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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Le financement &#233;lectoral am&#233;ricain, ou le triomphe de l'argent</title>
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		<dc:date>2016-05-27T02:34:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Gauthier Mongeon</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Etats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Gauthier Mongeon, Julien</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les primaires am&#233;ricaines s'ach&#232;vent dans quelques semaines. Une fois que les conventions nationales d&#233;mocrates et r&#233;publicaines auront confirm&#233; la ou le candidat retenu, en juillet, la campagne pr&#233;sidentielle pourra alors v&#233;ritablement commencer, en vue de l'&#233;lection le 8 novembre prochain. &lt;br class='autobr' /&gt; Or, on ne peut &#233;voquer la pr&#233;sente campagne am&#233;ricaine et celles pass&#233;es sans parler du syst&#232;me de financement &#233;lectoral. D'une campagne &#224; l'autre, on assiste &#224; un retrait progressif des contributions (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-64-avril-mai-2016-" rel="directory"&gt;No 064 - avril / mai 2016&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Etats-Unis-+" rel="tag"&gt;Etats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gauthier-Mongeon-Julien-+" rel="tag"&gt;Gauthier Mongeon, Julien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2181.jpg?1642092177' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;646&#034; height=&#034;433&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les primaires am&#233;ricaines s'ach&#232;vent dans quelques semaines. Une fois que les conventions nationales d&#233;mocrates et r&#233;publicaines auront confirm&#233; la ou le candidat retenu, en juillet, la campagne pr&#233;sidentielle pourra alors v&#233;ritablement commencer, en vue de l'&#233;lection le 8 novembre prochain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Or, on ne peut &#233;voquer la pr&#233;sente campagne am&#233;ricaine et celles pass&#233;es sans parler du syst&#232;me de financement &#233;lectoral. D'une campagne &#224; l'autre, on assiste &#224; un retrait progressif des contributions f&#233;d&#233;rales dans un contexte o&#249; les lois encadrant le financement &#233;lectoral se rel&#226;chent. La question qui se pose coule alors de source : si l'argent servant au financement des campagnes &#233;lectorales provient d'int&#233;r&#234;ts priv&#233;s, comment s'assurer que les candidat&#183;e&#183;s &#224; la haute fonction pr&#233;sidentielle rencontrent l'int&#233;r&#234;t public ? Un philosophe allemand, J&#252;rgen Habermas, a d&#233;velopp&#233; un concept maintenant tr&#232;s connu pour discuter l'importance grandissante de l'argent dans un monde o&#249; la politique est devenue affaire de professionnels, et de pognon. Il s'agit du concept de colonisation du monde v&#233;cu, qui s'&#233;claire &#224; la lumi&#232;re de la pr&#233;sente campagne am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour Habermas, le monde v&#233;cu d&#233;signe le contexte social dans lequel les acteurs puisent un ensemble de significations commun&#233;ment partag&#233;es. C'est comme espace &#171; &lt;i&gt;d'intercompr&#233;hension&lt;/i&gt; &#187; o&#249; la formation du consensus s'appuie &#171; &lt;i&gt;sur l'autorit&#233; du meilleur argument&lt;/i&gt; &#187; (TAC, p.159) que le monde v&#233;cu constitue l'arri&#232;re-fond moral d'une soci&#233;t&#233;. Il s'agit de s'entendre tous ensemble sur la meilleure conduite &#224; adopter face &#224; des enjeux qui engagent moralement l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. &#192; cette exigence morale d'entente commune s'oppose l'imp&#233;ratif du syst&#232;me qui vise l'efficacit&#233;, parfois au d&#233;triment du bien commun, et dont les deux composantes essentielles sont le march&#233; &#233;conomique et l'administration. Tandis que l'argent sert de m&#233;diation pour permettre la r&#233;gulation du march&#233;, c'est par le pouvoir que l'administration s'organise en tant qu'instrument mis au service de l'efficacit&#233; technique. En r&#233;duisant la d&#233;mocratie aux r&#232;gles de fonctionnement prescrites par le march&#233;, le syst&#232;me &#233;lectoral am&#233;ricain encourage le financement de la part de riches donateurs priv&#233;s. Un personnage comme Donald Trump, qui se targue de financer lui-m&#234;me sa campagne &#233;lectorale, fut dans le pass&#233; un important donateur pour le Parti d&#233;mocrate. Son influence comme lobbyiste ne l'a pas emp&#234;ch&#233; de faire le saut en politique, ce qui montre l'importance de l'argent dans le destin d'une carri&#232;re politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est dans un contexte d'effritement du financement public que les campagnes &#233;lectorales deviennent l'instrument du march&#233; qui impose &#224; la d&#233;mocratie am&#233;ricaine ses propres r&#232;gles. Habermas y verrait une colonisation du monde v&#233;cu par le syst&#232;me financier ou un d&#233;s&#233;quilibre entre l'univers culturel bas&#233; sur la coop&#233;ration entre les acteurs et le monde impersonnel de l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Syst&#232;me et monde v&#233;cu&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;	Il existe un &#233;quilibre entre la raison instrumentale &#8211; o&#249; se fait jour la n&#233;cessit&#233; d'organiser de mani&#232;re efficace &#171; &lt;i&gt;tous les aspects de la vie sociale&lt;/i&gt; &#187;, de la production &#224; la division du travail &#8211; et la raison morale. Si cette derni&#232;re vise essentiellement &#224; d&#233;battre des valeurs &#224; partir desquelles les rapports sociaux s'organisent, la raison instrumentale repose sur l'objectif impersonnel d'optimiser l'efficacit&#233; du syst&#232;me. Si toute soci&#233;t&#233; comporte l'imp&#233;ratif d'organiser au mieux les conditions mat&#233;rielles d'existence, c'est-&#224;-dire d'anticiper les effets d'une action et de g&#233;rer de mani&#232;re efficace ses cons&#233;quences, il faut un espace o&#249; puissent s'exprimer librement les acteurs en soci&#233;t&#233;. Autrement dit, il faut pouvoir discuter des valeurs morales que nous souhaitons adopter sans &#234;tre instrumentalis&#233;s par les r&#232;gles impersonnelles qu'on retrouve du c&#244;t&#233; du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_133 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH283/money-b926f.jpg?1729017339' width='500' height='283' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;	Habermas voit dans la soci&#233;t&#233; contemporaine un travestissement du projet initial de la modernit&#233;, o&#249; on passe du pouvoir par le peuple &#224; une prise en charge des affaires politiques par le pouvoir des &#233;lites. La raison instrumentale prend une importance d&#233;mesur&#233;e par rapport aux enjeux &#233;thiques qui engagent l'avenir de l'humanit&#233;. C'est dans ce contexte qu'Habermas parle d'une professionnalisation de la politique o&#249; la n&#233;cessit&#233; de gagner une &#233;lection prend le pas sur les enjeux &#233;thiques qui devraient &#234;tre ce qui guide l'action des &#233;lu&#183;e&#183;s. Dans le contexte &#233;lectoral am&#233;ricain, le pouvoir impersonnel de l'argent sert &#224; accro&#238;tre la visibilit&#233; des candidat&#183;e&#183;s gr&#226;ce &#224; une efficacit&#233; technique qui consiste &#224; bombarder l'opinion de slogans sans v&#233;ritable contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le financement des campagnes &#233;lectorales par des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s s'inscrit dans cette course &#224; la rentabilit&#233; o&#249; les candidat&#183;e&#183;s doivent &#233;ventuellement rendre des comptes &#224; ceux et celles qui ont contribu&#233; &#224; leur succ&#232;s &#233;lectoral. C'est ainsi que les riches banquiers de Wall Street, dont ceux de Goldman Sachs, financent &#224; coups de plusieurs millions les candidat&#183;e&#183;s d&#233;mocrates et r&#233;publicains qui se pr&#233;sentent lors des primaires. On constate d'ailleurs, depuis les derni&#232;res &#233;lections, une diminution croissante des contributions publiques dans le financement des campagnes &#233;lectorales am&#233;ricaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habermas y verrait un exemple &#233;difiant du d&#233;s&#233;quilibre entre la raison instrumentale du monde de l'argent, froid et impersonnel, et la communaut&#233; comme lieu d'&#233;changes bas&#233;s sur la coop&#233;ration des acteurs sociaux. La logique du syst&#232;me &lt;i&gt;colonise&lt;/i&gt; le monde v&#233;cu des individus &#224; qui l'on prive le droit d'&#234;tre r&#233;ellement ma&#238;tre de leur destin&#233;e future. Dans une campagne &#233;lectorale, la possibilit&#233; de remporter une &#233;lection d&#233;pend largement des fonds mis &#224; la disposition des candidat&#183;e&#183;s. Se pr&#233;senter aux &#233;lections devient une activit&#233; professionnelle o&#249; l'importance de solliciter des fonds de la part de particuliers participe du d&#233;s&#233;quilibre entre le monde impersonnel de l'argent et le monde v&#233;cu.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les diff&#233;rents organes de financement aujourd'hui&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;	Si l'aide publique existe bel et bien pour financer les campagnes am&#233;ricaines, elle ne repr&#233;sente que le quart du financement que re&#231;oivent les candidat&#183;e&#183;s des deux principaux partis. En effet, la part du financement publique ne cesse de d&#233;cro&#238;tre depuis les &#233;lections de 2008, date &#224; laquelle le futur pr&#233;sident am&#233;ricain, Barack Obama, avait refus&#233; les fonds publics pour subventionner sa campagne &#233;lectorale. Ce pr&#233;c&#233;dent marque un tournant dans la mani&#232;re dont s'effectue le financement des candidat&#183;e&#183;s, bien que la diminution des contributions publiques s'inscrive dans la suite de ce qui fut entam&#233; dans les derni&#232;res d&#233;cennies. Habermas y verrait une confirmation de sa th&#232;se selon laquelle l'argent dicte aux d&#233;cideurs et d&#233;cideuses le meilleur choix politique, au lieu que le sort politique r&#233;sulte d'une d&#233;lib&#233;ration commune. Vouloir r&#233;glementer le financement &#233;lectoral r&#233;pond &#224; l'exigence de pr&#233;server l'autonomie de la sph&#232;re publique. Or, mettre l'argent au service d'une fin utilitaire, &#224; savoir la n&#233;cessit&#233; d'&#234;tre &#233;lu, empi&#232;te sur le d&#233;bat moral qui constitue la pierre angulaire d'une saine d&#233;mocratie. Le monde v&#233;cu tombe sous l'emprise du syst&#232;me mon&#233;taire qui dicte seul les r&#232;gles du jeu &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Avant 1971, plusieurs lois l&#233;gif&#233;raient sur certains types de contributions &#224; d&#233;faut d'encadrer le financement global des partis politiques. Ce n'est qu'apr&#232;s cette date que l'on adopte des mesures servant &#224; limiter le montant des contributions venant des partis, des donateurs priv&#233;s, ainsi que l'argent qu'un&#183;e candidat&#183;e peut d&#233;penser pour financer sa propre campagne &#233;lectorale. Au lendemain du scandale du Watergate impliquant le pr&#233;sident Nixon, on assiste &#224; plusieurs mesures visant &#224; mieux encadrer les pratiques &#233;lectorales des diff&#233;rents partis. L'une d'entre elles est bien connue. Il s'agit du &lt;i&gt;Federals Election and Campaigns Act&lt;/i&gt; (FECA) qui donnera naissance aux principaux organes de financement public qu'on retrouve actuellement aux &#201;tats-Unis. Cr&#233;&#233; en 1971, le FECA conna&#238;t plusieurs amendements afin de resserrer la l&#233;gislation entourant le financement &#233;lectoral, celui de 1974 &#233;tant le premier en date, et non le dernier. C'est dans la foul&#233;e de ce premier amendement qu'est cr&#233;&#233;e la Commission &#233;lectorale f&#233;d&#233;rale (FEC). Cette derni&#232;re vise &#224; clarifier ainsi qu'&#224; renforcer les lois entourant le financement des campagnes &#233;lectorales, les diff&#233;rent&#183;e&#183;s candidat&#183;e&#183;s ayant l'obligation de pr&#233;senter le montant de leurs d&#233;penses &#233;lectorales en plus de pr&#233;senter leurs sources de revenus.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_132 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH418/bd-1a626.png?1729017339' width='500' height='418' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;ponse &#224; cette r&#233;glementation, on assiste aussi &#224; la cr&#233;ation d'organisations parall&#232;les auxquelles contribuent de riches donateurs afin de financer les campagnes publicitaires des diff&#233;rent&#183;e&#183;s candidat&#183;e&#183;s. C'est le cas des groupes 527 qui ont connu un d&#233;veloppement consid&#233;rable depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les groupes 527 tiennent leur nom du code des imp&#244;ts am&#233;ricains. Ce sont des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est ainsi qu'&lt;i&gt;America together&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Media fund&lt;/i&gt;, les deux plus grandes organisations des groupes 527, ont r&#233;ussi &#224; collecter 100 millions de dollars pour les d&#233;mocrates lors de la campagne &#233;lectorale de 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les groupes 527 utilisent le &lt;i&gt;soft money&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire l'argent qui ne tombe pas sous le coup des lois &#233;lectorales, pour recueillir des fonds afin de financer la campagne d'un&#183;e candidat&#183;e. L'argent f&#233;d&#233;ral donn&#233; directement aux candidat&#183;e&#183;s d&#233;signe pour sa part le &lt;i&gt;hard money&lt;/i&gt;, dont la limite est fix&#233;e par les lois sur le financement &#233;lectoral. Plusieurs comit&#233;s 527 ont essaim&#233; depuis 2002 apr&#232;s la promulgation du Bipartisan Campaign Reform Act (BCRA), dernier amendement en date qui s'inscrit dans la suite de Federal Electoral Campaign Act de 1971. De 1992 &#224; 2000, la part des contributions provenant du &lt;i&gt;soft money&lt;/i&gt; est pass&#233;e de 86 millions &#224; 292 millions de dollars, ce qui indique un d&#233;s&#233;quilibre croissant entre le financement f&#233;d&#233;ral et l'argent venant de donateurs priv&#233;s. Si le BCRA visait &#224; restituer le mandat initial du FECA en r&#233;tablissant la balance entre le &lt;i&gt;soft money&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;hard money&lt;/i&gt;, on assiste &#224; une d&#233;r&#233;glementation &#233;lectorale o&#249; priment d&#233;sormais les lois de la finance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est d'ailleurs en 2010, avec l'arr&#234;t United citizen vs Federal Election Comission prononc&#233; par la Cour supr&#234;me, que la limitation des contributions provenant d'entreprises priv&#233;es a &#233;t&#233; jug&#233;e inconstitutionnel. C'est au nom du premier amendement de la Constitution d&#233;fendant la libert&#233; d'expression que l'arr&#234;t a &#233;t&#233; adopt&#233; &#224; 5 voix contre 4, augmentant ainsi de mani&#232;re consid&#233;rable l'influence des contributions priv&#233;es sur la vie &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Gagner les &#233;lections, &#224; tout prix&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;	La campagne am&#233;ricaine montre combien la politique est devenue affaire d'experts o&#249; la capacit&#233; &#224; remporter une &#233;lection d&#233;pend largement des ressources financi&#232;res dont disposent les candidat&#183;e&#183;s. Cela rel&#232;gue la politique du c&#244;t&#233; des cons&#233;quences d'une action dans un contexte o&#249; l'objectif est avant tout de remporter des &#233;lections. L'argent impose sa logique aux rapports sociaux en privant les acteurs d'un r&#233;el levier d'action pour influencer le monde dans lequel ils et elles vivent. C'est au moment o&#249; &#171; &lt;i&gt;les imp&#233;ratifs des sous-syst&#232;mes (l'argent et le pouvoir) devenus autonomes affluent de l'ext&#233;rieur dans le monde v&#233;cu&lt;/i&gt; &#187; (TAC, p.391) que l'un en vient &#224; instrumentaliser l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en r&#233;sulte des effets pathologiques sur la vie r&#233;elle et un sentiment d'impuissance que canalisent les discours populistes. La popularit&#233; dont b&#233;n&#233;ficie Donald Trump, personnage haut en couleur, serait peut-&#234;tre le sympt&#244;me le plus criant de ce d&#233;ficit d&#233;mocratique qui menace l'avenir de l'Am&#233;rique. La popularit&#233; de Bernie Sanders, notamment chez les jeunes, repr&#233;sente sans doute le cri du c&#339;ur d'une g&#233;n&#233;ration qui cherche &#224; &#233;chapper aux dictats du monde de la finance mais dont les &#233;chos peinent &#224; se faire entendre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les groupes 527 tiennent leur nom du code des imp&#244;ts am&#233;ricains. Ce sont des organisations qui contribuent, par leur r&#233;seau d'influence, &#224; ternir la r&#233;putation d'un adversaire politique ou encore &#224; faciliter l'&#233;lection d'un candidat &#224; la fonction publique. Elles ont donc une fonction partisane, car m&#234;me si elles ne sont pas autoris&#233;es &#224; militer directement pour un candidat, elles peuvent endosser une cause politique. Le financement des partis et des candidats peut donc s'effectuer sous couvert de contributions destin&#233;es &#224; des causes politiques au sens large.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ouvrages cit&#233;s :&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; J&#252;rgen Habermas, &lt;i&gt;Th&#233;orie de l'agir communicationnel&lt;/i&gt;, tome 2, Paris, Fayard, 1987.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; J&#252;rgen Habermas, &lt;i&gt;L'&#233;thique de la discussion&lt;/i&gt;, J&#252;rgen Habermas, Les &#233;ditions du Cerf, Paris, 1992.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cr&#233;dits photos :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wolfram Huke&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;David McNew / Reuters&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Matt Wuerker&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Le peuple grec, cette figure absente</title>
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		<dc:date>2016-05-22T22:10:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Gauthier Mongeon</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Gauthier Mongeon, Julien</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dans l'une des pires crises qu'a connues la Gr&#232;ce dans son histoire r&#233;cente, le peuple tient le r&#244;le de simple figurant. Dans Le Monde, le philosophe allemand J&#252;rgen Habermas s'indignait il y a peu de cette exclusion du peuple d'un drame o&#249; se joue pourtant son avenir : &#171; Ce sont les citoyens, pas les banquiers, nous dit le philosophe, qui doivent avoir le dernier mot sur les questions touchant au destin europ&#233;en. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; Le gouvernement grec a finalement pli&#233; l'&#233;chine devant les exigences du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gauthier-Mongeon-Julien-+" rel="tag"&gt;Gauthier Mongeon, Julien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans l'une des pires crises qu'a connues la Gr&#232;ce dans son histoire r&#233;cente, le peuple tient le r&#244;le de simple figurant. Dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, le philosophe allemand J&#252;rgen Habermas s'indignait il y a peu de cette exclusion du peuple d'un drame o&#249; se joue pourtant son avenir : &#171; &lt;i&gt;Ce sont les citoyens, pas les banquiers,&lt;/i&gt; nous dit le philosophe, &lt;i&gt;qui doivent avoir le dernier mot sur les questions touchant au destin europ&#233;en.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement grec a finalement pli&#233; l'&#233;chine devant les exigences du Fonds mon&#233;taire international (FMI) et le plan de sauvetage propos&#233; au peuple hell&#233;nique. On n'a pas demand&#233; &#224; ce dernier son avis, ni m&#234;me l'a-t-on mentionn&#233; dans le d&#233;bat entourant son avenir ; tout juste a-t-on concoct&#233; un r&#233;f&#233;rendum pour conna&#238;tre sa position &#224; propos du plan de sauvetage &#171; propos&#233; &#187; par les diff&#233;rents acteurs de la zone euro : le Fonds europ&#233;en de stabilit&#233; finan&#173;ci&#232;re, le FMI, la Banque centrale europ&#233;enne, la France et l'Allemagne, pour ne mentionner que les plus importants.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un r&#233;f&#233;rendum de papier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On se rappellera en effet que le premier ministre grec Alexis Ts&#237;pras avait pris la d&#233;cision, en juillet dernier, de soumettre &#224; un r&#233;f&#233;rendum le plan de sauvetage d&#233;cid&#233; par le concert europ&#233;en. Il s'agissait de laisser au peuple l'initiative d'accepter, ou non, le plan de sauvetage consistant &#224; imposer des mesures d'aust&#233;rit&#233; devant permettre &#224; la Gr&#232;ce d'honorer ses dettes vis-&#224;-vis de ses cr&#233;anciers, les banques et les pays donateurs. Ces mesures consistaient, en gros, &#224; une r&#233;duction de 900 millions d'euros dans les d&#233;penses &#224; l'aide socia&#173;le, &#224; une limitation de l'&#226;ge des pr&#233;retraites et leur gel jusqu'en 2021, &#224; une r&#233;duction drastique des salaires dans la fonction publique, etc. Tout cela, sachant que les tentatives pass&#233;es avaient abouti &#224; des &#233;checs cuisants, les plans d'aust&#233;rit&#233;, corollaires des plans d'aide, ayant fait chuter le PIB de la Gr&#232;ce de 25 % depuis 2009 et provoqu&#233; des vagues de r&#233;cession r&#233;currentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'&#233;tant sold&#233; par un puissant non recueillant 61 % des voix, le r&#233;f&#233;rendum du 5 juillet n'a eu pour cons&#233;quence qu'un renforcement du plan d'aust&#233;rit&#233; pr&#233;alablement con&#231;u par les acteurs de la zone euro. Le semblant d'autonomie politique dont on a nimb&#233; le peuple &#224; l'occasion de cette consultation s'est transform&#233; en n&#233;gation pure et simple de celle-ci. Avec les &#233;lections de septembre dernier, le premier ministre grec a rejou&#233; la carte du suffrage. Mais a-t-on laiss&#233; aux Grecs&#183;ques une v&#233;ritable possibilit&#233; de choisir ? La d&#233;mocratie des urnes ne risque gu&#232;re d'influencer les d&#233;cisions prises par les plus hauts acteurs de la finance. Ces derniers sont les auteurs d'un sc&#233;nario dont l'issue est ind&#233;pendante de ce que d&#233;sire le peuple, ce spectateur qu'on souhaite muet devant le drame o&#249; se joue son avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui peut appara&#238;tre comme un paradoxe est en fait le r&#233;sultat d'une logique impitoyable qui nie l'existence du peuple au nom d'imp&#233;ratifs r&#233;pon&#173;dant &#224; l'urgence d'une situation ayant pour seule issue le sacrifice du plus grand nombre. C'est pourtant la population grecque, et nulle autre, qui p&#226;tit des mesures d'aust&#233;rit&#233; qu'on lui impose comme une n&#233;cessit&#233; vitale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une d&#233;mocratie en d&#233;ficit&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Or, les leviers d'action permettant au peuple de r&#233;pondre &#224; la crise sont &#233;cart&#233;s au profit d'un m&#233;ca&#173;nisme de r&#233;gulation de la dette : les programmes d'ajustement structurel, qui s'inspirent de mesures impos&#233;es aux pays du tiers-monde dans les ann&#233;es 1980. De telles mesures ne tiennent pas compte de la r&#233;alit&#233; concr&#232;te et des souffrances v&#233;cues par les popu&#173;lations qui les subissent. Celles-ci deviennent alors des r&#233;alit&#233;s anonymes, impersonnelles, devant r&#233;pondre aux imp&#233;ratifs d'une logique imposant par la force des mesures auxquelles toutes et tous sont tenus d'ob&#233;ir froidement. L'enjeu est crucial et il en va de la survie du monde tel que nous le connaissons, n&#233;cessitant l'abdication de la libert&#233; du peuple au nom d'un ordre soi-disant naturel o&#249; la souffrance devient un mal n&#233;cessaire. Un constat s'impose avec force : cette crise met en &#233;vidence l'emprise qu'exerce le pouvoir d&#233;sincarn&#233; du syst&#232;me finan&#173;cier sur la vie politique des gens, d'o&#249; le d&#233;ficit non seulement financier, mais d&#233;mocratique, qui affecte aujourd'hui particuli&#232;rement les populations d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du r&#233;f&#233;rendum de juillet et des &#233;lections de septembre dernier, on a donn&#233; au peuple grec l'illusion du choix. On a feint d'honorer sa pr&#233;sence sachant que l'issue &#233;tait d&#233;j&#224; trac&#233;e d'avance. Il n'est pas exag&#233;r&#233; de parler d'une liber&#173;t&#233; sans paroles, car le peuple semble bien &#234;tre ce grand absent du d&#233;bat qui le concerne intimement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : criptome.org&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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