<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.ababord.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
	<link>https://www.ababord.org/</link>
	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.ababord.org/spip.php?id_rubrique=118&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
		<url>https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L144xH53/siteon0-9c6c5.png?1729015892</url>
		<link>https://www.ababord.org/</link>
		<height>53</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>La transformation de la production</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-transformation-de-la-production</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/La-transformation-de-la-production</guid>
		<dc:date>2012-02-28T03:04:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Frantz Gheller</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Gheller, Frantz</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La financiarisation de l'&#233;conomie et la transnationalisation des processus de production forcent &#224; repenser la forme de l'&#201;tat et les relations entre classes sociales. Assiste-t-on nous &#224; l'&#233;mergence d'une classe capitaliste transnationale, voire d'un &#171; &#201;tat capitaliste global &#187;, dont les &#201;tats nationaux ne seraient qu'une courroie de transmission ? Est-il de nos jours encore pertinent de penser les classes dans une optique nationale ? &lt;br class='autobr' /&gt; Comme nous le montre la r&#233;cente crise financi&#232;re, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Les-classes-dominantes-au-" rel="directory"&gt;Dossier : Les classes dominantes au Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gheller-Frantz-+" rel="tag"&gt;Gheller, Frantz&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1279.gif?1642092130' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;682&#034; height=&#034;467&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La financiarisation de l'&#233;conomie et la transnationalisation des processus de production forcent &#224; repenser la forme de l'&#201;tat et les relations entre classes sociales. Assiste-t-on nous &#224; l'&#233;mergence d'une classe capitaliste transnationale, voire d'un &#171; &#201;tat capitaliste global &#187;, dont les &#201;tats nationaux ne seraient qu'une courroie de transmission ? Est-il de nos jours encore pertinent de penser les classes dans une optique nationale ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme nous le montre la r&#233;cente crise financi&#232;re, ce sont les &#201;tats qui g&#232;rent encore les crises du capital en l'absence d'une autorit&#233; supranationale ou d'un &#201;tat global. Depuis au moins la fin du XIXe si&#232;cle, les &#201;tats nationaux ont &#233;t&#233; l'unit&#233; de base de l'&#233;conomie mondiale, jouant un r&#244;le directeur dans l'organisation du capitalisme &#224; l'int&#233;rieur de leur territorialit&#233; ind&#233;pendante. Bien que les processus de production se soient transnationalis&#233;s durant le XXe si&#232;cle, les cadres nationaux et internationaux continuent aujour-d'hui d'&#234;tre les lieux privil&#233;gi&#233;s par les classes dominantes pour solutionner les contradictions du capitalisme global.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La transnationalisation du proc&#232;s de production&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, la reconstruction de l'Europe et du Japon avait favoris&#233; la poursuite d'un interventionnisme keyn&#233;sien impliquant des politiques &#233;tatiques visant le plein-emploi, la stabilit&#233; des agr&#233;gats macro-&#233;conomiques et un certain degr&#233; de contr&#244;le des investissements. Sous la pression des luttes populaires, ce contexte de reconstruction marqu&#233; par le plein-emploi et d'abondants d&#233;bouch&#233;s pour les investissements de capitaux a aid&#233; &#224; rendre possible la consolidation de syst&#232;mes nationaux de s&#233;curit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le milieu des ann&#233;es 1960, l'&#233;conomie internationale, qui &#233;tait jusque-l&#224; caract&#233;ris&#233;e par la pr&#233;dominance des &#233;changes commerciaux de biens, a connu un mouvement de d&#233;localisation industrielle sans pr&#233;c&#233;dent. Face &#224; la comp&#233;tition globale croissante, en particulier celle du Japon et de l'Allemagne, et dans le contexte d'une baisse marqu&#233;e de l'accroissement de la productivit&#233;, les corporations ont cherch&#233; &#224; diminuer les co&#251;ts de production en d&#233;pla&#231;ant les unit&#233;s de production dans les r&#233;gions o&#249; une main-d'&#339;uvre bon march&#233; pouvait &#234;tre exploit&#233;e intensivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilit&#233; du capital a favoris&#233; de nouvelles strat&#233;gies d'investissement, entra&#238;nant des cons&#233;quences importantes pour la fa&#231;on dont les classes dominantes s'ancrent dans l'espace politique de la modernit&#233; capitaliste. L'&#233;tablissement par les &#171; maisons-m&#232;res &#187; de filiales en dehors des fronti&#232;res nationales, la multiplication des fusions-acquisitions d'entreprises &#233;trang&#232;res et l'organisation croissante des firmes en r&#233;seau font en sorte que bien des capitaux nationaux poss&#232;dent d&#233;sormais des int&#233;r&#234;ts parall&#232;les dans plusieurs pays &#224; la fois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hannes Lacher, Beyond Globalization, New York, Routledge, 2006, p. 155-160.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces nouvelles strat&#233;gies d'investissement sont all&#233;es de pair avec de nouvelles m&#233;thodes d'organisation du travail. La production &#171; juste-&#224;-temps &#187; du toyotisme a modifi&#233; de bien des fa&#231;ons le travail &#224; la cha&#238;ne et les lignes de montage qui caract&#233;risaient la production de masse du fordisme. De nombreuses firmes exigent d&#233;sormais du travail qu'il soit &#171; flexible &#187; et que la production sache s'adapter &#224; la moindre variation dans la demande de produits ou de services. Au-del&#224; de ces innovations techniques, l'objectif poursuivi par cette r&#233;organisation du travail demeure toutefois semblable &#224; celui que recherchait le fordisme : intensifier le contr&#244;le du capital sur le travail afin d'en extraire une plus grande valeur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ellen Meiksins Wood, &#171; Modernity, Postmodernity, or Capitalism ? &#187;, in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les classes dominantes face &#224; la comp&#233;tition internationale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans quelle mesure le passage &#224; une &#233;conomie &#171; postfordiste &#187; s'accompagne-t-il de la formation d'une classe capitaliste trans&#173;nationale qui subordonne l'&#201;tat &#224; des int&#233;r&#234;ts de classe globaux ? La mondialisation engendre-t-elle, comme l'affirment certains, la m&#233;tamorphose des bourgeoisies nationales &#171; &lt;i&gt;en contingents locaux (nationaux) d'une bourgeoisie transnationale &#233;mergente&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R. Burbach et William Robinson, &#171; The Fin de Si&#232;cle Debate : Globalization (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actuelle restructuration de la souverainet&#233; &#233;tatique s'effectue d'une mani&#232;re qui rend plus facile la p&#233;n&#233;tration du capital dans les espaces &#233;conomiques nationaux. Il est n&#233;anmoins pr&#233;matur&#233; de parler d'effritement de la souverainet&#233; moderne ou de la subordination des &#201;tats nationaux &#224; une classe d'affaires transnationale. Le r&#244;le de l'&#201;tat dans les derni&#232;res d&#233;cennies a chang&#233;, mais la territorialit&#233; nationale qui a caract&#233;ris&#233; la modernit&#233; capitaliste continue d'exister et de jouer un r&#244;le fondamental dans l'organisation socio-spatiale de l'&#233;conomie mondiale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hannes Lacher, op. cit., p. 161-164.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La territorialit&#233; nationale demeure notamment n&#233;cessaire &#224; l'&#201;tat pour maintenir la stabilit&#233; du syst&#232;me, la discipline du travail et un environnement d'affaires favorable aux investissements. Elle continue aussi d'avoir de grandes implications pour la lutte des travailleurs-ses, encore largement organis&#233;es sur une base nationale. L'intensifi&#173;cation de la comp&#233;tition au sein du capitalisme globalis&#233; se fait durement ressentir alors que persiste la division internationale du travail et que la vaste majorit&#233; des travailleurs-ses de la Triade (Am&#233;rique du Nord, Europe et Japon) demeurent s&#233;dentaires. La plupart continuent &#224; travailler leur vie enti&#232;re dans une m&#234;me localit&#233;, sinon dans une m&#234;me r&#233;gion, et demeurent citoyens d'&#201;tats nationaux sans &#234;tre sujets du droit interna&#173;tional.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intensification de la comp&#233;tition internationale exerce &#233;galement de fortes pressions sur les capitalistes, ainsi amen&#233;s &#224; rechercher de nouvelles pratiques de coop&#233;ration et d'int&#233;gration. En t&#233;moigne leur r&#233;union au sein d'agences non officielles, telles la Commission Tripartite et la Conf&#233;rence de Bilderberg, de m&#234;me que la tenue des grands sommets entre chefs d'&#201;tat et repr&#233;sentants non &#233;lus du monde des affaires, tels le G20 et le Forum &#233;conomique mondial de Davos. Ces initiatives ne t&#233;moignent pas d'une &lt;i&gt;identit&#233;&lt;/i&gt; d'int&#233;r&#234;ts entre les classes capitalistes ou de l'existence d'une classe capitaliste transnationale. Elles t&#233;moignent au contraire de la persistance de divisions profondes entre capitaux nationaux et refl&#232;tent les difficult&#233;s engendr&#233;es par la comp&#233;tition internationale croissante, d'o&#249; ce besoin d'une plus grande coordination entre les capitaux nationaux et les cadres r&#233;gulateurs globaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Les classes dominantes au Qu&#233;bec&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un coup d'&#339;il sur les effets de la comp&#233;tition internationale sur l'&#233;conomie qu&#233;b&#233;coise aide &#224; saisir les disparit&#233;s d'int&#233;r&#234;ts qui caract&#233;risent les diff&#233;rents capitaux nationaux. Il n'y a, par exemple, aucun doute aujourd'hui que le d&#233;clin du secteur manufacturier qu&#233;b&#233;cois ne s'inversera pas &#224; court ou moyen terme. On a cru pendant quelques ann&#233;es que la croissance du secteur des services et qu'une sp&#233;cialisation dans le domaine des hautes technologies allaient permettre de compenser les pertes d'emplois dans le secteur manufacturier. Les d&#233;localisations survenues dans la derni&#232;re d&#233;cennie vers l'Inde, la Chine, l'Asie du Sud-Est, l'Europe de l'Est et le Mexique ont montr&#233; les limites de cette perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles seront, dans ce contexte, les strat&#233;gies d'accumulation et de territorialisation mises de l'avant par les classes dirigeantes qu&#233;b&#233;coises dans un avenir rapproch&#233; ? Cette question ne pourra trouver une r&#233;ponse que par l'analyse des pressions exerc&#233;es sur les classes dominantes qu&#233;b&#233;coises par la comp&#233;tition internationale croissante et les nouvelles opportunit&#233;s d'affaires qu'elles g&#233;n&#232;rent. Cette interrogation, il va sans dire, ne pourra manquer de s'int&#233;resser aux nouveaux espaces de r&#233;sistance. Comme en t&#233;moigne au Qu&#233;bec l'opposition populaire &#224; l'extraction des gaz de schiste, ces espaces de r&#233;sistance limitent les opportunit&#233;s d'affaires &#8211; et d'exploitation &#8211; qui s'offrent aux classes dominantes. L'organisation politique des travailleurs-ses et des sans-emploi demeure aujourd'hui plus que jamais n&#233;cessaire !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hannes Lacher, &lt;i&gt;Beyond Globalization&lt;/i&gt;, New York, Routledge, 2006, p. 155-160.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ellen Meiksins Wood, &#171; Modernity, Postmodernity, or Capitalism ? &#187;, in Robert McChesney et al., &lt;i&gt;Capitalism and the Information Age&lt;/i&gt;, New York, Monthly Review Press, 1998, p. 41-49.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R. Burbach et William Robinson, &#171; The Fin de Si&#232;cle Debate : Globalization as Epochal Shift &#187;, &lt;i&gt;Science and Society&lt;/i&gt;, vol. 63, no. 1, 1999, p. 33.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hannes Lacher, op. cit., p. 161-164.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Frantz Gheller&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le capital canadien en perspective</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-capital-canadien-en-perspective</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-capital-canadien-en-perspective</guid>
		<dc:date>2012-02-28T03:00:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Beaulne</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Beaulne, Pierre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La bourgeoisie canadienne se constitue peu &#224; peu au rythme de l'essor industriel et de sa propre &#233;mancipation de l'Empire britannique. L'accumulation primitive chez cette classe &#233;mergente se r&#233;alise surtout &#224; travers le commerce, les produits de base (c&#233;r&#233;ales, bois) et les activit&#233;s de fabrication traditionnelles. Mais l'impulsion d&#233;terminante vient avec la construction des canaux et surtout des chemins de fer, au XIXe si&#232;cle. Ces initiatives permettent de structurer un espace (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Les-classes-dominantes-au-" rel="directory"&gt;Dossier : Les classes dominantes au Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Beaulne-Pierre-+" rel="tag"&gt;Beaulne, Pierre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La bourgeoisie canadienne se constitue peu &#224; peu au rythme de l'essor industriel et de sa propre &#233;mancipation de l'Empire britannique. L'accumulation primitive chez cette classe &#233;mergente se r&#233;alise surtout &#224; travers le commerce, les produits de base (c&#233;r&#233;ales, bois) et les activit&#233;s de fabrication traditionnelles. Mais l'impulsion d&#233;terminante vient avec la construction des canaux et surtout des chemins de fer, au XIXe si&#232;cle. Ces initiatives permettent de structurer un espace transcontinental et de cr&#233;er un march&#233; int&#233;rieur favorisant le d&#233;veloppement du capital canadien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;mergence d'un nouvel acteur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout en demeurant solide dans certains secteurs, la position relative du capital canadien tend &#224; s'effriter pendant une bonne partie du XXe si&#232;cle. Tr&#232;s t&#244;t, le capital am&#233;ricain se pr&#233;cipite sur les ressources naturelles, tandis que les filiales d'entreprises manufacturi&#232;res s'installent sur le march&#233; canadien afin de contourner les barri&#232;res tarifaires. &#192; la fin des ann&#233;es 1960, les non-r&#233;sidants contr&#244;lent 61 % de la production manufacturi&#232;re et plus des trois quarts de la production &#233;nerg&#233;tique et mini&#232;re. Au total, le degr&#233; de contr&#244;le &#233;tranger au Canada atteint 36 % de tout le capital non financier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lucie Lalibert&#233;, La mondialisation et le bilan des investissements (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs initiatives structurantes sont alors prises qui vont dans le sens &#224; la fois d'une plus grande int&#233;gration continentale, mais aussi de l'&#233;largissement de l'espace de man&#339;uvre du capital canadien : construction de la voie maritime du Saint-Laurent (1958), facilitant l'acc&#232;s au c&#339;ur du continent ; &#233;tablissement de la ligne Borden (1963), afin d'alimenter l'industrie p&#233;trochimique ontarienne avec le p&#233;trole de l'ouest ; Pacte de l'automobile (1965), qui organise un partage de la production avec les &#201;tats-Unis. Des politiques plus muscl&#233;es sont mises en &#339;uvre sous le gouvernement Trudeau : cr&#233;ation de l'Agence de tamisage des investissements &#233;trangers (1974), Programme &#233;nerg&#233;tique national et cr&#233;ation de Petro-Canada (1980). Graduellement, la part du contr&#244;le &#233;tranger reflue &#224; 23 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les secteurs de pointe, largement militaris&#233;s, le capital canadien ne parvient pas &#224; concurrencer les grandes puissances, comme l'illustre l'&#233;chec de l'Avro Arrow (1959). Parall&#232;lement, la construction navale amorce un d&#233;clin irr&#233;versible. On se replie alors sur la sous-traitance, les &lt;i&gt;joint ventures&lt;/i&gt; ou des strat&#233;gies de niche. &#192; la longue, cette approche s'av&#233;rera fructueuse&#8194;et permettra de d&#233;velopper des cr&#233;neaux d'excellence : satellites, syst&#232;mes de communication, simulateurs de vol, avionnerie, BlackBerry, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le virage &#233;conomique n&#233;olib&#233;ral&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le virage n&#233;olib&#233;ral des ann&#233;es 1980 fournit les conditions d'un nouvel &#233;lan, notamment gr&#226;ce aux accords de libre-&#233;change canado-am&#233;ricain (1989) et nord-am&#233;ricain (al&#233;na, 1994) qui ouvrent davantage l'acc&#232;s au march&#233; am&#233;ricain. Plusieurs accords de libre-&#233;change bilat&#233;raux suivront. En moins d'une d&#233;cennie, la valeur du commerce avec les &#201;tats-Unis triplera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, c'est en bonne partie dans la finance que le capital canadien s'&#233;panouit. Le virage n&#233;olib&#233;ral apportera un nouveau souffle, entre autres en permettant la fusion des op&#233;rations bancaires, d'assurance et de courtage. Les banques profiteront de l'endettement croissant des gouvernements gr&#226;ce &#224; leur r&#244;le d'interm&#233;diaire pour les placements de capitaux &#233;trangers. Le refus du gouvernement canadien de permettre les fusions des grandes banques canadiennes, &#224; la fin des ann&#233;es 1990, poussera celles-ci &#224; &#233;tendre davantage leurs activit&#233;s &#224; l'&#233;tranger. Le processus de globalisation en cours favorise aussi l'expansion internationale des banques, particuli&#232;rement dans les paradis fiscaux qui servent de relais pour des investissements en franchise d'imp&#244;ts dans des pays tiers. La financiarisation croissante de l'&#233;conomie &#224; compter des ann&#233;es 1980 consacre le statut h&#233;g&#233;monique de cette fraction du capital canadien, centr&#233;e surtout &#224; Toronto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sorties indemnes de la crise financi&#232;re de 2008 et bien nanties, les banques canadiennes multiplient les acquisitions, surtout aux &#201;tats-Unis o&#249; elles profitent de la vuln&#233;rabilit&#233; de leurs rivales. M&#234;me Desjardins s'y met, en faisant l'acquisition de Western Financial Group, un assureur de l'Ouest canadien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, avec l'irruption des pays &#233;mergents, les ressources &#233;nerg&#233;tiques et les mati&#232;res premi&#232;res sont redevenues fort convoit&#233;es. Les capitaux affluent et des batailles f&#233;roces se livrent pour le contr&#244;le des entreprises. Pour le seul mois de janvier 2011, les fusions et acquisitions au Canada s'&#233;l&#232;vent &#224; 16,4 milliards de dollars. Certaines entreprises canadiennes s'en trouvent fortement valoris&#233;es, comme Barrick Gold, num&#233;ro un mondial dans l'extraction de l'or, ou les p&#233;troli&#232;res de l'Alberta. Mais le capital canadien perd aussi du terrain au profit d'investisseurs &#233;trangers qui renforcent leur emprise sur des entreprises comme Inco, Falconbridge ou Alcan. Il parvient n&#233;anmoins &#224; d&#233;fendre certains bastions, comme l'illustre le blocage par le gouvernement canadien de la tentative de prise de contr&#244;le de Potash Corp.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Le capital qu&#233;b&#233;cois&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plus modeste, la bourgeoisie qu&#233;b&#233;coise se d&#233;veloppe en fonction du march&#233; local et sans apport de capitaux &#233;trangers, coinc&#233;e entre le capital anglo-am&#233;ricain et l'&#201;glise catholique r&#233;fractaire au &#171; mat&#233;rialisme &#187;. Une certaine accumulation provient aussi des communaut&#233;s issues de l'immigration, notamment les Juifs, par exemple Steinberg, ou les Italiens dans la construction. C'est seulement avec l'&#233;mergence de l'&#201;tat moderne du Qu&#233;bec, lors de la R&#233;volution tranquille des ann&#233;es 1960, que se structure un capital plus sp&#233;cifiquement qu&#233;b&#233;cois, appel&#233; famili&#232;rement Qu&#233;bec Inc. Celui-ci met en rapport, &#224; travers des interrelations personnelles ou institutionnelles, toute une vari&#233;t&#233; d'entreprises industrielles ou financi&#232;res, de coop&#233;ratives, de soci&#233;t&#233;s d'&#201;tat et m&#234;me de soci&#233;t&#233;s financi&#232;res parasyndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le temps, plusieurs des entreprises fond&#233;es au Qu&#233;bec ont grossi et le march&#233; local est devenu trop exigu. Certaines d'entre elles, comme SNC-Lavallin, Bombardier, Qu&#233;b&#233;cor ou le Cirque du Soleil, sont pr&#233;sentes partout dans le monde. Aujourd'hui, c'est notamment dans les r&#233;seaux de distribution que les capitaux qu&#233;b&#233;cois prennent de l'expansion &#224; l'ext&#233;rieur, par exemple les quincailleries Rona, les pharmacies Jean-Coutu, les d&#233;panneurs Couche-Tard.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
&#173;Et maintenant ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises inscrivent d&#233;sormais leurs op&#233;rations dans l'environnement &#233;conomique globalis&#233;. Pensons par exemple &#224; Gildan, le plus gros fabricant de T-shirt au monde, avec ses &lt;i&gt;maquilladoras&lt;/i&gt; r&#233;pandues partout en Am&#233;rique centrale et dans les Cara&#239;bes. Ces entreprises ne d&#233;pendent plus autant qu'auparavant du soutien de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois. Elles attendent plut&#244;t des gouvernements, f&#233;d&#233;ral ou qu&#233;b&#233;cois, qu'ils instaurent et assurent de bonnes conditions d'affaires dans les march&#233;s o&#249; elles ont pris pied. En cons&#233;quence, la trame d'int&#233;r&#234;ts convergents tiss&#233;e entre certains capitaux qu&#233;b&#233;cois et l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois se rel&#226;che et s'effiloche peu &#224; peu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'environnement n&#233;olib&#233;ral et globalis&#233; actuel, le capital canadien, tout comme le capital qu&#233;b&#233;cois, semblent avoir trouv&#233; des modes d'insertion, d'association et d'int&#233;gration avec le capital &#233;tranger qui leur laissent assez d'espace pour poursuivre leur expansion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lucie Lalibert&#233;, &lt;i&gt;La mondialisation et le bilan des investissements internationaux du Canada&lt;/i&gt;, Statistique Canada, 1993.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Aux origines de la haine</title>
		<link>https://www.ababord.org/Aux-origines-de-la-haine</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Aux-origines-de-la-haine</guid>
		<dc:date>2012-02-28T02:57:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Hurteau</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Hurteau, Philippe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; la suite de l'arriv&#233;e au pouvoir du duo Reagan-Thatcher, nous avons &#233;t&#233; t&#233;moins de la mise en place d'une opposition syst&#233;matique des classes dominantes &#224; l'&#201;tat et &#224; ses interventions dans l'&#233;conomie. Le programme politique qui &#233;mergea de cette opposition centrale donna corps au n&#233;olib&#233;ralisme comme principe dominant de notre temps. Progressivement, par la conversion de la presque totalit&#233; de la classe politique &#224; la doxa n&#233;olib&#233;rale, une id&#233;e bien simple s'est impos&#233;e comme principe (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Les-classes-dominantes-au-" rel="directory"&gt;Dossier : Les classes dominantes au Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Hurteau-Philippe-+" rel="tag"&gt;Hurteau, Philippe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1276.gif?1642092130' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1037&#034; height=&#034;691&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; la suite de l'arriv&#233;e au pouvoir du duo Reagan-Thatcher, nous avons &#233;t&#233; t&#233;moins de la mise en place d'une opposition syst&#233;matique des classes dominantes &#224; l'&#201;tat et &#224; ses interventions dans l'&#233;conomie. Le programme politique qui &#233;mergea de cette opposition centrale donna corps au n&#233;olib&#233;ralisme comme principe dominant de notre temps. Progressivement, par la conversion de la presque totalit&#233; de la classe politique &#224; la &lt;i&gt;doxa&lt;/i&gt; n&#233;olib&#233;rale, une id&#233;e bien simple s'est impos&#233;e comme principe dominant de notre temps : il faut moins d'&#201;tat et il faut que ce qu'il en reste intervienne le moins possible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mais les faits d&#233;mentent la doctrine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit de trois d&#233;cennies d'imposition de r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales, l'&#201;tat maintient et utilise toujours d'importants leviers interventionnistes et voit sa taille suivre une courbe d'expansion continue. Au Qu&#233;bec seulement, le budget du gouvernement a augment&#233; de 27 G$ depuis le d&#233;but de la lutte au d&#233;ficit de Lucien Bouchard, soit une progression de 65 %&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Budget du Qu&#233;bec, 1996-1997 &#8211; 2010-2011.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce paradoxe, le d&#233;veloppement d'un c&#244;t&#233; du mantra du moindre &#201;tat et de l'autre l'expansion de l'appareil &#233;tatique, ne trouve pas son explication dans l'opposition de principe des classes dominantes &#224; l'&#201;tat. Il s'agit plut&#244;t d'une volont&#233; de ces derni&#232;res de refonder l'&#201;tat par un processus de transformations internes&#8194;consistant &#224; d&#233;laisser les missions sociales au profit d'une int&#233;gration de l'appareil gouvernemental aux structures de l'&#233;conomie financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Reconstitution du monopole oligarchique&lt;/h2&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La restructuration n&#233;olib&#233;rale de l'appareil &#233;tatique ne se fait pas en vase clos, elle d&#233;coule d'un processus de reconfiguration de nos &#233;lites. Depuis le milieu du XIXe si&#232;cle, l'accession progressive du peuple &#224; la citoyennet&#233; a eu pour cons&#233;quence de rompre le monopole des &#233;lites sur la d&#233;finition des r&#232;gles de participation &#224; l'espace public. Songeons &#224; l'&#233;largissement du droit de vote aux travailleurs ou, plus tardivement, aux femmes, &#224; la prise en compte du monde ouvrier dans l'espace politique, &#224; l'&#233;tablissement de programmes de couvertures sociales &#224; la suite de la crise des ann&#233;es trente ou encore aux luttes pour les droits civiques ; ces conqu&#234;tes populaires ont repr&#233;sent&#233; autant de ruptures s'opposant &#224; la domination des &#233;lites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos oligarques contemporains, en r&#233;action &#224; une opposition, tentent de r&#233;tablir leur droit exclusif &#224; la prise de parole dans l'espace public. Le d&#233;mant&#232;lement de l'&#201;tat social vise certes &#224; lib&#233;rer le monde des affaires de certaines entraves g&#234;nantes &#224; la poursuite de ses activit&#233;s, mais il vise davantage &#224; d&#233;faire le compromis &#233;tabli entre deux logiques politiques antagoniques : la logique polici&#232;re qui quadrille et encadre la domination des classes dominantes et la logique d&#233;mocratique qui voit en l'&#201;tat l'incarnation de la volont&#233; populaire et le meilleur gardien de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Machiavel a caract&#233;ris&#233; cette structuration conflictuelle du politique&#8194;comme &#233;tant une opposition entre la volont&#233; des grands &#224; dominer et la volont&#233; des petits de ne pas vivre sous leur emprise. Selon le sch&#233;ma machiav&#233;lien, l'&#201;tat social n'est rien d'autre qu'un compromis momentan&#233; cherchant &#224; balancer ces deux &#171; humeurs &#187;. Les dominants ont donc toujours gard&#233; la haute main sur l'&#201;tat, mais ils ont d&#251; composer avec l'entr&#233;e en sc&#232;ne d'un nouvel acteur politique, le peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le n&#233;olib&#233;ralisme institue donc un nouveau rapport de force entre la volont&#233; des &#171; grands &#187; et celle des &#171; petits &#187;. Les r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales ne visent pas d'abord les baisses d'imp&#244;t, ni les coupures dans les d&#233;penses sociales, ni la lib&#233;ralisation des &#233;changes. Une lecture attentive du n&#233;o&#173;lib&#233;ralisme nous montre que ces r&#233;formes op&#232;rent surtout une reconfiguration de l'imaginaire politique destin&#233;e &#224; l&#233;gitimer l'objectif de r&#233;tablir la capacit&#233; des &#233;lites &#224; exercer une domination sans partage. En clair, le n&#233;olib&#233;ralisme n'est que l'actualisation contemporaine de la haine ancestrale des oligarques envers ce qu'ils consid&#232;rent le scandale d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Gouverner sans le peuple&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat n&#233;olib&#233;ral est l'expression de la r&#233;surgence de la volont&#233; des classes dirigeantes d'installer une logique de domination polici&#232;re pour rel&#233;guer les diff&#233;rentes formes d'expression politique des classes populaires &#224; l'ext&#233;rieur de l'espace public. D&#233;sormais, chaque irruption populaire est tax&#233;e d'ignorance, d'irrationalisme ou d'immobilisme par la pens&#233;e dominante. Prenons simplement en exemple le traitement r&#233;serv&#233; aux opposants &#224; la centrale du Suro&#238;t ou, plus r&#233;cemment, &#224; ceux qui &#171; s'ent&#234;tent &#187; &#224; ne pas comprendre que l'exploitation du gaz de schiste devrait &#234;tre une priorit&#233; nationale.&#8200;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'ignorance reproch&#233;e au peuple, note Jacques Ranci&#232;re, est simplement son manque de foi. De fait, la foi historique a chang&#233; de camp. Elle semble aujourd'hui l'apanage des gouvernements et de leurs experts. C'est qu'elle seconde leur compulsion la plus profonde, la compulsion naturelle au gouvernement oligarchique : la compulsion &#224; se d&#233;barrasser du peuple et de la politique. En se d&#233;clarant simples gestionnaires des retomb&#233;es locales de la n&#233;cessit&#233; historique mondiale, nos gouvernements s'appliquent &#224; expulser [de nos soci&#233;t&#233;s] le suppl&#233;ment d&#233;mocratique&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques Ranci&#232;re, La haine de la d&#233;mocratie, Paris, La Fabrique, 2005, p. 89.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; cette disqualification progressive des formes populaires de participation politique &#8211; manifestations, p&#233;titions, occupations, &#233;meutes, boycotts, etc. &#8211;, on retrouve une concentration du pouvoir au sein d'un nouveau compromis &#233;tatique. Celui-ci s'institue autour d'une monopolisation du pouvoir par les classes dominantes. La capacit&#233; citoyenne &#224; &#171; prendre la parole &#187; se voit du coup r&#233;duite qualitativement et quantitativement. Seuls ceux qui d&#233;tiennent les titres de l&#233;gitimit&#233; propres &#224; l'&#233;lite peuvent continuer d'utiliser pleinement leur droit &#224; la prise de parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les acteurs intervenant dans l'espace public deviennent interchangeables, qu'il s'agisse de nos politiciens de profession, des porte-parole reconnus du monde des affaires ou d'un quelconque expert devant expliquer en quoi la soumission &#224; la volont&#233; des &#233;lites est une fatalit&#233;. Le d&#233;saccord, lorsqu'il prend une forme radicale, formul&#233; par des sujets politiques &#171; non conformes &#187;, se trouve invalid&#233; avant m&#234;me d'&#234;tre &#233;nonc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes dominantes &#8211; soit l&lt;i&gt;'overclass&lt;/i&gt;, la bourgeoisie nationale, les coordonnateurs et leurs intellectuels organiques &#8211; sont &#224; l'&#339;uvre depuis une trentaine d'ann&#233;es, tentant de mettre en place un &#201;tat qu'ils pourront contr&#244;ler totalement. L'&#201;tat peut d&#233;sormais privatiser les services publics, imposer des budgets d'aust&#233;rit&#233; sociale, taxer les pauvres, d&#233;clarer la guerre, r&#233;primer violemment la contestation, etc. Tout cela, l'appareil des oligarques peut le faire en invoquant sa capacit&#233; exclusive &#224; d&#233;terminer le cadre dans lequel doit &#234;tre recherch&#233; le bien commun. Les int&#233;r&#234;ts des &#233;lites qui composent cet &#201;tat s'en trouvent forc&#233;ment consolid&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Budget du Qu&#233;bec, 1996-1997 &#8211; 2010-2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jacques Ranci&#232;re, &lt;i&gt;La haine de la d&#233;mocratie&lt;/i&gt;, Paris, La Fabrique, 2005, p. 89.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Think tanks... usine &#224; id&#233;ologie ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Think-tanks-usine-a-ideologie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Think-tanks-usine-a-ideologie</guid>
		<dc:date>2012-02-28T02:53:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#200;ve-Lyne Couturier</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Couturier, &#200;ve-Lyne </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les classes dominantes ne maintiennent pas leur position simplement par inertie. Il suffit d'ouvrir le journal, la t&#233;l&#233;vision ou la radio, pour constater l'omnipr&#233;sence des arguments justifiant l'ordre social tel qu'il est maintenant. &#192; force de les entendre r&#233;p&#233;t&#233;s par les m&#233;dias, les commentateurs et les responsables institutionnels tant publics que priv&#233;s, on finit par les int&#233;grer. Pourtant, ce ne sont pas les &#233;lites elles-m&#234;mes qui diffusent le message. Il est plut&#244;t v&#233;hicul&#233; par (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Les-classes-dominantes-au-" rel="directory"&gt;Dossier : Les classes dominantes au Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Patrons-et-think-tanks-+" rel="tag"&gt;Patrons et think tanks&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Couturier-Eve-Lyne-+" rel="tag"&gt;Couturier, &#200;ve-Lyne &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les classes dominantes ne maintiennent pas leur position simplement par inertie. Il suffit d'ouvrir le journal, la t&#233;l&#233;vision ou la radio, pour constater l'omnipr&#233;sence des arguments justifiant l'ordre social tel qu'il est maintenant. &#192; force de les entendre r&#233;p&#233;t&#233;s par les m&#233;dias, les commentateurs et les responsables institutionnels tant publics que priv&#233;s, on finit par les int&#233;grer. Pourtant, ce ne sont pas les &#233;lites elles-m&#234;mes qui diffusent le message. Il est plut&#244;t v&#233;hicul&#233; par diff&#233;rents think tanks, v&#233;ritables incubateurs d'id&#233;ologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la droite lib&#233;rale, &#224; la d&#233;fense du capitalisme et de l'entreprise priv&#233;e, soit toujours le courant qui domine dans les m&#233;dias, de plus en plus de commentateurs vont encore plus loin. On cherche ainsi &#224; restructurer l'ensemble des relations humaines et sociales dans une optique lib&#233;rale. Diff&#233;rente de la droite morale, souvent associ&#233;e au conservatisme religieux, il s'agit plut&#244;t d'une droite libertarienne pour laquelle tout s'&#233;value &#224; l'aune du march&#233;, pour qui la valeur supr&#234;me est la libert&#233; individuelle des agents &#233;conomiques. On peut voir dans ce courant tant le Tea Party &#233;tats-unien, le Parti conservateur f&#233;d&#233;ral que le R&#233;seau Libert&#233; Qu&#233;bec. Dans les trois cas, on nous propose une soci&#233;t&#233; sublim&#233;e au profit de l'individu isol&#233;, responsable de sa condition et de ses choix.&#8194;La rationalit&#233; du march&#233; peut ensuite &#234;tre utilis&#233;e avec profit dans toutes les sph&#232;res d'analyse. Exemplifiant ceci, l'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al (IEDM) a publi&#233; en f&#233;vrier 2008 une note sur le &#171; march&#233; des relations amoureuses &#187; qui se concluait ainsi : &#171; La rationalit&#233; &#233;conomique est fondamentalement humaine. Elle ne peut &#234;tre dissoci&#233;e de l'&#234;tre humain parce qu'elle est au c&#339;ur de celui-ci&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mathieu Laberge, Existe-t-il un march&#233; des relations amoureuses ?, Notes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mathieu Laberge, Existe-t-il un march&#233; des relations amoureuses ?, Notes &#233;conomiques, IEDM, f&#233;vrier 2008, p. 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Think tanks... ind&#233;pendants ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Think-tanks-independants</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Think-tanks-independants</guid>
		<dc:date>2012-02-28T02:50:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#200;ve-Lyne Couturier</dc:creator>


		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Couturier, &#200;ve-Lyne </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les liens entre les think tanks de droite et l'entreprise priv&#233;e ne sont plus &#224; faire. En 2007, &#192; b&#226;bord ! a publi&#233; un article de Beno&#238;t Perron o&#249; on &#233;num&#233;rait les postes cl&#233;s d&#233;tenus par certains administrateurs de think thanks influents. Les institutions financi&#232;res y sont particuli&#232;rement bien repr&#233;sent&#233;es, tout comme les grands empires m&#233;diatiques. En &#233;tudiant la composition des diff&#233;rents conseils d'administration, bureaux des gouverneurs et listes des chercheures associ&#233;es de ces (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Les-classes-dominantes-au-" rel="directory"&gt;Dossier : Les classes dominantes au Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Patrons-et-think-tanks-+" rel="tag"&gt;Patrons et think tanks&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Couturier-Eve-Lyne-+" rel="tag"&gt;Couturier, &#200;ve-Lyne &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les liens entre les think tanks de droite et l'entreprise priv&#233;e ne sont plus &#224; faire. En 2007, &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; a publi&#233; un article de Beno&#238;t Perron o&#249; on &#233;num&#233;rait les postes cl&#233;s d&#233;tenus par certains administrateurs de think thanks influents. Les institutions financi&#232;res y sont particuli&#232;rement bien repr&#233;sent&#233;es, tout comme les grands empires m&#233;diatiques. En &#233;tudiant la composition des diff&#233;rents conseils d'administration, bureaux des gouverneurs et listes des chercheures associ&#233;es de ces groupes de r&#233;flexion, on comprend ais&#233;ment la pr&#233;sence de leurs id&#233;es &#224; la radio, &#224; la t&#233;l&#233;vision et dans les journaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous attarderons ici aux liens entre ces groupes et l'&#201;tat. Bien qu'ils ne soient pas financ&#233;s par des subventions gouvernementales, plusieurs des membres actifs des think tanks poss&#232;dent un lien tr&#232;s fort avec les structures &#233;tatiques. Par exemple, le Fraser Institute compte dans ses Senior Fellows Preston Manning, le fondateur du Reform Party, Ralph Klein, l'ancien premier ministre de l'Alberta ainsi que Michael Harris, le premier ministre ontarien connu pour ses r&#233;formes sociales brutales. &#192; l'IEDM, le bureau des gouverneurs comprend Bernard Lord, ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick et Donald Johnson qui a &#233;t&#233; ministre &#224; plusieurs reprises dans le gouvernement lib&#233;ral f&#233;d&#233;ral entre 1978 et 1984. Leur coordonnatrice aux communications a &#233;t&#233; recherchiste pour l'ADQ ainsi que responsable des communications de ce parti pour la r&#233;gion de Montr&#233;al lors des deux derni&#232;res &#233;lections g&#233;n&#233;rales. Il est int&#233;ressant de noter &#233;galement que Michel Kelly-Gagnon, ancien pr&#233;sident du conseil du patronat et maintenant PDG de l'IEDM, a &#233;t&#233; nomm&#233; par le gouvernement conservateur sur le conseil d'administration de la Fondation canadienne pour l'innovation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu&#233;b&#233;cois et Canadiens les plus riches</title>
		<link>https://www.ababord.org/Quebecois-et-Canadiens-les-plus</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Quebecois-et-Canadiens-les-plus</guid>
		<dc:date>2012-02-28T02:49:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guillaume H&#233;bert</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>H&#233;bert, Guillaume</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les Qu&#233;b&#233;cois les plus riches &lt;br class='autobr' /&gt; Selon le classement de Canadian Business, 16 Qu&#233;b&#233;cois (ou familles qu&#233;b&#233;coises) figurent parmi les 100 plus grandes fortunes du Canada. R&#233;unie, leur richesse est &#233;valu&#233;e &#224; plus de 27 milliards de dollars. La plus grande fortune, celle du Franco-Ontarien d'origine Paul Desmarais, est estim&#233;e &#224; 4,3 G$, soit le pactole qu'accumulerait un travailleur au revenu moyen en&#8230; 128&#8194;000 ann&#233;es de labeur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi les 10 premi&#232;res fortunes, trois autres seulement sont (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Les-classes-dominantes-au-" rel="directory"&gt;Dossier : Les classes dominantes au Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Patrons-et-think-tanks-+" rel="tag"&gt;Patrons et think tanks&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Hebert-Guillaume-+" rel="tag"&gt;H&#233;bert, Guillaume&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les Qu&#233;b&#233;cois les plus riches&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Selon le classement de &lt;i&gt;Canadian Business&lt;/i&gt;, 16 Qu&#233;b&#233;cois (ou familles qu&#233;b&#233;coises) figurent parmi les 100 plus grandes fortunes du Canada. R&#233;unie, leur richesse est &#233;valu&#233;e &#224; plus de 27 milliards de dollars. La plus grande fortune, celle du Franco-Ontarien d'origine Paul Desmarais, est estim&#233;e &#224; 4,3 G$, soit le pactole qu'accumulerait un travailleur au revenu moyen en&#8230; 128&#8194;000 ann&#233;es de labeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les 10 premi&#232;res fortunes, trois autres seulement sont d'origine &#171; canadienne-fran&#231;aise &#187; : celle de la famille Bombardier (4e, 2,1 G$), celle de Guy Lalibert&#233; (7e, 1,5 G$) et celle de Jean Coutu (9e, 1,1 G$). Venue des &#201;tats-Unis, la famille Kruger (10e, 1,1 G$), qui a b&#226;ti sa fortune dans le secteur des p&#226;tes et papier, est pr&#233;sente au Qu&#233;bec depuis le d&#233;but du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre des Qu&#233;b&#233;cois les plus riches sont n&#233;s en Europe. L'un d'eux, Lino Saputo (2e, 3,5 G$) a immigr&#233; d'Italie dans les ann&#233;es 1950 alors que les trois autres ont fui l'Allemagne nazie : David Azrieli (3e, 2,9 G$), Stephen Jarilowsky (5e, 1,9 G$) et Marcel Adams (6e, 1,8 G$)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plus grandes fortunes sont li&#233;es aux secteurs de la finance et de l'immobilier.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les Canadiens les plus riches&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Centre canadien des politiques alternatives (CCPA) d&#233;voilait r&#233;cemment une &#233;tude montrant l'&#233;volution des revenus du 1 % des contribuables les plus riches au Canada. Dans cette tranche de la population (246&#8194;000 personnes), le salaire moyen est de 404&#8194;000 $. Cette petite minorit&#233; a accapar&#233; le tiers de la croissance &#233;conomique entre les ann&#233;es 1997 et 2007. La situation du 0,01 % le plus riche est plus frappante encore. Le revenu le plus bas dans ce groupe est de 1,85 M$ et la moyenne se situe &#224; 3,83 M$. Ils ont multipli&#233; leur revenu par cinq depuis les ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus r&#233;v&#233;lateur demeure n&#233;anmoins l'&#233;volution qu'a suivie la part des revenus que re&#231;oit ce 1 % le plus riche au Canada depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Entre les ann&#233;es 1940 et 1970, les politiques de redistribution avaient fait passer leur part de 14 % &#224; 7,7 % des revenus totaux. La tendance s'est ensuite invers&#233;e et, en 2007, la part de revenus accapar&#233;e par le 1 % les plus riches atteint pratiquement, &#224; nouveau, la proportion des ann&#233;es 1940 (13,8 %).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Relais politique de la classe dominante : Le cas du PLQ</title>
		<link>https://www.ababord.org/Relais-politique-de-la-classe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Relais-politique-de-la-classe</guid>
		<dc:date>2012-02-28T02:47:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne-Marie Provost</dc:creator>


		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Provost, Anne-Marie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec est le v&#233;hicule politique le plus performant des classes dominantes locales. Dans les derni&#232;res ann&#233;es, le PLQ a re&#231;u un financement sectoriel li&#233; &#224; trois groupes dominants : les grands entrepreneurs (Desmarais, etc.), les firmes de g&#233;nie-conseil (on se rappellera du cas Axor) et certaines personnes li&#233;es &#224; des fonds d'investissement &#224; risque. Ainsi, le programme et les d&#233;cisions du gouvernement lib&#233;ral ont avantag&#233; ces diff&#233;rents groupes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le cas des firmes (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Les-classes-dominantes-au-" rel="directory"&gt;Dossier : Les classes dominantes au Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Provost-Anne-Marie-+" rel="tag"&gt;Provost, Anne-Marie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec est le v&#233;hicule politique le plus performant des classes dominantes locales. Dans les derni&#232;res ann&#233;es, le PLQ a re&#231;u un financement sectoriel li&#233; &#224; trois groupes dominants : les grands entrepreneurs (Desmarais, etc.), les firmes de g&#233;nie-conseil (on se rappellera du cas Axor) et certaines personnes li&#233;es &#224; des fonds d'investissement &#224; risque. Ainsi, le programme et les d&#233;cisions du gouvernement lib&#233;ral ont avantag&#233; ces diff&#233;rents groupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas des firmes d'ing&#233;nieur et des compagnies de construction, on leur a attribu&#233; des contrats sans faire d'appels d'offres, on a mis en place des partenariats public-priv&#233; avantageux pour le priv&#233; et on a mis en chantier de grands projets d'infrastructures pour sortir de la crise &#233;conomique. Du c&#244;t&#233; des grands entrepreneurs, le PLQ a &#233;galement &#233;t&#233; tr&#232;s g&#233;n&#233;reux : les imp&#244;ts sur les entreprises ont &#233;t&#233; baiss&#233;s et il y a &#233;galement eu une r&#233;duction de la progressivit&#233; des imp&#244;ts sur les particuliers, r&#233;duction qui a &#233;videmment profit&#233; aux plus riches. On a de plus ouvert de nouveaux march&#233;s priv&#233;s, comme celui du gaz de schiste. En ce qui a trait aux fonds d'investissement &#224; risque, le PLQ a aboli la taxe sur le capital et engag&#233; de l'investissement public dans les secteurs financiaris&#233;s comme les sciences de la vie, le secteur pharmaceutique ou les nouvelles technologies. &#171; F&#233;licitations pour votre beau programme ! &#187; ont d&#251; leur lancer certains contributeurs, enchant&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne cherche donc pas, dans les partis politiques de ce type, &#224; mobiliser le peuple derri&#232;re un projet rassembleur qui a du sens : on les utilise plut&#244;t pour servir les int&#233;r&#234;ts &#224; court terme de certaines factions minoritaires des classes dominantes. &#192; la limite, les id&#233;aux sont des freins potentiels &#224; la capacit&#233; de rendre r&#233;els les retours d'ascenseur souhait&#233;s par les grands donateurs. En ce sens, ces partis politiques devenus machines &#233;lectorales sont responsables des faibles taux de participation aux &#233;lections et du cynisme g&#233;n&#233;ralis&#233; que leurs repr&#233;sentants d&#233;noncent paradoxalement. Devant un cartel de partis politiques qui s'&#233;changent le pouvoir de fa&#231;on cyclique, sans se lier au d&#233;bat public, ni plus g&#233;n&#233;ralement au politique comme lieu de discussion des enjeux collectifs qui devraient pourtant &#234;tre au c&#339;ur de leur existence, il ne faut pas se surprendre que les citoyennes d&#233;missionnent. De toute fa&#231;on, pour ces partis bien rod&#233;s, fa&#231;onn&#233;s par les lois du march&#233; jusque dans l'interaction politique, la participation du simple citoyen n'est ni souhait&#233;e, ni efficace.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chiens de garde de l'&#233;conomie</title>
		<link>https://www.ababord.org/Chiens-de-garde-de-l-economie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Chiens-de-garde-de-l-economie</guid>
		<dc:date>2012-02-28T02:45:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ric Martin</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;dias et journalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>Martin, &#201;ric</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Pouvons-nous encore revendiquer le titre de chiens de garde de la d&#233;mocratie alors que seule une modeste partie des ressources financi&#232;res et humaines des m&#233;dias sert la vie d&#233;mocratique ? &#187; Le th&#232;me de la pl&#233;ni&#232;re inaugurale du dernier congr&#232;s de la F&#233;d&#233;ration professionnelle des journalistes du Qu&#233;bec a de quoi inqui&#233;ter, &#224; tel point qu'on se demande si l'on peut encore parler du journalisme comme d'un quatri&#232;me pouvoir. Examinons comment le secteur des m&#233;dias se restructure sous la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Les-classes-dominantes-au-" rel="directory"&gt;Dossier : Les classes dominantes au Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Medias-et-journalisme-+" rel="tag"&gt;M&#233;dias et journalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Patrons-et-think-tanks-+" rel="tag"&gt;Patrons et think tanks&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Martin-Eric-+" rel="tag"&gt;Martin, &#201;ric&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Pouvons-nous encore revendiquer le titre de chiens de garde de la d&#233;mocratie alors que seule une modeste partie des ressources financi&#232;res et humaines des m&#233;dias sert la vie d&#233;mocratique ?&lt;/i&gt; &#187; Le th&#232;me de la pl&#233;ni&#232;re inaugurale du dernier congr&#232;s de la F&#233;d&#233;ration professionnelle des journalistes du Qu&#233;bec a de quoi inqui&#233;ter, &#224; tel point qu'on se demande si l'on peut encore parler du journalisme comme d'un quatri&#232;me pouvoir. Examinons comment le secteur des m&#233;dias se restructure sous la houlette des grandes corporations.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Contre-pouvoir ou entreprise comme les autres ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La fonction historique du journalisme est celle d'un contre-pouvoir opposant le d&#233;bat public d&#233;mocratique &#224; l'arbitraire et au secret du pouvoir monarchique. Le journalisme est ainsi li&#233; &#224; l'institution d'un espace politique critique dans la soci&#233;t&#233;, bas&#233; sur un id&#233;al de souverainet&#233; populaire. Parler et d&#233;battre, cela voulait dire avoir une prise sur le monde, et pouvoir choisir collectivement les orientations qui allaient d&#233;terminer l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet id&#233;al journalistique, li&#233; &#224; l'id&#233;e de la participation d&#233;mocratique, sera bien vite renvers&#233; par une autre forme sociale, la forme capitaliste. Dor&#233;navant, ce qui reliera les individus les uns aux autres sera uniquement leur participation &#224; la production-consommation &#233;conomique. Dans cette forme sociale, le langage, la culture, le symbolique ne sont plus les instruments du d&#233;bat public, mais deviennent des supports pour accumuler de la valeur. Ici, on ne parle pas, on ne d&#233;bat pas : on est spectateur, moyennant tarif. L'orientation du monde, elle, est dict&#233;e par les imp&#233;ratifs de la croissance capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte, la fonction politique de contre-pouvoir du journal et des journalistes est remplac&#233;e par leur fonction &#233;conomique. Le journal devient une entreprise comme les autres, et l'information, une marchandise et un investissement &#224; rentabiliser. Les journalistes deviennent des &#171; producteurs de contenu &#187; de plus en plus num&#233;ris&#233;, que l'on recycle sur toute les &#171; multiplateformes &#187; qui appartiennent aux grands conglom&#233;rats pour que chaque &#171; contenu &#187; g&#233;n&#232;re un maximum de profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui explique la place croissante que prend le divertissement facile au d&#233;triment de la nouvelle : le spectacle vend bien. L'information, de mani&#232;re plus perverse, sert aussi de relais id&#233;ologique aux grandes corporations. Elle permet de r&#233;percuter l'imaginaire dominant du capitalisme &#224; travers l'ensemble des couches sociales : la r&#233;alit&#233; se r&#233;sume &#224; l'&#233;conomie, la croissance doit &#234;tre maintenue, il faut ouvrir de nouveaux espaces d'investissement et de production de valeur financi&#232;re, etc. L'important, ici, est la centralit&#233; de l'&#233;conomie comme r&#233;f&#233;rent universel : tout doit y &#234;tre adapt&#233; et sa domination sur le reste des rapports sociaux doit s'exercer sans aucune limitation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Gesca et Quebecor : deux cas exemplaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelques exemples pour illustrer cela. L'empire PowerCorp-Desmarais, qui publie &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Soleil,&lt;/i&gt; a aussi des investissements en Chine (acier, &#233;lectricit&#233;, mines, &#233;nergie, immobilier, aviation, tunnels, communications, distribution de v&#233;hicules et de produits de consommation), en Europe (p&#233;trole, constructions, mines, alcool, eau, d&#233;chets, gestion de cliniques priv&#233;es) et dans l'assurance-vie au Canada. Pour PowerCorp, la communication est un investissement &#224; rentabiliser parmi d'autres, en plus d'&#234;tre un outil devant mousser la rentabilit&#233; de l'ensemble des activit&#233;s du conglom&#233;rat. En 2009, l'&#233;dition du dimanche est abolie &#224; &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt; en m&#234;me temps qu'intervient un recul des conditions de travail. La m&#234;me chose se produit pr&#233;sentement au Soleil, o&#249; l'on tente d'augmenter la semaine de travail. D'autre part, l'information est un moyen de diffuser dans la soci&#233;t&#233; une &#171; pens&#233;e &#233;conomique &#187; favorable au capital de risque et &#224; l'investissement. Il n'y a pas de myst&#232;re : ces gens-l&#224; voient la soci&#233;t&#233; comme un champ de placements, et ils veulent propager la bonne nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'empire Quebecor, pour sa part, est un cas d'&#233;cole qui illustre bien les diff&#233;rents modes de concentration des m&#233;dias. Quebecor poss&#232;de non seulement beaucoup de m&#233;dias appartenant &#224; un m&#234;me march&#233;, mais assure aussi toutes les &#233;tapes de la production de contenu, de l'artiste qui performe aux rayons de disques chez Archambault, en passant par la distribution et la promotion crois&#233;e dans ses diff&#233;rents m&#233;dias. Pour r&#233;duire ses co&#251;ts, Quebecor a d&#233;cid&#233; de casser le syndicat du &lt;i&gt;Journal de Montr&#233;al&lt;/i&gt;, en &lt;i&gt;lock-out&lt;/i&gt; depuis deux ans. On produit l'information ailleurs et, &#224; travers l'agence QMI, on la recycle sur les diff&#233;rents supports du groupe. Le journal est produit sans journalistes, mais on y trouve plusieurs chroniqueurs n&#233;olib&#233;raux ou libertariens. Le groupe lancera bient&#244;t la chaine n&#233;oconservatrice SUN TV, la &#171; Fox News du Nord &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte, les journalistes n'ont plus comme r&#244;le que celui de producteurs de contenu vendable et de &#171; chiens de garde de l'&#233;conomie &#187;. Le reste est, comme l'&#233;crivait r&#233;cemment PKP au &lt;i&gt;Devoir,&lt;/i&gt; bon pour les amateurs de roman. Si seulement on pouvait faire produire un journal web par des robots qui repiquent l'information provenant d'autres sites et qu'on pourrait vendre &#224; gros tarif ! Quant &#224; la d&#233;mocratie et au d&#233;bat, cela cause surtout du d&#233;sordre et de l'immobilisme tout en troublant la bonne marche de l'investissement et de la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le m&#233;pris&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut mesurer ce qu'une telle vision du monde comporte de m&#233;pris, non seulement pour le r&#244;le politique de contre-pouvoir du journalisme et de l'institution-journal, mais aussi pour la population en g&#233;n&#233;ral et les institutions publiques. Tout cela n'est que variable &#224; exploiter dans une strat&#233;gie d'accumulation et d'investissement. Chacun n'est que pion sur l'&#233;chiquier, dont on ne sollicite pas l'intelligence, mais le portefeuille et l'admiration b&#233;ate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concentration et la marchandisation de la presse ont fait l'objet de nombreuses enqu&#234;tes et commissions depuis des d&#233;cennies sans qu'aucune mesure concr&#232;te ne soit adopt&#233;e. Le dernier en lice, le Rapport Payette, avait des airs de d&#233;mission. St&#233;phane Baillargeon, dans &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;St&#233;phane Baillargeon, &#171; D'une &#233;thique &#224; l'autre &#187;, Le Devoir, 31 janvier 2011.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, signalait que le rapport ne fait rien pour r&#233;gler un probl&#232;me qu'il constate pourtant : le d&#233;clin dans la diversit&#233; des voix, &#171; l'hyperpropri&#233;t&#233; &#187; et un &#171; mod&#232;le d'affaires &#187; qui &#171; g&#232;re &#187; la &#171; production &#187; de l'information comme une quelconque &#171; marchandise &#187;. &#192; la place, on mise sur la promotion de la d&#233;ontologie &#224; travers un processus d'&#233;mulation-r&#233;compense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quoi sert-il encore d'&#233;crire dans une soci&#233;t&#233; qui se raconte comme un livre de banque ? Pour les grands conglom&#233;rats, l'information n'est que l'&#233;cho sonore de la croissance &#233;conomique. Voil&#224; ce qu'il faut briser, pour que l'information retrouve sa qualit&#233; de denr&#233;e d&#233;mocratique et d'&#233;toffe de libert&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;St&#233;phane Baillargeon, &#171; D'une &#233;thique &#224; l'autre &#187;, &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, 31 janvier 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le pouvoir des technocraties</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-pouvoir-des-technocraties</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-pouvoir-des-technocraties</guid>
		<dc:date>2012-02-28T02:39:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Simon Tremblay-P&#233;pin</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>Tremblay-P&#233;pin, Simon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Historiquement, on a surtout compris les classes dominantes gr&#226;ce aux rapports de propri&#233;t&#233;. Selon les sch&#232;mes classiques, ceux qui poss&#232;dent les outils ayant la capacit&#233; de produire des marchandises (les capitalistes) ont la main haute sur ceux qui n'ont pour propri&#233;t&#233; que leur force de travail, qu'ils doivent offrir en &#233;change d'un salaire leur assurant subsistance (les travailleurs et travailleuses). Dans cette configuration &#224; deux p&#244;les, les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques des uns sont oppos&#233;s &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Les-classes-dominantes-au-" rel="directory"&gt;Dossier : Les classes dominantes au Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Patrons-et-think-tanks-+" rel="tag"&gt;Patrons et think tanks&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Tremblay-Pepin-Simon-+" rel="tag"&gt;Tremblay-P&#233;pin, Simon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Historiquement, on a surtout compris les classes dominantes gr&#226;ce aux rapports de propri&#233;t&#233;. Selon les sch&#232;mes classiques, ceux qui poss&#232;dent les outils ayant la capacit&#233; de produire des marchandises (les capitalistes) ont la main haute sur ceux qui n'ont pour propri&#233;t&#233; que leur force de travail, qu'ils doivent offrir en &#233;change d'un salaire leur assurant subsistance (les travailleurs et travailleuses). Dans cette configuration &#224; deux p&#244;les, les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques des uns sont oppos&#233;s &#224; ceux des autres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La diversification des formes du Capital&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Or, plus le vingti&#232;me si&#232;cle avance, plus les modes de propri&#233;t&#233; se transforment. L'&#233;largis-sement de la propri&#233;t&#233; par actionnariat cro&#238;t largement avant la moiti&#233; du si&#232;cle. Bien s&#251;r, il demeure des petites entreprises poss&#233;d&#233;es par des propri&#233;taires priv&#233;s, il reste &#233;galement des grandes familles &#224; la t&#234;te d'empires corporatifs, mais une vaste partie des grandes entreprises deviennent des soci&#233;t&#233;s par action. La gestion courante de l'entreprise, son contr&#244;le effectif, tend alors &#224; se dissocier progressivement de la propri&#233;t&#233; de cette derni&#232;re. De plus, comme les organisations se complexifient, des savoirs techniques de plus en plus nombreux sont n&#233;cessaires pour en coordonner les op&#233;rations. Ce ne sont plus les actionnaires, les propri&#233;taires l&#233;gaux des moyens de production, qui vont aller dire quoi faire &#224; telle employ&#233;e ou qui vont d&#233;cider du fonctionnement interne de telle division. Un type nouveau de salari&#233;-es joue ce r&#244;le : les dirigeantes d'entreprises, qui s'accaparent de la majeure partie du pouvoir d&#233;cisionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, le d&#233;veloppement de politiques keyn&#233;siennes qui promulguent une intervention de l'&#201;tat au sein de l'&#233;conomie cr&#233;e une caste de hauts fonctionnaires ayant une importance pr&#233;pond&#233;rante dans l'&#233;conomie. Ils sont responsables des finances de l'&#201;tat, de l'attribution des contrats publics, des choix d'investissements, d'agences de d&#233;veloppement et d'imposantes caisses de retraites publiques. Ces salari&#233;es de l'&#201;tat jouent un r&#244;le fondamental dans l'&#233;conomie, mais &#233;galement dans la reconfiguration politique des rapports de pouvoirs internes dans l'appareil &#233;tatique o&#249; ils prennent un pouvoir de plus en plus important face aux syndiqu&#233;es et aux personnels politiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;mergence de nouveaux acteurs : les coordonnateurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Certains soutiennent que ce rapport particulier &#224; la production engendre une nouvelle classe, situ&#233;e entre la classe ouvri&#232;re et les capitalistes &#224; proprement parler, qu'ils nomment les coordonnateurs. Qu'ils soient au priv&#233; ou au public, les coordonnateurs jouent un r&#244;le central dans l'allocation des ressources, pour d&#233;cider comment et &#224; quel but on doit utiliser les biens mat&#233;riels, le capital, le savoir, la force de travail, etc. Michael Albert et Robin Hahnel proposent le crit&#232;re suivant pour reconna&#238;tre ceux qu'ils qualifient de coordonnateurs : des personnes qui ne sont pas propri&#233;taires des moyens de production, mais qui dirigent le travail d'autres salari&#233;es. Par exemple, le syst&#232;me &#233;conomique stalinien s'explique par la domination de cette classe sur l'ensemble de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels sont les objectifs de cette classe ? En s'inspirant de John Kenneth Galbraith, on pourrait r&#233;pondre : une autonomie de d&#233;cision croissante par rapport aux propri&#233;taires des moyens de production, le maintien et la croissance stable de l'organisation pour laquelle ils travaillent et une augmentation de la part de la plus-value qui leur est redirig&#233;e. Ils n'ont pas int&#233;r&#234;t &#224; r&#233;aliser des profits &#224; court terme et &#224; les maximiser &#224; tout prix. Ils visent plut&#244;t une croissance continue dans laquelle leur organisation a plus de pouvoir &#233;conomique et politique tandis qu'eux-m&#234;mes, gr&#226;ce &#224; son expansion, obtiennent des postes o&#249; ils ont plus d'autonomie et de r&#233;sonance dans l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le fondement id&#233;ologique : le rationalisme manag&#233;rial&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme les autres classes, les coordonnateurs ont leurs intellectuels et leur id&#233;ologie. Ils se rattachent &#224; la pens&#233;e rationaliste et se posent comme ceux qui font usage de raison dans l'utilisation des ressources, contrairement aux capitalistes et aux salari&#233;es qui sombrent dans leurs passions &#233;go&#239;stes. Cette id&#233;ologie trouve sa forme populaire dans la th&#233;orie manag&#233;riale, diffus&#233;e largement &#224; travers toute une litt&#233;rature qui offre aux coordonnateurs &#224; la fois des fa&#231;ons de vivre et des justifications de leur existence. C&#244;t&#233; politique, leurs intellectuels ont pu former des organisations ou des partis et promouvoir la croissance de leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence de cette classe permet d'expliquer des luttes qui sont difficiles &#224; comprendre en son absence. Par exemple la r&#233;volution actionnariale ayant eu lieu dans les ann&#233;es 1980-1990, o&#249; les actionnaires tentent d'imposer des plans de restructuration qui court-circuitent les hauts dirigeants en place peut tr&#232;s bien &#234;tre comprise comme une lutte entre coordonnateurs et capitalistes. Cette r&#233;volution a men&#233; &#224; un ensemble de compromis entre capitalistes et coordonnateurs visant &#224; coller davantage ces derniers sur les int&#233;r&#234;ts des actionnaires. La mont&#233;e de l'utilisation des stock-options pour une partie de leur r&#233;mun&#233;ration illustre bien cette tendance. &#192; l'inverse, la r&#233;volte de 1956 des travailleurs et travailleuses de Budapest pourrait bien &#234;tre comprise comme une tentative de r&#233;duire le pouvoir des coordonnateurs qui les dirigeaient alors. Face aux coordonnateurs, la classe ouvri&#232;re souhaite obtenir la capacit&#233; de g&#233;rer elle-m&#234;me ses milieux de travail et l'information n&#233;cessaire pour bien comprendre les enjeux de la production.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un tiers acteur ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec cette classe et ses relations conflictuelles avec les autres classes constituent des &#233;l&#233;ments prometteurs pour mieux comprendre certains ph&#233;nom&#232;nes. Par exemple, la cr&#233;ation d'un ensemble d'entreprises qu&#233;b&#233;coises vou&#233;es &#224; &#234;tre des champions nationaux dans les ann&#233;es 1970 pourrait &#234;tre analys&#233;e sous l'angle d'une alliance entre coordonnateurs et capitalistes. On pourrait ensuite voir la transformation de cette strat&#233;gie et la comprendre &#224; l'aune des directions prises par chacune de ces classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, la transformation n&#233;olib&#233;rale des services publics peut &#234;tre analys&#233;e &#224; partir de cette nouvelle classe. Si une certaine entente avait eu lieu entre les coordonnateurs et les travailleurs et travailleuses quant &#224; la mission et &#224; la gratuit&#233; de ces services depuis la R&#233;vo&#173;lution tranquille, celle-ci semble s'&#234;tre d&#233;sagr&#233;g&#233;e &#224; partir des ann&#233;es 1980. Les coordonnateurs adh&#232;rent au final &#224; la &lt;i&gt;doxa&lt;/i&gt; n&#233;olib&#233;rale, car s'il faut d&#233;graisser c'est d'abord par le bas, en confiant certains secteurs &#224; la sous-traitance ou en instaurant des services de v&#233;rification de la performance pour ceux qui restent. Or, autant pour offrir des contrats publics au secteur priv&#233; que pour &#233;valuer la performance, il faut des cadres qui prennent un pouvoir croissant. Pensons aux r&#233;centes r&#233;formes pour am&#233;liorer la &#171; gouvernance &#187; tant en sant&#233; qu'en &#233;ducation, celles-ci ont syst&#233;matiquement pour cons&#233;quence d'accro&#238;tre le pouvoir des cadres sup&#233;rieurs au sein de leur organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut d&#233;battre longuement sur le fait que cet ensemble de personnes peut &#234;tre d&#233;fini comme une classe ou sur les fa&#231;ons d'en tracer les limites. Cependant, si on rejette l'outil d'analyse que repr&#233;sente cette troisi&#232;me classe, il faut &#234;tre capable de r&#233;pondre aux questions&#8194;suivantes : comment expliquer les actions de ces acteurs situ&#233;s entre le travail et le capital ? S'ils font partie d'une des deux classes classiques, alors laquelle ? De plus, comment explique-t-on qu'ils aient syst&#233;matiquement certains int&#233;r&#234;ts contraires &#224; ceux de ces deux classes ? En refusant d'y r&#233;pondre clairement, c'est tout un pan de notre syst&#232;me &#233;conomique et politique que nous laissons volontairement incompr&#233;hensible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les v&#233;hicules politiques des dominants au Qu&#233;bec</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-vehicules-politiques-des</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Les-vehicules-politiques-des</guid>
		<dc:date>2012-02-28T02:36:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne-Marie Provost</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Provost, Anne-Marie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les classes dominantes au Qu&#233;bec ont recours &#224; plusieurs tactiques pour enraciner et maintenir leur emprise sur la soci&#233;t&#233;, tant sur le plan id&#233;ologique que sur celui de l'organisation de la structure &#233;conomique. Un des v&#233;hicules qu'elles empruntent pour parvenir &#224; leurs objectifs est le parti politique. En effet, un parti politique au pouvoir contr&#244;le et oriente un nombre important d'institutions publiques et parapubliques, institutions qui r&#233;gissent la vie en soci&#233;t&#233;. En regardant les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Les-classes-dominantes-au-" rel="directory"&gt;Dossier : Les classes dominantes au Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Provost-Anne-Marie-+" rel="tag"&gt;Provost, Anne-Marie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les classes dominantes au Qu&#233;bec ont recours &#224; plusieurs tactiques pour enraciner et maintenir leur emprise sur la soci&#233;t&#233;, tant sur le plan id&#233;ologique que sur celui de l'organisation de la structure &#233;conomique. Un des v&#233;hicules qu'elles empruntent pour parvenir &#224; leurs objectifs est le parti politique. En effet, un parti politique au pouvoir contr&#244;le et oriente un nombre important d'institutions publiques et parapubliques, institutions qui r&#233;gissent la vie en soci&#233;t&#233;. En regardant les programmes et les sources de financement d'un parti politique, on peut g&#233;n&#233;ralement distinguer quels int&#233;r&#234;ts il sert.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La sainte alliance du fric et de la politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir du moment o&#249; l'&#233;conomie de &#171; libre-march&#233; &#187; a besoin de l'apport en capital que d&#233;tient l'&#201;tat pour se d&#233;velopper, les partis politiques incarnent la superposition de volont&#233;s qui s'arriment les unes aux autres. Tous les groupes dominants voulant mettre la main sur les ressources &#233;tatiques, une comp&#233;tition s'installe entre eux. Ici, le parti n'a pas pour vocation de d&#233;fendre un id&#233;al &#224; travers un projet de soci&#233;t&#233;, il offre plut&#244;t un programme qui se pr&#233;sente comme un collage d'int&#233;r&#234;ts qui se pr&#233;tendent communs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordre d'importance de ces int&#233;r&#234;ts d&#233;pend de la structure hi&#233;rarchique et bureaucratique du parti : plus un professionnel de la politique a de pouvoir dans l'organisation &#224; un moment pr&#233;cis, plus les int&#233;r&#234;ts qu'il d&#233;fend seront mis de l'avant. En ce sens, il n'est pas surprenant d'observer que certaines entreprises financent des organisateurs politiques sur le terrain pour faire &#233;lire un candidat plut&#244;t qu'un autre. D'importantes entreprises priv&#233;es peuvent aussi offrir des espaces de retrait pour leurs poulains qui ont subi un revers ou qui souhaitent prendre un peu de distance de la vie publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe du retour d'ascenseur, fa&#231;onn&#233; par la logique de retour sur l'investissement, est &#233;galement r&#233;v&#233;lateur : plus on investit, plus nos int&#233;r&#234;ts seront mis de l'avant par le v&#233;hicule politique. Il n'est donc pas &#233;tonnant que plusieurs secteurs de l'&#233;conomie qu&#233;b&#233;coise financent all&#233;grement les partis politiques par le syst&#232;me de dons &#171; sectoriels &#187; fond&#233;s sur la logique des pr&#234;te-noms. Comme la loi &#233;lectorale interdit &#224; une entreprise de donner directement &#224; un parti politique, ses hauts dirigeants donneront un montant &#224; une s&#233;rie d'employ&#233;s qui l'investiront sagement du &#171; bon bord &#187;. Il ne reste alors plus qu'&#224; faire conna&#238;tre la liste des employ&#233;s ayant fait des dons aux responsables du financement du parti. Ceux-ci en prennent bonne note et quand le parti est au pouvoir, il peut renvoyer la balle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
