<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.ababord.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
	<link>https://www.ababord.org/</link>
	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.ababord.org/spip.php?id_rubrique=110&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
		<url>https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L144xH53/siteon0-9c6c5.png?1729015892</url>
		<link>https://www.ababord.org/</link>
		<height>53</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Internet, militaires et chemins de fer</title>
		<link>https://www.ababord.org/Internet-militaires-et-chemins-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Internet-militaires-et-chemins-de</guid>
		<dc:date>2010-12-05T18:33:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Beaupr&#233;, Robin Millette, Mathieu Petit-Clair</dc:creator>


		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Beaupr&#233;, Antoine</dc:subject>
		<dc:subject>Millette, Robin </dc:subject>
		<dc:subject>Petit-Clair, Mathieu </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'histoire d'Internet est reli&#233;e aux d&#233;veloppements technologiques de la communication humaine et c'est pourquoi nous amor&#231;ons notre histoire avec le d&#233;veloppement des r&#233;seaux de communication et de transport dans le monde. Comme le t&#233;l&#233;phone et le t&#233;l&#233;graphe qui naissent &#224; la m&#234;me &#233;poque, le r&#233;seau de chemin de fer devient aiguill&#233; &#233;lectriquement (&#224; partir de 1832), manuellement au d&#233;part (&#224; la mani&#232;re des t&#233;l&#233;phonistes d'antan), puis automatiquement. On &#233;tablissait un chemin complet qu'on (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Promesses-et-perils-du-" rel="directory"&gt;Dossier : Promesses et p&#233;rils du monde num&#233;rique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Technoculture-et-informatique-+" rel="tag"&gt;Technologies, informatique et internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Beaupre-Antoine-+" rel="tag"&gt;Beaupr&#233;, Antoine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Millette-Robin-+" rel="tag"&gt;Millette, Robin &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Petit-Clair-Mathieu-+" rel="tag"&gt;Petit-Clair, Mathieu &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1099.gif?1642092119' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;563&#034; height=&#034;375&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'histoire d'Internet est reli&#233;e aux d&#233;veloppements technologiques de la communication humaine et c'est pourquoi nous amor&#231;ons notre histoire avec le d&#233;veloppement des r&#233;seaux de communication et de transport dans le monde. Comme le t&#233;l&#233;phone et le t&#233;l&#233;graphe qui naissent &#224; la m&#234;me &#233;poque, le r&#233;seau de chemin de fer devient aiguill&#233; &#233;lectriquement (&#224; partir de 1832), manuellement au d&#233;part (&#224; la mani&#232;re des t&#233;l&#233;phonistes d'antan), puis automatiquement. On &#233;tablissait un chemin complet qu'on pouvait ensuite utiliser. Il s'agissait alors de commutations de circuits.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce que les militaires nous ont laiss&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faudra attendre 1960 pour que Paul Baran jette les premi&#232;res bases de la &lt;i&gt;commutation&lt;/i&gt; de paquets, qui s&#233;pare les communications en plusieurs morceaux prenant chacun leur route pour &#234;tre tous assembl&#233;s &#224; nouveau dans le bon ordre &#224; leur destination. Cette id&#233;e deviendra une notion fondamentale de l'architecture IP (&lt;i&gt;Internet Protocol&lt;/i&gt;), qui fonctionne donc un peu comme les wagons de trains dans une gare d'aiguillage : les donn&#233;es sont divis&#233;es en &lt;i&gt;paquets&lt;/i&gt; (les wagons), qui sont distribu&#233;s sur diff&#233;rents chemins (les rails et aiguillages) et reconstruits &#224; la destination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment utiliser ce r&#233;seau de t&#233;l&#233;communications originalement con&#231;u pour la voix et en faire un r&#233;seau g&#233;n&#233;rique ? Paul Baran rapporte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; les propos de Joern Ostermann de AT&amp;T (American Telephone and Telegraph Inc.), recueillis lors d'une entrevue exasp&#233;rante : &#171; &lt;i&gt;Premi&#232;rement, &#231;a ne peut tout simplement pas fonctionner, et si &#231;a le pouvait, on ne va quand m&#234;me pas permettre la cr&#233;ation de notre propre comp&#233;tition.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, &#224; partir du train qui inspira la &lt;i&gt;commutation de circuits vocaux&lt;/i&gt;, on allait dor&#233;navant num&#233;riser l'information en paquets et r&#233;inventer tout le concept de r&#233;seau. En fin de compte, c'est avec le financement de la D&#233;fense nationale des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique que l'ARPANET (&lt;i&gt;Advanced Research Projects Agency Network&lt;/i&gt;) a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;, dans le but, dit la l&#233;gende, de r&#233;sister &#224; une attaque nucl&#233;aire. Ce r&#233;seau jeta les bases pratiques du fonctionnement d'Internet actuel. Le premier ordinateur, l'ENIAC (&lt;i&gt;Electronic Numerical Integrator and Computer&lt;/i&gt;), a d'ailleurs lui aussi &#233;t&#233; con&#231;u, en 1946 pour des motifs militaires, mais cette fois, dans le but de calculer les trajectoires de tir d'obus d'artillerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1959, Peter Samson, curieusement membre de l'association &#233;tudiante TMRC (&lt;i&gt;Tech Model Railroad Club&lt;/i&gt;) du &lt;i&gt;Massachusetts Institute of Technology&lt;/i&gt; (MIT), d&#233;clare : &#171; &lt;i&gt;All information should be free&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Toute information devrait &#234;tre libre &#187;, ou &#171; gratuite &#187;, selon ce qu'on entend). Le TMRC est r&#233;put&#233; pour &#234;tre le berceau des premiers &lt;i&gt;hackers&lt;/i&gt; informatiques. &#192; l'&#233;poque, ceux-ci r&#233;utilisaient des pi&#232;ces de commutateurs t&#233;l&#233;phoniques pour automatiser les circuits de leurs chemins de fer miniatures. Et la boucle est boucl&#233;e : le MIT est pass&#233; du hobby des trains miniatures au hobby des r&#233;seaux de &lt;i&gt;paquets&lt;/i&gt; informatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La paternit&#233; de la cr&#233;ation du r&#233;seau des r&#233;seaux moderne n'est pas clairement &#233;tablie, mais au moins trois individus ont &#233;t&#233; nomm&#233;s les &lt;i&gt;p&#232;res d'Internet&lt;/i&gt; pour leurs contributions respectives. Il s'agit de : Vinton Cerf (1970), pour le design de TCP/IP (&lt;i&gt;Transmission Control Protocol/Internet Protocol&lt;/i&gt;) (avec Robert Kahn) ; Tim Berners-Lee (1990), pour avoir con&#231;u les protocoles cl&#233;s du &lt;i&gt;World Wide Web&lt;/i&gt; ; et Paul Baran (1960), mentionn&#233; plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 1970 voient le r&#233;seau ARPANET se transformer en Internet, en s'ouvrant aux universit&#233;s et aux grandes entreprises. En 1990, rares &#233;taient les r&#233;sidences qui avaient un acc&#232;s direct via un &lt;i&gt;fournisseur d'acc&#232;s Internet&lt;/i&gt; (FAI). Le terrain se pr&#233;parait alors pour le &lt;i&gt;World Wide Web&lt;/i&gt;, qui allait bient&#244;t frapper &#224; nos portes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce que le nucl&#233;aire nous a l&#233;gu&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, au &lt;i&gt;Conseil europ&#233;en pour la recherche nucl&#233;aire&lt;/i&gt; (CERN) &#224; Gen&#232;ve, Tim Berners-Lee et Robert Cailliau con&#231;oivent les protocoles &#224; la base du &lt;i&gt;World Wide Web&lt;/i&gt; et programment les premiers serveurs et clients. Ils d&#233;ploient ainsi leur &lt;i&gt;Toile&lt;/i&gt; (le &lt;i&gt;Web&lt;/i&gt;), comme une autre couche sur le r&#233;seau Internet en place. Ainsi, en 1993, le CERN l&#232;gue au domaine public le premier fureteur et serveur Web, logiciel et code source inclus. Cela permet alors &#224; quiconque de modifier, d'adapter ou de cr&#233;er de nouveaux logiciels utilisant ces protocoles ouverts et libres. Sans cette d&#233;cision, Internet ne serait jamais sorti des laboratoires, selon Tim Berners-Lee. Parmi les acc&#233;l&#233;rateurs de particules, la &lt;i&gt;Toile&lt;/i&gt; naissait. Petit train va loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les sites notables &#224; leurs humbles d&#233;buts, mentionnons le &lt;i&gt;Internet Movie Database&lt;/i&gt; (IMDB), Sex.com, White-house.gov, &lt;i&gt;Yahoo !&lt;/i&gt;, l'Archive sur les &lt;i&gt;Simpsons&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Pizza Hut&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le syst&#232;me d'exploitation libre GNU/Linux (&lt;i&gt;Gnu's Not Unix/ Linux Is Not UniX&lt;/i&gt;), le premier fureteur en mode graphique, &lt;i&gt;Erwise&lt;/i&gt;, a &#233;t&#233; con&#231;u en Finlande. Et puis, de l'Illinois nous vint &lt;i&gt;Mosa&#239;c&lt;/i&gt;, qui permettait aux utilisateurs de &lt;i&gt;PC Windows&lt;/i&gt; ou de &lt;i&gt;Macintosh&lt;/i&gt; de naviguer graphiquement sur Internet. Cinq ans plus tard, en 1998, &lt;i&gt;Netscape&lt;/i&gt; d&#233;cide de lib&#233;rer la version en d&#233;veloppement de son fureteur et ce projet devient &lt;i&gt;Mozilla&lt;/i&gt;, que l'on conna&#238;t aujourd'hui comme &lt;i&gt;Firefox&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Thunderbird&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Netscape&lt;/i&gt; n'a jamais pu trouver un mod&#232;le durable pour survivre face &#224; &lt;i&gt;Microsoft&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Internet Explorer&lt;/i&gt;, livr&#233;s avec tous les PC (mais pas gratuitement, c'est ce qu'on appelle la &lt;i&gt;taxe Microsoft&lt;/i&gt; et qui a fait la fortune de Bill Gates). En 1998, un nouvel engin de recherche amical, du nom de &lt;i&gt;Google&lt;/i&gt;, faisait une entr&#233;e impitoyable dans un march&#233; compos&#233; alors de plusieurs joueurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2000, 40 % des Canadiens avaient acc&#232;s &#224; Internet. En 2008, c'est plus du double, soit 84 %. Internet comptait un milliard de pages en 2000. En 2006, &lt;i&gt;Google&lt;/i&gt; disait en indexer six milliards et cette croissance n'a jamais cess&#233;. Depuis quelques ann&#233;es, il est question de &lt;i&gt;Web 2.0&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire un &lt;i&gt;Web&lt;/i&gt; qui se veut plus social, offrant une &lt;i&gt;exp&#233;rience utilisateur&lt;/i&gt; et une interaction am&#233;lior&#233;es. La guerre des fureteurs est derri&#232;re nous et les usages se sont transform&#233;s pour le mieux. Parall&#232;lement, on assiste &#224; la mont&#233;e du &lt;i&gt;Web 3.0&lt;/i&gt;, porteur de sens, riche en informations et en donn&#233;es assimilables, r&#233;utilisables et connectables. Nous en sommes donc au Web des applications (&lt;i&gt;Facebook&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Google Mail&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Myspace&lt;/i&gt;, etc.) disponibles sur les t&#233;l&#233;phones cellulaires et ordinateurs, de plus en plus portables, qui rappellent les immenses &#171; &lt;i&gt;ordinateurs-autobus&lt;/i&gt; &#187; des d&#233;buts de l'informatique, qu'on actionnait &#224; partir d'un tout petit terminal de contr&#244;le distant. L'accessibilit&#233; &#224; ces ressources fait qu'elles ne sont plus seulement l'apanage des scientifiques, chercheurs et militaires, mais constituent des outils de masse disponibles &#224; tous, et donc des outils sociaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.privateline.com/Switching/gilder.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.privateline.com/Switching/gilder.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La chambre chinoise</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-chambre-chinoise</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/La-chambre-chinoise</guid>
		<dc:date>2010-12-05T18:30:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Normand Baillargeon</dc:creator>


		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
		<dc:subject>Baillargeon, Normand </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Est-ce que les ordinateurs et, plus g&#233;n&#233;ralement, les machines digi-tales peuvent &#234;tre intelligents, conscientes, et penser ? Vastes questions, mais auxquelles, dans les ann&#233;es 1960 et 1970, plusieurs chercheurs en Intelligence artificielle r&#233;pondaient par un &#171; oui &#187; enthousiaste, assurant m&#234;me qu'on mettrait au point sous peu de telles machines intelligentes. &lt;br class='autobr' /&gt; Ce bel enthousiasme a &#233;t&#233; temp&#233;r&#233; (et pour certains &#224; jamais &#233;teint), non tant par le fait qu'on n'y soit pas encore parvenu, mais (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Promesses-et-perils-du-" rel="directory"&gt;Dossier : Promesses et p&#233;rils du monde num&#233;rique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Technoculture-et-informatique-+" rel="tag"&gt;Technologies, informatique et internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Baillargeon-Normand-+" rel="tag"&gt;Baillargeon, Normand &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1098.gif?1642092119' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;423&#034; height=&#034;563&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Est-ce que les ordinateurs et, plus g&#233;n&#233;ralement, les machines digi-tales peuvent &#234;tre intelligents, conscientes, et penser ? Vastes questions, mais auxquelles, dans les ann&#233;es 1960 et 1970, plusieurs chercheurs en Intelligence artificielle r&#233;pondaient par un &#171; oui &#187; enthousiaste, assurant m&#234;me qu'on mettrait au point sous peu de telles machines intelligentes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce bel enthousiasme a &#233;t&#233; temp&#233;r&#233; (et pour certains &#224; jamais &#233;teint), non tant par le fait qu'on n'y soit pas encore parvenu, mais par une c&#233;l&#232;bre exp&#233;rience de pens&#233;e imagin&#233;e par le philosophe John Searle (n&#233; en 1932). La voici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Searle nous demande d'imaginer une personne enferm&#233;e dans une pi&#232;ce herm&#233;tiquement close, &#224; l'exception d'une fente pratiqu&#233;e dans un des murs : cette pi&#232;ce, il l'appelle la Chambre chinoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la fente, de l'ext&#233;rieur, sont introduits des bouts de papier couverts de signes qui sont incompr&#233;hensibles &#224; la personne se trouvant dans la Chambre chinoise. Mais quand elle en re&#231;oit un, cette personne consulte aussit&#244;t un immense registre dans lequel elle rep&#232;re les signes se trouvant sur la feuille : y correspondent d'autres signes, qu'elle recopie ensuite sur une nouvelle feuille de papier, qu'elle envoie, toujours par la fente, &#224; l'ext&#233;rieur de la Chambre chinoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi cette chambre s'appelle-t-elle chinoise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que les signes re&#231;us et envoy&#233;s sont du chinois, une langue qu'ignore totalement la personne dans la chambre, qui ne sait pas qu'il s'agit d'une langue et encore moins du chinois. Mais &#224; l'ext&#233;rieur de la Chambre chinoise, une personne parlant cette langue a pos&#233; une question en Chinois et a re&#231;u, apr&#232;s un d&#233;lai plus ou moins long, une r&#233;ponse &lt;br class='autobr' /&gt;
pleinement satisfaisante. La questionneuse pourrait donc croire que la chambre (ou quoi que ce soit qui s'y trouve ou la constitue) parle chinois. Et pourtant non, comme on vient de le voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous aurez compris la signification de cette analogie. La personne dans la pi&#232;ce repr&#233;sente l'unit&#233; centrale de l'ordinateur ; les instructions qu'elle consulte dans le registre repr&#233;sentent le programme ; les bouts de papier qui entrent et sortent sont respectivement les inputs et les outputs. Eh oui, la chambre chinoise fait exactement ce que ferait un ordinateur programm&#233; pour parler chinois et elle le fait comme lui. Mais c'est sans les comprendre qu'elle manipule des symboles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que Searle a voulu sugg&#233;rer avec cette exp&#233;rience de pens&#233;e &#224; propos de l'ordinateur. Il conclut que, pour cette raison, l'ordinateur ne pourra jamais &#234;tre &#171; une machine qui pense &#187;. Pour le dire autrement : un ordinateur n'a qu'une syntaxe, c'est-&#224;-dire des r&#232;gles permettant de manipuler des symboles (plus pr&#233;cis&#233;ment : des s&#233;quences de 1 et de 0), mais il n'a pas de s&#233;mantique ou d'intentionnalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Searle a-t-il raison ? On en d&#233;bat encore.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De l'utopie technologique &#224; la soci&#233;t&#233; autog&#233;r&#233;e</title>
		<link>https://www.ababord.org/De-l-utopie-technologique-a-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/De-l-utopie-technologique-a-la</guid>
		<dc:date>2010-12-05T18:27:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ricardo Pe&#241;afiel</dc:creator>


		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
		<dc:subject>Pe&#241;afiel, Ricardo</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les nouvelles technologies de l'information et des communications offrent d'immenses ressources au processus plan&#233;taire de colonisation de l'espace, du temps, des consciences et des cultures que l'on d&#233;signe comme la mondialisation. En m&#234;me temps, ces technologies, desquelles sont issus Internet et le principe de la mise en r&#233;seau, constituent l'une des formes privil&#233;gi&#233;es de r&#233;sistance &#224; ce nouvel imp&#233;rialisme d&#233;centralis&#233;. Reste &#224; savoir comment cette r&#233;sistance parviendra &#224; se f&#233;d&#233;rer de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Promesses-et-perils-du-" rel="directory"&gt;Dossier : Promesses et p&#233;rils du monde num&#233;rique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Technoculture-et-informatique-+" rel="tag"&gt;Technologies, informatique et internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Penafiel-Ricardo-+" rel="tag"&gt;Pe&#241;afiel, Ricardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1095.gif?1642092119' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;750&#034; height=&#034;750&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les nouvelles technologies de l'information et des communications offrent d'immenses ressources au processus plan&#233;taire de colonisation de l'espace, du temps, des consciences et des cultures que l'on d&#233;signe comme la mondialisation. En m&#234;me temps, ces technologies, desquelles sont issus Internet et le principe de la mise en r&#233;seau, constituent l'une des formes privil&#233;gi&#233;es de r&#233;sistance &#224; ce nouvel imp&#233;rialisme d&#233;centralis&#233;. Reste &#224; savoir comment cette r&#233;sistance parviendra &#224; se f&#233;d&#233;rer de mani&#232;re relativement unifi&#233;e pour instaurer de mani&#232;re durable les bases d'une soci&#233;t&#233; &#224; la mesure de ses valeurs libertaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1- L'&#232;re de l'information et l'exploitation d&#233;centralis&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La soci&#233;t&#233; en r&#233;seaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Internet a connu une vertigineuse progression au cours de ses quelques 20 ann&#233;es d'existence plan&#233;taire (depuis l'av&#232;nement du &lt;i&gt;World Wide Web&lt;/i&gt; &#8211; www &#8211; au d&#233;but des ann&#233;es 1990). Ainsi, la mise en r&#233;seau d'ordinateurs est pass&#233;e d'un ph&#233;nom&#232;ne marginal, limit&#233; &#224; quelques &lt;i&gt;hackers&lt;/i&gt; et technoscientifiques, &#224; un ph&#233;nom&#232;ne global impliquant plus d'un quart de l'humanit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le nombre d'internautes serait pass&#233; de 45 millions en 1995 &#224; 1,8 milliard &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Plus encore, &#233;tant donn&#233; que ce quart est constitu&#233; de &#171; ceux qui &lt;i&gt;comptent&lt;/i&gt; &#187;, il s'agit d'un ph&#233;nom&#232;ne soci&#233;tal mondialis&#233; qui, selon plusieurs, (sur)d&#233;terminerait, &#171; en derni&#232;re instance &#187;, l'ensemble des relations sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous serions ainsi pass&#233;s d'une &#232;re industrielle &#224; une &#232;re informationnelle (postindustrielle), c'est-&#224;-dire &#224; la &lt;i&gt;soci&#233;t&#233; en r&#233;seaux&lt;/i&gt;, o&#249; ce qui compte, ce qui est d&#233;terminant, ce n'est plus tant la production concr&#232;te de marchandises que le contr&#244;le des flux d'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces flux permettent non seulement de contr&#244;ler la production de mani&#232;re d&#233;centralis&#233;e (ou du moins d&#233;concentr&#233;e), mais ils permettent surtout de s'accaparer la &#171; r&#233;alisation &#187; de la valeur au moment de la consommation et de cr&#233;er (&lt;i&gt;ex nihilo&lt;/i&gt;) de nouvelles sph&#232;res de cr&#233;ation de valeur ($), tant dans le monde virtuel que dans le monde concret de la connaissance (recherche et cr&#233;ation) et de la finance. Peu importe &#171; qui &#187; et &#171; o&#249; &#187; l'on produit des marchandises, ce qui compte c'est qui empoche le b&#233;n&#233;fice &#224; la fin du processus et qui le contr&#244;le en amont et en aval, c'est-&#224;-dire ceux qui contr&#244;lent les flux de capitaux et d'informations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La transmutation capitaliste des valeurs autogestionnaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle base mat&#233;rielle de la production (et de la r&#233;alisation de la valeur) capitaliste affecte l'ensemble de la reproduction du social ; non pas d'une mani&#232;re lin&#233;aire ou m&#233;canique (comme dans le rapport infrastructure / superstructure o&#249; les rapports de production d&#233;termineraient l'ensemble, &#171; en derni&#232;re instance &#187;), mais en fonction de l'interd&#233;pendance des diverses dimensions du social (&#233;conomique, politique, culturelle, technique, psychologique, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, la r&#233;volution des technologies de l'information et le type d'organisation &#171; en r&#233;seau &#187; qu'elle sous-tend offrent &#224; un processus de d&#233;localisation et de d&#233;r&#232;glementation un support mat&#233;riel fondamental. Par contre, le processus de d&#233;r&#232;glementation est pr&#233;alable au d&#233;veloppement de la technologie qui le potentialise actuellement. Sans la d&#233;r&#232;glementation des t&#233;l&#233;communications, le r&#233;seau plan&#233;taire des r&#233;seaux (&lt;i&gt;World Wide Web&lt;/i&gt;) n'aurait pas pu voir le jour, selon les modalit&#233;s transnationales qu'on lui conna&#238;t aujourd'hui, dans la mesure o&#249; il aurait d&#251; passer par les organismes nationaux de contr&#244;le des t&#233;l&#233;communications. Or, cette d&#233;r&#232;glementation n'est un processus ni technologique ni &#233;conomique. Elle proc&#232;de de d&#233;cisions politiques, id&#233;ologiquement justifi&#233;es en fonction d'un d&#233;terminisme technico-&#233;conomiciste inversant de mani&#232;re m&#233;tonymique l'effet et la cause. En d'autres termes, la d&#233;cision politique (id&#233;ologique) de d&#233;r&#232;glementer les relations de travail et le cadre juridique des rapports &#233;conomiques et inter&#233;tatiques, s'autojustifie en montrant ses propres effets comme autant de contraintes &#171; ext&#233;rieures &#187; provenant d'une &#171; r&#233;alit&#233; &#187; in&#233;luctable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, Internet n'a pas &#233;t&#233; cr&#233;&#233; ni par ni pour des compagnies priv&#233;es. Comme pour tous les autres processus de transmutation en marchandise d'une activit&#233; cr&#233;atrice de l'humanit&#233;, le capitalisme n'a fait que s'approprier une utopie technoscientifique, cr&#233;&#233;e par des recherches subventionn&#233;es (par des fonds publics)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#234;me dans le cas des fonds du d&#233;partement de la D&#233;fense qui ont rendu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et par l'enthousiasme d'une communaut&#233; de &lt;i&gt;hackers&lt;/i&gt; issus d'une certaine contre-culture &#171; libertaire &#187; des ann&#233;es 1960 et 1970. Les structures bureaucratis&#233;es et verticalement hi&#233;rarchis&#233;es du capitalisme &#171; traditionnel &#187; ne pouvaient aucunement concevoir le type de coop&#233;ration horizontale et d'architecture ouverte (en r&#233;seau) constitutive d'Internet. De plus, l'investissement en connaissances fondamentales (sans applications commerciales directes), pendant les deux premi&#232;res d&#233;cennies de gestation d'Internet, ne pouvait aucunement &#234;tre assum&#233; par une compagnie priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Utopie Internet, nouvelle &#233;conomie et f&#233;tichisme technologique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc de mani&#232;re immanente, que des milliers de communaut&#233;s virtuelles ont prolif&#233;r&#233;, dans les universit&#233;s, chez les &lt;i&gt;hackers&lt;/i&gt;, dans des organisations militantes ou contre-culturelles, etc., sans poursuivre des objectifs imm&#233;diatement lucratifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'une fois le r&#233;seau constitu&#233; que de nouvelles compagnies, form&#233;es de jeunes loups dynamiques et innovateurs, ont cr&#233;&#233; la &#171; nouvelle &#233;conomie &#187;, qui aujourd'hui envahit nos vies de twitters, ibooks, iphones, ipads, ipods et autres &#171; i &#187; de tout acabits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce f&#233;tichisme technologique &#8211; cette d&#233;sublimation r&#233;pressive qui offre aux cyber-consommateurs la possibilit&#233; d'assouvir imm&#233;diatement (sans sublimation) des d&#233;sirs qu'ils n'ont pas &#224; engendrer, puisque ceux-ci leurs sont offerts de surcro&#238;t par l'immense info-publicit&#233; des m&#233;dias &#8211; n'est que la pointe de l'iceberg. En investissant le domaine des nouvelles technologies de l'information et des communications, les rapports capitalistes de &#171; marchandisation &#187; (transformation et surd&#233;termination des relations sociales en rapports de marchandises) se sont acc&#233;l&#233;r&#233;s et mondialis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Imm&#233;diatisation du temps, d&#233;mat&#233;rialisation de l'espace et virtualisation du r&#233;el&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport au temps ne se conjugue plus qu'&#224; l'&lt;i&gt;inconditionnel pr&#233;sent&lt;/i&gt;, au rythme d'un nouvel Empire des grandes places boursi&#232;res o&#249; le soleil ne se couche jamais. L'espace tend &#224; se d&#233;mat&#233;rialiser, entra&#238;nant, dans ce rapprochement des lieux virtualis&#233;s, les fronti&#232;res et la souverainet&#233; des &#201;tats. La r&#233;alit&#233; enti&#232;re se virtualise &#8211; puisque notre exp&#233;rience du r&#233;el est de plus en plus v&#233;cue dans un monde cathodique autor&#233;f&#233;rentiel et de moins en moins dans des rapports sociaux concrets &#8211; en m&#234;me temps que le virtuel se r&#233;alise &#8211; comme dans le cas de la richesse fictive de la nouvelle finance, entra&#238;nant dans ses d&#233;rapages la production concr&#232;te de marchandises. Les rapports contractuels du salariat (conventions collectives) s'individualisent et se d&#233;localisent au sein d'une nouvelle science manag&#233;riale pr&#233;sentant la d&#233;localisation de la production et la pr&#233;carisation du travail comme une promotion sociale, o&#249; nous serions tous devenus nos propres patrons. Et ainsi de suite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, ces &#171; nouveaux &#187; rapports sociaux ne sont ni le fruit d'Internet ni celui des nouvelles technologies de l'information. Internet n'est que le reflet de la vie concr&#232;te dont il est issu, un acc&#233;l&#233;rateur ou un catalyseur de ph&#233;nom&#232;nes sociaux d&#233;j&#224; en place. Si Internet a si bien prolif&#233;r&#233; au sein du capitalisme contemporain, c'est parce que ses modalit&#233;s offraient &#224; une domination d&#233;j&#224; en place (celle de l'&#232;re postindustrielle, conceptualis&#233;e d&#232;s 1967) des outils &#224; la mesure de ses besoins, notamment sur le plan du traitement de l'information et des communications, lui permettant de contr&#244;ler, de mani&#232;re centralis&#233;e, des processus sciemment d&#233;concentr&#233;s. &lt;strong&gt;Si on divise pour mieux r&#233;gner, il faut encore avoir les moyens de re-synth&#233;tiser ce qu'on a fait &#233;clater.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2- La mise en r&#233;seaux des mouvements sociaux et la lutte autog&#233;r&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par contre, ce &#171; centralisme-d&#233;centralis&#233; &#187; n'en reste pas moins une perversion de l'architecture ouverte (de laquelle proc&#232;dent l'&lt;i&gt;Open Source&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;copyleft&lt;/i&gt; et autres wikis) et de l'esprit de coop&#233;ration horizontale entre &#171; &#233;gaux &#187;, qui ont pr&#233;sid&#233; au d&#233;veloppement d'Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup plus en phase avec cet esprit anarchiste ou autogestionnaire caract&#233;risant l'utopie Internet, les &#171; nouveaux &#187; mouvements sociaux se sont &#233;galement appropri&#233;s l'infrastructure et les outils offerts par ces &#171; nouvelles technologies &#187; pour construire une forme d&#233;centralis&#233;e et multidimensionnelle de militantisme, s'&#233;loignant des anciennes structures hi&#233;rarchis&#233;es et id&#233;ologiquement surd&#233;termin&#233;es des partis et des mouvements politiques traditionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces nouveaux mouvements sociaux se mobilisent autour d'enjeux culturels, &#233;thiques, soci&#233;taux ou &#171; globaux &#187;, davantage que pour des raisons &#233;conomiques ou &#171; ouvri&#233;ristes &#187;. Par contre, ces &#171; autres &#187; dimensions de la lutte politique ont toujours exist&#233;, y compris dans le mouvement ouvrier qui, sous l'influence d'une vulgate marxiste m&#233;caniciste, cherchait &#224; les masquer ou &#224; les subordonner &#224; la &#171; contradiction principale &#187;. La caract&#233;ristique des &#171; nouveaux &#187; mouvements sociaux est donc de transformer toute &#171; contradiction secondaire &#187; en &#171; contradiction principale &#187;. Contradiction qui n'est donc plus celle de l'Histoire ou du social dans son ensemble, mais celle du groupe dans sa particularit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, ce d&#233;centrement provient de ce qu'on a appel&#233; la &#171; crise des m&#233;tar&#233;cits &#187;, en fonction de laquelle il est devenu &#233;vident pour plusieurs (sinon la plupart) que le social n'avait pas de centre, qu'il n'&#233;tait pas UNE r&#233;alit&#233; univoque, mais qu'il &#233;tait constitu&#233; d'innombrables relations immanentes de pouvoir inter-reli&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'architecture d'Internet et la mise en r&#233;seau des volont&#233;s (s'opposant &#224; une domination tout aussi &#171; r&#233;seaut&#233;e &#187;) correspond donc parfaitement &#224; cette nouvelle conception du pouvoir qui &#233;merge depuis la fin des ann&#233;es 1960. Plut&#244;t que des lendemains qui chantent, on cherche des r&#233;sultats concrets, dans l'ici et le maintenant, pour des &#171; causes &#187; plus restreintes et locales, connect&#233;es de mani&#232;re t&#233;nue aux &#171; autres luttes &#187;, par un m&#234;me esprit de justice et d'&#233;galit&#233; et un r&#233;seau de solidarit&#233;s servant de caisse de r&#233;sonance (ou de &#171; raisonnance &#187;) &#224; l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gloire et dangers du militantisme en r&#233;seaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la cr&#233;ation des premiers r&#233;seaux d'organisations dites de la Soci&#233;t&#233; civile, comme LaNeta (1991), jusqu'aux Forums sociaux mondiaux (les anti-Davos) ou L'ultimatum climatique (alter-Copenhague 2009), en passant par la Premi&#232;re d&#233;claration de la Selva Lacandona (1993), Seattle (1999), Qu&#233;bec (2001), etc., on a vu se d&#233;velopper des r&#233;seaux mondiaux de r&#233;sistance &#8211; tels indymedia.org, rebelion.org ou ZNet &#8211; permettant non seulement d'opposer une sorte de front commun aux grands rassemblements embl&#233;matiques de la mondialisation financi&#232;re, mais &#233;galement de diffuser des luttes concr&#232;tes pour la d&#233;fense d'un territoire, de conditions de vie ou de travail, des droits humains (compris de mani&#232;re indivisible interd&#233;pendants et indissociables), d'une identit&#233; ou d'une conception &#233;thique de l'&lt;i&gt;&#234;tre ensemble&lt;/i&gt; (global ou national).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, cet esprit d'ouverture et cette conception &#233;th&#233;r&#233;e du pouvoir pr&#233;sentent le risque d'une r&#233;cup&#233;ration par les ONGs les plus enclines &#224; collaborer avec les grands forums internationaux, s'auto-attribuant le titre de soci&#233;t&#233; civile (ou acceptant ce statut que veulent bien leur attribuer ces forums en manque de l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique). L'organisation en r&#233;seau pr&#233;sente &#233;galement l'&#233;cueil d'un militantisme distanci&#233; (virtuel) se contentant de relayer les luttes exotiques circulant sur le net ou, &#224; l'inverse, celui du cantonnement des luttes derri&#232;re une recherche d'accommodements pour des particularismes au sein m&#234;me des lois de la majorit&#233;, contribuant moins &#224; la remise en question du &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt; qu'&#224; la l&#233;gitimation de la gestion pacifi&#233;e des diff&#233;rences en fonction de droits individuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Nous sommes tous des zapatistes &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, ces dangers valent la peine d'&#234;tre courus, dans la mesure o&#249; l'&#233;tiolement et la r&#233;cup&#233;ration r&#233;formistes des luttes ne parviennent pas &#224; faire taire la radicalit&#233; des exp&#233;riences &#171; r&#233;cup&#233;r&#233;es &#187;. Au contraire, dans une lutte pour les consciences (plus que pour le pouvoir centralis&#233;) sur le terrain d&#233;mat&#233;rialis&#233; des flux d'information, le pragmatisme r&#233;formiste peut offrir &#224; des luttes plus radicales et concr&#232;tes des espaces de circulation (n&#339;uds) sans lesquels elles resteraient isol&#233;es et &#233;ventuellement &#233;cras&#233;es dans l'anonymat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas des zapatistes est embl&#233;matique de ce type d'interactions entre une lutte radicale sur le terrain et sa potentialisation (sinon son sauvetage) par une n&#233;buleuse de solidarit&#233;s tous azimuts (regroupant autant des r&#233;formistes du PRD que des &#233;tudiants radicaux &#171; &lt;i&gt;ultrones&lt;/i&gt; &#187;, ladite soci&#233;t&#233; civile mexicaine, des n&#233;o-tiers-mondistes &#233;trangers, des ONGs, etc.). Entre la Premi&#232;re d&#233;claration de la Selva Lacandona (convoquant le peuple mexicain &#224; une lutte de lib&#233;ration nationale) et les d&#233;clarations subs&#233;quentes (appelant la &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187; intergalactique, constitu&#233;e d'une multitude de particularismes, &#224; &#171; ne pas prendre le pouvoir &#187; et &#224; &#171; commander en ob&#233;issant &#187;), on peut constater comment les zapatistes subissent l'influence de leurs inesp&#233;r&#233;s alli&#233;s, mais on doit surtout appr&#233;cier l'impact que cette Arm&#233;e de lib&#233;ration nationale a eu sur le d&#233;veloppement de cet &#171; internationalisme en r&#233;seau &#187;, de ce &#171; d&#233;centralisme d&#233;mocratique &#187;, de cet imaginaire de la solidarit&#233; immanente, de cette nouvelle forme d'interpellation et de construction des sujets historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'humanit&#233; en lutte est en train d'inventer, par t&#226;tonnements, ce sont de nouvelles formes d'organisation qui ne sacrifient pas l'id&#233;al (autogestionnaire) sur l'autel de l'efficacit&#233; (hi&#233;rarchis&#233;e) des appareils politiques. Il reste encore &#224; trouver des mani&#232;res de &#171; d&#233;virtualiser &#187; certains de ces id&#233;aux afin que le militantisme en r&#233;seau soit moins celui de la r&#233;sistance que celui de la construction des nouveaux rapports sociaux concret d'une soci&#233;t&#233; autog&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le nombre d'internautes serait pass&#233; de 45 millions en 1995 &#224; 1,8 milliard &#224; la fin de 2009, c'est-&#224;-dire qu'en seulement 15 ans, le nombre d'utilisateurs d'Internet s'est multipli&#233; par 40, pour repr&#233;senter aujourd'hui 26,6 % de la population mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M&#234;me dans le cas des fonds du d&#233;partement de la D&#233;fense qui ont rendu possible la cr&#233;ation d'ARPANET, l'anc&#234;tre exp&#233;rimental d'Internet, il s'agit tout de m&#234;me de fonds publics. Mais si cette exp&#233;rience a r&#233;ussi, c'est qu'&#233;tonnamment, les scientifiques ont pu jouir d'une r&#233;elle libert&#233; dans le d&#233;veloppement de leur projet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Robots et &#233;thique</title>
		<link>https://www.ababord.org/Robots-et-ethique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Robots-et-ethique</guid>
		<dc:date>2010-11-27T20:49:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Normand Baillargeon</dc:creator>


		<dc:subject>Litt&#233;rature</dc:subject>
		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
		<dc:subject>Baillargeon, Normand </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un r&#233;cent film de science-fiction, I, Robot, a pour pr&#233;misse le drame suivant, douloureusement v&#233;cu par un homme : lors d'un accident de voiture, un robot a pr&#233;f&#233;r&#233; l'extirper, lui, de la voiture accident&#233;e, plut&#244;t qu'une petite fille. C'est que le robot avait estim&#233; &#224; 45 % ses chances de survie et seulement &#224; 13 % celles de l'enfant. &lt;br class='autobr' /&gt; Inconcevable ? Pas s&#251;r. Car les travaux en mati&#232;re de robots andro&#239;des font des progr&#232;s remarquables. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour en avoir un aper&#231;u, allez par exemple sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Promesses-et-perils-du-" rel="directory"&gt;Dossier : Promesses et p&#233;rils du monde num&#233;rique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Litterature-+" rel="tag"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Technoculture-et-informatique-+" rel="tag"&gt;Technologies, informatique et internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Baillargeon-Normand-+" rel="tag"&gt;Baillargeon, Normand &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1097.gif?1642092119' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;560&#034; height=&#034;700&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un r&#233;cent film de science-fiction, &lt;i&gt;I, Robot&lt;/i&gt;, a pour pr&#233;misse le drame suivant, douloureusement v&#233;cu par un homme : lors d'un accident de voiture, un robot a pr&#233;f&#233;r&#233; l'extirper, lui, de la voiture accident&#233;e, plut&#244;t qu'une petite fille. C'est que le robot avait estim&#233; &#224; 45 % ses chances de survie et seulement &#224; 13 % celles de l'enfant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Inconcevable ? Pas s&#251;r. Car les travaux en mati&#232;re de robots andro&#239;des font des progr&#232;s remarquables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en avoir un aper&#231;u, allez par exemple sur You-Tube et recherchez &#171; &lt;i&gt;Repliee Q2&lt;/i&gt; &#187; : vous verrez que ce qu'on fait actuellement en la mati&#232;re est d&#233;j&#224; passablement &#233;tonnant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginez &#224; pr&#233;sent que ces progr&#232;s soient qualitativement semblables &#224; ceux des ordinateurs depuis 30 ans. Personne, je pense, ne se risquerait en ce cas &#224; pr&#233;dire avec assurance la place qu'occuperaient les robots dans nos vies en 2040 ou ce qu'ils y feront. Ce pourrait &#234;tre, notez-le, des robots domestiques, des robots ouvriers, des robots fonctionnaires, mais aussi des robots chirurgiens, sans oublier des robots policiers ou des robots soldats !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs pensent qu'il est vraisemblable pour ces raisons que de nouveaux probl&#232;mes &#233;thiques soient &#224; nos portes, des probl&#232;mes dont le film cit&#233; plus haut donne une minuscule id&#233;e. C'est ainsi que s'explique le fait qu'il existe, depuis quelques ann&#233;es, des ouvrages, des articles et des groupes de r&#233;flexion dans lesquels scientifiques et philosophes sp&#233;culent sur ce qu'impliquera le d&#233;veloppement de la robotique. L'&#233;thique est au c&#339;ur de ces travaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commencer, on se demande si ces robots ont des droits et sont des sujets &#233;thiques. Sont-ils de simples outils ou des agents ? Et si oui, quel type d'agents sont-ils et avec quelles implications cela a-t-il pour la moralit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se demande aussi ce que leur pr&#233;sence impliquera dans les relations qu'ils entretiendront avec les humains. Comment faut-il les programmer ? Que peut-on permettre ou interdire qu'ils fassent ? Veut-on, ou non, que ces robots prennent des d&#233;cisions &#233;thiques ? Et si oui sur quelles bases ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les questions pos&#233;es donnent vraiment le vertige et je ne les aborderai &#233;videmment pas ici. Malgr&#233; tout, et puisque nous sommes partis de la science-fiction, terminons avec elle et en saluant comme il se doit un de ses ma&#238;tres, Isaac Asimov (1920-1992). D&#232;s 1942, dans son roman de science-fiction &lt;i&gt;Runaround&lt;/i&gt;, celui-ci avait en effet &#233;nonc&#233; ses &lt;i&gt;Trois lois de la robotique&lt;/i&gt;, o&#249; se laissent deviner les enjeux que nous pressentons aujourd'hui et que nous c&#244;toierons peut-&#234;tre demain. Les voici :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.&lt;/strong&gt; Un robot ne peut porter atteinte &#224; un &#234;tre humain ni, restant passif, permettre qu'un &#234;tre humain soit expos&#233; au danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.&lt;/strong&gt; Un robot doit ob&#233;ir aux ordres que lui donne un &#234;tre humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la premi&#232;re loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.&lt;/strong&gt; Un robot doit prot&#233;ger son existence tant que cette protection n'entre pas en conflit avec la premi&#232;re ou la seconde loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lecture sugg&#233;r&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une excellente introduction &#224; ce vaste et fascinant domaine est propos&#233;e dans : Allen, C. et Walach, W., &lt;i&gt;Moral Machines : Teaching Robots Right from Wrong&lt;/i&gt;, Oxford University Press, 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au-del&#224; du r&#233;el</title>
		<link>https://www.ababord.org/Au-dela-du-reel</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Au-dela-du-reel</guid>
		<dc:date>2010-11-27T20:46:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe de Grosbois</dc:creator>


		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
		<dc:subject>de Grosbois, Philippe </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'usage croissant d'Internet, tant en termes quantitatifs (le nombre d'usagerEs) que qualitatifs (la place du web dans nos vies respectives), am&#232;ne progressivement un nouveau rapport au monde qu'on n'arrive pas encore &#224; bien esquisser. Les communaut&#233;s virtuelles, dans lesquelles des individus se cr&#233;ent une nouvelle identit&#233;, &#224; partir de laquelle ils peuvent interagir dans un univers alternatif, nous fournissent une illustration frappante des fronti&#232;res que nous sommes en train de franchir, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Promesses-et-perils-du-" rel="directory"&gt;Dossier : Promesses et p&#233;rils du monde num&#233;rique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Technoculture-et-informatique-+" rel="tag"&gt;Technologies, informatique et internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-de-Grosbois-Philippe-+" rel="tag"&gt;de Grosbois, Philippe &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1093.gif?1642092119' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;819&#034; height=&#034;614&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'usage croissant d'Internet, tant en termes quantitatifs (le nombre d'usagerEs) que qualitatifs (la place du web dans nos vies respectives), am&#232;ne progressivement un nouveau rapport au monde qu'on n'arrive pas encore &#224; bien esquisser. Les communaut&#233;s virtuelles, dans lesquelles des individus se cr&#233;ent une nouvelle identit&#233;, &#224; partir de laquelle ils peuvent interagir dans un univers alternatif, nous fournissent une illustration frappante des fronti&#232;res que nous sommes en train de franchir, tant sur le plan identitaire, social qu'&#233;conomique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce que l'on pourrait croire, l'exp&#233;rience de la scission &#8211; ou r&#233;invention &#8211; identitaire appara&#238;t d&#232;s les d&#233;buts d'Internet &#171; grand public &#187;. En 1995, la sociologue Sherry Turkle publie l'ouvrage &lt;i&gt;Life on the Screen &#8211; Identity at the age of Internet&lt;/i&gt;, dans lequel elle &#233;tudie les vies parall&#232;les qui se cr&#233;ent par le biais du clavardage, ou chat, et surtout les &lt;i&gt;Multi-User Dungeons&lt;/i&gt;, ou MUDs. Les MUDs sont des jeux de r&#244;les, souvent mis en sc&#232;ne dans un univers fantastique, dans lequel plusieurs personnes interagissent. &#192; l'&#233;poque, l'acc&#232;s &#224; l'univers des MUDs se fait exclusivement par le biais du texte. Dans son ouvrage, Turkle cherche &#224; saisir les potentialit&#233;s (notamment sur le plan th&#233;rapeutique), mais aussi les contradictions et les impasses de cette duplication identitaire : &#171; &lt;i&gt;Why are we doing this ? Is this a shallow game, a giant waste of time ? Is it an expression of an identity crisis of the sort we traditionnally associate with adolescence ? Or are we watching the slow emergence of a new, more multiple style of thinking about the mind ?&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Pourquoi le faisons-nous ? Est-ce un jeu futile, une immense perte de temps ? Est-ce l&#224; l'expression d'une certaine crise d'identit&#233; qu'on associe habituellement &#224; l'adolescence ? Ou bien ne sommes-nous pas en train d'assister &#224; la lente &#233;mergence d'une nouvelle conception, plus multiple et vari&#233;e, de ce qu'est l'esprit ? &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les populaires &lt;i&gt;Second Life&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;World of Warcraft&lt;/i&gt; sont en quelque sorte les h&#233;ritiers des MUDs. Aux questions de Turkle concernant l'identit&#233; individuelle s'ajoutent cependant des interrogations sur ce qu'est une communaut&#233; et sur la nature du lien social. &lt;i&gt;Second Life&lt;/i&gt; est un univers virtuel tridimensionnel, dans lequel des &#171; R&#233;sidants &#187; peuvent acqu&#233;rir des terres et des propri&#233;t&#233;s, cr&#233;er des objets, des b&#226;timents, des v&#234;tements, etc. Comme le nom l'indique, en plus d'&#234;tre un jeu, &lt;i&gt;Second Life&lt;/i&gt; est un environnement social &#224; proprement parler : il n'y a pas de &#171; but du jeu &#187; au sens o&#249; on l'entend habituellement ; le but, en quelque sorte, est la construction d'une soci&#233;t&#233; parall&#232;le : l'agence de presse Reuters y est pr&#233;sente, de nombreux partis politiques majeurs y ont des bureaux, et la Su&#232;de dispose m&#234;me d'une ambassade officielle sur &lt;i&gt;Second Life&lt;/i&gt; depuis 2007 ! Bien entendu, plusieurs marques sont bien pr&#233;sentes dans ce monde virtuel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce titre, celles et ceux que la virtualisation de l'&#233;conomie capitaliste fascine auraient tout int&#233;r&#234;t &#224; aller explorer ces univers et leur m&#233;canique. Le cas de Anshe Chung (avatar de la sino-allemande Ailin Graef) est, &#224; ce titre, particuli&#232;rement int&#233;ressant. Chung est, en quelque sorte, la premi&#232;re &#171; millionnaire virtuelle &#187;. Qu'on se comprenne bien : si la fortune a &#233;t&#233; accumul&#233;e sur &lt;i&gt;Second Life&lt;/i&gt; (par le biais d'investissements immobiliers sur le &#171; territoire &#187; du jeu), elle est n&#233;anmoins bien r&#233;elle, puisque la monnaie de Second Life, le dollar Linden, est convertible en dollar am&#233;ricain... On sait aussi que sur le jeu World of Warcraft se transigent des personnages que des sous-traitants ont fait monter en grade, avant de les vendre &#224; des joueurs qui br&#251;lent de se battre dans des niveaux plus &#233;lev&#233;s de difficult&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir David Barboza, &#171; Ogre to Slay ? Outsource it to the Chinese &#187;, New York (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;... N'ajustez pas votre portable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Second_Life&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://fr.wikipedia.org/wiki/Second_Life&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir David Barboza, &#171; Ogre to Slay ? Outsource it to the Chinese &#187;, &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;, 9 d&#233;cembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Wikis publics et enjeux politiques</title>
		<link>https://www.ababord.org/Wikis-publics-et-enjeux-politiques</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Wikis-publics-et-enjeux-politiques</guid>
		<dc:date>2010-11-27T20:42:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Goldenberg</dc:creator>


		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Goldenberg, Anne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Wiki vient de l'hawa&#239;en et signifie &#171; vite &#187;, informel. Les wikis publics sont des sites Internet dont les pages sont modifiables par tous ou une partie de leurs visiteurs. En misant sur la contribution publique, plusieurs projets ont adopt&#233; ce type de site Internet pour construire et organiser leur contenu. Comment fonctionnent les wikis ? Comment s'organise-t-on dans un wiki public ? Quelles sont les inqui&#233;tudes et les enjeux soulev&#233;s par ce syst&#232;me de r&#233;daction ouvert au public ? (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Promesses-et-perils-du-" rel="directory"&gt;Dossier : Promesses et p&#233;rils du monde num&#233;rique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Technoculture-et-informatique-+" rel="tag"&gt;Technologies, informatique et internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Goldenberg-Anne-+" rel="tag"&gt;Goldenberg, Anne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1092.gif?1642092119' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;613&#034; height=&#034;390&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Wiki vient de l'hawa&#239;en et signifie &#171; vite &#187;, informel. Les wikis publics sont des sites Internet dont les pages sont modifiables par tous ou une partie de leurs visiteurs. En misant sur la contribution publique, plusieurs projets ont adopt&#233; ce type de site Internet pour construire et organiser leur contenu. Comment fonctionnent les wikis ? Comment s'organise-t-on dans un wiki public ? Quelles sont les inqui&#233;tudes et les enjeux soulev&#233;s par ce syst&#232;me de r&#233;daction ouvert au public ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Histoire et principes de fonctionnement des wikis
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le principe a &#233;t&#233; invent&#233;, fin 1994, par un ing&#233;nieur en informatique qui voulait permettre &#224; une communaut&#233; d'informaticiens de contribuer &#224; l'&#233;criture d'une documentation. Pour Ward Cunningham, il s'agissait surtout d'autoriser le lecteur &#224; cr&#233;er ses propres hyperliens ainsi que de nouveaux contenus dans une optique d'int&#233;r&#234;t commun. Plut&#244;t que de s'improviser censeur ou de r&#233;duire l'acc&#232;s &#224; quelques participants, il a ouvert l'&#233;dition de son site Internet au monde entier, pensant qu'il &#233;tait plus pr&#233;cieux d'accueillir des contributions de tous que de les filtrer. Cette fa&#231;on de g&#233;rer la participation publique allait plus tard &#234;tre associ&#233;e &#224; un principe dit de &#171; s&#233;curit&#233; douce &#187; : s'il doit y avoir mod&#233;ration, elle se fait &lt;i&gt;a posteriori&lt;/i&gt;, par les participants eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les wikis sont r&#233;put&#233;s fonctionner &#224; partir de quelques r&#232;gles techniques simples. Chaque enregistrement d'une &#233;dition correspond &#224; une nouvelle version de la page. Elles sont toutes conserv&#233;es dans un historique publiquement accessible. Ainsi, l'&#233;volution de chaque page peut &#234;tre observ&#233;e et une version ant&#233;rieure peut &#234;tre restaur&#233;e &#224; tout moment, en cas de probl&#232;me. Dans certains wikis, des pages de discussion permettent aux r&#233;dacteurs d'un article de d&#233;battre des contenus. Pour guider la participation, on trouve aussi des pages o&#249; est consign&#233;e et discut&#233;e la politique g&#233;n&#233;rale du site.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les wikis et l'exp&#233;rience houleuse d'une l&#233;gitimation autog&#233;r&#233;e
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 2000, les wikis sont surtout utilis&#233;s comme outils de documentation. D&#233;but 2001, le r&#233;dacteur en chef d'une encyclop&#233;die en ligne (&lt;i&gt;Nupe&#233;dia&lt;/i&gt;) d&#233;couvre le principe des wikis. Il propose au fondateur d'utiliser cet outil comme brouillon pour faciliter la collaboration des participants avant soumission au comit&#233; scientifique. Mais le brouillon se montre plus efficace que le syst&#232;me de r&#233;vision traditionnel. Le fondateur d&#233;cide de donner une chance &#224; &lt;i&gt;Wikipedia&lt;/i&gt;, qui semble s'auto-organiser. Le r&#233;dacteur en chef se d&#233;tache alors du projet, qui lui semble d&#233;sormais d&#233;nu&#233; de l&#233;gitimit&#233; scientifique. Commence d&#232;s 2001 la mise en forme d'un projet d'encyclop&#233;die que chacun peut am&#233;liorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'encyclop&#233;die s'organise en sous-projets linguistiques, chaque communaut&#233; fonctionnant de fa&#231;on autonome relativement &#224; l'&#233;laboration de son contenu. Mais toutes doivent s'entendre sur le fait que &lt;i&gt;Wikipedia&lt;/i&gt; est 1. une encyclop&#233;die ; 2. dont les participants doivent chercher la neutralit&#233; de point de vue ; 3. respecter les autres contributeurs ; 4. utiliser et placer les contenus sous licence libre ; et enfin, 5. reconna&#238;tre l'absence de r&#232;gles fixes autres que ces cinq principes fondateurs (d'autres r&#232;gles peuvent &#234;tre implant&#233;es, mais elles sont souples et n&#233;gociables).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;dig&#233; en plus de 250 langues&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;267 en janvier 2010 .&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, souvent promu en haut des r&#233;sultats de recherche fournis par &lt;i&gt;Google&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Wikipedia&lt;/i&gt; est l'un des sites Internet les plus consult&#233;s au monde. Or, le statut de &lt;i&gt;Wikipedia&lt;/i&gt; en tant que source de r&#233;f&#233;rence est critiqu&#233; pour de nombreuses raisons. On lui reproche tout d'abord son &lt;strong&gt;amateurisme&lt;/strong&gt;. Quelle peut &#234;tre la valeur de ce qui va &#234;tre ainsi produit par tout un chacun ? Surtout lorsque l'on sait que les &#233;diteurs ne sont pas contraints de s'identifier pour participer. Comment faire confiance &#224; une connaissance produite par des inconnus ? Cet &lt;strong&gt;anonymat&lt;/strong&gt; ne permet-il pas aux contributeurs de se d&#233;filer de la responsabilit&#233;, qui devrait leur incomber lorsqu'ils publient sur Internet ? Cela favorise aussi le &lt;strong&gt;vandalisme&lt;/strong&gt;, que ce soit sur le mode de la plaisanterie ou dans une d&#233;marche plus concert&#233;e d'insertion d'erreurs difficiles &#224; d&#233;celer. Par ailleurs, les articles ayant trait &#224; des enjeux sociaux et politiques contemporains constituent rapidement une&lt;strong&gt; ar&#232;ne des passions&lt;/strong&gt; plut&#244;t qu'un lieu d'&#233;criture raisonn&#233;e, neutre ou &#233;clair&#233;e. Finalement, sous couvert d'ouverture et de transparence, ceux qui parlent le plus fort, s'obstinent le plus longtemps et ma&#238;trisent le jargon et les proc&#233;dures internes, remportent souvent l'issue du d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La contribution aux wikis publics : un enjeu politique contemporain
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec plus de 15 millions d'articles, &lt;i&gt;Wikipedia&lt;/i&gt; est la plus grosse encyclop&#233;die ayant jamais exist&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Source : .&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Avec plus de 100 000 &#233;diteurs actifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Source : .&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est aussi l'un des plus grands projets collaboratifs de l'histoire. Doit-on conclure &#224; la victoire de la m&#233;diocratie ? Les critiques &#233;nonc&#233;es ci-dessus ne s'inscrivent-elles pas dans une longue tradition de m&#233;fiance envers la culture de masse ? Comme le souligne Mathieu O' Neil&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. O'Neil, Un renouvellement de la culture de masse - Wikipedia ou la fin de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &lt;i&gt;&#171; celle-ci est toujours jug&#233;e vulgaire et mystificatrice, occultant les enjeux r&#233;els. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;criture sur un tel wiki public n'est-elle pas, au contraire, une fa&#231;on d'aborder de front des enjeux contemporains tr&#232;s r&#233;els ? Une observation plus pouss&#233;e du fonctionnement de &lt;i&gt;Wikipedia&lt;/i&gt; permet de comprendre que les &#171; amateurs &#187; s'organisent en fait, selon des champs d'int&#233;r&#234;t et d'expertise, et que leurs contributions sont soumises &#224; la n&#233;gociation. Ils sont incit&#233;s &#224; appuyer leurs affirmations sur des sources consultables : l'argument et sa v&#233;rifiabilit&#233; priment sur la r&#233;putation de l'auteur. La gestion du vandalisme devient un enjeu et un souci collectifs plut&#244;t qu'un probl&#232;me r&#233;gi de l'ext&#233;rieur. Dans un espace o&#249; l'on peut observer ces d&#233;bats, on assume ouvertement que la connaissance est une construction sociale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;pist&#233;mologie, soit l'&#233;tude des conditions de production des connaissances (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et assister aux d&#233;bats entourant cette construction devient instructif en soi. Quant aux faiblesses des r&#232;gles et des modes d'interactions v&#233;cus dans chacun des projets, ils restent am&#233;liorables dans le cadre g&#233;n&#233;ral des principes fondateurs de cette encyclop&#233;die.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Wikipedia&lt;/i&gt; constitue l'une des plus vastes exp&#233;riences contemporaines d'organisation collective et de production critique de connaissance. Mais d'autres projets utilisent ce principe de site d'&#233;dition ouvert au public. On trouve ainsi des guides de voyages r&#233;alis&#233;s par des voyageurs, des documentations &#233;labor&#233;es par des utilisateurs, des wikis territoriaux &#233;crits par les habitants d'une ville ou d'une r&#233;gion, et des wikis citoyens aliment&#233;s par des citoyens bien inform&#233;s. Un wiki a r&#233;cemment concentr&#233; les regards internationaux. &lt;i&gt;WikiLeaks&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Source :&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est un site Internet sur lequel les participants sont incit&#233;s &#224; divulguer des &#171; fuites &#187; d'information. De mani&#232;re anonyme, non identifiable et s&#233;curis&#233;e, le site donne une visibilit&#233; &#224; des documents confidentiels qui r&#233;v&#232;lent une r&#233;alit&#233; sociale, politique, &#233;conomique ou militaire jusqu'alors cach&#233;e au grand public. En mars 2010, ce site divulguait une vid&#233;o de la violence aveugle de l'arm&#233;e am&#233;ricaine en Irak ainsi qu'un document confidentiel de la CIA fournissant des directives de propagande en faveur de la guerre dans ce pays. Per&#231;u comme une arme citoyenne inqui&#233;tante, le wiki a &#233;t&#233; l'objet de plusieurs menaces de fermeture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'auto-organisation et la transparence de ces syst&#232;mes inqui&#232;tent tant, c'est que les wikis sont le th&#233;&#226;tre d'enjeux politiques bien r&#233;els, assez, nous l'esp&#233;rons, pour &#233;veiller la curiosit&#233; critique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;267 en janvier 2010 &lt;a href=&#034;http://meta.wikimedia.org/wiki/Liste_des_Wikipedias&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://meta.wikimedia.org/wiki/Liste_des_Wikipedias&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://stats.wikimedia.org/EN/TablesArticlesTotal.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://stats.wikimedia.org/EN/TablesArticlesTotal.htm&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://stats.wikimedia.org/EN/TablesWikipediaZZ.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://stats.wikimedia.org/EN/TablesWikipediaZZ.htm&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M. O'Neil, Un renouvellement de la culture de masse - Wikipedia ou la fin de l'expertise ?, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, avril 2009, p. 20-21 ( http://www. monde-diplomatique.fr/2009/04/O_NEIL/16985).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'&#233;pist&#233;mologie, soit l'&#233;tude des conditions de production des connaissances scientifiques, nous enseigne que l'&#233;tablissement de connaissances l&#233;gitimes est toujours li&#233;e &#224; un contexte de rapports sociaux, culturels et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://wikileaks.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://wikileaks.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un tiens vaut-il mieux que deux tu l'auras ? </title>
		<link>https://www.ababord.org/Un-tiens-vaut-il-mieux-que-deux-tu</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Un-tiens-vaut-il-mieux-que-deux-tu</guid>
		<dc:date>2010-11-27T20:40:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mario Asselin</dc:creator>


		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
		<dc:subject>Asselin, Mario </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'information circule plus vite que jamais par l'explosion des dispositifs num&#233;riques et de leurs usages ; les gens disposent de nouveaux moyens pour s'affirmer et plusieurs s'en servent. L&#224; s'arr&#234;tent les certitudes sur ce qu'on observe en termes de valeur ajout&#233;e par les Technologies de l'Information et des Communications (TIC) en &#233;ducation. La conversation qui brise l'isolement, des jeunes plus connaissants et l'av&#232;nement d'une vaste communaut&#233; d'apprentissage en r&#233;seau&#8230; c'est de l'ordre (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Promesses-et-perils-du-" rel="directory"&gt;Dossier : Promesses et p&#233;rils du monde num&#233;rique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Education-et-enseignement-+" rel="tag"&gt;Education et enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Technoculture-et-informatique-+" rel="tag"&gt;Technologies, informatique et internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Asselin-Mario-+" rel="tag"&gt;Asselin, Mario &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1089.gif?1642092119' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;640&#034; height=&#034;427&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'information circule plus vite que jamais par l'explosion des dispositifs num&#233;riques et de leurs usages ; les gens disposent de nouveaux moyens pour s'affirmer et plusieurs s'en servent. L&#224; s'arr&#234;tent les certitudes sur ce qu'on observe en termes de valeur ajout&#233;e par les Technologies de l'Information et des Communications (TIC) en &#233;ducation. La conversation qui brise l'isolement, des jeunes plus connaissants et l'av&#232;nement d'une vaste communaut&#233; d'apprentissage en r&#233;seau&#8230; c'est de l'ordre de la pieuse promesse. Mais c'est int&#233;ressant en diable que de l'envisager. &#192; tout prendre, l'essentiel n'est-il pas de se dire que le &lt;i&gt;num&#233;rique&lt;/i&gt; est &#8211; aussi &#8211; un espace o&#249; se d&#233;finissent des valeurs !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis l'invention de l'imprimerie par Gutenberg au milieu du XVe si&#232;cle, aucun changement dans le support de diffusion des connaissances n'avait bouscul&#233; autant l'ordre &#233;tabli qu'Internet. La diversit&#233; et l'ampleur des usages sur la &lt;i&gt;Toile&lt;/i&gt; sont souvent invoqu&#233;es quand il est question de prendre la mesure des promesses de ce &lt;i&gt;Nouveau monde&lt;/i&gt;. Chacun pouvant devenir producteur de contenu (et diffuser tout genre de textes/sons/images/vid&#233;os sans interm&#233;diaire et sans conna&#238;tre les langages de programmation), l'internaute contribue &#224; r&#233;soudre l'&#233;quation de l'acc&#232;s &#224; l'information dans un mode beaucoup plus fragment&#233;. &#201;videmment, donn&#233;es, informations et opinions ne sont pas n&#233;cessairement synonymes de connaissances. Malgr&#233; les r&#233;serves que l'on peut entretenir sur certains enjeux, le bilan des acquis mesurables est prometteur. De l&#224; &#224; dire que l'acc&#232;s &#224; plus d'informations est toujours un signe de progr&#232;s, il n'y a qu'un pas ; cet article ne le franchira pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, il convient de distinguer entre ce que nous procure actuellement le &lt;i&gt;num&#233;rique&lt;/i&gt; et ce que les prospectivistes nous annoncent. &#192; travers des dispositifs comme le courrier &#233;lectronique, les messages textes, les blogues, les &lt;i&gt;wikis&lt;/i&gt;, les r&#233;seaux sociaux (&lt;i&gt;Twitter, Facebook,&lt;/i&gt; etc.) et le clavardage, les internautes d'aujourd'hui occupent l'espace public diff&#233;remment de leurs a&#238;n&#233;s au m&#234;me &#226;ge, provoquant une conversation &#224; plusieurs voix et une grande qu&#234;te d'informations tous azimuts. Les fa&#231;ons de chercher du contenu par Internet peuvent contribuer &#224; changer un certain rapport au savoir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; qui &#233;taient pos&#233;es toutes ces questions avant Google ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le central jou&#233; par les moteurs de recherche est au c&#339;ur de la nouvelle dynamique de la recherche d'informations et de la qu&#234;te d'identit&#233;. Chaque seconde, les nombreux engins en amont des algorithmes utilis&#233;s par les moteurs de recherche ratissent les serveurs, qui sont nombreux &#224; ouvrir leurs portes sur le contenu qu'ils renferment. L'information est index&#233;e, puis class&#233;e selon une logique dont la pertinence reste &#224; prouver. On y enregistre de nombreuses requ&#234;tes ; en mars 2009, on parlait de pr&#232;s de 294 millions de recherches par jour sur &lt;i&gt;Google&lt;/i&gt; seulement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Une &#171; culture &#187; du partage a pris forme, &#224; partir de la mise en commun de ce que l'on sait (ou de ce qu'on pense savoir), qui porte les internautes &#224; &lt;i&gt;demander&lt;/i&gt;, avec l'esp&#233;rance psychique de &lt;i&gt;trouver&lt;/i&gt;. La grande biblioth&#232;que num&#233;rique fait le bonheur de plusieurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourrions-nous affirmer que nous sommes devenus plus curieux que jamais ? Devrions-nous conclure qu'au-del&#224; de la qualit&#233; des informations qui circulent, les moyens de s'affirmer sont plus nombreux que jamais et, qu'ainsi, la mise en valeur de son identit&#233; &#8211; ou de son patrimoine &#8211; n'a jamais &#233;t&#233; aussi facile ? On peut au moins se demander si ces questions &#233;taient pos&#233;es auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avez-vous d&#233;j&#224; &lt;i&gt;Googlis&#233;&lt;/i&gt; quelqu'un en soumettant son nom dans le c&#233;l&#232;bre moteur de recherche ? L'exemple des jeunes est int&#233;ressant. Ils ne laissent aucun moteur de recherche &#8211; &lt;i&gt;Google&lt;/i&gt; est le plus connu, mais &lt;i&gt;YouTube&lt;/i&gt; est le plus populaire aupr&#232;s des 12 &#224; 17 ans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Affirmation tir&#233;e des r&#233;sultats de l'enqu&#234;te du Cefrio sur &#171; La g&#233;n&#233;ration C (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; d&#233;cider &#224; leur place de l'image qui pourrait &#233;merger d'une requ&#234;te &#224; partir de leur patronyme. Le producteur de contenu d'aujourd'hui sait qu'il peut avoir une influence sur le classement avec les outils qui sont mis &#224; sa disposition. Anderson (2004) a bien expliqu&#233; comment le march&#233; quasi monopolistique des gros producteurs traditionnels s'est fait rattraper, voire d&#233;passer, par une multitude de petits producteurs de contenu (ou de relayeurs, c'est selon). L'&#233;conomie de l'information s'en trouve radicalement transform&#233;e quand on applique ce raisonnement au mode actuel de la vie en soci&#233;t&#233; : les r&#233;seaux prennent maintenant toute leur importance et les grands relayeurs, les m&#233;dias de masse, n'ont plus le monopole de la transmission. C'est ce qu'on appelle la&lt;i&gt; longue tra&#238;ne&lt;/i&gt;, caract&#233;ris&#233;e par cette longue liste de petits g&#233;n&#233;rateurs de contenu. Ces &lt;i&gt;petits&lt;/i&gt; se voient d&#233;j&#224; &lt;i&gt;grands&lt;/i&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cette capacit&#233; de produire du contenu influence l'&#233;ducation
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette th&#233;orie de Chris Anderson a des effets en &#233;ducation. &lt;i&gt;L'apprenant 2.0&lt;/i&gt; ne se limite pas &#224; utiliser Internet pour consulter des pages &lt;i&gt;Web&lt;/i&gt; ; s'il a commenc&#233; par &#233;changer des courriels et des messages texte, il exploite maintenant les possibilit&#233;s qu'offre le &lt;i&gt;World Wide Web&lt;/i&gt; dans les deux sens, consultation et diffusion. Les domaines de la musique, des journaux (m&#233;dias de masse, publicit&#233;, etc.) et de l'&#233;dition y go&#251;tent : les r&#233;seaux deviennent un enjeu important qui perturbe autant l'&#233;ducation que ces autres secteurs. Pourquoi ? Parce qu'il y a de moins en moins d'interm&#233;diaires pour produire du contenu. Celui qui fait un apprentissage (ou souhaite enseigner) peut imm&#233;diatement reproduire ce qu'il veut diffuser et l'offrir directement &#224; un r&#233;seau d'internautes, apr&#232;s l'avoir modifi&#233; &#8211; adapt&#233; &#8211; ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les adultes formateurs le veuillent ou non, cette prise de parole s'exerce. Les apprenants ont massivement investi la &lt;i&gt;Toile&lt;/i&gt; pour rendre compte de leurs apprentissages (ou de ce qu'ils veulent faire apprendre) et s'exprimer. C'est pourquoi on constate qu'&#233;crire sur Internet &#8211; usage participatif &#8211; favorise l'apprentissage. Un jeune r&#233;alise vite que pour &#234;tre &lt;i&gt;trouv&#233;&lt;/i&gt;, il doit bien &#233;crire ; du moins, aussi bien que ceux qui cherchent...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La publication Web... un puissant levier pour apprendre &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs sont d'avis que la pratique carneti&#232;re (l'utilisation des blogues) et les autres formes de publication &lt;i&gt;Web&lt;/i&gt; participent au rep&#233;rage et &#224; la construction d'une identit&#233; &lt;i&gt;num&#233;rique&lt;/i&gt; de plus en plus affirm&#233;e. Ces dispositifs mettent &#224; la disposition de la communaut&#233; &#233;ducative des outils motivants, qui transportent le travail en contexte de communaut&#233;. Si apprendre est un acte social, apprendre par Internet l'est d'autant plus ; le &lt;i&gt;num&#233;rique&lt;/i&gt; procure &#224; chacun le moyen de ses ambitions ! L'&#233;ducation civique pourrait profiter de ce dialogue ainsi &#233;tabli&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, les gens &#233;crivent et lisent davantage au contact du &lt;i&gt;num&#233;rique&lt;/i&gt;. Ils ne deviennent pas automatiquement de meilleurs auteurs ou de bons lecteurs, mais&#8230; pour un jeune, faire ses travaux pour la plan&#232;te plut&#244;t que pour un prof, &#231;a change la perspective !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que les jeunes veulent &#234;tre fiers de l'image qu'ils projettent sur leur site Internet personnel, ils font davantage l'effort d'apprendre &#224; affiner les strat&#233;gies de v&#233;rification de leurs textes et sont plus soucieux d'apprendre les r&#232;gles de grammaire. Pour commenter de fa&#231;on plus pertinente, ils apprennent &#224; bien d&#233;coder les intentions d'&#233;criture de ceux qui commentent leurs billets. Motiv&#233;s &#224; mieux argumenter, les &#233;l&#232;ves lisent avec plus d'attention, puisqu'une r&#233;ponse bien envoy&#233;e leur assure d'autres commentaires et ainsi&#8230; plus de notori&#233;t&#233;. L'&#233;criture et la lecture ainsi plac&#233;es dans des contextes signifiants pour chacun deviennent des activit&#233;s motivantes. Ils sont port&#233;s &#224; s'am&#233;liorer pour &#234;tre reconnus comme de bons lecteurs et de bons auteurs. Ils comprennent davantage que c'est par la r&#233;p&#233;tition et le raffinement de leur processus de lecture et d'&#233;criture qu'ils arrivent &#224; atteindre de hauts standards de r&#233;ussite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs &#233;ducateurs le pressentent : le levier (pourrait-on dire le &lt;i&gt;moteur&lt;/i&gt;) principal de d&#233;veloppement de l'individu est la qu&#234;te d'identit&#233;. Or, les r&#233;seaux sociaux r&#233;pondent parfaitement &#224; cette qu&#234;te&#8230; &lt;i&gt;&#171; J'existe, et je sais que j'existe dans la mesure o&#249; j'obtiens un &#233;cho fr&#233;quent de mon existence. Savoir que je suis important pour quelqu'un, plusieurs fois dans la m&#234;me journ&#233;e, me construit. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://blog.usaseopros.com/2009/04/15/google-searches-per-day-reaches-293-million-in-march-2009&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://blog.usaseopros.com/2009/04/15/google-searches-per-day-reaches-293-million-in-march-2009&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Affirmation tir&#233;e des r&#233;sultats de l'enqu&#234;te du &lt;i&gt;Cefrio&lt;/i&gt; sur &#171; &lt;i&gt;La g&#233;n&#233;ration C - Les 12-24 ans, moteurs de transformation des organisations&lt;/i&gt; &#187; : http://www. cefrio.qc.ca/index.php ?id=74&amp;tx_ttnews[tt_news]=4507&amp;cHash=9c3ca1112ae&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Meurtre d'une v&#233;g&#233;tarienne</title>
		<link>https://www.ababord.org/Meurtre-d-une-vegetarienne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Meurtre-d-une-vegetarienne</guid>
		<dc:date>2010-11-27T19:54:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;a Fontaine</dc:creator>


		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
		<dc:subject>Fontaine, L&#233;a</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Magasiner en ligne, rien de plus commun ! Rencontrer des amis, voire des amants, se marier certificat &#224; l'appui&#8230; Les seules limites du monde virtuel r&#233;sident dans l'imagination des internautes. &#192; l'instar de Sal9000 , j'ai voulu me marier. Le ridicule ne tuant pas, ce matin, j'ai &#233;pous&#233; ma bicyclette : &#171; L&#233;a et Bicyclette se sont pr&#233;sent&#233;es &#224; l'adresse www.lemariagevirtuel.com et devant nous, ont d&#233;clar&#233; vouloir &#234;tre unies virtuellement pour le rire et la bonne humeur. Selon les pouvoirs (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Promesses-et-perils-du-" rel="directory"&gt;Dossier : Promesses et p&#233;rils du monde num&#233;rique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Technoculture-et-informatique-+" rel="tag"&gt;Technologies, informatique et internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fontaine-Lea-+" rel="tag"&gt;Fontaine, L&#233;a&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1090.gif?1642092119' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;526&#034; height=&#034;372&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Magasiner en ligne, rien de plus commun ! Rencontrer des amis, voire des amants, se marier certificat &#224; l'appui&#8230; Les seules limites du monde virtuel r&#233;sident dans l'imagination des internautes. &#192; l'instar de Sal9000&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, j'ai voulu me marier. Le ridicule ne tuant pas, ce matin, j'ai &#233;pous&#233; ma bicyclette : &#171; &lt;i&gt;L&#233;a et Bicyclette se sont pr&#233;sent&#233;es &#224; l'adresse &lt;a href=&#034;http://www.lemariagevirtuel.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lemariagevirtuel.com&lt;/a&gt; et devant nous, ont d&#233;clar&#233; vouloir &#234;tre unies virtuellement pour le rire et la bonne humeur. Selon les pouvoirs d'Internet, les sus nomm&#233;es ont &#233;t&#233; unies virtuellement avec pour t&#233;moins les internautes.&lt;/i&gt; &#187; Le moins dr&#244;le dans l'histoire : ce site regorge d'annonces de personnes d&#233;sireuses de rencontrer le grand amour, aussi r&#233;el qu'elles. Le mariage &#233;tant somme toute assez banal, j'ai organis&#233; un assassinat. Ayant d&#233;couvert qu'une professeure de piano, en chair et en os, a &#233;t&#233; poursuivie devant les juridictions japonaises pour avoir virtuellement assassin&#233; son mari virtuel (via &lt;i&gt;Maple Story&lt;/i&gt;), j'ai pr&#233;f&#233;r&#233; me choisir comme victime : Ivan Postoklov, sp&#233;cialis&#233; en disparitions, amateur de roulette russe, dipl&#244;m&#233; en psycho et dot&#233; de notions de chimie, se charge de mon cas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vid&#233;o en ligne, &#226;mes sensibles s'abstenir : zdp3u038d9412pboejo&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce fut bref et efficace. Ivan a eu la courtoisie de m'informer de ma mort, par courriel. Bien que refroidie, Ivan m'a offert la possibilit&#233; d'enqu&#234;ter afin de d&#233;masquer le commanditaire. Puisque je connais l'identit&#233; de l'assassin, j'ai pr&#233;f&#233;r&#233; me consacrer &#224; l'organisation de mes fun&#233;railles. Surfant de cimeti&#232;res pour chiens en cimeti&#232;res pour chats (ex. &lt;a href=&#034;http://www.cimetierepourchat.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cimetierepourchat.com&lt;/a&gt;), tr&#232;s vite, j'ai d&#233;couvert des &#171; lieux &#187; comm&#233;moratifs pour morts r&#233;els. Les services offerts sont souvent gratuits (ex. annonce du d&#233;c&#232;s, publication d'une photo du d&#233;funt), mais parfois payants (ex. fleurs et bougies, virtuelles bien s&#251;r) : &lt;a href=&#034;http://www.lecimetiere.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lecimetiere.net&lt;/a&gt;. La confirmation des c&#233;l&#233;brations fun&#233;raires tardant &#224; arriver, pour passer le temps et me caler les joues, j'ai cuisin&#233; une cyber-omelette : &lt;a href=&#034;http://www.123peppy.com/play/bread-omelet&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.123peppy.com/play/bread-omelet&lt;/a&gt;. Le rapport pr&#233;liminaire des enqu&#234;teurs de la police m'est finalement parvenu. &#192; la question, pourquoi avoir fait tuer L&#233;a, le suspect r&#233;pond : &#171; &lt;i&gt;Parce qu'elle est v&#233;g&#233;tarienne !&lt;/i&gt; &#187; Pour voir l'arrestation du commanditaire, cliquez sur &#171; enqu&#234;ter &#187;, ensuite sur &#171; Demander plus d'indices &#187;, puis sur &#171; D&#233;masquer le coupable &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://boingboing.net/2009/11/24/footage-from-the-fir.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://boingboing.net/2009/11/24/footage-from-the-fir.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Vid&#233;o en ligne, &#226;mes sensibles s'abstenir : &lt;a href=&#034;http://www.jetueunami.com/13emeRUE/meurtre/FontaineLea/7&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.jetueunami.com/13emeRUE/meurtre/FontaineLea/7&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
zdp3u038d9412pboejo&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.jetueunami.com/13emeRUE/meurtre/FontaineLea/7zdp3u038d9412pboejo&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.jetueunami.com/13emeRUE/meurtre/FontaineLea/7zdp3u038d9412pboejo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Assez de culpabilit&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Assez-de-culpabilite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Assez-de-culpabilite</guid>
		<dc:date>2010-11-27T19:40:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe de Grosbois</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
		<dc:subject>de Grosbois, Philippe </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En mars dernier, le Canada a connu son premier condamn&#233; pour piratage de contenu culturel. Stephen Harper a d&#233;pos&#233; le projet de loi &#224; Ottawa au printemps 2007, deux jours apr&#232;s avoir rencontr&#233; Arnold Schwarzenegger, gouverneur de Californie (et, doit-on le rappeler, ex-acteur). Il n'en tient qu'&#224; nous d'&#233;viter que cette criminalisation du partage ne se r&#233;pande. &#192; moins qu'on ne se sente d&#233;j&#224; trop coupable de t&#233;l&#233;charger ? Si c'est le cas, nous avons d&#233;j&#224; perdu. &lt;br class='autobr' /&gt;
La plupart d'entre nous (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Promesses-et-perils-du-" rel="directory"&gt;Dossier : Promesses et p&#233;rils du monde num&#233;rique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Technoculture-et-informatique-+" rel="tag"&gt;Technologies, informatique et internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-de-Grosbois-Philippe-+" rel="tag"&gt;de Grosbois, Philippe &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En mars dernier, le Canada a connu son premier condamn&#233; pour piratage de contenu culturel. Stephen Harper a d&#233;pos&#233; le projet de loi &#224; Ottawa au printemps 2007, deux jours apr&#232;s avoir rencontr&#233; Arnold Schwarzenegger, gouverneur de Californie (et, doit-on le rappeler, ex-acteur). Il n'en tient qu'&#224; nous d'&#233;viter que cette criminalisation du partage ne se r&#233;pande. &#192; moins qu'on ne se sente d&#233;j&#224; trop coupable de t&#233;l&#233;charger ? Si c'est le cas, nous avons d&#233;j&#224; perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart d'entre nous adoptons un petit sourire timide en disant qu'on a copi&#233; un cd ou t&#233;l&#233;charg&#233; une s&#233;rie t&#233;l&#233;vis&#233;e sur Internet. Si, de surcro&#238;t, il s'agit d'une &#339;uvre qu&#233;b&#233;coise, on rougit. Avons-nous int&#233;rioris&#233; l'id&#233;e que partager, c'est mal ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques ann&#233;es, &lt;i&gt;Quebecor&lt;/i&gt; avait (encore une fois) placard&#233; les murs du m&#233;tro, disant : &#171; &lt;i&gt;Le piratage nuit aux artisans de la musique&lt;/i&gt; &#187;. On ne le r&#233;p&#233;tera jamais assez : le lien entre le partage de fichiers et la baisse de la vente de disques compacts est loin d'&#234;tre &#233;tabli&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; Prentice, les pirates... et vous &#187;, &#192; Babord !, no. 26, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Plusieurs &#233;tudes vont m&#234;me dans le sens contraire : en novembre dernier, une &#233;tude britannique soutenait que les soi-disant &#171; pirates &#187; &#233;taient aussi ceux qui ach&#232;tent le plus de musique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; Illegal downloaders spend more on music &#187;, sur&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fait, depuis quand les producteurs d&#233;fendent-ils les artistes ? Il y a quelques ann&#233;es, cherchant les paroles d'une chanson de Brassens, je tombe sur une page Internet indiquant : &#171; &lt;i&gt; Nous avons d&#251; retirer ces paroles &#224; la suite d'une plainte d'ayants-droit&lt;/i&gt; &#187;. Quelqu'un veut-il me faire croire que le vieux Georges, qui &#171; &lt;i&gt;refusant d'acquitter la ran&#231;on de la gloire, sur son brin de laurier, s'endort comme un loir&lt;/i&gt; &#187;, aurait approuv&#233; pareille absurdit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant un s&#233;jour de quelques mois en &#201;cosse, j'ai connu l'excellente sitcom (com&#233;die de situation) britannique &lt;i&gt;Green Wing&lt;/i&gt;. &#192; mon retour &#224; Montr&#233;al, voulant partager cette d&#233;couverte avec des amis, j'ai appris qu'elle n'&#233;tait pas distribu&#233;e au Qu&#233;bec. J'ai donc t&#233;l&#233;charg&#233; la s&#233;rie &#224; l'aide d'un torrent. Mes amis ont ador&#233;, l'ont copi&#233;e sur leur cl&#233; USB, et l'ont fait d&#233;couvrir &#224; d'autres. Elle atterrira peut-&#234;tre un jour sur le disque dur d'un distributeur, qui se remplira les poches en achetant les droits, et ce, gr&#226;ce au partage. On peut nous dire o&#249; est le probl&#232;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture nous est vendue comme du &lt;i&gt;bubble-gum&lt;/i&gt; depuis des d&#233;cennies, et maintenant les marchands s'offusquent parce qu'on a ces m&#234;mes &#233;gards pour l'industrie culturelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de culpabiliser, allons explorer ces avenues qui s'offrent &#224; nous. Certes, elles sont imparfaites et insatisfaisantes pour les artistes, mais elles n'attendent que nous pour &#234;tre perfectionn&#233;es et mieux adapt&#233;es &#224; leurs besoins, et promettent de jeter &#224; terre, en quelques ann&#233;es si l'on s'y met, &lt;i&gt;Quebecor&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Universal&lt;/i&gt;, ces empires de propagande. Multiplions les &lt;i&gt;RueFrontenac&lt;/i&gt;, les &lt;i&gt;Moodle&lt;/i&gt;, les &lt;i&gt;InRainbows&lt;/i&gt;, qui semblent tr&#232;s bien servir leurs cr&#233;ateurs. Allez t&#233;l&#233;charger la s&#233;rie &lt;i&gt;Green Wing&lt;/i&gt;, amusez-vous, et partagez-la ! Producteurs, soyez tranquilles : vous ne dormirez pas dans une ruelle, ce soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS. Oui, oui, vous pouvez trouver les sous-titres aussi ! Tapez &#171; green wing subtitles &#187; dans &lt;i&gt;Google&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#171; Prentice, les pirates... et vous &#187;, &lt;i&gt;&#192; Babord !&lt;/i&gt;, no. 26, octobre-novembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#171; Illegal downloaders spend more on music &#187;, sur &lt;a href=&#034;http://www.demos.co.uk&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.demos.co.uk&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Grandes peurs et petites mis&#232;res du num&#233;rique</title>
		<link>https://www.ababord.org/Grandes-peurs-et-petites-miseres</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Grandes-peurs-et-petites-miseres</guid>
		<dc:date>2010-11-27T19:37:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>St&#233;phane Baillargeon</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias et journalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
		<dc:subject>Baillargeon, St&#233;phane </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les nouvelles technologies de l'information ont bien &#233;videmment transform&#233; de bout en bout le secteur de l'information. La d&#233;mat&#233;rialisation combin&#233;e &#224; la gratuit&#233;, mais aussi &#224; la chute des revenus publicitaires, ont fait perdre pied &#224; des empires de presse et vaciller un large pan de la maison m&#233;diatique. Dans le monde journalistique, cette mutation fait g&#233;n&#233;ralement &#233;valuer les enjeux de plusieurs mani&#232;res, d'ailleurs non exclusives. En voici trois, parmi les plus pr&#233;gnantes, toutes li&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Promesses-et-perils-du-" rel="directory"&gt;Dossier : Promesses et p&#233;rils du monde num&#233;rique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Medias-et-journalisme-+" rel="tag"&gt;M&#233;dias et journalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Technoculture-et-informatique-+" rel="tag"&gt;Technologies, informatique et internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Baillargeon-Stephane-+" rel="tag"&gt;Baillargeon, St&#233;phane &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1086.gif?1642092119' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;945&#034; height=&#034;709&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les nouvelles technologies de l'information ont bien &#233;videmment transform&#233; de bout en bout le secteur de l'information. La d&#233;mat&#233;rialisation combin&#233;e &#224; la gratuit&#233;, mais aussi &#224; la chute des revenus publicitaires, ont fait perdre pied &#224; des empires de presse et vaciller un large pan de la maison m&#233;diatique. Dans le monde journalistique, cette mutation fait g&#233;n&#233;ralement &#233;valuer les enjeux de plusieurs mani&#232;res, d'ailleurs non exclusives. En voici trois, parmi les plus pr&#233;gnantes, toutes li&#233;es au &lt;i&gt;num&#233;rique&lt;/i&gt;, tour &#224; tour pr&#233;sent&#233;es comme le moteur d'un avenir radieux, le fossoyeur d'un pass&#233; glorieux ou simplement le propulseur dans une &#233;ternelle imm&#233;diatet&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volution num&#233;rique, l'antidote
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les journalistes n'&#233;chappent pas &#224; l'id&#233;ologie technicienne, bien au contraire. Ils souffrent sinon collectivement, du moins tr&#232;s souvent individuellement, d'une sorte de &lt;i&gt;technophilie&lt;/i&gt; acritique aux proportions aussi b&#234;tes que d&#233;solantes. Certains coll&#232;gues &#8211; et ils sont nombreux &#8211;, s'imaginent que les technologies tracent la voie vers une sorte d'Eden, d'avenir tout proche et flamboyant, fait &#224; la limite de toutes les informations diffus&#233;es, gratuitement et automatiquement, vers des machines de moins en moins ch&#232;res et de plus en plus compactes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai que la technique offre de formidables moyens de diffusion de l'information, mais ce n'est jamais qu'un outil sans fin. Un tuyau, formidable, mais d'abord et avant tout parce qu'il permet de se brancher sur une infinit&#233; de sources, les m&#233;dias bien s&#251;r, et puis les universit&#233;s, une biblioth&#232;que universelle, des jeux, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'empressement avec lequel ce monde, mon monde, relaie l'apparition de toute nouvelle b&#233;belle &lt;i&gt;num&#233;rique&lt;/i&gt; fournit la preuve la plus tristement &#233;loquente de cette soumission b&#234;te &#224; une perspective &lt;i&gt;techno-utilitariste&lt;/i&gt;, pour ne pas dire insens&#233;e. Et quand &lt;i&gt;Apple&lt;/i&gt; sort un nouveau trucmuche, on frise le d&#233;lire. &lt;i&gt;Influence Communication&lt;/i&gt; a par exemple calcul&#233; que les lancements du &lt;i&gt;iPhone&lt;/i&gt; et du &lt;i&gt;iPad&lt;/i&gt;, des op&#233;rations essentiellement commerciales on se comprend, ont figur&#233; dans le top 5 des nouvelles les plus cit&#233;es en 24 heures, au Qu&#233;bec comme ailleurs dans le monde. L'apparition en boutiques du&lt;i&gt; iPhone&lt;/i&gt; G3 en juillet 2008 a occup&#233; 9,23 % des nouvelles qu&#233;b&#233;coises en une seule journ&#233;e. Cette m&#233;ga &lt;i&gt;infopub&lt;/i&gt;, cette &lt;i&gt;iPub&lt;/i&gt; aux proportions galactiques, a g&#233;n&#233;r&#233; plus d'attention m&#233;diatique que toutes les catastrophes naturelles survenues dans le monde au cours de l'ann&#233;e, incluant les feux en Gr&#232;ce, les inondations en Afrique et plus de 40 autres incidents majeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On entend d&#233;j&#224; les &lt;i&gt;z&#233;lateurs&lt;/i&gt; &#224; chaud de la technique comme id&#233;ologie r&#233;pliquer : &lt;i&gt;&#171; oui, mais ho, il s'agit d'un t&#233;l&#233;phone intelligent ! &#187;&lt;/i&gt; Intelligent ? Musil notait d&#233;j&#224; au b&#233;n&#233;fice des idiots d&#233;crivant un cheval de course comme &#171; g&#233;nial &#187;, qu'ils se laissent bien peu de marge de man&#339;uvre conceptuelle pour pr&#233;senter Mozart ou Leonardo da Vinci&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La R&#233;volution num&#233;rique, la menace imparable
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me perspective per&#231;oit la&lt;i&gt; r&#233;volution num&#233;rique&lt;/i&gt; dans le monde des m&#233;dias comme une menace imparable, un risque immense de disparition des formes traditionnelles, non seulement des m&#233;dias classiques, mais aussi du bon vieux journalisme &#224; l'ancienne. Apr&#232;s avoir stimul&#233; la constitution de conglom&#233;rats de la soci&#233;t&#233; de l'information et du divertissement (sur le mod&#232;le de l'empire &lt;i&gt;Quebecor&lt;/i&gt;), la d&#233;mat&#233;rialisation menacerait la survie de certaines des plus vieilles et des plus nobles bases du quatri&#232;me pouvoir. En plus, l'information qui se donne n'aurait finalement plus de valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette position apocalyptique s'accommode tr&#232;s bien de l'id&#233;ologie pr&#233;cit&#233;e. On peut bien admirer le &lt;i&gt;num&#233;rique&lt;/i&gt; tout en craignant qu'il nous fasse dispara&#238;tre. Probablement comme les cow-boys regardaient le train et l'automobile, avec effroi et admiration. Cette fois, la perspective sur&#233;value l'impact des transformations en cours, en liant trop fondamentalement l'information &#224; sa m&#233;diatisation, en oubliant que l'essentiel du journalisme ne se concentre pas dans sa m&#233;canique de transmission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une enqu&#234;te du &lt;i&gt;Project for Excellence in Journalism&lt;/i&gt; du&lt;i&gt; Pew Research Center&lt;/i&gt; des &#201;tats-Unis a mis r&#233;cemment en &#233;vidence la centralit&#233; des sources traditionnelles (et surtout du journal) dans la cha&#238;ne de production et de diffusion de l'information&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Du m&#234;me coup, l'enqu&#234;te a montr&#233; la faiblesse des nouveaux m&#233;dias de ce point de vue : en gros, ils ne produisent &#224; peu pr&#232;s rien d'original ou d'essentiel, se contentent de piller all&#232;grement les nouvelles des anciens et ne jouent au mieux qu'une sorte de r&#244;le d'alerte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enqu&#234;te utilisait le cas concret de Baltimore. Les enqu&#234;teurs ont pass&#233; au peigne fin la production m&#233;diatique de la ville dans la semaine du 19 au 25 juillet 2009. Au total, l'&#233;tude intitul&#233;e &lt;i&gt;How News Happens&lt;/i&gt; a recens&#233; 53 sources de production, des stations de radio, des journaux, des blogues, dont une douzaine rest&#233;es &#233;trangement muettes pendant la p&#233;riode d'observation.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'enqu&#234;te a suivi six nouvelles majeures pour d&#233;couvrir que leur traitement provenait en majorit&#233; de sources traditionnelles. &#171; &lt;i&gt;Huit fois sur dix, les histoires r&#233;p&#233;taient ou reformataient une information publi&#233;e auparavant,&lt;/i&gt; r&#233;sument les chercheurs. &lt;i&gt;Et presque toutes les histoires qui comprenaient de nouvelles informations, soit 95 %, provenaient des m&#233;dias traditionnels, pour la plupart des journaux. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il de m&#234;me souligner que ce sont encore et toujours les m&#233;dias traditionnels (et d'abord les journaux) qui remportent les prix de journalisme dans tous les concours nord-am&#233;ricains ou europ&#233;ens ? Sur les 14 prix Pulitzer distribu&#233;s en 2010, un seul est revenu &#224; une production uniquement m&#233;diatis&#233;e en ligne, une caricature diffus&#233;e sur le site &lt;a href=&#034;http://www.sfgate.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.sfgate.com&lt;/a&gt; (&lt;i&gt;San Francisco Bay Area &#8211; San Francisco Chronicle&lt;/i&gt;). Un autre a &#233;t&#233; remis conjointement &#224; un site Internet (li&#233; &#224; une fondation finan&#231;ant le journalisme d'enqu&#234;te) et au &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;. Au total, ce journal et le &lt;i&gt;Washington Post&lt;/i&gt; ont rafl&#233; la moiti&#233; des r&#233;compenses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, ceci ne nie pas cela. Bien s&#251;r, il faut de l'argent pour soutenir l'activit&#233; journalistique de base et de l'argent, certains m&#233;dias en manquent d&#233;sesp&#233;r&#233;ment. L'&#233;tude du &lt;i&gt;Pew Research Center&lt;/i&gt; a d'ailleurs document&#233; une baisse de la qualit&#233; et de la quantit&#233;, les m&#233;dias traditionnels en manque de moyens relayant de plus en plus des nouvelles r&#233;chauff&#233;es, insipides ou de peu d'utilit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement, quand un nouveau mod&#232;le d'affaire &#233;mergera, ce n'est ni &lt;i&gt;Twitter&lt;/i&gt;, ni &lt;i&gt;Facebook&lt;/i&gt;, ni m&#234;me les sites Internet gratuits qui vont abattre, ni m&#234;me sauver la bonne vieille m&#233;canique &#224; mener des enqu&#234;tes, d&#233;nicher et trier des nouvelles, les mettre en perspective et critiquer les pouvoirs. Ces tuyaux vont lui nuire (en pillant son travail, comme &#231;a se fait maintenant) ou l'aider (les meilleurs nouveaux m&#233;dias appartiennent souvent aux vieux), mais ils ne pourront pas la remplacer. D&#233;sol&#233;, mais le m&#233;dium n'est pas le message.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volution num&#233;rique, responsable des transformations de l'information
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une troisi&#232;me mani&#232;re de juger la r&#233;volution num&#233;rique dans le champ m&#233;diatique la pr&#233;sente comme une grande responsable des transformations radicales des modalit&#233;s de production de l'information. L'instantan&#233;it&#233; par la d&#233;mat&#233;rialisation rapproche les types de journalismes (tous imitent la superficialit&#233; de la t&#233;l&#233;), les fonctions m&#233;diatiques fusionnent (le reporter met lui-m&#234;me en ligne ses reportages), les genres se m&#234;lent (le blogue m&#233;lange le reportage et la chronique, au mieux) comme les supports s'interconnectent (le &lt;i&gt;multiplateforme&lt;/i&gt;, &#231;a vous dit quelque chose ?). Le journaliste a de plus en plus l'impression de travailler, trop et trop vite, en devenant une sorte de multim&#233;dia &#224; lui tout seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lise Bissonnette, ancienne directrice du &lt;i&gt;Devoir&lt;/i&gt;, a r&#233;cemment accus&#233; les journalistes politiques qui alimentent des blogues ou des microblogues de former une &#171; communaut&#233; de placoteux &#187;. Elle leur a aussi reproch&#233; de se disperser en rapportant, analysant et commentant tout en m&#234;me temps et le plus vite possible. En pastichant Marx, on pourrait dire que le reporter devient un appendice de chair sur un monstre num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le journalisme &#224; l'heure du num&#233;rique
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et alors ? La solution la plus &#233;vidente, celle du gros bon sens et du sens tout court, pointe vers une revalorisation du m&#233;tier de base, du journalisme dans sa fonction essentielle et fondamentale dans une d&#233;mocratie. La le&#231;on vaut dans ce dernier cas comme dans les deux autres &#233;voqu&#233;s. Il ne faut pas se soumettre aveugl&#233;ment aux nouvelles techniques et tirer profit au maximum des merveilleuses capacit&#233;s de l'&#226;ge num&#233;rique. Surtout, il faut avoir le courage de renouer avec l'analyse, la compr&#233;hension, l'explication et la critique, l'enqu&#234;te et la mise en perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conf&#233;rence de Copenhague sur le climat en d&#233;cembre 2009 a rameut&#233; des milliers de journalistes, tous branch&#233;s sur le net, bloguant et twittant. Seulement, aucun n'a &#233;t&#233; foutu de raconter au monde ce qui se tramait en coulisse. Les m&#233;caniques m&#233;diatiques ont subi les &#233;checs en laissant les soci&#233;t&#233;s dans l'ignorance, l'incompr&#233;hension ou le mensonge autour de la crise financi&#232;re et du &lt;i&gt;casus belli&lt;/i&gt; en Irak. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes entr&#233;s dans un monde de surabondance et d'instantan&#233;it&#233; d'informations et de d&#233;sinformations. La crise actuelle des m&#233;dias et les mutations num&#233;riques en cours offrent aussi une formidable occasion de se questionner collectivement et personnellement sur la valeur du journalisme le plus exigeant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.journalism.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.journalism.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
