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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>La gr&#232;ve comme strat&#233;gie de reprise post-COVID</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-greve-comme-strategie-de-reprise-post-COVID</link>
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		<dc:date>2023-09-16T17:53:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Hurteau, Alain Savard</dc:creator>


		<dc:subject>Savard, Alain</dc:subject>
		<dc:subject>Hurteau, Philippe</dc:subject>
		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Faire la gr&#232;ve ou pas ? Malgr&#233; les avanc&#233;es rendues possibles par une bonne mobilisation, plusieurs syndicats h&#233;sitent &#224; utiliser ce moyen de pression parmi les plus significatifs, et probablement le plus d&#233;rangeant. En cette fin de pand&#233;mie et en cette p&#233;riode de p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre, il est essentiel de r&#233;fl&#233;chir &#224; la port&#233;e de la gr&#232;ve, &#224; ses limites, mais surtout &#224; ses avantages. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 2020, la pand&#233;mie a non seulement paralys&#233; l'&#233;conomie mondiale, mais aussi la mobilisation syndicale. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/97987-2.png?1694886753' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;463&#034; height=&#034;262&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Faire la gr&#232;ve ou pas ? Malgr&#233; les avanc&#233;es rendues possibles par une bonne mobilisation, plusieurs syndicats h&#233;sitent &#224; utiliser ce moyen de pression parmi les plus significatifs, et probablement le plus d&#233;rangeant. En cette fin de pand&#233;mie et en cette p&#233;riode de p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre, il est essentiel de r&#233;fl&#233;chir &#224; la port&#233;e de la gr&#232;ve, &#224; ses limites, mais surtout &#224; ses avantages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2020, la pand&#233;mie a non seulement paralys&#233; l'&#233;conomie mondiale, mais aussi la mobilisation syndicale. Comme pour bien d'autres mouvements sociaux, plusieurs pratiques fondamentales du syndicalisme sont devenues temporairement impossibles &#224; mettre en &#339;uvre : organisation d'assembl&#233;es et de manifestations, discussions en pr&#233;sentiel pour faire de la mobilisation, etc. Pas facile d'avancer en de pareilles conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant plus que l'effort collectif pour venir &#224; bout de la pand&#233;mie a mis en plan les luttes syndicales, per&#231;ues comme secondaires par les travailleurs et les travailleuses elles-m&#234;mes face au danger de la COVID-19. Combin&#233;s, ces facteurs ont contribu&#233; &#224; faire de l'ann&#233;e 2020 une ann&#233;e exceptionnellement calme sur le plan des conflits de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la pand&#233;mie ne soit pas termin&#233;e, le rel&#226;chement des mesures sanitaires et l'adaptation des pratiques syndicales au contexte pand&#233;mique ont permis une certaine reprise des mobilisations. Mais quelque chose de plus prometteur semble se profiler &#224; l'horizon. Aux &#201;tats-Unis, le mois d'octobre 2021 a connu une vague de gr&#232;ves si importante qu'elle a &#233;t&#233; baptis&#233;e &#171; striketober &#187;. Des gr&#232;ves comptant des milliers de travailleuses et de travailleurs ont paralys&#233; les quatorze usines de John Deere et les quatre usines de c&#233;r&#233;ales de Kellogg's. En tout, 57 gr&#232;ves ont eu lieu au cours du mois d'octobre seulement (contre 54 pour toute l'ann&#233;e 2020), touchant diff&#233;rents secteurs, des mines aux h&#244;pitaux, en passant par le transport et les t&#233;l&#233;communications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vague de gr&#232;ves peut sembler surprenante venant de nos voisins du sud, eux qui nous ont habitu&#233;&#183;es au cours des derni&#232;res d&#233;cennies &#224; un syndicalisme en d&#233;clin et relativement docile. Or, ce qui devrait plut&#244;t nous surprendre, c'est que le Qu&#233;bec, malgr&#233; la force de ses syndicats, ne vit pas une telle vague de gr&#232;ves. Quelques gr&#232;ves importantes ont certes eu lieu r&#233;cemment, comme celles des CPE, des entrep&#244;ts de la SAQ, de l'h&#244;tellerie ou encore dans l'industrie agroalimentaire avec Olymel et Exceldor. Toutefois, &#224; 650 000 &#171; jours-personnes &#187; perdus pour l'ann&#233;e 2021 en raison de conflits de travail, on se situe plut&#244;t dans la moyenne des derni&#232;res d&#233;cennies pour ce qui est de l'utilisation de la gr&#232;ve au Qu&#233;bec. En m&#234;me temps, dans la conjoncture actuelle, un espace pour une approche plus offensive semble s'installer. Allons y voir de plus pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Conjoncture propice &#224; la combativit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La pand&#233;mie a engendr&#233; une situation exceptionnelle dont pourraient profiter les travailleuses et travailleurs. En premier lieu, les probl&#232;mes d'approvisionnement donnent un levier extraordinaire &#224; tous ceux et toutes celles qui travaillent dans la cha&#238;ne logistique (dont les travailleur&#183;euses d'entrep&#244;t et de transport) : n'importe quelle interruption de travail a des effets imm&#233;diats et importants. Dans les derni&#232;res d&#233;cennies, les employeurs ont pu diviser les travailleur&#183;euses et contourner les gr&#232;ves en multipliant les recours aux sous-traitants et &#224; de nouvelles voies d'approvisionnement. Mais le contexte actuel ne leur permet plus de le faire, sinon de mani&#232;re beaucoup moins souple et avantageuse pour eux. L'infrastructure logistique mondiale (installations portuaires, conteneurs, syst&#232;mes de transports, etc.) est satur&#233;e &#224; un point tel que les travailleurs et les travailleuses de ces secteurs sont devenu&#183;es pratiquement irrempla&#231;ables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, un levier similaire existe gr&#226;ce &#224; la p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre engendr&#233;e par le double effet du vieillissement de la population et la &#171; grande d&#233;mission &#187; de milliers de travailleur&#183;euses au c&#339;ur de la pand&#233;mie. Non seulement cette p&#233;nurie contraint d&#233;j&#224; certains employeurs &#224; bonifier les conditions de travail pour faciliter le recrutement et la r&#233;tention, mais elle fragilise &#233;galement la capacit&#233; de ces employeurs &#224; r&#233;sister &#224; une gr&#232;ve. Dans plusieurs entreprises et services publics, le manque de personnel a entra&#238;n&#233; des retards &#224; tous les niveaux. Cela signifie que les employeurs ne peuvent pas soutenir un conflit de travail tr&#232;s longtemps sans aggraver leur retard et &#233;puiser leurs r&#233;serves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les services publics, en sant&#233; et dans les secteurs &#171; essentiels &#187;, la pand&#233;mie a &#233;galement permis de b&#226;tir un capital de sympathie pour les travailleuses et les travailleurs qui ont pris des risques pendant la crise sanitaire. Ces salari&#233;&#183;es de premi&#232;re ligne sont aussi souvent celles et ceux dont les conditions de travail sont les plus difficiles. Le contexte est donc propice pour miser sur cette sympathie et b&#226;tir des liens avec la communaut&#233; pour soutenir des gr&#232;ves et emp&#234;cher le gouvernement d'isoler les gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce titre, la gr&#232;ve du personnel des CPE a d&#233;montr&#233; de mani&#232;re exemplaire le genre de rapport de force rendu possible par la conjoncture. D'une part, en faisant gr&#232;ve, les travailleuses des CPE exer&#231;aient une pression importante sur l'&#233;conomie. Au moment o&#249; le gouvernement tentait d'agir pour r&#233;sorber la p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre, l'interruption des services de garde for&#231;ait des milliers de parents &#224; prendre cong&#233;. Devant la pression, le gouvernement n'a eu d'autre choix que d'offrir des augmentations substantielles.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mettre fin aux parties gratuites&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Trop souvent, depuis les ann&#233;es 1980, le mouvement syndical a utilis&#233; la gr&#232;ve de mani&#232;re d&#233;fensive. L'attitude de n&#233;gociation par d&#233;faut des syndicats est d'arriver &#224; la table sans mobilisation et d'attendre d'&#234;tre provoqu&#233; par l'employeur avec des menaces de reculs. La gr&#232;ve est ainsi vot&#233;e pour &#233;viter ces reculs, mais si l'employeur maintient son offre ou retire ses principales demandes, alors on &#233;carte la gr&#232;ve. En agissant de la sorte, les mandats de gr&#232;ve ne sont que rarement bas&#233;s sur une vis&#233;e d'am&#233;lioration des conditions de travail, mais le plus souvent sur un maintien du &lt;em&gt;statu quo&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, le mouvement syndical doit apprendre &#224; profiter de la situation actuelle. Les employeurs sont d&#233;j&#224; un peu forc&#233;s &#224; offrir des augmentations pour faciliter le recrutement. Il lui faut donc capitaliser au maximum sur cette ouverture. C'est pr&#233;cis&#233;ment parce que le rapport de force leur est favorable que les syndicats pourraient passer &#224; l'offensive, augmenter les attentes de leurs membres et utiliser la gr&#232;ve comme moyen d'obtenir des gains. Au-del&#224; des demandes salariales, c'est le moment pour les syndicats de faire des demandes structurantes : ramener les fonds de retraite &#224; prestation d&#233;termin&#233;e dans le secteur priv&#233;, am&#233;liorer durablement les assurances collectives, baliser et r&#233;duire la charge de travail dans le secteur public, etc. Avec la crise environnementale qui guette &#224; l'horizon, c'est &#233;galement un bon moment pour inclure des dispositions sur les changements climatiques dans les conventions collectives et utiliser ces demandes pour solidifier l'appui populaire aux gr&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, la situation n'est pas aussi bonne pour l'ensemble des secteurs et de telles gr&#232;ves offensives ne sauraient porter fruit si elles ne s'inscrivent pas dans une bonne strat&#233;gie. Il ne s'agit pas ici de f&#233;tichiser la gr&#232;ve, d'en faire une recette magique qui permettrait de gagner &#224; tout coup. Il faut l'utiliser intelligemment pour que cet outil soit efficace. Il faut donc prendre le temps d'analyser la situation particuli&#232;re d'un lieu de travail, d'ancrer &#224; la base l'appui pour un mouvement de gr&#232;ve et de cr&#233;er des alliances avec la communaut&#233; pour &#233;viter l'isolement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, le contexte actuel est l'un des plus favorables au mouvement syndical depuis la Seconde Guerre mondiale pour r&#233;aliser des avanc&#233;es significatives dans la plupart des secteurs. Souhaitons qu'il puisse s'organiser pour saisir cette opportunit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Philippe Hurteau et Alain Savard sont syndicalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Marielle Jennifer Couture&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; La grande transition &#187;</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-grande-transition</link>
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		<dc:date>2019-08-03T20:34:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Caroline Brodeur, Alain Savard, Ma&#239;ka Sondarjee</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>Brodeur, Caroline</dc:subject>
		<dc:subject>Savard, Alain</dc:subject>
		<dc:subject>Sondarjee, Ma&#239;ka</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le collectif La grande transition organise un colloque international &#224; l'UQAM en mai prochain. L'&#233;v&#233;nement vise &#224; rassembler &#171; un millier de participant&#183;e&#183;s pour discuter des critiques du capitalisme, des strat&#233;gies qui visent son d&#233;passement et des mod&#232;les d'organisation &#233;conomique alternatifs &#187;. Afin d'en savoir plus sur le projet, &#192; b&#226;bord ! a rencontr&#233; deux membres du comit&#233; organisateur, Alain Savard et Ma&#239;ka Sondarjee. &lt;br class='autobr' /&gt;
Propos recueillis par Caroline Brodeur. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; b&#226;bord ! : C'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-74-avril-mai-2018-" rel="directory"&gt;No 074 - avril / mai 2018&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Brodeur-Caroline-+" rel="tag"&gt;Brodeur, Caroline&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Savard-Alain-+" rel="tag"&gt;Savard, Alain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sondarjee-Maika-+" rel="tag"&gt;Sondarjee, Ma&#239;ka&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2760.png?1642092230' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;782&#034; height=&#034;510&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le collectif La grande transition organise un colloque international &#224; l'UQAM en mai prochain. L'&#233;v&#233;nement vise &#224; rassembler &#171; un millier de participant&#183;e&#183;s pour discuter des critiques du capitalisme, des strat&#233;gies qui visent son d&#233;passement et des mod&#232;les d'organisation &#233;conomique alternatifs &#187;. Afin d'en savoir plus sur le projet, &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; a rencontr&#233; deux membres du comit&#233; organisateur, Alain Savard et Ma&#239;ka Sondarjee.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Caroline Brodeur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; : C'est quoi, &#171; La grande transition &#187; ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alain Savard : &lt;/strong&gt; La grande transition, c'est la transition qui sera n&#233;cessaire pour sortir du capitalisme et construire une soci&#233;t&#233; plus juste et plus &#233;galitaire. On organise un colloque nomm&#233; &#171; La grande transition &#187; pour r&#233;fl&#233;chir &#224; tout &#231;a. Le nom fait &#233;cho aux mouvements &#233;cologistes qui parlent de transition vers une &#233;conomie verte. Mais finalement, la justice &#233;cologique n'est qu'un des aspects de la justice sociale. La grande transition, c'est de r&#233;fl&#233;chir &#224; l'ensemble des facettes d'une &#233;conomie &#224; venir, hors capitalisme, bas&#233;e sur la d&#233;mocratie, l'&#233;galit&#233; et la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ma&#239;ka Sondarjee : &lt;/strong&gt; Le colloque durera 4 jours, comptera 120 ateliers et plus de 300 pan&#233;listes provenant de quatre continents. Par exemple, Kari Polanyi, la fille de Karl Polanyi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Karl Polanyi a publi&#233; un livre intitul&#233; La Grande transformation, duquel est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c&#233;l&#232;bre historien de l'&#233;conomie, ainsi qu'Alain Deneault parleront de comment l'&#233;conomie domine nos vies. Himani Bannerji et Diane Lamoureux aborderont quant &#224; elles les th&#232;mes du f&#233;minisme, de l'antiracisme et de la lutte des classes, alors que Julia Posca, Erik Olin Wright, Christian Laval et Pierre Dardot se demanderont comment penser l'apr&#232;s-capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : D'o&#249; est venue l'id&#233;e ? L'&#233;v&#233;nement r&#233;pond &#224; quel besoin ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A. S. : &lt;/strong&gt; La gauche parle souvent des probl&#232;mes sociaux. On pointe du doigt les grands syst&#232;mes d'oppression comme le patriarcat ou le capitalisme, mais c'est rare qu'on prenne le temps de penser aux alternatives. Au mieux, on propose des r&#233;formes pour r&#233;pondre temporairement aux probl&#232;mes qu'ils causent : taxer les grandes entreprises, mieux financer les services publics, favoriser l'embauche de minorit&#233;s visibles. Quand vient le temps de penser &#224; une alternative sociale globale, on peine &#224; trouver une r&#233;ponse satisfaisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un monde capitaliste mondialis&#233;, il est difficile de voir comment adopter des r&#233;formes importantes, car les accords de libre-&#233;change et la mobilit&#233; des capitaux donnent le &#171; gros bout du b&#226;ton &#187; aux grandes corporations. Les conditions qui ont men&#233; &#224; la cr&#233;ation de l'&#201;tat-providence apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale ne sont plus les m&#234;mes aujourd'hui. Et lorsque des gouvernements de gauche sont &#233;lus, comme Syriza en Gr&#232;ce, ceux-ci ont peu de marge de man&#339;uvre pour changer r&#233;ellement les choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc rompre radicalement avec le capitalisme, mais comment faire ? Le remplacer par quoi ? Les mod&#232;les socialistes du 20e si&#232;cle ont &#233;t&#233; discr&#233;dit&#233;s par l'exp&#233;rience, mais on ne peut se r&#233;signer &#224; l'id&#233;e qu'il n'y a pas d'alternatives. Or, les ressources consacr&#233;es &#224; cette recherche d'autres possibles restent marginales au sein de la gauche et des mouvements sociaux. Pr&#233;occup&#233;s par des campagnes pour se d&#233;fendre de la derni&#232;re attaque n&#233;olib&#233;rale, on prend rarement le temps de r&#233;fl&#233;chir &#224; la soci&#233;t&#233; que nous voulons &#224; long terme et aux moyens n&#233;cessaires pour y parvenir. &#171; La grande transition &#187; vise &#224; relancer le d&#233;bat et offrir un espace de r&#233;flexion sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : &#192; qui s'adresse le colloque ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. S. : &lt;/strong&gt; Aux militant&#183;e&#183;s, aux syndicalistes, aux universitaires, mais aussi &#224; quiconque souhaite en apprendre un peu plus sur les diff&#233;rentes luttes &#233;mancipatrices existantes et &#224; venir. Le but est de promouvoir des id&#233;es radicalement de gauche &#224; un public initi&#233; ou non, mais d&#233;sireux de changer la soci&#233;t&#233; et le mod&#232;le &#233;conomique dans lesquels on vit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : L'&#233;v&#233;nement peut sembler assez acad&#233;mique. D&#233;sirez-vous sortir de la th&#233;orie ? Si oui, comment proposez-vous de transposer le tout en pratique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. S. : &lt;/strong&gt; Absolument ! On a fait tr&#232;s attention de ne pas faire de &#171; La grande transition &#187; un &#233;v&#233;nement universitaire. Le colloque sera ancr&#233; dans le r&#233;el ou ne sera pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les panels abordent des sujets aussi vari&#233;s que les luttes syndicales, les mouvements alternatifs ici et ailleurs dans le monde, le municipalisme, les luttes &#233;cologiques, les fa&#231;ons de s'organiser dans des groupes militants au niveau municipal ou communautaire, l'antiracisme au quotidien, les mouvements &#233;tudiants ou l'intersectionnalit&#233; dans les luttes f&#233;ministes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces sujets seront &#233;galement abord&#233;s &#224; travers plusieurs activit&#233;s diversifi&#233;es comme des panels publics, des &#233;v&#233;nements sociaux et des soir&#233;es festives. L'&#233;v&#233;nement est vraiment destin&#233; &#224; tous et toutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Quels objectifs souhaitez-vous atteindre ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. S. : &lt;/strong&gt; Nous visons &#224; renforcer les liens de collaboration entre les militant&#183;e&#183;s anticapitalistes de diff&#233;rentes tendances, les universitaires et les membres des milieux syndicaux. Il s'agit aussi de cr&#233;er des ponts entre les milieux anglophones et francophones, afin de b&#226;tir de nouvelles solidarit&#233;s et initiatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La grande transition &#187; permettra de renforcer les r&#233;seaux militants et de dynamiser leurs luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A. S. : &lt;/strong&gt; Le colloque vise &#224; &#234;tre un r&#233;el point de convergence des luttes. Il aura lieu deux semaines avant les manifestations contre le G7 dans Charlevoix et r&#233;unira des groupes &#233;cologistes, syndicaux, &#233;tudiants, militants et politiques. Les diff&#233;rents ateliers permettront d'&#233;changer sur nos principes, nos tactiques et nos strat&#233;gies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Qu'aimeriez-vous qu'il en ressorte ? Qu'entrevoyez-vous pour la suite ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.S. : &lt;/strong&gt; L'id&#233;e est de cr&#233;er des partenariats sur le long terme, tant pour des activit&#233;s militantes, des projets de recherche que pour faire du mentorat formel ou informel. La gauche et les mouvements anticapitalistes doivent s'organiser afin d'&#234;tre plus efficaces et &#171; La grande transition &#187; est l'&#233;v&#233;nement parfait pour amener le plus de personnes &#224; participer &#224; la consolidation du mouvement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Karl Polanyi a publi&#233; un livre intitul&#233; &lt;i&gt;La Grande transformation&lt;/i&gt;, duquel est inspir&#233; le titre du colloque.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le syndicalisme de combat &#233;tudiant et son secret</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-syndicalisme-de-combat-etudiant-et-son-secret</link>
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		<dc:date>2017-07-14T18:49:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Savard</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement &#233;tudiant</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Savard, Alain</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec dix gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales illimit&#233;es &#224; son actif depuis 1968, le mouvement &#233;tudiant qu&#233;b&#233;cois demeure tr&#232;s inspirant. Sa vigueur a de quoi &#233;tonner : les gr&#232;ves se sont succ&#232;dent depuis 50 ans &#224; un rythme soutenu, en d&#233;pit des vents contraires, pour atteindre un paroxysme pendant le Printemps &#233;rable de 2012. &lt;br class='autobr' /&gt; En 1978, face &#224; un gouvernement p&#233;quiste nouvellement &#233;lu sur un programme de gauche, les &#233;tudiant&#183;e&#183;s n'h&#233;sit&#232;rent pas &#224; d&#233;clencher une gr&#232;ve offensive sur la question des pr&#234;ts et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Changer-le-monde-Ou-allons-" rel="directory"&gt;Dossier : Changer le monde - O&#249; allons-nous ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-etudiant-+" rel="tag"&gt;Mouvement &#233;tudiant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Savard-Alain-+" rel="tag"&gt;Savard, Alain&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec dix gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales illimit&#233;es &#224; son actif depuis 1968, le mouvement &#233;tudiant qu&#233;b&#233;cois demeure tr&#232;s inspirant. Sa vigueur a de quoi &#233;tonner : les gr&#232;ves se sont succ&#232;dent depuis 50 ans &#224; un rythme soutenu, en d&#233;pit des vents contraires, pour atteindre un paroxysme pendant le Printemps &#233;rable de 2012.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1978, face &#224; un gouvernement p&#233;quiste nouvellement &#233;lu sur un programme de gauche, les &#233;tudiant&#183;e&#183;s n'h&#233;sit&#232;rent pas &#224; d&#233;clencher une gr&#232;ve offensive sur la question des pr&#234;ts et bourses. &#192; la fin des ann&#233;es 1980, alors que l'id&#233;e de partenariat social traversait le syndicalisme occidental, les &#233;tudiant&#183;e&#183;s s'engag&#232;rent dans trois mouvements de gr&#232;ve successifs (1986, 1988, 1990). La mort de la principale association &#233;tudiante nationale en 1990 &#8211; l'Association nationale des &#233;tudiantes et des &#233;tudiants du Qu&#233;bec (ANEEQ) &#8211; semblait de mauvais augure pour la suite des choses. Pourtant, les gr&#232;ves de 1996, 2005 et 2012 n'ont fait que cro&#238;tre en intensit&#233; ; les deux derni&#232;res &#233;tablissant chacune un nouveau record quant au nombre de gr&#233;vistes et &#224; la dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une culture d&#233;mocratique et combative&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quel est le secret derri&#232;re ces mouvements de gr&#232;ve massifs, impliquant chaque fois des dizaines de milliers de personnes et des actions ill&#233;gales quotidiennes (dont la gr&#232;ve elle-m&#234;me) ? S'agit-il d'une simple manifestation d'une jeunesse spontan&#233;ment rebelle ? Mais alors, o&#249; sont les gr&#232;ves &#233;tudiantes dans le reste du Canada et aux &#201;tats-Unis ? Les &#233;tudiant&#183;e&#183;s du monde anglophone ont pourtant toutes les raisons de se r&#233;volter : les frais de scolarit&#233; y sont beaucoup plus &#233;lev&#233;s et les programmes de pr&#234;ts et bourses bien moins g&#233;n&#233;reux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement &#233;tudiant qu&#233;b&#233;cois a su d&#233;velopper des pratiques, une culture et des institutions qui lui sont propres. Si l'&#233;ducation postsecondaire est plus accessible au Qu&#233;bec, c'est sp&#233;cifiquement parce que les gr&#232;ves r&#233;p&#233;t&#233;es ont forc&#233; la main des gouvernements successifs. Aux &#201;tats-Unis, par exemple, l'insatisfaction devant l'inaccessibilit&#233; des &#233;tudes sup&#233;rieures est tr&#232;s grande, mais les &#233;tudiant&#183;e&#183;s n'organisent pas de gr&#232;ves. Le ras-le-bol ne peut pas se muter en mouvement de masse, car l'id&#233;e de gr&#232;ve &#233;tudiante a disparu de l'imaginaire politique et les lieux d'organisation collective comme l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale n'existent plus.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_307 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/png/1341234.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH823/1341234-419d0.png?1729034850' width='500' height='823' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Illustration : ASS&#201;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec on tient souvent le mouvement &#233;tudiant pour acquis, mais il ne faut pas perdre de vue &#224; quel point nos institutions sont uniques par rapport au Canada et aux &#201;tats-Unis. C'est de cette comparaison que l'on peut retenir des le&#231;ons importantes pour le mouvement syndical et les autres mouvements sociaux. Alors, quelles sont donc ses sp&#233;cificit&#233;s ? On peut identifier deux &#233;l&#233;ments principaux : la d&#233;mocratie directe et l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, ainsi qu'une conception extraparlementaire du rapport de force impliquant la gr&#232;ve et de la mobilisation de masse comme moyen d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux &#233;l&#233;ments sont fondamentaux pour comprendre comment des g&#233;n&#233;rations successives d'&#233;tudiant&#183;e&#183;s qu&#233;b&#233;cois&#183;es parviennent &#224; organiser syst&#233;matiquement des mouvements d'une telle ampleur. Pourtant, les jeunes de 17 ou 18 ans qui mettent les pieds pour la premi&#232;re fois dans une institution postsecondaire ne sont pas plus politis&#233;s qu'ailleurs. Certains campus maintiennent une tradition militante parce que leurs associations &#233;tudiantes font de la mobilisation et de la formation une priorit&#233;. Ainsi, malgr&#233; une rotation tr&#232;s rapide de la population &#233;tudiante dans les c&#233;geps (un renouvellement complet tous les trois &#224; quatre ans), la pratique des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales et de la gr&#232;ve ne se perd pas.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;S'inspirer du syndicalisme &#233;tudiant pour renouveler nos pratiques militantes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les pratiques d&#233;mocratiques jouent un double r&#244;le dans le mouvement &#233;tudiant. D'une part, les structures ouvertes favorisent l'implication d'une rel&#232;ve au sein de l'association &#233;tudiante. Un comit&#233; de mobilisation, par exemple, permet &#224; qui le veut de participer &#224; l'&#233;laboration du mat&#233;riel d'information, &#224; la pr&#233;paration des tourn&#233;es de classe, &#224; l'organisation d'actions et de manifestations, etc. &#192; l'inverse de la pratique de l'expertise et de la sp&#233;cialisation qui pr&#233;vaut dans le mouvement syndical, les associations &#233;tudiantes tendent plut&#244;t &#224; r&#233;partir les responsabilit&#233;s. Malgr&#233; des r&#233;sultats in&#233;gaux, un tel partage des responsabilit&#233;s permet de former un nombre toujours plus grand de militant&#183;e&#183;s. En mettant la main &#224; la p&#226;te, on apprend l'art du graphisme, de la communication, de la mobilisation, de l'organisation d'actions, des proc&#233;dures d'assembl&#233;es, etc. Ainsi, les associations &#233;tudiantes, surtout en p&#233;riode de mobilisation, forment tr&#232;s rapidement un grand nombre de militantes et militants comp&#233;tents et polyvalents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, les pratiques d&#233;mocratiques des associations &#233;tudiantes permettent d'accro&#238;tre la l&#233;gitimit&#233; des moyens d'action et des revendications. L'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale a beaucoup plus de pouvoir que dans la plupart des autres mouvements : elle est souveraine, elle peut infirmer les d&#233;cisions du conseil ex&#233;cutif, elle peut donner des mandats obligatoires &#224; l'ex&#233;cutif. De plus, lors de ces assembl&#233;es, le conseil ex&#233;cutif de l'association n'a aucun privil&#232;ge : il n'a pas de tour de parole privil&#233;gi&#233; et il s'assoit dans la salle comme tous les autres membres. Cela contribue &#224; r&#233;duire la distance qui peut exister entre l'association &#233;tudiante et les membres, car au lieu d'utiliser l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale comme lieu o&#249; les membres ne font qu'approuver ou rejeter un plan pr&#233;&#233;tabli par l'ex&#233;cutif, les assembl&#233;es &#233;tudiantes sont des lieux de r&#233;els d&#233;bats, o&#249; les membres ont un contr&#244;le important sur le processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications et les moyens d'action ne sont donc pas les actes &#171; du syndicat &#187; ou de &#171; l'association &#187;, mais bien &#171; nos revendications &#187; et &#171; nos moyens d'action &#187;. La force de la d&#233;mocratie directe, c'est que les participant&#183;e&#183;s s'identifient directement aux d&#233;cisions qui sont prises &#8211; ce sont les leurs. Ainsi, m&#234;me si la gr&#232;ve n'est pas un moyen d'action l&#233;gal pour les &#233;tudiant&#183;e&#183;s, il devient difficile pour les administrations et le gouvernement de la r&#233;primer par les tribunaux, car elle est consid&#233;r&#233;e comme hautement l&#233;gitime par les &#233;tudiantes et &#233;tudiants eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, le syndicalisme de combat &#233;tudiant repose sur une conception de la lutte qui privil&#233;gie la gr&#232;ve et la mobilisation de masse plut&#244;t que le lobbyisme et la concertation. Ainsi, dans les formations internes aux associations &#233;tudiantes les plus mobilis&#233;es et dans les camps de formation de l'Association pour une solidarit&#233; syndicale &#233;tudiante (ASS&#201;), on transmet une vision du politique qui reconna&#238;t le rapport de force in&#233;gal entre la population, le gouvernement et les grandes corporations. Au lieu d'esp&#233;rer convaincre le gouvernement &#224; coup d'arguments &#171; raisonnables &#187; derri&#232;re des portes closes, il est convenu que la meilleure fa&#231;on d'obtenir gain de cause est de forcer le gouvernement &#224; les &#233;couter gr&#226;ce &#224; leur principale force : le nombre. Contrairement aux associations &#233;tudiantes qui existent aux &#201;tats-Unis et au Canada, et &#224; bon nombre de syndicats au Qu&#233;bec, la plupart des &#233;nergies des associations &#233;tudiantes qu&#233;b&#233;coises sont d&#233;di&#233;es &#224; la mobilisation de masse et &#224; l'&#233;ducation des membres, plut&#244;t qu'&#224; des rencontres avec le gouvernement et le patronat et &#224; des campagnes de publicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pratiques d&#233;mocratiques et combatives ne sont pas tomb&#233;es du ciel. Des militant&#183;e&#183;s les ont soutenues, les ont d&#233;finies, les ont appliqu&#233;es de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration. En ce sens, il est tout aussi possible de s'en inspirer pour transformer d'autres mouvements.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur est doctorant en science politique &#224; l'Universit&#233; York.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Automne chaud, douche froide</title>
		<link>https://www.ababord.org/Automne-chaud-douche-froide</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Automne-chaud-douche-froide</guid>
		<dc:date>2016-10-29T18:46:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe de Grosbois, Alain Savard</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>de Grosbois, Philippe </dc:subject>
		<dc:subject>Savard, Alain</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les ententes du mois de d&#233;cembre marquent la conclusion d'une manche importante dans les mobilisations syndicales des derni&#232;res ann&#233;es. Que doit-on retenir des moyens de pression de l'automne et quelles sont les prochaines &#233;tapes ? &lt;br class='autobr' /&gt; Plusieurs l'ont soulign&#233;, la mobilisation des travailleurs&#183;euses du secteur public a connu des niveaux historiques. Des assembl&#233;es nombreuses, des votes de gr&#232;ve forts, des manifestations de quartiers, des occupations de banques et d'institutions financi&#232;res... (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-63-fevrier-mars-2016-" rel="directory"&gt;No 063 - f&#233;vrier / mars 2016&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-de-Grosbois-Philippe-+" rel="tag"&gt;de Grosbois, Philippe &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Savard-Alain-+" rel="tag"&gt;Savard, Alain&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2282.png?1642092185' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;756&#034; height=&#034;504&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les ententes du mois de d&#233;cembre marquent la conclusion d'une manche importante dans les mobilisations syndicales des derni&#232;res ann&#233;es. Que doit-on retenir des moyens de pression de l'automne et quelles sont les prochaines &#233;tapes ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Plusieurs l'ont soulign&#233;, la mobilisation des travailleurs&#183;euses du secteur public a connu des niveaux historiques. Des assembl&#233;es nombreuses, des votes de gr&#232;ve forts, des manifestations de quartiers, des occupations de banques et d'institutions financi&#232;res... On doit compter en d&#233;cennies pour retrouver un tel degr&#233; de mobilisation. L'&#233;laboration de plans d'action d'urgence en cas de loi sp&#233;ciale et l'adoption de positions de principe en appui &#224; une &#233;ventuelle gr&#232;ve ill&#233;gale t&#233;moignent aussi de cette combativit&#233; rarement vue chez les membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers tout cela a &#233;merg&#233; quelque chose d'encore plus int&#233;ressant : l'embryon d'un front commun plus &#171; organique &#187;, &#233;manant v&#233;ritablement des batailles men&#233;es sur le terrain. Fin septembre, l'ASS&#201; a tenu un Rassemblement syndical en &#233;ducation, r&#233;unissant associations &#233;tudiantes et syndicats locaux. Dans certains c&#233;geps, on a vu des comit&#233;s de mobilisation intersyndicaux se former (profs, employ&#233;&#183;e&#183;s de soutien et professionnel&#183;le&#183;s). Dans d'autres cas, c'est &#224; l'&#233;chelle d'un quartier (Ahuntsic/ Montr&#233;al-Nord, Laval), que des collectifs citoyens anti-aust&#233;rit&#233; se sont form&#233;s. De m&#234;me, la cr&#233;ation du r&#233;seau Lutte commune a aussi permis de faciliter la communication entre les diverses composantes des syndicats en n&#233;gociation, tout en prenant soin d'inscrire cette bataille &#224; la lutte contre l'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement Couillard croyait probablement qu'en attaquant l'&#201;tat social aussi f&#233;rocement &#224; sa premi&#232;re ann&#233;e au pouvoir, il installerait un climat de r&#233;signation et isolerait les syndiqu&#233;&#183;e&#183;s du secteur public. Or, c'est le contraire qui s'est produit : tant les travailleuses et travailleurs que le public ont tout de suite saisi que l'am&#233;lioration des conditions de travail des employ&#233;&#183;e&#183;s &#233;tait un moyen central pour valoriser les services publics et affaiblir l'offensive aust&#233;ritaire des lib&#233;raux. Les mobilisations de l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, la campagne &#171; Je prot&#232;ge mon &#233;cole publique &#187; et le travail de la Coalition main rouge ont form&#233; les bases d'un v&#233;ritable front social contre l'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec toutes ces forces, une question fait in&#233;vitablement surface : comment se fait-il qu'un tel niveau de mobilisation ait abouti &#224; une entente entre le gouvernement et le Front commun qui repousse l'&#226;ge de la retraite, risque d'appauvrir davantage bien des syndiqu&#233;&#183;e&#183;s et remet tr&#232;s peu en question les coupes dans les services &#224; la population ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une faiblesse importante, qu'on a d&#233;j&#224; pu constater lors des n&#233;gociations de 2010 et de la gr&#232;ve &#233;tudiante de 2012, appara&#238;t de plus en plus clairement : une large part des directions syndicales actuelles semble peu habitu&#233;e, voire peu encli&#173;ne, &#224; adopter une v&#233;ritable posture politique de combat, en d&#233;pit du fait qu'une proportion de plus en plus importante de membres envoie des signaux forts allant en ce sens. &#192; notre connaissance, le Front commun n'a initi&#233; aucune recher&#173;che d'appuis &#224; l'international, aucune r&#233;flexion publique sur l'&#233;ventualit&#233; d'une loi sp&#233;ciale et tr&#232;s peu de liens concrets, au-del&#224; des discours, entre la n&#233;gociation et le reste de la lutte &#224; l'aust&#233;rit&#233;. De plus, la rigidit&#233; des mandats de gr&#232;ve (&#224; exercer &#171; &lt;i&gt;en Front commun&lt;/i&gt; &#187; ou pas du tout) a donn&#233; l'&#233;quivalent d'un droit de veto aux syndicats les moins mobilis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'une belle radicalisation semblait prendre forme aussi bien dans plusieurs milieux de travail que nationalement, les imp&#233;ratifs traditionnels de l'&#233;ch&#233;ance des F&#234;tes et de la &#171; n&#233;gociation de bonne foi &#187; semblent avoir repris le dessus au sein de directions pour qui des luttes d&#233;fensives semblent le seul horizon possible. Et maintenant qu'une entente de principe est conclue, les directions syndicales semblent plus pr&#233;occup&#233;es &#224; &#171; vendre &#187; l'offre gouvernementale &#224; coup de demi-v&#233;rit&#233;s que d'&#233;pauler les syndicats qui d&#233;sirent poursuivre la mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite des choses&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La lutte n'est certes pas termin&#233;e. Il est probable que les membres de la F&#233;d&#233;ration de la sant&#233; et des services sociaux (FSSS-CSN) rejettent l'enten&#173;te de principe, et la F&#233;d&#233;ration autonome de l'enseignement (FAE) est toujours en n&#233;gociation. Ensemble, ces f&#233;d&#233;rations repr&#233;sentent 145 000 membres. M&#234;me si le reste du secteur public en venait &#224; ratifier l'entente de principe, les moyens de pression vont se poursuivre et les syndiqu&#233;&#183;e&#183;s auront besoin d'un maximum d'appui pour ne pas &#234;tre isol&#233;s. Il est essentiel de travailler &#224; ce que m&#234;me les syndicats qui accepteront l'enten&#173;te puissent se mobiliser activement aux c&#244;t&#233;s de ceux qui continueront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; plus long terme, que restera-t-il de cet autom&#173;ne de mobilisations syndicales impressionnantes par leur ampleur mais &#224; l'aboutissement frustrant ? Au-del&#224; des reculs &#233;vit&#233;s, de v&#233;ritables gains r&#233;sident dans l'exp&#233;rience de luttes qu'ont acquise des centaines de milliers de travailleuses et travailleurs. Le secteur public n'avait pas fait gr&#232;ve depuis 2005 ; pour plusieurs, qui ont succ&#233;d&#233; aux baby-boomers partis &#224; la retrai&#173;te, il s'agissait d'une premi&#232;re. Toute une nouvelle cohorte d'employ&#233;&#183;e&#183;s a &#233;t&#233; initi&#233;e &#224; la mobilisation syndicale, &#224; la gr&#232;ve, &#224; la solidarit&#233; dans l'action. Pour la premi&#232;re fois depuis longtemps, le mouvement syndical qu&#233;b&#233;cois a sembl&#233; sur le point de basculer &#224; l'offensive. Peu importe comment se conclura cette ronde, il faudra travailler &#224; ce que cette politisation se poursuive pour remettre &#224; l'ordre du jour un syndi&#173;calisme combatif, solidaire et d&#233;mo&#173;cratique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Philippe de Grosbois est secr&#233;taire &#224; l'ex&#233;cutif du Syndicat du personnel enseignant du Coll&#232;ge Ahuntsic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Savard est un ancien ex&#233;cutant de la CLASSE (2012) et doctorant en science politique &#224; l'Universit&#233; York.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Andr&#233; Querry / Manifestation du Front commun et de la FAE lors de la journ&#233;e de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 9 d&#233;cembre 2015.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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