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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Gr&#232;ce. Syriza &#224; l'heure des choix</title>
		<link>https://www.ababord.org/Grece-Syriza-a-l-heure-des-choix</link>
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		<dc:date>2016-02-28T16:35:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Stathis Kouvelakis, Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Kouvelakis, Stathis</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La victoire de Syriza en Gr&#232;ce a suscit&#233; beaucoup d'espoir : pour la premi&#232;re fois, en Europe, on &#233;lisait un gouvernement nettement oppos&#233; aux politiques d'aust&#233;rit&#233;. Mais les premi&#232;res semaines au pouvoir ont montr&#233; &#224; quel point le parti fait face &#224; une opposition impitoyable des institutions europ&#233;ennes. Nous avons demand&#233; &#224; Stathis Kouvelakis, professeur au King's College de Londres et membre du comit&#233; central de Syriza, de faire &#171; le point sur la situation. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; b&#226;bord ! : Quel est le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-59-Avril-mai-2015-" rel="directory"&gt;No 059 - avril / mai 2015&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Kouvelakis-Stathis-+" rel="tag"&gt;Kouvelakis, Stathis&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2111.png?1642092173' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;272&#034; height=&#034;149&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La victoire de Syriza en Gr&#232;ce a suscit&#233; beaucoup d'espoir : pour la premi&#232;re fois, en Europe, on &#233;lisait un gouvernement nettement oppos&#233; aux politiques d'aust&#233;rit&#233;. Mais les premi&#232;res semaines au pouvoir ont montr&#233; &#224; quel point le parti fait face &#224; une opposition impitoyable des institutions europ&#233;ennes. Nous avons demand&#233; &#224; Stathis Kouvelakis, professeur au King's College de Londres et membre du comit&#233; central de Syriza, de faire &#171; le point sur la situation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; : Quel est le climat politique en Gr&#232;ce depuis l'&#233;lection de Syriza ?&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Stathis Kouvelakis&lt;/strong&gt; : Nous sommes tr&#232;s inquiets parce que l'&#201;tat grec est au bord de la faillite. L'&#233;conomie tourne au ralenti, le pays est &#224; court de liquidit&#233;. La Banque centrale euro&#173;p&#233;enne (BCE) n'a toujours pas ouvert le robinet de liquidit&#233; qu'elle a ferm&#233; le 4 f&#233;vrier dernier. Les banques ne peuvent se refinancer, &#224; dose hom&#233;opathique, que par un guichet pr&#233;vu uniquement pour les cas d'urgence, qui s'appelle ELA. Pour cela, il faut obtenir une autorisation de la BCE, renouvelable tous les 15 jours, ce qui &#233;quivaut &#224; une sorte de supplice de la goutte. Les banques grecques sont &#233;trangl&#233;es et l'activit&#233; des entreprises, d&#233;j&#224; tr&#232;s affai&#173;blies, en souffre, ce qui a des cons&#233;quences directes sur les rentr&#233;es fiscales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des particuliers, personne ne paie les imp&#244;ts dus parce que tout le monde attend les nouveaux r&#232;glements, plus favorables aux petits et aux moyens contribuables, que le gouvernement est en train de faire passer. Mais ces me&#171; sures favorables se heurtent au &lt;i&gt;veto&lt;/i&gt; de la Tro&#239;ka nouvelle mani&#232;re (qui s'appelle maintenant les &#171; Institutions &#187; europ&#233;ennes), car ce sont des mesures qui ont un co&#251;t fiscal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau gouvernement s'est engag&#233; &#224; rompre avec la politique de surtaxation visant &#224; d&#233;gager des exc&#233;dents budg&#233;taires, qui a &#233;t&#233; mise en place par les pr&#233;c&#233;dents gouvernements et qui fait partie des dispositions inscrites dans les m&#233;morandums. Or, l'int&#233;gralit&#233; de ces exc&#233;dents budg&#233;taires ainsi que les revenus des privatisations sont destin&#233;s exclusivement au remboursement de la dette, et &#224; rien d'autre ! &#192; l'heure actuelle, l'&#201;tat a du mal &#224; assurer &#224; la fois ces remboursements et les salaires, les retraites, et tout ce que l'&#201;tat doit payer. On assiste donc &#224; une strangulation de Syriza, ce qui peut mener &#224; une faillite d&#233;sordonn&#233;e et non voulue, donc au chaos, possiblement &#224; la chute m&#234;me du gouvernement. Les cr&#233;anciers de la Gr&#232;ce sont absolument intraitables&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Les n&#233;gociations avec les institutions europ&#233;ennes n'ont donc pas du tout port&#233; fruit ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. K.&lt;/strong&gt; : Effectivement, ceux qui pensaient que les concessions d&#233;j&#224; tr&#232;s graves faites par Syriza allaient conduire &#224; quelques mois de r&#233;pit en sont pour leurs frais. Ce &#224; quoi on assiste, c'est &#224; une pression continue et &#224; un resserrement du garrot autour du gouvernement dans le but &#233;vident de le faire plier et de se d&#233;barrasser de lui le plus rapidement possible. C'est un sc&#233;nario d'affrontement, on a m&#234;me parl&#233; de &#171; coup d'&#201;tat &lt;i&gt;soft&lt;/i&gt; europ&#233;en &#187;, comme au Chili, &#224; l'&#233;poque d'Allende, mais sans les chars d'assaut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; : Ces difficult&#233;s ne risquent-elles pas de mener vers une sortie de l'euro ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. K. &lt;/strong&gt; : La sortie de l'euro fait l'objet d'un important d&#233;bat interne au sein de Syriza. L'aile gauche a exprim&#233; son opposition &#224; l'accord conclu le 20 f&#233;vrier avec l'Eurogroupe et avec la liste des &#171; r&#233;formes &#187; que [le ministre des Finances Y&#225;nis] Varouf&#225;kis a envoy&#233;e &#224; ses homologues europ&#233;ens. Elle voudrait qu'en juin, lors des n&#233;gociations &#224; venir, ces d&#233;boires ne se r&#233;p&#232;tent pas. La plateforme de gauche de Syriza met de l'avant une approche alternative qui propose des outils et des armes pour la n&#233;gociation qui vont du contr&#244;le des capitaux jusqu'&#224; des sources de liquidit&#233; alternatives, y compris une rupture possible avec la zone euro, qui pourrait servir, du moins, de menace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : La Gr&#232;ce est prise avec un double probl&#232;me : celui de la rigidit&#233; des institutions europ&#233;ennes d'une part, et celui de la crainte d'un effet d'entra&#238;&#173;nement d'autre part, devant le danger pour ces institutions que d'autres pays suivent l'exemple de Syriza. Est-ce bien le cas ?&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. K.&lt;/strong&gt; : Oui. Il est &#233;vident qu'en faisant plier Syrisa, on donne un avertissement &#224; toutes les forces qui contestent l'aust&#233;rit&#233; en Europe : voil&#224; ce qui vous attend si vous arrivez au pouvoir et si vous essayez de rompre avec les dogmes de l'aust&#233;rit&#233; et du n&#233;olib&#233;ralisme. Ce qui vous attend, c'est le sort des Grecs&#8230; Par ailleurs, Syriza avait un mandat de rompre avec l'aust&#233;rit&#233;, et cela au sein m&#234;me de la zone euro. Ma lecture des &#233;v&#233;nements, qui n'est pas seulement la mienne, c'est que ce choix est contradictoire. On ne peut pas rompre avec l'aust&#233;rit&#233; &#224; l'int&#233;rieur de la zone euro. La BCE a une arme redoutable dont elle s'est imm&#233;diatement servie avec la Gr&#232;ce pour imposer son chantage, comme elle l'avait fait pour Chypre au printemps 2013 et en Irlande en 2010. Dans ce dernier pays, le gouvernement &#8211; de droite &#8211; voulait r&#233;gler son probl&#232;me de faillite bancaire sur le mod&#232;le de l'Islande qui, devant une crise d'endettement, a refus&#233; de plier devant ses cr&#233;anciers. La BCE est intervenue en mena&#231;ant de couper les liquidit&#233;s pour obliger le gouvernement &#224; accepter un m&#233;morandum, avec le paquet de mesures d'aust&#233;rit&#233; qui vont avec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit que ces institutions existent pour d&#233;fendre &#224; tout prix les politiques n&#233;olib&#233;rales. La BCE s'arroge des pouvoirs qui sont des pouvoirs souverains. Elle fait la loi et elle l'applique. La nature fonci&#232;rement antid&#233;mocratique des institutions europ&#233;ennes &#233;clate maintenant au grand jour. On fait tout pour emp&#234;cher un gouvernement d&#233;mocratiquement &#233;lu de mettre en &#339;uvre son programme et de respecter son mandat. On voit bien que le dogme n&#233;olib&#233;ral est inscrit dans le code g&#233;n&#233;tique de ces institutions. Il faut que la gauche radicale prenne vraiment au s&#233;rieux la question de l'affrontement in&#233;vitable avec ces institutions et cette forme d'int&#233;gration europ&#233;enne si on veut avancer avec une autre Europe. On ne peut plus faire comme si on pouvait changer les choses de l'int&#233;rieur et faire l'&#233;conomie d'une rupture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Pour y arriver, le soutien de la population grecque est fondamental, mais il faut aussi une remise en question europ&#233;enne. Est-ce possible actuellement ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. K. &lt;/strong&gt; : La population grecque, &#224; l'heure actuelle, est massivement derri&#232;re son gouvernement, &#224; plus de 70 % dans les sondages. Elle per&#231;oit bien que ce gouvernement est soumis &#224; une pression, &#224; un chantage, &#224; une v&#233;ritable guerre qui est d&#233;clench&#233;e contre lui. En m&#234;me temps, quand on pose la question de savoir quelle est l'appr&#233;ciation des accords faits, les gens sont partag&#233;s : certains disent que c'est mieux que ce qu'on avait avant, ce qui est en partie vrai, mais tr&#232;s faiblement. Mais une majorit&#233; significative &#171; croit qu'il n'y a pas eu v&#233;ritablement de rupture. L'opinion per&#231;oit bien que ce gouvernement a fait ce qu'il pouvait, mais dans un cadre particuli&#232;rement strict. Ce cadre l'a conduit &#224; faire des concessions ; actuellement, il se retrouve les mains li&#233;es et dans l'incapacit&#233; de r&#233;aliser une bonne partie, et m&#234;me l'essentiel, de son programme. Donc il faut une autre appro&#173;che, mais celle-ci n&#233;cessitera de recourir &#224; une consultation du peuple. Si l'on en arrivait &#224; une sortie de l'euro, par exemple, un r&#233;f&#233;rendum serait n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Il y a quelques ann&#233;es, on vous avait d'ailleurs emp&#234;ch&#233;s de faire un r&#233;f&#233;rendum sur les mesures d'aust&#233;rit&#233;&#8230; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. K.&lt;/strong&gt; : En effet. Il y a deux mots qui sont totalement tabou dans les instances europ&#233;ennes. Le premier, c'est &#171; r&#233;f&#233;rendum &#187; et le second, &#171; annulation de la dette &#187;. Le premier ministre Georges Papandr&#233;ou, en 2011, a &#233;t&#233; cong&#233;di&#233; par l'Union europ&#233;enne quand il a os&#233; parler de r&#233;f&#233;rendum et l'UE a nomm&#233; &#224; sa place un banquier, Loukas Papa&#173;demos, un homme de Goldman Sachs, pour diriger un gouvernement compl&#232;tement loufoque qui a conduit &#224; des &#233;lections anticip&#233;es et &#224; la mont&#233;e en puissance de Syriza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Qu'en est-il du projet d'audit de la dette ? Est-ce que Syriza le soutient ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. K.&lt;/strong&gt; : La constitution d'une commission d'audit de la dette est pr&#233;vue dans le programme de Syriza, adopt&#233; lors de son congr&#232;s fondateur de juillet 2013. Mais ce point avait &#233;t&#233; mis en sourdine par la direction du parti, parce qu'une telle &#171; commission remet en question la l&#233;gitimit&#233; m&#234;me de la dette. La bonne nouvelle, c'est que l'actuelle pr&#233;sidente du Parlement, Zoe Konstatopoulou, une figure importante de Syriza qui jouit d'une v&#233;ritable autonomie au sein du parti, a officiellement annonc&#233; la constitution de cette commission, apr&#232;s avoir rencontr&#233; &#201;ric Toussaint, le porte-parole du Comit&#233; pour l'annulation de la dette du tiers-monde (CADTM) &#8212; &#201;ric Toussaint est tr&#232;s connu pour son travail sur cette question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tr&#232;s important que le Parlement grec s'enga&#173;ge sur cette question, cela donne une grande l&#233;gitimit&#233; &#224; la commission et lui permet d'avoir acc&#232;s aux documents officiels, afin d'&#233;tablir la transparence sur la structure de cette dette. Zoe Konstatopoulou a pos&#233; d'importantes questions sur des aspects obscurs de la dette &#171; grecque, comme les contrats d'armement ou les cas de corruption qui impliquent des entreprises &#233;trang&#232;res. Mais, comme ce fut le cas en &#201;quateur en 2008, il faut aussi une mobilisation des mouvements sociaux, il faut que ce projet engendre un v&#233;ritable d&#233;bat citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &#192;B ! &lt;/i&gt; : Les d&#233;penses militaires sont tr&#232;s &#233;lev&#233;es en Gr&#232;ce. Est-ce que cela fait partie du probl&#232;me de l'endettement ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. K.&lt;/strong&gt; : Oui, cela fait partie du probl&#232;me. Mais il faut constater que malheureusement, la Gr&#232;ce n'a pas comme voisins l'Espagne, l'Italie ou le Luxembourg. La r&#233;gion conna&#238;t des conflits importants. Des guerres et des affrontements militaires ont eu lieu &#224; ses portes, dans les Balkans. La justification primordiale de ces d&#233;penses militaires est cependant le diff&#233;rend avec la Turquie, qui porte &#224; la fois sur Chypre, indirectement, mais aussi sur ce qu'on appelle le plateau continental de la mer &#201;g&#233;e. Il y a un climat de tension chronique avec la Turquie qui sert de justification &#224; des d&#233;penses exorbitantes, ce qui fait les d&#233;lices de l'industrie d'armement europ&#233;enne, fran&#231;aise notamment &#8211; secondairement &#171; &#233;tatsunienne et britannique. Il ne faut pas oublier qu'une bonne partie de la dette grecque, que ce soit pour les d&#233;penses d'armement ou pour les travaux publics, a profit&#233; &#224; des entreprises europ&#233;ennes. Le fameux argent europ&#233;en, &#171; g&#233;n&#233;reusement &#187; distribu&#233; &#224; la Gr&#232;ce, est revenu en grande partie aux entreprises europ&#233;ennes, et &#233;videmment aux banques, principales d&#233;tentrices des titres de la dette grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Est-ce que le fait que la dette grecque appartient maintenant aux &#201;tats europ&#233;ens plut&#244;t qu'aux banques change la situation ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. K.&lt;/strong&gt; : En 2010, les banques priv&#233;es, essentiellement allemandes et fran&#231;aises, d&#233;tenaient 80 % de la dette grecque. Depuis 2012, &#224; la suite d'une grande restructuration de la dette dite PSI (&lt;i&gt;Private Sector Involvement&lt;/i&gt;), en fait la plus importante op&#233;ration de ce type jamais men&#233;e au cours de l'histoire moderne, ce m&#234;me pourcentage est d&#233;tenu par le Fonds de stabilit&#233; europ&#233;en, par les banques centrales europ&#233;ennes, la BCE et les &#201;tats. L'aide europ&#233;enne n'a jamais &#233;t&#233; destin&#233;e au sauvetage de la Gr&#232;ce, mais bien au sauvetage des banques, avant tout fran&#231;aises et allemandes. Maintenant, ce sont les &#201;tats europ&#233;ens qui d&#233;tien&#173;nent les titres de la dette grecque et ils se comportent comme des usuriers qui continuent &#224; mettre le couteau sous la gorge du pays. La dette grecque ne repr&#233;sente que 3 % du total de la dette publique europ&#233;enne. Mais si la Gr&#232;ce obtenait un r&#232;glement favorable, la liste des pays qui pourraient r&#233;clamer le m&#234;me traitement serait longue : l'Italie, l'Espagne, l'Irlande, le Portugal&#8230; Et cela d&#233;stabiliserait le c&#339;ur du capitalisme financier. Les dettes publiques et la sp&#233;culation sur ces dettes sont l'un des piliers de la financiarisation, qui est le carburant du capitalisme dans son &#233;tat actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; : En d&#233;pit de ces difficult&#233;s, y a-t-il une note d'espoir ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. K.&lt;/strong&gt; : La note d'espoir est double. Elle vient du fait que le peuple grec a fait un choix historique en &#233;lisant Syriza le 25 janvier dernier, en portant au pouvoir par la voie &#233;lectorale, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire europ&#233;enne, un parti de la gauche radicale porteur d'un programme de rupture avec l'aust&#233;rit&#233; et les logiques n&#233;olib&#233;rales. Il n'y a aucun pr&#233;c&#233;dent de ce type. Ensuite, la soci&#233;t&#233; grecque, pendant toutes ces ann&#233;es, a fait preuve d'une capacit&#233; de r&#233;sistance et de mobilisation. Cette victoire a &#233;t&#233; possible par de grandes mobilisations populaires. Comme en Espagne bien s&#251;r, o&#249; c'est la mobilisation des mouvements sociaux qui est &#224; l'origine de la mont&#233;e de Podemos. Apr&#232;s la victoire de Syriza, la population est de nouveau descendue dans la rue, cette fois non pas contre le gouvernement, mais pour le soutenir, et aussi pour faire pression sur lui, afin qu'il tienne ses engagements et qu'il r&#233;siste aux pressions exerc&#233;es contre lui. C'est dans cette voie qu'il faut continuer maintenant : il faut permettre &#224; Syriza de r&#233;aliser son programme. La mobilisation sociale sera cruciale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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