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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Un salaire minumum &#224; bonifier</title>
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		<dc:date>2016-02-28T17:05:48Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M&#233;lanie Gauvin, Carole Henry</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Gauvin, M&#233;lanie</dc:subject>
		<dc:subject>Henry, Carole</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 2015 marque le 90e anniversaire de l'entr&#233;e en vigueur de la premi&#232;re loi fixant un niveau de salaire minimum au Qu&#233;bec : la Loi sur le salaire minimum des femmes. Force est de constater, 90 ans plus tard, que malgr&#233; l'&#233;volution l&#233;gislative et les progr&#232;s sociaux que le Qu&#233;bec a connus, nous sommes encore aux prises avec plusieurs probl&#232;mes de pauvret&#233;, d'exclusion et de discrimination &#224; l'endroit de plusieurs groupes de travailleuses et de travailleurs. &lt;br class='autobr' /&gt; La politique du salaire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-59-Avril-mai-2015-" rel="directory"&gt;No 059 - avril / mai 2015&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Inegalites-et-pauvrete-+" rel="tag"&gt;In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gauvin-Melanie-+" rel="tag"&gt;Gauvin, M&#233;lanie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Henry-Carole-+" rel="tag"&gt;Henry, Carole&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2114.png?1642092173' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;248&#034; height=&#034;248&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'ann&#233;e 2015 marque le 90e anniversaire de l'entr&#233;e en vigueur de la premi&#232;re loi fixant un niveau de salaire minimum au Qu&#233;bec : la Loi sur le salaire minimum des femmes. Force est de constater, 90 ans plus tard, que malgr&#233; l'&#233;volution l&#233;gislative et les progr&#232;s sociaux que le Qu&#233;bec a connus, nous sommes encore aux prises avec plusieurs probl&#232;mes de pauvret&#233;, d'exclusion et de discrimination &#224; l'endroit de plusieurs groupes de travailleuses et de travailleurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La politique du salaire minimum demeure donc, encore aujourd'hui, un instrument privil&#233;gi&#233; pour prot&#233;ger contre de trop faibles salaires et assurer une participation &#224; la richesse collective. Le niveau du salaire minimum n'est &#233;videmment pas l'unique d&#233;terminant de la pauvret&#233; chez les travailleuses et travailleurs. La multiplication des formes d'emploi, comme le travail &#224; temps partiel, temporaire, sur appel ou pour une agence de placement temporaire est un des facteurs importants de discrimination salariale. L'augmentation du salaire minimum est cepen&#173;dant essentielle pour att&#233;nuer l'appauvrissement de ces personnes et &#233;viter que ne se d&#233;t&#233;riorent davantage leurs conditions de travail et de vie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelques chiffres&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, en 2013, un peu plus de 216 000 personnes occupaient un emploi au salaire minimum, ce qui repr&#233;sente environ 6,2 % de l'ensemble de la main-d'&#339;uvre salari&#233;e du Qu&#233;bec (1). De ce nombre, 61 % sont des femmes, une surrepr&#233;sentation, puisqu'elles 'occupent que 49 % de l'emploi total. Cette surrepr&#233;sentation ne date d'ailleurs pas d'hier : au Qu&#233;bec, de 1997 &#224; 2012, la proportion moyenne de femmes au salaire minimum &#233;tait du m&#234;me ordre. De plus, la plupart des personnes au salaire minimum ne sont pas syndiqu&#233;es (c'est le cas de 90 % d'entre elles) et travaillent en moyenne 25 heures par semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Augmenter le salaire minimum est d'autant plus important qu'il est un d&#233;terminant important dans la soci&#233;t&#233; qui n'affecte pas seulement les personnes directement concern&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, ces hausses ont un impact b&#233;n&#233;fique sur le salaire des travailleuses et travailleurs dont le taux horaire se situe tout juste au-dessus du salaire minimum, mais qui sont tout de m&#234;me pauvres ou qui risquent de basculer dans la pauvret&#233;. Une &#233;tude publi&#233;e en 2012 dans la revue &lt;i&gt;Regard sur le travail &lt;/i&gt; d&#233;montre d'ailleurs que la hausse du salaire minimum en 2010 a eu une r&#233;percussion positive sur les salaires se situant au-dessus du salaire minimum et a touch&#233; jusqu'&#224; 20 % de l'ensemble des personnes salari&#233;es du Qu&#233;bec, particuli&#232;rement 25 % de la main-d'&#339;uvre f&#233;minine et 40 % des personnes salari&#233;es &#224; temps partiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, le taux g&#233;n&#233;ral du salaire minimum est d&#233;terminant pour les personnes &#224; la recherche d'un emploi qui doivent compter sur les prestations d'assurance-emploi. En effet, les r&#233;centes modifications au r&#233;gime affectent particuli&#232;rement les personnes occupant des emplois saisonniers, occasionnels ou temporaires et qui se retrouvent rapidement dans la cat&#233;gorie des prestataires occasionnels ou fr&#233;quents. Elles sont oblig&#233;es d'accepter une diminution de salaire pouvant aller jusqu'&#224; 30 % de leur r&#233;mun&#233;ration de r&#233;f&#233;rence, et ce, d&#232;s la 7e semaine pour les prestataires fr&#233;quents. Or, la limite inf&#233;rieure pouvant leur &#234;tre impos&#233;e est le salaire minimum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, m&#234;me en travaillant 40 heures par semaine, une personne r&#233;mun&#233;r&#233;e au salaire minimum re&#231;oit 414 $ par semaine, pour une r&#233;mun&#233;ration annuelle de 21 528 $. Une telle personne se trouve alors sous le seuil de pauvret&#233; (fix&#233; en 2014 &#224; 24 338 $ pour une personne seule) de 11, 5 % ! D'autres situations de travail ne permettent pas plus de sortir de la pauvret&#233;, m&#234;me avec un taux horaire plus &#233;lev&#233; que le salaire minimum, en raison de l'insuffisance des heures et de l'irr&#233;gularit&#233; du travail.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le r&#244;le crucial des statuts d'emploi&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les formes d'emploi atypique semblent avoir atteint un taux qui se stabilise depuis quelques ann&#233;es autour de 38 % (ce qui est beaucoup), on ne peut donc plus parler de progression&#8230; Ce qui change n&#233;anmoins, c'est la composition de ces 38 % d'emplois atypiques et pr&#233;caires. Le travail &#224; temps partiel y occupe toujours une bonne part, et les pr&#233;jug&#233;s voulant que les femmes (encore elles) en fassent le choix pour concilier famille et travail sont toujours tenaces. Toutefois, en analysant les donn&#233;es, on constate, chez les 15 &#224; 24 ans, que la premi&#232;re raison du temps partiel est le fait d'&#234;tre aux &#233;tudes &#224; 71 %, et au deuxi&#232;me rang, &#224; 20 %, l'incapacit&#233; de trouver du travail &#224; temps plein. Chez les 25 &#224; 44 ans, l'incapacit&#233; de trouver du travail &#224; temps plein est la premi&#232;re explication (37 %), puis viennent les obligations familiales (29 %). Il est possible d'occuper un poste permanent &#224; temps partiel, bien que ce dernier soit plus souvent temporaire (58,6 % du temps partiel). Plusieurs personnes tenteront donc de cumuler des emplois pour atteindre un revenu assurant les d&#233;penses de base, qui vont en augmentant, avec la complexit&#233; que cela repr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnes sur appel constituent un autre groupe particuli&#232;rement vuln&#233;rable des emplois pr&#233;caires. Tenues d'offrir une grande disponibilit&#233;, elles ne re&#231;oivent aucune contrepartie de garanties d'heures de travail ou de revenus assur&#233;s. Le cumul d'emplois est difficile dans ces conditions. Il peut y avoir des semaines payantes et d'autres sans revenus. Les travailleuses et travailleurs des agences de placement temporaire sont dans cette cat&#233;gorie. Alors que les agences se pr&#233;sentent comme un tremplin vers l'emploi, elles imposent des clauses de contrat qui interdisent d'accepter un emploi permanent dans les entreprises utilisatrices des services de l'agence. Ce qui a pour effet de maintenir des personnes en recherche d'emploi dans un lien fragile de travail. Les agences de placement temporaire, en constant essor depuis bon nombre d'ann&#233;es, s'assurent d'avoir &#224; leur disposition un bassin de personnes disponibles pour tout appel &#233;ventuel sans qu'il leur en co&#251;te rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, les travailleuses et travailleurs d'agences subissent beaucoup plus d'infractions aux normes du travail que les autres, et quand vient le temps de faire valoir leurs droits, c'est plus complexe. On devra d'abord trancher sur qui, de l'agence ou de l'entreprise cliente, est le v&#233;ritable employeur pour d&#233;terminer si ces droits s'appliquent ou non. Il est encore difficile de quantifier le nombre de ces agences et de leurs salari&#233;&#183;e&#183;s, ces entreprises n'&#233;tant toujours pas encadr&#233;es au Qu&#233;bec.Une autre part importante du travail qui enferme dans la pauvret&#233; et la pr&#233;carit&#233; est celui du travail dit &#171; autonome ou ind&#233;pendant &#187;. Cette cat&#233;gorie de travail repr&#233;sente 36 % de l'emploi atypique au Qu&#233;bec. Une bonne part des travailleuses et travailleurs dits &#171; ind&#233;pendant&#183;e&#183;s &#187; sont en fait des salari&#233;&#183;e&#183;s sans r&#233;els avantages li&#233;s au statut : pas de contr&#244;le sur l'horaire, les t&#226;ches, le lieu de travail, etc. En plus de devoir payer la part de l'employeur pour les charges sociales, ces personnes n'ont pas de protection d'emploi et tr&#232;s peu acc&#232;s aux protections sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, une part des travailleuses et travailleurs ind&#233;pendants, surtout ceux qui ont des employ&#233;s, s'en sortent financi&#232;rement et ne font pas partie des travailleurs pauvres, mais il reste que l'ins&#233;curit&#233; et la pr&#233;carit&#233; sont aussi leur lot. Des recherches d&#233;montrent que les femmes sont particuli&#232;rement nombreuses dans la cat&#233;gorie de travailleurs ind&#233;pendants sans employ&#233;s, la cat&#233;gorie la plus vuln&#233;rable sur le plan &#233;conomique. Sans oublier que les personnes de cette cat&#233;gorie de travail sont compl&#232;tement exclues de la protection des lois du travail, dont la Loi sur les normes du travail (LNT), et portent seules tous les risques ; celui de la maladie &#233;tant le plus lourd en l'absence de revenu de remplacement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De la surrepr&#233;sentation des femmes	&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;ficit de conditions de travail et de protections sociales est d'autant plus probl&#233;matique qu'il affecte davantage certaines cat&#233;gories de travailleuses et de travailleurs : les femmes, les jeunes et les personnes appartenant &#224; une minorit&#233; visible sont particuli&#232;rement d&#233;savantag&#233;es, puisqu'elles sont non seulement plus nombreuses &#224; occuper un emploi atypique, mais aussi parce qu'elles se retrouvent de fa&#231;on disproportionn&#233;e dans les formes de travail les plus pr&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_117 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L406xH357/1413-2-495d0.png?1729016869' width='406' height='357' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 2011, alors qu'elles ne repr&#233;sentaient que 47,7 % de la main-d'&#339;uvre qu&#233;b&#233;coise, les femmes occupaient 66 % du travail &#224; temps partiel, 59,3 % du travail atypique salari&#233; (excluant les travailleurs autonomes) et 60 % des emplois au salaire minimum. Notons aussi que la pr&#233;sence des femmes augmente dans le travail ind&#233;pendant, particuli&#232;rement dans ses formes les plus vuln&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour favoriser une meilleure protection de toutes et tous, qu'importe le statut d'emploi, il faudrait &#233;tablir dans la LNT un principe de coresponsabilit&#233; entre les diff&#233;rentes entit&#233;s qui occu&#173;pent le r&#244;le d'employeur, interdire les disparit&#233;s de traitement bas&#233;es sur le statut d'emploi, &#233;tablir une pr&#233;somption de salariat et &#233;liminer la plupart des exclusions &#224; la LNT. Et bien s&#251;r, augmenter le salaire minimum pour que travailler &#224; temps plein permette de sortir de la pauvret&#233;, tout simplement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En se basant sur le Seuil de faible revenu de Statistique Canada, avant imp&#244;t, pour une personne seule et travaillant 40 heures par semaine, le taux horaire g&#233;n&#233;ral du salaire minimum au Qu&#233;bec aurait d&#251; atteindre 11,70 $ en 2014 ; il &#233;tait plut&#244;t de 10,35 $ et passera &#224; 10,55 $ au 1er mai 2015. Au bas de l'&#233;chelle remet cependant en question la pertinence de maintenir son calcul sur une semaine de 40 heures (semaine normale pr&#233;vue &#224; la LNT) et r&#233;fl&#233;chit &#224; la possibilit&#233; d'un calcul bas&#233; sur la semaine de 35 heures, plus repr&#233;sentative des heures habituellement travaill&#233;es au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : Marco Silvestro / Photo : R&#233;mi Leroux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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