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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Migrations mouvement&#233;es</title>
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		<dc:date>2015-09-13T15:40:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>R&#233;mi Leroux, Am&#233;lie Nguyen</dc:creator>


		<dc:subject>Altermondialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Nguyen, Am&#233;lie</dc:subject>
		<dc:subject>Leroux, R&#233;mi</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Paralle&#768;lement a&#768; l'accroissement des ine&#769;galite&#769;s mondiales, on assiste a&#768; un contr&#244;le sans pre&#769;ce&#769;dent de la mobilite&#769; vers l'Occident des citoyennes et citoyens des pays les plus fragilise&#769;s. Rappelons-nous simplement qu'au de&#769;but du 20e sie&#768;cle, avant la Premie&#768;re Guerre mondiale, on n'utilisait m&#234;me pas de passeports ! &lt;br class='autobr' /&gt;
La migration est la question par excellence qui de&#769;montre les limites et la nature oppressive et raciste des E&#769;tats-nations. Lorsqu'une personne se retrouve a&#768; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Migrations-mouvementees-" rel="directory"&gt;Dossier : Migrations mouvement&#233;es&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nguyen-Amelie-+" rel="tag"&gt;Nguyen, Am&#233;lie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Leroux-Remi-+" rel="tag"&gt;Leroux, R&#233;mi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1967.jpg?1642092164' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;2268&#034; height=&#034;1512&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Paralle&#768;lement a&#768; l'accroissement des ine&#769;galite&#769;s mondiales, on assiste a&#768; un contr&#244;le sans pre&#769;ce&#769;dent de la mobilite&#769; vers l'Occident des citoyennes et citoyens des pays les plus fragilise&#769;s. Rappelons-nous simplement qu'au de&#769;but du 20e sie&#768;cle, avant la Premie&#768;re Guerre mondiale, on n'utilisait m&#234;me pas de passeports !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La migration est la question par excellence qui de&#769;montre les limites et la nature oppressive et raciste des E&#769;tats-nations. Lorsqu'une personne se retrouve a&#768; l'exte&#769;rieur des frontie&#768;res ge&#769;ographiques et abstraites au sein desquelles l'E&#769;tat est garant de son bien-&#234;tre, un cycle d'oppression s'enclenche, sans limites dans le temps. Celui ou celle qui n'est plus sujet de l'E&#769;tat devient, par de&#769;faut, un ennemi qui souhaite s'approprier ses ressources ou une menace pour la se&#769;curite&#769; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'agitation de la menace terroriste contribue a&#768; renforcer ce que certains nomment &#171; l'identite&#769; nationale &#187; et a&#768; exclure d'autant plus celles et ceux qui sont identifie&#769;s comme les &#171; Autres &#187;. Au Canada, l'acce&#768;s au statut de re&#769;sident permanent devient factice pour toute une part de la population mondiale avec l'accord des tiers pays &#171; s&#251;rs &#187; et avec la cre&#769;ation de nouveaux statuts de travailleuses et travailleurs temporaires qui n'y donnent pas acce&#768;s. Les personnes victimes de trafic sont aussi de plus en plus per&#231;ues comme des criminelles. Le pays d'asile n'est plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'acce&#768;s aux services de sante&#769; et a&#768; l'e&#769;ducation est toujours plus restreint pour les migrant.e.s, force est de constater que notre mode de vie repose pourtant sur la pauvrete&#769; de ces dernier.e.s, qui cherchent avant tout a&#768; e&#769;chapper a&#768; une vie sans avenues, a&#768; l'oppression, aux conflits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;sistance s'organise pourtant, afin de lutter contre les nombreuses de&#769;portations et de&#769;tentions, e&#769;largir l'acce&#768;s aux services, de&#769;noncer les manipulations orchestre&#769;es par les tenants d'un inte&#769;r&#234;t national qui nous divise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dossier pre&#769;sente plusieurs engagements comme autant de te&#769;moignages de cette re&#769;sistance. Les femmes philippines du groupe Pinay soutiennent les travailleuses domestiques depuis plus de 20 ans. La clinique de Me&#769;decins du monde offre un acce&#768;s me&#769;dical inconditionnel aux migrants en situation de pre&#769;carite&#769;. Les membres du collectif E&#769;ducation sans frontie&#768;res militent activement pour faire de l'e&#769;ducation et de l'acce&#768;s a&#768; l'e&#769;cole un droit inalie&#769;nable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face a&#768; un gouvernement qui a rompu depuis longtemps l'e&#769;quilibre entre utilitarisme migratoire et acce&#768;s a&#768; la citoyennete&#769; pour privile&#769;gier des politiques d'immigration temporaire, de telles initiatives sont essentielles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est indispensable de donner un visage humain a&#768; ces migrantes et migrants, de mieux comprendre comment nous contribuons a&#768; leur oppression et de de&#769;fendre, ensemble, notre commune humanite&#769;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Luciano Benvenuto, Masques d'Alfred Pellan&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'immigration soumise aux r&#232;gles du march&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-immigration-soumise-aux-regles</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-immigration-soumise-aux-regles</guid>
		<dc:date>2015-09-13T15:39:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Jacob</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Jacob, Andr&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'importation d'une main-d'&#339;uvre temporaire trait&#233;e comme une marchandise fait l'objet de nombreuses critiques depuis fort longtemps. Ainsi, pendant que l'on d&#233;roule le tapis rouge devant une minorit&#233; d'immigrants-investisseurs pour leur permettre de b&#233;n&#233;ficier de proc&#233;dures rapides (acceptation, certificat de r&#233;sidence, conditions d'&#233;tablissement privil&#233;gi&#233;es, etc.), on renforce les mesures de pr&#233;carisation de la situation d'importantes cat&#233;gories d'immigrants, notamment les demandeurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2050.png?1642092169' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;549&#034; height=&#034;482&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'importation&lt;/i&gt; d'une main-d'&#339;uvre temporaire trait&#233;e comme une marchandise fait l'objet de nombreuses critiques depuis fort longtemps. Ainsi, pendant que l'on d&#233;roule le tapis rouge devant une minorit&#233; d'immigrants-investisseurs pour leur permettre de b&#233;n&#233;ficier de proc&#233;dures rapides (acceptation, certificat de r&#233;sidence, conditions d'&#233;tablissement privil&#233;gi&#233;es, etc.), on renforce les mesures de pr&#233;carisation de la situation d'importantes cat&#233;gories d'immigrants, notamment les demandeurs d'asile et les travailleurs temporaires &#224; contrat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les politiques d'immigration canadienne ont beaucoup chang&#233; au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie et ob&#233;issent maintenant &#224; un nouveau paradigme fond&#233; sur l'id&#233;ologie du laisser-faire au c&#339;ur d'une vision utilitariste de l'immigration : il s'agit d'imposer le principe de la mobilit&#233; de la main-d'&#339;uvre entre les fronti&#232;res au nom de la libert&#233; d'entreprise. Cet &#233;tat de fait g&#233;n&#232;re une nouvelle forme de discrimination syst&#233;mique &#224; l'&#233;gard de personnes fragilis&#233;es en raison de leurs ressources financi&#232;res et professionnelles limit&#233;es, de m&#234;me qu'en raison de leur origine ethnique et nationale. Ainsi, une masse de travailleurs&#183;euses d&#233;si&#173;reux d'am&#233;liorer leur sort &#224; cause des disparit&#233;s entre les pays et les r&#233;gions du monde se trouve plus facilement embrigad&#233;e dans un syst&#232;me d'exploitation structurelle. Dans ce contexte, les demandeurs&#183;euses d'asile rencontrent de plus en plus de difficult&#233;s &#224; faire accepter leur requ&#234;&#173;te. Ils doivent pr&#233;senter un profil de plus en plus conforme aux crit&#232;&#173;res d'employabilit&#233; des autres cat&#233;gories d'immigrant&#183;e&#183;s et traverser le filtre serr&#233; des services de la s&#233;curit&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; loi C-11 &#187;, ou la Loi sur l'immigration et la protection des r&#233;fugi&#233;s selon son libell&#233; officiel, compte d&#233;j&#224; neuf cat&#233;gories d'interdiction du territoire : s&#233;curit&#233;, atteinte aux droits de la personne et aux droits internationaux, criminalit&#233;, activit&#233;s de criminalit&#233; organis&#233;e, sant&#233;, motifs financiers, fausses d&#233;clarations, manquement &#224; la loi, inadmissibilit&#233; fami&#173;liale. &#192; cette loi s'ajoutent maintenant la Loi antiterroriste et le nouveau projet de &#171; loi 44 &#187; sur la s&#233;curit&#233; que le gouvernement Harper compte adopter d&#232;s janvier 2015 &#224; la Chambre des communes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le projet de loi en &#233;tait &#224; l'&#233;tape de la troisi&#232;me lecture &#224; la Chambre des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dans une sorte d'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale, m&#234;me si cette loi donnera encore plus de pouvoir et de ressources aux services de renseignements et aux forces polici&#232;res. En r&#233;alit&#233;, il s'agit de profiter de la conjoncture mondiale de la peur, de l'ins&#233;curit&#233;, de l'islamophobie et du d&#233;ni par rapport aux s&#233;quelles n&#233;gatives de la guerre en Irak sous de faux pr&#233;textes pour inventer une panoplie de mesures de plus en plus r&#233;pressives &#224; l'&#233;gard des immigrant&#183;e&#183;s bien s&#251;r, mais aussi &#224; l'&#233;gard de l'ensemble de la population. Cette probl&#233;matique de &#171; l'ins&#233;curit&#233; &#187; a une incidence directe sur les politiques de gestion de l'immigration et de la diversit&#233;. Pourquoi ? Tout simplement parce que depuis l'attaque contre le World Trade Center le 11 septembre 2001, la lutte au terrorisme s'est av&#233;r&#233;e la pierre d'assise de la loi sur l'immigration. Ainsi, aujourd'hui, les diff&#233;rents incidents provo&#173;qu&#233;s par des militant&#183;e&#183;s conscrits dans la mouvance djihadiste alimen&#173;tent les arguments d&#233;magogiques du Parti conservateur pour justi&#173;fier des contr&#244;les renforc&#233;s de l'immigration. Les services de rensei&#173;gnements sont sur les dents. En d&#233;coule une diminution marqu&#233;e du nombre d'entr&#233;es de r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s au Canada et il y a de fortes chances que le mouvement s'accentue.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Changements dans les orientations des migrations&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quels sont les changements majeurs ? Premier changement : sont boni&#173;fi&#233;es diverses formes de conscription de la main-d'&#339;uvre inscrites dans la mouvance de la mondialisation de l'&#233;conomie et de la comp&#233;tition entre des &#171; march&#233;s &#187; extr&#234;mement concurrentiels ; les programmes d'utilisation d'une main-d'&#339;uvre migrante &#224; contrat temporaire recrut&#233;e dans les pays du Sud (surtout Am&#233;rique latine, Afrique et Philippines) deviennent de plus en plus la norme dans plusieurs secteurs d'emploi (agriculture, abattage d'animaux, h&#244;tellerie, restauration, mines et services divers comme l'am&#233;nagement paysager, le soutien cl&#233;rical, etc.). Ce changement fait en sorte que l'entr&#233;e au Canada de citoyen&#183;ne&#183;s de l'&#233;tranger d&#233;passe maintenant le nombre des demandeurs de r&#233;sidence permanente. Les statistiques r&#233;v&#232;lent clairement cette nouvelle tendance : en 2013, ce sont 57 100 immigrant&#183;e&#183;s temporaires qui sont arri&#173;v&#233;s au Qu&#233;bec alors que la moyenne annuelle durant la p&#233;riode de 2008 &#224; 2013 &#233;tait de 53 264&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Minist&#232;re de l'Immigration, de la Diversit&#233; et de l'Inclusion, L'immigration (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pourquoi ? Parce que le socle de la politique repo&#173;se sur la recherche d'une contribution &#233;conomique de la part de ce bassin de main-d'&#339;uvre &#171; &#224; bon march&#233; &#187; peu importe leur statut (r&#233;sidents permanents, travailleurs temporaires, demandeurs d'asile, investisseurs). Pour ce seul motif, le niveau de scolarit&#233; moyen des immigrant&#183;e&#183;s et leur contribution financi&#232;re au pays deviennent des facteurs d&#233;terminants dans l'acceptation ou non au pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me changement : l'&#201;tat cautionne les changements id&#233;ologiques et structurels et institutionnalise une forme de discrimination syst&#233;mique. En quoi ? Tout d'abord, la politique d'immigration vise &#224; favoriser les employeurs qui recherchent constamment la diminution des co&#251;ts de la main-d'&#339;uvre et le moins de r&#232;gles &#224; observer sous le pr&#233;texte des exigences de la comp&#233;titivit&#233;. Deuxi&#232;mement, s'ajoutent &#224; cela les nouvelles r&#232;gles de l'immigration calqu&#233;es sur les demandes des associations patronales attel&#233;es &#224; restructurer l'organisation du travail en cr&#233;ant une constante pression &#224; la baisse sur les salaires ; la main-d'&#339;uvre &#233;trang&#232;re en vient &#224; servir de pression sur les Canadien&#183;ne&#183;s qui n'acceptent pas de se conformer &#224; des conditions jug&#233;es inacceptables (faibles salaires, horaires bris&#233;s, longues heures de travail, absence de cumul d'anciennet&#233;, diminution de la s&#233;curit&#233;, menace de rapatriement, retrait des documents personnels dans certains cas, non-respect des droits, etc.). Une telle situation favorise ainsi l'imposition de diminutions salariales aux travailleurs&#183;euses nationaux. Troisi&#232;mement, dans bien des cas, le processus d'embauche est confi&#233; au secteur priv&#233;. &#192; cet &#233;gard, le cas de la main-d'&#339;uvre agricole en fournit une illustration &#233;vidente : l'organisme priv&#233; FERME (Fondation des entreprises en recrutement de main-d'&#339;uvre agricole &#233;trang&#232;re) recrute dans le pays d'origine, fait payer les frais de transport aux travailleurs et les r&#233;partit ensuite chez les fermiers employeurs. Enfin, la pr&#233;sence de tra&#173;vailleurs sous contrat temporaire r&#233;duit presque &#224; n&#233;ant l'organisation syndicale et constitue une attaque frontale contre le droit d'association et, par le fait m&#234;me, le droit &#224; la n&#233;gociation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouvelles r&#232;gles des contr&#244;les migratoires s'inspirant de cette id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale font en sorte que, dans la plupart des cas, ces travailleurs et travailleuses ne peuvent participer &#224; la dynamique de la soci&#233;t&#233; &#224; &#233;galit&#233; avec n'importe quel citoyen ou citoyenne. La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Qu&#233;bec a d&#233;nonc&#233; cette forme de discrimination syst&#233;mique, particuli&#232;rement dans le domaine agricole, notamment en ce qui a trait &#224; la limite du droit d'association&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Qu&#233;bec, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; &#192; deux reprises au moins, la Commission s'est d&#233;clar&#233;e d'avis que l'exclusion des travailleuses et travailleurs agricoles d'un r&#233;gime l&#233;gislatif en mati&#232;re de droit du travail constitue une discrimination fond&#233;e sur leur condition sociale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem, Commentaires sur le projet de loi no 126 : Loi sur les normes du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; La Commission r&#233;it&#232;re aussi le fait que ces travailleurs sont victimes de discrimination en raison de leur origine ethnique ou nationale, de leur condition sociale, de leur langue et, dans le cas des aides familiales r&#233;sidantes, de leur sexe. Cette discrimination syst&#233;mique implique que les travailleurs migrants temporaires n'ont pas droit &#224; l'aide juridique, &#224; l'aide sociale, &#224; l'instruction publique ou aux programmes de soutien &#224; l'int&#233;gration des immigrants (apprentissage de la langue, etc.). Ils sont aussi exclus de certaines dispositions du Code du travail, de la Loi sur les normes du travail, de la Loi sur la sant&#233; et la s&#233;curit&#233; du travail et de la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation, m&#234;me si l'expression peut para&#238;tre excessive, ressemble &#224; une forme d'esclavage moderne con&#231;ue et maintenue &#224; la lumi&#232;re du sacro-saint dogme central de l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale, soit la libert&#233; de circu&#173;lation du capital, des biens et&#8230; de la main-d'&#339;uvre. La situation actu&#173;elle correspond au laisser-faire qui voue une adoration sans limites aux principes et aux tactiques de la loi du march&#233; dit libre ; une large propor&#173;tion de la main-d'&#339;uvre en vient ainsi &#224; ressembler &#224; des produits de consommation, achetables, vendables et&#8230; exploitables. Malgr&#233; les difficult&#233;s, est-il pensable de promouvoir la protection des droits comme un rempart contre l'exploitation ? Une telle strat&#233;gie interpelle les entreprises priv&#233;es, mais en premier lieu l'&#201;tat, responsable de l'application des Chartes des droits et libert&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Immigration et enjeux &#233;thiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il importe de le souligner, un enjeu &#233;thique significatif sous-tend l'immigration : l'obligation pour une soci&#233;t&#233; de permettre &#224; chaque sujet actif de voir ses droits respect&#233;s et de vivre des rapports sociaux fond&#233;s sur l'expression de la libert&#233; et de la responsabilit&#233;. Pour atteindre cet id&#233;al, il faut sortir du cercle vicieux qui veut que chaque individu soit responsable de son propre sort sans appartenance &#224; une dynamique collective. Cette vis&#233;e questionne l'&#233;thique des entreprises mises &#224; l'&#233;preuve parce qu'elles r&#233;f&#232;rent, inconsciemment ou pas, &#224; une id&#233;ologie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'id&#233;ologie r&#233;f&#232;re &#224; un ensemble de principes et de connaissances vagues (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sur le plan de l'organisation du travail qui devient la base de la construction normative des rapports sociaux. En somme, l'&#233;thique correspond au sens des responsabilit&#233;s des institutions, des entreprises et des citoyens et citoyennes. Le conformisme &#224; des modes d'organisation du travail assimil&#233;s comme des normes de r&#233;f&#233;rence entra&#238;ne un laisser-faire, un d&#233;ni des droits fondamentaux, sociaux et &#233;conomiques, l'individualisme et la d&#233;responsabilisation individuelle et collective. Aujourd'hui, l'emploi massif de la main-d'&#339;uvre venue de l'&#233;tranger semble une &#233;vidence et l'opinion publique tol&#232;re facilement la pr&#233;carit&#233;, la soumission et la d&#233;pendance face au pouvoir des entreprises priv&#233;es. En m&#234;me temps, il devient de plus en plus difficile de se maquiller de l'insouciance, de l'ignorance ou de l'inconscience en se drapant d'un consensus hypocrite au sujet de la responsabilit&#233; collective face aux nouveaux imp&#233;ratifs de la s&#233;curit&#233; qui nous sont impos&#233;s. Les premiers &#224; en souffrir sont nos s&#339;urs et nos fr&#232;res qui souhaitent obtenir la citoyennet&#233; canadienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le projet de loi en &#233;tait &#224; l'&#233;tape de la troisi&#232;me lecture &#224; la Chambre des communes au moment de mettre sous presse. NDLR.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Minist&#232;re de l'Immigration, de la Diversit&#233; et de l'Inclusion, &lt;i&gt;L'immigration temporaire au Qu&#233;bec : 2008-2013&lt;/i&gt;, Gouvernement du Qu&#233;bec, septembre 2014, p. 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Qu&#233;bec, &lt;i&gt;Commentaires sur le projet de loi No 8, loi modifiant le Code du travail &#224; l'&#233;gard de certains salari&#233;s d'exploitations agricoles&lt;/i&gt;, septembre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Idem&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Commentaires sur le projet de loi no 126 : Loi sur les normes du travail&lt;/i&gt;, (Cat. 2.412.27.1), mars 1979, p. 7 ; &lt;i&gt;Conformit&#233; avec la Charte des droits et libert&#233;s de la personne du projet de loi : Loi modifiant les normes du travail&lt;/i&gt;, Me Maurice Drapeau, (Cat. 2.412.27.2), novembre 1990, p. 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'id&#233;ologie r&#233;f&#232;re &#224; un ensemble de principes et de connaissances vagues qui, dirait Hannah Arendt, semble offrir les cl&#233;s explicatives de lois universelles cens&#233;es gouverner la nature et l'homme. Hannah Arendt, &lt;i&gt;Les origines du totalitarisme : Eichmann &#224; J&#233;rusalem&lt;/i&gt;. Paris, Gallimard (Quarto), 2002, p. 416.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;cole doit devenir un sanctuaire</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-ecole-doit-devenir-un-sanctuaire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-ecole-doit-devenir-un-sanctuaire</guid>
		<dc:date>2015-09-12T21:50:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif &#233;ducation sans fronti&#232;res</dc:creator>


		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Collectif &#233;ducation sans fronti&#232;res</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; Montr&#233;al, le 15 janvier 2014, &#201;milio, 16 ans et r&#233;sidant au Qu&#233;bec depuis 2008, est convoqu&#233; dans un bureau de son &#233;cole secon&#173;daire. On lui dit que si sa m&#232;re ne vient pas payer la facture pour r&#233;gler les frais de son inscription, Immigration Canada sera appel&#233; et sa famille sera d&#233;port&#233;e. Des frais de 6 000 dollars par enfant et par ann&#233;e sont exig&#233;s pour l'inscription de la plupart des enfants sans-papiers dans les &#233;coles publiques qu&#233;b&#233;coises. &lt;br class='autobr' /&gt; Quelques mois plus tard, avec d'autres (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Migrations-mouvementees-" rel="directory"&gt;Dossier : Migrations mouvement&#233;es&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Education-et-enseignement-+" rel="tag"&gt;Education et enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Immigration-refuge-et-racisme-+" rel="tag"&gt;Immigration, refuge et racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Collectif-education-sans-+" rel="tag"&gt;Collectif &#233;ducation sans fronti&#232;res&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2049.png?1642092169' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;335&#034; height=&#034;261&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Montr&#233;al, le 15 janvier 2014, &#201;milio, 16 ans et r&#233;sidant au Qu&#233;bec depuis 2008, est convoqu&#233; dans un bureau de son &#233;cole secon&#173;daire. On lui dit que si sa m&#232;re ne vient pas payer la facture pour r&#233;gler les frais de son inscription, Immigration Canada sera appel&#233; et sa famille sera d&#233;port&#233;e. Des frais de 6 000 dollars par enfant et par ann&#233;e sont exig&#233;s pour l'inscription de la plupart des enfants sans-papiers dans les &#233;coles publiques qu&#233;b&#233;coises.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quelques mois plus tard, avec d'autres jeunes de son &#226;ge, &#201;milio est pris dans une affaire de vol &#224; l'&#233;talage dans un d&#233;panneur. Il est le seul du groupe &#224; &#234;tre arr&#234;&#173;t&#233; par la police. Parce qu'il est sans-papiers, il est enferm&#233; plusieurs jours au centre de d&#233;tention de Laval et re&#231;oit un avis de d&#233;portation vers le pays o&#249; il est n&#233;, seul, alors qu'il est mineur. Cette sentence disproportionn&#233;e vise ce jeune homme car il est sans-papiers, le Canada ayant refus&#233; la demande d'asile de sa famille &#224; plusieurs reprises dans le pass&#233;. Il est lib&#233;r&#233; du centre de d&#233;tention et ne se rend pas aux autorit&#233;s le jour pr&#233;vu de la d&#233;portation, souhaitant rester &#224; Montr&#233;al o&#249; il vit depuis des ann&#233;es. Sa vie, sa famille, ses ami&#183;e&#183;s sont ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rester anonyme, la famille change de quartier, de logement et d'&#233;cole. La rentr&#233;e dans le nouvel &#233;tablissement scolaire se passe bien. &#201;milio a de bons r&#233;sultats et re&#231;oit des commentaires positifs de la part de ses profes&#173;seur&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 octobre 2014, jour de ses 17 ans, il va rendre visite &#224; ses camarades dans son ancienne &#233;cole. Le groupe de copines et copains se rassemble sur le trottoir puis rentre dans l'&#233;cole. &#201;milio est imm&#233;diatement cibl&#233; par le service de s&#233;curit&#233;. Le SPVM arrive, l'arr&#234;te et le menotte devant tous ses ami&#183;e&#183;s. Il n'est, semble-t-il, pas le bienvenu pour le personnel et la direction de cette &#233;cole qui se sont d&#233;j&#224; montr&#233;s hostiles envers lui et sa famille &#224; plusieurs reprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#201;milio, les cons&#233;quences de ce qui s'est pass&#233; ont &#233;t&#233; dramatiques. Dans les murs d'une &#233;cole montr&#233;alaise, la vie d'un jeune homme scolaris&#233; au Qu&#233;bec depuis des ann&#233;es a &#233;t&#233; bris&#233;e : il a &#233;t&#233; remis par le SPVM entre les mains de l'Agence des services frontaliers du Canada, a &#233;t&#233; d&#233;tenu pendant une semaine, isol&#233; dans le centre de d&#233;tention de Laval car mineur ; puis, le jeudi 16 octobre 2014, il a &#233;t&#233; d&#233;port&#233; au Mexique, seul, dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Qu&#233;bec loin derri&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce sont pr&#233;cis&#233;ment ces d&#233;nis du principe d'&#233;galit&#233; et du droit &#224; l'&#233;ducation qu'a d&#233;nonc&#233;s la Protectrice du citoyen dans son rapport, publi&#233; le 7 novembre 2014, sur l'acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation publique pour les enfants en situation d'immigration pr&#233;caire. Pourtant en juin 2013, Marie Malavoy, alors ministre de l'&#201;ducation, des Loisirs et du Sport, avait annonc&#233; l'ouverture des &#233;coles pour tous les enfants. En r&#233;alit&#233;, le gouvernement a seulement ajout&#233; quelques cat&#233;gories d'exemption et une bonne dose d'arbitraire, puisque l'interpr&#233;tation de ces exemptions est laiss&#233;e &#224; l'appr&#233;ciation du personnel de chaque commission scolaire qui d&#233;cide seul de l'inscription gratuite ou non des enfants. Pire encore, aucune mesure n'a &#233;t&#233; prise pour garantir la confidentialit&#233; des familles. Dans certaines commissions scolaires, les fiches d'inscription comportent une mention &#171; famille sans-papiers &#187;. Tout individu membre du personnel d'un &#233;tablissement scolaire a alors la capacit&#233; de devenir un agent improvis&#233; de l'Immigration, avec un pouvoir consid&#233;rable sur des personnes, &#224; commencer par le pouvoir de briser des vies. L'histoire de ce jeune gar&#231;on d&#233;port&#233; est loin d'&#234;tre une exception. D'ailleurs, le rapport de la Protectrice du citoyen en fait mention en indiquant que &#171; &lt;i&gt;certaines commissions scolaires exc&#232;dent les exigences r&#233;glementaires actuelles en obligeant, chaque ann&#233;e, les parents d'un enfant &#224; faire la preuve de la r&#233;gularit&#233; de la situation d'immigration de l'enfant&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la Protectrice note dans son rapport qu'elle &#171; &lt;i&gt;a &#233;t&#233; &#224; m&#234;me de constater la sensibilit&#233; et la volont&#233; d'agir dont a fait preuve le minist&#232;re &#224; l'&#233;gard de cette situation&lt;/i&gt; &#187;, force est de constater que rien ne bouge. Seul un v&#233;ritable changement de la loi, qui ne lie plus droit &#224; l'&#233;ducation et statut migra&#173;toire, pourra mettre un terme &#224; cette discri&#173;mination syst&#233;mique qui place le Qu&#233;bec &#224; la tra&#238;ne, loin derri&#232;re la plupart des &#201;tats euro&#173;p&#233;ens, des &#201;tats-Unis et de plusieurs provin&#173;ces canadiennes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Actif depuis l'automne 2011, le Collectif &#233;ducation sans fronti&#232;res r&#233;unit des migrant&#183;e&#183;s et leurs alli&#233;&#183;e&#183;s &#8211; parents, &#233;tudiant&#183;e&#183;s, ensei&#173;gnant&#183;e&#183;s, chercheurs et chercheuses, militant&#183;e&#183;s &#8211; qui se sentent concern&#233;&#183;e&#183;s par le probl&#232;me du non-acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation publique en raison du statut d'immigration. Le collectif est reli&#233; &#224; Soli&#173;darit&#233; sans fronti&#232;res (SSF), un r&#233;seau impliqu&#233; dans les luttes immigrantes depuis 2003 et revendiquant la r&#233;gularisation des sans-papiers et la fin des d&#233;tentions, des d&#233;portations et de la double peine. La formation du collectif est issue de la campagne &#171; Cit&#233; sans fronti&#232;res &#187; (men&#233;e par SSF), qui se propose de faire de Montr&#233;al une ville o&#249; quiconque, peu importe son statut d'immigration, pourrait avoir acc&#232;s aux services essen&#173;tiels tels que les soins de sant&#233; gratuits (dans les h&#244;pitaux, les cliniques et les CLSC), l'&#233;ducation, les logements sociaux ainsi que les services pour personnes victimes de violence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; O&#249; qu'il se situe sur sa trajectoire, le migrant a des droits &#187;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Ou-qu-il-se-situe-sur-sa</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Ou-qu-il-se-situe-sur-sa</guid>
		<dc:date>2015-09-12T21:46:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucie Lamarche, R&#233;mi Leroux</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Lamarche, Lucie </dc:subject>
		<dc:subject>Leroux, R&#233;mi</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avant d'&#234;tre travailleur saisonnier, sans-papiers, demandeur d'asile ou travailleuse domestique, le migrant est une personne. Au-del&#224; des cat&#233;gories que le droit international s'acharne &#224; d&#233;finir, un migrant s'inscrit dans une trajectoire qui lui est propre. Professeure &#224; l'UQAM, sp&#233;cialiste du droit international, des droits &#233;conomiques et sociaux, des droits des femmes et des institutions des droits de la personne, Lucie Lamarche milite pour une reconnaissance des trajectoires de mobilit&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Migrations-mouvementees-" rel="directory"&gt;Dossier : Migrations mouvement&#233;es&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Immigration-refuge-et-racisme-+" rel="tag"&gt;Immigration, refuge et racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Lamarche-Lucie-+" rel="tag"&gt;Lamarche, Lucie &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Leroux-Remi-+" rel="tag"&gt;Leroux, R&#233;mi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2048.png?1642092169' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;720&#034; height=&#034;503&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avant d'&#234;tre travailleur saisonnier, sans-papiers, demandeur d'asile ou travailleuse domestique, le migrant est une personne. Au-del&#224; des cat&#233;gories que le droit international s'acharne &#224; d&#233;finir, un migrant s'inscrit dans une trajectoire qui lui est propre. Professeure &#224; l'UQAM, sp&#233;cialiste du droit international, des droits &#233;conomiques et sociaux, des droits des femmes et des institutions des droits de la personne, Lucie Lamarche milite pour une reconnaissance des trajectoires de mobilit&#233; des migrant&#183;e&#183;s. Afin qu'ils et elles cessent d'&#234;tre per&#231;u&#183;e&#183;s tant&#244;t comme une menace potentielle pour les &#201;tats, tant&#244;t comme des personnes asservies &#224; la fluidit&#233; des biens et services, h&#233;ritage toxique des accords de commerce international. Entrevue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord ! &lt;/i&gt; : Dans un monde en mouvement, la figure du migrant pr&#233;sente de nombreuses facettes qui ne sont pas toujours faciles &#224; appr&#233;hender. En particulier du point de vue des droits. Quelle approche privil&#233;gier ?&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lucie Lamarche :&lt;/strong&gt; Je suis tr&#232;s sensible &#224; la litt&#233;rature qui d&#233;construit l'id&#233;e que le migrant ne serait qu'une victime. C'est bien plus complexe. &#192; partir du moment o&#249; ils s'inscrivent dans une trajectoire de migration, les gens sont infiniment cr&#233;atifs. On touche ici &#224; l'id&#233;e d'&lt;i&gt;agency&lt;/i&gt;, d'agentivit&#233; [notion qui veut qu'une personne a la capacit&#233; d'agir sur sa propre vie et sur le monde qui l'entoure, NDLR]. Lorsqu'on promeut les droits humains et que l'on clame et d&#233;cla&#173;me les proc&#233;dures d'&lt;i&gt;empowerment&lt;/i&gt;, c'est toujours paradoxal de ramener le migrant &#224; cette seule posture de victime. Cela devient g&#234;nant et c'est un peu contre-productif. De ce point de vue, la communaut&#233; philippine est un exemple int&#233;ressant d'agentivit&#233;. Il y a une telle expertise dans les villages philippins, des choix collectifs sont faits et il n'est plus possible de percevoir les travailleuses domestiques au Cana&#173;da seulement comme des victimes. Il faut prendre en consid&#233;ration les postures complexes du migrant et faire &#233;merger les migrants comme des personnes. Ce ne sont pas des &#234;tres de transit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; : D'o&#249; nous vient cette culture de l'&#234;tre de transit ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L. L. :&lt;/strong&gt; Je pense qu'elle nous vient des accords de commerce. On a combattu hier contre les accords de l'OMC, aujourd'hui contre les accords Canada-Union europ&#233;enne. Nous avons tous d&#233;nonc&#233; l'extr&#234;me fluidit&#233; du commerce des biens et des services et nous n'avons pas vu que, dans cette logique commerciale, les personnes devenaient du m&#234;me coup asservies &#224; cette fluidit&#233;. L'ing&#233;nieur a&#233;ronautique suit l'aile d'avion, le designer suit je ne sais quel produit&#8230; Les migrant&#183;e&#183;s, voil&#224; un groupe qui nous laisse perplexes car il est fluide. Comment assurer la portabilit&#233; et la fluidit&#233; des droits ? Prenons un exemple concret : un travailleur se blesse sur un chantier de construction &#224; Toronto, il perd son permis de travail parce qu'il est accident&#233; et rentre en Turquie ou au Guatemala. Ce travailleur migrant ne devrait pas perdre ses droits &#224; la rente d'accident&#233; parce qu'il a quitt&#233; le territoire. C'est tout le probl&#232;me de portabilit&#233; des droits. Ce n'est pas parce que le travailleur est parti qu'il n'y a plus de travailleur. Il y a un probl&#232;me d'ancrage du droit. Or, si l'on continue &#224; focaliser &#224; outrance sur les cat&#233;gories de migrant&#183;e&#183;s, d'une certaine fa&#231;on, nous portons atteinte &#224; notre capacit&#233; &#224; voir la personne avant le sans-papiers, le &#171; terroriste &#187;, le r&#233;fugi&#233;. Le droit fixe les cat&#233;gories et les statuts alors que le migrant bouge, il aspire &#224; quelque chose qui peut aller &#224; la citoyennet&#233; de son pays d'accueil. Le droit et la r&#233;alit&#233; du migrant ne fonctionnent plus ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Fran&#231;ois Cr&#233;peau, Rapporteur sp&#233;cial des Nations unies sur les droits de l'homme des migrants, estime que certains &#201;tats sont plus toxiques que d'autres du point de vue des politiques migratoires et des r&#233;gimes juridiques.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L. L. :&lt;/strong&gt; Il y a 240 millions de migrant&#183;e&#183;s qui se d&#233;placent chaque ann&#233;e, qui sont en mouvement, qui cherchent la paix, la s&#233;curit&#233;, un boulot&#8230; Je ne pense pas que leur grand probl&#232;me dans la vie soit l'&#233;chelle de toxicit&#233; du territoire o&#249; ils vont atterrir. Que nous nous en pr&#233;occupions, soit, mais de l&#224; &#224; &#233;tablir une corr&#233;lation entre d'une part, une affirmation des droits des migrant&#183;e&#183;s et, d'autre part, la toxicit&#233; d'un &#201;tat, j'ai beaucoup de difficult&#233; &#224; m'inscrire dans cette perspective. La logique ultime serait de dire : parce que tel pays est plus toxique, les migrant&#183;e&#183;s vont chercher &#224; l'&#233;viter. Statistiquement, ce n'est pas vrai que des pays toxiques sont d&#233;sert&#233;s par les migrant&#183;e&#183;s. Prenons simplement l'exemple du Royaume-Uni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela &#233;tant dit, je pense que le Canada a sa part de responsabilit&#233; en mati&#232;re de privation et de d&#233;ni des droits &#233;conomiques et sociaux de la personne. Le r&#233;cent projet de loi C-43 en est une illustration marquante. Ce que dit le gouvernement f&#233;d&#233;ral aux provinces, c'est puisque vous avez une &#226;me humanitaire, payez tout seul. Si vous voulez ouvrir les portes de vos h&#244;pitaux et celles de vos &#233;coles aux sans-papiers&#8230; soit, mais vous assumerez la facture. Le f&#233;d&#233;ral ne participera plus. C'est une rupture importante du contrat qui engage depuis toujours le gouvernement f&#233;d&#233;ral &#224; financer les programmes sociaux au Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; : Il existe pourtant des r&#233;actions, des r&#233;sis&#173;tances &#224; cette posture id&#233;ologique. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L. L. : &lt;/strong&gt; Cela nous ram&#232;ne en effet &#224; la g&#233;ographie des trajectoires. L'enjeu du territoire est ici important, de plus en plus central. Nous entrons dans une nouvelle fluidit&#233;. Lorsque j'ai fait mon droit public, on m'a appris qu'il y avait des comp&#233;tences f&#233;d&#233;rales et provinciales. Or, maintenant, les acteurs locaux &#233;mergent et ils sont de plus en plus d&#233;terminants. Au Canada, 80 % des habitant&#183;e&#183;s vivent dans les villes et proche de la fronti&#232;re am&#233;ricaine, si l'on exclut les chantiers de type Fort McMurray. La dynamique de mobilit&#233; se joue donc au Sud et en milieu urbain. Les villes vont devoir d&#233;velopper leur autonomie et leur posture propre par rapport aux enjeux de migrations. Gatineau et Edmonton le font d&#233;j&#224;. Ce sont les deux premi&#232;res villes d'accueil d'immigration l&#233;gale au Canada. Elles rel&#232;vent des d&#233;fis importants, engagent des d&#233;penses municipales dans l'&#233;ducation, les loisirs, la culture, le logement, les transports. Elles pensent l'int&#233;gration, structurent la ville autour de ce projet, lui donnent une dynamique et portent attention aux personnes. Ce niveau d'humanit&#233; est rendu plus &#233;vident &#224; l'&#233;chelon municipal. C'est aussi une fa&#231;on de dire que la g&#233;ographie des droits humains des migrant&#183;e&#183;s se joue &#224; une autre &#233;chelle que celle de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; : C'est l'id&#233;e du &#171; droit &#224; la ville &#187; ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L. L. : C'est une posture politique qui s'inscrit dans cette perspective historique. Les commissions scolaires de Toronto, par exemple, appliquent le &#171; &lt;i&gt;don't ask, don't tell&lt;/i&gt; &#187; [&#171; ne posez pas de questions, n'en parlez pas &#187;, NDLR] depuis longtemps. C'est un h&#233;ritage direct de leurs traditions de refuge d'&#233;glise, de leur culture protestante. Quand une &#233;cole dit &#171; d&lt;i&gt;on't ask, don't tell&lt;/i&gt; &#187;, c'est qu'elle ne veut pas savoir. Un enfant quel qu'il soit doit &#234;tre &#233;duqu&#233;, c'est tout. Ces postures locales d&#233;fient la toxicit&#233; nationale. Ce n'est pas bruyant, cela ne fait pas d'&#233;clat, mais il s'agit bel et bien de communaut&#233;s r&#233;unies autour de personnes vuln&#233;rables et, en ce sens, c'est une perp&#233;tuation de la tradition du sanctuaire dans sa d&#233;clinaison contemporaine. C'est comme une extension du sanctuaire &#224; l'espace public. Tant&#244;t l'h&#244;pital, tant&#244;t l'&#233;cole, tant&#244;t la biblioth&#232;que, tant&#244;t le logement social. Il y a l&#224; une reconnaissance des trajectoires de mobilit&#233;. O&#249; que l'on soit, nous sommes des personnes. Il est possible que le gouvernement f&#233;d&#233;ral soit un petit peu d&#233;bord&#233; par ces villes qui agissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi le postulat de la Convention des Nations unies sur les droits des travailleurs migrants et de leur famille. O&#249; que le migrant se situe sur sa trajectoire, il a des droits. Inutile de dire que les pays du Nord ne sont pas tr&#232;s excit&#233;s &#224; l'id&#233;e de ratifier cette convention. Mais, dans le groupe Am&#233;rique latine, tous les &#201;tats l'ont ratifi&#233;e. D'une certaine fa&#231;on, c'est un r&#233;gio&#173;nalisme d'avant-garde. Au Chili, les travailleuses domestiques boliviennes font partie du tissu social et &#233;conomique chilien. Elles sont l&#224;, elles accouchent, leurs enfants vont &#224; l'&#233;cole, elles sont malades. C'est le bon sens, le pragmatisme &#233;conomique, un peu la recherche de la paix sociale aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Le Canada a opt&#233; pour un r&#233;gime juridique plus oppressif. Comment l'expliquer ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L. L. :&lt;/strong&gt; Le Canada est dans une situation un peu particuli&#232;re. Il a un gros voisin, mais il est aussi tr&#232;s orphelin. Nous ne sommes pas en Europe, nous n'avons pas de directives europ&#233;ennes, nous n'avons pas Schengen. Nous ne contr&#244;lons pas nos fronti&#232;res dans cette m&#234;me logi&#173;que de co-responsabilit&#233; entre &#201;tats. Comme l'Australie, le Canada joue dur parce qu'il est peu imputable sur le plan r&#233;gional. Cela leur permet de carburer avec plus de duret&#233; et de mettre de c&#244;t&#233;, d'oblit&#233;rer l'id&#233;e que le migrant est avant tout une personne. Ces pays cr&#233;ent des r&#233;gimes juridiques oppressifs. Pourtant, les migrations ne diminueront pas. Est-ce que cette r&#233;ponse du droit marteau, le droit qui refoule, qui dit non, est-ce qu'elle est soutenable ? Je pense que de plus en plus de pays commencent &#224; comprendre qu'elle ne l'est pas. Dans ce registre, le Canada est plus lent que d'autres parce qu'il subit peu de pressions. L'approche par les lois marteau, c'est finalement un bien gros outillage pour un probl&#232;me, si probl&#232;me il y a, assez l&#233;ger au Canada, si on compare la question migratoire canadienne &#224; celle des pays europ&#233;ens. Mais, je refuse l'id&#233;e que Harper nous a tous dans sa poche arri&#232;re. Cette id&#233;e m'&#233;nerve. Peut-&#234;tre sommes-nous d&#233;prim&#233;s, voire cyniques, mais cette duret&#233;, ce n'est pas notre vision du monde. Je le dis avec toute ma candeur de Canadienne/Qu&#233;b&#233;coise&#8230; Cette duret&#233;, ce n'est pas nous. Nous sommes tous des immigrants ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : N'y a-t-il pas tout de m&#234;me une rupture de l'&#233;quilibre historique entre utilitarisme migratoire et acc&#232;s &#224; la citoyennet&#233; ? Longtemps, le second d&#233;coulait du premier. Ce n'est plus le cas aujourd'hui au Canada. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L. L. : &lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Travelling with a bundle of rights&#8230;&lt;/i&gt; Je suis attach&#233;e &#224; cette id&#233;e de pouvoir voyager avec un ensemble de droits. Cela inclut le droit d'aspirer &#224; la citoyennet&#233;. Alors, oui, de ce point de vue, la cha&#238;ne est rompue au Canada. Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; qu'est la lutte : il faut inscrire dans les trajectoires l'id&#233;e que je voyage avec tous mes droits, y compris celui de rester chez vous. Le Canada n'est pas oblig&#233; de m'accueillir, mais il est mieux d'avoir une bonne raison pour ne pas le faire. C'est pour cela que j'aime l'id&#233;e du p&#233;rim&#232;tre des droits ou du sac-&#224;-dos des droits. Je mets dans le sac le droit de rester comme celui de partir. De nombreux travailleurs mexicains ont des relations profondes avec les fermiers canadiens, mais jamais ils ne resteront en hiver au Canada. Leur vie est ainsi construite. Les mouvements militants ont parfois jet&#233; le cochonnet dans la mauvaise direction. Tous les migrants ne veulent pas rester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En empruntant &#171; globalisation &#187; aux Am&#233;ricains, le probl&#232;me, c'est que nous avons restreint &#171; mondialisation &#187; au panier des mauvaises nouvelles. Mais, il y a des gens qui ont &#233;crit de tr&#232;s belles choses sur la mondialisation des cultures, l'hybridation. Les enfants des migrants m&#233;ritent une attention particuli&#232;re, ils ne feront pas les m&#234;mes choix migratoires que leurs parents. Un pays comme le n&#244;tre devrait avoir compris cela. Porter son identit&#233;, c'est quelque chose de complexe. Alors, on pr&#233;f&#232;re imposer au migrant un statut de vuln&#233;rabilit&#233;. Il en d&#233;coule un ensemble fig&#233; de violations des droits. Ce n'est pas porteur pour l'avenir. Une personne est comme le bonheur, elle est partout et nulle part. Le projet des droits humains va avec l'id&#233;e d'un monde &#233;quitable. Les droits portables, c'est le nouvel enjeu du r&#244;le du droit dans le coffre &#224; outils juridique et je pense que ce coffre peut &#234;tre plus r&#233;silient que, et j'y reviens, la toxicit&#233; d'un &#201;tat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : R&#233;mi Leroux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La sant&#233; : un droit pour tous !</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-sante-un-droit-pour-tous</link>
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		<dc:date>2015-09-12T21:37:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karine Fonda, V&#233;ronique Houle, Am&#233;lie Nguyen, Sarah Simmons</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Nguyen, Am&#233;lie</dc:subject>
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		<dc:subject>Fonda, Karine</dc:subject>
		<dc:subject>Simmons, Sarah</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; l'absence d'acc&#232;s aux soins de sant&#233; pour une population grandissante de migrant&#183;e&#183;s &#224; statut pr&#233;caire, M&#233;decins du monde a lanc&#233;, en septembre 2011, une clinique anonyme qui leur offre des soins de base. S'opposant aux justifications administratives donn&#233;es pour exclure ces migrant&#183;e&#183;s, l'organisation et les quelque 300 b&#233;n&#233;voles qui permettent le fonctionnement de cette clinique plaident pour le droit &#224; la sant&#233; de tous et toutes, peu importe leur statut. Nous avons (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Migrations-mouvementees-" rel="directory"&gt;Dossier : Migrations mouvement&#233;es&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Immigration-refuge-et-racisme-+" rel="tag"&gt;Immigration, refuge et racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nguyen-Amelie-+" rel="tag"&gt;Nguyen, Am&#233;lie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Houle-Veronique-+" rel="tag"&gt;Houle, V&#233;ronique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fonda-Karine-+" rel="tag"&gt;Fonda, Karine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Simmons-Sarah-+" rel="tag"&gt;Simmons, Sarah&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2047.png?1642092169' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;751&#034; height=&#034;395&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; l'absence d'acc&#232;s aux soins de sant&#233; pour une population grandissante de migrant&#183;e&#183;s &#224; statut pr&#233;caire, M&#233;decins du monde a lanc&#233;, en septembre 2011, une clinique anonyme qui leur offre des soins de base. S'opposant aux justifications administratives donn&#233;es pour exclure ces migrant&#183;e&#183;s, l'organisation et les quelque 300 b&#233;n&#233;voles qui permettent le fonctionnement de cette clinique plaident pour le droit &#224; la sant&#233; de tous et toutes, peu importe leur statut. Nous avons rencontr&#233; V&#233;ronique Houle, directrice des op&#233;rations nationales, et Karine Fonda et Sarah Simmons, respectivement intervenante sociale et infirmi&#232;re pour le Projet migrants. Propos recueillis par Am&#233;lie Nguyen.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; : Parlez-nous de la clinique. Comment fonctionne-t-elle ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V&#233;ronique :&lt;/strong&gt; Depuis 1999, M&#233;decins du monde agit localement aupr&#232;s des personnes qui n'ont pas acc&#232;s aux soins, comme les travailleuses du sexe, les personnes itin&#233;rantes, les jeunes de la rue, les Autochtones. Une clinique mobile nous a permis de rejoindre les gens l&#224; o&#249; ils &#233;taient. Gr&#226;ce &#224; ce projet, nous avons vu que plusieurs migrant&#183;e&#183;s n'avaient pas acc&#232;s aux soins, pour des raisons &#233;conomiques et administratives, ce qui a &#233;t&#233; confirm&#233; lors d'un sondage aupr&#232;s d'une cinquantaine d'organismes partenaires. Personne ne comblait alors ce vide. Le Projet migrants a donc &#233;t&#233; lanc&#233; en 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Karine :&lt;/strong&gt; On traite &#224; la clinique les migrant&#183;e&#183;s pr&#233;caires, c'est-&#224;-dire les sans statut ; les personnes ayant un visa de visiteur, mais qui ne sont pas des touristes &#8211; notamment en cas de demande de parrainage, depuis le gel de la couverture pour ce groupe ; les migrant&#183;e&#183;s qui attendent la fin du d&#233;lai de carence de trois mois avant leur acc&#232;s aux soins ; les &#233;tudiant&#183;e&#183;s qui n'ont pas d'assurance priv&#233;e ou qui ont interrompu leurs &#233;tudes. L'une des situations les plus pr&#233;occupantes demeure celle des enfants n&#233;s au Canada de migrant&#183;e&#183;s qui n'ont toujours pas r&#233;gularis&#233; leur statut. Pour ces derniers, l'absence d'acc&#232;s aux soins est d'une dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e, car cela d&#233;pend du statut de leurs parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V&#233;ronique : &lt;/strong&gt; Ce n'est pas ce qu'on appelle des &#171; b&#233;b&#233;s-passeport &#187;, qui viennent pour obtenir la citoyennet&#233;, car ces derniers quittent le pays en g&#233;n&#233;ral par la suite. Lorsque ces enfants ont 8 mois, 2 ans, 5 ans, cela veut dire que leurs parents souhaitent b&#226;tir leur vie ici, et il faut trouver un moyen de leur donner acc&#232;s aux soins. En fait, selon une &#233;tude de C&#233;cile Rousseau, le taux de &#171; b&#233;b&#233;s-passeport &#187; est incroyablement bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sarah :&lt;/strong&gt; Les migrant&#183;e&#183;s doivent nous appeler gr&#226;ce au num&#233;ro disponible en ligne. Une infirmi&#232;re remplira une feuille de triage avec eux. Les feuilles de triage sont lues par une infirmi&#232;re et les patient&#183;e&#183;s sont rappel&#233;&#183;e&#183;s pour obtenir plus d'informations, puis pour se pr&#233;senter &#224; la clinique, dont l'adresse n'est pas connue publiquement. Le seul fait de devoir les contacter deux ou trois fois par t&#233;l&#233;phone est un d&#233;fi. Sur place, des infirmi&#232;res participent &#224; l'accueil et au d&#233;pistage ; un ou deux m&#233;decins, des travailleurs&#183;euses sociaux et des stagiaires en psychologie sont aussi pr&#233;sent&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patient rencontrera d'abord une travailleuse sociale pour clarifier son statut et sa possibilit&#233; d'acc&#233;der &#224; une couverture m&#233;dicale. La clinique offre des soins de base, mais n'a pas les ressources n&#233;cessaires pour r&#233;pondre aux urgences. Les probl&#232;mes de sant&#233; chroniques pr&#233;sentent aussi des d&#233;fis, puisqu'il est difficile d'offrir un suivi r&#233;gulier aux patient&#183;e&#183;s. Il demeure co&#251;teux d'avoir acc&#232;s &#224; des m&#233;dicaments et &#224; des tests de laboratoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V&#233;ronique :&lt;/strong&gt; Le lien de confiance est &#224; b&#226;tir avec cette population d'exclu&#183;e&#183;s. Un homme s'est pr&#233;sent&#233; derni&#232;rement avec tous ses biens de valeur &#224; la clinique par peur d'&#234;tre d&#233;port&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Karine :&lt;/strong&gt; Gr&#226;ce aux travailleuses sociales, la clinique fournit aussi une assistance pour que ceux et celles qui devraient administrativement avoir acc&#232;s aux soins, mais qui ne l'ont pas en raison bien souvent d'un manque d'information du personnel traitant ou administratif, y aient acc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; : Croyez-vous que cela est avant tout un enjeu administratif ou politique ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V&#233;ronique :&lt;/strong&gt; Les deux. Le gouvernement ne reconna&#238;t pas l'enjeu des migrant&#183;e&#183;s sans statut, c'est comme si c'&#233;tait inexistant. &#199;a cr&#233;e des sous-classes de citoyens. En France, les migrant&#183;e&#183;s ont un acc&#232;s automatique aux soins. &#192; Toronto, la Ville a d&#233;cid&#233; de prendre en charge les soins et a implant&#233; une pratique du &#171; &lt;i&gt;don't ask, don't tell&lt;/i&gt; &#187; au nom du droit &#224; la sant&#233; de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment se fait-il que le Canada ait donn&#233; des milliards pour la sant&#233; maternelle et infantile &#224; l'&#233;tranger, mais qu'il ne fasse rien pour les migrant&#183;e&#183;s ici ? Il faut aussi prendre en compte le co&#251;t de ne pas soigner ces personnes sur le plan de la sant&#233; publique, par exemple dans le cas de la tuberculose ou des ITSS [infections transmises sexuellement et par le sang, NDLR].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Comment ces patients sont-ils re&#231;us dans le syst&#232;me de sant&#233; r&#233;gulier ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V&#233;ronique : &lt;/strong&gt; Il y a beaucoup de d&#233;magogie, de discrimination. Les gens parlent de &#171; faux migrants &#187; et de migrant&#183;e&#183;s qui &#171; m&#233;rite ou ne m&#233;rite pas &#187; d'&#234;tre ici. Par exemple, plusieurs femmes au statut pr&#233;caire se pr&#233;sentent &#224; l'h&#244;pital pour un accouchement sans papiers ou informations de sant&#233;, ce qui frustre les &#233;quipes soignantes qui doivent mettre en place toute une gamme de mesures pr&#233;ventives co&#251;teuses et complexes (ex : ITSS, rh&#233;sus n&#233;gatif&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sarah :&lt;/strong&gt; Dans ces cas, l'accueil est souvent affreux pour ces femmes sans documents, informations ou carte d'assurance-maladie. Certaines se font m&#234;me dire par le personnel, alors qu'elles sont &#224; l'h&#244;pital, en position pour accoucher : &#171; &lt;i&gt;Alors, on dirait que je vais travailler gratuitement aujourd'hui &lt;/i&gt; &#187; ou qu'elles &#171; &lt;i&gt;abusent de leur gentillesse&lt;/i&gt; &#187;. Certains m&#233;decins vont jusqu'&#224; menacer d'appeler le minist&#232;re de l'Immigration si elles ne paient pas les soins avant de proc&#233;der ou le jour-m&#234;me,, ce qui est ill&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V&#233;ronique :&lt;/strong&gt; Les m&#233;decins peuvent facturer ce qu'ils veulent. Pour un accouchement sans complication, ce sont 500 $ qui sont rembours&#233;s par la RAMQ. Ce sont pourtant 3 000 $ qui doivent &#234;tre d&#233;fray&#233;s par les femmes sans couverture m&#233;dicale. Avec l'ensemble des soins et l'utilisation des infrastructures, ce sont environ 10 000 $ qu'elles auront &#224; d&#233;bourser dans beaucoup de cas, alors que leur condition &#233;conomique est fragile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Karine :&lt;/strong&gt; On justifie cette pratique en parlant de &#171; frais pour les r&#233;sidents et pour les non-r&#233;sidents &#187;. Les h&#244;pitaux demandent parfois m&#234;me des d&#233;p&#244;ts &#224; l'avance. Certains permettent une entente de paiement, mais pas tous. Les femmes attendent parfois en face de l'h&#244;pital en plein travail pour &#233;viter de payer un jour de soins suppl&#233;mentaire. Pour 30 minutes de plus avant minuit, on leur demanderait 2 400 $ suppl&#233;mentaires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Quels sont les principaux besoins des migrant&#183;e&#183;s et quelles sont vos revendications ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;ronique : Nous d&#233;fendons avant tout le droit &#224; la sant&#233;. Depuis novembre, cinq groupes de plaidoyer ont &#233;t&#233; approuv&#233;s par le conseil d'administration. Ils d&#233;fendent le droit &#224; une grossesse digne ; l'acc&#232;s aux soins pour les enfants de migrants n&#233;s en sol canadien ; la reconnaissance du droit &#224; la confidentialit&#233; pour tous ; et la prise en charge des infections qui menacent la sant&#233; publique. Les 300 b&#233;n&#233;voles et l'&#233;quipe travaillent ensemble &#224; une transformation sociale. M&#233;decins du monde agit l&#224; o&#249; les autres ne vont pas. Par exemple, les projets locaux visaient initialement les travailleuses du sexe, les Autochtones, les personnes itin&#233;rantes. Ensuite, le gouvernement a mis en place des cliniques de proximit&#233; qui r&#233;pondaient mieux &#224; leurs besoins. Depuis trois ans, notre travail est majoritairement aupr&#232;s des Autochtones en milieu urbain qui ont de la difficult&#233; &#224; acc&#233;der aux soins pour des raisons beaucoup plus structurelles et historiques. L'id&#233;e est de travailler pour ne plus avoir besoin d'&#234;tre l&#224;. C'est au gouvernement &#224; prendre en charge l'ensemble de la population. Ce n'est pas aux personnes marginalis&#233;es de s'adapter &#224; l'&#201;tat. La sant&#233; est un droit humain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Pour joindre la clinique, appelez au 514-609-4197 et une infirmi&#232;re retournera l'appel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Sandradelag&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Personne ne veut devenir esclave &#187;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Personne-ne-veut-devenir-esclave</link>
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		<dc:date>2015-09-12T21:28:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>R&#233;mi Leroux</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Leroux, R&#233;mi</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En novembre dernier, le gouvernement canadien a mis en place une r&#233;forme du Programme des aides familiaux qui introduit en particulier la fin de l'obligation pour une travailleuse d'habi&#173;ter chez son employeur ; une situation d&#233;nonc&#233;e depuis de nombreuses ann&#233;es par les employ&#233;es pour les abus qu'elle entra&#238;ne. Mais ce volet de la r&#233;forme ne masque pas une importante restric&#173;tion de l'acc&#232;s &#224; la r&#233;sidence permanente pour les travailleuses et leurs familles, ce que d&#233;plorent les femmes de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Migrations-mouvementees-" rel="directory"&gt;Dossier : Migrations mouvement&#233;es&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Immigration-refuge-et-racisme-+" rel="tag"&gt;Immigration, refuge et racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Leroux-Remi-+" rel="tag"&gt;Leroux, R&#233;mi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2046.png?1642092169' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;615&#034; height=&#034;368&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En novembre dernier, le gouvernement canadien a mis en place une r&#233;forme du Programme des aides familiaux qui introduit en particulier la fin de l'obligation pour une travailleuse d'habi&#173;ter chez son employeur ; une situation d&#233;nonc&#233;e depuis de nombreuses ann&#233;es par les employ&#233;es pour les abus qu'elle entra&#238;ne. Mais ce volet de la r&#233;forme ne masque pas une importante restric&#173;tion de l'acc&#232;s &#224; la r&#233;sidence permanente pour les travailleuses et leurs familles, ce que d&#233;plorent les femmes de Pinay, une organisation de travailleuses philippines d&#233;di&#233;e &#224; la d&#233;fense et &#224; l'am&#233;lio&#173;ration des droits des femmes migrantes, en particulier les aides familiales. Nous les avons rencontr&#233;es au Centre des travailleurs et travailleuses immigrants de Montr&#233;al, rue Van Horne. Elles nous ont racont&#233; leurs combats, leurs parcours et leurs espoirs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Autour de la table, il y a Evelyn, Jevolyn et Agn&#232;s. Delia nous rejoindra un peu plus tard. Toutes les quatre sont Philippines et sont arriv&#233;es au Canada &#224; des &#233;poques diff&#233;rentes. Evelyn, la plus ancienne, est install&#233;e au Qu&#233;bec depuis le milieu des ann&#233;es 1970. Assise &#224; sa droite, Jovelyn, 33 ans, la plus jeune, est arriv&#233;e au Qu&#233;bec en 2011. Agn&#232;s en 2009 et Delia en 2004. Depuis 40 ans, le Canada a connu plusieurs vagues d'immigration philippine. Salari&#233;es de l'industrie textile, travailleuses de la sant&#233;, travailleuses domestiques&#8230; Au fil du temps, les ressortissant&#183;e&#183;s philippin&#183;e&#183;s se sont adapt&#233;&#183;e&#183;s aux exigences des provinces canadiennes, &#224; la r&#233;alit&#233; du march&#233; du travail, avec toujours en t&#234;te l'espoir d'obtenir la r&#233;sidence permanente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1970 et jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1980, le Canada accueil&#173;lait de nombreux migrant&#183;e&#183;s en provenance des Philippines. Evelyn en faisait partie. Arriv&#233;e seule au Qu&#233;bec, elle n'a &#233;t&#233; rejointe que huit mois plus tard par son mari et leur premier enfant, alors &#226;g&#233; de deux ans et demi. Elle se souvient en particulier de cet agent d'immigration qui lui a expliqu&#233; qu'elle allait devoir passer un test de fran&#231;ais apr&#232;s une ann&#233;e au Qu&#233;bec. &#171; &lt;i&gt;Rien ne pouvait me d&#233;courager, pas m&#234;me l'apprentissage d'une langue, &lt;/i&gt; t&#233;moigne-t-elle. &lt;i&gt;Je cherchais un meilleur travail, un meilleur salaire pour soutenir ma famille, alors j'ai r&#233;pondu : oui, bien s&#251;r, j'apprendrai le fran&#231;ais. En fait, je ne savais pas vraiment ce qui m'attendait&lt;/i&gt; &#187;, explique-t-elle en riant. Le moment du regroupement familial a &#233;t&#233; difficile, reconna&#238;t Evelyn. La s&#233;paration a boulevers&#233; la relation avec son mari : &#171; &lt;i&gt;Il a remarqu&#233; que j'avais chang&#233;, que mes id&#233;es avaient &#233;volu&#233; et que j'&#233;tais plus ind&#233;pendante. Il n'a pas aim&#233; cela. Pour moi, c'&#233;tait tr&#232;s important d'&#234;tre une femme ind&#233;pendante.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Trajectoires migratoires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quarante ans plus tard, la trajectoire de migration des femmes philippines prend encore trop souvent l'apparence d'un chemin de croix. Certaines ont travaill&#233; dans plusieurs pays avant d'arriver au Canada, parfois dans des conditions tr&#232;s difficiles. Agn&#232;s a travaill&#233; pendant deux ans &#224; Hong Kong en tant qu'aide domestique avant de postuler pour un emploi au Qu&#233;bec o&#249; elle est arriv&#233;e en 2009. &#171; &lt;i&gt;Aux Philippines, j'avais un bon emploi, &lt;/i&gt; raconte-t-elle. &lt;i&gt;Je travaillais pour une municipalit&#233;. Mon mari travaillait &#233;galement pour l'administration. Malgr&#233; cela, nous ne pouvions pas offrir un avenir &#224; nos enfants, leur permettre d'&#233;tudier dans de bonnes conditions&lt;/i&gt;. &#187; Comme des milliers de femmes philippines chaque ann&#233;e, Agn&#232;s a donc fait le choix d'&#233;migrer pour tenter d'am&#233;liorer le sort des siens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous avons sacrifi&#233; beaucoup de choses en quittant notre pays, &lt;/i&gt; r&#233;sume Delia, &lt;i&gt;et nous ne sommes pas parties pour devenir esclaves. Personne ne veut devenir esclave.&lt;/i&gt; &#187; Pourtant, depuis sa cr&#233;ation il y a une vingtaine d'ann&#233;es, le groupe Pinay a recens&#233; au Canada des dizaines et dizaines de cas d'employeurs qui ont abus&#233; de la vuln&#233;rabilit&#233; des aides familiales &#224; leur service. Pressions psychologiques, heures suppl&#233;mentaires jamais r&#233;mun&#233;r&#233;es, violences physiques parfois. Sans oublier cette obligation pour la salari&#233;e de r&#233;sider chez l'employeur pendant deux ans. Pour obte&#173;nir un permis &#171; ouvert &#187; et avoir le droit de changer de patron, Agn&#232;s n'a pas eu d'autre choix. Nettoyer, pr&#233;parer &#224; manger, s'occuper des enfants, nettoyer encore, ranger, de l'aube jusqu'&#224; 10 ou 11 heures du soir, tel &#233;tait son quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une double peine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Des conditions de travail et un isolement devenus insupportables &#224; Delia. &#171; &lt;i&gt;Vous pouvez avoir des rapports avec l'ext&#233;rieur, mais c'est tellement compliqu&#233;. Vous devez finir votre travail parce que, lorsque l'employeur revient, il pose beaucoup de questions.&lt;/i&gt; &#8216;&#8216; Est-ce que tout a &#233;t&#233; fait comme j'avais demand&#233; ? '' &#171; &lt;i&gt;Vous vous sentez tellement mal &#224; l'aise de devoir r&#233;pon&#173;dre&lt;/i&gt; : &#8216;&#8216; non, je n'ai pas fini &#231;a ''. &lt;i&gt;Par peur de perdre notre travail, on ne peut pas se permettre de prendre du temps pour soi.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir, les femmes montent dans leur chambre et se retrouvent seules et &#233;puis&#233;es, explique Evelyn : &#171; &lt;i&gt;On vous dit que vous faites partie de la famille, mais ce n'est pas vrai. Vous &#234;tes diff&#233;rente, vous &#234;tes une employ&#233;e. En travaillant au contact d'autres salari&#233;s, dans une entreprise par exemple, vous communiquez, socialisez, obtenez des informations. Vous apprenez plus vite et vous vous int&#233;grez plus vite. Mais lorsque vous &#234;tes isol&#233;e, vous vous sentez simplement ignorante et impuissante.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de Delia, les conditions de travail &#233;taient telles qu'elle a d&#233;cid&#233; de porter plainte. Mais l&#224; encore, les femmes immigrantes se retrouvent en situation de vuln&#233;rabilit&#233; face &#224; l'employeur. &#171; &lt;i&gt;Comment prouver ce qui se passe dans la maison, &lt;/i&gt; interroge Delia. &lt;i&gt;La justice demande des t&#233;moignages. Qui va t&#233;moigner des abus que j'ai subis de la part de l'employeur, qui sera le t&#233;moin au sein de sa propre famille ? Personne. C'est impensable.&lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s &#234;tre partie, malgr&#233; toutes ses craintes, Delia a eu besoin d'une attestation de travail pour trouver un nouvel emploi. Mais qu'attendre d'un employeur avec lequel vous avez &#233;t&#233; en conflit ? Qu'esp&#233;rer d'une personne qui, au fond, pense que vous n'appartenez pas &#224; la m&#234;me humanit&#233; ? &#171; &lt;i&gt;Nous sommes les victimes et nous sommes doublement p&#233;nalis&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, estime Delia. &#171; &lt;i&gt;C'est toujours la m&#234;me histoire, prolonge Evelyn. Violence, viol&#8230; d&#232;s qu'une femme est abus&#233;e, et elles sont nombreuses dans le monde, c'est toujours &#224; elle de se justifier et de prouver ce qu'elle avance.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La carotte et le b&#226;ton&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Migrante Qu&#233;bec, une alliance d'organisations provenant de la communaut&#233; philippine dont fait partie Pinay, r&#233;clamait depuis longtemps &#171; &lt;i&gt;que les aides familiales aient droit &#224; un permis de travail &#8216;&#8216;ouvert '', c'est-&#224;-dire que l'occupation soit sp&#233;cifique, mais que l'employeur ne le soit pas. &lt;/i&gt; &#187; Un d&#233;but de r&#233;ponse a &#233;t&#233; apport&#233; par la r&#233;forme du Programme des aides familiaux (anciennement Programme des aides familiaux r&#233;sidants &#8211; PAFR&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par ailleurs, il conviendrait plut&#244;t de parler de Programme des aides (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) annonc&#233;e fin 2014 par le gouvernement du Canada. Il y est d&#233;sormais stipul&#233; que &#171; &lt;i&gt;si l'employeur et l'aide familial en conviennent, l'aide familial pourra r&#233;sider chez son employeur&lt;/i&gt; &#187;. &#192; l'inverse, elle pourra &#233;galement choisir de ne pas habiter sur son lieu de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'introduction de cette alternative pour la travailleuse n'est qu'un mirage selon Jill Hanley, professeure &#224; l'&#201;cole de travail social de l'Univer&#173;sit&#233; McGill et cofondatrice du Centre des travailleurs et travail&#173;leuses immigrants. D'abord parce que l'obtention d'un permis &#171; ouvert &#187; pour toutes les travailleuses qui sont d&#233;j&#224; en poste reste conditionn&#233;e au temps de travail effectu&#233; chez un seul employeur. Ensui&#173;te parce que, selon Mme Hanley, &#171; &lt;i&gt;la possibilit&#233; de la r&#233;sidence perma&#173;nente &#8211; auparavant la carotte qui faisait accepter le b&#226;ton des conditions sous le PAFR &#8211; est encore plus restreinte par la nouvelle r&#233;forme, car le gouvernement a &#233;tabli un plafond de 2 750 r&#233;sidentes permanentes par ann&#233;e en garde d'enfants (accept&#233;es apr&#232;s 3 900 heures de services) et 2 750 pour celles qui ont offert des services aux adultes avec des besoins m&#233;dicaux.&lt;/i&gt; &#187; C'est donc 5 500 r&#233;sidences permanentes qui seront accord&#233;es cette ann&#233;e. L'Association of Nanny and Caregiver Agencies estimait r&#233;cem&#173;ment que le gouvernement avait &#171; &lt;i&gt;silencieusement fait baisser le nombre de demandes pour des aides familiaux en rendant la t&#226;che plus diffi&#173;cile aux familles souhaitant engager un aide familial. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit : la porte se referme. &#171; &lt;i&gt;C'est une tendance globale qui s'applique &#224; la mobilit&#233; de l'ensemble des travailleurs migrants,&lt;/i&gt; analyse Evelyn. &lt;i&gt;Les gouvernements ne veulent plus de permanents. Tout le monde est travailleur temporaire maintenant. M&#234;me aux Philippines, ce sont des jobs contractualis&#233;s tous les six mois. Alors, que peut-on vraiment attendre du Canada ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quel paradis ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2006, les femmes philippines ont &#233;galement lanc&#233; une campagne pour demander &#224; ce que l'ensemble des travailleuses domestiques b&#233;n&#233;ficie de la protection offerte par le r&#233;gime de sant&#233; et de s&#233;curit&#233; du travail, via la CSST. Mais il n'y a rien &#224; faire. &#171; &lt;i&gt;M&#234;me si un employeur acceptait de couvrir son employ&#233;e, la CSST n'accepterait pas &lt;/i&gt; &#187;, explique Evelyn. C'est la d&#233;finition juridique du travail domestique qui devra &#234;tre chang&#233;e pour permettre aux femmes de recevoir des indemnit&#233;s en cas de maladie ou d'accident. Un projet de loi avait &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; en ce sens en 2012 par le gouvernement Charest. Il n'est pas ressorti des cartons depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Aux Philippines, on nous vend le Canada comme si c'&#233;tait le paradis,&lt;/i&gt; dit Jovelyn dans un sourire. &lt;i&gt;&#192; l'&#233;cole, dans les m&#233;dias&#8230; il y a toute une propagande. Mais ils ne parlent jamais des difficult&#233;s qui vous attendent.&lt;/i&gt; &#187; Cinq cents femmes quittent les Philippines chaque jour, avance Evelyn. L'un des objectifs de Pinay est pr&#233;cis&#233;ment de participer &#224; renforcer l'autosuffisance &#233;conomique des Philippines afin de freiner l'&#233;migration : &#171; &lt;i&gt;Cela ne signifie pas qu'il ne faut plus &#233;migrer, bien s&#251;r vous pouvez le faire, mais &#233;migrer devrait &#234;tre un choix et non une n&#233;cessit&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par ailleurs, il conviendrait plut&#244;t de parler de Programme des aides familiales, puisque ces aides domestiques sont en tr&#232;s forte majorit&#233; des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : R&#233;mi Leroux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Toujours plus pr&#233;caires</title>
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		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Toujours-plus-precaires</guid>
		<dc:date>2015-09-12T21:17:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marisa Berry-M&#233;ndez, Jill Hanley</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Hanley, Jill</dc:subject>
		<dc:subject>Berry-M&#233;ndez, Marisa</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cela fait plus de 30 ans que les militant&#183;e&#183;s et les chercheurs&#183;euses documentent la vuln&#233;rabilit&#233; accrue et l'exploitation engendr&#233;es par les Programmes de travailleurs &#233;trangers temporaires (PTET) au Canada. &lt;br class='autobr' /&gt; Durant les ann&#233;es 1970 et 1980, ce sont les travailleuses domestiques originaires des Cara&#239;bes qui se sont organis&#233;es afin de d&#233;noncer leurs conditions de travail et leur d&#233;pendance quant &#224; leur statut d'immigration. Les injustices du Programme des aides familiaux r&#233;sidents (PAFR) (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2045.png?1642092169' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;634&#034; height=&#034;379&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cela fait plus de 30 ans que les militant&#183;e&#183;s et les chercheurs&#183;euses documentent la vuln&#233;rabilit&#233; accrue et l'exploitation engendr&#233;es par les Programmes de travailleurs &#233;trangers temporaires (PTET) au Canada.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Durant les ann&#233;es 1970 et 1980, ce sont les travailleuses domestiques originaires des Cara&#239;bes qui se sont organis&#233;es afin de d&#233;noncer leurs conditions de travail et leur d&#233;pendance quant &#224; leur statut d'immigration. Les injustices du Programme des aides familiaux r&#233;sidents (PAFR) &#233;taient d&#233;j&#224; bien connues quand le gouvernement f&#233;d&#233;ral a ouvert le PTET &#224; un &#233;norme &#233;ventail d'emplois possibles en 2001, et ce, avec des conditions plus contraignantes pour les travailleurs&#183;euses consid&#233;r&#233;s comme &#171; peu qualifi&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Discrimination et populisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le virage vers la migration temporaire dans les derni&#232;res ann&#233;es est conforme avec la transformation globale du syst&#232;me d'immigration en g&#233;n&#233;ral. Les programmes d'immigration qui servaient le d&#233;veloppement &#233;conomique et social du Canada au cours de la deuxi&#232;me moiti&#233; du vingti&#232;me si&#232;cle, dont le programme d'immigration &#233;conomique et celui de la r&#233;unification familiale, ont connu des changements importants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que le nombre des travailleurs&#183;euses migrant&#183;e&#183;s temporaires augmentait, il y a eu un resserrement important des possibilit&#233;s de r&#233;unification familiale (&#226;ge abaiss&#233; de 21 &#224; 18 ans pour les enfants &#233;ligibles au parrainage et blocage total pour les parents et grands-parents) ainsi que des attentes infernales (allant jusqu'&#224; sept ans pour certains pays) pour des demandes dans les deux cat&#233;gories. Quant &#224; notre r&#233;gime d'asile, le resserrement a aussi &#233;t&#233; marqu&#233;. R&#233;sultat final : le Canada est pass&#233; d'un pays d'accueil &#224; un pays de travailleurs &#233;trangers temporaires (TET).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les statistiques de Citoyennet&#233; et Immigration Canada (CIC), des entreprises canadiennes ont employ&#233; presque 387 000 TET en 2013, ce qui d&#233;passe de loin les 260 000 r&#233;sidentes et r&#233;sidents permanents admis. L'augmentation des participant&#183;e&#183;s au programme a &#233;t&#233; fulgurante dans le reste du Canada (elle a plus que tripl&#233; entre 2002 et 2013), mais l'histoire s'est d&#233;roul&#233;e un peu diff&#233;remment au Qu&#233;bec ; la croissance du programme y a &#233;t&#233; plus lente. Selon le minist&#232;re de l'Immigration, de la Diversit&#233; et de l'Inclusion, la province a admis 37 000 TET en 2013 contre 52 000 r&#233;sident&#183;e&#183;s permanent&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impossible de nier que ce virage de la politique d'immigration a des impacts raciaux et genr&#233;s : les candidat&#183;e&#183;s &#224; l'immigration permanente provenant de &#171; pays non blancs &#187; doivent postuler dans des bureaux des visas qui ont moins de ressources par population que ceux trouv&#233;s dans des &#171; pays blancs &#187; (comparons l'investissement en personnel de CIC en Europe par rapport &#224; l'Afrique, par exemple), alors que le PTET structure un march&#233; de travail particuli&#232;rement racialis&#233; et genr&#233;. Tout cela survient dans un contexte mondial d'ins&#233;curit&#233; &#233;conomique : l'Europe devient &#224; nouveau une source importante de migrant&#183;e&#183;s &#233;conomiques, et le gouvernement canadien veut prot&#233;ger la stabilit&#233; relative de l'&#233;conomie nationale, tout en restant assez populiste dans sa r&#233;ponse aux crises d'opinion populaire li&#233;es au PTET. L'ann&#233;e 2014 a &#233;t&#233; une montagne russe pour les migrant&#183;e&#183;s, avec tellement de changements que m&#234;me ceux et celles qui suivent le PTET de fa&#231;on professionnelle ont eu de la difficult&#233; &#224; suivre ceux-ci. &#192; la lumi&#232;re des informations disponibles tant sur le Web que par t&#233;l&#233;phone, il semble que les fonctionnaires f&#233;d&#233;raux n'aient pas non plus tous les d&#233;tails sur la fa&#231;on dont ces changements seront mis en place&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril 2014, un scandale a &#233;clat&#233; sur la place publique avec l'histoire de deux serveuses d'un restaurant de Saskatchewan (avec 14 et 28 ans d'exp&#233;rience) qui ont &#233;t&#233; remplac&#233;es par des TET. Elles ont contact&#233; les m&#233;dias et l'histoire a engendr&#233; une forte r&#233;action publique. Malheureusement, l'indignation s'&#233;non&#231;ait plus avec des propos tels que &#171; Comment peut-on laisser ces &#233;trangers voler nos jobs ?! &#187; que &#171; Comment peut-on permettre un programme qui cr&#233;e des conditions de travail si in&#233;galitaires ?! &#187; &#192; la suite d'autres probl&#232;mes dans des restaurants Tim Hortons et McDonald, le gouvernement f&#233;d&#233;ral a annonc&#233; un moratoire imm&#233;diat sur l'embauche de TET dans le secteur de la restauration. L'objectif &#233;tait d'apaiser les Canadien&#183;ne&#183;s outr&#233;&#183;e&#183;s par l'id&#233;e que les emplois soient &#171; vol&#233;s &#187;. En contrepartie, des milliers de TET dans le secteur de la restauration risquaient de perdre leur emploi ou encore de ne pas obtenir leur permis de travail apr&#232;s avoir souvent investi des milliers de dollars. Les d&#233;ci&#173;sions gouvernementales ont &#233;videmment &#233;t&#233; prises sans &#233;tudes approfondies et sans consultation publique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Les Canadiens d'abord &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En juin 2014, le gouvernement a ainsi introduit la bien intitul&#233;e &#171; R&#233;forme du PTET : Les Canadiens d'abord &#187;. Cette r&#233;forme est centr&#233;e sur la d&#233;tection et la punition d'employeurs qui &lt;i&gt;abusent du programme&lt;/i&gt; &#8211; ceux qui l'utilisent pour remplacer des travailleurs canadiens &#8211; et non sur la d&#233;tection et la punition d'employeurs &lt;i&gt;qui abusent des travailleurs et travailleuses&lt;/i&gt;. La pr&#233;occupation pour la protection des droits des travailleurs migrants demeure ainsi absente de la politique canadienne. Non seulement l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) est davantage impliqu&#233;e dans les inspections (ce qui sugg&#232;re un danger pour les travailleurs&#183;euses de perdre leur permis de travail quand leur employeur est trouv&#233; fautif), mais on pr&#233;voit que le s&#233;jour total permis au Canada pour les TET &#171; peu qualifi&#233;s &#187; sera &#233;court&#233; en 2015&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La premi&#232;re vague de migrants atteignant la limite prescrite de quatre ans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Finalement, l'augmentation annonc&#233;e des frais pour l'embauche &#8211; un des seuls aspects de la r&#233;forme clairement mis en &#339;uvre &#8211; serait fort probablement transf&#233;r&#233;e de diverses mani&#232;res vers les travailleurs&#183;euses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, soulignons qu'au Qu&#233;bec, nous avons vu ces derni&#232;res ann&#233;es l'annulation du droit des travailleurs&#183;euses agricoles &#224; la syndicalisation &#8211; droit qui avait &#233;t&#233; gagn&#233; apr&#232;s une lutte men&#233;e par les Travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce du Cana&#173;da (TUAC) et leurs membres TET&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce sujet L&#233;a Fontaine, &#171; Le d&#233;testable arr&#234;t Fraser &#187;, &#192; b&#226;bord !, no (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces changements, les travailleurs migrants se retrouvent dans une situation de grande incertitude et de pr&#233;carit&#233;. Vont-ils pouvoir acc&#233;der &#224; la r&#233;sidence permanente ? Leurs emplois seront-ils stables ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les voix de protestation contre le r&#233;gime de TET sont de plus en plus nombreuses au Cana&#173;da. Le Conseil canadien des r&#233;fugi&#233;s, le Congr&#232;s du travail canadien, Migrant Workers Alliance for Change, MIGRANTE Canada et d'autres s'organisent. Au Qu&#233;bec, le Front de d&#233;fense des non-syndiqu&#233;s (FDNS) est la principale coalition syndicalo-communautaire reven&#173;diquant les droits des TET, avec des groupes populaires comme le Centre des travailleurs et travailleuses immigrants, l'Association des aides familiales du Qu&#233;bec et Pinay&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir dans ce m&#234;me dossier le t&#233;moignage de trois femmes militant chez Pinay, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Tous ces organismes plaident pour un syst&#232;me d'immigration qui respecte les droits des migrant&#183;e&#183;s, qui offre un traitement &#233;gal pour tous et toutes au Canada. L'abolition du permis de travail ferm&#233; ainsi qu'une voie claire et courte vers la r&#233;sidence permanente sont des revendications faisant quasi unanimit&#233;. &#192; l'oppos&#233;, le gouvernement f&#233;d&#233;ral semble g&#233;rer le PTET de fa&#231;on r&#233;actionnaire, sans vraie pr&#233;occu&#173;pation pour les droits et la dignit&#233; des migrants&#183;e&#183;s. Pour ceux et celles qui tiennent aux droits des travailleurs et aux droits des migrants, il faudra poursuivre la lutte pour la justice.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La premi&#232;re vague de migrants atteignant la limite prescrite de quatre ans en juin 2015, il existe un risque que plusieurs travailleurs&#183;euses passent vers l'ill&#233;galit&#233; s'ils n'ont pas d'autres options pour subvenir &#224; leurs besoins et ceux de leur famille dans leur pays d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet L&#233;a Fontaine, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Le-detestable-arret-Fraser&#034;&gt;Le d&#233;testable arr&#234;t Fraser&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt;, no 41, octobre-novembre 2011. NDLR.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir dans ce m&#234;me dossier le t&#233;moignage de trois femmes militant chez Pinay, p. 32-33. NDLR.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Jouer avec les mots et les chiffres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les r&#233;cents changements instaur&#233;s par le gouvernement f&#233;d&#233;ral, on trouve une nouvelle restriction : on parle maintenant de TET seulement pour les travailleurs&#183;euses qui sont embauch&#233;&#183;e&#183;s avec une EIMT (&#233;tude d'impact sur le march&#233; du travail). Tous les autres cas n'exigeant pas d'EIMT tombent d&#233;sormais dans la case &#171; Programme de mobilit&#233; internationale &#187;. Ce petit changement de vocabulaire donne l'impression que le nombre de TET a baiss&#233; au Canada, sans que ce soit r&#233;ellement le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : R&#233;mi Leroux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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