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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>De Wrightville &#224; Brigilville ?</title>
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		<dc:date>2016-09-14T20:50:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bill Clennett, Jean-Pierre Couture, Ana&#239;s Elboujda&#239;ni, Blanche Roy</dc:creator>


		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Couture, Jean-Pierre </dc:subject>
		<dc:subject>Roy, Blanche</dc:subject>
		<dc:subject>Clennett, Bill</dc:subject>
		<dc:subject>Elboujda&#239;ni, Ana&#239;s</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis quelques mois, l'actualit&#233; municipale gatinoise est accapar&#233;e par l'annonce de m&#233;gaprojets dans le quartier patrimonial du centre-ville. Parmi ceux-ci, le projet des &#171; twin towers &#187; de la firme Brigil remporte la palme du gigantisme avec une hauteur projet&#233;e de 35 et 55 &#233;tages. &lt;br class='autobr' /&gt; B&#173;aptis&#233; &#171; Place des peuples &#187;, ce m&#233;gaprojet h&#244;telier et r&#233;sidentiel de luxe ne cadre pourtant pas avec le programme particulier d'urbanisme de la Ville de Gatineau qui limite cette zone &#224; des constructions (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Clennett-Bill-+" rel="tag"&gt;Clennett, Bill&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Elboujdaini-Anais-+" rel="tag"&gt;Elboujda&#239;ni, Ana&#239;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2257.png?1642092183' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;675&#034; height=&#034;342&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis quelques mois, l'actualit&#233; municipale gatinoise est accapar&#233;e par l'annonce de m&#233;gaprojets dans le quartier patrimonial du centre-ville. Parmi ceux-ci, le projet des &#171; &lt;i&gt;twin towers&lt;/i&gt; &#187; de la firme Brigil remporte la palme du gigantisme avec une hauteur projet&#233;e de 35 et 55 &#233;tages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;B&#173;aptis&#233; &#171; Place des peuples &#187;, ce m&#233;gaprojet h&#244;telier et r&#233;sidentiel de luxe ne cadre pourtant pas avec le programme particulier d'urbanisme de la Ville de Gatineau qui limite cette zone &#224; des constructions de trois &#233;tages tout en reconnaissant le patrimoine historique du quartier du Mus&#233;e (voir encadr&#233;). Qu'&#224; cela ne tienne, Brigil n'entend pas reculer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le promoteur n'a pas encore d&#233;pos&#233; officiellement son projet qu'il a d&#233;j&#224; entrepris un vaste exercice de relations publiques soutenu par quelques membres du conseil municipal et anciens maires, les radios priv&#233;es et les int&#233;r&#234;ts d'affaires dans le but de g&#233;n&#233;rer une vague de sympathie pour son projet. Le spin de &#171; &lt;i&gt;l'investissement priv&#233; de 400 millions &lt;/i&gt; &#187; coupl&#233; &#224; la promesse floue d'un &#171; &lt;i&gt;revenu annuel de 8 millions en taxes&lt;/i&gt; &#187; aura suffi &#224; amadouer l'administration municipale. Dans son emballement, celle-ci se pr&#234;te au jeu de la fabrication du consentement en ayant entrepris un obscur processus de consultation publique qui, bien qu'aucun projet ne soit officiellement sur la table, dit d'embl&#233;e que le quartier &#171; &lt;i&gt;fera l'objet d'un important red&#233;veloppement&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition des r&#233;sident&#183;e&#183;s du quartier du Mus&#233;e additionn&#233;e &#224; celle d'autres associations de r&#233;sident&#183;e&#183;s et de patrimoine du grand Gatineau vient grandement compliquer le jeu du promoteur et de la mairie. D'une part, Brigil r&#233;cup&#232;re et travestit des mots valises comme &#171; &lt;i&gt;&#233;chelle humaine&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;densification&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;mixit&#233; sociale &lt;/i&gt; &#187; pour recadrer une campagne marketing initialement ax&#233;e sur le &#171; &lt;i&gt;cinq &#233;toiles&lt;/i&gt; &#187; et les &#171; &lt;i&gt;boutiques de luxe&lt;/i&gt; &#187;. De l'autre, le maire Maxime Pedneaud-Jobin, qui s'est fait &#233;lire avec le slogan d'un leadership fort, n'ose pas se prononcer et songe &#224; la possibilit&#233; d'un r&#233;f&#233;rendum pour s'en sortir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nos c&#233;sars de l'immobilier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas d'hier que les grandes fortunes pr&#233;tendent au droit &#224; fa&#231;onner la ville. Grand propri&#233;taire et sp&#233;culateur foncier, l'Am&#233;ricain Philemon Wright (1760-1839) obtint du gouvernement du Bas-Canada le canton de Hull apr&#232;s des d&#233;marches entreprises en 1797. Il fonde alors Wrightville sur les milliers d'acres qui lui sont conc&#233;d&#233;s. Il d&#233;veloppe l'activit&#233; agraire, foresti&#232;re, manufacturi&#232;re et mini&#232;re et consolide surtout sa passion effr&#233;n&#233;e pour l'acquisition de terres. Lord Durham le citera d'ailleurs parmi le petit nombre d'aristocrates terriens ayant dilapid&#233; les terres du Bas-Canada &#224; tel point que, selon le &lt;i&gt;Dictionnaire biographique du Canada&lt;/i&gt;, ce partage in&#233;gal entre le clan Wright et les simples colons &#233;tait de 12 pour 1 en 1806. En 1842, trois ans apr&#232;s la mort du fondateur de Hull, cet empire foncier s'&#233;tendait au-del&#224; d'une superficie de 35 000 acres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cit de la fortune de Brigil est moins &#233;pique, mais n'en d&#233;finit pas moins le paysage de la ville. Le promoteur est l'un des barons de la construction domiciliaire banlieusarde qui a acc&#233;l&#233;r&#233; le cancer de l'&#233;talement urbain et du tout-&#224;-l'auto. Le v&#233;ritable co&#251;t d'un tel usage de l'espace n'est pas assum&#233; par la firme (ce ne serait alors pas profitable), mais par les pouvoirs publics (routes, aqueducs, transport en commun, services et voirie) et par les gens ordinaires (hypoth&#232;que, congestion, temps et p&#233;trole). Le ph&#233;nom&#232;ne est le m&#234;me &#224; la grandeur de l'Am&#233;rique : l'&#233;talement urbain vide le centre de ses habitants et contraint les pouvoirs publics &#224; am&#233;nager des voies de plus en plus larges pour accommoder l'automobile, &#224; tol&#233;rer des stationnements l&#233;gaux/ill&#233;gaux et &#224; laisser les sans voiture ni travail &#224; leur sort. Le projet de m&#233;gatours ne r&#233;sout en rien ces probl&#233;matiques et reste tota&#173;lement prisonnier d'un mod&#232;le d&#233;pass&#233; : il nourrira l'afflux de voitures et attirera non pas des habitants et des familles, mais une client&#232;le ultra&#173;mobile davantage int&#233;ress&#233;e par la sp&#233;culation immobili&#232;re que par les circuits pi&#233;tonniers promis au peuple qu'elle ne c&#244;toiera pas. Si Brigil revient vers le centre-ville avec des millions mirobolants en poche, c'est parce que le march&#233; de l'&#233;talement est satur&#233; et qu'il lui faut repartir un nouveau cycle d'accumulation, c'est-&#224;-dire d&#233;truire des habitats anciens au nom d'une falla&#173;cieuse &#171; &lt;i&gt; densification verticale &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Livrons la ville aux promoteurs et sp&#233;culateurs, et tout le monde en r&#233;coltera les b&#233;n&#233;fices &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;David Harvey, Le capitalisme contre le droit &#224; la ville. N&#233;olib&#233;ralisme, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Selon l'analyse du g&#233;ographe David Harvey, ce fallacieux pr&#233;texte est employ&#233; &#224; chaque fois que l'urba&#173;nisation est brandie comme solution &#224; la suraccumulation de capital. De booms en krachs, le cycle &#233;conomique montre que les crises de 1929, 1973, 1982, 1991 et 2007 sont pr&#233;c&#233;d&#233;es de bulles immobili&#232;res qui apparaissent comme solu&#173;tion temporaire &#224; la suraccumulation. L'urba&#173;nisation par destruction finit par &#233;riger d'&#233;normes tours vides qui saturent sciemment l'offre immobili&#232;re, et ce, dans l'espoir irrationnel d'un profit futur. Ainsi, le monstrueux montant promis par Brigil est en fait contraint de se fixer quelque part puisque les march&#233;s financiers stagnent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le m&#234;me calcul anime la Caisse de d&#233;p&#244;t et le mouvement Desjardins qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Concr&#232;tement, cette &#171; solution &#187; provoque, dit Harvey, des pratiques pr&#233;datrices fort simplistes : chasser une classe d'habitants vivants (itin&#233;rant&#183;e&#183;s, locataires et propri&#233;taires) pour les remplacer par du capital mort.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bienvenue &#224; Brigilville&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette violence &#233;conomique est compl&#232;tement pass&#233;e sous silence dans les cercles du pouvoir. Les &#233;lu&#183;e&#183;s sont s&#233;duits ou neutralis&#233;s par la taille de l'investissement en jeu et Brigil d&#233;ploie une campagne de distraction de masse &#224; la hauteur de l'enjeu et de ses moyens. Le propri&#233;taire de la firme, Gilles Desjardins, philanthrope &#224; la pi&#232;ce et grand acheteur de publicit&#233;s dans les m&#233;dias de Gatineau et d'Ottawa, veut faire passer son projet pour du &#171; &lt;i&gt;patriotisme gatinois &lt;/i&gt; &#187; tandis que son bras politique, l'ancien maire Yves Ducharme, s'efforce de faire croire que les int&#233;r&#234;ts de son patron sont identiques au bien commun. Cela ne suffira &#233;videmment pas &#224; rallier l'opposition ou &#224; faire dispara&#238;tre le programme d'urbanisme en place, ce pourquoi la firme a plus d'un(e) tour dans son sac : elle a produit une vid&#233;o promotionnelle anim&#233;e par un ex-chef d'antenne de Radio-Canada o&#249; paraissent des &#233;lu&#183;e&#183;s et commer&#231;ant&#183;e&#183;s favorables au projet ; elle pratique ou inspire l'&#233;mulation de campagnes &#171; citoyennes &#187; (porte-&#224;-porte, p&#233;tition, page Facebook) ; elle compte aussi sur l'appui ind&#233;fectible de la radio-poubelle locale qui a dissimul&#233; un sondage d&#233;favorable aux tours et qui fait de l'opposition &#224; celles-ci un outrage au peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on ne se m&#233;prenne pas sur les racines de ces tactiques de marketing de la main sur le c&#339;ur et de la main tendue : la violence &#233;conomique dont il a &#233;t&#233; question place bel et bien Brigil sur le pied de guerre. Les r&#232;gles du jeu en vigueur ne lui permettent pas de juguler ses surplus ? Qu'&#224; cela ne tienne ! Elle fera &#233;clater les efforts de planification urbaine, concert&#233;e et d&#233;mocratique, au profit de son exceptionnalit&#233; et demandera m&#234;me au peuple de pl&#233;bisciter sa man&#339;uvre. Qui sont ces quelques habitant&#183;e&#183;s et associations citoyennes pour emp&#234;cher Brigil de fa&#231;onner la ville &#224; son image ? Sur l'ancien site de la ville semi-priv&#233;e de Wrightville pourrait s'&#233;panouir la privatisation 2.0 de Brigilville. &#192; Brigilville, les associations de r&#233;sident&#183;e&#183;s, les &#233;lu&#183;e&#183;s, les m&#233;dias et la mairie seraient des laquais de l'entreprise. &#192; Brigilville, l'administration municipale n'existerait plus et le service d'urbanisme logerait dans les m&#234;mes bureaux que celui des ventes. &#192; Brigilville, les imp&#244;ts seraient remplac&#233;s par des dons d&#233;sint&#233;ress&#233;s &#224; des causes glamour et tout le monde apprendrait &#224; dire merci &#224; genoux. &#192; Brigilville, on exigerait du peuple qu'il s'identifie aux succ&#232;s du ma&#238;tre, se persuade que sa richesse retombe sur lui et per&#231;oive dans la r&#233;sistance de quelques r&#233;calcitrants l'&#339;uvre du d&#233;mon.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Plan d'urbanisme ou exception permanente&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce cauchemar aurait beau se r&#233;aliser tel quel qu'il n'aurait n&#233;anmoins pas r&#233;solu la question de fond. &#192; qui appartient la ville ? Selon nous, le cadrage de la question ne devrait pas se laisser leurrer par le maigre revenu en taxes promis par Brigil pour faire avaler la destruction du quartier du Mus&#233;e. Huit millions dans un budget de plus de 500 millions ne changent ni la donne ni ne compensent les co&#251;ts qui demeureront &#224; la charge du public. La v&#233;ritable question est : voulons-nous un plan d'urbanisme ou un r&#233;gime de l'arbitraire et de l'exception permanente ? Dans la situation pr&#233;sente, le plan prot&#232;ge le quartier. Or, les armes s'aff&#251;tent de part et d'autre pour livrer la bataille d&#233;cisive du centre-ville. La loi est du c&#244;t&#233; de David et les millions, avec Goliath. Il reste que nous esp&#233;rons que nos concitoyen&#183;ne&#183;s choisiront de jouir en commun de leur ville plut&#244;t que d'acquiescer &#224; la privatisation du soleil.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;David Harvey, &lt;i&gt;Le capitalisme contre le droit &#224; la ville. N&#233;olib&#233;ralisme, urbanisation, r&#233;sistances&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions Amsterdam, 2011, p. 49.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le m&#234;me calcul anime la Caisse de d&#233;p&#244;t et le mouvement Desjardins qui acqui&#232;rent de l'immobilier &#224; Manhattan ou Calgary.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Collectif de Gatineau&lt;/strong&gt;. Blanche Roy, Ana&#239;s Elboujda&#239;ni, Jean-Pierre Couture et Bill Clennett, citoyen&#183;ne&#183;s de Gatineau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : brigil.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prot&#233;geons le quartier du Mus&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quelques pas du Mus&#233;e canadien de l'histoire se trouve un quartier de taille modeste, mais avec une place ind&#233;niablement importante dans l'histoire du Vieux-Hull. Connu aujourd'hui sous le nom de quartier du Mus&#233;e, ce secteur de la ville est l'un des seuls &#224; avoir &#233;t&#233; &#233;pargn&#233;s par le grand feu de 1900 et &#224; avoir &#233;chapp&#233; aux expropriations du gouvernement f&#233;d&#233;ral durant les ann&#233;es 1970 (Lire Roger Blanchette, &#171; Hull, champs de bataille ! &#187;, &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt;, no 40, &#233;t&#233; 2011. Disponible en ligne : &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.ababord.org/&lt;/a&gt; Hull-champs-de-bataille). Nous, les r&#233;sidentes et r&#233;sidents actuels du quartier, avons choisi d'y vivre, avec la fiert&#233; de s'&#234;tre install&#233;s sur un lieu plein d'histoire. Nous avons un esprit familial, une communaut&#233; chaleureuse o&#249; bonheur et convivialit&#233; se c&#244;toient. C'&#233;tait natu&#173;rel, alors, que nous nous mobilisions sous la menace de projets de hautes tours d'habitation dans ce quartier qui nous tient &#224; c&#339;ur. Par diff&#233;rents moyens simples (r&#233;seaux sociaux, porte-&#224;-porte, d&#233;pliants et pancartes), nous avons tiss&#233; des liens et trouv&#233; solidarit&#233; avec les citoyen&#183;ne&#183;s d'autres secteurs de la ville. Nous d&#233;fendons notre vision d'un d&#233;veloppement qui se veut &#224; &#233;chelle humaine : un espace urbain de qualit&#233;, sain, s&#251;r et durable comme lieu de rencontre tant pour les visiteurs&#183;euses que pour les r&#233;sident&#183;e&#183;s. Une vision qui refl&#232;te fid&#232;lement le caract&#232;re de notre r&#233;gion, et surtout, une vision d&#233;mocratique qui respecte ses citoyen&#183;ne&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;No Towers&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre l'&#233;rection d'une tour de 12, 15 ou 20 &#233;tages au coin des art&#232;res Venables et Commercial, dans le quartier historique de Grandview &#224; Vancouver, a su provoquer un mouvement de r&#233;sistance dans la communaut&#233;. Appel&#233; &#171; &lt;i&gt;No Towers&lt;/i&gt; &#187;, le groupe demande que le d&#233;veloppement propos&#233; ne d&#233;passe pas cinq &#233;tages, conform&#233;ment au zonage qui pr&#233;vaut &#224; cet endroit. Si la taille du projet propos&#233; semble d&#233;risoire face aux tours ambitieuses de Brigil, l'opposition des habitant&#183;e&#183;s du quartier prend racine dans un contexte o&#249; l'ampleur de la mainmise des promoteurs vancouv&#233;rois est d'une f&#233;rocit&#233; qu'ignore encore le Vieux-Hull. Cependant, des dynamiques parall&#232;les peuvent &#234;tre d&#233;voil&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 2015 que le promoteur bien &#233;tabli Boffo Properties annonce un partenariat avec la Kettle Society, un organisme venant en aide aux personnes aux prises avec des probl&#232;mes de sant&#233; mentale. Le mouvement citoyen &lt;i&gt;No Towers&lt;/i&gt; est n&#233; de la volont&#233; de stopper la prolif&#233;ration de condos de luxe que propose de construire Boffo, sous couvert d'aider l'organisme communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des strat&#233;gies employ&#233;es par la Ville de Vancouver et le promoteur est de pointer du doigt les citoyen&#183;ne&#183;s qui refuseraient la densi&#173;fication en hauteur dans leur quartier. Or, &lt;i&gt;No Towers&lt;/i&gt; souligne le caract&#232;re fallacieux d'une telle supposition, car le quartier Grandview est l'un des plus dens&#233;ment peupl&#233;s &#224; Vancouver, tout en r&#233;ussissant &#224; conserver un caract&#232;re &#224; &#233;chelle humaine. Rappelons que le m&#234;me argument de densification a &#233;t&#233; servi au sujet des tours Brigil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, notons le refus de la Ville ainsi que du service d'urbanisme de rencontrer le groupe &lt;i&gt;No Towers&lt;/i&gt;. Une attitude dangereuse pour la d&#233;mo&#173;cratie, qui en dit long sur la perception que les &#233;lu&#183;e&#183;s et employ&#233;&#183;e&#183;s municipaux ont de leur r&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ana&#239;s Elboujda&#239;ni&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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