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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>L'ind&#233;pendance - Laquelle ? Pour qui ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-independance-Laquelle-Pour-qui</link>
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		<dc:date>2009-12-12T21:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eve Martin Jalbert, Jacques Pelletier, Jean-Marc Piotte</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Jalbert, Eve Martin </dc:subject>
		<dc:subject>Piotte, Jean-Marc </dc:subject>
		<dc:subject>Pelletier, Jacques </dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La question nationale n'est pas nouvelle : elle traverse d'une certaine mani&#232;re l'histoire du Qu&#233;bec depuis les origines prenant &#224; l'&#233;poque contemporaine la forme d'un projet ind&#233;pendantiste maintenant revendiqu&#233; depuis pr&#232;s de 50 ans et toujours non accompli. Si bien que pour plusieurs, cette question est devenue lassante en raison m&#234;me de son irr&#233;solution. &lt;br class='autobr' /&gt; En la r&#233;activant, en consacrant un dossier au projet qu&#233;b&#233;cois d'ind&#233;pendance, nous voulions &#171; d&#233;r&#233;gler &#187; une question (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-L-independance-Laquelle-" rel="directory"&gt;Dossier : L'ind&#233;pendance - Laquelle ? Pour qui ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Piotte-Jean-Marc-+" rel="tag"&gt;Piotte, Jean-Marc &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Pelletier-Jacques-+" rel="tag"&gt;Pelletier, Jacques &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton920.gif?1642092278' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;407&#034; height=&#034;606&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; La question nationale n'est pas nouvelle : elle traverse d'une certaine mani&#232;re l'histoire du Qu&#233;bec depuis les origines prenant &#224; l'&#233;poque contemporaine la forme d'un projet ind&#233;pendantiste maintenant revendiqu&#233; depuis pr&#232;s de 50 ans et toujours non accompli. Si bien que pour plusieurs, cette question est devenue lassante en raison m&#234;me de son irr&#233;solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En la r&#233;activant, en consacrant un dossier au projet qu&#233;b&#233;cois d'ind&#233;pendance, nous voulions &#171; d&#233;r&#233;gler &#187; une question manifestement &#171; r&#233;gl&#233;e &#187; dans l'esprit de plusieurs et la probl&#233;matiser dans une perspective de gauche sans savoir &#224; quelles conclusions m&#232;nerait une telle entreprise. Nous ignorions alors que les contributions r&#233;unies ici t&#233;moigneraient d'une v&#233;ritable appropriation critique et d'un effort de red&#233;finition du principal projet collectif ayant marqu&#233; le Qu&#233;bec des 50 derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette appropriation suppose non seulement de creuser la rupture avec le p&#233;quisme et le souverainisme, avec le nationalisme et le n&#233;olib&#233;ralisme qui les marquent, mais aussi de renverser la tendance qui soumet tout projet de construction d'une soci&#233;t&#233; plus juste et plus &#233;galitaire &#224; l'exigence prioritaire de l'accession &#224; la souverainet&#233;. L'ind&#233;pendance, &#224; l'inverse, est presque toujours pens&#233;e ici dans le cadre d'un projet social fond&#233; sur les valeurs de justice, d'&#233;galit&#233;, d'autonomie et de d&#233;mocratie radicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les raisons &#224; la base des efforts de transformation du monde ayant parfois chang&#233; de forme avec le monde lui-m&#234;me, plusieurs motifs traditionnels de l'ind&#233;pendantisme &#8211; le &#171; colonialisme &#187;, la domination canadienne-anglaise, les injustices subies par les Canadien&#183;nes fran&#231;ais&#183;es, la non-reconnaissance de la nation qu&#233;b&#233;coise, etc. &#8211; font place ici &#224; des questions recoupant les pr&#233;occupations des diff&#233;rentes gauches actuelles : la globalisation capitaliste (Bernard Rioux, Pierre Beaudet), la souverainet&#233; populaire (Ricardo Pe&#241;afiel, Martin Jalbert, Fran&#231;ois Cyr), le caract&#232;re plurinational de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise (Gilles Bourque), l'int&#233;gration socio&#233;conomique des immigrant&#183;es (Ruba Ghazal, Laurent-Medhi Chokri), les luttes des Premiers peuples (Jeanne-d'Arc Vollant), le monde commun &#224; la base d'une communaut&#233; humaine (&#201;ric Martin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Des d&#233;saccords, on le verra, s'esquissent ici et l&#224; sur des questions abord&#233;es dans toute leur extension et leur complexit&#233; : Qu'est-ce qui fait un peuple, une nation ? Quelle(s) communaut&#233;(s) serait (seraient) sujet et objet de l'ind&#233;pendance ? Les r&#233;ponses varient d'un texte &#224; l'autre et ces divergences aussi nous r&#233;jouissent, montrant bien qu'il n'y a pas de r&#233;ponse unique &#224; de telles interrogations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les pages qui suivent apportent aussi plusieurs &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse &#224; des questions qui pourraient jalonner les d&#233;bats &#224; venir sur la r&#233;alisation d'un nouveau pays ind&#233;pendant : &lt;i&gt;Quelle ind&#233;pendance ? &#192; quelles fins ? Et pour qui ?&lt;/i&gt; Ces &#233;l&#233;ments s'accompagnent souvent de propositions tourn&#233;es vers &#171; &lt;i&gt;un autre monde possible&lt;/i&gt; &#187; et capables de relier entre elles diff&#233;rentes luttes contemporaines. Bien entendu, ces propositions n'auront un impact que dans la mesure o&#249; elles ne se r&#233;sumeront pas &#224; l'attente du grand soir ind&#233;pendantiste et o&#249; elles seront relay&#233;es par l'action de ceux et celles qui travaillent quotidiennement &#224; la construction d'un monde plus juste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Dossier coordonn&#233; par Martin Jalbert, Jacques Pelletier et Jean-Marc Piotte&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le souverainisme n&#233;olib&#233;ral et nationaliste. Les raisons de s'en s&#233;parer</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-souverainisme-neoliberal-et</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eve Martin Jalbert</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Jalbert, Eve Martin </dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le souverainisme ne va pas bien. La port&#233;e du projet se r&#233;duit, les discussions sur le monde que la souverainet&#233; pourrait permettre de construire sont remises &#224; plus tard, soumises &#224; l'imp&#233;ratif de gagner d'abord un prochain r&#233;f&#233;rendum. La vision du monde, n&#233;olib&#233;rale, de ses repr&#233;sentant&#183;es officiel&#183;les contribue &#224; approfondir le divorce avec les personnes qui sont port&#233;es par une solidarit&#233; politique &#224; l'&#233;gard des opprim&#233;&#183;es et par un point de vue critique de la mondialisation. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-jalbert-eve-martin-+" rel="tag"&gt;Jalbert, Eve Martin &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton941.gif?1642092279' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;432&#034; height=&#034;288&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le souverainisme ne va pas bien. La port&#233;e du projet se r&#233;duit, les discussions sur le monde que la souverainet&#233; pourrait permettre de construire sont remises &#224; plus tard, soumises &#224; l'imp&#233;ratif de gagner d'abord un prochain r&#233;f&#233;rendum. La vision du monde, n&#233;olib&#233;rale, de ses repr&#233;sentant&#183;es officiel&#183;les contribue &#224; approfondir le divorce avec les personnes qui sont port&#233;es par une solidarit&#233; politique &#224; l'&#233;gard des opprim&#233;&#183;es et par un point de vue critique de la mondialisation. L'ind&#233;pendance peut-elle redevenir un projet progressiste menant &#224; plus de libert&#233;, d'&#233;galit&#233; et de justice ? Peut-elle concerner plus sp&#233;cifiquement les couches populaires et d&#233;favoris&#233;es ? La possibilit&#233; d'une r&#233;ponse positive &#224; ces questions r&#233;side dans la capacit&#233; d'invention qu'auront ceux et celles qui prennent leurs distances avec le nationalisme et qui refusent de secondariser les luttes pour l'&#233;galit&#233; et la justice sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;clipse du principe d'&#233;mancipation et ses effets &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Le souverainisme officiel s'est &#233;loign&#233; de nombreux&#183;ses militant&#183;es de gauche en cessant de concevoir l'ind&#233;pendance comme un projet d'&#233;mancipation mettant fin aux dominations et aux exploitations. Cette disparition a des effets qui sont autant de raisons de critiquer le souverainisme. Un premier aspect concerne l'abandon progressif de l'id&#233;e de &#171; projet de transformation de la soci&#233;t&#233; &#187; au profit des seuls paradigmes constitutionnel et national. Cet effacement, sous un pr&#233;texte strat&#233;gique (rallier les gens de toute all&#233;geance id&#233;ologique), implique de renoncer &#224; plusieurs objectifs d'ordre social, si bien qu'on ne sait plus tr&#232;s bien quelles incidences aurait la souverainet&#233; sur la vie des gens, quelles in&#233;galit&#233;s elle ferait &#233;ventuellement dispara&#238;tre. Il en ressort un souverainisme du &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt; social, ne remettant plus en cause ce qu'on identifiait jadis comme les sources de l'assujettissement collectif, tel l'enchev&#234;trement des institutions &#233;tatiques canadiennes et des int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie capitaliste majoritairement &#233;trang&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Du reste, cette pr&#233;tendue neutralit&#233; id&#233;ologique ne saurait faire oublier la vision du monde qu'avalise implicitement le souverainisme, c'est-&#224;-dire la soumission &#224; l'ordre mondial, aux &#171; n&#233;cessit&#233;s &#187; &#233;conomiques, &#224; la division internationale du travail, aux puissances de l'argent et aux organisations agissant dans le but de faire respecter les &#171; lois &#187; de l'&#233;conomie. Le syst&#232;me &#233;conomique mondial, responsable de multiples in&#233;galit&#233;s et formes d'exploitation &#224; travers le monde, n'est jamais remis en cause par le Parti qu&#233;b&#233;cois, pour qui l'accession &#224; la souverainet&#233; signifierait notamment le consentement enthousiaste aux institutions supranationales comme l'OMC et aux trait&#233;s comme l'AL&#201;NA (dont il est un fervent d&#233;fenseur), alors que la ratification de tels trait&#233;s &#233;conomiques et la participation &#224; ce type d'institutions pourraient &#234;tre soumises &#224; la discussion et &#224; la consultation populaires. Le souverainisme-ni-&#224;-gauche-ni-&#224;-droite est en ce sens fallacieux quand il laisse croire que les institutions en place et l'&#201;tat actuel ne sont pas actuellement des instruments au service de ceux qui d&#233;tiennent le pouvoir &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette pens&#233;e n&#233;olib&#233;rale n'est pas sans rapport avec l'amenuisement du principe de souverainet&#233; populaire, remplac&#233; par la &#171; souverainet&#233; du Qu&#233;bec &#187; con&#231;ue comme &#171; le renforcement des pouvoirs du gouvernement qu&#233;b&#233;cois &#187;. Cet amenuisement implique un changement majeur dans la mani&#232;re d'envisager le rapport entre le pouvoir et la collectivit&#233;. Un ind&#233;pendantisme plus audacieux pourrait revenir &#224; une conception radicale de l'ind&#233;pendance ou de l'autonomie comme capacit&#233; &#224; avoir prise sur ce qu'un sujet, individuel ou collectif, identifie comme sa r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette autonomie radicale, qui exige non pas de surveiller le pouvoir mais de l'exercer, est actuellement hors-jeu, supplant&#233;e par un acc&#232;s in&#233;galitaire aux d&#233;cisions sur le monde commun qui r&#233;serve l'exercice de la souverainet&#233; &#224; une classe dite politique devant ensuite recevoir ou non la confiance de l'&#233;lectorat. Dans cette optique, le projet de pays semble moins une entreprise d'appropriation collective des pouvoirs et des institutions qu'une reconduction du d&#233;ficit d&#233;mocratique des &#201;tats actuels et de la confiscation du pouvoir d&#233;cisionnel. Qui plus est, dans la mesure o&#249; le consentement &#224; l'ordre capitaliste implique de contraindre certains pouvoirs publics, le souverainisme appara&#238;t, au PQ notamment, comme devant s'inscrire dans un cadre o&#249; la marge de man&#339;uvre des institutions communes et notre capacit&#233; collective d'intervenir sur notre monde sont de plus en plus limit&#233;es par des pouvoirs &#233;conomiques et financiers auxquels les politicien&#183;nes acceptent de se soumettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une ind&#233;pendance radicale pourrait &#234;tre un moyen de r&#233;actualiser le principe d'ind&#233;pendance &#233;conomique sans laquelle la souverainet&#233; politique s'affaiblit sinon se perd, de resoumettre l'&#233;conomique au politique et de redonner &#224; la collectivit&#233; le moyen d'agir sur tous les plans de son exp&#233;rience &#8211; &#224; condition que ce principe d'autonomie entra&#238;ne l'invention de m&#233;canismes institutionnalisant la d&#233;lib&#233;ration populaire, les initiatives de base et l'acc&#232;s aux centres de d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Enfin, la disparition de l'id&#233;e d'&#233;mancipation s'accompagne de l'aigrissement r&#233;cent du nationalisme, aliment&#233; par un discours de suspicion &#224; l'&#233;gard de ceux et celles qu'on identifie comme de potentiels ennemis int&#233;rieurs mena&#231;ant ou niant &#171; nos valeurs &#187;, &#171; notre d&#233;sir d'existence &#187; et &#171; notre projet &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est ce qui s'est manifest&#233; lors de la &#171; crise &#187; des accommodements raisonnables, qui a men&#233; au projet de constitution qu&#233;b&#233;coise pens&#233;e non pas tel un acte fondateur d'une soci&#233;t&#233; nouvelle plus juste, mais &#224; la mani&#232;re d'un &#171; code de vie &#187; national visant &#224; sauvegarder un mode d'&#234;tre collectif cens&#233; incarner des valeurs qui ne sont nullement sp&#233;cifiques &#224; la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise. Ce d&#233;bat a fait appara&#238;tre que l'aspiration souverainiste visait presque exclusivement &#224; prot&#233;ger &lt;i&gt;ce qui est&lt;/i&gt; (culture, langue, sp&#233;cificit&#233;, etc.) et plus vraiment &#224; faire advenir &lt;i&gt;ce qui n'est pas&lt;/i&gt; et qui peine &#224; advenir dans le cadre actuel. Il a montr&#233; plus g&#233;n&#233;ralement que cet effort de protection pouvait tr&#232;s bien se passer de l'ind&#233;pendance, &#234;tre franchement conservateur et x&#233;nophobe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le ressentiment anti-immigrant semble s'&#234;tre d&#233;velopp&#233; chez ceux et celles qui expliquent l'&#233;chec de l'option souverainiste par le &#171; vote ethnique &#187;, l'&#171; immigration massive &#187; et la difficult&#233; d'int&#233;gration qu'elle est cens&#233;e entra&#238;ner. Ce nationalisme aigri rend aveugle &#224; certaines injustices que subissent par ailleurs nos concitoyen&#183;nes et &#224; certaines r&#233;alit&#233;s sociales qu'analysait jadis, par exemple, le couple de travailleurs&#183;ses d'origine grecque dans le film de Denis Arcand, &lt;i&gt;Le confort et l'indiff&#233;rence : &#171; Tous les capitalistes disent de voter NON. [&#8230;] Tous les capitalistes de la communaut&#233; grecque votent NON [&#8230;]. Je suis ouvrier et je veux supporter les ouvriers qu&#233;b&#233;cois. Si les ouvriers qu&#233;b&#233;cois gagnent du pouvoir, moi aussi je gagne du pouvoir. Voil&#224; une autre raison de voter OUI. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les divisions sociales &#224; l'int&#233;rieur des communaut&#233;s culturelles (comme &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise), le pouvoir id&#233;ologique qu'y d&#233;tiennent les mieux nanti&#183;es, les m&#233;canismes par lesquels ils diffusent leurs consignes politiques et la conscience d'appartenir &#224; une classe de d&#233;poss&#233;d&#233;&#183;es sont autant de dimensions &#233;cart&#233;es dans le discours des nationalistes qui, avec Pierre Falardeau, consentent &#224; voir dans les immigrant&#183;es des &#171; fr&#232;res &#187; uniquement &#171; s'ils veulent se battre avec moi &#187; &#8211; pour ce qui est de se battre avec elles et eux, il en est peu question&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#234;vons un peu &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Les raisons que nous avons de critiquer le souverainisme n&#233;olib&#233;ral et nationaliste ne sont pas, &#224; notre avis, des raisons de soutenir le &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt; canadien qui n'est pas plus favorable aux couches populaires que ne le serait un Qu&#233;bec ind&#233;pendant &#8211; d'autant que l'abandon d'un r&#234;ve, tout alt&#233;r&#233; qu'il soit, a toujours quelque chose de morose s'il ne contribue &#224; ouvrir un nouveau champ d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il semble encore dans l'int&#233;r&#234;t du plus grand nombre de r&#233;unir tous les pouvoirs et toutes les ressources financi&#232;res n&#233;cessaires &#224; l'&#233;laboration d'une politique globale coh&#233;rente et de rapprocher de la collectivit&#233; des pouvoirs tenus au loin. Du reste, les d&#233;marches menant &#224; l'ind&#233;pendance peuvent s'av&#233;rer un moment &#224; saisir pour op&#233;rer une v&#233;ritable refondation de l'organisation politique du monde commun dans une d&#233;marche d'appropriation collective des pouvoirs et des institutions politiques, &#233;conomiques et culturelles. Les plus audacieux pourraient travailler &#224; r&#233;inventer un nouvel ind&#233;pendantisme non nationaliste, solidaire, anticapitaliste, anti-imp&#233;rialiste et internationaliste visant, par exemple, l'instauration d'une r&#233;publique progressiste sur le plan social et, en mati&#232;re d'immigration, ouverte &#224; l'auto-&#233;mancipation des Premiers Peuples et excluant toute forme de discrimination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En pr&#233;f&#233;rant le r&#233;f&#233;rent social au r&#233;f&#233;rent national, cet ind&#233;pendantisme inverserait le rapport majorit&#233; / minorit&#233; de mani&#232;re &#224; opposer la majorit&#233; des non-poss&#233;dant&#183;es (incluant immigrant&#183;es et Premiers Peuples) &#224; une minorit&#233; ais&#233;e de grands propri&#233;taires (incluant la grande bourgeoisie francophone). C'est ainsi que peut-&#234;tre l'ind&#233;pendance pourrait redevenir un horizon o&#249; &lt;i&gt;un autre monde&lt;/i&gt; serait &lt;i&gt;possible&lt;/i&gt;. C'est l&#224; r&#234;ver, bien s&#251;r, mais les r&#234;ves ont la puissance que nous voulons bien leur donner.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'ind&#233;pendance contre la globalisation capitaliste</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-independance-contre-la</link>
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		<dc:date>2009-12-12T21:35:25Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Rioux, Bernard</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le discours de la globalisation capitaliste soutient que les fronti&#232;res se sont effac&#233;es devant l'envergure des &#233;changes internationaux, que l'&#201;tat nation est en d&#233;clin et est devenu impuissant devant les acteurs &#233;conomiques mondiaux. La r&#233;gulation de l'&#233;conomie, la plus l&#233;g&#232;re possible, est la t&#226;che des institutions internationales. Il en d&#233;coule donc que la lutte pour la souverainet&#233; nationale est compl&#232;tement d&#233;cal&#233;e et pass&#233;iste. &lt;br class='autobr' /&gt; L'ind&#233;pendance politique &#8211; voie de la r&#233;sistance &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton940.gif?1642092279' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;508&#034; height=&#034;536&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le discours de la globalisation capitaliste soutient que les fronti&#232;res se sont effac&#233;es devant l'envergure des &#233;changes internationaux, que l'&#201;tat nation est en d&#233;clin et est devenu impuissant devant les acteurs &#233;conomiques mondiaux. La r&#233;gulation de l'&#233;conomie, la plus l&#233;g&#232;re possible, est la t&#226;che des institutions internationales. Il en d&#233;coule donc que la lutte pour la souverainet&#233; nationale est compl&#232;tement d&#233;cal&#233;e et pass&#233;iste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'ind&#233;pendance politique &#8211; voie de la r&#233;sistance &#224; la globalisation capitaliste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les objectifs des n&#233;olib&#233;raux sont clairs. Il s'agit pour eux de pr&#233;senter la globalisation capitaliste comme un processus naturel et incontournable et de convaincre la population que la souverainet&#233; populaire doit d&#233;sormais &#234;tre mise au rancart et que les humains n'ont plus aucune ma&#238;trise sur leur destin. En somme, il s'agit de l&#233;gitimer l'impuissance politique de la majorit&#233; populaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'y a rien d'in&#233;vitable dans la globalisation capitaliste. Bloquer les objectifs des &#201;tats dominants est possible. On peut r&#233;sister. L'exemple latino-am&#233;ricain est l&#224; pour le d&#233;montrer. Les mouvements sociaux r&#233;unis dans l'Alliance sociale continentale et les gouvernements progressistes (Venezuela, Bolivie, &#201;quateur) ont &#233;t&#233; capables de faire &#233;chouer la ZL&#201;A qui visait &#224; rendre irr&#233;versibles les politiques d'ajustement structurel des derni&#232;res d&#233;cennies. Ils ont refus&#233; de constitutionnaliser l'ordre n&#233;olib&#233;ral qui visait &#224; limiter leurs domaines de souverainet&#233;. Ils ont refus&#233; de r&#233;duire l'ouverture de leur &#233;conomie &#224; la soumission aux diktats des tenants du grand capital international. Ils ont revendiqu&#233; des espaces d'autonomie et de souverainet&#233; pour d&#233;finir leurs politiques publiques et leurs options &#233;conomiques. Ils ont lutt&#233; pour pouvoir exercer la souverainet&#233; d&#233;mocratique des peuples, leur souverainet&#233; nationale et populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette exp&#233;rience de la lutte des peuples latino-am&#233;ricains nous d&#233;montre que la r&#233;sistance &#224; la logique n&#233;olib&#233;rale fondant la globalisation est possible. La lutte pour l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec doit s'inscrire dans cette r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ralliant le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral, en s'en faisant le d&#233;fenseur cons&#233;quent, le Parti qu&#233;b&#233;cois abandonnait le terrain de la r&#233;sistance nationale &#224; la domination. Il s'est fait le chantre du libre-&#233;change qui visait la libre circulation des capitaux des grandes entreprises et le libre investissement dans toutes les sph&#232;res de la vie sociale au d&#233;triment du bien commun. Seule la culture devait avoir droit &#224; &#233;chapper au rouleau compresseur du libre-&#233;change. Le PQ a soutenu le ralliement aux alliances militaires imp&#233;rialistes. Il s'est inscrit contre toute la logique de la lutte ind&#233;pendantiste dans l'histoire. Une v&#233;ritable orientation ind&#233;pendantiste se construit en effet sur le refus de se faire dicter ses politiques par les institutions du grand capital, de la d&#233;r&#233;glementation et de la privatisation. Elle met de l'avant une logique &#233;conomique qui est centr&#233;e sur la protection de l'environnement, sur des initiatives visant &#224; prendre le contr&#244;le de nos richesses naturelles, sur le d&#233;veloppement du secteur public, sur la prise en main des secteurs de l'&#233;nergie, des mines, des for&#234;ts et enfin sur le d&#233;veloppement de la d&#233;mocratie citoyenne qui passe d'abord par l'&#233;galit&#233; sociale et l'&#233;galit&#233; de genre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un combat internationaliste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La lutte pour l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec s'inscrit dans un contexte continental. La question des alliances dans l'&#201;tat canadien et avec les organisations syndicales et populaires des Am&#233;riques et avec les peuples et gouvernements qui s'inscrivent dans une logique anti-imp&#233;rialiste est essentielle. Le combat pour l'ind&#233;pendance est un combat inter-nationaliste&#8230; qui passe par la fusion des souverainet&#233;s populaires inscrites dans la perspective d'un monde altermondialiste faisant toute sa place &#224; la souverainet&#233; populaire, &#224; l'&#233;galit&#233; et &#224; un environnement viable !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dissocier ind&#233;pendance et nationalisme</title>
		<link>https://www.ababord.org/Dissocier-independance-et</link>
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		<dc:date>2009-12-12T21:33:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ric Martin</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Martin, &#201;ric</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La question de l'ind&#233;pendance repr&#233;sente une contradiction irr&#233;solue dans l'histoire de la communaut&#233; politique du Qu&#233;bec. Elle est intimement m&#234;l&#233;e aux autres formes de domination, dont l'oppression capitaliste. Si elle a, jusqu'ici, fait partie de l'arsenal id&#233;ologique des classes dominantes et des &#233;lites nationalistes, cela ne veut pas pour autant dire que la gauche peut se permettre de l'escamoter. Peut-&#234;tre faudrait-il en revenir &#224; dissocier ind&#233;pendance et nationalisme. Cela ne veut (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton939.gif?1642092279' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;288&#034; height=&#034;216&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La question de l'ind&#233;pendance repr&#233;sente une contradiction irr&#233;solue dans l'histoire de la communaut&#233; politique du Qu&#233;bec. Elle est intimement m&#234;l&#233;e aux autres formes de domination, dont l'oppression capitaliste. Si elle a, jusqu'ici, fait partie de l'arsenal id&#233;ologique des classes dominantes et des &#233;lites nationalistes, cela ne veut pas pour autant dire que la gauche peut se permettre de l'escamoter. Peut-&#234;tre faudrait-il en revenir &#224; dissocier ind&#233;pendance et nationalisme. Cela ne veut pas dire nier la r&#233;alit&#233; nationale, mais plut&#244;t penser l'appartenance &#224; une communaut&#233; politique concr&#232;te comme condition n&#233;cessaire de tout projet d'&#233;mancipation et d'autonomie politique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je tiens &#224; me distancer d'embl&#233;e du national-anarchisme caract&#233;ris&#233; par son (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De la lib&#233;ration nationale au Qu&#233;bec Inc.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour nombre d'ind&#233;pendantistes, inspir&#233;s par Fanon ou Memmi, la lutte de lib&#233;ration nationale du Qu&#233;bec visait la fin d'une double opression, coloniale et capitaliste, des travailleurs et travailleuses du Qu&#233;bec. Pour la classe dirigeante, cependant, la &#171; souverainet&#233; &#187; est vite devenue un slogan publicitaire nationaliste recouvrant la construction d'un capitalisme autonomiste francophone (donc toujours au sein du Canada) : le &#171; Qu&#233;bec Inc. &#187; L'id&#233;ologie corporatiste qui l'inspire nie l'existence de la lutte des classes et consid&#232;re la soci&#233;t&#233; comme un corps organique, une &#171; grande famille &#187;, et pr&#244;ne la concertation entre les diff&#233;rents acteurs de la soci&#233;t&#233; (&#201;tat, syndicats, associations de m&#233;tier, familles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet p&#233;quiste n'a plus grand-chose &#224; voir avec la libert&#233; ni avec la culture, et beaucoup plus &#224; voir avec l'argent. Il n'y est plus question de rupture avec le Canada ou le capitalisme. Il s'agit plut&#244;t de maintenir en existence une caste de gestionnaires technocrates francophones&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Simon Tremblay-P&#233;pin, &#171; Intellectuels et classes sociales &#187;, Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; s'ins&#233;rant dans la hi&#233;rarchie &#233;conomique afin d'administrer le monde tel-qu'il-est et &#171; briller parmi les meilleurs &#187; dans la course mondiale &#224; la comp&#233;titivit&#233; &#233;conomique (et fiscale) avec des &#171; fiert&#233;s nationales &#187; comme Bombardier et le Cirque du Soleil (sans oublier Guy Lalibert&#233; dans l'espace).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;tournement vers un nationalisme strictement &#233;conomique a provoqu&#233; des rebuffades parfois loufoques. Mathieu Bock-C&#244;t&#233; a d&#233;chir&#233; sa chemise contre la &#171; d&#233;nationalisation tranquille &#187;, imput&#233;e au PQ, tout en d&#233;fendant des politiques de droite &#233;conomique qui mettraient le Qu&#233;bec &#224; la botte des puissances ext&#233;rieures du capitalisme globalis&#233;. M&#233;chante ind&#233;pendance ! Les franges &#171; pures et dures &#187; se sont repli&#233;es sur un nationalisme ethnique exclusif, souvent raciste, et qui consiste &#224; d&#233;fendre contre ce qui vient d'ailleurs une identit&#233; qu&#233;b&#233;coise chosifi&#233;e et folkloris&#233;e. Un exemple navrant : H&#233;rouxville (o&#249; l'on a interdit aux immigrants de &#171; lapider leurs femmes &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'ind&#233;pendance est-elle irr&#233;m&#233;diablement national-bourgeoise ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir d'un tel tableau, on serait tent&#233; de penser que la seule position logique pour l'extr&#234;me-gauche s'apparenterait &#224; celle des marxistes-l&#233;ninistes des ann&#233;es 1970-1980 : d&#233;noncer la mystification nationaliste de l'ind&#233;pendance et proposer plut&#244;t l'organisation de classe &#224; l'&#233;chelle pancanadienne. Ce serait &#224; mon sens r&#233;p&#233;ter une erreur historique, en consid&#233;rant que l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec est irr&#233;m&#233;diablement li&#233;e au nationalisme bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attitude tient en bonne partie au fait que la gauche a tendance &#224; consid&#233;rer que derri&#232;re le voile des illusions &#233;tatiques, nationales, culturelles et religieuses, se trouve le prol&#233;taire individuel, d&#233;li&#233; et apatride, qu'il s'agirait ensuite d'organiser en &#171; classe &#187; s&#233;rielle &lt;i&gt;sans trop d'&#233;gard aux conditions culturelles et institutionnelles sp&#233;cifiques qui le constituent.&lt;/i&gt; Nous aurions donc, d'un c&#244;t&#233;, le corporatisme et la Nation comme illusion du &#171; corps social &#187; et, de l'autre, une s&#233;rie de producteurs &#233;parpill&#233;s &#224; regrouper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or il faudrait se garder, &#224; gauche, de faire comme l'&#233;lite technocratique, qui ne consid&#232;re les humains qu'en tant que facteurs de production qui ne seraient li&#233;s entre eux que par la logique des &#233;changes marchands. Il faudrait se souvenir que les peuples existent encore (pour le moment) comme communaut&#233;s de culture et d'exp&#233;rience et que leur aspiration &#224; l'autod&#233;termination reste encore un rempart fondamental &#224; opposer au tsunami capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre, dans cette perspective, pouvons-nous dissocier ind&#233;pendance et nationalisme bourgeois, ce qui ne veut pas dire ignorer la r&#233;alit&#233; nationale ni la d&#233;fendre de mani&#232;re x&#233;nophobe ou r&#233;ifi&#233;e, mais plut&#244;t de la d&#233;passer pour d&#233;fendre l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec comme l'acte de naissance d'un&lt;i&gt; lieu o&#249; pourraient s'enraciner la libert&#233; et l'autonomie individuelle et collective.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La libert&#233; ne pousse pas dans les airs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme, de plus en plus apatride et d&#233;territorialis&#233;, lamine sur son passage les communaut&#233;s humaines, laissant derri&#232;re de chanceux-euses &#171; citoyen-nes du monde &#187; mobiles &lt;i&gt;jet-set&lt;/i&gt;, et des hommes et femmes sans qualit&#233;s encha&#238;n&#233;es &#224; leur machine dans le &lt;i&gt;no-man's-land&lt;/i&gt; de la valorisation capitaliste. Le projet capitaliste est clair : dissoudre les formes de socialit&#233; et de solidarit&#233; concr&#232;tes qui emp&#234;chent encore les individus d'&#234;tre livr&#233;s comme &#171; vie nue &#187; &#224; la puissance de l'appareil productif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, certains marxismes et anarchismes (particuli&#232;rement l'anarchisme anticivilisationnel) s'emploient encore &#224; d&#233;noncer comme &#171; abstraction &#187; ce fait anthropologique pourtant &#233;l&#233;mentaire : nous sommes, en tant qu'individus, et qu'on le veuille ou non, toujours enracin&#233;s dans une communaut&#233; d'exp&#233;rience, historique, culturelle-symbolique et politique qui nous a faits, de la m&#234;me fa&#231;on qu'un arbre ne pousse pas &#224; six endroits en m&#234;me temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'anthropologue Claude L&#233;vi-Strauss, interview&#233; le jour de son centenaire, s'inqui&#233;tait de ce que le Qu&#233;bec soit aval&#233; dans une &#171; culture moyenne nord-am&#233;ricaine &#187; par le processus d'uniformisation capitaliste. Si le capital est fondamentalement apatride, il appara&#238;t pour L&#233;vi-Strauss qu'il faille lui opposer la riche diversit&#233; des modes d'&#234;tre diff&#233;rents dont le foisonnement fait la beaut&#233; de l'humanit&#233; : &lt;i&gt;&#171; Alors que l'humanit&#233; se sent menac&#233;e d'uniformisation et de monotonie, elle reprend conscience de l'importance des valeurs diff&#233;rentielles. Nous devrions renoncer compl&#232;tement &#224; chercher &#224; comprendre ce qu'est l'homme si nous ne reconnaissions pas que des centaines, des milliers de peuples ont invent&#233; des fa&#231;ons originales et diff&#233;rentes d'&#234;tre humains. Chacune nous apporte une exp&#233;rience de la condition d'homme diff&#233;rente de la n&#244;tre. Si nous n'essayons pas de la comprendre, nous ne pouvons pas nous comprendre. &#187; Le Devoir, 28/11/08.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de penser la libert&#233; comme la capacit&#233; de s'arracher &#224; tout, bref, de se d&#233;raciner, George Orwell, &#171; l'anarchiste-tory &#187; ainsi qu'il aimait dire en clin d'oeil, pensait plut&#244;t la libert&#233; comme lien, comme attachement. Le d&#233;sir d'&#234;tre libre ne proc&#232;de pas de l'insatisfaction ni du ressentiment, mais d'abord de la capacit&#233; d'affirmer et d'aimer, c'est-&#224;-dire de s'attacher &#224; des &#234;tres, &#224; des lieux, &#224; des objets, &#224; des mani&#232;res de vivre. La libert&#233; ne peut donc jamais &#234;tre d&#233;crite ind&#233;pendamment de ses formes d'inscription dans une communaut&#233; vivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Orwell, les classes populaires et les communaut&#233;s partagent toujours entre elles certaines fa&#231;ons de vivre la mise en partage du social, un &#171; &lt;i&gt;socialism of ordinary people&lt;/i&gt; &#187;, des valeurs, une &#171; &lt;i&gt;common decency&lt;/i&gt; &#187; qui incarnent d&#233;j&#224;, dans le monde non libre actuel, un possible &#224; d&#233;velopper, un fragment de ce que devrait &#234;tre une soci&#233;t&#233; postcapitaliste. Il ne d&#233;fend donc pas une d&#233;mocratie id&#233;ale qui surgirait d'en dehors du monde, mais la libert&#233; potentielle telle qu'elle est pr&#233;sente, partiellement et en germe, dans le corps et la culture de n'importe quelle communaut&#233; susceptible de se donner &#224; elle-m&#234;me sa Loi en d&#233;passant le conflit de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi Orwell soutint la Grande-Bretagne contre le fascisme plut&#244;t que de combattre simultan&#233;ment les deux au nom d'un id&#233;al abstrait : &lt;i&gt;&#171; La d&#233;mocratie qu'il faut apprendre &#224; prot&#233;ger n'est pas cette coquille abstraite dont l'Id&#233;ologie peut toujours ronger enti&#232;rement l'int&#233;rieur (pour en faire au besoin une d&#233;mocratie &#8220;v&#233;ritable&#8221; ou &#8220;populaire&#8221;). C'est la d&#233;mocratie empirique et sensible, incarn&#233;e sous nos yeux dans une nation donn&#233;e, qu'il convient donc de savoir reconna&#238;tre &#8220;y compris sous sa forme anglaise tr&#232;s imparfaite&#8221;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'ind&#233;pendance par-del&#224; le national-p&#233;quisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Qu&#233;bec est, il va sans dire, un lieu plus qu'imparfait, mais nous n'habitons pas ailleurs. Ce n'est qu'&#224; partir de lui-m&#234;me que nous pourrons le lib&#233;rer, c'est-&#224;-dire si l'on finit par reconna&#238;tre que les classes populaires qu&#233;b&#233;coises ont quelque chose qui les diff&#233;rencie en propre : une fa&#231;on d'&#234;tre, qui ne tient pas de quelque biog&#233;n&#233;tique stupide mais d'un h&#233;ritage symbolique, d'une exp&#233;rience et d'une condition partag&#233;es. En ce sens, elles sont effectivement, &#224; la fois dans une condition identitique ET particuli&#232;re vis-&#224;-vis des autres peuples, ce qui oblige &#224; penser le particulier et l'universel en m&#234;me temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La communaut&#233; du Qu&#233;bec devrait s'accorder le droit de Cit&#233;, surtout si les exploit&#233;es doivent enfin devenir, g&#233;n&#233;reusement, partout chez eux et elles, les auteures de leur histoire. Refuser le nationalisme bourgeois, voire m&#234;me l'id&#233;e de &#171; Nation &#187;, n'implique pas que l'on puisse du m&#234;me souffle faire sauter l'appartenance &#224; une communaut&#233; de culture, qui est l'un des traits fondamentaux de l'humanitude. On peut bien apprendre l'esperanto, mais il me semble plus porteur de se r&#233;concilier avec l'id&#233;e que l'on ne na&#238;t pas dans une feuille de chou, et que l'ind&#233;pendance peut &#234;tre autre chose que le projet d'une clique nationaliste-technocratique m&#233;diocre vendue ou raciste : le d&#233;but d'une libert&#233; bien chez elle et g&#233;n&#233;reuse pour le monde, d&#233;barrass&#233;e du national-p&#233;quisme qui, lui, confond libert&#233; et libert&#233; de commerce et, trop souvent, culture avec identit&#233; &#171; pure laine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes peut-&#234;tre arriv&#233;s &#224; ce d&#233;passement du nationalisme dont parlait Pierre Bourgault en 1970 : &lt;i&gt;&#171; D'une g&#233;n&#233;ration &#224; l'autre, de projet en projet en projet, nous r&#233;ussirons bien un jour &#224; faire des hommes libres quelque part dans le monde. Nous travaillons aujourd'hui &#224; assumer notre nationalisme, mais il nous faudra bient&#244;t le d&#233;passer. C'est maintenant le temps des drapeaux et des marches triomphantes, mais il nous faudra demain avoir le courage d'aller plus loin ! Je r&#234;ve que le Qu&#233;bec, libre enfin, devienne le premier pays du monde &#224; n'avoir ni drapeau, ni hymne national. Je r&#234;ve de voir notre seule libert&#233; nous servir d'&#233;tendard et notre seule fraternit&#233; nous servir d'identification pour le genre humain. &#187;&lt;/i&gt; Et si, franchissant les fronti&#232;res du Qu&#233;bec, on trouvait avant toute chose ce panneau : &#171; Salut &#224; toi, camarade &#187; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je tiens &#224; me distancer d'embl&#233;e du national-anarchisme caract&#233;ris&#233; par son anti-modernisme (et son s&#233;paratisme racial !). Si le commun n'est pas pour moi une abstraction &#224; abattre, mais un lien social constitutif de la libert&#233; de tout individu singulier, je n'en fais pas une d&#233;fense sur une base ethniciste ou raciale, mais d'un point de vue culturel-symbolique, politique et autarcique. En ce sens je suis plus proche de L'Archie (&lt;a href=&#034;http://larchie.net/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://larchie.net/&lt;/a&gt;) que de l'anarcho-individualisme d'un c&#244;t&#233; ou de l'anarchisme-identitaire de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Simon Tremblay-P&#233;pin, &#171; Intellectuels et classes sociales &#187;, Les nouveaux cahiers du socialisme, no 1, hiver 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le poids de l'h&#233;ritage</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-poids-de-l-heritage</link>
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		<dc:date>2009-12-12T21:32:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Holly</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Holly, Daniel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'accession &#224; l'ind&#233;pendance de territoires non ind&#233;pendants est une constante dans l'histoire. Potentiellement porteurs d'effets d&#233;stabilisateurs dans le monde, ces d&#233;veloppements, en g&#233;n&#233;ral, ne laissent pas indiff&#233;rente la communaut&#233; des &#201;tats. D'o&#249; l'&#233;laboration, au fil du temps, de textes juridiques pour encadrer ce mouvement d'autonomie. Leurs dispositions sont alors immanquablement &#233;voqu&#233;es pour tenter de r&#233;pondre &#224; quelques-uns des nombreux probl&#232;mes soulev&#233;s &#224; cette occasion. On (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton938.gif?1642092279' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;432&#034; height=&#034;288&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'accession &#224; l'ind&#233;pendance de territoires non ind&#233;pendants est une constante dans l'histoire. Potentiellement porteurs d'effets d&#233;stabilisateurs dans le monde, ces d&#233;veloppements, en g&#233;n&#233;ral, ne laissent pas indiff&#233;rente la communaut&#233; des &#201;tats. D'o&#249; l'&#233;laboration, au fil du temps, de textes juridiques pour encadrer ce mouvement d'autonomie. Leurs dispositions sont alors immanquablement &#233;voqu&#233;es pour tenter de r&#233;pondre &#224; quelques-uns des nombreux probl&#232;mes soulev&#233;s &#224; cette occasion. On peut donc en d&#233;duire, advenant l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec, que se posera, entre autres questions, celle de l'applicabilit&#233; au nouvel &#201;tat (&#201;tat successeur) des trait&#233;s internationaux sign&#233;s par le Canada (&#201;tat pr&#233;d&#233;cesseur). Quelles sont les principales dispositions du droit international public en la mati&#232;re ? Quelle est la marge de man&#339;uvre d'un nouvel &#201;tat ? Mais avant tout, nous devons clarifier les raisons qui ont men&#233; &#224; la mise en forme de ce cadre juridique. Nous serons brefs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La coh&#233;sion du syst&#232;me mondial&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La mise en relation des diff&#233;rentes r&#233;gions du monde sous l'action du processus de valorisation internationale du capital a r&#233;sult&#233; en la constitution du monde en syst&#232;me mondial, un syst&#232;me o&#249; les relations de toutes les parties sont &#224; ce point li&#233;es que les probl&#232;mes de reproduction se posent imp&#233;rativement. D&#232;s lors, la mise en place de m&#233;canismes de r&#233;gulation devient une condition du savoir vivre ensemble. L'impr&#233;visibilit&#233; des relations internationales est dans cette perspective intol&#233;rable. Il faut donc, co&#251;te que co&#251;te, et dans la mesure du possible, la neutraliser. Toute une s&#233;rie d'initiatives r&#233;v&#232;lent ce souci, parmi lesquelles la cr&#233;ation d'organisations internationales et l'adoption de conventions internationales. Hauts lieux de mise en forme et de circulation de nouvelles normes, les organisations internationales contribuent de ce fait au renforcement de la coh&#233;sion du syst&#232;me mondial. Tout comme d'ailleurs les textes juridiques &#233;labor&#233;s au fil des ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce titre, l'adoption, en 1978, de la Convention de Vienne sur la succession d'&#201;tats en mati&#232;re de trait&#233;s et, en 1983, de la Convention de Vienne sur la succession d'&#201;tats en mati&#232;re de biens et de dettes rel&#232;ve de cette d&#233;marche. Ces deux conventions, on le devine, sont des textes de r&#233;f&#233;rence pour les situations qui nous int&#233;ressent. Particuli&#232;rement celle de 1978. Quels cas recouvre-t-elle ? Quelles sont ses dispositions les plus pertinentes pour un Qu&#233;bec ind&#233;pendant ? De quelle marge de man&#339;uvre dispose un &#233;ventuel &#201;tat-successeur ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des dispositions contraignantes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re de succession d'&#201;tats, les cas de figure vont de la s&#233;cession &#224; la dissolution d'un &#201;tat, en passant par la cession d'une partie du territoire d'un &#201;tat &#224; un autre &#201;tat et l'unification de deux ou plusieurs &#201;tats avec cr&#233;ation d'un nouvel &#201;tat. Des clauses sp&#233;cifiques &#224; chaque situation sont pr&#233;vues, qui d&#233;finissent la libert&#233; d'action des dirigeants du nouvel &#201;tat dans ses relations internationales, notamment en ce qui concerne les trait&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#233;ventualit&#233; d'une s&#233;cession, c'est-&#224;-dire la s&#233;paration d'une partie du patrimoine d'un &#201;tat pr&#233;existant qui laisse celui-ci subsister, c'est l'article 34 de cette Convention qui s'applique. Il y est stipul&#233; clairement que : &#171; &lt;i&gt;Tout trait&#233; en vigueur &#224; la date de la succession d'&#201;tats &#224; l'&#233;gard de l'ensemble du territoire de l'&#201;tat pr&#233;d&#233;cesseur reste en vigueur &#224; l'&#233;gard de chaque &#201;tat successeur ainsi form&#233;.&lt;/i&gt; &#187; D&#232;s lors, les dirigeants du nouveau pays sont oblig&#233;s d'y conformer leur action. Cette contrainte joue &#233;galement dans les situations o&#249; les trait&#233;s en question &#233;taient en vigueur &#171; &lt;i&gt; &#224; l'&#233;gard uniquement de la partie du territoire de l'&#201;tat pr&#233;d&#233;cesseur qui est devenue un &#201;tat successeur.&lt;/i&gt; &#187; Ces trait&#233;s restent alors en vigueur &#224; l'&#233;gard de cet &#201;tat successeur seul (article 34). Voil&#224; qui r&#233;duit consid&#233;rablement la libert&#233; de tout &#201;tat s&#233;cessionniste. &#192; moins que, tel que l'&#233;tablit le paragraphe 2 de l'article 34, les parties int&#233;ress&#233;es n'en conviennent autrement ou qu'il soit &#233;tabli que l'application du trait&#233; est incompatible avec l'objet et le but du trait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, d'autres &#233;ventualit&#233;s, telle la participation &#224; des trait&#233;s non encore en vigueur &#224; la date de la succession d'&#201;tats, en cas de s&#233;paration de parties d'un &#201;tat (article 37), sont envisag&#233;es par la Convention. Cela ne change pas, cependant, le sens global des prescrits de ce document pour ce qui est des situations qui nous int&#233;ressent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons pourtant convenir que la non-ratification de la convention par le Canada change les perspectives. Un Qu&#233;bec ind&#233;pendant serait th&#233;oriquement exempt&#233; de l'application des dispositions de la Convention. Th&#233;oriquement, parce que la pratique r&#233;cente des &#201;tats en la mati&#232;re montre que &#171; &lt;i&gt;la stabilit&#233; et la s&#233;curit&#233; des relations internationales sont mieux assur&#233;es par le principe de continuit&#233; ou de succession que par le principe de rupture.&lt;/i&gt; &#187; Tout d&#233;pend alors du rapport de force et de la d&#233;termination des &#201;tats concern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;occupations de s&#233;curit&#233; juridique dans les relations internationales sont contraignantes. Elles interdisent les pratiques mena&#231;antes pour la reproduction du syst&#232;me mondial. Accords et conventions internationaux, forts de leur adoption et de leur ratification, contribuent &#224; cette fin en d&#233;finissant le cadre &#224; l'int&#233;rieur duquel se d&#233;ploient les relations inter&#233;tatiques. Un Qu&#233;bec ind&#233;pendant pourrait-il faire fi de cette coutume ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>R&#233;inventer le social dans le national </title>
		<link>https://www.ababord.org/Reinventer-le-social-dans-le</link>
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		<dc:date>2009-12-12T21:32:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Beaudet</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Beaudet, Pierre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pendant longtemps, les mouvements progressistes qu&#233;b&#233;cois se sont battus pour un projet d'&#233;mancipation &#224; la fois social et national. Dans les ann&#233;es 1960, c'&#233;tait la gauche qui mettait de l'avant un projet ind&#233;pendantiste et socialiste pour briser la structure quasi coloniale qui dominait le Qu&#233;bec, et cela, dans une perspective anticapitaliste et anti-imp&#233;rialiste. Quant le PQ est apparu dans le d&#233;cor, il y a eu comme une d&#233;connexion entre les deux dimensions, sociale et nationale. Lib&#233;ral (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Beaudet-Pierre-+" rel="tag"&gt;Beaudet, Pierre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton937.gif?1642092279' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1047&#034; height=&#034;732&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pendant longtemps, les mouvements progressistes qu&#233;b&#233;cois se sont battus pour un projet d'&#233;mancipation &#224; la fois social et national. Dans les ann&#233;es 1960, c'&#233;tait la gauche qui mettait de l'avant un projet ind&#233;pendantiste et socialiste pour briser la structure quasi coloniale qui dominait le Qu&#233;bec, et cela, dans une perspective anticapitaliste et anti-imp&#233;rialiste. Quant le PQ est apparu dans le d&#233;cor, il y a eu comme une d&#233;connexion entre les deux dimensions, sociale et nationale. Lib&#233;ral dans le sens philosophique du terme, le PQ, sous l'&#233;gide des L&#233;vesque et Parizeau, voulait en bout de ligne &#171; un &#201;tat normal et capitaliste &#187;, m&#234;me si ses dirigeants &#233;taient sensibles aux pressions de ceux et celles, les syndicats notamment, qui voulaient que ce parti approfondisse les r&#233;formes entreprises pendant la r&#233;volution tranquille. Plus tard, apr&#232;s la d&#233;faite du premier r&#233;f&#233;rendum, le PQ est rentr&#233; dans le rang, effectivement, comme d&#233;fenseur de l'autonomie provinciale d'une part, et comme &#171; bon gestionnaire &#187; du n&#233;olib&#233;ralisme d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; qui appartient la &#171; question nationale &#187; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une fois revenu au pouvoir en 1994, le PQ a fait une deuxi&#232;me tentative de r&#233;f&#233;rendum, mais il a &#233;chou&#233;. Fait &#224; noter, les &#233;lites qu&#233;b&#233;coises sont devenues confortables dans leur statut de &#171; bourgeoisie &#187; et donc craintives de rompre le lien avec l'&#201;tat canadien. En r&#233;alit&#233;, cette &#233;lite devenue &#171; Qu&#233;bec Inc. &#187; demeure subordonn&#233;e aux secteurs dominants du Canada et des &#201;tats-Unis, mais elle dispose d'une base financi&#232;re et politique r&#233;elle qui lui permet d'esp&#233;rer se faire une place au soleil du capitalisme n&#233;olib&#233;ralis&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Devant cela, les classes populaires, qui ont majoritairement apport&#233; un appui critique au PQ, s'interrogent. Certes, le gros bon sens dit toujours qu'il faut battre la droite. Mais aujourd'hui par contre, ce sentiment que le PQ est le &#171; moins pire &#187; s'effiloche. &#192; vrai dire, le PQ lui-m&#234;me est en crise profonde, incapable de trancher entre une tendance social-d&#233;mocrate plut&#244;t timide et les &#171; Lucides &#187; qui voudraient &#171; recentrer &#187; le parti vers la droite. Il ressort de tout cela qu'un nouveau projet d'&#233;mancipation sociale et nationale doit prendre forme, et cela devra se faire &#224; l'ext&#233;rieur du PQ.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sortir du cercle vicieux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans le pass&#233;, les mouvements populaires ont fait preuve &#224; plusieurs reprises de courage et d'imagination. Le mouvement des femmes a remis au centre de l'agenda la question de la pauvret&#233; et de l'exclusion (&lt;i&gt;Marche des femmes&lt;/i&gt;). Coalis&#233;s dans une grande alliance, les mouvements se sont appropri&#233; la perspective altermondialiste (&lt;i&gt;Sommet des peuples&lt;/i&gt;). Ils ont bloqu&#233; les &#171; r&#233;formes &#187; de Charest (gr&#232;ves de 2003). Les mouvements &#233;tudiants ont repris le flambeau (2005). Parall&#232;lement, un nouveau projet politique a pris forme autour de Qu&#233;bec solidaire. Les enjeux sont actuellement immenses, car les &#233;lites qu&#233;b&#233;coises, comme les &#233;lites canadiennes, veulent faire payer la crise aux classes populaires. Mais m&#234;me si un certain d&#233;faitisme se sent ici et l&#224;, l'heure n'est pas &#224; la capitulation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nos d&#233;fis&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, le projet d'une &lt;i&gt;Assembl&#233;e constituante&lt;/i&gt; mis de l'avant par Qu&#233;bec solidaire appara&#238;t comme une excellente id&#233;e, dans le but de refaire un nouveau consensus progressiste. La question nationale, du moins d'un point de vue de gauche, est une dimension de la question sociale (et non l'inverse). C'est l'&#233;lan d'&#233;mancipation des classes populaires qui doit porter un projet de refondation d'un &#201;tat r&#233;publicain, inclusif, respectueux des droits politiques, mais aussi sociaux et &#233;conomiques. Il y a plusieurs grands d&#233;fis donc qui se posent pour une telle refondation et j'en mentionnerai seulement quelques-uns.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Refonder la &#171; nation populaire &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nation est un construit, un acte politique et id&#233;ologique, et non une donn&#233;e &#171; immuable &#187; ou d&#233;finie par quelques traits &#171; essentiels &#187; (ethniques ou seulement linguistiques). Aujourd'hui, notre &#171; nation &#187; doit &#234;tre d&#233;finie comme un &#171; acte &#187; mobilisateur et symbolique et inclure tous les citoyens et citoyennes qui habitent le territoire. Nous devons nous opposer totalement &#224; ces fractures impos&#233;es par la gestion n&#233;olib&#233;rale et &#224; ce qui en d&#233;coule, un nationalisme ethnique, de droite, diviseur. La lutte pour inclure dans notre construction nationale nos fr&#232;res et s&#339;urs venus d'ailleurs est fondamentale. Une nouvelle d&#233;finition de la nation ne peut venir du &#171; sang &#187; des anc&#234;tres, mais par l'adh&#233;sion &#224; un projet populaire, alternatif, d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Ensemble avec les peuples am&#233;rindiens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes pas propri&#233;taires du territoire qui s'appelle le Qu&#233;bec, mais copropri&#233;taires. Les peuples am&#233;rindiens ont autant de droit que nous sur cette terre. Et attention, on ne r&#233;glera pas cette question en mettant un peu plus d'argent dans les programmes financ&#233;s par les profits hydro-&#233;lectriques et miniers r&#233;alis&#233;s sur leur dos. C'est une question &#233;thique, mais aussi politique : sans cette alliance avec les peuples am&#233;rindiens, nous ne parviendrons pas &#224; battre en br&#232;che les &#233;lites qui vont nous jouer les uns contre les autres, en gardant &#224; l'&#339;il les gigantesques ressources qui sont localis&#233;es dans le nord. De plus, cette n&#233;cessaire cogestion avec les Am&#233;rindiens nous oblige &#224; sortir du cercle vicieux de la &#171; croissance pour la croissance &#187;, de la destruction de l'environnement au nom du &#171; progr&#232;s &#187; et de l'enfermement dans le consum&#233;risme, socle de l'individualisme possessif qui fonde le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Lutter avec le peuple canadien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut, appelons cela pour &#234;tre provocateur, une &#171; souverainet&#233; &#8211; association &#187; populaire et de gauche avec le peuple canadien. Bien que notre nation qu&#233;b&#233;coise ait la capacit&#233; et le droit d'&#233;tablir un &#201;tat ind&#233;pendant, nous allons rester voisins, et dans une large mesure partenaires, du peuple canadien, par l'histoire, la g&#233;ographie et l'&#233;conomie, et &#233;galement par une volont&#233; commune de s'opposer aux vell&#233;it&#233;s h&#233;g&#233;moniques des &#201;tats-Unis. Si cette dimension n'est pas appropri&#233;e, il y a un risque &#233;lev&#233; que l'Empire &#233;tats-unien cherche &#224; s'immiscer davantage et &#224; appuyer les &#233;lites canadiennes et qu&#233;b&#233;coises dont on conna&#238;t la propension &#224; se subordonner. Le projet d'&#233;mancipation sociale et nationale d'aujourd'hui ne peut &#234;tre limit&#233; &#224; constituer un &#201;tat ou une nation &#171; comme les autres &#187;. Certes, il faudra avec nos partenaires canadiens identifier les &#171; formules &#187; qui rendront cette solidarit&#233; r&#233;alisable, mais en attendant, nous devons rester fortement et r&#233;ciproquement solidaires des luttes populaires au Canada et au Qu&#233;bec contre des &#233;lites qui sont par ailleurs les &#171; n&#244;tres &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une d&#233;marche originale : L'Assembl&#233;e constituante</title>
		<link>https://www.ababord.org/Une-demarche-originale-L-Assemblee</link>
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		<dc:date>2009-12-12T21:29:28Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Cyr</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Cyr, Fran&#231;ois</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, le terme r&#233;f&#233;rendum n'&#233;voquait &#224; peu pr&#232;s rien pour l'&#233;crasante majorit&#233; de la population du Qu&#233;bec. Il en est sans doute ainsi, aujourd'hui, pour le projet d'Assembl&#233;e constituante propos&#233; notamment par Qu&#233;bec solidaire. Mais, qui sait, dans une dizaine d'ann&#233;es le terme assembl&#233;e constituante sera peut-&#234;tre sur toutes les l&#232;vres ? D'autant plus que l'id&#233;e n'est pas nouvelle et pourrait tr&#232;s bien s'imposer comme perspective centrale visant &#224; solutionner la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, le terme r&#233;f&#233;rendum n'&#233;voquait &#224; peu pr&#232;s rien pour l'&#233;crasante majorit&#233; de la population du Qu&#233;bec. Il en est sans doute ainsi, aujourd'hui, pour le projet d'Assembl&#233;e constituante propos&#233; notamment par Qu&#233;bec solidaire. Mais, qui sait, dans une dizaine d'ann&#233;es le terme assembl&#233;e constituante sera peut-&#234;tre sur toutes les l&#232;vres ? D'autant plus que l'id&#233;e n'est pas nouvelle et pourrait tr&#232;s bien s'imposer comme perspective centrale visant &#224; solutionner la question nationale. Le PQ semble avoir pour sa part d&#233;finitivement choisi la voie de la gouvernance provinciale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#233;j&#224; lors de l'insurrection des Patriotes de 1837-1838, des &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires comme Nelson ont soulev&#233; cette n&#233;cessit&#233; afin de reb&#226;tir un r&#233;seau d'institutions sur les ruines du pouvoir britannique qu'ils esp&#233;raient vaincre. Le sort des armes en a d&#233;cid&#233; autrement. L'id&#233;e ressurgit en marge des &#201;tats g&#233;n&#233;raux du Canada fran&#231;ais et, plus tard, de la Commission B&#233;langer-Campeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, dans des pays comme la Bolivie et le Venezuela, dans un contexte de fortes mobilisations ax&#233;es sur le contr&#244;le des ressources naturelles, la population s'est invit&#233;e &#224; cette oeuvre de r&#233;&#233;criture de sa loi fondamentale. Ici, comme ailleurs, ce projet d'Assembl&#233;e constituante se r&#233;alisera dans un contexte de transition. Dans le cas qui nous occupe, cette transition s'articule entre la rupture avec l'ordre politique canadien et l'av&#232;nement d'un &#201;tat qu&#233;b&#233;cois souverain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet esprit, on comprendra que notre proposition d'&#233;lire une Assembl&#233;e constituante se distingue singuli&#232;rement du projet anim&#233; par des juristes proches du Parti qu&#233;b&#233;cois. Ce projet consiste &#224; &#233;crire la Constitution de la province du Qu&#233;bec en prenant pour acquis le &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt; constitutionnel canadien : monarchie parlementaire de type britannique, Charte, bicam&#233;ralisme, f&#233;d&#233;ralisme, etc. Cet ersatz de constitution est au mieux inutile et, au pire, perp&#233;tue cette illusion de faux changements dont sont pass&#233;s ma&#238;tres les tenants de la gouvernance provincialiste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Vers une souverainet&#233; populaire &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Notre projet d'assembl&#233;e constituante est essentiellement porteur d'une d&#233;marche d'affirmation de souverainet&#233;. Souverainet&#233; nationale, mais aussi souverainet&#233; populaire. Cette seconde dimension, celle de la souverainet&#233; populaire, se d&#233;marque radicalement, sur le plan de la m&#233;thode, du type de d&#233;bat que nous avons connu jusqu'&#224; pr&#233;sent. Il ne sera plus question de confier &#224; la classe politique et &#224; quelques experts le soin de n&#233;gocier, de r&#233;am&#233;nager une constitution (d'ailleurs, largement non &#233;crite, le comble de l'antid&#233;mocratisme) que nous n'avons jamais choisie, mais de r&#233;diger la n&#244;tre en y associant le plus grand nombre de citoyennes dans le cadre d'une vaste d&#233;marche de d&#233;mocratie participative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces objectifs, tant de contenu que de m&#233;thode, commandent que l'Assembl&#233;e constituante, &#233;lue au suffrage universel et paritaire, soit distincte de l'Assembl&#233;e nationale. Elle devra disposer du temps et des ressources n&#233;cessaires pour animer en profondeur la discussion au sein de la soci&#233;t&#233; avant de soumettre au peuple le projet de Constitution. Cette d&#233;marche n'est pas sans &#233;voquer ce que nous avons v&#233;cu dans le cadre de la Commission B&#233;langer-Campeau. Une d&#233;marche &#224; la B&#233;langer-Campeau, oui, mais &#224; la puissance mille !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proposer une d&#233;marche constituante, c'est en somme nous inviter nous-m&#234;mes &#224; faire ce que nous n'avons jamais fait depuis la d&#233;faite de l'Insurrection de 1837-1838 : r&#233;diger ensemble la loi fondamentale de notre &#201;tat comme pierre angulaire de notre vouloir vivre ensemble. Mais ce nouveau consensus, ce nouvel acte de naissance afin de mobiliser et d'int&#233;resser le plus grand nombre de citoyennes, ne saurait se r&#233;duire &#224; une simple description des m&#233;canismes de pouvoir au sein du r&#233;seau institutionnel de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le projet de Constitution &#233;noncerait la double nature &#233;tatique et populaire du principe de souverainet&#233; et ce qui en d&#233;coule : la dimension r&#233;publicaine et d&#233;mocratique de l'&#201;tat. On peut imaginer que les progressistes proposeront aux constituants et au peuple que le texte codifie, en plus des droits individuels, les grands objectifs sociaux en mati&#232;re d'&#233;ducation, de sant&#233; et de logement, ainsi que le droit de vivre dans un environnement sain. La propri&#233;t&#233; et le contr&#244;le collectifs des ressources naturelles, de l'eau et des sources d'&#233;nergie pourraient &#233;galement faire l'objet d'un dispositif de port&#233;e g&#233;n&#233;rale. Plus classiquement, ce projet de Constitution court, simple et accessible dans sa forme permet en outre d'&#233;tablir l'existence des pouvoirs ex&#233;cutifs, l&#233;gislatifs et judiciaires ; il introduirait le principe de proportionnalit&#233; dans l'exercice des scrutins ainsi que la reconnaissance des exp&#233;riences de d&#233;mocratie directe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le long sommeil cons&#233;cutif &#224; la d&#233;faite des r&#233;volutionnaires de 1837-1838, le projet d'ind&#233;pendance a ressurgi il y a 50 ans pour subir une autre d&#233;faite en 1995, apr&#232;s avoir ralli&#233;, dans un environnement tr&#232;s hostile, presque la majorit&#233; de la population. Il ne faut surtout pas oublier ce qui s'est pass&#233; en 1995. L'&#201;tat canadien, qui se pr&#233;sente toujours comme la quintessence de l'&#201;tat de droit au niveau international, a viol&#233; les lois du Qu&#233;bec, a menti, a trich&#233; et a ensuite d&#233;ploy&#233; un vaste r&#233;seau de corruption qui passera &#224; l'histoire sous le nom de scandale des commandites. De plus, afin de verrouiller juridiquement tout processus &#233;mancipateur, le Parlement du Canada, son gouvernement et la Cour supr&#234;me ont proclam&#233; la loi sur la clart&#233;. Son principal auteur, St&#233;phane Dion, sera r&#233;compens&#233; par ses coll&#232;gues du Parti lib&#233;ral qui le nommeront chef de parti le temps d'une &#233;lection malheureuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet d'Assembl&#233;e constituante propose pour l'essentiel une strat&#233;gie permettant de dissocier la question nationale de la gestion provinciale, de d&#233;passer les cadres des partis, d'arrimer un contenu social au projet de pays, et surtout de r&#233;habiliter l'essentiel dans tout d&#233;bat politique fondamental : la souverainet&#233; populaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur s'exprime ici &#224; titre personnel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Ind&#233;pendance nationale et souverainet&#233; populaire</title>
		<link>https://www.ababord.org/Independance-nationale-et</link>
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		<dc:date>2009-12-12T21:28:57Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ricardo Pe&#241;afiel</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Pe&#241;afiel, Ricardo</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De d&#233;faite en d&#233;faite jusqu'&#224; la victoire finale&#8230; Tel semble &#234;tre le leitmotiv lancinant de la nation qu&#233;b&#233;coise. Jamais au pouvoir, toujours en r&#233;sistance : tous les soul&#232;vements et projets d'ind&#233;pendance de ce peuple semblent vou&#233;s &#224; l'&#233;chec. Et pourtant, ils ne sont tels qu'en fonction d'une id&#233;e pr&#233;cise de la prise du pouvoir ou de l'accession &#224; un &#201;tat-nation. Par rapport &#224; la cr&#233;ation puis &#224; la perp&#233;tuation d'un sentiment national et d'une souverainet&#233; populaire, tous ces &#171; &#233;checs &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton935.gif?1642092279' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;432&#034; height=&#034;309&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De d&#233;faite en d&#233;faite jusqu'&#224; la victoire finale&#8230; Tel semble &#234;tre le leitmotiv lancinant de la nation qu&#233;b&#233;coise. Jamais au pouvoir, toujours en r&#233;sistance : tous les soul&#232;vements et projets d'ind&#233;pendance de ce peuple semblent vou&#233;s &#224; l'&#233;chec. Et pourtant, ils ne sont tels qu'en fonction d'une id&#233;e pr&#233;cise de la prise du pouvoir ou de l'accession &#224; un &#201;tat-nation. Par rapport &#224; la cr&#233;ation puis &#224; la perp&#233;tuation d'un sentiment national et d'une souverainet&#233; populaire, tous ces &#171; &#233;checs &#187; sont autant de jalons &#224; partir desquels nous pouvons encore nous projeter vers un avenir o&#249; le &#171; peuple &#187; qu&#233;b&#233;cois d&#233;cidera de son devenir de mani&#232;re autonome.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis le soul&#232;vement des Patriotes jusqu'au r&#233;f&#233;rendum de 1995, en passant par le &lt;i&gt;Refus global&lt;/i&gt;, la R&#233;volution tranquille, le RIN, le FLQ et la fondation du PQ, le peuple qu&#233;b&#233;cois a cherch&#233; par divers moyens &#224; conqu&#233;rir son ind&#233;pendance vis-&#224;-vis du joug britannique, puis canadien. Aujourd'hui, &#171; on &#187; semble estimer que les termes de colonisation, d'imp&#233;rialisme ou de domination s'appliqueraient mal pour d&#233;crire la situation du Qu&#233;bec au sein du Canada. La souverainet&#233; du Qu&#233;bec ne serait plus qu'une question de points d'imp&#244;ts, d'efficacit&#233; (par rapport aux d&#233;doublements gouvernementaux) ou alors de vell&#233;it&#233;s de nostalgiques &#171; nationaleux &#187;. En apparence, il n'existe aucun projet national coh&#233;rent en fonction duquel la nation qu&#233;b&#233;coise pourrait se reconna&#238;tre et se battre de mani&#232;re unitaire pour son av&#232;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait m&#234;me dire qu'il en a toujours &#233;t&#233; ainsi. Autrement, comment expliquer cette litanie de d&#233;faites du projet d'ind&#233;pendance, accompagn&#233;e paradoxalement d'une constante progression des libert&#233;s collectives et individuelles au sein m&#234;me de l'Empire britannique ou de la F&#233;d&#233;ration canadienne ? L'&#233;treinte semble &#234;tre assez rel&#226;ch&#233;e pour pouvoir leur arracher des concessions et assez douce pour nous faire accepter de ne jamais &#234;tre &lt;i&gt;ma&#238;tres chez nous&lt;/i&gt; en &#233;change &lt;i&gt;du confort et de l'indiff&#233;rence.&lt;/i&gt; Pourtant, ces concessions n'ont jamais &#233;t&#233; gratuites ou attribu&#233;es de gaiet&#233; de c&#339;ur. Elles ont toujours &#233;t&#233; le fruit de luttes acharn&#233;es qui ont rendu possible l'impossible, qui ont montr&#233; le caract&#232;re inacceptable de ce qui se pr&#233;sentait comme in&#233;luctable (voire m&#234;me souhaitable) et qui ont permis de nouvelles formes d'organisation sociale au sein desquelles se sont affirm&#233;s le sentiment national, la communaut&#233; politique qu&#233;b&#233;coise et la mat&#233;rialit&#233; d'un peuple, constructeur de son histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il existe aujourd'hui une communaut&#233; sociale et politique &#171; qu&#233;b&#233;coise &#187;, ce n'est pas parce qu'une telle communaut&#233; a &#233;t&#233; pr&#233;vue et souhait&#233;e par l'Empire britannique, pas plus que par le f&#233;d&#233;ralisme canadien (qui n'a eu de cesse de nier le caract&#232;re distinct de la nation qu&#233;b&#233;coise), voire m&#234;me par le nationalisme catholique (du duplessisme, par exemple) ou par le nationalisme f&#233;d&#233;raliste. La nation qu&#233;b&#233;coise s'est forg&#233;e dans ses luttes historiques et quotidiennes qui ont d'abord permis de pr&#233;server la langue, la religion et l'organisation sociale (jusqu'au code civil) des &#171; Canadiens &#187; (fran&#231;ais) ; elle s'est ensuite affirm&#233;e dans la remise en question de ces m&#234;mes institutions qui avaient pr&#233;serv&#233; l'identit&#233; canadienne-fran&#231;aise en la p&#233;trifiant, cependant, dans des institutions plus oppressantes encore que le lib&#233;ralisme anglo-saxon ; elle s'est encore &#233;lev&#233;e d'un cran dans des luttes sociales et politiques, qui visent moins l'accession &#224; un &#201;tat-nation qu&#233;b&#233;cois que l'affirmation des crit&#232;res d'une soci&#233;t&#233; juste, &#233;galitaire, solidaire et souveraine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour sortir de l'&#233;tatisme Inc.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Autant l'&#233;glise catholique a permis la pr&#233;servation de la soci&#233;t&#233; canadienne fran&#231;aise en l'enfermant dans un oppressant carcan, autant le quasi monopole exerc&#233; par le PQ sur le projet national et l'obsession engendr&#233;e par l'horizon d'un &#233;ventuel &#201;tat-nation (paradoxalement int&#233;gr&#233; &#224; l'internationale capitaliste que l'on appelle mondialisation) sont aujourd'hui des freins &#224; l'&#233;laboration d'un projet de souverainet&#233; populaire au sein duquel le peuple qu&#233;b&#233;cois exercerait lui-m&#234;me le contr&#244;le sur son devenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, en parlant d'un &#171; projet &#187; de souverainet&#233; populaire, je ne propose pas de &lt;i&gt;r&#234;ver&lt;/i&gt; mais de &lt;i&gt;voir&lt;/i&gt;, les yeux et la conscience grands ouverts. De constater que cette souverainet&#233; s'est exerc&#233;e et s'exerce encore dans toute une s&#233;rie de luttes et de prises de position collectives d&#233;bordant largement le cadre d'une souverainet&#233; &#233;tatique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le peuple sera en lutte ou ne sera pas !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour que le peuple soit souverain, il doit d'abord se constituer en peuple. Aucun peuple n'existe par d&#233;cret (pas plus qu'il ne pr&#233;existe dans les g&#232;nes ou l'&lt;i&gt;Esprit&lt;/i&gt; national). Le peuple n'est pas non plus une r&#233;alit&#233; sociologique objectivement identifiable ou attribuable une fois pour toutes &#224; un territoire. Le peuple est une entit&#233; politique qui se constitue elle-m&#234;me en exer&#231;ant sa souverainet&#233;. C'est ainsi que la r&#233;volte des patriotes se pr&#233;sente comme une manifestation patente de l'autoconstitution, dans et par la lutte, du peuple qu&#233;b&#233;cois (ou, pour reprendre les termes de l'&#233;poque, des &#171; Canadiens &#187;). De la m&#234;me mani&#232;re, le refus de la conscription (1917-1918)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Jean-Fran&#231;ois Delisle, &#171; M&#233;moire des luttes, Petite intifada d'un soir, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; d&#233;voile non seulement l'ab&#238;me s&#233;parant les &#171; Canadiens-fran&#231;ais &#187; du gouvernement f&#233;d&#233;ral, mais montre surtout la capacit&#233; d'une collectivit&#233; &#224; s'opposer, &#224; &#171; faire s&#233;cession&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Ricardo Pe&#241;afiel, Recension du livre de Martin Breaugh, &#171; L'exp&#233;rience (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; de l'ensemble qui pr&#233;tend la gouverner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on peut dire la m&#234;me chose des luttes pour la reconnaissance du droit de gr&#232;ve (Asbestos, 1949, Louiseville, 1952 ou Murdochville, 1957, par exemple&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Christian Brouillard, &#171; Mouvement syndical et changement social au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), de l'organisation communautaire autour des Cliniques populaires et des Bureaux d'aide juridique, de la d&#233;fense du droit au logement, des coop&#233;ratives de production, de consommation ou de logement, etc. Et il en va de m&#234;me pour les gr&#232;ves syndicales ou &#233;tudiantes, les manifestations &#233;cologiques ou pacifistes, f&#233;ministes, antimondialistes, ou encore les luttes pour l'acquisition ou la pr&#233;servation d'un droit (voire m&#234;me d'un service). Dans tous les cas, il s'agit d'une communaut&#233; de pens&#233;e qui se reconna&#238;t elle-m&#234;me comme souveraine et pose une fronti&#232;re antagonique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Ricardo Pe&#241;afiel, Recension du livre d'Ernesto Laclau, &#171; La Raison (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; par rapport &#224; un autre groupe pr&#233;tendant la dominer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La souverainet&#233; des peuples et du peuple&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233; populaire s'exerce imm&#233;diatement, aussit&#244;t qu'un &#171; peuple &#187; se constitue autour d'une lutte pour et par son autonomie. En ce sens, l'existence d'un peuple qu&#233;b&#233;cois n'exclut en rien celle d'un nombre infini de &#171; peuples &#187; existant parall&#232;lement au sein du m&#234;me territoire qu&#233;b&#233;cois ou ailleurs, avec lesquels la solidarit&#233; est d'autant plus naturelle que ce qui les constitue tous est une opposition commune &#224; la domination, qu'elle soit imp&#233;rialiste, capitaliste, patriarcale, nationale, religieuse, id&#233;ologique ou autre. Les luttes autochtones (comme celle des Cris contre Hydro-Qu&#233;bec, celle des Innus contre les vols &#224; basse altitude au Nitassinan ou celle des Algonquins pour l'autonomie linguistique, culturelle, scolaire, politique et &#233;conomique) viennent donc enrichir l'exp&#233;rience de la souverainet&#233; populaire du Qu&#233;bec ; tout comme les manifestations culturelless ou politiques des groupes de diverses origines ethniques qui peuplent notre territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, ces derniers cas de souverainet&#233; populaire ne sont pas n&#233;cessairement &#171; qu&#233;b&#233;cois &#187;. C'est-&#224;-dire que le symbole regroupant un ensemble de luttes partielles derri&#232;re une banni&#232;re populaire plus large n'est pas n&#233;cessairement celui de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise. Au contraire, dans plusieurs cas, ces luttes peuvent se faire en opposition au gouvernement qu&#233;b&#233;cois ou se buter au m&#233;pris d'une population souffrant de &#171; x&#233;nophobisme rampant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Dalie Giroux, &#171; En guise de post-mortem &#224; l'Affaire H&#233;rouxville, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, si le projet d'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec s'&#233;loignait des objectifs mesquinement nationalistes (ethniques), &#233;tatistes (centralisateurs) et capitalistes (Qu&#233;bec Inc.) &#8211; qui l'ont trop souvent caract&#233;ris&#233; &#8211; pour renouer avec les id&#233;aux et les pratiques de libert&#233;, d'autonomie et de souverainet&#233; populaire &#8211; qu'il a &#233;galement port&#233;s en son sein &#8211;, il serait possible d'unifier l'ensemble des luttes populaires derri&#232;re un projet de soci&#233;t&#233; commun o&#249; la souverainet&#233; serait exerc&#233;e directement au niveau des populations concern&#233;es. L'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec serait alors celle des groupes communautaires, des Autochtones, des travailleurs, des paysans, des femmes, des &#233;tudiantes, et des citoyennes en g&#233;n&#233;ral qui se donneraient les espaces d'application de leur propre souverainet&#233;, f&#233;d&#233;r&#233;s sur le plan national, r&#233;gional ou local en fonction de leurs d&#233;sirs, volont&#233;s et int&#233;r&#234;ts transversaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Jean-Fran&#231;ois Delisle, &#171; M&#233;moire des luttes, Petite intifada d'un soir, La conscription de 1917-1918 &#187;, &lt;i&gt;AB !&lt;/i&gt;, no. 26, oct-nov. 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Ricardo Pe&#241;afiel, Recension du livre de Martin Breaugh, &#171; L'exp&#233;rience pl&#233;b&#233;ienne. Une histoire discontinue de la libert&#233; politique &#187;, &lt;i&gt;AB !&lt;/i&gt;, no. 24, avril-mai 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Christian Brouillard, &#171; Mouvement syndical et changement social au Qu&#233;bec, Quelle voie politique ? &#187;, &lt;i&gt;AB !&lt;/i&gt;, no. 5, &#233;t&#233; 2004&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Ricardo Pe&#241;afiel, Recension du livre d'Ernesto Laclau, &#171; La Raison populiste &#187;,&lt;i&gt; AB !&lt;/i&gt;, no. 30, &#233;t&#233; 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Dalie Giroux, &#171; En guise de post-mortem &#224; l'Affaire H&#233;rouxville, La situation psychopolitique du Qu&#233;bec &#187;, &lt;i&gt;AB !&lt;/i&gt;, no. 27, d&#233;c. 2008 / jan. 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les Premi&#232;res nations </title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-Premieres-nations</link>
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		<dc:date>2009-12-12T21:27:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'une nation ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Groupe d'humains assez vaste, qui se caract&#233;rise par la conscience de son unicit&#233; et la volont&#233; de vivre en commun. Source : Dictionnaire Le Robert m&#233;thodique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette d&#233;finition du Robert d&#233;crit bien la r&#233;alit&#233; de la province du Qu&#233;bec, car les nations autochtones et la nation qu&#233;b&#233;coise veulent &#234;tre reconnues comme des soci&#233;t&#233;s distinctes et d&#233;sirent d&#233;velopper des relations de partenariat entre elles dans un respect mutuel des diff&#233;rences. Somme toute, c'est ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-L-independance-Laquelle-" rel="directory"&gt;Dossier : L'ind&#233;pendance - Laquelle ? Pour qui ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton934.gif?1642092279' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;344&#034; height=&#034;556&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce qu'une nation ?	&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Groupe d'humains assez vaste, qui se caract&#233;rise par la conscience de son unicit&#233; et la volont&#233; de vivre en commun. Source : Dictionnaire &lt;i&gt;Le Robert m&#233;thodique&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;finition du Robert d&#233;crit bien la r&#233;alit&#233; de la province du Qu&#233;bec, car les nations autochtones et la nation qu&#233;b&#233;coise veulent &#234;tre reconnues comme des soci&#233;t&#233;s distinctes et d&#233;sirent d&#233;velopper des relations de partenariat entre elles dans un respect mutuel des diff&#233;rences. Somme toute, c'est ce que les politiciens au pouvoir disent, mais malheureusement, leurs actions ne suivent pas toujours leurs discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut savoir que la Proclamation royale de 1763, appel&#233;e aussi &#171; la grande charte am&#233;rindienne &#187;, reconna&#238;t depuis tr&#232;s longtemps les peuples autochtones comme nations alors que le Qu&#233;bec recherche encore cette reconnaissance. Plus r&#233;cemment, l'Assembl&#233;e nationale du Qu&#233;bec a reconnu les 11 nations se trouvant sur son territoire par une r&#233;solution sur la reconnaissance des droits autochtones le 20 mars 1985, tandis que le gouvernement canadien a adopt&#233; une motion reconnaissant le Qu&#233;bec comme nation au sein du Canada uni le 27 novembre 2007. Selon moi, ces deux reconnaissances repr&#233;sentent simplement des gestes symboliques pour calmer les aspirations &#224; l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec et les aspirations &#224; la reconnaissance des droits des nations autochtones au sein d'un m&#234;me espace territorial.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un territoire plurinational&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au point de vue sociologique, le concept de nation s'applique &#224; la nation qu&#233;b&#233;coise. Mais ce n'est pas le cas au plan juridique puisque, constitutionnellement, le Qu&#233;bec n'est pas un &#201;tat ind&#233;pendant. Les Premi&#232;res nations et le Qu&#233;bec revendiquent tous deux la reconnaissance de leur soci&#233;t&#233; unique et distincte. Du fait de leurs parcours politiques qui se r&#233;v&#232;lent assez semblables, leurs visions de leur avenir en tant que nation sont fortement apparent&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Premi&#232;res nations ont un projet de soci&#233;t&#233; qui se fonde sur deux notions : le rapport au territoire ancestral et la persistance d'une culture particuli&#232;re. Malgr&#233; la modernit&#233;, la r&#233;f&#233;rence au territoire ancestral demeure centrale : celui-ci incarne un espace identitaire auquel se rattachent notre histoire, nos l&#233;gendes, notre fa&#231;on d'appr&#233;hender la vie, notre conception de l'&#233;ducation ainsi que notre perception du r&#244;le de nos a&#238;n&#233;s dans la vie communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la menace d'une int&#233;gration assimilatrice demeure toujours omnipr&#233;sente. Dans un futur Qu&#233;bec ind&#233;pendant, et dans un contexte contemporain, pouvons-nous esp&#233;rer nous &#233;panouir pleinement ? Depuis des g&#233;n&#233;rations, nous luttons contre le g&#233;nocide pacifique et insidieux de l'assimilation. Nous craignons l'extinction de nos droits, bien que nous &#233;tions l&#224; lors des Premiers Contacts, que nous y sommes encore et que nous serons toujours l&#224;. Malgr&#233; l'accentuation de notre d&#233;possession, tr&#232;s visible dans les v&#233;ritables ghettos que constituent les &#171; r&#233;serves indiennes &#187;, nous d&#233;sirons toujours harmoniser nos relations avec nos voisins, les Qu&#233;b&#233;coises, mais jamais au prix de notre identit&#233; autochtone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa d&#233;marche vers l'ind&#233;pendance, j'ose esp&#233;rer que le Qu&#233;bec fera preuve d'esprit de sagesse et d'ouverture face aux Premi&#232;res nations en reconnaissant sans rechigner leurs droits collectifs historiques. Les Qu&#233;b&#233;coises ne devraient pas oublier que ce sont ces m&#234;mes Premi&#232;res nations qui ont sauv&#233; leurs anc&#234;tres lors de leur arriv&#233;e en territoire inconnu. Ce pays &#233;tait alors occup&#233; par un peuple distinct, r&#233;parti en plusieurs nations interd&#233;pendantes poss&#233;dant leurs propres institutions et leurs propres lois. Il est inconcevable que la d&#233;couverte d'un peuple par un autre ait eu pour effet de d&#233;pouiller ce peuple originaire de tous ses droits. C'est pourtant le cas.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un r&#234;ve&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je r&#234;ve que le Qu&#233;bec ind&#233;pendant t&#233;moigne d'une telle ouverture d'esprit concernant les revendications autochtones. Il devrait d'autant mieux comprendre cette minorit&#233; que son propre r&#234;ve est de se sortir de la domination anglaise. Le Qu&#233;bec saisira-t-il cette chance de r&#233;&#233;crire l'histoire en reconnaissant la place des Autochtones dans un nouveau contrat social entre les Autochtones et la nouvelle nation ind&#233;pendante ? Ce Qu&#233;bec souverain va-t-il r&#233;am&#233;nager les pouvoirs des uns et des autres en pr&#233;cisant des modalit&#233;s de coexistence territoriale profitables &#224; tous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ose esp&#233;rer enfin que les Premi&#232;res nations du Qu&#233;bec n'auront pas besoin de contester l&#233;gitimement cette accession du Qu&#233;bec &#224; l'ind&#233;pendance, soit sur le plan juridique, soit sur le plan politique, dans l'ar&#232;ne internationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Jeanne-d'Arc Vollant - Shan dak Puana&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Militante des droits autochtones et f&#233;ministe innue&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Qu&#233;bec et ses minorit&#233;s </title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-Quebec-et-ses-minorites</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-Quebec-et-ses-minorites</guid>
		<dc:date>2009-12-12T21:26:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De plusieurs mani&#232;res, les nationalistes qu&#233;b&#233;cois, entendus en un sens large qui inclut les nationalistes qui ne sont pas en faveur de l'ind&#233;pendance, ont gagn&#233; la guerre qui les opposait &#224; la fois &#224; l'&#201;glise catholique canadienne-fran&#231;aise et &#224; l'&#201;tat canadien. Le d&#233;veloppement continu de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois et les dispositions l&#233;gislatives &#233;tablissant la dominance du fran&#231;ais dans la vie publique ont consid&#233;rablement renforc&#233; l'espace politique qu&#233;b&#233;cois, au point o&#249; la plupart des demandes (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-L-independance-Laquelle-" rel="directory"&gt;Dossier : L'ind&#233;pendance - Laquelle ? Pour qui ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Immigration-refuge-et-racisme-+" rel="tag"&gt;Immigration, refuge et racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De plusieurs mani&#232;res, les nationalistes qu&#233;b&#233;cois, entendus en un sens large qui inclut les nationalistes qui ne sont pas en faveur de l'ind&#233;pendance, ont gagn&#233; la guerre qui les opposait &#224; la fois &#224; l'&#201;glise catholique canadienne-fran&#231;aise et &#224; l'&#201;tat canadien. Le d&#233;veloppement continu de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois et les dispositions l&#233;gislatives &#233;tablissant la dominance du fran&#231;ais dans la vie publique ont consid&#233;rablement renforc&#233; l'espace politique qu&#233;b&#233;cois, au point o&#249; la plupart des demandes d'intervention provenant de la soci&#233;t&#233; civile sont adress&#233;es &#224; l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois et discut&#233;es dans l'espace public structur&#233; autour de ce m&#234;me &#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, et l'on peut en bonne partie attribuer ces changements au nationalisme qu&#233;b&#233;cois, les injustices flagrantes qui autrefois marginalisaient politiquement et socialement les francophones sont choses du pass&#233;, au moins au Qu&#233;bec. Il n'y a plus de diff&#233;rences significatives entre les revenus des francophones et ceux des anglophones, les institutions qu&#233;b&#233;coises se sont consolid&#233;es au point d'offrir des opportunit&#233;s d'emploi et des services qui se comparent &#224; ceux de tous les pays d&#233;velopp&#233;s. En ce sens, on peut difficilement pr&#233;senter le projet d'ind&#233;pendance comme une qu&#234;te d'&#233;quit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ajouterai que la reconnaissance de la nation qu&#233;b&#233;coise fait de moins en moins probl&#232;me. Je suis d'avis que les Qu&#233;b&#233;coises n'ont aujourd'hui que tr&#232;s peu besoin de la reconnaissance du reste du Canada, de la France ou des &#201;tats-Unis. Un peu &#224; la mani&#232;re des &#171; nations confortables &#187;, le Qu&#233;bec a cess&#233; d'&#234;tre le th&#233;&#226;tre continu de manifestations exalt&#233;es de patriotisme ce qui, de mon point de vue, d&#233;montre non pas une diminution du nationalisme, mais une int&#233;gration profonde de celui-ci. En ce sens, le projet d'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec peut difficilement &#234;tre pr&#233;sent&#233; comme une qu&#234;te de justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, je crois que les francophones du Qu&#233;bec se per&#231;oivent volontiers comme un groupe majoritaire &#224; l'int&#233;rieur de leur communaut&#233; politique ou, dit autrement, &#224; l'int&#233;rieur de leur nation, et de moins en moins comme un groupe minoritaire. Par cons&#233;quent, les francophones ont d&#233;sormais &#224; faire face &#224; de nouvelles responsabilit&#233;s : ils doivent rendre la soci&#233;t&#233; qu'ils dominent plus &#233;quitable et plus juste pour les individus appartenant aux minorit&#233;s pr&#233;sentes sur le territoire qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense qu'il n'est plus n&#233;cessaire de d&#233;montrer que les anglophones du Qu&#233;bec b&#233;n&#233;ficient de protections s&#233;curisantes qui leur permettent une bonne int&#233;gration sociale. Il n'est cependant pas aussi certain que ce soit le cas des immigrantes et des Autochtones. Or, je pense que l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec rendrait plus simple et plus obligatoire une prise de position davantage juste et &#233;quitable &#224; leur endroit de la part de la majorit&#233;. D'une part, l'ind&#233;pendance s&#233;curiserait les acquis de celle-ci et, ainsi, diminuerait la perception de l'immigration comme une menace au maintien de la sph&#232;re publique qu&#233;b&#233;coise. D'autre part, les futurs immigrants pourraient d&#233;sormais choisir consciemment le Qu&#233;bec et identifier son &#201;tat comme &#233;tant le meilleur endroit o&#249; adresser leurs demandes de reconnaissance et d'&#233;quit&#233;. Enfin, l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec ne peut se faire, ni moralement ni en pratique, sans le respect du droit des Autochtones &#224; l'autod&#233;termination.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Laurent-Michel Chokri&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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