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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Le Mexique, un pays s&#251;r ?</title>
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		<dc:date>2015-10-01T02:23:22Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-France Labrecque</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
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		<dc:subject>Labrecque, Marie-France</dc:subject>

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&lt;p&gt;Plusieurs, au Qu&#233;bec, connaissent Acapulco ou encore les belles plages de la c&#244;te du Pacifique au Mexique. Peu d'entre eux savent toutefois que cette ville touristique pris&#233;e &#224; la fois par les Mexicains et les &#233;trangers depuis des d&#233;cennies est situ&#233;e dans l'&#201;tat du Guerrero, o&#249; se trouve la petite ville d'Iguala, site des &#233;v&#233;nements dramatiques touchant les &#233;tudiants de l'&#201;cole normale Ra&#250;l Isidro Burgos de la localit&#233; d'Ayotzinapa. Cet &#201;tat est l'un des plus pauvres au Mexique ; sous la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Controle-repression-et-securite-+" rel="tag"&gt;Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Labrecque-Marie-France-+" rel="tag"&gt;Labrecque, Marie-France&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Plusieurs, au Qu&#233;bec, connaissent Acapulco ou encore les belles plages de la c&#244;te du Pacifique au Mexique. Peu d'entre eux savent toutefois que cette ville touristique pris&#233;e &#224; la fois par les Mexicains et les &#233;trangers depuis des d&#233;cennies est situ&#233;e dans l'&#201;tat du Guerrero, o&#249; se trouve la petite ville d'Iguala, site des &#233;v&#233;nements dramatiques touchant les &#233;tudiants de l'&#201;cole normale Ra&#250;l Isidro Burgos de la localit&#233; d'Ayotzinapa. Cet &#201;tat est l'un des plus pauvres au Mexique ; sous la pression des industries extractives, sa population s'appauvrit de plus en plus d'ailleurs. Tout comme l'Abitibi, le Guerrero a &#171; un ventre en or &#187;, et les mini&#232;res internationales, dont les canadiennes comme Goldcorp, l'ont bien compris.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 26 septembre 2014, quelque 120 &#233;tudiants de l'&#201;cole normale d'Ayotzinapa se sont rendus &#224; la ville d'Iguala situ&#233;e &#224; environ 150 kilom&#232;tres de l&#224;. Il s'agissait d'effectuer une collecte de fonds et r&#233;quisitionner des autobus de la compagnie locale de transport pour se rendre &#224; Mexico quelques jours plus tard. Ces &#233;tudiants pr&#233;voyaient participer &#224; la comm&#233;moration du massacre de plus de 300 &#233;tudiantes et &#233;tudiants dans le quartier de Tlatelolco qui a eu lieu le 2 octobre 1968, juste &#224; la veille des Olympiques. &#192; la fin de l'apr&#232;s-midi du 26 septembre, alors que les autobus et leurs passagers sortaient de la ville d'Iguala pour retourner &#224; l'&#233;cole, ils se sont but&#233;s &#224; un barrage routier tenu par des policiers municipaux, apparemment &#224; la demande du maire de la ville, Jos&#233; Luis Abarca. Les policiers ont ouvert le feu sur les autobus et les &#233;tudiants, tuant trois d'entre eux et trois autres personnes qui se trouvaient par hasard sur les lieux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#161; Fue el Estado !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La suite est relativement confuse. On sait toutefois que l'affrontement a continu&#233;, qu'il y a eu de nombreuses personnes bless&#233;es dans la nuit du 26 au 27 septembre, que l'un des &#233;tudiants assassin&#233;s sur place a eu la peau du visage et les yeux arrach&#233;s &#8211; une technique propre au crime organis&#233; &#8211;, et qu'enfin les policiers municipaux ont d&#233;tenu 43 des &#233;tudiants qui n'ont pas r&#233;ussi &#224; se cacher et les ont remis &#224; des membres de la bande de narcotrafiquants &lt;i&gt;Guerreros Unidos&lt;/i&gt;. Ces derniers auraient men&#233; les &#233;tudiants &#224; un d&#233;potoir, les auraient br&#251;l&#233;s vifs, puis auraient rassembl&#233; les cendres dans des sacs de plastique et s'en seraient d&#233;barrass&#233;s en les jetant dans la rivi&#232;re. C'est du moins ce que trois membres de la bande auraient avou&#233;, selon les affirmations du procureur g&#233;n&#233;ral de la R&#233;publique, Jes&#250;s Murillo Karam, lors d'une conf&#233;rence de presse le 7 novembre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, les choses ne sont ni aussi claires ni aussi plausibles. D'une part, on sait que la torture est souvent pratiqu&#233;e par les autorit&#233;s mexicaines ; d'autre part, il y a de multiples incongruit&#233;s dans les d&#233;clarations des suspects. Les parents des &#233;tudiants ne sont d'ailleurs pas dupes et r&#233;clament depuis le d&#233;but le retour de leurs fils en vie. Des centaines de milliers de personnes &#224; travers le Mexique et dans tout le monde se sont ralli&#233;es &#224; leur exhortation : &#171; &lt;i&gt; &#161; Vivos se los llevaron, vivos los queremos !&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Vous les avez emport&#233;s vivants, nous les voulons vivants ! &#187;). Plusieurs hypoth&#232;ses circulent sur la disparition des &#233;tudiants, mais toutes pointent vers l'implication du maire Jos&#233; Luis Abarca et de son &#233;pouse dont les liens avec le crime organis&#233; sont av&#233;r&#233;s. Apr&#232;s une fuite qui les incriminait d'embl&#233;e comme auteur&#183;e&#183;s intellectuel&#183;le&#183;s du massacre, ils ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;&#183;e&#183;s, tout comme les policiers ayant particip&#233; &#224; l'assaut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trag&#233;die d'Ayotzinapa n'est pourtant pas la seule (ni la pire) s'&#233;tant produite ces derni&#232;res ann&#233;es au Mexique. Les victimes viennent s'ajouter aux 100 000 personnes mortes et aux 20 000 disparues depuis 2006 dans le sillage de la guerre impliquant le gouvernement et les cartels de la drogue. Au-del&#224; de la tristesse qu'entra&#238;nent la mort ou la disparition de jeunes personnes qui normalement ont toute la vie devant elles, la raison pour laquelle Ayotzinapa soul&#232;ve autant d'indignation tant au Mexique qu'ailleurs dans le monde r&#233;side notamment dans le fait que cette fois, l'&#201;tat est directement impliqu&#233; et clairement responsable (de l&#224; le cri de ralliement &#171; &lt;i&gt;&#161; Fue el Estado !&lt;/i&gt; &#187; : &#171; C'est l'&#201;tat ! &#187;). D'une part, si la trag&#233;die a pu se produire, c'est que les policiers municipaux &#233;taient inf&#233;od&#233;s aux groupes locaux du crime organis&#233; &#8211; c'&#233;tait ces derniers qui payaient leur salaire ; d'autre part, le Parti de la r&#233;volution d&#233;mocratique (PRD) savait depuis au moins 2013 que le maire et son &#233;pouse &#233;taient li&#233;&#183;e&#183;s au cartel de la drogue et pourtant il a ferm&#233; les yeux &#8211; le gouverneur de l'&#201;tat de Guerrero, &#193;ngel Aguirre Rivero, &#233;galement du PRD, a d'ailleurs tr&#232;s rapidement d&#233;missionn&#233; apr&#232;s la disparition des &#233;tudiants. Sur le plan plus global, parmi les facteurs qui indiquent une responsabilit&#233; de l'&#201;tat, il faut mentionner la corruption et surtout l'impunit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e dont jouissent les d&#233;linquants dans tous les domaines, le m&#234;me type d'impunit&#233; qui a permis au f&#233;minicide de s&#233;vir dans ce pays depuis les ann&#233;es 1990 sans avoir, h&#233;las, suscit&#233; une telle indignation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La raison pour laquelle la trag&#233;die Ayotzinapa soul&#232;ve autant d'indignation r&#233;side notamment dans le fait que cette fois, l'&#201;tat est directement impliqu&#233; et clairement responsable.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les exigences du capitalisme n&#233;olib&#233;ral&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les nombreux massacres et les ex&#233;cutions sommaires, que ce soit de jeunes, de femmes ou encore de migrant&#183;e&#183;s, ne sont pas des accidents de parcours ou des faits isol&#233;s. Ils sont syst&#233;matiques, tout comme l'est l'impunit&#233;. Mais comment cette impunit&#233; peut-elle se produire et &#234;tre entretenue ? Et surtout, &#224; quoi et &#224; qui peut-elle servir ? Pour comprendre l'horreur, il est indispensable de regarder du c&#244;t&#233; des exigences m&#234;mes du capitalisme n&#233;olib&#233;ral et des corporations sur lesquelles il s'appuie. L'&#201;tat du Guerrero regorge de richesses naturelles dont des minerais pr&#233;cieux et indispensables &#224; l'industrie. La population est ni plus ni moins de trop sur le territoire, les nombreuses et nombreux d&#233;plac&#233;s en sont la preuve. Les compagnies extractives soit cooptent la population, soit l'&#233;liminent ; ce qui permet d'ailleurs d'affirmer qu'&#234;tre vivant dans ces r&#233;gions est un acte subversif. Les &#233;tudiants d'Ayotzinapa font partie de cette population pauvre, racialis&#233;e et, comme dans leur cas, souvent r&#233;sistante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut savoir que les &#201;coles normales rurales comme celle d'Ayotzinapa, fond&#233;es dans les ann&#233;es 1920 et fortement promues dans le sillage du r&#233;gime de gauche des ann&#233;es 1934-1940, ont comme vocation la formation d'&#233;tudiants d'origine modeste et souvent autochtone. L'id&#233;ologie v&#233;hicul&#233;e dans ces &#233;coles sans frais de scolarit&#233; est nettement progressiste et les jeunes se destinent &#224; la formation des &#233;coliers des nombreuses localit&#233;s rurales souvent abandonn&#233;es et n&#233;glig&#233;es par le pouvoir central. Depuis plusieurs ann&#233;es, ces institutions n'ont plus la cote et leur financement public a &#233;t&#233; consid&#233;rablement r&#233;duit. Les jeunes doivent se d&#233;brouiller non seulement pour se former, mais aussi pour vivre et vaquer &#224; leurs activit&#233;s solidaires. De l&#224; la r&#233;quisition de moyens de transport (une pratique habituelle et qui n'avait pas soulev&#233; autant de hargne &#224; d'autres occasions) et la collecte de fonds &#224; laquelle ils se sont livr&#233;s le 26 septembre dernier. Leur effervescence a parfois choqu&#233; les bien-pensants de telle sorte que certains les accusent d'activit&#233;s subversives et de complicit&#233; avec les groupes gu&#233;rilleros qui sillonnent l'arri&#232;re-pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat mexicain, d&#233;sireux de faire partie du club des grands, adh&#232;re tout &#224; fait aux mesures n&#233;olib&#233;rales de r&#233;duction du financement de l'&#233;ducation publique. Contrairement &#224; ce que le pr&#233;sident de l'Uruguay a affirm&#233; dans un cri du c&#339;ur qu'il a ensuite nuanc&#233;, le Mexique n'est pas un &#201;tat en d&#233;route (&lt;i&gt;Estado fallido&lt;/i&gt;), mais au contraire tout &#224; fait typique de ce que peut &#234;tre l'&#201;tat n&#233;olib&#233;ral. La sp&#233;cificit&#233; de l'&#201;tat mexicain, c'est qu'il est un partenaire commercial privil&#233;gi&#233; des &#201;tats-Unis. Certes, la demande pour la drogue dans ce pays y est insatiable, mais l'avidit&#233; pour les produits manufactur&#233;s &#224; bas co&#251;t de production l'est encore davantage. Et si l'on parle de partenariat commercial, on doit souligner le fait que le Mexique fait partie de l'Accord de libre-&#233;change nord-am&#233;ricain (AL&#201;NA). Le Canada est donc partie prenante, pour ne pas dire complice, de toute cette dynamique n&#233;olib&#233;rale meurtri&#232;re. C'est sans doute la raison pour laquelle le gouvernement canadien est compl&#232;tement muet sur les &#233;v&#233;nements d'Ayotzinapa et qu'il continue &#224; pr&#233;tendre que le Mexique est un pays s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 6 d&#233;cembre dernier, les restes de l'un des &#233;tudiants, Alexander Mora, ont &#233;t&#233; formellement identifi&#233;s. Les parents n'en continuent pas moins de r&#233;clamer le retour en vie des 42 autres &#233;tudiants. Le plan &#233;mis par le pr&#233;sident Enrique Pe&#241;a Nieto pour enrayer la corruption et qui vise entre autres les policiers municipaux ne convainc nullement la multitude qui continue de r&#233;clamer sa d&#233;mission. Plut&#244;t que d'envisager des changements en profondeur dans la machine d'&#201;tat, il pr&#233;f&#232;re s'acharner sur les manifestantes et manifestants des grandes marches du 20 novembre et du 1er d&#233;cembre 2014 en les jetant en prison. C'est ainsi qu'il pr&#233;tend renforcer l'&#201;tat de droit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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