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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Quels droits pour les travailleuses et travailleurs migrants temporaires ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Quels-droits-pour-les-travailleuses-et-travailleurs-migrants-temporaires</link>
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		<dc:date>2021-01-20T19:53:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mostafa Henaway, Am&#233;lie Nguyen, Michel Pilon</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Nguyen, Am&#233;lie</dc:subject>
		<dc:subject>Henaway, Mostafa</dc:subject>
		<dc:subject>Pilon, Michel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors qu'elles et ils rendent possible la souverainet&#233; alimentaire au Qu&#233;bec, les travailleuses et travailleurs migrants sont invisibles et leurs voix, inaudibles. Ils et elles sont pourtant r&#233;guli&#232;rement victimes de graves violations de leurs droits. La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a m&#234;me d&#233;nonc&#233; la discrimination syst&#233;mique &#224; leur &#233;gard depuis 2011. &#192; b&#226;bord ! a rencontr&#233; Michel Pilon et Mostafa Henaway, qui &#339;uvrent au quotidien &#224; la d&#233;fense de leurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-81-novembre-2019-" rel="directory"&gt;No 081 - novembre 2019&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Pilon-Michel-+" rel="tag"&gt;Pilon, Michel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors qu'elles et ils rendent possible la souverainet&#233; alimentaire au Qu&#233;bec, les travailleuses et travailleurs migrants sont invisibles et leurs voix, inaudibles. Ils et elles sont pourtant r&#233;guli&#232;rement victimes de graves violations de leurs droits. La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a m&#234;me d&#233;nonc&#233; la discrimination syst&#233;mique &#224; leur &#233;gard depuis 2011. &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; a rencontr&#233; Michel Pilon et Mostafa Henaway&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Pilon est directeur du R&#233;seau d'aide aux travailleuses et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui &#339;uvrent au quotidien &#224; la d&#233;fense de leurs droits. Propos recueillis par Am&#233;lie Nguyen.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; &lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; : Les gouvernements semblent faciliter, d'une part, l'immigration temporaire des travailleuses et travailleurs non qualifi&#233;&#183;e&#183;s pour r&#233;pondre aux besoins en emploi et, d'autre part, restreindre de plus en plus l'acc&#232;s &#224; la r&#233;sidence permanente et &#224; la citoyennet&#233;. En quoi cette tendance r&#233;pond-elle aux n&#233;cessit&#233;s de l'&#233;conomie capitaliste globale ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Mostafa Henaway :&lt;/strong&gt; Selon l'&#233;conomiste Jim Stanford, entre 2007 et 2011, plus de personnes sont venues au Canada dans le cadre du programme de travailleurs temporaires que pour obtenir la r&#233;sidence permanente. Le tiers des emplois cr&#233;&#233;s durant cette p&#233;riode l'ont &#233;t&#233; pour des travailleuses et travailleurs migrants temporaires. Selon l'Organisation internationale des migrations, des 250 millions de migrant&#183;e&#183;s &#224; travers le monde, 150 millions seraient des travailleuses et travailleurs migrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Lorsqu'on se penche sur le discours port&#233; par le gouvernement Legault ou le Parti conservateur, on remarque qu'ils ne sont pas sp&#233;cifiquement &#171; anti-immigration &#187;. Ce qu'ils souhaitent, c'est contr&#244;ler le nombre de travailleuses et de travailleurs disponibles et contr&#244;ler leur r&#233;partition de fa&#231;on &#224; ce que les employeurs soient avantag&#233;s. C'est une tendance caract&#233;ristique de l'&#233;conomie globalis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH337/c238cc77448ec8dfc262e1b4f8ecd4c4-d2f2c.jpg?1729026424' width='500' height='337' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si la production est tr&#232;s forte, il faut plus de main-d'&#339;uvre. Pourtant, le gouvernement Legault a aussi affirm&#233; la n&#233;cessit&#233; de plafonner l'immigration, car les gens d'ici ont besoin d'emplois. Mais quels types d'emplois sont disponibles dans cette &#233;conomie ? Une grande part se trouve en agriculture et dans les services, comme notamment les postes de pr&#233;pos&#233;&#183;e&#183;s aux b&#233;n&#233;ficiaires pour les a&#238;n&#233;&#183;e&#183;s. Ce sont des emplois en demande, mais tr&#232;s exigeants. Le taux de roulement est important, et les profits, volatiles. Le programme des travailleurs migrants devient la seule source de main-d'&#339;uvre pour ce domaine. Il existe une pression constante &#224; la baisse des salaires et ce sont les travailleuses et travailleurs migrants qui remplissent le vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Emploi et D&#233;veloppement social Canada (EDSC) reconna&#238;t d'ailleurs que les travailleuses et travailleurs migrants contribuent aux programmes sociaux, en particulier dans le secteur agricole, mais qu'ils n'ont pourtant pas acc&#232;s aux m&#234;mes avantages sociaux, ce qui rend ces programmes de plus en plus rentables pour les gouvernements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il est impossible de d&#233;placer une ferme ou un abattoir de porcs en Chine ou au Bangladesh. Ce n'est pas comme le textile, ces exploitations doivent rester ici. Je pense que de plus en plus d'employeurs tentent de trouver des moyens de s'assurer que ces lieux de travail ne soient pas syndiqu&#233;s, que ces travailleurs demeurent vuln&#233;rables et loyaux. Les employeurs savent que ces migrant&#183;e&#183;s ont acc&#232;s &#224; de meilleurs salaires ici qu'au Guatemala, au Honduras ou au Mexique et qu'ils souhaitent acc&#233;der &#224; l'emploi ici. Une situation r&#234;v&#233;e pour les employeurs, qu'ils utilisent contre les travailleuses et travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Michel Pilon : &lt;/strong&gt;On a cr&#233;&#233; une sorte de r&#233;gime de droit diff&#233;rent pour ces travailleuses et travailleurs-l&#224;. En principe, ils ont les m&#234;mes droits, mais pas quand il s'agit de les exercer. Bien s&#251;r, les normes du travail s'appliquent. Un travailleur mexicain ou guat&#233;malt&#232;que qui a un accident de travail et qui se fait cong&#233;dier a toujours le droit de contester son renvoi. Mais qu'est-ce que &#231;a donne, rendu au Mexique ou au Guatemala, de plaider un cong&#233;diement ill&#233;gal ? Comment le revendiquer ? En plus, quand la date d'audition arrive, un visa est n&#233;cessaire et n'est presque jamais accord&#233; aux plaignant&#183;e&#183;s. Les travailleuses et travailleurs perdent leurs droits ici. D'une certaine mani&#232;re, on a import&#233; un peu des conditions de travail de leur pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH281/42ee2907560d380abf57bdd73b377601-b0185.jpg?1729026424' width='500' height='281' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On constate une d&#233;stabilisation des emplois, ici, au Qu&#233;bec. Il n'y a pas beaucoup de Qu&#233;b&#233;cois&#183;es et de Canadien&#183;ne&#183;s qui veulent aller travailler dans les champs avec ces conditions de travail. Il y a quelques semaines, le pr&#233;sident d'Olymel demandait au gouvernement f&#233;d&#233;ral de briser le plafond de 10% de main-d'&#339;uvre temporaire et de le doubler &#224; 20%, parce qu'il cherche des gens int&#233;ress&#233;s &#224; travailler dans ces conditions. Lorsque des gens d'ici arrivent, on n'augmente pas les salaires dans ces industries. On maintient les conditions de travail les plus basses possible et ces travailleuses et travailleurs servent de &lt;em&gt;cheap labor&lt;/em&gt;, purement et simplement, ce qui permet de maintenir les co&#251;ts de ces entreprises tr&#232;s bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; : Quels sont les principaux obstacles pour acc&#233;der &#224; leurs droits ? Pouvez-vous nous expliquer certaines des violations de droits existantes ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;M.P. : &lt;/strong&gt;Lorsqu'il s'agit de contester une d&#233;cision de l'employeur, ils ont peur, et avec raison, parce que d&#232;s le lendemain matin, s'ils commencent &#224; se plaindre, ils sont retourn&#233;s chez eux. Malgr&#233; ce que l'on peut penser, malgr&#233; le travail tr&#232;s dur, les travailleuses et travailleurs migrants veulent &#234;tre ici, car le salaire est beaucoup plus &#233;lev&#233; ici que ce qu'ils peuvent gagner chez eux. Souvent, l'argument de l'employeur est d'ailleurs qu'ils veulent travailler. Par exemple, il est de la responsabilit&#233; de l'employeur de donner une journ&#233;e de repos obligatoire par semaine, peu importe si le travailleur veut travailler le plus possible. Ce n'est pas vrai qu'en travaillant 7 jours par semaine pendant tout l'&#233;t&#233;, entre 12 et 14 heures par jour, un&#183;e employ&#233;&#183;e va &#234;tre en forme. C'est l&#224; que les accidents de travail arrivent. Il y a eu plusieurs cas d'accidents de travail et m&#234;me des d&#233;c&#232;s. Plusieurs de ces accidents ne sont pas d&#233;clar&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Sans conna&#238;tre le fran&#231;ais, il est difficile pour les migrant&#183;e&#183;s de comprendre leurs droits ou les directives qui pourraient les prot&#233;ger. En ce moment, ils n'ont pas acc&#232;s &#224; des cours de francisation. Cela fragilise leur droit &#224; la sant&#233;, car des interpr&#232;tes sont n&#233;cessaires lors de consultations avec leur m&#233;decin. Ces interpr&#232;tes sont trop souvent fournis par l'employeur et peuvent lui transmettre des informations personnelles sur les patient&#183;e&#183;s. Au R&#233;seau d'aide aux travailleuses et travailleurs migrants agricoles du Qu&#233;bec (RATTMAQ), nous avons b&#226;ti un r&#233;seau de b&#233;n&#233;voles qui les accompagnent lors de consultations en jouant le r&#244;le d'interpr&#232;tes. Nous donnons aussi des cours de fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De plus, leur passeport et leur carte d'assurance maladie sont parfois confisqu&#233;s par l'employeur qui exerce un contr&#244;le important sur leur vie priv&#233;e. Par exemple, certains doivent signer un engagement (code de vie) qui les oblige &#224; ne pas boire d'alcool durant leur s&#233;jour, ou encore, &#224; &#234;tre constamment accompagn&#233;&#183;e&#183;s pour aller faire leurs emplettes. L'&#233;tat des logements fournis par l'employeur est souvent pitoyable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Au Qu&#233;bec, 60% des fermes sont de petites fermes de 2 &#224; 5 travailleurs, en particulier dans le secteur laitier. Depuis l'adoption de la loi 8 au Qu&#233;bec, les petites fermes ne peuvent pas se syndiquer, ce qui prive les travailleuses et travailleurs de leur droit d'association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;M.H. :&lt;/strong&gt; Les difficult&#233;s d'acc&#232;s aux droits d&#233;butent lorsque les personnes paient des frais aux recruteurs, m&#234;me si c'est ill&#233;gal. Elles sont d&#233;j&#224; endett&#233;es, avant m&#234;me de quitter leur pays. Les migrant&#183;e&#183;s craignent de ne pas &#234;tre capables de payer leur dette, ce qui donne d&#233;j&#224; du pouvoir &#224; l'employeur. Ils ne sont pas libres de leurs mouvements au quotidien et sont aussi isol&#233;&#183;e&#183;s. Contrairement &#224; ce qui a cours en Ontario, la Commission des normes, de l'&#233;quit&#233;, de la sant&#233; et de la s&#233;curit&#233; du travail (CNESST) ne fait pas de visites-surprises. Il y a des employeurs qui ont re&#231;u des amendes de mani&#232;re r&#233;p&#233;t&#233;e pour les m&#234;mes infractions. Les amendes ne sont que de 600 &#224; 1000 $ ! M&#234;me lorsqu'il y a de graves enjeux de sant&#233; et s&#233;curit&#233;, des accidents constants, m&#234;me s'ils avaient acc&#232;s &#224; leurs droits, il faut se demander si les employeurs changeraient leur comportement, car les p&#233;nalit&#233;s sont trop faibles. D&#232;s que des travailleuses et travailleurs tentent de se syndiquer, les employeurs les menacent de les d&#233;porter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; : Ces derniers temps, quelques avanc&#233;es ont pourtant eu lieu quant aux l&#233;gislations provinciales et f&#233;d&#233;rales&#8230;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;M.H. :&lt;/strong&gt; EDSC a finalement mis en place un programme-pilote o&#249; les travailleuses et travailleurs migrants en crise pourront b&#233;n&#233;ficier dans les 5 jours d'un permis ouvert pendant qu'ils portent plainte contre l'employeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;M.P. :&lt;/strong&gt; C'est un tr&#232;s beau r&#232;glement, mais nous souhaiterions que ce soient tous des permis ouverts d&#232;s le d&#233;part. Le projet-pilote est en cours en Colombie-Britannique et on parle de r&#233;sultats tr&#232;s positifs. Nous attendons l'application de ce r&#232;glement, le r&#232;glement 50, dans l'ensemble du Canada, c'est une belle avanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;M.H. :&lt;/strong&gt; Dans la r&#233;forme de la loi sur les normes du travail, on a enfin commenc&#233; &#224; r&#233;glementer les agences de recrutement. On reconna&#238;t que le changement est n&#233;cessaire et que les employeurs doivent &#234;tre r&#233;glement&#233;s et partager beaucoup plus d'informations avec les groupes sociaux. Les employeurs et les recruteurs auront maintenant &#224; enregistrer les travailleurs temporaires lorsqu'ils commencent leur emploi et lorsqu'ils le quittent. Cela nous donnerait une meilleure compr&#233;hension de l'endroit o&#249; ils se trouvent et faciliterait le dialogue avec eux. Les employeurs pourraient avoir plus peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; : Quels sont les principaux d&#233;fis pour parvenir &#224; organiser ces travailleuses et travailleurs ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;M.P. : &lt;/strong&gt;L'acc&#232;s &#224; ces travailleuses et travailleurs est l'un des principaux d&#233;fis. On se fait souvent virer &#224; coups de pied. Si on les aborde quand ils font leurs emplettes, il y a des gardes qui les poussent et les emp&#234;chent de nous parler. Ils se font menacer &#171; si tu parles &#224; telle personne, tu vas perdre ton emploi &#187;. Dans un pays libre, on devrait avoir le droit de discuter avec quiconque. En ce sens, la mani&#232;re de les traiter ressemble beaucoup &#224; la traite humaine. Le second d&#233;fi est qu'il y a beaucoup de r&#233;gions &#224; couvrir avec peu de ressources, et ce sont souvent des ressources b&#233;n&#233;voles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;M.H. : &lt;/strong&gt;Cela prend un temps fou pour les d&#233;fendre ! Ils ont une famille dans leur pays et des obligations et doivent rester au Canada pendant les proc&#233;dures, ce qui paralyse leur existence. La quantit&#233; de ressources n&#233;cessaires pour d&#233;fendre un petit groupe de travailleuses et de travailleurs est ph&#233;nom&#233;nale, puisque les d&#233;marches sont toujours multiples : aupr&#232;s de l'immigration, recours en droit du travail, en droit criminel, aupr&#232;s de la CNESST, de Service Canada&#8230; ce sont tous des dossiers diff&#233;rents &#224; d&#233;fendre avec tr&#232;s peu de personnel, ce qui ne serait pas le cas pour un&#183;e citoyen&#183;ne canadien&#183;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#192;B !&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; : Quelles actions peut-on poser pour jouer notre r&#244;le d'alli&#233;&#183;e envers ces travailleuses et travailleurs ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; M.P. : Depuis 2008, le RATTMAQ organise des f&#234;tes des r&#233;coltes, o&#249; nous distribuons des feuillets sur les droits des travailleuses et travailleurs et laissons le num&#233;ro de l'organisation en r&#233;f&#233;rence. Ces &#233;v&#233;nements permettent aussi de faire conna&#238;tre ces travailleuses et travailleurs-l&#224; aux Qu&#233;b&#233;cois&#183;es et aux canadien&#183;ne&#183;s et souligner le fait que l'&#233;conomie de leur r&#233;gion fonctionne gr&#226;ce &#224; eux. Je peux dire que s'ils n'&#233;taient pas l&#224;, il y a des villages qui seraient ferm&#233;s, carr&#233;ment, parce qu'il n'y a pas beaucoup de travailleuses et travailleurs qui sont pr&#234;ts &#224; travailler comme eux. C'est une fa&#231;on de les remercier d'&#234;tre ici. On fait de l'organisation en m&#234;me temps et les employeurs savent tr&#232;s bien ce qu'on fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH333/a355bb0ea67c3bfd98fef5dc6fe18a6f-5bf73.jpg?1729026424' width='500' height='333' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On est en train de cr&#233;er un programme de formation pour les nouveaux qui vont arriver. Je pourrai aller dans les fermes et donner une formation de quatre heures pour leur expliquer la vie au Qu&#233;bec et leurs droits, leur dire que l'employeur n'a pas le droit de retenir leur passeport ou leur carte d'assurance maladie, qu'ils ont acc&#232;s &#224; la sant&#233; et que s'ils ont besoin d'un m&#233;decin, on peut les accompagner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'exemple des &#201;tats-Unis, avec la certification, en est un qui permettrait des am&#233;liorations en poussant les grandes compagnies alimentaires &#224; traiter avec des employeurs qui sont certifi&#233;s. Je crois beaucoup au dialogue. Il faut s'assurer au niveau des employeurs et des minist&#232;res qu'on ait la m&#234;me vision des choses. Le travail doit &#234;tre fait &#224; ce niveau-l&#224;. Depuis trois ans, je vois des avanc&#233;es. Qui aurait dit que FERME&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;FERME fait r&#233;f&#233;rence &#224; la Fondation des entreprises en recrutement de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; aurait &#233;t&#233; un jour d'accord avec le permis ouvert ? Ce serait bon pour tous de demander l'abolition des permis ferm&#233;s, ce qui &#233;quivaut simplement &#224; demander la libert&#233; pour ces travailleuses et travailleurs. Ce ne seront plus des revendications des groupes communautaires, mais aussi des groupes de travailleuses et travailleurs. Il faut aussi financer ad&#233;quatement les groupes qui d&#233;fendent leurs droits. Sans ressources additionnelles, il sera impossible d'y arriver &#233;tant donn&#233; le territoire &#224; couvrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;M.H. :&lt;/strong&gt; Ce qui est le plus important en mati&#232;re de mobilisation est d'&#234;tre en mesure de faire conna&#238;tre les revendications aupr&#232;s de divers groupes. Il existe un film tr&#232;s int&#233;ressant, &lt;em&gt;Le r&#234;ve des migrants &lt;/em&gt;qui peut &#234;tre projet&#233; dans les &#233;coles, les &#233;glises. Des conf&#233;renciers, anciens travailleurs migrants, sont pr&#234;ts &#224; faire conna&#238;tre leur parcours. Il faut profiter de l'ouverture politique actuelle pour continuer &#224; faire pression, parce que plus les lois changent, plus il devient facile d'effectuer un travail de proximit&#233; avec toutes les travailleuses et travailleurs migrants. Il faut briser leur isolement. Nous connaissons l'image du bon fermier qu&#233;b&#233;cois au March&#233; Jean-Talon, mais il faut faire conna&#238;tre le visage r&#233;el de l'agriculture qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Sans l'obtention de permis ouverts pour toutes et tous, il n'y aura pas de changement radical des conditions de plusieurs de ces travailleuses et travailleurs. Les propri&#233;taires de fermes posent souvent la question : &#171; mais les travailleurs vont-ils s'enfuir de la ferme ? &#187;. Ils ne se demandent jamais : &#171; pourquoi s'enfuient-ils ? &#187; Ils agissent comme des ma&#238;tres d'esclaves, pas comme des employeurs normaux. Avec le permis ouvert, ils vont devoir modifier leurs pratiques pour conserver leurs employ&#233;&#183;e&#183;s, car le contr&#244;le ne sera plus suffisant. Il ne s'agit pas seulement d'&#234;tre solidaire de ces travailleuses et travailleurs, c'est &#224; propos de nous comme soci&#233;t&#233;. L'am&#233;lioration de leurs conditions am&#233;liorerait les conditions pour tous les autres. C'est &#224; propos de la nourriture que nous mangeons et que nous tenons pour acquise, soit ce dont nous avons le plus besoin comme soci&#233;t&#233;. C'est une aberration que nous puissions traiter les personnes les plus importantes pour nous de cette mani&#232;re. Je n'ai pas besoin d'un iPhone&#8230; j'ai besoin de manger !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Pilon est directeur du R&#233;seau d'aide aux travailleuses et travailleurs migrants agricoles du Qu&#233;bec (RATTMAQ) et Mostafa Henaway est organisateur communautaire au Centre des travailleurs immigrants (CTI).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;FERME fait r&#233;f&#233;rence &#224; la Fondation des entreprises en recrutement de main-d'&#339;uvre agricole &#233;trang&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photos : Britanny H. (CC BY-ND-NC 2.0) ; Christian Subtil (CC BY-NC-ND 2.0) ; Pr&#233;sence du CTI lors de la manifestation &#171; Ouvrez les fronti&#232;res &#187; organis&#233;e par Solidarit&#233; sans fronti&#232;res au mois de juin 2018 (Andr&#233; Querry).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pas de capitalisme sans racisme</title>
		<link>https://www.ababord.org/Pas-de-capitalisme-sans-racisme</link>
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		<dc:date>2017-09-05T01:12:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mostafa Henaway</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Henaway, Mostafa</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'enjeu de la migration et des solutions &#224; y apporter est devenu la question centrale de notre &#233;poque. La vague sans pr&#233;c&#233;dent de migration de masse en 2015, qui a battu des records avec le d&#233;placement de 244 millions de personnes (juste devant les 232 millions de personnes en 2013), l'illustre bien. &lt;br class='autobr' /&gt; Au Nord, la r&#233;ponse a &#233;t&#233; un d&#233;cha&#238;nement de x&#233;nophobie et de racisme, se traduisant par une extr&#234;me droite confiante, l'&#233;lection de Donald Trump aux &#201;tats-Unis, la mont&#233;e du Front national (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Racisme-au-Quebec-Au-dela-du-deni-" rel="directory"&gt;Dossier : Racisme au Qu&#233;bec. Au-del&#224; du d&#233;ni&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Immigration-refuge-et-racisme-+" rel="tag"&gt;Immigration, refuge et racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Imperialisme-+" rel="tag"&gt;Colonialisme et imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Henaway-Mostafa-+" rel="tag"&gt;Henaway, Mostafa&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2451.png?1642092200' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1369&#034; height=&#034;846&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'enjeu de la migration et des solutions &#224; y apporter est devenu la question centrale de notre &#233;poque. La vague sans pr&#233;c&#233;dent de migration de masse en 2015, qui a battu des records avec le d&#233;placement de 244 millions de personnes (juste devant les 232 millions de personnes en 2013), l'illustre bien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au Nord, la r&#233;ponse a &#233;t&#233; un d&#233;cha&#238;nement de x&#233;nophobie et de racisme, se traduisant par une extr&#234;me droite confiante, l'&#233;lection de Donald Trump aux &#201;tats-Unis, la mont&#233;e du Front national en France et de l'Alternative pour l'Allemagne, le Brexit en Grande-Bretagne, ainsi que la mont&#233;e de sentiments anti-immigrant&#183;e&#183;s et islamophobes ici au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que plusieurs voient dans cette nouvelle vague de racisme le r&#233;sultat d'une crise du capitalisme, le renouveau d'un nationalisme comme outil pour &#171; nous &#187; prot&#233;ger de &#171; l'&#233;tranger &#187; n'est pas nouveau. Il fait partie de l'ADN d'une configuration sociohistorique qui a permis la mont&#233;e du capitalisme, la constitution de l'&#201;tat-nation et le projet colonial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, une critique se d&#233;veloppe autour du racisme syst&#233;mique tel qu'on peut le trouver dans le march&#233; du travail, &#224; travers la discrimination dans le secteur public ainsi que la brutalit&#233; polici&#232;re. De plus, l'accroissement des attaques &#224; l'endroit de communaut&#233;s arabes et musulmanes a pris la forme d'une islamophobie l&#233;gitim&#233;e par le projet rat&#233; de Charte des valeurs du Qu&#233;bec, et maintenant avec le projet de loi 62 du gouvernement lib&#233;ral. Ce dernier propose d'interdire aux employ&#233;&#183;e&#183;s du secteur public de se couvrir le visage (par exemple en portant un niqab) au travail ; il cible donc sp&#233;cifiquement les musulmanes et attise la peur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Contre la pens&#233;e en silo
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La question du racisme ne peut cependant pas &#234;tre pos&#233;e et &#233;tudi&#233;e en &#233;tant s&#233;par&#233;e d'une compr&#233;hension plus profonde de l'&#233;conomie politique du Qu&#233;bec et du Canada. Il s'agit d'un point fondamental, car la r&#233;flexion &#224; entreprendre pour comprendre le climat de racisme actuel nous m&#232;ne &#224; nous interroger sur la fa&#231;on de construire des mouvements qui peuvent s'attaquer au racisme syst&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la race&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;NDLR : Dans le monde anglophone, le terme de race est toujours utilis&#233;, y (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est presque impossible &#224; s&#233;parer de la question de classe et du d&#233;veloppement du capitalisme. Comme Malcolm X l'a clairement &#233;tabli, &#171; &lt;i&gt;le capitalisme ne peut exister sans racisme&lt;/i&gt; &#187;. Malcolm X voyait la lutte pour la lib&#233;ration des Noir&#183;e&#183;s comme faisant partie d'une lutte plus large contre le capitalisme et l'oppression. Et pourtant, demeure aujourd'hui une fausse opposition dans notre mani&#232;re de concevoir la race et la classe comme des ph&#233;nom&#232;nes s&#233;par&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1935, William Edward Burghardt Du Bois, une figure centrale du mouvement des droits civiques et du mouvement pan-africain aux &#201;tats-Unis, d&#233;crivait ainsi la mont&#233;e du capitalisme mondialis&#233; et du racisme : &#171; &lt;i&gt;Ce vaste et sombre oc&#233;an de main-d'&#339;uvre en Chine et en Inde, des mers du Sud et en Afrique, aux Indes occidentales, en Am&#233;rique centrale et aux &#201;tats-Unis &#8211; la grande majorit&#233; de l'humanit&#233;, dont les pierres fondatrices de l'industrie moderne reposent sur leurs dos bris&#233;s &#8211; partage une destin&#233;e commune. Il est m&#233;pris&#233; et rejet&#233; pour sa race et sa couleur ; pay&#233; un salaire sous le niveau de vie d&#233;cente ; men&#233;, battu, emprisonn&#233; et pratiquement r&#233;duit &#224; l'esclavage ; produisant la mati&#232;re premi&#232;re du monde et ses richesses.&lt;/i&gt; &#187; La pr&#233;sentation de la mont&#233;e du capitalisme de W. E. B. Du Bois demeure une frappante description de la mondialisation d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fondation du capitalisme au Canada repose sur une logique racis&#233;e semblable. La d&#233;possession des terres autochtones et le vol de leurs ressources &#233;taient fondamentaux pour l'accumulation historique du capital et ces m&#233;canismes sont toujours bien &#224; l'&#339;uvre aujourd'hui. Avec la Loi sur les Indiens, l'&#233;lite du Canada s'est assur&#233;e que les peuples autochtones soient marginalis&#233;s au sein d'un syst&#232;me d'apartheid. Un autre &#233;l&#233;ment essentiel consistait &#224; transformer les ressources vol&#233;es en biens pouvant &#234;tre vendus en Europe, ce qui supposait une importante main-d'&#339;uvre sous-pay&#233;e. Pour la classe dirigeante canadienne, cela pouvait &#234;tre assur&#233; par une migration ouvri&#232;re contr&#244;l&#233;e et le recours &#224; l'esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, les travailleurs chinois qui ont b&#226;ti l'infrastructure du capitalisme canadien &#233;taient pay&#233;s la moiti&#233; du salaire des travailleurs europ&#233;ens. En 1923, l'entr&#233;e en vigueur de la loi de l'immigration chinoise a permis de rendre cette main-d'&#339;uvre jetable gr&#226;ce aux mesures de d&#233;portation. &#171; [Les coutumes asiatiques] ne sont pas en vogue et l'attachement des Chinois &#224; ces m&#339;urs cr&#233;ent des d&#233;rangements destructeurs pour le bien-&#234;tre de la soci&#233;t&#233; &#187;, stipulait un jugement de la Cour d'appel f&#233;d&#233;rale en 1914. D'ailleurs, les minorit&#233;s visibles et les Premi&#232;res Nations n'ont obtenu le droit de vote que tardivement, en 1947 et 1960 respectivement. La fondation de l'&#201;tat et du capital canadiens s'est r&#233;alis&#233;e sur une forme d'apartheid &#233;conomique l&#233;galis&#233; pour assurer l'acc&#232;s aux ressources et &#224; la main-d'&#339;uvre bon march&#233;, s'appuyant sur de la construction d'une identit&#233; nationale &#171; canadienne &#187; qui excluait les communaut&#233;s marginalis&#233;es et les peuples autochtones, scellant ainsi des rapports in&#233;gaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, les sympt&#244;mes de racisme structurel restent pr&#233;sents tout autour de nous. Les audiences autour du projet de loi 62 sont termin&#233;es et son &#233;tude d&#233;taill&#233;e est en cours au moment d'&#233;crire ces lignes. Loin de promouvoir les id&#233;aux universels de s&#233;cularisme, ce projet de loi r&#233;gressif vise clairement les musulman&#183;e&#183;s du Qu&#233;bec. Il est m&#234;me critiqu&#233; par le Parti qu&#233;b&#233;cois pour ne pas aller assez loin. La ministre lib&#233;rale St&#233;phanie Vall&#233;e a sugg&#233;r&#233; d'adopter des mesures similaires &#224; la France, tel que permettre &#224; la police de fouiller les femmes qui portent le niqab. Tout cela est pr&#233;sent&#233; sous le couvert du s&#233;cularisme et de la civilit&#233;, alors que l'intention politique est manifestement de consolider certains segments de l'&#233;lectorat en mobilisant un discours sur les communaut&#233;s immigrantes, particuli&#232;rement les communaut&#233;s arabes et musulmanes ; en insinuant que le Qu&#233;bec, comme nation blanche et jud&#233;o-chr&#233;tienne, serait menac&#233; de l'ext&#233;rieur et de l'int&#233;rieur par des barbares &#224; nos fronti&#232;res et en notre sein. Ce qui est escamot&#233; dans un tel discours est le contexte par lequel les actions des gouvernements occidentaux, dont le Canada, ont &#233;t&#233; &#224; l'origine de d&#233;placements de millions de personnes au Sud, et en particulier dans le monde arabe et musulman. On n'a qu'&#224; penser au r&#244;le du Canada dans l'occupation de l'Afghanistan, &#224; son soutien continu &#224; l'apartheid isra&#233;lien ou au fait que cette ann&#233;e, le pays est devenu le deuxi&#232;me plus important exportateur d'armes au Moyen-Orient, avec un contrat d'armement de 15 milliards $ avec l'Arabie saoudite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;cessit&#233; pour les &#201;tats de cr&#233;er des sc&#233;narios de menace existentielle est devenue un incontournable pour mettre en &#339;uvre leur programme &#224; l'&#233;tranger qui ne b&#233;n&#233;ficie qu'aux int&#233;r&#234;ts du capital. Les d&#233;placements dus &#224; la guerre ou &#224; des politiques n&#233;olib&#233;rales &#8211; les mini&#232;res canadiennes sont responsables de tels d&#233;placements en Afrique et en Am&#233;rique du Sud &#8211; fournissent la main-d'&#339;uvre &#171; bon march&#233; &#187; n&#233;cessaire localement pour le capitalisme qu&#233;b&#233;cois et canadien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces travailleuses et travailleurs, d&#233;log&#233;s par la guerre et le libre-&#233;change, se retrouvent alors confront&#233;s &#224; des conditions de vie similaires &#224; ce qu'ils et elles vivaient dans leur pays d'origine. Selon la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, les travailleurs&#183;euses migrant&#183;e&#183;s au Qu&#233;bec font l'objet d'une discrimination syst&#233;mique r&#233;sultant de la structure du Programme des travailleurs &#233;trangers temporaires. Ce programme facilite la violation des droits et libert&#233;s des travailleurs&#183;euses migrant&#183;e&#183;s, selon la Commission, en for&#231;ant les migrant&#183;e&#183;s &#224; travailler munis de permis de travail limit&#233;s &#224; un seul employeur, &#224; un seul milieu de travail. Celles et ceux qui choisissent de s'&#233;lever contre les pratiques ill&#233;gales de leur employeur risquent le renvoi et la d&#233;portation. Ce type d'emploi occupe une place grandissante au sein du march&#233; du travail qu&#233;b&#233;cois. Les migrant&#183;e&#183;s sans statut font face &#224; des barri&#232;res structurelles encore plus grandes que les citoyen&#183;ne&#183;s ordinaires sur le plan du respect de leurs droits. On estime qu'ils et elles sont entre 40 000 et 100 000 &#224; ne pas avoir acc&#232;s au syst&#232;me &#233;ducatif, &#224; des soins de sant&#233;, ni au plein respect de leurs droits et libert&#233;s, et cela, tout en courant le risque d'&#234;tre d&#233;port&#233;s &#224; tout moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, les Premi&#232;res Nations vivent dans des conditions similaires &#224; certains pays du Sud. Selon les Nations unies, le Canada se place entre le 6e et le 8e rangs pour son indice de d&#233;veloppement humain, mais en limitant l'&#233;chantillon de population aux seules Premi&#232;res Nations, le pays se place quelque part entre le 63e et le 78e rangs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Contester les fondements du racisme structurel
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Notre mani&#232;re de nous organiser autour de la question du racisme est une question de premier ordre au Qu&#233;bec, alors que l'&#233;lite utilise des sentiments identitaires rigides et r&#233;trogrades pour maintenir une position de privil&#232;ge, s'attaquer aux conditions de travail et maintenir les travailleurs&#183;euses racis&#233;&#183;e&#183;s dans une situation de vuln&#233;rabilit&#233; et d'exploitation. Si les appels des mouvements progressistes pour des services publics &#233;galitaires, une commission sur le racisme ou davantage de diversit&#233; culturelle dans toutes les sph&#232;res de la soci&#233;t&#233; (m&#233;dias, fonction publique, etc.) sont devenus les revendications les plus entendues lorsque vient le temps d'aborder le probl&#232;me du racisme structurel, celles-ci ne permettent pas de s'attaquer &#224; ses fondations. Elles ne feront que l&#233;gitimer un syst&#232;me &#233;conomique dont les racines sont plong&#233;es dans le racisme syst&#233;mique et qui le perp&#233;tue. C'est plut&#244;t par une prise en compte de la question de la race sous le capitalisme et de sa reproduction d'une classe ouvri&#232;re racis&#233;e mondiale que nous pourrons r&#233;ellement nous attaquer aux questions li&#233;es au racisme. Le capital a besoin de cr&#233;er un &#171; Autre &#187; afin de marginaliser et de raciser certaines communaut&#233;s pour ses propres int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie &#233;galement que nous devons voir que les classes sont racis&#233;es et que le mouvement ouvrier doit prendre au s&#233;rieux les enjeux de migration. C'est en soutenant les luttes pour la r&#233;gularisation des statuts d'immigration, pour l'autod&#233;termination des peuples autochtones, pour la fin des interventions arm&#233;es et &#233;conomiques &#224; l'&#233;tranger que nous pourrons b&#226;tir un mouvement ouvrier &#224; la fois fort et pertinent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Voici le r&#233;el enjeu moderne du travail, nous dit W. E. B. Du Bois. Voici le c&#339;ur du probl&#232;me religieux et d&#233;mocratique de l'humanit&#233;. Les mots et les gestes futiles ne donnent rien. De l'exploitation du &#171; prol&#233;tariat sombre &#187; &#233;merge la plus-value d&#233;rob&#233;e aux b&#234;tes humaines que la Machine et la Pouvoir cachent. L'&#233;mancipation de l'homme est l'&#233;mancipation du travail, et l'&#233;mancipation du travail est la lib&#233;ration de la majorit&#233; des travailleurs de couleur. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;NDLR : Dans le monde anglophone, le terme de race est toujours utilis&#233;, y compris dans les milieux antiracistes. Nous avons choisi de conserver le terme, celui d'ethnicit&#233; renvoyant &#224; un univers de sens diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration de Fanny A&#239;shaa bas&#233; sur une photo de Michaela McGuire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction : Philippe de Grosbois et Marc-Olivier Vall&#233;e&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Retour sur l'article &#171; Pas de capitalisme sans racisme &#187;, de Mostafa Henaway</title>
		<link>https://www.ababord.org/Retour-sur-l-article-Pas-de-capitalisme-sans-racisme-de-Mostafa-Henaway</link>
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		<dc:date>2017-01-26T19:41:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Val&#233;rie Beauchamp, Philippe de Grosbois, Mostafa Henaway, Am&#233;lie Nguyen</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>de Grosbois, Philippe </dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Manchette</dc:subject>
		<dc:subject>Nguyen, Am&#233;lie</dc:subject>
		<dc:subject>Henaway, Mostafa</dc:subject>
		<dc:subject>Beauchamp, Val&#233;rie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De nombreuses personnes ont comment&#233; le texte de Mostafa Henaway, &#171; Pas de capitalisme sans racisme &#187; qui ouvre le dossier sur le racisme du num&#233;ro 67 d'&#192; b&#226;bord !, suite &#224; sa publication dans Le Devoir le 3 janvier dernier. Nous souhaitons les remercier d'avoir fait &#339;uvre utile, pour la plupart, en appuyant avec brio la th&#232;se centrale du dossier duquel &#233;tait tir&#233; cet article. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans notre pr&#233;sentation, nous constations en effet que bien que le racisme existe au Qu&#233;bec, il est difficile (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Racisme-au-Quebec-Au-dela-du-deni-" rel="directory"&gt;Dossier : Racisme au Qu&#233;bec. Au-del&#224; du d&#233;ni&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De nombreuses personnes ont &lt;a href=&#034;https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10154734355535528&amp;id=98317905527&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;comment&#233;&lt;/a&gt; le texte de Mostafa Henaway, &#171; Pas de capitalisme sans racisme &#187; qui ouvre le &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/-Dossier-Racisme-au-Quebec-Au-dela-du-deni-&#034;&gt;dossier sur le racisme&lt;/a&gt; du num&#233;ro 67 d'&lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt;, suite &#224; sa &lt;a href=&#034;http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/488276/pas-de-capitalisme-sans-racisme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;publication dans &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; le 3 janvier dernier. Nous souhaitons les remercier d'avoir fait &#339;uvre utile, pour la plupart, en appuyant avec brio la th&#232;se centrale du dossier duquel &#233;tait tir&#233; cet article.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans notre &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Racisme-au-Quebec-Au-dela-du-deni&#034;&gt;pr&#233;sentation&lt;/a&gt;, nous constations en effet que bien que le racisme existe au Qu&#233;bec, il est difficile d'en parler collectivement. Nous nous interrogions : &#171; &lt;i&gt;Est-ce le statut historique de conquis de Qu&#233;b&#233;cois et Qu&#233;b&#233;coises francophones d'ascendance europ&#233;enne qui fait oublier leur propre h&#233;ritage colonial ? Qui emp&#234;che certaines personnes de voir que la majorit&#233; qu'elles forment a suffisamment de pouvoir pour assujettir des communaut&#233;s minoritaires ou les Premi&#232;res nations ?&lt;/i&gt; &#187;. Vos commentaires sont &#224; cet &#233;gard d'une grande &#233;loquence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif de ce dossier &lt;i&gt;Racisme au Qu&#233;bec : au-del&#224; du d&#233;ni&lt;/i&gt; n'&#233;tait pas de stigmatiser le Qu&#233;bec comme &#233;tant un endroit plus raciste qu'un autre, mais plut&#244;t de voir comment nous pouvions collectivement nous mobiliser pour y faire face, en toute honn&#234;tet&#233;, comme alli&#233;.e.s des groupes racis&#233;s, en donnant la parole aux personnes luttant au quotidien contre le racisme. Si les commentaires pr&#233;sentent des arguments aussi pertinents que : &#171; &lt;i&gt;Que dire de Boucar Diouf qui est heureux d'&#234;tre ici ?&lt;/i&gt; &#187; ; certains sont franchement racistes et m&#233;ritent une r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mostafa Henaway a &#233;crit cet article &#224; la demande d'&lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt;. Conclure de mani&#232;re pr&#233;cipit&#233;e qu'il &#233;crit &#224; titre d'immigrant arabe ingrat en d&#233;non&#231;ant sa communaut&#233; d'accueil, voire m&#234;me que s'il n'est pas reconnaissant, il n'a qu'&#224; retourner d'o&#249; il vient, fait montre de raccourcis intellectuels inqui&#233;tants, l'essentialise en discr&#233;ditant la valeur de sa prise de parole. Ce type de r&#233;action, de plus en plus courant gr&#226;ce aux m&#233;dias sociaux, menace ici la capacit&#233; des minorit&#233;s culturelles de dialoguer en toute confiance sur la discrimination raciale au Qu&#233;bec, risque de mener &#224; une autocensure qui ne fait que polariser la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite interminable de commentaires sur Facebook ou sur le site du Devoir r&#233;v&#232;le en fait combien la question est d&#233;licate et comment se comparer avec d'autres communaut&#233;s (&#171; &lt;i&gt;Pourquoi d&#233;nigrer le Qu&#233;bec ? Aux &#201;tats-Unis c'est mieux ?&lt;/i&gt; &#187;) ou se victimiser (en sugg&#233;rant le racisme devient un pr&#233;texte pour demander des privil&#232;ges en tant que minorit&#233;) peut engendrer une d&#233;responsabilisation quant au racisme, un probl&#232;me universel. &#201;vitons les sophismes : d&#233;noncer le racisme et le fait qu'il sert l'implantation d'un capitalisme d&#233;shumanisant ne signifie pas qu'on est raciste anti-Qu&#233;b&#233;cois ou anti-blanc ; ni &#224; vouloir invisibiliser l'histoire du Qu&#233;bec pour pr&#244;ner des valeurs islamistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous nous y sommes engag&#233;.e.s en conclusion de notre dossier, il est crucial que la population du Qu&#233;bec, incluant la revue &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt;, d&#233;veloppe collectivement l'humilit&#233; d'&#233;couter et d'entendre &#171; l'Autre &#187; ; de prendre conscience de nos privil&#232;ges bas&#233;s sur la race, la classe et le genre pour &#233;viter de contribuer &#224; l'invisibilisation des combats antiracistes. C'est ce &#224; quoi vous &#234;tes convi&#233;.e.s en lisant le &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Sommaire-du-no-67&#034;&gt;dernier num&#233;ro de la revue&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, nous nous questionnons sur les politiques du &lt;i&gt;Devoir&lt;/i&gt; lorsque des collaborateurs ou collaboratrices sont l'objet d'attaques gratuites, hostiles, qui ciblent &#224; l'&#233;vidence la personne qui &#233;crit plut&#244;t que le propos lui-m&#234;me. On peut hausser les &#233;paules en se disant qu'il est toujours pr&#233;f&#233;rable de ne pas lire les commentaires sur Internet, mais il nous semble que tout m&#233;dia doit s'assurer d'offrir un climat de discussion respectueux tant &#224; ses auteur.e.s qu'&#224; ses lectrices et lecteurs, particuli&#232;rement dans le contexte de mont&#233;e de l'intol&#233;rance qui est le n&#244;tre, tant au Qu&#233;bec qu'ailleurs dans le monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Val&#233;rie Beauchamp, Philippe de Grosbois et Am&#233;lie Nguyen ont coordonn&#233; le dossier &lt;i&gt;Racisme au Qu&#233;bec. Au-del&#224; du d&#233;ni&lt;/i&gt; (d&#233;cembre 2016-janvier 2017).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mostafa Henaway est l'auteur de l'article &#171; Pas de capitalisme sans racisme &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mobiliser le pr&#233;cariat</title>
		<link>https://www.ababord.org/Mobiliser-le-precariat</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Mobiliser-le-precariat</guid>
		<dc:date>2015-06-10T01:38:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mostafa Henaway</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Henaway, Mostafa</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il n'est plus exceptionnel aujourd'hui d'avoir un emploi au salaire minimum, tr&#232;s pr&#233;caire et sans avantages sociaux ni r&#233;gime de retraite. C'est au contraire devenu la norme, et les travailleurs et travailleuses migrant&#183;e&#183;s sont une composante essentielle de la strat&#233;gie n&#233;olib&#233;rale de &#171; d&#233;localisation int&#233;rieure &#187;. C'est en se tournant vers ceux-ci et celles-ci que l'on peut voir les effets les plus visibles de la crise actuelle. &lt;br class='autobr' /&gt; Notre constat au Centre des travailleurs et travailleuses (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-56-oct-nov-2014-" rel="directory"&gt;No 056 - oct. / nov. 2014&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Immigration-refuge-et-racisme-+" rel="tag"&gt;Immigration, refuge et racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Henaway-Mostafa-+" rel="tag"&gt;Henaway, Mostafa&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2029.png?1642092168' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;714&#034; height=&#034;446&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il n'est plus exceptionnel aujourd'hui d'avoir un emploi au salaire minimum, tr&#232;s pr&#233;caire et sans avantages sociaux ni r&#233;gime de retraite. C'est au contraire devenu la norme, et les travailleurs et travailleuses migrant&#183;e&#183;s sont une composante essentielle de la strat&#233;gie n&#233;olib&#233;rale de &#171; d&#233;localisation int&#233;rieure &#187;. C'est en se tournant vers ceux-ci et celles-ci que l'on peut voir les effets les plus visibles de la crise actuelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Notre constat au Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTI), c'est qu'il n'y a pas de nouvelle croissance de la d&#233;localisation du travail, qui &#233;tait centrale &#224; la suite de la crise &#233;conomique des ann&#233;es 1970. Ce mod&#232;le est plut&#244;t remplac&#233; par une forte augmentation de la &#171; relocalisation &#187; du &lt;i&gt;cheap labor&lt;/i&gt; : en d'autres termes, au lieu de d&#233;placer les emplois au sud, les compagnies am&#232;nent des migrant&#183;e&#183;s &#224; occuper des milliers d'emplois pour un maigre salaire et dans des conditions horribles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les agences de (d&#233;)placement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les agences de placement temporaire deviennent rapidement une des m&#233;thodes les plus utilis&#233;es pour d&#233;placer les travailleurs et travailleuses migrant&#183;e&#183;s dans l'&#233;conomie canadienne. Plus g&#233;n&#233;ralement, on y a recours pour cr&#233;er une main-d'&#339;uvre plus &#171; flexible &#187;, c'est-&#224;-dire pr&#233;caire et sous-pay&#233;e. Dans la derni&#232;re ann&#233;e, les agences de placement ont d&#233;clar&#233; plus de deux milliards de dollars en revenus et ont mani&#233; 120 000 employ&#233;&#183;e&#183;s, pour la plupart immigrant&#183;e&#183;s. Les agences ne sont pas une technique r&#233;cente de cr&#233;ation de main-d'&#339;uvre flexible, mais ce n'est que r&#233;cemment qu'elles ont prolif&#233;r&#233; dans des secteurs traditionnellement constitu&#233;s de travail permanent, tels que le secteur manufacturier, l'agriculture et les services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces agences sont utiles pour les employeurs pour deux raisons fondamentales. Premi&#232;rement, elles permettent aux entreprises d'&#233;chapper aux normes les plus minimales du travail en privant cette main-d'&#339;uvre notamment de vacances pay&#233;es et d'avantages li&#233;s &#224; l'anciennet&#233;. De plus, les lois qu&#233;b&#233;coises sont ambigu&#235;s &#224; savoir qui de l'agence ou de l'entreprise est l'employeur responsable, ce qui emp&#234;che, par exemple, un&#183;e employ&#233;&#183;e de contester un renvoi injuste ou une fin de contrat sans pr&#233;avis. Par ailleurs, l'industrie des agences est si d&#233;r&#232;glement&#233;e que lorsqu'une agence est poursuivie par la Commission des normes du travail, elle peut fermer et rouvrir sous un autre nom &#224; la porte d'&#224; c&#244;t&#233;. De fait, les normes du travail ne s'appliquent pas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les agences de placement et la r&#233;gulation du travail temporaire, voir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, le recours aux agences de placement permet aux compagnies de miner les efforts de syndicalisation et de n&#233;gociation collective. Puisque les entreprises peuvent renvoyer et engager des travailleurs et travailleuses d'agences &#224; volont&#233;, elles peuvent faire gonfler le nombre d'employ&#233;&#183;e&#183;s si rapidement qu'il serait impossible d'inciter une majorit&#233; d'entre eux et elles &#224; former un syndicat. Pour les travailleurs et travailleuses d'agences &#8211; qui sont aussi souvent sans-papiers, avec un statut temporaire, ou demandeurs&#183;euses de statut de r&#233;fugi&#233;&#183;e &#8211; le cauchemar de la crise &#233;conomique est devenu une r&#233;alit&#233; du quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple particuli&#232;rement frappant de la restructuration n&#233;olib&#233;rale des 30 derni&#232;res ann&#233;es &#224; Montr&#233;al est la cha&#238;ne Dollarama. Puisqu'il est en apparence impossible de faire des profits en vendant des articles dont le prix ne d&#233;passe jamais trois dollars, il est impressionnant que le PDG de Dollarama, Larry Rossy, est l'un des 100 Canadien&#183;ne&#183;s les plus riches et le huiti&#232;me plus riche du Qu&#233;bec, avec une fortune de 1,05 milliard de dollars. L'une des raisons pour lesquelles les bas prix permettent des profits est que Dollarama maintient les travailleurs et travailleuses dans des conditions tr&#232;s pr&#233;caires et sous-pay&#233;es. Rossy appelle cela la &#171; strat&#233;gie du salaire minimum &#187;, ce qui sugg&#232;re clairement que s'il pouvait payer ses salari&#233;&#183;e&#183;s moins cher, il le ferait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dollarama a six centres de distribution &#224; Montr&#233;al et emploie 17 000 personnes pour toutes ses activit&#233;s. Un centre de distribution, &#224; lui seul, comprend environ 500 employ&#233;&#183;e&#183;s &#8211; presque enti&#232;rement racis&#233;&#183;e&#183;s &#8211; embauch&#233;&#183;e&#183;s pour la plupart par des agences de placement temporaire. M&#234;me celles et ceux qui y travaillent depuis des ann&#233;es sont toujours consid&#233;r&#233;&#183;e&#183;s &#171; temporaires &#187;, sans avantages sociaux et dans des conditions tr&#232;s dures. La discipline au travail atteint des sommets selon un reportage du &lt;i&gt;Globe and Mail&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;En raison du secteur d'emploi choisi, cette ann&#233;e la compagnie s'est sentie oblig&#233;e d'introduire des scanneurs biom&#233;triques fabriqu&#233;s par la compagnie Kronos, bas&#233;e au Massachusetts, pour surveiller la pr&#233;sence des employ&#233;&#183;e&#183;s. Contrairement &#224; l'horodateur (punch clock), ces outils ne peuvent &#234;tre d&#233;jou&#233;s par des coll&#232;gues alli&#233;&#183;e&#183;s &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;John Daly, &#171; How Dollarama turns pocket change into billions &#187;, The Globe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Malheureusement, plusieurs employ&#233;&#183;e&#183;s sont constamment surveill&#233;&#183;e&#183;s &#233;lectroniquement : on mesure le nombre de palettes remplies chaque minute et on les punit si leur quota n'est pas atteint. Un travailleur de la C&#244;te d'Ivoire ne pouvait m&#234;me pas comparer ces conditions de travail &#224; celles de son pays d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Travail pr&#233;caire pour migrant&#183;e&#183;s pr&#233;caires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s des agences temporaires de placement est directement li&#233; &#224; une r&#233;vision drastique des politiques canadiennes d'immigration. Ces changements, qui ont permis aux agences de placement de fonctionner comme elles le font aujourd'hui, sont de deux types. Le premier est une large vague de refus de demandes de r&#233;sidence permanente et de citoyennet&#233; canadienne. Il en est r&#233;sult&#233; une forte augmentation du nombre de personnes sans statut ; on estime &#224; entre 250 000 et 400 000 le nombre de migrant&#183;e&#183;s sans papiers &#224; l'&#233;chelle du Canada. Sans autre choix que de vivre dans l'ombre, ces centaines de milliers de personnes sont contraintes au travail au noir, souvent via les agences de placement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me changement a &#233;t&#233; de rendre l'immigration quasi impossible en dehors du Programme des travailleurs &#233;trangers temporaires (PTET). Le PTET am&#232;ne des migrant&#183;e&#183;s au pays pour des emplois sp&#233;cifiques sur une base temporaire, ce qui signifie que la r&#233;sidence au Canada est subordonn&#233;e au maintien de l'emploi pour lequel ils ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce changement est le plus r&#233;cent &#233;l&#233;ment d'un effort plus large de restructuration n&#233;olib&#233;rale du travail : pr&#232;s de 300 000 travailleurs et travailleuses du Canada sont sous les auspices du PTET. Comme on peut s'y attendre, quand l'emploi est si directement li&#233; au statut d'immigration, les conditions que cr&#233;ent ces programme sont celles de travail contractuel : le permis de travail est reli&#233; &#224; un seul employeur. En cas de renvoi, le statut d'immigrant&#183;e temporaire est perdu &#8211; un statut qui avait pourtant exig&#233; des co&#251;ts financiers et psychologiques importants pour l'individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, les milieux de travail regorgent d'abus. Plusieurs travaillent 60 heures par semaine ou plus, pour beaucoup moins que le salaire minimum, sans vacances ou cong&#233;s de maladie et sans moyens de revendications. Selon un rapport de 2012 de la Fondation Metcalfe, les liens entre les agences priv&#233;es de placement temporaire et le programme f&#233;d&#233;ral PTET sont clairs : &#171; &lt;i&gt;Alors que le gouvernement cr&#233;e les conditions permettant aux relations de travail pour migrant&#183;e&#183;s d'&#234;tre mises en place, la supervision de ces relations est de plus en plus privatis&#233;e et rel&#233;gu&#233;e entre employeur et employ&#233;&#183;e&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Faraday, Metcalfe Foundation, &#171; Made in Canada : How the Law Constructs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on observe le travail &#171; permanent-temporaire &#187; auquel font face ces migrant&#183;e&#183;s, on constate que le travail pr&#233;caire n'est plus marginal mais repr&#233;sente ce que les employeurs cherchent &#224; cr&#233;er dans tout le monde du travail. C'est pourquoi la n&#233;cessit&#233; d'imaginer un nouveau genre de mouvement syndical est d'une importance critique. Il y a plusieurs exemples concrets de la mani&#232;re dont les patrons parviennent &#224; leurs fins, mais il y a &#233;galement une r&#233;sistance croissante et de nouvelles formes d'organisation syndicale qui rel&#232;vent le d&#233;fi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Organiser les d&#233;sorganis&#233;&#183;e&#183;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit des d&#233;fis et difficult&#233;s &#233;normes rencontr&#233;s lorsqu'on tente d'unir les travailleurs et travailleuses d'agences, le CTI croit qu'il doit s'agir d'une priorit&#233; centrale. Si nous voulons b&#226;tir un mouvement large qui d&#233;veloppe la solidarit&#233; entre travailleurs et travailleuses tout en confrontant les gouvernements et les employeurs, il est d'une importance cruciale de reb&#226;tir le mouvement syndical au-del&#224; du secteur public. De nouvelles strat&#233;gies et nouvelles mani&#232;res de r&#233;fl&#233;chir doivent &#234;tre &#224; l'avant-plan du mouvement syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2012, le CTI a particip&#233; &#224; la formation de l'Association des travailleurs et travailleuses temporaires d'agences (ATTA). Son premier d&#233;fi a &#233;t&#233; de d&#233;terminer comment regrouper ces personnes et sur quelle base : par quartier, par milieu de travail, par agence ? L'ATTA a choisi de se concentrer sur les secteurs de la transformation alimentaire ainsi que sur les centres de distribution et entrep&#244;ts. Ces derniers comprennent une force de travail immigrante &#224; presque 100 %. La strat&#233;gie est simple mais cruciale si on veut d&#233;velopper, sur le long terme, un vrai rapport de force et du leadership parmi les travailleurs&#183;euses les plus marginalis&#233;&#183;e&#183;s de notre soci&#233;t&#233;. La premi&#232;re &#233;tape fut de cr&#233;er des contacts et de soutenir la cr&#233;ation d'un comit&#233; compos&#233; d'employ&#233;&#183;e&#183;s d'agences. Nous y sommes parvenus par des prises de contact hebdomadaires permettant de saisir les enjeux v&#233;cus chez David's Tea, Aldo, Dollarama, et des usines de transformation alimentaire. Un trait commun d&#233;couvert fut la carence en &#233;quipement de sant&#233; et de s&#233;curit&#233;, que les employ&#233;&#183;e&#183;s sont forc&#233;&#183;e&#183;s d'acheter ou de louer, parfois pour l'&#233;quivalent de deux jours de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une s&#233;rie d'ateliers et la constitution d'un membership officiel, le travail d'organisation a conduit &#224; des campagnes men&#233;es par les migrant&#183;e&#183;s pour un salaire de 15 dollars l'heure, le droit au travail permanent et le droit &#224; des normes de sant&#233; et s&#233;curit&#233;. Il y eut aussi des actions de solidarit&#233; pour des personnes menac&#233;es de d&#233;portation, des luttes contre des cas de non-paiement de la part d'agences ou d'employeurs et l'organisation d'un contingent &#224; la derni&#232;re marche du 1er mai. Ces efforts, s'ils sont soutenus, pourraient contribuer &#224; la constitution d'alliances combattant la privatisation des services publics et l'aust&#233;rit&#233;. Pour cela, le mouvement syndical doit appuyer ces travailleurs et travailleuses pour r&#233;sister &#224; l'exploitation au travail dans son ensemble, et non pour leur propre milieu de travail seulement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;* * *&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce qui est devenu &#224; mes yeux le type de mouvement que les syndicats et la gauche plus radicale doivent b&#226;tir. Il s'agit d'un mouvement qui peut remettre en cause le c&#339;ur de la restructuration n&#233;olib&#233;rale en s'attaquant aux lignes de faille des profits du capital et aux nouveaux moyens dont se servent les employeurs pour saboter les gains du pass&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur les agences de placement et la r&#233;gulation du travail temporaire, voir L&#233;a Fontaine, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.ababord.org/spip.php?article173&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'exploitation du travail temporaire&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt;, no 49, avril-mai 2013. NDLR.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;John Daly, &#171; How Dollarama turns pocket change into billions &#187;, &lt;i&gt;The Globe and Mail&lt;/i&gt;, 29 mars 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Faraday, Metcalfe Foundation, &#171; &lt;a href=&#034;http://metcalffoundation.com/publications-resources/view/made-in-canada/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Made in Canada : How the Law Constructs Migrant Worker Insecurity&lt;/a&gt; &#187;, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Traduction : Philippe de Grosbois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Mostafa Henaway&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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