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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Informations priv&#233;es</title>
		<link>https://www.ababord.org/Informations-privees</link>
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		<dc:date>2010-07-09T19:23:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Yves Joannette</dc:creator>


		<dc:subject>Privatisation et partenariats publics-priv&#233;s (PPP) </dc:subject>
		<dc:subject>Joannette, Jean-Yves </dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les pr&#233;sentes consignes ont trait &#224; l'utilisation s&#233;curitaire d'enveloppes brunes &#224; des fins d'influence. Nous vous demandons formellement de ne pas transmettre ces instructions par voie &#233;lectronique, de ne pas y faire allusion lors de conversations t&#233;l&#233;phoniques. Si par obligation, vous devez en discuter dans un salon, bleu ou autre, assurez-vous d'un environnement sonore bruyant. La musique de chambre des communes est d&#233;conseill&#233;e. Veuillez d&#233;truire ce message apr&#232;s en avoir bien m&#233;moris&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1021.gif?1642092114' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;500&#034; height=&#034;594&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les pr&#233;sentes consignes ont trait &#224; l'utilisation s&#233;curitaire d'enveloppes brunes &#224; des fins d'influence. Nous vous demandons formellement de ne pas transmettre ces instructions par voie &#233;lectronique, de ne pas y faire allusion lors de conversations t&#233;l&#233;phoniques. Si par obligation, vous devez en discuter dans un salon, bleu ou autre, assurez-vous d'un environnement sonore bruyant. La musique de chambre des communes est d&#233;conseill&#233;e. Veuillez d&#233;truire ce message apr&#232;s en avoir bien m&#233;moris&#233; le contenu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par mesure de s&#233;curit&#233;, les enveloppes brunes doivent &#234;tre achet&#233;es en grande quantit&#233; par une tierce personne. N'utilisez pas d'enveloppes recycl&#233;es que vous devriez scotcher. Le scotch servira dans une phase ult&#233;rieure des op&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enveloppes brunes peuvent &#234;tre de tous les formats standards. Pour assurer la confidentialit&#233; de l'acte, &#233;vitez celles pourvues d'une fen&#234;tre, si tel est le cas, fermez les rideaux. L'enveloppe brune id&#233;ale est facile &#224; ouvrir et a suffisamment de colle pour soulever l'adh&#233;sion. &#201;vitez de baver, le but &#233;tant de faire saliver la personne qui la re&#231;oit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix de la couleur de l'enveloppe brune a une certaine importance. Le brun fonc&#233; &#233;voque le bitume et pave la voie &#224; de nouvelles avenues, le brun clair sugg&#233;rera un Havane et favorisera l'obtention de gros &#171; m&#233;gots &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; la rumeur populaire, elles ne doivent pas contenir de gros bruns. Les personnes &#224; qui vous les adressez sont des habitu&#233;es des grosses coupures et elles savent bien que les petites coupures passent plus facilement. Ne reliez pas les billets avec des &#233;lastiques ; lorsque l'on veut manier les ficelles, il ne faut pas trop &#233;tirer la corde. Le message doit &#234;tre discret et distingu&#233;, vous vous adressez &#224; des gens de la haute, n'ajoutez pas d'enveloppe de retour, cela nuit au retour d'ascenseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Choisissez des lieux &#224; l'abri des regards indiscrets. Une invitation dans un paradis fiscal ou sur un luxueux bateau de plaisance donnera du poids au contenu de l'enveloppe. Les restaurants de trois &#224; cinq &#233;toiles sont aussi recommand&#233;s puisqu'ils servent de bon couvert, de m&#234;me que les rencontres dans les grands h&#244;tels permettent de grandes suites et offrent d'excellentes couvertures. La r&#232;gle est simple, l'enveloppe brune doit &#234;tre remise en priv&#233;, car le priv&#233; est sup&#233;rieur en tout au public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si par malchance vous vous retrouvez accus&#233; de trafic d'influence, nous vous recommandons de suivre les &#233;tapes suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Vous ne connaissez pas la personne influente &#224; qui on veut vous lier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Vous ne vous souvenez pas avoir jamais &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Vous l'aviez effectivement rencontr&#233;, &#233;chang&#233; quelques paroles, mais sans plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Vous admettez enfin, bien que l'image soit floue, avoir &#233;t&#233; photographi&#233; en sa pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Vous niez tous liens existants entre le poste occup&#233; par la personne influente et les contrats attribu&#233;s &#224; votre entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Vous vous rappelez subitement que vos enfants et les siens fr&#233;quentent la m&#234;me &#233;cole priv&#233;e et qu'il est probable que la photo accablante aurait &#233;t&#233; prise lors d'une activit&#233; scolaire et qu'il n'y a vraiment pas de quoi en faire un bulletin de nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Vous affirmez appr&#233;cier cette personne pour ses id&#233;es concernant la taille de l'&#201;tat et son acharnement contre &#171; l'imp&#244;t de vin &#187; vers&#233; aux syndicats et aux nombreux autres parasites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Vous ignoriez que la personne influente collectionnait les enveloppes brunes. Cela ne peut &#234;tre vous puisque votre entreprise de d&#233;neigement utilise des enveloppes blanches comme neige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Vous admettez enfin avoir transmis cette enveloppe brune, vous avouez le plus candidement possible qu'il y a effectivement trafic d'influence puisque l'on vous a influenc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Veuillez d&#233;truire ce message apr&#232;s en avoir bien m&#233;moris&#233; le contenu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le drapeau canadien sur les sacs &#224; dos</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-drapeau-canadien-sur-les-sacs-a</link>
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		<dc:date>2010-07-09T19:20:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges A. Lebel</dc:creator>


		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Lebel, Georges A. </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Vous souvenez-vous de ces temps anciens o&#249;, pendant plus de 50 ans, le Canada avait patiemment construit une IMAGE efficace de vertueux na&#239;f des relations internationales. Des soldats de la paix (avec b&#233;rets et culottes courtes) et des missionnaires des droits de l'Homme identifiaient &#224; ce point le drapeau canadien au boy-scoutisme international que les touristes am&#233;ricains, partout honnis, cousaient un petit drapeau canadien sur leurs bagages et leurs d&#233;froques. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces temps d'illusion sont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1020.gif?1642092114' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;531&#034; height=&#034;750&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vous souvenez-vous de ces temps anciens o&#249;, pendant plus de 50 ans, le Canada avait patiemment construit une IMAGE efficace de vertueux na&#239;f des relations internationales. Des soldats de la paix (avec b&#233;rets et culottes courtes) et des missionnaires des droits de l'Homme identifiaient &#224; ce point le drapeau canadien au boy-scoutisme international que les touristes am&#233;ricains, partout honnis, cousaient un petit drapeau canadien sur leurs bagages et leurs d&#233;froques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces temps d'illusion sont finis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s que Chr&#233;tien eut envoy&#233; des troupes en Afghanistan pour se faire pardonner son refus d'accompagner Bush en Irak, Harper a r&#233;ussi ce coup formidable qu'aucun &#201;tat ne veut &#234;tre vu ou per&#231;u comme associ&#233; aux positions du Canada, parce que les politiques propos&#233;es sur les changements climatiques en ont fait la b&#234;te noire des &#233;cologistes et des milliers de groupes sociaux r&#233;unis en une assembl&#233;e plan&#233;taire &#224; Copenhague.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais le Canada n'a &#233;t&#233; dans une position internationale plus pr&#233;caire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'on appelle la soci&#233;t&#233; civile mondiale a cette particularit&#233; de mobiliser la presse. On ne peut ignorer les images fortes des manifestations et des arrestations de Copenhague. Cela donne le ton, un air du temps aux n&#233;gociations des politiques qui se passent &#224; un tout autre niveau mais doivent prot&#233;ger les faux-semblants et les apparences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'aucun &#201;tat occidental, sauf le Canada, ne peut affirmer qu'il ne se pr&#233;occupe pas de l'opinion de la soci&#233;t&#233; civile internationale, le Canada se trouve priv&#233; de toute possibilit&#233; d'initiative et d'influence dans les d&#233;bats internationaux et plus seulement sur l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne s'est produit en ce qui concerne la Chine, boud&#233;e parce que communiste ; la Palestine, o&#249; l'adh&#233;sion inconditionnelle aux th&#232;ses de l'extr&#234;me droite sioniste lui interdit d'avoir quelque cr&#233;dibilit&#233; dans ses rapports avec le monde arabe ; et sans compter la Crise, o&#249; pourtant l'hyper concentration de notre syst&#232;me bancaire l'ayant mis &#224; l'abri du choc conjoncturel aurait pu servir de levier pour proposer des r&#233;formes du syst&#232;me financier international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, cette liste noire ne s'arr&#234;te pas l&#224;. Le Canada s'isole en refusant d'adh&#233;rer &#224; la D&#233;claration de l'ONU sur les droits des Autochtones ; il vote pour faire &#233;carter le rapport Goldstone (juge de la Cour supr&#234;me de l'Afrique du Sud) sur les crimes de guerre &#224; Gaza ; il refuse la d&#233;cision de la Cour Internationale de Justice sur le mur isra&#233;lien, et vient de couper les fonds aux organismes qui aident les Palestiniens, dont Alternatives au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, plus personne n'est dupe et les touristes devront d&#233;coudre leur petit drapeau canadien de leur sac &#224; dos.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'ombre et la lumi&#232;re</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-ombre-et-la-lumiere</link>
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		<dc:date>2010-07-09T19:13:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une douce retraite en jouant au golf et en se pr&#233;lassant au soleil. Individus &#233;nergiques, dans la force de l'&#226;ge, habitu&#233;s &#224; ce que l'on parle d'eux &#224; tous les jours, ils ne peuvent ais&#233;ment se r&#233;soudre &#224; retomber dans une paisible tranquillit&#233;. Leurs qualit&#233;s de meneurs et de communicateurs sont toujours appr&#233;ci&#233;es. Riches de leur passage &#224; la t&#234;te d'un &#201;tat, le carnet d'adresse bien garni et ma&#238;trisant un nombre &#233;lev&#233; de dossiers majeurs, ils peuvent faire fructifier leurs apprentissages. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-33-fevrier-mars-2010-" rel="directory"&gt;No 033 - f&#233;vrier / mars 2010&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1019.gif?1642092113' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;875&#034; height=&#034;821&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une douce retraite en jouant au golf et en se pr&#233;lassant au soleil. Individus &#233;nergiques, dans la force de l'&#226;ge, habitu&#233;s &#224; ce que l'on parle d'eux &#224; tous les jours, ils ne peuvent ais&#233;ment se r&#233;soudre &#224; retomber dans une paisible tranquillit&#233;. Leurs qualit&#233;s de meneurs et de communicateurs sont toujours appr&#233;ci&#233;es. Riches de leur passage &#224; la t&#234;te d'un &#201;tat, le carnet d'adresse bien garni et ma&#238;trisant un nombre &#233;lev&#233; de dossiers majeurs, ils peuvent faire fructifier leurs apprentissages. Une question reste toutefois importante : &#224; qui leur exp&#233;rience profitera-t-elle ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il existe pas moins de 10 ex-premiers ministres du Canada et du Qu&#233;bec en libert&#233; en ce moment. Trois Lib&#233;raux f&#233;d&#233;raux : Jean Chr&#233;tien, Paul Martin et John Turner ; trois Conservateurs : Brian Mulroney, Kim Campbell et Joe Clark ; quatre P&#233;quistes : Bernard Landry, Lucien Bouchard, Jacques Parizeau et Pierre-Marc Johnson ; et un Lib&#233;ral provincial : Daniel Johnson. Parmi ceux-ci, seuls Jean Chr&#233;-tien et Brian Mulroney ont exerc&#233; un mandat de quatre ans et se sont fait r&#233;&#233;lire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre type de d&#233;mocratie, largement m&#233;diatis&#233;e et soumise aux rudes diktats de la publicit&#233;, accorde aux premiers ministres une place qui les situe au-del&#224; d'un syst&#232;me politique et &#233;conomique dont ils ne sont pourtant que la fa&#231;ade. L'&#233;lectorat est encourag&#233; &#224; voter pour un individu, son image, ses qualit&#233;s, ses d&#233;fauts, ses bons coups, ses r&#233;parties plus ou moins adroites, sans que l'on porte s&#233;rieusement attention au programme qu'il d&#233;fend, et encore moins &#224; l'id&#233;ologie &#224; laquelle il adh&#232;re et aux puissants int&#233;r&#234;ts financiers qui d&#233;termineront forc&#233;ment les d&#233;cisions du parti qu'il repr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si bien que l'ex-premier ministre, lib&#233;r&#233; des cha&#238;nes de la ligne de parti et du carcan du pouvoir, devrait aussi parvenir &#224; se d&#233;gager du jeu d'int&#233;r&#234;ts multiples, principalement ceux du milieu des affaires, qui a largement contribu&#233; &#224; lui donner le poste de chef d'&#201;tat. Les plus fid&#232;les resteront toutefois &#224; l'emploi de ces gens, si&#233;geant aux conseils d'administration de compagnies et occupant des postes de lobbyistes et de consultants dans de prestigieux bureaux d'avocats. Curieux paradoxe : au service de leurs nouveaux ma&#238;tres, ils travaillent &#224; r&#233;duire la sph&#232;re publique et le r&#244;le de l'&#201;tat qu'ils ont pourtant eu le devoir de repr&#233;senter et de d&#233;fendre. Ce jeu de coulisse est exigeant et parfois compromettant ; ainsi ces gens doivent-ils rester dans l'ombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D'autres cependant pr&#233;f&#232;rent le soleil : ils choisissent alors l'enseignement, donnent des conf&#233;rences &#224; de larges audiences, interviennent dans les journaux. En exposant ainsi leurs id&#233;es sur la place publique, ils les rendent vuln&#233;rables &#224; la critique et d&#233;voilent leur jeu. Sans doute est-il pr&#233;f&#233;rable pour nous tous de les voir avancer ainsi, &#224; d&#233;couvert.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Au service des affaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bouch&#233; le plus naturel pour un ex-premier ministre est le cabinet d'avocats. Heenan Blaikie en revendique trois &#224; lui seul : deux vivants, Jean Chr&#233;tien et Pierre-Marc Johnson, et un mort glorieux, Pierre Elliot Trudeau. Ce cabinet de plus de 500 avocats pr&#233;tend &#234;tre &#171; &lt;i&gt;au service d'entreprises locales et &#233;trang&#232;res tourn&#233;es vers les march&#233;s internationaux&lt;/i&gt; &#187;. Pas &#233;tonnant que Pierre-Marc Johnson soit devenu le n&#233;gociateur en chef du gouvernement du Qu&#233;bec pour l'accord de libre-&#233;change entre le Canada et l'Europe. Un accord qui, soit dit en passant, mettra tout sur la table, y compris ce qui rel&#232;ve du champ de juridiction provinciale, comme la sant&#233;, l'&#233;nergie, l'&#233;ducation et certains services financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brian Mulroney a choisi quant &#224; lui Ogilvy Renault, qui offre &#224; ses clients quelque 450 avocats pour &#171; &lt;i&gt; des services complets dans un large &#233;ventail de domaines li&#233;s aux affaires et dans d'importants secteurs d'activit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Ce m&#234;me Mulroney est aussi membre du Conseil d'administration de la compagnie Barrick Gold, celle-l&#224; m&#234;me qui poursuit pour une modeste somme de 6 millions de dollars les auteurs et l'&#233;diteur de &lt;i&gt;Noir Canada&lt;/i&gt;, pour ne pas avoir peint le portrait idyllique que la compagnie cherche &#224; donner d'elle-m&#234;me. Lucien Bouchard, ex-conservateur et p&#233;quiste, a pr&#233;f&#233;r&#233; la plus modeste firme Davies Wards Phillips et Vineberg, qui compte seulement 240 avocats, mais qui a le m&#233;rite d'apprendre &#224; ces jeunes gens ambitieux &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s t&#244;t dans leur carri&#232;re &#224; adopter l'approche d'un propri&#233;taire plut&#244;t que celle d'un employ&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Quant &#224; Daniel Johnson, il s'est retrouv&#233; chez McCarthy T&#233;trault, sans abandonner ses liens avec Power Corporation (il si&#232;ge au conseil d'administration de trois filiales de la compagnie, Great-West, London Life, Canada-Vie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il n'est pas toujours facile pour des hommes ayant men&#233; une brillante carri&#232;re publique de se contenter de l'ombre. Certains essaient d'en sortir. On se souviendra par exemple du triste cas de Lucien Bouchard et de sa d&#233;fense acharn&#233;e du manifeste &lt;i&gt;Pour un Qu&#233;bec lucide&lt;/i&gt;. Ou de ses d&#233;clarations malheureuses, comme celle selon laquelle les Qu&#233;b&#233;cois ne travaillaient pas assez. Les apparitions publiques de Lucien Bouchard montrent &#224; quel point il a bien int&#233;gr&#233; les int&#233;r&#234;ts de ses nouveaux patrons ; elles transforment en mascarade sa sinc&#233;rit&#233; de tribun grandiloquent dont les &#233;panchements marqu&#233;s par l'&#233;motion en avaient s&#233;duit plusieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus rat&#233; encore, le retour &#224; la lumi&#232;re de Brian Mulroney en tant que &lt;i&gt;grand-politicien-qui-n'a-pas-&#233;t&#233;-compris&lt;/i&gt;. Il avait pourtant bien pr&#233;par&#233; son retour en gr&#226;ce. Des journalistes serviles vantaient ses &#171; bons coups &#187; : l'AL&#201;NA, l'accord du Lac Meech, sa r&#233;gressive TPS. Son autobiographie, annonc&#233;e comme un &#233;v&#233;nement majeur, s'appr&#234;tait &#224; envahir les librairies. Puis, manque de pot : son pass&#233; le rattrape. Voil&#224; qu'on &#233;tale partout une vieille histoire de corruption : Mulroney aurait re&#231;u quelques centaines de milliers de dollars de l'homme d'affaires Karlheinz Shreiber pour services rendus. Notre ex-grand chef d'&#201;tat est renvoy&#233; piteux et sans gloire dans l'ombre de ses cabinets d'avocats et de ses conseils d'administration.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sous les projecteurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les cas de Jacques Parizeau et de Bernard Landry semblent faire figures d'exception. Plut&#244;t que de se terrer en compagnie d'avocats et d'administrateurs, ils se plaisent devant des auditoires vari&#233;s &#224; qui ils ne craignent pas de se confier sur des sujets divers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Parizeau a fait le pari original de dire ce qu'il pense, en toute franchise, sans les circonlocutions ou pr&#233;cautions diplomatiques attendues. Ce qui cr&#233;e, on le sait, de v&#233;ritables bombes. D'autant plus que son discours navrant lors de la d&#233;faite du r&#233;f&#233;rendum de 1995, un discours exclusif et vindicatif, l'a rendu suspect aux yeux de plusieurs. Chacune de ses prises de parole publique est soigneusement suivie par les m&#233;dias, dans l'espoir que l'ex-premier ministre lance une de ces &#171; v&#233;rit&#233;s &#187; pas bonnes &#224; dire, qui pourra &#234;tre interpr&#233;t&#233;e de toutes les mani&#232;res, de pr&#233;f&#233;rence contre les int&#233;r&#234;ts de son propre parti, qui doit alors se d&#233;p&#234;trer autant des mots de Parizeau que des interpr&#233;tations qu'on en tire. L'histoire est connue : Jean Charest a su admirablement profiter de ce type de confusion lors de la campagne &#233;lectorale de 2003. Il faut avouer que la rh&#233;torique de Parizeau n'est pas tr&#232;s efficace : on &#233;value peu souvent la teneur r&#233;elle de ses propos et l'on se consacre &#224; comprendre ce qu'il a vraiment dit. Parizeau a toutefois bien r&#233;ussi sa derni&#232;re sortie, reli&#233;e &#224; la publication de son livre, &lt;i&gt;La souverainet&#233; au Qu&#233;bec, hier, aujourd'hui et demain&lt;/i&gt;, dans lequel il ne renonce pas &#224; ses id&#233;aux et s'attaque clairement &#224; certains &lt;i&gt;credo&lt;/i&gt; de nos &#233;conomistes de droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Landry est, quant &#224; lui, le champion de ce que l'on nomme l'&#171; occurrence m&#233;diatique &#187;. Star de cin&#233;ma pour sa prestation dans les documentaires &lt;i&gt;&#192; hauteur d'homme&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Questions nationales&lt;/i&gt;, chroniqueur au &lt;i&gt;Journal de Montr&#233;al&lt;/i&gt; (avant de s'en retirer &#224; la suite du lock-out dont sont victimes les journalistes), animateur de t&#233;l&#233;vision au Canal Argent, pr&#233;sent sur les tribunes les plus vari&#233;es, Bernard Landry r&#233;ussit tr&#232;s bien &#224; se mousser lui-m&#234;me. Dans cette op&#233;ration de s&#233;duction, toutefois, il ne peut prendre le risque d'agir ouvertement en faveur d'int&#233;r&#234;ts particuliers. Ainsi, il serait difficile de le bl&#226;mer, par exemple pour son principal combat, en faveur de la langue fran&#231;aise, une langue fran&#231;aise bien malmen&#233;e &#224; l'heure qu'il est et ayant besoin de nombreux appuis &#8211; ce qui ne fait pas oublier certains de ses enthousiasmes n&#233;olib&#233;raux dont il ne parvient pas toujours &#224; se d&#233;barrasser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels que soient les choix des premiers ministres apr&#232;s leur exercice du pouvoir, on aborde rarement leur carri&#232;re posthume sous l'angle de l'&#233;thique. Les ex-premiers ministres sont-ils des individus libres qui peuvent agir comme bon leur semble ? Ou devrait-on exiger que leur avenir soit balis&#233; et qu'on interdise des liens qui favorisent des int&#233;r&#234;ts particuliers, &#233;tant donn&#233; les hautes responsabilit&#233;s qu'ils ont exerc&#233;es ? Certes, il est plus ais&#233; de tenir &#224; l'&#339;il ceux qui manoeuvrent &#224; la lumi&#232;re du jour, en toute libert&#233;. Peut-&#234;tre s'agit-il d'une forme particuli&#232;re d'honn&#234;tet&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Bonjour R&#233;action sournoise !</title>
		<link>https://www.ababord.org/Bonjour-Reaction-sournoise</link>
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		<dc:date>2010-07-09T18:57:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges A. Lebel</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Lebel, Georges A. </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Madame Monique J&#233;r&#244;me-Forget donne une grande conf&#233;rence significativement intitul&#233;e : La r&#233;volution tranquille : un h&#233;ritage &#233;puis&#233; et paralysant. Le 14 d&#233;cembre 2009, des &#233;conomistes pal&#233;o-lib&#233;raux remettent en cause la capacit&#233; d'action de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois. La r&#233;action sournoise est en marche. &lt;br class='autobr' /&gt; Ces &#233;conomistes ne voient la soci&#233;t&#233; qu'&#224; partir du Capital, pourtant la crise du Capital (une autre) &#233;tait latente depuis que Thatcher, Reagan et Mulroney ont pos&#233; que la croissance devait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-33-fevrier-mars-2010-" rel="directory"&gt;No 033 - f&#233;vrier / mars 2010&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Lebel-Georges-A-+" rel="tag"&gt;Lebel, Georges A. &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1018.gif?1642092113' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1296&#034; height=&#034;864&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Madame Monique J&#233;r&#244;me-Forget donne une grande conf&#233;rence significativement intitul&#233;e : &lt;i&gt;La r&#233;volution tranquille : un h&#233;ritage &#233;puis&#233; et paralysant&lt;/i&gt;. Le 14 d&#233;cembre 2009, des &#233;conomistes pal&#233;o-lib&#233;raux remettent en cause la capacit&#233; d'action de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois. La r&#233;action sournoise est en marche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces &#233;conomistes ne voient la soci&#233;t&#233; qu'&#224; partir du Capital, pourtant la crise du Capital (une autre) &#233;tait latente depuis que Thatcher, Reagan et Mulroney ont pos&#233; que la croissance devait r&#233;tribuer &lt;strong&gt;d'abord&lt;/strong&gt; le capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour eux, la croissance r&#233;sulterait des gains de productivit&#233; qu'on d&#233;ciderait par la suite de r&#233;partir : produire la richesse d'abord donc avant de la distribuer. Trois r&#233;cipiendaires d&#233;sign&#233;s de cette r&#233;partition : le Capital, les salaires, l'&#201;tat. Chaque ann&#233;e, on nous annonce que le PIB a cru entre 2 % et 5 %, mais depuis 1980, les salaires r&#233;els stagnent et le r&#234;ve am&#233;ricain de la croissance par la consommation n'a pu &#234;tre financ&#233; que par l'endettement des m&#233;nages. La crise a &#233;clat&#233; quand la r&#233;tribution du Capital n'a plus laiss&#233; assez de salaires aux consommateurs pour payer leurs dettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, pour accro&#238;tre encore davantage la part du capital, on a aussi r&#233;duit la fonction redistributive de l'&#201;tat. Geler les salaires et r&#233;duire les imp&#244;ts fut toute la politique des 30 derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, si la petite bourgeoisie s'est empar&#233;e de l'&#201;tat pour se constituer comme classe avec la &#171; R&#233;volution tranquille &#187;, la &#171; R&#233;action &#187; bourgeoise d&#233;mant&#232;le aujourd'hui &#224; son seul profit cet instrument collectif. Quelle id&#233;ologie (1) &#224; la sauce Qu&#233;bec (2) justifie les m&#233;canismes (3) de cette &#171; R&#233;action &#187; de d&#233;construction de l'&#201;tat et de privatisation des services publics ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1. Quelle id&#233;ologie ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comment peut-on faire accepter la stagnation du salaire r&#233;el, la d&#233;construction de l'&#201;tat et l'augmentation de la r&#233;tribution du Capital ? Vous n'avez qu'&#224; consulter la presse du Capital (y en a-t-il une autre ?) ; tous les arguments sont l&#224;, r&#233;p&#233;t&#233;s &#224; sati&#233;t&#233;. La particularit&#233; de l'id&#233;ologie dominante, c'est de faire croire qu'il n'y a pas d'alternative. C'est la th&#232;se ultra lib&#233;rale du &#171; Public Choice &#187; qui nous semble encapsuler ce discours dominant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une th&#233;orie micro-&#233;conomique du politique et de la d&#233;mocratie : l'&lt;i&gt;homo economicus&lt;/i&gt;, &#234;tre rationnel, ne cherche que son int&#233;r&#234;t &#233;conomique. L'&#233;go&#239;sme est la mesure de la rationalit&#233; ; l'ignorer, c'est &#234;tre vou&#233; &#224; l'inefficacit&#233; et &#224; l'irrationalit&#233; &#233;conomique. Le libre march&#233; est le meilleur indicateur de la conjonction de ces int&#233;r&#234;ts par la concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces th&#232;ses s'appliqueraient aussi &#224; l'&#201;tat. Personne n'y chercherait l'int&#233;r&#234;t collectif ; les politiciens ne veulent qu'&#234;tre r&#233;&#233;lus, les fonctionnaires mieux pay&#233;s, et les &#233;lecteurs ne veulent rien savoir, parce qu'&#233;conomiquement rationnels, cela leur co&#251;te tr&#232;s cher de s'informer sur chacun des enjeux politiques, alors que l'efficace du vote individuel est vraiment limit&#233;e. Il est donc &#233;conomiquement rationnel de s'abstenir devant la non-pertinence des enjeux politiciens (se faire r&#233;&#233;lire) pour l'&#233;lecteur individuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fonctionnaires de leur c&#244;t&#233; ne peuvent, &#224; l'int&#233;rieur de l'&#201;tat, en conna&#238;tre toutes les dimensions, donc d&#233;terminer le bien public g&#233;n&#233;ral. Si les &#233;lecteurs et les fonctionnaires n'y peuvent rien, il ne reste plus que les &#171; lobbies &#187;, eux aussi &#233;go&#239;stes. Pour contrer leur influence, il faut r&#233;introduire la concurrence dans l'&#201;tat, dans les &#171; choix publics &#187;. Le march&#233; &#233;tant l'expression la plus pure du rationnel collectif qui choisira la meilleure solution pour tous, il faut soumettre l'&#201;tat au march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie lib&#233;rale veut que la &#171; main invisible &#187; cr&#233;era l'optimum de Pareto pour tous, c'est-&#224;-dire une situation qu'il est impossible de modifier sans d&#233;t&#233;riorer la position de quelqu'un. Seuls les r&#233;sultats &#233;conomiques seront la mesure du succ&#232;s et non les principes de services &lt;i&gt;publics, universels, accessibles et gratuits pour tous&lt;/i&gt;, qui r&#233;alisent le droit &#224; l'&#233;galit&#233; et &#224; la solidarit&#233;. Cela n'est pas &#233;conomiquement rationnel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2. Quelle forme de cette id&#233;ologie au Qu&#233;bec ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;action bourgeoise tiendra ce discours qui atteindra son sommet avec le rapport Gobeil produit en1986 : un programme de d&#233;sengagement de l'&#201;tat et d'abolition de plusieurs organismes d'un &#201;tat consid&#233;r&#233; inefficace, gangren&#233; par une administration bureaucratique, hi&#233;rarchique et rigide qui d&#233;veloppe des objectifs propres au lieu de se concentrer sur les r&#233;sultats. On propose donc la d&#233;structuration de l'&#201;tat de bien-&#234;tre par le recours au march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e cheminera et c'est Joseph Facal, dans un rapport publi&#233; en 1997, qui fera adopter en 2000 la nouvelle loi sur l'administration publique. Cette loi introduit, sous le slogan de la &#171; Nouvelle Gestion publique &#187;, la logique du r&#233;sultat dans la gestion de l'&#201;tat. Elle met en &#339;uvre quatre principes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. aux &#233;lus les choix politiques, l'approbation des programmes et des grandes orientations ; Charest veut les deux mains sur le volant ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. un accroissement de la marge de man&#339;uvre des gestionnaires, qui doivent adopter une d&#233;claration de mission et pr&#233;voir des indicateurs de performance permettant la reddition de compte ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. l'introduction de l'imputabilit&#233; personnelle du gestionnaire lors des contr&#244;les &lt;i&gt;a posteriori&lt;/i&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. et surtout une remise en cause du monopole du service public pour introduire la concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Loi sur le d&#233;veloppement durable (2006) compl&#232;tera le tableau de la logique du march&#233; dans la gestion de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3. Quels m&#233;canismes ? Pour quels effets ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs m&#233;canismes permettront la mise sur pied de cette politique au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord au sein de chaque minist&#232;re, on demandera l'adoption d'une &#171; &lt;i&gt;d&#233;claration contenant ses objectifs&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt; les r&#233;sultats vis&#233;s et les indicateurs de performance&lt;/i&gt; &#187; dans le cadre d'une &#171; &lt;i&gt;convention de performance et d'imputabilit&#233;&lt;/i&gt; &#187; dont les &#171; clients &#187; du service public seront juges. Certains services seront confi&#233;s &#224; des agences gouvernementales : c'est l'impartition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis les partenariats public-priv&#233; recourent au march&#233; pour r&#233;aliser des fonctions de l'&#201;tat : tour de passe-passe comptable qui permet d'inscrire la dette des infrastructures au passif des compagnies priv&#233;es plut&#244;t qu'&#224; celui de l'&#201;tat en contrepartie d'un loyer annuel majorant de 20 % les co&#251;ts &#233;tal&#233;s dans le futur. Il s'agit de bombes &#224; retardement puisque seul l'&#201;tat assume le co&#251;t des &#233;checs des PPP dans des services qui devront de toute fa&#231;on &#234;tre rendus. Mais surtout, on accorde ainsi au capital un revenu minimum garanti refus&#233; aux autres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; il n'y a pas de march&#233; &#8211; l'&#233;ducation, la sant&#233; et le bien-&#234;tre sont chez nous des monopoles du service public instaur&#233; par la R&#233;volution tranquille &#8211; on instaurera des partenariats public-communautaire (PPC) selon la logique de la Nouvelle Gestion publique : l'&#201;tat d&#233;finit un probl&#232;me, en fixe les objectifs et offre &#224; quiconque de les prendre en charge. On utilisera cette technique lorsque cela co&#251;tera trois fois moins cher que la fonction publique traditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs effets r&#233;sultent de cette Nouvelle Gestion publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, il s'agit toujours d'une logique hi&#233;rarchique, (&lt;i&gt;Top/Down&lt;/i&gt;), par laquelle l'&#201;tat d&#233;finit le probl&#232;me et impose les crit&#232;res de reddition de compte. Les groupes qui s'y pr&#234;tent renoncent &#224; l'id&#233;al de la participation d&#233;mocratique o&#249; l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale d&#233;cide de l'action collective selon les aspirations de ses membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette logique s'&#233;loigne de celle de la R&#233;volution tranquille qui a remplac&#233; l'&#201;glise et la charit&#233; par l'&#201;tat et les services publics. Les groupes sociaux palliaient &#224; l'action d&#233;ficiente des services publics. Dans l'Am&#233;rique de Bush et de Charest maintenant, l'initiative priv&#233;e est charg&#233;e du social et l'&#201;tat n'intervient que subsidiairement aux d&#233;ficiences du priv&#233;. C'est l'essence de la &lt;i&gt;Loi contre la pauvret&#233; et l'exclusion sociale&lt;/i&gt; et de l'action des Fondations priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette logique remet en cause les services publics, universels, accessibles et gratuits ayant pour finalit&#233; la r&#233;alisation des droits &#233;conomiques sociaux et culturels, gages d'un niveau de vie suffisant r&#233;sultant d'un travail r&#233;mun&#233;rateur, permettant la syndicalisation et garantissant l'acc&#232;s &#224; la famille, l'&#233;ducation et la sant&#233;. C'est cela qu'on remet en cause ; ce n'est pas rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ces fameux crit&#232;res de performance et de reddition de compte ne sont pas li&#233;s &#224; des concepts de redistribution et d'&#233;quit&#233;, mais plut&#244;t &#224; ceux d'efficacit&#233; &#233;conomique, de r&#233;duction des co&#251;ts et de contr&#244;le comptable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapport du V&#233;rificateur g&#233;n&#233;ral du Qu&#233;bec 2008-2009, tome 1, chap. 3 :&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, on remet en cause le rapport salarial au sein de l'&#201;tat. On remplace des fonctionnaires prot&#233;g&#233;s par des conventions collectives par des travailleurs communautaires temporaires, intermittents, sans protection et bien s&#251;r non syndiqu&#233;s. Quelle aubaine au moment des n&#233;gociations des conditions de travail dans le secteur public que ces zones franches du travail o&#249; s'&#233;chinent d&#233;j&#224; 40 000 travailleuses, sous des normes &#171; minimales &#187; &#224; la limite de l'ind&#233;cence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AINSI, on a r&#233;duit la part des salaires, on a r&#233;duit les fonctions redistributives de l'&#201;tat et on a augment&#233; la part du Capital dans l'appropriation des gains de productivit&#233;. Tout cela en douce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette id&#233;ologie et cette politique visent le c&#339;ur de l'&#201;tat. Il s'agit d'y introduire la logique du Capital, du profit &#224; la place de celle du &lt;i&gt;Welfare State&lt;/i&gt; reposant sur des services publics universels, gratuits et accessibles. La logique du profit remplace celle des droits dans la d&#233;termination des politiques publiques de redistribution de la richesse collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat ne se retire pas des services publics, mais il agit diff&#233;remment en les liant &#224; un march&#233; priv&#233; pour faire entrer dans la circulation marchande les sommes colossales du budget social de l'&#201;tat qui lui &#233;chappaient jusque-l&#224;. Il s'agit tout simplement de rendre la pauvret&#233; RENTABLE, selon l'expression de F. Leseman (INRS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la fondation Chagnon qui capte le budget de l'&#201;tat en se servant d'exemptions d'imp&#244;ts pour r&#233;aliser les valeurs d'une droite profond&#233;ment r&#233;actionnaire : la famille, la charit&#233;, l'autorit&#233;, le respect des &#171; &#233;lites &#187; et de ceux qui ont de l'argent, contre les valeurs de la R&#233;volution tranquille. Lorsque les riches s'occupent de la pauvret&#233;, il faut voir que pour accro&#238;tre leur part de captation de la richesse, ils remettent en cause l'universalit&#233; des programmes sociaux, la neutralit&#233; des services publics et l'imp&#233;ratif d&#233;mocratique d'&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Rapport du V&#233;rificateur g&#233;n&#233;ral du Qu&#233;bec 2008-2009&lt;/i&gt;, tome 1, chap. 3 : &lt;a href=&#034;http://www.vgq.qc.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.vgq.qc.ca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le syndicalisme de combat est-il encore pertinent ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-syndicalisme-de-combat-est-il</link>
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		<dc:date>2010-07-09T18:51:08Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marc Piotte</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Piotte, Jean-Marc </dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans cette p&#233;riode de morosit&#233; syndicale, il me semble utile de revenir sur le syndicalisme de combat qui a anim&#233; les luttes des militants de la Conf&#233;d&#233;ration des syndicats nationaux (CSN) et de la Centrale de l'enseignement du Qu&#233;bec (CEQ, maintenant CSQ) durant les ann&#233;es 1970, pour en d&#233;m&#234;ler ce qui est encore valable de ce qui est non seulement p&#233;rim&#233;, mais &#233;tait d&#233;j&#224; nuisible &#224; l'&#233;poque. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; la fin des ann&#233;es 1960 et au d&#233;but de la d&#233;cennie suivante, des luttes syndicales muscl&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-33-fevrier-mars-2010-" rel="directory"&gt;No 033 - f&#233;vrier / mars 2010&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Piotte-Jean-Marc-+" rel="tag"&gt;Piotte, Jean-Marc &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1015.gif?1642092113' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;352&#034; height=&#034;619&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans cette p&#233;riode de morosit&#233; syndicale, il me semble utile de revenir sur le syndicalisme de combat qui a anim&#233; les luttes des militants de la Conf&#233;d&#233;ration des syndicats nationaux (CSN) et de la Centrale de l'enseignement du Qu&#233;bec (CEQ, maintenant CSQ) durant les ann&#233;es 1970, pour en d&#233;m&#234;ler ce qui est encore valable de ce qui est non seulement p&#233;rim&#233;, mais &#233;tait d&#233;j&#224; nuisible &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; la fin des ann&#233;es 1960 et au d&#233;but de la d&#233;cennie suivante, des luttes syndicales muscl&#233;es traversent tant le secteur public que priv&#233;. Pour rendre compte de ces batailles, j'avais dirig&#233;, &#224; la demande du Centre de formation populaire (CFP), un atelier et &#233;crit un court texte, distinguant un syndicalisme combatif des autres types de syndicalisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Syndicalisme de boutique, syndicalisme d'affaire et syndicalisme de combat (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; mon &#233;tonnement, ce texte, inspir&#233; par la dialectique gramscienne entre sentir, comprendre et savoir, et entre spontan&#233;it&#233; et direction des combats&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La pens&#233;e politique de Gramsci, &#233;d. Anthropos, Parti pris et VLB, disponible (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, est devenu le guide plus ou moins anonyme de plusieurs militants syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicalisme de combat vise essentiellement &#224; affermir le rapport de force des syndicats face aux patrons, non seulement durant la p&#233;riode de n&#233;gociations, mais durant la p&#233;riode de paix des relations industrielles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Afin de sauver des emplois aux chantiers de Marine Industries (Sorel) &#8211; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, la puissance d'un syndicat est directement proportionnelle &#224; la conscience et &#224; la mobilisation de ses membres. Car un syndicat, dont le fonctionnement ne repose que sur les travailleurs lib&#233;r&#233;s ou les permanents, est un regroupement squelettique, sans chair et sans vie propre. Aussi, renforcer le pouvoir syndical revient &#224; le d&#233;mocratiser.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La d&#233;mocratie syndicale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale (AG), qui, sauf dans des syndicats de boutique, a le pouvoir de d&#233;cision ultime, est une instance lourde et difficile &#224; r&#233;unir. Il faut donc cr&#233;er, entre l'AG et le comit&#233; de direction (CD), un conseil syndical (CS) qui a tous les pouvoirs entre les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales. Les conseils syndicaux, mis sur pied dans les ann&#233;es 1970, existent presque tous encore aujourd'hui, m&#234;me si plusieurs sont &#224; bout de souffle&#8230; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CD ne doit prendre aucune d&#233;cision. Il doit informer, avec la plus grande transparence possible, le conseil syndical, lui pr&#233;senter des alternatives, voire lui sugg&#233;rer des orientations, mais c'est au CS, seul, &#224; d&#233;cider entre les AG. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux doivent provenir de tous les d&#233;partements couverts par l'unit&#233; d'accr&#233;ditation (par exemple, pour un syndicat d'enseignants d'une commission scolaire, toutes les &#233;coles et, pour les grandes &#233;coles, tous les niveaux ou toutes les disciplines d'enseignement devraient &#234;tre repr&#233;sent&#233;s par un d&#233;l&#233;gu&#233;). Le r&#244;le fondamental de celui-ci est de servir d'interm&#233;diaire entre les membres de son d&#233;partement et le syndicat, en informant le CS de ce qu'ils pensent et en rendant compte &#224; ceux-ci des d&#233;cisions du conseil syndical. (Je me suis toujours moqu&#233; du caract&#232;re bureaucratique des f&#233;d&#233;rations, des unions ou des centrales qui paient des compagnies de sondage pour savoir ce que pensent leurs cotisants.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enqu&#234;te-participation men&#233;e par les d&#233;partements est sans doute la meilleure fa&#231;on de recueillir l'avis des membres sur des enjeux. Ces petites rencontres o&#249; la discussion est ouverte, informelle et conviviale plaisent particuli&#232;rement aux jeunes qui se m&#233;fient de tout mot d'ordre venant d'en haut et qui ne militent que s'ils peuvent s'approprier les orientations syndicales. L'incitation &#224; la cr&#233;ation de comit&#233;s sur des sujets qui int&#233;ressent les membres, m&#234;me s'ils ne sont pas directement li&#233;s &#224; des activit&#233;s syndicales (par exemple, l'environnement ou les relations Nord-Sud), est &#233;galement un des outils pour int&#233;grer des membres au syndicat, comme l'a exp&#233;riment&#233; le SEPB-574&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Syndicat des employ&#233;es profesionnelles et de bureau.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de la F&#233;d&#233;ration des travailleurs et travailleuses du Qu&#233;bec (FTQ). Ces comit&#233;s se forment plus facilement en p&#233;riode de conflit, comme l'a encore d&#233;montr&#233; la r&#233;cente gr&#232;ve du Syndicat des professeures et professeurs de l'UQAM (SPUQ) durant laquelle des dizaines de comit&#233;s, spontan&#233;ment construits dans une joyeuse anarchie, ont jou&#233; un r&#244;le non n&#233;gligeable dans la victoire arrach&#233;e apr&#232;s sept semaines d'interruption du travail. Enfin, des cours de formation syndicale et politique (dans la mesure o&#249; les syndicats sont concern&#233;s par tout ce qui rel&#232;ve de la vie citoyenne) doivent &#234;tre offerts &#224; des heures, dans des lieux et sous des formes appropri&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratisation syndicale, une des deux bases du syndicalisme de combat, n'a donc pas vieilli, m&#234;me si certaines de ces modalit&#233;s doivent tenir compte de l'individualit&#233; plus affirm&#233;e des membres de la jeune g&#233;n&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour briser les politiques patronales d'isolement, les syndicats doivent s'allier (on dirait aujourd'hui doivent cr&#233;er des r&#233;seaux) avec tous les groupes et organisations qui partagent des objectifs et des valeurs concordantes : justice et &#233;quit&#233; sociales, libert&#233;, &#233;galit&#233; des genres, int&#233;gration des immigrants, respect de l'environnement, etc. Cette t&#226;che s'impose d'abord au sein m&#234;me de l'entreprise o&#249; se c&#244;toient diff&#233;rents syndicats. Et elle n'est pas facile. Comment, par exemple, briser dans les maisons d'enseignement le regard hautain ou indiff&#233;rent que posent sur les autres employ&#233;s la majorit&#233; des enseignants ? Comment b&#226;tir et maintenir aux plans local, r&#233;gional et national des r&#233;seaux, y compris dans les p&#233;riodes de relative paix syndicale ou sociale ? Le r&#233;seau a remplac&#233; l'alliance, mais la difficile besogne demeure la m&#234;me : engendrer de la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les lacunes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin des ann&#233;es 1970, trois des syndicats du secteur priv&#233;, qui avaient quitt&#233; la FTQ pour rejoindre la CSN jug&#233;e plus d&#233;mocratique et plus combative, doivent, apr&#232;s plus de trois mois de gr&#232;ve, retourner au travail aux conditions des employeurs. Je ne sais si le patronat s'&#233;tait entendu sur le mot d'ordre &#171; assez, c'est assez &#187;, mais le r&#233;sultat &#233;tait le m&#234;me : il refusait de plier de nouveau devant un syndicalisme muscl&#233;, d&#233;montrant qu'il avait les moyens d'affamer les travailleurs et de les mettre &#224; sa merci. En 1982, l'&#201;tat gouvern&#233; par le PQ brise les syndicats des secteurs public et parapublic en d&#233;cr&#233;tant l'ensemble des conventions collectives, avec des baisses de salaire allant jusqu'&#224; 20 %. Pour ma&#238;triser les param&#232;tres de la n&#233;gociation, l'&#201;tat, indiff&#233;remment dirig&#233; par le PQ ou le PLQ, a impos&#233; la loi des services essentiels qui supprime presque int&#233;gralement le droit de gr&#232;ve dans le syst&#232;me hospitalier, tout en abusant de lois sp&#233;ciales qui suspendent, comme il y a cinq ans, le droit de n&#233;gociation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicalisme de combat, comme l'anarcho-syndicalisme avant lui, avait sous-estim&#233; la force du pouvoir &#233;conomique de l'entreprise priv&#233;e et la force politique de l'&#201;tat. Le syndicat ne peut se substituer au parti politique. Le syndicalisme de combat ne peut jouer le r&#244;le que tente d'assumer Qu&#233;bec solidaire. La t&#226;che fondamentale d'un syndicat est de d&#233;fendre le salaire et les conditions de travail de ses membres. Il doit aussi s'occuper du politique, s'il ne veut pas tomber dans le corporatisme et dans la mesure o&#249; les int&#233;r&#234;ts des travailleurs d&#233;passent celui du temps au travail : logement, transport public, environnement, etc. Mais le syndicat n'est pas un parti qui intervient directement dans le politique et qui, lorsqu'il gagne le pouvoir de gouverner, peut encadrer les relations de travail, r&#233;organiser la soci&#233;t&#233; par des lois, etc. L'histoire montre que le syndicalisme, ici comme ailleurs, a &#233;t&#233; un des plus grands promoteurs du progr&#232;s social ; elle nous enseigne &#233;galement qu'il ne peut remplacer un parti favorable aux travailleurs, aux femmes et au respect de l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me lacune, li&#233;e sans doute &#224; la premi&#232;re, le syndicalisme de combat ne distinguait pas le secteur public et parapublic du secteur priv&#233; : tous, du contrema&#238;tre au grand patron et du moindre petit cadre au ministre, &#233;taient des &#171; boss &#187;. Or, le r&#244;le de l'entreprise priv&#233;e est d'engendrer le maximum de profit, en augmentant la productivit&#233; de ses travailleurs dans la production de marchandises mat&#233;rielles ou autres, tandis que l'&#201;tat, pour assurer le consentement de la population &#224; sa domination, et le gouvernement, pour &#234;tre r&#233;&#233;lu, doivent offrir aux citoyens des services publics convenables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, les travailleurs de l'&#201;tat ont besoin d'un syndicat pour que leurs int&#233;r&#234;ts ne soient pas sacrifi&#233;s au nom de ceux des citoyens-contribuables, mais &#233;galement pour d&#233;fendre la qualit&#233; des services que d&#233;sirent aussi les citoyens-usagers. Cette double fonction du syndicat du secteur public explique que, sur certains points, il pourrait s'entendre avec des porteurs d'autorit&#233; sur le bien commun &#224; poursuivre. C'est ce qu'a compris l'Alliance des professeures et professeurs de Montr&#233;al qui a pr&#233;sent&#233; la plateforme p&#233;dagogique de la F&#233;d&#233;ration autonome de l'enseignement (FAE) &#224; la Commission scolaire de Montr&#233;al (CSDM). &#192; la suite de cette pr&#233;sentation, les deux parties se sont entendues sur des travaux conjoints pour centrer l'&#233;valuation sur les connaissances acquises et non, comme le r&#233;clame la r&#233;forme p&#233;dagogique, sur les comp&#233;tences. Il n'y a &#233;videmment aucune garantie de r&#233;sultats, d'autant plus que bien des cadres et des directeurs d'&#233;cole de la CSDM s'inclinent malheureusement devant les directives du minist&#232;re de l'&#201;ducation et refusent de remettre en question la r&#233;forme p&#233;dagogique. Toutefois, il me semble que, malgr&#233; les obstacles et les difficult&#233;s, les syndicats d'enseignement doivent susciter des d&#233;bats avec des directeurs d'&#233;cole, des cadres et des commissaires sur ce que seraient les conditions d'une &#233;ducation de qualit&#233; et d'une r&#233;elle r&#233;ussite scolaire. Il m'appara&#238;t anormal et dangereux que les syndicats d'enseignants semblent souvent les seuls de l'appareil scolaire &#224; combattre, par exemple, le financement public des &#233;coles priv&#233;es, &#224; s'opposer &#224; un syst&#232;me scolaire coup&#233; en deux. Tout en ne gommant pas les oppositions et les diff&#233;rends, les syndicats du secteur public et parapublic, pour briser leur isolement, doivent appeler les autres composantes des appareils &#233;tatiques &#224; une d&#233;marche visant &#224; d&#233;finir, sur des points bien pr&#233;cis, un service public subordonn&#233; au bien commun des citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;* * *&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le syndicalisme de combat est donc une orientation syndicale toujours valable, encore essentielle dans son volet &#171; d&#233;mocratisation &#187;, mais qui doit devenir plus subtile dans l'analyse du rapport de force et dans la recherche d'alliances.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Syndicalisme de boutique, syndicalisme d'affaire et syndicalisme de combat &#187; &lt;i&gt;Du combat au partenariat&lt;/i&gt;, &#233;d. Nota bene, p. 21-28, disponible sur le site : &lt;a href=&#034;http://www.uqac.ca/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.uqac.ca/&lt;/a&gt; Classiques_des_sciences_sociales/&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La pens&#233;e politique de Gramsci&lt;/i&gt;, &#233;d. Anthropos, Parti pris et VLB, disponible sur le m&#234;me site.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Afin de sauver des emplois aux chantiers de Marine Industries (Sorel) &#8211; sauvetage qui n'a pas eu de suite &#8211; la CSN, dirig&#233;e par le tandem Larose-Paquette, a obtenu la suspension de l'article du Code de travail qui plafonnait &#224; trois ans la dur&#233;e maximale des conventions collectives. Utilisant ce pr&#233;c&#233;dent, l'&#201;tat faisait dispara&#238;tre, en 1994, toute limite &#224; la dur&#233;e d'une convention, prolongeant ainsi la paix industrielle&#8230; Car on sait que dans les Codes de travail pr&#233;valant en Am&#233;rique du Nord, tout moyen de pression est l&#233;galement interdit durant la dur&#233;e des conventions collectives, les diff&#233;rends surgissant devant &#234;tre soumis &#224; un m&#233;canisme de grief et d'arbitrage, effa&#231;ant ainsi le rapport de force au profit du juridique, subordonnant les militants aux avocats. Les syndiqu&#233;s, s'ils se tiennent fermement, peuvent &#233;videmment contourner cette loi, en imposant sur le terrain leurs positions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Syndicat des employ&#233;es profesionnelles et de bureau.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les styles d'apprentissage en &#233;ducation</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Normand Baillargeon</dc:creator>


		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Baillargeon, Normand </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Vous connaissez s&#251;rement ce qu'on appelle des &#171; l&#233;gendes urbaines &#187;. Ce sont des histoires qui sont typiquement cont&#233;es comme &#233;tant arriv&#233;es &#224; quelqu'un de proche de la personne qui vous la raconte (&#171; C'est arriv&#233; &#224; un ami d'un ami &#187;, commencera-t-on parfois) et qui sont le plus souvent &#233;tranges tant par leur sujet que par leur d&#233;nouement. Ces histoires sont appel&#233;es des l&#233;gendes parce que, bien qu'elles ne soient pas av&#233;r&#233;es et soient tr&#232;s probablement fausses, elles se donnent pour vraies (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1014.gif?1642092113' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1000&#034; height=&#034;482&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vous connaissez s&#251;rement ce qu'on appelle des &#171; l&#233;gendes urbaines &#187;. Ce sont des histoires qui sont typiquement cont&#233;es comme &#233;tant arriv&#233;es &#224; quelqu'un de proche de la personne qui vous la raconte (&#171; C'est arriv&#233; &#224; un ami d'un ami &#187;, commencera-t-on parfois) et qui sont le plus souvent &#233;tranges tant par leur sujet que par leur d&#233;nouement. Ces histoires sont appel&#233;es des l&#233;gendes parce que, bien qu'elles ne soient pas av&#233;r&#233;es et soient tr&#232;s probablement fausses, elles se donnent pour vraies ; et si elles circulent &#224; ce point, c'est qu'elles expriment des peurs ou des fixations collectives. Leur contenu et ce que leur circulation signifient pour la collectivit&#233; o&#249; elles sont diffus&#233;es, tout cela est du plus grand int&#233;r&#234;t et a &#233;t&#233; abondamment &#233;tudi&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je voudrais sugg&#233;rer ici qu'il existe dans le monde de l'&#233;ducation de semblables l&#233;gendes, que je propose d'appeler des l&#233;gendes p&#233;dagogiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le concept de l&#233;gende p&#233;dagogique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les l&#233;gendes p&#233;dagogiques sont tr&#232;s semblables aux l&#233;gendes urbaines : elles aussi sont r&#233;p&#233;t&#233;es et circulent abondamment ; elles aussi sont le plus souvent sinon enti&#232;rement fausses, du moins d&#233;nu&#233;es d'une solide base scientifique ; et elles aussi nous disent quelque chose du milieu dans lequel elles circulent. Cependant, les l&#233;gendes p&#233;dagogiques n'expriment pas tant des peurs et des fixations que des croyances rassurantes et romantiques qui, h&#233;las, caract&#233;risent le monde de l'&#233;ducation. Je suis persuad&#233; qu'il en existe un grand nombre et qu'il serait tr&#232;s utile d'en faire l'inventaire &#8211; je songe &#224; en faire un livre. En attendant, en voici une, particuli&#232;rement r&#233;pandue et pernicieuse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les styles d'apprentissage&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vous avez certainement d&#233;j&#224; entendu raconter cette l&#233;gende p&#233;dagogique et peut-&#234;tre m&#234;me y croyez-vous : il existerait des styles d'apprentissage diff&#233;rents, chacun de nous en poss&#233;dant un qui est chez lui ou elle pr&#233;pond&#233;rant et nous appendrions mieux si on nous enseignait conform&#233;ment &#224; notre style d'apprentissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les styles en question varient &#233;norm&#233;ment selon les auteurs consult&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une id&#233;e connexe, mais distincte et que je n'analyserai pas ici, est due &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. David Kolb pense qu'il y en a quatre, qu'il a nomm&#233;s le style accommodateur, le style divergent, le style assimilateur et le style convergent. Mais un grand nombre d'autres classifications sont &#233;galement utilis&#233;es : d&#233;pendance / ind&#233;pendance &#224; l'&#233;gard du champ ; intuitif / m&#233;thodique ; centration / balayage ; collaboration / comp&#233;tition ; analytique / global ; groupe / individuel ; cerveau gauche / cerveau droit. La palme de la classification la plus courante revient probablement &#224; la tripartition : visuel, auditif, kinesth&#233;sique, qui soutient que nous avons tous un style d'apprentissage o&#249; domine soit la vison, soit l'ou&#239;e soit le toucher. Le petit Paul est un visuel : c'est en voyant des images de la r&#233;bellion des Patriotes qu'il apprendra le mieux cet &#233;pisode de notre histoire ; la petite Linda est auditive : on pr&#233;f&#233;rera lui en parler ; quant &#224; Jacques, kinesth&#233;sique, on lui fera fabriquer des reproductions d'une sc&#232;ne de bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces diverses id&#233;es sont on ne peut plus r&#233;pandues. En &#233;ducation, de tr&#232;s nombreux ouvrages et articles leur ont &#233;t&#233; consacr&#233;s ; d'innombrables sites Internet vous proposent des tests pour d&#233;terminer votre style d'apprentissage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par ex. :&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De nombreux ateliers et formations sont donn&#233;s sur la question. Le monde du travail n'est pas en reste et les personnes en recherche d'emploi sont invit&#233;es &#224; d&#233;terminer leur style d'apprentissage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;par ex. :&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces id&#233;es sont-elles vraies ? Avons-nous, ou non, des styles d'apprentissages distincts et, le cas &#233;ch&#233;ant, est-il vrai que nous apprendrons mieux si le style de l'enseignement qu'on nous dispense est conforme &#224; notre style d'apprentissage ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mises &#224; l'&#233;preuve&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Daniel Willingham est formel : il exprime le consensus des chercheurs de sa discipline, la psychologie cognitive, en m&#234;me temps que ce que nous enseigne la recherche cr&#233;dible quand il affirme que les styles d'apprentissage n'existent pas. Il s'agit l&#224; en fait d'un de ces nombreux mythes de la psychologie populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour aller au c&#339;ur de l'argumentaire, consid&#233;rons la plus r&#233;pandue des classifications, la tripartition visuel, auditif, kinesth&#233;sique &#8211; ce que j'en dirai vaudrait &lt;i&gt;mutatis mutandis&lt;/i&gt; pour les autres. Il est vrai que nous stockons parfois en m&#233;moire des choses et que nous en apprenons et y r&#233;fl&#233;chissons en termes, disons, visuels ou auditifs ; vrai aussi que nos capacit&#233;s &#224; ces &#233;gards varient d'une personne &#224; une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, et voil&#224; le hic, cela ne vaut que pour des contenus visuels ou auditifs. Si on vous demande de comparer mentalement la voix de Renaud et celle de Brassens, votre m&#233;moire auditive entre en fonction ; si on vous demande de penser &#224; la forme des oreilles de votre chien, votre m&#233;moire visuelle travaille ; comment vous lacer vos souliers, votre m&#233;moire kinesth&#233;sique travaille. Et certains sont meilleurs que d'autres pour ces t&#226;ches. Mais cela n'&#224; rien &#224; voir (sauf, bien entendu si le contenu est visuel ou auditif ou kinesth&#233;sique : une voix &#224; entendre, un lieu &#224; voir, une surface &#224; toucher) avec ce qu'on transmet &#224; l'&#233;cole, &#224; savoir des significations &#8211; et pas des sons ou des images.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que vous savez de la R&#233;volution fran&#231;aise, ce sont des significations, qui ne sont ni acquises, ni stock&#233;es visuellement, kinesth&#233;siquement ou auditivement ; et le fait que vous soyez plus ou moins bon &#224;, disons, retenir des sons, n'a pas aid&#233; ou nui &#224; votre acquisition de ces significations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissons la parole &#224; Willingham : &#171; [&#8230;] &lt;i&gt;les enfants ont des habilet&#233;s diverses en diverses modalit&#233;s [auditif, visuel, kinesth&#233;sique] ; mais lui enseigner selon sa modalit&#233; la meilleure n'a pas d'impact sur sa r&#233;ussite &#224; l'&#233;cole. Ce qui compte, c'est qu'on lui enseigne selon la modalit&#233; du contenu qu'on enseigne.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Notez que la tr&#232;s grande vari&#233;t&#233; des classifications &#233;tait d&#233;j&#224; suspecte et incitait au doute &#8211; j'en ai &#233;voqu&#233; quelques-unes : un chercheur en a d&#233;nombr&#233; 71 !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste une question : pourquoi des id&#233;es ayant scientifiquement si peu de cr&#233;dibilit&#233; sont-elles n&#233;anmoins aussi r&#233;pandues et crues ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question m&#233;rite qu'on s'y arr&#234;te, d'autant que des argents et des &#233;nergies consid&#233;rables sont d&#233;pens&#233;es &#224; promouvoir ces th&#233;ories au mieux inefficaces.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi y croyons-nous ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je sugg&#232;re quelques raisons qui, conjointement, fournissent, me semble-t-il, un d&#233;but de r&#233;ponse &#224; cette troublante question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re est que certaines de ces id&#233;es sont au moins plausibles. C'est ainsi que c'est un fait que certains ont plus de facilit&#233; que d'autres &#224; m&#233;moriser des images ou des sons, que d'autres travaillent plus ou moins bien en &#233;quipe, etc. (On se rappellera cependant que la th&#233;orie des styles d'apprentissage soutient autre chose, qui va bien au-del&#224; de cela).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me est que ces id&#233;es sont r&#233;p&#233;t&#233;es et donn&#233;es comme av&#233;r&#233;es, avec certaines marques superficielles des th&#233;ories solidement &#233;tablies. Des universitaires les enseignent, des s&#233;minaires leur sont consacr&#233;es, des revues les publient, on subventionne des recherches &#224; leur sujet. Si on gratte, cependant, on trouve bien peu de r&#233;el support scientifique &#224; toute l'affaire. Le cas des recherches est particuli&#232;rement &#233;clairant : la tr&#232;s grande majorit&#233; d'entre elles ne sont pas publi&#233;es dans des revues avec comit&#233;s de lecture ou sont m&#233;thodologiquement d&#233;ficientes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne bien connu des &#171; biais de confirmation &#187; joue sans doute aussi un r&#244;le dans cette histoire. On d&#233;signe par l&#224; cette tendance &#224; chercher des informations qui confirment nos pr&#233;conceptions, &#224; &#234;tre sensible &#224; celles-l&#224; et pas aux autres, qui les contredisent, et &#224; interpr&#233;ter les donn&#233;es dans un sens favorable &#224; nos id&#233;es et hypoth&#232;ses. Voici un exemple fictif. Vous enseignez quelque chose &#224; Paul et il a du mal &#224; comprendre. &#192; un moment donn&#233;, vous lui montrez un objet et le d&#233;clic se fait. Vous vous dites : Paul est un visuel ! Mais bien d'autres explications de ce qui s'est pass&#233; sont possibles : il se peut que l'objet pr&#233;sent&#233; &#233;tait un excellent exemple, qui aurait fonctionn&#233; avec n'importe qui ; ou ce sont tout simplement vos explications ant&#233;rieures qui viennent de porter fruit ; etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme je l'ai dit en commen&#231;ant, je pense aussi que cette id&#233;e de styles d'apprentissage, comme toute l&#233;gende p&#233;dagogique, j'en fais le pari, circule autant parce qu'elle est rassurante et cadre parfaitement avec une certaine id&#233;ologie romantique dont le monde de l'&#233;ducation est imbib&#233; de part en part : apprendre peut &#234;tre facile, naturel, se faire sans effort par tout le monde et pour n'importe quel savoir : il suffit de trouver les styles d'enseignement qui correspondent aux styles d'apprentissage.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est, h&#233;las, beaucoup trop beau pour &#234;tre vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux lectures :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;WILINGHAM, D. T. , &lt;i&gt;Why Don't Students Like School : A Cognitive Scientist Answers Questions About How the Mind Works and What It Means for the Classroom&lt;/i&gt;, Jossey-Bass, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LILIENFELD, Scott O., &lt;i&gt;et al.&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;50 Great Myths of Popular Psychology : Shattering Widespread Misconceptions about Human Behavior&lt;/i&gt;, Wiley-Blackwell, 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une id&#233;e connexe, mais distincte et que je n'analyserai pas ici, est due &#224; Howard Gardner et elle est extr&#234;mement populaire. Gardner distingue huit (parfois sept) styles d'intelligence : l'intelligence logico-math&#233;matique, l'intelligence spatiale, l'intelligence interpersonnelle, l'intelligence corporelle-kinesth&#233;sique, l'intelligence verbo-linguistique, l'intelligence intrapersonnelle, l'intelligence musicale-rythmique, l'intelligence naturaliste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par ex. : &lt;a href=&#034;http://www.pedagonet.com/other/Styles.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.pedagonet.com/other/Styles.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;par ex. : &lt;a href=&#034;http://www.emploisetc.gc.ca/toolbox/quizzes/styles_quiz.do?lang=f&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.emploisetc.gc.ca/toolbox/quizzes/styles_quiz.do?lang=f&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fin de la vie priv&#233;e au Canada ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Fin-de-la-vie-privee-au-Canada</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Fin-de-la-vie-privee-au-Canada</guid>
		<dc:date>2010-07-09T18:43:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Beaupr&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Beaupr&#233;, Antoine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a pr&#233;sentement un mouvement tr&#232;s fort au sein du gouvernement conservateur, appuy&#233; par &#171; l'opposition &#187; lib&#233;rale, pour grandement resserrer les lois sur la surveillance t&#233;l&#233;phonique et informatique. Vous allez &#234;tre surveill&#233;s par votre police locale, provinciale, f&#233;d&#233;rale ou &#233;trang&#232;re, sans mandat et sans en &#234;tre avertis. On embarque dans le bateau de la surveillance globale, style 1984. &lt;br class='autobr' /&gt; Projet de surveillance globale et arbitraire &lt;br class='autobr' /&gt;
Le gouvernement canadien se pr&#233;pare pr&#233;sentement &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-33-fevrier-mars-2010-" rel="directory"&gt;No 033 - f&#233;vrier / mars 2010&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Technoculture-et-informatique-+" rel="tag"&gt;Technologies, informatique et internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-canadienne-+" rel="tag"&gt;Politique canadienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Controle-repression-et-securite-+" rel="tag"&gt;Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Beaupre-Antoine-+" rel="tag"&gt;Beaupr&#233;, Antoine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1013.gif?1642092113' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;491&#034; height=&#034;600&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a pr&#233;sentement un mouvement tr&#232;s fort au sein du gouvernement conservateur, appuy&#233; par &#171; l'opposition &#187; lib&#233;rale, pour grandement resserrer les lois sur la surveillance t&#233;l&#233;phonique et informatique. Vous allez &#234;tre surveill&#233;s par votre police locale, provinciale, f&#233;d&#233;rale ou &#233;trang&#232;re, sans mandat et sans en &#234;tre avertis. On embarque dans le bateau de la surveillance globale, style &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Projet de surveillance globale et arbitraire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement canadien se pr&#233;pare pr&#233;sentement &#224; obliger les fournisseurs d'acc&#232;s et de services Internet (Bell, Vid&#233;otron, Google, Hotmail, etc.) &#224; vous surveiller sans mandat et sans vous avertir. Ces fournisseurs seront forc&#233;s par la loi de garder trace de toutes les activit&#233;s de leurs utilisateurs. Voici les informations que les fournisseurs seront forc&#233;s de fournir, par la loi, &#224; tout officier de police, ou &#171; personne autoris&#233;e &#187; qui en fera la demande : nom, adresse, num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone, adresse courriel, num&#233;ro de carte SIM de t&#233;l&#233;phone cellulaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces informations devront &#234;tre livr&#233;es &#224; la &#171; personne autoris&#233;e &#187;, sans qu'elle ait besoin de demander un mandat &#224; un juge. Simplement sur demande, un &#171; agent de la paix &#187; qui donne son nom, son num&#233;ro de badge, son rang et l'organisation pour laquelle il travaille pourra librement obtenir ces informations. De la fa&#231;on dont la loi est formul&#233;e, c'est la personne autoris&#233;e qui d&#233;cide si sa demande est l&#233;gitime ou non, et l'op&#233;rateur r&#233;seau est un simple interm&#233;diaire qui doit donner diligemment vos informations priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fournisseurs de services devront conserver non seulement la trace des communications, mais &#233;galement leur contenu, ce qui imposera une charge suppl&#233;mentaire &#233;norme aux r&#233;seaux et op&#233;rateurs d&#233;j&#224; fragiles sur ce point. Il faut donc ici distinguer la trace des communications (qui, quand, o&#249;, comment ?) de leur contenu (quoi ?), qui devra faire l'objet d'un mandat. Dans les deux cas, le FAI pourrait &#234;tre tenu de garder le silence et ne pas vous aviser que vos communications sont activement surveill&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi indique aussi que le service d'espionnage dispens&#233; par les fournisseurs de services sera pay&#233; en bonne et due forme. Cela assurera la complicit&#233; des gros fournisseurs, auxquels de tels services imposeront des frais suppl&#233;mentaires et qui ont protest&#233; par le pass&#233; lorsque de telles lois ont &#233;t&#233; propos&#233;es, par exemple en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, la loi indique que les communications s&#233;curis&#233;es (par exemple avec votre banque) devront &#234;tre conserv&#233;es &#171; en clair &#187;, c'est-&#224;-dire qu'elles pourront &#234;tre d&#233;crypt&#233;es par le FAI. Cela pourrait rendre impossibles des services de communication s&#233;curis&#233;s au Canada, car cela obligerait les fournisseurs &#224; conserver et &#224; communiquer aux autorit&#233;s des versions d&#233;crypt&#233;es des communications (loi C47, article 3.6). De la m&#234;me fa&#231;on, un juge pourra vous ordonner de divulguer vos mots de passe afin d'acc&#233;der &#224; vos donn&#233;es confidentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme travailleur op&#233;rant des r&#233;seaux et serveurs pour l'organisme communautaire Koumbit.org, qui dessert plusieurs groupes communautaires, devenir un espion du gouvernement va &#224; l'encontre de mon code d'&#233;thique. Cela remet en question mon travail, qui consiste &#224; permettre aux gens de communiquer entre eux de fa&#231;on confidentielle et de publier leurs id&#233;es en s&#233;curit&#233; et non pas de participer &#224; une surveillance globale &#233;tatique. Koumbit a d&#233;j&#224; eu affaire &#224; la justice dans des circonstances similaires et a d&#251; collaborer avec la police, car la loi permet d&#233;j&#224; &#224; l'&#201;tat d'op&#233;rer une surveillance au cas par cas et &#224; la police de faire son travail.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'excuse politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Toute cette intrusion dans notre vie priv&#233;e est faite au nom d'une d&#233;magogie de bas &#233;tage, sous le pr&#233;texte de la refonte de la loi sur le droit d'auteur et de la protection des enfants contre la p&#233;dophilie. &#171; &lt;i&gt;Il faut prot&#233;ger les enfants attir&#233;s sur Internet&lt;/i&gt; &#187;, selon les Conservateurs, comme si l'Internet &#233;tait intrins&#232;quement une menace &#224; l'int&#233;grit&#233; physique et psychologique des enfants. Les objectifs de ces projets de loi sont en r&#233;alit&#233; beaucoup plus pernicieux et malhonn&#234;tes et les d&#233;put&#233;s, peu au courant des enjeux techniques, collaborent tacitement ou, s'ils comprennent les enjeux, malicieusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif premier est de permettre au lobby du cin&#233;ma et de la musique (Warner Brothers, Sony BMG, EMI et Universal) de continuer &#224; faire des profits record en poursuivant les utilisateurs qui t&#233;l&#233;chargent librement et l&#233;galement de la musique et des films sur Internet. On parle depuis longtemps de la refonte du droit d'auteur et la r&#233;ponse sera le copinage habituel avec les lobbys corporatistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me objectif est de pouvoir surveiller la population, ce qui exige pour l'instant d'ennuyeuses proc&#233;dures l&#233;gales. Ces proc&#233;dures (obtenir un mandat pour une perquisition par exemple) constituent des protections fondamentales qui assurent une s&#233;curit&#233; de base dans tout &#201;tat de droit. L'&#201;tat veut maintenant avoir un acc&#232;s sans contraintes &#224; nos communications. Cela mettra directement en danger les discours politiques divergents ou plus simplement toute personne qui tient encore &#224; sa vie priv&#233;e et &#224; la confidentialit&#233; de ses communications. Cette menace aux mouvements sociaux et &#224; ce qui reste de notre d&#233;mocratie devra &#234;tre combattue &#224; tous les niveaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le cabinet des horreurs budg&#233;taires</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-cabinet-des-horreurs</link>
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		<dc:date>2010-07-09T18:39:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#200;ve-Lyne Couturier, Pierre-Antoine Harvey</dc:creator>


		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Harvey, Pierre-Antoine </dc:subject>
		<dc:subject>Couturier, &#200;ve-Lyne </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une fiscalit&#233; &#233;quitable est le meilleur moyen de financer les services publics. Pour le moment, le gouvernement Charest a tout faux dans ce domaine. Plut&#244;t que d'y aller avec des propositions audacieuses, on se contente de ressasser de vieilles peurs et de reprendre un discours trop entendu depuis le manifeste des Lucides. Il existe pourtant de nombreuses solutions pour renflouer les coffres de l'&#201;tat, sans que cela ne se fasse aux d&#233;pens de la majorit&#233; de la population. &lt;br class='autobr' /&gt; Pour imposer une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Nos-services-publics-un-" rel="directory"&gt;Dossier : Nos services publics, un tr&#233;sor collectif en p&#233;ril&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Harvey-Pierre-Antoine-+" rel="tag"&gt;Harvey, Pierre-Antoine &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Couturier-Eve-Lyne-+" rel="tag"&gt;Couturier, &#200;ve-Lyne &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1012.gif?1642092113' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;886&#034; height=&#034;665&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une fiscalit&#233; &#233;quitable est le meilleur moyen de financer les services publics. Pour le moment, le gouvernement Charest a tout faux dans ce domaine. Plut&#244;t que d'y aller avec des propositions audacieuses, on se contente de ressasser de vieilles peurs et de reprendre un discours trop entendu depuis le manifeste des Lucides. Il existe pourtant de nombreuses solutions pour renflouer les coffres de l'&#201;tat, sans que cela ne se fasse aux d&#233;pens de la majorit&#233; de la population.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour imposer une r&#233;forme &#224; la population, rien de mieux qu'attiser la peur et lancer de la poudre aux yeux. En alliant un grand d&#233;ploiement d'experts et une exhibition d'effrayantes statistiques d&#233;natur&#233;es, la consultation sur les finances publiques lanc&#233;e en novembre 2009 par le ministre Bachand ressemble &#224; un cabinet des horreurs. Qu'il y ait n&#233;cessit&#233; d'augmenter les revenus de l'&#201;tat : soit ! Par contre, il nous appara&#238;t inutile d'agiter les menaces, de brandir l'urgence ou d'appeler aux fatalit&#233;s afin de limiter le d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le d&#233;ficit de qui ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La marge de man&#339;uvre du Qu&#233;bec est &#233;troite !&lt;/i&gt;, ne cesse-t-on de r&#233;p&#233;ter. Bien s&#251;r, le Qu&#233;bec est en d&#233;ficit ; nous traversons une r&#233;cession. Or, le d&#233;ficit ne repr&#233;sentera que 1,3 % du PIB alors qu'au f&#233;d&#233;ral il sera de 3,5 %, de 4,4 % en Ontario et de plus de 9 % aux &#201;tats-Unis. Du c&#244;t&#233; des d&#233;penses, celles du Qu&#233;bec ont augment&#233; au rythme spartiate de 4,6 % par ann&#233;e depuis 2003 alors que dans le reste du Canada, elles gonflaient en moyenne de plus de 6,5 % annuellement. La retenue budg&#233;taire du Qu&#233;bec s'est pay&#233;e au prix d'une contraction du nombre d'employ&#233;es dans la fonction publique et d'une pr&#233;carisation des emplois dans l'&#233;ducation, la sant&#233; et les services sociaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conseil du Tr&#233;sor Qu&#233;bec, 2009, L'effectif de la fonction publique du Qu&#233;bec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour expliquer les d&#233;ficits &#224; venir, il faut surtout regarder du c&#244;t&#233; des baisses d'imp&#244;ts r&#233;centes. Le gouvernement du Qu&#233;bec admet lui-m&#234;me &#234;tre responsable de plus de la moiti&#233; de son manque &#224; gagner pour l'ann&#233;e 2009-2010. Pr&#232;s de 2,5 milliards $ sur les 4,7 milliards de d&#233;ficit s'expliquent par les diff&#233;rents cadeaux fiscaux offerts aux particuliers et aux entreprises depuis 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les experts du rapport &lt;i&gt;Le Qu&#233;bec face &#224; ses d&#233;fis&lt;/i&gt;, engag&#233;s par le gouvernement qu&#233;b&#233;cois pour donner leur avis sur les finances publiques, on ne peut imposer davantage les Qu&#233;b&#233;cois. Le Qu&#233;bec serait d&#233;j&#224; &#224; ce chapitre en t&#234;te en Am&#233;rique du Nord et au-dessus de la moyenne des pays du G7. Pourtant, l'un de ces experts, le fiscaliste Luc Godbout, rappelait dans une &#233;tude de 2008 l'importance de consid&#233;rer &#224; la fois les pr&#233;l&#232;vements fiscaux et les transferts re&#231;us : &#171; [&#8230;]&lt;i&gt; en tenant compte de la charge fiscale nette qui comprend les imp&#244;ts sur le revenu, les cotisations pay&#233;es et les prestations re&#231;ues, il est possible de constater que la charge fiscale nette au Qu&#233;bec en regard des pays du G7 n'&#233;tait pas plus &#233;lev&#233;e qu'ailleurs, bien au contraire. En effet, en 2006, les 11 cas analys&#233;s positionnaient favorablement les r&#233;sultats du Qu&#233;bec&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Godbout, L. et S. St-Cerny, 2008, La charge fiscale nette des particuliers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces chiffres, d&#233;j&#224; avantageux, ne tiennent compte que des transferts fiscaux (cr&#233;dit imp&#244;ts TPS-TVQ et prestations fiscales pour enfant) et laissent en dehors de l'&#233;quation les services publics particuliers dont b&#233;n&#233;ficient les Qu&#233;b&#233;coises (garderies &#224; 7 $, assurance m&#233;dicament, tarifs d'&#233;lectricit&#233; accessibles, subventions &#224; la R&amp;D pour les entreprises). Notre fort taux de contribution fiscale et de services publics nous permet cependant de c&#244;toyer un club tr&#232;s s&#233;lect constitu&#233; du Danemark, de la Su&#232;de, de la Belgique, de la Norv&#232;ge et de la Finlande. Le sens de la comparaison est une question de choix politiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un Qu&#233;bec surendett&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La dette du Qu&#233;bec augmente, gonfl&#233;e par les investissements en infrastructures li&#233;s au plan de relance. D'ici la reprise, pr&#233;vue fin 2010, elle passera de 42 &#224; 46 % du PIB nous pla&#231;ant effectivement au sommet des provinces canadiennes. Par contre, la panique n'est aucunement justifi&#233;e si on se compare avec les autres pays industrialis&#233;s. En utilisant la dette nette et les calculs de l'OCDE, on constate que le Qu&#233;bec se situe assez pr&#232;s de la moyenne des pays de l'OCDE (32,8 % contre 41,7 % de la dette nette sur le PIB). Le probl&#232;me m&#233;rite discussion, mais rien de justifie l'imposition d'urgence de solutions ind&#233;sirables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#244;t des soci&#233;t&#233;s serait lui aussi intouchable parce que, selon les experts, nous n'aurions pas &#171; &lt;i&gt;de marge de man&#339;uvre par rapport au reste de l'Am&#233;rique du Nord, pour ce qui est des imp&#244;ts des soci&#233;t&#233;s&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comit&#233; consultatif sur l'&#233;conomie et les finances publiques, 2009, Le Qu&#233;bec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pourtant, c'est Investissement Qu&#233;bec qui se vante sur son site Internet qu'au Qu&#233;bec, &#171; &lt;i&gt;le taux d'imp&#244;t des soci&#233;t&#233;s s'&#233;tablit &#224; 30,9 % [27 % en 2009&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deloitte, 2009, Taux d'imposition des entreprises 2005-2009, KPMG, 2009, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt;] : un des taux les plus bas en Am&#233;rique du Nord&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Investissement Qu&#233;bec :&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. KPMG, une des plus importantes firmes de consultants en fiscalit&#233;, classe Montr&#233;al au 8e rang sur 35 villes internationales en terme de comp&#233;titivit&#233; du r&#233;gime fiscal pour les entreprises en 2008. Le gouvernement a renonc&#233; &#224; pr&#232;s de 2 milliards de revenus en &#233;liminant la taxe sur le capital afin &#171; d'encourager les investissements &#187;. Qu&#233;bec accorde ainsi &#224; l'ensemble des entreprises le cong&#233; de taxe qui, auparavant, &#233;tait r&#233;serv&#233;, par l'entremise d'un cr&#233;dit de taxe, uniquement &#224; celles qui investissaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La hausse des tarifs d'&#233;lectricit&#233; semble en bonne voie d'&#234;tre impos&#233;e dans l'urgence. Cette mesure, qu'on dit &#233;quitable et favorable &#224; l'environnement, ne se r&#233;v&#232;le apr&#232;s &#233;tude qu'une simple strat&#233;gie de marchandisation d'un service public. En plus d'avoir peu d'impact sur l'&#233;conomie d'&#233;nergie, une augmentation uniforme du tarif du bloc patrimoniale, viendrait gruger dans le budget disponible des familles de la classe moyenne et moins nanties, une part de 2 &#224; 3 fois plus grande que chez leurs concitoyens les plus riches.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des solutions &#233;quitables pour financer nos services publics&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre limit&#233;es, comme on aimerait nous le laisser croire, les options du gouvernement pour aller chercher l'argent qui manque sont multiples. Avant m&#234;me d'examiner une nouvelle augmentation de l'imposition des entreprises, des efforts imm&#233;diats doivent &#234;tre faits afin de s'assurer que la moiti&#233; des entreprises qui ne payent actuellement aucun imp&#244;t soient mises &#224; contribution. Le gouvernement pourrait imposer de v&#233;ritables redevances sur nos ressources naturelles dont la demande explose avec la croissance asiatique (eau, mines et for&#234;t). Du c&#244;t&#233; des particuliers, avant d'appliquer des mesures r&#233;gressives comme l'augmentation des taxes ou des tarifs, il semble &#233;quitable d'aller r&#233;cup&#233;rer une part de la contribution des mieux nantis. Ces derniers ont vu leur taux d'imposition tomber de 30 % &#224; 21 % depuis la fin des ann&#233;es 1990. L'ajout d'un 4e palier d'imposition plus &#233;lev&#233;e pour les revenus d&#233;passant 110 000 $ viendrait facilement r&#233;&#233;quilibrer cette situation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;* * *&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'objectif du gouvernement dans cette r&#233;forme impos&#233;e dans l'urgence et la crise est double : on continue le remplacement de notre syst&#232;me d'imposition progressif et universel par un ensemble de ponctions (taxes et tarifs) qui ciblent les &#171; usagers &#187;, peu importe leurs moyens. Et, au nom de la fausse urgence de l'endettement, on tente d'occulter les autres objectifs d'un r&#233;gime fiscal que sont le partage de la richesse et le d&#233;veloppement social et &#233;conomique durable du Qu&#233;bec. Face &#224; la peur, nous devons r&#233;pondre par la raison, car elle est bien souvent l'alli&#233;e de l'espoir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Conseil du Tr&#233;sor Qu&#233;bec, 2009, &lt;i&gt;L'effectif de la fonction publique du Qu&#233;bec 2007-2008&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Analyse comparative des cinq derni&#232;res ann&#233;es. &lt;a href=&#034;http://www.tresor.gouv.qc.ca/ressources-humaines/effectif-des-secteurs-public-et-parapublic/effectif-de-la-fonction-publique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.tresor.gouv.qc.ca/ressources-humaines/effectif-des-secteurs-public-et-parapublic/effectif-de-la-fonction-publique/&lt;/a&gt; , p. 10. Conseil du Tr&#233;sor du Qu&#233;bec, 2009. &lt;i&gt;&#201;VOLUTION DE L'EFFECTIF EN &#201;QUIVALENT TEMPS COMPLET (&#201;.T.C.) Par statut d'emploi et secteur&lt;/i&gt;. &lt;a href=&#034;http://www.tresor.gouv.qc.ca/ressources-humaines/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.tresor.gouv.qc.ca/ressources-humaines/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Godbout, L. et S. St-Cerny, 2008, &lt;i&gt;La charge fiscale nette des particuliers au Qu&#233;bec et dans les pays du G7&lt;/i&gt;. &lt;a href=&#034;https://acpcol01.usherbrooke.ca/prod/recherche/chairefisc.nsf/alldoc/87F3EF2AC63EAD508525727A001D0DF2?OpenDocument&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://acpcol01.usherbrooke.ca/prod/recherche/chairefisc.nsf/alldoc/87F3EF2AC63EAD508525727A001D0DF2?OpenDocument&lt;/a&gt;. p. 22.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comit&#233; consultatif sur l'&#233;conomie et les finances publiques, 2009, &lt;i&gt;Le Qu&#233;bec face &#224; ses d&#233;fis&lt;/i&gt;, p. 2&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Deloitte, 2009, &lt;i&gt;Taux d'imposition des entreprises 2005-2009&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.deloitte.com/assets/Dcom-Canada/Local%20Assets/Documents/Tax/FR/ca_fr_fiscalite_Taux-impot-des-societes_Juin09%20.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.deloitte.com/assets/Dcom-Canada/Local%20Assets/Documents/Tax/FR/ca_fr_fiscalite_Taux-impot-des-societes_Juin09%20.pdf&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
KPMG, 2009, KPMG's Corporate and Indirect Tax Rate Survey 2009, p. 12. &lt;a href=&#034;http://www.kpmg.ca/en/news/documents/KPMG_CorporateIndirectTaxRateSurvey_Accessible5final.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.kpmg.ca/en/news/documents/KPMG_CorporateIndirectTaxRateSurvey_Accessible5final.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Investissement Qu&#233;bec : &lt;a href=&#034;http://www.investquebec.com/fr/index.aspx?page=332&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.investquebec.com/fr/index.aspx?page=332&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Pierre-Antoine Harvey et &#200;ve-Lyne Couturier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Institut de recherche et d'informations socio&#233;conomiques (IRIS)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un rendez-vous avec l'histoire</title>
		<link>https://www.ababord.org/Un-rendez-vous-avec-l-histoire</link>
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		<dc:date>2010-07-09T18:33:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>V&#233;ronique Martineau, Christian P&#233;pin</dc:creator>


		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Martineau, V&#233;ronique </dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;pin, Christian</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La crise &#233;conomique aurait mis le Qu&#233;bec dans le rouge. Le d&#233;ficit serait sid&#233;ral, &#233;valu&#233; &#224; 4,7 milliards $. Afin de renflouer les coffres de l'&#201;tat, le Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec (PLQ) propose sans grande surprise une tarification plus &#233;lev&#233;e et plus d&#233;velopp&#233;e des services publics. R&#233;unis en Conseil g&#233;n&#233;ral les 26 et 27 septembre 2009, ses membres ont vot&#233;, entre autres, en faveur de l'augmentation des tarifs d'hydro-&#233;lectricit&#233;, de l'instauration des droits de scolarit&#233; au coll&#233;gial et des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Nos-services-publics-un-" rel="directory"&gt;Dossier : Nos services publics, un tr&#233;sor collectif en p&#233;ril&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Inegalites-et-pauvrete-+" rel="tag"&gt;In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Martineau-Veronique-+" rel="tag"&gt;Martineau, V&#233;ronique &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Pepin-Christian-+" rel="tag"&gt;P&#233;pin, Christian&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1011.gif?1642092113' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;551&#034; height=&#034;354&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La crise &#233;conomique aurait mis le Qu&#233;bec dans le rouge. Le d&#233;ficit serait sid&#233;ral, &#233;valu&#233; &#224; 4,7 milliards $. Afin de renflouer les coffres de l'&#201;tat, le Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec (PLQ) propose sans grande surprise une tarification plus &#233;lev&#233;e et plus d&#233;velopp&#233;e des services publics. R&#233;unis en Conseil g&#233;n&#233;ral les 26 et 27 septembre 2009, ses membres ont vot&#233;, entre autres, en faveur de l'augmentation des tarifs d'hydro-&#233;lectricit&#233;, de l'instauration des droits de scolarit&#233; au coll&#233;gial et des p&#233;ages sur les autoroutes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ainsi, les Qu&#233;b&#233;cois et les Qu&#233;b&#233;coises devront se serrer la ceinture, &lt;i&gt;sans exception !&lt;/i&gt; Heureusement, de nombreuses organisations populaires, communautaires, syndicales et f&#233;ministes ont tout r&#233;cemment fond&#233; une coalition afin de contrer le nouvel assaut du gouvernement en mati&#232;re de tarification et de privatisation des services publics. Un printemps chaud s'annonce, et des &#233;lans d'espoir prennent forme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La crise apr&#232;s la crise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'avoir recours &#224; une tarification plus &#233;lev&#233;e des services publics n'est pas nouvelle. Depuis 2004, les tarifs d'Hydro-Qu&#233;bec ont d&#233;j&#224; augment&#233; de 20 %&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#201;PACQ, C'est (encore) &#224; vous de payer pour la crise, Non aux hausses de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comme si cela ne suffisait pas, c'est principalement avec une nouvelle augmentation substantielle des tarifs d'&#233;lectricit&#233; que le gouvernement souhaite rembourser les dettes du Qu&#233;bec. Selon les nombreuses allusions faites par le ministre des Finances, Raymond Bachand, depuis l'automne dernier, nous pouvons anticiper que celle-ci repr&#233;sente l'attaque la plus imminente. Pour leur part, les tarifs dans les transports en commun ont connu une hausse de 29,2 % entre 2000 et 2006&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comit&#233; consultatif de lutte contre la pauvret&#233; et l'exclusion sociale, Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'acc&#232;s aux Centres de la petite enfance (CPE) n'avait &#233;galement pas &#233;t&#233; &#233;pargn&#233; par cette logique lorsque les tarifs ont &#233;t&#233; augment&#233;s par les Lib&#233;raux de 5 $ &#224; 7 $ par jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de ces r&#233;centes attaques &#224; l'accessibilit&#233; de ces services publics essentiels, le gouvernement ne cesse de menacer le droit &#224; l'&#233;ducation. Rappelons que le gouvernement du Qu&#233;bec a impos&#233; un d&#233;gel des frais de scolarit&#233; universitaires qui passeront de 1 668 $ en 2007 &#224; 2 168 $ en 2012 annuellement. De plus, le plan de redressement de l'UQAM, &#233;labor&#233; avec des chiffres que Claude Corbo aurait re&#231;us du minist&#232;re de l'&#201;ducation, pr&#233;voit que la hausse des frais de scolarit&#233; de 100 $ par ann&#233;e se poursuivra apr&#232;s 2012&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nadeau-Dubois, Gabriel, &#171; Hausse des frais de scolarit&#233; apr&#232;s 2012 ? Un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le sc&#233;nario le plus inqui&#233;tant est une d&#233;r&#233;glementation des frais de scolarit&#233;. En plus des frais de scolarit&#233;, le droit &#224; l'&#233;ducation est menac&#233; par une hausse continuelle des frais aff&#233;rents dans les universit&#233;s et les c&#233;geps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'instauration de la logique du priv&#233; dans les services publics et les programmes sociaux prend de plus en plus d'ampleur au Qu&#233;bec. Derri&#232;re cette logique de tarification de plus en plus insidieuse se profile le projet de privatisation et de marchandisation des services publics. &#192; force de consid&#233;rer ces services comme des marchandises qui se monnayent &#224; des prix de plus en plus &#233;lev&#233;s, les entreprises &#224; la recherche de nouveaux d&#233;bouch&#233;s r&#234;vent &#224; l'id&#233;e de saisir ces occasions de profit, qui repr&#233;sentent des revenus potentiels de plusieurs dizaines de milliards de dollars. De toute &#233;vidence, cette logique est structurelle et non &#233;v&#233;nementielle. Ainsi, seule la construction d'un front commun combatif et permanent permettra de mettre un terme &#224; ce saccage.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour un r&#233;el front commun, permanent et bas&#233; sur la lutte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette nouvelle menace d'augmentation des tarifs dans les services publics, de nombreuses organisations ont r&#233;pondu &#224; l'appel du Mouvement d'&#233;ducation populaire et d'action communautaire du Qu&#233;bec et ont fond&#233; la &lt;i&gt;Coalition oppos&#233;e &#224; la tarification et &#224; la privatisation des services publics&lt;/i&gt;, form&#233;e de plusieurs groupes de pression et organisations &#233;tudiantes, communautaires, syndicales, de divers horizons. Sur le plan des revendications, cette coalition propose de financer ad&#233;quatement les services publics et les programmes sociaux dans une perspective de lutte contre la privatisation et la marchandisation du bien commun. Pour la coalition, ce financement doit se faire par une fiscalit&#233; plus progressive. De plus, cette coalition s'oppose aux hausses de tarifs de l'&#233;lectricit&#233; r&#233;sidentielle et des services publics, particuli&#232;rement les services de sant&#233; et les services sociaux, l'&#233;ducation, les garderies et les transports collectifs. Une majorit&#233; d'organisations consid&#232;re que l'accent doit &#234;tre mis sur la mobilisation et l'escalade des moyens de pression. Reste &#224; voir si cette coalition restera fid&#232;le &#224; ses ambitions de d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trop souvent, la lutte politique se restreint &#224; des communiqu&#233;s de presse conjoints ou &#224; des campagnes de lettres aux d&#233;put&#233;es. En soi, ces moyens peuvent &#234;tre des plus l&#233;gitimes, mais leur pertinence et leur &#233;cho politique d&#233;pendent de leur enracinement dans une v&#233;ritable escalade des moyens de pression. Cette logique prescrit qu'&#224; chaque &#233;tape de notre combat, nous devons faire comprendre au gouvernement que s'il ne renonce pas &#224; ses politiques antisociales, la lutte ne pourra que s'intensifier, compromettant de plus en plus la paix sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le prolongement des coupes draconiennes du Parti qu&#233;b&#233;cois et de Lucien Bouchard en 1996, la lutte au d&#233;ficit z&#233;ro reprend de plus belle avec de nouveaux assauts des plus inqui&#233;tants. Nous nous retrouvons &#224; un point tournant de notre histoire : ou nous acceptons que soient d&#233;truits nos m&#233;canismes de distribution de la richesse, ou nous freinons ce saccage, qui profite aux plus riches et &#224; de puissantes corporations. Par le pass&#233;, nous avons acquis de nombreux droits &#233;conomiques et sociaux par la lutte, et il nous faut les conserver par la lutte. Osons esp&#233;rer que nous serons &#224; la hauteur des d&#233;fis qui nous attendent et que nous ne serons pas contraints au final &#224; revivre un autre rendez-vous manqu&#233;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M&#201;PACQ, &lt;i&gt;C'est (encore) &#224; vous de payer pour la crise, Non aux hausses de tarifs !&lt;/i&gt;, p. 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comit&#233; consultatif de lutte contre la pauvret&#233; et l'exclusion sociale, &lt;i&gt;Les r&#233;percussions des hausses tarifaires sur les conditions de vie des personnes &#224; faible revenu&lt;/i&gt;, Qu&#233;bec, f&#233;vrier 2008, p. 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nadeau-Dubois, Gabriel, &#171; Hausse des frais de scolarit&#233; apr&#232;s 2012 ? Un d&#233;gel n'attend pas l'autre &#187;, &lt;i&gt;Ultimatum&lt;/i&gt; (Montr&#233;al), p. 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ci-g&#238;t l'Agence des PPP</title>
		<link>https://www.ababord.org/Ci-git-l-Agence-des-PPP</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Ci-git-l-Agence-des-PPP</guid>
		<dc:date>2010-07-09T18:23:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Fran&#231;ois Landry, Bertrand Schepper</dc:creator>


		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Privatisation et partenariats publics-priv&#233;s (PPP) </dc:subject>
		<dc:subject>Schepper, Bertrand</dc:subject>
		<dc:subject>Landry, Jean-Fran&#231;ois </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 21 octobre 2009, le gouvernement d&#233;posait le projet de loi 65, cr&#233;ant Infrastructure Qu&#233;bec, mettant un terme au mandat de l'Agence des Partenariats public-priv&#233; (PPP). Le nouvel organisme &#171; aura le mandat d'encadrer la r&#233;alisation des grands projets publics de 40 millions et plus. Il assurera aussi un contr&#244;le des &#233;ch&#233;anciers et des budgets pr&#233;vus. &#187; Ces modifications ont fait dire &#224; certains que Qu&#233;bec enterrait l'Agence des PPP. &lt;br class='autobr' /&gt; Il serait plus juste de parler d'un changement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Nos-services-publics-un-" rel="directory"&gt;Dossier : Nos services publics, un tr&#233;sor collectif en p&#233;ril&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Privatisation-et-partenariats-+" rel="tag"&gt;Privatisation et partenariats publics-priv&#233;s (PPP) &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Schepper-Bertrand-+" rel="tag"&gt;Schepper, Bertrand&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Landry-Jean-Francois-+" rel="tag"&gt;Landry, Jean-Fran&#231;ois &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1010.gif?1642092113' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;228&#034; height=&#034;353&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 21 octobre 2009, le gouvernement d&#233;posait le projet de loi 65, cr&#233;ant Infrastructure Qu&#233;bec, mettant un terme au mandat de l'Agence des Partenariats public-priv&#233; (PPP). Le nouvel organisme &#171; &lt;i&gt;aura le mandat d'encadrer la r&#233;alisation des grands projets publics de 40 millions et plus. Il assurera aussi un contr&#244;le des &#233;ch&#233;anciers et des budgets pr&#233;vus&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;quebec-enterre-l-agence-des-ppp&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Ces modifications ont fait dire &#224; certains que Qu&#233;bec enterrait l'Agence des PPP.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il serait plus juste de parler d'un changement cosm&#233;tique. Le projet de loi 65 modifie le r&#244;le jusqu'&#224; maintenant d&#233;volu &#224; l'Agence des PPP pour en faire un organisme &#224; vocation beaucoup plus large, qui aura son mot &#224; dire sur la plupart des grands projets d'infrastructure du gouvernement, et ce, peu importe leur mode de r&#233;alisation. Comment expliquer ce changement de discours ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus d'avoir essuy&#233; de vives critiques tout au long de sa br&#232;ve existence (2004-2009), le travail de l'Agence laissait planer de s&#233;rieux doutes quant &#224; son impartialit&#233; dans de nombreux dossiers, particuli&#232;rement celui tant m&#233;diatis&#233; du CHUM. Le rapport, tr&#232;s critique, du V&#233;rificateur g&#233;n&#233;ral du 18 novembre 2009 nous rappelle encore une fois comment l'Agence aurait manqu&#233; de rigueur dans ses analyses et hypoth&#232;ses de travail, ce qui aurait r&#233;sult&#233; en des d&#233;cisions plus qu'avantageuses pour les consortiums priv&#233;s dans les dossiers du CHUM et du CUSM&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le chapitre 5 du tome 2 du rapport du V&#233;rificateur g&#233;n&#233;ral du Qu&#233;bec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Politiquement, l'agence devenait de plus en plus une v&#233;ritable patate chaude pour le gouvernement qui d&#233;cide alors de mettre un terme &#224; son action.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La mort des PPP ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; &#224; conclure &#224; la fin des PPP au Qu&#233;bec, il y a une marge importante. Tout d'abord, rappelons que des projets importants du gouvernement ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; couverts par l'Agence (salle de l'OSM, parach&#232;vement des autoroutes 25 et 30 ainsi que le CHUM et le CUSM). Ces projets sont l'occasion pour les consortiums priv&#233;s de se faire la main sur la formule des PPP au Qu&#233;bec. Il y a fort &#224; parier que les nombreux projets d'infrastructures qui verront le jour au cours des prochaines ann&#233;es feront l'envie du priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce sujet, il existe cependant des formules moins restrictives et moins m&#233;diatis&#233;es qui sont utilis&#233;es par des organismes publics pour des projets de moins grande envergure. Malheureusement, dans ce jeu ce sont syst&#233;matiquement les organismes publics qui prennent tous les risques et le partenaire priv&#233; engrange les profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; titre d'exemple, certaines universit&#233;s, afin de pallier au sous-financement chronique du syst&#232;me d'&#233;ducation, utilisent un mod&#232;le de partenariat public-priv&#233; d&#233;s&#233;quilibr&#233;. Le projet de l'UQAM et de l'&#206;lot Voyageur est ici particuli&#232;rement parlant, bien qu'il ne corresponde pas &#224; la d&#233;finition d'un PPP tel que l'Agence des PPP le concevait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de ne pas contracter un pr&#234;t qui aurait eu pour effet de r&#233;duire ses subventions du minist&#232;re de l'&#201;ducation, du Loisir et du Sport (MELS), l'UQAM choisit plut&#244;t de &lt;i&gt;garantir&lt;/i&gt; l'emprunt d'une filiale de l'entreprise partenaire du projet, Busac, pour la construction. Cette firme priv&#233;e a ainsi pu b&#233;n&#233;ficier du taux d'emprunt pr&#233;f&#233;rentiel accord&#233; &#224; l'universit&#233;. &#192; la suite de cette op&#233;ration, Busac devait louer &#224; l'UQAM les locaux du nouveau pavillon en assurant l'entretien du b&#226;timent durant 25 ans, apr&#232;s quoi l'UQAM en prendrait possession et serait responsable des r&#233;novations &#224; y faire. Par cons&#233;quent, l'UQAM se trouve &#224; assumer les risques de la construction et de la location d'un b&#226;timent dont elle n'est pas propri&#233;taire pendant plus de 25 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le fiasco de l'&#206;lot Voyageur a &#233;t&#233; largement comment&#233; et critiqu&#233;, nous remarquons que, bien que dans une envergure moindre, c'est bien souvent en vertu du m&#234;me proc&#233;d&#233; que se construisent actuellement d'autres projets de pavillons universitaires. L'UQAR a construit son nouveau pavillon de L&#233;vis en PPP et la m&#234;me formule est utilis&#233;e par l'UQO qui ouvre en janvier 2010 un pavillon &#224; Saint-J&#233;r&#244;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plus de d&#233;tails, consultez l'&#233;tude de l'IRIS, Les PPP dans les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (apr&#232;s avoir fait affaire avec le m&#234;me promoteur). Il est &#224; noter, que dans tous ces cas, c'est l'organisme public qui prend la vaste partie des risques et l'entreprise priv&#233;e qui empoche les profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, il ne s'agit plus de partenariat, mais bien d'une rente assur&#233;e par le public pour le promoteur priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que l'Agence des PPP n'est plus, il est clair que les projets &#224; l'avantage des promoteurs priv&#233;s continueront de se r&#233;aliser, peut-&#234;tre avec une attention m&#233;diatique moindre et sous un aspect plus &#171; neutre &#187; ; soyons certains toutefois que l'app&#226;t du gain n'a pas &#233;t&#233; enterr&#233; avec l'Agence des PPP. Les promoteurs se cachent dor&#233;navant derri&#232;re une nouvelle structure dans l'espoir de r&#233;aliser des projets majeurs sans le battage m&#233;diatique autour des PPP et de leur d&#233;funte Agence dont l'esprit r&#244;de toujours&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ledevoir.com/politique/quebec/272838/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ledevoir.com/politique/quebec/272838/&lt;/a&gt; quebec-enterre-l-agence-des-ppp&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le chapitre 5 du tome 2 du rapport du V&#233;rificateur g&#233;n&#233;ral du Qu&#233;bec pour l'ann&#233;e 2009-2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour plus de d&#233;tails, consultez l'&#233;tude de l'IRIS, &lt;i&gt;Les PPP dans les universit&#233;s qu&#233;b&#233;coises&lt;/i&gt;, disponible sur son site Internet : &lt;a href=&#034;http://www.iris-recherche.qc.ca/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.iris-recherche.qc.ca/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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