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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Chomsky, le langage et la cr&#233;ativit&#233; ordinaire</title>
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		<dc:date>2014-06-12T02:42:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Noam Chomsky, James McGilvray</dc:creator>


		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Chomsky, Noam</dc:subject>
		<dc:subject>McGilvray, James</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La cr&#233;ativit&#233; et la libert&#233; sont des th&#232;mes centraux dans le travail de Noam Chomsky. Avec Descartes, il pense que les &#234;tres humains sont dot&#233;s de libre arbitre. Avec les anarchosyndicalistes, il soutient que les &#234;tres humains se r&#233;alisent dans des actions et par du travail cr&#233;atif, tout sp&#233;cialement dans du travail utile &#224; autrui. &lt;br class='autobr' /&gt; Langage et cr&#233;ativit&#233; selon Chomsky &lt;br class='autobr' /&gt;
En ce qui concerne le langage et le r&#244;le qu'y joue la cr&#233;ativit&#233;, Chomksy soutient que c'est par l'&#233;volution du langage (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Noam-Chomsky-scientifique-" rel="directory"&gt;Dossier : Noam Chomsky, scientifique et militant&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1834.png?1642092155' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;544&#034; height=&#034;401&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La cr&#233;ativit&#233; et la libert&#233; sont des th&#232;mes centraux dans le travail de Noam Chomsky. Avec Descartes, il pense que les &#234;tres humains sont dot&#233;s de libre arbitre. Avec les anarchosyndicalistes, il soutient que les &#234;tres humains se r&#233;alisent dans des actions et par du travail cr&#233;atif, tout sp&#233;cialement dans du travail utile &#224; autrui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Langage et cr&#233;ativit&#233; selon Chomsky&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne le langage et le r&#244;le qu'y joue la cr&#233;ativit&#233;, Chomksy soutient que c'est par l'&#233;volution du langage que les &#234;tres humains ont &#233;t&#233; dot&#233;s de cette &#171; cr&#233;ativit&#233; ordinaire &#187; et, avec elle, de cet extraordinaire degr&#233; de flexibilit&#233; cognitive qui leur est propre. Le langage fait donc de nous des organismes uniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chomsky ne se contente pas de pr&#233;sumer que les &#234;tres humains sont libres. Les raisons pour lesquelles il soutient que nous sommes dot&#233;s du libre arbitre tiennent, en partie au moins, &#224; certaines de ses importantes observations relatives &#224; la mani&#232;re dont nous parlons. Il regroupe ces observations sous l'expression &#171; dimension cr&#233;ative de l'usage du langage &#187; ou DCUL (CALU en anglais : &#171; the creative aspect of language use &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Essentiellement, ces observations nous invitent &#224; noter que la parole humaine, l'expression linguistique des id&#233;es, semblent ne pas &#234;tre caus&#233;es par des &lt;i&gt;stimuli&lt;/i&gt; internes ou externes (elles sont donc, en ce sens, sans &lt;i&gt;stimuli&lt;/i&gt;) ; qu'elles peuvent appara&#238;tre dans un nombre infini de phrases et d'expressions (elles sont donc potentiellement illimit&#233;es) ; et que, pourtant, malgr&#233; qu'elles soient non caus&#233;es et potentiellement infinies, elles sont typiquement appropri&#233;es au contexte de discours ou de pens&#233;e dans lequel elles sont produites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette DCUL joue un r&#244;le important dans l'id&#233;e que se fait Chomsky de l'objet d'&#233;tude d'une science du langage. C'est qu'elle pr&#233;sente un v&#233;ritable d&#233;fi &#224; toute tentative de construire une science naturelle prenant pour objet le langage tel qu'il est utilis&#233;, cela dans la mesure o&#249; les sciences naturelles, qui sont parfaitement en mesure d'&#233;tudier des &#233;v&#233;nements d&#233;termin&#233;s ou m&#234;me al&#233;atoires, ne sont pas faites pour &#233;tudier des &#233;v&#233;nements qui sont non caus&#233;s, potentiellement illimit&#233;s et pourtant appropri&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une science naturelle du langage&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, la DCUL n'interdit pas de concevoir une science qui &#233;tudierait un syst&#232;me interne, lequel pourrait, sans cause apparente, g&#233;n&#233;rer un nombre infini de phrases ou d'expressions qu'on pourra utiliser pour les fins qu'on poursuit &#8211; sp&#233;culer, expliquer des actions et ainsi de suite. Une science naturelle portant sur un tel syst&#232;me interne ferait comprendre comment et pourquoi l'usage cr&#233;atif du langage est &lt;i&gt;possible&lt;/i&gt;. Pour le dire de mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, une science naturelle du langage devra se centrer sur le syst&#232;me biologique que nous avons dans la t&#234;te et qui est mis en place par la nature et non sur la mani&#232;re dont les produits de ce syst&#232;me sont utilis&#233;s par les &#234;tres humains : les usages du langage sont en effet trop vari&#233;s pour cela &#8211; ils sont, justement, cr&#233;atifs. Mais cette mani&#232;re de faire est aussi tr&#232;s opportune puisque la cr&#233;ativit&#233; linguistique est accessible &#224; chacun et chacune &#233;tant donn&#233; que la facult&#233; de langage, en vertu de la croissance et du d&#233;veloppement normaux, est accessible &#224; tous les &#234;tres humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La DCUL souligne &#233;galement que la cr&#233;ativit&#233; associ&#233;e &#224; l'usage courant d'une langue apporte avec elle des capacit&#233;s cognitives qui sont uniques aux &#234;tres humains, lesquels sont les seuls &#224; poss&#233;der cette facult&#233;. Ces capacit&#233;s apparaissent parce que l'esprit humain, ind&#233;pendamment des circonstances, est capable de g&#233;n&#233;rer un nombre infini d'expressions aux structures conceptuelles complexes, lesquelles peuvent &#234;tre utilis&#233;es pour comprendre, penser, sp&#233;culer, s'interroger, &#233;valuer, argumenter, discuter, planifier, comparer, mod&#233;liser, sugg&#233;rer des syst&#232;mes &#233;conomiques ou des types de gouvernement, imaginer, explorer, se rappeler, comprendre les id&#233;es d'autrui, estimer, ruminer, esp&#233;rer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres animaux ont eux aussi des capacit&#233;s cognitives, mais elles sont d'un autre genre et g&#233;n&#233;ralement centr&#233;es sur la r&#233;solution de probl&#232;mes qu'ils rencontrent dans leur niche &#233;cologique. Il est donc probable que l'apparition du langage durant l'&#233;volution &#8211; possiblement par une seule mutation &#8211; soit la premi&#232;re des conditions de ce qu'on appelle parfois &#171; l'&#233;tincelle humaine &#187;, &#233;tant donn&#233; que ce qui caract&#233;rise l'&lt;i&gt;homo sapiens&lt;/i&gt;, ce sont ses capacit&#233;s cognitives et qu'en vertu de celles-ci il est capable de s'adapter &#224; diff&#233;rents environnements et de coordonner ses activit&#233;s avec d'autres, de travailler et d'&#233;laborer avec eux des projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre flexibilit&#233; cognitive et notre capacit&#233; &#224; nous adapter &#224; diff&#233;rents environnements proviennent donc de ce que nous poss&#233;dons le langage. Il existe peut-&#234;tre d'autres caract&#233;ristiques qui sont uniques aux &#234;tres humains, comme la musique ou un sens moral. Mais elles ne nous apportent rien de comparable &#224; la facult&#233; du langage et elles pourraient m&#234;me &#234;tre li&#233;es &#224; celle-ci, voire d&#233;pendre d'elle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une &#233;nigme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces remarques &#224; propos de la &#171; cr&#233;ativit&#233; ordinaire &#187; &#8211; les difficult&#233;s qu'elle pose &#224; une science naturelle et comment celle-ci peut n&#233;anmoins montrer de quelle fa&#231;on cette cr&#233;ativit&#233; est possible et en quoi elle nous est utile &#8211; tout cela semble &#233;vident et ce qui s'ensuit pour l'action humaine et le politique est &#233;galement clair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, ce type de cr&#233;ativit&#233; pose une &#233;nigme. Les pens&#233;es et les actions des &#234;tres humains semblent en effet libres et les contributions &#224; la cr&#233;ativit&#233; d'un syst&#232;me linguistique interne paraissent ind&#233;niables. Mais la science linguistique de Chomsky pr&#233;sente le syst&#232;me du langage que nous avons dans la t&#234;te comme un syst&#232;me dont les op&#233;rations internes sont d&#233;terministes. Et cela n'est pas vrai seulement du langage : d'autres sciences qui &#233;tudient le syst&#232;me cerveau/esprit sont elles aussi d&#233;terministes &#8211; comme la th&#233;orie de Marr sur la vision &#8211; ou du moins attribuent un r&#244;le &#224; certains &#233;l&#233;ments al&#233;atoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, les sciences qui &#233;tudient l'esprit (&lt;i&gt;mind&lt;/i&gt;) semblent devoir comprendre les op&#233;rations internes des syst&#232;mes mentaux d'une mani&#232;re d&#233;terministe ou d'une mani&#232;re al&#233;atoire, mais comme on l'a vu, ni le d&#233;terminisme ni le hasard ne permettent de rendre compte de la cr&#233;ativit&#233; linguistique. Si vous posez une question, par exemple : &#171; O&#249; est le d&#233;panneur le plus proche ? &#187;, il n'y a aucune limite aux r&#233;ponses que vous pourrez recevoir et chacune pourrait &#234;tre appropri&#233;e, du moins si elle vous permet de vous rendre &#224; destination, ou bien vous met en garde contre cette destination, ou vous incite &#224; y aller, ou encore vous induit en erreur, selon le contexte et les buts que poursuit votre r&#233;pondant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'au XVIIe si&#232;cle Descartes a d&#233;couvert ce fait relatif &#224; la mani&#232;re dont les &#234;tres humains utilisent le langage, il a conclu que la seule mani&#232;re d'en rendre compte &#233;tait de supposer que (ce qu'il tenait pour) les op&#233;rations rationnelles de l'esprit humain fonctionnaient ind&#233;pendamment de (ce qu'il tenait pour) le corps. Cela l'a amen&#233; &#224; cette id&#233;e que l'esprit (le si&#232;ge des op&#233;rations rationnelles) est distinct du corps, que l'esprit et le corps sont deux substances distinctes et incompatibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une forme ou l'autre de ce dualisme, sans n&#233;cessairement &#234;tre celui de Descartes, a s&#233;duit et s&#233;duit encore bien des gens, qui esp&#232;rent pouvoir expliquer gr&#226;ce &#224; lui comment on peut &#224; la fois &#234;tre libres et responsables de nos actions, m&#234;me si les m&#233;canismes de notre esprit tel qu'ils sont scientifiquement d&#233;crits sont d&#233;termin&#233;s ou, au mieux, laissent place au hasard. En fait, le dualisme est la position spontan&#233;ment adopt&#233;e par &#224; peu pr&#232;s tout le monde. Il a &#224; premi&#232;re vue le m&#233;rite d'expliquer comment peuvent coexister des actions dont on peut &#234;tre tenu responsable et des sciences des m&#233;canismes mentaux qui excluent toute responsabilit&#233; pour nos comportements.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une solution possible&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs autres mani&#232;res, dualistes ou non, de r&#233;soudre cette &#233;nigme ont &#233;t&#233; avanc&#233;es. L'une d'elles, que je pense plus plausible, sugg&#232;re que la description et l'explication d'actions et des affaires quotidiennes courantes par des raisons, qui sont ce que produit le sens commun, se situent sur un plan cognitif diff&#233;rent de celui des descriptions et des explications donn&#233;es par les sciences naturelles des ph&#233;nom&#232;nes mentaux &#8211; par exemple la vision ou le traitement de la langue &#8211; qui sont alors d&#233;crits et expliqu&#233;s en termes de causes et d'effets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une mani&#232;re de nommer ces diff&#233;rents plans est d'appeler &#171; psychologie populaire &#187; les descriptions et explications des actions par des raisons, une capacit&#233; que nous poss&#233;dons tous et dont nous faisons usage dans la vie quotidienne &#8211; comme nous y utilisons aussi une &#171; biologie populaire &#187; et une &#171; physique populaire &#187;. Cette psychologie populaire est une composante importante du sens commun. Quant aux autres descriptions et explications des fonctions et processus mentaux, ils sont une version particuli&#232;re, appliqu&#233;e &#224; un objet pr&#233;cis, de la science naturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une hypoth&#232;se qui sous-tend cette approche est que diff&#233;rents domaines cognitifs sont autant de mani&#232;res diff&#233;rentes par lesquelles les &#234;tres humains r&#233;solvent des probl&#232;mes : un de ces probl&#232;mes est la description et l'explication des actions et des intentions dans le cas o&#249; des int&#233;r&#234;ts humains sont en jeu, l'autre est de produire des descriptions objectives des faits sans faire intervenir de notions exprimant des intentions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ces deux approches sont-elles si diff&#233;rentes ? Elles r&#233;sultent de ce que les &#234;tres humains ont &#224; leur disposition diff&#233;rentes mani&#232;res de r&#233;soudre des probl&#232;mes. Pourquoi avons-nous recours aux deux ? Parce que nous devons nous occuper des actions des &#234;tres humains et de ce qui les int&#233;resse dans le monde et parce que nous voulons aussi fournir des explications dans le cadre de th&#233;ories causales. Sont-elles identiques ? Bien s&#251;r que non. Mais elles sont sans doute tout ce que nous avons &#224; notre disposition : nous n'en connaissons pas d'autres. Pourquoi est-ce ainsi ? Parce que nous sommes des cr&#233;atures vivantes poss&#233;dant les capacit&#233;s qui sont les n&#244;tres et pas d'autres. Le sens commun et la science sont en fait nos seules mani&#232;res de r&#233;soudre des probl&#232;mes, cela en raison de la nature m&#234;me de notre esprit et de nos concepts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne suis pas certain que cette solution soit la mani&#232;re dont Chomsky r&#233;soudrait l'&#233;nigme. Mais elle a au moins le m&#233;rite de prendre appui sur un th&#232;me important de son travail, qui est de rappeler que les &#234;tres humains sont des cr&#233;atures biologiques, rien de plus, et qu'ils ont en cons&#233;quence les capacit&#233;s intellectuelles limit&#233;es qui sont les leurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Question de James McGilvray&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Votre th&#233;orie computationnelle du langage semble devoir adh&#233;rer &#224; une conception d&#233;terministe de la computation linguistique. Et d'autres th&#233;ories des syst&#232;mes mentaux humains semblent, elles aussi, &#234;tre d&#233;terministes. Pourtant, comme l'a fait remarquer Descartes, la parole humaine semble libre. En fait, vous &#234;tes d'accord avec Descartes quand celui-ci nous fait remarquer la cr&#233;ativit&#233; linguistique et vous avez fait de la cr&#233;ativit&#233; et du libre arbitre des donn&#233;es centrales de votre conception d'une vie humaine d&#233;cente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on admet que les th&#233;ories computationnelles des syst&#232;mes mentaux vont dans la bonne direction, comment les &#234;tres humains peuvent-ils agir librement &#224; partir de syst&#232;mes mentaux qui semblent d&#233;terministes ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;ponse de Noam Chomsky&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; mon avis, l'id&#233;e de Descartes sur ce que certains d'entre nous ont appel&#233; &#171; la dimension cr&#233;ative du langage humain &#187; n'a pas re&#231;u toute l'attention qu'elle m&#233;rite, que ce soit dans les travaux consacr&#233;s &#224; Descartes ou dans les recherches et r&#233;flexions plus g&#233;n&#233;rales portant sur la vie mentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette id&#233;e est centrale dans sa science/sa philosophie et elle soul&#232;ve pr&#233;cis&#233;ment la question que vous posez, qui est un cas particulier et crucial d'un ensemble plus g&#233;n&#233;ral. Consid&#233;rez par exemple la mise en &#339;uvre de l'action motrice : je tends la main pour atteindre la tasse de caf&#233; sur le bureau voisin. Plusieurs philosophes &#8211; et d'autres &#8211; pensent qu'ils peuvent r&#233;soudre ce probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'en suis absolument pas convaincu et je consid&#232;re que le probl&#232;me reste enti&#232;rement ouvert, qu'il est m&#234;me possiblement au-del&#224; des limites des capacit&#233;s humaines de compr&#233;hension &#8211; une possibilit&#233; qui ne devrait pas surprendre les personnes qui pensent que les &#234;tres humains sont des organismes biologiques et pas des sortes d'anges.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : G&#233;rald McKenzie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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