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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Notre d&#233;mocratie du petit nombre</title>
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		<dc:date>2015-06-10T01:07:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martin Breaugh, Ricardo Pe&#241;afiel</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Pe&#241;afiel, Ricardo</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Breaugh, Martin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un parlement qu&#233;b&#233;cois votant, par une imposante majorit&#233; d'&#233;lu&#183;e&#183;s, l'adoption d'une loi d'exception restreignant les droits fondamentaux d'association, d'expression et de r&#233;union. Un gouvernement p&#233;quiste appuyant l'application d'un r&#232;glement municipal brimant tout autant ces m&#234;mes droits, sur un territoire plus restreint, mais &#224; perp&#233;tuit&#233;. Un gouvernement canadien b&#226;illonnant la recherche scientifique autant que l'expression de la critique au sein de tout ce que pouvait subventionner (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Vivre-en-democratie-" rel="directory"&gt;Dossier : Vivre en d&#233;mocratie autoritaire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Penafiel-Ricardo-+" rel="tag"&gt;Pe&#241;afiel, Ricardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Breaugh-Martin-+" rel="tag"&gt;Breaugh, Martin&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2023.jpg?1642092166' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;576&#034; height=&#034;381&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un parlement qu&#233;b&#233;cois votant, par une imposante majorit&#233; d'&#233;lu&#183;e&#183;s, l'adoption d'une loi d'exception restreignant les droits fondamentaux d'association, d'expression et de r&#233;union. Un gouvernement p&#233;quiste appuyant l'application d'un r&#232;glement municipal brimant tout autant ces m&#234;mes droits, sur un territoire plus restreint, mais &#224; perp&#233;tuit&#233;. Un gouvernement canadien b&#226;illonnant la recherche scientifique autant que l'expression de la critique au sein de tout ce que pouvait subventionner l'&#201;tat auparavant. Un gouvernement &#233;tats-unien se dotant du pouvoir d'&#233;pier toutes les communications dans le monde et poursuivant, telle une police politique internationale, le courageux d&#233;nonciateur de cette situation inacceptable. Un peu partout sur la plan&#232;te, une criminalisation de l'action collective et une banalisation de lois d'exception d&#233;cr&#233;t&#233;es par des gouvernements &#171; d&#233;mocratiquement &#187; &#233;lus (ou non).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voil&#224; le portrait de notre &#171; d&#233;mocratie &#187; contemporaine : un gouvernement repr&#233;sentatif (&#233;lu au suffrage universel) se permettant d'agir de mani&#232;re autoritaire, au nom de cette m&#234;me &#233;lection &#171; d&#233;mocratique &#187; lui donnant la pr&#233;rogative de la d&#233;cision ; au nom &#233;galement d'une obsession s&#233;curitaire, construite et entretenue pour engendrer un &#233;tat d'urgence permanent l&#233;gitimant les actions discr&#233;tionnaires des pouvoirs publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sommes-nous en train de vivre un glissement autoritaire au sein de la d&#233;mocratie moderne ? Ou, alors, est-ce dans la nature m&#234;me du gouvernement repr&#233;sentatif de concentrer le pouvoir entre peu de mains ? En fait, en regardant le parcours historique de la d&#233;mocratie moderne, il s'agirait plut&#244;t d'un retour en arri&#232;re. Un retour aux conditions ant&#233;rieures aux acquis d&#233;mocratiques arrach&#233;s par des mouvements sociaux d'envergure historique &#224; un mode de gouvernement qui, au d&#233;part, &#233;tait con&#231;u pour qu'un petit nombre de puissants discutent entre &#171; &#233;gaux &#187; des &#171; meilleures &#187; d&#233;cisions pour l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La logique oligarchique de la d&#233;mocratie lib&#233;rale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime politique de la d&#233;mocratie moderne repose sur trois p&#244;les constitutifs : 1) le gouvernement repr&#233;sentatif, 2) le syst&#232;me des partis et 3) les grandes bureaucraties. Une analyse m&#234;me sommaire de ces p&#244;les d&#233;voile la logique proprement oligarchique qui les anime. Toutefois, il importe de pr&#233;ciser ici que la configuration oligarchique de la modernit&#233; lib&#233;rale n'est pas le fruit d'une quelconque conspiration des &#171; &#233;lites &#187; visant &#224; &#233;carter le grand nombre de la vie politique, m&#234;me s'ils peuvent en profiter pour asseoir leurs privil&#232;ges. Elle demeure le r&#233;sultat d'un m&#233;lange de volont&#233;, d'&#233;v&#233;nements contingents, d'imp&#233;ratifs d&#233;mographiques, d'efficacit&#233;, d'organisation, de rationalit&#233; et de la complexification grandissante des soci&#233;t&#233;s contemporaines. Pour comprendre l'&#233;volution actuelle de la d&#233;mocratie, il faut saisir avec rigueur le type de gouvernement ou de &#171; gouvernementalit&#233; &#187; dont il s'agit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les fondateurs du &lt;i&gt;gouvernement repr&#233;sentatif,&lt;/i&gt; la t&#226;che &#233;tait de cr&#233;er un syst&#232;me autre que d&#233;mocratique qui conf&#232;re le pouvoir &#224; un petit nombre de &#171; &lt;i&gt;gentilshommes&lt;/i&gt; &#187; vertueux &#171; &lt;i&gt;mieux &#224; m&#234;me de discerner le v&#233;ritable int&#233;r&#234;t du pays&lt;/i&gt; &#187; pour citer &lt;i&gt;The Federalist Papers&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;The Federalist Papers est une collection d'essais politiques publi&#233;s par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais cette mainmise du pouvoir par le petit nombre devait &#234;tre sanctionn&#233;e par une l&#233;gitimit&#233; &#171; d&#233;mocratique &#187;. Pour r&#233;concilier oligarchie et d&#233;mocratie, les fondateurs de notre r&#233;gime ont combin&#233; la repr&#233;sentation, qui implique forc&#233;ment qu'un petit nombre re-pr&#233;sente le grand nombre, et l'&#233;lection comme m&#233;thode de s&#233;lection des &#171; meilleurs &#187; repr&#233;sentants, ce qui renforce la dimension &#233;litiste de la repr&#233;sentation puisque celle-ci engendre des effets &#171; aristocratiques &#187;, comme le montre Bernard Manin dans &lt;i&gt;Principes du gouvernement repr&#233;sentatif &lt;/i&gt; (Calmann-L&#233;vy, 1995). La figure oligarchique de r&#233;f&#233;rence pour le gouvernement repr&#233;sentatif est donc le &lt;i&gt;patricien vertueux &lt;/i&gt; dont la capacit&#233; politique repose sur son positionnement au sommet de la pyramide socio&#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le syst&#232;me des partis politiques&lt;/i&gt;, constitu&#233; dans la deuxi&#232;me moiti&#233; du 19e si&#232;cle, r&#233;pond &#224; l'extension du suffrage en canalisant les nouvelles &#233;nergies d&#233;mocratiques dans des partis organis&#233;s de mani&#232;re fortement hi&#233;rarchique. Plut&#244;t que d'approfondir la d&#233;mocratie, les partis se sont av&#233;r&#233;s &#234;tre des instances de manipulation des militant&#183;e&#183;s par les cadres, ce qui tend &#224; &#233;touffer la spontan&#233;it&#233; et la cr&#233;ativit&#233; politiques. Plus encore, le syst&#232;me des partis tend &#224; favoriser l'&#233;mergence d'un type sp&#233;cifique d'oligarque : &lt;i&gt;le militant exemplaire&lt;/i&gt; capable d'organiser, de convaincre, assurant ainsi la victoire du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les grandes bureaucraties&lt;/i&gt;, n&#233;es dans le sillage de l'extension des pouvoirs de l'&#201;tat apr&#232;s la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, sont fond&#233;es sur une l&#233;gi&#173;timation par le savoir pratique, c'est-&#224;-dire par le droit et les sciences &#233;conomiques et administratives. La bureaucratie constitue une sph&#232;re qui tend &#224; l'autojustification et &#224; l'autoreproduction en ce sens que la logi&#173;que bureaucratique, guid&#233;e par l'id&#233;al de l'administration efficace, commande une extension de plus en plus grande de son domaine d'activit&#233;. Dans ce contexte, la figure oligarchique par excellence est celle du &lt;i&gt;technocrate&lt;/i&gt; qui domine en vertu de son savoir et de son acc&#232;s exclusif &#224; une expertise que l'on s'efforce de pr&#233;server du grand nombre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La force historique d&#233;mocratisante des mouvements sociaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aussi, si le gouvernement repr&#233;sentatif a lentement incorpor&#233; des &#233;l&#233;ments participatifs en son sein, ce n'est pas par esprit d&#233;mocratique, mais en fonction de luttes sociales qui l'ont contraint &#224; att&#233;nuer son caract&#232;re oligarchique afin d'accueillir, &#224; contrec&#339;ur, une certaine participation populaire aux affaires publiques. Des luttes pour le suffrage universel (masculin) aux luttes des suffragettes pour une universalisation r&#233;elle de ce droit de vote, en passant par les luttes pour les droits civiques aux &#201;tats-Unis et une lutte perp&#233;tuelle et permanente pour les droits &#224; l'opposition, &#224; la manifestation, &#224; l'association, &#224; l'expression et, trop souvent, m&#234;me &#224; l&lt;i&gt;'habeas corpus&lt;/i&gt; (c'est-&#224;-dire au droit sur son corps ou &#224; la d&#233;fense contre les arrestations arbitraires) : toutes ces luttes, et bien d'autres, ont arrach&#233; &#224; ces &#171; oligarchies lib&#233;rales &#187; des espaces d&#233;mocratiques, permettant une certaine participation du&lt;i&gt; grand nombre&lt;/i&gt; &#224; la vie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ces espaces d'une d&#233;mocratie &#171; sauvage &#187; ou &#171; insurgeante &#187; (dans la mesure o&#249; elle se construit &#224; l'ext&#233;rieur des p&#244;les de la configuration politique moderne), qui sont menac&#233;s par la r&#233;pression et la p&#233;nalisation de l'action collective et par la capacit&#233; d'ing&#233;rence des pouvoirs publics dans la vie priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La d&#233;mocratie de consensus&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En fait, le conflit entre le petit nombre (oligarchie) et le grand nombre (d&#233;mocratie) n'a jamais cess&#233;. Il n'existe pas de moment dans l'histoire de l'&#201;tat o&#249; l'action du grand nombre n'ait pas &#233;t&#233; pr&#233;sum&#233;e coupable et r&#233;prim&#233;e comme telle jusqu'&#224; preuve du contraire. La relative tol&#233;rance marquant les mouvements de protestation de la fin des ann&#233;es soixante &#8211; conduits par de nouveaux mouvements sociaux non encore identifi&#233;s par les forces de l'ordre &#8211; conna&#238;tra rapidement un rappel &lt;i&gt;&#224; l'ordre&lt;/i&gt;. La publication en 1975 du rapport de la Commission Trilat&#233;rale sur &lt;i&gt;La crise de la d&#233;mocratie&lt;/i&gt; (dirig&#233; par Crozier, Huntington et Watanuki) constitue la quintessence de cette r&#233;action oligarchique &#224; &#171; &lt;i&gt;l'exc&#232;s de participation &lt;/i&gt; &#187;, pour reprendre leur expression. Pour pr&#233;server la d&#233;mocratie, il faudrait que le &lt;i&gt;d&#232;mos&lt;/i&gt; participe mod&#233;r&#233;ment &#224; la vie publique en se limitant, par exemple, &#224; l'exercice du droit de vote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception restreinte ou &#171; mod&#233;r&#233;e &#187; de la d&#233;mocratie s'est progressivement impos&#233;e de mani&#232;re h&#233;g&#233;monique dans le discours politique et m&#233;diatique contemporain en fonction d'une assimilation syst&#233;matique de la manifestation au d&#233;sordre, &#224; la violence et &#224; l'intimidation, et par la monopolisation de l'espace public par des &#171; repr&#233;sentant&#183;e&#183;s comp&#233;tent&#183;e&#183;s &#187; : des &#233;lu&#183;e&#183;s, des expert&#183;e&#183;s ou des repr&#233;sentant&#183;e&#183;s de la &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187; reconnu&#183;e&#183;s par le pouvoir. Comme en t&#233;moigne le Printemps &#233;rable, des repr&#233;sentant&#183;e&#183;s l&#233;galement reconnu&#183;e&#183;s, comme les associations &#233;tudiantes, peuvent tr&#232;s bien se voir nier leur statut d'interlocuteur l&#233;gitime par la simple d&#233;cision discr&#233;tionnaire d'un gouvernement. Des pratiques de gr&#232;ve et autres actions collectives, exerc&#233;es l&#233;galement depuis longtemps, peuvent devenir ill&#233;gales du jour au lendemain &#8211; par la simple interpr&#233;tation d'un Code de la route par un gouvernement ou un corps de police. Criminalisant l'exercice de droits fondamentaux, la r&#233;pression violente de l'action collective engendre, de mani&#232;re kafka&#239;enne, la preuve de la &#171; violence &#187; de la dissidence ; l&#233;gitimant ainsi une nouvelle ronde de criminalisation de l'action collective par l'inscription dans des textes de loi de l'arbitraire de la mesure.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que faire ? Les voies &#171; sauvages &#187; de la d&#233;mocratie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cet &#233;tat des choses politiques, adoptons une posture machiav&#233;lienne (mais pas celle du Machiavel penseur de la realpolitik, lieu commun qui ne r&#233;siste pas &#224; une lecture s&#233;rieuse de son &#339;uvre). Dans le &lt;i&gt;Discours sur la premi&#232;re d&#233;cade de Tite-Live&lt;/i&gt;, le secr&#233;taire florentin nous livre le fond de sa pens&#233;e sur la politique du grand nombre. Au chapitre quatre du livre premier, il analyse les conflits entre le S&#233;nat et le peuple sous la R&#233;publique romaine. Refusant de fustiger les incessantes querelles entre les patriciens et les pl&#233;b&#233;iens, Machiavel affirme sans ambages : &#171; &lt;i&gt;Je soutiens &#224; ceux qui condamnent les querelles du S&#233;nat et du peuple, qu'ils condamnent ce qui fut le principe de la libert&#233;, et qu'ils sont beaucoup plus frapp&#233;s des cris et du bruit qu'elles occasionnaient sur la place publique que des bons effets qu'elles produisaient. &lt;/i&gt; &#187; Machiavel consid&#232;re donc que le conflit port&#233; par le grand nombre est f&#233;cond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que Machiavel d&#233;voile ici reste peut-&#234;tre le secret le mieux gard&#233; de la science politique : que le conflit engendre la libert&#233;. Formul&#233; autrement : ce n'est qu'en laissant libre cours &#224; l'expression des conflits sociaux qu'une extension de la libert&#233; au sein de la cit&#233; est possible. Mais il y a plus, car il revient au grand nombre (la pl&#232;be) de porter ce conflit. Sans lui, et sans sa capacit&#233; de refuser la tyrannie du petit nombre, il n'y aurait rien pour contrer l'exercice de la domination.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;The Federalist Papers&lt;/i&gt; est une collection d'essais politiques publi&#233;s par James Madison, Alexander Hamilton et John Jay &#224; partir de 1787 afin d'influencer la r&#233;daction de la Constitution des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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