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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Les &#201;tats g&#233;n&#233;raux des soins. L'exp&#233;rience collective d'une forme de libert&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-Etats-generaux-des-soins-L-experience-collective-d-une-forme-de-liberte</link>
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		<dc:date>2019-12-10T00:48:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Lardeux, Nathalie Stake-Doucet</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Lardeux, Anne</dc:subject>
		<dc:subject>Stake-Doucet, Nathalie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un ami les accueille un soir dans son atelier pour peindre une banderole et fabriquer des pancartes. Elles ont apport&#233; un grand drap blanc qu'elles &#233;tendent sur le sol. Elles ont alors un moment d'h&#233;sitation au moment de tracer les lettres : &#171; Au nom de qui parler ? &#192; qui s'adresser ? &#187; se demandent-elles. Ce qu'elles finissent par &#233;crire, un peu tremblant mais vivant, rose et noir, se lit sur deux lignes : Infirmi&#232;res en col&#232;re, Citoyens solidaires ! &lt;br class='autobr' /&gt; Elles veulent assumer clairement le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-75-ete-2018-" rel="directory"&gt;No 075 - &#233;t&#233; 2018&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Lardeux-Anne-+" rel="tag"&gt;Lardeux, Anne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Stake-Doucet-Nathalie-+" rel="tag"&gt;Stake-Doucet, Nathalie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2805.jpg?1642092235' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1251&#034; height=&#034;774&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un ami les accueille un soir dans son atelier pour peindre une banderole et fabriquer des pancartes. Elles ont apport&#233; un grand drap blanc qu'elles &#233;tendent sur le sol. Elles ont alors un moment d'h&#233;sitation au moment de tracer les lettres : &#171; &lt;i&gt;Au nom de qui parler ? &#192; qui s'adresser ?&lt;/i&gt; &#187; se demandent-elles. Ce qu'elles finissent par &#233;crire, un peu tremblant mais vivant, rose et noir, se lit sur deux lignes : &lt;i&gt;Infirmi&#232;res en col&#232;re, Citoyens solidaires !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Elles veulent assumer clairement le point de vue infirmier, qui est aussi le point de d&#233;part de ce mouvement qui a depuis &#233;t&#233; rejoint par toutes sortes de monde, de la sant&#233; mais pas seulement : &lt;em&gt;pr&#233;pos&#233;es d&#233;bord&#233;es, inhalos au bout du rouleau&lt;/em&gt; (etc.), des enfants d'infirmi&#232;res et des m&#233;decins aussi. Elles disent &#171; &lt;em&gt;infirmi&#232;res&lt;/em&gt; &#187; parce que les femmes repr&#233;sentent 89% de la profession. Elles consid&#232;rent que c'est assez pour reconna&#238;tre qu'ici au moins le f&#233;minin l'emporte sur le masculin. Elles sp&#233;culent &#8211; avec cette banni&#232;re maison, termin&#233;e un soir tard &#8211; qu'il est possible d'assumer ce &#171; &lt;em&gt;infirmi&#232;res&lt;/em&gt; &#187; comme point d'&#233;nonciation collective, qu'on le soit ou non justement. Elles parient m&#234;me qu'on pourrait &#233;prouver une forme de soulagement &#224; accepter d'&#233;chapper, pour une fois, au d&#233;coupage d'une gouvernance fonctionnaliste toujours pr&#234;te &#224; nous rappeler &#224; l'ordre de nos positions et de la bonne circulation de nos diff&#233;rences. Pour endosser une condition commune.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Paroles en puissance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; C'est le t&#233;moignage de l'une d'entre elles qui a parti le bal en janvier dernier. Une vid&#233;o publi&#233;e sur les r&#233;seaux sociaux et prise par le t&#233;l&#233;phone d'une jeune femme fr&#234;le en pleurs qui, de son &#233;puisement, interpelle le ministre Barrette. D&#232;s lors, quelque chose s'est ouvert et, sans vraiment de concertation, d'autres ont pris le relais. &#171; &#199;a sort &#187; sur tous les registres et r&#233;v&#232;le une puissance qui se d&#233;ploie : ici, on lit dans le journal qu'une infirmi&#232;re a appel&#233; la police pour d&#233;noncer le fait d'&#234;tre retenue de force sur son lieu de travail. Elle refuse un &#233;ni&#232;me TSO (temps suppl&#233;mentaire obligatoire), ce fameux couperet qui peut tomber n'importe quand, m&#234;me et surtout &#224; la fin de ton quart de travail. On t'annonce alors que tu dois rester six ou huit heures de plus, peu importe qui t'attend au-dehors, l'intimidation faisant office de gestion des ressources humaines (&#171; &lt;em&gt;refuser un TSO, c'est un abandon de poste, un abandon de patient&lt;/em&gt; &#187;, menacent certains gestionnaires, brandissant le code de d&#233;ontologie des infirmi&#232;res en le d&#233;tournant effront&#233;ment). L&#224;, ce sont encore des infirmi&#232;res de Laval qui organisent un sit-in au moment o&#249; les &#233;quipes se renouvellent sur le plancher, entre les quarts de travail. Certaines passent &#224; la t&#233;l&#233;, d'autres &#233;crivent des lettres ; la plupart t&#233;moignent sur Facebook dans un groupe qui rassemble &#224; ce jour plus de 35000 personnes. Elles d&#233;noncent les conditions de travail et de pratique qui leur sont impos&#233;es, les abus, la fatigue, la violence et la honte d'un syst&#232;me dont elles sont la plus importante ressource &#171; ouvri&#232;re &#187;. Elles t&#233;moignent publiquement, &#224; visage d&#233;couvert, et ce, en d&#233;pit des risques encourus et des menaces.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Le patriarcat r&#233;plique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Elle s'appelle Carolyn Strom et elle est infirmi&#232;re. Elle sort de la Cour du Banc de la Reine de Saskatoon, le tribunal de premi&#232;re instance de la Saskatchewan. Elle est abasourdie. Nous sommes le 11 avril 2018 et, apr&#232;s deux ans de proc&#233;dure, le juge de cette cour vient d'appuyer la SRNA (Saskatchewan Registered Nurses' Association), l'association professionnelle des infirmi&#232;res de cette province, qui l'accuse d'inconduite professionnelle pour avoir partag&#233; sur sa page Facebook ses sentiments (mitig&#233;s) quant &#224; la qualit&#233; des soins prodigu&#233;s &#224; son grand-p&#232;re en fin de vie dans l'&#233;tablissement de sant&#233; o&#249; il &#233;tait hospitalis&#233;. Le jugement reconna&#238;t &#224; la SRNA le droit d'imposer &#224; Carolyn Strom, outre des mesures humiliantes d'autoflagellation et de discipline, une amende de 26000$ pour la publication &#171; &lt;em&gt;critique&lt;/em&gt; &#187; qu'elle a publi&#233;e. &lt;em&gt;Oh well&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Elles sont deux infirmi&#232;res qui travaillent aux urgences de Gatineau. Elles ont convaincu une cinquantaine d'autres filles des urgences de Hull et de Gatineau d'&#233;crire de courts textes pour partager ce qui fait le quotidien de leur travail. Elles ont publi&#233; ces t&#233;moignages dans un recueil saisissant, &lt;em&gt;Le livre noir des urgences de l'Outaouais&lt;/em&gt;, qu'elles d&#233;posent le 15 f&#233;vrier 2018 sur le bureau de leurs gestionnaires &#224; l'h&#244;pital de Gatineau. En r&#233;ponse &#224; ce geste fort et document&#233;, voici ce qu'elles se font dire : &#171; &lt;em&gt;Vous &#234;tes tr&#232;s &#233;motives, la derni&#232;re semaine a &#233;t&#233; difficile. &lt;/em&gt; &#187; Du m&#234;me bord r&#233;voltant, le premier ministre du Qu&#233;bec r&#233;agit, paterne, &#224; cette vague d'interpellations croissantes : les infirmi&#232;res sont trop &#171; &lt;em&gt;n&#233;gatives&lt;/em&gt; &#187;, ce &#171; &lt;em&gt; noircissement de la situation&lt;/em&gt; &#187; ne les aide pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ainsi, qu'on soit au Qu&#233;bec ou en Saskatchewan, s'il y a une chose qui se partage bien, au-del&#224; des diff&#233;rences juridiques et l&#233;gales, c'est bien la culture patriarcale, souvent soutenue par la loi, qui valorise autant qu'elle impose l'abn&#233;gation, l'ob&#233;issance et le silence &#224; des infirmi&#232;res, consid&#233;r&#233;es comme ressource corv&#233;able et quasi domestique. Les femmes sont trop &#233;motives, qu'elles se contentent de &#171; &lt;em&gt;soigner&lt;/em&gt; &#187;, sans juger du reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Seulement soigner sans jugement, &#231;a ne veut plus dire grand-chose, d'autant qu'on prive par ailleurs ces corps-l&#224; des moyens pour bien travailler. Les conditions de travail et de pratique et le harassement dans lequel celles-ci placent le personnel des h&#244;pitaux d&#233;gradent les soins et ab&#238;ment autant celles et ceux qui les donnent, que celles et ceux qui les re&#231;oivent, les patient&#183;e&#183;s, leurs familles, la communaut&#233;. Autrement dit, tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Un espace s'est ouvert&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Le soir du 16 f&#233;vrier 2018, l'air est presque printanier. Des &#171; infirmi&#232;res &#187; de toutes sortes d&#233;cident de partir de ce point d'&#233;nonciation &#8211; &lt;em&gt;Infirmi&#232;res en col&#232;re, Citoyens solidaires&lt;/em&gt; &#8211; pour prendre la rue. Ce soir-l&#224;, elles marchent dans la rue de la place &#201;milie-Gamelin jusqu'&#224; l'Usine C, th&#233;&#226;tre qu'elles ont r&#233;ussi &#224; convaincre d'ouvrir ses portes et sa grande salle pour accueillir leur assembl&#233;e populaire, baptis&#233;e les &#201;tats g&#233;n&#233;raux des soins. Une assembl&#233;e ouverte, sans porte-parole, sans mot d'ordre, sans drapeau &#8211; que des pancartes d&#233;pareill&#233;es et la fameuse banni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est important de mettre le pied dans un th&#233;&#226;tre. Important &#224; plus d'un titre. Important parce que le milieu culturel subit les m&#234;mes politiques aust&#233;ritaires. Important parce que, justement, si l'on parle d'une condition commune &#224; occuper, on dit aussi qu'il y a un bien &lt;em&gt;commun&lt;/em&gt; &#224; d&#233;fendre qui d&#233;passe la question des ratios et de la gestion et dont on devrait pouvoir &lt;em&gt;parler&lt;/em&gt;, oui l&#224;, dans ce th&#233;&#226;tre con&#231;u pour soutenir l'expression et l'&#233;coute. Parce que ce soir-l&#224;, il ne s'agit pas de r&#233;gler des probl&#232;mes pour que chacun retourne chez soi et reprenne sa place dans le circuit, &#224; nouveau fluide, abandonnant la prise que sa parole aura saisie. Au contraire, une fois la prise saisie, il ne faut plus la l&#226;cher. Il ne s'agit pas de trouver des solutions, enfin pas seulement. Les solutions &lt;em&gt;anyway&lt;/em&gt;, on les conna&#238;t, et depuis longtemps. Pas besoin de cr&#233;er en grande pompe des projets pilotes pour v&#233;rifier quel serait le nombre s&#233;curitaire de patient&#183;e&#183;s qu'une infirmi&#232;re devrait avoir &#224; sa charge. Mauvais &lt;em&gt;drano&lt;/em&gt; politique, &#171; &lt;em&gt;circulez il n'y a plus rien &#224; voir, on vous a (assez) entendu &lt;/em&gt; &#187;. Non. Autre chose s'est pass&#233; ce soir-l&#224; &#224; Montr&#233;al, sur la sc&#232;ne d'un th&#233;&#226;tre devenu celui de la d&#233;possession. Quelque chose comme l'exp&#233;rience collective d'une forme de libert&#233;, celle de dire sans ch&#226;trer la parole, dire sans que cela ne soit pr&#233;vu, parler avec le souci de la charge po&#233;tique et l'ab&#238;me d'un insatiable d&#233;sir d'exprimer qui s'ouvre. Juste &#231;a, assez vague mais absolument vrai pour vouloir continuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D'autres &#201;tats g&#233;n&#233;raux des soins se sont tenus &#224; Gatineau et &#224; Qu&#233;bec. D'autres se tiendront encore &#224; Montr&#233;al et ailleurs. Un groupe d'information sur les soins inspir&#233; du fameux Groupe d'information sur les prisons se constitue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Forum infirmi&#232;re EGS (Fran&#231;ois Lemieux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nathalie Stake-Doucet est doctorante &#224; la Facult&#233; des sciences infirmi&#232;res de l'Universit&#233; de Montr&#233;al.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>&#192; nos amis</title>
		<link>https://www.ababord.org/A-nos-amis</link>
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		<dc:date>2015-12-11T02:21:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Lardeux</dc:creator>


		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>Lardeux, Anne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; nos amis, Le comit&#233; invisible, Paris, La Fabrique, 2014, 250 p. &lt;br class='autobr' /&gt; Rudolf Rocker d&#233;barque &#224; Montr&#233;al &#224; l'hiver 1913, ext&#233;nu&#233; et transi dans un maigre manteau. Il est un militant anarchiste allemand exil&#233; &#224; Londres venu rencontrer d'autres comme lui qui, dans le monde r&#233;tr&#233;ci d'une guerre &#224; venir, t&#226;chent de maintenir ouvert un territoire vivant. Sur le quai, les amis qui l'ont invit&#233; l'attendent. Il s'abandonne &#224; leurs mains attentives, elles abrillent son d&#233;nuement qu'elles avaient (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-60-ete-2015-" rel="directory"&gt;No 060 - &#233;t&#233; 2015&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Lardeux-Anne-+" rel="tag"&gt;Lardeux, Anne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2098.png?1642092172' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;180&#034; height=&#034;283&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#192; nos amis&lt;/i&gt;, Le comit&#233; invisible, Paris, La Fabrique, 2014, 250 p.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Rudolf Rocker d&#233;barque &#224; Montr&#233;al &#224; l'hiver 1913, ext&#233;nu&#233; et transi dans un maigre manteau. Il est un militant anarchiste allemand exil&#233; &#224; Londres venu rencontrer d'autres comme lui qui, dans le monde r&#233;tr&#233;ci d'une guerre &#224; venir, t&#226;chent de maintenir ouvert un territoire vivant. Sur le quai, les amis qui l'ont invit&#233; l'attendent. Il s'abandonne &#224; leurs mains attentives, elles abrillent son d&#233;nuement qu'elles avaient anticip&#233; : chapeau, foulard, manteau r&#233;chauffent son arriv&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rudolf Rocker cit&#233; dans Mathieu Houle-Courcelles, Sur les traces de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;i&gt;&#192; nos amis&lt;/i&gt;, publi&#233; sept ans apr&#232;s l'annonce des insurrections qui sont bien venues (&lt;i&gt;L'insurrection qui vient&lt;/i&gt;, 2007), est tendu par une logique formelle proche de ce dont t&#233;moigne Rocker : une adresse amicale performe une g&#233;ographie. L'effort fait pour s'arrimer les uns aux autres (amiti&#233;) produit des formes de vie (&#233;thique) qui font des territoires (politique) qu'il s'agit de relier entre eux (g&#233;ographie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre relie les territoires form&#233;s au corps des mouvements de contestation qui &#233;clatent, d'est en ouest, depuis l'automne 2008 et tire de ces liaisons une analyse strat&#233;gique. Il s'agit de r&#233;fl&#233;chir ces insurrections en se posant la question de leur puissance sur un horizon historique &#8211; comment peuvent-elles faire une force mondiale ? &#8211; et de leur &#233;chec &#8211; sur quoi tr&#233;buchent-elles ? &#8211; pour d&#233;gager ce qui reste comme moyens d'une r&#233;volution : &#171; &lt;i&gt;Habiter pleinement, voil&#224; tout ce que l'on peut opposer au paradigme du gouvernement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre embrasse large et aussi sur la bouche dans l'intimit&#233; de sa critique. Il ne se limite pas &#224; une analyse du pouvoir et &#224; ses formes contemporaines de gouvernement &#8211; un pouvoir qui &#171; &lt;i&gt;ne se formule pas&lt;/i&gt; &#187;, qui est l'ordre m&#234;me des choses &#8211;, il met aussi les doigts dans les sillons creux qui emp&#234;chent de le d&#233;jouer : mauvais sort d'un &#171; &lt;i&gt;&#201;tat qui n'a jamais tort &lt;/i&gt; &#187; ; militants us&#233;s par les instruments suppos&#233;s de leur l&#233;gitimit&#233; ; moyens f&#233;tichis&#233;s en fins reconstituant toujours d&#233;j&#224; un pouvoir. Toute une anthropologie de la &#171; &lt;i&gt;mis&#232;re occidentale&lt;/i&gt; &#187; &#224; laquelle la force immanente de la commune &#8211; un territoire repeupl&#233; &#8211; permettrait d'&#233;chapper, forme de vie &#224; la fois sensible et pragmatique. Pour d&#233;velopper ce programme &#8211; qui est une guerre (dans le sens d'un jeu de forces) et une discipline (le d&#233;veloppement d'une puissance int&#233;rieure) &#8211; une double d&#233;marche : enqu&#234;te et apprentissage. Si le pouvoir est dans les infrastructures, il faut savoir en rep&#233;rer les flux pour les bloquer, apprendre &#224; s'en d&#233;prendre en allant &#171; &lt;i&gt;&#224; la rencontre de ceux qui disposent des savoirs techniques strat&#233;giques&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des questions viennent qu'on n'ose pas vraiment poser, craignant d'entamer l'&#233;lan que le livre suscite : qu'en est-il du quotidien et de sa paix dans cette logique de &#171; pure destitution &#187; ? Comment &#234;tre &#224; la hauteur de ses exigences ? L'adresse du titre indique une piste : elle ne d&#233;signe pas les &#233;lus d'un isolat et, du m&#234;me geste, ceux qui en seraient exclus. Le cercle qui est trac&#233; est celui qu'on forme pour amorcer un charme et r&#233;amorcer une force commune. C'est l&#224; la n&#233;cessit&#233; d'&lt;i&gt;&#192; nos amis&lt;/i&gt; : il fait catapulte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rudolf Rocker cit&#233; dans Mathieu Houle-Courcelles, &lt;i&gt;Sur les traces de l'anarchisme au Qu&#233;bec (1860-1960)&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, Lux, 2008, p.113.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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