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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Europe - Peuples en mouvement</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Caroline Brodeur, Philippe de Grosbois, Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>de Grosbois, Philippe </dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Brodeur, Caroline</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Gr&#226;ndola, vila morena / Terra da fraternidade / O povo e&#769; quem mais ordena / Dentro de ti, o&#769; cidade / (...) Em cada esquina um amigo / Em cada rosto igualdade &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Gr&#226;ndola, ville brune / Terre de fraternite&#769; / Seul le peuple ordonne / En toi, &#244; cite&#769; /(...) A&#768; chaque coin un ami / Sur chaque visage, l'e&#769;galite&#769; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; Diffuse&#769;e sur une radio pirate au Portugal le 25 avril 1974, la chanson Gr&#226;ndola Vila Morena fut lance&#769;e comme un appel a&#768; renverser la dictature salazariste. Le m&#234;me jour, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Europe-Peuples-en-" rel="directory"&gt;Dossier : Europe - Peuples en mouvement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-de-Grosbois-Philippe-+" rel="tag"&gt;de Grosbois, Philippe &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Brodeur-Caroline-+" rel="tag"&gt;Brodeur, Caroline&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Gr&#226;ndola, vila morena / Terra da fraternidade / O povo e&#769; quem mais ordena / Dentro de ti, o&#769; cidade /&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;Em cada esquina um amigo / Em cada rosto igualdade&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Gr&#226;ndola, ville brune / Terre de fraternite&#769; / Seul le peuple ordonne / En toi, &#244; cite&#769; /&lt;/i&gt;(...)&lt;i&gt; A&#768; chaque coin un ami / Sur chaque visage, l'e&#769;galite&#769;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Diffuse&#769;e sur une radio pirate au Portugal le 25 avril 1974, la chanson &lt;i&gt;Gr&#226;ndola Vila Morena&lt;/i&gt; fut lance&#769;e comme un appel a&#768; renverser la dictature salazariste. Le m&#234;me jour, le re&#769;gime s'effondra, dans ce qu'on appellera la &#171; re&#769;volution des &#339;illets &#187;. Presque 40 ans plus tard, au de&#769;but de l'anne&#769;e 2013, des militant&#183;e&#183;s interrompirent le premier ministre au Parlement portugais en entonnant cette m&#234;me chanson. &lt;i&gt;Gr&#226;ndola Vila Morena&lt;/i&gt; fut ensuite reprise dans de nombreuses manifestations contre l'auste&#769;rite&#769; a&#768; travers le pays, jusqu'en Espagne. Et au moment ou&#768; nous terminions ce dossier, on apprenait qu'une coalition de partis de gauche for&#231;ait le gouvernement de droite a&#768; quitter le pouvoir, pour une premie&#768;re fois en 40 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les peuples d'Europe du sud voient juste en disant que leurs pays sont passe&#769;s &#171; de la dictature militaire a&#768; la dictature financie&#768;re &#187;. Franco et les colonels grecs ont troque&#769; leur uniforme de chefs d'arme&#769;e pour de luxueux complets ; les Salazar de notre temps sont de&#769;sormais banquiers au Fonds mone&#769;taire international, a&#768; la Commission europe&#769;enne et a&#768; la Banque centrale europe&#769;enne &#8211; la &#171; tro&#239;ka &#187;, pour les intimes. Comme le soutenait le repre&#769;sentant international de Podemos, Pablo Bustinduy Amador, lors de sa visite a&#768; Montre&#769;al en juin dernier, l'auste&#769;rite&#769; est d'abord et avant tout une attaque contre la de&#769;mocratie. Si l'Europe est un terrain de luttes aussi stimulant aujourd'hui, c'est peut-&#234;tre parce que les mouvements sociaux ont bien saisi qu'il s'agit de l'enjeu central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est peut-&#234;tre pour cette m&#234;me raison que les batailles que nous pre&#769;sentons dans ce dossier prennent souvent la forme d'expe&#769;riences de&#769;mocratiques originales et inspirantes : assemble&#769;e constituante en Islande, candidatures citoyennes victorieuses aux e&#769;lections municipales espagnoles, de&#769;mocratie directe a&#768; l'essai dans certaines communes fran&#231;aises... Plusieurs des &#171; indigne&#769;&#183;e&#183;s &#187; d'hier cognent aujourd'hui aux portes des parlements. Les de&#769;fis sont immenses, car en plus de chercher a&#768; renverser l'auste&#769;rite&#769; et a&#768; renouveler la pratique de la de&#769;mocratie, les forces de gauche doivent aussi lutter contre des mouvements et partis d'extr&#234;me droite qui se nourrissent de de&#769;sespoir et attisent la haine. Les tensions et violences suscite&#769;es par l'arrive&#769;e massive de re&#769;fugie&#769;&#183;e&#183;s syrien&#183;ne&#183;s, entre autres, sont aussi tre&#768;s pre&#769;occupantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre dossier cherche a&#768; faire un survol &#8211; incomplet, he&#769;las &#8211; de ce champ aux multiples batailles qu'est l'Europe d'aujourd'hui. Il se veut e&#769;galement une invitation a&#768; suivre ce continent de pre&#768;s, parce que les luttes qui s'y de&#769;ploient (contre l'auste&#769;rite&#769;, la peur et la haine ; pour une de&#769;mocratie re&#769;elle, les droits sociaux et l'ouverture des frontie&#768;res) pre&#769;figurent les n&#244;tres a&#768; plusieurs e&#769;gards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Post-scriptum : &lt;/strong&gt; Les attentats terroristes du 13 novembre a&#768; Paris se sont produits au moment ou&#768; nous mettions la touche finale a&#768; ce dossier. Une fois de plus, l'extre&#769;misme haineux et le de&#769;lire se&#769;curitaire viennent s'interposer devant la marche de mouvements sociaux de&#769;mocratiques, internationalistes et pacifistes. En re&#769;ponse a&#768; cette surenche&#768;re guerrie&#768;re, les mouvements de re&#769;sistance mentionne&#769;s dans ce dossier demeurent plus pertinents que jamais, de m&#234;me que les analyses de&#769;veloppe&#769;es par nos collaborateurs&#183;trices. Nos pense&#769;es vont aux proches des victimes de la violence terroriste, que celle-ci soit a&#768; Paris, Beyrouth ou Raqqa, islamiste ou e&#769;tatique, par balle ou par drone. Et nos espoirs se tournent vers celles et ceux qui re&#769;pliqueront a&#768; ce fle&#769;au par les m&#234;mes voies que ce dossier met de l'avant : de&#769;mocratie, justice et ouverture a&#768; l'autre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Dans ce dossier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UE ou l'impense&#769; de&#769;mocratique / Pierre Khalfa&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel avenir pour l'euro ? / Dominique Plihon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; crise &#187; des re&#769;fugie&#769;&#183;e&#183;s / Entretien avec Fran&#231;ois Cr&#233;peau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me droite en Europe / Pierre-Mathieu Le Bel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;France. Entre de&#769;chirement et recomposition / Jean-Paul Leroux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allemagne. Puissance me&#769;connue / Ce&#769;dric Leterme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Islande. Banques, casseroles et pirates / Philippe de Grosbois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'E&#769;cosse debout ! / Cat Boyd&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Espagne. Les mairies du changement / Montserrat Emperador Badimon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ce. Bras de fer entre Tsipras et la Tro&#239;ka / Caroline Brodeur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe et nous. Pour le meilleur et pour le pire / Claude Vaillancourt&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Dans une rue de Lisbonne, murale comme&#769;morant le 40e anniversaire de la Re&#769;volution des &#339;illets. Patricia de Melo Moreira / AFP&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>L'Union europ&#233;enne ou l'impens&#233; d&#233;mocratique</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-Union-europeenne-ou-l-impense</link>
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		<dc:date>2016-07-24T21:50:09Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Khalfa</dc:creator>


		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Khalfa, Pierre </dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Union europ&#233;enne est une machine &#224; fabriquer du droit. C'est par le droit que les politiques n&#233;olib&#233;rales s'imposent. Le droit de la concurrence, inscrit au c&#339;ur des trait&#233;s, devient le droit &#224; partir duquel les &#233;lites n&#233;olib&#233;rales, h&#233;g&#233;moniques au sein des institutions nationales et europ&#233;ennes, fa&#231;onnent l'Union. &lt;br class='autobr' /&gt; C'est un droit normatif, v&#233;ritable droit &#171; constitutionnel &#187; avant la lettre, qui r&#233;duit la plupart du temps les autres textes europ&#233;ens &#224; des d&#233;clarations d'intention sans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Khalfa-Pierre-+" rel="tag"&gt;Khalfa, Pierre &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Union europ&#233;enne est une machine &#224; fabriquer du droit. C'est par le droit que les politiques n&#233;olib&#233;rales s'imposent. Le droit de la concurrence, inscrit au c&#339;ur des trait&#233;s, devient le droit &#224; partir duquel les &#233;lites n&#233;olib&#233;rales, h&#233;g&#233;moniques au sein des institutions nationales et europ&#233;ennes, fa&#231;onnent l'Union.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est un droit normatif, v&#233;ritable droit &#171; constitutionnel &#187; avant la lettre, qui r&#233;duit la plupart du temps les autres textes europ&#233;ens &#224; des d&#233;clarations d'intention sans port&#233;e op&#233;rationnelle pratique. Se met ainsi en place un gouvernement par les r&#232;gles puisqu'il s'agit de respecter des normes contenues dans les trait&#233;s : maximum de 3 % du PIB pour le d&#233;ficit public et de 60 % du PIB pour la dette publique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_174 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/png/09870987.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH393/09870987-ad9e2.png?1729032511' width='500' height='393' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La politique, comme confrontation entre des choix diff&#233;rents, et la d&#233;mocratie, comme m&#233;thode pour trancher entre eux, sont &#171; oubli&#233;es &#187; dans cette perspective. Il faut ici noter le r&#244;le d&#233;cisif de la Cour de justice de l'Union europ&#233;enne (CJUE). Comme toute cour de justice cens&#233;e contr&#244;ler l'application du droit, la CJUE interpr&#232;te le droit et ce faisant cr&#233;e du droit. S'appuyant sur des trait&#233;s et des directives marqu&#233;s par le sceau du n&#233;olib&#233;ralisme, la Cour, dans la plupart de ses arr&#234;ts, en accentue l'aspect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trait&#233; de Lisbonne a notablement &#233;tendu la proc&#233;dure de cod&#233;cision entre le Parlement europ&#233;en et le Conseil de l'Union europ&#233;enne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Conseil de l'Union europ&#233;enne regroupe les ministres des &#201;tats membres. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui avait &#233;t&#233; introduite dans le trait&#233; de Maastricht. Dans la pratique, le Parlement europ&#233;en peut bloquer une directive en cas de d&#233;saccord avec le Conseil, &#224; l'issue d'une proc&#233;dure d'amendements et d'allers-retours avec le Conseil. Enfin, il &#233;lit le pr&#233;sident de la Commission, le choix des autres membres de la Commission &#233;tant soumis &#224; son approbation et il peut censurer la Commission qui doit alors d&#233;missionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet accroissement du r&#244;le du Parlement constitue un progr&#232;s d&#233;mocratique. Cependant, ce progr&#232;s reste modeste. Il est tout d'abord min&#233; par la faible l&#233;gitimit&#233; populaire de cette institution, ce dont t&#233;moigne le tr&#232;s faible taux de participation aux &#233;lections europ&#233;ennes (43 % en 2014 et 2009, NDLR). Mais, surtout, outre le fait que des domaines importants lui &#233;chappent, son r&#244;le est encadr&#233;, d'une part, par les trait&#233;s qui rel&#232;vent des &#201;tats et sur le contenu desquels il ne peut se prononcer et, d'autre part, par la Cour de justice de l'Union europ&#233;enne, qui les interpr&#232;te et donc cr&#233;e du droit nouveau. Ainsi, il a totalement disparu du paysage pendant les six mois de la crise grecque.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les &#201;tats nationaux aussi concern&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si la Commission a le monopole de la proposition l&#233;gislative, aucune directive europ&#233;enne ne peut cependant &#234;tre adopt&#233;e sans l'accord des gouvernements nationaux. Ceux-ci ont, de plus, n&#233;goci&#233; entre eux, la plupart du temps sans les soumettre &#224; leurs peuples, les trait&#233;s qui infl&#233;chissaient la construction europ&#233;enne dans le sens d'une acceptation des imp&#233;ratifs du capitalisme financier. La mise en place, dans le cadre de la strat&#233;gie de Lisbonne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La strat&#233;gie de Lisbonne a &#233;t&#233; adopt&#233;e lors du Conseil euro&#173;p&#233;en des 23 et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, de la &#171; m&#233;thode ouverte de coordination &#187; renforce encore le r&#244;le des gouvernements, qui d&#233;cident entre eux d'objectifs &#224; tenir qui ne sont jamais d&#233;battus, tant d'ailleurs au niveau national qu'europ&#233;en. Le d&#233;ficit d&#233;mocratique de l'Union europ&#233;enne trouve son r&#233;pondant dans celui des &#201;tats-nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit donc pas ici d'opposer un cadre europ&#233;en antid&#233;mocratique &#224; un cadre national qui serait vertueux. Car ce sont bien les &#201;tats nationaux qui ont d&#233;cid&#233;, en bout de course, des orientations de l'Union. Que ce soit dans le cadre des Conseils des ministres, du Conseil europ&#233;en ou des Conf&#233;rences intergouvernementales, les &#201;tats ont gard&#233; la haute main sur la construction europ&#233;enne. Loin d'avoir &#233;t&#233; d&#233;poss&#233;d&#233;s de leur pouvoir, ils ont domin&#233; la sc&#232;ne europ&#233;enne&#8230; mais discr&#232;tement, depuis les coulisses !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La mise en place d'un f&#233;d&#233;ralisme autoritaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution r&#233;cente de l'Union aggrave les tendances ant&#233;rieures avec la mise en place d'un f&#233;d&#233;ralisme autoritaire fond&#233; sur la discipline financi&#232;re. Il s'agit par l&#224; d'assurer la cr&#233;dibilit&#233; des &#201;tats et de l'Union aux yeux des march&#233;s financiers par un syst&#232;me de contraintes juridiques qui s'applique d'abord au processus d'&#233;laboration budg&#233;taire, mais qui vise aussi l'&#233;volution du cr&#233;dit, les co&#251;ts salariaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pacte euro plus &#187; de mars 2011.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et les balances commerciales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#232;glement no 1176/2011 du 16 novembre 2011 sur la pr&#233;vention et la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le Pacte de stabilit&#233; et de croissance, seuls les d&#233;ficits et la dette publi&#173;que &#233;taient mis sous contr&#244;le. D&#233;sormais, c'est presque toute l'activit&#233; &#233;conomique qui est mise sous examen permanent. Entre fin 2010 et 2012, les gouvernements d&#233;cident d'adopter toute une s&#233;rie d'instruments juridiques qui les mettent eux-m&#234;mes sous surveillance : semestre europ&#233;en, &#171; pacte euro plus &#187;, &lt;i&gt;six pack&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;two pack&lt;/i&gt;, le tout couronn&#233; par le Trait&#233; pour la stabilit&#233;, la coordination et la gouvernance (TSCG) de la zone euro, plus connu sous l'appellation de Pacte budg&#233;taire. La quasi-totalit&#233; des politiques &#233;conomiques est ainsi mise hors du d&#233;bat d&#233;mocratique et de la d&#233;cision citoyenne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'UE peut-elle &#234;tre un espace d&#233;mocratique ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse &#224; cette question renvoie &#224; trois probl&#232;mes assez li&#233;s entre eux. Le premier est relatif &#224; la faiblesse actuelle des mouvements sociaux et citoyens &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne. De tr&#232;s fortes mobilisations existent &#224; l'&#233;chelle nationale dans un certain nombre de pays. Elles ont &#233;t&#233; porteuses d'exigences d&#233;mocratiques et ont m&#234;me reconfigur&#233; le champ politique comme en Espagne ou en Gr&#232;ce. Il a &#233;t&#233; cependant tr&#232;s difficile de d&#233;passer le cadre national pour se coordonner et peser sur les politiques europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Conf&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des syndicats reste entrav&#233;e, malgr&#233; une &#233;volution politique plut&#244;t positive qui l'a vu condamner pour la premi&#232;re fois un trait&#233; europ&#233;en, le TSCG, et refuser les politiques d'aust&#233;rit&#233;. Le mouvement altermondialiste a subi un &#233;chec en Europe avec la disparition du Forum social europ&#233;en en 2010. Le processus qui l'a remplac&#233;, l'Altersummit, a connu un succ&#232;s pour le moins limit&#233;. Il est donc tr&#232;s difficile de construire des rapports de force &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne. Cependant, l'exemple de la gr&#232;ve europ&#233;enne du 14 novembre 2012 montre qu'il serait possible de le faire. Organis&#233;e simultan&#233;ment en Gr&#232;ce, au Portugal et en Espagne, pays o&#249; elle a &#233;t&#233; massivement suivie, elle a eu un impact politique et m&#233;dia&#173;tique important, m&#234;me si sa r&#233;alit&#233; a &#233;t&#233; plus faible dans les autres pays. Elle a &#233;t&#233; h&#233;las sans lendemain. Comment occuper le champ strat&#233;gique europ&#233;en demeure une question non r&#233;solue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me probl&#232;me est celui de l'existence en pointill&#233; d'un espace public europ&#233;en. Il ne peut y avoir d'espace d&#233;mocratique sans un espace de d&#233;bat public o&#249; les id&#233;es circulent avec un &#233;change libre et public d'opinions : un espace, propre au politique, o&#249; peut &#234;tre jug&#233; et contr&#244;l&#233; le pouvoir politique et qui oblige ce dernier &#224; se justifier. Or, aujourd'hui l'espace public est encore essentiellement national. Cependant, un espace public n'est jamais donn&#233; d'embl&#233;e. Il est le r&#233;sultat d'un processus, qui peut se d&#233;liter ou au contraire se renforcer suivant la capacit&#233; d'intervention citoyenne et les rapports de force sociaux. Ainsi un espace public europ&#233;en est en train progressivement de se construire. Il existera d'autant plus que nous serons capables de porter les d&#233;bats &#224; ce niveau et de construire des mobilisations europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re cette question, se trouve enfin celle de l'existence, ou non, d'un peuple europ&#233;en. Les souverainistes, de droite comme de gauche, prenant argument de diff&#233;rences culturelles soi-disant irr&#233;ductibles entre les pays d'Europe, nient la possibilit&#233; de l'existence d'un peuple europ&#233;en et en concluent &#224; l'impossibilit&#233; de toute construction politique europ&#233;enne. Pas de peuple europ&#233;en, pas de construction europ&#233;enne possible. La formation d'une communaut&#233; politique serait conditionn&#233;e &#224; l'existence d'un substrat culturel commun. L'exemple des &#201;tats-Unis, pays d'immigration qui voit cohabiter nombre de communaut&#233;s culturelles se r&#233;f&#233;rant &#224; une appartenance nationale, montre pourtant que cette condition n'est pas indispensable. C'est, au contraire, la volont&#233; de s'int&#233;grer &#224; une communaut&#233; politique, symbolis&#233;e par la Constitution des &#201;tats-Unis, qui fonde l'unit&#233; de ce pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; peuple &#187; n'est pas une entit&#233; immuable tomb&#233;e du ciel, mais une construction historique li&#233;e aux combats communs. Le peuple fran&#231;ais par exemple &#8211; mais il en est ainsi de tous les peuples &#8211; n'a pas exist&#233; depuis &#171; nos anc&#234;tres les Gaulois &#187; ou le bapt&#234;me de Clovis. Il s'est progressivement cr&#233;&#233;, dans la conflictualit&#233;, dans la construction de valeurs et d'int&#233;r&#234;ts communs, d'un destin partag&#233;, avec pour &#233;v&#233;nement fondateur la R&#233;volution fran&#231;aise. Un &#233;v&#233;nement symbolise d'ailleurs cette naissance, la f&#234;te de la F&#233;d&#233;&#173;ration, le 14 juillet 1790 au Champ-de-Mars, qui a vu des d&#233;l&#233;gations venues de toutes les provinces de France se &#171; f&#233;d&#233;rer &#187; pour donner naissance &#224; la nation fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout, cette vision rejoint paradoxalement celle des f&#233;d&#233;ralistes euro&#173;p&#233;ens, en faisant de l'Europe la simple transposition &#224; une &#233;chelle continentale de l'&#201;tat-nation unifi&#233;. Cette approche &#171; unitariste &#187; du cadre politique passe ainsi totalement &#224; c&#244;t&#233; d'un fait historique nouveau : la construction en Europe d'un nouvel objet politique qui, quoi qu'on pense de sa l&#233;gitimit&#233; et de sa viabilit&#233;, n'est pas le d&#233;calque de l'&#201;tat-nation et ne fait pas dispara&#238;tre ce dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a donc pas d'obstacles de nature essentialiste &#224; ce que l'Union europ&#233;enne devienne un espace o&#249; la notion de souverainet&#233; populaire puisse avoir un sens. Les obstacles sont politiques et c'est &#224; eux qu'il faut s'attaquer. La r&#233;cente crise grecque en montre l'actualit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Conseil de l'Union europ&#233;enne regroupe les ministres des &#201;tats membres. Il ne faut pas le confondre avec le Conseil europ&#233;en qui regroupe les chefs d'&#201;tat ou de gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La strat&#233;gie de Lisbonne a &#233;t&#233; adopt&#233;e lors du Conseil euro&#173;p&#233;en des 23 et 24 mars 2000. Elle visait &#224; faire de l'&#233;conomie europ&#233;enne &#171; &lt;i&gt;l'&#233;conomie de la connaissance la plus comp&#233;titive et la plus dynamique du monde d'ici &#224; 2010&lt;/i&gt; &#187;. Elle s'est av&#233;r&#233;e un &#233;chec complet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Pacte euro plus &#187; de mars 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#232;glement no 1176/2011 du 16 novembre 2011 sur la pr&#233;vention et la correction des d&#233;s&#233;quilibres macro&#233;conomiques, l'un des six r&#232;glements &lt;i&gt;six pack&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur est copr&#233;sident de la Fondation Copernic. Le pr&#233;sent texte est une adaptation d'un article paru dans &lt;i&gt;Entre les lignes et les mots&lt;/i&gt;, 15 septembre 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carte : Luciano Benvenuto, 2015.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quel avenir pour l'euro ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Quel-avenir-pour-l-euro</link>
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		<dc:date>2016-07-24T21:38:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Plihon</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Plihon, Dominique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La zone euro est la r&#233;gion du monde qui a le moins bien r&#233;sist&#233; &#224; la crise financi&#232;re internationale qui a d&#233;but&#233; en 2007. La situation &#233;conomique et sociale y est devenue critique, avec un ralentissement &#233;conomique durable, un taux de ch&#244;mage &#233;lev&#233;, qui atteint des niveaux sup&#233;rieurs &#224; 25 % dans les pays du sud (Gr&#232;ce, Espagne, Portugal). L'avenir de l'euro est en jeu. L'abandon de la monnaie unique est-il la solution ? Ne faut-il pas en priorit&#233; rompre avec les politiques n&#233;olib&#233;rales ? (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Europe-Peuples-en-" rel="directory"&gt;Dossier : Europe - Peuples en mouvement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Plihon-Dominique-+" rel="tag"&gt;Plihon, Dominique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2230.png?1642092181' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;277&#034; height=&#034;404&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La zone euro est la r&#233;gion du monde qui a le moins bien r&#233;sist&#233; &#224; la crise financi&#232;re internationale qui a d&#233;but&#233; en 2007. La situation &#233;conomique et sociale y est devenue critique, avec un ralentissement &#233;conomique durable, un taux de ch&#244;mage &#233;lev&#233;, qui atteint des niveaux sup&#233;rieurs &#224; 25 % dans les pays du sud (Gr&#232;ce, Espagne, Portugal). L'avenir de l'euro est en jeu. L'abandon de la monnaie unique est-il la solution ? Ne faut-il pas en priorit&#233; rompre avec les politiques n&#233;olib&#233;rales ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Contrairement au discours officiel selon lequel l'euro devait &#234;tre un rempart contre les crises, les m&#233;canismes de l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire ont jou&#233; un r&#244;le d'amplificateur de la crise. La cr&#233;ation d'une monnaie unique, sans union politique et sans budget commun, n'&#233;tait pas un projet coh&#233;rent. &#192; partir du moment o&#249; les ajustements de change n'&#233;taient plus possibles au sein de la zone euro par suite de la disparition des monnaies natio&#173;nales, il &#233;tait n&#233;cessaire de donner &#224; la poli&#173;tique budg&#233;taire et fiscale une fonction d'ajustement entre les &#201;tats membres, comme cela est le cas dans les unions mon&#233;taires existantes, tel que les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette union mon&#233;taire tronqu&#233;e est devenue une machine &#224; fabriquer la divergence et l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; entre les pays membres. Deux groupes de pays se sont constitu&#233;s avec des &#233;carts grandissants en mati&#232;re de performances &#233;conomiques. Les pays du sud de la zone euro, affubl&#233;s de l'acronyme p&#233;joratif de PIGS (Portugal, Italie, Gr&#232;ce, Espagne), ont connu une inflation sup&#233;&#173;rieure &#224; la moyenne de la zone euro et ont perdu en comp&#233;titivit&#233; ; ils ont &#233;t&#233; incit&#233;s &#224; fonder leur croissance sur la demande interne et l'endettement gr&#226;ce &#224; des taux d'int&#233;r&#234;t r&#233;els faibles. &#192; l'oppos&#233;, les pays &#171; vertueux &#187; de l'ancien bloc mark (Allemagne, Autriche, Benelux) dont l'inflation est plus basse, ont gagn&#233; en comp&#233;titivit&#233; et ont b&#233;n&#233;fici&#233; d'une croissance tir&#233;e par les exportations ; ils ont accumul&#233; des exc&#233;dents ext&#233;rieurs et donc des cr&#233;ances sur le reste de la zone euro. Cette divergence croissante entre les pays du sud et du nord est insoutenable. Elle conduit la zone euro dans une impasse qui pourrait lui &#234;tre fatale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques d'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire et salariale impos&#233;es par la Tro&#239;ka&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Banque centrale europ&#233;enne, Commission europ&#233;enne et Fonds mon&#233;taire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; aux pays les plus endett&#233;s (Gr&#232;ce, Irlande, Portugal) ont aggrav&#233; le ch&#244;mage et les in&#233;galit&#233;s. La majeure partie des aides re&#231;ues par la Gr&#232;ce et l'Irlande dans le cadre des plans de sauvetage en 2010-2011 n'aura servi qu'&#224; rembourser les cr&#233;anciers et &#224; renflouer les banques, sans profiter aux populations locales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s deux &#233;tudes d&#233;taill&#233;es r&#233;alis&#233;es par Attac Autriche sur la Gr&#232;ce.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sortir de l'euro ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Devant ces difficult&#233;s, faut-il sortir de l'euro ou refonder la construction europ&#233;enne ? L'argument principal des partisans de la sortie de l'euro est que celle-ci rendrait &#224; nouveau possibles les d&#233;valuations mon&#233;taires, ce qui permettrait de r&#233;tablir la comp&#233;titivit&#233; du pays d&#233;ficitaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques Sapir, Faut-il sortir de l'euro ?, Paris, Seuil, 2012.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle redonnerait par ailleurs &#224; la Banque centrale nationale la possibilit&#233; d'&#233;mettre sa propre monnaie et de financer le d&#233;ficit public par la cr&#233;ation mon&#233;taire. La sortie de l'euro serait &#233;galement un moyen de r&#233;industrialiser l'&#233;conomie, de stimuler la croissance et de r&#233;duire le ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, la sortie de l'euro est une fausse solu&#173;tion dont les cons&#233;quences &#233;conomiques, socia&#173;les et politiques risquent d'&#234;tre d&#233;sastreuses. Revenir &#224; la monnaie nationale dans le cas de pays qui enregistrent d'importants d&#233;ficits ext&#233;rieurs les soumet imm&#233;diatement &#224; la sp&#233;culation sur leur monnaie. Les exp&#233;riences pass&#233;es de d&#233;valuation montrent que celles-ci r&#233;duisent le pouvoir d'achat des travailleurs et travailleuses (inflation import&#233;e) et ne stimulent les exportations que si l'appareil productif est en bon &#233;tat. Par ailleurs, la sortie de l'euro aggravera le co&#251;t de la dette ext&#233;rieure en euro qui sera imm&#233;diatement augment&#233;e du taux de d&#233;valuation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rompre en priorit&#233; avec les politiques n&#233;olib&#233;rales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La sortie de l'euro ne peut constituer un projet politique en soi. Car le probl&#232;me fondamental n'est pas la monnaie unique, mais les politiques n&#233;olib&#233;rales men&#233;es dans l'espace europ&#233;en&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Attac et Copernic, Que faire de l'Europe ? D&#233;sob&#233;ir pour reconstruire, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il faut s'attaquer en priorit&#233; aux racines n&#233;olib&#233;rales de la construction europ&#233;enne, et remettre en cause l'absence de politiques budg&#233;taires, fiscales et sociales communes ; avec un double objec&#173;tif : financer des transferts publics massifs en direction des pays les plus touch&#233;s par la crise, notamment pour favoriser la modernisation de leur appareil productif, et financer des investissements publics dans l'ensemble des pays europ&#233;ens, notamment pour accompagner la transition &#233;nerg&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; court terme, des mesures sont n&#233;cessaires pour amorcer la sortie de crise : une suspension et une restructuration des dettes publiques, et l'instauration d'un contr&#244;le des capitaux et d'un contr&#244;le public sur le syst&#232;me bancaire, afin de restaurer la souverainet&#233; mon&#233;taire. Ces politiques anti-lib&#233;rales cr&#233;eront une crise politique in&#233;vitable et n&#233;cessaire. Elles pourraient amener certains pays &#224; &#234;tre exclus de la zone euro, mais cette sortie &#171; progressiste &#187; de l'euro s'accompagnerait d'une rupture pr&#233;alable avec le carcan n&#233;olib&#233;ral impos&#233; par les &#233;lites europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Banque centrale europ&#233;enne, Commission europ&#233;enne et Fonds mon&#233;taire international.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'apr&#232;s &lt;a href=&#034;http://www.attac.at/bailou&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;deux &#233;tudes d&#233;taill&#233;es&lt;/a&gt; r&#233;alis&#233;es par Attac Autriche sur la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jacques Sapir, &lt;i&gt;Faut-il sortir de l'euro ?&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Attac et Copernic, &lt;i&gt;Que faire de l'Europe ? D&#233;sob&#233;ir pour reconstruire&lt;/i&gt;, Paris, Les liens qui lib&#232;rent, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#201;conomiste, l'auteur est porte-parole d'Attac France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Francfort, Allemagne, mars 2015, &#224; l'action Blockupy.&lt;br class='autobr' /&gt;
Thomas Lohnes/Getty Images&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les limites de l'Europe</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-limites-de-l-Europe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Les-limites-de-l-Europe</guid>
		<dc:date>2016-07-24T21:31:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Caroline Brodeur, Fran&#231;ois Cr&#233;peau, Ricardo Pe&#241;afiel</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Pe&#241;afiel, Ricardo</dc:subject>
		<dc:subject>Brodeur, Caroline</dc:subject>
		<dc:subject>Cr&#233;peau, Fran&#231;ois</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une situation de violence structurelle s'abat aujourd'hui plus que jamais sur les populations en situation de vuln&#233;rabilit&#233; cherchant refuge en Europe. L'incapacit&#233; des leaders europ&#233;ens &#224; accueillir et &#224; int&#233;grer ces r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s demandeurs&#183;euses d'asile expose les limites du droit europ&#233;en et international, de m&#234;me que celles du projet europ&#233;en dans son ensemble. &#192; b&#226;bord ! a rencontr&#233; Fran&#231;ois Cr&#233;peau, professeur de droit international &#224; l'Universit&#233; McGill et Rapporteur sp&#233;cial des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Penafiel-Ricardo-+" rel="tag"&gt;Pe&#241;afiel, Ricardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Brodeur-Caroline-+" rel="tag"&gt;Brodeur, Caroline&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Crepeau-Francois-+" rel="tag"&gt;Cr&#233;peau, Fran&#231;ois&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une situation de violence structurelle s'abat aujourd'hui plus que jamais sur les populations en situation de vuln&#233;rabilit&#233; cherchant refuge en Europe. L'incapacit&#233; des leaders europ&#233;ens &#224; accueillir et &#224; int&#233;grer ces r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s demandeurs&#183;euses d'asile expose les limites du droit europ&#233;en et international, de m&#234;me que celles du projet europ&#233;en dans son ensemble. &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; a rencontr&#233; Fran&#231;ois Cr&#233;peau, professeur de droit international &#224; l'Universit&#233; McGill et Rapporteur sp&#233;cial des Nations unies sur les droits de l'Homme des migrants, pour discuter des probl&#232;mes et d&#233;fis mis en lumi&#232;re par ce d&#233;placement in&#233;vitable de populations. R&#233;sum&#233; critique d'une crise politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;Cette &#8220;crise&#8221;, nous l'avons provoqu&#233;e&lt;/i&gt; &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Europe fait face &#224; l'une des pires crises migratoires de son histoire, avec l'arriv&#233;e, non contr&#244;l&#233;e, de pr&#232;s de 800 000 r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s et migrant e&#183;s depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e sur son territoire. Ce nombre effarant s'accompagne d'une trag&#233;die sans nom, avec ses naufrag&#233;s, ses morts, ses orphelins et trop de souffrances inutiles, inflig&#233;es par les passeurs autant que par les autorit&#233;s et les employeurs en terre d'&#171; accueil &#187;. Mais ce drame humain, nous dit Fran&#231;ois Cr&#233;peau, &#171; &lt;i&gt;c'est nous qui l'avons provoqu&#233;&lt;/i&gt; &#187;. En bloquant les fronti&#232;res, on pousse les gens &#224; prendre la mer et &#224; mettre en danger leur vie et celle de leur famille sur des embarcations de fortune, tout en payant des dizaines de milliers d'euros &#224; des mafias de passeurs qui font entrer qui peut payer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;Au nom du contr&#244;le migratoire, on a perdu le contr&#244;le migratoire&#8230; &lt;/i&gt; &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est absurde !&lt;/i&gt; &#187; Le Rapporteur privil&#233;gie plut&#244;t la mise sur pied d'un programme de r&#233;&#233;tablissement direct de millions de Syriens, d'&#201;rythr&#233;ens, d'Afghans, d'Irakiens et d'autres r&#233;fugi&#233;s et &#171; migrants de survie &#187; vers les pays du Nord. Des d&#233;l&#233;gations de ces pays d'accueil pourraient ainsi d&#233;livrer sur place, au Moyen-Orient, des statuts de r&#233;fugi&#233;s par centaines de milliers, mais de mani&#232;re organis&#233;e. Les gens feraient la queue devant ces d&#233;l&#233;gations, ne mettraient plus leur vie en danger, nous aurions un meilleur contr&#244;le du flux migratoire et l'&#233;conomie informelle des passeurs clandestins serait court-circuit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;Mettre fin aux blocages, c'est enrayer le ph&#233;nom&#232;ne des passeurs&lt;/i&gt; &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui est arriv&#233; au moment de la cr&#233;ation de l'espace Schengen, nous dit Fran&#231;ois Cr&#233;peau. L'ouverture des fronti&#232;res entre les pays d'Europe a mis un terme au ph&#233;nom&#232;ne des passeurs, entre les pays europ&#233;ens, et aux abus en r&#233;sultant. La solution r&#233;side donc dans l'accueil des r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s et la concertation entre les pays membres de l'Union europ&#233;enne pour se partager le nombre. Cela suppose la reconnaissance directe et sans d&#233;lai des r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s &#224; titre de r&#233;sidents europ&#233;ens pour permettre aux familles de s'installer et de s'int&#233;grer rapidement. Il n'y a rien d'exceptionnel dans cette approche : nous avons vu une ouverture similaire dans de nombreux pays, notamment au Canada, lors de l'accueil des Indochinois au cours des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce n'est &#171; &lt;i&gt;pas une crise de capacit&#233;, mais bien une crise de leadership&lt;/i&gt; &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Europe et le Nord global sont &#224; m&#234;me d'accueillir, sans probl&#232;me, deux millions de r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s en cinq ans selon Fran&#231;ois Cr&#233;peau. Ce nombre est facilement absorbable si on le distribue &#233;quitablement avec des crit&#232;res de population, d'&#233;conomie et de capacit&#233; institutionnelle des pays h&#244;tes. De plus, il a &#233;t&#233; maintes fois &#233;tabli scientifiquement que les migrant&#183;e&#183;s et les r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s ne repr&#233;sentent pas un &#171; fardeau &#187; pour les &#233;conomies des pays d'accueil, mais bien un apport de sang neuf. Par contre, souligne le Rapporteur sp&#233;cial, &#171; &lt;i&gt;depuis les ann&#233;es 1980 en Europe, l'establishment politique a laiss&#233; la question migratoire et identitaire aux partis d'extr&#234;me droite&lt;/i&gt; &#187; qui avancent des formules comme &#171; &lt;i&gt;Deux millions d'immigrants = deux millions de ch&#244;meurs&lt;/i&gt; &#187;. Et les leaders &#171; centristes &#187; ont &#233;t&#233; incapables de produire un r&#233;el contre-discours se basant sur l'ouverture &#224; l'autre et au monde, &#224; la diversit&#233; sociale et religieuse et luttant contre les discriminations de toutes sortes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;Je crains une r&#233;action anti-immigration et anti-droits de l'Homme&lt;/i&gt; &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, en Europe, personne n'ose tenir un discours d'ouverture &#224; l'immigration, de peur de perdre des votes, poursuit le professeur. On a vu une certaine ouverture du c&#244;t&#233; d'Angela Merkel cet automne et des Su&#233;dois depuis trois ans, mais il existe de s&#233;rieux dangers d'un retour des contr&#244;les aux fronti&#232;res (comme avant les accords de Schengen) et de la dissolution de la libre circulation des personnes au sein de l'Union europ&#233;enne par l'abandon de ses principes fondateurs, comme au moment de la crise financi&#232;re de la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Post-scriptum&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que dans le contexte des attentats de Paris, survenus apr&#232;s l'entrevue avec Fran&#231;ois Cr&#233;peau, la r&#233;ponse &#171; s&#233;curitaire &#187; de la droite face aux r&#233;fugi&#233;s syriens fragilise encore plus cette ouverture. Il faudra une ferme volont&#233; politique et une mobilisation de la soci&#233;t&#233; civile pour s'assurer que les r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s ne paient pas doublement pour les atrocit&#233;s que commet Daech.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueilles et adapt&#233;s par Caroline Brodeur et Ricardo Pe&#241;afiel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : R&#233;fugi&#233;s en Hongrie marchant vers l'Autriche, septembre 2015. Laszlo Balogh, Reuters&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La France entre d&#233;chirement et recomposition</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-France-entre-dechirement-et</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/La-France-entre-dechirement-et</guid>
		<dc:date>2016-07-15T22:06:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Leroux</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Leroux, Jean-Paul</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les Fran&#231;ais&#183;es sont-ils en retrait des grands mouvements actuels ? Face &#224; Occupy Wall Street, &#224; la mont&#233;e en puissance de Podemos, &#224; la conqu&#234;te du pouvoir par Syriza, on pourrait conclure que la France qui bouge s'est immobilis&#233;e ! &lt;br class='autobr' /&gt; Mais souvenons-nous seulement des grandes gr&#232;ves victorieuses de 1995 (2 millions de gr&#233;vistes). Des mobilisations importantes, de la jeunesse notamment, contre le contrat premi&#232;re embauche en 2006, victorieuses elles aussi. Des gr&#232;ves massives en 2010 contre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2227.png?1642092181' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;675&#034; height=&#034;306&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les Fran&#231;ais&#183;es sont-ils en retrait des grands mouvements actuels ? Face &#224; Occupy Wall Street, &#224; la mont&#233;e en puissance de Podemos, &#224; la conqu&#234;te du pouvoir par Syriza, on pourrait conclure que la France qui bouge s'est immobilis&#233;e !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais souvenons-nous seulement des grandes gr&#232;ves victorieuses de 1995 (2 millions de gr&#233;vistes). Des mobilisations importantes, de la jeunesse notamment, contre le contrat premi&#232;re embauche en 2006, victorieuses elles aussi. Des gr&#232;ves massives en 2010 contre la r&#233;forme des retraites (plus de 3 millions de personnes), mais qui furent un &#233;chec. Des manifestations contre le mariage pour tous en 2013 et 2014 (qui mobilis&#232;rent quasiment 2 millions de manifes&#173;tant&#183;e&#183;s) qui n'aboutirent pas, car il y a eu de nombreuses contre-manifestations. Et du 10 janvier 2015 o&#249; 4 millions de personnes envahirent les villes de France avec le slogan &#171; Je suis Charlie &#187;. La question se pose de savoir que sont devenus tous ces manifestantes et manifestants. Ceux-ci sont-ils simplement rentr&#233;s &#224; la maison ou bien font-ils autre chose ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Foisonnement d'initiatives et d'engagements&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le recours &#224; la rue et &#224; la gr&#232;ve est toujours le signe que les citoyen&#183;ne&#183;s ne se sentent plus &#171; repr&#233;sent&#233;&#183;e&#183;s &#187; par leurs &#233;lu&#183;e&#183;s. En 2005, la population fran&#231;aise avait rejet&#233; &#224; 54 % le Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en pour finalement le voir ratifi&#233; sous le nom de Trait&#233; de Lisbonne. La politique d'aust&#233;rit&#233; men&#233;e par le pr&#233;sident Fran&#231;ois Hollande, en contradiction avec sa campagne, n'a fait qu'augmenter la d&#233;fiance vis-&#224;-vis du politique. La r&#233;p&#233;tition du d&#233;saccord entre la repr&#233;sentation et la volont&#233; explicite d'une partie, voire de la majorit&#233; des citoyen&#183;ne&#183;s, met la d&#233;mocratie repr&#233;sentative en danger. La France traverse une crise politique et insti&#173;tutionnelle qui entame la cr&#233;dibilit&#233; des partis politiques : aucune id&#233;e nouvelle ne vient d'eux, ils sont travers&#233;s par des conflits concernant les id&#233;es, la strat&#233;gie, la tactique ; leur nombre de militant&#183;e&#183;s est en baisse. Cette situation ne semble profiter qu'au Front national. Mais dans cette situation, de nombreuses personnes inventent des mouvements atypiques &#224; diff&#233;rents niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan politique, on assiste &#224; la mise en place d'essais de d&#233;mocratie &#171; directe &#187;. Ainsi, une petite commune comme Saillans (1 000 habitants) a institutionnalis&#233; un tel mode de fonctionnement. &#192; Grenoble (155 000 habi&#173;tants), les derni&#232;res &#233;lections municipales ont vu une coalition compos&#233;e de partis tra&#173;ditionnels (Europe &#201;cologie Les Verts et le Parti de gauche) et de citoyen&#183;ne&#183;s sans exp&#233;rience ni affiliation politique prendre le pouvoir. On a l&#224; un laboratoire in&#233;dit de confrontation entre d&#233;mocratie repr&#233;sentative (les partis tradi&#173;tionnels de gauche) et directe (l'irruption de citoyen&#183;ne&#183;s &#233;lu&#183;e&#183;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe aussi des luttes d'un genre nouveau bas&#233;es sur la d&#233;fense d'un territoire (ZAD : zone &#224; d&#233;fendre) contre ce que les militant&#183;e&#183;s nomment les Grands Travaux Inutiles (a&#233;roport, barrage, etc.). C'est le cas &#224; Notre-Dame-des-Landes o&#249; devrait &#234;tre &#233;difi&#233; un a&#233;roport. Les participant&#183;e&#183;s des ZAD sont tr&#232;s d&#233;termin&#233;s ; les luttes sont pr&#233;vues pour durer par une occupation physique des terrains, leur mise en culture, une gu&#233;rilla juridique, des mani&#173;festations de soutien, etc. Lors d'une lutte, &#224; Sivens, contre un barrage destin&#233; &#224; l'irrigation et qui d&#233;truisait une zone humide, un militant &#233;cologiste et pacifiste, R&#233;mi Fraisse, a &#233;t&#233; tu&#233; par les gendarmes en octobre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous trouvons aussi des formes d'orga&#173;nisations politiques horizontales, travaillant &#224; partir de collectifs locaux coordonn&#233;s comme &#171; Ensemble, mouvement pour une alternative de gauche &#233;cologiste et solidaire &#187;. Les statuts de cette organisation sont en perp&#233;tuel chan&#173;tier, elle est une organisation exp&#233;ri&#173;mentale. Elle cherche &#224; tirer les le&#231;ons de Podemos et de Syriza. Son influence actuelle est encore modeste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les modes de vie, un tr&#232;s grand nombre d'initiatives (sous forme associative, coo&#173;p&#233;rative, etc.) cr&#233;ent une contre-culture &#233;conomique sur les th&#232;mes de la relocalisation des productions et du travail, d'une agriculture biologique, d'une ma&#238;trise du foncier, de nouvelles fa&#231;ons de produire. Cette ann&#233;e, un mouvement les a mis en valeur : Alternatiba (&#171; alternative &#187; en basque). Il a initi&#233; un tour de France de ces initiatives qui s'est clos &#224; Paris avec plus de 50 000 participant&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la COP 21, la Coalition Climat 21 &#8211; un regroupement de 130 organisations, du jamais vu en France &#8211; a pr&#233;par&#233; des manifestations pour d&#233;noncer la responsabilit&#233; des &#201;tats et influencer la r&#233;solution finale. Ces mani&#173;festations ont &#233;t&#233; con&#231;ues festives, non violentes et massives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout se passe comme si la coupure avec les institutions politiques &#233;tait telle qu'un tr&#232;s grand nombre de Fran&#231;aises et Fran&#231;ais, n'en attendant plus rien, cr&#233;ent leur monde &#224; c&#244;t&#233; ou en de&#231;&#224; des formes &#233;conomiques et politiques traditionnelles. Le local, l'horizontal deviennent des mots porteurs et rassembleurs. Ce bouillonnement est r&#233;el, mais ces initiatives ne sont pas encore parvenues &#224; entrer en r&#233;sonance entre elles et avec le reste de la soci&#233;t&#233;. Elles sont encore peu visibles m&#233;diatiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, il faut souligner l'urgence de la situation : une course de vitesse est engag&#233;e entre le populisme d'extr&#234;me droite et les formes neuves d'une soci&#233;t&#233; qui cherche dans le pr&#233;sent l'&#233;galit&#233; et la d&#233;mocratie directe. Il s'agit d'une course entre une politique excluante et une autre porteuse d'humanit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : maxppp. Notre-Dame-des-Landes, en 2012.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Allemagne, puissance m&#233;connue</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-Allemagne-puissance-meconnue</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-Allemagne-puissance-meconnue</guid>
		<dc:date>2016-07-15T22:03:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;dric Leterme</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Leterme, C&#233;dric</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Premi&#232;re puissance &#233;conomique de l'Union europ&#233;enne, l'Allemagne cristallise &#224; la fois les craintes et les aspirations de celle-ci. Pour certains, elle est le mod&#232;le &#224; imiter. Pour d'autres, la source m&#234;me des maux qui traversent actuellement le projet europ&#233;en. Alors, que penser de ce pays qu'un r&#233;cent dossier du Monde diplomatique qualifiait de &#171; puissance sans d&#233;sir &#187; ? &lt;br class='autobr' /&gt; Pour comprendre l'Allemagne, on ne peut se passer d'un d&#233;tour par les traumatismes qu'ont constitu&#233;s pour elle la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Premi&#232;re puissance &#233;conomique de l'Union europ&#233;enne, l'Allemagne cristallise &#224; la fois les craintes et les aspirations de celle-ci. Pour certains, elle est le mod&#232;le &#224; imiter. Pour d'autres, la source m&#234;me des maux qui traversent actuellement le projet europ&#233;en. Alors, que penser de ce pays qu'un r&#233;cent dossier du &lt;i&gt;Monde diplomatique&lt;/i&gt; qualifiait de &#171; puissance sans d&#233;sir &#187; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour comprendre l'Allemagne, on ne peut se passer d'un d&#233;tour par les traumatismes qu'ont constitu&#233;s pour elle la grande d&#233;pression, le nazisme et la d&#233;faite de 1945. Ceux-ci continuent en effet d'influencer profond&#233;ment les orientations politiques et &#233;conomiques du pays, et ce, quel que soit le parti au pouvoir (ou plut&#244;t les partis, &#233;tant donn&#233; son syst&#232;me &#233;lectoral qui favorise les gouvernements de coalition).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;v&#233;nements expliquent notamment l'attachement tr&#232;s fort qui continue de lier les Allemand&#183;e&#183;s au projet europ&#233;en, per&#231;u comme la condition et le garant de leur renouveau d'apr&#232;s-guerre. Dans un m&#234;me temps, ils permettent aussi de comprendre leur &#171; obsession mon&#233;taire &#187;, selon l'expression de Fr&#233;d&#233;ric Lordon, puisque la mont&#233;e du nazisme continue d'y &#234;tre tr&#232;s largement per&#231;ue comme une cons&#233;quence directe de l'hyperinflation de 1923. Ces deux piliers de l'identit&#233; allemande sont toutefois de plus en plus ouvertement en tension depuis que la crise de la dette a &#233;clat&#233; en Europe, dans la lign&#233;e de l'effondrement &#233;conomique et financier mondial de 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle-ci a en effet oblig&#233; l'Allemagne &#224; choisir entre une forme de solidarit&#233; financi&#232;re avec les pays en difficult&#233; et le strict respect des principes de stabilit&#233; mon&#233;taire et budg&#233;taire qui ont pour elle une valeur quasi sacr&#233;e. Or, si elle s'est finalement r&#233;solue &#224; la premi&#232;re (&#224; contrec&#339;ur), elle l'a fait en &#233;change d'un renforcement sans pr&#233;c&#233;dent du contr&#244;le des institutions europ&#233;ennes sur les politiques &#233;conomiques des &#201;tats membres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une solidarit&#233; des peuples d&#233;faillante&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette situation explique tr&#232;s largement la mauvaise image dont souffre actuellement l'Allemagne dans une grande partie de l'Europe m&#233;diterran&#233;enne (mais pas seulement), et vice-versa. Elle repose toutefois sur une vision simpliste des choses. En effet, les difficult&#233;s de nombre de pays europ&#233;ens &#171; p&#233;riph&#233;riques &#187; s'expliquent en grande partie par des d&#233;s&#233;quilibres structurels au sein m&#234;me de la zone euro... qui profitent en premier lieu &#224; l'Allemagne. D'un autre c&#244;t&#233;, il serait faux de pr&#233;tendre que ces d&#233;s&#233;quilibres profitent (ou ont profit&#233;) &#224; tous les Allemand&#183;e&#183;s sans distinction, tant le &#171; miracle allemand &#187; s'est aussi construit sur une formidable paup&#233;&#173;risation de tout un pan de sa population. Dans ce contexte, &#224; une opposition Nord/Sud, il faudrait au moins ajouter une opposition Capital/Travail, puisque ce sont avant tout les travailleuses et travailleurs &#8211; grecs, portugais, mais aussi allemands &#8211; qui ont &#224; souffrir d'une situation &#233;conomique dont le Capital est, &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt;, le grand gagnant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, c'est n&#233;anmoins le jeu des oppositions nationales qui continue d'avoir la main haute dans le d&#233;bat europ&#233;en, et la position d'une bonne partie de la gauche allemande sur la question de l'euro n'y est malheureusement pas &#233;trang&#232;re. &#192; titre d'exemple, durant le r&#233;cent &#233;pisode de regain de tension autour de la Gr&#232;ce, un sondage a montr&#233; que m&#234;me les sympathisant&#183;e&#183;s du parti de gauche radicale Die Linke &#233;taient majoritairement favorables &#224; la position d'Angela Merkel sur la dette grecque, illustrant par-l&#224;, selon Lordon, le degr&#233; d'enracinement de l'obsession mon&#233;taire allemande au sein de la population allemande. Difficile, dans ces conditions, d'imaginer une solidarit&#233; des peuples au niveau europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, sur d'autres enjeux, l'Allemagne joue un r&#244;le nettement plus positif, que ce soit sur la question nucl&#233;aire ou encore l'accueil des r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s par exemple. R&#233;cemment, 250 000 personnes ont m&#234;me manifest&#233; &#224; Berlin pour dire non au projet d'accord de libre-&#233;change entre les &#201;tats-Unis et l'Europe. Et m&#234;me sur la question de l'euro, les positions allemandes tiennent davantage &#224; une fixation id&#233;ologique tir&#233;e de leur histoire r&#233;cente qu'&#224; une r&#233;elle volont&#233; de domination. Avec le ralentissement chinois et des perspectives sombres pour l'&#233;conomie mondiale dans les mois et ann&#233;es &#224; venir, il faudra donc voir dans quelle mesure la puissance exportatrice qu'est l'Allemagne parviendra &#224; maintenir la relative coh&#233;sion interne qu'elle a su tirer de ses &#171; succ&#232;s &#187; &#233;conomiques r&#233;cents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce point, la multiplication des conflits salariaux, mais aussi le raidissement qu'on observe dans une partie de la population concernant l'accueil des r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s montrent que celle-ci est loin d'&#234;tre assur&#233;e. Or, si un changement de cap semble in&#233;luctable tant les d&#233;s&#233;quilibres internes &#224; l'Allemagne et &#224; l'Europe se creusent, reste &#224; savoir s'il interviendra pour le meilleur ou pour le pire, et surtout quel r&#244;le la population allemande sera amen&#233;e &#224; y jouer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur est chercheur &#224; l'Universit&#233; libre de Bruxelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Berlin, juillet 2015. Solidarit&#233; avec la Gr&#232;ce. Kay Nietfeld/EPA&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#201;cosse debout !</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-Ecosse-debout</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-Ecosse-debout</guid>
		<dc:date>2016-07-15T21:58:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Cat Boyd</dc:creator>


		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Boyd, Cat</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le r&#233;f&#233;rendum sur l'ind&#233;pendance de l'&#201;cosse a eu lieu le 18 septembre 2014. Le Non l'a remport&#233; avec 55,3 % des voix. Malgr&#233; la d&#233;faite, l'humeur est loin d'&#234;tre morose dans le camp des forces vives de la gauche radicale ind&#233;pendantiste, comme nous le raconte ici la militante Cat Boyd. &lt;br class='autobr' /&gt; Fond&#233;e &#224; Glasgow au printemps 2012, la Campagne radicale pour l'ind&#233;pendance (RIC) est devenue rapidement le plus grand forum de d&#233;bats sur les enjeux du r&#233;f&#233;&#173;rendum. La campagne &#233;tait principalement men&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le r&#233;f&#233;rendum sur l'ind&#233;pendance de l'&#201;cosse a eu lieu le 18 septembre 2014. Le Non l'a remport&#233; avec 55,3 % des voix. Malgr&#233; la d&#233;faite, l'humeur est loin d'&#234;tre morose dans le camp des forces vives de la gauche radicale ind&#233;pendantiste, comme nous le raconte ici la militante Cat Boyd.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fond&#233;e &#224; Glasgow au printemps 2012, la Campagne radicale pour l'ind&#233;pendance (RIC) est devenue rapidement le plus grand forum de d&#233;bats sur les enjeux du r&#233;f&#233;&#173;rendum. La campagne &#233;tait principalement men&#233;e par de jeunes militantes et militants radi&#173;calis&#233;s dans les mouvements contre la guerre et contre l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire. Leurs exp&#233;riences militantes les ont men&#233;s &#224; remettre en question les fondements de l'&#201;tat britannique. Sans &#234;tre en opposition avec le reste du camp du Oui, RIC rejetait le conservatisme de la campagne men&#233;e par le Parti nationaliste &#233;cossais (SNP), en particulier son engagement r&#233;p&#233;t&#233; en faveur du maintien de la monarchie et de l'adh&#233;sion de l'&#201;cosse &#224; l'OTAN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;RIC mettait plut&#244;t l'accent sur les aspirations de la population &#233;cossaise pour des changements significatifs. Ses militant&#183;e&#183;s voyaient l'ind&#233;pendance comme un moyen de donner un nouvel &#233;lan au mouvement ouvrier d&#233;mocratique dans un pays d&#233;pourvu d'espoir. En cons&#233;quence, les revendications port&#233;es par la campagne allaient bien au-del&#224; du vote du 18 septembre 2014. Sa d&#233;claration de fondation pr&#233;sentait cinq grandes ambitions : une &#201;cosse verte, internationaliste, d&#233;barrass&#233;e du programme nucl&#233;aire Trident, dot&#233;e d'une r&#233;publique moderne et qui mette de l'avant des investissements sociaux en tournant le dos &#224; l'aust&#233;rit&#233; et aux privatisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de notre deuxi&#232;me conf&#233;rence, en 2013, nous avons r&#233;affirm&#233; avec des milliers de militant&#183;e&#183;s que l'ind&#233;pendance &#233;tait un &#171; enjeu de classe &#187;. Puis, nous avons organis&#233; du porte-&#224;-porte partout au pays durant toute l'ann&#233;e 2014, en visant particuli&#232;rement les communaut&#233;s n&#233;glig&#233;es par les politicien&#183;ne&#183;s tant &#224; Westminster qu'&#224; Holyrood&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Holyrood est le nom de l'&#233;difice du parlement national &#233;cossais, &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce mouvement rassemblant largement la gauche &#233;cossaise a &#233;t&#233; d&#233;terminant dans la hausse des appuis pour l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un nationalisme inclusif et internationaliste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de 2014, &#224; peine plus du quart de la population avait l'intention de voter Oui. Ce qui n'&#233;tait pas surprenant puisque pendant des d&#233;cennies, l'appui pour l'ind&#233;pendance avait &#233;volu&#233; autour de ce niveau. Mais en quelques mois, malgr&#233; l'hostilit&#233; et le m&#233;pris de la majeure partie de la classe politique et des faiseurs d'opinions, nous avons ralli&#233; un autre 20 % de l'&#233;lectorat, pour porter le r&#233;sultat final &#224; 45 %. Ces appuis suppl&#233;mentaires n'ont pas &#233;t&#233; obtenus par un nationalisme &#171; de la terre et du sang &#187;. Ils sont venus d'une identification avec le Oui comme une r&#233;volte contre l'ali&#233;nation politique, &#233;conomique et sociale, une r&#233;volte visant principalement Westminster et son abandon de toute humanit&#233;. RIC et d'autres en ont appel&#233; &#224; l'&#233;lectorat traditionnel du Labour pour qu'ils voient l'ind&#233;pendance non pas comme une fin en soi, mais comme un moyen de transformer les rapports de force au Royaume-Uni ; de nombreuses personnes ont adh&#233;r&#233; &#224; ce message. Il est rest&#233; de ce travail une capacit&#233; d'organisation et de mobilisation dans les communaut&#233;s ouvri&#232;res o&#249; les alliances politiques traditionnelles avaient &#233;t&#233; laiss&#233;es en ruines par les travaillistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nationalisme traditionnel a jou&#233; un r&#244;le moins important que ne sont dispos&#233;s &#224; l'admettre la plupart des commentateurs. RIC a donn&#233; un profil nettement internationaliste au mouvement : pour un mouvement europ&#233;en contre l'aust&#233;rit&#233; ; la solidarit&#233; avec la Catalogne ; un int&#233;r&#234;t pour les mod&#232;les politiques et culturels de l'Europe du Nord ; et surtout un d&#233;bat sur le r&#244;le de l'&#201;cosse dans l'imp&#233;rialisme britannique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas pr&#233;tendre non plus que toute la campagne du Oui a repris notre politique de classe. Le mouvement &#233;tait in&#233;gal et contradictoire. Des porte-parole de RIC pouvaient s'exprimer sur la m&#234;me tribune qu'un membre des &#171; gens d'affaires pour l'&#201;cosse &#187;. Mais ce qui s'est produit en &#201;cosse refl&#233;tait une tendance mondiale. Depuis la crise de 2008, la politique traditionnelle n'a plus de r&#233;ponses &#224; offrir et les mouvements plus marginaux, s'ils sont bien organis&#233;s, cr&#233;atifs et savent saisir les opportunit&#233;s qui se pr&#233;sentent, peuvent red&#233;finir les termes du d&#233;bat. Cette r&#233;ponse &#224; la crise peut d'ailleurs prendre des formes tr&#232;s diff&#233;rentes, certaines positives (Syriza, Podemos), d'autres laides (UKIP, le Tea Party, le Front national). Le mouvement &#233;cossais n'&#233;tait pas identique &#224; ceux de la Gr&#232;ce ou de l'Espagne, mais il en &#233;tait plus proche que certains sont dispos&#233;s &#224; le reconna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le r&#233;f&#233;rendum, un tremplin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous devons garder en t&#234;te que l'exp&#233;rience de l'&#201;cosse n'est pas une exception. En fait, les exceptions sont la nouvelle r&#232;gle ! Mis &#224; part l'Allemagne, les partis politiques du centre et les &#233;lites politiques ont tous connu des revers depuis la r&#233;cession. L'action et l'imagination sont indispensables dans un tel contexte, parce que l'&#233;lectorat peut basculer vers la droite radicale ou la gauche radicale ou revenir vers &#171; l'extr&#234;me centre &#187;. Les mouvements qui r&#233;ussissent, &#224; droite comme &#224; gauche, s'appuient sur la r&#233;alit&#233; des divisions dans nos soci&#233;t&#233;s et mobilisent &#224; leur avantage le sentiment d'hostilit&#233; envers les &#233;lites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s RIC, j'ai &#233;t&#233; impliqu&#233;e dans la mise sur pied de RISE&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;RISE est un acronyme pour Respect, Ind&#233;pendance, Socialisme et &#201;cologie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, une alliance de forces socialistes qui pr&#233;sentera des candidatures aux &#233;lections &#233;cossaises de mai 2016. On y trouve le Parti socialiste &#233;cossais (SSP) et des personnalit&#233;s influentes du mouvement pour l'ind&#233;pendance. Il s'agit d'un premier effort modeste et nous ne croyons pas former un gouvernement socialiste bient&#244;t. Mais pour moi, ce regroupement politique incarne une nouvelle maturit&#233; ainsi qu'une vision optimiste pour la pens&#233;e socialiste ; une rupture avec le sectarisme, les disputes st&#233;riles et les attitudes d&#233;primantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;dictions &#224; l'effet que nous allions nous d&#233;mobiliser apr&#232;s le r&#233;f&#233;rendum ne se sont pas mat&#233;rialis&#233;es. Chaque semaine, je rencontre toutes sortes de gens, des grand-m&#232;res nationalistes aux adolescents d&#233;couvrant Karl Marx, qui gardent en vie l'esprit de la campagne r&#233;f&#233;rendaire. Il y a encore des assembl&#233;es populaires r&#233;guli&#232;res partout au pays. Souhaitons que &#231;a continue !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon espoir est que RIC pourra mettre en pratique le slogan de Podemos : &#171; &lt;i&gt;Un pied au parlement, cent dans la rue.&lt;/i&gt; &#187; En rupture avec la routine parlementaire, nous sommes d&#233;termin&#233;s &#224; construire une organisation ouverte en m&#234;me temps que r&#233;solument &#224; gauche, redevable &#224; ses membres et li&#233;e par ces quatre valeurs fondamentales : respect, ind&#233;pendance, socialisme et &#233;cologie &#8211; RISE.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Holyrood est le nom de l'&#233;difice du parlement national &#233;cossais, &#224; &#201;dimbourg. Westminster est celui du Royaume-Uni &#224; Londres.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;RISE est un acronyme pour &lt;a href=&#034;http://www.rise.scot/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Respect, Ind&#233;pendance, Socialisme et &#201;cologie&lt;/a&gt; (Environmentalism). On peut traduire le mot par &#171; Debout &#187;, comme le slogan de Qu&#233;bec solidaire en 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteure est militante &#233;cossaise et a visit&#233; le Qu&#233;bec en mai 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction et notes de Benoit Renaud.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Du mouvement social aux bureaux municipaux</title>
		<link>https://www.ababord.org/Du-mouvement-social-aux-bureaux</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Du-mouvement-social-aux-bureaux</guid>
		<dc:date>2016-07-06T16:07:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Montserrat Emperador Badimon</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Emperador Badimon, Montserrat</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En Espagne, les &#233;lections municipales de mai 2015 ont &#233;t&#233; celles du changement. Elles se sont traduites par l'arriv&#233;e &#224; la t&#234;te de Barcelone et de Madrid (parmi d'autres villes) de candidatures citoyennes. Ce nouveau municipalisme est port&#233; par des figures de proue des mobilisations li&#233;es aux Indign&#233;&#183;e&#183;s (mouvement du 15M). Avec la perspective que nous donnent les six mois &#233;coul&#233;s depuis l'investiture des nouvelles &#233;quipes municipales en juin, il est possible de se demander comment ces (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emperador-Badimon-Montserrat-+" rel="tag"&gt;Emperador Badimon, Montserrat&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2224.png?1642092181' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;565&#034; height=&#034;420&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En Espagne, les &#233;lections municipales de mai 2015 ont &#233;t&#233; celles du changement. Elles se sont traduites par l'arriv&#233;e &#224; la t&#234;te de Barcelone et de Madrid (parmi d'autres villes) de candidatures citoyennes. Ce nouveau municipalisme est port&#233; par des figures de proue des mobilisations li&#233;es aux Indign&#233;&#183;e&#183;s (mouvement du 15M). Avec la perspective que nous donnent les six mois &#233;coul&#233;s depuis l'investiture des nouvelles &#233;quipes municipales en juin, il est possible de se demander comment ces &#233;quipes vont affecter le devenir des mouvements sociaux dont elles sont issues.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ann&#233;e qui a pr&#233;c&#233;d&#233; les &#233;lections municipales a vu l'&#233;mergence d'initiatives de convergence, dont le but &#233;tait d'amener des citoyen&#183;ne&#183;s et des militant&#183;e&#183;s &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; un projet municipaliste alternatif. &#192; Barcelone, le r&#233;seau Guanyem Barcelona (Gagnons Barcelone) voit le jour en juin 2014 et, &#224; Madrid, Municipalia devient Ganemos Madrid (Gagnons Madrid) quelques jours apr&#232;s. Nul lien organique entre ces deux r&#233;seaux, qui ouvrent la voie &#224; d'autres initiatives de convergence dans d'autres villes espagnoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s des mois de processus participatifs &#224; l'&#233;chelle des quartiers, des candidatures formelles sont pr&#233;sent&#233;es. &#192; Barcelone, Guanyem Barcelona change de nom pour devenir Barcelona en Com&#250; (Barcelone en commun, BEC), dont la liste &#233;lectorale est compos&#233;e de militantes et militants associatifs et de membres de quelques partis de gauche (dont Podemos) et pr&#233;sid&#233;e par Ada Colau. Cette derni&#232;re est une militante extr&#234;mement populaire gr&#226;ce &#224; son statut de porte-parole de la Plateforme des personnes affect&#233;es par les hypoth&#232;ques (PAH), un acteur central de la lutte contre les expulsions de logement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce sujet Marcos Ancelovici, &#171; Sous les pav&#233;s, l'entraide &#187;, &#192; b&#226;bord (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; Madrid, la liste citoyenne porte le nom d'Ahora Madrid (Maintenant Madrid) et elle est le fruit d'un accord entre Ganemos Madrid et Podemos. La liste est pr&#233;sid&#233;e par Manuela Carmena, une juge retrait&#233;e connue par son militantisme antifranquiste et sa d&#233;nonciation de la corruption.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des projets et des obstacles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;g&#233;n&#233;ration d&#233;mocratique et l'ouverture de la politique municipale &#224; &#171; la rue &#187; sont le d&#233;nominateur commun de ces mairies. &#192; Barcelone, le programme de BEC met l'accent sur l'arr&#234;t des expulsions, la lutte contre la pauvret&#233; et le renversement du mod&#232;le touristique de masse promu par les &#233;quipes municipales ant&#233;rieures, qu'elles soient sociales-d&#233;mocrates ou d&#233;mocrates- chr&#233;tiennes. &#192; Madrid, Ahora Madrid propose la mise en place d'un audit de la dette publique, la remunicipalisation des services privatis&#233;s et l'arr&#234;t de grandes op&#233;rations d'am&#233;nagement urbain engag&#233;es par l'ancienne mairesse de droite et critiqu&#233;es par leur caract&#232;re sp&#233;culateur. Ces mairies connaissent de premi&#232;re main les revendications des mouvements sociaux, car la plupart des nouveaux conseillers municipaux en faisaient partie jusqu'&#224; r&#233;cemment. L'&#233;quipe de Colau impose rapidement des amendes &#224; des banques propri&#233;taires d'appartements vides et signe une d&#233;claration d'opposition au Partenariat transatlantique sur le commerce et l'investissement (PTCI). Enfin, Colau et Carmena ont lanc&#233; un r&#233;seau de villes refuges et se disent pr&#234;tes &#224; accueillir des r&#233;fugi&#233;s et &#224; fermer les Centres d'enfermement d'&#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, les militantes et militants associatifs ont d&#233;plor&#233; la lenteur de la mise en place de mesures effectives pour rendre la sant&#233; et les transports en commun plus accessibles dans les deux villes. Si un changement tr&#232;s visible s'est produit au niveau des formes et de la rh&#233;torique des nouvelles &#233;quipes municipales, les m&#233;canismes qui permettront aux mouvements sociaux et aux citoyen&#183;ne&#183;s de participer r&#233;ellement aux processus et aux d&#233;cisions les concernant ne sont pas encore &#233;tablis. Certains observateurs signalent que, malgr&#233; la bonne volont&#233; des mairesses, elles sont confront&#233;es aux contraintes de la gestion des int&#233;r&#234;ts contradictoires repr&#233;sent&#233;s par les partis de l'opposition pr&#233;sents dans le conseil muni&#173;cipal ainsi qu'&#224; l'influence de puissants groupes de pression (h&#244;telier, banquier, immobilier, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des administrations surveill&#233;es &#233;troitement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;fis auxquels les nouvelles mairies font face soul&#232;vent de nombreuses questions. Une qui para&#238;t centrale, vue la dynamique qui a donn&#233; naissance aux mairies du &#171; changement &#187;, concerne l'avenir des mouvements sociaux locaux qui ont propuls&#233; le nouveau municipalisme. La victoire des candidatures citoyennes a suppos&#233; un transfert de militants chevronn&#233;s de la rue aux bureaux municipaux. En 1978, &#224; l'occasion des premi&#232;res &#233;lections municipales postfranquistes, un ph&#233;nom&#232;ne semblable avait d&#233;j&#224; entra&#238;n&#233; la &#171; d&#233;capitation &#187; des mouvements urbains, piliers de la lutte antifranquiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, on peut d&#233;j&#224; remarquer l'affaiblissement de la pr&#233;sence m&#233;diatique de la PAH. N&#233;anmoins, l'attitude critique des mouvements sociaux, qui restent vigilants face aux agissements de leurs ancien&#183;ne&#183;s camarades de lutte, ne laisse pas pr&#233;sager de dynamique de cooptation ou de d&#233;mobilisation. &#192; titre d'exemple, l'approbation par le conseil municipal de Barcelone d'une motion contenant les recommandations de la PAH contre les expulsions est une illustration de la pression que les mouvements continuent &#224; exercer. Si le maintien de la tension dans la rue exige aux mouvements des efforts de mobilisation permanents, une nouvelle t&#226;che s'est ajout&#233;e depuis juin : celle de ne pas faire oublier aux nouvelles mairesses d'o&#249; elles viennent et pourquoi elles sont l&#224;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet Marcos Ancelovici, &#171; Sous les pav&#233;s, l'entraide &#187;, &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt;, no 59, avril-mai 2015. &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Sous-les-paves-l-entraide&#034;&gt;Disponible en ligne&lt;/a&gt;. NDLR.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteure est Barcelonaise et enseignante de science politique &#224; l'Universit&#233; Lyon 2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Marc-Olivier Vall&#233;e&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Perdre la bataille, gagner la guerre ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Perdre-la-bataille-gagner-la</link>
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		<dc:date>2016-07-06T16:02:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Caroline Brodeur</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Brodeur, Caroline</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 20 septembre dernier, le premier ministre grec Alexis Ts&#237;pras a gagn&#233; son troisi&#232;me pari politique en moins d'un an. Apr&#232;s les &#233;lections de janvier et le r&#233;f&#233;rendum de juillet, la population grecque a de nouveau d&#233;cid&#233; de remettre le pouvoir entre les mains d'un parti ayant fait volte-face. Syriza, qui s'&#233;tait &#224; l'origine fait &#233;lire pour ses politiques anti-aust&#233;rit&#233; et son agenda combatif, d&#233;crit en effet maintenant les mesu&#173;res impos&#233;es par le plan d'aide de la Tro&#239;ka comme un mal (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Europe-Peuples-en-" rel="directory"&gt;Dossier : Europe - Peuples en mouvement&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2223.png?1642092181' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;523&#034; height=&#034;381&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 20 septembre dernier, le premier ministre grec Alexis Ts&#237;pras a gagn&#233; son troisi&#232;me pari politique en moins d'un an. Apr&#232;s les &#233;lections de janvier et le r&#233;f&#233;rendum de juillet, la population grecque a de nouveau d&#233;cid&#233; de remettre le pouvoir entre les mains d'un parti ayant fait volte-face. Syriza, qui s'&#233;tait &#224; l'origine fait &#233;lire pour ses politiques anti-aust&#233;rit&#233; et son agenda combatif, d&#233;crit en effet maintenant les mesu&#173;res impos&#233;es par le plan d'aide de la Tro&#239;ka comme un mal n&#233;cessaire. Retour sur le jeu de pouvoir gr&#233;co-europ&#233;en.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;J'assume la responsabilit&#233; pour un texte auquel je ne crois pas, mais je le signe pour &#233;viter tout d&#233;sastre au pays.&lt;/i&gt; &#187; Cette d&#233;claration de Ts&#237;pras au moment du d&#233;clenchement des &#233;lections de cet automne s'est malheureusement av&#233;r&#233;e symptomatique de la campagne qui a suivi. Elle n'aura servi qu'&#224; expliquer aux &#233;lecteurs les raisons l'ayant pouss&#233; &#224; accepter &#8211; contrairement &#224; la volont&#233; exprim&#233;e lors du r&#233;f&#233;rendum &#8211; un plan de mesures d'urgence de 86 milliards d'euros ainsi qu'un troisi&#232;me programme d'ajustements structurels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut le dire : les derni&#232;res &#233;lections &#233;taient loin d'&#234;tre aussi enlevantes que celles de janvier pass&#233;. En septembre, l'espoir et la verve manquaient ; la participation &#233;lectorale s'en est ressentie, avec 650 000 &#233;lectrices&#183;teurs en moins par rapport au 25 janvier 2014. Les personnes qui se sont d&#233;plac&#233;es jusqu'aux urnes, elles, ont choisi d'endosser le &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les projets contraires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un changement important a pourtant eu lieu. Le parti Unit&#233; populaire, n&#233; d'une scission des forces les plus &#224; gauche de Syriza et s'opposant au plan d'&#171; aide &#187; impos&#233;, n'a pas trouv&#233; &#233;cho au sein de la population qu'il croyait pourtant servir. Aucun d&#233;put&#233; ne s'est fait &#233;lire, le parti n'ayant pas r&#233;colt&#233; les 3 % des voix n&#233;cessaires afin d'occuper un si&#232;ge au parlement. Leur programme anti-aust&#233;rit&#233; n'a pas &#233;t&#233; endoss&#233; par la population grecque, qui semble &#224; la fois d&#233;sillusionn&#233;e et soulag&#233;e de ne pas avoir &#224; subir les cons&#233;quences d'un Grexit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si sa reconduite au pouvoir lui a permis de consolider &#224; nouveau son sentiment de l&#233;gitimit&#233;, son agenda politique et social s'annonce toutefois parsem&#233; d'importants obstacles. La premi&#232;re communication Twitter de celui-ci lors de sa r&#233;&#233;lection l'illustre bien : &#171; &lt;i&gt;Devant nous s'ouvre la voie du travail et des luttes. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de quel genre de luttes parle-t-il ? Le premier ministre dit vouloir conjuguer les mesures aust&#233;ritaires &#171; n&#233;cessaires &#187; avec son projet de revitalisation de l'&#233;conomie grecque et sa plateforme gouvernementale ax&#233;e sur la justice sociale. Or, le travail requis semble gigantesque pour une formation politique dot&#233;e de moyens pour le moins limit&#233;s. Avec le ch&#244;mage end&#233;mique et les probl&#232;mes sociaux d'une part, le poids des remboursements de la dette de l'autre, la marge de man&#339;uvre s'annonce infiniment mince. Avec de nouvelles rondes de r&#233;formes &#224; pr&#233;voir, comment le gouvernement Ts&#237;pras fera-t-il pour &#233;pargner au mieux la population grecque ? Une population qui subit de plein fouet les politiques aust&#233;ritaires depuis 2010. La hausse du taux de mortalit&#233; infantile, du taux de suicide ainsi que du taux d'infection au VIH ne sont que de tristes exemples des graves probl&#232;mes auxquels le gouvernement syrizien devra s'attaquer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une dette difficile &#224; n&#233;gocier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les membres de la Tro&#239;ka avaient pr&#233;dit, lors de leur premi&#232;re intervention en 2010, que leur b&#233;n&#233;ficiaire arriverait &#224; se refinancer elle-m&#234;me d&#232;s 2012. Il s'est plut&#244;t av&#233;r&#233; que deux plans d'aide n'ont pas suffi pour atteindre cet objectif : la dette souveraine grecque n'est toujours pas &#8211; six ans apr&#232;s les premiers fonds d'urgence &#8211; viable et la Gr&#232;ce n'arrive pas &#224; contracter de nouveaux pr&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la dette n'a cess&#233; d'augmenter et l'on note que ses cr&#233;anciers &#8211; la France, la Banque centrale europ&#233;enne et l'Allemagne &#8211; auraient empoch&#233; des milliards d'euros de profits depuis le d&#233;but de la crise. Les cr&#233;anciers ont &#233;galement promis au gouvernement en place une r&#233;ouverture des n&#233;gociations de la dette souveraine d&#232;s que ce dernier enregistrerait un exc&#233;dent. Or, lorsque la Gr&#232;ce a r&#233;ussi l'exercice en 2014, l'Europe lui a fait d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est donc pas la premi&#232;re fois que l'Europe manque &#224; ses promesses. Avec le refus des dirigeant&#183;e&#183;s europ&#233;en&#183;ne&#183;s de ren&#233;gocier la dette en juillet dernier, alors qu'ils avaient promis de le faire un an auparavant, le contexte ne s'annonce pas n&#233;cessairement plus favorable politiquement depuis la capitulation d'Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si en octobre, Ts&#237;pras a su faire approuver ses premi&#232;res mesures de r&#233;formes, il lui reste tout de m&#234;me &#224; gagner un pouvoir de levier en vue d'&#233;ventuelles n&#233;gociations. Prise dans une spirale d'endettement, une difficult&#233; &#224; se financer et des tensions politiques avec ses principaux cr&#233;anciers, la Gr&#232;ce n'arrivera pas seule &#224; r&#233;former et combattre les in&#233;galit&#233;s inh&#233;rentes au fonctionnement actuel de l'Union europ&#233;enne, nous semble-t-il. Il est ainsi imp&#233;ratif que les formations politiques similaires et sympathisantes s'unissent si celles-ci d&#233;sirent former un contrepoids &#224; la Tro&#239;ka et aux diktats que font subir les march&#233;s &#224; la dette souveraine des pays du sud de l'Europe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Yannick Delbecque&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>L'Europe et nous</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-Europe-et-nous</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-Europe-et-nous</guid>
		<dc:date>2016-07-06T15:57:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il est bien connu que les Qu&#233;b&#233;cois&#183;es sont un peu Europ&#233;en&#183;ne&#183;s par l'origine et la culture, et Am&#233;ricain&#183;e&#183;s par leur appartenance g&#233;ographique. De ces deux identit&#233;s, la secon&#173;de semble souvent l'emporter. Ce qui se d&#233;roule sur le continent europ&#233;en para&#238;t souvent lointain et peu reli&#233; &#224; notre r&#233;alit&#233;. Dans notre d&#233;sir de nous cr&#233;er de nouvelles attaches, nos regards se tournent plut&#244;t vers les pays &#233;mergents, en Asie, en Afrique ou en Am&#233;rique du Sud, plut&#244;t que vers la vieille Europe. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mondialisation-AGCS-PSP-FMI-OMC-BM-+" rel="tag"&gt;Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2222.png?1642092180' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;229&#034; height=&#034;336&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il est bien connu que les Qu&#233;b&#233;cois&#183;es sont un peu Europ&#233;en&#183;ne&#183;s par l'origine et la culture, et Am&#233;ricain&#183;e&#183;s par leur appartenance g&#233;ographique. De ces deux identit&#233;s, la secon&#173;de semble souvent l'emporter. Ce qui se d&#233;roule sur le continent europ&#233;en para&#238;t souvent lointain et peu reli&#233; &#224; notre r&#233;alit&#233;. Dans notre d&#233;sir de nous cr&#233;er de nouvelles attaches, nos regards se tournent plut&#244;t vers les pays &#233;mergents, en Asie, en Afrique ou en Am&#233;rique du Sud, plut&#244;t que vers la vieille Europe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pourtant, les d&#233;chirements de l'Europe actu&#173;elle, loin d'&#234;tre rel&#233;gu&#233;s &#224; de l'histoire ancienne, annoncent ce qui nous attend non seulement en Am&#233;rique du Nord, mais aussi ailleurs dans le monde. L'Union europ&#233;enne (UE) semble &#234;tre prisonni&#232;re de ses institutions, engonc&#233;es dans une vision &#224; la fois rigide et ultra&#173;lib&#233;rale de l'&#233;conomie. Dans un m&#234;me temps cependant, de fortes r&#233;sistances et une grande volont&#233; de transiter vers des modes de d&#233;veloppement moins nocifs pour l'environnement restent pour plusieurs une source d'inspiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre le libre-&#233;change y est particuli&#232;rement vive. Les diff&#233;rents accords n&#233;goci&#233;s par l'UE sont analys&#233;s, d&#233;battus et tr&#232;s souvent d&#233;nonc&#233;s. Le m&#233;canisme de r&#232;glement des diff&#233;rends, qui permet aux entreprises de poursuivre les &#201;tats par le biais de tribunaux d'arbitrage priv&#233;s, reste au c&#339;ur des d&#233;bats. Le seul cas de la compagnie Vattenfall, qui poursuit l'Allemagne parce qu'elle a renonc&#233; &#224; l'exploitation de l'&#233;nergie nucl&#233;aire, en a convaincu plusieurs des dangers d'un pareil m&#233;canisme. Les Europ&#233;en&#183;ne&#183;s d&#233;non&#173;cent &#233;galement, dans ces accords, le manque de transparence des n&#233;gociations, un d&#233;man&#173;t&#232;lement des services publics (d&#233;j&#224; consid&#233;rablement amorc&#233;) et un affaiblissement des normes sanitaires et phytosanitaires, notamment dans l'alimentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;sistance a culmin&#233; derni&#232;rement avec une p&#233;tition de plus de 3 millions de signatures deman&#173;dant l'arr&#234;t des n&#233;gociations des trait&#233;s commerciaux par la Commission euro&#173;p&#233;enne, plus sp&#233;cifiquement ceux avec le Canada et les &#201;tats-Unis. Le 10 octobre, 250 000 personnes ont manifest&#233; &#224; Berlin contre ces accords. Ces puissantes d&#233;monstrations contrastent fortement avec l'inertie et l'indiff&#233;rence de la population du Qu&#233;bec et du Canada devant des accords qui nous menacent tout autant, et que les m&#233;dias ont trop souvent ramen&#233;s &#224; la seule question de la gestion de l'offre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'avenir vert&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le lien entre le libre-&#233;change et la protection de l'environnement, si mal compris ici, est un enjeu souvent rappel&#233; par les militantes et militants europ&#233;ens. Tant le Canada que l'Europe ont subi les cons&#233;quences d'ententes qui ont emp&#234;&#173;ch&#233; la mise en place de mesures importantes pour prot&#233;ger l'environnement. L'Ontario, par exemple, a subi une poursuite de l'Union europ&#233;enne &#224; l'OMC parce que sa politique d'achat d'&#233;nergie verte &#224; des taux sup&#233;rieurs au march&#233; incluait aussi des exigences de contenu local pour l'&#233;quipement et la main-d'&#339;uvre. En revanche, le Canada, par un lobbying tr&#232;s intensif, a fait tomber une directive de l'UE sur la qualit&#233; du carburant, qui rendait quasiment inexportable sur le continent le p&#233;trole des sables bitumineux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces deux cas, les pertes pour l'environnement sont consid&#233;rables. De nombreux Europ&#233;en&#183;ne&#183;s ont tir&#233; la le&#231;on qui s'impose, alors qu'au Qu&#233;bec, on semble difficilement comprendre que la transition &#233;nerg&#233;tique ne pourra pas s'accomplir si on continue &#224; donner &#224; de grandes entreprises le pouvoir d'influencer comme elles le veulent les r&#233;glementations qui les concernent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe est s&#251;rement le continent le mieux plac&#233; pour entreprendre une v&#233;ritable transition &#233;cologique. La multiplication des &#233;oliennes et le recours toujours plus grand &#224; l'&#233;nergie solaire dans plusieurs pays montrent que le virage est bel et bien entrepris.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les maux de la d&#233;mocratie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les changements majeurs souhait&#233;s ne pourront s'effectuer sans une r&#233;forme majeure de la d&#233;mocratie. &#192; cet &#233;gard, l'Europe se signale &#224; la fois par son audace, sa volont&#233; d'exp&#233;rimenter les variations les plus complexes de ce syst&#232;me, tout en se donnant paradoxalement la possibilit&#233; de le r&#233;duire &#224; presque rien. En comparaison, notre mode de scrutin uninominal &#224; un tour para&#238;t d'un monolithisme d'une autre &#233;poque et d'un manque de souplesse sid&#233;rant. Cette raideur a d'ailleurs min&#233; toute tentative de transformation, comme si la faible repr&#233;sentativit&#233; des diverses orientations politiques bloquait au d&#233;part la volon&#173;t&#233; de changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syst&#232;mes de repr&#233;sentation proportionnelle europ&#233;ens permettent l'existence d'un v&#233;ritable kal&#233;idoscope politique et donnent la possibilit&#233; aux mouvements les plus divers, jusqu'aux plus radicaux, de trouver des porte-parole. Mais les &#233;lu&#183;e&#183;s se trouvent cadenass&#233;s &#224; un niveau sup&#233;rieur par les trait&#233;s europ&#233;ens et les technocrates qui les appliquent, comme on a pu le constater avec l'assujettissement brutal de Syriza en Gr&#232;ce. Entre les consensus mous qui sont l'&#226;me de notre syst&#232;me politique et la diversit&#233; sous un strict contr&#244;le du mod&#232;le europ&#233;en, on a l'impression de se retrouver malgr&#233; tout sur les m&#234;mes cases, entre autres, &#224; subir une aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire d&#233;ci&#173;d&#233;e envers et contre les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ses failles, et m&#234;me si l'axe &#233;conomique se d&#233;place de plus en plus vers l'Asie, en d&#233;pit de l'incessante domination &#233;tatsunienne, l'Europe reste un lieu de d&#233;bats et d'exp&#233;rimentations enco&#173;re trop important pour que l'on cesse d'y braquer r&#233;guli&#232;rement le regard.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Fresque des piliers de Qu&#233;bec. petitelilou.files.wordpress.com&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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