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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Une d&#233;mocratie municipale favorisant l'apathie citoyenne</title>
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		<dc:date>2016-09-23T18:36:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>R&#233;mi Landry</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Landry, R&#233;mi</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; une &#233;poque o&#249; les villes voient leur champ de responsabilit&#233;s s'&#233;largir, o&#249; la Commission Charbonneau r&#233;v&#232;le l'existence d'une culture de corruption dans la gouvernance municipale et o&#249; l'UPAC &#233;tend ses activit&#233;s, l'int&#233;r&#234;t pour la politique municipale continue de pi&#233;tiner &#224; moins de 50 % de participation lors des &#233;lections de 2013. &lt;br class='autobr' /&gt; L'Actualit&#233; du 5 novembre 2013 rapportait : &#171; Certains voient dans ces chiffres le signe d'une d&#233;mocratie malade, du d&#233;crochage des &#233;lecteurs ou du cynisme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2265.png?1642092184' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;792&#034; height=&#034;639&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; une &#233;poque o&#249; les villes voient leur champ de responsabilit&#233;s s'&#233;largir, o&#249; la Commission Charbonneau r&#233;v&#232;le l'existence d'une culture de corruption dans la gouvernance municipale et o&#249; l'UPAC &#233;tend ses activit&#233;s, l'int&#233;r&#234;t pour la politique municipale continue de pi&#233;tiner &#224; moins de 50 % de participation lors des &#233;lections de 2013.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'Actualit&#233;&lt;/i&gt; du 5 novembre 2013 rapportait : &#171; &lt;i&gt;Certains voient dans ces chiffres le signe d'une d&#233;mocratie malade, du d&#233;crochage des &#233;lecteurs ou du cynisme ambiant. De tels taux de participation seraient ainsi le sympt&#244;me d'un profond mal social.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;sultats peuvent s'expliquer de diverses fa&#231;ons. Personnellement, &#233;tant impliqu&#233; depuis 2011 en politique municipale comme chef d'un parti politique dans une municipalit&#233; de plus de 20 000 habitant&#183;e&#183;s, je constate qu'une partie de l'explication de ce cynisme r&#233;side dans la nature des m&#233;canismes qui gouvernent la politique muni&#173;cipale. Ces derniers ne se sont pas ajust&#233;s aux nombreuses responsabilit&#233;s qui se sont ajout&#233;es &#224; la gouvernance municipale et l'institutionnalisation des nombreux m&#233;canismes de contr&#244;le qui les ont accompagn&#233;es n'a jamais consid&#233;r&#233; la participation citoyenne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Territoire bigarr&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que le l&#233;gislateur provincial doit composer avec une cartographie municipale fort diversifi&#233;e o&#249; s'entrem&#234;lent municipalit&#233;s rurales et urbaines, avec des territoires et une densit&#233; de population vari&#233;s, dont certaines sont en croissance alors que d'autres font face &#224; un d&#233;clin de leur population. Le d&#233;veloppement et la richesse de chacune sont par ailleurs des plus disparates. &#192; cela s'ajoute une conjoncture politique complexe, o&#249; l'application des r&#232;gles de gouvernance varie selon la densit&#233; des populations et comprend divers paliers de l&#233;gislation aux champs de responsabilit&#233;s bien d&#233;finis (municipalit&#233;s r&#233;gionales de comt&#233;s et communaut&#233;s m&#233;tropolitaines). &#192; cette hi&#233;rarchie, ajoutons encore les municipalit&#233;s avec arrondissements et les agglom&#233;rations qui entretiennent des liens de gouvernance particuliers avec les municipalit&#233;s en ce qui concerne leur processus d&#233;cisionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce manque d'uniformit&#233; de nos municipalit&#233;s s'accompagne d'une gouvernance &#224; g&#233;om&#233;trie variable. La majorit&#233; des municipalit&#233;s doivent partager plusieurs de leurs services, sous la forme de r&#233;gies r&#233;gionales r&#233;pondant &#224; des besoins particuliers, variant de l'assainissement des eaux en passant par le transport en commun et les services de police. Cette complexit&#233;, tout en n&#233;cessitant une grande disponibilit&#233; et de nombreuses comp&#233;tences de nos &#233;lu&#183;e&#183;s, n'est pas sans d&#233;courager le citoyen, la citoyenne de participer activement aux affaires municipales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;i&gt;Exit&lt;/i&gt; le citoyen !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme simple citoyen&#183;ne, que peut-on y changer ? Les proc&#233;dures et les r&#232;gles de fonctionnement sont compliqu&#233;es et vari&#233;es au point de d&#233;courager les plus passionn&#233;s de participer &#224; la vie publique. D'ailleurs, n'est-il pas de la responsabilit&#233; du gouvernement provincial d'assurer une surveillance du monde municipal ? Le seul pouvoir effectif qu'ont les citoyen&#183;ne&#183;s se trouve &#224; &#234;tre la &lt;i&gt;possibilit&#233;&lt;/i&gt; de changer les &#233;lu&#183;e&#183;s aux prochaines &#233;lections. Un pouvoir qui s'exerce aux quatre ans, mais qui ne r&#232;gle pas les probl&#232;mes. Selon cette logique, les citoyen&#183;ne&#183;s sont invit&#233;s &#224; intervenir seulement lorsque la situation devient grave et encore, il faut qu'ils puissent le faire r&#233;ellement. C'est sans doute ce qui explique, entre autres, le long r&#232;gne de l'ancien maire Vaillancourt &#224; Laval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion, on assiste &#224; la mobilisation des citoyen&#183;ne&#183;s pour la signature d'un registre visant &#224; s'opposer &#224; un r&#232;glement d'emprunt. Pour cette mobilisation, la Loi sur les &#233;lections et les r&#233;f&#233;rendums dans les municipalit&#233;s n'impose qu'un d&#233;lai de cinq jours aux municipalit&#233;s pour diffuser un avis public aupr&#232;s des contribuables sur l'&#233;tablissement d'un registre. Dans une ville de 20 000 habitant&#183;e&#183;s, il n'y a en moyenne qu'une trentaine de personnes qui assistent aux s&#233;ances des conseils municipaux, comment alors mobiliser plus de 500 personnes dans un d&#233;lai de cinq jours pour s'opposer &#224; l'endettement de leur muni&#173;cipalit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation devient alors un acte de conviction qui se fait, de surcro&#238;t, b&#233;n&#233;volement. Lorsque les enjeux sont s&#233;rieux au point de g&#233;n&#233;&#173;rer un int&#233;r&#234;t suffisant au sein de la population, les citoyen&#183;ne&#183;s doivent se d&#233;placer entre 9 h et 19 h pour affirmer leur opposition &#224; la d&#233;pense des fonds publics. Des horaires qui ne prennent pas en consid&#233;ration les conditions de travail des gens et la situation de nos jeunes familles qui souvent ne sont disponibles que tard en soir&#233;e pour accomplir leur responsabilit&#233; citoyenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et oubliez la confidentialit&#233; ! Il est des plus discutables que les citoyen&#183;ne&#183;s doivent signer ces registres d'opposition au vu et au su de tous. Aucun anonymat n'est possible. Ces registres sont accessibles &#224; quiconque en fait la demande. Toute administration pourra savoir qu'une personne s'est oppos&#233;e &#224; son r&#232;glement d'emprunt. Elle pourra lui en tenir rigueur, par exemple, en limitant sa participation comme citoyen dans les divers comit&#233;s mis en place par la Ville et dont les membres sont s&#233;lectionn&#233;s par les &#233;lu&#183;e&#183;s (m&#233;ca&#173;nisme lui aussi contestable).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, &#224; la complexit&#233; du monde municipal s'ajoute une s&#233;rie de r&#232;gles et de proc&#233;dures d&#233;finies par le gouvernement et devant &#234;tre suivies par les citoyen&#183;ne&#183;s. &#192; titre d'exemple, les proc&#233;dures relatives &#224; la constitution des dossiers &#224; d&#233;po&#173;ser &#224; la Commission des plaintes du minist&#232;re des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire (MAMOT) sont lourdes et leur traitement avantage nettement les adminis&#173;trations municipales aux d&#233;pens des citoyen&#183;ne&#183;s. Il existe aussi des m&#233;canismes pour freiner et d&#233;cou&#173;rager la participation citoyenne &#224; la politique municipale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les ann&#233;es, pour des raisons de contr&#244;le, de juridiction et peut-&#234;tre de modernit&#233;, on a oubli&#233; que les vrais propri&#233;taires des villes sont les citoyen&#183;ne&#183;s-contribuables, qui ne sont pas que des client&#183;e&#183;s de leur municipalit&#233; mais les propri&#233;taires et, &#224; ce titre, les &#171; employeurs&#183;euses &#187; de leurs &#233;lu&#183;e&#183;s. Qu&#233;bec, par son minist&#232;re des Affaires municipales, s'est ainsi appropri&#233; cet espace et se pr&#233;sente comme la seule entit&#233; responsable de la d&#233;mocratie municipale. Ce faisant, il infantilise les citoyen&#183;ne&#183;s et oublie que ce sont eux et elles qui sont les plus concern&#233;&#183;e&#183;s par les d&#233;cisions prises par leur conseil municipal.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;M&#233;canismes moyen&#226;geux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de mon implication en politique muni&#173;cipale, j'effectuais r&#233;guli&#232;rement la v&#233;rification des proc&#233;dures et r&#232;gles en vigueur devant &#234;tre respect&#233;es par les administrations municipales aupr&#232;s du bureau r&#233;gional du MAMOT. Quelle n'&#233;tait pas ma surprise de constater que les lois r&#233;gissant le secteur municipal n'incitaient aucunement la participation citoyenne dans la vie d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques exemples :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arbitraire&lt;/strong&gt;. Les citoyen&#183;ne&#183;s n'ont aucun pouvoir lorsque leur administration municipale n'applique pas ses propres r&#232;glements (vot&#233;s par leurs &#233;lu&#183;e&#183;s avec leurs taxes) et cette pratique semble &#234;tre un mode de fonctionnement g&#233;n&#233;ralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Herm&#233;tisme&lt;/strong&gt;. Les villes n'ont pas l'obligation de rendre publics les ordres du jour et l'infor&#173;mation qui se rattache aux d&#233;cisions qui seront adopt&#233;es durant les conseils municipaux avant la tenue des s&#233;ances ordinaires mensuelles ou s&#233;ances extraordinaires. Des s&#233;ances pour lesquel&#173;les il est l&#233;galement exig&#233; (par les lois en vigueur) d'&#234;tre publiques. Il s'agit d'un flagrant manque de transparence. Comment demander alors aux citoyen&#183;ne&#183;s de participer &#224; ces rencontres s'ils n'ont pas les renseignements requis pour comprendre les propositions qui seront vot&#233;es ? Le syst&#232;me actuel rend ces renseignements uniquement accessibles aux citoyen&#183;ne&#183;s qui font une demande d'acc&#232;s &#224; l'information. Ils sont re&#231;us des semaines apr&#232;s la s&#233;ance du conseil municipal en question et ne sont donc plus pertinents puisque les d&#233;cisions auront d&#233;j&#224; &#233;t&#233; adopt&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Camouflage&lt;/strong&gt;. Durant les conseils muni&#173;cipaux, les &#233;lu&#183;e&#183;s n'ont pas &#224; pr&#233;senter les d&#233;bats de leurs d&#233;cisions qui se tiennent sous forme de pl&#233;ni&#232;res confidentielles habituellement les jours qui pr&#233;c&#232;dent la s&#233;ance du conseil municipal. Il ne reste plus aux &#233;lu&#183;e&#183;s qu'&#224; voter. Une situation qui transforme les s&#233;ances des conseils en de longues litanies avant que la parole ne soit accord&#233;e &#224; la population &#224; la toute fin de la s&#233;ance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Opacit&#233;&lt;/strong&gt;. Les villes sont l&#233;galement tenues de publier dans les journaux locaux les avis l&#233;gaux concernant les r&#232;glements d'emprunts et les modi&#173;fications aux r&#232;glements de zonage et d'urba&#173;nisme. Tout le reste peut passer sous silence. Elles n'ont par ailleurs aucune obligation de vulgariser les contenus de ces avis et peuvent faire appel &#224; souhait &#224; un jargon opaque et incompr&#233;hensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;mesure&lt;/strong&gt;. Lors des r&#233;f&#233;rendums municipaux, il n'y a aucun contr&#244;le des d&#233;penses des municipalit&#233;s et des dons qu'elles re&#231;oivent durant les 120 jours obligatoires avant la consultation popu&#173;laire. Elles peuvent d&#233;penser &#224; souhait l'argent des contribuables pour influencer les r&#233;sultats favorables &#224; leur projet. En contrepartie, les opposant&#183;e&#183;s d&#233;pendent des dons priv&#233;s, non d&#233;duc&#173;tibles d'imp&#244;ts pour informer le public des enjeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quelques m&#233;canismes en place illustrent bien l'esprit du l&#233;gislateur. Plut&#244;t que de stimuler la participation citoyenne, ils cr&#233;ent une entrave &#224; celle-ci, favorisant une gouvernance opaque. Avec l'augmentation des transferts des pouvoirs aux municipalit&#233;s, ces modes de fonctionnement rel&#232;vent presque du Moyen &#194;ge. Les exigences des lois r&#233;gissant les municipalit&#233;s et les m&#233;canismes de contr&#244;le citoyen doivent &#234;tre revus en profondeur. Il devient plus que pertinent de mettre sur pied une commission parlementaire ou une commission ind&#233;pendante pour modifier tous les aspects l&#233;gaux actuellement en place favorisant l'apathie des citoyens. Afin de leur redonner un r&#233;el pouvoir dans la gestion de leurs villes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur est professeur associ&#233; &#224; l'Universit&#233; de Sherbrooke, &#201;cole de politique appliqu&#233;e. Il est chef du Parti des citoyens de Beloeil depuis 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photos : Luciano Benvenuto&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Le diable est dans les d&#233;tails</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-diable-est-dans-les-details</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Louis Simard</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Simard, Louis</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Personne n'est contre la vertu. La participation publique (PP) aux d&#233;cisions collectives concernant les grands projets est aujourd'hui devenue une &#233;vidence. Ce nouvel &#171; imp&#233;ratif d&#233;lib&#233;ratif &#187; est int&#233;gr&#233; &#224; la nouvelle gouvernance et l'acceptabilit&#233; sociale est son mantra. Mais qu'en est-il ? Doit-on se m&#233;fier de la d&#233;mocratie participative ? Conna&#238;t-on les effets contre-intuitifs de plusieurs exp&#233;riences qu&#233;b&#233;coises ? Rapide survol du c&#244;t&#233; sombre de la PP et de quelques pi&#232;ges tendus &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Simard-Louis-+" rel="tag"&gt;Simard, Louis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2264.png?1642092183' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;425&#034; height=&#034;490&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Personne n'est contre la vertu. La participation publique (PP) aux d&#233;cisions collectives concernant les grands projets est aujourd'hui devenue une &#233;vidence. Ce nouvel &#171; imp&#233;ratif d&#233;lib&#233;ratif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Lo&#239;c Blondiaux, et Yves Sintomer, &#171; L'imp&#233;ratif d&#233;lib&#233;ratif &#187;, Politix, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; est int&#233;gr&#233; &#224; la nouvelle gouvernance et l'acceptabilit&#233; sociale est son mantra. Mais qu'en est-il ? Doit-on se m&#233;fier de la d&#233;mocratie participative ? Conna&#238;t-on les effets contre-intuitifs de plusieurs exp&#233;riences qu&#233;b&#233;coises ? Rapide survol du c&#244;t&#233; sombre de la PP et de quelques pi&#232;ges tendus &#224; la d&#233;mocratie participative.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chez les adversaires de la participation publique, on retrouve les m&#234;mes objec&#173;tions qu'&#224; l'endroit de l'&#233;largissement des droits civils, politiques et sociaux : la possible tyrannie populaire &#224; l'encontre de la liber&#173;t&#233; politique des d&#233;cideurs, l'inanit&#233; ou l'&#233;cran de fum&#233;e qui dissimule le d&#233;s&#233;quilibre entre les acteurs et la remise en question de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative oppos&#233;e ici &#224; une version participative&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Albert O. Hirschmann, Deux si&#232;cles de rh&#233;torique r&#233;actionnaire, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au-del&#224; de ces griefs formu&#173;l&#233;s par cette &#171; rh&#233;torique r&#233;actionnaire &#187;, il reste que la mise en &#339;uvre d'une PP comporte certains pi&#232;ges objectifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Lo&#239;c Blondiaux, Le nouvel esprit de la d&#233;mocratie. Actualit&#233; de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) la proximit&#233; ou l'aveuglement local &#233;go&#239;ste qui gomme les dimensions nationales et inter&#173;nationales des impacts et des d&#233;cisions ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) la reproduction et le renforcement des d&#233;s&#233;&#173;quilibres existants entre acteurs (notamment en faveur de certains promoteurs forts de leurs exp&#233;riences et de leurs moyens) ou enco&#173;re la PP tenue pour les &#233;lites et caract&#233;ris&#233;e par l'inaccessibilit&#233; en raison des exigences proc&#233;durales et substantives qu'elle implique ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) l'habillage des d&#233;cisions d&#233;j&#224; prises et la participation sans effet ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) l'instrumentalisation de la PP par des micro-choix qui la font d&#233;river volontairement : s&#233;lec&#173;tion des participant&#183;e&#183;s, r&#232;gles inconnues ou orient&#233;es, saisine arbitraire, d&#233;bat partiel et calendrier tendancieux, absence de transparence de l'information, technique d'interaction asym&#233;trique, non-tra&#231;abilit&#233; du d&#233;bat, animation biais&#233;e et le fait de faire pr&#233;c&#233;der l'ar&#232;ne au forum, autrement dit la n&#233;gociation (compensation) avant la d&#233;lib&#233;ration (id&#233;es).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car bien que li&#233;es, ces deux &#233;tapes sont de nature diff&#233;rente. Selon le chercheur Bruno Jobert, la d&#233;lib&#233;ration est assimil&#233;e au forum et sa fonction consiste &#224; d&#233;finir le probl&#232;me, &#233;changer des connaissances, &#233;laborer l'&#233;ventail des possibilit&#233;s entre une multiplicit&#233; d'acteurs et d'int&#233;r&#234;ts. La n&#233;gociation est associ&#233;e &#224; l'ar&#232;ne et a pour but d'arbitrer les int&#233;r&#234;ts, pr&#233;voir les compensations, proposer des ajustements, formuler la d&#233;cision&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Bruno Jobert, &#171; Rh&#233;torique politique, controverses scientifiques et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or selon le philosophe Bruno Latour, en amont, il y a un &#171; pouvoir de prise en compte &#187; qui fait r&#233;f&#233;rence &#224; la &#171; pluralit&#233; des mondes &#187; et, ensuite, un &#171; pouvoir d'ordonnancement &#187; qui renvoie aux modalit&#233;s pragmatiques de d&#233;cision et de mise en &#339;uvre. Il ne doit y avoir, estiment ces auteurs, d'empi&#232;tement de l'une sur l'autre (la derni&#232;re ayant, en outre, une exigence de cl&#244;ture), afin de permettre une exploration et un cheminement efficace vers un monde commun souhaitable pour la d&#233;cision&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Bruno Latour, Politiques de la nature, Paris, La D&#233;couverte, 1999.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'effet consultant&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En lien avec cet imp&#233;ratif d&#233;lib&#233;ratif, s'est d&#233;ve&#173;lopp&#233; depuis une quinzaine d'ann&#233;es un v&#233;ri&#173;table march&#233; de la participation publique. Indicateur d'une tendance lourde, ce ph&#233;nom&#232;ne se con&#173;jugue avec une professionnalisation de la PP suite &#224; l'institutionnalisation de celle-ci et n'est pas sans amener son lot d'interrogations. Pour qui travaillent ces consultant&#183;e&#183;s ? Sont-ils neutres et ind&#233;pendants ou veulent-ils &#224; tout prix faire avaler la pilule aux citoyen&#183;ne&#183;s ? Est-ce que la logique commerciale est soluble dans l'id&#233;al participatif ? Quels dispositifs privil&#233;gier et &#224; quelle fin ? Ces questions apparaissent l&#233;gitimes &#224; l'heure o&#249; les grandes firmes de relations publiques investissent le champ de l'acceptabilit&#233; sociale. Ces m&#234;mes firmes qui sont expertes en communication de crise et en lobbying. &#192; d&#233;faut de pouvoir compter sur un orga&#173;nisme public, ind&#233;pendant et cr&#233;dible pour conduire la participation du public, les citoyen&#183;ne&#183;s doivent composer avec des firmes priv&#233;es sous contrat avec le promoteur qui peuvent percevoir d'autres enjeux que la libre expres&#173;sion des citoyen&#183;ne&#183;s et la recherche de l'int&#233;r&#234;t commun. D&#232;s lors, une panoplie de strat&#233;gies peut &#234;tre retenue pour infl&#233;chir le processus de participation comme s&#233;lectionner les participant&#183;e&#183;s, identifier des partisan&#183;e&#183;s, cibler les m&#233;dias, opter pour des dispositifs qui visent &#224; contenir l'opposition, contrer les d&#233;tracteurs, convenir des arrangements avec les acteurs cl&#233;s ou les plus r&#233;calcitrants ; bref, s'assurer avant tout que le message de l'entreprise passe bien et r&#233;dui&#173;re l'incertitude. Le cas de la firme Edelman dans le cadre du projet d'ol&#233;oduc Energie Est de TransCanada illustre bien ce ph&#233;nom&#232;ne ; son plan de communication, qui avait &#233;t&#233; coul&#233; dans les m&#233;dias en novembre 2014, faisait &#233;tat d'une v&#233;ritable strat&#233;gie pour influencer l'opinion publi&#173;que : recours &#224; des personnalit&#233;s publi&#173;ques influentes, attaques contre les groupes environnementaux, financement de chaires de recher&#173;ches scientifiques, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une PP dans la ville&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mis &#224; part Qu&#233;bec et Montr&#233;al, qui b&#233;n&#233;ficient de dispositifs de consultation formalis&#233;s (Conseils de quartier et audiences publiques de l'Office de consultation publique de Montr&#233;al), la Loi sur l'am&#233;nagement et l'urbanisme (LAU), adopt&#233;e il y a plus de 35 ans, pr&#233;voit certaines dispositions pour les autres villes. Celles-ci d&#233;fi&#173;nissent les param&#232;tres de la PP concernant l'&#233;laboration et l'adoption des plans m&#233;tropolitains d'am&#233;nagement et de d&#233;veloppement, des sch&#233;mas d'am&#233;nagement et de d&#233;veloppement ainsi que des plans et r&#232;glements d'urbanisme. Il peut s'agir entre autres d'assembl&#233;es publiques, de r&#233;f&#233;&#173;rendums et de comit&#233;s consultatifs. Bien que certaines municipalit&#233;s puissent innover &#224; ce sujet, de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, ces dispositifs sont peu utilis&#233;s et grandement sous contr&#244;le des &#233;lus muni&#173;cipaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Laurence Bherer, Mario Gauthier et Louis Simard, &#171; Quelle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, d'o&#249; l'importance de revoir la LAU &#224; cet effet afin de renforcer les dispositifs de participation publique. Ainsi, &#224; l'&#233;chelle des muni&#173;cipalit&#233;s, la PP peut parfois s'av&#233;rer minimaliste et improvis&#233;e dans la mesure o&#249; les ressour&#173;ces sont plus limit&#233;es, l'expertise peu d&#233;ve&#173;lopp&#233;e, l'exp&#233;&#173;rience rarissime et la visibilit&#233; moins grande. Le terreau est donc particuli&#232;rement fertile aux initiatives qui visent &#224; contourner une PP v&#233;ritable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la PP est habituellement esp&#233;r&#233;e ou exig&#233;e, &#224; raison, pour ses aspects vertueux, elle peut ainsi r&#233;v&#233;ler une face obscure. Le contexte actuel, qui tend &#224; multiplier les exercices de PP jusqu'&#224; l'&#233;puisement des citoyen&#183;ne&#183;s parfois, comporte donc des risques r&#233;els et peut bien s&#251;r fragiliser le droit, le pouvoir et la l&#233;gitimit&#233; &#224; s'opposer &#224; tout projet ou d&#233;cision de nos d&#233;cideurs&#183;euses. Il en va donc de la vigilance des citoyen&#183;ne&#183;s &#224; demeurer critiques &#224; l'endroit des dispositifs participatifs et de leur mise en &#339;uvre car ici comme bien souvent, le diable est dans les d&#233;tails.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Lo&#239;c Blondiaux, et Yves Sintomer, &#171; L'imp&#233;ratif d&#233;lib&#233;ratif &#187;, &lt;i&gt;Politix&lt;/i&gt;, 15 : 57, 2002, p. 17-35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Albert O. Hirschmann, &lt;i&gt;Deux si&#232;cles de rh&#233;torique r&#233;actionnaire&lt;/i&gt;, Paris, Fayard, 1991.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Lo&#239;c Blondiaux, &lt;i&gt;Le nouvel esprit de la d&#233;mocratie. Actualit&#233; de la d&#233;mocratie participative&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, coll. &#171; La r&#233;publique des id&#233;es &#187;, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Bruno Jobert, &#171; Rh&#233;torique politique, controverses scientifiques et construction des normes institutionnelles : esquis&#173;se d'un parcours de recherche &#187;, dans Alain Faure, Gilles Pollet et Philippe Warin (dir.), &lt;i&gt;La construction du sens dans les politiques publiques&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, 1995, p. 13-24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Bruno Latour, &lt;i&gt;Politiques de la nature&lt;/i&gt;, Paris, La D&#233;couverte, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Laurence Bherer, Mario Gauthier et Louis Simard, &#171; Quelle participation publique ? Les dispositifs qu&#233;b&#233;cois en environnement et en urbanisme &#187;, papier de conf&#233;rence, COSPOF, Lausanne, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Luciano Benvenuto&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Probl&#232;me insoluble ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Probleme-insoluble</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Probleme-insoluble</guid>
		<dc:date>2016-09-23T18:23:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lapointe</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Lapointe, Fr&#233;d&#233;ric</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La corruption en politique ne date pas d'hier. Six ans apr&#232;s la fondation du Canada en 1867, le premier ministre John A. Macdonald est forc&#233; de d&#233;missionner pour avoir accept&#233; de l'argent du Canadien Pacifique. La politique municipale n'est pas &#224; l'abri et la situation est souvent bien pire, depuis longtemps. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; Laval, Gilles Vaillancourt, maire de 1989 &#224; 2012, est accus&#233; de gangst&#233;risme pour avoir pr&#233;sum&#233;ment per&#231;u 2 % de la valeur des contrats octroy&#233;s par la Ville. Des maires de villes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Autocratie-municipale-" rel="directory"&gt;Dossier - Autocratie municipale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Lapointe-Frederic-+" rel="tag"&gt;Lapointe, Fr&#233;d&#233;ric&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2263.png?1642092183' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;678&#034; height=&#034;382&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La corruption en politique ne date pas d'hier. Six ans apr&#232;s la fondation du Canada en 1867, le premier ministre John A. Macdonald est forc&#233; de d&#233;missionner pour avoir accept&#233; de l'argent du Canadien Pacifique. La politique municipale n'est pas &#224; l'abri et la situation est souvent bien pire, depuis longtemps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; Laval, Gilles Vaillancourt, maire de 1989 &#224; 2012, est accus&#233; de gangst&#233;risme pour avoir pr&#233;sum&#233;ment per&#231;u 2 % de la valeur des contrats octroy&#233;s par la Ville. Des maires de villes moyennes (Robert Poirier, Boisbriand) ou de minuscules municipalit&#233;s (Michel Lavoie, Saint-R&#233;mi-de-Napierville) sont accus&#233;s de fraude et d'abus de confiance dans le cadre de l'octroi de contrats publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces accusations sont rendues possibles depuis que l'Unit&#233; permanente anticorruption (UPAC) a &#233;t&#233; mise sur pied en 2011. Auparavant, ces crimes attiraient peu l'attention de la S&#251;ret&#233; du Qu&#233;bec ou du gouvernement du Qu&#233;bec : un climat d'impunit&#233; &#233;tait g&#233;n&#233;ralis&#233;. Aujourd'hui m&#234;me, les signalements se multiplient et les ressources de l'UPAC ne suffiront pas ; la solution &#224; la corruption municipale ne pourra pas &#234;tre que polici&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais de ceux qui, scandalis&#233;s par les &#171; affaires &#187; montr&#233;alaises telles que les fraudes entourant le projet immobilier du Faubourg Contrec&#339;ur ou le contrat dit des &#171; compteurs d'eau &#187;, se sont engag&#233;s en politique municipale pour r&#233;gler d&#233;mocratiquement le probl&#232;me de la corruption. La suite est connue : l'&#233;lection montr&#233;alaise de 2009 fut chaudement disput&#233;e et chaque camp a multipli&#233; les accusations r&#233;v&#233;latrices : l'un acceptant le financement occulte d'un Tony Accurso, l'autre taxant les contrats municipaux d'un 3 % pour son parti politique. Nous avons tir&#233; de cet &#233;pisode une le&#231;on : la concurrence politique d&#233;lie les langues !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, plusieurs des personnes qui vont fonder la Ligue d'action civique avaient r&#233;clam&#233; la tenue de la Commission d'enqu&#234;te sur l'industrie de la construction, ou Commission Charbonneau. Elle a depuis fait un excellent travail. J'avoue par ailleurs que le d&#233;fil&#233; des acteurs d&#233;chus de l'industrie de la construction &#233;tait une coupable source de plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, au-del&#224; de la fin en queue de poisson, la Commission a &#233;t&#233; aussi providentielle que souhait&#233;e. Non seulement elle lan&#231;a la classe politique sur la voie d'une gu&#233;rison durable de sa relation incestueuse avec certains cartels, mais elle a de plus &#233;branl&#233; des pans entiers de ces cartels eux-m&#234;mes, les firmes de g&#233;nie en particulier. Le finan&#173;cement politique ne sera plus le m&#234;me. Les contrats publics sont maintenant octroy&#233;s &#224; des prix presque r&#233;alistes et, dans l'intervalle, nous avons d&#233;j&#224; &#233;conomis&#233; des milliards de dollars. Trouvez-moi meilleur investissement ! Cette commission d'enqu&#234;te fut notre &#171; &lt;i&gt; think tank&lt;/i&gt; &#187; de 50 millions de dollars qui permit d'effectuer les recher&#173;ches utiles et d'&#233;tablir les doctrines de notre action pour les cinq &#224; dix prochaines ann&#233;es. Un travail impensable &#224; r&#233;aliser b&#233;n&#233;volement. Mais s'il faut craindre que ses 60 recommandations restent sur les tablettes, que peut &#234;tre alors la recette d'un changement durable ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une analyse radicale du probl&#232;me, des solutions sous contr&#244;le citoyen&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la corruption ? La proverbiale enveloppe brune est une image forte, mais c'est surtout un &#233;tat d'esprit : se servir plut&#244;t que servir. Comment se maintient-elle ? Les corrompus se voient comme des gagnants qui croient que les lois ne s'appliquent pas &#224; eux, et les pratiques en place font que c'est souvent le cas ! Les seuls experts qui pratiquent le droit municipal ont longtemps &#233;t&#233; au service exclusif des villes pour les repr&#233;senter en cour contre les citoyen&#183;ne&#183;s. Et les juges nomm&#233;s dans les diff&#233;rentes cours de notre syst&#232;me de justice sont recrut&#233;s parmi ces experts. Qui peut s'y frotter ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au minist&#232;re des Affaires municipales, m&#234;me lorsqu'il est inform&#233; de situations hautement ill&#233;gales, il se contente d'en faire le constat par de fort bien &#233;crites correspondances inoffensives. Si les corrompus sont vus comme des gagnants, les d&#233;nonciateurs sont vus comme des utopistes solitaires dont la cause serait perdue d'avance. Au mieux, on les fait taire avec des mises en demeure. M&#234;me si les poursuites-b&#226;illons se font plus rares depuis le recours r&#233;ussi de Martin Drapeau &#224; Boisbriand invoquant la &#171; loi anti-SLAPP &#187; adopt&#233;e en 2009&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plus de renseignements : .&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dans le dossier du contrat de l'usine d'&#233;puration d'Infrabec contre Lino Zambito, ce type de poursuites existe toujours dans le milieu municipal&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En mars 2015, la Cour du Qu&#233;bec avait statu&#233; que la poursuite de la Ville de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Plus inqui&#233;tant encore, elles pourraient se multiplier si le projet d'assurance juridique collective des &#233;lus municipaux visant &#224; doter les &#233;lus d'outils suppl&#233;mentaires pour faire taire davantage lescitoyen&#183;ne&#183;s contre d'&#233;ventuelles diffamations voit le jour &#224; l'Union des municipalit&#233;s du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi avoir cr&#233;&#233; la Ligue d'action civique en 2011 ? Pour sortir sur la place publique comme d&#233;nonciateur de l'isolement des citoyens, cr&#233;er un r&#233;seau, renforcer les gens pour qu'ils ne soient plus les victimes d'un syst&#232;me qui laisse en poste des exploiteurs qui utilisent les tribunaux pour intimider les citoyens vigilants. En r&#233;ponse, elle met sur pied un Fonds juridique pour fournir des conseils et un accompagnement, mais aussi pour gagner devant les tribunaux. Ce fut fait &#224; l'encontre du maire de Saint-R&#233;mi-de-Napierville (inhabilit&#233; &#224; si&#233;ger en raison des accusations criminelles port&#233;es contre lui) et ce sera peut-&#234;tre &#224; faire dans le dossier de l'ind&#233;pendance de la v&#233;rification g&#233;n&#233;rale &#224; Saguenay. Dans ce dernier cas, en d&#233;pit du bon sens et de la loi l'interdisant, le maire Jean Tremblay et ses affili&#233;s persistent &#224; nommer directement comme v&#233;rificatrice g&#233;n&#233;rale adjointe la personne m&#234;me qui &#233;tait responsable des appels d'offres au sein de l'administration municipale de Saguenay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impunit&#233; doit prendre fin, mais la peur doit d'abord changer de camp. Lorsque les soi-disant puissants du jour seront les perdants demain, ils perdront leurs capacit&#233;s &#224; se hisser aux postes de pouvoir ; impuissants face aux d&#233;nonciations qui font tomber &#224; plat leurs abus perp&#233;tr&#233;s contre notre syst&#232;me politique. Il suffira de les remplacer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remplacer les &#233;lus qui jouent dans le camp de la corruption, d'accord, mais cela signifie organiser et financer des campagnes politiques. Les cartels d'ing&#233;nieurs, d'avocats ou d'entrepreneurs en construction, voire directement le crime organis&#233;, ne se g&#234;nent pas pour organiser les &#233;lections. Ils veulent des politiciens qui leur soient fid&#232;les, peu importe la couleur du parti. La solution que propose la Ligue d'action civique vise &#224; passer outre les cartels ! Remplacer les &#233;lections cl&#233;-en-main des cartels par des &#233;lections cl&#233;-en-main-propre des citoyen&#183;ne&#183;s. La Ligue a cr&#233;&#233; Collaboration &#233;lectorale, un organisme qui aide les candidat&#183;e&#183;s &#224; l'&#233;lection &#224; s'organiser, par l'offre de conseils mais aussi par des outils abordables, sur un mode coop&#233;ratif... sans attente de retour d'ascenseur une fois les citoyen&#183;ne&#183;s &#233;lu&#183;e&#183;s et en poste. &#192; armes &#233;gales, des candidat&#183;e&#183;s honn&#234;tes peuvent gagner et en 2013 plusieurs ont &#233;t&#233; &#233;lu&#183;e&#183;s dans diff&#233;rentes municipalit&#233;s de la province.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cr&#233;er un large camp de l'int&#233;grit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Ligue d'action civique a &#233;t&#233; fond&#233;e par des militant&#183;e&#183;s, des &#233;lu&#183;e&#183;s et des citoyen&#183;ne&#183;s pr&#233;occup&#233;s pour r&#233;gler le probl&#232;me de la corruption dans nos municipalit&#233;s. Elle a constitu&#233; un r&#233;seau de soutien qui permet aux citoyens vigilants de persister avec leurs d&#233;marches et d'&#234;tre trait&#233;s en &#171; h&#233;ros &#187; plut&#244;t qu'en utopistes dans les m&#233;dias, et ainsi mettre sur la d&#233;fensive ceux qui veulent les faire taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Ligue pr&#244;ne l'ind&#233;pendance d'esprit plut&#244;t que la soumission aux pratiques en place, la prise de responsabilit&#233; de chacun plut&#244;t que les discours de lamentations inutiles, mais aussi l'acceptation que les personnes puissent avoir fait des erreurs et puissent s'amender. Le travail accompli vise une coop&#233;ration m&#234;me entre adversaires politiques, parce que la victoire contre la corruption s'obtiendra lorsque les m&#339;urs feront qu'elle aura disparu de tous les partis et de tous les clans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait la force des corrompus aujourd'hui est leur capacit&#233; d'&#233;largir leur coalition par le partage du pillage du bien public. Il faut donc nous donner une philosophie d'action susceptible de conduire &#224; des coalitions de citoyen&#183;ne&#183;s ayant une port&#233;e plus large que la leur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les r&#233;sultats semblent au rendez-vous ! &#192;&#8200;Montr&#233;al, d'un concours entre deux partis corrompus, il y a maintenant concurrence entre partis politiques propres. M&#234;me chose &#224; Laval qui a dor&#233;navant son Bureau de l'int&#233;grit&#233; et de l'&#233;thique (BIEL) ! Mascouche ? R&#233;gl&#233; ! Les deux candidats &#224; la mairie en 2013 &#233;taient membres de la Ligue d'action civique, l'un d'eux l'a emport&#233;. Longueuil ? Il pourrait y avoir plus d'options pour les citoyen&#183;ne&#183;s, mais &#231;a va mieux. Et l'effet se r&#233;p&#232;te ailleurs. Ensemble, il devient clairement possible de faire avancer le camp de l'int&#233;grit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour plus de renseignements : &lt;a href=&#034;http://liguedesdroits.ca/?categorie=slapp&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://liguedesdroits.ca/?categorie=slapp&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En mars 2015, la Cour du Qu&#233;bec avait statu&#233; que la poursuite de la Ville de Boisbriand contre Sylvain Labelle &#233;tait abusive et l'avait ainsi rejet&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur milite pour plusieurs causes, notamment &#233;tudiante, souverainiste et pour l'&#233;quit&#233; entre les g&#233;n&#233;rations. Sous l'effet des scandales dans le monde municipal, il milite d&#232;s 2009 pour la tenue d'une commission d'enqu&#234;te. Il a fond&#233; la Ligue d'action civique en 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : artactqc.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour un examen citoyen de la gouvernance des villes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui permet &#224; la Ligue d'avoir la capacit&#233; de r&#233;&#233;quilibrer le pouvoir des citoyen&#183;ne&#183;s dans les municipalit&#233;s est l'apport de chaque individu dans la recherche de solutions. C'est bien de favoriser l'&#233;lection des citoyens, mais comment savoir si la ville va dans la bonne direction ? Plusieurs facteurs mesurables de pr&#233;vention de la corruption ont &#233;t&#233; identifi&#233;s et sont utilis&#233;s pour soutenir les gens dont la qu&#234;te est de raviver la d&#233;mocratie et la participation citoyenne dans leur localit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des m&#339;urs politiques saines.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des &#233;lu&#183;e&#183;s qui travaillent (et pas seulement d&#233;coratifs).&lt;br class='autobr' /&gt;
De la transparence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une participation citoyenne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des employ&#233;&#183;e&#183;s loyaux envers l'int&#233;r&#234;t public, pas juste envers leur employeur.&lt;br class='autobr' /&gt;
De la concurrence en mati&#232;re d'appels d'offres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui permet &#224; la Ligue d'&#233;valuer les villes ? Vous, les citoyen&#183;ne&#183;s ! Vous savez ce qui se passe dans votre localit&#233;, vous avez plus de pouvoir que vous ne le pensez. La Ligue organise l'information que vous savez d&#233;j&#224; afin de la rendre publique. Des sondages, des questionnaires, des entrevues, des analyses de documents publics, tout cela est &#224; notre port&#233;e pour structurer le discours citoyen et r&#233;v&#233;ler, le cas &#233;ch&#233;ant, la pr&#233;sence des facteurs de pr&#233;vention de la corruption dans les municipalit&#233;s. Finie, la loi du silence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De Wrightville &#224; Brigilville ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/De-Wrightville-a-Brigilville</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/De-Wrightville-a-Brigilville</guid>
		<dc:date>2016-09-14T20:50:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bill Clennett, Jean-Pierre Couture, Ana&#239;s Elboujda&#239;ni, Blanche Roy</dc:creator>


		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Couture, Jean-Pierre </dc:subject>
		<dc:subject>Roy, Blanche</dc:subject>
		<dc:subject>Clennett, Bill</dc:subject>
		<dc:subject>Elboujda&#239;ni, Ana&#239;s</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis quelques mois, l'actualit&#233; municipale gatinoise est accapar&#233;e par l'annonce de m&#233;gaprojets dans le quartier patrimonial du centre-ville. Parmi ceux-ci, le projet des &#171; twin towers &#187; de la firme Brigil remporte la palme du gigantisme avec une hauteur projet&#233;e de 35 et 55 &#233;tages. &lt;br class='autobr' /&gt; B&#173;aptis&#233; &#171; Place des peuples &#187;, ce m&#233;gaprojet h&#244;telier et r&#233;sidentiel de luxe ne cadre pourtant pas avec le programme particulier d'urbanisme de la Ville de Gatineau qui limite cette zone &#224; des constructions (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Autocratie-municipale-" rel="directory"&gt;Dossier - Autocratie municipale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Couture-Jean-Pierre-+" rel="tag"&gt;Couture, Jean-Pierre &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Roy-Blanche-+" rel="tag"&gt;Roy, Blanche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Clennett-Bill-+" rel="tag"&gt;Clennett, Bill&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Elboujdaini-Anais-+" rel="tag"&gt;Elboujda&#239;ni, Ana&#239;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2257.png?1642092183' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;675&#034; height=&#034;342&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis quelques mois, l'actualit&#233; municipale gatinoise est accapar&#233;e par l'annonce de m&#233;gaprojets dans le quartier patrimonial du centre-ville. Parmi ceux-ci, le projet des &#171; &lt;i&gt;twin towers&lt;/i&gt; &#187; de la firme Brigil remporte la palme du gigantisme avec une hauteur projet&#233;e de 35 et 55 &#233;tages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;B&#173;aptis&#233; &#171; Place des peuples &#187;, ce m&#233;gaprojet h&#244;telier et r&#233;sidentiel de luxe ne cadre pourtant pas avec le programme particulier d'urbanisme de la Ville de Gatineau qui limite cette zone &#224; des constructions de trois &#233;tages tout en reconnaissant le patrimoine historique du quartier du Mus&#233;e (voir encadr&#233;). Qu'&#224; cela ne tienne, Brigil n'entend pas reculer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le promoteur n'a pas encore d&#233;pos&#233; officiellement son projet qu'il a d&#233;j&#224; entrepris un vaste exercice de relations publiques soutenu par quelques membres du conseil municipal et anciens maires, les radios priv&#233;es et les int&#233;r&#234;ts d'affaires dans le but de g&#233;n&#233;rer une vague de sympathie pour son projet. Le spin de &#171; &lt;i&gt;l'investissement priv&#233; de 400 millions &lt;/i&gt; &#187; coupl&#233; &#224; la promesse floue d'un &#171; &lt;i&gt;revenu annuel de 8 millions en taxes&lt;/i&gt; &#187; aura suffi &#224; amadouer l'administration municipale. Dans son emballement, celle-ci se pr&#234;te au jeu de la fabrication du consentement en ayant entrepris un obscur processus de consultation publique qui, bien qu'aucun projet ne soit officiellement sur la table, dit d'embl&#233;e que le quartier &#171; &lt;i&gt;fera l'objet d'un important red&#233;veloppement&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition des r&#233;sident&#183;e&#183;s du quartier du Mus&#233;e additionn&#233;e &#224; celle d'autres associations de r&#233;sident&#183;e&#183;s et de patrimoine du grand Gatineau vient grandement compliquer le jeu du promoteur et de la mairie. D'une part, Brigil r&#233;cup&#232;re et travestit des mots valises comme &#171; &lt;i&gt;&#233;chelle humaine&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;densification&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;mixit&#233; sociale &lt;/i&gt; &#187; pour recadrer une campagne marketing initialement ax&#233;e sur le &#171; &lt;i&gt;cinq &#233;toiles&lt;/i&gt; &#187; et les &#171; &lt;i&gt;boutiques de luxe&lt;/i&gt; &#187;. De l'autre, le maire Maxime Pedneaud-Jobin, qui s'est fait &#233;lire avec le slogan d'un leadership fort, n'ose pas se prononcer et songe &#224; la possibilit&#233; d'un r&#233;f&#233;rendum pour s'en sortir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nos c&#233;sars de l'immobilier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas d'hier que les grandes fortunes pr&#233;tendent au droit &#224; fa&#231;onner la ville. Grand propri&#233;taire et sp&#233;culateur foncier, l'Am&#233;ricain Philemon Wright (1760-1839) obtint du gouvernement du Bas-Canada le canton de Hull apr&#232;s des d&#233;marches entreprises en 1797. Il fonde alors Wrightville sur les milliers d'acres qui lui sont conc&#233;d&#233;s. Il d&#233;veloppe l'activit&#233; agraire, foresti&#232;re, manufacturi&#232;re et mini&#232;re et consolide surtout sa passion effr&#233;n&#233;e pour l'acquisition de terres. Lord Durham le citera d'ailleurs parmi le petit nombre d'aristocrates terriens ayant dilapid&#233; les terres du Bas-Canada &#224; tel point que, selon le &lt;i&gt;Dictionnaire biographique du Canada&lt;/i&gt;, ce partage in&#233;gal entre le clan Wright et les simples colons &#233;tait de 12 pour 1 en 1806. En 1842, trois ans apr&#232;s la mort du fondateur de Hull, cet empire foncier s'&#233;tendait au-del&#224; d'une superficie de 35 000 acres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cit de la fortune de Brigil est moins &#233;pique, mais n'en d&#233;finit pas moins le paysage de la ville. Le promoteur est l'un des barons de la construction domiciliaire banlieusarde qui a acc&#233;l&#233;r&#233; le cancer de l'&#233;talement urbain et du tout-&#224;-l'auto. Le v&#233;ritable co&#251;t d'un tel usage de l'espace n'est pas assum&#233; par la firme (ce ne serait alors pas profitable), mais par les pouvoirs publics (routes, aqueducs, transport en commun, services et voirie) et par les gens ordinaires (hypoth&#232;que, congestion, temps et p&#233;trole). Le ph&#233;nom&#232;ne est le m&#234;me &#224; la grandeur de l'Am&#233;rique : l'&#233;talement urbain vide le centre de ses habitants et contraint les pouvoirs publics &#224; am&#233;nager des voies de plus en plus larges pour accommoder l'automobile, &#224; tol&#233;rer des stationnements l&#233;gaux/ill&#233;gaux et &#224; laisser les sans voiture ni travail &#224; leur sort. Le projet de m&#233;gatours ne r&#233;sout en rien ces probl&#233;matiques et reste tota&#173;lement prisonnier d'un mod&#232;le d&#233;pass&#233; : il nourrira l'afflux de voitures et attirera non pas des habitants et des familles, mais une client&#232;le ultra&#173;mobile davantage int&#233;ress&#233;e par la sp&#233;culation immobili&#232;re que par les circuits pi&#233;tonniers promis au peuple qu'elle ne c&#244;toiera pas. Si Brigil revient vers le centre-ville avec des millions mirobolants en poche, c'est parce que le march&#233; de l'&#233;talement est satur&#233; et qu'il lui faut repartir un nouveau cycle d'accumulation, c'est-&#224;-dire d&#233;truire des habitats anciens au nom d'une falla&#173;cieuse &#171; &lt;i&gt; densification verticale &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Livrons la ville aux promoteurs et sp&#233;culateurs, et tout le monde en r&#233;coltera les b&#233;n&#233;fices &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;David Harvey, Le capitalisme contre le droit &#224; la ville. N&#233;olib&#233;ralisme, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Selon l'analyse du g&#233;ographe David Harvey, ce fallacieux pr&#233;texte est employ&#233; &#224; chaque fois que l'urba&#173;nisation est brandie comme solution &#224; la suraccumulation de capital. De booms en krachs, le cycle &#233;conomique montre que les crises de 1929, 1973, 1982, 1991 et 2007 sont pr&#233;c&#233;d&#233;es de bulles immobili&#232;res qui apparaissent comme solu&#173;tion temporaire &#224; la suraccumulation. L'urba&#173;nisation par destruction finit par &#233;riger d'&#233;normes tours vides qui saturent sciemment l'offre immobili&#232;re, et ce, dans l'espoir irrationnel d'un profit futur. Ainsi, le monstrueux montant promis par Brigil est en fait contraint de se fixer quelque part puisque les march&#233;s financiers stagnent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le m&#234;me calcul anime la Caisse de d&#233;p&#244;t et le mouvement Desjardins qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Concr&#232;tement, cette &#171; solution &#187; provoque, dit Harvey, des pratiques pr&#233;datrices fort simplistes : chasser une classe d'habitants vivants (itin&#233;rant&#183;e&#183;s, locataires et propri&#233;taires) pour les remplacer par du capital mort.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bienvenue &#224; Brigilville&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette violence &#233;conomique est compl&#232;tement pass&#233;e sous silence dans les cercles du pouvoir. Les &#233;lu&#183;e&#183;s sont s&#233;duits ou neutralis&#233;s par la taille de l'investissement en jeu et Brigil d&#233;ploie une campagne de distraction de masse &#224; la hauteur de l'enjeu et de ses moyens. Le propri&#233;taire de la firme, Gilles Desjardins, philanthrope &#224; la pi&#232;ce et grand acheteur de publicit&#233;s dans les m&#233;dias de Gatineau et d'Ottawa, veut faire passer son projet pour du &#171; &lt;i&gt;patriotisme gatinois &lt;/i&gt; &#187; tandis que son bras politique, l'ancien maire Yves Ducharme, s'efforce de faire croire que les int&#233;r&#234;ts de son patron sont identiques au bien commun. Cela ne suffira &#233;videmment pas &#224; rallier l'opposition ou &#224; faire dispara&#238;tre le programme d'urbanisme en place, ce pourquoi la firme a plus d'un(e) tour dans son sac : elle a produit une vid&#233;o promotionnelle anim&#233;e par un ex-chef d'antenne de Radio-Canada o&#249; paraissent des &#233;lu&#183;e&#183;s et commer&#231;ant&#183;e&#183;s favorables au projet ; elle pratique ou inspire l'&#233;mulation de campagnes &#171; citoyennes &#187; (porte-&#224;-porte, p&#233;tition, page Facebook) ; elle compte aussi sur l'appui ind&#233;fectible de la radio-poubelle locale qui a dissimul&#233; un sondage d&#233;favorable aux tours et qui fait de l'opposition &#224; celles-ci un outrage au peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on ne se m&#233;prenne pas sur les racines de ces tactiques de marketing de la main sur le c&#339;ur et de la main tendue : la violence &#233;conomique dont il a &#233;t&#233; question place bel et bien Brigil sur le pied de guerre. Les r&#232;gles du jeu en vigueur ne lui permettent pas de juguler ses surplus ? Qu'&#224; cela ne tienne ! Elle fera &#233;clater les efforts de planification urbaine, concert&#233;e et d&#233;mocratique, au profit de son exceptionnalit&#233; et demandera m&#234;me au peuple de pl&#233;bisciter sa man&#339;uvre. Qui sont ces quelques habitant&#183;e&#183;s et associations citoyennes pour emp&#234;cher Brigil de fa&#231;onner la ville &#224; son image ? Sur l'ancien site de la ville semi-priv&#233;e de Wrightville pourrait s'&#233;panouir la privatisation 2.0 de Brigilville. &#192; Brigilville, les associations de r&#233;sident&#183;e&#183;s, les &#233;lu&#183;e&#183;s, les m&#233;dias et la mairie seraient des laquais de l'entreprise. &#192; Brigilville, l'administration municipale n'existerait plus et le service d'urbanisme logerait dans les m&#234;mes bureaux que celui des ventes. &#192; Brigilville, les imp&#244;ts seraient remplac&#233;s par des dons d&#233;sint&#233;ress&#233;s &#224; des causes glamour et tout le monde apprendrait &#224; dire merci &#224; genoux. &#192; Brigilville, on exigerait du peuple qu'il s'identifie aux succ&#232;s du ma&#238;tre, se persuade que sa richesse retombe sur lui et per&#231;oive dans la r&#233;sistance de quelques r&#233;calcitrants l'&#339;uvre du d&#233;mon.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Plan d'urbanisme ou exception permanente&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce cauchemar aurait beau se r&#233;aliser tel quel qu'il n'aurait n&#233;anmoins pas r&#233;solu la question de fond. &#192; qui appartient la ville ? Selon nous, le cadrage de la question ne devrait pas se laisser leurrer par le maigre revenu en taxes promis par Brigil pour faire avaler la destruction du quartier du Mus&#233;e. Huit millions dans un budget de plus de 500 millions ne changent ni la donne ni ne compensent les co&#251;ts qui demeureront &#224; la charge du public. La v&#233;ritable question est : voulons-nous un plan d'urbanisme ou un r&#233;gime de l'arbitraire et de l'exception permanente ? Dans la situation pr&#233;sente, le plan prot&#232;ge le quartier. Or, les armes s'aff&#251;tent de part et d'autre pour livrer la bataille d&#233;cisive du centre-ville. La loi est du c&#244;t&#233; de David et les millions, avec Goliath. Il reste que nous esp&#233;rons que nos concitoyen&#183;ne&#183;s choisiront de jouir en commun de leur ville plut&#244;t que d'acquiescer &#224; la privatisation du soleil.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;David Harvey, &lt;i&gt;Le capitalisme contre le droit &#224; la ville. N&#233;olib&#233;ralisme, urbanisation, r&#233;sistances&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions Amsterdam, 2011, p. 49.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le m&#234;me calcul anime la Caisse de d&#233;p&#244;t et le mouvement Desjardins qui acqui&#232;rent de l'immobilier &#224; Manhattan ou Calgary.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Collectif de Gatineau&lt;/strong&gt;. Blanche Roy, Ana&#239;s Elboujda&#239;ni, Jean-Pierre Couture et Bill Clennett, citoyen&#183;ne&#183;s de Gatineau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : brigil.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prot&#233;geons le quartier du Mus&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quelques pas du Mus&#233;e canadien de l'histoire se trouve un quartier de taille modeste, mais avec une place ind&#233;niablement importante dans l'histoire du Vieux-Hull. Connu aujourd'hui sous le nom de quartier du Mus&#233;e, ce secteur de la ville est l'un des seuls &#224; avoir &#233;t&#233; &#233;pargn&#233;s par le grand feu de 1900 et &#224; avoir &#233;chapp&#233; aux expropriations du gouvernement f&#233;d&#233;ral durant les ann&#233;es 1970 (Lire Roger Blanchette, &#171; Hull, champs de bataille ! &#187;, &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt;, no 40, &#233;t&#233; 2011. Disponible en ligne : &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.ababord.org/&lt;/a&gt; Hull-champs-de-bataille). Nous, les r&#233;sidentes et r&#233;sidents actuels du quartier, avons choisi d'y vivre, avec la fiert&#233; de s'&#234;tre install&#233;s sur un lieu plein d'histoire. Nous avons un esprit familial, une communaut&#233; chaleureuse o&#249; bonheur et convivialit&#233; se c&#244;toient. C'&#233;tait natu&#173;rel, alors, que nous nous mobilisions sous la menace de projets de hautes tours d'habitation dans ce quartier qui nous tient &#224; c&#339;ur. Par diff&#233;rents moyens simples (r&#233;seaux sociaux, porte-&#224;-porte, d&#233;pliants et pancartes), nous avons tiss&#233; des liens et trouv&#233; solidarit&#233; avec les citoyen&#183;ne&#183;s d'autres secteurs de la ville. Nous d&#233;fendons notre vision d'un d&#233;veloppement qui se veut &#224; &#233;chelle humaine : un espace urbain de qualit&#233;, sain, s&#251;r et durable comme lieu de rencontre tant pour les visiteurs&#183;euses que pour les r&#233;sident&#183;e&#183;s. Une vision qui refl&#232;te fid&#232;lement le caract&#232;re de notre r&#233;gion, et surtout, une vision d&#233;mocratique qui respecte ses citoyen&#183;ne&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;No Towers&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre l'&#233;rection d'une tour de 12, 15 ou 20 &#233;tages au coin des art&#232;res Venables et Commercial, dans le quartier historique de Grandview &#224; Vancouver, a su provoquer un mouvement de r&#233;sistance dans la communaut&#233;. Appel&#233; &#171; &lt;i&gt;No Towers&lt;/i&gt; &#187;, le groupe demande que le d&#233;veloppement propos&#233; ne d&#233;passe pas cinq &#233;tages, conform&#233;ment au zonage qui pr&#233;vaut &#224; cet endroit. Si la taille du projet propos&#233; semble d&#233;risoire face aux tours ambitieuses de Brigil, l'opposition des habitant&#183;e&#183;s du quartier prend racine dans un contexte o&#249; l'ampleur de la mainmise des promoteurs vancouv&#233;rois est d'une f&#233;rocit&#233; qu'ignore encore le Vieux-Hull. Cependant, des dynamiques parall&#232;les peuvent &#234;tre d&#233;voil&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 2015 que le promoteur bien &#233;tabli Boffo Properties annonce un partenariat avec la Kettle Society, un organisme venant en aide aux personnes aux prises avec des probl&#232;mes de sant&#233; mentale. Le mouvement citoyen &lt;i&gt;No Towers&lt;/i&gt; est n&#233; de la volont&#233; de stopper la prolif&#233;ration de condos de luxe que propose de construire Boffo, sous couvert d'aider l'organisme communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des strat&#233;gies employ&#233;es par la Ville de Vancouver et le promoteur est de pointer du doigt les citoyen&#183;ne&#183;s qui refuseraient la densi&#173;fication en hauteur dans leur quartier. Or, &lt;i&gt;No Towers&lt;/i&gt; souligne le caract&#232;re fallacieux d'une telle supposition, car le quartier Grandview est l'un des plus dens&#233;ment peupl&#233;s &#224; Vancouver, tout en r&#233;ussissant &#224; conserver un caract&#232;re &#224; &#233;chelle humaine. Rappelons que le m&#234;me argument de densification a &#233;t&#233; servi au sujet des tours Brigil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, notons le refus de la Ville ainsi que du service d'urbanisme de rencontrer le groupe &lt;i&gt;No Towers&lt;/i&gt;. Une attitude dangereuse pour la d&#233;mo&#173;cratie, qui en dit long sur la perception que les &#233;lu&#183;e&#183;s et employ&#233;&#183;e&#183;s municipaux ont de leur r&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ana&#239;s Elboujda&#239;ni&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'h&#233;ritage social et politique de Jean Tremblay</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-heritage-social-et-politique-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-heritage-social-et-politique-de</guid>
		<dc:date>2016-09-14T20:36:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude C&#244;t&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>C&#244;t&#233;, Claude</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les prises de parole publiques du maire de Saguenay, Jean Tremblay, ont &#224; plusieurs occasions fait couler beaucoup d'encre. En septembre 2015, il annon&#231;ait qu'il ne se repr&#233;senterait pas &#224; la fin de son mandat en 2017. Pour certain&#183;e&#183;s, c'&#233;tait une tr&#232;s bonne nouvelle, presque une lib&#233;ration. R&#233;sultat de la fusion en 2002 de Chicoutimi, Jonqui&#232;re et La Baie notamment, Saguenay n'a eu que ce maire color&#233; depuis. Quel h&#233;ritage laissera-t-il ? &lt;br class='autobr' /&gt; Jean Tremblay sera longtemps associ&#233; &#224; la pri&#232;re (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Autocratie-municipale-" rel="directory"&gt;Dossier - Autocratie municipale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cote-Claude-+" rel="tag"&gt;C&#244;t&#233;, Claude&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2256.png?1642092183' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;178&#034; height=&#034;264&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les prises de parole publiques du maire de Saguenay, Jean Tremblay, ont &#224; plusieurs occasions fait couler beaucoup d'encre. En septembre 2015, il annon&#231;ait qu'il ne se repr&#233;senterait pas &#224; la fin de son mandat en 2017. Pour certain&#183;e&#183;s, c'&#233;tait une tr&#232;s bonne nouvelle, presque une lib&#233;ration. R&#233;sultat de la fusion en 2002 de Chicoutimi, Jonqui&#232;re et La Baie notamment, Saguenay n'a eu que ce maire color&#233; depuis. Quel h&#233;ritage laissera-t-il ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jean Tremblay sera longtemps associ&#233; &#224; la pri&#232;re r&#233;cit&#233;e aux s&#233;ances du conseil muni&#173;cipal et &#224; sa d&#233;fense acharn&#233;e de celle-ci devant les tribunaux. En 2006, Alain Simoneau, alors citoyen de Saguenay, portait plainte &#224; la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse contre la pratique du maire. Cette plainte a galvanis&#233; ce dernier, qui a mobilis&#233; ses troupes et les ressources de la Ville afin de la contrecarrer. La bataille judiciaire a &#233;t&#233; port&#233;e jusque devant la Cour supr&#234;me du Canada (CSC), qui a finalement oblig&#233; le maire Tremblay &#224; cesser cette pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu soulev&#233; par cette bataille &#233;tait principalement celui de la neutralit&#233; de l'&#201;tat. La s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat dans le contexte saguen&#233;en n'&#233;tait en effet pas respect&#233;e comme en fait foi la d&#233;cision de la CSC : &#171; &lt;i&gt;Par la r&#233;citation de la pri&#232;re en litige lors des s&#233;ances publiques de d&#233;lib&#233;rations du conseil municipal, les intim&#233;s adh&#232;rent sciemment &#224; certaines croyances religieuses &#224; l'exclusion des autres. Ce faisant, ils contreviennent &#224; l'obligation de neutralit&#233; qui incombe &#224; l'&#201;tat.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Greenpeace et les intellectuels&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je vous demande, les syndicats, les travailleurs : mobilisons-nous contre Greenpeace et contre les intellectuels de ce monde.&lt;/i&gt; &#187; Voil&#224; comment s'exprimait le maire &#224; l'&#233;gard de Greenpeace et des intellectuels l'an dernier. C'est au courant de l'ann&#233;e 2007, lors d'une action de l'ONG &#224; Saguenay visant &#224; prot&#233;ger la for&#234;t bor&#233;ale que le premier magistrat fait leur connaissance. C'est d'ailleurs &#224; la suite d'une entrevue donn&#233;e aux diff&#233;rents m&#233;dias r&#233;gionaux concernant ce coup m&#233;diatique de Greenpeace que le maire devient une vedette de l'&#233;mission &lt;i&gt;Infoman&lt;/i&gt;, qui le rebaptise Jean &#171; l&#224; l&#224; &#187; Tremblay. En 2015, le maire Tremblay proposait ainsi &#224; la soci&#233;t&#233; civile saguen&#233;enne de se mobiliser contre cette organisation militante puisque l'entreprise Produits forestiers R&#233;solu (PFR), &#233;tablie dans la r&#233;gion, avait perdu son accr&#233;ditation FSC (&lt;i&gt;Forest Stewardship Council&lt;/i&gt;) qui garantit la bonne gestion de la for&#234;t. Dans la logique tout &#224; fait ridicule du maire Tremblay, c'&#233;tait la faute de Greenpeace. Selon lui, les usines qui ferment dans la r&#233;gion sont le r&#233;sultat de l'activisme des groupes comme Greenpeace qui pr&#233;f&#232;rent sauver un caribou forestier plut&#244;t que les emplois dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;pisode d'appel &#224; la mobilisation du maire contre Greenpeace et les intellectuels n'est pas sa premi&#232;re frasque contre les intellos. En 2012, lors de la campagne &#233;lectorale qu&#233;b&#233;coise, la candidate du Parti qu&#233;b&#233;cois Djemila Benhabib s'est prononc&#233; sur la pr&#233;sence du crucifix &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Les propos de cette derni&#232;re ne firent pas l'affaire de M. Tremblay et celui-ci pr&#233;texta qu'elle n'avait pas &#224; s'interroger sur le sujet &#233;tant donn&#233; qu'il avait du mal &#224; prononcer le nom de Mme Benhabib. En r&#233;action &#224; ces propos, le sociologue G&#233;rard Bouchard, ancien co-pr&#233;sident de la Commission sur les accommodements raisonnables, a sugg&#233;r&#233; &#224; l'&#233;mission &lt;i&gt;Tout le monde en parle&lt;/i&gt; que Jean Tremblay n'&#233;tait rien d'autre qu'un int&#233;griste religieux. C'&#233;tait suffisant pour que le maire d&#233;nonce vertement les propos de Bouchard et sugg&#232;re que ce dernier &#233;tait all&#233; &#224; l'&#233;cole &#171; &lt;i&gt;beaucoup trop longtemps&lt;/i&gt; &#187; ! Il revient &#224; la charge en 2015 en proposant de se mobiliser contre les intellectuels, comme nous l'avons soulign&#233; pr&#233;c&#233;demment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas &#224; une contradiction pr&#232;s, le maire Tremblay proposait pourtant en 2013 de faire de Saguenay une ville universitaire, &#224; l'image de Sherbrooke, en travaillant de concert avec l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Chicoutimi (UQAC). Reste maintenant &#224; voir la place qui serait accord&#233;e aux &#171; intellectuels &#187; de cette ville universitaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mouvement &#233;tudiant et anti-&#233;meute&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme plusieurs autres endroits au Qu&#233;bec, Saguenay a &#233;t&#233; touch&#233; par le mouvement de gr&#232;ve &#233;tudiante de 2012 ; certains programmes d'&#233;tudes de l'UQAC et du c&#233;gep de Jonqui&#232;re ont fait gr&#232;ve durant cette p&#233;riode. &#192; l'instar de Montr&#233;al, plusieurs manifestations ont eu lieu dans les rues de la ville, bloquant &#224; l'occasion des boulevards et m&#234;me le pont Dubuc, unique lien entre le centre-ville de l'arrondissement de Chicoutimi et la rive nord de la rivi&#232;re Saguenay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce dossier, le maire s'est prononc&#233; timidement sur la question des droits de scolarit&#233;, proposant d'imposer une hausse mais sur une plus longue p&#233;riode, proposition qui avait &#233;trangement &#233;t&#233; reprise par le gouvernement de Jean Charest &#224; l'&#233;poque. En avril 2012, lors de son passage au Cercle de presse du Saguenay, le maire Tremblay affirmait que les manifestations &#233;tudiantes &#233;taient d&#233;rangeantes, mais qu'il n'augmenterait pas le budget de la S&#233;curit&#233; publique de Saguenay (SPS). Il faut rappeler que Saguenay, &#224; cette &#233;poque, n'avait toujours pas de service de police munie d'une unit&#233; de contr&#244;le de foule. Or, en novembre de la m&#234;me ann&#233;e, bien qu'il ait annonc&#233; qu'il ne financerait pas davantage le SPS, la Ville annon&#231;ait qu'elle d&#233;bourserait 100 000 $ pour acheter l'&#233;quipement et former des policiers afin d'&#234;tre conforme aux exigences du minist&#232;re de la S&#233;curit&#233; publique. Cette d&#233;cision est survenue seulement une fois la gr&#232;ve &#233;tudiante termin&#233;e. Maintenant, dans un contexte o&#249; l'opposition commence &#224; se mobiliser au Saguenay, les &#233;lus saguen&#233;ens auront acc&#232;s &#224; une police form&#233;e au contr&#244;le de foule.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Opposition politique et m&#233;diatique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; avec la pri&#232;re &#224; l'H&#244;tel de Ville, des citoyen&#183;ne&#183;s de Saguenay se sont mobilis&#233;s &#224; quelques reprises pour exiger que le maire cesse son ent&#234;tement. Comme quoi les dangers de l'orgueil, l'un des sept p&#233;ch&#233;s capitaux, auraient pu raisonner le maire et le faire c&#233;der sur cette question. C'est en novembre 2010 qu'un premier groupe de citoyen&#183;ne&#183;s se rencontre afin de cr&#233;er un comit&#233; politique qui a men&#233;, en 2011, &#224; la cr&#233;ation d'un parti politique : l'&#201;quipe du renouveau d&#233;mocratique (ERD). C'est lors du scrutin de 2013 que l'ERD se pr&#233;sente pour la premi&#232;re fois aux &#233;lections avec comme objectif de remplacer Jean Tremblay &#224; la t&#234;te de la septi&#232;me ville en importance au Qu&#233;bec. Lors de cette &#233;lection, 37 % des &#233;lecteurs&#183;trices ont vot&#233; pour l'opposition et deux candidates de l'ERD ont &#233;t&#233; &#233;lues au conseil municipal. L'organisation d'un parti politique municipal est une premi&#232;re dans l'histoire de la ville de Saguenay. Depuis l'&#233;lection de l'ERD, une tension est palpable au conseil municipal, o&#249; le roitelet se sent surveill&#233; et o&#249; les d&#233;bats n'ont jamais &#233;t&#233; aussi courants dans les instances municipales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'instar d'une opposition organis&#233;e dans un parti politique, les m&#233;dias r&#233;gionaux ont aussi exerc&#233; un contre-pouvoir au maire &#8211; du moins une part d'entre eux. C'est principalement des journalistes radio-canadiens qui soulevaient les irr&#233;gularit&#233;s dans la gestion du maire. D'autres m&#233;dias, surtout KYK Radio X, ont appuy&#233; le maire et ses id&#233;es. Cette station de radio a notamment organis&#233; une campagne de financement dans le dossier de la pri&#232;re afin de soutenir cette &#171; lutte &#187;. Par la suite, en r&#233;ponse au &#171; mauvais &#187; portrait que Radio-Canada d&#233;peignait de lui, le maire Tremblay a parfois refus&#233; de r&#233;pondre &#224; des questions le concernant, voire d'accorder des entrevues &#224; certain&#183;e&#183;s journalistes. Face &#224; cette opposition m&#233;diatique, il a d&#233;cid&#233; de mettre sur pied son propre m&#233;dia. Dor&#233;navant, il r&#233;agit et fait des annonces via des capsules vid&#233;o sur le site internet de la Ville.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Perspectives d'avenir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous nous demandons si la pr&#233;sence d'une opposition politique organis&#233;e aura finalement eu raison du r&#232;gne de Jean Tremblay. Depuis la &#171; fondation-fusion &#187; de la ville en 2002, il a g&#233;r&#233; celle-ci comme si c'&#233;tait son petit royaume et les m&#233;dias r&#233;gionaux ont gout&#233; &#224; sa m&#233;decine. Cet homme de foi aura eu un impact significatif sur le paysage politique qu&#233;b&#233;cois. Le discours qu'il a entretenu dans les derni&#232;res ann&#233;es ne fait pas honneur aux citoyen&#183;ne&#183;s du Saguenay-Lac-Saint-Jean. &#192; notre avis, le discours de bon gestionnaire et d'homme de principes aura maintenu Jean Tremblay au pouvoir. En se pla&#231;ant en d&#233;fenseur des &#171; &lt;i&gt;valeurs canadiennes-fran&#231;aises&lt;/i&gt; &#187; (sic), il a d&#233;montr&#233; une force de caract&#232;re qui a touch&#233; sans doute beaucoup d'&#233;lectrices et d'&#233;lecteurs saguen&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui reste int&#233;ressant dans ce portrait de l'h&#233;ritage social et politique de Jean Tremblay est qu'en quittant la vie publique, il laisse le champ libre l&#224; o&#249; tout espoir de changement &#233;tait, jusqu'&#224; tout r&#233;cemment, difficile &#224; envisager. Ce dernier gagnait les &#233;lections avec des r&#233;sultats presque staliniens. L'avenir nous dira &#224; quoi pourrait ressembler la Ville de Saguenay avec de nouvelles personnes &#224; sa t&#234;te. C'est au cours du prochain mandat que l'on pourra mesurer la p&#233;rennit&#233; de l'h&#233;ritage de Jean Tremblay.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photomontage : Monique Moisan&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les artifices du pouvoir</title>
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		<dc:date>2016-09-14T20:30:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Sophie </dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La ville de Saint-Augustin-de-Desmaures, pr&#232;s de Qu&#233;bec, attire l'attention des m&#233;dias depuis plusieurs ann&#233;es. L'administration municipale fait l'objet de multiples plaintes au minist&#232;re des Affaires municipales ; des d&#233;marches citoyennes devenues indispensables qui suscitaient chez Sylvie Asselin, en juillet 2015 au sortir d'&#233;lections pr&#233;cipit&#233;es, des r&#233;flexions sur l'&#233;tat de notre d&#233;mocratie. &lt;br class='autobr' /&gt; Pour Sylvie Asselin, candidate &#224; la mairie de Saint-Augustin-de-Desmaures aux &#233;lections de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Autocratie-municipale-" rel="directory"&gt;Dossier - Autocratie municipale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2255.png?1642092183' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;675&#034; height=&#034;402&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La ville de Saint-Augustin-de-Desmaures, pr&#232;s de Qu&#233;bec, attire l'attention des m&#233;dias depuis plusieurs ann&#233;es. L'administration municipale fait l'objet de multiples plaintes au minist&#232;re des Affaires municipales ; des d&#233;marches citoyennes devenues indispensables qui suscitaient chez Sylvie Asselin, en juillet 2015 au sortir d'&#233;lections pr&#233;cipit&#233;es, des r&#233;flexions sur l'&#233;tat de notre d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour Sylvie Asselin, candidate &#224; la mairie de Saint-Augustin-de-Desmaures aux &#233;lections de juin 2015, le constat est plut&#244;t d&#233;solant : les outils de v&#233;rification du gouvernement donnent aux gens &#171; &lt;i&gt;l'impression d'&#234;tre prot&#233;g&#233;s et d'avoir du pouvoir sur ce qui se fait dans leur ville. Mais il suffit d'essayer de les mettre en application pour s'apercevoir qu'au final le r&#233;sultat aboutit davantage au d&#233;couragement des citoyens quant &#224; leur participation &#224; la vie publi&#173;que une fois les &#233;lections termin&#233;es. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La m&#233;diocrit&#233; au pouvoir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Qu'il s'agisse de d&#233;poser une plainte au minis&#173;t&#232;re des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire (MAMOT) ou de faire une deman&#173;de d'acc&#232;s &#224; l'information, &#171; &lt;i&gt;il n'y a pas de soutien pour le citoyen&lt;/i&gt; &#187; qui, d&#232;s les premi&#232;res d&#233;mar&#173;ches, se voit finalement propuls&#233; dans un d&#233;dale bureaucratique d'une lourdeur inou&#239;e. &#171; &lt;i&gt; Il faut en avoir du temps lorsque tu veux comprendre les abus suspect&#233;s dans la gestion de ta ville ! Je ne faisais que &#231;a tous les soirs, toutes les fins de semaine.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettre sa vie en suspens pour r&#233;diger des lettres, constituer des dossiers, fournir des preuves peut en rebuter plus d'un. &#171; &lt;i&gt;Le citoyen qui veut s'impliquer vire de bord. Les &#233;lus en place ont tout le pouvoir et s'ils d&#233;cident de rire de toi, tu vas clairement manger tes bas&lt;/i&gt; &#187;, jusqu'&#224; ce que la lumi&#232;re soit faite. Ce qui demande en g&#233;n&#233;ral des mois et des ann&#233;es. Entre temps, c'est le &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt;, et les projets mal ficel&#233;s, d&#233;rogatoires ou non, continuent &#224; se mettre en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour celle qui a cr&#233;&#233; avec d'autres citoyen&#183;ne&#183;s, en 2012, l'organisme SOS Saint-Augustin, le r&#233;veil est brutal. L'organisme avait pour objectif d'apporter l'aide que r&#233;clamaient les &#233;lu&#183;e&#183;s de la municipalit&#233; dans le dossier de la quote-part que Saint-Augustin doit verser &#224; l'agglom&#233;ration de Qu&#233;bec. Apr&#232;s six mois &#224; scruter les documents de la Ville pour chercher des moyens de r&#233;duire le fardeau des transferts, &#171; &lt;i&gt;on s'est plut&#244;t aper&#231;u que notre municipalit&#233; dupait ses citoyens&lt;/i&gt; &#187;. Aujourd'hui, les cons&#233;quences d'une succession de confusions dans les proc&#233;dures, d'ignorance des lois et de cafouillages de chiffres font dire &#224; Sylvie Asselin que &#171; &lt;i&gt;si Saint-Augustin &#233;tait une entreprise priv&#233;e, il y a longtemps que le banquier aurait tir&#233; la &#171; &lt;i&gt;plug&lt;/i&gt; &#187;. Ce serait la faillite.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Aucun ratio d'endettement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les administrations municipales peuvent aller &#224; l'encontre de leurs r&#232;glements, embrouiller d&#233;li&#173;b&#233;r&#233;ment ou non les processus d'adoption des emprunts, ob&#233;rer les citoyen&#183;ne&#183;s pendant des mois sinon des ann&#233;es sans &#234;tre ennuy&#233;es. Au fur et &#224; mesure qu'elle creuse les dossiers, Sylvie Asselin tombe des nues. De la bouche m&#234;me des fonctionnaires de la Commission des plaintes du MAMOT, &#171; &lt;i&gt;nous apprenions que, contrairement &#224; tout particulier, il n'y a aucun seuil d'endettement &#233;tabli pour une municipalit&#233;. La Ville peut s'endetter sans fin et la dette accumul&#233;e est consid&#233;r&#233;e comme l'h&#233;ritage que laissent les &#233;lu&#183;e&#183;s en place &#224; l'administration qui leur succ&#233;dera.&lt;/i&gt; &#187; Et c'est aux citoyen&#183;ne&#183;s-contribuables &#224; qui revient la responsabilit&#233; de l'&#233;ponger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2013, il &#233;tait &#233;tabli pour Sylvie Asselin que Saint-Augustin agissait dans la confusion et qu'elle d&#233;pensait d&#233;j&#224; trop. D&#233;couverte : &#171; &lt;i&gt;la Ville ne payait pas les montants emprunt&#233;s et ne portait pas &#224; sa dette les nouveaux emprunts. Elle payait uniquement les int&#233;r&#234;ts &#224; m&#234;me les emprunts contract&#233;s et laissait entendre que les finan&#173;ces &#233;taient sous contr&#244;le&#8230; jusqu'&#224; l'annonce d'une hausse de taxes de 25 % &#224; l'automne 2014. La Ville tentait de faire porter enti&#232;rement l'odieux de la situation &#224; la quote-part qu'elle devait pour son adh&#233;sion &#224; l'agglom&#233;ration de Qu&#233;bec.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s janvier de cette m&#234;me ann&#233;e, le projet du Complexe multifonctionnel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce sujet Fran&#231;ois Bourque, &#171; La saga du complexe de Saint-Augustin &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; devenait pour la citoyenne celui qui allait &#171; &lt;i&gt;planter le dernier clou dans le cercueil de la Ville. Mais d'une s&#233;ance du conseil municipal &#224; l'autre, il n'y avait pas moyen d'obtenir les chiffres &lt;/i&gt; &#187;, affirme-t-elle ; la Ville poussant &#224; l'extr&#234;me le processus &#233;tabli par la Loi sur l'acc&#232;s aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une demande d'acc&#232;s &#224; l'information effectu&#233;e par les citoyen&#183;ne&#183;s de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une plainte est donc d&#233;pos&#233;e au MAMOT. L'enqu&#234;te tarde et au fur et &#224; mesure que les mois passent, la construction suit son cours.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du baratin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le rapport du minist&#232;re arrive finalement, mais 18 mois plus tard, soit en juillet 2015. &#171; &lt;i&gt;Entre temps le mal est fait, le b&#226;timent est achev&#233;, &lt;/i&gt; s'indigne Sylvie Asselin. &lt;i&gt;M&#234;me si apr&#232;s tout ce temps le rapport du minist&#232;re nous a donn&#233; raison, personne &#224; la Ville n'a &#233;cop&#233; d'un bl&#226;me.&lt;/i&gt; &#187; Aujourd'hui pourtant, les citoyen&#183;ne&#183;s de Saint-Augustin doivent assumer une dette suppl&#233;mentaire de 20 millions de dollars, pour un total d'endettement de leur Ville de pr&#232;s de 150 millions. Un montant faramineux si l'on consid&#232;re que la localit&#233; ne compte que 8 000 &#171; payeurs&#183;euses de taxes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son rapport, &#171; &lt;i&gt;le minist&#232;re convient qu'il y a eu des probl&#232;mes de datation et de contradiction sur certains &#233;l&#233;ments du projet pour en arriver &#224; la conclusion qu'il s'est &lt;/i&gt; &#171; probablement &#187; &lt;i&gt;produit des erreurs de transcription dans la r&#233;daction des r&#232;glements d'emprunt et d'autres documents de la municipalit&#233;. Mais le rapport s'en tient uniquement &#224; demander des correctifs apr&#232;s coup, afin de rendre les documents conformes, alors m&#234;me que le projet est achev&#233;. Et c'est &#224; peine si les &#233;lu&#183;e&#183;s ont re&#231;u une tape sur les doigts apr&#232;s avoir refil&#233; la facture de 20 millions de dollars de ce projet aux citoyens-contribuables, quand ils n'annon&#231;aient aucune r&#233;percussion financi&#232;re sur leur compte de taxes !&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Sylvie Asselin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la d&#233;ception. Le MAMOT mentionne sur son site que les citoyen&#183;ne&#183;s ont des droits. Ceux-ci sont cependant bien encadr&#233;s : en gros, le droit d'&#234;tre b&#233;n&#233;vole, de participer aux consultations publiques et d'assister aux s&#233;ances du conseil municipal pour poser des questions&#8230; mais souvent en nombre limit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Et lorsqu'il le fait, le citoyen se fait dire par ses &#233;lu&#183;e&#183;s que la s&#233;ance du conseil est un lieu de travail pour les conseillers et le maire et non pas un espace pour faire ses dol&#233;ances. En r&#233;alit&#233;,&lt;/i&gt; explique Sylvie Asselin,&lt;i&gt; le seul droit que d&#233;tient actuellement le citoyen est celui de voter tous les quatre ans.&lt;/i&gt; &#187; Autrement, il n'a que l'obligation de payer ses taxes. Dans l'intervalle, les gens qui cherchent &#224; faire la lumi&#232;re sur des situations pr&#233;sentant des lacunes dans leur municipalit&#233; assistent &#224; une partie de balle entre deux paliers de gouvernement pour d&#233;terminer &#224; qui revient la responsabilit&#233; de recevoir les plaintes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et rien pour faciliter les choses pour les contribuables, selon les processus actuels : s'opposer &#224; un projet qui endettera une ville ou minera le visage d'un quartier exige une mobilisation des citoyen&#183;ne&#183;s &#224; plus d'un niveau. D'abord, pour demander en temps et lieu la tenue d'un r&#233;f&#233;rendum, puis pour le r&#233;f&#233;rendum lui-m&#234;me avec une campagne en bonne et due forme de plusieurs semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, il peut &#234;tre concevable qu'un projet d'une administration municipale ait &#233;t&#233; mal ficel&#233;, mais &#171; &lt;i&gt;quand il semble qu'une dizaine de projets l'aient &#233;t&#233;, il faut conclure &#224; l'incomp&#233;tence ou au fait que les &#233;lu&#183;e&#183;s en place ont sciemment ignor&#233; leurs responsabilit&#233;s de protection et de validation, &lt;/i&gt; rench&#233;rit Sylvie Asselin. &lt;i&gt;En fait, ajoute-t-elle, les municipalit&#233;s ont tous les droits et agissent un peu comme des dictatures. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'un r&#232;glement d'emprunt pour un projet quelconque est formellement refus&#233; par la population, la Ville peut reformuler ce projet en y appor&#173;tant de l&#233;g&#232;res modifications et le soumettre &#224; nouveau &#224; l'adoption, &#233;puisant ainsi les ressources des citoyen&#183;ne&#183;s. Pire, &#171; elle peut l'inclure dans un r&#232;glement parapluie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un r&#232;glement &#171; parapluie &#187; est un r&#232;glement dont l'objet est d&#233;crit en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sans le d&#233;tailler, avec la b&#233;n&#233;diction du MAMOT. Elle peut ainsi le faire adopter presque clandestinement au nez et &#224; la barbe des citoyens-contribuables. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel moyen r&#233;el reste-t-il donc pour les &#171; payeurs&#183;euses de taxes &#187; ? Celui, semble-t-il, de scruter les articles de lois pour trouver les violations commises et saisir la justice, &#224; leurs frais, le cas &#233;ch&#233;ant. Autrement, les d&#233;cisions prises dans les municipalit&#233;s rel&#232;vent de la gestion interne, un aspect sur lequel n'intervient pas le gouvernement (voir encadr&#233;). Et l'Unit&#233; permanente anti&#173;corruption (UPAC) ? Avant de s'int&#233;resser &#224; un dossier, elle demande d'obtenir toutes les preuves. S'il s'agissait d'un meurtre, compare Sylvie Asselin, il faudrait lui fournir &#171; &lt;i&gt;le cadavre, le film du meurtre, le meurtrier et l'aveu du meurtrier &lt;/i&gt; &#187;. Alors, pour la qu&#234;te de rectitude en politique, l'aventure appelle les courageux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; ce sujet Fran&#231;ois Bourque, &#171; La saga du complexe de Saint-Augustin &#187;, &lt;i&gt;Le Soleil&lt;/i&gt;, 24 janvier 2015. Disponible en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une demande d'acc&#232;s &#224; l'information effectu&#233;e par les citoyen&#183;ne&#183;s de Saint-Augustin en f&#233;vrier 2015 aura &#233;t&#233; entendue par le tribunal de la Commission d'acc&#232;s &#224; l'information en janvier 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un r&#232;glement &#171; parapluie &#187; est un r&#232;glement dont l'objet est d&#233;crit en termes g&#233;n&#233;raux et appel&#233; &#224; &#234;tre d&#233;taill&#233; plus tard seulement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : blog.tradel-barcelona.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les pichenottes de la Commission municipale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les citoyennes et citoyens engag&#233;&#183;e&#183;s dans la surveillance de la gestion des deniers publics et de l'application des r&#232;glements adopt&#233;s par leur municipalit&#233;, parcourir le site Internet du minist&#232;re des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire (MAMOT) leur promet quelques &#233;clats de rire&#8230; ou de larmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la Politique de traitement des plaintes relatives aux municipalit&#233;s, le MAMOT est l'organisme du gouvernement charg&#233; de s'assurer de la bonne administration du syst&#232;me municipal par &#171; &lt;i&gt;le traitement des plaintes relatives &#224; la gestion municipale&lt;/i&gt; [et celles] &lt;i&gt;faites en vertu de la Loi sur l'&#233;thique et la d&#233;ontologie en mati&#232;re municipale&lt;/i&gt; &#187;. Mais une fois les processus enclench&#233;s, quelles ne sont pas les surprises !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des d&#233;lais de traitement des plaintes jug&#233;es &#171; recevables &#187; qui peuvent s'&#233;tirer pendant des mois, on s'aper&#231;oit que le r&#244;le de surveillance du minist&#232;re en mati&#232;re de gestion municipale se limite uniquement &#224; fournir des avis et &#224; faire desrecommandations aux municipalit&#233;s, m&#234;me lorsque celles-ci enfreignent les lois pendant des ann&#233;es. Au mieux, le minist&#232;reassurera un suivi de l'application de ses recommandations sur une p&#233;riode de trois ans apr&#232;s la fin de son enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les citoyen&#183;ne&#183;s ne doivent pas s'&#233;tonner non plus d'apprendre que le minis&#173;t&#232;re ne leur sera d'aucune aide en ce qui a trait aux questions relevant de la gestion interne de leur municipalit&#233;, comme l'adoption et la non-application des r&#232;glements&#8230; sauf dans le cas o&#249; la situation fait l'objet d'une plainte en &#233;thique et d&#233;ontologie contre un&#183;e &#233;lu&#183;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les juges administratifs de la Commission municipale pourront, au pire, conclure &#224; un manquement de l'&#233;lu&#183;e et lui imposer des sanctions. Mais atten&#173;tion, les p&#233;nalit&#233;s sont d&#233;j&#224; &#233;tablies : 1) une r&#233;primande, 2) la remise &#224; la municipalit&#233; du don ou des profits retir&#233;s, 3) le remboursement des sommes re&#231;ues pendant la p&#233;riode qu'a dur&#233;e le manquement faisant l'objet de la plainte et 4) une suspension sans r&#233;mun&#233;ration de l'&#233;lu&#183;e pour une p&#233;riode maximale de 90 jours. Pas de quoi pr&#233;venir les r&#233;cidives.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Coderre le magnifique</title>
		<link>https://www.ababord.org/Coderre-le-magnifique</link>
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		<dc:date>2016-09-14T20:17:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marcel S&#233;vigny</dc:creator>


		<dc:subject>S&#233;vigny, Marcel </dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; la lumi&#232;re des sondages de popularit&#233;, les Montr&#233;alais&#183;e&#183;s portent le maire Denis Coderre presque aux nues deux ans apr&#232;s son &#233;lection. Quant aux m&#233;dias, ils n'ont pas encore d&#233;croch&#233; de la lune de miel avec le maire. &lt;br class='autobr' /&gt; Bernard Desc&#244;teaux, directeur du Devoir (m&#233;dia ind&#233;pendant suppos&#233;ment critique), entretient une satisfaction b&#233;ate vis-&#224;-vis du &#171; style d&#233;mocratique &#187; de Denis Coderre : &#171; L'omnimaire, comme il fut d&#233;j&#224; appel&#233;, est de tous les dossiers, au point de laisser croire qu'il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2254.png?1642092183' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;269&#034; height=&#034;268&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; la lumi&#232;re des sondages de popularit&#233;, les Montr&#233;alais&#183;e&#183;s portent le maire Denis Coderre presque aux nues deux ans apr&#232;s son &#233;lection. Quant aux m&#233;dias, ils n'ont pas encore d&#233;croch&#233; de la lune de miel avec le maire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bernard Desc&#244;teaux, directeur du &lt;i&gt;Devoir&lt;/i&gt; (m&#233;dia ind&#233;pendant suppos&#233;ment critique), entretient une satisfaction b&#233;ate vis-&#224;-vis du &#171; &lt;i&gt;style d&#233;mocratique&lt;/i&gt; &#187; de Denis Coderre : &#171; &lt;i&gt;L'omnimaire, comme il fut d&#233;j&#224; appel&#233;, est de tous les dossiers, au point de laisser croire qu'il n'y a &#224; l'H&#244;tel de Ville que lui. &lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Minoritaire au conseil municipal, il a attir&#233; dans ses filets plusieurs conseillers des partis d'opposition, dont le chef de Projet Montr&#233;al&lt;/i&gt; [Richard Bergeron] &lt;i&gt;et a pu se constituer une majorit&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Bref, ce que Denis Coderre a fait le mieux, selon &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, &#171; &lt;i&gt;c'est prendre la d&#233;fense des Montr&#233;alais.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Populisme, sens du spectacle et maintien d'un taux de taxation &#171; raisonnable &#187; semblent &#234;tre les composantes de notre d&#233;mocratie municipale. Seul le parti Projet Montr&#233;al (premi&#232;re opposition &#224; l'h&#244;tel de ville) s'avance &#224; critiquer le style particuli&#232;rement racoleur du maire, soulevant ainsi, par la bande, l'enjeu d&#233;mocratique. Comit&#233;s de quartier et autres associations citoyennes sont confondus par le style populiste de l'h&#244;tel de ville. Seules certaines organisations pour le droit au logement parviennent &#224; interpeller la Ville sur ses responsabilit&#233;s politiques, mais sans trop de succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;chec citoyen de la strat&#233;gie de concertation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;tour des ann&#233;es 2000, cinq Sommets citoyens, dont le dernier en 2009 rassemblant pr&#232;s de 1 000 militant&#183;e&#183;s, visent une d&#233;mocratisation accrue de la vie politique municipale. Parall&#232;lement, le Sommet de Montr&#233;al en 2002 est initi&#233; par le maire G&#233;rald Tremblay, d'o&#249; &#233;clot le grand chantier de Montr&#233;al sur la d&#233;mocratie (2002-2014). R&#233;sultat : toute une s&#233;rie d'insertions participatives, dont un &#171; droit d'initiative citoyen &#187; et une &#171; charte des droits et responsabilit&#233;s &#187;, le tout couronn&#233; par le Prix du maire de Montr&#233;al en d&#233;mocratie. En outre, durant un certain temps, une forme restreinte de &#171; &lt;i&gt;budget participatif&lt;/i&gt; &#187; a eu lieu dans l'arrondissement Plateau Mont-Royal, remplac&#233; aujourd'hui par une consultation en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces &#233;v&#232;nements ont conf&#233;r&#233; &#224; Montr&#233;al une notori&#233;t&#233; internationale. G&#233;rald Tremblay l'affirmait en son temps et Denis Coderre le reprend aujourd'hui : Montr&#233;al est une grande d&#233;mocratie participative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que l'on discute dans les instances participatives d'enjeux certes pertinents, l'essentiel du d&#233;veloppement de la Ville et des quartiers reste l'apanage de puissants promoteurs, de politiciens&#183;ne&#183;s et de technocrates. Des exemples ? Malgr&#233; les 3,5 milliards $ de l'&#233;changeur Turcot, celui-ci maintiendra intacte la capacit&#233; de 300 000 v&#233;hicules par jour contrairement &#224; la demande populaire ; un nouveau quartier montr&#233;alais (Griffintown) permettant d'accueillir pr&#232;s de 15 000 personnes (avec l'appui de la Ville) sans avoir pr&#233;vu d'&#233;cole, de CLSC ou autres services publics de proximit&#233; ; ou encore lorsqu'on d&#233;verse 8 milliards de litres d'eaux us&#233;es dans le fleuve, malgr&#233; une p&#233;tition de 100 000 signatures. On sent bien que l'influence citoyenne ne fait pas le poids.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'absence d'une opposition extra-parlementaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s plus de dix ans d'efforts, le mouvement citoyen de d&#233;mocratisation municipale &#224; Montr&#233;al a &#233;t&#233; aval&#233; par le syst&#232;me politique en place. Repr&#233;sentation politique parlementaire, hi&#233;rarchie, herm&#233;tisme et opacit&#233; o&#249; seuls les &#233;lu&#183;e&#183;s d&#233;cident. Voil&#224; ce qui s&#233;vit &#224; Montr&#233;al et &#224; travers le Qu&#233;bec. La d&#233;sillusion et le cynisme sont g&#233;n&#233;ralis&#233;s dans la population. C'est le cas &#224; Montr&#233;al&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Denis Coderre a obtenu 31 % des votes sur un taux de participation de 43,3 % (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La parole et l'influence citoyenneS sont neutralis&#233;es. D'ailleurs, les th&#233;oricien&#183;ne&#183;s militant&#183;e&#183;s les plus optimistes de la d&#233;mocratie participative, telle Laurence Bh&#233;rer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; J'oscille entre pessimisme et optimisme &#187;, d&#233;clare Mme Bherer en posant un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, n'arrivent plus &#224; cacher leur d&#233;sillusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte morose o&#249; r&#232;gne le capitalisme immobilier, quelques groupes de r&#233;sident&#183;e&#183;s montent de temps &#224; autre &#224; l'assaut des conseils d'arrondissement pour y d&#233;fendre d'autres int&#233;r&#234;ts, ceux des citoyen&#183;ne&#183;s. Les institutions dites participatives deviennent alors des lieux o&#249; la participation sert &#224; cr&#233;er ou &#224; accentuer un rapport de force entre &#233;lu&#183;e&#183;s et groupes citoyens. Et il arrive &#224; l'occasion que des batailles citoyennes parviennent &#224; faire modifier une d&#233;cision municipale ou &#224; obtenir un gain substantiel face &#224; un promoteur immobilier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, &#224; titre d'exemple, les m&#233;canismes de participation citoyenne des institutions municipales n'ont &#233;t&#233; d'aucune utilit&#233; dans la victoire populaire contre le d&#233;m&#233;nagement du casino (2005-2006). Une pr&#233;sence assidue au conseil d'arrondissement a servi &#224; amplifier la strat&#233;gie g&#233;n&#233;rale de pression politique, menant &#224; l'entente sur l'am&#233;nagement des anciens Ateliers du CN (2012)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir B&#226;timent 7. Victoire populaire &#224; Pointe-Saint-Charles, Montr&#233;al, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais il ne faut pas se le cacher, de tels exemples constituent malheureusement l'exception qui confirme la r&#232;gle g&#233;n&#233;rale. Il n'existe pas de contre-pouvoir citoyen &#224; Montr&#233;al. Dans ce contexte, l'opposition parlementaire n'a &#224; peu pr&#232;s pas d'impact.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Privil&#233;gier le local&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gauche populaire et communautaire &#224; Montr&#233;al devrait tirer des enseignements de l'&#233;chec de cette strat&#233;gie de concertation. C'est une de ses responsabilit&#233;s politiques. Elle devrait renouer dans ses analyses et ses pratiques avec une approche de confrontation face au pouvoir municipal, de surcro&#238;t n&#233;olib&#233;ral. Le concept de d&#233;mocratie citoyenne sans rapport de force &#233;lude les antagonismes de classes et les int&#233;r&#234;ts divergents bien r&#233;els &#224; Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans contre-pouvoirs populaires, les int&#233;r&#234;ts capi&#173;talistes gagnent &#224; tout coup. Et Coderre le populiste est mort de rire. B&#226;tir une ville, des arron&#173;dissements et des quartiers d&#233;mocratiques, sans justice sociale et sans confrontation est un leurre. Ce n'est qu'&#224; partir des quartiers et en lien avec les conditions de vie de la majorit&#233; que l'on peut b&#226;tir des contre-pouvoirs autonomes face au pouvoir politique dominant et au d&#233;ni d&#233;mo&#173;cratique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Denis Coderre a obtenu 31 % des votes sur un taux de participation de 43,3 % en 2013. Ainsi, il a &#233;t&#233; &#233;lu par 12,5 % des Montr&#233;alais-e-s. Le taux moyen d'abstention des quatre derni&#232;res &#233;lections est de 60 %.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;J'oscille entre pessimisme et optimisme&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clare Mme Bherer en posant un regard nuanc&#233; sur cette d&#233;mo&#173;cratie participative, dans &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt; du 7 novembre 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;B&#226;timent 7. Victoire populaire &#224; Pointe-Saint-Charles&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur est militant au Centre social autog&#233;r&#233; de Pointe-Saint-Charles, ancien conseiller municipal (1986-2001). Essayiste, il a notamment publi&#233; Trente ans de politique municipale aux &#233;ditions &#201;cosoci&#233;t&#233; en 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Thomas Camus&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Prestidigitation politique</title>
		<link>https://www.ababord.org/Prestidigitation-politique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Prestidigitation-politique</guid>
		<dc:date>2016-08-31T16:44:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Berthe Tessier</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Tessier, Berthe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis les fusions municipales, les Drummondvillois&#183;es croyaient avoir un droit de regard l&#233;gitime sur l'agrandissement du site d'enfouissement de Saint-Nic&#233;phore dont la gestion est assur&#233;e par l'entreprise Waste Management. Malgr&#233; l'opposition de la population au projet exprim&#233;e lors d'un r&#233;f&#233;rendum en 2013, la Ville est all&#233;e de l'avant. Depuis, des citoyen&#183;ne&#183;s se sont organis&#233;s au sein du Groupe des opposants au d&#233;potoir de Drummondville (GODD) afin d'acqu&#233;rir rapidement les habilet&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Autocratie-municipale-" rel="directory"&gt;Dossier - Autocratie municipale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Tessier-Berthe-+" rel="tag"&gt;Tessier, Berthe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2252.png?1642092182' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;434&#034; height=&#034;326&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis les fusions municipales, les Drummondvillois&#183;es croyaient avoir un droit de regard l&#233;gitime sur l'agrandissement du site d'enfouissement de Saint-Nic&#233;phore dont la gestion est assur&#233;e par l'entreprise Waste Management. Malgr&#233; l'opposition de la population au projet exprim&#233;e lors d'un r&#233;f&#233;rendum en 2013, la Ville est all&#233;e de l'avant. Depuis, des citoyen&#183;ne&#183;s se sont organis&#233;s au sein du Groupe des opposants au d&#233;potoir de Drummondville (GODD) afin d'acqu&#233;rir rapidement les habilet&#233;s n&#233;cessaires pour faire valoir leurs droits.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est une profonde indignation qui soutient le GODD dans cette d&#233;marche juridique, par laquelle ils esp&#232;rent retrouver un peu de confiance dans l'exercice de la d&#233;mocratie au niveau municipal. Ce lien de confiance entre une bonne partie de la population drummondvilloise et ses &#233;lu&#183;e&#183;s municipaux s'est effrit&#233; le 17 juillet 2013 lorsque la Ville a &#233;mis &#224; Waste Management un certificat de conformit&#233; qui allait donner l'aval &#224; l'agrandissement du site d'enfouissement de Saint-Nic&#233;phore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avions &#224; Drummondville une sorte de paratonnerre nous garantissant qu'advenant une demande d'agrandissement de la part de Waste Management, la population devrait donner son approbation au projet. Une situation unique au Qu&#233;bec judicieusement n&#233;goci&#233;e lors de la fusion de Saint-Nic&#233;phore &#224; Drummondville en 2004. La petite municipalit&#233; avait alors exig&#233; cette garantie qui fut ins&#233;r&#233;e dans le d&#233;cret de fusion de l'&#233;poque (d&#233;cret 626-2004, article 45), qui se lit comme suit et qui fait dor&#233;navant partie de la charte de la Ville de Drummondville : &#171; &lt;i&gt;Tout r&#232;glement du conseil de la nouvelle ville et tout permis ou certificat d'autorisation d&#233;livr&#233; par un fonctionnaire de la nouvelle ville, visant &#224; permettre l'agrandissement ou la construction d'un site d'enfouissement des ordures m&#233;nag&#232;res doit, pour avoir effet, &#234;tre approuv&#233;, conform&#233;ment &#224; la Loi sur les &#233;lections et les r&#233;f&#233;rendums dans les municipalit&#233;s, par les personnes habiles &#224; voter du secteur de la nouvelle ville correspondant au territoire de l'ancienne municipalit&#233; o&#249; la construction ou l'agrandissement est envisag&#233;, ainsi que par celles de l'ensemble du territoire restant de la nouvelle ville.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'entreprise Waste Management a annon&#173;c&#233;, en 2012, qu'elle faisait une demande d'agrandissement de son site de Saint-Nic&#233;phore, les citoyen&#183;ne&#183;s ont cru avoir un pouvoir d&#233;mocratique l&#233;gitime. Nous l'avons cru. Le 24 mars 2013, la Ville a tenu un double r&#233;f&#233;rendum. Dans le secteur de Saint-Nic&#233;phore, la population a rejet&#233; le projet d'agrandissement dans une proportion de 72 %. Pour le reste de Drummondville, ce fut un rejet majoritaire &#224; 61 %.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Y a-t-il un pilote &#224; bord ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous avons cru en la probit&#233; de nos &#233;lu&#183;e&#183;s, et ce, bien na&#239;vement, car dans les semaines qui ont suivi ces r&#233;f&#233;rendums, le projet d'agrandissement s'est poursuivi comme si de rien n'&#233;tait. Le ministre du D&#233;veloppement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs &#224; l'&#233;poque, Yves-Fran&#231;ois Blanchet, notre d&#233;put&#233;, apr&#232;s avoir affirm&#233; &#171; &lt;i&gt;qu'il n'irait pas contre la volont&#233; de la population&lt;/i&gt; &#187;, a sign&#233; le d&#233;cret minist&#233;riel 551-2013 approuvant la d&#233;livrance d'un certificat d'autorisation pour l'agrandissement du d&#233;potoir. Les conseillers municipaux du secteur Saint-Nic&#233;phore, Vincent Chouinard et Philippe Mercure, avaient promis &#171; &lt;i&gt;de d&#233;fendre la d&#233;cision des citoyens&lt;/i&gt; &#187;. Ces belles promesses sont rest&#233;es lettre morte. La Ville s'en est lav&#233; les mains, s'en remettant &#224; Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre groupe a alors multipli&#233; les d&#233;marches aupr&#232;s de toutes les structures gouvernementales et paragouvernementales susceptibles de corriger cette injustice. Nous avons fait appel &#224; la Commission municipale du Qu&#233;bec, &#224; la premi&#232;re ministre Pauline Marois, au Commissaire aux plaintes, au ministre des Affaires municipales, des R&#233;gions et de l'Occupation du territoire (MAMROT) de l'&#233;poque, Sylvain Gaudreault, au Directeur g&#233;n&#233;ral des &#233;lections, au Protecteur du citoyen. La derni&#232;re d&#233;ception en date &#233;tant une communication sans r&#233;sultat du bureau du ministre des Affaires municipales actuel, Pierre Moreau. Nous sommes arriv&#233;s &#224; la conclusion que nous ne pouvions compter que sur nous-m&#234;mes. Tout ce beau monde nous ayant r&#233;pondu qu'il ne pouvait rien pour nous. Que ce n'&#233;tait pas de leur ressort de d&#233;finir la port&#233;e de l'article 45 du d&#233;cret de fusion de 2004 relativement &#224; la Loi sur les &#233;lections et les r&#233;f&#233;&#173;rendums dans les municipalit&#233;s. Seule solution : entamer des proc&#233;dures juridiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La d&#233;mocratie des tribunaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En janvier 2014, le GODD a entrepris des d&#233;mar&#173;ches l&#233;gales avec l'aide de la clinique juridique Juripop de Sherbrooke qui s'est d&#233;sist&#233;e au bout de quelques mois, par manque d'effectifs. En f&#233;vrier 2015, le groupe a d&#233;pos&#233; une requ&#234;&#173;te en nullit&#233; du certificat de conformit&#233; octroy&#233; &#224; Waste Management par la Ville de Drummondville pour l'agrandissement du d&#233;po&#173;toir de Saint-Nic&#233;phore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; la Ville de Drummondville et &#224; Waste Management qui sont repr&#233;sent&#233;s en cour par leurs avocats, notre groupe assume sa d&#233;fense lui-m&#234;me. M&#234;me si nous enregistrons d&#233;j&#224; quelques victoires, m&#234;me si nous r&#233;ussissons &#224; bien mener notre dossier malgr&#233; le peu de ressources financi&#232;res, il n'en demeure pas moins que le syst&#232;me que nous croyions d&#233;mocra&#173;tique, en plus de drainer les ressources financi&#232;res des citoyen&#183;ne&#183;s, exige d'eux une &#233;nergie et une d&#233;termination &#224; toute &#233;preuve afin que les principes sur lesquels le syst&#232;me actuel s'appuie soient mis en application. Faute de &#171; Commission d'enqu&#234;te publique &#187;, c'est un proc&#232;s opposant des citoyen&#183;ne&#183;s &#224; leur Ville qui est sur le point de commencer dans le Centre-du-Qu&#233;bec. Un proc&#232;s dont le pouvoir citoyen est l'un des enjeux. Celui-ci est tellement impor&#173;tant que vous ne risquez pas de le voir &#224; la t&#233;l&#233;. C'est &#224; suivre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteure est citoyenne membre du GODD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : craftcouncil.org&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La grande braderie</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-grande-braderie,2132</link>
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		<dc:date>2016-02-18T01:37:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Sophie </dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous vous proposons ici la version int&#233;grale de l'article &#171; La grande braderie &#187; de Sophie Vaillancourt. Le texte est paru dans notre dossier Autocratie municipale du no 63 en version abr&#233;g&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Actuellement, dans le parc de la Gatineau, les vrais rebelles sont ceux qui squattent l'espace public en d&#233;pit des r&#232;glements, en donnant l'apparence d'agir de plein droit. &#187; Jean-Paul Murray, citoyen &#233;cologiste r&#233;sidant de la municipalit&#233; de Chelsea et membre du Comit&#233; pour la protection du parc (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Autocratie-municipale-" rel="directory"&gt;Dossier - Autocratie municipale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Sophie-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Sophie &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2132.jpg?1642092175' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;618&#034; height=&#034;800&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous vous proposons ici la version int&#233;grale de l'article &#171; La grande braderie &#187; de Sophie Vaillancourt. Le texte est paru dans notre dossier Autocratie municipale du no 63 en version abr&#233;g&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Actuellement, dans le parc de la Gatineau, les vrais rebelles sont ceux qui squattent l'espace public en d&#233;pit des r&#232;glements, en donnant l'apparence d'agir de plein droit.&lt;/i&gt; &#187; Jean-Paul Murray, citoyen &#233;cologiste r&#233;sidant de la municipalit&#233; de Chelsea et membre du Comit&#233; pour la protection du parc de la Gatineau ne m&#226;che plus ses mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'anarchie, c'est ici. Le lac Meech est un joyau-pr&#233;sentoir du parc &#224; l'international, mais tout le monde fait ce qu'il veut. Petit &#224; petit, on b&#226;tit dans l'eau et on remplit le lac. Depuis 2011, 120 nouvelles structures ont &#233;t&#233; construites sur les rives et le littoral du lac, avec ou sans permis.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation du parc de la Gatineau en est une d'exception. Sa superficie de 361 km2 englobe, en plus de la municipalit&#233; de Chelsea, celles de Gatineau, de La P&#234;che et de Pontiac. De surcro&#238;t, l'aire prot&#233;g&#233;e qui s'&#233;tend sur le territoire qu&#233;b&#233;cois est le seul parc f&#233;d&#233;ral &#224; ne pas &#234;tre g&#233;r&#233; par Parcs Canada. Il est plut&#244;t chapeaut&#233; par la Commission de la Capitale nationale du Canada (CCN), une soci&#233;t&#233; de la Couronne. Un cas d'esp&#232;ce cr&#233;ant une saga constitutionnelle en r&#232;gle, au point o&#249; il fait dor&#233;navant l'objet d'une th&#232;se de doctorat en sociologie &#224; l'Universit&#233; Carleton. Non seulement plus personne ne cherche &#224; savoir &#224; qui revient la responsabilit&#233; de la conservation de cet espace naturel, mais en plus, &#171; &lt;i&gt;ceux qui ont le pouvoir d'assurer sa protection ne font rien sous le pr&#233;texte de l'ignorance. Tout le monde se renvoie la balle&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;nonce Jean-Paul Murray.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Aux grands maux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Ces derni&#232;res ann&#233;es, l'homme est devenu la b&#234;te noire des &#233;lu&#183;e&#183;s et des fonctionnaires, mettant au grand jour le grenouillage politique dont le parc de la Gatineau est victime. On le traite de r&#233;volt&#233; et de r&#233;volutionnaire. On le destitue des comit&#233;s pour ses prises de position. Dans une tentative d'intimidation, sa municipalit&#233; lui a m&#234;me envoy&#233; la police pour ses interventions durant les s&#233;ances du conseil municipal. Jean-Paul Murray le reconna&#238;t d'embl&#233;e : agir en solitaire, &#224; contre-courant pour le bien de l'environnement et de la collectivit&#233; exige &#171; &lt;i&gt;d'accepter d'&#234;tre mis au ban de la soci&#233;t&#233; et de voir entacher sa r&#233;putation&lt;/i&gt; &#187;. Peu importe, depuis 15 ans, il a tout de m&#234;me &#233;t&#233; &#224; l'origine de huit projets de loi et a fait d&#233;penser plus de 16 millions de dollars &#224; la CCN pour le rachat de propri&#233;t&#233;s situ&#233;es dans le parc afin de les retourner &#224; la nature. Il a m&#234;me permis en 2009 de r&#233;cup&#233;rer 61,5 km2 de terres devant le Tribunal administratif du Qu&#233;bec, d&#233;boutant ainsi le minist&#232;re de la Justice de la province.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, ses revendications sont plut&#244;t conservatrices : &#171; &lt;i&gt;Il n'y a tout de m&#234;me rien de r&#233;volutionnaire &#224; demander l'application des politiques et des r&#232;glements qui ont &#233;t&#233; adopt&#233;s au fil des ann&#233;es par les instances publiques&lt;/i&gt; &#187;, s'offusque-t-il. Mais actuellement, c'est un droit de saccager qui pr&#233;domine dans la localit&#233;. Des r&#233;sidences cossues continuent de se construire &#224; proximit&#233; des plans d'eau et des plages publiques avec l'aval et au su de la municipalit&#233;, qui viole par le fait m&#234;me ses propres r&#232;glements. Et tranquillement, la tendance ressentie est de restreindre l'acc&#232;s au parc &#224; la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite d'&#233;pisodes de prolif&#233;ration d'algues bleues entre 2007 et 2009, la MRC des Collines-de-l'Outaouais adopte en 2009 un r&#232;glement visant la renaturalisation des bandes riveraines dont les municipalit&#233;s de la r&#233;gion doivent assurer la mise en application. Apr&#232;s cinq ans &#224; talonner sa municipalit&#233;, Jean-Paul Murray juge que l'inaction et l'incomp&#233;tence des &#233;lu&#183;e&#183;s et des inspecteurs de sa municipalit&#233; doit faire l'objet d'une d&#233;nonciation publique. En ao&#251;t 2014, il recourt donc &#224; sa derni&#232;re option : il envoie une mise en demeure &#224; son conseil municipal pour le forcer &#224; respecter les textes r&#233;glementaires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;M&#233;diocrit&#233; environnementale et attentisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	&#171; &lt;i&gt;&#199;a devient des batailles incroyables&lt;/i&gt; &#187;, confirme Christian Simard, directeur g&#233;n&#233;ral de Nature Qu&#233;bec. Non seulement les textes l&#233;gislatifs et r&#233;glementaires en mati&#232;re environnementale laissent planer un flou juridique, mais en plus, il n'y a plus personne pour les faire appliquer. &#171; &lt;i&gt;Il reste tr&#232;s peu de moyens pour les citoyen&#183;ne&#183;s qui doivent au bout du compte se r&#233;soudre la plupart du temps &#224; faire appel aux tribunaux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est une course vers le bas&lt;/i&gt; &#187;, ajoute-t-il, nous sommes rendu au point o&#249; les citoyen&#183;ne&#183;s doivent forcer les instances publiques &#224; mettre en application les lois et les r&#232;glements, pay&#233;s par leurs taxes &#224; l'aide du syst&#232;me de justice. Depuis quatre ans, on se souvient du projet de port m&#233;thanier de Cacouna d'&#201;nergie Est. On se rappelle un peu moins celui du d&#233;veloppement immobilier La Futaie du Bois&#233; des hirondelles &#224; Saint-Bruno-de-Montarville, &#171; &lt;i&gt;un projet dans lequel le gouvernement avait pris fait et cause en cour pour la municipalit&#233; en reniant sa propre Loi sur les esp&#232;ces menac&#233;es ou vuln&#233;rables. Une situation honteuse&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;nonce-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les milieux humides, on assiste &#224; une dilapidation du territoire. &#171; &lt;i&gt;Les citoyens doivent s'organiser pour faire cesser cette &#034;h&#233;morragie&#034; dans l'indiff&#233;rence de l'&#201;tat et dans l'incompr&#233;hension des &#233;lus qui voient dans ces mouvements un emp&#234;chement de d&#233;velopper en rond.&lt;/i&gt; &#187; Pire, un projet de modernisation du r&#233;gime d'autorisation environnementale de la Loi sur la qualit&#233; de l'environnement, plus commun&#233;ment appel&#233;e Livre vert, a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; &#224; l'Assembl&#233;e nationale en juin 2015 par le ministre de l'Environnement David Heurtel. Pour le milieu environnemental, ce projet est une op&#233;ration de simplification administrative qui pousse la protection de l'environnement au second rang. D'autant plus que le projet de loi sur les milieux humides a (une fois de plus) &#233;t&#233; repouss&#233;&#8230; cette fois-ci &#224; 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Christian Simard, une quantit&#233; ph&#233;nom&#233;nale de milieux humides ont d&#233;j&#224; disparu au Qu&#233;bec en toute ill&#233;galit&#233;, sans m&#234;me que le ministre n'en ait &#233;t&#233; avis&#233;. Le Livre vert pr&#233;voit maintenant de r&#233;duire du tiers les autorisations gouvernementales requises en accordant davantage de responsabilit&#233;s aux municipalit&#233;s. De surcro&#238;t, celles-ci demandent &#224; obtenir la gestion des milieux humides sur leurs territoires, mais dans les faits elles font d&#233;j&#224; comme bon leur semble puisqu'aucun contr&#244;le n'est assur&#233; de la part du gouvernement. Les minist&#232;res de la Faune et de l'Environnement se fient aux d&#233;clarations des promoteurs et des municipalit&#233;s pour r&#233;diger les certificats d'autorisation. Aucun inspecteur ne se d&#233;place sur le terrain avant qu'une crise n'&#233;clate et que des plaintes soient d&#233;pos&#233;es aupr&#232;s des minist&#232;res par les citoyens. C'est seulement une fois ces d&#233;marches entreprises que ces derniers s'aper&#231;oivent que les outils en place ne sont qu'un &#233;cran de fum&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le probl&#232;me, c'est qu'il n'y a aucun objectif de protection quantifiable &#224; atteindre par les municipalit&#233;s pour les pouvoirs qu'elles obtiennent. Actuellement, le message envoy&#233; par le gouvernement, c'est : vous faites comme vous voulez, de toute fa&#231;on nous n'irons pas voir. Et c'est certain qu'avec notre syst&#232;me fiscal archa&#239;que, s'appuyant sur la valeur fonci&#232;re, la pression est forte dans les municipalit&#233;s pour d&#233;velopper les milieux sensibles et aller chercher le plus de revenus de taxes possible&lt;/i&gt; &#187;, ajoute Christian Simard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a d&#233;j&#224; un aper&#231;u de ce qui se passe sur le terrain avec la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables (PPRLPI) qui confie aux municipalit&#233;s, par le biais de leurs r&#232;glements, la protection des bandes riveraines. &#171; &lt;i&gt;Dans les faits, c'est n'importe quoi,&lt;/i&gt; confirme-t-il. &lt;i&gt;Souvent, des inspecteurs municipaux, incomp&#233;tents, mal form&#233;s, employ&#233;s &#224; temps partiel, cumulent les t&#226;ches et autorisent de b&#226;tir carr&#233;ment dans les cours d'eau en contravention des r&#232;glements. Et les municipalit&#233;s ferment encore les yeux.&lt;/i&gt; &#187; Les citoyens sonneurs d'alarme sont par la suite invit&#233;s par les directions du minist&#232;re des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire (MAMOT) &#224; porter plainte aupr&#232;s de leur municipalit&#233; qui devient juge et partie. &#171; &lt;i&gt;Les tensions engendr&#233;es peuvent &#234;tre telles qu'elles conduisent souvent &#224; la prof&#233;ration de menaces physiques. Les gens finissent par abandonner et &#224; d&#233;m&#233;nager&lt;/i&gt; &#187;, observe Christian Simard.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Suivez l'argent&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Selon Michel B&#233;langer, pr&#233;sident du Centre qu&#233;b&#233;cois du droit de l'environnement (CQDE), &#171; &lt;i&gt;le fait que les municipalit&#233;s obtiennent davantage de pouvoir en mati&#232;re environnementale n'est ni un gage de succ&#232;s ni un gage d'&#233;chec, car actuellement, tout le monde s'en fout de la protection des milieux sensibles&lt;/i&gt; &#187;. Lorsqu'il existe un int&#233;r&#234;t &#233;conomique, tout le monde veut d&#233;velopper. M&#234;me Qu&#233;bec, par son article 22 de la Loi sur la qualit&#233; de l'environnement, mentionne qu'il suffit d'obtenir une autorisation gouvernementale pour qu'une ville fasse ce qu'elle veut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A contrario, quand la municipalit&#233; de Gasp&#233; s'est dot&#233;e en 2013 d'un r&#232;glement pour prot&#233;ger ses eaux souterraines contre les risques de contaminations que laissaient peser les forages de la soci&#233;t&#233; P&#233;trolia, Qu&#233;bec est entr&#233; dans le portrait deux ans plus tard pour adopter son propre r&#232;glement afin de r&#233;gir les distances devant &#234;tre respect&#233;es entre les sites de forage et les sources d'eau potable. Dor&#233;navant le r&#232;glement de Qu&#233;bec, moins contraignant, pr&#233;vaut sur celui de la municipalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le pire des deux mondes. D'un c&#244;t&#233; le gouvernement centralise les pouvoirs pour ne pas nuire &#224; l'exploitation des ressources naturelles, et de l'autre il transf&#232;re de plus en plus aux municipalit&#233;s la responsabilit&#233; de la protection des milieux sensibles. Ainsi les municipalit&#233;s se retrouvent en conflit d'int&#233;r&#234;ts entre favoriser les rentr&#233;es d'argent des taxes ou assurer la p&#233;rennit&#233; des milieux naturels et la protection de la biodiversit&#233;, d'o&#249; d&#233;coulent les abus et les passe-droits. En l'absence d'un cadre d'orientation ferme en mati&#232;re de conservation des milieux naturels, les r&#233;gions finissent par se faire concurrence entre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Quand le gouvernement dit vouloir changer les m&#233;canismes de la loi avec son Livre vert, on doute que c'est pour am&#233;liorer les choses&lt;/i&gt;, fait remarquer Michel B&#233;langer. &lt;i&gt;Nous sommes devant des machines politiques o&#249; des gens &#233;lus ont pris des d&#233;cisions pour nous amener l&#224; o&#249; nous sommes.&lt;/i&gt; &#187; Depuis pr&#232;s de dix ans, les citoyen&#183;ne&#183;s se sont vus retirer leurs outils d'intervention. Au f&#233;d&#233;ral, le gouvernement Harper a restreint les droits de participation du public aux audiences d'&#233;valuation environnementale, alors qu'au provincial on a restreint l'acc&#232;s &#224; l'information. Malheureusement, &#171; &lt;i&gt;c'est la &lt;/i&gt;game &lt;i&gt;du syst&#232;me en place&lt;/i&gt;, ajoute-t-il. &lt;i&gt;Comme pour le b&#233;luga, des coups de barre citoyens, il en faudra encore&#8230; Tant que des gens de &#034;bonne volont&#233;&#034; ne se feront pas &#233;lire dans les conseils municipaux&lt;/i&gt; &#187; ou tant que la population ne d&#233;cidera pas de changer ce syst&#232;me qui est en train de lui glisser des mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre temps, il faut de la patience et de la d&#233;termination. En octobre 2015, Jean-Paul Murray en &#233;tait &#224; sa troisi&#232;me audience devant la Commission d'acc&#232;s &#224; l'information (CAI). Et pour la troisi&#232;me fois, sa municipalit&#233; n'a m&#234;me pas daign&#233; se pr&#233;senter devant le tribunal. L'homme demande &#224; r&#233;p&#233;tition d'obtenir tous les avis d'infraction et de non-conformit&#233;s envoy&#233;s par la Ville &#224; ses r&#233;sidents riverains en contravention depuis l'entr&#233;e en vigueur en 2011 du r&#232;glement de la MRC des Collines-de-l'Outaouais sur la renaturalisation des berges. Pour le moment, l'absence de tels documents laisse planer le doute sur la capacit&#233; et la volont&#233; de la municipalit&#233; &#224; accomplir ses devoirs. &#171; &lt;i&gt;C'est un outrage au tribunal, mentionne l'&#233;cologiste. M&#234;me les commissaires de la CAI en ont assez de ce laxisme et envisagent de transf&#233;rer le dossier en Cour sup&#233;rieure.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lutte devient rocambolesque. En 2013, pouss&#233;e par ses interventions, la municipalit&#233; de Chelsea a finalement proc&#233;d&#233; &#224; l'inspection de 70 propri&#233;t&#233;s riveraines du lac Meech. Conclusion : non seulement 80 % de celles-ci ne respectaient pas les r&#232;glements, mais de nouvelles infrastructures ont &#233;t&#233; construites sur les rives et le littoral du lac. L'h&#233;sitation de la municipalit&#233; &#224; faire respecter les textes r&#233;glementaires devient presque suspecte. Elle ne peut m&#234;me plus se justifier par la question des revenus de taxes dont elle pourrait se priver. &#171; &lt;i&gt;Le r&#232;glement de renaturalisation des berges pr&#233;voit des amendes de 200 &#224; 4 000 $ par jour que la collectivit&#233; pourrait aller chercher en d&#233;dommagement pour les violations perp&#233;tr&#233;es depuis son entr&#233;e en vigueur en 2011. Faites le calcul&lt;/i&gt; &#187;, insiste Jean-Paul Murray. C'est &#224; se demander o&#249; sont les all&#233;geances des &#233;lu&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : ArtactQc&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>&#192; nous la ville !</title>
		<link>https://www.ababord.org/A-nous-la-ville</link>
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		<dc:date>2016-02-04T22:46:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Couture, R&#233;mi Leroux, Sophie Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Vaillancourt, Sophie </dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
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		<dc:subject>Couture, Jean-Pierre </dc:subject>
		<dc:subject>Leroux, R&#233;mi</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les gouvernements municipaux sont a&#768; l'image de la politique a&#768; plus grande e&#769;chelle. Ils en sont m&#234;me parfois la caricature tristement grossie : faible participation e&#769;lectorale, assemble&#769;es dysfonctionnelles, recours au huis clos, budgets d'auste&#769;rite&#769;, privatisation des services, tarification, discours anti-imp&#244;ts, ligne dure envers les employe&#769;&#183;e&#183;s syndique&#769;&#183;e&#183;s, collusion, corruption, malversation, etc. La bonne foi voudrait que nous pre&#769;sentions les municipalite&#769;s comme ces essentiels (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Autocratie-municipale-" rel="directory"&gt;Dossier - Autocratie municipale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Sophie-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Sophie &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Leroux-Remi-+" rel="tag"&gt;Leroux, R&#233;mi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les gouvernements municipaux sont a&#768; l'image de la politique a&#768; plus grande e&#769;chelle. Ils en sont m&#234;me parfois la caricature tristement grossie : faible participation e&#769;lectorale, assemble&#769;es dysfonctionnelles, recours au huis clos, budgets d'auste&#769;rite&#769;, privatisation des services, tarification, discours anti-imp&#244;ts, ligne dure envers les employe&#769;&#183;e&#183;s syndique&#769;&#183;e&#183;s, collusion, corruption, malversation, etc. La bonne foi voudrait que nous pre&#769;sentions les municipalite&#769;s comme ces essentiels &#171; gouvernements de proximite&#769; &#187;. Mais de quelle &#171; proximite&#769; &#187; s'agit-il ? Celle des leviers les plus directs pour affirmer et concre&#769;tiser nos volonte&#769;s de&#769;mocratiques ou bien celle des effets les plus imme&#769;diats quant aux de&#769;cisions prises ailleurs et sur lesquelles nous n'aurions plus aucun contr&#244;le ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les textes rassemble&#769;s dans ce dossier posent un diagnostic double : d'une part, les villes tendent a&#768; devenir des machines de gouvernement autoritaire et, d'autre part, nombreuses sont les initiatives citoyennes qui re&#769;sistent a&#768; cette tendance. Du premier aspect, on documente le fait que bien des gouvernements municipaux appliquent des de&#769;cisions purement arbitraires. Dans les cas plus subtils, ils recourent aux &#171; consultations publiques &#187; pour faire avaliser des de&#769;cisions souvent de&#769;ja&#768; prises ; dans les cas flagrants, ils gouvernent au me&#769;pris m&#234;me de leur propre re&#769;glementation. Du second aspect, on apprend que la riposte citoyenne porte son action tant&#244;t devant les tribunaux, tant&#244;t dans la re&#769;appropriation des quelques espaces de participation et de de&#769;libe&#769;ration qui survivent ou qui sont cre&#769;e&#769;s par des citoyennes et citoyens contraint&#183;e&#183;s de devenir des contre-pouvoirs dans leur propre ville.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_92 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH388/introdossier-cbfeb.jpg?1729030891' width='500' height='388' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les te&#769;moignages de ces contre-attaques citoyennes sont riches. Les tactiques varient e&#769;galement d'une re&#769;gion du Que&#769;bec a&#768; l'autre : quelques personnes se regroupent, par exemple, autour d'une cause environnementale et brisent ainsi leur sentiment initial d'impuissance ; d'autres, encore plus organise&#769;es et fe&#769;de&#769;re&#769;es, visent ni plus ni moins a&#768; remplacer le cynisme institutionnalise&#769; par une ve&#769;ritable culture de&#769;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Opposer la de&#769;mocratie a&#768; la corruption n'est pas une mince t&#226;che. Si le municipal reste un levier important et un maillon essentiel dans l'e&#769;laboration de politiques publiques et e&#769;conomiques, c'est dire aussi qu'il est en proie aux m&#234;mes inte&#769;r&#234;ts dominants qui fa&#231;onnent la politique nationale et internationale. A&#768; bien des e&#769;gards, en effet, le gouvernement municipal se situe au bout d'une cha&#238;ne de commandement transnationale qui cherche a&#768; contourner la de&#769;mocratie pour faire rentrer dans la gorge des citoyen&#183;ne&#183;s des de&#769;cisions favorables a&#768; l'oligarchie e&#769;conomique. Bien des membres de la classe politique se pr&#234;tent a&#768; cette sale besogne et bien des mairesses et maires sont re&#769;duits a&#768; n'&#234;tre que le bras politique de leur chambre de commerce. Cette de&#769;rive a assez dure&#769;. Il est temps de mettre les villes sous tutelle... citoyenne !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : artactqc.com&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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