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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Une d&#233;mocratie municipale favorisant l'apathie citoyenne</title>
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		<dc:date>2016-09-23T18:36:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>R&#233;mi Landry</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Landry, R&#233;mi</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#192; une &#233;poque o&#249; les villes voient leur champ de responsabilit&#233;s s'&#233;largir, o&#249; la Commission Charbonneau r&#233;v&#232;le l'existence d'une culture de corruption dans la gouvernance municipale et o&#249; l'UPAC &#233;tend ses activit&#233;s, l'int&#233;r&#234;t pour la politique municipale continue de pi&#233;tiner &#224; moins de 50 % de participation lors des &#233;lections de 2013. &lt;br class='autobr' /&gt; L'Actualit&#233; du 5 novembre 2013 rapportait : &#171; Certains voient dans ces chiffres le signe d'une d&#233;mocratie malade, du d&#233;crochage des &#233;lecteurs ou du cynisme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Landry-Remi-+" rel="tag"&gt;Landry, R&#233;mi&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2265.png?1642092184' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;792&#034; height=&#034;639&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; une &#233;poque o&#249; les villes voient leur champ de responsabilit&#233;s s'&#233;largir, o&#249; la Commission Charbonneau r&#233;v&#232;le l'existence d'une culture de corruption dans la gouvernance municipale et o&#249; l'UPAC &#233;tend ses activit&#233;s, l'int&#233;r&#234;t pour la politique municipale continue de pi&#233;tiner &#224; moins de 50 % de participation lors des &#233;lections de 2013.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'Actualit&#233;&lt;/i&gt; du 5 novembre 2013 rapportait : &#171; &lt;i&gt;Certains voient dans ces chiffres le signe d'une d&#233;mocratie malade, du d&#233;crochage des &#233;lecteurs ou du cynisme ambiant. De tels taux de participation seraient ainsi le sympt&#244;me d'un profond mal social.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;sultats peuvent s'expliquer de diverses fa&#231;ons. Personnellement, &#233;tant impliqu&#233; depuis 2011 en politique municipale comme chef d'un parti politique dans une municipalit&#233; de plus de 20 000 habitant&#183;e&#183;s, je constate qu'une partie de l'explication de ce cynisme r&#233;side dans la nature des m&#233;canismes qui gouvernent la politique muni&#173;cipale. Ces derniers ne se sont pas ajust&#233;s aux nombreuses responsabilit&#233;s qui se sont ajout&#233;es &#224; la gouvernance municipale et l'institutionnalisation des nombreux m&#233;canismes de contr&#244;le qui les ont accompagn&#233;es n'a jamais consid&#233;r&#233; la participation citoyenne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Territoire bigarr&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que le l&#233;gislateur provincial doit composer avec une cartographie municipale fort diversifi&#233;e o&#249; s'entrem&#234;lent municipalit&#233;s rurales et urbaines, avec des territoires et une densit&#233; de population vari&#233;s, dont certaines sont en croissance alors que d'autres font face &#224; un d&#233;clin de leur population. Le d&#233;veloppement et la richesse de chacune sont par ailleurs des plus disparates. &#192; cela s'ajoute une conjoncture politique complexe, o&#249; l'application des r&#232;gles de gouvernance varie selon la densit&#233; des populations et comprend divers paliers de l&#233;gislation aux champs de responsabilit&#233;s bien d&#233;finis (municipalit&#233;s r&#233;gionales de comt&#233;s et communaut&#233;s m&#233;tropolitaines). &#192; cette hi&#233;rarchie, ajoutons encore les municipalit&#233;s avec arrondissements et les agglom&#233;rations qui entretiennent des liens de gouvernance particuliers avec les municipalit&#233;s en ce qui concerne leur processus d&#233;cisionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce manque d'uniformit&#233; de nos municipalit&#233;s s'accompagne d'une gouvernance &#224; g&#233;om&#233;trie variable. La majorit&#233; des municipalit&#233;s doivent partager plusieurs de leurs services, sous la forme de r&#233;gies r&#233;gionales r&#233;pondant &#224; des besoins particuliers, variant de l'assainissement des eaux en passant par le transport en commun et les services de police. Cette complexit&#233;, tout en n&#233;cessitant une grande disponibilit&#233; et de nombreuses comp&#233;tences de nos &#233;lu&#183;e&#183;s, n'est pas sans d&#233;courager le citoyen, la citoyenne de participer activement aux affaires municipales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;i&gt;Exit&lt;/i&gt; le citoyen !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme simple citoyen&#183;ne, que peut-on y changer ? Les proc&#233;dures et les r&#232;gles de fonctionnement sont compliqu&#233;es et vari&#233;es au point de d&#233;courager les plus passionn&#233;s de participer &#224; la vie publique. D'ailleurs, n'est-il pas de la responsabilit&#233; du gouvernement provincial d'assurer une surveillance du monde municipal ? Le seul pouvoir effectif qu'ont les citoyen&#183;ne&#183;s se trouve &#224; &#234;tre la &lt;i&gt;possibilit&#233;&lt;/i&gt; de changer les &#233;lu&#183;e&#183;s aux prochaines &#233;lections. Un pouvoir qui s'exerce aux quatre ans, mais qui ne r&#232;gle pas les probl&#232;mes. Selon cette logique, les citoyen&#183;ne&#183;s sont invit&#233;s &#224; intervenir seulement lorsque la situation devient grave et encore, il faut qu'ils puissent le faire r&#233;ellement. C'est sans doute ce qui explique, entre autres, le long r&#232;gne de l'ancien maire Vaillancourt &#224; Laval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion, on assiste &#224; la mobilisation des citoyen&#183;ne&#183;s pour la signature d'un registre visant &#224; s'opposer &#224; un r&#232;glement d'emprunt. Pour cette mobilisation, la Loi sur les &#233;lections et les r&#233;f&#233;rendums dans les municipalit&#233;s n'impose qu'un d&#233;lai de cinq jours aux municipalit&#233;s pour diffuser un avis public aupr&#232;s des contribuables sur l'&#233;tablissement d'un registre. Dans une ville de 20 000 habitant&#183;e&#183;s, il n'y a en moyenne qu'une trentaine de personnes qui assistent aux s&#233;ances des conseils municipaux, comment alors mobiliser plus de 500 personnes dans un d&#233;lai de cinq jours pour s'opposer &#224; l'endettement de leur muni&#173;cipalit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation devient alors un acte de conviction qui se fait, de surcro&#238;t, b&#233;n&#233;volement. Lorsque les enjeux sont s&#233;rieux au point de g&#233;n&#233;&#173;rer un int&#233;r&#234;t suffisant au sein de la population, les citoyen&#183;ne&#183;s doivent se d&#233;placer entre 9 h et 19 h pour affirmer leur opposition &#224; la d&#233;pense des fonds publics. Des horaires qui ne prennent pas en consid&#233;ration les conditions de travail des gens et la situation de nos jeunes familles qui souvent ne sont disponibles que tard en soir&#233;e pour accomplir leur responsabilit&#233; citoyenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et oubliez la confidentialit&#233; ! Il est des plus discutables que les citoyen&#183;ne&#183;s doivent signer ces registres d'opposition au vu et au su de tous. Aucun anonymat n'est possible. Ces registres sont accessibles &#224; quiconque en fait la demande. Toute administration pourra savoir qu'une personne s'est oppos&#233;e &#224; son r&#232;glement d'emprunt. Elle pourra lui en tenir rigueur, par exemple, en limitant sa participation comme citoyen dans les divers comit&#233;s mis en place par la Ville et dont les membres sont s&#233;lectionn&#233;s par les &#233;lu&#183;e&#183;s (m&#233;ca&#173;nisme lui aussi contestable).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, &#224; la complexit&#233; du monde municipal s'ajoute une s&#233;rie de r&#232;gles et de proc&#233;dures d&#233;finies par le gouvernement et devant &#234;tre suivies par les citoyen&#183;ne&#183;s. &#192; titre d'exemple, les proc&#233;dures relatives &#224; la constitution des dossiers &#224; d&#233;po&#173;ser &#224; la Commission des plaintes du minist&#232;re des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire (MAMOT) sont lourdes et leur traitement avantage nettement les adminis&#173;trations municipales aux d&#233;pens des citoyen&#183;ne&#183;s. Il existe aussi des m&#233;canismes pour freiner et d&#233;cou&#173;rager la participation citoyenne &#224; la politique municipale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les ann&#233;es, pour des raisons de contr&#244;le, de juridiction et peut-&#234;tre de modernit&#233;, on a oubli&#233; que les vrais propri&#233;taires des villes sont les citoyen&#183;ne&#183;s-contribuables, qui ne sont pas que des client&#183;e&#183;s de leur municipalit&#233; mais les propri&#233;taires et, &#224; ce titre, les &#171; employeurs&#183;euses &#187; de leurs &#233;lu&#183;e&#183;s. Qu&#233;bec, par son minist&#232;re des Affaires municipales, s'est ainsi appropri&#233; cet espace et se pr&#233;sente comme la seule entit&#233; responsable de la d&#233;mocratie municipale. Ce faisant, il infantilise les citoyen&#183;ne&#183;s et oublie que ce sont eux et elles qui sont les plus concern&#233;&#183;e&#183;s par les d&#233;cisions prises par leur conseil municipal.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;M&#233;canismes moyen&#226;geux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de mon implication en politique muni&#173;cipale, j'effectuais r&#233;guli&#232;rement la v&#233;rification des proc&#233;dures et r&#232;gles en vigueur devant &#234;tre respect&#233;es par les administrations municipales aupr&#232;s du bureau r&#233;gional du MAMOT. Quelle n'&#233;tait pas ma surprise de constater que les lois r&#233;gissant le secteur municipal n'incitaient aucunement la participation citoyenne dans la vie d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques exemples :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arbitraire&lt;/strong&gt;. Les citoyen&#183;ne&#183;s n'ont aucun pouvoir lorsque leur administration municipale n'applique pas ses propres r&#232;glements (vot&#233;s par leurs &#233;lu&#183;e&#183;s avec leurs taxes) et cette pratique semble &#234;tre un mode de fonctionnement g&#233;n&#233;ralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Herm&#233;tisme&lt;/strong&gt;. Les villes n'ont pas l'obligation de rendre publics les ordres du jour et l'infor&#173;mation qui se rattache aux d&#233;cisions qui seront adopt&#233;es durant les conseils municipaux avant la tenue des s&#233;ances ordinaires mensuelles ou s&#233;ances extraordinaires. Des s&#233;ances pour lesquel&#173;les il est l&#233;galement exig&#233; (par les lois en vigueur) d'&#234;tre publiques. Il s'agit d'un flagrant manque de transparence. Comment demander alors aux citoyen&#183;ne&#183;s de participer &#224; ces rencontres s'ils n'ont pas les renseignements requis pour comprendre les propositions qui seront vot&#233;es ? Le syst&#232;me actuel rend ces renseignements uniquement accessibles aux citoyen&#183;ne&#183;s qui font une demande d'acc&#232;s &#224; l'information. Ils sont re&#231;us des semaines apr&#232;s la s&#233;ance du conseil municipal en question et ne sont donc plus pertinents puisque les d&#233;cisions auront d&#233;j&#224; &#233;t&#233; adopt&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Camouflage&lt;/strong&gt;. Durant les conseils muni&#173;cipaux, les &#233;lu&#183;e&#183;s n'ont pas &#224; pr&#233;senter les d&#233;bats de leurs d&#233;cisions qui se tiennent sous forme de pl&#233;ni&#232;res confidentielles habituellement les jours qui pr&#233;c&#232;dent la s&#233;ance du conseil municipal. Il ne reste plus aux &#233;lu&#183;e&#183;s qu'&#224; voter. Une situation qui transforme les s&#233;ances des conseils en de longues litanies avant que la parole ne soit accord&#233;e &#224; la population &#224; la toute fin de la s&#233;ance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Opacit&#233;&lt;/strong&gt;. Les villes sont l&#233;galement tenues de publier dans les journaux locaux les avis l&#233;gaux concernant les r&#232;glements d'emprunts et les modi&#173;fications aux r&#232;glements de zonage et d'urba&#173;nisme. Tout le reste peut passer sous silence. Elles n'ont par ailleurs aucune obligation de vulgariser les contenus de ces avis et peuvent faire appel &#224; souhait &#224; un jargon opaque et incompr&#233;hensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;mesure&lt;/strong&gt;. Lors des r&#233;f&#233;rendums municipaux, il n'y a aucun contr&#244;le des d&#233;penses des municipalit&#233;s et des dons qu'elles re&#231;oivent durant les 120 jours obligatoires avant la consultation popu&#173;laire. Elles peuvent d&#233;penser &#224; souhait l'argent des contribuables pour influencer les r&#233;sultats favorables &#224; leur projet. En contrepartie, les opposant&#183;e&#183;s d&#233;pendent des dons priv&#233;s, non d&#233;duc&#173;tibles d'imp&#244;ts pour informer le public des enjeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quelques m&#233;canismes en place illustrent bien l'esprit du l&#233;gislateur. Plut&#244;t que de stimuler la participation citoyenne, ils cr&#233;ent une entrave &#224; celle-ci, favorisant une gouvernance opaque. Avec l'augmentation des transferts des pouvoirs aux municipalit&#233;s, ces modes de fonctionnement rel&#232;vent presque du Moyen &#194;ge. Les exigences des lois r&#233;gissant les municipalit&#233;s et les m&#233;canismes de contr&#244;le citoyen doivent &#234;tre revus en profondeur. Il devient plus que pertinent de mettre sur pied une commission parlementaire ou une commission ind&#233;pendante pour modifier tous les aspects l&#233;gaux actuellement en place favorisant l'apathie des citoyens. Afin de leur redonner un r&#233;el pouvoir dans la gestion de leurs villes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur est professeur associ&#233; &#224; l'Universit&#233; de Sherbrooke, &#201;cole de politique appliqu&#233;e. Il est chef du Parti des citoyens de Beloeil depuis 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photos : Luciano Benvenuto&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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