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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Mondialisation de la pauvret&#233; et nouvel ordre mondial</title>
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		<dc:date>2008-08-02T16:49:48Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ga&#233;tan Breton</dc:creator>


		<dc:subject>Tiers-monde</dc:subject>
		<dc:subject>Breton, Ga&#233;tan </dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Michel Chossudovsky, Mondialisation de la pauvret&#233; et nouvel ordre mondial (Nouvelle &#233;dition revue et augment&#233;e), &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2004. &lt;br class='autobr' /&gt; Le livre est la r&#233;&#233;dition de La mondialisation de la pauvret&#233;, paru en 1998. Il est encore plus d'actualit&#233; et encore plus d&#233;primant que son pr&#233;d&#233;cesseur. D&#233;primant parce qu'il trace un constat impitoyable des effets de la mondialisation telle que men&#233;e par le Fonds mon&#233;taire international (FMI), la Banque Mondiale et autres Organisation mondiale du commerce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-08-fevrier-mars-2005-" rel="directory"&gt;No 008 - f&#233;vrier / mars 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Inegalites-et-pauvrete-+" rel="tag"&gt;In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton632.jpg?1642092271' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;263&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Michel Chossudovsky, &lt;i&gt;Mondialisation de la pauvret&#233; et nouvel ordre mondial&lt;/i&gt; (Nouvelle &#233;dition revue et augment&#233;e), &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le livre est la r&#233;&#233;dition de &lt;i&gt;La mondialisation de la pauvret&#233;&lt;/i&gt;, paru en 1998. Il est encore plus d'actualit&#233; et encore plus d&#233;primant que son pr&#233;d&#233;cesseur. D&#233;primant parce qu'il trace un constat impitoyable des effets de la mondialisation telle que men&#233;e par le Fonds mon&#233;taire international (FMI), la Banque Mondiale et autres Organisation mondiale du commerce (OMC) qui infestent notre monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On y voit que la richesse se polarise de plus en plus entre quelques mains, pendant que la pauvret&#233; s&#233;vit de plus en plus, m&#234;me dans les pays d&#233;velopp&#233;s. Les processus d&#233;mocratiques sont transform&#233;s en farces sinistres par les fabricants de produits politiques qui font voter les masses pour le profit de quelques privil&#233;gi&#233;s. L'&#233;conomie de luxe se d&#233;veloppe pendant que, dans les pays du tiers-monde, la flamb&#233;e des prix et l'orientation des &#233;conomies vers les march&#233;s ext&#233;rieurs jettent des couches enti&#232;res de la population dans la mis&#232;re. Pour couronner le tout, les &#171; personnes morales &#187; obtiennent des droits que n'ont pas les personnes physiques et jouent de ce statut pour transporter leurs richesses sans payer leur part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La manipulation des chiffres ne s'arr&#234;te pas &#224; la comptabilit&#233;, elle atteint les statistiques sur la pauvret&#233;, que les organisations officielles trafiquent dans le but de montrer qu'elles agissent sur ce front alors que la situation r&#233;elle ne cesse de se d&#233;t&#233;riorer. Cette d&#233;t&#233;rioration appara&#238;t clairement dans les chiffres de la dette. La dette du tiers-monde est le plus formidable instrument de colonisation, d'asservissement et d'exploitation que l'Occident d&#233;velopp&#233; ait jamais invent&#233; pour s'approprier les ressources des pays pauvres tout en les enfon&#231;ant dans la mis&#232;re. G&#233;r&#233;e par les institutions fer de lance de la grande entreprise transnationale, la dette permet une nouvelle logique des transferts des capitaux et des entreprises qui ne profite qu'aux riches et laisse les nations exsangues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ce tableau synth&#233;tique de la situation qui montre comment la pauvret&#233; gagne du terrain chaque jour, l'auteur se livre &#224; une analyse des m&#233;faits des institutions de Bretton Woods pays par pays. Plusieurs pays d'Asie, d'Afrique et d'Am&#233;rique du Sud y sont pass&#233;s en revue et les effets d&#233;sastreux des politiques d&#233;crits en d&#233;tail. Les pays de l'ancien Bloc de l'Est y sont aussi analys&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous avez des doutes et pensez encore que le FMI et la Banque mondiale peuvent avoir des effets positifs dans les pays en voie de d&#233;veloppement, allez vite vous procurez ce livre et si, de l'autre c&#244;t&#233;, vous voulez savoir comment se passe ce que vous ne savez que tr&#232;s vaguement, faites de m&#234;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ga&#233;ten Breton&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'empire de la honte</title>
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		<dc:date>2008-07-30T18:21:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karine Peschard, Jean Ziegler</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Tiers-monde</dc:subject>
		<dc:subject>Peschard, Karine </dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Ziegler, Jean</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jean Ziegler, L'empire de la honte, Fayard, Paris 2005. &lt;br class='autobr' /&gt; L'empire de la honte, le dernier livre de Jean Ziegler, est un v&#233;ritable r&#233;quisitoire contre la dette. Comme l'&#233;crit Ziegler : &#171; Quiconque meurt de faim meurt assassin&#233;. Et cet assassin a pour nom la dette &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ziegler souligne comment la violence subtile de la dette s'est substitu&#233;e, sans transition, &#224; la brutalit&#233; visible du pouvoir colonial et repr&#233;sente aujourd'hui le principal instrument de domination des pays du Sud. Il y (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-11-oct-nov-2005-" rel="directory"&gt;No 011 - oct. / nov. 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Tiers-monde-+" rel="tag"&gt;Tiers-monde&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mondialisation-AGCS-PSP-FMI-OMC-BM-+" rel="tag"&gt;Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ziegler-Jean-+" rel="tag"&gt;Ziegler, Jean&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton461.jpg?1642092269' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;259&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jean Ziegler, &lt;i&gt;L'empire de la honte&lt;/i&gt;, Fayard, Paris 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'empire de la honte&lt;/i&gt;, le dernier livre de Jean Ziegler, est un v&#233;ritable r&#233;quisitoire contre la dette. Comme l'&#233;crit Ziegler : &#171; &lt;i&gt;Quiconque meurt de faim meurt assassin&#233;. Et cet assassin a pour nom la dette&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ziegler souligne comment la violence subtile de la dette s'est substitu&#233;e, sans transition, &#224; la brutalit&#233; visible du pouvoir colonial et repr&#233;sente aujourd'hui le principal instrument de domination des pays du Sud. Il y d&#233;nonce l'absurdit&#233; meurtri&#232;re des &#171; logiques &#187; &#233;conomiques et l'hypocrisie du discours dominant : l'obsession du remboursement de la dette ne r&#233;pond en effet &#224; aucune rationalit&#233; bancaire. C'est plut&#244;t le geste visible de l'all&#233;geance au syst&#232;me, et un m&#233;canisme qui permet aux cr&#233;diteurs &#8211; gouvernements des pays industrialis&#233;s, institutions financi&#232;res internationales, banques priv&#233;es et publiques &#8211; d'imposer leurs choix et leurs priorit&#233;s en mati&#232;re de politiques sociales et &#233;conomiques. &#171; L'empire de la honte &#187;, c'est donc celui des soci&#233;t&#233;s capitalistes transcontinentales priv&#233;es qui constituent, selon Ziegler, de nouvelles f&#233;odalit&#233;s qui n'ont rien &#224; envier aux anciennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'empire de la honte&lt;/i&gt; n'est pas un ouvrage sur le capitalisme, et cette manie bien europ&#233;enne de tout ramener &#224; la r&#233;volution fran&#231;aise peut faire sourire, mais c'est sur la question de la dette et de la faim &#8211; et sur les liens &#233;troits qui les unissent &#8211; que Ziegler a quelque chose &#224; apporter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sa qualit&#233; de rapporteur sp&#233;cial des Nations unies pour le droit &#224; l'alimentation, Ziegler parcourt le monde et b&#233;n&#233;ficie d'un acc&#232;s privil&#233;gi&#233; aux lieux et aux personnes cl&#233;s. M&#234;me lorsque l'on est familier avec la probl&#233;matique de la dette et de la faim, ce livre vaut la peine d'&#234;tre lu, ne serait-ce que pour les anecdotes savoureuses &#8211; quand elles ne fr&#244;lent pas l'absurde &#8211; ou carr&#233;ment r&#233;voltantes que celui-ci rapporte. Par exemple, sur le fonctionnement interne de l'ONU et le pouvoir qu'y exercent les &#201;tats-Unis, ou encore sur des cas o&#249; famine c&#244;toie surplus de production dans d'autres r&#233;gions d'un m&#234;me pays, comme ce fut le cas en &#201;thiopie en 2004. Il faut savoir que les &#201;tats-Unis refusent de financer l'achat sur place, pr&#233;f&#233;rant &#233;couler les surplus de c&#233;r&#233;ales &#8211; g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;es &#8211; des producteurs am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir abord&#233; les probl&#233;matiques de la faim et de la dette de fa&#231;on globale, Ziegler consacre deux chapitres &#224; une discussion plus approfondie sur l'&#201;thiopie et le Br&#233;sil. Si la dette et la faim sont au centre de son analyse, Ziegler aborde une multitude de sujets, des d&#233;bats entourant les OGM et le lait en poudre au r&#244;le pervers jou&#233; par les multinationales de l'agroalimentaire. Ziegler d&#233;nonce au passage l'approche privil&#233;giant l'obsession s&#233;curitaire au d&#233;triment de la lutte contre la mis&#232;re. Comme il le souligne, la violence irrationnelle des mouvements islamistes est le miroir de la barbarie des cosmocrates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre de Ziegler est d'autant plus pertinent qu'une famine aigu&#235; s&#233;vit actuellement au Niger, pays o&#249; 30 % du budget est consacr&#233; au service de la dette alors que seulement 20 % l'est aux services sociaux. Force est de reconna&#238;tre que plus de deux d&#233;cennies apr&#232;s que les travaux pionniers d'Amartya Sen aient d&#233;montr&#233; que les causes des famines sont avant tout structurelles, ces derni&#232;res continuent le plus souvent d'&#234;tre per&#231;ues et d&#233;peintes comme des catastrophes naturelles. &lt;i&gt;L'Empire de la honte&lt;/i&gt; est une contribution bienvenue &#224; une probl&#233;matique bien contemporaine. Ziegler a, heureusement, la plume et la sensibilit&#233; d'un &#233;crivain et non celle d'un technocrate. Son livre se veut un appel &#224; l'insurrection des consciences ; la honte &#233;tant selon lui, avec l'utopie, l'une des deux grandes forces de l'histoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Karine Peschard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un non-alignement souhaitable !</title>
		<link>https://www.ababord.org/Un-non-alignement-souhaitable</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Un-non-alignement-souhaitable</guid>
		<dc:date>2008-07-28T21:14:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aziz Fall</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Tiers-monde</dc:subject>
		<dc:subject>Fall, Aziz</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour consolider le fragile acquis politique des ind&#233;pendances, la Conf&#233;rence des non align&#233;s du Caire de 1962 esquisse les termes d'une coop&#233;ration essentielle entre le Nord et le Sud au niveau &#233;conomique. Cela permettra l'av&#232;nement, deux ans plus tard, de la Commission des Nations Unies pour le Commerce et le D&#233;veloppement. L'ordre international s'av&#232;re de plus en plus pervers pour ces soci&#233;t&#233;s p&#233;riph&#233;riques. Certes, &#224; sa faveur se dispersent, dans le pr&#233;tendu tiers-monde, des itin&#233;raires (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-10-ete-2005-" rel="directory"&gt;No 010 - &#233;t&#233; 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Tiers-monde-+" rel="tag"&gt;Tiers-monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fall-Aziz-+" rel="tag"&gt;Fall, Aziz&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour consolider le fragile acquis politique des ind&#233;pendances, la Conf&#233;rence des non align&#233;s du Caire de 1962 esquisse les termes d'une coop&#233;ration essentielle entre le Nord et le Sud au niveau &#233;conomique. Cela permettra l'av&#232;nement, deux ans plus tard, de la Commission des Nations Unies pour le Commerce et le D&#233;veloppement. L'ordre international s'av&#232;re de plus en plus pervers pour ces soci&#233;t&#233;s p&#233;riph&#233;riques. Certes, &#224; sa faveur se dispersent, dans le pr&#233;tendu tiers-monde, des itin&#233;raires selon qu'on dispose de certains atouts pour &#234;tre int&#233;gr&#233; favorablement dans le march&#233; mondial. Naturellement donc, les pr&#233;occupations du mouvement des non align&#233;s se focalisent sur le dialogue Nord-Sud. Ce fut davantage, et cela le demeure d'ailleurs, un monologue du Sud.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La tentative d'un front tricontinental anti-imp&#233;rialiste &#233;choua en 1966 &#224; la Havane. Mais graduellement le mouvement est parvenu, par ses pressions, votes collectifs et r&#233;solutions, &#224; faire &#233;merger une seconde et une troisi&#232;me g&#233;n&#233;ration des droits de l'Homme. &#192; d&#233;faut d'avoir particip&#233; &#224; r&#233;diger la premi&#232;re &lt;i&gt;D&#233;claration des droits de l'Homme&lt;/i&gt;, c'est d&#233;j&#224; une victoire pour les jeunes pays. Dans les faits, la plupart de ces nouveaux droits et conventions ne sont pas assortis de devoirs et demeurent lettre morte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1973-74, l'&#233;chec pour obtenir un NOEI (Nouvel ordre &#233;conomique international) et un NOMIC ( Nouvel ordre mondial de l'information et de la communication) sonna le r&#233;veil du r&#234;ve petit bourgeois de Bandoung. Les demandes, relay&#233;es par le groupe des 77, &#233;taient compatibles avec une int&#233;gration &#224; l'&#233;conomie mondiale. Elles r&#233;clamaient entre autres : une int&#233;gration au march&#233; mondial, mais avec des r&#232;gles du jeu plus harmonieuses ; la stabilisation des prix des mati&#232;res premi&#232;res ; des codes de conduites pour les firmes multinationales ; la lev&#233;e des restrictions commerciales ; une correction des termes de l'&#233;change in&#233;gal ; de tenir la promesse des 0,7 % du PIB d&#233;di&#233; &#224; la coop&#233;ration internationale non-conditionnelle ; et le renforcement du pouvoir des pays non align&#233;s au sein des institutions onusiennes. L'&#233;chec &#224; mettre en &#339;uvre ces mesures, qui reviennent encore comme des leitmotivs, a contribu&#233; &#224; d&#233;voiler l'&#233;miettement du front tiers-mondiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet &#233;miettement, deux groupes, pour l'instant, parviennent &#224; se faire respecter minimalement par les tenants de l'ordre mondial. D'abord la p&#233;riph&#233;rie utile, une quinzaine de pays &#233;mergents, subalternes et industrialisants pour la mondialisation, parmi lesquels se d&#233;marquent un groupe des pays capitalistes de l'Asie de l'Est (Ta&#239;wan, Cor&#233;e du Sud, Hong Kong et Singapour) et du Sud-Est (Malaisie, Tha&#239;lande). &#192; l'instar de la Chine, ils ont maintenu un fort taux de croissance, mais s'en sont diff&#233;renci&#233;s par d'autres strat&#233;gies de plein emploi et de formation professionnelle, d'interventionnisme &#233;tatique, d'&#233;pargne et d'investissement, de dynamisme entrepreuneurial alliant culture, famille et capital, d'int&#233;gration r&#233;gionale et d'importantes sollicitudes ext&#233;rieures. Depuis la crise &#233;conomique qui les a frapp&#233;s en 1997, de nouveaux probl&#232;mes sociaux y ont fait surface. Viennent ensuite des pays comme l'Inde et quelques exceptions latino-am&#233;ricaines (Br&#233;sil &#8211; 8&#232;me &#233;conomie mondiale &#8211;, Mexique) qui ont pu se doter d'un tissu industriel et qui sous-contractent des portions de biens et services du march&#233; mondial. Le G20 d&#233;fend principalement la place des pays &#233;mergents dans la mondialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Viennent enfin les soci&#233;t&#233;s toujours captives de la division internationale du travail qui, malgr&#233; son &#233;volution, les cantonne dans un r&#244;le de fournisseurs de mati&#232;res premi&#232;res. Il s'agit de l'essentiel des pays arabes et d'Afrique. Malgr&#233; parfois quelques unit&#233;s industrielles comp&#233;titives, ils ne parviennent pas &#224; influencer la marche &#233;conomique du monde et en subissent davantage les contrecoups, y compris m&#234;me lorsqu'ils sont producteurs de p&#233;trole. Beaucoup de ces pays ont perdu jusqu'&#224; leur statut d&#233;j&#224; peu enviable de p&#233;riph&#233;ries. Illustrations de la d&#233;vastation de l'expansion capitaliste, ils sont devenus des zones excentr&#233;es et/ou des mis en r&#233;serve&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On relira les analyses pr&#233;monitoires de Samir Amin, Les d&#233;fis de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De plus en plus enclins &#224; n&#233;gocier une cooptation &lt;i&gt;compradore&lt;/i&gt;, ils sont laiss&#233;s en p&#226;ture &#224; l'instrumentalisation du d&#233;sordre de firmes secondaires et de pouvoirs politiques pr&#233;bendiers excellant dans le maquillage d&#233;mocratique. Pour eux on a r&#233;chauff&#233; les besoins essentiels de Perroux, soit les objectifs de d&#233;veloppement du mill&#233;naire. Ils ont peu de chance d'&#234;tre atteints d'ici 2015. Les trois d&#233;cennies de d&#233;veloppement d&#233;cr&#233;t&#233;es par l'ONU n'ont-elles pas &#233;t&#233; globalement des &#233;checs, malgr&#233; des avanc&#233;es spectaculaires dans plusieurs domaines ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;veloppement sous perfusion par des pr&#234;ts concessionnels vite abandonn&#233;s, lorsqu'on passa en 1973 de l'&#233;talon or aux taux flottants. La chute du dollar qui s'ensuit va grever les revenus d'exportation de ces pays dont l'essentiel des produits sont n&#233;goci&#233;s dans cette devise. L'action des pays de l'OPEP m&#232;nera &#224; un red&#233;ploiement de cr&#233;dits vers les pays non align&#233;s, app&#226;t&#233;s par le slogan &#171; achetez aujourd'hui, payez demain &#187;, si important pour &#233;viter la crise de surproduction des p&#244;les avanc&#233;s. Ils se sont tr&#232;s vite endett&#233;s et englu&#233;s dans les int&#233;r&#234;ts de cette dette, &#233;galement due &#224; l'enrichissement illicite d'&#233;lites qui expatrient au Nord bien des fortunes qui s'additionnent aux transferts de ressources, de biens et de fonds. Les flux mon&#233;taires qui sortent des pays du tiers-monde vers ceux de l'OCDE sont toujours sup&#233;rieurs aux flux d'aide internationale, d'ailleurs bien mal nomm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but 80, la r&#233;cession au Nord entra&#238;ne la d&#233;liquescence de l'&#201;tat providence, la hausse des taux d'int&#233;r&#234;t et la morosit&#233; &#233;conomique au Sud. Le paiement de la dette et la n&#233;cessit&#233; d'acc&#233;der &#224; d'autres cr&#233;dits donnent lieu aux programmes d'ajustements structurels. Ils augmentent certes la production, mais sont en passe d'achever les malades. Les cures d'assainissement aggravent la paup&#233;risation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 90 on s'acharne &#224; accro&#238;tre la productivit&#233; des pauvres et &#224; reconfigurer l'&#201;tat, en laissant le priv&#233; prendre les commandes de l'essentiel. La soci&#233;t&#233; civile est coopt&#233;e &#224; ce service et la &lt;i&gt;governance&lt;/i&gt; est appel&#233;e &#224; la rescousse, comme dimension politique des ajustements, afin d'&#233;viter que les &#201;tats ne persistent &#224; contourner les mesures draconiennes. Celles-ci tissent la r&#233;volte, au point de voir r&#233;cemment les tenants de Davos r&#233;cup&#233;rer le discours altermondialiste et desserrer l'&#233;tau de la dette. En m&#234;me temps, les derniers bastions du bien commun sont investis par la rationalit&#233; marchande (de l'eau aux plantes, de la culture aux g&#232;nes&#8230;). Tout cela exacerbe l'exploitation du travail qui, compte tenu des diff&#233;rences de r&#233;mun&#233;ration et de productivit&#233; par rapport aux pays avanc&#233;s du centre, occasionne vers ces derniers toujours davantage de transferts de capitaux et de main-d'&#339;uvre s&#233;lective. Parall&#232;lement &#8211; par les zones de libre-&#233;change et autres formes d'int&#233;gration, de l'Union europ&#233;enne &#224; la ZL&#201;A ou au NEPAD&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui, bien que formul&#233; selon les exigences des grands bailleurs, ne sera (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8211; la mondialisation proc&#232;de &#224; un laminage autant des &#233;conomies des p&#244;les dominants nationaux autocentr&#233;s des centres capitalistes, que ceux des p&#244;les domin&#233;s qui n'ont pu s'autocentrer. Elle les recompose en r&#233;seaux productifs mondiaux int&#233;gr&#233;s mais concurrentiels. &#192; tous les autres de les imiter et de s'aligner &#224; cette logique ou de p&#233;ricliter. Et ce ne sont pas les initiatives de coop&#233;ration Sud/Sud, pourtant prometteuses, qui les en emp&#234;chent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Souverainet&#233; ou alignement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;quilibre de la terreur de la guerre froide, nous voyons se substituer la terreur du d&#233;s&#233;quilibre. D&#233;s&#233;quilibre qui est celui de la mondialisation et de ses contestations. C'est un d&#233;s&#233;quilibre pr&#233;caire, g&#233;n&#233;rateur de chaos, d'illusions et, &#224; long terme si la tendance se maintient pour l'humanit&#233;, d'anomie. Dans la mondialisation n&#233;olib&#233;rale, le terme &lt;i&gt;supra-imp&#233;rialisme&lt;/i&gt; pourrait caract&#233;riser la phase nouvelle que tente d'imposer le capitalisme effectif. Ce &lt;i&gt;supra-imp&#233;ralisme&lt;/i&gt; d&#233;signe les extensions multiformes de l'espace du capital dans lequel diff&#233;rents vecteurs oligopolistiques tentent d'infl&#233;chir l'&#233;conomie mondiale. &#192; titre d'illustration : une dizaine d'entreprises contr&#244;lent quasiment la moiti&#233; du march&#233; mondial et 350 des plus riches transnationales du monde accaparent un revenu &#233;gal &#224; celui de 2,6 milliards de personnes. Cette mondialisation est une inflexion dans le sens de la construction d'un syst&#232;me-monde particulier, que je nomme le m&#233;galoensemble. Un syst&#232;me-monde surestimant sa capacit&#233; et sa grandeur et dont l'orgueil d&#233;lirant, surfant sur des capitaux fictifs, b&#233;n&#233;ficie en priorit&#233; aux grandes entreprises et banques des premi&#232;res puissances &#233;tatiques. Ces acteurs jouissent en premier lieu du march&#233; des biens, services et capitaux, au d&#233;triment de la r&#233;alisation des droits &#233;conomiques sociaux et culturels collectifs. Les 200 plus grandes entreprises, qui ne fournissent de l'emploi qu'&#224; 0,75 % de la population active dans le monde, accaparent le quart du PNB mondial&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elles fournissent de l'emploi &#224; un peu plus de 72 millions de travailleurs, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les transnationales monopolisent les transactions internationales du commerce. La moiti&#233; de ce commerce se d&#233;roule strictement &#224; l'int&#233;rieur des groupes transnationaux. La dominance dans la mondialisation est la financiarisation de l'&#233;conomie. Il est vrai que le caract&#232;re &#233;volu&#233; du niveau de technologie, d'information et de communication fait rev&#234;tir &#224; cette mondialisation n&#233;olib&#233;rale un caract&#232;re sans pr&#233;c&#233;dent. Mais le processus n'est pas achev&#233; et la mondialisation ne pourra s'arroger le titre de changement social. Ce dernier l'a pr&#233;c&#233;d&#233;e et lui survivra probablement. Issue de l'oligopolisation du processus transnational, alimentant les rythmes des perc&#233;es technologiques et scientifiques tout en y &#233;tant assujettie, la mondialisation est un sursaut qualitatif de l'&#233;conomie monde. Mais nulle part, elle ne proc&#232;de &#224; l'&#233;galisation des chances et des &#233;conomies. Au contraire, partout elle creuse et polarise les &#233;carts. Il s'agit d&#232;s lors d'un processus polarisant par essence, parce qu'asym&#233;trique et biais&#233; par les pouvoirs dominants dans les centres anim&#233;s par la n&#233;cessit&#233; d'instaurer l'ordre supra-imp&#233;rialiste aux fins de l'exploitation des richesses du globe &#224; leur profit. Partout pratiquement, les classes dirigeantes disent oui &#224; cette transnationalisation, parce qu'elles en sont les premiers b&#233;n&#233;ficiaires en termes de richesse, de prestige et de pouvoir. Les peuples sont les premi&#232;res victimes de cette transnationalisation d&#233;brid&#233;e. M&#234;me le d&#233;veloppement durable a &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233; par cette mondialisation et, au fond, l'&#233;quation devrait &#234;tre celle d'un d&#233;veloppement endurable ! L'uniformisation et l'homog&#233;n&#233;isation du monde que fait miroiter la mondialisation restent une tendance. Le syst&#232;me mondial ne peut assurer &#224; tous ce mode de vie et ce standing (d'ailleurs biologiquement insoutenable pour notre plan&#232;te). Aussi, les frustrations populaires s'aiguisent devant cette modernit&#233;, caract&#233;ris&#233;e par l'abondance dans la raret&#233;. En r&#233;action, des forces antisyst&#232;miques se dessinent. Dans le d&#233;sarroi, la qu&#234;te de sens se manifeste par un retour du religieux et du culturel. Ce sont souvent des r&#233;ponses inadapt&#233;es d&#233;sesp&#233;r&#233;es et anachroniques, mais surtout des d&#233;sordres instrumentalisables par l'ennemi que l'on cherche &#224; combattre. Contre tout cela, la repolitisation politique et d&#233;mocratique des masses des pays non align&#233;s et un nouvel &#233;lan d'unit&#233; et de solidarit&#233; d&#233;mocratique seront essentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mod&#232;le de la mondialisation, la soci&#233;t&#233; civile am&#233;ricaine, qui d&#233;bat de bouclier sid&#233;ral, compte quelque 220 millions d'armes. Les Asiatiques s'insurgent contre la construction des bases militaires de Menoko, Okinawa et des Philippines et la mont&#233;e des tensions ; les Africains s'insurgent contre la cooptation des arm&#233;es et des rebelles dans des plans militaro-strat&#233;giques de maintien d'une certaine paix et de la fausse marginalisation &#233;conomique sur fond de pillage de leurs ressources ; les Latino-Am&#233;ricains s'insurgent contre un encerclement militaro-financier des luttes populaires maquill&#233; en lutte antinarcotique et en libre-&#233;change tous azimuts. La parano&#239;a s&#233;curitaire et la rationalit&#233; marchande contribuent &#224; instaurer un nouvel alignement &#233;conomique et strat&#233;gique des pays du tiers-monde devant le supra-imp&#233;rialisme. C'est contre cela que l'esprit de Bandoung doit &#234;tre revigor&#233;, afin aussi que les soci&#233;t&#233;s du Sud puissent lutter contre l'&#233;rosion de leurs valeurs de solidarit&#233;, d'entraide et d'humanit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Anne Cecile Robert, L'Afrique au secours de l'Occident, Les &#233;ditions de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, si utiles au monde pour une autre mondialisation. Celle pour laquelle la n&#233;buleuse altermondialiste, qui a su synth&#233;tiser l'essentiel des revendications non-align&#233;es, escompte le soutien de l'humanit&#233;, afin qu'elle lutte contre le risque de sa cooptation et m&#232;ne &#224; bien sa mission. C'est pour cela que le paysan cor&#233;en Lee Kyung Hue s'est sacrifi&#233; en septembre 2003 &#224; Cancun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tsunami endeuille encore dans cette zone de naissance du non alignement le 50&#232;me anniversaire. Les 300 000 disparuEs et les millions de victimes demeurent ceux qui &#233;taient d&#233;j&#224; les plus vuln&#233;rables. Le 21 f&#233;vrier 2005, un glissement de terrain dans un bidonville de Bandoung fit plus de 150 morts. C'&#233;tait pas tr&#232;s loin de l&#224; o&#249; les d&#233;colonis&#233;s s'&#233;taient donn&#233; rendez-vous pour leur libert&#233; et leur d&#233;veloppement, il y a 50 ans. Une coop&#233;ration internationale int&#233;ress&#233;e y capitalise de juteux contrats sur le terreau de l'humanitaire. Mais la condition infra-humaine de ces populations de bidonvilles, jumelles de celles d'Am&#233;rique Latine et d'Afrique, vient nous rappeler une chose : ouvert &#224; Bandoung, l'agenda de libert&#233;, de coexistence pacifique et de progressisme contre la barbarie est toujours &#224; l'ordre du jour ! &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.grila.org" class="spip_out"&gt;Groupe de recherche et d'initiative pour la lib&#233;ration de l'Afrique &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On relira les analyses pr&#233;monitoires de Samir Amin, &lt;i&gt;Les d&#233;fis de la mondialisation&lt;/i&gt;, l'Harmattan- Forum du tiers-monde, 1996, et de Michel Beaud,&lt;i&gt; Le basculement du monde&lt;/i&gt;, la D&#233;couverte- Syros, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Qui, bien que formul&#233; selon les exigences des grands bailleurs, ne sera visiblement pas financ&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Elles fournissent de l'emploi &#224; un peu plus de 72 millions de travailleurs, dont la moiti&#233; sont des emplois sous-pay&#233;s du tiers-monde.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Anne Cecile Robert, &lt;i&gt;L'Afrique au secours de l'Occident&lt;/i&gt;, Les &#233;ditions de l'atelier-Ouvrieres, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aziz Fall&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politologue et membre du Groupe de recherche et d'initiative pour la lib&#233;ration de l'Afrique (GRILA)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journal en souffrance, chroniques d'une pauvret&#233; durable</title>
		<link>https://www.ababord.org/Journal-en-souffrance-chroniques-d</link>
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		<dc:date>2008-07-22T19:33:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques Pelletier</dc:creator>


		<dc:subject>Tiers-monde</dc:subject>
		<dc:subject>Pelletier, Jacques </dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Andr&#233; Corten, Journal en souffrance, chroniques d'une pauvret&#233; durable, Montr&#233;al, Fides, 2006. &lt;br class='autobr' /&gt; Vivre la &#171; pauvret&#233; durable &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis plus de quarante ans, Andr&#233; Corten arpente inlassablement la plan&#232;te et plus particuli&#232;rement l'Afrique et l'Am&#233;rique latine, terrains privil&#233;gi&#233;s de ses enqu&#234;tes consacr&#233;es &#224; la mis&#232;re du monde, aux formes diverses qu'elle prend selon les continents et les pays, &#224; la signification que lui attribuent ceux qui en sont les victimes. Son regard n'est pas celui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-18-fevrier-mars-2007-" rel="directory"&gt;No 018 - f&#233;vrier / mars 2007&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Tiers-monde-+" rel="tag"&gt;Tiers-monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Pelletier-Jacques-+" rel="tag"&gt;Pelletier, Jacques &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Inegalites-et-pauvrete-+" rel="tag"&gt;In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton279.jpg?1642092233' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;255&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Andr&#233; Corten, &lt;i&gt;Journal en souffrance, chroniques d'une pauvret&#233; durable&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, Fides, 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vivre la &#171; pauvret&#233; durable &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plus de quarante ans, Andr&#233; Corten arpente inlassablement la plan&#232;te et plus particuli&#232;rement l'Afrique et l'Am&#233;rique latine, terrains privil&#233;gi&#233;s de ses enqu&#234;tes consacr&#233;es &#224; la mis&#232;re du monde, aux formes diverses qu'elle prend selon les continents et les pays, &#224; la signification que lui attribuent ceux qui en sont les victimes. Son regard n'est pas celui du touriste en qu&#234;te d'exotisme, mais plut&#244;t celui du scientifique qui veut comprendre cette r&#233;alit&#233; centrale de notre &#233;poque, celui aussi du militant qui juge cette situation de mis&#232;re g&#233;n&#233;ralis&#233;e intol&#233;rable et qui invite &#224; la combattre sur le terrain o&#249; elle se situe d'abord : celui du politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le bilan de sa longue exp&#233;rience que nous offre son &lt;i&gt;Journal en souffrance&lt;/i&gt; consacr&#233; &#224; l'&#233;vocation de la &#171; pauvret&#233; durable &#187; qui caract&#233;rise aujourd'hui la condition concr&#232;te d'existence d'environ la moiti&#233; des &#234;tres humains pendant qu'une minorit&#233;, d&#233;poss&#233;d&#233;e davantage encore, vit sous l'emprise infernale d'une faim incessante qui ronge, comme un acide, leur corps et d&#233;truit leur esprit. Cette r&#233;alit&#233; effroyable ne nous est pas donn&#233;e &#224; lire ici sous la forme d'informations chiffr&#233;es, de tableaux statistiques, d'&#233;vocations apocalyptiques, mais de l'int&#233;rieur, telle qu'elle est v&#233;cue et &#233;prouv&#233;e par ceux dont elle constitue le lot quotidien et sur le mode d'un r&#233;cit m&#233;moriel directement li&#233; aux souvenirs de l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Corten fait bien voir que les rapports &#224; la souffrance sont multiples et vari&#233;s, allant du fatalisme le plus r&#233;sign&#233; &#224; la r&#233;sistance individuelle et/ou collective, en passant par la col&#232;re autodestructrice ou la sublimation religieuse. En cela, ce t&#233;moignage s'offre aussi comme une r&#233;flexion, elle-m&#234;me nourrie par une recherche empirique de terrain qui lui fournit &#224; la fois un mat&#233;riau et une inspiration. Elle emprunte par moments la forme d'une description monographique, &#224; d'autres celle du r&#233;cit historique et enfin celle des histoires de vies qui incarnent sur le plan singulier une exp&#233;rience plus g&#233;n&#233;rale li&#233;e au groupe ou &#224; la classe sociale d'appartenance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage s'ouvre ainsi sur une &#233;vocation de type sociographique de l'Alg&#233;rie telle que l'a per&#231;ue l'auteur lors d'un s&#233;jour prolong&#233; au milieu des ann&#233;es 1970 &#224; titre de ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; l'Universit&#233; d'Oran. La r&#233;volution alg&#233;rienne, qui a tout juste une dizaine d'ann&#233;es, appara&#238;t d&#233;j&#224; essouffl&#233;e, impuissante &#224; trouver des solutions aux probl&#232;mes engendr&#233;s par les p&#233;nuries alimentaires, l'absence de logements en nombre suffisant, la concentration des populations rurales en surnombre dans les villes. Inconfortables dans un pr&#233;sent qui s'av&#232;re &#233;touffant, incapables d'affronter un avenir qui se d&#233;robe, les Alg&#233;riens se montrent passifs, r&#233;sign&#233;s, vivant dans un &#233;tat de torpeur qui s'apparente &#224; un v&#233;ritable &#171; exil int&#233;rieur &#187;. Celui-ci sera finalement d&#233;pass&#233;, mais n&#233;gativement, dans les guerres fratricides et les massacres qui marqueront la derni&#232;re d&#233;cennie, autre &#233;chec, dans le sang cette fois, d'un processus r&#233;volutionnaire bloqu&#233; depuis longtemps. La passivit&#233; habitant les Alg&#233;riens est li&#233;e &#224; un emp&#234;chement qui n'est pas seulement politique et social mais aussi culturel, fruit pervers et pourri de la situation coloniale. On ne la retrouve pas par exemple au Mexique qui conna&#238;t pourtant une mis&#232;re &#233;quivalente, fait remarquer Corten, ce pays apparaissant comme un chantier en &#233;bullition port&#233; par une dynamique fond&#233;e sur un activisme et une d&#233;brouillardise qu'on peut lire comme l'envers de la r&#233;signation alg&#233;rienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type d'analyse sociologique impr&#232;gne &#233;galement les descriptions de la nouvelle forme d'esclavage mo-derne que repr&#233;sentent les plantations de canne &#224; sucre en R&#233;publique Dominicaine durant les ann&#233;es 1970 et au Br&#233;sil aujourd'hui. Elle sous-tend l'&#233;vocation de la condition des ch&#244;meurs militants &#8211; les &lt;i&gt;piqueteros&lt;/i&gt; &#8211; et des chiffonniers &#8211; les &lt;i&gt;cartoneros&lt;/i&gt; &#8211; en Argentine qui incarnent le refus de s'accommoder de la domination, &#224; travers l'action directe pour les premiers, &#224; travers le parasitisme productif pour les seconds. On la retrouve aussi dans la description de la m&#233;gaville de Soweto en Afrique du Sud, quadrill&#233;e comme un camp de concentration, ne poss&#233;dant ni centre-ville, ni espace vert, ne comportant en tout et pour tout, note un Corten attentif, qu'une seule rue ombrag&#233;e. Form&#233;e par l'agglom&#233;ration de centaines de milliers de petites maisons toutes semblables, v&#233;ritables bo&#238;tes d'allumettes, sans aucune originalit&#233;, sans jardins et sans arbres, l'immense ville-dortoir se pr&#233;sente comme un espace urbain aussi d&#233;sertique que populeux, symbolisant tragiquement la s&#233;paration raciale cr&#233;&#233;e par le r&#233;gime d'apartheid qui a caract&#233;ris&#233; l'histoire contemporaine de ce pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; d'autres moments, l'auteur privil&#233;gie une approche relevant davantage de la perspective historique. Pour comprendre la folie homicide, le d&#233;lire g&#233;nocidaire qui se sont empar&#233;s des Rwandais au printemps et &#224; l'&#233;t&#233; l994 par exemple, il fait intervenir les facteurs sociaux et politiques ayant pr&#233;cipit&#233; la crise et qui &#233;clairent, du moins en partie, ce qui &#233;chappe par ailleurs &#224; l'entendement et demeure proprement inexplicable. De m&#234;me, il tente de rendre compte d'une certaine mentalit&#233; ha&#239;tienne, constitu&#233;e d'une alternance entre r&#233;signation et agressivit&#233; irrationnelle, &#224; la lumi&#232;re de l'exp&#233;rience ind&#233;l&#233;bile de l'esclavage ; aboli juridiquement, ce r&#233;gime a laiss&#233; des traces si profondes chez ceux qui en furent les victimes et chez leurs descendants qu'il impr&#233;gnerait encore aujourd'hui leurs attitudes et leurs comportements (tant sur le mode de la passivit&#233; extr&#234;me que sur celui de la fureur sanguinaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont l&#224; deux exemples pr&#233;lev&#233;s sur un corpus plus large qui illustrent la m&#233;thode suivie par Corten. Elle associe la description sociographique, le r&#233;cit historique, les histoires de vies et les notations impressionnistes de l'auteur dans une repr&#233;sentation globalisante de la pauvret&#233; et de la condition de souffrance insupportable qui en d&#233;coule pour ceux qui la subissent. D'autant plus insupportable qu'elle n'est pas le produit d'un caprice de la nature ou du hasard, mais bien la cons&#233;quence d'une domination et d'une exploitation sociales et &#233;conomiques qui repr&#233;sentent, selon les termes de l'auteur, un v&#233;ritable &#171; mal politique &#187;. Ce &#171; mal &#187; appelle bien s&#251;r une solution elle aussi politique, que ne peuvent fournir les religions, si bien intentionn&#233;es soient-elles, et encore moins &#171; l'industrie de la compassion &#187;, sensible aux effets mais non aux causes de la mis&#232;re du monde qu'elle contribue &#224; cr&#233;er &#224; travers certaines de ses institutions, comme la Banque mondiale par exemple. Le livre remarquable de Corten, parmi d'autres vertus signal&#233;es trop rapidement ici, a le grand m&#233;rite de nous le rappeler.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jacques Pelletier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Mondialisation et tiers-mondisme</title>
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		<dc:date>2008-07-16T15:59:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aziz Fall</dc:creator>


		<dc:subject>Tiers-monde</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Fall, Aziz</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 18 avril 1955 s'ouvrait la Conf&#233;rence de Bandoung, en Indon&#233;sie, en pr&#233;sence notamment de Chou En Lai (Chine), de Gamal Abdel Nasser (Egypte), de Jawaharlal Nehru (Inde) et de Soekarno (Indon&#233;sie). Cette premi&#232;re grande rencontre des pays nouvellement ind&#233;pendants allait poser les bases de ce que deviendra le mouvement des pays non align&#233;s, plus tard connu sous le nom du Groupe des 77. Aziz Fall, dans le premier d'une s&#233;rie de deux textes, revient sur ce moment fondateur du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-09-avril-mai-2005-" rel="directory"&gt;No 009 - avril / mai 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 18 avril 1955 s'ouvrait la Conf&#233;rence de Bandoung, en Indon&#233;sie, en pr&#233;sence notamment de Chou En Lai (Chine), de Gamal Abdel Nasser (Egypte), de Jawaharlal Nehru (Inde) et de Soekarno (Indon&#233;sie). Cette premi&#232;re grande rencontre des pays nouvellement ind&#233;pendants allait poser les bases de ce que deviendra le mouvement des pays non align&#233;s, plus tard connu sous le nom du Groupe des 77. Aziz Fall, dans le premier d'une s&#233;rie de deux textes, revient sur ce moment fondateur du tiers-mondisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Bandoung a proclam&#233; l'&#233;mergence sur la sc&#232;ne internationale de plus de la moiti&#233; de la population mondiale&lt;/i&gt; &#187; clama le pandit Nehru &#224; l'issue de la conf&#233;rence de Bandoung. Le pr&#233;sident s&#233;n&#233;galais Senghor la qualifia de moment &#171; &lt;i&gt;le plus important depuis l'&#233;poque de la renaissance&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eug&#232;ne Berg, Non alignement et nouvel ordre mondial, PUF, Paris1980, p. 22.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Les cinq pays du groupe de Colombo (Indon&#233;sie, Inde, Ceylan, Birmanie, Pakistan) qui en avaient &#233;t&#233; les initiateurs ne pourraient qu'&#234;tre fiers des retomb&#233;es de cette conf&#233;rence afroasiatique. Elle fut le tremplin du non alignement, un concept et une politique en r&#233;action &#224; la bipolarisation mondiale et qui lui a laborieusement surv&#233;cu. Le monde d'alors se relevait &#224; la fois meurtri du second conflit mondial et fractur&#233; en deux blocs id&#233;ologiques : l'Est et l'Ouest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinquante ans plus tard, l'&#233;chec des nouveaux &#201;tats et de leurs aspirations &#224; la souverainet&#233; et au d&#233;veloppement &#8211; ou le succ&#232;s bien discutable de quelques exceptions &#8211; nous obligent &#224; revenir sur la gen&#232;se du mouvement non align&#233; et de voir ce qui en reste, maintenant que se profile un nouvel ordre mondial. Ce dernier, qualifi&#233; de mondialisation, correspond &#224; un brutal red&#233;ploiement du capitalisme au moment de l'implosion du bloc de l'Est et de la fin de l'apartheid. Cette extension et reproduction capitaliste, caract&#233;ris&#233;e par un enrichissement et un endettement d&#233;mesur&#233;, aggrave la polarisation du monde. C'est dans ce contexte que s'impose la pr&#233;tention unipolaire qui proclame TINA (&lt;i&gt;there is no alternative&lt;/i&gt;). Pas d'alternative &#224; un nouvel ordre bloqu&#233; sur la rationalit&#233; marchande et son darwinisme socio-&#233;conomique et politico-culturel. Ce semblant d'ordre dans un &#171; village global &#187; pr&#233;tendu, et sur lequel se fondent d&#233;sormais tous les alignements, nous l'appelons le supra-imp&#233;rialisme du &lt;i&gt;m&#233;galoensemble&lt;/i&gt;. Contre cette sorte d'apartheid mondial, et malgr&#233; la dispersion des trajectoires des pays non align&#233;s, l'essentiel de l'humanit&#233; compte objectivement plus que jamais sur ces valeurs acentriques et universelles et toujours potentiellement porteuses qui ont fleuri &#224; Bandoung.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Gen&#232;se du mouvement et &#233;volution&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au sortir du premier conflit mondial, les revendications &#233;galitaristes des conscrits du tiers monde ont tr&#232;s vite &#233;t&#233; repouss&#233;es sous le pr&#233;texte de la n&#233;cessaire reconstruction de l'Europe. Les soldats d'Afrique et d'Asie se sont combattus &#8211; ou ont fraternis&#233; &#8211; sur les champs de bataille. Certains se sont impr&#233;gn&#233;es des valeurs libertaires de la r&#233;volution des soviets, de mouvements qui tentaient ailleurs de faire &#233;clore des espoirs similaires. D'autres ont raffermi leurs liens avec les syndicats. Il en est r&#233;sult&#233; que la sup&#233;riorit&#233; coloniale avait &#233;t&#233; d&#233;mystifi&#233;, sans que pour autant l'ali&#233;nation et les complexes d'inf&#233;riorit&#233; ne s'estompent r&#233;ellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1920, la conception l&#233;niniste du passage du statut &#171; arri&#233;r&#233; &#187; de colonie au socialisme, en transcendant l'&#233;tape capitaliste, aura beaucoup d'influence dans le courant socialisant des futurs pays p&#233;riph&#233;riques. Dans les faits, pour la IIIe Internationale ou Komintern, la pr&#233;tention de r&#233;unir les forces anti-imp&#233;rialistes, anticolonialistes et r&#233;volutionnaires dans un sursaut fraternel sera frein&#233;e par l'av&#232;nement de Staline, qui fera d&#233;sormais tout passer apr&#232;s l'int&#233;r&#234;t de l'Etat sovi&#233;tique. Ainsi, au VIe congr&#232;s du Komintern, en 1928, la volont&#233; de lutte anti-coloniale des r&#233;volutionnaires des pays domin&#233;s est d&#233;nigr&#233;e et d&#233;clar&#233;e contre-r&#233;volutionnaire. Le Komintern d&#233;cide de prioriser &#171; l'essentiel &#187; : abattre le capitalisme qui emportera dans son sillage son avatar, le colonialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc ailleurs qu'il faut chercher le creuset de Bandoung, probablement au congr&#232;s de la Ligue contre l'imp&#233;rialisme tenu &#224; Bruxelles en 1927 avec Lamine Gueye, L&#233;opold Senghor, Maxime Gorki, Nehru, l'Alg&#233;rien Messali Hadj, Albert Einstein&#8230; C'est l&#224; que se mirent en rapport des nationalistes africains et asiatiques et des progressistes europ&#233;ens. Au fil des ann&#233;es, ces liens se raffermirent, alors que la crise de 1929 sert de pr&#233;texte pour remettre &#224; plus tard l'autonomie coloniale et &#233;loigner une fois de plus les perspectives de souverainet&#233;. En 1935, le n&#233;gus Hail&#233; S&#233;lassi&#233; mit en garde les membres de la Soci&#233;t&#233; des Nations (SDN) contre la mont&#233;e du fascisme et proclame l'imp&#233;ratif de d&#233;fendre la souverainet&#233;. Il ne fut point &#233;cout&#233;. Le banc d'essai internationaliste que fut la guerre d'Espagne (1936-39), et surtout l'horrible &#233;preuve que constitua la Seconde Guerre mondiale (1939-45), vont permettre de rapprocher objectivement les vues des nationalistes progressistes des pays colonis&#233;s. La lutte contre le nazisme sera un outil commode pour retourner le discours anti-fasciste contre le racisme colonialiste, alors que les l&#233;zardes de l'&#233;difice colonial apparaissaient partout b&#233;antes. Mais les tenants de l'ordre impos&#232;rent, en f&#233;vrier 1945, Yalta o&#249; s'instaure une division tragique du monde pour les colonis&#233;s. Voil&#224; que tous ceux qui aspiraient &#224; la dignit&#233;, &#224; la souverainet&#233; et au d&#233;veloppement devaient choisir des sentiers d'&#233;mancipation gangren&#233;s par la bipolarisation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Yalta contre Bandoung (1945-55)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A Yalta Roosevelt sort de Yalta confus, mais tient sur son chemin de retour &#224; rencontrer le roi Farouk d'Egypte, Hail&#233; S&#233;lassi&#233; d'Ethiopie, et Ibn Seoud d'Arabie : une diplomatie pour monarques coopt&#233;s, distribuant les privil&#232;ges &#224; des exceptions ind&#233;pendantes qui pourraient servir de mod&#232;les aux autres. Roosevelt meurt peu apr&#232;s, et Truman qui le remplace est plus volontariste. Certes l'av&#232;nement de l'ONU apportait le gage d'un nouvel ordre fond&#233; sur le droit et l'autod&#233;termination. Mais les instances de Bretton Woods, le plan Marshall et Mac Arthur favorisaient surtout le bloc de l'Ouest et la portion de l'Asie dompt&#233;e. Quant au Kominform qui s'instaure &#224; l'Est, il laissait peu d'espoir de soutien r&#233;el, au del&#224; du discours mythique de l'internationalisme prol&#233;tarien, aux colonis&#233;s (bien que maints mouvements de lib&#233;ration n'auraient pu concr&#233;tiser leur lutte sans le soutien de Moscou). L'Inde, d&#232;s le lendemain de la seconde guerre mondiale, esquisse alors les termes d'un refus &#224; un quelconque alignement. Elle &#233;labore les fondements de l'option afro-asiatique d&#233;j&#224; amorc&#233;s depuis la conf&#233;rence de Bruxelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1947 &#224; New Delhi, une conf&#233;rence r&#233;affirme le droit &#224; la souverainet&#233; et &#224; la lutte de lib&#233;ration nationale. Deux ans plus tard le Lib&#233;ria et l'&#201;thiopie se joignent au premier groupe des 12 pays asiatiques et arabes. La p&#233;riode est d&#233;j&#224; turbulente. La Chine, le pays le plus peupl&#233; du monde, vient de gagner sa guerre de lib&#233;ration et bascule dans le communisme. Truman prononce alors son fameux discours &#171; point IV &#187; qui inaugure officiellement l'&#232;re du d&#233;veloppement. C'est d&#233;sormais partout la conceptualisation du sous-d&#233;veloppement et du r&#244;le que s'arrogent les tenants de l'ordre mondial pour l'&#233;radiquer. Pendant ce temps, l'Indochine se lance dans sa lutte de lib&#233;ration et la guerre de Cor&#233;e &#233;clate. Celle-ci a un effet de catharsis pour le futur mouvement des non align&#233;s, car la Chine et l'URSS aussi s'y activent, et les Etats-Unis fa&#231;onnent un chapelet d'alliances militaires r&#233;gionales cooptant des pays de la zone, du Japon aux Philippines. L'OTASE et le plan de Bagdad acc&#233;l&#232;rent la cooptation militaire de l'Asie. Au m&#234;me moment, l'URSS louvoie entre le soutien aux mouvements de lib&#233;ration nationale du tiers-monde et un imp&#233;rialisme strat&#233;gique. C'est donc de Belgrade, qui d&#233;j&#224; en 1950 &#224; l'ONU recommandait un fonds sp&#233;cial des Nations Unies pour le d&#233;veloppement, que viendra le soutien r&#233;el aux colonis&#233;s. Autant militaire qu'id&#233;ologique, ce soutien est personnalis&#233; par Tito. C'est un camouflet &#224; l'URSS qui, hormis sa puissance industrielle et militaro-scientifique, poss&#232;de certaines caract&#233;ristiques qui la pousse &#224; vouloir devenir membre du mouvement en formation. Ce n'est donc pas d'elle, mais de Nehru, Soekarno, Nasser et Tito que d&#233;pendra l'architecture du vaste mouvement des non align&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi prenait forme, avec la signature d'une entente entre Tito et Nehru en 1954, une politique de non alignement active et constructive du tiers-monde, visant &#224; &#233;difier la paix et la s&#233;curit&#233; collective, hors des puissances antagoniques. L'accord de coexistence pacifique entre la Chine et l'Inde en 1954, la signature du pacte de Bagdad entre la Turquie et l'Irak comme la d&#233;faite de la France en Indochine, oblig&#232;rent tr&#232;s vite Nasser &#224; choisir d&#233;finitivement son camp et &#224; se joindre &#224; Nehru et Tito, afin de consolider la politique de non alignement pr&#244;n&#233;e par l'Inde. Soekarno &#233;tait d&#233;sormais aux commandes de la jeune Indon&#233;sie, devenue mod&#232;le pour tous les peuples ayant soif de libert&#233;. Lorsque le quintet de Colombo convoqua sur l'&#238;le de Java en 1955 la Conf&#233;rence de Bandoung, la table &#233;tait mise pour le mouvement des non align&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un romantisme r&#233;volutionnaire qui s'&#233;tiole vite&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La ville de Bandoung a &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre de r&#233;voltes sanglantes contre l'ordre colonial hollandais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La ville de Bandoung existe au moins depuis 1488. Les paysans sundanais (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On comprend que dans cet endroit symbolique, les rivalit&#233;s et conceptions id&#233;ologiques h&#233;t&#233;roclites se turent un moment, pour proclamer l'esprit de Bandoung. Soekarno y d&#233;peignit le colonialisme comme &#171; &lt;i&gt;un ennemi habile et d&#233;cid&#233; qui se manifeste sous divers d&#233;guisements ; il ne l&#226;che pas facilement son butin. N'importe o&#249;, n'importe quand, et quelle que soit la forme sous laquelle il apparaisse, le colonialisme est un mal qu'il faut &#233;liminer de la surface du monde&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soekarno, &#171; Les objectifs de la Conf&#233;rence de Bandoung &#187;, Le Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vingt-deux pays repr&#233;sent&#233;s y entonnent un hymne &#224; la d&#233;colonisation et &#224; la coexistence pacifique, &#233;crit et entam&#233; par les colonis&#233;s et les jeunes &#201;tats libres. Le communiqu&#233; final de la conf&#233;rence &#233;num&#233;rait les principes du non-alignement et proclamait la &#171; &lt;i&gt;reconnaissance de l'&#233;galit&#233; de toutes les races et de l'&#233;galit&#233; de toutes les nations, petites et grandes&lt;/i&gt; &#187;. Les repr&#233;sentants d&#233;plorent &#171; &lt;i&gt;la longue ignorance de leurs richesses intellectuelles propres&lt;/i&gt; &#187; et fait un devoir aux pays lib&#233;r&#233;s d'aider les peuples encore d&#233;pendants &#224; acc&#233;der &#224; la souverainet&#233;. La politique coloniale de la France au Maghreb est particuli&#232;rement montr&#233;e du doigt&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Odette Guitard, Bandoung et le r&#233;veil des peuples colonis&#233;s, PUF, 1961.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais derri&#232;re l'unanimit&#233; de fa&#231;ade, la lutte de d&#233;colonisation et les man&#339;uvres des puissances autant bipolaires que m&#233;tropolitaines, tout comme les aspirations bourgeoises des &#233;lites, fragmentaient l'alliance. Malgr&#233; l'euphorie du moment, on pouvait en effet percevoir les align&#233;s potentiels, les neutralistes, les communistes non align&#233;s, les nationalistes anticommunistes plus ou moins lib&#233;raux. Alors que le trio fondateur savourait sa victoire et polissait ses diff&#233;rences en 1956 &#224; Brioni, le v&#233;ritable test du non alignement et de la souverainet&#233; allait se jouer dans l'ann&#233;e m&#234;me. La nationalisation du canal de Suez d&#233;montra en effet que rien n'&#233;tait jou&#233; quant au non alignement. Par contre, il sonna le glas du vieux syst&#232;me colonial somm&#233; de s'ajuster aux exigences du renouveau imp&#233;rialiste. L'Europe devait au plus vite &#233;teindre ses brasiers et proc&#233;der &#224; des ind&#233;pendances n&#233;goci&#233;es pour coopter les nouveaux r&#233;gimes naissants. La bipolarisation allait quant &#224; elle surd&#233;terminer tout le champ politique des nouvelles formations sociales. Seules les luttes arm&#233;es de lib&#233;ration nationale entretenaient un potentiel r&#233;volutionnaire comme &#224; Cuba, mais ne pouvaient s'extraire de l'attraction gravitationnelle bipolaire. Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'ONU meurt de mani&#232;re suspecte au Congo, tout comme succombe le r&#234;ve de souverainet&#233; et du panafricanisme avec l'assassinat de Lumumba. Le chapelet d'ind&#233;pendances n'augure pas de souverainet&#233;s r&#233;elles. Les blocs militaires se succ&#233;daient partout, contraignants accords de d&#233;fense et de coop&#233;ration militaire entre les anciennes puissances tut&#233;laires et les jeunes &#201;tats sans nation en Afrique alors que les luttes antir&#233;volutionnaires et pactes contre insurrectionnels se multiplient en Am&#233;rique Latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de ce moule historique de Bandoung, et servi par une inclinaison favorable de l'ordre mondial pour l'&#201;tat providence, autant dans les id&#233;ologies de droite que de gauche, le d&#233;veloppement devint le cheval de Troie de l'&#233;dification de l'&#201;tat nation. Le d&#233;veloppement est-il une ruse de l'histoire pour occidentaliser le monde ? Est-il, plus cyniquement, un paradoxal moyen de reproduction sociale qui requiert pr&#233;dation &#233;cologique et sociale pour assurer une production de biens et services toujours exponentielle aux fins de l'accumulation de classe ou d'&#201;tat ? Les jeunes &#201;tats n'ont pas le loisir de trancher le dilemme existentiel et id&#233;ologique, devant l'engouement et l'urgence de se doter en infrastructures et ainsi combler leur pr&#233;tendu retard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, les sommets successifs des non align&#233;s seront autant d'occasions de revendiquer que de fa&#231;onner un autre ordre international. Car le fond du probl&#232;me n'est pas le dilemme politique Est/Ouest (au sommet de Belgrade de 1961 l'URSS n'est plus invit&#233;e), ni la coexistence Sud/Sud (min&#233;e pourtant par les crises entre URSS et la Chine, l'Inde et le Pakistan, la Chine et Inde, l'Alg&#233;rie et le Maroc, les zizanies du Proche-Orient, la s&#233;cession biafraise) mais bien le foss&#233; Nord/Sud.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Eug&#232;ne Berg, &lt;i&gt;Non alignement et nouvel ordre mondial&lt;/i&gt;, PUF, Paris1980, p. 22.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La ville de Bandoung existe au moins depuis 1488. Les paysans sundanais auront vu y d&#233;filer les aventuriers et colons europ&#233;ens rivaux. Louis Napol&#233;on, qui dirige aussi la Hollande, y intensifie le r&#233;seau d'infrastructures et fortifie ses d&#233;fenses contre les Anglais en 1809. Au XIXe si&#232;cle y sont introduits la culture de la quinine (essentielle aux exp&#233;ditions militaires si expos&#233;es &#224; la malaria), le caf&#233;, le th&#233;. Le boom &#233;conomique et l'extension des r&#233;seaux ferroviaires y draina une main-d'&#339;uvre chinoise qui resta. En 1906, une administration civile hollandaise remplace la militaire. La p&#233;riode du second conflit mondial permet aux citoyens de prendre davantage contr&#244;le de leur ville. &#192; la fin du conflit, la r&#233;volte y gronde et les insurg&#233;s dirig&#233;s par Soekarno et Hatta proclament l'ind&#233;pendance. Devant ce fait accompli, la riposte militaire hollandaise est massive et muscl&#233;e. D&#233;termin&#233;s &#224; cr&#233;er un commonwealth n&#233;erlandais, malgr&#233; la d&#233;sapprobation onusienne, les Pays-Bas s'ent&#234;tent. Mais la perspective de voir s'y red&#233;ployer l'administration hollandaise poussa les citoyens &#224; mettre le feu &#224; leur ville. Ce fut Bandoung Lautan Api, Bandoung l'oc&#233;an de feu. C'est sur ses cendres que se confirme l'ind&#233;pendance du pays avalis&#233;e par l'ONU, alors que les Pays-Bas se rabattront sur la Nouvelle-Guin&#233;e o&#249; ils s'&#233;terniseront jusqu'en 1963.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Soekarno, &#171; Les objectifs de la Conf&#233;rence de Bandoung &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, mai 1955, p. 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Odette Guitard, Bandoung et le r&#233;veil des peuples colonis&#233;s, PUF, 1961.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aziz Fall&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politologue, Groupe de recherche et d'initiative pour la lib&#233;ration de l'Afrique (GRILA).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Un fusil dans la main, un po&#232;me dans la poche</title>
		<link>https://www.ababord.org/Un-fusil-dans-la-main-un-poeme</link>
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		<dc:date>2008-07-15T16:48:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Rioux</dc:creator>


		<dc:subject>Rioux, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Tiers-monde</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique sub-saharienne</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Emmanuel Dongala, Un fusil dans la main, un po&#232;me dans la poche, Paris, Le Serpent &#224; plumes, coll. &#171; Motifs &#187;, 2003, 396 p. &lt;br class='autobr' /&gt; Livre culte de la jeunesse africaine des ann&#233;es 70, Un fusil dans la main, un po&#232;me dans la poche, d'Emmanuel Dongala, vient d'&#234;tre r&#233;&#233;dit&#233; au Serpent &#224; plumes. Le roman de l'&#233;crivain congolais n&#233; &#224; Brazzaville &#233;tait introuvable en librairie depuis au moins vingt ans mais &#8211; d&#233;brouillardise africaine &#8211; circulait sur le continent noir sous forme de photocopies&#8230; &#192; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-04-avril-mai-2004-" rel="directory"&gt;No 004 - avril / mai 2004&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Rioux-Claude-+" rel="tag"&gt;Rioux, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Tiers-monde-+" rel="tag"&gt;Tiers-monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Afrique-sub-saharienne-+" rel="tag"&gt;Afrique sub-saharienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton56.jpg?1642092271' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;261&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Emmanuel Dongala, &lt;i&gt;Un fusil dans la main, un po&#232;me dans la poche&lt;/i&gt;, Paris, Le Serpent &#224; plumes, coll. &#171; Motifs &#187;, 2003, 396 p.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Livre culte de la jeunesse africaine des ann&#233;es 70, &lt;i&gt;Un fusil dans la main, un po&#232;me dans la poche&lt;/i&gt;, d'Emmanuel Dongala, vient d'&#234;tre r&#233;&#233;dit&#233; au Serpent &#224; plumes. Le roman de l'&#233;crivain congolais n&#233; &#224; Brazzaville &#233;tait introuvable en librairie depuis au moins vingt ans mais &#8211; d&#233;brouillardise africaine &#8211; circulait sur le continent noir sous forme de photocopies&#8230; &#192; travers les p&#233;rip&#233;ties de May&#233;la dia May&#233;la, c'est le r&#233;cit des Ind&#233;pendances qui nous est offert dans un langage savoureux, des maquis de l'Afrique australe (sous la figure embl&#233;matique d'un Nelson Mandela omnipr&#233;sent), jusqu'&#224; la descente aux enfers des r&#233;gimes postcoloniaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Claude Rioux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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