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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>La France sur le fil</title>
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		<dc:date>2015-06-10T01:18:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Samy Johsua</dc:creator>


		<dc:subject>Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;</dc:subject>
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&lt;p&gt;Une atmosph&#232;re de fin de r&#232;gne, voil&#224; la France en cet automne. Les gouvernants sont d&#233;nigr&#233;s, rejet&#233;s, parfois avec d&#233;pit, parfois avec haine. Eux-m&#234;mes apparaissent d&#233;sempar&#233;s, mais bien d&#233;cid&#233;s tout de m&#234;me &#224; approfondir la politique qui a produit ce climat. Dr&#244;le de situation, mais qui n'a rien de dr&#244;le en fait avec une extr&#234;me droite en pleine ascension. &lt;br class='autobr' /&gt; Hollande a &#233;t&#233; &#233;lu en 2012 essentiellement par rejet de l'ancien pr&#233;sident Sarkozy. Une promesse de rompre avec la d&#233;mesure de ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2020.png?1642092166' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;587&#034; height=&#034;326&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une atmosph&#232;re de fin de r&#232;gne, voil&#224; la France en cet automne. Les gouvernants sont d&#233;nigr&#233;s, rejet&#233;s, parfois avec d&#233;pit, parfois avec haine. Eux-m&#234;mes apparaissent d&#233;sempar&#233;s, mais bien d&#233;cid&#233;s tout de m&#234;me &#224; approfondir la politique qui a produit ce climat. Dr&#244;le de situation, mais qui n'a rien de dr&#244;le en fait avec une extr&#234;me droite en pleine ascension.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Hollande a &#233;t&#233; &#233;lu en 2012 essentiellement par rejet de l'ancien pr&#233;sident Sarkozy. Une promesse de rompre avec la d&#233;mesure de ce dernier, quelques notes de musique (&#171; &lt;i&gt; Mon ennemi, c'est la finance&lt;/i&gt; &#187;) et le voil&#224; investi. Sans illusion populaire excessive. Et voil&#224; que ce peuple sans illusion particuli&#232;re est tout de m&#234;me d&#233;&#231;u, puis en s&#233;cession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'avait senti d&#232;s le d&#233;but : cette fois serait la fois de trop. Les deux pr&#233;c&#233;dentes o&#249; le PS avait gouvern&#233; sous la Ve R&#233;publique (comme d'ailleurs, en remontant dans le pass&#233;, lors du Front populaire en 1936), les d&#233;buts furent marqu&#233;s par des mesures class&#233;es &#171; &#224; gauche &#187;, des signaux positifs. Avant que les pr&#233;textes s'accumulent pour virer &#224; droite : &#171; le mur de l'argent &#187; en 1937, &#171; la contrainte ext&#233;rieure &#187; en 1983, le passage &#224; l'euro en 1998. Beaucoup s'attendaient &#224; revoir le m&#234;me film avec de nouveaux acteurs. Mais d'autres sentaient bien qu'il n'en serait rien. Pas de &#171; virage &#224; droite &#187; parce qu'&#171; &#224; droite &#187; ils y furent de suite. Cela s'explique &#224; la fois par la nature de l'&#233;quipe de Hollande appelant &#224; assumer un aggiornamento social-lib&#233;ral d&#232;s 2003. Puis par l'ampleur des effets de la crise capitaliste, en particulier en Europe sous l'impact des politiques aust&#233;ritaires impuls&#233;es par l'Allemagne de la chanceli&#232;re Angela Merkel. Enfin par l'&#233;tat du rapport de force entre les classes apr&#232;s la d&#233;faite des derni&#232;res grandes luttes en 2010 en d&#233;fense des retraites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quoi qu'il en soit, c'est bien &#171; la fois de trop &#187;. Le rejet du PS atteint des proportions telles qu'une &#233;volution comparable au Pasok en Gr&#232;ce n'est plus exclue. D&#233;j&#224; les &#233;lections municipales du printemps dernier ont vu les socialistes perdre la moiti&#233; des mairies qu'ils et elles dirigeaient. Et les &#233;lections europ&#233;ennes qui ont suivi ont confirm&#233; ce qu'il n'est m&#234;me plus possible de d&#233;signer comme simple d&#233;samour. Mais d&#233;cid&#233;ment, rien n'est plus comme avant. Au lieu qu'une telle chute (elle a un pr&#233;c&#233;dent comparable, en 1993) profite &#224; la droite classique, celle-ci, si elle souffre moins dans les urnes, est elle-m&#234;me en pleine d&#233;liquescence. Atteinte par des scandales de corruption par dizaines, atomis&#233;e en de multiples chapelles, elle ne dispose en aucun cas d'une r&#233;elle alternative, tant la politique du nouveau premier ministre Manuel Valls est semblable &#224; la sienne, en pire. Le retour de Sarkozy au premier plan (seule la France, semble-t-il, permet &#224; des personnalit&#233;s battues de durer ind&#233;finiment&#8230;), s'il unifie une partie de la droite classique, risque de la diviser plus tard encore plus profond&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pouss&#233;e de l'extr&#234;me droite&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, tous les partis de gouvernement sont en d&#233;sh&#233;rence, signe suppl&#233;mentaire d'une pr&#233;-crise de r&#233;gime. &#192; la racine, un probl&#232;me toujours non r&#233;solu pour les classes dominantes, la n&#233;cessit&#233; de briser les protections sociales encore vivaces en France, d'aligner le pays sur le moins-disant europ&#233;en. Alors m&#234;me que la majorit&#233; de la population, bien qu'incapable de r&#233;sister effi&#173;cacement aux d&#233;gradations successives, reste profond&#233;ment hostile &#224; une telle &#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on s'en tient &#224; la description classique de L&#233;nine, ceux d'en bas ne veulent plus, ceux d'en haut ne peuvent plus, on devrait &#234;tre au bord d'une explosion r&#233;volutionnaire. Malheureusement, c'est loin d'&#234;tre le cas. Ce qui domine au contraire sont deux ph&#233;nom&#232;nes li&#233;s. En premier, et de loin, le retrait de la vie politique et sociale, massif, dont le trait principal est l'abstention aux &#233;lections. Laquelle touche, d'une mani&#232;re significative, d'abord les cat&#233;gories populaires et la jeunesse. Pas si grave, si cela s'accompagnait d'une mont&#233;e en puissance d'autres formes d'engagement collectif. Rien de tel. Par exemple, nous touchons au plus bas (et de loin) en terme de journ&#233;es de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second, c'est bien entendu la catastrophique mont&#233;e du Front national, premier parti &#233;lectoral aux &#233;lections europ&#233;ennes de juin 2014. Les d&#233;bats font rage pour saisir d'o&#249; provient une telle explosion. Contrecoup du d&#233;sespoir n&#233; de la volte-face de Hollande alors que la crise socio-&#233;conomique s'aggrave chaque mois un peu plus ? Crise politique, morale, institutionnelle d'une Ve R&#233;publique d&#233;finitivement d&#233;valoris&#233;e, o&#249; le pr&#233;sident m&#234;me est &#224; la merci du r&#232;glement de compte d'une ex-compagne d&#233;laiss&#233;e ? Mais la Su&#232;de, o&#249; rien de tout cela n'existe, vient elle-m&#234;me de conna&#238;tre une perc&#233;e de l'extr&#234;me droite, ph&#233;nom&#232;ne commun &#224; presque toute l'Europe d&#233;sormais. Alors ? Signe avanc&#233; des effets de la fin d'un europ&#233;ocentrisme datant de plus de cinq si&#232;cles et des craintes qui y sont li&#233;es alors que, &#224; gauche, la crise des perspectives socialistes ne cesse de s'approfondir ? Un peu de tout cela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e du Front national est inversement proportionnelle &#224; la descente infernale de Fran&#231;ois Hollande et du Parti socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une &#171; crise des ciseaux &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la gauche radicale ? Beaucoup s'attendaient &#224; assister &#224; une mont&#233;e &#171; aux extr&#234;mes &#187;, celle de la gauche radicale faisant pendant au FN. Il n'en est rien. Celle-ci a au contraire r&#233;gress&#233; sur le plan de ses capacit&#233;s militantes, sur celui de l'influence et de la cr&#233;dibilit&#233; de ses id&#233;es comme au plan &#233;lectoral. Aux &#233;lections europ&#233;ennes du printemps 2014, la somme de ses listes (Front de Gauche, Nouveau Parti anticapitaliste, Lutte ouvri&#232;re) atteint 8 % contre 11,5 % cinq ans auparavant. Elles reculent donc et restent &#224; un bas niveau, ne faisant en aucun cas pendant &#224; l'&#233;croulement du PS et &#224; la mont&#233;e du FN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche radicale est prise en r&#233;alit&#233; dans une &#171; crise des ciseaux &#187;. Entre d'un c&#244;t&#233; une fraction grandissante du peuple de gauche qui a rompu les ponts et s'enfonce (sans retour ?) dans le ressentiment et refuse tout jeu avec le PS (ou/et avec &#171; les institutions &#187; en g&#233;n&#233;ral). C'est la donn&#233;e majeure pour la gauche radicale et les &#233;lections l'ont amplement prouv&#233;. Ce sentiment a fait des bonds spectaculaires depuis le gouvernement Valls 2 [nomm&#233; fin ao&#251;t 2014, NDLR]. De l'autre c&#244;t&#233; des ciseaux il y a ces fractions, d&#233;clinantes mais politis&#233;es, pesant encore par millions, qui se d&#233;sesp&#232;rent de la crise du PS et regardent avec angoisse &#224; la fois sa possible fin et la mont&#233;e du FN. Du classique d&#233;sormais en Europe donc, mais port&#233; &#224; son acm&#233;. Cette fracture ancienne est maintenant port&#233;e &#224; incandescence. Le choix est encore plus compliqu&#233; &#224; cause du fait que la partie en dissidence est d&#233;sormais hors d'atteinte ou &#224; peu pr&#232;s : on peut rompre encore plus avec le PS sans l'influencer en quoi que ce soit, &#224; preuve les scores LO et NPA qu'on ne peut soup&#231;onner d'une quelconque complaisance avec le social-lib&#233;ralisme. Sur l'autre partie, la parole porte encore, mais elle &#233;loigne de la premi&#232;re. Crise des ciseaux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on en sortir avec un ressaisissement de fractions internes au PS effray&#233;es du prix pay&#233; par leur parti ? Un processus de rapprochement des deux lames des ciseaux pourrait-il se produire par ce moyen ? C'est semble-t-il le pari du Parti communiste fran&#231;ais qui le conduit &#224; relativiser l'alliance, essentiellement &#233;lectorale de fait, du Front de Gauche. Mais c'est une hypoth&#232;se hautement al&#233;atoire. Peut-on &#224; l'inverse &#233;pouser sans plus de proc&#232;s le sentiment qui se r&#233;pand comme une tra&#238;n&#233;e de poudre que la r&#233;f&#233;rence &#224; la gauche n'a plus de sens ? Tant il est vrai que celle-ci est assimil&#233;e au PS et que, effectivement, la diff&#233;rence avec la droite n'est plus perceptible par quiconque ? C'est le sentiment du dirigeant du Parti de Gauche et ancien candidat &#224; la pr&#233;sidentielle Jean-Luc M&#233;lenchon. Lequel souhaiterait suivre en France la voie qui a assur&#233; dans l'&#201;tat espagnol le succ&#232;s de la nouvelle formation &#171; &lt;i&gt;Podemos&lt;/i&gt; &#187;. Mais (outre qu'en finir ainsi avec plus de deux si&#232;cles de combats de la gauche n'est intellectuellement et politiquement pas si simple) comment est-ce possible sans l'&#233;quivalent du puissant mouvement des Indign&#233;&#183;e&#183;s, &#224; la source de&lt;i&gt; Podemos&lt;/i&gt; ? D'autres en tiennent justement pour un appel &#224; &#171; ceux d'en bas &#187;, esp&#233;rant que mille fleurs s'&#233;panouissent ainsi. Certes rien ne sera possible si les premiers concern&#233;s ne sortent pas du seul ressentiment et ne s'engagent pas dans des voies nouvelles indiquant l'issue possible. Mais le souhaiter ne le fait pas advenir. Comment le faciliter et ne pas seulement l'esp&#233;rer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, deux certitudes. L'&#233;chec de Hollande est d&#233;j&#224; acquis et enregistr&#233; au plus profond de la conscience populaire, et le PS en paye le prix fort, et le payera encore plus demain. L'autre certitude est l'enracinement du FN, envelopp&#233; d'un &#171; mood &#187;, d'un &#171; air du temps &#187; r&#233;actionnaire de plus en plus inqui&#233;tant. Et deux incertitudes. O&#249; et comment s'exprimera la majorit&#233; du peuple qui pour l'instant est sur le repli ? Et comment la gauche radicale pourra-t-elle retrouver sa fonction d'alternative r&#233;elle ? La France est sur le fil. O&#249; ira-t-elle, voil&#224; une question dont nul ne dispose de la r&#233;ponse &#224; cette heure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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