<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.ababord.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
	<link>https://www.ababord.org/</link>
	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.ababord.org/spip.php?id_rubrique=153&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
		<url>https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L144xH53/siteon0-9c6c5.png?1729015892</url>
		<link>https://www.ababord.org/</link>
		<height>53</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>La consommation responsable</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-consommation-responsable</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/La-consommation-responsable</guid>
		<dc:date>2014-09-13T19:25:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Debrix</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Consommation, marchandisation et pub</dc:subject>
		<dc:subject>Debrix, Fr&#233;d&#233;ric</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s la lecture de l'article &#171; &#201;thique consomm&#233;e &#187; de Fran&#231;ois Doyon, paru dans le num&#233;ro d'octobre-novembre 2013 d'&#192; b&#226;bord !, nous devions conclure que la consommation &#171; responsable &#187; &#8211; biologique, &#233;quitable et locale &#8211; est un leurre. En effet, elle ne servirait qu'&#224; nous donner bonne conscience, celle-ci ne tenant pas ses promesses. De plus, elle individualiserait les prises de d&#233;cision face aux d&#233;rives du capitalisme alors que cela devrait &#234;tre une responsabilit&#233; de nos institutions et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-53-fevrier-mars-2014-" rel="directory"&gt;No 053 - f&#233;vrier / mars 2014&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Consommation-marchandisation-et-+" rel="tag"&gt;Consommation, marchandisation et pub&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Debrix-Frederic-+" rel="tag"&gt;Debrix, Fr&#233;d&#233;ric&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1879.png?1642092159' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;577&#034; height=&#034;389&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s la lecture de l'article &#171; &#201;thique consomm&#233;e &#187; de Fran&#231;ois Doyon, paru dans le num&#233;ro d'octobre-novembre 2013 d'&lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt;, nous devions conclure que la consommation &#171; responsable &#187; &#8211; biologique, &#233;quitable et locale &#8211; est un leurre. En effet, elle ne servirait qu'&#224; nous donner bonne conscience, celle-ci ne tenant pas ses promesses. De plus, elle individualiserait les prises de d&#233;cision face aux d&#233;rives du capitalisme alors que cela devrait &#234;tre une responsabilit&#233; de nos institutions et de nos &#233;lites dirigeantes. Cependant...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'agriculture biologique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Doyon &#233;crit : &#171; &lt;i&gt;Il n'a jamais &#233;t&#233; prouv&#233; scientifiquement que les aliments biologiques sont meilleurs pour la sant&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Dans la mesure o&#249; les aliments biologiques sont la norme par d&#233;faut, il est tout &#224; fait juste de conclure qu'ils ne peuvent pas &#234;tre meilleurs pour la sant&#233;. Le biologique est ce que tout le monde devrait manger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;, expliqu&#233;, argument&#233; qu'une alimentation non biologique, dite &#171; conventionnelle &#187;, fait partie des causes principales des maladies modernes : cancer, ob&#233;sit&#233;, cholest&#233;rol, etc. La journaliste Marie-Monique Robin, connue notamment pour ses enqu&#234;tes sur Monsanto, s'est pench&#233;e sur cette question. Dans Notre poison quotidien (&#201;ditions La D&#233;couverte, 2011), on apprend ainsi que le niveau de pesticides enregistr&#233; dans l'urine d'une personne dispara&#238;t moins de dix jours apr&#232;s que celle-ci soit pass&#233;e &#224; une alimentation biologique. En outre, &#171; sur &lt;i&gt;les quelques 100 000 produits chimiques qui ont envahi notre environnement depuis la Seconde Guerre mondiale [...] seuls quelque 2 000 ou 3 000 ont &#233;t&#233; test&#233;s du point de vue de leur potentiel canc&#233;rig&#232;ne&lt;/i&gt; &#187;. Sans compter que &#171; &lt;i&gt;les &#233;tudes subventionn&#233;es par l'industrie [sont] con&#231;ues de telle mani&#232;re qu'il est quasiment impossible de trouver des effets nocifs [aux produits chimiques]. La cons&#233;quence, c'est que la litt&#233;rature scientifique est pollu&#233;e r&#233;guli&#232;rement par des &#233;tudes qui ne valent rien &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas non plus se limiter &#224; la seule consommation de ces aliments &#171; conventionnels &#187;, leur production m&#234;me pose probl&#232;me. Ainsi Robin &#233;voque-t-elle un document de l'Organisation mondiale de la sant&#233; qui &#171; &lt;i&gt;r&#233;v&#232;le que dans la province du Sichuan, en Chine, 10 millions de travailleurs agricoles (soit 12 % de la population) sont en contact avec des pesticides ; en moyenne, 1 % d'entre eux, soit 100 000 personnes, sont chaque ann&#233;e victimes d'intoxication aigu&#235; &lt;/i&gt; &#187;. Un exemple parmi tant d'autres. Le conventionnel rend malade, et donc tue !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur cette m&#234;me production de l'agriculture biologique, F. Doyon avance qu'elle n&#233;cessite une plus grande superficie de terre que l'agriculture conventionnelle. Or, d'autres sources indiquent que la question n'est pas si simple. Dans une r&#233;cente &#233;tude, la chercheuse Catherine Badgley arrive &#224; la conclusion que si &#171; &lt;i&gt;les rendements des cultures biologiques compar&#233;s &#224; ceux des cultures conventionnelles sont l&#233;g&#232;rement inf&#233;rieurs dans les pays d&#233;velopp&#233;s &lt;/i&gt; &#187;, la conversion de ces rendements en calories indique que &#171; &lt;i&gt;l'agriculture biologique a le potentiel de nourrir le monde&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Catherine Badgley in Marie-Monique Robin, Les moissons du futur, ARTE (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, l'agriculture biologique est p&#233;renne et a une production stable dans le temps. L'agro-industrie, quant &#224; elle, est &#224; l'image de Lance Armstrong : elle est championne car elle est dop&#233;e et corrompue. Coupez-lui ses subventions et ses produits en &#171; -ides &#187; (herbicides, fongicides, pesticides, etc.) et nous sommes bons pour un je&#251;ne collectif. Car en les dopant de la sorte, on endommage et appauvrit les sols des terres arables, diminuant du m&#234;me coup leur fertilit&#233; &#224; moyen et long termes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Marie Pelt, Le Tour du monde d'un &#233;cologiste, Paris, Fayard, 1990.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans parler du fait qu'avec les OGM, les paysans, et donc les peuples, et donc les pays, sont en train de devenir des &#171; sujets &#187; de quelques grosses compagnies. Il y a une prise de contr&#244;le totale sur les peuples comme l'ont montr&#233; &lt;i&gt;Le Monde selon Monsanto &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Guerre secr&#232;te des OGM&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marie-Monique Robin, Le Monde selon Monsanto, Paris, La D&#233;couverte, 2008 ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Consommer biologique est donc un acte militant pour rester en sant&#233; et freiner un processus destructeur sur plusieurs plans.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le commerce &#233;quitable&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;F. Doyon d&#233;crit le commerce &#233;quitable en prenant le caf&#233; pour exemple : &#171; &lt;i&gt;Un caf&#233; &#233;quitable est un caf&#233; pay&#233; plus cher que la valeur marchande afin d'assurer une stabilit&#233; de revenu aux petits producteurs&lt;/i&gt;. &#187; Ce gonflement des prix serait source de surproduction et pourrait mener &#224; une chute des prix. Or, quelle est la &#171; valeur marchande &#187; d'un produit ? Celle-ci inclut-elle les subventions accord&#233;es au secteur agroalimentaire ou les impacts environnementaux de l'usage &#224; outrance de produits en &#171; -ide &#187; ? Prend-elle en compte les impacts sociaux associ&#233;s au vol des terres aux populations locales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment de &#171; petits producteurs &#187; ayant peu ou pas de machinerie, recourant peu ou pas du tout aux produits en &#171; -ide &#187;, n'ayant &#224; leur disposition que de petites surfaces, comment, donc, ces petits producteurs pourraient-ils &#234;tre la cause d'une surproduction ? La critique de Fran&#231;ois Doyon ne vise pas la bonne cible. Ce ne sont pas les principes du commerce &#233;quitable en tant que tel qui sont n&#233;fastes, mais le contexte international de l'agrobusiness qui est entre les mains de grands groupes alimentaires occidentaux. &#171; [Ces] &lt;i&gt;accapareurs de terres sont en fait de grandes entreprises et des partenariats qui investissent de gigantesques sommes d'argent dans la terre, la production alimentaire, les exportations de marchandises et la sp&#233;culation sur les march&#233;s de l'alimentation&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;GRAIN, &#171; L'accaparement des terres en Am&#233;rique Latine &#187;, mars 2010. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consommer &#233;quitable, c'est donc aller contre un processus qui permet &#224; quelques entit&#233;s de contr&#244;ler des terres agricoles &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te et &#224; d'autres entit&#233;s de s'enrichir en jouant avec les prix des denr&#233;es alimentaires en Bourse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Consommer localement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Enfin, lorsque vient le temps de parler de l'achat local, d&#233;crit comme une simple indulgence bourgeoise, F. Doyon &#233;crit : &#171; &lt;i&gt;Un kilom&#232;tre parcouru par un camion rempli de casseaux de fraises n'&#233;quivaut pas &#224; un kilom&#232;tre parcouru par une voiture familiale qui n'en transporte qu'une dizaine&lt;/i&gt; [achet&#233;es chez un producteur local]. &#187; Voil&#224; une comparaison fallacieuse. Soit on compare un camion parcourant Californie-Qu&#233;bec avec un camion parcourant le sud du Qu&#233;bec vers d'autres villes de la province ; soit on compare des consommateurs qui prennent leur voiture pour acheter leur stock en Californie avec des consommateurs qui prennent leur voiture pour acheter leur stock chez le producteur local. Or, cela ne viendrait &#224; l'id&#233;e de personne de prendre sa voiture pour aller acheter ses fraises en Cali&#173;fornie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Doyon semble confondre distribution des aliments locaux et moyen de transport pour aller se les procurer. Il est probable que si tous les Qu&#233;b&#233;cois&#183;es prenaient leur voiture pour aller acheter leurs fraises directement chez le producteur, cela serait plus polluant qu'un camion venant de Californie. Cependant, rien n'emp&#234;che nos productrices et producteurs locaux de vendre leurs produits dans les march&#233;s, dans les &#233;piceries ou directement aux consommateurs et consommatrices. En fait, il y a d&#233;j&#224; tout ce qu'il faut ! &#201;quiterre a mis en place un r&#233;seau de paniers bio. Les agriculteurs et agricultrices d&#233;finissent des points de chute et les partenaires viennent y chercher leur panier. Il y a des points de chute un peu partout &#224; travers le Qu&#233;bec, il est simple de trouver un agriculteur qui livre pr&#232;s de chez soi. M&#234;me si celui-ci parcourt 200 km et qu'il n'y a que 40 personnes qui viennent s'approvisionner, cela revient seulement &#224; 5 km par personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas du march&#233; biologique de l'&#238;le des S&#339;urs est &#233;clairant. Pour y vendre leurs produits, les producteurs biologiques doivent produire &#224; moins de 100 km du march&#233;. Cela permet d'avoir des produits biologiques, &#233;quitables (le producteur vend au prix qu'il veut), locaux et frais. Le consommateur rencontre &#171; son &#187; fermier, permettant du m&#234;me coup de s'informer et (re)d&#233;couvrir la r&#233;alit&#233; de l'agriculteur et de l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La consommation &#171; responsable &#187; est-elle suffisante ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une personne qui ach&#232;te biologique, &#233;quitable ou local fait un acte anarchiste. Cependant, est-ce suffisant pour d&#233;clencher un vrai changement ? Le credo des consommateurs et consommatrices responsables est &#171; acheter, c'est voter &#187;. L'id&#233;e est de dire que si le vote permet le changement, consommer le permet tout autant. Or, le vote dans nos soci&#233;t&#233;s d&#233;mocratiques oligarchiques autoritaires n'a gu&#232;re d'impact et n'est pas une fin en soi, comme ne l'est pas non plus la consommation responsable ; il s'agit tout simplement d'outils parmi d'autres &#224; la disposition de ceux et celles qui souhaitent apporter des changements profonds et durables &#224; nos mani&#232;res de faire actuelles. La consommation responsable n'est donc pas une panac&#233;e, surtout qu'elle a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dompt&#233;e par le syst&#232;me. En effet, l'agro-industrie fait du biologique &#224; grande &#233;chelle et &#171; les multinationales se goinfrent de PME au go&#251;t &#233;thique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Laure Noualhat, &#171; Les multinationales se goinfrent de PME au go&#251;t &#233;thique &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; elle seule, la consommation responsable ne permettra pas de changements majeurs et ne remettra pas en cause le syst&#232;me en place. Pour un vrai changement de paradigme, cela prend un soul&#232;vement global des peuples et de nouvelles pratiques qui ne sont pas aussi destructrices que celles en vigueur aujourd'hui. L'agriculture biologique, le commerce &#233;quitable et la consommation de produits locaux repr&#233;sentent des pistes de solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;plique de Fran&#231;ois Doyon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je remercie l'auteur qui honore mon article d'une r&#233;ponse. Voici n&#233;anmoins quelques points d'observations :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Je ne dis pas que les prises de d&#233;cision face aux d&#233;rives du capitalisme devraient &#171; &lt;i&gt;&#234;tre une responsabilit&#233; de nos institutions et de nos &#233;lites dirigeantes &lt;/i&gt; &#187;. Je dis qu'il faut changer nos institutions et je ne dis jamais que nous devons nous en remettre &#224; nos &#233;lites dirigeantes pour le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Lorsque j'affirme qu'il n'a jamais &#233;t&#233; prouv&#233; que les aliments biologiques sont meilleurs pour la sant&#233; que les aliments issus de l'agriculture conventionnelle, je cite une m&#233;ta-analyse scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Il n'existe pas de consensus scientifique sur la capacit&#233; de l'agriculture biologique de nourrir une population mondiale toujours croissante, mais il est clair que dans le contexte g&#233;opolitique actuel, l'agriculture intensive n'arrive pas &#224; suffire &#224; la demande, en partie parce que trop de terres arables sont consacr&#233;es &#224; la culture de produits de luxe comme le caf&#233; et le chocolat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#171; &lt;i&gt;Ce ne sont pas les principes du commerce &#233;quitable en tant que tel qui sont n&#233;fastes, mais le contexte international de l'agrobusiness qui est entre les mains de grands groupes alimentaires occidentaux&lt;/i&gt;. &#187; Nous sommes parfaitement en accord sur ce point, mis &#224; part le fait que, comme l'explique Amina B&#233;cheur et Nil Toulouse dans &lt;i&gt;Le commerce &#233;quitable. Entre utopie et march&#233;&lt;/i&gt;, le commerce &#233;quitable s'int&#232;gre de plus en plus dans le processus de domination de l'agro-business qu'il pr&#233;tend combattre. Il n'existe pas de caf&#233; vraiment &#233;quitable : c'est un produit de luxe, un gaspillage de terres cultivables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; La consommation responsable n'est pas une piste de solution aux d&#233;rives du capitalisme. Comme l'admet mon d&#233;tracteur, la consommation responsable ayant &#171; &lt;i&gt;d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dompt&#233;e par le syst&#232;me&lt;/i&gt; &#187;. Elle contribue au maintien de l'injustice &#233;tablie en transformant en bonne conscience l'indignation qui devrait conduire au soul&#232;vement global des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aurais d'autres observations &#224; partager, mais l'espace me fait d&#233;faut. D&#233;sinformation ? Il est d&#233;so&#173;lant que l&#224; o&#249; l'on attaque avec un mot, il faille des pages pour se d&#233;fendre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Catherine Badgley in Marie-Monique Robin, Les moissons du futur, ARTE France, 2012. Disponible sur YouTube : &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=bBbu89Jgk4A&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.youtube.com/watch?v=bBbu...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Marie Pelt, Le Tour du monde d'un &#233;cologiste, Paris, Fayard, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marie-Monique Robin, Le Monde selon Monsanto, Paris, La D&#233;couverte, 2008 ; Herv&#233; Kempf, La Guerre secr&#232;te des OGM, Paris, Seuil, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;GRAIN, &#171; L'accaparement des terres en Am&#233;rique Latine &#187;, mars 2010. Disponible en ligne sur &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;http://www.grain.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.grain.org/&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Laure Noualhat, &#171; Les multinationales se goinfrent de PME au go&#251;t &#233;thique &#187;, Lib&#233;ration, 10 avril 2009. Disponible en ligne sur &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.liberation.fr/&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : G&#233;rald McKenzie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le budget carbone du Qu&#233;bec</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-budget-carbone-du-Quebec</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-budget-carbone-du-Quebec</guid>
		<dc:date>2014-09-13T19:19:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Hurteau</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Hurteau, Philippe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tous les ans, dans les mois qui pr&#233;c&#232;dent le d&#233;p&#244;t des budgets gouvernementaux &#224; Otta&#173;wa et &#224; Qu&#233;bec, nous avons l'habitude de revivre un psychodrame sur l'&#233;tat de nos finan&#173;ces publiques. Y aura-t-il ou n'y aura-t-il pas de d&#233;ficit ? Est-il possible d'effectuer des compressions dans tel ou tel service de l'&#201;tat ? Toutefois, jamais il n'est question de l'autre d&#233;ficit que partage pourtant l'ensemble des pays &#171; d&#233;velopp&#233;s &#187;, soit le d&#233;ficit carbone. Bon an mal an, le Qu&#233;bec se retrouve (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-53-fevrier-mars-2014-" rel="directory"&gt;No 053 - f&#233;vrier / mars 2014&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Hurteau-Philippe-+" rel="tag"&gt;Hurteau, Philippe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1874.png?1642092158' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;757&#034; height=&#034;631&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tous les ans, dans les mois qui pr&#233;c&#232;dent le d&#233;p&#244;t des budgets gouvernementaux &#224; Otta&#173;wa et &#224; Qu&#233;bec, nous avons l'habitude de revivre un psychodrame sur l'&#233;tat de nos finan&#173;ces publiques. Y aura-t-il ou n'y aura-t-il pas de d&#233;ficit ? Est-il possible d'effectuer des compressions dans tel ou tel service de l'&#201;tat ? Toutefois, jamais il n'est question de l'autre d&#233;ficit que partage pourtant l'ensemble des pays &#171; d&#233;velopp&#233;s &#187;, soit le d&#233;ficit carbone. Bon an mal an, le Qu&#233;bec se retrouve pourtant avec un d&#233;ficit carbone de 11,3 m&#233;gatonnes de CO2, dans l'indiff&#233;rence quasi g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Afin d'arriver &#224; ce r&#233;sultat, il faut &#233;tablir le budget carbone de la province, soit la part d'&#233;missions de gaz carbonique que le Qu&#233;bec peut rejeter dans l'atmosph&#232;re sans pour autant risquer de d&#233;balancer l'&#233;quilibre climatique de la plan&#232;te. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce que Renaud Gignac, chercheur-associ&#233; &#224; l'IRIS, a fait en fin d'ann&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Renaud Gignac, Le budget carbone du Qu&#233;bec, Montr&#233;al, IRIS, 2013.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En se basant sur les travaux du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'&#233;volution du climat (GIEC), il est parvenu &#224; d&#233;finir quelle quantit&#233; de CO2 peut &#234;tre &#233;mise sans d&#233;passer la limite s&#233;curitaire de r&#233;chauffement plan&#233;taire de 2 &#176;C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel budget permet d'&#233;tablir clairement quelles sont les limites que nous devons apprendre &#224; respecter afin de minimiser les impacts des activit&#233;s humaines sur l'&#233;volution climatique du globe. En plus de consid&#233;rations environnementales, il est &#233;galement important de bien mesurer ces limites afin de pouvoir, d&#232;s maintenant, configurer une structure &#233;conomique apte &#224; s'y adapter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La figure 1 synth&#233;tise les travaux du GIEC. Nous y voyons trois choses : d'abord les &#233;missions de CO2 d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233;es entre 2000 et 2011, ensuite celles pouvant &#234;tre r&#233;alis&#233;es durant l'ensemble du 21e si&#232;cle afin de respecter les limites de la plan&#232;te, finalement les &#233;missions correspondant aux r&#233;serves mondiales de p&#233;trole et de gaz naturel. En l'espace de 11 ann&#233;es, l'humanit&#233; a donc d&#233;j&#224; &#171; d&#233;pens&#233; &#187; 27 % du budget carbone total du si&#232;cle. S'il advenait que l'on utilise l'ensemble des r&#233;serves mondiales de p&#233;trole et de gaz naturel d'ici l'an 2100, ce budget sera grandement d&#233;pass&#233;. Au rythme actuel, l'humanit&#233; sera en situation de d&#233;ficit carbone pour le 21e si&#232;cle d&#232;s 2037.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'environnement n'est pas soluble dans l'&#233;conomie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces travaux de recherche nous aident &#224; mieux comprendre le lien existant entre les activit&#233;s humaines et les changements climatiques. Nos activit&#233;s &#233;conomiques, soit l'ensemble du cycle de production, de distribution et de consommation des biens et services utiles &#8211; ou inutiles &#8211; &#224; nos vies, sont directement responsables de ces changements. Les recherches entourant le budget carbone peuvent alors nous permettre de mieux orienter nos choix collectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, par exemple, nous sommes dans une situation de d&#233;ficit carbone annuel, &#224; l'&#233;chelle du 21e si&#232;cle, depuis 2001. Au graphique 1, nous voyons clairement que les pr&#233;visions gouvernementales pour la d&#233;cennie &#224; venir, malgr&#233; le fait que le Qu&#233;bec se pr&#233;sente souvent comme un champion du d&#233;veloppement durable, demeurent tout de m&#234;me bien insuffisantes afin de respecter notre quota d'&#233;missions permis par notre part de la d&#233;mographie mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, lorsque le gouvernement qu&#233;b&#233;cois annonce des plans de d&#233;veloppement &#233;conomique pour l'avenir, ceux-ci devraient obligatoirement respecter le cadre de notre budget carbone. Il n'est pas question de se soumettre b&#234;tement aux diktats d'un groupe d'experts auquel nous abdiquerions notre autonomie politique, mais bien d'apprendre &#224; d&#233;velopper, dans l'univers souvent froid des politiques &#233;conomiques, des strat&#233;gies de d&#233;veloppement en phase avec les d&#233;fis du si&#232;cle. En ce sens, le respect d'un budget carbone s'av&#232;re une voie int&#233;ressante pour l'avenir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Renaud Gignac, Le budget carbone du Qu&#233;bec, Montr&#233;al, IRIS, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une accumulation de la richesse sans croissance</title>
		<link>https://www.ababord.org/Une-accumulation-de-la-richesse</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Une-accumulation-de-la-richesse</guid>
		<dc:date>2014-09-13T19:17:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ric Pineault, Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Pineault, &#201;ric</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; b&#226;bord ! : La crise de 2007-2008 semble-t-elle r&#233;solue ? Sommes-nous pass&#233;s &#224; autre chose ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ric Pineault : Nous sommes pass&#233;s &#224; autre chose, mais les probl&#232;mes ne sont pas r&#233;solus ! Nous avons connu une &#233;conomie tr&#232;s fragile financi&#232;rement. Il reste des &#238;lots de fragilit&#233;, au Canada en particulier, &#224; cause de l'endettement des m&#233;nages, alors que le probl&#232;me est en grande partie r&#233;sorb&#233; aux &#201;tats-Unis. Mais cette crise financi&#232;re s'est surtout transform&#233;e en un probl&#232;me de stagnation. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Apres-crise-ou-crise-" rel="directory"&gt;Dossier : Apr&#232;s-crise ou crise permanente - O&#249; en sommes-nous ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Pineault-Eric-+" rel="tag"&gt;Pineault, &#201;ric&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1888.png?1642092160' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;336&#034; height=&#034;623&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; : La crise de 2007-2008 semble-t-elle r&#233;solue ? Sommes-nous pass&#233;s &#224; autre chose ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ric Pineault : Nous sommes pass&#233;s &#224; autre chose, mais les probl&#232;mes ne sont pas r&#233;solus ! Nous avons connu une &#233;conomie tr&#232;s fragile financi&#232;rement. Il reste des &#238;lots de fragilit&#233;, au Canada en particulier, &#224; cause de l'endettement des m&#233;nages, alors que le probl&#232;me est en grande partie r&#233;sorb&#233; aux &#201;tats-Unis. Mais cette crise financi&#232;re s'est surtout transform&#233;e en un probl&#232;me de stagnation. Par contre, se d&#233;veloppent parall&#232;lement d'autres secteurs atteints par une nouvelle fragilit&#233; financi&#232;re. Nous sommes sortis de la crise financi&#232;re en tant que telle, mais nous nous retrouvons dans un &#233;tat permanent de fragilit&#233; et de stagnation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; : Croyez-vous qu'il est juste de qualifier de &#171; crise permanente &#187; la situation actuelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;.P. : Nous sommes dans un contexte particulier o&#249; l'&#233;lite d'affaires ne ressent pas le besoin de revenir &#224; une &#233;conomie avec une forte croissance. Pour elle, il n'y a donc pas de crise. Elle s'accommode tr&#232;s bien de cette stagnation. Il n'y a pas de reprise &#224; cause des int&#233;r&#234;ts de cette &#233;lite, qui voit plut&#244;t cette immobilit&#233; comme une occasion de renforcer une politique de d&#233;stabilisation et de r&#233;forme de l'&#201;tat et des rapports sociaux. Les profits des entreprises sont r&#233;tablis, les profits financiers sont plus lents, mais ils reviennent eux aussi, la part de richesse des dominants est en augmentation. On a de plus en plus recours &#224; l'entreprise priv&#233;e. On lui c&#232;de les ressources naturelles en croyant que leur exploitation est une solution miracle contre la stagnation. Les capitalistes veulent la croissance si elle leur donne des profits. Mais s'ils peuvent obtenir des profits sans croissance, ils n'y voient aucune objection : c'est encore moins for&#231;ant pour eux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : On a mis en place une s&#233;rie de r&#233;glementations des banques et de la finance. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, en quel sens va cette r&#233;glementation et est-elle efficace ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;.P. : Il y a des r&#233;glementations &#224; l'&#233;chelle nationale, qui peuvent appartenir &#224; diff&#233;rentes approches. D'autres r&#233;glementations s'effectuent &#224; l'&#233;chelle internationale. Certaines pratiques quasi r&#233;glementaires se sont d&#233;velopp&#233;es pendant la crise. Les &#201;tats ont r&#233;agi pendant cette p&#233;riode en appuyant leurs banques. Un des dispositifs au c&#339;ur de leur sauvetage &#233;tait que les banques centrales achetaient des actifs ou les empruntaient aux banques. Cet &#233;change de monnaie produite par les banques centrales &#8211; la plus pure sur le plan financier &#8211; contre des actifs financiers toxiques a normalis&#233; et l&#233;gitim&#233; les innovations financi&#232;res douteuses qui ont provoqu&#233; la crise, ce qui n'est pas tr&#232;s dissuasif. C'est comme si une banque acceptait de rembourser un ch&#232;que sans valeur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; : Et que demande-t-on aux banques aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;.P. : On a identifi&#233; une nouvelle cat&#233;gorie de banques qualifi&#233;es de &#171; syst&#233;miquement importantes &#187; : des institutions tellement imbriqu&#233;es dans le syst&#232;me financier international que leur chute provoquerait une catastrophe. Il y en a une vingtaine (la Banque Royale du Canada est la seule banque canadienne &#224; faire partie du club). On cr&#233;era un dispositif de surveillance particulier pour elles, &#224; cause de leur pouvoir d&#233;mesur&#233;. On reconna&#238;t ici, enfin, un probl&#232;me majeur : le milieu de la finance est bel et bien domin&#233; par un oligopole. Les banques doivent maintenant conserver un certain pourcentage d'actifs qu'elles peuvent rapidement vendre pour pouvoir faire face &#224; une &#233;ventuelle crise de liquidit&#233;. L'intention est bonne, mais ce syst&#232;me ne peut pas vraiment fonctionner, parce que quand il y a une crise financi&#232;re, tout le monde veut avoir de la liquidit&#233;. La demande est alors si grande qu'apr&#232;s un certain temps, il ne peut plus y en avoir ! &#199;a me semble donc peu efficace comme m&#233;canisme de gestion de crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; : A-t-on trouv&#233; des fa&#231;ons plus efficaces d'agir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;.P. : On cherche aussi &#224; emp&#234;cher les banques de sp&#233;culer pour leur propre compte. En th&#233;orie, aux &#201;tats-Unis, cette pratique est d&#233;sormais interdite. Mais si une banque est capable de prouver qu'elle sp&#233;cule seulement pour tenir sa place dans le march&#233;, il n'y a plus de probl&#232;me. Comme ces cas sont tr&#232;s arbitraires, on pourra tout faire passer sur le dos de cette pratique. Le milieu des banques se r&#233;jouit de cette loi. Il y a de quoi : il s'agit d'une mesure bidon !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; : Comment expliquer tant d'inefficacit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;.P. : Aux &#201;tats-Unis, certains juristes se penchent sur la question. Ils parlent de &#171; capture cognitive &#187;. L'&#233;lite financi&#232;re aurait &#171; captur&#233; &#187; les instances de r&#233;glementation. Les banques ont tout de m&#234;me un int&#233;r&#234;t &#224; ce qu'il y ait une certaine stabilit&#233; &#233;conomique ; mais ce qui a &#233;t&#233; mis en place ressemble dans les faits &#224; une autor&#233;glementation, avec les limites de ce genre d'exercice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; : Peut-on envisager quelle sera la prochaine crise financi&#232;re ? Quels sont les signes les plus inqui&#233;tants dans ce que vous pouvez observer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;.P. : La politique de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine d'injecter beaucoup de liquidit&#233; dans l'&#233;conomie a pour effet de cr&#233;er une bulle dans les actions, mais il s'agit d'une bulle relativement limit&#233;e. Cette institution a cependant mentionn&#233;, un jour, qu'elle arr&#234;terait cette politique de liquidit&#233;. Ce qui a eu un effet imm&#233;diat : les devises de la Turquie, de l'Inde et du Br&#233;sil ont litt&#233;ralement chut&#233;. Il a fallu que le pr&#233;sident de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale, Ben Bernanke, fasse de nouvelles d&#233;clarations dans le sens contraire ! C'est que cette injection de liquidit&#233; passe par les banques am&#233;ricaines et se rend dans les pays &#233;mergents o&#249; se d&#233;roule une importante sp&#233;culation. On revient ainsi &#224; une situation plus classique o&#249; les bulles se gonflent &#224; l'ext&#233;rieur du centre que sont les &#201;tats-Unis. Il pourrait donc y avoir un retour aux crises locales et tournantes, comme celles qui ont frapp&#233; le Mexique ou le Sud-Est asiatique dans les ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; : Une crise de l'ampleur de celle de 2007-2008 vous semble donc peu probable ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;.P. : On peut toujours se tromper, mais je n'en vois pas &#224; l'horizon. Le plus grand danger pourrait en fait venir de la Turquie. Lors de la derni&#232;re crise dans ce pays, les banques europ&#233;ennes ont achet&#233; les plus importantes banques turques. S'il y a une nouvelle crise, les banques europ&#233;ennes seront donc touch&#233;es les premi&#232;res, ce qui pourrait avoir un effet domino. Il y aurait donc l&#224; un foyer de crise globale qui proviendrait d'un lien particulier entre l'Europe et un pays &#233;mergent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; : On veut r&#233;soudre les probl&#232;mes environnementaux par des solutions purement capitalistes, comme la Bourse du carbone et l'&#233;conomie verte. Comment est-il possible de lib&#233;rer l'environnement du joug de la finance ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;.P. : Il faut bien s&#251;r chercher des solutions non capitalistes aux probl&#232;mes &#233;cologiques. Il faut faire une critique radicale des solutions qui passent par les march&#233;s financiers et par l'&#171; innovation financi&#232;re &#187;. Dans le cas de la Bourse du carbone, le probl&#232;me est qu'on trouvera in&#233;vitablement des moyens de contourner les plafonds fix&#233;s de &#171; droit de polluer &#187;. Il faut aussi se m&#233;fier du paradoxe de l'&#233;conomie verte, selon lequel les gains en efficacit&#233; sont annul&#233;s par une plus grande consommation d'&#233;nergie. Les solutions pour &#233;viter ces travers sont carr&#233;ment politiques. Il faut aussi avoir un imaginaire socialiste &#233;cologiste, et tant que nous n'aurons pas int&#233;gr&#233; cet imaginaire, en tant que progressistes, nous resterons accros &#224; la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; : Au fait, qu'en est-il de la fameuse Bourse du carbone ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;.P. : &#192; Montr&#233;al, elle existe depuis le mois de novembre dernier. L'activit&#233; est faible pour le moment. En Europe, cette Bourse est davantage utilis&#233;e. Mais il n'y a pas eu d'effet de bulle. Quant au r&#233;sultat, qui visait &#224; limiter la consommation de carbone et &#224; s'attaquer &#224; la cause des changements climatiques, il est nul&#8230; Cette Bourse n'est vraiment pas un succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; : Que serait-il possible de faire afin de ne pas r&#233;p&#233;ter les m&#234;mes erreurs commises et pour orienter l'&#233;conomie sur une nouvelle voie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;.P. : Il existe pr&#233;sentement un blocage politique et strat&#233;gique qui provient du pouvoir gigantesque d'une classe qui s'est constitu&#233;e pendant les 15 derni&#232;res ann&#233;es. L'&#201;tat est &#171; captur&#233; &#187; par le milieu des affaires. Il faut donc une r&#233;ponse forte &#224; cette situation, une prise de conscience, une mobilisation &#224; la hauteur de cet immense pouvoir, ce qui implique un travail consid&#233;rable pour la stimuler.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par Claude Vaillancourt&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Pierre Rondeau&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'illusion d&#233;mocratique</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-illusion-democratique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-illusion-democratique</guid>
		<dc:date>2014-09-13T19:11:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La grande force des dominants aujourd'hui est de s'appuyer sur le syst&#232;me politique le plus l&#233;gitime qui soit, la d&#233;mocratie, et de le vider de tout son sens. Les citoyens et les citoyennes ont parfois l'impression de pouvoir agir sur leur sort, en allant voter principalement, alors qu'en v&#233;rit&#233; ils sont b&#226;illonn&#233;s. Ce d&#233;tournement de la d&#233;mocratie a comme principal effet de bloquer les solutions pour r&#233;soudre les crises qui s'accumulent. &lt;br class='autobr' /&gt; Les moyens de s'attaquer &#224; la d&#233;mocratie tout en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Apres-crise-ou-crise-" rel="directory"&gt;Dossier : Apr&#232;s-crise ou crise permanente - O&#249; en sommes-nous ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1886.png?1642092160' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;653&#034; height=&#034;436&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La grande force des dominants aujourd'hui est de s'appuyer sur le syst&#232;me politique le plus l&#233;gitime qui soit, la d&#233;mocratie, et de le vider de tout son sens. Les citoyens et les citoyennes ont parfois l'impression de pouvoir agir sur leur sort, en allant voter principalement, alors qu'en v&#233;rit&#233; ils sont b&#226;illonn&#233;s. Ce d&#233;tournement de la d&#233;mocratie a comme principal effet de bloquer les solutions pour r&#233;soudre les crises qui s'accumulent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les moyens de s'attaquer &#224; la d&#233;mocratie tout en la revendiquant sont multiples. Le tout commence &#224; l'&#233;chelle internationale, o&#249; l'on a invent&#233; de puissants m&#233;canismes pour limiter l'autonomie des gouvernements. D'abord, on a d&#233;velopp&#233; un immense r&#233;seau de plusieurs milliers d'accords de libre-&#233;change et de protection des investissements &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit l&#224; d'une fa&#231;ade riante, avec une belle apparence de l&#233;gitimit&#233;, puisque ces accords sont annonc&#233;s comme de bonnes nouvelles et d'importantes victoires : ils offriraient d'infinies possibilit&#233;s pour les gens d'affaires de conqu&#233;rir de nouveaux march&#233;s. En r&#233;alit&#233;, ils permettent &#224; la grande entreprise de commercer comme elle le veut, selon ses propres conditions, et la plupart du temps sans se pr&#233;occuper des retomb&#233;es de ses transactions sur les populations. De plus, ces accords donnent aux transnationales la possibilit&#233; de poursuivre les gouvernements qui oseraient agir contre leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En compl&#233;ments sombres et indicibles, les paradis fiscaux et judiciaires, implant&#233;s partout dans le monde, lib&#232;rent ces m&#234;mes entreprises du poids de l'imp&#244;t. Ils leur permettent aussi de s'&#233;manciper des r&#233;glementations contraignantes qui existent encore. Ils favorisent d'innombrables magouilles et tripotages de chiffres, sous la protection du secret bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour compl&#233;ter le tout, on a mis au point un syst&#232;me d'&#233;valuation des gouvernements, enti&#232;rement priv&#233;, avec un pouvoir de sanctionner ceux dont les politiques ne conviennent pas. Les agences de notation ont en effet la capacit&#233; de faire hausser le taux d'int&#233;r&#234;t des dettes souveraines, ce qui a des cons&#233;quences r&#233;elles et forc&#233;ment n&#233;fastes sur l'&#233;conomie du pays vis&#233;. Lucien Bouchard et Bernard Landry ont racont&#233; &#224; quelques reprises leur voyage humiliant &#224; New York, en 1997, dont le but &#233;tait de faire comprendre &#224; des technocrates dogmatiques et hautains que la situation &#233;conomique du Qu&#233;bec ne m&#233;ritait pas la d&#233;cote qu'on venait de lui attribuer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tenir les gouvernements en laisse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le financement des partis politiques les soumet in&#233;vitablement aux gros donateurs. Aux &#201;tats-Unis, la situation atteint un paroxysme, alors les plus grandes entreprises financent &#224; coup de millions de dollars les campagnes &#233;lectorales, tr&#232;s souvent en r&#233;partissant leurs dons g&#233;n&#233;reux entre les d&#233;mocrates et les r&#233;publicains, et flairant ceux qui ont le plus de chance de l'emporter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;glementation plus s&#233;v&#232;re rend impossibles de pareils abus chez nous. Mais les r&#233;cents scandales, r&#233;v&#233;l&#233;s entre autres &#224; la commission Charbonneau, ont bien montr&#233; l'attrait de contributions charitables aux partis qui prennent le pouvoir : les gouvernements sont aussi des distributeurs de contrats, et dans notre monde qui limite de plus en plus la marge de man&#339;uvre des &#233;lu&#183;e&#183;s, cette derni&#232;re fonction suscite un int&#233;r&#234;t particulier chez les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bien tenir les gouvernements en laisse, le lobbying est indispensable. Cette activit&#233; particuli&#232;rement co&#251;teuse, et qui s'accomplit sur une base r&#233;guli&#232;re, n'est v&#233;ritablement accessible qu'&#224; de grandes entreprises, ou &#224; d'autres un peu moins puissantes mais capables de se regrouper. Le lobbying des compagnies extrac&#173;tives a montr&#233; sa grande efficacit&#233; en suivant pas &#224; pas le parcours de la loi sur les mines. Qu&#233;bec solidaire a d'ailleurs r&#233;pertori&#233; pas moins de 145 mandats officiels &#8211; qui permettent de d&#233;nombrer les activit&#233;s de lobbying &#8211; touchant cette industrie au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Se lib&#233;rer des contre-pouvoirs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il devient n&#233;cessaire de se d&#233;barrasser des organisations citoyennes trop ind&#233;pendantes qui d&#233;noncent les errements des partis politiques au pouvoir, d'autant plus si elles apportent des solutions aux probl&#232;mes actuels qui ne se situent pas dans le cadre du n&#233;olib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re crise, entre autres, a permis de justifier de nombreuses compressions qui affectent ces contre-pouvoirs : groupes communautaires, ONG, groupes &#233;cologistes, f&#233;ministes et artistes ont vu les budgets qui leur &#233;taient consacr&#233;s se r&#233;duire, stagner &#8211; ce qui &#233;quivaut &#224; une compression, &#233;tant donn&#233; l'inflation &#8211; ou &#234;tre tout simplement coup&#233;s. Les syndicats quant &#224; eux sont une cible importante pour le gouvernement Harper qui, &#224; coup de projets de loi, cherche &#224; r&#233;duire leur financement et &#224; les affaiblir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un gouvernement endett&#233; et d&#233;sargent&#233; est oblig&#233; de faire &#171; des choix difficiles &#187; et d'appliquer des politiques d'aust&#233;rit&#233; qui demandent de &#171; grands sacrifices &#187;. Il a ainsi un excellent pr&#233;texte pour r&#233;duire le financement des contre-pouvoirs. Ce qui lui permet par la suite de gouverner en toute tranquillit&#233;, sans faire face &#224; une opposition efficace, organis&#233;e et bien document&#233;e, d&#233;tach&#233;e d'int&#233;r&#234;ts financiers sp&#233;cifiques comme dans le cas des lobbyistes et beaucoup plus libre que celle des partis politiques, parce que jamais elle n'aspirera &#224; exercer le pouvoir. Le gouvernement Harper est en ce sens un cas extr&#234;me : sous son r&#232;gne, les compressions ont &#233;t&#233; sauvages et ont cibl&#233; pr&#233;cis&#233;ment ceux et celles qui s'opposent &#224; lui. Et cela pendant qu'il d&#233;veloppe des politiques accentuant une v&#233;ritable crise &#233;cologique et finance l'extr&#234;me droite morale et religieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mesures semblables n'en sont pas moins appliqu&#233;es par nombre de gouvernements dans le monde. Les groupes &#233;cologistes du Qu&#233;bec, par exemple, se souviennent douloureusement de Thomas Mulcair, ministre lib&#233;ral du D&#233;veloppement durable, de l'Environnement et des Parcs, qui a r&#233;duit les subventions destin&#233;es aux groupes &#339;uvrant en environnement de 2 195 000 &#224; 720 000 dollars, soit une diminution de 1 475 000 dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au syst&#232;me judiciaire, qui devrait pourtant servir &#224; redresser les torts, il penche nettement en faveur des grandes entreprises. Celles-ci d'ailleurs n'h&#233;sitent pas &#224; l'utiliser. Le co&#251;t exorbitant des avocats et les proc&#232;s qui se prolongent rendent la justice inaccessible pour celles et ceux qui n'ont pas la chance d'&#234;tre fortun&#233;s. Certains gouvernements ont adopt&#233; des lois contre les poursuites-b&#226;illons, mais celles-ci ne se montrent pas toujours aussi efficaces qu'on l'aurait souhait&#233;. Le danger d'une poursuite reste bien r&#233;el pour les organisations citoyennes et les confine souvent &#224; une prudence inhibitrice.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du pain et des jeux politiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie &#233;tant ainsi solidement menott&#233;e, il importe de maintenir l'illusion de son bon fonctionnement. Les campagnes &#233;lectorales se pr&#234;tent bien &#224; ce jeu. On a dit &#224; maintes reprises &#224; quel point elles se transforment en spectacle et &#233;ludent les vrais d&#233;bats. Des figures politiques telles Justin Trudeau ou M&#233;lanie Joly montrent qu'il est possible de devenir populaires sans avoir la moindre id&#233;e convaincante &#224; soumettre aux &#233;lecteurs et &#233;lectrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout, les campagnes &#233;lectorales sont si efficacement format&#233;es que tout parti qui choisirait une autre strat&#233;gie doit en payer le prix. Il faut d&#233;sormais d&#233;nigrer le plus souvent l'adversaire, limiter les questions des journalistes, ne pas d&#233;roger de la ligne de parti, suivre le sc&#233;nario planifi&#233;. Dans un texte r&#233;v&#233;lateur, Brian Topp, ex-directeur de la campagne du NPD en Colombie-Britannique, a bien montr&#233; comment le chef Adrian Dix a perdu devant les lib&#233;raux, malgr&#233; ses 20 points d'avance dans les sondages au d&#233;part : le chef avait choisi d'&#234;tre &#171; authentique &#187;, de r&#233;pondre substantiellement aux questions qu'on lui adressait, d'&#233;crire lui-m&#234;me ses discours, de ne pas salir l'adversaire. Ne pas faire le jeu du populisme, dans des campagnes que les m&#233;dias rapportent comme des matchs sportifs, constitue d&#233;sormais un risque consid&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenir l'illusion d&#233;mocratique, c'est aussi laisser croire que les chefs d'&#201;tat ont encore un v&#233;ritable pouvoir. Il &#233;tait curieux d'entendre, par exemple, Barack Obama ou Fran&#231;ois Hollande utiliser abondamment le pronom &#171; je &#187; dans leur derni&#232;re campagne &#233;lectorale, mettant de l'avant tout ce qu'ils feraient une fois &#233;lus. Or, l'un et l'autre offrent le cas path&#233;tique de pr&#233;sidents d&#233;pour&#173;vus de pouvoir, incapables de r&#233;aliser leurs promesses, s'abaissant sans vergogne &#224; de vils compromis.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un talon d'Achille&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De telles barri&#232;res pos&#233;es autour de la d&#233;mo&#173;cratie expliquent pourquoi les gouvernements ne tirent pas de le&#231;ons des crises. On pourrait ais&#233;ment transformer le monde par des mesures simples &#224; appliquer, qui rel&#232;vent du gros bon sens et dont les effets positifs seraient consid&#233;rables : taxer les entreprises sur leurs profits r&#233;els, l&#224; o&#249; elles le font, taxer les transactions financi&#232;res, investir dans les &#233;nergies renouvelables, adopter des lois s&#233;v&#232;res pour prot&#233;ger l'environnement, interdire la sp&#233;culation sur les produits de base, &#233;liminer les accords sur la protection de l'inves&#173;tissement &#233;tranger, resserrer les lois du travail, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, pour les gouvernements, chacune de ces mesures para&#238;t tout aussi difficile &#224; mettre en application que d'escalader l'Everest. Ils sont parvenus &#224; faire croire &#224; la population que le possible est impossible, qu'appliquer encore les recettes qui ont men&#233; aux crises est la meilleure chose &#224; faire alors que d'autres nous en sortiraient, que les avanc&#233;es minimales qu'ils se proposent parfois de faire sont les seules envisageables. On peine &#224; trouver un nom convenable &#224; ce nouveau r&#233;gime, qui agit avec tant d'efficacit&#233; en faveur de l'int&#233;r&#234;t d'une infime minorit&#233; de la population, sous le couvert de la d&#233;mocratie : oligarchie, ploutocratie, corpocratie, corporatocratie ? Mais cette r&#233;signation &#224; conserver des formes de la d&#233;mocratie pour rendre ce syst&#232;me acceptable est aussi son talon d'Achille. Le jour o&#249; les citoyens et les citoyennes se r&#233;approprieront massivement les outils qu'il nous reste, le jour o&#249; le seuil de tol&#233;rance face aux crises ne sera plus le m&#234;me, de grands changements seront alors possibles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Simon Pag&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Peut-on inverser la tendance ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Peut-on-inverser-la-tendance</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Peut-on-inverser-la-tendance</guid>
		<dc:date>2014-09-13T19:09:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jan Frans Ricard</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Ricard, Jan Frans</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis la crise &#233;conomique de 2008, les pr&#233;textes se multiplient pour poursuivre les attaques contre les salaires et les l&#233;gislations du travail. Les chocs caus&#233;s par les crises &#224; r&#233;p&#233;tition ont des effets permanents pour la majorit&#233; des populations laborieuses, qui peinent &#224; s'en remettre et voient &#224; long terme leurs conditions de travail et de subsistance se d&#233;grader. Proc&#233;dant de la m&#234;me logique, l'aust&#233;rit&#233; financi&#232;re s'impose comme mod&#232;le de gestion des d&#233;penses publiques, venant (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Apres-crise-ou-crise-" rel="directory"&gt;Dossier : Apr&#232;s-crise ou crise permanente - O&#249; en sommes-nous ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ricard-Jan-Frans-+" rel="tag"&gt;Ricard, Jan Frans&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1885.png?1642092160' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;675&#034; height=&#034;324&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis la crise &#233;conomique de 2008, les pr&#233;textes se multiplient pour poursuivre les attaques contre les salaires et les l&#233;gislations du travail. Les chocs caus&#233;s par les crises &#224; r&#233;p&#233;tition ont des effets permanents pour la majorit&#233; des populations laborieuses, qui peinent &#224; s'en remettre et voient &#224; long terme leurs conditions de travail et de subsistance se d&#233;grader. Proc&#233;dant de la m&#234;me logique, l'aust&#233;rit&#233; financi&#232;re s'impose comme mod&#232;le de gestion des d&#233;penses publiques, venant plomber le filet de protection sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;S'il n'y avait pas eu de mouvement ouvrier organis&#233;, le capitalisme se serait effondr&#233; il y a cent ans&lt;/i&gt;. &#187; &#8211; Jeremy Rifkin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La spirale vers le bas des conditions de travail et de la protection sociale, amorc&#233;e &#224; la fin des ann&#233;es 1970 avec la crise de l'&#201;tat, s'est accentu&#233;e avec la derni&#232;re phase de mondialisation entam&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 1990. Ce &#171; nouvel ordre mondial &#187; ax&#233; sur la lib&#233;ralisation &#233;conomique est venu sonner le glas du fordisme-keyn&#233;sianisme et du pacte social fond&#233; sur l'&#233;quilibre tripartite constitutif de la p&#233;riode dite de l'&#171; &#194;ge d'or du capitalisme &#187; (1945-1975). Le Qu&#233;bec et le Canada n'ont pas &#233;t&#233; en reste et le mouvement syndical cherche toujours des r&#233;ponses efficaces aux d&#233;fis colos&#173;saux qui en r&#233;sultent pour le travail.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pr&#233;carisation du travail et g&#233;n&#233;ralisation du travail atypique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les impacts sur le travail ont &#233;t&#233; lourds. Les gouvernements se sont livr&#233;s, dans plusieurs pays, &#224; une d&#233;r&#233;gulation drastique du travail et &#224; une v&#233;ritable guerre aux syndicats. En plus des nombreuses pertes d'emplois, on a assist&#233; &#224; la g&#233;n&#233;ralisation du travail atypique, alors que se pr&#233;carise le travail &#171; standard &#187;, m&#234;me en milieux syndiqu&#233;s. Les syndicats sont confront&#233;s &#224; plusieurs difficult&#233;s en mati&#232;re de climat de travail et de rapport de force souvent li&#233;es aux nouvelles m&#233;thodes de gestion et d'organisation du travail (pr&#233;carit&#233; croissante, contr&#244;le, flexibilit&#233;, stress, d&#233;tresse psychologique, d&#233;valorisation de la profession, augmentation de la t&#226;che de travail, etc.). Mais ce qui caract&#233;rise fortement cette p&#233;riode est l'&#233;clatement de la relation d'emploi standard, en raison des demandes de flexibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail atypique, qui est souvent pr&#233;caire et non choisi, repr&#233;sentait en 2012 37,4 % du nombre total d'emplois au Qu&#233;bec, dont une part importante des nouveaux emplois. Il se trouve tant dans le secteur priv&#233; que public (45,2 % en enseignement et 39,3 % dans la sant&#233;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Institut de la statistique du Qu&#233;bec, March&#233; du travail et qualit&#233; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il se distingue du travail standard du point de vue de la dur&#233;e, du lieu et du temps de travail, de la nature du lien juridique unissant les parties et du caract&#232;re multipartite des entit&#233;s impliqu&#233;es (plusieurs employeurs pour un emploi)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;St&#233;phanie Bernstein et coll., &#171; Les transformations des relations d'emploi : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle, entre autres, d'emplois temporaires, &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e, saisonniers, sur appel, &#224; temps partiel, &#224; domicile, par l'interm&#233;diaire d'agences de personnel et de travail autonome. Dans le cas des agences de personnel, elles satisfont les besoins de gestion juste &#224; temps des entreprises, mais servent aussi &#224; contourner les lois du travail en d&#233;responsabilisant les entreprises clientes par l'absence juridique de lien d'emploi avec les travailleuses et travailleurs auxquels elles recourent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs autonomes, pour leur part, sont consid&#233;r&#233;s comme des entrepreneurs ind&#233;pendants sur le plan juridique et sont de ce fait exclus des politiques publiques du travail. Or, plusieurs d'entre eux partagent les caract&#233;ristiques des travailleuses et travailleurs salari&#233;s en raison de leurs liens de subordination envers le client &#8211; qui est en fait l'employeur. Plusieurs pr&#233;f&#233;reraient ainsi &#234;tre salari&#233;s au sens du Code du travail et b&#233;n&#233;ficier des protections offertes par les politiques publiques. Ils sont par ailleurs nombreux et nombreuses &#224; gagner un faible revenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces formes de travail atypique donnent lieu &#224; des disparit&#233;s de traitement bas&#233;es sur le statut d'emploi. Les recherches d&#233;montrent que les lois du travail ont &#233;t&#233; incapables de saisir les nouvelles formes d'emploi et d'assurer &#224; un nombre croissant de travailleurs et travailleuses la s&#233;curit&#233; pr&#233;vue par les politiques publiques du travail. En parall&#232;le, les changements l&#233;gislatifs apport&#233;s par une majorit&#233; de gouvernements vont dans le sens des demandes patronales pour la flexibilisation du travail, comme les modifications apport&#233;es &#224; l'article 45 du Code du travail du Qu&#233;bec en 2003 par le Parti lib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi des cat&#233;gories de travailleurs qui sont surrepr&#233;sent&#233;es dans les emplois atypiques : femmes, immigrants r&#233;cents, minorit&#233;s visibles, jeunes, etc. Ceux et celles qui pr&#233;sentent plus d'une de ces caract&#233;ristiques se voient encore plus fortement marginalis&#233;s, cumulant les handicaps induits par la discrimination syst&#233;mique du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;pondre aux d&#233;fis du travail pr&#233;caire et atypique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si le taux de syndicalisation se maintient au Qu&#233;bec et au Canada (respectivement 40 % et 30 %, environ), force est de constater que le mouvement a &#233;t&#233; fortement d&#233;stabilis&#233; et contraint de r&#233;fl&#233;chir &#224; de nouvelles strat&#233;gies d'action et d'organisation, au-del&#224; des efforts aux tables de n&#233;gociation. Une des strat&#233;gies pour r&#233;pondre aux d&#233;fis de la croissance du travail pr&#233;caire et atypique est la syndicalisation de nouveaux pans de l'&#233;conomie faiblement ou non syndiqu&#233;s. Non dans l'unique dessein d'augmenter la densit&#233; syndicale, mais aussi dans le but de freiner l'av&#232;nement d'une &#233;conomie &#224; deux vites&#173;ses qui pr&#233;cipiterait vers le bas les conditions de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces cat&#233;gories d'emplois peuvent &#234;tre difficiles &#224; syndiquer en vertu du Code du travail et avec les paniers de services &#171; classiques &#187; offerts par les syndicats. Dans certains secteurs, les travailleuses et travailleurs sont dispers&#233;s et n'ont pas d'employeurs communs. Les agences de personnel sont des interm&#233;diaires faiblement r&#233;gul&#233;s qui profitent d'un flou juridique volontaire rendant difficile la syndicalisation. Quant aux travailleurs et travailleuses autonomes, ils n'ont pas droit &#224; la syndicalisation, en principe, en raison de leur statut d'entrepreneur. Plusieurs employeurs sont aussi extr&#234;mement hostiles aux syndicats et n'h&#233;sitent pas &#224; fermer un lieu de travail pour &#233;viter la syndicalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats qu&#233;b&#233;cois ont d&#233;velopp&#233; des strat&#233;gies pour surmonter ces obstacles et ont connu quelques succ&#232;s importants. Ils ont entam&#233; des proc&#233;dures juridiques, notamment pour que le client d'une agence de personnel soit reconnu comme l' &#171; employeur v&#233;ritable &#187; quand l'emploi est continu et le contr&#244;le du travail exerc&#233; directement par lui, et pour prouver la subordination des &#171; faux &#187; travailleurs autonomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont aussi fait des perc&#233;es dans les commerces de d&#233;tail et la restauration rapide, des secteurs traditionnellement non syndiqu&#233;s qui comptent de nombreux emplois atypiques et faiblement r&#233;mun&#233;r&#233;s (Couche-Tard, Wal-Mart, Mc Donald's)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir dans ce m&#234;me num&#233;ro l'article de Jean-Pierre Larche, &#171; Le commerce de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ils ont r&#233;ussi des avanc&#233;es majeures en mati&#232;re de droit &#224; la syndicalisation dans le cas des r&#233;seaux de services de garde, des RI-RTF (ressources interm&#233;diaires et ressources de type familial) et des travailleurs agricoles saisonniers migrants, entre autres. La CSN a &#233;galement apport&#233; des am&#233;liorations substantielles dans le secteur de l'h&#244;tellerie et dans les CPE depuis quelques ann&#233;es. Ces initiatives donnent souvent lieu &#224; de longues batailles juridiques pour fermetures antisyndicales, cong&#233;diements ill&#233;gaux, n&#233;gociation de mauvaise foi et autres entraves aux droits syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats repr&#233;sentent collectivement certains de ces groupes de travailleurs en attendant le d&#233;nouement des proc&#233;dures juridiques menant au droit &#224; la syndicalisation. Ces travailleuses et travailleurs, qui resteraient autrement fragment&#233;s et isol&#233;s, ont ainsi l'occasion de revendiquer collectivement et de souder une solidarit&#233; professionnelle et syndicale. En ce qui concerne les services offerts, les syndicats doivent se montrer imaginatifs et s'adapter aux besoins de ces travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le &#224; ces actions, les syndicats et leurs alli&#233;&#183;e&#183;s exercent des pressions sur les pouvoirs publics pour une meilleure r&#233;glementation. On parle surtout de renforcer les normes du travail. Selon plusieurs observateurs, forcer l'ouverture du Code du travail est plus risqu&#233; puisque le patronat pourrait se mettre de la partie pour en revoir les d&#233;su&#233;tudes selon son point de vue.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le mouvement syndical comme contre-pouvoir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte o&#249; la l&#233;gitimit&#233; du mouvement syndical est attaqu&#233;e de toutes parts, paradoxalement, le mince filet de protection du travail qui reste est pr&#233;cis&#233;ment le produit de luttes syndicales acharn&#233;es. En cela, le mouvement syndical demeure un acteur aussi pertinent qu'il a toujours &#233;t&#233; pour incarner un contre-pouvoir n&#233;cessaire au capital et assumer sa mission historique d'am&#233;liorer la condition de tous les travailleurs et de toutes les travailleuses. La virulence des attaques antisyndicales prouve que les gouvernements et le patronat se souviennent bien des origines de ces acquis et sont d&#233;termin&#233;s &#224; terminer le travail de sape, particuli&#232;rement au niveau f&#233;d&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit de nombreux efforts et de quelques victoires significatives, le mouvement syndical ne semble toujours pas avoir trouv&#233; des moyens d'action efficaces pour contrer les tendances &#224; la pr&#233;carisation du travail, souvent faute de leviers. Le recul combin&#233; des sph&#232;res de r&#233;gulation et de protection, l&#233;gitim&#233; par les crises &#233;conomiques &#224; r&#233;p&#233;tition, pr&#233;cipite la fracture sociale et vient rompre le contrat social qui assurait l'&#233;quilibre du mod&#232;le pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les disparit&#233;s de traitement structurelles mettent en lumi&#232;re la faillite des politiques publiques du travail et l'acc&#232;s r&#233;duit &#224; la citoyennet&#233; pour une cat&#233;gorie croissante de travailleurs/travailleuses &#8211; et de ch&#244;meurs/ch&#244;meuses &#8211; construit de toute pi&#232;ce. L'&#171; arm&#233;e industrielle de r&#233;serve &#187; du capitalisme dont parlait Marx est bien en marche. Il faut savoir contrer ces reculs d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Institut de la statistique du Qu&#233;bec, March&#233; du travail et qualit&#233; de l'emploi : un regard in&#233;dit sur la situation dans les r&#233;gions du Qu&#233;bec, Qu&#233;bec, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;St&#233;phanie Bernstein et coll., &#171; Les transformations des relations d'emploi : une s&#233;curit&#233; compromise ? &#187;, Regards sur le travail, vol. 6, no 1, 2009, p. 19-29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir dans ce m&#234;me num&#233;ro l'article de Jean-Pierre Larche, &#171; Le commerce de d&#233;tail : nouveau terrain de luttes syndicales ? &#187;, p. 10-11. (NDLR)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Simon Pag&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'assujettissement &#224; la finance</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-assujettissement-a-la-finance</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-assujettissement-a-la-finance</guid>
		<dc:date>2014-09-13T19:06:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ianik Marcil</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Marcil, Ianik</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La crise financi&#232;re de 2008 aura permis de mettre en lumi&#232;re la formidable puissance du secteur financier dans les &#233;conomies occidentales. Cette sph&#232;re financi&#232;re qui pouvait sembler totalement d&#233;croch&#233;e du r&#233;el avec ses produits d&#233;riv&#233;s exotiques, comme les hedge funds ou des fonds sp&#233;culatifs sur la m&#233;t&#233;o, a montr&#233; &#224; quel point elle &#233;tait en mesure de d&#233;vaster l'&#233;conomie r&#233;elle. &lt;br class='autobr' /&gt; Apr&#232;s la d&#233;b&#226;cle des Lehman Brother de ce monde, les espoirs &#233;taient grands de voir dans l'apr&#232;s-crise une (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Apres-crise-ou-crise-" rel="directory"&gt;Dossier : Apr&#232;s-crise ou crise permanente - O&#249; en sommes-nous ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Marcil-Ianik-+" rel="tag"&gt;Marcil, Ianik&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1884.png?1642092159' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;675&#034; height=&#034;336&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La crise financi&#232;re de 2008 aura permis de mettre en lumi&#232;re la formidable puissance du secteur financier dans les &#233;conomies occidentales. Cette sph&#232;re financi&#232;re qui pouvait sembler totalement d&#233;croch&#233;e du r&#233;el avec ses produits d&#233;riv&#233;s exotiques, comme les hedge funds ou des fonds sp&#233;culatifs sur la m&#233;t&#233;o, a montr&#233; &#224; quel point elle &#233;tait en mesure de d&#233;vaster l'&#233;conomie r&#233;elle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s la d&#233;b&#226;cle des Lehman Brother de ce monde, les espoirs &#233;taient grands de voir dans l'apr&#232;s-crise une &#232;re de mise au pas des g&#233;ants de la finance. H&#233;las, non seulement nous ne sommes pas v&#233;ritablement sortis de la crise (structurelle), mais la sph&#232;re financi&#232;re n'a mis que quelques ann&#233;es &#224; retrouver sa toute-puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prestigieuse firme de consultants McKinsey publiait d&#232;s 2011 une importante &#233;tude comptabilisant la valeur de l'ensemble des actifs financiers &#171; classiques &#187; sur la plan&#232;te (march&#233;s boursiers, titres obligataires gouvernementaux et priv&#233;s, pr&#234;ts bancaires, etc.). En 2010, soit deux ans apr&#232;s la crise financi&#232;re, ils repr&#233;sentent 212 000 milliards de dollars (G$) ; en 1990, ils ne repr&#233;sentaient que 54 000 G$, soit environ une augmentation du quadruple en 20 ans. Durant la m&#234;me p&#233;riode, la valeur de tous les biens et services produits sur la plan&#232;te (le PIB) n'a augment&#233; que de 2,8 fois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Charles Roxburgh, Susan Lund et John Piotrowski, Mapping global capital (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien plus, si on ajoute &#224; ces actifs financiers classiques ce qu'on appelle les &#171; produits d&#233;riv&#233;s &#187; &#8211; c'est-&#224;-dire cet ensemble d'instruments financiers qui se sont multipli&#233;s &#224; une vitesse folle depuis les ann&#233;es 1980, des produits dont la valeur est fix&#233;e &#224; la valeur future d'autres produits financiers &#8211;, on arrive &#224; des sommes tout simplement vertigineuses. En 1990, la valeur des produits d&#233;riv&#233;s &#233;tait de l'ordre de 3 450 G$ ; en 2010, 434 000 G$ &#8211; 125 fois plus en 20 ans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Estimations de l'International Swaps and Derivatives Association, qui sont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une sph&#232;re financi&#232;re gigantesque&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La cons&#233;quence est simple : en moins de 20 ans, la sph&#232;re financi&#232;re occupe maintenant une place d&#233;mesur&#233;e par rapport &#224; l'&#233;conomie r&#233;elle. Le graphe et le tableau pr&#233;sent&#233;s ici illustrent de mani&#232;re &#233;loquente ce ph&#233;nom&#232;ne. Alors que l'ensemble de la sph&#232;re financi&#232;re repr&#233;sentait environ 2,6 fois l'&#233;conomie r&#233;elle en 1990, elle repr&#233;sente aujourd'hui plus de 10 fois l'&#233;conomie r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette enflure d&#233;mesur&#233;e a trois cons&#233;quences majeures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, on le constate, il y a une d&#233;connexion compl&#232;te entre la croissance de la sph&#232;re financi&#232;re et celle de l'&#233;conomie r&#233;elle. Pendant une grande partie de l'histoire du capitalisme, les produits financiers &#233;taient l'&#171; huile dans l'engrenage &#187; &#233;conomique. Sa croissance allait de pair avec celle de la production et du commerce. Mais sur une tr&#232;s courte p&#233;riode, l'excroissance de la finance est &#224; ce point &#233;norme qu'elle s'autonomise de la dynamique &#233;conomique r&#233;elle, elle &#171; &lt;i&gt;s'affranchit de plus en plus des bases de l'&#233;conomie r&#233;elle, la finance ne parle plus qu'&#224; la finance&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fr&#233;d&#233;ric Lordon, Jusqu'&#224; quand ? Pour en finir avec les crises financi&#232;res, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, deuxi&#232;mement, son autonomie ne la rend pas inoffensive. En r&#233;alit&#233;, elle produit une dynamique asym&#233;trique. D'une part, sa croissance et les profits d&#233;mesur&#233;s qu'elle g&#233;n&#232;re sont bas&#233;s, ultimement, sur l'activit&#233; &#233;conomique r&#233;elle. La valeur des produits financiers sp&#233;culatifs s'appuie sur l'&#233;volution de celle de la production tr&#232;s concr&#232;te de marchandises. Ainsi, les fonds sp&#233;culatifs sur les produits agricoles g&#233;n&#232;rent une plus-value formidable sur la base de r&#233;coltes (ou de p&#233;nuries). Cela dit, en vertu d'un principe d'escalier, l'&#233;conomie r&#233;elle se retrouve tr&#232;s loin dans le processus ; au final, on sp&#233;cule sur des produits financiers sp&#233;culant eux-m&#234;mes sur des produits financiers sp&#233;culatifs, dans une cha&#238;ne virtuellement sans fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, et c'est l&#224; que r&#233;side l'asym&#233;trie, les crises g&#233;n&#233;r&#233;es par la sp&#233;culation dans la sph&#232;re financi&#232;re retombent directement sur l'&#233;conomie r&#233;elle et produisent des effets d&#233;vastateurs. La crise financi&#232;re de 2008 l'a d&#233;montr&#233; : la d&#233;b&#226;cle de produits financiers pourris accol&#233;s &#224; la fragilit&#233; de l'endettement hypoth&#233;caire des m&#233;nages a plong&#233; l'&#233;conomie mondiale &#8211; en premier lieu celle des &#201;tats-Unis &#8211; dans une des pires crises &#233;conomiques depuis la d&#233;pression des ann&#233;es 1930. Au bout du compte, les propri&#233;taires de ces actifs financiers sophistiqu&#233;s s'enrichissent sur la base d'activit&#233;s &#233;conomiques r&#233;elles, lesquelles ne b&#233;n&#233;ficient pas de ces profits, mais en subissent la d&#233;confiture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, cette hypertrophie de la sph&#232;re financi&#232;re a d'autres cons&#233;quences bien r&#233;elles, politiques celles-l&#224;. L'enrichissement des d&#233;tenteurs de capitaux financiers combin&#233; &#224; la stagnation des revenus r&#233;els des travailleurs et travailleuses depuis le milieu des ann&#233;es 1970 a caus&#233; les in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques que l'on sait. Or, ces in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques nourrissent un d&#233;balancement du pouvoir politique. Car les d&#233;tenteurs des capitaux financiers ont un pouvoir r&#233;el, tout simple : leur richesse leur permet d'influencer les plus hautes sph&#232;res publiques en finan&#231;ant les campagnes &#233;lectorales, divers lobbies ou simplement la discussion publique par des investissements massifs en op&#233;rations de relations publiques de toutes sortes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette influence demeure difficilement mesurable, quantitativement. N&#233;anmoins, elle refl&#232;te une nouvelle asym&#233;trie du pouvoir financier et politique. La financiarisation de nos &#233;conomies agit selon sa propre logique, d&#233;tach&#233;e de l'&#233;conomie r&#233;elle, et ponctionne cette derni&#232;re de la valeur qu'elle cr&#233;e l&#233;gitimement. Le secteur financier &#171; &lt;i&gt;vogue sans refl&#233;ter la r&#233;alit&#233; du secteur de la production. Ce dernier est oblig&#233; de transf&#233;rer de plus en plus de richesse vers le secteur financier, la cr&#233;ation de richesse est ainsi confisqu&#233;e. [...] Ainsi le secteur financier domine le secteur de la production et contraint les autorit&#233;s &#224; se mettre &#224; son service dans leurs politiques mon&#233;taires et financi&#232;res &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bernard &#201;lie, &#171; Un monde domin&#233; par le secteur financier &#187;, in Bernard &#201;lie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Contr&#244;ler les royalistes &#233;conomiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Or, ces &#171; autorit&#233;s &#187; (r&#233;glementaires, l&#233;gislatives, institutionnelles) devraient fondamentalement &#234;tre contr&#244;l&#233;es par le politique. Mais ce sont, pour reprendre les mots de Roosevelt, les &#171; royalistes &#233;conomiques &#187; qui ont pris le contr&#244;le de l'&#233;conomie, de la soci&#233;t&#233; et, surtout, de la sph&#232;re poli&#173;tique. En effet, le 27 juin 1936, il livre un discours devenu c&#233;l&#232;bre devant la Convention nationale d&#233;mocrate, qui a &#233;t&#233; baptis&#233; par la suite &#171; Un rendez-vous avec le destin &#187;. Il se f&#233;licitait, notamment, d'avoir r&#233;ussi au cours de son premier mandat &#224; r&#233;duire le r&#244;le et le pouvoir de ce qu'il appelait les &#171; royalistes &#233;conomiques &#187;, c'est-&#224;-dire les ma&#238;tres de la finance qui avaient, selon lui, vol&#233; le r&#234;ve am&#233;ricain des travailleurs et des petits entrepreneurs, cause v&#233;ritable de la crise &#233;conomique des ann&#233;es 1930 : &lt;i&gt;&#192; partir de cette civilisation moderne, les royalistes &#233;conomiques ont sculpt&#233; de nouvelles dynasties. De nouveaux royaumes ont &#233;t&#233; construits sur la concentration de leur contr&#244;le sur les choses mat&#233;rielles. [...] Il n'y avait pas de place au sein de cette royaut&#233; pour nos milliers de petits entrepreneurs et commer&#231;ants qui cherchaient &#224; faire un usage digne du syst&#232;me am&#233;ricain d'initiative et de profit. Ils n'&#233;taient pas plus libres que le travailleur ou l'agriculteur. M&#234;me les hommes nantis honn&#234;tes et progressistes, conscients de leurs obligations envers leur g&#233;n&#233;ration, n'ont jamais pu trouver exactement leur place dans ce sch&#233;ma dynastique des choses &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Franklin D. Roosevelt, Great speeches, Mineola, NY, Dover, 1999, p. 48-49. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, voil&#224; les pouvoirs &#233;conomique et politique r&#233;unis : les princes de la finance influencent la dynamique des relations de pouvoir politique. N'est-ce pas, dans les mots de Roosevelt, la faillite d'Obama &#224; r&#233;former la sph&#232;re financi&#232;re ? Car rien n'a chang&#233; : les r&#232;gles du jeu des acteurs du monde financier n'ont, &#224; peu de choses pr&#232;s, pas &#233;t&#233; modifi&#233;es. L'acc&#233;l&#233;ration de la financiarisation demeure adoss&#233;e &#224; l'endettement public et &#224; celui des m&#233;nages, &#233;tant donn&#233; que les deux tiers du moteur de la croissance &#233;conomique sont m&#251;s par la consommation adoss&#233;e &#224; l'endettement tout comme celui de la sph&#232;re publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de 2009, au cours d'une conf&#233;rence internationale, l'&#233;conomiste italien et membre du Comit&#233; ex&#233;cutif de la Banque centrale europ&#233;enne Lorenzo Bini Smaghi demendait, dans un texte plus que jamais d'actualit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Has the financial sector grown too big ?&lt;/i&gt; &#187; Question &#224; laquelle il r&#233;pondait &#171; oui &#187; sans &#233;quivoque. Et &#224; laquelle il est urgent de trouver des solutions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lorenzo Bini Smaghi, &#171; Has the financial sector grown too big ? &#187;, European (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Car Obama ni aucun autre politicien en place en Occident n'ont r&#233;ussi &#224; assujettir la finance aux imp&#233;ratifs collectifs. Inversement, la sph&#232;re financi&#232;re poursuit son excroissance aux d&#233;pens des choix collectifs. Aurons-nous, enfin, la force politique, sociale et communautaire de nous opposer &#224; ces dynamiques profond&#233;ment liberticides et in&#233;galitaires ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Charles Roxburgh, Susan Lund et John Piotrowski, Mapping global capital markets 2011, McKinsey Global Inst., 2011. L'augmentation du PIB est calcul&#233;e &#224; partir des donn&#233;es du FMI.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Estimations de l'International Swaps and Derivatives Association, qui sont plus conservatrices que celles de la Banque des r&#232;glements internationaux qui chiffre la valeur des produits d&#233;riv&#233;s &#224; 600 000 G$ pour 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lordon, Jusqu'&#224; quand ? Pour en finir avec les crises financi&#232;res, Paris, Raisons d'agir, 2008, p. 94.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bernard &#201;lie, &#171; Un monde domin&#233; par le secteur financier &#187;, in Bernard &#201;lie et Claude Vaillancourt (dir.), Sortir de l'&#233;conomie du d&#233;sastre : aust&#233;rit&#233;, in&#233;galit&#233;s, r&#233;sistances, Montr&#233;al, M &#233;diteur, 2012, p. 55.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Franklin D. Roosevelt, Great speeches, Mineola, NY, Dover, 1999, p. 48-49. Notre traduction.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lorenzo Bini Smaghi, &#171; Has the financial sector grown too big ? &#187;, European Central Bank, Discours au Nomura Seminar, Kyoto, 15 avril 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Simon Pag&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;conomie solidaire d'abord</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-economie-solidaire-d-abord</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-economie-solidaire-d-abord</guid>
		<dc:date>2014-09-13T19:04:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nancy Neamtan</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Neamtan, Nancy</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Face &#224; notre syst&#232;me &#233;conomique qui engendre des crises &#224; r&#233;p&#233;tition, l'&#233;conomie solidaire offre un mod&#232;le stimulant, qui se base sur d'autres crit&#232;res que celui de la rentabilit&#233; &#224; tout prix. Mais il ne lui est pas toujours facile de prendre sa place dans un monde domin&#233; par des oligopoles. &lt;br class='autobr' /&gt; L'&#233;conomie solidaire ou l'&#233;conomie sociale et solidaire est un concept qui a &#233;merg&#233; au cours des derni&#232;res d&#233;cennies sur tous les continents. Dans certains pays, on la d&#233;finit d'une mani&#232;re large, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Apres-crise-ou-crise-" rel="directory"&gt;Dossier : Apr&#232;s-crise ou crise permanente - O&#249; en sommes-nous ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Neamtan-Nancy-+" rel="tag"&gt;Neamtan, Nancy&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1883.png?1642092159' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;346&#034; height=&#034;230&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Face &#224; notre syst&#232;me &#233;conomique qui engendre des crises &#224; r&#233;p&#233;tition, l'&#233;conomie solidaire offre un mod&#232;le stimulant, qui se base sur d'autres crit&#232;res que celui de la rentabilit&#233; &#224; tout prix. Mais il ne lui est pas toujours facile de prendre sa place dans un monde domin&#233; par des oligopoles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;conomie solidaire ou l'&#233;conomie sociale et solidaire est un concept qui a &#233;merg&#233; au cours des derni&#232;res d&#233;cennies sur tous les continents. Dans certains pays, on la d&#233;finit d'une mani&#232;re large, incluant toute activit&#233; &#233;conomique qui tente de concilier l'&#233;conomique, le social et l'environnement. Dans d'autres pays, on insiste sur l'importance, voire la centralit&#233;, de l'autogestion ou d'autres formes de contr&#244;le d&#233;mocratique, ce qui exclut d'embl&#233;e des entreprises &#224; propri&#233;t&#233; individuelle ou publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, nous avons d&#233;velopp&#233; notre propre cadre conceptuel qui &#233;tablit l'entreprise collective comme caract&#233;ristique fondamentale de l'&#233;conomie sociale. Le mouvement de l'&#233;conomie sociale souligne la place strat&#233;gique de ce secteur au sein d'une &#233;conomie plurielle o&#249; se c&#244;toient l'&#233;conomie publique, collective et priv&#233;e. Les ambitions de ce mouvement d&#233;passent largement le d&#233;veloppement d'un maximum d'entreprises coop&#233;ratives, mutualistes ou associatives, car le but ultime est de contribuer &#224; une d&#233;mocratisation de l'&#233;conomie et &#224; l'&#233;mergence d'un nouveau mod&#232;le de d&#233;veloppement, en collaboration avec un ensemble de mouvements sociaux et citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Revoir les fondements&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'&#233;conomie sociale et solidaire s'appuie sur une logique &#233;conomique qui se distingue dans les fondements m&#234;mes de la logique &#233;conomique dominante. Ses principes de base, ceux de la primaut&#233; des personnes sur le capital et la finalit&#233; de rendement &#224; la communaut&#233; plut&#244;t qu'aux actionnaires ext&#233;rieurs, la placent dans une dynamique totalement oppos&#233;e aux imp&#233;ratifs du mod&#232;le &#233;conomique n&#233;olib&#233;ral. Car la financiarisation de l'&#233;conomie mondiale, dans sa plus simple expression, produit un syst&#232;me par lequel ceux qui d&#233;tiennent des capitaux d&#233;terminent o&#249; et comment le d&#233;veloppement se d&#233;ploiera. Les cons&#233;quences n&#233;fastes de cette logique, sur le plan social, environnemental et culturel, sont incalculables. L'&#233;conomie solidaire se positionne en opposition &#224; cette conception et vise une d&#233;mocratisation de l'&#233;conomie permettant &#224; ceux et celles qui produisent ou vivent les impacts du d&#233;veloppement de d&#233;terminer comment et &#224; quoi doit servir le capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essor du mouvement de l'&#233;conomie sociale et solidaire au cours des derni&#232;res d&#233;cennies est le fruit d'une r&#233;sistance populaire aux impacts n&#233;gatifs de la globalisation des march&#233;s et d'une recherche &#224; travers l'action-terrain d'un autre mod&#232;le de d&#233;veloppement. Des initiatives multiples et innovatrices foisonnent autant dans le Nord que dans le Sud. Des r&#233;seaux d'acteurs se sont cr&#233;&#233;s aux niveaux local, national, continental et international. Certains gouvernements r&#233;pondent positivement &#224; ce mouvement par des politiques publiques favorables. Des instances internationales commencent &#224; s'y int&#233;resser, comme en t&#233;moigne la cr&#233;ation en 2013 d'un groupe de travail interagences des Nations unies sur l'&#233;conomie sociale et solidaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un combat politique indispensable&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais le mouvement de l'&#233;conomie sociale et solidaire ne pourra jamais atteindre son plein potentiel tant que les lois et les accords qui r&#233;gissent les &#233;conomies nationales et l'&#233;conomie mondiale ne seront pas modifi&#233;s. D'o&#249; l'importance de la dimension politique de ce mouvement, autant aupr&#232;s des &#201;tats-nations que des instances internationales, pour changer la logi&#173;que &#233;conomique &#224; la base de leurs politiques publiques et des accords commerciaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, ici comme ailleurs, la majorit&#233; des politiques &#233;conomiques sont con&#231;ues en fonction de l'imp&#233;ratif de &#171; conqu&#233;rir &#187; des march&#233;s ext&#233;&#173;rieurs en soutenant les activit&#233;s d'exportation et en favorisant la &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187; sur le plan mondial. Par ce fait m&#234;me, ces politiques disqualifient ou d&#233;favorisent le soutien &#224; l'&#233;conomie sociale et solidaire qui vise, en premier lieu, des finalit&#233;s fort diff&#233;rentes : r&#233;pondre aux besoins des collectivit&#233;s locales, favoriser des circuits courts dans le domaine de la production et de la distribution et promouvoir des rapports &#233;galitaires dans les &#233;changes commerciaux entre pays, comme en t&#233;moignent les pratiques du commerce &#233;quitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan international, la confrontation entre ces deux logiques &#233;conomiques est exacerb&#233;e par les accords commerciaux en cours ou en n&#233;gociation. &#192; titre d'exemple, l'ouverture sans contrainte des march&#233;s dans le domaine alimentaire est en contradiction directe avec les aspirations de souverainet&#233; alimentaire, un &#233;l&#233;ment fondamental de l'&#233;conomie solidaire. Les march&#233;s publics locaux et nationaux, attentifs uniquement &#224; la comp&#233;titivit&#233; &#233;conomique, sont vuln&#233;rables aux multinationales qui ont les moyens d'&#233;liminer la &#171; concurrence &#187; que pourraient repr&#233;senter des entreprises locales par des guerres de prix ou par des acquisitions et des fusions. Ces d&#233;veloppements vont &#224; l'encontre des aspirations d'une &#233;conomie solidaire dans laquelle ce sont les citoyen&#183;ne&#183;s et les collectivit&#233;s qui d&#233;terminent, dans une vision de d&#233;veloppement durable, les modalit&#233;s et les finalit&#233;s de l'activit&#233; &#233;conomique sur leur territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec comme ailleurs, ces deux logiques &#233;conomiques se confrontent tout autant sur le terrain pour d&#233;terminer les choix de d&#233;veloppement. Le mouvement de l'&#233;conomie solidaire se doit de renforcer ses alliances avec tous ceux et celles qui aspirent &#224; un autre mod&#232;le de d&#233;veloppement o&#249; la globalisation de la solidarit&#233; prime sur la globalisation des march&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Nancy Neamtan est Pr&#233;sidente-directrice g&#233;n&#233;rale du Chantier de l'&#233;conomie sociale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dessin : orientation-pour-tous.fr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;conomie verte, un &#233;cran de fum&#233;e au service des puissants</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-economie-verte-un-ecran-de-fumee</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-economie-verte-un-ecran-de-fumee</guid>
		<dc:date>2014-09-13T19:01:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Bernier</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Bernier, Dominique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, la notion d'&#233;conomie verte tente de se frayer un chemin dans le vocabulaire m&#233;diatique et politique. Substitut de choix au tr&#232;s galvaud&#233; &#171; d&#233;veloppement durable &#187;, le terme &#171; &#233;conomie verte &#187; sugg&#232;re l'id&#233;e de mettre l'&#233;conomie au service de la protection de l'environnement ou, &#224; tout le moins, de faire en sorte que la protection de l'environnement soit rentable, donc plus attrayante pour les entreprises. Il s'agit d'une id&#233;e certes s&#233;duisante et rassurante, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Apres-crise-ou-crise-" rel="directory"&gt;Dossier : Apr&#232;s-crise ou crise permanente - O&#249; en sommes-nous ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bernier-Dominique-+" rel="tag"&gt;Bernier, Dominique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1868.png?1642092158' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;639&#034; height=&#034;378&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, la notion d'&#233;conomie verte tente de se frayer un chemin dans le vocabulaire m&#233;diatique et politique. Substitut de choix au tr&#232;s galvaud&#233; &#171; d&#233;veloppement durable &#187;, le terme &#171; &#233;conomie verte &#187; sugg&#232;re l'id&#233;e de mettre l'&#233;conomie au service de la protection de l'environnement ou, &#224; tout le moins, de faire en sorte que la protection de l'environnement soit rentable, donc plus attrayante pour les entreprises. Il s'agit d'une id&#233;e certes s&#233;duisante et rassurante, puisqu'on reste en terrain connu, mais le march&#233; peut-il vraiment r&#233;gler la crise &#233;cologique actuelle ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un bref retour en arri&#232;re nous permet d'avoir une vision plus large de ce qui a entra&#238;n&#233; l'apparition de ces concepts. En 1972, la publication du rapport &lt;i&gt;Halte &#224; la croissance ? &#8211; Rapport sur les limites de la croissance&lt;/i&gt; a fait grand bruit. Couramment appel&#233; rapport Meadows, du nom des chercheurs du MIT ayant coordonn&#233; les travaux pour le compte du Club de Rome, ce rapport soulignait l'interd&#233;pendance des questions sociales, &#233;conomiques et &#233;cologiques. Ainsi, selon les diff&#233;rents sc&#233;narios de prospective pr&#233;sent&#233;s, les interactions entre la croissance d&#233;mographique et l'exploitation croissante des ressources naturelles entra&#238;neraient des p&#233;nuries de ressources accompagn&#233;es d'un haut niveau de pollution, lesquels engendreraient la fin de la croissance, tant d&#233;mographique qu'&#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des diff&#233;rents sc&#233;narios pr&#233;sent&#233;s par les auteurs, les seuls qui n'entra&#238;nent pas un effondrement g&#233;n&#233;ralis&#233; de l'&#233;cosyst&#232;me mondial sont ceux qui mettent un frein &#224; la croissance exponentielle de la production. Il &#233;tait en outre propos&#233; de stopper la croissance de l'industrie en instaurant des taxes permettant de r&#233;orienter le flux mon&#233;taire vers les activit&#233;s les plus utiles, comme l'agriculture, les services sociaux et surtout la lutte contre la pollution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport fait aussi &#233;tat de la n&#233;cessit&#233; de r&#233;partir les richesses en fonction de la satisfaction des besoins primaires de la population. Cela repr&#233;sente, selon les auteurs, la condition sine qua non &#224; l'acceptation populaire d'une &#233;conomie sans croissance. L'objectif est donc &#171; &lt;i&gt;un affranchissement de la faim et du d&#233;nuement qui reste, aujourd'hui encore, le privil&#232;ge de si peu d'hommes sur la Terre&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conclusions de ce rapport, pourtant toujours criantes d'actualit&#233;, n'ont pas manqu&#233;, on s'en doute bien, de susciter une vive pol&#233;mique &#224; l'&#233;poque. S'ensuivit la publication, en 1987, du rapport Bruntland (intitul&#233; Notre avenir &#224; tous), command&#233; par la Commission des Nations unies pour l'environnement. Ce rapport a jet&#233; les bases du premier Sommet de la Terre, qui a eu lieu &#224; Rio en 1992 : le concept de d&#233;veloppement durable &#233;tait n&#233;. Reposant sur trois piliers (environnemental, social, &#233;conomique), celui-ci se d&#233;finit comme &#171; &lt;i&gt; un d&#233;veloppement qui r&#233;pond aux besoins du pr&#233;sent sans compromettre la capacit&#233; des g&#233;n&#233;rations futures de r&#233;pondre aux leurs&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend ici que pour qu'il y ait d&#233;veloppement durable, il doit y avoir d&#233;veloppement &#233;conomique. La pr&#233;servation d'un habitat sensible, par exemple, n'entre pas dans la d&#233;finition du d&#233;veloppement durable. L'id&#233;e de croissance est ainsi r&#233;habilit&#233;e par la bande, en sugg&#233;rant qu'il est possible d'adapter l&#233;g&#232;rement notre mode de fonctionnement actuel pour le rendre plus socialement et &#233;cologiquement responsables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, le d&#233;veloppement durable nous a &#233;t&#233; servi &#224; toutes les sauces, si bien que ce terme n'a plus aucune cr&#233;dibilit&#233;. La prise en compte de l'impact social des projets a tranquillement gliss&#233; vers la recherche de &#171; l'acceptabilit&#233; sociale &#187; par les gouvernements et les promoteurs de tous horizons, sorte de fabrication de consentement &#224; grands coups de strat&#233;gies de communication qui n'ont bien souvent que peu &#224; envier &#224; la propagande stalinienne...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Privatiser... pour mieux prot&#233;ger ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Terme vide de sens s'il en est un, l'&#233;conomie verte met en lumi&#232;re le fait que les chantres de la croissance se sont finalement adapt&#233;s au choc caus&#233; par la prise de conscience mondiale des probl&#233;matiques environnementales, qui a pour un temps sembl&#233; menacer leurs acquis. Aucune des solutions mises de l'avant par les promoteurs de cette &#171; nouvelle &#233;conomie &#187; ne remet en cause, on s'en doute, l'ordre &#233;tabli. Tout au plus s'agit-il de penser les communications en amont pour donner l'impression que la question environnementale est au c&#339;ur des pr&#233;occupations plut&#244;t que de r&#233;agir en aval, en r&#233;ponse &#224; la pression populaire. En d'autres termes, il s'agit la plupart du temps d'&#233;coblanchiment, puisque les efforts et l'argent investis le sont en publicit&#233; plut&#244;t qu'en actions concr&#232;tes en vue de r&#233;duire son impact environnemental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un lieu commun tr&#232;s exploit&#233; laisse sous-entendre que l'on fait plus attention &#224; ses biens propres qu'&#224; ce qui appartient au domaine public. En poussant la logique plus loin, certaines personnes vont jusqu'&#224; dire que la privatisation de l'eau, par exemple, pourrait permettre de prot&#233;ger davantage la ressource et de la rendre accessible &#224; tous et toutes. Il va de soi que ce qui sous-tend cette logique, c'est en fait une volont&#233; d'augmenter les possibilit&#233;s de profit, les cr&#233;neaux d'affaires, par la marchandisation de la nature. La privatisation des services d'eau potable, par exemple, a &#233;t&#233; tent&#233;e un peu partout dans le monde, avec pour r&#233;sultats une accessibilit&#233; r&#233;duite ou nulle pour les plus pauvres, une baisse de qualit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e, une augmentation du prix, des interruptions de service fr&#233;quentes et un entretien inad&#233;quat des infrastructures.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;PIB et croissance&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le produit int&#233;rieur brut (PIB) est l'indicateur traditionnellement utilis&#233; pour mesurer la richesse d'une nation. Toute transaction financi&#232;re ayant lieu sur le territoire d'un pays augmente le PIB. La croissance du PIB par habitant est cens&#233;e mesurer la croissance du niveau de vie. Cependant, les actions ou les d&#233;cisions qui n'entra&#238;nent pas de mouvements mon&#233;taires ne contribuent pas &#224; l'augmentation du PIB. En cons&#233;quence, le travail non r&#233;mun&#233;r&#233;, effectu&#233; majoritairement par les femmes, n'est pas reconnu comme participant &#224; l'am&#233;lioration du niveau de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s souvent, les d&#233;sastres &#233;cologiques contribuent &#224; la hausse du PIB : d&#233;versements de p&#233;trole en mer, d&#233;forestation, &#233;levage intensif et m&#234;me catastrophes naturelles entra&#238;nent tous une augmentation marqu&#233;e de l'activit&#233; &#233;conomique. De m&#234;me, une population malade contribue davantage au PIB qu'une population en sant&#233;, car elle ach&#232;te plus de m&#233;dicaments, consomme plus d'actes m&#233;dicaux et de services sp&#233;cialis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la croissance &#233;conomique repose sur un mod&#232;le th&#233;orique qui ne tient pas compte des limites physiques de l'&#233;cosyst&#232;me plan&#233;taire. Nombreux sont ceux qui d&#233;noncent donc le productivisme et le consum&#233;risme incarn&#233; par le PIB, qui est loin d'&#234;tre repr&#233;sentatif du r&#233;el bien-&#234;tre humain.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une solution : la transition vers une &#233;conomie &#224; &#233;chelle humaine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi persiste-t-on &#224; rechercher la croissance &#224; tout prix, sachant que cette course effr&#233;n&#233;e se fait au d&#233;triment de notre qualit&#233; de vie et m&#234;me de la survie de l'esp&#232;ce ? C'est qu'il faut nourrir sans cesse le monstre que nous avons cr&#233;&#233;&#8230; En effet, l'&#233;conomie actuelle repose sur la cr&#233;ation mon&#233;taire ex nihilo, &#224; partir de rien, par les banques priv&#233;es principalement. Chaque fois qu'un &#201;tat ou un individu emprunte une somme d'argent &#224; la banque, le montant est simplement inscrit &#224; son actif, sans qu'il ne corresponde &#224; aucune somme r&#233;elle. Ce ne sont pas les d&#233;p&#244;ts des uns qui sont pr&#234;t&#233;s aux autres, comme on est port&#233; &#224; le croire. La monnaie, de nos jours, est scripturale, c'est-&#224;-dire cr&#233;&#233;e &#224; la pointe du stylo (ou plut&#244;t &#224; la touche du clavier). Seule une r&#233;serve en monnaie r&#233;elle correspondant &#224; une fraction des pr&#234;ts (environ 2 %) est exig&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, nous devons rembourser les sommes emprunt&#233;es gr&#226;ce &#224; l'argent gagn&#233; par notre force de travail (bien r&#233;elle, celle-ci &#173; !), plus les int&#233;r&#234;ts, qui eux ne sont pas cr&#233;&#233;s. En effet, les banques ne cr&#233;ent que le capital, alors que nous devons rembourser capital et int&#233;r&#234;ts. Si l'on con&#231;oit l'&#233;conomie globale d'un pays comme un seul gros syst&#232;me, on comprend ais&#233;ment qu'il faut qu'il y ait sans cesse croissance, donc augmentation de la masse mon&#233;taire, pour &#233;viter d'atteindre le stade o&#249; il devient &#233;vident qu'il n'y a pas assez d'argent en circulation pour rembourser toutes les dettes. Si cela se produisait, c'est le syst&#232;me &#233;conomique dans son ensemble qui imploserait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va de soi que le fait d'avoir confi&#233; le droit r&#233;galien de cr&#233;er la monnaie aux banques priv&#233;es leur conf&#232;re un immense pouvoir. Elles peuvent non seulement d&#233;cider ce qui m&#233;rite d'&#234;tre financ&#233; ou non, et ce de fa&#231;on totalement antid&#233;mocratique, mais elles sont aussi en total conflit d'int&#233;r&#234;ts puisque l'endettement massif est n&#233;cessaire au maintien de ce syst&#232;me qui les privil&#233;gie au-del&#224; de tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les solutions qui existent pour sortir de ce marasme, l'une des plus prometteuses pourrait bien &#234;tre l'abolition de ce droit c&#233;d&#233; aux banques et plut&#244;t cr&#233;er la monnaie (toujours &lt;i&gt;ex nihilo&lt;/i&gt;) par le versement d'un revenu de base universel &#224; chaque personne, de la naissance &#224; la mort. Ainsi, c'est la vie humaine, et non les dettes, qui serait &#224; la base du syst&#232;me &#233;conomique. L'argent serait forc&#233;ment mieux r&#233;parti, conf&#233;rant &#224; chaque personne la libert&#233; d'&#233;changer et de produire &#224; petite &#233;chelle. C'est ce mod&#232;le, appel&#233; syst&#232;me mon&#233;taire &#224; dividende universel, que proposent, entre autres, la Th&#233;orie relative de la monnaie, &#233;labor&#233;e par un collectif d'&#233;conomistes, ainsi que l'Initiative citoyenne europ&#233;enne pour un revenu de base universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de l&#224;, tout financement massif de grands projets destructeurs pour l'environnement ou la soci&#233;t&#233; deviendrait beaucoup plus ardu. En effet, si le pouvoir de financer revient aux citoyens et aux citoyennes (pensons au sociofinancement, par exemple), les projets devront faire la preuve de leur utilit&#233; sociale ou environnementale. De m&#234;me, les petites initiatives locales, actuellement bloqu&#233;es par manque de fonds, devraient fleurir et participer, ce faisant, &#224; la n&#233;cessaire transition vers une &#233;conomie &#224; &#233;chelle humaine, au service des citoyens et de leur milieu de vie imm&#233;diat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le disait Einstein, on ne r&#233;sout pas un probl&#232;me avec le mode de pens&#233;e qui l'a cr&#233;&#233;. La crise &#233;cologique est une cons&#233;quence directe du mod&#232;le productiviste ax&#233; sur la croissance &#233;conomique. Il est absurde de s'attendre &#224; ce que les m&#233;canismes de march&#233; &#224; l'&#339;uvre dans ce mod&#232;le soient &#224; m&#234;me de nous permettre d'&#233;chapper &#224; la crise &#233;cologique. La main invisible ne prot&#232;ge pas plus la plan&#232;te qu'elle ne r&#233;partit la richesse. Au contraire, elle pille nos ressources et vide nos poches pour remplir celles des puissants !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Simon Pag&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand la crise dure et perdure sans fin !</title>
		<link>https://www.ababord.org/Quand-la-crise-dure-et-perdure</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Quand-la-crise-dure-et-perdure</guid>
		<dc:date>2014-09-13T18:59:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yvan Perrier</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Perrier, Yvan </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans les d&#233;mocraties occidentales, le peuple est r&#233;put&#233; &#171; souverain &#187;. &#192; lui de choisir, lors des &#233;lections, qui sera au pouvoir. Depuis l'av&#232;nement du suffrage universel, les &#233;lectrices et &#233;lecteurs des syst&#232;mes &#233;lectoraux dits d&#233;mocratiques sont investis d'une capacit&#233; d'action apparemment fort enviable. Mais la classe dirigeante forme quant &#224; elle un petit groupe s&#233;lect, une &#233;lite qui veut fa&#231;onner le monde conform&#233;ment &#224; ses int&#233;r&#234;ts, selon le politologue Gaetano Mosca. D'o&#249; son int&#233;r&#234;t (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Apres-crise-ou-crise-" rel="directory"&gt;Dossier : Apr&#232;s-crise ou crise permanente - O&#249; en sommes-nous ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Perrier-Yvan-+" rel="tag"&gt;Perrier, Yvan &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1867.png?1642092158' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;351&#034; height=&#034;348&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans les d&#233;mocraties occidentales, le peuple est r&#233;put&#233; &#171; souverain &#187;. &#192; lui de choisir, lors des &#233;lections, qui sera au pouvoir. Depuis l'av&#232;nement du suffrage universel, les &#233;lectrices et &#233;lecteurs des syst&#232;mes &#233;lectoraux dits d&#233;mocratiques sont investis d'une capacit&#233; d'action apparemment fort enviable. Mais la classe dirigeante forme quant &#224; elle un petit groupe s&#233;lect, une &#233;lite qui veut fa&#231;onner le monde conform&#233;ment &#224; ses int&#233;r&#234;ts, selon le politologue Gaetano Mosca. D'o&#249; son int&#233;r&#234;t &#224; voir la crise du mod&#232;le politique associ&#233; au welfare state se prolonger le plus longtemps possible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;mocratie serait le moins mauvais de tous les r&#233;gimes politiques. Dans les faits, elle est plut&#244;t un miroir aux alouettes. Les &#233;lections d&#233;mocratiques cachent une id&#233;e restrictive de la participation politique. &#192; partir du moment o&#249; la participation citoyenne &#224; la vie politique se limite &#224; choisir ses d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s, toutes les autres formes de participation lui sont &#224; toutes fins utiles ni&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une analyse percutante et toujours actuelle de la classe dirigeante&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mosca affirme d'entr&#233;e de jeu : &#171; &lt;i&gt;Dans toutes les soci&#233;t&#233;s &#8211; depuis celles qui sont tr&#232;s peu d&#233;velopp&#233;es et ont &#224; peine atteint l'aube de la civilisation jusqu'aux soci&#233;t&#233;s les plus avanc&#233;es et les plus puissantes &#8211; deux classes d'hommes apparaissent, une classe qui dirige et une classe qui est dirig&#233;e. La premi&#232;re classe, toujours la moins nombreuse, remplit toutes les fonctions politiques, monopolise le pouvoir et profite des avantages qu'il procure, alors que la deuxi&#232;me, la plus nombreuse, est dirig&#233;e et command&#233;e par la premi&#232;re d'une mani&#232;re plus ou moins l&#233;gale, plus ou moins arbitraire ou violente&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gaetano Mosca, The Ruling class, New York, McGraw-Hill, 1939, cit&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe dirigeante se trouve confortablement install&#233;e dans sa fonction d'exercer un pouvoir qu'elle veut sans partage. Le pouvoir des &#233;lectrices et &#233;lecteurs s'&#233;teint d&#232;s le moment o&#249; ils ont vot&#233;. Les &#233;lus n'ex&#233;cutent pas la volont&#233; populaire, mais leur propre volont&#233;. De l&#224; &#224; proposer que les membres de l'&#233;lite au pouvoir se sp&#233;cialisent dans l'art de berner le peuple, il y a un pas que nous osons franchir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, les membres de l'&#233;lite dirigeante agissent conform&#233;ment &#224; leurs int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques. Ils se succ&#232;dent au pouvoir sans mettre de l'avant un v&#233;ritable programme alternatif. Les int&#233;r&#234;ts du plus grand nombre sont rarement pris en compte. C'est ce qui explique pourquoi nous nous retrouvons pour le moment dans un mod&#232;le de d&#233;veloppement de crise sans fin.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La crise du mod&#232;le politique associ&#233; au welfare state&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Du lendemain de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale jusqu'&#224; la crise des ann&#233;es 1970-1980, l'action politique partisane dans les pays de l'Ouest va se fonder sur le culte du changement, &#224; des vitesses variables faut-il pr&#233;ciser. Au Qu&#233;bec, il faut attendre la mort de Duplessis, en 1959, pour que la notion de changement se retrouve dans les discours des dirigeants politiques. Or, ce mod&#232;le politique construit sur la valorisation du changement entre en crise d&#232;s lors que le projet de transformation de la soci&#233;t&#233; centr&#233; sur les id&#233;aux d'&#233;galit&#233; sociale commence &#224; &#234;tre remis en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque part &#224; partir du milieu des ann&#233;es 1970, les th&#233;matiques du changement et du progr&#232;s social s'amenuisent. Les grandes r&#233;formes &#233;conomiques, sociales et culturelles, issues de la R&#233;volution tranquille, sombrent dans la routine bureaucratique. Les promesses d'une participation effective des citoyennes et citoyens &#224; la vie collective ne sont pas r&#233;alis&#233;es. Durant cette m&#234;me d&#233;cennie, commence &#224; poindre le d&#233;but de la crise du financement de l'&#201;tat-providence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la foul&#233;e des contre-r&#233;formes engendr&#233;es par les exigences de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale, le mod&#232;le politique associ&#233; au welfare state va s'effriter. Nous passons du welfare state (&#201;tat du bien-&#234;tre) au workfare state, c'est-&#224;-dire la mise au travail forc&#233; pour les prestataires de l'assurance-ch&#244;mage &#8211; rebaptis&#233;e par la suite assurance-emploi &#8211; et les b&#233;n&#233;ficiaires de l'aide sociale. La baisse des imp&#244;ts des particuliers a pour effet de fragiliser les finances publiques. L'&#201;tat pr&#233;tend qu'il n'a plus les moyens de financer certains programmes sociaux. S'imposeront donc, comme une fatalit&#233; incontournable, des mesures d'aust&#233;rit&#233;, des compressions budg&#233;taires et d'effectifs dans le secteur public, la privatisation de certains services, le d&#233;sengagement de l'&#201;tat face &#224; ses responsabilit&#233;s, la d&#233;r&#233;glementation, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une crise sans fin !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec la crise des ann&#233;es 1970 et 1980, nous assistons &#224; la perte de l'espoir de poursuivre sur l'&#233;lan des r&#233;formes progressistes des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes. Les nouvelles visions de l'avenir telles que dessin&#233;es par le Fonds mon&#233;taire international, la Banque mondiale de d&#233;veloppement, l'OCDE et les chantres du n&#233;olib&#233;ralisme deviennent de plus en plus pessimistes. Contrairement aux promesses d'une croissance continue et ininterrompue, le futur peut d&#233;sormais prendre l'allure de la r&#233;gression sociale, de l'aust&#233;rit&#233;, du ch&#244;mage et de la pr&#233;carisation du travail. Et pendant ce temps, plus les salari&#233;&#183;e&#183;s cr&#233;ent de la richesse, plus cette nouvelle richesse est mal partag&#233;e. Elle se concentre entre les mains d'une infime minorit&#233; de personnes tr&#232;s privil&#233;gi&#233;es et tr&#232;s proches de l'&#233;lite au pouvoir. Ainsi dure et perdure la crise qui semble sans fin !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il n&#233;cessaire de pr&#233;ciser que, comme l'avait si bien vu Mosca, les dirigeant&#183;e&#183;s du monde des affaires sont capables plus que jamais d'influencer directement les membres de l'&#233;lite gouvernementale. C'est ce qui explique pourquoi nous sommes dans une p&#233;riode historique qui met &#224; mal nos gains de jadis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gaetano Mosca, &lt;i&gt;The Ruling class&lt;/i&gt;, New York, McGraw-Hill, 1939, cit&#233; par Colette Ysmal, &#171; &#201;lites et leaders &#187;, &lt;i&gt;Trait&#233; de science politique&lt;/i&gt;, Tome 3, Madeleine Grawitz et Jean Leca (dir.), Paris, PUF, 1985, p. 605-606.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : G&#233;rald McKenzie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le diagnostic... mais pas le rem&#232;de</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-diagnostic-mais-pas-le-remede</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-diagnostic-mais-pas-le-remede</guid>
		<dc:date>2014-09-13T18:53:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De plus en plus, chez les grands capitalistes, on reconna&#238;t avec une certaine justesse les importants probl&#232;mes contemporains. Le Forum &#233;conomique de Davos, par exemple, fait preuve depuis quelques ann&#233;es d'une certaine lucidit&#233; &#224; laquelle nous n'&#233;tions pas habitu&#233;&#183;e&#183;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis trois ans, les in&#233;galit&#233;s sont per&#231;ues comme l'un des plus importants facteurs de risque pour la stabilit&#233; sociale et pour la s&#233;curit&#233; de la plan&#232;te. Un coup d'&#339;il sur le programme des conf&#233;rences de cette ann&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Apres-crise-ou-crise-" rel="directory"&gt;Dossier : Apr&#232;s-crise ou crise permanente - O&#249; en sommes-nous ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Inegalites-et-pauvrete-+" rel="tag"&gt;In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De plus en plus, chez les grands capitalistes, on reconna&#238;t avec une certaine justesse les importants probl&#232;mes contemporains. Le Forum &#233;conomique de Davos, par exemple, fait preuve depuis quelques ann&#233;es d'une certaine lucidit&#233; &#224; laquelle nous n'&#233;tions pas habitu&#233;&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis trois ans, les in&#233;galit&#233;s sont per&#231;ues comme l'un des plus importants facteurs de risque pour la stabilit&#233; sociale et pour la s&#233;curit&#233; de la plan&#232;te. Un coup d'&#339;il sur le programme des conf&#233;rences de cette ann&#233;e permettait de constater qu'on s'inqui&#233;tait du r&#233;chauffement climatique, du mauvais &#233;tat des oc&#233;ans, du ch&#244;mage, surtout chez les jeunes, de l'endettement trop &#233;lev&#233; des &#233;tudiant&#183;e&#183;s aux &#201;tats-Unis, de l'obsession du profit chez les entrepreneurs, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De pareils constats porteraient &#224; croire que des solutions vigoureuses seraient envisag&#233;es pour combattre ces fl&#233;aux. Celles qui sont propos&#233;es laissent cependant pantois. On compte sur des innovations technologiques, dont certaines encore inexistantes, pour r&#233;gler une partie de ces probl&#232;mes. On propose plus de libre-&#233;change et moins de protectionnisme. Et surtout, on implore une croissance toujours sur le point de se montrer le bout du nez pour rel&#233;guer tous les probl&#232;mes dans l'ombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation de dissonance cognitive a plusieurs causes. Appliquer des solutions qui r&#233;soudraient radicalement les probl&#232;mes reviendrait &#224; retirer de nombreux privil&#232;ges aux dominants. Rien dans leur exp&#233;rience et dans leur formation intellectuelle ne leur permet d'envisager des changements hors du cadre strict et contraignant de leurs apprentissages. Les profits imm&#233;diats d'une bonne affaire conclue &#224; l'instant vaudront toujours mieux que des mesures prises &#224; long terme pour la bonne sant&#233; des peuples et de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant &#224; une &#233;lite obtuse et cupide, compos&#233;e de richissimes gens d'affaires et de politicien&#183;ne&#183;s &#224; leur service, que l'on a confi&#233; des pouvoirs qui d&#233;passent l'entendement. L'&#233;vidence des cataclysmes qui s'accumulent la force &#224; poser de meilleurs diagnostics. Que faudra-t-il donc pour que l'on applique enfin les bons rem&#232;des ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
