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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>La culture au coeur de nos vies, au centre de la Gasp&#233;sie</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-culture-au-coeur-de-nos-vies-au-centre-de-la-Gaspesie</link>
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		<dc:date>2017-02-23T02:15:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Garon</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Garon, Philippe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En Gasp&#233;sie, la culture se bute aux imp&#233;ratifs &#233;conomiques de notre &#233;poque. Force est de constater qu'il faut encore et toujours d&#233;montrer que les investissements dans ce domaine contribuent significativement &#224; l'&#233;panouissement individuel et collectif. &lt;br class='autobr' /&gt; Mais on fait face aux sophismes v&#233;hicul&#233;s par les t&#233;nors des affaires. Par ailleurs, la vision de la politique culturelle r&#233;gionale adopt&#233;e en 2013 l'affirme clairement : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La culture est une richesse pour toutes les citoyennes et tous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Gaspesie-forces-vives-" rel="directory"&gt;Dossier : Gasp&#233;sie - Forces vives&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Garon-Philippe-+" rel="tag"&gt;Garon, Philippe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2357.png?1642092190' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;563&#034; height=&#034;375&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En Gasp&#233;sie, la culture se bute aux imp&#233;ratifs &#233;conomiques de notre &#233;poque. Force est de constater qu'il faut encore et toujours d&#233;montrer que les investissements dans ce domaine contribuent significativement &#224; l'&#233;panouissement individuel et collectif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais on fait face aux sophismes v&#233;hicul&#233;s par les t&#233;nors des affaires. Par ailleurs, la vision de la politique culturelle r&#233;gionale adopt&#233;e en 2013 l'affirme clairement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La culture est une richesse pour toutes les citoyennes et tous les citoyens de la Gasp&#233;sie et des &#206;les-de-la-Madeleine. Elle est ce qui tire notre soci&#233;t&#233; vers le haut. Elle offre les balises essentielles &#224; toutes nos pens&#233;es, discussions, d&#233;cisions et actions. Nous devons tous en prendre soin, l'affirmer, nous en servir et la faire fructifier.&lt;/i&gt; &#187; Avec cette approche inspirante en t&#234;te, examinons l'apport du secteur culturel sur l'&#233;conomie gasp&#233;sienne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des chiffres et des lettres&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;900 emplois ; 300 organismes ; 8 504 598 $ en fonds publics ; 66,78 $ par habitant en d&#233;penses municipales ; 7 ententes de d&#233;veloppement culturel ; une Charte des paysages ; un r&#233;seau de 36 institutions mus&#233;ales ayant attir&#233; 238 703 visiteurs en 2011 ; un r&#233;seau de 26 salles de spectacle ayant offert 298 repr&#233;sentations en 2011, pour 46 044 entr&#233;es ; 52 biblioth&#232;ques publiques ; 12 m&#233;dias communautaires et 2 radios autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la Gasp&#233;sie poss&#233;derait le plus grand nombre d'&#233;tablissements culturels de tous types par habitant au Qu&#233;bec. Pourquoi ? Avec son territoire aussi grand que la Belgique, la p&#233;ninsule affiche une faible densit&#233; de population, principalement dispers&#233;e sur les quelque 600 kilom&#232;tres de littoral, dans une grande majorit&#233; de municipalit&#233;s comptant moins de 5000 habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance du tourisme explique le grand nombre d'infrastructures et l'offre d'activit&#233;s culturelles. Destination reconnue &#224; l'international pour ses panoramas et la qualit&#233; de son environnement naturel, la p&#233;ninsule ne saurait demeurer concurrente sans miser sur les facteurs de r&#233;tention que constituent ses attraits, ses artistes et artisans, ses &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224; du nombre de visiteurs, au-del&#224; des performances budg&#233;taires des nombreux festivals en Gasp&#233;sie, qu'en est-il des dimensions patrimoniales, &#233;ducatives, sociales, affectives de la culture ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La raison de nos combats&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si l'&#233;t&#233; finit toujours par prendre cong&#233;, toute une harde d'artistes, d'artisans et de compagnies continue de se d&#233;mener, beau temps mauvais temps, pour cr&#233;er, se former, promouvoir et exporter. Rencontrer Nathalie Dumouchel, l'&#233;quipe du th&#233;&#226;tre de la Petite Mar&#233;e, Fran&#231;ois Miville-Desch&#234;nes, &#201;ric Dion, Yves Gonthier, Joanne Morency, Orbie, Yanik &#201;l&#233;ment ou Guillaume Arsenault, c'est constater une fougue d&#233;brouillarde et un instinct t&#234;tu de vivre ici et prendre la mesure d'un colossal brasier d'inspiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, s'ajuster perp&#233;tuellement, pour se clairer un salaire d&#233;cent. Mais s'exprimer, instruire, pr&#233;server, c'est surtout participer &#224; quelque chose de plus grand. C'est r&#233;sister, par exemple, au compresseur sauvage qui gaspille les fonds publics dans des projets, comme Ciment McInnis, qui d&#233;figurent notre pays en suivant aveugl&#233;ment les dogmes imb&#233;ciles du cartel p&#233;trolier. Car comme l'affirme le metteur en sc&#232;ne tunisien Fadhel Ja&#239;bi : &#171; [&#8230;] &lt;i&gt;les artistes ne peuvent pas regarder s'&#233;crouler le monde sans agir. On ne peut pas &#234;tre artiste et compl&#232;tement apolitique. &lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;On ne peut pas se contenter de gagner des sous et de dormir tranquille. &lt;/i&gt; &#187; Qui arr&#234;tera les barbares financiers qui manipulent les &#233;lu&#183;e&#183;s, exploitent, tuent et polluent &#224; distance, dans leurs abris fiscaux, engrangeant les profits de la vente de drones sp&#233;cialis&#233;s en dommages collat&#233;raux, sans cas de conscience ? Qui sinon les porteurs de culture ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Churchill, en refusant de couper les budgets de la culture lors de la Seconde Guerre mondiale, nous chuchote : &#171; &lt;i&gt;Alors pourquoi nous battons-nous ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;chelle gasp&#233;sienne, m&#234;me pour un auteur impatient tel que moi, quelle arme employer, outre la subversion ? Entrer dans les &#233;coles pour essayer, bien modestement, d'&#233;clairer un peu ces nouvelles &#226;mes qui &#233;mergent, n'est-ce pas un effort courageux ? Malgr&#233; ma candeur, avec pr&#232;s de 150 ateliers qui m'auront permis de rencontrer plus de 2 500 jeunes du pr&#233;scolaire &#224; l'&#233;ducation des adultes dans le cadre du programme &#171; La culture &#224; l'&#233;cole &#187; cet hiver, j'ose croire que ma passion aura sem&#233; quelques graines qui pourront fleurir t&#244;t ou tard. Une attitude, un regard, un enthousiasme plus qu'un message.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car de mes ann&#233;es d'universit&#233;, je retiens une citation que j'attribue, peut-&#234;tre &#224; tort, au grand p&#233;dagogue Philippe Meirieu : &#171; &lt;i&gt;On enseigne plus ce que l'on est que ce que l'on sait. &lt;/i&gt; &#187; Et encourager la g&#233;n&#233;ration montante &#224; se lancer dans une telle aventure constitue, &#224; mon avis, un vaste chantier, certes, mais aussi une noble entreprise. Oui, il faudra beaucoup d'enfants amoureux de culture pour bien r&#233;fl&#233;chir, bien parler et bien d&#233;cider face au Meilleur des mondes qui s'annonce. Mais la culture sauvera notre futur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : G&#233;rald McKenzie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Territoire, territoire, dis-moi qui je suis</title>
		<link>https://www.ababord.org/Territoire-territoire-dis-moi-qui</link>
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		<dc:date>2016-07-11T12:25:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Garon</dc:creator>


		<dc:subject>Litt&#233;rature</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>Garon, Philippe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s les lancements gasp&#233;siens de la revue &#192; B&#226;bord !, les &#171; forces vives &#187; se sont d&#233;cha&#238;n&#233;es, notamment avec la soir&#233;e Territoires organis&#233;e au Caf&#233; Acadien de Bonaventure, pour souligner la St-Jean 2016. Ci-bas, un texte de Philippe Garon, en guise de compte rendu du rassemblement. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans le prolongement de son solstice &lt;br class='autobr' /&gt;
un pouce nomm&#233; Gasp&#233;sie &lt;br class='autobr' /&gt;
vibre au rythme de cette f&#234;te &lt;br class='autobr' /&gt;
de toute notre main. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant que dehors &lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; l'or&#233;e de la marina &lt;br class='autobr' /&gt;
puis de sa for&#234;t de m&#226;ts &lt;br class='autobr' /&gt;
les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Litterature-+" rel="tag"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Garon-Philippe-+" rel="tag"&gt;Garon, Philippe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2220.jpg?1642092181' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;3264&#034; height=&#034;2448&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Peu apr&#232;s les lancements gasp&#233;siens de la revue &lt;i&gt;&#192; B&#226;bord !&lt;/i&gt;, les &#171; forces vives &#187; se sont d&#233;cha&#238;n&#233;es, notamment avec la soir&#233;e &lt;i&gt;Territoires&lt;/i&gt; organis&#233;e au Caf&#233; Acadien de Bonaventure, pour souligner la St-Jean 2016. Ci-bas, un texte de Philippe Garon, en guise de compte rendu du rassemblement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le prolongement de son solstice&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;un pouce nomm&#233; Gasp&#233;sie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;vibre au rythme de cette f&#234;te&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de toute notre main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que dehors&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#224; l'or&#233;e de la marina&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;puis de sa for&#234;t de m&#226;ts&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;les enfants se donnent &#224; leur territoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;en le courant, en le jouant, en le riant,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;en dedans, les adultes le disent, le boivent et le mangent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soleil prend le temps de finir sa journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'&#233;tire et baille d'amples &#233;clats de couleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;port&#233;s par le miroir liquide de la baie en chaleur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;miroir en mouvement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;dans ses pulsations d'une vie qui ondule en arp&#232;ges de varech&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;nettoie le bois des crues f&#233;roces&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et l&#232;che le sable piqu&#233; de zost&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;qui attend sans se presser&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;nos pas d'apprentis fl&#226;neurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;n&#233;sie de se retrouver&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;amis et connaissances&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;notre mijot&#233;e villageoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien sommes-nous dans les effluves de la cambuse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la bonne humeur bien align&#233;e dans les yeux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#224; trinquer &#224; la L&#233;onne et au L&#233;a&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;entre deux bouch&#233;es de maquereau fum&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quoi bon &#233;num&#233;rer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La joie ne se compte pas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;autrement que dans la vaisselle qui se brasse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;qu'en nous souvenant des lign&#233;es de nos appartenances&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;anciennes ou nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; d&#233;j&#224; longtemps qu'ici&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;les femmes sont belles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;les hommes, fiers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et se laissent apprivoiser sans se m&#233;fier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;par ce bout du monde crapuleur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;qui m&#233;lange les parfums de grand large, de sapin et d'&#233;glantier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pour mieux nous ensorceler&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;en se moquant de nous autres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;avec ses dents d'agates de touristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'on continue &#224; faire des b&#233;b&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;qui perp&#233;tuent eux-m&#234;mes des traditions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;comme celles d'essayer de faire flotter des roches sur la mer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ou d'apprendre leurs chiffres de un &#224; cent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;avant de chercher des camarades sacripants&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;dans la perp&#233;tuelle comp&#233;tition&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pour inventer la meilleure cachette de toute l'histoire de l'enfance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#231;a se passe dans un brouhaha de cr&#233;puscule&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;qu'aucun micro ne peut taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mots du traverseur de chemins&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#224; la voix grasse et rassasiante&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;trouvent quand m&#234;me le tour&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de se frayer une trajectoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;jusqu'&#224; nos tympans&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;avides de sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa sagesse pr&#233;pare la place&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;cr&#233;e de la place&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;en dedans de nous-m&#234;mes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;s&#232;me du profond&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;qui pourra germer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;quand le silence aura tir&#233; les couvertes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;jusqu'&#224; nos oreilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nos pieds entendent maintenant les chants de notre quotidien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l'heure de se lever en cadence ob&#233;it aux vibrations d'une contrebasse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;les &#233;clats de visages et les paumes m&#233;tronomes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;valent mieux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;que quelques feux d'artifice de d&#233;panneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de br&#251;ler de l'argent d&#233;cevant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;sers-moi donc un autre petit verre de rhubarbe en blanc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;dans les clameurs du bonheur social&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ouvre grandes les portes pour les poursuites de nos prog&#233;nitures en vacances&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;gratte les cordes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;raconte-moi ta vie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tes projets&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;du solide, du vrai&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;en autant que tu me donnes des raisons de penser&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;qu'on peut encore se gosser&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;un pr&#233;sent intelligent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le territoire souffre de tant de massacres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;saccages de son visage aux mille paysages&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et pourtant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;dans la roue des saisons&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;il se renouvelle inlassablement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pas tuable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son c&#339;ur de serpentine pompe dans ses veines souterraines, flatteuses de min&#233;raux, ou en affleurement de sa peau v&#233;g&#233;tale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la limpidit&#233; d'innombrables sources rigoleuses&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d&#233;boulements perp&#233;tuels de perles et de diamants liquides&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;sertis des suites ancestrales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de ces m&#234;mes salmonid&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;qui furent la nourriture&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;des premiers &#224; respirer ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le fond&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le territoire s'en sacre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de nos sparages d'agit&#233;s du bocal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de notre sempiternelle amn&#233;sie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de notre grand talent &#224; g&#226;cher le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Magnanime&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;miraculeux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d&#233;sinvolte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;il nous renouvelle sans cesse sa confiance&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;nous laisse une fois de plus&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;notre chance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment tuer la Gasp&#233;sie</title>
		<link>https://www.ababord.org/Comment-tuer-la-Gaspesie</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Garon</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Garon, Philippe</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dans le cadre de notre dossier Gasp&#233;sie, forces vives, nous publions un article in&#233;dit sur la question gasp&#233;sienne. &lt;br class='autobr' /&gt; Depuis quelques ann&#233;es, la haine que les gouvernements et une fraction de la population vouent &#224; la Gasp&#233;sie a pris des proportions impressionnantes. Cependant, malgr&#233; les paroles incendiaires d'une pl&#233;thore de d&#233;magogues et la multiplication des interventions visant &#224; nuire vigoureusement &#224; la r&#233;gion, force est de constater que les r&#233;sultats convaincants tardent &#224; se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le cadre de notre &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/La-Gaspesie-un-enjeu-collectif&#034;&gt;dossier &lt;i&gt;Gasp&#233;sie, forces vives&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, nous publions un article in&#233;dit sur la question gasp&#233;sienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, la haine que les gouvernements et une fraction de la population vouent &#224; la Gasp&#233;sie a pris des proportions impressionnantes. Cependant, malgr&#233; les paroles incendiaires d'une pl&#233;thore de d&#233;magogues et la multiplication des interventions visant &#224; nuire vigoureusement &#224; la r&#233;gion, force est de constater que les r&#233;sultats convaincants tardent &#224; se manifester. Comment vraiment d&#233;barrasser le Qu&#233;bec de cette nuisance ? Voici, en huit recommandations simples, des pistes de solutions &#224; mettre en &#339;uvre pour fermer la Gasp&#233;sie une bonne fois pour toutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1- Saccager la nature&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ce soit pour les paysages ou, dans un sens plus large, pour toutes les composantes de l'environnement gasp&#233;sien (for&#234;ts, eau, air, littoral, faune, etc.), il est tr&#232;s important de causer, individuellement et collectivement, le plus de dommages possible. Cela permettra de dissoudre d&#233;finitivement l'identit&#233; gasp&#233;sienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, les efforts de certains promoteurs industriels, comme Ciment McInnis ou P&#233;trolia, rendent possible l'atteinte de cet objectif d'une mani&#232;re tr&#232;s efficace. Surtout que le gaspillage de fonds publics qu'ils impliquent contribue admirablement &#224; ruiner le Qu&#233;bec dans son ensemble tout en facilitant sa d&#233;rive &#233;cologique. Mais on ne doit pas n&#233;gliger l'importance de nos gestes personnels. Comment faire notre part ? Acqu&#233;rir une motoneige, un quad, et s'en servir de la mani&#232;re la plus insouciante possible constituent des solutions int&#233;ressantes. Mais en laissant aller votre imagination, vous pouvez faire plus et mieux ! Il n'y a pas de limites aux comportements &#224; adopter pour participer &#224; la destruction de l'&#233;cosyst&#232;me gasp&#233;sien et, par le fait m&#234;me, de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2- Pr&#244;ner l'individualisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup trop de Gasp&#233;sien.ne.s entretiennent encore, souvent sans m&#234;me le savoir, des comportements et des valeurs h&#233;rit&#233;es du mode de vie de nos anc&#234;tres paysan.ne.s : entraide, solidarit&#233;, partage, coop&#233;ration. Plusieurs traditions ax&#233;es sur l'autonomie (jardinage, p&#234;che, cueillette, chasse, b&#251;chage du bois de chauffage) d&#233;montrent leur r&#233;sistance opini&#226;tre au mode de vie postmoderne, qui repose sur la d&#233;pendance. L'adoption de r&#232;glements appropri&#233;s faciliterait s&#251;rement la disparition de tels archa&#239;smes pour mater cette population encore un peu trop r&#233;tive au n&#233;olib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3- Entraver l'immigration&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les N&#233;ogasp&#233;sien.ne.s s'imposent comme les v&#233;ritables locomotives de cette r&#233;gion. Leurs bonnes id&#233;es lui permettent de se renouveler dans tous les domaines et, notamment, d'entreprendre une transition vers une &#233;conomie alternative qui menace l'ordre &#233;tabli. Il faut que &#231;a cesse ! Surtout que, comme ils ont pour la plupart poursuivi des &#233;tudes sup&#233;rieures et voyag&#233; un peu partout, ils poss&#232;dent un bagage qui risque d'influencer leurs concitoyens en les rendant plus curieux, cultiv&#233;s, en sant&#233; et donc, heureux. Le gouvernement doit intervenir drastiquement pour ralentir leurs ardeurs. Et si les Gasp&#233;sien.ne.s de souche faisaient preuve d'un peu moins d'hospitalit&#233; et d'un peu plus de x&#233;nophobie, le tour serait jou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4- Saboter l'&#233;ducation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fermer des &#233;coles ne suffit pas. Il est primordial d'&#233;viter de s'appuyer sur des donn&#233;es scientifiques pour inspirer les approches p&#233;dagogiques. Et il faut aussi &#233;liminer d&#233;finitivement l'enseignement des arts et de la philosophie. On ne pr&#233;pare pas les contribuables de demain en leur montrant &#224; jouer d'un instrument de musique et encore moins en d&#233;veloppant leur esprit critique. La r&#233;elle mission du syst&#232;me est de former de futurs travailleurs-consommateurs, ne l'oublions pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5- Taire les bons coups&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de nuire le plus possible aux cr&#233;ateurs, aux organismes, aux entrepreneurs et &#224; toutes les personnes qui travaillent de pr&#232;s ou de loin &#224; l'avancement de la Gasp&#233;sie, les journaux, la t&#233;l&#233;vision, la radio et Internet doivent continuer &#224; ne pas couvrir l'actualit&#233; r&#233;gionale et &#224; ne pas analyser ce qui s'y passe. Par exemple, pour le secteur culturel, on ne saurait accorder d'attention aux lancements de livres, aux disques, aux spectacles, aux expositions ou &#224; tout autre projet r&#233;alis&#233; en dehors de Montr&#233;al ou de Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la limite, s'il s'int&#233;ressent &#224; des nouvelles, des &#233;v&#233;nements ou des institutions d'ici, il leur faudrait toujours se limiter aux m&#234;mes, comme la TDLG, et en faire une surexposition, comme pour Exploramer. Mais dans tous les cas, la superficialit&#233; est de mise ; les m&#233;dias de masse ne sont pas l&#224; pour montrer le revers de la m&#233;daille. Seul le mod&#232;le industriel et ses m&#233;gaprojets, les trag&#233;dies et les alli&#233;.e.s du r&#233;gime doivent rayonner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6- Bouder les produits locaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, ne pas consommer les biens et services issus de la Gasp&#233;sie et ne pas vous rendre dans leurs commerces. Pour illustrer le tout, prenons l'exemple des auteurs et des librairies agr&#233;&#233;es de la r&#233;gion. Id&#233;alement, vous ne devriez pas lire du tout. Mais si vous tenez absolument &#224; acheter un bouquin, allez dans une pharmacie ou mieux, dans une grande surface en ville. Se rendre chez Archambault ou Renaud Bray constitue aussi une option int&#233;ressante, puisque vous n'aurez pratiquement acc&#232;s qu'&#224; des livres &#224; succ&#232;s, que les employ&#233;.e.s ne sauront pas vous guider en fonction de vos go&#251;ts et que vous enrichirez des crapules. Les boutiques en ligne peuvent aussi vous aider &#224; nuire aux &#233;crivain.e.s de la r&#233;gion si vous n'arrivez pas &#224; vous d&#233;partir de cette mauvaise habitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7- Maltraiter le fran&#231;ais&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ce soit &#224; l'oral ou &#224; l'&#233;crit, dans les contextes informels autant que dans des circonstances plus officielles, ceux et celles qui occupent le territoire doivent prendre bien soin d'ins&#233;rer un maximum d'anglicismes et de fautes d'orthographe dans leur discours. Bien que la d&#233;construction de la syntaxe pr&#233;sente un d&#233;fi suppl&#233;mentaire, on peut quand m&#234;me r&#233;ussir &#224; causer des dommages substantiels &#224; notre langue en s'inspirant de celle de Shakespeare. L'exemple de nos ami.e.s acadien.ne.s avec le chiac illustre bien comment faciliter l'&#233;rosion acc&#233;l&#233;r&#233;e du fran&#231;ais tout en revendiquant une certaine inventivit&#233; linguistique. Cependant, comme la m&#233;tropole poss&#232;de un net avantage concurrentiel sur nous quant &#224; l'&#233;radication du fran&#231;ais, l'abandon des r&#233;gionalismes pour les expressions &#224; la mode chez les citadin.e.s constitue une solution &#224; ne pas n&#233;gliger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;8- D&#233;nigrer la r&#233;flexion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux intellectuels, artistes, fonctionnaires et professionnels qualifi&#233;s s'int&#233;ressent aux divers ph&#233;nom&#232;nes qui compromettent l'&#233;panouissement de la population gasp&#233;sienne. Il est primordial de ne pas prendre connaissance de leurs &#233;tudes, opinions, recommandations et avis. De toute fa&#231;on, ces pelleteux de nuages s'expriment souvent dans un jargon incompr&#233;hensible et s'appuient sur des informations dont il est facile de ne pas tenir compte lorsque l'on sait faire preuve d'un minimum de mauvaise foi. Les dirigeant.e.s ont alors le champ libre pour supporter des initiatives grotesques, mais qui peuvent s'av&#233;rer tr&#232;s payantes sur le plan &#233;lectoraliste. N'oubliez jamais un principe de base en communication : le populisme et le gros bon sens peuvent &#233;clipser de mani&#232;re redoutable les arguments les plus probants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Philippe Garon est auteur et animateur d'ateliers de po&#233;sie. Codirig&#233; avec David Bourdages, l'essai collectif &lt;a href=&#034;http://www.lafabriqueculturelle.tv/capsules/5349/secession-et-si-la-gaspesie-devenait-un-pays-libre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;S&#233;cession&lt;/a&gt; est une r&#233;flexion libre et diversifi&#233;e sur l'avenir de la Gasp&#233;sie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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