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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Le Saguenay se mobilise pour GNL-Qu&#233;bec !</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-Saguenay-se-mobilise-pour-GNL-Quebec</link>
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		<dc:date>2021-12-27T18:11:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude C&#244;t&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>C&#244;t&#233;, Claude</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s les mobilisations contre le projet p&#233;tro-industriel de GNL-Qu&#233;bec, ce sont aussi maintenant les gens en faveur du projet qui s'organisent. Voici une r&#233;trospective des derniers &#233;v&#233;nements entourant le projet &#201;nergie-Saguenay. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis le dernier texte qui traitait du sujet dans les pages d'&#192; b&#226;bord ! [1], on a pu constater une certaine polarisation dans le d&#233;bat citoyen. En effet, apr&#232;s la mobilisation des groupes environnementaux comme la Coalition Fjord et de partis politiques contre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-85-novembre-2020-" rel="directory"&gt;No 085 - automne 2020&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cies-minieres-et-petrolieres-+" rel="tag"&gt;Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cote-Claude-+" rel="tag"&gt;C&#244;t&#233;, Claude&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s les mobilisations contre le projet p&#233;tro-industriel de GNL-Qu&#233;bec, ce sont aussi maintenant les gens en faveur du projet qui s'organisent. Voici une r&#233;trospective des derniers &#233;v&#233;nements entourant le projet &#201;nergie-Saguenay.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis le dernier texte qui traitait du sujet dans les pages d'&lt;em&gt;&#192; b&#226;bord ![&lt;/em&gt;[Val&#233;rie Beauchamp, &#171; Une coalition &#224; la d&#233;fense du fjord &#187;, &lt;em&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/em&gt;, num&#233;ro 81, p. 29-31.]], on a pu constater une certaine polarisation dans le d&#233;bat citoyen. En effet, apr&#232;s la mobilisation des groupes environnementaux comme la Coalition Fjord et de partis politiques contre &#201;nergie-Saguenay, diff&#233;rentes initiatives en faveur du projet industriel sont apparues.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Je crois en ma r&#233;gion &#187;&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, un regroupement d'associations de parcs industriels et de chambres de commerce a lanc&#233; un &#171; mouvement citoyen &#187; appel&#233; Je crois en ma r&#233;gion. Ce faux mouvement, financ&#233; &#224; m&#234;me l'argent public, se dit non partisan et favorable &#224; l'ensemble des grands projets industriels dans la r&#233;gion du Saguenay. Mais certain&#183;e&#183;s observateur&#183;trice&#183;s n'y voient qu'une mani&#232;re d&#233;tourn&#233;e d'appuyer le projet d'usine d'&#201;nergie-Saguenay : il faut savoir que c'est bien le seul grand projet encore actif dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs ont aussi vu dans l'appellation m&#234;me du groupe une strat&#233;gie permettant d'accuser les opposant&#183;e&#183;s au projet d'&#234;tre contre le d&#233;veloppement de leur r&#233;gion. Autrement dit, Je crois en ma r&#233;gion fait croire aux gens qu'&#234;tre contre le projet GNL-Qu&#233;bec signifie forc&#233;ment &#234;tre contre la r&#233;gion du Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean. Ce d&#233;tournement en a choqu&#233; plusieurs et le nombre d'adh&#233;rents (&#224; peine 5 800 personnes au moment d'&#233;crire ces lignes) d&#233;montre l'&#233;chec des associations patronales de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles ont tout de m&#234;me r&#233;ussi &#224; obtenir une certaine visibilit&#233;, notamment gr&#226;ce au coup fumant qu'a &#233;t&#233; le recrutement comme porte-parole de l'ancienne d&#233;put&#233;e n&#233;o-d&#233;mocrate, Karine Trudel, quelques jours &#224; peine apr&#232;s la campagne &#233;lectorale f&#233;d&#233;rale qu'elle venait de perdre. Le &#171; mouvement &#187; existe encore aujourd'hui, mais sans la porte-parole qui l'a quitt&#233; par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour et contre GNL-Qu&#233;bec&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Faute de porte-&#233;tendard cr&#233;dible, des citoyennes et citoyens ont d&#233;cid&#233; de prendre le relais. En f&#233;vrier, un groupe Facebook en faveur du projet de GNL-Qu&#233;bec a vu le jour. Apr&#232;s des d&#233;buts plut&#244;t timides, le groupe a fait le plein d'appuis &#224; la suite d'une assembl&#233;e publique organis&#233;e par des militant&#183;e&#183;s de Qu&#233;bec solidaire de la r&#233;gion. En effet, l'assembl&#233;e de QS, qui avait pour th&#232;me &#171; Comment gagner contre GNL-Qu&#233;bec &#187;, a fait beaucoup de bruit dans les rangs pro-projet et dans les m&#233;dias r&#233;gionaux. Pour les instigateurs du groupe Facebook, ce rassemblement &#233;tait une attaque des gens venus de l'ext&#233;rieur de la r&#233;gion, qui venaient leur dire quoi penser. Il faut dire que l'&#233;v&#233;nement avait comme t&#234;te d'affiche les d&#233;put&#233;es Ruba Ghazal et Catherine Dorion : la venue de la d&#233;put&#233;e Dorion, en particulier, a beaucoup polaris&#233;. Pour les solidaires, l'&#233;v&#233;nement a &#233;t&#233; couronn&#233; de succ&#232;s, avec plus de 200 personnes pr&#233;sentes. Les organisateur&#183;trice&#183;s ont d&#251; refuser des dizaines de personnes, faute de place. Le lendemain, m&#234;me le journal &lt;em&gt;Le Quotidien&lt;/em&gt; en faisait sa premi&#232;re page. Par contre, le succ&#232;s des contre-GNL a &#233;t&#233; l'&#233;tincelle qu'il fallait pour galvaniser les troupes pro-GNL. En date d'aujourd'hui, plus de 37 000 personnes ont adh&#233;r&#233; au groupe Pour GNL Qu&#233;bec &#224; Saguenay. Une riposte est venue avec la cr&#233;ation d'un groupe Facebook oppos&#233; au projet, qui a atteint 17 000 membres.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait facile de ne pas prendre suffisamment au s&#233;rieux la mobilisation des pro-projets. Malgr&#233; leur peu de connaissances en mati&#232;re de mobilisation, ils et elles s'organisent et se mobilisent bel et bien. Avant le d&#233;but de la pand&#233;mie, ils et elles avaient pr&#233;par&#233; une manifestation et organis&#233; des &#233;v&#233;nements d'information avec l'Association de l'&#201;nergie du Qu&#233;bec (AEQ), un lobby pro-p&#233;trole, dans le but avou&#233; de pr&#233;parer leurs &#171; membres &#187; &#224; prendre la parole lors des audiences du Bureau d'audience publique en environnement (BAPE). Avec la COVID-19, leur mobilisation a &#233;t&#233; chamboul&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, m&#234;me si les pro-projet n'ont pas repris le rythme qu'ils et elles avaient avant le confinement, il faut rester vigilant&#183;e&#183;s. La Coalition Fjord a aussi d&#251; ralentir ses activit&#233;s, mais elle a tout de m&#234;me continu&#233; les s&#233;ances d'information, entre autres en organisant des assembl&#233;es de jardin qui se sont tenues au cours de l'&#233;t&#233;. Avec la reprise du BAPE &#224; l'automne, il sera int&#233;ressant de voir si les gens en faveur du projet pourront reprendre leur mobilisation, ou si tout cela n'aura &#233;t&#233; qu'un feu de paille. Au Saguenay, nous sommes plusieurs &#224; esp&#233;rer que ce &#171; mouvement &#187; manquera d'oxyg&#232;ne et que nous pourrons mettre un terme &#224; ce projet destructeur qu'est GNL-Qu&#233;bec.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Claude C&#244;t&#233; est militant et conseiller syndical &#224; Saguenay.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Temps suppl&#233;mentaire obligatoire. Infirmi&#232;res &#224; bout</title>
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		<dc:date>2020-08-11T20:50:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude C&#244;t&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>C&#244;t&#233;, Claude</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis quelque temps, diff&#233;rentes organisations syndicales m&#232;nent de front une bataille contre le temps suppl&#233;mentaire obligatoire (TSO). C'est le cas de la F&#233;d&#233;ration interprofessionnelle de la sant&#233; du Qu&#233;bec (FIQ), qui vient de lancer une campagne publicitaire d&#233;non&#231;ant cette pratique. La campagne a pour objectif de sensibiliser la population &#224; ce sujet et &#224; rappeler aux politicien&#183;ne&#183;s les promesses qu'ils et elles ont fait concernant cet enjeu. &lt;br class='autobr' /&gt; Depuis l'appel de d&#233;tresse lanc&#233; par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-79-avril-mai-2019-" rel="directory"&gt;No 079 - avril / mai 2019&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cote-Claude-+" rel="tag"&gt;C&#244;t&#233;, Claude&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2855.jpg?1642092238' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1251&#034; height=&#034;834&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis quelque temps, diff&#233;rentes organisations syndicales m&#232;nent de front une bataille contre le temps suppl&#233;mentaire obligatoire (TSO). C'est le cas de la F&#233;d&#233;ration interprofessionnelle de la sant&#233; du Qu&#233;bec (FIQ), qui vient de lancer une campagne publicitaire d&#233;non&#231;ant cette pratique. La campagne a pour objectif de sensibiliser la population &#224; ce sujet et &#224; rappeler aux politicien&#183;ne&#183;s les promesses qu'ils et elles ont fait concernant cet enjeu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Depuis l'appel de d&#233;tresse lanc&#233; par l'infirmi&#232;re &#201;milie Ricard en f&#233;vrier 2018, les professionnelles en soins ne cessent de faire l'actualit&#233; en d&#233;non&#231;ant l'impensable. Depuis un an en effet, les d&#233;nonciations, actions et mobilisations se multiplient de la part des infirmi&#232;res et infirmi&#232;res auxiliaires. Il suffit de se rappeler les moments o&#249; des infirmi&#232;res ont d&#251; se r&#233;soudre &#224; t&#233;l&#233;phoner &#224; la police pour quitter leur lieu de travail, &#233;tant forc&#233;es de rester en raison du TSO ; des milliers d'infirmi&#232;res et d'infirmi&#232;res auxiliaires qui doivent faire des quarts de travail de seize heures d'affil&#233;e ; ou encore des b&#233;n&#233;ficiaires de centres d'h&#233;bergement et de soins de longue dur&#233;e (CHSLD) que l'on couche &#224; 16 h par manque de ressources. L'argument du manque de ressources est, pour les dirigeant&#183;e&#183;s des centres int&#233;gr&#233;s universitaires en sant&#233; et services sociaux (CIUSSS) et des centres int&#233;gr&#233;s en sant&#233; et services sociaux (CISSS), une belle mani&#232;re de se d&#233;responsabiliser et de forcer les infirmi&#232;res et infirmi&#232;res auxiliaires &#224; &#234;tre les seules &#224; s'assurer que des soins de sant&#233; sont offerts au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il faut comprendre que le TSO s'incarne par l'obligation pour les travailleuses de la sant&#233; membres de l'Ordre des infirmi&#232;res et infirmiers du Qu&#233;bec (OIIQ) ou de l'Ordre des infirmi&#232;res et infirmiers auxiliaires du Qu&#233;bec (OIIAQ) de demeurer au travail une fois leur quart de travail termin&#233;. La logique derri&#232;re cette obligation &#233;tant qu'il est n&#233;cessaire d'assurer la continuit&#233; des soins aupr&#232;s de la population en l'absence de rel&#232;ve lors de la fin de leur quart. Pour l'OIIQ et l'OIIAQ, cette mesure doit demeurer exceptionnelle. Cependant, comme nous le voyons r&#233;guli&#232;rement dans les m&#233;dias, l'employeur se sert du TSO comme outil de gestion, se d&#233;responsabilisant par le fait m&#234;me de son r&#244;le de gestionnaire. Le TSO n'est plus une exception et est rapidement devenu la r&#232;gle. Derni&#232;rement, les dirigeant&#183;e&#183;s du CISSS de Chaudi&#232;re-Appalaches ont transmis une note de service pour les gestionnaires les informant de la m&#233;thode &#224; utiliser pour forcer les professionnelles en soins &#224; demeurer au travail. Comment justifier qu'il s'agit d'exception alors que c'est planifi&#233; par l'employeur ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Un seul mot d'ordre : organiser la d&#233;sob&#233;issance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; En r&#233;ponse &#224; cette violence organisationnelle, les professionnelles en soins s'organisent, notamment dans les m&#233;dias sociaux. Sur Facebook, le groupe &#171; Infirmi&#232;res en mouvement &#187; a pris une ampleur insoup&#231;onn&#233;e &#224; la suite de l'appel de d&#233;tresse de l'infirmi&#232;re Ricard ; il compte aujourd'hui plus de 32 000 membres. Le groupe vise &#224; &#171; &lt;em&gt;favoriser un mouvement collectif coh&#233;rent des travailleurs de la sant&#233; &#224; l'&#233;chelle du Qu&#233;bec&lt;/em&gt; &#187;. On peut y lire des histoires d'horreurs sur le TSO, s'informer de l'actualit&#233; politique concernant les infirmi&#232;res et infirmi&#232;res auxiliaires et voir des appels &#224; la mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Avant l'&#233;v&#233;nement &#201;milie Ricard, les m&#233;dias avaient d&#233;j&#224; r&#233;pertori&#233; des sit-in au Centre hospitalier de Trois-Rivi&#232;res, de Sorel, de Laval et du Suro&#238;t, o&#249; des professionnelles en soins d&#233;sob&#233;issaient &#224; l'obligation de faire du TSO. En f&#233;vrier 2018, des &#201;tats g&#233;n&#233;raux en sant&#233; se sont tenus &#224; Montr&#233;al, o&#249; un rassemblement eut lieu au parc &#201;milie-Gamelin, suivi d'une marche vers l'Usine C o&#249; les professionnelles en soins et leurs alli&#233;&#183;e&#183;s ont particip&#233; &#224; un micro ouvert. Quelques semaines plus tard, une action similaire a &#233;t&#233; organis&#233;e dans la Capitale-Nationale. Les mois suivants, les organisations syndicales se sont concentr&#233;es sur la n&#233;gociation de conventions collectives pour les centres fusionn&#233;s &#224; la suite de la r&#233;forme Barrette, au cours desquelles des demandes de rehaussement de poste &#224; temps partiel vers des postes &#224; temps &#233;taient revendiqu&#233;es. Cette demande permettait de stabiliser les &#233;quipes de travail, de r&#233;duire la pr&#233;carit&#233; et d'assurer une rel&#232;ve lorsque n&#233;cessaire. Il est clair pour les organisations syndicales qu'il s'agit d'une solution concr&#232;te pour r&#233;duire le recours au TSO. Cependant, malgr&#233; l'accord sur les rehaussements de poste, les CIUSSS et CISSS peinent &#224; faire le travail de rehaussement et ce sont les professionnelles en soins qui continuent d'en payer le prix.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Vers une radicalisation du mouvement infirmier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; En janvier dernier, &#224; l'H&#244;pital Maison-neuve-Rosemont de Montr&#233;al, trois infirmi&#232;res devaient rester en TSO. En arrivant au travail, leurs coll&#232;gues du soir ont refus&#233; de travailler en guise de solidarit&#233;. Pendant pr&#232;s de quatre heures, une vingtaine d'infirmi&#232;res ont ainsi refus&#233; de travailler. Finalement, les trois infirmi&#232;res forc&#233;es de rester ont pu quitter apr&#232;s cette action de d&#233;sob&#233;issance. L'&#233;c&#339;urement et la fatigue sont palpables dans le r&#233;seau de la sant&#233;, remettant r&#233;ellement en question la qualit&#233; des soins. Comment les dirigeant&#183;e&#183;s peuvent-ils promettre &#224; la population que les soins sont s&#233;curitaires quand les personnes qui les prodiguent font des quarts de travail de seize heures cons&#233;cutives ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans la foul&#233;e de cette action spontan&#233;e, le Syndicat des professionnelles en soins du Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean (FIQ-SPSSLSJ) a d&#233;cid&#233; de faire subir aux dirigeant&#183;e&#183;s de leur CIUSSS ce que leurs membres subissent au quotidien avec le TSO. Le jour de la Saint-Valentin, une cinquantaine de militantes du syndicat ont donc perturb&#233; les activit&#233;s du si&#232;ge social en bloquant les portes et en emp&#234;chant les dirigeant&#183;e&#183;s de quitter &#224; la fin de leur journ&#233;e. Le syndicat, affili&#233; &#224; la FIQ, a d&#233;pos&#233; 3 162 lettres &#171; d'amour &#187;, o&#249; la relation entre la travailleuse et l'employeur &#233;tait s&#233;rieusement remise en question. Toutes les portes de sortie ont &#233;t&#233; bloqu&#233;es et personne ne pouvait quitter l'&#233;tablissement. Le mot d'ordre &#233;tait clair : les dirigeant&#183;e&#183;s du CIUSSS allaient faire du temps suppl&#233;mentaire obligatoire &#224; leur tour. Il &#233;tait temps que l'employeur ait conscience au moins une fois ce que c'&#233;tait que d'avoir &#224; subir ce travail forc&#233;. Les patrons ont finalement quitt&#233; l'&#233;tablissement deux heures plus tard, escort&#233;s par la police. Une fois les photos et vid&#233;os partag&#233;es sur les m&#233;dias sociaux, les membres du syndicat ont largement appuy&#233; le syndicat et l'action. Voyant leur sup&#233;rieur&#183;e&#183;s se faire escorter par la police, plusieurs ont annonc&#233; qu'elles aussi appelleraient dor&#233;navant la police lorsqu'elles seraient contraintes de faire du TSO. Plusieurs voyaient dans cette action le retour de l'ascenseur. L'action fut un succ&#232;s sur toute la ligne et d'autres actions de ce genre devraient voir le jour au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; R&#233;cemment, la FIQ lan&#231;ait une campagne publicitaire o&#249; l'on voit l'impact social du TSO sur les familles qu&#233;b&#233;coises. La publicit&#233;, qui a &#233;t&#233; partag&#233;e pr&#232;s de 9 000 fois et visionn&#233;e pr&#232;s de 700 000 fois au moment d'&#233;crire ces lignes, montre une infirmi&#232;re qui se fait demander de rester pour du TSO alors que sa fille l'attend pour f&#234;ter son anniversaire. La publicit&#233; est efficace et permet de comprendre rapidement l'impact sur l'alternance travail-famille pour les professionnelles du r&#233;seau de la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Devant l'absence d'&#233;coute de la part des employeurs et du gouvernement &#224; ce sujet, il nous appara&#238;t clair que les travailleuses continueront d'agir de mani&#232;re spontan&#233;e et qu'elles continueront de d&#233;sob&#233;ir. Faute de proposition concr&#232;te de la part des employeurs et du gouvernement, la d&#233;sob&#233;issance demeure la voie d'action &#224; prendre. Tout a &#233;t&#233; tent&#233; dans ce dossier. Il faut que les dirigeant&#183;e&#183;s prennent leurs responsabilit&#233;s et cessent de s'en remettre aux infirmi&#232;res et aux infirmi&#232;res auxiliaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En conclusion, il nous appara&#238;t clair que les actes de d&#233;sob&#233;issance comme les sit-in et les occupations sont des d&#233;monstrations de force que les professionnelles en soins devraient utiliser davantage. Les infirmi&#232;res, les infirmi&#232;res auxiliaires et les inhaloth&#233;rapeutes sont parmi les m&#233;tiers les mieux per&#231;us par la population. Elles ont un capital de sympathie tr&#232;s &#233;lev&#233; dans le grand public et pour des syndiqu&#233;es, cela est plut&#244;t rare en ce moment. Il faut miser sur cette sympathie ainsi que continuer les actions de perturbations et de d&#233;sob&#233;issance. Sans mauvais jeu de mots, il est temps de faire go&#251;ter au gouvernement et aux dirigeant&#183;e&#183;s des CIUSSS et CISSS leur propre m&#233;decine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur est conseiller syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : manifestation de la FSSS, affili&#233;e &#224; la CSN, en novembre 2017, pour le renouvellement des conventions collectives dans le secteur de la sant&#233; et des services sociaux (Isabelle L&#233;vesque).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean. Chroniques d'un royaume</title>
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		<dc:date>2018-09-16T17:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Isabelle Bouchard, Claude C&#244;t&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Bouchard, Isabelle</dc:subject>
		<dc:subject>C&#244;t&#233;, Claude</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#192; l'occasion de la sortie de son num&#233;ro portant sur le Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean, tout le collectif de r&#233;daction d'&#192; b&#226;bord ! traverse le parc des Laurentides lors de la fin de semaine du 16-17-18 juin. Nous pr&#233;senterons donc sur place notre plus r&#233;cent num&#233;ro, &#224; Chicoutimi le 16 juin et &#224; Alma le 17. Tous les d&#233;tails ici. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au plaisir de vous y trouver ! &lt;br class='autobr' /&gt; Vaste territoire, le Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean (SLSJ) s'&#233;tend sur une superficie de 95 893 km2, ce qui en fait l'une des plus grandes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Saguenay-Lac-St-Jean-Chroniques-d-un-royaume-" rel="directory"&gt;Dossier : Saguenay - Lac-St-Jean. Chroniques d'un royaume&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cote-Claude-+" rel="tag"&gt;C&#244;t&#233;, Claude&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2387.jpg?1642092194' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;840&#034; height=&#034;473&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'occasion de la sortie de son num&#233;ro portant sur le Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean, tout le collectif de r&#233;daction d'&lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; traverse le parc des Laurentides lors de la fin de semaine du 16-17-18 juin. Nous pr&#233;senterons donc sur place notre plus r&#233;cent num&#233;ro, &#224; Chicoutimi le 16 juin et &#224; Alma le 17. Tous les d&#233;tails &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Deux-lancements-au-Saguenay-Lac-St-Jean&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au plaisir de vous y trouver !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vaste territoire, le Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean (SLSJ) s'&#233;tend sur une superficie de 95 893 km2, ce qui en fait l'une des plus grandes r&#233;gions du Qu&#233;bec. La rivi&#232;re Saguenay et le lac Saint-Jean servent &#224; distinguer g&#233;ographiquement ses deux composantes : les Saguen&#233;en&#183;ne&#183;s d'un c&#244;t&#233; et les Jeannois&#183;es de l'autre. Gare &#224; vous si vous confondez les un&#183;e&#183;s pour les autres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien connue pour ses bleuets sauvages, ses plages, ses for&#234;ts, ses grandes industries de bois et d'aluminium, la r&#233;gion est appel&#233;e &#224; jouer son r&#244;le de r&#233;gion ressource. Toutefois, le Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean est plus que &#231;a. Il est aussi &#8211; surtout &#8211; un milieu de vie autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les autres r&#233;gions du Qu&#233;bec, le SLSJ fait toutefois face &#224; des d&#233;fis importants. L'un des plus urgents est li&#233; &#224; son solde migratoire, qui a longtemps &#233;t&#233; n&#233;gatif. Il y a quelques ann&#233;es, on disait que la r&#233;gion se vidait de ses jeunes par l'&#233;quivalent d'un autobus par semaine. Gr&#226;ce &#224; des initiatives citoyennes, le bilan migratoire s'est stabilis&#233; en 2010-2011, pour conna&#238;tre cependant un nouveau d&#233;clin important aujourd'hui. Parmi les causes de celui-ci : les compressions budg&#233;taires touchant les organismes dont la vocation est justement de mettre en place des strat&#233;gies migratoires concert&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;gion du SLSJ, &#224; l'instar des autres r&#233;gions, doit aussi composer avec un contexte politique o&#249; le d&#233;sengagement de l'&#201;tat est de plus en plus manifeste. L'abolition des Conf&#233;rences r&#233;gionales des &#233;lus et les changements l&#233;gislatifs impos&#233;s par le gouvernement lib&#233;ral, qui accordent plus d'autonomie aux municipalit&#233;s, causent des d&#233;ficits d&#233;mocratiques importants. Les citoyen&#183;ne&#183;s de la r&#233;gion doivent &#234;tre &#233;cout&#233;s, consult&#233;s et impliqu&#233;s dans les prises de d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa population, &#224; l'accent caract&#233;ristique et aux tournures de phrases color&#233;es, est partout reconnue comme dynamique, d&#233;brouillarde et inventive. Ce dossier en fait bien &#233;tat gr&#226;ce &#224; la quinzaine d'hommes et de femmes provenant des quatre coins du territoire ayant accept&#233; notre invitation. Nous les en remercions chaleureusement. Par leurs analyses et leurs actions, ceux-ci et celles-ci fa&#231;onnent, &#224; leur mani&#232;re, la vie au royaume du Saguenay&#8211;Lac-Saint-Jean.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec des contributions de Marie-Christine Bernard, Claude Bouchard, Isabel Brochu, Claude C&#244;t&#233;, Simon-Olivier Co&#770;te&#769;, Engelbert Cottenoir, Pierre Demers, France Devin, France Desjardins, Pierre Dostie, &#201;ric Dubois, Philippe Dumont, Vincent Gagnon, Alain Gibert, &#201;milie Nolet-Rousseau, Steeve Simard, Gilbert Talbot et Marc Villeneuve.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Antoine Lamielle (CC BY-SA 4.0)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Prendre le virage du royaume !</title>
		<link>https://www.ababord.org/Prendre-le-virage-du-royaume</link>
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		<dc:date>2018-09-03T20:50:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude C&#244;t&#233;, Marielle Couture</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>C&#244;t&#233;, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Couture, Marielle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Du 29 juin au 2 juillet, dans le joli village de Sainte-Rose-du-Nord, le festival Virage, fabrique d'id&#233;es, en sera &#224; sa troisi&#232;me &#233;dition. Marielle Couture, l'une des co-organisatrices de l'&#233;v&#233;nement, a accept&#233; de r&#233;pondre &#224; nos questions. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; b&#226;bord ! : Quelles sont les origines du festival Virage ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Marielle Couture : D'un point de vue mythique, Virage est la manifestation estivale d'une suite rituelle saisonni&#232;re. Sur le lieu-dit la Terre des Vikings prend vie chaque saison un rite (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Couture-Marielle-+" rel="tag"&gt;Couture, Marielle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2571.png?1642092212' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;400&#034; height=&#034;251&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Du 29 juin au 2 juillet, dans le joli village de Sainte-Rose-du-Nord, le festival Virage, fabrique d'id&#233;es, en sera &#224; sa troisi&#232;me &#233;dition. Marielle Couture, l'une des co-organisatrices de l'&#233;v&#233;nement, a accept&#233; de r&#233;pondre &#224; nos questions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; : Quelles sont les origines du festival Virage ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marielle Couture&lt;/strong&gt; : D'un point de vue mythique, Virage est la manifestation estivale d'une suite rituelle saisonni&#232;re. Sur le lieu-dit la Terre des Vikings prend vie chaque saison un rite particulier : un carnaval automnal (la Fun&#233;raille des beaux jours), un carnaval hivernal (le Sasquatch) et il y a eu, dans un pass&#233; tout aussi mythique, le Fabuleux festival international du folk sale. Ces &#233;v&#233;nements sont n&#233;s de la r&#233;flexion de jeunes familles allum&#233;es et dynamiques r&#233;cemment install&#233;es dans le petit village de 415 habitant&#183;e&#183;s et qui souhaitaient cr&#233;er des rituels culturels qui leurs seraient propres, autant pour c&#233;l&#233;brer la vie que pour r&#233;fl&#233;chir aux liens qui existent entre les humains et la nature. Car &#224; Sainte-Rose-du-Nord au Saguenay, il y a encore des saisons franches !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Virage, c'est une rencontre, des valeurs communes, un trop plein d'indignation face aux crises multiples engendr&#233;es par le n&#233;olib&#233;ralisme et un sentiment partag&#233; d'impuissance. Une id&#233;e a germ&#233;, elle est devenue tenace et avec beaucoup de travail, elle est devenue possible : un &#233;trange festival politique, multidisciplinaire et festif, en r&#233;gion. La premi&#232;re &#233;dition de Virage s'intitulait &#171; Fabrique d'id&#233;es pour survivre &#224; 2015 &#187;. L'id&#233;e &#233;tait de rassembler des groupes d'affinit&#233;s afin de r&#233;fl&#233;chir aux actions pour agir concr&#232;tement et positivement. Ce &#171; chantier de r&#233;flexion &#187; se terminait par la Folle machine &#224; solutions, un moment de dialogue et de d&#233;mocratie participative o&#249; chaque participant&#183;e &#233;tait invit&#233;&#183;e &#224; soumettre des id&#233;es, &#224; proposer de nouvelles r&#233;flexions ou &#224; partager un apprentissage. Le r&#233;sultat a confirm&#233; la pertinence du festival. Dor&#233;navant, les aspects socio-&#233;cologiques deviendraient le th&#232;me central. Ce qui a allum&#233; l'&#233;tincelle d'une seconde &#233;dition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Quelles sont les motivations derri&#232;re ce festival ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. C.&lt;/strong&gt; : La philosophie originale de Virage est d'aborder les grandes transformations n&#233;cessaires &#8211; la transition socio-&#233;cologique &#8211;, selon trois dimensions : la t&#234;te, les mains et le c&#339;ur. La t&#234;te, c'est pour se d&#233;coloniser l'imaginaire. Il faut comprendre notre monde par ses dimensions th&#233;oriques et conceptuelles. Les mains, c'est pour (r&#233;)apprendre &#224; faire des choses : jardiner, r&#233;parer les objets, cuisiner et transmettre ces savoir-faire. Le c&#339;ur, il est l&#224; pour inventer de nouvelles &#233;thiques qui permettraient de se relier &#224; soi, aux autres et &#224; la nature. Le tout dans une ambiance de f&#234;te, de musique et de cirque, car c'est un festival !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire la f&#234;te fait aussi partie de nos motivations parce c'est dans le plaisir qu'on exulte. En misant sur le plaisir et les exp&#233;riences innovantes. Nous provoquons la rencontre entre des chercheurs&#183;euses, des artistes, des citoyen&#183;ne&#183;s, des enfants et le public. Cette rencontre permet &#224; chacun&#183;e de s'outiller pour retourner dans sa propre communaut&#233; avec des id&#233;es et un r&#233;seau pour aider &#224; les concr&#233;tiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Pourquoi avoir choisi Sainte-Rose-du-Nord comme lieu pour tenir ce festival ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. C.&lt;/strong&gt; : Sainte-Rose-du-Nord, c'est notre milieu de vie. Nous avons fait le choix d'occuper ce territoire avec nos familles et d'y g&#233;n&#233;rer une &#233;conomie diff&#233;rente des activit&#233;s habituelles. La premi&#232;re &#233;dition de Virage a cr&#233;&#233; un effet d'entra&#238;nement et, d&#233;sormais, des personnes de partout au Qu&#233;bec contribuent au projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Qui fait partie de l'organisation ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. C.&lt;/strong&gt; : Le festival est une co-cr&#233;ation de quatre ami&#183;e&#183;s : Nancy Lavoie, Marco Bondu, Ian Segers et moi-m&#234;me. Nous nous partageons le travail d'id&#233;ation, de programmation, de logistique, de coordination et de communication. Ce travail est enrichi par un noyau de personnes de toutes provenances, engag&#233;es, motiv&#233;es et g&#233;n&#233;reuses qui donne un s&#233;rieux coup de main &#224; toutes les &#233;tapes du processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Quels sont les objectifs de votre festival ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. C.&lt;/strong&gt; : Pour nous, il est urgent de (r&#233;)investir l'espace public, de prot&#233;ger et de consolider les espaces d&#233;mocratiques, de prot&#233;ger les &#233;cosyst&#232;mes et les cultures. De mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, notre objectif est de nous pr&#233;occuper de notre avenir global. Virage, c'est une forme de r&#233;sistance positive, une invitation propice aux rencontres, &#224; l'&#233;change, au contact entre diverses disciplines et id&#233;es. L'&#233;v&#233;nement propose des pistes de r&#233;flexion, mais ce sont les participant&#183;e&#183;s qui orientent les id&#233;es et les actions. L'objectif est de faire na&#238;tre de nouvelles id&#233;es, des propositions concr&#232;tes pour agir dans nos localit&#233;s. Le facteur &#171; fun &#187; est important dans ce changement. Prendre le temps, discuter, d&#233;couvrir, apprendre. Le festival est un agent de contamination positive, que nous consid&#233;rons comme un des (joyeux) rouages de cette n&#233;cessaire transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : &#192; quoi ressemble la programmation ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. C.&lt;/strong&gt; : Pendant quatre jours, nous proposons des conf&#233;rences, des ateliers de formation et de r&#233;flexions, des exp&#233;riences immersives, des agoras, des dialogues ouverts, des &#233;changes autour du bar ou du feu pour explorer diff&#233;rentes mani&#232;res d'ouvrir la discussion sur divers sujets &#8211; politique, &#233;conomie, environnement, mobilisations, f&#233;minismes, racisme, enjeux autochtones, entre autres. Un &#171; fab lab &#187; offre des exp&#233;riences concr&#232;tes en lien avec la transition (jardinage sur petites surfaces, r&#233;paration de v&#233;lo, s&#233;rigraphie, construction de murs en ballots de paille). Le contexte est familial, des activit&#233;s &#233;tant pr&#233;vues pour les enfants (chasse au tr&#233;sor sur la biodiversit&#233;, contes philosophiques, etc.) et un camping est destin&#233; sp&#233;cialement aux familles. Le tout dans un enrobage bonbon : plein air, musique, cirque, spectacles de feu, slam et po&#233;sie, th&#233;&#226;tre, animation rocambolesque. Un m&#233;lange unique qui g&#233;n&#232;re des combinaisons improbables et l'&#233;closion d'id&#233;es nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Comment se finance le festival ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. C.&lt;/strong&gt; : Notamment par la vente de bi&#232;res sp&#233;cialement fabriqu&#233;es pour nous par des ami&#183;e&#183;s de L'Anse-Saint-Jean. Bien s&#251;r, le festival compte essentiellement sur l'achat de billets sur le site pour faire rouler ses op&#233;rations. Depuis l'ann&#233;e derni&#232;re, nous recevons un support financier de la MRC du Fjord. Mais rien ne serait possible sans la contribution gratuite de dizaines de b&#233;n&#233;voles motiv&#233;s, de la g&#233;n&#233;rosit&#233; de celles et ceux qui transmettent leurs connaissances et leur exp&#233;rience sans demander de r&#233;tribution et de tous ces artistes engag&#233;s qui &#171; performent &#187; souvent &#224; prix d'ami. &#201;ventuellement, nous aimerions d&#233;velopper le volet financement afin d'am&#233;liorer l'acc&#232;s &#224; toutes et tous et pouvoir payer les artistes et conf&#233;renciers-conf&#233;renci&#232;res &#224; leur juste valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Comptez-vous faire d'autres &#233;ditions ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. C.&lt;/strong&gt; : Oui. La transition commence tout juste &#224; gagner du terrain dans le discours social et la science nous dit qu'il faut absolument changer nos paradigmes. Plus que jamais, l'individualisme perd du terrain et les gens souhaitent poser des gestes concrets pour changer des choses. D'ailleurs, cette ann&#233;e, la Folle machine &#224; solutions sera ax&#233;e sur la mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Le Festival s'inscrit-il dans une tendance politique particuli&#232;re ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M. C.&lt;/strong&gt; : Le festival est r&#233;solument politique et nous sommes ouvertement progressistes. Nous abordons la politique au sens large et plut&#244;t sous un angle sociologique ; nos efforts sont mis avant tout dans la construction d'une transition socio-&#233;cologique. Cependant, nous &#233;vitons soigneusement toute &#233;tiquette partisane et nous ne sommes affili&#233;s &#224; aucun parti politique. Nous tenons &#224; conserver un esprit non partisan. Cela ne nous emp&#234;che pas de donner la parole &#224; des repr&#233;sentant&#183;e&#183;s politiques. Cette ann&#233;e par exemple, nous allons aborder le th&#232;me de la constituante. Il nous semble pertinent d'inviter des personnes qui repr&#233;sentent une banni&#232;re, car certains partis discutent ouvertement de cette avenue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Festival Virage 2016 (Mathieu Breton).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Premi&#232;re Moisson. Tribulations d'une syndicalisation</title>
		<link>https://www.ababord.org/Premiere-Moisson-Tribulations-d-une-syndicalisation</link>
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		<dc:date>2017-08-08T19:39:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude C&#244;t&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>C&#244;t&#233;, Claude</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Figure famili&#232;re des &#233;talages de supermarch&#233;, la boulangerie Premi&#232;re Moisson, occupe une place particuli&#232;re dans les maisonn&#233;es qu&#233;b&#233;coises. R&#233;cit du premier syndicat &#224; voir le jour chez Premi&#232;re Moisson, dans sa succursale du march&#233; Jean-Talon &#224; Montr&#233;al. &lt;br class='autobr' /&gt; Fond&#233;e en 1992 par la famille Colpron-Fiset, cette boulangerie d'inspiration fran&#231;aise propose &#224; ses client&#183;e&#183;s des pains, des p&#226;tisseries et des charcuteries de qualit&#233; &#224; bas prix. Aujourd'hui propri&#233;t&#233; &#224; 75 % de M&#233;tro-Richelieu, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-66-oct-nov-2016-" rel="directory"&gt;No 066 - oct. / nov. 2016&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cote-Claude-+" rel="tag"&gt;C&#244;t&#233;, Claude&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2430.png?1642092197' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;875&#034; height=&#034;530&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Figure famili&#232;re des &#233;talages de supermarch&#233;, la boulangerie Premi&#232;re Moisson, occupe une place particuli&#232;re dans les maisonn&#233;es qu&#233;b&#233;coises. R&#233;cit du premier syndicat &#224; voir le jour chez Premi&#232;re Moisson, dans sa succursale du march&#233; Jean-Talon &#224; Montr&#233;al.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fond&#233;e en 1992 par la famille Colpron-Fiset, cette boulangerie d'inspiration fran&#231;aise propose &#224; ses client&#183;e&#183;s des pains, des p&#226;tisseries et des charcuteries de qualit&#233; &#224; bas prix. Aujourd'hui propri&#233;t&#233; &#224; 75 % de M&#233;tro-Richelieu, l'entreprise op&#232;re une vingtaine de succursales principalement dans la r&#233;gion montr&#233;alaise. En 2010, celles-ci comptaient plus de 1 000 salari&#233;&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Se syndiquer pour &#234;tre respect&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de se syndiquer s'ancre dans le contexte de lutte &#224; la pr&#233;carisation que certaines organisations syndicales m&#232;nent actuellement en Am&#233;rique du Nord. Cette lutte s'articule entre autres &#224; travers l'augmentation du salaire minimum &#224; 15 $ de l'heure. Comme la plupart des salari&#233;&#183;e&#183;s dans le commerce au d&#233;tail, les artisans de Premi&#232;re Moisson ne gagnent souvent que le salaire minimum (10,75 $ / h). Plusieurs d'entre eux n'ont d'ailleurs re&#231;u aucune augmentation salariale depuis quatre ou cinq ans, se sentant ainsi peu valoris&#233;&#183;e&#183;s par l'employeur. La syndicalisation devient alors une solution pour ces personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; la suite de discussions entre coll&#232;gues sur les conditions de travail qu'un projet de syndicalisation a pris forme. Nous avons enfin pris le temps d'exprimer ce que l'on ressentait et d'&#234;tre proactifs. Pour beaucoup de coll&#232;gues, &#234;tre syndiqu&#233; permettrait de contrer l'arbitraire patronal et de s'assurer d'&#234;tre respect&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc en novembre 2015 que les premi&#232;res rencontres avec le service de syndicalisation de la Conf&#233;d&#233;ration des syndicats nationaux (CSN) ont eu lieu. Au d&#233;part, la centrale cherchait principalement &#224; voir la viabilit&#233; d'un tel projet. Elle ne d&#233;sirait pas se lancer dans celui-ci si cela mourait au bout d'une ann&#233;e. Afin de rassurer la CSN, il &#233;tait n&#233;cessaire de rejoindre les salari&#233;&#183;e&#183;s qui &#233;taient pr&#233;sent&#183;e&#183;s au sein de l'entreprise depuis plusieurs ann&#233;es et qui donneraient une l&#233;gitimit&#233; plus grande au projet. Pour la CSN, il fallait que la campagne s'ancre plus profond&#233;ment que seulement chez les &#233;tudiant&#183;e&#183;s, qui sont pour la plupart que de passage dans l'entreprise. &#192; mon avis, il faut tout de m&#234;me &#234;tre plus &#171; agressif &#187; dans la syndicalisation des pr&#233;caires. Avec un taux de roulement &#233;lev&#233;, ce genre de commerce n&#233;cessite d'agir rapidement si l'on ne veut pas devoir recommencer constamment le processus d'accr&#233;ditation. Un noyau de quelques personnes s'est ainsi tranquillement form&#233;, rassemblant autant des salari&#233;&#183;e&#183;s &#224; temps partiel qu'&#224; temps plein. Le syndicat avait maintenant sa l&#233;gitimit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Oppositions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est au cours de la soir&#233;e du 2 mai 2016 que la requ&#234;te en accr&#233;ditation a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e au Tribunal administratif du travail (TAT). Quelques jours auparavant, l'impression g&#233;n&#233;rale &#233;tait que les patrons se doutaient de quelque chose. Il y avait m&#234;me un sentiment de surveillance chez certains salari&#233;&#183;e&#183;s. Cette impression s'est confirm&#233;e au courant de la journ&#233;e : l'employeur a convoqu&#233; des rencontres d'urgence pour le lendemain sans savoir que la requ&#234;te serait d&#233;pos&#233;e en soir&#233;e. Le 3 mai, le conseiller syndical s'est pr&#233;sent&#233; sur le lieu de travail pour expliquer au patron qu'une requ&#234;te avait &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e et qu'il ne pouvait d'aucune fa&#231;on interf&#233;rer dans le processus. Apr&#232;s une enqu&#234;te rapide d'un mois par le TAT, les militant&#183;e&#183;s apprenaient la bonne nouvelle : leur syndicat &#233;tait accr&#233;dit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de s'assurer que celui-ci demeure actif, diff&#233;rentes rencontres d'information ont eu lieu pour rallier le maximum de gens au projet syndical. Le succ&#232;s de ces rencontres fut mitig&#233; &#224; mon avis. Il a fallu plusieurs rencontres avant que les opposant&#183;e&#183;s au projet finissent par se pr&#233;senter &#224; l'une d'elles. Nous croyions d'ailleurs avoir d&#233;samorc&#233; certaines de leurs craintes. C'est au moment de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale que nous avons cependant compris leur stratag&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de fondation, les opposant&#183;e&#183;s se sont pr&#233;sent&#233;&#183;e&#183;s massivement afin de faire passer des points laissant croire &#224; une tentative de sabotage. L'animateur de radio-poubelle &#201;ric Duhaime serait fier des r&#233;actionnaires ; ce dernier avait propos&#233; dans un pamphlet antisyndical d'investir les lieux d&#233;cisionnels des syndicats afin de s'assurer d'une r&#233;orientation id&#233;ologique o&#249; les luttes politiques des syndicats se retrouveraient mises au rancart. Les &#233;l&#232;ves ont d&#233;pass&#233; le ma&#238;tre ! Les opposants &#224; la syndicalisation de la boulangerie ont accapar&#233; le syndicat et ont entam&#233; le processus de torpillage d&#232;s sa fondation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re &#233;tape : la remise en question du processus de syndicalisation en soumettant une proposition de &#171; r&#233;f&#233;rendum &#187; aupr&#232;s des salari&#233;&#183;e&#183;s. Cette strat&#233;gie vise &#224; an&#233;antir le rapport de force probable du syndicat lors de la n&#233;gociation. D&#232;s le lancement de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, la &#171; porte-parole &#187;des opposants prit la parole afin d'expliquer que le processus de syndicalisation n'avait pa &#233;t&#233; d&#233;mocratique et qu'elle d&#233;tenait une liste de salari&#233;&#183;e&#183;s qui se sentait l&#233;s&#233;&#183;e&#183;s puisqu'ils et elles n'avaient pas &#233;t&#233; &#171; consult&#233;&#183;e&#183;s &#187; dans le processus. Deuxi&#232;me &#233;tape : les r&#233;actionnaires ont propos&#233; d'imposer un quorum &#224; 50 % pour les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales. Un vernis d&#233;mocratique a servi d'argument principal &#224; cette proposition malgr&#233; le fait que cela rende tr&#232;s difficile d'avoir une vie syndicale active avec un tel quorum. Cela ressemblait de plus en plus &#224; un sabotage en r&#232;gle. Troisi&#232;me et ultime &#233;tape : lors de l'&#233;lection du comit&#233; ex&#233;cutif, les trois postes ont &#233;t&#233; gagn&#233;s par des opposant&#183;e&#183;s au projet de syndicalisation. On peut dire que les patrons ont maintenant des alli&#233;&#183;e&#183;s de taille dans le syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Organiser les pr&#233;caires : ardu mais possible&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien que cette exp&#233;rience syndicale s'annonce &#233;ph&#233;m&#232;re, il demeure important d'organiser les travailleurs et travailleuses pr&#233;caires, m&#234;me si cela est difficile. Il faut rappeler que des outils existent afin de s'assurer de la mise en place d'une premi&#232;re convention collective. En ce qui concerne le syndicat de Premi&#232;re Moisson, nous pouvons cependant douter de l'efficacit&#233; de celui-ci dans un proche avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque chaque processus de syndicalisation est unique, cette campagne doit servir de mod&#232;le pour les militantes et militants syndicaux qui voudraient s'organiser sur leur lieu de travail. Elle doit &#234;tre une d&#233;monstration que c'est possible de s'organiser, malgr&#233; les obstacles &#233;num&#233;r&#233;s. Il y a encore beaucoup de travail &#224; faire pour que les travailleurs&#183;euses pr&#233;caires s'organisent collectivement et que ceux-ci soient enthousiastes de le faire. Je continue de croire que les centrales syndicales doivent investir temps et argent dans la syndicalisation des travailleurs&#183;euses atypiques et ainsi faire avancer les conditions de travail de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la tentative de sabotage, les militant&#183;e&#183;s du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la Boulangerie Premi&#232;re Moisson &#8211; CSN continue de solidifier leur rapport de force pour n&#233;gocier une premi&#232;re convention collective !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : G&#233;rald McKenzie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Raviver l'utopie au Royaume !</title>
		<link>https://www.ababord.org/Raviver-l-utopie-au-Royaume</link>
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		<dc:date>2017-02-23T03:31:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude C&#244;t&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>
		<dc:subject>C&#244;t&#233;, Claude</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Deux nouvelles initiatives populaires ont vu le jour au cours de la derni&#232;re ann&#233;e au Saguenay-Lac-Saint-Jean. L'une dans l'ancienne ville de Chicoutimi, l'autre dans la capitale jeannoise, la ville d'Alma. &lt;br class='autobr' /&gt; En janvier 2016, le collectif Emma Goldman (CEG) a cr&#233;&#233; un espace de rencontre et de discussion pour la population r&#233;gionale o&#249; le militantisme, la marginalit&#233; et la libert&#233; pouvaient s'exprimer sans &#233;gard &#224; son origine. Le CEG est un groupe anarchiste qui milite au Sague&#173;nay depuis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-65-ete-2016-" rel="directory"&gt;No 065 - &#233;t&#233; 2016&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-associatif-et-+" rel="tag"&gt;Mouvement associatif et communautaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cote-Claude-+" rel="tag"&gt;C&#244;t&#233;, Claude&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2364.png?1642092190' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;487&#034; height=&#034;341&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Deux nouvelles initiatives populaires ont vu le jour au cours de la derni&#232;re ann&#233;e au Saguenay-Lac-Saint-Jean. L'une dans l'ancienne ville de Chicoutimi, l'autre dans la capitale jeannoise, la ville d'Alma.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En janvier 2016, le collectif Emma Goldman (CEG) a cr&#233;&#233; un espace de rencontre et de discussion pour la population r&#233;gionale o&#249; le militantisme, la marginalit&#233; et la libert&#233; pouvaient s'exprimer sans &#233;gard &#224; son origine. Le CEG est un groupe anarchiste qui milite au Sague&#173;nay depuis maintenant plus de cinq ans. Ses membres sont actifs dans la r&#233;gion o&#249; ils pr&#244;nent un id&#233;al issu de la tradition anarcho-communiste. L'espace social libre (ESL) qu'ils ont mis sur pied &#224; Chicoutimi est la concr&#233;tisation d'un projet qui a commenc&#233; au mois de janvier 2015 dans le cadre des luttes contre l'aust&#233;rit&#233; ; le CEG se demandait alors ce qu'il pourrait faire en tant que groupe anarchiste pour favoriser les luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; d'Alma, c'est une initiative du communautaire qui est &#224; l'origine du Caf&#233; communautaire l'Acc&#232;s. Cet espace se pr&#233;sente comme un endroit favorisant les rencontres dans une perspective de changement social &#224; travers une activit&#233; &#233;conomique alternative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit tour d'horizon de ces nouveaux espaces militants.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'espace social libre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lors des mobilisations de 2015 contre l'aust&#233;rit&#233;, le CEG s'est interrog&#233; sur ses strat&#233;gies de mobilisation, cherchant de nouvelles mani&#232;res de faire partager sa vision du monde. S'inspirant de l'exemple grec, il a d&#233;cid&#233; de mettre sur pied un espace d'&#233;changes o&#249; il serait possible de fonctionner selon un mod&#232;le alternatif, sortant du cadre commercial habituel. Gr&#226;ce &#224; l'appui du Fonds d'action &#224; l'initiative sociale, il a obtenu 25 % du finan&#173;cement requis pour le projet. Auparavant, c'est en rencontrant les gens des quartiers ouvriers de Ville Saguenay, autour de marmites autog&#233;r&#233;es (&lt;i&gt;food not bomb&lt;/i&gt;) que l'id&#233;e d'un tel espace de rencontres lui &#233;tait venue. Situ&#233; au 94 rue Jacques-Cartier, bureau 202 &#224; Chicoutimi, l'ESL accueille chaque semaine des activit&#233;s de tout genre dans l'esprit de sa fondation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif de l'ESL est d'organiser des activit&#233;s dans lesquelles la pratique et l'id&#233;al libertaire sont pr&#244;n&#233;s. Ce lieu sert &#224; tisser des solidarit&#233;s entre les gens de mani&#232;re inclusive. Selon le collectif, il &#233;tait n&#233;cessaire de disposer d'un endroit de ce genre o&#249; les contraintes &#233;conomiques ne sont pas un obstacle pour l'organisation collective. Ce cadre permet ainsi de proposer une alternative et de vivre l'utopie anarchiste &#224; petite &#233;chelle, l'ESL &#233;tant un espace reposant sur des principes d'autonomie, d'autogestion et se pr&#233;sente comme un lieu de la contre-culture saguen&#233;enne. Il existe certains endroits au Saguenay qui permettent d&#233;j&#224; de se rencontrer. Cependant, ces lieux ne pr&#244;nent pas l'id&#233;al propos&#233; par le CEG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'ouverture de l'ESL, plusieurs activit&#233;s militantes ont eu lieu. Le CEG y a pr&#233;sent&#233; des ateliers sur l'antifascisme, sur le privil&#232;ge blanc et sur la collaboration avec les Innus. Par ailleurs, une permanence est assur&#233;e durant la semaine permettant d'avoir acc&#232;s &#224; un march&#233; gratuit et &#224; un kiosque d'informations o&#249; des brochures et des livres sont disponibles. Afin de financer les acti&#173;vit&#233;s, des &#233;v&#233;nements sont organis&#233;s pour lesquels on demande des contributions volontaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militant&#183;e&#183;s du Collectif Emma Goldman et de l'Espace social libre travaillent toujours &#224; fice&#173;ler le projet. Dans les prochains mois, le comit&#233; d'organisation se propose de cr&#233;er &#233;galement un OSBL afin d'obtenir du financement pour des projets de cette nature. Par ailleurs, un projet de sociofinancement est en cours afin de perp&#233;tuer l'utopie anarchiste au Saguenay.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Caf&#233; communautaire l'Acc&#232;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; d'Alma, c'est le milieu communautaire qui est &#224; l'origine de l'initiative du caf&#233; l'Acc&#232;s qui propose une alternative reposant sur la solidarit&#233; et un mod&#232;le d'affaires bas&#233; sur la contribution volon&#173;taire. La coordonnatrice du groupe Acc&#232;s Condition Vie, &#224; l'origine de ce projet, le con&#231;oit comme un lieu o&#249; l'ensemble de la soci&#233;t&#233; peut se rencontrer. Elle croit fermement au concept de mixit&#233; socia&#173;le. Les gens peuvent s'impliquer b&#233;n&#233;vo&#173;lement afin de faire vivre l'endroit, mais &#233;galement pour avoir la possibilit&#233; de consommer sans &#224; payer mon&#233;tairement. Le temps donn&#233; au caf&#233; est redonn&#233; de cette mani&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contribution &#233;tant volontaire, les gens disposant de peu de revenus peuvent fr&#233;quenter l'endroit et y consommer caf&#233; et nourriture. Plusieurs intervenant&#183;e&#183;s ne croyaient pas qu'il serait possible d'avoir un lieu o&#249; l'achat se ferait de mani&#232;re volon&#173;taire. Pourtant, le caf&#233; enregistre des profits de 30 %. Tout comme l'ESL, le caf&#233; est disponible pour diff&#233;rentes activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, ces deux initiatives pr&#233;sent&#233;es proposent &#224; leur fa&#231;on des &#171; utopies &#187; respectant d'une certaine mani&#232;re leur milieu respectif, qu'il s'agisse de la mouvance anarchiste ou du milieu communautaire. D'un c&#244;t&#233; l'ESL cherche &#224; faire vivre l'alternative, en mettant de l'avant un id&#233;al issu de la tradition libertaire. De l'autre, au Caf&#233; Communautaire l'Acc&#232;s, l'activit&#233; &#233;conomique bas&#233;e sur la contribution volontaire permet &#224; notre avis de proposer une utopie et de la mettre en action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux exp&#233;riences permettent de cr&#233;er des projets alternatifs par rapport au mod&#232;le &#233;conomique h&#233;g&#233;monique. Elles nous permettent de dire : &#171; regardez, c'est possible ! &#187; Cependant, ces exp&#233;riences demeurent nouvelles et encore pr&#233;caires. L'ouverture d'espaces de ce genre s'av&#232;re prometteuse ; leur vrai d&#233;fi sera n&#233;anmoins de durer dans le temps !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : Banksy&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'h&#233;ritage social et politique de Jean Tremblay</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-heritage-social-et-politique-de</link>
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		<dc:date>2016-09-14T20:36:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude C&#244;t&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>C&#244;t&#233;, Claude</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les prises de parole publiques du maire de Saguenay, Jean Tremblay, ont &#224; plusieurs occasions fait couler beaucoup d'encre. En septembre 2015, il annon&#231;ait qu'il ne se repr&#233;senterait pas &#224; la fin de son mandat en 2017. Pour certain&#183;e&#183;s, c'&#233;tait une tr&#232;s bonne nouvelle, presque une lib&#233;ration. R&#233;sultat de la fusion en 2002 de Chicoutimi, Jonqui&#232;re et La Baie notamment, Saguenay n'a eu que ce maire color&#233; depuis. Quel h&#233;ritage laissera-t-il ? &lt;br class='autobr' /&gt; Jean Tremblay sera longtemps associ&#233; &#224; la pri&#232;re (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2256.png?1642092183' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;178&#034; height=&#034;264&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les prises de parole publiques du maire de Saguenay, Jean Tremblay, ont &#224; plusieurs occasions fait couler beaucoup d'encre. En septembre 2015, il annon&#231;ait qu'il ne se repr&#233;senterait pas &#224; la fin de son mandat en 2017. Pour certain&#183;e&#183;s, c'&#233;tait une tr&#232;s bonne nouvelle, presque une lib&#233;ration. R&#233;sultat de la fusion en 2002 de Chicoutimi, Jonqui&#232;re et La Baie notamment, Saguenay n'a eu que ce maire color&#233; depuis. Quel h&#233;ritage laissera-t-il ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jean Tremblay sera longtemps associ&#233; &#224; la pri&#232;re r&#233;cit&#233;e aux s&#233;ances du conseil muni&#173;cipal et &#224; sa d&#233;fense acharn&#233;e de celle-ci devant les tribunaux. En 2006, Alain Simoneau, alors citoyen de Saguenay, portait plainte &#224; la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse contre la pratique du maire. Cette plainte a galvanis&#233; ce dernier, qui a mobilis&#233; ses troupes et les ressources de la Ville afin de la contrecarrer. La bataille judiciaire a &#233;t&#233; port&#233;e jusque devant la Cour supr&#234;me du Canada (CSC), qui a finalement oblig&#233; le maire Tremblay &#224; cesser cette pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu soulev&#233; par cette bataille &#233;tait principalement celui de la neutralit&#233; de l'&#201;tat. La s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat dans le contexte saguen&#233;en n'&#233;tait en effet pas respect&#233;e comme en fait foi la d&#233;cision de la CSC : &#171; &lt;i&gt;Par la r&#233;citation de la pri&#232;re en litige lors des s&#233;ances publiques de d&#233;lib&#233;rations du conseil municipal, les intim&#233;s adh&#232;rent sciemment &#224; certaines croyances religieuses &#224; l'exclusion des autres. Ce faisant, ils contreviennent &#224; l'obligation de neutralit&#233; qui incombe &#224; l'&#201;tat.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Greenpeace et les intellectuels&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je vous demande, les syndicats, les travailleurs : mobilisons-nous contre Greenpeace et contre les intellectuels de ce monde.&lt;/i&gt; &#187; Voil&#224; comment s'exprimait le maire &#224; l'&#233;gard de Greenpeace et des intellectuels l'an dernier. C'est au courant de l'ann&#233;e 2007, lors d'une action de l'ONG &#224; Saguenay visant &#224; prot&#233;ger la for&#234;t bor&#233;ale que le premier magistrat fait leur connaissance. C'est d'ailleurs &#224; la suite d'une entrevue donn&#233;e aux diff&#233;rents m&#233;dias r&#233;gionaux concernant ce coup m&#233;diatique de Greenpeace que le maire devient une vedette de l'&#233;mission &lt;i&gt;Infoman&lt;/i&gt;, qui le rebaptise Jean &#171; l&#224; l&#224; &#187; Tremblay. En 2015, le maire Tremblay proposait ainsi &#224; la soci&#233;t&#233; civile saguen&#233;enne de se mobiliser contre cette organisation militante puisque l'entreprise Produits forestiers R&#233;solu (PFR), &#233;tablie dans la r&#233;gion, avait perdu son accr&#233;ditation FSC (&lt;i&gt;Forest Stewardship Council&lt;/i&gt;) qui garantit la bonne gestion de la for&#234;t. Dans la logique tout &#224; fait ridicule du maire Tremblay, c'&#233;tait la faute de Greenpeace. Selon lui, les usines qui ferment dans la r&#233;gion sont le r&#233;sultat de l'activisme des groupes comme Greenpeace qui pr&#233;f&#232;rent sauver un caribou forestier plut&#244;t que les emplois dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;pisode d'appel &#224; la mobilisation du maire contre Greenpeace et les intellectuels n'est pas sa premi&#232;re frasque contre les intellos. En 2012, lors de la campagne &#233;lectorale qu&#233;b&#233;coise, la candidate du Parti qu&#233;b&#233;cois Djemila Benhabib s'est prononc&#233; sur la pr&#233;sence du crucifix &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Les propos de cette derni&#232;re ne firent pas l'affaire de M. Tremblay et celui-ci pr&#233;texta qu'elle n'avait pas &#224; s'interroger sur le sujet &#233;tant donn&#233; qu'il avait du mal &#224; prononcer le nom de Mme Benhabib. En r&#233;action &#224; ces propos, le sociologue G&#233;rard Bouchard, ancien co-pr&#233;sident de la Commission sur les accommodements raisonnables, a sugg&#233;r&#233; &#224; l'&#233;mission &lt;i&gt;Tout le monde en parle&lt;/i&gt; que Jean Tremblay n'&#233;tait rien d'autre qu'un int&#233;griste religieux. C'&#233;tait suffisant pour que le maire d&#233;nonce vertement les propos de Bouchard et sugg&#232;re que ce dernier &#233;tait all&#233; &#224; l'&#233;cole &#171; &lt;i&gt;beaucoup trop longtemps&lt;/i&gt; &#187; ! Il revient &#224; la charge en 2015 en proposant de se mobiliser contre les intellectuels, comme nous l'avons soulign&#233; pr&#233;c&#233;demment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas &#224; une contradiction pr&#232;s, le maire Tremblay proposait pourtant en 2013 de faire de Saguenay une ville universitaire, &#224; l'image de Sherbrooke, en travaillant de concert avec l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Chicoutimi (UQAC). Reste maintenant &#224; voir la place qui serait accord&#233;e aux &#171; intellectuels &#187; de cette ville universitaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mouvement &#233;tudiant et anti-&#233;meute&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme plusieurs autres endroits au Qu&#233;bec, Saguenay a &#233;t&#233; touch&#233; par le mouvement de gr&#232;ve &#233;tudiante de 2012 ; certains programmes d'&#233;tudes de l'UQAC et du c&#233;gep de Jonqui&#232;re ont fait gr&#232;ve durant cette p&#233;riode. &#192; l'instar de Montr&#233;al, plusieurs manifestations ont eu lieu dans les rues de la ville, bloquant &#224; l'occasion des boulevards et m&#234;me le pont Dubuc, unique lien entre le centre-ville de l'arrondissement de Chicoutimi et la rive nord de la rivi&#232;re Saguenay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce dossier, le maire s'est prononc&#233; timidement sur la question des droits de scolarit&#233;, proposant d'imposer une hausse mais sur une plus longue p&#233;riode, proposition qui avait &#233;trangement &#233;t&#233; reprise par le gouvernement de Jean Charest &#224; l'&#233;poque. En avril 2012, lors de son passage au Cercle de presse du Saguenay, le maire Tremblay affirmait que les manifestations &#233;tudiantes &#233;taient d&#233;rangeantes, mais qu'il n'augmenterait pas le budget de la S&#233;curit&#233; publique de Saguenay (SPS). Il faut rappeler que Saguenay, &#224; cette &#233;poque, n'avait toujours pas de service de police munie d'une unit&#233; de contr&#244;le de foule. Or, en novembre de la m&#234;me ann&#233;e, bien qu'il ait annonc&#233; qu'il ne financerait pas davantage le SPS, la Ville annon&#231;ait qu'elle d&#233;bourserait 100 000 $ pour acheter l'&#233;quipement et former des policiers afin d'&#234;tre conforme aux exigences du minist&#232;re de la S&#233;curit&#233; publique. Cette d&#233;cision est survenue seulement une fois la gr&#232;ve &#233;tudiante termin&#233;e. Maintenant, dans un contexte o&#249; l'opposition commence &#224; se mobiliser au Saguenay, les &#233;lus saguen&#233;ens auront acc&#232;s &#224; une police form&#233;e au contr&#244;le de foule.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Opposition politique et m&#233;diatique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; avec la pri&#232;re &#224; l'H&#244;tel de Ville, des citoyen&#183;ne&#183;s de Saguenay se sont mobilis&#233;s &#224; quelques reprises pour exiger que le maire cesse son ent&#234;tement. Comme quoi les dangers de l'orgueil, l'un des sept p&#233;ch&#233;s capitaux, auraient pu raisonner le maire et le faire c&#233;der sur cette question. C'est en novembre 2010 qu'un premier groupe de citoyen&#183;ne&#183;s se rencontre afin de cr&#233;er un comit&#233; politique qui a men&#233;, en 2011, &#224; la cr&#233;ation d'un parti politique : l'&#201;quipe du renouveau d&#233;mocratique (ERD). C'est lors du scrutin de 2013 que l'ERD se pr&#233;sente pour la premi&#232;re fois aux &#233;lections avec comme objectif de remplacer Jean Tremblay &#224; la t&#234;te de la septi&#232;me ville en importance au Qu&#233;bec. Lors de cette &#233;lection, 37 % des &#233;lecteurs&#183;trices ont vot&#233; pour l'opposition et deux candidates de l'ERD ont &#233;t&#233; &#233;lues au conseil municipal. L'organisation d'un parti politique municipal est une premi&#232;re dans l'histoire de la ville de Saguenay. Depuis l'&#233;lection de l'ERD, une tension est palpable au conseil municipal, o&#249; le roitelet se sent surveill&#233; et o&#249; les d&#233;bats n'ont jamais &#233;t&#233; aussi courants dans les instances municipales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'instar d'une opposition organis&#233;e dans un parti politique, les m&#233;dias r&#233;gionaux ont aussi exerc&#233; un contre-pouvoir au maire &#8211; du moins une part d'entre eux. C'est principalement des journalistes radio-canadiens qui soulevaient les irr&#233;gularit&#233;s dans la gestion du maire. D'autres m&#233;dias, surtout KYK Radio X, ont appuy&#233; le maire et ses id&#233;es. Cette station de radio a notamment organis&#233; une campagne de financement dans le dossier de la pri&#232;re afin de soutenir cette &#171; lutte &#187;. Par la suite, en r&#233;ponse au &#171; mauvais &#187; portrait que Radio-Canada d&#233;peignait de lui, le maire Tremblay a parfois refus&#233; de r&#233;pondre &#224; des questions le concernant, voire d'accorder des entrevues &#224; certain&#183;e&#183;s journalistes. Face &#224; cette opposition m&#233;diatique, il a d&#233;cid&#233; de mettre sur pied son propre m&#233;dia. Dor&#233;navant, il r&#233;agit et fait des annonces via des capsules vid&#233;o sur le site internet de la Ville.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Perspectives d'avenir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous nous demandons si la pr&#233;sence d'une opposition politique organis&#233;e aura finalement eu raison du r&#232;gne de Jean Tremblay. Depuis la &#171; fondation-fusion &#187; de la ville en 2002, il a g&#233;r&#233; celle-ci comme si c'&#233;tait son petit royaume et les m&#233;dias r&#233;gionaux ont gout&#233; &#224; sa m&#233;decine. Cet homme de foi aura eu un impact significatif sur le paysage politique qu&#233;b&#233;cois. Le discours qu'il a entretenu dans les derni&#232;res ann&#233;es ne fait pas honneur aux citoyen&#183;ne&#183;s du Saguenay-Lac-Saint-Jean. &#192; notre avis, le discours de bon gestionnaire et d'homme de principes aura maintenu Jean Tremblay au pouvoir. En se pla&#231;ant en d&#233;fenseur des &#171; &lt;i&gt;valeurs canadiennes-fran&#231;aises&lt;/i&gt; &#187; (sic), il a d&#233;montr&#233; une force de caract&#232;re qui a touch&#233; sans doute beaucoup d'&#233;lectrices et d'&#233;lecteurs saguen&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui reste int&#233;ressant dans ce portrait de l'h&#233;ritage social et politique de Jean Tremblay est qu'en quittant la vie publique, il laisse le champ libre l&#224; o&#249; tout espoir de changement &#233;tait, jusqu'&#224; tout r&#233;cemment, difficile &#224; envisager. Ce dernier gagnait les &#233;lections avec des r&#233;sultats presque staliniens. L'avenir nous dira &#224; quoi pourrait ressembler la Ville de Saguenay avec de nouvelles personnes &#224; sa t&#234;te. C'est au cours du prochain mandat que l'on pourra mesurer la p&#233;rennit&#233; de l'h&#233;ritage de Jean Tremblay.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photomontage : Monique Moisan&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Alma, ville de combat !</title>
		<link>https://www.ababord.org/Alma-ville-de-combat</link>
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		<dc:date>2015-12-11T02:31:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Isabelle Bouchard, Claude C&#244;t&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Bouchard, Isabelle</dc:subject>
		<dc:subject>C&#244;t&#233;, Claude</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Telle devrait devenir la devise de cette ville cr&#233;ative de 30 000 &#226;mes jeannoises. Au cours des ann&#233;es, elle a &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre de nombreux conflits et de luttes qui ont forg&#233; son histoire. La ville d'Alma est constitu&#233;e de deux p&#244;les industriels : Rio Tinto Alcan (RTA) depuis 1943 et Produits forestiers R&#233;solu (initialement Price) depuis 1925. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; elles seules, ces usines ont mis en sc&#232;ne de nombreux conflits de travail qui ont marqu&#233; ses citoyen&#183;ne&#183;s. En cons&#233;quence, il serait ambitieux de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-58-fevrier-mars-2015-" rel="directory"&gt;No 058 - f&#233;vrier / mars 2015&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bouchard-Isabelle-+" rel="tag"&gt;Bouchard, Isabelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cote-Claude-+" rel="tag"&gt;C&#244;t&#233;, Claude&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2104.png?1642092172' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;476&#034; height=&#034;290&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Telle devrait devenir la devise de cette ville cr&#233;ative de 30 000 &#226;mes jeannoises. Au cours des ann&#233;es, elle a &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre de nombreux conflits et de luttes qui ont forg&#233; son histoire. La ville d'Alma est constitu&#233;e de deux p&#244;les industriels : Rio Tinto Alcan (RTA) depuis 1943 et Produits forestiers R&#233;solu (initialement Price) depuis 1925.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; elles seules, ces usines ont mis en sc&#232;ne de nombreux conflits de travail qui ont marqu&#233; ses citoyen&#183;ne&#183;s. En cons&#233;quence, il serait ambitieux de pr&#233;senter l'ensemble de ceux-ci. Nous limiterons notre courte analyse &#224; quatre &#233;v&#233;nements qui ont en commun leur contemporan&#233;it&#233; et leur caract&#232;re avant-gardiste. En effet, ces situations se sont produites dans les trois derni&#232;res ann&#233;es et elles rev&#234;tent un caract&#232;re annonciateur d'une tendance qui pourrait se g&#233;n&#233;raliser ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un lock-out chez RTA &#224; saveur internationale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 30 d&#233;cembre 2011, les syndiqu&#233;&#183;e&#183;s de l'usine RTA ont &#233;t&#233; forc&#233;&#183;e&#183;s de quitter celle-ci &#224; la suite du d&#233;clenchement d'un lock-out. Les demandes syndicales &#233;taient novatrices : lutte &#224; la sous-traitance et maintien d'un plancher d'emploi. Personne ne pourra les accuser de corporatisme. Le conflit a pris des allures internationales, le pr&#233;sident du syndicat local ayant fait le tour du monde pour d&#233;noncer des pratiques d&#233;gradantes de la multinationale &#224; visage inhumain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie syndicale a &#233;t&#233; originale, car elle s'est concentr&#233;e sur les relations publiques et les strat&#233;gies de communication au lieu des habituels moyens de pression. Ainsi, la r&#233;action au lock-out devait &#234;tre propre. Des mod&#233;rateurs se sont charg&#233;s d'aplanir les commentaires sur leur page Face&#173;book fort populaire&#173;. La ville est devenue le th&#233;&#226;tre d'une grande marche de soli&#173;darit&#233; o&#249; pas moins de 7 000 personnes de partout peupleront les rues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers ce conflit, il y a eu une politisation d'un enjeu qui, au d&#233;part, ne semblait &#234;tre qu'un conflit de travail ordinaire. Cette situation forcera une prise de conscience des travailleurs&#183;euses de Rio Tinto Alcan &#224; propos des enjeux nationaux du travail qui prendra forme &#224; travers une solidarit&#233; internationale cr&#233;&#233;e par les m&#233;tallos des quatre coins du monde.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un printemps &#233;tudiant en plein hiver&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si le conflit &#233;tudiant s'est davantage polaris&#233; au printemps 2012, c'est au coll&#232;ge d'Alma qu'il s'est judiciaris&#233; en premier. En riposte &#224; l'injonction du 30 mars, les militant&#183;e&#183;s du c&#233;gep ont d&#233;cid&#233; de l'invalider par la force, confrontant ici le judiciaire et le politique. Le 2 avril, ils ont d&#233;plac&#233; le mobilier du coll&#232;ge afin d'en bloquer les acc&#232;s. &#201;tant donn&#233; le nombre de personnes mobilis&#233;es, il a &#233;t&#233; impossible pour les employ&#233;&#183;e&#183;s du c&#233;gep d'intervenir, for&#231;ant ainsi la direction g&#233;n&#233;rale &#224; annuler les cours pour la journ&#233;e. Le lendemain, les entr&#233;es furent surveill&#233;es par des agents de s&#233;curit&#233; qui v&#233;rifiaient les cartes d'identit&#233;. Une fausse alerte &#224; la bombe for&#231;a tout le monde &#224; &#233;vacuer l'&#233;tablissement pendant 45 minutes. Au cours de l'apr&#232;s-midi, une manifestation fut organis&#233;e devant le Palais de justice afin de d&#233;noncer l'injonction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces diff&#233;rents &#233;v&#233;nements permettent de mettre en lumi&#232;re l'action autonome et d&#233;termin&#233;e des &#233;tudiant&#183;e&#183;s visant &#224; faire respecter l'aspect politique du conflit. Nous nous demandons si cette judiciarisation n'a pas &#233;t&#233; orchestr&#233;e comme une pratique &#224; petite &#233;chelle avant de l'&#233;tendre au reste de la province. Nous croyons en effet que le coll&#232;ge d'Alma a &#233;t&#233; le banc d'essai du conflit &#233;tudiant, mais qu'il n'a malheureusement pas b&#233;n&#233;fici&#233; de l'attention et de l'appui qu'il m&#233;ritait &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IGA, une tr&#232;s courte mais efficace gr&#232;ve&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plus r&#233;cemment, les 27 et 28 novembre derniers, les employ&#233;&#183;e&#183;s de la coop&#233;rative IGA d'Alma, membres d'un syndicat affili&#233; &#224; la CSN, ont eu le temps de faire gr&#232;ve et d'accepter &#224; 98 % l'entente de principe. Ils ont notamment obtenu la mise sur pied d'un REER collectif o&#249; l'employeur cotisera. La d&#233;cision de d&#233;clencher une gr&#232;ve dans ce secteur quelques semaines avant la p&#233;riode des F&#234;tes s'est r&#233;v&#233;l&#233;e dr&#244;lement plus efficace. Nous estimons que ce premier r&#232;glement pourra en inspirer d'autres dans la r&#233;gion et que les tentatives de n&#233;gociations regroup&#233;es porteront leurs fruits.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un lock-out &#233;ternel chez les concessionnaires automobiles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les conflits pr&#233;c&#233;dents ont tous &#233;t&#233; r&#233;gl&#233;s de mani&#232;re relativement satisfaisante. Or, les quelque 450 employ&#233;&#183;e&#183;s de garage de 25 concessionnaires automobiles en lock-out de la r&#233;gion du Saguenay-Lac-St-Jean sont sur le trottoir depuis 24 mois. Les demandes de leur syndicat affili&#233; CSD sont de conserver les acquis des travailleurs et des travailleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un m&#233;diateur sp&#233;cial a &#233;t&#233; nomm&#233; par le minist&#232;re du Travail. Depuis le d&#233;but du conflit, les syndiqu&#233;&#183;e&#183;s demandent &#224; la population de les appuyer notamment en retardant les achats locaux de v&#233;hicules ou en les achetant dans une autre r&#233;gion. La page Facebook des syndiqu&#233;&#183;e&#183;s fait r&#233;guli&#232;rement &#233;tat de la situation : espionnage, d&#233;nonciations, fausses accusations, empoignades, etc. Les radios locales se font tr&#232;s critiques des tactiques syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; nos yeux, ce conflit est une attaque &#224; la repr&#233;sentation syndicale. Le regroupement en une instance r&#233;gionale patronale pour tenir t&#234;te aux syndiqu&#233;&#183;e&#183;s est une tactique &#224; surveiller. Par ailleurs, la partie patronale utilise des injonctions dont la port&#233;e est juridiquement inspir&#233;e de celles de la gr&#232;ve &#233;tudiante. Les concessionnaires tentent &#224; chaque occasion de porter plainte aupr&#232;s des lock-out&#233;&#183;e&#183;s pour outrage au tribunal, revendiquant m&#234;me des peines de prison pour leurs employ&#233;&#183;e&#183;s. Des dizaines de requ&#234;tes de la sorte ont &#233;t&#233; r&#233;pertori&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelles le&#231;ons ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En derni&#232;re analyse, on peut se demander quels sont les facteurs explicatifs de cette avant-garde r&#233;gionale ? Quelles le&#231;ons tirer de ces conflits ? Quelles cons&#233;quences auront-ils sur la r&#233;solution de futurs conflits ? Comment &#233;viter la judiciarisation des luttes ? Comment les internationaliser davantage ? Quelle sera la place de Facebook et des autres r&#233;seaux sociaux dans la r&#233;solution de conflits de travail ? Le recours &#224; la gr&#232;ve dans une coop&#233;rative est-il une solution porteuse ? Comment &#233;viter que des conflits perdurent dans le temps ? Il est encore trop t&#244;t pour conclure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : JohnyLeCowboy&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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