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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Ha&#239;ti. Un climat insurrectionnel</title>
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		<dc:date>2020-07-14T19:29:43Z</dc:date>
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		<dc:creator>Marc-Arthur Fils-Aim&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>Fils-Aim&#233;, Marc-Arthur</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but du mois de juillet 2018, Ha&#239;ti vit une situation de r&#233;volte, similaire &#224; une pr&#233;insurrection populaire. Une large partie de la population a gagn&#233; les rues, bloqu&#233; les principales art&#232;res de la capitale, des villes de province ainsi que les routes nationales pour demander des comptes &#224; l'&#201;tat et exiger une am&#233;lioration de ses conditions de vie. &lt;br class='autobr' /&gt; Sur l'injonction du Fonds mon&#233;taire international, le gouvernement ha&#239;tien devait augmenter le prix de l'essence &#224; la pompe. Il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-79-avril-mai-2019-" rel="directory"&gt;No 079 - avril / mai 2019&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fils-Aime-Marc-Arthur-+" rel="tag"&gt;Fils-Aim&#233;, Marc-Arthur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but du mois de juillet 2018, Ha&#239;ti vit une situation de r&#233;volte, similaire &#224; une pr&#233;insurrection populaire. Une large partie de la population a gagn&#233; les rues, bloqu&#233; les principales art&#232;res de la capitale, des villes de province ainsi que les routes nationales pour demander des comptes &#224; l'&#201;tat et exiger une am&#233;lioration de ses conditions de vie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Sur l'injonction du Fonds mon&#233;taire international, le gouvernement ha&#239;tien devait augmenter le prix de l'essence &#224; la pompe. Il s'est servi du match de football opposant le Br&#233;sil et la Belgique durant la derni&#232;re Coupe du monde pour ex&#233;cuter sa mission. Le peuple ne s'est pas laiss&#233; prendre au pi&#232;ge. Les 6, 7 et 8 juillet, il a presque mis en d&#233;route l'ex&#233;cutif et les forces r&#233;pressives en barricadant le pays. Il r&#233;clamait non seulement le retrait du communiqu&#233; relatif &#224; cette augmentation brutale, mais aussi la baisse du co&#251;t de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Au fur et &#224; mesure que les protestations gonflaient &#224; travers le pays, les revendications se sont radicalis&#233;es &#224; un point tel qu'elles ont pris l'allure d'une lutte de classe. Des foules attaquaient des banques et de grands commerces et demandaient le d&#233;part du pr&#233;sident et de son premier ministre d'alors, Guy Lafontant, qui sont les principaux soutiens d'une bourgeoisie qualifi&#233;e d'antinationale et de toutes sortes d'&#233;pith&#232;tes malodorantes par les Ha&#239;tien&#183;ne&#183;s. Malgr&#233; le remplacement du premier ministre, le peuple n'a pas d&#233;col&#233;r&#233;. Au contraire, le dossier Petrocaribe a provoqu&#233; un sursaut de col&#232;re et a tenu le pays en haleine le 15 octobre et le 18 novembre 2018. Ces deux dates correspondent &#224; l'assassinat de Dessalines, l'un des fondateurs de la nation ha&#239;tienne, et &#224; la derni&#232;re bataille qui a bout&#233; hors du pays l'arm&#233;e de Napol&#233;on. Apr&#232;s un calme apparent, le pays s'est r&#233;veill&#233; le 7 f&#233;vrier, date symbolique du d&#233;part du dictateur Jean-Claude Duvalier en 1986 et du deuxi&#232;me anniversaire de l'investiture du pr&#233;sident Jovenel, avec des manifestations &#233;valu&#233;es entre deux et trois millions de personnes, au milieu de barricades. Les &#171; Petro challengers &#187;, comme se nomment les manifestant&#183;e&#183;s, et l'opposition au pouvoir sont convaincus qu'aucun jugement n'est possible sous Mo&#239;se, dont le nom est cit&#233; dans l'audit partiel de la Cour sup&#233;rieure des comptes publi&#233; &#224; la fin du mois de janvier.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Le Petrocaribe, c'est quoi ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Le pr&#233;sident Ren&#233; Pr&#233;val a sign&#233; en 2006 l'accord Petrocaribe avec son homologue v&#233;n&#233;zu&#233;lien Hugo Ch&#225;vez. Ha&#239;ti paie une partie du p&#233;trole au comptant et une autre partie &#224; un taux pr&#233;f&#233;rentiel de 1 % dans un d&#233;lai de 17 &#224; 21 ann&#233;es avec deux ann&#233;es de gr&#226;ce. Cette somme &#233;quivaut aujourd'hui &#224; une dette de plus de quatre milliards de dollars am&#233;ricains. Elle devait &#234;tre investie dans des projets de d&#233;veloppement durable qui n'ont pas laiss&#233; beaucoup de traces. La dilapidation de cette fortune a eu lieu en grande partie sous le gouvernement de Michel Martelly, le mentor du pr&#233;sident Jovenel.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Les racines de la col&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Ces luttes conjoncturelles se sont superpos&#233;es &#224; des luttes structurelles. Il est presque impossible de bien cerner le contour des actuelles perturbations si on les s&#233;pare de la charpente socio- &#233;conomique et culturelle du pays. C'est pourquoi, m&#234;me s'il ne nous revient pas de retracer l'histoire du pays, il s'av&#232;re n&#233;cessaire de faire ce rappel tr&#232;s panoramique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ha&#239;ti est n&#233;e avec deux projets issus de deux visions de classe diff&#233;rentes. La majorit&#233; des anciens esclaves &#8211; devenus aujourd'hui des paysans moyens, parcellaires ou m&#234;me des champarts &#8211; voulaient d&#233;velopper une culture vivri&#232;re pour sauvegarder leur ind&#233;pendance durement acquise. C'&#233;tait la promotion avant la lettre de &#171; la souverainet&#233; alimentaire &#187;. La nouvelle oligarchie, elle, encourageait la culture de denr&#233;es pour l'exportation. Elle &#233;tait encore emp&#234;tr&#233;e de l'esprit et fascin&#233;e du sch&#233;ma de d&#233;veloppement des colons esclavagistes fran&#231;ais qu'elle avait physiquement combattus. Les masses rurales, d&#232;s l'aube de la d&#233;claration officielle de notre ind&#233;pendance, n'ont jamais accept&#233; leur &#233;tat de suj&#233;tion. Elles guettaient la moindre occasion pour se soulever en vue de conqu&#233;rir un droit qu'elles n'avaient en r&#233;alit&#233; jamais eu. Dans un premier moment, c'&#233;tait les Fran&#231;ais et les Allemands qui, avec le concours des dirigeants ha&#239;tiens, dominaient l'&#233;conomie et la finance ha&#239;tiennes. Aujourd'hui, en raison de la premi&#232;re occupation am&#233;ricaine qui a dur&#233; 19 ans (de 1915 &#224; 1934), les Am&#233;ricains ont une influence pr&#233;pond&#233;rante sur la politique nationale, m&#234;me sur la pr&#233;sidente ou le pr&#233;sident qui doit sortir des urnes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Dantes Bellegarde, La r&#233;sistance ha&#239;tienne. L'occupation am&#233;ricaine (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Plus de deux si&#232;cles apr&#232;s le choix initial d'une &#233;conomie d'exportation, la formation ha&#239;tienne n'a pas connu de grand changement dans sa nature. L'&#233;cart social s'est creus&#233; davantage entre les masses populaires et les classes dominantes du fait de tous les obstacles tendus par les classes politiciennes traditionnelles pour maintenir le statu quo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La classe paysanne, impuissante face &#224; la d&#233;t&#233;rioration de la qualit&#233; de l'humus, de la parcellisation grandissante de sa terre due &#224; la probl&#233;matique de l'h&#233;ritage tir&#233;e du Code de Napol&#233;on, des complots du syst&#232;me judiciaire et d'une vague de fausses promesses de nouveaux acqu&#233;reurs &#8211; Bill Clinton est aujourd'hui l'un des grands propri&#233;taires fonciers dans le pays &#8211; se r&#233;tr&#233;cit de jour en jour, malgr&#233; une r&#233;sistance farouche des organisations paysannes form&#233;es de ses couches les plus conscientis&#233;es. Le discours dominant veut faire croire que les pauvres ne peuvent pas faire de l'agriculture moderne. La paysannerie abandonne sa petite propri&#233;t&#233; dans l'espoir d'un mieux-&#234;tre dans les principales villes. Il en r&#233;sulte une &#171; bidonvillisation &#187; envahissante puisque l'&#201;tat ha&#239;tien, embourb&#233; dans la corruption et &#224; cause de son m&#233;pris des masses, ne s'efforce nullement d'am&#233;liorer son sort. Le ch&#244;mage domine la vie nationale. Il varie selon les donn&#233;es &#224; environ 70 %. La classe ouvri&#232;re, coinc&#233;e en grande partie dans l'assemblage, est surexploit&#233;e. Le d&#233;sespoir fait rage au milieu m&#234;me de la petite-bourgeoisie qui s'embarque, elle, vers la premi&#232;re fronti&#232;re qui lui est ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le suffrage direct, reconnu seulement en 1950, n'a pas permis &#224; ces masses de trouver le chemin de leur am&#233;lioration. &#192; chaque grande phase &#233;lectorale, les thurif&#233;raires du syst&#232;me plus que bis&#233;culaire dressent de nouvelles difficult&#233;s pour emp&#234;cher les cadres populaires de briguer des postes &#233;lectifs et r&#233;duire la population &#224; un r&#244;le passif de simples votants. Il r&#233;sulte de cette exclusion que les trois grands pouvoirs sont truff&#233;s de bandits, de trafiquants de drogue, de contrebandiers et de d&#233;linquants de tout acabit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est dans cette m&#234;me optique que nous devons appr&#233;hender le fl&#233;au de la corruption qui a toujours rong&#233; la soci&#233;t&#233; ha&#239;tienne. Elle a &#233;pous&#233; des formes diff&#233;rentes sans n'avoir jamais perdu de sa vigueur et de sa constance. Par exemple, Leslie P&#233;an a &#233;crit cinq tomes intitul&#233;s &lt;em&gt;Ha&#239;ti, &#233;conomie politique de la corruption&lt;/em&gt;, dont le premier est sous-titr&#233; &lt;em&gt;De Saint-Domingue &#224; Ha&#239;ti (1791-1870)&lt;/em&gt;. La corruption a atteint ces temps-ci un niveau d'immoralit&#233; que le n&#233;olib&#233;ralisme a aggrav&#233; avec l'argent plac&#233; au-dessus de toutes les valeurs, y compris celle de l'&#234;tre humain et des biens inali&#233;nables de la nature. Certaines consciences nationales ont inscrit leur bataille dans l'esprit de savoir o&#249; sont pass&#233;s les milliards de Petrocaribe et l'argent d&#233;tourn&#233; par la Commission int&#233;rimaire pour la reconstruction d'Ha&#239;ti (CIRH), un organisme cr&#233;&#233; pour aider Ha&#239;ti &#224; mieux se sortir des d&#233;sastres du tremblement de terre du 12 janvier 2010 et pr&#233;sid&#233; par Bill Clinton.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Une sc&#232;ne politique complexe&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Au sommet du pouvoir, le pr&#233;sident Jovenel n'a jamais joui d'une grande l&#233;gitimit&#233;. Il a &#233;t&#233; &#233;lu avec quelque 500 000 voix sur une population de plusieurs millions de personnes en &#226;ge de voter. Sa popularit&#233; est au bas-fond, car peu de ses promesses &#233;lectorales se sont concr&#233;tis&#233;es. La mis&#232;re des masses a empir&#233; et a m&#234;me affect&#233; une fraction importante de la petite-bourgeoisie. Face &#224; l'opposition plurielle qui tient &#224; la d&#233;mission du chef de l'&#201;tat a &#233;merg&#233; un diff&#233;rend ouvert entre lui et son premier ministre, le notaire Jean Henry C&#233;ant, impos&#233; par des forces puissantes. Il a d&#251; l'accepter &#224; contrec&#339;ur. La controverse n'est pas le fruit d'un projet alternatif. Chacun d'eux repr&#233;sente une fraction diff&#233;rente des classes dominantes qui cherche soit &#224; maintenir son h&#233;g&#233;monie soit &#224; l'arracher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Sur le terrain des luttes quotidiennes, le consensus ne d&#233;passe pas le d&#233;part du pr&#233;sident, qui reste accroch&#233; au pouvoir malgr&#233; la d&#233;t&#233;rioration acc&#233;l&#233;r&#233;e de toutes les branches vivantes du pays. L'opposition s&#232;me la confusion totale avec des propositions contradictoires quant &#224; la nature de la transition devant aboutir aux prochaines &#233;lections. La droite et l'extr&#234;me droite tentent de r&#233;cup&#233;rer le mot d'ordre des masses populaires en voulant r&#233;duire leur d&#233;sir de changement de syst&#232;me &#224; un remplacement de personne au sein du m&#234;me r&#233;gime. Le courant de gauche, du fait de son inorganisation ne constitue pas une force capable d'aider les masses &#224; dissoudre le syst&#232;me &#233;cul&#233; et &#224; b&#226;tir la transformation sociale esp&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En d&#233;finitive, cette absence d'avant-garde a frein&#233; l'&#233;lan pr&#233;insurrectionnel en une v&#233;ritable insurrection populaire. Le combat des classes domin&#233;es se joue sur le front conjoncturel et structurel. C'est pourquoi nous ne devons pas laisser le terrain &#224; l'oligarchie et &#224; ses intellectuels organiques et sommes oblig&#233;s de le poursuivre avec tact et intelligence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Dantes Bellegarde, &lt;em&gt;La r&#233;sistance ha&#239;tienne. L'occupation am&#233;ricaine d'Ha&#239;ti,&lt;/em&gt; collection du bicentenaire Ha&#239;ti, 1804-2004, p. 127-128 ; Suzy Castor, &lt;em&gt;L'occupation am&#233;ricaine d'Ha&#239;ti&lt;/em&gt;, Imprimerie Henri Deschamps, p. 64 ; et Ginette Ch&#233;rubin, &lt;em&gt;Le ventre pourri de la b&#234;te&lt;/em&gt;, &#201;ditions de l'Universit&#233; d'&#201;tat d'Ha&#239;ti, p. 259.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur est directeur g&#233;n&#233;ral de l'Institut Culturel Karl-L&#233;v&#234;que (ICKL).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Image d'une manifestation pour le cyber action kote kob Petro Caribe Challenge, 19 ao&#251;t 2018 (Medyalokal, Wikicommons)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Ha&#239;ti. Frauduleuses &#233;lections</title>
		<link>https://www.ababord.org/Haiti-Frauduleuses-elections</link>
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		<dc:date>2016-11-21T01:38:23Z</dc:date>
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		<dc:creator>Marc-Arthur Fils-Aim&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Fils-Aim&#233;, Marc-Arthur</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le processus &#233;lectoral ha&#239;tien en cours depuis la formation du Conseil &#233;lectoral provisoire au d&#233;but de 2015 a atteint une premi&#232;re phase cruciale le 9 ao&#251;t et une deuxi&#232;me le 25 octobre dernier. Depuis, il ne cesse de se d&#233;t&#233;riorer. Retour sur un processus &#233;lectoral laborieux. &lt;br class='autobr' /&gt; Le suffrage, devenu aujourd'hui universel apr&#232;s avoir &#233;t&#233; longtemps censitaire m&#234;me en Occident, s'est transform&#233; en un exercice normal dans bien des pays. Cependant, cela n'arrive pas encore &#224; impr&#233;gner la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-64-avril-mai-2016-" rel="directory"&gt;No 064 - avril / mai 2016&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fils-Aime-Marc-Arthur-+" rel="tag"&gt;Fils-Aim&#233;, Marc-Arthur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le processus &#233;lectoral ha&#239;tien en cours depuis la formation du Conseil &#233;lectoral provisoire au d&#233;but de 2015 a atteint une premi&#232;re phase cruciale le 9 ao&#251;t et une deuxi&#232;me le 25 octobre dernier. Depuis, il ne cesse de se d&#233;t&#233;riorer. Retour sur un processus &#233;lectoral laborieux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le suffrage, devenu aujourd'hui universel apr&#232;s avoir &#233;t&#233; longtemps censitaire m&#234;me en Occident, s'est transform&#233; en un exercice normal dans bien des pays. Cependant, cela n'arrive pas encore &#224; impr&#233;gner la conscience des classes dominantes ha&#239;tiennes. Pourtant, cet appel &#224; la majorit&#233; populaire ne se contente, d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, que du renou&#173;vellement de la m&#234;me classe politique au pouvoir en allouant aux partis poli&#173;tiques des noms diff&#233;rents. La d&#233;mocratie se joue dans l'apparence d'&#233;lections pour les grandes puissances qui m&#232;nent le monde, une d&#233;mocratie &#224; tendance de plus en plus ploutocratique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ha&#239;ti n'a pas encore embo&#238;t&#233; le pas&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la proclamation de l'ind&#233;pendance le premier janvier 1804 dans ce seul pays n&#232;gre &#224; avoir vaillamment vaincu le colonialisme esclavagiste, les &#233;lections ont toujours eu un caract&#232;re exclusiviste. Jusqu'en 1950, les femmes ne jouissaient pas du droit de vote. D&#232;s la naissance de la nation, la classe dirigeante avait choisi les &#233;lections indirectes pour conserver le pouvoir. Il revenait aux parlementaires d'&#233;lire le nouveau pr&#233;sident de la R&#233;publique qui, &#224; la suite d'une guerre civile, s'&#233;tait hiss&#233; &#224; la premi&#232;re magis&#173;trature de l'&#201;tat. Les d&#233;put&#233;s et les s&#233;nateurs n'avaient d'autre choix que de le proclamer chef d'&#201;tat. Sous la contrainte des ba&#239;onnettes, ils furent oblig&#233;s de voter une Constitution &#224; la mesure du nouvel occupant du fauteuil pr&#233;sidentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choses ont chang&#233; avec la reconnaissance du suffrage universel en 1950. Ce mod&#232;le s'apparente &#224; un progr&#232;s m&#234;me si la situation de la majo&#173;rit&#233; ne s'est pas vraiment am&#233;lior&#233;e. Cette reconnaissance n'a pas grande&#173;ment modifi&#233; la fa&#231;on de se faire &#233;lire. Trois &#233;l&#233;ments importants dominent la r&#233;alisation des &#233;lections actuellement : les armes, l'argent et la communaut&#233; internationale qui s'est install&#233;e depuis quelque 15 ans comme le juge partial qui d&#233;termine les gagnants et les perdants.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La conjoncture &#233;lectorale et ses enjeux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Toutes les fraudes et les irr&#233;gularit&#233;s qui ont marqu&#233; les l&#233;gislatives du 9&#8200;ao&#251;t 2015 ont &#233;t&#233; longuement pr&#233;par&#233;es par le pouvoir et ladite communaut&#233; internationale. Ces derniers pr&#233;f&#232;rent aux deux branches l&#233;gislatives cette meute de trafiquants de drogue et de bandits de tout acabit pour maintenir leurs privil&#232;ges.Cette majorit&#233; de parlementaires dociles ayant des dossiers pr&#233;judiciables s'appr&#234;te &#224; changer la Constitution et &#224; voter des lois antinationales en faveur des firmes internationales qui ont d&#233;voil&#233; dans notre sous-sol des riches&#173;ses &#233;quivalant &#224; plusieurs dizaines de milliards de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi il ne faut pas mettre en parall&#232;le le 9 ao&#251;t et le 25 octobre, jour des &#233;lections pr&#233;sidentielles, o&#249; les fraudes et les irr&#233;gularit&#233;s n'avaient par ailleurs pas la m&#234;me forme. Il ne s'agissait plus de payer les &#233;lectrices et les &#233;lecteurs pour acheter leurs voix, une activit&#233; qui s'est faite &#224; visi&#232;re lev&#233;e. Il n'&#233;tait plus besoin de coups de feu pour fermer les bureaux de vote o&#249; un candidat pr&#233;voyait sa perte. Cette fois-ci, ce sont des mandataires et des observateurs des partis politiques qui ont vot&#233; autant de fois qu'ils poss&#233;daient de mandats&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La loi &#233;lectorale assure &#224; tout candidat la pr&#233;sence d'un repr&#233;sentant, le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un article du quotidien &lt;i&gt;Le Nouvelliste&lt;/i&gt; a avanc&#233; que les mandataires ont repr&#233;sent&#233; plus de 50 % des votants ce 25 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres scandales ont &#233;clat&#233;. Jamais, la proclamation d'&#233;lections n'a provoqu&#233; autant de turbulences &#224; travers le pays. Les coups bas ont tellement &#233;maill&#233; tout le processus qu'il est difficile de distinguer les vrais gagnants des vrais perdants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident Martelly, le premier ministre Evens Paul et la communaut&#233; internationale qui ont d&#233;clar&#233; valide sans aucune g&#234;ne la r&#233;alisation des &#233;lections se sont retrouv&#233;s dans un grand embarras. Ils ne sont pas parvenus, pas m&#234;me l'envoy&#233; sp&#233;cial de la Maison-Blanche Kenneth Merten, &#224; convaincre Jude C&#233;lestin, le candidat plac&#233; en deuxi&#232;me place derri&#232;re leur poulain Jovenel Mo&#239;se, cet inconnu quelque six mois auparavant, de participer au deuxi&#232;me tour des pr&#233;sidentielles. M. C&#233;lestin a pressenti avec raison que toute la machine a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e en sa d&#233;faveur. Il ne peut oublier si vite Edmond Mullet, le repr&#233;sentant des Organisations des &#201;tats am&#233;ricains (OEA), qui avait cat&#233;goriquement rejet&#233; au nom de cette dite communaut&#233; internationale toute possibilit&#233; de sa victoire au profit de Martelly lors des &#233;lections de novembre 2010. Une large tranche de la population a cette fois-ci accompagn&#233; le candidat Jude C&#233;lestin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet intervalle compris entre la journ&#233;e du 25 octobre jusqu'au d&#233;but de f&#233;vrier 2016 offre une autre lecture de la conjoncture. Un sentiment de r&#233;vol&#173;te presque g&#233;n&#233;ral contre l'ing&#233;rence internationale s'est manifest&#233; avec une rare intransigeance &#224; travers le pays. Les multiples mobilisations de rues, courues parfois par des foules &#233;normes, ne se sont pas content&#233;es de stigmatiser le pouvoir de Martelly/Paul et le Conseil &#233;lectoral &#224; son service. Ces foules d&#233;noncent avec v&#233;h&#233;mence la position du &#171; Core Group &#187;, compos&#233; des &#201;tats-Unis, du Canada, du Br&#233;sil, de la France et de l'Union europ&#233;enne sous la couverture des Nations unies et de son bras arm&#233;, la Mission internationale des Nations unies pour la stabilisation d'Ha&#239;ti (MINUSTAH). L'opposition plurielle leur demande de laisser aux Ha&#239;tiennes et Ha&#239;tiens de r&#233;soudre leur probl&#232;me, m&#234;me si ce dernier est la cons&#233;quence de l'ing&#233;rence &#233;trang&#232;re, des &#201;tats-Unis notamment, lors des &#233;lections de 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jude C&#233;lestin, sous peine d'&#234;tre rejet&#233; par l'ensemble de l'opposition et d'une large tranche de la population, n'a d'autre choix que de raffermir sa position et de bouder tout compromis avec ces puissances internationales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sortie de crise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On l'a vu, ce processus &#233;lectoral a accouch&#233; d'une crise syst&#233;mique profonde. Nous sommes retourn&#233;s aux &#233;lections indirectes dans la nuit du 13 au 14 f&#233;vrier, une m&#233;thode que nous avions abandonn&#233;e en 1950. Actuellement, le pays est gouvern&#233; par un pr&#233;sident &#8211; M. Jocelerme Privert &#8211; &#233;lu par l'Assembl&#233;e nationale constitu&#233;e par la Chambre des d&#233;put&#233;s et le s&#233;nat. Il a 180 jours pour remettre le pays sur le rail constitutionnel d'apr&#232;s un accord sign&#233; par le Parlement et le pr&#233;sident Martelly, arriv&#233; au terme de son mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre temps, l'administration publique est paralys&#233;e parce qu'elle est chevauch&#233;e par un gouvernement h&#233;rit&#233; de Martelly qui est toujours en place et par un autre en attente d'&#234;tre accept&#233;, ou pas, par les deux chambres s&#233;par&#233;es apr&#232;s leur avoir pr&#233;sent&#233; sa politique g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation reste donc bloqu&#233;e malgr&#233; la d&#233;mission de Martelly et d'une solution sans avenir sous le contr&#244;le apparent des deux chambres l&#233;gislatives infest&#233;es de mauvais garnements. Ha&#239;ti nage dans l'incertitude du fait d'une mauvaise lecture politique du pouvoir, des classes dominantes, sous la dict&#233;e trop int&#233;ress&#233;e des puissances &#233;trang&#232;res. Il s'av&#232;re tr&#232;s difficile de d&#233;passer d&#233;finitivement cette turpitude sans une reprise totale de notre souverainet&#233; nationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La loi &#233;lectorale assure &#224; tout candidat la pr&#233;sence d'un repr&#233;sentant, le mandataire, au sein des bureaux de vote. Les mandataires sont cens&#233;s superviser les personnes responsables du bon d&#233;roulement dans les bureaux de vote.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur est directeur g&#233;n&#233;ral de l'Institut culturel Karl L&#233;vesque, un centre de r&#233;flexion, d'analyse et d'&#233;ducation populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photos : Manifestants chantant &#171; &#192; bas Martelly ! &#187; &#224; Port-au-Prince le 24 janvier 2016. AP Photo/Dieu Nailo Chery&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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