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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Quand l'art se m&#234;le de politique</title>
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		<dc:date>2020-06-19T17:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yannick Delbecque, Anne-Marie Le Saux, Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Le Saux, Anne-Marie</dc:subject>
		<dc:subject>Delbecque, Yannick</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le collectif de la revue &#192; B&#226;bord ! vous invite &#224; un lancement festif de son num&#233;ro 78, contenant un dossier th&#233;matique intitul&#233; : Quand l'art se m&#234;le de politique. Sous la forme d'un cabaret politico-musical, le lancement se tiendra au Quai des brumes (4481 Rue Saint-Denis, Montr&#233;al), le 4 mars &#224; partir de 17h30. Tous les d&#233;tails ici. &lt;br class='autobr' /&gt;
Entr&#233;e libre. Bienvenue &#224; toutes et &#224; tous ! &lt;br class='autobr' /&gt; Il est bien souvent difficile de restreindre la parole des artistes, qui n'ont jamais craint d'appuyer les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Quand-l-art-se-mele-de-politique-" rel="directory"&gt;Dossier : Quand l'art se m&#234;le de politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Le-Saux-Anne-Marie-+" rel="tag"&gt;Le Saux, Anne-Marie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Delbecque-Yannick-+" rel="tag"&gt;Delbecque, Yannick&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2682.jpg?1642092222' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;2400&#034; height=&#034;4527&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le collectif de la revue &lt;i&gt;&#192; B&#226;bord !&lt;/i&gt; vous invite &#224; un &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Lancement-du-numero-78-Cabaret-politico-musical&#034;&gt;lancement&lt;/a&gt; festif de son num&#233;ro 78, contenant un dossier th&#233;matique intitul&#233; : Quand l'art se m&#234;le de politique. Sous la forme d'un cabaret politico-musical, le lancement se tiendra au Quai des brumes (4481 Rue Saint-Denis, Montr&#233;al), le 4 mars &#224; partir de 17h30. Tous les d&#233;tails &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Lancement-du-numero-78-Cabaret-politico-musical&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entr&#233;e libre. Bienvenue &#224; toutes et &#224; tous !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est bien souvent difficile de restreindre la parole des artistes, qui n'ont jamais craint d'appuyer les r&#233;voltes populaires, d'exprimer aussi bien les aspirations que les frustrations collectives, de critiquer les puissants. Quand une dictature se met en place, c'est aux artistes qu'on s'attaque le plus souvent en premier, si leurs propos ne s'accordent pas avec celui du pouvoir politique. Dans notre d&#233;mocratie soumise &#224; la dictature des march&#233;s, de nombreux artistes refusent de se mettre au service du syst&#232;me et de fournir les &#339;uvres inoffensives et anesth&#233;siantes qu'on leur demande, parfois &#224; leurs propres risques. Si bien que les artistes n'arrivent pas &#224; &#234;tre neutres : ou ils sont complices, ou ils sont d&#233;nonciateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En concevant ce dossier, nous avons constat&#233; &#224; quel point l'art engag&#233; est bien vivant, diversifi&#233; et toujours aussi pertinent aujourd'hui. Que ce soit au cin&#233;ma, au th&#233;&#226;tre, en musique, en litt&#233;rature ou en arts visuels, de tr&#232;s nombreux artistes refusent de se plier &#224; l'ordre n&#233;olib&#233;ral, expriment leurs convictions f&#233;ministes, environnementalistes, antiracistes, anti-syst&#233;miques, avec imagination et cr&#233;ativit&#233;, en &#233;vitant de tomber dans le pi&#232;ge du moralisme ou de la culpabilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, l'art engag&#233; semble si dynamique et si pr&#233;sent aujourd'hui, et dans un pass&#233; r&#233;cent, qu'il ne nous a &#233;t&#233; possible, dans ce dossier, que d'en couvrir une petite partie. Il faut donc concevoir les articles r&#233;unis ici comme un instantan&#233;, un portrait sur le vif, pris d'un angle particulier qui aurait tr&#232;s bien pu &#234;tre un autre, tout en &#233;tant repr&#233;sentatifs des luttes contemporaines dans leurs particularit&#233;s et leur diversit&#233;. Si les probl&#232;mes aujourd'hui semblent exacerb&#233;s par les effets qu'ils ont sur l'avenir de la plan&#232;te &#8211; pensons aux probl&#232;mes environnementaux, migratoires et d'in&#233;galit&#233;s sociales &#8211; il demeure rassurant que de nombreux artistes se mettent au diapason des grands combats, en se servant de leur pouvoir de s&#233;duire et de fasciner pour renforcer notre volont&#233; de r&#233;sister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dossier coordonn&#233; par Yannick Delbecque, Anne&#8209;Marie Le Saux et Claude Vaillancourt&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec des contributions d'&#201;tienne Beaulieu, Anithe de Carvalho, Dominic Champagne, &#200;ve Lamoureux, Virginia P&#233;s&#233;map&#233;o Bordeleau, Brigitte Poupart et Queen Ka.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;La majorit&#233; des photos qui illustre ce dossier provient de Quand l'art passe &#224; l'action (ATSA), compagnie co-fond&#233;e par les artistes Pierre Allard et Annie Roy en 1997, afin de rendre hommage &#224; Pierre Allard, qui nous a quitt&#233;s le 25 novembre 2018 et dont l'engagement artistique et citoyen a &#233;t&#233; plus qu'exemplaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous remercions chaleureusement Annie Roy de nous avoir permis d'utiliser ces images qui montrent &#224; quel point les cr&#233;ations de l'ATSA ont su combiner, avec une rare habilet&#233;, l'art et les combats pour la justice sociale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes particuli&#232;rement heureux et heureuses d'accueillir l'ATSA dans nos pages et lui souhaitons de belles ann&#233;es de cr&#233;ation et de militance &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : ATSA&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mordre la main qui nourrit</title>
		<link>https://www.ababord.org/Mordre-la-main-qui-nourrit</link>
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		<dc:date>2020-06-19T17:32:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Faire de l'art engag&#233;. &#192; une &#233;poque o&#249; la culture est majoritairement produite et diffus&#233;e par de grands groupes industriels, cela est une contradiction en soi. Les messages politiques lanc&#233;s par les artistes vont le plus souvent &#224; l'encontre des int&#233;r&#234;ts du syst&#232;me qui permet leur diffusion. Pourtant, l'art engag&#233; est toujours bien vivant aujourd'hui. Comment vient-on &#224; bout de cette contradiction ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le film The Corporation de Mark Achbar et Jennifer Abbott, le cin&#233;aste Michael Moore (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2927.jpg?1642092245' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1191&#034; height=&#034;537&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Faire de l'art engag&#233;. &#192; une &#233;poque o&#249; la culture est majoritairement produite et diffus&#233;e par de grands groupes industriels, cela est une contradiction en soi. Les messages politiques lanc&#233;s par les artistes vont le plus souvent &#224; l'encontre des int&#233;r&#234;ts du syst&#232;me qui permet leur diffusion. Pourtant, l'art engag&#233; est toujours bien vivant aujourd'hui. Comment vient-on &#224; bout de cette contradiction ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le film &lt;em&gt;The Corporation&lt;/em&gt; de Mark Achbar et Jennifer Abbott, le cin&#233;aste Michael Moore se pose franchement la question : &#171; &lt;em&gt;Je suis sur tous les r&#233;seaux, je suis distribu&#233; par les grands studios qui appartiennent &#224; de grandes corporations. Pourquoi me donnent-ils cet acc&#232;s alors que je suis oppos&#233; &#224; tout ce qu'ils soutiennent ?&lt;/em&gt; &#187; La raison est simple, selon lui : c'est qu'ils font de l'argent avec ses films. Il cite L&#233;nine (sans le nommer) en affirmant que les capitalistes sont pr&#234;ts &#224; vendre la corde qui servira &#224; les pendre.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Moore, les patrons sont aussi convaincus que les gens qui voient des &#339;uvres militantes ne bougeront pas, qu'ils resteront tranquilles &#224; la maison, &#224; consommer les autres &#339;uvres abrutissantes qu'ils distribuent. L'art engag&#233; serait donc inoffensif parce qu'il demeure marginal parmi une production beaucoup plus abondante qui veille &#224; r&#233;p&#233;ter un discours consensuel et anesth&#233;siant, toujours efficace pour tenir la population tranquille.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe m&#234;me une forme d'engagement rassurant, tr&#232;s acceptable pour l'industrie, quasiment obligatoire pour certains artistes tr&#232;s populaires, et qui a l'avantage de se situer hors des d&#233;bats politiques. Ces artistiques rendent ainsi acceptables leurs revenus exorbitants en devenant charitables. C&#233;line Dion, par exemple, est impliqu&#233;e dans plusieurs activit&#233;s caritatives, dont la lutte contre la fibrose kystique et le VIH/sida (d'un point de vue qui n'a rien de tr&#232;s politique, il faut l'admettre). Marie-Mai a &#233;t&#233; ambassadrice pour l'UNICEF. L'humoriste Maxim Martin est le porte-parole de la Fondation du Centre de r&#233;adaptation en d&#233;pendance de Montr&#233;al. L'actrice Angelina Jolie s'est int&#233;ress&#233;e &#224; la question des r&#233;fugi&#233;s et elle est &#224; plusieurs reprises descendue de son Olympe pour visiter des camps dans plusieurs pays. La tr&#232;s populaire auteure J.K. Rowling s'est engag&#233;e dans la lutte contre la pauvret&#233; et la protection de l'enfance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait continuer ainsi longtemps. La page Wikipedia de nombreux artistes fait part de leurs bonnes &#339;uvres dans des sections sp&#233;ciales intitul&#233;es &#171; engagements &#187; ou &#171; activit&#233;s caritatives &#187;, comme s'il s'agissait d'une de leurs t&#226;ches in&#233;vitables. Si cette implication n&#233;cessite le plus souvent une v&#233;ritable g&#233;n&#233;rosit&#233;, ne serait-ce que par le temps qu'on y consacre, le message politique qui en d&#233;coule est plut&#244;t mince. Un nombre &#233;lev&#233; de bonnes causes se cherchent un&#183;e artiste qui pourra les repr&#233;senter et permettre de profiter de sa notori&#233;t&#233; pour obtenir une grande attention m&#233;diatique, quitte &#224; la payer pour ce service.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; ses risques et p&#233;rils&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il n'en demeure pas moins que le v&#233;ritable engagement politique, sur des sujets controvers&#233;s, et remettant en question le syst&#232;me en place, entra&#238;ne une certaine prise de risque pour les artistes. Celui de d&#233;plaire, d'abord, &#224; une partie de leur public qui ne partage pas n&#233;cessairement les m&#234;mes pr&#233;occupations, ou celui de voir leur production moins diffus&#233;e, &#224; cause d'un message qui d&#233;range ou qui refuse un certain degr&#233; de conformisme souvent n&#233;cessaire aux yeux des diffuseurs pour rejoindre un large public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certain&#183;e&#183;s artistes pr&#233;f&#232;rent situer leur engagement surtout en dehors de leur &#339;uvre : leurs projets artistiques n'accordent pas toujours une place centrale &#224; leurs pr&#233;occupations politiques. Mais ils et elles consacrent une partie importante de leur temps &#224; des activit&#233;s militantes. Cet engagement devient parfois si prenant qu'il peut en venir &#224; rel&#233;guer au second plan les activit&#233;s artistiques. C'est le cas, &#224; l'&#233;chelle internationale, de l'auteure Arundhati Roy, engag&#233;e dans de nombreux combats environnementaux en Inde, ou chez nous, de Richard Desjardins et Dominic Champagne, qui se sont eux aussi, entre autres, impliqu&#233;s dans la protection de l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type d'engagement rapproche parfois l'artiste au politicien : son statut de personnage public lui attire une grande attention m&#233;diatique, une visibilit&#233; qui d&#233;clenche parfois de vifs antagonismes. Une m&#233;decine &#224; laquelle a r&#233;cemment go&#251;t&#233; Dominic Champagne, avec son Pacte sur la transition, qui s'est gagn&#233; beaucoup d'adh&#233;sions chez les artistes, mais a soulev&#233; une grande controverse, surtout chez les chroniqueurs de droite (mais aussi &#224; gauche). L'enjeu politique du pacte, l'urgence d'agir en faveur de la transition &#233;cologique, a &#233;t&#233; occult&#233; par une critique du messager et de nombreux signataires, essentiellement les artistes avec le plus haut niveau de vie, peu repr&#233;sentatif de l'ensemble, dont les revenus tir&#233;s de leur art sont tr&#232;s bas et les confinent &#224; une simplicit&#233; bien souvent involontaire. Avec les m&#233;dias sociaux, et la capacit&#233; de transmettre sans restriction des menaces et des d&#233;charges de haine, l'engagement des artistes &#8212; et des citoyen&#183;ne&#183;s en g&#233;n&#233;ral &#8212; dans des causes controvers&#233;es demande aujourd'hui encore plus de courage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres int&#232;grent leurs combats et leurs id&#233;es politiques au c&#339;ur de leur travail cr&#233;ateur. Les risques sont alors diff&#233;rents. D'abord, il existe celui d'une certaine marginalisation : bien qu'il existe de nombreuses exceptions, comme dans le cas de Michael Moore, de nombreuses &#339;uvres engag&#233;es restent destin&#233;es d&#232;s le d&#233;part &#224; un public restreint. Les films de Ken Loach par exemple, reconnus par la critique, aux messages puissants, n'ont jamais pu sortir du r&#233;seau des cin&#233;mas d'art et d'essai. Ceux de Philippe Falardeau ou de Robert Morin au Qu&#233;bec ont rarement &#233;t&#233; parmi les plus populaires.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'art engag&#233; a aussi ses propres exigences. Il faut surtout &#233;viter que l'&#339;uvre ressemble &#224; une th&#232;se, que le message ne prenne pas le dessus sur l'&#339;uvre d'art qui doit ob&#233;ir &#224; ses propres lois et ne jamais donner l'impression d'&#234;tre embrigad&#233;e.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La force des convictions&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces difficult&#233;s, l'art engag&#233; permet surtout aux artistes d'exprimer des convictions profondes. Devant le peu d'avantages objectifs &#224; produire ce genre d'&#339;uvres, il s'appuie sur le m&#233;rite de sa sinc&#233;rit&#233;. Mais peut-il &#234;tre une v&#233;ritable force de changements ? Peut-il avoir une v&#233;ritable influence chez son public ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Paul Sartre le croyait : &#171; &lt;em&gt;[En] parlant, je d&#233;voile la situation par mon projet m&#234;me de la changer, je la d&#233;voile &#224; moi-m&#234;me et aux autres pour la changer&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Paul Sartre, Qu'est-ce que la litt&#233;rature ?, Gallimard, 1948, p.27.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Le contexte de la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors que le monde &#233;tait &#224; reb&#226;tir, permettait peut-&#234;tre cet optimisme. Dans le monde plus cynique qui est le n&#244;tre, au sein duquel nos acquis sociaux sont constamment menac&#233;s, sinon en nette r&#233;gression, il devient difficile de partager un pareil id&#233;alisme. &#200;ve Lamoureux croit plut&#244;t que &#171; &lt;em&gt;l'artiste et l'intellectuel ne dictent plus la voie &#224; suivre. Ils ne peuvent qu'amener la soci&#233;t&#233; &#224; s'interroger sur elle-m&#234;me, leur responsabilit&#233; dans l'espace public n'&#233;tant plus de d&#233;voiler des v&#233;rit&#233;s inaccessibles au commun, mais de provoquer la r&#233;flexion et le d&#233;bat&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#200;ve Lamoureux, Art et politique, nouvelles formes d'engagement artistique au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre pourrait-on avancer que l'art engag&#233; est profond&#233;ment lib&#233;rateur, mais sur une base plus individuelle que collective &#8212; bien que certaines &#339;uvres, des chansons surtout, aient un r&#233;el effet rassembleur. Il est la d&#233;monstration que pour beaucoup d'artistes, la qualit&#233; d'un discours aliment&#233; d'id&#233;es sinc&#232;res vaut largement la prise de risque qui en d&#233;coule et offre une bouff&#233;e d'air frais au milieu des productions d'un syst&#232;me plus industrialis&#233; que jamais, qui s&#233;lectionne un nombre d'artistes tri&#233;s sur le volet pour leur donner une audience d&#233;passant en nombre tout ce qu'on aurait pu imaginer. Il est, parmi d'autres formes, une &#233;mancipation des exigences de l'art dans la sph&#232;re marchande. Et cela, sans qu'il ne soit n&#233;cessairement priv&#233; de la reconnaissance du public, par une forme de succ&#232;s qui semble souvent arriver de fa&#231;on accidentelle (comme dans le cas de la pi&#232;ce &lt;em&gt;J'aime Hydro&lt;/em&gt; de Christine Beaulieu, ou dans celui de chansons des Cowboys fringants, diffus&#233;es par les radios commerciales m&#234;me si elles n'entrent pas dans le cadre habituel.)&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le public qui appr&#233;cie ces &#339;uvres profite par elles d'un effet de consolidation de ses propres convictions. On en revient &#224; la n&#233;cessaire catharsis d'Aristote. L'abondance d'&#339;uvres engag&#233;es au Qu&#233;bec, que ce soit au th&#233;&#226;tre, au cin&#233;ma, en chanson et en art visuel (un peu moins dans la litt&#233;rature, h&#233;las) est la preuve que ce type de production demeure n&#233;cessaire tant pour les artistes que le public.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Paul Sartr&lt;em&gt;e, Qu'est-ce que la litt&#233;rature ?&lt;/em&gt;, Gallimard, 1948, p.27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#200;ve Lamoureux, &lt;em&gt;Art et politique, nouvelles formes d'engagement artistique au Qu&#233;bec&lt;/em&gt;, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2009, p.19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Installation de 22 &#339;uvres de l'ATSA, 2012.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De l'autonomie de l'art</title>
		<link>https://www.ababord.org/De-l-autonomie-de-l-art</link>
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		<dc:date>2020-06-19T17:25:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne-Marie Le Saux</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Le Saux, Anne-Marie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La rencontre entre l'art et le politique n'a cess&#233; de se reconfigurer au fil des traditions et des d&#233;marches esth&#233;tico-politiques de toutes sortes, allant des exp&#233;riences subversives des dada&#239;stes aux &#339;uvres surr&#233;alistes en passant par les critiques du Refus global &#224; l'art public de l'ATSA. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; travers le prisme de l'actualit&#233; sociopolitique du moment, certaines questions reviennent avec plus d'insistance : quel est donc le r&#244;le de l'artiste dans la cit&#233;, comment penser la libert&#233; de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Quand-l-art-se-mele-de-politique-" rel="directory"&gt;Dossier : Quand l'art se m&#234;le de politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Le-Saux-Anne-Marie-+" rel="tag"&gt;Le Saux, Anne-Marie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2926.png?1642092244' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;467&#034; height=&#034;887&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La rencontre entre l'art et le politique n'a cess&#233; de se reconfigurer au fil des traditions et des d&#233;marches esth&#233;tico-politiques de toutes sortes, allant des exp&#233;riences subversives des dada&#239;stes aux &#339;uvres surr&#233;alistes en passant par les critiques du Refus global &#224; l'art public de l'ATSA.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; travers le prisme de l'actualit&#233; sociopolitique du moment, certaines questions reviennent avec plus d'insistance : quel est donc le r&#244;le de l'artiste dans la cit&#233;, comment penser la libert&#233; de l'artiste (et aussi celle du spectateur&#183;trice), en quoi faut-il (ou ne faut-il pas) pr&#233;server l'autonomie de l'art ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;ologie de l'art autonome s'explique dans l'opposition qui se creuse tout au long du 19e si&#232;cle entre une culture savante et une culture de masse ; opposition due &#224; la formation d'un march&#233; et &#224; la disparition du m&#233;diateur entre l'artiste et le public que repr&#233;sentait autrefois le m&#233;c&#232;ne. L'art autonome se constitue ainsi en r&#233;action &#224; un art de masse, et vice versa, dans un mouvement de rejet mutuel. L'art savant, autonome, c'est-&#224;-dire l'art qui est &#224; lui-m&#234;me sa propre fin suscitant un plaisir d&#233;sint&#233;ress&#233;, trouve son expression la plus achev&#233;e dans la th&#233;orie kantienne des beaux-arts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;fense d'un art autonome trouvera &#233;galement &#233;cho &#224; travers le slogan &#171; l'art pour l'art &#187; th&#233;oris&#233; entre autres par le po&#232;te et critique d'art fran&#231;ais Th&#233;ophile Gautier. Pour les tenants et &#233;mules de l'art pour l'art, la valeur intrins&#232;que de l'art est d&#233;pourvue de toute fonction didactique, morale ou utile. Derri&#232;re cette conception de l'autonomie de l'art se profilent notamment la figure de l'artiste de g&#233;nie et le r&#233;cepteur id&#233;al. Tout comme l'artiste de g&#233;nie, le r&#233;cepteur id&#233;al s'adonne &#224; un regard &#171; pur &#187; sur l'&#339;uvre sans a priori d'ordre conceptuel, moral ou utilitaire. Travers&#233; par l'objet, le r&#233;cepteur en vient &#224; transcender sa subjectivit&#233; pendant l'exp&#233;rience esth&#233;tique. &#192; l'&#232;re de son autonomie, l'&#339;uvre se veut ainsi une totalit&#233; organique et coh&#233;rente, un monde &#224; part, sacr&#233;. Depuis les avant-gardes jusqu'&#224; la postmodernit&#233; en art, l'id&#233;ologie de l'art autonome sera toutefois fortement contest&#233;e. Apr&#232;s cette d&#233;sacralisation de l'art et, du m&#234;me souffle, la mort de l'auteur&#183;trice, la r&#233;ception devient le lieu privil&#233;gi&#233; de la signification. La th&#233;orie du d&#233;sint&#233;ressement est abandonn&#233;e et l'exp&#233;rience esth&#233;tique est red&#233;finie comme une exp&#233;rience d&#233;termin&#233;e par le contexte sociohistorique du r&#233;cepteur-trice, donc relatif et difficilement partag&#233; de fa&#231;on universelle. Comme le mentionne l'historienne de l'art Patricia Esquivel, &#171; &lt;em&gt;dans la th&#233;orie postmoderne, l'art perd sa pr&#233;rogative de pr&#233;senter un contenu ontologique auquel on a renonc&#233; &#224; avoir acc&#232;s, mais il retrouve en contrepartie sa fonction communicative et sociale&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patricia Esquivel, L'autonomie de l'art en question. L'art en tant qu'Art, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. L'art ne serait donc plus ce monde &#224; part capable de transcender les contextes sociopolitiques environnants et les sensibilit&#233;s des r&#233;cepteurs&#183;trices.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le monde de l'art ou &#171; un ailleurs pour penser le monde &#187;&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il soit impossible de faire fi de la &#171; fonction communicative et sociale de l'art &#187; et que l'id&#233;ologie de l'autonomie de l'art n'est pas sans comporter un &#233;litisme certain (il y a celles et ceux ennobli&#183;e&#183;s par leur sens de la distinction qui poss&#232;dent les codes pour comprendre &#171; ce monde &#224; part &#187; et les autres qui ne les poss&#232;dent pas), la pr&#233;servation d'une autonomie de l'art a sa pertinence. En reconnaissant les codes et les normes propres au champ de l'art, nous pr&#233;servons &#224; la fois la sp&#233;cificit&#233; de la connaissance produite par l'art et la r&#233;ception jamais universelle de l'&#339;uvre. En ce sens, l'art constitue &#171; un ailleurs pour penser le monde &#187;, un lieu o&#249; nous ne faisons rien comme ailleurs. L'art comme territoire, comme espace dans lequel il devient possible de repr&#233;senter des pans du r&#233;el sans jamais qu'il ne s'agisse d'une transposition parfaite ou didactique de celui-ci, en d&#233;passant le simple calque.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sp&#233;cificit&#233; de la connaissance produite par l'art ne signifie pas pour autant qu'il faille oublier que &#171; ce monde &#224; part &#187; est aussi en contact avec d'autres mondes, d'autres r&#233;alit&#233;s et d'autres modalit&#233;s de repr&#233;sentations. Bien que le monde de l'art ne puisse rester compl&#232;tement imperm&#233;able aux sensibilit&#233;s qui le re&#231;oivent en raison notamment des risques d'enfermement dans un &#233;litisme reproduisant les rapports de domination, il ne nous appara&#238;t pas plus souhaitable de compl&#232;tement subordonner l'art &#224; son utilit&#233; politique ou &#224; une morale. La subordination de l'art au politique, &#224; une cause, &#224; &#171; sa fonction communicative et sociale &#187; ram&#232;ne l'art au statut d'instrument. Il ne s'agit pas ici de dire que l'art militant n'a pas sa pertinence, bien au contraire, mais de reconna&#238;tre aussi la valeur d'un art engag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que pour plusieurs historien&#183;ne&#183;s et sociologues de l'art, l'art militant est par nature contestataire, il interroge et remet en question les fondements d'un ordre politique jug&#233; injuste. Bien que le dialogue avec le politique reste ouvert lorsqu'il s'agit d'art militant ou d'art engag&#233;, ces deux formes d'art se distinguent, en ce sens que &#171; &lt;em&gt;l'art militant est une lutte pr&#233;sente constamment &#224; l'esprit : il est indissolublement li&#233; &#224; une posture militante qui fait de l'art le champ d'un combat politique de chaque instant. L'art engag&#233; quant &#224; lui peut &#234;tre un art intermittent : l'attachement &#233;motionnel &#224; la cause est moins fort que dans l'art militant, et ne requiert pas de continuit&#233; artistique&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Laure Gillot, Art militant, art engag&#233;, art de propagande. M&#234;me combat ?, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;em&gt; &lt;/em&gt; &#187;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Retour sur les pol&#233;miques engendr&#233;es par &lt;em&gt;SLAV&lt;/em&gt;&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La controverse entourant la production SLAV a incontestablement secou&#233; les sc&#232;nes intellectuelles, artistiques et militantes de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise. Certaines interpr&#233;tations soulevaient avec justesse la difficult&#233; de mettre en sc&#232;ne les souffrances collectives des communaut&#233;s noires descendantes d'esclaves. Toutefois, une r&#233;ception &lt;em&gt;a priori&lt;/em&gt; militante de l'&#339;uvre qui se situait davantage du c&#244;t&#233; de l'art engag&#233; rendait difficiles des questionnements relativement &#224; la valeur artistique de l'&#339;uvre. Un d&#233;ferlement tonitruant de lectures trop souvent polaris&#233;es et polarisantes s'est d&#233;ploy&#233; &#224; travers des interpr&#233;tations strictement militantes d'un c&#244;t&#233; ou d&#233;fendant &#224; tout prix l'autonomie de l'&#339;uvre de l'autre.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trop de lectures nous emp&#234;chant de penser que, bien que le politique et l'art puissent se rencontrer (et que de leur rencontre peut &#233;merger de grandes &#339;uvres), ils constituent aussi deux domaines distincts de la vie sociale, deux fa&#231;ons singuli&#232;res de conna&#238;tre et d'appr&#233;hender le monde avec leurs codes, leurs forces et leurs limites. Ces deux mani&#232;res de conna&#238;tre et de repr&#233;senter le monde n'ont peut-&#234;tre pas &#224; &#234;tre en accord et peuvent coexister dans l'espace public dynamis&#233; par la pluralit&#233; des voix le traversant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit de certains d&#233;rapages discursifs de celles et ceux qui se sont r&#233;fugi&#233;s dans l'invective plut&#244;t que le dialogue, notamment &#224; travers les r&#233;seaux sociaux qui contribuent parfois &#224; nous rendre plus r&#233;actifs, coinc&#233;s dans les filets de l'imm&#233;diatet&#233;, &#171; l'affaire &lt;em&gt;SLAV&lt;/em&gt; &#187; a tout de m&#234;me contribu&#233; &#224; faire (re)surgir des questions d'une grande actualit&#233; politique, sur le r&#244;le de l'artiste, la libert&#233; artistique, en passant par l'h&#233;t&#233;ronomie de l'art. &#192; cela s'est ajout&#233;e une r&#233;flexion sur les conditions nous permettant de parler (ou pas) d'appropriation culturelle et de censure en ce qui concerne le domaine de l'art. Le d&#233;bat autour de cette production th&#233;&#226;trale a bien r&#233;v&#233;l&#233; les particularit&#233;s de l'art et du politique en tant que modes d'expressions et de connaissance distincts.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces modes d'expressions et de connaissance distincts peuvent se rencontrer, s'entrechoquer, se contredire nous rappelant notamment, comme le mentionne l'&#233;crivain Umberto Eco, qu'une &#339;uvre d'art est irr&#233;m&#233;diablement &#171; &lt;em&gt;une forme achev&#233;e et close dans sa perfection d'organisme exactement calibr&#233;&lt;/em&gt; &#187; et &#171; &lt;em&gt;ouverte au moins en ce qu'elle peut &#234;tre interpr&#233;t&#233;e de diff&#233;rentes fa&#231;ons, sans que son irr&#233;ductible singularit&#233; soit alt&#233;r&#233;e&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Umberto Eco, L'&#339;uvre ouverte, Paris, Seuil, 1965.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. En pr&#233;servant la singularit&#233; et la sp&#233;cificit&#233; de ces deux formes d'expression et de connaissance de notre humanit&#233; (le monde de l'art et du politique), nous sauvegardons un monde commun riche de la multiplicit&#233; de ses formes et de ses voix.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Patricia Esquivel, &lt;em&gt;L'autonomie de l'art en question. L'art en tant qu'Art&lt;/em&gt;, Paris, L'Harmattan, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Laure Gillot, &lt;em&gt;Art militant, art engag&#233;, art de propagande. M&#234;me combat ?&lt;/em&gt;, publi&#233; en ligne en 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Umberto Eco, L'&#339;uvre ouverte, Paris, Seuil, 1965.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Vestiaire, &#339;uvre de l'ATSA, 2014 (Jean-Fran&#231;ois Lamoureux).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La neutralit&#233; n'existe pas</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-neutralite-n-existe-pas</link>
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		<dc:date>2020-06-19T17:18:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;tienne Beaulieu</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Litt&#233;rature</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Beaulieu, &#201;tienne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La tentative de s&#233;parer l'art du politique en pr&#233;tendant &#224; la neutralit&#233; ne r&#233;siste &#224; aucun examen historique ou sociologique. Cette suppos&#233;e neutralit&#233; est une cr&#233;ation de la deuxi&#232;me moiti&#233; du 19e si&#232;cle et un h&#233;ritage m&#233;di&#233;val qui se r&#233;v&#232;le une mani&#232;re de consolider le pouvoir d'une bourgeoisie alors en pleine ascension. Les enjeux du 21e si&#232;cle sont &#233;videmment tout autres. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le d&#233;bat entourant les spectacles SLAV et Kanata et dans la foul&#233;e de la d&#233;mission de Vanessa Courville de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Litterature-+" rel="tag"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Beaulieu-Etienne-+" rel="tag"&gt;Beaulieu, &#201;tienne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2925.jpg?1642092244' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1197&#034; height=&#034;774&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La tentative de s&#233;parer l'art du politique en pr&#233;tendant &#224; la neutralit&#233; ne r&#233;siste &#224; aucun examen historique ou sociologique. Cette suppos&#233;e neutralit&#233; est une cr&#233;ation de la deuxi&#232;me moiti&#233; du 19e si&#232;cle et un h&#233;ritage m&#233;di&#233;val qui se r&#233;v&#232;le une mani&#232;re de consolider le pouvoir d'une bourgeoisie alors en pleine ascension. Les enjeux du 21e si&#232;cle sont &#233;videmment tout autres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le d&#233;bat entourant les spectacles &lt;em&gt;SLAV&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Kanata&lt;/em&gt; et dans la foul&#233;e de la d&#233;mission de Vanessa Courville de son poste directrice de la revue XYZ au cours de l'&#233;t&#233; 2018, on a vu se d&#233;velopper dans les pages du &lt;em&gt;Devoir&lt;/em&gt;, sous les signatures de Patrick Moreau (30 juillet) et de David Dorais (23 ao&#251;t), un argumentaire visant &#224; conf&#233;rer une certaine forme de neutralit&#233; au domaine artistique en regard de la politique et des id&#233;ologies. Or, il faut &#234;tre le plus clair possible en ces mati&#232;res, aussi loin que l'on remonte dans l'histoire, malgr&#233; leurs pr&#233;tentions, la litt&#233;rature et l'art n'&#233;chappent jamais au politique. Surtout pas quand elles se pr&#233;tendent &#171; neutres &#187; et apolitiques, encore moins lorsqu'elles se veulent un refuge ou une retraite hors du monde.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le style n'est jamais neutre&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le refuge moderne dans le style, par exemple dans le courant de l'art pour l'art ou chez des &#233;crivains comme Flaubert ou Baudelaire (auxquels se r&#233;f&#232;rent explicitement Moreau et Dorais), le style, suppos&#233;ment coup&#233; de toute id&#233;ologie, constitue une id&#233;ologie &#224; part enti&#232;re qui s'ignore le plus souvent elle-m&#234;me. La neutralit&#233; n'est encore ici qu'un effacement des marques &#233;videntes de la domination sociale (bourgeoise cette fois), il n'est qu'une r&#233;cup&#233;ration et un recyclage la&#239;cs des pouvoirs anciens autrefois d&#233;volus aux ordres religieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mieux encore : le style n'est jamais neutre, comme l'a montr&#233; Marielle Mac&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marielle Mac&#233;, Styles. Critique de nos formes de vie, Paris, Gallimard, 1996.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, puisqu'il ne concerne pas seulement un arrangement de syllabes, mais s'op&#232;re suivant une mani&#232;re de penser et d'&#234;tre. En un mot, le style est une forme de la vie avec les autres, il s'adresse aux autres, il vise &#224; convaincre et &#224; s&#233;duire l'autre. En apparence purement esth&#233;tique, le style se r&#233;v&#232;le une question &#233;thique et politique de part en part. Il ne saurait donc constituer un quelconque refuge dans le monde suppos&#233;ment &#233;th&#233;r&#233; de l'art.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Exclure le peuple&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Chaque fois qu'&#233;merge dans l'histoire une pr&#233;tention &#224; s'extirper du si&#232;cle, on peut voir facilement le trucage id&#233;ologique. Il faut cong&#233;dier toute na&#239;vet&#233; et bien mettre en lumi&#232;re qu'il ne s'agit que d'une variante rh&#233;torique de rapports de domination. Pas seulement parce que les ordres &#233;taient le fait d'une noblesse &#233;videmment exclusive, qui repoussait le peuple en p&#233;riph&#233;rie du pouvoir selon l'id&#233;ologie de la r&#233;partition sociale entre &lt;em&gt;laboratores&lt;/em&gt; (ceux qui travaillent), &lt;em&gt;bellatores&lt;/em&gt; (ceux qui se battent) et les &lt;em&gt;oratores&lt;/em&gt; (ceux qui prient)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Georges Duby, Les trois ordres ou l'imaginaire du f&#233;odalisme, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pas seulement parce que toute expression artistique implique un partage du sensible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques Ranci&#232;re, Le partage du sensible, Paris, La Fabrique, 2000.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (le sensoriel aux uns, d&#233;munis, le rationnel aux autres, dominants), qui reproduit et g&#233;n&#232;re de l'exclusion sociale. Mais surtout parce que la ma&#238;trise des codes que supposent la litt&#233;rature et l'art est le fait d'une distinction qui conf&#232;re aux manipulateurs de ces signes sp&#233;ciaux un pouvoir qui requiert une longue initiation et donc un clivage social ind&#233;niable.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le d&#233;classement social&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le processus d'accession &#224; la domination prend le plus souvent quelques g&#233;n&#233;rations, aussi n'appara&#238;t-il pas &#233;vident aux b&#233;n&#233;ficiaires de cette promotion sociale. Mais quiconque franchit cette fronti&#232;re de son vivant m&#234;me en subit les cons&#233;quences de fa&#231;on souvent brutale. Ce dont t&#233;moigne &#233;loquemment toute l'&#339;uvre de l'&#233;crivain contemporain Pierre Bergounioux, n&#233; en plein Limousin, au c&#339;ur m&#234;me de la France d'aujourd'hui, o&#249; l'on ne parlait encore que le patois jusqu'&#224; tout r&#233;cemment, et qui apprend &#224; la dure le fran&#231;ais &#224; l'&#233;cole du village, ce qui le repousse soudainement hors de son milieu social d'&#233;mergence. Une autrice contemporaine telle qu'Annie Ernaux a racont&#233; dans beaucoup de ses r&#233;cits, par exemple dans &lt;em&gt;La place&lt;/em&gt;, de quelle fa&#231;on faire de hautes &#233;tudes et devenir &#233;crivaine l'a &#233;loign&#233;e irr&#233;m&#233;diablement des siens.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; une cons&#233;quence directe de la d&#233;mocratisation de l'&#233;ducation, qui a pour noble but, comme le disait d&#233;j&#224; Victor Hugo en 1856, de &#171; &lt;em&gt;mettre un bonnet rouge au vieux dictionnaire &lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les contemplations, &#171; R&#233;ponse &#224; un acte d'accusation &#187;, 1856.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, et qui s'inscrit dans le vaste courant pluris&#233;culaire des r&#233;formes des lois Ferry, de l'&#233;ducation obligatoire sous le gouvernement d'Ad&#233;lard Godbout, du rapport Parent et de toutes ces tentatives de donner au plus grand nombre au moins la chance de pouvoir ma&#238;triser &#224; son tour les codes par lesquels a &#233;t&#233; op&#233;r&#233; leur exclusion m&#234;me.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effet direct de cette d&#233;mocratisation peut se lire dans la prise de parole des exclus, qu'il faut accueillir comme un nouveau pouvoir aussi l&#233;gitime que celui qui se pr&#233;tend en dehors de toute id&#233;ologie alors qu'il n'en est que le b&#233;n&#233;ficiaire. Les taxer d'id&#233;ologues en se r&#233;fugiant dans une suppos&#233;e neutralit&#233; de l'art n'est qu'une mani&#232;re de perp&#233;tuer leur exclusion.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marielle Mac&#233;, &lt;em&gt;Styles. Critique de nos formes de vie&lt;/em&gt;, Paris, Gallimard, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Georges Duby, &lt;em&gt;Les trois ordres ou l'imaginaire du f&#233;odalisme&lt;/em&gt;, Paris, Gallimard, 1978.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jacques Ranci&#232;re, &lt;em&gt;Le partage du sensible&lt;/em&gt;, Paris, La Fabrique, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Les contemplations&lt;/em&gt;, &#171; R&#233;ponse &#224; un acte d'accusation &#187;, 1856.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#201;tienne Beaulieu est &#233;crivain et &#233;diteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Parmi les vidanges, &#339;uvre de l'ATSA, 2018 (photographie d&#233;riv&#233;e de l'intervention).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'animation socioculturelle au Qu&#233;bec. Quand l'&#201;tat ch&#233;rissait l'underground</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-animation-socioculturelle-au-Quebec-Quand-l-Etat-cherissait-l-underground</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-animation-socioculturelle-au-Quebec-Quand-l-Etat-cherissait-l-underground</guid>
		<dc:date>2020-05-31T21:40:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anithe de Carvalho</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>de Carvalho, Anithe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La contre-culture visait &#224; cr&#233;er de nouvelles fa&#231;ons d'&#234;tre au monde, des mani&#232;res marginales de vivre, s'inscrivant en opposition aux normes autoris&#233;es, que ce soit sur les plans artistique, culturel, esth&#233;tique, moral ou social. Les adeptes de l'underground pr&#233;tendaient &#234;tre des opposants &#224; la culture conformiste et cherchaient des alternatives globales &#224; la soci&#233;t&#233; ambiante. Cependant, l'art subversif au Qu&#233;bec a &#233;t&#233; institutionnalis&#233; d&#232;s sa naissance. &lt;br class='autobr' /&gt;
La contre-culture s'est en grande (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Quand-l-art-se-mele-de-politique-" rel="directory"&gt;Dossier : Quand l'art se m&#234;le de politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-de-Carvalho-Anithe-+" rel="tag"&gt;de Carvalho, Anithe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2917.png?1642092243' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;415&#034; height=&#034;834&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La contre-culture visait &#224; cr&#233;er de nouvelles fa&#231;ons d'&#234;tre au monde, des mani&#232;res marginales de vivre, s'inscrivant en opposition aux normes autoris&#233;es, que ce soit sur les plans artistique, culturel, esth&#233;tique, moral ou social. Les adeptes de l'underground pr&#233;tendaient &#234;tre des opposants &#224; la culture conformiste et cherchaient des alternatives globales &#224; la soci&#233;t&#233; ambiante. Cependant, l'art subversif au Qu&#233;bec a &#233;t&#233; institutionnalis&#233; d&#232;s sa naissance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La contre-culture s'est en grande partie d&#233;velopp&#233;e dans les premiers regroupements hippies, au sein des communes. Des revues comme &lt;em&gt;Logos&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Le voyage&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Mainmise&lt;/em&gt; y ont &#233;galement beaucoup contribu&#233;. Suivant la maxime de Ian Dury, &lt;em&gt;Sex &amp; Drugs &amp; Rock &#8216;n' Roll&lt;/em&gt;, les disciples de la contre-culture ont des relations sexuelles libres, consomment toutes sortes de drogues et &#233;voluent au son de la musique rock. Le festival rock Woodstock (1969) s'est d&#233;roul&#233; pas tr&#232;s loin de nos fronti&#232;res et le Qu&#233;bec a particip&#233; &#224; ce grand p&#232;lerinage de la jeunesse lib&#233;r&#233;e. La chanson qu&#233;b&#233;coise suit le mouvement, avec, par exemple, l'Infonie de Ra&#244;ul Duguay, Charlebois et ses amis, ou encore le groupe les Sinners. &#192; Montr&#233;al, c'est dans le ghetto McGill (ou quartier Milton Parc) et au Carr&#233; Saint-Louis que les communaut&#233;s hippies anglophone et francophone trouvent asile. En 1975, Montr&#233;al accueille m&#234;me le Colloque international de la contre-culture. On assiste alors &#224; l'&#233;mergence d'une culture &#171; autre &#187; et singuli&#232;re, qui tente d'avoir droit de cit&#233; au sein de la soci&#233;t&#233;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dire donc que lorsqu'on entend le terme art underground, nous sommes port&#233;s &#224; croire qu'il s'agit d'un art marginal, rebelle, inconnu ou mal connu des &#233;lites culturelles. Il serait, par ailleurs, contestataire de l'establishment artistique, de la soci&#233;t&#233; et du milieu culturel lui-m&#234;me. Pourtant, la contre-culture en arts visuels, bien qu'elle fut contestataire et revendicatrice, voire n&#233;o-avant-gardiste et engag&#233;e, a pris naissance et s'est dessin&#233;e &#224; l'int&#233;rieur du champ de l'art. La contre-culture n'a pas &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233;e par l'establishment, comme on a eu tendance &#224; le penser.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La d&#233;mocratie culturelle et l'int&#233;gration de l'underground&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les artistes de la n&#233;o-avant-garde artistique des ann&#233;es 1960 et 1970 contestent l'art traditionnel et sa fonction interne dans le milieu de l'art, tout en lui attribuant un r&#244;le &#233;mancipateur, gr&#226;ce auquel il donnera naissance &#224; de nouvelles formes d'art. Celles-ci pourront m&#234;me &#234;tre r&#233;alis&#233;es avec la collaboration de publics vari&#233;s, et investiront des lieux inusit&#233;s. Cette vision chez les artistes d'un art qui peut &#234;tre fait par toutes et tous rejoint la nouvelle vision culturelle de l'&#201;tat. Si la vis&#233;e de la d&#233;mocratisation de la culture est de rendre accessible la culture d'&#233;lite &#224; un public plus large, celle de la d&#233;mocratie culturelle est tr&#232;s diff&#233;rente. Cette derni&#232;re consiste &#224; faire la promotion de la culture au sens large. Elle na&#238;t des traditions et des coutumes populaires et est produite par les gens eux-m&#234;mes. Au Qu&#233;bec, c'est apr&#232;s les &#233;v&#233;nements de mai 1968 qu'on peut voir le mod&#232;le de la d&#233;mocratie culturelle (1970-1980) succ&#233;der et se juxtaposer &#224; celui de la d&#233;mocratisation de la culture (1950-1960).&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1968, on voit appara&#238;tre le terme &#171; animation culturelle &#187; chez les artistes et les groupes comme Fusion des arts et Maurice Demers, qui suscitent une autre id&#233;e de l'art, de l'artiste, du public, du financement et des lieux de diffusion. Si, d'un c&#244;t&#233;, le milieu artistique veut r&#233;inventer le monde avec le public, de l'autre c&#244;t&#233;, le gouvernement est pr&#234;t &#224; r&#233;viser ses propres orientations en mati&#232;re culturelle, et &#224; les adapter &#224; une vision plus large, englobant les nouveaux publics participatifs que certains voudraient voir na&#238;tre et proposant des activit&#233;s d'animation socioculturelle r&#233;pondant &#224; leurs besoins. C'est donc au d&#233;but des ann&#233;es 1970 que le minist&#232;re des Affaires culturelles a &#233;t&#233; touch&#233; par le courant d'animation sociale et culturelle et s'est orient&#233; vers une politique ancr&#233;e dans le d&#233;veloppement des communaut&#233;s locales et du mouvement participatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception de l'animation socioculturelle suppose l'intervention d'un&#183;e artiste animatrice ou animateur au sein d'une activit&#233; culturelle ouverte &#224; de nouveaux publics, consid&#233;r&#233;s comme des partenaires. Ces nouveaux publics sont diversifi&#233;s et sont invit&#233;s &#224; s'impliquer spontan&#233;ment au sein de rassemblements volontaires &#8212; ils deviennent les producteurs m&#234;mes de leurs propres biens culturels. On peut alors mettre en parall&#232;le les caract&#233;ristiques du mod&#232;le de la d&#233;mocratie culturelle et ce que l'artiste n&#233;o-avant-gardiste met en place. De cela d&#233;coule une nouvelle vision, une autre fa&#231;on de voir la fonction sociale &#233;mancipatrice de l'art, qui sera assum&#233;e de concert par l'artiste et le public, dans des espaces inusit&#233;s pour la diffusion artistique, et qui profitera de nouvelles ressources financi&#232;res. En outre, l'&#201;tat et les artistes semblent d&#233;sormais partager un ensemble de valeurs humanistes. Le financement proviendra des nouveaux programmes f&#233;d&#233;raux Perspectives jeunesse (1971), Initiatives locales (1971) et Explorations (1973-1974) du Conseil des arts du Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces programmes sont mis sur pied dans la foul&#233;e de la crise d'Octobre 1970 et dans un contexte d'&#233;bullition sociale accentu&#233;e par un taux de ch&#244;mage &#233;lev&#233;, particuli&#232;rement chez les plus jeunes. Le r&#244;le politique jou&#233; par le gouvernement f&#233;d&#233;ral de Pierre Elliott Trudeau, et plus particuli&#232;rement par le Secr&#233;tariat d'&#201;tat alors dirig&#233; par G&#233;rard Pelletier, doit &#234;tre contextualis&#233;, entre autres, de cette mani&#232;re. L'&#201;tat a voulu int&#233;grer la contre-culture au syst&#232;me, alors que la contre-culture elle-m&#234;me a partag&#233; avec l'&#201;tat certaines valeurs humanistes et lui a demand&#233; un soutien financier. La sociologue Louise Vandelac et le journaliste et &#233;crivain Jean-Robert Sansfa&#231;on ont d&#233;nonc&#233; cette collaboration entre la contre-culture et l'&#201;tat, apr&#232;s avoir pris connaissance d'un rapport d'Andrew Cohen sur les raisons qui motivent l'intervention de l'&#201;tat et la mise sur pied des programmes f&#233;d&#233;raux ci-haut nomm&#233;s. Pour Cohen, ces projets, qui se veulent alors cr&#233;ateurs d'emploi pour la jeunesse, peuvent &#233;galement contribuer &#224; renforcer l'unit&#233; canadienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais plusieurs observateurs et observatrices ont critiqu&#233; ces programmes et les ont accus&#233;s de tenter de soumettre les jeunes au contr&#244;le &#233;tatique. Ou au contraire, de lui &#233;chapper. Dans son autobiographie, le ministre G&#233;rard Pelletier affirme, par exemple, qu'il &#233;tait devenu dangereux de financer les emplois des jeunes cadets de l'arm&#233;e au moment o&#249; le Front de lib&#233;ration du Qu&#233;bec (FLQ) &#233;tait tr&#232;s populaire chez la jeunesse. Il consid&#233;rait plus appropri&#233; de faire d&#233;river les subventions des emplois d'&#233;t&#233; des cadets vers les autres programmes d'employabilit&#233;. Autrement dit, on ne voulait pas subventionner la formation militaire des jeunes membres du FLQ !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#339;uvres underground r&#233;alis&#233;es avec un public s'inscrivent dans les nouveaux enjeux et tendances historiques en mati&#232;re d'&#233;tatisation de la culture, dans le cadre de la mise en place d'un nouveau paradigme des politiques culturelles, celui de l'id&#233;ologie de la d&#233;mocratie culturelle, qui vise entre autres &#224; atteindre de nouveaux publics. La plupart du temps, ces &#339;uvres sont r&#233;alis&#233;es avec l'assentiment de l'&#201;tat et des institutions culturelles et artistiques, au moment de l'&#233;largissement d'un champ culturel dont la vision de l'art rel&#232;ve aussi de l'id&#233;ologie de la d&#233;mocratie culturelle. Voil&#224; la mani&#232;re dont la contre-culture, d&#232;s sa naissance, a elle-m&#234;me int&#233;gr&#233; les institutions.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Attention zone &#233;pineuse, &#339;uvre de l'ATSA, 2011 (installation d&#233;riv&#233;e de l'intervention).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hip-hop. Culture de r&#233;sistance</title>
		<link>https://www.ababord.org/Hip-hop-Culture-de-resistance</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Hip-hop-Culture-de-resistance</guid>
		<dc:date>2020-05-31T21:35:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yannick Delbecque</dc:creator>


		<dc:subject>Musique</dc:subject>
		<dc:subject>Etats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Delbecque, Yannick</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La musique hip-hop, souvent appel&#233;e &#224; tort rap, occupe une part importante de la production musicale mondiale. La culture hip-hop est n&#233;e dans les ann&#233;es 1970 dans un contexte social difficile pour la communaut&#233; noire &#233;tatsunienne. Est-ce que cette musique est toujours &#233;mancipatrice ou est-elle un exemple suppl&#233;mentaire de r&#233;cup&#233;ration commerciale ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le hip-hop d&#233;signe une culture n&#233;e &#224; New York dans les ann&#233;es 1970. Elle comporte des volets non musicaux comme le graffiti et le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La musique hip-hop, souvent appel&#233;e &#224; tort rap, occupe une part importante de la production musicale mondiale. La culture hip-hop est n&#233;e dans les ann&#233;es 1970 dans un contexte social difficile pour la communaut&#233; noire &#233;tatsunienne. Est-ce que cette musique est toujours &#233;mancipatrice ou est-elle un exemple suppl&#233;mentaire de r&#233;cup&#233;ration commerciale ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le hip-hop d&#233;signe une culture n&#233;e &#224; New York dans les ann&#233;es 1970. Elle comporte des volets non musicaux comme le graffiti et le &lt;em&gt;breakdancing&lt;/em&gt;. Musicalement, le hip-hop est caract&#233;ris&#233; par l'utilisation du rap (d&#233;clamation non m&#233;lodique des paroles) et du &lt;em&gt;turntablism&lt;/em&gt;, c'est-&#224;-dire l'utilisation musicalement cr&#233;ative de tables tournantes par des disc-jockeys (DJ).&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le hip-hop &#233;merge alors que la communaut&#233; noire du Bronx notamment venait de perdre plusieurs de ses radios locales, graduellement achet&#233;es par des int&#233;r&#234;ts nationaux. Les animateurs de ces radios, en lien &#233;troit avec le quartier, rapportaient sa vie et ses histoires. Les &lt;em&gt;master of ceremonies &lt;/em&gt;(MC) des f&#234;tes de quartier ont graduellement occup&#233; cet espace vacant en animant les f&#234;tes de quartier. &#192; leur tour, ils ont racont&#233; la r&#233;alit&#233; du Bronx en superposant leur voix &#224; la musique selon un proc&#233;d&#233; inspir&#233; des animateurs de radio jama&#239;caine. Sur le plan musical, les DJ s'approprient la musique jou&#233;e par la cr&#233;ation de boucles et de diverses alt&#233;rations sonores. Ces manipulations de tables tournantes deviennent de plus en plus &#233;labor&#233;es et transforment du m&#234;me coup les tables tournantes en de v&#233;ritables instruments, plus accessibles &#233;conomiquement que les instruments traditionnels.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'identification des &#233;l&#233;ments de la culture hip-hop est principalement le fruit de la Zulu Nation, un mouvement cr&#233;&#233; par d'anciens membres de gangs de rue de New York repentis. La Zulu Nation visait &#224; sortir des adolescentes et des adolescents de l'influence des gangs de la drogue et de la violence, en encourageant &#224; la fois la cr&#233;ativit&#233; artistique et la rivalit&#233; constructive entre les nouveaux et nouvelles artistes. Le mouvement propose un code de vie &#224; ses membres, lesquel&#183;le&#183;s sont notamment invit&#233;&#183;e&#183;s &#224; d&#233;velopper leur conscience politique et leur esprit communautaire &#224; travers la culture hip-hop naissante. La Zulu Nation et son code de conduite se r&#233;pandent sur la plan&#232;te avec la cr&#233;ation de chapitres dans plusieurs pays, dont plusieurs sont toujours actifs. C'est avec ce mouvement que la communaut&#233; prend conscience de la port&#233;e sociale et politique du hip-hop, qui repr&#233;sente une r&#233;appropriation de la parole, de la musique et m&#234;me des rues par la danse et des murs par les graffitis.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Popularisation et commercialisation&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1980, le hip-hop s'est popularis&#233; aux &#201;tats-Unis hors de New York et ensuite &#224; travers le monde. En France par exemple, l'&#233;mission de t&#233;l&#233;vision &lt;em&gt;H.I.P H.O.P&lt;/em&gt; est diffus&#233;e en 1984. Elle a &#233;t&#233; la premi&#232;re &#233;mission fran&#231;aise pr&#233;sent&#233;e par un animateur noir.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus le genre gagne en popularit&#233;, plus les int&#233;r&#234;ts commerciaux s'y int&#233;ressent et tentent d'influencer son d&#233;veloppement. Ainsi, &#224; la fin des ann&#233;es 1980, certains dirigeants de l'industrie musicale se rendent compte qu'ils peuvent miser sur le succ&#232;s du &lt;em&gt;gangsta rap&lt;/em&gt;, qui glorifie violence et masculinit&#233; exacerb&#233;e. Pour l'industrie musicale, cette musique cible un public blanc, ais&#233; et qui ignore g&#233;n&#233;ralement ce que repr&#233;sente la r&#233;alit&#233; des quartiers.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sous-genre est donc mis de l'avant m&#234;me si son propos va &#224; l'encontre de la culture hip-hop qui cherche justement &#224; contrer cette violence. Les grands labels ont ainsi forc&#233; les rappeurs &#224; fa&#231;onner leur style pour vendre plus de copies. De plus, la nouvelle orientation commerciale est essentiellement sexiste, ce qui a eu comme cons&#233;quence de tenir les rappeuses, pourtant pr&#233;sentes d&#232;s les d&#233;buts du hip-hop, hors des r&#233;seaux de production et de diffusion. L'industrie musicale ne semble pas envisager que des hommes soient int&#233;ress&#233;s &#224; &#233;couter des rappeuses.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La commercialisation cr&#233;e un paradoxe. En effet, alors que le rap du d&#233;but des ann&#233;es 1980 encourage &#224; se tenir loin de la drogue et des gangs, plus il sera commercialis&#233;, plus il glorifiera la vie criminelle. Cela encourage malheureusement le mythe du &#171; Noir criminel &#187;. On peut se demander pourquoi certains rappeurs de l'&#233;poque ont jou&#233; le jeu, alors que d'autres annoncent la mort du hip-hop comme culture communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ennemi public de Ronald Reagan&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 1980 sont aussi celles du r&#233;gime Reagan et de l'arriv&#233;e du n&#233;olib&#233;ralisme aux &#201;tats-Unis. De plus, Reagan d&#233;veloppe le programme &#171; guerre &#224; la drogue &#187; initi&#233;e avant lui par Nixon, ce qui a pour effet d'emprisonner un nombre record de jeunes Afro-Am&#233;ricains, consacrant le mythe du &#171; Noir criminel &#187;. Le monde du hip-hop s'opposera &#224; Reagan. En effet, plusieurs chansons de l'&#233;poque d&#233;crivent la dure r&#233;alit&#233; des ghettos et r&#233;f&#232;rent au d&#233;sespoir de leurs populations pr&#234;tes &#224; tout pour survivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces ann&#233;es ont ainsi laiss&#233; une marque d&#233;terminante sur le hip-hop en lui insufflant un nouvel essor politique. Le groupe Public Enemy a par exemple &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en r&#233;action aux politiques du pr&#233;sident r&#233;publicain. D'autres consid&#232;rent le hip-hop de cette &#233;poque comme une r&#233;ponse &#224; la couverture journalistique complaisante des effets du n&#233;olib&#233;ralisme. Les rappeurs d&#233;crivent les effets d&#233;vastateurs de ces nouvelles politiques sur les conditions de vie dans les communaut&#233;s noires. On commente par le rap le ch&#244;mage, la vie des sans-abris, le d&#233;crochage scolaire, ou la violence.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ancrage&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D'autres genres musicaux sont n&#233;s dans le sillage de la culture hip-hop. La figure du DJ comme musicien &#224; part enti&#232;re a notamment ouvert la voie &#224; celle du DJ de la musique &#233;lectronique et techno. La techno de D&#233;troit, par exemple, comporte aussi un volet politique puisqu'elle est n&#233;e aussi dans un contexte social difficile. Elle a eu un &#233;cho en Grande-Bretagne et en Allemagne, notamment par la sc&#232;ne rave ou des f&#234;tes libres qui redonnaient un sentiment d'appartenance communautaire &#224; une jeunesse vivant dans le nouveau monde n&#233;olib&#233;ral valorisant l'individualisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La musique hip-hop est maintenant pr&#233;sente dans toutes les r&#233;gions du monde. Par exemple, elle joue un r&#244;le en tant que symbole musical de la r&#233;volution durant le printemps arabe. Le rapper Tunisien El General d&#233;range au point de se faire arr&#234;ter une semaine avant le d&#233;but de la r&#233;bellion qui chassera Ben Ali du pouvoir. Plus r&#233;cemment, un des derniers vid&#233;oclips populaires sur Internet est celui d'un rappeur tha&#239;landais d&#233;non&#231;ant la situation politique de son pays. Sans oublier que le hip-hop am&#233;rindien a r&#233;sonn&#233; lors de la r&#233;sistance contre le pipeline &#224; Standing Rock.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quelques exemples illustrent que le volet social et politique du hip-hop a su survivre aux d&#233;cennies. Une part de ce succ&#232;s mondial est sans doute due aux caract&#233;ristiques musicales de la musique hip-hop. L'utilisation de boucles facilite l'int&#233;gration d'&#233;l&#233;ments musicaux d'autres cultures. Le rap semble aussi pouvoir s'adapter facilement &#224; toutes les langues. Enfin, le mouvement hip-hop ayant d&#232;s ses d&#233;buts favoris&#233;s l'autoproduction des &#339;uvres par les artistes, il a rapidement su utiliser Internet comme moyen de diffusion mondial.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il existe un &#171; rap de droite &#187; cr&#233;&#233; par l'industrie, m&#234;me s'il y a des rappers qui ont appuy&#233; Trump lors des derni&#232;res &#233;lections am&#233;ricaines, la musique populaire, commerciale ou non, est toujours sous l'influence de la musique hip-hop et de sa culture. Rares sont les cultures artistiques populaires politiques ou militantes ayant eu la long&#233;vit&#233; et la port&#233;e de la culture hip-hop, toujours vivante et vigoureuse pr&#232;s de 40 ans apr&#232;s sa cr&#233;ation. Cela est peut-&#234;tre d&#251; &#224; son caract&#232;re festif, ouvert et subversif qui a su s'actualiser au fil du temps au point d'&#234;tre toujours populaire. Peut-&#234;tre est-ce parce que la culture hip-hop s'est d&#233;finie et d&#233;velopp&#233;e en opposition au racisme et au n&#233;olib&#233;ralisme, probl&#232;mes qui sont malheureusement toujours d'actualit&#233; partout dans le monde.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Kay (Unsplash).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Regarde-nous</title>
		<link>https://www.ababord.org/Regarde-nous</link>
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		<dc:date>2020-05-31T21:31:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne-Marie Le Saux, Queen Ka</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Le Saux, Anne-Marie</dc:subject>
		<dc:subject>Queen Ka</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Artiste de po&#233;sie orale, Queen Ka est aussi connue sous son vrai nom Elkahna Talbi. Elle &#339;uvre dans le milieu artistique depuis plus de dix ans. Infatigable cr&#233;atrice, elle slame avec aplomb et s'engage dans plusieurs projets de co-cr&#233;ation. Elle participe pr&#233;sentement au spectacle La Renarde, sur les traces de Pauline Julien qui sera en tourn&#233;e au Qu&#233;bec au printemps 2019. Le texte que nous publions a &#233;t&#233; lu par Queen Ka dans le cadre du spectacle Fol ouvrage ; Torcher des paillettes. Ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Le-Saux-Anne-Marie-+" rel="tag"&gt;Le Saux, Anne-Marie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Queen-Ka-+" rel="tag"&gt;Queen Ka&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2915.png?1642092243' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;661&#034; height=&#034;833&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Artiste de po&#233;sie orale, Queen Ka est aussi connue sous son vrai nom Elkahna Talbi. Elle &#339;uvre dans le milieu artistique depuis plus de dix ans. Infatigable cr&#233;atrice, elle slame avec aplomb et s'engage dans plusieurs projets de co-cr&#233;ation. Elle participe pr&#233;sentement au spectacle &lt;i&gt;La Renarde&lt;/i&gt;, sur les traces de Pauline Julien qui sera en tourn&#233;e au Qu&#233;bec au printemps 2019. Le texte que nous publions a &#233;t&#233; lu par Queen Ka dans le cadre du spectacle &lt;i&gt;Fol ouvrage ; Torcher des paillettes&lt;/i&gt;. Ce texte lucide et sensible se veut une r&#233;flexion intimiste et politique sur un pouvoir qui tente d'humilier, de dominer, mais qui ne parvient pourtant pas &#224; enfermer les femmes dans un mutisme &#233;crasant. Ces femmes qui se dressent devant le pouvoir en lui disant nous sommes l&#224;, &#171; &lt;i&gt;regarde-nous&lt;/i&gt; &#187;.&#201;crit en novembre 2017, &lt;i&gt;Regarde-nous&lt;/i&gt; se pr&#233;sente comme un &#233;cho &#224; la parole de ces femmes qui, &#224; travers le mouvement #MoiAussi, se lib&#233;raient peu &#224; peu des diff&#233;rents syst&#232;mes d'oppression. Juste et &#233;mouvant, il convoque le pouvoir pour lancer un dialogue et c'est en ce sens que r&#233;side sa puissance et sa beaut&#233; (Anne-Marie Le Saux).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; mais je veux dire vraiment, regarde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ne dis rien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ne suppose de rien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; tu ne nous connais pas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ne choisis pas la suite de l'histoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; les lieux o&#249; nous devrions poser nos t&#234;tes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; je sais, que tu le sais &#224; quel point nous sommes redoutables&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ta peur nous encha&#238;ne depuis si longtemps&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; que j'en suis moi-m&#234;me venue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#224; ne pas plus savoir qui je suis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#224; croire que mon corps est fragile et fr&#234;le&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ma volont&#233; volage&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; mon r&#244;le se r&#233;sumant &#224;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; t'offrir mes atouts&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; que tu cueilles &#224; la fleur de l'&#226;ge&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; me laissant prisonni&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#233;trang&#232;re &#224; moi-m&#234;me&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; mais notre pouvoir est immense&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; il te d&#233;passe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; tu l'as compris plus t&#244;t que nous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; voil&#224; peut-&#234;tre ta seule victoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; car&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ce ventre a abrit&#233; tous les mythes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; je leur ai donn&#233; &#224; boire quand la nature &#233;tait le plus grand ennemi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; mes bras ont couvert des corps contre le froid et l'envie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; j'ai port&#233; &#224; m'en courber le dos l'enfance de l'humanit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; et m&#234;me si l'histoire tu l'&#233;cris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; amn&#233;sique de moi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; je persiste &#224; te dire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; que j'en suis l'origine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; alors regarde-moi et vois ce corps&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; j'en suis l'unique propri&#233;taire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; peut-&#234;tre qu'entre mes jambes c'est encore la nuit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; vivant dans l'ombre rassurante que m'offre mes cuisses&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; peut-&#234;tre que la clart&#233; du plaisir y s&#233;journe sans papier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; sous des bouches qui varient comme varie le temps&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; peut-&#234;tre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; que ce sont les doigts d'une autre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; qui cherche le chemin vers l'amour&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ou les miens agiles &#224; presser sur la d&#233;tente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; peu importe ce qui se passe ici-bas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#231;a ne concerne que moi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; que nous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; devant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; le chemin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; n'est pas s&#251;r&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le poids oppressant de ta main sur ma t&#234;te&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; j'entends le venin couler dans mon oreille&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ma confiance infect&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; le doute en plein c&#339;ur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; que mes mots pour me d&#233;fendre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; le tr&#244;ne est confortable&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ton cul s'y moule si bien depuis longtemps&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; l'habitude est le plus grand vice de l'humanit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; tu trembles &#224; l'id&#233;e de c&#233;der ta place&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; mais contrairement &#224; ce que tu pourrais croire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; je ne veux pas m'y assoir sur cette chaise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; je veux rester debout&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; devant toi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; planter mes yeux dans les tiens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; te dire : regarde-moi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; l&#224; ici&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; face &#224; face&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Regarde-nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Un ensemble possible, &#339;uvre de l'ATSA, 2017. (installation d&#233;riv&#233;e de l'intervention Et tout devient possible, 2015).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<pre>Erreur d’exécution squelettes/inc-rss-item.html</pre>
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		<title>Les sublimes</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-sublimes</link>
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		<dc:date>2020-05-31T21:12:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne-Marie Le Saux</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Le Saux, Anne-Marie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un puissant recueil qui rend po&#233;tiquement hommage &#171; aux femmes qui ont os&#233; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les sublimes. Hommage aux femmes qui ont os&#233;. Ad&#232;le Blais, Nathalie Plaat. adeleblais.com, 2018, 80 P. &lt;br class='autobr' /&gt; Ce recueil &#224; deux voix est celui de l'artiste Ad&#232;le Blais et de l'autrice Nathalie Plaat portant leurs regards sur vingt-huit femmes &#224; la fois puissantes et bris&#233;es, fragiles et frondeuses, qui se sont toutes engag&#233;es &#224; leurs mani&#232;res dans l'espace public. Ce recueil &#224; la sensibilit&#233; &#224; la fois po&#233;tique et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Le-Saux-Anne-Marie-+" rel="tag"&gt;Le Saux, Anne-Marie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2913.png?1642092242' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;489&#034; height=&#034;500&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un puissant recueil qui rend po&#233;tiquement hommage &#171; aux femmes qui ont os&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les sublimes. Hommage aux femmes qui ont os&#233;&lt;/i&gt;. Ad&#232;le Blais, Nathalie Plaat. adeleblais.com, 2018, 80 P.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Ce recueil &#224; deux voix est celui de l'artiste Ad&#232;le Blais et de l'autrice Nathalie Plaat portant leurs regards sur vingt-huit femmes &#224; la fois puissantes et bris&#233;es, fragiles et frondeuses, qui se sont toutes engag&#233;es &#224; leurs mani&#232;res dans l'espace public. Ce recueil &#224; la sensibilit&#233; &#224; la fois po&#233;tique et politique regorge de beaut&#233;s, de force et de tendresse. &#192; travers ces portraits d&#233;filent les parcours de rebelles de tous acabits allant d'&#233;crivaines, de r&#233;sistantes, de f&#233;ministes et d'actrices qui parce qu'elles &#233;taient des femmes &#224; des moments o&#249; le seul fait d'appartenir &#224; cette &#171; condition &#187; &#233;tait suffisant pour subir la fronde de syst&#232;mes r&#233;duisant ces derni&#232;res &#224; des r&#244;les pr&#233;cis et contraignants. Le portrait de Camille Claudel emport&#233;e par sa folie, celle-l&#224; m&#234;me lui permettant de cr&#233;er avec tant de talent et de fougue, &#233;voque puissamment que &#171; &lt;em&gt;tout ce qui pulse effraie &lt;/em&gt; &#187; et que tout ce qui d&#233;borde cherche &#224; &#234;tre contenu&#8230; Ce livre est une invitation esth&#233;tique et politique poignante permettant une fois de plus de penser aux luttes qui restent &#224; embrasser les poings serr&#233;s, mais le c&#339;ur ouvert pour toutes les femmes avides de libert&#233;, de cr&#233;ativit&#233;, de folie, de justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L355xH448/b4a20459ee2c888ba31d6cdf153111bb-aa0e3.png?1729026644' width='355' height='448' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;em&gt;M&#234;me celles qui ont fait de grands accomplissements et qui se rapprochent des planchers du pouvoir se voyaient constamment remises &#224; un niveau inf&#233;rieur, comme si leur condition f&#233;minine les freinait : un &#171; cerveau d'homme &#187;, une &#171; femme avec des couilles &#187;, alors qu'elles &#233;taient tout simplement des &#234;tres humains dot&#233;s d'une grande intelligence. Nous avons ressenti dans nos tripes toute la r&#233;volte face &#224; ces impossibilit&#233;s qu'elles rencontraient.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Nathalie et Ad&#232;le&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : Simone de Beauvoir par Ad&#232;le Blais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Ad&#232;le Blais, artiste peintre collagiste (Francois Lafrance).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>L'art de l'indiscipline</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-art-de-l-indiscipline</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-art-de-l-indiscipline</guid>
		<dc:date>2020-05-24T17:55:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Brigitte Poupart</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Poupart, Brigitte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J'ai choisi de bousculer les spectateurs sans pour autant tomber dans la provocation. J'ai choisi d'&#234;tre indisciplin&#233;e et f&#233;ministe. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Indisciplin&#233;e &#187; pour jouer sur les mots bien s&#251;r, mais aussi pour indiquer que ma d&#233;marche s'en prend au conformisme et &#224; la rigidit&#233;, qu'elle s'applique &#224; casser les codes jusqu'&#224; faire bon m&#233;nage avec la peur, s'il le faut. Tandis que je poursuis simultan&#233;ment de multiples projets, l'actrice, la metteure en sc&#232;ne et la cin&#233;aste existent toujours en m&#234;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Quand-l-art-se-mele-de-politique-" rel="directory"&gt;Dossier : Quand l'art se m&#234;le de politique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Poupart-Brigitte-+" rel="tag"&gt;Poupart, Brigitte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2911.png?1642092242' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;736&#034; height=&#034;320&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;J'ai choisi de bousculer les spectateurs sans pour autant tomber dans la provocation. J'ai choisi d'&#234;tre indisciplin&#233;e et f&#233;ministe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Indisciplin&#233;e &#187; pour jouer sur les mots bien s&#251;r, mais aussi pour indiquer que ma d&#233;marche s'en prend au conformisme et &#224; la rigidit&#233;, qu'elle s'applique &#224; casser les codes jusqu'&#224; faire bon m&#233;nage avec la peur, s'il le faut. Tandis que je poursuis simultan&#233;ment de multiples projets, l'actrice, la metteure en sc&#232;ne et la cin&#233;aste existent toujours en m&#234;me temps ; car je veux tout &#233;treindre&#8230; et parce que je me donne ce droit, sans attendre de permissions, sans me contenter du chemin d&#233;j&#224; trac&#233;. Suivre sa propre voie exige une combinaison aigre-douce d'insouciance et de col&#232;re. J'ai choisi de sortir des chemins balis&#233;s par le rationalisme et le productivisme.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un parcours que l'on pourrait qualifier de singulier, polymorphe et non conventionnel, car les fronti&#232;res poreuses entre chaque discipline que j'ai exp&#233;riment&#233;e d&#233;finissent mon app&#233;tit. Je r&#233;alise que mon esprit imaginatif ne se r&#233;concilie pas toujours avec le monde concret dans lequel je vis, un monde drogu&#233; par l'app&#226;t du gain et le pouvoir. J'utilise les nouvelles technologies, l'image et la mise en sc&#232;ne comme un langage po&#233;tique, onirique et abstrait, proche d'un monde irrationnel dans lequel mon imaginaire se retrouve, en dialogue avec un sc&#233;nario d&#233;livr&#233; par des acteurs ou une performance musicale sous une forme tangible sur sc&#232;ne. L'art et l'imaginaire sont pour moi les v&#233;hicules pour exprimer la d&#233;ferlante envie d'ind&#233;pendance, de libert&#233; et de valeurs humanistes auxquelles j'aspire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce titre, le f&#233;minisme est indissociable de mon engagement artistique et citoyen.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux fronti&#232;res entre le priv&#233; et le social, elles ne peuvent que s'effacer. L'amiti&#233;, l'amour familial, mes collaborations avec des amis artistes, tout est susceptible de s'inscrire dans ma d&#233;marche artistique, d'&#234;tre v&#233;cu &#233;ventuellement dans le prisme transformateur de l'art. De plus, le corps dans mon travail doit &#234;tre expos&#233;, g&#233;n&#233;reux, chercheur, combattif et aussi actif que la pens&#233;e. Sans pudeurs ni inhibitions. Ce qui serait, &#224; certains &#233;gards, provocant, l'abandon sans artifices du jeu, le rendent tout simplement humain, en font un geste complice. Une th&#233;&#226;tralit&#233;-limite, qui d&#233;sacralise l'intimit&#233; ou la sexualit&#233;, qui nous renvoie &#224; nous-m&#234;mes. &#192; nos interdits. En nous &#233;loignant des st&#233;r&#233;otypes qui nous emprisonnent comme femme et comme artiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s ma sortie du Conservatoire, j'ai condamn&#233; la sous-repr&#233;sentativit&#233; des femmes sur sc&#232;ne, au cin&#233;ma et &#224; la mise en sc&#232;ne. J'ai critiqu&#233;, en ripostant par mes cr&#233;ations, les st&#233;r&#233;otypes qui nous confinent &#224; une position subalterne, de faire-valoir, de soumises. Je me suis attaqu&#233;e aux clich&#233;s qui enferment les femmes dans des r&#244;les traditionnels, aux st&#233;r&#233;otypes qui nous limitent et nous cantonnent dans l'intime, comme si nous &#233;tions incapables de raconter autre chose. C'est pourquoi ma premi&#232;re cr&#233;ation au sein de ma compagnie en 1998, &#233;crite par Marie Michaud et moi-m&#234;me, comportait une distribution enti&#232;rement f&#233;minine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai ensuite gard&#233; cette ligne &#233;ditoriale pour le reste de mes cr&#233;ations. J'ai prioris&#233; des femmes pour l'embauche des concepteurs d&#233;cor, costume, vid&#233;o et &#233;clairage. De 1991 &#224; aujourd'hui, les femmes sont au centre de mes cr&#233;ations. Je me r&#233;jouis de voir que l'on manifeste pour la parit&#233; et l'&#233;quit&#233; salariale. Les femmes apportent d'autres visions du monde et il faut y avoir acc&#232;s. Imposer sa volont&#233; propre en d&#233;pit des oppositions est mon moteur. Les &#339;uvres subversives et novatrices sont ma nourriture intellectuelle, affective et psychique, des &#339;uvres qui n'acceptent ni tabous, ni destin&#233;es pr&#233;visibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je d&#233;fends et je crois qu'on peut &#234;tre exigeant sans &#234;tre herm&#233;tique. &#202;tre exigeant est synonyme de la confiance qu'on porte &#224; l'intelligence du spectateur en &#233;levant la forme et le propos au-dessus d'une lecture facile et banale. S'insurger et &#234;tre t&#233;m&#233;raire dans le sens d'audacieux est la devise que m'a transmise mon amie H&#233;l&#232;ne Pedneault, et quand l'irr&#233;v&#233;rence me manque, je pense &#224; elle. Nous ne voulons pas &#234;tre figurantes de service. Je nous souhaite de conna&#238;tre un jour la dignit&#233; d'&#234;tres tous &#233;gaux.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Brigitte Poupart est com&#233;dienne et metteure en sc&#232;ne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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