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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>La sant&#233; : un droit pour tous !</title>
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		<dc:date>2015-09-12T21:37:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karine Fonda, V&#233;ronique Houle, Am&#233;lie Nguyen, Sarah Simmons</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Nguyen, Am&#233;lie</dc:subject>
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		<dc:subject>Simmons, Sarah</dc:subject>

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&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; l'absence d'acc&#232;s aux soins de sant&#233; pour une population grandissante de migrant&#183;e&#183;s &#224; statut pr&#233;caire, M&#233;decins du monde a lanc&#233;, en septembre 2011, une clinique anonyme qui leur offre des soins de base. S'opposant aux justifications administratives donn&#233;es pour exclure ces migrant&#183;e&#183;s, l'organisation et les quelque 300 b&#233;n&#233;voles qui permettent le fonctionnement de cette clinique plaident pour le droit &#224; la sant&#233; de tous et toutes, peu importe leur statut. Nous avons (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fonda-Karine-+" rel="tag"&gt;Fonda, Karine&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2047.png?1642092169' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;751&#034; height=&#034;395&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; l'absence d'acc&#232;s aux soins de sant&#233; pour une population grandissante de migrant&#183;e&#183;s &#224; statut pr&#233;caire, M&#233;decins du monde a lanc&#233;, en septembre 2011, une clinique anonyme qui leur offre des soins de base. S'opposant aux justifications administratives donn&#233;es pour exclure ces migrant&#183;e&#183;s, l'organisation et les quelque 300 b&#233;n&#233;voles qui permettent le fonctionnement de cette clinique plaident pour le droit &#224; la sant&#233; de tous et toutes, peu importe leur statut. Nous avons rencontr&#233; V&#233;ronique Houle, directrice des op&#233;rations nationales, et Karine Fonda et Sarah Simmons, respectivement intervenante sociale et infirmi&#232;re pour le Projet migrants. Propos recueillis par Am&#233;lie Nguyen.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; : Parlez-nous de la clinique. Comment fonctionne-t-elle ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V&#233;ronique :&lt;/strong&gt; Depuis 1999, M&#233;decins du monde agit localement aupr&#232;s des personnes qui n'ont pas acc&#232;s aux soins, comme les travailleuses du sexe, les personnes itin&#233;rantes, les jeunes de la rue, les Autochtones. Une clinique mobile nous a permis de rejoindre les gens l&#224; o&#249; ils &#233;taient. Gr&#226;ce &#224; ce projet, nous avons vu que plusieurs migrant&#183;e&#183;s n'avaient pas acc&#232;s aux soins, pour des raisons &#233;conomiques et administratives, ce qui a &#233;t&#233; confirm&#233; lors d'un sondage aupr&#232;s d'une cinquantaine d'organismes partenaires. Personne ne comblait alors ce vide. Le Projet migrants a donc &#233;t&#233; lanc&#233; en 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Karine :&lt;/strong&gt; On traite &#224; la clinique les migrant&#183;e&#183;s pr&#233;caires, c'est-&#224;-dire les sans statut ; les personnes ayant un visa de visiteur, mais qui ne sont pas des touristes &#8211; notamment en cas de demande de parrainage, depuis le gel de la couverture pour ce groupe ; les migrant&#183;e&#183;s qui attendent la fin du d&#233;lai de carence de trois mois avant leur acc&#232;s aux soins ; les &#233;tudiant&#183;e&#183;s qui n'ont pas d'assurance priv&#233;e ou qui ont interrompu leurs &#233;tudes. L'une des situations les plus pr&#233;occupantes demeure celle des enfants n&#233;s au Canada de migrant&#183;e&#183;s qui n'ont toujours pas r&#233;gularis&#233; leur statut. Pour ces derniers, l'absence d'acc&#232;s aux soins est d'une dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e, car cela d&#233;pend du statut de leurs parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V&#233;ronique : &lt;/strong&gt; Ce n'est pas ce qu'on appelle des &#171; b&#233;b&#233;s-passeport &#187;, qui viennent pour obtenir la citoyennet&#233;, car ces derniers quittent le pays en g&#233;n&#233;ral par la suite. Lorsque ces enfants ont 8 mois, 2 ans, 5 ans, cela veut dire que leurs parents souhaitent b&#226;tir leur vie ici, et il faut trouver un moyen de leur donner acc&#232;s aux soins. En fait, selon une &#233;tude de C&#233;cile Rousseau, le taux de &#171; b&#233;b&#233;s-passeport &#187; est incroyablement bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sarah :&lt;/strong&gt; Les migrant&#183;e&#183;s doivent nous appeler gr&#226;ce au num&#233;ro disponible en ligne. Une infirmi&#232;re remplira une feuille de triage avec eux. Les feuilles de triage sont lues par une infirmi&#232;re et les patient&#183;e&#183;s sont rappel&#233;&#183;e&#183;s pour obtenir plus d'informations, puis pour se pr&#233;senter &#224; la clinique, dont l'adresse n'est pas connue publiquement. Le seul fait de devoir les contacter deux ou trois fois par t&#233;l&#233;phone est un d&#233;fi. Sur place, des infirmi&#232;res participent &#224; l'accueil et au d&#233;pistage ; un ou deux m&#233;decins, des travailleurs&#183;euses sociaux et des stagiaires en psychologie sont aussi pr&#233;sent&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patient rencontrera d'abord une travailleuse sociale pour clarifier son statut et sa possibilit&#233; d'acc&#233;der &#224; une couverture m&#233;dicale. La clinique offre des soins de base, mais n'a pas les ressources n&#233;cessaires pour r&#233;pondre aux urgences. Les probl&#232;mes de sant&#233; chroniques pr&#233;sentent aussi des d&#233;fis, puisqu'il est difficile d'offrir un suivi r&#233;gulier aux patient&#183;e&#183;s. Il demeure co&#251;teux d'avoir acc&#232;s &#224; des m&#233;dicaments et &#224; des tests de laboratoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V&#233;ronique :&lt;/strong&gt; Le lien de confiance est &#224; b&#226;tir avec cette population d'exclu&#183;e&#183;s. Un homme s'est pr&#233;sent&#233; derni&#232;rement avec tous ses biens de valeur &#224; la clinique par peur d'&#234;tre d&#233;port&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Karine :&lt;/strong&gt; Gr&#226;ce aux travailleuses sociales, la clinique fournit aussi une assistance pour que ceux et celles qui devraient administrativement avoir acc&#232;s aux soins, mais qui ne l'ont pas en raison bien souvent d'un manque d'information du personnel traitant ou administratif, y aient acc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; : Croyez-vous que cela est avant tout un enjeu administratif ou politique ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V&#233;ronique :&lt;/strong&gt; Les deux. Le gouvernement ne reconna&#238;t pas l'enjeu des migrant&#183;e&#183;s sans statut, c'est comme si c'&#233;tait inexistant. &#199;a cr&#233;e des sous-classes de citoyens. En France, les migrant&#183;e&#183;s ont un acc&#232;s automatique aux soins. &#192; Toronto, la Ville a d&#233;cid&#233; de prendre en charge les soins et a implant&#233; une pratique du &#171; &lt;i&gt;don't ask, don't tell&lt;/i&gt; &#187; au nom du droit &#224; la sant&#233; de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment se fait-il que le Canada ait donn&#233; des milliards pour la sant&#233; maternelle et infantile &#224; l'&#233;tranger, mais qu'il ne fasse rien pour les migrant&#183;e&#183;s ici ? Il faut aussi prendre en compte le co&#251;t de ne pas soigner ces personnes sur le plan de la sant&#233; publique, par exemple dans le cas de la tuberculose ou des ITSS [infections transmises sexuellement et par le sang, NDLR].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Comment ces patients sont-ils re&#231;us dans le syst&#232;me de sant&#233; r&#233;gulier ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V&#233;ronique : &lt;/strong&gt; Il y a beaucoup de d&#233;magogie, de discrimination. Les gens parlent de &#171; faux migrants &#187; et de migrant&#183;e&#183;s qui &#171; m&#233;rite ou ne m&#233;rite pas &#187; d'&#234;tre ici. Par exemple, plusieurs femmes au statut pr&#233;caire se pr&#233;sentent &#224; l'h&#244;pital pour un accouchement sans papiers ou informations de sant&#233;, ce qui frustre les &#233;quipes soignantes qui doivent mettre en place toute une gamme de mesures pr&#233;ventives co&#251;teuses et complexes (ex : ITSS, rh&#233;sus n&#233;gatif&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sarah :&lt;/strong&gt; Dans ces cas, l'accueil est souvent affreux pour ces femmes sans documents, informations ou carte d'assurance-maladie. Certaines se font m&#234;me dire par le personnel, alors qu'elles sont &#224; l'h&#244;pital, en position pour accoucher : &#171; &lt;i&gt;Alors, on dirait que je vais travailler gratuitement aujourd'hui &lt;/i&gt; &#187; ou qu'elles &#171; &lt;i&gt;abusent de leur gentillesse&lt;/i&gt; &#187;. Certains m&#233;decins vont jusqu'&#224; menacer d'appeler le minist&#232;re de l'Immigration si elles ne paient pas les soins avant de proc&#233;der ou le jour-m&#234;me,, ce qui est ill&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V&#233;ronique :&lt;/strong&gt; Les m&#233;decins peuvent facturer ce qu'ils veulent. Pour un accouchement sans complication, ce sont 500 $ qui sont rembours&#233;s par la RAMQ. Ce sont pourtant 3 000 $ qui doivent &#234;tre d&#233;fray&#233;s par les femmes sans couverture m&#233;dicale. Avec l'ensemble des soins et l'utilisation des infrastructures, ce sont environ 10 000 $ qu'elles auront &#224; d&#233;bourser dans beaucoup de cas, alors que leur condition &#233;conomique est fragile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Karine :&lt;/strong&gt; On justifie cette pratique en parlant de &#171; frais pour les r&#233;sidents et pour les non-r&#233;sidents &#187;. Les h&#244;pitaux demandent parfois m&#234;me des d&#233;p&#244;ts &#224; l'avance. Certains permettent une entente de paiement, mais pas tous. Les femmes attendent parfois en face de l'h&#244;pital en plein travail pour &#233;viter de payer un jour de soins suppl&#233;mentaire. Pour 30 minutes de plus avant minuit, on leur demanderait 2 400 $ suppl&#233;mentaires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Quels sont les principaux besoins des migrant&#183;e&#183;s et quelles sont vos revendications ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;ronique : Nous d&#233;fendons avant tout le droit &#224; la sant&#233;. Depuis novembre, cinq groupes de plaidoyer ont &#233;t&#233; approuv&#233;s par le conseil d'administration. Ils d&#233;fendent le droit &#224; une grossesse digne ; l'acc&#232;s aux soins pour les enfants de migrants n&#233;s en sol canadien ; la reconnaissance du droit &#224; la confidentialit&#233; pour tous ; et la prise en charge des infections qui menacent la sant&#233; publique. Les 300 b&#233;n&#233;voles et l'&#233;quipe travaillent ensemble &#224; une transformation sociale. M&#233;decins du monde agit l&#224; o&#249; les autres ne vont pas. Par exemple, les projets locaux visaient initialement les travailleuses du sexe, les Autochtones, les personnes itin&#233;rantes. Ensuite, le gouvernement a mis en place des cliniques de proximit&#233; qui r&#233;pondaient mieux &#224; leurs besoins. Depuis trois ans, notre travail est majoritairement aupr&#232;s des Autochtones en milieu urbain qui ont de la difficult&#233; &#224; acc&#233;der aux soins pour des raisons beaucoup plus structurelles et historiques. L'id&#233;e est de travailler pour ne plus avoir besoin d'&#234;tre l&#224;. C'est au gouvernement &#224; prendre en charge l'ensemble de la population. Ce n'est pas aux personnes marginalis&#233;es de s'adapter &#224; l'&#201;tat. La sant&#233; est un droit humain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Pour joindre la clinique, appelez au 514-609-4197 et une infirmi&#232;re retournera l'appel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Sandradelag&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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