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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Le graffiti comme &#233;l&#233;ment paysager identitaire</title>
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		<dc:date>2016-06-10T18:28:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe-Hubert Joncas</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Joncas, Christophe-Hubert</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'espace urbain et l'environnement b&#226;ti sont au c&#339;ur de la d&#233;marche artistique des graffeurs&#183;euses. Dans leur qu&#234;te de nouveaux espaces &#224; travailler, ces artistes ciblent souvent des lieux qui pr&#233;sentent des caract&#233;ristiques physiques sp&#233;cifiques. Parmi ceux-ci, les friches et les terrains vagues constituent des lieux de pr&#233;dilection. Pourquoi ? Et quel est l'apport des graffitis dans ces lieux et plus globalement dans la ville contemporaine ? Voici quelques &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse. &lt;br class='autobr' /&gt; Autant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-62-dec-2015-janv-2016-" rel="directory"&gt;No 062 - d&#233;c. 2015 / janv. 2016&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Joncas-Christophe-Hubert-+" rel="tag"&gt;Joncas, Christophe-Hubert&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'espace urbain et l'environnement b&#226;ti sont au c&#339;ur de la d&#233;marche artistique des graffeurs&#183;euses. Dans leur qu&#234;te de nouveaux espaces &#224; travailler, ces artistes ciblent souvent des lieux qui pr&#233;sentent des caract&#233;ristiques physiques sp&#233;cifiques. Parmi ceux-ci, les friches et les terrains vagues constituent des lieux de pr&#233;dilection. Pourquoi ? Et quel est l'apport des graffitis dans ces lieux et plus globalement dans la ville contemporaine ? Voici quelques &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Autant les friches ont un caract&#232;re n&#233;gatif pour plusieurs individus, autant pour d'autres, dont les graffeurs et graffeuses, il s'agit de lieux hautement attractifs. Par le d&#233;sor&#173;dre qu'elles sugg&#232;rent notamment, d&#233;sordre mat&#233;rialis&#233; par la disposition al&#233;atoire des objets, l'&#233;tat de d&#233;cr&#233;pitude, le type de v&#233;g&#233;tation et son int&#233;gration dans la ville. En ce qui concerne les terrains vagues, ils repr&#233;sentent pour la majorit&#233; de la population une incarnation symbolique d'un marasme &#233;conomique responsable de ces espaces urbains abandonn&#233;s. Or, ces &#171; vides &#187; sont aussi vus par d'autres comme &#171; &lt;i&gt;des espaces offerts aux appropriations cr&#233;atives spontan&#233;es et aux pratiques informelles qui trouvent difficilement leur place dans des espaces publics de plus en plus assujettis &#224; la logique du commerce&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luc L&#233;vesque, &#171; Du terrain vague &#224; l'interstitiel : quelques trajectoires (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Pour les graffeurs&#183;euses, les surfaces de ces terrains vagues et friches urbaines deviennent d'immenses toiles laiss&#233;es libres d'acc&#232;s pour qui veut en prendre possession. Apr&#232;s tout, ces espaces n'appartiennent &#224; personne, sinon &#224; ceux et celles qui les fr&#233;quentent, loin des dispositions &#233;conomiques des villes qui restreignent de plus en plus les usages publics de la cit&#233;. Ces modes de communication &#233;ph&#233;m&#232;res r&#233;v&#232;lent &#224; la fois des r&#233;cits individuels et les identit&#233;s locales, mettant ainsi de l'avant les valeurs culturelles d'une ville. En investiguant la ville &#224; la mani&#232;re de l'historien ou de l'ethnologue, l'espace urbain se d&#233;voile comme un spectacle complexe de signes et de traces o&#249; les graffitis agissent &#224; titre d'archives urbaines qui contribuent &#224; la m&#233;moire collective. Ils t&#233;moignent des moyens pris par des individus et des groupes pour s'exprimer, pour tenter d'avoir une forme de contr&#244;le sur leur environnement b&#226;ti.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une forme de valorisation paysag&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tant pour les friches que pour les terrains vagues, il s'agit de lieux peu surveill&#233;s dont l'acc&#232;s est g&#233;n&#233;ralement facile et qui frappent l'imaginaire en raison des p&#233;riodes historiques ou &#233;conomiques r&#233;volues qu'ils nous rappellent. Ces espaces poss&#232;dent aussi des qualit&#233;s esth&#233;tiques qui leur sont propres. On y trouve une diversit&#233; de surfaces &#224; marquer, qu'elles soient verticales ou horizontales. Ils offrent aussi une grande palette de couleurs et de textures : des briques rouges et de l'eau stagnante ; des toits fractur&#233;s et le b&#233;ton gris ; le vert frais de la jeune v&#233;g&#233;tation qui envahit les lieux &#224; travers l'asphalte perfor&#233; ; les teintes de brun des structures en bois et de la terre&#8230; Les couleurs et les brillances vari&#233;es utilis&#233;es par les graffeurs&#183;euses rehaussent cette complexit&#233;. Bref, consid&#233;rant l'importance de ces lieux et de leurs caract&#233;ristiques intrins&#232;ques dans la d&#233;marche artistique des graffeurs&#183;euses, on peut interpr&#233;ter les traces et &#339;uvres qu'ils et elles y laissent comme des modes de valorisation paysag&#232;res. N&#233;anmoins, cet esth&#233;tisme urbain ne fait pas l'unanimit&#233;, car plusieurs y voient un acte de vandalisme perp&#233;tr&#233; sur des lieux priv&#233;s &#8211; les b&#226;tisses et autres &#233;l&#233;ments construits appartenant &#224; des entreprises ou &#224; la municipalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_166 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH375/141-348f3.png?1729021267' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(Photo : Yannick Delbecque)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, il est possible d'interpr&#233;ter les graffitis comme des manifestations qui remettent en question ces notions d'espaces public et priv&#233;. Un espace est largement reconnu comme public lorsqu'il r&#233;pond aux trois conditions suivantes : le statut juridique, la fonction et le mode d'appropriation dominant sont publics. Le graffiti constitue un mode d'appropriation priv&#233; d'un lieu par l'effet de contr&#244;le qu'il permet d'exercer sur un environnement. Or, le graffiti est r&#233;alis&#233; dans un lieu dont le statut juridique est parfois public, parfois priv&#233;, mais dont la fonction est souvent publique puisque le lieu est g&#233;n&#233;ralement ouvert et accessible &#224; une grande vari&#233;t&#233; d'individus. Ainsi, par la pr&#233;sence du graffiti, il n'y a pas concordance dans les crit&#232;res qui d&#233;partagent espaces public et priv&#233;. Le graffiti brouille les fronti&#232;res de l'espace urbain o&#249; il cr&#233;e une forme d'ambigu&#239;t&#233; sur le caract&#232;re public-priv&#233; d'un lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, les graffitis font partie int&#233;grante de la ville contemporaine dans le sens o&#249; ils contribuent au d&#233;bat public d'une fa&#231;on singuli&#232;re et color&#233;e, par les r&#233;flexions qu'ils soul&#232;vent et les id&#233;es pr&#233;con&#231;ues qu'ils bousculent. Ils participent aussi &#224; la vitalit&#233; culturelle et artistique d'une ville, soit une dimension tr&#232;s importante dans le repositionnement des villes sur l'&#233;chiquier mondial actuel.&#8200;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Luc L&#233;vesque, &#171; Du terrain vague &#224; l'interstitiel : quelques trajectoires d'invention paysag&#232;re &#187;, &lt;i&gt;Reconna&#238;tre le terrain : 19 inflexions au terrain vague&lt;/i&gt;, St&#233;phane Bertrand (dir.), Gatineau, Centre d'artistes Ax&#233;n&#233; 07, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur est membre de L'Enclume &#8211; Atelier de d&#233;veloppement territorial.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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