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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Sous les poubelles, la merde</title>
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		<dc:date>2016-05-22T22:16:05Z</dc:date>
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		<dc:creator>Erving Gardenzio</dc:creator>


		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Moyen-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Gardenzio, Erving</dc:subject>

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&lt;p&gt;Depuis le 18 juillet au matin, le ramassage des poubelles n'est plus assur&#233; dans la majeure partie du Liban, faute de d&#233;charge pour les accueillir. Comme dans d'autres cas ces derni&#232;res ann&#233;es, ce rat&#233; de l'&#201;tat n'aura &#233;t&#233; que l'&#233;l&#233;ment d&#233;clencheur d'une importante mobilisation populaire pour d&#233;noncer, cette fois, l'opacit&#233; gouvernementale et l'incapacit&#233; des autorit&#233;s &#224; mettre en place des services publics dignes de ce nom. &lt;br class='autobr' /&gt; Pays du Proche-Orient complexe, faisant face &#224; des menaces (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-61-oct-nov-2015-" rel="directory"&gt;No 061 - oct. / nov. 2015&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Moyen-Orient-+" rel="tag"&gt;Moyen-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gardenzio-Erving-+" rel="tag"&gt;Gardenzio, Erving&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le 18 juillet au matin, le ramassage des poubelles n'est plus assur&#233; dans la majeure partie du Liban, faute de d&#233;charge pour les accueillir. Comme dans d'autres cas ces derni&#232;res ann&#233;es, ce rat&#233; de l'&#201;tat n'aura &#233;t&#233; que l'&#233;l&#233;ment d&#233;clencheur d'une importante mobilisation populaire pour d&#233;noncer, cette fois, l'opacit&#233; gouvernementale et l'incapacit&#233; des autorit&#233;s &#224; mettre en place des services publics dignes de ce nom.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pays du Proche-Orient complexe, faisant face &#224; des menaces importantes &#224; ses fronti&#232;res (Daesh et Isra&#235;l pour ne citer qu'eux), le Liban est r&#233;guli&#232;rement soumis &#224; d'importantes crises politiques, rapidement &#233;touff&#233;es par les castes dirigeantes au pouvoir depuis des d&#233;cennies. Sous couvert de stabilit&#233; &#224; conserver, secouant le spectre de la guerre civile, des hommes politiques v&#233;reux et chefs d'entreprise proches du pouvoir se partagent la quasi-totalit&#233; des mannes financi&#232;res libanaises. Si diriger des milices et g&#233;rer l'&#233;conomie sauvage d'un pays en conflit est faisable, il est &#233;vident que la gestion d'un &#201;tat de droit r&#233;clame quant &#224; elle plus que de l'opportunisme et un sens aigu du client&#233;lisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le pays vit aujourd'hui entre les coupures d'&#233;lectricit&#233; (trois &#224; quinze heures par jour), l'absence d'un r&#233;seau public de distribution d'eau pota&#173;ble, l'absence quasi totale de transport public et des services de t&#233;l&#233;communications contr&#244;l&#233;s par un duopole. Des conditions de vie qui pr&#233;carisent la population, mais qui sont tr&#232;s rentables pour les soci&#233;t&#233;s qui proposent eau potable et groupes &#233;lectrog&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Profitant du chaos qui suivit la guerre civile de 1975-1990, la soci&#233;t&#233; Sukleen, tr&#232;s proche du pouvoir, empocha en 1994 le contrat pour collecter et traiter les 1 700 tonnes de d&#233;chets que produisent quotidiennement Beyrouth et sa r&#233;gion ; rappelons que Sukleen poss&#233;dait alors un capital de 20 000 dollars et n'avait que quelques mois d'existence. Or, le matin du 18 juillet 2015, la mauvaise gestion de la soci&#233;t&#233; frappe un mur : la collecte des ordures ne peut plus &#234;tre assur&#233;e, faute de d&#233;charge pour les accueillir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un mouvement divis&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La grogne populaire se fait alors rapidement sentir ; elle est d'abord virtuelle et interpelle direc&#173;tement le gouvernement avec le mot-clic #YouStink (&#171; Vous puez &#187;). Les r&#233;seaux sociaux diffusent des photos de poubelles d&#233;bordantes et parfois en feu (une solution inad&#233;quate mais id&#233;ale pour baisser provisoirement leur volume), puis des d&#233;potoirs sauvages qui fleurissent dans des endroits recul&#233;s : rivi&#232;res et vall&#233;es par exemple. Le gouvernement entreprend en effet de d&#233;sen&#173;gorger Beyrouth en dispersant &#231;a et l&#224; les d&#233;tritus. Il utilise des camions-bennes dont le contenu est astucieusement recouvert par des gravats afin de d&#233;placer les immondices en toute tranquillit&#233;. Le subterfuge sera d&#233;voil&#233; par des cito&#173;yen&#183;ne&#183;s, qui diffusent des images encore une fois via le Web.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le week-end des 22-23 ao&#251;t, le m&#233;contentement sort de la bulle Internet pour aller frapper le bitume. Des rassemblements spontan&#233;s prennent place devant le Grand S&#233;rail, la place forte du pouvoir politique libanais. Les premi&#232;res centaines de personnes deviennent des milliers, la police interdit l'acc&#232;s aux &#233;difices en &#233;rigeant des barrages de fils barbel&#233;s et le ras-le-bol s'exprime &#224; coups de slogans, invitant les dirigeants du pays vers la sortie comme punition pour leur corruptibilit&#233;, qui ne conna&#238;t aucune limite, pas m&#234;me celle de l'olfaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, malgr&#233; son caract&#232;re fondamentalement populaire, le mouvement #YouStink est &#224; la peine pour int&#233;grer en son sein les revendications et fa&#231;ons de revendiquer de tous les Liba&#173;nais et Libanaises. Si les plus &#233;duqu&#233;s rivalisent de cr&#233;ativit&#233; pour fabriquer de belles pancartes et d'habiles jeux de mots (en anglais, c'est plus tendance et sur &lt;i&gt;Game of Thrones&lt;/i&gt;, c'est l'assurance d'un maximum de &#171; &lt;i&gt;like&lt;/i&gt; &#187; sur Facebook), certains n'y pr&#234;tent pas attention et expriment rage et d&#233;ses&#173;poir avec des bouteilles d'eau (potable) et des cailloux (Proche-Orient oblige) qu'ils envoient en direction des forces de l'ordre et des b&#226;timents publics. Face &#224; cette &#233;nergie brute, le mouvement #YouStink r&#233;agit en citoyen docile : il tourne le dos et explique que ces &#233;nergum&#232;nes ne sont pas avec eux &#8211; alors qu'ils font probablement partie des couches sociales qui souffrent le plus des man&#232;ges gouvernementaux. De la part d'une foule qui hurle &#171; &lt;i&gt;sawra, sawra, sawra&lt;/i&gt; &#187; (&#171; r&#233;volution &#187;), c'est un peu bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ses errements et ses positionnements parfois contestables, il reste que ce mouvement est un fait nouveau au Liban. Dans un pays g&#233;n&#233;&#173;reux en d&#233;monstrations publiques, il est rarissime que la rue soit prise sans l'impulsion d'un parti politique et/ou d'un mouvement religieux (les deux &#233;tant ici m&#234;l&#233;s, le Liban est g&#233;r&#233; par un syst&#232;me politique confessionnel). Au moment d'&#233;crire ces lignes, d&#233;but septembre, le gouvernement ne plie pas et les partis politiques tentent de minorer ou d'exploiter l'&#233;nervement citoyen. Malgr&#233; cela, il ne semble pas s'essouffler et la brutalit&#233; polici&#232;re qui accompagne quotidiennement les manifestations continue de galvaniser la ferveur libanaise. Quelle que soit l'issue de cette crise des d&#233;chets, il est certain que la plupart des Libanaises et Libanais sont aujourd'hui convaincus que sous leurs poubelles, il y a bel et bien de la merde et que cette derni&#232;re les dirige depuis trop longtemps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Hassan Ammar&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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