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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Les &#233;lites responsables du d&#233;ficit d'empathie</title>
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		<dc:date>2024-10-06T20:09:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Bilodeau</dc:creator>


		<dc:subject>Bilodeau, Andr&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Analyse du discours</dc:subject>
		<dc:subject>Psychologie et psychiatrie</dc:subject>
		<dc:subject>Recherche scientifique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans une lettre d'opinion publi&#233; sur Pivot, l'historienne Catherine Larochelle m'a ouvert une nouvelle voie qui permet d'int&#233;grer plus clairement la responsabilit&#233; des &#233;lites politiques et m&#233;diatiques &#224; ma r&#233;flexion sur l'empathie et sur son d&#233;clin d&#233;nonc&#233; &#224; grands cris par tant de nos contemporain&#183;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Deux mots m'ont fortement interpell&#233; dans cette lettre d'opinion en r&#233;ponse au texte de G&#233;rard Bouchard publi&#233; dans l'&#233;dition du Devoir du 28 novembre 2022. &#192; la fin de son texte, elle &#233;crit (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-95-Printemps-2023-" rel="directory"&gt;No 095 - Printemps 2023&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bilodeau-Andre-+" rel="tag"&gt;Bilodeau, Andr&#233;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Psychologie-et-psychiatrie-+" rel="tag"&gt;Psychologie et psychiatrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Recherche-scientifique-+" rel="tag"&gt;Recherche scientifique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/345345-6.png?1728245273' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;652&#034; height=&#034;901&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans une lettre d'opinion publi&#233; sur Pivot, l'historienne Catherine Larochelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Catherine Larochelle, &#171; La m&#233;moire qu&#233;b&#233;coise, au-del&#224; de la mis&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; m'a ouvert une nouvelle voie qui permet d'int&#233;grer plus clairement la responsabilit&#233; des &#233;lites politiques et m&#233;diatiques &#224; ma r&#233;flexion sur l'empathie et sur son d&#233;clin d&#233;nonc&#233; &#224; grands cris par tant de nos contemporain&#183;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Deux mots m'ont fortement interpell&#233; dans cette lettre d'opinion en r&#233;ponse au texte de G&#233;rard Bouchard publi&#233; dans l'&#233;dition du Devoir du 28 novembre 2022&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G&#233;rard Bouchard, &#171; &#192; la d&#233;fense des Qu&#233;b&#233;cois &#187;, Le Devoir, 28 novembre 2022&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; la fin de son texte, elle &#233;crit &#171; [&#8230;] &lt;em&gt;nous avons tout &#224; gagner, individuellement comme collectivement, &#224; voir dans le pass&#233; plusieurs histoires, complexes et m&#234;me contradictoires. Cela nous portera &#224; embrasser le pr&#233;sent avec un regard plus compr&#233;hensif. Pas honteux ou coupable, mais compr&#233;hensif. &lt;/em&gt; &#187; En mettant ainsi en relation l'un avec l'autre &#171; histoires &#187; et &#171; compr&#233;hensif &#187;, il m'a fait replonger dans mes propres r&#233;flexions quant aux liens qui unissent r&#233;cits et empathie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un ph&#233;nom&#232;ne &#233;motionnel et cognitif&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; une croyance r&#233;pandue, l'empathie ne signifie pas &#171; ressentir l'&#233;motion d'autrui &#187;. Cette fausse perception a amen&#233; plusieurs &#224; la consid&#233;rer comme un apitoiement lacrymal impuissant et manipulateur. C'est ce que pr&#233;tendent plusieurs auteur&#183;rices, dont Anne-C&#233;cile Robert et Megan Boler. Dans son livre &lt;em&gt;La strat&#233;gie de l'&#233;motion&lt;/em&gt;, Robert qualifie ce qu'elle appelle la &#171; &lt;em&gt;m&#233;canique de l'empathie&lt;/em&gt; &#187; de &#171; &lt;em&gt;soubresauts &#233;motionnels ou des prurits lacrymaux qui envahissent l'espace public&lt;/em&gt; &#187; et qui &#171; &lt;em&gt;impose[nt] des solidarit&#233;s aux spectateurs ou aux lecteurs&#8230; &lt;/em&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Anne-C&#233;cile Robert, La strat&#233;gie de l'&#233;motion, Montr&#233;al, Lux &#201;diteur, 2018, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Avec le m&#234;me d&#233;sint&#233;r&#234;t pour la nature et le fonctionnement de l'empathie, Boler s'emploie &#224; la d&#233;valoriser avec cette affirmation embl&#233;matique : &#171; l&lt;em&gt;a diff&#233;rence entre l'empathie et la sympathie est simple : on ne peut avoir de l'empathie que pour la souffrance qu'on a d&#233;j&#224; ressentie soi-m&#234;me.&lt;/em&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Traduction de la r&#233;daction. &#171; Empathy is distinct from sympathy on the (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Ces deux exemples montrent &#224; quel point, en &#233;vitant de v&#233;ritablement plonger dans la &#171; m&#233;canique de l'empathie &#187;, on peut utiliser sa d&#233;valorisation pour soutenir un tout autre propos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'oppos&#233; de ces d&#233;valorisations de l'empathie se trouvent plusieurs chercheur&#183;euses issu&#183;es d'une approche interdisciplinaire de l'empathie, soit celle de la convergence de la psychologie sociale, de la neuroscience et de l'anthropologie. Daniel Batson, figure de proue de ces recherches interdisciplinaires, pr&#233;cise huit formes r&#233;pertori&#233;es de l'empathie dans la litt&#233;rature. L'une d'elles est particuli&#232;rement int&#233;ressante et entre en contraste avec la vision &#233;nonc&#233;e pr&#233;c&#233;demment. Elle peut &#234;tre formul&#233;e ainsi : l'empathie, c'est la facult&#233; par laquelle nous arrivons &#224; nous imaginer ce que pense et ressent autrui comme si nous &#233;tions cette personne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Batson, &#171; These Things Called Empathy : Eight Related but Distinct (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;finition, qui a pris le relais de celle propos&#233;e par Karl Rogers &#224; la fin des ann&#233;es 1970, se distingue des pr&#233;c&#233;dentes en mettant une certaine emphase sur la dimension cognitive de l'empathie. Imaginer l'&#233;tat d'esprit d'autrui, c'est s'en faire une repr&#233;sentation mentale. Pour y arriver, au-del&#224; de la reconnaissance de l'&#233;motion elle-m&#234;me, il est n&#233;cessaire d'accueillir son histoire et de la laisser prendre place en nous. Comment faire autrement ? Imaginer, n'est-ce pas litt&#233;ralement se &#171; construire une image &#187; de ce que ressent et pense autrui ? Il ne s'agit donc pas principalement de ressentir ses &#233;motions, mais bien de comprendre ce qui l'anime, constituer un compos&#233; complexe de son parcours sur le long terme tout autant que des &#233;v&#233;nements r&#233;cents qui lui sont arriv&#233;s. N'est-ce d'ailleurs pas ce qu'on fait naturellement lorsqu'on trouve une personne en pleurs et qu'on lui demande &#171; qu'est-ce qu'il t'arrive ? &#187; Il n'est d'empathie que dans l'admission du r&#233;cit d'autrui.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La confrontation des r&#233;cits&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Or, en paraphrasant le titre de l'ouvrage de Philippe de Grosbois, de nos jours, certains r&#233;cits entrent en collision et deviennent en quelque sorte incompatibles. L'histoire des pensionnats autochtones au Qu&#233;bec s'inscrit mal dans le r&#233;cit national du Qu&#233;b&#233;cois asservi et bienveillant. Celle des migrant&#183;es traversant le fameux chemin Roxham confronte celle de la survie du peuple valeureux assailli de toutes parts. Les t&#233;moignages r&#233;p&#233;t&#233;s de profilage racial contredisent la certitude d'&#234;tre la soci&#233;t&#233; &#171; la plus accueillante et la plus tol&#233;rante au monde &#187;. Parmi ces perceptions, il n'y a pas celles vraies et celles fausses, elles sont, selon les termes de Larochelle, le produit de faits historiques valoris&#233;s, choisis, pour construire une m&#233;moire collective, un r&#233;cit commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette confrontation entre des r&#233;cits nouveaux &#224; nos oreilles et celui que raconte la m&#233;moire collective a un effet d&#233;l&#233;t&#232;re document&#233; sur l'empathie. Sur le plan culturel, elle pose le d&#233;fi d'int&#233;grer ces m&#233;moires r&#233;fractaires l'une &#224; l'autre pour arriver &#224; une nouvelle narration qui sera n&#233;cessairement plus complexe et probablement moins c&#233;l&#233;brante. Sur celui psychologique, elle force une distanciation int&#233;rieure plus inconfortable avec sa propre identit&#233; pour laisser place &#224; un &#171; corps &#233;tranger &#187; qu'on doit finir par accepter sans se d&#233;naturer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les recherches en neurosciences ont d&#233;montr&#233; combien les croyances, ces produits essentiellement culturels, jouent sur l'aiguillage neuronal qui traite les informations, incluant les r&#233;cits d'autrui. Les histoires conformes &#224; nos opinions sont trait&#233;es normalement par le cortex c&#233;r&#233;bral, domaine de la pens&#233;e rationnelle. &#192; l'oppos&#233;, celles qui confrontent nos croyances sont dirig&#233;es directement vers le syst&#232;mee limbique, site des &#233;motions. Ainsi, le cerveau humain traite les informations contraires &#224; nos certitudes comme il fait avec un virus : il cherche &#224; les &#233;liminer. Ainsi, en court-circuitant la pens&#233;e rationnelle, ces histoires discordantes se trouvent simplement &#233;cart&#233;es, soustraites au traitement cognitif. En d'autres mots, pour celui qui les re&#231;oit, elles n'existent simplement pas. Rien de surprenant &#224; ce que certains sujets provoquent autant et si syst&#233;matiquement des r&#233;actions &#233;pidermiques chez plusieurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La m&#233;moire, un levier de pouvoir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est ici qu'intervient &#224; nouveau le texte de Larochelle. Elle nous rappelle que nous ne sommes pas tous&#183;tes aussi influent&#183;es dans la construction de la m&#233;moire commune : les &#233;lites politiques, m&#233;diatiques et communautaires y jouent un r&#244;le non n&#233;gligeable. Par leur prise de parole, ces personnes font le lit de la conscience collective qui favorise l'accueil ou le rejet des r&#233;cits d'autrui. Quand, depuis leur chaire politique ou par des textes r&#233;currents dans un journal, plusieurs qualifient d'anecdotique l'exp&#233;rience des un&#183;es et associent le sort des autres &#224; un risque pour la survie nationale, quand ces personnes transforment l'accueil de r&#233;fugi&#233;&#183;es ou les demandes territoriales et culturelles des Autochtones en menaces, la possibilit&#233; pour chaque membre de la communaut&#233; d'accueillir les r&#233;cits &#233;trangers se r&#233;duit comme peau de chagrin. Et que dire de ces trop nombreuses situations o&#249; l'exp&#233;rience, les aspirations et l'identit&#233; m&#234;me de ces multiples &#171; autres &#187; se trouvent r&#233;duites &#224; un quolibet, une &#233;tiquette. &#171; F&#233;ministe radicale, communautariste, islamogauchiste, woke &#187; et leur kyrielle d'&#233;quivalents n'ont comme mission que de d&#233;valoriser, voire de d&#233;shumaniser autrui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant de voix fortes se plaignent du manque de civilit&#233;, de respect, voire d'empathie dans l'espace public, qu'il soit num&#233;rique, politique ou communautaire, alors m&#234;me qu'elles sont largement responsables de cette situation. Chaque personne d&#233;tenant le rare privil&#232;ge de se faire entendre par les diff&#233;rentes communaut&#233;s, &#171; majorit&#233; historique &#187; ou minorit&#233;s toutes autant historiques, doit prendre conscience de son r&#244;le et de son devoir &#233;thique. Il s'agit non seulement d'&#233;crire cette nouvelle m&#233;moire collective, mais de la d&#233;finir pour qu'elle soit un terreau favorable &#224; l'empathie et &#224; la bienveillance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les mythes pr&#233;sident &#224; la collaboration au niveau des grands ensembles humains, l'empathie agit &#224; l'&#233;chelle des individus. Revalid&#233;e, elle peut reprendre le r&#244;le historique qu'elle a jou&#233; dans l'histoire humaine. &#171; Je te comprends, tu me comprends, d&#232;s lors nous pouvons agir ensemble pour notre bien. &#187; Encore faut-il que la construction d'une telle soci&#233;t&#233;, que le discours ambiant qui la d&#233;crit comme tol&#233;rante et accueillante, soit leur v&#233;ritable objectif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Catherine Larochelle, &#171; La m&#233;moire qu&#233;b&#233;coise, au-del&#224; de la mis&#232;re canadienne-fran&#231;aise : r&#233;ponse &#224; G&#233;rard Bouchard &#8212; Lettre d'opinion &#187;, &lt;i&gt;Pivot&lt;/i&gt;, 7 d&#233;cembre 2022, pivot.quebec/2022/12/07/la-memoire-quebecoise-au-dela-de-la-misere-canadienne-francaise-reponse-a-gerard-bouchard&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G&#233;rard Bouchard, &#171; &#192; la d&#233;fense des Qu&#233;b&#233;cois &#187;, &lt;em&gt;Le Devoir&lt;/em&gt;, 28 novembre 2022&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Anne-C&#233;cile Robert, &lt;em&gt;La strat&#233;gie de l'&#233;motion&lt;/em&gt;, Montr&#233;al, Lux &#201;diteur, 2018, p. 64.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Traduction de la r&#233;daction. &#171; Empathy is distinct from sympathy on the common sense that I can empathize only if I too have experienced what you are suffering. &#187; Megan Boler, &lt;em&gt;Feeling Power&lt;/em&gt;, New York, Routledge, 1999, p. 157.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Daniel Batson, &#171; These Things Called Empathy : Eight Related but Distinct Phenomena &#187;, &lt;em&gt;The Social Neuroscience of Empathy&lt;/em&gt;, Boston, MIT Press, 2009, p.9&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Andr&#233; Bilodeau, M.D. est professeur agr&#233;g&#233; au d&#233;partement de m&#233;decine familiale &#224; l'Universit&#233; McGill.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Elisabeth Doyon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le suicide des personnes handicap&#233;es</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-suicide-des-personnes-handicapees</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-suicide-des-personnes-handicapees</guid>
		<dc:date>2023-10-09T13:02:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Eve Veilleux</dc:creator>


		<dc:subject>Veilleux, Marie-Eve</dc:subject>
		<dc:subject>Psychologie et psychiatrie</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les d&#233;bats sur l'aide m&#233;dicale &#224; mourir ont abord&#233; la question en mettant l'accent sur les pr&#233;f&#233;rences, les valeurs ou les diagnostics individuels. En ce qui concerne l'aide &#224; mourir pour les personnes handicap&#233;es, c'est commettre une grave erreur que de sous-estimer, voire d'omettre les facteurs soci&#233;taux qui peuvent influer sur la volont&#233; de mourir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis quelques ann&#233;es, les d&#233;bats publics et juridiques concernant l'acc&#232;s &#224; l'aide m&#233;dicale &#224; mourir me hantent. Ils m'ont fait sacrer. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-91-Printemps-2022-" rel="directory"&gt;No 091 - Printemps 2022&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Veilleux-Marie-Eve-+" rel="tag"&gt;Veilleux, Marie-Eve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Psychologie-et-psychiatrie-+" rel="tag"&gt;Psychologie et psychiatrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/123123-9.png?1696856418' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;179&#034; height=&#034;495&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les d&#233;bats sur l'aide m&#233;dicale &#224; mourir ont abord&#233; la question en mettant l'accent sur les pr&#233;f&#233;rences, les valeurs ou les diagnostics individuels. En ce qui concerne l'aide &#224; mourir pour les personnes handicap&#233;es, c'est commettre une grave erreur que de sous-estimer, voire d'omettre les facteurs soci&#233;taux qui peuvent influer sur la volont&#233; de mourir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, les d&#233;bats publics et juridiques concernant l'acc&#232;s &#224; l'aide m&#233;dicale &#224; mourir me hantent. Ils m'ont fait sacrer. Ils m'ont fait pleurer. C'est en lisant une chronique sur le suicide d'une femme handicap&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Myl&#232;ne Moisan, &#171; Le dernier saut de Marie-No&#235;lle &#187;, Le Soleil. En ligne : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, publi&#233;e la veille de la Journ&#233;e internationale des personnes handicap&#233;es, que j'ai d&#233;cid&#233; d'&#233;crire ce texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ses d&#233;buts, la loi sur l'aide m&#233;dicale &#224; mourir stipulait qu'une personne en fin de vie pouvait s'en pr&#233;valoir dans le but de soulager ses souffrances. Toutefois, r&#233;cemment, le crit&#232;re de fin de vie a &#233;t&#233; retir&#233; par les tribunaux, sans r&#233;flexion sociale ou politique sur les conditions de vie des personnes handicap&#233;es, principalement vis&#233;es par ce crit&#232;re. L'aide m&#233;dicale &#224; mourir est maintenant disponible &#224; toutes les personnes qui ont un diagnostic m&#233;dical et qui &#171; &lt;em&gt;ressentent des souffrances physiques ou mentales insupportables&lt;/em&gt; [&#8230;] &lt;em&gt;qui ne peuvent pas &#234;tre att&#233;nu&#233;es dans des conditions&lt;/em&gt; [qu'elles jugent] &lt;em&gt;acceptables&lt;/em&gt; &#187;, selon la d&#233;finition du gouvernement du Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais &#224; l'aise lorsque la loi permettait aux personnes en fin de vie de devancer leur mort pour abr&#233;ger leurs souffrances, car la fin &#233;tait imminente. Ce n'est cependant plus le cas. Comme mon texte porte sp&#233;cifiquement sur l'aide m&#233;dicale &#224; mourir offerte &#224; des personnes dont la mort n'est pas imminente, j'utiliserai le terme &#171; suicide &#187;. Oui, le terme est lourd de sens. Toutefois, le choix d'employer &#171; aide m&#233;dicale &#224; mourir &#187; pour la mort d'une personne handicap&#233;e qui n'est pas en fin de vie l'est tout autant. Cet euph&#233;misme n'est pas sans cons&#233;quences dans une soci&#233;t&#233; qui clame que &#171; le suicide n'est pas une option &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le suicide n'est pas une option, sauf&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lorsque certaines personnes veulent mourir, on dit qu'elles sont suicidaires. Pour les emp&#234;cher de porter atteinte &#224; leur vie, on leur retire leur libre arbitre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bien qu'il d&#233;borde du cadre de ce texte, l'enjeu de l'autod&#233;termination et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En revanche, lorsqu'une personne handicap&#233;e fait part de sa volont&#233; de mourir, les professionnel&#183;les ont deux possibilit&#233;s : l'identifier comme &#233;tant suicidaire ou entamer le processus de demande d'aide m&#233;dicale &#224; mourir. Le choix entre les deux options est d'une complexit&#233; extr&#234;me. Il repose sur le jugement clinique des professionnel&#183;les qui peuvent, au besoin, consulter le comit&#233; d'&#233;thique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;valuer la volont&#233; d'une personne handicap&#233;e de se suicider n&#233;cessite une compr&#233;hension de la situation qui d&#233;passe la simple connaissance du mod&#232;le m&#233;dical et du mod&#232;le social du handicap. De nombreuses questions doivent &#234;tre prises en compte en ce qui a trait, notamment, &#224; l'influence du capacitisme &#8211; tant sur la volont&#233; de mourir que sur l'&#233;valuation que font les professionnel&#183;les de la demande &#8211; et &#224; la repr&#233;sentation des personnes handicap&#233;es dans les effectifs du milieu de la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les raisons pour demander l'aide m&#233;dicale &#224; mourir sont nombreuses. Dans la chronique mentionn&#233;e plus haut, la personne d&#233;cide d'y avoir recours parce qu'elle allait bient&#244;t devoir &#234;tre aliment&#233;e par gavage. D'autres personnes ont exprim&#233; leur refus cat&#233;gorique d'aller vivre en CHSLD. Nous le savons, ces &#233;tablissements sont incompatibles avec la dignit&#233; et l'&#233;panouissement essentiels &#224; l'ensemble des r&#233;sident&#183;es, mais particuli&#232;rement aux personnes qui n'ont pas atteint la fin de leur vie et qui souhaitent travailler, avoir une famille, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'une personne handicap&#233;e fait une demande d'aide m&#233;dicale &#224; mourir, sa capacit&#233; &#224; donner un consentement libre et &#233;clair&#233; est, avec raison, au c&#339;ur du processus, car il est imp&#233;ratif de prot&#233;ger les personnes d'influences indues. Certaines influences peuvent s'av&#233;rer difficiles &#224; saisir, comme la d&#233;valorisation de fa&#231;ons non normatives de bouger ou de s'alimenter. L'absence per&#231;ue ou r&#233;elle d'options, comme des programmes permettant de bien vivre &#224; domicile, met aussi les personnes handicap&#233;es et les professionnel&#183;les devant une impasse que la mort permet de d&#233;nouer. &#192; quel moment le devoir de protection fait-il place au respect de l'autod&#233;termination ? Cette fronti&#232;re doit absolument &#234;tre explor&#233;e pour outiller les professionnel&#183;les responsables de d&#233;cider pour qui le suicide peut &#234;tre une option.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le r&#244;le des m&#233;dias&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis longtemps, on trouve dans les m&#233;dias des portraits de personnes handicap&#233;es qui souhaitent recevoir l'aide m&#233;dicale &#224; mourir. Leurs motivations varient, mais elles sont toujours accueillies sans remise en question par l'interlocuteur&#183;trice. Dans le discours public, perdre l'usage de ses jambes, ne plus pouvoir s'alimenter par la bouche, ne plus vivre dans l'environnement de son choix sont d&#233;sormais des motivations acceptables pour vouloir se suicider. L'incapacit&#233; des journalistes &#224; aborder les facteurs qui poussent une personne au suicide est r&#233;v&#233;latrice de la place qu'occupent les conditions de vie des personnes handicap&#233;es dans notre soci&#233;t&#233;. Mettre au jour le capacitisme dans notre soci&#233;t&#233;, c'est faire de la pr&#233;vention du suicide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces t&#233;moignages sont aussi parfois pr&#233;sent&#233;s de mani&#232;re &#224; cr&#233;er ce que Stella Young nommait de l'&lt;em&gt;inspiration porn&lt;/em&gt;, ou &#171; inspiration en canne &#187;, selon la traduction du journaliste K&#233;ven Breton. Il s'agit du processus consistant &#224; pr&#233;senter le v&#233;cu des personnes handicap&#233;es de sorte &#224; inspirer les personnes sans handicap &#224; se surpasser ou &#224; ch&#233;rir leur vie parce qu'au moins elles ne vivent pas avec ces difficult&#233;s. Ce ph&#233;nom&#232;ne creuse un foss&#233; entre la &#171; bonne &#187; vie sans handicap et la &#171; mauvaise &#187; vie avec un handicap, ce qui d&#233;sensibilise tout le monde quand une personne handicap&#233;e crie son d&#233;sir de mourir dans les m&#233;dias ou m&#234;me dans la fiction. Cette id&#233;alisation du suicide des personnes handicap&#233;es accro&#238;t son acceptabilit&#233; sociale et d&#233;tourne l'attention des graves probl&#232;mes de soci&#233;t&#233; qui accablent ces personnes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un choix de soci&#233;t&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On tient souvent pour acquis que le syst&#232;me dans lequel on vit est immuable. Cet immobilisme peut s'expliquer par des raisons &#233;conomiques ou un manque de volont&#233; de r&#233;former un syst&#232;me complexe. Il r&#233;sulte aussi du fait que la grogne des personnes handicap&#233;es n'est pas assez forte pour obtenir des changements ; que les groupes communautaires ont trop peu de ressources pour faire rayonner les solutions de rechange qui existent pourtant bel et bien. Je vous invite &#224; vous renseigner sur le combat de Jonathan Marchand pour lib&#233;rer les personnes handicap&#233;es des CHSLD. Apr&#232;s avoir camp&#233; plusieurs jours devant l'Assembl&#233;e nationale, il a conclu une entente de projet pilote avec le gouvernement du Qu&#233;bec. Un an plus tard, le projet pilote a &#233;t&#233; abandonn&#233; sans plus de c&#233;r&#233;monie, malgr&#233; les nombreuses heures investies. Permettre aux personnes handicap&#233;es de vivre dignement, c'est aussi faire de la pr&#233;vention du suicide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Limiter ou remettre en question le libre arbitre m&#232;ne &#224; une impasse. Il faut continuer de combattre toute tentative d'imposer des contraintes injustifi&#233;es au libre arbitre. Cependant, la r&#233;flexion entourant la d&#233;cision de fournir des ressources gouvernementales pour aider une personne &#224; se suicider exige de regarder le probl&#232;me en face. Oui, la souffrance est bien r&#233;elle et les personnes qui veulent y mettre fin m&#233;ritent que nous r&#233;pondions &#224; leurs appels. Toutefois, en l'absence d'enqu&#234;te sur les options de traitement et les conditions de vie des personnes handicap&#233;es, il est trop facile d'accepter leur mort comme l'unique solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi avons-nous tant de difficult&#233;s &#224; concevoir notre responsabilit&#233; collective face &#224; cette situation ? Le suicide des personnes handicap&#233;es ne doit plus &#234;tre normalis&#233;. J'aimerais que nous puissions prot&#233;ger l'existence des personnes handicap&#233;es, qui sont parmi les premi&#232;res &#224; tomber lorsque l'individualisme et le culte de la productivit&#233; gagnent du terrain. Je r&#234;ve d'une communaut&#233; forte qui se bat pour valoriser l'ensemble de ses membres. Je r&#234;ve d'un gouvernement qui comprend la valeur des vies humaines et l'importance de diriger les ressources de l'&#201;tat vers des services adapt&#233;s aux humains qui en b&#233;n&#233;ficient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretemps, je vous invite &#224; partager ma rage face &#224; la situation actuelle et &#224; agir parce que, pour reprendre les mots de Mikki Kendall, &#171; &lt;em&gt;tout le monde devrait se mettre en col&#232;re devant l'injustice, pas seulement les gens qui la subissent &lt;/em&gt; &#187;. De gr&#226;ce, cessez de regarder ma communaut&#233; mourir comme s'il s'agissait de personnages d'une s&#233;rie t&#233;l&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Myl&#232;ne Moisan, &#171; Le dernier saut de Marie-No&#235;lle &#187;, &lt;em&gt;Le Soleil&lt;/em&gt;. En ligne : &lt;a class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; href='http://www.lesoleil.com/2021/12/02/le-dernier-saut-de-marie-noelle-37b21040f0eec8cfd4af5bec7df2216a' rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lesoleil.com/2021/12/02/le-dernier-saut-de-marie-noelle-37b21040f0eec8cfd4af5bec7df2216a&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bien qu'il d&#233;borde du cadre de ce texte, l'enjeu de l'autod&#233;termination et des soins psychiatriques doit absolument &#234;tre abord&#233; d'un point de vue anti-capacitiste et anti-saniste. Le sanisme est une forme d'oppression contre les personnes qui ont ou qui sont cat&#233;goris&#233;es comme ayant un trouble psychique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Marie-Eve Veilleux est militante pour les droits des personnes handicap&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Amanda Niekamp (CC BY 2.0)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La tra&#238;trise de la r&#233;silience</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-traitrise-de-la-resilience</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/La-traitrise-de-la-resilience</guid>
		<dc:date>2023-05-04T00:19:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Kharoll-Ann Souffrant</dc:creator>


		<dc:subject>Souffrant, Kharoll-Ann</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Psychologie et psychiatrie</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;silience, une qualit&#233; fortement valoris&#233;e par les temps qui courent, peut se retourner contre celles qui en font preuve. Elle peut, insidieusement, mener &#224; un d&#233;ni de l'humanit&#233; des femmes qui survivent &#224; la violence. &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;silience est, selon le dictionnaire Larousse, la &#171; caract&#233;ristique m&#233;canique d&#233;finissant la r&#233;sistance aux chocs d'un mat&#233;riau &#187;. En psychologie, elle est l'&#171; aptitude d'un individu &#224; se construire et &#224; vivre de mani&#232;re satisfaisante en d&#233;pit de circonstances (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-89-septembre-2021-" rel="directory"&gt;No 089 - septembre 2021&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Souffrant-Kharoll-Ann-+" rel="tag"&gt;Souffrant, Kharoll-Ann&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Psychologie-et-psychiatrie-+" rel="tag"&gt;Psychologie et psychiatrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/345345-2.png?1683159475' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;600&#034; height=&#034;400&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;silience, une qualit&#233; fortement valoris&#233;e par les temps qui courent, peut se retourner contre celles qui en font preuve. Elle peut, insidieusement, mener &#224; un d&#233;ni de l'humanit&#233; des femmes qui survivent &#224; la violence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;silience est, selon le dictionnaire Larousse, la &#171; &lt;em&gt;caract&#233;ristique m&#233;canique d&#233;finissant la r&#233;sistance aux chocs d'un mat&#233;riau&lt;/em&gt; &#187;. En psychologie, elle est l'&#171; &lt;em&gt;aptitude d'un individu &#224; se construire et &#224; vivre de mani&#232;re satisfaisante en d&#233;pit de circonstances traumatiques&lt;/em&gt; &#187;. En d'autres termes, &#234;tre r&#233;silient&#183;e, ce serait de rebondir devant l'adversit&#233; de mani&#232;re spectaculaire et &#233;clatante, mais surtout de fa&#231;on ascendante. &#202;tre r&#233;silient&#183;e, ce serait vivre selon l'adage &#171; &lt;em&gt;ce qui ne me tue pas me rend plus fort&#183;e&lt;/em&gt; &#187;. La r&#233;alit&#233; est toutefois beaucoup plus complexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La militante f&#233;ministe franco-ontarienne Julie S. Lalonde critique ce concept, qu'elle juge de plus en plus galvaud&#233;, dans son essai autobiographique &lt;em&gt;Resilience is Futile&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Resilience Is Futile : The Life and Death and Life of Julie S. Lalonde, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle y raconte avoir &#233;t&#233; harcel&#233;e pendant pr&#232;s de dix ans par un ex-copain et explique que la notion de r&#233;silience peut s'av&#233;rer tra&#238;tre pour les femmes ayant surv&#233;cu &#224; la violence : consid&#233;r&#233;es r&#233;silientes, ces femmes doivent parfois composer avec une d&#233;solidarisation tranquille alors m&#234;me qu'elles appellent &#224; l'aide. Les femmes qui sont r&#233;silientes sont souvent per&#231;ues comme &#233;tant fortes. &#202;tre forte peut signifier, de mani&#232;re implicite, qu'on n'a jamais besoin de soutien ni de bienveillance, m&#234;me lorsqu'on en demande clairement : l'image de la force peut mener &#224; une forme de d&#233;shumanisation insidieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vois dans cette tendance un certain prolongement de la soci&#233;t&#233; n&#233;olib&#233;rale et capitaliste, une soci&#233;t&#233; du &#171; &lt;em&gt;chacun pour soi &lt;/em&gt; &#187;, o&#249; l'individuel prime sur le collectif et le &lt;em&gt;care&lt;/em&gt;. J'y vois surtout une manifestation d'une soci&#233;t&#233; qui comprend bien mal les r&#233;actions complexes associ&#233;es aux diverses formes de traumas, telles que les violences sexuelles et conjugales.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Casser la binarit&#233; victime/survivante&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on parle des violences faites aux femmes, on oppose tr&#232;s souvent les termes &#171; victime &#187; et &#171; survivante &#187;, le premier &#233;tant jug&#233; plus p&#233;joratif que le second. Une personne survivante serait r&#233;siliente. Elle aurait surmont&#233; tous les obstacles qui ont d&#233;coul&#233; des violences qu'elle a subies. Une survivante serait inspirante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme &#171; victime &#187;, quant &#224; lui, a &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233; par la droite qui en a d&#233;natur&#233; le sens premier, comme l'explique Alyson M. Cole dans son essai The Cult of True Victimhood&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;The Cult of True Victimhood : From the War on Welfare to the War on Terror, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une victime, ce n'est pas une personne qui souffre de &#171; victimite &#187;. Ce n'est surtout pas une personne passive qui ne r&#233;siste jamais &#224; la violence. &#202;tre une victime, c'est d'abord se reconna&#238;tre comme une personne qui a &#233;t&#233; victime d'un crime dont elle n'&#233;tait pas responsable. Cette &#233;tape est souvent tr&#232;s importante dans le processus de gu&#233;rison, les personnes ayant v&#233;cu des violences se sentant souvent fautives et coupables en raison de la culture du viol, cette culture qui tend &#224; placer les victimes au banc des accus&#233;s aux sens propre et figur&#233;, et ce, au b&#233;n&#233;fice de leurs agresseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de &#171; victime &#187; favorise &#233;galement la reconnaissance des personnes qui ne survivent pas aux violences qu'elles vivent, que ce soit par meurtre ou par suicide. Ces histoires doivent &#234;tre entendues et les vies de ces personnes m&#233;ritent d'&#234;tre c&#233;l&#233;br&#233;es, m&#234;me si elles ne cadrent pas dans le sch&#233;ma hollywoodien de la r&#233;silience. Le terme &#171; victime &#187; a donc mauvaise presse, mais on aurait tort de s'en passer.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour une compr&#233;hension complexe des traumas&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Faire preuve de r&#233;silience, ce n'est pas un processus lin&#233;aire. C'est, souvent, faire de nombreux allers-retours entre les statuts de victime et de survivante. Certes, je suis d'avis que le bonheur et la joie sont tout &#224; fait possibles, m&#234;me apr&#232;s un affront important &#224; l'intimit&#233;. Il est possible, effectivement, de faire preuve de r&#233;silience. Mais il ne faut pas se surprendre si les mauvais souvenirs refont surface, parfois sans crier gare. &#202;tre une victime ou une survivante, c'est apprendre &#224; vivre avec un trauma tout au long de sa vie. C'est surtout porter une atteinte profonde &#224; sa dignit&#233;, &#224; son int&#233;grit&#233;, m&#234;me lorsqu'on choisit de ne pas se d&#233;finir enti&#232;rement par cette atteinte. Cela signifie donc qu'il y a de bons et de moins bons jours, d&#233;pendamment du contexte et des circonstances de la vie. Ce processus de gu&#233;rison doit &#234;tre normalis&#233; et pris pour ce qu'il est : un processus en bonne et due forme, qui prend du temps et qui diff&#232;re selon les personnes, selon leurs capacit&#233;s int&#233;rieures et celles qu'il leur reste &#224; d&#233;couvrir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;silience qui trahit&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; mon sens, la r&#233;silience est aussi instrumentalis&#233;e dans notre syst&#232;me de sant&#233; et de services sociaux. Elle devient parfois une forme de paravent derri&#232;re lequel on se cache pour se d&#233;responsabiliser lorsqu'une personne dit se sentir en d&#233;tresse. Pour all&#233;ger un &#171; &lt;em&gt;case load&lt;/em&gt; &#187;, certain&#183;e&#183;s intervenant&#183;e&#183;s peuvent insinuer que la personne en face d'eux poss&#232;de beaucoup de forces pour s'en sortir et qu'elle n'a pas besoin d'aide. Nous vivons dans une soci&#233;t&#233; o&#249; les institutions cherchent &#224; gu&#233;rir plut&#244;t qu'&#224; pr&#233;venir, o&#249; le manque d'&#233;coute et d'empathie r&#232;gne en roi et ma&#238;tre et o&#249; l'on r&#233;agit apr&#232;s coup plut&#244;t qu'en amont, m&#234;me lorsque tous les signaux d'alarme sont pr&#233;sents et clairs. En v&#233;rit&#233;, dans un tel syst&#232;me, si le sang n'est pas litt&#233;ralement en train de couler, on d&#233;cide bien souvent que ce &#171; cas &#187; n'est pas urgent ou prioritaire. Si une personne semble avoir beaucoup de ressources int&#233;rieures ou mat&#233;rielles, sa r&#233;silience peut &#234;tre utilis&#233;e contre elle pour lui nier son humanit&#233; et sa vuln&#233;rabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;silience demeure une arme &#224; double tranchant. Certes, cette id&#233;e existe parce que nous voulons avoir espoir. Mais faire preuve de r&#233;silience, c'est marcher sur une corde raide. D'une part, lorsque nous d&#233;montrons trop de force, la tendance soci&#233;tale est de minimiser nos traumas parce que nous semblons tr&#232;s bien aller. D'autre part, lorsque nous d&#233;montrons une trop grande vuln&#233;rabilit&#233;, nous sommes per&#231;u&#183;e&#183;s comme un poids pour notre entourage. Nous nous retrouvons r&#233;duit&#183;e&#183;s &#224; la pire chose qui nous soit arriv&#233;e. La r&#233;silience nous trahit, comme l'explique encore Julie S. Lalonde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'entrevue de Julie S. Lalonde r&#233;alis&#233;e dans le cadre de l'&#233;mission The (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, lorsque nous devons perp&#233;tuellement prouver notre douleur &#224; autrui, sous peine d'&#234;tre abandonn&#233;&#183;e&#183;s, ou encore lorsqu'on nous enl&#232;ve en m&#234;me temps humanit&#233; et agentivit&#233;, force et vuln&#233;rabilit&#233;, comme si toutes ces choses ne pouvaient pas coexister chez une personne ayant subi des violences. En d'autres termes, la r&#233;silience impose un v&#233;ritable &#171; &lt;em&gt;catch-22&lt;/em&gt; &#187;, une double contrainte typique d'une soci&#233;t&#233; qui tend &#224; caser les choses et les gens, plut&#244;t que de les voir dans toutes les facettes de leur complexit&#233; et de leur v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons croire, disais-je plus haut, que ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts. En v&#233;rit&#233;, ce qui ne nous tue pas nous rend &lt;em&gt;diff&#233;rent&#183;e&#183;s&lt;/em&gt;, pour le meilleur et pour le pire. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Resilience Is Futile : The Life and Death and Life of Julie S. Lalonde&lt;/em&gt;, Toronto, Between The Lines, 2020, 192 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;em&gt;The Cult of True Victimhood : From the War on Welfare to the War on Terror&lt;/em&gt;, Stanford University Press, 2006, 256 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'entrevue de Julie S. Lalonde r&#233;alis&#233;e dans le cadre de l'&#233;mission The Social, &#224; CTV. &lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=aIMwWn0XcUg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Disponible en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Tomas Vimmr (CC BY-NC-ND 2.0)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>C&#233;geps. &#171; Pr&#233;sentiel &#187;, ce lien social que l'on ignorait</title>
		<link>https://www.ababord.org/Cegeps-Presentiel-ce-lien-social-que-l-on-ignorait</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Cegeps-Presentiel-ce-lien-social-que-l-on-ignorait</guid>
		<dc:date>2022-03-14T20:45:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucie Pich&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Psychologie et psychiatrie</dc:subject>
		<dc:subject>Pich&#233;, Lucie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quel bilan tirer de l'aventure singuli&#232;re dans laquelle se sont retrouv&#233;s les profs de c&#233;gep alors que s'ach&#232;ve cette deuxi&#232;me session v&#233;cue &#224; l'aune de la crise sanitaire ? Les derniers mois ont en effet brutalement r&#233;v&#233;l&#233; les enjeux et d&#233;fis de la formation &#224; distance tous azimuts, comme en t&#233;moignent les &#233;chos qui nous parviennent tant du personnel enseignant que de la communaut&#233; &#233;tudiante. Quels sont nos leviers pour mieux affronter les mois &#224; venir ? &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Nous sommes &#224; reconstruire le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Mini-dossier-COVID-en-continu-" rel="directory"&gt;Mini-dossier : COVID en continu&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Education-et-enseignement-+" rel="tag"&gt;Education et enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Psychologie-et-psychiatrie-+" rel="tag"&gt;Psychologie et psychiatrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Piche-Lucie-+" rel="tag"&gt;Pich&#233;, Lucie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3250.png?1663621307' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;472&#034; height=&#034;493&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quel bilan tirer de l'aventure singuli&#232;re dans laquelle se sont retrouv&#233;s les profs de c&#233;gep alors que s'ach&#232;ve cette deuxi&#232;me session v&#233;cue &#224; l'aune de la crise sanitaire ? Les derniers mois ont en effet brutalement r&#233;v&#233;l&#233; les enjeux et d&#233;fis de la formation &#224; distance tous azimuts, comme en t&#233;moignent les &#233;chos qui nous parviennent tant du personnel enseignant que de la communaut&#233; &#233;tudiante. Quels sont nos leviers pour mieux affronter les mois &#224; venir ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; &#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;Nous sommes &#224; reconstruire le domaine de l'enseignement &lt;/i&gt; &#187;. Tel a &#233;t&#233; l'un des t&#233;moignages re&#231;us dans le cadre d'un sondage qui a r&#233;v&#233;l&#233; une surcharge de travail et une augmentation des probl&#232;mes de sant&#233; psychologique provoqu&#233;es par le passage &#224; la formation &#224; distance. De fait, nous aurions d&#251;, depuis le printemps, pouvoir nous concentrer sur l'essentiel, soit l'enseignement. Il aurait alors &#233;t&#233; possible de d&#233;gager du temps pour mieux faire face &#224; l'alourdissement de la t&#226;che li&#233; &#224; l'int&#233;gration de nouvelles approches p&#233;dagogiques, au r&#233;am&#233;nagement de la mati&#232;re et des &#233;valuations d&#233;sormais en ligne, &#224; la multiplication des corrections qu'induit une formule p&#233;dagogique improvis&#233;e et &#224; l'accompagnement individualis&#233; rendu n&#233;cessaire pour r&#233;p&#233;ter les consignes, offrir un d&#233;pannage informatique ou calmer l'anxi&#233;t&#233; ! En lieu et place, nous avons d&#251; batailler ferme dans la majorit&#233; de nos c&#233;geps, ici pour r&#233;duire les t&#226;ches connexes, l&#224; pour pr&#233;server notre autonomie professionnelle dans nos choix p&#233;dagogiques, mais partout, pour obtenir un minimum de ressources d&#233;di&#233;es &#224; l'enseignement &#224; m&#234;me les sommes suppl&#233;mentaires allou&#233;es par le gouvernement depuis le printemps. Malheureusement, ces derni&#232;res demandes n'ont gu&#232;re trouv&#233; d'&#233;cho alors que se profile la session d'hiver et que l'&#233;puisement se fait d&#233;j&#224; sentir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; L'&#233;ducation en pr&#233;sence, un service essentiel&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Depuis mars 2020, la communaut&#233; coll&#233;giale a pu faire la d&#233;monstration &#171; par le vide &#187; de l'importance des liens que nous tissons &#171; en pr&#233;sentiel &#187; avec nos &#233;tudiantes et &#233;tudiants : des liens essentiels &#224; la construction de la relation p&#233;dagogique ; des liens qui donnent sens et coh&#233;rence &#224; leur apprentissage&#8230; et &#224; notre travail. &#192; ce titre, il convient de prendre un pas de recul face &#224; la formation &#224; distance que certains pr&#233;conisent comme &#233;tant LA solution de l'avenir pour am&#233;liorer l'acc&#232;s &#224; l'enseignement sup&#233;rieur, en prenant notamment la mesure de la d&#233;tresse &#233;tudiante qu'on a pu voir surgir au fil de l'automne dans l'espace m&#233;diatique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;No&#233;mie Veilleux, &#171; Ne remettons pas la condition &#233;tudiante &#224; demain &#187;, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La pand&#233;mie a &#233;galement agi comme puissant r&#233;v&#233;lateur des in&#233;galit&#233;s sociales qui traversent nos classes d&#233;sormais virtuelles. Toutes et tous ne sont pas &#233;gaux face &#224; l'apprentissage, encore moins &#224; distance, alors que le contexte de la salle de classe permet d'amoindrir les &#233;carts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Depuis mars dernier, nous avons aussi &#233;t&#233; &#224; m&#234;me de constater &#224; quel point la coll&#233;gialit&#233; qui caract&#233;rise nos milieux de travail est porteuse de liens sociaux plus que jamais essentiels en temps de pand&#233;mie. La mise en commun de nos exp&#233;riences, par le biais des r&#233;seaux sociaux notamment, a en effet servi de levier pour contrer la d&#233;mat&#233;rialisation de nos espaces de coll&#233;gialit&#233; dans laquelle nous avait plong&#233;s la pand&#233;mie, de cr&#233;er une synergie permettant de r&#233;inventer nos pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nos organisations syndicales constituent, elles aussi, des leviers essentiels dans une p&#233;riode o&#249; nous avons plus que jamais besoin de faire entendre nos voix pour sonner l'alarme face &#224; la d&#233;t&#233;rioration de nos conditions de travail et &#224; la d&#233;gradation des conditions d'&#233;tude des c&#233;g&#233;piennes et c&#233;g&#233;piens. Des voix qu'il nous faut plus que jamais rassembler pour d&#233;fendre une vision de l'&#233;ducation comme lieu de socialisation et de mixit&#233; sociale permettant, tant &#224; la population &#233;tudiante qu'&#224; celle qui &#339;uvre dans ce milieu, de construire un monde plus &#233;galitaire &#8211; une vision que la crise actuelle a malheureusement mise &#224; mal.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;No&#233;mie Veilleux, &#171; Ne remettons pas la condition &#233;tudiante &#224; demain &#187;, &lt;em&gt;Le Soleil&lt;/em&gt;, 15 octobre 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Lucie Pich&#233; est pr&#233;sidente de la F &#233;d&#233;ration des enseignantes et enseignants de CEGEP (FEC-CSQ).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Effondrement. Un peu, beaucoup, passionn&#233;ment, pas du tout</title>
		<link>https://www.ababord.org/Effondrement-Un-peu-beaucoup-passionnement-pas-du-tout</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Effondrement-Un-peu-beaucoup-passionnement-pas-du-tout</guid>
		<dc:date>2022-03-14T20:21:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Psychologie et psychiatrie</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les personnes pr&#233;occup&#233;es par l'environnement ne peuvent pas s'emp&#234;cher de faire une &#233;quation tr&#232;s simple. Le GIEC nous avertit des catastrophes &#224; venir si les gouvernements ne luttent pas efficacement contre le r&#233;chauffement climatique. Ceux-ci, justement, n'en font pas assez pour s'attaquer &#224; ce probl&#232;me. Notre avenir sera donc tr&#232;s orageux, si on se fie aux pr&#233;dictions des scientifiques. &lt;br class='autobr' /&gt; Peut-on parler d'un effondrement &#224; venir de notre civilisation, c'est-&#224;-dire d'un processus selon (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Resilience-ecologique-Resistance-ou-resignation-" rel="directory"&gt;Dossier : R&#233;silience &#233;cologique. R&#233;sistance ou r&#233;signation ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Psychologie-et-psychiatrie-+" rel="tag"&gt;Psychologie et psychiatrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3245.png?1663621307' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;455&#034; height=&#034;574&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les personnes pr&#233;occup&#233;es par l'environnement ne peuvent pas s'emp&#234;cher de faire une &#233;quation tr&#232;s simple. Le GIEC nous avertit des catastrophes &#224; venir si les gouvernements ne luttent pas efficacement contre le r&#233;chauffement climatique. Ceux-ci, justement, n'en font pas assez pour s'attaquer &#224; ce probl&#232;me. Notre avenir sera donc tr&#232;s orageux, si on se fie aux pr&#233;dictions des scientifiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Peut-on parler d'un effondrement &#224; venir de notre civilisation, c'est-&#224;-dire d'un processus selon lequel &#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;les besoins de base (eau, alimentation, logement, habillement, &#233;nergie, etc.) ne sont plus fournis [ &#224; un co&#251;t raisonnable] &#224; une majorit&#233; de la population par des services encadr&#233;s par la loi&lt;/i&gt; &#187; ? Cette d&#233;finition du politicien fran&#231;ais Yves Cochet, reprise dans le best-seller &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;Comment tout peut s'effondrer &lt;/i&gt; ? des ing&#233;nieurs Pablo Servigne et Rapha&#235;l Stevens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paris, Seuil, 2015, 296 p.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , refl&#232;te une crainte partag&#233;e aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les menaces provoqu&#233;es par les changements climatiques sont bien connues : inondations sur de vastes territoires, &#233;rosion, s&#233;cheresses, d&#233;sertification, acidification des oc&#233;ans, vagues de chaleur insupportable, hausse des cataclysmes naturels. Les d&#233;r&#232;glements majeurs de nombreux &#233;cosyst&#232;mes les rendront invivables, ce qui cr&#233;era un nombre toujours plus &#233;lev&#233; de r&#233;fugi&#233;s climatiques. Comment arriverons-nous, en tant qu'humanit&#233;, &#224; nous sortir de tels cataclysmes ? Ces catastrophes auront-elles bel et biens lieu ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; La collapsologie, une science ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Plusieurs croient que l'effondrement est in&#233;vitable. C'est le cas de Pablo Servigne et Rapha&#235;l Stevens, qui ont fait un grand bruit, en France surtout, en proposant une nouvelle science, la &#171; collapsologie &#187; (du latin collapsus ), c'est-&#224;-dire, selon les auteurs, &#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;l'exercice transdisciplinaire d'&#233;tude de l'effondrement de notre civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succ&#233;der, en s'appuyant sur les deux modes cognitifs que sont la raison et l'intuition et sur des travaux scientifiques reconnus &lt;/i&gt; &#187; . Le fait de pr&#233;senter la collapsologie comme une science implique de consid&#233;rer l'effondrement comme un fait accompli et objectif. Pourtant, il n'est encore qu'une projection conditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Au Qu&#233;bec, sans s'inscrire directement dans ce courant, l'environnementaliste Harvey Mead pr&#233;tend, quant &#224; lui, que l'inertie des gouvernements en ce qui concerne les changements climatiques s'est prolong&#233;e au-del&#224; de ce que nous pouvions nous permettre et qu'il est maintenant trop tard pour &#233;viter l'effondrement : &#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt; nous sommes &#224; la veille de bouleversements majeurs dans la vie telle que nous la connaissons dans les soci&#233;t&#233;s riches. Il faut en prendre acte et agir en cons&#233;quence &lt;/i&gt; &#187; . Dans Trop tard : la fin d'un monde et le d&#233;but d'un nouveau&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2017, 279 p.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , le terme &#171; effondrement &#187; (souvent utilis&#233; au pluriel) est particuli&#232;rement r&#233;current.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cet effondrement, il vaut mieux l'anticiper et s'y pr&#233;parer que de le subir, nous disent les collapsologues Servigne et Stev ens. Dans &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;Comment tout peut s'effondrer&lt;/i&gt; , ils &#233;num&#232;rent avec pr&#233;cision toutes les menaces qui plombent sur nous, ce que plusieurs autres chercheur &#183;euse&#183; s ont entrepris de faire depuis longtemps. L'originalit&#233; de leur d&#233;marche consiste surtout &#224; appeler &#224; une pr&#233;paration sociale et individuelle devant la catastrophe imminente, dont ils admettent cependant &#234;tre incapables de pr&#233;voir ni l'ampleur ni le moment o&#249; elle se produira.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans un deuxi&#232;me essai, &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;Une autre fin du monde est possible : vivre l'effondrement (et pas seulement y survivre)&lt;/i&gt;, auquel s'est ajout&#233; Gauthier Chapelle, ing&#233;nieur lui aussi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paris, Seuil, 2018, 323 p.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'aspect scientifique de la question, assez pr&#233;sent dans le premier livre, est rel&#233;gu&#233; derri&#232;re une question incontournable aux yeux des auteurs : comment vivre sereinement, retrouver la paix, alors qu'on sait que tout s'effondrera un jour ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La collapsologie a le m&#233;rite de nous alarmer devant un probl&#232;me majeur, peut-&#234;tre le plus grand de tous ceux qui existent, selon les auteurs. Elle concerne une r&#233;alit&#233; qui nous est sans cesse confirm&#233;e par les rapports du GIEC. Toute hausse de la temp&#233;rature de plus de 1,5 o C aura des cons&#233;quences dramatiques. Or avec les mesures propos&#233;es par les gouvernements, en d&#233;pit de belles promesses pendant la COP21, nous nous dirigeons vers des difficult&#233;s majeures, le GIEC pr&#233;voyant plut&#244;t un r&#233;chauffement de 1 degr&#233; Celsis &#224; 6,4 degr&#233;s Celsius suppl&#233;mentaires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Comment esp&#233;rer un coup de barre significatif et rapide, permettant d'&#233;viter tous les &#233;cueils, alors que des climatosceptiques dirigent des pays aussi puissants que les &#201;tats-Unis et le Br&#233;sil &#8211; sans oublier tous les autres pays dirig&#233;s par des autocrates ? Comment croire en de s&#233;rieuses avanc&#233;es alors que tant de pays qui se disent &#171; progressistes &#187;, dont le n&#244;tre, s'accrochent encore vivement &#224; une &#233;conomie bas&#233;e sur une forte consommation d'hydrocarbures ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Un d&#233;bat soutenu&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; La collapsologie a provoqu&#233; de fortes r&#233;actions. Dans les grands m&#233;dias d'abord, sensibles &#224; ce discours de fin du monde, excellent pour attirer l'attention du grand public. Mais cette visibilit&#233; a aussi d&#233;clench&#233; une importante r&#233;plique, entre autres du c&#244;t&#233; des intellectuel&#183;le&#183;s progressistes qui, bien qu'en accord avec certaines intentions des auteurs, d&#233;sapprouvent leur approche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'aspect &#171; scientifique &#187; de la collapsologie est d'abord remis en cause. L'id&#233;e d'un effondrement &#224; venir, bien qu'elle soit fond&#233;e, permet difficilement de mettre en place une discipline scientifique, bas&#233;e sur les faits et l'exp&#233;rimentation, alors qu'elle rel&#232;ve en grande partie d'incertitudes et de sp&#233;culations. M&#234;me si on admet qu'il est possible d'avoir une certaine rigueur dans ce domaine, les auteurs ne font rien pour nous en convaincre. Plut&#244;t que de suivre une m&#233;thode s&#251;re et exigeante, ils pr&#233;f&#232;rent composer des &#233;crits bien tourn&#233;s, avec de nombreuses histoires &#233;difiantes et des analogies, ainsi qu'un sens bien appuy&#233; de la formule. Ils s'appuient sur des sources peu coh&#233;rentes, donnant une part importante de leurs r&#233;f&#233;rences &#224; des auteur&#183;trice&#183;s contestables, pas tr&#232;s bien vus des milieux scientifiques, comme Jared Diamond, Carl Gustav Jung ou Carolyn Baker.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La collapsologie peut ais&#233;ment &#234;tre vue par plusieurs comme &#233;tant d&#233;mobilisante. Devant une catastrophe imminente, on pourrait croire que les luttes sont perdues d'avance, qu'il ne reste plus que la r&#233;signation. La place accord&#233;e par les collapsologues &#224; la psychologie laisse entendre qu'il faut surtout d&#233;velopper un &#233;tat mental nous permettant d'accepter le malheur tout en conservant une tranquillit&#233; int&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les auteurs renvoient constamment leurs lecteur&#183;trice&#183;s &#224; des comportements nobles et vertueux, entre autres la solidarit&#233; et la r&#233;silience, essentielles &#224; leurs yeux, ce qu'on ne peut certes pas leur reprocher. Mais les luttes, la n&#233;cessit&#233; de s'organiser, de combattre activement le r&#233;chauffement climatique ne se trouvent pas au c&#339;ur de leur argumentation. Les adeptes de la d&#233;croissance et les &#171; transitionneur&#183;euse&#183;s &#187; sont par ailleurs abord&#233;&#183;e&#183;s un peu de haut, et la place qu'on leur donne n'est pas tr&#232;s grande, m&#234;me si Servigne et Stevens finissent tout de m&#234;me par se rallier &#224; l'id&#233;e de se lancer dans d'importants projets de transition &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Adaptation, quelle adaptation ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Le d&#233;bat suscit&#233; par la collapsologie est cependant incontournable. Si toutes les &#233;poques ont v&#233;cu leur part de catastrophes &#8211; &#233;pid&#233;mies bien pires que celle que nous connaissons pr&#233;sentement, famines &#224; r&#233;p&#233;tition, guerres sanglantes, etc. &#8211;, celles qui nous attendent ont de quoi nous effrayer par leurs cons&#233;quences durables, par un d&#233;r&#232;glement &#224; long terme aux effets en cascade.&lt;br /&gt; Reconna&#238;tre l'imminence de catastrophes climatiques n'est plus tellement difficile : celles auxquelles nous sommes confront&#233;&#183;e&#183;s nous forcent &#224; agir imm&#233;diatement, sur les probl&#232;mes ponctuels qu'elles soul&#232;vent. L'id&#233;e de s'adapter &#224; ces changements ne se situe plus seulement dans le camp des &#171; croissantistes &#187;, qui misent sur un &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;deus ex machina &lt;/i&gt;comme au th&#233;&#226;tre, une solution technologique in&#233;vitable, se fiant &#224; l'in&#233;puisable inventivit&#233; des humains qui trouveront toujours des solutions aux probl&#232;mes qu'ils causent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En fait, sans avoir recours au terme alarmant d'effondrement, le milieu scientifique s'affaire &#224; formuler mille solutions contre les diff&#233;rents probl&#232;mes reli&#233;s au r&#233;chauffement climatique. La documentation &#224; ce sujet est plus qu'abondante. Elle nous permet, entre autres, de constater que la distinction entre les mesures d'adaptation et celles qui visent &#224; combattre les changements climatiques n'est pas toujours claire, un projet pour r&#233;duire la consommation d'hydrocarbures pouvant aussi &#234;tre vu, par exemple, comme une forme d'adaptation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La meilleure strat&#233;gie consiste, bien s&#251;r, &#224; jouer sur tous les fronts. Dans sa vaste documentation sur les changements climatiques, l'Union europ&#233;enne propose une strat&#233;gie &#224; trois niveaux : l'&lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;att&#233;nuation&lt;/i&gt; , qui consiste &#224; ralentir le r&#233;chauffement climatique ; l'&lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;adaptation&lt;/i&gt; , qui cible les r&#233;gions vuln&#233;rables et permet de trouver des solutions &#224; des probl&#232;mes particuliers ; et la &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;transition&lt;/i&gt; , qui vise &#224; transformer l'urbanisation, l'agriculture et l'am&#233;nagement du territoire, en s'attaquant ainsi aux sources du r&#233;chauffement climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le langage prudent et bureaucratique de l'UE n'est certes pas celui qu'il faut pour entra&#238;ner les changements qui s'imposent. Pas plus que l'ensemble de ses r&#233;alisations ne nous permet d'&#234;tre optimistes sur les chances de voir se mettre en place ces changements. La strat&#233;gie de l'att&#233;nuation semble particuli&#232;rement douteuse et manque carr&#233;ment d'ambition. Le terme &#171; d&#233;veloppement durable &#187;, utilis&#233; &#224; toutes les sauces, est id&#233;al pour justifier le capitalisme vert, quand il n'encourage pas tout simplement l'inertie. Toutefois, la volont&#233; de lier adaptation et transition, et d'agir &#224; la fois sur le mal et sur le sympt&#244;me semble une voie incontournable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Que l'on parle d'effondrement, d'adaptation ou de transition &#233;cologique, il est clair que les solutions &#224; adopter concernent d&#233;sormais moins la science, qui depuis des ann&#233;es voit venir le danger, que la politique et l'&#233;conomie &#8211; l'enjeu se situant plus sp&#233;cifiquement du c&#244;t&#233; de la lenteur des politiciens &#224; r&#233;agir et du refus de nombreux individus d'envisager nettement les changements &#224; accomplir. Le leitmotiv de Greta Thunberg qui nous exhorte &#224; enfin &#233;couter les scientifiques est on ne peut plus pertinent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour arriver &#224; transformer les mentalit&#233;s, avouons qu'aucune strat&#233;gie n'a bien fonctionn&#233;. Plusieurs ont &#233;t&#233; examin&#233;es dans diff&#233;rents ouvrages, dont &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;Le syndrome de l'autruche&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arles/Paris, Actes Sud/Colibris, 2017, 405 p.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de George Marshall, qui se creuse la t&#234;te pour comprendre l'indiff&#233;rence et le d&#233;ni de r&#233;alit&#233; qui nous ont emp&#234;ch&#233;&#183;e&#183;s d'entreprendre depuis trop longtemps les transformations n&#233;cessaires (ce livre reste d'actualit&#233;, m&#234;me s'il a &#233;t&#233; &#233;crit il y a quelques ann&#233;es, pendant une p&#233;riode creuse dans la lutte contre le r&#233;chauffement climatique). La strat&#233;gie consistant &#224; susciter une peur raisonnable, mais ma&#238;trisable, qui transpara&#238;t derri&#232;re l'id&#233;e de se pr&#233;parer &#224; un effondrement, ne semble s&#251;rement pas meilleure que les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La collapsologie cherche &#224; r&#233;pondre &#224; un malaise bien r&#233;el &#233;prouv&#233; par de nombreuses personnes, et pour lequel on propose une forme de th&#233;rapie. Sans renier les effets positifs de ces bonnes intentions, il faut aussi penser &#224; Henri Laborit qui nous dit que deux rats qui se battent restent en meilleure sant&#233;. Peut-&#234;tre que face &#224; un &#233;ventuel effondrement, la mobilisation active reste encore la meilleure solution : elle nous rend plus fort&#183;e&#183;s, plus aptes &#224; adopter des comportements positifs devant ce qui nous attend, tout en nous permettant d'agir concr&#232;tement contre le danger.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paris, Seuil, 2015, 296 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2017, 279 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paris, Seuil, 2018, 323 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arles/Paris, Actes Sud/Colibris, 2017, 405 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : Fr&#233;d&#233;ric Sasseville-Painchaud&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les fous crient au secours ! T&#233;moignage d'un ex-patient de Saint-Jean-de-Dieu</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-fous-crient-au-secours-Temoignage-d-un-ex-patient-de-Saint-Jean-de-Dieu</link>
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		<dc:date>2020-08-25T19:33:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;lisabeth B&#233;fort-Doucet</dc:creator>


		<dc:subject>Psychologie et psychiatrie</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>B&#233;fort-Doucet, &#201;lisabeth</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jean-Charles Pag&#233;, Les fous crient au secours ! T&#233;moignage d'un ex-patient de Saint-Jean-de-Dieu, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2018, 240 pages. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'histoire de la psychiatrie au Qu&#233;bec avant la R&#233;volution tranquille est encore m&#233;connue et peu int&#233;gr&#233;e aux travaux sur le syst&#232;me de sant&#233; qu&#233;b&#233;cois. Les conditions de traitement des personnes pr&#233;sentant des d&#233;ficiences intellectuelles avant le mouvement de d&#233;cl&#233;ricalisation des asiles &#233;taient rel&#233;gu&#233;es &#224; l'oubli des institutions catholiques. Avec la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-80-ete-2019-" rel="directory"&gt;No 080 - &#233;t&#233; 2019&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Psychologie-et-psychiatrie-+" rel="tag"&gt;Psychologie et psychiatrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Befort-Doucet-Elisabeth-+" rel="tag"&gt;B&#233;fort-Doucet, &#201;lisabeth&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2975.png?1642092249' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;200&#034; height=&#034;291&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jean-Charles Pag&#233;, &lt;i&gt;Les fous crient au secours ! T&#233;moignage d'un ex-patient de Saint-Jean-de-Dieu&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2018, 240 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'histoire de la psychiatrie au Qu&#233;bec avant la R&#233;volution tranquille est encore m&#233;connue et peu int&#233;gr&#233;e aux travaux sur le syst&#232;me de sant&#233; qu&#233;b&#233;cois. Les conditions de traitement des personnes pr&#233;sentant des d&#233;ficiences intellectuelles avant le mouvement de d&#233;cl&#233;ricalisation des asiles &#233;taient rel&#233;gu&#233;es &#224; l'oubli des institutions catholiques. Avec la r&#233;&#233;dition du t&#233;moignage de Jean-Charles Pag&#233;, publi&#233; originalement en 1961 aux &#201;ditions du Jour, qui inclue toujours la postface originale du Dr Camille Laurin et une nouvelle postface du groupe de d&#233;fense de droits en sant&#233; mentale Action Autonomie, J&#233;r&#233;mie Dhavernas et Ana&#239;s Dupin proposent une r&#233;flexion sur l'&#233;volution de la psychiatrie au Qu&#233;bec et l'&#233;tat o&#249; elle en est aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le t&#233;moignage de Pag&#233; est d'une part une autobiographie sur son s&#233;jour &#224; l'h&#244;pital psychiatrique de Saint-Jean-de-Dieu pour alcoolisme, et d'autre part une critique de l'internement des patients pr&#233;sentant des troubles de sant&#233; mentale. Pag&#233; raconte les conditions de vie r&#233;serv&#233;es aux 6 300 patients de Saint-Jean-de-Dieu, que le personnel consid&#233;rait moins comme des personnes malades &#224; soigner que des d&#233;viants &#224; corriger. Les infirmi&#232;res, charg&#233;es du suivi quotidien, exer&#231;aient une forme de contr&#244;le des mouvements des patients en r&#233;gulant les horaires au quart de tour, en &#233;tant pr&#233;sentes lors de tous les entretiens avec les m&#233;decins et les psychiatres et en collaborant avec les gardiens pour les traitements forc&#233;s tels les &#233;lectrochocs et les piq&#251;res. Pag&#233; souligne que les patients ont &#233;t&#233; confront&#233;s &#224; une d&#233;shumanisation par la r&#233;duction de leur humanit&#233; &#224; de simples num&#233;ros portant des habits similaires et par l'autocratie r&#233;primant toute tentative d'&#233;branler l'ordre (r&#233;pression qui se manifestait par l'envoi dans les &#171; salles en arri&#232;res &#187;, formes de cachots o&#249; gisaient les plus ali&#233;n&#233;s qui avaient os&#233; se rebeller).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La postface &#233;crite par le Dr Camille Laurin a amorc&#233; le travail qui a men&#233; au rapport B&#233;dard, fer de lance de la d&#233;sinstitutionnalisation du syst&#232;me de sant&#233;. Laurin critiquait les m&#233;thodes utilis&#233;es dans les h&#244;pitaux psychiatriques tels Saint-Jean-de-Dieu visant &#224; retirer la personne malade de la soci&#233;t&#233;, contribuant ainsi &#224; l'individualisation des probl&#232;mes de sant&#233; mentale. Il appelait, en concluant, au financement ad&#233;quat de la recherche en psychiatrie afin de s'assurer que les patients se pr&#233;valent des soins les plus appropri&#233;s.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En guise de conclusion, le collectif Action Autonomie fait appel &#224; des t&#233;moignages poignants pour souligner que la situation actuelle de la psychiatrie au Qu&#233;bec a bien peu &#233;volu&#233;. Jean-Fran&#231;ois Plouffe s'indigne, entre autres, du fait que les conditions dans lesquelles les patients sont trait&#233;s (par exemple, les mesures de contr&#244;le comprenant la contention et l'isolement ou les &#233;lectrochocs encore utilis&#233;s aujourd'hui) peuvent favoriser l'apparition de comportements per&#231;us comme inad&#233;quats. Ceux-ci sont alors r&#233;prim&#233;s ardemment par les administrations et contribuent &#224; un cercle vicieux. Une r&#233;flexion sur l'importance de revoir l'approche face &#224; la psychologie en incluant les ressources alternatives en sant&#233; mentale cl&#244;t l'ouvrage.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Regards sur le Japon. Travailler &#224; mourir</title>
		<link>https://www.ababord.org/Regards-sur-le-Japon-Travailler-a-mourir</link>
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		<dc:date>2020-05-02T20:09:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;a Fontaine</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Psychologie et psychiatrie</dc:subject>
		<dc:subject>Asie</dc:subject>
		<dc:subject>Fontaine, L&#233;a</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans certaines soci&#233;t&#233;s, la r&#233;duction du temps de travail a &#233;t&#233; mise en &#339;uvre afin d'augmenter la qualit&#233; de vie. C'est le cas de la France avec la semaine de 35 heures implant&#233;e sur l'initiative de Martine Aubry, alors ministre du Travail, m&#234;me si elle a &#233;t&#233; battue en br&#232;che, 20 ans plus tard, par la loi El Khomri. Au Japon, toutefois, le travail est une valeur en soi et le nombre d'heures ne conna&#238;t pas de limites. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la culture nipponne, travailler un grand nombre d'heures rel&#232;ve (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-77-dec-2018-janv-2019-" rel="directory"&gt;No 077 - d&#233;c. 2018 / janv. 2019&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Psychologie-et-psychiatrie-+" rel="tag"&gt;Psychologie et psychiatrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Asie-+" rel="tag"&gt;Asie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fontaine-Lea-+" rel="tag"&gt;Fontaine, L&#233;a&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2885.jpg?1642092240' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;834&#034; height=&#034;552&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans certaines soci&#233;t&#233;s, la r&#233;duction du temps de travail a &#233;t&#233; mise en &#339;uvre afin d'augmenter la qualit&#233; de vie. C'est le cas de la France avec la semaine de 35 heures implant&#233;e sur l'initiative de Martine Aubry, alors ministre du Travail, m&#234;me si elle a &#233;t&#233; battue en br&#232;che, 20 ans plus tard, par la loi El Khomri. Au Japon, toutefois, le travail est une valeur en soi et le nombre d'heures ne conna&#238;t pas de limites.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans la culture nipponne, travailler un grand nombre d'heures rel&#232;ve quasiment du code d'honneur du citoyen mod&#232;le. Les heures suppl&#233;mentaires sont ainsi devenues une r&#232;gle, mais &#224; quel prix ? &#192; celui de la vie ! La mort au travail y prend m&#234;me deux formes particuli&#232;rement tragiques : le &lt;em&gt;kar&#333;shi&lt;/em&gt; d&#233;signe la mort subite de cadres ou d'employ&#233;s de bureau par arr&#234;t cardiaque, AVC, etc. ; le &lt;em&gt;kar&#333; utsuby&#333; &lt;/em&gt;d&#233;crit le suicide au travail provoqu&#233; par son intensification excessive.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mort au travail par surcharge a &#233;t&#233; par ailleurs remplac&#233;e par le suicide &#224; proprement parler. Depuis les ann&#233;es 1990, ce dernier est courant et il est davantage m&#233;diatis&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Junko Kitanaka, De la mort volontaire au suicide au travail : histoire et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On observe bien s&#251;r un lien de causalit&#233; entre les conditions de travail et le passage &#224; l'acte, mais aussi des facteurs renvoyant aux fragilit&#233;s individuelles des salari&#233;&#183;e&#183;s.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Culture du d&#233;ni&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Selon Junko Kitanaka, dont les &#233;crits sont largement consacr&#233;s &#224; la d&#233;pression dans la perspective historique de la psychiatrie, plusieurs maladies mentales sont pr&#233;sentes dans l'archipel japonais depuis longtemps. C'est notamment le cas pour l'&#233;puisement nerveux (&lt;em&gt;shinkei suijaku&lt;/em&gt;). Au d&#233;but du 20e si&#232;cle, les suicid&#233;&#183;e&#183;s et les malades mentaux sont particuli&#232;rement malmen&#233;&#183;e&#183;s par ceux-l&#224; m&#234;mes qui pourraient les soigner. Ainsi, selon Kuniyoshi Katayama, une sp&#233;cialiste de la m&#233;decine l&#233;gale, les suicid&#233;&#183;e&#183;s &#171; &lt;em&gt; r&#233;pandent du poison dans la soci&#233;t&#233; &lt;/em&gt;[et la nation] &lt;em&gt;doit renforcer son corps et son esprit de sorte &#224; pouvoir &#233;liminer les mol&#233;cules pathologiques de cette esp&#232;ce-l&#224; &lt;/em&gt; &#187;. Dans un discours, prononc&#233; &#224; la m&#234;me &#233;poque, &#332;kuma Shigenobu affirmait : &#171; &lt;em&gt;Tous ces gens qui se pr&#233;cipitent du haut d'une cascade ou qui se jettent devant un train sont des esprits faibles. Ils n'ont pas de constitution mentale assez forte, ils en font une maladie mentale et, &#224; la fin, &#231;a les tue. Inutile, voil&#224; ce qu'ils sont ! Les t&#234;tes faibles de ce genre ne causeraient que du mal m&#234;me s'ils survivaient&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Junko Kitanaka, Depression in Japan : Psychiatric Cures for a Society in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Toute une analyse !&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y eut une br&#232;ve p&#233;riode dans l'histoire de la psychiatrie japonaise, apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle la domination de la neurobiologie a &#233;t&#233; mise &#224; mal dans ses fondements par la psychanalyse. Au tournant des ann&#233;es 1950, le mod&#232;le am&#233;ricain de &#171; sante&#769; mentale &#187; s'est impos&#233; un temps au Japon. Comme dans plusieurs autres soci&#233;t&#233;s modernes, l'augmentation des prescriptions de psychotropes y est alors grandissante et inqui&#233;tante. Ceux-ci sont prescrits pour ma&#238;triser les m&#233;canismes biologiques de la psychose et exclure toute psychologie des n&#233;vroses. Sous l'occupation, le Japon reprend ses propres outils pour construire un renouveau th&#233;orique du neurobiologisme en psychiatrie, afin d'&#233;tendre le recours aux cliniques et aux h&#244;pitaux psychiatriques priv&#233;s. Contrairement &#224; d'autres pays, le Japon met l'accent sur l'institutionnalisation des patient&#183;e&#183;s atteint&#183;e&#183;s de maladies mentales.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ailleurs dans le monde&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bien malheureusement, le &lt;em&gt;kar&#333;shi&lt;/em&gt; et le &lt;em&gt;kar&#333; utsuby&#333;&lt;/em&gt; ne se manifestent pas seulement dans l'&#201;tat nippon. En effet, ils se produisent dans plusieurs pays industrialis&#233;s, voire dans des nations o&#249; domine l'&#233;conomie virtuelle. En France, dans des entreprises comme Orange ou Renault, mais aussi dans certaines grandes entreprises au Qu&#233;bec, des travailleuses et travailleurs press&#233;&#183;e&#183;s comme des citrons se retrouvent &#224; bout de force et tombent comme des mouches ou pr&#233;parent leur suicide, bien souvent sur leur lieu de travail. Les suicid&#233;&#183;e&#183;s n'h&#233;sitent plus &#224; accrocher &#224; leurs v&#234;tements un petit mot sur lequel on peut lire : &#171; &lt;em&gt;Si je me suicide aujourd'hui, c'est &#224; cause de mon travail !&lt;/em&gt; &#187; On comprendra que ces messages frappent de plein fouet l'imaginaire de leurs coll&#232;gues.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Am&#233;liorer les conditions de travail pour affronter la question de la mort &#171; naturelle &#187; ou le suicide au travail s'impose. Toute une question d'apprentissage et de culture est impliqu&#233;e. Des formations de sensibilisation &#224; ces questions sont donc aujourd'hui plus essentielles que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; preuve, m&#234;me l'art s'en est saisi en vue notamment de sensibiliser la population japonaise. Voir &#224; ce sujet le &lt;a data-cke-saved- href='http://www.indiegogo.com/projects/salaryman-documentary' href=&#034;http://www.indiegogo.com/projects/salaryman-documentary&#034;&gt;documentaire en production&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Salaryman&lt;/em&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Junko Kitanaka, &lt;em&gt;De la mort volontaire au suicide au travail : histoire et anthropologie de la d&#233;pression au Japon&lt;/em&gt;, Montreuil-sous-Bois, Ithaque, 2014, 316 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Junko Kitanaka&lt;em&gt;, Depression in Japan : Psychiatric Cures for a Society in Distress&lt;/em&gt;, Princeton, Princeton University Press, 2012, 109 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Travailleurs japonais &#224; 5 h du matin, Shinjuku, Tokyo (Jorge Gonzalez CC BY-SA 2.0).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Trois personnes vou&#233;es &#224; la r&#233;insertion sociale</title>
		<link>https://www.ababord.org/Trois-personnes-vouees-a-la-reinsertion-sociale</link>
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		<dc:date>2019-12-08T12:33:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gabriel Dagenais</dc:creator>


		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Psychologie et psychiatrie</dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Dagenais, Gabriel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Maison Lyse-Beauchamp et le Caf&#233; de la gare de Mont-Laurier viennent en aide aux personnes atteintes de probl&#232;mes de toxicomanie, d'itin&#233;rance et de sant&#233; mentale. Portraits crois&#233;s de la fondatrice et de deux intervenants d&#233;vou&#233;s qui ont vaillamment pris son relais et qui veillent &#224; perp&#233;tuer son approche visant &#224; abattre les murs qui entourent trop souvent la souffrance. &lt;br class='autobr' /&gt; Lyse Beauchamp : b&#226;tisseuse d'espoir &lt;br class='autobr' /&gt; Dans les Hautes-Laurentides, &#224; la fin des ann&#233;es 1980, aucun service (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-75-ete-2018-" rel="directory"&gt;No 075 - &#233;t&#233; 2018&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Psychologie-et-psychiatrie-+" rel="tag"&gt;Psychologie et psychiatrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Inegalites-et-pauvrete-+" rel="tag"&gt;In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Dagenais-Gabriel-+" rel="tag"&gt;Dagenais, Gabriel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2796.jpg?1642092234' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1251&#034; height=&#034;938&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Maison Lyse-Beauchamp et le Caf&#233; de la gare de Mont-Laurier viennent en aide aux personnes atteintes de probl&#232;mes de toxicomanie, d'itin&#233;rance et de sant&#233; mentale. Portraits crois&#233;s de la fondatrice et de deux intervenants d&#233;vou&#233;s qui ont vaillamment pris son relais et qui veillent &#224; perp&#233;tuer son approche visant &#224; abattre les murs qui entourent trop souvent la souffrance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;Lyse Beauchamp : b&#226;tisseuse d'espoir&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Dans les Hautes-Laurentides, &#224; la fin des ann&#233;es 1980, aucun service interm&#233;diaire n'est disponible pour soutenir les personnes aux prises avec des probl&#232;mes de toxicomanie et leurs effets concomitants (itin&#233;rance et maladie mentale) : c'est la rue ou l'hospitalisation, pas d'autres alternatives ! &#192; Mont-Laurier, Lyse Beauchamp a milit&#233; activement avec un groupe de b&#233;n&#233;voles pour fonder une ligne d'urgence sociale qui couvre la grande r&#233;gion de Mont-Laurier, 24 heures par jour et 7 jours par semaine. Celle-ci voit le jour, malgr&#233; la mort pr&#233;matur&#233;e de Toxico-Alerte, sa pr&#233;d&#233;cesseure. Au fil du temps, elle a &#233;t&#233; remplac&#233;e par Info-sant&#233;, qui offre aujourd'hui de nombreux services dans le cadre d'une approche d&#233;cloisonnant les probl&#233;matiques de toxicomanie, d'itin&#233;rance et de maladie mentale. Parmi ceux-ci figurent des ressources d'h&#233;bergement d'urgence ou de plus longue dur&#233;e, un centre de d&#233;sintoxication certifi&#233;, un restaurant gastronomique, une cuisine-traiteur ainsi qu'une shop d'&#233;b&#233;nisterie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Rapidement, la ligne d'urgence s'est av&#233;r&#233;e insuffisante pour r&#233;pondre aux besoins des personnes en d&#233;tresse. Ceci a notamment pouss&#233; Lyse Beauchamp &#224; ouvrir un accueil de jour qui s'est vite transform&#233; en centre d'h&#233;bergement. L'un des employ&#233;s est un jeune intervenant en toxicomanie, Michel Bolduc. Aujourd'hui, presque 25 ans plus tard, il est directeur g&#233;n&#233;ral de l'organisme qui emploie 26 personnes et en h&#233;berge jusqu'&#224; une soixantaine quotidiennement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;Michel Bolduc et Luc Fleurent : m&#234;me combat !&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; La d&#233;marche de Michel Bolduc est ancr&#233;e dans sa propre histoire : issu d'une famille qui, sans &#234;tre pauvre, vivait son lot de probl&#232;mes, dont l'alcoolisme de son p&#232;re. Son hyperactivit&#233; lui donne beaucoup de fil &#224; retordre &#224; l'&#233;cole. Souvent dernier de classe, malgr&#233; sa grande soif de comprendre, il vit des &#233;checs qui minent son estime de soi. &#171; &lt;em&gt; &#192; un moment, j'ai compris que c'&#233;tait une difficult&#233; &#224; apprendre, pas un probl&#232;me d'intelligence&lt;/em&gt;. &#187; C'est &#224; ce moment que le travail d'introspection lui a permis de se voir autrement, de r&#233;aliser qu'il avait un v&#233;ritable potentiel, de &#171; &lt;em&gt;croire au changement possible&lt;/em&gt; &#187; et en cherchant &#224; r&#233;ussir sa vie, plut&#244;t que de r&#233;ussir dans la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Chaque jour, Michel effectue la tourn&#233;e des plateaux de travail et des sites d'h&#233;bergement et salue chaque employ&#233;&#183;e ou b&#233;n&#233;ficiaire. Cette tourn&#233;e sert &#224; rencontrer &#171; &lt;em&gt;tout son monde&lt;/em&gt; &#187;, &#224; r&#233;gler les probl&#232;mes ponctuels et aussi &#224; s'assurer que le personnel incarne bien les valeurs de la Maison Lyse-Beauchamp, ainsi nomm&#233;e pour rendre hommage &#224; sa fondatrice. Selon lui, &#171; &lt;em&gt; pour faire une diff&#233;rence dans la vie des gens, pour entrer en contact, on doit les aimer, surtout les gens les plus d&#233;munis&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_562 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/jpg/photo.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH339/photo-73ab2.jpg?1729020406' width='500' height='339' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/img562|center&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt; &lt;span style=&#034;font-size:12px;&#034;&gt;Michel Bolduc et deux employ&#233;es de la Maison Lyse-Beauchamp&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Luc Fleurent quant &#224; lui est tout d&#233;vou&#233; au Caf&#233; de la gare, restaurant de fine cuisine. Personnage haut en couleur, il rappelle que le resto, d&#233;di&#233; &#224; la r&#233;insertion, est bien particulier. Non seulement il vise &#224; sortir des personnes de la mis&#232;re de la rue, mais il constitue aussi un lieu possible de r&#233;insertion sociale. Pour assurer sa survie, le Caf&#233; de la gare compte sur la g&#233;n&#233;rosit&#233; des clients. En effet, pas de facture au Caf&#233; de la gare, chacun y va de son &#171; &lt;em&gt;&#224; votre bon c&#339;ur Messieurs, Dames ! &lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;Un mod&#232;le qui doit &#171; faire des petits &#187;&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Difficile de se tenir &#224; flots surtout lorsqu'on doit faire face &#224; la d&#233;plorable r&#233;forme de l'assurance-emploi et aux compressions que le gouvernement impose aux groupes communautaires. Avec les coupes &#224; l'aide sociale qui servait notamment &#224; payer l'h&#233;bergement des b&#233;n&#233;ficiaires, la Maison Lyse-Beauchamp a bien failli fermer pour de bon : &#171; &lt;em&gt;Fallait d&#233;montrer au CISSS qu'il y avait des besoins locaux entre Saint-J&#233;r&#244;me et Val-d'Or ! On &#233;tait rendus au point de rupture &lt;/em&gt; &#187;, s'exclame Michel Bolduc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La Maison Lyne-Beauchamp a toujours eu de la mis&#232;re avec le financement parce que ses repr&#233;sentant&#183;e&#183;s refusent d'intervenir en silo sur la d&#233;pendance, l'itin&#233;rance et les probl&#232;mes de sant&#233; mentale. L'organisme a toujours travaill&#233; sans cloison et cela fait aujourd'hui partie int&#233;grante des revendications de Michel Bolduc, qui souhaite &#171; &lt;em&gt;que le mod&#232;le fasse des petits ailleurs au Qu&#233;be&lt;/em&gt;c &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans son action, l'organisme prend soin de ne pas se substituer aux partenaires de la r&#233;gion ou de reprendre les t&#226;ches du r&#233;seau public. &#171; &lt;em&gt;On agit quand personne ne le fait. On ne veut laisser tomber personne dans une craque, mais apr&#232;s, on travaille pour refermer la craque pour les suivants.&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Travailler dans le domaine de la toxicomanie dans une des MRC les plus pauvres au Qu&#233;bec (au 93e rang sur 104) et de loin la plus vaste des Laurentides, c'est marcher sur un fil &#224; la limite du jeu politique. &#171; &lt;em&gt;Faut que &#231;a aide des gens dans le besoin. On part du besoin, on trouve l'id&#233;e, et ensuite, on fait tomber les barri&#232;res une &#224; une. &lt;/em&gt; &#187; C'est ainsi que Michel Bolduc perp&#233;tue la d&#233;marche, la volont&#233; et la m&#233;moire de Lyse Beauchamp.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photos : Gabriel Dagenais&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sant&#233; mentale : cent fois sur le m&#233;tier...</title>
		<link>https://www.ababord.org/Sante-mentale-cent-fois-sur-le-metier</link>
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		<dc:date>2019-09-13T00:10:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Manon Guillemette</dc:creator>


		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Psychologie et psychiatrie</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Guillemette, Manon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La sant&#233; mentale est influenc&#233;e par des d&#233;terminants sociaux tels que le revenu, le statut social, les r&#233;seaux de soutien social, l'instruction, l'emploi et les conditions de travail, l'hygi&#232;ne de vie, les habilet&#233;s d'adaptation, etc. Il est donc essentiel de d&#233;velopper une pens&#233;e critique face &#224; la psychiatrie traditionnelle et &#224; la vision biom&#233;dicale et pharmaceutique des probl&#232;mes de sant&#233; mentale. &lt;br class='autobr' /&gt; Un des dossiers prioritaires de Droits et recours Laurentides (DRL) est celui de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Bouger-des-montagnes-Les-Laurentides-engagees-" rel="directory"&gt;Dossier : Bouger des montagnes. Les Laurentides engag&#233;es !&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Guillemette-Manon-+" rel="tag"&gt;Guillemette, Manon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2772.png?1642092231' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1875&#034; height=&#034;800&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La sant&#233; mentale est influenc&#233;e par des d&#233;terminants sociaux tels que le revenu, le statut social, les r&#233;seaux de soutien social, l'instruction, l'emploi et les conditions de travail, l'hygi&#232;ne de vie, les habilet&#233;s d'adaptation, etc. Il est donc essentiel de d&#233;velopper une pens&#233;e critique face &#224; la psychiatrie traditionnelle et &#224; la vision biom&#233;dicale et pharmaceutique des probl&#232;mes de sant&#233; mentale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un des dossiers prioritaires de Droits et recours Laurentides (DRL) est celui de la transformation des services de psychiatrie du pavillon Jeanne-Mance de l'h&#244;pital de Saint-J&#233;r&#244;me, reli&#233; au Centre int&#233;gr&#233; de sant&#233; et de services sociaux des Laurentides (CISSSL). Cette transformation doit se faire selon un principe d'appropriation du pouvoir des personnes directement concern&#233;es. Elle doit aussi comprendre des approches diversifi&#233;es et le respect des droits doit guider la prestation de services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite du rapport d'enqu&#234;te d&#233;vastateur du Coll&#232;ge des m&#233;decins du Qu&#233;bec (CMQ) et de l'Ordre des infirmi&#232;res et infirmiers du Qu&#233;bec (OIIQ)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapport d'enqu&#234;te sur la qualit&#233; des soins en sant&#233; mentale au CSSS de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un comit&#233; de vigie minist&#233;riel a &#233;t&#233; mis sur pied en mars 2012 pour s'assurer de la mise en &#339;uvre des 27 recommandations contenues dans ce rapport. Le rapport d&#233;non&#231;ait notamment l'absence de services, un climat de travail malsain, le manque de ressources professionnelles et des lieux physiques v&#233;tustes, d&#233;primants, non s&#233;curitaires et insalubres. Il faisait &#233;galement &#233;tat de plusieurs pr&#233;occupations relatives au non-respect des droits des patient&#183;e&#183;s, de la confidentialit&#233;, de la qualit&#233; des soins m&#233;dicaux. Parmi les recommandations formul&#233;es, plusieurs visent l'&#233;laboration et la diffusion de politiques claires sur le respect des droits et sur les pratiques &#224; omettre. Des formations sont recommand&#233;es afin de favoriser l'int&#233;gration de nouveaux apprentissages &#224; la pratique en sant&#233; mentale, &#224; partir du point de vue et des forces du patient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce comit&#233; a &#233;t&#233; dissout en juin 2015 et remplac&#233; par un &#171; Comit&#233; des partenaires &#187; qui devait assurer le suivi des recommandations et au sein duquel si&#233;geaient plusieurs repr&#233;sentant&#183;e&#183;s d'organismes communautaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs rencontres du comit&#233; ont eu lieu et, malgr&#233; l'existence d'une planification d'autres r&#233;unions, le CISSSL annon&#231;ait, en d&#233;cembre 2015, sa dissolution. Il aurait &#233;t&#233; remplac&#233; par des rencontres entre chefs d'unit&#233; de soins en psychiatrie. Le sort r&#233;serv&#233; &#224; l'ensemble des recommandations demeure inconnu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le plan d'action en sant&#233; mentale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En avril 2016, le CISSSL organisait un forum sur la sant&#233; mentale pour adultes. Lors de ce forum, nous avons r&#233;p&#233;t&#233; notre inqui&#233;tude au sujet de la d&#233;cision du CISSSL de ne pas poursuivre les travaux du &#171; Comit&#233; des partenaires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel que pr&#233;vu dans le plan d'action, un comit&#233; strat&#233;gique sur la primaut&#233; de la personne et des comit&#233;s tactiques r&#233;gionaux ont &#233;t&#233; mis sur pied, dont un sur le respect des droits. Nous si&#233;gions au sein de ces deux comit&#233;s, mais depuis juillet 2017, nous sommes sans nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le sentiment de chaos perp&#233;tuel engendr&#233; par sa structure, la r&#233;organisation du r&#233;seau de la sant&#233; et des services sociaux rend peu attrayante la participation citoyenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le respect des droits fondamentaux, la prise de parole et l'appropriation collective du pouvoir sont des cl&#233;s essentielles pour une r&#233;elle transformation des services et des pratiques en sant&#233; mentale. Des approches diversifi&#233;es et respectueuses de la dignit&#233; des personnes doivent guider la prestation des services. Malgr&#233; les bonnes intentions du minist&#232;re d'inclure les personnes responsables de la prestation, la planification et l'organisation des services, nous sommes encore bien loin de ce noble objectif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Rapport d'enqu&#234;te sur la qualit&#233; des soins en sant&#233; mentale au CSSS de Saint-J&#233;r&#244;me&lt;/i&gt;, juin 2011&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteure est coordonnatrice de Droits et recours Laurentides.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;j&#224; hier, les vacances</title>
		<link>https://www.ababord.org/Deja-hier-les-vacances</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Deja-hier-les-vacances</guid>
		<dc:date>2018-10-16T17:36:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martine Delvaux</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Psychologie et psychiatrie</dc:subject>
		<dc:subject>Delvaux, Martine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a un moment o&#249; la fatigue l'emporte, la fatigue que les vacances, malgr&#233; leur intention de repos, fait surgir. On me demande souvent, devant l'&#233;t&#233; qui arrive : Vas-tu d&#233;crocher ? Je ne sais pas ce que &#231;a veut dire, ou si m&#234;me c'est possible. &lt;br class='autobr' /&gt; Quand je pars, je continue &#224; &#233;crire, &#224; penser, malgr&#233; moi. Et quand je reviens, je suis parfois encore plus fatigu&#233;e. Fatigu&#233;e d'avoir essay&#233; de d&#233;crocher. Fatigu&#233;e, aussi, parce que le fait d'en &#234;tre sortie un peu a eu pour r&#233;sultat moins une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-71-oct-nov-2017-" rel="directory"&gt;No 071 - oct. / nov. 2017&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Psychologie-et-psychiatrie-+" rel="tag"&gt;Psychologie et psychiatrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Delvaux-Martine-+" rel="tag"&gt;Delvaux, Martine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2619.png?1642092214' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;600&#034; height=&#034;405&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a un moment o&#249; la fatigue l'emporte, la fatigue que les vacances, malgr&#233; leur intention de repos, fait surgir. On me demande souvent, devant l'&#233;t&#233; qui arrive : &lt;i&gt;Vas-tu d&#233;crocher ?&lt;/i&gt; Je ne sais pas ce que &#231;a veut dire, ou si m&#234;me c'est possible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand je pars, je continue &#224; &#233;crire, &#224; penser, malgr&#233; moi. Et quand je reviens, je suis parfois encore plus fatigu&#233;e. Fatigu&#233;e d'avoir essay&#233; de d&#233;crocher. Fatigu&#233;e, aussi, parce que le fait d'en &#234;tre sortie un peu a eu pour r&#233;sultat moins une r&#233;g&#233;n&#233;rescence qu'une sorte de d&#233;couragement : je ne sais plus par quel bout reprendre. Comme si m'&#233;loigner avait pour effet que j'en ai encore plus assez. Ma col&#232;re est vive, mon indignation, mon d&#233;couragement aussi. Au retour des vacances, rien a chang&#233;, et surtout pas moi, et devant l'ampleur de la t&#226;che ; j'ai souvent envie de fuir, de baisser les bras, de me mettre pour de bon &lt;i&gt;en vacance&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire en absence, &#224; jamais &lt;i&gt;gone fishing&lt;/i&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je rentre &#224; la maison et je n'en peux plus de ce que j'ai cherch&#233; (bien inutilement) &#224; quitter en partant. Le travail. La ville. Les actualit&#233;s. Tout ce qui est fid&#232;le au rendez-vous comme si le temps n'avait pas pass&#233;. Tout ce qui n'a pas boug&#233;. Les nouvelles entourant Trump. Les preuves quotidiennes du sexisme et de la misogynie. La violence d&#233;brid&#233;e, arbitraire, &#233;pouvantable. La souffrance ambiante. Tout ce qui rend la vie difficile, et souvent insoutenable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour de vacances me rend triste sans doute parce qu'au fond de moi, &#224; chaque fois, j'ai espoir que les choses vont changer subitement en mon absence, les choses ou bien moi, que le monde sera diff&#233;rent ou que moi je serai capable de l'aborder autrement. Mais ce n'est jamais le cas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;* * *&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais &#224; Miami quand j'ai appris que la philosophe et psychanalyste Anne Dufourmantelle venait de mourir. Une auteure que je lis depuis des ann&#233;es et que je fais lire autour de moi. Une femme dont j'appr&#233;ciais la justesse des mots et la capacit&#233; &#224; vulgariser ce qui est compliqu&#233;. Une femme lumineuse qui ne se prenait pas pour une autre et que tout le monde aimait. Je me trouve, moi aussi, &#224; mon retour du bord de la mer, comme une &lt;i&gt;naufrag&#233;e du transfert&lt;/i&gt; comme l'&#233;crit Avital Ronell, une grande amie de Dufourmantelle. Naufrag&#233;e d'un transfert de lectrice, de m&#233;diatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;t&#233; 2017 aura &#233;t&#233; l'&#233;t&#233; du deuil, et mes vacances avec lui&#8230; Apr&#232;s Anne Dufourmantelle, Sam Shepard, id&#244;le de toujours, et Lucille Cairns, coll&#232;gue britannique sp&#233;cialis&#233;e en litt&#233;rature gay et lesbienne. Puis, St&#233;phanie St-Amant, ancienne &#233;tudiante suivie de loin en loin, militante pour les droits des femmes &#224; l'accouchement. St&#233;phanie qui n'a jamais cess&#233; de penser et de parler, de provoquer, de confronter, et qui est partie entour&#233;e de femmes comme elle, battantes luttant pour la libert&#233;. Des femmes qui ne s'arr&#234;tent jamais. St&#233;phanie St-Amant a continu&#233; jusqu'&#224; la fin. Elle est partie pendant que se tenait, autour d'elle, un festival sur la naissance organis&#233; en plein &#233;t&#233; et auquel participaient, je l'imagine, ces femmes qui profitent de leurs vacances pour militer. Anne Dufourmantelle, celle qui a &#233;crit sur l'amour et le risque, a tout donn&#233; pour la vie d'enfants en danger. J'imagine le sable, les serviettes de plage, le parasol, les verres fum&#233;s, et la mer devenue soudainement agit&#233;e. Je la vois plonger, nager. Je l'imagine se d&#233;battre, emport&#233;e par une vague ou un courant impr&#233;visible. Je pleure de la penser en train de manquer d'air. Elle a perdu la vie, et les enfants ont &#233;t&#233; sauv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;* * *&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On parle d'&#233;thique de travail, d'un protestantisme ambiant qui fait qu'on en fait toujours trop et que si ce n'est pas le cas, la culpabilit&#233; nous attend au tournant. On se demande &#224; quel moment &#231;a va s'arr&#234;ter, quand est-ce qu'on va vraiment pouvoir &lt;i&gt;d&#233;crocher&lt;/i&gt; ? Mais est-ce qu'on d&#233;croche jamais quand on est militant ? Et qu'est-ce que &#231;a veut dire, au juste ? D&#233;crocher quoi ou qui, de quoi ou de qui, et comment ? En d&#233;faisant un n&#339;ud ? En tranchant un lien ? En oubliant pendant un moment ? En faisant la sourde oreille ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prendre des vacances pendant que des personnes r&#233;fugi&#233;es se battent pour avoir une vie. Prendre des vacances pendant que d'autres luttent pour continuer &#224; mener la leur sans danger. Prendre des vacances pour faire le plein quand on ne sait pas vraiment ce que c'est le vide, celui qui gronde dans l'estomac, celui qui appara&#238;t dans le compte de banque, celui qu'on subit autour de soi quand il y a une s&#233;cheresse, une guerre, une pand&#233;mie. Le vrai vide. Celui qui n'implique aucun choix. Celui qui n'est jamais en vacances parce que la vacance est toujours l&#224;, d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre que c'est difficile de cesser de travailler, quand on est militant, parce que s'arr&#234;ter, c'est en quelque sorte se rendre, se laisser abattre, se r&#233;signer. Ou que &#231;a laisse entendre, ce qui est sans doute pire, le fait qu'on a le choix de s'engager, que c'est une activit&#233; qui peut donc &#234;tre temporaire, suivant les caprices de la pluie et du beau temps. Mais est-ce vraiment le cas ? Est-ce que l'engagement n'est pas l&#224; tout le temps ? Ce n'est pas un interrupteur qu'on allume et qu'on &#233;teint, ou un amour qu'on choisit quand &#231;a convient. C'est un engagement constant, de chaque instant. Et voil&#224; ce qui &#233;puise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment faire autrement ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : G&#233;rald McKenzie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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