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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Les vents froids du printemps qu&#233;b&#233;cois</title>
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		<dc:date>2013-10-31T02:07:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe de Grosbois</dc:creator>


		<dc:subject>Mouvement &#233;tudiant</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>de Grosbois, Philippe </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;99%M&#233;dia, le collectif de vid&#233;astes &#224; l'origine du documentaire D&#233;rives, s'est form&#233; dans le contexte d'Occupons Montr&#233;al. Leur travail est b&#233;n&#233;vole, tr&#232;s politis&#233;, de grande qualit&#233; et librement disponible sur le web . Le 13 f&#233;vrier dernier, jour anniversaire du premier vote de gr&#232;ve &#233;tudiante de 2012, le groupe lan&#231;ait D&#233;rives, un documentaire de 73 minutes sur la r&#233;pression polici&#232;re lors du Printemps &#233;rable, sur son site Web. Quiconque a suivi ou particip&#233; aux mobilisations a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-49-avril-mai-2013-" rel="directory"&gt;No 049 - avril / mai 2013&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-de-Grosbois-Philippe-+" rel="tag"&gt;de Grosbois, Philippe &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1737.gif?1642092151' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;624&#034; height=&#034;400&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;99%M&#233;dia, le collectif de vid&#233;astes &#224; l'origine du documentaire &lt;i&gt;D&#233;rives&lt;/i&gt;, s'est form&#233; dans le contexte d'Occupons Montr&#233;al. Leur travail est b&#233;n&#233;vole, tr&#232;s politis&#233;, de grande qualit&#233; et librement disponible sur le web&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir .&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le 13 f&#233;vrier dernier, jour anniversaire du premier vote de gr&#232;ve &#233;tudiante de 2012, le groupe lan&#231;ait &lt;i&gt;D&#233;rives&lt;/i&gt;, un documentaire de 73 minutes sur la r&#233;pression polici&#232;re lors du Printemps &#233;rable, sur son site Web. Quiconque a suivi ou particip&#233; aux mobilisations a certainement eu l'occasion de voir des images de brutalit&#233; polici&#232;re sur Internet. Je suis du nombre, et pourtant &lt;i&gt;D&#233;rives&lt;/i&gt; m'a boulevers&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce sont d'abord et avant tout les actrices et acteurs du printemps qui prennent la parole dans le film. Celui-ci fait preuve d'une certaine audace en ne pla&#231;ant pas les &#233;tudiantes &#224; l'avant de la sc&#232;ne : ce sont principalement des &#171; Profs contre la hausse &#187;, des &#171; M&#232;res en col&#232;re et solidaires &#187; et une &#171; Infirmi&#232;re contre la hausse &#187; qui t&#233;moignent de leurs observations et offrent leurs analyses. Sans jamais tomber dans le paternalisme, le documentaire offre un portrait humaniste de la contestation et montre que c'est un mouvement citoyen qui a &#233;t&#233; sauvagement attaqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre d&#233;cision audacieuse est celle d'ouvrir le film avec l'analyse de Qu&#233;b&#233;coises d'origine tunisienne, &#233;gyptienne et syrienne. D'entr&#233;e de jeu, leurs propos nous d&#233;stabilisent : ceux-ci font &#233;tat des tr&#232;s bonnes relations qu'ils ont eues avec les services policiers lors de manifestations de solidarit&#233; internationale auxquelles ils ont particip&#233;. Par ailleurs, sur la question des manifestations &#233;tudiantes, leur discours change, et plusieurs tracent des similitudes avec le comportement policier dans leur pays d'origine. De cette mani&#232;re, l'&#233;quipe de 99%M&#233;dia &#233;vite deux pi&#232;ges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, celui de la condamnation en bloc de la police montr&#233;alaise et qu&#233;b&#233;coise. Selon cette approche quelque peu simpliste, les membres des corps policiers seraient, presque par nature, brutaux et cruels. Au contraire, on comprend que cette attitude d&#233;pend aussi des valeurs entretenues dans l'institution, du traitement m&#233;diatique de la cause d&#233;fendue par les manifestantes, voire d'une politisation de la force polici&#232;re devant un mouvement susceptible d'&#233;branler les &#233;lites de notre coin de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, celui par lequel on se refuse &#224; faire des liens entre la r&#233;pression telle qu'elle se vit dans les dictatures et celle que nous avons connue ici. Bien s&#251;r, il faut se garder de faire des amalgames trop rapides. Cependant, sous plusieurs aspects, les diff&#233;rences de r&#233;pression entre divers r&#233;gimes sont de degr&#233;s, non de nature&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un court-m&#233;trage r&#233;alis&#233; par Samer Beyhum, l'un des membres de 99%M&#233;dia, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Aucune soci&#233;t&#233; n'est &#224; l'abri d'un tel glissement autoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est l&#224; que le propos de D&#233;rives est le plus pertinent. Plus qu'un simple montage de clips diffus&#233;s sur YouTube, 99%M&#233;dia cherche &#224; replacer la r&#233;pression du Printemps &#233;rable dans le contexte plus large d'une d&#233;rive de l'ensemble de nos institutions publiques. Christian Nadeau, professeur de philosophie &#224; l'Universit&#233; de Montr&#233;al, va dans ce sens lorsqu'il relie brutalit&#233; polici&#232;re, brutalit&#233; juridique et brutalit&#233; m&#233;diatique. Si des policiers et des polici&#232;res ont pu faire preuve d'une telle sauvagerie, c'est d'abord parce que d'autres institutions les enjoignaient &#224; le faire : le gouvernement (par son discours belliqueux, son refus de condamner les abus policiers et par sa loi sp&#233;ciale), les juges (par les injonctions, dont certaines enjoignaient directement la police &#224; ouvrir l'acc&#232;s aux institutions d'enseignement en d&#233;pit des votes de gr&#232;ve) et les m&#233;dias (par la propagande et la voix de certains chroniqueurs au discours haineux et incitant &#224; la violence).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens des tout premiers jours apr&#232;s l'adoption du projet de loi 78, avant la venue des casseroles. Une chape de plomb venait de s'abattre sur le Qu&#233;bec. J'&#233;tais frapp&#233; de la rapidit&#233; avec laquelle une soci&#233;t&#233; peut voir la qualit&#233; de son d&#233;bat public se d&#233;t&#233;riorer et pourrir, et constern&#233; par la puissance de la haine et de la peur lorsqu'elles se d&#233;cha&#238;nent, sans plus rien pour les contenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, nous avons r&#233;sist&#233;, et sur ce plan, remport&#233; quelques victoires : un an plus tard, la loi 12 est abrog&#233;e, Jean Charest est d&#233;fait, et &#233;lever la voix ne demande plus autant d'air. Mais absolument rien ne nous pr&#233;munit contre les d&#233;rives pr&#233;sent&#233;es par 99%M&#233;dia. Les forces polici&#232;res et les cracheurs de fiel n'ont eu aucun compte &#224; rendre pour leurs gestes et leurs paroles. Il nous faut cette enqu&#234;&#173;te publique ind&#233;pendante sur les comportements policiers lors du Printemps &#233;rable. Et l'un des moyens de l'obtenir, c'est de faire conna&#238;tre &lt;i&gt;D&#233;ri&#173;ves&lt;/i&gt; &#224; notre entourage, et ce, peu importe la couleur du carr&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;http://www.99media.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.99media.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un court-m&#233;trage r&#233;alis&#233; par Samer Beyhum, l'un des membres de 99%M&#233;dia, aborde cette question de plus pr&#232;s. Voir La loi 78 et le printemps arabe, &lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=dBQVgc5oqjg&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.youtube.com/watch?v=dBQVgc5oqjg&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : artactqc.com&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Darwinisme social et sadisme &#233;conomique</title>
		<link>https://www.ababord.org/Darwinisme-social-et-sadisme</link>
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		<dc:date>2013-10-31T02:00:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yvan Perrier</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Perrier, Yvan </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 6 janvier 2013, une nouvelle r&#233;glementation est entr&#233;e en vigueur &#224; l'assurance-emploi. Indiscutablement, il s'agit d'une contre-r&#233;forme qui a et aura pour effet de d&#233;t&#233;riorer les conditions mat&#233;rielles d'existence d'un nombre important de ch&#244;meuses et de ch&#244;meurs vivant dans les provinces de l'Est. Quels sont les mots appropri&#233;s pour d&#233;crire la nouvelle r&#233;alit&#233; que nous ont concoct&#233;e les Harper, Finley et Flaherty ? La r&#233;ponse est sugg&#233;r&#233;e dans le sous-titre ici : &#171; darwinisme social &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-49-avril-mai-2013-" rel="directory"&gt;No 049 - avril / mai 2013&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-canadienne-+" rel="tag"&gt;Politique canadienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Perrier-Yvan-+" rel="tag"&gt;Perrier, Yvan &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1736.jpg?1642092151' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;800&#034; height=&#034;532&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 6 janvier 2013, une nouvelle r&#233;glementation est entr&#233;e en vigueur &#224; l'assurance-emploi. Indiscutablement, il s'agit d'une contre-r&#233;forme qui a et aura pour effet de d&#233;t&#233;riorer les conditions mat&#233;rielles d'existence d'un nombre important de ch&#244;meuses et de ch&#244;meurs vivant dans les provinces de l'Est. Quels sont les mots appropri&#233;s pour d&#233;crire la nouvelle r&#233;alit&#233; que nous ont concoct&#233;e les Harper, Finley et Flaherty ? La r&#233;ponse est sugg&#233;r&#233;e dans le sous-titre ici : &#171; darwinisme social &#187; et &#171; sadisme &#233;conomique &#187;. Essayons de le d&#233;montrer d'une mani&#232;re irr&#233;futable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La contre-r&#233;forme en cours&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour l'essentiel, le nouveau r&#233;gime entr&#233; en vigueur r&#233;cemment abroge les protections dont b&#233;n&#233;ficiaient les prestataires d'assurance-emploi en mati&#232;re de recherche d'emploi et remplace le syst&#232;me de tribunaux administratifs par des instances plus exp&#233;ditives et moins accessibles. La contre-r&#233;forme &#233;tablit une distinction entre les &#171; travailleurs de longue date &#187;, les &#171; prestataires fr&#233;quents &#187; et les &#171; prestataires occasionnels &#187;. Ce sont les &#171; prestataires fr&#233;quents &#187; (ou travailleurs saisonniers) qui sont cibl&#233;s. Il s'agit concr&#232;tement des personnes qui ont d&#233;pos&#233; au moins trois demandes d'assurance-emploi au cours des cinq derni&#232;res ann&#233;es et qui ont re&#231;u soixante semaines et plus de prestations. Le gouvernement consid&#232;re que ces prestataires co&#251;tent cher et qu'ils doivent accepter, d&#232;s la premi&#232;re semaine d'arr&#234;t de travail, une &#171; occupation semblable &#187; &#224; 80 % de leur salaire et &#224; compter de la septi&#232;me semaine, toute sorte d'emploi, &#224; une heure de leur r&#233;sidence, &#224; 70 % de leur salaire. S'ajoute &#233;galement une op&#233;ration punitive qui vise &#224; couper les prestations aux personnes qui refuseront des emplois &#171; sous-r&#233;mun&#233;r&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ces nouveaux r&#232;glements, le gouvernement f&#233;d&#233;ral entend r&#233;cup&#233;rer 400 millions de dollars par ann&#233;e de la caisse d'assurance-emploi. Pour atteindre cet objectif, il impose aux fonctionnaires de Service Canada un quota de coupes de prestations de l'ordre de 485 000 $ par ann&#233;e. Ces salari&#233;es de l'&#201;tat auront &#224; effectuer &#224; l'improviste, c'est-&#224;-dire sans mandat, des visites &#224; domicile pour v&#233;rifier l'&#233;tat des recherches d'emplois des prestataires. L'immunit&#233; du domicile est attaqu&#233;e de mani&#232;re frontale. Exit l'&lt;i&gt;habeas corpus&lt;/i&gt; pour les ch&#244;meuses et les ch&#244;meurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1996 &#224; 2009, le gouvernement f&#233;d&#233;ral a d&#233;tourn&#233; 57 milliards de dollars de la caisse d'assurance-emploi. Ce montant a servi &#224; r&#233;duire la dette f&#233;d&#233;rale. Ce d&#233;tournement de fonds s'est fait principalement sur le dos de personnes qui ont des revenus de travail annuel de moins de 42 000 $. Ces salari&#233;es, contrairement aux rentiers et autres sp&#233;culateurs non salari&#233;s, ont pay&#233; un imp&#244;t indirect suppl&#233;mentaire. Il s'agit ici d'une pratique proprement scandaleuse, voire une outrageante infamie, que les juges de la Cour supr&#234;me du Canada ont l&#226;chement refus&#233; de d&#233;clarer ill&#233;gale &#224; l'automne 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouvelles orientations du gouvernement conservateur en mati&#232;re d'assurance-emploi ont pour effet de mettre de la pression sur un plus grand nombre de sans-emploi. L'objectif consiste &#224; les retourner rapidement au travail. Ce n'est pas le plein-emploi qui est recherch&#233; ici, il s'agit plut&#244;t de cr&#233;er une &#171; soci&#233;t&#233; active &#187; avec des personnes au travail qui acceptent des activit&#233;s peu attractives, faiblement r&#233;mun&#233;r&#233;es et mal prot&#233;g&#233;es. Les ch&#244;meuses et les ch&#244;meurs doivent travailler co&#251;te que co&#251;te. Le fait de ne pas travailler constitue le mal social que le gouvernement Harper entend combattre. Les nouvelles mesures coercitives adopt&#233;es font en sorte que des personnes doivent maintenant accepter d'ex&#233;cuter des t&#226;ches qu'elles ne souhaitent pas accomplir si elles pouvaient s'y soustraire. Nous nous rapprochons de cette &#233;poque o&#249; le bas peuple devait se soumettre au travail forc&#233; sous de multiples formes. Il est difficile de ne pas voir l&#224;-dedans un programme qui a pour objectif de cr&#233;er un vaste bassin de cheap labour contraint au travail obligatoire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;* * *&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les changements en vigueur &#224; l'assurance-emploi nous font r&#233;gresser socialement et contribuent sans conteste &#224; l'effritement de la solidarit&#233; sociale. Ils correspondent &#224; du &#171; darwinisme social &#187; parce qu'on continue &#224; faire reposer sur les &#233;paules des gagne-petit une part importante du remboursement de la dette, alors que les rentiers et autres sp&#233;culateurs en sont exempt&#233;s. Cette contre-r&#233;forme se m&#233;rite &#224; nos yeux le qualificatif de &#171; sadisme &#233;conomique &#187; parce que le gouvernement Harper veut acculer des personnes vuln&#233;rables &#224; travailler dans des conditions pour lesquelles elles ne sont pas form&#233;es en &#233;change d'un revenu moindre. Au moment d'&#233;crire ces lignes, l'opposition s'organise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Rapide retour sur l'histoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'assurance-ch&#244;mage &#224; l'assurance-emploi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;clam&#233;e par diverses organisations syndicales d&#232;s le d&#233;but du XXe si&#232;cle, la Loi de l'assurance-ch&#244;mage sera adopt&#233;e quelques d&#233;cennies plus tard. Il faut comprendre que conform&#233;ment aux postulats de l'id&#233;ologie lib&#233;rale de l'&#233;poque, l'&#233;lite au pouvoir consid&#233;rait les ch&#244;meurs comme &#233;tant des personnes aptes au travail et, par cons&#233;quent, responsables de leur pauvret&#233;. L'agitation sociale qui se produisit, lors de la crise des ann&#233;es trente, a constitu&#233; un puissant facteur de persuasion aupr&#232;s de certains membres de la classe politique dirigeante. Plusieurs redoutaient la capacit&#233; de r&#233;volte des sans-travail. L'annonce de la mise en place d'un nouveau r&#233;gime assurantiel devait potentiellement calmer le jeu. La route menant &#224; l'adoption de ce r&#233;gime social &#233;tait cependant parsem&#233;e d'emb&#251;ches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* En 1935, le Parlement canadien ratifie diverses lois connues sous le nom de New deal de Bennett. Une de ces lois, la Loi sur le placement et les assurances sociales, pr&#233;voyait une aide financi&#232;re directe &#224; certaines cat&#233;gories de ch&#244;meurs. Sous pr&#233;texte qu'elle empi&#233;tait sur la juridiction des provinces, elle sera d&#233;clar&#233;e ultra vires par la Cour supr&#234;me du Canada et le Comit&#233; judiciaire du Conseil priv&#233; de Londres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* En 1937, le gouvernement de Mackenzie-King met sur pied la Commission royale d'enqu&#234;te sur les relations entre le Dominion et les provinces (la Commission Rowell-Sirois). Les membres de cette commission sont mandat&#233;s pour r&#233;examiner &#171; &lt;i&gt;les bases sur lesquelles repose le pacte conf&#233;d&#233;ratif du point de vue financier et &#233;conomique, ainsi que de l'attribution des pouvoirs l&#233;gislatifs&lt;/i&gt; &#187;. Dans leur rapport final, ils proposent que le gouvernement f&#233;d&#233;ral assume la responsabilit&#233; de l'assurance-ch&#244;mage. En juin 1940, les provinces acceptent, &#224; l'unanimit&#233;, une modification constitutionnelle qui accorde dor&#233;navant au gouvernement central la comp&#233;tence exclusive en mati&#232;re d'assurance-ch&#244;mage. En ao&#251;t 1940, la Loi sur l'assurance-ch&#244;mage est finalement adopt&#233;e. Le financement du r&#233;gime repose sur une contribution tripartite : les personnes salari&#233;es, les employeurs et l'&#201;tat. La loi est entr&#233;e en vigueur le 1er juillet 1941.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Elle fera par la suite l'objet de modifications tant&#244;t progressistes (1955 et 1971) et tant&#244;t carr&#233;ment r&#233;gressives (1975, 1979, 1993 et 1996). En 1990, le gouvernement f&#233;d&#233;ral d&#233;cide unilat&#233;ralement de se retirer du financement de la caisse d'assurance-ch&#244;mage. En 1997, le r&#233;gime d'assurance-ch&#244;mage est rebaptis&#233; assurance-emploi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Pr&#233;server nos services publics</title>
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		<dc:date>2013-10-31T01:55:22Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hubert Forcier</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Forcier, Hubert</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le discours sur la fragilit&#233; des finances publiques occupe un espace d&#233;terminant dans le d&#233;bat public. Il vise souvent la proportion qu'occupe le budget du minist&#232;re de la Sant&#233; et des Services sociaux (MSSS), s'inqui&#233;tant de l'augmentation qualifi&#233;e d'incontr&#244;lable des d&#233;penses de ce poste budg&#233;taire. Ce discours influence la population en faveur de la privatisation, en s'appuyant sur une phobie de la dette publique, sur l'angoisse fiscale des mieux nantis et sur l'affirmation que le priv&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-49-avril-mai-2013-" rel="directory"&gt;No 049 - avril / mai 2013&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Forcier-Hubert-+" rel="tag"&gt;Forcier, Hubert&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1735.jpg?1642092150' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;296&#034; height=&#034;270&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le discours sur la fragilit&#233; des finances publiques occupe un espace d&#233;terminant dans le d&#233;bat public. Il vise souvent la proportion qu'occupe le budget du minist&#232;re de la Sant&#233; et des Services sociaux (MSSS), s'inqui&#233;tant de l'augmentation qualifi&#233;e d'incontr&#244;lable des d&#233;penses de ce poste budg&#233;taire. Ce discours influence la population en faveur de la privatisation, en s'appuyant sur une phobie de la dette publique, sur l'angoisse fiscale des mieux nantis et sur l'affirmation que le priv&#233; sait faire mieux et moins cher que les services publics.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour la F&#233;d&#233;ration de la sant&#233; et des services sociaux (FSSS-CSN), il est n&#233;cessaire de s'attaquer &#224; ce discours en le prenant de front, ce qu'elle contribue &#224; faire avec sa lutte pour la valorisation, la promotion et la pr&#233;servation (VPP) des services publics. Il faut rallier la population derri&#232;re les services publics en d&#233;montrant les bienfaits &#233;conomiques et sociaux de ceux-ci pour notre soci&#233;t&#233;, tout en cherchant des alternatives fiscales pour que l'&#201;tat augmente ses revenus. Mais il faut aussi s'investir dans nos milieux de travail pour bloquer un &#224; un les projets de privatisation en &#233;laborant des alternatives publiques qui conservent les emplois tout en permettant d'offrir des services de meilleure qualit&#233; &#224; la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les donn&#233;es sont nombreuses pour d&#233;montrer les dangers que la privatisation repr&#233;sente pour notre soci&#233;t&#233;. En effet, nombre d'analyses expliquent le lien de cause &#224; effet qui existe entre privatisation et diminution de la qualit&#233; des services, augmentation des co&#251;ts et augmentation de la corruption&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eduardo Porter, &#171; Health Care and Profits, a Poor Mix &#187;, The New York Times, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce n'est donc pas tant les donn&#233;es qui manquent, mais bien les moyens pour nous en convaincre. &#192; ce compte, la lecture du r&#233;cent ouvrage d'Alain Vadeboncoeur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Priv&#233; de soins, Lux &#233;diteur, Montr&#233;al, 2012.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sur les impacts d&#233;sastreux du recours au priv&#233; en sant&#233;, est un exemple frappant de l'abondance des faits permettant de d&#233;fendre les services publics. La vision en faveur de la privatisation compte sur des moyens (politiques, &#233;conomiques, m&#233;diatiques) que nous ne poss&#233;dons pas. C'est pourquoi nous devons miser sur l'&#233;laboration d'un contre-discours et sur la formation politique pour rallier la population. Pour paraphraser Marcel Pepin, bien que nous ayons raison, nous devons tout faire pour avoir la force d'avoir raison, et sur ce terrain, seul le poids du nombre nous le permettra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le &#224; cette bataille des esprits, des actions concr&#232;tes sont entreprises par les syndicats affili&#233;s &#224; la FSSS-CSN. L'objectif est clair : opposer aux projets de privatisation une alternative publique comp&#233;titive tant sur le plan financier que sur le plan de la qualit&#233; des services. Et autant le dire tout de suite, lorsqu'on parvient &#224; obtenir toutes les donn&#233;es n&#233;cessaires pour proposer une alternative, on r&#233;ussit &#224; tout coup &#224; conserver nos services publics ! En effet, un projet public b&#233;n&#233;ficie de trois avantages comp&#233;titifs consid&#233;rables sur un projet de privatisation : l'absence de l'obligation de d&#233;gager une marge de profit, la disponibilit&#233; de l'expertise et de meilleures conditions de financement. Ces trois avantages b&#233;n&#233;ficient &#224; l'ensemble de la population, contrairement &#224; ceux de la privatisation, qui profitent surtout aux int&#233;r&#234;ts priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mirages de la sous-traitance&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De nombreux cas de privatisation dans le r&#233;seau concernent l'approvisionnement, l'entretien et la maintenance des installations. Pour l'employeur, il s'agit de se d&#233;barrasser de la gestion de services consid&#233;r&#233;s comme non essentiels, pour se concentrer sur le &#171; core business &#187;. Une telle vision r&#233;duit la port&#233;e des services publics dans notre soci&#233;t&#233;. Par exemple, on sait que la qualit&#233; de la nourriture a un impact direct sur le temps que les patientes et patients passent &#224; l'h&#244;pital&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; ce sujet, voir entre autres BAPEN, &#171; Hospital Food as Treatment &#187;, 21 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Conserver la cuisine au public, c'est donc aussi garder le contr&#244;le sur la qualit&#233; de la nourriture que l'on sert aux patientes et ainsi diminuer les d&#233;penses de l'&#233;tablissement. On peut aussi penser &#224; l'entretien des &#233;tablissements publics. &#192; l'aide des donn&#233;es compil&#233;es par le syndicat des employ&#233;es du CHUM, on a su d&#233;montrer que le recours &#224; de la main-d'&#339;uvre priv&#233;e co&#251;te plus du double pour les &#233;tablissements. Par exemple, un menuisier en sous-traitance co&#251;te 98,8 % plus cher qu'un menuisier au service du r&#233;seau. En faisant le calcul seulement pour cinq corps de m&#233;tier et une p&#233;riode de deux ans, on apprend que le suppl&#233;ment d&#233;bours&#233; par le CHUM pour ne pas avoir fait effectuer les travaux par ses propres employ&#233;es se chiffre &#224; plus de 1,8 million de dollars. Ainsi, lorsque l'on sait que le fait de passer au priv&#233; occasionne la plupart du temps une augmentation des co&#251;ts &#8211; les co&#251;ts administratifs en tous les cas &#8211;, ce qui appara&#238;t &#224; court terme pour l'employeur comme une &#233;conomie repr&#233;sente en r&#233;alit&#233; des augmentations de co&#251;t que nous finan&#231;ons par nos imp&#244;ts, pour les allouer au priv&#233; par la suite !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la FSSS-CSN, ce qui appara&#238;t le plus urgent dans le r&#233;seau de la sant&#233; et des services sociaux, c'est de pr&#233;server les services publics et ainsi le bien commun. C'est la meilleure fa&#231;on de maintenir des emplois de qualit&#233; et, par voie de cons&#233;quence, de travailler &#224; diminuer les in&#233;galit&#233;s sociales, tout en offrant des services de qualit&#233; &#224; la population. Les alternatives publiques que nous avons &#233;labor&#233;es ont aussi permis aux travailleuses et travailleurs d'exercer un plus grand contr&#244;le sur leur milieu de travail. En s'impliquant pour pr&#233;server les services publics, ils et elles prennent conscience de leur expertise et de leur importance dans les services qui sont donn&#233;s &#224; la population. En somme, faire reculer la privatisation demande que l'on prenne notre place. Si nous ne le faisons pas, nous ne devons pas compter sur d'autres pour le faire pour nous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Eduardo Porter, &#171; Health Care and Profits, a Poor Mix &#187;, The New York Times, 8 janvier 2013 ; Christian Rioux, &#171; Quand l'&#201;tat providence p&#233;riclite, les organisations criminelles prolif&#232;rent &#187;, &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, 19 janvier 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Priv&#233; de soins&lt;/i&gt;, Lux &#233;diteur, Montr&#233;al, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; ce sujet, voir entre autres BAPEN, &#171; Hospital Food as Treatment &#187;, 21 d&#233;cembre 2012. Disponible en ligne &#224; &lt;a href=&#034;http://www.bapen.org.uk/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.bapen.org.uk/&lt;/a&gt; ; et J.S.A Edwards et H.J. Hartwell, &#171; Hospital Food Service : a comparative analysis of systems and introducing the &#171; Steamplicity &#187; concept &#187;, 2006. Disponible en ligne &#224; &lt;a href=&#034;http://eprints.bournemouth.ac.uk/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://eprints.bournemouth.ac.uk/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'exploitation des travailleuses et travailleurs temporaires</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-exploitation-du-travail</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;a Fontaine</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Fontaine, L&#233;a</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le n&#233;olib&#233;ralisme a de lourdes cons&#233;quences sur le march&#233; du travail, notamment parce qu'il pr&#244;ne la flexibilit&#233; du travail et de la main-d'&#339;uvre. Le recours au travail temporaire via les agences de placement de personnel constitue un exemple embl&#233;matique de cette tendance. Les travailleuses et travailleurs temporaires sont exploit&#233;s en m&#234;me temps que le &#171; pr&#233;cariat &#187; se d&#233;veloppe de plus en plus. Le l&#233;gislateur, jusqu'&#224; aujourd'hui, fait fi des d&#233;nonciations de ce mode d'emploi alors que la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-49-avril-mai-2013-" rel="directory"&gt;No 049 - avril / mai 2013&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fontaine-Lea-+" rel="tag"&gt;Fontaine, L&#233;a&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1734.jpg?1642092150' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;500&#034; height=&#034;316&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le n&#233;olib&#233;ralisme a de lourdes cons&#233;quences sur le march&#233; du travail, notamment parce qu'il pr&#244;ne la flexibilit&#233; du travail et de la main-d'&#339;uvre. Le recours au travail temporaire via les agences de placement de personnel constitue un exemple embl&#233;matique de cette tendance. Les travailleuses et travailleurs temporaires sont exploit&#233;s en m&#234;me temps que le &#171; pr&#233;cariat &#187; se d&#233;veloppe de plus en plus. Le l&#233;gislateur, jusqu'&#224; aujourd'hui, fait fi des d&#233;nonciations de ce mode d'emploi alors que la r&#233;gulation du travail temporaire n'aurait rien de bien compliqu&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'exacerbation de la concurrence, l'influence des nouvelles technologies, la croissance des logiques financi&#232;res, entre autres, ont provoqu&#233; de profondes transformations du travail salari&#233;, qui ont introduit une plus grande flexibilit&#233; ainsi qu'une pr&#233;carisation et une mobilit&#233; accrues de la main-d'&#339;uvre. Ces transformations sont li&#233;es au capitalisme n&#233;olib&#233;ral, qui offre une place de premier ordre au march&#233; &#233;conomique et a conduit &#224; l'&#233;mergence du travail atypique : &#233;mergence d'emplois pr&#233;caris&#233;s et disparition des liens d'emploi au profit d'autres relations contractuelles, dont le placement de main-d'&#339;uvre par des agences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, il est possible d'externaliser la force de travail, c'est-&#224;-dire de continuer &#224; b&#233;n&#233;ficier d'une main-d'&#339;uvre qualifi&#233;e, sur demande, sans &#234;tre contraint par la totalit&#233; des lois du travail. Le recours &#224; l'interm&#233;diation et, plus particuli&#232;rement, au travail temporaire s'inscrit dans cette logique n&#233;olib&#233;rale, qui nie l'intensit&#233; du rapport de force opposant employeur et salari&#233;es. Si le droit du travail r&#233;ussit, en partie, &#224; prot&#233;ger les travailleurs et les travailleuses, force est de constater que, globalement, il op&#232;re depuis plusieurs d&#233;cennies une r&#233;gression sociale certaine prenant la forme de la fragilisation et de la flexibilisation de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les agences de placement de personnel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'exemple du travail temporaire &#8211; entendu ici comme le travail assur&#233; par des travailleurs et travailleuses temporaires (TT) par le biais des agences de placement de personnel (APP) &#8211; est embl&#233;matique. Jusqu'&#224; aujourd'hui, le l&#233;gislateur ne s'est jamais r&#233;ellement pr&#233;occup&#233; de ce type de relations d'emploi tr&#232;s particulier, les quelques rapports et m&#233;moires sur le sujet ayant &#233;t&#233; tablett&#233;s. Les seules lois applicables sont celles qui pr&#233;voient les minima sociaux. En d'autres mots, aucune loi sp&#233;cifique n'encadre le recours aux APP, qui impose une relation triangulaire entre l'agence, l'entreprise utilisatrice et le travailleur temporaire. Cette relation laisse bien souvent le TT dans le doute sur le fait de savoir qui de l'agence ou de l'entreprise utilisatrice est son v&#233;ritable employeur. Il existe plus de 120 APP sur le territoire qu&#233;b&#233;cois qui tendent &#224; s'imposer &#8211; sans difficult&#233;s &#8211; sur le march&#233; du travail et qui s&#233;duisent de plus en plus les employeurs soucieux de n'assumer aucune responsabilit&#233; salariale. Et pour cause : les APP fournissent une main-d'&#339;uvre qualifi&#233;e r&#233;pondant aux besoins pr&#233;cis de l'entreprise utilisatrice ainsi que des services allant de la fourniture temporaire de force de travail &#224; la gestion des ressources humaines. La main-d'&#339;uvre est consid&#233;r&#233;e comme une simple fourniture et trait&#233;e comme telle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;gulation de cette forme d'emploi est absolument indispensable afin d'endiguer toutes les pratiques douteuses. Par exemple, les APP cr&#233;ent des sous-APP afin de ne pas payer les heures suppl&#233;mentaires au taux de salaire major&#233;. En pratique, elles r&#233;mun&#232;rent les travailleuses et travailleurs temporaires au taux simple, et font payer les heures suppl&#233;mentaires par une sous-APP &#233;galement au taux simple alors que les TT auraient droit au paiement au tarif major&#233; par l'APP principale. Autre exemple, les &#171; &lt;i&gt;fly by night&lt;/i&gt; &#187; sont des agences de placement de personnel qui disparaissent aussi vite qu'elles ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es, abandonnant les TT &#224; leur triste sort, sans salaire et avantages sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;gulation du travail temporaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, il faut imposer un enregistrement obligatoire des APP afin qu'elles soient retra&#231;ables, ainsi que la fourniture obligatoire d'une garantie de solvabilit&#233;. Deuxi&#232;mement, il est indispensable de limiter le cas de recours aux TT ; ceux-ci ne sont pas cens&#233;s combler un poste au sein de l'entreprise utilisatrice de mani&#232;re permanente. Troisi&#232;mement, il convient d'interdire le recours aux TT pour l'ex&#233;cution de travaux dangereux pour leur sant&#233; et leur s&#233;curit&#233; ; nombreux sont victimes d'accidents du travail et de maladies professionnelles. En effet, dans les faits, les TT sont tr&#232;s souvent recrut&#233;s pour effectuer ce genre de travaux, alors qu'ils et elles ne connaissent pas n&#233;cessairement les r&#232;gles de s&#233;curit&#233; propres &#224; telle ou telle industrie, en raison du caract&#232;re temporaire de leur passage dans l'entreprise utilisatrice (EU). Quatri&#232;mement, les TT et les salari&#233;es de l'EU doivent &#234;tre trait&#233;s de mani&#232;re &#233;gale. Cinqui&#232;mement, l'embauche d'un travailleur temporaire par l'entreprise utilisatrice elle-m&#234;me doit &#234;tre autoris&#233;e, voire encourag&#233;e ; &#224; l'heure actuelle, le contrat conclu entre une EU et l'APP contient la plupart du temps une clause interdisant le recrutement par l'EU, sous peine de devoir verser &#224; l'APP une indemnit&#233; au montant fort dissuasif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les id&#233;es ne manquent pas, seule fait d&#233;faut la volont&#233; politique de s'attaquer &#224; ces agences, qui jouent un r&#244;le de plus en plus important au sein du march&#233; &#233;conomique qu&#233;b&#233;cois. Pour s'en convaincre, il suffit par exemple de constater les &#233;normes efforts de la FIQ pour d&#233;noncer le recours au personnel d'agence pour combler des postes au sein des &#233;quipes soignantes, et par l&#224; m&#234;me, la privatisation du r&#233;seau de la sant&#233;. La plupart des syndicats, au premier rang desquels figure la CSN, condamnent &#233;galement le recours syst&#233;matique aux TT. Le gouvernement ne bouge pas&#8230; Toutefois, soulignons que la ministre du Travail, madame Maltais, a annonc&#233; le d&#233;p&#244;t d'un projet de loi sur le sujet au cours des mois prochains. Esp&#233;rons qu'il s'attaquera de front aux probl&#232;mes engendr&#233;s par le recours non justifi&#233; aux travailleuses et travailleurs temporaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Renouer avec le syndicalisme de combat</title>
		<link>https://www.ababord.org/Renouer-avec-le-syndicalisme-de</link>
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		<dc:date>2013-10-31T01:42:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Boudreau, Ren&#233; Charest</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement &#233;tudiant</dc:subject>
		<dc:subject>Boudreau, Philippe </dc:subject>
		<dc:subject>Charest, Ren&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s le Printemps &#233;rable, qui a r&#233;v&#233;l&#233; la possibilit&#233; de faire des gains importants en s'appuyant d'abord et avant tout sur le rapport de force, la mobilisation et la solidarit&#233;, nous pouvons demander aux directions syndicales si elles ont l'intention d'embo&#238;ter le pas dans cette perspective de lutte concr&#232;te et stimulante. D&#233;j&#224; nous avons entendu certains leaders syndicaux se r&#233;f&#233;rer &#224; la mobilisation &#233;tudiante pour interpeller leurs propres membres. Mais s'agit-il l&#224; d'une simple (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Charest-Rene-+" rel="tag"&gt;Charest, Ren&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1733.gif?1642092150' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;676&#034; height=&#034;507&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s le Printemps &#233;rable, qui a r&#233;v&#233;l&#233; la possibilit&#233; de faire des gains importants en s'appuyant d'abord et avant tout sur le rapport de force, la mobilisation et la solidarit&#233;, nous pouvons demander aux directions syndicales si elles ont l'intention d'embo&#238;ter le pas dans cette perspective de lutte concr&#232;te et stimulante. D&#233;j&#224; nous avons entendu certains leaders syndicaux se r&#233;f&#233;rer &#224; la mobilisation &#233;tudiante pour interpeller leurs propres membres. Mais s'agit-il l&#224; d'une simple rh&#233;torique ? La n&#233;gociation de 2015 mesurera la capacit&#233; du mouvement syndical de se renouveler, voire de d&#233;velopper des pratiques diff&#233;rentes afin de faire des gains notables et imm&#233;diats.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il nous appara&#238;t primordial d'amorcer d&#232;s cette ann&#233;e la r&#233;flexion autour de cette prochaine ronde de n&#233;gos. Apr&#232;s l'abandon de la n&#233;gociation en 2002 au profit de l'&#233;quit&#233; salariale, le d&#233;cret amer de 2005 et la capitulation syndicale de 2010, il serait appropri&#233; selon nous de commencer &#224; d&#233;battre d'enjeux politiques et strat&#233;giques. Loin de nous l'id&#233;e de nous soustraire aux d&#233;lib&#233;rations syndicales, mais pourquoi ne pas lancer parall&#232;lement certaines pistes et questions aux acteurs et actrices du mouvement ainsi qu'&#224; l'ensemble de la gauche qu&#233;b&#233;coise, &#224; l'approche de la n&#233;gociation de 2015 ? Nous avons identifi&#233; cinq enjeux autour desquels des changements doivent s'op&#233;rer, pensons-nous, afin de voir une mobilisation syndicale et populaire qui pourrait mieux servir les droits des travailleurs et travailleuses du secteur public.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1. Le vrai pouvoir loge &#224; la base et non au niveau de l'appareil&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est une des grandes le&#231;ons du Printemps qu&#233;b&#233;cois : la puissance d'un mouvement social contr&#244;l&#233; par sa base plut&#244;t que par les leaders et leur entourage. Cette v&#233;rit&#233;, il faut en quelque sorte la r&#233;apprendre dans le syndicalisme du secteur public. Celui-ci en est venu, au fil des d&#233;cennies, &#224; s'en remettre largement &#224; l'appareil, pour une quantit&#233; effarante de t&#226;ches, de d&#233;fis et de choix auxquels doivent faire face les syndiqu&#233;es et leurs organisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'on ne veuille pas toujours l'admettre ouvertement, cet appareil syndical hypertrophi&#233; contr&#244;le la n&#233;gociation en lieu et place des membres. S'il est l&#233;gitime pour un syndicat de s'adjoindre des personnes ayant une expertise pr&#233;cieuse, il n'en demeure pas moins qu'aujourd'hui, ce sont ces sp&#233;cialistes qui d&#233;finissent le cadre strat&#233;gique de la n&#233;gociation et disposent par le fait m&#234;me du mode de d&#233;cision sur les tactiques utilis&#233;es. L'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale n'a besoin de se r&#233;unir qu'au d&#233;but (validation des demandes identifi&#233;es par l'appareil) et &#224; la fin du processus (ratification de l'entente de principe). La mobilisation des membres sera requise seulement &#224; certains moments-cl&#233;s d&#233;cid&#233;s par l'appareil, qui d&#233;valorise progressivement le recours &#224; la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si un tel mod&#232;le organisationnel a pu, en de rares occasions, permettre de sauver les meubles, il n'en reste pas moins qu'&#224; long terme, ses effets sont d&#233;l&#233;t&#232;res. D'une part, les n&#233;gos du secteur public donnent des r&#233;sultats de moins en moins probants. D'autre part, le pouvoir des membres s'atrophie et c'est tout le mouvement qui s'affaiblit. Plus que jamais, il est temps de redonner aux assembl&#233;es locales &#8211; et aux comit&#233;s issus de celles-ci &#8211; le pouvoir de d&#233;finir, &#224; l'abri de toute influence de l'appareil syndical, le sens profond des luttes &#224; initier et la mani&#232;re de les mener.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2. Des alliances larges sont n&#233;cessaires &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; chaque ronde de n&#233;gociation, l'isolement dans lequel se retrouvent les syndicats du secteur public est saisissant. Bien s&#251;r, plusieurs facteurs peuvent l'expliquer : le r&#244;le des m&#233;dias, le climat soci&#233;tal g&#233;n&#233;ral, la puissance du patronat et de ses alli&#233;s, le triomphe de la droite &#224; l'&#232;re du n&#233;olib&#233;ralisme, etc. Tout cela est vrai. Mais la f&#226;cheuse position dans laquelle se retrouve chaque fois le syndicalisme du secteur public rel&#232;ve peut-&#234;tre aussi de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de se pr&#233;senter aux tables de n&#233;gociations, n'y a-t-il pas lieu de construire des alliances approfondies avec d'autres mouvements sociaux ? N'y a-t-il pas lieu de tenter de cr&#233;er un vaste mouvement social autour d'une vision partag&#233;e de ce que doit &#234;tre l'intervention de l'&#201;tat dans une optique de justice sociale ? N'y a-t-il pas lieu de s'inspirer du mouvement &#233;tudiant, qui est parvenu &#224; associer diff&#233;rentes cat&#233;gories sociales &#224; son combat, en montrant que celui-ci relevait non pas du corporatisme, mais d'une proposition de ce que pourrait &#234;tre une soci&#233;t&#233; juste et d&#233;mocratique ? Ainsi, le mouvement des carr&#233;s rouges a su placer au c&#339;ur de sa lutte une vision du bien commun et c'est ce que n'arrivent plus &#224; faire les organisations syndicales lorsque vient le temps de n&#233;gocier avec l'&#201;tat-patron.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3. Les revendications doivent concerner la soci&#233;t&#233; dans son ensemble&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un peu &#224; l'image du Printemps qu&#233;b&#233;cois, les n&#233;gos devraient marquer un temps d'arr&#234;t &#224; l'&#233;chelle nationale afin de r&#233;fl&#233;chir au type de soci&#233;t&#233; dans lequel nous voulons vivre et, plus sp&#233;cifiquement, &#224; des principes cruciaux telles l'universalit&#233;, l'accessibilit&#233;, la gratuit&#233; et la gestion collective des services &#224; la population. En somme, les n&#233;gos devraient &#234;tre un moment privil&#233;gi&#233; pour articuler et diffuser une vision du r&#244;le g&#233;n&#233;ral de l'&#201;tat, des valeurs communes et de l'avenir de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il prenait aux centrales l'envie de jeter les bases d'un syndicalisme de mouvement social dans le cadre des n&#233;gociations de 2015, voici quelles pourraient en &#234;tre les revendications principales :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8218; abolition de la taxe sant&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8218; gel des tarifs d'hydro&#233;lectricit&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8218; gel des tarifs des services de garde (7 $ / jour) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8218; gel des droits de scolarit&#233; dans une perspective de gratuit&#233; scolaire ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8218; r&#233;duction substantielle du nombre d'&#233;l&#232;ves par classe au primaire ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8218; en sant&#233;/services sociaux, int&#233;gration des salari&#233;es de l'&#233;conomie sociale au secteur public qu&#233;b&#233;cois ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8218; augmentation substantielle du pouvoir d'achat de tous les salari&#233;es du secteur public qu&#233;b&#233;cois ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8218; adoption par l'&#201;tat des mesures de justice fiscale n&#233;cessaires &#224; la r&#233;alisation des sept premiers points (hausse des imp&#244;ts des entreprises, suppression d'abris fiscaux, redevances sur les ressources, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; d&#233;faut de mettre de l'avant des perspectives similaires, le risque est grand que ces n&#233;gociations soient r&#233;duites &#224; un exercice routinier et strictement corporatiste. Ainsi ramen&#233;es &#224; une vulgaire corv&#233;e affairiste, elles n'inspireraient plus grand monde &#224; la base et fatalement, sans conviction, les membres s'en remettraient aux apparatchiks syndicaux, peut-&#234;tre m&#234;me en se disant qu'apr&#232;s tout, ils sont pay&#233;s pour &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4. Sans rapport de force, il n'y a pas de gains possibles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;politisation des n&#233;gociations du secteur public, observable depuis 25 ans, a son pendant dans la mobilisation. La portion plus corporatiste de l'appa&#173;reil r&#233;ussit &#224; imposer le r&#233;flexe voulant que ce soit aux tables que tout se joue. Celle-ci met de l'avant que les n&#233;gociations sont du &#171; donnant donnant &#187; : on c&#232;de certains acquis actuellement inscrits dans la convention (ou relevant du&lt;i&gt; statu quo&lt;/i&gt;) en &#233;change d'am&#233;liorations conc&#233;d&#233;es par la partie patronale. Le moment venu, devant les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, on pr&#233;sente ces concessions comme des gains arrach&#233;s de peine et de mis&#232;re &#224; l'employeur. Fort d'une telle gymnastique, on en arrive presque &#224; faire croire, chemin faisant, que lesdites n&#233;gociations ont &#233;t&#233; victorieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'appareil syndical, on affirme souvent que les membres n'ont pas envie de se battre ou qu'ils ne veulent plus faire la gr&#232;ve. Lorsque c'est avec un tel discours que s'inaugure la ronde de n&#233;gociations, comment croire que les membres puissent avoir le go&#251;t de mettre autre chose de l'avant ? Comment la base pourrait-elle renoncer &#224; ce qu'on lui offre sur un plateau d'argent : le confort d'une n&#233;gociation peinarde et discr&#232;te, sans la moindre perc&#233;e certes, mais aussi sans efforts ni turbulences ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;5. Travailler en front commun, de la base jusqu'au sommet&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'aspect peut-&#234;tre le plus d&#233;plorable de la d&#233;politisation syndicale est l'esprit d'&#233;mulation qui existe entre les centrales. Il ne faut pas h&#233;siter &#224; parler d'un sectarisme syndical qui ne repose pas tant sur des valeurs diff&#233;rentes que sur l'adh&#233;sion tribale &#224; une organisation. Lorsque vient le temps d'entreprendre les n&#233;gociations du secteur public, ce ph&#233;nom&#232;ne de comp&#233;tition appara&#238;t avec plus de vigueur. On peut se demander si le front commun de 2010 en &#233;tait vraiment un ou s'il existait seulement en fa&#231;ade. Pourtant, une des le&#231;ons les plus remarquables de la gr&#232;ve &#233;tudiante de 2012 aura &#233;t&#233; justement la capacit&#233; de g&#233;n&#233;rer une v&#233;ritable unit&#233; entre les organisations &#233;tudiantes, ce qui a &#233;t&#233; garant de leur victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#234;tre effectif, un front commun ne peut pas r&#233;unir uniquement des chefs syndicaux nationaux. Il doit impliquer chacun des syndicats locaux susceptibles de participer &#224; la lutte. L'Association pour une solidarit&#233; syndicale &#233;tudiante (ASS&#201;) a initi&#233; en ce sens un &lt;i&gt;pattern&lt;/i&gt; inspirant, &#171; l'entente minimale &#187;. Ce pacte liait 88 associations locales et comit&#233;s de mobilisation de partout au Qu&#233;bec ; il visait &#224; s'assurer que les organisations &#233;tudiantes nationales &#233;vitent les d&#233;chirements constat&#233;s lors de la gr&#232;ve de 2005. Cette entente a &#233;t&#233; ratifi&#233;e dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales locales et a jou&#233; un r&#244;le essentiel dans la solidit&#233; et l'effectivit&#233; du front commun &#233;tudiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les carr&#233;s rouges nous ont montr&#233; que lorsqu'on se crache dans les mains et qu'on monte au front, t&#244;t ou tard, on finit par en r&#233;colter les dividendes. Le combat peut &#234;tre rude, l'adversaire peut &#234;tre impitoyable ou m&#234;me vicieux, mais la lutte finit par payer. C'est ce qu'il faut r&#233;apprendre dans le secteur public : avoir confiance en soi, savoir prendre des risques et oser entamer un bras de fer, comme l'ont fait les &#233;tudiants et les &#233;tudiantes. En d&#233;finitive, pour qu'une victoire soit envisageable, il faut d'abord y croire soi-m&#234;me. Les leaders syndicaux seront-ils contamin&#233;s par le mouvement des carr&#233;s rouges ? Il appartient &#224; toute la gauche, incluant la base syndicale, de les y aider.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La vie en rose ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-vie-en-rose</link>
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		<dc:date>2013-10-31T01:35:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Doyon, Tommy Guignard</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Diversit&#233; sexuelle et de genre</dc:subject>
		<dc:subject>Doyon, Fran&#231;ois</dc:subject>
		<dc:subject>Guignard, Tommy</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans un club gai comme le Unity, on peut se retrouver tous les vendredis et samedis entour&#233; de beaux jeunes hommes qui s'amusent durant des heures et des heures dans une ambiance des plus festives. On peut se demander pourquoi le taux de suicide est si &#233;lev&#233; chez les jeunes homosexuels alors qu'ils semblent tellement s'amuser &#224; passer des nuits qui font sans doute l'envie de leurs cong&#233;n&#232;res h&#233;t&#233;rosexuels. Pour les gais, cette vie de plaisir n'est possible que dans un ghetto. Ou, pour &#234;tre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Doyon-Francois-+" rel="tag"&gt;Doyon, Fran&#231;ois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Guignard-Tommy-+" rel="tag"&gt;Guignard, Tommy&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1732.gif?1642092150' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;488&#034; height=&#034;567&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans un club gai comme le Unity, on peut se retrouver tous les vendredis et samedis entour&#233; de beaux jeunes hommes qui s'amusent durant des heures et des heures dans une ambiance des plus festives. On peut se demander pourquoi le taux de suicide est si &#233;lev&#233; chez les jeunes homosexuels alors qu'ils semblent tellement s'amuser &#224; passer des nuits qui font sans doute l'envie de leurs cong&#233;n&#232;res h&#233;t&#233;rosexuels. Pour les gais, cette vie de plaisir n'est possible que dans un ghetto. Ou, pour &#234;tre plus pr&#233;cis, une enclave o&#249; l'on exploite l'argent rose. Comment un quartier comme le Village gai de Montr&#233;al est-il devenu un espace o&#249; l'on exploite la discrimination ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le concept d'&#171; argent rose &#187; d&#233;signe l'exploitation de l'immense pouvoir d'achat des homo&#173;sexuelLEs. D'apr&#232;s une &#233;tude de la Chambre de commerce gaie du Qu&#233;bec et de L&#233;ger marketing r&#233;alis&#233;e en 2010, le pouvoir d'achat des homosexuelles du Qu&#233;bec repr&#233;sente 13 milliards de dollars par ann&#233;e, ce qui donne un poids &#233;conomique consid&#233;rable &#224; la communaut&#233; gaie du Qu&#233;bec. Elle comprend environ 450 000 consommateurs et consommatrices adultes. Si on ajoute &#224; cela le fait que les personnes LGBT au Qu&#233;bec disposent d'un pouvoir d'achat de 20 % sup&#233;rieur &#224; celui du Qu&#233;b&#233;cois moyen, on voit que l'industrie de l'argent rose est florissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Village gai de Montr&#233;al est d'ailleurs plus un lieu de consommation qu'un lieu de r&#233;sidence. Les &#233;tablissements offrant des services destin&#233;s sp&#233;cifiquement &#224; une client&#232;le homosexuelle y font de bonnes affaires. La demande de ces services est principalement engendr&#233;e par la perception qu'ont les gais d'une discrimination homophobe de la part des entreprises traditionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les quartiers gais, un produit du capitalisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Peut-on dire que le Village gai de Montr&#233;al a succomb&#233; &#224; la logique marchande qui domine partout ? Selon nous, puisque l'identit&#233; homosexuelle est elle-m&#234;me un produit du capitalisme, le Village est en soi un ph&#233;nom&#232;ne commercial, et son &#233;tat actuel n'est que le d&#233;ploiement de sa logique interne. Pour comprendre cela, il faut porter attention &#224; certaines cons&#233;quences sociales du passage d'une &#233;conomie agricole &#224; une &#233;conomie industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au milieu du XIXe si&#232;cle, la famille traditionnelle &#233;tait une unit&#233; de production. Le p&#232;re et ses fils cultivaient la terre pendant que la m&#232;re pr&#233;pa&#173;rait le pain et confectionnait les v&#234;tements. Les r&#244;les sexuels &#233;taient assez strictement d&#233;finis. Le travail salari&#233; qui est apparu avec le d&#233;veloppement du capitalisme industriel a graduellement mis un terme, &#224; partir de la seconde moiti&#233; du XIXe si&#232;cle, au r&#244;le d'unit&#233; de production &#233;conomique de la famille. Le travail salari&#233; en manufacture permet &#224; une personne de s'acheter du pain et des v&#234;te&#173;ments d&#233;j&#224; tout fait. Le capitalisme rend ainsi possible la vie d'une personne en dehors d'une cellule familiale traditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut donc penser que l'identit&#233; homosexuelle est apparue avec le capitalisme. Il y avait bien &#233;videmment des comportements homosexuels avant l'&#232;re industrielle, mais il n'existait pas d'identit&#233; homosexuelle en tant que telle. On n'aurait pas pu d&#233;crire en quoi consiste le mode de vie homosexuel &#224; l'&#233;poque, tandis que les sociologues parlent aujourd'hui de la culture gaie. En effet, la possibilit&#233; d'une identit&#233; homosexuelle d&#233;pend de la possibilit&#233; &#233;conomique de vivre &#224; l'ext&#233;rieur de la famille h&#233;t&#233;rosexuelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L&#224;-dessus, voir John D'Emilio, &#171; Capitalism and Gay Identity &#187; in Ann Snitow (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La possibilit&#233; de vivre en dehors d'une famille traditionnelle n'existait pas avant l'av&#232;nement du capitalisme industriel, sauf pour ceux qui se consacraient &#224; une vie religieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Village gai de Montr&#233;al est donc un produit du capitalisme. Mais ce n'est pas seulement un produit du capitalisme, c'est aussi un produit de l'homophobie. Le Village existe parce que la soci&#233;t&#233; est encore suffisamment homophobe pour que des homosexuelLEs sentent le besoin de fr&#233;quenter des endroits o&#249; ils se sentent clairement les bienvenus tels qu'ils sont.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La marchandisation de l'homophobie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui font des affaires dans le Village tentent &#233;videmment de profiter au maximum de l'argent rose. Les propri&#233;taires des bars sont souvent des h&#233;t&#233;rosexuels nullement impliqu&#233;s dans la lutte contre l'homophobie, ils ne sont l&#224; que pour profiter de l'argent rose. Les propri&#233;taires de commerce demandent d'ailleurs &#224; la Ville de chasser les itin&#233;rants, qui pourraient nuire &#224; leur n&#233;goce. L'&#339;uvre d'art install&#233;e sur le terrain en face du Caba&#173;ret &#224; Mado est une publicit&#233; pour la Banque Nationale. L'&#233;t&#233; dernier, le drapeau arc-en-ciel servait de toile de fond &#224; une publicit&#233; de Viagra qu'on pouvait voir &#224; tous les coins de rue du Village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propri&#233;taires des &#233;tablissements fr&#233;quent&#233;s par les adeptes de la vie nocturne utilisent la sexualit&#233; comme moyen de s'enrichir avec l'argent rose. En effet, les activit&#233;s commerciales sont ax&#233;es en grande partie sur ce style de vie ainsi que sur les rela&#173;tions sexuelles. Sur la carte de la Soci&#233;t&#233; de d&#233;ve&#173;loppement commercial du Village, on d&#233;&#173;&#173;nombre pas moins de quinze bars ou clubs, quatre bars d'effeuilleurs, trois saunas, quatre boutiques &#233;rotiques et deux clubs de pleine nuit (after-hours)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le terme fran&#231;ais pour after-hour est bar clandestin, mais il ne correspond (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sur Sainte-Catherine Est, seulement entre les rues Saint-Andr&#233; et Cartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de succomber &#224; la tentation de condamner la turpitude morale de ceux qui fr&#233;quentent ces endroits, n'oublions pas que c'est le capitalisme qui a rendu possible ce mode de vie. Le niveau de r&#233;flexion politique que l'on peut constater dans la communaut&#233; du Village gai de Montr&#233;al refl&#232;te d'ailleurs son origine capitaliste. Le type d'&#233;tablissement que l'on y trouve, majoritairement ax&#233; sur la recherche &#233;go&#239;ste du plaisir, les relations jetables et la marchandisation du corps et de la sexualit&#233; inspirent un individualisme qui rel&#232;ve bien plus du libertarianisme que de la volont&#233; de d&#233;fendre l'int&#233;r&#234;t commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, le Village ayant vu le jour en tant qu'espace de revendication de la libert&#233; sexuelle, il est logique qu'une grande partie de son &#233;conomie repose sur la sexualit&#233;. Malheureusement, le Village reste encore le seul espace o&#249; les homosexuelLEs peuvent manifester leur orientation sexuelle sans malaise. Et c'est justement l&#224; o&#249; la relation que nous avons tent&#233; d'&#233;tablir entre le capitalisme et le Village gai se manifeste dans toute sa perversit&#233;.&#173;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tirer profit de l'oppression&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Village, en tant que produit du capitalisme et de l'homophobie, est le lieu o&#249; l'on exploite l'argent rose. Consciemment ou non, ce &#171; capitalisme gai &#187; a int&#233;r&#234;t &#224; ce que perdure l'homophobie dans la soci&#233;t&#233; afin de continuer &#224; exploiter tout cet argent qui se concentre dans le quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui luttent honn&#234;tement contre l'homophobie ne peuvent que souhaiter la disparition des quartiers gais. Ils esp&#232;rent qu'un jour l'orientation sexuelle ne soit pas plus un motif de discrimination que l'est aujourd'hui le fait d'&#233;crire de la main gauche. Or, les propri&#233;taires d'&#233;tablissements ou les fournisseurs de services (taxis, notaires, agents immobiliers, etc.) sp&#233;cifiquement destin&#233;s &#224; une client&#232;le homosexuelle, eux qui se disent ouverts &#224; la diversit&#233; sexuelle, ont besoin que se maintienne cette discrimination afin de conserver leur client&#232;le. Cela explique peut-&#234;tre en partie pourquoi les magazines gais que l'on retrouve dans le Village sont si peu revendicateurs en ce qui concerne la reconnaissance de nos droits et la lutte contre l'homophobie. Ils sont tous gratuits, c'est-&#224;-dire qu'ils d&#233;pendent enti&#232;rement des revenus publicitaires. Ceux qui annoncent leurs produits et services &lt;i&gt;gay-friendly &lt;/i&gt; n'ont pas int&#233;r&#234;t &#224; ce que disparaisse la cause de l'existence d'un Village. Les journalistes et les r&#233;dacteurs &#233;vitent donc d'appara&#238;tre trop militants et de traiter de sujets qui portent &#224; controverse pour ne pas froisser les annonceurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ironiquement, ceux qui profitent ainsi de l'homophobie en sont souvent eux-m&#234;mes victimes. L'avidit&#233; fait en sorte que les opprim&#233;s deviennent leur propre oppresseur : un capitaliste est toujours pr&#234;t &#224; vendre la corde qui va servir &#224; le pendre. Le Village gai de Montr&#233;al est une triste preuve de cette v&#233;rit&#233; ; encourager les &#233;tablissements du Village, c'est, sans m&#234;me le savoir, d&#233;courager la lutte contre l'homophobie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L&#224;-dessus, voir John D'Emilio, &#171; Capitalism and Gay Identity &#187; in Ann Snitow et al. (&#233;d.), &lt;i&gt;Powers of Desire : The Politics of Sexuality&lt;/i&gt;, Monthly Rewiew Press, New York, 1983, p. 100-111.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le terme fran&#231;ais pour after-hour est bar clandestin, mais il ne correspond pas selon nous &#224; la r&#233;alit&#233;. Nous lui avons pr&#233;f&#233;r&#233; le plus lourd mais plus juste terme club de pleine nuit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;cosocialisme</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-ecosocialisme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-ecosocialisme</guid>
		<dc:date>2013-10-31T01:25:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Hurteau</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Hurteau, Philippe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En f&#233;vrier dernier, les Assises pour l'&#233;cosocialisme , une initiative fran&#231;aise lanc&#233;e par le Parti de gauche (PG) de Jean-Luc M&#233;lenchon, ont publi&#233; un manifeste en 18 th&#232;ses destin&#233; &#224; nourrir la r&#233;flexion de la gauche sur le bien-fond&#233; du projet &#233;cosocialiste. Ce manifeste, qui fait suite &#224; un premier document lanc&#233; en 2002 ainsi qu'&#224; la d&#233;claration &#233;cosocialiste de Bel&#233;m en 2009, se veut une tentative d'articulation du triptyque &#233;conomico-politique caract&#233;ristique du PG &#8211; soit &#201;cologie, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-49-avril-mai-2013-" rel="directory"&gt;No 049 - avril / mai 2013&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Hurteau-Philippe-+" rel="tag"&gt;Hurteau, Philippe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1730.gif?1642092150' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;300&#034; height=&#034;200&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En f&#233;vrier dernier, les Assises pour l'&#233;cosocialisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour en savoir plus sur les Assises, voir .&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, une initiative fran&#231;aise lanc&#233;e par le Parti de gauche (PG) de Jean-Luc M&#233;lenchon, ont publi&#233; un manifeste en 18 th&#232;ses destin&#233; &#224; nourrir la r&#233;flexion de la gauche sur le bien-fond&#233; du projet &#233;cosocialiste. Ce manifeste, qui fait suite &#224; un premier document lanc&#233; en 2002 ainsi qu'&#224; la d&#233;claration &#233;cosocialiste de Bel&#233;m en 2009, se veut une tentative d'articulation du triptyque &#233;conomico-politique caract&#233;ristique du PG &#8211; soit &#201;cologie, Socialisme et R&#233;publique. Dans cet article, j'en propose une br&#232;ve analyse, mais surtout j'en reproduis certains extraits.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un premier r&#233;flexe est certes de se r&#233;jouir de ce projet en ce qu'il met de l'avant des propositions concr&#232;tes et claires de ce que pourrait &#234;tre une alternative au capitalisme. Il ne s'agit &#233;videmment pas d'un programme complet de rupture et de transition, mais on y distingue les signes d'un certain &#171; gain de maturit&#233; &#187; d'une gauche qui, trop longtemps, est soit rest&#233;e prisonni&#232;re de ses mots d'ordre programmatiques h&#233;rit&#233;s des Trente Glorieuses ou encore s'est content&#233;e de marcher raisonnablement dans le sillon des d&#233;fenseures du d&#233;veloppement durable. Avec ce manifeste, c'est le d&#233;bat de fond sur la mise en place des conditions micro et macro-&#233;conomiques d'un d&#233;passement du capitalisme qui refait surface. Le simple fait d'aborder de front cette question &#8211; malgr&#233; quelques errements rh&#233;toriques &#8211; m&#233;rite d'&#234;tre salu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Alternative &#233;conomique ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas question dans ce trop court article de juger de la pertinence politique du projet propos&#233; dans ce manifeste et encore moins de l'&#233;cosocialisme dans son ensemble, bien qu'il y aurait beaucoup &#224; dire sur certains aspects laissant songeur. Pensons simplement au r&#244;le du PG dans cette d&#233;marche qui, d'une certaine mani&#232;re, normalise dans le cadre r&#233;publicain une proposition se disant r&#233;volutionnaire en d&#233;veloppant un &#171; paradigme de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral &#187; qui s'&#233;loigne des analyses traditionnelles de la gauche bas&#233;es sur la s&#233;paration de la soci&#233;t&#233; en classes sociales. L'utilisation du paradigme environnemental afin de rendre possible l'articulation imm&#233;diate d'une proposition politique s'appuyant sur l'existence projet&#233;e d'un int&#233;r&#234;t commun au genre humain ne convainc pas. Passons l&#224;-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t du manifeste r&#233;side dans quelques aspects forts pertinents pour toute personne qui s'int&#233;resse &#224; la question des alternatives &#233;conomiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; ce sujet, je vous invite &#224; lire le dossier th&#233;matique contenu dans le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le manifeste identifie deux impasses tout en nous invitant &#224; nous doter d'une nouvelle conception de ce qu'est l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sortir des impasses id&#233;ologiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Voici donc, en vrac, quelques extraits du manifeste provenant des th&#232;ses 5 &#224; 10 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;5. Le mensonge du capitalisme vert, &lt;br class='autobr' /&gt; les risques de l'environnementalisme.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Nous d&#233;non&#231;ons le &#171; capitalisme vert &#187;, qui sous couvert de d&#233;veloppement durable offre un nouvel espace &#224; la mainmise de la recherche du profit maximal, alimente la dynamique imp&#233;rialiste et le court-termisme. Nous refusons le discours &#233;cologiste qui se contente de culpabiliser les individus. Il s'abstient ainsi de souligner la responsabilit&#233; majeure du productivisme sans frein. Il renonce &#224; s'attaquer aux modes de production et de consommation capitalistes et refuse de voir qu'ils exploitent les plus pr&#233;caires et pillent les pays du Sud.&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt; Notre &#233;cologie &#224; nous aborde les questions d'environnement en faisant syst&#233;matiquement le lien avec la critique du syst&#232;me &#233;conomique et avec les luttes sociales, en y impliquant l'ensemble des citoyens.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 6. L'impasse sociale-d&#233;mocrate. &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous r&#233;futons la doctrine sociale-d&#233;mocrate qui voudrait que toute redistribution des richesses passe d'abord par la relance de la croissance du PIB et la hausse de la consommation mat&#233;rielle globale. C'est un double contre-sens. D'une part, elle maintient la puissance du capital financier et suppose que la r&#233;partition de la richesse s'organise &#224; partir &#171; des fruits de la croissance &#187;. Elle ne s'attaque pas &#224; l'accu&#173;mulation d&#233;j&#224; acquise. &lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;D'autre part, cette doctrine repose sur un mod&#232;le d'expansion infinie qui est un suicide de la civilisation humaine&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt; la relance d'une croissance &#233;conomique aveugle [n'&#233;tant] pas de nature &#224; r&#233;pondre aux urgences sociales&lt;/i&gt; [&#8230;].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; une claire identification de la double impasse id&#233;ologique de la gauche. Miser sur une poursuite de la croissance afin de maintenir les acquis sociaux et salariaux nous for&#231;ant, en d&#233;finitive, &#224; devenir les alli&#233;es d'un productivisme mortif&#232;re. Au Qu&#233;bec, cette double impasse s'incarne dans les pos&#173;itions dites du n&#233;o-extractiviste, soit des positions &#171; progressistes &#187; qui misent sur la cr&#233;ation d'une rente sociale, issue de l'exploitation des ressources naturelles, afin de maintenir le financement des services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;	7. Mettre l'&#233;conomie au service des besoins.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;cosocialisme veut mettre l'&#233;conomie et le syst&#232;me productif au service des besoins humains. En cela, il s'oppose &#224; la &#171; politique de l'offre &#187; d&#233;fendue par les lib&#233;raux. Nous refusons cette logique productiviste qui consiste &#224; produire tout et n'importe quoi &lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt;. Nos d&#233;cisions collectives doivent au contraire &#234;tre guid&#233;es par la satisfaction des besoins r&#233;els. C'est le sens de la planification &#233;cologique. Elle inverse cette logique en partant des besoins, du devoir de pr&#233;server l'&#233;cosyst&#232;me et du droit de tous &#224; vivre dans un environnement sain. Elle met le syst&#232;me productif en ad&#233;quation avec ces imp&#233;ratifs.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;	8. Rompre avec les sch&#233;mas de pens&#233;e traditionnels. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'&#233;cosocialisme remet en cause la dictature des int&#233;r&#234;ts particuliers et de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production. Il questionne le rapport au travail. Nous pr&#244;nons l'appropriation sociale des moyens de production et les propositions alternatives de l'&#233;conomie sociale et solidaire en termes d'autogestion et de coop&#233;ratives. Nous d&#233;fendons la souverainet&#233; budg&#233;taire et la nationalisation comme outil de politique publique, notamment en mati&#232;re de services bancaires et de cr&#233;dit. Indice de progr&#232;s humain, d&#233;mondialisation et protectionnisme social et &#233;cologique, dotation inconditionnelle d'autonomie et salaire socialis&#233;, revenu maximum autoris&#233; sont autant de perspectives que nous avons &#224; l'esprit pour sortir des sentiers battus et &#233;viter le pi&#232;ge d'un accompagnement du syst&#232;me. Il nous faut &#233;galement aller plus loin en mati&#232;re de r&#233;duction drastique du temps de travail : &#171; travailler moins pour travailler tous et mieux &#187;, fixer le plein emploi comme horizon tout en inter&#173;rogeant les finalit&#233;s du travail&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;	9. Produire autrement. &lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La r&#233;vision en profondeur de notre syst&#232;me de production repose sur ce que nous appelons les &#171; 4 R &#187; : relocalisation de l'activit&#233;, r&#233;industrialisation &#233;cologique, reconversion de l'outil industriel et redistribution du travail. De nombreux besoins non satisfaits existent : dans une industrie relocalis&#233;e, dans les services aux personnes, dans l'agro-&#233;cologie et l'agriculture paysanne au service de la souverainet&#233; alimentaire et de la sant&#233; de tous, dans la recherche et les fili&#232;res &#171; vertes &#187; visant &#224; r&#233;duire notre d&#233;pendance aux ressources &#233;puisables (&#233;coconstruction, efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique, r&#233;novation thermique, &#233;nergies renouvelables&#8230;)&lt;/i&gt; [&#8230;].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 10. Instaurer la r&#232;gle verte comme boussole politique.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La &#171; r&#232;gle verte &#187; est notre indicateur central de pilotage de l'&#233;conomie.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Elle vise &#224; assurer notre responsabilit&#233; devant l'humanit&#233; et son &#233;cosyst&#232;me en supprimant la dette &#233;cologique. Elle associe la n&#233;cessaire r&#233;duction de certaines consommations mat&#233;rielles et la n&#233;cessaire relance de certaines activit&#233;s avec la prise en compte syst&#233;matique de l'empreinte &#233;cologique g&#233;n&#233;r&#233;e.&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit l&#224; que d'extraits qui ne dispensent pas d'une lecture compl&#232;te du document. J'aurais &#233;galement pu ajouter la 13e th&#232;se portant sur la planification &#233;cologique afin de mieux faire ressortir la coh&#233;rence d&#233;mocratique du projet. Quoi qu'il en soit, les extraits pr&#233;sent&#233;s dans cet article ont le m&#233;rite de placer certaines bases pour l'&#233;laboration d'un projet contre-h&#233;g&#233;monique. Il est &#224; souhaiter que l'avenir &#233;conomique, non pas l'avenir du syst&#232;me actuel, mais bien celui du cadre social qui permet notre survie mat&#233;rielle, se trouve quelque part dans la recherche d'une compl&#233;mentarit&#233; entre la r&#233;ponse &#224; donner aux d&#233;fis environnementaux de notre si&#232;cle, la recherche d'un &#233;largissement d&#233;mocratique et la poursuite d'une plus grande &#233;galit&#233; sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour en savoir plus sur les Assises, voir &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;http://ecosocialisme.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://ecosocialisme.com/&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; ce sujet, je vous invite &#224; lire le dossier th&#233;matique contenu dans le num&#233;ro pr&#233;c&#233;dent d'&lt;i&gt;&#192;&#8200;b&#226;bord !&lt;/i&gt; (no 48, f&#233;vrier-mars 2013) qui vise justement &#224; contribuer &#224; ce d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>O&#249; va-t-on ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Ou-va-t-on</link>
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		<dc:date>2013-10-31T01:15:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>R&#233;mi Leroux</dc:creator>


		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Leroux, R&#233;mi</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Sommet sur l'enseignement sup&#233;rieur a-t-il accouch&#233; d'une souris ? La d&#233;ception &#233;tudiante post-sommet est-elle aussi forte que ne furent grands les espoirs suscit&#233;s par le Printemps &#233;rable ? Le gouvernement de Pauline Marois a-t-il trahi ou flatt&#233; les &#233;tudiants qu&#233;b&#233;cois ? S'il est sans doute encore un peu t&#244;t pour r&#233;pondre &#224; ces questions, les prochains mois diront si les engagements pris les 25 et 26 f&#233;vrier derniers sont &#224; m&#234;me de faire du Qu&#233;bec &#171; une soci&#233;t&#233; du savoir &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; Au moment (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-49-avril-mai-2013-" rel="directory"&gt;No 049 - avril / mai 2013&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Education-et-enseignement-+" rel="tag"&gt;Education et enseignement&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Leroux-Remi-+" rel="tag"&gt;Leroux, R&#233;mi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1729.gif?1642092150' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;756&#034; height=&#034;504&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Sommet sur l'enseignement sup&#233;rieur a-t-il accouch&#233; d'une souris ? La d&#233;ception &#233;tudiante post-sommet est-elle aussi forte que ne furent grands les espoirs suscit&#233;s par le Printemps &#233;rable ? Le gouvernement de Pauline Marois a-t-il trahi ou flatt&#233; les &#233;tudiants qu&#233;b&#233;cois ? S'il est sans doute encore un peu t&#244;t pour r&#233;pondre &#224; ces questions, les prochains mois diront si les engagements pris les 25 et 26 f&#233;vrier derniers sont &#224; m&#234;me de faire du Qu&#233;bec &#171; une soci&#233;t&#233; du savoir &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au moment de clore les trente-six heures de d&#233;bats, la premi&#232;re ministre s'est f&#233;licit&#233;e de ce que la crise sociale soit d&#233;sormais &#171; derri&#232;re nous &#187;. Mais devant ? Quelles sont d&#233;sor&#173;mais les perspectives pour l'enseignement sup&#233;rieur au Qu&#233;bec ? Cinq grands chantiers ont &#233;t&#233; annonc&#233;s &#224; l'issue du Sommet, comme autant de promesses d&#233;sormais &#224; tenir : &#233;laborer une loi-cadre sur les universit&#233;s, cr&#233;er un Conseil national des universit&#233;s, revoir l'offre de formation au coll&#233;gial et assurer l'acc&#232;s aux c&#233;geps partout dans la province, repenser la formule de financement des universit&#233;s (incluant le dossier des frais institutionnels obligatoires) et, enfin, bonifier l'aide financi&#232;re aux &#233;tudes en collaboration avec les &#233;tudiantes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'indexation a du mal &#224; passer&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; de ces chantiers ont fait consensus chez l'ensemble des participantes. Mais cela n'a pas &#233;t&#233; le cas pour le dossier sans doute le plus embl&#233;matique : celui des droits de scolarit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Le gouvernement a tranch&#233;&lt;/i&gt; &#187;, a expliqu&#233; Pauline Marois pour justifier sa d&#233;cision d'indexer &#224; 3 % les droits de scolarit&#233; &#233;tudiants. &lt;i&gt;Exit&lt;/i&gt; donc les autres options qui avaient &#233;t&#233; envisag&#233;es : le rattrapage, le gel ou la gratuit&#233;. Le niveau d'indexation &#233;tabli par Qu&#233;bec correspond &#224; une augmentation annuelle d'environ 70 $ par &#233;tudiant, &#233;videmment tr&#232;s loin du rattrapage imagin&#233; par les lib&#233;raux en 2012 (+ 82 % sur 7 ans).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cela, les f&#233;d&#233;rations &#233;tudiantes se sont dites &#171; &lt;i&gt;extr&#234;mement d&#233;&#231;ues&lt;/i&gt; &#187; par cette d&#233;cision et ont d&#233;plor&#233; que le gouvernement p&#233;quiste ait choisi d'aller de l'avant. Martine Desjardins, la pr&#233;sidente de la F&#233;d&#233;ration &#233;tudiante universitaire du Qu&#233;bec, a rappel&#233; que le gel, position de compromis d&#233;fendue par la FEUQ, respectait les finances publiques mais surtout respectait &#171; &lt;i&gt;la capacit&#233; de payer des &#233;tudiants&lt;/i&gt; &#187;, quand &#201;liane Laberge, pr&#233;sidente de la F&#233;d&#233;ration &#233;tudiante coll&#233;giale du Qu&#233;bec (FECQ) a soulign&#233; que &#171; &lt;i&gt;sans &#233;tude sur les conditions de vie des &#233;tudiants qu&#233;b&#233;cois, le gouvernement ne sera pas en capacit&#233; de dire quel sera l'impact r&#233;el de cette hausse&lt;/i&gt; &#187;. Certains recteurs se sont pour leur part dits d&#233;&#231;us par le niveau d'indexation, l'estimant &#171; insuffisant &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'automne, la mont&#233;e vers le Sommet avait laiss&#233; entrevoir les intentions du gouvernement p&#233;quiste sur le sujet. La premi&#232;re ministre et le ministre de l'Enseignement sup&#233;rieur Pierre Duchesne avaient laiss&#233; entendre &#224; plusieurs reprises que le sc&#233;nario de l'indexation avait leur pr&#233;f&#233;rence. La voie trac&#233;e lors des rencontres pr&#233;liminaires au Sommet organis&#233;es dans plusieurs villes du Qu&#233;bec est venue confirmer cette tendance. C'est d'ailleurs en partie pour ces raisons que l'Association pour une solidarit&#233; syndicale &#233;tudiante a choisi de boycotter le Sommet. Selon l'ASS&#201;, favorable &#224; la gratuit&#233;, le Sommet visait avant tout &#224; &#171; &lt;i&gt; confirmer des choix d&#233;j&#224; pris derri&#232;re des portes closes&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Au lieu de laisser place &#224; un vrai d&#233;bat sur la mission de l'universit&#233; qu&#233;b&#233;coise, il cherche &#224; d&#233;gager des consensus qui suivent la droite ligne de la marchandisation de l'&#233;ducation&lt;/i&gt; &#187;. &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Frais aff&#233;rents, frais effarants ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si la pilule de l'indexation a du mal &#224; passer, les associations &#233;tudiantes qui ont particip&#233; au Sommet ne s'estiment pas pour autant perdantes sur tous les fronts. Il existe, selon elles, des motifs de satisfaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dossier de l'accessibilit&#233; et de la participation aux &#233;tudes sup&#233;rieures ne se limite pas &#224; la question des droits de scolarit&#233;. Un chantier sur l'aide financi&#232;re aux &#233;tudes (AFE) a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; &#224; l'issue du Sommet. Il sera pilot&#233; par l'ancien pr&#233;sident de la FEUQ Pier-Andr&#233; Bouchard. Bonification de l'AFE, indexation durable des d&#233;penses sur le co&#251;t de la vie (transport, logement), hausse du seuil de contribution parentale et des plafonds de revenus &#233;tudiants dans le calcul d'attribution des bourses&#8230; Voil&#224; quelques-uns des sujets qui seront abord&#233;s dans les prochaines semaines. Un rapport de travail devrait &#234;tre remis d&#232;s juin 2013. Le gouvernement a &#233;galement annonc&#233; que les fonds de l'AFE seraient dot&#233;s de 25 millions de dollars suppl&#233;mentaires par an, sur cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre du chantier sur la politique de financement des universit&#233;s, le ministre Duchesne a par ailleurs accept&#233; de revoir les conditions d'instauration par les universit&#233;s des frais institutionnels obligatoires (FIO), &#233;galement appel&#233;s &#171; frais aff&#233;rents &#187;. La FEUQ en a fait l'un de ses chevaux de bataille, consid&#233;rant que les universit&#233;s &#233;taient &#224; l'origine ces derni&#232;res ann&#233;es de nombreuses &#171; d&#233;rives tarifaires &#187; ayant contribu&#233; &#224; alourdir consid&#233;rablement le fardeau financier des &#233;tudiants. &#171; &lt;i&gt;C'est une aberration de notre syst&#232;me universitaire&lt;/i&gt; &#187;, a insist&#233; Martine Desjardins qui s'est donc f&#233;licit&#233;e que les FIO fassent &#224; l'avenir l'objet d'ententes entre les universit&#233;s et les associations &#233;tudiantes. L'assurance d'une plus grande transparence ? &#192; l'inverse, la d&#233;cision a fait grincer les dents des recteurs et rectrices des universit&#233;s qu&#233;b&#233;coises qui consid&#232;rent qu'une remise en question des frais aff&#233;rents pourrait priver les &#233;tudiantes d'un certain nombre de services &#224; la vie &#233;tudiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier motif de satisfaction pour les f&#233;d&#233;rations, la d&#233;cision prise par les participants au Sommet de faire le point sur l'offre de formation coll&#233;giale au Qu&#233;bec. &#201;liane Laberge, la pr&#233;sidente de la FECQ, a estim&#233; que ce chantier permettra d'aborder la question des c&#233;geps en difficult&#233; de recrutement et des &#233;tudiantes avec besoins particuliers, deux dossiers que sa f&#233;d&#233;ration d&#233;fend depuis longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La gouvernance des universit&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pauline Marois s'est-elle donc content&#233;e de faire plaisir aux associations &#233;tudiantes, comme l'a laiss&#233; entendre le chef de la Coalition avenir Qu&#233;bec, Fran&#231;ois Legault, ou a-t-elle propos&#233; un vrai projet pour l'enseignement sup&#233;rieur qu&#233;b&#233;cois ? &#171; &lt;i&gt;Sortie de crise &#224; court terme, aucune vision &#224; long terme &lt;/i&gt; &#187;, a encore estim&#233; Fran&#231;ois Legault. &#171; &lt;i&gt; Sommet du pelletage en avant &lt;/i&gt; &#187;, a ironis&#233; le chef lib&#233;ral int&#233;rimaire Jean-Marc Fournier. Quant au Conseil du patronat du Qu&#233;bec, si son pr&#233;sident Yves-Thomas Dorval a apparemment appr&#233;ci&#233; le &#171; &lt;i&gt;dialogue paisible&lt;/i&gt; &#187; instaur&#233; avant et pendant le Sommet, il a &#233;galement estim&#233; que &#171; &lt;i&gt; le gouvernement voulait la paix sociale, alors il l'a achet&#233;e&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si de v&#233;ritables &#233;tats g&#233;n&#233;raux auraient sans doute permis d'aller plus loin sur le plan des r&#233;formes, ce que certains acteurs universitaires r&#233;clamaient, le Sommet a tout de m&#234;me permis d'ouvrir la voie &#224; de nouvelles fa&#231;ons de faire. C'est en tout cas l'ambition affich&#233;e par les chantiers portant sur la gouvernance des universit&#233;s. Le futur Conseil national des universit&#233;s a pr&#233;cis&#233;ment pour objectif de doter les coll&#232;ges et universit&#233;s &#171; &lt;i&gt;de plus de coh&#233;rence, de rigueur et de transparence&lt;/i&gt; &#187;. Consultatif et ind&#233;pendant, ce conseil sera &#171; &lt;i&gt;charg&#233; d'assumer certaines fonctions de gouvernance et d'attestation de la qualit&#233; &#224; l'&#233;gard du syst&#232;me universitaire&lt;/i&gt; &#187;. Comment fonctionnera-t-il concr&#232;tement ? Qui y si&#233;gera ? Quelles seront pr&#233;cis&#233;ment ses pr&#233;rogatives ? Myst&#232;re&#8230; Des recommandations pour en d&#233;terminer le mandat et l'organigramme doivent &#234;tre formul&#233;es avant l'&#233;t&#233; par Claude Corbo, l'ancien recteur de l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, Qu&#233;bec a mis sur la table sa proposition de loi-cadre dont l'objet est d'&#233;tablir les r&#232;gles de gouvernance des universit&#233;s. Ce chantier ambitieux a &#233;t&#233; plac&#233; sous la double pr&#233;sidence de Lise Bissonnette, ancienne directrice de Biblioth&#232;que et Archives nationales du Qu&#233;bec et du Devoir, et de John R. Porter, pr&#233;sident du conseil d'administration de l'Universit&#233; Laval. Leur rapport est attendu pour la fin du mois d'ao&#251;t 2013. Enfin, la r&#233;vision des proc&#233;dures de reddition de comptes des universit&#233;s pourrait amener plus de souplesse et d'efficacit&#233; dans la gestion administrative et financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sous-financement et politique du yo-yo&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Reste la question du financement des universit&#233;s qui est aujourd'hui encore loin, tr&#232;s loin d'&#234;tre r&#233;gl&#233;e. En 2010, la Conf&#233;rence des recteurs et des principaux des universit&#233;s du Qu&#233;bec (CREPUQ) avait r&#233;alis&#233; une &#233;tude concluant que les universit&#233;s subissaient un sous-financement estim&#233; &#224; plus de 600 millions de dollars. La d&#233;cision de Qu&#233;bec de maintenir ses restrictions budg&#233;taires pour les deux prochaines ann&#233;es, &#224; hauteur de 250 millions de dollars, n'a fait que renforcer l'inqui&#233;tude de la CREPUQ sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si Mme Marois a r&#233;affirm&#233; la volont&#233; de son gouvernement de r&#233;investir plus de 1,7 milliard de dollars d'ici 2019, le financement des universit&#233;s qu&#233;b&#233;coises reste tributaire de la conjoncture &#233;conomique et la marge de man&#339;uvre dont dispose le gouvernement, qu'il soit lib&#233;ral hier ou p&#233;quiste aujourd'hui, est infime. Jouer au yo-yo comme l'a fait le gouvernement Marois avec les dotations des grands fonds de recherche n'est s&#251;rement pas la meilleure fa&#231;on de rassurer le milieu universitaire. Qu&#233;bec avait, d&#233;but janvier, annonc&#233; des compressions de 63 millions pour ces fonds avant de faire machine arri&#232;re quelques semaines plus tard en promettant un r&#233;investissement de 26,5 millions. B&#226;tir une soci&#233;t&#233; du savoir suppose de pouvoir s'appuyer sur des fondations stables&#8230; Alors, comment financer durablement l'universit&#233; ? &#192; cette question cruciale, les participants au Sommet sur l'enseignement sup&#233;rieur n'ont pas apport&#233; de r&#233;ponse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les limites de l'enseignement &#224; distance</title>
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		<dc:date>2013-10-31T01:06:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Normand Baillargeon</dc:creator>


		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
		<dc:subject>Baillargeon, Normand </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Connaissez-vous ce mot relativement nouveau, MOOC ? C'est l'acronyme de Massive Online Open Course, autrement dit : cours en ligne offert &#224; un grand nombre de personnes. On r&#233;f&#232;re par l&#224; &#224; des pratiques relativement nouvelles en &#233;ducation, notamment en &#233;ducation sup&#233;rieure, qui proposent un enseignement &#224; distance qui fait usage des importantes ressources d'Internet et qui, en effet, peut &#234;tre dispens&#233;, gratuitement ou &#224; un co&#251;t tr&#232;s minime, &#224; un grand nombre de personnes qui peuvent en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1728.gif?1642092150' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;454&#034; height=&#034;606&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Connaissez-vous ce mot relativement nouveau, MOOC ? C'est l'acronyme de &lt;i&gt;Massive Online Open Course&lt;/i&gt;, autrement dit : cours en ligne offert &#224; un grand nombre de personnes. On r&#233;f&#232;re par l&#224; &#224; des pratiques relativement nouvelles en &#233;ducation, notamment en &#233;ducation sup&#233;rieure, qui proposent un enseignement &#224; distance qui fait usage des importantes ressources d'Internet et qui, en effet, peut &#234;tre dispens&#233;, gratuitement ou &#224; un co&#251;t tr&#232;s minime, &#224; un grand nombre de personnes qui peuvent en outre interagir entre elles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les MOOC suscitent en ce moment de nombreuses et parfois vives discussions, des discussions qui sont &#224; la hauteur des attentes, des inqui&#233;tudes et des promesses de bouleversements qu'ils font na&#238;tre. Il faut savoir que de prestigieuses universit&#233;s s'y mettent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est des MOOC dont je veux vous parler aujourd'hui. Mais avant d'y arriver, permettez-moi de faire un petit d&#233;tour qui me semble valoir la peine. Il nous transporte au MIT, &#224; Boston, du 10 au 12 septembre 1956.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dreyfus et l'intelligence artificielle (IA)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces jours-l&#224; se tient en effet un c&#233;l&#233;brissime Symposium sur la th&#233;orie de l'information qu'on donne couramment, depuis ces dates, comme l'acte de naissance des sciences cognitives. Ce n'est pas rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chomsky y participe et y parle, bien entendu, de grammaire g&#233;n&#233;rative. G. A. Miller y expose ses id&#233;es devenues classiques sur la m&#233;moire de travail. Et H. A. Simon y pr&#233;sente l'ambitieux programme de recherche de l'intelligence artificielle (IA) : fabriquer des machines dont les capacit&#233;s, cognitives notamment, seront indiscernables de celles des &#234;tres humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce programme suscite l'enthousiasme et certains proph&#233;tisent que d'ici une trentaine d'ann&#233;es, on aura cr&#233;&#233; de telles machines. Cela ne s'est pas fait et plusieurs pensent aujourd'hui que cela ne se fera pas. Quoi qu'il en soit, un philosophe appel&#233; Hubert L. Dreyfus est c&#233;l&#232;bre pour avoir, tr&#232;s t&#244;t, soutenu que cet objectif &#233;tait inatteignable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dreyfus soutenait qu'il y a, sur le plan cognitif, certaines choses que font spontan&#233;ment et ais&#233;ment les &#234;tres humains, mais que les ordinateurs, eux, ne peuvent et ne pourront jamais accomplir. Je vous passe le d&#233;tail de l'argumentaire, mais, essentiellement, Dreyfus soutenait que l'intelligence humaine est crucialement inscrite dans un corps, incarn&#233;e, donc ; et qu'elle est aussi consciente de tout un arri&#232;re-plan, de tout un monde v&#233;cu par quoi elle est capable de distinguer, dans une situation, ce qui est pertinent et ce qui ne l'est pas, ce qui est possible et ce qui ne l'est pas. Cette intelligence humaine qui, pour cette raison, sait orienter son attention, sait en outre rep&#233;rer et correctement interpr&#233;ter des ambigu&#239;t&#233;s contextuelles et peut, au besoin, faire usage de cat&#233;gories approximatives. (Nombre des probl&#232;mes vers lesquels pointait Dreyfus sont &#224; pr&#233;sent appel&#233;s collectivement le &lt;i&gt;frame problem&lt;/i&gt; en IA).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je reviens &#224; mes MOOC. Que peut-on en attendre ? Est-il plausible, par exemple, de penser, avec certains, qu'ils signent la fin de l'universit&#233; telle que nous la connaissons ? Qu'ils annoncent une formidable d&#233;mocratisation de la connaissance ? Je ne le sais pas. En fait, je ne sais m&#234;me pas comment on pourrait le savoir. Comme il se doit en pareil cas, je suspends donc mon jugement sur ces questions et sur plusieurs autres semblables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je voudrais ajouter une pi&#232;ce &#224; ce dossier : la r&#233;flexion que Hubert L. Dreyfus, justement, propose sur l'enseignement &#224; distance et ses promesses dans &lt;i&gt;On the Internet &lt;/i&gt; (Routledge, 2008). On va le voir : il est cette fois encore sceptique et sa r&#233;flexion, qui n'a absolument pas re&#231;u ici toute l'attention qu'elle m&#233;rite, me semble importante et int&#233;ressante.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les 7 &#233;tapes de l'apprentissage de Dreyfus et les MOOC&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dreyfus soutient qu'apprendre se d&#233;cline en sept &#233;tapes progressivement atteintes et qui sont autant de degr&#233;s de ma&#238;trise de savoirs. Il soutient en outre, et c'est ce qui importe ici, que certaines de ces &#233;tapes ne peuvent &#234;tre atteintes par un enseignement en ligne et demandent imp&#233;rativement un enseignement face-&#224;-face. On reconna&#238;tra au passage dans cet argumentaire certaines des id&#233;es que Dreyfus d&#233;fendait relativement aux limites de l'IA. Et il me semble que quiconque est devenu expert dans un domaine reconna&#238;tra certaines des choses dont il est question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re &#233;tape est celle du novice, qui est initi&#233; &#224; un domaine. On lui transmet pour cela des r&#232;gles et des savoirs de base, factuels. C'est cela qui est accompli &#224; l'universit&#233; dans une salle d'un cours introductif, et un enseignement &#224; distance peut, lui aussi, convenir pour accomplir une telle initiation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me &#233;tape est celle du d&#233;butant avanc&#233;. Les r&#232;gles et les savoirs appris commencent ici &#224; &#234;tre mis en contexte et leur application &#224; &#234;tre probl&#233;matis&#233;e ; ce ne sont plus, d&#232;s lors, de simples informations : ils font sens et le professeur devient une sorte de &#171; coach &#187; qui aide &#224; cette contextualisation signifiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me stade est celui de la comp&#233;tence. La personne qui apprend commence, aid&#233;e par son &#171; coach &#187;, &#224; choisir elle-m&#234;me l'angle, la pers&#173;pective, les r&#232;gles appropri&#233;s sur une question donn&#233;e. Elle est engag&#233;e par ce qu'elle sait dans ce qu'elle fait. Elle peut r&#233;ussir ou &#233;chouer, et un prix &#233;motionnel est rattach&#233; au succ&#232;s et &#224; l'&#233;chec. Le professeur devient alors (ou non) un mod&#232;le &#224; imiter. La th&#232;se de Dreyfus est que l'apprentissage en ligne ne permettra pas d'aller au-del&#224; de ce stade, quand elle permet de l'atteindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'y a-t-il au-del&#224; ? Dreyfus nomme les stades suivants, ceux de la grande comp&#233;tence (stade 4), de l'expertise (stade 5), de la ma&#238;trise (stade 6) et de la sagesse pratique (stade 7). En les parcourant, on devient progressivement plus sensible aux diverses situations et apte &#224; identifier les probl&#232;mes qui y surgissent (4), puis capable de savoir imm&#233;diatement comment s'y prendre pour les r&#233;soudre (5). L'&#233;tape suivante (6) est plus avanc&#233;e encore et ne s'atteint que par l'&#233;tude aupr&#232;s de plusieurs ma&#238;tres, comme en musique pour le virtuose : on atteint ici ce qu'on peut appeler son propre style. Enfin (7), on parvient, id&#233;alement, &#224; int&#233;grer cette expertise &#224; un style culturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que manque-t-il &#224; l'enseignement &#224; distance pour lui permettre de devenir un enseignement d&#233;bouchant sur la grande comp&#233;tence et l'expertise ? On pourra reprendre ici mot pour mot des choses qui ont &#233;t&#233; dites &#224; propos de l'IA. La t&#233;l&#233;pr&#233;sence n'est pas plus la pr&#233;sence incarn&#233;e n&#233;cessaire &#224; l'expertise que la syntaxe d'un ordinateur n'est du sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pr&#233;sence incarn&#233;e, avec ses nuances, sa sensibilit&#233; aux contextes transmise et per&#231;ue, est indispensable pour acc&#233;der, justement et cette fois encore, au monde v&#233;cu par quoi la personne qui apprend est capable de distinguer, dans une situation, ce qui est pertinent et ce qui ne l'est pas, ce qui est possible et ce qui ne l'est pas. Et devenir expert, c'est pr&#233;cis&#233;ment savoir orienter son attention sur ce qui est pertinent dans une situation donn&#233;e, rep&#233;rer et correctement interpr&#233;ter des ambigu&#239;t&#233;s contextuelles et au besoin faire usage de cat&#233;gories approximatives. &#171; &lt;i&gt;Les z&#233;lateurs de l'enseignement &#224; distance [&#8230;] doivent comprendre que seuls des &#234;tres humains incarn&#233;s, impliqu&#233;s et sensibles peuvent devenir comp&#233;tents et experts et que ceux-l&#224; seuls peuvent devenir des ma&#238;tres. &lt;/i&gt; &#187; (p. 48)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dreyfus conc&#232;de bien entendu qu'il y a d'&#233;normes m&#233;rites aux nouvelles technologies et qu'elles ont un r&#244;le &#224; jouer dans la diffusion d'informations et la dispensation d'enseignements de base. Lui-m&#234;me met en ligne ses cours en format audio et vid&#233;o. Mais il note aussi que ses &#233;tudiants et &#233;tudiantes viennent quand m&#234;me &#224; ses cours et que ces enregistrements ne jouent qu'un r&#244;le compl&#233;mentaire ou suppl&#233;tif : ils permettent de revenir sur le cours ou d'y avoir acc&#232;s quand on l'a manqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il conc&#232;de aussi que des cours interactifs diffus&#233;s en direct pourraient corriger une part des d&#233;fauts et limitations qu'il attribue aux cours en ligne, mais que le rapport co&#251;ts-b&#233;n&#233;fices, si attrayant aux yeux des administrations universitaires et des entreprises, serait alors fortement diminu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces arguments, et d'autres allant dans le m&#234;me sens &#8211; je n'ai pu ici qu'effleurer la r&#233;flexion de Dreyfus, subtile et stimulante &#8211; m&#233;ritent la plus s&#233;rieuse r&#233;flexion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Les pompiers pyromanes</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-pompiers-pyromanes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Les-pompiers-pyromanes</guid>
		<dc:date>2013-10-31T00:59:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les citoyens et citoyennes de nombreux pays se serrent la ceinture parce que leur gouvernement a renflou&#233; &#224; coup de milliards des banques aux comportements irres&#173;ponsables. Pendant ce temps, ces m&#234;mes banques et des comptables &#171; cr&#233;atifs &#187; accumulent les magouilles et les combines pour permettre aux plus riches d'&#233;chapper &#224; l'imp&#244;t par le biais des paradis fiscaux. Cette situation n'est plus d&#233;nonc&#233;e uniquement par la gauche, mais par des repr&#233;sentants v&#233;n&#233;rables de l'ordre n&#233;olib&#233;ral. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mondialisation-AGCS-PSP-FMI-OMC-BM-+" rel="tag"&gt;Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1727.jpg?1642092150' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;600&#034; height=&#034;472&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les citoyens et citoyennes de nombreux pays se serrent la ceinture parce que leur gouvernement a renflou&#233; &#224; coup de milliards des banques aux comportements irres&#173;ponsables. Pendant ce temps, ces m&#234;mes banques et des comptables &#171; cr&#233;atifs &#187; accumulent les magouilles et les combines pour permettre aux plus riches d'&#233;chapper &#224; l'imp&#244;t par le biais des paradis fiscaux. Cette situation n'est plus d&#233;nonc&#233;e uniquement par la gauche, mais par des repr&#233;sentants v&#233;n&#233;rables de l'ordre n&#233;olib&#233;ral. Faut-il les prendre au s&#233;rieux ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'automne dernier, des compagnies comme Google, Starbuck, Microsoft, Amazon et Apple ont &#233;t&#233; mises sur la sellette par les gouvernements fran&#231;ais et britannique parce qu'elles ne payaient pas leur juste part d'imp&#244;t. L'Organisation de coop&#233;ration et de d&#233;veloppement &#233;conomiques (OCDE) a produit un rapport intitul&#233; &#171; &lt;i&gt;Lutter contre l'&#233;rosion de la base d'imposition et le transfert des b&#233;n&#233;fices&lt;/i&gt; &#187; dans lequel on explique, entre autres, les diff&#233;rentes pratiques de l'&#233;vitement et de l'&#233;vasion fiscaux. Le magazine The Economist s'est mis de la partie et a consacr&#233; son num&#233;ro du 16 f&#233;vrier dernier &#224; la question. M&#234;me le gouvernement Harper suit l'affaire : il a charg&#233; le comit&#233; permanent des finances d'entreprendre une &#233;tude sur la fraude fiscale et le recours aux paradis fiscaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut parler ici d'une v&#233;ritable lev&#233;e de boucliers qui nous replonge dans les beaux jours de la crise bancaire en 2008-2009, alors que certains chefs d'&#201;tat s'&#233;taient emport&#233;s dans de spectaculaires d&#233;nonciations. &#171; &lt;i&gt;Les placements de tous ne seraient-ils pas beaucoup plus s&#251;rs si le monde entier se mettait d'accord pour interdire les syst&#232;mes bancaires parall&#232;les et les paradis fiscaux&lt;/i&gt; &#187;, a dit le premier ministre britannique Gordon Brown devant le Congr&#232;s am&#233;ricain. &#171; &lt;i&gt;Nous devons aussi &#339;uvrer pour &#233;liminer les zones d'ombre qui compromettent nos efforts de coordination, en l'occurrence les centres off-shore&lt;/i&gt; &#187;, a rench&#233;ri le pr&#233;sident fran&#231;ais Nicolas Sarkozy devant les chefs d'&#201;tats de l'Union europ&#233;enne r&#233;unis &#224; Bruxelles. Barack Obama s'est lui aussi emport&#233; dans des envol&#233;es du m&#234;me acabit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes ces belles d&#233;clarations n'ont pas abouti : l'activit&#233; &#233;conomique dans les paradis fiscaux est toujours en progression. Aujourd'hui, une tran&#173;saction financi&#232;re sur deux passe par les paradis fiscaux. Le Tax Justice Network a chiffr&#233; &#224; 32 trillions de dollars les sommes qui y sont investies.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'OCDE en action&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La situation a toutefois chang&#233; depuis 2009. Les effets des politiques d'aust&#233;rit&#233; ont &#233;t&#233; douloureusement ressentis par les populations, europ&#233;ennes entre autres. Les gouvernements font face &#224; un m&#233;contentement de plus en plus appuy&#233; de la part des populations. La discrimination entre ceux qui paient de l'imp&#244;t et ceux qui n'en paient pas, tant au niveau des individus que des entreprises, toujours &#224; l'avantage des plus puissants, devient difficile &#224; justifier. Si bien que l'on peut croire que les intentions de combattre les fuites fiscales pourraient mener &#224; des r&#233;sultats concrets. Le rapport de l'OCDE cit&#233; plus haut propose des pistes qui peuvent mener &#224; d'importantes transformations. Il d&#233;nonce par exemple l'une des pratiques qui contribue le plus &#224; priver les &#201;tats de revenus consid&#233;rables, le prix de transfert, qui consiste &#224; faire r&#233;aliser le profit d'une transaction dans un paradis fiscal, puis &#224; rapatrier l'argent gr&#226;ce &#224; un accord sur la double imposition (qui permet &#224; une compagnie de payer l'imp&#244;t l&#224; o&#249; il est le moins &#233;lev&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport r&#233;v&#232;le les effets n&#233;fastes de ces nombreux trait&#233;s qu'il faut remettre en question : &#171; &lt;i&gt;Il faudra pour cela sortir des sch&#233;mas de pens&#233;e classiques, et faire preuve d'ambition aussi bien que de pragmatisme pour surmonter les difficult&#233;s pratiques de mise en &#339;uvre, qui tiennent par exemple &#224; l'existence des conventions fiscales actuelles.&lt;/i&gt; &#187; Il a aussi le m&#233;rite de s'attaquer &#224; un autre fondement de la fiscalit&#233; off-shore, le secret bancaire, en pr&#244;nant l'&#233;change de renseignement automatique. Cela faciliterait grandement les enqu&#234;tes sur l'&#233;vasion fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De lourds ant&#233;c&#233;dents&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est toutefois pertinent de se demander si on osera bel et bien effectuer de pareilles transformations. L'OCDE est un club de pays riches qui s'est donn&#233; de fa&#231;on arbitraire la t&#226;che de combattre les paradis fiscaux. Sa l&#233;gitimit&#233; est remise en cause par plusieurs organisations et ses r&#233;ussites jusqu'&#224; maintenant ne sont pas tr&#232;s impressionnantes. Par exemple, il a &#233;tabli une liste de paradis fiscaux noirs, gris ou blancs, selon leur niveau de collaboration &#224; &#233;mettre des renseignements. Il s'agissait ni plus ni moins de manifester sa bonne volont&#233; de collaborer, sans que cela ne soit associ&#233; &#224; aucune mesure concr&#232;te, pour devenir rapidement blanc comme neige. L'OCDE a aussi propos&#233; le mod&#232;le d'accord sur la double imposition qu'il pr&#233;tend maintenant combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc la profonde contradiction dans laquelle nous nous trouvons : ceux qui pr&#233;tendent maintenant combattre les paradis fiscaux sont les m&#234;mes qui les ont tol&#233;r&#233;s pendant de nombreuses ann&#233;es, qui leur ont permis de cro&#238;tre et de prosp&#233;rer. Tant mieux si on arrive &#224; mettre en place quelques r&#233;formes qui r&#233;duisent l'ampleur du probl&#232;me. Mais on peut douter de leur efficacit&#233; si on ne questionne pas en profondeur les fondements d'un syst&#232;me financier d&#233;ficient qui a permis la cr&#233;ation de pareils trous noirs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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