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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>La tarification des services publics</title>
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		<dc:date>2009-12-13T23:25:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Le Collectif de la revue &#192; b&#226;bord !</dc:creator>


		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Le Collectif de la revue &#192; b&#226;bord !</dc:subject>
		<dc:subject>Editoriaux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Il faut prendre l'argent l&#224; o&#249; il se trouve, chez les pauvres. D'accord, ils n'en ont pas beaucoup, mais ils sont si nombreux ! &#187; Alphonse Allais &lt;br class='autobr' /&gt; Cette phrase pleine d'ironie semble avoir &#233;t&#233; prise au pied de la lettre par les descendants d'Adam Smith, par le grand capital et par les dirigeants politiques qui se donnent de chaleureuses poign&#233;es de mains invisibles. Favoriser l'appauvrissement devient une mesure d'enrichissement des plus puissants et des plus grands. Mais les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Il faut prendre l'argent l&#224; o&#249; il se trouve, chez les pauvres. D'accord, ils n'en ont pas beaucoup, mais ils sont si nombreux ! &#187; Alphonse Allais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Journaliste, &#233;crivain et humoriste fran&#231;ais (1854-1905)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette phrase pleine d'ironie semble avoir &#233;t&#233; prise au pied de la lettre par les descendants d'Adam Smith, par le grand capital et par les dirigeants politiques qui se donnent de chaleureuses poign&#233;es de mains invisibles. Favoriser l'appauvrissement devient une mesure d'enrichissement des plus puissants et des plus grands. Mais les soci&#233;t&#233;s &#233;voluent, et maintenant il ne suffit plus de soutirer de l'argent au plus grand nombre, il faut aussi obtenir leur consentement. Nos dirigeants doivent donc trouver des justifications &#224; leurs d&#233;cisions tr&#232;s peu &#233;quitables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme pr&#233;textes aux petits salaires, au saccage des politiques sociales et des services publics, on nous a servi l'inflation, la mondialisation, la comp&#233;titivit&#233;, la dette, le d&#233;ficit z&#233;ro, etc. &#192; chaque d&#233;cennie, on trouve de nouvelles raisons pour justifier le saccage des politiques sociales et des services publics, les pertes d'emploi, les petits salaires, la pauvret&#233;. Paradoxalement, le discours dominant r&#233;ussit &#224; faire gober que le syst&#232;me capitaliste est le meilleur, malgr&#233; ses perp&#233;tuelles carences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la crise &#233;conomique a le dos large et devient un pr&#233;texte pour imposer des mesures contraignantes. Alors que les responsables de cette crise continuent &#224; s'accorder des primes de rendement pour la mise &#224; sac de l'&#233;conomie, le gouvernement lib&#233;ral de Jean Charest, quant &#224; lui, semble vouloir renouveler son discours (la r&#233;ing&#233;nierie est finie !) et rejette m&#234;me ce qui semblait hier encore des solutions n&#233;olib&#233;rales in&#233;branlables. Les PPP, cette solution d'avenir, sont p&#233;rim&#233;s. M&#234;me la fameuse loi antid&#233;ficit tant appr&#233;ci&#233;e par les milieux d'affaires n'est plus appropri&#233;e. Comme un bon magicien, il a cependant plus d'un tour dans son sac et la derni&#232;re trouvaille &#224; laquelle nous pr&#233;pare le gouvernement Charest, avec l'aide des Jeunes Lib&#233;raux et de ce qui reste de l'ADQ, consiste en une hausse syst&#233;matique de la tarification des services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion de la pr&#233;sentation du budget du Qu&#233;bec en mars 2009, l'ex-ministre des Finances a profit&#233; de l'occasion pour rendre publique la nouvelle politique de tarification du gouvernement du Qu&#233;bec qui devrait &#234;tre implant&#233;e d'ici 2012, laquelle est largement inspir&#233;e du Rapport du Groupe de travail sur la tarification des ser&#172;vices publics, d&#233;pos&#233; en avril 2008 par Claude Montmarquette, Joseph Facal et Lise Lachapelle. Ce rapport avait &#233;tabli &#224; 5 milliards de dollars les revenus potentiels du gouvernement qu&#233;b&#233;cois par cette all&#233;chante m&#233;thode de taxation de l'utilisation des services publics. La nouvelle politique de tarification vise aussi bien la CSST, la SAAQ, l'assurance m&#233;dicaments, l'assurance parentale, les droits de scolarit&#233; universitaires, l'&#233;lectricit&#233;, le transport collectif, les ponts et les autoroutes. M&#234;me le secteur de la sant&#233;, bien que la l&#233;gislation l'interdise actuellement, pourrait &#234;tre soumis &#224; la nouvelle politique de tarification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce changement dans la formule de taxation est loin d'&#234;tre anodin puisqu'il s'agit du passage d'une taxation progressive &#8211; quoique beaucoup moins progressive qu'il y a 20 ou 30 ans &#8211; &#224; une formule nettement r&#233;gressive. Ce faisant, le gouvernement Charest nous indique, avant le d&#233;but du d&#233;bat, qu'il est grand temps d'abandonner l'imp&#244;t comme mode de redistribution des richesses. Il nous annonce clairement que l'imp&#244;t, qui permettait d'offrir des services en apparence gratuits, mais en r&#233;alit&#233; pay&#233;s collectivement via l'imp&#244;t des particuliers et des soci&#233;t&#233;s, est &#224; jeter dans les poubelles avec la recherche de justice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette voie conduira &#224; un appauvrissement g&#233;n&#233;ralis&#233; et toute la population devra passer &#224; la caisse. La classe moyenne verra ses moyens diminu&#233;s et les plus pauvres s'appauvriront &#224; chaque fois qu'ils et elles auront recours &#224; un service public. Et ce n'est pas tout, le gouvernement Charest voit loin : la politique de tarification qui nous fera payer et payer est aussi un processus de conditionnement de la population &#224; la privatisation des services publics. Ce qui est vis&#233; &#224; terme, c'est la m&#233;tamorphose des droits sociaux en marchandises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne nous laissons pas berner ! Peu importe la formule qui sera retenue (Sommet &#224; la p&#233;quiste, grand &#233;v&#233;nement du genre Forum des g&#233;n&#233;rations, consultations pr&#233;budg&#233;taires ou autres), le gouvernement de Jean Charest cherche au bas mot 4 milliards de dollars pour r&#233;sorber le d&#233;ficit budg&#233;taire. La crise &#233;conomique constitue donc une opportunit&#233; inesp&#233;r&#233;e pour le gouvernement Charest d'imposer son agenda politique. La tarification des services publics est une mauvaise solution qui doit absolument &#234;tre d&#233;nonc&#233;e et combattue &#233;nergiquement. Il serait temps de lui imposer un ticket mod&#233;rateur !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Journaliste, &#233;crivain et humoriste fran&#231;ais (1854-1905)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>FTQ et Fonds de solidarit&#233; </title>
		<link>https://www.ababord.org/FTQ-et-Fonds-de-solidarite</link>
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		<dc:creator>Andr&#233; Frappier</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Frappier, Andr&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quelques semaines &#224; peine apr&#232;s le scandale de son voyage en bateau avec l'homme d'affaires Tony Acurso, personnage qui, rappelons-le, a b&#233;n&#233;fici&#233; d'importants investissements du Fonds de solidarit&#233;, le pr&#233;sident de la FTQ Michel Arsenault a refait les manchettes en annon&#231;ant le soutien financier du FSTQ &#224; Pierre Karl P&#233;ladeau en tant que partenaire pour l'achat du Canadien de Montr&#233;al, au moment o&#249; les syndiqu&#233;s de la CSN sont en lock-out. On ne parle pas ici de sauver des emplois, mais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Frappier-Andre-+" rel="tag"&gt;Frappier, Andr&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton949.gif?1642092279' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;273&#034; height=&#034;334&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quelques semaines &#224; peine apr&#232;s le scandale de son voyage en bateau avec l'homme d'affaires Tony Acurso, personnage qui, rappelons-le, a b&#233;n&#233;fici&#233; d'importants investissements du Fonds de solidarit&#233;, le pr&#233;sident de la FTQ Michel Arsenault a refait les manchettes en annon&#231;ant le soutien financier du FSTQ &#224; Pierre Karl P&#233;ladeau en tant que partenaire pour l'achat du Canadien de Montr&#233;al, au moment o&#249; les syndiqu&#233;s de la CSN sont en lock-out. On ne parle pas ici de sauver des emplois, mais d'investir pour augmenter le rendement aux actionnaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette d&#233;cision est scandaleuse d'un point de vue syndical, et il est important de se pencher sur les motifs qui ont pu mener la direction de la FTQ sur cette voie. Il faut &#233;galement analyser l'impact et le poids du Fonds de solidarit&#233; dans l'histoire politique de la FTQ.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Naissance du Fonds
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Fonds de Solidarit&#233; est n&#233; en 1983. Durant l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, le taux de ch&#244;mage atteignait 14 %. Pr&#232;s d'un demi-million de personnes &#233;taient inscrites &#224; l'assurance-ch&#244;mage &#224; certains moments et les taux d'int&#233;r&#234;ts grimpaient &#224; 21 %. Le gouvernement du Parti qu&#233;b&#233;cois avait convoqu&#233; en avril 1982 un Sommet socio&#233;conomique &#224; Qu&#233;bec o&#249; il lan&#231;ait un appel &#224; la solidarit&#233; pour r&#233;sorber un trou financier de 700 millions $, jetant ainsi les bases d'une des plus importantes attaques contre le mouvement ouvrier qu&#233;b&#233;cois en imposant des coupes salariales de 20 % dans le secteur public au d&#233;but de l'ann&#233;e 1983. Au moment du sommet, Louis Laberge avait d&#233;clar&#233; : &lt;i&gt;&#171; Nous sommes bien conscients que les probl&#232;mes sont s&#233;rieux. Nous sommes donc pr&#234;ts &#224; faire notre part, en autant que tout le monde fasse sa part&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Solidarit&#233; inc., Louis Fournier, &#201;ditions Qu&#233;bec/ Am&#233;riques 1991.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/i&gt; La FTQ comptait environ deux tiers de ses membres dans le secteur priv&#233;, l&#224; o&#249; les fermetures, licenciements et coupes de salaires frappaient durement. Mais en faisant une telle d&#233;claration, dans le contexte des coupes annonc&#233;es, il validait la pens&#233;e de Ren&#233; L&#233;vesque :&lt;i&gt; &#171; &#192; cause de la crise, les syndicats du secteur priv&#233; font des concessions &#187;,&lt;/i&gt; constatait-il. &lt;i&gt;&#171; Pourquoi pas ceux du secteur public, avec leurs &#171; emplois &#224; vie &#187;&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de temps apr&#232;s, en ao&#251;t 1982, Laberge rencontrait L&#233;vesque pour lui indiquer que la FTQ &#233;tait pr&#234;te &#224; examiner tout projet qui permettrait que l'argent des coupes de salaires (du secteur public) soit r&#233;investi dans des initiatives de cr&#233;ation d'emploi. Il reprenait ainsi l'id&#233;e qu'il avait lanc&#233;e au sommet de Qu&#233;bec d'un fonds pour l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'opposition au Fonds&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs militantes se sont oppos&#233;s &#224; la cr&#233;ation du Fonds de solidarit&#233;, y voyant un instrument de concertation. Jean-Marc Piotte &#233;crivait &#224; l'&#233;poque : &lt;i&gt;&#171; L'id&#233;e du Fonds de solidarit&#233; est lanc&#233;e avec le projet Corv&#233;e-Habitation par M. Laberge lors du sommet &#233;conomique de Qu&#233;bec en avril 1982. La FTQ qui, &#224; la concertation intercentrale, pr&#233;f&#232;re la collaboration avec le PQ, juge globalement positive sa participation aux divers sommets, m&#234;me si des l&#233;gislations favorisant l'acc&#232;s &#224; la syndicalisation et civilisant les fermetures d'usines n'ont jamais &#233;t&#233; adopt&#233;es par le gouvernement L&#233;vesque&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Devoir. 1er d&#233;cembre 1983.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomiste et militant syndical Louis Gill, quant &#224; lui, exprimait son opposition en mettant en perspective la cr&#233;ation du FSTQ au congr&#232;s de d&#233;cembre 1983 par rapport &#224; la position propos&#233;e par la direction de la centrale concernant la r&#233;duction du temps de travail &#224; ce m&#234;me congr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle-ci refusait de proposer la r&#233;duction du temps de travail sans r&#233;duction de salaire, et ce, m&#234;me si les 400 d&#233;l&#233;gu&#233;es et d&#233;l&#233;gu&#233;s participant au colloque : &lt;i&gt;&#171; Du travail pour tous, du temps pour vivre &#187;&lt;/i&gt; tenu au mois de mai de la m&#234;me ann&#233;e avaient adopt&#233; massivement cette position et rejet&#233; le travail partag&#233;. Mario Fontaine du journal La Presse, le 9 mai 1983, rapportait ainsi la d&#233;cision des participantes au colloque : &lt;i&gt;&#171; On doit se serrer les coudes, pas la ceinture de dire un intervenant. Les congressistes ont voulu &#233;viter toute ambigu&#239;t&#233; en rejetant la proposition du comit&#233;-synth&#232;se : d'accord pour une diminution du temps de travail, mais pas question de toucher aux revenus des travailleurs, d&#233;j&#224; alt&#233;r&#233;s par la crise. On craint que les employeurs veulent profiter d'une ouverture trop large pour gruger dans les droits acquis, accro&#238;tre les cadences et l'introduction des changements technologiques, et que la r&#233;duction du temps de travail ne permette en fin de compte que la cr&#233;ation d'emplois pr&#233;caires incompatibles avec l'objectif de s&#233;curit&#233; d'emploi. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, la direction de la FTQ &#233;vacuait cette position lors du congr&#232;s et, ce faisant, &#233;liminait un outil majeur pour organiser la riposte et unifier le mouvement ouvrier contre la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louis Gill tirait la conclusion suivante : &lt;i&gt;&#171; ... elle&lt;/i&gt; (la direction de la FTQ) &lt;i&gt;a soutenu une r&#233;solution laissant aux syndicats locaux le choix de d&#233;terminer eux-m&#234;mes s'ils doivent &#8220;en tenant compte de leur rapport de force et de la situation de l'entreprise&#8221; tenter ou non de n&#233;gocier une diminution de travail sans r&#233;duction de salaire. Cette position qui laisse la porte ouverte aux r&#233;ductions du temps de travail avec r&#233;duction de salaire, par exemple dans les cas o&#249; on invoquerait la situation de l'entreprise pour la justifier, est une position tout &#224; fait compr&#233;hensible si on l'envisage dans la logique du profit, de la &#8220;viabilit&#233; &#233;conomique&#8221;, qui est notamment le crit&#232;re de base du fonctionnement du Fonds de solidarit&#233; dont la finalit&#233; est de fructifier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Presse, 28 mars 1984.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Fonds de solidarit&#233; n'a pas &#233;t&#233; en soi un d&#233;clencheur de la concertation, il en a &#233;t&#233; la continuit&#233; sous une forme plus avanc&#233;e. Mais &#224; l'&#233;poque, sa cr&#233;ation a marqu&#233; un tournant dans les orientations syndicales, ce qui explique la r&#233;sistance de plusieurs syndicats &#224; y adh&#233;rer, dont la section locale de Montr&#233;al du Syndicat des Postiers (STTP actuel) et plusieurs sections locales du SCFP. R&#233;sistance marqu&#233;e lors du congr&#232;s par Francine Leblanc des TUAC ; prenant le micro, elle a entonn&#233; cette c&#233;l&#232;bre chanson adapt&#233;e de Boris Vian : &lt;i&gt;&#171; Monsieur le pr&#233;sident, contre je voterai. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;ditorialistes, quant &#224; eux, ont bien accueilli cette d&#233;cision. Fr&#233;d&#233;ric Wagni&#232;re qualifiait ainsi la position de la FTQ : &lt;i&gt;&#171; La F&#233;d&#233;ration des travailleurs du Qu&#233;bec a compris que la confrontation n'est pas le moyen de r&#233;soudre le probl&#232;me du ch&#244;mage. En d&#233;cembre dernier, elle a refus&#233; de &#8220;s'encarcaner&#8221; en liant les r&#233;ductions de temps de travail au maintien de la pleine compensation. Par ailleurs elle a cr&#233;&#233; le Fonds de solidarit&#233; dont un des buts est de cr&#233;er des emplois. La FTQ avance, toutefois, avec grande prudence dans cette voie de peur d'&#234;tre accus&#233;e de rechercher la concertation &#224; tout prix avec les employeurs et les gouvernements&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Presse. 3 mai 1984.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ministre de l'industrie et du commerce du gouvernement p&#233;quiste, Rodrigue Biron, avait une id&#233;e bien pr&#233;cise quant &#224; l'utilit&#233; du FSTQ : &lt;i&gt;&#171; ... l'id&#233;e ma&#238;tresse n'est pas tant cet investissement global, important certes mais pas tellement dans le cadre d'une strat&#233;gie globale d'investissement industrielle, que sa contrepartie : faire participer les travailleurs &#224; la gestion... ce qui supposera une transformation des strat&#233;gies syndicales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Presse, avril 1983.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, alors qu'un nouveau cycle de la crise &#233;conomique frappe encore une fois les travailleurs et travailleuses, la n&#233;cessit&#233; d'un bilan politique de fond sur les cons&#233;quences de la concertation et du partenariat se pose avec urgence. Pour faire face aux diktats du FMI, de la Banque mondiale et des accords commerciaux internationaux, ce dont nous avons besoin, c'est d'une mobilisation unitaire afin d'emp&#234;cher le d&#233;mant&#232;lement des services publics et l'augmentation des pouvoirs de l'industrie priv&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Solidarit&#233; inc.&lt;/i&gt;, Louis Fournier, &#201;ditions Qu&#233;bec/ Am&#233;riques 1991.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;. 1er d&#233;cembre 1983.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Presse,&lt;/i&gt; 28 mars 1984.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Presse.&lt;/i&gt; 3 mai 1984.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt;, avril 1983.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Montr&#233;al en qu&#234;te d'une l&#233;gitimit&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Montreal-en-quete-d-une-legitimite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Montreal-en-quete-d-une-legitimite</guid>
		<dc:date>2009-12-13T23:10:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Latendresse</dc:creator>


		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Latendresse, Anne</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Aux derni&#232;res &#233;lections municipales &#224; Montr&#233;al, le taux de participation de 35 % semblait r&#233;v&#233;lateur du d&#233;sint&#233;r&#234;t de la population montr&#233;alaise face &#224; une campagne &#233;lectorale terne o&#249; les enjeux mis de l'avant portaient sur les nids de poule et la propret&#233;. Cette campagne sans int&#233;r&#234;t avait permis au maire G&#233;rald Tremblay d'&#234;tre report&#233;s au pouvoir pour un deuxi&#232;me mandat, tout en &#233;vitant de se prononcer sur les v&#233;ritables enjeux. Cette bonne vieille tactique adopt&#233;e par les politiciens (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-31-oct-nov-2009-" rel="directory"&gt;No 031 - oct. / nov. 2009&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Latendresse-Anne-+" rel="tag"&gt;Latendresse, Anne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton948.gif?1642092279' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1400&#034; height=&#034;423&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aux derni&#232;res &#233;lections municipales &#224; Montr&#233;al, le taux de participation de 35 % semblait r&#233;v&#233;lateur du d&#233;sint&#233;r&#234;t de la population montr&#233;alaise face &#224; une campagne &#233;lectorale terne o&#249; les enjeux mis de l'avant portaient sur les nids de poule et la propret&#233;. Cette campagne sans int&#233;r&#234;t avait permis au maire G&#233;rald Tremblay d'&#234;tre report&#233;s au pouvoir pour un deuxi&#232;me mandat, tout en &#233;vitant de se prononcer sur les v&#233;ritables enjeux. Cette bonne vieille tactique adopt&#233;e par les politiciens voulant &#234;tre report&#233;s au pouvoir est bien connue : rester coi, prendre la parole le moins possible en vue de se faire &#233;lire &#224; nouveau.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La fin du deuxi&#232;me mandat du maire Tremblay aura &#233;t&#233; fort mouvement&#233;e. Ce dernier allait occuper, malgr&#233; lui, les devants de la sc&#232;ne. Plusieurs cas apparent&#233;s &#224; des conflits d'int&#233;r&#234;t, du client&#233;lisme ou de la corruption ont montr&#233; la duplicit&#233; de certains &#233;lus et leur trop grande proximit&#233; avec les grands promoteurs. Le petit s&#233;jour de Frank Zampino, alors qu'il &#233;tait pr&#233;sident du comit&#233; ex&#233;cutif de la Ville, sur le yacht priv&#233; de Tony Accurso, propri&#233;taire et actionnaire de nombreuses firmes et consortiums qui obtiennent r&#233;guli&#232;rement d'importants contrats de la Ville, a r&#233;v&#233;l&#233; au grand jour les pratiques fort douteuses de nos &#233;diles. Ce dernier scandale, toujours sous enqu&#234;te polici&#232;re, s'ajoutait &#224; une liste de cas semblables qui s'allonge : des pots de vin re&#231;us par des &#233;lus de Saint-Laurent, un bar bien garni &#224; la mairie de l'arrondissement d'Outremont, l'octroi d'un contrat faramineux pour l'installation de compteurs d'eau &#224; G&#233;niAu, une firme dont fait partie Tony Accurso (et oui le m&#234;me !), la vente &#224; rabais du terrain de Faubourg Contrec&#339;ur par la Soci&#233;t&#233; d'habitation de d&#233;veloppement de Montr&#233;al (SHDM), passant outre l'avis des principaux fonctionnaires du Service des transactions immobili&#232;res de la Ville (l'&#233;pouse du directeur de la SHDM &#233;tait membre du comit&#233; ex&#233;cutif de la Ville), et la fraude au service informatique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De nouvelles donnes sur la sc&#232;ne municipale montr&#233;alaise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nouvelle Vision Montr&#233;al&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cision de Louise Harel, ancienne ministre des Affaires municipales et de la M&#233;tropole et ancienne d&#233;put&#233;e du Parti qu&#233;b&#233;cois dans Hochelaga-Maisonneuve, de se porter candidate &#224; la mairie de Montr&#233;al a &#233;t&#233; per&#231;ue par certains comme une &#171; bou&#233;e de sauvetage &#187;. En effet, tellement d&#233;senchant&#233;s et d&#233;courag&#233;s par le blocage qui pr&#233;vaut sur la sc&#232;ne municipale, et face &#224; la perspective o&#249; le maire Tremblay semblait avoir le chemin libre pour un troisi&#232;me mandat, certains militants et observateurs ont applaudi l'arriv&#233;e de cette politicienne aguerrie. Peu importe, semble-t-il, sa responsabilit&#233; dans le fiasco de la r&#233;forme municipale et dans la fa&#231;on dont son gouvernement a impos&#233; cette r&#233;organisation municipale, et peu importe qu'elle ait choisi le parti populiste de droite Vision Montr&#233;al, autrefois dirig&#233; par Pierre Bourque, la politicienne d'exp&#233;rience leur semble une option int&#233;ressante pour contrer le marasme ambiant qui s'est install&#233; &#224; l'h&#244;tel de ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la dame d'Hochelaga-Maisonneuve poss&#232;de les caract&#233;ristiques d'une politicienne aguerrie. Animal politique, elle est rompue &#224; l'exercice du pouvoir et aux exigences de la vie politique. Elle fait preuve d'un pouvoir de persuasion, d'une excellente connaissance du fonctionnement des m&#233;dias et d'un sens quasi &#224; toute &#233;preuve de l'organisation. &#192; preuve, l'annonce de sa candidature &#224; la mairie de la Ville sous la banni&#232;re de Vision Montr&#233;al &#224; quelques jours de la tenue du cinqui&#232;me Sommet citoyen de Montr&#233;al. Cette tribune, organis&#233;e par des groupes de la soci&#233;t&#233; civile pr&#244;nant la d&#233;mocratie participative, allait &#234;tre pour celle qui appelait de ses v&#339;ux la cr&#233;ation d'un large mouvement citoyen montr&#233;alais l'occasion id&#233;ale de se faire entendre publiquement pour la premi&#232;re fois &#224; titre de candidate &#224; la mairie tout en s'assurant une couverture m&#233;diatique importante. Un bon coup pour madame Harel ! Autre preuve de l'exp&#233;rience de l'animal politique s'il en faut : sa capacit&#233; et sa rapidit&#233; &#224; mettre en place six chantiers de travail, chacun dirig&#233; par des experts des &#233;tudes urbaines, dont l'objectif vise &#224; d&#233;finir les principales orientations du d&#233;veloppement qu'elle entend mettre de l'avant. Enfin, force est de constater sa capacit&#233; &#224; s'entourer de candidates connus : R&#233;al M&#233;nard, d&#233;put&#233; du Bloc qu&#233;b&#233;cois, candidat &#224; la mairie de Hochelaga-Maisonneuve, la directrice g&#233;n&#233;rale de l'organisme communautaire Les fourchettes de l'espoir dans Montr&#233;al-Nord, Brenda Paris, ancienne pr&#233;sidente du parti Union Montr&#233;al et militante municipaliste de longue date, dans C&#244;te-des-Neiges, Notre-Dame-de-Gr&#226;ce et David Hanna, professeur d'&#233;tudes urbaines et touristiques &#224; l'UQAM et sp&#233;cialiste des questions d'am&#233;nagement et de patrimoine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est ind&#233;niable que Louise Harel a la capacit&#233; de rassembler autour d'elle une &#233;quipe de personnes comp&#233;tentes et d'experts, ce que n'aurait su faire Beno&#238;t Labont&#233;. Mais ce r&#233;am&#233;nagement ou cette red&#233;finition du parti Vision Montr&#233;al repr&#233;sente-t-elle une r&#233;elle alternative &#224; la lente et progressive privatisation de la ville ? Comment madame Harel et son &#233;quipe se positionneront-ils face aux &#233;lites &#233;conomiques de Montr&#233;al et du Qu&#233;bec qui aspirent &#224; faire de Montr&#233;al une &#171; ville internationale &#187; accueillante pour les investisseurs de tout acabit ? Quelles seront leurs r&#233;ponses face aux projets d'envergure envisag&#233;s par les Devimco de ce jour, qui n'ont de pr&#233;occupations que les profits qu'ils sauront tirer de la &#171; revitalisation &#187; et de la gentrification des quartiers auxquelles ils auront contribu&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Projet Montr&#233;al&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au jeune parti Projet Montr&#233;al, celui-ci poursuit son travail de fond. Dans plusieurs arrondissements, ce parti a mis en place des comit&#233;s locaux qui regroupent de jeunes militantes dot&#233;s d'&#233;nergie et de bonne volont&#233;. Son chef, Richard Bergeron, seul &#233;lu au conseil municipal, semble gagner de l'exp&#233;rience. Une meilleure compr&#233;hension du rouage politique et administratif de la Ville lui permet de saisir les opportunit&#233;s qui se pr&#233;sentent. &#192; titre d'exemple, les pratiques douteuses de l'administration Tremblay lui ont permis de soulever la question de l'&#233;thique et celle du financement des partis politiques municipaux. On ne peut que le f&#233;liciter de son association avec le juge Gomery. Toutefois, il faudrait qu'il sache multiplier les bons coups. Car le programme de son parti, fort stimulant il est vrai, risque de moins se d&#233;marquer lorsque les sp&#233;cialistes alli&#233;s &#224; Madame Harel feront conna&#238;tre les orientations de leur parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Comme on le sait, un parti politique ne se construit pas en un jour. Malgr&#233; l'appui formel qu'il a obtenu de Qu&#233;bec solidaire, Projet Montr&#233;al devra convaincre non seulement les militants &#233;cologistes, mais plus largement les militants des mouvements urbains montr&#233;alais et des mouvements sociaux en g&#233;n&#233;ral, ce qu'il n'a pas encore r&#233;ussi &#224; faire. Plus encore, il devra d&#233;velopper des alliances s'il veut un jour faire une perc&#233;e significative et rejoindre un large public. Car le d&#233;coupage de la ville en arrondissements et le syst&#232;me &#233;lectoral permettent aujourd'hui de d&#233;velopper une strat&#233;gie &#233;lectoraliste d'arrondissement, ce que ne semble pas encore avoir saisi Richard Bergeron.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des enjeux occult&#233;s... et des projets douteux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; droite comme &#224; gauche, tous en conviennent, Montr&#233;al a besoin d'un nouveau souffle. Dans certains quartiers de Montr&#233;al, comme Pointe-Saint-Charles, Montr&#233;al-Nord ou St-Michel, 40 %, voire parfois 50 % des m&#233;nages, vivent sous le seuil de faible revenu. Selon une estimation de l'Office municipal d'habitation de Montr&#233;al, reprise par le FRAPRU, 22 775 personnes attendent pour avoir acc&#232;s &#224; un logement social. Le co&#251;t des loyers &#224; Montr&#233;al a connu une augmentation moyenne de 16,1 % en 2006 alors que la hausse des salaires pour la m&#234;me p&#233;riode &#233;tait plus faible : 37 % des m&#233;nages allouent plus de la norme de 30 % de leur revenu au loyer (&lt;i&gt;Dossier noir&lt;/i&gt; FRAPRU).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, certains secteurs comme Montr&#233;al-Nord font face &#224; des besoins importants en mati&#232;re d'infrastructure, d'&#233;quipements collectifs pour rencontrer les besoins de la population. Enfin, cette m&#233;tropole qui accueille la plus grande part des immigrants arrivant au Qu&#233;bec, continue de se diversifier alors que les pratiques de profilage racial font toujours partie de l'arsenal des interventions polici&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mettre Montr&#233;al sur la &lt;i&gt;mappe&lt;/i&gt;, les &#171; lucides montr&#233;alais &#187; misent sur une strat&#233;gie de grands projets urbains. &lt;i&gt;R&#233;ussir Montr&#233;al 2025&lt;/i&gt;, la &#171; strat&#233;gie &#187; de d&#233;veloppement &#233;conomique de la Ville ressemble &#224; un &#171; &lt;i&gt;scrap booking&lt;/i&gt; &#187; mis de l'avant par les promoteurs du secteur priv&#233;. Les candidatEs sauront-ils aborder ces enjeux de fond plut&#244;t que de se contenter de parler de l'&#233;ternelle question de d&#233;neigement ou de changement de noms de rue ? Et sauront-ils respecter les instances et m&#233;canismes du dispositif de participation publique qu'ils ont eux-m&#234;mes mis en place ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cr&#233;er une v&#233;ritable alternative&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En juin dernier, avait lieu un cinqui&#232;me Sommet citoyen de Montr&#233;al qui rassemblait un millier de citoyenNEs organis&#233;s et non organis&#233;s. Port&#233; par un regroupement de pr&#232;s d'une vingtaine de r&#233;seaux d'organismes communautaires et syndicaux, ce forum social montr&#233;alais a permis d'&#233;changer et de d&#233;battre de &lt;i&gt;La ville que nous voulons&lt;/i&gt;, sous les angles &#233;conomique, &#233;cologique, de justice sociale et d'inclusion, de d&#233;mocratie, de culture et d'am&#233;nagement. Synth&#233;tis&#233;s dans un Agenda citoyen, les grands principes et les valeurs qui animent des centaines de Montr&#233;alaisEs permettront d'interpeller les candidatEs des divers partis. Le mouvement urbain qu'il repr&#233;sente est parvenu &#224; un moment critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tenue de sommets ne suffit pas en soi &#224; assurer une pr&#233;sence active du mouvement urbain montr&#233;alais. Les Montr&#233;alaisEs qui ont &#224; c&#339;ur le sort de leur ville doivent s'engager activement. Lors de la prochaine tenue du Forum social qu&#233;b&#233;cois, ils seront convi&#233;s &#224; un grand rendez-vous pour discuter de la cr&#233;ation d'un large mouvement citoyen montr&#233;alais pluriel. Saura-t-il se constituer en une nouvelle force de frappe dans le paysage montr&#233;alais ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Plan de lutte &#224; la pauvret&#233; ou plan de communication </title>
		<link>https://www.ababord.org/Plan-de-lutte-a-la-pauvrete-ou</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Plan-de-lutte-a-la-pauvrete-ou</guid>
		<dc:date>2009-12-13T23:09:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Yves Joannette</dc:creator>


		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Joannette, Jean-Yves </dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 15 juin dernier, le ministre Hamad lan&#231;ait les consultations qui doivent mener &#224; la confection d'un deuxi&#232;me plan de lutte. Cette journ&#233;e a &#233;t&#233; marqu&#233;e par la sortie de nombreux regroupements communautaires outr&#233;s par un discours qui explique la pauvret&#233; par les carences individuelles, qui nie les droits des personnes en situation de pauvret&#233; et qui rejette la responsabilit&#233; de la lutte &#224; la pauvret&#233; &#224; la philanthropie et aux instances r&#233;gionales et municipales. &lt;br class='autobr' /&gt;
Curieusement et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-31-oct-nov-2009-" rel="directory"&gt;No 031 - oct. / nov. 2009&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Joannette-Jean-Yves-+" rel="tag"&gt;Joannette, Jean-Yves &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 15 juin dernier, le ministre Hamad lan&#231;ait les consultations qui doivent mener &#224; la confection d'un deuxi&#232;me plan de lutte. Cette journ&#233;e a &#233;t&#233; marqu&#233;e par la sortie de nombreux regroupements communautaires outr&#233;s par un discours qui explique la pauvret&#233; par les carences individuelles, qui nie les droits des personnes en situation de pauvret&#233; et qui rejette la responsabilit&#233; de la lutte &#224; la pauvret&#233; &#224; la philanthropie et aux instances r&#233;gionales et municipales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curieusement et contraire aux r&#232;gles habituelles, cette consultation s'op&#232;re avec deux documents de consultation. L'un pour le niveau national, l'autre pour le niveau r&#233;gional. La consultation nationale du 15 juin a &#233;t&#233; une pr&#233;sentation d'un document qui ne sera pas discut&#233; au niveau r&#233;gional. En effet, dans les r&#233;gions les discussions sur les politiques sociales du gouvernement du Qu&#233;bec ne sont pas &#224; l'ordre du jour.&lt;br class='autobr' /&gt;
En fait, dans les r&#233;gions il n'y a pas de consultation sur un &#233;ventuel plan de lutte. Il y a plut&#244;t invitation &#224; cautionner une strat&#233;gie pr&#233;d&#233;termin&#233;e, soit &#171; l'approche territoriale int&#233;gr&#233;e (ATI) &#187;, et &#224; trouver des partenaires pour y participer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette strat&#233;gie s'inscrit dans la continuit&#233; de la politique de r&#233;gionalisation et de localisation, elle est une nouvelle &#233;tape de transfert de responsabilit&#233;s. Ainsi, avec l'aide des directions r&#233;gionales des minist&#232;res du gouvernement du Qu&#233;bec, les Conseils r&#233;gionaux des &#233;luEs (CR&#201;) les municipalit&#233;s r&#233;gionales de compt&#233; (MRC) et enfin les municipalit&#233;s pourront choisir leurs priorit&#233;s d'interventions. Bien entendu, au sein de tout ce fatras d'instances, les municipalit&#233;s dans les MRC ou les arrondissements d'une municipalit&#233;, devront discuter du partage des maigres ressources pour lutter contre la pauvret&#233;&#8230; id&#233;alement l&#224; ou il y des pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, si rien ne l'emp&#234;che, lorsque se mettra en place la tarification des services publics dans les journaux petits et gros on fera &#233;tat de merveilleuse collaboration entre grands et petits partenaires qui auront permis sur un petit territoire de soulager la pauvret&#233; et la mis&#232;re. Le plan de lutte &#224; la pauvret&#233; risque fort de laisser en plan la pauvret&#233;. Mais comme plan de communication, avouons-le, il y a l&#224; une trace de g&#233;nie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'UQ&#192;M, c'est Nous !</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-UQAM-c-est-Nous</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-UQAM-c-est-Nous</guid>
		<dc:date>2009-12-13T23:09:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexandre Leduc</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Leduc, Alexandre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le vaste t&#233;l&#233;roman que constitue l'histoire r&#233;cente de la plus grosse universit&#233; francophone d'Am&#233;rique aura &#233;t&#233; marqu&#233;, dans sa saison 2008-2009, par un &#233;pisode de solidarit&#233; sans pr&#233;c&#233;dent. Il convient de poser d&#232;s maintenant les premi&#232;res pierres de ce qui deviendra notre m&#233;moire collective de la gr&#232;ve de 2009. &lt;br class='autobr' /&gt; C'est essentiellement &#224; titre de travailleur &#233;tudiant, donc de jeune syndiqu&#233;, que j'ai v&#233;cu la gr&#232;ve de l'hiver 2009. Cette double identit&#233;, &#224; d&#233;faut d'&#234;tre parfois d&#233;chirante, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-31-oct-nov-2009-" rel="directory"&gt;No 031 - oct. / nov. 2009&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Education-et-enseignement-+" rel="tag"&gt;Education et enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton945.gif?1642092279' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;492&#034; height=&#034;369&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le vaste t&#233;l&#233;roman que constitue l'histoire r&#233;cente de la plus grosse universit&#233; francophone d'Am&#233;rique aura &#233;t&#233; marqu&#233;, dans sa saison 2008-2009, par un &#233;pisode de solidarit&#233; sans pr&#233;c&#233;dent. Il convient de poser d&#232;s maintenant les premi&#232;res pierres de ce qui deviendra notre m&#233;moire collective de la gr&#232;ve de 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est essentiellement &#224; titre de travailleur &#233;tudiant, donc de jeune syndiqu&#233;, que j'ai v&#233;cu la gr&#232;ve de l'hiver 2009. Cette double identit&#233;, &#224; d&#233;faut d'&#234;tre parfois d&#233;chirante, a l'avantage de faire en sorte que nous sommes bien accueillis &#224; la fois chez les syndicats et chez les associations &#233;tudiantes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mise en sc&#232;ne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quiconque s'est minimalement d&#233;j&#224; impliqu&#233; &#224; l'UQAM sait tr&#232;s bien que c'est un casse-t&#234;te politique dans lequel se fr&#233;quentent (sans n&#233;cessairement s'appr&#233;cier !) quatre syndicats et sept associations facultaires de toutes les all&#233;geances politiques. Rien, dans l'histoire r&#233;cente de l'UQAM, ne pouvait donc laisser croire &#224; la possibilit&#233; d'un mouvement unitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce titre, la gr&#232;ve &#233;tudiante de l'hiver 2008 avait largement d&#233;montr&#233; la profondeur du foss&#233; entre associations et syndicats. Alors que les associations &#233;tudiantes en gr&#232;ve se d&#233;menaient pour organiser des actions communes de solidarit&#233;, elles se butaient au mieux &#224; des fins de non-recevoir de la part des syndicats, au pire &#224; des annulations de participation le matin m&#234;me. La gr&#232;ve &#233;tudiante est un &#233;chec sur toute la ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres mots, Corbo, le recteur de l'UQAM, avait gagn&#233; sa premi&#232;re manche : diviser les forces vives pour pouvoir casser la r&#233;sistance, une r&#233;volte &#224; la fois.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Acte 1 : la rentr&#233;e automne 2008&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; la rentr&#233;e de l'automne 2008, c'est le d&#233;sert &#224; l'UQAM. Le mouvement &#233;tudiant est inanim&#233; et trois syndicats attendent toujours docilement le r&#232;glement de leur convention collective. Je dis bien trois, car le quatri&#232;me, le syndicat des charg&#233;s de cours (SCCUQ), avait accept&#233; durant l'&#233;t&#233; un prolongement de sa convention collective. Corbo se dirige alors vers une victoire par d&#233;faut&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Acte 2 : session d'hiver 2009&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La rentr&#233;e de l'hiver 2009 est marqu&#233;e par une bravade &#233;tonnante, celle du syndicat des professeures (SPUQ), qui placarde le campus d'une affiche clamant : &#171; &lt;i&gt;6 semaines pour n&#233;gocier&lt;/i&gt; &#187; ! Ah bon, c'est bien, mais apr&#232;s ils vont faire quoi ? Les six semaines s'&#233;coulent paisiblement dans une indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale jusqu'&#224; ce l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des professeures d&#233;cide qu'elle doit passer &#224; une nouvelle &#233;tape dans ses rapports avec l'administration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une fois la gr&#232;ve d&#233;clench&#233;e, le SPUQ s'est r&#233;v&#233;l&#233; &#234;tre un fin strat&#232;ge. Il sait qu'il a besoin d'alli&#233;s pour battre Corbo, et surtout pour battre Courchesne, la ministre de l'&#201;ducation. De plus, un support de la communaut&#233; &#233;tudiante, du moins de ses &#233;l&#233;ments progressistes, sera tr&#232;s pertinent au moment de faire des tourn&#233;es de classe pour expliquer aux &#233;tudiantes pourquoi ils et elles n'ont plus acc&#232;s &#224; la moiti&#233; de leurs cours. Pour s'assurer de cet appui, le SPUQ prend bien soin de mettre de l'avant des revendications qui auront un impact sur la qualit&#233; des &#233;tudes. La plus embl&#233;matique est certainement celle concernant l'embauche de 300 nouveaux profs. Justement, les associations en gr&#232;ve en 2008 demandaient la m&#234;me chose&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette revendication assure au SPUQ un capital de sympathie presque instantan&#233; dans la communaut&#233; &#233;tudiante. D'ailleurs, la gr&#232;ve &#233;tudiante est dans l'air et des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales sont convoqu&#233;es pour t&#226;ter le pouls de la communaut&#233;. Pendant que la gauche s'entretue &#224; savoir s'il faut faire une gr&#232;ve d'appui ou une gr&#232;ve parall&#232;le, la droite, elle, rigole. La pr&#233;sence de professeurs dans les assembl&#233;es &#233;tudiantes r&#233;ussit toutefois &#224; faire pencher la balance dans les facult&#233;s traditionnellement peu enclines &#224; la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les jours suivants, le S&#233;tue (Syndicat des &#233;tudiantes employ&#233;es) propose de mettre sur pied une nouvelle instance de coordination de la mobilisation : &lt;i&gt;l'intermob&lt;/i&gt;. Cette instance va jouer un r&#244;le fondamental dans le d&#233;roulement de la gr&#232;ve, car elle constitue une mani&#232;re originale et d&#233;centralis&#233;e de conceptualiser les relations intersyndicales. En effet, en r&#233;unissant les comit&#233;s de mobilisation des diff&#233;rents syndicats et associations &#233;tudiantes, les r&#233;unions changent radicalement de ton et de registre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res actions de solidarit&#233; consistent &#224; organiser des ateliers de r&#233;flexion sur l'universit&#233; que nous voulons. Dans la tradition des forums sociaux, ces ateliers de discussion permettent des rapprochements importants, particuli&#232;rement entre professeurEs et &#233;tudiantEs. On voit appara&#238;tre des nouveaux visages et une atmosph&#232;re de solidarit&#233; communautaire se dessine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle atmosph&#232;re est particuli&#232;rement palpable dans les rassemblements unitaires, en particulier lors de la grande assembl&#233;e au th&#233;&#226;tre St-Denis du 26 mars o&#249;, durant trois heures, toute la communaut&#233; s'est exprim&#233;e librement sur le conflit en cours et l'avenir de notre universit&#233;. En ce qui a trait &#224; la rue, les marches de protestation se succ&#232;dent &#224; un rythme d'environ deux par semaine ! On d&#233;cide d'inscrire sur l'unique banni&#232;re de t&#234;te ce qui est d&#233;j&#224; un slogan populaire depuis le d&#233;but du mouvement : &lt;i&gt;L'UQAM c'est nous !&lt;/i&gt; Faisant suite au &lt;i&gt;&#192; qui l'UQAM ?, &#192; nous l'UQAM !&lt;/i&gt; scand&#233; depuis toujours, la r&#233;union de la communaut&#233; atteint un niveau in&#233;gal&#233; lorsque le slogan &#233;volue en :&lt;i&gt; C'est qui l'UQAM ? c'est nous l'UQAM !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toutes les actions et manifestations ayant eu lieu dans le cadre de &#171; &lt;i&gt;l'UQAM c'est nous !&lt;/i&gt; &#187;, la f&#234;te du 40e anniversaire de l'UQAM marque, il me semble, l'apog&#233;e de la r&#233;appropriation identitaire de notre universit&#233; populaire. Id&#233;e issue de l'intermob, la f&#234;te du 40e d&#233;sirait profiter du fait que les premi&#232;res lettres patentes avaient &#233;t&#233; &#233;mises le 9 avril 1969 pour mettre la communaut&#233; de l'avant et ainsi r&#233;ellement mettre en pratique le fait que&lt;i&gt; l'UQAM, c'est nous&lt;/i&gt;. Le sociologue Guy Rocher ouvre la c&#233;l&#233;bration en grand. Il d&#233;clare : &#171; &lt;i&gt;Le nouveau Qu&#233;bec qu'on a voulu cr&#233;er dans les ann&#233;es 1960 a &#233;t&#233; immortalis&#233;, consacr&#233;, par la cr&#233;ation de l'UQAM.&lt;/i&gt; &#187; Le rassemblement se termine avec la lecture, par chaque groupe de la communaut&#233;, d'un segment d'une nouvelle charte de l'UQAM o&#249; sont mentionn&#233;s les valeurs et les principes que nous d&#233;sirons voir guider l'institution pour les 40 prochaines ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Acte final : 9 avril 2009&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous devons retenir de tout ce branle-bas de combat, c'est qu'une communaut&#233; s'est solidaris&#233;e et a pu se r&#233;approprier l'identit&#233; de son universit&#233; face &#224; une administration en d&#233;cadence. La r&#233;appropriation &#233;tait si puissante que lors de la &#171; refondation &#187; de l'UQAM du 9 avril, la direction a pr&#233;f&#233;r&#233; annuler les c&#233;r&#233;monies officielles pr&#233;vues depuis des mois. M&#234;me chose pour une soir&#233;e en hommage aux ancienNEs dipl&#244;m&#233;Es. Bien perch&#233;e au 5e &#233;tage du pavillon Athanase-David, la direction s'est retrouv&#233;e compl&#232;tement d&#233;pass&#233;e par le fait qu'elle ne poss&#233;dait plus de pouvoir sur l'image de l'UQAM. &#192; ce titre, on peut dire qu'elle a largement perdu la bataille symbolique et m&#233;diatique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous connaissons tous et toutes la fin. &#201;tirant l'&#233;lastique de la loi sp&#233;ciale au maximum, les professeurEs n&#233;gocient &lt;i&gt;in extremis&lt;/i&gt; un r&#232;glement satisfaisant avant que les foudres de la ministre Courchesne ne s'abattent sur eux. Les &#233;tudiantEs, eux, retournent en classe mi-figue, mi-raisin. Peu de temps apr&#232;s, les employ&#233;es de soutien membres du SEUQAM obtiennent, gr&#226;ce &#224; la menace d'une journ&#233;e de gr&#232;ve, un r&#232;glement &#224; leur convenance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste donc le &#171; p'tit dernier &#187;, le S&#233;tue. Au moment d'&#233;crire ces lignes, il s'av&#232;re peu probable que le syndicat obtienne un r&#232;glement avant la rentr&#233;e. Dans le cadre des festivit&#233;s entourant le 40e (officiel) de l'UQAM, la direction semble &#234;tre en mesure de se payer le luxe d'avoir un &#233;lectron libre sur le campus&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une loi anti-slapp avec des dents</title>
		<link>https://www.ababord.org/Une-loi-anti-slapp-avec-des-dents</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Une-loi-anti-slapp-avec-des-dents</guid>
		<dc:date>2009-12-13T23:04:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre-Louis Fortin-Legris</dc:creator>


		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Fortin-Legris, Pierre-Louis </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En juin 2009, l'Assembl&#233;e nationale du Qu&#233;bec a adopt&#233; le projet de loi 9 qui modifie le Code de proc&#233;dure civile afin de donner aux juges le pouvoir de r&#233;primer et de punir les instigateurs de poursuites- b&#226;illons R&#233;sultat d'une lutte exemplaire, ces dispositions ne demandent qu'&#224; &#234;tre appliqu&#233;es vigoureusement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Amorc&#233;e en 2005 par l'Association qu&#233;b&#233;coise de lutte &#224; la pollution atmosph&#233;rique (AQLPA), la campagne &#171; Citoyens taisez-vous &#187; a r&#233;ussi &#224; attirer l'attention du public et &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-31-oct-nov-2009-" rel="directory"&gt;No 031 - oct. / nov. 2009&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fortin-Legris-Pierre-Louis-+" rel="tag"&gt;Fortin-Legris, Pierre-Louis &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En juin 2009, l'Assembl&#233;e nationale du Qu&#233;bec a adopt&#233; le projet de loi 9 qui modifie le &lt;i&gt;Code de proc&#233;dure civile&lt;/i&gt; afin de donner aux juges le pouvoir de r&#233;primer et de punir les instigateurs de poursuites-&lt;br class='autobr' /&gt;
b&#226;illons&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;SLAPP, en anglais : Suitable lawsuits against public participation.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; R&#233;sultat d'une lutte exemplaire, ces dispositions ne demandent qu'&#224; &#234;tre appliqu&#233;es vigoureusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amorc&#233;e en 2005 par l'Association qu&#233;b&#233;coise de lutte &#224; la pollution atmosph&#233;rique (AQLPA), la campagne &#171; &lt;i&gt; Citoyens taisez-vous&lt;/i&gt; &#187; a r&#233;ussi &#224; attirer l'attention du public et &#224; interpeller suffisamment le ministre de la Justice de l'&#233;poque, Jacques Dupuis, pour que celui-ci se sente oblig&#233; de commander une &#233;tude exhaustive &#224; trois &#233;minents professeurs de droit. Ces juristes ont pondu un rapport d'une telle qualit&#233; que le ministre n'a eu d'autres choix que d'&#233;couter les groupes qui soulevaient &#8211; et vivaient &#8211; les multiples possibilit&#233;s d'abus de la proc&#233;dure judiciaire. La campagne de mobilisation, qui a exerc&#233; une pression constante sur les parlementaires, a aussi inspir&#233; nos amiEs des autres provinces canadiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de loi adopt&#233; contient la plupart des &#233;l&#233;ments souhait&#233;s : rapidit&#233; de l'intervention du tribunal pour rejeter ou encadrer la poursuite ; possibilit&#233; d'obliger le poursuivant &#224; avancer de l'argent au d&#233;fendeur pour tenter d'&#233;quilibrer les ressources ; report sur les &#233;paules du poursuivant du fardeau de prouver que sa poursuite n'est pas abusive ; possibilit&#233; de condamner le poursuivant &#8211; et m&#234;mes ses administrateurs personnellement, dans le cas d'une compagnie &#8211; &#224; payer des dommages-int&#233;r&#234;ts punitifs pour passer un message au reste de la soci&#233;t&#233;. &lt;i&gt;La loi pr&#233;voit que ces nouvelles dispositions s'appliqueront aux causes qui sont d&#233;j&#224; devant les tribunaux. Elle instaure aussi un m&#233;canisme de r&#233;vision qui permettra de faire le point, en 2012, sur les effets concrets que ces modifications l&#233;gislatives ont eues sur la protection de la libert&#233; d'expression. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'actuelle ministre de la Justice Kathleen Weil, dans un geste probablement sans pr&#233;c&#233;dent, a donn&#233; la directive aux l&#233;gistes de faire inclure le texte du pr&#233;ambule du projet de loi &#8211; qui parle de libert&#233; d'expression, du droit de participer aux d&#233;bats publics et de l'&#233;quilibre &#233;conomique dans l'acc&#232;s &#224; la justice &#8211; dans l'intertexte du &lt;i&gt;Code de proc&#233;dure civile&lt;/i&gt;. On entend d&#233;j&#224; les vieux civilistes et autres profs de proc&#233;dure judiciaire hurler&#8230; Mais nous, on est bien content que le message soit &#233;crit et soulign&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu en retard, les patrons et leur F&#233;d&#233;ration des chambres de commerce ont bien tent&#233; de brandir l'&#233;pouvantail des irritants &#224; l'investissement. Lors d'une sortie publique dans les jours pr&#233;c&#233;dant l'adoption de la loi, ils ont voulu nous faire croire que la possibilit&#233; de poursuivre personnellement les administrateurs des compagnies leur imposerait &#171; &lt;i&gt;un fardeau de responsabilit&#233;s plus &#233;lev&#233; qu'ailleurs&lt;/i&gt; &#187;. Si c'est vrai, c'est peut-&#234;tre tant mieux ! Ils ont aussi fait un peu de &#171; peinturage &#187; dans le coin, disant que la loi n'allait que prot&#233;ger des groupuscules qui s'opposent au d&#233;veloppement&#8230; Des fois on se demande qui, d'entre eux et nous, sont vraiment les groupuscules&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aura finalement obtenu une loi anti-poursuites-b&#226;illons avec des dents. Reste &#224; voir si le syst&#232;me judiciaire captera le message et si les juges auront assez faim pour croquer ces museleurs d'opinion publique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;SLAPP, en anglais : &lt;i&gt;Suitable lawsuits against public participation.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Pierre-Louis Fortin-Legris&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>TUAC contre Walmart</title>
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		<dc:date>2009-12-13T23:04:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marc Piotte</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Piotte, Jean-Marc </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Walmart, contrairement &#224; Costco qui vise la client&#232;le de la classe moyenne, s'est &#233;tabli au point de d&#233;part dans les r&#233;gions pauvres des &#201;tats-Unis et s'adresse particuli&#232;rement aux familles qui se situent au bas de l'&#233;chelle des revenus, en leur offrant des produits &#224; bas prix. Pour ce faire, la multinationale contraint les fournisseurs &#224; livrer aux magasins, &#224; des prix bas et d&#233;termin&#233;s, les marchandises pr&#233;vues dans des d&#233;lais fixes afin d'assurer une rotation rapide des stocks. Elle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-31-oct-nov-2009-" rel="directory"&gt;No 031 - oct. / nov. 2009&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Piotte-Jean-Marc-+" rel="tag"&gt;Piotte, Jean-Marc &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton944.gif?1642092279' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;720&#034; height=&#034;509&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Walmart, contrairement &#224; Costco qui vise la client&#232;le de la classe moyenne, s'est &#233;tabli au point de d&#233;part dans les r&#233;gions pauvres des &#201;tats-Unis et s'adresse particuli&#232;rement aux familles qui se situent au bas de l'&#233;chelle des revenus, en leur offrant des produits &#224; bas prix. Pour ce faire, la multinationale contraint les fournisseurs &#224; livrer aux magasins, &#224; des prix bas et d&#233;termin&#233;s, les marchandises pr&#233;vues dans des d&#233;lais fixes afin d'assurer une rotation rapide des stocks. Elle combat &#233;galement toute syndicalisation, exerce un contr&#244;le absolu sur l'organisation du travail et impose &#224; ses employ&#233;s des salaires se modulant sur le salaire minimum obligatoire, lorsqu'il y en a un. Ses travailleurs, qu'elle cherche &#224; amadouer en les qualifiant d'associ&#233;s, sont recrut&#233;s majoritairement parmi ceux qui sont marginaux dans l'&#233;conomie familiale : jeunes en &#226;ge d'&#233;tudier, retrait&#233;s, travailleurs pr&#233;caires, etc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Walmart est surtout pr&#233;sent, faut-il s'en &#233;tonner ?, dans les pays o&#249; les investissements sont libres comme l'air, ceux de l'AL&#201;NA : &#201;tats-Unis, Mexique et Canada. Gr&#226;ce &#224; un syst&#232;me priv&#233; de t&#233;l&#233;communication par satellites, l'ensemble des magasins et leurs rapports avec les fournisseurs sont r&#233;gis par le si&#232;ge social situ&#233; dans une petite ville d'Arkansas, Bentonville. La cr&#233;ation de conteneurs, porteurs de marchandises, qui peuvent indiff&#233;remment circuler sur des bateaux, des trains et des camions, a favoris&#233; l'&#233;closion de manufactures en Chine o&#249; une classe ouvri&#232;re grandissante vit dans des conditions semblables &#224; celles qui s&#233;vissaient en Angleterre au XIXe si&#232;cle (lire Nelson Lichtenstein et Susan Strasser, &lt;i&gt;Walmart&lt;/i&gt;.&lt;i&gt; L'entreprise-monde&lt;/i&gt;, &#201;d. Les prairies ordinaires). Les ouvriers chinois se d&#233;battent et vont apprendre &#224; mieux se battre, en d&#233;pit de la domination des syndicats par un &#201;tat dictatorial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les pays industrialis&#233;s et riches, des alliances se mettent en place pour lutter contre les &lt;i&gt;sweat shops&lt;/i&gt;, dont celles de Chine, comme la Coalition qu&#233;b&#233;coise contre les ateliers de mis&#232;re (CQCAM). Mais elles n'influencent pas Walmart, sauf indirectement, en alertant l'opinion publique sur les manufactures mis&#233;rables auxquelles, malgr&#233; ses d&#233;clarations vertueuses, s'abreuve cette multinationale des bas prix. Des &#233;cologistes affrontent &#233;galement ces magasins qui vident le centre des petites villes, ruinent ses commer&#231;ants et favorisent un habitat urbain centr&#233; sur l'usage de l'automobile. Mais les adversaires les plus coriaces de Walmart sont les syndicats, particuli&#232;rement l'United Food &amp; Commercial Workers (UFCW) aux &#201;tats-Unis et son affili&#233; canadien, les Travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce (TUAC).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;David contre Goliath
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, les TUAC (FTQ) obtiennent en 2004 l'accr&#233;ditation des travailleurs du magasin de Jonqui&#232;re, en d&#233;posant des cartes d'adh&#233;sion repr&#233;sentant la majorit&#233; des employ&#233;s. Six mois plus tard, en avril 2005, le commerce ferme, all&#233;guant, sans preuve, une situation financi&#232;re difficile. Les TUAC ont d&#233;pos&#233; un grief devant le tribunal du travail pour cong&#233;diement ill&#233;gal. &#192; la fin de septembre cette ann&#233;e, l'arbitre Jean-Guy M&#233;nard a rendu sa sentence : Walmart avait le droit de fermer son magasin, mais n'ayant pas d&#233;montr&#233; qu'il &#233;tait d&#233;ficitaire, elle a agi ill&#233;galement en modifiant les conditions de travail de ses employ&#233;s durant la premi&#232;re convention collective. Walmart devra donc compenser financi&#232;rement ses ex-employ&#233;s pour ce licenciement ill&#233;gal. Mais cette multinationale du commerce en d&#233;tail, refusant ce jugement, a d&#233;pos&#233; devant la Cour sup&#233;rieure une demande de r&#233;vision judiciaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les TUAC avaient &#233;galement emport&#233; l'accr&#233;ditation des six travailleurs de l'atelier automobile du Walmart de Gatineau. Les parties n'arrivant pas &#224; s'entendre, Me Alain Corriveau, du minist&#232;re du Travail, a impos&#233; en ao&#251;t 2008 une convention collective, conform&#233;ment &#224; ce que pr&#233;voit le Code du travail du Qu&#233;bec en cas de m&#233;sentente pour une premi&#232;re convention. L'atelier a ferm&#233; ses portes deux mois plus tard, Walmart jugeant &#171; irr&#233;aliste &#187; le r&#232;glement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 2005, avant donc la fermeture du magasin de Jonqui&#232;re, les TUAC obtiennent l'accr&#233;ditation pour les travailleurs du Walmart de St-Hyacinthe. Apr&#232;s quatre ans de contestations judiciaires, de n&#233;gociations et de m&#233;diation, le m&#234;me arbitre, Me Corriveau, impose en avril de cette ann&#233;e une convention collective, les 180 employ&#233;s de St-Hyacinthe devenant les premiers et seuls travailleurs d'un grand magasin de Walmart couverts par une convention collective en Am&#233;rique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicat a r&#233;colt&#233; des gains qui limitent l'arbitraire patronal, dont des droits d'anciennet&#233;, notamment sur les promotions, une proc&#233;dure de griefs, le droit des g&#233;rants des d&#233;partements d'&#234;tre en cong&#233; certains week-ends, quatre semaines de vacances apr&#232;s 10 ans d'anciennet&#233; (Walmart a &#233;tendu &#224; l'ensemble de ses magasins canadiens cette politique, la pr&#233;sentant comme un signe de sa g&#233;n&#233;rosit&#233; et dissimulant qu'elle est le fruit d'une n&#233;gociation) et une &#233;chelle salariale lib&#233;r&#233;e du favoritisme. L'employeur a toutefois gagn&#233; un gros morceau : l'arbitre, craignant sans doute une r&#233;p&#233;tition de l'&#233;pisode de Gatineau, a adopt&#233;, pour la politique salariale, la position patronale (la comparaison avec Zellers, dont la tr&#232;s grande majorit&#233; des magasins ne sont pas syndiqu&#233;s) contre la position syndicale (Maxie et Cie qui est largement syndiqu&#233;). Cependant, le syndicat a arrach&#233; une augmentation salariale de 0,30 $ de l'heure pour chaque employ&#233; et a soumis &#224; la proc&#233;dure de griefs l'&#233;valuation patronale des m&#233;rites de chacun qui conditionnait jusqu'ici les augmentations individualis&#233;es de salaire. Il faut n&#233;anmoins pr&#233;voir que Walmart, all&#233;guant que les travailleurs n'ont pas obtenu les augmentations de revenus esp&#233;r&#233;es, entreprenne une campagne de d&#233;syndicalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La multimilliardaire Walmart se paie les services de la firme d'avocats Heenan Blaikie, dans laquelle &#339;uvrent, entre autres, Jean Chr&#233;tien et Pierre-Marc Johnson, la m&#234;me firme qu'a engag&#233;e McDonald's pour briser la syndicalisation de leurs restaurants. Mais les TUAC, malgr&#233; des moyens financiers limit&#233;s, refusent de s'&#233;craser, eux qui se d&#233;pensent pour syndiquer les travailleurs migrants latinos, exploit&#233;s par nos producteurs agricoles avec l'appui de notre gouvernement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Trouble de d&#233;ficit de l'attention</title>
		<link>https://www.ababord.org/Trouble-de-deficit-de-l-attention</link>
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		<dc:date>2009-12-13T23:02:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Normand Baillargeon</dc:creator>


		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Psychologie et psychiatrie</dc:subject>
		<dc:subject>Baillargeon, Normand </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; leur retour en classe, des enseignantes et enseignants ont &#233;t&#233; avis&#233;s que l'un ou l'autre de leurs &#233;l&#232;ves souffre d'un trouble de d&#233;ficit de l'attention (TDA). D'autres ont soup&#231;onn&#233; qu'un ou m&#234;me plusieurs de leurs &#233;l&#232;ves en souffraient et se sont demand&#233; quoi faire : faut-il r&#233;f&#233;rer cet enfant ? Devrait-il &#234;tre sous m&#233;dication ? Qu'est-ce qui est le mieux pour lui ? Et comment faut-il agir avec lui en classe ? &lt;br class='autobr' /&gt; Ces graves questions sont d'autant plus difficiles pour les enseignantes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-31-oct-nov-2009-" rel="directory"&gt;No 031 - oct. / nov. 2009&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Education-et-enseignement-+" rel="tag"&gt;Education et enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Psychologie-et-psychiatrie-+" rel="tag"&gt;Psychologie et psychiatrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Baillargeon-Normand-+" rel="tag"&gt;Baillargeon, Normand &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton943.gif?1642092279' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1024&#034; height=&#034;768&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; leur retour en classe, des enseignantes et enseignants ont &#233;t&#233; avis&#233;s que l'un ou l'autre de leurs &#233;l&#232;ves souffre d'un trouble de d&#233;ficit de l'attention (TDA). D'autres ont soup&#231;onn&#233; qu'un ou m&#234;me plusieurs de leurs &#233;l&#232;ves en souffraient et se sont demand&#233; quoi faire : faut-il r&#233;f&#233;rer cet enfant ? Devrait-il &#234;tre sous m&#233;dication ? Qu'est-ce qui est le mieux pour lui ? Et comment faut-il agir avec lui en classe ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces graves questions sont d'autant plus difficiles pour les enseignantes qu'elles ne sont ni des m&#233;decins ni des psychologues et qu'il circule &#224; propos des TDA bien des opinions divergentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que certains mettent en doute, sinon l'existence m&#234;me de la maladie, du moins sa pr&#233;valence et ils assurent que la r&#233;cente explosion des cas d'enfants atteints participe d'une m&#233;dicalisation abusive dont profite surtout l'industrie pharmaceutique. D'autres affirment qu'on ignore les effets &#224; plus ou moins long terme des m&#233;dicaments prescrits et que la plus grande m&#233;fiance s'impose. D'autres encore, qui admettent l'existence des TDA et l'efficacit&#233; des m&#233;dicaments prescrits, assurent cependant que la plupart des cas pr&#233;sum&#233;s ne sont pas av&#233;r&#233;s et se traiteraient par des moyens naturels : de l'exercice physique et moins de t&#233;l&#233;vision, par exemple. Certains vont jusqu'&#224; dire qu'on est en pr&#233;sence d'un mal d'enfants rois qui ont &#233;t&#233; g&#226;t&#233;s par leurs parents, g&#226;t&#233;s au point de ne plus pouvoir pr&#234;ter d'attention &#224; quoi que ce soit qui ne leur offre une gratification imm&#233;diate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On devine sans mal le malaise et en certains cas le d&#233;sarroi des enseignantes devant tout cela. Pour le surmonter, les bons sentiments ne suffisent pas et le recours &#224; ce que la science nous enseigne comme &#233;tant le mieux assur&#233; est indispensable. En ce sens, ce d&#233;bat me rappelle parfois celui qui opposait autrefois, surtout &#224; gauche, les tenants et opposants du caract&#232;re culturel de la schizophr&#233;nie : or il est &#224; craindre que les premiers n'auront finalement pas beaucoup aid&#233; ces malades et que c'est au contraire plut&#244;t la pharmacologie, d&#233;velopp&#233;e par ceux qui concevaient la maladie comme organique, qui l'a fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On m'a souvent demand&#233; mon avis sur les TDA et j'ai &#224; chaque fois r&#233;pondu que n'&#233;tant ni m&#233;decin ni psychologue, je me garderais bien de donner des conseils. Mais on me permettra de rapporter ici ceux d'un expert, Daniel T. Willingham, qui a le grand m&#233;rite de s'exprimer clairement et de s'adresser directement aux enseignantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Willingham accomplit deux choses importantes : d'abord, il rappelle qu'il existe un assez large consensus scientifique sur les TDA et il nous en expose la teneur ; ensuite, il donne de pr&#233;cieux conseils pratiques aux enseignantes et enseignants qui doivent travailler avec des &#233;l&#232;ves souffrant de TDA.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le consensus scientifique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Willingham cite des &#233;tudes nombreuses et cr&#233;dibles qui montrent que le TDA est bien r&#233;el, que c'est une maladie d'origine neurologique, &#224; forte h&#233;ritabilit&#233; et qui n'a rien d'une construction sociale (ce qui n'exclut pas, notez-le, qu'on puisse m&#233;dicamenter des enfants au diagnostic erron&#233; ou incertain). La zone du cerveau concern&#233;e est m&#234;me connue (ce sont des structures des noyaux gris centraux et le cortex pr&#233;frontal) et on a une bonne id&#233;e des m&#233;canismes physicochimiques impliqu&#233;s, qui concernent la mani&#232;re dont ces zones utilisent la dopamine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Identifi&#233;e depuis le d&#233;but du si&#232;cle dernier, la maladie a re&#231;u divers noms avant d'&#234;tre baptis&#233;e TDA vers 1980. Sa pr&#233;valence n'est pas surtout &#233;tats-unienne, comme on pourrait le croire et elle ne varie pas significativement selon les cultures. Le temps pass&#233; &#224; la t&#233;l&#233;, la fa&#231;on dont les parents &#233;l&#232;vent leur enfant n'y sont pour rien. Le sujet atteint ne souffre pas d'un retard intellectuel, d'un trouble sensoriel (mauvaise vision ou audition) ou d'un manque de motivation. Il sera probablement malade toute sa vie et sa maladie, qui lui cause des troubles d'apprentissage et d'int&#233;gration &#224; l'&#233;cole, lui en causera quand il sera adulte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La maladie se pr&#233;sente en trois sous-types selon que le sujet souffre d'un trouble pr&#233;dominant d'inattention (il a du mal &#224; rester concentr&#233; sur une t&#226;che), d'un trouble pr&#233;dominant d'hyperactivit&#233;-impulsivit&#233; (il ne reste pas en place, bouge sans cesse pieds et mains &#8211; hyperactivit&#233; &#8211; et accomplit ses t&#226;ches trop rapidement et sans y r&#233;fl&#233;chir &#8211; impulsivit&#233;) ou d'un trouble pr&#233;dominant d'inattention et d'hyperactivit&#233;-impulsivit&#233;, qui combine les deux premiers. On l'appelle donc trouble de d&#233;ficit de l'attention avec ou sans hyperactivit&#233; : TDA/H.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le diagnostic n'est pas encore possible par un test g&#233;n&#233;tique ou une analyse de la chimie du cerveau. On proc&#232;de donc par analyse du comportement, par entrevues structur&#233;es et &#224; l'aide de questionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'entre pas dans les d&#233;tails, tr&#232;s complexes. Mais je veux rappeler qu'on cherche &#224; identifier au moins six sympt&#244;mes parmi une liste de neuf pour l'inattention et de neuf pour l'hyperactivit&#233;-impulsivit&#233; : qui pr&#233;sente six sympt&#244;mes pour chaque liste souffre d'un trouble pr&#233;dominant d'inattention et d'hyperactivit&#233;-impulsivit&#233;. Ces sympt&#244;mes doivent appara&#238;tre avant l'&#226;ge de sept ans, perdurer au moins un an et se manifester dans au moins deux contextes diff&#233;rents. C'est ici que Willingham met en garde contre le risque de sur-diagnostiquer inh&#233;rent au fait que les crit&#232;res utilis&#233;s peuvent &#234;tre mal interpr&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Willingham cite plusieurs &#233;tudes m&#233;thodologiquement rigoureuses qui invitent &#224; conclure que la m&#233;dication utilis&#233;e pour traiter le TDA/H est efficace pour la r&#233;duction des sympt&#244;mes, que les traitements comportementaux et psychologiques le sont moins, mais peuvent &#234;tre tr&#232;s utiles avec certains enfants et aussi que d'autres enfants tol&#232;rent moins bien ou pas du tout la m&#233;dication. Surtout, il rappelle que dans ces &#233;tudes tous les enfants m&#233;dicament&#233;s &#233;taient suivis de tr&#232;s pr&#232;s et leurs traitements soigneusement contr&#244;l&#233;s et r&#233;ajust&#233;s au besoin. Willingham discute de bien d'autres sujets, par exemple des effets secondaires de la m&#233;dication : mais tout cela devient vite tr&#232;s technique et ne peut &#234;tre abord&#233; en quelques paragraphes. J'en viens donc &#224; ces consid&#233;rations plus pratiques qui, en bout de piste, int&#233;ressent surtout l'enseignante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supposons donc que vous avez un enfant qui souffre de TDA/H dans votre classe. Son diagnostic a &#233;t&#233; pos&#233; s&#233;rieusement ; il est m&#233;dicament&#233;, mais bien suivi et on lui a con&#231;u un programme d'intervention adapt&#233;. Que pouvez-vous faire pour lui, vous qui savez &#224; quel point porter attention, se concentrer sur une t&#226;che et planifier son ex&#233;cution sont des conditions sine qua non de l'apprentissage ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
De pr&#233;cieux conseils&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Voici quelques-uns des conseils que donne Willingham.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;1.&lt;/strong&gt; Organisez votre classe pour qu'il soit plus facile &#224; l'&#233;l&#232;ve d'&#234;tre attentif : par exemple, asseyez-le pr&#232;s de vous et pour qu'il vous voie sans obstruction ; interpelez-le souvent par son pr&#233;nom ; etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.&lt;/strong&gt; Les plus atteints de ces enfants ont tendance &#224; ne pas beaucoup penser aux cons&#233;quences de ce qu'ils font : faites en sorte que ces cons&#233;quences, n&#233;gatives ou positives, soient fr&#233;quentes et imm&#233;diates. Si la consigne est X et qu'il le fait, la cons&#233;quence sera positive, sinon, n&#233;gative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.&lt;/strong&gt; Ces enfants ont du mal &#224; rester attentifs et &#224; s'organiser : les t&#226;ches que vous concevez pour eux devraient donc &#234;tre d&#233;compos&#233;es en plus petites sous-t&#226;ches, clairement identifi&#233;es. Par exemple, plut&#244;t que de demander un texte sur un sujet donn&#233;, demandez de r&#233;unir de l'information ; puis de faire un plan ; etc. Bien entendu, vous devriez donner &#224; chaque fois les cons&#233;quences imm&#233;diates appropri&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4.&lt;/strong&gt; Ces &#233;l&#232;ves ont du mal &#224; r&#233;guler leurs activit&#233;s, c'est-&#224;-dire du mal &#224; retenir et &#224; suivre des r&#232;gles. Il faut donc leur rappeler souvent ces r&#232;gles (&lt;i&gt;&#171; Apr&#232;s &#234;tre all&#233; &#224; la salle de bain, tu dois remettre la cl&#233; sur le crochet &#187;&lt;/i&gt;) et ce qu'elles impliquent (&lt;i&gt;&#171; Tu avais 10 minutes pour cette t&#226;che : il en reste cinq, tu dois donc en &#234;tre &#224; peu pr&#232;s &#224; la moiti&#233; &#187;&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5.&lt;/strong&gt; Il est bien entendu souhaitable de rester en contact avec les parents de ces enfants afin de les tenir au courant des progr&#232;s &#8211; et des &#233;ventuelles difficult&#233;s &#8211; de leur enfant. Willingham sugg&#232;re qu'un rapport quotidien leur soit adress&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des enseignantes, lisant ce qui pr&#233;c&#232;de et surtout cette derni&#232;re suggestion, diront que c'est bien beau mais que leur temps est compt&#233;, qu'ils n'ont plus gu&#232;re de support pour accomplir leur d&#233;j&#224; bien lourde t&#226;che et qu'ils n'ont pas &lt;strong&gt;un&lt;/strong&gt; mais bien &lt;strong&gt;plusieurs&lt;/strong&gt; &#233;l&#232;ves en difficult&#233;s (de toutes sortes) dans leur classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles ont raison. H&#233;las, h&#233;las, mille fois h&#233;las.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une lecture&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Daniel T. Willingham est un sp&#233;cialiste de sciences cognitives et l'auteur d'un r&#233;cent et percutant ouvrage qui fait beaucoup de bruit en &#233;ducation : &lt;i&gt;Why Don't Students Like School,&lt;/i&gt; Jossey-Bass, New York, 2009. J'en recommande tr&#232;s chaudement la lecture.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ses propos sur les TDA rapport&#233;s ici ont &#233;t&#233; exprim&#233;s dans le cadre de la chronique qu'il tient dans &lt;i&gt;American Educator&lt;/i&gt;, Hiver 2004-2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les alternatives de la soci&#233;t&#233; civile</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-alternatives-de-la-societe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Les-alternatives-de-la-societe</guid>
		<dc:date>2009-12-13T23:00:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nathalie Guay</dc:creator>


		<dc:subject>Altermondialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Guay, Nathalie </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 2e Forum social qu&#233;b&#233;cois, qui aura lieu du 8 au 12 octobre prochain au c&#233;gep du Vieux-Montr&#233;al, r&#233;unira quelques milliers de personnes qui partageront leurs analyses et leurs propositions alternatives au n&#233;olib&#233;ralisme, autour de diverses th&#233;matiques comme les droits humains, la d&#233;mocratie, l'environnement, la culture, la privatisation, etc. Il s'agit d'une occasion unique pour traiter des enjeux fondamentaux auxquels nous sommes confront&#233;s et se r&#233;approprier la possibilit&#233; d'imaginer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-31-oct-nov-2009-" rel="directory"&gt;No 031 - oct. / nov. 2009&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Altermondialisme-+" rel="tag"&gt;Altermondialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mondialisation-AGCS-PSP-FMI-OMC-BM-+" rel="tag"&gt;Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Guay-Nathalie-+" rel="tag"&gt;Guay, Nathalie &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton942.gif?1642092279' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;208&#034; height=&#034;282&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 2e Forum social qu&#233;b&#233;cois, qui aura lieu du 8 au 12 octobre prochain au c&#233;gep du Vieux-Montr&#233;al, r&#233;unira quelques milliers de personnes qui partageront leurs analyses et leurs propositions alternatives au n&#233;olib&#233;ralisme, autour de diverses th&#233;matiques comme les droits humains, la d&#233;mocratie, l'environnement, la culture, la privatisation, etc. Il s'agit d'une occasion unique pour traiter des enjeux fondamentaux auxquels nous sommes confront&#233;s et se r&#233;approprier la possibilit&#233; d'imaginer l'avenir autrement. Il y a deux ans, 5 000 personnes avaient investi le premier FSQ et plusieurs forums ont ensuite eu lieu dans les diff&#233;rentes r&#233;gions du Qu&#233;bec, confirmant le besoin de se rencontrer et la volont&#233; de construire un autre Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La particularit&#233; d'un espace comme le FSQ tient au fait que ce sont les participantes eux-m&#234;mes qui proposent et animent les ateliers et activit&#233;s culturelles, &#224; l'exception de six grandes conf&#233;rences avec invit&#233;s internationaux et qu&#233;b&#233;cois sur des grandes questions d'actualit&#233;. D'ailleurs, plus d'une centaine d'invit&#233;s internationaux se r&#233;uniront &#224; Montr&#233;al tout juste avant le forum dans le cadre de la r&#233;union du Conseil international du Forum social mondial afin de faciliter leur participation au forum. Le deuxi&#232;me FSQ sera aussi la premi&#232;re &#233;tape d'une s&#233;rie d'&#233;v&#233;nements qui se succ&#233;deront pour concerter les efforts des mouvements progressistes des Am&#233;riques, et particuli&#232;rement de l'Am&#233;rique du Nord : Forum mondial sur la crise des civilisations au P&#233;rou (mars 2010), Forum international sur la sortie de crise au Mexique (mai 2010), 2e Forum social &#201;tats-Unis (D&#233;troit, 22-26 juin 2010) et 4e Forum social des Am&#233;riques au Paraguay (juillet 2010).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Th&#232;me central : la crise du capitalisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e, la th&#233;matique de la crise du capitalisme devrait susciter un grand nombre d'activit&#233;s. Alors qu'il y a pr&#232;s d'un an, l'&#233;clatement de la crise financi&#232;re et les r&#233;actions fusant de toutes parts laissaient pr&#233;sager des changements importants dans nos soci&#233;t&#233;s (rappelons-nous que m&#234;me Sarkozy indiquait qu'il fallait &#171; &lt;i&gt;refonder le capitalisme &lt;/i&gt; &#187;), on constate aujourd'hui, du moins dans la sph&#232;re publique, l'absence de grands d&#233;bats d'id&#233;es ou de propositions audacieuses. Pire, les r&#233;ponses n&#233;olib&#233;rales ont la cote. La rencontre du G20 &#224; Londres au d&#233;but du mois d'avril dernier avait donn&#233; le ton, les 20 dirigeants ayant notamment d&#233;cid&#233; de renflouer les coffres du Fonds mon&#233;taire international (FMI), institution o&#249; les pouvoirs de d&#233;cision sont proportionnels &#224; l'argent investi par les diff&#233;rents pays, afin de stimuler la sortie de crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, les grands titres tentent de nous convaincre que la crise se termine, comme si de nouveaux travailleurs ne venaient pas chaque jour grossir les rangs des millions de nouveaux ch&#244;meurs &#224; travers le monde ! Mais la crise que nous vivons est plus profonde que la plong&#233;e du Dow Jones. Il s'agit avant tout d'une crise de notre mod&#232;le de d&#233;veloppement, d'une crise sociale et &#233;conomique qui se fait sentir depuis longtemps dans les pays du Sud, d'une crise environnementale qui d&#233;truit notre milieu nourricier, enfin, d'une crise culturelle qui nous entrave dans un mod&#232;le uniformisant de surconsommation, qui nous forme &#224; la comp&#233;tition et &#224; l'isolement individuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut prendre d'assaut le FSQ et toutes les tribunes disponibles, toutes les occasions possibles pour imposer une autre voix dans la soci&#233;t&#233;. Il faut se mobiliser ensemble pour &#234;tre plus forts, il faut s'ouvrir aux millions de personnes anim&#233;es d'un espoir de changement &#224; travers le monde et faire jaillir les id&#233;es qui nous am&#232;neront ailleurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.fsq2009.org" class="spip_out"&gt;Forum social qu&#233;b&#233;cois&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Le Nicaragua aux abois</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-Nicaragua-aux-abois</link>
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		<dc:date>2009-12-13T22:58:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc-Andr&#233; S&#233;guin</dc:creator>


		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;guin, Marc-Andr&#233; </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis le coup d'&#201;tat du 28 juin qui a renvers&#233; le chef d'&#201;tat du Honduras Manuel Zelaya &#8211; expuls&#233; manu militari vers le Costa Rica &#8211; des hommes et des femmes du Nicaragua, pays avoisinant, ont quitt&#233; leurs foyers pour pr&#234;ter main-forte aux Honduriens cherchant &#224; d&#233;stabiliser les auteurs du coup. Un Nicaraguayen proche de ces militants raconte ce qui motive ses compatriotes &#224; braver couvre-feux et r&#233;pression polici&#232;re pour rendre la vie dure aux golpistas. &lt;br class='autobr' /&gt; Un coup re&#231;u comme un choc &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-31-oct-nov-2009-" rel="directory"&gt;No 031 - oct. / nov. 2009&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Seguin-Marc-Andre-+" rel="tag"&gt;S&#233;guin, Marc-Andr&#233; &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton929.gif?1642092279' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;504&#034; height=&#034;336&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le coup d'&#201;tat du 28 juin qui a renvers&#233; le chef d'&#201;tat du Honduras Manuel Zelaya &#8211; expuls&#233; &lt;i&gt;manu militari&lt;/i&gt; vers le Costa Rica &#8211; des hommes et des femmes du Nicaragua, pays avoisinant, ont quitt&#233; leurs foyers pour pr&#234;ter main-forte aux Honduriens cherchant &#224; d&#233;stabiliser les auteurs du coup. Un Nicaraguayen proche de ces militants raconte ce qui motive ses compatriotes &#224; braver couvre-feux et r&#233;pression polici&#232;re pour rendre la vie dure aux &lt;i&gt;golpistas&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un coup re&#231;u comme un choc&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'aube du 28 juin dernier, des dizaines de militaires fortement arm&#233;s prenaient position autour du domicile du pr&#233;sident Zelaya pour emmener ce dernier contre son gr&#233; et toujours en pyjama au Costa Rica, au terme d'une semaine de tensions toujours croissantes entre l'arm&#233;e, les tribunaux et l'ex&#233;cutif du pays. Fort d'une p&#233;tition de 400 000 signatures, le chef d'&#201;tat pr&#233;voyait organiser, le jour du scrutin, pr&#233;vu le 29 novembre prochain, une consultation &#224; caract&#232;re non contraignant portant sur la r&#233;ouverture de la Constitution, notamment en ce qui a trait &#224; l'interdiction pour un pr&#233;sident de briguer un second mandat. M&#234;me si le r&#233;f&#233;rendum n'offrait pas la possibilit&#233; &#224; Zelaya de briguer un second mandat en novembre prochain &#8211; la Constitution de 1982 demeurant logiquement en vigueur jusqu'&#224; tout changement &#8211; l'arm&#233;e, sous les ordres de la Cour supr&#234;me, d&#233;posait le pr&#233;sident pour l'emp&#234;cher de mener cette consultation populaire, jug&#233;e ill&#233;gale. Quelques heures plus tard, le Congr&#232;s du Honduras approuvait une lettre de d&#233;mission faussement pr&#233;sent&#233;e comme &#233;manant de Zelaya et pla&#231;ait le putschiste Roberto Micheletti &#224; sa place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs kilom&#232;tres plus loin, les images du premier putsch dans la r&#233;gion depuis la fin de la guerre froide sont re&#231;ues comme un choc. Militaires dans les rues de Tegucigalpa, couvre-feux et un pr&#233;sident destitu&#233; : la sc&#232;ne apparaissait surr&#233;aliste &#224; plusieurs Nicaraguayens qui, le 28 juin dernier, &#233;taient riv&#233;s &#224; leurs &#233;crans, t&#233;moins d'images qui leur rappelaient trop souvent leur propre histoire marqu&#233;e par des soubresauts politiques et une guerre civile qui ne s'est sold&#233;e qu'au d&#233;but des ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant lui-m&#234;me fait la guerre &#224; cette &#233;poque, Marvin (nom fictif), un proche de l'entourage du pr&#233;sident nicaraguayen Daniel Ortega, a lui aussi &#233;t&#233; marqu&#233; par les &#233;v&#233;nements. &#171; &lt;i&gt; Ces images, c'est comme nous il n'y a pas si longtemps&lt;/i&gt; &#187;, disait-il en regardant les nouvelles sur Telesur qui, fin juin, rapportaient d'heure en heure la progression de la situation &#224; Tegucigalpa, tandis que la t&#233;l&#233;vision hondurienne, censur&#233;e ou contr&#244;l&#233;e, faisait fi du coup d'&#201;tat, allant m&#234;me jusqu'&#224; retransmettre des images de loterie ou de messes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les anciens reprennent du service&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Assis dans une demeure en p&#233;riph&#233;rie de la capitale du Nicaragua, cet homme de main avait les yeux encore fatigu&#233;s de la veille, et pour cause. Marvin avait pass&#233; la nuit &#224; patrouiller l'a&#233;roport de Managua, en compagnie des gens de son &#233;quipe, pour assurer la s&#233;curit&#233; aux chefs d'&#201;tat d'Am&#233;rique latine, qui se sont r&#233;unis tard dans la nuit au coeur de la capitale nicaraguayenne le soir m&#234;me de la nouvelle du coup d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que pour les chefs d'Am&#233;rique latine, et particuli&#232;rement ceux de la gauche en &#233;mergence dans cette partie du continent, le coup au Honduras s'inscrit au-del&#224; des fronti&#232;res nationales : il est la n&#233;gation directe du mod&#232;le propos&#233; par l'Alliance bolivarienne pour les peuples d'Am&#233;rique (ALBA). Zelaya est per&#231;u comme un &#171; fr&#232;re &#187; par les &lt;i&gt;compa&#241;eros&lt;/i&gt;, justement parce qu'il est all&#233; &#224; contre-courant de plusieurs &#224; l'int&#233;rieur du Parti lib&#233;ral du Honduras, parti de droite dont il &#233;tait le chef, pour s'allier au groupe men&#233; par Hugo Ch&#225;vez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;En tant que pays fr&#232;re du Honduras, il y a des compa&#241;eros qui sont &#224; l'int&#233;rieur des fronti&#232;res du pays qui font la promotion d'activit&#233;s de lutte des peuples&lt;/i&gt; &#187;, explique Marvin, qui conna&#238;t personnellement de ces gens, des ex-guerilleros qui ont fait la guerre au moment de la R&#233;volution sandiniste au Nicaragua il y a une trentaine d'ann&#233;es. &#171; &lt;i&gt;&#201;videmment, il y a des organisations, des Nicaraguayens et des Honduriens qui font la promotion de ces luttes&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se pr&#233;sentant comme des syndicalistes, des enseignants, des militants et des groupes de travailleurs, ces guerilleros &#224; la retraite &#171; &lt;i&gt;qui ont une exp&#233;rience dans la lutte des peuples&lt;/i&gt; &#187;, sillonnent le Honduras avec l'objectif d'aider les Honduriens qui s'opposent aux golpistas [les responsables du coup d'&#201;tat] et luttent pour le retour au pouvoir du pr&#233;sident Zelaya. Lui-m&#234;me ex-guerillero, Marvin refuse de confirmer si ses compa&#241;eros sont arm&#233;s. Il ne nie cependant pas &#171; l'esprit r&#233;volutionnaire &#187; qui les anime dans leurs efforts. Des mots qui rappellent les discours d'une autre &#233;poque. &#171; &lt;i&gt;C'est une solidarit&#233; entre les peuples, explique-t-il. Nous connaissons tous l'histoire de Che Guevara, qui est mort &#224; l'ext&#233;rieur de son pays en luttant pour les peuples.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Il y a des discussions de lutte arm&#233;e, ajoute Marvin. Mais si nous en venons &#224; &#231;a, ce sera la faute des golpistas. Ils seraient les seuls coupables de cette situation.&lt;/i&gt; &#187; Des paroles qui &#233;voquent bien la mesure des tensions qui r&#232;gnent dans certaines r&#233;gions du Honduras, et qui parfois s'accentuent avec certains gestes de Zelaya.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un appui d'abord moral et politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces tensions, Marvin raconte que ses compa&#241;eros ne sont pas l&#224; pour faire la guerre. &#171; &lt;i&gt;Le Honduras n'a pas l'exp&#233;rience de ce type d'affrontement. Notre appui est davantage moral et nous appuyons les syndicats, les groupes de travailleurs, les militants qui appuient le retour de leur pr&#233;sident&lt;/i&gt; &#187;, explique-t-il, poursuivant que le peuple selon lui n'est pas derri&#232;re le coup d'&#201;tat, malgr&#233; la popularit&#233; alors en baisse du pr&#233;sident Zelaya.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ses supporters et militants se lancent de leur propre chef vers Tegucigalpa pour appuyer &#8211; sinon organiser &#8211; des mouvements de protestation et de d&#233;sob&#233;issance civile, est-ce &#224; dire que l'administration Ortega souhaite elle aussi d&#233;passer les mesures diplomatiques et passer &#224; d'autres formes d'intervention chez son voisin ? Impossible de le savoir avec certitude. &#171; &lt;i&gt; Nous pr&#233;parons des choses sur le terrain, mais nous ne pouvons pas en parler maintenant&lt;/i&gt; &#187;, avance Marvin avec prudence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si les &#201;tats-Unis ont attendu jusqu'au 3 septembre dernier pour enfin qualifier les soubresauts politiques honduriens de coup d'&#201;tat et suspendre leur aide &#233;conomique au pays, les choses ont n&#233;anmoins boug&#233; chez les voisins de ce pays d'Am&#233;rique centrale au cours des derniers mois. Mais &#224; l'int&#233;rieur des fronti&#232;res, les choses se sont calm&#233;es. Les commerces sont ouverts, les voitures sillonnent les rues et les couvre-feux sont moins contraignants. Le conflit qui semble s'&#233;terniser a d&#233;j&#224; fait dire &#224; plusieurs analystes que plus le temps passe, plus les golpistas auront des chances de gagner leur pari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas s'attendre &#224; d'autres surprises dans ce conflit qui perdure et dans lequel les parties d'un c&#244;t&#233; comme de l'autre campent sur leurs positions, d'autant plus que Washington se montre de moins en moins cl&#233;mente envers le gouvernement Micheletti. &#171; &lt;i&gt; Cette ann&#233;e, nous c&#233;l&#233;brons les 30 ans depuis notre propre insurrection contre un pouvoir qui n'&#233;tait pas l&#233;gitime&lt;/i&gt; &#187;, conclut Marvin en r&#233;f&#233;rence &#224; la dictature des Somoza au Nicaragua chass&#233;e par les Sandinistes. &#171; &lt;i&gt;Nous sommes pr&#234;ts &#224; une insurrection similaire pour nos fr&#232;res Honduriens s'ils nous le demandent. Nous allons accompagner le pr&#233;sident Zelaya. Si le peuple se l&#232;ve, nous allons nous lever avec lui.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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