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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Les nouveaux habits de l'imp&#233;ralisme</title>
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		<dc:date>2020-08-01T16:28:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Val&#233;rie Beauchamp, Am&#233;lie Nguyen, Ricardo Pe&#241;afiel</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Pe&#241;afiel, Ricardo</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Nguyen, Am&#233;lie</dc:subject>
		<dc:subject>Beauchamp, Val&#233;rie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans l'imaginaire collectif, le colonialisme et l'imp&#233;rialisme sont des concepts d&#233;pass&#233;s. Ayant pris fin avec les victoires des mouvements de d&#233;colonisation victorieux dans le tiers-monde, l'anti-imp&#233;rialisme ne serait plus que l'apanage de quelques nostalgiques d'extr&#234;me gauche voyant la main d'un Empire imaginaire dans tous les conflits nationaux. Le retour, dans les ann&#233;es 1990, de l'id&#233;e de d&#233;colonisation des esprits est bien souvent tax&#233;, par les courants n&#233;oconservateurs, de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Les-nouveaux-habits-de-l-imperialisme-" rel="directory"&gt;Dossier : Les nouveaux habits de l'imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Imperialisme-+" rel="tag"&gt;Colonialisme et imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Beauchamp-Valerie-+" rel="tag"&gt;Beauchamp, Val&#233;rie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2726.jpg?1642092226' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;3008&#034; height=&#034;1703&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans l'imaginaire collectif, le colonialisme et l'imp&#233;rialisme sont des concepts d&#233;pass&#233;s. Ayant pris fin avec les victoires des mouvements de d&#233;colonisation victorieux dans le tiers-monde, l'anti-imp&#233;rialisme ne serait plus que l'apanage de quelques nostalgiques d'extr&#234;me gauche voyant la main d'un Empire imaginaire dans tous les conflits nationaux. Le retour, dans les ann&#233;es 1990, de l'id&#233;e de d&#233;colonisation des esprits est bien souvent tax&#233;, par les courants n&#233;oconservateurs, de d&#233;monisation de la culture des populations majoritaires op&#233;rant une rupture historique qui menacerait &#171; nos &#187; traditions. Les appels &#224; reconna&#238;tre la perp&#233;tuation des relations coloniales et imp&#233;rialistes &#224; l'&#233;poque contemporaine font na&#238;tre de funestes passions au sein de populations blanches qui se sentent bl&#226;m&#233;es injustement. Le discours d&#233;colonial est per&#231;u comme du &#171; racisme antiblanc &#187; moralisateur visant &#224; &#233;touffer les voix des majoritaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans l'imaginaire collectif, le colonialisme et l'imp&#233;rialisme sont des concepts d&#233;pass&#233;s. Ayant pris fin avec les victoires des mouvements de d&#233;colonisation victorieux dans le tiers-monde, l'anti-imp&#233;rialisme ne serait plus que l'apanage de quelques nostalgiques d'extr&#234;me gauche voyant la main d'un Empire imaginaire dans tous les conflits nationaux. Le retour, dans les ann&#233;es 1990, de l'id&#233;e de d&#233;colonisation des esprits est bien souvent tax&#233;, par les courants n&#233;oconservateurs, de d&#233;monisation de la culture des populations majoritaires op&#233;rant une rupture historique qui menacerait &#171; nos &#187; traditions. Les appels &#224; reconna&#238;tre la perp&#233;tuation des relations coloniales et imp&#233;rialistes &#224; l'&#233;poque contemporaine font na&#238;tre de funestes passions au sein de populations blanches qui se sentent bl&#226;m&#233;es injustement. Le discours d&#233;colonial est per&#231;u comme du &#171; racisme antiblanc &#187; moralisateur visant &#224; &#233;touffer les voix des majoritaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, nous ne pouvons &#233;chapper collectivement &#224; une remise en question de nos relations avec les territoires non c&#233;d&#233;s et spoli&#233;s dans lesquels nous &#233;voluons &#224; travers le monde. Nous ne pouvons ignorer l'extraction sans fin que nous faisons des ressources des pays sous la domination occidentale. Nous ne pouvons ignorer la violence subie par les peuples d&#233;poss&#233;d&#233;s de leur terre et de leur culture, qu'elle soit physique, symbolique ou &#233;conomique. Le colonialisme et l'imp&#233;rialisme se perp&#233;tuent &#224; travers le temps et demeurent les piliers les plus solides du capitalisme mondialis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous de nouveaux habits qui le rendent plus diffus et flexible, au moyen de nouveaux outils, comme les firmes transnationales, un syst&#232;me juridique international complaisant et une adaptation ing&#233;nieuse du discours, l'imp&#233;rialisme poursuit son &#339;uvre dans l'ombre d'une &#171; &#233;conomie globale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dossier vise &#224; mettre en &#233;vidence l'actualit&#233; des concepts d'imp&#233;rialisme pour comprendre les relations de domination mondiales contemporaines. Les deux premiers textes contestent explicitement ces repr&#233;sentations et r&#233;alit&#233;s de l'imp&#233;rialisme dans son historicit&#233; et dans sa forme actuelle. Les autres textes d&#233;montrent les impacts contemporains de la perp&#233;tuation des relations coloniales et imp&#233;rialistes. De la cr&#233;ation des fronti&#232;res &#224; l'intervention et l'aide humanitaires comme visages de l'imp&#233;rialisme, les ramifications de ce rapport de pouvoir s'&#233;tendent bien au-del&#224; de l'extractivisme vu comme sa forme la plus archa&#239;que. Tout autant dans la marchandisation culturelle que dans l'utilisation de la dette comme outil de domination, les formes de l'imp&#233;rialisme ont &#233;volu&#233;, mais restent infiniment violentes pour tous les peuples. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dossier coordonn&#233; par Val&#233;rie Beauchamp, Am&#233;lie Nguyen et Ricardo Pe&#241;afiel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec des contributions de Dominique Caouette, Dalie Giroux, Jean-Pierre Houde, Am&#233;lie Nguyen, Maxime Ouellet, Ricardo Pe&#241;afiel, Michel Sancho et &#201;ric Toussaint&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Romel Jacinto (CC BY-NS 2.0).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Une domination aux mille visages</title>
		<link>https://www.ababord.org/Une-domination-aux-mille-visages</link>
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		<dc:date>2020-08-01T16:26:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Caouette</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Caouette, Dominique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a parfois de ces id&#233;es qui naissent pour d&#233;crire et expliquer un &#233;tat de fait qui semble avoir mille vies, mille visages et rena&#238;tre &#224; chaque &#233;poque sous de nouveaux apparats. L'imp&#233;rialisme en est une, qui prend aujourd'hui les habits de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette notion de mondialisation, beaucoup plus r&#233;cente et polys&#233;mique, est souvent consid&#233;r&#233;e moins charg&#233;e politiquement et donne un certain vernis d'in&#233;luctabilit&#233; et de grandes avanc&#233;es pour l'humanit&#233;. Pourtant, elle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Caouette-Dominique-+" rel="tag"&gt;Caouette, Dominique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2960.png?1642092248' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1191&#034; height=&#034;381&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a parfois de ces id&#233;es qui naissent pour d&#233;crire et expliquer un &#233;tat de fait qui semble avoir mille vies, mille visages et rena&#238;tre &#224; chaque &#233;poque sous de nouveaux apparats. L'imp&#233;rialisme en est une, qui prend aujourd'hui les habits de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette notion de mondialisation, beaucoup plus r&#233;cente et polys&#233;mique, est souvent consid&#233;r&#233;e moins charg&#233;e politiquement et donne un certain vernis d'in&#233;luctabilit&#233; et de grandes avanc&#233;es pour l'humanit&#233;. Pourtant, elle masque des rapports de pouvoir, d'in&#233;galit&#233;, de hi&#233;rarchie et de domination patriarcale, ce que l'id&#233;e d'imp&#233;rialisme place en son centre. L'acceptation contemporaine de l'imp&#233;rialisme date de la fin du 19e si&#232;cle et provient de l'anglais. Le terme signifie originellement la politique d'expansion coloniale dans le cadre de l'Empire britannique.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme y incarne alors une forme de darwinisme social promu par l'Occident. Comme l'expliquent Marie-Claude Smouts, Dario Battistella et Pascal Venesson : &#171; &lt;em&gt;[S]&#251;res de la sup&#233;riorit&#233; raciale et id&#233;ologique de l'Occident, les approches conservatrices de l'imp&#233;rialisme&lt;/em&gt; [...] &lt;em&gt;souhaitent l'expansion imp&#233;riale pour pr&#233;server l'ordre social dans les pays les plus d&#233;velopp&#233;s&lt;/em&gt;. &#187; Ainsi, l'imp&#233;rialisme &#171; [...] &lt;em&gt;garantit le commerce et l'acc&#232;s aux march&#233;s, il assure l'exportation des capitaux et canalise les conflits sociaux en favorisant les migrations&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marie-Claude Smouts, Dario Battistella et Pascal Venesson (dir.), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Il faudra attendre les th&#232;ses critiques et surtout les analyses marxistes du tournant du 20e si&#232;cle pour r&#233;v&#233;ler le caract&#232;re de domination et d'exploitation inh&#233;rent &#224; cette expansion du capitalisme qu'est l'imp&#233;rialisme. Les formulations marxistes associ&#233;es aux travaux entre autres de L&#233;nine, Luxemburg et Boukharine viendront pr&#233;ciser les contours de l'imp&#233;rialisme tel qu'il se d&#233;ploie avec l'expansion coloniale et la mont&#233;e des tensions et des conflits entre les puissances imp&#233;riales europ&#233;ennes. L&#233;nine introduira des concepts qui seront r&#233;utilis&#233;s par la suite par le n&#233;omarxisme, notamment la th&#233;orie du syst&#232;me-monde qu'il con&#231;oit comme une structure &#224; deux niveaux form&#233;e au sein de l'&#233;conomie mondiale, o&#249; un centre dominant exploitait une p&#233;riph&#233;rie moins d&#233;velopp&#233;e. De mani&#232;re clairvoyante, L&#233;nine anticipe la mont&#233;e en puissance des oligopoles qui contr&#244;lent de plus en plus les &#233;conomies de chaque pays et qui, n'ayant plus de d&#233;bouch&#233;s &#224; s'approprier, sont amener &#224; rivaliser entre elles pour l'accumulation des ressources plan&#233;taires. Cette rivalit&#233; grandissante explique en partie les deux grandes guerres du 20e si&#232;cle, mais moins la d&#233;colonisation et l'&#233;mergence &#233;conomique de certains &#201;tats que l'on associe aux nouveaux pays industrialis&#233;s.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;pendance et syst&#232;me-monde&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1960, on voit se constituer un courant n&#233;omarxiste de l'imp&#233;rialisme qui souligne les relations d'interd&#233;pendance d&#233;s&#233;quilibr&#233;es entre les soci&#233;t&#233;s dans le syst&#232;me international. Tout d'abord incarn&#233;e par l'approche de la d&#233;pendance et de l'&#233;change in&#233;gal, l'observation centrale de ce courant &#171; [...] &lt;em&gt;est le contraste flagrant entre l'&#233;galit&#233; politique et l'in&#233;galit&#233; &#233;conomique qui caract&#233;rise le syst&#232;me international&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dario Battistella, Th&#233;ories des relations internationales, 4e &#233;dition, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Ces consid&#233;rations sont graduellement &#233;largies &#224; l'ensemble des relations entre pays industrialis&#233;s et pays sous-d&#233;velopp&#233;s sous l'angle d'analyse de la d&#233;pendance de la p&#233;riph&#233;rie par rapport au centre comme cause des in&#233;galit&#233;s entre pays. Cette in&#233;galit&#233; des &#233;changes entre le Nord et le Sud se refl&#232;te dans diff&#233;rentes sph&#232;res d'activit&#233;s, que ce soit au niveau commercial, financier, technologique et m&#234;me socioculturel.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette approche sera remise en question et mise &#224; jour par les tenants du syst&#232;me-monde. Cette analyse renouvel&#233;e de l'imp&#233;rialisme propose qu'avec l'extension &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire du capitalisme, il existe aujourd'hui un seul syst&#232;me socio&#233;conomique mondial dominant, soit le syst&#232;me-monde, d&#233;fini comme &#171; [...] &lt;em&gt;un fragment de l'univers englobant &#224; plus ou moins grande &#233;chelle non pas plusieurs &#201;tats, mais plusieurs entit&#233;s politiques, &#233;conomiques et culturelles, reli&#233;es entre elles par une autosuffisance &#233;conomique et mat&#233;rielle fond&#233;e sur une division du travail et des &#233;changes&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid, p. 272.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Au sein du syst&#232;me-monde capitaliste, il n'existe pas de syst&#232;me politique unique, mais &#171; [...] &lt;em&gt;une multiplicit&#233; de centres de puissance en comp&#233;tition les uns avec les autres, et o&#249; le m&#233;canisme de transfert des ressources est assur&#233; par l'interm&#233;diaire du march&#233;, toujours en faveur du centre&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Comme l'explique Battistella, ce syst&#232;me mondial s'organise autour de trois groupes d'&#233;conomie : celles du centre (les &#233;conomies au sein desquelles sont localis&#233;es les productions du secteur tertiaire), la p&#233;riph&#233;rie (les &#233;conomies du secteur primaire au sein desquelles sont localis&#233;es les mati&#232;res premi&#232;res extraites pour enrichir le centre) et la semi-p&#233;riph&#233;rie (les &#233;conomies o&#249; se concentre le secteur secondaire, tout &#224; la fois p&#233;n&#233;tr&#233; par le capital du centre sans pour autant disposer d'une base industrielle autonome et jouant un double r&#244;le essentiel, soit de permettre la d&#233;localisation des industries du centre vers un bassin de main-d'&#339;uvre bon march&#233;, mais aussi de faire contrepoids &#224; la tendance &#224; la hausse des salaires au centre).&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;H&#233;g&#233;monie et th&#233;orie critique&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les &#233;crits d'Antonio Gramsci sont venus enrichir la compr&#233;hension de l'imp&#233;rialisme au moment o&#249; l'on observe l'extension et l'approfondissement dans une vaste &#233;tendue des sph&#232;res publiques et priv&#233;es (on n'a qu'&#224; penser qu'aux GAFA de ce monde &#8211; Google, Apple, Facebook, Amazon). Gramsci postule que la bourgeoisie maintient son h&#233;g&#233;monie &#224; travers son contr&#244;le sur &#171; [...] &lt;em&gt;l'ensemble des institutions &#233;tatiques, notamment les institutions culturelles productrices d'id&#233;es et de valeurs&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Diane &#201;thier, Introduction aux relations internationales, 2e &#233;dition, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Gramsci fait donc ressortir le r&#244;le et l'influence de l'h&#233;g&#233;monie culturelle et id&#233;ologique et permet ainsi l'&#233;mergence d'une th&#233;orie critique des relations internationales. Comme l'explique Diane &#201;thier, les tenants de la th&#233;orie critique avancent que l'h&#233;g&#233;monie des &#201;tats les plus puissants &#171; [...] r&lt;em&gt;epose non seulement sur la puissance &#233;conomique, financi&#232;re, politique et militaire de leurs classes dirigeantes, mais sur la capacit&#233; de ces derni&#232;res d'imposer leurs conceptions id&#233;ologiques, leurs normes et leurs valeurs culturelles aux classes subordonn&#233;es et aux institutions&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Nouvelles th&#232;ses sur l'Empire&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;N&#233; de la rencontre du militant marxiste engag&#233; et intellectuel italien Antonio Negri et du professeur am&#233;ricain de litt&#233;rature compar&#233;e Michael Hardt, l'ouvrage &lt;em&gt;Empire&lt;/em&gt; (2000) rompt avec la vision marxiste de l'imp&#233;rialisme, notamment en avan&#231;ant la th&#232;se de la fin de l'imp&#233;rialisme, remplac&#233; par l'Empire. L'Empire n'est plus l'extension de la souverainet&#233; d'un &#201;tat au-del&#224; de ses fronti&#232;res, mais &#171; [...] &lt;em&gt;la manifestation d'une souverainet&#233; globale qui ne reconna&#238;t aucune limite territoriale et qui exerce son pouvoir &#224; travers une multitude d'instances et d'institutions (sans centre sp&#233;cifique), mais unifi&#233;es par une m&#234;me logique : celle du pouvoir homog&#233;n&#233;isant du march&#233; mondial&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Leandro Vergara-Camus, &#171; Imp&#233;rialisme &#187;, dans Alex Macleod, Evelyne Dufault, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs th&#232;ses r&#233;centes d&#233;crivent aujourd'hui une globalisation imp&#233;riale qui porterait en elle une colonialit&#233; globalis&#233;e. Celle-ci aurait pour effet de marginaliser et de supprimer les connaissances, la culture et les voix des groupes subalternes. Face &#224; cette nouvelle colonialit&#233; imp&#233;riale, l'&#233;mergence de mouvements et de r&#233;seaux auto-organis&#233;s autour de la logique de la diff&#233;rence et d'une politique situ&#233;e et con&#231;ue au-del&#224; du paradigme de la modernit&#233; constitue les bases d'une nouvelle contre-h&#233;g&#233;monie. Arturo Escobar, dans son article &lt;em&gt;Beyond the Third World &lt;/em&gt;(2004), souligne d'ailleurs que la conception d'une &#171; politique situ&#233;e &#187;, &#233;labor&#233;e par l'autrice f&#233;ministe J. K. Gibson-Graham, est souvent mise de l'avant par les mouvements f&#233;ministes et environnementaux ainsi que par ceux et celles qui militent pour des formes alternatives de style de vie, par exemple la simplicit&#233; volontaire et la d&#233;croissance. Au moment o&#249; nous nous interrogeons sur l'avenir climatique de la plan&#232;te, on peut sans doute voir dans la diversit&#233; des initiatives pour une transition climatique et les mouvements de plus en plus multiples et auto-organis&#233;s l'essor d'une r&#233;ponse contre-h&#233;g&#233;monique et situ&#233;e face &#224; la globalit&#233; imp&#233;riale, nouvelle incarnation de l'imp&#233;rialisme.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marie-Claude Smouts, Dario Battistella et Pascal Venesson (dir.), &lt;em&gt;Dictionnaire des relations internationales&lt;/em&gt;, 2e &#233;dition, Paris, Dalloz, 2006, p. 287.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dario Battistella, &lt;em&gt;Th&#233;ories des relations internationales&lt;/em&gt;, 4e &#233;dition, Paris, Presses de Sciences Po, 2012, p. 266.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Ibid&lt;/em&gt;, p. 272.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Ibid&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Diane &#201;thier, &lt;em&gt;Introduction aux relations internationales&lt;/em&gt;, 2e &#233;dition, Montr&#233;al : Presses de l'Universit&#233; de Montr&#233;al, 2004, p. 57.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Ibid&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Leandro Vergara-Camus, &#171; Imp&#233;rialisme &#187;, dans Alex Macleod, Evelyne Dufault, Fr&#233;d&#233;rick Guillaume Dufour et David Morin (dir.), &lt;em&gt;Relations internationales : Th&#233;orie et concepts&lt;/em&gt;, 3e &#233;dition, Outremont, Ath&#233;na &#201;ditions, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur est professeur agr&#233;g&#233; de science politique et directeur du R&#233;seau d'&#233;tudes des dynamiques transnationales et de l'action collective (REDTAC), Universit&#233; de Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Plusieurs milliers de personnes se sont rassembl&#233;es en juillet 2018 &#224; Londres pour protester contre la venue de Donald Trump (WikiCommons, CC BY-NS 2.0).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Empire. Nouvel habit de l'imp&#233;rialisme ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Nouvel-habit-de-l-imperialisme</link>
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		<dc:date>2020-08-01T16:18:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ricardo Pe&#241;afiel</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Pe&#241;afiel, Ricardo</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au tournant du mill&#233;naire, Michael Hardt et Antonio Negri avan&#231;aient une th&#232;se assez controvers&#233;e au sujet de l'av&#232;nement d'une nouvelle forme &#171; postmoderne &#187; de domination mondialis&#233;e qu'ils nomment &#171; Empire &#187;. Pour ces auteurs, la concurrence belliqueuse entre puissances imp&#233;riales a fait place &#224; un seul syst&#232;me d'exploitation post-&#233;tatique de domination mondialis&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt; Selon Hardt et Negri, alors que l'imp&#233;rialisme &#233;tait marqu&#233; par l'expansion de l'&#201;tat-nation au-del&#224; de ses fronti&#232;res, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Imperialisme-+" rel="tag"&gt;Colonialisme et imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Penafiel-Ricardo-+" rel="tag"&gt;Pe&#241;afiel, Ricardo&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2959.jpg?1642092248' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1251&#034; height=&#034;834&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au tournant du mill&#233;naire, Michael Hardt et Antonio Negri avan&#231;aient une th&#232;se assez controvers&#233;e au sujet de l'av&#232;nement d'une nouvelle forme &#171; postmoderne &#187; de domination mondialis&#233;e qu'ils nomment &#171; Empire &#187;. Pour ces auteurs, la concurrence belliqueuse entre puissances imp&#233;riales a fait place &#224; un seul syst&#232;me d'exploitation post-&#233;tatique de domination mondialis&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Selon Hardt et Negri, alors que l'imp&#233;rialisme &#233;tait marqu&#233; par l'expansion de l'&#201;tat-nation au-del&#224; de ses fronti&#232;res, la nouvelle forme de domination capitaliste mondialis&#233;e est marqu&#233;e par l'abolition de l'&#201;tat-nation. &#201;videmment, cette th&#232;se n'avance pas la disparition concr&#232;te des &#201;tats, mais le fait que ces &#201;tats ne contr&#244;lent plus les trois piliers fondamentaux de la souverainet&#233;, soit le pouvoir militaire, politique et culturel. Ceux-ci &#233;tant subsum&#233;s par les pouvoirs centraux de l'Empire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Aussi, pr&#233;cisent Hardt et Negri, cet Empire n'est pas &#233;tats-unien (ou europ&#233;en), mais simplement capitaliste. Encore une fois, il ne s'agit pas de nier l'immense pouvoir des &#201;tats-Unis ou leur responsabilit&#233; dans l'&#233;tablissement et le maintien de cet ordre mondialis&#233;. Les auteurs constatent plut&#244;t l'interd&#233;pendance de divers pouvoirs transnationalis&#233;s (pas n&#233;cessairement &#233;tatiques) dans la reproduction de ce nouvel ordre global.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En d'autres termes, l'unification des march&#233;s a beau s'&#234;tre r&#233;alis&#233;e gr&#226;ce &#224; une monnaie internationale, une hyperpuissance militaire et des institutions politiques internationales, toutes trois marqu&#233;es par l'h&#233;g&#233;monie &#233;tats-unienne d'apr&#232;s-guerre, il ne s'agit pas d'un empire &#233;tats-unien. M&#234;me Washington est soumis aux pouvoirs et contre-pouvoirs de ce nouvel espace public mondialis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; La biopolitique de l'empire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; L'&#233;mergence et la r&#233;gulation de ce march&#233; mondial s'accompagnent d'une forme biopolitique de domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Reprenant le concept foucaldien de biopouvoir, Hardt et Negri insistent sur le fait que, contrairement au pouvoir &#233;tatique, bas&#233; sur le monopole de la violence, ou au pouvoir industriel, bas&#233; sur la production de marchandises, le nouveau pouvoir de l'Empire s'exerce sur la vie elle-m&#234;me, c'est-&#224;-dire sur les corps, les consciences et les affects de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Encore une fois, il ne s'agit pas de nier la persistance de l'extractivisme, de la production de marchandises mat&#233;rielles ou des dispositifs disciplinaires de l'&#201;tat, mais de prendre acte du fait que la domination s'est &#233;tendue &#224; des domaines communicationnels, informationnels, cognitifs et affectifs qui touchent &#224; toutes les sph&#232;res de la vie humaine.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Empire, stade supr&#234;me de l'imp&#233;rialisme ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Pourtant, comme le soulignent plusieurs critiques, ce nouvel ordre &#171; imp&#233;rial &#187;, d&#233;mat&#233;rialis&#233; et d&#233;territorialis&#233;, loin d'avoir &#233;radiqu&#233; la concurrence entre puissances &#171; imp&#233;rialistes &#187;, engendre encore des guerres pour le contr&#244;le de territoires et de ressources. L'arm&#233;e la plus puissante au monde affronte d'autres puissances &#171; imp&#233;rialistes &#187; comme la Russie ou la Chine, autant qu'&#224; des r&#233;sistances locales &#171; anti-imp&#233;rialistes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Aussi, loin d'avoir aboli les &#201;tats, le march&#233; global se base sur leur souverainet&#233; et leur monopole de la violence pour imposer &#224; des peuples (in)subordonn&#233;s des d&#233;cisions prises ailleurs et, notamment, dans des forums internationaux au sein desquels les puissances imp&#233;rialistes p&#232;sent d'un poids d&#233;mesur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La d&#233;mat&#233;rialisation de la production et l'importance acquise par les communications et l'&#233;conomie du savoir et de l'information, n'emp&#234;chent en rien le d&#233;placement de la production industrielle vers le tiers-monde et le retour d'un extractivisme arrachant &#224; la terre et aux peuples du monde les mati&#232;res premi&#232;res requises par ladite &#233;conomie d&#233;mat&#233;rialis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Aussi, la financiarisation de l'&#233;conomie &#233;tait d&#233;j&#224; l'une des caract&#233;ristiques de l'imp&#233;rialisme classique, dont parlait L&#233;nine, comme &#171; stade supr&#234;me du capitalisme &#187;. Plut&#244;t qu'un changement de paradigme, &#171; l'Empire &#187; ne serait-t-il pas simplement l'aboutissement de l'imp&#233;rialisme et du capitalisme, conservant la plupart des leurs &#171; anciennes &#187; articulations ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Peuple(s), classe ou multitude ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Le principal int&#233;r&#234;t de la th&#232;se d'&lt;em&gt;Empire&lt;/em&gt; r&#233;side davantage dans le changement &#233;pist&#233;mologique relatif au &#171; sujet de l'histoire &#187; qui peut r&#233;sister et renverser cette domination imp&#233;riale. D&#233;laissant les anciennes conceptions du changement social &#8211; bas&#233;es sur le prol&#233;tariat, et donc sur les rapports de production, ou sur le Peuple et la Nation, cherchant &#224; lib&#233;rer les peuples de la domination imp&#233;rialiste, mais pas de celle de l'&#201;tat &#8211; Hardt et Negri proposent la notion de &lt;em&gt;multitude&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La multitude fait r&#233;f&#233;rence aux diff&#233;rentes &lt;em&gt;formes de vie&lt;/em&gt; qui tendent d&#233;j&#224; &#224; assumer la reproduction du social ind&#233;pendamment des tentatives de subordination du capital. S'appliquant &#224; l'ensemble des rapports sociaux, la notion de multitude inclut donc les luttes des travailleurs contre l'exploitation ou des peuples contre la domination &#233;trang&#232;re, tout en y ajoutant les luttes des communaut&#233;s locales contre l'extractivisme, les OGM ou l'accumulation par expropriation, celles des familles des d&#233;tenu&#183;e&#183;s et disparu&#183;e&#183;s pour la justice et contre l'impunit&#233;, des migrant&#183;e&#183;s pour l'universalit&#233; du droit &#224; avoir des droits (personne n'est ill&#233;gal !), des minoris&#233;&#183;e&#183;s ethniques contre le racisme, des diversit&#233;s sexuelles contre les rapports genr&#233;s, et ainsi de suite, toutes les luttes des diff&#233;rentes &lt;em&gt;formes de vie&lt;/em&gt; r&#233;sistant au pouvoir autant qu'au biopouvoir par leur refus de se laisser dominer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ces luttes sont d&#233;j&#224; connect&#233;es, en r&#233;seaux. Il importe cependant d'analyser leurs articulations et potentialit&#233;s pour y d&#233;voiler la soci&#233;t&#233; de demain, qui pointe d&#233;j&#224; &#224; l'horizon, s'autoproduisant sans se faire parasiter par l'Empire du capital, pas plus que par les guerres imp&#233;rialistes ou par l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH142/ce91d944cceb4910ff07f433e17a06e9-03022.png?1729019245' width='500' height='142' /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Manifestation &#224; New York en janvier 2009 contre le bombardement de la bande de Gaza (Vanissa W. Chan, CC BY-NS 2.0).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Imp&#233;rialisme culturel &#224; l'&#232;re du capitalisme num&#233;rique</title>
		<link>https://www.ababord.org/Imperialisme-culturel-a-l-ere-du-capitalisme-numerique</link>
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		<dc:date>2020-08-01T16:11:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maxime Ouellet</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
		<dc:subject>Ouellet, Maxime </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lors d'un &#233;v&#233;nement organis&#233; par l'Association canadienne des producteurs m&#233;diatiques qui s'est tenu &#224; Ottawa le 31 janvier dernier, la PDG de la CBC/Radio-Canada, Catherine Tait, a critiqu&#233; la domination de Netflix au Canada en faisant un parall&#232;le entre la plateforme de diffusion num&#233;rique am&#233;ricaine et l'Empire britannique. &lt;br class='autobr' /&gt; Si l'on ne peut que se r&#233;jouir de voir la notion d'imp&#233;rialisme culturel ressurgir dans l'espace public, encore faut-il en tracer les origines afin de saisir sa (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Imperialisme-+" rel="tag"&gt;Colonialisme et imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Technoculture-et-informatique-+" rel="tag"&gt;Technologies, informatique et internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ouellet-Maxime-+" rel="tag"&gt;Ouellet, Maxime &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2958.png?1642092247' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;834&#034; height=&#034;626&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lors d'un &#233;v&#233;nement organis&#233; par l'Association canadienne des producteurs m&#233;diatiques qui s'est tenu &#224; Ottawa le 31 janvier dernier, la PDG de la CBC/Radio-Canada, Catherine Tait, a critiqu&#233; la domination de Netflix au Canada en faisant un parall&#232;le entre la plateforme de diffusion num&#233;rique am&#233;ricaine et l'Empire britannique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Si l'on ne peut que se r&#233;jouir de voir la notion d'imp&#233;rialisme culturel ressurgir dans l'espace public, encore faut-il en tracer les origines afin de saisir sa pertinence pour critiquer les rapports de domination &#224; l'&#232;re du capitalisme num&#233;rique globalis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; La critique de l'imp&#233;rialisme culturel&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Prenant appui sur les th&#233;ories marxistes classiques de l'imp&#233;rialisme formul&#233;es par L&#233;nine et Rosa Luxemburg, ainsi que sur les d&#233;veloppements plus contemporains provenant des th&#233;ories latino-am&#233;ricaines de la d&#233;pendance, la th&#232;se centrale des th&#233;ories de l'imp&#233;rialisme culturel est que la domination culturelle doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e conjointement avec la domination &#233;conomique et politique. Ces sph&#232;res de la pratique sociale ne peuvent pas &#234;tre distingu&#233;es dans le contexte de l'institutionnalisation de la corporation comme acteur central au sein du capitalisme avanc&#233;. En effet, une des cons&#233;quences majeures de l'av&#232;nement de la corporation au 20e si&#232;cle fut de transformer radicalement le r&#244;le social de la culture. Comprise traditionnellement comme un ensemble de valeurs qui conf&#232;rent un sens &#224; la pratique sociale, la culture devient une industrie destin&#233;e &#224; produire une marchandise sp&#233;cifique, c'est-&#224;-dire un auditoire dont le &#171; temps de cerveau disponible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une r&#233;f&#233;rence &#224; la d&#233;claration de Patrick Lelay qui avait d&#233;clar&#233; en 2004, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; est revendu aux corporations afin d'arrimer la logique de surconsommation &#224; celle de la surproduction industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Convergence entre le NOEI et le NOMIC&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; C'est dans le contexte de la domination des corporations multinationales sur les pays p&#233;riph&#233;riques que se d&#233;velopperont les th&#233;ories anti-imp&#233;rialistes apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale. Ces th&#233;ories trouveront un &#233;cho dans les revendications des pays non align&#233;s &#224; la Commission des Nations unies pour le commerce et le d&#233;veloppement (CNUCED) en faveur d'un Nouvel ordre &#233;conomique international (NOEI). Ces pays critiquaient principalement le &#171; d&#233;veloppement du sous-d&#233;veloppement &#187; des pays du tiers-monde g&#233;n&#233;r&#233; par la d&#233;pendance technologique, commerciale et financi&#232;re vis-&#224;-vis des multinationales. Parall&#232;lement au NOEI, les pays du Sud formuleront une s&#233;rie de griefs &#224; l'UNESCO, l'organisme des Nations unies charg&#233; des enjeux culturels, critiquant l'imp&#233;rialisme culturel exerc&#233; par les multinationales, pour un Nouvel ordre mondial de l'information et de la communication (NOMIC). Au d&#233;part centr&#233; sur la critique des principales agences de presse (Reuters, AFP, UPI, AP) accus&#233;es de produire une vision du monde ethnocentriste conforme aux int&#233;r&#234;ts capitalistes occidentaux, le d&#233;bat s'est par la suite &#233;largi &#224; l'ensemble des flux informationnels et communicationnels favorisant principalement les pays du Nord. La strat&#233;gie des pays du Sud &#233;tait de lier les revendications du NOMIC et du NOEI, dans la mesure o&#249; l'on estimait que si l'opinion publique occidentale &#233;tait mieux inform&#233;e de la situation mondiale, elle pourrait &#234;tre mobilis&#233;e en faveur de la cr&#233;ation d'un nouvel ordre &#233;conomique international plus juste et &#233;quitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les revendications pour cr&#233;er un nouvel ordre &#233;conomique et culturel international recevront une fin de non-recevoir de la part des pays du Nord au tournant des ann&#233;es 1980, dans le contexte o&#249; la strat&#233;gie de relance n&#233;o-imp&#233;riale am&#233;ricaine s'appuiera sur la transnationalisation des flux informationnels et financiers num&#233;ris&#233;s. Cette strat&#233;gie &#8211; qui sera th&#233;oris&#233;e par Zbigniew Brzezi&#324;ski, le conseiller du pr&#233;sident am&#233;ricain Jimmy Carter, comme la nouvelle diplomatie des r&#233;seaux &#8211; consiste &#224; influencer les carrefours strat&#233;giques des r&#233;seaux diplomatiques gr&#226;ce au contr&#244;le des flux d'information. Elle sera reprise par le conseiller de Bill Clinton, Joseph Nye, sous le concept de &#171; &lt;em&gt;soft power&lt;/em&gt; &#187;, qui renvoie au pouvoir de s&#233;duction op&#233;r&#233; par la d&#233;mocratie de march&#233; am&#233;ricaine. Les principaux acteurs dans cette histoire, les corporations multinationales, se sont en effet appuy&#233;s sur la puissance de l'&#201;tat am&#233;ricain afin d'assurer leur vis&#233;e expansionniste. Contre les revendications des pays du Sud en faveur d'un nouvel ordre &#233;conomique international, les &#201;tats-Unis mobiliseront la doctrine du &#171; &lt;em&gt;free flow of information&lt;/em&gt; &#187; afin de faire respecter &#224; travers le monde le premier amendement de la Constitution am&#233;ricaine qui garantit la libert&#233; d'expression commerciale aux corporations. En vertu de ce principe, toute tentative de r&#233;guler les flux de capitaux brime la libert&#233; d'expression commerciale des corporations, donc la d&#233;mocratie de march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Globalisation et post-colonialisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Apr&#232;s l'&#233;chec des mouvements de d&#233;colonisation, la critique marxisante de l'imp&#233;rialisme culturel sera remplac&#233;e par les approches culturalistes d'inspiration postmoderniste. Rejetant la critique de l'imp&#233;rialisme culturel en raison de son essentialisme, les th&#233;ories culturalistes (l'anthropologie culturelle, les &lt;em&gt;cultural studies&lt;/em&gt;, les th&#233;ories postcoloniales) adopteront une posture relativiste. La globalisation ne serait ni une am&#233;ricanisation, ni une marchandisation, ni une homog&#233;n&#233;isation culturelle. Elle permettrait plut&#244;t une hybridation qui r&#233;sulterait de la capacit&#233; des individus &#224; r&#233;sister au discours dominant. Ces approches comprennent la globalisation essentiellement sous un angle discursif, n&#233;gligeant ainsi l'analyse des structures &#233;conomiques et politiques qui contraignent les soci&#233;t&#233;s &#224; produire de mani&#232;re illimit&#233;e une forme de richesse abstraite : la valeur. Dans ce contexte, le capitalisme serait partie prenante d'un discours essentialiste et binaire ax&#233; sur l'Universalisme, la Raison, la Science et l'Individualisme qui ne correspondrait pas &#224; la r&#233;alit&#233; culturelle des soci&#233;t&#233;s non occidentales fond&#233;e sur la Spiritualit&#233;, le Communautarisme et le Particularisme culturel. Le principal angle mort des approches culturalistes est qu'elles ne voient pas que le capital a int&#233;r&#234;t &#224; maintenir et &#224; promouvoir une certaine diversit&#233; culturelle tant et aussi longtemps qu'il peut la transformer en part de march&#233;, et surtout que les cultures particuli&#232;res ne formulent pas de revendications politiques qui s'opposeraient &#224; la logique d'accumulation illimit&#233;e. La globalisation n&#233;olib&#233;rale aura paradoxalement pour corollaire une baisse tendancielle de la raison critique. En effet, ces approches relativistes ont repris &#224; leur insu la th&#233;orie du &#171; &lt;em&gt;free flow of information&lt;/em&gt; &#187; qui a l&#233;gitim&#233; les processus de d&#233;r&#233;glementation des politiques publiques de communication mises en place par les pays p&#233;riph&#233;riques &#224; l'&#233;poque des revendications pour le NOMIC&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tristan Mattelart, &#171; Pour une critique des th&#233;ories de la mondialisation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; L'imp&#233;rialisme des plateformes &#224; l'&#232;re num&#233;rique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; En surestimant la capacit&#233; des individus &#224; r&#233;sister &#224; la domination culturelle, les courants culturalistes ont repris de mani&#232;re acritique les th&#232;ses de Marshall McLuhan portant sur le pouvoir des consommateurs au sein d'un village global qui ressemble de plus en plus &#224; un supermarch&#233; des &lt;em&gt;lifestyles&lt;/em&gt; diff&#233;renci&#233;s. C'est ce m&#234;me discours qui est promu par les acteurs dominants du capitalisme de plateformes comme les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) ou encore Netflix. Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, soutient d'ailleurs que la mission de son r&#233;seau social est de d&#233;velopper une &#171; infrastructure sociale &#187; qui permettrait de &#171; &lt;em&gt;donner au peuple le pouvoir de construire une communaut&#233; globale qui fonctionne pour tous&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maxime Ouellet, &#171; L'Empire de la communication : le fantasme d'une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il s'agit notamment d'offrir gratuitement l'acc&#232;s &#224; Internet aux populations non connect&#233;es afin d'accumuler des donn&#233;es personnelles qui permettront d'am&#233;liorer les algorithmes des g&#233;ants du capitalisme de plateformes. Cette strat&#233;gie n&#233;o-imp&#233;riale marque une certaine rupture par rapport &#224; l'imp&#233;rialisme culturel classique puisqu'elle institue une nouvelle modalit&#233; de r&#233;gulation sociale. Cette nouvelle forme de gouvernance algorithmique est d'ailleurs reprise par l'ONU dans son projet &lt;em&gt;Global Pulse&lt;/em&gt; qui a pour pr&#233;tention d'utiliser les donn&#233;es num&#233;riques harnach&#233;es par les GAFAM dans les pays du Sud afin de produire des algorithmes au service du d&#233;veloppement durable. Cette nouvelle modalit&#233; de gouvernance est profond&#233;ment d&#233;politisante puisqu'il ne s'agit plus d'agir sur les causes structurelles des in&#233;galit&#233;s globales, mais plut&#244;t d'agir de mani&#232;re pr&#233;emptive sur les individus d&#233;favoris&#233;s afin d'amenuiser les effets de la pauvret&#233; gr&#226;ce &#224; la quantification de l'ensemble des activit&#233;s sociales d&#233;sormais num&#233;ris&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Face &#224; cette nouvelle forme que prend l'imp&#233;rialisme culturel &#224; l'&#232;re num&#233;rique, il convient donc de rappeler qu'il existe une riche tradition au sein de la pens&#233;e socialiste qui s'appuie sur l'id&#233;e que la culture consiste en un universel concret sur lequel doivent s'appuyer les peuples afin de s'&#233;manciper politiquement et &#233;conomiquement. C'est cette conception internationaliste de la culture qui a inspir&#233; les revendications pour un Nouvel ordre mondial pour l'information et la communication. Elle permet de d&#233;passer les impasses du relativisme culturel promu par les courants postcoloniaux et postmodernes tout comme l'universalisme abstrait du capitalisme globalis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH574/dc5c2c2fcfe11aaefe7315a214b37952-f66a6.png?1729032403' width='500' height='574' /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une r&#233;f&#233;rence &#224; la d&#233;claration de Patrick Lelay qui avait d&#233;clar&#233; en 2004, alors qu'il &#233;tait PDG de la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision fran&#231;aise TF1, que &#171; ce que nous vendons &#224; Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible &#187;. NDLR.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tristan Mattelart, &#171; Pour une critique des th&#233;ories de la&lt;em&gt; mondialisation culturelle &#187;, Questions de communication&lt;/em&gt;, no 13, 2008. En ligne : journals.openedition.org/questionsdecommunication/1831.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Maxime Ouellet, &#171; L'Empire de la communication : le fantasme d'une communaut&#233; cybern&#233;tique &#187;, &lt;em&gt;Libert&#233;&lt;/em&gt;, no 318, hiver 2017, p. 25-27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur est professeur &#224; l'&#201;cole des m&#233;dias de l'UQAM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Hans Splinter (CC BY-SA 2.0).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'extractivisme comme strat&#233;gie de conqu&#234;te</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-extractivisme-comme-strategie-de-conquete</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-extractivisme-comme-strategie-de-conquete</guid>
		<dc:date>2020-08-01T16:02:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Houde</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Houde, Jean-Pierre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme, tout comme le colonialisme, est un syst&#232;me de domination politique, militaire, &#233;conomique et culturelle, domination qui s'&#233;tend sur des peuples et des territoires &#233;loign&#233;s. Les puissances qui exercent cette domination obtiennent des avantages &#233;conomiques, politiques et militaires de cette situation de suj&#233;tion. L'empire, avec le temps, a d&#233;laiss&#233; l'usage des cha&#238;nes de l'esclavage, mais a conserv&#233; les m&#234;mes structures et fa&#231;ons de dominer. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'empire &#233;loigne l'humain de son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Les-nouveaux-habits-de-l-imperialisme-" rel="directory"&gt;Dossier : Les nouveaux habits de l'imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Imperialisme-+" rel="tag"&gt;Colonialisme et imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Houde-Jean-Pierre-+" rel="tag"&gt;Houde, Jean-Pierre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2957.jpg?1642092247' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1191&#034; height=&#034;718&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme, tout comme le colonialisme, est un syst&#232;me de domination politique, militaire, &#233;conomique et culturelle, domination qui s'&#233;tend sur des peuples et des territoires &#233;loign&#233;s. Les puissances qui exercent cette domination obtiennent des avantages &#233;conomiques, politiques et militaires de cette situation de suj&#233;tion. L'empire, avec le temps, a d&#233;laiss&#233; l'usage des cha&#238;nes de l'esclavage, mais a conserv&#233; les m&#234;mes structures et fa&#231;ons de dominer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'empire &#233;loigne l'humain de son propre corps et de la nature, efface le pass&#233;, manufacture l'histoire, enl&#232;ve aux peuples leurs moyens de subsistance et leurs rep&#232;res pour ensuite les contraindre &#224; adopter une culture artificielle et homog&#233;n&#233;is&#233;e. &#192; l'origine, les diff&#233;rentes cultures se d&#233;veloppent en lien avec les conditions environnementales, leurs &#233;l&#233;ments repr&#233;sentatifs &#233;tant une extension de la m&#233;moire des peuples qui ont r&#233;ussi &#224; s'y adapter. C'est la signature d'un territoire. La colonisation a impos&#233; une culture &#233;trang&#232;re aux territoires et aux peuples, une culture homog&#232;ne pour &#234;tre en mesure de r&#233;gner sur des environnements diff&#233;rents, aux cultures diversifi&#233;es. La culture imp&#233;rialiste, perp&#233;tuant celle du colonialisme, ne tient pas compte des sp&#233;cificit&#233;s propres aux cultures organiques directement reli&#233;es au territoire. Elle concentre ses &#233;l&#233;ments, utilisant des outils de conqu&#234;te, comme son syst&#232;me mon&#233;taire et marchand, vers ce qui offre une satisfaction imm&#233;diate, en oblit&#233;rant les cons&#233;quences &#224; long terme. La financiarisation de l'&#233;conomie, la militarisation et le contr&#244;le des m&#233;dias sont parmi ses outils de pr&#233;dilection.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Imp&#233;rialisme et extractivisme&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La technologie performante du syst&#232;me imp&#233;rialiste s'av&#232;re n&#233;anmoins inefficace, parce qu'elle &#233;puise l'environnement. Ce sont ses monopoles, ceux impos&#233;s par ses guerres dans le sang ou par les blocus &#233;conomiques, qui lui permettent d'accaparer les ressources &#224; son avantage pour d&#233;velopper ensuite une technologie hypnotique. Cette technoscience stup&#233;fie pour ensuite pi&#233;ger ceux et celles qui l'adoptent et en deviennent d&#233;pendants. La culture moderne homog&#233;n&#233;is&#233;e est celle d'une vie artificielle dont l'empire d&#233;tient les cl&#233;s.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extractivisme pratiqu&#233; par l'industrie mini&#232;re, p&#233;troli&#232;re, agricole, foresti&#232;re, est l'arme de pr&#233;dilection du pouvoir de l'empire et est la suite logique de la d&#233;possession des peuples autochtones et paysans. Il chasse ces peuples de leurs terres pour installer des exploitations qui ne tiennent pas compte de la nature et de sa capacit&#233; &#224; en dig&#233;rer les poisons et les d&#233;chets. On cherche &#224; installer les villes loin des zones o&#249; se d&#233;roulent les g&#233;nocides des peuples et des &#234;tres vivants pour que l'ignorance et la d&#233;pendance des populations servent de levier pour l'acceptation sociale de leurs politiques apparemment humanistes. L'empire met en place un &#233;cran virtuel omnipr&#233;sent &#224; travers les m&#233;dias qui disperse et confond l'attention des peuples dans le but de manufacturer leur consentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Utilisant des moyens artificiels pour acc&#233;l&#233;rer les actions, l'extractivisme surexploite les pays-ressources &#224; travers des corporations-multinationales qui s'ing&#232;rent dans leur politique interne afin d'assurer leurs investissements &#224; coup de manipulation du prix des mati&#232;res premi&#232;res, de sanctions &#233;conomiques, de financement de l'armement et de propagande m&#233;diatique. Le gigantisme des op&#233;rations et les exigences des march&#233;s mondialis&#233;s obligent des m&#233;thodes de production qui &#233;vacuent les aspects environnementaux et la dignit&#233; des peuples : plus de production &#224; moindre co&#251;t, le plus rapidement possible, pour l'exploitation illimit&#233;e des ressources naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'empire divise pour r&#233;gner, s&#233;pare les &#234;tres de la nature, s&#232;me la m&#233;fiance et le conflit, trompe par la promesse d'une meilleure vie, offre des cadeaux empoisonn&#233;s qui affectent la sant&#233; des peuples et de la nature. Les sympt&#244;mes sont pr&#233;sent&#233;s comme des maladies d&#233;connect&#233;es des causes r&#233;elles de l'abus de l'exploitation extractive des corps et de la nature. Par exemple, on dira que la fonte de glaciers ou l'ass&#232;chement de cours d'eau sont dus aux changements climatiques, plut&#244;t qu'&#224; la consommation d'une immense quantit&#233; d'eau par les entreprises extractives.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extractivisme d&#233;truit et d&#233;structure les communaut&#233;s locales en introduisant de nouvelles habitudes et modes de consommation, cr&#233;ant de nouvelles d&#233;pendances et exacerbant la pauvret&#233;. Il g&#233;n&#232;re une mentalit&#233; de profit et oblige les habitant&#183;e&#183;s d'un territoire &#224; se subordonner aux int&#233;r&#234;ts d'une &#233;lite minoritaire en lien avec les acteurs du march&#233; international, alors qu'ils ne re&#231;oivent que les miettes. Les communaut&#233;s qui souhaitent survivre n'ont pas le choix d'incorporer brutalement cette logique extractive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les peuples et les esp&#232;ces qui se trouvent sur les lieux convoit&#233;s par les industries sont m&#233;pris&#233;s et doivent continuellement fuir devant les imp&#233;rialistes qui volent leurs territoires, sur lesquels ne voient que du gibier et des ressources. La chasse est loin d'&#234;tre juste. Face aux armes et aux technologies, la bataille est perdue d'avance pour les peuples qui n'ont pas encore succomb&#233; aux attraits promus par le syst&#232;me imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, ces esp&#232;ces dans la nature sont les plus efficaces. La faune et la flore produisent l'oxyg&#232;ne, la nourriture, l'&#233;nergie, les m&#233;decines, ils prot&#232;gent de la d&#233;sertification. La biodiversit&#233; aide &#224; comprendre l'&#233;volution des &#234;tres vivants et sa pr&#233;servation contribue &#224; l'&#233;quilibre de la plan&#232;te. Sans elle, l'humain ne pourra survivre, ni les g&#233;n&#233;rations futures. L'empire ne trouve pas assez productives les esp&#232;ces naturelles, pas assez payantes pour attendre que la nature et les &#234;tres produisent : il faut les y forcer, les contraindre &#224; subir des modifications qui les rendront plus performantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les outils de l'empire ont d&#233;naturalis&#233; les esp&#232;ces animales et v&#233;g&#233;tales, d&#233;poss&#233;d&#233; les premiers peuples et ceux qui continuent d'&#234;tre en &#233;troite relation avec un territoire. L'imp&#233;rialisme est une culture parasite qui draine tout des ressources d'un territoire pour en surd&#233;velopper un autre. Ses &#339;uvres grandioses et spectaculaires cachent la mis&#232;re sur laquelle leurs constructions sont &#233;rig&#233;es. Comment expliquer que l'on continue d'&#234;tre s&#233;duit par sa technologie et ses r&#233;alisations ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;sistances des femmes&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'expansion et la multiplication des activit&#233;s extractives ont donn&#233; naissance &#224; une r&#233;sistance qui d&#233;bute souvent au niveau local et se base sur la perception du risque et des impacts de ces activit&#233;s sur l'environnement et sa biodiversit&#233; et sur les communaut&#233;s. La r&#233;sistance na&#238;t en tant que r&#233;ponse &#224; de profondes pr&#233;occupations li&#233;es &#224; la vie quotidienne et qui sont en relation avec les impacts sociaux et ceux affectant la sant&#233; de la population. Les femmes jouent alors un r&#244;le central &#224; travers leur implication directe ou encore par le sens qu'elles attribuent &#224; la mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombreux sont les territoires o&#249; les femmes paysannes et autochtones font face aux formes traditionnelles et nouvelles de l'extractivisme. Elles r&#233;sistent &#224; la mercantilisation et la surexploitation de la nature. Leurs exp&#233;riences mettent en valeur le protagoniste f&#233;minin dans des sc&#233;narios o&#249; r&#232;gne une immense asym&#233;trie entre les acteurs impliqu&#233;s et elles affrontent des milieux particuli&#232;rement agressifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines organisations de femmes en Am&#233;rique latine mettent non seulement en &#233;vidence la relation entre nature et genre, mais de plus, elles con&#231;oivent l'extractivisme dans un cadre plus complexe d'oppression, comme celui des relations patriarcales. La Terre est l'aspect fondateur en tant que la M&#232;re de la vie qui est la nourrici&#232;re sur laquelle l'humanit&#233; exerce de l'oppression, tout comme la domination patriarcale sur les femmes, le f&#233;minin et les autres genres.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers les conflits g&#233;n&#233;r&#233;s par l'extractivisme surgissent des r&#233;bellions face au pouvoir dans ses multiples manifestations, pour la d&#233;fense de la qualit&#233; de vie et du droit de d&#233;cider qui conduisent les communaut&#233;s &#224; adopter des pratiques &#233;cologistes et f&#233;ministes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour vers une vie en lien avec le territoire et des cultures intrins&#232;ques &#224; la nature est-il possible apr&#232;s la destruction et la d&#233;possession impos&#233;es par le syst&#232;me imp&#233;rialiste et son corollaire extractif ? Il est grand temps que la nature et le f&#233;minin reprennent la place qui leur revient. Cela se fera probablement de mani&#232;re brutale. Comme une maladie soudaine frappe celui ou celle qui abuse de son corps, la plan&#232;te va r&#233;agir avec une fi&#232;vre cataclysmique pour venir &#224; bout de l'infection qui l'afflige.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur est &#233;cologiste, philosophe et fondateur d'&#201;coagir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Action dans la ville de Bangalore, en Inde, contre la commercialisation d'aubergines modifi&#233;es g&#233;n&#233;tiquement en 2009 (Wiki Commons, CC BY-NS 2.0).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Nous est un Autre</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-Nous-est-un-Autre</link>
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		<dc:date>2020-08-01T15:57:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Sancho</dc:creator>


		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Sancho, Michel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'histoire des fronti&#232;res est une histoire relativement r&#233;cente. Sous les empires, le principe des fronti&#232;res &#233;tait plut&#244;t flou, certaines populations n'ayant m&#234;me pas conscience d'y appartenir. Les lignes entre empires &#233;taient mouvantes, souvent m&#234;me ind&#233;termin&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les guerres d'avant l'&#201;tat-nation &#233;taient des guerres entre rois. L'ascendance divine &#233;tait le motif utilis&#233; pour mobiliser les troupes &#224; conqu&#233;rir de nouveaux territoires. La motivation des populations &#224; batailler pour le roi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sancho-Michel-+" rel="tag"&gt;Sancho, Michel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2956.jpg?1642092247' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1042&#034; height=&#034;765&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'histoire des fronti&#232;res est une histoire relativement r&#233;cente. Sous les empires, le principe des fronti&#232;res &#233;tait plut&#244;t flou, certaines populations n'ayant m&#234;me pas conscience d'y appartenir. Les lignes entre empires &#233;taient mouvantes, souvent m&#234;me ind&#233;termin&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les guerres d'avant l'&#201;tat-nation &#233;taient des guerres entre rois. L'ascendance divine &#233;tait le motif utilis&#233; pour mobiliser les troupes &#224; conqu&#233;rir de nouveaux territoires. La motivation des populations &#224; batailler pour le roi n'&#233;tait pas n&#233;cessaire, la peur de la col&#232;re divine suffisait. La n&#233;cessit&#233; de la motivation arriva plus tard avec l'Individu et la modernit&#233;. La constitution d'un Autre commence &#224; cette &#233;poque. Cet Autre &#233;tait alors celui qui nous emp&#234;chait d'acc&#233;der aux territoires et aux ressources, ou qui servait d'autres rois. Or, il n'&#233;tait pas encore construit comme un Autre radical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de l'av&#232;nement des &#201;tats-nations, nous sommes donc pass&#233;s des conqu&#234;tes qui n'impliquaient pas la cr&#233;ation d'un Autre &#224; la guerre entre Nous et l'Autre et aux durcissements des fronti&#232;res. Il fallut que les &#201;tats-nations se stabilisent autour de r&#233;publiques et que le complexe militaro-industriel se d&#233;veloppe pour que les guerres imp&#233;riales, devenues essentielles pour le d&#233;veloppement &#233;conomique, n&#233;cessitent aussi l'invention et la solidification d'un Nous. En ne mourant plus pour le roi ou pour Dieu, il fallait bien mourir pour autre chose. L'&#201;tat-nation devenait cette nouvelle raison de vivre et de mourir. Une nouvelle forme d'imp&#233;rialisme &#233;mergea, un imp&#233;rialisme nationaliste.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;mergence de la nation&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, au tournant du 18e si&#232;cle, les nations modernes sont devenues les premiers vecteurs de mobilisation et de construction identitaire. Avec l'appareil &#233;tatique, les classes dominantes ont cr&#233;&#233; de toutes pi&#232;ces des traditions nationales et un imaginaire communautaire ainsi que des institutions faites pour les diffuser et les faire accepter. Les populations se sont alors regroup&#233;es autour du projet guerrier et ont abandonn&#233; leurs dialectes et leurs traditions r&#233;gionales, qui &#233;taient davantage ancr&#233;s dans une pratique r&#233;elle que les grands r&#233;cits nationaux qui ont &#233;merg&#233; &#224; cette &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Autre est devenu celui qui poss&#233;dait ce que l'on ne poss&#233;dait pas. Il fallait donc l'&#233;liminer pour prendre sa place et, pour ce faire, il fallait le d&#233;shumaniser. L'Autre est devenu le monstre, le sauvage anthropophage, le barbare barbu, le non-humain que l'on peut r&#233;duire &#224; l'esclavage. La construction du corps de l'Autre dans une alt&#233;rit&#233; essentialis&#233;e en a fait des corps indignes, des corps qui ne m&#233;ritent pas de protection, qui n'ont pas le droit de porter des armes et de se d&#233;fendre, mais qui sont paradoxalement des corps toujours dangereux. Violent, viril, autant surhumain qu'animal. L'Autre est un danger permanent avec cette virilit&#233; surhumaine qu'on lui pr&#234;te et que l'homme occidental pense avoir perdu dans ses fantasmes masculinistes. Ce fantasme de la virilit&#233; perdue construit le racisme n&#233;cessaire &#224; la diabolisation de l'Autre.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un troisi&#232;me imp&#233;rialisme culturel &#233;merge alors pour permettre d'assimiler l'Autre et de le transformer en Nous, il se diffuse par les m&#233;dias et les productions culturelles. Il se d&#233;ploie &#233;conomiquement en assimilant les diff&#233;rences et les sp&#233;cificit&#233;s locales ainsi qu'en instituant la grande convergence autour de la modernit&#233; occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La colonisation du monde&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme n'apporte plus la parole de Dieu, il apporte la d&#233;mocratie. Il se sert &#224; la fois de la cr&#233;ation de l'Autre pour justifier de le rendre pareil au Nous tout en expliquant son rejet par son incapacit&#233; &#224; le devenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers la constitution de cet Autre, l'&#201;tat-nation devient une protection contre la mondialisation &#233;conomique et l'imp&#233;rialisme n&#233;olib&#233;ral en imposant un mod&#232;le unique : le mod&#232;le de la performance, de l'individu, de l'&lt;em&gt;homo &#339;conomicus&lt;/em&gt; rationnel. Voil&#224; la vision du Nous qui nous est propos&#233;e.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, l'&#201;tat-nation ne peut pas nous prot&#233;ger, il ne peut que nous enfermer. Ses murs sont friables et ne prot&#232;gent que les riches.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces murs que l'on construit emp&#234;chent cet Autre de rentrer, mais nous emp&#234;chent &#233;galement de sortir. Ils sont des protections autant que des prisons. Nous s&#233;parer de l'Autre, c'est aussi nous s&#233;parer de nous-m&#234;mes, car nous ne sommes rien sans l'Autre. L'Autre permet au Nous de se d&#233;passer, de rester vivant, d'&#233;voluer et de sortir de nous-m&#234;mes, de cet enfermement narcissique et identitaire. L'Autre, c'est le miroir du Nous en perp&#233;tuel mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les murs ne peuvent nous prot&#233;ger, ils prot&#232;gent les riches des afflux de pauvres d'autres nations que les guerres des riches ont fait fuir, que la consommation des riches a fait quitter, que la pollution des riches a fait &#233;touffer. Les murs ne prot&#232;gent que les riches qui transforment tout en Autre, les pauvres d'ici et d'ailleurs. Nous voulons des fen&#234;tres, nous voulons des tas de fen&#234;tres et presque pas de murs, comme le chantait Brel. Nous voulons &#234;tre des autres pour nous-m&#234;mes et que les autres soient parmi nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vous laissons les enfermements identitaires et politiques.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous est un Autre.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur est militant, po&#232;te et anarchiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Le poste de contr&#244;le Qalqilya en Palestine au moment du passage des travailleurs et travailleuses vers J&#233;rusalem &#224; l'aube (Am&#233;lie Nguyen).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La dette comme arme imp&#233;rialiste</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-dette-comme-arme-imperialiste</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/La-dette-comme-arme-imperialiste</guid>
		<dc:date>2020-07-14T20:02:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ric Toussaint</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Toussaint, &#201;ric</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis le 19e si&#232;cle, de l'Am&#233;rique latine &#224; la Chine en passant par Ha&#239;ti, la Gr&#232;ce, la Tunisie, l'&#201;gypte et l'Empire ottoman, la dette publique a &#233;t&#233; utilis&#233;e comme arme de domination et de spoliation &lt;br class='autobr' /&gt; Au bout du compte, c'est la combinaison de l'endettement et du libre-&#233;change qui constitue le facteur fondamental de la subordination d'&#233;conomies enti&#232;res &#224; partir du 19e si&#232;cle. Les classes dominantes locales se sont associ&#233;es aux grandes puissances financi&#232;res &#233;trang&#232;res pour soumettre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Imperialisme-+" rel="tag"&gt;Colonialisme et imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Toussaint-Eric-+" rel="tag"&gt;Toussaint, &#201;ric&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2954.jpg?1642092247' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;834&#034; height=&#034;557&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le 19e si&#232;cle, de l'Am&#233;rique latine &#224; la Chine en passant par Ha&#239;ti, la Gr&#232;ce, la Tunisie, l'&#201;gypte et l'Empire ottoman, la dette publique a &#233;t&#233; utilis&#233;e comme arme de domination et de spoliation&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Au bout du compte, c'est la combinaison de l'endettement et du libre-&#233;change qui constitue le facteur fondamental de la subordination d'&#233;conomies enti&#232;res &#224; partir du 19e si&#232;cle. Les classes dominantes locales se sont associ&#233;es aux grandes puissances financi&#232;res &#233;trang&#232;res pour soumettre leur pays et leur peuple &#224; un m&#233;canisme de transfert permanent de richesses des producteurs locaux vers les cr&#233;anciers, qu'ils soient nationaux ou &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La cons&#233;quence &#233;tait &#233;vidente : les pays qui s'endettaient n'&#233;taient pas en mesure de rembourser leurs dettes. Ils devaient constamment recourir &#224; de nouveaux emprunts pour rembourser les anciens. Et quand ils n'y arrivaient pas, les puissances cr&#233;anci&#232;res avaient le droit de recourir &#224; une intervention militaire pour se faire rembourser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les cr&#233;anciers, qu'ils soient de puissants &#201;tats, des organismes multilat&#233;raux &#224; leur service ou des banques, ont parfaitement su man&#339;uvrer pour imposer leur volont&#233; aux d&#233;biteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La dette a entre autres &#233;t&#233; utilis&#233;e pour asservir la Tunisie &#224; la France en 1881 ou l'&#201;gypte au Royaume-Uni en 1882, car les puissances cr&#233;anci&#232;res ont us&#233; de la dette impay&#233;e pour soumettre ces pays jusque-l&#224; souverains. De m&#234;me, la Gr&#232;ce est n&#233;e dans les ann&#233;es 1830 avec le boulet d'une dette qui l'encha&#238;nait au Royaume-Uni, &#224; la France et &#224; la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; La dette dans les ann&#233;es 1960-1970&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Le processus s'est reproduit apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, quand les pays d'Am&#233;rique latine avaient besoin de capitaux pour financer leur d&#233;veloppement et quand les pays asiatiques d'abord, puis africains au virage des ann&#233;es 1960, ont acc&#233;d&#233; &#224; l'ind&#233;pendance. La dette a constitu&#233; l'instrument majeur pour imposer des politiques n&#233;ocoloniales. Apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, il n'&#233;tait plus permis de recourir &#224; la force contre un pays d&#233;biteur. Ce sont d'autres moyens qui, d&#232;s lors, ont &#233;t&#233; utilis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les pr&#234;ts massifs octroy&#233;s, &#224; partir des ann&#233;es 1960, &#224; un nombre croissant de pays de la p&#233;riph&#233;rie (&#224; commencer par les alli&#233;s strat&#233;giques des grandes puissances, le Congo de Mobutu, l'Indon&#233;sie de Suharto, le Br&#233;sil de la dictature militaire), jouent le r&#244;le de lubrifiant d'un puissant m&#233;canisme de reprise de contr&#244;le de pays.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; La crise de la dette des ann&#233;es 1980&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &#192; la fin de 1979, les &#201;tats-Unis ont d&#233;cid&#233; d'augmenter leurs taux d'int&#233;r&#234;t, ce qui a eu des r&#233;percussions sur les taux au Sud qui &#233;taient variables et ont eux aussi fortement augment&#233;. Coupl&#233;e &#224; une baisse des cours des mati&#232;res premi&#232;res export&#233;es par les pays du Sud (p&#233;trole, caf&#233;, cacao, coton, sucre, minerais), cette hausse des taux a referm&#233; le pi&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En ao&#251;t 1982, le Mexique et d'autres pays ont annonc&#233; qu'ils n'&#233;taient plus en mesure de rembourser. C'est l&#224; qu'est intervenu le Fonds mon&#233;taire international (FMI), qui, &#224; la demande des banques cr&#233;anci&#232;res, a pr&#234;t&#233; aux pays en difficult&#233;, au taux fort, &#224; la double condition qu'ils poursuivent le remboursement de leurs emprunts aux banques et qu'ils m&#232;nent la politique d&#233;cid&#233;e par ses experts : abandon des subventions aux produits et services de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, r&#233;duction des d&#233;penses publiques, d&#233;valuation de la monnaie, taux d'int&#233;r&#234;t &#233;lev&#233;s pour attirer les capitaux &#233;trangers, production agricole tourn&#233;e vers l'exportation, ouverture totale des march&#233;s par la suppression des barri&#232;res douani&#232;res, lib&#233;ralisation de l'&#233;conomie avec abandon du contr&#244;le des mouvements de capitaux et suppression du contr&#244;le des changes, fiscalit&#233; aggravant les in&#233;galit&#233;s avec hausse de la taxe sur la valeur ajout&#233;e (TVA) et pr&#233;servation des revenus du capital, privatisations des entreprises publiques rentables&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est ainsi qu'est apparue une nouvelle forme de colonisation : plus besoin d'entretenir une administration et une arm&#233;e coloniale sur place, le m&#233;canisme de la dette s'est charg&#233; de pr&#233;lever les richesses produites et de les diriger vers les cr&#233;anciers. Cela se combine &#224; l'ing&#233;rence politique et &#233;conomique lorsque les int&#233;r&#234;ts des cr&#233;anciers et des puissances n&#233;ocoloniales sont menac&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; &#201;volution dans les ann&#233;es 2000&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &#192; partir de 2003-2004, les prix des mati&#232;res premi&#232;res et des produits agricoles ont commenc&#233; &#224; augmenter dans un contexte de forte demande internationale. Cela a permis aux pays exportateurs de tels produits d'augmenter leurs recettes en devises comme le dollar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans les ann&#233;es 2000, la r&#233;duction des taux d'int&#233;r&#234;t au Nord a r&#233;duit le co&#251;t de la dette au Sud. Ce financement &#224; bas co&#251;t, combin&#233; &#224; l'afflux de capitaux du Nord &#224; la recherche de rendements plus rentables face aux taux d'int&#233;r&#234;t bas au Nord et &#224; des recettes d'exportation &#233;lev&#233;es, a donn&#233; aux gouvernements des pays en d&#233;veloppement une dangereuse impression de s&#233;curit&#233;. Et la situation a commenc&#233; &#224; se d&#233;grader &#224; partir de 2016-2017, car le taux d'int&#233;r&#234;t croissant fix&#233; par la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine (dont le taux directeur est pass&#233; de 0,25 % en 2015 &#224; 2,25 % en novembre 2018) et les cadeaux fiscaux faits aux grandes entreprises &#233;tats-uniennes par Donald Trump entra&#238;nent un rapatriement de capitaux vers les &#201;tats-Unis et un rench&#233;rissement des int&#233;r&#234;ts de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En 2018, une nouvelle crise de la dette a touch&#233; directement des pays comme l'Argentine, le Venezuela, la Turquie, l'Indon&#233;sie, le Nig&#233;ria, le Mozambique, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Refuser de payer une dette ill&#233;gitime&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; En 1914, en pleine r&#233;volution, quand Emiliano Zapata et Pancho Villa &#233;taient &#224; l'offensive, le Mexique a suspendu compl&#232;tement le paiement de sa dette ext&#233;rieure consid&#233;r&#233;e comme odieuse (voir encadr&#233;), remboursant seulement, entre 1914 et 1942, des sommes symboliques &#224; seule fin de temporiser. Entre 1934 et 1940, le pr&#233;sident L&#225;zaro C&#225;rdenas a nationalis&#233; sans indemnisation l'industrie p&#233;troli&#232;re et les chemins de fer, et a expropri&#233; plus de 18 millions d'hectares des grandes propri&#233;t&#233;s fonci&#232;res pour les remettre aux communaut&#233;s indig&#232;nes. La t&#233;nacit&#233; a &#233;t&#233; payante : en 1942, les cr&#233;anciers ont renonc&#233; &#224; environ 90 % de la valeur des cr&#233;dits et se sont content&#233;s de faibles indemnisations pour les entreprises dont ils avaient &#233;t&#233; expropri&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Plus r&#233;cemment, en &#201;quateur, le pr&#233;sident Rafael Correa a mis en place en juillet 2007 une commission d'audit de la dette publique. Apr&#232;s quatorze mois de travail, elle a remis des conclusions qui d&#233;montraient le caract&#232;re ill&#233;gitime et ill&#233;gal d'une grande partie de la dette publique. En novembre 2008, le gouvernement a d&#233;cid&#233; de suspendre unilat&#233;ralement le remboursement de titres de la dette vendus sur les march&#233;s financiers internationaux et venant &#224; &#233;ch&#233;ance en 2012 et en 2030. Finalement, le gouvernement de ce petit pays est sorti vainqueur d'une &#233;preuve de force avec les banquiers nord-am&#233;ricains d&#233;tenteurs de ces titres. Ainsi, il a &#233;t&#233; en mesure de d&#233;gager de nouveaux moyens financiers permettant d'augmenter les d&#233;penses sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il est &#233;vident que le refus de payer la dette ill&#233;gitime constitue une mesure n&#233;cessaire, mais elle est insuffisante pour g&#233;n&#233;rer le d&#233;veloppement. Il faut appliquer un programme coh&#233;rent de d&#233;veloppement. Il s'agit de g&#233;n&#233;rer des ressources financi&#232;res en augmentant les ressources de l'&#201;tat &#224; partir d'imp&#244;ts respectant la justice sociale et environnementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH416/2ea03460d11259f3136f8531f205b509-d5895.png?1729033126' width='500' height='416' /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur est porte-parole international et militant au Comit&#233; pour l'abolition des dettes ill&#233;gitimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Manifestation en soutien au Togo contre les conditions de vie qui se d&#233;gradent notamment d&#251; aux dettes odieuses qui augmentent sans cesse, Belgique, 2018 (Pascal Van, CC BY-NA).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>D&#233;colonisation 101</title>
		<link>https://www.ababord.org/Decolonisation-101</link>
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		<dc:date>2020-07-14T19:47:05Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dalie Giroux</dc:creator>


		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Giroux, Dalie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le colonialisme est un ph&#233;nom&#232;ne qui, s'il plonge ses racines dans une histoire qu'il est imp&#233;ratif de comprendre, est fonci&#232;rement contemporain. En effet, les &#201;tats canadien et qu&#233;b&#233;cois sont un h&#233;ritage direct et vivant des prises de terre et de la capture juridique qui se sont mises en &#339;uvre en Am&#233;rique du Nord entre le 17e et le 20e si&#232;cle. &lt;br class='autobr' /&gt; L'extractivisme et le racisme qui d&#233;finissent notre &#233;poque ne sont intelligibles que dans ce contexte, et ce sont les cibles que doivent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Les-nouveaux-habits-de-l-imperialisme-" rel="directory"&gt;Dossier : Les nouveaux habits de l'imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Imperialisme-+" rel="tag"&gt;Colonialisme et imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Giroux-Dalie-+" rel="tag"&gt;Giroux, Dalie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2953.jpg?1642092247' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;851&#034; height=&#034;556&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le colonialisme est un ph&#233;nom&#232;ne qui, s'il plonge ses racines dans une histoire qu'il est imp&#233;ratif de comprendre, est fonci&#232;rement contemporain. En effet, les &#201;tats canadien et qu&#233;b&#233;cois sont un h&#233;ritage direct et vivant des prises de terre et de la capture juridique qui se sont mises en &#339;uvre en Am&#233;rique du Nord entre le 17e et le 20e si&#232;cle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; L'extractivisme et le racisme qui d&#233;finissent notre &#233;poque ne sont intelligibles que dans ce contexte, et ce sont les cibles que doivent privil&#233;gier les efforts politiques de d&#233;colonisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Apr&#232;s le Roi de France et ses associ&#233;s commerciaux, c'est l'Empire britannique qui, en 1763, a pris le contr&#244;le des territoires que nous habitons aujourd'hui dans la vall&#233;e du Saint-Laurent. L'Empire s'est agrandi, notamment par l'achat de la Terre de Rupert &#224; la Compagnie de la Baie d'Hudson en 1870, jusqu'&#224; englober le territoire de ce que nous appelons aujourd'hui le Canada, y compris la Province de Qu&#233;bec dans ses fronti&#232;res actuelles, &#233;tablies &#224; Londres en 1927.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette prise de contr&#244;le s'est faite sur la base du droit de conqu&#234;te europ&#233;en, issu du droit canon et cristallis&#233; dans le &lt;em&gt;Jus gentium&lt;/em&gt; europ&#233;en (anc&#234;tre du droit international). Le droit de conqu&#234;te a permis de soutenir jusqu'&#224; ce jour l'id&#233;e que les peuples qui habitaient le continent au moment de cette prise de terre europ&#233;enne qu'a &#233;t&#233; la &#171; d&#233;couverte du Nouveau Monde &#187; ne d&#233;tenaient pas la souverainet&#233; sur le territoire et qu'ils n'&#233;taient en cons&#233;quence pas &#171; ma&#238;tres chez eux &#187;. Ce sont ceux que nous appelons aujourd'hui les Autochtones. La Loi constitutionnelle canadienne, dont la premi&#232;re version contemporaine date de 1867, mais qui a des racines jusque dans la Proclamation royale de 1763, est l'h&#233;ritage direct du droit de conqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette prise de terre unilat&#233;rale a vis&#233; &#224; l'&#233;poque et vise toujours aujourd'hui (c'est bien ce que nous indiquent les diff&#233;rents jugements de la Cour supr&#234;me sur les limites au titre ancestral sur les territoires revendiqu&#233;s par les Autochtones) l'exploitation maximale des ressources naturelles contenues dans ce territoire : les terres arables, la for&#234;t, le minerai, l'hydro-&#233;lectricit&#233;, l'eau, le tourisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'objectif de la Couronne, autrefois britannique, aujourd'hui canadienne et qu&#233;b&#233;coise, est de permettre aux r&#233;seaux d'aventuriers, d'entrepreneurs, de sp&#233;culateurs et de politiciens ayant acc&#232;s aux capitaux et &#224; l'arsenal technologique et militaire requis pour la r&#233;alisation d'une telle entreprise, de g&#233;n&#233;rer un maximum de valeur sous forme de capital. La valeur extraite dans ce processus (objet d'un travail continu d'extraction, au sens propre et figur&#233;) est en grande partie export&#233;e hors du territoire ainsi usurp&#233; &#8211; hier dans les capitales de l'Europe, aujourd'hui un peu partout dans les r&#233;seaux financiers globaux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Le colonialisme d'aujourd'hui&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Pour r&#233;aliser une telle entreprise, le colonisateur, fran&#231;ais puis anglais puis canadien et qu&#233;b&#233;cois, a d&#251; nettoyer le territoire (ce que Marx rappelle comme &#233;tant la politique anglaise du &#171; &lt;em&gt;clearing of estates&lt;/em&gt; &#187;), c'est-&#224;-dire neutraliser tous les obstacles pour laisser place &#224; l'extraction et &#224; la capitalisation de l'ensemble des ressources disponibles, connues et inconnues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cela a impliqu&#233; le contr&#244;le et l'enfermement des populations qui se trouvent dans les territoires vis&#233;s, que ce soit par la cr&#233;ation de r&#233;serves indiennes et de la politique des pensionnats aux 19e et 20e si&#232;cles ; que ce soit par la cr&#233;ation de la &lt;em&gt;Province of Quebec&lt;/em&gt; de 1763, qui a &#233;t&#233; con&#231;ue comme une petite r&#233;serve pour les parlant-fran&#231;ais vus comme insoumis&#183;es et comme &#171; race &#187; attard&#233;e ; ou que ce soit en envoyant l'arm&#233;e &#233;riger des tentes &#224; la douane de Saint-Bernard-de-Lacolle en 2017 pour contenir les nouveaux et nouvelles arrivant&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cela a aussi impliqu&#233; l'expropriation int&#233;grale des terres par cr&#233;ation des terres du domaine public (qui constituent 90 % du territoire dans le Qu&#233;bec d'aujourd'hui) ; par la signature des trait&#233;s num&#233;rot&#233;s avec les peuples autochtones, par lesquels ces derniers ont abdiqu&#233; leur titre inh&#233;rent au territoire sans possibilit&#233; l&#233;gale de le recouvrir ; par transformation des terres communes en propri&#233;t&#233; priv&#233;e &#224; usage exclusif ; par l'&#233;mission intensive de droits d'exploitation des ressources naturelles &#224; des compagnies priv&#233;es (notamment par le biais de l'actuelle Loi sur les mines) ; et par la cr&#233;ation et la gestion de fronti&#232;res et de politiques centralis&#233;es de citoyennet&#233; et d'immigration qui permettent &#224; l'&#201;tat de contr&#244;ler de mani&#232;re exclusive la circulation des biens et des personnes sur le territoire ainsi captur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Qui sont les &#171; Qu&#233;b&#233;cois-e-s &#187; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Dans le but d'installer dans les territoires occup&#233;s les populations requises aux fins de cette entreprise d'extraction, les &#201;tats colonisateurs successifs (le Roi de France, l'Empire britannique, le Canada, le Qu&#233;bec) ont d&#251; assimiler, recruter, contracter, kidnapper, acheter, naturaliser des groupes de personnes expropri&#233;es ici comme ailleurs dans le monde, dans les &#206;les &#233;cossaises, dans les campagnes europ&#233;ennes, dans les prisons et les orphelinats du Vieux Monde, en Afrique, dans les Antilles, en Chine, aux Philippines, en Afrique du Nord et ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce sont les chasseurs, les colons, les engag&#233;&#183;e&#183;s, les domestiques, les esclaves, les salari&#233;&#183;e&#183;s, les immigrant&#183;e&#183;s &#8211; tous et toutes, par l'expropriation g&#233;n&#233;ralis&#233;e de la terre, r&#233;duit&#183;e&#183;s &#224; la possession de leur force de travail et soumis&#183;es aux exigences des propri&#233;taires des moyens de production et des gouvernements pour assurer leur subsistance. Si les moyens ont diff&#233;r&#233; et si les cons&#233;quences ne sont pas &#233;gales pour tous les groupes, il demeure que la &#171; population &#187; qui peuple l'&#201;tat colonial est produite sous la forme d'une force de travail par la force r&#233;pressive et par le syst&#232;me de manque programm&#233; que constitue le march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; ce titre, qui sont donc les Qu&#233;b&#233;cois&#183;es qui se disent &#171; de souche &#187; et qui r&#233;clament aujourd'hui le privil&#232;ge d'usurper les territoires autochtones sur lesquels sont &#233;difi&#233;s le Qu&#233;bec et le Canada et maintenant celui de contr&#244;ler strictement l'immigration pour limiter l'acc&#232;s &#224; ce territoire et &#224; ses ressources ? Qui sont ces Qu&#233;b&#233;cois&#183;es qui disent avoir le privil&#232;ge d'exercer les fonctions de l'&#201;tat colonial ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En grande majorit&#233;, ils et elles sont issu&#183;e&#183;s et font partie de ce grand ensemble des populations d&#233;plac&#233;es, d&#233;pouill&#233;es, racis&#233;es, domestiqu&#233;es, mobilis&#233;es et mises au travail d'une fa&#231;on ou d'une autre par l'entreprise coloniale. Ils et elles sont eux aussi produit&#183;e&#183;s sous la forme d'une force de travail ali&#233;n&#233;e &#8211; et se prennent aujourd'hui de mani&#232;re parfois burlesque, sous une modalit&#233; identitaire devenue l&#233;tale, pour des patron&#183;ne&#183;s d'entreprise coloniale, pour des &#171; ma&#238;tres chez eux &#187;, pour des ayants droit prioritaires, sans consid&#233;ration pour ce qui les lie de mani&#232;re intrins&#232;que, historiquement, &#224; tous les segments de population qui cherchent &#224; survivre dans et malgr&#233; l'Empire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Qu'est-ce que la d&#233;colonisation ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Ces populations requises aux fins de l'entreprise coloniale sont :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;LES AUTOCHTONES&lt;/strong&gt;, &#224; qui on demande de se taire, de dispara&#238;tre, d'abandonner leurs territoires et leur libert&#233; politique au profit de l'entreprise d'extraction g&#233;n&#233;ralis&#233;e, &#224; qui on fait comprendre qu'ils et elles doivent s'assimiler ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;LES QU&#201;B&#201;COIS&#183;ES&lt;/strong&gt;, &#224; qui on exige de fournir le travail requis pour l'extraction en &#233;change d'un salaire d&#233;termin&#233; par l'&#233;lite &#233;conomique et politique, qui sont requis&#183;e&#183;s de s'identifier aux int&#233;r&#234;ts de cette &#233;lite et d'accepter leur expropriation historique et r&#233;elle en &#233;change d'une chance &#224; la loterie sp&#233;culative (devenir soi-m&#234;me un patron ou une patronne !) et de quelques programmes sociaux ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;LES MIGRANT&#183;E&#183;S&lt;/strong&gt;, qui sont soumis&#183;es aux contr&#244;les militaires, politiques, culturels et &#233;conomiques des monopoles de citoyennet&#233; que sont les &#201;tats pour avoir acc&#232;s, aux conditions racistes du march&#233; du travail, aux flux de capitaux qui permettent &#224; peine de vivre ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;TOUS et TOUTES&lt;/strong&gt; ont &#233;t&#233; d&#233;poss&#233;d&#233;&#183;e&#183;s des moyens de leur existence (la terre, les savoirs, la libert&#233; politique) par l'histoire coloniale, tous et toutes doivent se plier aux exigences de l'entreprise d'extraction g&#233;n&#233;ralis&#233;e de l'&#233;lite contemporaine pour survivre (accepter un salaire/accepter de s'endetter pour manger, se loger, s'habiller, se soigner, s'&#233;duquer, se divertir, se r&#233;fl&#233;chir) et tous et toutes ont subi, &#224; diff&#233;rents degr&#233;s et &#224; diff&#233;rentes &#233;poques, l'assimilation juridique et culturelle qui a permis la justification morale et la l&#233;galisation du colonialisme, assurant ainsi sa perp&#233;tuit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous vivons certes diff&#233;remment les cons&#233;quences du colonialisme (certain&#183;e&#183;s ont la part belle et au d&#233;triment des autres, certain&#183;e&#183;s ont mis la main sur les appareils de capture coloniaux et s'y crispent) &#8211; mais nous n'y sommes pas moins collectivement enti&#232;rement soumis&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Se d&#233;coloniser, c'est donc se penser ensemble contre la d&#233;possession, l'extractivisme et l'assimilation &#8211; c'est cesser de s'identifier aux fins, aux conditions et aux institutions du colonialisme, notamment &#224; la racisation explicite des populations qui produit les identit&#233;s autochtones, qu&#233;b&#233;coise de souche et immigrantes, puis arriver &#224; se r&#233;fl&#233;chir en termes de solidarit&#233; entre les peuples &#8211; autant de d&#233;poss&#233;d&#233;&#183;e&#183;s dans ce m&#234;me lieu, dans des histoires que nous pouvons partag&#233;es, apprendre, mettre en relation, et en qu&#234;te d'une vie libre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Dalie Giroux est syndicaliste, auteure et professeure &#224; l'Universit&#233; d'Ottawa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : &#192; Montr&#233;al, le collectif Maille &#224; part nous rappelle que l'&#238;le de la Tortue, &#224; savoir l'Am&#233;rique du Nord, demeure une terre colonis&#233;e (Maille &#224; part, Montr&#233;al, CC BY-NC).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Imp&#233;rialisme et bons sentiments</title>
		<link>https://www.ababord.org/Imperialisme-et-bons-sentiments</link>
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		<dc:date>2019-05-26T13:34:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Am&#233;lie Nguyen</dc:creator>


		<dc:subject>Nguyen, Am&#233;lie</dc:subject>

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&lt;p&gt;La colonisation a &#233;t&#233; bas&#233;e sur une cat&#233;gorisation et une hi&#233;rarchisation du monde qui excluent la majorit&#233; des populations de l'histoire agissante, d&#233;l&#233;gitimant ses r&#233;flexions, ses id&#233;es, ses actions. Ces cat&#233;gorisations visent &#224; imposer et maintenir un rapport de force entre les puissances occidentales et le Sud. &lt;br class='autobr' /&gt; Aujourd'hui, cette hi&#233;rarchisation des peuples influence l'avenir de nombreux pays &#224; travers des interventions militaires et des projets d'aide au d&#233;veloppement qui ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Les-nouveaux-habits-de-l-imperialisme-" rel="directory"&gt;Dossier : Les nouveaux habits de l'imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nguyen-Amelie-+" rel="tag"&gt;Nguyen, Am&#233;lie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2732.jpg?1642092226' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1000&#034; height=&#034;714&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La colonisation a &#233;t&#233; bas&#233;e sur une cat&#233;gorisation et une hi&#233;rarchisation du monde qui excluent la majorit&#233; des populations de l'histoire agissante, d&#233;l&#233;gitimant ses r&#233;flexions, ses id&#233;es, ses actions. Ces cat&#233;gorisations visent &#224; imposer et maintenir un rapport de force entre les puissances occidentales et le Sud.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aujourd'hui, cette hi&#233;rarchisation des peuples influence l'avenir de nombreux pays &#224; travers des interventions militaires et des projets d'aide au d&#233;veloppement qui ne remettent pas ces cat&#233;gorisations en question. Notre article se penchera sur cette moralisation de l'imp&#233;rialisme qui en rend la contestation d'autant plus polarisante socialement. De fait, comment contester efficacement une intervention militaire si elle est justifi&#233;e par la d&#233;fense des droits, le r&#233;tablissement de la paix ou de la d&#233;mocratie ? Comment remettre en question les projets qui, sous le couvert de bonnes intentions, enclenchent un rapport de d&#233;pendance historique, &#233;conomique, politique, social ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re ce processus de l&#233;gitimation se cache l'id&#233;e d'une sup&#233;riorit&#233; morale de l'Occident par rapport au Sud global. Cette perspective binaire et &#233;motive sur les dynamiques complexes du monde nuit &#224; une prise de d&#233;cision rationnelle et bas&#233;e sur des informations av&#233;r&#233;es et nuanc&#233;es qui favoriserait l'autod&#233;termination.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui m&#233;rite l'&#233;galit&#233; ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la Charte des Nations Unies de 1945, les principes fondamentaux du droit international sont l'&#233;galit&#233; souveraine des &#201;tats et le droit &#224; l'autod&#233;termination. En d&#233;coule qu'il est interdit d'intervenir dans les affaires internes d'un &#201;tat, sauf en cas de l&#233;gitime d&#233;fense ou de menace &#224; la paix ou &#224; la s&#233;curit&#233;. Une intervention devrait &#234;tre appuy&#233;e par le tr&#232;s imparfait Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU pour &#234;tre l&#233;gale dans ce cadre. Comme le souligne le Collectif &#201;chec &#224; la Guerre, &#171; &lt;i&gt;la possibilit&#233; d'intervenir pour prot&#233;ger les civils a &#233;t&#233; discut&#233;e et rejet&#233;e par les gouvernements d'alors [car elle] repr&#233;sentait un trop grand risque pour la stabilit&#233; internationale et la souverainet&#233; des &#201;tats les plus faibles&lt;/i&gt;. &#187; En fait, &#171; &lt;i&gt;les &#201;tats du Sud consid&#232;rent que le principe de souverainet&#233;&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;repr&#233;sente, en pratique, leur derni&#232;re protection contre les r&#232;gles d'un monde in&#233;gal&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;chec &#224; la Guerre, &#171; La responsabilit&#233; de prot&#233;ger : de quoi s'agit-il ? &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cadre de d&#233;cision institutionnel a &#233;t&#233; adopt&#233; pour tenter de parer au r&#232;gne du plus fort. La moralisation de l'intervention militaire est un moyen de contourner le droit international et de faciliter l'intervention en obtenant une l&#233;gitimation aupr&#232;s de l'opinion publique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les bons sentiments et la guerre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, on a tent&#233; de manipuler les masses pour qu'elles consentent &#224; participer ou &#224; appuyer des guerres visant soit &#224; renouveler le sentiment patriotique, &#224; agir comme soupape pour le m&#233;contentement et la contestation du pouvoir national, &#224; faire rouler le tr&#232;s lucratif complexe militaro-industriel ou &#224; servir les int&#233;r&#234;ts nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des ann&#233;es 1990, plusieurs conflits r&#233;gionaux ont permis de mettre les assises pour une moralisation sournoise des d&#233;cisions de guerre. De &#171; l'intervention humanitaire &#187; des ann&#233;es 1970 et 1980, on est pass&#233; au concept de la &#171; responsabilit&#233; de prot&#233;ger &#187; qui dicte des standards o&#249; un &#201;tat aurait la responsabilit&#233; d'intervenir pour d&#233;fendre la population de ce dernier contre le pouvoir en place en cas de violation massive des droits humains. Bien s&#251;r, ce concept a cela de r&#233;confortant qu'il donne l'impression que nous avons le pouvoir d'aider ces populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, comme le montre l'exemple de la Libye, seuls les &#201;tats occidentaux &#171; respectables &#187; ont aujourd'hui la prestance morale de faire valoir la n&#233;cessit&#233; d'intervenir, le plus souvent pour faire valoir leurs int&#233;r&#234;ts. La responsabilit&#233; de prot&#233;ger n'est qu'un &#233;cran de fum&#233;e de plus pour justifier l'entr&#233;e en guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sinon, durant la m&#234;me p&#233;riode, pourquoi ne sont-ils pas intervenus &#224; un co&#251;t bien moindre en Somalie, o&#249; plus de 30 000 enfants de moins de 5 ans &#233;taient d&#233;j&#224; morts de faim ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De la mission civilisatrice &#224; l'humanitaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'aide humanitaire et au d&#233;veloppement, dont le comparatif est toujours intrins&#232;quement un &#171; d&#233;veloppement &#187; calqu&#233; sur le mod&#232;le occidental, cache souvent les int&#233;r&#234;ts du bailleur de fonds, d'un &#201;tat ou d'une organisation internationale. Cette aide qui remet rarement en cause les dynamiques &#233;conomiques et politiques structurelles du monde, enferme le plus souvent les pays dans un cycle de d&#233;pendance, voire affaiblit les institutions et l'&#233;conomie locales de mani&#232;re durable. De plus, la comp&#233;tition entre organisations du Nord pour le financement des bailleurs de fonds peut d&#233;tourner leurs &#233;nergies d'actions de plaidoyer ou de mobilisations qui, elles, contribueraient r&#233;ellement &#224; un changement des dynamiques de pouvoir internationales. L'aide au d&#233;veloppement est utilis&#233;e comme alibi pour justifier le reste des relations internationales et s'ins&#232;re souvent dans un plan global de n&#233;olib&#233;ralisation du monde, avec ses privatisations des institutions publiques, sa lib&#233;ralisation de l'&#233;conomie, et la d&#233;r&#233;glementation, qui favorise particuli&#232;rement les grandes compagnies transnationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilbert Rist disait : &#171; &lt;i&gt;Au cours des derni&#232;res d&#233;cennies, toutes les mesures prises au nom du &#034;d&#233;veloppement&#034; ont conduit &#224; l'expropriation mat&#233;rielle et culturelle. Leur &#233;chec a &#233;t&#233; si total qu'il est vain de vouloir pers&#233;v&#233;rer dans cette voie. [&#8230;] Par cons&#233;quent, la t&#226;che principale consiste &#224; restaurer l'autonomie politique, &#233;conomique et culturelle des soci&#233;t&#233;s marginalis&#233;es&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Beaudet, &#171; Le paysage changeant de la coop&#233;ration internationale &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Un projet impos&#233; de l'ext&#233;rieur qui ne vise pas fondamentalement cette &#233;mancipation fond&#233;e sur la r&#233;ciprocit&#233; et la reprise de possession de sa voix par une communaut&#233; risque de reproduire une dynamique coloniale n&#233;faste et peut m&#234;me d&#233;tourner l'&#233;nergie d'une lutte efficace contre les rapports de pouvoir historiques affligeant toujours plusieurs pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse humanitaire au s&#233;isme de 2010 en Ha&#239;ti en est l'exemple phare. Un afflux massif d'aide est venu de plusieurs pays, dont la France, le Canada et les &#201;tats-Unis. Malgr&#233; tout, un an apr&#232;s, 90 % des d&#233;bris n'avaient toujours pas &#233;t&#233; d&#233;gag&#233;s et seulement 10 % des 9 milliards promis par les bailleurs internationaux avaient &#233;t&#233; d&#233;bours&#233;s. En octobre 2011, 595 000 r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s vivaient toujours dans des camps autour de la capitale. Les priorit&#233;s ont &#233;t&#233; d&#233;termin&#233;es sans consid&#233;ration pour la structure sociale d'Ha&#239;ti et ses besoins r&#233;els, l'appui au d&#233;veloppement de zones industrielles ayant notamment pris le pas sur l'appui aux zones rurales et &#224; la souverainet&#233; alimentaire, au d&#233;triment des petits paysans. La grande majorit&#233; des contrats li&#233;s &#224; la reconstruction des grandes infrastructures aurait &#233;t&#233; donn&#233;e &#224; des compagnies &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la coordination de l'aide et des op&#233;rations a &#233;t&#233; faite par les forces arm&#233;es am&#233;ricaines, en se souciant peu d'int&#233;grer la population ou les gouvernements locaux. Personne n'est r&#233;ellement imputable pour les d&#233;penses qui ont &#233;t&#233; faites pour la reconstruction, puisque l'&#201;tat ha&#239;tien a &#233;t&#233; exclu du processus, et cela contribue &#224; affaiblir davantage son lien de confiance t&#233;nu avec la population. Les r&#233;unions des &lt;i&gt;clusters&lt;/i&gt;, groupes th&#233;matiques de gestion de l'aide, se d&#233;roulaient en anglais plut&#244;t qu'en fran&#231;ais ou en cr&#233;ole. Les nombreux experts de l'humanitaire qui se sont pr&#233;cipit&#233;s sur place n'avaient pour la plupart que peu de connaissances sur le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Denyse C&#244;t&#233;, alors qu'un grand nombre d'organisations non gouvernementales ou internationales devaient faire valoir l'&#233;galit&#233; de genre, suivant les directives des bailleurs, le mouvement des femmes ha&#239;tiennes a &#233;t&#233; sursollicit&#233;, mais le plus souvent instrumentalis&#233; pour l&#233;gitimer les priorit&#233;s des organisations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Denyse C&#244;t&#233;, &#171; Un espace politique menac&#233; : le mouvement f&#233;ministe ha&#239;tien (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'absence de reconnaissance du travail historique fructueux de d&#233;fense des droits des femmes de ce mouvement, qui s'est pourtant poursuivi suite au s&#233;isme, l'a discr&#233;dit&#233; internationalement et a renforc&#233; une image &#171; victimisante et mis&#233;rabiliste &#187; de la femme ha&#239;tienne. Cette image de &#171; vuln&#233;rabilit&#233; extr&#234;me &#187; a fait que de nombreux mouvements sociaux ont &#233;t&#233; per&#231;us comme incapables ou incomp&#233;tents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sankara affirmait : &#171; &lt;i&gt; Nous encourageons l'aide qui nous aide &#224; nous passer de l'aide&lt;/i&gt;. &#187; Ce sont toujours aujourd'hui de sages paroles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;chec &#224; la Guerre, &#171; La responsabilit&#233; de prot&#233;ger : de quoi s'agit-il ? &#187;, 2012, Allocution du pr&#233;sident Abdelaziz Bouteflika, AG de l'ONU, 22 septembre 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Beaudet, &#171; Le paysage changeant de la coop&#233;ration internationale &#187;, Passer de la r&#233;flexion &#224; l'action : les grands enjeux de la coop&#233;ration internationale, p. 145.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Denyse C&#244;t&#233;, &#171; Un espace politique menac&#233; : le mouvement f&#233;ministe ha&#239;tien et les effets pervers de l'aide humanitaire &#187;, dans Nancy Th&#232;de et M&#233;lanie Dufour (dir.), L'Am&#233;rique latine : laboratoire du politique autrement, PUQ, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : U.S. Navy. Domaine public.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lancement du num&#233;ro 79 - Les nouveaux habits de l'imp&#233;rialisme</title>
		<link>https://www.ababord.org/Lancement-du-numero-79-Les-nouveaux-habits-de-l-imperialisme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Lancement-du-numero-79-Les-nouveaux-habits-de-l-imperialisme</guid>
		<dc:date>2019-04-25T16:47:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;&#192; B&#226;bord ! vous invite au lancement de son 79&#232; num&#233;ro portant sur l'imp&#233;rialisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Rendez-vous le 7 mai d&#232;s 17h30 &#224; la librairie Zone Libre (262 Ste-Catherine Est, Montr&#233;al) ! &lt;br class='autobr' /&gt; Pour l'occasion, nous tiendrons un panel autour du dossier Les nouveaux habits de l'imp&#233;rialisme avec : Am&#233;lie Nguyen, coordonnatrice au Centre international de solidarit&#233; ouvri&#232;re (organisation de solidarit&#233; internationale intersyndicale visant &#224; renforcer les liens entre les travailleuses et travailleurs d'ici (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Les-nouveaux-habits-de-l-imperialisme-" rel="directory"&gt;Dossier : Les nouveaux habits de l'imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2730.png?1642092226' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;986&#034; height=&#034;1034&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#192; B&#226;bord !&lt;/i&gt; vous invite au lancement de son 79&#232; num&#233;ro portant sur l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rendez-vous le 7 mai d&#232;s 17h30 &#224; la librairie Zone Libre (262 Ste-Catherine Est, Montr&#233;al) !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour l'occasion, nous tiendrons un panel autour du dossier &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Les-nouveaux-habits-de-l-imperalisme&#034;&gt;Les nouveaux habits de l'imp&#233;rialisme&lt;/a&gt; avec :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Am&#233;lie Nguyen&lt;/strong&gt;, coordonnatrice au Centre international de solidarit&#233; ouvri&#232;re (organisation de solidarit&#233; internationale intersyndicale visant &#224; renforcer les liens entre les travailleuses et travailleurs d'ici et d'ailleurs en lutte pour le respect de leurs droits, pour de meilleures conditions de travail et pour l'instauration d'une soci&#233;t&#233; plus juste et d&#233;mocratique) et membre du collectif de la revue &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Dominique Caouette&lt;/strong&gt;, Directeur du R&#233;seau d'&#233;tudes des dynamiques transnationales et de l'action collective (REDTAC), unit&#233; scientifique du C&#201;RIUM, Responsable du p&#244;le de recherche &#201;tudes contemporaines et transdisciplinaires de l'Asie du Sud-Est (ECTASE) et Coordonnateur de la Revue Possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Ricardo Pe&#241;afiel&lt;/strong&gt;, Professeur associ&#233;, D&#233;partement de Science politique de l'UQAM, Codirecteur du GRIPAL (Groupe de recherche sur les imaginaires politiques en Am&#233;rique latine ), Cochercheur, Subvention CRSH Savoir (2018-2023), Violence et d&#233;mocratie : la criminalisation de la lutte pour les droits en Am&#233;rique latine et Membre du collectif de la revue&lt;i&gt; &#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Marie-&#200;ve Marleau&lt;/strong&gt;, coordonnatrice du Comit&#233; pour les droits humains en Am&#233;rique latine (CDHAL), une organisation de solidarit&#233; qui travaille &#224; la d&#233;fense et &#224; la promotion des droits humains en r&#233;ciprocit&#233; avec les mouvements sociaux et les communaut&#233;s d'Am&#233;rique latine dans la lutte en faveur d'une justice sociale, environnementale, &#233;conomique et culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour consulter le sommaire du num&#233;ro, c'est &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Sommaire-du-numero-79&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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