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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Sur les ruines du &#171; bloc de l'Est &#187;</title>
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		<dc:date>2015-01-14T01:02:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mehdi Gali&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Gali&#232;re, Mehdi</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Hongrie, Roumanie, Moldavie, Ukraine&#8230; Souvent classifi&#233;s comme &#171; pays de l'Est &#187;, car situ&#233;s &#224; la p&#233;riph&#233;rie de l'Europe, ces pays, de par leur histoire r&#233;cente, peuvent nous &#233;clairer sur les enjeux du pr&#233;sent. Espoirs d&#233;chus, replis nationalistes, r&#233;voltes et oppressions : ce voyage offre une interpr&#233;tation de la situation telle qu'elle &#233;tait palpable au printemps 2013. &lt;br class='autobr' /&gt; La Transylvanie, porte d'entr&#233;e de l'Est &#224; partir de l'Europe &lt;br class='autobr' /&gt; Le train part de Budapest et commence la travers&#233;e du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-55-ete-2014-" rel="directory"&gt;No 055 - &#233;t&#233; 2014&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Galiere-Mehdi-+" rel="tag"&gt;Gali&#232;re, Mehdi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1928.png?1642092162' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;630&#034; height=&#034;381&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Hongrie, Roumanie, Moldavie, Ukraine&#8230; Souvent classifi&#233;s comme &#171; pays de l'Est &#187;, car situ&#233;s &#224; la p&#233;riph&#233;rie de l'Europe, ces pays, de par leur histoire r&#233;cente, peuvent nous &#233;clairer sur les enjeux du pr&#233;sent. Espoirs d&#233;chus, replis nationalistes, r&#233;voltes et oppressions : ce voyage offre une interpr&#233;tation de la situation telle qu'elle &#233;tait palpable au printemps 2013.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Transylvanie, porte d'entr&#233;e de l'Est &#224; partir de l'Europe
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le train part de Budapest et commence la travers&#233;e du grand Alf&#246;ld, plus commun&#233;ment appel&#233; la grande plaine de Hongrie, qui s'&#233;tend sur plusieurs centaines de kilom&#232;tres entre Budapest et les premiers contreforts des Carpates roumaines. Nous nous dirigeons vers Cluj-Napoca (Kolozsv&#225;r en hongrois). La plupart des passagers sont des Hongrois qui vont en Transylvanie soit pour les vacances d'&#233;t&#233;, soit pour rejoindre leur famille. Depuis que le gouvernement de Viktor Orb&#225;n a permis aux Hongrois de l'&#233;tranger d'obtenir plus facilement la nationalit&#233; magyar (hongroise), ils sont de plus en plus nombreux et nombreuses &#224; voyager entre leur pays d'origine et leur pays d'adoption. Le train s'arr&#234;te &#224; Episcopea Bihor, &#224; la fronti&#232;re entre la Hongrie et la Roumanie, puis repart vers Cluj, plus lentement, apr&#232;s un contr&#244;le d'identit&#233;, dont la rapidit&#233; n'en finit pas d'&#233;tonner mon compagnon de cabine, apparemment habitu&#233; du voyage : &lt;i&gt;&#171; Si on m'avait dit il y a 25 ans que traverser cette fronti&#232;re pouvait se faire aussi vite, jamais je n'y aurais cru. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#233;tudier en hongrois &#224; l'universit&#233;. Cependant, les tensions entre les deux communaut&#233;s linguistiques qui paraissaient discr&#232;tes au premier abord semblent s'&#234;tre cristallis&#233;es dans le paysage urbain. En plus de certains trottoirs aux couleurs du drapeau roumain, statues et &#233;difices monumentaux se font concurrence : le roi Matthias Ier de Hongrie, natif de la ville, tr&#244;ne fi&#232;rement devant l'&#233;glise catholique Saint-Michel au milieu de la vaste &lt;i&gt;Piata Unirii &lt;/i&gt; (la place de l'Union). Mais d&#232;s que l'on quitte la place par le &lt;i&gt;Bulevardul Eroilor&lt;/i&gt;, le boulevard des H&#233;ros, on se retrouve en face de deux monuments plus roumains : la Louve capitoline nourrissant Romulus et Remus qui repr&#233;sentent les origines romaines de la Roumanie actuelle, et une r&#233;cente colonne comm&#233;morant la lutte des Roumains de Cluj pour l'&#233;galit&#233; des droits entre Hongrois et Roumains au temps de l'empire austro-hongrois. Une tente est dress&#233;e sur le trottoir : des militants du Parti de la Grande Roumanie (&lt;i&gt;Partidul Rom&#226;nia Mare&lt;/i&gt;), parti d'extr&#234;me droite anti-Hongrois, abordent les passants en usant de la tr&#232;s populaire rh&#233;torique qui revendique une union entre la Roumanie et la R&#233;publique de Moldavie. Le Bulevardul Eroilor d&#233;bouche sur la place Avram Iancu, du nom du c&#233;l&#232;bre avocat ayant lutt&#233; pour les droits des serfs roumains lors de la r&#233;volution de 1848. Sa statue et la cath&#233;drale orthodoxe dominent la place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous quittons Cluj par le nord, o&#249; les maisons orn&#233;es de motifs folkloriques se font de plus en plus fr&#233;quentes sur le bord de la route. La route passe un col de basse montagne qui permet d'atteindre le Maramures. Baia Mare, la capitale du d&#233;partement, ou judet en roumain, ville mini&#232;re depuis le Moyen &#194;ge, est sinistr&#233;e depuis la fermeture de la plupart des sites industriels extr&#234;mement polluants construits par le r&#233;gime de Nicolae Ceausescu. Les autorit&#233;s locales investissent plut&#244;t dans la r&#233;novation du centre historique d&#233;sormais majoritairement pi&#233;ton, de fa&#231;on &#224; attirer les touristes qui habituellement ne se concentrent que dans les campagnes alentour, attir&#233;s par les anciennes &#233;glises en bois class&#233;es au patrimoine mondial de l'Unesco. La richesse semble cependant se concentrer entre quelques mains, au vu des voitures flambant neuves qui empruntent les routes bord&#233;es de HLM d&#233;labr&#233;s. Certains ont choisi de quitter la mis&#232;re de la ville dans les ann&#233;es 1990 pour aller gagner leur vie en Italie, o&#249; ils occupent des postes mal pay&#233;s dans le secteur du b&#226;timent &#8211; comme Cristian, quinquag&#233;naire assis sur un banc de la gare routi&#232;re qui nous avertit, en italien, que &#171; &lt;i&gt;le quartier est tr&#232;s dangereux, les Tziganes qui vivent ici n'h&#233;sitent pas &#224; venir d&#233;rober les affaires des voyageurs &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers les fronti&#232;res de l'empire russe : Moldavie(s)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De retour &#224; Cluj, on monte dans le train qui traverse la Roumanie pour se rendre &#224; Iasi, ancienne capitale de la r&#233;gion historique de Moldavie, berceau du nationalisme (et de l'antis&#233;mitisme) roumain. De nombreux villages plus ou moins industrialis&#233;s d&#233;filent, avec leurs &#233;glises flambant neuves et leurs maisons individuelles avec potager : les Roumains ont repris l'habitude de cultiver la terre lors des ann&#233;es de marasme &#233;conomique ayant suivi le changement de r&#233;gime. Dans le compartiment, un couple &#226;g&#233; d&#233;bat du communisme avec ses compagnons de voyage, et de jeunes lyc&#233;ens revenant de leur sortie de fin d'ann&#233;e sont tr&#232;s fiers de montrer la qualit&#233; de leur anglais appris &#171; &lt;i&gt;par des jeux vid&#233;o, des films et la t&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt; &#187; plut&#244;t qu'en classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Iasi se d&#233;voile, encercl&#233;e par les collines moldaves, au sommet desquelles se trouvent plusieurs monast&#232;res. Dans cette ville religieuse, chaque coin de rue poss&#232;de son &#233;glise ou son monast&#232;re. Des militantes et militants politiques sont pr&#233;sents dans la rue pi&#233;tonne ; ici aussi, il faut signer une p&#233;tition pour l'unification de la Roumanie et de la Moldavie : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes un seul peuple [roumain], mais nous vivons dans deux pays diff&#233;rents, nous devons collecter 100 000 signatures et les apporter au parlement &#224; Bucarest.&lt;/i&gt; &#187; On n'en saura pas plus sur le destin des importantes communaut&#233;s tzigane et russe qui peuplent la R&#233;publique de Moldavie dans le cas o&#249; une unification se produirait. Plus loin dans la rue, librairies et antiquaires se font concurrence : Iasi est un important centre universitaire. On me propose la s&#233;lection de livres en langue fran&#231;aise, assez limit&#233;e, parmi lesquels on peut &#233;tonnamment trouver Le Livre noir du communisme de St&#233;phane Courtois, ainsi que des livres acad&#233;miques roumains sur l'histoire du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On quitte Iasi en minibus, en direction de Chisin&#259;u, en R&#233;publique de Moldavie, ancienne r&#233;publique sovi&#233;tique. La plupart des passagers sont des Moldaves roumanophones ayant &#233;migr&#233; vers Iasi pour &#233;tudier, travailler ou y rejoindre leur famille. C&#244;t&#233; roumain, une affiche est placard&#233;e sur la vitre qui s&#233;pare les voyageurs du policier charg&#233; de contr&#244;ler les passeports : &#171; &lt;i&gt;Stop corruption ! Si vous avez affaire &#224; un officier corrompu, appelez ce num&#233;ro&#8230; &lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s la fronti&#232;re, la qualit&#233; de la route se d&#233;grade brusquement, ce qui contraste avec l'aspect flambant neuf des panneaux de signalisation en caract&#232;re latin, et on peut apercevoir quelques ouvriers charg&#233;s de l'entretien de la voirie s'atteler &#224; un remplissage des plus dangereux nids de poule par du goudron. Les voitures, bus et camions roulent au milieu de la chauss&#233;e pour &#233;viter ces pi&#232;ges, alors que les charrettes empruntent le bas c&#244;t&#233; sp&#233;cialement &#233;largi pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chisin&#259;u se profile dans la vall&#233;e, et de plus en plus de 4x4 tout neufs et autres grosses cylindr&#233;es aux vitres teint&#233;es d&#233;passent le minibus qui soudain s'apparente plus &#224; une de ces nombreuses charrettes doubl&#233;es dans la campagne. Les monuments antisovi&#233;tiques ou repr&#233;sentant Romulus et Remus ainsi que les panneaux en roumain semblent &#234;tre en totale contradiction avec une ville o&#249; la langue russe est la plus r&#233;pandue et o&#249; le Parti communiste avait remport&#233; les &#233;lections nationales au d&#233;but des ann&#233;es 2000. Sur les trottoirs du boulevard &#350;tefan Cel Mare, principale art&#232;re de la ville o&#249; la vie se concentre jour et nuit, des retrait&#233;s proposent, de fa&#231;on &#224; arrondir des fins de mois difficiles, de peser les passants pour 1 leu (environ 8 cents) ; d'autres se reconvertissent en agents de s&#233;curit&#233; dans des magasins qui proposent des marchandises la plupart du temps import&#233;es, donc hors de prix pour un citoyen moldave moyen. Un peu partout en ville, promettant un avenir meilleur &#224; ceux et celles qui les suivront, des affiches publicitaires vantent des cours d'anglais am&#233;ricain orient&#233;s &lt;i&gt;business&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Si proche, mais si loin : l'Ukraine, &#171; la fronti&#232;re &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un &lt;i&gt;Elektrichka &lt;/i&gt; moldave relie Chisin&#259;u et Odessa, le grand port ukrainien situ&#233; 150 km plus loin &#224; l'est. La Moldavie et l'Ukraine sont s&#233;par&#233;es le long de la plus grande partie de leur fronti&#232;re commune par la R&#233;publique de Transnistrie, fi&#232;rement autoproclam&#233;e &#171; la derni&#232;re r&#233;publique sovi&#233;tique &#187;. Les jours o&#249; des officiers corrompus venaient extorquer toutes sortes de pots-de-vin aux voyageurs traversant Tiraspol semblent r&#233;volus, et aucun officier pridnestrovien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De Pridnestrov, la d&#233;nomination russe de la Transnistrie.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ne montera &#224; bord. &#192; Odessa, la rue Pouchkine relie la gare et le c&#233;l&#232;bre op&#233;ra, plus au nord, dans une partie du centre-ville o&#249; boutiques de luxe, touristes et couples de la jeunesse dor&#233;e fra&#238;chement mari&#233;s faisant la f&#234;te dans d'&#233;normes limousines de location c&#244;toient &#233;tudiants ou autres pr&#233;caires distribuant des tracts publicitaires &#224; chaque coin de rue, ainsi qu'une quantit&#233; &#233;tonnante de jeunes m&#232;res c&#233;libataires promenant leurs enfants le long des rues verdoyantes de la cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On quitte Odessa pour Kiev par la route no 5, une des plus modernes du pays car r&#233;cemment mise en voies doubles. Des arr&#234;ts de bus situ&#233;s sur le bas c&#244;t&#233; de la chauss&#233;e desservent les villages avoisinants et font office, pour la plupart, de mini-march&#233;s o&#249; les riverains viennent vendre une partie de leur r&#233;colte, des pneus, de l'huile de vidange ou encore toutes sortes de bibelots aux automobilistes les moins press&#233;s. Le centre-ville de Kiev poss&#232;de un charme postsovi&#233;tique d'une certaine mani&#232;re assez similaire &#224; celui du centre d'Odessa, o&#249; grosses berlines allemandes et boutiques de luxe offrent un d&#233;cor contrastant avec les ornements des &#233;difices monumentaux staliniens de la rue Khrechtchatyk et avec les Lada des ann&#233;es 1960 qui roulent encore &#224; toute vitesse dans les rues, certaines ayant m&#234;me fait l'objet de tuning. Le salaire mensuel moyen &#224; Kiev &#233;tant d'environ 490 dollars canadiens (et 315 $ &#224; l'&#233;chelle du pays), on peut se demander comment ici aussi une telle abondance de biens est possible pour certains, et la r&#233;ponse la plus commun&#233;ment entendue &#224; cette question est, comme on me le racontera sur place : &#171; &lt;i&gt;La corruption. Il est normal de voir des jeunes d'une vingtaine d'ann&#233;es conduire de grosses BMW, ce sont simplement des fils &#224; papa, ils ont des parents politiciens sans doute. &#187; &#171; Ici, on peut tout acheter quand on est haut plac&#233; dans un parti, m&#234;me les manifs. &#187; &lt;/i&gt; Plus bas dans la rue Khrechtchatyk, deux personnes surveillent des dizaines de tentes sur lesquelles flottent des drapeaux demandant la lib&#233;ration de Ioulia Tymochenko, oligarque du gaz et ancienne premi&#232;re ministre emprisonn&#233;e pour abus de pouvoir dans des contrats gaziers effectu&#233;s avec la Russie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ioulia Tymochenko a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e le 22 f&#233;vrier 2014, dans la foul&#233;e de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Contrairement &#224; Kharkov &#8211; ville russophone de l'est de l'Ukraine o&#249; les noms de rues portent encore, &#224; cause de leur influence historique dans la r&#233;gion, les noms de Rosa Luxemburg et de Karl Marx et o&#249; statues et monuments sovi&#233;tiques dominent le paysage &#8211;, les reliques de l'Union sovi&#233;tique sont beaucoup moins bien vues &#224; Kiev, o&#249; la seule statue de L&#233;nine est en permanence prot&#233;g&#233;e d'&#233;ventuelles d&#233;gradations par un ou deux agents du moribond Parti communiste. Les frustrations de la population apparues apr&#232;s la dissolution de l'URSS n'en finissent pas de faire regretter &#224; certain&#183;e&#183;s un r&#233;gime o&#249; &#171; &lt;i&gt;on faisait la queue pour du pain, mais [o&#249;] on vivait d&#233;cemment&lt;/i&gt; &#187;, aussi autoritaire &#233;tait-il.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Au-del&#224; des fronti&#232;res&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On retourne &#224; Budapest en avion. &#192; l'a&#233;roport, les passagers ukrainiens sont dirig&#233;s vers une queue interminable o&#249; ils seront scrupuleusement interrog&#233;s et contr&#244;l&#233;s, en tant qu'&#171; extracommunautaires &#187;. Ils seront certainement d&#233;pays&#233;s en Hongrie, o&#249; le gouvernement a r&#233;cemment intensifi&#233; sa chasse aux sorci&#232;res contre tout ce qui peut s'apparenter &#224; des symboles du &#171; communisme &#187; : Karl Marx, les Brigades internationales de la Guerra Civil espagnole, L&#233;nine, le po&#232;te national Attila J&#243;zsef, le communard L&#233;o Fr&#228;nkel ou B&#233;la Kun sont tous amalgam&#233;s en tant que &#171; terroristes &#187; et &#171; tueurs de masse &#187; avec Staline, M&#225;ty&#225;s R&#225;kosi et Pol Pot, pendant qu'on r&#233;habilite l'amiral Mikl&#243;s Horthy, r&#233;gent fascisant de Hongrie ayant pris le pouvoir apr&#232;s sa r&#233;pression contre les Soviets de 1919, et Ronald Reagan, entre autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les symboles changent, mais le capitalisme poursuit sa destruction des soci&#233;t&#233;s et des solidarit&#233;s en Europe de l'Est, les in&#233;galit&#233;s atteignent des sommets et pendant qu'en surface rien ne bouge, il ne reste qu'&#224; esp&#233;rer que lorsque la situation deviendra insoutenable pour le capital et les populations, son bras arm&#233; ne sera pas accueilli soit avec enthousiasme par nostalgie de r&#233;gimes autoritaires, ethno-nationalistes ou non, comme certaines tendances politiques &#224; l'&#339;uvre en Ukraine (de l'Ouest tout comme de l'Est) depuis le soul&#232;vement de l'hiver 2014 sont un exemple ; soit avec indiff&#233;rence, les jeunes g&#233;n&#233;rations se r&#233;fugiant pour la plupart dans une aspiration &#224; un consum&#233;risme effr&#233;n&#233; et dans une apathie moribonde, manquant cruellement d'une culture politique et d'une vis&#233;e d'&#233;mancipation. B&#226;tir l'h&#233;g&#233;monie des classes opprim&#233;es contre les id&#233;ologies nationaliste et consum&#233;riste est, dans ces pays-l&#224;, une t&#226;che immense mais pas insurmontable. D'autres d&#233;sillusions risquent de pr&#233;cipiter sa mise en chantier, en tous cas on l'esp&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De Pridnestrov, la d&#233;nomination russe de la Transnistrie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ioulia Tymochenko a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e le 22 f&#233;vrier 2014, dans la foul&#233;e de l'important mouvement de contestation qui a conduit &#224; la destitution de Viktor Ianoukovytch le m&#234;me mois.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Mehdi Gali&#232;re&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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