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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Le pari de la la&#239;cit&#233; ouverte</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-pari-de-la-laicite-ouverte</link>
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		<dc:date>2010-02-16T16:14:04Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Weinstock</dc:creator>


		<dc:subject>La&#239;cit&#233;, religions et politique</dc:subject>
		<dc:subject>Weinstock, Daniel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans une soci&#233;t&#233; pluriconfessionnelle comme le Qu&#233;bec, autant la justice que la bonne entente sociale d&#233;pendent de ce qu'il y ait une s&#233;paration entre les institutions publiques et les convictions religieuses des citoyens (j'inclus parmi les convictions religieuses celles d'ath&#233;es qui sont convaincus de la non-existence de Dieu). La justice en d&#233;pend, car des institutions publiques dont le fonctionnement refl&#233;terait les valeurs et les croyances religieuses d'un groupe, par exemple de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Le-Quebec-en-quete-de-" rel="directory"&gt;Dossier : Le Qu&#233;bec en qu&#234;te de la&#239;cit&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Laicite-religions-et-politique-+" rel="tag"&gt;La&#239;cit&#233;, religions et politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Weinstock-Daniel-+" rel="tag"&gt;Weinstock, Daniel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton978.gif?1642092281' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1073&#034; height=&#034;716&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans une soci&#233;t&#233; pluriconfessionnelle comme le Qu&#233;bec, autant la justice que la bonne entente sociale d&#233;pendent de ce qu'il y ait une s&#233;paration entre les institutions publiques et les convictions religieuses des citoyens (j'inclus parmi les convictions religieuses celles d'ath&#233;es qui sont convaincus de la non-existence de Dieu). La justice en d&#233;pend, car des institutions publiques dont le fonctionnement refl&#233;terait les valeurs et les croyances religieuses d'un groupe, par exemple de la majorit&#233;, seraient forc&#233;ment amen&#233;es &#224; traiter les citoyens n'appartenant pas &#224; ce groupe comme moins &#233;gaux. L'&#233;galit&#233; entre citoyens &#233;tant, dans une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique, une condition &lt;i&gt;sine qua non&lt;/i&gt; de la justice des institutions publiques, la s&#233;paration des cultes et de l'&#201;tat est un ingr&#233;dient non n&#233;gociable de la justice sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette s&#233;paration est &#233;galement une condition de l'amiti&#233; civique. Mettant de c&#244;t&#233; les questions abstraites de justice, on peut rapidement comprendre que des citoyens qui, par toutes sortes de messages officiels &#233;manant de l'&#201;tat, se feraient dire que les institutions publiques appartiennent en r&#233;alit&#233; &#224; d'autres ne ressentent pas la confiance n&#233;cessaire pour s'int&#233;grer sereinement &#224; une soci&#233;t&#233; per&#231;ue comme hostile. Si on me permet l'analogie sportive, ce serait comme avoir &#224; jouer toutes les parties sur la patinoire de l'adversaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le choix de la la&#239;cit&#233; ouverte&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La la&#239;cit&#233;, qui d&#233;signe l'ensemble des am&#233;nagements institutionnels par lesquels nous consacrons la s&#233;paration des institutions de l'&#201;tat des diff&#233;rents cultes, est donc une n&#233;cessit&#233; pour une soci&#233;t&#233; comme la n&#244;tre. Le Qu&#233;bec a, ces derni&#232;res ann&#233;es, accompli des pas tr&#232;s importants dans la direction d'une pleine la&#239;cit&#233;. Les commissions scolaires et les &#233;coles publiques confessionnelles &#233;taient jusqu'&#224; tout r&#233;cemment les indications les plus &#233;loquentes que nous vivions encore dans une soci&#233;t&#233; qui n'&#233;tait pas encore compl&#232;tement la&#239;que. Leur &#233;limination a &#233;t&#233; de ce point de vue un gain social important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oui, mais de quelle la&#239;cit&#233; s'agit-il, au juste ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Qu&#233;bec, par une s&#233;rie de d&#233;cisions sociales et politiques, a opt&#233; pour quelque chose que l'on s'est mis &#224; d&#233;signer par le terme &#171; &lt;i&gt;la&#239;cit&#233; ouverte&lt;/i&gt; &#187;. La la&#239;cit&#233; ouverte se distingue d'une &#171; &lt;i&gt;la&#239;cit&#233; rigide&lt;/i&gt; &#187; par le fait que, m&#234;me si elle insiste sur l'importance que nos institutions fonctionnent de mani&#232;re impeccablement neutre, c'est-&#224;-dire qu'elles n'incarnent pas les valeurs, les rites et les croyances d'un groupe religieux particulier, elle reconna&#238;t que les individus qui se servent des institutions publiques et qui y travaillent ne sont pas, eux, la&#239;cs. Bref, la la&#239;cit&#233; ouverte reconna&#238;t le fait que la la&#239;cit&#233; est une caract&#233;ristique des institutions, et non pas de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux exemples&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, depuis quelques ann&#233;es, l'ouverture de notre la&#239;cit&#233; peut se mesurer par deux pratiques qui, m&#234;me si elles sont contest&#233;es dans certains secteurs de la soci&#233;t&#233;, remportent n&#233;anmoins l'adh&#233;sion de la plupart des citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, nous avons remplac&#233; dans nos &#233;coles un cours d'&#233;thique et de religion qui &#233;tait confessionnel par un cours qui tente de faire en sorte que tous les enfants du Qu&#233;bec aient des connaissances sur toutes les religions qui les entourent, autant dans leur soci&#233;t&#233; qu'au del&#224;. L'id&#233;e qui sous-tend le cours est que les soci&#233;t&#233;s modernes sont compos&#233;es de gens dont les convictions religieuses ont une influence sur leurs actions et leurs interactions, et qu'une compr&#233;hension minimale de ces soci&#233;t&#233;s exige donc de comprendre minimalement la religion. Exclure enti&#232;rement la religion de l'&#233;cole repr&#233;senterait une dangereuse strat&#233;gie de l'autruche. Nos enfants, par une telle strat&#233;gie, ne poss&#233;deraient tout simplement pas les outils n&#233;cessaires pour comprendre le monde dans lequel ils vivront en tant qu'adultes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une deuxi&#232;me d&#233;cision a trait au mode vestimentaire de ceux qui fr&#233;quentent les institutions publiques, et m&#234;me de ceux qui y travaillent. Alors qu'une la&#239;cit&#233; plus rigide interdirait aux &#233;l&#232;ves de nos &#233;coles et aux fonctionnaires de nos institutions publiques de se v&#234;tir d'une mani&#232;re qui t&#233;moigne de leur appartenance religieuse, une la&#239;cit&#233; ouverte reconna&#238;t que les individus ont des identit&#233;s diverses qu'il serait abusif de leur demander d'abandonner comme condition de leur participation aux institutions publiques. Cela brimerait leur libert&#233; religieuse, mais &#233;galement leur libert&#233; individuelle. Le droit d'exprimer sa personnalit&#233; &#224; travers son mode vestimentaire, dans les limites de la &#171; biens&#233;ance &#187;, importe non seulement aux individus dont les convictions religieuses leur imposent une mani&#232;re de s'habiller, mais &#233;galement aux &lt;i&gt;punks&lt;/i&gt;, aux &lt;i&gt;gothics&lt;/i&gt;, aux &lt;i&gt;dandys&lt;/i&gt;, bref &#224; tous ceux dont l'identit&#233; s'exprime en partie par leur mani&#232;re de se pr&#233;senter en public ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de telles restrictions risqueraient &#233;galement d'&#234;tre contre-productives. Ce que nous voulons, c'est que les individus participent aux institutions publiques, par exemple aux &#233;coles publiques, afin qu'ils y vivent le grand brassage identitaire qui est ultimement le meilleur garant d'une int&#233;gration sociale durable. Si une la&#239;cit&#233; rigide avait pour effet de les refouler dans des ghettos ethno-religieux (par exemple dans un r&#233;seau d'&#233;coles priv&#233;es confessionnelles), il y aurait l&#224; une ironie tragique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La la&#239;cit&#233; ouverte fait donc le pari que la mani&#232;re dont se comporteront les individus au sein des institutions publiques ne sera pas automatiquement d&#233;termin&#233;e par la mani&#232;re de s'habiller. Elle invite tous les citoyens &#224; participer &#224; ses institutions tels qu'ils sont, et elle accorde plus d'importance au mode de fonctionnement des institutions qu'&#224; l'apparence de ceux qui s'y trouvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La la&#239;cit&#233; ouverte correspond &#224; la voie privil&#233;gi&#233;e par une s&#233;rie de documents officiels qu&#233;b&#233;cois, allant du Rapport Proulx en 1999 au rapport de la Commission Bouchard-Taylor en 2008, et par une s&#233;rie de mesures adopt&#233;es par le gouvernement qu&#233;b&#233;cois, notamment dans le domaine de l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre une la&#239;cit&#233; &#171; r&#233;publicaine &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'en est-il de la la&#239;cit&#233; plus rigide, parfois qualifi&#233;e de la&#239;cit&#233; &#171; r&#233;publicaine &#187; ou &#171; &#224; la fran&#231;aise &#187; ? Aurions-nous &#233;t&#233; mieux servis si nous avions adopt&#233; une telle conception ? Je suis convaincu que non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, sur le plan strictement philosophique, cette vision de la la&#239;cit&#233; repose sur une confusion, celle qui consiste &#224; penser que si nos institutions doivent &#234;tre neutres sur le plan religieux, les individus doivent &#233;galement l'&#234;tre. Or, la raison d'&#234;tre des r&#233;gimes de la&#239;cit&#233; est justement qu'ils ne le sont pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, un r&#233;gime de la&#239;cit&#233; rigide donne lieu &#224; des probl&#232;mes pratiques qui r&#233;sultent de cette confusion philosophique. S'il s'agit d'une erreur que d'attribuer la la&#239;cit&#233; aux individus, elle s'applique au premier chef aux membres de la majorit&#233;. Quiconque a d&#233;j&#224; s&#233;journ&#233; en France sait &#224; quel point, malgr&#233; la la&#239;cit&#233; r&#233;publicaine qui y pr&#233;vaut en th&#233;orie, les valeurs, traditions et rites de la majorit&#233; transparaissent partout, y compris dans le fonctionnement des institutions publiques. Le calendrier de jours f&#233;ri&#233;s est notamment travers&#233; de part en part : on y c&#233;l&#232;bre des f&#234;tes chr&#233;tiennes dont nous avons compl&#232;tement oubli&#233; l'existence au Qu&#233;bec, tels la Pentec&#244;te, l'Ascension et j'en passe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y a-t-il l&#224; hypocrisie de la part de nos cousins fran&#231;ais ? Je ne le pense pas. Ils ne se rendent simplement pas compte qu'il est difficile de faire en sorte que la culture religieuse majoritaire soit neutralis&#233;e, et dans la mesure o&#249; ils ont &#233;t&#233; &#233;lev&#233;s en son sein, ils ne r&#233;alisent pas &#224; quel point elle est omnipr&#233;sente. Ce sont en effet les symboles religieux des autres qui nous frappent le plus. Pour un chr&#233;tien, une croix ne jaillira tout simplement pas autant du paysage qu'une &lt;i&gt;kippa&lt;/i&gt; ou qu'un voile. Lorsqu'on fait partie de la majorit&#233;, l'insistance de la&#239;cit&#233; s'appliquera donc forc&#233;ment davantage aux autres qu'&#224; soi-m&#234;me. Sous le couvert de la la&#239;cit&#233; rigide, c'est en fait le r&#232;gne tacite des valeurs majoritaires qui est consacr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pari qu&#233;b&#233;cois&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La la&#239;cit&#233; ouverte ne commet pas l'erreur philosophique qui consiste &#224; confondre individu et institution. Elle est donc moins encline &#224; engendrer le genre de probl&#232;me pratique dont cette confusion est la source dans des pays, comme la France, qui ont en th&#233;orie opt&#233; pour la la&#239;cit&#233; rigide. La la&#239;cit&#233; ouverte prend pour acquis que nous sommes tous, membres de la majorit&#233; comme membres de la minorit&#233;, d&#233;vots et ath&#233;es, marqu&#233;s par nos valeurs et nos convictions. Elle &#233;tablit un rempart entre individu et institution non pas pour tenter de gommer les identit&#233;s des individus, pour faire comme si elles n'existaient pas, mais plut&#244;t pour nous prot&#233;ger contre la tendance que nous reconnaissons en nous-m&#234;mes de vouloir rendre nos propres valeurs h&#233;g&#233;moniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; le pari qu'a fait le Qu&#233;bec. Je pense que l'avenir r&#233;v&#233;lera que c'&#233;tait le pari gagnant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;fi ou h&#233;r&#233;sie ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Defi-ou-heresie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Defi-ou-heresie</guid>
		<dc:date>2010-02-16T16:12:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marc Larouche</dc:creator>


		<dc:subject>La&#239;cit&#233;, religions et politique</dc:subject>
		<dc:subject>Larouche, Jean-Marc </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans La religion dans les limites de la cit&#233;. Le d&#233;fi religieux des soci&#233;t&#233;s posts&#233;culi&#232;res, nous avons d&#233;ploy&#233; en quelque 140 pages ce que nous sommes invit&#233;s &#224; faire ici en 1 000 mots, soit &#171; pr&#233;senter notre position sur la place qu'il convient de faire &#224; la religion dans l'espace public &#187;. Soyons donc bref en retournant au titre de notre ouvrage comme &#233;l&#233;ment de r&#233;ponse. &lt;br class='autobr' /&gt; Une soci&#233;t&#233; &#171; sortie de la religion &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; La place qu'il convient de faire &#224; la religion doit d'abord &#234;tre comprise (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Le-Quebec-en-quete-de-" rel="directory"&gt;Dossier : Le Qu&#233;bec en qu&#234;te de la&#239;cit&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Larouche-Jean-Marc-+" rel="tag"&gt;Larouche, Jean-Marc &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton976.gif?1642092280' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1047&#034; height=&#034;1563&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;La religion dans les limites de la cit&#233;.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Le d&#233;fi religieux des soci&#233;t&#233;s posts&#233;culi&#232;res&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Publi&#233; aux &#201;ditions Liber en 2008.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, nous avons d&#233;ploy&#233; en quelque 140 pages ce que nous sommes invit&#233;s &#224; faire ici en 1 000 mots, soit &#171; &lt;i&gt;pr&#233;senter notre position sur la place qu'il convient de faire &#224; la religion dans l'espace public&lt;/i&gt; &#187;. Soyons donc bref en retournant au titre de notre ouvrage comme &#233;l&#233;ment de r&#233;ponse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une soci&#233;t&#233; &#171; sortie de la religion &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La place qu'il convient de faire &#224; la religion doit d'abord &#234;tre comprise dans les &lt;i&gt;limites de la cit&#233;&lt;/i&gt;. Ce qui prime, c'est que nous sommes, selon l'expression de Marcel Gauchet, dans des soci&#233;t&#233;s de la &#171; &lt;i&gt;sortie de la religion&lt;/i&gt; &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marcel Gauchet, Le d&#233;senchantement du monde. Une histoire politique de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Une soci&#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;sortie de la religion&lt;/i&gt; &#187; implique que celle-ci ne la surplombe plus, que la religion n'est plus la source du &lt;i&gt;nomos&lt;/i&gt;, la soci&#233;t&#233; &#233;tant devenue auto-&lt;i&gt;nome&lt;/i&gt;. Pour Gauchet, cette autonomisation du social et du politique constitue non seulement le fait de la s&#233;cularisation, mais aussi celui de la d&#233;mocratie. Pour que la s&#233;paration du religieux et du politique s'instaure significativement au sein de cette soci&#233;t&#233;, pour que la d&#233;mocratie soit possible, ici comme ailleurs, il importe cependant que cette soci&#233;t&#233; ne soit pas per&#231;ue comme le fossoyeur des formes de &#171; &lt;i&gt;communalisation religieuse&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'expression renvoie &#224; la sociologie des religions de Max Weber dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais, dans le m&#234;me temps, il importe tout autant qu'aucune de celles-ci ne se comporte comme exclusive des autres en cherchant &#224; s'imposer par la force, la contrainte et la violence. Pour que la libert&#233; de religion et la tol&#233;rance religieuse puissent se conjuguer avec la d&#233;mocratie, les religions doivent acquiescer &#224; la situation &#233;pist&#233;mique et politique des soci&#233;t&#233;s posts&#233;culi&#232;res. Tel est le sens du deuxi&#232;me segment de notre titre : &lt;i&gt;Le d&#233;fi religieux des soci&#233;t&#233;s posts&#233;culi&#232;res.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une soci&#233;t&#233; posts&#233;culi&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivant le philosophe J&#252;rgen Habermas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J&#252;rgen Habermas, &#171; Foi et savoir &#187; dans son livre L'avenir de la nature (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, une soci&#233;t&#233; posts&#233;culi&#232;re poss&#232;de quatre caract&#233;ristiques : la primaut&#233; d'un &#201;tat de droit constitutionnel (s&#233;paration des &#201;glises et de l'&#201;tat ; neutralit&#233; de l'&#201;tat en mati&#232;re religieuse ; reconnaissance des droits fondamentaux) ; la primaut&#233; des raisons s&#233;culi&#232;res dans un usage public de la raison comme source de la normativit&#233; sociale, politique et juridique ; la primaut&#233; de la science (op&#233;ratoire, compr&#233;hensive, critique) comme levier de l'organisation sociale ; une pluralit&#233; religieuse pacifi&#233;e. Les soci&#233;t&#233;s posts&#233;culi&#232;res exigent donc des traditions religieuses qu'elles puissent s'engager dans la modernisation de leur foi. C'est-&#224;-dire qu'elles puissent, sans relativiser leurs propres v&#233;rit&#233;s, moderniser leur foi en adoptant une conscience autocritique de leur propre tradition, une position non exclusive. Cette modernisation de la foi religieuse est une condition de l'insertion de celle-ci dans l'espace public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la soci&#233;t&#233; posts&#233;culi&#232;re ne demande pas une quote-part seulement aux croyants, elle en demande une aussi aux non-croyants : l'ouverture de la raison s&#233;culi&#232;re &#224; la raison m&#234;me de la religion. Cette ouverture exige le d&#233;passement m&#234;me du pr&#233;jug&#233; naturaliste et scientiste pour qui &#171; &lt;i&gt;les convictions religieuses sont per se non vraies, illusoires ou d&#233;nu&#233;es de sens&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J&#252;rgen Habermas, Entre naturalisme et religion. Les d&#233;fis de la d&#233;mocratie, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans cette derni&#232;re perspective o&#249; domine l'opposition typiquement moderne entre raison et religion, les manifestations et expressions religieuses sont en quelque sorte per&#231;ues comme des reliquats archa&#239;ques et la libert&#233; religieuse y est moins comprise comme un droit fondamental que comme une &#171; &lt;i&gt; mesure de protection culturelle en faveur d'esp&#232;ces en voie de disparition&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem, p. 199.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour Habermas que nous suivons ici, la raison s&#233;culi&#232;re, tout en restant agnostique, peut s'ouvrir aux traditions religieuses et leur reconna&#238;tre un contenu cognitif et des intuitions morales pertinentes. La raison moderne a d'ailleurs d&#233;j&#224; r&#233;ussi &#224; en traduire plusieurs en langage s&#233;culier (notions d'autonomie, d'individualit&#233;, d'&#233;mancipation, de solidarit&#233; : cat&#233;gories de r&#233;ification et d'ali&#233;nation [issues de l'interdit de l'image de dieu et du p&#233;ch&#233; originel] comme cat&#233;gories d'un regard critique sur les pathologies sociales du temps pr&#233;sent).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;fi cognitif de la soci&#233;t&#233; la&#239;que &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ouverture signifie que les citoyens non-croyants doivent eux aussi relever un d&#233;fi cognitif. Sur ce plan, la soci&#233;t&#233; post-s&#233;culi&#232;re est tout aussi exigeante pour la conscience religieuse que pour la conscience la&#239;que. Elle exige donc de cette derni&#232;re qu'elle comprenne sa &#171; &lt;i&gt;non-adh&#233;sion aux conceptions religieuses comme un dissensus qu'il est raisonnable d'escompter&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem, p. 201.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et qu'elle comprenne qu'elle puisse apprendre d'elles. Par ailleurs, la soci&#233;t&#233; posts&#233;culi&#232;re exige de la conscience la&#239;que, surtout si elle se pose comme majoritaire, de ne pas abuser &#171; &lt;i&gt;d'un pouvoir de d&#233;finition historiquement acquis pour d&#233;finir &#224; elle seule, selon ses propres crit&#232;res, ce qui doit &#234;tre la culture politique obligatoire de la soci&#233;t&#233; pluraliste&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J&#252;rgen Habermas, &#171; De la tol&#233;rance religieuse aux droits culturels &#187;, Cit&#233;s, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la neutralit&#233; de l'&#201;tat est le principe cardinal de la la&#239;cit&#233;, on ne peut que souscrire au propos d'Habermas selon lequel ladite neutralit&#233; peut &#234;tre transgress&#233;e tant d'un point de vue religieux que d'un point de vue s&#233;culier ou la&#239;que. Pour le premier cas, le r&#233;gime confessionnel des &#233;coles publiques qu'a connu le Qu&#233;bec jusqu'&#224; r&#233;cemment est exemplaire, tout comme l'est la d&#233;cision unanime de l'Assembl&#233;e nationale de maintenir en son enceinte le crucifix. D'un point de vue la&#239;que ou s&#233;culier, il y a risque de transgression quand une lecture de la culture publique semble &#171; &lt;i&gt;trop forte pour ne pas l&#233;ser la neutralit&#233; de l'&#201;tat vis-&#224;-vis des attentes l&#233;gitimes d'une minorit&#233; religieuse de pouvoir s'exprimer et de jouir d'une reconnaissance publique&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour ce cas, Habermas donne en exemple une certaine lecture r&#233;publicaine en France dans le cadre de la question de la loi sur les signes religieux ostentatoires. On pourrait ajouter ici une certaine lecture de la culture politique exprim&#233;e &#224; la suite du rapport de la Commission Bouchard-Taylor selon laquelle penser la la&#239;cit&#233; dans une perspective de soci&#233;t&#233; posts&#233;culi&#232;re rel&#232;verait d'un oxymoron ou, encore, d'une h&#233;r&#233;sie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Publi&#233; aux &#201;ditions Liber en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marcel Gauchet, &lt;i&gt;Le d&#233;senchantement du monde. Une histoire politique de la religion&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 1985.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'expression renvoie &#224; la sociologie des religions de Max Weber dans &lt;i&gt;&#201;conomie et soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, Paris, Pocket, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J&#252;rgen Habermas, &#171; Foi et savoir &#187; dans son livre &lt;i&gt;L'avenir de la nature humaine. Vers un eug&#233;nisme lib&#233;ral&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J&#252;rgen Habermas, &lt;i&gt;Entre naturalisme et religion. Les d&#233;fis de la d&#233;mocratie&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 2008, p. 56-57.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Idem&lt;/i&gt;, p. 199.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Idem&lt;/i&gt;, p. 201.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J&#252;rgen Habermas, &#171; De la tol&#233;rance religieuse aux droits culturels &#187;, &lt;i&gt;Cit&#233;s&lt;/i&gt;, no 13, 2003, p. 165.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Jean-Marc Larouche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Professeur de sociologie, UQAM&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Histoire de la libre pens&#233;e et de l'ath&#233;isme au Qu&#233;bec </title>
		<link>https://www.ababord.org/Histoire-de-la-libre-pensee-et-de</link>
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		<dc:date>2010-02-16T16:10:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude M. J. Braun</dc:creator>


		<dc:subject>La&#239;cit&#233;, religions et politique</dc:subject>
		<dc:subject>Braun, Claude M. J.</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 1534, Jacques Cartier &#171; d&#233;couvre &#187; le Qu&#233;bec et annonce son destin en plantant une croix &#224; Gasp&#233;. Pendant trois si&#232;cles, quelques &#233;parpill&#233;s seulement protesteront contre l'omnipuissance et l'obscurantisme absolu de l'&#201;glise catholique. On les appelle les libres penseurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les premiers furent Louis-Armand de Lom d'Arce, baron de Lahontan (1688-1692), l'imprimeur Fleury Mesplet (1734-1794), l'avocat Valentin Jautard (1736-1787), le m&#233;decin et patriote Robert Nelson (1794-1873), l'&#233;diteur (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Le-Quebec-en-quete-de-" rel="directory"&gt;Dossier : Le Qu&#233;bec en qu&#234;te de la&#239;cit&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Laicite-religions-et-politique-+" rel="tag"&gt;La&#239;cit&#233;, religions et politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Braun-Claude-M-J-+" rel="tag"&gt;Braun, Claude M. J.&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton973.gif?1642092280' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;750&#034; height=&#034;503&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1534, Jacques Cartier &#171; d&#233;couvre &#187; le Qu&#233;bec et annonce son destin en plantant une croix &#224; Gasp&#233;. Pendant trois si&#232;cles, quelques &#233;parpill&#233;s seulement protesteront contre l'omnipuissance et l'obscurantisme absolu de l'&#201;glise catholique. On les appelle les libres penseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers furent Louis-Armand de Lom d'Arce, baron de Lahontan (1688-1692), l'imprimeur Fleury Mesplet (1734-1794), l'avocat Valentin Jautard (1736-1787), le m&#233;decin et patriote Robert Nelson (1794-1873), l'&#233;diteur Jean-Baptiste-&#201;ric Dorion (1826-1866), l'&#233;crivain et homme politique Louis-Antoine Dessaulles (1819-1895), le journaliste Arthur Buies (1840-1901), le dramaturge et homme politique Louis-Honor&#233; Fr&#233;chette (1839-1908), le typographe et &#233;crivain Aristide Filiatrault (1851-1913).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils furent presque tous des militants de l'aile gauche, dite &#171; rouge &#187;, du Parti lib&#233;ral. Aucun parmi ceux-l&#224; n'a os&#233; se d&#233;clarer publiquement ath&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il fallait &#234;tre un g&#233;ant, un intouchable, pour se dire ath&#233;e. Sinon, on allait en prison ou en exil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocat Joseph Doutre (1825-1886) fut la premi&#232;re figure publique &#224; prof&#233;rer sans ambages son ath&#233;isme, suivi du m&#233;decin William Osler (1849-1919), du typographe et agitateur Albert Saint-Martin (1865-1947) et du po&#232;te Irving Layton (1912-2006).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aurait pu esp&#233;rer l'&#233;mergence chez nous d'un grand philosophe qui aurait pu d&#233;velopper le mat&#233;rialisme philosophique ; mais il aura fallu attendre le passage du physicien et philosophe ath&#233;e argentin Mario Bunge en fin de carri&#232;re &#224; l'Universit&#233; McGill (de 1966 &#224; sa retraite) pour que cela se produise. On eut pu esp&#233;rer le rayonnement d'un grand chercheur en sciences naturelles pour nous faire comprendre que l'origine ultime est le big bang, la fin ultime l'entropie, l'origine et la nature de l'humain, l'&#233;volution des esp&#232;ces. Mais aucun prix Nobel n'a ennobli notre patrimoine. On doit encore aujourd'hui se contenter des compromis pseudomystiques et timor&#233;s d'Hubert Reeves. &#192; notre d&#233;charge, le Qu&#233;b&#233;cois ath&#233;e F&#233;lix d'H&#233;relle (1873-1949), fondateur de la microbiologie, fut nomm&#233; pour le prix Nobel en biologie, mais il a du s'exiler pour d&#233;velopper ses recherches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On eut pu esp&#233;rer un grand artiste prom&#233;th&#233;en pour d&#233;clarer que nous sommes vraiment libres. Il fallut attendre en1948 qu'&#201;mile Borduas, anarchiste chr&#233;tien, mette l'&#201;glise catholique &#224; la porte, le pied litt&#233;raire au cul. Quelques influents ath&#233;es ont tout de m&#234;me d&#233;velopp&#233; un ath&#233;isme bien de chez-nous comme le conteur onirique Jacques Ferron (1921-1985), le tribun Pierre Bourgault (1934-2003), l'humoriste Yvon Deschamps (n&#233; en 1935). Pour en savoir plus, lire mon livre&lt;i&gt; Le Qu&#233;bec ath&#233;e : Un album de famille,&lt;/i&gt; &#224; para&#238;tre aux &#201;ditions Michel Br&#251;l&#233; au printemps 2011.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Et si on optait pour la la&#239;cit&#233; r&#233;publicaine</title>
		<link>https://www.ababord.org/Et-si-on-optait-pour-la-laicite</link>
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		<dc:date>2010-02-16T16:08:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Baril</dc:creator>


		<dc:subject>La&#239;cit&#233;, religions et politique</dc:subject>
		<dc:subject>Baril, Daniel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le principal objectif de la la&#239;cit&#233; est d'assurer la neutralit&#233; de l'&#201;tat en mati&#232;re religieuse afin d'accorder &#224; tous les m&#234;mes droits et privil&#232;ges sans &#233;gard &#224; leur croyance religieuse ou &#224; leur incroyance. Cela n&#233;cessite une s&#233;paration claire de l'&#201;tat et du religieux. Mais &#224; quoi donc veut-on s'ouvrir lorsque l'on parle de &#171; la&#239;cit&#233; ouverte &#187; ? On veut ouvrir les institutions publiques &#224; l'intrusion du religieux. D&#232;s lors, la la&#239;cit&#233; ouverte ouvre la porte &#224; ce dont elle est sens&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Le-Quebec-en-quete-de-" rel="directory"&gt;Dossier : Le Qu&#233;bec en qu&#234;te de la&#239;cit&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Laicite-religions-et-politique-+" rel="tag"&gt;La&#239;cit&#233;, religions et politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Baril-Daniel-+" rel="tag"&gt;Baril, Daniel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton972.gif?1642092280' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1296&#034; height=&#034;864&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le principal objectif de la la&#239;cit&#233; est d'assurer la neutralit&#233; de l'&#201;tat en mati&#232;re religieuse afin d'accorder &#224; tous les m&#234;mes droits et privil&#232;ges sans &#233;gard &#224; leur croyance religieuse ou &#224; leur incroyance. Cela n&#233;cessite une s&#233;paration claire de l'&#201;tat et du religieux. Mais &#224; quoi donc veut-on s'ouvrir lorsque l'on parle de &#171; la&#239;cit&#233; ouverte &#187; ? On veut ouvrir les institutions publiques &#224; l'intrusion du religieux. D&#232;s lors, la la&#239;cit&#233; ouverte ouvre la porte &#224; ce dont elle est sens&#233;e prot&#233;ger l'&#201;tat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Est-ce qu'on milite pour des droits de l'Homme &#8220;ouverts&#8221; ou pour des droits de l'Homme &#8220;ferm&#233;s&#8221; ? C'est absurde. Ceux qui disent qu'ils sont pour une la&#239;cit&#233; &#8220;ouverte&#8221; sont des anti-la&#239;ques puisqu'ils sugg&#232;rent ainsi que la la&#239;cit&#233; sans adjectif serait une la&#239;cit&#233; &#8220;ferm&#233;e&#8221;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; Le philosophe Henri Pina-Ruiz&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des principaux documents de r&#233;f&#233;rence des tenants de la la&#239;cit&#233; ouverte restera le rapport de la commission Bouchard-Taylor (B-T) sur les accommodements raisonnables1. L'une des affirmations les plus &#233;tonnantes de ce rapport a &#233;t&#233; de dire que le Qu&#233;bec avait fait le choix de la &#171; la&#239;cit&#233; ouverte &#187;, avec la commission Proulx qui a conduit &#224; la d&#233;confessionnalisation des &#233;coles et &#224; l'instauration du cours d'&lt;i&gt;&#201;thique et culture religieuse&lt;/i&gt;. Autrement dit, nous vivions d&#233;j&#224; dans un &#201;tat la&#239;que et nous ne le savions pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi alors des centaines de personnes ont-elles r&#233;clam&#233;, devant la commission B-T, un &#201;tat la&#239;que ? Ces gens ne se sont pas tromp&#233;s ; ce qu'ils r&#233;clamaient, c'est la &#171; la&#239;cit&#233; tout court &#187; et non ce simulacre de la&#239;cit&#233; qui conduit &#224; ent&#233;riner la probl&#233;matique ayant entra&#238;n&#233; la cr&#233;ation de la commission B-T.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quatre composantes... et une pr&#233;f&#233;rence&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport B-T distingue quatre composantes de la la&#239;cit&#233;, soit l'&#233;galit&#233; morale des personnes, la libert&#233; de conscience et de religion, la neutralit&#233; de l'&#201;tat &#224; l'&#233;gard des religions et la s&#233;paration de l'&#201;glise (sic) et de l'&#201;tat. Sit&#244;t &#233;tablis ces principes, les deux commissaires ajoutent que &#171; &lt;i&gt;l'&#201;tat la&#239;que, en &#339;uvrant &#224; la mise &#224; distance de la religion, adh&#232;re &#224; la conception du monde et du bien des ath&#233;es et des agnostiques et ne traite cons&#233;quemment pas avec une consid&#233;ration &#233;gale les citoyens qui font une place &#224; la religion dans leur syst&#232;me de croyances et de valeurs&lt;/i&gt; &#187; (p. 138).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon G&#233;rard Bouchard et Charles Taylor, il y aurait donc une conception du monde et du bien qui est commune &#224; l'ensemble des ath&#233;es et des agnostiques et cette conception serait refl&#233;t&#233;e par l'&#201;tat la&#239;que. Cette double pr&#233;misse est totalement ind&#233;fendable. Les ath&#233;es seront bien s&#251;r toujours plus &#224; l'aise avec un &#201;tat la&#239;que que ne pourront jamais l'&#234;tre les int&#233;gristes religieux, mais cette la&#239;cit&#233; ne dit rien sur leurs multiples conceptions du monde et du bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que r&#233;v&#232;le surtout cette citation, c'est l'obsessive illusion que nourrissent les deux commissaires en cherchant &#224; faire du principe noble de l'&#233;galit&#233; un absolu qui ait pr&#233;s&#233;ance sur les autres composantes de la la&#239;cit&#233;. Et les commissaires le reconnaissent : &#171; &lt;i&gt; la la&#239;cit&#233; &#8220;ouverte&#8221;&lt;/i&gt;, &#233;crivent-ils, &lt;i&gt;d&#233;fend un mod&#232;le ax&#233; sur&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;une conception de la neutralit&#233; &#233;tatique plus souple&lt;/i&gt; &#187; (p. 137). Plus souple que quoi ? Plus souple que celle de ce qu'ils appellent l'&#171; &#201;tat la&#239;que &#187;. La la&#239;cit&#233; ouverte, ce n'est donc pas celle que l'on doit s'attendre &#224; retrouver dans un &#201;tat la&#239;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette la&#239;cit&#233; ouverte, selon les auteurs du rapport, &#171; &lt;i&gt;reconna&#238;t l'importance pour plusieurs de la dimension spirituelle de l'existence&lt;/i&gt; &#187; (p. 141). Les commissaires affichent donc clairement leur pr&#233;f&#233;rence : &#224; leurs yeux, un &#201;tat la&#239;que serait trop pr&#232;s de la conception du monde des ath&#233;es qui s'en trouveraient privil&#233;gi&#233;s, mais ils ne voient pas de probl&#232;me &#224; privil&#233;gier les croyants qui se donnent des r&#232;gles religieuses immuables souvent incompatibles avec la neutralit&#233; de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tenants de la la&#239;cit&#233; ouverte se voient contraints de faire des choix qu'ils tentent tant bien que mal de justifier comme &#233;tant la seule voie possible. Au nom des m&#234;mes principes que ceux sur lesquels ils se basent, on peut aussi soutenir d'autres choix tout aussi valides, comme accorder la pr&#233;s&#233;ance &#224; la neutralit&#233; de l'&#201;tat lorsque ce principe entre en conflit avec l'expression de la religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re option est d'autant plus n&#233;cessaire que la vision de la religion sous-jacente &#224; la la&#239;cit&#233; ouverte est tout &#224; fait ang&#233;lique. La religion, dans le rapport B-T, n'est examin&#233;e que sous l'angle de la libert&#233; individuelle, sans que sa dimension de r&#233;seau social visant des int&#233;r&#234;ts politiques manifestes ne soit jamais prise en consid&#233;ration. Les convictions religieuses profondes ne doivent pas &#171; &lt;i&gt;contrecarrer la bonne marche des institutions communes&lt;/i&gt; &#187;, peut-on y lire (p. 145). Or, toutes les religions tentent, de fa&#231;on plus ou moins directe, d'influencer &#224; leur avantage la bonne marche des institutions communes. Les demandes d'accommodement religieux ne sont que la m&#233;thode douce et progressive pour y arriver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le port de signes religieux&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contradictions v&#233;hicul&#233;es par le concept de la&#239;cit&#233; ouverte sautent aux yeux dans deux des am&#233;nagements propos&#233;s par le rapport B-T, soit celui sur le port de signes religieux et le cours &#201;thique et culture religieuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux commissaires proposent d'interdire aux juges, aux procureurs de la couronne, aux policiers, aux gardiens de prison et au pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e nationale le port de signes religieux parce que leurs postes &#171; &lt;i&gt;incarnent au plus haut point la n&#233;cessaire neutralit&#233; de l'&#201;tat&lt;/i&gt; &#187; et qu'ils doivent &#171; &lt;i&gt;s'imposer une forme de devoir de r&#233;serve quant &#224; l'expression de leurs convictions religieuses&lt;/i&gt; &#187; (p. 151).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imposer une telle r&#232;gle &#224; tous les fonctionnaires de l'&#201;tat ne serait pas neutre, soutiennent-ils, puisque cela favoriserait &#171; &lt;i&gt;ceux pour qui les convictions philosophiques, religieuses ou spirituelles n'exigent pas le port de tels signes&lt;/i&gt; &#187; (p. 148). Mais n'y a-t-il que les repr&#233;sentants du syst&#232;me judiciaire qui incarnent la n&#233;cessaire neutralit&#233; de l'&#201;tat ? Pourquoi interdire les signes religieux aux gardiens de prison et pas aux infirmi&#232;res et aux enseignants ? Pourquoi aux juges et pas aux m&#233;decins ? Pourquoi au pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e nationale et pas aux ministres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En reconnaissant ce devoir de r&#233;serve uniquement aux professions mentionn&#233;es, on cr&#233;e donc deux classes de citoyens &#224; qui on n'accorde pas les m&#234;mes droits. La neutralit&#233; et l'&#233;galit&#233; qu'on dit vouloir prot&#233;ger sont en fait moins bien respect&#233;es qu'elles ne le seraient dans un syst&#232;me o&#249; la m&#234;me r&#232;gle la&#239;que serait appliqu&#233;e &#224; tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;thique et culture religieuse&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La la&#239;cit&#233; ouverte va &#233;galement de pair avec le cours &lt;i&gt;&#201;thique et culture religieuse&lt;/i&gt; (&#201;CR) que le rapport B-T a glorifi&#233; en proposant au gouvernement d'en faire la &#171; &lt;i&gt;promotion &#233;nergique&lt;/i&gt; &#187;. Contrairement &#224; ce que pr&#233;tendent ses d&#233;fenseurs, ce cours n'a rien de neutre ni d'&#233;quitable. On a tout simplement ajout&#233; aux cours de religion catholique et protestante des modules sur les autres religions tels l'islam, le juda&#239;sme, le bouddhisme, les religions am&#233;rindiennes, le nouvel &#226;gisme, etc., avec pr&#233;pond&#233;rance accord&#233;e au christianisme. C'&#233;tait, pour les catholiques et les protestants, le prix bien minime &#224; payer pour conserver leur place de choix dans les &#233;coles publiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce cours insatisfait autant &#224; droite qu'&#224; gauche. Les parents qui pla&#231;aient leurs enfants en formation morale pour &#233;viter le lessivage par la pens&#233;e religieuse doivent maintenant accepter que l'&#233;cole leur serve, de la premi&#232;re ann&#233;e du primaire jusqu'&#224; la cinqui&#232;me du secondaire, la somme des mythologies de l'humanit&#233; tout en mettant l'accent sur les bienfaits d'avoir une religion. L'ath&#233;isme est presque totalement absent du cours et n'est abord&#233; qu'en secondaire 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des fervents catholiques, les plaintes pr&#233;sent&#233;es &#224; la Cour sup&#233;rieure du Qu&#233;bec ont permis de d&#233;montrer que l'approche du cours &#201;CR repose sur le relativisme religieux, ce qui heurte leurs convictions. Si le relativisme en mati&#232;re de croyances religieuses ne peut &#234;tre qu'une bonne chose, on ne peut toutefois pr&#233;tendre que cette approche est neutre et qu'elle dessert &#233;quitablement tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, Bouchard et Taylor &#233;crivaient que &#171; &lt;i&gt;l'&#201;tat doit chercher &#224; &#233;viter de hi&#233;rarchiser les diff&#233;rentes conceptions du monde et du bien qui motivent l'adh&#233;sion des citoyens aux principes de base de leur association politique&lt;/i&gt; &#187; (p. 134). Le cours &#201;CR hi&#233;rarchise de fa&#231;on &#233;vidente les diff&#233;rentes conceptions du monde et du bien en ne traitant pas sur un pied d'&#233;galit&#233; ceux qui croient que leur religion est la seule bonne ou ceux qui croient que toutes les religions sont nuisibles. Le cours &#201;CR contredit la vision de la neutralit&#233; et de l'&#233;galit&#233; d&#233;velopp&#233;e par le rapport B-T en appui &#224; sa vision de la la&#239;cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un crucifix... la&#239;que&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La la&#239;cit&#233; ouverte est un concept tellement flou qu'on peut y mettre n'importe quoi. La plus belle d&#233;monstration est venue de l'Assembl&#233;e nationale elle-m&#234;me lorsqu'elle a vot&#233; &#224; l'unanimit&#233; une motion rejetant la plus la&#239;que des recommandations du rapport B-T, soit le retrait du crucifix de l'Assembl&#233;e nationale. Tout de suite apr&#232;s l'adoption de cette motion, le premier ministre Jean Charest a d&#233;fendu en conf&#233;rence de presse le principe de la la&#239;cit&#233; de l'&#201;tat. Pauline Marois d&#233;clarait pour sa part qu'&#171; &lt;i&gt; il faut &#233;tablir clairement&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;la la&#239;cit&#233; de nos institutions publiques&lt;/i&gt; &#187;. Quel mod&#232;le de la la&#239;cit&#233; les Charest et Marois avaient-ils en t&#234;te ? La la&#239;cit&#233; tout court ou la la&#239;cit&#233; ouverte ? Poser la question, c'est y r&#233;pondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui veut dire qu'au nom de la la&#239;cit&#233; ouverte, on peut arriver &#224; justifier le maintien du crucifix install&#233; &#224; l'Assembl&#233;e nationale par Duplessis en 1936 pour marquer l'alliance entre l'&#201;glise catholique et le gouvernement du Qu&#233;bec. Comme paradoxe, difficile de faire mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La la&#239;cit&#233; r&#233;publicaine&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en finir avec ces contradictions, il faudra bien qu'un jour on opte pour la la&#239;cit&#233; tout court et qu'on fasse le choix d'affranchir nos &#233;coles de la mainmise de la pens&#233;e religieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La la&#239;cit&#233; r&#233;publicaine, telle que d&#233;fendue par le Mouvement la&#239;que qu&#233;b&#233;cois, a &#233;t&#233; tax&#233;e de dogmatisme, d'intol&#233;rance ou d'&#234;tre une religion d'&#201;tat. Ce que les anti-la&#239;ques appellent l'int&#233;grisme la&#239;que n'est que l'application cons&#233;quente des principes de la la&#239;cit&#233;. Et cette la&#239;cit&#233; ne peut &#234;tre neutre face &#224; l'anti-la&#239;cit&#233;, pas plus que les lois sur les droits fondamentaux ne sont neutres face &#224; ceux qui les refusent. L'&#233;galit&#233; entre hommes et femmes n'est pas neutre, accepter le mariage des conjoints de m&#234;me sexe n'est pas neutre, interdire les ch&#226;timents corporels n'est pas neutre, lutter contre le racisme n'est pas neutre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La la&#239;cit&#233; d&#233;range, comme la lutte pour les droits humains d&#233;range. Mais la la&#239;cit&#233; ouverte, c'est la castration de la la&#239;cit&#233; visant &#224; paver la voie aux int&#233;grismes religieux. Comme le d&#233;montre l'actuel projet de loi 16 sur l'adaptation de l'administration publique &#224; la diversit&#233; religieuse, tout le d&#233;bat sur la place de la religion dans l'espace public reste &#224; faire, malgr&#233; le rapport B-T.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La la&#239;cit&#233; devra &#234;tre la&#239;que ou ne sera pas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Croyez-le ou non, au Canada... Dieu est ton droit !</title>
		<link>https://www.ababord.org/Croyez-le-ou-non-au-Canada-Dieu</link>
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		<dc:date>2010-02-16T16:04:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yvan Perrier</dc:creator>


		<dc:subject>La&#239;cit&#233;, religions et politique</dc:subject>
		<dc:subject>Perrier, Yvan </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au sortir du Moyen &#226;ge, en Occident, un nouveau monde voit le jour. Ce nouveau monde va donner lieu, petit &#224; petit, &#224; un effritement du pouvoir et de l'influence de la religion dans les diff&#233;rentes sph&#232;res de la vie publique . C'est ainsi que certains constituants vont inscrire dans la loi fondamentale de leur pays une nette s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat . La religion va devenir une affaire priv&#233;e . Trois petites questions toutes simples se posent ici : qu'en est-il au Canada ? (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Le-Quebec-en-quete-de-" rel="directory"&gt;Dossier : Le Qu&#233;bec en qu&#234;te de la&#239;cit&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Laicite-religions-et-politique-+" rel="tag"&gt;La&#239;cit&#233;, religions et politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Perrier-Yvan-+" rel="tag"&gt;Perrier, Yvan &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton990.gif?1642092281' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;600&#034; height=&#034;404&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au sortir du Moyen &#226;ge, en Occident, un nouveau monde voit le jour. Ce nouveau monde va donner lieu, petit &#224; petit, &#224; un effritement du pouvoir et de l'influence de la religion dans les diff&#233;rentes sph&#232;res de la vie publique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Marie Domenach dans Approches de la modernit&#233; (1995) &#233;crit : &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est ainsi que certains constituants vont inscrire dans la loi fondamentale de leur pays une nette s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Ier amendement de la Constitution des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique stipule que &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La religion va devenir une affaire priv&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Marc Piotte, Les neuf cl&#233;s de la modernit&#233;, Montr&#233;al, Qu&#233;bec/Am&#233;rique, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Trois petites questions toutes simples se posent ici : qu'en est-il au Canada ? Existe-t-il ici une franche s&#233;paration entre la religion et l'&#201;tat ? Que pr&#233;voit la &lt;i&gt;Charte canadienne des droits et libert&#233;s&lt;/i&gt; &#224; ce sujet ? Croyez-le ou non, au Canada&#8230; Dieu est ton droit ! Voici pourquoi il en est ainsi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'article 1 de la &lt;i&gt;Charte canadienne des droits et libert&#233;s&lt;/i&gt; est pr&#233;c&#233;d&#233; d'un attendu qui se lit comme suit : &#171; &lt;i&gt;Attendu que le Canada est fond&#233; sur des principes qui reconnaissent la supr&#233;matie de Dieu et la primaut&#233; du droit&lt;/i&gt; [&#8230;] &#187;. Vous avez bien lu, &#171; &lt;i&gt;la supr&#233;matie de Dieu&lt;/i&gt; &#187; est inscrite noir sur blanc en tout premier lieu dans la loi fondamentale du Canada, elle appara&#238;t juste avant &#171; la primaut&#233; du droit &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;ambule de la D&#233;claration canadienne des droits de 1960 &#233;tait libell&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; l'alin&#233;a 2. a) il est pr&#233;cis&#233; que &#171; &lt;i&gt;Chacun a les libert&#233;s fondamentales suivantes : libert&#233; de conscience et de religion&lt;/i&gt; &#187;. L'article 15. (1) pr&#233;cise que &#171; &lt;i&gt;la loi ne fait acception de personne et s'applique &#233;galement &#224; tous,&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;ind&#233;pendamment de toute discrimination, notamment des discriminations fond&#233;es sur&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;la religion&lt;/i&gt; [&#8230;] &#187;. Consid&#233;rons aussi que l'article 27 stipule que la &lt;i&gt;Charte&lt;/i&gt; doit s'interpr&#233;ter de mani&#232;re &#224; pr&#233;server et &#224; valoriser le patrimoine multiculturel des canadiens. La supr&#233;matie de Dieu mise en relation avec la libert&#233; religieuse, le droit &#224; l'&#233;galit&#233; et la promotion du multiculturalisme constituent rien de moins que la porte d'entr&#233;e au d&#233;isme dans les affaires de l'&#201;tat au Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ainsi, il est erron&#233; de postuler que le Canada est un pays la&#239;que et neutre sur le plan religieux. En effet, un petit d&#233;tour du c&#244;t&#233; de la &lt;i&gt;Charte&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'ancien juge en chef de la Cour supr&#234;me du Canada, monsieur Antonio Lamer, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et de certains jugements de la Cour supr&#234;me du Canada (pensons ici aux d&#233;cisions relatives au port du turban pour les agents sikhs de la GRC et au port du Kirpan par un &#233;l&#232;ve dans une &#233;cole d'une commission scolaire au Qu&#233;bec) nous d&#233;montre le contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Concluons donc que le chemin &#224; franchir pour faire acc&#233;der pleinement le Canada &#224; la modernit&#233; la&#239;que est encore bien long. Il en sera ainsi, tant et aussi longtemps que Dieu - et non la la&#239;cit&#233; et la s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat - sera ench&#226;ss&#233; dans la &lt;i&gt;Charte&lt;/i&gt;. Il en sera de m&#234;me, tant et aussi longtemps que la majorit&#233; des juges n'auront pas pour mod&#232;le d'inspiration l'ex-juge de la Cour supr&#234;me du Canada : madame Claire L'Heureux-Dub&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'ex-juge de la Cour supr&#234;me du Canada, madame Claire L'Heureux-Dub&#233;, a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Marie Domenach dans &lt;i&gt;Approches de la modernit&#233;&lt;/i&gt; (1995) &#233;crit : &#171; &lt;i&gt;L'av&#232;nement de la modernit&#233; entra&#238;ne la fin de la chr&#233;tient&#233;. L'&#201;glise devra renoncer &#224; gouverner la soci&#233;t&#233; politique et surtout la vie morale s'&#233;mancipera progressivement de la religion&lt;/i&gt; &#187; (Paris, Ellipses, p. 21.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Ier amendement de la Constitution des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique stipule que &#171; &lt;i&gt;Le Congr&#232;s ne fera aucune loi qui touche l'&#233;tablissement ou interdise le libre exercice d'une religion&lt;/i&gt; [&#8230;] &#187;. Pour ce qui est de la Constitution fran&#231;aise, il est affirm&#233; &#224; l'article 1er que : &#171; &lt;i&gt;La France est une R&#233;publique indivisible, la&#239;que, d&#233;mocratique et sociale. Elle assure l'&#233;galit&#233; devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.&lt;/i&gt; [&#8230;] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Marc Piotte, &lt;i&gt;Les neuf cl&#233;s de la modernit&#233;&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, Qu&#233;bec/Am&#233;rique, 2001, p. 195-212.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le pr&#233;ambule de la &lt;i&gt;D&#233;claration canadienne des droits&lt;/i&gt; de 1960 &#233;tait libell&#233; de la mani&#232;re suivante : &#171; Le Parlement du Canada proclame que la nation canadienne repose sur des principes qui reconnaissent la supr&#233;matie de Dieu, la dignit&#233; et la valeur de la personne humaine ainsi que le r&#244;le de la famille dans une soci&#233;t&#233; d'hommes libres et d'institutions libres ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il proclame en outre que les hommes et les institutions ne demeurent libres que dans la mesure o&#249; la libert&#233; s'inspire du respect des valeurs morales et spirituelles et du r&#232;gne du droit [&#8230;] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'ancien juge en chef de la Cour supr&#234;me du Canada, monsieur Antonio Lamer, acheminait au pr&#233;sident du Mouvement la&#239;que qu&#233;b&#233;cois, le 3 juillet 1990, une missive dans laquelle il se permettait la mise au point suivante sur le caract&#232;re la&#239;que ou non de la &lt;i&gt;Charte canadienne des droits et libert&#233;s&lt;/i&gt;. Nous citons : &#171; [&#8230;] vous qualifiez de &#171; la&#239;que &#187; la Constitution Canadienne afin d'appuyer votre critique de la formule d'assermentation actuelle. Avec &#233;gards, je vous souligne que le pr&#233;ambule de la &lt;i&gt;Charte Canadienne des Droits et Libert&#233;s&lt;/i&gt;, qui fait partie int&#233;grante de la Constitution, stipule notamment que &#171; le Canada est fond&#233; sur des principes qui reconnaissent la supr&#233;matie de Dieu &#187; (soulign&#233; dans le texte). Sans vous fournir une interpr&#233;tation de cette disposition, je crois pouvoir vous affirmer que, &#224; tort ou &#224; raison mais n&#233;anmoins de fa&#231;on certaine, le libell&#233; du pr&#233;ambule de la &lt;i&gt;Charte&lt;/i&gt; vient temp&#233;rer la nature la&#239;que de celle-ci. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'ex-juge de la Cour supr&#234;me du Canada, madame Claire L'Heureux-Dub&#233;, a &#233;crit au quotidien &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt; ce qui suit : &#171; Le d&#233;bat sur la question des accommodements raisonnables m'int&#233;resse grandement &#187;. &#171; Je pars des pr&#233;misses suivantes : je suis une inconditionnelle de la la&#239;cit&#233; des institutions publiques, de la s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat ainsi que de l'&#233;galit&#233; pour tous sans discrimination. Je suis aussi une inconditionnelle de la libert&#233; de la religion. [&#8230;] Tout accommodement n'est pas en soi raisonnable. Intervient la notion d'&#233;galit&#233; tr&#232;s pr&#233;sente dans le d&#233;bat, une valeur sine qua non de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise et canadienne, particuli&#232;rement lorsqu'il s'agit d'&#233;galit&#233; entre hommes et femmes. &#187; &#171; Dans un pays o&#249; l'&#233;galit&#233; des sexes a &#233;t&#233; conquise apr&#232;s une lutte acharn&#233;e depuis plus d'un si&#232;cle, lutte qui a abouti a l'ench&#226;ssement de l'article 15 de la Charte, et dans un monde o&#249; la D&#233;claration universelle [des droits de l'homme] en fait la pierre d'assise comme partie int&#233;grante de la dignit&#233; humaine, je ne crois pas qu'un droit fondamental puisse &#234;tre raisonnable s'il n'est pas compatible avec la notion d'&#233;galit&#233;. &#187; Claire L'Heureux-Dub&#233;, cit&#233; dans H&#233;l&#232;ne Buzzetti. 2007. &#171; Les affaires du kirpan et de la souccah juive &#8211; La Cour supr&#234;me s'est tromp&#233;e &#187;. &lt;i&gt;Le Devoir.com&lt;/i&gt;, vendredi 9 novembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Croyez-le ou non, au Canada ... Dieu est ton droit !</title>
		<link>https://www.ababord.org/Croyez-le-ou-non-au-Canada-Dieu,970</link>
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		<dc:date>2010-02-16T15:52:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yvan Perrier</dc:creator>


		<dc:subject>La&#239;cit&#233;, religions et politique</dc:subject>
		<dc:subject>Perrier, Yvan </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au sortir du Moyen &#192;ge, en Occident, un nouveau monde voit le jour. Ce nouveau monde va donner lieu, petit &#224; petit, &#224; un effritement du pouvoir et de l'influence de la religion dans les diff&#233;rentes sph&#232;res de la vie publique. C'est ainsi que certains &#201;tats constituants vont inscrire dans la loi fondamentale de leur pays une nette s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat. La religion va devenir une affaire priv&#233;e. Trois petites questions toutes simples se posent ici : qu'en est-il au Canada ? (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Le-Quebec-en-quete-de-" rel="directory"&gt;Dossier : Le Qu&#233;bec en qu&#234;te de la&#239;cit&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Laicite-religions-et-politique-+" rel="tag"&gt;La&#239;cit&#233;, religions et politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Perrier-Yvan-+" rel="tag"&gt;Perrier, Yvan &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton970.gif?1642092280' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;600&#034; height=&#034;404&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au sortir du Moyen &#192;ge, en Occident, un nouveau monde voit le jour. Ce nouveau monde va donner lieu, petit &#224; petit, &#224; un effritement du pouvoir et de l'influence de la religion dans les diff&#233;rentes sph&#232;res de la vie publique. C'est ainsi que certains &#201;tats constituants vont inscrire dans la loi fondamentale de leur pays une nette s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat. La religion va devenir une affaire priv&#233;e. Trois petites questions toutes simples se posent ici : qu'en est-il au Canada ? Existe-t-il ici une franche s&#233;paration entre la religion et l'&#201;tat ? Que pr&#233;voit la &lt;i&gt;Charte canadienne des droits et libert&#233;s&lt;/i&gt; &#224; ce sujet ? Croyez-le ou non, au Canada&#8230; Dieu est ton droit ! Voici pourquoi il en est ainsi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'article 1 de la&lt;i&gt; Charte canadienne des droits et libert&#233;s&lt;/i&gt; est pr&#233;c&#233;d&#233; d'un attendu qui se lit comme suit : &#171; &lt;i&gt;Attendu que le Canada est fond&#233; sur des principes qui reconnaissent la supr&#233;matie de Dieu et la primaut&#233; du droit&lt;/i&gt; [&#8230;] &#187;. Vous avez bien lu, &#171; &lt;i&gt;la supr&#233;matie de Dieu&lt;/i&gt; &#187; est inscrite noir sur blanc en tout premier lieu dans la loi fondamentale du Canada, elle appara&#238;t juste avant &#171; &lt;i&gt;la primaut&#233; du droit&lt;/i&gt; &#187;. &#192; l'alin&#233;a 2. a), il est pr&#233;cis&#233; que &#171; &lt;i&gt;Chacun a les libert&#233;s fondamentales suivantes : libert&#233; de conscience et de religion.&lt;/i&gt; &#187; L'article 15. (1) pr&#233;cise que &#171; &lt;i&gt;la loi ne fait exception de personne et s'applique &#233;galement &#224; tous,&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;ind&#233;pendamment de toute discrimination, notamment des discriminations fond&#233;es sur&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;la religion&lt;/i&gt; [&#8230;] &#187;. Consid&#233;rons aussi que l'article 27 stipule que la Charte doit s'interpr&#233;ter de mani&#232;re &#224; pr&#233;server et &#224; valoriser le patrimoine multiculturel des Canadiens. La supr&#233;matie de Dieu mise en relation avec la libert&#233; religieuse, le droit &#224; l'&#233;galit&#233; et la promotion du multiculturalisme constituent rien de moins que la porte d'entr&#233;e au d&#233;isme dans les affaires de l'&#201;tat au Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, il est erron&#233; de postuler que le Canada est un pays la&#239;que et neutre sur le plan religieux. En effet, un petit d&#233;tour du c&#244;t&#233; de la &lt;i&gt;Charte&lt;/i&gt; et de certains jugements de la Cour supr&#234;me du Canada (pensons ici aux d&#233;cisions relatives au port du turban pour les agents sikhs de la GRC et au port du kirpan par un &#233;l&#232;ve dans une &#233;cole d'une commission scolaire au Qu&#233;bec) nous d&#233;montre le contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concluons donc que le chemin &#224; franchir pour faire acc&#233;der pleinement le Canada &#224; la modernit&#233; la&#239;que est encore bien long. Il en sera ainsi, tant et aussi longtemps que Dieu &#8211; et non la la&#239;cit&#233; et la s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat &#8211; sera ench&#226;ss&#233; dans la &lt;i&gt;Charte&lt;/i&gt;. Il en sera de m&#234;me tant et aussi longtemps que la majorit&#233; des juges n'auront pas pour mod&#232;le d'inspiration l'ex-juge de la Cour supr&#234;me du Canada, madame Claire L'Heureux-Dub&#233;, qui a reconnu ce principe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;fendre la cause de toutes les femmes !</title>
		<link>https://www.ababord.org/Defendre-la-cause-de-toutes-les</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Defendre-la-cause-de-toutes-les</guid>
		<dc:date>2010-02-16T15:50:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mich&#232;le Asselin</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>La&#239;cit&#233;, religions et politique</dc:subject>
		<dc:subject>Asselin, Mich&#232;le </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, les questions identitaires soul&#232;vent les passions. Accommodements raisonnables, port de signes religieux dans la fonction et les services publics qu&#233;b&#233;cois, la&#239;cit&#233;, autant de questions fondamentales qui ont d&#233;clench&#233; des d&#233;bats et aliment&#233; pendant des mois des m&#233;dias en mal de sensationnalisme. La F&#233;d&#233;ration des femmes du Qu&#233;bec (FFQ) fut et est toujours au c&#339;ur de cette tourmente. Toujours, la FFQ a pris le parti de l'&#233;galit&#233; et de la libert&#233; des femmes, dans toute leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Le-Quebec-en-quete-de-" rel="directory"&gt;Dossier : Le Qu&#233;bec en qu&#234;te de la&#239;cit&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Laicite-religions-et-politique-+" rel="tag"&gt;La&#239;cit&#233;, religions et politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Asselin-Michele-+" rel="tag"&gt;Asselin, Mich&#232;le &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton969.gif?1642092280' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;967&#034; height=&#034;642&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, les questions identitaires soul&#232;vent les passions. Accommodements raisonnables, port de signes religieux dans la fonction et les services publics qu&#233;b&#233;cois, la&#239;cit&#233;, autant de questions fondamentales qui ont d&#233;clench&#233; des d&#233;bats et aliment&#233; pendant des mois des m&#233;dias en mal de sensationnalisme. La F&#233;d&#233;ration des femmes du Qu&#233;bec (FFQ) fut et est toujours au c&#339;ur de cette tourmente. Toujours, la FFQ a pris le parti de l'&#233;galit&#233; et de la libert&#233; des femmes, dans toute leur diversit&#233; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parce que la FFQ &#233;tait r&#233;guli&#232;rement interpell&#233;e sur la question du port de signes religieux, particuli&#232;rement depuis la Commission Bouchard-Taylor, et aussi, parce que le Conseil du statut de la femme avait pris position dans ce d&#233;bat en concluant &#171; &lt;i&gt;que les repr&#233;sentantes et les repr&#233;sentants ou les fonctionnaires de l'&#201;tat ne puissent arborer ni manifester des signes religieux ostentatoires dans le cadre de leur travail&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conseil du statut de la femme (2007), Avis, Droit &#224; l'&#233;galit&#233; entre les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la FFQ se devait de prendre position.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une r&#233;flexion rigoureuse, le 9 mai 2009, r&#233;unies en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale sp&#233;ciale &#224; Qu&#233;bec, les membres de la F&#233;d&#233;ration des femmes du Qu&#233;bec ont donc pris position sur cette &#233;pineuse question. Elles se sont prononc&#233;es en tr&#232;s grande majorit&#233; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	contre l'interdiction de porter des signes religieux dans la fonction publique et les services publics qu&#233;b&#233;cois &#224; l'exception des juges, des procureures et procureurs de la Couronne, des polici&#232;res et policiers, des gardiennes et gardiens de prison, des personnes assumant la pr&#233;sidence et la vice-pr&#233;sidence de l'Assembl&#233;e nationale ainsi que des personnes exer&#231;ant des m&#233;tiers ou professions o&#249; la s&#233;curit&#233; exige l'interdiction ou la restriction de certains signes religieux ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	MAIS AUSSI contre l'obligation de porter tout signe religieux, particuli&#232;rement contre l'obligation politique qui est faite aux femmes de les porter dans certaines soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres de la FFQ ont &#233;galement r&#233;affirm&#233; qu'elles sont pour la libert&#233; religieuse, mais contre les int&#233;grismes de toutes les religions et qu'elles entendent bien poursuivre sans rel&#226;che la lutte contre les violations commises au nom des religions en exhortant les gouvernements qu&#233;b&#233;cois et canadien &#224; : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	respecter, promouvoir et mettre en &#339;uvre les engagements qu'ils ont pris de prot&#233;ger les femmes contre toutes les violations des droits des femmes &#224; la vie, &#224; l'int&#233;grit&#233; de la personne, &#224; disposer librement de leur corps, &#224; l'acc&#232;s &#224; la contraception et &#224; l'avortement, &#224; la libert&#233; de circulation, au choix de la ou du partenaire ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	prendre tous les moyens n&#233;cessaires pour lutter contre ces violations, notamment : la violence conjugale, les agressions sexuelles, les crimes d'honneur, les mariages forc&#233;s, la polygamie, les mutilations g&#233;nitales f&#233;minines ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	prendre tous les moyens pour assurer aux femmes immigrantes le droit &#224; l'emploi sans discrimination et un r&#233;el acc&#232;s &#224; l'emploi dans les secteurs tant public que priv&#233; ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	prendre position au sein d'instances internationales, comme les Nations unies, contre les violations des droits des femmes justifi&#233;es par le relativisme religieux ou culturel partout dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Raz-de-mar&#233;e m&#233;diatique&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les jours qui ont suivi cette assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, des all&#233;gations mensong&#232;res transmises par des m&#233;dias ont min&#233; la cr&#233;dibilit&#233; de la FFQ et ont remis en cause ses processus d&#233;mocratiques, voire son int&#233;grit&#233;. Or, nous avons eu un d&#233;bat passionnant, empreint de respect et de rigueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remettons les pendules &#224; l'heure. La FFQ ne re&#231;oit aucun financement en provenance de groupes islamistes. Aucune organisation int&#233;griste n'est membre de la FFQ et ne pourrait en aucune mani&#232;re le devenir ! Les organismes membres de la FFQ doivent respecter sa mission et d&#233;fendre les droits des femmes. Quant aux membres individuelles, elles refl&#232;tent la diversit&#233; du mouvement des femmes. Elles peuvent &#234;tre catholiques, protestantes, musulmanes, juives ou ath&#233;es. Tout au long de cette d&#233;marche, toutes les r&#232;gles qui r&#233;gissent la vie associative et d&#233;mocratique de la FFQ ont &#233;t&#233; respect&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cachez ce foulard&#8230; qu'on n'aurait pas le droit de voir ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas d'hier que le d&#233;bat sur les signes religieux se concentre autour du foulard islamique. Prendre position d'un point de vue f&#233;ministe sur le port du foulard islamique exige que nous &#233;vitions &#224; la fois le racisme, c'est-&#224;-dire la stigmatisation des femmes appartenant &#224; certains groupes minoritaires, et le relativisme culturel consistant &#224; vouloir suspendre l'application d'un droit en vertu d'exigences culturelles ou religieuses. Prendre position d'un point de vue f&#233;ministe, cela implique &#233;galement que nous soyons soucieuses de raffiner nos analyses afin de tenir compte des multiples discriminations qui interagissent les unes par rapport aux autres &#8211; ce qu'on appelle l'intersectionnalit&#233; des discriminations. Les mod&#232;les classiques d'oppression que sont le patriarcat, le capitalisme, le racisme et le n&#233;ocolonialisme n'agissent pas ind&#233;pendamment l'un de l'autre et produisent des in&#233;galit&#233;s sociales diff&#233;rentes pour les femmes blanches, de couleur, ou celles appartenant &#224; des groupes stigmatis&#233;s. Le croisement des discriminations li&#233;es au sexe, &#224; l'origine ethnique, &#224; la couleur, &#224; la classe, &#224; la religion, au handicap et &#224; l'orientation sexuelle entra&#238;ne notamment pour les femmes issues de groupes ethnoculturels et racis&#233;s des situations de vuln&#233;rabilit&#233; et d'exclusion encore plus importantes que pour l'ensemble des femmes. N'y aurait-il pas lieu &#233;galement de se r&#233;f&#233;rer aux principes de l'intervention f&#233;ministe dans nos prises de position ? Ces principes s'appuient, entre autres, sur la n&#233;cessit&#233; de respecter le rythme, les choix, les valeurs et les besoins des femmes concern&#233;es en &#233;vitant d'appliquer des principes de fa&#231;on rigide, en regard de notre propre cadre de r&#233;f&#233;rence et de notre propre d&#233;sir d'autonomie et de changement. De nombreuses significations sont attach&#233;es au port du foulard : symbole religieux, symbole de vertu, symbole d'affirmation identitaire, source de fiert&#233;. Des f&#233;ministes musulmanes, th&#233;ologiennes et activistes, ne sont pas n&#233;cessairement toutes d'accord entre elles ni, non plus, avec certaines analyses que peuvent en faire des f&#233;ministes occidentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le foulard est certes un symbole qui peut &#234;tre utilis&#233; pour soumettre les femmes aux lois et valeurs d'un ordre patriarcal. C'est pourquoi la FFQ est contre toute obligation religieuse ou politique qui serait faite aux femmes de porter un foulard islamique ici, au Qu&#233;bec, et ailleurs dans le monde. Du m&#234;me souffle, elle s'oppose au fait d'interdire, aux femmes et aux hommes qui choisissent librement de le faire, de porter un signe religieux. Ni obligation, ni interdiction !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la FFQ, il est hors de question de jouer le jeu de l'int&#233;grisme en nourrissant le rejet de l'&#171; autre &#187; ! Ce qui fait, entre autres, le propre des int&#233;grismes, c'est le pouvoir de manipuler les id&#233;es afin qu'elles servent &#224; leur politique d'exclusion et d'intol&#233;rance. Les positions prises et d&#233;fendues par la FFQ, au fil des ans, expriment une volont&#233; politique de combattre tous les int&#233;grismes, religieux et autres, de consolider l'espace d&#233;mocratique et de favoriser la participation citoyenne. Pas question de renoncer ni au principe d'&#233;galit&#233; entre les sexes, ni aux libert&#233;s fondamentales qui peuvent s'exprimer ici, au Qu&#233;bec !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La FFQ pr&#244;ne l'int&#233;gration &#224; la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise, &#224; ses valeurs et &#224; ses droits fondamentaux, par un v&#233;ritable acc&#232;s &#224; l'emploi dans les secteurs public et priv&#233;. Rien ne doit entraver la poursuite par les femmes de leur autonomie &#233;conomique ! Voil&#224; une question fondamentale &#224; laquelle il est grand temps de r&#233;pondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons abord&#233; cette question &#224; partir de trois points de vue, celui du mod&#232;le qu&#233;b&#233;cois actuel de la&#239;cit&#233;, de la discrimination que vivent les femmes immigrantes et de l'analyse f&#233;ministe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour l'ensemble de l'argumentaire, voir D&#233;bat sur la la&#239;cit&#233; et le port de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Toujours dans les m&#233;dias, maintes fois la position de la FFQ a &#233;t&#233; oppos&#233;e &#224; celle de la la&#239;cit&#233;. Or, la plupart des sp&#233;cialistes s'entendent sur le fait qu'il existe plusieurs mod&#232;les de la&#239;cit&#233;. Interdire ou permettre le port de signes religieux correspond non pas &#224; une situation plus ou moins &#171; pure &#187; de la la&#239;cit&#233;, mais &#224; une conception diff&#233;rente de celle-ci dans l'un et l'autre cas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Milot, Micheline, La la&#239;cit&#233;, Collection 25 questions, Novalis, 2008.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois favorise une vision de la la&#239;cit&#233; ouverte. Cette conception implique que toutes les personnes qui travaillent au sein des institutions publiques, qu'elles portent un signe religieux ou non, ont le devoir d'appliquer, dans l'exercice de leurs fonctions, les r&#232;gles et les lois &#233;tatiques ou institutionnelles. L&#224;-dessus, pas de compromis possible. Soulignons que la position de la FFQ est celle qui pr&#233;vaut actuellement au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une loi, associ&#233;e &#224; une la&#239;cit&#233; plus restrictive interdisant le port de signes religieux dans les institutions publiques, ne saurait &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme neutre puisqu'elle favoriserait les personnes pour qui les convictions philosophiques, religieuses ou spirituelles n'exigent pas le port de tels signes. Un r&#233;gime de la&#239;cit&#233; ouverte favorise un acc&#232;s &#233;gal aux institutions publiques, tant pour les usag&#232;res et usagers que pour le personnel qui y travaille. Interdire le port de signes religieux dans les institutions publiques risque de mettre les femmes qui les portent devant des choix d&#233;chirants : quitter leur emploi ou renoncer &#224; afficher ce symbole. Le risque de ressentiment, de marginalisation et d'exclusion est grand. Pire, interdire le port de signes religieux dans les institutions publiques aurait pour effet d'augmenter la discrimination &#224; l'&#233;gard des femmes d&#233;j&#224; discrimin&#233;es de certains groupes minoritaires et d'entraver ainsi la poursuite de leur autonomie financi&#232;re. Interdire le port de signes religieux dans les institutions publiques risque de provoquer un repli identitaire ou la ghetto&#239;sation de certains groupes minoritaires, ce qui pourrait engendrer d'importants conflits au sein de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise et un enfermement identitaire qui maintiendrait, de fa&#231;on rigide, une culture ou des traditions d'origine souvent d&#233;favorables aux femmes et, par cons&#233;quent, contraires &#224; l'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes. C'est plut&#244;t le processus d'int&#233;gration &#224; la soci&#233;t&#233; d'accueil, aux valeurs et droits fondamentaux qu'elle promeut, dont le droit &#224; l'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes, qui devrait &#234;tre renforc&#233; de diverses fa&#231;ons et par diff&#233;rents moyens. Enfin, il faut &#233;galement souligner que l'interdiction de porter le foulard (&lt;i&gt;hidjab&lt;/i&gt;) dans les institutions publiques stigmatiserait les femmes qui le portent dans d'autres institutions ou milieux de travail, voire m&#234;me dans l'espace public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, un processus de la&#239;cisation est amorc&#233; depuis plusieurs ann&#233;es, mais il n'y a ni politique g&#233;n&#233;rale, ni charte, ni loi sur la la&#239;cit&#233;. L'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois doit d&#233;finir les grandes orientations du mod&#232;le qu&#233;b&#233;cois de la&#239;cit&#233;. Tout r&#233;cemment, le toll&#233; soulev&#233; par le projet de loi 16 qui veut favoriser l'action de l'administration publique &#224; l'&#233;gard de la diversit&#233; culturelle a encore une fois d&#233;montr&#233; l'importance de poursuivre ce d&#233;bat afin d'ench&#226;sser les balises de la la&#239;cit&#233; qu&#233;b&#233;coise. La FFQ entend contribuer au d&#233;bat public en poursuivant sa r&#233;flexion sur cette question.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Conseil du statut de la femme (2007), Avis, Droit &#224; l'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes et la libert&#233; religieuse, p. 52.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour l'ensemble de l'argumentaire, voir D&#233;bat sur la la&#239;cit&#233; et le port de signes religieux dans la fonction et les services publics qu&#233;b&#233;cois, disponible sur le site web de la FFQ : &lt;a href=&#034;http://www.ffq.qc.ca/presentation/aga-speciale-2009/Doc-AGmai2009.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ffq.qc.ca/presentation/aga-speciale-2009/Doc-AGmai2009.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Milot, Micheline, La la&#239;cit&#233;, Collection 25 questions, Novalis, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour une fonction publique vraiment neutre</title>
		<link>https://www.ababord.org/Pour-une-fonction-publique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Pour-une-fonction-publique</guid>
		<dc:date>2010-02-16T15:46:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nathalie Roy</dc:creator>


		<dc:subject>La&#239;cit&#233;, religions et politique</dc:subject>
		<dc:subject>Roy, Nathalie </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Soulignant l'attachement de la majorit&#233; de la population au principe de la&#239;cit&#233;, le Conseil du statut de la femme a recommand&#233; au gouvernement d'affirmer la neutralit&#233; de l'&#201;tat en interdisant au personnel de la fonction publique d'arborer des signes religieux ostentatoires dans l'exercice de ses fonctions. &lt;br class='autobr' /&gt; En septembre 2007, le Conseil du statut de la femme a remis au gouvernement un avis sur le droit &#224; l'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes et la libert&#233; de religion, convaincu qu'il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Le-Quebec-en-quete-de-" rel="directory"&gt;Dossier : Le Qu&#233;bec en qu&#234;te de la&#239;cit&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Laicite-religions-et-politique-+" rel="tag"&gt;La&#239;cit&#233;, religions et politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Roy-Nathalie-+" rel="tag"&gt;Roy, Nathalie &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton967.gif?1642092280' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;800&#034; height=&#034;533&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Soulignant l'attachement de la majorit&#233; de la population au principe de la&#239;cit&#233;, le Conseil du statut de la femme a recommand&#233; au gouvernement d'affirmer la neutralit&#233; de l'&#201;tat en interdisant au personnel de la fonction publique d'arborer des signes religieux ostentatoires dans l'exercice de ses fonctions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En septembre 2007, le Conseil du statut de la femme a remis au gouvernement un avis sur le droit &#224; l'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes et la libert&#233; de religion, convaincu qu'il &#233;tait n&#233;cessaire, dans le contexte actuel, de r&#233;affirmer les valeurs communes qui fa&#231;onnent l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise. Ces valeurs sont : le droit &#224; l'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes, la primaut&#233; du fait fran&#231;ais et la s&#233;paration entre l'&#201;tat et la religion. Ces trois valeurs sont devenues les marqueurs de l'identit&#233; collective du Qu&#233;bec, ce que l'avis d&#233;montre clairement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur de son avis, le Conseil d&#233;veloppe et d&#233;fend la position suivant laquelle le droit &#224; l'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes doit &#234;tre respect&#233; en toutes circonstances et qu'il faut se garder d'y porter atteinte au nom de la libert&#233; de conscience et de religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Qu&#233;bec se pr&#233;sente comme une soci&#233;t&#233; ouverte et pluraliste, faisant une large place &#224; l'immigration. Le mod&#232;le d'int&#233;gration des personnes immigrantes qu'on y poursuit, d&#233;sign&#233; comme interculturel, donne &#224; l'&#201;tat le r&#244;le de prot&#233;ger l'h&#233;ritage identitaire de la soci&#233;t&#233; en incorporant l'apport des cultures &#233;trang&#232;res au projet citoyen. Il est donc du ressort de l'&#201;tat d'affirmer les valeurs collectives qui peuvent circonscrire certains droits individuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le milieu des ann&#233;es 1990 et dans une mesure croissante aujourd'hui, les institutions publiques sont confront&#233;es &#224; des demandes d'accommodement ou d'am&#233;nagement formul&#233;es au nom de la libert&#233; de religion, demandes qui, sans &#234;tre importantes en nombre, frappent l'imaginaire collectif en contredisant les valeurs reconnues par la majorit&#233;. Qu'il s'agisse de la possibilit&#233; pour une femme de voter &#224; visage couvert, du remplacement par un homme d'une femme examinatrice &#224; la Soci&#233;t&#233; d'assurance automobile du Qu&#233;bec, d'une directive demandant aux femmes polici&#232;res de c&#233;der leur place &#224; un coll&#232;gue masculin ou d'une autre demandant de faire givrer les fen&#234;tres d'un centre d'entra&#238;nement pour femmes, c'est le droit &#224; l'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes qui est le plus souvent remis en question par ces demandes. C'est pourquoi le Conseil a tenu &#224; inviter l'&#201;tat &#224; faire preuve de vigilance pour pr&#233;server les assises des valeurs fondatrices du Qu&#233;bec dans la r&#233;ponse qu'il apporte aux demandes d'accommodement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son avis, le Conseil du statut de la femme recommande notamment au gouvernement d'exiger la neutralit&#233; religieuse des agentes et agents de l'&#201;tat, tant dans leur discours que dans leur tenue vestimentaire. Cette recommandation signifie que le personnel de l'&#201;tat devrait s'abstenir d'arborer des symboles religieux ostentatoires dans l'exercice de ses fonctions. L'interdiction qui leur serait faite ne doit pas &#234;tre confondue avec celle concernant le port de signes religieux par les &#233;l&#232;ves des &#233;coles ou par les membres de la soci&#233;t&#233; civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le Conseil, il est n&#233;cessaire de poursuivre le processus de la&#239;cisation de l'&#201;tat. Fruit de luttes historiques men&#233;es dans le Qu&#233;bec moderne, ce processus a commenc&#233; &#224; se concr&#233;tiser il y a une dizaine d'ann&#233;es, avec le remplacement des commissions scolaires confessionnelles par des commissions scolaires linguistiques. Il a franchi un pas d&#233;cisif en septembre 2008, avec la disparition de l'enseignement religieux des programmes d'enseignement primaire et secondaire. Mais, contrairement &#224; la France ou aux &#201;tats-Unis, le Qu&#233;bec ne dispose pas d'une longue tradition de la&#239;cit&#233;. La la&#239;cit&#233; qu'on y observe est encore fragile : elle doit &#234;tre affirm&#233;e constamment par les principaux acteurs de la soci&#233;t&#233;, au premier chef l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;paration des pouvoirs religieux et politique para&#238;t essentielle au Conseil &lt;br class='autobr' /&gt;
parce qu'indissociable de la promotion de l'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes. Avec les f&#233;ministes, le Conseil a d&#233;j&#224; critiqu&#233; le sexisme des institutions religieuses catholiques. Il rejette de la m&#234;me fa&#231;on le sexisme et le paternalisme qui s'expriment dans d'autres religions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, le Conseil soutient que, pour reconna&#238;tre l'&#233;galit&#233; des sexes et la libert&#233; de conscience et de religion dans le Qu&#233;bec d'aujourd'hui, l'&#201;tat se doit d'&#234;tre neutre, son r&#244;le &#233;tant d'agir pour garantir et assurer le respect des valeurs communes tout en respectant les droits et libert&#233;s de chacun. L'interdiction pour les fonctionnaires de l'&#201;tat de porter des signes religieux ostentatoires s'inscrirait clairement dans cette ligne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La&#239;cit&#233;, hijab et crucifix</title>
		<link>https://www.ababord.org/Laicite-hijab-et-crucifix</link>
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		<dc:date>2010-02-16T15:43:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marc Piotte</dc:creator>


		<dc:subject>La&#239;cit&#233;, religions et politique</dc:subject>
		<dc:subject>Piotte, Jean-Marc </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J'ai connu le Qu&#233;bec des ann&#233;es 1950 dans lequel l'&#201;glise cherchait &#224; contr&#244;ler l'&#226;me de tous les Canadiens fran&#231;ais : institution de l'Index qui interdisait les livres non conformes &#224; l'orthodoxie catholique, dont Sartre, Marx, Camus, Voltaire, Hugo&#8230; ; port obligatoire d'un couvre-chef pour les femmes dans les &#233;glises et interdiction pour les hommes ; c&#233;l&#233;bration du mariage o&#249; la future &#233;pouse devait d&#233;clarer sa soumission &#224; son futur &#233;poux en &#233;change de sa protection ; interdiction du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton964.gif?1642092280' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;757&#034; height=&#034;568&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;J'ai connu le Qu&#233;bec des ann&#233;es 1950 dans lequel l'&#201;glise cherchait &#224; contr&#244;ler l'&#226;me de tous les Canadiens fran&#231;ais : institution de l'Index qui interdisait les livres non conformes &#224; l'orthodoxie catholique, dont Sartre, Marx, Camus, Voltaire, Hugo&#8230; ; port obligatoire d'un couvre-chef pour les femmes dans les &#233;glises et interdiction pour les hommes ; c&#233;l&#233;bration du mariage o&#249; la future &#233;pouse devait d&#233;clarer sa soumission &#224; son futur &#233;poux en &#233;change de sa protection ; interdiction du divorce assurant une plus grande &#233;quit&#233; envers les femmes ; mariage interreligieux fortement d&#233;conseill&#233;, voire proscrit ; &#233;coles non mixtes ; la sexualit&#233; accept&#233;e apr&#232;s le mariage en vue de la seule procr&#233;ation ; condamnation de l'utilisation des moyens contraceptifs efficaces, dont le condom ; interdiction de l'avortement ; maintien des fils et des filles dans la famille jusqu'&#224; leur mariage ; opprobre couvrant l'homosexualit&#233;, etc. L'&#201;glise catholique a, sur certains points, &#233;volu&#233;, mais elle est demeur&#233;e fonci&#232;rement homophobe, masculiniste et sexuellement r&#233;pressive. Aussi, je m'accommode mal de toute religion qui, au nom de sa V&#233;rit&#233;, contrevient aux valeurs de libert&#233; et d'&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pluralisme religieux et valeurs humanistes&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les catholiques ne sont pas homophobes, masculinistes et sexuellement r&#233;pressifs. Les agnostiques et les ath&#233;es ne supportent pas n&#233;cessairement l'&#233;galit&#233; de tous, dont celle des femmes, et ne sont pas n&#233;cessairement respectueux des rapports sexuels &#233;quitables. Tous les arabes ne sont pas musulmans et la majorit&#233; des musulmans ne sont pas arabes. Il y a des musulmans non pratiquants et des musulmans d&#233;vots. Il y a des musulmans r&#233;formistes qui veulent conjuguer islam et modernit&#233; et des fondamentalistes qui s'en tiennent &#224; la lettre du Coran et &#224; l'interpr&#233;tation traditionnelle de la Sunna. Il y a des musulmans qui se contentent de pratiquer leur religion et des islamistes qui veulent imposer leur foi &#224; tous avec intransigeance. Je fraternise avec tous ceux qui, religieux ou non, d&#233;fendent les valeurs humanistes et modernistes de la libert&#233; et de l'&#233;galit&#233;, et je combats id&#233;ologiquement les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &lt;i&gt;hijab&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les musulmans ne croient pas que le port du &lt;i&gt;hijab&lt;/i&gt; soit obligatoire pour une musulmane. Lors d'un s&#233;jour en &#201;gypte il y a une vingtaine d'ann&#233;es, on m'a fait comprendre que l'extension du port du voile islamique &#233;tait le fruit de la propagande muscl&#233;e des Fr&#232;res musulmans, fondateurs dans le monde arabe moderne d'un islamisme politique, pass&#233;iste et r&#233;trograde. Lors de trois s&#233;jours r&#233;cents au Liban, il &#233;tait impossible de distinguer &#224; Beyrouth les musulmanes, sunnites ou chiites, des maronites. Dans la banlieue sud de Beyrouth, habit&#233;e par des chiites et contr&#244;l&#233;e par l'adversaire le plus redoutable de l'&#201;tat d'Isra&#235;l, le Hezbollah, le port du &lt;i&gt;hijab&lt;/i&gt; n'&#233;tait pas g&#233;n&#233;ralis&#233;. Au Mali, les femmes ne portent pas le voile, sauf celles dont le mari ou le p&#232;re a ramen&#233; cette pratique apr&#232;s un s&#233;jour en Arabie saoudite. Je ne veux nullement affirmer par l&#224; que toutes celles qui portent le &lt;i&gt;hijab&lt;/i&gt; au Qu&#233;bec sont contraintes par leur p&#232;re ou leur mari ou soient des partisanes du fondamentalisme islamique ou de l'islamisme. Je crois, au contraire, qu'elles sont minoritaires. Mais je conteste le fait que, par le port du voile, elles veulent se d&#233;marquer de toutes les autres citoyennes qu&#233;b&#233;coises et canadiennes, en accordant la priorit&#233; &#224; l'expression de leur foi dans l'espace public. Et je comprends encore moins pourquoi elles veulent se distinguer de leurs concitoyennes, tout en risquant d'&#234;tre confondues avec les fondamentalistes et, pire, avec les islamistes politiques, dont Djemila Benhabib, entre autres, a tellement souffert (&lt;i&gt;Ma vie &#224; contre-Coran&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Majorit&#233; et minorit&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les immigrants transportent avec eux leur culture d'origine, qu'ils soient arabes ou non et quelle que soit leur religion. Leurs enfants seront souvent coinc&#233;s entre les valeurs que leurs parents chercheront &#224; leur transmettre et les valeurs de l'&#233;cole qu&#233;b&#233;coise. Afin de leur faciliter l'hybridit&#233; &#224; laquelle ils sont convi&#233;s, l'&#233;cole publique et la&#239;que doit donc d&#233;fendre les valeurs de libert&#233; et d'&#233;galit&#233;, tout en manifestant une ouverture face &#224; la diversit&#233; culturelle et religieuse. Par ailleurs, le financement public d'un r&#233;seau scolaire priv&#233; reproduit non seulement les classes sociales, mais facilite, comme dans les &#233;coles hassidiques, l'enfermement d'enfants dans des ghettos religieux : il devrait &#234;tre aboli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me r&#233;signe &#224; ce que les gens s'habillent comme ils le d&#233;sirent, en s'identifiant prioritairement &#224; une religion. Je crois cependant que les employ&#233;s de la fonction publique et parapublique, devant repr&#233;senter le caract&#232;re neutre et la&#239;que de l'&#201;tat, devraient, dans leurs fonctions, s'abstenir du port de signes religieux ostentatoires. Mais avant d'en arriver l&#224;, il faudrait que les crucifix soient enlev&#233;s des &#233;difices publics, dont celui de l'Assembl&#233;e nationale, et que la pri&#232;re soit interdite aux r&#233;unions des conseils municipaux. La majorit&#233;, avant de convier les minorit&#233;s &#224; la la&#239;cit&#233;, devrait, par l'interm&#233;diaire de ses repr&#233;sentants, s'y conformer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Arguments contre une propagande</title>
		<link>https://www.ababord.org/Arguments-contre-une-propagande</link>
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		<dc:date>2010-02-16T15:40:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Michelle Poisson</dc:creator>


		<dc:subject>La&#239;cit&#233;, religions et politique</dc:subject>
		<dc:subject>Poisson, Marie-Michelle </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quiconque se con&#231;oit comme ouvert et vertueux se pla&#238;t &#224; r&#233;p&#233;ter que l'&#233;tude des religions &#224; l'&#233;cole ne peut faire de tort &#224; personne, puisque cela contribue &#224; la culture g&#233;n&#233;rale et permet de mieux conna&#238;tre la culture des immigrants. Ces lieux communs aux fondements douteux confortent la complaisance envers un cours dont l'implantation massive constitue non seulement un d&#233;tournement parfaitement planifi&#233; du processus de la&#239;cisation du syst&#232;me scolaire qu&#233;b&#233;cois, mais fait aussi la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton963.gif?1642092280' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;711&#034; height=&#034;679&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quiconque se con&#231;oit comme ouvert et vertueux se pla&#238;t &#224; r&#233;p&#233;ter que l'&#233;tude des religions &#224; l'&#233;cole ne peut faire de tort &#224; personne, puisque cela contribue &#224; la culture g&#233;n&#233;rale et permet de mieux conna&#238;tre la culture des immigrants. Ces lieux communs aux fondements douteux confortent la complaisance envers un cours dont l'implantation massive constitue non seulement un d&#233;tournement parfaitement planifi&#233; du processus de la&#239;cisation du syst&#232;me scolaire qu&#233;b&#233;cois, mais fait aussi la promotion de la &#171; &lt;i&gt;la&#239;cit&#233; ouverte &lt;/i&gt; &#187;, concept &#224; lourde charge id&#233;ologique dont l'objectif avou&#233; est de favoriser le retour du religieux dans l'ensemble des institutions publiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un cours d'&#233;thique (&#8230;) religieuse&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les religions sont inqui&#233;tantes lorsqu'elles manifestent des pr&#233;tentions normatives et font des tentatives r&#233;p&#233;t&#233;es pour r&#233;investir les champs de l'&#233;thique, de la politique et de la justice. Les conservateurs religieux n'ont jamais renonc&#233; &#224; l'espoir de r&#233;installer les pr&#233;ceptes religieux en position de crit&#232;re absolu du bien et r&#234;vent toujours de reconqu&#233;rir la position d&#233;cisive occup&#233;e par les Droits de l'Homme depuis pr&#232;s de six d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cemment, la Commission des droits de l'Homme de l'ONU, lors de la conf&#233;rence de Durban sur le racisme, fut le th&#233;&#226;tre d'offensives orchestr&#233;es par des r&#233;gimes th&#233;ocratiques afin que la &#171; &lt;i&gt;diffamation des religions&lt;/i&gt; &#187; soit reconnue comme une forme de crime contre l'humanit&#233;. Ce stratag&#232;me aurait fait en sorte que certaines pratiques religieuses portant atteinte &#224; la dignit&#233; humaine ne puissent plus &#234;tre d&#233;nonc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; pluralisme normatif &#187; (ou relativisme culturel) dont le nouveau programme &#201;CR fait la promotion tend aux m&#234;mes r&#233;sultats. Le cours recommande de prendre en consid&#233;ration les &#171; diverses &#187; normes et pratiques religieuses propres &#224; la culture de &#171; l'autre &#187;, sans jamais attirer l'attention sur l'obligation faite &#224; tout citoyen de se conformer aux chartes des droits et aux lois civiles en vigueur dans une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un enseignement de l'&#233;thique la&#239;que compatible avec l'&#201;tat de droit serait un enseignement &lt;i&gt;humaniste&lt;/i&gt; faisant explicitement &#233;tat des &lt;i&gt;d&#233;clarations et des chartes des droits&lt;/i&gt;, qui en expliquerait les &lt;i&gt;fondements rationnels universels&lt;/i&gt; et proc&#232;derait &#224; leur &lt;i&gt;mise en application&lt;/i&gt; &#224; la faveur de discussions o&#249; ne seraient retenus que les arguments propres &#224; servir&lt;i&gt; l'utilit&#233; publique&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;le bonheur du plus grand nombre&lt;/i&gt;. Rien de tout ce qui est indiqu&#233; en italique n'appara&#238;t dans le volet &#233;thique du programme &#201;CR. Enseigner l'&#233;thique de cette fa&#231;on aurait &#233;t&#233; une menace pour toutes les morales religieuses, car les &#233;l&#232;ves, d&#233;sormais inform&#233;s des droits et finalit&#233;s l&#233;gitimes dans une soci&#233;t&#233; moderne, auraient &#233;t&#233; en mesure de formuler des critiques d&#233;vastatrices, quoique largement m&#233;rit&#233;es, envers les religions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conservateurs religieux se sont entich&#233;s du relativisme culturel lorsqu'ils ont d&#233;couvert que cette conception de l'&#233;thique met les pratiques religieuses &#224; l'abri des critiques rationnelles, &#224; condition de lier irr&#233;m&#233;diablement &#171; culture &#187; et &#171; religion &#187;. B&#233;n&#233;ficiant d'un pr&#233;jug&#233; favorable &#224; la diversit&#233; des expressions culturelles, certaines pratiques religieuses ne respectant pas la dignit&#233; humaine ou les lois civiles trouvent ainsi un semblant de l&#233;gitimit&#233;. Cette pagaille conceptuelle permet aux religieux de confondre ais&#233;ment les classes politiques et juridiques qui se croiront dans l'obligation, pour &#233;viter d'&#234;tre tax&#233;s d'intol&#233;rance, de prendre des d&#233;cisions contraires aux fondements d'une soci&#233;t&#233; juste et d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sophisme et propagande&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le biais relativiste du programme &#201;CR saute aux yeux de professeurs de philosophie du coll&#233;gial, inquiets de devoir bient&#244;t composer avec des &#233;tudiants habitu&#233;s &#224; penser que des actions doivent &#234;tre jug&#233;es bonnes &#224; la seule condition de correspondre aux pratiques en vigueur dans le groupe identitaire de celui qui commet l'action. Tous les manuels du coll&#233;gial rejettent cette conception de l'&#233;thique qui, &#224; bien y penser, ne vaut gu&#232;re mieux qu'un sophisme tel l'&#171; appel au clan &#187; ou l'&#171; appel &#224; la tradition &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La charge id&#233;ologique du cours &#201;CR n'a pas non plus &#233;chapp&#233; &#224; l'attention de tribuns nationalistes ou d'historiens qui y voient un endoctrinement multiculturaliste visant &#224; contrer les vell&#233;it&#233;s identitaires des Qu&#233;b&#233;cois. Cependant le multiculturalisme, largement promu par les Britanniques et dont nous avons h&#233;rit&#233; au Canada, peut aussi &#234;tre vu comme un dispositif id&#233;ologique visant &#224; pr&#233;server les pr&#233;rogatives de la monarchie et de l'&#201;glise anglicane de tout projet de r&#233;forme r&#233;publicaine la&#239;que &#224; vis&#233;e universaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;cole a pour mission d'instruire en se gardant d'endoctriner, le programme &#201;CR a tout faux ; il n'enseigne rien de valable et fait le jeu de la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un cours qui divise&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme &#201;CR ne fait bien &#233;videmment jamais explicitement r&#233;f&#233;rence au relativisme culturel, au multiculturalisme, au communautarisme ou &#224; la &#171; la&#239;cit&#233; ouverte [aux religions] &#187;, mais l'invocation incessante de la notion de &#171; diff&#233;rence &#187;, sous pr&#233;texte de reconnaissance de &#171; l'autre &#187;, trahit ce parti pris id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, le mot &#171; autre &#187; est un terme allusif qui ne peut que cr&#233;er de nombreux malentendus. Qui sont ces &#171; autres &#187; que nous devons reconna&#238;tre et appr&#233;cier sans jamais les nommer ? N'est-il pas toujours ind&#233;licat de pointer du doigt les &#171; diff&#233;rences &#187; des &#171; autres &#187; ? Les &#171; non-autres &#187; ne seront-ils pas bient&#244;t exasp&#233;r&#233;s par cette valorisation excessive de la &#171; diff&#233;rence &#187; des &#171; autres &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut s'inqui&#233;ter de la mont&#233;e des discours x&#233;nophobes perceptibles dans certains blogues d&#233;di&#233;s &#224; la contestation du cours &#201;CR et sur les ondes de radio populistes o&#249; l'on accuse d&#233;j&#224; ouvertement les immigrants d'&#234;tre &#224; l'origine de l'implantation de ce nouveau cours obligatoire pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les immigrants n'ont jamais r&#233;clam&#233; un tel cours. Les N&#233;oqu&#233;b&#233;cois n'affichent pas plus de ferveur religieuse que la moyenne des Qu&#233;b&#233;cois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Eid, La ferveur religieuse et les demandes d'accommodements religieux : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et ne se d&#233;finissent donc pas n&#233;cessairement ni uniquement par leurs convictions religieuses. Les &#233;crivains Neil Bissoondath, auteur du&lt;i&gt; March&#233; aux illusions&lt;/i&gt;, et Amin Maalouf, auteur des &lt;i&gt;Identit&#233;s meurtri&#232;res&lt;/i&gt;, ont d&#233;nonc&#233; de mani&#232;re intelligente et sensible ce pi&#232;ge qui condamne l'immigrant &#224; ne jamais cesser d'&#234;tre un &#171; autre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; une certaine &#233;poque les enfants non-catholiques ne pouvaient s'inscrire dans les &#233;coles francophones de Montr&#233;al. Ce fut un premier rendez-vous rat&#233; de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise avec l'immigration. Le formatage au &#171; pluralisme normatif &#187; que subiront nos enfants aura un impact tout aussi n&#233;faste. Les nouvelles g&#233;n&#233;rations ne sauront bient&#244;t plus concevoir ni m&#234;me d&#233;sirer l'int&#233;gration citoyenne des Qu&#233;b&#233;cois, toutes origines confondues, autour d'une norme commune, d'un contrat social commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Instrumentalisation de &#171; l'autre &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Force est de constater que les immigrants ont &#233;t&#233; instrumentalis&#233;s par les concepteurs du programme qui, voulant &#171; &lt;i&gt; sauvegarder l'essentiel de la confessionnalit&#233; scolaire&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christine Cadrin-Pelletier, Le CJF : l'incarnation d'un christianisme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tout en rencontrant les exigences d'&#233;quit&#233; prescrites par la Cour supr&#234;me, ont eu int&#233;r&#234;t &#224; camoufler les contenus essentiellement catholiques derri&#232;re une myriade de contenus multiconfessionnels. Ainsi, le pr&#233;texte de &#171; &lt;i&gt;la reconnaissance de l'autre&lt;/i&gt; &#187; n'aura-t-il &#233;t&#233; qu'une caution permettant de consolider la pr&#233;sence du catholicisme traditionnel dans le syst&#232;me scolaire qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, les concepteurs du programme &#201;CR voulant surtout &#233;viter&lt;i&gt; in extremis&lt;/i&gt; la fermeture d&#233;finitive de quelques facult&#233;s de th&#233;ologie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La formation des ma&#238;tres dans le domaine du d&#233;veloppement personnel : une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ne se seront pas trop inqui&#233;t&#233;s du sort r&#233;serv&#233; aux immigrants, mis en porte-&#224;-faux et par cons&#233;quent injustement expos&#233;s &#224; la vindicte identitaire des &#171; non-autres &#187; les plus &#171; crisp&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abolir le lobby religieux&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les responsables de ces &#171; &lt;i&gt;fins stratag&#232;mes dignes de l'h&#233;ritage des j&#233;suites&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Propos enthousiastes formul&#233;s par un membre de l'assistance &#224; la suite de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#233;taient d&#233;j&#224; actifs dans l'ancien Comit&#233; catholique du minist&#232;re de l'&#201;ducation. Depuis 2000, ils ont continu&#233; de servir au sein du S&#233;cr&#233;tariat aux affaires religieuses ( SAR) et du Comit&#233; sur les affaires religieuses (CAR). Ces deux entit&#233;s veillent au processus de d&#233;confessionnalisation du syst&#232;me scolaire et sont consid&#233;r&#233;es, selon le coordonnateur actuel du SAR, M. Roger Boisvert, comme les ma&#238;tres d'&#339;uvre du nouveau programme d'&lt;i&gt;&#201;thique et culture religieuse&lt;/i&gt; (&#201;CR).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Demander &#224; un loup de compter les moutons n'aurait pas &#233;t&#233; plus b&#234;te, car le SAR et le CAR, s&#233;quelles de l'ancien r&#233;gime cl&#233;rical, constituent en r&#233;alit&#233; un &lt;i&gt;lobby&lt;/i&gt; proreligieux financ&#233; par les deniers publics et oeuvrant au sein du minist&#232;re de l'&#201;ducation. Les multiples aberrations du programme &#201;CR ne sont donc que les sympt&#244;mes d'un dysfonctionnement structurel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y aura pas de v&#233;ritable la&#239;cit&#233; scolaire tant que des gens capables d'imaginer de telles inepties id&#233;ologiques et disposant des pleins pouvoirs pour les faire appliquer jouiront d'un statut privil&#233;gi&#233; dans l'appareil minist&#233;riel. Voil&#224; pourquoi le Mouvement la&#239;que qu&#233;b&#233;cois pr&#233;conise non seulement l'abolition du volet de culture religieuse du programme &#201;CR, mais aussi l'abolition totale et d&#233;finitive du S&#233;cr&#233;tariat aux affaires religieuses et du Comit&#233; sur les affaires religieuses.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paul Eid, &lt;i&gt;La ferveur religieuse et les demandes d'accommodements religieux : une comparaison intergroupe&lt;/i&gt;, CDPDJ, d&#233;cembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christine Cadrin-Pelletier, &lt;i&gt;Le CJF : l'incarnation d'un christianisme critique au sein de l'&#201;glise&lt;/i&gt;, allocution, 25e anniversaire du Centre Justice et Foi, 10 mars 2008. Mme Cadrin-Pelletier fut sous-ministre associ&#233;e de foi catholique de 1995 &#224; 2000 et s&#233;cr&#233;taire du S&#233;cr&#233;tariat aux affaires religieuses de 2000 &#224; 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La formation des ma&#238;tres dans le domaine du d&#233;veloppement personnel : une crise symptomatique&lt;/i&gt;, Comit&#233; des affaires religieuses, novembre 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Propos enthousiastes formul&#233;s par un membre de l'assistance &#224; la suite de l'allocution de Mme Cadrin-Pelletier, le 10 mars 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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