<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.ababord.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
	<link>https://www.ababord.org/</link>
	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.ababord.org/spip.php?id_rubrique=130&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
		<url>https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L144xH53/siteon0-9c6c5.png?1729015892</url>
		<link>https://www.ababord.org/</link>
		<height>53</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Marie-Claire Blais, et le reste</title>
		<link>https://www.ababord.org/Marie-Claire-Blais-et-le-reste</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Marie-Claire-Blais-et-le-reste</guid>
		<dc:date>2012-09-07T02:42:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lise Bissonnette</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Litt&#233;rature</dc:subject>
		<dc:subject>Bissonnette, Lise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Faisons un test, je vous le propose. Allons en lire quelques pages sur un banc de la gare centrale de Montr&#233;al, vers dix-huit heures, quand se croisent tous les &#233;tages d'une ville, et toutes les directions qui s'offrent pour s'en &#233;loigner. Nous serons chez elle, elle n'a pas besoin de nommer ce pays pour l'arpenter dans ce qu'il est devenu. &lt;br class='autobr' /&gt; Hier encore je me suis irrit&#233;e en lisant un analyste par ailleurs intelligent qui, ayant r&#233;ussi &#224; aller au c&#339;ur de son propos critique, croyait utile (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-femmes-inspirees-femmes-" rel="directory"&gt;Dossier : femmes inspir&#233;es, femmes inspirantes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Litterature-+" rel="tag"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bissonnette-Lise-+" rel="tag"&gt;Bissonnette, Lise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1458.jpg?1642092138' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;491&#034; height=&#034;299&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Faisons un test, je vous le propose. Allons en lire quelques pages sur un banc de la gare centrale de Montr&#233;al, vers dix-huit heures, quand se croisent tous les &#233;tages d'une ville, et toutes les directions qui s'offrent pour s'en &#233;loigner. Nous serons chez elle, elle n'a pas besoin de nommer ce pays pour l'arpenter dans ce qu'il est devenu.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Hier encore je me suis irrit&#233;e en lisant un analyste par ailleurs intelligent qui, ayant r&#233;ussi &#224; aller au c&#339;ur de son propos critique, croyait utile d'assener un point final en forme de balayage : &#171; &lt;i&gt;tout le reste est litt&#233;rature.&lt;/i&gt; &#187; C'est-&#224;-dire poussi&#232;re, l&#233;g&#232;ret&#233;, au pire un encombrement et au mieux une dentelle. Si la litt&#233;rature n'avait pas &#233;t&#233; au c&#339;ur des propos sur la vie, de la naissance de l'alphabet jusqu'&#224; nos jours num&#233;ris&#233;s, le monde ne serait pourtant qu'ignorance et barbarie. Mais le clich&#233; s&#233;vit toujours, m&#234;me chez les beaux esprits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes il s&#233;vit partout, au Qu&#233;bec comme ailleurs, mais je veux en ce moment m'en tenir au Qu&#233;bec, aux fins de t&#233;moigner de mon estime pour Marie-Claire Blais, femme inspir&#233;e et inspirante, qui incarne &#224; elle seule le &#171; reste &#187; immense et essentiel qu'est la litt&#233;rature. Je la connais tr&#232;s peu, je l'ai crois&#233;e de temps &#224; autre sans d&#233;sir d'entamer sa r&#233;serve, je pr&#233;f&#232;re rencontrer les auteurs dans leurs livres, la question met les meilleurs &#224; la torture et Marie-Claire Blais est r&#233;ticente &#224; la confidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est par l'objet-livre qu'elle m'a d'abord touch&#233;e. Au milieu des ann&#233;es soixante, j'&#233;tais pensionnaire dans un lieu gris o&#249; de tristes jeunes femmes conscrites en religion livraient maladroitement les derni&#232;res batailles d'une &#201;glise en d&#233;route, qu'elles allaient bient&#244;t quitter elles-m&#234;mes. Elles nous interdisaient de lire Jean-Jacques Rousseau, George Sand, mais tout autant &#171; l'existentialiste &#187; Marie-Claire Blais. Nous comprenions ainsi qu'il fallait les lire, ce fut autant de pris contre les &#233;teignoirs, je suis donc entr&#233;e en litt&#233;rature qu&#233;b&#233;coise par la grande porte, celle d'une saison dans la vie d'Emmanuel plut&#244;t que celle des grands airs de Menaud. Le contenu m&#234;me de ces livres, je m'en souviens vaguement, mais je revis avec bonheur la lib&#233;ration du geste, celui de l'emprunt dans une biblioth&#232;que d'Ottawa, du transport interprovincial clandestin jusqu'&#224; Hull, de la cache sous le matelas dans un dortoir de moins en moins surveill&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'elle racontait m'est aujourd'hui un souvenir embrum&#233;, mais ce qu'elle disait me revient avec force. Je lisais des niaiseries depuis que j'avais appris &#224; lire, je m'en accommodais bien, et soudain, une &#233;crivaine &#224; peine plus &#226;g&#233;e que moi m'apprenait que notre monde, le mien, le sien, &#233;tait non pas une suite d'&#233;v&#233;nements quotidiens petits et grands o&#249; se tissaient des histoires petites et grandes, mais un magma o&#249; la t&#234;te, &lt;i&gt;blanche&lt;/i&gt;, se heurtait aux mis&#232;res, noires, dans un chant qui n'&#233;tait pas enti&#232;rement d&#233;ses&#173;p&#233;r&#233;. J'ai grandi en Abitibi &#224; l'ombre d'une mine dont les d&#233;chets avaient transform&#233; les abords d'un superbe lac en mar&#233;cage aux surfaces mordor&#233;es, on pouvait r&#234;ver de s'y enliser pour y mourir doucement ou y imaginer un vivier pour oiseaux de feu, c'&#233;tait selon ce qu'on pouvait en comprendre ou deviner. Telle est l'image qui me vient encore en me rem&#233;morant mes premi&#232;res lectures de Marie-Claire Blais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle aurait pu, le succ&#232;s imm&#233;diat aidant, devenir une &#233;crivaine filante, comme tant d'autres que les lendemains de la R&#233;volution tranquille ont d&#233;tourn&#233;s vers des occupations par ailleurs vaillantes. Elle est demeur&#233;e en litt&#233;rature, son &#233;criture a mu&#233; sans changer vraiment, l'ampleur du phras&#233; a d&#251; se d&#233;velopper pour accueillir plus r&#233;cemment l'immensit&#233; de la fresque dont &lt;i&gt;Soifs&lt;/i&gt; est l'origine, mais elle est rest&#233;e imperm&#233;able aux tendances litt&#233;raires, aux saisons de l'intime qui ont succ&#233;d&#233; aux saisons du formalisme qui ont succ&#233;d&#233; aux saisons du politique. Et elle dit toujours le mar&#233;cage mordor&#233;, sans y voir une impasse. Je l'ai entendue expliquer cela lors d'un entretien &#224; la Grande Biblioth&#232;que, elle insistait sur ce qui bouge et avance sous la surface des &#234;tres et des choses qu'elle met en sc&#232;ne, mais qu'elle n'enlise pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son affirmation d'un futur est re&#231;ue avec scepticisme, on la pr&#233;sente aux jeunes comme une &#233;crivaine aux id&#233;es plut&#244;t sombres et de tr&#232;s (trop) haute expression, on les intimide. Lire Marie-Claire Blais ce serait comme lire Marcel Proust, un marathon pour intellectuels &#233;l&#233;gants et d&#233;tach&#233;s du monde. D'autant que son monde, justement, n'est pas pr&#233;cis&#233;ment le Qu&#233;bec, qu'il se tient dans toute l'Am&#233;rique et souvent au-del&#224;. Faisons un test, je vous le propose. Allons en lire quelques pages sur un banc de la gare centrale de Montr&#233;al, vers dix-huit heures, quand se croisent tous les &#233;tages d'une ville, et toutes les directions qui s'offrent pour s'en &#233;loigner. Nous serons chez elle, elle n'a pas besoin de nommer ce pays pour l'arpenter dans ce qu'il est devenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la gauche du Qu&#233;bec, parfaitement d'accord avec la droite pour confondre la litt&#233;rature avec un &#171; reste &#187;, s'avisait un jour d'entrer en culture, elle rencontrerait certainement Marie-Claire Blais sur les traces de l'essentiel. Encore faudrait-il pour y arriver qu'elle commen&#173;ce par s'extirper des id&#233;es re&#231;ues au sein de son pensionnat. Mon esp&#233;rance, pour le coup, est tr&#232;s mince.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Simonne Monet-Chartrand</title>
		<link>https://www.ababord.org/Simonne-Monet-Chartrand</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Simonne-Monet-Chartrand</guid>
		<dc:date>2012-09-07T02:40:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>R&#233;gine Laurent</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire des luttes</dc:subject>
		<dc:subject>Laurent, R&#233;gine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Heureusement qu'il y a eu des femmes comme Simonne Monet-Chartrand. Des femmes, comme elle, qui nous ont servi d'exemples. Elle nous a d&#233;montr&#233; qu'il &#233;tait possible, en s'unissant, de combattre les injustices et de vivre en harmonie avec des valeurs inclusives &lt;br class='autobr' /&gt; Le vieil adage disant que derri&#232;re chaque grand homme se cache une femme prend tout son sens lorsque l'on pense au d&#233;funt couple qu'ont form&#233; Michel Chartrand et Simonne Monet-Chartrand. L'engagement ind&#233;fectible envers les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-femmes-inspirees-femmes-" rel="directory"&gt;Dossier : femmes inspir&#233;es, femmes inspirantes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Memoire-des-luttes-+" rel="tag"&gt;M&#233;moire des luttes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Laurent-Regine-+" rel="tag"&gt;Laurent, R&#233;gine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1459.jpg?1642092138' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;398&#034; height=&#034;515&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Heureusement qu'il y a eu des femmes comme Simonne Monet-Chartrand. Des femmes, comme elle, qui nous ont servi d'exemples. Elle nous a d&#233;montr&#233; qu'il &#233;tait possible, en s'unissant, de combattre les injustices et de vivre en harmonie avec des valeurs inclusives&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le vieil adage disant que derri&#232;re chaque grand homme se cache une femme prend tout son sens lorsque l'on pense au d&#233;funt couple qu'ont form&#233; Michel Chartrand et Simonne Monet-Chartrand. L'engagement ind&#233;fectible envers les travailleuses et les travailleurs de monsieur Chartrand est connu et reconnu, mais l'h&#233;ritage laiss&#233; par Simonne Monet-Chartrand aux mouvements syndical et f&#233;ministe est tout aussi remarquable. Son parcours de femme, d'&#233;pouse, de m&#232;re et de militante est inspirant non seulement pour nous, mais &#233;galement pour les g&#233;n&#233;rations futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si son histoire me touche et m'inspire profond&#233;ment, c'est sans aucun doute parce que j'ai l'impression d'appartenir &#224; la m&#234;me famille. Nos vies se d&#233;roulent &#224; des &#233;poques bien diff&#233;rentes, mais force est de constater que les similarit&#233;s sont fascinantes. Ses propres batailles ou celles qu'elle a men&#233;es aux c&#244;t&#233;s de son mari doivent encore aujourd'hui &#234;tre poursuivies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simonne Monet-Chartrand a grandement contribu&#233; aux avanc&#233;s du mouvement f&#233;ministe. Port&#233;e par des valeurs d'&#233;galit&#233;, de justice et de solidarit&#233;, ses luttes se situent &#224; un moment de l'histoire o&#249; les femmes &#233;taient confin&#233;es au foyer et leurs droits, presque inexistants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous partageons les m&#234;mes valeurs et nous aspirons aux m&#234;mes id&#233;aux. Ce qu'il y a de chang&#233;, ce sont les paradigmes et les acteurs, mais les enjeux, eux, restent les m&#234;mes. Les attaques contre les f&#233;ministes et les syndicalistes sont toujours pr&#233;sentes. Les fermetures sauvages d'usines, les tentatives indues pour sabrer les conditions de travail et le non-respect du travail des travailleuses et des travailleurs sont d'actualit&#233;. Contrer la mainmise du patronat sur nos vies est encore un combat quotidien. L'&#233;galit&#233; entre les hommes et les femmes n'est pas chose faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; son &#233;poque, la religion dictait les conduites. Aujourd'hui, c'est le monde de la finance qui joue ce r&#244;le. &#192; son &#233;poque, les syndicats devaient continuellement prouver leur l&#233;gitimit&#233; en d&#233;montrant qu'ils avaient l'appui de la majorit&#233; de leurs membres. Aujourd'hui, plusieurs voudraient voir l'adoption d'une loi limitant le champ d'action des organisations syndicales &#224; la n&#233;gociation et les emp&#234;cher d'intervenir sur le plan politique. &#192; son &#233;poque, le droit de vote des femmes et leur implication dans la soci&#233;t&#233; relevaient du r&#234;ve. Aujourd'hui, les lieux d&#233;cisionnels sont toujours majoritairement occup&#233;s par des hommes et le droit &#224; une autonomie &#233;conomique d'un trop grand nombre de femmes n'est pas respect&#233;. &#192; son &#233;poque, les semaines de travail interminables et les conditions de travail inhumaines &#233;taient r&#233;pandues. Aujourd'hui, des milliers de professionnelles en soins entrent quotidiennement au travail et ne savent pas &#224; quelle heure elles pourront rentrer chez elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement qu'il y a eu des femmes comme Simonne Monet-Chartrand. Des femmes, comme elle, qui nous ont servi d'exemples. Elle nous a d&#233;montr&#233; qu'il &#233;tait possible, en s'unissant, de combattre les injustices et de vivre en harmonie avec des valeurs inclusives. Elle nous a appris que rien n'est gagn&#233;, que rien n'est acquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, avec l'aide de femmes et d'hommes qui partagent les m&#234;mes valeurs et aspirations, je suis d&#233;termin&#233;e &#224; poursuivre le travail de Simonne Monet-Chartrand. Ensemble, nous r&#233;ussirons &#224; atteindre notre but commun, soit de vivre dans une soci&#233;t&#233; juste, solidaire et &#233;galitaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Madeleine Parent</title>
		<link>https://www.ababord.org/Madeleine-Parent</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Madeleine-Parent</guid>
		<dc:date>2012-09-07T02:40:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;oise David</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire des luttes</dc:subject>
		<dc:subject>David, Fran&#231;oise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je l'ai aim&#233;e et admir&#233;e tout de suite. &lt;br class='autobr' /&gt; C' est ainsi que je titrais un article paru dans le livre Madeleine Parent, militante, paru en 2003 aux &#201;ditions du remue-m&#233;nage sous la direction d'Andr&#233;e L&#233;vesque, historienne f&#233;ministe. De dire d'une dame &#226;g&#233;e qu'elle est &#171; indigne &#187; n'a rien de p&#233;joratif &#224; mes yeux, bien au contraire. J'adore les vieilles et vieux turbulents, d&#233;linquants, qui ne se g&#234;nent pas pour parler et agir en dehors de la pens&#233;e dominante. Ils ont tout vu, tant appris, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-femmes-inspirees-femmes-" rel="directory"&gt;Dossier : femmes inspir&#233;es, femmes inspirantes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Memoire-des-luttes-+" rel="tag"&gt;M&#233;moire des luttes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-David-Francoise-+" rel="tag"&gt;David, Fran&#231;oise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1460.jpg?1642092138' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;440&#034; height=&#034;355&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Je l'ai aim&#233;e et admir&#233;e tout de suite. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C' est ainsi que je titrais un article paru dans le livre &lt;i&gt;Madeleine Parent, militante&lt;/i&gt;, paru en 2003 aux &#201;ditions du remue-m&#233;nage sous la direction d'Andr&#233;e L&#233;vesque, historienne f&#233;ministe. De dire d'une dame &#226;g&#233;e qu'elle est &#171; indigne &#187; n'a rien de p&#233;joratif &#224; mes yeux, bien au contraire. J'adore les vieilles et vieux turbulents, d&#233;linquants, qui ne se g&#234;nent pas pour parler et agir en dehors de la pens&#233;e dominante. Ils ont tout vu, tant appris, tant v&#233;cu que plus rien ne les &#233;tonne. Plus rien ne leur fait peur et donc, ils osent dire tout haut ce que plusieurs pensent tout bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madeleine Parent n'est plus. J'ai choisi de parler d'elle parce qu'elle fait partie des femmes qui m'ont le plus inspir&#233;e dans ma vie. Apr&#232;s ma m&#232;re et avec L&#233;a Roback, une autre femme merveilleuse, f&#233;ministe et syndicaliste m&#233;connue aujourd'hui. &#171; &lt;i&gt;J'aime Madeleine quand elle a raison et quand elle se trompe, quand elle approuve et quand elle s'indigne. J'aime sa pudeur, ses paroles radicales et sa voix douce, son immense g&#233;n&#233;rosit&#233;. Je ne peux rien lui refuser&#8230; ou alors si rarement &lt;/i&gt; &#187;, &#233;crivais-je dans le m&#234;me article.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madeleine Parent fut une infatigable syndicaliste, particuli&#232;rement aupr&#232;s des travailleuses du textile. Elle a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e plusieurs fois par la police de Duplessis, ce premier ministre autoritaire que certains tentent de r&#233;habiliter aujourd'hui. Pour Duplessis, syndicalisme rimait avec communisme. Madeleine a &#233;t&#233; accus&#233;e de conspiration s&#233;ditieuse, reconnue coupable en premi&#232;re instance puis acquitt&#233;e en appel. Avec son mari, Kent Rowley, aussi organisateur syndical, elle a jet&#233; les bases du syndicalisme canadien en opposition aux syndicats internationaux (entendre &#233;tats-uniens).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je l'ai connue vers la fin des ann&#233;es 1980, alors que je commen&#231;ais &#224; travailler et militer activement dans le mouvement des femmes. Je&#8200;l'ai aim&#233;e et admir&#233;e tout de suite. Imaginez :&#8200;une dame d'&#226;ge respectable qui pourfend les n&#233;olib&#233;raux en n'&#233;levant jamais la voix. Une femme qui pourrait bien se reposer &#8211; elle s'approche alors de ses 70 ans &#8211;, mais qui continue d'agir en faveur des femmes, des immigr&#233;Es, des Autochtones. Une militante qui agit alors au sein du mouvement des femmes canadien et joindra bient&#244;t les rangs de la F&#233;d&#233;ration des femmes du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est au premier rang de la marche Du pain et des roses en 1995. Elle participe au virage de la FFQ vers les femmes sans voix. Elle &#339;uvre au rapprochement des groupes de femmes immigrantes et de la FFQ. &#192; cet &#233;gard, son apport sera d&#233;terminant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; diff&#233;rents moments, j'ai pu discuter avec elle des combats f&#233;ministes. Son optimisme &#233;tait contagieux. Elle me disait : &#171; &lt;i&gt;&#8200;Tu sais, dans l'histoire, il y a des avanc&#233;es, des reculs, des moments difficiles et m&#234;me d&#233;courageants. Mais il faut pers&#233;v&#233;rer, car l'humanit&#233; avance tout de m&#234;me. Vois tout le chemin parcouru par les femmes au vingti&#232;me si&#232;cle !&lt;/i&gt; &#187; Je lui donnais raison. Et aujourd'hui, les jours o&#249; l'incertitude et la lassitude surgissent parce que les luttes pi&#233;tinent ou que les attaques gouvernementales se font brutales, je repense &#224; cette grande dame courageuse et tenace et je me dis que nous n'avons pas le droit de nous laisser aller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madeleine Parent demeure ch&#232;re &#224; mon c&#339;ur. J'admirerai toujours sa constance, la force de ses convictions et sa capacit&#233; &#224; rassembler. Radicale, elle a toujours su travailler avec des femmes de milieux diversifi&#233;s. Elle m'inspire dans mon propre combat pour un Qu&#233;bec &#224; la fois solidaire et f&#233;ministe, souverainiste et respectueux des minorit&#233;s, &#233;cologiste et cr&#233;ateur d'emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un grand merci, Madeleine !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>France Charbonneau</title>
		<link>https://www.ababord.org/France-Charbonneau</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/France-Charbonneau</guid>
		<dc:date>2012-09-07T02:39:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lise Payette</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Payette, Lise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J' ai vu des photos d'elle. Je ne sais pas si je la reconna&#238;trais dans une foule, m&#234;me si son visage m'est familier. Ce que je sais d'elle, je l'ai appris dans les journaux, car on a souvent cit&#233; ses performances au cours des derni&#232;res ann&#233;es. Elle est fonceuse, d&#233;termin&#233;e et elle ne s'en laisse jamais imposer. Si vous lui marchez sur les pieds, vous allez la voir r&#233;agir imm&#233;diatement. &lt;br class='autobr' /&gt; Cette femme me fascine parce que malgr&#233; le fait que certains aient tent&#233; de lui donner la r&#233;putation (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-femmes-inspirees-femmes-" rel="directory"&gt;Dossier : femmes inspir&#233;es, femmes inspirantes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Payette-Lise-+" rel="tag"&gt;Payette, Lise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1461.jpg?1642092138' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;511&#034; height=&#034;363&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;J' ai vu des photos d'elle. Je ne sais pas si je la reconna&#238;trais dans une foule, m&#234;me si son visage m'est familier. Ce que je sais d'elle, je l'ai appris dans les journaux, car on a souvent cit&#233; ses performances au cours des derni&#232;res ann&#233;es. Elle est fonceuse, d&#233;termin&#233;e et elle ne s'en laisse jamais imposer. Si vous lui marchez sur les pieds, vous allez la voir r&#233;agir imm&#233;diatement. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette femme me fascine&lt;/strong&gt; parce que malgr&#233; le fait que certains aient tent&#233; de lui donner la r&#233;putation d'avoir un sale caract&#232;re, je serais plut&#244;t port&#233;e &#224; penser que la juge France Charbonneau a &lt;i&gt;du caract&#232;re&lt;/i&gt; et que dans les milieux qu'elle fr&#233;quente, le milieu de la justice en particulier, on pr&#233;f&#232;re parfois les femmes qui n'en ont pas trop. Elle est au sommet de ses comp&#233;tences et elle vient de r&#233;ussir un v&#233;ritable tour de force : elle a fait plier Jean Charest alors que des centaines de milliers de Qu&#233;b&#233;cois et Qu&#233;b&#233;coises n'avaient pas r&#233;ussi &#224; l'&#233;branler dans son ent&#234;tement &#224; refuser une commission d'enqu&#234;te digne de ce nom au sujet de la corruption et de la collusion dans le milieu de la construction. La juge Charbonneau, une fois nomm&#233;e, a seulement exig&#233; de pr&#233;sider une v&#233;ritable commission d'enqu&#234;te selon les crit&#232;res de la loi existante plut&#244;t que ce que certains avaient appel&#233; la &#171; patente &#224; gosse &#187; que le premier ministre avait concoct&#233;e. La juge France Charbonneau a gagn&#233; la partie sans d&#233;chirer sa toge, sans convoquer de conf&#233;rence de presse, sans se mettre &#224; genoux et sans faire de concession. Elle a juste envoy&#233; au premier ministre une lettre sobre qui lui faisait comprendre clairement qu'ou bien il lui donnait ce dont elle avait besoin pour faire le travail correctement ou bien... Il n'a pas eu besoin qu'elle lui fasse un dessin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette femme me fascine&lt;/strong&gt; parce qu'on dit d'elle qu'elle est une battante, mais que sa joie de vivre fait l'envie de ceux qui la c&#244;toient. Elle a franchi le cap des 60 ans et pourrait se reposer sur ses lauriers, mais la criminaliste hautement qualifi&#233;e qu'elle est devenue veut continuer &#224; combattre le crime qui contamine la soci&#233;t&#233; dans laquelle nous vivons. Elle, la sans-peur, est connue comme une romantique, mais dans l'exercice de sa profession, son sang-froid, dit-on, est impressionnant. On dit que &#171; Mom &#187; Boucher ne la porterait pas dans son c&#339;ur. C'est elle qui a r&#233;ussi &#224; le faire condamner en 2002. Elle a d'ailleurs plaid&#233; environ 80 causes de meurtre avec succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette femme me fascine&lt;/strong&gt; parce qu'elle a d&#251; se battre pour faire les &#233;tudes qui l'ont men&#233;e l&#224; o&#249; elle est maintenant. Elle avait entrepris son cours classique quand son p&#232;re, convaincu qu'elle n'avait pas les qualit&#233;s requises pour faire des &#233;tudes, lui conseille de s'orienter vers le secr&#233;tariat. Elle le fait au c&#233;gep puis travaille comme secr&#233;taire juridique, d&#233;couvre un monde qui l'int&#233;resse et d&#233;cide de faire des &#233;tudes en droit. Son destin se dessine. Elle passera 26 ans &#224; la Couronne, sera attach&#233;e &#224; l'escouade Carcajou et elle enseignera au Barreau, &#224; l'&#233;cole de police et dans deux universit&#233;s. Elle sera nomm&#233;e juge &#224; la Cour sup&#233;rieure en 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette femme me fascine&lt;/strong&gt; parce qu'elle va porter sur ses &#233;paules une bonne partie des esp&#233;rances qu&#233;b&#233;coises. Le peuple l'appuiera totalement si elle entreprend vraiment de d&#233;barrasser la soci&#233;t&#233; de l'odeur naus&#233;abonde qui afflige notre quotidien. Nous d&#233;ses&#173;p&#233;rions presque que le m&#233;nage puisse &#234;tre fait dans les domaines qu'on vient de lui confier. La t&#226;che sera colossale, mais France Charbonneau n'est pas femme &#224; se laisser d&#233;courager par l'ampleur de la t&#226;che &#224; accomplir. Elle prendra syst&#233;matiquement les choses une par une jusqu'&#224; ce que tout le casse-t&#234;te soit reconstitu&#233;. Elle saura avancer prudemment pour que personne ne puisse &#233;chapper au ch&#226;timent, si ch&#226;timent il doit y avoir. Elle veillera &#224; ce que les rats ne puissent quitter le navire avant que nous ne les ayons identifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi je pr&#233;dis que la juge Charbonneau sera l'une des femmes les plus inspirantes au cours des ann&#233;es qui viennent. Elle sera un mod&#232;le qui, sans rien faire d'autre que d'assumer les responsabilit&#233;s qui lui incombent, transformera la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise qui se r&#233;jouit d&#233;j&#224; de savoir qu'elle est l&#224; et qui lui fait confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me son silence est inspirant. Toute &#224; son travail, &#231;a me rassure qu'elle se taise plut&#244;t que de faire le tour des talk-shows en ce moment. &#199;a m&#233;rite notre admiration et notre reconnaissance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Irma Levasseur et Lucille Teasdale</title>
		<link>https://www.ababord.org/Irma-Levasseur-et-Lucille-Teasdale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Irma-Levasseur-et-Lucille-Teasdale</guid>
		<dc:date>2012-09-07T02:37:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Claude Goulet</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire des luttes</dc:subject>
		<dc:subject>Goulet, Marie-Claude</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je l&#232;ve mon chapeau &#224; toutes ces femmes dont l'histoire n'a pas &#233;t&#233; &#233;crite, mais qui ont chang&#233; le monde. &#192; notre tour de livrer bataille, chacune dans nos milieux, et de faire avancer la lutte contre les in&#233;galit&#233;s, les injustices, l'exploitation et toutes les formes d'oppression et de domination. &lt;br class='autobr' /&gt; &#201;crire sur une femme inspirante&#8230; int&#233;ressante proposition qui m'oblige &#224; m'arr&#234;ter un instant et &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; toutes ces femmes qui nous inspirent, &#224; toutes ces femmes, trop souvent oubli&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-femmes-inspirees-femmes-" rel="directory"&gt;Dossier : femmes inspir&#233;es, femmes inspirantes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Memoire-des-luttes-+" rel="tag"&gt;M&#233;moire des luttes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Goulet-Marie-Claude-+" rel="tag"&gt;Goulet, Marie-Claude&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1462.jpg?1642092138' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;252&#034; height=&#034;378&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Je l&#232;ve mon chapeau &#224; toutes ces femmes dont l'histoire n'a pas &#233;t&#233; &#233;crite, mais qui ont chang&#233; le monde. &#192; notre tour de livrer bataille, chacune dans nos milieux, et de faire avancer la lutte contre les in&#233;galit&#233;s, les injustices, l'exploitation et toutes les formes d'oppression et de domination.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#201;crire sur une femme inspirante&#8230; int&#233;ressante proposition qui m'oblige &#224; m'arr&#234;ter un instant et &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; toutes ces femmes qui nous inspirent, &#224; toutes ces femmes, trop souvent oubli&#233;es et assujetties au second r&#244;le dans l'histoire des Hommes, qui par leur force, leur intelligence, leur courage et leur volont&#233; ont fait tomber des murs de briques, ouvrant la voie &#224; celles qui les suivent pour qu'elles sortent de leur r&#244;le de bonne m&#232;re m&#233;nag&#232;re dans lequel elles ont &#233;t&#233; confin&#233;es (et le sont encore trop souvent) par une soci&#233;t&#233; machiste et patriarcale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;crire sur une femme inspirante&#8230; difficile d'en choisir une parmi toutes celles qui me viennent en t&#234;te : de Madeleine Parent &#224; L&#233;a Roback, de Rosa Luxembourg &#224; Emma Goldman, de Simone de Beauvoir &#224; Frida Khalo, de Marie Curie &#224; Voltairine de Cleyre, de Shirin Ebadi &#224; &#201;va Circ&#233;-C&#244;t&#233;, la liste est longue et il y aurait beaucoup &#224; dire sur chacune d'entre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai d&#233;cid&#233; de m'arr&#234;ter sur deux femmes d'ici, Irma Levasseur et Lucille Teasdale. Deux femmes qui se sont battues, contre vents et mar&#233;es, pour devenir m&#233;decin et faire avec force et engagement ce en quoi elles croyaient profond&#233;ment : une m&#233;decine au service des pauvres d'ici et d'ailleurs, parce qu'&#224; leurs yeux cette pauvret&#233; est injuste et n'est pas &#171; naturelle &#187;, comme certains le pr&#233;tendent. Par leur vie exceptionnelle, ces deux femmes ont &#233;branl&#233; des forteresses d'interdits, d'oppression et de pr&#233;jug&#233;s et contribu&#233; &#224; la cr&#233;ation d'un monde plus juste et plus humain.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Irma Levasseur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la fin du 19e si&#232;cle, alors qu'au Qu&#233;bec les femmes n'ont pas de droits civiques et ne sont pas reconnues en tant que personnes (au m&#234;me titre que les &#171; sauvages, les criminels et les fous&#8230; &#187; !!), Irma Levasseur bouscule les conventions de l'&#233;poque et devient m&#233;decin. Exploit assez impressionnant alors que l'on confine les femmes au foyer et leur interdit d'&#233;tudier &#224; l'universit&#233; sous pr&#233;texte qu'elles sont trop &#233;motives et ne poss&#232;dent pas les capacit&#233;s intellectuelles pour le faire. Dans ce contexte, Levasseur quitte le Qu&#233;bec et r&#233;ussit brillamment son cours de m&#233;decine aux &#201;tats-Unis, o&#249; l'on commence &#224; admettre quelques femmes dans certaines facult&#233;s. &#192; son retour, malgr&#233; quelques ann&#233;es de pratique derri&#232;re elle, on lui refuse le droit de pratique : une femme ne peut qu'&#234;tre un mauvais m&#233;decin. C'est au prix d'une bataille obstin&#233;e qu'on l'autorisera finalement &#224; pratiquer et qu'elle deviendra la premi&#232;re femme m&#233;decin canadienne-fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sirant exceller et repousser les obstacles, elle va se sp&#233;cialiser en chirurgie p&#233;diatrique &#224; Paris. Devenir chirurgienne au Qu&#233;bec en 1905 rel&#232;ve de l'impossible, mais rien ne l'arr&#234;tera dans son projet de soigner les enfants pauvres et malades. Irma Levasseur sera l'instigatrice de la fondation de l'H&#244;pital Sainte-Justine, premier h&#244;pital francophone pour enfants. L'histoire semble l'avoir oubli&#233;e, conservant seulement le souvenir de Mme Justine Lacoste-Beaubien, femme de la haute bourgeoisie ayant financ&#233; le projet de Levasseur avec l'argent de son mari.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale, Dre Levasseur part en Serbie o&#249; s&#233;vit une &#233;pid&#233;mie de typhus. Les conditions de vie sont si difficiles et dangereuses que la majorit&#233; de ses coll&#232;gues quittent le pays alors qu'elle continue &#224; y travailler pendant quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, elle va vivre &#224; Qu&#233;bec o&#249;, avec toutes ses &#233;conomies, elle met en place un h&#244;pital pour enfants qui deviendra l'H&#244;pital de l'Enfant-J&#233;sus. Apr&#232;s quelques conflits avec les administrateurs, on l'&#233;carte du projet, ce qui la laisse sans le sou. Elle tente alors de mettre en place une autre clinique pour enfants, mais le projet est bloqu&#233; par la haute bourgeoisie de Qu&#233;bec qui ne veut pas voir d&#233;filer des enfants pauvres et malades devant leurs maisons cossues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans l'oubli, la solitude et l'extr&#234;me pauvret&#233; qu'elle passe les 20 derni&#232;res ann&#233;es de sa vie. On tente de la faire passer pour folle et de la mettre sous curatelle publique, ce qu'elle conteste. Elle gagne cette derni&#232;re triste bataille.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lucille Teasdale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une deuxi&#232;me femme m&#233;decin, Lucille Teasdale, marche dans les pas d'Irma Levasseur : une grande partie de sa formation se fera &#224; l'H&#244;pital Sainte-Justine. En 1950, elle devient la premi&#232;re femme chirurgienne dipl&#244;m&#233;e de l'Universit&#233; de Montr&#233;al, un accomplissement impressionnant compte tenu de l'ampleur du machisme et de la mentalit&#233; de l'&#233;poque. Malgr&#233; son dipl&#244;me et ses excellentes capacit&#233;s, aucun h&#244;pital nord-am&#233;ricain ne veut l'engager comme chirurgienne, simplement parce qu'elle est une femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle quitte alors pour l'Ouganda o&#249;, avec son mari, elle met en place un h&#244;pital dans la ville de Gulu. Elle y passe sa vie enti&#232;re et y travaille sans rel&#226;che dans des conditions extr&#234;mement difficiles que peu de gens auraient support&#233;es. Lorsqu'une guerre civile sanglante &#233;clate, non seulement elle ne fuit pas comme la majorit&#233; des ressortissants &#233;trangers, mais elle redouble d'ardeur au travail et op&#232;re m&#234;me parfois jour et nuit. &#171; &lt;i&gt;J'&#233;tais la seule personne capable de sauver des vies. Il n'&#233;tait pas question de quitter&lt;/i&gt; &#187;, dira-t-elle. C'est lors d'une de ces chirurgies de guerre qu'elle contracte le VIH, virus encore m&#233;connu &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque questionn&#233;e sur ce qu'elle faisait en Ouganda, elle r&#233;pondait : &#171; &lt;i&gt;J'ai deux objectifs. Le premier est de procurer les meilleurs soins possibles au plus bas prix possible. Le deuxi&#232;me est de former la rel&#232;ve pour que lorsque nous [son mari et elle] serons morts, l'h&#244;pital continue de fonctionner et de traiter des milliers de personnes.&lt;/i&gt; &#187; Elle aura atteint ses objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est morte du VIH en 1996, apr&#232;s avoir continu&#233; &#224; travailler jusqu'&#224; la toute fin. &#171; &lt;i&gt;&#199;a fait partie des risques du m&#233;tier. Il y a des risques &#224; soigner et op&#233;rer, on n'arr&#234;te pas pour autant. Je n'ai aucune amertume et il n'y a aucune raison de faire un drame avec &#231;a. Je vis, je continue &#224; soigner les gens et je suis heureuse ainsi. &lt;/i&gt; &#187; Ce t&#233;moignage donne une bonne id&#233;e de la force de cette femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je l&#232;ve mon chapeau bien haut &#224; ces deux femmes qui par leur courage et leur t&#233;nacit&#233; ont chamboul&#233; l'ordre dominant, par leur engagement et leur int&#233;grit&#233; ont insuffl&#233; de l'humanisme &#224; un monde trop souvent indiff&#233;rent, par leur vie nous ont pav&#233; la route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je l&#232;ve aussi mon chapeau &#224; toutes ces femmes dont l'histoire n'a pas &#233;t&#233; &#233;crite, mais qui ont chang&#233; le monde. Parce que l'Histoire avec un grand &#171; H &#187;, celle qui nous est racont&#233;e, c'est celle des ma&#238;tres, des d&#233;cideurs, des gagnants, des vainqueurs et des dominants. Nous avons le devoir de raconter tout autre chose, l'histoire de ces femmes qui, trop subversives, trop pauvres, trop &#171; folles &#187;, trop &#171; d&#233;prav&#233;es &#187;, ont donn&#233; leur vie &#224; la recherche de la libert&#233;, de la justice et du bien commun. &#192; notre tour de livrer bataille, chacune dans nos milieux, et de faire avancer la lutte contre les in&#233;galit&#233;s, les injustices, l'exploitation et toutes les formes d'oppression et de domination.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour H&#233;l&#232;ne Pedneault</title>
		<link>https://www.ababord.org/Pour-Helene-Pedneault</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Pour-Helene-Pedneault</guid>
		<dc:date>2012-09-07T02:36:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pol Pelletier</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire des luttes</dc:subject>
		<dc:subject>Pelletier, Pol</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 1999, &#224; la demande de la maison de la culture Mont-Royal qui d&#233;sirait honorer le 10e anniversaire de Polytechnique, j'ai &#233;crit et jou&#233; un texte de th&#233;&#226;tre qui &#233;tait un long hurlement d'indignation :&#8200;C&#233;r&#233;monie d'adieu. En 2001, j'ai failli mourir. De 2002 &#224; 2004, j'ai retravaill&#233; le texte en me disant : je dois dire ce que j'ai vu avant de mourir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le spectacle raconte l'histoire de l'humanit&#233; en se posant la question :&#8200;qu'avons-nous fait des femmes ? Le spectacle interroge ensuite (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-femmes-inspirees-femmes-" rel="directory"&gt;Dossier : femmes inspir&#233;es, femmes inspirantes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Memoire-des-luttes-+" rel="tag"&gt;M&#233;moire des luttes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Pelletier-Pol-+" rel="tag"&gt;Pelletier, Pol&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1463.jpg?1642092138' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;218&#034; height=&#034;151&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1999, &#224; la demande de la maison de la culture Mont-Royal qui d&#233;sirait honorer le 10e anniversaire de Polytechnique, j'ai &#233;crit et jou&#233; un texte de th&#233;&#226;tre qui &#233;tait un long hurlement d'indignation :&#8200;&lt;i&gt;C&#233;r&#233;monie d'adieu&lt;/i&gt;. En 2001, j'ai failli mourir. De 2002 &#224; 2004, j'ai retravaill&#233; le texte en me disant : je dois dire ce que j'ai vu avant de mourir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le spectacle raconte l'histoire de l'humanit&#233; en se posant la question :&#8200;qu'avons-nous fait des femmes ? Le spectacle interroge ensuite l'histoire du Qu&#233;bec des 30 derni&#232;res ann&#233;es ; il nomme la longue marche vers la mort de notre peuple et les innombrables mises &#224; mort de nos femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; la premi&#232;re &#224; faire un spectacle sur le massacre de Polytechnique. Je l'ai retravaill&#233; et rejou&#233; en 2004 (sous le titre &lt;i&gt;Nicole, c'est moi&lt;/i&gt;), &#224; Espace Go, gr&#226;ce &#224; l'aide d'H&#233;l&#232;ne Pedneault. Je dois beaucoup &#224; H&#233;l&#232;ne Pedneault, comme tant d'autres artistes du Qu&#233;bec. Elle m'avait aid&#233; &#224; faire conna&#238;tre le Th&#233;&#226;tre exp&#233;rimental des femmes aujourd'hui effac&#233; de la m&#233;moire collective.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Il est temps de parler d'une autre trag&#233;die, inconnue celle-l&#224;. Voici un extrait du spectacle.&lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(L'actrice appelle des femmes qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;e : Gabrielle Roy, Anne H&#233;bert, Simone de Beauvoir&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#233;l&#232;ne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;l&#232;ne, je te demande pardon !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;l&#232;ne Pedneault a &#233;t&#233; ma contemporaine. Une authentique &#233;crivaine publique (journaliste, essayiste, chroniqueuse, sc&#233;nariste, auteure de chansons, dramaturge) et aussi organisatrice de spectacles, agente d'artistes, metteure en sc&#232;ne, attach&#233;e de presse, critique culturelle, intervieweuse, grande gueule et militante infatigable. Elle est selon moi la plus grande M&#232;re nourrici&#232;re de la culture qu&#233;b&#233;coise. Sans rel&#226;che, elle nous a fait voir qui nous sommes au Qu&#233;bec ! Et elle crie ! Elle CRIAIT !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un de mes buts dans la vie, disait-elle, c'est de pr&#233;server &#224; tout prix mon capital d'indignation.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;H&#233;l&#232;ne Pedneault a &#233;crit un livre sur Cl&#233;mence Desrochers, personnage auparavant banalis&#233;, qui nous a permis de comprendre que Cl&#233;mence &#233;tait un pilier de notre identit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;l&#232;ne la visionnaire a aussi sorti de l'oubli une dramaturge de g&#233;nie, Fran&#231;oise Loranger, qui &#233;crivait des pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre dans les ann&#233;es 60. Fran&#231;oise est la seule dramaturge d'ici qui a su repr&#233;senter toute la collectivit&#233; qu&#233;b&#233;coise, tous les &#226;ges et toutes les classes sociales, sur une sc&#232;ne. Ses textes &#233;taient d'une telle puissance, d'une telle pertinence, que l'action se passait autant dans la salle que sur la sc&#232;ne. Les gens du public se levaient, criaient, invectivaient ! Oh mon R&#234;ve !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Fran&#231;oise Loranger est, selon moi, la plus grande dramaturge du Qu&#233;bec et ses pi&#232;ces ne sont jamais mont&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1994, H&#233;l&#232;ne Pedneault a eu l'id&#233;e de faire un collage et une lecture publique des &#339;uvres de Fran&#231;oise Loranger, &#224; la maison de la culture Mont-Royal. Fran&#231;oise &#233;tait &#226;g&#233;e et malade. Six mois plus tard, elle est morte. Elle a demand&#233; &#224; &#234;tre expos&#233;e dans la salle de &lt;/i&gt; &lt;i&gt;spectacle de la Maison de la culture, qui &#233;tait, disait-elle, le lieu de sa &#171; r&#233;surrection &#187;. (En fait, cette salle &#233;tait &#224; l'origine une esp&#232;ce de garage qui a &#233;t&#233; ajout&#233; &#224; un ex-couvent. La Salle Fred Barry aussi &#233;tait un garage &#224; l'origine, le saviez-vous ? Et voil&#224; en condens&#233; la culture au Qu&#233;bec : un garage attach&#233; &#224; un ex-couvent de s&#339;urs !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la mort de Fran&#231;oise, H&#233;l&#232;ne, la m&#232;re nourrici&#232;re, a propos&#233; &#224; Radio-Canada de reprendre un t&#233;l&#233;roman &#233;crit par Fran&#231;oise Loranger dans les ann&#233;es 60, &lt;/i&gt; Sous le signe du Lion. &lt;i&gt;Cela a &#233;t&#233; fait en 1997 avec un immense succ&#232;s. C'&#233;tait totalement d'actualit&#233;. Fran&#231;oise avait des visions avant-gardistes. H&#233;l&#232;ne, elle-m&#234;me auteure et amie de Fran&#231;oise Loranger, &#233;tait responsable de l'adaptation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;crire une suite &#224; ce t&#233;l&#233;roman dont tout le monde parlait et qui a gagn&#233; un G&#233;meau, Radio-Canada a demand&#233; &#224; H&#233;l&#232;ne d'&#233;crire de nouveaux &#233;pisodes, pendant neuf mois, de septembre 1997 &#224; mai 1998. Pour lui annoncer finalement que le projet lui est retir&#233;. Radio-Canada a ensuite donn&#233; le b&#233;b&#233; &#224; un monsieur tr&#232;s connu qui n'a aucune affinit&#233; avec l'univers de Fran&#231;oise Loranger : Guy Fournier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est H&#233;l&#232;ne qui a fait rena&#238;tre Fran&#231;oise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;oise est morte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;l&#232;ne est exclue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cha&#238;ne est cass&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guy Fournier h&#233;rite du travail d'H&#233;l&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non content de b&#233;n&#233;ficier d'un gros contrat, il se met &#224; insulter H&#233;l&#232;ne et Fran&#231;oise dans les journaux (La Presse du 23 mai et du 7 juin 1999).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La misogynie. &#199;a veut dire haine des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne se porte &#224; la d&#233;fense d'H&#233;l&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soixante-dix personnes impliqu&#233;es dans cette aventure t&#233;l&#233;visuelle &#224; succ&#232;s, tous et toutes combl&#233;es de participer &#224; un t&#233;l&#233;roman qui enfin &#233;tait &#171; intelligent &#187; ! Pas un mot n'a &#233;t&#233; prononc&#233; pour exiger que la m&#232;re du projet reste &#224; son poste !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai honte. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le texte qui pr&#233;c&#232;de a &#233;t&#233; &#233;crit et jou&#233; initialement en 1999. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je tremblais, je frappais le sol avec de gros b&#226;tons !&lt;br class='autobr' /&gt;
Pouvais-je imaginer plus grande indignation ?&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#233;l&#232;ne &#233;tait vivante &#224; l'&#233;poque.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Je ne veux pas que tu parles de moi. Je ne veux pas faire piti&#233; &lt;/i&gt; &#187;, disait-elle. Je l'ai vue arriver en coulisse apr&#232;s mon spectacle en 1999, tr&#232;s perturb&#233;e, fumant, fumant&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne comprenais pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#233;l&#232;ne qui d&#233;fendait toutes les malheureuses et malheureux opprim&#233;es injustement trait&#233;es&#8230; ne voulait pas qu'on la d&#233;fende ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Sa pudeur, son c&#339;ur bris&#233;. Son immense c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai jamais racont&#233; ce qui suit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1998, je ne connaissais pas l'histoire de Radio-Canada qui venait de se produire. Je n'avais pas vu H&#233;l&#232;ne depuis des ann&#233;es et je la rencontre par hasard. J'ai vu, boulevers&#233;e, que son &#233;nergie vitale fuyait de partout. J'ai un don : je vois ce qui est dedans et ce qui entoure le corps des gens, avant que cela soit apparent dans la mati&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce jour o&#249; j'ai vu H&#233;l&#232;ne perdant son sang, une voix en moi a dit : H&#233;l&#232;ne va mourir dans la cinquantaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le plus grand r&#234;ve d'H&#233;l&#232;ne, c'&#233;tait d'&#234;tre &#233;crivaine, &#233;crivaine du peuple &#233;crivant pour le peuple. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;crire pour la t&#233;l&#233;vision, c'&#233;tait sa place, sa mission, son r&#244;le. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle avait travaill&#233; au nouveau t&#233;l&#233;roman pendant neuf mois. Le temps d'une grossesse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son destin a &#233;t&#233; pi&#233;tin&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle n'en a parl&#233; &#224; personne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle a ni&#233;, banalis&#233;, refoul&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai &#233;t&#233; horrifi&#233;e. Et puis j'ai oubli&#233; ma vision et la voix proph&#233;tique. C'est un autre monde. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai m&#234;me travaill&#233; avec H&#233;l&#232;ne en 2004. Elle s'est mise compl&#232;tement au service de mon &#339;uvre de l'indignation, Nicole, c'est moi, qui a &#233;t&#233; jou&#233;e &#224; Espace Go pendant neuf jours gr&#226;ce &#224; son intervention. Et cette fois-ci, elle a accept&#233; que je parle d'elle avec fureur et amour.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;tais scandalis&#233;e par ce qui se passait au Qu&#233;bec, et par les mensonges d'Espace Go qui r&#233;cup&#233;rait le pass&#233; du Th&#233;&#226;tre exp&#233;rimental des femmes tout en abandonnant sa mission au service des femmes. En 2005, j'ai d&#233;cid&#233; d'aller vivre en France, persuad&#233;e que si je restais au Qu&#233;bec, je me ferais assassin&#233;e, symboliquement ou r&#233;ellement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand je suis revenue trois ans plus tard, H&#233;l&#232;ne agonisait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle est morte le 1er d&#233;cembre 2008, &#224; 56 ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'un cancer des ovaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dix ans apr&#232;s que Radio-Canada lui eut arrach&#233; son b&#233;b&#233;, qui &#233;tait aussi le b&#233;b&#233; de Fran&#231;oise, avec une brutalit&#233; et une hargne meurtri&#232;res. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ses ovaires n'ont pas support&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'accuse Radio-Canada d'avoir assassin&#233; H&#233;l&#232;ne. De la m&#234;me fa&#231;on qu'ils ont assassin&#233; Judith Jasmin. Les deux femmes sont mortes &#224; 56 ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'accuse, je nous accuse, tous et toutes, d'avoir assassin&#233; H&#233;l&#232;ne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Radio-Canada est une manifestation puissante de notre inconscient collectif. Le grand phallus dans la plaine qui devient rouleau compresseur impitoyable.&lt;br class='autobr' /&gt;
En biologie totale, une m&#233;thode d'analyse de la signification des maladies, le cancer des ovaires est le r&#233;sultat d'un conflit qui se d&#233;finit ainsi : un projet est avort&#233; dans l'&#339;uf. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les ovaires d'H&#233;l&#232;ne portaient d'autres r&#234;ves. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Pr&#233;server &#224; tout prix mon capital d'indignation, &#234;tre une arme de r&#233;paration massive, faire l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec. Voil&#224; mes trois buts dans la vie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#233;l&#232;ne &#233;tait devenue tr&#232;s grosse. Elle portait litt&#233;ralement dans son corps le r&#234;ve de son peuple. Un peuple de femmes qu'elle mettait en valeur avec une finesse, une g&#233;n&#233;rosit&#233;, une justesse exquises. Le projet d'ind&#233;pendance de ce peuple &#233;tait dans ses ovaires, il &#233;tait tout son corps d&#233;mesur&#233;, enfl&#233;, souffrant. Il est mort avec le corps d'H&#233;l&#232;ne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans 20 ans, le peuple qu&#233;b&#233;cois n'existera plus.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;parer ma pauvre H&#233;l&#232;ne ? Il est trop tard. Le mal est trop grand.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il restera une chose de ce peuple sacrificiel :&#8200;l'essence du f&#233;minin. Ce sera son legs &#224; l'humanit&#233;. Nous ne serons plus l&#224;, mais l'essence du f&#233;minin transformera l'humanit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'ici &#224; ma mort, je travaillerai pour que l'&#339;uvre d'H&#233;l&#232;ne soit connue et honor&#233;e, comme elle a permis &#224; l'&#339;uvre de Fran&#231;oise de ressusciter. Je raccommoderai la cha&#238;ne, maillon par maillon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 6 d&#233;cembre 2011, port&#233;e par l'urgence, j'ai refond&#233; le Th&#233;&#226;tre des femmes sous un nouveau nom : Le Sauvage th&#233;&#226;tre des femmes et des hommes qui sont assez sauvages pour faire une femme d'eux-m&#234;mes. Chaque ann&#233;e, dans ce th&#233;&#226;tre, le 1er d&#233;cembre, date de la mort d'H&#233;l&#232;ne, il y aura une soir&#233;e consacr&#233;e &#224; son &#339;uvre. Le 3 d&#233;cembre, date de la mort de Louky Bersianik, une soir&#233;e consacr&#233;e &#224; l'&#339;uvre de Louky. Et le 6 d&#233;cembre, anniversaire de Polytechnique, une soir&#233;e intitul&#233;e &#171; Quatorze femmes rapatri&#233;es &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le seul probl&#232;me, c'est que je n'ai pas trouv&#233; le lieu qui logera ses activit&#233;s. Et que je n'ai pas d'argent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Oh gens qui me lisez, aidez-moi !&lt;br class='autobr' /&gt;
Un garage, un ex-couvent de s&#339;urs, j'accepte toutes les propositions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout est bon pour la r&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;l&#232;ne je t'aime.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je t'aime tellement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Il s'agit d'une version l&#233;g&#232;rement modifi&#233;e du texte paru d'abord dans la revue Relations en mars 2011. Voir : &lt;a href=&#034;http://cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=124&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=124&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Kim Pate</title>
		<link>https://www.ababord.org/Kim-Pate</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Kim-Pate</guid>
		<dc:date>2012-09-07T02:33:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Devora Neumark</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Neumark, Devora</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Trop de femmes autochtones sont &#034; chez elles&#034; derri&#232;re les barreaux de nos prisons canadiennes &lt;br class='autobr' /&gt; Kim Pate, m&#232;re de deux enfants, professeure, avocate, r&#233;formatrice, est depuis 1992 directrice g&#233;n&#233;rale de l'Association canadienne des soci&#233;t&#233;s Eliza&#173;beth Fry (CAEFS) qui &#339;uvre au Canada avec et en faveur des femmes et des jeunes filles marginalis&#233;es, victimis&#233;es, criminalis&#233;es et institutionnalis&#233;es. Elle a re&#231;u de nombreux prix parmi lesquels les plus r&#233;cents : le Prix pour l'&#233;galit&#233; des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-femmes-inspirees-femmes-" rel="directory"&gt;Dossier : femmes inspir&#233;es, femmes inspirantes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Controle-repression-et-securite-+" rel="tag"&gt;Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Neumark-Devora-+" rel="tag"&gt;Neumark, Devora&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1464.jpg?1642092138' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;554&#034; height=&#034;428&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Trop de femmes autochtones sont &#034; chez elles&#034; derri&#232;re les barreaux de nos prisons canadiennes&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Kim Pate, m&#232;re de deux enfants, professeure, avocate, r&#233;formatrice, est depuis 1992 directrice g&#233;n&#233;rale de l'Association canadienne des soci&#233;t&#233;s Eliza&#173;beth Fry (CAEFS) qui &#339;uvre au Canada avec et en faveur des femmes et des jeunes filles marginalis&#233;es, victimis&#233;es, criminalis&#233;es et institutionnalis&#233;es. Elle a re&#231;u de nombreux prix parmi lesquels les plus r&#233;cents : le Prix pour l'&#233;galit&#233; des femmes, du Fonds d'action et d'&#233;ducation juridiques pour les femmes (2010) ; le prix des Droits de la personne dans le milieu correctionnel, du Bureau de l'enqu&#234;teur correctionnel (2011) ; et le Prix du Gouverneur g&#233;n&#233;ral, en comm&#233;moration de l'affaire &#171; personne &#187; (2011).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim est r&#233;cemment apparue &#224; l'&#233;mission de t&#233;l&#233;vision &lt;i&gt;The Fifth Estate's&lt;/i&gt; &#8211; en novembre 2010. Cette &#233;mission &#233;tait consacr&#233;e &#224; l'histoire d'Ashley Smith, qui est morte le 19 octobre 2007 &#224; l'&#226;ge de 19 ans, alors qu'elle &#233;tait sous supervision pr&#233;ventive pour ses tendances suicidaires au Canadian Federal Grand Valley Institution for Women, morte bien que les gardiens la surveillaient par vid&#233;o. Mais, dans l'ombre, Kim n'a cess&#233; d'&#234;tre une avocate passionn&#233;e de ces femmes dont les voix ne sont que trop rarement entendues et respect&#233;es dans ce pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les nombreuses raisons pour lesquelles je respecte immens&#233;ment Kim, il y a la constance et la profondeur de son engagement dans toutes les dimensions de sa vie, o&#249; elle d&#233;montre inlassablement compassion, con&#173;viction, honn&#234;tet&#233; et autor&#233;flexivit&#233;. Je pense que ces valeurs ne peuvent se contenter d'&#234;tre bonnes en th&#233;orie : elles doivent &#234;tre incarn&#233;es et v&#233;cues au quotidien. Au cours des cinq derni&#232;res ann&#233;es, j'ai &#233;t&#233; impressionn&#233;e par le fait que Kim r&#233;alise exactement cela.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Prisons canadiennes et femmes autochtones&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J'ai connu Kim Pate en 2007, dans le cadre du projet Agir par l'imaginaire d&#233;velopp&#233; par la Soci&#233;t&#233; Elizabeth Fry du Qu&#233;bec (SEFQ) et Engrenage Noir / LEVIER, dont j'&#233;tais la co-directrice. &#192; ce titre, j'ai eu de multiples occasions d'&#233;changer avec Kim et d'apprendre d'elle. Ce projet visait &#224; d&#233;velopper diverses modalit&#233;s de collaboration entre femmes criminalis&#233;es et artistes professionnelles, et ce, dans le cadre d'une r&#233;flexion sur les liens entre pauvret&#233; et incarc&#233;ration&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Tout au long de ce projet, Kim n'a cess&#233; de souligner &#224; quel point il est important de reconna&#238;tre l'unicit&#233; de chaque participante en m&#234;me temps que les forces syst&#233;miques qui r&#233;duisent ces femmes &#224; de simples donn&#233;es statistiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant cette p&#233;riode, Kim a &#233;galement pris part &#224; un autre &#233;v&#233;nement organis&#233; par LEVIER, &#171; Combien d'esclaves avez-vous ? L'art et les &#233;conomies d'exploitation, pass&#233;es et pr&#233;sentes &#187; tenu en mars 2010. &#192; titre d'une des oratrices principales, Kim commen&#231;a son expos&#233; en soulignant que c'&#233;tait sur un territoire autochtone traditionnel que nous nous r&#233;unissions et elle &#233;voqua ces th&#233;ories des crimes et des peines qui r&#233;gissent tout ce qui a trait aux droits de la personne et aux probl&#233;matiques sociales, avant d'aborder la situation des femmes et des enfants autochtones : &#171; &lt;i&gt;&#8200;Comme vous &#234;tes nombreux &#224; le savoir, en ce pays, les premi&#232;res prisons pour les peuples autochtones furent appel&#233;es des r&#233;serves. Lorsque je p&#233;n&#232;tre aujourd'hui dans une prison f&#233;d&#233;rale pour femmes, pr&#232;s du tiers seront des autochtones &#8211; des Premi&#232;res Nations, des M&#233;tis et des Inuits &#8211; et le nombre de femmes et d'enfants autochtones concern&#233;s ne cesse de cro&#238;tre. Je pense que les prisons sont en grande partie con&#231;ues afin de poursuivre leur oppression, qui est une composante de notre histoire coloniale.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes autochtones qui se retrouvent dans les prisons f&#233;d&#233;rales ou provinciales font face &#224; de nombreux d&#233;fis aliment&#233;s &#224; m&#234;me l'oppression culturelle, &#224; l'insuffisance de logements ad&#233;quats et d'emplois d&#233;cemment r&#233;mun&#233;r&#233;s, &#224; la mise &#224; mal d'&#233;cosyst&#232;mes sains et &#224; la fracture des r&#233;seaux de soutien communautaire. Les femmes autochtones ne repr&#233;sentent que 3 % des femmes au Canada : elles sont pourtant 32 % des femmes dans les prisons f&#233;d&#233;rales. Pire, le nombre de femmes autochtones incarc&#233;r&#233;es au niveau f&#233;d&#233;ral a augment&#233; de 151 % entre 1997 et 2007. Parmi les nombreuses choses qui inqui&#232;tent Kim relativement &#224; ces incarc&#233;rations disproportionn&#233;es, il y a notamment le fait qu'on ne pourra gu&#233;rir les blessures du legs colonial en enfermant ces femmes, puisque la logique carc&#233;rale fait que les d&#233;cisions sont prises en invoquant la s&#233;curit&#233; plut&#244;t que le bien-&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 2008, alors que je faisais de la recherche sur l'incarc&#233;ration, l'habitat et l'id&#233;e de domicile, j'ai interrog&#233; Kim sur la relation entre l'architecture des nouvelles prisons pour femmes et la question du logement et je lui ai demand&#233; si ce serait une bonne chose si les femmes autochtones se sentaient &#171; comme chez elles &#187; dans les prisons o&#249; elles sont log&#233;es. Elle me r&#233;pondit : &#171; &lt;i&gt; Je pense que ce serait une tr&#232;s mauvaise chose si les femmes autochtones se sentaient comme chez elles dans les prisons f&#233;d&#233;rales. C'est cependant le cas pour certaines d'entre elles, puisque l'environnement carc&#233;ral peut bien &#234;tre le premier acc&#232;s qu'elles ont &#224; leur culture &#224; travers la sororit&#233; autochtone. Que des femmes autochtones se sentent comme chez elles dans une prison nous dit &#224; quel point leur sentiment de se sentir chez soi &#224; l'int&#233;rieur de leur communaut&#233; est perturb&#233; et mis &#224; mal. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Oppression raciale envers les autochtones&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au cours des 15 derni&#232;res ann&#233;es, des sommes importantes ont &#233;t&#233; investies dans la construction de prisons qui ressemblent &#224; des bungalows de banlieue et &#224; des habitations autochtones traditionnelles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les quatre institutions sont situ&#233;es &#224; Truro, en Nouvelle-&#201;cosse ; Joliette, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Celles-ci peuvent peut-&#234;tre rassurer des citoyens canadiens convaincus par la rh&#233;torique de la s&#233;curit&#233; publique avec laquelle on justifie et la criminalisation et l'incarc&#233;ration d'un nombre de femmes de plus en plus &#233;lev&#233; chaque ann&#233;e. Mais on rend de la sorte plus ais&#233;e la complicit&#233; avec l'oppression raciale dans le cas de ces femmes incarc&#233;r&#233;es, parce qu'elles sont en conflit avec la loi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les styles des maisons des prisons f&#233;d&#233;rales ne sont pas neutres. Rien (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de la m&#234;me conversation, dans son bureau &#224; Ottawa, Kim ajoutait : &#171; &lt;i&gt;L'architecture et le design de ces nouvelles prisons f&#233;d&#233;rales ne contribuent gu&#232;re &#224; ce que l'on s'y sente chez soi en raison de cette implicite coercition pr&#233;sente dans le syst&#232;me de justice criminelle. Ce design et cette architecture sont m&#234;me trompeurs et dangereux et nous &#233;loignent du d&#233;veloppement d'alternatives au complexe carc&#233;ro-industriel en donnant l'apparence d'un domicile, mais sans la libert&#233;, qui est une condition indispensable pour qu'un domicile existe.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nakuset, directrice du refuge pour femmes autochtones de Montr&#233;al, d&#233;clarait &#224; propos de la Buffalo Sage Wellness House, qui est le premier programme de pr&#233;paration de lib&#233;ration conditionnelle pour femmes ouvert &#224; l'automne de 2011 &#224; Edmonton : &#171; &lt;i&gt;C'est un rayon d'espoir. Je souhaiterais voir plus de ces maisons de transition qui mettent en &#339;uvre des moyens culturellement appropri&#233;s pour ces femmes autochtones qui se pr&#233;parent &#224; r&#233;int&#233;grer leur communaut&#233;. De tels services manquent terriblement.&lt;/i&gt; &#187; Kim a elle aussi inlassablement demand&#233; des alternatives communautaires &#224; la prison. Ce serait en effet une bonne chose si ce nouveau programme maintenait le cap vers l'objectif de rendre autonomes ces femmes qui s'y sentent chez elles. Kim nous rappelle cependant l'importance de demeurer constamment vigilant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;changeant avec elle pour pr&#233;parer cet article, j'ai &#233;t&#233; &#233;mue de l'entendre me parler de son balancement entre rage et d&#233;sespoir et de son esp&#233;rance de trouver d'autres moyens de s'engager dans l'action, quitte &#224; y &#234;tre pouss&#233;e par quelqu'un d'autre : &#171; &lt;i&gt;D'ordinaire ce sont les femmes elles-m&#234;mes qui se battent, fort heureusement d'ailleurs, car nombreuses sont celles qui perdent tout espoir. Je n'ai pour ma part aucune raison de perdre espoir, je peux sortir quand je le veux de la cellule ; mais il est de mon devoir de lutter de toutes les mani&#232;res possibles. Je ne voudrais pas sembler trop cynique, mais je suis tr&#232;s inqui&#232;te du chemin que nous prenons et de nous voir adopter ce mod&#232;le am&#233;ricain qui traite trop de gens comme des rebuts, qui le fait depuis trop longtemps en les abandonnant &#224; ces d&#233;combres qu'est le syst&#232;me p&#233;nitentiaire &#233;tats-unien. Je pense qu'&#224; l'heure qu'il est, nous n'avons plus la supervision externe qui assurerait l'indispensable reddition de comptes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ce que toute intervention aupr&#232;s d'une femme &#224; la fois peut accomplir, Kim sugg&#232;re &#171; &lt;i&gt;que ce sont les probl&#232;mes plus vastes et syst&#233;miques qui doivent &#234;tre affront&#233;s. Une t&#226;che immense nous attend. &lt;/i&gt; &#187; Si elle demeure toujours modeste et tr&#232;s humble quant au r&#244;le qu'elle a jou&#233; et qu'elle continue de jouer dans cette t&#226;che immense, Kim reconna&#238;t aussi sa situation privil&#233;gi&#233;e et le pouvoir dont elle dispose : elle en use avec un profond respect pour celles qui se pr&#233;sentent devant elle et un sens aigu de sa responsabilit&#233; envers le legs qu'elle laissera. Kim m'incite ainsi &#224; examiner attentivement les privil&#232;ges et les pouvoirs qui sont miens et elle m'encourage &#224; agir de mani&#232;re responsable en tant que membre du Comit&#233; ART &#8226; CULTURE du R&#201;SEAU pour la strat&#233;gie urbaine de la communaut&#233; autochtone &#224; Montr&#233;al, en tant que m&#232;re, enseignante et artiste avec, chaque fois, une vigilance critique la plus aigu&#235; possible, mais aussi avec compassion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.expoagir.com/en_index.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.expoagir.com/en_index.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les quatre institutions sont situ&#233;es &#224; Truro, en Nouvelle-&#201;cosse ; Joliette, au Qu&#233;bec ; Kitchener, en Ontario ; et Edmonton, en Alberta. L'Okimaw Ohci Healing Lodge est situ&#233; sur la r&#233;serve de Nekaneet au sud de la Saskatchewan.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les styles des maisons des prisons f&#233;d&#233;rales ne sont pas neutres. Rien d'&#233;tonnant &#224; cela puisque, selon l'&#233;dition 2008 de la &lt;i&gt;Canadian Encyclopedia&lt;/i&gt;, les attitudes sociales envers le crime et les peines se refl&#232;tent justement dans l'architecture carc&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Louise Dupr&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Louise-Dupre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Louise-Dupre</guid>
		<dc:date>2012-09-07T02:32:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Brigitte Haentjens</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Litt&#233;rature</dc:subject>
		<dc:subject>Haentjens, Brigitte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Rarement une plong&#233;e dans la douleur, son horrifiante exposition, aura c&#244;toy&#233; avec tant d'ardeur un souffle humain r&#233;parateur. &lt;br class='autobr' /&gt; Parmi toutes les femmes qui m'ont influenc&#233;e, beaucoup exer&#231;aient la profession d'&#233;crivains. Je ne sais pas pourquoi. Adolescente, je m'imaginais enturbann&#233;e, ongles laqu&#233;s et fume-cigarette au doigt, telle Simone de Beauvoir. Les femmes qui &#233;crivent sont-elles dangereuses ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, les &#339;uvres de femmes continuent de me fasciner. Les &#339;uvres et les femmes (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-femmes-inspirees-femmes-" rel="directory"&gt;Dossier : femmes inspir&#233;es, femmes inspirantes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Litterature-+" rel="tag"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Haentjens-Brigitte-+" rel="tag"&gt;Haentjens, Brigitte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1465.jpg?1642092138' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;345&#034; height=&#034;531&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt; Rarement une plong&#233;e dans la douleur, son horrifiante exposition, &lt;br class='autobr' /&gt;
aura c&#244;toy&#233; avec tant d'ardeur un souffle humain r&#233;parateur. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parmi toutes les femmes qui m'ont influenc&#233;e, beaucoup exer&#231;aient la profession d'&#233;crivains. Je ne sais pas pourquoi. Adolescente, je m'imaginais enturbann&#233;e, ongles laqu&#233;s et fume-cigarette au doigt, telle Simone de Beauvoir. Les femmes qui &#233;crivent sont-elles dangereuses ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les &#339;uvres de femmes continuent de me fasciner. Les &#339;uvres et les femmes qui les livrent. J'ai la chance de conna&#238;tre l'une d'entre elles qui a une grande importance dans ma vie : il s'agit de la po&#232;te et &#233;crivaine Louise Dupr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous sommes rencontr&#233;es il y a une dizaine d'ann&#233;es, je ne sais plus trop quand, en 2000 peut-&#234;tre. Louise &#233;tait une spectatrice assidue de mes spectacles et j'avais commenc&#233; &#224; fr&#233;quenter son &#339;uvre, &#224; la d&#233;couvrir &#224; travers ses textes, leur beaut&#233; si fragile qui se d&#233;ploie dans l'espace et le temps comme une rose fastueuse. La simplicit&#233; complexe de ses livres, opaques dans leur transparence ; la musique fragile de ses mots, au bord des gouffres sans la moindre trace de m&#233;lodrame, m'habite et me nourrit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but, nous &#233;changions quelques mots, quelques compliments. Nous nous sommes rapproch&#233;es &#224; l'occasion du montage que j'avais r&#233;alis&#233; de certains de ses textes. Le dialogue artistique a d&#233;but&#233;. Un jour, Louise et moi avons d&#233;cid&#233; de faire un projet de th&#233;&#226;tre ensemble &lt;i&gt;(Tout comme elle&lt;/i&gt;, en 2006). Ce fut l'occasion et le pr&#233;texte pour nous fr&#233;quenter. Nous nous sommes vues souvent, pendant plus d'un an, avant qu'elle &#233;crive en solitaire le magnifique texte de ce spectacle. La personne Louise s'est ainsi r&#233;v&#233;l&#233;e &#224; moi, avec sa tendresse, sa g&#233;n&#233;rosit&#233;, son impeccable fid&#233;lit&#233;, son int&#233;grit&#233;. Je l'ai aussi vue &#224; l'&#339;uvre avec ses &#233;tudiantes, &#224; qui elle donnait attention et appui sans compter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis &lt;i&gt;Tout comme elle&lt;/i&gt;, nous ne nous sommes pas quitt&#233;es. Discuter avec Louise, partager les exp&#233;riences humaines et artistiques est extr&#234;mement nourrissant. L'entendre parler d'&#233;criture, l'imaginer dans son lit, en train de se d&#233;battre avec son prochain manuscrit me donne le go&#251;t de cr&#233;er. La savoir &#224; mes c&#244;t&#233;s, par la pens&#233;e, par l'art, est un grand r&#233;confort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louise a publi&#233; l'an pass&#233; un livre extraordinaire :&#8200;&lt;i&gt;Plus haut que les flammes&lt;/i&gt;. C'est une publication qu&#233;b&#233;coise tr&#232;s importante, qui poss&#232;de un souffle, un lyrisme, une profondeur &#233;poustouflants. Un livre qui explore, avec d&#233;licatesse, l'horreur, celle des camps d'Auschwitz et de Birkenau dont les images se juxtaposent au pr&#233;sent, &#224; la vie qui bat. Rarement une plong&#233;e dans la douleur, son horrifiante exposition, aura c&#244;toy&#233; avec tant d'ardeur un souffle humain r&#233;parateur. Un chef-d'&#339;uvre qui t&#233;moigne d'une pens&#233;e riche et f&#233;conde, d'un talent et d'une sensibilit&#233; exceptionnels ! Je suis jalouse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je soumets un texte en cr&#233;ation &#224; Louise, je le fais en toute humilit&#233;, avec g&#234;ne m&#234;me. Pourtant, le regard qu'elle porte sur les &#339;uvres des autres est si g&#233;n&#233;reux, si bienveillant. Louise s'engage dans l'&#339;uvre des autres comme elle s'engage dans la sienne :&#8200;avec lucidit&#233;, intelligence et sensibilit&#233;, et avec un regard si per&#231;ant qu'il vous sid&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la vie vous fait (parfois) des cadeaux, vous permet des rencontres qui comptent. M&#234;me s'il est difficile de d&#233;finir le lien qui vous unit &#224; l'autre, si sa nature vous &#233;chappe, on sait, dans le secret de son &#234;tre, qui sont les &#234;tres qui vous inspirent, qui vous &#233;clairent dans les t&#233;n&#232;bres et tendent la main les soirs de d&#233;tresse et de doute. Louise Dupr&#233; fait partie de ces rencontres rares. De ces &#234;tres pr&#233;cieux pour l'art et pour l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Toshiko Akiyoshi</title>
		<link>https://www.ababord.org/Toshiko-Akiyoshi</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Toshiko-Akiyoshi</guid>
		<dc:date>2012-09-07T02:31:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lorraine Desmarais</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>
		<dc:subject>Desmarais, Lorraine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Artiste &lt;br class='autobr' /&gt;
La pianiste, compositrice, arrangeure et chef d'orchestre am&#233;ricano-japonaise Toshiko Akiyoshi est n&#233;e le 12 d&#233;cembre 1929. Elle demeure une des femmes pionni&#232;res s'&#233;tant illustr&#233;e dans le jazz &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te. Elle est reconnue &#224; travers le monde pour ses qualit&#233;s de pianiste &#233;m&#233;rite et pour l'originalit&#233; de ses compositions et de ses arrangements. Son travail lui a valu plusieurs nominations aux Grammy Awards ainsi que des prix d'excellence d&#233;cern&#233;s par le c&#233;l&#232;bre (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-femmes-inspirees-femmes-" rel="directory"&gt;Dossier : femmes inspir&#233;es, femmes inspirantes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Musique-+" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Desmarais-Lorraine-+" rel="tag"&gt;Desmarais, Lorraine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1466.jpg?1642092138' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;517&#034; height=&#034;281&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'Artiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La pianiste, compositrice, arrangeure et chef d'orchestre am&#233;ricano-japonaise Toshiko Akiyoshi est n&#233;e le 12 d&#233;cembre 1929. Elle demeure une des femmes pionni&#232;res s'&#233;tant illustr&#233;e dans le jazz &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te. Elle est reconnue &#224; travers le monde pour ses qualit&#233;s de pianiste &#233;m&#233;rite et pour l'originalit&#233; de ses compositions et de ses arrangements. Son travail lui a valu plusieurs nominations aux Grammy Awards ainsi que des prix d'excellence d&#233;cern&#233;s par le c&#233;l&#232;bre magazine &lt;i&gt;Down Beat&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toshiko d&#233;couvre le jazz au piano en entendant Teddy Wilson, un ma&#238;tre du swing, puis ce sera Oscar Peterson qui, en 1952, lui permettra d'enregistrer son premier disque gr&#226;ce &#224; la complicit&#233; de son impresario Norman Grantz. En 1955, elle r&#234;ve de parfaire son art au c&#233;l&#232;bre Berklee College of Music de Boston. Finalement, ce n'est qu'apr&#232;s une ann&#233;e d'insistance soutenue aupr&#232;s des autorit&#233;s am&#233;ricaines qu'elle y est enfin admise ! Elle devient ainsi la premi&#232;re femme pianiste japonaise &#224; &#233;tudier &#224; ce coll&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce moment, le piano jazz est son premier amour. C'est alors qu'elle &#233;tudie le syst&#232;me de la composition musicale de Joseph Schillinger, ce qui va influencer grandement son approche de la composition. Puis, c'est en 1973 que na&#238;tra la premi&#232;re &#233;dition de son &#171; big band &#187;. Ce groupe sera d&#233;terminant dans sa carri&#232;re et son &#339;uvre. Cet ensemble de 16 musiciens compos&#233; des meilleurs artistes de studio mettra en valeur les qualit&#233;s de soliste de son mari, l'excellent saxophoniste t&#233;nor et fl&#251;tiste Lew Tabackin. En 1974, para&#238;t au Japon le premier disque du big band :&#8200;&lt;i&gt;Kogun&lt;/i&gt;. Cet album conna&#238;tra alors un tr&#232;s grand succ&#232;s commercial au pays du Soleil Levant ! D&#232;s 1980, le big band de Toshiko Akiyoshi et Lew Tabackin sera acclam&#233; comme un des plus importants big band de jazz !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'Orchestre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'aventure du big band se poursuit toujours pour Toshiko et Lew. &#201;tablis &#224; New York en 1982, une nouvelle &#233;dition voit le jour : Toshiko Akiyoshi Jazz Orchestra featuring Lew Tabackin. Mais, en d&#233;pit du grand succ&#232;s discographique de l'orchestre au Japon sous l'&#233;tiquette BMG, les producteurs am&#233;ricains demeurent toujours r&#233;ticents &#224; mettre en march&#233; les enregistrements de la compositrice aux &#201;tats-Unis, pr&#233;textant &#8211; &#224; juste titre &#8211; le d&#233;clin des ventes chez nos voisins asiatiques. Malgr&#233; tout, Toshiko demeure cr&#233;ative, militante et acharn&#233;e ! Afin de pouvoir continuer &#224; diffuser sa musique et &#224; pr&#233;server son orchestre, elle trouvera le financement voulu par le biais de nombreuses tourn&#233;es et enregistrements discographiques en piano solo ou avec de petits ensembles. Ces disques, par bonheur, seront publi&#233;s avec grand succ&#232;s aux &#201;tats-Unis !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toshiko n'a jamais d&#233;laiss&#233; le grand orchestre. Install&#233;s tous les lundis soirs pendant sept ann&#233;es au l&#233;gendaire Birdland, le mythique club de jazz de New York, le Toshiko Akiyoshi Jazz Orchestra featuring Lew Tabackin offre &#224; un public toujours grandissant des soir&#233;es m&#233;morables pourvues de purs moments de gloire. Profitant d'un &#233;lan cr&#233;atif hors pair camp&#233; par des compositions et des arrangements fort originaux, l'&#339;uvre orchestrale de Toshiko n'a cess&#233; de mettre en valeur un orchestre et des solistes exceptionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, le 29 d&#233;cembre 2003, le Toshiko Akiyoshi Jazz Orchestra featuring Lew Tabackin donnait son dernier concert dans ce lieu culte new yorkais. Puis, en mars 2004, c'est au tour de Warner Japan de faire para&#238;tre le dernier disque de l'orchestre&#8230; Toshiko a expliqu&#233; la dissolution de l'orchestre comme &#233;tant d&#251; &#224; sa frustration de ne pouvoir obtenir de contrat de disque aux &#201;tats-Unis. Ce sera alors pour elle un retour au piano solo qu'elle avait un peu d&#233;laiss&#233; pendant toutes ces ann&#233;es, concentr&#233;e &#224; &#233;crire pour le grand orchestre. &#171; &lt;i&gt; Le piano solo est mon moyen d'expression pr&#233;f&#233;r&#233;&lt;/i&gt; &#187;, affirme-t-elle. On l'entendra aussi en trio, idiom de pr&#233;dilection des jazzwomen et jazzmen ! &#192; l'occasion, on l'appr&#233;ciera aussi comme directrice musicale de petits ensembles et de quelques big bands sur sc&#232;ne et sur disque.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Madame Akiyoshi&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; le parcours d'une femme inspirante, qui a toujours su d&#233;passer les fronti&#232;res musicales sous plusieurs aspects et malgr&#233; l'adversit&#233;. Une femme qui a su convaincre de par ses aspirations musicales, une rassembleuse de talents qui ont rendu justice &#224; sa musique &#8211; pratiquement tous de la gent masculine ! Une femme extraordinaire qui continue de nous &#233;mouvoir sur sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraordinaire Madame Toshiko, vous nous s&#233;duisez toujours ! Merci !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>M&#233;moire de Jeanne Lapointe</title>
		<link>https://www.ababord.org/Memoire-de-Jeanne-Lapointe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Memoire-de-Jeanne-Lapointe</guid>
		<dc:date>2012-09-07T02:29:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Madeleine Gagnon</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire des luttes</dc:subject>
		<dc:subject>Gagnon, Madeleine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je rencontrai Jeanne Lapointe pour la premi&#232;re fois au cours de l'automne 1978. Elle m'invitait &#224; donner une conf&#233;rence sur &#171; l'&#233;criture et la f&#233;minit&#233; &#187; dans le cadre des activit&#233;s qu'elle dirigeait alors au sein du RFUL de l'Universit&#233; Laval. J'avais peu publi&#233;, mais ce peu suffisait &#224; Jeanne pour me situer &#171; du bon c&#244;t&#233; des choses &#187;, comme elle me dit au t&#233;l&#233;phone en me priant de venir parler &#224; ses &#233;tudiants, nombreux. Pas seulement &#224; ceux et celles qui se tenaient avec nous dans le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-femmes-inspirees-femmes-" rel="directory"&gt;Dossier : femmes inspir&#233;es, femmes inspirantes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Memoire-des-luttes-+" rel="tag"&gt;M&#233;moire des luttes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gagnon-Madeleine-+" rel="tag"&gt;Gagnon, Madeleine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1467.jpg?1642092138' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;311&#034; height=&#034;465&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je rencontrai Jeanne Lapointe pour la premi&#232;re fois au cours de l'automne 1978. Elle m'invitait &#224; donner une conf&#233;rence sur &#171; l'&#233;criture et la f&#233;minit&#233; &#187; dans le cadre des activit&#233;s qu'elle dirigeait alors au sein du RFUL&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Regroupement des Femmes de l'Universit&#233; Laval.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de l'Universit&#233; Laval. J'avais peu publi&#233;, mais ce peu suffisait &#224; Jeanne pour me situer &#171; du bon c&#244;t&#233; des choses &#187;, comme elle me dit au t&#233;l&#233;phone en me priant de venir parler &#224; ses &#233;tudiants, nombreux. Pas seulement &#224; ceux et celles qui se tenaient avec nous dans le dessein de changer &#171; l'ordre phallocentrique du discours &#187;, mais aussi aux autres, tous les autres dont nous pourrions peut-&#234;tre en amener certains vers les horizons o&#249; nos analyses lib&#233;ratrices nous conduiraient. Jeanne &#233;tait une femme d'espoir. Je le per&#231;us tout de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon opuscule &lt;i&gt;Pour les femmes et tous les autres,&lt;/i&gt; publi&#233; aux Herbes rouges, de m&#234;me que ma participation &#224; la mise sur pied du premier cours multidisciplinaire sur la condition f&#233;minine, &#224; l'UQAM, &#233;taient garants, pour Jeanne, de l'esprit d'ouverture et de responsabilit&#233; qu'elle exigeait de la recherche universitaire novatrice. En la voyant dans son bureau de Laval et m'engageant avec elle dans une conversation &#224; la fois joyeuse et r&#233;volt&#233;e qui allait devenir infinie jusqu'&#224; ce que s'&#233;clipse sa facult&#233; de parole, des ann&#233;es plus tard, je sus d'embl&#233;e que nous &#233;tions amies, comme depuis toujours, et que nous allions le demeurer. Tout en d&#233;broussaillant all&#232;grement les vieux chemins de la pens&#233;e en mati&#232;re de relations entre femmes et hommes &#8211; et entre femmes &#8211;, elle en ouvrait d'autres, originaux, in&#233;dits. Le mot de Rimbaud m'&#233;tait revenu : &#171; &lt;i&gt;Plonger vers l'inconnu pour trouver du nouveau.&lt;/i&gt; &#187; Je le lui dis. Elle savait. Nous &#233;tions sur la m&#234;me longueur d'ondes. Issues toutes deux de la psychanalyse, l'&#233;tranget&#233; ne nous inqui&#233;tait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous parlions de Luce Irigaray ou de Mich&#232;le Montrelay et de quelques autres femmes qui nous avaient ouvert le regard et la bouche aux paroles d'ombre, aux mots d'un continent dit de noirceur, ce lieu-dit du f&#233;minin dans lequel, quasi bouche b&#233;e, nous &#233;tions entr&#233;es &#224; notre corps d&#233;fendant le plus souvent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Subjectivit&#233; f&#233;minine et pouvoir phallocrate&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1983, Jeanne organisa une conf&#233;rence dans le cadre d'un colloque tenu sous l'&#233;gide du d&#233;partement d'anthropologie de l'Universit&#233; Laval o&#249; ses amis, nombreux l&#224; comme ailleurs, lui avaient demand&#233; d'inviter une ou deux femmes qui sauraient traiter de la question du pouvoir. Sachant Annie Leclerc chez moi, &#224; Montr&#233;al, elle &#233;tait au courant de la tourn&#233;e de conf&#233;rences que nous avions faite ensemble &#224; l'UQAM et &#224; l'Universit&#233; d'Ottawa. Elle savait aussi que nous avions toutes deux particip&#233; &#224; la d&#233;sormais fameuse Rencontre qu&#233;b&#233;coise internationale des &#233;crivains de 1975 sur l'&#233;criture des femmes et qu'avec d'autres, dont Claire Lejeune, Christiane Rochefort et Denise Boucher, nous nous en &#233;tions prises au &#171; pouvoir phallocrate &#187;, mais sur des airs festifs qui n'eurent pas l'heur de plaire &#224; tous. L'op&#233;ra comique que nous avions imagin&#233; tourna plut&#244;t au requiem &#8211; quelle &#233;poque ! Jeanne nous proposa donc comme sujet &#171; Femmes et pouvoir &#187;, dont nous avons discut&#233; avec elle au t&#233;l&#233;phone. Elle continuait de lire Luce Irigaray, mais aussi Jacques Derrida.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui int&#233;ressait Jeanne Lapointe, professeure de litt&#233;rature, mais aussi psychanalyste &#8211; on l'oublie trop souvent &#8211;, c'&#233;tait l'exploration des fondements psychiques et intellectuels de la subjectivit&#233; f&#233;minine, si tant est qu'il y e&#251;t diff&#233;rence, dans l'univers symbolique du &#171; phallogocentrisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le terme &#171; phallogocentrisme &#187; a &#233;t&#233; lanc&#233; par Luce Irigaray dans sa th&#232;se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; dominant. Annie Leclerc et moi-m&#234;me avons donn&#233; cette conf&#233;rence, apr&#232;s moult discussions toutes trois, en f&#233;vrier 1983.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne peux penser &#224; ces journ&#233;es sans me souvenir de deux autres qualit&#233;s exceptionnelles de Jeanne Lapointe : la g&#233;n&#233;rosit&#233; et un sens exultant de la f&#234;te. Elle nous avait r&#233;serv&#233; une suite au Ch&#226;teau Bonne Entente de Qu&#233;bec qui vit couler entre nous trois des paroles libres, des rires et des bulles. Puis le soir de notre conf&#233;rence, apr&#232;s la rencontre d'un public nombreux, &#224; la fois poli et chaleureux mais o&#249; nous voyions se balader au-dessus des t&#234;tes, &#224; travers les volutes des fum&#233;es de cigarettes, autant de points d'interrogation muets qu'il y avait eu de paroles incertaines, dont les n&#244;tres, Jeanne nous invita toutes deux dans un restaurant gastronomique de Qu&#233;bec dont j'oublie malheureusement le nom. Je sais seulement que nous avons mang&#233; une perdrix d&#233;licieuse. Et qu'elle nous offrit, en plus du repas, un excellent vin (un Pommard, je crois). Et que nous avons parl&#233; et ri. Beaucoup. Et r&#233;fl&#233;chi encore &#224; toutes ces questions nouvelles li&#233;es &#224; nous, femmes, dans la soci&#233;t&#233; et dans l'histoire. C'est ce soir-l&#224; qu'elle nous parla de son testament o&#249; il serait pr&#233;cis&#233; que son h&#233;ritage serait distribu&#233;, gr&#226;ce &#224; une Fondation, aux jeunes intellectuelles engag&#233;es pour la cause des femmes dans leurs &#233;tudes et dans leurs &#233;critures. Nous trinqu&#226;mes toutes trois &#224; cette bonne nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Amiti&#233;s intellectuelles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au cours des d&#233;cennies quatre-vingts et quatre-vingt-dix, nous nous rev&#238;mes plusieurs fois, Jeanne et moi. Soit &#224; Montr&#233;al, quand elle y venait, soit &#224; Qu&#233;bec, quand j'y allais. Nous ne nous sommes jamais &#233;crit. Notre amiti&#233; &#233;tait fond&#233;e sur la pr&#233;sence et sur la parole. Si j'avais not&#233; toutes nos conversations, il y aurait mati&#232;re &#224; livre. Mais la m&#233;moire &#233;tant ce qu'elle est, faite d'oublis et de lacunes, nos &#233;changes demeurent cousus &#224; la doublure de tous mes livres tant je lui dois beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois je disais &#224; Jeanne : &#171; &lt;i&gt;Pourquoi tu ne publies pas, toi aussi ?&lt;/i&gt; &#187; Elle r&#233;pondait toujours : &#171; &lt;i&gt;Vous, vous publiez des livres. Moi, je les enseigne.&lt;/i&gt; &#187; Quand elle disait &#171; vous &#187;, j'entendais &#171; femmes &#187;, toutes les femmes dont elle suivait le parcours, jeunes et moins jeunes, &#224; commencer par sa grande amie Anne H&#233;bert qu'elle qualifiait de &#171; f&#233;ministe avant la lettre &#187;, parce qu'elle avait &#171; os&#233; &#233;crire et sortir des sentiers battus des petites femmes soumises aux hommes d'&#233;glise et aux hommes &#224; la maison &#187;. Anne, qui avait comme elle &#233;t&#233; scolaris&#233;e chez les Ursulines de Qu&#233;bec. Anne qui, comme elle, appartenait &#224; cette &#171; bourgeoisie de robes &#187;, disait Jeanne, &#171; robes eccl&#233;siastiques et robes de la magistrature, dirigeantes et formatrices d'esprits f&#233;minins ali&#233;n&#233;s &#187;. Anne, qui dut s'exiler en France pour cause de rejet de la cl&#233;ricature litt&#233;raire m&#226;le. Anne, que Jeanne aida financi&#232;rement plus d'une fois. Dont une, pour un No&#235;l pauvre, o&#249; elle s'en alla la trouver &#224; Paris, prit l'avion avec un sapin dans sa bo&#238;te tout d&#233;cor&#233; et une dinde congel&#233;e &#171; &lt;i&gt;que j'ai farcie l&#224;-bas comme chez nous&#8200;&lt;/i&gt; &#187;, me confiait Jeanne, un apr&#232;s-midi &#224; Montr&#233;al o&#249; elle &#233;tait entr&#233;e discr&#232;tement dans son histoire &#224; elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette amiti&#233; o&#249; le feu &#233;tait constamment nourri par la vive intelligence de Jeanne, malgr&#233; la diff&#233;rence entre nous d'une g&#233;n&#233;ration &#8211; en 1938, quand elle obtint sa licence &#232;s lettres de Laval, je naissais &#8211;, elle fut pour moi davantage une s&#339;ur qu'une figure maternelle (ma propre m&#232;re s'appelait aussi Jeanne ; un jour, j'ai d'ailleurs &#233;crit un projet de roman sur les deux &#171; Jeanne &#187;). J'avais, moi aussi, &#233;tudi&#233; chez les Ursulines de Qu&#233;bec. Comme d'instinct, je saisissais la r&#233;volte de Jeanne, combustible de sa propre passion de connaissances. C'est en ce lieu pr&#233;cis de la r&#233;sistance de classe conjugu&#233;e &#224; l'indignation li&#233;e au sort de la f&#233;minit&#233; ali&#233;n&#233;e, que je comprends la grande noirceur et la non moins vaste violence des fictions po&#233;tiques et romanesques d'Anne H&#233;bert. Jeanne Lapointe, au premier chef, en &#233;tait intimement consciente. Mais aussi Anne H&#233;bert, ainsi que je l'entendis lors d'une s&#233;rie d'entretiens radiophoniques qui eurent lieu, chez elle, &#224; Paris, en f&#233;vrier 1995&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S&#233;rie d'entretiens pour la Cha&#238;ne culturelle de Radio-Canada, avec Anne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1994, je donnai une conf&#233;rence intitul&#233;e &#171; La naissance de l'&#233;criture &#187;, dans le cadre du congr&#232;s du Conseil international d'&#233;tudes francophones, d&#233;di&#233; cette ann&#233;e-l&#224; aux &#233;tudes f&#233;ministes et qui se tint &#224; Qu&#233;bec entre les 10 et 12 avril. Quelle ne fut pas ma surprise de voir dans la salle, Jeanne Lapointe, assise au premier rang. Je la trouvai un peu fatigu&#233;e, mais heureuse d'&#234;tre l&#224; et joyeuse, comme &#224; l'accoutum&#233;e. Elle suivit tous les expos&#233;s et d&#233;bats et participa aux discussions. Avant de parler, je tins &#224; souligner sa pr&#233;sence, &#224; pr&#233;senter &#224; l'assembl&#233;e la pionni&#232;re qu'elle fut et qu'elle &#233;tait encore. Modeste, comme le sont toujours les vrais grands, elle eut l'air quelque peu g&#234;n&#233;e mais ne m'en voulut pas, ainsi que le d&#233;montra la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier midi du colloque, elle invita &#224; manger chez elle un groupe d'une huitaine de femmes dont j'&#233;tais. J'avais connu Jeanne excellente cuisini&#232;re, mais la trouvant un peu vieillie, je me demandais bien comment elle ferait pour recevoir tout ce monde. J'offris mon aide. Elle refusa net, d&#233;sira, et c'&#233;tait bien elle, diriger seule en sa cuisine les op&#233;rations. En fait, elle avait command&#233;, chez un traiteur de son quartier de la Grande-All&#233;e, le plat de r&#233;sistance, puis achet&#233; un g&#226;teau et concoct&#233; son fameux potage froid &#224; la pomme et &#224; l'avocat : un pur d&#233;lice ! Le vin coula gaiement et les conversations fus&#232;rent. C'est elle qui, mine de rien, dirigeait les d&#233;bats. Comme toujours, elle fut ma&#238;tre de ch&#339;ur des pens&#233;es lib&#233;rantes. Ma&#238;tresse de ch&#339;ur, devrais-je dire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce fut mon dernier repas chez elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s, je retournai &#224; Rimouski. Puis revins &#224; Montr&#233;al, en 1995.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s, nous avons convers&#233; au t&#233;l&#233;phone. Puis apr&#232;s encore, elle ne parla plus. J'appelais parfois chez elle. C'est une cousine de Jeanne qui r&#233;pondait et qui me donnait de ses nouvelles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Puis je voyageai &#224; travers la plan&#232;te. &#192; tenter de comprendre les injustices et les affronts faits aux femmes sous toutes les latitudes. J'eus tant aim&#233;, et bien des fois, &#233;changer avec Jeanne sur mes d&#233;couvertes. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;tais absente lorsqu'elle est morte, le 7 janvier 2006. Jeanne Lapointe est absente de nous depuis. Pour bien d'autres et pour moi, elle demeurera pr&#233;sente en m&#233;moire vive parmi les grands intellectuels qu&#233;b&#233;cois du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aveyron, France, mars 2009&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Regroupement des Femmes de l'Universit&#233; Laval.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le terme &#171; phallogocentrisme &#187; a &#233;t&#233; lanc&#233; par Luce Irigaray dans sa th&#232;se doctorale dirig&#233;e par Jacques Lacan et intitul&#233;e&#8194;&lt;i&gt;Speculum de l'autre sexe.&lt;/i&gt; Il fut repris et explicit&#233; par Jacques Derrida, en particulier dans &#201;perons ou les styles de Nietzsche.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S&#233;rie d'entretiens pour la Cha&#238;ne culturelle de Radio-Canada, avec Anne H&#233;bert, Beno&#238;te Groult, Nancy Huston et Madeleine Gagnon. Men&#233;s par la journaliste Monique Durand. R&#233;alisation : Doris Dumais. Diffusion : juillet et d&#233;cembre 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Jeanne Lapointe &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chicoutimi 1915&#8200;&#8211; Qu&#233;bec 2006&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Jeanne Lapointe est, entre autres, la premi&#232;re la&#239;que dipl&#244;m&#233;e de la Facult&#233; des lettres, en 1938, puis la premi&#232;re professeure engag&#233;e au D&#233;partement des litt&#233;ratures de l'Universit&#233; Laval, en 1940, et une des premi&#232;res critiques litt&#233;raires sur les ondes de Radio-Canada dans les ann&#233;es 50. Jeanne Lapointe a &#233;t&#233; membre des prestigieuses commissions royales d'enqu&#234;te, la Commission Parent, sur l'enseignement dans la Province de Qu&#233;bec (1961-1966), et la commission Bird, sur la situation de la femme au Canada (1967-1970). Elle a &#233;t&#233;, en 1986, la r&#233;cipiendaire du Prix Elsie-Gregory-MacGill pour son travail de pionni&#232;re dans le domaine des &#233;tudes f&#233;ministes.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Ce texte de Madeleine Gagnon doit para&#238;tre dans le livre en hommage &#224; Jeanne Lapointe &#8211; &lt;i&gt;JEANNE LAPOINTE. Artisane de la R&#233;volution tranquille&lt;/i&gt; &#8211; aux &#233;ditions Nota bene. Les textes r&#233;unis et pr&#233;sent&#233;s par la professeure Chantal Th&#233;ry, outre celui de Madeleine Gagnon, portent la signature de Guy Rocher, de Monique B&#233;gin, de Louky Bersianik, de Gilles Marcotte, de Gabriel Gagnon et de Marie-ClaireBlais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
