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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Nos corps sont toujours un champ de bataille</title>
		<link>https://www.ababord.org/Nos-corps-sont-toujours-un-champ</link>
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		<dc:date>2011-09-18T18:29:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ainsley Jenicek</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; des femmes et droits reproductifs</dc:subject>
		<dc:subject>Ainsley Jenicek</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le r&#233;cent sommet du G8 a servi de plateforme de diffusion internationale pour les politiques anti-choix du gouvernement Harper, fouettant du m&#234;me coup les ardeurs des groupes qui les appuient au Canada. Cette attaque sur deux fronts s'inspire principalement du mouvement anti-choix aux &#201;tats-Unis. Elle nous permet d'entrevoir les cons&#233;quences possibles d'une reprise de l'appro&#173;che &#233;tats-unienne au nord du 49e parall&#232;le. &lt;br class='autobr' /&gt; Le front international : le cas du G8 &lt;br class='autobr' /&gt;
En janvier dernier, le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-36-oct-nov-2010-" rel="directory"&gt;No 036 - oct. / nov. 2010&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ainsley-Jenicek-+" rel="tag"&gt;Ainsley Jenicek&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1188.gif?1642092124' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;513&#034; height=&#034;475&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le r&#233;cent sommet du G8 a servi de plateforme de diffusion internationale pour les politiques anti-choix du gouvernement Harper, fouettant du m&#234;me coup les ardeurs des groupes qui les appuient au Canada. Cette attaque sur deux fronts s'inspire principalement du mouvement anti-choix aux &#201;tats-Unis. Elle nous permet d'entrevoir les cons&#233;quences possibles d'une reprise de l'appro&#173;che &#233;tats-unienne au nord du 49e parall&#232;le.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le front international : le cas du G8&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En janvier dernier, le premier ministre Stephen Harper a annonc&#233; qu'il allait accorder la priorit&#233; &#224; la sant&#233; maternelle et infantile lors de sa pr&#233;sidence du G8. Mais entre les mois de janvier et de mars 2010, des d&#233;put&#233;s conservateurs ont pr&#233;cis&#233; que cela n'inclurait pas l'acc&#232;s &#224; l'avortement, &#224; la contraception ni &#224; des services de planification des naissances au sens large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la r&#233;action n&#233;gative suscit&#233;e par ces propos &#8211; notamment au sein de groupes canadiens, de plusieurs ONG et chez la secr&#233;taire d'&#201;tat am&#233;ricaine, Hillary Clinton, le gouvernement Harper a r&#233;vis&#233; son approche. Le 26 avril dernier, la ministre de la Coop&#233;ration internationale, Bev Oda, a affirm&#233; que &#171; [l]&lt;i&gt;a contribution du Canada &#224; la sant&#233; maternelle et &#224; la sant&#233; des enfants implique plusieurs interventions, dont le planning familial qui inclut l'utilisation des m&#233;thodes contraceptives [...] N&#233;anmoins, la contribution du Canada n'inclura pas le financement de l'avortement.&lt;/i&gt; &#187; Malgr&#233; les nuances, il s'agissait d'une r&#233;affirmation ferme d'une opposition &#224; l'avortement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs organismes canadiens et internationaux ont conseill&#233; au Canada de ne pas imposer de telles restrictions de financement aux pays en d&#233;veloppement, affirmant que cela viendrait affaiblir l'initiative en faveur de la sant&#233; maternelle et infantile dans son ensemble. M&#234;me l'Agence canadienne de d&#233;veloppement international (ACDI), un organisme gouvernemental, a recommand&#233; le financement d'une offre compl&#232;te de services de planification familiale, ainsi que des &#171; &lt;i&gt;services d'avortement s&#233;curitaire&lt;/i&gt; (lorsque l'avortement est l&#233;gal) &#187;. Peine perdue : le gouvernement Harper a maintenu son approche anti-choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, l'adoption d'une telle strat&#233;gie ne r&#233;duit en rien le nombre d'avortements pratiqu&#233;s dans le monde. &#192; preuve, la R&#232;gle du b&#226;illon mondial&#8194;de l'ancien pr&#233;sident George W. Bush, qui obligeait les cliniques fournissant une gamme compl&#232;te de services de sant&#233; reproductive de r&#233;duire leur offre, ou carr&#233;ment de fermer. Ne diminuant en rien le nombre de grossesses non d&#233;sir&#233;es, cette politique a plut&#244;t contraint les femmes &#224; des options non s&#233;curitaires, les privant du m&#234;me coup de leur autonomie corporelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fait encore plus inqui&#233;tant, cette politique a &#233;t&#233; accompagn&#233;e d'une s&#233;rie de mesures int&#233;rieures allant &#224; l'encontre des droits reproductifs des femmes. Cela est all&#233; des coupes dans les programmes de planification des naissances pour les femmes d&#233;favoris&#233;es &#224; la nomination de juges anti-choix &#224; la Cour supr&#234;me, en passant par le renforcement d'une fausse opposition entre la femme et son foetus, en reconnaissant &#224; ce dernier des droits ind&#233;pendants.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Le front int&#233;rieur : menaces aux droits des femmes et intensification du mouvement anti-choix
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Canada n'est pas &#224; l'abri d'attaques semblables sur son territoire. Moins de deux semaines avant l'annonce du gouvernement canadien au sujet du financement des avortements outremer, le d&#233;put&#233; conservateur Rod Bruinooge a d&#233;pos&#233; un projet de loi (C-510) visant &#224; criminaliser le fait de &#171; contraindre &#187; une femme &#224; avorter. Pr&#233;sident du Caucus pro-vie du parlement f&#233;d&#233;ral, M. Bruinooge a m&#234;me d&#233;clar&#233; ouvertement que son projet de loi &#233;tait un premier pas dans la lutte pour la recriminalisation de l'avortement. Le projet de loi fera par ailleurs l'objet d'une deuxi&#232;me lecture en Chambre cet automne, et comme les projets de loi des d&#233;put&#233;s sont soumis au vote libre, il n'y aura pas de ligne de parti et les &#233;lus pourront voter selon leurs propres convictions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Presque la moiti&#233; des d&#233;put&#233;s si&#233;geant au Parlement depuis l'&#233;lection de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vue du G8, la s&#233;natrice conservatrice f&#233;ministe Nancy Ruth, qui si&#232;ge au Caucus du parti, a m&#234;me conseill&#233; aux groupes pro-choix de se taire au sujet de l'avortement pendant le sommet, de peur que le gouvernement ne r&#233;plique en faisant reculer le droit et l'acc&#232;s &#224; l'avortement au Canada. Peu apr&#232;s, 12 organismes &#339;uvrant pour la d&#233;fense des droits des femmes sur le plan international et au Canada ont perdu leur subvention f&#233;d&#233;rale. Ce n'&#233;tait pas la premi&#232;re fois que le gouvernement conservateur utilisait cette strat&#233;gie pour intimider les voix critiques et affaiblir l'infrastructure f&#233;ministe : il avait d&#233;j&#224; aboli le financement f&#233;d&#233;ral de nombreux groupes de femmes en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces d&#233;cisions &#224; l'encontre des droits reproductifs ont enhardi le mouvement anti-choix canadien. Mgr Marc Ouellet, ancien archev&#234;que de Qu&#233;bec, a m&#234;me avou&#233; que c'&#233;tait &#224; cause de cette ouverture au niveau f&#233;d&#233;ral qu'il avait pris la libert&#233; de r&#233;it&#233;rer son opposition &#224; l'avortement en toute circonstance, m&#234;me en cas de viol.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des le&#231;ons &#224; tirer&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'actualit&#233; r&#233;cente montre &#224; quel point les enjeux internationaux sont intimement li&#233;s aux politiques int&#233;rieures. Entre 19 et 20 millions de femmes dans le monde ont recours &#224; un avortement non s&#233;curitaire chaque ann&#233;e. Nous devons rester solidaires de leurs luttes en faveur des droits reproductifs, telles que d&#233;finies par elles, et nous opposer au vol de leur pouvoir d'autod&#233;termination corporelle par notre gouvernement. Sans compter que c'est la survie de ces femmes qui est en jeu : 13&#8194;% des d&#233;c&#232;s maternels sont la cons&#233;quence d'un avortement non s&#233;curitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait &#233;galement tirer des le&#231;ons des ann&#233;es Bush et anticiper les prochains coups des anti-choix au Canada, au lieu de tenir pour acquis le droit &#224; l'avortement alors que l'acc&#232;s aux services de sant&#233; reproductifs n'est m&#234;me pas une r&#233;alit&#233; pour tous au pays. Les opposants &#224; l'avortement, eux, s'organisent d&#233;j&#224;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Presque la moiti&#233; des d&#233;put&#233;s si&#233;geant au Parlement depuis l'&#233;lection de 2008 sont anti-choix. Pour plus d'information, consulter la &#171; List of Anti-choice MPs After October 2008 Election &#187; de la Coalition pour le droit &#224; l'avortement au Canada : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.arcc-cdac.ca/action/list-antichoice-mps-nov08.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.arcc-cdac.ca/action/list-antichoice-mps-nov08.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Vous avez dit &#233;ducation ? </title>
		<link>https://www.ababord.org/Vous-avez-dit-education</link>
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		<dc:date>2011-09-18T18:25:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Normand Baillargeon</dc:creator>


		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Baillargeon, Normand </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voici la 36e chronique consacr&#233;e &#224; l'&#233;ducation que je r&#233;dige pour la revue &#192; B&#226;bord ! Et je me rends compte que je n'ai encore jamais dit ce que j'entends par ce mot : &#233;ducation. Je me console en me disant que je ne suis pas le seul dans mon cas, &#224; parler ainsi d'&#233;ducation sans d&#233;finir ce que ce concept recouvre selon moi : et on conviendra, je pense, qu'il est bien rare, dans nos innombrables et incessantes discussions collectives sur l'&#233;ducation, qu'on prenne le temps de pr&#233;ciser ce qu'on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-36-oct-nov-2010-" rel="directory"&gt;No 036 - oct. / nov. 2010&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Education-et-enseignement-+" rel="tag"&gt;Education et enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Baillargeon-Normand-+" rel="tag"&gt;Baillargeon, Normand &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1187.gif?1642092124' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;792&#034; height=&#034;528&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voici la 36e chronique consacr&#233;e &#224; l'&#233;ducation que je r&#233;dige pour la revue &lt;i&gt;&#192; B&#226;bord !&lt;/i&gt; Et je me rends compte que je n'ai encore jamais dit ce que j'entends par ce mot : &#233;ducation. Je me console en me disant que je ne suis pas le seul dans mon cas, &#224; parler ainsi d'&#233;ducation sans d&#233;finir ce que ce concept recouvre selon moi : et on conviendra, je pense, qu'il est bien rare, dans nos innombrables et incessantes discussions collectives sur l'&#233;ducation, qu'on prenne le temps de pr&#233;ciser ce qu'on entend par l&#224;. Seuls les philosophes, semble-t-il, attachent &#224; cette question une immense importance. Et ils ont bien raison de le faire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment en effet voulez-vous faire le moindre progr&#232;s quand vous poursuivez un but qui n'est pas clairement pr&#233;cis&#233; ou, pire, quand les uns et les autres poursuivent des fins diff&#233;rentes, voire oppos&#233;es ? Comment m&#234;me serait-il alors possible d'avoir une conversation ? La pire des cacophonies risque de s'ensuivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je constate que c'est d'ailleurs ce qui se produit souvent en &#233;ducation et que bon nombre de nos d&#233;saccords prennent en partie leur source dans le fait que nous avons les uns et les autres des conceptions divergentes &#8211; et souvent irr&#233;conciliables &#8211; de ce qu'elle est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour un tel, l'&#233;ducation est ce qui permet aux gens d'obtenir un emploi, de progresser dans l'&#233;chelle &#233;conomique et d'acqu&#233;rir des biens ; pour un autre, c'est ce qui, id&#233;alement, permet de vivre une vie heureuse ; pour telle autre, c'est ce qui permet &#224; notre &#233;conomie de rester comp&#233;titive &#224; l'&#233;chelle internationale ; pour un autre, elle permet &#224; une culture donn&#233;e de se perp&#233;tuer ; pour un autre encore&#8230; c'est autre chose encore. Mettez &#224; pr&#233;sent toutes ces gens dans une m&#234;me pi&#232;ce et faites-les parler d'&#233;ducation : vous pouvez pr&#233;dire sans risque de vous tromper qu'ils ne tomberont pas facilement d'accord sur quoi que ce soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis donc dit que ce 36e billet, qui co&#239;ncide avec une rentr&#233;e scolaire, serait une belle occasion d'enfin aborder la question de la d&#233;finition de l'&#233;ducation et de mettre cartes sur table en exposant ce que je pense qu'elle est.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un mod&#232;le lib&#233;ral de l'&#233;ducation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J'adh&#232;re &#224; cette tr&#232;s longue tradition de pens&#233;e qui soutient que l'&#233;ducation consiste dans l'acquisition de savoirs qui ont sur ceux qui les poss&#232;dent un effet lib&#233;rateur. De quoi, exactement, lib&#232;rent-ils ? Eh bien, de l'ignorance, des pr&#233;jug&#233;s et des conventions. Et c'est justement pour cette raison qu'on appelle &#171; lib&#233;rale &#187; cette conception de l'&#233;ducation, en un sens, on l'aura compris, singulier de ce terme : c'est que cette &#233;ducation lib&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette id&#233;e remonte au moins &#224; Platon, qui en a donn&#233; une formulation rien de moins que g&#233;niale avec sa c&#233;l&#232;bre All&#233;gorie de la Caverne, qui d&#233;crit le douloureux arrachement aux t&#233;n&#232;bres des conventions et de l'opinion commune et la longue marche de l'esprit vers les lumi&#232;res de la connaissance qui &#233;mancipe et rend meilleur. Meilleur, vraiment ? Oui. C'est qu'une fois hors de la Caverne, le prisonnier lib&#233;r&#233; voit peu &#224; peu les objets r&#233;els puis, ultimement, il contemple ce qui permet de voir, c'est-&#224;-dire le Soleil, que Platon associe &#224; l'Id&#233;e de Bien.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;ducation selon Richard Stanley Peters&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le philosophe de l'&#233;ducation contemporain Richard Stanley Peters a donn&#233; de cette vision de l'&#233;ducation une version moins po&#233;tique peut-&#234;tre, mais qui ne peut manquer de nous parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peters sugg&#232;re que pour que l'on puisse parler d'une activit&#233; comme &#233;tant de l'&#233;ducation, il faut que divers crit&#232;res soient satisfaits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commencer, quelque chose de valable doit avoir &#233;t&#233; intentionnellement transmis. Il veut notamment dire par l&#224; que l'id&#233;e de perfectionnement est intrins&#232;que &#224; l'id&#233;e d'&#233;ducation : de la m&#234;me mani&#232;re qu'un criminel ne peut &#234;tre dit avoir &#233;t&#233; r&#233;form&#233; s'il n'a pas chang&#233; pour le mieux, par d&#233;finition le mot &#233;ducation implique un changement pour le mieux, un perfectionnement. Peters insiste pour dire que cette transformation valable en soi est intrins&#232;que &#224; l'id&#233;e d'&#233;ducation et que vouloir la justifier par d'autres finalit&#233;s extrins&#232;ques est toujours une erreur &#8211; et tant pis pour l'id&#233;e que l'&#233;ducation signifie la pr&#233;paration &#224; l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, poursuit Peters, ce qui est transmis, ce sont des savoirs et pas de simples habilet&#233;s techniques. &#201;duquer signifie en ce sens plus que simplement former, dresser ou habiliter. L'&#233;ducation suppose en effet la transmission de contenus co&#173;gnitifs majeurs et importants &#8211; les math&#233;ma&#173;tiques et pas le bingo, la litt&#233;rature et pas comment faire de la bicyclette &#8211;, mais aussi vari&#233;s : qui ne sait rien ou presque rien, hormis les math&#233;matiques, n'est pas plus &#233;duqu&#233; que celui qui ignore tout d'elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, ces contenus cognitifs ont de profonds et notables effets sur qui est mis en contact avec eux. La personne &#233;duqu&#233;e devient notamment sensible aux normes internes des savoirs qu'elle acquiert : elle sait appr&#233;cier une belle d&#233;monstration en math&#233;matiques, reconna&#238;t et admire un sonnet bien construit, se soucie des raisons invoqu&#233;es pour soutenir une th&#232;se en histoire &#8211; et elle se d&#233;sole lorsque ces crit&#232;res et normes sont bafou&#233;s. Tout cela s'inscrit durablement dans sa vie et finit par d&#233;finir sa vision du monde. La personne &#233;duqu&#233;e pense par elle-m&#234;me et devient capable de ce que Peters appelle de la &#171; &lt;i&gt;perspective cognitive&lt;/i&gt; &#187;, entendant pas l&#224; qu'elle unifie en les int&#233;grant les diverses perspectives cognitives sur le monde que lui procurent les savoirs qu'elle a acquis. Physicienne, par exemple, elle pense &#224; sa propre activit&#233; dans ses dimensions historiques, politiques, &#233;conomiques et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit : l'id&#233;al vis&#233; ici est bien &#233;lev&#233;. Il l'est pour les enfants, mais aussi pour les enseignantes et enseignants, qui doivent incarner cette vie transform&#233;e par l'&#233;ducation et en donner le go&#251;t aux enfants. Peters &#233;crit : &#171; &lt;i&gt;Les enfants [&#8230;] sont des barbares qui se tiennent aux grilles et il s'agit de les faire p&#233;n&#233;trer dans la citadelle de la civilisation et de faire en sorte qu'ils comprendront et aimeront ce qu'ils verront quand ils y seront. Il ne s'agit pas de nier que les activit&#233;s et les modes de pens&#233;e qui constituent une mani&#232;re civilis&#233;e de vivre sont difficiles &#224; ma&#238;triser. C'est pr&#233;cis&#233;ment la raison pour laquelle la t&#226;che de l'&#233;ducation est si ardue et qu'il n'y a pas de raccourcis. L'insistance avec laquelle on affirme [&#8230;] que l'enfant doit &#234;tre heureux ignore ce fait incontournable. On peut &#234;tre heureux en prenant un bain de soleil ; mais ce n'est pas le genre de bonheur qui int&#233;resse un &#233;ducateur. Ce qu'on dit sur le &#171; bien-&#234;tre &#187; provient de cette confusion entre &#234;tre heureux et vivre une vie digne de ce nom&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception de l'&#233;ducation ne nie &#233;videmment pas que l'&#233;cole puisse &#8211; ou m&#234;me doive &#8211; &#234;tre un lieu o&#249; les enfants, en plus d'&#234;tre &#233;duqu&#233;s, sont en outre socialis&#233;s et qualifi&#233;s. Mais elle insiste pour soigneusement distinguer la scolarisation de l'&#233;ducation et pour dire que ce pour quoi les &#233;coles sont faites, c'est d'abord pour &#233;duquer au sens o&#249; ce mot a &#233;t&#233; d&#233;fini &#8211; et qu'il est tout &#224; fait possible d'&#234;tre &#233;duqu&#233; en ce sens sans jamais avoir &#233;t&#233; &#224; l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La crise de l'&#233;ducation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si une telle vison de l'&#233;ducation faisait l'unanimit&#233;, elle laisserait encore bien de la place pour de vigoureux et incontournables d&#233;bats : car il faudrait encore pr&#233;ciser ce que sont ces savoirs qui poss&#232;dent ces vertus qu'on attribue &#224; l'&#233;ducation et d&#233;terminer quels sont les moyens les meilleurs de les faire acqu&#233;rir. Bref : resteraient encore pos&#233;es les immenses questions du &lt;i&gt;curriculum&lt;/i&gt; et des m&#233;thodes p&#233;dagogiques. Mais on aurait au moins un consensus pr&#233;alable sur ce qu'on s'efforce d'accomplir en consacrant tant de temps, d'argent et d'&#233;nergie &#224; cette activit&#233; qui s'appelle &#233;duquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait est cependant que cette vision de l'&#233;ducation est loin d'&#234;tre partag&#233;e et que c'est &#224; cela, en partie, que tient la crise de l'&#233;ducation qu'on per&#231;oit un peu partout en Occident. Une telle vision a, pour commencer, contre elle cet &#233;conomisme &#224; courte vue qui est la &lt;i&gt;doxa&lt;/i&gt; dominante de l'&#233;poque ; elle a encore contre elle les terribles in&#233;galit&#233;s qui affligent nos soci&#233;t&#233;s et qui font que tant d'enfants commencent leur parcours scolaire avec des handicaps difficilement surmontables ; elle a aussi contre elle cette perte de confiance dans le savoir et cette mise en accusation de la culture qui caract&#233;risent elles aussi notre &#233;poque ; et bien d'autres choses encore, &#224; commencer par cette soci&#233;t&#233; du spectacle qui valorise si peu ce qui est le c&#339;ur m&#234;me de l'&#233;ducation. Mais c'est une autre histoire et j'y reviendrai sans doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, je souhaite une bonne rentr&#233;e &#224; toutes ces courageuses enseignantes et &#224; tous ces courageux enseignants, ces h&#233;ros de notre temps, qui s'appr&#234;tent &#224; aller tout au fond de la caverne pour en extirper des esprits et les &#233;manciper.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Front commun syndical 2010 </title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-Front-commun-syndical-2010</link>
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		<dc:date>2011-09-18T17:54:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marc Piotte</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Piotte, Jean-Marc </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le plus vaste Front commun (FC) des centrales syndicales qu&#233;b&#233;coises s'est termin&#233; cet &#233;t&#233;, quoiqu'il n'&#233;tait pas plus repr&#233;sentatif que celui de 1971-1972. Sa taille s'explique par le fait que les travailleurs de l'&#201;tat ont vu leur nombre doubl&#233; au cours des 40 derni&#232;res ann&#233;es. Une premi&#232;re : les membres du FC ont sign&#233; un pacte de non-maraudage liant toutes les parties et se sont entendus sur un cadre strat&#233;gique visant &#224; &#233;courter la dur&#233;e des n&#233;gociations. Contrairement aux derni&#232;res (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-36-oct-nov-2010-" rel="directory"&gt;No 036 - oct. / nov. 2010&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le plus vaste Front commun (FC) des centrales syndicales qu&#233;b&#233;coises s'est termin&#233; cet &#233;t&#233;, quoiqu'il n'&#233;tait pas plus repr&#233;sentatif que celui de 1971-1972. Sa taille s'explique par le fait que les travailleurs de l'&#201;tat ont vu leur nombre doubl&#233; au cours des 40 derni&#232;res ann&#233;es. Une premi&#232;re : les membres du FC ont sign&#233; un pacte de non-maraudage liant toutes les parties et se sont entendus sur un cadre strat&#233;gique visant &#224; &#233;courter la dur&#233;e des n&#233;gociations. Contrairement aux derni&#232;res n&#233;gociations o&#249; s&#233;vissait &#224; la table centrale Jean-Fran&#231;ois Munn, ex-conseiller de la Conf&#233;d&#233;ration des syndicats nationaux (CSN), devenu &#8211; contre esp&#232;ces sonnantes et tr&#233;buchantes &#8211; le bulldog de la partie patronale, la communication entre les deux parties &#233;tait bonne et les &#233;changes corrects : ce climat d&#233;tendu s'est r&#233;percut&#233; &#224; la plupart des tables sectorielles. Mais comment &#233;valuer le r&#233;sultat de ces n&#233;gociations ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mi-figue mi-raisin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sauf pour la F&#233;d&#233;ration interprofessionnelle de la sant&#233; du Qu&#233;bec (FIQ), des ententes ont &#233;t&#233; paraph&#233;es &#224; toutes les tables sectorielles. Il m'est impossible ici d'&#233;valuer chacun de ces accords, mais je comprends tr&#232;s bien que la FIQ tienne mordicus &#224; l'am&#233;nagement du temps de travail, &#224; l'augmentation des emplois &#224; plein temps et &#224; la r&#233;duction de l'appel aux entreprises priv&#233;es de placement en soins, propositions que refuse d'envisager s&#233;rieusement le minist&#232;re de la Sant&#233; et des Services sociaux (MSSS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la table centrale, le r&#233;gime de retraite a &#233;t&#233; am&#233;lior&#233;, notamment en prot&#233;geant contre les soubresauts du march&#233; le taux de cotisation des salari&#233;es. Ainsi, la hausse de celui-ci sera de 0,5 % l'an prochain, alors que 3&#8194;% &#233;tait pr&#233;vi&#173;sible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les augmentations salariales pour les 5 prochaines ann&#233;es sont de 6&#8194;%, plus 1&#8194;% pour tenir compte de l'inflation. Celle-ci a tourn&#233; autour de 2&#8194;% les 5 ann&#233;es pr&#233;c&#233;dant 2009. Si on ne tient compte que de ces donn&#233;es, les salari&#233;es de l'&#201;tat seront plus pauvres dans 5 ans qu'ils ne le sont aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;conomie du Qu&#233;bec progresse de plus de 17&#8194;% durant les 4 prochaines ann&#233;es, des augmentations salariales suppl&#233;mentaires pourront atteindre 3,5&#8194;%. La croissance de 2010 d&#233;passant actuellement les pr&#233;visions budg&#233;taires, les syndiqu&#233;es peuvent s'attendre &#224; une augmentation de salaire de 0,5&#8194;% la troisi&#232;me ann&#233;e du contrat. Mais &#233;tant donn&#233; que la croissance du PIB qu&#233;b&#233;cois a &#233;t&#233; de 17,2&#8194;% les 4 ann&#233;es s'achevant en 2007 et de 14&#8194;% pour celles se terminant en 2008, il est pr&#233;visible qu'ils devront faire le deuil d'un 3&#8194;% suppl&#233;mentaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que conclure ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Les syndicats des secteurs public et parapublic ont pu n&#233;gocier la masse salariale dans les ann&#233;es 1970, mais depuis le d&#233;cret de l'ensemble des conventions collectives par le gouvernement L&#233;vesque en 1983, ils en sont plus ou moins r&#233;duits &#224; n&#233;gocier sa r&#233;partition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Si les syndicats du Front commun &#233;taient &#224; l'avant-garde des gains syndicaux dans les ann&#233;es 1970, ils sont maintenant, du moins au plan salarial, &#224; la remorque des syndicats du secteur priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Depuis les ann&#233;es 1980, les revenus r&#233;els des salari&#233;es n'ont gu&#232;re augment&#233;, du moins au Qu&#233;bec, au Canada et aux &#201;tats-Unis, alors que l'&#233;conomie s'est d&#233;velopp&#233;e et que les dirigeants ont accru leur r&#233;mun&#233;ration dans des proportions scandaleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Depuis les ann&#233;es 1976-1983, les co&#251;ts de chaque crise &#233;conomique sont assum&#233;s par le peuple, alors que les dirigeants &#233;conomiques s'en tirent fort bien, dans une conjoncture internationale o&#249; les &#201;tats sont de plus en plus assujettis au march&#233; international lib&#233;r&#233; et de moins en moins &#224; l'&#233;coute de leur population.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que faire ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cette conjoncture d&#233;favorable qui se perp&#233;tue, les militants syndicaux ne doivent pas quitter la baraque. Ils doivent d'abord, quelle que soit leur all&#233;geance syndicale, appuyer la FIQ qui demeure au combat et ne doit pas &#234;tre isol&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats, dot&#233;s de ressources non n&#233;gligeables et stimul&#233;s par leurs militants, restent des forces de r&#233;sistance. En leur absence, le petit dictateur Pierre-Karl P&#233;ladeau (PKP) engendrerait bien des &#233;mules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militants doivent se battre au sein des syndicats pour qu'ils s'ouvrent aux divers mouvements sociaux qui luttent sur un plan ou un autre contre le syst&#232;me capitaliste et ses maux. Ils doivent critiquer tous ceux qui accordent encore leur faveur &#224; un Parti qu&#233;b&#233;cois (PQ) qui, pour des raisons bassement &#233;lectoralistes et appuy&#233; pas des intellectuels nationalistes de plus en plus conservateurs, cherche &#224; recruter les partisans d&#233;&#231;us de l'Action d&#233;mocratique (ADQ). Le petit, mais dynamique Qu&#233;bec solidaire (QS), en plus de repr&#233;senter un avenir enthousiasmant, est le seul parti qui m&#233;rite notre engagement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la lutte des syndiqu&#233;es du &lt;i&gt;Journal de Montr&#233;al&lt;/i&gt; vaut davantage que des bonnes paroles. Ce qui est en jeu est non seulement un type de gestion o&#249; le boss impose impitoyablement ses priorit&#233;s, toutes ax&#233;es sur la croissance des profits et de l'entreprise, mais un type de m&#233;dias o&#249; l'information est subordonn&#233;e &#224; un populisme de droite. Dans la pr&#233;sente conjoncture, on ne peut esp&#233;rer reproduire les grandes manifestations de 1971 d'appui aux &lt;i&gt;lockout&#233;s&lt;/i&gt; de &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt; contr&#244;l&#233;e par Paul Desmarais (qui semble maintenant un ami des syndiqu&#233;s face &#224; PKP !). Toutefois, il faut accorder priorit&#233; &#224; cette lutte et &#224; celle de la FIQ, et prendre tous les moyens pour mobiliser les membres en faveur de ces syndiqu&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La syndicalisation des travailleurs agricoles migrants</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-syndicalisation-des</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/La-syndicalisation-des</guid>
		<dc:date>2011-09-18T17:47:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sibel Ataogul</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Ataogul, Sibel </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 16 avril 2010, la Commission des relations du travail a d&#233;clar&#233; que l'article 21(5) du Code du travail qui avait pour effet d'emp&#234;cher la syndicalisation dans le secteur des fermes mara&#238;ch&#232;res violait la libert&#233; d'association pr&#233;vue dans les Chartes cana&#173;dienne et qu&#233;b&#233;coise et &#233;tait donc inop&#233;rant. Cette d&#233;cision historique pourrait marquer le d&#233;but d'une nouvelle &#232;re pour les travailleurs et travailleuses dans ce domaine en leur permettant finalement de s'organiser et de revendiquer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-36-oct-nov-2010-" rel="directory"&gt;No 036 - oct. / nov. 2010&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ataogul-Sibel-+" rel="tag"&gt;Ataogul, Sibel &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 16 avril 2010, la Commission des relations du travail a d&#233;clar&#233; que l'article 21(5) du Code du travail qui avait pour effet d'emp&#234;cher la syndicalisation dans le secteur des fermes mara&#238;ch&#232;res violait la libert&#233; d'association pr&#233;vue dans les Chartes cana&#173;dienne et qu&#233;b&#233;coise et &#233;tait donc inop&#233;rant. Cette d&#233;cision historique pourrait marquer le d&#233;but d'une nouvelle &#232;re pour les travailleurs et travailleuses dans ce domaine en leur permettant finalement de s'organiser et de revendiquer l'am&#233;lioration de leurs conditions de travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; L'objet du litige : le droit d'association et de n&#233;gociation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que le Syndicat impliqu&#233; dans le dossier, les Travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce, section locale 501, avait d&#233;pos&#233; une requ&#234;te en accr&#233;ditation pour repr&#233;senter les travailleurs migrants d'une ferme qu&#233;b&#233;coise en 2008. L'employeur, avec l'aide de FERME, un consortium d'employeurs qui r&#233;git, entre autres, le Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) &#224; travers lequel les travailleurs mexicains viennent travailler dans les champs qu&#233;b&#233;cois, a contest&#233; la requ&#234;te au motif que cette ferme n'employait pas trois salari&#233;s &#224; l'ann&#233;e longue au sens de l'article 21(5) du Code du travail du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le Syndicat a donc demand&#233; &#224; la Commission d'&#233;carter cet article en soumettant qu'il violait la libert&#233; d'association des travailleurs agricoles et, surtout, des travailleurs agricoles migrants. Le Syndicat a notamment plaid&#233; qu'en raison de la vuln&#233;rabilit&#233; des travailleurs agricoles migrants et du fait qu'ils &#233;taient compl&#232;tement &#233;cart&#233;s du processus de d&#233;termination de leurs conditions de travail, ils ne pouvaient n&#233;gocier collectivement sans le b&#233;n&#233;fice des dispositions du Code. Le gouvernement du Qu&#233;bec est intervenu dans le dossier afin de d&#233;fendre la disposition. Apr&#232;s un long d&#233;bat impliquant plus de 20 jours d'audition, de nombreux t&#233;moignages d'experts et un vaste expos&#233; quant aux conditions de vie et de travail des travailleurs agricoles migrants, la Commission a donn&#233; raison au syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivant la d&#233;cision de la Commission, il appert plus que jamais que cette disposition adopt&#233;e dans les ann&#233;es 1960 et inchang&#233;e depuis les ann&#233;es 1970, n'aurait plus sa place dans le Code du travail. La Commission a elle-m&#234;me soulign&#233; &#224; cet effet que, malgr&#233; la pr&#233;tention des employeurs et du gouvernement que cette disposition avait &#233;t&#233; adopt&#233;e &#224; l'origine pour prot&#233;ger des petites fermes familiales, l'industrie agricole avait subi des transformations importantes dans les derni&#232;res d&#233;cennies et que cette disposition avait pour effet de viser &#233;galement des grandes fermes maintenant. La Commission a aussi not&#233; qu'il &#233;tait d'autant plus inacceptable de maintenir une telle exclusion consid&#233;rant que les employeurs dans ce secteur ont, quant &#224; eux, acc&#232;s &#224; des associations pour d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts comme FERME et l'UPA. D'ailleurs, il est important de noter que selon la Commission, il ressort du dossier qu'il n'y a aucun lien entre la syndicalisation et des cons&#233;quences n&#233;fastes pour les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La reconnaissance d'une longue et dure lutte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e, des travailleurs mexicains, guat&#233;malt&#232;ques ainsi que de d'autres pays viennent travailler dans nos champs, dans des emplois que les citoyens et citoyennes ne semblent pas vouloir occuper en raison des conditions pr&#233;caires. Au lieu de discuter de ces conditions lamentables, les gouvernements pr&#233;f&#232;rent laisser les employeurs &#171; importer &#187; la main-d'&#339;uvre &#171; &#224; bon march&#233; &#187; de ces pays. En effet, la pr&#233;carit&#233; et les conditions de travail dans ce secteur furent soulign&#233;es par la Commission comme &#233;tant des facteurs militant en faveur de l'acc&#232;s pour ces travailleurs aux dispositions du Code du travail. La Commission a aussi soulign&#233; les probl&#232;mes particuliers auxquels font face les travailleurs migrants, tels la langue, l'isolement et la crainte de ne pas &#234;tre rappel&#233;s d'ann&#233;e en ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;cision suit la tendance jurisprudentielle des tribunaux depuis la d&#233;cision de la Cour supr&#234;me dans l'affaire &lt;i&gt;Health Services and Support &#8211; Facilities Subsector Bargaining Assn. c. Colombie-Britannique&lt;/i&gt;, 2007 CSC 27, [2007] 2 R.C.S. 391, qui avait &#233;largi la notion de libert&#233; d'association pr&#233;vu dans la Charte canadienne pour y inclure la notion de n&#233;gociation collective. Dans tous les cas, il est important de noter que ces d&#233;cisions n'ont pas cr&#233;&#233; le droit &#224; la n&#233;gociation collective, mais ont plut&#244;t reconnu la lutte historique men&#233;e par les travailleurs et travailleuses eux-m&#234;mes sur le terrain. Le gouvernement n'a pas encore pr&#233;cis&#233; s'il entend demander la r&#233;vision de cette d&#233;cision &#224; la Cour sup&#233;rieure. &#192; suivre&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Aldo Miguel Paolinelli</title>
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		<dc:date>2011-09-18T17:46:08Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles McMillan</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
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		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>McMillan, Gilles</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#8230; c'est &#224; cette illusion [vouloir changer le monde] que je dois la joie d'avoir connu certains d'entre les meilleurs. &lt;br class='autobr' /&gt; Carlos Liscano, Le fourgon des fous. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Mayt&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
La rencontre &lt;br class='autobr' /&gt;
D'apr&#232;s Miguel, que j'ai connu en 1997 au comit&#233; de parents de l'&#233;cole o&#249; allaient nos enfants, l'expression &#171; Fils de pute &#187; en Argentine est un v&#233;ritable compliment, une marque d'affection, de reconnaissance. Dans la bouche de cet ouvrier de la construction, &#233;lu l'hiver dernier &#224; la pr&#233;sidence de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-36-oct-nov-2010-" rel="directory"&gt;No 036 - oct. / nov. 2010&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Memoire-des-luttes-+" rel="tag"&gt;M&#233;moire des luttes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-McMillan-Gilles-+" rel="tag"&gt;McMillan, Gilles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1184.gif?1642092124' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;2378&#034; height=&#034;1389&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8230; c'est &#224; cette illusion [vouloir changer le monde] &lt;br class='autobr' /&gt;
que je dois la joie d'avoir connu certains d'entre les meilleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carlos Liscano,&lt;i&gt; Le fourgon des fous&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Mayt&#233;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La rencontre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s Miguel, que j'ai connu en 1997 au comit&#233; de parents de l'&#233;cole o&#249; allaient nos enfants, l'expression &#171; Fils de pute &#187; en Argentine est un v&#233;ritable compliment, une marque d'affection, de reconnaissance. Dans la bouche de cet ouvrier de la construction, &#233;lu l'hiver dernier &#224; la pr&#233;sidence de la F&#233;d&#233;ration de la CSN-Construction, l'expression a une tonalit&#233; singuli&#232;re ; elle &#233;voque un groupe d'anarchistes argentins du d&#233;but du XXe si&#232;cle appel&#233; Los Hijos de Puta, Les Fils de pute. Soixante-quinze ans plus tard, au milieu des ann&#233;es 1970 donc, l'esprit de ces anarchistes cultiv&#233;s, parmi lesquels on rencontre des Espagnols, des Italiens, beaucoup de juifs r&#233;cemment immigr&#233;s d'Europe de l'Est, souffle sur celui du jeune Miguel, qui r&#234;ve d'&#234;tre m&#233;canicien dans le domaine de l'a&#233;ronautique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'origine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aldo Miguel Paolinelli na&#238;t en 1958 &#224; Z&#225;rate, petite ville industrielle situ&#233;e &#224; 80 km au nord de Buenos Aires. L'a&#238;n&#233; de cinq gar&#231;ons. P&#232;re m&#233;canicien, ing&#233;nieux, silencieux et affable, souvent parti sur les chantiers. M&#232;re au foyer, gu&#232;re soucieuse de discipline. Famille ouvri&#232;re, d'immigration r&#233;cente, italienne d'un c&#244;t&#233;, espagnole de l'autre, et catholique, tr&#232;s catholique. C'est Miguel qui insiste. &#171; &lt;i&gt;Ma grand-m&#232;re italienne nous lisait la Bible tous les soirs quand j'&#233;tais enfant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'adolescence il fr&#233;quente assidument un groupe d'intellectuels fra&#238;chement &#233;moulus des facult&#233;s des sciences humaines, forc&#233;ment nimb&#233;es de l'atmosph&#232;re de Mai 68. Or ces id&#233;alistes s'inspirent de ces fameux Fils de pute. Leur base d'op&#233;rations : une biblioth&#232;que situ&#233;e &#224; deux pas de chez Miguel. Leur mission, faire de l'&#233;ducation populaire : th&#233;&#226;tre, cin&#233;-club, club de lecture, sensibilisation &#224; la culture populaire et classique, &#224; l'histoire nationale et internationale, etc. Aldo Miguel, qui d&#233;j&#224; &#224; l'&#233;poque aime &#233;couter les plus vieux relater leur vie, tend une oreille attentive &#224; l'enseignement de ces a&#238;n&#233;s, allum&#233;s et g&#233;n&#233;reux. Il restera &#224; jamais reconnaissant envers ces derniers, qui lui ont inculqu&#233; un respect quasi sacr&#233; non seulement du savoir, mais du partage du savoir. Sur ce respect flotte l'aura des Fils de pute. Et quand il me parle des vieux anarchistes ent&#234;t&#233;s qu'il a eu l'occasion de rencontrer dans sa vie de militant, de leur g&#233;n&#233;rosit&#233; et de leur engagement ind&#233;fectible contre la tyrannie et l'abrutissement, pr&#234;ts &#224; risquer leur vie pour d&#233;fendre la libert&#233; et la dignit&#233;, les larmes lui montent aux yeux. &#171; &lt;i&gt;Je ne suis pas un anarchiste, je n'ai pas cette pr&#233;tention, mais tu ne peux pas savoir comme je les aime.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
La formation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le catholicisme est d&#233;terminant en Argentine bien qu'il s'exprime diversement, contrairement au Qu&#233;bec o&#249; il est domin&#233; par l'ultramontanisme. Outre la lecture de la Bible en famille, il y aussi, l&#224; comme ailleurs en Am&#233;rique latine, une &#201;glise tr&#232;s pr&#233;sente fond&#233;e sur la th&#233;ologie de la lib&#233;ration. Miguel se souvient d'un cur&#233; pr&#234;chant qu'il &#233;tait inutile de se rendre &#224; l'&#233;glise pour faire br&#251;ler des lampions ou qu&#233;mander des indulgences. La foi en J&#233;sus-Christ, disait-il, se vit dans la soif de justice et de compassion, mais aussi dans la lutte pour la justice, dans la rue comme au plus profond de son &#226;me. Cette exigence morale et politique donne le vertige, bien qu'elle soit fond&#233;e sur la croyance en Dieu. Or, on retrouve la m&#234;me exigence chez des militants, ou ex-militants, mais sans Dieu. Le vertige, la solitude, l'engagement sont plus grands encore. C'est ce que Carlos Liscano, &#233;crivain uruguayen et ex-prisonnier politique, appelle &lt;i&gt;l'&#233;quivalence la&#239;que&lt;/i&gt; dans une de ses nouvelles. &#171; &lt;i&gt;Que les biens communs exigent une responsabilit&#233; individuelle. Mais &#233;galement qu'une conduite sainte ou socialement respectable exige une lucidit&#233; constante, car tout acte, m&#234;me le plus indiff&#233;rent en apparence, a en fin de compte une signification pour l'harmonie de la vie et le moral du groupe&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Carlos Liscano, &#171; Eau dormante &#187;, Le rapporteur et autres r&#233;cits, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette exigence morale ne peut na&#238;tre, j'en suis persuad&#233;, que de la rencontre des grandes traditions humanistes juives que v&#233;hiculaient les anarchistes tant aim&#233;s de Miguel, du marxisme, du christianisme, d'une longue exp&#233;rience des diverses luttes r&#233;volutionnaires qui s&#233;virent en Europe et, finalement, d'un d&#233;sir de d&#233;pouillement, qui rejette cat&#233;goriquement le grand mot d'ordre de la modernit&#233; : &#171; Enrichissez-vous ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a autre chose enfin. Une soci&#233;t&#233; semblable &#224; l'Argentine de cette &#233;poque est hautement et profond&#233;ment militaris&#233;e, &#224; tous ses niveaux. Cet esprit, c'est du moins ce que je comprends, fa&#231;onne autant la rigueur de la r&#233;pression que de la r&#233;sistance. J'en d&#233;duis que le type de r&#233;volutionnaires, soldats ou militants qu'ont produit l'Argentine, l'Uruguay et le Chili par exemple, n'est pensable que dans ce genre de culture. Il faut une discipline physique, morale et intellectuelle pour affronter le tyran, surtout quand il prend forme humaine dans des cellules qui exhalent la solitude, la torture et la mort, o&#249; se d&#233;ploie tout l'arsenal pour faire parler, d&#233;noncer, abjurer. Pour d&#233;truire l'humain.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le militant r&#233;volutionnaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Assez rapidement l'action politique d&#233;mange Aldo Miguel, qui s'engage dans un groupe politique extr&#233;miste&#8230; &#171; &lt;i&gt;Pas extr&#233;miste, proteste Miguel quand je le questionne sur ce groupe. R&#233;volutionnaire, radical, mais pas extr&#233;miste. L'extr&#233;misme, c'est autre chose. Il s'agissait pour nous d'analyser les rapports de force de la soci&#233;t&#233; d'un point de vue marxiste, de faire comprendre cette logique au plus grand nombre pour la renverser : remettre les moyens de production entre les mains du peuple. On s'int&#233;ressait aussi &#224; la situation des autochtones, au racisme qu'ils subissaient, qui confinait &#224; de l'esclavagisme. Les questions identitaires &#233;taient donc importantes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Argentine des ann&#233;es 1970 est en pleine &#233;bullition. D'innombrables militants, issus de divers milieux, engag&#233;s dans de multiples groupes formant un tr&#232;s large spectre id&#233;ologique, s'inqui&#232;tent de la d&#233;t&#233;rioration de la situation sociale et politique, luttent contre elle. Plusieurs mettent en question les fondements d'un pass&#233; colonial honteux, l'h&#233;ritage europ&#233;en &#233;crasant celui des autochtones. Et puis les r&#233;formes populaires de Per&#243;n ne sont plus qu'un souvenir d'apr&#232;s-guerre, l'oligarchie argentine se crispe, montre les dents et cherche &#224; reprendre tout ce que le p&#233;ronisme a r&#233;ussi &#224; lui soustraire, non seulement au profit de la bourgeoisie, mais aussi des classes moyennes et ouvri&#232;res. Les acquis sociaux sont dangereusement menac&#233;s, comme aujourd'hui dans notre soci&#233;t&#233; dite d&#233;mocratique, sans qu'il y ait toutefois ici des r&#233;sistances &#233;quivalentes. &#171; &lt;i&gt;Hey Gilles ! Harper ferme le Parlement pendant trois mois et personne fait rien tabarnak. &#8211; Oui Miguel, j'ai vu &#231;a aux nouvelles. Mais qu'est-ce qu'elle fait ta grosse centrale syndicale ? &#8211; Ne m'en parle pas, elle a le nez coll&#233; sur la n&#233;gociation de la convention collective. &#199;a ne devrait pas &#234;tre juste &#231;a le syndicalisme. C'est un outil. Plusieurs pensent aujourd'hui que le syndicalisme est une fin en soi, &#231;a commence avec l'accr&#233;ditation syndicale et &#231;a finit avec la signature d'une convention collective, c'est du corporatisme.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soutenue par des int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains, l'oligarchie argentine a les militaires de son c&#244;t&#233;, dont elle fait r&#233;sonner les bottes de plus en plus souvent. C'est dans ce contexte que Miguel est arr&#234;t&#233; en avril 1975 et emprisonn&#233; en juin sous des accusations impr&#233;cises de diffusion de propagande. Il a 16 ans. Il sera lib&#233;r&#233; en avril 1983 &#224; 24 ans, sans proc&#232;s, faute de preuves. C'est ce que v&#233;curent des milliers de prisonniers politiques. Plusieurs ne surv&#233;curent pas, d'autres disparurent. Une h&#233;catombe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
L'approfondissement par la prison&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au cours des huit ann&#233;es de prison, c'est le partage du savoir avec d'autres prisonniers politiques comme lui, li&#233; au besoin de fraternit&#233; et de solidarit&#233;, vital dans ce contexte, qui le sauvera, lui permettra de r&#233;sister &#224; la destruction distill&#233;e par le bourreau et ses ma&#238;tres. Les histoires de r&#233;sistance en prison sont innombrables, forcent l'admiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tablir d'abord une m&#233;thode de communication entre les prisonniers, qui sont g&#233;n&#233;ralement s&#233;par&#233;s les uns des autres. Le bourreau a pour t&#226;che de faire parler pour faire taire l'opposition. La seule fa&#231;on de survivre &#224; ce r&#233;gime de terreur selon Miguel, c'est de prendre soin les uns des autres. Par exemple, faire circuler le message que tel prisonnier, dans telle cellule, est tr&#232;s malade, qu'il a besoin de m&#233;dicaments. Trouver d'abord le bon diagnostic, puis le m&#233;dicament, l'acheminer. Cela peut prendre des jours et mobiliser plusieurs prisonniers. Et pour renforcer les esprits et les corps, il y a la diffusion de savoirs, tous les savoirs. &#201;ducation physique et spirituelle. Les prisons politiques d&#233;bordent de profs en tout genre. Disponibles. On organise par exemple des cours de philosophie &#224; travers la tuyauterie de la prison. Vider les tuyaux pour que la voix porte, se donner rendez-vous &#224; heures fixes, distribuer des extraits de textes sur des rouleaux de papier fin qu'on se fiche dans l'anus. Imaginez un instant &lt;i&gt;Le Banquet&lt;/i&gt; de Platon &#224; travers les chiottes de la prison... Un prisonnier, militant qui avait abandonn&#233; ses &#233;tudes de musique classique pour en finir avec sa vie de petit bourgeois, s'y est remis en prison pour ne pas devenir fou : il a transcrit la Neuvi&#232;me symphonie de Beethoven sur les murs de sa cellule, par c&#339;ur. Il y a plus l&#233;ger&#8194;aussi : r&#234;ver d'une femme, d'un voyage &#224; pied dans la campagne, d'un bon repas, qu'on part travailler le matin. &#171; Imaginer &#187; est un des mots pr&#233;f&#233;r&#233;s de Miguel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re ces histoires plus ou moins cin&#233;matographiques, une seule chose compte&#8194;en prison : survivre. Et &#231;a ne se fait pas en solitaire. Selon Miguel, la plupart de ceux qui se sont repli&#233;s sur eux-m&#234;mes ont craqu&#233;. &#192; sa lib&#233;ration &#224; 24 ans, il a &#233;t&#233; stup&#233;fait de constater que la terreur avait &#233;t&#233; plus efficace dehors qu'en dedans, o&#249; il &#233;tait plus facile d'y organiser la r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains auteurs, Naomi Klein par exemple, pensent que l'Argentine et les pays d'Am&#233;rique latine o&#249; des dictatures se sont install&#233;es ont servi de laboratoire au n&#233;olib&#233;ralisme tel que pens&#233; par Milton Friedman et l'&#233;cole de Chicago&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Naomi Klein, La strat&#233;gie du choc. La mont&#233;e d'un capitalisme du d&#233;sastre, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D'autres pensent que la r&#233;pression militaire n'est tout simplement plus n&#233;cessaire aujourd'hui, le capitalisme ayant trouv&#233; d'autres moyens plus efficaces pour r&#233;guler les masses. La s&#233;duction jouerait ce r&#244;le de d&#233;cervelage : m&#233;dias, technologie, industrie du divertissement, entrepreneurship, mode, publicit&#233; et marketing&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La fabrique du conformisme, Mani&#232;re de voir, Le Monde diplomatique, no 96,&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;i&gt;&#171; Qu'est-ce que tu penses de cette th&#233;orie, Miguel ? &#8211; Il y a de moins en moins de portes de sortie dans la soci&#233;t&#233; de consommation. &#199;a devient une prison. Dans le milieu de la construction, c'est terrible : mon 4X4, ma piscine creus&#233;e, les cours de ma fille. &#199;a rend les ouvriers extr&#234;mement d&#233;pendants. Ils s'endettent et sont pr&#234;ts &#224; accepter n'importe quoi pour travailler, au d&#233;triment de leurs droits et de leur qualit&#233; de vie. Et c'est une r&#233;alit&#233; qui ne touche pas juste le milieu de la construction. Le syst&#232;me de consommation est plus envahissant ici qu'en Argentine.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;migration et la reconstruction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1984, Miguel &#233;migre &#224; Montr&#233;al avec sa femme. Lucia na&#238;t sept mois plus tard. Refaire sa vie. Il conna&#238;tra la s&#233;paration, l'errance, des creux terribles, mais son r&#233;flexe est d'aller vers des gens qui vivent une situation semblable &#224; la sienne. C'est encore le besoin de partager le savoir qui lui donne des forces. Un jour il rencontre des Salvadoriens qui ont fui la guerre civile et il constate qu'ils n'ont aucune id&#233;e des causes de cette guerre. Il propose alors une &#233;mission &#224; Radio Centre-ville, en espagnol. Le concept est simple et efficace, il lit en ondes &lt;i&gt;Les veines ouvertes de l'Am&#233;rique latine&lt;/i&gt; d'Edouardo Galeano (Uruguay, 1971), un livre de premi&#232;re importance sur le pillage de cette r&#233;gion du monde. Chaque partie du livre porte sur un pays et Miguel choisit des invit&#233;s en fonction d'elle pour commenter le texte : un Salvadorien pour le Salvador, un Bolivien pour la Bolivie, etc. Cette &#233;mission lui permet de faire ce qu'il aime, de rencontrer des gens et d'atterrir en douce au Qu&#233;bec. Il d&#233;couvre petit &#224; petit les enjeux de son nouveau pays, les poches de r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De militant &#224; dirigeant syndical&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Devenu ouvrier de la construction, il choisit spontan&#233;ment de se syndiquer &#224; la CSN dont la vision politique et sociale correspond &#224; la sienne. Il &#233;voque Marcel Pepin et Michel Chartrand qui, malgr&#233; des divergences importantes, militaient pour que le syndicalisme soit un outil de changement en profondeur de la soci&#233;t&#233;. H&#233;las, d'apr&#232;s Miguel, les organisations syndicales ont renonc&#233; &#224; leur mission fondamentale, celle de faire de l'&#233;ducation. &#171; &lt;i&gt;Le r&#244;le des syndicats, dit-il, est bien s&#251;r de rassembler des gens qui ont des int&#233;r&#234;ts communs et de les d&#233;fendre, mais une fois ces objectifs atteints, les autres membres de la soci&#233;t&#233;, qui ne sont pas syndiqu&#233;s, doivent y acc&#233;der aussi. Je ne suis pas un intellectuel, des &#233;l&#233;ments me manquent, mais parfois on a des intuitions&#8230; &#201;coute parler les dirigeants syndicaux aujourd'hui&#8230; on ne parle plus des int&#233;r&#234;ts des travailleurs, on parle de d&#233;veloppement &#233;conomique&#8230; Le d&#233;veloppement &#233;conomique&#8230; &#231;a favorise qui, au juste ? Le d&#233;veloppement &#233;conomique&#8230; sur quel principe ? De partage ? On parle de d&#233;veloppement r&#233;gional. Dans les r&#233;gions il y des gens qui ont du pouvoir, il y a des ouvriers, d'autres souffrent d'in&#233;galit&#233;s, et il y a des gens marginalis&#233;s. Pour qui on parle ?! Il faudrait que les syndicats aident ces gens-l&#224; &#224; s'organiser, &#224; se donner une structure qui leur permettra de prendre la parole et de faire valoir leurs droits&#8230; Les syndicats ont renonc&#233; &#224; toute transformation sociale et travaillent essentiellement &#224; ne pas perdre des droits et des acquis. Bon, il y a une nuance importante &#224; apporter. Il y a encore des vrais militants qui se battent pour &#231;a &#224; la CSN, mais ils doivent se battre aussi contre les fonctionnaires syndicaux qui parlent et pensent en langue de bois.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et dans la construction, Miguel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Aujourd'hui dans la construction il y a une hypocrisie &#233;norme, celle du partenariat. T'entends parler les dirigeants syndicaux : &#171; Notre industrie &#187;, qu'ils disent ! &#199;a ne m'appartient pas cette industrie-l&#224;, je n'ai pas d'int&#233;r&#234;ts l&#224;-dedans&#8230; Le travailleur de la construction vend sa force de travail, sa sant&#233;, pour grossir les profits des compagnies. En &#233;change de quoi il obtient des conditions de travail pr&#233;caires, peut-&#234;tre un fonds de pension. S'il est chanceux et n'est pas charcut&#233;. Il est possible qu'&#224; sa retraite il soit terriblement malade et qu'il n'ait m&#234;me pas d'assurances pour se payer des soins de sant&#233;. Notre industrie ? Attends un peu l&#224;. Si c'est notre industrie, comment &#231;a se fait qu'on ne peut pas d&#233;terminer les r&#232;gles du jeu ? Et partager les profits ? L'autre jour &#224; la CCQ [Commission de la construction du Qu&#233;bec] il y a un repr&#233;sentant syndical qui s'est mis &#224; parler de partenariat. Pour nous, je lui ai dit, ce n'est pas une religion le partenariat. Quand &#231;a nous opprime, ce n'est plus notre industrie. Le jour o&#249; les patrons viendront nous voir pour nous demander ce qu'on veut, on sera dans un autre syst&#232;me. M&#234;me si l'industrie de la construction est tr&#232;s r&#233;glement&#233;e, les conditions de travail g&#233;n&#233;rales sont pitoyables. Il y a des petites shop o&#249; les travailleurs ont de meilleures conditions, parce qu'on respecte l'anciennet&#233;, la stabilit&#233; d'emploi, avec moins d'ing&#233;rence de l'employeur.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais penses-tu sinc&#232;rement qu'il est possible de changer les mentalit&#233;s dans la construction, dont la culture syndicale des travailleurs, leur d&#233;pendance &#224; la consommation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;C'est une hostie de grosse job, mais quel beau d&#233;fi !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
En guise de conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; H&#233; Gilles ! j'ai fait venir mon dossier de d&#233;tention. Tu sais ce qu'il y a d'&#233;crit dedans ? Irr&#233;cup&#233;rable, mais conduite irr&#233;prochable. C'est peut-&#234;tre la plus grande fiert&#233; de ma vie, et c'est mon plus grand ennemi qui me l'a donn&#233;e.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; T'es un sacr&#233; fils de pute, Miguel !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Carlos Liscano, &#171; Eau dormante &#187;, &lt;i&gt;Le rapporteur et autres r&#233;cits&lt;/i&gt;, Paris, 10/18, 2005, p. 103.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Naomi Klein, &lt;i&gt;La strat&#233;gie du choc. La mont&#233;e d'un capitalisme du d&#233;sastre&lt;/i&gt;, Partie 2, &#171; Le premier test. Un accouchement douloureux &#187;, Lemac/Actes Sud, 2008&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La fabrique du conformisme, Mani&#232;re de voir, Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, no 96,&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le syst&#232;me public de sant&#233; en perdition</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-systeme-public-de-sante-en</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-systeme-public-de-sante-en</guid>
		<dc:date>2011-09-18T17:13:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucie Mercier</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Mercier, Lucie </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le budget lib&#233;ral de mars 2010 a &#233;t&#233; largement d&#233;nonc&#233; sur la place publique, notamment par la Coalition oppos&#233;e &#224; la privatisation et &#224; la tarification des services et par le Collectif &#201;conomie autrement. En d&#233;pit des manifestations, des protestations et de la contestation populaire, le gouvernement va de l'avant : il lui pressait d'imposer la Loi 1001. &lt;br class='autobr' /&gt; Un autre b&#226;illon &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s avoir implor&#233; en vain l'opposition, le gouvernement a d&#251; adopter la Loi 100 sous le b&#226;illon. Le march&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-36-oct-nov-2010-" rel="directory"&gt;No 036 - oct. / nov. 2010&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mercier-Lucie-+" rel="tag"&gt;Mercier, Lucie &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1183.gif?1642092124' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;467&#034; height=&#034;675&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le budget lib&#233;ral de mars 2010 a &#233;t&#233; largement d&#233;nonc&#233; sur la place publique, notamment par la Coalition oppos&#233;e &#224; la privatisation et &#224; la tarification des services et par le Collectif &#201;conomie autrement. En d&#233;pit des manifestations, des protestations et de la contestation populaire, le gouvernement va de l'avant : il lui pressait d'imposer la Loi 1001.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un autre b&#226;illon&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir implor&#233; en vain l'opposition, le gouvernement a d&#251; adopter la Loi 100 sous le b&#226;illon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Loi mettant en &#339;uvre certaines dispositions du discours sur le budget du 30 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le march&#233; importait : il fallait rassurer les bailleurs de fonds et les agences de cotation ; &#171; &lt;i&gt;il faut rester ma&#238;tres de nos choix&#8194;&lt;/i&gt; &#187;, a soutenu Raymond Bachand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette loi a scell&#233; l'application des rapports M&#233;nard, Castonguay, Montmarquette et du Fascicule 2 du Comit&#233; consultatif sur l'&#233;conomie et les finances publiques. Les r&#232;gles de financement du r&#233;seau de la sant&#233; sont en voie de modification sans d&#233;bat public, comme si ces &lt;i&gt;experts&lt;/i&gt; d&#233;tenaient la v&#233;rit&#233; infuse et qu'il n'&#233;tait pas n&#233;cessaire d'en appeler au peuple dans une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Fascicule 2 : rappel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Fascicule 2 du Comit&#233; consultatif met notamment l'accent sur la sant&#233;. Le Comit&#233; ne remet pas en question, &lt;strong&gt;pour le moment&lt;/strong&gt;, le panier des services assur&#233;s. Ce r&#244;le devrait plut&#244;t revenir &#224; l'Institut national d'excellence en sant&#233; et en services sociaux (INESSS) par l'entre&#173;mise de l'&#233;valuation de la performance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'INESSS a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; par L.Q. 2010, c. 15, sanctionn&#233;e le 11 juin 2010 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans surprise, il sugg&#232;re de :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; choisir la structure administrative nationale ou r&#233;gionale ; il serait trop co&#251;teux de maintenir les deux ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; remplacer le budget historique des &#233;tablissements par un financement &#224; l'activit&#233;, selon le volume des services rendus, afin de mettre en concurrence les prestataires publics et priv&#233;s, ainsi que les assureurs ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; financer les services publics par la tarification.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'a retenu le budget Bachand ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Contribution sant&#233; : 50-100-200 $&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le syst&#232;me de sant&#233;, tout le monde en b&#233;n&#233;ficie, alors tout le monde devrait payer.&lt;/i&gt; &#187; Raymond Bachand&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ministre Bachand a bien appris sa le&#231;on. Tarification oblige, la Loi 100 impose la contribution sant&#233;, une taxe r&#233;gressive, largement d&#233;nonc&#233;e par les mouvements sociaux. En 2010, toute r&#233;sidante du Qu&#233;bec devra d&#233;bourser 50 $ ; le montant sera port&#233; &#224; 100 $ en 2011 et &#224; 200 $ en 2012, peu importe le revenu. La contribution devrait rapporter 945M $ en 2012-2013, soit un montant &#233;quivalent aux diminutions d'imp&#244;t consenties &#224; la suite du r&#232;glement partiel du d&#233;s&#233;quilibre fiscal. Les diminutions d'imp&#244;t ont &#233;t&#233; accord&#233;es d'une mani&#232;re progressive aux plus hauts revenus. En imposant une contribution r&#233;gressive, le gouvernement contribue &#224; l'accrois&#173;sement des &#233;carts de richesse et &#224; l'appau&#173;vrissement des moins nantis, affirmation corrobor&#233;e par l'Institut de recherche et d'informations socio&#233;conomiques (IRIS).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ticket mod&#233;rateur : 500M $&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Loi pr&#233;voit une &#233;ventuelle franchise sant&#233; ou &#171; ticket mod&#233;rateur &#187;, une taxe &#224; la maladie. M&#234;me si le ministre Bachand ne cesse de r&#233;p&#233;ter qu'il s'agit simplement d'ouvrir le d&#233;bat, il a pr&#233;vu des revenus de 500M $ en 2013-2014. Si le gouvernement d&#233;cide d'abandonner le ticket mod&#233;rateur, o&#249; ira-t-il puiser le manque &#224; gagner ? Augmentera-t-il davantage la contribution ? Nombreux sont les organismes qui ont rejet&#233; la franchise sant&#233;, dont le Commissaire &#224; la sant&#233; et au bien-&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Fonds de financement des &#233;tablissements&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les sommes provenant des contributions citoyennes seront vers&#233;es dans un nouveau Fonds de financement des &#233;tablissements de sant&#233; et de services sociaux, afin de financer les &#233;tablissements en fonction de leur productivit&#233; et de leurs r&#233;sultats. Le Fonds est affect&#233; au financement des &#233;tablissements selon le volume des services rendus et conditionnellement &#224; l'atteinte d'objectifs de performance, au d&#233;ploiement des groupes de m&#233;decine familiale, de l'am&#233;lioration de l'offre de soutien &#224; domicile et des initiatives d'am&#233;lioration de la performance. C'est donc sans consultation que le gouvernement Charest impose les premiers &#233;l&#233;ments d'une &#171; tarification &#224; l'activit&#233; &#187;, &#224; l'encontre des promesses pass&#233;es et sans &#233;valuation des projets-pilotes men&#233;s dans plusieurs &#233;tablissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des questions se posent. Puisque le ministre des Finances n'a pas plafonn&#233; le transfert des cr&#233;dits allou&#233;s par le Parlement, l'ensemble du financement des &#233;tablissements de sant&#233; pourra-t-il &#233;ventuellement transiter par ce Fonds ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les comptes de la sant&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les comptes de la sant&#233; devront &#234;tre pr&#233;par&#233;s par le ministre de la Sant&#233;. L'OCDE en a d&#233;fini les contours. Ils pr&#233;senteront notamment un &#233;tat de l'&#233;volution des revenus et des d&#233;penses, les renseignements sur les effectifs du r&#233;seau et les indicateurs sur le volume et la nature des soins prodigu&#233;s. Les v&#233;ritables intentions quant &#224; leur utilisation concr&#232;te se trouvent dans le document budg&#233;taire : les comptes constituent un document de propagande sur &#171; &lt;i&gt;les enjeux et les choix &#224; faire&#8194;&lt;/i&gt; &#187;. Leur mise en place permettrait d'identifier les principales d&#233;penses et de proposer des coupures de services. Les comptes deviendraient un des instruments de la r&#233;vision du panier des services.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les effectifs du r&#233;seau public&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En plus de fixer les augmentations salariales des directeurs et des cadres du r&#233;seau pour cinq ans, la Loi 100 impose une diminution des d&#233;penses administratives. En appliquant la politique de non-remplacement (1/2) des personnels cadres et administratifs du r&#233;seau, le gouvernement est-il en train de lib&#233;rer des postes pour permettre aux entreprises priv&#233;es de placement d'&#233;tendre leurs tentacules &#224; l'encadrement et &#224; l'administration ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La Loi 100 marque donc un tournant dans le financement des services de sant&#233;. Elle figure parmi les outils de marchandisation des services de sant&#233; du gouvernement Charest.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Loi mettant en &#339;uvre certaines dispositions du discours sur le budget du 30 mars 2010 et visant le retour &#224; l'&#233;quilibre budg&#233;taire en 2013-2014 et la r&#233;duction de la dette, L.Q. 2010, c. 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'INESSS a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; par L.Q. 2010, c. 15, sanctionn&#233;e le 11 juin 2010 (projet de loi 67). Il provient de la fusion du Conseil du m&#233;dicament et de l'Agence d'&#233;valuation des technologies et des modes d'intervention en sant&#233; (A&#201;TMIS).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Antagonisme ou compl&#233;mentarit&#233; ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Antagonisme-ou-complementarite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Antagonisme-ou-complementarite</guid>
		<dc:date>2011-08-28T19:56:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ricardo Pe&#241;afiel</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Pe&#241;afiel, Ricardo</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La violence entretient un lien paradoxal avec le politique. D'un c&#244;t&#233;, la fondation de l'&#201;tat de droit se pr&#233;sente comme un acte de &#171; pacification &#187;, mettant un terme &#224; la &#171; guerre de tous contre tous &#187;. D'un autre c&#244;t&#233;, cette &#171; pacification &#187; n'est possible qu'&#224; partir de l'imposition violente d'un h&#233;g&#233;mon sur les autres forces en pr&#233;sence. La nature violente de l'&#201;tat de droit se d&#233;voile &#224; la vue de tous au moment des &#171; &#233;tats d'exception &#187; ; au moment o&#249;, paradoxalement, l'&#201;tat suspend les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Violence-et-politique-" rel="directory"&gt;Dossier : Violence et politique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Controle-repression-et-securite-+" rel="tag"&gt;Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Penafiel-Ricardo-+" rel="tag"&gt;Pe&#241;afiel, Ricardo&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1182.gif?1642092124' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;469&#034; height=&#034;736&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La violence entretient un lien paradoxal avec le politique. D'un c&#244;t&#233;, la fondation de l'&#201;tat de droit se pr&#233;sente comme un acte de &#171; pacification &#187;, mettant un terme &#224; la &#171; guerre de tous contre tous &#187;. D'un autre c&#244;t&#233;, cette &#171; pacification &#187; n'est possible qu'&#224; partir de l'imposition violente d'un h&#233;g&#233;mon sur les autres forces en pr&#233;sence. La nature violente de l'&#201;tat de droit se d&#233;voile &#224; la vue de tous au moment des &#171; &#233;tats d'exception &#187; ; au moment o&#249;, paradoxalement, l'&#201;tat suspend les garanties constitutionnelles afin de pr&#233;server l'int&#233;grit&#233; &#171; menac&#233;e &#187; de l'ordre constitutionnel. Mais l'&#233;tat d'exception n'est que le r&#233;v&#233;lateur du rapport inter-constitutif existant entre violence et politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le r&#233;cit hobbesien sur l'origine contractuelle de la &lt;i&gt;soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt; (encadr&#233;e par l'&#201;tat et des lois), c'est &#171; la crainte et le risque continuels d'une mort violente &#187;, caract&#233;risant l'&#233;tat de nature, qui aurait conduit les &#234;tres humains (individus) &#224; conclure un pacte ou un &#171; contrat social &#187; dans lequel chacun renonce volontairement &#224; sa &#171; libert&#233; naturelle &#187; pour d&#233;poser toute cette puissance collective en un seul Souverain, fondement des lois et de l'&#201;tat ou du &lt;i&gt;L&#233;viathan&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que dans ce r&#233;cit &#171; mythologique &#187; la violence ne semble se trouver que dans l'&#233;tat de nature &#8211; o&#249; les individus seraient en guerre perp&#233;tuelle les uns contre les autres &#8211; et que la cr&#233;ation contractuelle du Souverain se pr&#233;sente comme l'av&#232;nement de la paix, de la s&#233;curit&#233; et de la prosp&#233;rit&#233;, il ne faut pas n&#233;gliger le fait que le Souverain concentre toute la puissance de ses sujets assujettis (par servitude volontaire) dans le but de tenir chacun en respect, par la crainte du ch&#226;timent et de la sanction p&#233;nale. La violence n'est donc pas &#233;limin&#233;e par l'&#201;tat de droit. Elle se trouve simplement domestiqu&#233;e et canalis&#233;e vers une seule puissance d&#233;tenant le monopole de son usage l&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel &#233;tat de nature o&#249; les hommes auraient &#233;t&#233; en guerre perp&#233;tuelle les uns contre les autres n'a jamais exist&#233;. Il s'agit simplement d'une figuration th&#233;orique de ce que seraient les humains (r&#233;duits &#224; leur stricte dimension d'individus&#8230;) sans l'&#201;tat et les lois. On ne peut pourtant pas s'emp&#234;cher de noter que toutes les soci&#233;t&#233;s humaines connues se sont d'abord constitu&#233;es en &#171; soci&#233;t&#233;s contre l'&#201;tat &#187; avant de subir, sous l'effet de la conqu&#234;te par une autre soci&#233;t&#233;, l'apparition d'une Loi &#171; ext&#233;rieure &#187; (h&#233;t&#233;ronome) et d'une hi&#233;rarchisation des fonctions sociales, bas&#233;e sur un mod&#232;le de commandement de type &lt;i&gt;ma&#238;tre-esclaves&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'av&#232;nement de l'&#201;tat de droit et le r&#233;cit du contrat social et de l'&#233;tat de nature ont une valeur historique, c'est d'abord dans leur opposition aux guerres seigneuriales et au caract&#232;re arbitraire du pouvoir f&#233;odal, seigneurial, despotique ou imp&#233;rial au sein desquels la puissance et la l&#233;gitimit&#233; de l'&#201;tat ne d&#233;pendaient pas du consentement de sa population mais de la force. En d'autres termes, l'absence de paix et de s&#233;curit&#233; &#224; laquelle Hobbes fait r&#233;f&#233;rence est moins le fait des soci&#233;t&#233;s &#171; primitives &#187; (contre l'&#201;tat) que du syst&#232;me f&#233;odal au sein duquel les seigneurs non seulement se faisaient la guerre entre eux mais, surtout, entretenaient vis-&#224;-vis de leurs population des rapports patrimoniaux, de servitude ou de propri&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apparition de l'&#201;tat de droit en Angleterre, en France, en Hollande et en Prusse, au XVIIe si&#232;cle, marque ainsi un ind&#233;niable progr&#232;s, dans la mesure o&#249; m&#234;me le Souverain est soumis &#224; la loi et o&#249; celui-ci &#8211; &#224; la diff&#233;rence de l'&lt;i&gt;imperator&lt;/i&gt; qui disposait d'un droit de vie et de mort sur le citoyen &#8211; doit reconna&#238;tre et garantir le droit &#224; la s&#251;ret&#233; des individus (&lt;i&gt;habeas corpus&lt;/i&gt;). &#192; partir de la reconnaissance de ce premier droit &#171; fondamental &#187;, il a &#233;t&#233; possible de conqu&#233;rir d'autres droits civiques, sociaux et &#233;conomiques et d'avancer vers la d&#233;mocratisation des soci&#233;t&#233;s politiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De l'&#201;tat de droit &#224; l'&#233;tat d'exception&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, cette conception du Souverain omnipotent &#8211; devant pr&#233;server le peuple ou la multitude de ses propres d&#233;sirs, pulsions ou passions, par la crainte ou le ch&#226;timent &#8211; ne semble pas s'&#234;tre estomp&#233;e avec l'av&#232;nement de la d&#233;mocratie moderne. Le pouvoir est bien devenu un &#171; lieu vide &#187; autour duquel s'affrontent plusieurs int&#233;r&#234;ts divergents, sans qu'aucun d'entre eux ne puisse pr&#233;tendre en devenir le propri&#233;taire exclusif et perp&#233;tuel ; il n'en reste pas moins qu'au moment o&#249; l'unit&#233; politique (c'est-&#224;-dire l'&#201;tat) se voit remise en question, elle est capable de d&#233;ployer une s&#233;rie de mesures r&#233;pressives, allant m&#234;me jusqu'&#224; la suspension des garanties constitutionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#171; mesures d'exception &#187; sont, comme leur nom l'indique, &#171; exceptionnelles &#187;. Elles sont n&#233;anmoins r&#233;v&#233;latrices de la nature de l'&#201;tat, dans la mesure o&#249; elles signalent les &#171; limites &#187; impos&#233;es &#224; l'action autonome de la soci&#233;t&#233; et, par l&#224;, le degr&#233; de libert&#233; politique qu'est pr&#234;t &#224; consentir un &#201;tat (d&#233;mocratique ou non) &#224; ses citoyens, &#224; tout moment. Or, ce n'est pas toujours contre des terroristes, des organisations s&#233;ditieuses ou des mouvements insurrectionnels que s'abat la &#171; l&#233;gitime &#187; violence de l'&#201;tat. &#192; l'inverse, l'&#201;tat doit d'abord repr&#233;senter comme &#233;tant &#171; violents &#187; certains types d'actions ou certains segments de la population, pour ensuite pouvoir s&#233;vir en toute &#171; l&#233;gitimit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne donner que quelques exemples, pensons aux premi&#232;res organisations ouvri&#232;res, au mouvement des droits des Noirs ou aux mouvements autochtones, qui ont d&#251; subir leur lot de massacres et de r&#233;pression avant d'&#234;tre reconnus comme des acteurs l&#233;gitimes de la sc&#232;ne politique. De m&#234;me, aux &#201;tats-Unis, de Truman au maccarthisme, le simple fait d'&#234;tre de gauche faisait peser sur soi le danger d'&#234;tre accus&#233; de communiste, de subversif ou d'anti-am&#233;ricain, encourant la prison ou la pers&#233;cution politique. De mani&#232;re plus sanglante mais dans le m&#234;me esprit de d&#233;fense du &#171; Monde libre &#187;, l'&lt;i&gt;&#201;cole des Am&#233;riques&lt;/i&gt; et la &lt;i&gt;Doctrine de s&#233;curit&#233; nationale&lt;/i&gt; ont transform&#233; l'action politique, syndicale ou populaire en &#171; menace subversive &#187; et enseign&#233; la torture et la guerre contre-insurrectionnelle &#224; des milliers de militaires latino-am&#233;ricains (dont les meilleurs se sont gradu&#233;s de dictateurs). De la m&#234;me mani&#232;re, aujourd'hui, notamment depuis les attentats du 11 septembre et la prolif&#233;ration de lois antiterroristes (ou la l&#233;gitimation de celles existant ant&#233;rieurement), on proc&#232;de &#224; la &#171; criminalisation de la dissidence &#187;, rendant les manifestations de masse ou d'autres formes d'opposition &#233;quivalentes &#224; des &#171; &#233;meutes &#187;, &#224; des &#171; menaces contre la s&#233;curit&#233; &#187; ou &#224; des &#171; actes terroristes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De l'&#201;tat s&#233;curitaire au politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les degr&#233;s de tol&#233;rance &#224; la dissidence peuvent varier d'un &#201;tat &#224; l'autre. Toutefois, le point commun de toutes ces suspensions ou entraves abusives des libert&#233;s des citoyens r&#233;side dans l'appr&#233;hension d'une remise en question de l'autorit&#233; supr&#234;me de l'&#201;tat. Car la puissance du Souverain ne tol&#232;re aucune concurrence. S'il conc&#232;de des droits et des libert&#233;s aux individus, il s'abat sur ceux qui contestent sa l&#233;gitimit&#233; et pr&#233;tendent &#234;tre ou devenir Souverains &#224; sa place. Quiconque aspirera &#224; ce statut (de Souverain) sera consid&#233;r&#233; comme un ennemi (interne ou externe) et subira le sort r&#233;serv&#233; aux &#171; hors la loi &#187;, aux &#171; hors la cit&#233; &#187;, c'est-&#224;-dire aux &#171; non citoyens &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici encore, la violence joue un r&#244;le central, puisque la remise en question d'un &#233;tat de faits se pr&#233;sentant comme in&#233;luctable se fait sur la base d'une d&#233;nonciation des violences structurelles et symboliques d'une situation &#171; inacceptable &#187; qui brime les conditions minimales (ou optimales) d'existence. Par ailleurs, les actions &#171; souveraines &#187; de la pl&#232;be ou des &#171; sans parts &#187; surgissant dans l'espace public pour exiger d'&#234;tre entendues ne peuvent que faire violence &#224; un syst&#232;me qui les exclut syst&#233;matiquement. Violence qui n'est pas n&#233;cessairement physique mais qui, pour symbolique qu'elle soit, ne menace pas moins l'int&#233;grit&#233; du syst&#232;me. La violence r&#233;pressive s'abattant sur les actions autonomes (se donnant leurs propres r&#232;gles) de la soci&#233;t&#233; est &#224; la mesure des dangers qu'elles font planer sur les int&#233;r&#234;ts en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, autour de la violence, se tissent des relations h&#233;g&#233;moniques (politiques) entre deux (ou plusieurs) forces souveraines se disputant un m&#234;me espace. Le Souverain de la sc&#232;ne politique ne sera pas n&#233;cessairement l'&#201;tat, mais celui qui parviendra &#224; &#171; trancher la situation ind&#233;cidable &#187; o&#249; se joue ce qui est acceptable, l&#233;gitime ou violent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Octobre 1970, d'hier &#224; aujourd'hui</title>
		<link>https://www.ababord.org/Octobre-1970-d-hier-a-aujourd-hui</link>
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		<dc:date>2011-08-28T19:49:33Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Beaudet, Fran&#231;ois Cyr</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;moire des luttes</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Cyr, Fran&#231;ois</dc:subject>
		<dc:subject>Beaudet, Pierre</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'historiographie retient d'Octobre 1970 les &#233;v&#233;nements dramatiques autour de l'occupation militaire du Qu&#233;bec et des enl&#232;vements organis&#233;s par le Front de lib&#233;ration du Qu&#233;bec (FLQ). Mais au-del&#224; de cette confrontation peu banale, il y a un contexte qu'il importe de mieux comprendre. Plus encore, cette p&#233;riode qui s'&#233;chelonne durant les ann&#233;es 1960-1970 constitue un moment dans un cycle de luttes dont l'impact marque profond&#233;ment le mouvement populaire. Aujourd'hui, les luttes pr&#233;sentent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1181.gif?1642092124' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1000&#034; height=&#034;667&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'historiographie retient d'Octobre 1970 les &#233;v&#233;nements dramatiques autour de l'occupation militaire du Qu&#233;bec et des enl&#232;vements organis&#233;s par le Front de lib&#233;ration du Qu&#233;bec (FLQ). Mais au-del&#224; de cette confrontation peu banale, il y a un contexte qu'il importe de mieux comprendre. Plus encore, cette p&#233;riode qui s'&#233;chelonne durant les ann&#233;es 1960-1970 constitue un moment dans un cycle de luttes dont l'impact marque profond&#233;ment le mouvement populaire. Aujourd'hui, les luttes pr&#233;sentent certes un autre &#171; langage &#187; et une autre identit&#233;. Mais le mouvement social contemporain n'est pas n&#233; sur une &#171; page blanche &#187;. En fait aucun mouvement ne part &#171; de z&#233;ro &#187;. Le pass&#233; forme des s&#233;diments, des fondements sur lesquels s'&#233;difie le pr&#233;sent. D'o&#249; l'importance de revenir sur Octobre, malgr&#233; l'unicit&#233; indiscutable du ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un jour d'octobre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Revenons donc sur Octobre 1970. Mouvance d&#233;centralis&#233;e plut&#244;t que mouvement organis&#233;, le FLQ et ses diverses &#171; g&#233;n&#233;rations &#187; exercent alors une influence sur le mouvement social. Au tournant de la d&#233;cennie, les cellules dispers&#233;es entreprennent de porter un &#171; grand coup &#187;, tout en demeurant prisonni&#232;res de leur vision volontariste et substituiste. La suite, on la conna&#238;t : l'enl&#232;vement du consul britannique puis du ministre Laporte, l'imposition de la Loi des mesures de guerre et les arrestations de centaines de personnes, la mort de Laporte, la capture subs&#233;quente des membres des cellules &#171; Lib&#233;ration &#187; et &#171; Ch&#233;nier &#187;, etc. Moment &#171; culminant &#187; si l'on peut dire du drame, il y a la lecture du Manifeste du FLQ &#224; la t&#233;l&#233;vision d'&#201;tat qui, visiblement, &#233;meut une grande partie de la population en raison de la justesse du ton, de la pertinence sociale du contenu et de son style po&#233;tique. Avec un accent libertaire, le FLQ encourage la population &#224; faire sa propre r&#233;volution : &#171; &lt;i&gt;Si vous ne la faites pas vous-m&#234;mes, d'autres usurpateurs technocrates remplaceront les fumeurs de cigares que nous connaissons aujourd'hui et tout sera &#224; recommencer !&lt;/i&gt; &#187; De plusieurs mani&#232;res, Octobre 1970 est le point d'arriv&#233;e, pour ne pas dire la fin, de la gu&#233;rilla. Sous le choc en effet, la frange militante prend conscience de l'impasse de la lutte arm&#233;e et du cercle vicieux de l'ultra volontarisme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dislocation des dominants&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral de Pierre Trudeau, l'affaire semble cependant entendue. Le double choc caus&#233; d'une part par la mort de Pierre Laporte et d'autre part par l'ampleur de la r&#233;pression doit, une fois pour toutes, r&#233;gler le probl&#232;me &#171; s&#233;paratiste &#187; et la contestation sociale en voie de g&#233;n&#233;ralisation. Mais Trudeau se trompe. Deux ans plus tard, un Front commun de salari&#233;s organise une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et occupe des villes. Six ann&#233;es plus tard, le PQ prend le pouvoir. Comment comprendre cette apparente contradiction ? Il y a d'abord le fait que le front des dominants se fissure. Une partie des &#233;lites, surtout au sein d'une couche technocratique qui se d&#233;veloppe dans les interstices de l'&#201;tat, estime qu'il faut aller au-del&#224; d'une r&#233;forme des institutions (la &#171; r&#233;volution tranquille &#187;) vers la constitution d'un &#201;tat ind&#233;pendant, une revendication qui trouve des &#233;chos croissants au sein de la jeunesse, des intellectuels et cr&#233;ateurs culturels, et des secteurs populaires pour qui la domination de classe au sein du dispositif canadien s'exprime contre les aspirations d&#233;mocratiques et nationales du peuple qu&#233;b&#233;cois. Le PLQ craque sous cette pression, d'o&#249; l'irruption spectaculaire du nouvel acteur politique que repr&#233;sente le PQ.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Irruption des domin&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'autre part la r&#233;sistance des mouvements sur laquelle &#233;choue l'instrumentalisation r&#233;pressive d&#233;ploy&#233;e par l'&#201;tat canadien. Certes, les r&#233;seaux militants sont intimid&#233;s, voire d&#233;mantel&#233;s. Mais rapidement, ils se recomposent sur d'autres bases. En fait, la r&#233;pression a un effet temporaire. Le mouvement social est ascendant, dynamique, en plein essor. De plus, le mouvement cr&#233;e des convergences, en s'alimentant aux m&#234;mes sources (le militantisme &#233;tudiant, le f&#233;minisme, l'esprit de combat qui anime les secteurs syndicaux et populaires). Les structures organisationnelles du mouvement sont poreuses, il a une identit&#233; politique vacillante. Mais peu importe : c'est un mouvement en profondeur. Enracin&#233;, le mouvement fonctionne sur un principe terriblement simple mais efficace : agir maintenant et ici, et le plus durement possible, si n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un nouveau cycle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la r&#233;pression de 1970, le mouvement rebondit donc. On l'a dit plus haut, le d&#233;bat sur la violence minoritaire prend fin. Il semble &#233;vident que la lutte arm&#233;e au Qu&#233;bec n'a jamais pris (sauf durant les &#233;v&#233;nements de 1837-1838) la forme durable d'une guerre prolong&#233;e. Cette prise de conscience permet d'&#233;viter de s'engager dans des impasses ainsi que le font des mouvements de lib&#233;ration comme l'ETA (Pays basque) ou l'IRA (Irlande), sans compter les aventures arm&#233;es des Brigades rouges (Italie) et de la Fraction arm&#233;e rouge (Allemagne). Cela n'emp&#234;che cependant pas la gauche qu&#233;b&#233;coise de poursuivre des d&#233;bats politiques sur un autre plan. Une fraction majoritaire se range derri&#232;re le Parti qu&#233;b&#233;cois, qui r&#233;siste bien &#224; l'assaut de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral (et qui gagnera ses &#233;lections quelques ann&#233;es plus tard). Mais un secteur significatif de la gauche refuse de se ranger derri&#232;re le PQ. Le radicalisme d'Octobre, en fin de compte, n'est pas un &#233;piph&#233;nom&#232;ne, un feu de paille sans lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les masses en mouvement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On le voit notamment dans l'&#233;mergence d'un vaste mouvement contestataire parmi les jeunes. La &#171; r&#233;volte &#233;tudiante &#187; se combine alors avec une volont&#233; d'affronter un syst&#232;me de domination archa&#239;que, autoritaire, r&#233;pressif. Les structures traditionnelles d'encadrement s'effritent, l'exemple le plus spectaculaire &#233;tant la crise de l'&#201;glise catholique au Qu&#233;bec. Parall&#232;lement, assomm&#233;es par des ann&#233;es de pseudo d&#233;mocratie duplessiste, les masses populaires sont entra&#238;n&#233;es dans un mouvement effervescent. Sous l'impulsion des catholiques de gauche prennent forme ici et l&#224; des &#171; mouvements de citoyens &#187;, de plus en plus enclins &#224; l'affrontement. Sur le terrain syndical, une nouvelle g&#233;n&#233;ration de jeunes militants et militantes relance la lutte, dans le secteur public notamment. Les secteurs les plus d&#233;termin&#233;s du mouvement syndical mettent sur pied une alternative politique au niveau municipal, le FRAP. Plus tard, les syndicalistes militants se lancent dans des luttes dures qui culminent avec la puissante gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et l'occupation de certaines villes au printemps 1972. Par la suite, jusqu'aux ann&#233;es 1980, le mouvement social reste ascendant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Recul et rebond&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la d&#233;faite du r&#233;f&#233;rendum de 1980 et l'affrontement entre le mouvement syndical et le gouvernement p&#233;quiste (1982), le d&#233;senchantement devient temporairement dominant. Il faudra attendre le milieu des ann&#233;es 1990 pour voir la vieille taupe r&#233;volutionnaire revenir &#224; la surface. Une nouvelle effervescence prend forme autour du projet d'ind&#233;pendance o&#249; se produit une mobilisation populaire qui reste relativement autonome du PQ. Parall&#232;lement se mettent en branle de grandes mobilisations populaires dont la Marche des femmes, le Sommet des peuples des Am&#233;riques, les gr&#232;ves &#233;tudiantes et syndicales qui constituent autant de gros grains de sable dans l'engrenage des dominants. La r&#233;unification de la gauche politique sous l'&#233;gide de Qu&#233;bec solidaire (apr&#232;s le d&#233;blaiement du terrain effectu&#233; par le PDS et l'UFP) marque &#233;galement les derni&#232;res ann&#233;es. Certes, &#224; premi&#232;re vue, l'&#171; identit&#233; &#187; de ce mouvement multiforme semble &#224; des ann&#233;es-lumi&#232;re des mobilisations des ann&#233;es 1970. Mais l'est-elle vraiment ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Questions actuelles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Encore aujourd'hui, l'&#171; h&#233;ritage &#187; d'Octobre 1970 reste contest&#233;. On s'entend toutefois sur le fait que la &#171; lutte arm&#233;e &#187;, du moins dans la forme qu'elle a prise sous le label du FLQ, n'est plus &#224; l'ordre du jour. Mais diverses interpr&#233;tations des &#233;v&#233;nements font toujours l'objet de discussions. Il y a celle des dominants et de la r&#233;action, voulant que le gouvernement f&#233;d&#233;ral aurait &#171; sauv&#233; &#187; le Canada du terrorisme s&#233;paratiste et du m&#234;me coup la &#171; d&#233;mocratie &#187;. Il y a les th&#233;ories du complot, notamment celle propos&#233;e par Pierre Valli&#232;res, pr&#233;tendant que le gouvernement f&#233;d&#233;ral aurait foment&#233; Octobre pour discr&#233;diter le PQ. Il y a des interpr&#233;tations plus s&#233;rieuses, dont celles de Paul Rose et Francis Simard, pour qui Octobre aurait &#233;t&#233; une r&#233;action d'&#171; autod&#233;fense &#187; d'une soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise agress&#233;e et violent&#233;e par l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral. Pour notre part, Octobre a &#233;t&#233; un moment-cl&#233; dans le d&#233;veloppement, le renforcement et l'autod&#233;passement du mouvement populaire des ann&#233;es 1970. Il a &#233;t&#233; un point d'aboutissement et en m&#234;me temps un nouveau d&#233;part, qui portait &#233;galement ses propres limites et sur lequel des questions tr&#232;s pertinentes et tr&#232;s actuelles sont pos&#233;es aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le d&#233;bat public-priv&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-debat-public-prive</link>
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		<dc:date>2011-08-28T19:36:24Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Yves Joannette</dc:creator>


		<dc:subject>Privatisation et partenariats publics-priv&#233;s (PPP) </dc:subject>
		<dc:subject>Joannette, Jean-Yves </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je suis comme la majorit&#233; des gens. Je n'ai pas d'opinion arr&#234;t&#233;e sur les grands d&#233;bats de soci&#233;t&#233;. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, je me tais, je fais partie de la majorit&#233; silencieuse. &#192; vrai dire, je pense que je suis un infime &#233;l&#233;ment de l'opinion publique. &#171; Je pense, donc je suis. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai des opinions tranch&#233;es selon le moment que je vis. Par exemple, je suis tr&#232;s pro-pi&#233;ton lorsque je ne suis pas en auto. Je suis aussi pour l'euthanasie en g&#233;n&#233;ral, mais je ne sais si je le demeurerai (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis comme la majorit&#233; des gens. Je n'ai pas d'opinion arr&#234;t&#233;e sur les grands d&#233;bats de soci&#233;t&#233;. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, je me tais, je fais partie de la majorit&#233; silencieuse. &#192; vrai dire, je pense que je suis un infime &#233;l&#233;ment de l'opinion publique. &#171; Je pense, donc je suis. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai des opinions tranch&#233;es selon le moment que je vis. Par exemple, je suis tr&#232;s pro-pi&#233;ton lorsque je ne suis pas en auto. Je suis aussi pour l'euthanasie en g&#233;n&#233;ral, mais je ne sais si je le demeurerai lorsque mon fils prendra une d&#233;cision sans appel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je subis le d&#233;bat public-priv&#233; de la m&#234;me mani&#232;re. Avec des opinions tranch&#233;es selon les situations. Dans les situations o&#249; les camps sont dans les tranch&#233;es, j'ai des opinions tr&#232;s variables. Vous allez me dire que je pourrais r&#233;fl&#233;chir, peser le pour et le contre et d&#233;finir une position claire. Mais voil&#224;, si je me fie &#224; mes exp&#233;riences personnelles, en luttant contre les id&#233;es toutes faites, je demeure dans un &#233;tat de perplexit&#233; avanc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans mon v&#233;cu, je suis arriv&#233; &#224; une conclusion nuanc&#233;e sur la place du priv&#233; dans l'&#233;ducation. J'ai envoy&#233; mon fils &#224; l'&#233;cole publique. Au secondaire, tout s'est d&#233;grad&#233;. Il n'aimait plus l'&#233;cole. Il n'&#233;tudiait plus, il subissait de mauvaises influences. Il &#233;coutait de la musique bruyante et d&#233;primante, s'habillait de mani&#232;re ridicule, perdait son vocabulaire et ses capacit&#233;s d'&#233;locution. Il a abandonn&#233; les &#233;tudes. J'&#233;tais catastroph&#233;. Pour vivre pleinement ses folies d'adolescent, il a &#233;t&#233; travailler. D'une &#171; shop &#187; minable &#224; une autre, toujours au salaire minimum, dernier entr&#233; premier remerci&#233;, il a fini par se lasser et, miracle, il est retourn&#233; aux &#233;tudes. L'apport du priv&#233; &#224; son raccrochage scolaire me semble donc ind&#233;niable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple, il est g&#233;n&#233;ralement admis que le priv&#233; est innovateur. Mais comme utilisateur compulsif de la &#171; &lt;i&gt;zappette&lt;/i&gt; &#187;, je dois admettre que c'est bien la publique T&#233;l&#233;-Qu&#233;bec qui a innov&#233; en programmant des reprises et en diffusant des documentaires ennuyants. Hier on s'en moquait, mais depuis, le priv&#233; a m&#234;me cr&#233;&#233; des canaux de documentaires ennuyants qu'ils passent en reprise. Personnellement, je trouve que rien ne vaut une bonne reprise pour m'endormir. Mais cela rel&#232;ve du domaine priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines rumeurs assurent aussi que le priv&#233; ne prend pas ses responsabilit&#233;s sociales et, au nom du profit, se fout de la sant&#233; et du bien-&#234;tre de sa client&#232;le. Mais si cela &#233;tait vrai, verrions-nous une grande cha&#238;ne d'alimentation vraiment rapide subventionner un h&#244;pital pour enfants et m&#234;me envoyer un clown promotionnel les divertir de leurs cancers. Bien entendu, j'ai ou&#239; dire que le docteur Patch Adam, le premier clown m&#233;decin, pratiquait dans le public. Cela complique l'analyse et me laisse sur ma faim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre &#233;l&#233;ment de confusion, en 2009, &#224; la suite d'une crise financi&#232;re qualifi&#233;e de maints superlatifs, les gouvernements du monde ont subventionn&#233; les compagnies priv&#233;es et la reprise &#224; m&#234;me les deniers publics. Et voil&#224; qu'ils nous disent qu'il faut compter sur le priv&#233; pour relancer l'&#233;conomie. Et de me demander comment cela pourrait bien reprendre alors que leurs profits se r&#233;alisent en se privant d'employ&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rumeur veut aussi que l'&#201;tat soit abominablement mal administr&#233; et le priv&#233; imparable. Et moi, de me demander pourquoi, si cela &#233;tait vrai, le priv&#233; continue d'engager des ex-ministres &#224; des postes d'administrateurs. Cela me fait vraiment craindre pour la reprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, tout cela pour vous expliquer combien le d&#233;bat public-priv&#233; me met dans un &#171; &#233;tat &#187; qu'il me faudrait bien un jour d&#233;finir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Appel &#224; la cr&#233;ation d'un large front social de lutte</title>
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		<dc:date>2011-08-28T19:35:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-&#200;ve Rancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Rancourt, Marie-&#200;ve</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le budget de Mme J&#233;r&#244;me-Forget (2009-2010) &#233;tait le premier budget d&#233;ficitaire du Qu&#233;bec en 10 ans. Il pr&#233;sentait &#233;galement les intentions gouvernementales &#224; venir, soit un retour rapide &#224; l'&#233;quilibre budg&#233;taire par l'augmentation de la TVQ et de l'ensemble des tarifs, mais aussi par une asphyxie progressive du financement des services publics. L'&#233;nonc&#233; &#233;conomique du ministre des Finances en septembre 2009 et son budget qui suivra viendront confirmer les appr&#233;hensions. La &#171; crise des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Rancourt-Marie-Eve-+" rel="tag"&gt;Rancourt, Marie-&#200;ve&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1167.gif?1642092123' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;348&#034; height=&#034;404&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le budget de Mme J&#233;r&#244;me-Forget (2009-2010) &#233;tait le premier budget d&#233;ficitaire du Qu&#233;bec en 10 ans. Il pr&#233;sentait &#233;galement les intentions gouvernementales &#224; venir, soit un retour rapide &#224; l'&#233;quilibre budg&#233;taire par l'augmentation de la TVQ et de l'ensemble des tarifs, mais aussi par une asphyxie progressive du financement des services publics. L'&#233;nonc&#233; &#233;conomique du ministre des Finances en septembre 2009 et son budget qui suivra viendront confirmer les appr&#233;hensions. La &#171; crise des finances publiques &#187; venait offrir l'occasion en or pour le gouvernement d'imposer son agenda n&#233;olib&#233;ral, soulevant du fait m&#234;me l'ire de la population et les applaudissements des Chambres de commerce et du Conseil du patronat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Face &#224; cet agenda limpide, la riposte fut rapide. D&#232;s l'automne 2009, des organisations communautaires, &#233;tudiantes et f&#233;ministes ont lanc&#233; un appel &#224; la cr&#233;ation d'un large front social pour s'opposer &#224; ces orientations. C'est donc ainsi qu'est n&#233;e la &lt;i&gt;Coalition oppos&#233;e &#224; la tarification et &#224; la privatisation des services publics&lt;/i&gt; (ci-apr&#232;s la Coalition) qui regroupe aujourd'hui pr&#232;s de 120 organisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de se voiler les yeux quant &#224; la crise des finances publiques, la &lt;br class='autobr' /&gt;
Coalition a constamment rappel&#233; que cette crise d&#233;coulait de choix politiques pass&#233;s. La crise &#233;conomique n'est venue que r&#233;v&#233;ler la fragilit&#233; des coffres de l'&#201;tat priv&#233;s de sommes importantes apr&#232;s une d&#233;cennie de baisses d'imp&#244;ts massives pour les particuliers &#224; haut revenu et pour les entreprises. La Coalition insistera sur les alternatives permettant de redistribuer la richesse et de financer, de fa&#231;on juste et &#233;quitable, des programmes sociaux et des services publics universellement accessibles et de qualit&#233;, tout en rappelant que de telles orientations sont un des moyens pour assurer la r&#233;alisation des droits humains et pour agir efficacement sur les causes de la pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;solument dans l'action, la Coalition a organis&#233; et appuy&#233;, au cours de l'hiver et du printemps 2010, de nombreuses actions r&#233;gionales, ainsi qu'une manifestation nationale, le 1er avril, qui a rassembl&#233; pr&#232;s de 15 000 personnes dans les rues de Montr&#233;al. Plus r&#233;cemment, elle a lanc&#233; la campagne &#171; Halte &#224; Charest &#187; qui invite les gens &#224; utiliser le symbole de la main rouge pour exprimer leur d&#233;saccord face au dernier budget, exiger le retrait des mesures r&#233;gressives et r&#233;clamer des services publics universellement accessibles et de qualit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour en conna&#238;tre davantage sur la Coalition oppos&#233;e &#224; la tarification et &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on peut se r&#233;jouir des mobilisations et des actions men&#233;es par cette Coalition, il importe de rappeler que d'importants d&#233;fis devront &#234;tre relev&#233;s au cours des prochains mois afin qu'elle ait la force n&#233;cessaire pour renverser la vapeur et effectuer des gains &#224; la hauteur de ses ambitions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier d&#233;fi sera celui de l'&#233;ducation populaire. Pour faire contrepoids &#224; la d&#233;sinformation m&#233;diatique, la Coalition devra faire passer son message aupr&#232;s des membres des organisations qui la composent, de leurs alli&#233;s et de la population en g&#233;n&#233;ral et les convaincre qu'il y a r&#233;ellement des alternatives. Il importe de d&#233;partager d'une part le discours d'opposition au budget qui est port&#233; par la Coalition et celui, tr&#232;s diff&#233;rent, des animateurs radiophoniques de droite, initiateurs des &#171; cols rouges &#187;, r&#233;solument en faveur d'un &#201;tat minimal. Ce travail d'&#233;ducation populaire se veut mobilisateur et devra canaliser le m&#233;contentement populaire afin d'augmenter la participation aux actions et aux orientations de la Coalition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les perspectives d'action unitaire repr&#233;senteront le second d&#233;fi. Sans nier leur importance, les luttes sectorielles devraient toutefois s'inscrire dans un contexte plus large et viser les causes profondes des probl&#233;matiques qui s'inscrivent dans le cadre d'un syst&#232;me capitaliste qui multiplie les attaques n&#233;olib&#233;rales dans l'ensemble des secteurs. Outre quelques victoires en demi-teintes essentiellement d&#233;fensives, les luttes sectorielles des 30 derni&#232;res ann&#233;es ont rarement apport&#233; les fruits escompt&#233;s. Ce constat conduit &#224; penser que l'unification de nos forces et de nos luttes est le meilleur moyen d'obtenir des gains et de remettre en question, de fa&#231;on beaucoup plus convaincante, les rouages d'un syst&#232;me qui appauvrit la majorit&#233; d'entre nous. La Coalition se veut ce v&#233;hicule permettant d'articuler un large front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, dans ce dessein, autant les syndicats r&#233;gionaux que les grandes centrales doivent se joindre aux forces existantes et s'impliquer activement dans cette bataille qui s'amorce, autant au chapitre de l'&#233;ducation populaire que de la mobilisation. Par exemple, les syndicats pr&#233;sents dans les diff&#233;rentes r&#233;gions peuvent travailler de concert avec les &#171; poteaux r&#233;gionaux &#187; de la Coalition afin de sensibiliser leurs membres et les citoyens de leur r&#233;gion et construire collectivement une force de mobilisation r&#233;gionale menant &#224; des actions r&#233;gionales et nationales. Les organisations qui sont pr&#233;sentes doivent investir cette Coalition et y associer davantage leurs membres. La lutte pour le maintien de programmes sociaux et de services publics accessibles et de qualit&#233; et contre la marchandisation du bien commun et l'imposition du principe d'utilisateur-payeur est prioritaire en plus d'&#234;tre rassembleuse. Or, pour gagner cette lutte, nous avons besoin d'un lieu commun qui sera le moteur de la cr&#233;ation d'un front fort, uni et combatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importe &#233;galement de rappeler que ces d&#233;fis s'inscrivent dans un contexte d'urgence. En effet, au moment d'&#233;crire ces lignes, plus d'une centaine de minist&#232;res et d'organismes gouvernementaux ont revu ou vont revoir l'ensemble de leurs services afin d'appliquer la &lt;i&gt;Politique gouvernementale de financement des services publics&lt;/i&gt; qui vise notamment &#224; augmenter ou introduire de nouveaux tarifs. Alors que le gouvernement a pour objectif d'indexer l'ensemble des tarifs d&#232;s janvier 2011, d'effectuer des compressions budg&#233;taires importantes et d'implanter la politique d'ici &#224; 2012, il est donc fondamental que l'ensemble des forces progressistes s'unissent rapidement afin de cr&#233;er un large mouvement d'opposition citoyenne &#224; ces mesures qui attaquent directement le mod&#232;le de solidarit&#233; sociale que nous avons b&#226;ti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis son arriv&#233;e au pouvoir, ce gouvernement &#8211; et ses pr&#233;d&#233;cesseurs p&#233;quistes &#8211; ont travaill&#233; d'arrache-pied pour d&#233;truire nos acquis sociaux ch&#232;rement gagn&#233;s. Cela ne peut plus continuer. C'est &#224; cela qu'invite la &lt;i&gt;Coalition oppos&#233;e &#224; la tarification et &#224; la privatisation des services publics&lt;/i&gt; : &lt;strong&gt;UNIR nos divers mouve&#173;ments autour d'un m&#234;me plan d'action unitaire&lt;/strong&gt;. C'est &#224; la condi&#173;tion de cette profonde solidarit&#233; que nous pourrons oser dire, oser affirmer, oser esp&#233;rer que nous vaincrons.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour en conna&#238;tre davantage sur la Coalition oppos&#233;e &#224; la tarification et &#224; la privatisation des services publics, sur ses campagnes et ses actions, visitez : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.nonauxhausses.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.nonauxhausses.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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