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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Dans une usine chinoise</title>
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		<dc:date>2011-10-11T02:35:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ting-Sheng Lin</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Asie</dc:subject>
		<dc:subject>Lin, Ting-Sheng</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Malgr&#233; les apparences, la logique de la r&#233;forme chinoise de 1978 semble identique &#224; celle de l'industrialisation socialiste qui l'a pr&#233;c&#233;d&#233;e. Nonobstant ce qu'ont pu affirmer certains socialistes occidentaux soudain fascin&#233;s par le socialisme de march&#233;, comme d'autres l'avaient &#233;t&#233; par le grand bond en avant, il n'a pas &#233;t&#233; difficile de concilier socialisme et march&#233;. Force est de constater le simple passage de l'opti&#173;misme du tout-planifi&#233; &#224; celui du tout-march&#233;, et le socialisme de march&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Au-travail-Organisation-du-" rel="directory"&gt;Dossier : Au travail ! - Organisation du travail et assujettissement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Asie-+" rel="tag"&gt;Asie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Lin-Ting-Sheng-+" rel="tag"&gt;Lin, Ting-Sheng&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1209.gif?1642092125' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;648&#034; height=&#034;864&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Malgr&#233; les apparences, la logique de la r&#233;forme chinoise de 1978 semble identique &#224; celle de l'industrialisation socialiste qui l'a pr&#233;c&#233;d&#233;e. Nonobstant ce qu'ont pu affirmer certains socialistes occidentaux soudain fascin&#233;s par le socialisme de march&#233;, comme d'autres l'avaient &#233;t&#233; par le grand bond en avant, il n'a pas &#233;t&#233; difficile de concilier socialisme et march&#233;. Force est de constater le simple passage de l'opti&#173;misme du tout-planifi&#233; &#224; celui du tout-march&#233;, et le socialisme de march&#233; n'&#233;tait qu'une pirouette de Deng Xiaoping pour affirmer son pouvoir. Nous souhaitons mettre en lumi&#232;re la face cach&#233;e de cette r&#233;forme tant admir&#233;e : un r&#233;gime sp&#233;cifique d'organisation du travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les ouvriers sont surtout des ouvri&#232;res&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'usine est une grande famille dont le directeur joue le r&#244;le d'un chef de famille et les ouvriers, celui des enfants : voil&#224; la culture de l'usine chinoise. Cette philosophie, bas&#233;e sur la bienveillance familiale et la r&#233;pression militaire, s'inscrit dans la droite ligne de la tradition chinoise. Cette derni&#232;re s'exprime par le souci des cadres et du directeur de confier la couture des valises &#224; des femmes. Si leurs salaires sont les plus faibles, ce n'est pas parce qu'elles accomplissent la t&#226;che la moins qualifi&#233;e, mais parce que la couture est vue comme une t&#226;che f&#233;minine. Autrement dit, elles sont les plus mal pay&#233;es parce qu'elles sont des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart de ces jeunes femmes n'ont pas &#224; exp&#233;dier de l'argent &#224; leur famille, parce qu'il est entendu, et par les cadres et par les autres ouvriers et par leur famille elle-m&#234;me, qu'elles accomplissent un &#171; travail de femme &#187;, donc non qualifi&#233;, et qu'elles sont cens&#233;es quitter l'usine lorsqu'elles se marieront. La plupart d'entre elles se plient d'ailleurs &#224; cette logique et trouvent normal que leur futur mari soit choisi par leurs parents. Elles se soumettent au machisme de l'usine comme elles se soumettent &#224; celui de leur famille. Serait-ce le signe qu'apr&#232;s 60 ans de socialisme, et dans les campagnes en particulier, cette &#171; tradition chinoise &#187; n'a gu&#232;re chang&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Le recours aux heures suppl&#233;mentaires est encourag&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me salarial &#224; la pi&#232;ce est un moyen de calcul relativement simple&#8194;pour les cadres et le patron, mais pas n&#233;cessairement avantageux pour les ouvri&#232;res. En effet, &#224; la diff&#233;rence du paiement sur une base horaire, le paiement &#224; la pi&#232;ce d&#233;pend de la quantit&#233; de produits fabriqu&#233;s. Qui plus est, &#224; ce tr&#232;s faible salaire, s'ajoutent des primes mensuelles et subventions (ex. loyer, cantine, primes de fin d'ann&#233;e) aux montants variables calcul&#233;s selon la performance au travail, le taux de pr&#233;sence, la quantit&#233;, mais aussi la qualit&#233; des produits. Le revenu total des ouvri&#232;res est constitu&#233; aux deux tiers du salaire &#224; la pi&#232;ce et &#224; un tiers des primes mensuelles et subventions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'usine U ne conna&#238;t pas de saison morte, mais des p&#233;riodes plus ou moins charg&#233;es en heures suppl&#233;mentaires, variant en fonction du nombre de commandes. Profitant du fait que les ouvri&#232;res constituent une main-d'&#339;uvre captive &#8211; la plupart d'entre elles vivent en effet dans les foyers de l'usine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les ouvriers qui viennent de provinces &#233;loign&#233;es sont presque tous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8211;, le patron a int&#233;r&#234;t &#224; moduler les &#233;l&#233;ments de r&#233;mun&#233;ration : baisser le montant du paiement &#224; la pi&#232;ce et augmenter celui des primes, pour&#8194;inciter les ouvri&#232;res &#224; surveiller la qualit&#233; de la production, ce qui se traduit indirectement par l'obligation d'ex&#233;cuter des heures suppl&#233;mentaires. Le refus de se plier &#224; cette obligation&#8194;entra&#238;ne la perte de la prime de pr&#233;sence. La couture des valises impose de nombreuses manipulations et de fr&#233;quents changements techniques, sources d'erreurs que les ouvri&#232;res doivent corriger en effectuant encore des heures suppl&#233;mentaires. Sous pr&#233;texte de maintenir une qualit&#233; homog&#232;ne des produits, le syst&#232;me salarial &#224; la pi&#232;ce et le syst&#232;me de contr&#244;le de qualit&#233; permettent donc de justifier les heures suppl&#233;mentaires. Ils polarisent aussi les conflits entre les ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les dipl&#244;m&#233;s et les non dipl&#244;m&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les dipl&#244;m&#233;s des &#233;tudes secondaires peuvent devenir chefs de ligne ou secr&#233;taires administratifs dans les bureaux de l'usine (ex. responsables des achats, des exp&#233;ditions, du service du personnel). Presque tous les contr&#244;leurs ont achev&#233; leurs &#233;tudes secondaires, ce qui n'est pas le cas des ouvriers ordinaires. Ces derniers estiment que les contr&#244;leurs sont arrogants et choy&#233;s par le patron, en raison de leur niveau d'instruction plus &#233;lev&#233;. Ils jugent le dipl&#244;me indispensable pour l'obtention d'une promotion, tout en se plaignant de ce fait, et pensent que les cadres et le patron attribuent les postes de responsabilit&#233; en fonction du seul niveau d'instruction. Contr&#244;leurs et ouvriers ordinaires accordent donc au dipl&#244;me la m&#234;me importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette repr&#233;sentation du dipl&#244;me pourrait renvoyer au culte du dipl&#244;me (ou dipl&#244;m&#233;isme), qui est souvent analys&#233; comme la persistance d'une tradition chinoise&#8194;h&#233;rit&#233;e du confucianisme, et dont le syst&#232;me des examens imp&#233;riaux serait l'institution majeure. Le dipl&#244;m&#233;isme serait encore bien enracin&#233;, malgr&#233; &lt;i&gt;la r&#233;volution culturelle&lt;/i&gt;, p&#233;riode pendant laquelle les intellectuels furent envoy&#233;s &#224; la campagne pour &#234;tre r&#233;&#233;duqu&#233;s par le travail manuel. Le fait est que les ouvriers partagent avec les sociologues de l'Acad&#233;mie des sciences cette vision fig&#233;e du dipl&#244;m&#233;isme. Mais ce culte du dipl&#244;me n'explique ni les diff&#233;rences de comportement entre les ouvriers dipl&#244;m&#233;s et les autres, ni la place que les cadres et le patron accordent effectivement aux uns et aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers dipl&#244;m&#233;s ne sont pas les seuls &#224; &#234;tre instrumentalis&#233;s par le patron et les cadres. Parmi les ouvriers non dipl&#244;m&#233;s, d'autres ouvriers suscitent l'animosit&#233;&#8194;de leurs confr&#232;res : ce sont ceux qui ont quitt&#233; leur campagne sans souci de retour, mus par le d&#233;sir de faire carri&#232;re en ville. Eux aussi sont mal vus parce qu'ils s'identifient aux pr&#233;occupations du patron et des cadres. Ces &#171; t&#233;teux &#187; rechignent moins &#224; la t&#226;che et exigent de leurs camarades qu'ils s'adaptent aux conditions de travail, aux heures suppl&#233;mentaires, etc. Le directeur et les cadres leur font confiance et s'efforcent de compenser leur mise &#224; l'&#233;cart par les autres ouvriers. Ils sont appel&#233;s &#224; gravir les &#233;chelons hi&#233;rarchiques plus lentement que les dipl&#244;m&#233;s, en jouant sur leur anciennet&#233;. C'est ainsi que quelques non dipl&#244;m&#233;s ont pu devenir contr&#244;leurs, chefs de ligne, voire cadres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par rapport aux entreprises rurales, les entreprises d'&#201;tat repr&#233;sentent des p&#244;les technologiques. Mais comme elles restent quasiment inaccessibles aux paysans lors de leur arriv&#233;e en ville, ceux-ci se dirigent vers les entreprises aux capitaux &#233;trangers. Venus en ville avec le d&#233;sir d'acqu&#233;rir de nouvelles comp&#233;tences professionnelles &#224; faire valoir lors de leur retour &#224; la campagne, ils s'aper&#231;oivent qu'ils apprendront surtout &#224; devenir une main-d'&#339;uvre bon march&#233;. Ils changent alors d'usine. Cela explique le&#8194;taux &#233;lev&#233; de mobilit&#233; relev&#233; par les statistiques officielles et d&#233;nonc&#233; par les patrons. En revanche, les ouvriers non d&#233;sireux de retourner &#224; la campagne s'av&#232;rent plus tenaces et restent plus longtemps au sein de la m&#234;me entreprise : ils r&#233;sistent mieux aux brimades des petits chefs, aux conditions de travail p&#233;nibles et au caract&#232;re ali&#233;nant des t&#226;ches qui leur sont confi&#233;es. Les ouvriers qui ont une telle d&#233;termination s'identifient tellement &#224; l'entreprise que le patron finit par avoir confiance en eux et leur confie des responsabilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les immigr&#233;s entre eux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les immigr&#233;s ne se distinguent pas seulement des habitants locaux. Au sein de l'usine elle-m&#234;me, les ouvriers se rassemblent selon leur province d'origine. Diff&#233;rents groupes &#171; ethniques &#187; se forment et donnent lieu &#224; des hostilit&#233;s &#171; ethniques &#187;, non seulement entre&#8194;locaux et immigr&#233;s, mais aussi entre immigr&#233;s eux-m&#234;mes. Le responsable de l'embauche nous a confi&#233; que pr&#232;s de 80 % des ouvriers sont recrut&#233;s par des r&#233;seaux provinciaux : une fois embauch&#233;s, les ouvriers font appel &#224; leurs compatriotes&#8194;afin de grossir les rangs de leur propre groupe &#171; ethnique &#187;. Cette affirmation contredirait la vision persistante de nombreux &#233;conomistes, aux termes de laquelle les ph&#233;nom&#232;nes migratoires sont des &#171; mouvements aveugles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que tous parlent le mandarin, langue utilis&#233;e pour communiquer entre personnes issues de provinces diff&#233;rentes, il ne s'agit pas de leur langue maternelle. Ainsi, les ouvriers qui n'ont pu terminer leurs &#233;tudes secondaires ont beaucoup de difficult&#233;s &#224; le comprendre et &#224; le parler. Les ouvriers venus de la m&#234;me province se parlent dans leur dialecte, y compris pendant le travail qu'ils accomplissent sur la m&#234;me ligne de production. Parler en dialecte pendant le travail est alors un soulagement. C'est ainsi que se forment des groupes &#171; ethniques &#187; au sein de l'usine, avec le consentement tacite des cadres et du patron. Si des amiti&#233;s se tissent entre ouvriers d'une m&#234;me province, une hostilit&#233; na&#238;t entre ouvriers issus de provinces diff&#233;rentes et, en particulier, lorsque ces clivages &#171; ethniques &#187; recoupent les deux cat&#233;gories d'ouvriers, les contr&#244;leurs et les ouvriers ordinaires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le r&#244;le du syndicat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le syndicat a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; pour &#171; &lt;i&gt;prot&#233;ger les droits des ouvriers et les instruire quant aux r&#232;glements de la pr&#233;sente charte et quant &#224; la discipline du travail relative &#224; la production ; avertir les ouvriers qui transgressent la loi ou les disciplines du travail&lt;/i&gt; &#187;. Le r&#244;le du chef du personnel en tant que responsable syndical, nomm&#233; directement par le patron, se limite &#224; celui d'un gentil organisateur de la soir&#233;e du Nouvel An, des projections vid&#233;o, etc., toutes choses indispensables pour maintenir une ambiance de travail chaleureuse. Quant aux fonctionnaires de la municipalit&#233;, ils ferment les yeux sur ce syndicat fantoche. La direction paralyse le fonctionnement du syndicat et les ouvriers n'en attendent rien, m&#234;me s'ils sont &#233;galement couverts par le &lt;i&gt;Code du travail&lt;/i&gt;, comme les employ&#233;s des entreprises d'&#201;tat. Enfin, le &lt;i&gt;Code du travail&lt;/i&gt; a beau garantir la protection des ouvriers, sans le soutien d'un r&#233;el syndicat et d'une municipalit&#233; ayant &#224; c&#339;ur la protection des ouvriers, il reste lettre morte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les ouvriers qui viennent de provinces &#233;loign&#233;es sont presque tous contraints d'habiter dans les foyers de l'usine pour limiter leur frais d'h&#233;bergement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le toyotisme, &#231;a marche ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-toyotisme-ca-marche</link>
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		<dc:date>2011-10-11T02:28:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-No&#235;l Grenier</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Grenier, Jean-No&#235;l </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce n'est pas de la marque d'automobile dont il est question ici, mais de son mod&#232;le performant d'organisation du travail. Osons la question : de quelle performance s'agit-il ? Ou plut&#244;t, qui cette performance vise-t-elle ? Ces questions simples en apparence commandent r&#233;flexion et regard critique. &lt;br class='autobr' /&gt; Le Toyotisme &lt;br class='autobr' /&gt;
Sans entrer dans les d&#233;tails de l'histoire, soulignons simplement que le mod&#232;le Toyota a &#233;t&#233; pens&#233; dans l'optique de l'&#233;limination du gaspillage de temps, de ressources (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Grenier-Jean-Noel-+" rel="tag"&gt;Grenier, Jean-No&#235;l &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce n'est pas de la marque d'automobile dont il est question ici, mais de son mod&#232;le performant d'organisation du travail. Osons la question : de quelle performance s'agit-il ? Ou plut&#244;t, qui cette performance vise-t-elle ? Ces questions simples en apparence commandent r&#233;flexion et regard critique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Toyotisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sans entrer dans les d&#233;tails de l'histoire, soulignons simplement que le mod&#232;le Toyota a &#233;t&#233; pens&#233; dans l'optique de l'&#233;limination du gaspillage de temps, de ressources mat&#233;rielles, d'&#233;quipements et de ressources humaines. Son &#233;mergence correspond &#224; une &#233;poque o&#249; le Japon souffrait d'un d&#233;ficit chronique de ressources, &#224; la sortie de la Seconde Guerre mondiale. Si ce mod&#232;le d'organisation du travail se d&#233;marque du taylorisme par l'&#233;largissement des t&#226;ches, le travail en &#233;quipe et la minimisation des contr&#244;les directs sur les activit&#233;s des salari&#233;s, il poursuit les m&#234;mes objectifs de rationalisation de l'activit&#233; de travail et est loin de repr&#233;senter une figure de la d&#233;mocratie au travail. En effet, le mod&#232;le Toyota se d&#233;marque &#233;galement du taylorisme par la participation des salari&#233;s aux d&#233;cisions, mais celle-ci d&#233;passe rarement la mise en commun de solutions afin de r&#233;gler les probl&#232;mes de productivit&#233; et d'efficience de l'entreprise. La participation telle que consid&#233;r&#233;e dans le mod&#232;le Toyota ne vise pas non plus la qualit&#233; de vie au travail. Elle constitue plut&#244;t un moyen de mobiliser les connaissances des salari&#233;s au service de l'entreprise et d'&#233;tablir une dynamique qui pousse les salari&#233;s &#224; toujours en donner plus, avec pour seule contrepartie la conservation de son job et la satisfaction du devoir accompli.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La parole des travailleurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses &#233;tudes font foi de la capacit&#233; de ce mod&#232;le &#224; r&#233;duire les co&#251;ts, &#224; am&#233;liorer la qualit&#233; et &#224; r&#233;agir aux march&#233;s dans un laps de temps relativement court. Mais qu'en est-il des salari&#233;s ? Les travaux de recherche sont moins concluants &#224; cet &#233;gard. Les promoteurs du mod&#232;le Toyota mettent en &#233;vidence les bienfaits du travail en &#233;quipe, de l'autonomie accrue pour les salari&#233;s et de leur participation aux d&#233;cisions. Ses d&#233;tracteurs, et ils sont tout aussi nombreux, r&#233;torquent que si ces vertus sont des progr&#232;s par rapport &#224; l'ali&#233;nation v&#233;cue sous le joug du taylorisme, il n'en demeure pas moins que le Toyotisme repose sur l'intensification du travail humain et impose aux salari&#233;s des responsabilit&#233;s pour l'atteinte des objectifs de performance, sans modification de la structure d'autorit&#233; ni v&#233;ritable redistribution des pouvoirs au sein de l'organisation. Pour faire court, disons que si le Toyotisme repose sur l'id&#233;al de la participation aux d&#233;cisions, il s'agit surtout d'un mirage dans la mesure o&#249; les id&#233;aux d'une plus grande d&#233;mocratie industrielle et salariale sont pervertis et desservent avant tout les objectifs de l'entreprise et de sa hi&#233;rarchie. Les &#233;tudes critiques notent, d'ailleurs, que le mod&#232;le Toyota s'accommode mal d'une repr&#233;sentation collective autonome et revendicatrice des int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s. C'est que dans ce mod&#232;le, la repr&#233;sentation doit, avant toute autre chose, servir les int&#233;r&#234;ts de l'organisation (lire ici les profits des actionnaires) et, &#224; travers elle, les salari&#233;s dont les int&#233;r&#234;ts sont postul&#233;s identiques &#224; ceux des dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des services publics toyotistes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce mod&#232;le peut-il &#234;tre transpos&#233; aux activit&#233;s de services et surtout aux services publics comme les soins hospitaliers ? C'est le pari de plusieurs d&#233;cideurs de notre syst&#232;me de sant&#233; et des services sociaux. Certains salari&#233;s que nous avons rencontr&#233;s y voient un gain puisqu'on leur offre, pour la premi&#232;re fois dans certain cas, l'opportunit&#233; de s'impliquer dans la r&#233;organisation du travail : identification et &#233;limination des contraintes &#224; l'efficacit&#233;, r&#233;duction du gaspillage des ressources mat&#233;rielles, plans qui facilitent la rel&#232;ve et la communication entre les &#233;quipes de soins. Qualifier ces mesures de progr&#232;s en dit plus sur l'&#233;tat du mod&#232;le technico-hi&#233;rarchique pr&#233;dominant que sur les bienfaits du mod&#232;le Toyota. Car, comme nous le rappelle Jean-Pierre Durand (2004), appliqu&#233; aux services aux personnes, le mod&#232;le Toyota se traduit par un contr&#244;le manag&#233;rial accru, des charges de travail plus &#233;lev&#233;es, la pr&#233;carisation du travail et la fragmentation des collectifs de travail en bons et mauvais salari&#233;s. Un bon salari&#233; est quelqu'un qui peut supporter les pressions des listes d'attente qui n'en finissent plus, des quarts de travail irr&#233;guliers et du manque de personnel. C'est que voyez-vous, la personne salari&#233;e est suppos&#233;e pallier les lacunes de l'organisation du travail par son engagement et son implication&#8230; jusqu'&#224; en perdre la sant&#233;&#8230; En d&#233;finitive, le mod&#232;le Toyota, &#231;a marche ! Mais pas pour les salari&#233;s !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'omnipr&#233;sence de la surveillance &#233;lectronique</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-omnipresence-de-la-surveillance</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-omnipresence-de-la-surveillance</guid>
		<dc:date>2011-10-11T02:28:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Cl&#233;roux</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
		<dc:subject>Cl&#233;roux, Nicolas</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis les 30 derni&#232;res ann&#233;es, la surveillance &#233;lectronique au travail est venue remplacer la supervision d'un sup&#233;rieur hi&#233;rarchique ou l'&#233;valuation g&#233;n&#233;rale du rendement des travailleurs. Aujourd'hui, la surveillance prend la forme de l'enregistrement des appels t&#233;l&#233;phoniques, de la vid&#233;osurveillance sur les lieux du travail, de l'int&#233;gration de syst&#232;mes GPS dans les v&#233;hicules de fonction ou encore du relev&#233; des entr&#233;es informatiques, dont les consultations de sites Internet. &lt;br class='autobr' /&gt; La (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Technoculture-et-informatique-+" rel="tag"&gt;Technologies, informatique et internet&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis les 30 derni&#232;res ann&#233;es, la surveillance &#233;lectronique au travail est venue remplacer la supervision d'un sup&#233;rieur hi&#233;rarchique ou l'&#233;valuation g&#233;n&#233;rale du rendement des travailleurs. Aujourd'hui, la surveillance prend la forme de l'enregistrement des appels t&#233;l&#233;phoniques, de la vid&#233;osurveillance sur les lieux du travail, de l'int&#233;gration de syst&#232;mes GPS dans les v&#233;hicules de fonction ou encore du relev&#233; des entr&#233;es informatiques, dont les consultations de sites Internet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La surveillance &#233;lectronique au travail a subi dans la derni&#232;re d&#233;cennie deux d&#233;veloppements importants gr&#226;ce &#224; l'arriv&#233;e des nouveaux moyens d'enregistrement de donn&#233;es tels les syst&#232;mes de s&#233;curit&#233; informatique et les syst&#232;mes d'enregistrement portatifs et miniaturis&#233;s. Ces moyens ont contribu&#233; &#224; mettre les travailleurs sous une loupe de plus en plus performante et envahissante.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Deux modes de contr&#244;le&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La surveillance des op&#233;rations informatiques sur Internet effectu&#233;es par les travailleurs, ou cybersurveillance, a atteint un niveau de pr&#233;cision impressionnant et permet notamment de conna&#238;tre les sites consult&#233;s, la dur&#233;e et la fr&#233;quence de consultation, le nombre et la fr&#233;quence de clics de souris effectu&#233;s sur chaque page ainsi que les m&#233;thodes utilis&#233;es pour contourner les s&#233;curit&#233;s du r&#233;seau informatique. Naturellement, cette cybersurveillance a donn&#233; lieu &#224; un grand nombre de sanctions disciplinaires, voire de cong&#233;diements pour cause d'utilisation inappropri&#233;e du mat&#233;riel de l'employeur et de consultation de sites au contenu offensant ou ill&#233;gal. Ce type de surveillance hautement sophistiqu&#233;, et difficile &#224; contrer en arbitrage, impose aux salari&#233;s une discipline au-del&#224; de tout reproche lors de l'utilisation d'Internet &#224; des fins personnelles ; une discipline qui, selon nous, est rarement partag&#233;e (avec autant de rigueur) par le milieu de travail, les coll&#232;gues ou les cadres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un second type de surveillance s'est impos&#233; dans les milieux de travail : la vid&#233;osurveillance. Bien que pr&#233;sente depuis presque 30 ans dans certains milieux de travail, ce type de surveillance s'est accru depuis que les cam&#233;ras vid&#233;o ont acquis des dimensions r&#233;duites permettant une dissimulation quasi parfaite. D'une part, l'&#233;volution de la jurisprudence a donn&#233; une indication assez claire aux employeurs aux termes de laquelle, malgr&#233; l'atteinte aux droits fondamentaux de certains travailleurs, les enregistrements issus de la surveillance &#233;lectronique &#233;taient admissibles &#224; titre de preuve justifiant des sanctions disciplinaires. D'autre part, les employeurs ne sont plus les seuls &#224; surveiller &#233;lectroniquement les travailleurs. En effet, depuis la commercialisation de moyens d'enregistrements vid&#233;o compacts (t&#233;l&#233;phones mobiles avec cam&#233;ras int&#233;gr&#233;es ou cam&#233;ras vid&#233;o miniatures), les cas de surveillance &#233;lectronique effectu&#233;s par des clients ou des coll&#232;gues de travail se multiplient. Ce nouveau type de surveillance est utilis&#233; par l'employeur pour sanctionner les travailleurs, sans que la jurisprudence n'impose de limites claires &#224; la surveillance effectu&#233;e par un tiers, dans l'entreprise, &#224; l'&#233;gard d'un travailleur. La Cour d'appel du Qu&#233;bec a r&#233;cemment refus&#233; la demande pour permission d'appeler dans une affaire o&#249; la vid&#233;osurveillance continue d'un lieu de travail &#8211; effectu&#233;e par un tiers, pendant trois mois &#8211; avait &#233;t&#233; utilis&#233;e par un employeur pour cong&#233;dier une pr&#233;pos&#233;e aux b&#233;n&#233;ficiaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;volution des moyens &#233;lectroniques de surveillance cr&#233;e des situations pour lesquelles aucune balise l&#233;gislative ou jurisprudentielle ad&#233;quate n'existe, ce qui laisse les travailleurs dans un &#233;tat de vuln&#233;rabilit&#233; constante et croissante face aux atteintes &#224; leur dignit&#233; et &#224; leurs conditions de travail au quotidien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les suicides au travail</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-suicides-au-travail</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Les-suicides-au-travail</guid>
		<dc:date>2011-10-11T02:26:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Angelo Soares</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Psychologie et psychiatrie</dc:subject>
		<dc:subject>Sociologie et anthropologie</dc:subject>
		<dc:subject>Soares, Angelo</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Freud a bien remarqu&#233; que pour avoir une vie saine, il nous faut &#171; aimer et travailler &#187;. Ces deux dimensions, si importantes et centrales dans nos vies, atteignent un difficile &#233;quilibre que les transformations des Mondes du travail, au cours des 30 derni&#232;res ann&#233;es, fragilisent. L'organisation du travail et la gestion sont pens&#233;es pour des &#234;tres humains hypoth&#233;tiques, qui n'existent que dans les mod&#232;les th&#233;oriques des gestionnaires et des ing&#233;nieurs. Peut-on cependant aller jusqu'&#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sociologie-et-anthropologie-+" rel="tag"&gt;Sociologie et anthropologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Soares-Angelo-+" rel="tag"&gt;Soares, Angelo&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1205.gif?1642092125' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1280&#034; height=&#034;925&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Freud a bien remarqu&#233; que pour avoir une vie saine, il nous faut &#171; aimer et travailler &#187;. Ces deux dimensions, si importantes et centrales dans nos vies, atteignent un difficile &#233;quilibre que les transformations des Mondes du travail, au cours des 30 derni&#232;res ann&#233;es, fragilisent. L'organisation du travail et la gestion sont pens&#233;es pour des &#234;tres humains hypoth&#233;tiques, qui n'existent que dans les mod&#232;les th&#233;oriques des gestionnaires et des ing&#233;nieurs. Peut-on cependant aller jusqu'&#224; commettre l'irr&#233;&#173;parable &#224; cause du travail ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'organisation du travail, cause de suicide&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans plusieurs pays, nous connaissons un nombre accru de suicides et de tentatives de suicide sur les lieux de travail. Plusieurs lettres laiss&#233;es &#224; la famille ou aux d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux &#233;voquent le &#171; harc&#232;lement psychologique &#187;, la &#171; surcharge de travail &#187;, le &#171; management par la terreur &#187;, entre autres raisons organisationnelles. Certes, le suicide est un geste complexe, li&#233; &#224; un ensemble de causes tout aussi complexes, qui &#233;voquent le d&#233;sespoir et la souffrance. Le travail peut constituer l'une des sources d'un suicide, voire en &#234;tre la principale. En France, plusieurs suicides ont &#233;t&#233; reconnus comme accidents de travail. Deux rapports d'expertise sur les suicides, dans deux entreprises fran&#231;aises, mettent en cause l'organisation du travail : une&#8194;n&#233;otaylorisation, la pression par les objectifs, la surcharge de travail, la pression temporelle, la d&#233;gradation du sens du travail bien fait sont identifi&#233;s comme certaines sources du probl&#232;me. Les suicides au travail seraient associ&#233;s aux transformations de l'organisation du travail, qui m&#232;nent &#224; une d&#233;gradation du &#171; vivre ensemble &#187; notamment, &#224; l'individualisation de l'&#233;valuation de la performance et au manque de reconnaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos recherches indiquent que l'organisation du travail peut jouer un r&#244;le important dans les cas de suicide au travail. Parmi les dimensions organisationnelles, la surcharge de travail et le manque de coh&#233;sion du groupe ainsi que le harc&#232;lement psychologique sont des variables pr&#233;dictives des id&#233;ations suicidaires : l'individu pense qu'il serait pr&#233;f&#233;rable de mourir plut&#244;t que de vivre de telles souffrances au travail. Il faut aussi consid&#233;rer le fait que la souffrance au travail d&#233;structure la vie personnelle. Par exemple, dans le cas du harc&#232;lement psychologique, il y a souvent des s&#233;parations et des divorces. Il n'existe pas de coupure possible entre &#171; aimer et travailler &#187;, les souffrances au travail ont souvent un retentissement sur la &#171; dimension amour &#187; et vice versa.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;i&gt;Karoshi et Karojisatsu&lt;/i&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; management par le stress &#187; (ou &lt;i&gt;lean production&lt;/i&gt;), forme d'organisation du travail originaire du Japon (mod&#232;le Toyota), vise la combinaison de diff&#233;rents principes : les coupes de personnel pour &#171; faire plus, avec moins &#187;, la production par flux tendu, l'utilisation de la sous-traitance, le recours intensif aux nouvelles technologies de l'information, la r&#233;duction des pertes, gestes superflus et temps morts de production, des objectifs irr&#233;alisables et le contr&#244;le de plus en plus serr&#233; du temps de travail. Au Japon, cette forme d'organisation du travail g&#233;n&#232;re des cons&#233;quences destructrices, comme le &lt;i&gt;Karoshi&lt;/i&gt; &#8211; mort par surtravail &#8211; et le &lt;i&gt;Karojisatsu&lt;/i&gt; &#8211; suicide caus&#233; par le stress au travail. La pression pour une performance sans faille, &#224; tout prix, devient insupportable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
D&#233;ni de responsabilit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences d'un suicide sont d&#233;vastatrices &#224; tous les niveaux. Les entreprises sous-estiment encore l'impact du probl&#232;me. Il est rare qu'une organisation ait un plan d'action pour faire face &#224; un suicide. La r&#233;action de fuite et le d&#233;ni renvoient toujours &#224; une individualisation du probl&#232;me o&#249; la direction (et parfois m&#234;me le syndicat) essaye d'identifier une &#171; fragilit&#233;&#8194;individuelle &#187; comme &#233;tant la cause du suicide, tout en refusant d'accepter la part de responsabilit&#233; de l'organisation du travail dans cette violence. Cette absence de r&#233;action organisationnelle face au suicide peut conduire &#224; une d&#233;gradation suppl&#233;mentaire du climat de travail, des rapports sociaux au travail et de la coh&#233;sion sociale et, par cons&#233;quent, peut contribuer &#224; augmenter le risque de passage &#224; l'acte.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Verres de cristal&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, rappelons une belle m&#233;taphore de Freud, comparant l'&#234;tre humain &#224; un verre de cristal. Comme les verres de cristal, d'une part, nous avons les m&#234;mes fonctions et nous nous ressemblons, et d'autre part, nous avons tous une composition unique&#8194;comportant tensions, fragilit&#233;s, impuret&#233;s, etc. Ainsi, comme un verre de cristal, qu'on laisse tomber par accident, nous allons tous briser diff&#233;remment. Cependant, aujourd'hui la pression provenant de l'organisation du travail et des mod&#232;les de gestion et agissant sur nos verres de cristal est tellement grande que, peu importe le verre, il finira par &#233;clater en milliers de morceaux, ce n'est qu'une question de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solution passe par une transformation de l'organisation du travail, des conditions de travail et des mod&#232;les de gestion visant des valeurs s&#251;res : le respect, la confiance, la coop&#233;&#173;ration. En un mot, il nous faut de la d&#233;mocratie au travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La sant&#233; des femmes et l'&#233;galit&#233; professionelle</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-sante-des-femmes-et-l-egalite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/La-sante-des-femmes-et-l-egalite</guid>
		<dc:date>2011-10-11T02:24:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karen Messing</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Messing, Karen</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La division sexuelle du travail est un aspect de l'organisation du travail qui peut avoir des effets sur la sant&#233; des hommes et des femmes. Les &#233;tudes de l'Invisible qui fait mal, partenariat entre trois centrales syndicales et un centre de recherche universitaire, ont permis de mettre en exergue les enjeux d'&#233;galit&#233; professionnelle entrant parfois en conflit avec le d&#233;sir d'am&#233;liorer la sant&#233; des femmes au travail : les dangers associ&#233;s au d&#233;ploiement d'une force physique importante et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Au-travail-Organisation-du-" rel="directory"&gt;Dossier : Au travail ! - Organisation du travail et assujettissement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Messing-Karen-+" rel="tag"&gt;Messing, Karen&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1203.gif?1642092125' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1000&#034; height=&#034;697&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La division sexuelle du travail est un aspect de l'organisation du travail qui peut avoir des effets sur la sant&#233; des hommes et des femmes. Les &#233;tudes de l'Invisible qui fait mal, partenariat entre trois centrales syndicales et un centre de recherche universitaire, ont permis de mettre en exergue les enjeux d'&#233;galit&#233; professionnelle entrant parfois en conflit avec le d&#233;sir d'am&#233;liorer la sant&#233; des femmes au travail : les dangers associ&#233;s au d&#233;ploiement d'une force physique importante et &#233;vidente ; les contraintes associ&#233;es &#224; la conciliation travail famille ; certaines difficult&#233;s dans le fonctionnement de collectifs de travail. Les femmes n'auraient pas &#224; choisir entre sant&#233; et &#233;galit&#233;, si les postes de travail et l'organisation du travail &#233;taient adapt&#233;s &#224; la sp&#233;cificit&#233; de la biologie et des r&#244;les sociaux des femmes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les t&#226;ches impliquant une force physique importante et &#233;vidente&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On peut r&#233;sumer la division sexuelle du travail manuel en disant que les hommes exercent souvent une force physique importante, mais ponctuelle et &#224; un rythme intermittent, alors que les femmes sont appel&#233;es &#224; d&#233;ployer une force moindre, mais plus souvent r&#233;p&#233;t&#233;e avec moins de pauses. Ainsi, par exemple, les hommes dans l'entretien sanitaire des h&#244;pitaux ont &#233;t&#233; longtemps affect&#233;s au &#171; travail lourd &#187; (ex. &#171; moppe &#187;, polisseuse) et les femmes au &#171; travail l&#233;ger &#187; (ex. &#233;poussetage, lavage des toilettes). Nos recherches ont montr&#233; que chaque ensemble de t&#226;ches est associ&#233; &#224; son lot de troubles musculo-squelettiques, mais que le lien entre ceux des femmes et leur travail est plus difficile &#224; faire reconna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait penser que cette division sert &#224; assurer la sant&#233; de chaque sexe. Plusieurs recherches en biom&#233;canique et en physiologie d&#233;montrent, en effet, une diff&#233;rence hommes-femmes dans la capacit&#233; de manipuler des charges, les femmes &#233;tant en moyenne capables de soulever une charge moins &#233;lev&#233;e. Il y a cependant un certain nombre de difficult&#233;s avec ce raisonnement. D'abord, les capacit&#233;s physiques des hommes et des femmes se chevauchent. S'il y a une diff&#233;rence entre les moyennes, on voit aussi que certaines femmes sont plus fortes que la plupart des hommes. Donc, une division strictement sexuelle des t&#226;ches n'est pas justifiable, et elle est m&#234;me ill&#233;gale au Canada. Aussi, le degr&#233; de diff&#233;rence de performance entre les sexes d&#233;pend des d&#233;tails de la t&#226;che : la diff&#233;rence de lev&#233;e des charges, par exemple, s'amoindrit &#224; mesure que le rythme de lev&#233;e augmente. Une femme, qui travaille &#224; un poste exigeant sur le plan physique et con&#231;u pour l'homme de taille moyenne, est n&#233;cessairement d&#233;savantag&#233;e. Mettre l'accent sur les capacit&#233;s des femmes cacherait l'importance de l'adaptation des postes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour ces raisons que de nombreux programmes en Am&#233;rique du Nord visent &#224; int&#233;resser les jeunes femmes &#224; des carri&#232;res dans des m&#233;tiers non traditionnels. Selon un certain discours officiel, les femmes peuvent faire tous les m&#233;tiers et l'&#232;re de l'exclusion des femmes est r&#233;volue. Les m&#233;tiers prim&#233;s peuvent exiger de la force physique, tel qu'en t&#233;moigne par exemple le prix offert en collaboration avec la Commis&#173;sion de la sant&#233; et de la s&#233;curit&#233; du travail du Qu&#233;bec (CSSTQ), &#224; une future pompi&#232;re2. Cependant, le taux d'attrition des femmes dans ces emplois peut &#234;tre tr&#232;s &#233;lev&#233;, et le taux d'accidents de travail chez les femmes y est souvent plus &#233;lev&#233;. Ces programmes ne comportent pas de volet qui vise l'adaptation du travail pour les nouvelles recrues, volet dont l'absence surprend dans l'annonce du prix soutenu par la CSSTQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour des raisons &#233;conomiques autant qu'ergonomiques ou politiques, les postes d'entretien sanitaire &#171; l&#233;ger &#187; et &#171; lourd &#187; ont &#233;t&#233; fusionn&#233;s dans plusieurs h&#244;pitaux. Mais la cons&#233;quence n'a pas pris la forme, attendue, d'une plus grande &#233;galit&#233; des sexes, mais d'une baisse assez dramatique du nombre de femmes. En effet, dans diverses &#233;tudes, nous avons constat&#233; que ces politiques, en apparence f&#233;ministes, ont des cons&#233;quences n&#233;gatives pour les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Les contraintes associ&#233;es &#224; la conciliation travail famille&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les Qu&#233;b&#233;cois et les Qu&#233;b&#233;coises classent la possibilit&#233; de travailler sans nuire &#224; leur vie familiale en t&#234;te de liste des pr&#233;occupations que doivent avoir les syndicats, devant la qualit&#233; de vie au travail et la sant&#233; et la s&#233;curit&#233; du travail. Pour les travailleuses, la conciliation travail famille pose un d&#233;fi particulier pour l'&#233;quilibre entre la sant&#233; au travail et l'&#233;galit&#233; professionnelle. Leurs responsabilit&#233;s familiales se d&#233;finissant plus souvent en termes de pr&#233;sence physique au foyer, cette conciliation a de fortes chances d'&#234;tre plus visible chez les femmes que chez leurs coll&#232;gues masculins. En cons&#233;quence, plusieurs strat&#233;gies de conciliation des femmes peuvent avoir comme effet de compromettre leur acc&#232;s ou leur avancement au travail. Le premier compromis fait par bon nombre de femmes prend la forme du travail &#224; temps partiel. Si ce type de travail peut permettre aux travailleuses de vivre plus harmonieusement la conciliation, la participation aux b&#233;n&#233;fices &#233;conomiques, aux programmes de formation et &#224; la vie au travail en g&#233;n&#233;ral peut &#234;tre compromise. Qui plus est, la qualit&#233; des emplois offerts &#224; temps partiel est souvent inf&#233;rieure : l'observation de l'activit&#233; des caissi&#232;res de banque a permis de constater que les t&#226;ches des caissi&#232;res &#224; temps partiel se concentrent aux heures de pointe et consistaient en des op&#233;rations moins vari&#233;es et plus exigeantes physiquement, par rapport &#224; celles assign&#233;es aux caissi&#232;res r&#233;guli&#232;res. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une autre cause des difficult&#233;s de conciliation, du point de vue des femmes, provient du fait que les travailleuses qu&#233;b&#233;coises ont moins d'autonomie au travail que leurs confr&#232;res masculins. En particulier, elles ont moins acc&#232;s &#224; un ensemble de mesures qui rendent possible la conciliation, telles que les possibilit&#233;s de communication avec la maison depuis le lieu de travail, l'acc&#232;s &#224; des ressources de garde &#224; des cong&#233;s aux moments opportuns. Les femmes ont en moyenne une anciennet&#233; inf&#233;rieure &#224; celle des hommes, ce qui restreint leur acc&#232;s &#224; des horaires compatibles avec la conciliation. Leurs tentatives de conciliation deviennent plus visibles et ainsi plus susceptibles de sanctions que celles de personnes qui jouissent de plus d'autonomie et de conditions facilitantes. Par exemple, il &#233;tait d&#233;fendu &#224; certaines travailleuses observ&#233;es d'utiliser le t&#233;l&#233;phone pendant le temps de travail ; cet outil de conciliation &#233;tait pourtant indispensable pour ce personnel aux horaires irr&#233;guliers et impr&#233;visibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion d'entretiens relevant du projet CINBIOSE-FTQ sur la conciliation travail famille, le mot &#171; organis&#233;e &#187; vient souvent &#224; la bouche des gestionnaires et m&#234;me de certaines travailleuses. Cette expression qualifie une personne dont la vie familiale ne transpara&#238;t pas dans le milieu de travail. Ainsi, revendiquer des ajustements dans le milieu de travail pour tenir compte de la vie familiale risque de r&#233;v&#233;ler &#171; un manque d'organisation &#187; chez celles qui les demandent, et nuire &#224; leur reconnaissance professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;galit&#233; professionnelle et collectifs de travail&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ticence des femmes &#224; faire sentir les effets de leurs particularit&#233;s &#224; leurs collectifs de travail, et la r&#233;ticence de ceux-ci &#224; accepter ces sp&#233;cificit&#233;s sont assez fortes. Ces r&#233;ticences sont de deux ordres. Le premier concerne les probl&#232;mes, qualifi&#233;s de &#171; culturels &#187;, qui arrivent quand un nouveau groupe rejoint des &#233;quipes existantes : les femmes en emploi non traditionnel apportent de nouvelles mani&#232;res de faire, pouvant &#234;tre per&#231;ues comme de l'incomp&#233;tence ou de la faiblesse. Ce type de probl&#232;me n'est pas sp&#233;cifique aux femmes, puisqu'il peut se manifester dans un conflit de g&#233;n&#233;rations ou encore dans un conflit racial. Le second type de r&#233;ticence voit le jour lorsque les caract&#233;ristiques sp&#233;cifiques des femmes heurtent les collectifs de travail. Tel est le cas pour les deux probl&#232;mes d&#233;j&#224; mentionn&#233;s, soit les diff&#233;rences biologiques et la conciliation travail famille. Quand les postes d'aides-soignants des hommes et des femmes ont &#233;t&#233; fusionn&#233;s au Qu&#233;bec, l'une des pr&#233;occupations majeures &#233;tait de voir si les femmes allaient assumer &#171; leur part &#187; des op&#233;rations exigeantes sur le plan physique ; les femmes en ont alors souffert parce que leur contribution aux &#233;quipes n'&#233;tait pas reconnue. Les probl&#232;mes de conciliation travail famille peuvent aussi exiger des ajustements de la part des collectifs de travail.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les travailleuses aimeraient que leur sant&#233; soit prot&#233;g&#233;e, mais actuellement, comme pour les travailleurs, cette sant&#233; est subordonn&#233;e &#224; la n&#233;cessit&#233; de gagner un revenu et de &#171; performer &#187; au travail. Pour les femmes, vu leur insertion plus fragile dans le monde du travail, le choix entre sant&#233;, vie familiale et reconnaissance professionnelle se vit de mani&#232;re plus explicite et surtout plus quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En principe, la pr&#233;vention privil&#233;gi&#233;e par la &lt;i&gt;Loi sur la sant&#233; et la s&#233;curit&#233; du travail&lt;/i&gt; vise l'&#233;limination des dangers &#224; la source (art. 2). Aux termes de ce principe, il convient d'adapter les &#233;quipements, les am&#233;nagements et m&#234;me les horaires de telle sorte que les petites personnes, les m&#232;res de famille et les femmes enceintes puissent les utiliser en s&#233;curit&#233;. Il est possible d'engager des effectifs en surplus afin que les contraintes d'horaires li&#233;es aux maladies d'enfants et autres al&#233;as de la conciliation travail famille p&#232;sent moins lourd sur les &#233;quipes de travail. Si nous acceptions de placer les enjeux d'&#233;galit&#233; au coeur des discussions en mati&#232;re de sant&#233; et de s&#233;curit&#233; du travail, nous pourrions faire ressortir les enjeux critiques. Mais pour cela, il faudrait que les milieux acceptent les femmes comme participantes &#224; part enti&#232;re du monde du travail et de son organisation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ce texte est adapt&#233; d'un article publi&#233; dans la revue savante fran&#231;aise Travailler (no 22, 2009, p. 35-51). Il fait partie des productions du partenariat CINBIOSE-CSN-CSQ-FTQ, soutenu par le Service aux collectivit&#233;s de l'UQAM, //&lt;a href=&#034;http://www.invisiblequifaitmal.uqam.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.invisiblequifaitmal.uqam.ca&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De la division sociale du travail</title>
		<link>https://www.ababord.org/De-la-division-sociale-du-travail</link>
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		<dc:date>2011-10-11T02:20:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yvan Perrier</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Perrier, Yvan </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Rares sont les personnes qui ont la curiosit&#233; de se pr&#233;cipiter sur le dictionnaire pour prendre connaissance de la d&#233;finition des mots &#171; travail &#187; et &#171; travailler &#187; tant leur contenu semble aller de soi. Devant ces deux mots, on pense imm&#233;&#173;diatement &#224; un emploi r&#233;mun&#233;r&#233; et ensuite &#224; l'intervention de &#171; quelqu'un sur quelque chose &#187; (dans un cadre r&#233;mun&#233;r&#233; ou non). Qu'on se le dise, ces d&#233;finitions sont d'origine assez r&#233;cente. Dans certains regroupements humains, les mots &#171; travail &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Au-travail-Organisation-du-" rel="directory"&gt;Dossier : Au travail ! - Organisation du travail et assujettissement&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Perrier-Yvan-+" rel="tag"&gt;Perrier, Yvan &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1201.gif?1642092125' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;591&#034; height=&#034;387&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rares sont les personnes qui ont la curiosit&#233; de se pr&#233;cipiter sur le dictionnaire pour prendre connaissance de la d&#233;finition des mots &#171; travail &#187; et &#171; travailler &#187; tant leur contenu semble aller de soi. Devant ces deux mots, on pense imm&#233;&#173;diatement &#224; un emploi r&#233;mun&#233;r&#233; et ensuite &#224; l'intervention de &#171; quelqu'un sur quelque chose &#187; (dans un cadre r&#233;mun&#233;r&#233; ou non). Qu'on se le dise, ces d&#233;finitions sont d'origine assez r&#233;cente. Dans certains regroupements humains, les mots &#171; travail &#187; et &#171; travailler &#187; n'existent tout simplement pas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le travail divis&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Dictionnaire historique de la langue fran&#231;aise&lt;/i&gt; nous informe que &#171; &lt;i&gt;travailler&lt;/i&gt;&#8194;[&#8230;] &lt;i&gt;est issu (1080) d'un latin populaire tripaliare, litt&#233;ralement tourmenter, torturer avec le&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;trepalium&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;nom d'un instrument de torture.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;En ancien fran&#231;ais, et toujours dans l'usage classique, travailler signifie &#171; faire souffrir &#187; physiquement ou moralement&lt;/i&gt; [&#8230;]. &lt;i&gt;Il s'est appliqu&#233; sp&#233;cialement &#224; un condamn&#233; que l'on torture (v. 1155), &#224; une femme dans les douleurs de l'enfantement (v. 1175),&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;&#224; une personne &#224; l'agonie (v. 1190)&lt;/i&gt; [&#8230;]. &#187; Ce n'est qu'&#224; partir du d&#233;but du XVe si&#232;cle que le mot &#171; travail &#187; sera associ&#233;, dans la langue fran&#231;aise, &#224; une activit&#233; productive dans les domaines manuel et intellectuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#234;tre humain &#233;tant, comme l'a si bien compris Aristote, &#171; un animal social &#187;, il va de soi qu'en vivant seul et isol&#233; &#8211; comme l'avait erron&#233;ment imagin&#233; Rousseau &#8211; il ne peut survivre. La survie de l'&#234;tre humain, tout &#233;go&#239;ste qu'il puisse se pr&#233;tendre, d&#233;pend du groupe auquel il appartient. Les anthropologues et les sociologues ont amplement d&#233;montr&#233; que, dans toutes les formes de regroupements humains, on retrouve une division du travail. Dans les soci&#233;t&#233;s primitives, cette division se fonde sur certains crit&#232;res comme le sexe et l'&#226;ge. Plus tard, au stade des civilisations agricoles, industrielles et post industrielles, appara&#238;t la division entre le travail manuel et le travail intellectuel. La division sociale du travail qu'on retrouve au sein de ces trois types de civilisations est &#224; l'origine des classes sociales et elle s'accompagne de la cr&#233;ation de rapports sociaux hi&#233;rarchiques et, par ricochet, de rapports de subordination (ma&#238;tres/esclaves, seigneurs/ serfs, bourgeois/prol&#233;taires, managers/salari&#233;s). Encore aujourd'hui, la classe, le sexe, l'&#226;ge, la langue, la race et la religion sont des facteurs discriminants sur le plan de l'acc&#232;s au travail et de la r&#233;mun&#233;ration qui l'accompagne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Christian Elleboode, La division du travail : De l'&#233;conomique au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le &lt;i&gt;Manifeste du parti communiste&lt;/i&gt;, Marx et Engels affirment que &#171; &lt;i&gt;la bourgeoisie ne peut exister sans r&#233;volutionner constamment [&#8230;] les rapports de production&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Manifeste du parti communiste, P&#233;kin, &#201;ditions en langues &#233;trang&#232;res, 1848 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Qu'en est-il au juste ? Le capitalisme est loin d'&#234;tre un mode de production statique. De la fin du XVIIIe si&#232;cle &#224; aujourd'hui, il nous est possible de synth&#233;tiser son &#233;volution en trois temps.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le lib&#233;ralisme totalitaire (de la fin du XVIIIe jusqu'&#224; la fin du XIXe si&#232;cle)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part, nous assistons &#224; la constitution d'un march&#233; suppos&#233;ment &#171; autor&#233;gul&#233; &#187;. Les entreprises naissantes, qui produisent des biens, sont d&#233;tenues par des entrepreneurs priv&#233;s. Elles ont comme objectif de regrouper, sur leur lieu de travail, la production qui vient des ma&#238;tres et des artisans. Les ouvriers qui travaillent dans les usines ou les vastes chantiers de construction sont r&#233;mun&#233;r&#233;s &#224; la pi&#232;ce ou au temps. Les relations de travail prennent la forme d'un contrat individuel et l'&#201;tat est cens&#233; ne pas intervenir dans le domaine social : vaste fumisterie ! De fait, tous les gouvernements des pays qui s'engagent dans la premi&#232;re r&#233;volution industrielle vont mettre en place des lois qui ont pour effet d'interdire la libert&#233; d'association, le droit de n&#233;gociation et le droit de faire la gr&#232;ve. Comme vision non interventionniste, on ne peut imaginer pire ! C'est l'&#233;poque du lib&#233;ralisme totalitaire et les salari&#233;s ne jouissent d'aucun v&#233;ritable programme institu&#233; de protection sociale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le social r&#233;formisme (de la fin du XIXe jusqu'au milieu des ann&#233;es 1970)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans un deuxi&#232;me temps, se d&#233;veloppe la grande entreprise monopolistique. Le taylorisme et le fordisme s'imposent comme principes d'&lt;i&gt;organisation du travail&lt;/i&gt; dans ces entreprises gigantesques. L'autor&#233;gulation du march&#233; est att&#233;nu&#233;e par la lente mise en place d'un syst&#232;me de relations de travail, qui l&#233;galise d'abord la libert&#233; d'association et le droit de gr&#232;ve (1872 au Canada) et, plus tard, le droit &#224; la n&#233;gociation collective (1944 au Canada et au Qu&#233;bec). Au sortir de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, s'&#233;tendent la production et la consommation de masse. Le salariat s'impose de plus en plus comme le mode de r&#233;mun&#233;ration dominant. Dans les entreprises, les rapports de travail sont hi&#233;rarchiques et le salari&#233; est, plus souvent qu'autrement, un appendice de la machine. La division du travail entre la conception et l'ex&#233;cution s'accentue. Durant cette p&#233;riode, par leurs luttes, les salari&#233;s syndiqu&#233;s et les organisations syndicales parviendront &#224; faire prendre en charge par l'&#201;tat ou les entreprises, selon les pays, le co&#251;t de certains risques associ&#233;s &#224; la vie, du berceau au tombeau (assurance-maladie, assurance-ch&#244;mage, pension de vieillesse, allocation sociale). Dans les &#233;conomies capitalistes des pays d&#233;velopp&#233;s, certains gouvernements afficheront, de temps &#224; autre (c'est-&#224;-dire pas n&#233;cessairement de mani&#232;re constante et permanente), un petit c&#244;t&#233; social r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Le r&#233;tro lib&#233;ralisme (du milieu des ann&#233;es 1970 &#224; aujourd'hui)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans un troisi&#232;me temps, la pens&#233;e r&#233;tro lib&#233;rale se fixe comme objectif, dans la foul&#233;e de la r&#233;volution informatique et de l'&#233;mergence de l'&#233;conomie du savoir, de lib&#233;rer le march&#233; des contraintes r&#233;glementaires en provenance de l'&#201;tat, de restructurer les lieux de travail pour les rendre plus flexibles et de ronger sur les conqu&#234;tes sociales de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente. Les chantres du n&#233;o&#173;lib&#233;ralisme r&#233;clament, rien de moins, que le retour au march&#233; autor&#233;gul&#233; et &#224; l'&#201;tat minimal. Les employeurs et les gouvernements valorisent la pr&#233;carisation du travail et la n&#233;gociation contractuelle individuelle. Les droits syndicaux et les programmes sociaux sont remis en question de mani&#232;re frontale. &#192; l'&#232;re de la mondialisation et du capitalisme cognitif (fond&#233; sur l'&#233;conomie du savoir) s'installent la d&#233;r&#233;glementation, la privatisation des services, les fusions d'entreprises, les restructurations des services, la d&#233;localisation, la d&#233;sindustrialisation, la n&#233;gociation des concessions, la stagnation des salaires, alouette !&lt;br class='autobr' /&gt;
Le march&#233; du travail, issu de la flexibilit&#233;, ne r&#233;pond plus aux besoins de l'ensemble des membres de la soci&#233;t&#233;. Il se caract&#233;rise de plus en plus par une insuffisance du nombre d'emplois et une pi&#232;tre qualit&#233; des emplois cr&#233;&#233;s. Deux ph&#233;nom&#232;nes particularisent les emplois aujourd'hui disponibles sur le march&#233; du travail. En premier lieu, nous pouvons observer une segmentation du march&#233; du travail qui est porteuse de discriminations syst&#233;miques pour certains groupes de salari&#233;s (comme les femmes, les jeunes, les autochtones et les membres issus des groupes ethniques). Ensuite, on constate une segmentation au sein m&#234;me des entreprises, qui a pour effet de fractionner les statuts d'emploi. Dans les firmes d'aujourd'hui, certains salari&#233;s se retrouvent dans une situation de sur travail (les &lt;i&gt;workaholics&lt;/i&gt;, les performants et ceux qui ne cessent de cumuler les heures de travail suppl&#233;mentaires), de travail normal (ceux qui se limitent &#224; leur horaire, qui peut varier de 32 &#224; 40 heures) ou de sous travail (ceux qui travaillent &#224; temps partiel)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Mona-Jos&#233;e Gagnon, Le travail : une mutation en forme de paradoxes, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ainsi est all&#233;e, dans ses grandes lignes, la marche de l'humanit&#233;, en mati&#232;re de division du travail, de la grotte &#224; la &lt;i&gt;shop&lt;/i&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[(&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dans quelles cat&#233;gorie vous situez-vous ?
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais, nous vivons dans un monde o&#249; incontestablement, ceux d'en haut, qui s'en mettent plein les poches, s'accaparent &#233;go&#239;stement une part d&#233;mesur&#233;e de la richesse collective, et ils le font au d&#233;triment de ceux d'en bas, qui triment dur pour conserver leur place au travail et qui se retrouvent, plus souvent qu'autrement, les poches vides. Selon la place et le r&#244;le que les personnes d&#233;tiennent au sein de la division du travail, elles appartiendront &#224; l'un des groupes &lt;br class='autobr' /&gt;
suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; les stratosph&#233;riques (ceux qui ne connaissent quasiment aucune limite &#224; la progression de leur revenu) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; les comp&#233;titifs (ceux qui gagnent entre 100 000 et 250 000 $) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; les s&#233;curitaires (ceux qui oeuvrent dans les secteurs public et parapublic, et auxquels le gouvernement du Qu&#233;bec vient d'offrir une maigre pitance au chapitre de la hausse salariale) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; les expos&#233;s (ceux qui peuvent perdre leur emploi en raison de la possi&#173;bilit&#233; pour leur entreprise de se relocaliser n'importe o&#249; dans le monde) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; les d&#233;class&#233;s (les personnes dont la formation est inad&#233;quate et les qualifications p&#233;rim&#233;es) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; les laiss&#233;s-pour-compte (les personnes qui travaillent dans des conditions pr&#233;caires et qui sont expos&#233;es aux risques de la d&#233;pendance socio&#233;conomique) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Et les authentiques exclus et les sans revenus (les itin&#233;rants ou les personnes qui vivent en foyers de groupe)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cat&#233;gories inspir&#233;es en partie par Luc Boltansky et &#200;ve Chapiello, Le nouvel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; o&#249; nous ont conduits 30 ann&#233;es de n&#233;gociation de &#171; compromis satisfaisants &#187; pour les employeurs (qui voulaient assurer la &#171; viabilit&#233; &#187; de leur entreprise) et les divers gouvernements (qui visaient des ententes qui n'auraient pas pour effet de &#171; fragiliser &#187; les finances publiques). Pour qu'une strat&#233;gie syndicale, qui se pose en rupture avec le fatalisme ambiant, rec&#232;le un potentiel de victoire, il faut que les &#233;l&#233;ments de la base d&#233;sirent la r&#233;aliser et il faut &#233;galement qu'au sommet, les dirigeants syndicaux la soutiennent vigoureusement. Plus que jamais, les dirigeants syndicaux doivent croire en la capacit&#233; de riposte de leurs membres. Telle est la voie &#224; emprunter pour que la lutte syndicale s'inscrive dans un cadre plus global de lutte victorieuse pour la justice sociale. Vaste programme, certes, mais pas irr&#233;alisable au demeurant ! )]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Christian Elleboode, La division du travail : De l'&#233;conomique au social, Paris, Armand Colin, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Manifeste du parti communiste, P&#233;kin, &#201;ditions en langues &#233;trang&#232;res, 1848 [1975], p. 36.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Mona-Jos&#233;e Gagnon, Le travail : une mutation en forme de paradoxes, Qu&#233;bec, Les Presses de l'Universit&#233; Laval, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cat&#233;gories inspir&#233;es en partie par Luc Boltansky et &#200;ve Chapiello, Le nouvel esprit du capitalisme, Paris, Gallimard, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Travail et identit&#233;s sous pression</title>
		<link>https://www.ababord.org/Travail-et-identites-sous-pression</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Travail-et-identites-sous-pression</guid>
		<dc:date>2011-10-11T02:17:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sid Ahmed Soussi</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Soussi, Sid Ahmed</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le travail a fait l'objet, ces 20 derni&#232;res ann&#233;es, de profondes transformations, tant dans son organisation que dans les identit&#233;s professionnelles et collectives qui lui sont attach&#233;es. Ce constat a ceci de sp&#233;cifique qu'il ne fait pas seulement &#233;tat d'une nouvelle phase de transformation comparable &#224; celles qui ont jalonn&#233; l'histoire du travail. Il va bien au-del&#224;, tant les identit&#233;s contemporaines du travail ont &#233;t&#233; d&#233;structur&#233;es. Et pour cause. &lt;br class='autobr' /&gt; Le travail et ses identit&#233;s dans la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Au-travail-Organisation-du-" rel="directory"&gt;Dossier : Au travail ! - Organisation du travail et assujettissement&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Soussi-Sid-Ahmed-+" rel="tag"&gt;Soussi, Sid Ahmed&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1199.gif?1642092125' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;396&#034; height=&#034;715&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le travail a fait l'objet, ces 20 derni&#232;res ann&#233;es, de profondes transformations, tant dans son organisation que dans les identit&#233;s professionnelles et collectives qui lui sont attach&#233;es. Ce constat a ceci de sp&#233;cifique qu'il ne fait pas seulement &#233;tat d'une nouvelle phase de transformation comparable &#224; celles qui ont jalonn&#233; l'histoire du travail. Il va bien au-del&#224;, tant les identit&#233;s contemporaines du travail ont &#233;t&#233; d&#233;structur&#233;es. Et pour cause.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le travail et ses identit&#233;s dans la modernit&#233; industrielle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la foul&#233;e d'une R&#233;volution industrielle triomphante, mais malade du paup&#233;risme g&#233;n&#233;r&#233; par le capitalisme d&#233;brid&#233; du XIXe si&#232;cle, une phase fondatrice de la modernit&#233; industrielle fut celle du taylorisme et de la &#171; machinisation &#187;. Avec la phase suivante, &#224; la faveur de la r&#233;organisation du travail port&#233;e par l'automatisation, le fordisme s'imposera tout naturellement, en raison non pas seulement de sa &#171; rationalisation du travail &#187;, mais surtout du compromis social historique qu'il suscitera &#8211; notamment &#224; la faveur du New Deal aux &#201;tats-Unis et au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ailleurs &#8211; et dont le r&#233;sultat premier passe par ces trente glorieuses qui ont tant fait pour la l&#233;gitimation sociohistorique du capitalisme. Comme modes d'organisation du travail, le taylorisme et le fordisme auront eu un impact insoup&#231;onn&#233; : la formation de nouvelles identit&#233;s collectives, ouvri&#232;res d'abord avec le taylorisme, mais aussi d'autres identit&#233;s professionnelles, techniciennes et autres, dont le fordisme institutionnalis&#233; favorise l'&#233;closion. Ce dernier consacre ainsi le rapport institutionnel Travail / &#201;tat / Capital &#224; travers lequel le mouvement syndical port&#233; par ces identit&#233;s s'impose comme acteur politique et principal artisan de la formation de l'&#201;tat social. Avec le d&#233;veloppement de cet &#201;tat providence arc-bout&#233; sur le compromis fordiste, ces identit&#233;s issues du travail transforment durablement les soci&#233;t&#233;s industrielles. Ce contrat social si mal nomm&#233; sera &#224; l'origine des principaux modes d'encadrements juridiques des relations du travail actuellement &#224; l'&#339;uvre dans nos soci&#233;t&#233;s&#8230; postindustrielles. La remise en question et la d&#233;composition progressive, qui affectent ce compromis fordiste d&#232;s la fin des ann&#233;es 1970, marquent une v&#233;ritable phase de mutations du travail et de ses identit&#233;s. Qu'en est-il aujourd'hui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde du travail au Qu&#233;bec subit certes tardivement les impacts de la crise du fordisme, mais n'y &#233;chappe pas. Le secteur industriel est frapp&#233; de plein fouet par les politiques de restructuration des entreprises. Le cas des organisations industrielles de haute technologie (OIHT) est illustratif des &#171; nouvelles &#187; strat&#233;gies de gestion des entreprises &#224; l'origine des mutations r&#233;centes du travail et des identit&#233;s sociales et collectives qui le caract&#233;risaient. Celui des t&#233;l&#233;communications en est particuli&#232;rement embl&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une &#233;tude de cas illustrative des mutations contemporaines du travail&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une recherche qualitative longitudinale, men&#233;e sur une dizaine d'ann&#233;es, traite le cas d'une entreprise transnationale de t&#233;l&#233;communication, d'origine ontarienne, au Qu&#233;bec. R&#233;alis&#233;e dans plusieurs usines appartenant &#224; cette entreprise &#8211; dans la banlieue ouest de Montr&#233;al, en Ontario et aux &#201;tats-Unis &#8211;, elle a produit les r&#233;sultats suivants. Le personnel de base de cette entreprise, fabriquant des r&#233;seaux de transmission &#233;lectroniques, est compos&#233; d'op&#233;ratrices, personnel f&#233;minin &#224; 80 %, et de techniciens, personnel masculin &#224; 96 %. Au milieu des ann&#233;es 1990, l'entreprise entreprend dans le cadre de changements technologiques pr&#233;sent&#233;s comme indispensables &#224; sa survie &#8211; transition de la conduction par c&#226;ble de cuivre vers la fibre optique &#8211; des transformations &#224; plusieurs niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;R&#233;organisation du travail : du produit vers la t&#226;che&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De nouveaux modes d'organisation du travail sont mis en &#339;uvre &#224; la faveur d'une refonte totale de l'organisation que le discours de gestion pr&#233;sente comme une &#171; r&#233;ing&#233;nierie des processus &#187;. Auparavant chaque produit &#233;tait fabriqu&#233; dans une section de production (d&#233;partement) sp&#233;cifique o&#249; &#233;taient pr&#233;sents op&#233;ratrices et techniciens, dans le cadre d'une organisation du travail par produit. Les techniciens travaillaient sur des stations de test o&#249; leur t&#226;che consistait &#224; d&#233;boguer les produits. Cette ma&#238;trise technique hautement qualifiante &#233;tait &#224; la base de leur identit&#233; professionnelle : un bon technicien est un technicien qui d&#233;bogue vite et bien ! L'informatisation des tests a abouti &#224; des stations automatiques o&#249; l'op&#233;rateur place le module &#224; tester dans la station et attend la r&#233;ponse binaire du logiciel de la station : go pour un test positif ou no go pour un test n&#233;gatif qui oblige le technicien &#224; d&#233;truire le module, sans avoir &#224; le r&#233;parer. R&#233;sultat : une d&#233;qualification syst&#233;matis&#233;e de toute une population de techniciens, qui s'autod&#233;signent dans leur propre jargon de &#171; tech de &lt;i&gt;go / no go&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espace physique de l'&#233;tablissement en est transform&#233;. Les d&#233;partement autrefois distincts, parce que r&#233;pondant &#224; des am&#233;nagements spatiaux et conviviaux diff&#233;rents, ont laiss&#233; place &#224; un immense espace ouvert, quadrill&#233; par de longues lignes droites s&#233;parant les zones de production en fonction des t&#226;ches automatis&#233;es (montage, assemblage, test, etc.) et o&#249; tout le monde voit &#8211; surveille &#8211; tout le monde. Cet open space valoris&#233; dans les discours de l'entreprise cache mal la n&#233;otaylorisation syst&#233;mique, qui a affect&#233; &#224; la fois les t&#226;ches, les produits, l'espace et&#8230; les individus.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
L'externalisation
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite de cette &#233;volution, chaque section de production de l'usine, abritant une t&#226;che sp&#233;cifique du nouveau processus de fabrication, fait l'objet, une ann&#233;e plus tard, d'une externalisation : elle est c&#233;d&#233;e en sous-traitance exclusive &#224; une entreprise cr&#233;&#233;e sp&#233;cialement &#224; cet effet par... d'ex-&lt;i&gt;managers&lt;/i&gt; de ces m&#234;mes sections, anciennement au service de la m&#234;me entreprise-m&#232;re. L'ensemble des sections de production &#233;tant externalis&#233;es, c'est l'&#233;tablissement m&#234;me &#8211; l'immeuble &#8211;, abritant l'usine et ses diff&#233;rentes sections, qui est vendu par l'entreprise-m&#232;re et&#8230; sous-lou&#233; imm&#233;diatement apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rapport salarial individualis&#233; et d&#233;saccr&#233;ditation syndicale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les techniciens et op&#233;rateurs continuent de travailler dans le m&#234;me &#233;tablissement, mais pour des employeurs diff&#233;rents. Avec ces changements, ce sont les conditions d'existence m&#234;mes des accr&#233;ditations syndicales qui s'en trouvent modifi&#233;es. D'o&#249; la d&#233;syndicalisation rapide des diff&#233;rents personnels. L'individua&#173;lisation de la relation d'emploi aboutit rapidement &#224; une d&#233;gradation des salaires en raison des pouvoirs de n&#233;gociation nettement diminu&#233;s des membres de ces personnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la d&#233;qualification produite par le nouveau mode d'organisation du travail s'ajoute ainsi la d&#233;gradation du rapport salarial. Leur conjugaison ? Une pr&#233;carisation structurelle de l'emploi chez les diff&#233;rents collectifs de l'entreprise. Pour l'observateur externe, rien en apparence n'a chang&#233;, mais dans la r&#233;alit&#233; du travail tout a chang&#233;, autant son organisation que les identit&#233;s professionnelles et collectives qui furent les gages de la r&#233;ussite corporative de cette entreprise industrielle. L'entreprise elle-m&#234;me n'est plus la m&#234;me organisation, tant sa structure s'est transform&#233;e et appara&#238;t d&#233;sormais comme une oganisation-r&#233;seau reliant une entreprise-m&#232;re &#224; un r&#233;seau complexe d'entreprises sous-traitantes exclusives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;re &#233;tape de cette &#233;volution : le rachat, d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 2000, de l'ensemble de ces activit&#233;s &#8211; jusque-l&#224; externalis&#233;es localement, puisque conserv&#233;es dans le m&#234;me &#233;tablissement &#8211; par une entreprise&#8230; chinoise qui, apr&#232;s leur acquisition les d&#233;localisera&#8230; en Chine ; les seuls actifs demeurant au Qu&#233;bec, et au Canada, &#233;tant ceux de l'entreprise-m&#232;re qui a, ce faisant, r&#233;orient&#233; ses priorit&#233;s vers les productions immat&#233;rielles (logiciels et autres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il noter que les strat&#233;gies de gestion mises en &#339;uvre dans le contexte de ces changements sont particuli&#232;rement embl&#233;matiques de celles ayant affect&#233; la plupart des OIHT au Qu&#233;bec, tant cette entreprise fut consid&#233;r&#233;e comme un exemple de r&#233;ussite technologique et commerciale au Canada, du moins jusqu'&#224; la d&#233;liquescence dans laquelle l'engagera ce processus de transformation qui, finalement, &#233;chappera totalement &#224; son contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons que cette mutation de l'entreprise n'aurait pu avoir lieu sans un autre changement majeur, celui de la financiarisation de ses capitaux. Si ce processus d'externalisation a pu se concr&#233;tiser, c'est pr&#233;cis&#233;ment parce que, durant la m&#234;me p&#233;riode, l'entreprise a d&#233;cid&#233; de se d&#233;barrasser de ses actifs industriels. Le relais en mati&#232;re de capitalisation est d&#232;s lors repris par le march&#233; financier qui a vu dans ces d&#233;cisions strat&#233;giques des gages de performance&#8230; financi&#232;re ; un regard qu'il perdra quelques ann&#233;es plus tard et qui co&#251;tera son existence &#224; cette m&#234;me entreprise, ses actifs n'&#233;tant plus l&#224; pour garantir sa recapitalisation par ce m&#234;me march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs autres recherches sur le travail ont montr&#233; que cette &#233;tude de cas est loin d'&#234;tre isol&#233;e. Il est ainsi possible de faire &#233;tat d'une tendance lourde affectant le travail et dont le r&#233;sum&#233; peut s'articuler autour de constats comme l'individualisation du rapport salarial et son corollaire, la d&#233;sagr&#233;gation des rapports collectifs du travail, constats auxquels s'ajoute celui de la d&#233;structuration des identit&#233;s professionnelles et collectives jusque-l&#224; port&#233;es par les milieux du travail des soci&#233;t&#233;s industrielles. En cela, ce cas est particuli&#232;rement illustratif de la r&#233;organisation du travail et de sa pr&#233;carisation syst&#233;mique produites par ce &lt;i&gt;nouveau&lt;/i&gt; capitalisme qui, au-del&#224; de ses avatars d&#233;clar&#233;s &#8211; cognitif, du savoir et autre capitalisme postmoderne &#8211; n'est finalement rien d'autre qu'un capitalisme d&#233;brid&#233;, qui a r&#233;ussi &#224; se soustraire aux formes traditionnelles de la r&#233;gulation et qui, en derni&#232;re instance, est en passe de s'&#233;manciper du politique. &#192; moins que&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Recherche s&#233;curit&#233; d&#233;sesp&#233;rement...</title>
		<link>https://www.ababord.org/Recherche-securite-desesperement</link>
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		<dc:date>2011-10-11T02:12:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jos&#233;e Lamoureux</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Lamoureux, Jos&#233;e</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La cause semble entendue : sans flexibilit&#233;, point de salut. Ce leitmotiv, relay&#233; par des organismes internationaux comme l'Organisation de coop&#233;ration et de d&#233;veloppement &#233;conomique (OCDE), pr&#233;sume que les rigidit&#233;s du march&#233; du travail sont &#224; la source du ch&#244;mage. Les gouvernements canadien et qu&#233;b&#233;cois ont largement adh&#233;r&#233; &#224; cette th&#232;se. L'assouplissement des r&#232;gles de sous-traitance, les atteintes au droit &#224; la syndicalisation, les coupes au programme d'assurance-ch&#244;mage, appel&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Lamoureux-Josee-+" rel="tag"&gt;Lamoureux, Jos&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1197.gif?1642092125' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;354&#034; height=&#034;266&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La cause semble entendue : sans flexibilit&#233;, point de salut. Ce leitmotiv, relay&#233; par des organismes internationaux comme l'Organisation de coop&#233;ration et de d&#233;veloppement &#233;conomique (OCDE), pr&#233;sume que les rigidit&#233;s du march&#233; du travail sont &#224; la source du ch&#244;mage. Les gouvernements canadien et qu&#233;b&#233;cois ont largement adh&#233;r&#233; &#224; cette th&#232;se. L'assouplissement des r&#232;gles de sous-traitance, les atteintes au droit &#224; la syndicalisation, les coupes au programme d'assurance-ch&#244;mage, appel&#233; d&#233;sormais assurance-emploi, en sont autant de manifestations. Le refus de moderniser les lois du travail afin de mieux prot&#233;ger les personnes &#224; statut atypique et d'en limiter la progression va dans le m&#234;me sens. En 1976, moins de 20 % des emplois &#233;taient &#224; temps partiel, sur appel, tempo&#173;raire, contractuel, pour une agence de placement ou consid&#233;r&#233; comme autonome. Aujourd'hui, ces diverses formes d'emploi repr&#233;sentent plus de 37 % de l'emploi total.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Force est de constater que cette flexibilisation a fait le bonheur des entreprises et de leurs actionnaires. La facture est toutefois lourde pour les salari&#233;s, particuli&#232;rement pour les femmes, les jeunes et les personnes peu scolaris&#233;es, tous surrepr&#233;&#173;sent&#233;s dans les emplois atypiques. Ces emplois ne sont pas tous pr&#233;caires. Mais souvent, ils se conjuguent &#224; des conditions de travail d&#233;grad&#233;es et p&#233;nalisantes : salaires inf&#233;rieurs, acc&#232;s limit&#233; ou inexistant &#224; des avantages sociaux, &#224; la formation, &#224; la syndicalisation et &#224; la n&#233;gociation collective. En p&#233;riode de ch&#244;mage, ils sont mal couverts par le programme d'assurance-emploi accentuant d'autant le risque de basculer dans la pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant la pi&#232;tre qualit&#233; et la multiplication des emplois atypiques, une r&#233;flexion sur la recherche de flexibilit&#233; tous azimuts est plus que jamais n&#233;cessaire. La flexibilit&#233; doit-elle toujours se faire au d&#233;triment de la s&#233;curit&#233; et de la protection sociale ? De plus en plus de voix s'&#233;l&#232;vent pour dire non. Parmi celles-ci se trouvent les tenants de la &#171; flexicurit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La flexicurit&#233; : une mauvaise solution &#224; un vrai probl&#232;me ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est au milieu des ann&#233;es 1990 que le concept de flexicurit&#233; est apparu. S'appuyant sur les exemples du Danemark et des Pays-Bas, ce n&#233;ologisme, combinant les mots flexibilit&#233; et s&#233;curit&#233;, sugg&#232;re que la flexibilit&#233; du march&#233; du travail et la s&#233;curit&#233; de la main-d'&#339;uvre peuvent &#234;tre compl&#233;mentaires. Tr&#232;s discut&#233; en Europe et soutenu par la Commission europ&#233;enne, ce concept a &#233;t&#233; repris par l'OCDE en 2006 lors de la r&#233;&#233;valuation de sa Strat&#233;gie pour l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la flexicurit&#233; a le m&#233;rite de r&#233;actualiser la probl&#233;matique de la s&#233;curit&#233; &#233;conomique, elle demeure controvers&#233;e. D'une part, l'influence n&#233;olib&#233;rale de certains de ses promoteurs, dont l'OCDE, est ind&#233;&#173;niable. La flexibilisation par l'assouplissement de la protection de l'emploi, c'est-&#224;-dire les r&#232;gles entourant les licenciements individuels et collectifs, ainsi que la relation d'emploi, reste LA priorit&#233;. L'important n'est plus de prot&#233;ger l'emploi, mais de s&#233;curiser les personnes en favorisant leur employabilit&#233;. L'investis&#173;sement dans le capital humain devient le mot d'ordre. Or, au-del&#224; de la rh&#233;torique, le soutien &#224; l'&#233;ducation et &#224; la formation est rarement au rendez-vous. R&#233;sultat : la s&#233;curit&#233; repose de plus en plus sur la responsabilit&#233; individuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, il est loin d'&#234;tre confirm&#233; que la flexibilit&#233; du march&#233; du travail am&#233;liore les performances &#233;conomiques. &#192; moins d'aveuglement id&#233;ologique, on ne peut ignorer les bons r&#233;sultats de certains pays qui ont des march&#233;s du travail r&#233;put&#233;s plus rigides. D'ailleurs, la crise actuelle en apporte une autre illustration. Alors que les &#201;tats-Unis, champions de la flexibilit&#233;, s'enlisent dans le ch&#244;mage, d'autres pays ayant tabl&#233; sur des r&#233;organisations internes et un recours au travail partag&#233; s'en sortent mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, il serait illusoire de vouloir emp&#234;cher les entreprises de r&#233;agir aux changements. Les besoins d'adaptation sont-ils plus importants aujourd'hui en raison de la concurrence accrue, des perc&#233;es technologiques et de la pression sur les co&#251;ts de production ? Peut-&#234;tre. Mais cela n'a pas obligatoirement &#224; se traduire par des emplois instables et pr&#233;caires pour certains, et de l'ins&#233;curit&#233; pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et le Qu&#233;bec ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La notion de flexicurit&#233; est peu d&#233;battue au Qu&#233;bec. Il y a bien quelques chercheurs qui s'y int&#233;ressent, mais elle est loin d'avoir la pr&#233;gnance que l'on observe en Europe. Cela dit, les enjeux sur la flexi&#173;bilit&#233; et la s&#233;curit&#233; &#233;conomique des travailleurs sont, eux, bien pr&#233;sents. Malgr&#233; les r&#233;criminations des groupes patronaux, ce n'est pas la flexibilit&#233; qui fait d&#233;faut, mais bien la s&#233;curit&#233;. Pour l'am&#233;liorer, il faut bien s&#251;r miser sur l'&#233;ducation et la formation. M&#234;me en supposant que les sommes requises soient au rendez-vous et que les employeurs assument leurs responsabilit&#233;s, cela reste insuffisant. Il faut faire plus. Interdire les dispa&#173;rit&#233;s de traitement en fonction des statuts d'emploi serait une premi&#232;re avanc&#233;e. Un autre pas important serait de mieux encadrer les agences de placement de personnel. Il faut aussi se pr&#233;occuper de la qualit&#233; des emplois cr&#233;&#233;s. Bref, il y a encore beaucoup de chemin &#224; parcourir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Flexibilisation de la main-d'oeuvre en sant&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Flexibilisation-de-la-main-d</link>
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		<dc:date>2011-10-11T02:06:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Brigitte Doyon, Lucie Mercier</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Mercier, Lucie </dc:subject>
		<dc:subject>Doyon, Brigitte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; la faveur de la r&#233;ing&#233;nierie de la sant&#233; commenc&#233;e en 2003, la philosophie de gestion et les pratiques des employeurs du r&#233;seau de la sant&#233; ont emprunt&#233; la voie du n&#233;olib&#233;ralisme. Ce choix n'est pas sans effet sur la gestion des ressources humaines, gestion qui s'inscrit de plus en plus dans des modes de gestion flexibles, sur le mod&#232;le du priv&#233;. Souvent au d&#233;triment de la logique professionnelle et en l'absence d'une vision globale, les ressources humaines sont soumises aux al&#233;as d'une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mercier-Lucie-+" rel="tag"&gt;Mercier, Lucie &lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1194.gif?1642092125' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1200&#034; height=&#034;808&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; la faveur de la r&#233;ing&#233;nierie de la sant&#233; commenc&#233;e en 2003, la philosophie de gestion et les pratiques des employeurs du r&#233;seau de la sant&#233; ont emprunt&#233; la voie du n&#233;olib&#233;ralisme. Ce choix n'est pas sans effet sur la gestion des ressources humaines, gestion qui s'inscrit de plus en plus dans des modes de gestion flexibles, sur le mod&#232;le du priv&#233;. Souvent au d&#233;triment de la logique professionnelle et en l'absence d'une vision globale, les ressources humaines sont soumises aux al&#233;as d'une gestion &#224; courte vue afin de r&#233;pondre aux besoins du moment.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Croissance des EPPS et flexibilisation de la main-d'&#339;uvre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En moins d'une dizaine d'ann&#233;es, un sous-secteur industriel a vu le jour, grassement subventionn&#233; &#224; m&#234;me les budgets des &#233;tablissements publics. &#192; ce jour, plus de 400 entreprises sont d&#251;ment enregistr&#233;es &#224; titre d'entreprises priv&#233;es de placement en soins (EPPS). Pour l'ann&#233;e 2008-2009, les &#233;tablissements publics ont d&#233;pens&#233; 193 millions de dollars pour l'achat d'heures de main-d'&#339;uvre ind&#233;pendante (MOI), ce qui repr&#233;sente plus de 3,6 millions d'heures travaill&#233;es. Le minist&#232;re de la Sant&#233; et des Services sociaux (MSSS) a d'ailleurs admis que l'entretien de cette industrie parasite du r&#233;seau public lui co&#251;tait au moins 18 &#224; 20 % de plus en d&#233;penses, soit environ 35 millions de dollars par ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette flexibilisation de la main-d'&#339;uvre (flexibilit&#233; salariale, num&#233;rique et fonctionnelle) a d'importantes cons&#233;quences sur l'orga&#173;nisation du travail dans les &#233;tablissements publics. Entre autres, la stabilit&#233; des &#233;quipes de base, d&#233;j&#224; difficile, devient presque impossible. Par exemple, au CSSS de Saint-L&#233;onard et Saint-Michel, pour l'ann&#233;e 2008-2009, 34 % des heures travaill&#233;es &#224; la Direction des services aux personnes en perte d'autonomie sont le fait de la MOI. Une telle instabilit&#233; compromet la capacit&#233; des &#233;quipes &#171; permanentes &#187; de se doter d'un fonctionnement optimal, particuli&#232;rement en raison du taux de roulement &#233;lev&#233; de celles qui viennent ponctuellement s'y greffer. De plus, le sentiment d'appartenance est durement touch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'am&#233;nagement du temps de travail est &#233;galement grandement affect&#233;. En effet, au statut d'emploi de temps complet et de temps partiel, s'ajoute la liste de disponibilit&#233;. Or, la gestion de cette liste est de plus en plus confi&#233;e en sous-traitance aux EPPS. Ces derni&#232;res comblent des affectations, g&#233;n&#233;ralement des quarts de travail, selon les besoins du moment. Comme les EPPS attirent du personnel qu'elles recrutent dans les &#233;tablissements publics, elles cherchent &#224; leur offrir des horaires favorables, laissant les horaires d&#233;favorables au personnel fid&#232;le au r&#233;seau public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions de travail offertes par les EPPS viennent concurrencer celles n&#233;goci&#233;es dans les conventions collectives. Ainsi, dans son appel d'offres lanc&#233; en ao&#251;t 2009, le CSSS du C&#339;ur-de-l'&#206;le s'engage &#224; payer au personnel des EPPS les 13 cong&#233;s f&#233;ri&#233;s conventionn&#233;s, &#224; taux et demi. La plupart des EPPS facturent &#224; taux double pour 8 &#224; 16 cong&#233;s f&#233;ri&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inutile de dire que les contrats sign&#233;s avec les EPPS mettent en p&#233;ril la gestion participative (participation du syndicat et des comit&#233;s paritaires). Le personnel des EPPS n'a aucun mot &#224; dire dans l'&#233;tablissement. Il n'est l&#224; que de passage la plupart du temps et, malheureusement, il semble qu'il ne se sente que peu interpell&#233; par les enjeux d'organisation du travail propres &#224; l'&#233;tablissement et au milieu de soins.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Effets pervers du recours aux EPPS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En regard du contenu du travail, signalons quelques &#233;l&#233;ments significatifs. Les modes d'organisation des soins qui misent sur le suivi syst&#233;matique des client&#232;les s'av&#232;rent difficiles &#224; appliquer. En effet, le personnel des EPPS est si mobile qu'il est difficile, voire impossible, de lui confier des responsabilit&#233;s &#224; moyen et long termes. Cette situation fait en sorte que le personnel r&#233;gulier des &#233;tablissements assume des responsabilit&#233;s beaucoup plus lourdes que le personnel des EPPS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'utilisation de la MOI sert aussi &#224; cacher la dure r&#233;alit&#233; du r&#233;seau public et &#224; montrer une fausse performance statistique des &#233;tablissements. En effet, &#233;tant donn&#233; le rythme de travail consid&#233;rablement accru depuis l'introduction du virage ambulatoire des ann&#233;es 1990, l'utilisation de la MOI permet d'afficher des statistiques faussement am&#233;lior&#233;es des &#233;tablissements en mati&#232;re de retraits pr&#233;ventifs, d'accidents du travail et d'assurance salaire, en diminuant les taux d'absence pour maladie des employ&#233;es soumises &#224; des exigences accrues par rapport &#224; la lourdeur des client&#232;les et &#224; la quantit&#233; d'heures suppl&#233;mentaires, obligatoires ou non. Signalons au passage que les professionnelles en soins ont effectu&#233; pr&#232;s de 4,7 millions d'heures suppl&#233;mentaires en 2008-2009.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par ailleurs, le d&#233;veloppement des ressources humaines s'av&#232;re plut&#244;t faible. En effet, quel int&#233;r&#234;t peut avoir un employeur d'investir dans la formation d'un personnel aussi mobile ? Les EPPS n'ont pas plus int&#233;r&#234;t &#224; investir dans la formation puisque celle-ci vient gruger leur marge de profit ; la formation est g&#233;n&#233;ralement limit&#233;e au strict minimum avec les cons&#233;quences qui s'ensuivent sur la qualit&#233;, la continuit&#233; et la s&#233;curit&#233; des soins aux patients, de m&#234;me que sur la fa&#231;on dont sont partag&#233;s les r&#244;les, t&#226;ches, fonctions et responsabilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qualit&#233; des soins est aussi compromise en raison de l'absence de surveillance par l'&#233;tablissement des actes pos&#233;s par le personnel des EPPS. En effet, les &#233;tablissements refusent de superviser la qualit&#233; des soins du personnel des EPPS, pr&#233;textant qu'il ne s'agit pas de leurs employ&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, les nouveaux modes de gestion flexible de la main-d'&#339;uvre remettent en question tout le rapport salarial de travail. Outre les EPPS, plus de 200 travailleuses autonomes avaient des contrats individuels de travail avec les &#233;tablissements publics de sant&#233; au printemps 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette flexibilisation de la main-d'&#339;uvre du r&#233;seau public de sant&#233; s'av&#232;re nuisible tant pour la qualit&#233;, la s&#233;curit&#233; et la continuit&#233; des soins aux patients que pour le personnel. Plut&#244;t que de miser sur des leviers qui existent d&#233;j&#224;, comme par exemple l'exercice de planification de la main-d'&#339;uvre et de d&#233;veloppement des ressources humaines que doivent r&#233;aliser les &#233;tablissements, lequel est d'ailleurs ench&#226;ss&#233; dans la LSSS depuis 2005, nos d&#233;cideurs pr&#233;f&#232;rent utiliser des mesures &#224; la pi&#232;ce, sans vision globale, int&#233;gr&#233;e et durable. Il ne s'agit pas l&#224; d'une gestion efficace des ressources financi&#232;res et humaines, pr&#233;occupation pourtant essentielle dans la conjoncture actuelle. Il ne s'agit pas non plus de garantir &#224; la population les soins de qualit&#233; qu'elle est en droit de recevoir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Diversit&#233; et croissance des mod&#232;les atypiques d'organisation du travail</title>
		<link>https://www.ababord.org/Diversite-et-croissance-des</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Bernier</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Bernier, Jean</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis la r&#233;volution industrielle jusque dans les ann&#233;es 1970, le mod&#232;le pr&#233;dominant d'organisation du travail a gravit&#233; autour de ce qu'il est convenu d'appeler l'emploi traditionnel ou classique, c'est-&#224;-dire celui qui est caract&#233;ris&#233; par une relation de travail binaire, &#224; temps complet, pour un seul employeur, pour une dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e, s'&#233;tendant parfois sur toute la vie et s'exer&#231;ant sur les lieux de travail de l'employeur. Puis, se sont d&#233;velopp&#233;es et multipli&#233;es diverses formes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1191.gif?1642092124' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;560&#034; height=&#034;405&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis la r&#233;volution industrielle jusque dans les ann&#233;es 1970, le mod&#232;le pr&#233;dominant d'organisation du travail a gravit&#233; autour de ce qu'il est convenu d'appeler l'emploi traditionnel ou classique, c'est-&#224;-dire celui qui est caract&#233;ris&#233; par une relation de travail binaire, &#224; temps complet, pour un seul employeur, pour une dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e, s'&#233;tendant parfois sur toute la vie et s'exer&#231;ant sur les lieux de travail de l'employeur. Puis, se sont d&#233;velopp&#233;es et multipli&#233;es diverses formes d'emploi s'&#233;cartant de ce mod&#232;le fond&#233; sur l'unicit&#233; d'employeur et de lieu et sur la continuit&#233; dans le temps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De ph&#233;nom&#232;ne marginal auquel on ne pr&#234;tait gu&#232;re attention, l'emploi dit atypique, qu'il s'agisse de travail &#224; temps partiel, occasionnel, temporaire, &#224; domicile, sur appel ou encore comme salari&#233; d'agences de location de personnel, est devenu le fait d'environ le tiers de la population active. Consid&#233;r&#233; autrefois comme une situation transitoire ou temporaire, il est devenu pour plusieurs une fa&#231;on de vivre sa vie de travail. Et comme un seul emploi de ce type ne suffit souvent pas &#224; se procurer un revenu d&#233;cent, le cumul d'emplois constitue la solution recherch&#233;e par un certain nombre avec tout ce que cela entra&#238;ne de difficult&#233;s pour la conciliation travail famille et aussi de conflits d'horaires, notamment en mati&#232;re d'heures suppl&#233;mentaires &#224; effectuer, le cas &#233;ch&#233;ant, chez l'un et l'autre employeurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette croissance de l'emploi atypique s'expli&#173;que par divers facteurs, au premier chef desquels apparaissent la recherche d'une flexibilit&#233; accrue et une r&#233;duction des co&#251;ts de main-d'&#339;uvre par les employeurs. Les nouveaux modes d'organisation du travail de m&#234;me que le d&#233;veloppement des techno&#173;logies de communication constituent autant de facteurs facilitants. Du c&#244;t&#233; des travailleurs, l'emploi atypique r&#233;pond parfois aux attentes de certains qui, pour diverses raisons, ne souhaitent pas occuper un emploi permanent &#224; temps complet. Il constitue &#233;galement la principale voie d'acc&#232;s au march&#233; du travail pour de nombreux jeunes travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Agences de location de personnel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'int&#233;rieur de l'atypisme, il y a une cat&#233;gorie particuli&#232;re d'emplois qui se distingue des autres et qui a connu un accroissement important ces derni&#232;res ann&#233;es : ce sont les emplois qui s'inscrivent dans le cadre d'une relation triangulaire, c'est-&#224;-dire les emplois obtenus par l'interm&#233;diaire des agences de location de personnel, qu'on d&#233;signe aussi sous les vocables d'agences de travail temporaire ou, de fa&#231;on plus ambigu&#235;, d'agences de placement. On parle ici de relation triangulaire en ce sens que, contrairement &#224; la relation classique binaire selon laquelle un ou une salari&#233;e travaille pour un employeur dans une relation de travail subordonn&#233;e, il n'y a pas deux agents, l'employeur et le salari&#233;, mais bien trois. En effet, dans la relation tripar&#173;tite, il y a une agence qui retient les servi&#173;ces d'un salari&#233; qu'elle loue, moyennant r&#233;tribution, &#224; une entreprise cliente, qu'on appelle aussi entreprise utilisatrice. La fonction patronale se trouve partag&#233;e entre deux entit&#233;s distinctes : l'agence qui r&#233;mun&#232;re le salari&#233; et le client qui dirige et supervise son travail. Notons au passage que, contrairement &#224; d'autres provinces ou pays, cette activit&#233; de location de personnel en tant que telle n'est nullement r&#233;glement&#233;e au Qu&#233;bec et qu'il n'y est pas interdit de recourir &#224; des salari&#233;s d'agences pour pourvoir des postes permanents, ce qui ouvre la possibilit&#233; de faire ex&#233;cu&#173;ter, sur une base r&#233;guli&#232;re, des travaux dangereux ou particuli&#232;rement p&#233;nibles par de tels salari&#233;s. Selon une &#233;tude de l'Institut de recherche Robert Sauv&#233; en sant&#233; et s&#233;curit&#233; du travail (IRSST), les agences constituent le secteur d'activit&#233;, pour la cat&#233;gorie des travaux manuels, qui a la plus haute pr&#233;va&#173;lence en ETC (&#233;quivalents temps complet) des l&#233;sions indemnis&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette industrie des services de l'emploi a connu une importante progression ces derni&#232;res ann&#233;es. En effet, selon Statistique Canada&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bulletin de service, Services d'emploi 2007, no 63-252-X, 15 juin 2009.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, entre 2001 et 2007, le nombre de ces services au Qu&#233;bec est pass&#233; de 959 &#224; 1&#8194;137 et leur chiffre d'affaires de 801&#8194;M$ &#224; 1&#8194;217,3&#8194;M$ au cours de la m&#234;me p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cons&#233;quences de la pr&#233;carisation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette diversification et cette croissance de l'emploi atypique ne vont pas sans cons&#233;quences entra&#238;nant une pr&#233;carisation de plus en plus grande de l'emploi, laquelle se manifeste notamment par une disparit&#233; de traitement en fonction du statut d'emploi, d'une part, et par un acc&#232;s plus difficile, voire parfois impossible, &#224; la d&#233;termination collective des conditions de travail, d'autre part. En principe, les salari&#233;s occupant des emplois atypiques ont les m&#234;mes droits que tous les autres travailleurs, aussi bien les salari&#233;s &#339;uvrant dans des entreprises syndiqu&#233;es ou non syndiqu&#233;es que ceux qui exercent par l'interm&#233;diaire d'agences de location de personnel. N&#233;anmoins, hormis l'exception pr&#233;vue &#224; l'article&#8194;4.1 de la &lt;i&gt;Loi sur les normes du travail&lt;/i&gt; (Lnt) et touchant le salaire de certains salari&#233;s &#224; temps partiel, rien dans le droit qu&#233;b&#233;cois du travail n'oblige les employeurs, ni les parties aux conventions collectives, de consentir aux salari&#233;s occupant des emplois atypiques des conditions de travail aussi favorables que celles qu'ils accordent aux salari&#233;s permanents &#224; temps complet. Rien non plus n'interdit aux employeurs de pourvoir des postes permanents par des salari&#233;s d'agences, voire de pratiquer la sous-traitance de main-d'&#339;uvre, c'est-&#224;-dire d'op&#233;rer uniquement avec des employ&#233;s d'agences sans avoir aucun salari&#233; &#224; leur emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en r&#233;sulte donc des &#233;carts de traitement importants entre les salari&#233;s dits atypiques et leurs camarades qui exercent des fonctions similaires dans la m&#234;me entreprise, qu'elle soit syndiqu&#233;e ou non. C'est ainsi que, selon une &#233;tude de Statistique Canada, en mati&#232;re salariale &#171; &lt;i&gt;les employ&#233;s [&#8230;] qui ont eu recours &#224; des agences touchaient [&#8230;] 40&#8194;% de moins&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'emploi et le revenu en perspective, vol. 6, n&#176; 1, n&#176; 75-001-XIF, janvier 2005.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; D'autres &#233;tudes ont permis de constater &#233;galement des &#233;carts entre salari&#233;s couverts par une m&#234;me convention collective, non seulement en terme salarial, mais &#233;galement en bien d'autres mati&#232;res. C'est ainsi qu'il arrive que des salari&#233;s occasionnels ou &#233;tudiants n'acqui&#232;rent aucun droit d'anciennet&#233;, que des salari&#233;s &#224; temps partiel doivent exercer leurs droits d'anciennet&#233; entre eux, ce qui les prive du droit de se pr&#233;valoir de leur anciennet&#233; pour postuler des postes permanents ou pour le choix de leur p&#233;riode de vacances ou pour l'exercice de tout autre droit reli&#233; &#224; l'anciennet&#233;. Il arrive &#233;galement que la convention collective pr&#233;voit que les salari&#233;s atypiques b&#233;n&#233;ficieront des seuls huit jours f&#233;ri&#233;s et pay&#233;s pr&#233;vus &#224; la Lnt alors que, selon la m&#234;me convention, les autres salari&#233;s se verront accorder 12 ou 14 jours f&#233;ri&#233;s. La plupart du temps, ces salari&#233;s n'ont pas acc&#232;s aux divers r&#233;gimes d'avantages sociaux (r&#233;gimes de retraite, assurances collectives) existant dans l'entreprise. Ils auront droit au taux major&#233; pour les heures suppl&#233;mentaires sur une base hebdomadaire seulement, par exemple apr&#232;s quarante heures de travail, alors que leurs camarades &#224; temps complet y ont droit sur une base quotidienne &#233;galement, par exemple, apr&#232;s huit heures. L&#224; o&#249; des dispositions existent en la mati&#232;re, les salari&#233;s atypiques n'auront pas droit &#224; la compensation pr&#233;vue pour l'achat d'&#233;quipements individuels de s&#233;curit&#233;, par exemple, des chaus&#173;sures. Certaines conventions collectives vont jusqu'&#224; soustraire les salari&#233;s atypiques du droit &#224; toute lib&#233;ration ou tout cong&#233; syndical, r&#233;mun&#233;r&#233; ou non, ce qui a pour effet de les exclure, &#224; toutes fins utiles, des forums syndi&#173;caux o&#249; ils pourraient faire &#233;tat des pr&#233;occupations qui leur sont propres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Acc&#232;s &#224; la syndicalisation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de l'acc&#232;s &#224; la syndicalisation, il est, en pratique, inexistant pour les salari&#233;s d'agences, les entreprises clientes disposant du libre choix des agences avec lesquelles elles d&#233;sirent faire affaire. Une consultation de la banque de donn&#233;es des conventions collectives du minist&#232;re du Travail permet de constater qu'aucune convention collective conclue par une agence et un syndicat regroupant ses salari&#233;s n'y figure. Par ailleurs, la question s'est pos&#233;e de savoir si le ou la salari&#233;e d'agence qui est affect&#233;e dans une entreprise syndiqu&#233;e doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme faisant partie de l'unit&#233; d'accr&#233;ditation, pouvant ainsi b&#233;n&#233;ficier des avantages de la convention collective. &#192; cet &#233;gard, la Cour supr&#234;me du Canada, dans une affaire concernant la Ville de Pointe-Claire, a d&#233;gag&#233; les principes applicables en pareille circonstance et statu&#233; que, pour en d&#233;cider, il faut avoir une approche globale, prenant en compte un ensemble de facteurs tels que le processus de s&#233;lection, l'embauche, la formation, la discipline, l'&#233;valuation, la supervision, l'assignation des t&#226;ches, la r&#233;mun&#233;ration et l'int&#233;gration dans l'entreprise. On serait donc port&#233; &#224; croire que l'ensemble, ou &#224; tout le moins, la plupart des salari&#233;s d'agences b&#233;n&#233;ficient des conditions de travail d&#233;finies par voie de convention collec&#173;tive dans des entreprises syndiqu&#233;es. En pratique toutefois, il n'en va pas si facilement puisque, en l'absence de dispositions l&#233;gislatives claires, l'approche dite globale d&#233;finie par la Cour supr&#234;me n&#233;cessite une analyse d&#233;taill&#233;e de chaque situation et fait de chaque cas un cas d'esp&#232;ce, d'o&#249; la n&#233;cessit&#233; pour les organisations syndicales de multiplier les recours, ce qui demeure co&#251;teux et incertain quant aux r&#233;sultats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, &#224; d&#233;faut d'une intervention l&#233;gislative appropri&#233;e aussi bien en mati&#232;re d'&#233;galit&#233; de traitement que d'agences de travail temporaire, tous les facteurs caract&#233;ristiques de la pr&#233;carisation de l'emploi ne pourront que se perp&#233;tuer et d&#233;finir les balises du march&#233; pour les jeunes acc&#233;dant au march&#233; du travail, soit la dispersion, l'instabilit&#233;, la discon&#173;tinuit&#233; du lien d'emploi, le cumul et les conflits qui en r&#233;sultent, les mauvaises conditions de travail et les disparit&#233;s de traitement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.irsst.qc.ca/fr/_publicationirsst_876.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.irsst.qc.ca/fr/_publicationirsst_876.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bulletin de service, Services d'emploi 2007, &lt;br class='autobr' /&gt;
no 63-252-X, 15 juin 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'emploi et le revenu en perspective, vol. 6, n&#176; 1, n&#176; 75-001-XIF, janvier 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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