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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>La question des alliances</title>
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		<dc:date>2015-12-11T03:17:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Beaucage</dc:creator>


		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Beaucage, Pierre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En ce qui concerne les mouvements autochtones d'Am&#233;rique latine, depuis deux d&#233;cennies, les dynamiques nationales ont pris le pas sur les tendances globales qui avaient caract&#233;ris&#233; la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente, marqu&#233;e par les contre-c&#233;l&#233;brations du cinqui&#232;me centenaire de la &#171; d&#233;couverte &#187; (sic) de l'Am&#233;rique ; pour la premi&#232;re fois, des repr&#233;sentants des peuples des hauts plateaux purent &#233;changer avec ceux de la for&#234;t amazonienne ou de la prairie canadienne. La question des alliances politiques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Nouvelles-resistances-" rel="directory"&gt;Dossier : Nouvelles r&#233;sistances, nouvelles voies d'&#233;mancipation&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Beaucage-Pierre-+" rel="tag"&gt;Beaucage, Pierre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2106.png?1642092172' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;720&#034; height=&#034;407&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En ce qui concerne les mouvements autochtones d'Am&#233;rique latine, depuis deux d&#233;cennies, les dynamiques nationales ont pris le pas sur les tendances globales qui avaient caract&#233;ris&#233; la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente, marqu&#233;e par les contre-c&#233;l&#233;brations du cinqui&#232;me centenaire de la &#171; d&#233;couverte &#187; (sic) de l'Am&#233;rique ; pour la premi&#232;re fois, des repr&#233;sentants des peuples des hauts plateaux purent &#233;changer avec ceux de la for&#234;t amazonienne ou de la prairie canadienne. La question des alliances politiques s'est progressivement impos&#233;e comme nous le verrons dans ce survol de la situation en Bolivie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;i&gt;Collas, cambas&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;cocaleros &lt;/i&gt; : comment d&#233;passer les contradictions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Bolivie est le seul pays d'Am&#233;rique latine o&#249; une majorit&#233; de la population se r&#233;clame d'une ascendante autochtone : quatre millions d'Aymaras et de Quechuas partagent l'identit&#233;&lt;i&gt; colla&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; l'arriv&#233;e des Espagnols, l'ouest et le centre de la Bolivie actuelle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tandis que des dizaines de groupes &lt;i&gt;cambas&lt;/i&gt; sont &#233;parpill&#233;s dans les for&#234;ts et les savanes de l'est (les Guaranis &#233;tant les plus nombreux et les mieux organis&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1952, la r&#233;forme agraire d&#233;cr&#233;t&#233;e par le Mouvement national r&#233;volutionnaire (MNR) r&#233;partit les terres des grands domaines entre des dizaines de milliers de paysans am&#233;rindiens. Cependant, ces mesures n'entra&#238;n&#232;rent pas le d&#233;veloppement &#233;conomique souhait&#233;. Il s'ensuivit une alternance de r&#233;gimes d&#233;mocratiques fragiles et de dictatures militaires, r&#233;guli&#232;rement contest&#233;es par un puissant mouvement populaire. La situation &#233;conomique g&#233;n&#233;rale ne cessa de se d&#233;grader avec le d&#233;clin des mines d'&#233;tain et le pays connut une inflation galopante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1985, le MNR revint au pouvoir, cette fois avec un programme n&#233;olib&#233;ral. Il privatisa et ferma les mines, liquidant pratiquement le mouvement ouvrier. Une grave crise agricole toucha les hautes terres. Les anciens mineurs et les paysans ruin&#233;s &#233;migr&#232;rent massivement vers les basses terres de l'est. Face &#224; la pouss&#233;e migratoire, les Guaranis s'alli&#232;rent &#224; d'autres groupes pour former la Conf&#233;d&#233;ration autochtone de l'Est bolivien (CIDOB). Une autre organisation, le Mouvement&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;volutionnaire Tupac Katari (MRTK), surtout pr&#233;sent chez les jeunes Aymaras, sera r&#233;cup&#233;r&#233;e par les partis traditionnels ; un de ses dirigeants, Victor Hugo C&#225;rdenas, devint m&#234;me vice-pr&#233;sident dans les ann&#233;es 1990. La production croissante de coca&#239;ne dans les vall&#233;es est alors tol&#233;r&#233;e par les &#201;tats-Unis, car elle permet au pays d'&#233;viter la faillite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la stabilisation &#233;conomique, dans les ann&#233;es 1990, sous S&#225;nchez de Lozada, le pays devint un laboratoire d'essai pour les politiques n&#233;olib&#233;rales : multiculturalisme et d&#233;centralisation administrative &#233;taient &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les &#171; trois guerres &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &lt;i&gt;La &#171; guerre de la coca &#187; (1985-1990)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'ordre donn&#233; par l'administration Reagan de d&#233;truire les plantations de coca, les&lt;i&gt; cocaleros&lt;/i&gt; de la vall&#233;e du Chapare s'organisent et r&#233;sistent. Un leader surgit : Evo Morales. Victorieux, ils obtiennent le droit pour chaque famille de cultiver un&lt;i&gt; qato&lt;/i&gt; (1 600 m2) de cette culture traditionnelle de la r&#233;gion. Dans les ann&#233;es 1990, les &lt;i&gt;cocaleros &lt;/i&gt; se rapprochent de la CIDOB, qui leur explique le sens de sa lutte pour le territoire. Le m&#234;me rapprochement a lieu avec la Conf&#233;d&#233;ration syndicale unique des travailleurs de la campagne de Bolivie (CSUTCB), organisation paysanne que dirige Felipe Quispe, un Aymara, ancien du MRTK. Les&lt;i&gt; cocaleros &lt;/i&gt; &#171; s'am&#233;rindianisent &#187; et les autochtones se familiarisent en retour avec les luttes paysannes. De leur alliance na&#238;tra le Mouvement au socialisme (MAS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &lt;i&gt;La &#171; guerre de l'eau &#187; &#224; Cochabamba (1999-2000)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement d&#233;cide d'y privatiser l'eau. Devant les tarifs qui triplent, les usag&#232;res et usagers, regroup&#233;s dans le Front pour la d&#233;fense de l'eau et de la vie, organisent une riposte vigoureuse, avec l'aide des &lt;i&gt;cocaleros&lt;/i&gt;. Le MAS acquiert de l'exp&#233;rience en milieu populaire urbain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &lt;i&gt;La &#171; guerre du gaz &#187; &#224; La Paz (2003)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident Gonzalo S&#225;nchez de Lozada annonce qu'on va exploiter les gisements de gaz de l'est du pays&#8230; et exporter le gaz liqu&#233;fi&#233; aux &#201;tats-Unis, en passant par le Chili. Les protestations sont violemment r&#233;prim&#233;es par la police, ce qui ne fait que les amplifier : le pr&#233;sident d&#233;missionne et le gouvernement int&#233;rimaire organise des &#233;lections pour 2006.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le gouvernement du MAS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le MAS gagne ces &#233;lections. Il faudra trois ans de d&#233;bats, souvent houleux, pour adopter la nouvelle constitution qui recherche un &#233;quilibre entre un centralisme politique et un double niveau d'autonomie : celle des peuples autochtones, d'une part, celle des r&#233;gions, d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nationalisation partielle (51 %) des entreprises p&#233;troli&#232;res et gazi&#232;res, dans un contexte de prix &#233;lev&#233;s (jusqu'&#224; l'&#233;t&#233; 2014), a assur&#233; &#224; l'&#201;tat des revenus consid&#233;rables. Ils ont &#233;t&#233; investis dans l'am&#233;lioration des services publics et des infrastructures et partag&#233;s avec les administrations locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les autonomies autochtones, si le principe est clair, la mise en &#339;uvre s'est av&#233;r&#233;e compliqu&#233;e. En plus du long processus bureaucratique requis, les conceptions varient d'un groupe &#224; l'autre. Sur le haut plateau, Quechuas et Aymaras sont souvent satisfaits d'une autonomie municipale. Dans les basses terres de l'est, certains se plaignent : &#171; &lt;i&gt;&#192; quoi servent les autonomies si on n'a rien r&#233;cup&#233;r&#233; de nos territoires ? On nous donne ce qui reste&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nouveaux clivages entre les Autochtones des basses terres et le nouveau pouvoir &#224; La Paz sont apparus avec le projet de construction d'une route qui relierait Cochabamba au d&#233;partement amazonien de Beni. Elle doit traverser une vaste for&#234;t, le Territoire autochtone Parc Naturel Isiboro S&#233;cure (TIPNIS), o&#249; se trouvent 64 communaut&#233;s qui appartiennent &#224; trois groupes am&#233;rindiens. Apr&#232;s avoir r&#233;prim&#233; durement, en septembre 2012, une marche de protestation des villageois&#183;es, le gouvernement central finit par c&#233;der et retire son projet de route. Quand &#171; leur &#187; gouvernement refuse de les entendre, les organisations am&#233;rindiennes utilisent ainsi les m&#234;mes outils de lutte (blocus, marches sur la capitale) que face au r&#233;gime pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un bilan contrast&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; plusieurs &#233;gards, l'exp&#233;rience bolivienne s'av&#232;re positive. Apr&#232;s l'&#233;chec du MRTK, qui mobilisait selon des lignes ethniques, le mouvement autochtone bolivien a d&#233;velopp&#233; une strat&#233;gie d'alliances qui ont permis la convergence de la CIDOB (peuples am&#233;rindiens des basses terres) et de la CSUTCB (paysans aymaras et quechuas du haut plateau) avec la paysannerie pluriethnique des planteurs de coca et les habitants des quartiers pauvres des villes. Au-del&#224; du rapprochement avec des groupes aux int&#233;r&#234;ts similaires, les revendications autochtones &#233;taient int&#233;gr&#233;es au mouvement plus g&#233;n&#233;ral comme lors de la &#171; guerre de l'eau &#187; et de la &#171; guerre du gaz &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le MAS est pass&#233; de l'opposition &#224; l'exercice du pouvoir, l'&#233;quilibre entre les int&#233;r&#234;ts des divers secteurs est devenu plus difficile &#224; maintenir, comme l'a montr&#233; le conflit du TIPNIS. Face &#224; la mobilisation des Autochtones de la for&#234;t, auxquels s'&#233;taient jointes des organisations aymaras du haut plateau, le gouvernement d'Evo Morales a d&#251; c&#233;der. Bien que les canaux de ce pouvoir soient encore largement informels, ce qui laisse la porte ouverte &#224; l'arbitraire, il se d&#233;gage de l'examen de ce premier gouvernement autochtone une image tr&#232;s diff&#233;rente de celle du &#171; totalitarisme de gauche &#187; brandie par certains. Toutefois, un de ses d&#233;fis sera de trouver assez rapidement une alternative &#224; la politique &#171; extractive &#187; qui laisse l'&#201;tat et la population bolivienne &#224; la merci des fluctuations des prix des mati&#232;res premi&#232;res.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; l'arriv&#233;e des Espagnols, l'ouest et le centre de la Bolivie actuelle formaient le Kollasuyo, la r&#233;gion sud de l'Empire inca. Les peuples des basses terres de l'est &#233;taient autonomes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : books.lardbucket.org&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nouvelles perspectives d'agitation contre l'aust&#233;rit&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Nouvelles-perspectives-d-agitation</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Nouvelles-perspectives-d-agitation</guid>
		<dc:date>2015-12-11T02:48:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laure Blais, &#201;lie Dion</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>Blais, Laure</dc:subject>
		<dc:subject>Dion, &#201;lie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Vraiment, qu'y a-t-il de nouveau dans les formes de mobilisation qui se d&#233;ploient depuis 2014 ? &#192; partir de Montr&#233;al, nous exposerons quelques aventures de r&#233;seautage et les espoirs d&#233;&#231;us qui s'en sont suivis. Tout en pr&#233;sentant une cartographie &#233;clectique de ce qui bouge, a boug&#233; ou bougera, nous insisterons sur le syndicalisme strat&#233;gique, lequel nous para&#238;t un peu nouveau. Nous parlerons surtout du point de vue de l'enseignement sup&#233;rieur. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans une perspective radicale (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Nouvelles-resistances-" rel="directory"&gt;Dossier : Nouvelles r&#233;sistances, nouvelles voies d'&#233;mancipation&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Blais-Laure-+" rel="tag"&gt;Blais, Laure&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Dion-Elie-+" rel="tag"&gt;Dion, &#201;lie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2103.png?1642092172' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;504&#034; height=&#034;272&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vraiment, qu'y a-t-il de nouveau dans les formes de mobilisation qui se d&#233;ploient depuis 2014 ? &#192; partir de Montr&#233;al, nous exposerons quelques aventures de r&#233;seautage et les espoirs d&#233;&#231;us qui s'en sont suivis. Tout en pr&#233;sentant une cartographie &#233;clectique de ce qui bouge, a boug&#233; ou bougera, nous insisterons sur le syndicalisme strat&#233;gique, lequel nous para&#238;t un peu nouveau. Nous parlerons surtout du point de vue de l'enseignement sup&#233;rieur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans une perspective radicale (anticapitaliste), le Comit&#233; d'action solidaire contre l'aust&#233;rit&#233; (CASA) a cherch&#233;, depuis l'hiver 2014, &#224; mousser la r&#233;sistance. Constitu&#233; de militant&#183;e&#183;s de divers groupes de d&#233;fense des droits jouissant de leurs propres r&#233;seaux de membres, ce Comit&#233; a donn&#233; le ton de ce qui allait suivre. Celui-ci s'articulait autour d'assembl&#233;es publiques &#8211; lesquelles permettent &#224; la fois une analyse de la situation et des groupes mobilis&#233;s &#8211;, d'appels &#224; des manifestations et de r&#233;seautage qui se voulait pancanadien. Il semble que le Comit&#233; sera finalement dissous dans les groupes qui en formaient la base. Assur&#233;ment, les travailleurs&#183;euses immigrant&#183;e&#183;s, les ch&#244;meuses&#183;eurs, les &#233;colos, les artistes engag&#233;&#183;e&#183;s et les syndicalistes d&#233;saffili&#233;&#183;e&#183;s de l'IWW (Industrial Workers of the World) continueront de se conna&#238;tre, de se reconna&#238;tre et de faire appel les unes aux autres, ne serait-ce que pour se transmettre de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'endettement &#233;tudiant jusqu'&#224; la mort, le travail structure nos existences. C'est de cette &#233;vidence, trop souvent oubli&#233;e, que d&#233;coule le syndicalisme strat&#233;gique. L'analyse qui suit vaut aussi pour les associations &#233;tudiantes, lesquelles partagent avec les syndicats de travailleurs&#183;euses l'esprit de la formule Rand (l'adh&#233;sion &#171; automatique &#187; et le paiement d'une cotisation), les moyens financiers, le membership captif et le semblant de l&#233;gitimit&#233; des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Contrer le ronron syndical&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes nombreux ; nos r&#233;seaux, nos partages d'exp&#233;rience s'enracinent dans quelques d&#233;cennies de luttes. Nous nous connaissons, souvent depuis les premi&#232;res mobilisations &#233;tudiantes. Des ann&#233;es plus tard, il arrive que nous nous recroisions dans les r&#233;unions syndicales et populaires ou dans les grands rassemblements (les forums sociaux, par exemple), &#224; titre d'&#233;lu&#183;e&#183;s ou de d&#233;l&#233;gu&#233;&#183;e&#183;s, repr&#233;sentant&#183;e&#183;s officiel&#183;le&#183;s de nos organisations respectives. Y allons-nous oblig&#233;s ou nos convictions ont-elles chang&#233; ? Sommes-nous encore port&#233;s par l'id&#233;e de &#171; la &#187; r&#233;volution ? Nous sommes le mouvement, mais nous le travestissons de nos mandats officiels, lesquels participent du ronron l&#233;nifiant de la dissolution de nos forces. Nos jobs et nos bonnes positions n'illusionnent personne. Si nos luttes tombent &#224; plat, n'est-ce pas en raison de nos faire accroire accumul&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicalisme strat&#233;gique fait le pari inverse. Il pr&#233;tend &#224; la possibilit&#233; d'utiliser les forces des organisations syndicales et associatives pour alimenter un contre-pouvoir, &#224; l'int&#233;rieur, et pointant en direction de la soci&#233;t&#233;. Les militant&#183;e&#183;s esseul&#233;s dans leur propre structure se retrouvent par le biais d'assembl&#233;es publiques. C'est le cas d'Offensive syndicale (OS). Ses affinitaires partagent leur r&#233;alit&#233;, leurs analyses, mettent en commun leur radicalisme. Pourtant, OS s'est av&#233;r&#233;e impuissante. D&#233;bord&#233;e par un calendrier de n&#233;gociation (le Front commun), en vacances, sans direction strat&#233;gique, finalement d&#233;nu&#233;e de strat&#233;gie offensive, la tentative sera finalement morte au feuilleton. Entre-temps, nous nous sommes connu&#183;e&#183;s et reconnu&#183;e&#183;s. Le printemps dira si nous sommes partout et si nous avons r&#233;ussi, dans chaque organisation, &#224; infiltrer les structures &#224; partir de la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi le pari qu'a fait le mouvement Printemps 2015 : qu'&#224; partir des possibilit&#233;s plus spontan&#233;es du mouvement &#233;tudiant, l'agitation contamine les autres milieux. En se donnant pour objectif de rassembler &#233;tudiant&#183;e&#183;s, travailleurs&#183;euses et sans-emploi autour de comit&#233;s d'organisation intersectoriels, sectoriels et locaux, l'organisation des luttes contre l'aust&#233;rit&#233; et les hydrocarbures pouvait &#234;tre orchestr&#233;e sous une banni&#232;re commune &#224; l'ext&#233;rieur des structures organisationnelles traditionnelles. L'initiative visait aussi &#224; assurer le relais d'actions politiques dans des r&#233;seaux jusqu'ici imperm&#233;ables &#224; une ouverture intersyndicale d&#233;passant le concertationnisme des t&#234;tes dirigeantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cinq mois d'activit&#233;, il faut constater l'incapacit&#233; du mouvement &#224; soutenir une implication r&#233;guli&#232;re des travailleurs&#183;euses, imputable entre autres au temps d'implication politique laiss&#233; disponible par le travail salari&#233;. Bien qu'il ait particip&#233; &#224; la construction de nouvelles solidarit&#233;s, Printemps 2015 demeure un mouvement organis&#233; essentiellement par le milieu &#233;tudiant. Il a r&#233;ussi, non sans certaines transformations, &#224; coaliser diff&#233;rentes luttes (&#233;cologiques, sociales, syndicales) et &#224; permettre une coordination du milieu &#233;tudiant avec d'autres secteurs de la soci&#233;t&#233; au sein de structures flexibles et horizontales de type affinitaire. En se donnant pour projet la construction d'un mouvement de masse contre l'aust&#233;rit&#233; et les hydrocarbures dans une fen&#234;tre temporelle d&#233;termin&#233;e, Printemps 2015 rencontre un engouement populaire et trouve aujourd'hui encore un nombre consid&#233;rable de membres actifs dans plusieurs comit&#233;s principalement r&#233;gionaux ou locaux dans le milieu de l'enseignement sup&#233;rieur. Ce mode d'organisation a jusqu'ici &#233;t&#233; capable d'influer les orientations du mouvement &#233;tudiant. L'effet d'un tel syndicalisme strat&#233;gique sur les mouvements &#233;cologique, syndical et communautaire reste toutefois incertain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;chec d'une r&#233;elle plateforme d'organisation intersectorielle n'indique pas l'&#233;puisement de ce mode d'organisation. Le regroupement Profs contre la hausse (PCLH), ayant vu le jour au c&#339;ur de la gr&#232;ve &#233;tudiante de 2012, s'est remis en fonction au d&#233;but de l'ann&#233;e 2015. Actifs dans leur syndicat local, les membres de PCLH s'organisent &#224; l'int&#233;rieur de comit&#233;s visant &#224; mettre sur pied diverses initiatives communes. PCLH partage avec Printemps 2015 l'horizon et l'urgence des luttes &#224; mener qu'ils inscrivent comme participation active aux actions syndicales, &#233;tudiantes ou citoyennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que nos forces se consument en r&#233;action d&#233;fensive contre les attaques judiciaires et les attaques &#224; la r&#233;putation politique, nous peinons r&#233;ellement &#224; r&#233;inventer nos offensives et nos coalitions. Nous avons encore &#224; trouver le moyen de transmettre les savoir-faire qui s'acqui&#232;rent alors que chaque nouvelle rentr&#233;e scolaire apporte son lot de nouvelles et nouveaux militant&#183;e&#183;s. Nous avons surtout &#224; &#233;difier les bases mat&#233;rielles de nos mouvements, alors que la simple survie devient de plus en plus p&#233;nible, fatigante et on&#233;reuse. Nous devons finalement parvenir &#224; d&#233;jouer les nouvelles formes de pouvoir, tentaculaires, spectaculaires, r&#233;cup&#233;ratrices et fa&#231;onn&#233;es de novlangue. Somme toute, il semble que le v&#233;ritable d&#233;fi de nos convictions, celui d'inventer de nouvelles formes d'organisation, d'action et de vie ne peut &#234;tre relev&#233; que par une v&#233;ritable pr&#233;paration de nos secteurs d'activit&#233;, au fil des tentatives r&#233;ussies et &#233;chou&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : R&#233;mi Leroux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Militantismes et engagement politique &#224; l'&#232;re du num&#233;rique</title>
		<link>https://www.ababord.org/Militantismes-et-engagement</link>
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		<dc:date>2015-12-11T02:35:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge Proulx</dc:creator>


		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>Proulx, Serge</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le cyberactivisme contemporain s'enracine dans ces mouvements qui, au d&#233;but des ann&#233;es 1970, cherch&#232;rent &#224; politiser le ph&#233;nom&#232;ne des t&#233;l&#233;visions communautaires afin qu'elles deviennent v&#233;ritablement citoyennes, de m&#234;me que dans les initiatives ayant fait &#233;merger des connexions nouvelles entre les dimensions locale et globale des luttes sociopolitiques des activistes s'appuyant sur les m&#233;dias et les outils num&#233;riques. &lt;br class='autobr' /&gt; De nouveaux militantismes &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'occasion d'une analyse men&#233;e en 2011 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Proulx-Serge-+" rel="tag"&gt;Proulx, Serge&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2099.png?1642092172' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;354&#034; height=&#034;360&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le cyberactivisme contemporain&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cet article est un extrait remani&#233; du texte de la conf&#233;rence d'ouverture (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; s'enracine dans ces mouvements qui, au d&#233;but des ann&#233;es 1970, cherch&#232;rent &#224; politiser le ph&#233;nom&#232;ne des t&#233;l&#233;visions communautaires afin qu'elles deviennent v&#233;ritablement citoyennes, de m&#234;me que dans les initiatives ayant fait &#233;merger des connexions nouvelles entre les dimensions locale et globale des luttes sociopolitiques des activistes s'appuyant sur les m&#233;dias et les outils num&#233;riques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De nouveaux militantismes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion d'une analyse men&#233;e en 2011 avec Anne Goldenberg, nous avons mis en relief trois formes de militantisme &#224; l'&#339;uvre au Qu&#233;bec dans ce nouveau contexte. Un premier type oriente ses actions vers un acc&#232;s &#233;largi des milieux communautaires et populaires aux technologies de l'information et de la communication (TIC). Issu&#183;e&#183;s du milieu associatif, des militant&#183;e&#183;s s'assurent que le plus grand nombre puisse utiliser ces technologies, les comprendre, les ma&#238;triser, tout en se maintenant &#224; distance des logiques commerciales sous-jacentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un second type fait plus directement usage des m&#233;dias dans la promotion de ses actions. Ces militant&#183;e&#183;s ont appris progressivement &#224; reconsid&#233;rer leurs rapports aux TIC et proposent eux-m&#234;mes des pistes pour penser le sens des actions qu'ils r&#233;alisent. D&#233;non&#231;ant le contr&#244;le croissant des conglom&#233;rats priv&#233;s sur l'ensemble des m&#233;dias qu&#233;b&#233;cois, des initiatives ont &#233;merg&#233; pour fournir une alternative de qualit&#233;, port&#233;es soit par des journalistes citoyen&#183;ne&#183;s, soit par des journalistes professionnel&#183;le&#183;s lib&#233;r&#233;&#183;e&#183;s de leurs contraintes habituelles. Face &#224; l'invasion publicitaire, des activistes s'organisent pour subvertir les messages publicitaires et les strat&#233;gies marketing qui dominent la sc&#232;ne publique (d&#233;tournement symbolique et subversion des affiches).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un troisi&#232;me type s'attaque directement &#224; la conception et &#224; la propri&#233;t&#233; des dispositifs communicationnels. Ces groupes proprement &#171; activistes de la technique &#187; revendiquent un droit de regard et d'intervention sur la conception et le fonctionnement des dispositifs sociotechniques qui nous entourent. Ils militent &#224; la fois pour la production de dispositifs au code librement accessible, pour la mise &#224; disposition de biens communs informationnels et pour un libre acc&#232;s aux connaissances contenues dans des bases de donn&#233;es ouvertes (&lt;i&gt;open data&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces nouveaux militantismes t&#233;moignent, &#224; l'&#233;chelle du Qu&#233;bec, d'un mouvement mondialis&#233; de reconfiguration de l'agir politique. C'est une expression locale de mouvements sociaux globaux qui s'exercent &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te. Des pratiques politiques contestataires s'appuyant sur des techniques num&#233;riques de communication &#8211; m&#233;dias sociaux, t&#233;l&#233;phones portables et autres dispositifs mobiles num&#233;riques &#8211; se sont en effet fortement d&#233;ploy&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es &#224; l'&#233;chelle du globe. Ces nouvelles formes d'expression politique en ligne peuvent-elles avoir une port&#233;e sociopolitique &#224; plus long terme ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le passage &#224; l'action politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a lieu, par-del&#224; ces formes sp&#233;cifiques, d'&#233;largir la perspective et de se demander : quelles conditions faudrait-il r&#233;unir pour passer d'une simple participation sur Internet &#224; un v&#233;ritable engagement sur le terrain ? Les nouveaux m&#233;dias suscitent un engouement participatif de la part des utilisateurs, surtout chez les jeunes g&#233;n&#233;rations, qui deviennent particuli&#232;rement cr&#233;atives avec ces outils. Cette participation m&#233;diatique pourra-t-elle se transformer en un engagement politique effectif ? Il faut reconna&#238;tre que l'usage des TIC n'est pas une condition suffisante au passage &#224; l'action sur le terrain. Qu'est-ce qui fait qu'un&#183;e citoyen&#183;e a le go&#251;t d'aller plus loin, qu'en lui ou elle &#233;merge le d&#233;sir de descendre dans la rue pour participer &#224; une manifestation ? Il appara&#238;t n&#233;cessaire d'analyser le r&#244;le des m&#233;dias sociaux pour publiciser l'indignation et pour d&#233;velopper cette capacit&#233; &#224; s'indigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qualit&#233; du &#171; vivre ensemble &#187; d&#233;mocratique d&#233;pend en outre de la densit&#233; des r&#233;seaux de contacts permettant la communication entre les personnes et la coordination des actions collectives des citoyen&#183;ne&#183;s dans leur communaut&#233;. La constitution d'une solidarit&#233; civique &#233;merge des activit&#233;s des r&#233;seaux sociaux assurant une r&#233;ciprocit&#233; des &#233;changes entre les citoyen&#183;ne&#183;s. Les r&#233;seaux d'engagement engendrent une r&#233;ciprocit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e dans les &#233;changes sociaux et l'&#233;mergence d'une confiance en autrui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un d&#233;tour par les travaux sur les &#171; &lt;i&gt;fans&lt;/i&gt; &#187; de t&#233;l&#233; permet de revenir &#224; l'articulation entre engagement de nature m&#233;diatique et engagement de nature politique (c'est-&#224;-dire d'individus prenant position dans la &lt;i&gt;polis&lt;/i&gt;). La chercheuse Liesbet Van Zoonen retrouve dans les &#233;changes entre fans les trois modes caract&#233;risant l'activit&#233; civique d&#233;mocratique : information, d&#233;lib&#233;ration et engagement actif (&lt;i&gt;activism&lt;/i&gt;). Son hypoth&#232;se est que les deux mondes (divertissement et politique) diff&#233;reraient seulement du point de vue de la constitution des subjectivit&#233;s respectives des personnes impliqu&#233;es dans ces deux univers : les &lt;i&gt;fans&lt;/i&gt; r&#233;v&#233;leraient une subjectivit&#233; essentiellement &lt;i&gt;affective&lt;/i&gt; alors que la subjectivit&#233; civique serait avant tout &lt;i&gt;cognitive&lt;/i&gt;. La cl&#233; &#233;pist&#233;mologique consiste &#224; prendre au s&#233;rieux la dimension affective et &#233;motionnelle des activit&#233;s civiques et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des travaux en sciences cognitives soulignent pour leur part que l'expression des &#233;motions agirait comme un levier performatif des capacit&#233;s cognitives des individus : sans investissements affectifs significatifs, les pratiques politiques auraient tendance &#224; s'affaiblir en int&#233;r&#234;t et en intensit&#233;. La participation m&#233;diatique active peut ainsi agir comme m&#233;canisme d&#233;clencheur d'un engagement politique, surtout si ces images soul&#232;vent l'indignation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'enjeu des comp&#233;tences citoyennes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont les comp&#233;tences (ma&#238;trise technique et cognitive de savoirs et savoir-faire, capacit&#233;s strat&#233;giques et communicationnelles &#224; mobiliser les r&#233;seaux sociaux, capacit&#233; &#224; l'auto-organisation du mouvement et des groupes) requises pour bien ma&#238;triser les outils num&#233;riques ? La perm&#233;abilit&#233; &#224; une culture technique appara&#238;t &#234;tre une condition n&#233;cessaire mais qui n'est pas suffisante ; les citoyennes et citoyens actifs doivent pr&#233;f&#233;rablement poss&#233;der les rudiments d'une authentique culture politique militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a n&#233;cessit&#233; pour les militant&#183;e&#183;s de poser des &lt;i&gt;gestes de politisation&lt;/i&gt; dans la sph&#232;re publique. Par politisation, j'entends l'inscription d'une dimension politique dans un lieu, un objet, un dispositif, un &#233;v&#233;nement sp&#233;cifiques qui n'&#233;taient pas d&#233;finis jusque-l&#224; comme politique. Ce geste d'inscription du politique contribue alors &#224; une mise en d&#233;bat dans la sph&#232;re publique des enjeux sociaux et politiques li&#233;s &#224; cet objet ; il s'agit d'un processus de &#171; mont&#233;e en publicit&#233; &#187; de l'objet choisi. Les &lt;i&gt;cyberactivistes &lt;/i&gt; doivent enraciner leurs pratiques dans une culture politique s'arrimant &#224; l'histoire des luttes de r&#233;sistance et d'affirmation des subalternes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mobilisations de 2011 et de 2012 aux quatre coins de la plan&#232;te ont vraisemblablement offert le cadre propice &#224; une co&#239;ncidence de trois ph&#233;nom&#232;nes : l'indignation, une capacit&#233; de r&#233;seautage num&#233;rique citoyen et un laboratoire politique vivant, propice &#224; l'&#233;mergence d'une nouvelle culture militante. Elles sont marqu&#233;es par une prise de parole de cat&#233;gories sociales g&#233;n&#233;ralement plut&#244;t discr&#232;tes politiquement. &lt;i&gt;Le R&#233;veil arabe&lt;/i&gt;, les&lt;i&gt; Indignad@s&lt;/i&gt;, la mouvance&lt;i&gt; Occupy&lt;/i&gt;, voire les carr&#233;s rouges auraient ainsi permis d'exp&#233;rimenter une nouvelle mouture de la mobilisation sociale et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques traits communs caract&#233;riseraient cette nouvelle culture militante, dont les propagateurs semblent faire un usage raffin&#233; et intelligent des TIC. D'abord, ces mouvements ont instaur&#233; une parole qui s'exprime &#224; la premi&#232;re personne ; le &#171; je &#187; indique un poids donn&#233; &#224; l'individu, ce qui ne signifie pas pour autant un appel &#224; un cumul des ego. Ensuite, la nature des revendications est rassembleuse et f&#233;d&#233;ratrice : contre le pouvoir de la finance et des banques, contre la corruption et la violence, pour des emplois et des logements, etc. De plus, les processus de d&#233;cision au sein de ces mouvements occupant la rue refusent l'id&#233;e d'une d&#233;mocratie par d&#233;l&#233;gation ; ces mouvements se r&#233;clament d'une d&#233;mocratie directe et les t&#226;ches li&#233;es &#224; la mobilisation sont ais&#233;ment d&#233;centralis&#233;es. Les savoir-faire accompagnent les savoir-dire. Les occupations des&lt;i&gt; Indignad@s&lt;/i&gt; et de la mouvance &lt;i&gt;Occupy&lt;/i&gt; sont l'occasion d'exp&#233;rimenter un &#171; vivre ensemble &#187; quotidien qui pr&#233;figure un &#171; autre monde &#187; possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;canismes de cette jonction entre l'&#233;closion d'une culture militante plus horizontale et les possibilit&#233;s offertes par le Web 2.0 sont encore &#224; explorer. Il en va de m&#234;me pour l'enjeu du d&#233;veloppement des comp&#233;tences num&#233;riques du citoyen lambda. Si les TIC doivent &#234;tre vues comme des moyens pour favoriser l'&#233;mancipation sociale et maximiser la puissance d'agir des citoyen&#183;ne&#183;s, il appara&#238;t n&#233;cessaire de penser les potentialit&#233;s civiques de la communication num&#233;rique &#224; l'ext&#233;rieur du cadre exclusif de la consommation. La d&#233;mocratisation technique devrait mener &#224; chercher une troisi&#232;me voie entre, d'un c&#244;t&#233;, une &#233;thique du militantisme selon laquelle les individus doivent fournir des efforts cognitifs significatifs pour s'approprier les outils techniques, et de l'autre c&#244;t&#233;, une simplification ergonomique et cognitive maximale des interfaces. Comment approcher des usagers qui se d&#233;clarent &#171; intelligents &#187; et &#171; politiquement engag&#233;s &#187;, mais qui ne veulent pas n&#233;cessairement trop investir dans l'apprentissage technique des machines ? Voil&#224; le d&#233;fi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cet article est un extrait remani&#233; du texte de la conf&#233;rence d'ouverture prononc&#233;e par l'auteur &#224; Agadir, au Maroc, en avril 2012 &#224; l'occasion du colloque &#171; Usages et pratiques des publics dans les pays du Sud : des m&#233;dias classiques aux TIC &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : R&#233;mi Leroux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>Par et pour l'art</title>
		<link>https://www.ababord.org/Par-et-pour-l-art</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Par-et-pour-l-art</guid>
		<dc:date>2015-12-11T02:16:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Simon Labrecque</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>Labrecque, Simon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'art peut participer &#224; cr&#233;er ou &#224; modifier des liens de solidarit&#233;, car il agit sur le plan des perceptions et des exp&#233;riences, des mani&#232;res de voir et de sentir, des fa&#231;ons d'habiter et d'exprimer le monde. Des solidarit&#233;s peuvent avoir lieu par l'art, par exemple lorsqu'un film, une chanson, un graffiti ou une performance publicise une cause ou questionne des pratiques. Des solidarit&#233;s peuvent aussi avoir lieu pour l'art, par exemple lorsqu'on appelle &#224; lutter contre la limitation de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Nouvelles-resistances-" rel="directory"&gt;Dossier : Nouvelles r&#233;sistances, nouvelles voies d'&#233;mancipation&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2090.png?1642092172' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;425&#034; height=&#034;283&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'art peut participer &#224; cr&#233;er ou &#224; modifier des liens de solidarit&#233;, car il agit sur le plan des perceptions et des exp&#233;riences, des mani&#232;res de voir et de sentir, des fa&#231;ons d'habiter et d'exprimer le monde. Des solidarit&#233;s peuvent avoir lieu par l'art, par exemple lorsqu'un film, une chanson, un graffiti ou une performance publicise une cause ou questionne des pratiques. Des solidarit&#233;s peuvent aussi avoir lieu pour l'art, par exemple lorsqu'on appelle &#224; lutter contre la limitation de la libert&#233; de cr&#233;ation et de diffusion, le plus souvent &#224; l'occasion d'une &#339;uvre particuli&#232;re. Par ailleurs, il n'est pas exclu que des solidarit&#233;s pour l'art se tissent par l'art.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Plusieurs &#233;nonc&#233;s sur le rapport entre les pratiques artistiques et les solidarit&#233;s mettent en jeu une conception essentiellement conflictuelle de la vie politique. En effet, &#224; l'instar d'autres alliances, les solidarit&#233;s compos&#233;es par et pour l'art sont souvent pens&#233;es sur un mode pol&#233;mique : elles se nouent en tant que relations dans un champ de positions o&#249; s'effectue un partage des forces en pr&#233;sence en termes d'amis et d'ennemis, le long d'une ligne de front plus ou moins stable. Dans les perspectives r&#233;volutionnaires, marxistes ou anticoloniales relevant de l'historicisme politique, c'est la politique qui est la continuation d'une guerre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La solidarit&#233; des &#233;branl&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre th&#233;&#226;trale de Wajdi Mouawad offre un exemple porteur pour r&#233;fl&#233;chir aux fa&#231;ons dont l'art tend &#233;galement &#224; &#234;tre pens&#233; comme la poursuite d'une guerre et, &#224; ce titre, comme une strat&#233;gie ou une tactique de composition de solidarit&#233;s. Pour d&#233;signer le plan sur lequel il tente d'intervenir par ses cr&#233;ations, c'est-&#224;-dire la recherche de la solidarit&#233; la plus universelle qui soit, l'auteur, acteur et metteur en sc&#232;ne d'origine libanaise se r&#233;f&#232;re en effet &#224; la notion de &#171; solidarit&#233; des &#233;branl&#233;s &#187; propos&#233;e par Jan Pato&#269;ka.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une lettre &#233;crite en Finlande en octobre 2004 &#224; l'intention de la troupe qui jouait alors sa pi&#232;ce Incendies en France, Mouawad cite le philosophe tch&#232;que : &#171; &lt;i&gt; La solidarit&#233; des &#233;branl&#233;s, c'est la solidarit&#233; de ceux qui sont &#233;branl&#233;s dans leur foi en le jour, en la nuit. Celui qui trahit cette solidarit&#233; doit savoir qu'il est un embusqu&#233; qui vit, &#224; l'arri&#232;re, du sang des autres&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; dans Wajdi Mouawad, Le Sang des promesses. Puzzle, racines, rhizomes, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; L'artiste raconte ensuite qu'il passe beaucoup de temps avec le g&#233;n&#233;ral Rom&#233;o Dallaire. Ce dernier lui parle du g&#233;nocide rwandais et lui semble dans un &#233;tat d'&#233;branlement constant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu'artiste, selon Mouawad, &#171; &lt;i&gt; on ne peut pas ne pas &#234;tre solidaires. La fa&#231;on qu'on a de le faire, c'est de risquer ce qu'on a. Ce qu'on a, c'est nous, sur sc&#232;ne, avec la possibilit&#233; de nous tromper, d'&#233;chouer. Ne cherchez pas alors &#224; vous rassurer. Soyez inquiets&lt;/i&gt; &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; dans Wajdi Mouawad, Le Sang des promesses. Puzzle, racines, rhizomes, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Par ces mots, l'auteur invite sa troupe &#224; d&#233;velopper sa solidarit&#233; sur un mode mim&#233;tique. Ce ne serait qu'en travaillant et en pr&#233;sentant leur propre vuln&#233;rabilit&#233; dans et par l'art que les artistes pourraient &#234;tre solidaires de ceux et celles qui ne sont pas artistes, mais qui sont &#233;galement, voire plus, vuln&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En guerre, les artistes ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce rapport mim&#233;tique &#224; l'&#233;branlement pourrait de surcro&#238;t &#234;tre contagieux. Id&#233;alement, l'&#233;branlement des artistes nourrirait la solidarit&#233; du public avec les &#233;branl&#233;&#183;e&#183;s d'ici et d'ailleurs. Pour que cette possibilit&#233; s'actualise, cependant, le public doit se laisser bouleverser en refusant de se retrancher dans une position d'embusqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rencontre entre le public et les &#339;uvres est en partie rendue possible par la m&#233;diation culturelle qu'op&#232;rent les personnes qui choisissent les &#339;uvres programm&#233;es et les critiques. Ainsi, lorsqu'il a assur&#233; la direction artistique du Th&#233;&#226;tre fran&#231;ais du Centre national des Arts du Canada &#224; Ottawa, Mouawad a affirm&#233; vouloir pr&#233;senter une programmation favorisant l'&#233;branlement et la saison 2008-2009 &#233;tait organis&#233;e autour du th&#232;me &#171; Nous sommes en guerre &#187;. Cela rappelait &#224; la fois l'engagement militaire du Canada en Afghanistan et le caract&#232;re de &#171; &lt;i&gt;l'&#339;uvre d'art comme un geste guerrier qui engage en moi un combat dont je suis &#224; la fois le terrain, l'ennemi, l'arme et le combattant&lt;/i&gt; &#187;, une guerre par l'art d&#233;vorant &#171; &lt;i&gt; la commodit&#233; de ma situation bien commode vivant &#224; l'arri&#232;re, gr&#226;ce au sang des autres&lt;/i&gt; &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Wajdi Mouawad, &#171; Nous sommes des immeubles &#187;, Nous sommes en guerre. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La saison d&#233;buta avec la pi&#232;ce Manifeste ! de Gary Boudreault, qui soulignait les anniversaires du Manifeste du parti communiste, de Refus global et de Mai 68. Mouawad a aussi organis&#233; des rencontres entre les artistes et le public, dont l'une s'intitulait &#171; En guerre, les artistes ? &#187; Cet engagement hors sc&#232;ne prolongeait sa pratique de la parole publique, qui est souvent pass&#233; par des lettres ouvertes dans les journaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Scandale et solidarit&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'aune de ses effets de polarisation dans l'espace public et m&#233;diatique, le geste le plus pol&#233;mique de Mouawad demeure sans doute sa d&#233;cision de donner le r&#244;le du ch&#339;ur dans trois trag&#233;dies de Sophocle r&#233;unies sous le titre Des femmes et pr&#233;sent&#233;es au Th&#233;&#226;tre du Nouveau Monde, en 2011, &#224; Bertrand Cantat, reconnu coupable et incarc&#233;r&#233; pendant quatre ans pour le meurtre de Marie Trintignant en 2003. Pour Mouawad, il s'agissait de mettre le public face &#224; un homme qui ne pouvait pas ne pas entendre les r&#233;sonances entre son geste fatal et les r&#233;cits tragiques, pour mettre &#224; l'&#233;preuve notre rapport &#224; la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la surprise de Mouawad, cependant, cette intrusion du r&#233;el dans la fiction a &#233;t&#233; per&#231;ue par plusieurs comme l'expression violente d'une solidarit&#233; scandaleuse avec celui qui a tu&#233; une femme. Il a sembl&#233; obsc&#232;ne de demander qu'on applaudisse un vrai meurtrier sur une sc&#232;ne de th&#233;&#226;tre. La proposition a provoqu&#233; une lev&#233;e de boucliers dans plusieurs r&#233;seaux luttant contre la banalisation de la violence faite aux femmes et, en faisant bloc, les &#233;branl&#233;&#183;e&#183;s qui devinrent solidaires contre Mouawad ont fait en sorte que les&lt;i&gt; Trachiniennes, Antigone&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#201;lectre&lt;/i&gt; soient pr&#233;sent&#233;es &#224; Montr&#233;al sans Cantat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le questionnement des fronti&#232;res qui s&#233;parent l'art et la vie &#233;tant devenu un lieu commun de l'art contemporain, il devient difficile dans de tels cas de d&#233;partager le geste artistique et les pratiques m&#233;diatiques, politiques et m&#234;me juridiques qui s'y articulent. L'art n'existe pas en vase clos, ni &#224; l'ext&#233;rieur de la cit&#233;, mais bien parmi des fa&#231;ons de percevoir le monde commun, les possibilit&#233;s d'action qu'il nous offre ou nous refuse et les alliances qu'il requiert. Percevoir l'&#339;uvre d'art comme un acte guerrier qui cherche &#224; solidifier la solidarit&#233; des &#233;branl&#233;s a le m&#233;rite de mettre en lumi&#232;re la fa&#231;on dont les effets des actions &#233;chappent aux acteurs, ainsi que le caract&#232;re souvent insoutenable ou invivable d'un &#233;branlement. Cette perspective pol&#233;mique n'est peut-&#234;tre pas la plus efficace pour d&#233;velopper des solidarit&#233;s durables, mais elle demeure valoris&#233;e dans le champ de l'art.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; dans Wajdi Mouawad, Le Sang des promesses. Puzzle, racines, rhizomes, Arles et Montr&#233;al, Actes Sud/Lem&#233;ac, 2009, p. 52.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; dans Wajdi Mouawad, Le Sang des promesses. Puzzle, racines, rhizomes, Arles et Montr&#233;al, Actes Sud/Lem&#233;ac, 2009, p. 52.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Wajdi Mouawad, &#171; Nous sommes des immeubles &#187;, Nous sommes en guerre. Programme de la saison 2008-2009, Ottawa, Th&#233;&#226;tre fran&#231;ais du Centre national des Arts du Canada, 2008, p. 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : imgkid.com&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>L'action politique de proximit&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-action-politique-de-proximite</link>
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		<dc:date>2015-12-11T01:49:33Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rachel Sarrasin</dc:creator>


		<dc:subject>Sarrasin, Rachel </dc:subject>
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		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>

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&lt;p&gt;Peut-on r&#233;ellement, comme le sugg&#232;re le sociologue Riccardo Petrella, changer le monde en disant bonjour &#224; son voisin ? Dans la premi&#232;re d&#233;cennie du pr&#233;sent si&#232;cle, le mouvement de retour vers l'action locale qui a suivi les mobilisations altermondialistes autour d'enjeux globaux a aliment&#233; la multiplication d'initiatives qui se d&#233;ploient aujourd'hui dans des espaces de proximit&#233; : au c&#339;ur des ruelles urbaines, lors d'assembl&#233;es de quartier ponctuelles, autour de la r&#233;appropriation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2087.png?1642092172' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;372&#034; height=&#034;269&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Peut-on r&#233;ellement, comme le sugg&#232;re le sociologue Riccardo Petrella, changer le monde en disant bonjour &#224; son voisin ? Dans la premi&#232;re d&#233;cennie du pr&#233;sent si&#232;cle, le mouvement de retour vers l'action locale qui a suivi les mobilisations altermondialistes autour d'enjeux globaux a aliment&#233; la multiplication d'initiatives qui se d&#233;ploient aujourd'hui dans des espaces de proximit&#233; : au c&#339;ur des ruelles urbaines, lors d'assembl&#233;es de quartier ponctuelles, autour de la r&#233;appropriation d'immeubles vacants ou par l'am&#233;nagement collectif de terrains abandonn&#233;s, entre autres exemples. Or, si ces initiatives contribuent certainement au renouvellement des solidarit&#233;s sociales, sont-elles pour autant &#233;quivalentes dans leurs fondements affinitaires et leurs fa&#231;ons de construire le lien politique ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une proximit&#233; aux dimensions multiples&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'acception la plus courante de la notion de proximit&#233; renvoie &#224; sa dimension spatiale. Dans cette perspective, l'action de proximit&#233; se construit sur la base de l'occupation conjointe d'un territoire, par exemple au sein d'un voisinage. En ville, les projets qui s'inscrivent dans une approche d'&#233;cologie sociale misant sur le d&#233;veloppement de pratiques participatives sont nombreux. En croissance depuis les derni&#232;res ann&#233;es dans les quartiers de Montr&#233;al, les ruelles vertes sont des projets de verdissement de l'espace public r&#233;alis&#233;s par des comit&#233;s de r&#233;sidents riverains d'une ruelle donn&#233;e, en collaboration avec les arrondissements et certains organismes locaux comme les &#201;co-quartiers. Ces projets contribuent &#224; l'am&#233;lioration de la qualit&#233; de vie en raison de leur impact positif sur l'environnement, mais &#233;galement parce que ces espaces deviennent rapidement des lieux d'&#233;changes et de socialisation entre voisin&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet esprit, plusieurs actions construites sur les liens de proximit&#233; dans les quartiers touchent les questions d'agriculture urbaine ou de promotion et de s&#233;curisation du transport actif. Elles ont notamment pris la forme de projets de r&#233;habilitation d'espaces publics ou industriels laiss&#233;s en friche et pris en charge par des communaut&#233;s de r&#233;sident&#183;e&#183;s souhaitant y r&#233;animer l'&#233;cosyst&#232;me, tout en en faisant des lieux un espace de plus grandes interactions sociales. Le projet du &#171; Champ des possibles &#187;, dans le quartier du Mile-End, en est un exemple. Les individus mobilis&#233;s dans cette r&#233;appropriation collective de l'espace ont int&#233;gr&#233; une dimension de cr&#233;ation artistique et d'&#233;ducation populaire &#224; leur projet, aujourd'hui cog&#233;r&#233; par un comit&#233; citoyen et l'arrondissement du Plateau Mont-Royal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en prenant appui sur cette dimension spatiale, la perception de proximit&#233; sur laquelle se construit l'action conjointe peut aussi se fonder de mani&#232;re plus explicite sur des bases affinitaires. Ainsi, des assembl&#233;es populaires et autonomes ont permis aux r&#233;sident&#183;e&#183;s de certains quartiers, &#224; Montr&#233;al et dans d'autres villes, de se r&#233;unir dans un espace non partisan autour d'un m&#234;me d&#233;sir de mobilisation sur la base des enjeux soulev&#233;s par la gr&#232;ve &#233;tudiante en 2012. L'interpellation des individus susceptibles d'y participer se fondait sur ce double aspect de localisation en fonction du quartier de r&#233;sidence et d'identification &#224; la lutte populaire contre la hausse des frais de scolarit&#233; et, plus largement, contre les politiques d'inspiration n&#233;olib&#233;rale. R&#233;unis dans un lieu commun, parfois un parc du quartier, les r&#233;sident&#183;e&#183;s mobilis&#233;s en assembl&#233;e ont fait l'exp&#233;rience de la d&#233;mocratie directe en discutant de leurs pr&#233;occupations autour de cet enjeu d'actualit&#233; et en d&#233;cidant des strat&#233;gies d'action &#224; mettre en &#339;uvre pour exprimer leur solidarit&#233; avec le mouvement &#233;tudiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Pointe-Saint-Charles, le projet du Centre social autog&#233;r&#233; (CSA) est une autre initiative qui s'enracine d'embl&#233;e dans ces liens de proximit&#233; d'ordre &#224; la fois g&#233;ographique et affinitaire. La lutte de cette communaut&#233; initi&#233;e en 2009 visait l'occupation d'un b&#226;timent industriel abandonn&#233; afin de bloquer un nouveau projet de construction de condos, comme &#233;l&#233;ment d'une lutte g&#233;n&#233;rale contre l'embourgeoisement du quartier et le d&#233;veloppement capitaliste. La mobilisation populaire continue autour du projet du CSA a men&#233; &#224; la cession gratuite, en 2012, d'un ancien entrep&#244;t du CN vou&#233; &#224; la d&#233;molition. L'ambition est d'y construire, de mani&#232;re autonome, un p&#244;le d'activit&#233;s sociales, artistiques et politiques &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plus de d&#233;tails, voir Marcel S&#233;vigny et Marco Silvestro, &#171; Rien de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Contre le n&#233;olib&#233;ralisme : renouveler le tissu social&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelles que soient les bases sur lesquelles se fonde l'action de proximit&#233;, ces initiatives ont en commun leur contribution au renouvellement des liens sociaux autrement mis &#224; mal par le n&#233;olib&#233;ralisme. La d&#233;t&#233;rioration du tissu social g&#233;n&#233;r&#233;e par la mont&#233;e de l'individualisme, inh&#233;rente au projet n&#233;olib&#233;ral, demeure souvent un enjeu de lutte implicite. Or, la course au profit et la culture de la performance encourag&#233;es par le n&#233;olib&#233;ralisme interviennent &#233;galement sur le sentiment d'appartenance des individus &#224; la communaut&#233; politique. Dans ce contexte, en ouvrant des modes de participation reconnaissant la l&#233;gitimit&#233; de la prise de parole et de l'exp&#233;rience au monde de chacun dans un esprit de convivialit&#233;, les initiatives construites sur les liens de proximit&#233; contribuent &#224; la reconnaissance de la r&#233;ciprocit&#233; entre individus et &#224; la reconfiguration des dynamiques d'identification collective. Bien qu'il faille tout de m&#234;me se pr&#233;server de la tentation qui consisterait &#224; id&#233;aliser ces initiatives, elles-m&#234;mes potentiellement porteuses de lignes d'exclusion non d&#233;voil&#233;es entre participant&#183;e&#183;s, leur apport &#224; la cr&#233;ation de nouvelles solidarit&#233;s sociales en demeure ainsi une caract&#233;ristique forte.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du lien social au projet politique ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier constat pose par ailleurs la question de la possibilit&#233; de l'&#233;dification d'un projet politique sur la base des liens sociaux construits dans les actions de proximit&#233;. Si la recomposition des relations sociales se pr&#233;sente comme une &#233;tape n&#233;cessaire dans la lutte contre le n&#233;olib&#233;ralisme, les initiatives vari&#233;es d&#233;velopp&#233;es &#224; partir des liens de proximit&#233; rel&#232;vent pourtant de diff&#233;rentes conceptions du rapport au politique. Dans une premi&#232;re optique, les actions de proximit&#233; contribueraient &#224; dynamiser la vie d&#233;mocratique au sein des institutions politiques conventionnelles, aux diff&#233;rents &#233;chelons de l'exercice du pouvoir. La mobilisation des individus suscit&#233;e par les projets de proximit&#233; servirait ainsi de tremplin &#224; une participation accrue des citoyens et citoyennes dans les d&#233;bats sociaux, le processus &#233;lectoral et les m&#233;canismes de consultation propos&#233;s par les autorit&#233;s. L'action de proximit&#233; serait donc politique en ce qu'elle agirait comme palliatif &#224; la crise de la repr&#233;sentation et au probl&#232;me de la d&#233;sertion citoyenne, identifi&#233;s comme sympt&#244;me d'un mod&#232;le d&#233;mocratique dominant en mal de lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut n&#233;anmoins s'av&#233;rer f&#233;cond de questionner la v&#233;ritable port&#233;e d'une telle contribution politique si nous prenons acte, &#224; la suite des r&#233;cents &#233;pisodes de mobilisation sous l'enseigne des Indign&#233;&#183;e&#183;s et du mouvement Occupy, du constat d'un blocage des institutions de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative face aux imp&#233;ratifs &#233;conomiques globaux. Selon cette analyse, l'exercice de la citoyennet&#233;, m&#234;me d&#233;ploy&#233; dans des instances de participation &#224; l'&#233;laboration des politiques publiques, serait forc&#233;ment limit&#233;. Dans cette perspective, les initiatives de proximit&#233; sont plut&#244;t per&#231;ues comme une invitation &#224; repenser les contours d'un projet politique en dehors des institutions existantes, dans la mesure o&#249; ces initiatives sont accompagn&#233;es de l'exigence d'un r&#233;el pouvoir de d&#233;lib&#233;ration, de d&#233;cision et d'action des communaut&#233;s sur elles-m&#234;mes. C'est &#224; cette condition du respect de l'exercice de leur propre autonomie que les communaut&#233;s engag&#233;es dans les actions de proximit&#233; peuvent se r&#233;v&#233;ler comme de nouveaux espaces d'investissement intrins&#232;quement politiques, &#224; partir des solidarit&#233;s sociales qu'elles auront d'abord su faire &#233;merger.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour plus de d&#233;tails, voir Marcel S&#233;vigny et Marco Silvestro, &#171; Rien de moins qu'une expropriation populaire &#187;, &#192; b&#226;bord !, no 50, &#233;t&#233; 2013. Disponible en ligne : &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Rien-de-moins-qu-une-expropriation&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.ababord.org/Rien-de-moi...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
. NDLR.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : R&#233;mi Leroux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Quelles voies de sortie ?</title>
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		<dc:date>2015-12-11T01:43:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Diane Lamoureux</dc:creator>


		<dc:subject>Lamoureux, Diane</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Si la fausset&#233; du mantra n&#233;olib&#233;ral &#171; there is no alternative &#187; a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;e au fil des nombreuses luttes sociales des derni&#232;res ann&#233;es, donnant plut&#244;t chair &#224; l'id&#233;e qu'&#171; un autre monde est possible &#187;, les r&#233;flexions th&#233;oriques qui cherchent &#224; penser les contours de cet autre monde ne sont pas l&#233;gion. Deux r&#233;flexions me paraissent inspirantes, m&#234;me si leur port&#233;e et leur pr&#233;tention sont fort diff&#233;rentes : [Commun. Essai sur la r&#233;volution au XXIe si&#232;cle de Pierre Dardot et Christian (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2082.png?1642092171' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;305&#034; height=&#034;532&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si la fausset&#233; du mantra n&#233;olib&#233;ral &#171; &lt;i&gt;there is no alternative&lt;/i&gt; &#187; a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;e au fil des nombreuses luttes sociales des derni&#232;res ann&#233;es, donnant plut&#244;t chair &#224; l'id&#233;e qu'&#171; un autre monde est possible &#187;, les r&#233;flexions th&#233;oriques qui cherchent &#224; penser les contours de cet autre monde ne sont pas l&#233;gion. Deux r&#233;flexions me paraissent inspirantes, m&#234;me si leur port&#233;e et leur pr&#233;tention sont fort diff&#233;rentes : [Commun. Essai sur la r&#233;volution au XXIe si&#232;cle&lt;/i&gt; de Pierre Dardot et Christian Laval, qui nous avaient d&#233;j&#224; donn&#233; une r&#233;flexion fort savante sur le n&#233;olib&#233;ralisme (&lt;i&gt;La nouvelle raison du monde&lt;/i&gt;), et &lt;i&gt;Adieux au capitalisme&lt;/i&gt; de J&#233;r&#244;me Baschet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La facture de ces deux ouvrages, parus l'un et l'autre au printemps 2014 aux &#233;ditions La D&#233;couverte, est tr&#232;s diff&#233;rente. Fruit d'un s&#233;minaire qui s'est &#233;tendu sur deux ans &#224; la Sorbonne et au Coll&#232;ge international de philosophie, l'ouvrage de Dardot et Laval est un pav&#233; intellectuel au long cours qui cherche &#224; pr&#233;ciser la notion de &#171; commun &#187; dans ses dimensions politique, &#233;conomique et philosophique. Le projet de Baschet est plus directement politique, cherchant &#224; nous proposer une &#171; utopie r&#233;elle &#187; de grande envergure, en partant de ce qui est universalisable dans l'exp&#233;rience zapatiste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Remplacer l'&#233;change par l'usage&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces deux ouvrages nous incitent &#224; explorer trois avenues pour sortir du capitalisme. La premi&#232;re est de remplacer l'&#233;change par l'usage, et donc de faire de la solidarit&#233; un principe &#233;conomique qui remplace la comp&#233;tition et de l'&#233;quilibre entre &#234;tres humains et nature une alternative &#224; l'accumulation infinie. Ces id&#233;es ne sont pas enti&#232;rement nouvelles et le mouvement altermondialiste nous a habitu&#233;s &#224; cette liaison entre d&#233;veloppement &#233;conomique et consid&#233;rations &#233;cologistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prisme adopt&#233; par Dardot et Laval est de d&#233;finir le &#171; commun &#187; sur le plan &#233;conomique. Pour eux, le commun doit se distinguer &#224; la fois de l'&#233;tatique (et donc rompre avec la logique de la nationalisation des biens de production et la planification centralis&#233;e qui constituaient l'essentiel de la politique &#233;conomique des pays de type sovi&#233;tique) et de la notion de &#171; biens communs &#187; qui a &#233;t&#233; utilis&#233;e par certains &#233;conomistes (la plus importante &#233;tant Elinor Ostrom) pour qualifier certains biens qui devraient &#233;chapper &#224; l'appropriation priv&#233;e, comme l'eau, du fait de leur caract&#232;re n&#233;cessaire &#224; la vie humaine. C'est l'id&#233;e de l'inappropriable qui fonde selon eux la primaut&#233; de l'usage, mais un usage qui est d&#233;termin&#233; socialement et politiquement par la d&#233;lib&#233;ration publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fa&#231;on dont Baschet aborde la question est beaucoup plus directe, moins ancr&#233;e dans la tradition intellectuelle du socialisme occidental, et s'inspire plut&#244;t d'exp&#233;riences sociales concr&#232;tes en Am&#233;rique latine, principalement de l'exp&#233;rience zapatiste, mais aussi des mouvements altermondialistes et de diverses exp&#233;riences de &#171; socialisme du XXIe si&#232;cle &#187;. Il vise donc &#224; identifier des voies de sortie du capitalisme pr&#233;sente dans les luttes sociales r&#233;centes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan &#233;conomique, il s'agit de rompre avec le f&#233;tichisme de la marchandise qui conduit &#224; une accumulation sans fin pour pr&#233;f&#233;rer l'usage &#224; l'&#233;change. Si on per&#231;oit l'influence des th&#232;ses d&#233;velopp&#233;es par Moishe Postone sur la critique du f&#233;tichisme de la marchandise, le projet qui est d&#233;velopp&#233; ici s'apparente au syst&#232;me d'&#233;change libre de services et s'inspire de la notion de buen vivir qui implique &#224; la fois un nouveau rapport entre les &#234;tres humains, entre les &#234;tres humains et les choses et avec notre environnement naturel. &#171; &lt;i&gt; Au temps quantifi&#233;, domin&#233; par l'obsession du rendement, s'oppose un temps quantitatif et concret : le temps de la vie v&#233;cue et de la convivialit&#233;&lt;/i&gt; &#187; qui introduit une forme de &#171; &lt;i&gt;d&#233;tente temporelle &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Miser sur l'autogouvernement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un deuxi&#232;me th&#232;me pr&#233;sent dans ces deux r&#233;flexions, c'est de privil&#233;gier l'autogouvernement, la capacit&#233; de petites collectivit&#233;s &#224; s'autor&#233;guler plut&#244;t que de s'en remettre &#224; un &#201;tat qui nous organise. &#192; cet &#233;gard, Baschet rappelle un certain nombre de principes d&#233;velopp&#233;s par les zapatistes, principalement le &lt;i&gt;mandar obedeciendo&lt;/i&gt;, qu'il comprend comme la responsabilit&#233; qui &#233;choit aux dirigeant&#183;e&#183;s de rendre effectives les d&#233;cisions arr&#234;t&#233;es collectivement. Ce principe lui semble &#224; m&#234;me de r&#233;concilier l'horizontalit&#233; du lien de concitoyennet&#233; et la verticalit&#233; de la d&#233;l&#233;gation. Plut&#244;t que d'une disparition du pouvoir ou de l'autorit&#233;, il parle de la n&#233;cessit&#233; &#171; d'entretenir et d'amplifier la dynamique diffractante de l'autorit&#233; &#187;, qui correspond &#224; une sorte de dispersion du pouvoir que John Holloway avait aussi identifi&#233; dans l'exp&#233;rience zapatiste. Baschet ajoute &#233;galement que l'autogouvernement signifie de d&#233;velopper l'autonomie des personnes et des collectivit&#233;s locales qui peuvent ensuite se f&#233;d&#233;rer selon divers objets et &#233;chelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce principe de l'autonomie locale est &#233;galement tr&#232;s pr&#233;sent chez Dardot et Laval qui l'abordent &#224; la fois sur un plan th&#233;orique et sur le mode des le&#231;ons &#224; tirer des luttes r&#233;centes, les printemps arabes, le mouvement des Indignad@s ou les mouvements populaires concernant l'eau qui, loin d'&#234;tre &#171; &lt;i&gt;des &#233;ruptions accidentelles et passag&#232;res, des jacqueries dispers&#233;es et sans but [&#8230;] ob&#233;issent &#224; la rationalit&#233; politique du commun et sont des recherches collectives de formes d&#233;mocratiques nouvelles&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils reprennent donc &#224; Proudhon un principe f&#233;d&#233;ratif qui est assez pr&#232;s de ce que d&#233;veloppe Baschet &#224; partir d'une autre exp&#233;rience, et surtout &#224; Arendt et Castoriadis l'id&#233;e de praxis instituante. Ce commun rel&#232;ve d'un travail collectif qui cr&#233;e du &#171; vivre ensemble &#187; l&#224; o&#249; ne se donnait &#224; voir que de la gouvernance, des pratiques transformatives dans les divers domaines de l'existence humaine. D'o&#249; l'importance des pratiques d&#233;mocratiques &#224; tous les niveaux de l'activit&#233; humaine, que ce soit sur le plan social, politique ou &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me avenue, enfin, est de porter attention &#224; maintenir la diversit&#233; et la pluralit&#233; de l'humanit&#233;. Cette th&#233;matique est surtout pr&#233;sente chez Baschet, quoiqu'on puisse la d&#233;celer de fa&#231;on implicite chez Dardot et Laval lorsqu'ils parlent d'une citoyennet&#233; politique non nationale. Baschet en parle comme la conciliation de l'autonomie locale et la conscience de faire partie d'une communaut&#233; plan&#233;taire, ce qui va plus loin que les th&#233;ories de la reconnaissance de la diversit&#233; culturelle, parlant plut&#244;t d'un &#171; &lt;i&gt;pluniversalisme&lt;/i&gt; &#187; qui &#171; &lt;i&gt; s'articule &#224; l'unit&#233; d'un monde commun organis&#233; de mani&#232;re &#224; respecter sa multiplicit&#233; constitutive et &#224; lui permettre de s'&#233;panouir&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volution pour sortir du capitalisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces deux ouvrages se hasardent aussi &#224; proposer un certain nombre de pistes pour sortir du capitalisme. Leur point commun est de concevoir la r&#233;volution comme un processus et non comme un moment. Il ne s'agit donc pas tant de pr&#233;parer le &#171; grand soir &#187; que de rep&#233;rer ce qui, dans le pr&#233;sent, permet de construire des alternatives &#224; ce monde que Baschet d&#233;finit comme &#171; humanicide &#187;. Il s'agit &#233;galement de postuler qu'il n'y a pas qu'un seul sujet politique, mais que la confluence de multiples exp&#233;riences politiques permet de commencer &#224; construire des alternatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Baschet insiste donc sur les r&#233;sistances qui se d&#233;veloppent un peu partout sur la plan&#232;te. Refusant de dissocier les r&#233;sistances, les refus de l'injustice et la construction sociale alternative, l'historien d&#233;finit un double enjeu de r&#233;appropriation et d'abandon : r&#233;appropriation de notre capacit&#233; d'action autonome et de coop&#233;ration ; abandon &#171; &lt;i&gt;comme destruction d'une machinerie de destruction et comme dissolution de la captation de notre puissance de faire par l'appareil productif&lt;/i&gt; &#187;. Il prend en compte trois ph&#233;nom&#232;nes anticipateurs de ce monde &#224; construire : &#233;largissement des espaces lib&#233;r&#233;s ; intensification de la crise du capitalisme ; crise &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dardot et Laval fonctionnent plut&#244;t sur le mode de &#171; propositions &#187; qui permettent de tracer les voies de la rupture. Ils nous proposent donc, en troisi&#232;me partie de leur ouvrage, neuf propositions : construire une politique du commun ; opposer le droit d'usage &#224; la propri&#233;t&#233; ; faire du commun le principe d'&#233;mancipation du travail ; entreprise commune ; association &#233;conomique comme base de la soci&#233;t&#233; du commun ; d&#233;mocratie sociale ; transformation des services publics ; communs mondiaux ; f&#233;d&#233;ration des communs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux ouvrages concluent sur un mode assez diff&#233;rent. Baschet souligne l'urgence d'agir entre autres parce que la crise &#233;conomique a montr&#233; les capacit&#233;s destructrices du capitalisme alors que la crise &#233;cologique est telle que la &#171; &lt;i&gt;Terre M&#232;re [&#8230;] r&#233;pondra avec col&#232;re et violence confrontant les humains &#224; des fl&#233;aux d'une intensit&#233; accrue&lt;/i&gt; &#187;. Dardot et Laval cherchent pour leur part &#224; r&#233;habiliter l'id&#233;e de r&#233;volution comme &#171; &lt;i&gt;auto-institution totale de la soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt; &#187; et en appellent &#224; instituer l'inappropriable entendu comme ce qui ne doit pas &#234;tre appropri&#233;, mais plut&#244;t rendu &#224; l'usage commun.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Vers un nouveau sujet historique ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Vers-un-nouveau-sujet-historique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Vers-un-nouveau-sujet-historique</guid>
		<dc:date>2015-12-11T01:24:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Boudreau</dc:creator>


		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>Boudreau, Philippe </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En introduction du livre Publics rebelles , Daniel Drache s'interroge : &#171; Que penser de ces publics en col&#232;re, rebelles, qui s'organisent eux-m&#234;mes tout en reconfigurant la sph&#232;re de la communication interactive et en modifiant le paysage de la politique &#233;lectorale ? &#187; Il entend d&#233;coder cette nouvelle g&#233;ographie du pouvoir, c'est-&#224;-dire &#233;lucider &#171; pourquoi et comment les gens d&#233;cident [...] de se constituer en communaut&#233;, de modifier la conversation publique, de se mobiliser, puis de se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2077.png?1642092171' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;734&#034; height=&#034;463&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En introduction du livre Publics rebelles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Drache, Publics rebelles ; le pouvoir sans pr&#233;c&#233;dent du citoyen du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Daniel Drache s'interroge : &#171; &lt;i&gt;Que penser de ces publics en col&#232;re, rebelles, qui s'organisent eux-m&#234;mes tout en reconfigurant la sph&#232;re de la communication interactive et en modifiant le paysage de la politique &#233;lectorale ?&lt;/i&gt; &#187; Il entend d&#233;coder cette nouvelle g&#233;ographie du pouvoir, c'est-&#224;-dire &#233;lucider &#171; &lt;i&gt;pourquoi et comment les gens d&#233;cident [...] de se constituer en communaut&#233;, de modifier la conversation publique, de se mobiliser, puis de se d&#233;connecter pour traiter d'autres questions hors-ligne&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sa th&#232;se pourrait se r&#233;sumer ainsi : on assiste &#224; un ph&#233;nom&#232;ne politique sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire, &#224; savoir l'&#233;mergence d'un nouveau public &#171; &lt;i&gt;nourri par la m&#233;fiance et la suspicion &#224; l'&#233;gard des pouvoirs en place, et assist&#233; par les nouveaux flux culturels de personnes, d'id&#233;es et d'informations&lt;/i&gt; &#187;. Les &#233;lites &#233;conomiques et politiques sont d&#233;rout&#233;es par l'influence de ce nouvel acteur multiforme, dont &#171; &lt;i&gt;personne ne parvient &#224; brider l'&#233;volution rapide &lt;/i&gt; &#187;, celui-ci pouvant compter sur une &#171; &lt;i&gt;organisation innovante et ouverte&lt;/i&gt; &#187;. Il &#233;taye sa d&#233;monstration en invoquant l'impact d'&#233;v&#233;nements phares survenus apr&#232;s la crise capitaliste mondiale de 2008 : Occupy Wall Street, le Printemps arabe, la r&#233;sistance contre les mesures d'aust&#233;rit&#233; en Europe, la mobilisation des carr&#233;s rouges en 2012, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La globalisation a engendr&#233; un m&#233;ta-acteur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur des raisons de l'&#233;mergence de ce nouveau sujet historique propuls&#233; &#224; l'avant-sc&#232;ne de l'actualit&#233; mondiale, se trouve un profond d&#233;senchantement face aux dividendes de la globalisation. Drache soumet en outre que trois r&#233;cits de la mondialisation ont successivement pr&#233;domin&#233; dans la conscience publique. Le premier promettait au d&#233;but des ann&#233;es 1980 une plus grande prosp&#233;rit&#233; g&#233;n&#233;rale, au rythme de la d&#233;r&#233;glementation, du r&#233;tr&#233;cissement des pouvoirs de l'&#201;tat-nation et de l'accroissement de la libert&#233; des entreprises multinationales. Le second a insist&#233; &#171; &lt;i&gt; sur les possibilit&#233;s que permettaient le progr&#232;s technologique et la mont&#233;e en force des informaticiens&lt;/i&gt; &#187; ; il s'accompagnait d'un processus de d&#233;localisation du travail. Avec le troisi&#232;me, &#171; &lt;i&gt;l'attention des publics est pass&#233;e des march&#233;s au difficile probl&#232;me de la gouvernance mondiale&lt;/i&gt; &#187;. Ce dernier r&#233;cit, actuellement en cours d'&#233;volution, restaure l'enjeu de l'&#201;tat-providence comme rempart devant la globalisation et ranime &#171; &lt;i&gt; l'importance de l'identit&#233;, de l'appartenance et de la citoyennet&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau public s'est constitu&#233; au travers des al&#233;as de cette globalisation, dont les co&#251;ts sociaux se sont av&#233;r&#233;s prohibitifs. Il s'est construit dans la dichotomie ayant oppos&#233; les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s du march&#233; et les pr&#233;occupations de la majorit&#233; en faveur de l'&#233;quit&#233;, de la d&#233;mocratie et d'une s&#233;curit&#233; pour tous et toutes. Les promesses non tenues du libre-&#233;change, ainsi que les nouveaux moyens de circulation de l'information, ont cr&#233;&#233; une opinion publique plus critique &#224; l'&#233;gard des &#233;lites, moins d&#233;f&#233;rente &#224; l'&#233;gard des institutions politiques et moins fid&#232;le dans ses affiliations partisanes ou cat&#233;gorielles. Drache con&#231;oit qu'un m&#233;ta-acteur, le public connect&#233; (alias e-public, comptant 1,2 milliard d'individus), a ainsi fait irruption dans une nouvelle ar&#232;ne, sorte de soci&#233;t&#233; civile internationale, o&#249; se joue d&#233;sormais &#8211; en partie &#8211; l'affrontement avec les forces du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Internet : une plateforme d&#233;terminante&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Drache examine &#171; &lt;i&gt;le nouvel univers num&#233;rique dans lequel les publics se sont install&#233;s et au moyen duquel ils articulent leurs besoins &lt;/i&gt; &#187;. Il y analyse les caract&#233;ristiques des internautes, puis tente de mesurer l'ampleur et les attributs de leur force, tant individuelle que collective. Il propose une cartographie du e-public et recense une vari&#233;t&#233; des tactiques que celui-ci emploie pour diffuser ses critiques ou imposer son ordre du jour. Le num&#233;rique a ouvert la voie &#224; &#171; &lt;i&gt;de nouvelles pratiques citoyennes &lt;/i&gt; &#187; ; plus pr&#233;cis&#233;ment, la dissension en ligne a &#171; &lt;i&gt;rapatri&#233; l'id&#233;e du bien commun [...] en tant qu'&#233;l&#233;ment indispensable du d&#233;bat politique moderne&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur repense la grammaire gauche/droite en fonction des transformations d&#233;crites dans les deux premiers tiers du livre. Il propose en outre une boussole postmoderne, mieux &#224; m&#234;me de rendre compte, estime-t-il, des clivages sur lesquels se fondent aujourd'hui les sensibilit&#233;s id&#233;ologiques progressistes. Drache offre aussi une nomenclature des publics dissidents ou m&#233;contents. La droite n'est pas en reste, elle qui laisse sa marque dans l'univers num&#233;rique comme ailleurs ; dans son cas, le professeur torontois revisite les credo de cette tendance politique afin de nous indiquer les points cardinaux de la posture conformiste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;investir le domaine public&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le dernier chapitre am&#232;ne Drache &#224; refaire la g&#233;n&#233;alogie de la notion de domaine public &#224; l'&#233;chelle des royaumes, des &#201;tats et &#233;ventuellement de la sph&#232;re internationale. Au fur et &#224; mesure que celui-ci se solidifie, c'est la citoyennet&#233; au sens fort qui s'&#233;panouit. L'acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation et &#224; l'information ouvre la possibilit&#233; d'un monde public r&#233;ellement coextensif d'une participation populaire, plut&#244;t que construit d'en haut par l'&#201;tat. L'auteur cherche &#224; savoir si le socle de la citoyennet&#233; peut &#233;galement exister &#224; une autre &#233;chelle que celle de l'&#201;tat-nation, alors que prennent forme les pr&#233;mices d'une gouvernance mondiale ainsi que des exp&#233;riences politiques int&#233;gratrices &#224; l'&#233;chelle continentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre appelle toutefois un certain nombre de r&#233;serves. D'abord, on se demande ce qu'il advient des vieux marqueurs identitaires (sexe, classe, nation, etc.) &#224; l'heure de l'&#233;mergence de ce nouveau public. Ceux-ci sont absents du portrait d'ensemble et l'analyse postmoderne de Drache invite dans une bonne mesure au d&#233;passement de ce type de rapports sociaux, s'agissant de la compr&#233;hension des formes contemporaines de mobilisations citoyennes. Or, l'actualit&#233; internationale et nationale regorge d'exemples sugg&#233;rant qu'au contraire, les filiations traditionnelles ne cessent de jouer un r&#244;le d&#233;terminant dans la vie politique, en structurant jusqu'&#224; un certain point la dissension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me ordre d'id&#233;es, une certaine forme d'apologie du e-public peut parfois cr&#233;er un malaise. Il arrive que l'auteur exag&#232;re les m&#233;rites du micromilitantisme de la Toile, tout en minimisant les possibilit&#233;s offertes par les vieux acteurs collectifs. Ainsi, il &#233;crit : &#171; &lt;i&gt;Les m&#233;dias sociaux ont remplac&#233; les syndicats et les autres organisations collectives et [...] deviennent l'unique institution ayant la capacit&#233; de mobiliser les foules&lt;/i&gt; &#187;. Les partis ne sont pas &#233;vacu&#233;s, mais ils sont trait&#233;s comme un ph&#233;nom&#232;ne ontologiquement s&#233;par&#233; du mouvement de la soci&#233;t&#233; civile et on voit mal comment certains d'entre eux auraient pu ou pourraient &#233;merger d'une action militante quelconque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cela, cet ouvrage demeure un apport significatif &#224; l'&#233;tude de l'&#233;mergence de nouveaux acteurs collectifs, par-del&#224; les vieux mouvements sociaux. Il nourrit notre compr&#233;hension des termes selon lesquels se recompose l'action collective aujourd'hui, &#224; une &#233;chelle souvent ignor&#233;e par la recherche en sciences sociales, parce que plus difficile &#224; appr&#233;hender.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Daniel Drache, Publics rebelles ; le pouvoir sans pr&#233;c&#233;dent du citoyen du monde, Montr&#233;al, Liber, 2014, 271 p. paru en 2014&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : R&#233;mi Leroux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Sous les pav&#233;s, l'entraide</title>
		<link>https://www.ababord.org/Sous-les-paves-l-entraide</link>
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		<dc:date>2015-05-27T12:01:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marcos Ancelovici</dc:creator>


		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Ancelovici, Marcos</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce lundi 23 f&#233;vrier 2015, un jeune couple d'une trentaine d'ann&#233;es et ses trois enfants sont cens&#233;s &#234;tre expuls&#233;s du logement qu'ils occupent dans un quartier populaire de Madrid. Il est 7 h du matin lorsque les gens commencent &#224; arriver sur les lieux de l'&#233;viction. D'abord quelques militantes pour le droit au logement et des f&#233;ministes antifascistes. Ensuite des amis de la famille vis&#233;e par l'&#233;viction, des voisines et quelques journalistes. Il est toujours conseill&#233; d'arriver t&#244;t sur les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Nouvelles-resistances-" rel="directory"&gt;Dossier : Nouvelles r&#233;sistances, nouvelles voies d'&#233;mancipation&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ancelovici-Marcos-+" rel="tag"&gt;Ancelovici, Marcos&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1998.png?1642092165' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;761&#034; height=&#034;505&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce lundi 23 f&#233;vrier 2015, un jeune couple d'une trentaine d'ann&#233;es et ses trois enfants sont cens&#233;s &#234;tre expuls&#233;s du logement qu'ils occupent dans un quartier populaire de Madrid. Il est 7 h du matin lorsque les gens commencent &#224; arriver sur les lieux de l'&#233;viction. D'abord quelques militantes pour le droit au logement et des f&#233;ministes antifascistes. Ensuite des amis de la famille vis&#233;e par l'&#233;viction, des voisines et quelques journalistes. Il est toujours conseill&#233; d'arriver t&#244;t sur les lieux, avant que la police ne boucle le p&#233;rim&#232;tre et qu'il soit alors impossible d'emp&#234;cher l'&#233;viction.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vers 9 h, nous sommes une trentaine. On nous propose du caf&#233;, on attend, on partage des anecdotes sur d'autres &#233;victions, on raconte sa vie et ses malheurs, l'escro&#173;querie et le chantage des banques, on attend encore et encore, on consulte son t&#233;l&#233;phone portable &#224; n'en plus finir pour voir s'il y a des nouvelles, si la commission juridique et le repr&#233;sentant de la banque sont en chemin. Vers 10 h, les rangs de la police commencent &#224; grossir. Plusieurs voitures et motos, d&#233;j&#224; deux fourgonnettes de l'anti-&#233;meute. Nous sommes maintenant une quarantaine. Tout le monde est tendu, fatigu&#233;, en suspens&#8230; Vers 10 h 30, une militante de la Plateforme des personnes affect&#233;es par les hypoth&#232;ques (&lt;i&gt;Plataforma de afectados por la hipoteca&lt;/i&gt;, PAH), le principal groupe de lutte contre les &#233;victions en Espagne, vient nous dire que la banque refuse de n&#233;gocier, que l'&#233;viction va avoir lieu et que la police se pr&#233;pare &#224; inter&#173;venir. On demande &#224; la famille concern&#233;e si elle veut c&#233;der ou r&#233;sister. Elle ne veut pas partir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une troisi&#232;me fourgonnette de l'anti-&#233;meute appara&#238;t alors. Branle-bas de combat ! Tout le monde s'agite et s'assoit rapidement par terre, bras dessus bras dessous pour bloquer l'entr&#233;e de l'immeuble, en scandant : &#171; &lt;i&gt;Voisine, r&#233;veille-toi, on expulse &#224; ta porte !&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Une &#233;viction, une autre occupation ! &lt;/i&gt; &#187; et &#171; P&lt;i&gt;as de tirs en l'air, ni dans la gueule, dehors les flics, des rues de Madrid !&lt;/i&gt; &#187; Fina&#173;lement, peu avant 11 h, la banque c&#232;de et accepte d'accorder un d&#233;lai. La foule explose de joie ! Les gens s'embrassent, le couple sort de l'immeuble en pleurant, embrassant les militant&#183;e&#183;s, serrant des mains, &#233;tourdi par l'&#233;motion. L'&#233;viction est report&#233;e au 30 mars. La foule scande : &#171; &lt;i&gt;Maintenant, nous partons ! Mais nous reviendrons !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte pour la d&#233;fense des droits sociaux est &#224; recommencer tous les jours. Telle une multitude de Sisyphe, les Espagnol&#183;e&#183;s luttent au jour le jour contre les effets de la crise. Le combat a commenc&#233; avant l'av&#232;nement des fameux &#171; Indign&#233;s &#187; (le 15-M, pour Mouvement du 15 mai, comme on l'appelle en Espagne) en 2011 et il continue malgr&#233; le d&#233;clin de la mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une r&#233;sistance quotidienne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la crise, en 2008, il y a eu plus d'un demi-million de saisies immobili&#232;res en Espagne. Dans ce pays qui jouissait d'un des plus hauts taux de propri&#233;t&#233; fonci&#232;re au monde en 2007 (87 % des Espagnol&#183;e&#183;s &#233;taient propri&#233;taires tandis que la moyenne europ&#233;enne s'&#233;levait &#224; 60 %), l'&#233;clatement de la bulle immobili&#232;re n'en finit plus de faire des ravages : on compte en moyenne 159 &#233;victions &lt;i&gt;par jour &lt;/i&gt; en Espagne et il y en a eu pr&#232;s de 400 000 depuis le d&#233;but de la crise. Des familles enti&#232;res se retrou&#173;vent &#224; la rue, sans aucune aide sociale ou recours. Les milieux les plus d&#233;favoris&#233;s sont les plus touch&#233;s par cette v&#233;ritable crise humanitaire. Par exemple, le quartier de Nou Barris, le plus pauvre de Barcelone, est confront&#233; &#224; 16 &#233;victions par jour, soit, &#224; lui seul, 10 % du total des &#233;victions quotidiennes que conna&#238;t l'ensemble du territoire espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;sistance quotidienne contre les &#233;victions et, plus g&#233;n&#233;ralement, contre les m&#233;faits des politiques d'aust&#233;rit&#233; se nourrit d'un incroyable &#233;lan de solidarit&#233; qui se d&#233;ploie au niveau des quartiers. Enracin&#233;es dans le quotidien des gens et &#233;troitement associ&#233;es &#224; des strat&#233;gies de survie, ces luttes sont vitales tant elles cultivent le lien social dans un contexte de d&#233;sagr&#233;gation. &#192; travers elles, des personnes qui vivaient jusqu'alors les effets de la crise (ch&#244;mage, d&#233;clas&#173;sement social, appauvrissement, p&#233;nurie alimentaire, menace d'&#233;viction, etc.) dans l'isolement et la passivit&#233; font l'exp&#233;rience de la soli&#173;darit&#233; et de l'action collective. L'entraide qui en d&#233;coule va au-del&#224; de la question du logement pour souvent toucher &#224; des questions de sant&#233;, d'&#233;ducation ou de culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces formes de r&#233;sistance quotidienne s'articulent autour des nombreux centres sociaux, assembl&#233;es de quartier et plateformes citoyennes mis sur pied dans la foul&#233;e de l'occupation des places publiques en mai 2011 (&#233;v&#233;nement que l'on associe au d&#233;but du 15-M). Les structures qui existaient pr&#233;alablement, comme la PAH qui a &#233;t&#233; fond&#233;e en 2009 &#224; Barcelone, se sont consolid&#233;es et &#233;tendues gr&#226;ce &#224; l'intense mobilisation du 15-M. D'autres, comme l'immense centre social autog&#233;r&#233; Eko, dans le quartier popu&#173;laire de Carabanchel, &#224; Madrid, sont appa&#173;rues dans un souci de cr&#233;er une infrastructure qui appuie les mobilisations dans le temps, au-del&#224; de l'urgence de l'occupation des places. Aujourd'hui, &#224; Madrid, on compte plusieurs dizai&#173;nes de comit&#233;s logement (&lt;i&gt;comisiones de vivienda&lt;/i&gt;) et de plateformes comme la PAH ou &lt;i&gt;Stop Desahucios&lt;/i&gt; (Halte aux &#233;victions) organis&#233;s au niveau des quartiers&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#233;galement sur le sujet Laurence Gu&#233;nette, &#171; R&#233;sistances &#224; la crise &#187;, &#192; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;mancipation au-del&#224; des partis politiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces structures sont profond&#233;ment marqu&#233;es par une culture politique et un savoir-faire militant libertaires. Elles sont d&#233;centralis&#233;es, non partisanes et fonctionnent sur une base participative horizontale. Elles mettent l'accent sur l'&#233;ducation populaire, l'auto-organisation et l'&lt;i&gt;empowerment&lt;/i&gt;, et servent &#224; la fois de lieu de rencontre et de coordination, d'&#233;change et d'apprentissage, de m&#233;moire mili&#173;tante et d'exp&#233;rimentation. Par leurs pratiques autant que par leurs objectifs, ces structures empi&#232;tent sur la logique du march&#233;, mais aussi sur celle de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative et de son principe de d&#233;l&#233;gation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que le mouvement du 15-M ne soit pas anarchiste, c'est au sein de ces structures libertaires que l'on retrouve aujourd'hui son esprit et sa flamme. Et c'est aussi l&#224; que se joue son avenir plut&#244;t qu'au sein du nouveau parti de gauche Podemos. En effet, le succ&#232;s grandissant que conna&#238;t Podemos depuis les &#233;lections europ&#233;ennes de mai 2014 risque de sacrifier le 15-M sur l'autel du jeu &#233;lectoral et de la politique insti&#173;tutionnelle. Bien que son programme anti-aust&#233;rit&#233; soit en partie l'expression du 15-M et qu'il puisse contribuer &#224; l'am&#233;lioration des conditions de vie de beaucoup de gens en Espagne, Podemos est aussi soumis aux pressions institutionnelles que connaissent tous les partis politiques et a d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; &#233;voluer vers une structure verticale de moins en moins participative. Il y a fort &#224; parier qu'il se coupera rapidement des mouvements sociaux et finira par ressembler aux autres partis de la gauche centriste europ&#233;enne, comme les partis verts avant lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en demeure pas moins qu'une victoire de Podemos lors des &#233;lections l&#233;gislatives de novembre 2015 serait une bonne nouvelle. Un gouvernement dirig&#233; par Podemos pourrait &#233;ventuellement contribuer &#224; l'av&#232;nement d'un rapport de force qui serait, &#224; court terme, plus favorable &#224; l'&#233;mancipation en modifiant, entre autres, le cadre institutionnel de la vie publique. Cependant, il ne saurait se substituer aux r&#233;seaux d'entraide et aux pratiques libertaires qui sont le gage d'une v&#233;ritable auto-&#233;mancipation des personnes et des collectivit&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#233;galement sur le sujet Laurence Gu&#233;nette, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Resistances-a-la-crise&#034;&gt;R&#233;sistances &#224; la crise&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt;, no 51, oct.-nov. 2013. NDLR.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Robin Dianoux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Nouvelles r&#233;sistances, nouvelles voies d'&#233;mancipation</title>
		<link>https://www.ababord.org/Nouvelles-resistances-nouvelles</link>
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		<dc:date>2015-04-02T23:25:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Boudreau, Diane Lamoureux</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Lamoureux, Diane</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Boudreau, Philippe </dc:subject>

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&lt;p&gt;Comment penser les mouvements en faveur de la justice, de l'e&#769;galite&#769;, de la liberte&#769;, de l'autonomie et de l'e&#769;mancipation sociale ? Quelles re&#769;flexions peuvent outiller les militant&#183;e&#183;s ? Quelles alternatives au capitalisme ne reposant ni sur le primat du marche&#769; ni sur l'e&#769;tatisation de l'e&#769;conomie ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons privile&#769;gie&#769; l'hypothe&#768;se qu'un peu partout sur la plane&#768;te, les formes que prend la lutte collective e&#769;voluent ; que des mobilisations qui, au 20e sie&#768;cle, avaient e&#769;te&#769; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Nouvelles-resistances-" rel="directory"&gt;Dossier : Nouvelles r&#233;sistances, nouvelles voies d'&#233;mancipation&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Lamoureux-Diane-+" rel="tag"&gt;Lamoureux, Diane&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Boudreau-Philippe-+" rel="tag"&gt;Boudreau, Philippe &lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1992.jpg?1642092165' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1291&#034; height=&#034;864&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment penser les mouvements en faveur de la justice, de l'e&#769;galite&#769;, de la liberte&#769;, de l'autonomie et de l'e&#769;mancipation sociale ? Quelles re&#769;flexions peuvent outiller les militant&#183;e&#183;s ? Quelles alternatives au capitalisme ne reposant ni sur le primat du marche&#769; ni sur l'e&#769;tatisation de l'e&#769;conomie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons privile&#769;gie&#769; l'hypothe&#768;se qu'un peu partout sur la plane&#768;te, les formes que prend la lutte collective e&#769;voluent ; que des mobilisations qui, au 20e sie&#768;cle, avaient e&#769;te&#769; pense&#769;es sur des bases cate&#769;gorielles e&#769;taient appele&#769;es a&#768; se transformer ; que de nouveaux acteurs collectifs e&#769;taient peut-&#234;tre en train d'e&#769;merger au 21e sie&#768;cle, sans e&#769;clipser pour autant les acteurs sociaux traditionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dossier est divise&#769; en deux volets. Le premier, plus the&#769;orique, permet de se familiariser avec certaines re&#769;flexions qui tentent de re&#769;pondre aux questions que nous nous posions. Les pistes ouvertes par les re&#769;cents travaux de Pierre Dardot et Christian Laval, de Je&#769;rome Baschet, puis de Daniel Drache, nous ont semble&#769; particulie&#768;rement fe&#769;condes et peu discute&#769;es jusqu'a&#768; pre&#769;sent au Que&#769;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxie&#768;me volet se penche sur ce que nous pourrions appeler des laboratoires d'e&#769;mergence de solidarite&#769;s nouvelles. D'abord, Rachel Sarrasin s'interroge sur l'action de proximite&#769;, a&#768; la fois dans ses dimensions territoriales et affinitaires. Serge Proulx propose de son c&#244;te&#769; une re&#769;flexion sur la nature sociopolitique de l'appropriation de la parole &#8211; et des outils &#8211; de&#769;sormais possible gr&#226;ce a&#768; l'extraordinaire de&#769;veloppement d'internet. Simon Labrecque quant a&#768; lui s'inte&#769;resse aux potentialite&#769;s offertes par les arts de la sce&#768;ne. Laure Blais et E&#769;lie Dion nous informent de certaines tentatives, a&#768; caracte&#768;re multisectoriel, en vue du de&#769;clenchement d'une mobilisation de type &#171; Printemps 2015 &#187;. Posant son regard sur l'Ame&#769;rique latine, Pierre Beaucage e&#769;value certaines expe&#769;riences de solidarite&#769; entre populations autochtones et divers secteurs progressistes ou populaires en Bolivie. Enfin, Marcos Ancelovici examine, a&#768; l'e&#769;chelle espagnole, les suites de la mouvance occupy/indignados.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces ouvertures the&#769;oriques et ces laboratoires n'e&#769;puisent pas le champ de la re&#769;flexion et des nouvelles pratiques sociales. Faute d'espace, il nous a e&#769;te&#769; impossible de de&#769;gager l'importance d'un mouvement comme Idle no more qui combine des pre&#769;occupations anticoloniales autochtones, fe&#769;ministes et e&#769;cologistes. De la m&#234;me fa&#231;on, les luttes e&#769;cologistes des dernie&#768;res anne&#769;es ont fait surgir de nouvelles alliances, qui ont, entre autres, conduit a&#768; l'abandon du projet de port pe&#769;trolier a&#768; Cacouna. Dans les re&#769;gions se forgent des alliances ine&#769;dites pour pre&#769;coniser de nouvelles formes d'occupation du territoire et de de&#769;veloppement durable. M&#234;me le mouvement syndical conna&#238;t des mutations importantes avec la syndicalisation de personnels pre&#769;caires ou atypiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons voulu mettre l'accent, a&#768; partir de points d'entre&#769;e diversifie&#769;s, sur des pratiques politiques et des re&#769;flexions the&#769;oriques en lien avec ces pratiques qui ouvrent l'horizon politique. Dans le climat de morosite&#769; associe&#769; aux politiques d'auste&#769;rite&#769; qui nous assaillent de toutes parts et qui cherchent a&#768; restreindre nos r&#234;ves, celles-ci repre&#769;sentent des lueurs d'espoir dont nous avons bien besoin. Elles nous incitent e&#769;galement a&#768; poursuivre la re&#769;flexion et la mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vous souhaitons une belle lecture, stimulante et fe&#769;conde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Dossier coordonn&#233; par Diane Lamoureux et Philippe Boudreau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : R&#233;mi Leroux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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