224; l'aide sociale. Stupeur. Le r&#233;veil est brutal. Nous ne savons pas encore que ces premi&#232;res coupes seront suivies de plusieurs autres en quelques ann&#233;es seulement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D&#232;s la fin-janvier, Louise Harel devient ministre de la Solidarit&#233; sociale. Elle a bonne r&#233;putation dans le milieu communautaire, car elle fait partie de l'aile progressiste et f&#233;ministe du PQ. Et pourtant&#8230; Comme les autres ministres du gouvernement Bouchard, madame Harel se plie &#224; l'objectif du d&#233;ficit z&#233;ro : il y aura des coupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Du 18 au 20 mars 1996 se tient &#224; Qu&#233;bec un Sommet sur l'avenir &#233;conomique du Qu&#233;bec. Il r&#233;unit tous les principaux acteurs &#8211; et quelques actrices &#8211; des mondes politiques, &#233;conomiques, sociaux, syndicaux, municipaux, institutionnels et autres. L'objectif est de cr&#233;er un consensus sur la situation &#233;conomique du Qu&#233;bec, en particulier sur le d&#233;ficit des finances publiques, et de trouver des solutions. D&#232;s le d&#233;but, nous demandons, avec les organismes communautaires, la suspension d'une coupe de 72 millions &#224; l'aide sociale qui doit entrer en vigueur le 1er avril. La demande est rejet&#233;e par le premier ministre. Et c'est dans un silence de mort que nous demandons &#224; l'ensemble des personnalit&#233;s rassembl&#233;es : quelqu'un peut-il faire quelque chose ? La salle demeure silencieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D'autres coupes sont annonc&#233;es dans les mois qui suivent : allocation logement diminu&#233;e pour les familles avec enfants mineurs, perte de l'indexation des ch&#232;ques pour les b&#233;n&#233;ficiaires de l'aide sociale ayant des contraintes s&#233;v&#232;res &#224; l'emploi alors que celles qui sont cens&#233;es ne pas avoir ces contraintes sont d&#233;j&#224; priv&#233;es d'indexation depuis 1993.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous sommes scandalis&#233;s. Mais nous r&#233;alisons aussi que nous &#233;tions fort mal pr&#233;par&#233;s &#224; ce premier Sommet qui &#233;tait tout &#224; fait nouveau pour nous. C'est tout de m&#234;me d&#233;routant de se retrouver dans une immense salle remplie de personnes habitu&#233;es &#224; naviguer dans des n&#233;gociations plus ou moins secr&#232;tes, n'en d&#233;voilant publiquement que ce qu'ils jugent utile. Nous apprenons que plusieurs participant&#183;e&#183;s s'&#233;taient concert&#233;&#183;e&#183;s avant le Sommet. Les d&#233;cisions &#233;taient d&#233;j&#224; prises. Nous, nous &#233;tions les maringouins fatigants qu'il faut endurer, mais auxquels on ne donne rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On d&#233;cide alors de s'organiser en vue du sommet suivant qui aura lieu en octobre 1996. Une dizaine d'organismes appel&#233;s sociocommunautaires par le gouvernement se r&#233;unissent &#224; notre initiative. Cette toute nouvelle coalition rassemble des membres aussi diversifi&#233;s que la FFQ, Solidarit&#233; populaire Qu&#233;bec, l'Assembl&#233;e des &#233;v&#234;ques du Qu&#233;bec (eh oui !), Solidarit&#233; rurale, les f&#233;d&#233;rations &#233;tudiantes, un regroupement d'a&#238;n&#233;s&#183;e&#183;s. Vivian Labrie, qui accompagne la FFQ, a une id&#233;e g&#233;niale : nous irons &#224; ce Sommet r&#233;clamer une clause d'appauvrissement z&#233;ro. Ce que &#231;a veut dire : le gouvernement s'engagerait &#224; ne prendre aucune mesure, &#224; n'adopter aucune politique, &#224; n'effectuer aucune compression qui r&#233;duise encore le niveau de vie des 20 % les plus pauvres de la population. Peut-on imaginer revendication plus raisonnable ? Et pourtant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH575/90906c7c99445fa7d1c0ea87092a38cf-9ce1f.png?1729027777' width='500' height='575' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il faudra un sondage SOM dans &lt;em&gt;La Presse&lt;/em&gt; du 1er novembre indiquant que 69 % des gens appuient cette demande pour que le premier ministre consente &#224; y souscrire&#8230; mais seulement pour les b&#233;n&#233;ficiaires de l'aide sociale ayant des contraintes s&#233;v&#232;res &#224; l'emploi. Il r&#233;pond aussi favorablement &#224; une demande pressante de Nancy Neamtan &#224; l'effet de cr&#233;er un Fonds de lutte &#224; la pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est trop peu, trop tard. Forts de l'appui populaire, convaincus de la justesse de notre demande pour les 20 % les plus pauvres et non seulement pour une partie d'entre elles et eux, nous quittons le sommet avec Th&#233;r&#232;se Sainte-Marie, qui repr&#233;sente la Coalition des femmes contre la pauvret&#233;. Encore une fois, dans un silence assourdissant. Il n'est pas inutile de r&#233;affirmer aujourd'hui que nous avons eu mille fois raison de ne pas plier devant l'inacceptable : appauvrir la plus grande partie des plus pauvres au nom du d&#233;ficit z&#233;ro !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Le combat se poursuit&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &#192; peine remis de nos &#233;motions, nous devons faire face encore une fois &#224; de nouvelles compressions et au d&#233;p&#244;t d'un Livre vert sur la s&#233;curit&#233; du revenu par Louise Harel. En gros, ce document pr&#233;figure ce que d&#233;posera le gouvernement Couillard bien des ann&#233;es plus tard : il faut contraindre les jeunes &#224; l'aide sociale &#224; accepter un parcours d'insertion sous peine de coupes importantes dans leurs ch&#232;ques. Le PQ veut aussi saisir les ch&#232;ques d'aide sociale en cas de non-paiement de loyer. M&#234;me si elle est adopt&#233;e, cette mesure inique ne sera jamais mise en application, &#224; la suite de pressions continues exerc&#233;es par les groupes communautaires et d'une condamnation par un comit&#233; de l'ONU. Nous mettons imm&#233;diatement sur pied une Coalition nationale sur l'aide sociale. Nous organisons des manifestations, dont une &#224; Westmount, qui n'y est pas vraiment habitu&#233;e&#8230; Graduellement, nous rempla&#231;ons le vocable appauvrissement z&#233;ro par celui de pauvret&#233; z&#233;ro, qui devient notre v&#233;ritable objectif. Une p&#233;tition est sign&#233;e par 46 000 personnes et nous d&#233;non&#231;ons le Livre vert et les coupes sur toutes les tribunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH303/b949b73a091dff0c1b64b42635851331-6eeb7.jpg?1729027777' width='500' height='303' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; l'automne 1997, le Carrefour de pastorale en monde ouvrier, anim&#233; par Vivian Labrie, pr&#233;sente un projet de loi pour l'&#233;limination de la pauvret&#233;. La Coalition Droits de Qu&#233;bec organise un Parlement de la rue &#224; proximit&#233; de l'Assembl&#233;e nationale. Ce parlement parall&#232;le dure un mois et des milliers de personnes s'y joignent. L'id&#233;e d'une loi-cadre pour &#233;liminer la pauvret&#233; fait son chemin dans nos rangs. La situation n'est pas simple. Le gouvernement p&#233;quiste joue avec nos nerfs. Il annonce la construction de logements sociaux&#8230; mais coupe maintenant dans l'allocation-logement pour les personnes seules et les couples &#224; faible revenu de 59 ans et plus. En 1998, devant des pressions r&#233;p&#233;t&#233;es, il d&#233;cide que la coupe pour partage de logement ne s'appliquera plus aux familles monoparentales. Notre combat est complexe et l'id&#233;e de la loi-cadre vient lui donner un nouveau souffle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De plus en plus de groupes se joignent au Collectif pour un Qu&#233;bec sans pauvret&#233;. Un travail colossal d'&#233;ducation populaire et de mobilisation est accompli. 215 000 personnes signeront ainsi une p&#233;tition appuyant le projet de loi pr&#233;par&#233; longuement par le Collectif. Cela n'emp&#234;che pas le gouvernement p&#233;quiste de refuser en octobre 2000 presque toutes les revendications des femmes regroup&#233;es au sein de la Marche mondiale des femmes. L'une de ces revendications &#233;tait l'adoption d'une loi-cadre pour mettre fin &#224; la pauvret&#233; et &#224; l'exclusion. Une autre portait sur la construction de logements sociaux. La ministre responsable du logement nous a plut&#244;t parl&#233; d'acc&#232;s &#224; la propri&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est un dur coup pour le mouvement des femmes et ses alli&#233;s, le Collectif pour un Qu&#233;bec sans pauvret&#233;, le FRAPRU et bien d'autres organismes communautaires et syndicaux. Cette rebuffade provoquera un effet inattendu quelques ann&#233;es plus tard : l'implication acharn&#233;e de plusieurs militantes et militants engag&#233;s dans les luttes sociales dans la fondation d'un parti politique f&#233;ministe et de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Deux ans avant l'&#233;lection o&#249; le PQ perdra le pouvoir, le nouveau premier ministre, Bernard Landry, annonce que la lutte &#224; la pauvret&#233; sera une v&#233;ritable obsession. Mesure-t-il enfin la col&#232;re des femmes et de leurs alli&#233;s ? La ministre des Finances, Pauline Marois, annonce vers la fin de 2001 la construction de 13 000 logements sociaux en cinq ans. Et le 13 d&#233;cembre 2002, le projet de loi 112 visant &#224; lutter contre la pauvret&#233; et l'exclusion sociale est adopt&#233; &#224; l'unanimit&#233; &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Cela a &#233;t&#233; rendu possible par l'extraordinaire mobilisation de tous les milieux, partout au Qu&#233;bec, pendant plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais, car il y a un &lt;em&gt;mais&lt;/em&gt;&#8230; la loi adopt&#233;e est loin d'&#234;tre satisfaisante si l'on porte le r&#234;ve d'&#233;liminer vraiment la pauvret&#233;. C'est une loi-cadre sans caract&#232;re contraignant. Une fois adopt&#233;e, la loi a aussi pour effet d'&#233;teindre la mobilisation g&#233;n&#233;rale. Tout se passe un peu comme si plusieurs s'imaginaient que l'on pouvait d&#233;sormais passer &#224; autre chose. &#199;a fait sept ans qu'on parle de pauvret&#233;, on pourrait changer de disque ? La lassitude se fait sentir m&#234;me chez les plus militants. Les lib&#233;raux prennent le pouvoir en 2003 et gouvernent presque sans discontinuer jusqu'en 2014. Durant toutes ces ann&#233;es, les groupes repr&#233;sentant les b&#233;n&#233;ficiaires de l'aide sociale s'affaiblissent, certains n'existent plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'histoire se chargera de nous dire si nous avons eu raison d'utiliser cette strat&#233;gie : manifester, p&#233;titionner, revendiquer haut et fort et, en m&#234;me temps, n&#233;gocier pied &#224; pied le texte d'une loi-cadre. Soyons clairs cependant : jamais au Qu&#233;bec n'a-t-on autant parl&#233; de pauvret&#233;, de justice, d'in&#233;galit&#233;s qu'entre 1995 et 2002. Ce discours est bien moins pr&#233;sent dans l'espace public en 2019. D'autres enjeux, et pas les moindres, ont pris le dessus : environnement, droits des minorit&#233;s, maintien des services publics, par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Et maintenant ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Plusieurs animateurs et animatrices des luttes anti-pauvret&#233; ont pris leur retraite. Des dizaines d'organismes communautaires continuent d'&#339;uvrer &#224; l'am&#233;lioration du sort des personnes pauvres et exclues. Car malgr&#233; un taux de ch&#244;mage tr&#232;s bas, les banques alimentaires sont d&#233;bord&#233;es et font r&#233;guli&#232;rement appel &#224; la g&#233;n&#233;rosit&#233; du public. Pourquoi ? Parce que les pauvres sont plus pauvres qu'auparavant. Le salaire minimum est trop bas, l'aide sociale d&#233;risoire (surtout pour les personnes dites sans contraintes &#224; l'emploi), les loyers sont &#233;lev&#233;s, la nourriture ch&#232;re. On vit aujourd'hui dans un Qu&#233;bec o&#249; la plupart des gens arrivent &#224; vivre d&#233;cemment (ou en s'endettant !), mais o&#249; environ 10 % des personnes ont un faible revenu. Beaucoup moins qu'en 1995. Sauf pour les personnes itin&#233;rantes &#8211; dont le nombre grossit &#8211;, on ne les voit plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En 2016, le gouvernement Couillard a fait adopter une loi qui oblige les jeunes b&#233;n&#233;ficiaires de l'aide sociale &#224; entrer dans un parcours d'insertion sous peine de coupe importante dans leurs ch&#232;ques. Seuls deux d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s ont men&#233; bataille : Fran&#231;oise David de Qu&#233;bec solidaire et Dave Turcotte du Parti qu&#233;b&#233;cois. De nombreux organismes sont venus plaider contre cette mesure en commission parlementaire. Mais force est de constater que la mobilisation populaire n'a pas &#233;t&#233; au rendez-vous. Est-ce un signe des temps ? Devons-nous y voir simplement de la fatigue, un manque de ressources, ou bien devons-nous convenir que l'aide sociale n'est plus un enjeu qui mobilise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour nous qui avons &#233;t&#233; de toutes les luttes pour combattre le m&#233;pris envers les personnes pauvres et le sort qui leur est fait, cette situation est un peu cr&#232;ve-c&#339;ur. Nous ne pr&#233;tendons cependant pas avoir de recette toute faite pour remobiliser les progressistes face au scandale d'une pauvret&#233; persistante au Qu&#233;bec, m&#234;me si num&#233;riquement moins importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pouvons-nous simplement rappeler que les personnes pauvres sont, chez nous et dans le monde, celles qui subissent le plus durement les effets des changements climatiques ? Que ce sont ces personnes qui souffrent le plus des manques criants de services dans les services publics ? Que les enfants pauvres, souvent racis&#233;s, sont loin d'avoir tout le soutien n&#233;cessaire &#224; leur plein &#233;panouissement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il faudra bien en reparler un jour !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Fran&#231;oise David est ex-pr&#233;sidente de la FFQ et Fran&#231;ois Saillant est ex-coordonnateur du FRAPRU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photos : Marche &#171; Du pain et des roses &#187;, d&#233;part du contingent de Montr&#233;al le 26 mai 1995 ; Marche &#171; Du pain et des roses &#187;, pr&#233;sence de Jacques Parizeau au rassemblement &#224; Qu&#233;bec le 4 juin 1995 ; Marche &#171; Du pain et des roses &#187;, contingent de Montr&#233;al en direction de Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les freins d'une r&#233;sistance</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-freins-d-une-resistance</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Les-freins-d-une-resistance</guid>
		<dc:date>2021-03-21T14:51:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Isabel Brochu</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Brochu, Isabel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pr&#232;s de 3 000 personnes ont march&#233; pour l'urgence climatique dans les rues de Chicoutimi le 27 septembre dernier. Le projet de gaz naturel liqu&#233;fi&#233; (GNL) &#224; Saguenay &#233;tait la principale cible de cette manifestation. &lt;br class='autobr' /&gt; C'est un euph&#233;misme d'affirmer que le projet de construction d'une usine de gaz liqu&#233;fi&#233; divise la population de Saguenay. En effet, la capacit&#233; territoriale de r&#233;sistance face au projet GNL se heurte &#224; l'inqui&#233;tude quant &#224; l'avenir &#233;conomique de la r&#233;gion. Une br&#232;ve (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-82-janvier-2020-" rel="directory"&gt;No 082 - janvier 2020&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cies-minieres-et-petrolieres-+" rel="tag"&gt;Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Brochu-Isabel-+" rel="tag"&gt;Brochu, Isabel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3103.jpg?1642092257' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1251&#034; height=&#034;704&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pr&#232;s de 3 000 personnes ont march&#233; pour l'urgence climatique dans les rues de Chicoutimi le 27 septembre dernier. Le projet de gaz naturel liqu&#233;fi&#233; (GNL) &#224; Saguenay &#233;tait la principale cible de cette manifestation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; C'est un euph&#233;misme d'affirmer que le projet de construction d'une usine de gaz liqu&#233;fi&#233; divise la population de Saguenay. En effet, la capacit&#233; territoriale de r&#233;sistance face au projet GNL se heurte &#224; l'inqui&#233;tude quant &#224; l'avenir &#233;conomique de la r&#233;gion. Une br&#232;ve description de l'ensemble des projets industriels &#224; Saguenay est n&#233;cessaire pour comprendre le niveau de complexit&#233; auquel est confront&#233;e la population, mais aussi les groupes qui souhaitent r&#233;sister &#224; ces projets. Cet article se concentre sur la ville de Saguenay et les municipalit&#233;s de la MRC du Fjord-du-Saguenay, mais ces enjeux d&#233;passent ce territoire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Niveau de complexit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; GNL exige &#224; lui seul une analyse &#224; plusieurs niveaux notamment parce qu'il a &#233;t&#233; saucissonn&#233; en plusieurs sous-projets : gazoduc de l'Alberta &#224; Saguenay, usine de liqu&#233;faction au port de Grande-Anse &#224; La Baie (Saguenay) et transport maritime avec des m&#233;thaniers (fjord du Saguenay et fleuve Saint-Laurent). Les processus impliquent directement plusieurs territoires, limites administratives, instances de consultation et niveaux de gouvernement (municipal, MRC, provincial et f&#233;d&#233;ral). Du point de vue du citoyen, il devient difficile de bien comprendre le r&#244;le des institutions ou de savoir quand et o&#249; s'informer. Les organisations profitent de cette confusion pour nier leurs responsabilit&#233;s face aux demandes citoyennes. Par exemple, toutes les interventions aupr&#232;s des conseils municipaux sont rest&#233;es lettre morte. Sur ce sujet, une analyse a d&#233;montr&#233; &#224; quel point les lois et mesures actuelles, notamment celles sur l'am&#233;nagement et l'urbanisme, excluent la participation citoyenne dans ce type de projet o&#249; se c&#244;toient les enjeux locaux, supra-locaux et mondiaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I. Brochu et J.-G. Simard, &#171; Municipalit&#233;s locales et MRC : proximit&#233; avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il y a un autre &#233;l&#233;ment majeur &#224; consid&#233;rer : GNL n'arrive pas seul dans l'espace public saguen&#233;en. Il fait partie de la strat&#233;gie de d&#233;veloppement de la zone industrialo- portuaire (ZIP) dont le d&#233;nominateur commun est Port Saguenay, l'administration portuaire de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La construction du gazoduc et de l'usine de liqu&#233;faction de GNL ainsi que son transport par bateau s'ajoutent &#224; trois projets d'approvisionnement pour le d&#233;veloppement de la ZIP (gaz naturel, &#233;lectricit&#233; et eau de proc&#233;d&#233;). S'additionnent aussi trois autres projets industriels : l'usine M&#233;taux BlackRock (MBR), l'usine cryog&#233;nique (li&#233;e &#224; MBR) et la construction d'un nouveau terminal maritime sur la rive nord du Saguenay (Arianne Phosphate). Si une personne veut comprendre les impacts li&#233;s au trafic maritime sur le fjord, elle doit consid&#233;rer le trafic actuel (installations portuaires de Rio Tinto, terminal maritime de Grande-Anse, les bateaux au quai de croisi&#232;res internationales &#224; La Baie) et celui des nouveaux projets. Un casse-t&#234;te uniquement du point de vue de la disponibilit&#233; et de l'acc&#232;s &#224; l'information o&#249; se contredisent all&#232;grement les promoteurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Appui massif&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; La classe politique locale de Saguenay et de la MRC du Fjord-du-Saguenay appuie unanimement tous les projets industriels de la ZIP, que ce soit &#224; travers les d&#233;clarations ou r&#233;solutions officielles. Les &#233;lu&#183;e&#183;s qui ont des r&#233;ticences sont d'une discr&#233;tion absolue, du moins dans l'espace public. Sans surprise, la Chambre de commerce et d'industrie Saguenay-Le Fjord appuie tous les projets. La position &#233;ditoriale du journal Le Quotidien y est plut&#244;t favorable de m&#234;me que la populaire et tr&#232;s conservatrice station Radio X. Les organisations du milieu touristique sont muettes alors qu'elles risquent de subir des cons&#233;quences majeures en lien avec ces d&#233;veloppements industriels. Sylvain Gaudreault, d&#233;put&#233; de Jonqui&#232;re, est le seul qui a adopt&#233; une position ferme contre le projet GNL. Tous les autres s'en remettent au d&#233;p&#244;t des analyses environnementales. Le sujet est chaud et, mis &#224; part le Parti vert, on pr&#233;f&#232;re attendre les r&#233;sultats des analyses qui arriveront apr&#232;s les &#233;lections f&#233;d&#233;rales. Les retomb&#233;es &#233;conomiques et le poids de ces projets sur l'avenir de la r&#233;gion dominent les discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La p&#233;tition &#171; Oui aux projets &#201;nergie Saguenay, Arianne Phosphate et M&#233;taux BlackRock &#187;, port&#233;e par un citoyen connu pour d&#233;fendre aveugl&#233;ment les grandes entreprises, a recueilli 10 000 signatures. En f&#233;vrier 2019, la Chaire de recherche en &#233;coconseil de l'UQAC, sous la direction du biologiste Claude Villeneuve, a sign&#233; une entente avec GNL. L'objectif consiste &#224; trouver des solutions pour que le complexe de liqu&#233;faction de gaz naturel soit carboneutre. Pour plusieurs, l'association du &#171; pape &#187; r&#233;gional de l'environnement au projet d'usine de liqu&#233;faction lui apporte une caution incontestable. Pourtant, leur &#233;tude ne concerne que l'usine, sans l'extraction, le gazoduc et le transport maritime. Tous ces silences et appuis, r&#233;els ou interpr&#233;t&#233;s, en am&#232;nent plus d'un &#224; affirmer que la population ent&#233;rine tous les projets industriels, dont celui de GNL.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; R&#233;sistance &#233;clat&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; L'organisation de la r&#233;sistance citoyenne est li&#233;e aux diff&#233;rents projets et &#224; leur territorialisation. Le premier groupe &#224; voir le jour a &#233;t&#233; le Collectif de l'Anse-&#224;-Pelletier, &#224; Saint-Fulgence, qui questionne le projet d'exploitation de la mine du lac &#224; Paul (2013) et la construction du port sur la rive nord d&#233;di&#233; au transport du minerai&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il y a actuellement trois infrastructures maritimes : installations (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le Collectif de la Batture, form&#233; en 2018 &#224; La Baie (rive sud), vise aussi ce port qui sera construit face &#224; leurs habitations. Les autres collectifs locaux se sont ajout&#233;s en 2018 : Bas-Saguenay, Saint-Rose-du-Nord et la secr&#232;te Cellule des Abysses. D'autres groupes existent au Lac-Saint-Jean, en Abitibi et sur la C&#244;te-Nord. Anim&#233;e par un sentiment d'urgence et une volont&#233; de se regrouper, la Coalition Fjord &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Val&#233;rie Beauchamp, &#171; Une coalition &#224; la d&#233;fense du fjord &#187;, &#192; b&#226;bord !, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a &#233;t&#233; form&#233;e en novembre 2018 lors d'une soir&#233;e organis&#233;e en quelques heures et qui a attir&#233; une centaine de personnes. La Coalition Fjord a choisi de se battre contre GNL, qui constitue le symbole ultime de ce que combattent les groupes environnementaux. La r&#233;sistance se fait en collaboration avec divers groupes qu&#233;b&#233;cois et canadiens (Pacte pour la transition, Eau secours, Fondation David Suzuki).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Malgr&#233; cette diversit&#233; des fronts, les d&#233;fis li&#233;s &#224; l'organisation d'un mouvement de r&#233;sistance sont nombreux, les enjeux &#233;tant mondiaux, nationaux et locaux. Les collectifs ne visent pas tous les m&#234;mes projets et territoires. Les militantes et militants ne partagent pas les m&#234;mes niveaux de connaissance ni les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts. L'&#233;ventail des tactiques et d'actions possibles est &#233;lev&#233;, contrairement aux moyens financiers. Cet &#233;clatement ne facilite pas l'&#233;laboration d'une strat&#233;gie commune pour faire face &#224; l'appui massif des &#233;lites locales ou pour sensibiliser la population aux impacts cumulatifs des projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Un des freins importants &#224; la r&#233;sistance locale, et qu'il ne faut jamais sous- estimer, r&#233;side dans les effets de proximit&#233; de la communaut&#233;. Les individus, entreprises et organisations qui appuient massivement ces projets sont aussi des parents, des employeurs actuels et potentiels, des clients et, surtout, de subventionnaires. On peut y voir une explication plausible (mais partielle) de l'absence d'un positionnement clair de certaines organisations li&#233;es de pr&#232;s aux enjeux environnementaux (ex. : Eur&#234;ko, organismes de bassins versants, comit&#233;s ZIP). Tout au plus ont-ils r&#233;clam&#233; une seule &#233;valuation environnementale et un prolongement des consultations publiques sur GNL. En juin 2019, le Regroupement national des conseils r&#233;gionaux s'est oppos&#233; au projet de GNL par voie de communiqu&#233;. Membre de ce regroupement, le Conseil r&#233;gional de l'environnement et de d&#233;veloppement durable (CREDD) du Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean n'a toutefois fait aucune d&#233;claration dans les m&#233;dias r&#233;gionaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est pourtant le d&#233;veloppement de la r&#233;gion p&#233;riph&#233;rique du Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean qui se trouve au c&#339;ur de ces questions alors que les &#233;lites locales et r&#233;gionales, appuy&#233;es par les gouvernements du Qu&#233;bec et du Canada, s'accrochent &#224; un vieux mod&#232;le qui n'a plus d'avenir. La r&#233;gion du Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean risque en effet de devenir le dindon d'une farce o&#249; les investissements porteurs d'avenir se font ailleurs au Qu&#233;bec, pendant que des compagnies &#233;trang&#232;res profitent des derniers soubresauts d'un mod&#232;le obsol&#232;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;I. Brochu et J.-G. Simard, &#171; Municipalit&#233;s locales et MRC : proximit&#233; avec qui ? &#187;, &lt;em&gt;L'Action nationale&lt;/em&gt;, juin 2019, p. 136-151.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il y a actuellement trois infrastructures maritimes : installations portuaires industrielles de Rio Tinto &#224; La Baie (bauxite), le quai de croisi&#232;res internationales (La Baie) et le terminal de Grande-Anse &#224; La Baie qui accueille les projets industriels, dont celui de GNL. Le port sur le versant nord serait la 4e infrastructure portuaire dans un secteur assez restreint du fjord du Saguenay.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Val&#233;rie Beauchamp, &#171; Une coalition &#224; la d&#233;fense du fjord &#187;, &lt;em&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/em&gt;, no 81, novembre 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Isabel Brochu est consultante en d&#233;veloppement et professionnelle de recherche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Normand Gaudreault (CC BY-NC-ND 2.0).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La voix d'un journal r&#233;gional</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-voix-d-un-journal-regional</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/La-voix-d-un-journal-regional</guid>
		<dc:date>2021-03-21T14:46:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mariane M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;dias et journalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;nard, Mariane</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a tout juste dix ans, l'Abitibi-T&#233;miscamingue se dotait d'un journal culturel. Un projet m&#233;dit&#233; longuement qui a pris forme au bout de cinq ans de r&#233;flexions, de brassage d'id&#233;es et de questionnements. Parmi ceux-ci : un tel projet est-il possible ? &lt;br class='autobr' /&gt; C'&#233;tait d'abord un besoin du milieu culturel r&#233;gional : celui de faire conna&#238;tre le travail des artistes de l'Abitibi-T&#233;miscamingue. L'apparition de L'Indice boh&#233;mien venait aussi alimenter un dynamisme culturel florissant dans la r&#233;gion (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-82-janvier-2020-" rel="directory"&gt;No 082 - janvier 2020&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Medias-et-journalisme-+" rel="tag"&gt;M&#233;dias et journalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Menard-Mariane-+" rel="tag"&gt;M&#233;nard, Mariane&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3102.jpg?1642092257' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;224&#034; height=&#034;281&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a tout juste dix ans, l'Abitibi-T&#233;miscamingue se dotait d'un journal culturel. Un projet m&#233;dit&#233; longuement qui a pris forme au bout de cinq ans de r&#233;flexions, de brassage d'id&#233;es et de questionnements. Parmi ceux-ci : un tel projet est-il possible ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; C'&#233;tait d'abord un besoin du milieu culturel r&#233;gional : celui de faire conna&#238;tre le travail des artistes de l'Abitibi-T&#233;miscamingue. L'apparition de &lt;em&gt;L'Indice boh&#233;mien&lt;/em&gt; venait aussi alimenter un dynamisme culturel florissant dans la r&#233;gion et incitait les citoyen&#183;ne&#183;s &#224; sortir pour aller &#224; la rencontre des arts et de la culture. Apr&#232;s dix ans, le journal est rest&#233; 100 % ind&#233;pendant et vivant. R&#233;cemment, il s'est m&#234;me offert un rajeunissement visuel. Dans les prochains mois, ce sera au tour de sa plateforme Web. Alors que les m&#233;dias connaissent des difficult&#233;s sans pr&#233;c&#233;dent et que la diversit&#233; des voix est en p&#233;ril, qu'est-ce qui permet &#224; ce petit journal r&#233;gional au mandat plut&#244;t pointu de tirer son &#233;pingle du jeu et de conserver son ind&#233;pendance ? Sa formule contient peut-&#234;tre des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse. Bien que celle-ci ne puisse pas s'appliquer &#224; l'ensemble des m&#233;dias, elle ouvre une perspective qui m&#233;rite d'&#234;tre &#233;tudi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Un m&#233;dia communautaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; D&#232;s sa cr&#233;ation, le journal culturel de l'Abitibi-T&#233;miscamingue s'est inscrit dans la cat&#233;gorie des m&#233;dias communautaires. Cette caract&#233;ristique est au c&#339;ur du fonctionnement et de la philosophie du journal : il est un produit de la communaut&#233; et il s'adresse &#224; la communaut&#233;. Au fil du temps, les collaborateurs&#183;trices et les chroniqueurs&#183;euses de &lt;em&gt;L'Indice boh&#233;mien&lt;/em&gt; ont apport&#233; leur couleur au journal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Non seulement la communaut&#233; r&#233;dige le contenu de &lt;em&gt;L'Indice&lt;/em&gt;, elle se l'approprie. Le contenu est d'ailleurs d'une richesse et d'une diversit&#233; impressionnantes. Entre la critique du roman d'une autrice t&#233;miscamienne et la nouvelle de la cr&#233;ation d'une &#339;uvre &#233;cologique dans une petite localit&#233; d'Abitibi, on trouvera les textes d'opinion de nos chroniqueurs&#183;euses, des rubriques portant sur l'environnement, le d&#233;veloppement num&#233;rique ou l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Une approche sociale de la vie culturelle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; La r&#233;gion jouit d'une vie culturelle assez imposante pour que ce mensuel se consacre exclusivement &#224; l'actualit&#233; culturelle. &#192; dire vrai, &lt;em&gt;L'Indice boh&#233;mien&lt;/em&gt; ne couvre jamais tout ce qui se passe sur le plan culturel dans la r&#233;gion, car il s'en passe beaucoup ! Le journal a pourtant souhait&#233;, il y a quelques ann&#233;es, &#233;largir son mandat et modifier l&#233;g&#232;rement son appellation. Plut&#244;t que &#171; &lt;em&gt;journal culturel&lt;/em&gt; &#187;, on l'appelle maintenant &#171; &lt;em&gt;journal socioculturel&lt;/em&gt; &#187;. Une nuance qui rend d'abord compte de l'essence toute sociale du m&#233;dia et de l'appropriation de ce journal par les citoyen&#183;ne&#183;s. Mais elle traduit surtout une volont&#233; de penser son contenu en consid&#233;rant la culture comme composante d'une soci&#233;t&#233;. Des faits sociaux ne peuvent-ils pas &#234;tre examin&#233;s &#224; travers une approche culturelle et des faits artistiques, sous un angle politique ou social ? &lt;em&gt;L'Indice boh&#233;mien&lt;/em&gt; consid&#232;re que ces champs sont profond&#233;ment reli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Concr&#232;tement, cette approche socioculturelle se traduit d'une part dans l'apport des chroniqueurs&#183;euses. Des chroniques th&#233;matiques permettent &#224; des collaborateurs&#183;trices d'aborder diff&#233;rents th&#232;mes. Nous mentionnions pr&#233;c&#233;demment l'environnement et l'histoire, et ajoutons &#224; cette liste la chronique Premi&#232;res Nations. On y compte &#233;galement des textes d'opinion. &lt;em&gt;L'Indice boh&#233;mien&lt;/em&gt; offre une rare tribune dans la r&#233;gion o&#249; se confrontent les id&#233;es et o&#249; les auteur&#183;e&#183;s partagent leur vision de certains ph&#233;nom&#232;nes sociaux ou &#233;v&#233;nements d'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'&#233;largissement du spectre d'int&#233;r&#234;t de &lt;em&gt;L'Indice boh&#233;mien&lt;/em&gt; prend aussi la forme de dossiers th&#233;matiques. Chaque parution comporte en effet un dossier qui permet d'inclure des collaborations sp&#233;ciales et de proposer aux collaboratrices et aux collaborateurs une plus grande vari&#233;t&#233; de sujets. Souvent choisis de mani&#232;re &#224; souligner un &#233;v&#233;nement qui se d&#233;roulera pendant le mois couvert (dossiers &#171; Femmes &#187; en mars, &#171; Environnement &#187; en avril, &#171; Premi&#232;res Nations &#187; en juin, pour n'en nommer que quelques-uns), ces dossiers permettent d'ancrer encore davantage le m&#233;dia dans sa communaut&#233; ainsi que dans son contexte social et historique. Cela permet en quelque sorte de rapprocher les arts et la culture de l'actualit&#233; sociopolitique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; C&#233;l&#233;brer les richesses du territoire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; En Abitibi-T&#233;miscamingue, pr&#233;tendre faire un journal culturel repr&#233;sentatif de toute la r&#233;gion et de toute la communaut&#233; ne peut se faire qu'en tenant compte autant des grandes communaut&#233;s que des petites, des initiatives imposantes autant que des projets &#233;mergents, et surtout en consid&#233;rant les diff&#233;rentes communaut&#233;s qui peuplent ce grand territoire. Ici, on pense particuli&#232;rement aux Premi&#232;res Nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;em&gt;L'Indice boh&#233;mien&lt;/em&gt; offre de formidables occasions de mettre de l'avant les initiatives autochtones en mati&#232;re d'art et de culture. Ainsi que l'exposait Ariane Turmel-Ch&#233;nard dans les pages de cette revue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ariane Turmel-Ch&#233;nard, &#171; Territoire habit&#233; &#187;, &#192; b&#226;bord !, no 80, &#233;t&#233; 2019, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les artistes des Premi&#232;res Nations, en Abitibi-T&#233;miscamingue comme dans d'autres r&#233;gions, sont de plus en plus pr&#233;sent&#183;e&#183;s dans les institutions mus&#233;ales et occupent, de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, une place grandissante sur la sc&#232;ne culturelle. Pour ce petit journal, cette vitalit&#233; alimente la banque de sujets mensuelle et permet d'offrir une vitrine &#224; ces diff&#233;rentes initiatives. Mais au-del&#224; de la promotion des productions artistiques, cela permet de provoquer des rencontres et de favoriser le dialogue et l'&#233;change dans un respect mutuel. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Chaque mois de juin, pour souligner la Journ&#233;e nationale des peuples autochtones, &lt;em&gt;L'Indice boh&#233;mien&lt;/em&gt; consacre un dossier th&#233;matique aux Premi&#232;res Nations. Bien que la r&#233;daction du journal cherche &#224; mettre de l'avant les manifestations culturelles anicinabek chaque fois que l'actualit&#233; culturelle le permet, l'id&#233;e d'y porter une plus grande attention dans une &#233;dition sp&#233;ciale est de placer les artistes anicinabek &#224; l'avant-sc&#232;ne tout en s'assurant que ces articles ressortent du lot de l'actualit&#233; culturelle r&#233;guli&#232;re. Cela vient aussi d'une intention de solliciter des collaborations sp&#233;ciales et de souligner des initiatives d'un point de vue qui n'est pas forc&#233;ment celui des arts et de la culture. Enfin, ce dossier permet aussi de donner la parole aux Anicinabek. La r&#233;daction de l'&#233;ditorial de juin est d'ailleurs fr&#233;quemment confi&#233;e &#224; une personnalit&#233; autochtone de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; L'&#233;conomie sociale &#224; la rescousse des m&#233;dias d'information ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Alors que les m&#233;dias d'information connaissent de profonds bouleversements et qu'une commission parlementaire a le mandat de se pencher sur leur avenir, force est de constater que des changements importants s'imposent pour le bien-&#234;tre de l'information nationale, r&#233;gionale et locale. La diversit&#233; des voix en mati&#232;re de journalisme doit &#234;tre prot&#233;g&#233;e et encourag&#233;e. Comment favoriser l'&#233;mergence et le maintien de m&#233;dias ind&#233;pendants &#224; l'ext&#233;rieur des conglom&#233;rats qui nuisent &#224; la diversit&#233; plut&#244;t qu'ils n'y contribuent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Alors que le quotidien &lt;em&gt;La Presse&lt;/em&gt; est r&#233;cemment pass&#233;e des mains d'une entreprise priv&#233;e au mod&#232;le d'un organisme &#224; but non lucratif, les quotidiens du Groupe Capitales M&#233;dias pr&#233;parent &#224; leur tour leur transition vers l'&#233;conomie sociale et pr&#233;voient d&#233;velopper des coop&#233;ratives de solidarit&#233;. C'est aussi le mod&#232;le qu'a choisi le premier conseil d'administration de L'Indice boh&#233;mien quand est venu le temps de choisir un mod&#232;le entrepreneurial. &lt;em&gt;L'Indice&lt;/em&gt; est toujours une coop&#233;rative de solidarit&#233;. Celle-ci emploie deux employ&#233;es permanentes qui assurent les t&#226;ches d'administration, de coordination et de r&#233;daction, ainsi que quelques personnes contractuelles. Pour ce journal communautaire, la formule est viable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'&#233;conomie sociale se distingue en son essence des mod&#232;les d'affaires traditionnels en ce sens &#171; &lt;em&gt;qu'elle vend ou &#233;change des biens et services non pas dans le but de faire du profit, mais plut&#244;t dans celui de r&#233;pondre aux besoins de ses membres ou de la communaut&#233; qui l'accueille&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;conomie et innovation Qu&#233;bec, &#171; Qu'est-ce qu'une entreprise d'&#233;conomie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Quand on parle d'information, cette nuance est fondamentale, puisque l'int&#233;r&#234;t premier des propri&#233;taires de l'entreprise est de servir le bien commun plut&#244;t que de s'enrichir. Ainsi, l'information est trait&#233;e non pas selon des int&#233;r&#234;ts financiers, mais bien en fonction de l'int&#233;r&#234;t public. Cesser de voir l'information en regard de son potentiel de g&#233;n&#233;rer du profit est peut-&#234;tre une cl&#233; pour la sauvegarde de la diversit&#233; journalistique. Encore faut-il que ces entreprises soient suffisamment rentables pour assurer leur survie, dira-t-on. En effet, et c'est pourquoi de nombreux acteurs du milieu journalistique militent pour la cr&#233;ation d'un fonds qu&#233;b&#233;cois d&#233;di&#233; au milieu des m&#233;dias d'information. Tous les m&#233;dias d'information ne deviendront pas des entreprises d'&#233;conomie sociale. Mais le d&#233;veloppement de coop&#233;ratives de solidarit&#233; dans le milieu journalistique est certainement digne d'int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ariane Turmel-Ch&#233;nard, &#171; Territoire habit&#233; &#187;, &lt;em&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/em&gt;, no 80, &#233;t&#233; 2019, p. 37. &lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;conomie et innovation Qu&#233;bec, &#171; Qu'est-ce qu'une entreprise d'&#233;conomie sociale ? &#187;. En ligne : &lt;a class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; href=&#034;http://www.economie.gouv.qc.ca/bibliotheques/bref/quest-ce-quune-entreprise-deconomie-sociale&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.economie.gouv.qc.ca/bibliotheques/bref/quest-ce-quune-entreprise-deconomie-sociale&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Mariane M&#233;nard est coordonnatrice &#224; la r&#233;daction de L'indice boh&#233;mien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le populisme de gauche. &#192; tort ou &#224; raison ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-populisme-de-gauche-A-tort-ou-a-raison</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-populisme-de-gauche-A-tort-ou-a-raison</guid>
		<dc:date>2021-03-11T20:36:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne-Marie Le Saux, Ricardo Pe&#241;afiel, Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Pe&#241;afiel, Ricardo</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Le Saux, Anne-Marie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le populisme n'a pas souvent bonne presse. Il est vu comme une fa&#231;on complaisante de faire de la politique, jouant sur les plus bas instincts de la population, sur les &#233;motions premi&#232;res et irr&#233;fl&#233;chies, simplifiant les enjeux autant que possible, s'ouvrant aux grossi&#232;res manipulations de l'&#233;lectorat. Mais cette vision ne fait pas l'unanimit&#233;. Certain&#183;e&#183;s penseur&#183;e&#183;s et personnalit&#233;s politiques consid&#232;rent que le populisme s'attaque en fait a&#768; l'&#233;litisme, &#224; une classe dominante qui se sert (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Le-populisme-de-gauche-A-tort-ou-a-raison-" rel="directory"&gt;Dossier : Le populisme de gauche. &#192; tort ou &#224; raison ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Penafiel-Ricardo-+" rel="tag"&gt;Pe&#241;afiel, Ricardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Le-Saux-Anne-Marie-+" rel="tag"&gt;Le Saux, Anne-Marie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2794.png?1642092234' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;522&#034; height=&#034;703&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le populisme n'a pas souvent bonne presse. Il est vu comme une fa&#231;on complaisante de faire de la politique, jouant sur les plus bas instincts de la population, sur les &#233;motions premi&#232;res et irr&#233;fl&#233;chies, simplifiant les enjeux autant que possible, s'ouvrant aux grossi&#232;res manipulations de l'&#233;lectorat. Mais cette vision ne fait pas l'unanimit&#233;. Certain&#183;e&#183;s penseur&#183;e&#183;s et personnalit&#233;s politiques consid&#232;rent que le populisme s'attaque en fait a&#768; l'&#233;litisme, &#224; une classe dominante qui se sert de la politique pour consolider ses privil&#232;ges.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Au Qu&#233;bec et dans les pays occidentaux, ce courant est surtout associ&#233; &#224; l'extr&#234;me droite. Des radios priv&#233;es de Que&#769;bec &#224; Donald Trump aux &#201;tats-Unis, en passant par Jair Bolsonaro au Br&#233;sil, le Front national en France et la Ligue en Italie, le recours &#224; un discours manich&#233;en et tr&#232;s &#233;motif, aliment&#233; par la haine et le ressentiment, a sembl&#233; donner des r&#233;sultats concrets lors d'&#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si bien que la gauche se pose la question : et s'il fallait emprunter un ton plus frondeur, mais avec une nette pr&#233;occupation pour la justice sociale ? Et si l'approche g&#233;n&#233;rale de la gauche, ces derni&#232;res anne&#769;es, &#233;tait trop inaccessible, coup&#233;e du &#171; vrai monde &#187; ? Et si le populisme de gauche &#233;tait tout simplement la meilleure r&#233;plique au populisme de droite ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous n'avons certes pas l'intention de donner une r&#233;ponse d&#233;finitive &#224; ces questions complexes dans ce dossier. Mais il nous semblait essentiel de bien nourrir la r&#233;flexion. Paradoxalement, le populisme a beaucoup int&#233;ress&#233; des intellectuel&#183;le&#183;s qui essaient de le comprendre et de s'en approprier, quitte &#224; ce que ce discours s'&#233;loigne de celles et ceux qu'il concerne. Il est aussi v&#233;cu au quotidien par les personnes qui font de la politique et qui en voient les avantages et les inconv&#233;nients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Chose certaine, il peut sembler tout aussi difficile &#224; rejeter en bloc qu'&#224; adopter sans r&#233;serve. Nous esp&#233;rons que les textes de ce dossier puissent vous permettre de jeter un regard diff&#233;rent sur un ph&#233;nom&#232;ne parfois difficile &#224; circonscrire en raison de la multiplicit&#233; des formes dans laquelle il se pr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dossier coordonn&#233; par Anne-Marie Le Saux, Ricardo Pe&#241;afiel et Claude Vaillancourt &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Illustrations par Se&#769;bastien Marchal&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Avec des contributions de Benoit Coutu, Jean-Pierre Couture, Marc-Andr&#233; Cyr, Catherine Dorion, Ludvic Moquin-Beaudry, Roxana Paniagua Humeres, Dominique Payette, Federico Tarragoni, &#201;lisabeth Vallet et Fr&#233;d&#233;rique Verreault&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
